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 La France et le Soudan


- Déclaration du porte-parole du Quai d'Orsay  et réponses aux questions du point de presse - 14 septembre 2004
- Déclaration du porte-parole du Quai d'Orsay - 10 septembre 2004

- MINISTRE DELEGUE A LA COOPERATION ET A LA FRANCOPHONIE - Communiqué de Presse - 20 juillet



Déclaration du porte-parole du Quai d'Orsay et réponses aux questions du point de presse
 
(Paris, le 14 septembre 2004)
 

"1/ Le pont aérien mis en place par les éléments français stationnés au Tchad en faveur des réfugiés du Darfour regroupés dans des camps à la frontière entre le Soudan et le Tchad a permis de constituer des stocks d'aide humanitaire afin de soutenir les populations concernées pendant au moins un mois.
Dans ce contexte, la poursuite de l'acheminement de l'aide humanitaire pourra reprendre, le moment venu, par voie routière, la saison des pluies s'achevant.
Le Programme alimentaire mondial a donc décidé de suspendre son pont aérien. Il est par conséquent mis fin aux rotations d'avions de transport entre Abéché et la frontière tchado-soudanaise, sachant que le dispositif peut être réactivé à très court terme si les circonstances le justifiaient.
Depuis le 30 juillet, date du début de l'opération DORCA, cent rotations d'avions de transport tactique correspondant à plus de 400 heures de vol - dont le coût se monte à plus d'un million et demi d'euros - ont permis l'acheminement de plus de 700 tonnes d'aide humanitaire.
2/ Les militaires français, en relation avec les forces tchadiennes, poursuivent les patrouilles mixtes à la frontière entre le Tchad et le Soudan, 200 militaires français sont affectés à cette mission.
Par ailleurs, la France continue de soutenir la Commission de contrôle du cessez-le-feu en y exerçant les fonctions de directeur adjoint et en assurant à Abéché le soutien (alimentaire, hébergement, santé) des observateurs déployés.'
 
(Vous allez recevoir une délégation de ministres délégués soudanais ce soir, cette réunion n'est pas ouverte à la presse, il n'y a pas de point de presse, la délégation a annulé sa conférence au CAP, nous avons très peu accès à ces messieurs. De votre côté, pourriez-vous nous faire connaître le message que la France va livrer à ces ministres soudanais ?)
'Je ne voudrais pas préjuger le contenu de l'entretien qu'aura effectivement M. Muselier cet après-midi avec, d'une part, le ministre délégué des Affaires étrangères et d'autre part, le ministre délégué aux Affaires humanitaire du Soudan. Mais je pense que les messages de la France à propos de cette crise du Darfour sont des messages constants, c'est-à-dire qu'il faut d'abord pallier à l'urgence, une urgence qui est à la fois sécuritaire et humanitaire. 
Sur le plan sécuritaire, l'obligation est donc de mettre un terme aux exactions des différentes milices, et notamment des Janjawid ., là, clairement, le gouvernement soudanais a une obligation d'agir, obligation d'ailleurs confirmée par la résolution du Conseil de sécurité du mois dernier.
Une urgence humanitaire également, puisqu'il faut préserver l'accès des Organisations humanitaires aux personnes déplacées. Et là aussi, nous attendons une coopération du gouvernement soudanais, une coopération active. 
Cela c'est l'urgence, mais il y a aussi, et ce n'est pas moins urgent, le processus politique de règlement de la crise du Darfour, c'est-à-dire les pourparlers d'Abuja sous l'égide de l'Union Africaine et du Tchad. Ces pourparlers sont maintenant engagés depuis plusieurs semaines, ils avancent globalement, même si l'on peut regretter beaucoup de lenteur, pas mal de difficultés, mais il faut que ce processus avance pour trouver une solution de fond à cette crise qui reste extrêmement grave, extrêmement préoccupante. 
Voilà, sans préjuger la teneur des entretiens de cet après-midi, mais je pense que ce sont des messages qui ont été constamment exprimés par la France et ils le seront évidemment à nouveau.'
 
