Le Soudan dans la Presse

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Décembre

 

2005

1er semestre

2ème semestre


Mars 2008

 

Présidence de l'Union Européenne
31 mars 2008

Soudan-Darfour/Anniversaire saisine Cour pénale :l'UE indignée par le fait que le gouvernement soudanais ne respecte pas ses obligations :

Nations Unies
31 mars 2008

L'engagement des pays arabes crucial pour les processus de paix au Moyen-Orient et au Soudan

Radio-Canada
31 mars 2008

Darfour: l'ONU humiliée

Nations Unies
31 mars 2008

UNHCR Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés

IRIN 
28 mars 2008

Le banditisme, une menace de plus en plus grave à l'effort humanitaire dans le Darfour

Médecins sans Frontières
28 mars 2008

Sud-Soudan : Urgence au nord Bahr-el-Ghazal

Agence France-Presse
27 mars 2008

Soldat français mort au Soudan : des "erreurs", pas de "faute" selon le ministère

Libération
27 Mars 2008

Tchad-Soudan: le sergent Polin a été tué de sang froid et à bout portant

New York
26 mars 2008

Nations Unies, communiqué de presse

Reuters avec l'AFP
26 mars 2008

Trois chauffeurs du Programme alimentaire mondial tués au Soudan

Nations Unies
25 mars 2008

Soudan : trois chauffeurs du Programme alimentaire mondial tués lors d'attaques de véhicules humanitaires

Conseil Œcuménique des Eglises
24 mars 2008

Visite de solidarité d'une équipe oecuménique internationale au Soudan

Agence France Presse
24 mars 2008

Darfour – quatre chauffeurs accompagnant une équipe d'humanitaires enlevés

Angola Presse
23 mars 2008

Les chrétiens célèbrent Pâques à Khartoum mais des discriminations subsistent

Le Figaro avec l'AFP
21 Mars 2008

Le Tchad dénonce la menace soudanaise

Ministère des Affaires Etrangères
20 Mars 2008

Communiqué de M. Bernard Kouchner, Genève,
Recherche d'une solution politique à la crise du Darfour

Le Nouvel Observateur
20 Mars 2008

Soudan: Paris ramène Nour dans les négociations

Le Point
20 Mars 2008

Les forces soudanaises accusées de viser des civils au Darfour.

Libération
19 mars 2008

Mort d'un soldat français au Soudan : des zones d'ombres...

IRIN
18 mars 2008

SOUDAN-TCHAD : Le sultan appelle les Etats musulmans à sauver le Darfour

IRIN
17 mars 2008

Soudan-Tchad: Un nouvel accord de paix pour tenter de corriger les échecs passés

Agence France Presse
17 mars 2008

Soudan: le recensement menacé par la logistique et le financement

Le Figaro avec AFP
17 mars 2008

Darfour: un groupe rebelle veut négocier

Jeune Afrique
16 mars 2008

Tchad – Soudan : la paix au forceps

Nations Unies
New York
15 mars 2008

Ban Ki Moon demande le soutien des pays islamiques au règlement de la crise au Darfour

Parlement européen
15 mars 2008

Tchad-Soudan au menu l'Assemblée parlementaire ACP-UE

Le Monde
15 mars 2008

Nouvel accord de paix entre N'Djamena et Khartoum

Le Figaro
14 mars 2008

Réunion à Genève sur le Darfour sans le Soudan

Nations Unies
H.C.R.
14 mars 2008

Le HCR cherche à faciliter le rapatriement volontaire au sud du Soudan

La Presse canadienne
14 mars 2008

Les ventes d'armes chinoises au Soudan ont augmenté en même temps que la violence au Darfour

Le Figaro
14 mars 2008

Bruits de bottes à la frontière soudano-tchadienne

Le Monde
14 mars 2008

M. Sarkozy dénonce « l'assassinat » du soldat français tué au Soudan

Le Point
13 mars 2008

Sommet tchado-soudanais à Dakar sous l'égide d'Abdoulaye Wade

Radio Bruxelles
7 sur 7
13 mars 2008

"Le Soudan a lancé des colonnes armées contre le Tchad"

 

La presse canadienne
13 mars 2008

Le Tchad accuse le Soudan de soutenir une nouvelle avancée de rebelles

Radio France Internationale
13 mars 2008

Nouvelles accusations contre Khartoum

Xinhuanet
13 mars 2008

Le Soudan rejette un rapport américain sur la situation des droits  de l'Homme

Gouvernement canadien
13 mars 2008

Le Canada annonce une contribution supplémentaire aux initiatives humanitaires au Soudan et au Tchad

Agence France Presse
13 mars 2008

Le sommet Tchad-Soudan à Dakar "reporté" à jeudi matin

France Info
13 mars 2008

Nicolas Sarkozy aux obsèques du soldat français de l'Eufor tué au Soudan

Le Monde
13 mars 2008

Les militaires français tirent les leçons de la "bataille de N'Djamena »

Agence France Presse
12 mars 2008

Le Tchad et le Soudan signent un accord de non agression

Nations Unies
New York
12 mars 2008

Le déploiement de la Minuad au Darfour ne peut se substituer à un règlement politique

Nations Unies
New York
12 mars 2008

Le brigandage et le manque de contributions limitent l'arrivée de l'aide alimentaire au Darfour

Xinhuanet
11 mars 2008

Ban Ki-moon participera au sommet Soudan-Tchad à Dakar

Agence France Presse
11 mars 2008

Washington retire la Chine de sa liste noire des droits de l'homme

Xinhuanet
11 mars 2008

Le HCR va former des centaines d'enseignants pour le Sud Soudan

Suisse romande
11 mars 2008

Nouveaux heurts dans une région pétrolière

Agence de Presse adfricaine
10 mars 2008

Des ONG des Droits de l'Homme demandent à l'OCI de faire pression sur le président Béchir

Agence France Presse
10 mars 2008

Le Soudan demande des dédommagements à l'UE pour la mort de nomades

Le point
9 mars 2008

L'Eufor se déploie dans le nord-est de la Centrafrique

Nouvel Observateur
8 mars 2008

Le Français Guéhenno quittera la tête des opérations de maintien de la paix de l'ONU en juin

Libération
8 mars 2008

Moment de vérité au Darfour

Revue parlementaire
mars 2008

Si vous ne pouvez pas nous aider
laissez-nous au moins nous défendre"

Le Monde
8 mars 2008

Critiquée pour son soutien à Khartoum
la Chine met en avant son "rôle positif" au Darfour

Le Monde
7 mars 2008

Tchad et Soudan doivent signer un "règlement définitif du conflit" à Dakar

Agence France Presse
6 mars 2008

Le Japon envisage d'alléger la dette du Soudan

Agence France Presse ;
6 mars 2008

Le soldat français n'est pas mort sur le coup (officier soudanais)

Le Figaro
6 mars 2008

Le corps du soldat français retrouvé ?

Le Monde
6 mars 2008

Tension entre Paris et Khartoum après la disparition d'un soldat français

Le Figaro
3 mars 2008

Un soldat français de l'Eufor disparaît au Darfour après une rixe

Nations Unies
New York
4 mars 2008

Darfour : première patrouille de la MINUAD dans le nord

Agence France Presse 
4 mars 2008

Darfour ouest : l'ONU demande la protection immédiate des civils et l'accès des agences humanitaires

Agence France Presse
4 mars 2008

Au Darfour
20.000 personnes « prises au piège » dans une zone isolée
selon l'ONU

Agence France Presse
4 mars 2008

Un soldat français porté manquant dans un incident frontalier

L'Express
4 mars 2008

Un soldat français de l'Eufor disparu au Soudan

Amnesty International
3 mars 2008

Soudan et Tchad : selon Amnesty International
le conflit s'étend

Agence France Presse
3 mars 2008

Mini-sommet à Dakar le 12 mars pour la paix entre Tchad et Soudan

Agence France Presse
3 mars 2008

Sud Soudan: des affrontements entre nomades et ex-rebelles font 78 morts

Le Monde
1 er mars 2008

Paris à l'épreuve du guêpier tchadien


 

L'engagement des pays arabes crucial pour les processus de paix au Moyen-Orient et au Soudan

 

Nations Unies communiqué de presse, 31 mars 2008

 

Lors d'une allocution devant le Sommet de la Ligue des États arabes à Damas, le Secrétaire général a engagé les membres de l'organisation à soutenir le processus de paix israélo-palestinien et à influer sur le Soudan pour parvenir à un règlement de la crise au Darfour.

