Le Soudan dans la Presse

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2ème semestre


Mai 2008

  

Xinhuanet
31 mai 2008

La visite de la délégation de l'ONU aura un impact positif sur le processus de paix en Afrique

 

Jeune Afrique
28 mai 2008

Prochaine visite du chef de la Ligue arabe au Soudan sur la dispute d'Abyei

 

Le Nouvel Observateur
27 mai 2008

Les enfants souvent victimes d'abus sexuels commis par des humanitaires et soldats de maintien de le paix, selon une étude

 

L'Express
27 mai 2008

Le CICR tire la sonnette d'alarme sur la crise alimentaire

 

Courrier International
27 mai 2008

Nouveau génocide au Soudan

 

Africa Condfidential
édition française
26 mai 2008

Abyei dévasté

 

Africa Confidential
édition française
26 mai 2008

La bataille d'Omdurman

 

Agence France Presse
26 mai 2008

Le Soudan "au bord d'une guerre civile", selon un haut responsable du Sud

 

Union Européenne
24 mai 2008

L'UE octroie 13,1 millions d'euros au Tchad et à la RCA

 

Agence France Presse
24 mai 2008

Jusqu'à 90.000 déplacés par les combats d'Abyei, selon l'ONU

 

Médecins Sans Frontières
22 mai 2008

Violents combats à Abyei, MSF prend en charge les blessés

Agence France Presse
21 mai 2008

22 soldats tués, des discussions présidées par l'ONU repoussées

Agence France Presse
20 mai 2008

Nouveaux combats à Abyei entre l'armée et les ex-rebelles sudistes

 

Nations Unies
New York Bureau de presse
19 mai 2008

Les secours arrivent dans la région d'Abyei

 

Croix Rouge Internationale
19 mai 2005

Le CICR prolonge son soutien à 130 000 personnes déplacées dans le Darfour Sud

 

Radio France Internationale
16 mai 2008

Le ton monte entre Khartoum et Ndjamena

 

Agence France Presse
16 mai 2008

Activité des rebelles et de l'armée dans l'est du Tchad

 

Nations Unies
New York
Bureau de presse
15 mai 2008

Le service aérien humanitaire du PAM fonctionnera jusqu'à la mi-juin pour le Darfour

 

Nations Unies
New York Conseil de sécurité 15 mai 2008

Les perspectives de paix au Darfour s'éloignent, prévient le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix

 

Angola Presse
13 mai 2008

200 morts dans l`attaque de la rébellion darfourie sur Khartoum

Agence France Presse
13 mai 2008

Des milliers de manifestants pour la "victoire" contre les rebelles

 

Le Figaro
13 mai 2008

L'ONU condamne l'attaque menée près de Khartoum

 

Agence de Presse africaine
12 mai 2008

Démarcation de la frontière Ethiopie-Soudan, 100 ans après la décision

Nouvel Observateur
12 mai 2008

Le Soudan arrête le chef de l'opposition islamiste

Xinhuanet
12 mai 2008

La tête du leader du JEM mise à prix pour125 millions de dollars

 

Le Figaro
11 mai 2008

Crise entre le Tchad et le Soudan

 

Agence France Presse ; 10 mai 2008

Les Etats-Unis "très inquiets" de la situation au Soudan

Agence France Presse
10 mai 2008

L'attaque des rebelles contre Khartoum a échoué, affirme le Soudan

 

Xinhuanet
8 mai 2008

Les bailleurs de fonds promettent 4,8 milliards de dollars d'aide au Soudan

 

IRIN
édition française
7 mai 2008

Les bombardements au Darfour remettent en question le processus de paix

 

Agence France Presse
6 mai 2008

Les USA condamnent les raids aériens du Soudan au Darfour

 

Xinhuanet
7 mai 2008

La Chine continue de chercher une solution à la crise du Darfour

 

Nations Unies
New York
bureau de presse
6 mai 2008

Point de presse du bureau de la porte-parole du Secrétaire général de l'ONU

Agence de Presse africaine
6 mai 2008

L'Egypte et le Soudan vont construire une autoroute entre eux

 

Agence France Presse
6 mai 2008

Le Soudan sollicite l'aide des donateurs, UE et Norvège s'engagent

 

Xinhuanet
6 mai 2008

Le Soudan réitère sa détermination à continuer le processus de paix

 

Agence France Presse
5 mai 2008

Les donateurs réunis à Oslo pour consolider la paix au Sud-Soudan

 

Afrique Info
3 mai 2008

Envoi de 345 soldats zambiens au Soudan

 

Agence France Presse
3 mai 2008

Le corps d'un ministre du Sud Soudan ramené à Juba après l'accident d'avion

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La visite de la délégation de l'ONU aura un impact positif sur le processus de paix en Afrique

Xinhuanet, Nairobi, 31 mai 2008

 

La visite prévue en Afrique de la  délégation du Conseil de sécurité de l'ONU au début du mois de  juin aura un fort impact positif sur le processus de paix, la  stabilité et les conditions humanitaires sur le continent. 

Dumisani Kumalo, représentant permanent de l'Afrique du Sud aux Nations Unies, a déclaré, selon un communiqué reçu à Nairobi  samedi, que la délégation onusienne commencera sa visite de dix  jours à Djibouti, où se déroulent les négociations entre les  représentants du gouvernement fédéral de transition de Somalie et  l'opposition. 

"La capacité du Conseil à s'adresser directement au peuple, non à travers des déclarations présidentielles ou des résolutions  cette fois-ci, mais en face-à-face.. Je pense que cela a un impact formidable", a-t-il affirmé, parlant notamment de l'impact  possible de la délégation sur la situation en Somalie. 

M. Kumalo a fait savoir que John Sawers du Royaume-Uni dirigera le travail de la délégation sur la Somalie et le Soudan ; Michel  Kafando du Burkina Faso conduira la visite de la mission en Côte  d' Ivoire ; et Jean-Maurice Ripert de France sera à la tête de la  visite de l'équipe au Tchad et en République démocratique du Congo. 

Les représentants de la société civile, de la communauté  diplomatique et de la Mission de l'Union Africaine en Somalie ( AMISOM) seront également présents. 

"C'est une opportunité incroyable pour les Somaliens. Ils ne  doivent pas rater cette opportunité, car elle risque de ne pas se  reproduire [..]", a-t-il ajouté, indiquant que les membres du  Conseil de sécurité leur signaleront le besoin de travailler dur  pour mener la sécurité et la situation politique du pays à un  autre niveau. 

M. Sawers a souligné que la sécurité et la stabilité sont  cruciales pour resoudre toutes les autres questions de la crise en Somalie, notammment l'intervention extérieure. 

Après Djibouti, la délégation se rendra au Soudan pour trois  jours de négociations avec des officiels du gouvernement à  Khartoum et à Juba (Sud-Soudan), a indiqué M. Sawers. 

Au cours de cette visite, la délégation se penchera sur ce qu'  il est nécessaire de faire pour promouvoir l'application de l'  accord de paix global dans le Sud-Soudan, malgré les problèmes  rencontrés dans cette région. 

La délégation du Conseil de sécurité portera une attention  particulière au Darfour, se rendra à El Fasher, capitale de l'Etat du Darfour Nord et siège de la mission Nations Unies-Union Africaine de maintien de la paix au Darfour pour évaluer la  situation dans la région. 

Au Tchad, M. Ripert a déclaré que la délégation se rendra dans  la capitale N'Djamena pour montrer son soutien au président Idriss Déby et à ses efforts entrepris pour mener le dialogue avec les  groupes de l'opposition. 

La délégation visitera également des camps de réfugiés et de  personnes déplacées internes dans l'est du pays et rencontrera les autorités locales près de la ville de Goz Beida, proche de la  frontière avec le Darfour. 

Il a indiqué que les membres du conseil réaffirmeront leur  soutien aux autorités au Tchad et en République centrafricaine, et aux travailleurs humanitaires, à la mission des Nations Unies en  Afrique centrale et au Tchad et à la force européenne associée,  EUFOR. 

De plus, ils envisagent de souligner la nécessité de réduire  les tensions entre le Tchad et le Soudan en mettant en oeuvre les  accords signés dernièrement, et de rappeler la condamnation du  conseil des activités des rebelles, tout en appelant les groupes  armés à respecter les obligations gravées dans les accords signés  en octobre dernier. 

La délégation se rendra à Kinshasa, capitale de la République  démocratique du Congo (RDC), pour engager des discussions avec le  pouvoir du pays, la société civile et la mission des Nations Unies en RDC (MONUC), et montrer son soutien aux activités vitales de construction de la paix. 

Le groupe devrait également se rendre à Goma, ville principale  de la province du Nord Kivu dans l'est de la RDC, où ils  visiteront un camp de réfugiés et de personnes déplacées internes, ainsi que les coordinateurs du programme régional de stabilisation. 

Ils souligneront le besoin pour les miliciens de se désarmer en conformité avec les accords récemment conclus, et feront part de  leur inquiétude sur la poursuite des violences contre les civils.  

Ils apporteront également leur soutien à tous ceux qui  combattent les violences sexuelles exercées sur des femmes et  enfants. 

M. Kafando a également déclaré que le dernier arrêt du voyage  se fera à Abidjan, capitale commerciale de la Côte d'Ivoire, où  les membres du conseil rencontreront les figures clé de la l'application de l'accord de paix de Ouagadougou signé l'année  dernière pour mettre fin à l'impasse politique entre le  gouvernement de ce pays ouest-africain et les anciens rebelles. 

Cette visite sera une étape cruciale dans le processus, car le  pays organisera son élection présidentielle en novembre prochain  comme le prévoit l'accord de paix de Ouagadougou. 

Les membres du conseil encourageront l'application de bonne foi de tous les aspects de cet accord, la résolution des questions en  suspens et la participation de la société civile.

 

 

Mai 2008

Prochaine visite du chef de la Ligue arabe au Soudan sur la dispute d'Abyei

 

Jeune Afrique, 28 mai 2008

 

Le secrétaire général de la Ligue arabe (LA) Amr Moussa effectuera bientôt une visite au Soudan pour faire de nouveaux efforts afin de résoudre le problème portant sur la dispute de la ville d'Abyei, riche en pétrole, située dans le sud de ce pays africain, a dit mardi un responsable de la LA.

Le chef chargé de la coopération arabo-africaine de la LA, Samir Hosni a fait cette annonce dans un communiqué de presse, appelant toutes les parties à maintenir le calme.

La LA a demandé au Parti du Congrès national au pouvoir et au Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) de poursuivre le dialogue dans le but d'appliquer l'accord de paix complet signé entre les deux côtés, selon M. Hosni.

Les tensions dans cette région ont augmenté la semaine dernière au moment où une dispute locale s'est tranformée en un conflit militaire entre les forces de l'armée soudanaise et le SPLM dans le sud.

Les conflits à Abyei, enclave riche en pétrole se situant entre le nord-Soudan et le Sud-Soudan, revendiquée par les deux côtés, ont fait de nombreuses victimes et forcé des milliers de villageois locaux à s'évader.

Parallèlement, M. Hosni a également appelé le Mouvement pour l'égalité et la justice (JEM) dans la région ouest du Darfour au Soudan à reprendre le dialogue et déclarer publiquement sa position pour parvenir à une paix totale et juste au Soudan sans condition.

Le JEM est censé disposer des forces rebelles les plus puissantes parmi une vingtaine de groupes au Darfour.

 

 

Mai 2008

Les enfants souvent victimes d'abus sexuels commis par des humanitaires et soldats de maintien de le paix, selon une étude

 

Le Nouvel Observateur avec Associated Press, 27 mai 2008

 

L'organisation non gouvernementale Save the Children UK affirme dans un rapport publié mardi que les enfants sont souvent victimes d'abus sexuels de la part de travailleurs humanitaires internationaux et de soldats de maintien de la paix dans les zones de guerre et de catastrophes naturelles.

Selon l'étude, plus de la moitié des enfants interrogés ont eu connaissance de cas de relations sexuelles forcées et d'attouchements incorrects par des humanitaires ou des soldats de maintien de la paix, et dans de nombreux cas les enfants étaient au courant d'au moins dix incidents de ce type.

Dans certains cas, des enfants âgés de seulement six ans ont été victimes d'abus, dénonce le rapport. Cette enquête se fonde sur des recherches et interviews confidentielles menées l'an dernier dans trois zones où l'on trouve une importante présence de l'aide internationale: le Sud-Soudan, Haïti et la Côte d'Ivoire.

Save the Children UK n'a pas produit de statistiques complètes sur l'ampleur de ces abus mais a collecté assez d'informations pour prouver l'existence d'un problème grave. "Le rapport montre que les abus sexuels ont été largement sous-rapportés parce que les enfants ont peur de parler", a expliqué Jasmine Whitbread, qui dirige l'ONG, à Associated Press Television News.

"Une minuscule proportion des soldats de maintien de la paix et des travailleurs humanitaires abusent des enfants qu'ils sont censés protéger. Cela va de l'échange 'sexe contre nourriture' à du sexe forcé. C'est méprisable", a-t-elle ajouté.

Les enquêteurs ont rencontré 129 filles et 121 garçons de 10 à 17 ans, ainsi qu'un certain nombre d'adultes. Selon Dominic Nutt, porte-parole de Save the Children, les forces de paix de l'ONU sont impliquées dans de nombreux cas d'abus car présentes en grand nombre un peu partout dans le monde. Mais il salue les efforts de l'ONU pour détecter les cas d'abus.

"Nous ne prenons pas l'ONU pour cible", précise-t-il. Le problème concerne "tous les soldats de maintien de la paix et tous les travailleurs humanitaires, dont Save the Children", ajoute-t-il. Plusieurs employés de Save the Children ont été limogés pour avoir eu des relations sexuelles avec des jeunes filles de 17 ans en violation des règles de l'ONG, selon l'étude.

Selon des responsables de l'ONU à New York, l'étude montre que les efforts entrepris pour lutter contre les abus sexuels sont insuffisants. "Le rapport est très troublant", a commenté Nick Birnback, porte-parole du département des opérations de maintien de la paix des Nations unies. "Nous (...) avons mis en place un certain nombre de mesures ces dernières années pour aborder cette question difficile et douloureuse. Mais, visiblement, beaucoup reste à faire."

En décembre 2006, Kofi Annan, alors secrétaire général de l'ONU, et d'autres hauts responsables de diverses agences avaient promis de redoubler d'efforts pour lutter contre les abus.

Dans son rapport, Save the Children UK fait trois recommandations: donner le moyen aux personnes de signaler les abus localement, fonder une agence internationale de surveillance et créer un programme pour traiter les causes sous-jacentes du problème. AP

 

 

Mai 2008

 

Le CICR tire la sonnette d'alarme sur la crise alimentaire

 

L'Express avec Reuters, 27 mai 2008

 

La crise alimentaire risque d'aggraver le sort des millions de personnes victimes de conflits armés dans le monde, met en garde le Comité international de la Croix-Rouge, qui s'engage à maintenir une aide à 52 pays

Dans son rapport annuel, le CICR indique qu'il accroît ses distributions d'aide alimentaire au Yémen et en Somalie, ou l'envolée des prix des denrées alimentaires de base pénalise lourdement les plus défavorisés.

"La récente flambée des cours des carburants et des produits alimentaires rend encore plus pénible la vie des plus pauvres, qui ont déjà du mal à supporter les répercussions des guerres et des violences intérieures", explique le président du CICR, le Suisse Jakob Kellenberger, dans un communiqué accompagnant le rapport.

Le CICR a dépensé l'an dernier 919 millions de dollars pour des actions d'urgence dans les points chauds du globe, y compris en Irak et au Soudan ou les infrastructures de base, dont les soins de santé, n'existent pratiquement plus.

A l'échelle mondiale, il pilote des projets sanitaires et hydrauliques qui ont bénéficié à plus de 14 millions de personnes. Il est venu en aide à des projets de santé qui ont permis de soigner près de 2,9 millions de malades en 2007.

