Nous référençons un certain nombre
d'articles sur le Soudan |
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Agence France Presse, Khartoum, 30 juin 2008
Un avion de transport de frêt s'est écrasé lundi peu après son décollage de l'aéroport de Khartoum, faisant quatre morts dans le quatrième accident d'avion en deux mois au Soudan, selon les premières informations de l'aviation civile. "Un avion cargo, un appareil russe de la société de transport aérien ABABEL, s'est écrasé. Les quatre membres d'équipage qui se trouvaient à bord sont apparemment morts. Deux corps ont été retrouvés jusqu'à présent", a déclaré un porte-parole de l'aviation civile soudanaise, Abdel Hafez Abdel Rahim. Il a précisé que l'accident s'était produit vers 07H00 du matin (04H00 GMT). "L'avion a explosé comme une boule de feu alors qu'il décollait", a ajouté un témoin qui a ajouté que l'avion était tombé dans un terrain vague à l'extrémité de l'aéroport. Un problème s'est produit au niveau de l'aile gauche qui a fait un angle de 45 degrés, a-t-il dit. Des camions de pompiers se sont précipités sur les lieux pour éteindre l'incendie de l'épave. L'avion devait se rendre à Juba, la capitale du Sud Soudan. Il s'agit du deuxième accident d'avion cargo et du quatrième accident d'avion au Soudan en tout juste deux mois. Un avion-cargo s'était déjà écrasé le 27 juin, après son décollage de Khartoum, faisant sept morts, tous des membres d'équipage, dont quatre Ukrainiens et un Arménien. Un huitième membre d'équipae, un Soudanais, avait survécu. Les mauvaises conditions météo avaient été mises en cause. L'Antonov 12 de la société Juba Cargo s'était écrasé une heure et dix minutes après avoir quitté la capitale alors qu'il volait vers Juba, la métropole du Sud-Soudan. Les accidents d'avion sont assez fréquents au Soudan, où la flotte est vieillissante. De nombreuses petites compagnies locales ont recours à des pilotes de l'ex-URSS et utilisent des avions de fabrication d'Europe de l'est. Le 10 juin dernier, un airbus A310 de la compagnie Sudan Airways, en provenance d'Amman, avait pris feu à l'atterissage à Khartoum, entraînant la mort de 30 personnes. Sudan Airways, dont tous les vols avaient été suspendus, a obtenu un mois de sursis de l'aviation civile soudanaise pour se mettre en conformité avec des règles internationales. En mai, le ministre de la Défense du sud Soudan et d'autres responsables avaient été tués dans un autre accident d'avion, qui a fait au moins 23 morts au total. En juillet 2003, 115 personnes, dont un haut responsable militaire soudanais et huit étrangers, avaient péri dans l'accident d'un avion de ligne intérieure de Sudan Airways, dans l'est du pays. Seul un enfant avait survécu. Plusieurs avions militaires se sont en outre écrasés au Soudan depuis 1998. Le 30 juillet 2005 , le vice-président soudanais et ancien chef de la rébellion sudiste John Garang avait trouvé la mort avec 13 autres personnes dans le crash de l'hélicoptère de la présidence ougandaise dans le sud du Soudan. Le régime de Khartoum, inscrit sur une liste des Etats soutenant le terrorisme, affirme que l'état de la flotte soudanaise est une conséquence directe des sanctions économiques américaines.
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Xinhuanet, Khartoum, 27 juin 2008
Un avion-cargon s'est écrasé vendredi près de la ville de Malka, dans le sud du Soudan, tuant sept des huit membres d'équipage, a rapporté le centre du media soudanais (SMC). Les sept victimes sont quatre Ukrainiens, un Américain et deux Soudanais. L'avion, un Antonov-12, appartenant la Juba Airline Compagny, a quitté Khartoum à 05H55 (02H55 GMT) pour Juba, capitale du Sud- Soudan, s'est écrasé à 30 km au nord de Malakal, a fait savoir l'Autorité de l'aviation civile du Soudan. Une heure et dix minutes après le décollage, le capitaine de l'avion a contacté la tour de contrôle de l'aéroport de Khartoum, demandant un atterrissage d'urgence à cause des mauvaises conditions météorologiques. Ensuite, la tour de contrôle a perdu le contact avec l'avion. C'est le deuxième crash d'avion survenu au Soudan ce mois. Le 10 juin, un avion de passagers a pris feu lors de son atterrissage à l'aéroport de Khartoum, tuant plus de vingtaine de personnes.
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Xinhuanet, Kampala, 27 juin2008
Le gouvernement ougandais a appelé Joseph Kony, leader de l'Armée de résistance du seigneur (LRA, rébellion), à s'engager plus directement dans les négociations de paix parrainées par l'autorité sud-soudanaise depuis le milieu de l'année 2006. "Le gouvernement souhaite à présent prendre contact directement avec Kony au travers du médiateur en chef et de l'envoyé spécial de l'ONU", a indiqué Henry Oryem, chef adjoint de l'équipe de Kampala aux négociations de paix et ministre d'Etat chargé des Relations internationales. Riek Machar, vice-président du Sud-Soudan, et Joachim Chissano,envoyé spécial de l'ONU pour le nord de l'Ouganda ravagé par la guerre et ancien président mozambicain, arbitrent les négociations. Joseph Kony, accusé de crimes de guerre et crimes contre l' humanité par la Cour pénale internationale, a refusé de participer aux négociations de paix à Juba (sud du Soudan) de peur d'être arrêté. Son équipe de négociateurs à Juba ne peut le consulter qu' à travers des téléphones satellites, car il se trouverait dans la forêt de la frontière entre le Soudan et la République démocratique du Congo (RDC). Pour sa part, le gouvernement ougandais souhaite adopter une solution militaire dans la région pour mettre fin à l'insurrection longue de deux décennies de la LRA, mais le président ougandais Yoweri Museveni et d'autres officiels de l'équipe de négociation gouvernementale ont fait savoir que la porte d'une solution pacifique est toujours ouverte si le leader rebelle choisit de signer l'accord de paix final. L'armée ougandaise a récemment déployé plus de soldats dans le nord du pays pour enrayer l'infiltration des rebelles dans la région, car M. Museveni a promis paix et stabilité aux habitants de la région, les plus durement touchés par l'insurrection rebelle. L'insurrection de la LRA a fait des dizaines de milliers de morts et plus de deux millions de sans abris dans le nord de l'Ouganda. |
Afrique Centrale Info, 27 juin 2008
La France a déployé onze drones, sortes d'avions sans pilote, pour concourir aux opérations de renseignement de la force européenne au Tchad et en Centrafrique (Eufor Tchad-RCA), a-t-on appris vendredi auprès de l'état-major des armées. "Stationnés à Forchana, dans l'est du Tchad et à quelques kilomètres de la frontière avec le Soudan, ces drones fournissent à l'Eufor des images, de jour comme de nuit", a précisé le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, de l'état-major. Les appareils ont effectué leur premier vol opérationnel le 18 juin. "Cette capacité aérienne de renseignement permet à l'Eufor de surveiller l'état des pistes alors que commence la saison des pluies mais surtout de contrôler les mouvements des groupes armés", toujours selon le commandant Prazuck. Télécommandé, le drone CL 289 est en service depuis 1993 dans l'armée française. Il permet d'obtenir des images infrarouges ou photographiques lors de vols préprogrammés qui lui permettent de s'éloigner jusqu'à 400 km de son point de lancement. L'Eufor a pour mission principale de veiller à la sécurité des réfugiés de la province soudanaise du Darfour dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, ainsi que des déplacés tchadiens et centrafricains, soit plus de 450.000 personnes. Des groupes rebelles hostiles au président tchadien Idriss Deby opèrent dans l'est du pays et au Soudan voisin, à partir duquel ils ont à plusieurs reprises lancé des offensives en direction de la capitale tchadienne. La France a des accords militaires avec le régime tchadien, prévoyant notamment un soutien logistique et de renseignement.