« Cette réunion arrive à un tournant critique pour le monde arabe et pour la région », a rappelé Ban Ki-moon dans un message transmis samedi par son Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, B. Lynn Pascoe, dans la capitale syrienne.

« Votre engagement est particulièrement crucial pour le fragile processus de paix en cours entre le président Abbas et le Premier ministre Olmert ».

Ces derniers ont « exprimer leur souhait de parvenir à un accord d'ici à la fin de l'année. Mais la voie vers la paix reste pavée de défis redoutables », a dit Ban Ki-moon.

« En particulier, je partage les préoccupations des pays arabes sur le fait que la poursuite des activités de colonisation israéliennes ainsi que les diverses restrictions à l'accès et aux mouvements sapent la crédibilité du processus politique. J'exhorte à nouveau Israël à respecter ses engagements en arrêtant la construction de colonies, en réduisant les points de contrôle et permettant les mouvements. Il nous faut agir pour alléger les souffrances du peuple palestinien et lui donner un espoir pour l'avenir », a insisté le Secrétaire général.

Ban Ki-moon a en parallèle appelé à une « stratégie différente et plus positive pour Gaza ».

« J'encourage tous les pays arabes à agir de façon responsable et à exercer l'influence dont ils disposent au soutien de la cessation des violences à Gaza et dans la région, de l'ouverture des points de passage, de la garantie de frontières sûres et du respect des obligations palestiniennes dans le cadre de la Feuille de route ».

« Cela est essentiel pour le bien-être de la population de Gaza, la sécurité des Palestiniens et de l'Egypte ainsi que d'Israël, et la perspective d'une réunification pacifique de la Cisjordanie et de Gaza sous l'autorité de l'Autorité palestinienne ».

Le Secrétaire général a par ailleurs insisté sur la nécessité d'un règlement d'ensemble du conflit arabo-palestinien, avec la reprise des négociations entre Israël et la Syrie et Israël et le Liban.

Sur la question du Liban, il a insisté sur la préservation de l'indépendance du pays. « Les amis du Liban ont la responsabilité de faciliter le processus politique et tout le monde devrait soutenir l'initiative de la Ligue arabe », a dit Ban Ki-moon.

Par ailleurs, sur le Soudan, le message rappelle qu'aucune solution à long terme aux souffrances du Darfour ne peut se passer d'un règlement politique.

« La Ligue des États arabes et ses membres sont bien placés pour soutenir les efforts en cours ; vos contributions peuvent aider à accélérer le déploiement de l'Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) et votre influence peut donner un nouvel élan au processus politique au point mort »

 

  Mars 2008

 

Soudan-Darfour/Anniversaire saisine Cour pénale :

l'UE indignée par le fait que le gouvernement soudanais ne respecte pas ses obligations

 

Communiqué émis par : Présidence de l'Union Européenne

 

Le 31 mars 2005 , le Conseil de sécurité des Nations unies a saisi la Cour pénale internationale (CPI) de la situation au Darfour. Dans sa résolution 1593 (2005), le Conseil de sécurité a déclaré que « le gouvernement soudanais et toutes les autres parties au conflit du Darfour d[evaient] coopérer pleinement avec la Cour et le procureur et leur apporter toute l'assistance nécessaire ».

Haroun, actuel Secrétaire d'État aux affaires humanitaires, et de M. Ali Mohammed Ali Abd-Al-Rahman, également connu sous le nom de « Ali Kosheib », ancien dirigeant des milices janjaouites, pour les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre qu'ils sont soupçonnés d'avoir commis au Darfour.

L'UE se déclare profondément indignée par le fait que le gouvernement soudanais ne respecte toujours pas les obligations qui lui incombent en vertu de la résolution 1593 du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment par son refus d'arrêter et de livrer les personnes susmentionnées à la CPI pour qu'elles soient poursuivies, et même d'autoriser la CPI à les interroger.

L'UE réaffirme que la CPI constitue un moyen essentiel de promouvoir le respect du droit humanitaire international et des droits de l'homme, et donc de garantir la liberté, la sécurité, la justice et l'État de droit, ainsi que de contribuer au maintien de la paix et au renforcement de la sécurité internationale. Selon le principe fondamental inscrit dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, les crimes les plus graves qui touchent l'ensemble de la communauté internationale ne sauraient rester impunis. Mettre fin à l'impunité dont jouissent les auteurs de ces crimes contribue à prévenir de tels crimes.

L'UE invite une nouvelle fois le gouvernement soudanais à coopérer sans condition avec la CPI et à livrer les deux personnes à l'encontre desquelles la CPI a délivré un mandat d'arrêt.

Si le gouvernement soudanais persiste à ne pas respecter les dispositions de la résolution 1593 du Conseil de sécurité des Nations unies, l'UE appuiera l'adoption de nouvelles mesures appropriées à l'encontre de ceux qui sont responsables de la non coopération du Soudan avec la CPI.

 

  Mars 2008

 

Darfour: l'ONU humiliée

 

Radio-Canada, 31 mars 2008

 

Le Darfour... cinq ans déjà! Cinq ans d'une cause qui a – un peu comme la cause tibétaine – allumé la sympathie des Occidentaux et provoqué une mobilisation humanitaire, sans pour autant que cette prise de conscience ne se traduise en progrès pour ceux qu'on prétend aider. 

On parle aujourd'hui d'une recrudescence des violences. Un rapport de l'ONU, rendu public à la mi-mars, fait état de massacres dans plusieurs villages du Darfour-Ouest en janvier et février, et accuse carrément les autorités de Khartoum d'avoir tué des dizaines de civils. À Khartoum, on nie toute violence contre les civils, tout en reconnaissant qu'il y a en ce moment une recrudescence des combats. 

 

Une guerre qui change  

 

Au début, la guerre du Darfour était plus simple. Les violences étaient plus massives et perpétrées principalement par des troupes progouvernementales soudanaises, les fameux « djandjawids » à cheval. Ces troupes pillaient et violaient allègrement, rasant des centaines de villages. 

La majorité des victimes – de 200 000 à 400 000 morts selon les sources, plus environ 2 millions et demi de déplacés – date de cette première période, en 2003 et 2004. À l'époque, on parlait essentiellement de deux groupes rebelles qui faisaient la lutte aux troupes gouvernementales. 

Pour faire une image simple, c'était alors des Arabes islamistes de Khartoum qui s'en prenaient, avec des « troupes de choc » (les djandjawids), aux populations noires musulmanes de l'ouest du pays*. 

Mais aujourd'hui, il y a multiplication des fronts. Les groupes rebelles se sont scindés et, parfois, se font la guerre entre eux. Autre élément de complication: l'imbrication des conflits internes du Soudan et du Tchad voisin, où se trouvent au moins 200 000 réfugiés du Darfour. Des bandes armées franchissent allègrement la frontière: rebelles tchadiens appuyés par le gouvernement du Soudan et rebelles soudanais (du Darfour) appuyés par le gouvernement du Tchad. 

 

Malheureuse ONU  

 

Et puis il y a cette malheureuse mission de l'ONU au Darfour, qui marque le pas avant même d'avoir démarré.  

En date du 1er janvier, l'ONU devait avoir déployé « la plus grande mission armée de son histoire »: 26 000 soldats et policiers, dans une force conjointe ONU-Union africaine (MINUAD), devant officiellement aider à l'application de l'accord de paix de mai 2006. Un accord qui n'est resté qu'un chiffon de papier. 

Sur les 26 000 prévus, la mission sur le terrain en était, fin mars 2008, à 9000 soldats et policiers déployés. Cela, en comptant l'apport de la mission précédente de l'Union africaine: 6000 hommes pratiquement sans équipement, qui se contentaient de visiter les scènes de massacres après coup et de faire des rapports. 