(Je me rappelle que M. Muselier, lorsqu'il s'est rendu à Khartoum il y a quelque mois, a fait une conférence de presse, demandant instamment d'arrêter les responsables de Janjawid et de les traduire en justice. Avez-vous remarqué que les autorités soudanaises ont répondu à l'appel lancé par M. Muselier ?)
'C'est un appel qui a été relayé par l'Union européenne, si je me souviens bien, et plusieurs initiatives ont déjà été prises. Vendredi dernier, nous avions parlé de tout cela, il y a eu le fait que le Haut Commissaire aux droits de l'Homme envoie une mission sur place et sauf erreur de ma part, elle se trouve sur place ou y sera incessamment. 
De plus, nous avons toujours dit qu'il ne saurait y avoir impunité pour toutes les violations massives des droits de l'Homme qui ont été commises au Darfour. A ce titre, nous avons participé au financement du déploiement des observateurs du Haut Commissaire aux Droits de l'Homme et nous avons très clairement pris position sur le principe d'un accès direct de Mme Arbour au Conseil de sécurité, sur ce dossier précis. 
Maintenant, en ce qui concerne de ce qui se passe sur le terrain, je n'ai pas d'information particulière sur ce que le gouvernement soudanais a pu faire pour sa part, mais la communauté internationale se mobilise sur ce thème fondamental de la lutte contre l'impunité.'
 
(Il me semble que ces derniers mois, il y ait une sorte de petite parade des officiels soudanais qui passent par Paris, le ministre des Affaires humanitaires par exemple est là maintenant et il était déjà ici il y a quelques mois. Je ne sais pas quelle est l'explication, quel rôle spécial la France peut-elle avoir dans tout cela ?)
'Nous pourrions observer qu'en sens inverse, il y a eu plusieurs visites de ministres français au Soudan depuis un peu moins d'un an ., et l'une des explications, c'est justement le fait que la France ait pressenti qu'une grave crise se dessinait au Darfour et que nous étions mobilisés, à la fois pour alerter et pour faire passer des messages sur l'urgence qu'il y avait à traiter ce problème et à tenter de le régler. Donc, je crois que cela s'inscrit dans le cadre de notre dialogue avec Khartoum sur ce point et là, je vous renvoie à ce qu'avait dit Michel Barnier iln'y a pas très longtemps : s'agissant d'une crise telle que celle du Darfour qui est une crise grave, large et très étendue, il est clair que la solution de cette crise ne se fera pas contre le Soudan, elle ne se fera pas sans le Soudan, elle ne peut se faire qu'avec le Soudan. Donc, c'est ce qui sous-tend toute notre approche de ce dossier.'
 
(M. Barnier, hier à Bruxelles a quand même au sujet de cette crise, été plus retenu que les autres ministres, même par rapport à Colin Powell par exemple qui parlait de génocide, quand d'autres parlent d'un potentiel de génocide, mais M. Barnier parle lui de violation massive des droits de l'Homme.)
'Mais oui, et c'est ce que je vous avais expliqué au point de presse de la semaine dernière, effectivement, pour nous, ce qui reste le facteur majeur, ce sont les mots utilisés par le Secrétaire général des Nations unies et par son représentant spécial, M. Pronk. Ils ont utilisé non pas le terme de génocide, mais le terme de violation massive, très grave, du droit humanitaire international. Vous aurez quand même observé qu'hier, au Conseil affaires générales à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont exprimé leur disposition positive à l'égard de la mise en place d'une commission d'enquête internationale par le Secrétaire général des Nations unies, une commission d'enquête internationale qui déterminera si oui ou non, il y a eu acte de génocide au Darfour. Tout cela évidemment prend du temps, je crois donc que le ministre a effectivement été très clair là-dessus dans ses propos à Bruxelles. Il a bien conclu par la notion qu'il fallait absolument rester mobilisé et attentif à cette crise sur le triple plan humanitaire, politique et sécuritaire »
 

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Déclaration du porte-parole du Quai d'Orsay
 
(Paris, le 10 septembre 2004)

  
(Le Secrétaire d'état américain a déclaré hier qu'il s'agissait vraiment d'un génocide au Darfour, et il a cité des témoignages allant dans ce sens. Quelle est la position de la France sur ce sujet ?)
 