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Novosti, Agence russe d'information, Le Caire, 27 juin 2008
L'Union africaine (UA) a appelé les parties impliquées dans le conflit au Darfour (ouest du Soudan) à entamer sans tarder un dialogue d'envergure sans préalable, a déclaré vendredi le président de la Commission de l'UA Jean Ping à l'ouverture d'une réunion ministérielle du Conseil exécutif de l'UA à Charm el-Cheikh (Egypte). "La guerre civile dans la province soudanaise du Darfour est un des conflits régionaux les plus dangereux, a indiqué M. Ping cité par l'agence égyptienne MENA. Nous exhortons toutes les parties au conflit à entamer un dialogue sans préalable pour parvenir le plus vite possible au règlement du conflit". Il a déploré la poursuite des tensions entre le Soudan et le Tchad, qui s'accusent mutuellement (de soutenir les rebelles de part et d'autre), ce qui a entraîné la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. "En tant que membres de l'Union africaine, ces Etats sont tenus de respecter leurs engagements en matière de politique de bon voisinage, de maintien de la paix et de la sécurité dans la région", a souligné M.Ping. Dans le même temps, il a fait état d'une légère tendance à l'amélioration de la situation sécuritaire en Afrique, en dépit de la poursuite de conflits armés dans la région. "J'exhorte tous les pays donateurs et les organisations internationales à accorder aux structures africaines concernées (y compris le Conseil de paix et de sécurité de l'UA et les forces africaines de maintien de la paix) une assistance financière, technique et consultative opportune afin que la paix et la stabilité reviennent sur le continent africain", a souligné Jean Ping. Les ministres des Affaires étrangères des pays africains, réunis jusqu'au 28 juin à Charm el-Cheikh, vont élaborer un ordre du jour du futur sommet de l'Union africaine. Depuis février 2003, le conflit dans la province soudanaise du Darfour entre le gouvernement de Khartoum et les mouvements rebelles, a fait 200.000 morts et plus de 2,5 millions de refugiés sur une population de six millions d'habitants. Les efforts internationaux et régionaux en vue de lancer un dialogue de paix entre les parties en conflit ont été un échec. En 2008, le Tchad a rompu les relations diplomatiques avec le Soudan. |
Le Figaro avec l'A-F-P, 27 juin 2008
Les ministres des Affaires étrangères du G8 ont menacé le Soudan d'adopter des mesures supplémentaires à l'ONU s'il ne coopère pas avec la Cour pénale internationale (CPI) qui lui réclame de livrer deux de ses ressortissants accusés de crime de guerre au Darfour. Depuis 2003, les forces gouvernementales soudanaises appuyées par des milices locales luttent contre des mouvements rebelles dans la province occidentale du Darfour. La guerre et ses conséquences ont fait jusqu'à 300.000 morts et causé le déplacement de 2,2 millions de personnes, selon l'ONU, alors que Khartoum n'évoque que 10.000 morts environ. |
Xinhuanet , New York , 26 juin 2008
Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a exprimé mercredi son soutien à la réintégration de 180.000 anciens combattants soudanais lorsque ces derniers retourneront à la vie civile, suite à la longue guerre civile qui a sévi dans ce pays. Aux termes d'un accord signé mercredi entre le gouvernement d'union nationale du Soudan et le gouvernement du Sud-Soudan, les ex-combattants recevront un soutien social, économique et psychologique lorsqu'ils retourneront à la vie civile et reprendront la vie normale dans leurs communautés. Un responsable du PNUD, Ad Melkert, s'est réjoui de cet accord, indiquant que l'initiative de réintégration constitue une importante partie de l'Accord de paix globale de 2005 et reflète la détermination du Soudan pour le processus de paix. "Les dividendes de la paix sont attendus depuis longtemps. La création d'emplois et la réintégration des ex-combattants sont des clés pour ce processus", a-t-il commenté. Le représentant du PNUD au Soudan, Ameerah Haq, a indiqué que le programme de réintégration complètera les programmes existant entre le gouvernement soudanais et l'ONU pour construire la paix au niveau communautaire.
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Suisse Romande Informations, Khartoum avec l'A-F-P. 25 juin 2008
Le Soudan a expulsé du Darfour la responsable de l'ONG MSF-Hollande dans le sud de cette région de l'ouest du pays en proie à la guerre civile depuis 2003, a appris mercredi l'AFP de sources humanitaires. Mme Altanbas, qui dirigeait l'antenne de MSF-Hollande à Nyala, capitale du Sud-Darfour, à 500 km au sud-est de Khartoum, a reçu l'ordre dimanche de quitter sans délai le Darfour, selon ces sources qui ont requis l'anonymat. Cet ordre a été signifié à Mme Altanbas, de nationalité turque, par un responsable de la Commission des affaires humanitaires (HAC), organisme soudanaise en charge des relations avec les ONG et les agences humanitaires. Interrogé par l'AFP, le chef de MSF-Hollande au Soudan, Kelly Gluck, s'est refusé à tout commentaire, indiquant qu'aucun communiqué n'était envisagé sur cette affaire. Décrétée persona non grata au Darfour par les autorités soudanaises, sans justifications connues, Mme Altanbas n'a pas quitté le Soudan, et se trouvait mercredi à Khartoum. C'est la première fois qu'une telle mesure est prise contre "Médecins Sans Frontières" (MSF), prix Nobel de la paix 1999, au Darfour où interviennent cinq ONG qui lui sont affiliées (Belgique, Espagne, France, Hollande et Suisse). Implantée au Sud-Darfour, MSF Hollande y emploie 25 expatriés, en plus d'un personnel local d'un millier de personnes. Au total, MSF a déployé dans cette région quelque 125 expatriés, assistés d'une dizaine de milliers de Soudanais. Après la parution en 2005 d'un rapport de MSF-Hollande sur les viols dans les camps de déplacés au Darfour, les autorités soudanaises s'étaient enflammées, arrêtant brièvement son chef au Soudan, Paul Foreman. Il avait été inculpé de crimes contre l'état soudanais, puis l'affaire avait été classée. "Il est évident que MSF-Hollande était depuis dans le collimateur, cette affaire est très grave", a commenté le responsable d'une ONG européenne. Des ONG ont déjà subi de telles évictions depuis le début du conflit du Darfour, ainsi l'Américaine Care, en 2007, la Norvégienne Norwegian Refugee Council, en 2006, ou les Britanniques Oxfam et Save the Children en 2004. L'an dernier, deux responsables au Darfour du Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), coordinateur de ces activités, y compris avec les ONG, ont aussi été expulsés. La semaine passée, un responsable de la HAC avait prié les ONG internationales de ne plus collaborer avec l'OCHA, accusant cet organisme onusien de s'ingérer dans les affaires politiques soudanaises. Des diplomates ont aussi été déclarés persona non grata, notamment le représentant spécial des Nations unies au Soudan, Jan Pronk, expulsé fin 2006. Par ailleurs, le chef de l'OCHA Mike McDonagh a affirmé cette semaine à Khartoum que la sécurité pour les travailleurs humanitaires ne s'était jamais autant dégradée à travers le Darfour que depuis les derniers 18 mois, rendant de plus en plus dure la distribution des aides aux populations cette année. "Les véhicules sont attaqués presque au rythme d'un par jour", a aussi affirmé à la presse Alun McDonald, porte-parole d'OXFAM, alors que les escortes promises par le gouvernement soudanais n'ont pas été déployées. Depuis 2003, les forces gouvernementales appuyées par les milices arabes Janjawids luttent contre des mouvements rebelles au Darfour, un immense territoire grand comme la France. Le conflit a fait plus de 300.000 morts et entraîné le déplacement de 2,2 millions de personnes, selon l'ONU. Khartoum parle de quelque 10.000 morts.
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Xinhuanet , New York , 25 juin 2008
Le Conseil de sécurité de l'ONU demande à la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) de déployer "vigoureusement" du personnel de maintien de la paix à Abyei et aux alentours, pour aider à réduire les tensions et empêcher une escalade du conflit dans la région, indique mercredi le service d'information de l'ONU. Dans une déclaration présidentielle adoptée mardi, le Conseil de sécurité a déclaré qu'il déplore "profondément" les récents affrontements survenus à Abyei, de même que les déplacements de populations civiles qu'ils ont provoqués et les entraves mises à la liberté de circulation de la MINUS. L'Abyei, situé à la frontière du Nord et du Sud du Soudan, est une région riche en pétrole dont le statut est contesté par les deux parties. Dans un accord obtenu début juin, les deux parties sont convenues sur des mesures pour restaurer la stabilité dans la région. Elles sont aussi d'accord pour que l'affaire soit soumise à l'arbitrage international. Le Conseil de sécurité a encouragé les deux parties à appliquer pleinement l'accord, notamment en garantissant la liberté de circulation des forces de la MINUS dans la zone de l'Abyei. Les membres du Conseil ont également demandé instamment à toutes les parties de faciliter l'acheminement « immédiat » de l'aide humanitaire destinée aux déplacés et de les aider à retourner chez eux volontairement. Le Conseil de sécurité a souligné que le règlement pacifique de la situation dans l'Abyei est d'une importance cruciale pour la mise en oeuvre effective de l'Accord de paix global et pour la paix dans la région.