 

Manque de personnel et d'équipement  

 

Sur le terrain, le défi logistique est immense. C'est le désert sur des milliers de kilomètres carrés. Il n'y a pratiquement pas de routes, pas d'eau, pas d'infrastructures. Seulement des villages détruits et des bandes armées qui font la loi. 

Pourquoi n'arrive-t-on pas à réunir les soldats prévus? D'abord, les grands pays occidentaux ne sont pas au rendez-vous sur le terrain. La MINUAD est officiellement une mission à dominante africaine, avec un appui logistico-financier de la Chine, des États-Unis, du Canada et de l'Europe. 

Il y a convergence entre des Africains qui soutiennent que cette mission doit être – pour l'exemple et par principe – « d'abord africaine » et des Occidentaux qui disent: « Des soldats sur pied? Nous n'en avons pas... Mais voici l'argent, maintenant démerdez-vous! » 

Il y a aussi le fait que le Soudan peut opposer, en tout temps, un veto sur tel ou tel pays fournisseur de troupes. (Le Soudan avait fini en juillet 2007 par dire oui à la mission. Son « protecteur » chinois, dont le jeu au Darfour n'est pas toujours clair, lui avait, il est vrai, un peu tordu le bras.) 

Par exemple en janvier, la Norvège et d'autres pays nordiques avaient un bataillon prêt à partir. Mais Khartoum a interdit son déploiement. 

Et puis il y a cette histoire loufoque d'hélicoptères qui n'arrivent pas. L'ONU demande une vingtaine d'hélicoptères de haut niveau technologique. Ceux qui fabriquent ces appareils – les Américains, les Français, les Allemands, les Russes aussi – en fabriquent des milliers pour tous les fronts du monde. Ils n'en ont pas 20 pour l'ONU au Darfour! 

Dans une entrevue récente, l'ancien secrétaire général Kofi Annan a déclaré que la mission de l'ONU au Darfour pourrait bien s'avérer, à la fin, une des plus grandes humiliations de l'histoire des Nations unies! 

 

* À distinguer des populations noires animistes du Sud-Soudan, auxquelles Khartoum avait fait la guerre dans les années 80 et 90.  

 

  Mars 2008

UNHCR Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés

 

Le seuil des 100.000 rapatriés sud-soudanais est franchi

 

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a annoncé vendredi avoir aidé au retour de plus de 100 000 réfugiés depuis le Sud-Soudan, dans le cadre du programme de rapatriement organisé qui a débuté en décembre 2005.

« Le seuil des 100 000 personnes a été franchi cette semaine, alors que le rythme des convois de retour a augmenté depuis les pays voisins du Sud-Soudan pour ramener les réfugiés chez eux avant la saison des pluies en mai et, pour ceux qui le souhaitent, avant le recensement national qui aura lieu du 5 au 30 avril », a indiqué vendredi Ron Redmond, porte-parole de l'UNHCR, aux journalistes à Genève.

« Nous aidons actuellement quelque 4 500 réfugiés au retour chaque semaine depuis le Sud-Soudan - ce nombre est en augmentation par rapport aux 3 000 personnes rentrées il y a quinze jours », a ajouté Arun Sala-Ngarm, responsable du bureau du Sud-Soudan au siège de l'UNHCR à Genève. « A la mi-avril, ce chiffre devrait passer à 6 000 rapatriés par semaine, car nous augmentons la capacité de transport pour les rapatriés depuis l'Ouganda et l'Ethiopie»

La majorité des réfugiés rentrent depuis l'Ouganda, avec quelque 2 700 rapatriés par semaine. La plupart des convois depuis l'Ouganda entrent au Sud-Soudan par le corridor de Nimule - l'un des 18 itinéraires aériens et terrestres empruntés par l'UNHCR pour ramener les réfugiés dans leur pays natal.

Depuis le Kenya, la région vers laquelle les réfugiés rentrent a été étendue, grâce à une liaison aérienne mise en place depuis le camp de Kakuma dans le nord-ouest du pays et permettant ainsi rejoindre les Etats des Lacs, de Warrab, d'Unity, du nord et de l'ouest de Bahr el Ghazal au Soudan. Plus de 5 000 réfugiés sont rentrés depuis Kakuma cette année. Un autre groupe de 2 000 personnes devrait rentrer en avril.

Les retours depuis l'Ethiopie - un pays qui accueille quelque 35 000 réfugiés sud-soudanais dans trois camps - devraient aboutir à la fermeture de deux camps. Les retours ont repris à la fin du mois dernier et s'effectuent au rythme de 1 200 rapatriés par semaine.

« Ces retours devraient amener à la fermeture, en avril, du camp de Bonga, un camp où sont hébergés quelque 2 300 réfugiés dans la région de Gambella à l'ouest de l'Ethiopie. A Sherkole, plus au nord, la plupart des 6 800 réfugiés ont exprimé le souhait de rentrer au Sud-Soudan, dans la région du Haut Nil. Ils devraient rentrer fin mai », a expliqué Ron Redmond.

« Plus de 8 000 réfugiés des camps de Dimma et de Fugnido devraient aussi rentrer en avril et en mail cette année, ce qui aboutira à la fermeture de Dimma, un camp accueillant quelque 2 600 réfugiés », a-t-il ajouté.

Les mouvements de retour sont organisés en collaboration avec l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), l'agence allemande GTZ, les gouvernements des pays accueillant des réfugiés et le Gouvernement du Sud-Soudan.

En février, l'UNHCR a lancé un appel d'un montant de 63 millions de dollars pour financer les opérations que l'agence mènera en 2008 au Sud-Soudan, incluant l'organisation du retour volontaire et la réintégration des réfugiés soudanais.

Un total de 251 000 réfugiés sont rentrés au Soudan - quelque 100 000 d'entre eux dans le cadre de rapatriements organisés et le reste par leurs propres moyens - depuis la signature de l'Accord de paix global signé en janvier 2005 qui a mis fin à 21 ans de guerre civile entre le nord et le sud du pays. Par ailleurs, quelque 260 000 réfugiés soudanais se trouvent toujours hors du Soudan.

 

  Mars 2008

 

Le banditisme, une menace de plus en plus grave à l'effort humanitaire dans le Darfour

 

IRIN, Nairobi, édition française, 28 mars 2008

 

Les organisations humanitaires présentes au Soudan ont fait part de leurs préoccupations au sujet de la hausse alarmante du nombre d'actes de banditisme perpétrés contre les personnes qui participent à l'intervention humanitaire dans la région du Darfour, dévastée par le conflit, et ont averti que les violences menaçaient de perturber l'aide apportée à des milliers de personnes dans le besoin.

« Ces attaques ont atteint des niveaux sans précédent et la situation va de mal en pis », a déploré Edward Carwardine, directeur du service médias et relations externes des bureaux soudanais du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

M. Carwardine a notamment cité l'incident qui s'est produit le 20 mars, lorsque quatre employés de la Corporation nationale des eaux, qui travaillaient avec l'UNICEF, ont été enlevés dans le nord du Darfour ; leur équipement de forage leur a été volé, et, en conséquence de cela, 180 000 personnes courent désormais le risque de ne pas recevoir d'eau salubre cette année, a-t-il ajouté.

Selon Emilia Casella, directrice de la communication publique au Programme alimentaire mondial (PAM-Soudan) des Nations Unies, un « nombre extrêmement alarmant d'actes de banditisme » ciblés sur les convois du PAM a été constaté, et il faut désormais plus de temps aux camions affrétés par le PAM pour acheminer les vivres jusqu'aux entrepôts de l'agence, au Darfour.

« Toutes les parties doivent comprendre que le personnel et les marchandises humanitaires sont là pour permettre de mener à bien un travail humanitaire neutre », a déclaré Mme Casella.

Ces attaques, a-t-elle ajouté, se sont multipliées à l'heure où le PAM doit pré-acheminer autant de nourriture que possible au Darfour en prévision de la saison des pluies de mai-octobre, au cours de laquelle les routes deviennent impraticables.

Selon les services du Coordinateur résident et Coordinateur humanitaire des Nations Unies au Soudan, trois travailleurs humanitaires et un camionneur vacataire ont été tués et près de 90 personnes, qui travaillaient dans le cadre de cette opération humanitaire, ont été enlevées, la plupart au cours de braquages, depuis le début de l'année 2008.

