Nous référençons un certain nombre
d'articles sur le Soudan |
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Agence France Presse, Khartoum, 30 juin 2008
Un avion de transport de frêt s'est écrasé lundi peu après son décollage de l'aéroport de Khartoum, faisant quatre morts dans le quatrième accident d'avion en deux mois au Soudan, selon les premières informations de l'aviation civile. "Un avion cargo, un appareil russe de la société de transport aérien ABABEL, s'est écrasé. Les quatre membres d'équipage qui se trouvaient à bord sont apparemment morts. Deux corps ont été retrouvés jusqu'à présent", a déclaré un porte-parole de l'aviation civile soudanaise, Abdel Hafez Abdel Rahim. Il a précisé que l'accident s'était produit vers 07H00 du matin (04H00 GMT). "L'avion a explosé comme une boule de feu alors qu'il décollait", a ajouté un témoin qui a ajouté que l'avion était tombé dans un terrain vague à l'extrémité de l'aéroport. Un problème s'est produit au niveau de l'aile gauche qui a fait un angle de 45 degrés, a-t-il dit. Des camions de pompiers se sont précipités sur les lieux pour éteindre l'incendie de l'épave. L'avion devait se rendre à Juba, la capitale du Sud Soudan. Il s'agit du deuxième accident d'avion cargo et du quatrième accident d'avion au Soudan en tout juste deux mois. Un avion-cargo s'était déjà écrasé le 27 juin, après son décollage de Khartoum, faisant sept morts, tous des membres d'équipage, dont quatre Ukrainiens et un Arménien. Un huitième membre d'équipae, un Soudanais, avait survécu. Les mauvaises conditions météo avaient été mises en cause. L'Antonov 12 de la société Juba Cargo s'était écrasé une heure et dix minutes après avoir quitté la capitale alors qu'il volait vers Juba, la métropole du Sud-Soudan. Les accidents d'avion sont assez fréquents au Soudan, où la flotte est vieillissante. De nombreuses petites compagnies locales ont recours à des pilotes de l'ex-URSS et utilisent des avions de fabrication d'Europe de l'est. Le 10 juin dernier, un airbus A310 de la compagnie Sudan Airways, en provenance d'Amman, avait pris feu à l'atterissage à Khartoum, entraînant la mort de 30 personnes. Sudan Airways, dont tous les vols avaient été suspendus, a obtenu un mois de sursis de l'aviation civile soudanaise pour se mettre en conformité avec des règles internationales. En mai, le ministre de la Défense du sud Soudan et d'autres responsables avaient été tués dans un autre accident d'avion, qui a fait au moins 23 morts au total. En juillet 2003, 115 personnes, dont un haut responsable militaire soudanais et huit étrangers, avaient péri dans l'accident d'un avion de ligne intérieure de Sudan Airways, dans l'est du pays. Seul un enfant avait survécu. Plusieurs avions militaires se sont en outre écrasés au Soudan depuis 1998. Le 30 juillet 2005 , le vice-président soudanais et ancien chef de la rébellion sudiste John Garang avait trouvé la mort avec 13 autres personnes dans le crash de l'hélicoptère de la présidence ougandaise dans le sud du Soudan. Le régime de Khartoum, inscrit sur une liste des Etats soutenant le terrorisme, affirme que l'état de la flotte soudanaise est une conséquence directe des sanctions économiques américaines.
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Xinhuanet, Khartoum, 27 juin 2008
Un avion-cargon s'est écrasé vendredi près de la ville de Malka, dans le sud du Soudan, tuant sept des huit membres d'équipage, a rapporté le centre du media soudanais (SMC). Les sept victimes sont quatre Ukrainiens, un Américain et deux Soudanais. L'avion, un Antonov-12, appartenant la Juba Airline Compagny, a quitté Khartoum à 05H55 (02H55 GMT) pour Juba, capitale du Sud- Soudan, s'est écrasé à 30 km au nord de Malakal, a fait savoir l'Autorité de l'aviation civile du Soudan. Une heure et dix minutes après le décollage, le capitaine de l'avion a contacté la tour de contrôle de l'aéroport de Khartoum, demandant un atterrissage d'urgence à cause des mauvaises conditions météorologiques. Ensuite, la tour de contrôle a perdu le contact avec l'avion. C'est le deuxième crash d'avion survenu au Soudan ce mois. Le 10 juin, un avion de passagers a pris feu lors de son atterrissage à l'aéroport de Khartoum, tuant plus de vingtaine de personnes.
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Xinhuanet, Kampala, 27 juin2008
Le gouvernement ougandais a appelé Joseph Kony, leader de l'Armée de résistance du seigneur (LRA, rébellion), à s'engager plus directement dans les négociations de paix parrainées par l'autorité sud-soudanaise depuis le milieu de l'année 2006. "Le gouvernement souhaite à présent prendre contact directement avec Kony au travers du médiateur en chef et de l'envoyé spécial de l'ONU", a indiqué Henry Oryem, chef adjoint de l'équipe de Kampala aux négociations de paix et ministre d'Etat chargé des Relations internationales. Riek Machar, vice-président du Sud-Soudan, et Joachim Chissano,envoyé spécial de l'ONU pour le nord de l'Ouganda ravagé par la guerre et ancien président mozambicain, arbitrent les négociations. Joseph Kony, accusé de crimes de guerre et crimes contre l' humanité par la Cour pénale internationale, a refusé de participer aux négociations de paix à Juba (sud du Soudan) de peur d'être arrêté. Son équipe de négociateurs à Juba ne peut le consulter qu' à travers des téléphones satellites, car il se trouverait dans la forêt de la frontière entre le Soudan et la République démocratique du Congo (RDC). Pour sa part, le gouvernement ougandais souhaite adopter une solution militaire dans la région pour mettre fin à l'insurrection longue de deux décennies de la LRA, mais le président ougandais Yoweri Museveni et d'autres officiels de l'équipe de négociation gouvernementale ont fait savoir que la porte d'une solution pacifique est toujours ouverte si le leader rebelle choisit de signer l'accord de paix final. L'armée ougandaise a récemment déployé plus de soldats dans le nord du pays pour enrayer l'infiltration des rebelles dans la région, car M. Museveni a promis paix et stabilité aux habitants de la région, les plus durement touchés par l'insurrection rebelle. L'insurrection de la LRA a fait des dizaines de milliers de morts et plus de deux millions de sans abris dans le nord de l'Ouganda. |
Afrique Centrale Info, 27 juin 2008
La France a déployé onze drones, sortes d'avions sans pilote, pour concourir aux opérations de renseignement de la force européenne au Tchad et en Centrafrique (Eufor Tchad-RCA), a-t-on appris vendredi auprès de l'état-major des armées. "Stationnés à Forchana, dans l'est du Tchad et à quelques kilomètres de la frontière avec le Soudan, ces drones fournissent à l'Eufor des images, de jour comme de nuit", a précisé le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, de l'état-major. Les appareils ont effectué leur premier vol opérationnel le 18 juin. "Cette capacité aérienne de renseignement permet à l'Eufor de surveiller l'état des pistes alors que commence la saison des pluies mais surtout de contrôler les mouvements des groupes armés", toujours selon le commandant Prazuck. Télécommandé, le drone CL 289 est en service depuis 1993 dans l'armée française. Il permet d'obtenir des images infrarouges ou photographiques lors de vols préprogrammés qui lui permettent de s'éloigner jusqu'à 400 km de son point de lancement. L'Eufor a pour mission principale de veiller à la sécurité des réfugiés de la province soudanaise du Darfour dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, ainsi que des déplacés tchadiens et centrafricains, soit plus de 450.000 personnes. Des groupes rebelles hostiles au président tchadien Idriss Deby opèrent dans l'est du pays et au Soudan voisin, à partir duquel ils ont à plusieurs reprises lancé des offensives en direction de la capitale tchadienne. La France a des accords militaires avec le régime tchadien, prévoyant notamment un soutien logistique et de renseignement.
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Novosti, Agence russe d'information, Le Caire, 27 juin 2008
L'Union africaine (UA) a appelé les parties impliquées dans le conflit au Darfour (ouest du Soudan) à entamer sans tarder un dialogue d'envergure sans préalable, a déclaré vendredi le président de la Commission de l'UA Jean Ping à l'ouverture d'une réunion ministérielle du Conseil exécutif de l'UA à Charm el-Cheikh (Egypte). "La guerre civile dans la province soudanaise du Darfour est un des conflits régionaux les plus dangereux, a indiqué M. Ping cité par l'agence égyptienne MENA. Nous exhortons toutes les parties au conflit à entamer un dialogue sans préalable pour parvenir le plus vite possible au règlement du conflit". Il a déploré la poursuite des tensions entre le Soudan et le Tchad, qui s'accusent mutuellement (de soutenir les rebelles de part et d'autre), ce qui a entraîné la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. "En tant que membres de l'Union africaine, ces Etats sont tenus de respecter leurs engagements en matière de politique de bon voisinage, de maintien de la paix et de la sécurité dans la région", a souligné M.Ping. Dans le même temps, il a fait état d'une légère tendance à l'amélioration de la situation sécuritaire en Afrique, en dépit de la poursuite de conflits armés dans la région. "J'exhorte tous les pays donateurs et les organisations internationales à accorder aux structures africaines concernées (y compris le Conseil de paix et de sécurité de l'UA et les forces africaines de maintien de la paix) une assistance financière, technique et consultative opportune afin que la paix et la stabilité reviennent sur le continent africain", a souligné Jean Ping. Les ministres des Affaires étrangères des pays africains, réunis jusqu'au 28 juin à Charm el-Cheikh, vont élaborer un ordre du jour du futur sommet de l'Union africaine. Depuis février 2003, le conflit dans la province soudanaise du Darfour entre le gouvernement de Khartoum et les mouvements rebelles, a fait 200.000 morts et plus de 2,5 millions de refugiés sur une population de six millions d'habitants. Les efforts internationaux et régionaux en vue de lancer un dialogue de paix entre les parties en conflit ont été un échec. En 2008, le Tchad a rompu les relations diplomatiques avec le Soudan. |
Le Figaro avec l'A-F-P, 27 juin 2008
Les ministres des Affaires étrangères du G8 ont menacé le Soudan d'adopter des mesures supplémentaires à l'ONU s'il ne coopère pas avec la Cour pénale internationale (CPI) qui lui réclame de livrer deux de ses ressortissants accusés de crime de guerre au Darfour. Depuis 2003, les forces gouvernementales soudanaises appuyées par des milices locales luttent contre des mouvements rebelles dans la province occidentale du Darfour. La guerre et ses conséquences ont fait jusqu'à 300.000 morts et causé le déplacement de 2,2 millions de personnes, selon l'ONU, alors que Khartoum n'évoque que 10.000 morts environ. |
Xinhuanet , New York , 26 juin 2008
Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a exprimé mercredi son soutien à la réintégration de 180.000 anciens combattants soudanais lorsque ces derniers retourneront à la vie civile, suite à la longue guerre civile qui a sévi dans ce pays. Aux termes d'un accord signé mercredi entre le gouvernement d'union nationale du Soudan et le gouvernement du Sud-Soudan, les ex-combattants recevront un soutien social, économique et psychologique lorsqu'ils retourneront à la vie civile et reprendront la vie normale dans leurs communautés. Un responsable du PNUD, Ad Melkert, s'est réjoui de cet accord, indiquant que l'initiative de réintégration constitue une importante partie de l'Accord de paix globale de 2005 et reflète la détermination du Soudan pour le processus de paix. "Les dividendes de la paix sont attendus depuis longtemps. La création d'emplois et la réintégration des ex-combattants sont des clés pour ce processus", a-t-il commenté. Le représentant du PNUD au Soudan, Ameerah Haq, a indiqué que le programme de réintégration complètera les programmes existant entre le gouvernement soudanais et l'ONU pour construire la paix au niveau communautaire.
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Suisse Romande Informations, Khartoum avec l'A-F-P. 25 juin 2008
Le Soudan a expulsé du Darfour la responsable de l'ONG MSF-Hollande dans le sud de cette région de l'ouest du pays en proie à la guerre civile depuis 2003, a appris mercredi l'AFP de sources humanitaires. Mme Altanbas, qui dirigeait l'antenne de MSF-Hollande à Nyala, capitale du Sud-Darfour, à 500 km au sud-est de Khartoum, a reçu l'ordre dimanche de quitter sans délai le Darfour, selon ces sources qui ont requis l'anonymat. Cet ordre a été signifié à Mme Altanbas, de nationalité turque, par un responsable de la Commission des affaires humanitaires (HAC), organisme soudanaise en charge des relations avec les ONG et les agences humanitaires. Interrogé par l'AFP, le chef de MSF-Hollande au Soudan, Kelly Gluck, s'est refusé à tout commentaire, indiquant qu'aucun communiqué n'était envisagé sur cette affaire. Décrétée persona non grata au Darfour par les autorités soudanaises, sans justifications connues, Mme Altanbas n'a pas quitté le Soudan, et se trouvait mercredi à Khartoum. C'est la première fois qu'une telle mesure est prise contre "Médecins Sans Frontières" (MSF), prix Nobel de la paix 1999, au Darfour où interviennent cinq ONG qui lui sont affiliées (Belgique, Espagne, France, Hollande et Suisse). Implantée au Sud-Darfour, MSF Hollande y emploie 25 expatriés, en plus d'un personnel local d'un millier de personnes. Au total, MSF a déployé dans cette région quelque 125 expatriés, assistés d'une dizaine de milliers de Soudanais. Après la parution en 2005 d'un rapport de MSF-Hollande sur les viols dans les camps de déplacés au Darfour, les autorités soudanaises s'étaient enflammées, arrêtant brièvement son chef au Soudan, Paul Foreman. Il avait été inculpé de crimes contre l'état soudanais, puis l'affaire avait été classée. "Il est évident que MSF-Hollande était depuis dans le collimateur, cette affaire est très grave", a commenté le responsable d'une ONG européenne. Des ONG ont déjà subi de telles évictions depuis le début du conflit du Darfour, ainsi l'Américaine Care, en 2007, la Norvégienne Norwegian Refugee Council, en 2006, ou les Britanniques Oxfam et Save the Children en 2004. L'an dernier, deux responsables au Darfour du Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), coordinateur de ces activités, y compris avec les ONG, ont aussi été expulsés. La semaine passée, un responsable de la HAC avait prié les ONG internationales de ne plus collaborer avec l'OCHA, accusant cet organisme onusien de s'ingérer dans les affaires politiques soudanaises. Des diplomates ont aussi été déclarés persona non grata, notamment le représentant spécial des Nations unies au Soudan, Jan Pronk, expulsé fin 2006. Par ailleurs, le chef de l'OCHA Mike McDonagh a affirmé cette semaine à Khartoum que la sécurité pour les travailleurs humanitaires ne s'était jamais autant dégradée à travers le Darfour que depuis les derniers 18 mois, rendant de plus en plus dure la distribution des aides aux populations cette année. "Les véhicules sont attaqués presque au rythme d'un par jour", a aussi affirmé à la presse Alun McDonald, porte-parole d'OXFAM, alors que les escortes promises par le gouvernement soudanais n'ont pas été déployées. Depuis 2003, les forces gouvernementales appuyées par les milices arabes Janjawids luttent contre des mouvements rebelles au Darfour, un immense territoire grand comme la France. Le conflit a fait plus de 300.000 morts et entraîné le déplacement de 2,2 millions de personnes, selon l'ONU. Khartoum parle de quelque 10.000 morts.
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Xinhuanet , New York , 25 juin 2008
Le Conseil de sécurité de l'ONU demande à la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) de déployer "vigoureusement" du personnel de maintien de la paix à Abyei et aux alentours, pour aider à réduire les tensions et empêcher une escalade du conflit dans la région, indique mercredi le service d'information de l'ONU. Dans une déclaration présidentielle adoptée mardi, le Conseil de sécurité a déclaré qu'il déplore "profondément" les récents affrontements survenus à Abyei, de même que les déplacements de populations civiles qu'ils ont provoqués et les entraves mises à la liberté de circulation de la MINUS. L'Abyei, situé à la frontière du Nord et du Sud du Soudan, est une région riche en pétrole dont le statut est contesté par les deux parties. Dans un accord obtenu début juin, les deux parties sont convenues sur des mesures pour restaurer la stabilité dans la région. Elles sont aussi d'accord pour que l'affaire soit soumise à l'arbitrage international. Le Conseil de sécurité a encouragé les deux parties à appliquer pleinement l'accord, notamment en garantissant la liberté de circulation des forces de la MINUS dans la zone de l'Abyei. Les membres du Conseil ont également demandé instamment à toutes les parties de faciliter l'acheminement « immédiat » de l'aide humanitaire destinée aux déplacés et de les aider à retourner chez eux volontairement. Le Conseil de sécurité a souligné que le règlement pacifique de la situation dans l'Abyei est d'une importance cruciale pour la mise en oeuvre effective de l'Accord de paix global et pour la paix dans la région.
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IRIN, édition française, Khartoum, 25 juin 2008
Sur une carte du Darfour publiée ce mois-ci par les Nations Unies, un patchwork de jaune et d'orange marque les zones où l'accès humanitaire est limité ou nul. Par rapport aux cartes publiées les années précédentes, plusieurs vastes régions sont venues s'ajouter au nombre des zones interdites. Depuis 18 mois, selon les travailleurs humanitaires, la situation n'a jamais été aussi difficile pour les organisations humanitaires du Darfour pour ce qui est de la sécurité et des attaques menées à l'encontre du personnel, et les organisations n'ont jamais été aussi peu en mesure de se rendre auprès des populations dans le besoin. « En ce qui concerne les braquages, l'invasion des complexes et des bureaux, les attaques contre les humanitaires et les enlèvements d'humanitaires, les statistiques sont les mêmes pour les six premiers mois de cette année que pour l'ensemble de l'année dernière », a déclaré à la presse Mike McDonagh, directeur du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) - Soudan, à Khartoum, le 22 juin. « Des véhicules se font braquer presque à raison d'un par jour », a indiqué Alun McDonald, chargé de communication publique à OXFAM, dans un email adressé à IRIN. Dans certaines régions, la portée de l'aide humanitaire a été réduite ou totalement suspendue en raison des restrictions de circulation. En mai, après plusieurs braquages, qui avaient empêché l'acheminement de vivres au Darfour, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies a réduit les rations de 42 pour cent, une décision qui a pénalisé 2,7 millions de Darfouris. « Il est vrai que nous avons des réserves alimentaires à Port-Soudan, à Khartoum et à El Obeid. Mais le problème, c'est l'acheminement de ces vivres jusqu'au Darfour », a expliqué Kenro Oshidari, représentant du PAM au Soudan. Selon M. Oshidari, bien que le gouvernement soudanais ait promis de fournir des escortes toutes les 48 heures pour protéger les vivres acheminés au Darfour, celles-ci ne se sont pas encore matérialisées et seraient insuffisantes, les envois de marchandises par camion devant être assurées chaque jour. « La distribution de rations entières ne reprendra que lorsque nous aurons la garantie d'un accès sans risque et d'un passage sans risque des convois jusqu'à destination », a souligné Ameera Haq, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies au Soudan. Les organisations non-gouvernementales (ONG) luttent pour adapter les programmes humanitaires à ces contraintes. Selon un document d'information publié en juin 2008 par une ONG, la majorité des déplacements humanitaires au Darfour s'effectuent désormais via les services aériens des Nations Unies. Les fonds normalement alloués aux programmes humanitaires ont donc été consacrés à couvrir l'augmentation des coûts opérationnels. « Presque chaque jour, nous devons envoyer notre personnel par avion aux quatre coins du Darfour et cela nous coûte plus de 100 000 dollars par an », a expliqué M. McDonald. « La crise au Darfour dure depuis cinq ans et il devient de plus en plus difficile de trouver des fonds, alors chaque centime compte ». Les évacuations répétées et les suspensions de programme ont également abouti à la « gestion à distance » des projets, a indiqué M. McDonald, un système dans le cadre duquel des particuliers ou des comités de villageois sont formés à apporter des secours et rendent ensuite compte de leurs activités à l'organisation concernée ; les humanitaires ont également recours à la méthode de « l'in and out », lorsque les régions deviennent temporairement plus sûres.