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IRIN, édition française, Khartoum, 25 juin 2008
Sur une carte du Darfour publiée ce mois-ci par les Nations Unies, un patchwork de jaune et d'orange marque les zones où l'accès humanitaire est limité ou nul. Par rapport aux cartes publiées les années précédentes, plusieurs vastes régions sont venues s'ajouter au nombre des zones interdites. Depuis 18 mois, selon les travailleurs humanitaires, la situation n'a jamais été aussi difficile pour les organisations humanitaires du Darfour pour ce qui est de la sécurité et des attaques menées à l'encontre du personnel, et les organisations n'ont jamais été aussi peu en mesure de se rendre auprès des populations dans le besoin. « En ce qui concerne les braquages, l'invasion des complexes et des bureaux, les attaques contre les humanitaires et les enlèvements d'humanitaires, les statistiques sont les mêmes pour les six premiers mois de cette année que pour l'ensemble de l'année dernière », a déclaré à la presse Mike McDonagh, directeur du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) - Soudan, à Khartoum, le 22 juin. « Des véhicules se font braquer presque à raison d'un par jour », a indiqué Alun McDonald, chargé de communication publique à OXFAM, dans un email adressé à IRIN. Dans certaines régions, la portée de l'aide humanitaire a été réduite ou totalement suspendue en raison des restrictions de circulation. En mai, après plusieurs braquages, qui avaient empêché l'acheminement de vivres au Darfour, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies a réduit les rations de 42 pour cent, une décision qui a pénalisé 2,7 millions de Darfouris. « Il est vrai que nous avons des réserves alimentaires à Port-Soudan, à Khartoum et à El Obeid. Mais le problème, c'est l'acheminement de ces vivres jusqu'au Darfour », a expliqué Kenro Oshidari, représentant du PAM au Soudan. Selon M. Oshidari, bien que le gouvernement soudanais ait promis de fournir des escortes toutes les 48 heures pour protéger les vivres acheminés au Darfour, celles-ci ne se sont pas encore matérialisées et seraient insuffisantes, les envois de marchandises par camion devant être assurées chaque jour. « La distribution de rations entières ne reprendra que lorsque nous aurons la garantie d'un accès sans risque et d'un passage sans risque des convois jusqu'à destination », a souligné Ameera Haq, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies au Soudan. Les organisations non-gouvernementales (ONG) luttent pour adapter les programmes humanitaires à ces contraintes. Selon un document d'information publié en juin 2008 par une ONG, la majorité des déplacements humanitaires au Darfour s'effectuent désormais via les services aériens des Nations Unies. Les fonds normalement alloués aux programmes humanitaires ont donc été consacrés à couvrir l'augmentation des coûts opérationnels. « Presque chaque jour, nous devons envoyer notre personnel par avion aux quatre coins du Darfour et cela nous coûte plus de 100 000 dollars par an », a expliqué M. McDonald. « La crise au Darfour dure depuis cinq ans et il devient de plus en plus difficile de trouver des fonds, alors chaque centime compte ». Les évacuations répétées et les suspensions de programme ont également abouti à la « gestion à distance » des projets, a indiqué M. McDonald, un système dans le cadre duquel des particuliers ou des comités de villageois sont formés à apporter des secours et rendent ensuite compte de leurs activités à l'organisation concernée ; les humanitaires ont également recours à la méthode de « l'in and out », lorsque les régions deviennent temporairement plus sûres.
Baisse de qualité
Mais malgré ces efforts, la quantité et la qualité de l'aide diminuent pour bon nombre des populations vulnérables du Darfour. « Le problème repose principalement sur la qualité de l'aide : quand on doit arriver, déposer [les vivres] et repartir, on n'a pas beaucoup de temps pour mener des évaluations, des analyses et assurer un suivi convenables », a indiqué M. McDonald. « Il devient aussi plus difficile de lancer des programmes à long terme. Et naturellement, si vous ne disposez que de quelques jours, vous donnez la priorité aux secours d'urgence vitale, tels que les vivres et les médicaments, et vous n'avez pas de temps à consacrer à d'autres formes d'aide extrêmement importantes, telles que l'éducation et les projets [de création] de moyens de subsistance durables ». « Ça permet aux gens de survivre, mais rien de plus », a poursuivi M. McDonald. Le 22 juin, les Nations Unies ont déclaré aux journalistes lors d'une conférence de presse interagences qu'un « cocktail parfait » de facteurs, dont l'accès humanitaire limité, le surpeuplement des camps, les ressources réduites en eau et la mauvaise récolte de céréales, poserait probablement de grandes difficultés. « Quatre ans après le lancement d'une opération de grande envergure, dans le cadre de laquelle un demi-million de tonnes de vivres sont acheminées chaque année, et en moyenne, un millier d'expatriés ont été envoyés sur le terrain pour travailler aux côtés de leurs 15 000 collègues nationaux, c'est cette année, je pense, que nous allons observer une réduction des indicateurs [de santé], en conséquence de ce cocktail parfait », a prédit M. McDonagh.
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L'Express avec Reuters Version française Jean-Loup Fiéve, 24 juin 2008
Dans un rapport sombre adressé au Conseil de sécurité, les émissaires des Nations unies et de l'Union africaine ont plaidé mardi pour la tenue d'un sommet international visant à faire pression sur le Soudan et les groupes rebelles pour mettre fin à la guerre civile au Darfour et relancer des négociations de paix enlisées
Pour l'envoyé spécial de l'Onu au Darfour, Jan Eliasson, "il y a matière à mettre sérieusement en doute la volonté des parties à s'asseoir autour d'une table de négociation et à faire les compromis nécessaires à la paix". Selon lui et son homologue de l'UA, Salim Ahmed Salim, les organisations internationales, les 15 Etats membres du Conseil de sécurité ainsi que les autres pays de l'Onu devraient exercer des pressions sur le gouvernement de Khartoum et les insurgés darfouris pour arrêter les violences et faire la paix. Ils proposent la tenue d'"une réunion internationale à haut niveau" en présence notamment du Soudan et des membres du Conseil de sécurité, des autres grandes puissances et des pays africains, ainsi que probablement des rebelles soudanais, pour obliger Khartoum et les insurgés à se réconcilier. "Etant donné qu'une nouvelle approche est nécessaire pour gérer cette crise, semblable conférence constituerait une occasion unique de réfléchir et d'agir", a soutenu Salim devant le Conseil.
Une paix "insaisissable "
"Le processus politique est actuellement dans l'impasse", a déclaré le diplomate tanzanien à propos des négociations entre Khartoum et les rebelles darfouris. "Il faut repenser la stratégie en se projetant vers l'avenir". Dans un nouveau rapport sur la Minuad (force de paix hybride composée de l'Onu et de l'UA), le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, estime par ailleurs que le raid lancé en mai par les rebelles darfouris du Jem contre Omdurman, ville jumelle de Khartoum, "rappelle cruellement le caractère toujours insaisissable de la paix au Darfour". "L'attaque lancée par le Jem sur Omdurman et la poursuite des affrontements entre les groupes rebelles et le gouvernement et ses alliés montrent que les parties ne sont pas prêtes à ouvrir des négociations sérieuses", juge Ban dans son rapport au Conseil de sécurité. Les experts internationaux évaluent à environ 200.000 le nombre de morts et à 2,5 millions celui des personnes déplacées et réfugiées par la guerre au Darfour, qui dure depuis cinq ans. Le gouvernement de Khartoum conteste quant à lui ces estimations et évoque 10.000 morts.
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Nations Unies, PAM, 24 juin 2008
Alors que les populations du Darfour sont confrontées, comme chaque année, à la période maigre qui précède les récoltes d'octobre, la communauté humanitaire au Soudan a annoncé qu'il reste peu de temps pour prévenir une situation de plus en plus précaire. L'insécurité permanente dans la région est sous-jacente à cette crise potentielle ; elle a fait 180 000 déplacés supplémentaires depuis le début de l'année. Les attaques sur les convois du Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM) ont gravement retardé les livraisons d'aide alimentaire au Darfour ce qui a entraîné une réduction des rations alimentaires à hauteur de 40% depuis le mois de mai. Au moins 2,7 millions de personnes seront affectées par une réduction de l'aide pour les deux mois à venir. Les détournements de véhicules humanitaires au Darfour augmentent - 160 jusqu'à présent pour 2008 - et entravent les distributions et la qualité d'une aide pourtant vitale. Huit travailleurs humanitaires ont été tués depuis le début de l'année. De plus, l'ensemble de la population du Darfour a été confronté à une récolte céréalière considérablement plus faible en 2007, sur fonds de flambée des prix de l'alimentation. La situation est très préoccupante dans le sud du Darfour notamment, où la récolte de céréales a été déficitaire. Si les champs ne peuvent pas être cultivés à cause du conflit et des déplacements, de nombreux ménages vont devenir encore plus vulnérables. Les services d'eau et d'assainissement sont déjà à bout de souffle. Si les gens sont affaiblis par une pénurie alimentaire, l'impact de maladies telles que la diarrhée et les infections respiratoires aigues pendant la saison des pluies qui approche sera encore plus grave. Afin de surveiller, d'évaluer et d'amoindrir l'impact de ces facteurs, il est essentiel que les humanitaires aient un accès sécurisé à toutes les communautés. Un tel suivi n'est possible que si les agences d'aide peuvent entreprendre des études et en publier les résultats dans les meilleurs délais et sans restrictions. Il y a encore une fenêtre d'opportunité ouverte pour protéger la population darfourie des pires effets de la saison creuse de cette année, mais elle se ferme rapidement. Globalement, malgré des pics localisés et la vulnérabilité des nouveaux déplacés, les taux de malnutrition et de mortalité au Darfour sont toujours comparables à ceux de l'année dernière à la même période. Toutes les parties prenantes doivent agir immédiatement pour permettre aux agences humanitaires de surveiller la situation et de distribuer une aide vitale sans risque sécuritaire. Si ces conditions ne sont pas respectées, notamment la sécurité nécessaire aux livraisons de rations alimentaires complètes, la situation se détériorera. En tant qu'agences humanitaires présentes au Soudan, nous appelons à ce que soient mises en place les actions suivantes pour répondre à ces préoccupations, que partage également le gouvernement. Nombre d'entre elles ont déjà été acceptées lors du Consortium sur le Soudan à Oslo et par le Comité de Haut Niveau. Le gouvernement soudanais doit mettre en pratique son engagement d'assurer les escortes de convois de nourriture au minimum toutes les 48 heures sur les routes principales du Darfour. Cependant, pour que les rations alimentaires reviennent à des niveaux normaux, les autorités doivent autoriser les camions qui transportent l'aide alimentaire à traverser le Darfour tous les jours, avec ou sans ses escortes. Tous les groupes armés qui sévissent au Darfour qui sont responsables des attaques sur les humanitaires - signataires ou non des Accords de Paix du Darfour - doivent cesser les détournements de véhicules et de biens, et respecter les lois et principes humanitaires internationaux. Le gouvernement soudanais doit immédiatement appliquer son accord de publier les résultats d'études humanitaires techniques - y compris des études nutritionnelles et sur les récoltes - et minimiser les retards de publication d'études futures.