Vingt-trois cambriolages et agressions à main armée ont également été recensés dans les locaux des organisations humanitaires et des Nations Unies.

Vingt-neuf chauffeurs de camions affrétés par le PAM sont toujours portés disparus, depuis qu'ils ont été enlevés sous la menace des armes.

« Ces attaques sont inacceptables et indéfendables », pouvait-on lire dans un communiqué publié par les bureaux du Coordinateur, le 26 mars. « Les individus qui s'en prennent aux travailleurs humanitaires pénalisent des innocents – des enfants, pour la plupart – qui dépendent de l'aide humanitaire pour leur alimentation, leurs soins de santé, l'eau, les systèmes d'assainissement, ainsi que d'autres services essentiels ».

 

  Mars 2008

 

Sud-Soudan : Urgence au nord Bahr-el-Ghazal

 

Médecins Sans Frontières, 28 mars 2008

 

Au Sud-Soudan, après de récents combats dans la région pétrolifère d'Abyei, des milliers de familles, déplacées par les affrontements, ont besoin d'une aide urgente, dans une région où les ressources sont déjà extrêmement réduites.

Gabriel Trujillo, responsable des programmes MSF au Soudan, s'inquiète du manque de mobilisation des acteurs de l'aide au nord Bahr-el-Ghazal.

 

Des déplacés sont arrivés il y a plusieurs semaines dans le nord Bahr-el-Ghazal, dans quelle situation se trouvent-ils?

 

Environ 12 000 déplacés se sont regroupés sur trois sites au nord d'Aweil et des milliers d'autres sont dispersés dans la brousse, probablement 10 000 personnes, peut-être le double. Personne ne sait exactement, les conditions de sécurité et l'éparpillement des groupes de déplacés rendent l'accès très difficile. Sur les trois sites, les familles n'ont pratiquement reçu aucune aide depuis leur arrivée, entre un et deux mois.

J'ai été impressionné par leur désespoir, à la limite de l'agressivité quand je les ai rencontrés il y a quelques jours. Dans le site de Mending Dot Akok (environ 10 000 déplacés), nous étions entourés par des hommes, des femmes et des enfants qui se frappaient l'estomac et portaient leurs doigts à leur bouche pour crier leur faim dans une langue universelle. Ils m'ont montré leurs seules ressources : des feuilles et des petites noix glanées dans la brousse. Les hommes partent chasser mais, au mieux, ils rapportent de petits animaux.

La faim n'a pas encore marqué les corps des adultes mais déjà quelques adolescents présentent des signes de malnutrition . Pour les plus petits, une évaluation nutritionnelle rapide dans les trois sites a montré des signes très inquiétants : une malnutrition globale de 20% chez les moins de cinq ans, au stade sévère pour 8% d'entre eux, ce qui représente plusieurs centaines d'enfants qui ont besoin en urgence d'aliments thérapeutiques.

Ces déplacés ont fui sans rien emporter, les abris de paille d'environ quatre mètres carrés ne contiennent généralement rien, parfois une marmite ou un vêtement. Pour trouver de l'eau, ils ont creusé des trous de quelques mètres au fond desquels stagne vingt centimètres d'eau boueuse. En somme, ces déplacés ont besoin en urgence d'eau, de nourriture, de matériel de base ainsi que de soins médicaux, particulièrement nutritionnels.

 

Que fuient ces déplacés et quelles sont les capacités locales pour répondre à cette urgence?

 

Cette urgence survient dans un contexte de tensions politiques , d'insécurité alimentaire élevée et de structures médicales insuffisantes et dotées de faibles moyens. Ces déplacements de population sont liés à des combats entre des nomades de la tribu des Misseriya et des forces armées du Sud, le long de la frontière entre le Nord et le Sud Soudan, depuis la fin du mois de décembre. Ces nomades se déplacent suivant leur route traditionnelle de transhumance mais cette tribu qui avait soutenu le Nord durant les années de guerre est suspecte aux yeux des anciens rebelles sudistes et les affrontements surviennent sporadiquement.

Les tensions politiques sont actuellement très fortes dans cette zone, à proximité d'Abyei. C'est une région riche en pétrole dont le statut n'a pas été tranché lors de l'accord de paix entre le Nord et le Sud en 2005. Une partie de la population s'est donc déplacée vers le sud-ouest, au nord d'Aweil, alors que la pression sur les ressources locales est déjà accrue par le retour de quelque 20 000 anciens réfugiés. Car ceux qui avaient fui pendant la guerre dans un pays voisin ou vers le nord du pays reviennent progressivement. Près de deux millions de personnes sont déjà revenues dans tout le Sud-Soudan, et ce n'est pas fini. La perspective d'élections l'année prochaine peut inciter les quelques centaines de milliers de réfugiés, qui vivent encore hors des frontières, à rentrer. Une minorité des anciens réfugiés sont rapatriés par le Haut Commissariat des Nations unies aux Réfugiés (HCR). Mais, même pour ceux-là, les conditions de retour sont extrêmement dures : ils sont abandonnés à eux-mêmes très rapidement. Or tout manque, à commencer par les services médicaux et la nourriture.

Nous connaissons cette région pour y avoir travaillé pendant des années et nous savons que le système de santé reste à construire et que la malnutrition sévit parmi les moins de cinq ans et ce, même les bonnes années.

Aujourd'hui, alors que les besoins augmentent, la situation est encore pire : les inondations l'année dernière et la fermeture de la frontière pendant deux mois ont fortement diminué les quantités de nourriture disponibles. Les prix des aliments augmentent, à certains moments jusqu'à trois fois le prix habituel sur les marchés.

Dans le même temps, l'aide diminue, le Programme Alimentaire Mondial a cessé les distributions générales de nourriture parce que le Sud Soudan n'est plus en conflit. Nous assistons donc à une accumulation de facteurs aggravants.

 

  Mars 2008

 

 

Soldat français mort au Soudan : des "erreurs", pas de "faute" selon le ministère

 

Agence France Presse, 27 mars 2008

 

La mort d'un soldat français des forces spéciales survenue début mars dans un accrochage avec des éléments armés au Soudan était due à une "succession d'erreurs" et non à une "faute" dans les ordres donnés ou leur exécution, a indiqué jeudi l'état-major des armées.

Selon le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, de l'état-major, une "enquête de commandement" conduite par le général Patrick Paimbault au Tchad voisin a "relevé une succession d'erreurs mais pas de faute ou d'actions qui auraient été conduites en contradiction avec des ordres reçus".

Le porte-parole du ministère Laurent Teisseire a indiqué pour sa part que l'enquête du général Paimbault, inspecteur des forces en opération, "confirmait l'erreur de positionnement géographique" évoquée par les premiers témoignages.

Selon ceux-ci, le sergent Gilles Polin et un second soldat des forces spéciales qui était parvenu à s'enfuir avaient pénétré par mégarde en territoire soudanais le 3 mars.

Interrogé sur la nature des éléments armés qui avaient ouvert le feu sur les deux soldats français, le commandant Prazuck a indiqué que les informations recueillies par le général Paimbault au Tchad ne permettaient pas d'affirmer "qu'ils étaient des soldats réguliers ou des coupeurs de routes".

Le commandant Prazuck a toutefois relevé que le groupe des forces spéciales françaises qui avait tenté ensuite d'aller chercher le corps du sergent Polin avait été pris sous "des tirs de mortiers".

Ces "moyens lourds ne correspondent pas à ce qu'on trouve habituellement dans les bandes de coupeurs de route", a-t-il noté, estimant qu'ils avaient affronté "une force organisée".

Il s'agit de "déductions et non de preuves flagrantes que le général Paimbault n'a pas obtenues", a cependant souligné le commandant Prazuck.

Sur les circonstances de la mort du sergent Polin, il a précisé que "trois personnes" avaient "ouvert le feu à bout portant" sur lui au moment où il quittait son véhicule.

Les autorités soudanaises avaient affirmé avoir retrouvé son corps plusieurs jours plus tard.

