Nous référençons un certain nombre
d'articles sur le Soudan |
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2005
Conseil de sécurité 5882 e séance, . 30 avril 2008
Le Conseil de sécurité a prorogé aujourd'hui jusqu'au 30 avril 2009 le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS), dans l'intention de le renouveler par la suite. Dans cette résolution 1812 (2008), adoptée à l'unanimité, le Conseil prie le Secrétaire général de lui présenter une analyse des mesures que la Mission pourrait prendre pour soutenir davantage le travail électoral et faire avancer le processus de paix. Il prie d'ailleurs le Gouvernement d'unité nationale de mener à bien un recensement national sans exclusive et de préparer sans délai des élections libres et régulières dans tout le Soudan.
Dans cette résolution dotée d'un dispositif de 26 paragraphes, le Conseil demande à toutes les parties d'accepter immédiatement que la Mission procède à une opération de contrôle et de vérification dans la région d'Abyei, sans préjuger de l'accord final entre les parties sur les frontières définitives. Il invite ces parties à dégager une solution mutuellement acceptable, à éloigner leurs forces de la frontière contestée du 1 er janvier 1956 et à établir dans la région une administration provisoire conformément à l'Accord de paix global. Le Conseil prie la Mission d'apporter un concours technique et logistique pour aider les parties à procéder à la démarcation de la frontière.
Se félicitant de l'adoption du Plan stratégique national de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR), le Conseil prie la Mission d'aider au désarmement volontaire, au rassemblement et à la destruction des armes. Il exhorte les donateurs à donner suite aux appels lancés par l'Unité conjointe des Nations Unies pour le DDR.
Le Conseil se déclare, par ailleurs, préoccupé par la persistance des conflits et de la violence au niveau local et note que tout conflit dans telle partie du Soudan touche les conflits dans les autres parties du pays et le reste de la région. Il invite donc la Mission à coordonner étroitement son action avec celle de l'Opération hybride Union Africaine-Nations Unies au Soudan (MINUAD), de l'Equipe conjointe Union Africaine-ONU d'appui à la médiation et des autres parties prenantes.
Le Conseil demande à toutes les parties de collaborer sans réserve avec la Mission, de faciliter l'exécution de son mandat et de respecter les obligations que leur impose le droit international humanitaire.
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Agence France Presse, New York , 28 avril 2008
Lorsqu'un haut responsable de l'ONU a annoncé cette semaine une nouvelle estimation du nombre de personnes mortes au Darfour des suites de la guerre civile, le portant à 300.000, le débat sur la précision de ce type de statistiques a été relancé. "Une étude en 2006 avait fait état de 200.000 morts des effets combinés du conflit. Ce chiffre doit être plus élevé maintenant, peut-être de 50%", a déclaré devant le Conseil de sécurité John Holmes, coordinateur du secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires humanitaires. Ce total inclut les victimes décédées lors de combats, mais aussi des conséquences de la guerre comme la famine et les maladies, au cours des cinq années de conflit dans cette région de l'ouest du Soudan. L'estimation précédente de 200.000 morts avait été faite sur la base d'une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "Nous sommes maintenant deux ans plus tard, c'est donc une extrapolation raisonnable de dire que ce n'est plus 200.000 et que cela doit être nettement plus que cela", a-t-il dit. "Je ne cherche pas à donner un chiffre exact", a-t-il toutefois insisté. Pour Eric Reeves, un universitaire spécialiste du Soudan au Smith College de Northampton (Massachusetts, nord-est), le chiffre de John Holmes est "très, très conservateur". Il avance le chiffre de "500.000 sur la base de données de la Coalition of International Justice (CIJ), qui suggère que fin 2004 plus de 200.000 personnes étaient décédées de morts violentes". L'ambassadeur du Soudan à l'ONU, Abdalmahmood Abdalhaleem Mohamad, a lui qualifié l'estimation de M. Holmes de "non objective". "Selon nos propres calculs, le nombre des morts n'excède pas 10.000", a-t-il ajouté, précisant que ce chiffre n'incluait que les décès dus aux violences. "Il n'y a pas d'épidémie ni de famine au Darfour", a-t-il affirmé. Tenter d'évaluer la mortalité au Darfour est une tache ardue pour les travailleurs humanitaires sur place, qui font face à des tactiques d'intimidation et de harcèlement de la part des autorités soudanaises. Dans ce contexte, certains experts ont questionné la crédibilité de certaines organisations militant pour la cause du Darfour, les accusant de gonfler les chiffres pour sensibiliser davantage l'opinion publique. Dans uns tribune publiée dans le Financial times en 2005, Debarati Guha-Sapir, responsable du Center for Research on the Epidemiology of Disasters (CRED) et épidemiologiste à l'Université catholique de Louvain à Bruxelles, mettait en garde contre "des chiffres sensationnels qui n'aident pas la cause du Darfour". La scientifique faisait référence en particulier aux 400.000 morts annoncés par Eric Reeves et la CIJ à l'époque. Le CRED, qui travaille avec l'OMS et est considéré comme une référence au sujet du nombre de victimes au Darfour, souligne que le chiffre de 200.000 est basé sur un recensement de l'OMS de 2004 qui faisait état de 10.000 morts par mois lorsque les violences étaient les plus fortes. La mortalité moyenne dans les zones subsahariennes est de 16 pour 1.000 par an. Afin d'évaluer les morts au Darfour, les experts calculent la différence entre la mortalité actuelle et cette moyenne. "En 2005, nous avons estimé à 125.000 le nombre de morts au Darfour, dont 25% lors de violences pour la période 2003-2005 ", souligne Olivier Degomme, chercheur au CRED. "L'ONU a estimé à 200.000 morts dues au conflit pour la même période", ajoute-t-il. "Depuis 2005, il y a sûrement encore beaucoup de morts au Darfour. Les services basiques de santé ne fonctionnent pas, les enfants ne sont pas vaccinés et ne sont pas bien nourris, la sécheresse est un problème majeur et il y a des attaques sporadiques contre des civils", explique à l'AFP Mme Guha-Sapir, qui juge réaliste le total de 300.000 morts avancé par l'ONU.
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Suisse Romande avec l'A.F.P., Khartoum, 27 avril 2008 Les entreprises d'Etat chinoises China Water and Electric Corp (CWE) et Sino-Hydro ont signé dimanche un contrat de 400 millions de dollars avec le Soudan pour surélever le plus vieux barrage du pays, celui de Roseires, dans l'Etat du Nil bleu (Sud). La signature s'est déroulée à Khartoum en présence du président Omar el-Béchir, a indiqué un correspondant de l'AFP. La capacité du barrage de Roseires, construit à l'époque coloniale britannique, au début du 20ème siècle, pour irriguer les plantations de coton, sera portée à sept milliards de m3 d'eau au lieu de quatre milliards actuellement, après les travaux de surélevation. Le projet, d'un coût de 396 millions de dollars, sera financé principalement par des investisseurs arabes, et sera achevé en quatre ans. La Chine est un investisseur important au Soudan et le principal client de ses exportations pétrolières. Elle est accusée par certaines organisations de défense des droits de l'Homme de complaisance avec les autorités de Khartoum, dans la guerre au Darfour (ouest). CWE participe à la construction controversée du barrage de Merowe, dans le nord du Soudan où au moins quatre personnes ont été tuées en juin par la police lors d'une manifestation de protestation contre le barrage. (©AFP / 27 avril 2008 19h55)
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Nations Unies, New York, bureau de presse, 24 avril 2008
Dans son dernier rapport au Conseil de sécurité sur le Soudan, le Secrétaire général explique que l'ONU devrait centrer ses efforts sur l'appui à la mise en oeuvre de l'Accord de paix global, afin d'aider les parties à honorer l'engagement qu'elles ont pris de 'rendre attrayant le concept d'unité' et à créer les conditions requises pour l'organisation d'un référendum pacifique en 2011. « La crise au Darfour a détourné l'attention de la feuille de route stratégique offerte par le processus de paix. Il est essentiel de continuer à centrer les efforts sur l'Accord pour assurer la stabilité du Soudan à long terme », affirme Ban Ki-moon- dans son rapport rendu public aujourd'hui et qui porte sur la période postérieure au 31 janvier. Car s'il se félicite du partenariat entre le Parti du Congrès national et le Mouvement populaire de libération du Soudan des trois dernières années, il note cependant qu'il ne s'est pas encore traduit par une action effective dans tous les domaines envisagés par l'Accord, dont la mise en oeuvre a pris dans l'ensemble un retard considérable. « Je me félicite de la détermination des parties à travailler ensemble au sein du Gouvernement d'unité nationale et à surmonter les désaccords et les tensions par le dialogue », affirme-t-il, avant de recommander une réorientation des priorités et des activités de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS), afin de maximiser sa contribution au processus de paix. Il recommande, en particulier, la réorientation des activités de maintien de la paix à proximité de la zone de la frontière du 1er janvier 1956. Il demande aussi au Conseil de sécurité d'autoriser que la Mission fournisse un soutien technique et logistique au processus de démarcation de la frontière, comme le demandent les parties. Il souhaite aussi que la Mission obtienne du Conseil l'autorisation de fournir un appui au système pénitentiaire, ainsi que de surveiller les activités de l'Armée de résistance du Seigneur au Sud-Soudan qui peuvent affecter la sécurité de l'UNMIS. Par conséquent, Ban Ki-moon demande au Conseil la prorogation du mandat de la UNMIS pour 12 mois, jusqu'au 30 avril 2009 . « Nos activités devraient également contribuer à jeter les bases de la stabilité au-delà de 2011 », précise-t-il, car « l'ONU devrait s'efforcer d'aider les parties à exécuter leurs obligations, de manière que la période intérimaire ne marque pas la fin d'une trêve mais le rétablissement de la paix et de la stabilité à long terme ». Le Conseil de sécurité doit se réunir cet après-midi pour discuter du rapport et écouter un exposé de Jean-Marie Guéhenno, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, sur les pays qui fournissent des contingents.