Baisse de qualité
Mais malgré ces efforts, la quantité et la qualité de l'aide diminuent pour bon nombre des populations vulnérables du Darfour. « Le problème repose principalement sur la qualité de l'aide : quand on doit arriver, déposer [les vivres] et repartir, on n'a pas beaucoup de temps pour mener des évaluations, des analyses et assurer un suivi convenables », a indiqué M. McDonald. « Il devient aussi plus difficile de lancer des programmes à long terme. Et naturellement, si vous ne disposez que de quelques jours, vous donnez la priorité aux secours d'urgence vitale, tels que les vivres et les médicaments, et vous n'avez pas de temps à consacrer à d'autres formes d'aide extrêmement importantes, telles que l'éducation et les projets [de création] de moyens de subsistance durables ». « Ça permet aux gens de survivre, mais rien de plus », a poursuivi M. McDonald. Le 22 juin, les Nations Unies ont déclaré aux journalistes lors d'une conférence de presse interagences qu'un « cocktail parfait » de facteurs, dont l'accès humanitaire limité, le surpeuplement des camps, les ressources réduites en eau et la mauvaise récolte de céréales, poserait probablement de grandes difficultés. « Quatre ans après le lancement d'une opération de grande envergure, dans le cadre de laquelle un demi-million de tonnes de vivres sont acheminées chaque année, et en moyenne, un millier d'expatriés ont été envoyés sur le terrain pour travailler aux côtés de leurs 15 000 collègues nationaux, c'est cette année, je pense, que nous allons observer une réduction des indicateurs [de santé], en conséquence de ce cocktail parfait », a prédit M. McDonagh.
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L'Express avec Reuters Version française Jean-Loup Fiéve, 24 juin 2008
Dans un rapport sombre adressé au Conseil de sécurité, les émissaires des Nations unies et de l'Union africaine ont plaidé mardi pour la tenue d'un sommet international visant à faire pression sur le Soudan et les groupes rebelles pour mettre fin à la guerre civile au Darfour et relancer des négociations de paix enlisées
Pour l'envoyé spécial de l'Onu au Darfour, Jan Eliasson, "il y a matière à mettre sérieusement en doute la volonté des parties à s'asseoir autour d'une table de négociation et à faire les compromis nécessaires à la paix". Selon lui et son homologue de l'UA, Salim Ahmed Salim, les organisations internationales, les 15 Etats membres du Conseil de sécurité ainsi que les autres pays de l'Onu devraient exercer des pressions sur le gouvernement de Khartoum et les insurgés darfouris pour arrêter les violences et faire la paix. Ils proposent la tenue d'"une réunion internationale à haut niveau" en présence notamment du Soudan et des membres du Conseil de sécurité, des autres grandes puissances et des pays africains, ainsi que probablement des rebelles soudanais, pour obliger Khartoum et les insurgés à se réconcilier. "Etant donné qu'une nouvelle approche est nécessaire pour gérer cette crise, semblable conférence constituerait une occasion unique de réfléchir et d'agir", a soutenu Salim devant le Conseil.
Une paix "insaisissable "
"Le processus politique est actuellement dans l'impasse", a déclaré le diplomate tanzanien à propos des négociations entre Khartoum et les rebelles darfouris. "Il faut repenser la stratégie en se projetant vers l'avenir". Dans un nouveau rapport sur la Minuad (force de paix hybride composée de l'Onu et de l'UA), le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, estime par ailleurs que le raid lancé en mai par les rebelles darfouris du Jem contre Omdurman, ville jumelle de Khartoum, "rappelle cruellement le caractère toujours insaisissable de la paix au Darfour". "L'attaque lancée par le Jem sur Omdurman et la poursuite des affrontements entre les groupes rebelles et le gouvernement et ses alliés montrent que les parties ne sont pas prêtes à ouvrir des négociations sérieuses", juge Ban dans son rapport au Conseil de sécurité. Les experts internationaux évaluent à environ 200.000 le nombre de morts et à 2,5 millions celui des personnes déplacées et réfugiées par la guerre au Darfour, qui dure depuis cinq ans. Le gouvernement de Khartoum conteste quant à lui ces estimations et évoque 10.000 morts.
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Nations Unies, PAM, 24 juin 2008
Alors que les populations du Darfour sont confrontées, comme chaque année, à la période maigre qui précède les récoltes d'octobre, la communauté humanitaire au Soudan a annoncé qu'il reste peu de temps pour prévenir une situation de plus en plus précaire. L'insécurité permanente dans la région est sous-jacente à cette crise potentielle ; elle a fait 180 000 déplacés supplémentaires depuis le début de l'année. Les attaques sur les convois du Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM) ont gravement retardé les livraisons d'aide alimentaire au Darfour ce qui a entraîné une réduction des rations alimentaires à hauteur de 40% depuis le mois de mai. Au moins 2,7 millions de personnes seront affectées par une réduction de l'aide pour les deux mois à venir. Les détournements de véhicules humanitaires au Darfour augmentent - 160 jusqu'à présent pour 2008 - et entravent les distributions et la qualité d'une aide pourtant vitale. Huit travailleurs humanitaires ont été tués depuis le début de l'année. De plus, l'ensemble de la population du Darfour a été confronté à une récolte céréalière considérablement plus faible en 2007, sur fonds de flambée des prix de l'alimentation. La situation est très préoccupante dans le sud du Darfour notamment, où la récolte de céréales a été déficitaire. Si les champs ne peuvent pas être cultivés à cause du conflit et des déplacements, de nombreux ménages vont devenir encore plus vulnérables. Les services d'eau et d'assainissement sont déjà à bout de souffle. Si les gens sont affaiblis par une pénurie alimentaire, l'impact de maladies telles que la diarrhée et les infections respiratoires aigues pendant la saison des pluies qui approche sera encore plus grave. Afin de surveiller, d'évaluer et d'amoindrir l'impact de ces facteurs, il est essentiel que les humanitaires aient un accès sécurisé à toutes les communautés. Un tel suivi n'est possible que si les agences d'aide peuvent entreprendre des études et en publier les résultats dans les meilleurs délais et sans restrictions. Il y a encore une fenêtre d'opportunité ouverte pour protéger la population darfourie des pires effets de la saison creuse de cette année, mais elle se ferme rapidement. Globalement, malgré des pics localisés et la vulnérabilité des nouveaux déplacés, les taux de malnutrition et de mortalité au Darfour sont toujours comparables à ceux de l'année dernière à la même période. Toutes les parties prenantes doivent agir immédiatement pour permettre aux agences humanitaires de surveiller la situation et de distribuer une aide vitale sans risque sécuritaire. Si ces conditions ne sont pas respectées, notamment la sécurité nécessaire aux livraisons de rations alimentaires complètes, la situation se détériorera. En tant qu'agences humanitaires présentes au Soudan, nous appelons à ce que soient mises en place les actions suivantes pour répondre à ces préoccupations, que partage également le gouvernement. Nombre d'entre elles ont déjà été acceptées lors du Consortium sur le Soudan à Oslo et par le Comité de Haut Niveau. Le gouvernement soudanais doit mettre en pratique son engagement d'assurer les escortes de convois de nourriture au minimum toutes les 48 heures sur les routes principales du Darfour. Cependant, pour que les rations alimentaires reviennent à des niveaux normaux, les autorités doivent autoriser les camions qui transportent l'aide alimentaire à traverser le Darfour tous les jours, avec ou sans ses escortes. Tous les groupes armés qui sévissent au Darfour qui sont responsables des attaques sur les humanitaires - signataires ou non des Accords de Paix du Darfour - doivent cesser les détournements de véhicules et de biens, et respecter les lois et principes humanitaires internationaux. Le gouvernement soudanais doit immédiatement appliquer son accord de publier les résultats d'études humanitaires techniques - y compris des études nutritionnelles et sur les récoltes - et minimiser les retards de publication d'études futures.
Le déploiement des troupes de l'UNAMID doit être accéléré pour fournir une protection aux civils et aux travailleurs humanitaires et leurs biens. Enfin, un accord pour mettre un terme à la crise du Darfour doit être négocié, autorisant les déplacés internes à regagner leurs communautés d'origine volontairement et en toute sécurité, pour reprendre le cours de leur vie et leurs moyens de subsistance. Entre-temps, les déplacés internes doivent continuer à accéder aux camps et à la protection contre les retours forcés ou involontaires. Si la réaction se fait attendre, les répercussions sur le bien-être et le développement des populations du Darfour seront très graves - pas seulement pour les jours et les mois à venir, mais à plus long terme. Cette déclaration a été approuvée par les membres suivants de l'équipe des Nations Unies au Soudan :
L'Organisation Internationale des Migrations (OIM) Le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) Le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) L'Organisation Internationale pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) Le Centre des Nations Unies pour les moyens Logistiques Communs (UNJLC) Le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM) L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
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Xinhuanet, Khartoum, 23 juin 2008
Un haut responsable de l'ONU a mis en garde dimanche contre une détérioration des conditions de vie pour la population vivant au Darfour, dans l'ouest du Soudan. Ils (populations du Darfour) pourraient connaître une mauvaise année,a déclaré Mike McDonagh, haut responsable de l'ONU pour les affaires humanitaires, à des journalistes à Khartoum. Plus de difficultés sont prévues pour l'aide humanitaire de l'ONU en raison de la mauvaise moisson dans la région, l'insécurité croissante dans les transports de denrées alimentaires, le déplacement continu de populations et la qualité dégradée des ressources d'eau à l'approche de la saison pluvieuse, a indiqué M. McDonagh. "Je pense que c'est une année que nous allons voir une réduction des indicateurs (du bien-être de la population du Darfour)", a-t-il dit. Le gouvernement soudanais a promis de redoubler d'efforts pour escorder les transports des aides de l'ONU, selon d'autres responsables de l'ONU. Les Nations Unies avaient lancé, il y a quatre ans, la plus grande opération humanitaire dans le monde.
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Nations Unies, Centre d'actualités, New York, 23 juin 2008
23 juin 2008 – À l'approche de la période de pénurie alimentaire qui précède les récoltes au Darfour, huit agences de l'ONU ont demandé des actions urgentes afin d'améliorer une situation qui devient de plus en plus précaire. « Il y a encore une fenêtre d'opportunité ouverte pour protéger la population du Darfour des pires effets de la saison creuse de cette année, mais elle se ferme rapidement.», ont averti les agences humanitaires de l'ONU dans un communiqué conjoint publié hier. L'augmentation du nombre de détournement de véhicules humanitaires dans la région a gravement retardé la livraison de l'aide et a entrainé une réduction de plus de 40% des rations alimentaires quotidiennes distribuées depuis le mois de mai. Au moins 2,7 millions de personnes seront touchées par cette réduction pendant les deux prochains mois au moins. Les agences signalent également que la récolte en céréales a été mauvaise en 2007 et que la situation est particulièrement préoccupante dans le sud du Darfour où la récolte a été déficitaire. En outre, l'impact de maladies comme la diarrhée et les infections respiratoires aigues risque d'être encore plus grave si la population est déjà affaiblie par un manque de nourriture. Face à cette situation, les agences humanitaires de l'ONU ont exhorté le gouvernement du Soudan à mettre en œuvre son engagement d'escorter les convois de vivres le long des principales routes du Darfour et de leur permettre de se rendre dans la province quotidiennement afin de rétablir le niveau normal des rations alimentaires. Elles ont également engagé les groupes armés à cesser d'attaquer les travailleurs humanitaires et de détourner leurs véhicules. Depuis le début de l'année, 160 véhicules humanitaires ont été détourné et huit travailleurs tués. L'Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) a d'ailleurs signalé que deux camions du Programme alimentaire mondial (PAM) ont été détournés hier par 11 hommes armés. Une patrouille de la MINUAD a néanmoins pu sauver les conducteurs des camions, a rapporté la porte parole du Secrétaire général pendant son point de presse quotidien.
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Le Monde avec Reuters, Version française Marc Joanny N'Djamena, 22 juin 2008
Les rebelles tchadiens ont accusé dimanche le président Idriss Déby de rejeter leurs appels au dialogue et déclaré qu'ils n'avaient donc pas d'autre choix que de maintenir leur pression militaire pour le renverser. Le discours prononcé la veille par le président Idriss Déby dans lequel il a désigné le Soudan comme le responsable des attaques de rebelles intervenues depuis le 10 juin a été interprété comme un refus de l'appel au dialogue par Ali Gadayé, porte-parole de l'Alliance nationale dans un entretien téléphonique avec Reuters. Au cours d'un rassemblement pro-gouvernemental dans la capitale tchadienne, samedi, Déby a invité ses opposants armés, qu'il a qualifiés de mercenaires à la solde du Soudan, à renter au bercail. Il n'a toutefois offert aucune concession aux rebelles dont les colonnes attaquent régulièrement des localités faiblement défendues à la frontière avec le Soudan, dans l'est du pays, où les soldats européens de l'Eufor opèrent sous mandat de l'Onu avec mission de protéger les quelque 500.000 civils réfugiés en raison de la crise dans la région soudanaise du Darfour.
Aventure sans lendemain
Prié de dire si les rebelles de l'Alliance nationale allaient maintenir leur pression militaire contre Déby, Gadayé a répondu: "S'il ne nous laisse pas d'autre option, que pouvons-nous faire?" Khartoum accuse Déby de soutenir les rebelles soudanais du Darfour, mais dément les allégations de N'Djamena selon lesquelles le Soudan appuie les rebelles tchadiens. Alors que ces derniers avaient fait état de rapides avancées dans l'est du pays tout au long de la semaine dernière, les forces gouvernementales ont affirmé avoir vaincu leur principale colonne dans la localité d'Am-Zoer en leur infligeant de lourdes pertes. Les rebelles ont déclaré de leur côté avoir tué plusieurs centaines de soldats de l'armée tchadienne. Aucune indication sur l'issue des combats n'a pu être obtenue auprès de sources indépendantes. Les rebelles qui avaient attaqué N'djamena en février se replient régulièrement sur leurs bases dans l'est du pays avant de reprendre l'offensive. Déby a qualifié d'aventure sans lendemain les attaques des rebelles et a appelé la communauté internationale, qui les a largement condamnées, à désigner le Soudan comme l'agresseur du Tchad.
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Le Monde avec Reuters, Khartoum, 22 juin 2008
La crise alimentaire menace le Darfour, en raison de l'accumulation des violences et de la surpopulation dans les camps de réfugiés, qui rendent difficiles les opérations humanitaires, et des mauvaises récoltes, ont prévenu dimanche les Nations unies. "Sur les quatre ans d'opération humanitaire d'ampleur (...) c'est cette année, je pense, que nous allons observer une baisse des indicateurs (de santé) en raison de cette combinaison parfaite", a déclaré Mike McDonough, chef du bureau de coordination humanitaire de l'Onu. Le conflit au Darfour, région de l'ouest du Soudan, a donné lieu au déploiement de la plus importante opération humanitaire au monde, qui vient en aide à quelque 4 millions de personnes sur les six qui peuplent la région. Mais depuis le début de l'année, une accumulation de problèmes ont résulté en une augmentation des taux de malnutrution et des problèmes de santé, ont constaté les Nations unies. Les attaques visant les convois du Programme alimentaire mondial ont notamment conduit à une diminution de près de la moitié des livraisons de nourriture depuis mai, et les promesses du gouvernement d'escorter les convois n'ont jamais été tenues. Selon Ted Chaiban, responsable de l'Unicef, l'agence des Nations unies pour l'enfance, la difficulté d'acheminer les vivres s'ajoute à une mauvaise pour les récoltes, qui a déjà provoqué un doublement des prix des produits de base alimentaires au Darfour. Chaiban a également fait savoir que des études sur la malnutrition montraient que le niveau d'urgence a été dépassé dans plusieurs "poches" de population. Les statistiques de mortalité n'ont pas été diffusées depuis trois ans par le gouvernement de Khartoum. Selon les autorités soudanaises, le nombre de victimes du conflit au Darfour est d'environ 10.000, alors que les Nations unies et les occidentaux parlent généralement d'un bilan compris entre 200.000 et 300.000 tués. Opheera McDoom, version française Grégory Blachier
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Actualités africaines, 20 juin 2008
Les autorités soudanaises ont déployé un bataillon mixte de 600 soldats dans la région pétrolifère d'Abyei, conformément à l'accord passé le mois dernier, qui a mis fin à près de neuf mois d'hostilités entre Khartoum et ses partenaires pour la paix du Sud. Une source militaire soudanaise a indiqué jeudi que ce bataillon des Unités mixtes intégrées (UMI) est arrivé dans la ville d'Abyei jeudi matin pour sécuriser les gisements pétroliers de la région dans le cadre d'une structure administrative commune. Les ex-rebelles soudanais, le Mouvement pour la libération du peuple soudanais (SPLA/M), ont contribué à cette force à hauteur de 320 soldats, tandis que les Forces armés soudanaises (SAF) comptent 319 soldats au sein de la force mixte, qui a pour mission de protéger les vastes richesses pétrolières de la région. Valentino Tokmac, le commandant en chef des UMI, a déclaré que les deux armées seraient basées dans un seul camp. Le déploiement de cette force mixte constitue une étape décisive pour le Soudan, qui a failli retomber dans la guerre, suite à des mois de retard dans l'application de l'accord de paix d'Abyei, qui faisait partie d'une série de six accords ayant contribué à mettre fin à 21 ans de guerre au Soudan. Khartoum et les rebelles du Sud se sont fait la guerre pendant des années pour le partage du pétrole, des questions religieuses et politiques et ont buté sur la question d'Abyei, particulièrement sur la délimitation de la frontière séparant le nord du Sud Soudan. Les deux parties ont revendiqué la propriété des importants gisements pétroliers de cette région, où sont produits près des deux tiers du pétrole soudanais. Ce désaccord a fait que la région d'Abyei est sans gouvernement depuis près de trois ans et a débouché sur un échange d'hostilités. Le directeur général adjoint de la Police du Soudan, le général de corps d'armée Tariq Osman, a déclaré que le déploiement de la force mixte jeudi était une des dispositions spéciales prises pour envoyer des forces dans la région, conformément à la feuille de route d'Abyei, adoptée en mai 2008. Par ailleurs, le principal émissaire de l'ONU au Soudan, Ashraf Qazi, s'est déclaré choqué par une déclaration de l'émissaire spécial américain au Soudan, Richard Williamson, alléguant que le Soudan n'était pas allé au fond choses concernant les récents combats à Abyei. M. Williamson a déclaré au Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies (ONU) que la Mission des Nations unies au Soudan n'avait pas pris "ses responsabilités" durant les récents affrontements à Abyei. Il a ajouté que la Mission de l'ONU "n'avait ni les capacités ni le mandat pour intervenir militairement ou assurer des fonctions de maintien de la loi, qui sont la responsabilité du gouvernement soudanais". M. Qazi a déclaré que les propos de M. Williamson étaient "malencontreux et mensongers".