Les deux soldats français menaient une missions "d'éclairage" sous drapeau de l'Eufor Tchad-RCA, une force européenne destinée principalement à protéger quelque 450.000 réfugiés soudanais du Darfour et déplacés tchadiens et centrafricains

  Mars 2008

 

Tchad-Soudan: le sergent Polin a été tué de sang froid et à bout portant

 

Libération, 27 mars 2008

 

Les circonstances de la mort du sergent Gilles Polin, le lundi 3 mars, lors d'un incident frontalier avec le Soudan, se précisent peu à peu. Voici les nouveaux éléments que nous avons recueillis.

"La P4 (véhicule militaire léger) a été arrêtée sur une piste par trois hommes qui sortaient des fourrés. Ils ne portaient pas d'uniformes reconnaissables. Ils étaient très près de la P4 et, au moment où Polin mettait le pied à terre pour descendre du véhicule, l'un d'eux a ouvert le feu à bout portant." Le sergent a alors reçu une balle au flanc et l'adjudant qui l'accompagnait a été blessé légèrement par d'autres tirs.

Selon les évaluations de l'état-major à Paris, ces hommes n'étaient pas des coupeurs de route, mais appartenaient à une "force organisée ". Une estimation fondée sur leur réaction à l'arrivée des autres éléments du COS. Ils ont réagi "avec des moyens de combat lourds (mortiers) qui ne correspondent pas à ce que l'on trouve chez les coupeurs de route" . Ces éléments semblent désigner l'armée soudanaise.

De retour de sa mission d'enquête au Tchad, le général (air) Patrick Paimbault, inspecteur des forces en opération, a remis au chef d'état-major des armées ses conclusions sur les circonstances de cet incident frontalier. " Il a confirmé l'erreur dans le positionnement géographique" , qui a conduit l'équipe des forces spéciales à franchir la frontière, indique Laurent Teisseire, porte-parole du ministère de la défense. "Il n'y a pas eu de fautes, mais une succession d'erreurs" ajoute-t-on à l'état-major. En tout cas, "pas d'actions conduites en contradiction avec les ordres reçus."

Lors d'une conférence de presse tenue le 19 mars, le général irlandais Patrick Nash - patron de l'Eufor et à ce titre des forces spéciales françaises engagées dans l'opération - avait provoqué la surprise en affirmant que les militaires de l'Eufor ne devaient pas s'approcher à moins de cinq kilomètres de la frontière avec le Soudan. Selon nos informations, cette règle d'engagement n'a jamais existé , même si "on ne dévoile pas toutes les règles d'engagement ", comme le reconnaît un officier français. Pour Paris, la présence, "naturelle et légitime ", des forces spéciales dans ce secteur s'intégrait dans "leur rôle d'éclairage initial de terrain".

(1) Nommé adjudant à titre posthume.

 

  Mars 2008

 

Nations Unies, communiqué de presse

 

New York 26 mars 2008

 

(La version française du Point de presse quotidien n'est pas un document officiel des Nations Unies)

 

Ci-dessous les principaux points évoqués par Michèle Montas, Porte-parole du Secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon:

 

Soudan

 

Le Programme alimentaire mondial (PAM) s'est dit attristé et choqué d'apprendre l'assassinat de trois de ses chauffeurs lors de deux incidents séparés au Soudan.  Une des victimes a été tuée par balle lundi alors qu'elle circulait sur la route de Nyala, au Sud-Darfour, et, samedi, dans le sud du Soudan, les deux autres chauffeurs ont été poignardés par des assaillants dans la ville d'Abiemnom.  Ils transportaient des denrées du PAM destinées à la ville d'Abyei.  Le PAM estime que les menaces quotidiennes qui pèsent sur la sécurité de ses transporteurs est inacceptable, les livraisons étant en outre retardées car les chauffeurs sont de plus en plus réticents à emprunter des routes dangereuses.  Ces incidents portent à 56 le nombre de camions d'aide humanitaire impliqués dans des attaques cette année.  À cela s'ajoute le vol de six véhicules du PAM destinés au transport de passagers au cours de la même période.

 

Au plan humanitaire, le Bureau du coordonnateur résident et Coordonnateur de l'action humanitaire au Soudan indique que les attaques contre des personnels humanitaires au Darfour n'ont jamais été aussi nombreuses, ce qui compromet le déroulement des opérations sur le terrain ainsi que la sécurité du peuple du Darfour.  La communauté humanitaire condamne tous les actes de violence et appelle à la cessation de toutes les attaques ainsi qu'à la libération immédiate des personnes enlevées.  Elle appelle également à la levée de toute impunité protégeant ceux qui prennent pour cible le personnel humain où que ce soit au Soudan.

 

  Mars 2008

 

Trois chauffeurs du Programme alimentaire mondial tués au Soudan

Reuters avec l'A.F.P., 26 mars 2008

Trois chauffeurs travaillant pour le Programme alimentaire mondial (Pam) ont été tués par des pillards ces sept derniers jours lors d'attaques séparées au Darfour, dans l'ouest du Soudan, ainsi que dans le sud du pays, rapporte l'agence de l'ONU.

 

Lundi, un chauffeur a été abattu et son assistant grièvement blessé dans l'État du Sud-Darfour. Le 22 mars, deux autres chauffeurs qui se rendaient dans l'État d'Abyei ont été poignardés dans le sud du Soudan par six agresseurs, a indiqué le Pam.

Ces nouvelles attaques soulignent la forte insécurité qui règne au Soudan où la plus importante opération humanitaire au monde est en cours dans la région du Darfour. Des organisations humanitaires travaillent également dans le sud du pays pour aider à la reconstruction après des années de guerre civile.

Dans la seule région du Darfour, 56 camions du Pam et six véhicules de transport de passagers ont été attaqués et 24 chauffeurs sont toujours portés disparus, précise le Pam.

"Nous sommes extrêmement choqués et attristés par ces incidents. Cette situation est totalement inacceptable", a déclaré le directeur du Pam au Soudan, Kenro Oshidari, dans un communiqué.

Le Pam précise que les attaques sont en revanche plus rares dans le Sud-Soudan où un accord de paix signé en 2005 a mis fin à la plus longue guerre civile africaine.

Opheera McDoom, version française Gwénaelle Barzic

 

  Mars 2008

 

Soudan : trois chauffeurs du Programme alimentaire mondial tués lors d'attaques de véhicules humanitaires

 

Nations Unies,New York PAM, 25 mars 2008

 

Trois chauffeurs de camions transportant l'aide humanitaire du Programme alimentaire mondial ( PAM ) ont été tués au Soudan au cours des cinq derniers jours.

« Toutes les parties doivent reconnaître que les chauffeurs des véhicules humanitaires et leur cargaison poursuivent un objectif humanitaire neutre. En s'attaquant au personnel humanitaire, ces assaillants s'attaquent aussi à des personnes innocentes qui ont besoin de l'aide alimentaire », a affirmé Kenro Oshidari, le représentant du PAM au Soudan, dans un communiqué publié aujourd'hui à Khartoum.

Il s'est dit « extrêmement choqué et attristé » par les incidents, qui les 22 et 24 mars dernier, ont causé la mort de Hamed Abdulla Sharif et de Hamed Ibrahim Digel le 22 mars à Abiemnom, au Sud-Soudan, et celle de Mohamed Ali sur la route de Nyala, au Darfour.

Depuis le début de l'année, 56 camions ont été attaqués, et 33 d'entre eux sont toujours introuvables. Vingt-quatre chauffeurs sont toujours portés disparus.

Ce banditisme a par ailleurs réduit considérablement les livraisons de l'aide humanitaire. Si le PAM a pu fournir des rations alimentaires mensuelles à plus de deux millions de personnes touchées par le conflit au Darfour le mois dernier, environ 64.000 autres n'ont pas pu être atteintes en raison de l'insécurité.

 

  Mars 2008

Visite de solidarité d'une équipe oecuménique internationale au Soudan 

 

Conseil Oecuméniques des Eglises, 24 mars 2008

 

Une équipe oecuménique internationale composée de représentants d'Eglises va effectuer une visite de solidarité auprès des Eglises et organisations oecuméniques du Soudan, du 26 mars au 2 avril. Cette équipe, conduite par le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du COE, se divisera en quatre groupes qui se rendront au Darfour, à Khartoum, Rumbek et Yambio, avant de se joindre à des responsables d'Eglises, des femmes et des jeunes soudanais pour une conférence de trois jours à Juba.