Au Darfour soudanais, théâtre depuis 2003 d'une guerre civile et d'exactions à grande échelle, le CICR est l'une des rares organisations humanitaires à opérer dans les régions les plus reculées.

Il compte ainsi plus de 1.500 travailleurs humanitaires au Soudan. Ce pays est resté en 2007 la plus importante opération individuelle du CICR dans le monde pour la quatrième année consécutive, avec un budget de 92 millions de dollars.

Le CICR envoie par ailleurs des antennes chirurgicales mobiles dans les zones les plus dangereuses du Tchad et du Soudan et creuse des puits dans des villages en Afghanistan ainsi qu'en Somalie notamment pour fournir aux populations civiles de l'eau potable dans des conditions sûres.

Enfin, le CICR a effectué des visites dans 2.400 centres de détention dans le monde l'an dernier abritant plus d'un demi-million de personnes, y compris dans la base navale américaine de Guantanamo à Cuba, en Irak et en Afghanistan.

"Le but de ces visites, fondées sur un dialogue confidentiel avec les détenus et leurs geôliers, consiste à empêcher la disparition ou le mauvais traitement de ces détenus et de s'assurer qu'ils jouissent de conditions de détention décentes", précise le CICR dans son rapport.

Stephanie Nebehay, version française Jean-Loup Fiévet

 

 

Mai 2008

Nouveau génocide au Soudan

Courrier International, 27 mai 2008

 

Il y a quelques jours, la ville d'Abyei au Sud-Soudan a été détruite par des milices fidèles au gouvernement, rapporte le quotidien The Independent : "Le plus honteux dans ce crime, c'est qu'il n'a pas eu lieu dans une région isolée, loin des regards des observateurs internationaux. ? Plus de 300 soldats des troupes de maintien de la paix de l'ONU étaient stationnées dans la ville. ? Les habitants d'Abyei semblent avoir connu le même sort que les musulmans de Srebrenica, qui habitaient eux aussi une 'zone de sécurité de l'ONU', et qui s'est avérée être l'exact opposé. ? Un crime de cette ampleur doit éveiller la conscience du monde de façon plus directe. En Grande-Bretagne, aux Etats-Unis ou dans les autres puissances, nous faisons semblant de croire à l'application universelle des droits de l'homme, et nous avons déjà assisté passivement au génocide organisé ... dans la région du Darfour, dans l'ouest du Soudan. ... Si cet acte reste sans réponse, de nombreux autres suivront. Nous aurons sur notre conscience le sort de ces victimes également

 

Mai 2008

Abyei dévasté

 

Africa Confidential, édition française, 26 mai 2008

 

Les violents combats qui ont eu lieu entre les Sudan Armed Forces et la SPLA laissent présage de nouveaux conflits.

 

Les avertissements concernant Abyei n'ont pas manqué. il s'agit de cette zone située à la frontière nord-sud où Khartoum a refusé de mettre en œuvre les dispositions frontalières découlant du Compréhensive Peace Agreement (CPA). De violents combats ont éclaté durant la semaine qui a débuté le 11 mai.

La Sudan People's Liberation Army (SPLA) et les Sudan Armed Forces (SAF) qui s'étaient jusqu'alors affrontées par procuration ont livré plusieurs combats spectaculaires à Abyei, avec l'aide de milices des deux camps. On ignore qui a tiré le premier et pourquoi. II y a eu des tirs de mitrailleuse, de mortier et de grenades RPG, entrecoupés de pillages et d'incendies qui ont détruit une bonne partie de cette ville commerçante.

Dès le début des combats, 50.000 personnes ont fui la ville et les villages environnants. Une bonne partie d'entre eux venaient tout juste de rentrer chez eux après vingt ans de guerre. Les membres des organisations humanitaires, y compris la totalité du contingent spécialisé de l'ONU, ont quitté leurs bureaux sous les balles et les casques bleus de la UN Mission in Sudan (UNMIS) se sont attelés à la délicate mission d'évacuer plusieurs centaines de personnes par hélicoptère. Au bout de plusieurs jours, des renforts indiens ont été envoyés aider des soldats zambiens nouvellement arrivés, qui, en vertu du mandat qui leur est confié par le chapitre VI, ne peuvent ouvrir le feu que s'ils sont attaqués. Ils n'ont pas pu faire grand-chose. Les deux camps ont pris soin de tirer seulement de part et d'autre du QG de l'UNMIS.

Abyei illustre les faiblesses du CPA, signé en 2005 par le National Congress (alias National Islamic Front) et le Sudan People's Liberation Movement . Les récents affrontements découlent du rejet par le NC de la décision de l'Abyei Boundary Commission concernant les frontières de la région et Khartoum agit donc en violation du CPA. Il y a également des facteurs aggravants, comme le manque de confiance entre les SAF et la SPLA, des divisions sur la frontière nord-sud et la non mise en oeuvre d'autres aspects de l'accord de paix, surtout en ce qui concerne le partage du pouvoir et des recettes pétrolières.

Certains craignent que cet incident isolé ne déclenche une confrontation entre la SPLA et les SAF qui pourrait inciter un des camps à accuser officiellement l'autre de rupture du CPA. Cette fois, un incident survenu, à l'extérieur de la ville a conduit à la mort d'un officier des SAF. En récupérant son corps, des soldats des SAF ont tiré sur la SPLA. Très vite, les deux camps ont sorti les armes lourdes et des civils s'en sont mêlés.

En théorie, aucun des deux camps n'est censé avoir de troupes à Abyei. Au contraire, ce sont les Joint Integrated Units (JIU, constituées de soldats des deux camps) qui contrôlent les zones sensibles, dont Abyei. Mais ces unités ne sont "ni communes, ni intégrées" comme le dit un officier de la SPLA. Au cours des dernières opérations, la plupart des soldats des JIU ont rejoint leurs camps respectifs. Des soldats des SAF lourdement armés (essentiellement la 31° Brigade) se sont retranchés dans le centre ville et leurs alliés arabes Missiriya Humr sont allés affronter des unités de la SPLA et des civils qui ont sorti leurs armes de chez eux dès que les premiers heurts ont éclaté. L'Area Joint Monitoring Committee censé éviter les débordements a passé beaucoup de temps dans les locaux de l'ONU à essayer de savoir qui pilonnait qui.

 

Rumeurs et panique

 

La crainte d'une escalade de la violence a été renforcée par des rumeurs selon lesquelles un millier de Missiriya se rassemblaient au nord d'Abyei. On craignait qu'ils ne cherchent à venger le meurtre de plusieurs commerçants Missiriya sur le marché lors des affrontements. (Les milices Missiriya avaient ouvert le feu sur des commerçants du Darfour, qui ont été secourus par la SPLA.) Dans l'autre camp, on redoutait l'envoi par la SPLA de renforts au nord de la rivière Kiir.

L'ONU a obtenu l'assurance du NC qu'il avait bien spécifié aux Missiriya (dont certains se sont battus pour Khartoum durant la guerre) qu'ils ne devaient pas marcher sur Abyei. Certains membres du SPLM jugent inutile de faire la distinction entre les SAF et les Missiriya car les unités des SAF dans la région sont à 70% Missiriya.

Par ailleurs, Salva Kür Mayardit , président du Government of Southern Sudan (GOSS) et premier vice-président national, a déclaré lors de la convention du SPLM à Juba que la SPLA (l'armée du GOSS) ne ferait pas mouvement vers le nord. Toutefois, selon nos informations, les extrémistes du mouvement font pression pour contraindre les SAF à quitter Abyei.

Au moment où Africa Confidential mettait sous presse, de nouveaux combats venaient d'éclater le 20 mai après plusieurs jours de calme. La SPLA a apparemment attaqué les SAF, assiégées dans l'école qui leur sert de QG.

L'UNMIS ne peut même pas remplir sa mission d'observation. Le gouvernement leur ayant interdit de circuler, les casques bleus pensaient avoir remporté une maigre victoire en avril en obtenant une fenêtre de deux semaines. Khartoum a toutefois été réduit leur liberté de mouvement en les obligeant à l'informer 24 heures à l'avance des zones qu'ils comptaient inspecter. On est loin d'un processus transparent. Le régime islamiste utilise les mêmes méthodes avec les ONG et la UN-African Union Mission in Darfur.

Le GOSS a beaucoup œuvré pour obtenir le retour sur place des Ngok Dinka, principale composante de la population d'Abyei, afin qu'ils puissent être recensés et qu'ils votent lors d'élections prévues l'an prochain, mais dont l'organisation est peu probable avant 2010. Elles doivent être suivies en 2011 par des référendums dans le Sud et à Abyei, pour décider si le Sud sera indépendant et si Abyei rejoindra le Sud. Le SPLM souhaite que le CPA aboutisse. Ce n'est pas le cas du régime de Khartoum, qui lui donne l'avantage politique.

A Abyei, les Dinka et les Missiriya ne sont pas satisfaits du statu quo. Les deux groupes se plaignent de ce que l'accord de paix ne leur pas accordé leurs 2% (chacun) des recettes pétrolières.

Les SAF accusent la SPLA de les assiéger et de les attaquer. Le régime met en cause Edward Lino Abyei , un expert en matière de sécurité que le SPLM a envoyé en mars diriger Abyei, dépourvu d'administration depuis des mois. Lino affirme que son rôle est de maintenir l'ordre mais il souligne que les habitants d'Abyei n'accepteront pas "l'oppression" et que la SPLA interviendra si elle a le sentiment qu'il lui faut protéger son peuple.

Certains Sudistes, en particulier les Equatoriens, se demandent pourquoi la SPLA s'intéresse autant à Abyei, si l'on met à part question du pétrole qui représente 13% de la production soudanaise. Nombreux sont ceux qui, au sein du SPLM, jugent qu'il a cédé trop facilement sur les deux autres "zones tampon", Southern Blue Nile et les Monts Nuba, où beaucoup se sentent abandonnés par leurs anciens alliés. Si le GOSS cède sur Abyei, Khartoum fera monter les enjeux. L'International Crisis Group a laissé entendre qu'un dés objectifs du NC était de maximiser la production pétrolière tout en bloquant la mise en oeuvre du protocole d'Abyei. Si Abyei décide ultérieurement de rejoindre le Sud, une bonne partie du pétrole aura pris déjà la route du nord.

 

Mai 2008

La bataille d'Omdurman

 L'offensive des rebelles du Darfour sur la capitale a mis en lumière les

faiblesses du régime islamiste dominé par le National Congress .

 

Africa Confidential , édition française, 26 mai 2008

 

L'attaque de la capitale par le justice and Equality Movement le 10 mai a ouvert un nouveau chapitre dans l'histoire du Darfour et du régime islamiste soudanais. Elle a aussitôt donné un nouvel élan aux populations du Darfour mais a mis en danger les exilés dans le nord du Soudan. Elle a inquiété le National Congress (alias National Islamic Front ), qui a rompu ses relations avec le Tchad. Les gouvernements concernés, qui s'intéressent davantage au processus de paix qu'aux raisons du conflit, se sont précipités pour soutenir le régime de Khartoum.

Ces offensives ont également fait comprendre aux Soudanais que le régime n'était pas invulnérable et ont mis en lumière le manque de confiance entre les Sudan Armed Forces (SAF) et le National Intelligence and Security Servic e (NISS) du général Salah Abdullah Mohamed "Gosh".

Dirigés par leur président Khalil Ibrahim Mohamed , les combattants du JEM (essentiellement des Zaghawa) ont attaqué plusieurs cibles à Omdurman, autrefois capitale du régime mahdiste. Avec Khartoum et Khartoum North (Bahri), c'est désormais l'une des trois villes qui constituent la capitale nationale. Elle est accessible depuis l'ouest sans franchir le Nil. Malgré la rumeur, le JEM n'a pas attaqué les deux autres villes.

Les détails sont imprécis. Le porte-parole soudanais des SAF, le général Osman Mohamed el Aghbash, a affirmé que le JEM était venu du Tchad avec 2.000 combattants et 309 véhicules. II avait selon lui plusieurs objectifs: "Ed Debbah, le barrage de Merowe (tous deux dans la région du Nil), Omdurman, El Obeid (Nord Kordofan), El Fasher et El Geneina (Darfour), Fiarnrat el Wuz et Hamrat es Sheikh (N. Kordofan)". En "trois batailles décisives" avant l'offensive sur Omdurman, l'armée a déclaré avoir réduit ses assaillants à 1.200 soldats et cinq véhicules. Elle avait déjà affirmé avoir détruit 30 véhicules "à 50 kilomètres à l'ouest de Souk Libya", un bastion de commerçants Zaghawa en périphérie d'Omdurman, et en avoir saisi 23 autres dans d'autres secteurs, alors que le JEM étaient en fuite.

Depuis plusieurs jours, on avait fait état d'activité militaire, avec de "violents" combats à Hamrat el Wuz le 9 mai, date à laquelle le commandement des forces de police a averti que le JEM envisageait une "tentative de sabotage" dans la capitale. La veille, le Sudan Media Centre (proche de la sécurité) avait annoncé que le JEM avait été surpris en train de passer de la marijuana au Nord Darfour, afin de l'échanger contre des armes pour les rebelles tchadiens. En fait, la marijuana, qui pousse bien dans les zones moins arides du Sud Darfour, emprunte en général le chemin inverse, souvent sous le contrôle de l'armée soudanaise. Des armes venues du Tchad arrivent souvent entre les mains du JEM et d'autres insurgés du Darfour mais (selon des témoins) les choses se passent aussi dans l'autre sens, les forces soudanaises armant des dissidents tchadiens à l'intérieur du Darfour.

L'attaque contre Omdurman avait été annoncée mais elle semble avoir pris de court le régime. Le JEM a déclaré avoir livré "huit batailles" mais n'a donné aucun détail, faisant valoir des problèmes de communication, alors que tous les groupes du Darfour se servent de téléphones satellite. L'armée a reconnu que les assaillants n'avaient pas pris les civils pour cible mais certains d'entre eux ont péri, dont deux Egyptiens. Selon un survivant, "un certain nombre de soldats de l'armée soudanaise s'étaient cachés dans l'usine" qu'ils étaient en train de construire. "Ils étaient poursuivis par de nombreux rebelles équipés d'armes lourdes et de blindés". Plusieurs centaines de combattant sont péri et ainsi qu'un certain nombre de soldats soudanais ou de miliciens. L'armée affirme avoir fait 300 prisonniers. II reste donc des centaines de combattants armés du JEM cachés à Omdurman - et c'était peut-être l'un des objectifs de l'offensive.

 

Contradictions

 

Les assaillants semblent avoir touché le QG de l'Engineering Corps près du pont Muhandiseen ("ingénieurs") sur le Nil blanc en direction de Khartoum. Autre cible, selon les propos du porte-parole du JEM Ahmed Hussein Adam à Africa Confidential, la base aérienne de Wadi Seidna, à 20 km au nord d'Omdurman où cinq appareils auraient été détruits. Des informations contradictoires traduisent les dilemmes des gouvernements étrangers. Un responsable américain a déclaré qu'un chasseur et un hélicoptère d'attaque avaient été détruits, un autre qu'on n'avait signalé aucun avion endommagé. La sécurité aurait toutefois été renforcée et les appareils transférés à Khartoum. Une source diplomatique arabe a indiqué que le JEM avait attaqué l'Engineering Corps et Wadi Seidna. Une source proche du Foreign and Commonwealth Office a déclaré: "II ne s'est rien passé" à Wadi Seidna et les avions "décollaient normalement à ce moment là".

Le système politique actuel repose sur la force. Le JEM le sait parfaitement. Prié de dire si le JEM avait l'intention de prendre le pouvoir, le porte-parole Ahmed Hussein a déclaré qu'il s'agissait plutôt "d'amener le président Omer Hassan Ahmed el Beshir à négocier. Le président a déclaré qu'il n'adresserait plus la parole au IEM.