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Jeune Afrique avec Xinhuanet, 19 juin 2008
Le responsable de la mission onusienne au Soudan a exhorté mercredi le Conseil de sécurité de l'ONU à pousser les parties signataires de l'accord de paix conclu en 2005 à tenir leurs engagements. L'application de l'accord historique est crucial pour assurer la stabilité du pays, a déclaré John Sawers, lors d'une session ouverte du Conseil de sécurité "L'Accord de paix global (CPA) reste fragile, et le Conseil de sécurité est convaincu que nous devons faire tout notre possible pour soutenir les parties dans l'application de l'accord", a-t-il indiqué. M. Sawers, co-responsable de la mission onusienne rassemblant des troupes de cinq pays africains, a ajouté que la mission onusienne devrait fournir davantage d'efforts pour soutenir le CPA. La mission au Soudan doit exercer son mandat plus activement qu'avant, "si elle veut renforcer la stabilité et protéger les civils" dans la ville d'Abyei. La région d'Abyei, situé à la limite entre le Nord contrôlé par le gouvernement soudanais et le sud semi-autonome, constitue un obstacle majeur pour l'application de l'accord de paix signé en 2005, qui a mis fin à un conflit de 21 ans
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IRIN, Juba, édition française, 19 juin 2008
Le déploiement prévu d'un nouveau bataillon des Unités intégrées mixtes (JIU) à Abyei, une région riche en pétrole du Soudan, et le retrait des contingents distincts de soldats du nord et du sud ouvriront la voie au rapatriement de dizaines de milliers de personnes déplacées par de récents affrontements, selon un haut responsable. Créées aux termes de l'Accord de paix global (CPA) de 2005 qui avait mis fin à plus de deux décennies de guerre civile au Soudan, les JIU sont composées d'un nombre égal de soldats des Forces armées soudanaises (FAS) et de l'Armée populaire de libération du Soudan (APLS), anciens rebelles du sud. Les JIU sont sous le contrôle du Conseil mixte de défense, un organe rattaché à la présidence. « Le Conseil mixte de défense s'est réuni et a élaboré un plan clair pour le déploiement des JIU », a déclaré Luka Biong, ministre des Affaires présidentielles au Sud-Soudan. « Abyei sera la seule région [entièrement] sous le contrôle des JIU. Dans d'autres régions, les JIU sont accompagnées des FAS ou de l'APLS ». Il a ajouté que la date prévue pour le déploiement total des JIU avait été fixée au 18 juin. Chang Changson, le ministre de l'Information, a également annoncé la présence d'une force de police mixte, formée par les gouvernements du Sud et du Nord. «Une fois que ces mesures auront été prises, les [personnes déplacées] retourneront à Abyei», a-t-il déclaré, le 13 juin.
Réfugiés vers le sud
Au moins 50 000 personnes ont fui à la suite des affrontements qui ont éclaté entre l'APLS et les FAS à Abyei, en mai. Selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), ces affrontements ont incité les habitants d'Abyei, issus pour bon nombre des communautés Dinka Malual et Dinka Ngok, à fuir vers le sud. La plupart se sont retrouvés dans le comté de Twic, dans l'Etat de Warrab et à Agok, mais d'autres ont également mis le cap sur Aweil Est, dans l'Etat du Bahr el Ghazal Nord, et sur Bentiu, dans l'Etat d'Unity. Les affrontements ont presque détruit l'ensemble de la ville. L'évêque Antonio Menegazzo d'El Obeid avait en effet déclaré à la presse, à l'époque, qu'environ 90 pour cent des cases d'Abyei avaient été démolies. Le 8 juin, les deux parties avaient accepté de résoudre le conflit. Elles avaient consenti à déployer les JIU dans les 10 jours suivants, à redéployer les soldats des FAS et de l'APLS au-delà de la région administrative d'Abyei, à autoriser la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) à circuler librement dans la région, et à nommer de nouveaux administrateurs à Abyei. « Les dispositions de sécurité susdites devraient être prises avant la fin du mois de juin », selon un rapport d'OCHA, daté du 13 juin. « Une fois qu'elles seront prises, les civils déplacés devraient rentrer dans leur région d'origine ». Toujours selon OCHA, les Nations Unies prévoient d'aider les déplacés à rentrer chez eux. Elles aideront également les personnes susceptibles de rester dans les régions d'Abyei Sud et du comté de Twic. Pour déployer l'intervention humanitaire, la somme de 7,7 millions de dollars a été sollicitée auprès du Fonds central d'intervention d'urgence (CERF). En attendant, diverses agences et organisations non-gouvernementales (ONG) apportent leur aide, sous différentes formes, aux populations touchées par le conflit. Selon Chris Johnson, directrice des bureaux d'OCHA à Abyei, une fois que le déploiement aura été lancé, une équipe de déminage interviendra pour éliminer les engins non-explosés, le cas échéant. « Une fois qu'elle [la région] aura été débarrassée [de toute mine], les agences des Nations Unies y retourneront pour lancer des projets d'eau et assainissement, de reconstruction, etc. », a-t-elle indiqué à IRIN, depuis Khartoum.
« Le Cachemire soudanais »
Surnommée le « Cachemire soudanais » par les analystes, Abyei est devenue l'un des obstacles à la mise en œuvre du CPA. Le CPA comprenait un protocole distinct sur Abyei, qui conférait à la région un statut administratif spécial. Mais un grand nombre des dispositions du protocole n'ont pas fait l'objet d'un suivi adéquat, et aucun accord n'a été conclu au sujet des frontières de la région. À en croire les dirigeants du Sud-Soudan, Khartoum est motivé par les revenus pétroliers d'Abyei, estimés à 529 millions de dollars, en 2007. Khartoum rejette pourtant cette accusation. Le gouvernement de Khartoum s'est également opposé à la nomination unilatérale, par le SPLM, en décembre dernier, d'Edward Lino aux fonctions d'administrateur d'Abyei. La nomination de M. Lino a provoqué des heurts lorsque des membres de la tribu nordiste des Misseriya, hostiles au nouvel administrateur, ont formé un mouvement baptisé Front de libération d'Abyei. D'autres échauffourées ont eu lieu depuis lors, qui ont fait 75 morts entre décembre et janvier. En mars, la reprise des affrontements entre l'APLS et les combattants misseriya a déplacé des centaines de civils et attisé les tensions.
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Afrik-com, 19 juin 2008
Le procès de 39 personnes originaires du Darfour et suspectées d'avoir participé à l'attaque contre Khartoum le mois dernier s'est ouvert ce mercredi. Le Soudan les accuse d'être des rebelles du Darfour et d'avoir participé aux combats survenus le 10 mai, après l'attaque de la capitale du pays. 220 personnes y ont été tuées par les rebelles du Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM). L'association Human Rights Watch a dénoncé les mauvais traitements infligés à certains détenus, arrêtés seulement parce qu'ils sont originaires du Darfour.
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Agence France Presse, Am Zoer, 18 juin 2008
N'Djamena espère en finir avec la rébellion qui semble s'essouffler après une victoire de l'armée tchadienne jugée "décisive" par l'état-major, mardi à Am Zoer, dans l'est du Tchad, au terme de huit jours d'offensive dans cette région. Tout un symbole: sur la route entre Am Zoer et Abéché, un seul véhicule de l'armée nationale tchadienne est suivi docilement par cinq pick-up rebelles de l'Alliance nationale (A.N., qui regroupe les diverses factions rebelles). Un peu plus loin, quatre véhicules rebelles sont intégrés dans un convoi de l'armée nationale tchadienne (ANT). Ce sont des ralliés. Il est difficile de donner un chiffre, mais nombre de rebelles seraient en train de se rallier depuis la bataille d'Am Zoer, qui a fait 162 morts rebelles selon l'ANT et 27 tués selon le bilan de l'Alliance nationale. L'armée a remporté une bataille à Am Zoer. Elle a réussi ce que les rebelles essayaient d'éviter à tout prix: affronter de manière organisée avec le gros de ses troupes et ses moyens les rebelles plutôt adeptes de la guérilla ou des offensives surprise. "Nous avons su attendre. Ils nous ont évité ici, ils nous ont évité là. Ils se cachaient à droite et à gauche. Ils sont rentrés cinq minutes dans les environs de Goz Beida", affirme le général de division Adoum Guelemine Gabglia. "Et, là on les a frappés et frappés fort", raconte-t-il à l'AFP, écrasant sa main gauche de la main droite. "Nous les avons pris en étau", ajoute-t-il. Depuis Abéché, la capitale de l'est, les renforts continuent d'affluer avec d'importants moyens et notamment des chars transportés sur camions. "L'armée tchadienne est beaucoup mieux organisée que par le passé. Elle fonctionne de manière plus moderne et rationnelle", commente une source militaire française. Quant aux rebelles, "s'ils savent faire des choses intéressantes, ils ont l'air d'avoir des problèmes de dissensions internes qui les gène un peu", remarque cette même source. L'aéroport d'Abéché a ainsi reçu un renfort en hélicoptères après la chute de l'un d'entre eux, et en dispose de 3 sur les cinq de l'armée. L'armée compte "régler le problème une fois pour toutes", selon l'expression du général Gabglia. "Nous ne faisons qu'obéir aux ordres du président (Idriss Deby Itno) qui a promis de mettre fin aux incursions des mercenaires soudanais", ajoute-t-il. La rébellion réfute avoir subi un revers décisif. "La bataille n'a rien de décisif. C'est un truc pour remonter le moral de leurs troupes (de l'armée). Nous continuons la lutte, nous continuons à nous battre", affirme Ali Gueddei, porte-parole de l'Alliance. "Pour le moment, nous regroupons nos forces dans la région d'Am Zoer. Ceux qui disent que c'est fini se trompent. Nous allons les détromper: l'objectif reste N'Djamena. Attendez quelques jours", a-t-il ajouté. "Nous nous offrons un peu de répit après de durs combats", souligne-t-il. "Vous connaissez beaucoup d'armées qui se reposent quand il y a la guerre ?" ironise le général Gabglia. Toutefois, la rébellion, qui avait probablement peu d'illusions sur sa capacité réelle à prendre N'Djamena, alors qu'en février elle avait atteint la capitale et failli renverser M. Deby, cherchait plutôt par son offensive à déstabiliser le régime en montrant que l'armée ne contrôle pas l'est du pays, selon des observateurs militaires. Les rebelles peuvent maintenant regagner leurs bases arrière au Soudan, recomposer leurs forces et attendre la saison des pluies qui tarde avant de reprendre leurs attaques dans trois mois. "La rébellion peut toujours revenir", affirme sous couvert d'anonymat une membre de la société civile. "Le Tchad, c'est ni guerre, ni paix. C'est ça qui est dur. Ni guerre, ni paix".
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Agence France Presse, Am Zoer, 18 juin 2008
L'armée tchadienne a remporté mardi "une victoire décisive" sur la rébellion à Am Zoer (est) et tué 162 rebelles, a affirmé mercredi le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Touka Ramadan Koré, à des journalistes, en présentant les lieux des combats. "C'est une victoire décisive remporté à Am Zoer (80 km au nord est d'Abéché, la ville la plus importante de l'est). Il n'y aura plus de ville prise. les mercenaires soudanais de l'Alliance nationale (qui regroupe les diverses factions de la rébellion tchadienne) ont fui ou sont morts", a déclaré le général. Il a indiqué qu'il y avait eu "162 rebelles tués recensés et sans doute plus" au cours des combats et que l'armée tchadienne avait détruit ou récupéré une quarantaine de véhicules et "fait plusieurs dizaines de prisonniers". L'armée a compté trois morts dans ses propres rangs, a affirmé le général. Une vingtaine de prisonniers, dont cinq blessés, ont aussi été présentés à la presse par les autorités. Par ailleurs, le Soudan a démenti mercredi les accusations du Tchad selon lesquelles des soldats et hélicoptères de Khartoum ont attaqué une garnison tchadienne à la frontière des deux pays en soutien à l'offensive de la rébellion tchadienne. Le porte-parole de l'armée, le général Othman Mohammed al-Agbash, a déclaré à l'agence nationale Suna que les forces armées soudanaises ne jouaient aucun rôle dans le conflit chez son voisin. "Il n'y a pas de relation entre l'armée soudanaise et l'opposition tchadienne", a-t-il dit à Suna. Le Tchad a affirmé avoir été attaqué mardi par l'armée soudanaise à la frontière. "Les colonnes de mercenaires envoyés en territoire tchadien ayant échoué à s'implanter dans des points stratégiques, l'armée soudanaise est entrée elle-même en action en attaquant la garnison de l'armée à Adé avec des troupes au sol appuyés par des hélicoptères", a affirmé le gouvernement tchadien. L'AFP n'a pu confirmer la réalité de cette attaque auprès de sources indépendantes. Les rebelles tchadiens avaient lancé le 11 juin une offensive dans l'est du pays, prenant successivement, sans y rester longtemps, Goz Beida, Am-Dam, Biltine et mardi matin Am Zoer. L'objectif affiché des rebelles est de se rendre à N'Djamena, comme il l'avait fait les 2 et 3 février, étant alors à deux doigts de renverser le régime du président Idriss Deby Itno
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Ouest France, 18 juin 2008 Le conflit dans l'est du Tchad s'internationalise. N'Djamena accuse le Soudan d'avoir attaqué son territoire et Déby s'en prend à l'Eufor. Ses proches reconnaissent des pertes. Fébrilité, hier, à N'Djamena. Le président Déby s'en est d'abord pris à la force européenne déployée dans l'est du pays. « Nous sommes en droit de nous interroger sur l'efficacité de cette force et de l'utilité de sa présence au Tchad », a-t-il dit dans une allocution. L'Eufor, a aussitôt répliqué le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, se comporte « de manière stricte » et selon son mandat. Un mandat limité à la protection des populations des camps de réfugiés. Accuser la force européenne de complaisance avec la rébellion témoigne des inquiétudes du président tchadien. Déjà ébranlé par l'attaque de février sur la capitale, Déby est de nouveau confronté à une offensive des rebelles. Hier, l'opposition armée a annoncé avoir pris la localité d'Am-Zoer (80 km au nord-est d'Abéché), dans l'est du pays, se rapprochant ainsi de la ville d'Abéché, centre névralgique des opérations humanitaires internationales le long de la frontière avec le Soudan. Hier soir, le général gouverneur de la région, Issa Djadallah Bichara, ancien ministre de la Défense, a affirmé avoir repris Am-Zoer. Il ajoute avoir « repoussé deux attaques soudanaises à la frontière d'Adré. Nous avons fait des prisonniers et nous avons eu des pertes ». Le matin, le gouvernement avait annoncé l'attaque de la garnison d'Adré par l'armée soudanaise « appuyée par des hélicoptères ». « Cet échelon franchi par les autorités soudanaises a le mérite de clarifier les positions aux yeux de ceux qui auraient encore des doutes sur la responsabilité de Khartoum dans les attaques successives contre le Tchad et notamment dans les combats commencés le mercredi 11 juin », insiste N'Djamena qui verrait d'un bon oeil les troupes de l'Eufor sécuriser la frontière avec le Soudan et neutraliser les colonnes rebelles.
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Suisse Romande avec l'A-F-P, New York, Nations Unies, 18 juin 2008
Un militant américain des droits de l'Homme a mis en garde la Chine, mardi à l'ONU, contre le risque de voir ses intérêts pétroliers au Soudan pris pour cible, si elle ne faisait pas pression sur Khartoum pour mettre fin aux violences au Darfour et Sud Soudan. La Chine, membre permanent du Conseil de sécurité où elle jouit du droit de veto, a "une responsabilité énorme" dans la recherche de solutions aux conflits du Darfour et du Sud Soudan, a déclaré à la presse John Prendergast, à l'issue d'une rencontre avec le Conseil de sécurité. "Elle doit l'assumer ou alors on va voir le Soudan s'embraser et parmi les premières choses qui brûleront, ce seront ses intérêts économiques", a-t-il ajouté. Ancien membre du Conseil de sécurité nationale (NSC) et du département d'Etat américains, M. Prendergast est directeur de l'ONG "Enough" ("Assez" en anglais mais aussi: End Genocide and Crimes against Humanity). M. Prendergast a indiqué qu'il revenait d'un voyage au Sud Soudan, où de récents combats entre troupes soudanaises et anciens rebelles du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), ont entraîné la destruction de la ville d'Abyei, chef-lieu d'une région pétrolifère disputée, et fait craindre une nouvelle guerre civile. "Les rebelles qui ont signé le CPA craignent de plus en plus de devoir faire de nouveau la guerre pour le référendum d'indépendance qui leur est promis pour 2011", a-t-il dit. "Si cela arrive, les premières cibles auxquelles les rebelles s'attaqueront seront les installations pétrolières chinoises", a-t-il averti. "Ils ont beaucoup appris sur la façon de pénétrer et de mener des opérations de commando ces 20 dernières années", a-t-il ajouté. Aux termes de l'accord de paix global (CPA) de 2005 ayant mis fin à 21 ans de guerre civile dans le sud entre l'armée du gouvernement de Khartoum et les rebelles sudistes du SPLM, le sort d'Abyei doit être fixé par un référendum en 2011. La population doit décider si la région reste dans le Nord ou est intégrée au Sud, et si le Sud doit proclamer son indépendance. Selon le CPA, une administration conjointe devait gérer la région jusqu'en 2011, mais elle n'a jamais été mise en place.
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Agence France Presse, Khartoum, 18 juin 2008
La force mixte soudanaise Nord-Sud chargée d'empêcher de nouvelles violences dans la région pétrolifère disputée d'Abyei s'est déployée mercredi, avec deux jours de retard, a-t-on appris de source officielle. "Oui, nous sommes bien à Abyei" a déclaré à l'AFP le colonel Valentino Tokmac, commandant de la force, joint par téléphone. "Nous recevons en ce moment même les forces", a-t-il ajouté. Au moins 600 soldats des troupes de l'Armée de Libération du Peuple Soudanais (SPLA) ainsi que de l'armée soudanaise régulière du nord doivent être déployés au total dans cette zone frontalière contestée. Un porte-parole de l'Onu Brian Kelly a confirmé mercredi soir que les troupes de l'armée régulière soudanaise - venues du nord au contraire des soldats de la SPLA qui sont arrivés dans un convoi de l'Onu - étaient sur le point de se déployer. Le déploiement d'à peu près un bataillon de ces Unités intégrées mixtes (JIU) constitue un point essentiel de la "feuille de route", signée le 8 juin par le président Omar el-Béchir et le premier vice-président Salva Kiir, le leader du Sud-Soudan. Les troupes devaient initialement arriver lundi dans la ville meurtrie par la guerre, où des dizaines de personnes ont été tuées et plus de 50.000 déplacées à la suite de combats en mai qui ont fait craindre un retour à la guerre civile. En plus d'autoriser le retour chez eux des dizaines de milliers de personnes déplacées par les violences, l'accord met en place une administration intérimaire et demande un arbitrage international pour résoudre le conflit. Aux termes de l'accord de paix global (CPA) de 2005, qui a mis fin à 21 ans de guerre civile, dans le sud entre l'armée de Khartoum et les rebelles sudistes du SPLM, le sort d'Abyei doit être fixé par un référendum en 2011. La population doit décider si la région reste dans le Nord ou est intégrée au Sud, et si le Sud doit proclamer son indépendance. Selon le CPA, une administration conjointe devait gérer la région jusqu'en 2011, mais elle n'a jamais été mise en place.