 

Cette visite veut donner à des représentants oecuméniques de divers pays l'occasion d'exprimer leur solidarité avec le peuple soudanais et d'écouter les Eglises de ce pays. Des visites à des paroisses chrétiennes, des organisations de la société civile, des personnes déplacées, des organisations humanitaires et des personnalité politiques permettront aux membres de cette équipe de découvrir les préoccupations, les espoirs et les besoins de ces divers groupes.

Les participants à cette visite, organisée par la Conférence des Eglises de toute l'Afrique (CETA) et le Conseil oecuménique des Eglises (COE), seront les hôtes du Conseil des Eglises du Soudan. Les responsables des opérations d'urgence d'ACT-Caritas au Darfour assureront le déroulement de la visite dans cette région.

Une guerre civile de 20 ans entre le Nord et le Sud du pays, qui a causé la mort d'environ 2 millions de personnes et en a forcé 4 millions à se déplacer à l'intérieur du pays, a pris fin en janvier 2005 par un accord de paix précaire. Depuis le début de 2003, la région du Darfour, située à l'ouest, a été le théâtre d'un conflit permanent entre groupes rebelles et milices soutenues par le gouvernement qui a entraîné la mort de 200'000 à 400'000 personnes et en a fait fuir quelque 1,8 million, tandis qu'on estime à 200'000 le nombre de celles qui ont cherché refuge dans les pays voisins du Tchad et de la République centrafricaine.

Après s'être fait une idée de la situation sur le terrain, l'équipe oecuménique rencontrera une cinquantaine de représentants d'Eglises soudanaises pour une conférence qui se tiendra à Juba, capitale du Soudan du Sud, du 31 mars au 2 avril. Des responsables d'Eglises, des femmes et des jeunes y parleront de leurs expériences et évoqueront les défis que constituent le retour à la paix, le VIH et le sida, ou encore la reconstruction, pour ne citer que ceux-là.

Cette visite de solidarité s'inscrit dans le cadre du projet "lettres vivantes" du COE et du Programme oecuménique des éminentes personnalités pour la paix en Afrique (ERERRA) de la CETA. Cette initiative a également le soutien de la Communauté des Conseils chrétiens et des Eglises des Grands Lacs et de la Corne de l'Afrique

 

    Mars 2008

Darfour – quatre chauffeurs accompagnant une équipe d'humanitaires enlevés

 

Agence France Presse, Khartoum, 24 mars 2008

 

Quatre chauffeurs accompagnant des ingénieurs du gouvernement travaillant avec Unicef sur un projet d'accès à l'eau ont été enlevés au Darfour, dans l'ouest du Soudan, a annoncé dimanche le Fonds des Nations unis pour l'enfance, exigeant leur libération immédiate.

Des bandits ont arrêté jeudi un convoi de trois voitures et un camion transportant une plate-forme de forage, dans lequel voyageaient quatre ingénieurs et quatre chauffeurs de la compagnie soudanaise des Eaux à Um Tajok, dans le Darfour-nord, a indiqué l'Unicef.

Les chauffeurs ont été contraint de suivre les assaillants avec leurs véhicules et la plate-forme est introuvable, selon la même source.

"Nous exhortons les personnes responsables de cet incident à libérer immédiatement les membres manquants de l'équipe ainsi que leur équipement, indemnes", a dit le représentant de l'Unicef au Soudan, Ted Chaiban.

"Cela ne peut être toléré, nous exigeons que tous ces travailleurs (humanitaires) puissent opérer en sécurité dans la région du Darfour", en proie à la guerre civile depuis cinq ans.

Le banditisme est une entrave majeure au travail des humanitaires opérant au Darfour. Le conflit opposant des rebelles de cette région de l'ouest du Soudan aux forces gouvernementales et des milices locales a fait quelque 200.000 morts et 2,2 millions de déplacés sur une population de six millions d'âmes, selon des organisations internationales.

Khartoum conteste le chiffre des victimes parlant de 9.000 morts seulement.

En novembre 2006, neuf employés de la compagnie nationale des Eaux avaient été enlevés pendant plusieurs semaines. L'un des employés est mort.

En juillet de la même année, des déplacés avaient tué trois membres d'une équipe de la même compagnie dans le camp de Hassa Hissa à Zalingei, également au Darfour.

En novembre dernier, trois Soudanais et deux étrangers travaillant dans le secteur pétrolier ont été libérés après avoir été retenus en otage pendant près d'un mois par des rebelles du Darfour qui avaient attaqué un champ pétrolier à Kordofan, région frontalière du Darfour

 

  Mars 2008

Les chrétiens célèbrent Pâques à Khartoum mais des discriminations subsistent

 

Angola Presse, 23 mars 2008

 

Des dizaines de milliers de chrétiens du Soudan ont célébré dimanche Pâques à Khartoum mais ils continuent de souffrir de discriminations dans ce pays à majorité musulmane, trois ans après un accord de paix où leurs droits ont été reconnus.

Le Soudan compte une importante minorité chrétienne qui vit notamment dans le Sud mais aussi dans la capitale. Les chrétiens disent avoir retrouvé la liberté de culte depuis l`accord de paix de 2005 qui avait mis fin à 21 ans de guerre civile dévastatrice dans le Sud. Mais des restrictions subsistent.

Selon le clergé, les écoles publiques interdisent encore l`étude de la Bible, les employeurs n`accordent pas de congés aux chrétiens pendant leurs fêtes religieuses et l`accès des femmes non voilées à l`Université de Khartoum est interdit.

Il y a aussi des restrictions pour la construction d`églises et la charia, la loi islamique en vigueur dans le Nord à majorité arabo-musulmane, favorise les hommes pour l`héritage et interdit l`alcool. Certains membres du clergé chrétien s`inquiètent aussi d`interpellations de femmes pour leur simple tenue.

Célébrer Pâques, qui commémore pour les chrétiens la résurrection du Christ après sa crucifixion, est aussi l`occasion de "réfléchir aux souffrances de notre communauté", assure à l`AFP le père Sylvestre Thomas, responsable de la Cathédrale Protestante,de tous les saints de Khartoum.

Le 31 décembre 2006 , des policiers avaient lancé des grenades lacrymogènes dans la cathédrale protestante en pleine messe de la Saint-Sylvestre, blessant six fidèles, officiellement dans le cadre d`une poursuite.

 

  Mars 2008

 

Le Tchad dénonce la menace soudanaise

 

Le Figaro avec l'A.F.P., 21 mars 2008

 

N'Djamena a réuni les diplomates des pays observateurs de l'accord de paix de Dakar entre le Tchad et le Soudan pour leur montrer des "preuves irréfutables" d'une nouvelle menace d'agression de Khartoum, a annoncé une source diplomatique.

"Le Tchad détient des preuves irréfutables sur l'intention du Soudan d'agresser le Tchad", et le ministre tchadien des Affaires étrangères Ahmad Allam-mi les a présentés vendredi à des diplomates français, américains, libyens et congolais ainsi qu'au représentant spécial des Nations Unies et à un représentant de la médiation de l'Union Africaine.

"Le ministre a informé les diplomates des manoeuvres soudanaises qui exercent des pressions humiliantes sur ses obligés (rebelles tchadiens) pour les pousser à attaquer à nouveau le Tchad", a encore indiqué cette source.

 

  Mars 2008

 

 

Communiqué de M. Bernard Kouchner, Genève,

Recherche d'une solution politique à la crise du Darfour

 

Ministères des Affaires étrangères, 20 mars 2008

 

A ma demande, la France a organisé des consultations réunissant M. Abdoulwahid El Nour, Président du Mouvement de Libération du Soudan, les co-médiateurs de l'ONU et de l'Union Africaine, MM. Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim, et des représentants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

Cette rencontre, qui s'est tenue le 18 mars 2008 à Genève, a permis de nouer un dialogue entre le chef historique de la plus ancienne rébellion du Darfour et plusieurs acteurs majeurs de la communauté internationale, que je tiens à remercier très sincèrement pour avoir accepté cette invitation.