Le déploiement des troupes de l'UNAMID doit être accéléré pour fournir une protection aux civils et aux travailleurs humanitaires et leurs biens. Enfin, un accord pour mettre un terme à la crise du Darfour doit être négocié, autorisant les déplacés internes à regagner leurs communautés d'origine volontairement et en toute sécurité, pour reprendre le cours de leur vie et leurs moyens de subsistance. Entre-temps, les déplacés internes doivent continuer à accéder aux camps et à la protection contre les retours forcés ou involontaires. Si la réaction se fait attendre, les répercussions sur le bien-être et le développement des populations du Darfour seront très graves - pas seulement pour les jours et les mois à venir, mais à plus long terme. Cette déclaration a été approuvée par les membres suivants de l'équipe des Nations Unies au Soudan :
L'Organisation Internationale des Migrations (OIM) Le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) Le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) L'Organisation Internationale pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) Le Centre des Nations Unies pour les moyens Logistiques Communs (UNJLC) Le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM) L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
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Xinhuanet, Khartoum, 23 juin 2008
Un haut responsable de l'ONU a mis en garde dimanche contre une détérioration des conditions de vie pour la population vivant au Darfour, dans l'ouest du Soudan. Ils (populations du Darfour) pourraient connaître une mauvaise année,a déclaré Mike McDonagh, haut responsable de l'ONU pour les affaires humanitaires, à des journalistes à Khartoum. Plus de difficultés sont prévues pour l'aide humanitaire de l'ONU en raison de la mauvaise moisson dans la région, l'insécurité croissante dans les transports de denrées alimentaires, le déplacement continu de populations et la qualité dégradée des ressources d'eau à l'approche de la saison pluvieuse, a indiqué M. McDonagh. "Je pense que c'est une année que nous allons voir une réduction des indicateurs (du bien-être de la population du Darfour)", a-t-il dit. Le gouvernement soudanais a promis de redoubler d'efforts pour escorder les transports des aides de l'ONU, selon d'autres responsables de l'ONU. Les Nations Unies avaient lancé, il y a quatre ans, la plus grande opération humanitaire dans le monde.
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Nations Unies, Centre d'actualités, New York, 23 juin 2008
23 juin 2008 – À l'approche de la période de pénurie alimentaire qui précède les récoltes au Darfour, huit agences de l'ONU ont demandé des actions urgentes afin d'améliorer une situation qui devient de plus en plus précaire. « Il y a encore une fenêtre d'opportunité ouverte pour protéger la population du Darfour des pires effets de la saison creuse de cette année, mais elle se ferme rapidement.», ont averti les agences humanitaires de l'ONU dans un communiqué conjoint publié hier. L'augmentation du nombre de détournement de véhicules humanitaires dans la région a gravement retardé la livraison de l'aide et a entrainé une réduction de plus de 40% des rations alimentaires quotidiennes distribuées depuis le mois de mai. Au moins 2,7 millions de personnes seront touchées par cette réduction pendant les deux prochains mois au moins. Les agences signalent également que la récolte en céréales a été mauvaise en 2007 et que la situation est particulièrement préoccupante dans le sud du Darfour où la récolte a été déficitaire. En outre, l'impact de maladies comme la diarrhée et les infections respiratoires aigues risque d'être encore plus grave si la population est déjà affaiblie par un manque de nourriture. Face à cette situation, les agences humanitaires de l'ONU ont exhorté le gouvernement du Soudan à mettre en œuvre son engagement d'escorter les convois de vivres le long des principales routes du Darfour et de leur permettre de se rendre dans la province quotidiennement afin de rétablir le niveau normal des rations alimentaires. Elles ont également engagé les groupes armés à cesser d'attaquer les travailleurs humanitaires et de détourner leurs véhicules. Depuis le début de l'année, 160 véhicules humanitaires ont été détourné et huit travailleurs tués. L'Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) a d'ailleurs signalé que deux camions du Programme alimentaire mondial (PAM) ont été détournés hier par 11 hommes armés. Une patrouille de la MINUAD a néanmoins pu sauver les conducteurs des camions, a rapporté la porte parole du Secrétaire général pendant son point de presse quotidien.
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Le Monde avec Reuters, Version française Marc Joanny N'Djamena, 22 juin 2008
Les rebelles tchadiens ont accusé dimanche le président Idriss Déby de rejeter leurs appels au dialogue et déclaré qu'ils n'avaient donc pas d'autre choix que de maintenir leur pression militaire pour le renverser. Le discours prononcé la veille par le président Idriss Déby dans lequel il a désigné le Soudan comme le responsable des attaques de rebelles intervenues depuis le 10 juin a été interprété comme un refus de l'appel au dialogue par Ali Gadayé, porte-parole de l'Alliance nationale dans un entretien téléphonique avec Reuters. Au cours d'un rassemblement pro-gouvernemental dans la capitale tchadienne, samedi, Déby a invité ses opposants armés, qu'il a qualifiés de mercenaires à la solde du Soudan, à renter au bercail. Il n'a toutefois offert aucune concession aux rebelles dont les colonnes attaquent régulièrement des localités faiblement défendues à la frontière avec le Soudan, dans l'est du pays, où les soldats européens de l'Eufor opèrent sous mandat de l'Onu avec mission de protéger les quelque 500.000 civils réfugiés en raison de la crise dans la région soudanaise du Darfour.
Aventure sans lendemain
Prié de dire si les rebelles de l'Alliance nationale allaient maintenir leur pression militaire contre Déby, Gadayé a répondu: "S'il ne nous laisse pas d'autre option, que pouvons-nous faire?" Khartoum accuse Déby de soutenir les rebelles soudanais du Darfour, mais dément les allégations de N'Djamena selon lesquelles le Soudan appuie les rebelles tchadiens. Alors que ces derniers avaient fait état de rapides avancées dans l'est du pays tout au long de la semaine dernière, les forces gouvernementales ont affirmé avoir vaincu leur principale colonne dans la localité d'Am-Zoer en leur infligeant de lourdes pertes. Les rebelles ont déclaré de leur côté avoir tué plusieurs centaines de soldats de l'armée tchadienne. Aucune indication sur l'issue des combats n'a pu être obtenue auprès de sources indépendantes. Les rebelles qui avaient attaqué N'djamena en février se replient régulièrement sur leurs bases dans l'est du pays avant de reprendre l'offensive. Déby a qualifié d'aventure sans lendemain les attaques des rebelles et a appelé la communauté internationale, qui les a largement condamnées, à désigner le Soudan comme l'agresseur du Tchad.
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Le Monde avec Reuters, Khartoum, 22 juin 2008
La crise alimentaire menace le Darfour, en raison de l'accumulation des violences et de la surpopulation dans les camps de réfugiés, qui rendent difficiles les opérations humanitaires, et des mauvaises récoltes, ont prévenu dimanche les Nations unies. "Sur les quatre ans d'opération humanitaire d'ampleur (...) c'est cette année, je pense, que nous allons observer une baisse des indicateurs (de santé) en raison de cette combinaison parfaite", a déclaré Mike McDonough, chef du bureau de coordination humanitaire de l'Onu. Le conflit au Darfour, région de l'ouest du Soudan, a donné lieu au déploiement de la plus importante opération humanitaire au monde, qui vient en aide à quelque 4 millions de personnes sur les six qui peuplent la région. Mais depuis le début de l'année, une accumulation de problèmes ont résulté en une augmentation des taux de malnutrution et des problèmes de santé, ont constaté les Nations unies. Les attaques visant les convois du Programme alimentaire mondial ont notamment conduit à une diminution de près de la moitié des livraisons de nourriture depuis mai, et les promesses du gouvernement d'escorter les convois n'ont jamais été tenues. Selon Ted Chaiban, responsable de l'Unicef, l'agence des Nations unies pour l'enfance, la difficulté d'acheminer les vivres s'ajoute à une mauvaise pour les récoltes, qui a déjà provoqué un doublement des prix des produits de base alimentaires au Darfour. Chaiban a également fait savoir que des études sur la malnutrition montraient que le niveau d'urgence a été dépassé dans plusieurs "poches" de population. Les statistiques de mortalité n'ont pas été diffusées depuis trois ans par le gouvernement de Khartoum. Selon les autorités soudanaises, le nombre de victimes du conflit au Darfour est d'environ 10.000, alors que les Nations unies et les occidentaux parlent généralement d'un bilan compris entre 200.000 et 300.000 tués. Opheera McDoom, version française Grégory Blachier
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Actualités africaines, 20 juin 2008
Les autorités soudanaises ont déployé un bataillon mixte de 600 soldats dans la région pétrolifère d'Abyei, conformément à l'accord passé le mois dernier, qui a mis fin à près de neuf mois d'hostilités entre Khartoum et ses partenaires pour la paix du Sud. Une source militaire soudanaise a indiqué jeudi que ce bataillon des Unités mixtes intégrées (UMI) est arrivé dans la ville d'Abyei jeudi matin pour sécuriser les gisements pétroliers de la région dans le cadre d'une structure administrative commune. Les ex-rebelles soudanais, le Mouvement pour la libération du peuple soudanais (SPLA/M), ont contribué à cette force à hauteur de 320 soldats, tandis que les Forces armés soudanaises (SAF) comptent 319 soldats au sein de la force mixte, qui a pour mission de protéger les vastes richesses pétrolières de la région. Valentino Tokmac, le commandant en chef des UMI, a déclaré que les deux armées seraient basées dans un seul camp. Le déploiement de cette force mixte constitue une étape décisive pour le Soudan, qui a failli retomber dans la guerre, suite à des mois de retard dans l'application de l'accord de paix d'Abyei, qui faisait partie d'une série de six accords ayant contribué à mettre fin à 21 ans de guerre au Soudan. Khartoum et les rebelles du Sud se sont fait la guerre pendant des années pour le partage du pétrole, des questions religieuses et politiques et ont buté sur la question d'Abyei, particulièrement sur la délimitation de la frontière séparant le nord du Sud Soudan. Les deux parties ont revendiqué la propriété des importants gisements pétroliers de cette région, où sont produits près des deux tiers du pétrole soudanais. Ce désaccord a fait que la région d'Abyei est sans gouvernement depuis près de trois ans et a débouché sur un échange d'hostilités. Le directeur général adjoint de la Police du Soudan, le général de corps d'armée Tariq Osman, a déclaré que le déploiement de la force mixte jeudi était une des dispositions spéciales prises pour envoyer des forces dans la région, conformément à la feuille de route d'Abyei, adoptée en mai 2008. Par ailleurs, le principal émissaire de l'ONU au Soudan, Ashraf Qazi, s'est déclaré choqué par une déclaration de l'émissaire spécial américain au Soudan, Richard Williamson, alléguant que le Soudan n'était pas allé au fond choses concernant les récents combats à Abyei. M. Williamson a déclaré au Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies (ONU) que la Mission des Nations unies au Soudan n'avait pas pris "ses responsabilités" durant les récents affrontements à Abyei. Il a ajouté que la Mission de l'ONU "n'avait ni les capacités ni le mandat pour intervenir militairement ou assurer des fonctions de maintien de la loi, qui sont la responsabilité du gouvernement soudanais". M. Qazi a déclaré que les propos de M. Williamson étaient "malencontreux et mensongers".