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Agence France Presse, Khartoum, 18 juin 2008
Trente-neuf personnes ont comparu mercredi pour leur rôle dans une attaque sanglante menée le 10 mai par des rebelles du Darfour contre Khartoum, à l'ouverture d'un procès au terme duquel certaines risquent la peine de mort, selon l'agence officielle Suna. Ces 39 suspects sont poursuivis devant trois tribunaux créés spécialement, à Khartoum ainsi que dans les villes jumelles d'Oumdurman et Khartoum-nord. Ils sont jugés selon la législation criminelle et antiterroriste pour une série de crimes. Plus de 220 personnes sont mortes dans l'attaque sans précédent menée le 10 mai à Oumdourman par les rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) et les combats qui ont suivi. L'ouverture du procès coïncide avec un appel de l'organisation Human Rights Watch (HRW) pour que le Soudan rende compte de plusieurs centaines d'adultes et d'enfants arrêtés à la suite de l'attaque et qu'il juge les responsables des tortures et des mauvais traitements infligés aux détenus. "Plusieurs centaines de personnes à Khartoum ont été arrêtées simplement parce qu'elles sont originaires du Darfour, et brutalement battues et jetées dans des prisons surpeuplées où certaines sont mortes", a affirmé Georgette Gagnon, directrice pour l'Afrique de HRW. "Les autorités soudanaises devraient rendre compte de chaque individu et les inculper (...) ou les libérer immédiatement", poursuit-elle. Dans un rapport de 28 pages, HRW affirme avoir recueilli les noms de plus de 200 personnes que les services de sécurité soudanais auraient arrêtées depuis le 10 mai. Environ 3.000 personnes auraient été arrêtées au total, affirment des ex-détenus tandis que des témoins, cités par HRW, ont indiqué qu'au moins 10 personnes étaient mortes en détention en raison de mauvais traitements et des mauvaises conditions de détention
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Agence de Presse Africaine, Ouagadougou, 18 juin 2008
Un bataillon burkinabé de rendra d\'ici la fin de l\'année au Darfour, pour participer aux opérations de maintien de paix au Soudan, a appris l'APA de sources officielles jeudi soir à Ouagadougou. Le bataillon composé de 800 hommes a pris le nom de baptême « Laafi », ce qui signifie « Paix en langue locale Mooré. Il devra rejoindre un contingent de 2400 hommes, devant servir de force d\'interposition entre les belligérants de la guerre au Soudan. Selon le Ministre burkinabé de la Défense, Yéro Boly, le Burkina attend le feu vert des Nations unies. L\'ONU devra agréer la conformité de ce bataillon avec les missions de maintien de paix, avant de délivrer son quitus. Le Ministre Boly s\'est dit confiant que les soldats burkinabés ont été formés selon les normes de l'ONU. Une mission d\'inspection onusienne a déjà évalué le bataillon, et de l\'avis du Ministre de la défense, le bataillon Laafi « sera probablement au Darfour en octobre 2008 » ou à défaut, avant la fin de l\'année Le bataillon a bénéficié d\'un encadrement d\'experts américains, à travers le programme Africa Contingency Operational Training Assistance (ACOTA). Des soldats et des agents de sécurité burkinabé sont présents sur plusieurs théâtres d'opérations de maintien de la paix, notamment en République démocratique du Congo, au Burundi et en Haïti.
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2879ème session du Conseil de l'Europe, Relations Extérieures - Luxembourg, les 16 et 17 juin 2008 : Le Conseil a adopté les conclusions suivantes:
“1. Le Conseil est vivement préoccupé par la détérioration de la situation en matière de sécurité au Soudan, laquelle compromet sérieusement la mise en œuvre de l'accord de paix global (APG) et la possibilité d'un règlement pacifique du conflit au Darfour. Le Conseil demande à toutes les parties de respecter les engagements qu'elles ont pris en ce qui concerne le recours à un processus politique et les obligations que leur impose le droit international, notamment en ce qui concerne la protection des civils, des travailleurs humanitaires et des forces de maintien de la paix, et de réaffirmer leur détermination à trouver une solution politique viable à tous les problèmes en suspens.
2. Le Conseil déplore les affrontements militaires qui ont eu lieu récemment à Abyei entre les forces armées soudanaises et l'Armée populaire pour la libération du Soudan; il salue néanmoins l'accord conclu le 8 juin 2008 entre le Parti national du congrès et Mouvement populaire de libération du Soudan concernant la feuille de route sur Abyei. Le Conseil espère que cet accord servira de base pour résoudre le différend et trouver une solution durable à la mise en œuvre du protocole d'Abyei. Il demande instamment aux parties de respecter pleinement les dispositions de ce nouvel accord, en particulier les arrangements en matière de sécurité, dont le déploiement d'une véritable unité commune intégrée, afin que les populations puissent retourner volontairement sur les terres qui étaient les leurs. Le Conseil invite les deux parties à ne pas entraver les déplacements de la MINUS et des organisations humanitaires, et de faciliter la tenue d'une enquête indépendante concernant les événements qui se sont produits ces derniers temps dans toute la région d'Abyei. La MINUS doit pouvoir renforcer sa présence à Abyei pour être en mesure de remplir efficacement son mandat. Il faut tout mettre en œuvre pour empêcher que se reproduisent des incidents qui pourraient compromettre la bonne mise en œuvre de l'APG. L'UE est prête à apporter son aide pour permettre de répondre aux besoins humanitaires des personnes qui ont dû quitter Abyei et à remettre la ville en état pour permettre aux habitants de s'y réinstaller dans la sécurité et la dignité. Le Conseil soutient les efforts déployés par la commission du bilan et de l'évaluation, qui joue un rôle déterminant dans la surveillance de l'application de l'APG, pour qu'une attention particulière soit accordée à la situation très préoccupante qui règne à Abyei.
3. Le Conseil considère que l'APG et la constitution nationale provisoire constituent la base de la transformation démocratique, de l'instauration de la paix et de la stabilité dans tout le Soudan et le moteur qui fera de l'unité du pays un objectif attrayant. Le Conseil salue les progrès réalisés en vue du recensement national et demande à toutes les parties en présence au Soudan de jouer un rôle constructif dans la préparation des élections prévues en 2009, notamment en approuvant la loi électorale. Le Conseil exhorte le Parti national du congrès et le Mouvement populaire de libération du Soudan à améliorer leur coopération dans un climat de loyauté et à assumer pleinement les obligations qui leur incombent en vertu de l'APG. Si l'APG est correctement mis en œuvre, il en résultera un climat propice à un règlement négocié du confit du Darfour, ce qui aura un effet stabilisateur pour l'ensemble de la région.
4. L'UE condamne une nouvelle fois fermement, comme les Nations unies et l'UA, l'attaque que le Mouvement pour la justice et l'égalité a menée à Omdurman contre le gouvernement soudanais au début du mois de mai, ainsi que les bombardements et les attaques contre des civils dont les forces gouvernementales et leurs milices se sont rendues récemment coupables au Darfour. Le Conseil demande aux parties de s'engager à respecter un cessez-le-feu immédiat et souligne qu'il faut réactiver d'urgence le processus politique au Darfour, les Nations Unies et l'UA jouant un rôle de médiateur; il demande instamment aux mouvements rebelles d'entamer des négociations avec une approche commune. Le Conseil mesure le rôle important que peut jouer le processus de dialogue et de concertation Darfour-Darfour pour instaurer la confiance et consolider la paix au Darfour. Le Conseil réaffirme qu'un processus de paix sans exclusive est nécessaire; pour que ce dialogue et cette circulation au niveau des citoyens puissent avoir lieu, il engage toutes les parties à garantir l'accès et la libre circulation des participants.
5. Le Conseil souligne qu'il est nécessaire que le déploiement de la MINUAD soit accéléré et qu'elle soit équipée afin de pouvoir s'acquitter du mandat qui lui a été confié par la résolution 1769 (2007) du Conseil de sécurité, notamment en ce qui concerne la protection des civils. Le Conseil condamne les récentes attaques menées contre la MINUAD. Le Conseil invite à nouveau le gouvernement du Soudan à assumer pleinement les responsabilités qui sont les siennes en vertu de l'accord sur le statut des forces (SOFA), en particulier en ce qui concerne la libre circulation de la MINUAD, et à tout mettre en œuvre sur le plan technique et administratif pour faciliter le déploiement rapide des militaires et des policiers de la MINUAD sélectionnés par l'ONU et l'UA. Les États membres de l'ONU capables de fournir des équipements logistiques et d'autres équipements militaires nécessaires à l'efficacité de la MINUAD, conformément au nouveau plan de déploiement, sont invités à le faire.
6. Le Conseil demeure préoccupé par la persistance des violences perpétrées à l'encontre des civils, des forces de maintien de la paix et du personnel humanitaire, ainsi que des violences faites aux femmes et des crimes sexuels, dont l'ampleur est avérée. Ces crimes et ces violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire ne doivent pas demeurer impunis. Le Conseil rappelle l'importance que revêt la résolution 1325 (2002) du Conseil de sécurité des Nations unies relative aux femmes, à la paix et à la sécurité.
7. En outre, le Conseil rappelle qu'il est prêt à prendre de nouvelles mesures, notamment dans le cadre des Nations unies, contre toute partie qui ne joue pas un rôle constructif dans le processus de paix au Darfour, contre toute partie qui entrave la mise en place d'une MINUAD effective, contre toute partie qui, par des actes de violence, compromet la paix et la sécurité au Darfour et dans la région, et en particulier contre toute partie qui empêche les personnes dans le besoin d'accéder à l'aide humanitaire.
8. Le Conseil réaffirme son soutien à la Cour pénale internationale (CPI). Il déplore profondément que le gouvernement soudanais persiste à ne pas coopérer avec la CPI et souligne que ce dernier est tenu de coopérer et est en mesure de le faire. Tout mandat d'arrêt délivré par la CPI devrait être respecté. Ahmad Harun et Ali Kushayb devraient être remis à la CPI, et le gouvernement soudanais devrait faire montre de sa volonté de mettre un terme à l'impunité de ceux qui planifient et commettent les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité. Le Conseil est prêt à envisager des mesures contre les personnes responsables de la non-coopération avec la CPI si l'obligation prévue par la résolution 1593 du Conseil de sécurité de l'ONU concernant la coopération avec la CPI continue à ne pas être respectée. Le Conseil invite toutes les parties à user de leur influence pour amener le gouvernement soudanais à coopérer pleinement avec la CPI, à faire en sorte que des enquêtes soient menées à propos des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis au Darfour et que leurs auteurs soient poursuivis, et à ratifier à terme le statut de la CPI.
9. Le Conseil accueille avec satisfaction le 7 ème rapport du Procureur de la Cour pénale internationale, présenté le 5 juin 2008 au Conseil de sécurité des Nations unies. Il est particulièrement préoccupé par l'affirmation du Procureur selon laquelle les décisions de commettre des crimes, de ne pas les reconnaître ou de les dissimuler sont prises au niveau le plus élevé.
10. Le Conseil est préoccupé par les ramifications régionales de la crise au Soudan. En vue de désamorcer les tensions existantes entre le Soudan et le Tchad, le Conseil invite instamment les deux pays à respecter l'accord conclu le 13 mars 2008 à Dakar et à coopérer pleinement avec le Groupe de contact, au sein duquel l'UE est un observateur. Le Conseil salue les efforts diplomatiques actuellement déployés par l'UA et invite les partenaires régionaux à user au mieux de leur influence sur toutes les parties pour parvenir à une stabilité durable dans la région.
11. Le Conseil rappelle que l'EUFOR Tchad/RCA est un acteur essentiel, avec la mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) et l'opération hybride UA/ONU au Darfour (MINUAD), de la sécurisation de la région, et qu'elle contribue par conséquent aux efforts de consolidation de la paix et de réconciliation dans la région, ainsi qu'à l'amélioration de la situation humanitaire”.
Source : European Council
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Le Monde 17 juin 2008
L'attaque contre l'armée tchadienne a eu lieu à Goz Beida où sont déployés des soldats irlandais de la force européenne. La France affirme qu'elle n'interviendra pas.
Pick-up chargés d'hommes en armes passant en trombe, blindés déployés, rumeurs affolantes sous le vrombissement des hélicoptères d'attaque : Abéché, la grande ville de l'Est tchadien, hume l'air de la guerre qui vient. Celle que se livrent, par procuration, le Tchad et le Soudan vient d'entrer dans une nouvelle phase, encore incertaine, avec l'irruption de rebelles tchadiens en provenance de leurs bases arrière du Darfour, à l'ouest du Soudan. Leur entrée en territoire tchadien, jeudi après de brefs combats, ressemblait à une simple démonstration militaire, avant la saison des pluies, qui va figer les activités d'ici quelques semaines. Lundi matin 16 juin, l'est du Tchad redoutait une percée, menée par plusieurs groupes qui se livrent en brousse à "une guerre de mouvement, pas de positions" , selon le ministre de la communication tchadien, Mahamat Hissène, et dans laquelle des soldats de l'Eufor, la force européenne au Tchad et en Centrafrique, se sont trouvés engagés brièvement, pour la première fois depuis le début de leur déploiement en mars. Pour l'Eufor, ce début d'épreuve du feu a eu lieu à Goz Beida, au sud d'Abéché, l'un des pôles humanitaire de l'Est où sont déployés plus de quatre cents soldats européens, majoritairement irlandais. Samedi, une colonne rebelle de près de cent véhicules, approchant de la ville, a engagé des combats avec des troupes gouvernementales. Les forces irlandaises de Goz Beida ont alors "déployé leurs blindés autour de la ville pour protéger les camps" , explique, à Abéché, le chef d'état-major de l'Eufor, le colonel Dumont Saint Priest, qui conclut : "C'est un bon exemple de la façon dont on remplit notre mandat. On montre aujourd'hui qu'on a une véritable efficacité." A Goz Beida, le camp de l'Eufor a servi de zone de protection pour les humanitaires qui étaient parvenus à le rejoindre. Cela n'a pas empêché la colonne rebelle d'entrer dans la ville et d'y passer quelques heures, le temps de s'emparer de véhicules tout-terrain et de téléphones satellites dans plusieurs ONG.