Le JEM pourrait tenter de transformer la défaite en victoire. II attendait visiblement de l'aide de l'intérieur du régime, et non pas seulement des combattants qu'il avait déjà infiltrés dans la capitale. Les habitants ont observé que les SAF en treillis étaient rares dans les rues et que la résistance était surtout venue des membres de la Central Reserve Police reconnaissables à leurs uniformes bleus, des miliciens de la People's Defence Force, et des hommes du NISS. Le régime a déclaré que l'armée avait à faire ailleurs.

Selon certains, l'armée aurait mis du temps à répondre pour attirer le JEM en embuscade dans la capitale, une tactique risquée. Une source occidentale a déclaré à AC que c'est l'armée qui avait été prise en embuscade par le NISS. II y aurait eu des affrontements entre le NISS et l'armée dans l'immeuble AI Fayha, les anciens locaux du renseignement du NIE près de l'ambassade des Etats-Unis. L'oncle du président, El Tayeb Mus tafa, propriétaire du journal El Intibaha, a exigé le limogeage du protégé d'Omer, le ministre de la Défense, le général Abdel Rahim Mohamed Hussein .

Le NISS se révèle plus puissant que jamais. Malgré ses efforts pour démontrer le contraire, le NIE, depuis son coup d'Etat juin 1989, est essentiellement resté civil et non militaire. Dans le nord, il s'appuie beaucoup sur le NISS, très bien armé. Sa politique au Darfour est dirigée par des ministres liés à la sécurité, dont Ahmed Mohamed Harun (inculpé par le tribunal pénal international pour crimes de guerre) et l'ancien chef de la sécurité, le général Nafi'e Ali Nafi'e .

Nettoyage ethnique

 

le Soudan a accusé le Tchad d'avoir été l'instigateur de l'offensive du JEM et d'avoir fourni des troupes. Cette opération est décrite comme une attaque de représailles en réponse au soutien apporté par le Soudan aux rebelles tchadiens qui ont tenté de renverser le président Idriss Déby Itno en février dernier. La différence est que le nettoyage ethnique au Darfour constitue un but en soi pour le régime soudanais, et non une tête de pont pour attaquer le Tchad. Le général Déby (un Zaghawa Bideyat) est affaibli et a nécessairement des ambitions plus modestes: rester au pouvoir et tenir Khartoum à l'écart en aidant la résistance au Darfour.

Les diplomates occidentaux ont déclaré qu'il était opposé à l'offensive de Khalil. Selon des sources au Darfour, il a rappelé Khalil (avec qui il est apparenté bien qu'il soit un Zaghawà Kobe) à Ndjamena lorsqu'il a appris ses projets mais le frère d'Idriss Déby, Timane Déby , sultan de Bahai, a dit à Khalil de ne pas y aller. II n'a pas obtempéré.

Au Darfour, les civils restent sans protection face aux forces de Khartoum et les gouvernements étrangers sont très lents à condamner ne serait-ce que le bombardement aérien de civils. Le pilonnage d'une école au début du mois n'a suscité que des critiques limitées, y compris de la part du général nigérian Martin LutherAgwai ; chef de la United Nations-African Union Mission in Darfur. En revanche l'attaque d'Omdurman par le JEM a déclenché une vague internationale de condamnations, de l'UA à la Ligue arabe, de l'Iran à la Chine et de l'Egypte à l'Arabie saoudite. Les Soudanais qui ont critiqué les offensives du JEM ont eux-mêmes été irrités par une déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU "déplorant" l'action du JEM.

Le rapprochement controversé entre les Etats-Unis et le régime du NC a été reporté "jusqu'à nouvel ordre", apparemment à la demande de Khartoum. Mais un accord a été signé le 20 mai avec l'Umma Party d'El Sadig el Mahdi. La Grande-Bretagne a prévu des pourparlers de paix sur le Darfour. Mais selon un responsable ils n'auront pas lieu ce mois-ci. Whitehall parle toutefois toujours de "développement de la confiance" entre les rebelles et le régime, une idée soutenue par le secrétaire d'Etat chargé de l'Afrique Mark Malloch Brown.

 

 

Mai 2008

Le Soudan "au bord d'une guerre civile", selon un haut responsable du Sud

Agence France Presse, Khartoum, 26 mai 2008

 

Le secrétaire général du principal parti du sud Soudan, Pagan Amum, a comparé lundi le gouvernement central au régime nazi, l'accusant de s'être livré au "nettoyage ethnique" dans la région stratégique d'Abyei et affirmant que le pays était "au bord d'une guerre civile".

"Ils ont commis un nettoyage ethnique grave. Ils ont déplacé plus de 100.000 personnes, brûlant leurs villages, pillant leurs propriétés", a affirmé le numéro deux du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM).

Il a pointé du doigt l'action des troupes gouvernementales lors de violents combats ces deux dernières semaines dans la région riche en pétrole revendiquée par les deux parties.

"Tout cela parce qu'ils étaient des Dinka Ngok", a-t-il ajouté.

La région d'Abyei est le théâtre d'un conflit ethnique entre les tribus Dinka Ngok, alliés traditionnels du Sud animiste et chrétien, et des nomades arabes qui y viennent faire paître leurs troupeaux.

M. Amum a accusé les dirigeants du Congrès du parti national (CNP), au pouvoir à Khartoum, de tenter d'éliminer les tribus Dinka de cette région, qui renferme l'équivalent d'un demi-milliard de dollars en pétrole.

"C'est une indication claire qu'ils pensent à une solution finale au problème d'Abyei, en tuant les gens et en les déplaçant", a-t-il poursuivi.

"La solution finale, c'est comme ce que les nazis ont fait aux juifs en trouvant une solution pour les éliminer", a-t-il expliqué.

Selon l'ONU, jusqu'à 90.000 personnes ont pu être déplacées en raison des combats entre les anciens rebelles, qui contrôlent la région semi-autonome du sud Soudan, et les troupes gouvernementales.

Le bilan des victimes est incertain. L'armée a fait état de 22 morts dans ses rangs, tandis que de source hospitalière, 134 combattants sudistes ont été blessés.

M. Amum a décrit les combats comme la crise la plus sérieuse menaçant l'Accord de paix global (CPA) qui a mis fin en 2005 à une rébellion de 21 ans, qui a fait 1,5 million de morts. Au terme de cet accord, le président du SPLM, Salva Kiir, est devenu vice-président du Soudan.

"Vu la situation actuelle, les deux camps sont au bord d'une guerre civile. Le seul moyen de l'éviter est de démilitariser la région et d'appliquer le protocole d'Abyei", censé gérer la région, située sur la ligne de démarcation entre le sud et le nord du Soudan, jusqu'à un référendum d'autodétermination en 2011, a ajouté M. Amum.

Selon le CPA, un statut spécial était accordé à la région d'Abyei, riche en pétrole, pour une période de transition de six ans. Mais aucune administration conjointe n'a pu être mise en place depuis lors. Pour les dirigeants du Sud et l'ONU, le problème d'Abyei ne peut être résolu tant que l'administration conjointe n'est pas en place.

"La vraie menace est désormais que le processus de paix dans son ensemble s'écroule", a averti M. Amum.

Il a également appelé à une intervention de l'ONU.

Les Forces armées soudanaises "se renforcent dans la région (...) Pour avoir la paix dans cette région, la meilleure chose à faire est de faire retirer les forces militaires et de déployer les forces de l'ONU", a-t-il estimé.

Il a également dénoncé la réponse "très lente et très indifférente" de la communauté internationale après les affrontements.

Les lenteurs dans l'application du protocole d'Abyei avait amené le SPLM à quitter brièvement le gouvernement d'union l'année dernière. Mais M. Amum a affirmé lundi que le mouvement sudiste resterait cette fois-ci au gouvernement pour y peser politiquement.

Le porte-parole du gouvernement, Rabbie Abdel Atti, a pour sa part affirmé l'"engagement total" de Khartoum dans le CPA, accusant les ex-rebelles d'avoir mis le feu aux poudres en nommant unilatéralement leur propre gouverneur à Abyei.

Le représentant spécial au Soudan du secrétaire général de l'ONU, Ashraf Qazi, a indiqué de son côté qu'une commission de cessez-le-feu se réunirait mardi pour tenter de résoudre la crise.

 

 

Mai 2008

L'UE octroie 13,1 millions d'euros au Tchad et à la RCA

 

Union européenne, Bruxelles, 24 mai 2008

 

Bruxelles, Belgique (PANA) - L'Union européenne a débloqué 13,1 millions d'euros, à raison de 10,1 millions pour le Tchad et de 3 millions pour la République centrafricaine (RCA), afin d'accompagner l'opération militaire EUFOR dans ces deux pays, a- t-on appris de source officielle.

 

Selon un communiqué des services de la Commission européenne remis jeudi à la presse à Bruxelles, ces crédits sont destinés à la réalisation de projets de développement dans les zones où sont déployées les troupes européennes.

Ces fonds permettront de financer les travaux de réhabilitation d'infrastructures sanitaires et hydrauliques , notamment des puits, hôpitaux et écoles dans les zones de retour pour faciliter la réinstallation des habitants.

Une partie de ces crédits, soit 2 millions d'euros, doit servir à des projets visant la restauration de l'Etat de droit (Police, justice, structures communales, etc.)

Un projet est en cours de démarrage dans la localité de Habilé 3 où doivent retourner 2.000 personnes.

Mais, indique le communiqué, l'essentiel de ce programme sera lancé l'année prochaine et s'étalera sur une période de 72 mois, en deux phases, jusqu'en décembre 2012 et 2014.

Une commission conjointe d'experts de l'Union africaine (UA) et de l'Union européenne (UE) a déposé récemment un rapport dans lequel elle souligne les difficultés auxquelles doit faire face l'ensemble du programme, notamment la sécurité et surtout la disponibilité des entrepreneurs locaux, qui sont soumis à une forte demande non seulement de la part de l'EUFOR, mais aussi de la MINURCAT (mission civile de l'ONU au Tchad et en Centrafrique), ainsi que de la part des ONG opérant dans la région.

Les experts africains et européens de la commission mixte ont souligné dans leur rapport que les besoins pourraient excéder les capacités de mise en oeuvre des partenaires opérationnels et de prestation des fournisseurs ainsi que des entrepreneurs privés.

A Bruxelles, plusieurs ONG ont fait savoir que la situation dans l'est du Tchad est loin d'être pacifiée . Un rapport de l'Office de coordination des actions humanitaires de l'ONU (OCHA) souligne que les bandits agissent en toute impunité et deviennent de plus en plus audacieux.

Les ONG considèrent que pour que l'EUFOR puisse protéger les travailleurs humanitaires et les populations vulnérables contre les menaces des bandits, la force européenne a besoin d'armes légères et d'un nombre plus élevé de soldats.

On rappelle que l'EUFOR sera composé de 3.700 soldats, dont 2.000 sont déjà déployés sur le terrain.

Les troupes ont été fournies par 14 Etats membres de l'UE auxquels se sont ajoutés les soldats de deux pays non-membres de l'UE, Albanie et Russie. On a appris ce jeudi de source officielle que la Croatie, pays candidat à l'adhésion dans l'UE, va fournir un contingent à l'EUFOR-Tchad/RCA.

Les soldats de l'EUFOR ont pour mandat de sécuriser les camps de réfugiés soudanais et de déplacés tchadiens et centrafricains, tous victimes des exactions des milices djanjawids opérant à partir du Darfour, dans la partie Ouest du Soudan.
Selon les ONG, on compte au Tchad 12 camps abritant 400.000 réfugiés soudanais et 200.000 déplacés tchadiens et centrafricains.

 

 

Mai 2008

Jusqu'à 90.000 déplacés par les combats d'Abyei, selon l'ONU

 

Agence France Presse, Abyei, 24 mai 2008

 

Jusqu'à 90.000 personnes pourraient avoir été déplacées par les combats qui ont eu lieu depuis deux semaines dans la région pétrolifère stratégique d'Abyei, au Soudan, a annoncé Jason Matus, coordinateur des Nations unies dans cette zone.

"Il pourrait y avoir jusqu'à 90.000 déplacés", a déclaré vendredi M. Matus dans la localité d'Agok, au sud d'Abyei, principale ville de cette région située sur la ligne de démarcation entre le sud et le nord du Soudan.

L'armée soudanaise a affronté à deux reprises ces deux dernières semaines d'anciens rebelles sudistes à Abyei, menaçant un fragile Accord de paix général (CPA) conclu en 2005 entre les deux parties, après 21 ans de guerre civile.

Le bilan humain de ces combats demeure incertain, mais ils ont provoqué d'importants déplacements de populations, dont les conditions humanitaires risquent de se dégrader.

"C'est une course contre la montre", a déclaré Andy Pendleton, responsable pour le Sud-Soudan du Bureau de la coordination des Affaires humanitaires de l'ONU, en précisant que d'importantes pluies étaient attendues dans deux semaines.

Ces précipitations risquent de favoriser la propagation de maladies liées à l'eau si les personnes déplacées ne sont pas accueillies dans des logements adéquats, a-t-il noté.

Les récents combats ont constitué l'une des plus graves entorses au CPA, qui prévoit une autonomie régionale de six ans pour le Sud-Soudan et la participation des ex-rebelles au gouvernement central, mais n'a pas bien défini le statut d'Abyei, dont les recettes pétrolières sont âprement disputées par les deux parties.

En 2011, la population doit décider par référendum si la région reste dans le Nord ou est intégrée au Sud, semi-autonome, et si le Sud doit proclamer son indépendance

 

 

Mai 2008

Violents combats à Abyei, MSF prend en charge les blessés

 

Médecins sans frontières, 22 mai 2008

 

MSF prend en charge les blessés et les déplacés réfugiés dans les villes proches d'Abyei, à Turalei et Agok. Près de 60 000 personnes seraient actuellement déplacées

 

Violents combats à Abyei. Des combats opposant les forces armées soudanaises et le SPLA (Sudan People's Liberation Army) ravagent la ville d'Abyei, située dans une région riche en pétrole dont le statut n'a pas été tranché lors de l'accord de paix entre le Nord et le Sud en 2005.

Abyei serait presque totalement détruite. La quasi-totalité des habitants a fui vers le nord et le sud de la ville. Environ 130 000 personnes habitaient Abyei et les environs avant les combats. Près de 60 000 personnes seraient actuellement déplacées.

 

Prise en charge des blessés. Une équipe MSF de 11 personnes, dont un chirurgien et un anesthésiste, est arrivée rapidement dans les villes proches d'Abyei, à Turalei et à Agok, avec du matériel chirurgical, des biens de première nécessité pour 2 000 familles et du matériel de purification d'eau destiné à 10 000 personnes.

MSF a pris en charge dans ces deux localités 114 personnes blessées durant les combats. L'hôpital de la ville de Turalei ne comptant que 40 lits, l'équipe a monté des structures médicales d'urgence sous des tentes.

Alors que les combats se poursuivent en ville, des familles arrivent chaque jour et MSF accroît son assistance quotidiennement. Une autre équipe d'urgence tente actuellement d'accéder à la population regroupée au nord vers Muglade et Heglige où la présence d'autres déplacés et blessés a été rapportée.

 

Partir en laissant tout. Face à la violence des combats, les populations n'ont pas eu d'autre choix que de partir en laissant tout derrière eux. « La panique était telle que personne n'a eu le temps de prendre quoi que ce soit ni même de penser à sa propre famille. Nous sommes très inquiets pour une partie de notre personnel médical qui n'a pas pu fuir à temps et avec qui nous n'avons plus de contact » témoigne Inma Vazquez chef de mission de MSF au Soudan.

Médecins Sans Frontières travaille depuis 2006 dans l'hôpital d'Abyei, une partie du personnel a dû évacuer.

 

Besoins urgents. En pleine saison des pluies, les conditions de vie de ces déplacés sont déplorables. Ils ont un besoin urgent d'abris et d'accès à l'eau. La situation nutritionnelle est tout aussi préoccupante et risque de se dégrader rapidement. Le jour de l'attaque, 700 enfants souffrant de malnutrition étaient pris en charge par les équipes. Seule une partie d'entre eux a été pour l'instant retrouvée et a repris son traitement.