L'ensemble des participants s'est accordé sur la nécessité de renforcer la sécurité sur le terrain, notamment grâce au déploiement de la mission des Nations unies et de l'Union Africaine, la MINUAD, ainsi que sur l'importance de la normalisation des relations au niveau régional pour favoriser la recherche d'une solution politique à la crise au Darfour. Dans le même temps, il a été demandé à M. El Nour de prendre toute sa part dans le processus diplomatique conduit par les co-médiateurs de l'ONU et de l'UA.

J'espère que cette étape, conçue dans le cadre des efforts engagés par la France pour amener M. El Nour à prendre une part active à la recherche d'une solution politique au Darfour, permettra de créer une dynamique durable de coopération entre celui-ci et la communauté internationale

Cette rencontre s'inscrit dans l'engagement de la France en faveur d'une solution à la crise du Darfour, dans le prolongement notamment de la réunion ministérielle de Paris de juin 2007, du vote de la résolution 1769 du Conseil de sécurité des Nations unies créant la MINUAD, ainsi que du déploiement de l'Eufor Tchad/RCA et de la MINURCAT pour faire face à la dimension régionale de la crise.

Soudan - Darfour : recherche d'une solution politique à la crise du Darfour (Genève, 18 mars 2008 )

  Mars 2008

Soudan: Paris ramène Nour dans les négociations

 

Le Nouvel Observateur avec l'AP, 20 mars 2008

 

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a annoncé jeudi que la France avait obtenu la participation du chef historique de la plus ancienne rébellion du Darfour à des consultations avec les médiateurs de l'ONU et de l'UA ainsi que des représentants des cinq membres permanents, qui se sont tenues mardi à Genève.

La rencontre entre Abdulwahid El Nour, président du Mouvement de libération du Soudan (MLS), les co-médiateurs des Nations unies et de l'Union Africaine, Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim, et des représentants de la France, des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de Chine et de Russie, "a permis de nouer un dialogue" entre le chef du MLS et ces "acteurs majeurs de la communauté internationale", a estimé le chef de la diplomatie dans un communiqué.

Selon M. Kouchner, "l'ensemble des participants s'est accordé sur la nécessité de renforcer la sécurité sur le terrain, notamment grâce au déploiement de la mission des Nations unies et de l'Union Africaine, la MINUAD, ainsi que sur l'importance de la normalisation des relations au niveau régional pour favoriser la recherche d'une solution politique à la crise au Darfour".

Paris a "demandé à M. El Nour de prendre toute sa part dans le processus diplomatique conduit par les co-médiateurs de l'ONU et de l'UA". "J'espère que cette étape, conçue dans le cadre des efforts engagés par la France pour amener M. El Nour à prendre une part active à la recherche d'une solution politique au Darfour, permettra de créer une dynamique durable de coopération entre celui-ci et la communauté internationale", déclare Bernard Kouchner. AP

 

  Mars 2008

 

Les forces soudanaises accusées de viser des civils au Darfour

 

Le Point, 20 mars 2008 , Version française Jean-Stéphane Brosse

 

Les forces soudanaises ont visé des civils lors d'attaques aériennes ou terrestres conduites en janvier et février contre des villages du Darfour, estiment le Haut-Commissariat de l'Onu pour les droits de l'homme et la Minuad dans un rapport.

Selon la mission de l'Union africaine et des Nations unies dans la vaste région occidentale du Soudan en proie à la guerre depuis 2003, ces raids ayant impliqué des hélicoptères et des avions ainsi que des milices pro-gouvernementales ont fait 115 morts et 30.000 déplacés.

Ces attaques constituent des "violations des principes humanitaires internationaux et des droits de l'homme (...) en n'établissant aucune distinction entre des objectifs civils et des objectifs militaires", souligne le rapport publié à Genève.

Les services de la Haute-Commissaire de l'Onu pour les droits de l'homme Louise Arbour et de la Minuad, qui a pris le relais de la seule Union africaine au début de l'année, se réfèrent à trois raids contre le village de Saraf Djidad en janvier et à des attaques le 8 février contre les localités de Sirba, Sileia et Abou Surouj, durant une vaste offensive des forces gouvernementales contre la rébellion dans la région.

Khartoum n'a pas réagi dans l'immédiat.

 

Pillages

 

D'autres actions menées par les rebelles du Mouvement Justice et égalité (JEM), qui affirme contrôler la plus grande partie du Darfour-Occidental, ont déjà été dénoncées par une commission indépendante comme des violations d'un accord de cessez-le-feu signé en 2004, rappelle le rapport.

Le document fait état de pillages à grande échelle après les raids soudanais et de "récits consistants et crédibles" de viols commis par des hommes en uniforme pendant et après l'attaque de Siraj.

L'ampleur des destructions matérielles, "y compris d'objets indispensables à la survie de la population civile, suggère que les dommages ont été partie intégrante et délibérée de la stratégie militaire".

Parmi les morts figurent des personnes âgées et handicapées, des femmes et des enfants, ajoute le rapport. Nombre des habitants épargnés ont été contraints de s'enfuir de l'autre côté de la frontière, au Tchad, où sont déjà présents des milliers de réfugiés du Darfour.

Selon le rapport, les maisons, les hôpitaux gérés par les ONG, les centres communautaires, les points d'eau, les écoles, les dépôts de nourriture et les boutiques ont été systématiquement vandalisés et "dans de nombreux cas incendiés, parfois avec leurs occupants à l'intérieur".

La Minuad précise n'avoir pas encore été en mesure d'enquêter sur des attaques contre la ville de Djébel Moun et ses environs à la fin du mois de février où des civils auraient également été tués, car les autorités soudanaises lui ont refusé l'accès à la région.

Même si des observateurs ont finalement pu s'y rendre le 1er mars, une semaine après les raids, le refus initial constitue une violation des accords entre Khartoum et la Minuad, dont les membres sont normalement libres de leur mouvement, a souligné la mission dans le rapport.

 

  Mars 2008

 

Mort d'un soldat français au Soudan : des zones d'ombres...

 

Libération, 19 mars 2008

 

La version des circonstances de l'incident frontalier avec le Soudan, au cours duquel le sergent Polin a été tué le 3 mars, est la plus précise que nous ayons pu obtenir, sur la base d'informations recoupées. Elle n'est pourtant pas totalement satisfaisante. On peut en effet se poser quelques questions.

1) Quel était le but de la mission ? Officiellement, rejoindre un autre élément français du COS, en provenance de Birao (Centrafrique). Des sources parlent d'un véhicule seul, d'autres de plusieurs.

2) Une erreur de topographie ? C'est l'hypothèse la plus sérieuse. Naviguer dans ces régions n'est pas une mince affaire. Les hommes du COS avaient-ils avec eux un GPS en état de marche et des cartes précises  et récentes, y compris des photos aériennes ou satellites sur lesquelles était indiquée la frontière. On l'espère. Et quid des cours de topographie ?  Comment est-elle enseignée dans les forces spéciales ?

3) Pourquoi ce véhicule P4 a-t-il été envoyé seul à l'avant du groupe, contre  les règles d'usage qui veulent que l'on se déplace en principe à deux véhicules ?

4) Après le premier incident armé, le groupe du COS a décidé de partir rechercher le sergent Polin. Cette décision, qui illustre les valeurs militaires, a été prise localement. Mais il s'agissait quand même de pénétrer dans un Etat souverain... Quels ont été les échanges radio (s'il y en a eu) entre le détachement et la base arrière ?

5) Le résultat de cette incursion a été un échec, puisque le corps n'a pas été retrouvé. Au bout de plus de trente minutes d'accrochages, les forces spéciales ont dû décrocher - en clair, fuir - sous les tirs de mortiers des Soudanais.

6) La chaîne de commandement semble a priori claire. Les hommes du COS dépendent de l'Eufor, c'est-à-dire localement d'un capitaine de vaisseau français, lui même sous les ordres du général français Ganascia.