"Nous regarderons passer les obus"
Avec trois mille hommes actuellement sur le terrain (sur un total de 3 700 lorsque son déploiement sera achevé), l'Eufor a été créée dans le but de protéger les réfugiés, les déplacés et les opérations humanitaires dans l'est du Tchad, frontalier du Soudan. Depuis sa conception, défendue à grand-peine par la France, qui en est la nation cadre, plane dans plusieurs capitales européennes le soupçon que Paris cherche à faire de cette force un parapluie de protection pour le président tchadien, Idriss Déby, son allié. Alors que commençait le déploiement de ses hommes, en février, le général Ganascia, commandant de la force sur le terrain, s'en défendait et affirmait au "Mond" : "En cas d'attaque rebelle, nous regarderons passer les obus." L'Eufor, à présent, risque surtout de "regarder passer" des rebelles, à condition de les trouver. Ces derniers circulent en plusieurs colonnes, qui tentent de se dissimuler pour échapper aux bombes de 250 kg des hélicoptères de combat de l'armée tchadienne. Joint par téléphone, le colonel Adouma Hassaballah, dont les hommes ont mené l'attaque de Goz Beida, affirmait, dimanche soir, continuer à se déplacer et avoir affronté quelques heures plus tôt les forces gouvernementales dans la région d'Am Djerema, près de la frontière soudanaise. "Notre objectif est de rester en dehors des centres urbains, d'attaquer l'ennemi pour le fatiguer. Ils vont s'éparpiller et on pourra marcher vers N'Djamena" , affirmait-il en promettant de "continuer la guérilla" . Quelques heures plus tôt, d'autres éléments de l'Alliance nationale, coalition de mouvements rebelles dirigée par le général Mahamat Nouri, étaient signalés à Am Dam, une petite bourgade plus à l'ouest, à environ 600 km de N'Djamena. Certaines sources estimaient qu'elle pourrait compter deux cents véhicules, déployés sur 7 km, et compter des camions chargés de nourriture et de munition. En visite en Côte d'Ivoire, le ministre des affaires étrangères français, Bernard Kouchner, a affirmé, au sujet de cette offensive rebelle, que "la France n'est pas intervenue et n'interviendra plus" . Les forces françaises, présentes au Tchad dans le cadre de l'opération "Epervier" , ont apporté à l'armée tchadienne une aide décisive au cours des précédentes attaques. Ali Gadaye, porte-parole de l'Alliance nationale, déclarait dimanche au téléphone "enregistrer avec satisfaction cette déclaration" , affirmant y voir "une évolution de la position de la France" . Tandis qu'à N'Djamena le pouvoir dénonçait une manœuvre d' "intoxication" , Mahamat Hissène prédisait : "Depuis 2005, l'objectif de Khartoum est de renverser le régime en place au Tchad, c'est pourquoi il leur faut attaquer N'Djamena. Mais ils ne réussiront pas. A chaque fois, ils viennent, ils sont repoussés et ils rebroussent chemin." Jean-Philippe Rémy
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Agence France Presse, N'Djamena , 17 juin 2008
Le Soudan a démenti mercredi les accusations du Tchad selon lesquelles des soldats et hélicoptères de Khartoum ont attaqué une garnison tchadienne à la frontière des deux pays en soutien à l'offensive de la rébellion tchadienne. Le porte-parole de l'armée, le général Othman Mohammed al-Agbash, a déclaré à l'agence nationale Suna que les forces armées soudanaises ne jouaient aucun rôle dans le conflit chez son voisin. "Il n'y a pas de relation entre l'armée soudanaise et l'opposition tchadienne", a-t-il dit à Suna. Le Tchad a affirmé avoir été attaqué mardi par l'armée soudanaise à la frontière. "Les colonnes de mercenaires envoyés en territoire tchadien ayant échoué à s'implanter dans des points stratégiques, l'armée soudanaise est entrée elle-même en action en attaquant la garnison de l'armée à Adé avec des troupes au sol appuyés par des hélicoptères", a affirmé le gouvernement tchadien. L'AFP n'a pu confirmer la réalité de cette attaque auprès de sources indépendantes. Le Tchad estime qu'en "faisant intervenir ouvertement son armée et ses moyens aériens, Khartoum jette ainsi le masque de l'agression contre notre pays". "Cet échelon franchi par les autorités soudanaises a le mérite de clarifier les positions aux yeux de ceux qui auraient encore des doutes sur la responsabilité de Khartoum dans les attaques successives contre le Tchad et notamment dans les combats commencées le 11" juin, insiste N'Djamena. Le Tchad et le Soudan, qui entretiennent des relations tendues, s'affrontent par groupes rebelles interposés. Après l'attaque, à la mi-mai, par des rebelles du Darfour du Mouvement pour la Justice l'Egalité (JEM) en banlieue de Khartoum, le Soudan avait rompu ses relations diplomatiques avec N'Djamena et l'avait menacé de "représailles". La France a réaffirmé mardi son soutien aux "autorités légitimes" du Tchad face aux nouvelles attaques de la rébellion, tout en indiquant ne pas avoir "vocation à intervenir militairement". Le chef d'état-major des armées françaises, le général Jean-Louis Georgelin, a affirmé pour sa part que "l'affaire tchado-soudanaise" n'était "pas du ressort de l'Eufor", alors que le président tchadien a accusé la force européenne de complaisance envers la rébellion
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Jeune Afrique, 16 juin 2008
L'UE a menacé lundi de sanctions les "responsables" soudanais qui refusent de livrer à la Cour pénale internationale (CPI) les deux Soudanais recherchés pour crimes de guerre au Darfour. Dans une déclaration adoptée lundi à Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères réunis à Luxembourg se sont dits "prêts à envisager des mesures contre les personnes responsables de la non-coopération avec la CPI". "Le gouvernement soudanais devrait faire montre de sa volonté de mettre un terme à l'impunité de ceux qui planifient et commettent les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité", ont ajouté les ministres. Aucun "responsable" n'est cité nommément, mais le président soudanais Omar el-Béchir s'est lui-même prononcé plusieurs fois contre la remise à la justice internationale de son secrétaire d'Etat aux Affaires humanitaires, Ahmed Haroun. La CPI a lancé le 27 avril 2007 des mandats d'arrêts pour crimes de guerre contre M. Haroun et contre le chef des Janjawids, milices arabes alliées de Khartoum, Ali Kosheib. La déclaration des 27 ne mentionne aucune sanction précise, mais il pourrait s'agir d'un gel des avoirs des responsables concernés, comme le réclame le Parlement européen. A l'heure actuelle, l'UE applique des sanctions contre quelques responsables soudanais accusés notamment de ne pas se soumettre à l'embargo sur les armes. Mais elle ne fait ainsi que transposer des décisions du Conseil de sécurité de l'ONU. Si la menace de lundi était mise à exécution, il s'agirait des premières sanctions strictement européennes contre le Soudan. Les 27 ont formulé cette menace après avoir auditionné le procureur général de la CPI Luis Campo-Moreno, venu à Luxembourg leur demander de soutenir son action et d'utiliser leur poids pour que les criminels de guerre soient enfin arrêtés et jugés, selon un diplomate européen. Début juin, en faisant son rapport devant le Conseil de sécurité de l'ONU, M. Moreno-Campos avait été particulièrement critique envers le régime soudanais. "Les responsables soudanais protègent les criminels, pas les victimes", avait-il affirmé, comparant le comportement de Khartoum à ceux du régime nazi, de la dictature argentine des années 1970 et des Serbes de Bosnie au moment des massacres de Srebrenica en 1995. Les ministres européens ont "déploré" lundi cette non-coopération, réaffirmant leur soutien à la CPI et appelant le reste de la communauté internationale à faire pression sur Khartoum. Depuis 2003, les forces gouvernementales appuyées par les milices Janjawids luttent contre des mouvements rebelles. La guerre et ses conséquences ont fait jusqu'à 300.000 morts et causé le déplacement de 2,2 millions de personnes, selon l'ONU. Khartoum de son côté parle de quelque 10.000 morts
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Agence France Presse, Khartoum, 15 juin 2008
La force soudanaise mixte Nord-Sud, chargée d'empêcher de nouvelles violences dans la région pétrolifère disputée d'Abyei, et qui devait arriver lundi, a reporté son déploiement d'un jour, a affirmé lundi son chef à l'AFP. Ces forces de l'armée soudanaise et des ex-rebelles du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) devaient se déployer lundi, mais le colonel Valentino Tocmac, de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), a affirmé que cette opération devait être reportée pour des raisons de logistique. "Ils vont commencer à se rendre sur zone demain" mardi, a déclaré le colonel Tocmac. Il n'y a pas de "raison spécifique (au report) mais les (créneaux) horaires des vols étaient pleins, c'est pourquoi c'est fixé à demain", a-t-il ajouté. Les Unités intégrées mixtes (JIU) devaient se déployer lundi à Abyei, conformément à une "feuille de route" signée par les deux parties la semaine dernière. Le colonel Tocmac avait indiqué dimanche qu'un bataillon d'environ 700 soldats "devrait être entièrement déployé d'ici le 18 juin". La mission des Nations Unies au Soudan aide au déplacement d'un contingent du SPLA, composé de 320 soldats, de Juba à Abyei par la route et par avion, a indiqué à l'AFP un porte-parole sous le couvert de l'anonymat. Ce porte-parole a indiqué ne pas disposer d'informations sur le déploiement de l'autre moitié du bataillon, composée de soldats des forces régulières. L'armée soudanaise n'était pas joignable dans l'immédiat. Le président Omar el-Béchir et le premier vice-président Salva Kiir, le leader du Sud-Soudan, ont signé le 8 juin une "feuille de route" pour la paix à Abyei, où des combats sanglants en mai avaient fait craindre une nouvelle guerre civile. En plus d'autoriser le retour chez eux des dizaines de milliers de personnes déplacées par les violences, l'accord met en place une administration intérimaire et demande un arbitrage international pour résoudre le conflit. Aux termes de l'accord de paix global (CPA) de 2005 mettant fin à 21 ans de guerre civile dans le sud entre l'armée du gouvernement de Khartoum et les rebelles sudistes du SPLM, le sort d'Abyei doit être fixé par un référendum en 2011. La population doit décider si la région reste dans le Nord ou est intégrée au Sud, et si le Sud doit proclamer son indépendance. Selon le CPA, une administration conjointe devait gérer la région jusqu'en 2011, mais elle n'a jamais été mise en place. Le colonel Tocmac a qualifié le déploiement de "très, très important. Il est au coeur du CPA". "Si la situation est stable à Abyei, cela signifiera qu'il y a des progrès (dans l'application) du CPA", a-t-il ajouté, soulignant que le Soudan avait besoin d'un "symbole d'unité »
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Le Nouvel Observateur, 15 juin 2008
Voici une chronologie des principaux affrontements entre le Tchad et le Soudan, qui entretiennent des relations très tendues depuis 2003 :
- 27 jan 2003 : N'Djamena et Khartoum signent un accord de sécurité et de coordination politique. - fin fév : Début d'une rébellion armée dans le Darfour (ouest du Soudan). Plus de 240.000 Soudanais se sont depuis réfugiés au Tchad. - 29 jan 2004 : Raid de l'armée soudanaise sur le secteur tchadien de Tiné, localité située de part et d'autre de la frontière. - 13 fév: N'Djamena dément toute implication dans la guerre au Darfour. - 6 mai: Le Tchad proteste contre des incursions de milices arabes janjawids combattant aux côtés de l'armée soudanaise. - 26 sept 2005 : une attaque du village de Madayoun (est du Tchad) fait 75 morts, selon N'Djamena qui accuse des miliciens jandjawids. - 3 oct: Le Tchad ferme son consulat à el-Geneina et celui du Soudan à Abéché (est). - 23 déc: Après une attaque contre Adré (est), le Tchad se dit "en état de belligérance avec le Soudan". - 8 fév 2006 : Les présidents tchadien Idriss Deby et soudanais Omar el-Béchir signent à Tripoli un accord prévoyant "l'interdiction d'utiliser le territoire de l'un pour des activités hostiles contre l'autre" et des patrouilles communes sur la frontière. - 13 avr: Le Tchad dénonce une "agression programmée à partir de Khartoum", après une offensive de rebelles tchadiens sur N'Djamena et dans l'est. Le Soudan dément toute implication. - 14 avr: Rupture des relations diplomatiques (normalisées en août). N'Djamena se retire des négociations sur le Darfour. - 9 avr 2007 : Accrochage entre les deux armées en territoire soudanais. Le Tchad nie toute attaque délibérée. - 3 mai : Accord Deby/el-Béchir en Arabie saoudite censé mettre fin à la tension. - 29 déc : Le Soudan dépose une plainte à l'ONU dénonçant des frappes aériennes tchadiennes sur son territoire. - 8 jan 2008 : Le Tchad reconnaît avoir bombardé des bases rebelles au Soudan et annonce qu'il fera usage de son droit de poursuite. - 29 jan: N'Djamena accuse le Soudan d'avoir "ordonné" aux rebelles tchadiens installés au Darfour de franchir la frontière pour attaquer l'armée tchadienne. - 2-3 fév : Le Soudan nie toute implication dans les combats au Tchad après une tentative de renversement du régime à N'Djamena par des rebelles tchadiens. - 13 mars: Les présidents Deby et el-Béchir signent à Dakar un accord de non agression, similaire aux précédents accords. - 1er avr: Des combats éclatent dans la région d'Adé entre des rebelles tchadiens et les forces gouvernementales. N'Djamena accuse les rebelles d'être passés à l'offensive "sur ordre" de Khartoum. - Le lendemain , Khartoum accuse l'armée tchadienne d'avoir bombardé un village soudanais du Darfour et affirme qu'une roquette tirée du Tchad a touché une de ses unités militaires. - 11 mai: Au lendemain d'une attaque sans précédent commise par des rebelles du Darfour contre Omdurman, ville jumelle de Khartoum, le Soudan rompt ses relations diplomatiques avec le Tchad, qui dément "toute implication" - 14 juin : Les rebelles tchadiens attaquent la localité de Goz-Beïd a
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Agence France Presse, N'Djamena, 13 juin 2008
La rébellion tchadienne, qui affirme se diriger sur N'Djamena, a brièvement occupé samedi Goz Beida, ville dans l'est du pays entourée de camps de réfugiés, prédisant un "gros choc" dimanche contre les forces gouvernementales. Les rebelles avaient quitté la ville - située à 75 km de la frontière soudanaise - en fin d'après-midi tout en affirmant contrôler le secteur. "Nous avons pris Goz Beida vers 12H00 (11H00 GMT) après 40 minutes de combats. Les rescapés de l'armée tchadienne ont pris la fuite", a affirmé samedi Abdelwawid Aboud Makaye, un chef rebelle membre de l'Alliance Nationale qui avait atteint N'Djamena en février et failli renverser le président Idriss Deby Itno. La rébellion, selon lui, n'a subi aucune perte et s'est emparée de 20 véhicules des forces gouvernementales. La prise de la ville a été accompagnée "de cris de joie", a confirmé un humanitaire présent à Goz Beida. Lors des combats, des soldats de l'Eufor - la force européenne déployée au Tchad et en Centrafrique pour protéger les populations civiles - ont été "pris à partie par des éléments armés non identifiés" et "ont répliqué (...) après avoir identifié avec précision l'origine des tirs dont ils faisaient l'objet", a affirmé à l'AFP le lieutenant-colonel Jean Axelos, porte-parole de l'Eufor. "Une colonne de mercenaires à la solde du Soudan a opéré un coup de main avant de s'enfuir vers l'est où ils sont poursuivis par les forces de défense et de sécurité", a commenté le ministre tchadien de la Communication Mahamat Hissène. "Entrés dans la ville, les mercenaires ont tiré à tout vent, tuant une femme, brûlant un garage. Ils ont également braqué le responsable de la téléphonie mobile et emporté la caisse, ainsi que trois véhicules des humanitaires" a affirmé M. Hissène. "L'objectif des rebelles était de faire du désordre et de la publicité. Cette guerre n'est pas une guerre de position mais une guerre de mouvement", a-t-il analysé. De source militaire, l'armée tchadienne a dépêché des "renforts" d'Abéché (200 km au nord de Goz Beida) et d'Hadjer Meram (80 km au sud-est). Goz Beida, dans un secteur de collines, est un pôle important dans le sud-est. Pas moins de 80.000 déplacés tchadiens sont concentrés sur une dizaine de sites autour de la ville, alors que 36.000 réfugiés du Darfour vivent dans deux camps proches. Quelque 500 soldats irlandais et néerlandais de l'Eufor, ont installé leur camp à l'ouest de la ville. Ils ont effectué des missions samedi pour protéger les personnels humanitaires. Les rebelles, qui affirment contrôler le secteur, ont quitté Goz Beida samedi en fin d'après-midi. Un autre chef rebelle, Abderaman Koulamallah estimait lui que "le gros choc aura lieu probablement demain (dimanche) à Goz Beida avec les troupes gouvernementales". Selon lui, une autre colonne de véhicules rebelles se dirigerait vers la ville de Mangalmé (5OO km est de N'Djamena) et à 75 km à l'ouest de Goz Beida. Depuis le début de l'offensive et la chute d'un hélicoptère jeudi, les rebelles bombent du torse affirmant rouler vers N'Djamena. Leurs affirmations sont contredites par des observateurs. Samedi matin, les Tchadiens soulignaient que les rebelles se contentaient de "va-et-vient" avec leurs bases arrière au Soudan. "Notre objectif est N'Djamena. Nous voulons la prendre avant la fin du week-end. Inch'allah", clame désormais M. Aboud Makaye. Une source de haut rang tchadien a accusé le Soudan de "pousser" aujourd'hui les rebelles à attaquer "pour déstabiliser notre pays". Après avoir condamné "toute action armée visant le Tchad", Paris, qui a soutenu M. Deby en février, a demandé aux protagonistes de "trouver une solution politique
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Le président chinois Hu Jintao a déclaré mercredi que la Chine continuerait à jouer un rôle constructif afin de trouver une solution appropriée du problème du Darfour. Il a fait cette remarque lors d'une rencontre avec le vice- président soudanais Ali Osman Mohammed Taha. Hu a dit que les trois parties, à savoir le gouvernement soudanais, l'Union africaine et les Nations unies, devaient jouer à plein leur rôle afin de déployer une mission hybride des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour le plus tôt possible. Il a aussi appelé à promouvoir de façon équilibrée les opérations de maintien de la paix et le processus politique. Un cessez-le-feu devrait être atteint et la situation ainsi que la sécurité devraient être améliorées, selon le président chinois. Il a demandé à la communauté internationale d'offrir son aide à la région du Darfour, en particulier au développement local. En ce qui concerne les relations sino-soudanaises, Hu a dit que la Chine soutenait toujours le développement des relations stables et à long terme sur la base du respect mutuel, de l'égalité et d'avantages réciproques. Il s'est engagé à profiter du 50e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques sino-soudanaises pour renforcer le dialogue politique et la coopération bialtérale. Tara a apprécié le rôle important joué par la Chine quant au problème du Darfour. Il a dit que le Soudan coopèrerait avec l'Onu et l'UA pour déployer la mission hybride au Darfour et promouvoir le processus de paix afin de trouver une solution appropriée au problème. Il a aussi promis de travailler avec la Chine pour renforcer les relations et coopération bilatérales. Taha est arrivé à Beijing lundi pour entamer sa troisième visite en Chine, les deux dernières ayant été effectuées en mars 1996 et en mars 2001.
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Agence France Presse, Khartoum, 11 juin 2008
Au moins 30 personnes ont péri et des dizaines sont portées disparues après l'accident d'avion de la compagnie Sudan Airways qui a pris feu mardi soir à l'aéroport de Khartoum, ont indiqué mercredi les autorités qui tentaient d'en déterminer les causes. "Trente corps se trouvent à la morgue de Khartoum", a affirmé à l'AFP Abdine Taher al-Haj Ibrahim, le directeur de l'Administration générale des enquêtes. La télévision avait annoncé mardi soir que "près de la moitié des 203 passagers" étaient morts lorsque l'avion, un Airbus A310, en provenance d'Amman via Damas, a pris feu après l'explosion de l'un de ses moteurs à son atterrissage. Onze membres d'équipage étaient à bord. "Pour l'instant, nous avons recensé 121 rescapés", a-t-il ajouté, faisant état de 28 blessés parmi eux. "Le reste, nous considérons qu'ils sont disparus, mais d'après nos informations, certains passagers sont rentrés chez eux avant d'être recensés", avait-t-il dit. L'avion de ligne a dévié de la piste après l'atterrissage, puis a pris feu. Les causes de l'incendie restent incertaines et une commission d'enquête va tenter de les déterminer, selon la télévision. "Il y a eu une explosion dans l'un des moteurs et l'avion a pris feu", a expliqué dans la nuit le directeur de l'aéroport de Khartoum, Youssef Ibrahim, parlant d'un problème "technique". Mais d'après Mabrouk Moubarak Salim, le ministre d'Etat au Transport, "la météo est l'une des causes principales" de l'accident, des tempêtes de sable et de pluies diluviennes s'étant abattues mardi sur Khartoum. L'avion a d'ailleurs dû faire escale à Port-Soudan (est) avant d'avoir l'autorisation de se poser à l'aéroport de Khartoum en raison des mauvaises conditions météorologiques, a ajouté M. Salim. L'appareil a atterri sans problème à 20h45 locales (17h45 GMT) à Khartoum mais "il a ensuite glissé et a pris feu", selon un responsable de l'Aviation civile. L'aéroport de Khartoum devait rouvrir à 12h00 locales (09h00 GMT), selon l'agence officielle Suna. Un survivant, Ibrahim Saleh, qui était assis au fond de l'avion, a indiqué à l'AFP qu'il restait, après son évacuation, "beaucoup de monde dans l'appareil". "L'atterrissage a été très difficile, a affirmé à l'AFP Awad Mohammed Idriss, un autre survivant. Lorsque (l'avion) s'est immobilisé, le côté droit brûlait et le feu commençait à atteindre l'intérieur de l'avion". Après l'atterrissage, la cabine s'est remplie de fumée, a raconté M. Idriss, qui a sauté dans un toboggan pour sortir de l'avion. Un responsable des services de sécurité, qui a aidé à évacuer l'avion, a affirmé avoir vu au moins quatre passagers sur des civières dans l'appareil. De nombreux Soudanais se rendent à Amman pour se faire soigner. Selon les images diffusées par la télévision, les pompiers munis de lances à incendie ont mis plus d'une heure à circonscrire le feu qui avait déjà ravagé la partie supérieure de la carlingue. Cette catastrophe est l'une des plus importantes ces dernières années au Soudan. En juillet 2003, 115 personnes, dont un haut responsable militaire soudanais et huit étrangers, avaient péri dans l'accident d'un avion des lignes intérieures de Sudan Airways dans l'est du pays. Seul un enfant avait survécu. La flotte soudanaise est vieillissante, la compagnie nationale n'arrivant pas à acheter des pièces de rechange en raison des sanctions américaines, affirme Khartoum. Les Etats-Unis, qui maintiennent le Soudan sur la liste des Etats soutenant le terrorisme, ont imposé des sanctions économiques au pays. De nombreuses petites compagnies locales ont recours à des pilotes de l'ex-URSS et utilisent des avions de fabrication d'Europe de l'est. Plusieurs avions militaires se sont en outre écrasés au Soudan depuis 1998.
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Agence France Presse, Khartoum, 10 juin 2008
Le Soudan va demander à Interpol d'arrêter 20 chefs rebelles du Darfour accusés d'être impliqués dans une attaque sans précédent contre la capitale soudanaise en mai, a rapporté mardi l'agence officielle soudanaise Suna. "Le gouvernement a entamé des procédures pour récupérer 20 des chefs du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) par le biais d'Interpol", selon Suna qui cite le ministre de la Justice Abdel Basset Sabdarat. Le ministre a cité Khalil Ibrahim, le leader du JEM, Ahmed Tugod, négociateur du mouvement, le porte-parole Ahmed Hussein ainsi que Souleimane Sandal, adjoint au chef d'état-major, comme étant parmi les personnes recherchées pour l'attaque le 10 mai sur Omdurman, la ville jumelle de Khartoum. Selon l'armée, plus de 220 personnes sont mortes dans l'attaque et les combats qui ont suivi, dont près de 100 soldats et 34 civils. Le JEM, mouvement d'inspiration islamiste, est le plus puissant militairement des groupes rebelles du Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile depuis 2003. M. Sabdarat a par ailleurs déclaré que les personnes accusées d'être impliquées dans l'attaque, repoussée par les forces régulières, seraient déférées devant la justice la semaine prochaine, tandis que 481 suspects ont été relâchés. Il a affirmé que plusieurs pays avaient déjà coopéré en fermant les bureaux du JEM chez eux, sans toutefois donner plus de détails. Après l'attaque,les autorités soudanaises ont annoncé l'arrestation de 89 enfants et adolescents, âgés de 11 à 17 ans, enrôlés de force dans les rangs des rebelles. Ces enfants sont bien traités, a affirmé M. Sabdarat, ajoutant que le gouvernement soudanais demandera également à Interpol de rechercher les personnes ayant recruté les mineurs.