 

 

Mai 2008

22 soldats tués, des discussions présidées par l'ONU repoussées

Agence France Presse, Khartoum, 21 mai 2008

 

Des discussions présidées par l'ONU et prévues mercredi soir pour appuyer le relatif retour au calme dans une région stratégique du Soudan, au lendemain de la mort de 22 soldats lors de combats entre l'armée et d'anciens rebelles sudistes, ont été reportées.

Vingt-deux soldats soudanais ont été tués et 45 blessés dans les violents affrontements mardi à Abyei, au coeur d'une zone pétrolifère située sur la ligne de démarcation entre le sud et le nord, et revendiquée par les deux parties, a affirmé mercredi à l'AFP un haut responsable militaire soudanais.

L'ONU, qui préside des discussions entre des comités mixtes comprenant les forces armées soudanaises et des représentants de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), avait annoncé la tenue probable d'une réunion mercredi soir.

"Vraisemblablement, une réunion conjointe avec les comités militaires devrait avoir lieu dans la soirée à Khartoum", a indiqué à l'AFP par téléphone un porte-parole de l'ONU, Khaled Mansour.

"Ca ne va pas avoir lieu," a-t-il toutefois indiqué plus tard à l'AFP.

Dans la capitale du sud-Soudan, le coordinateur régional de l'ONU, David Gressly, a indiqué que la réunion pourrait se tenir jeudi.

"Ils vont essayer de se rencontrer à nouveau demain pour consolider les accords obtenus par les deux gouvernements", a déclaré M. Gressly lors d'une conférence de presse.

Le calme était revenu mercredi à Abyei, où de nouveaux affrontements avaient éclaté la veille, trois ans après la fin de la guerre civile au sud-Soudan.

"De notre côté, pour ce que nous en savons, 22 personnes ont été tuées et 45 blessées", a déclaré le général de brigade Mountasser Sabil (bien: Sabil), le commandant de l'armée à Abyei.

"La situation aujourd'hui (mercredi) est très calme", a-t-il ajouté sans plus d'explications.

D'après lui, les anciens rebelles de la SPLA ont subi beaucoup plus de pertes.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé mardi à cessez-le-feu immédiat à Abyei, avertissant que "si la situation n'est pas rapidement réglée, les bénéfices tirés jusqu'ici de l'Accord de paix globale (CPA, 2005) pourraient être remis en cause".

L'ambassade des Etats-Unis à Khartoum a appelé à mettre fin à "la dangereuse escalade de violence".

"Depuis 36 heures, nous connaissons un calme relatif", a indiqué Khaled Mansour.

Selon des travailleurs humanitaires, les combats ont duré au moins cinq heures mardi entre l'armée, qui contrôle la ville d'Abyei, et les rebelles. L'attaque du SPLA a pu être repoussée, selon l'armée soudanaise.

Mais la population s'inquiète d'une possible contre-attaque gouvernementale sur Agok, à 25 km au sud, où les agences de l'ONU distribuent de l'aide alimentaire à 30.000 à 50.000 personnes ayant fui les combats qui ont éclaté à Abyei la semaine dernière. Les Nations unies avaient alors évacué leurs personnels civils.

Les ex-rebelles et le gouvernement avaient signé le CPA pour mettre fin à 21 ans de lutte armée au sud-Soudan, mais le statut d'Abyei, dont les recettes pétrolières sont âprement disputées par les deux parties, n'a toujours pas été défini.

En 2011, la population doit décider par référendum si la région reste dans le Nord ou est intégrée au Sud, semi-autonome, et si le Sud doit proclamer son indépendance.

 

Mai 2008

 

Nouveaux combats à Abyei entre l'armée et les ex-rebelles sudistes

Agence France Presse, Khartoum, 20 mai 2008

 

De violents combats ont de nouveau éclaté mardi dans la région pétrolifère stratégique d'Abyei, au Soudan, entre l'armée et les anciens rebelles sudistes, menaçant un fragile accord de paix conclu en 2005.

Des affrontements ont eu lieu pendant au moins cinq heures entre les forces gouvernementales et les ex-rebelles de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) à Abyei, au coeur d'une zone située sur la ligne de démarcation entre le sud et le nord du Soudan et revendiquée par les deux parties, ont indiqué à l'AFP des travailleurs humanitaires.

La semaine dernière, des combats meurtriers avaient opposé à Abyei armée et ex-rebelles sudistes, poussant la quasi totalité des habitants à fuir et l'ONU à évacuer son personnel.

La SPLA a attaqué la ville d'Abyei, au centre des tensions entre les anciennes parties en conflit, ont affirmé les travailleurs humanitaires, précisant que les violences de mardi --dont des coups de feu et des tirs d'obus de mortier-- étaient parvenues jusqu'à la porte du principal bâtiment de l'ONU en bordure de la ville.

D'après l'agence officielle soudanaise Suna, les rebelles ont attaqué à l'aube en utilisant l'artillerie lourde.

Un porte-parole de l'armée soudanaise a fait état de "martyrs" dans les rangs des forces régulières, affirmant que l'armée repoussait l'attaque.

"L'évaluation des pertes est en cours", a déclaré Othmane Mohammed al-Aghbache, cité par Suna.

Les ex-rebelles avaient signé en 2005 avec le gouvernement un accord de paix globale (CPA) mettant fin à 21 ans de lutte armée dans le sud-Soudan, mais le statut d'Abyei n'a toujours pas été défini trois ans après la fin de la plus longue guerre civile d'Afrique.

"Ca a commencé à 04H00 (01H00 GMT) et ça s'est arrêté à 08H00. Ca a recommencé juste avant 10H00 pour durer près d'une heure. Les combats ont été très lourds", a affirmé un travailleur humanitaire à l'AFP sous le couvert de l'anonymat.

"En ce moment, c'est calme, mais je pense que le sentiment général, c'est que ce n'est pas la fin", a-t-il ajouté.

Des images tournées par la télévision Al-Jazira après les violences de la semaine dernière ont montré les décombres fumants de maisons et de commerces ainsi que des bâtiments en ruine.

Un bilan clair des victimes n'était pas disponible. Des travailleurs humanitaires et des responsables politiques sudistes, contactés par téléphone, avaient fait état la semaine dernière de pillages et d'incendies dans la ville, précisant que les rues étaient jonchées de cadavres.

On craint également que les violences ne s'étendent à Agok, à 25 km au sud, où les agences de l'ONU distribuent de la nourriture, de l'eau et des soins pour les 30.000 à 50.000 personnes déplacées par les affrontements de la semaine dernière.

"L'ONU utilise tous les moyens possibles pour parvenir à résoudre cela de manière pacifique", a affirmé à l'AFP Chris Johnson, le chef de la mission de l'ONU à Abyei.

Les rebelles affirment perdre patience face à ce qu'ils considèrent comme l'incapacité de Khartoum à mettre en place un protocole de gouvernement dans la région d'Abyei durant une période de transition, comme stipulé dans l'accord de paix de 2005.

En 2011, la population doit décider par référendum si la région reste dans le Nord ou est intégrée au Sud, semi-autonome, et si le Sud doit proclamer son indépendance.

L'International Crisis Group (ICG) avait souligné en mars que l'accord de paix de 2005 était menacé, appelant à une aide internationale pour régler la question d'Abyei.

Selon l'ICG, les recettes pétrolières provenant d'Abyei se sont élevées à près de 529 millions de dollars en 2007, des revenus dont le régime de Khartoum a désespérément besoin.

L'Egypte s'est dite "extrêmement inquiète de la nouvelle explosion (...)" à Abyei, appelant dans un communiqué gouvernement et rebelles à la retenue

 

 

Mai 2008

Les secours arrivent dans la région d'Abyei

Nations Unies, New York, bureau de presse, 19 mai 2008

 

Les agences des Nations Unies et différentes organisations non gouvernementales (ONG) ont commencé, aujourd'hui, à distribuer de la nourriture aux personnes déplacées suite aux accrochages qui ont eu lieu la semaine dernière à Abyei.

Selon le coordinateur de l'action humanitaire dans le Sud Soudan, cinq centres de distribution, destinés aux habitants de 18 villages, sont en train d'être établis dans la région, a rapporté la porte-parole du Secrétaire général, Michèle Montas, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.

Les personnes déplacées ont particulièrement besoin de vivres, d'abris, d'eau et de matériel sanitaire.

Les agences humanitaires procèdent également au regroupement des enfants séparés et de leur famille.

On signale cependant que la saison des pluies entrave l'accès à certaines parties dans l'est de la région, tandis qu'à l'ouest, l'insécurité pose également plusieurs défis.

Selon les estimations, entre 30.000 et 50.000 personnes de la région d'Abyei ont été déplacées. Leur nombre exact n'a pas encore été déterminé

 

Mai 2008

Le CICR prolonge son soutien à 130 000 personnes déplacées dans le Darfour Sud

 

Croix Rouge Internationale, Genève, 19 mai 2008

 

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) prolonge jusqu'à la fin de l'année son opération d'aide à quelque 130 000 personnes déplacées dans le camp de Gereida, l'une des plus grandes installations pour personnes déplacées au Darfour.

 

Le CICR est le principal organisme humanitaire dans le camp depuis qu'un incident survenu en décembre 2006 a contraint pratiquement toutes les autres organisations à partir.

Depuis la fin de l'année dernière, 9 000 autres personnes sont arrivées à Gereida. La plupart d'entre elles ont quitté leur foyer à cause des combats, de l'état de non-droit et de l'accès insuffisant à l'eau potable, aux soins de santé de base et à d'autres services.

Le CICR fournit à la population du camp des vivres, du matériel pour la construction d'abris, des articles ménagers, de l'eau potable, des installations sanitaires, et il dispense des soins dans le domaine de la santé et de la nutrition. De plus, les délégués du CICR aident les personnes déplacées à reprendre contact avec les membres de leur famille dont ils ont perdu la trace, et recueillent des allégations de violations du droit international humanitaire afin d'en discuter dans le cadre d'un dialogue confidentiel avec les parties concernées. Pour financer ses opérations dans le camp de Gereida, l'organisation sollicite les donateurs pour un montant supplémentaire de 20 millions de francs suisses, ce qui porte le budget estimé de 2008 pour le Soudan à 126 millions de francs (plus de 121 millions de dollars des États-Unis.

« Nous avions initialement prévu de transférer nos activités de secours à d'autres organismes d'aide d'ici juillet 2008 », dit Daniel Duvillard, chef des opérations du CICR pour la Corne d'Afrique. « Notre but est de renforcer l'aide que nous apportons aux personnes vulnérables dans les communautés rurales reculées au Darfour. Toutefois, nos discussions avec diverses organisations intéressées à travailler dans le camp n'ont pas encore abouti à un accord final. »

Le CICR compte à Gereida près de 320 collaborateurs qui travaillent aux côtés des volontaires du Croissant-Rouge soudanais. Les Sociétés britannique et australienne de la Croix-Rouge apportent leur soutien au centre de nutrition du CICR situé dans le camp.

Les fonds supplémentaires permettront aussi de couvrir jusqu'à la fin 2008 les coûts liés au déploiement d'une équipe chirurgicale mobile au Darfour et ailleurs au Soudan pour soigner les blessés qui n'ont pas accès aux soins médicaux.

Le Soudan est aujourd'hui la plus grande opération du CICR dans le monde. En tant que l'une des rares organisations humanitaires oeuvrant en dehors des centres urbains et des camps pour les personne déplacées au Darfour, le CICR s'attache principalement à apporter assistance et protection à plus d'un demi million de personnes vivant dans les villages ruraux et au sein de communautés nomades.

 

 

Mai 2008

 

Le ton monte entre Khartoum et Ndjamena

 

Radio France Internationale, 16 mai 2008

 

Face aux accusations soudanaises au sujet de l'implication du Tchad dans l'attaque des rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), samedi à Omdourman, le ministre tchadien des Affaires étrangères Moussa Faki a appelé mercredi la communauté internationale «  à faire entendre raison au Soudan  » sur la question du Darfour. Il a également démenti que le gouvernement tchadien soit derrière l'attaque des rebelles darfouris contre la ville jumelle de Khartoum. À la suite de cette attaque, les Soudanais avaient rompu, dimanche, leurs relations diplomatiques avec Ndjamena qui a, de son côté, décidé de fermer sa frontière avec le Soudan

« On veut faire porter la responsabilité de l'attaque sur le Tchad. Peut-être que ça passe mieux dans l'opinion soudanaise  », a ironisé le chef de la diplomatie tchadienne dans un entretien à l'AFP. «  Le Tchad peine déjà à assurer la sécurité de ses frontières et a subi plusieurs attaques en provenance du Soudan, il ne va pas s'aventurer à plus de 3 000 kilomètres pour aller attaquer Omdurman  », a souligné le ministre tchadien. Il a ainsi estimé qu'« il est temps que la communauté internationale fasse entendre raison au Soudan pour régler le problème du Darfour. Il faut déployer la force hybride (ONU/UA)  ». Cette force conjointe des Nations unies et de l'Union africaine (Minuad), chargée du maintien de la paix dans la province occidentale du Soudan, doit compter un total de 26 000 hommes. Mais le gouvernement soudanais est peu favorable à la présence d'unités non africaines dans ses rangs.  

Les autorités soudanaises ont multiplié dernièrement les attaques verbales contre les Tchadiens et contre les pays soupçonnés d'appuyer Ndjamena. Le président Omar el-Béchir a accusé, devant une foule de sympathisants, mercredi à Khartoum, Khalil Ibrahim, le leader du MJE, d'être «  un agent d'Israël vendu au judaïsme et aux Croisés  ». Khartoum a offert une récompense de 250 000 dollars  pour toute information pouvant conduire à l'arrestation du chef rebelle du Darfour. Un haut responsable du National Congress, le parti au pouvoir, pointait du doigt les services secrets occidentaux et la Libye, laissant entendre qu'ils avaient joué un rôle dans l'attaque menée par le MJE aux portes de Khartoum. La France est elle aussi dans le collimateur des autorités soudanaises qui voient d'un mauvais œil le soutien de Paris au régime du président tchadien Idriss Déby.

Mais le véritable ennemi de Khartoum reste le MJE et un haut diplomate soudanais a demandé que la communauté internationale place le mouvement rebelle sur la liste des organisations terroristes. La colère soudanaise est à la hauteur du choc ressenti par l'opinion mais traduit d'abord la fébrilité d'un pouvoir qui repose en grande partie sur sa réputation sécuritaire. Et, pour montrer qu'ils n'ont rien perdu de leur pugnacité, les services de sécurité soudanais poursuivent les rafles au sein de la communauté darfourie, soulevant l'inquiétude des organisations de défense des droits de l'homme basées à l'étranger.

 

 

Mai 2008

Activité des rebelles et de l'armée dans l'est du Tchad

 

Agence France Presse, Paris 16 mai 2008

 

En plein regain de tension entre le Tchad et le Soudan, l'armée tchadienne a "vraisemblablement" mené une "action préventive" vendredi dans une région de l'Est où se regroupent habituellement les rebelles, selon une source militaire française, information démentie par la rébellion.

Le commandant de l'Eufor, la force européenne chargée de sécuriser l'Est du Tchad et le Nord-Est de la Centrafrique, a de son côté fait état d'un regain d'activité de rebelles tchadiens dans l'Est du pays, selon une source militaire européenne à Bruxelles.

"Trois hélicoptères de l'armée tchadienne ont décollé à 05H30 et 05H45 d'Abéché" (Est du Tchad), dont un a tiré des roquettes avant de regagner son point de départ, a précisé la source française.

Ces trois hélicoptères - un hélicoptère de transport MI-171 et deux d'attaque MI-35 - étaient tous équipés de "paniers lance-roquettes".

Habituellement stationnés à N'Djamena, ils avaient été "prépositionnés" à Abéché et seraient intervenus dans la région située entre Adré et Adé, qui borde la frontière avec le Soudan.