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Jeune Afrique avec Xinhuanet, 19 juin 2008
Le responsable de la mission onusienne au Soudan a exhorté mercredi le Conseil de sécurité de l'ONU à pousser les parties signataires de l'accord de paix conclu en 2005 à tenir leurs engagements. L'application de l'accord historique est crucial pour assurer la stabilité du pays, a déclaré John Sawers, lors d'une session ouverte du Conseil de sécurité "L'Accord de paix global (CPA) reste fragile, et le Conseil de sécurité est convaincu que nous devons faire tout notre possible pour soutenir les parties dans l'application de l'accord", a-t-il indiqué. M. Sawers, co-responsable de la mission onusienne rassemblant des troupes de cinq pays africains, a ajouté que la mission onusienne devrait fournir davantage d'efforts pour soutenir le CPA. La mission au Soudan doit exercer son mandat plus activement qu'avant, "si elle veut renforcer la stabilité et protéger les civils" dans la ville d'Abyei. La région d'Abyei, situé à la limite entre le Nord contrôlé par le gouvernement soudanais et le sud semi-autonome, constitue un obstacle majeur pour l'application de l'accord de paix signé en 2005, qui a mis fin à un conflit de 21 ans
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IRIN, Juba, édition française, 19 juin 2008
Le déploiement prévu d'un nouveau bataillon des Unités intégrées mixtes (JIU) à Abyei, une région riche en pétrole du Soudan, et le retrait des contingents distincts de soldats du nord et du sud ouvriront la voie au rapatriement de dizaines de milliers de personnes déplacées par de récents affrontements, selon un haut responsable. Créées aux termes de l'Accord de paix global (CPA) de 2005 qui avait mis fin à plus de deux décennies de guerre civile au Soudan, les JIU sont composées d'un nombre égal de soldats des Forces armées soudanaises (FAS) et de l'Armée populaire de libération du Soudan (APLS), anciens rebelles du sud. Les JIU sont sous le contrôle du Conseil mixte de défense, un organe rattaché à la présidence. « Le Conseil mixte de défense s'est réuni et a élaboré un plan clair pour le déploiement des JIU », a déclaré Luka Biong, ministre des Affaires présidentielles au Sud-Soudan. « Abyei sera la seule région [entièrement] sous le contrôle des JIU. Dans d'autres régions, les JIU sont accompagnées des FAS ou de l'APLS ». Il a ajouté que la date prévue pour le déploiement total des JIU avait été fixée au 18 juin. Chang Changson, le ministre de l'Information, a également annoncé la présence d'une force de police mixte, formée par les gouvernements du Sud et du Nord. «Une fois que ces mesures auront été prises, les [personnes déplacées] retourneront à Abyei», a-t-il déclaré, le 13 juin.
Réfugiés vers le sud
Au moins 50 000 personnes ont fui à la suite des affrontements qui ont éclaté entre l'APLS et les FAS à Abyei, en mai. Selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), ces affrontements ont incité les habitants d'Abyei, issus pour bon nombre des communautés Dinka Malual et Dinka Ngok, à fuir vers le sud. La plupart se sont retrouvés dans le comté de Twic, dans l'Etat de Warrab et à Agok, mais d'autres ont également mis le cap sur Aweil Est, dans l'Etat du Bahr el Ghazal Nord, et sur Bentiu, dans l'Etat d'Unity. Les affrontements ont presque détruit l'ensemble de la ville. L'évêque Antonio Menegazzo d'El Obeid avait en effet déclaré à la presse, à l'époque, qu'environ 90 pour cent des cases d'Abyei avaient été démolies. Le 8 juin, les deux parties avaient accepté de résoudre le conflit. Elles avaient consenti à déployer les JIU dans les 10 jours suivants, à redéployer les soldats des FAS et de l'APLS au-delà de la région administrative d'Abyei, à autoriser la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) à circuler librement dans la région, et à nommer de nouveaux administrateurs à Abyei. « Les dispositions de sécurité susdites devraient être prises avant la fin du mois de juin », selon un rapport d'OCHA, daté du 13 juin. « Une fois qu'elles seront prises, les civils déplacés devraient rentrer dans leur région d'origine ». Toujours selon OCHA, les Nations Unies prévoient d'aider les déplacés à rentrer chez eux. Elles aideront également les personnes susceptibles de rester dans les régions d'Abyei Sud et du comté de Twic. Pour déployer l'intervention humanitaire, la somme de 7,7 millions de dollars a été sollicitée auprès du Fonds central d'intervention d'urgence (CERF). En attendant, diverses agences et organisations non-gouvernementales (ONG) apportent leur aide, sous différentes formes, aux populations touchées par le conflit. Selon Chris Johnson, directrice des bureaux d'OCHA à Abyei, une fois que le déploiement aura été lancé, une équipe de déminage interviendra pour éliminer les engins non-explosés, le cas échéant. « Une fois qu'elle [la région] aura été débarrassée [de toute mine], les agences des Nations Unies y retourneront pour lancer des projets d'eau et assainissement, de reconstruction, etc. », a-t-elle indiqué à IRIN, depuis Khartoum.
« Le Cachemire soudanais »
Surnommée le « Cachemire soudanais » par les analystes, Abyei est devenue l'un des obstacles à la mise en œuvre du CPA. Le CPA comprenait un protocole distinct sur Abyei, qui conférait à la région un statut administratif spécial. Mais un grand nombre des dispositions du protocole n'ont pas fait l'objet d'un suivi adéquat, et aucun accord n'a été conclu au sujet des frontières de la région. À en croire les dirigeants du Sud-Soudan, Khartoum est motivé par les revenus pétroliers d'Abyei, estimés à 529 millions de dollars, en 2007. Khartoum rejette pourtant cette accusation. Le gouvernement de Khartoum s'est également opposé à la nomination unilatérale, par le SPLM, en décembre dernier, d'Edward Lino aux fonctions d'administrateur d'Abyei. La nomination de M. Lino a provoqué des heurts lorsque des membres de la tribu nordiste des Misseriya, hostiles au nouvel administrateur, ont formé un mouvement baptisé Front de libération d'Abyei. D'autres échauffourées ont eu lieu depuis lors, qui ont fait 75 morts entre décembre et janvier. En mars, la reprise des affrontements entre l'APLS et les combattants misseriya a déplacé des centaines de civils et attisé les tensions.
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Afrik-com, 19 juin 2008
Le procès de 39 personnes originaires du Darfour et suspectées d'avoir participé à l'attaque contre Khartoum le mois dernier s'est ouvert ce mercredi. Le Soudan les accuse d'être des rebelles du Darfour et d'avoir participé aux combats survenus le 10 mai, après l'attaque de la capitale du pays. 220 personnes y ont été tuées par les rebelles du Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM). L'association Human Rights Watch a dénoncé les mauvais traitements infligés à certains détenus, arrêtés seulement parce qu'ils sont originaires du Darfour.