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Nations Unies, New York, bureau de presse, 9 juin 2008 –
Le Secrétaire général s'est félicité de la signature d'un accord sur le statut de la ville d'Abyei, à la frontière du Nord Soudan et du Sud Soudan, dans une région riche en pétrole, où de récents affrontements armés menaçaient de dégénérer. Il s'agit de l'Accord signé le 8 juin dernier par le Parti national du Congrès et le Mouvement populaire de libération du Soudan, en vertu duquel ils conviennent d'une feuille de route pour résoudre le différend d'Abyei, y compris par un arbitrage, indique un message transmis par la porte-parole du Secrétaire général. Le Secrétaire général se félicite, en particulier, de l'engagement des deux parties à offrir à la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) un accès illimité et la liberté de mouvement dans la région d'Abyei. Le Secrétaire général assure les parties et le peuple du Soudan que les Nations Unies continueront à fournir une assistance aux dizaines de milliers de personnes déplacées après le conflit qui a éclaté à Abyei le mois dernier. Le Secrétaire général félicite les deux parties et leur lance un appel urgent pour qu'ils mettent pleinement en œuvre cet Accord et assurent un règlement définitif de ce très grave défi à l'Accord de paix global
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Xinhuanet, Pékin, 8 juin 2008
Le président soudanais Omar el- Béchir et ses vice-présidents ont approuvé dimanche un accord sur Abyei, région riche en pétrole et disputée par le nord et le sud du Soudan. L'accord a été signé à Khartoum par el-Béchir, le premier vice- président et le président du Sud-Soudan, Salva Kiir Mayardit, et le premier vice-président, Ali Osman Mohammed Taha. Il s'agit d'un accord "historique", a affirmé Yasser Arman, membre du Comité conjoint sur le problème d'Abyei, formé par le Parti du Congrès national (NCP, au pouvoir) et l'ancien Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) dirigé par Mayardit. Il estime que l'accord contribuerait à la réalisation de la paix global entre le Nord et le Sud. Al-Dirdiri Mohamed Ahmed, un autre membre du comité conjoint, a fait savoir que l'accord prévoit des mesures de sécurité visant à restaurer la stabilité à Abyei, ainsi des arrangements pour le retour des personnes déplacées par le récent conflit entre l'armée soudanaise et le SPLM. Par ailleurs, une administration temporaire sera mise en place avec la participation de membres du NCP et le SPLM, a-t-il dit. Abyei est situé sur la ligne de démarcation entre le sud et le nord du Soudan. La dispute d'Abyei est l'un des obstacles pour l'application de l'Accord de paix global signé en 2005 qui a mis fin à une guerre civile de 21 ans.
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Agence France Presse, Khartoum, 8 juin 2008
Le gouvernement du Soudan et les ex-rebelles sudistes ont signé un accord en vue de régler la question d'Abyei, une région pétrolifère disputée qui a récemment été le théâtre de violences. Le président Omar el-Béchir et le premier vice-président Salva Kiir, le leader du Sud-Soudan, ont signé dimanche une "feuille de route" pour la paix à Abyei, a indiqué l'agence officielle soudanaise Suna. En plus d'autoriser le retour chez eux des dizaines de milliers de personnes déplacées par les violences du mois dernier, l'accord met en place une administration intérimaire et demande un arbitrage international pour résoudre le conflit. L'armée du gouvernement central contrôle depuis le 20 mai cette ville stratégique, où des combats meurtriers l'ont opposée aux ex-rebelles sudistes, provoquant le déplacement de dizaines de milliers de personnes. Aux termes de l'accord de paix de 2005 mettant fin à 21 ans de guerre civile dans le sud entre l'armée du gouvernement (nordiste) de Khartoum et les rebelles du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), le sort d'Abyei doit être fixé par un référendum en 2011. Jusque-là, la région est censée être gérée par une administration conjointe, qui n'a pas été mise en place. Mercredi, le Conseil de sécurité de l'ONU avait annoncé que le gouvernement du Soudan et les autorités du sud Soudan issues de la rébellion (SPLM/A) avaient décidé de demander un arbitrage international pour délimiter la frontière entre leurs zones dans la région d'Abyei. Les combats sanglants à Abyei en mai avaient fait craindre une nouvelle guerre civile. Selon l'ONU, jusqu'à 90.0000 personnes pourraient avoir été déplacées en raison de ces combats, qui ont duré près de deux semaines.
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Agence France Presse, Juba, 7 juin 2008
Au moins 21 personnes, dont 14 soldats, ont été tuées par des rebelles ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) au Soudan à la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC), a affirmé samedi un porte-parole de l'armée du Sud-Soudan. L'attaque de la LRA contre les villages de Nabanga et Yamba, à une vingtaine de km l'un de l'autre, s'est produite mercredi et jeudi, a déclaré le général de division Peter Parnyang à l'AFP. "Ils ont tué six enfants et 14 soldats" du Sud-Soudan à Nabanga avant de tuer un chef local à Yamba, a-t-il précisé. La LRA dispose depuis des années de bases dans le Sud-Soudan et a aussi établi des camps dans le nord-est de la RDC, où elle fait de fréquentes incursions depuis septembre 2006. Joseph Kony, le chef de la LRA, et trois de ses commandants font l'objet de poursuites de la Cour pénale internationale (CPI) qui les accuse de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. L'armée ougandaise a récemment rapporté que l'Ouganda, la RDC et le Soudan avaient décidé de lancer des opérations militaires communes contre la LRA si son chef persistait à refuser de signer un accord de paix avec Kampala. Joseph Kony a refusé de signer le 10 avril à Ri-Kwangba (sud du Soudan) un accord de paix entre le gouvernement ougandais et la LRA. Cet accord de paix vise à mettre fin dans le nord de l'Ouganda à 20 ans d'une des guerres civiles les plus longues et les plus brutales d'Afrique, qui a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de près de deux millions de personnes
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Communiqué de presse des Nations Unies New-York 6 juin 2008 6 juin 2008 – La délégation du Conseil de sécurité actuellement en mission en Afrique a rencontré, hier à Khartoum, le président soudanais Omar al Bashir qui lui a annoncé qu'un accord avait été obtenu entre son gouvernement et celui du Sud Soudan pour résoudre le litige autour d'Abyei. Le parlement du Sud Soudan devait débattre de cet accord aujourd'hui et, s'il est approuvé, il entrera en vigueur le 10 juin. L'Accord de paix global entre le Nord et de Sud Soudan, la situation à Abyei et au Darfour, ainsi que la non-coopération du Soudan avec la Cour pénale internationale ( CPI ) ont également été abordés au cours des discussions, a rapporté aujourd'hui la porte-parole du Secrétaire général. Le président al Bashir a par ailleurs salué le rôle plus étendu qu'occupe la Mission des Nations Unies au Soudan ( UNMIS ) dans sa zone d'opération, notamment dans la région d'Abyei. Il a également salué la proposition avancée par le Secrétaire général dans son dernier rapport sur le Soudan de créer un nouveau poste de Médiateur en chef pour le Darfour. La délégation du Conseil s'est également rendue à El Fasher, la capitale du Nord Darfour et a rencontré le Wali (gouverneur) de cette région qui a dressé un état des lieux du processus de paix au Darfour. Elle a aussi visité le camp de Zam Zam pour personnes déplacées. Des représentants des Nations Unies et d'agences caritatives internationales ont évoqué avec les membres de la délégation les défis qui se posent dans l'acheminement de l'aide au Darfour et dans la mise à disposition des moyens permettant d'y répondre. Aujourd'hui, la délégation du Conseil de sécurité a poursuivi sa mission en se rendant à N'Djamena où elle a rencontré le président tchadien Idriss Derby. Les membres de la délégation avaient commencé leur journée à Abéché, dans l'est du Tchad, où ils se sont entretenus avec le commandant de la Force de l'Union européenne (EUFOR) ainsi qu'avec Victor Angelo, le chef de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad ( MINURCAT ). La délégation s'est ensuite rendue à Doz Baide, près de la frontière soudanaise. Elle a visité un camp de réfugiés du Darfour, ainsi qu'un camp de Tchadiens déplacés par les accrochages dans la région. Les travailleurs humanitaires de l'ONU et d'autres agences qui se trouvent sur place leur ont indiqué que la situation sécuritaire est préoccupante et que leur liberté de mouvement est restreinte.
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Conseil de sécurité 5905 e séance , le 6 juin 2008 Il annonce le lancement de deux enquêtes dont l'une sur la responsabilité du Gouvernement soudanais dans les crimes commis au Darfour
Au moment même où une mission du Conseil de sécurité séjourne à Khartoum, le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), M. Luis Moreno-Ocampo, a réclamé aujourd'hui aux membres du Conseil une déclaration présidentielle exigeant la coopération du Gouvernement du Soudan et de toutes les parties avec la CPI, la cessation des crimes au Darfour, la mise en œuvre de la résolution 1593, et l'arrestation et le transfèrement à La Haye d'Ahmed Harun et d'Ali Kushayb, qui font l'objet d'un mandat d'arrêt lancé en 2007.
Les membres du Conseil de sécurité et « tous les pays qui ont des liens étroits avec le Soudan » peuvent faire davantage pour rendre justice à la population du Darfour et au peuple soudanais, a dit M. Moreno-Ocampo, qui présentait son septième rapport au Conseil de sécurité. Le Procureur de la CPI a annoncé le lancement de deux nouvelles enquêtes dont la première porte sur les crimes présents « prouvant l'existence d'un plan criminel sur la mobilisation de tout l'appareil d'État, y compris les forces armées, les services de renseignement, les services d'information diplomatiques et publics et le système judiciaire ».
La deuxième enquête, a-t-il expliqué, concerne les attaques contre le personnel de l'Union africaine et des Nations Unies, en particulier l'attaque de Haskanita, du 29 septembre 2007 , durant laquelle 10 soldats de la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) ont été tués. Mon Bureau, a-t-il précisé, a reçu des informations sur la responsabilité présumée des membres de deux factions rebelles dont l'un des objectifs pourrait être d'obtenir une reconnaissance internationale et l'intégration dans le processus de paix.
Revenant à la responsabilité des autorités soudanaises, le Procureur a déclaré: « Il faut beaucoup pour pouvoir commettre des crimes d'une telle ampleur. Il faut planifier et organiser mais il faut surtout que le reste du monde détourne le regard et ne fasse rien ». « Le Conseil ne peut poursuivre sa politique d'apaisement et d'indifférence face aux atrocités commises au Darfour », a ajouté l'auteur du projet de déclaration présidentielle et Ministre des affaires étrangères du Costa Rica.
M. Bruno Stagno-Ugarte a imputé le manque d'efficacité du Conseil « aux divergences internes et aux calculs politiques ». Le Conseil doit assumer les conséquences nées de la saisine de la CPI, a tranché le Ministre, avant d'invoquer la nomination d'Ahmad Harun comme Ministre des affaires humanitaires et à d'autres postes importants pour illustrer le cynisme des autorités de Khartoum.
Si par indifférence ou confort politique, le Conseil ne fait rien pour obtenir la coopération du Gouvernement du Soudan avec la CPI, alors, a prévenu le Ministre, dans un avenir pas si lointain, il renouvellera encore la promesse du « plus jamais ça ». Il est temps que le Conseil ait « la décence » de montrer la volonté politique de contraindre les autorités de Khartoum à mettre en œuvre la résolution 1593.
Or, les premiers échos qui nous reviennent de la mission du Conseil au Soudan ne permettent pas d'augurer d'un changement dans la position des autorités soudanaises, s'est inquiété le représentant de la Belgique qui, à l'instar de la France et du Royaume-Uni, a rappelé la position de l'Union européenne sur l'obligation du Gouvernement soudanais de coopérer avec la Cour. Ceux qui sont responsables d'actes de génocide doivent répondre de leurs actes et être traduits en justice, a rappelé avec fermeté le représentant des États-Unis. Plutôt que d'exercer des pressions unilatérales sur Khartoum, à ce moment délicat, il serait plus judicieux de promouvoir la coopération mutuelle, a tempéré le représentant de la Fédération de Russie, en appelant la Cour à faire la différence entre les responsabilités individuelles et les exigences du processus de paix.
Au regard de la complexité du conflit au Darfour ainsi que de la gravité des crimes qui y sont commis, la question, dans toute sa dimension, doit être abordée avec un maximum de précaution, de rigueur, d'impartialité et de patience, dans le cadre d'une démarche strictement judiciaire, a ajouté le représentant du Burkina Faso. Il faut éviter de condamner avant de juger et examiner toutes les preuves, qu'elles soient à charge ou à décharge, a commenté, à son tour, le représentant de la Jamahiriya arabe libyenne.
Outre la dimension judiciaire, a rappelé son homologue de l'Afrique du Sud, la solution au Darfour réside dans l'inclusion des dimensions politique, sécuritaire et humanitaire dans une approche globale. Seuls des progrès sur tous les fronts permettront de réaliser une paix durable, a estimé le représentant sud-africain. Il ne serait pas réaliste de résoudre la question de l'impunité dans la précipitation, a prévenu le représentant de la Chine, en souhaitant que l'accès soit mis sur la dimension politique et le déploiement de l'Opération hybride Union africaine-ONU (MINUAD).
Rapports du Secrétaire général sur le Soudan
Exposé
M. Luis Moreno-Ocampo , Procureur de la Cour pénale internationale (CPI ) , a rappelé qu'en avril 2007, les juges de la CPI ont lancé des mandats d'arrêt contre Ahmad Harun, l'ancien Ministre de l'intérieur, et Ali Kushayb, un chef de la milice janjaouite. C'était là l'occasion pour le Soudan de marquer l'histoire de la Cour, d'arrêter les prévenus et de commencer les procès des responsables de moindre rang. Le Soudan, a tranché le Procureur, a raté cette occasion.
Le Soudan ne coopère pas avec la Cour, a-t-il insisté. Ahmed Harun, a accusé le Procureur, continue d'attaquer les camps. En tant que Ministre des affaires humanitaires, il continue à obstruer l'aide et en tant que membre du Comité de supervision de la MINUAD, il continue à empêcher le déploiement des soldats de la paix et des agents humanitaires. En tant que membre du Comité NCP-SPLM, il a été envoyé à Abyei pour diriger les combats et la ville a été rasée, en provoquant le déplacement de 50 000 personnes.
Le Gouvernement soudanais a accepté les soldats de la paix de la MINUAD au Darfour. Or, a poursuivi le Procureur, il continue à offrir des promotions à Ahmad Harun. Le Conseil, a plaidé le Procureur, a le pouvoir d'obtenir la coopération du Soudan. La question des arrestations doit être placée au centre de toute conversation avec le Soudan. Le Conseil doit dire clairement et publiquement que les deux fugitifs et ceux qui les protègent ne bénéficieront d'aucun appui de la communauté internationale.
La deuxième enquête, a indiqué le Procureur, a permis de réunir des preuves sur l'implication de responsables soudanais dans les attaques contre les civils. La troisième enquête porte, quant à elle, sur l'attaque de Haskania attribuée aux rebelles. Loin d'être désarmée, les milices janjaouites sont intégrées dans l'appareil de sécurité du Soudan et stationnées dans les camps.
Le déni et la minimisation des faits sont des caractéristiques bien connues dans ce genre de situation. Les preuves montrent que la commission de crimes à si grande échelle, sur une période de cinq ans et à travers tout le Darfour, a exigé une mobilisation durable de tout l'appareil de sécurité soudanais. Elle a exigé la coordination des services militaires, de sécurité et de renseignement. Elle a exigé l'intégration des milices janjaouites. Elle a exigé la participation des ministres et la contribution des services diplomatiques et d'information publique. Elle a exigé, a ajouté le Procureur, le contrôle du système judiciaire.
Abordant ensuite la question des attaques contre les soldats de la paix et les agents humanitaires, le Procureur a exprimé la détermination de son Bureau à traduire en justice les responsables. La multiplication des attaques pourraient conduire le Bureau à élargir son champ d'investigation. Le Procureur s'est également dit préoccupé par les allégations sur le recrutement d'enfants soldats. Pour mon Bureau, a-t-il dit, la prochaine étape consistera à présenter aux juges les preuves sur les personnes les plus responsables des crimes commis au Darfour.
Les membres du Conseil de sécurité et tous les pays qui ont des liens étroits avec le Soudan peuvent faire davantage pour rendre justice à la population du Darfour et au peuple soudanais. Une rébellion a lieu au Darfour et en vertu du droit international, un gouvernement a le droit et la responsabilité de maintenir le contrôle de son territoire, a-t-il reconnu.
Mais pourquoi bombarder des écoles et violer des femmes? s'est interrogé le Procureur. Ces crimes ont été soigneusement préparés et efficacement mis en œuvre. Ce ne sont pas des erreurs. Ce ne sont pas des accrochages entre tribus. Ce ne sont pas des dommages collatéraux. Ce sont simplement, a-t-il conclu, des actes criminels contre des civils non armés.
Si la communauté internationale ne protège pas cette population, elle sera éliminée. Il faut beaucoup pour pouvoir commettre des crimes d'une telle ampleur. Il faut planifier et organiser. Mais il faut surtout que le reste du monde détourne le regard et ne fasse rien.
Le Procureur a donc demandé au Conseil de sécurité d'envoyer un message fort au Gouvernement du Soudan par le biais d'une déclaration présidentielle. La déclaration doit demander la cessation des crimes, l'arrestation d'Ahmed Harun et d'Ali Kushayb, la coopération de toutes les parties avec la Cour et la mise en œuvre de la résolution 1593. Le silence n'a jamais aidé ni protégé les victimes mais il a toujours aidé les criminels, a souligné le Procureur.
Déclarations
M. Bruno Stagnio-Ugarte , Ministre des affaires étrangères du Costa Rica, a regretté que les divergences internes et les calculs politiques aient empêché le Conseil de se montrer efficace face à la situation au Darfour. Tout ce que le Conseil a réussi à faire, a ironisé le Ministre, c'est de mettre en œuvre le dernier paragraphe de la résolution 1593 qui dit: « reste saisi de la question ». Il est urgent que le Conseil réponde aux impératifs de la paix et de la justice. Le Conseil, a insisté le Ministre, ne peut poursuivre sa politique d'apaisement et d'indifférence face aux atrocités commises au Darfour. Le Conseil doit assumer les conséquences nées de la saisine de la CPI. Il doit donc exiger l'arrestation des accusés. Le Gouvernement du Soudan, a dit avec regret le Ministre, se joue de nous, de la dignité humaine et de l'autorité du Conseil. La nomination d'Ahmad Harun comme Ministre des affaires humanitaires et à d'autres postes importants est une preuve évidente du cynisme des autorités de Karthoum, a ajouté M. Ugarte.