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Jeune Afrique avec Xinhuanet, 24 avril 2008
Le premier vice-président soudanais et président du gouvernement du Sud Soudan, Salva Kiir Mayardit, a déclaré que le recensement de la population, qui a commencé mardi dans le Sud Soudan, progresse malgré l'éloignement de certaines régions. Il a appelé tous les citoyens des Etats du Sud Soudan à répondre au processus de recensement, qui donneront des informations précieuses aux dirigeants et permettront de mettre en place des programmes de développement, selon l'agence de presse officielle SUNA. Le processus de recensement de la population a commencé mardi matin dans les 10 Etats du Sud Soudan, avec la participation de 14 191 agents de recensement, superviseurs et observateurs. La Commission pour le recensement et l'évaluation de la population dans le Sud Soudan a fourni 115 véhicules pour le lancement de cette opération. Il s'agit du 5ème recensement de la population au Soudan depuis l'indépendance du pays en 1956, et le premier depuis la signature de l'accord de paix entre Khartoum et les rebelles du sud en 2005, qui a mis fin à 21 années de guerre civile entre les régions nord et sud du plus grand pays d'Afrique. Le recensement durera deux semaines et les résultats seront annoncés avant le mois de septembre
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Agence France Presse, New York , 22 avril 2008
La force conjointe ONU-Union africaine au Darfour ne sera sans doute pas pleinement opérationnelle avant 2009, a estimé son chef mardi tandis que l'ONU révisait à la hausse, à quelque 300.000, l'estimation du nombre des morts dûs à la guerre et ses conséquences. Rodolphe Adada, représentant spécial de l'ONU et de l'Union africaine (UA) pour le Darfour, a déclaré au Conseil de sécurité que la composante militaire de cette force mixte, la Minuad, n'était pour l'instant "déployée qu'à moins de 40% de ses effectifs autorisés de 19.555" et qu'il était "peu probable qu'elle parvienne à être pleinement opérationnelle avant 2009". La Minuad a été créée par le Conseil de sécurité en juillet 2007 pour protéger la population du Darfour, province de l'ouest du Soudan grande comme la France ravagée par une guerre civile depuis cinq ans. Le déploiement de cette force, qui doit compter au total quelque 26.000 hommes - 19.500 soldats et 6.500 policiers - rencontre de nombreuses difficultés, logistiques et politiques. "Nous sommes en retard et nous allons tenter d'accélérer le déploiement. Nous aurons peut-être 80% de la force (sur le terrain) à la fin de l'année", a déclaré plus tard M. Adada à la presse. Les Occidentaux du Conseil ont fixé au mois de juin la date à laquelle ils veulent voir déployées quelque 3.600 nouvelles troupes africaines de la Minuad, esentiellement des contingents éthiopien et égyptien, ouvrant la voie à l'arrivée d'unités d'élite thaïlandaise et népalaise. Le déploiement de ces dernières, qui sont prêtes, est retardé depuis des mois par le président soudanais Omar el-Béchir, qui exige que toutes les ressources en troupes africaines soient épuisées avant d'accepter l'arrivée de non-Africains. M. Adada a également averti le Conseil que l'état déplorable des routes au Darfour et l'approche de la saison des pluies allaient rendre les principales voies d'acheminement de matériel impraticables en de nombreux endroits de la province. M. Adada a aussi affirmé que la Minuad ne disposait toujours pas de 24 hélicoptères essentiels au bon accomplissement de son mandat - six appareils d'attaque et 18 de transport - ni d'unités du génie et de soutien logistique également jugées indispensables. "Nos forces sont confrontées à des conditions exceptionnellement difficiles," a-t-il dit. "Je dois vous dire que les obstacles à surmonter et les risques courus n'ont pas diminué au cours des trois derniers mois", a-t-il ajouté à l'adresse des quinze Etats du Conseil. M. Adada a aussi brossé un sombre tableau des perspectives de paix entre Khartoum et la rébellion extrêmement fragmentée du Darfour. "Malheureusement, il est clair aujourd'hui au Darfour que la paix n'est pas considérée comme très séduisante. Ni politiquement, ni économiquement", a-t-il dit. Par ailleurs, le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires humanitaires, John Holmes, a indiqué au Conseil que le bilan des morts de la guerre et de ses conséquences au Darfour était peut-être aujourd'hui de 300.000, alors qu'il était estimé jusqu'alors à 200.000. "Une étude en 2006 avait fait état de 200.000 morts des effets combinés du conflit. Ce chiffre doit être plus élevé maintenant, peut-être de 50%", a-t-il déclaré. M. Holmes a toutefois souligné, peu après devant la presse, qu'il n'avait pas cherché à donner "un chiffre exact" des morts au Darfour mais qu'il s'agissait d'une "extrapolation raisonnable". L'ambassadeur du Soudan à l'ONU, Abdalmahmood Abdalhaleem Mohamad, a rejeté cette estimation comme "non objective et non professionnelle". "Selon nos propres calculs, le nombre des morts n'excède pas 10.000", a-t-il dit, précisant que ce chiffre n'incluait que les décès dûs aux violences et pas ceux résultant de maladies ou de malnutrition. "Il n'y a pas d'épidémie ni de famine au Darfour", a-t-il affirmé.
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Jeune Afrique avec Xinhuanet, 23 avril 2008
Le chef du Haut comité soudanais du 5e recensement démographique national, Yassin Al-Haj Abdin, a déclaré lundi que les préparatifs du recensement, qui devrait débuter mardi matin aux premières heures, ont été achevés. "Les préparatifs du recensement ont été terminés dans toutes les régions dans le nord et le sud du Soudan", a fait savoir M. Abdin lors d'un point de presse, ajoutant que le président soudanais, ses vice-présidents et ses conseillers feront également l'objet du recensement qui devrait durer jusqu'au 6 juin. Selon lui, le recensement devrait toucher tous les domaines du pays, tels que l'économie, la société et la politique. Il s'agit du premier recensement depuis la signature de l'accord de paix entre le gouvernement central et le gouvernement du Sud-Soudan en 2005, pour mettre fin à la guerre civile qui a duré 21 ans. Le président du Sud-Soudan, Salva Kiir Mayardeit, a appelé tous les citoyens du Sud-Soudan à participer au recensement, a rapporté la radio Miraya FM. Dans un communiqué rendu public lundi à Juba, capitale du Sud- Soudan, M. Kiir a exhorté la population à aider les responsables chargés du recensement, affirmant aux résidents du Sud-Soudan que le gouvernement a entrepris des mesures logistiques et sécuritaires afin de faciliter le recensement. Il a mis l'accent sur l'importance du recensement, l'un des préparatifs nécessaires pour les élections présidentielles en 2009 et le référendum en 2011 sur le sort du Sud-Soudan.
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Nations Unies, New York, bureau de presse, 22 avril 2008 Devant le Conseil de sécurité, John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, a appelé aujourd'hui tant le gouvernement soudanais que les mouvements rebelles à faire « bien plus » pour protéger la population. A ce jour, 4,27 millions de personnes sont affectées, sur les six millions d'habitants que compte le Darfour. Depuis que le Conseil de sécurité s'est saisi de la crise au Darfour, il y a quatre ans, le nombre de personnes affectées a été multiplié par six. 4,27 millions sont gravement affectées par le conflit, 2,45 millions sont déplacées dans le pays et 260.000 ont trouvé refuge dans les pays voisins, a déclaré le Secrétaire général adjoint lors d'une réunion du Conseil de sécurité sur l'Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) . Une étude de 1986 évaluait le nombre de victimes à 200.000. « Ce chiffre doit avoir encore augmenté de 50% », a dit John Holmes. Devant la presse, John Holmes a précisé que ce chiffre était une "extrapolation raisonnable" qui comprenait les victimes directes de violence et les morts du fait de l'état de conflit : malnutrition, déplacement, maladies. « Je suis rempli de tristesse et de colère de constater qu'après 5 ans de conflit et 4 ans après l'engagement du Conseil, nous n'avons toujours pas trouvé de solution durable », a dénoncé le Coordonnateur humanitaire. Au gouvernement du Soudan, ce dernier a lancé un appel à « améliorer la sécurité des civils et de la communauté internationale dans les zones sous son contrôle », à « démanteler une fois pour toutes les milices janjawid et à poursuivre les auteurs de crimes », notamment les crimes sexuels, et enfin, dans la mesure où « le Soudan est un pays de plus en plus prospère », « à fournir une assistance à sa propre population plutôt que de laisser la communauté internationale en porter toute la responsabilité financière ». Aux rebelles, John Holmes a intimé « d'arrêter de mettre en danger la vie des civils en lançant des attaques depuis les zones civiles », « d'arrêter d'attaquer les convois humanitaires » et de respecter les principes humanitaires ». Le Secrétaire général adjoint a rappelé que 14.700 humanitaires restaient sur le terrain et faisaient face à l'accroissement des violences. Depuis le début de 2008, le pourcentage de détournements de convois humanitaires s'est accru de 350% par rapport aux chiffres alarmants de 2007. En 2008, 42 bâtiments humanitaires ont été attaqués, six travailleurs humanitaires tués. Cent-six véhicules ont été détournés : 46 appartenant à l'ONU et à des organisations non gouvernementales (ONG) et 60 sous contrat avec le Programme alimentaire mondial (PAM) . Un chauffeur du PAM a été tué et 26 sont portés disparus. Le Secrétaire général adjoint a prévenu contre la « marginalisation » et même la « militarisation » des populations dans les camps de réfugiés surpeuplés depuis cinq ans. « Chaque mois qui passe rendra le retour à la normale plus