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Agence France Presse, Am Zoer, 18 juin 2008
N'Djamena espère en finir avec la rébellion qui semble s'essouffler après une victoire de l'armée tchadienne jugée "décisive" par l'état-major, mardi à Am Zoer, dans l'est du Tchad, au terme de huit jours d'offensive dans cette région. Tout un symbole: sur la route entre Am Zoer et Abéché, un seul véhicule de l'armée nationale tchadienne est suivi docilement par cinq pick-up rebelles de l'Alliance nationale (A.N., qui regroupe les diverses factions rebelles). Un peu plus loin, quatre véhicules rebelles sont intégrés dans un convoi de l'armée nationale tchadienne (ANT). Ce sont des ralliés. Il est difficile de donner un chiffre, mais nombre de rebelles seraient en train de se rallier depuis la bataille d'Am Zoer, qui a fait 162 morts rebelles selon l'ANT et 27 tués selon le bilan de l'Alliance nationale. L'armée a remporté une bataille à Am Zoer. Elle a réussi ce que les rebelles essayaient d'éviter à tout prix: affronter de manière organisée avec le gros de ses troupes et ses moyens les rebelles plutôt adeptes de la guérilla ou des offensives surprise. "Nous avons su attendre. Ils nous ont évité ici, ils nous ont évité là. Ils se cachaient à droite et à gauche. Ils sont rentrés cinq minutes dans les environs de Goz Beida", affirme le général de division Adoum Guelemine Gabglia. "Et, là on les a frappés et frappés fort", raconte-t-il à l'AFP, écrasant sa main gauche de la main droite. "Nous les avons pris en étau", ajoute-t-il. Depuis Abéché, la capitale de l'est, les renforts continuent d'affluer avec d'importants moyens et notamment des chars transportés sur camions. "L'armée tchadienne est beaucoup mieux organisée que par le passé. Elle fonctionne de manière plus moderne et rationnelle", commente une source militaire française. Quant aux rebelles, "s'ils savent faire des choses intéressantes, ils ont l'air d'avoir des problèmes de dissensions internes qui les gène un peu", remarque cette même source. L'aéroport d'Abéché a ainsi reçu un renfort en hélicoptères après la chute de l'un d'entre eux, et en dispose de 3 sur les cinq de l'armée. L'armée compte "régler le problème une fois pour toutes", selon l'expression du général Gabglia. "Nous ne faisons qu'obéir aux ordres du président (Idriss Deby Itno) qui a promis de mettre fin aux incursions des mercenaires soudanais", ajoute-t-il. La rébellion réfute avoir subi un revers décisif. "La bataille n'a rien de décisif. C'est un truc pour remonter le moral de leurs troupes (de l'armée). Nous continuons la lutte, nous continuons à nous battre", affirme Ali Gueddei, porte-parole de l'Alliance. "Pour le moment, nous regroupons nos forces dans la région d'Am Zoer. Ceux qui disent que c'est fini se trompent. Nous allons les détromper: l'objectif reste N'Djamena. Attendez quelques jours", a-t-il ajouté. "Nous nous offrons un peu de répit après de durs combats", souligne-t-il. "Vous connaissez beaucoup d'armées qui se reposent quand il y a la guerre ?" ironise le général Gabglia. Toutefois, la rébellion, qui avait probablement peu d'illusions sur sa capacité réelle à prendre N'Djamena, alors qu'en février elle avait atteint la capitale et failli renverser M. Deby, cherchait plutôt par son offensive à déstabiliser le régime en montrant que l'armée ne contrôle pas l'est du pays, selon des observateurs militaires. Les rebelles peuvent maintenant regagner leurs bases arrière au Soudan, recomposer leurs forces et attendre la saison des pluies qui tarde avant de reprendre leurs attaques dans trois mois. "La rébellion peut toujours revenir", affirme sous couvert d'anonymat une membre de la société civile. "Le Tchad, c'est ni guerre, ni paix. C'est ça qui est dur. Ni guerre, ni paix".
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Agence France Presse, Am Zoer, 18 juin 2008
L'armée tchadienne a remporté mardi "une victoire décisive" sur la rébellion à Am Zoer (est) et tué 162 rebelles, a affirmé mercredi le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Touka Ramadan Koré, à des journalistes, en présentant les lieux des combats. "C'est une victoire décisive remporté à Am Zoer (80 km au nord est d'Abéché, la ville la plus importante de l'est). Il n'y aura plus de ville prise. les mercenaires soudanais de l'Alliance nationale (qui regroupe les diverses factions de la rébellion tchadienne) ont fui ou sont morts", a déclaré le général. Il a indiqué qu'il y avait eu "162 rebelles tués recensés et sans doute plus" au cours des combats et que l'armée tchadienne avait détruit ou récupéré une quarantaine de véhicules et "fait plusieurs dizaines de prisonniers". L'armée a compté trois morts dans ses propres rangs, a affirmé le général. Une vingtaine de prisonniers, dont cinq blessés, ont aussi été présentés à la presse par les autorités. Par ailleurs, le Soudan a démenti mercredi les accusations du Tchad selon lesquelles des soldats et hélicoptères de Khartoum ont attaqué une garnison tchadienne à la frontière des deux pays en soutien à l'offensive de la rébellion tchadienne. Le porte-parole de l'armée, le général Othman Mohammed al-Agbash, a déclaré à l'agence nationale Suna que les forces armées soudanaises ne jouaient aucun rôle dans le conflit chez son voisin. "Il n'y a pas de relation entre l'armée soudanaise et l'opposition tchadienne", a-t-il dit à Suna. Le Tchad a affirmé avoir été attaqué mardi par l'armée soudanaise à la frontière. "Les colonnes de mercenaires envoyés en territoire tchadien ayant échoué à s'implanter dans des points stratégiques, l'armée soudanaise est entrée elle-même en action en attaquant la garnison de l'armée à Adé avec des troupes au sol appuyés par des hélicoptères", a affirmé le gouvernement tchadien. L'AFP n'a pu confirmer la réalité de cette attaque auprès de sources indépendantes. Les rebelles tchadiens avaient lancé le 11 juin une offensive dans l'est du pays, prenant successivement, sans y rester longtemps, Goz Beida, Am-Dam, Biltine et mardi matin Am Zoer. L'objectif affiché des rebelles est de se rendre à N'Djamena, comme il l'avait fait les 2 et 3 février, étant alors à deux doigts de renverser le régime du président Idriss Deby Itno
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Ouest France, 18 juin 2008 Le conflit dans l'est du Tchad s'internationalise. N'Djamena accuse le Soudan d'avoir attaqué son territoire et Déby s'en prend à l'Eufor. Ses proches reconnaissent des pertes. Fébrilité, hier, à N'Djamena. Le président Déby s'en est d'abord pris à la force européenne déployée dans l'est du pays. « Nous sommes en droit de nous interroger sur l'efficacité de cette force et de l'utilité de sa présence au Tchad », a-t-il dit dans une allocution. L'Eufor, a aussitôt répliqué le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, se comporte « de manière stricte » et selon son mandat. Un mandat limité à la protection des populations des camps de réfugiés. Accuser la force européenne de complaisance avec la rébellion témoigne des inquiétudes du président tchadien. Déjà ébranlé par l'attaque de février sur la capitale, Déby est de nouveau confronté à une offensive des rebelles. Hier, l'opposition armée a annoncé avoir pris la localité d'Am-Zoer (80 km au nord-est d'Abéché), dans l'est du pays, se rapprochant ainsi de la ville d'Abéché, centre névralgique des opérations humanitaires internationales le long de la frontière avec le Soudan. Hier soir, le général gouverneur de la région, Issa Djadallah Bichara, ancien ministre de la Défense, a affirmé avoir repris Am-Zoer. Il ajoute avoir « repoussé deux attaques soudanaises à la frontière d'Adré. Nous avons fait des prisonniers et nous avons eu des pertes ». Le matin, le gouvernement avait annoncé l'attaque de la garnison d'Adré par l'armée soudanaise « appuyée par des hélicoptères ». « Cet échelon franchi par les autorités soudanaises a le mérite de clarifier les positions aux yeux de ceux qui auraient encore des doutes sur la responsabilité de Khartoum dans les attaques successives contre le Tchad et notamment dans les combats commencés le mercredi 11 juin », insiste N'Djamena qui verrait d'un bon oeil les troupes de l'Eufor sécuriser la frontière avec le Soudan et neutraliser les colonnes rebelles.