La rébellion tchadienne a "fermement" démenti, par la voix d'un porte-parole, avoir été bombardée.

"Nous démentons de manière ferme, précise et officielle le bombardement de nos positions" dans la région d'Adé proche de la frontière soudanaise, a déclaré Abderaman Koulamallah, joint par téléphone depuis Libreville.

M. Koulamallah a même affirmé que la rébellion "se préparait à une bataille avec N'Djamena", et a fait état d'un "mouvement" d'éléments rebelles. "Le mouvement que nous effectuons n'a pas forcément pour objectif N'Djamena actuellement", a-t-il ajouté.

Les militaires français ne disposaient pas, quant à eux, "d'informations sur des mouvements de rebelles tchadiens", a assuré la source française.

Paris dispose de quelque 1.250 militaires au Tchad dans le cadre de l'opération Epervier, dont une partie stationnés à Abéché. 1.200 autres participent à l'Eufor, dont le quartier-général opérationnel au Tchad est également à Abéché.

L'Eufor a entamé à la mi-mars le mandat d'un an que lui a confié l'ONU de faciliter le travail des humanitaires et protéger les réfugiés du Darfour et les déplacés internes tchadiens et centrafricains, soit plus de 450.000 personnes au total.

Quelque 2.500 des 3.700 soldats qu'elle doit déployer sont déjà sur place.

En raison de l'escalade de violences dans l'Est du Tchad depuis trois mois, le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi avoir restreint ses activités et "les mouvements du personnel par mesure de précaution".

Lors d'une réunion à Bruxelles, le général irlandais Patrick Nash, commandant de l'Eufor, "a évoqué un événement impliquant des rebelles ce matin dans l'Est du Tchad, sans préciser s'ils venaient du Soudan", selon une autre source militaire européenne vendredi.

Le Tchad et le Soudan s'accusent régulièrement de soutenir les rébellions en lutte contre leur régime respectif.

Le Soudan a rompu dimanche ses relations diplomatiques avec le Tchad au lendemain d'une attaque menée samedi près de Khartoum par un groupe rebelle soudanais du Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM). N'Djamena avait nié "toute implication".

Début février, des rebelles tchadiens partis de leurs bases arrière au Darfour (ouest du Soudan), avaient mené une offensive jusqu'à N'Djamena et avaient failli renverser le président tchadien Idriss Deby Itno avant d'être repoussés. Le Soudan avait nié toute implication.

"L'armée tchadienne s'était beaucoup renforcée au cours du dernier mois non loin de la frontière est" où des "infiltrations" rebelles avaient été observées, selon des sources militaires européennes.

"Les Tchadiens s'attendaient visiblement à une possible attaque des rebelles avant la saison des pluies. Cette fois-ci, ils voulaient éviter que les rebelles n'aillent jusqu'à N'Djamena", selon une de ces sources.

Une autre a une fois de plus souligné la neutralité de l'Eufor. "Nous n'avons à intervenir que si les rebelles attaquaient des populations civiles".

 

 

Mai 2008

Le service aérien humanitaire du PAM fonctionnera jusqu'à la mi-juin pour le Darfour

 

Nations Unies, New York, bureau de presse, 15 mai 2008

 

15 mai 2008 – Le service aérien humanitaire du Programme alimentaire mondial ( PAM ), qui permet le transport des travailleurs humanitaires au Soudan, a reçu des fonds qui lui permettra d'opérer jusqu'à la mi-juin, mais guère au-delà.

« La communauté humanitaire a averti que si le service aérien restait au sol, les opérations humanitaires au Darfour et celles de reconstruction postérieures au conflit au Sud-Soudan devraient s'interrompre », rappelle un communiqué publié aujourd'hui à Rome.

En mars dernier, le PAM avait déjà alerté sur les difficiles conditions dans lesquelles oeuvrent les travailleurs humanitaires.

Confrontés au banditisme sur les axes routiers, ils doivent recourir au transport aérien pour faire parvenir l'aide et atteindre les zones les plus éloignées. Un appel a été lancé pour recueillir les fonds nécessaires afin d'assurer le service en 2008, soit un budget de 77 millions de dollars.

Une récente contribution du Fonds central d'intervention d'urgence ( CERF ) à hauteur de deux millions de dollars et des fonds privés en provenance du Japon pour près de 500.000 dollars vont permettre aux avions et hélicoptères du service aérien humanitaire de fonctionner jusqu'à la mi-juin.

Mais il faut au PAM encore 51 millions pour que ces opérations continuent par la suite.

Le service, qui compte 18 avions et six hélicoptères, servent à transporter, chaque mois, environ 14.000 travailleurs humanitaires au Soudan, dont 3.000 dans les zones les plus difficiles joignables du Darfour.

L'insécurité persiste dans le pays, rappelle le PAM, dont 64 camions ont été détournés cette année, et deux chauffeurs ont été tués au Darfour. Quatre autres personnes travaillant pour l'agence ont été tués dans le Sud-Soudan.

 

 

Mai 2008

 

Les perspectives de paix au Darfour s'éloignent, prévient le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix

 

Conseil de sécurité, 5892 e séance, 15 mai 2008

 

Depuis la dernière visite du Conseil de sécurité au Soudan il y a un an, la situation au Darfour est devenue extrêmement complexe tandis que les perspectives de paix s'éloignent, a estimé, ce matin, M. Jean-Marie Guéhenno, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix.  Présentant le dernier rapport * du Secrétaire général au Conseil de sécurité sur la mise en œuvre de la résolution 1769 pour la période couvrant le mois d'avril, celui-ci a précisé que les parties ne faisaient pas preuve de volonté politique pour qu'ils abandonnent l'option militaire, s'engagent dans des négociations et coopèrent pleinement avec la MINUAD et la communauté humanitaire.  Cette situation exige que nous redoublions d'efforts pour amener les parties à la table des négociations et déployer une opération de maintien de la paix en mesure d'apporter une contribution positive, a-t-il dit.

 

Faisant une mise à jour de la situation depuis les affrontements qui ont opposé, le 9 mai dernier à Omdurman, les rebelles et les forces gouvernementales, M. Guéhenno a indiqué que le Gouvernement soudanais avait informé la communauté diplomatique qu'entre 200 à 300 véhicules du Mouvement pour la justice et l'égalité se déplaçaient du nord du Darfour en direction de la ville d'El Obeid dans le nord de Kordofan.  Le Gouvernement avait aussi accusé des éléments gouvernementaux du Tchad de soutenir et d'armer le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE).  Le nombre de morts est encore peu clair mais le Gouvernement soudanais a indiqué avoir détruit quelque 20 à 30 véhicules du Mouvement pour la justice et l'égalité, tandis que 200 membres du Mouvement ont été arrêtés.  Le couvre-feu imposé le 10 mai par le Gouvernement a été levé le 12 mai à Khartoum mais demeure en vigueur à Omdurman.  Le Président soudanais, M. Omar al-Bashir, a annoncé sur la chaîne de télévision d'État, samedi soir, la rupture des relations diplomatiques avec le Tchad.  Selon les médias, l'ambassade tchadienne à Khartoum a été mise à sac dimanche matin.  Le 11 mai, le Gouvernement tchadien a publié une déclaration exprimant sa surprise quant à la détérioration des relations diplomatiques et nié ensuite toute responsabilité dans cet incident. 

 

Pour le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, le fait que les déplacements d'un nombre important de combattants du Mouvement pour la justice et l'égalité à partir du Darfour jusqu'à Khartoum n'aient pas été détectés par l'Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) est extrêmement préoccupant, ce qui dénote l'absence d'équipements adéquats, notamment en matière de reconnaissance aérienne.  Tout aussi inquiétants sont des rapports faisant état du regroupement de troupes du SLA-Unity à proximité de Khor Abeche dans le but d'attaquer El Fasher.  Nous explorons actuellement toute option en vue de transférer la MINUAD si la situation empirait.  M. Guéhenno a qualifié cette situation de très préoccupante et qui risque de donner lieu à une escalade du conflit entre le Tchad et le Soudan, mettant ainsi en péril la mise en œuvre de l'Accord de Dakar.  Une riposte est aussi à craindre de la part du Gouvernement soudanais qui mettrait en péril les efforts déployés par les Envoyés spéciaux, MM. Salim Ahmed Salim et Jan Eliasson, pour rapprocher les parties.  Le Secrétaire général adjoint a précisé que les attaques menées par le Mouvement pour la justice et l'égalité se sont produites dans un contexte marqué par une escalade de la violence.

 

M. Guéhenno a expliqué que les violences avaient eu un impact direct sur la situation humanitaire.  Ainsi, 38 camions du Programme alimentaire mondial (PAM) ont été attaqués, ce qui a conduit à diviser par deux les rations alimentaires.  Plus de 150 000 personnes ont fui leurs foyers en raison des violences qui s'étaient produites dans les trois États.  Devant la diminution des rations alimentaires, l'approche de la saison des pluies et un accès aux populations de plus en plus limité, a ajouté Guéhenno, il est plus important que jamais que les parties fassent preuve d'un plein respect du droit international humanitaire et garantissent un libre accès aux populations qui ont besoin d'une aide alimentaire. 

 

S'agissant du déploiement de la MINUAD, M. Guéhenno a expliqué que cette tâche sera et restera très complexe.  La Mission accroît tous les mois ses capacités mais à un rythme trop lent, a encore regretté le Secrétaire général adjoint.  La finalisation des accords entre les pays contributeurs de troupes et de police a été un processus de longue haleine.  La Mission connaît également des difficultés de type opérationnel en raison des distances importantes à parcourir et de l'insécurité.  Ces facteurs dictent la nécessité de procéder à une évaluation complète et à une amélioration de nos plans de déploiement de la MINUAD pour que celle-ci ait un maximum d'effet sur le terrain le plus rapidement possible.  À cette fin, la Sous-Secrétaire générale, Mme Jane Holl Lute, et une équipe technique se sont rendues à El Fasher du 11 au 17 avril pour mettre au point un plan visant à maximiser le déploiement de personnel de police et militaire d'ici à la fin 2008.  Si ce plan était pleinement déployé, la MINUAD pourrait atteindre 80% de ses capacités d'ici à la fin de l'année, soit le déploiement de 15 300 troupes sur les 19 555 prévues, de 3 018 policiers sur les 3 772 prévus et de 12 unités de police sur les 19 prévues. 

 

Le Secrétaire général adjoint a détaillé les mesures à prendre pour atteindre ces objectifs, dont le succès dépend du renforcement des capacités en ingénierie de la Mission, de l'amélioration du mouvement des biens à partir du Port-Soudan jusqu'au Darfour, la fourniture par le Gouvernement du Soudan d'emplacements permettant d'installer de nouveaux camps militaires qui auront accès à l'eau.  M. Guéhenno a aussi précisé que la mise en œuvre de ce plan amélioré dépendait également des pays contributeurs de troupes, en particulier ceux qui n'ont pas encore pris de mesures en vue du déploiement de leurs troupes.  Nous dépendons également des pays donateurs, et un certain nombre d'entre eux, « le Groupe des amis de la MINUAD », ont fait de bons progrès en matière de formation et d'équipement des pays contributeurs de troupes.  Nous aurons également besoin de la coopération de la part du Gouvernement.

M. Guéhenno a enfin insisté sur les capacités de la Mission, rappelant que neuf mois après l'adoption de la résolution 1769 de 2007, il existait des lacunes dans des domaines critiques.  Nous avons besoin de trois unités héliportées, d'une unité de reconnaissance aérienne, d'une unité de transport de moyenne capacité, d'une unité de transport à forte capacité et d'une unité logistique chargée de fonctions multiples.

Le Secrétaire général adjoint a conclu en évoquant le processus politique mené par les deux Envoyés spéciaux ainsi que le recensement de la population mené entre le 22 avril et le 6 mai qui, a–t-il précisé, n'a pas pu être mené à bien en raison des conditions de sécurité.  Les Envoyés ont par ailleurs continué d'axer leurs consultations avec les parties sur le lancement d'un dialogue et les questions liées à la sécurité.  Leur objectif est d'initier de telles consultations à la fin du mois de mai.  Les Nations Unies et l'Union africaine déploient conjointement des efforts en vue de recruter le plus tôt possible un médiateur en chef qui sera basé à plein temps au Soudan.

 

Mai 2008

200 morts dans l`attaque de la rébellion darfourie sur Khartoum

 

Angola Presse, 14 mai 2008

 

Au moins 200 personnes ont été tuées lors de l`assaut du week-end lancé par la rébellion du Darfour sur Khartoum, a annoncé mardi le ministre de la Défense.

Selon le général Abdul Rahim Mohammed Hussein, qui parlait devant le parlement, 93 soldats et 13 policiers ont été tués en repoussant l`assaut sans précédent du Mouvement pour la justice et l`égalité (JEM). Au moins 30 civils sont morts dans les combats, a-t-il ajouté.

En outre, environ 90 cadavres de rebelles ont été trouvés, mais selon le ministre, il y en aurait de nombreux autres éparpillés dans Omdurman, la ville-jumelle de Khartoum sur la rive opposée du Nil, où se sont déroulés les affrontements, et un décompte précis est impossible. Il s`agissait des premières estimations du bilan de cette offensive, la première de la rébellion darfourie sur la capitale.

Choquées par cet assaut, les forces du régime de Khartoum continuaient de traquer les rebelles, et notamment leur chef, ainsi que les membres de l`opposition. Selon un responsable du gouvernement, la prime pour toute information pouvant mener à la capture du chef du JEM Khalil Ibrahim a été doublée, passant à près de 250.000 dollars (162.000 euros).

Selon des témoins cités par l`ONG de défense des droits de l`homme Human Rights Watch, au moins une centaine de personnes auraient été arrêtées, entre barrages et perquisitions depuis l`assaut

 

 

Mai 2008

Des milliers de manifestants pour la "victoire" contre les rebelles

 

Agence France Presse, Khartoum, 14 mai 2008

 

Des milliers de personnes ont manifesté mercredi à Khartoum à l'appel du gouvernement pour fêter "la victoire" et fustiger l'attaque lancée samedi par des rebelles du Darfour qualifiés d'agents d'Israël.

Agitant drapeaux et banderoles, une foule d'hommes, femmes et enfants s'est réunie autour du QG de l'armée pour écouter le président Omar el-Béchir dont le gouvernement lutte depuis cinq ans contre des rebelles au Darfour, région de l'ouest du pays en guerre civile.

Sous haute protection de la police et de soldats, les rues principales autour du bâtiment militaire étaient fermées au trafic. Les manifestants dansaient, entonnaient des chants religieux alors que les haut-parleurs diffusaient des discours critiquant les rebelles.

Selon différentes estimations de témoins, les manifestants étaient entre 7.000 et 20.000.

"Ils (les rebelles) sont en train de mettre à exécution un programme étranger. Posez-vous la question de savoir qui a amené les armes, les voitures, qui les paie pour faire ça", a lancé M. Béchir à la foule.

Le Soudan a offert 250.000 dollars de récompense pour toute information pouvant conduire à l'arrestation de Khalil Ibrahim, chef du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), qui a mené une attaque sans précédent le 10 mai contre Khartoum.

"Khalil est un agent d'Israël, a accusé M. Béchir. Khartoum ne peut pas être gouverné par quelqu'un qui s'est vendu au judaïsme et aux Croisés".

"A cause de lui, des femmes et des enfants ont été tués à Omdurman", a-t-il poursuivi, vêtu d'une tenue militaire.

Selon l'armée, plus de 222 personnes, dont 34 civils, ont été tuées dans l'assaut du JEM sur Omdurman, ville jumelle de Khartoum.

"Nous envoyons un message depuis Khartoum, depuis la capitale, depuis Omdurman à tous les traîtres et les agents, le message de la nation soudanaise: la victoire est arrivée", a lancé le président.

L'attaque de samedi a conduit le Soudan à rompre les liens diplomatiques avec son voisin tchadien, qu'il accuse d'avoir soutenu l'offensive. Le Tchad a nié toute implication et a fermé lundi sa frontière.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné cet assaut, exhortant toutes les parties à cesser les hostilités et les mettant en garde contre toute action de représailles envers les civils.