difficile », a-t-il souligné nu- 22 avril 2008 – Devant le Conseil de sécurité, John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, a appelé aujourd'hui tant le gouvernement soudanais que les mouvements rebelles à faire « bien plus » pour protéger la population. A ce jour, 4,27 millions de personnes sont affectées, sur les six millions d'habitants que compte le Darfour. Depuis que le Conseil de sécurité s'est saisi de la crise au Darfour, il y a quatre ans, le nombre de personnes affectées a été multiplié par six. 4,27 millions sont gravement affectées par le conflit, 2,45 millions sont déplacées dans le pays et 260.000 ont trouvé refuge dans les pays voisins, a déclaré le Secrétaire général adjoint lors d'une réunion du Conseil de sécurité sur l'Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) . Une étude de 1986 évaluait le nombre de victimes à 200.000. « Ce chiffre doit avoir encore augmenté de 50% », a dit John Holmes. Devant la presse, John Holmes a précisé que ce chiffre était une "extrapolation raisonnable" qui comprenait les victimes directes de violence et les morts du fait de l'état de conflit : malnutrition, déplacement, maladies. « Je suis rempli de tristesse et de colère de constater qu'après 5 ans de conflit et 4 ans après l'engagement du Conseil, nous n'avons toujours pas trouvé de solution durable », a dénoncé le Coordonnateur humanitaire. Au gouvernement du Soudan, ce dernier a lancé un appel à « améliorer la sécurité des civils et de la communauté internationale dans les zones sous son contrôle », à « démanteler une fois pour toutes les milices janjawid et à poursuivre les auteurs de crimes », notamment les crimes sexuels, et enfin, dans la mesure où « le Soudan est un pays de plus en plus prospère », « à fournir une assistance à sa propre population plutôt que de laisser la communauté internationale en porter toute la responsabilité financière ». Aux rebelles, John Holmes a intimé « d'arrêter de mettre en danger la vie des civils en lançant des attaques depuis les zones civiles », « d'arrêter d'attaquer les convois humanitaires » et de respecter les principes humanitaires ». Le Secrétaire général adjoint a rappelé que 14.700 humanitaires restaient sur le terrain et faisaient face à l'accroissement des violences. Depuis le début de 2008, le pourcentage de détournements de convois humanitaires s'est accru de 350% par rapport aux chiffres alarmants de 2007. En 2008, 42 bâtiments humanitaires ont été attaqués, six travailleurs humanitaires tués. Cent-six véhicules ont été détournés : 46 appartenant à l'ONU et à des organisations non gouvernementales (ONG) et 60 sous contrat avec le Programme alimentaire mondial (PAM) . Un chauffeur du PAM a été tué et 26 sont portés disparus. Le Secrétaire général adjoint a prévenu contre la « marginalisation » et même la « militarisation » des populations dans les camps de réfugiés surpeuplés depuis cinq ans. « Chaque mois qui passe rendra le retour à la normale plus difficile », a-t-il souligné
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Agence France Presse, Khartoum, 22 avril 2008
Le Soudan a mis en route mardi son premier recensement en 15 ans, un élément clé du fragile processus du paix après une longue guerre civile, en dépit de la contestation du gouvernement autonome du Sud et des rebelles du Darfour. Khartoum, en grande partie avec l'aide des Nations unies, dit avoir préparé le recensement le plus complet jamais effectué au Soudan, le plus grand pays d'Afrique. Le comptage s'étalera sur deux semaines. Un Accord de paix globale (CPA) avait mis fin en 2005 à une guerre civile dévastatrice dans le Sud, majoritairement chrétien et animiste. En 21 ans, cette guerre avait fait 1,5 million de morts et largement affaibli l'économie du Nord à majorité arabo-musulmane. Aux termes du CPA, le recensement, plusieurs fois reporté, doit servir à l'établissement de circonscriptions avant des élections et confirmer le partage du pouvoir entre les anciens ennemis ou au contraire le redessiner. Mais le Sud a refusé d'être lié par les résultats du recensement et les rebelles du Darfour, province de l'ouest du Soudan en guerre civile, ont décidé de le boycotter. Les deux parties accusent le Nord à majorité arabe de manipuler le comptage pour renforcer son contrôle et marginaliser la population africaine. D'après le gouvernement central, l'opération se déroulait sans problèmes et dans la transparence malgré des pluies inhabituelles en avril, qui ont empêché des observateurs d'atterrir dans la ville de Rumbek (sud). A Khartoum, les commerces étaient fermés et les rues presque désertes, les habitants ayant été invités à rester chez eux pour être recensés. Quelque 60.000 agents sont mobilisés, sous le contrôle de 200 observateurs, pour dénombrer une population estimée à 40 millions d'habitants. Le coût de l'opération est évalué à plus de 100 millions de dollars. "Nous faisons face à quelques défis mais je pense qu'il y a une volonté de les surmonter", a déclaré Abdel Bagi Gailani, le chef de la commission de surveillance nommé par la présidence. "Jusqu'ici, tout se passe sans problèmes. Nous ne nous attendons à aucun problème", a pour sa part affirmé Ibrahim Abbas, le chef du comité du recensement dans le Nord. Mais le mécontentement reste vivace dans le Sud, où des milliers de personnes déplacées ont afflué pour être recensées. "Le niveau de préparation a été très bas et même si le comptage a lieu (mardi), il ne donnera pas les résultats désirés", a estimé le ministre de l'Information du Sud-Soudan, Gabriel Changson Chang. Des observateurs internationaux se sont inquiétés de la possible exclusion de grandes parties du Darfour --une région de la superficie de la France-- du recensement en raison de l'opposition des groupes rebelles. Khalil Ibrahim, le leader du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), un important groupe rebelle du Darfour, a affirmé à l'AFP "ne pas savoir" si ses partisans allaient lancer des attaques pour saborder le recensement. "Mes gens ne sont pas chez eux, beaucoup d'entre eux ont traversé la frontière. Ils sont au Tchad et concentrés dans des camps pour personnes déplacées, sous des arbres ici et là, dans des montagnes et des villages. Alors, ce qu'ils font (le recensement, ndlr), ça n'a pas de sens", a-t-il ajouté. D'après les autorités, seulement 3% du Darfour sera exclu du comptage. Le triangle de Halayib (nord-est), sous occupation égyptienne, et des régions reculées du Sud isolées par les inondations seront probablement exclus, bien que Isaiah Chol, le directeur du comité du recensement pour le Sud, ait indiqué que les agents avaient à leur disposition 55 bateaux pour faciliter leur accès. Selon le bureau central des statistiques, les résultats devraient être connus en septembre, mais des responsables soudanais ont estimé que la fin décembre était une date plus plausible
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Agence France Presse, Khartoum, 17 avril 2008
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a indiqué dans un communiqué jeudi qu'il allait réduire de moitié ses livraisons de vivres au Darfour en raison du banditisme dans cette région de l'ouest du Soudan en guerre civile. Les réductions seront effectives dès le mois de mai "parce que le banditisme contre les camions affrétés par le PAM empêche l'arrivée de stocks suffisants d'aide alimentaire vitale", a indiqué l'agence de l'ONU. Alors qu'il aurait dû livrer 1.800 tonnes d'aide alimentaire par jour pour approvisionner les entrepôts du Darfour avant la saison des pluies (de mai à octobre), le PAM dit n'avoir pu livrer que 900 tonnes par jour. "Le gouvernement soudanais fournit une escorte policière aux convois sur les routes principales, mais malheureusement la fréquence n'est pas suffisante pour maintenir l'afflux d'aliments", a déploré Kenro Oshidari, le représentant du PAM au Soudan. M. Oshidari a appelé les groupes rebelles à garantir la sécurité sur les routes et à respecter la neutralité des travailleurs humanitaires. "Si la sécurité sur les routes s'améliore, nous pourrons rétablir le niveau de nos livraisons", a-t-il affirmé. En 2008, 60 camions contractés par l'agence de l'ONU ont été détournés au Darfour. Trente-neuf d'entre eux sont toujours recherchés et 26 chauffeurs portés disparus. Le mois dernier, un chauffeur a été tué dans la région. Le PAM a livré des vivres à 2,4 millions de personnes au Darfour en mars. En cinq ans, la guerre civile et ses conséquences ont fait près de 200.000 morts au Darfour, selon des organisations internationales. Khartoum chiffre le nombre des victimes à 9.000
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Xinhuanet, Khartoum, 15 avril 2008
La Chine construira un grand hôpital dans l'Etat du Nil Bleu dans le sud-est du Soudan, a annoncé lundi un responsable local. La construction de cet hôpital, qui devrait occuper une superficie de 20 000 mètres carrés et se dotera d'une centaine de lits, commencera au début de l'année prochaine et durera environ un an, a déclaré à la presse Ali Mohammed Idriss, le ministre de la Santé du gouvernement de l'Etat. Selon M. Idriss, cet hôpital aura pour nom "l'Hôpital de l'Amitié sino-soudanaise". "C'est un cadeau précieux de la Chine pour la population locale de l'Etat du Nil Bleu, et nous exprimons nos remerciements les plus sincères au gouvernement chinois pour ce don", a indiqué le responsable soudanais. Lors d'une cérémonie organisée au ministère soudanais de la Santé à Khartoum, un document sur la construction dudit hôpital a été signé par M. Idriss et Huang Jin, directeur du département des projets d'outre-mer du China Urban Construction Design and Research Institute. L'ambassadeur de Chine au Soudan Li Chengwen et le sous- secrétaire du ministère soudanais de la Santé Kamal Abdul al-Gadir étaient présents à la cérémonie de signature.