S'agissant de cette situation au Darfour, d'abord, il est clair aux yeux de tous qu'il y a eu et qu'il y a des exactions très graves, qu'il y a des violations massives du droit humanitaire international, des violations massives des droits de l'Homme. Il est clair également que c'est inacceptable. On peut évidemment discuter de la qualification de ces actes, de ces violations massives, on peut discuter du point de savoir s'il s'agit ou non d'un génocide et c'est une question légitime et importante. Mais surtout, ce qui nous paraît le plus important, c'est que la communauté internationale continue à se mobiliser, comme elle le fait actuellement, pour sortir de la situation actuelle au Darfour. Et nous, finalement, nous nous en tenons à ce que disent ceux qui sont les mieux placés pour en juger, à savoir le Secrétaire général des Nations unies et son représentant spécial M. Jan Pronk qui ont tous deux fait un rapport à l'intention du Conseil de sécurité. L'expression qu'ils utilisent est bien celle-là : violations graves, massives du droit humanitaire international et des droits de l'Homme. 
On peut,et on doit évidemment aussi réfléchir à un certain nombre d'axes de travail, à ce qu'il faut faire. Vous le savez, un projet de résolution du Conseil de sécurité est en discussion à New York depuis avant hier. Il comporte l'idée de la création d'une Commission internationale d'enquête et on peut parfaitement réfléchir à ce sujet. D'ailleurs, dès le mois de juillet dernier, au CAG, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne s'étaient prononcés en faveur de la création d'une telle Commission d'enquête. Il est incontestable qu'elle pourrait apporter un éclairage qui serait indiscutable sur ces questions. 
 
Mais notre approche est surtout de continuer à nous investir pour résoudre les problèmes actuels, de continuer à nous mobiliser sur le plan politique c'est tout le processus d'Abuja que nous appuyons, c'est-à-dire que nous continuons à soutenir tous les efforts de l'Union africaine. Cette notion d'appropriation du règlement de la crise au Darfour par l'Union africaine, est pour nous tout à fait essentielle, elle signifie qu'il faut continuer à exercer des pressions sur les parties dans le cadre des pourparlers d'Abuja. Il faut continuer à se mobiliser sur le plan de la sécurité, là encore continuer à faire pression sur les parties, et d'abord sur le gouvernement soudanais, pour que les violences s'arrêtent, pour que cessent les exactions des milices, notamment des Janjawids. Il faut soutenir, et nous le faisons, la Commission d'observation du cessez-le-feu de l'Union africaine déployée sur le terrain depuis le mois de juillet, et dont il est probable que l'on pourrait revoir à la hausse à la fois le mandat et les effectifs. Enfin, et ce n'est pas le moindre, une mobilisation sur le plan humanitaire, et là, beaucoup est déjà fait. L'Europe, globalement a déjà consacré 287 millions d'Euros à l'aide humanitaire aux populations affectées par la crise du Darfour, la France elle-même en est à 29 millions d'Euros, il faut donc être très proactifs, très mobilisés et je vous rappelle que, par exemple, nous avons offert la contribution des éléments militaires français du Tchad pour effectuer des transports aériens à la demande des intervenants humanitaires.
Voilà une sorte de panorama sur cette crise du Darfour que nous suivons vraiment de très très près. Et il est important de ne pas oublier que la mobilisation, dans notre cas, a démarré très tôt ., nous avons été parmi les tous premiers, sinon même les premiers à alerter l'opinion internationale, la communauté internationale sur la gravité de la situation qui se développait au Darfour. Je vous rappelle que Dominique de Villepin, en février je crois, avait été l'un des tous premiers ministres des Affaires étrangères à se rendre sur place pour prendre la mesure du problème et en parler avec le gouvernement soudanais, mais aussi avec les autres gouvernements de la région.
Pour finir, il y a un autre thème de mobilisation qu'il ne faut pas perdre de vue, c'est celui de la lutte contre l'impunité. Il est clair que les responsables des violations massives des droits de l'homme commises sur le terrain doivent répondre de leurs actes. A cet égard, nous avons participé au financement du déploiement d'observateurs du Haut Commissariat aux droits de l'Homme sur le terrain et nous avons appuyé le principe d'un accès direct de Mme Arbour au Conseil de sécurité sur ce dossier.
 
 
(On parle du Darfour depuis un an maintenant, déjà une mission là-bas a fait un rapport, une résolution demande un troisième rapport sur le Darfour, je ne sais pas si tout le monde se rend compte de ce qui se passe là-bas, de ce qui s'est passé. Quel le but d'un nouveau rapport sur le Darfour ?)
 
Le but est clairement d'appuyer, d'impulser et de faire des pressions pour que le processus politique avance, et aussi pour que la situation sécuritaire s'améliore. Le fait est d'ailleurs que, si vous lisez le rapport de M. Pronk qui a été présenté la semaine dernière, certaines améliorations ont été constatées. La situation reste loin d'être satisfaisante, mais il y a des progrès. Il y a également des progrès sur le plan humanitaire. Donc il faut continuer et il faut que la communauté internationale reste mobilisée sur cette crise sérieuse.
 