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Suisse Romande avec l'A-F-P, New York, Nations Unies, 18 juin 2008
Un militant américain des droits de l'Homme a mis en garde la Chine, mardi à l'ONU, contre le risque de voir ses intérêts pétroliers au Soudan pris pour cible, si elle ne faisait pas pression sur Khartoum pour mettre fin aux violences au Darfour et Sud Soudan. La Chine, membre permanent du Conseil de sécurité où elle jouit du droit de veto, a "une responsabilité énorme" dans la recherche de solutions aux conflits du Darfour et du Sud Soudan, a déclaré à la presse John Prendergast, à l'issue d'une rencontre avec le Conseil de sécurité. "Elle doit l'assumer ou alors on va voir le Soudan s'embraser et parmi les premières choses qui brûleront, ce seront ses intérêts économiques", a-t-il ajouté. Ancien membre du Conseil de sécurité nationale (NSC) et du département d'Etat américains, M. Prendergast est directeur de l'ONG "Enough" ("Assez" en anglais mais aussi: End Genocide and Crimes against Humanity). M. Prendergast a indiqué qu'il revenait d'un voyage au Sud Soudan, où de récents combats entre troupes soudanaises et anciens rebelles du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), ont entraîné la destruction de la ville d'Abyei, chef-lieu d'une région pétrolifère disputée, et fait craindre une nouvelle guerre civile. "Les rebelles qui ont signé le CPA craignent de plus en plus de devoir faire de nouveau la guerre pour le référendum d'indépendance qui leur est promis pour 2011", a-t-il dit. "Si cela arrive, les premières cibles auxquelles les rebelles s'attaqueront seront les installations pétrolières chinoises", a-t-il averti. "Ils ont beaucoup appris sur la façon de pénétrer et de mener des opérations de commando ces 20 dernières années", a-t-il ajouté. Aux termes de l'accord de paix global (CPA) de 2005 ayant mis fin à 21 ans de guerre civile dans le sud entre l'armée du gouvernement de Khartoum et les rebelles sudistes du SPLM, le sort d'Abyei doit être fixé par un référendum en 2011. La population doit décider si la région reste dans le Nord ou est intégrée au Sud, et si le Sud doit proclamer son indépendance. Selon le CPA, une administration conjointe devait gérer la région jusqu'en 2011, mais elle n'a jamais été mise en place.
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Agence France Presse, Khartoum, 18 juin 2008
La force mixte soudanaise Nord-Sud chargée d'empêcher de nouvelles violences dans la région pétrolifère disputée d'Abyei s'est déployée mercredi, avec deux jours de retard, a-t-on appris de source officielle. "Oui, nous sommes bien à Abyei" a déclaré à l'AFP le colonel Valentino Tokmac, commandant de la force, joint par téléphone. "Nous recevons en ce moment même les forces", a-t-il ajouté. Au moins 600 soldats des troupes de l'Armée de Libération du Peuple Soudanais (SPLA) ainsi que de l'armée soudanaise régulière du nord doivent être déployés au total dans cette zone frontalière contestée. Un porte-parole de l'Onu Brian Kelly a confirmé mercredi soir que les troupes de l'armée régulière soudanaise - venues du nord au contraire des soldats de la SPLA qui sont arrivés dans un convoi de l'Onu - étaient sur le point de se déployer. Le déploiement d'à peu près un bataillon de ces Unités intégrées mixtes (JIU) constitue un point essentiel de la "feuille de route", signée le 8 juin par le président Omar el-Béchir et le premier vice-président Salva Kiir, le leader du Sud-Soudan. Les troupes devaient initialement arriver lundi dans la ville meurtrie par la guerre, où des dizaines de personnes ont été tuées et plus de 50.000 déplacées à la suite de combats en mai qui ont fait craindre un retour à la guerre civile. En plus d'autoriser le retour chez eux des dizaines de milliers de personnes déplacées par les violences, l'accord met en place une administration intérimaire et demande un arbitrage international pour résoudre le conflit. Aux termes de l'accord de paix global (CPA) de 2005, qui a mis fin à 21 ans de guerre civile, dans le sud entre l'armée de Khartoum et les rebelles sudistes du SPLM, le sort d'Abyei doit être fixé par un référendum en 2011. La population doit décider si la région reste dans le Nord ou est intégrée au Sud, et si le Sud doit proclamer son indépendance. Selon le CPA, une administration conjointe devait gérer la région jusqu'en 2011, mais elle n'a jamais été mise en place.
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Agence France Presse, Khartoum, 18 juin 2008
Trente-neuf personnes ont comparu mercredi pour leur rôle dans une attaque sanglante menée le 10 mai par des rebelles du Darfour contre Khartoum, à l'ouverture d'un procès au terme duquel certaines risquent la peine de mort, selon l'agence officielle Suna. Ces 39 suspects sont poursuivis devant trois tribunaux créés spécialement, à Khartoum ainsi que dans les villes jumelles d'Oumdurman et Khartoum-nord. Ils sont jugés selon la législation criminelle et antiterroriste pour une série de crimes. Plus de 220 personnes sont mortes dans l'attaque sans précédent menée le 10 mai à Oumdourman par les rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) et les combats qui ont suivi. L'ouverture du procès coïncide avec un appel de l'organisation Human Rights Watch (HRW) pour que le Soudan rende compte de plusieurs centaines d'adultes et d'enfants arrêtés à la suite de l'attaque et qu'il juge les responsables des tortures et des mauvais traitements infligés aux détenus. "Plusieurs centaines de personnes à Khartoum ont été arrêtées simplement parce qu'elles sont originaires du Darfour, et brutalement battues et jetées dans des prisons surpeuplées où certaines sont mortes", a affirmé Georgette Gagnon, directrice pour l'Afrique de HRW. "Les autorités soudanaises devraient rendre compte de chaque individu et les inculper (...) ou les libérer immédiatement", poursuit-elle. Dans un rapport de 28 pages, HRW affirme avoir recueilli les noms de plus de 200 personnes que les services de sécurité soudanais auraient arrêtées depuis le 10 mai. Environ 3.000 personnes auraient été arrêtées au total, affirment des ex-détenus tandis que des témoins, cités par HRW, ont indiqué qu'au moins 10 personnes étaient mortes en détention en raison de mauvais traitements et des mauvaises conditions de détention
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Agence de Presse Africaine, Ouagadougou, 18 juin 2008
Un bataillon burkinabé de rendra d\'ici la fin de l\'année au Darfour, pour participer aux opérations de maintien de paix au Soudan, a appris l'APA de sources officielles jeudi soir à Ouagadougou. Le bataillon composé de 800 hommes a pris le nom de baptême « Laafi », ce qui signifie « Paix en langue locale Mooré. Il devra rejoindre un contingent de 2400 hommes, devant servir de force d\'interposition entre les belligérants de la guerre au Soudan. Selon le Ministre burkinabé de la Défense, Yéro Boly, le Burkina attend le feu vert des Nations unies. L\'ONU devra agréer la conformité de ce bataillon avec les missions de maintien de paix, avant de délivrer son quitus. Le Ministre Boly s\'est dit confiant que les soldats burkinabés ont été formés selon les normes de l'ONU. Une mission d\'inspection onusienne a déjà évalué le bataillon, et de l\'avis du Ministre de la défense, le bataillon Laafi « sera probablement au Darfour en octobre 2008 » ou à défaut, avant la fin de l\'année Le bataillon a bénéficié d\'un encadrement d\'experts américains, à travers le programme Africa Contingency Operational Training Assistance (ACOTA). Des soldats et des agents de sécurité burkinabé sont présents sur plusieurs théâtres d'opérations de maintien de la paix, notamment en République démocratique du Congo, au Burundi et en Haïti.
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2879ème session du Conseil de l'Europe, Relations Extérieures - Luxembourg, les 16 et 17 juin 2008 : Le Conseil a adopté les conclusions suivantes:
“1. Le Conseil est vivement préoccupé par la détérioration de la situation en matière de sécurité au Soudan, laquelle compromet sérieusement la mise en œuvre de l'accord de paix global (APG) et la possibilité d'un règlement pacifique du conflit au Darfour. Le Conseil demande à toutes les parties de respecter les engagements qu'elles ont pris en ce qui concerne le recours à un processus politique et les obligations que leur impose le droit international, notamment en ce qui concerne la protection des civils, des travailleurs humanitaires et des forces de maintien de la paix, et de réaffirmer leur détermination à trouver une solution politique viable à tous les problèmes en suspens.
2. Le Conseil déplore les affrontements militaires qui ont eu lieu récemment à Abyei entre les forces armées soudanaises et l'Armée populaire pour la libération du Soudan; il salue néanmoins l'accord conclu le 8 juin 2008 entre le Parti national du congrès et Mouvement populaire de libération du Soudan concernant la feuille de route sur Abyei. Le Conseil espère que cet accord servira de base pour résoudre le différend et trouver une solution durable à la mise en œuvre du protocole d'Abyei. Il demande instamment aux parties de respecter pleinement les dispositions de ce nouvel accord, en particulier les arrangements en matière de sécurité, dont le déploiement d'une véritable unité commune intégrée, afin que les populations puissent retourner volontairement sur les terres qui étaient les leurs. Le Conseil invite les deux parties à ne pas entraver les déplacements de la MINUS et des organisations humanitaires, et de faciliter la tenue d'une enquête indépendante concernant les événements qui se sont produits ces derniers temps dans toute la région d'Abyei. La MINUS doit pouvoir renforcer sa présence à Abyei pour être en mesure de remplir efficacement son mandat. Il faut tout mettre en œuvre pour empêcher que se reproduisent des incidents qui pourraient compromettre la bonne mise en œuvre de l'APG. L'UE est prête à apporter son aide pour permettre de répondre aux besoins humanitaires des personnes qui ont dû quitter Abyei et à remettre la ville en état pour permettre aux habitants de s'y réinstaller dans la sécurité et la dignité. Le Conseil soutient les efforts déployés par la commission du bilan et de l'évaluation, qui joue un rôle déterminant dans la surveillance de l'application de l'APG, pour qu'une attention particulière soit accordée à la situation très préoccupante qui règne à Abyei.