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IRIN, édition française, Abéché, 14 avril 2008
ABÉCHÉ, 14 avril 2008 (IRIN) - Environ 3 000 travailleurs humanitaires sont basés dans la région isolée de l'est du Tchad et apportent une aide à plus de 250 000 réfugiés soudanais et 180 000 déplacés tchadiens ; mais pour les centaines de milliers d'autres Tchadiens qui ne sont pas directement touchés par la crise et qui reçoivent très peu ou pas du tout d'aide, la présence d'organisations humanitaires internationales a eu quelques inconvénients. « La vie est devenue très chère depuis que les organisations humanitaires sont installées ici », a affirmé Ali Chigaf, un commerçant qui possède une petite boutique au milieu des cases en banco de la banlieue d'Abéché, la capitale régionale poussiéreuse de l'est du Tchad et actuellement le principal centre opérationnel des organisations humanitaires. M. Chigaf a expliqué qu'il parvenait auparavant à subvenir à ses besoins et à ceux de sa femme et de ses cinq enfants, mais qu'il n'en était désormais plus capable. Un mouton, qui coûtait 12 500 francs CFA (environ 28 dollars américains) il y a deux ou trois ans, coûte aujourd'hui 35 000 francs CFA (84 dollars). Les repas de la famille sont de plus en plus réduits, a indiqué M. Chigaf, et il ne peut plus se permettre d'acheter de nouveaux vêtements à ses enfants. Bon nombre de marchandises coûtent plus cher ici que dans les villes où il n'y pas de travailleurs humanitaires. À Abéché, le riz est vendu deux fois plus cher qu'à Moundou, une localité située à environ 750 kilomètres au sud-ouest, a confié à IRIN Donatien Diomnba, originaire de Moundou, ajoutant par ailleurs que le prix de son loyer mensuel était près de quatre fois supérieur à ce qu'il était avant son installation à Abéché. Il est si pauvre, a-t-il dit, que la viande ne fait plus partie de son alimentation.
Inflation humanitaire
Des agences des Nations Unies et des organisations non-gouvernementales (ONG) ont commencé à ouvrir des bureaux sous-régionaux à Abéché en 2003. En tant que capitale de la région est du pays, non seulement Abéché leur offre des infrastructures, mais la ville est également proche de la vaste savane qui abrite les camps où vivent des centaines de milliers de réfugiés et de déplacés. À mesure que les organisations humanitaires se sont installées, elles ont embauché une bonne partie de leur personnel sur place et payé des salaires plus élevés que dans les autres villes de la région. Les gens ayant des salaires plus confortables, des petits commerces ont commencé à s'ouvrir à presque tous les coins de la ville et la construction a connu un petit essor. Mais la hausse du pouvoir d'achat de bon nombre d'habitants s'est également accompagnée d'une hausse du coût de la vie. Et comme une bonne partie de la population n'est pas employée par les organisations humanitaires, ses revenus n'ont pas changé. Le problème va bien au-delà d'Abéché et touche d'autres villes comme Goz Beida, la capitale du département de Dar Sila, et un des épicentres de la crise humanitaire. Il y a quelques années, la ville comptait environ 8 000 habitants. Aujourd'hui, elle en compte environ 60 000, compte quatre camps de déplacés tchadiens et un camp de réfugiés soudanais, auxquels viennent s'ajouter les personnels de près de 30 organisations et agences humanitaires. Ici aussi, les prix de nombreux produits augmentent car la demande est supérieure à l'offre. Un poulet qui coûtait 500 francs CFA (1,12 dollar) se vend maintenant à 3 000 francs (6,69 dollars), a expliqué à IRIN Mahamat Ali Rahama, secrétaire général de Dar Sila. « Les habitants n'ont plus les moyens [de manger du poulet] », a-t-il poursuivi. « Seuls les humanitaires bien nantis peuvent se le permettre ».
Quelles sont les alternatives ?
Certains habitants se plaignent que les réfugiés et les déplacés bénéficient d'une aide alors qu'eux (les locaux) sont dans une situation bien plus précaire que certains bénéficiaires de l'aide, a expliqué à IRIN un travailleur humanitaire qui a requis l'anonymat. « Nous avons tendance à oublier [ces problèmes] », a-t-il affirmé. « C'est un critère qui est rarement pris en compte dans les interventions humanitaires ». Annette Rehrl, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) au Tchad, n'est pas de cet avis. Pour elle, le HCR a été l'une des premières agences humanitaires à s'installer dans l'est du Tchad et les problèmes ont été largement débattus lors de la planification de leurs projets. Toutefois, a-elle ajouté, les solutions sont souvent limitées et nécessitent quelques compromis. « Quelle est l'alternative ? », s'est-elle interrogée. « Est-il préférable de n'aider personne ? » Pour d'autres humanitaires, l'ampleur du problème est peut-être exagérée. Les produits devenus très chers dans l'est sont généralement les produits importés, a indiqué Fatma Samoura, coordinatrice humanitaire adjointe des Nations Unies au Tchad. « [Un Tchadien pauvre] produit ses propres céréales, son propre lait de chèvre », a-t-elle affirmé. « La population n'achète pas des salades de fruits et de l'eau minérale ». D'après Mme Samoura, les Tchadiens les plus affectés par l'installation récente des organisations humanitaires dans la région sont les fonctionnaires locaux, qui pouvaient s'acheter des marchandises importées tant que les prix n'avaient pas augmenté. « Ces personnes, qui perçoivent un salaire minimum […] ont des difficultés pour s'acheter un poulet ou pour se nourrir normalement, a-t-elle poursuivi, mais elles constituent une minorité ».
Faut-il craindre le pire ?
Toujours selon Mme Samoura, la nouvelle grande inquiétude à avoir repose sur la concurrence supplémentaire que la nouvelle force militaire de l'Union européenne (EUFOR) et la mission de maintien de la paix des Nations Unies peuvent créer pour l'accès aux ressources limitées. La main d'œuvre locale qualifiée, le transport et l'hébergement sont très rares, a-t-elle souligné, et la demande risque de croître. « Pour les humanitaires, c'est un grand sujet d'inquiétude », a-t-elle affirmé. Mme Samoura a également indiqué qu'elle était en train de rencontrer ses homologues des missions militaires pour leur demander de ne pas embaucher les employés locaux travaillant déjà pour des organisations humanitaires. Une bonne partie de la nourriture que consommeront les soldats de l'EUFOR et les forces de maintien de la paix des Nations Unies proviendra de l'extérieur, a-t-elle également souligné. « Pour que cela n'ait pas de conséquence négative sur le coût de la vie de la population locale, et aussi parce que les vivres dont la mission aura besoin ne sont pas tous facilement disponibles localement », a-t-elle expliqué.
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Etats-Unis, bureau de presse, 14 avril 2008
« Le gouvernement soudanais ne peut prétendre oeuvrer à la protection de la population du Darfour, tout en laissant des forces agissant pour son compte attaquer des civils en toute impunité, comme cela se produit, a déclaré Amnesty International le vendredi 11 avril. L'organisation a appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à censurer sévèrement le gouvernement soudanais après une série d'attaques orchestrées contre des civils au Darfour par les milices janjawids. « Le gouvernement soudanais porte la responsabilité première de ces attaques des Janjawids qui ont fait de nombreux morts et blessés et ont laissé les habitants de la région paralysés par la peur et incapables de vaquer à leurs activités quotidiennes, a déclaré Amnesty International. « Le Conseil de sécurité doit insister pour que le gouvernement soudanais désarme ces milices janjawids, les arrête et les poursuive pour les crimes de guerre qu'elles ont perpétrés. » Le gouvernement soudanais, dans sa recherche d'une solution militaire à la crise, continue de refuser de désarmer et démobiliser les milices janjawids, malgré l'indignation internationale. « Le gouvernement soudanais - au lieu de désarmer les Janjawids - favorise en réalité leur influence. Il continue d'armer les membres des Janjawids, de les intégrer dans les forces paramilitaires et même de faciliter leur immunité contre toutes poursuites », a déclaré Amnesty International. Le dimanche 6 avril a marqué le début d'une série de ce qui semble être des attaques orchestrées contre les villes d'El Fasher et de Kebkabiya dans le Darfour septentrional. Les attaques contre ces deux villes ont été menées par des miliciens janjawids en civil ou en uniforme des garde-frontières, qui ont mené leurs incursions sur ces deux villes dans des véhicules armés, à cheval et à dos de chameau. Des menaces d'attaques similaires ont été signalées en de nombreux endroits et des milices janjawids ont été vues traversant la ville de Tawila, également située dans le Darfour septentrional. Les attaques se sont déroulées suivant le schéma habituel aux Janjawids. Des membres des Janjawids ont pris de force de l'argent et d'autres biens aux habitants, aux banques et aux petites entreprises dans ces deux villes. Les marchés ont été occupés de force et pillés pendant que les commerçants étaient attaqués et volés. Quatre d'entre eux auraient été tués et de nombreux autres blessés. « Le fait que ces attaques se produisent au nez et à la barbe des forces de la MINUAD stationnées là augmente le climat de peur, parce qu'il donne à la population le sentiment que les Nations unies ne peuvent pas les protéger efficacement, a déclaré Amnesty International. Le Conseil de sécurité doit veiller à ce que la MINUAD soit déployée en totalité et que des moyens lui soient accordés sans plus de délai pour qu'elle puisse remplir activement son mandat et empêcher ces attaques à l'avenir. » Les forces de la MINUAD se sont déployées à Kebkabiya lorsque l'attaque des Janjawids a commencé, mais elles se sont retirées lorsque l'armée soudanaise est arrivée. Trois civils ont été tués à Kebkabiya. La MINUAD n'est pas intervenue pour arrêter l'attaque des Janjawids à El Fasher. La riposte à l'attaque a été gérée par la police nationale, les chefs tribaux et le gouverneur, qui sont intervenus auprès des chefs janjawids pour arrêter l'attaque. Une personne a été tuée, plusieurs blessées et le climat de peur et d'insécurité a duré deux jours. Amnesty International est très inquiète de voir que de telles attaques peuvent avoir lieu sans que la présence des forces de la MINUAD, dont le mandat est de protéger les civils au Darfour, y fasse obstacle. « Le déploiement du contingent total des troupes de la MINUAD et la fourniture des hélicoptères et de l'équipement nécessaires permettraient aux forces d'étendre leur protection à un territoire plus vaste, a déclaré Amnesty International. Cela leur permettrait d'augmenter le nombre de leurs patrouilles et de mieux surveiller la situation sur le terrain, ce qui contribuerait par la suite à empêcher des attaques telles que celles qui se sont produites récemment. »