Des organisations de défense des droits de l'Homme basées à Londres et à New York ont fait part de leurs craintes pour les civils après la chasse à l'homme ordonnée par le gouvernement à la suite de l'attaque rebelle.

Le Trust Aegis dit être en possession de rapports qui indiquent que des centaines de civils du Darfour ont été détenus et battus et que les services de sécurité ont tiré sur des Darfouris, dont des femmes, dans les rues et dans leurs maisons.

Un responsable du JEM a dit mercredi à l'AFP que l'épouse de Khalil Ibrahim avait été arrêtée puis relâchée, mais que le dirigeant était sain et sauf.

"L'épouse du Dr. Khalil a été arrêtée et ils l'ont relâchée hier (mardi). Nous déplorons ces actions. Si le gouvernement prend pour cible des femmes et des enfants, c'est un mauvais message," a dit Tahir Al-Faki, président du conseil législatif du JEM.

"Cette mission (l'attaque rebelle) a montré la faiblesse du gouvernement soudanais. Elle a démontrée la fragilité de leurs dispositifs de sécurité, leur incompétence et leur incapacité à se défendre", a-t-il ajouté.

Il a qualifié la manifestation du mercredi de propagande gouvernementale.

"Laissez-les manifester. Nous ferons le travail. Ce gouvernement est maintenant paralysé. Il est complètement traumatisé. Nous allons changer ce régime. Ce n'est qu'une question de temps," a-t-il dit à l'AFP

 

 

Mai 2008

 

L'ONU condamne l'attaque menée près de Khartoum

Le Figaro avec l'A.F.P, 13 mai 2008

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné l'attaque menée samedi près de Khartoum contre le gouvernement soudanais par un groupe rebelle du Darfour, et exhorté toutes les parties au conflit à cesser les violences immédiatement.

Le Conseil "condamne fermement les attaques commises le 10 mai par le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) contre le gouvernement soudanais à Omdurman", a déclaré l'ambassadeur de Grande-Bretagne à l'ONU, John Sawers, au nom du Conseil qu'il préside en mai.

Il "exhorte toutes les parties à cesser les violences immédiatement, à respecter leurs obligations aux termes du droit humanitaire international et à s'engager à rechercher une solution pacifique à tous les problèmes", poursuit la déclaration.

Une centaine de soldats soudanais, au moins 91 rebelles du Darfour et 34 civils ont été tués samedi lors d'une attaque sans précédent du JEM à Omdurman, une banlieue de Khartoum, selon un bilan donné mardi par l'armée soudanaise. Khartoum a accusé le Tchad voisin d'être impliqué dans cette attaque.

 

 

Mai 2008

Démarcation de la frontière Ethiopie-Soudan, 100 ans après la décision

  Agence de presse africaine, Dakar, 12 mai 2008

 

La frontière commune entre l'Ethiopie et le Soudan sera tracée dans un « avenir proche », en conformité avec une décision qui avait été prise, il y a 100 ans, pour permettre aux deux pays de le faire, a annoncé lundi le ministre éthiopien des affaires étrangères.

La frontière commune, qui avait été retracée au début des années 1990, n'avait pas encore eu de signes de démarcation suffisante, ce qui avait obligé les deux pays à tenir régulièrement, au cours des dernières années, des réunions de consultation pour discuter du problème.

Cependant, le ministre n'a pas indiqué la date à la quelle ce travail se fera se contentant juste d'accuser les médias et les «organisations irresponsables» d'avoir diffusé des informations non fondées selon lesquelles l'Ethiopie aurait donné une partie de son territoire au Soudan.

Le ministre a, par ailleurs, rappelé que la démarcation des frontières de tous les pays voisins, dans n'importe quelle partie du monde, est faite en conformité avec les lois internationales et des accords signés entre les pays concernés.

Il a affirmé que la frontière commune entre l'Ethiopie et le Soudan avait été démarquée successivement en 1902 et en 1907, avec l'accord international de l'ancien gouvernement éthiopien et la Grande-Bretagne qui avait colonisé le Soudan.

Il a aussi ajouté qu'un autre accord avait été signé en 1972 entre les deux gouvernements pour retracer la frontière, lors du règne de l'empereur éthiopien, Haile Selassie, puisqu'elle ne contenait pas assez de signes de démarcation.

« Les deux gouvernements avaient alors convenu de trouver des solutions durables concernant le relogement et les terres agricoles situées le long de la frontière. Cependant, l'initiative avait été interrompue avec le changement de gouvernement survenu en Ethiopie en 1976.

En 1980, les deux parties s'étaient à nouveau rencontrées à Khartoum, au Soudan, et avaient signé un accord pour restructurer la commission frontalière mixte mise sur pied durant le règne de l'empereur Haile Selassie, a-t-il rappelé, précisant que le régime de l'ancien Conseil militaire provisoire avait été destitué avant même la résolution du problème de la frontière.

Après tout cela, l'Ethiopie avait pris diverses mesures permettant d'établir des relations de confiance durables entre les deux gouvernements et leurs peuples, a lancé le ministre.

En conséquence, en 2001, les deux gouvernements avaient mis en place une commission spéciale chargée de trouver des solutions aux problèmes liés aux terres agricoles et au relogement le long de la frontière des deux pays.

« Le gouvernement avait permis aux régions voisines de participer à la commission afin d'assister les deux pays et leurs peuples respectifs. La commission entreprend des activités pour prévenir le déplacement et les conflits entre les populations vivant le long de leur frontière commune », a ajouté le ministre.

 

Mai 2008

 

Le Soudan arrête le chef de l'opposition islamiste

 

Le Nouvel Observateur, Khartoum avec Reuters, 12 mai 2008

 

Le Soudan a arrêté le chef de l'opposition islamiste Hassan al Tourabi et au moins quatre autres membres de son parti après une attaque contre Khartoum par des rebelles du Darfour auxquels il fut lié par le passé, font savoir des membres de son entourage.

"Les forces de sécurité sont venues tôt ce matin (lundi) et ont arrêté Tourabi", a déclaré Awad Babiker, secrétaire privé de Tourabi, à Reuters.

Khalil Ibrahim et d'autres dirigeants du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), groupe rebelle du Darfour qui a attaqué ce week-end un faubourg de Khartoum, ont soutenu Tourabi par le passé. Tourabi nie pour sa part tout soutien au JEM.

C'est la première fois que des combats atteignent la capitale depuis des décennies de conflit entre le gouvernement central, à dominante arabe, et les rebelles implantés dans les régions périphériques.

Un dirigeant du JEM a affirmé que l'attaque, lancée samedi, visait à s'emparer du pouvoir soudanais. Les rebelles ont avancé de quelque 600 km à travers le désert pour atteindre la banlieue d'Omdurman, dans l'ouest de Khartoum, où les dirigeants soudanais indiquent que les derniers combattants ont fui les lieux dimanche soir.

On estime à 65 le nombre de tués dans les combats.

 

Liens rompus avec le Tchad

 

Khalil Ibrahim a assuré lundi qu'il lancerait de nouvelles attaques contre la capitale soudanaise, et ce jusqu'à la chute du gouvernement.

"Ce n'est que le début d'un processus qui s'achèvera avec la disparition de ce régime", a déclaré Ibrahim à Reuters. "Ne vous attendez pas à juste une attaque supplémentaire, ce n'est que le début."

Le fils de Tourabi a déclaré que les forces de sécurité avaient arrêté son père à son domicile, une heure environ après son retour d'une conférence de son Parti du Congrès populaire, dans l'Etat voisin de Sennar.

"Ils veulent accuser le parti de ce qui s'est passé", a déclaré Siddig al Tourabi.

Le Soudan a rompu dimanche ses liens diplomatiques avec le Tchad, dont il accuse le président Idriss Déby de soutenir les rebelles ayant attaqué Khartoum.

Tourabi a joué le rôle d'idéologue pour le président Omar Hassan al Bachir jusqu'à ce que leur collaboration cède la place à une lutte de pouvoir en 1999-2000 .

Depuis, Tourabi a passé beaucoup de temps en prison mais il a été libéré en même temps que tous les autres prisonniers politiques dans le cadre d'un accord de paix Nord-Sud conclu en 2005.

Un couvre-feu a été imposé à Omdurman, où les soldats cherchent d'éventuels rebelles. Des points de contrôles ont été dressés à chaque carrefour et des chars bordent les rues sillonnées de camionnettes transportant des soldats.

Le Tchad s'est dit surpris de la "décision hâtive" du Soudan, et a souhaité une restauration rapide des relations diplomatiques.

Opheera McDoom, version française Natacha Crnjanski et Gregory Schwartz

 

 

Mai 2008

 

La tête du leader du JEM mise à prix pour125 millions de dollars

 

Xinhuanet, Khartoum, 12 mai 2008

 

Le Soudan a mis à prix pour 250  millions de livres (125 millions de dollars américains) la tête du leader du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), a rapporté dimanche l'agence de presse officielle SUNA. 

Les forces armées soudanaises ont affirmé qu'elles offriraient  à toute personne qui arrête ou donne des informations pouvant  conduire à l'arrestation du leader du JEM, Khalid Ibrahim, soupçonné de se cacher à Khartoum, selon la même source. 

Plus tôt dans la journée de dimanche, les autorités soudanaises ont indiqué que Khalid Ibrahim était blessé, son véhicule ayant  reçu une frappe directe lors des combats de samedi à Omdurman,  dans le nord-ouest de Khartoum. 

Suite aux cinq heures de violents affrontements à Omdurman, le  gouvernement soudanais a annoncé samedi soir que l'armée et la  police avaient fait échouer une tentative des rebelles du Darfour  de s'infiltrer dans la capitale et de procéder aux activités de  sabotage, en tuant et en capturant un nombre d'agents infiltrés. 

C'est la première fois que les rebelles du Darfour sont entrés à Khartoum et ont lancé des attaques depuis que les conflits  sanglants ont éclaté dans la région du Darfour (ouest du Soudan)  en février 2003.

 

 

Mai 2008

Crise entre le Tchad et le Soudan

Le Figaro, avec l'A.F.P., 11 mai 2008

 

Khartoum a rompu ses relations diplomatiques avec N'Djamena, accusé de soutenir une attaque de rebelles du Darfour.

 

La tension est majeure entre le Tchad et le Soudan au lendemain de violents combats qui ont opposé les soldats soudanais à des rebelles du Mouvement pour la justice et la liberté originaires de la région soudanaise du Darfour.

Les rebelles ont attaqué Omdurman, la ville jumelle de Khartoum, avant de tenter de marcher sur Khartoum après s'être emparés d'une base aérienne au nord de la capitale, où un couvre-feu a été imposé. Khartoum affirme avoir fait échec à l'opération, accusant le Tchad d'être derrière l'attaque, dans le but de «déstabiliser» le Soudan.

Les rebelles «sont maintenant soit morts soit faits prisonniers de guerre», assure le porte-parole de l'armée soudanaise, le général de brigade Osmane al-Aghbache. «Il s'agit d'un complot du Tchad», a pour sa part affirmé un responsable de la sécurité soudanaise interrogé par la télévision publique, assurant qu'»un calme total» régnait à Omdurman.

Tard samedi soir, le gouvernement tchadien a démenti toute implication, assurant condamner sans réserve «cette aventure» et répétant qu'il «a toujours apporté son appui à la recherche de la paix au Soudan et dans la région».

Condamnations unanimes

Tchad et Soudan s'accusent régulièrement d'aider des groupes rebelles. Lors de l'attaque de rebelles tchadiens contre N'Djamena les 2 et 3 février dernier, au cours de laquelle le régime du président tchadien Idriss Deby Itno avait été à deux doigts d'être renversé, le Tchad avait accusé son voisin de soutenir l'assaut.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a «fermement condamné» l'attaque du JEM et appelé à une cessation des combats, craignant que ces derniers ne bloquent les efforts de paix dans la région. Ban Ki-moon «a exprimé sa grave inquiétude pour les combats aux abords de Khartoum à la suite d'une attaque des forces du JEM (...) contre la capitale,» a déclaré dans un communiqué sa porte-parole, Michèle Montas.

»Nous appelons à une fin immédiate des combats», a affirmé dans un communiqué le porte-parole du Département d'Etat américain, Sean McCormack.

 

 

Mai 2008

 

Les Etats-Unis "très inquiets" de la situation au Soudan

 

Agence France Presse, Crawford (Etats-Unis), 10 mai 2008

 

Les Etats-Unis se sont dits samedi "très inquiets" des violences au Soudan et ont exhorté les rebelles de la province du Darfour et les forces gouvernementales à cesser les hostilités.

"Nous appelons les deux parties à cesser les hostilités, que ce soit le groupe rebelle ou toute réponse du gouvernement. Nous voulons voir le calme et l'ordre restaurés", a déclaré Gordon Johndroe, porte-parole du Conseil national de Sécurité.

"Nous sommes très inquiets de la situation sur le terrain et des informations en provenance de Khartoum", a-t-il dit, ajoutant que l'ambassade américaine suivait les développements "très attentivement".

Tandis qu'il s'exprimait, les autorités soudanaises ont affirmé avoir repoussé l'attaque d'un groupe rebelle du Darfour contre Khartoum, accusant le Tchad d'être derrière l'assaut contre la capitale soudanaise, où un couvre-feu a été imposé.

"L'opération est un échec. Le JEM (rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité) a tenté de déstabiliser (le Soudan) mais les forces soudanaises s'y sont opposées", a déclaré à l'AFP Kamal Obeid, un haut responsable du parti au pouvoir au Soudan, le Congrès national.

Les rebelles du JEM, le plus puissant militairement des groupes rebelles du Darfour, avaient affirmé plus tôt qu'ils marchaient sur Khartoum après de violents combats avec les forces gouvernementales au nord de la capitale.

Le Darfour est ravagé depuis cinq ans par un conflit qui a fait près de 200.000 morts, selon des organisations internationales, et plus de deux millions de déplacés. L'ONU a même avancé le chiffre de 300.000 morts.

 

Mai 2008

L'attaque des rebelles contre Khartoum a échoué, affirme le Soudan

Agence France Presse, Khartoum, 10 mai 2008

 

Le Soudan a affirmé samedi avoir repoussé l'attaque d'un groupe rebelle du Darfour contre Khartoum, accusant le Tchad d'être derrière l'assaut contre la capitale soudanaise, où un couvre-feu a été imposé.

Les rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), le plus puissant militairement des groupes rebelles du Darfour, avaient affirmé plus tôt qu'ils marchaient sur Khartoum après de violents combats avec les forces gouvernementales au nord de la capitale.

"L'opération est un échec. Le JEM a tenté de déstabiliser (le Soudan) mais les forces soudanaises s'y sont opposées", a déclaré à l'AFP Kamal Obeid, un haut responsable du parti au pouvoir au Soudan, le Congrès national.

M. Obeid a accusé le Tchad d'avoir soutenu l'attaque.

"Mais la tentative du président Idriss Deby de déstabiliser le Soudan a échoué", a-t-il affirmé.

Un porte-parole du gouvernement tchadien a démenti plus tard "toute implication" de son pays dans l'attaque.

Un couvre-feu a été imposé à Khartoum à partir de samedi 17H00 (14H00 GMT). Initialement prévu jusqu'à dimanche à 06H00 (03H00 GMT), il a été prolongé de quatre heures, a annoncé le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

La télévision d'Etat montrait samedi soir des images de rebelles présumés après leur capture ainsi que de véhicules et d'armes saisis par les forces gouvernementales.

L'armée avait annoncé plus tôt qu'elle faisait face à "une attaque des rebelles de Khalil Ibrahim (chef du JEM) dans le nord de Omdurman", la ville jumelle de Khartoum.

Le JEM, pour sa part, avait affirmé s'être emparé de la base aérienne de Wadi Sayyedna, au nord de Khartoum.