(Dans un journal britannique, on dit que la France fait partie des pays qui ne s'investissent pas assez, qui ne sont pas suffisamment généreux dans leur aide. Avez-vous une réaction ?)
 
Je n'aime pas polémiquer avec des ONG qui sont par ailleurs tout à fait respectables et qui font un très bon travail, mais il faut quand même prendre la mesure de ce que nous avons fait. Je vous l'ai dit, la contribution française s'élève à 29 millions d'euros au total pour cette année. Je peux vous en donner le détail, si vous le souhaitez. Il y a, d'abord, notre contribution au titre de l'Union européenne ., vous savez que nous finançons une part très substantielle de l'aide de l'Union européenne ., cela représente pratiquement 19 millions d'euros au titre du FED, au titre d'ECHO, au titre de l'aide alimentaire et, ne l'oublions pas, au titre du financement des réunions politiques à Ndjamena au mois d'avril et à Addis-Abeba au mois de juillet. Ce sont donc 19 millions au titre de l'Union européenne. 
En bilatéral, nous avons consacré presque 9,5 millions d'Euros, à l'aide alimentaire bien sûr, mais aussi, à l'appui logistique. Vous vous souvenez que nous avions décidé en juillet de financer des vols de gros porteurs, 2 Antonovs, 2 hélicoptères lourds que nous avons loués. Nous avons fait une contribution bilatérale au HCR, nous en avons fait une au comité international de la Croix Rouge, au Haut Commissaire aux droits de l'Homme. Nous appuyons des ONG, nous appuyons la Commission de cessez-le-feu, et je vous parlais de nos moyens aériens au Tchad : au jour d'aujourd'hui, ils ont transporté déjà plus de 500 tonnes d'équipements et de matériels au profit des opérateurs humanitaires. Rien que cela représente plus d'un million et demi d'Euros en heures de vol. 
Je mentionnerai, enfin, les missions de reconnaissance et de sécurité que nous faisons au Tchad. 
Donc, honnêtement, je ne crois pas que l'on puisse, le moins du monde, accuser la France, ni d'indifférence, ni de mollesse dans sa réaction ., au contraire, la mobilisation est forte et les chiffres que je vous ai donnés le montrent assez.
 
 
(Si l'Union européenne fait 287 millions d'Euros d'aide et la France 19, cela fait à peu près 5 à 6 pour cent de l'aide européenne. Quels sont les gros pays contributeurs pour l'Union européenne ?)
 
Ce chiffre de 287 millions comprend le communautaire qui est de l'ordre de 107 millions d'Euros et les contributions nationales, bilatérales des états membres. Vous savez que notre fourchette de participation varie, mais je vous signale qu'elle se monte quand même à 25 pour cent du FED et à 17 pour cent du programme ECHO. D'autres pays ne contribuent que pour des montants bien inférieurs à ces clefs de répartition. Je crois que la réponse est là
 

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MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES

MINISTRE DELEGUE A LA COOPERATION ET A LA FRANCOPHONIE
Communiqué de Presse
 

20 juillet 1999

M. Charles Josselin, Ministre délégué à la coopération et à francophonie

Monsieur Charles Josselin, Ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie, a rencontré ce matin M.Sadeq El Mahdi, ancien Premier ministre soudanais et dirigeant du parti d’opposition Oumma.

Le ministre a indiqué que la France suivait avec attention l’évolution récente de la situation au Soudan et qu’elle avait enregistré positivement de récentes initiatives des autorités de Khartoum, telle que leur accord à l’envoi d’une mission des nations unies chargée d’évaluer la situation humanitaire dans les monts Nouba, MM Josselin et El-Mahdi ont ensuite évoqué les perspectives d’évolution de la situation intérieure soudanaise et apprécié la portée des initiatives de paix et de réconciliation nationale en cours, sous l’égide de l’Autorité Intergouvernementale pour le Développement (IGAD), ou encouragées par la Libye et par l’Egypte.

Charles Josselin a en outre interrogé sadiq al-Mahdi sur ses relations avec les autres membres de l’Alliance Nationale Démocratique (AND) ainsi qu’avec l’opposition armée sud-soudanaise.

Les conclusions du dernier sommet de l’OUA à Alger en matière de démocratisation on été également évoquées au cours de l’entretien.

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