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IRIN, Nairobi, 11 avril 2008
Les récentes attaques de camions affrétés par le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies pour acheminer des vivres dans le Darfour et au Sud Soudan ont ralenti les distributions et réduit les capacités de l'agence onusienne à fournir une aide aux rapatriés, a indiqué l'agence. « En raison des détournements des convois de camions, nous n'acheminons qu'environ la moitié des vivres qui devraient être envoyés dans le Darfour en prévision de la saison des pluies », a indiqué à IRIN Peter Smerdon, le porte-parole du PAM à Nairobi. « Et si cela continue, le Sud pourrait être confronté au même problème ». Au cours du dernier incident, Hamid Dafaalla, un chauffeur de 47 ans, qui conduisait un camion affrété par le PAM, a été tué, avec son assistant, dans le Sud Soudan alors que les deux hommes revenaient de Rumbek, où ils avaient livré des vivres. En moins de trois semaines, c'est la cinquième personne qui meurt au cours du détournement d'un convoi humanitaire du PAM, au Soudan. « Nous sommes choqués et attristés par ce meurtre cruel », a déclaré dans un communiqué Ebenezer Tagoe, directeur adjoint du PAM au Soudan. « Les attaques contre les convois d'aide humanitaire sont totalement inacceptables ». Selon le PAM, l'agression de M. Dafaalla s'est produite à six kilomètres de la ville de Mayom, dans l'Etat d'Unity. Le lieu de l'agression se trouve près de l'endroit où deux chauffeurs de véhicules affrétés par le PAM avaient été tués à coups de couteau, le 22 mars. Deux jours plus tard, un autre chauffeur sous contrat avec le PAM avait été abattu et son assistant blessé alors qu'ils acheminaient des vivres à Nyala, dans le Sud Darfour. « L'insécurité permanente sur les routes des régions où nous menons nos opérations représente une menace grave non seulement pour les chauffeurs, mais aussi pour les populations vulnérables qui survivent grâce à ces vivres », a poursuivi M. Tagoe. Selon le bureau du Représentant résident et coordinateur humanitaire des Nations Unies au Soudan, depuis le début de l'année 2008, près de 90 travailleurs humanitaires ont été enlevés, la plupart du temps pendant des détournements de convois humanitaires. Et ces incidents viennent s'ajouter aux autres meurtres perpétrés dans le Sud Soudan, où environ deux millions de personnes sont retournées dans leurs villages, depuis la signature, en 2005, d'un accord de paix qui a mis fin à plus de deux décennies de conflit, et survivent grâce à l'aide humanitaire. « Si la sécurité sur les routes du Darfour ne s'améliore pas, le PAM risque de devoir réduire ses rations alimentaires dans certaines régions où il n'est pas possible de maintenir le flux des livraisons », a ajouté M. Smerdon.
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Agence France Presse, Khartoum, 10 avril 2008
Deux personnes chargées de livrer de l'aide humanitaire du Programme alimentaire Mondial (PAM) ont été tués dans le sud du soudan par des inconnus, a annoncé jeudi l'agence de l'ONU. Ce nouvel incident sanglant, qui s'est produit lundi, porte à cinq le nombre de personnes travaillant pour le PAM tuées en moins de trois semaines au Soudan, précise-t-elle dans un communiqué. Hamid Dafaalla, 47 ans, a été tué au volant de son camion à environ 6 km de Mayom, dans un état central du sud du pays, tandis que l'homme qui aidait à décharger les denrées alimentaires a été abattu en tentant de fuir les assaillants. Ils revenaient de Rumbek, une des plus importantes villes du Sud, où ils avaient livré leur marchandise. Deux autres chauffeurs avaient été tués à coups de poignard le 22 mars derniers près de Mayom. "Nous sommes choqués et attristés par cet assassinat cruel, a déclaré Ebenezer Tagao, vice-directeur du PAM pour le Soudan. Les attaques contre les véhicules livrant de l'aide humanitaire sont totalement inacceptables". Il a indiqué que les autorités du sud-Soudan avaient promis de lancer une enquête. Les attaques dans le sud du Soudan, une immense région sous-développée et qui enduré une guerre civile avec le Nord pendant deux décennies, font obstacles aux missions du PAM, selon l'ONU. Depuis le début de l'année, soixante camions affrétés par le PAM ont aussi été attaqués et détournés, avec 29 chauffeurs et 42 véhicules toujours manquants dans la province du Darfour, dans l'ouest du Soudan, en guerre civile depuis 2003
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Agence France Presse, Libreville, 9 avril 2008
Dans un climat envenimé par de nouvelles violences et des accusations mutuelles, les médiateurs du conflit entre le Tchad et le Soudan ont appelé jeudi à Libreville les deux pays à faire preuve de "volonté" pour respecter enfin les innombrables accords signés depuis 2006. Réuni pour la première fois depuis l'accord du 13 mars à Dakar, le "groupe de contact" censé superviser l'application des accords de paix a annoncé que des experts militaires se rencontreraient le 28 avril en Libye pour "planifier la mise en place rapide de la force de paix et de sécurité". Ce comité technique comprendra des "planificateurs" des Nations unies et de l'Union européenne (UE), et sera suivi "début mai" d'une nouvelle réunion du groupe de contact, selon le communiqué final. Le ministre congolais des Affaires étrangères Basile Ikouebé, dont le pays copréside le groupe de contact avec la Libye, a expliqué qu'il s'agirait d'une "force d'observation pour la sécurisation de la frontière Tchad-Soudan, pour surveiller les mouvements". Cette force était déjà prévue par le premier accord de paix le 8 février 2006 à Tripoli, mais ses contours n'ont jamais été définis. Elle viendrait s'ajouter à une force européenne de 3.700 hommes dans l'est du Tchad et à une mission de 26.000 éléments de l'ONU et de l'Union africaine (UA) au Darfour, dans l'ouest du Soudan. "Si vous êtes prêts à faire la paix (...), nous sommes tous prêts à vous donner tout ce dont vous aurez besoin, nous sommes prêts à vous aider", a déclaré le ministre libyen des Affaires étrangères Abdelrahman Chalgham. "Mais tout dépend de vous, si vous avez la volonté." Selon le communiqué, le groupe de contact a "unanimement appelé les deux chefs d'Etat (le Tchadien Idriss Deby Itno et le Soudanais Omar el-Béchir) à consolider leur réconciliation comme ils en ont pris l'engagement", les "exhortant à cesser toute déclaration médiatique de nature à aggraver leurs différends". Interrogés par l'AFP à l'issue de la réunion, le chef de la diplomatie tchadienne Ahmat Allam-Mi et le secrétaire général adjoint du ministère soudanais des Affaires étrangères Mutrif Siddig ont été peu loquaces, après les accusations échangées ces dernières semaines. Tous deux se sont dit "optimistes" et "satisfaits". "Je préfère me taire, puisqu'on me demande de me taire", a ironisé Ahmat Allam-Mi. La réunion à huis clos, précédée de plusieurs heures de discussions en coulisses pour "arrondir les angles", a été néanmoins houleuse, selon des diplomates. Le groupe de contact se réunissait au lendemain de nouvelles accusations, N'Djamena dénonçant une "imminente attaque" rebelle préparée selon le Tchad par le Soudan. Les autorités tchadiennes, ainsi que de nombreux observateurs, estiment que le Soudan a été l'un des principaux instigateurs de l'attaque des rebelles tchadiens qui ont failli renverser Idriss Deby les 2 et 3 février à N'Djamena. Malgré l'accord de Dakar, de nouveaux combats ont opposé le 1er avril rebelles et militaires tchadiens dans l'est du Tchad, et N'Djamena a accusé les assaillants d'agir "sur ordre" de Khartoum. Le Soudan a démenti, dénonçant à son tour des frappes tchadiennes sur son sol. "Tous les outils pour un règlement pacifique de ce conflit existent. Il manque seulement la volonté politique des principaux protagonistes", a déploré jeudi le ministre congolais. Le groupe de contact comprend, outre les pays belligérants et les coprésidents, le Gabon, le Sénégal et l'Erythrée. Des représentants de l'ONU, de l'Union africaine (UA), de l'UE, de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC), de l'Organisation de la conférence islamique (OCI, de la France et des Etats-Unis étaient également présents
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Agence France Presse, Khartoum, 9 avril 2008