Un habitant de Omdurman, Sadiq Babo Nimr, a affirmé à l'AFP par téléphone que les résidents de la ville se terraient chez eux.

"C'est juste devant mon appartement, j'entends le bombardement d'une artillerie très lourde. (...) Il y a des balles perdues qui sifflent autour de l'immeuble", a-t-il dit.

Selon M. Nimr, l'électricité et le réseau de téléphonie mobile sont coupés.

L'armée s'est déployée dans les rues quasi-désertes de Khartoum, où les commerces étaient fermés, a indiqué un témoin à l'AFP par téléphone depuis la capitale.

Il n'était pas possible dans l'immédiat de savoir si les combats avaient fait des victimes.

"Nous ne voulons pas que ce régime suicidaire reste en place et tue (...) notre peuple tous les jours", a affirmé à l'AFP le porte-parole du JEM Ahmed Hussein Adam, joint par téléphone à Londres.

Les médias gouvernementaux ont en outre rapporté que l'armée soudanaise avait repoussé une attaque du Tchad dans la zone frontalière de Kishkish. Un porte-parole de l'armée soudanaise a estimé que le raid tchadien était une tentative de faire diversion à l'avancée du JEM vers la capitale.

"Nos forces armées ont tenu tête aux forces tchadiennes, leur infligeant des victimes, et les ont ramenées en territoire tchadien", a affirmé le général de brigade Mohammed Osmane al-Aghbache à la radio Omdurman, accusant le Tchad de "soutien direct" à "l'opération subversive" du JEM.

D'après un diplomate occidental, le gouvernement soudanais a appelé vendredi les ambassades pour dire que des rebelles se dirigeaient "vers l'est depuis la frontière tchadienne".

La sécurité a été renforcée dans la capitale depuis vendredi, a affirmé le diplomate qui a requis l'anonymat.

Un spécialiste américain du Darfour, Eric Reeves, a qualifié les combats de samedi de "développement extraordinaire".

Le Darfour est ravagé depuis cinq ans par un conflit qui a fait près de 200.000 morts, selon des organisations internationales, et plus de deux millions de déplacés. L'ONU a même avancé le chiffre de 300.000 morts.

La Maison Blanche s'est dite "très inquiète" des dernières violences et a appelé les rebelles du Darfour et les forces gouvernementales à cesser les hostilités

 

 

Mai 2008

Les bailleurs de fonds promettent 4,8 milliards de dollars d'aide au Soudan

Xinhuanet, Stockholm, 8 mai 2008

 

Les bailleurs de fonds et les agences internationales ont promis de continuer d'apporter de l' aide au Soudan pour permettre au pays de mettre en oeuvre l'accord de paix et se remettre de la guerre civile, lors d'une conférence des donateurs achevée mercredi à Oslo (Norvège), selon des informations reçues à Stockholm.

Les bailleurs de fonds et les agences internationales ont promis de contribuer à hauteur de 4,8 milliards de dollars américains pour la période 2008-2011 , a déclaré Hartwig Schafer, directeur de stratégie à la Banque mondiale, à la fin de cette conférence de deux jours.

"Je suis très heureux. La confirmation des engagements des bailleurs de fonds au Soudan montre que ça a été un succès", a-t- il souligné.

En 2005, les bailleurs de fonds et les agences internationales avaient promis 4,5 milliards de dollars d'aide au Soudan sur quatre ans.

Le ministre norvégien de l'Environnement et du Développement international, Erik Solheim, s'est également dit satisfait du résultat de la conférence.

 

 

 

Mai 2008 

Les bombardements au Darfour remettent en question le processus de paix

IRIN, édition française, Khartoum, 7 mai 2008

 

Quelques jours seulement après que les Nations Unies et l'Union africaine (UA) ont qualifié d'inacceptable le bombardement aérien de plusieurs villages et marchés du Darfour par les avions du gouvernement soudanais, au moins 13 personnes auraient trouvé la mort au cours du bombardement d'une école primaire et d'un marché de l'Etat du Nord-Darfour.

Le bombardement aérien, les 3 et 4 mai, de l'école de Shegeg Karo par des avions Antonov, est survenu alors que les élèves étaient en classe, selon une déclaration de Darfur Diaries , une organisation non-gouvernementale (ONG) qui finance le centre éducatif.

Le 2 mai, le général Martin Luther Agwai, commandant de la force des Nations Unies et de l'Union africaine au Darfour (MINUAD) , a condamné les bombardements d'Oum Sidir, d'Ein Bassar et de Shegeg Karo. Ces attaques, a-t-il déclaré, aggravent l'ampleur des déplacements, de l'insécurité et des innombrables souffrances des populations.

Selon les Nations Unies, les zones ciblées, sous le contrôle de l'Armée de libération du Soudan, ont été le théâtre « de frappes aériennes répétées et peut-être également d'affrontements entre le gouvernement et les forces rebelles, ces quelques derniers jours ».

Ces dernières violences remettent en doute la viabilité de l'Accord de paix du Darfour (DPA), signé il y a deux ans après la dernière phase de négociations entre les factions rebelles et le gouvernement soudanais.

Le DPA prévoit le désarmement [des milices armées] et établit un cadre pour le partage des richesses et des pouvoirs. Il prévoyait également l'octroi aux signataires rebelles du quatrième poste le plus important au sein du gouvernement et la création de zones tampons autour des couloirs consacrés aux populations déplacées et à l'aide humanitaire.

À la dernière minute, pourtant, seul l'un des trois groupes rebelles qui existaient alors avait signé l'accord d'Abuja.

« [Le DPA] n'a pas apporté de différence positive du point de vue de la paix, de la stabilité et de la sécurité dans la région du Darfour, et bon nombre de gens diraient même qu'à certains égards, le DPA a aggravé la situation », a expliqué à IRIN Laurie Nathan, membre de l'équipe de médiation de l'UA à Abuja, au Nigeria.

« Entre autres, [le DPA] a abouti à une fragmentation des mouvements rebelles », a-t-il ajouté, en allusion au morcellement des trois groupes principaux en plus de 28 factions séparées, se disputant toutes le statut de partenaire de négociation.

M. Nathan a également indiqué que l'échec du DPA « avait amené certains groupes rebelles à se méfier des pourparlers de paix ».

 

Navettes diplomatiques

 

Pour redonner vie au processus de paix, les Nations Unies et l'UA ont nommé Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim aux postes d'envoyés spéciaux en décembre 2006. Toutefois, tous les rebelles ne sont pas encore retournés à la table des négociations, puisque seuls sept groupes ont assisté aux dernières négociations, tenues à Syrte, en Libye, en octobre 2007.

« Il n'y a aucun doute que [les membres de l'équipe de médiation actuelle ont] saisi l'importante et terrible nécessité de se montrer patients ; [l'équipe a compris] que se contenter de rédiger un accord pour les parties ne nous mènera absolument nulle part si les parties ne s'engagent pas à appliquer cet accord », a souligné M. Nathan.

Selon des sources membres de l'équipe de négociation, MM. Eliasson et Salim pratiquent tous deux la diplomatie de la navette pour venir à bout de la méfiance qui règne parmi les groupes rebelles.

Pour Theodore Murphy, expert du Darfour au Centre for Humanitarian Dialogue , un groupe de médiation genevois, « en un sens, il s'agit d'un pas en arrière, mais aussi d'un pas en avant, car cela permettra peut-être de faire tomber dès maintenant les barrières qui séparent les différents groupes ».

Lorsque ce sera terminé, a-t-il ajouté, « ils accepteront peut-être de s'asseoir autour d'une table et de discuter ».

La société civile et les groupes arabes, largement ignorés au cours du premier processus de paix, ont été invités à se joindre aux négociations actuelles pour encourager une participation plus générale au processus.

« Ce groupe de Darfuris n'a d'autre choix que de lutter pacifiquement pour ses droits », a déclaré Hassan Isan Hassan, représentant de la société civile aux négociations de Syrte. « Le peuple du Darfour soutient ces négociations et continuera à le faire, tout simplement parce [qu'il] n'y a pas d'autre moyen d'instaurer une paix durable ».

 

Le rôle de la MINUAD

 

Le statut du DPA reste néanmoins flou. Tandis que les groupes rebelles continuent de le rejeter, le gouvernement maintient que toutes futures négociations devraient reposer sur les fondements de l'accord initial.

Abdel Wahid Mohammed al-Nour, leader influent du Mouvement de libération du Soudan/Abdel Wahid, qui vit actuellement en exil, a refusé de prendre part aux dernières négociations, tenues à Syrte. Il a justifié son boycott en invoquant l'insécurité qui règne au Darfour et le fait que l'opération hybride de maintien de la paix n'a pas été entièrement déployée.

La MINUAD a pris le relais de la force de maintien de la paix de l'Union africaine le 1er janvier ; il est prévu qu'elle compte, à terme, 26 000 hommes.

Pour l'instant, selon Rodolphe Adada, représentant spécial des Nations Unies et de l'Union africaine au Darfour, la MINUAD n'a été déployée qu'à 40 pour cent, et il est peu probable que la force soit entièrement déployée avant 2009.

Le déploiement a été retardé pour des raisons logistiques, notamment un manque d'hélicoptères de transport et de combat, et en raison d'un désaccord avec le gouvernement concernant la composition de la force.

« La MINUAD est une mission de maintien de la paix », a indiqué M. Adada, « et une mission de maintien de la paix doit avoir une paix à maintenir ».

« Si la MINUAD peut être déployée entièrement, être convenablement équipée et en mesure de fonctionner avec la coopération des parties, elle contribuera grandement à trouver une solution négociable à la crise », avait précédemment déclaré M. Salim.

« La présence accrue de la MINUAD au Darfour a une fonction très concrète : le suivi et la vérification de l'accord de cessation des hostilités qui, nous l'espérons, sera abordé au début des pourparlers », a également observé M. Eliasson, se faisant l'écho du sentiment de son homologue.

 

 

Mai 2008

  Les USA condamnent les raids aériens du Soudan au Darfour

Agence France Presse, Washington, 6 mai 2008

 

Le département d'Etat américain a condamné mardi les raids aériens menés ces derniers jours par le gouvernement du Soudan dans la province rebelle du Darfour, qui ont fait de nombreuses victimes civiles, selon des témoins.

"Nous condamnons les bombardements aériens par les forces armées soudanaises de cibles civiles dans le nord du Darfour, notamment l'attaque le 4 mai d'une école primaire et d'un marché qui, selon nos informations, ont ôté la vie à plusieurs civils", a indiqué le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack, dans un communiqué.

"Nous appelons le gouvernement soudanais et tous les groupes armés à se conformer à leurs engagements en matière de cessez-le-feu, à mettre fin aux hostilités et à rechercher une résolution pacifique au conflit", a-t-il poursuivi.

Le Mouvement pour la justice et l'égalité (rebelle) avait indiqué lundi que des avions des forces gouvernementales soudanaises avaient bombardé durant trois jours le nord du Darfour, y compris un marché bondé, faisant 14 morts parmi les civils.

Un porte-parole de ce mouvement, Ahmed Hussein Adam, interrogé par l'AFP de Londres, avait affirmé que les attaques avaient pris délibérément pour cibles des civils, "car il n'y avait aucun élément armé dans le secteur".

Le Darfour, une province de l'ouest du Soudan, est ravagé depuis cinq ans par un conflit qui a fait près de 200.000 morts, selon des organisations internationales, et plus de deux millions de déplacés. L'ONU a même avancé le chiffre de 300.000 morts.

(©AFP / 06 mai 2008 22h26)

 

 

Mai 2008

La Chine continue de chercher une solution à la crise du Darfour

Xinhuanet, Stockholm, 7 mai 2008

 

L'ambassadeur chinois en Norvège,  Gao Jian, a déclaré mardi dans la capitale norvégienne d'Oslo que  la Chine continuerait à travailler étroitement avec les autres  parties concernées et ferait de son mieux pour apporter soutien et assistance dans le but de trouver une solution à la crise du  Darfour (Soudan), a-t-on appris par les media. 

Lors de la conférence internationale des bailleurs de fonds, M. Gao a prononcé un discours sur le dossier du Darfour au nom du  ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi. 

Il a déclaré que la Chine fait de son mieux pour trouver une  solution appropriée à la crise du Darfour, qui implique une  participation active aux opérations de maintien de la paix dans la région.  

« Nous nous sommes engagés à envoyer une unité d'ingénieurs de  315 hommes. Jusqu'à présent, la première équipe de 143 ingénieurs  a déjà été envoyée au Darfour et accomplit sa mission maintenant.  La Chine est le premier pays extérieur à l'Afrique à être entré  dans la région à cet effet, » a indiqué l'ambassadeur. 

« Jusqu'à aujourd'hui, nous avons versé 80 millions de RMB ( monnaie chinoise, plus de 11 millions de dollars américains) pour  l'aide humanitaire à la région et 1,8 million de dollars américains supplémentaires à la mission de maintien de la paix de  l'Union africaine. Et également dernièrement, nous avons fait un  don de 500 000 dollars au fonds de confiance des Nations Unis, qui a permis de financer les efforts de médiation de l'UA et des  émissaires spéciaux de l'ONU, » a-t-il déclaré. 

Concernant la question du Darfour, la Chine est convaincue que  l'opération de maintien de la paix et le processus de négociations politiques devraient être menés de manière équilibrée, a souligné  M. Gao. 

La Chine est également très inquiète du manque de progrès au  niveau du processus politique et « nous appelons la communauté  internationale à émettre une influence positive et à demander aux  parties opposées de la région du Darfour de revenir à la table des négociations le plus tôt possible, » a-t-il insisté. 

La conférence des bailleurs de fonds qui s'étend sur deux jours examinera les progrès réalisés au niveau de l'application de l'  Accord global de paix (CPA), accord signé en 2005 qui a mis fin à  plus de deux décennies de guerre civile au Soudan, selon le  ministère norvégien des Affaires étrangères

 

 

Mai 2008

Point de presse du bureau de la porte-parole du Secrétaire général de l'ONU

Nations Unies, New York, point de prese, 6 mai 2008

 

La coordonnatrice humanitaire de l'ONU au Soudan, Mme Ameerah Haq, s'est dite très inquiète par les informations faisant état d'attaques d'installations civiles dans le nord du Darfour.  À Oslo, où le Consortium pour le Soudan évalue les progrès de la mise en œuvre de l'Accord de paix global entre le Nord et le Sud-Soudan, elle a joint sa voix aux délégués qui, l'un après l'autre, ont appelé à un arrêt immédiat des attaques au Nord-Darfour.  Mme Haq a appelé à un accès immédiat à toutes les zones concernées de façon à permettre l'évacuation de tous les civils gravement blessés.

L'UNICEF est également préoccupé par les informations selon lesquelles de nombreux enfants auraient été tués lors d'attaques perpétrées contre deux villages au Nord-Darfour, à l'ouest du Soudan, et appelle les forces gouvernementales et les autres parties au conflit à prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir de tels actes.

L'UNICEF rappelle à toutes les parties en conflit au Darfour qu'en vertu de conventions internationales, les enfants doivent bénéficier d'une protection spéciale pendant les opérations militaires, en exhortant que tous les efforts soient faits pour que les écoles, les centres de santé et autres installations humanitaires de ce type soient considérées comme des zones de paix.  Le conflit au Darfour a fait de nombreuses victimes parmi les enfants.  L'UNICEF estime que la moitié des populations touchées par le conflit au Darfour sont des enfants, dont au moins un million ont été déplacés en raison des combats.

Pendant ce temps, la Vice-Secrétaire générale de l'ONU, Mme Asha-Rose Migiro est également intervenue au Consortium d'Oslo sur le Soudan.  Elle a noté que la paix restait un rêve lointain pour la population du Soudan, dont une grande partie dépendait de l'aide de l'ONU par le biais de la plus grande opération humanitaire du monde.  En même temps, elle a dit qu'il était d'une importance critique que l'attention accordée au Darfour ne vienne éclipser le travail pour la paix à mener dans le reste du Soudan.