3. Le Conseil considère que l'APG et la constitution nationale provisoire constituent la base de la transformation démocratique, de l'instauration de la paix et de la stabilité dans tout le Soudan et le moteur qui fera de l'unité du pays un objectif attrayant. Le Conseil salue les progrès réalisés en vue du recensement national et demande à toutes les parties en présence au Soudan de jouer un rôle constructif dans la préparation des élections prévues en 2009, notamment en approuvant la loi électorale. Le Conseil exhorte le Parti national du congrès et le Mouvement populaire de libération du Soudan à améliorer leur coopération dans un climat de loyauté et à assumer pleinement les obligations qui leur incombent en vertu de l'APG. Si l'APG est correctement mis en œuvre, il en résultera un climat propice à un règlement négocié du confit du Darfour, ce qui aura un effet stabilisateur pour l'ensemble de la région.
4. L'UE condamne une nouvelle fois fermement, comme les Nations unies et l'UA, l'attaque que le Mouvement pour la justice et l'égalité a menée à Omdurman contre le gouvernement soudanais au début du mois de mai, ainsi que les bombardements et les attaques contre des civils dont les forces gouvernementales et leurs milices se sont rendues récemment coupables au Darfour. Le Conseil demande aux parties de s'engager à respecter un cessez-le-feu immédiat et souligne qu'il faut réactiver d'urgence le processus politique au Darfour, les Nations Unies et l'UA jouant un rôle de médiateur; il demande instamment aux mouvements rebelles d'entamer des négociations avec une approche commune. Le Conseil mesure le rôle important que peut jouer le processus de dialogue et de concertation Darfour-Darfour pour instaurer la confiance et consolider la paix au Darfour. Le Conseil réaffirme qu'un processus de paix sans exclusive est nécessaire; pour que ce dialogue et cette circulation au niveau des citoyens puissent avoir lieu, il engage toutes les parties à garantir l'accès et la libre circulation des participants.
5. Le Conseil souligne qu'il est nécessaire que le déploiement de la MINUAD soit accéléré et qu'elle soit équipée afin de pouvoir s'acquitter du mandat qui lui a été confié par la résolution 1769 (2007) du Conseil de sécurité, notamment en ce qui concerne la protection des civils. Le Conseil condamne les récentes attaques menées contre la MINUAD. Le Conseil invite à nouveau le gouvernement du Soudan à assumer pleinement les responsabilités qui sont les siennes en vertu de l'accord sur le statut des forces (SOFA), en particulier en ce qui concerne la libre circulation de la MINUAD, et à tout mettre en œuvre sur le plan technique et administratif pour faciliter le déploiement rapide des militaires et des policiers de la MINUAD sélectionnés par l'ONU et l'UA. Les États membres de l'ONU capables de fournir des équipements logistiques et d'autres équipements militaires nécessaires à l'efficacité de la MINUAD, conformément au nouveau plan de déploiement, sont invités à le faire.
6. Le Conseil demeure préoccupé par la persistance des violences perpétrées à l'encontre des civils, des forces de maintien de la paix et du personnel humanitaire, ainsi que des violences faites aux femmes et des crimes sexuels, dont l'ampleur est avérée. Ces crimes et ces violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire ne doivent pas demeurer impunis. Le Conseil rappelle l'importance que revêt la résolution 1325 (2002) du Conseil de sécurité des Nations unies relative aux femmes, à la paix et à la sécurité.
7. En outre, le Conseil rappelle qu'il est prêt à prendre de nouvelles mesures, notamment dans le cadre des Nations unies, contre toute partie qui ne joue pas un rôle constructif dans le processus de paix au Darfour, contre toute partie qui entrave la mise en place d'une MINUAD effective, contre toute partie qui, par des actes de violence, compromet la paix et la sécurité au Darfour et dans la région, et en particulier contre toute partie qui empêche les personnes dans le besoin d'accéder à l'aide humanitaire.
8. Le Conseil réaffirme son soutien à la Cour pénale internationale (CPI). Il déplore profondément que le gouvernement soudanais persiste à ne pas coopérer avec la CPI et souligne que ce dernier est tenu de coopérer et est en mesure de le faire. Tout mandat d'arrêt délivré par la CPI devrait être respecté. Ahmad Harun et Ali Kushayb devraient être remis à la CPI, et le gouvernement soudanais devrait faire montre de sa volonté de mettre un terme à l'impunité de ceux qui planifient et commettent les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité. Le Conseil est prêt à envisager des mesures contre les personnes responsables de la non-coopération avec la CPI si l'obligation prévue par la résolution 1593 du Conseil de sécurité de l'ONU concernant la coopération avec la CPI continue à ne pas être respectée. Le Conseil invite toutes les parties à user de leur influence pour amener le gouvernement soudanais à coopérer pleinement avec la CPI, à faire en sorte que des enquêtes soient menées à propos des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis au Darfour et que leurs auteurs soient poursuivis, et à ratifier à terme le statut de la CPI.
9. Le Conseil accueille avec satisfaction le 7 ème rapport du Procureur de la Cour pénale internationale, présenté le 5 juin 2008 au Conseil de sécurité des Nations unies. Il est particulièrement préoccupé par l'affirmation du Procureur selon laquelle les décisions de commettre des crimes, de ne pas les reconnaître ou de les dissimuler sont prises au niveau le plus élevé.
10. Le Conseil est préoccupé par les ramifications régionales de la crise au Soudan. En vue de désamorcer les tensions existantes entre le Soudan et le Tchad, le Conseil invite instamment les deux pays à respecter l'accord conclu le 13 mars 2008 à Dakar et à coopérer pleinement avec le Groupe de contact, au sein duquel l'UE est un observateur. Le Conseil salue les efforts diplomatiques actuellement déployés par l'UA et invite les partenaires régionaux à user au mieux de leur influence sur toutes les parties pour parvenir à une stabilité durable dans la région.
11. Le Conseil rappelle que l'EUFOR Tchad/RCA est un acteur essentiel, avec la mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) et l'opération hybride UA/ONU au Darfour (MINUAD), de la sécurisation de la région, et qu'elle contribue par conséquent aux efforts de consolidation de la paix et de réconciliation dans la région, ainsi qu'à l'amélioration de la situation humanitaire”.
Source : European Council
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Le Monde 17 juin 2008
L'attaque contre l'armée tchadienne a eu lieu à Goz Beida où sont déployés des soldats irlandais de la force européenne. La France affirme qu'elle n'interviendra pas.
Pick-up chargés d'hommes en armes passant en trombe, blindés déployés, rumeurs affolantes sous le vrombissement des hélicoptères d'attaque : Abéché, la grande ville de l'Est tchadien, hume l'air de la guerre qui vient. Celle que se livrent, par procuration, le Tchad et le Soudan vient d'entrer dans une nouvelle phase, encore incertaine, avec l'irruption de rebelles tchadiens en provenance de leurs bases arrière du Darfour, à l'ouest du Soudan. Leur entrée en territoire tchadien, jeudi après de brefs combats, ressemblait à une simple démonstration militaire, avant la saison des pluies, qui va figer les activités d'ici quelques semaines. Lundi matin 16 juin, l'est du Tchad redoutait une percée, menée par plusieurs groupes qui se livrent en brousse à "une guerre de mouvement, pas de positions" , selon le ministre de la communication tchadien, Mahamat Hissène, et dans laquelle des soldats de l'Eufor, la force européenne au Tchad et en Centrafrique, se sont trouvés engagés brièvement, pour la première fois depuis le début de leur déploiement en mars. Pour l'Eufor, ce début d'épreuve du feu a eu lieu à Goz Beida, au sud d'Abéché, l'un des pôles humanitaire de l'Est où sont déployés plus de quatre cents soldats européens, majoritairement irlandais. Samedi, une colonne rebelle de près de cent véhicules, approchant de la ville, a engagé des combats avec des troupes gouvernementales. Les forces irlandaises de Goz Beida ont alors "déployé leurs blindés autour de la ville pour protéger les camps" , explique, à Abéché, le chef d'état-major de l'Eufor, le colonel Dumont Saint Priest, qui conclut : "C'est un bon exemple de la façon dont on remplit notre mandat. On montre aujourd'hui qu'on a une véritable efficacité." A Goz Beida, le camp de l'Eufor a servi de zone de protection pour les humanitaires qui étaient parvenus à le rejoindre. Cela n'a pas empêché la colonne rebelle d'entrer dans la ville et d'y passer quelques heures, le temps de s'emparer de véhicules tout-terrain et de téléphones satellites dans plusieurs ONG.
"Nous regarderons passer les obus"
Avec trois mille hommes actuellement sur le terrain (sur un total de 3 700 lorsque son déploiement sera achevé), l'Eufor a été créée dans le but de protéger les réfugiés, les déplacés et les opérations humanitaires dans l'est du Tchad, frontalier du Soudan. Depuis sa conception, défendue à grand-peine par la France, qui en est la nation cadre, plane dans plusieurs capitales européennes le soupçon que Paris cherche à faire de cette force un parapluie de protection pour le président tchadien, Idriss Déby, son allié. Alors que commençait le déploiement de ses hommes, en février, le général Ganascia, commandant de la force sur le terrain, s'en défendait et affirmait au "Mond" : "En cas d'attaque rebelle, nous regarderons passer les obus." L'Eufor, à présent, risque surtout de "regarder passer" des rebelles, à condition de les trouver. Ces derniers circulent e |