Le chef des rebelles ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), Joseph Kony, signera jeudi au Soudan un accord de paix historique avec le gouvernement de Kampala, a déclaré mercredi le principal médiateur, Riek Machar. M. Machar, vice-président du Sud-Soudan, a indiqué avoir appris auprès de la LRA que Joseph Kony serait présent lors de la signature, reportée la semaine dernière à la demande des rebelles et que la cérémonie se tiendrait comme prévu. "Ils m'ont dit qu'il serait là", a affirmé M. Machar depuis Juba, la capitale du Sud-Soudan. "Je m'attends à ce qu'il vienne", a-t-il ajouté. M. Machar a dit ne pas pouvoir fournir de "garanties", mais que Joseph Kony s'était toujours rendu par le passé à Ri-Kwangba, localité du sud du Soudan à la frontière entre ce pays et la République démocratique du Congo (RDC). "Demain il signe l'accord de paix, je l'espère, ensuite nous l'emmenons à Juba. Le 14, le président (ougandais) vient et le signe", a ajouté le médiateur. La signature de l'accord de paix entre le gouvernement ougandais et la LRA était initialement prévue le 5 avril, mais a été retardée à la demande des rebelles, qui ont invoqué l'absence d'infrastructures de base au Sud-Soudan. "Il n'y a pas de toilettes, pas même une seule tente", avait dit le principal négociateur de la LRA pour les négociations de paix à Juba, David Matsanga. "On ne peut pas s'attendre à ce que les gens signent sous un arbre". M. Machar a qualifié ces propos de "balivernes", soulignant que le Soudan fournissait nourriture et installations. Les pourparlers entre Kampala et la LRA, qui visent à mettre fin à plus de 20 ans d'une guerre civile brutale, ont débuté en juillet 2006. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de près de deux millions de personnes. La LRA est accusée de multiples atrocités perpétrées contre des civils, assassinats, mutilations, torture, viols et enlèvements notamment d'enfants contraints de combattre ou transformés en esclaves sexuels. Fin février, Kampala avait annoncé avoir conclu avec la LRA un accord de désarmement, de démobilisation et de réinsertion sociale des rebelles, dernière étape avant la signature d'un accord de paix définitif. Joseph Kony a toutefois récemment annoncé qu'il refuserait de signer l'accord tant que la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye n'aurait pas levé les mandats d'arrêt lancés contre lui en 2005. Le président ougandais Yoweri Museveni a de son côté promis aux responsables de la LRA de leur éviter un procès devant la CPI, à la condition qu'ils signent l'accord de paix définitif
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L'Agence France Presse, Khartoum, 8 avril 2008
L'émissaire de l'ONU pour le Darfour a imputé mardi le blocage politique dans cette région soudanaise en guerre civile à la poursuite des violences et aux tensions entre le Soudan et le Tchad voisin. "Nous ne sommes malheureusement pas parvenus à faire progresser le processus politique ces derniers mois en raison de facteurs indépendants de notre volonté", a déclaré Jan Eliasson lors d'une conférence de presse à Khartoum. De nouvelles violences ont éclaté en février dans le Darfour-Ouest, une région frontalière du Tchad, entre l'armée soudanaise soutenue par des milices locales et les rebelles. Les relations entre le Tchad et le Soudan restent tendues, les deux pays s'accusant mutuellement d'avoir violé l'accord de paix conclu récemment. "L'escalade des hostilités (au Darfour-ouest) a rendu difficile notre tâche visant à faire progresser le processus politique", a dit M. Eliasson, reconnaissant que d'importants pourparlers qui auraient dû déjà commencer avaient été "reportés". Selon lui, une normalisation des relations entre le Tchad et le Soudan est "cruciale" pour créer un processus politique crédible pour le Darfour, une région de l'ouest du Soudan, appelant tous les pays influents à "faire leur possible" pour obtenir une amélioration de ces relations. M. Eliasson et son homologue de l'Union africaine, Salim Ahmad Salim, qui se trouve également à Khartoum, ont souligné la nécessité de pourparlers de sécurité impliquant des partenaires régionaux et observateurs internationaux pour obtenir une cessation des hostilités au Darfour. M. Salim a cependant affirmé que la date et le lieu de telles discussions n'avaient pas été décidés. "Seulement après de telles consultations nous serons en position de prendre une décision définitive". Le processus de paix parrainé par l'ONU n'a pas avancé depuis son lancement en octobre en Libye et son boycott par des factions rebelles du Darfour. Des pourparlers réunissant des partenaires régionaux et des observateurs internationaux se sont tenus en mars à Genève sans la participation du gouvernement soudanais ni des rebelles. Le conflit et ses conséquences humanitaires ont fait quelque 200.000 morts en cinq ans et quelque 2,2 millions de déplacés sur une population de six millions d'habitants, selon des organisations internationales. Khartoum conteste le chiffre des victimes parlant de 9.000 morts seulement.
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Croix Rouge Internationale, 8 avril 2008
Les équipes du CICR ont effectué près de 80 missions sur le terrain dans plus de 60 zones rurales au Darfour Sud, Nord et Ouest au cours des trois premiers mois de l'année, en dépit de l'insécurité qui y règne et de l'accès très irrégulier qu'elles ont à certaines zones. Face aux affrontements en cours et aux tensions qui règnent dans la région, le CICR a également renforcé sa présence au Soudan central (Kordofan Sud, Nord Bahr El Gazal, États de l'Unité et du Haut-Nil). Il a mené ses activités en faveur des victimes de la violence en étroite coopération avec le Croissant-Rouge soudanais.
Incidences humanitaires des hostilités au Darfour Ouest
Depuis décembre 2007, les civils au nord du Darfour Ouest souffrent des conséquences de la recrudescence des hostilités. Les organismes humanitaires ont beaucoup de mal à acheminer les secours nécessaires en raison de l'intensification des combats. Lors des combats du 8 février, un employé soudanais du CICR a été tué au bureau du CICR à Seleia. Les circonstances exactes de sa mort doivent encore être établies. La conséquence immédiate de ces combats est que des milliers de personnes du Darfour Ouest, et dans la région de Birak dans le Tchad avoisinant, ont été déplacées. Une équipe de la délégation du CICR au Tchad a pu atteindre Birak et, en coordination avec d'autres organismes humanitaires, achemine des secours essentiels d'urgence (bâches, couvertures, nattes, jerrycans et savon) . Le CICR rappelle constamment à toutes les parties au conflit l'obligation qui leur incombe de respecter les personnes et biens civils et de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des travailleurs humanitaires. Il fait rapport des violations alléguées du droit international humanitaire de manière strictement confidentielle aux autorités concernées. Faire face aux besoins du Darfour Sud Le CICR a été en mesure de faire rapidement face aux besoins humanitaires créés par un affrontement survenu le 27 février dans la localité de Buram d'Assunta au Darfour Sud. Il a fourni des secours médicaux - antibiotiques, analgésiques et pansements - à l'hôpital de Buram qui a dispensé des soins à 26 blessés. Il a aussi distribué des rations alimentaires d'urgence à 500 familles déplacées qui ont trouvé refuge dans le village avoisinant de Rumis. De plus, le Croissant-Rouge soudanais a distribué 400 sacs de sorgho, 100 tentes, 20 sacs de sucre, ainsi que des médicaments et du matériel médical à plus de 3 400 personnes touchées par les affrontements à Assunta.
Affrontements au Kordofan Sud et à Nord Bahr El Gazal
Agissant en coordination avec le Croissant-Rouge soudanais, le CICR a apporté une assistance aux victimes de la violence à la fois au Kordofan Sud et au Nord Bahr El Gazal - dans la région avoisinante d'Abyei - et, depuis que les combats ont éclaté fin décembre, dans la zone située entre Meiram (Kordofan Sud), et Aweil (Nord Bahr El Gazal). Les affrontements auraient fait des centaines de blessés et des dizaines de morts des deux cotés. Le déplacement d'un nombre non identifié de personnes, causé par les affrontements et les tensions qui sévissent dans la région, vient s'ajouter à la souffrance d'une population déjà vulnérable. L'accès à l'eau, aux pâturages et aux marchés est très limité pour les résidents et les nomades. Les camions transportant des marchandises ne pouvant accéder à la zone, les prix ont considérablement augmenté. «Les personnes craignent toujours pour leur sécurité, et leur situation économique déjà précaire pourrait se détériorer encore si la tension persiste,» dit Fabrizio Carboni, chef adjoint de la délégation du CICR au Soudan. À Meiram au Kordofan Sud, le Croissant-Rouge soudanais a mis en place une unité de volontaires début janvier. Le CICR a distribué des kits chirurgicaux d'urgence - pansements, perfusions, antibiotiques et désinfectants – à l'hôpital de Mujlad pour 50 blessés. Des volontaires du Croissant-Rouge soudanais, formés par le CICR une semaine avant les affrontements, ont dispensé les premiers secours et apporté leur concours pour procéder à l'évacuation d'urgence des blessés. Le CICR a aussi distribué 200 kg de médicaments et de matériel médical à l'hôpital de Mujlad À Aweil à Nord Bahr El Gazal, le CICR a formé 18 volontaires aux procédures des premiers secours d'urgence et les a équipés de kits «premiers secours», qui se sont avérés être très utiles lors des récents affrontements début mars. Le CICR a aussi distribué des secours médicaux aux hôpitaux d'Akuem et de Juba où les blessés évacués ont été soignés, ainsi que des articles ménagers d'urgence - couvertures, des jerrycans pliables, moustiquaires, draps, savon et bâches - à 300 familles déplacées du fait de la violence à War Nyiel.
Aide pour les communautés nomades au Darfour
Le CICR a poursuivi ses campagnes de vaccination du bétail, en étroite coopération avec le ministère soudanais des ressources animales et halieutiques, pour soutenir les éleveurs nomades au Darfour. Au début mars, le CICR a achevé une vaste campagne de vaccination qui a débuté en novembre 2007 au Darfour Nord, dans les zones avoisinantes de Kabkabyia et Kutum. «Nous avons vacciné au total 338 000 animaux contre les infections virales et bactériennes. Cet effort devrait permettre d'assurer les moyens de subsistance de 14 700 ménages nomades dont les biens et les moyens de survie sont leur bétail,» dit Vera Eames, spécialiste CICR du bétail. Les vaccinations se poursuivent aujourd'hui au Darfour Sud. Outre les campagnes de vaccination, le CICR forme également des agents de la santé animale à dispenser des soins vétérinaires de base dans leurs propres communautés. . Deux cours de remise à niveau se sont tenus à Zalingei et Nyala pour quelque 50 stagiaires desservant 8 000 ménages nomades dans des zones reculées de la région.