 

Mai 2008

L'Egypte et le Soudan vont construire une autoroute entre eux

Agence de presse africaine, Le Caire, 6 juin 2008

 

La ministre égyptienne de la Coopération internationale, Fayza Abul-Naga, a annoncé s'être entretenue avec son homologue soudanais du Transport, Elsayed Elfatih, de la possibilité de construire une autoroute de 280 km reliant la ville frontalière égyptienne à la ville de Port Soudan.

L'entretien entre les deux ministres a porté sur plusieurs sujets d'intérêt commun en prélude à la session du Haut Conseil Soudano-égyptien.

Mme Abul-Naga a indiqué que cette rencontre se tiendra au Caire le 26 mai prochain sous la présidence des Premiers ministres soudanais et égyptien.

Par ailleurs, M. Fayza Abul-Naga a souligné avoir discuté avec le ministre soudanais au sujet de l'ordre du jour de cette session, qui inclut la construction future d'un grand projet d'autoroute longue de 280 km.

Cette autoroute vu comme un projet vital pour l'Egypte et le Soudan, constituera la première liaison directe entre les deux pays

 

 

Mai 2008

Le Soudan sollicite l'aide des donateurs, UE et Norvège s'engagent

Agence France Presse, Oslo, 6 mai 2008

 

Le Soudan a lancé mardi un appel à la générosité de la communauté internationale pour consolider la paix dans le sud du pays, générant de premiers engagements de dons de plusieurs centaines de millions d'euros de la part des bailleurs de fonds réunis à Oslo.

"Je voudrais appeler la communauté internationale à maintenir une assistance robuste" aux efforts de reconstruction et développement en cours au Sud Soudan après 21 ans de guerre, a déclaré le vice-président soudanais Ali Osmane Taha au deuxième jour d'une conférence des donateurs.

Cette réunion de trois jours est censée examiner les progrès réalisés depuis la signature en janvier 2005 d'un accord de paix entre Khartoum et les ex-rebelles sudistes du Mouvement de libération populaire du Soudan (SPLM), et lever des fonds pour consolider la paix.

L'Union européenne et le pays hôte, la Norvège se sont engagés à verser respectivement 300 millions d'euros sur six ans et 500 millions de dollars sur quatre ans.

L'enveloppe promise par Bruxelles pour la reconstruction du Sud Soudan s'ajoute à l'aide humanitaire qui devrait dépasser 100 millions d'euros pour la seule année 2008, a souligné le commissaire européen au Développement Louis Michel.

D'autres promesses de dons de la part de la trentaine de pays et d'organisations internationales présents sont attendues mercredi, au dernier jour de la conférence d'Oslo.

Celle-ci intervient à mi-parcours de la période de transition (2005-2011) prévue par l'accord de paix de 2005 et à l'issue de laquelle les populations du Sud doivent se prononcer sur une éventuelle indépendance.

"Les Soudanais doivent recueillir les dividendes de la paix. Ils ont déjà attendu trop longtemps", a estimé la vice-Secrétaire générale de l'Onu Asha-Rose Migiro.

La guerre civile entre le Sud, majoritairement chrétien et animiste, et le Nord à majorité arabo-musulmane a fait 1,5 million de morts en 21 ans et considérablement affaibli l'économie du pays.

Dans leurs interventions à Oslo, de nombreux donateurs ont estimé que beaucoup restait à faire dans le processus de paix entre le Nord et le Sud et exprimé leurs préoccupations, région de l'ouest du Soudan en proie depuis cinq ans à une autre guerre civile.

En avril 2005, une première conférence des donateurs du Soudan, également à Oslo, avait permis d'engranger quelque 4,5 milliards de dollars de promesses de dons sur une période de trois ans, plus que les 2,6 milliards demandés.

Mais cette aide initialement liée au processus de paix Nord-Sud a ensuite largement été consacrée à la crise humanitaire au Darfour, au grand dam du gouvernement semi autonome du Sud Soudan.

Pour éviter une répétition de ce scénario, le ministre norvégien de l'Aide au développement Erik Solheim a plaidé mardi pour une allocation plus ciblée des ressources ainsi que pour un déblocage plus facile des fonds, le mécanisme mis en place par la Banque mondiale ayant été jugé trop lent et trop rigide.

"Les Soudanais doivent recueillir les dividendes de la paix. Ils ont déjà attendu trop longtemps", a estimé la vice-Secrétaire générale de l'Onu Asha-Rose Migiro.

La guerre civile entre le Sud, majoritairement chrétien et animiste, et le Nord à majorité arabo-musulmane a fait 1,5 million de morts en 21 ans et considérablement affaibli l'économie du pays.

Dans leurs interventions à Oslo, de nombreux donateurs ont estimé que beaucoup restait à faire dans le processus de paix entre le Nord et le Sud et exprimé leurs préoccupations au sujet du Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie depuis cinq ans à une autre guerre civile.

En avril 2005, une première conférence des donateurs du Soudan, également à Oslo, avait permis d'engranger quelque 4,5 milliards de dollars de promesses de dons sur une période de trois ans, plus que les 2,6 milliards demandés.

Mais cette aide initialement liée au processus de paix Nord-Sud a ensuite largement été consacrée à la crise humanitaire au Darfour, au grand dam du gouvernement semi autonome du Sud Soudan.

Pour éviter une répétition de ce scénario, le ministre norvégien de l'Aide au développement Erik Solheim a plaidé mardi pour une allocation plus ciblée des ressources ainsi que pour un déblocage plus facile des fonds, le mécanisme mis en place par la Banque mondiale ayant été jugé trop lent et trop rigide.

 

Mai 2008

Le Soudan réitère sa détermination à continuer le processus de paix

 

Xinhuanet, 6 mai -2008

 

Le gouvernement soudanais a  réaffirmé sa détermination, lundi, à appliquer l'accord de paix qu'il a signé avec certains groupes rebelles du Darfour il y a  deux ans, tout en soulignant la nécessité d'une assistance accrue  pour la mise en oeuvre de l'accord. 

"Nous sommes déterminés à continuer l'application de l'Accord  de paix au Darfour afin de réaliser la sécurité et la stabilité  dans l'intérêt du peuple du Darfour", a déclaré devant la presse  Nafie Ali Nafie, assistant au président soudanais, qui est aussi  le principal négociateur du gouvernement dans les pourparlers avec les rebelles du Darfour. 

La sécurité et la stabilité pourraient être réalisées au  Darfour si tous les groupes rebelles du Darfour signent cet accord et que les parties régionales et internationales fournissent l'assistance nécessaire qu'elles avaient promise lors de la  signature de cet accord, a-t-il indiqué. 

M. Nafie a tenu ces propos peu après que les anciens rebelles  du Darfour, qui ont signé l'accord de paix à Abuja, au Nigeria, le  5 mai 2006 , eut annoncé la suspension de leur participation au  gouvernement en signe de protestation contre ce qu'ils appelaient "procrastination" dans la mise en oeuvre de l'accord de paix. 

Mini Arkou Minawi, leader de la faction Minawi du Mouvement  pour la libération du Soudan (SLM), qui a été nommé assistant au  président soudanais, avait annoncé cette décision à l'occasion du  second anniversaire de la signature de l'accord de paix. 

Il avait déclaré que sa faction et d'autres mouvements ayant  signé l'accord "suspendent dès maintenant leur participation au  gouvernement au niveau central et local", pour exprimer leur " ressentiment sur la procrastination de l'application de l'accord  de paix". 

Une vingtaine de groupes rebelles du Darfour ont refusé de  signer l'accord de paix, malgré la médiation de l'Union africaine, réclament plus concessions de la part de Khartoum. 

M. Nafie a toutefois admis que certains développements positifs avaient été enregistrés depuis la signature de l'accord de paix,  estimant que la faction Minawi et les autres anciens groupes rebelles participant au gouvernement devaient faire une évaluation objective sur l'application de l'accord. 

Selon lui, un haut comité pour le Darfour présidé par le  président Omar al-Béchir tiendra une réunion prochainement pour  discuter des propositions concernant l'application de l'accord de  paix, avancées par les autorités de transition au Darfour,  dirigées par le faction Minawi.

 

 

Mai 2008

Les donateurs réunis à Oslo pour consolider la paix au Sud-Soudan

Agence France Presse, Oslo, 5 mai 2008

 

Les donateurs du Soudan se sont réunis lundi à Oslo afin de consolider la paix dans le sud du pays africain en finançant la reconstruction de cette région, l'une des plus déshéritées au monde, a indiqué le gouvernement norvégien.

"Les besoins sont pour ainsi dire illimités au Sud-Soudan", a déclaré à l'AFP Erik Solheim, le ministre norvégien de l'Aide au développement, hôte de la conférence.

Pendant cette rencontre de trois jours, les représentants d'une trentaine de pays et de la Banque mondiale vont examiner les progrès réalisés depuis la signature en janvier 2005 d'un accord de paix entre Khartoum et les ex-rebelles sudistes du Mouvement rebelle (SPLM), et les besoins de financement.

En avril 2005, une première rencontre des bailleurs de fonds dans la capitale norvégienne avait permis d'engranger quelque 4,5 milliards de dollars de promesses de dons au Sud-Soudan, plus que les 2,6 milliards demandés.

Aucune somme initiale des besoins n'a été fournie cette fois-ci.

"Les dons seront proportionnels aux progrès politiques perçus au cours des discussions à venir", a dit M. Solheim.

L'accord de paix de 2005 avait mis fin à une guerre civile dévastatrice dans le Sud, majoritairement chrétien et animiste. En 21 ans, cette guerre avait fait 1,5 million de morts et largement affaibli l'économie du Nord à majorité arabo-musulmane.

La rencontre d'Oslo intervient à mi-parcours de la période de transition (2005-2011) prévue par l'accord et à l'issue de laquelle les populations du Sud se prononceront sur une éventuelle indépendance.

"C'est l'un des endroits les plus pauvres du globe. Ils ont besoin de routes, d'écoles, de soins et d'un appareil politique. Ils ont de nombreux leaders qui ont démontré leurs capacités en temps de guerre et qui doivent désormais transférer ces capacités dans le civil", a précisé M. Solheim.

"Aussi grave que la situation soit au Darfour (région de l'ouest du Soudan en proie depuis cinq ans à une autre guerre civile), la question Nord-Sud au Soudan est un enjeu encore plus important: si on n'arrive pas à définitivement clore ce conflit, aucun autre conflit ne peut être résolu", a-t-il dit.

Le leader de la région semi-autonome du Sud-Soudan, Salva Kiir, a annulé sa participation à la conférence d'Oslo après la mort de son ministre de la Défense, Dominic Dim Deng, qui a péri avec 22 autres personnes dans un accident d'avion la semaine dernière.

La journée de lundi était consacrée à des réunions techniques à huis clos.

 

Mai 2008

Envoi de 345 soldats zambiens au Soudan

Afrique actualités, Lusaka – 03 mai 2008

 

La Zambie va envoyer lundi un contingent de 345 soldats de la paix dans la région d'Abeyei au Soudan, pour renforcer la paix et la stabilité dans ce pays.

Lors d'un défilé d'adieu pour ces soldats à Lusaka, le commandant en chef de l'armée zambienne, le général Isaac Chisuzi a chargé ces troupes de faire preuve de discipline et de présenter une bonne image des forces de défense zambiennes.

"Alors que vous partez, rappelez-vous qu'en plus de travailler sous les auspices de l'ONU vous êtes les ambassadeurs de la Zambie", a lancé le général Chisuzi à leur adresse.

Il a assuré que la formation de ces soldats de la paix avait pris en compte les différences de climat entre la Zambie et le Soudan.

En outre, ils ont subi un entraînement intensif lors de camps d'entraînement au combat entre février et avril pour répondre aux normes des Nations unies en matière de maintien de la paix.

Ces casques bleus zambiens, issus de l'Armée de Terre, de l'Armée de l'Air et du Service national de la Zambie, seront basés pendant six moix au Soudan. Ils vont remplacer un contingent déployé en octobre de l'année dernière.

Le ministre zambien de la Défense, George Mpombo, a réaffirmé la détermination du gouvernement zambien à continuer à fournir des casques bleus pour le maintien de la paix et de la stabilité sur le continent.

M. Mpombo a rappelé aux soldats qu'ils allaient dans une zone de guerre malgré le calme relatif prévalant dans la région soudanaise où ils sont affectés.

Il a ajouté qu'il était nécessaire pour tous de respecter la culture et la politique soudanaise en rappelant aux soldats qu'ils partaient pour consolider la paix et non pour prendre parti.

 

Mai 2008

Le corps d'un ministre du Sud Soudan ramené à Juba après l'accident d'avion

 

Agence France Presse, Juba, 3 juillet 2008

 

Les corps d'un ministre du Sud Soudan et de cinq autres personnes tuées vendredi dans un accident d'avion sont arrivés samedi à Juba, capitale du Sud Soudan, où ils étaient attendus par des centaines de proches et responsables locaux.

L'appareil qui transportait le général Dominic Dim Deng, ministre de la Défense du gouvernement du Sud Soudan, s'est écrasé vendredi à 375 km à l'ouest de Juba, tuant la vingtaine de personnes qui se trouvaient à son bord.

Le président du Sud Soudan, Salva Kiir, par ailleurs premier vice-président du gouvernement d'union nationale soudanais, était présent à l'aéroport de Juba à l'arrivée des corps.

L'avion, qui faisait la liaison Wau (nord-ouest) - Juba, transportait une délégation de dirigeants du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, ex-rébellion sudiste).

Parmi les cinq autres dépouilles, se trouvaient notamment celles du conseiller présidentiel Justin Yak et ceux de deux pilotes kenyans.

Des recherches se poursuivaient pour retrouver deux corps, a déclaré Daniel Awet, gouverneur de l'Etat des Lacs, au nord de Juba.

"La carcasse de l'avion est en mauvais état. Cela prend du temps pour l'ouvrir entièrement", a-t-il dit.

Il a ajouté qu'un premier signal de détresse avait été envoyé par les pilotes alors que l'avion se trouvait à 27 km de Rumbek, la capitale de l'Etat des Lacs, et qu'un second signal avait été émis alors que l'appareil se trouvait à 43 km de la ville.

"Cela confirme qu'il n'y a aucune action malveillante derrière cet accident", a dit le chef d'état-major de l'armée du Sud Soudan, Deng Oyay. "Mais une enquête est en cours. A en croire les informations transmises par les pilotes, cette tragédie est le résultat de problèmes mécaniques."

M. Kiir a annulé une visite à Oslo, où il devait participer à la conférence des donateurs au Soudan les 6 et 7 mai, pour assister aux funérailles de M. Dim Deng et des 22 autres victimes, a indiqué à l'AFP le ministre soudanais des Affaires étrangères, Deng Alor.

La date et le lieu de ces funérailles n'ont pas été décidés, a-t-il ajouté.

Un des chefs du SPLM, Hamid Gallab, a affirmé que le congrès général du mouvement prévu le 10 mai à Juba était maintenu et permettra l'élection d'un nouveau ministre de la Défense.

Un deuil de trois jours a été décrété à partir de samedi dans le Sud.

Ancien colonel de l'armée soudanaise, Dominic Dim Deng avait rejoint la branche armée de la rébellion sudiste du SPLM en 1987, selon le Sudan Tribune. Il était devenu ministre de la Défense en juillet 2007.

Le Sud Soudan dispose d'un gouvernement administrant la partie méridionale du territoire ainsi que des ministres dans l'exécutif de Khartoum.

Ce partage du pouvoir est le résultat d'une longue et meurtrière guerre civile entre le Sud majoritairement chrétien et animiste et le Nord à majorité arabo-musulmane.

Un Accord de paix globale (CPA) a mis fin en 2005 à ce conflit, la plus longue guerre civile d'Afrique qui, en 21 ans, a fait 1,5 million de morts. Mais des désaccords subsistent sur une ligne de démarcation entre le Sud et le Nord et sur le statut de la zone pétrolière d'Abyei, revendiquée par les deux parties.

 

   Mai 2008

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