Les faits parlent d'eux-mêmes. Nous ne pouvons invoquer l'ignorance. Si par indifférence ou confort politique, le Conseil ne fait pas tout son possible pour renforcer la coopération du Gouvernement du Soudan avec la CPI, alors, a prévenu le Ministre des affaires étrangères du Costa Rica, dans un avenir pas si lointain, nous serons de nouveau en train d'invoquer la promesse que nous avions faite de « plus jamais ça », concernant les crimes commis contre des populations innocentes. C'est la même promesse que nous avions faite, en tant que monde civilisé, après l'Holocauste et plus récemment après les crimes commis au Cambodge, en Bosnie, au Rwanda ou au Kosovo. Tout ce que nous attendons des Etats membres du Conseil, c'est qu'ils aient la décence de faire preuve de la volonté politique nécessaire pour contraindre les autorités de Khartoum à mettre en œuvre la résolution 1593. Assez d'apaisement, l'heure n'est plus aux compromissions avec le mal.
M. Jan Grauls (Belgique) a rappelé que pour son pays, la recherche d'une solution à la situation au Darfour passe par une approche à quatre dimensions, à savoir les dimensions politique, militaire, humanitaire et judiciaire. La Belgique, a-t-il précisé, perçoit les éléments de cette quadruple approche comme étant complémentaires. Près d'un an après l'émission des mandats d'arrêts, a ajouté le représentant, il est temps que le Conseil de sécurité rappelle au Gouvernement soudanais son obligation de coopérer avec la Cour. Le représentant a également rappelé que cette position est celle de l'Union européenne dans son ensemble.
Or, a-t-il regretté, les premiers échos qui nous reviennent de la mission du Conseil au Soudan ne permettent pas d'augurer d'un changement dans la position des autorités soudanaises. Arguant de la détérioration de la situation au Darfour, le représentant a estimé que c'est précisément en ces temps difficiles que la voie judiciaire doit être poursuivie avec détermination. Le constat fait par le Procureur de l'existence d'un plan criminel fondé sur la mobilisation de tout l'appareil d'Etat est alarmant, a-t-il insisté. La Belgique, a-t-il conclu, continuera de plaider avec force pour que le Conseil, en cohérence avec lui-même, fasse ce qui est en son pouvoir pour que les décisions de la CPI soient appliquées.
M. Vice Skracic (Croatie) s'est dit très déçu par le refus du Gouvernement soudanais de coopérer avec la Cour pénale internationale comme le prouve la nomination comme vice-ministre d'une personne contre laquelle un mandat d'arrêt international a été lancé. Le Conseil doit mener une action ferme pour obtenir la coopération du Gouvernement soudanais et nous appuyons dans ce contexte le projet de déclaration présidentielle qui vient à point nommé, a dit le représentant. Conformément à la déclaration du 31 mai de l'Union européenne, nous nous associons à la condamnation de cette situation qui bafoue les principes de l'état de droit. Il ne saurait y avoir de paix durable et complète sans justice, même si nous reconnaissons la complexité de la situation, a dit le représentant croate. Nous exhortons le Gouvernement soudanais à coopérer pleinement avec la Cour pénale internationale.
M. Ricardo Alberto Arias (Panama) a rappelé qu'en mars 2005, le Conseil a déféré pour la première fois deux suspects à la Cour pénale internationale, ce qui a marqué une étape historique dans la lutte contre l'impunité. Toutefois depuis un an, date de signature du mandat d'arrêt contre ces personnes, le Gouvernement du Soudan refuse de les livrer à la justice internationale, a regretté le représentant. De plus, ce Gouvernement continue de commettre au plus haut niveau des crimes, tout en les niant ou en essayant de les camoufler, malgré les preuves accablantes. Le représentant a rappelé que toutes les résolutions du Conseil sont contraignantes pour tous les États Membres des Nations Unies. Nous demandons à nouveau à ce Gouvernement d'honorer ses responsabilités et de remettre à la justice les personnes impliquées, sinon la perception d'impunité ne fera que renforcer la violence sur le terrain.
M. Marcello Spatafora (Italie) a réitéré l'appui complet de son pays à la Cour pénale internationale et au Procureur qui travaille dans un environnement difficile. Depuis l'adoption de la résolution 1593 il y a trois ans, des crimes graves continuent d'être commis contre les populations civiles dans l'impunité la plus totale, a-t-il regretté. Le rapport confirme la nécessité de disposer d'une approche plus robuste qui porte sur un ensemble de volets. Traduire en justice ceux qui sont responsables des violations du droit humanitaire et des droits de l'homme contribuera fortement à la paix au Darfour, a ajouté le représentant. C'est notre crédibilité, notre responsabilité et notre responsabilisation en tant qu'État Membre qui est en jeu. Il s'agit aussi d'une question de cohérence par rapport à la Charte qui indique dans son préambule que nous réaffirmons notre foi dans la dignité de la nature humaine. Nous devons passer des principes à l'action, et une occasion historique s'offre à nous avec la création des tribunaux pénaux internationaux, a dit le délégué italien. Le représentant a encore dit sa vive préoccupation quant à l'absence de coopération constante et à la non exécution des mandats d'arrêt, compte tenu du fait notamment qu'une des personnes visées occupe un poste important au sein du Gouvernement soudanais. La question que nous devons nous poser maintenant est la suivante: sommes-nous en train de modifier la Charte des Nations Unies?
M. Hasan Kleib (Indonésie) a regretté le manque de coopération entre le Gouvernement du Soudan et la CPI. Il a encouragé la poursuite d'enquêtes « globales ». Il s'est expliqué en disant que les crimes commis au Darfour par les mouvements armés, dont l'incident d'Haskanita et les autres attaques contre les soldats de la paix et les organisations humanitaires, exigent une enquête approfondie. La communauté internationale, dont la CPI, doit absolument se montrer impartiale pour pouvoir continuer de jouer un rôle constructif, a-t-il prévenu. La souveraineté du Soudan doit toujours être respectée, a souligné M. Kleib. La mise en œuvre de la résolution 1593 et les mesures prises par le Procureur ne doivent en aucun cas sembler vouloir annuler le principe de complémentarité ni nier aux tribunaux soudanais leur compétence, a-t-il dit. Le représentant a aussi souhaité que lorsqu'il saisit la CPI, le Conseil reconnaisse son obligation de la respecter et de permettre au processus de suivre son cours.
M. Paul Robert Tiendrebeogo (Burkina Faso) a déclaré qu'au regard de la complexité du conflit au Darfour, ainsi que de la gravité des crimes qui y sont commis, la question, dans toute sa dimension, doit être abordée avec un maximum de précaution, de rigueur, d'impartialité et de patience, dans le cadre d'une démarche strictement judiciaire. Nous regrettons les retards enregistrés par les mécanismes mis en pace par le Gouvernement soudanais pour poursuivre les auteurs des crimes. Nous invitons le Gouvernement du Soudan à prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer le fonctionnement rapide et efficace de ces mécanismes. Pour faire la lumière sur les crimes commis au Darfour, le représentant a jugé indispensable que le Gouvernement du Soudan et le Procureur de la Cour pénale internationale maintiennent un dialogue constructif et renforcent leurs relations de travail. Le représentant burkinabè a aussi lancé un appel aux protagonistes du conflit pour qu'ils respectent la vie des populations civiles et permettent aux travailleurs humanitaires d'avoir accès à elles. Nous reconnaissons que la sécurité des populations civiles relève au premier chef du Gouvernement soudanais. Nous sommes toutefois convaincus que si des progrès significatifs sont accomplis dans le déploiement de la MINUAD, cela contribuera à réduire les souffrances des populations civiles du Darfour, a dit le représentant.
M. Abdelrag E. Goudier (Jamahiriya arabe libyenne) a affirmé que son pays est très attaché à la lutte contre l'impunité, mais qu'il s'agit d'un objectif très difficile à atteindre. Il faut éviter de condamner avant de juger et il faut que toutes les preuves soient entendues, qu'elles soient à charge ou à décharge, a ajouté le représentant. Le rapport qui nous a été présenté aujourd'hui contient plusieurs accusations proférées à l'encontre des organes les plus élevés d'un État sur la base d'informations de nature politique. On ne parle ici que de la manière dont se comporte un État qui s'acharnerait à vouloir détruire ce qui, en fait, fait sa propre existence, à savoir sa population et son tissu social. Ces propos risquent de poser des obstacles aux objectifs que nous voulons atteindre au moment où une mission du Conseil de sécurité doit se rendre au Soudan. Conformément au Statut de Rome, la Cour pénale internationale a pour rôle de compléter les mécanismes nationaux, a dit le représentant. Nous attendons du Soudan qu'il coopère et que la CPI fasse davantage d'efforts pour ancrer l'état de droit et la lutte contre l'impunité au Darfour. Comment voulez-vous que la justice règne et que le peuple du Darfour en bénéficie si, au départ, le processus de paix ne respecte par le principe de souveraineté d'un État? Le message que le Conseil doit envoyer aujourd'hui doit porter sur ce processus, a estimé le représentant.
M. Baso Sangqu (Afrique du Sud) a, à son tour, lancé un appel urgent au Gouvernement du Soudan et aux autres parties impliquées au Darfour pour qu'ils coopèrent pleinement avec la Cour pénale internationale (CPI). Il a rappelé que son pays continue de défendre une approche globale incluant des dimensions politique, sécuritaire, humanitaire et judiciaire. Seuls des progrès sur tous les fronts permettront de réaliser une paix durable pour une population qui est toujours victime de persécution, d'abus et de violations de ses droits fondamentaux.
M. La Yifan (Chine) a indiqué que son pays regrettait la poursuite du conflit dans cette région du monde et la détérioration de la situation humanitaire. La Chine condamne toutes les violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire. La Cour pénale internationale est une juridiction complémentaire du système de justice interne du Soudan et nous formons l'espoir que le Gouvernement soudanais communiquera et coopérera davantage avec la Cour pénale internationale afin de mettre un terme à l'impunité, a-t-il ajouté. Ce n'est que par l'amélioration de la situation politique que nous pourrons y parvenir, a aussi estimé le représentant. Toutefois, la situation ne nous pousse pas à l'optimisme et la communauté internationale devra se concentrer sur le volet politique autant que sur le déploiement d'une force de maintien de la paix.
M. Gennady V. Kuzmin (Fédération de Russie) a déclaré que la lutte contre l'impunité ne devrait pas freiner les efforts de règlement politique de la situation au Darfour. Pour chacune des affaires dont la Cour est saisie, il faut que celle-ci fasse la différence entre les responsabilités individuelles et les exigences du processus de paix. Sur la base des conclusions que tirera la mission du Conseil en Afrique, nous pourrons alors nous faire une idée plus complète de la situation. Peut-être faudrait-il se concentrer sur des mesures propres à restaurer la confiance mutuelle et le dialogue, a suggéré le représentant.
M. Jean-Pierre Lacroix (France).a déclaré que malheureusement, le constat que l'on peut faire à la suite du rapport présenté par M. Moreno-Ocampo est très proche de celui établi en décembre dernier. Des crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI) et entrant dans le champ de la résolution 1593 continuent d'être commis au Darfour. Le Gouvernement du Soudan ne coopère pas avec la Cour et n'a toujours pris aucune mesure pour exécuter les mandats d'arrêt qu'elle a délivrés le 27 avril dernier contre Ahmad Harun, ancien Ministre de l'intérieur et actuellement Ministre délégué aux affaires humanitaires et Ali Kushayb, chef de milice, pour crime de guerre et crime contre l'humanité. M. Harun s'est même vu octroyer de nouvelles responsabilités officielles importantes et est actif sur la scène publique tandis que Ali Kushayb est libre de toute enquête et a retrouvé le service actif. Ces deux personnes continuent d'être impliquées dans des opérations contre les civils. Le rapport du Procureur fait aussi clairement ressortir que le Gouvernement soudanais ne se conforme toujours pas à cette obligation et qu'il n'a pas l'intention de le faire. Ce faisant, il s'oppose non seulement à la soumission à la justice internationale de deux criminels mais il refuse aussi l'autorité du Conseil de sécurité et ne respecte pas ses obligations en tant que membre des Nations Unies. Ceci est inadmissible, a dit le représentant.
Le Conseil de sécurité, a estimé le représentant de la France, doit appuyer l'action du Procureur dans la mission qu'il lui a confiée, particulièrement au moment où M. Moreno-Ocampo annonce qu'il va lancer de nouveaux mandats d'arrêt contre ceux qui portent la responsabilité des crimes contre les civils au Darfour. Le Conseil de sécurité doit également défendre fermement son autorité et celle de la Charte des Nations Unies. Il doit exiger le respect de la résolution 1593, la coopération du Gouvernement soudanais avec la Cour d'exécution des mandats d'arrêt lancés contre Ahmad Harun et Ali Kushayb. Ma délégation est donc favorable à ce que le Conseil rappelle clairement le Soudan à ses obligations et nous attendons plus généralement que le Soudan applique toutes les résolutions du Conseil. Le représentant a aussi rappelé que la France adhère pleinement aux termes de la déclaration publiée le 31 mars dernier par l'Union européenne lors de l'anniversaire de l'adoption de la résolution 1593. Cette déclaration annonce qu'elle appuiera en cas de non-respect de la résolution 1593, l'adoption de nouvelles mesures appropriées à l'encontre de ceux qui sont responsables de la non-coopération du Soudan avec la Cour.
M. Hoang Chi Trung (Viet Nam) a souhaité que l'entreprise de la justice respecte les principes juridiques et tienne compte de la situation complexe et volatile existant sur le terrain. La communauté internationale doit rechercher la manière la plus appropriée de promouvoir la coopération du Soudan, un État souverain, avec la CPI, qui est un organe judiciaire indépendant et qui, conformément à son Statut, est une juridiction complémentaire. Les attitudes de confrontation et de méfiance ne sont pas utiles et devraient être évitées, a souligné le représentant. Le Viet Nam, a-t-il dit, encourage le Gouvernement soudanais à renforcer son système judiciaire pour le rendre capable d'exercer sa compétence sur les violations du droit humanitaire international et des droits de l'homme au Darfour, y compris par le biais d'une coopération avec la CPI et d'autres pays. M. Hoang Chi Trung a conclu en appelant toutes les parties du Darfour à participer à la mise en œuvre de l'accord de paix et au processus de paix mené par les Nations Unies et l'Union africaine.
M. David Quarrey (Royaume-Uni) a déclaré que mettre fin à l'impunité était un élément essentiel de la stabilité au Darfour. La situation humanitaire y demeure très grave et il est nécessaire de mettre fin à la violence contre les civils et les travailleurs humanitaires, a dit le représentant. Il ne saurait y avoir d'excuse aux bombardements d'écoles et au viol de femmes et d'enfants. Les responsables des crimes les plus graves doivent être traduits en justice, a-t-il préconisé. Nous lançons un appel à toutes les parties au conflit au Darfour à coopérer avec la Cour pénale internationale. Nous sommes préoccupés également par l'attitude du Gouvernement soudanais eu égard aux mandats d'arrêt lancés par la Cour.
M. Zaimay Khalilzad (États-Unis) a dit que sa délégation appréciait le rapport du Procureur et il a appelé à la fin de la violence au Darfour. Ceux qui en sont responsables doivent répondre de leurs actes et être traduits en justice. Nous sommes d'accord pour dire que la situation demeure alarmante et que traduire en justice des auteurs de crimes présents et passés est essentiel. Nous sommes aussi préoccupés par la poursuite des attaques contre les civils et les membres du personnel de la MINUAD. Les États-Unis demeurent vivement attachés à la paix et la sécurité, ainsi qu'à l'acheminement de l'aide humanitaire au Soudan et nous avons offert plus de 4 milliards de dollars en aide humanitaire et en appui au maintien de la paix, a dit le représentant. Ainsi 400 millions de dollars ont été affectés à la construction de camps et à la formation des soldats de la paix africains, a-t-il précisé. Ceux qui sont responsables d'actes de génocide doivent répondre de leurs actes et être traduits en justice. Nous souhaitons travailler avec les membres du Conseil afin d'atteindre nos objectifs.