Assurer un approvisionnement en eau potable
La saison sèche, qui dure en gros d'octobre à juin, est une période d'angoisse au Darfour car la population est tributaire des sources d'eau souterraines, pour ses propres besoins et ceux du bétail, lorsque les cours d'eau saisonniers s'assèchent. Le CICR remet en état les systèmes d'approvisionnement en eau, répare les pompes à main et les puits profonds et aide à forer des puits manuellement. Dans certaines communautés agricoles, il aide aussi à construire les bassins de captage et à réparer les pompes d'irrigation pour permettre aux communautés de s'assurer que leurs champs sont bien irrigués. Le CICR collabore avec les services locaux de distribution d'eau, et soutient la formation des membres des communautés à réparer les pompes à main et à creuser des puits. Il distribue des outils et des pièces de rechange aux membres des communautés pour leur permettre de maintenir par eux-mêmes leurs points d'eau. Depuis le début 2008, le CICR réparé 181 principaux points d'eau (170 pompes à main, neuf stations de distribution d'eau et deux bassins de captage) qui desservent quelque 260 000 personnes.
Assistance sanitaire au Darfour et au Sud-Soudan
Le CICR maintient des dispensaires ruraux et son équipe chirurgicale mobile sur le terrain, et organise des campagnes de vaccination à l'intention des femmes et des enfants au Darfour; il forme également des combattants et des civils aux méthodes de premiers secours pour leur permettre d'agir avec décision dans les situations d'urgence. Au cours des trois derniers mois, huit séances de formation aux premiers secours ont été organisées pour quelque 130 personnes – combattants et civils, et parmi eux des volontaires du Croissant-Rouge soudanais - à Al Jeneina, Sayah, Tawila, Aweil, Bir Meza et Fulla. Les équipes de vaccination du CICR ont procédé à une troisième série de vaccinations contre la poliomyélite, la rougeole et le tétanos pour quelque 1 700 femmes et enfants dans dix fariks (villages nomades temporaires) et sept villages dans le Darfour Nord. Au Darfour Ouest, le CICR a soutenu le ministère de la Santé dans sa campagne de vaccination de plus de 1 500 femmes et enfants, il a effectué des consultations médicales pour plus de 500 personnes et fourni des vitamines à plus de 1 300 personnes. Au Sud-Soudan, l'assistance du CICR apportée à l'hôpital universitaire de Juba s'est achevée en décembre 2007, lorsque le ministère de la Santé pour le gouvernement du Sud-Soudan a pris la responsabilité de l'hôpital. L'assistance médicale du CICR au Sud-Soudan se concentre désormais sur la réadaptation physique. Le CICR a également fourni des secours médicaux, sous la forme de matériel de pansements, à l'hôpital à Malakal suite aux affrontements survenus à Khorfulus le 7 février.
Distribution de semences
La distribution de semences aux 36 000 ménages agricoles traditionnels et plus de 3 000 ménages semi-nomades touchés par le conflit vient de commencer. La distribution se poursuivra en avril et mai, avant le début de la saison des pluies, à l'est et à l'ouest de Jebel Marra et dans certaines zones du Sud Darfour. La distribution de semences vise à permettre aux personnes de mener leurs activités agricoles traditionnelles et d'éviter de devenir dépendants de l'aide alimentaire extérieure, de consolider leurs revenus et de diversifier leur régime alimentaire. Les bénéficiaires recevront des semences de base et des rations alimentaires pour les empêcher de consommer les semences.
Promotion des principes humanitaires
En décembre et en février, Dr Ameur Zemmali, conseiller juridique du CICR, a organisé à Khartoum, Al Fashir et Nyala une série de conférences sur le droit international humanitaire et la charia auxquelles ont pris part de nombreux participants. Des universitaires, des étudiants, des journalistes, des chefs religieux et des représentants d'ONG ont ainsi eu la possibilité de débattre de la manière dont la charia incorpore les principes humanitaires et de poser des questions sur l'action du CICR dans des contextes musulmans dans le monde entier.
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Xinhuanet, 8 avril 2008
Une formation humanitaire au déminage pour le Soudan, parrainée par le gouvernement chinois, a été inaugurée lundi à Nanjing, capitale de la province du Jiangsu (est). Environ 20 officiers du nord et du sud du Soudan participaient à la formation de six semaines à l'Université des Sciences et des Technologies de l'Armée populaire de Libération. En plus d'être une mesure concrète montrant que la Chine participe activement à l'aide internationale au déminage, elle constitue aussi une étape importante dans l'apport d'une aide humanitaire au Soudan. Elle démontrait le soutien ferme du gouvernement chinois au processus de réconciliation nationale au Soudan, sa volonté de développer des relations amicales et coopératives avec tous les Soudanais, ainsi qu'une attitude active à aider la construction et le développement du pays africain, selon un communiqué de presse du ministère chinois des Affaires étrangères. La Chine fera aussi don d'équipements de détection et de déminage au Soudan à l'issue de la formation.
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Jeune Afrique avec Xinhuanet, 8 avril 2008
Le conseiller de la présidence soudanaise en visite Moustafa Othman Ismail a indiqué lundi que son pays souhaitait établir de bonnes relations avec le Tchad, a rapporté l'agence de presse égyptienne MENA. A une conférence de presse avec le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, Ismail a souligné que le Soudan n'avait pas d'ambitions au Tchad et ne visait pas un changement de régime dans ce pays. Le président soudanais Omer al-Béchir et son homologue tchadien Idriss Deby ont signé un accord de non-aggression en mars, s'engageant à mettre un terme au conflit qui oppose les deux pays depuis 5 ans. Mais les tensions se sont intensifiées dans la région ces dernières semaines après une série d'attaques aériennes et terrestres des forces du gouvernement soudanais et des milices alliées contre des villes et villages dans l'ouest du Darfour, alors que les rebelles tchadiens combattent aussi leur propre gouvernement dans la région. Ismail, arrivé samedi au Caire, a indiqué qu'il avait discuté avec Moussa des conditions dans la région du Darfour (ouest du Soudan) et en Somalie, ainsi que des questions arabes. La situation au Darfour s'améliore malgré certains obstacles qui peuvent être surmontés par le dialogue, a-t-il ajouté
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Jeune Afrique avec Xinhuanet, 7 avril 2008
L'Egypte est prête à envoyer davantage de troupes de maintien de la paix dans la région soudanaise du Darfour si le gouvernement de Khartoum l'exige, a annoncé dimanche Moustafa Osman Isamaïl, conseiller du président soudanais Omar el-Béchir. Le président égyptien Hosni Moubarak a indiqué que son pays est prêt à dépêcher plus de militaires pour se joindre à la Force hybride des Nations Unies et de l'Union africaine (Minuad) chargée du maintien de la paix au Darfour, dans l'ouest du Soudan, a affirmé le conseiller, à l'issue de son entretien avec M. Moubarak, cité par l'agence de presse officielle MENA. L'Egypte, l'un des plus grands pays contributeurs à la Minuad au Darfour avec 1.200 soldats et policiers, soutient depuis toujours les efforts visant à trouver une résolution prompte à la crise du Darfour et à restaurer la sécurité et la stabilité dans son pays voisin, le Soudan. M. Moubarak a ordonné de créer des projets d'investissements au Soudan, notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation, a encore révélé le conseiller soudanais. Moustafa Osman Ismaïl, arrivé samedi au Caire, a transmis à M. Moubarak un message du président soudanais en vue de promouvoir les relations bilatérales, selon l'agence MENA
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Le Point avec Reuters, 6 avril 2008
Des miliciens djandjaouids alliés au gouvernement soudanais ont semé le chaos dimanche à El Facher, la ville principale du Darfour, faisant un mort et quatre blessés, ont affirmé les anciens rebelles d'une faction du Mouvement de libération du Soudan (SLM). Les miliciens, furieux de ne pas avoir reçu leur solde, ont pillé plusieurs magasins sur le marché de la ville, sans que l'armée et la police n'osent intervenir, a précisé Mohammed Dirbine, porte-parole militaire du SLM-Minnawi. Ce groupe, qui porte le nom de son leader Minni Arcoua Minnawi, est le seul des trois mouvements rebelles à avoir signé un accord de paix avec le gouvernement de Khartoum en 2006. Des habitants d'El Facher ont déclaré à Reuters par téléphone avoir entendu des tirs dans le quartier du marché et avoir vu plusieurs magasins saccagés. Ni le gouvernement soudanais ni la mission de l'Union africaine au Darfour, province occidentale du Soudan, n'ont pu être joints dans l'immédiat pour commenter ces informations. Le conflit du Darfour oppose depuis cinq ans des rebelles souvent issus de communautés agricoles noires aux troupes gouvernementales soudanaises et à leurs alliés djandjaouids, miliciens en majorité arabes accusés d'attaques sanglantes contre des villages qui ont chassé de chez elles deux millions et demi de personnes. Opheera McDoom, version française Guy Kerivel
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Xinhuanet, Moscou, 3 avril 2008
La Russie a appelé jeudi les Nations unies et l'Union africaine (UA) à intensifier leurs efforts de médiation dans le conflit opposant le Soudan et le Tchad au sujet des récentes attaques transfrontalières. "Moscou est préoccupée par la reprise des violences entre le Tchad et le Soudan", a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. "La Russie soutient les efforts des médiateurs internationaux dont l'ONU et l'Union africaine pour stabiliser la situation dans la région et elle demande davantage de mesures pour empêcher par la voie politique que de nouvelles violences n'éclatent", précise le document. Le président tchadien Idriss Deby et son homologue soudanais Omar el-Béchir ont signé un accord de non-aggression en mars, s'engageant à mettre un terme au conflit qui dure depuis 5 ans entre les deux pays. Mais les tensions se sont aggravées dans la région ces dernières semaines après une série d'attaques aériennes et terrestres des forces du gouvernement soudanais et des milices alliées contre des villes et des villages de l'ouest du Darfour alors que les rebelles tchadiens combattent également les forces de leur propre gouvernement dans la région.