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Agence France Presse, Khartoum, 5 juin 2008
Les ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU se sont montrés fermes mercredi dans leurs entretiens à Khartoum avec le gouvernement soudanais, notamment sur la coopération avec la Cour pénale internationale (CPI) et le déploiement de casque bleus non africains au Darfour. L'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-Maurice Ripert, présent à Khartoum, deuxième étape d'une mission de dix jours du conseil de sécurité en Afrique, a mis en cause le Soudan pour son refus de coopérer avec la CPI. "J'ai soulevé la question de la CPI et du refus de coopérer du gouvernement soudanais", a dit M. Ripert à la presse à l'issue d'une rencontre avec Nafie Alie Nafie, un proche conseiller du président soudanais Omar el-Béchir. "Cela crée un obstacle fondamental pour la communauté internationale", a affirmé M. Ripert. La France exercera à partir du mois prochain la présidence tournante, pour six mois, de l'Union européenne (UE). Pour le diplomate français, "la France et l'UE sont prêtes à considérer des mesures supplémentaires contre le gouvernement soudanais s'il continue à refuser de coopérer". "Tous les Européens présents m'ont soutenu. C'est la première fois que six pays européens (membres du Conseil de Sécurité) disent clairement qu'il faut respecter cette résolution de l'ONU", a-t-il souligné. Dans une résolution adoptée en avril 2005, le Conseil de sécurité a ordonné au procureur de la CPI, basée à La Haye, d'ouvrir des investigations afin de poursuivre les responsables de meurtres, viols ou pillages dans la région soudanaise. Le Soudan a exclu mercredi de livrer deux suspects de crimes de guerre au Darfour visés par des mandats internationaux lancés en avril 2007 par la CPI: le secrétaire d'Etat aux affaires humanitaires, Ahmed Haroun, et le chef des Janjawids, milices arabes alliées de Khartoum, Ali Kosheib. L'ambassadeur soudanais aux Nations unies, Abdelmahoud Mohamad, a déclaré mercredi que son pays "n'enverra jamais de citoyens soudanais à la Haye. Nous ne sommes pas membres de la CPI. Ils n'ont aucune juridiction sur nous". "Notre système judiciaire est renommé dans le monde arabe et en Afrique. Il s'occupe de la question des crimes de guerre au Darfour. Des gens ont déjà été jugés et pendus, et nous continuerons", a poursuivi M. Mohamad. Une trentaine d'ONG internationales de défense des droits de l'Homme avait exhorté la mission du Conseil à faire pression sur le Soudan pour que deux suspects soient enfin remis à la CPI. Jeudi, le Conseil doit se rendre au Darfour alors que le procureur général de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, révélera le même jour des informations sur un second dossier contre des responsables présumés de crimes dans cette région ravagée depuis 2003 par une guerre civile. Autre problème entre l'ONU et le Soudan, le déploiement de casques bleus non Africains au Darfour: "nous avons dit au gouvernement qu'un refus des casques bleus népalais et thaïlandais n'est pas acceptable et qu'il fallait respecter l'accord de déploiement de la force hybride", a indiqué M. Ripert. "Le gouvernement a assuré que dès que les Egyptiens et les Ethiopiens seront déployés, il n'y aura pas de problème", a-t-il ajouté rappelant que "la France a offert sa coopération pour former des bataillons" au maintien de la paix. Depuis 2003, les forces gouvernementales appuyées par les Janjawids luttent contre des mouvements rebelles. La guerre et ses conséquences ont fait plus de 300.000 morts et entraîné le déplacement de 2,2 millions de personnes, selon l'ONU. Khartoum parle de quelque 10.000 morts
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Agence France Presse, New York , 5 juin 2008
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a demandé jeudi au Conseil de sécurité de l'ONU d'exiger du Soudan qu'il arrête et défère à la Cour deux de ses ressortissants inculpés de crimes de guerre au Darfour. "Je demande au Conseil de sécurité d'envoyer un message fort au gouvernement soudanais (...) pour qu'il arrête Ahmad Harun et Ali Kushayb", a déclaré M. Moreno-Ocampo dans un réquisitoire virulent contre Khartoum, qu'il a accusé de protéger les criminels plutôt que les victimes. Un an après la délivrance de mandats d'arrêt par la CPI, ces deux hommes sont toujours libres et "impliqués dans des actions menées contre les populations civiles", souligne le dernier rapport d'activité de la CPI, débattu jeudi par le Conseil. Ahmad Harun est ministre délégué aux Affaires humanitaires. Ali Kushayb, chef janjawid, "déploie ses activités au Darfour avec son unité militaire", ajoute-t-il. M. Moreno-Ocampo a indiqué que son bureau présenterait en juillet "de nouveaux éléments à charge établissant des faits et identifiant les personnes les plus responsables" des "crimes à grande échelle" commis au Darfour. Selon un responsable d'une ONG de défense des droits de l'Homme, ces nouveaux éléments devraient concerner des personnalités de rang élevé dans la hiérarchie soudanaise. Plus de trois ans après que la situation dans la province occidentale du Soudan a été référée à la CPI, par la résolution 1593 du Conseil, "les massacres se poursuivent au Darfour", a affirmé M. Moreno-Ocampo. Dans les camps de réfugiés, "les crimes et l'insécurité sont organisés (...) Loin d'être désarmés, les janjawids (miliciens arabes pro-gouvernementaux qui terrorisent la province depuis le début de la guerre civile en 2003, NDLR) sont intégrés dans l'appareil sécuritaire soudanais et stationnés à proximité des camps", a-t-il dit. "Les viols de femmes sont systématiques (...) l'usurpation des terres est systématique", a poursuivi le magistrat argentin. "Les responsables soudanais protègent les criminels, pas les victimes", a-t-il affirmé, comparant le comportement de Khartoum à ceux du régime nazi, de la dictature argentine des années 1970 et des Serbes de Bosnie au moment des massacres de Srebrenica en 1995. M. Moreno-Ocampo a souhaité que le Conseil formule l'exigence d'arrestation des deux hommes dans une déclaration formelle. Le Costa Rica a déposé au Conseil un projet de texte allant en ce sens mais son adoption n'était pas prévue jeudi. Selon des diplomates, le Conseil a discuté de ce texte au niveau des experts mercredi, sans aboutir à un consensus. Il devrait attendre le résultat de l'actuelle visite d'une délégation du Conseil de sécurité au Soudan avant de reprendre ses discussions. Mercredi, un collectif de groupes de défense des droits de l'Homme, "Justice pour le Darfour", a appelé le Conseil, en particulier la Chine, à voter ce texte. Dotée d'un droit de veto au Conseil, celle-ci agit en protecteur du Soudan, où elle a d'importants intérêts économiques. Rappelant que lors de la précédente apparition de M. Moreno-Ocampo au Conseil en décembre, un texte demandant l'arrestation des deux inculpés n'avait pu être adopté "principalement à cause de l'obstruction de la Chine", un responsable de l'organisation new-yorkaise Human Rights Watch membre du collectif, Richard Dicker, a souhaité un changement d'attitude de Pékin. Lors du débat jeudi, le ministre costaricain des Affaires étrangères, Bruno Stagno Ugarte, a interpellé le Conseil de sécurité. "Le gouvernement du Soudan se joue de nous, se joue de la dignité humaine, se joue de l'autorité de ce Conseil," a-t-il dit. "Les faits parlent d'eux-mêmes. Nous ne pouvons pas plaider l'ignorance. Assez d'apaisement (du Soudan), il est grand temps de cesser de composer avec le mal", a-t-il lancé. Khartoum a exclu mercredi de livrer les deux inculpés, arguant que le Soudan n'est pas membre de la CP
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Déclaration publique d'Amnesty International, 5 juin 2008
Amnesty International a exhorté ce 5 juin 2008 le Conseil de sécurité à prendre immédiatement des mesures afin que le gouvernement soudanais arrête Ahmad Harun et Ali Kushayb et les remette à la Cour pénale internationale (CPI), qui a décerné des mandats d'arrêt contre ces deux hommes. Le 5 juin au matin, le procureur de la CPI a déclaré au Conseil de sécurité que le gouvernement du Soudan ne coopérait pas avec la Cour et que le Conseil de sécurité devait désormais lui envoyer un message fort pour veiller à ce qu'il s'acquitte de son obligation au titre de la résolution 1593 de 2005, à savoir arrêter les deux hommes et les remettre à la CPI. Le Soudan s'est jusqu'à présent refusé à livrer les deux hommes - et a même promu Ahmad Harun au poste de ministre d'État aux Affaires humanitaires. Selon Amnesty International, si le Conseil de sécurité tarde encore à demander au Soudan de respecter immédiatement ses obligations juridiques, il ne fera que perpétuer l'impunité et encourager de nouveaux crimes graves au Darfour. L'organisation a salué et soutenu l'initiative opportune du Costa Rica qui a engagé le Soudan à respecter ses obligations et a invité tous les membres du Conseil de sécurité à appuyer sa proposition, sans plus attendre et sans l'affaiblir. Selon Amnesty International, il incombe plus particulièrement aux membres du Conseil de sécurité qui sont partie au Statut de Rome de la CPI ou l'ont signé de faire tout leur possible en vue de promouvoir la coopération de tous les États avec la CPI - y compris en veillant à ce que le Conseil de sécurité se conforme à sa propre résolution qui déférait la situation au Darfour au procureur de la CPI.
Complément d'information
L'Afrique du Sud, la Belgique, le Burkina Faso, le Costa Rica, la Croatie, la France, l'Italie, le Panama et le Royaume-Uni, tous membres du Conseil de sécurité, sont parties au Statut de Rome de la CPI. La Fédération de Russie a signé ce Statut. Le 31 mars 2005 , le Conseil de sécurité des Nations unies a estimé que la situation au Soudan constituait une menace pour la paix et la sécurité internationales. En se fondant sur le Chapitre VII de la Charte des Nations unies, il a adopté la résolution 1593, saisissant le procureur de la CPI de la « situation au Darfour depuis le l e ` juillet 2002 ». Le 1 er juin 2005, le procureur de la CPI a ouvert une enquête sur la situation dans la région du Darfour, au Soudan. Le 27 avril 2007 , deux mandats d'arrêt ont été lancés contre Ahmad Harun et Ali Kushayb. Ces mandats font référence à des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité qui auraient été commis entre août 2003 et mars 2004. Alors qu'elle décernait ces mandats d'arrêt, la CPI a demandé au gouvernement du Soudan et à tous les États parties au Statut de Rome de faire en sorte qu'Ahmad Harun et Ali Kushayb soient arrêtés et lui soient remis. Le gouvernement soudanais a publiquement refusé de livrer ces deux hommes à la CPI. Aux termes de la résolution 1593 adoptée en 2005 par le Conseil de sécurité, bien que le Soudan n'ait pas ratifié le Statut de Rome, il est tenu de coopérer pleinement avec la Cour et de lui apporter, ainsi qu'au procureur, toute l'assistance nécessaire.
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B-B-C-Afrique, 5 juin 2008
Les accusations de Luis Moreno Ocampo impliquent des responsables du gouvernement soudanais au plus haut niveau, des individus dont on ignore encore l'identité.
Il apparaît dans son rapport que les civils sont toujours la cible des forces gouvernementales et des miliciens qui opèrent à leurs côtés les Janjawids. Parmi les faits qu'il recense figurent des bombardements, des pillages, des destructions de biens mais aussi des arrestations et des actes de torture. Des chefs locaux sont tués et le viol des femmes et de petites filles est utilisé comme une arme visant à détruire les bases sociales des communautés. Le rapport du procureur de la CPI reproche au gouvernement soudanais de ne pas avoir remis à la cour deux suspects de crimes de guerre. Il s'agit d'un ministre, Ahmed Haroun, et un chef milicien, Ali Kosheib. Khartoum réitère, pour sa part, son refus d'extrader ses ressortissants à la Haye. Le rapport révèle que la Cour Pénale Internationale a ouvert deux nouvelles enquêtes. L'une concerne les activités du gouvernement au Darfour, l'autre est relative aux attaques dont sont victimes les soldats de maintien de la paix et les travailleurs humanitaires. Une enquête qui vise les groupes rebelles
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Exhorter le Soudan à coopérer avec la Cour pénale internationale
(New York, le 4 juin 2008 ) – Le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait faire pression sur le Soudan pour qu'il livre les suspects de crimes de guerre Ahmad Harun et Ali Kushayb à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, a déclaré aujourd'hui une coalition internationale de groupes de défense des droits humains. La campagne « Justice pour le Darfour » a exhorté les membres du Conseil de sécurité actuellement en visite à Khartoum à soulever la question de la non-coopération du Soudan avec la CPI, et à adopter une nouvelle résolution demandant au Soudan de coopérer pleinement avec la cour. Les lauréates du Prix Nobel Jody Williams et Shirin Ebadi ont également soutenu cette demande. Des membres du Conseil de sécurité de l'ONU effectuent actuellement une visite de neuf jours en Afrique, et vont se rendre à Khartoum et au Darfour. Leur voyage coïncide avec un rapport du procureur général de la CPI au Conseil de sécurité à New York, sur le refus persistant du Soudan de coopérer avec la cour en dépit de son obligation de le faire en vertu de la Résolution 1593 du Conseil de sécurité (2005). « La mission à Khartoum est une opportunité cruciale d'exhorter les dirigeants soudanais, tant en privé qu'en public, à coopérer avec la cour », a déclaré Niemat Ahmadi de Save Darfur Coalition (Coalition Sauver le Darfour). « Il y a trois ans, le Conseil de sécurité a pris un engagement envers la justice au Darfour en renvoyant la situation à la CPI. Il est temps maintenant pour le conseil de faire un pas de plus pour honorer cet engagement. » La CPI a lancé des mandats d'arrêt contre les deux suspects il y a plus d'un an, le 27 avril 2007 . Les suspects sont sous le coup de 51 chefs d'accusation pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, à savoir des meurtres, des persécutions, des actes de torture, des viols et des déplacements forcés. En dépit de la gravité de ces crimes, les autorités soudanaises ont carrément refusé de coopérer avec la cour ou de remettre les deux suspects. Il y a quelque temps, l'ambassadeur soudanais aux Nations Unies a même demandé que le procureur de la CPI lui-même soit traduit en justice. Ahmad Harun demeure le ministre des Affaire humanitaires au Soudan, responsable du bien-être des civils mêmes qu'il a été accusé d'agresser. A ce poste, et comme contact avec l'Opération hybride au Darfour de l'Union africaine et des Nations Unies (UNAMID), il conserve une influence considérable sur les opérations des organisations humanitaires qui fournissent une assistance aux personnes déplacées à l'intérieur du pays. Il représente fréquemment le Parti national du congrès au pouvoir, lors de cérémonies et événements officiels. En septembre 2007, il a été nommé dans un comité créé pour contrôler la sécurité entre le Nord et le Sud Soudan, et de ce fait il joue maintenant un rôle en relation à la zone frontalière troublée d'Abyei. En octobre 2007, le gouvernement soudanais a annoncé que le second suspect, le chef Janjawid Ali Kushayb, avait été remis en liberté faute de preuves contre lui et qu'il avait repris ses fonctions. Quand le procureur de la CPI a présenté au Conseil de sécurité son dernier rapport sur l'enquête de décembre 2007, les membres du conseil ont réagi par des déclarations individuelles de soutien à la cour, mais ils n'ont entrepris aucune action. « La campagne Justice pour le Darfour attend du Conseil de sécurité qu'il soutienne la justice pour les victimes au Darfour, et qu'il honore le renvoi historique à la cour », a dit Ahmadi. « Il est temps de répondre à l'obstruction flagrante de Khartoum par une résolution claire rappelant au Soudan ses obligations envers la cour, et envers les victimes.» Le professeur Jody Williams et le docteur Shirin Ebadi, lauréates du Prix Nobel, ont également soutenu l'appel à la justice au Darfour. « Si un homme tue une personne, viole une fille, ou met le feu à une mosquée, nous nous attendons à ce que la loi réplique », a ajouté le docteur Shirin Ebadi, avocate et défenseure des droits humains, lauréate du Prix Nobel de la paix (2003). « Pourquoi cela devrait-il être différent quand des centaines de civils sont tués et de nombreuses femmes violées ? La communauté internationale doit agir maintenant pour parachever les dispositifs résolus des arrestations et de l'application de la loi. » Jody Williams a exprimé une préoccupation particulière pour les victimes des viols généralisés utilisés comme arme de guerre au Darfour, crime dont les deux suspects ont été accusés. « Le Conseil de sécurité de l'ONU doit agir pour aider à apporter la justice aux femmes du Darfour, dont beaucoup trop ont été violées ou ont subi des tortures de caractère sexuel », a insisté Williams, lauréate du Prix Nobel de la paix (1997). « Une paix durable ne pourra exister que lorsque ceux qui ont ordonné l'utilisation de cette tactique guerrière – ainsi que ceux qui ont commis le crime de viol lui-même – seront traduits en justice. »
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Agence France Presse, Khartoum, 4 juin 2008
Les ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU se sont montrés fermes mercredi dans leurs entretiens à Khartoum avec le gouvernement soudanais, notamment sur la coopération avec la Cour pénale internationale (CPI) et le déploiement de casque bleus non africains au Darfour. L'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-Maurice Ripert, présent à Khartoum, deuxième étape d'une mission de dix jours du conseil de sécurité en Afrique, a mis en cause le Soudan pour son refus de coopérer avec la CPI. "J'ai soulevé la question de la CPI et du refus de coopérer du gouvernement soudanais", a dit M. Ripert à la presse à l'issue d'une rencontre avec Nafie Alie Nafie, un proche conseiller du président soudanais Omar el-Béchir. "Cela crée un obstacle fondamental pour la communauté internationale", a affirmé M. Ripert. La France exercera à partir du mois prochain la présidence tournante, pour six mois, de l'Union européenne (UE). Pour le diplomate français, "la France et l'UE sont prêtes à considérer des mesures supplémentaires contre le gouvernement soudanais s'il continue à refuser de coopérer". "Tous les Européens présents m'ont soutenu. C'est la première fois que six pays européens (membres du Conseil de Sécurité) disent clairement qu'il faut respecter cette résolution de l'ONU", a-t-il souligné. Dans une résolution adoptée en avril 2005, le Conseil de sécurité a ordonné au procureur de la CPI, basée à La Haye, d'ouvrir des investigations afin de poursuivre les responsables de meurtres, viols ou pillages dans la région soudanaise. Le Soudan a exclu mercredi de livrer deux suspects de crimes de guerre au Darfour visés par des mandats internationaux lancés en avril 2007 par la CPI: le secrétaire d'Etat aux affaires humanitaires, Ahmed Haroun, et le chef des Janjawids, milices arabes alliées de Khartoum, Ali Kosheib. L'ambassadeur soudanais aux Nations unies, Abdelmahoud Mohamad, a déclaré mercredi que son pays "n'enverra jamais de citoyens soudanais à la Haye. Nous ne sommes pas membres de la CPI. Ils n'ont aucune juridiction sur nous". "Notre système judiciaire est renommé dans le monde arabe et en Afrique. Il s'occupe de la question des crimes de guerre au Darfour. Des gens ont déjà été jugés et pendus, et nous continuerons", a poursuivi M. Mohamad. Une trentaine d'ONG internationales de défense des droits de l'Homme avait exhorté la mission du Conseil à faire pression sur le Soudan pour que deux suspects soient enfin remis à la CPI. Jeudi, le Conseil doit se rendre au Darfour alors que le procureur général de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, révélera le même jour des informations sur un second dossier contre des responsables présumés de crimes dans cette région ravagée depuis 2003 par une guerre civile. Autre problème entre l'ONU et le Soudan, le déploiement de casques bleus non Africains au Darfour: "nous avons dit au gouvernement qu'un refus des casques bleus népalais et thaïlandais n'est pas acceptable et qu'il fallait respecter l'accord de déploiement de la force hybride", a indiqué M. Ripert. "Le gouvernement a assuré que dès que les Egyptiens et les Ethiopiens seront déployés, il n'y aura pas de problème", a-t-il ajouté rappelant que "la France a offert sa coopération pour former des bataillons" au maintien de la paix. Depuis 2003, les forces gouvernementales appuyées par les Janjawids luttent contre des mouvements rebelles. La guerre et ses conséquences ont fait plus de 300.000 morts et entraîné le déplacement de 2,2 millions de personnes, selon l'ONU. Khartoum parle de quelque 10.000 morts
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Agence France Presse, 1 er juin 2008
L'émissaire des Etats-Unis au Soudan, Richard Williamson, a prôné dimanche une nouvelle approche pour désamorcer la crise entre les ex-rebelles sudistes et l'armée régulière dans la région pétrolifère d'Abyei (sud). A l'issue de pourparlers dans la nuit avec les chefs du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, ex-rebelles), Richard Williamson a rencontré dimanche soir à huis clos des membres du Congrès national (CN), le parti du président soudanais Omar el-Béchir. L'émissaire, qui a commencé sa navette mercredi, a appelé à faire preuve d'imagination pour rétablir l'ordre à Abyei, une région riche en pétrole dont le statut est contesté par le nord et le sud et les recettes âprement disputées par les deux parties. Un mandat plus étendu pour les forces de maintien de la paix serait à considérer parmi d'autres options, selon lui. Depuis les récents troubles, des militaires de l'ONU patrouillent dans la ville principale d'Abyei. Les forces régulières soudanaises ont repris le contrôle le 20 mai de la petite ville d'Abyei, cible d'une attaque des ex-rebelles. Les combats et les pillages ont provoqué la fuite de dizaines de milliers de personnes. Ces violences, qui se sont étalées sur deux semaines et dont le bilan des victimes reste incertain, ont constitué l'une des crises les plus graves depuis la conclusion de l'Accord de paix global (CPA) entre le gouvernement et les rebelles sudistes, qui a mis fin à 21 ans de guerre civile. "Pour obtenir l'aide humanitaire et permettre à ces 50.000 personnes de rentrer, il faut d'abord rétablir un sentiment de sécurité dans la région et cela amène à prendre des dispositions très différentes de ce qui a été fait jusqu'ici", a souligné M. Williamson. "Il y a une grande variété de solutions à étudier, a-t-il ajouté, mais le principe de la sécurité à Abyei ne peut souffrir de concession". Interrogé sur l'envoi éventuel d'une mission internationale de maintien de la paix plus efficace, l'émissaire américain a indiqué que la possibilité "devrait assurément être examinée". Le secrétaire général adjoint du SPLM, Yaser Arman, a appelé à une médiation américaine pour mettre en application le protocole d'Abyei. Selon ce protocole, la région doit être gérée par une administration conjointe jusqu'en 2011. A cette date, la population doit décider par référendum si la région reste dans le Nord ou est intégrée au Sud, semi-autonome, et si le Sud doit proclamer son indépendance. "Nous pensons qu'il y a moyen d'avancer. Il n'y a pas d'excuse pour laisser cet échec mettre fin à l'opportunité d'une paix réelle au Soudan", a souligné M. Williamson à l'issue de sa rencontre avec les chefs du SPLM.
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