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IRIN, N'Djamena, édition française, 2 avril 2008 L'attaque lancée contre les soldats du gouvernement, tôt dans la matinée du 1er avril, à Ade, une ville de l'est tchadien, à la frontière avec le Soudan, est la première tentative sérieuse, menée par les rebelles en vue de défier les forces gouvernementales depuis février, lorsque les rebelles étaient arrivés jusqu'aux portes de N'Djamena, la capitale, avant de battre en retraite. « L'attaque d'aujourd'hui [1er avril] pourrait être seulement un événement isolé, mais nous craignons que ce ne soit le début d'une offensive de bien plus grande ampleur », selon un diplomate de N'Djamena, qui a souhaité conserver l'anonymat. Des dizaines de soldats du gouvernement ainsi qu'un grand nombre de civils ont été blessés au cours des affrontements, qui se sont terminés vers midi, selon une source à Ade. Aucune information n'a été communiquée sur le nombre des victimes dans les rangs des rebelles, et on ignore également si ceux-ci se sont réfugiés au Soudan ou s'ils se sont déplacés vers le sud-est, en direction du village tchadien de Modoyna, proche de la frontière. À Ade, des sources ont confirmé que les assaillants étaient membres de l'Alliance nationale (NA), un mouvement rebelle composé d'au moins trois factions rebelles dirigées par Mahamat Nouri, ancien général tchadien, qui avait mené l'attaque lancée sur N'Djamena en février. « Ce que les rebelles feront maintenant, je n'en sais pas plus que vous », a déclaré le diplomate. « Peut-être qu'il s'agissait juste d'une tentative d'intimidation, et que ça s'arrête là. Peut-être aussi que cette attaque était une diversion, destinée à dissimuler d'autres attaques rebelles de plus grande envergure qui pourraient avoir lieu bientôt, ailleurs, le long de la frontière, et peut-être sommes-nous sur le point d'assister à quelque chose de spectaculaire ». « L'important, c'est que tout le monde se prépare à toute éventualité », a-t-il ajouté, en allusion à l'évacuation des diplomates, des travailleurs humanitaires internationaux et de dizaines de milliers de civils hors de N'djamena, au cours de l'offensive rebelle de février dernier. Le ministère tchadien de la Défense a publié un communiqué selon lequel le Soudan serait à l'origine de la dernière attaque et les rebelles seraient les « mercenaires » du gouvernement soudanais. Toujours d'après le communiqué, le Soudan aurait violé plusieurs accords conclus avec le Tchad, notamment celui signé le 13 mars à Dakar, en présence de Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies, et d'autres leaders mondiaux. « Les forces armées soudanaises n'ont rien à voir avec ce qui se passe au Tchad : il s'agit d'une question interne », a pourtant déclaré le porte-parole de l'armée soudanaise à Reuters, depuis Khartoum.
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Le Point, 2 avril 2008 par Opheera McDoom, version française Jean-Philippe Lefief
Deux cents soldats du Nord ont pénétré lundi dans Abyei, capitale de l'État soudanais du même nom, dont le sous-sol recèle d'importants gisements pétroliers, ont fait savoir les autorités du Sud-Soudan. En vertu de l'accord de 2005, qui a mis fin à une guerre civile de plus de 20 ans, la ville devait être placée sous le contrôle conjoint du Nord et du Sud dans l'attente d'un référendum prévu en 2011. Tous les habitants du Sud seront alors invités à se prononcer sur une éventuelle sécession et ceux d'Abyei se prononceront sur leur rattachement à l'un ou l'autre camp. "Il y a 222 militaires (...). Il s'agit d'une violation de l'accord de paix", a déploré mercredi Malony Thong, numéro deux de l'administration locale mise en place par le Mouvement de libération du peuple soudanais (SPLM), ancien groupe rebelle qui contrôle le Sud. Ces hommes arrivés lundi sont là pour accroître la tension dans le secteur, a-t-il ajouté. "Ils sont venus avec sept Toyota équipées de mitrailleuses et quatre camions pleins de soldats et d'armes. Tout le monde est très inquiet", a ajouté Acuil Ajang, un travailleur humanitaire contacté à Abyei. L'armée nordiste s'est refusée à tout commentaire. L'enjeu que représente cette région, souvent présentée comme le "Cachemire du Soudan", est considéré comme la plus grave menace pesant sur l'accord de paix.
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Le Figaro avec l'AFP, 1 er avril 2008
L'armée soudanaise a nié aujourd'hui être impliquée, comme l'en a accusée le Tchad, dans les combats qui ont éclaté entre forces gouvernementales et rebelles tchadiens, affirmant respecter un traité de paix signé entre le Soudan et son voisin. Des combats ont éclaté mardi dans l'extrême est du Tchad entre des rebelles et les forces gouvernementales, deux mois après l'offensive ratée des groupes armés hostiles au président Idriss Deby Itno qui ont failli le renverser à N'Djamena. Le ministère tchadien de la Défense a accusé, comme par le passé, le Soudan d'être à l'origine de ces nouveaux affrontements, malgré la signature le 13 mars à Dakar d'un accord de paix par le président Deby et son homologue soudanais Omar el-Béchir.
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Le Monde 1er avril 2008
D es combats ont éclaté, mardi 1 er avril, dans l'extrême est du Tchad, entre des rebelles et l'armée, deux mois après l'offensive ratée qui a failli renverser le président tchadien, Idriss Déby, à N'Djamena, ont affirmé à l'AFP des responsables de la rébellion "Il y a des combats vers Adé [localité frontalière du Soudan] et ils sont toujours en cours" , a déclaré, en fin de matinée, Ali Gadaye, le porte-parole de l'Alliance nationale (AN) qui rassemble la plupart des groupes armés hostiles au président Déby. "Les forces gouvernementales sont arrivées, elles nous ont attaqués, nous avons attaqué à notre tour et nous occupons maintenant Adé" , a ajouté un autre responsable rebelle, joint par téléphone satellitaire de Libreville et qui a requis l'anonymat.
"En violation des différents accords signés"
"Ce mardi 1 er avril 2008 à 6 h 40 [heure locale et heure de Paris], en violation des différents accords signés, notamment celui de Dakar, les mercenaires [rebelles] ont franchi la frontière sur ordre du régime soudanais pour attaquer la localité d'Adé" , a affirmé un communiqué du ministère de la défense tchadien. "Les forces gouvernementales ont repoussé l'ennemi, qui est en pleine débandade" , a ajouté le ministère. Le gouvernement tchadien accuse les rebelles d'avoir attaqué Adé "sur ordre" du Soudan "en violation" de l'accord de paix signé il y a moins de vingt jours par N'Djamena et Khartoum à Dakar. Le Tchad appelle les pays médiateurs garants de l'accord signé le 13 mars à Dakar, notamment le Sénégal, le Congo et la Libye, "à prendre leurs responsabilités pour faire cesser toute agression qui pourrait avoir des conséquences imprévisibles" . Les 2 et 3 février, après avoir traversé le pays en provenance de leurs bases arrière soudanaises en moins d'une semaine, les rebelles tchadiens avaient attaqué N'Djamena, acculant le président Déby dans son palais. Ce dernier les avait repoussés in extremis, notamment avec un soutien militaire de la France.
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Le Point, 1 er avril 2008, version française par Marc Delteil Le Tchad a accusé le Soudan d'avoir rompu leur pacte de non-agression, à peine signé, en envoyant des rebelles tchadiens de l'Alliance nationale attaquer mardi à l'aube une localité à la frontière commune, ce que dément Khartoum. "Les mercenaires ont franchi la frontière sur ordre du régime soudanais pour attaquer la localité d'Adé", a annoncé le ministère tchadien de la Défense en précisant que l'armée tchadienne avait "repoussé l'ennemi qui est en totale débandade". Selon le ministère de la Défense, il s'agit d'une violation caractérisée du pacte de non-agression signé le mois dernier à Dakar par le président soudanais Omar Hassan al Bachir et son homologue tchadien Idriss Déby. Dans ce document, conclu grâce à une médiation du président sénégalais Abdoulaye Wade et en présence du secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, Bachir et Déby s'engagent à empêcher les rebelles de chaque pays d'utiliser le territoire de l'autre pour leurs attaques. Les rebelles tchadiens ont récusé cet accord, affirmant qu'il ne les empêcherait pas de poursuivre leurs opérations militaires pour tenter de renverser le régime de Déby, malgré l'échec de leur attaque du début février contre N'Djamena, la capitale.
Renfort Darfouri pour Déby?
Un porte-parole de l'armée soudanaise à Khartoum a "démenti catégoriquement" que le Soudan soit impliqué dans l'attaque d'Adé et assuré qu'il respectait tous ses accords avec son voisin occidental. "Le Soudan n'a soutenu aucune attaque rebelle contre la ville d'Adé. Les forces armées soudanaises ne jouent aucun rôle dans ce qui se passe au Tchad. C'est une affaire intérieure", a-t-il déclaré à Reuters. Un porte-parole des rebelles de l'Alliance nationale, Ali Gadaye, a assuré que ceux-ci avaient attaqué à partir du Tchad et non à partir d'une base située à 78 km à l'intérieur du Soudan, comme l'a affirmé le Premier ministre tchadien Nouradine Delwa. Celui-ci a reçu les ambassadeurs en poste à N'Djamena pour les prendre à témoin de la "nouvelle tentative soudanaise pour détruire le Tchad" - une accusation qualifiée par Gadaye de "vieille rengaine du gouvernement tchadien". Un porte-parole de l'Eufor, la force militaire de l'Union européenne récemment déployée dans l'est du Tchad pour protéger les civils, les réfugiés et les travailleurs humanitaires, a déclaré n'avoir aucune information sur cette attaque. Selon Gandaye, les combats, dont on ignore le bilan, auraient duré trois heures et les rebelles auraient décroché lorsque les forces gouvernementales ont reçu des renforts, y compris d'un groupe rebelle darfouri pro-Déby connu sous le nom de "Toroboro". La localité d'Adé est située près de la frontière avec la province soudanaise en guerre du Darfour, sur la route conduisant à Goz-Beïda, où les Nations unies gèrent un camp de réfugiés soudanais et de Tchadiens déplacés.
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