7) Les forces spéciales se piquent de discrétion. Une affirmation qui fait sourire tous les militaires des troupes ordinaires. Il suffit de regarder la photo, fournie (sans commentaires) par l'Eufor et publiée sur ce blog le 27 février. Le militaire est évidemment un homme du COS: il n'enlève pas ses lunettes de soleil, ses cheveux sont plus longs que ne l'autorise le règlement, ni son arme ni son brelâge ne semblent être (sauf erreur de ma part) ceux en dotation dans l'infanterie. Et si l'on voyait ses pieds, ils seraient sans doute chaussés de manière bien plus confortable que de rangers...

 

  Mars 2008

 

SOUDAN-TCHAD : Le sultan appelle les Etats musulmans à sauver le Darfour

 

IRIN, édition française, Dakar, 18 mars 2008

 

Le Darfour tient son nom de la tribu des Fours, le groupe ethnique le plus important, qui a dominé la région pendant plusieurs centaines d'années. Le conflit du Darfour a fait quelque 2,5 millions de déplacés et des centaines de milliers de morts, dont bon nombre au sein de la communauté des Fours.

 

Deux organisations de défense des droits humains – la Save Darfur Coalition (Etats-Unis) et la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme/RADDHO (Sénégal) - ont permis au sultan des Fours, Salah Eldine Mahamat Fadoul, et à un de ses conseillers religieux de prendre part au sommet des chefs d'Etat de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), qui s'est tenu la semaine dernière à Dakar, capitale sénégalaise, pour tenter de convaincre les dirigeants des pays musulmans d'agir de manière plus active pour mettre fin à la violence dans le Darfour.

 

En marge du sommet de l'OCI, les chefs d'Etat du Tchad et du Soudan se sont rencontrés le 13 mars et ont signé un nouvel accord par lequel ils s'engagent à ne plus soutenir les groupes rebelles présents sur leurs territoires respectifs. IRIN s'est entretenu avec le sultan Fadoul à propos de ce nouvel accord et des efforts de paix au Darfour. Voici quelques extraits de cet entretien :

 

IRIN : Pensez-vous que ce nouvel accord va changer la situation ?

 

Le sultan Fadoul : C'est un bon accord. J'espère que le Soudan et le Tchad cesseront de soutenir les groupes rebelles qu'ils abritent sur leurs territoires et que cela va réduire les tensions. Je pense que le Tchad et le Soudan ont réellement besoin de calmer la situation. La guerre [par procuration] qu'ils se livrent a beaucoup coûté aux deux pays.

 

IRIN : Au cours des dernières années, la Libye a négocié plusieurs accords de paix entre le Tchad et le Soudan, mais ces accords n'ont jamais abouti. Pourquoi celui-ci serait-il différent des autres ?

 

Le sultan Fadoul : Cet accord a été signé en présence de Ban Ki-moon [le Secrétaire général des Nations Unies] et de nombreux chefs d'Etat. Il est possible que cet accord n'aboutisse pas non plus, mais je pense que ses chances de succès sont plus grandes. Mouammar Khaddafi, le chef d'Etat libyen, aime nous recevoir dans son pays, organiser des pourparlers et distribuer de l'argent, mais il ne cherche pas à comprendre les problèmes du Darfour. Il se plaît à dire que les protagonistes se battent pour des broutilles, alors que les causes du conflit sont bien plus complexes que cela.

 

IRIN : Que faut-il pour mettre fin à la violence dans le Darfour ?

 

Le sultan Fadoul : Si la force hybride de la Mission conjointe des Nations Unies et de l'Union africaine au Darfour (MINUAD) pouvait être déployée avec tous les moyens qu'il faut, alors nos populations se sentiraient plus en sécurité et des milliers de déplacés regagneraient leurs villages. Mais auparavant, il fait désarmer les janjawids [les milices arabes]. Le gouvernement ne peut pas le faire parce que c'est lui qui les a armés et que, bien évidemment, les janjawids refuseront de désarmer. Seules les Nations Unies peuvent mener cette opération.

 

IRIN : Mais êtes- vous sûr que les Nations Unies peuvent réellement les désarmer ?

 

Le sultan Fadoul : Nous espérons que la force hybride des Nations Unies sera forte, mais nous craignons qu'elle ne soit aussi faible que les casques verts de l'ancienne mission de l'UA. Cela a été une très mauvaise expérience, bien que la situation se soit quelque peu améliorée grâce à la pression et au contrôle qu'exerce la communauté internationale sur le gouvernement soudanais pour l'amener à mettre fin aux exactions.

 

IRIN : Et pourtant les attaques se poursuivent encore dans la région de Jebel Moon.

 

Le sultan Fadoul : Oui, de ce point de vue, la situation ne s'est pas améliorée car le gouvernement soudanais continue de mener des bombardements aériens et de privilégier la solution militaire à un règlement politique. Et ce sont essentiellement les civils fours qui sont encore déplacés.

 

IRIN : Que peut-on faire ?

 

Le sultan Fadoul : Nous sommes ici à Dakar [dans le cadre du sommet de l'OCI] pour tenter de sensibiliser les chefs d'Etat de l'OCI au problème du Darfour et pour leur faire prendre conscience qu'ils peuvent peser de tout leur poids pour mettre fin au conflit. Nous pensons que le [Secrétaire général] de l'OCI, Ekmeleddin Ihsanoglu, devrait mener une médiation avec le prochain président de l'OCI, Maître Abdoulaye Wade, le président de la République du Sénégal, avec la participation active de l'Egypte et de l'Arabie Saoudite. Et avec l'aide de la Malaisie et de la Chine [qui a massivement investi dans l'exploitation pétrolière au Soudan], ils pourront exercer une plus grande pression sur le gouvernement soudanais que les Nations Unies ; en plus, ils pourront influer sur la manière dont la mission des Nations Unies est déployée dans la région. L'Arabie Saoudite devrait se montrer plus présente et les Etats-Unis pourraient aussi en faire beaucoup plus.

 

IRIN : Que faut-il faire exactement ?

 

Le sultan Fadoul : Une fois les milices janjawids désarmées, la première chose à faire pour le gouvernement et les groupes rebelles sera d'engager des négociations. Mais c'est vrai qu'il sera difficile d'aboutir à la paix sans la signature d'un accord frontalier [entre le Tchad et le Soudan].

 

IRIN : Considérez-vous les communautés arabes comme vos ennemis ?

 

Le sultan Fadoul : Nous sommes tous musulmans et mon rôle en tant que sultan du Darfour n'est pas uniquement de représenter les Fours, mais de rassembler toutes les communautés de la région. Nous avons essayé d'expliquer aux communautés arabes que le gouvernement les avaient trompés en les poussant à nous tuer, nous leurs frères, pour les empêcher de prendre le pouvoir à Khartoum. À présent, elles commencent à se rendre compte et à reconnaître que les Fours ont le droit légitime de diriger le Darfour étant donné que nous sommes majoritaires dans la région et que nous la gouvernons depuis plusieurs centaines d'années. En matière de « hawakir » [distribution des terres], les responsables fours se sont toujours montrés équitables, et nous sommes une communauté intègre et pacifique. Nous envisageons d'organiser une conférence avec toutes les autres communautés du Darfour. Le problème est que cette conférence ne peut pas avoir lieu pour l'instant parce que les rebelles ne peuvent pas traverser librement la frontière pour entrer au Soudan [à partir du Tchad].

 

IRIN : Il doit vous arriver parfois de vous retrouver dans une posture politique difficile ?

 

Le Sultan Fadoul : Oh ! ma tâche est bien difficile. Le gouvernement me demande d'être son intermédiaire auprès des rebelles, mais lorsqu'on pense que je suis trop proche de la rébellion, on me prend pour un rebelle. J'ai même déjà été emprisonné deux fois. Lorsque je suis de près les directives du gouvernement, les rebelles se fâchent contre moi et ma communauté aussi. De toutes les communautés ethniques du Darfour, les Fours ont le plus souffert des déplacements, ce qui les a amenés à se rebeller contre le gouvernement parce que celui-ci a encouragé cette situation. Pour être franc, je dirai aussi que le gouvernement est responsable de cet état de fait. Je sais que je peux avoir des ennuis en affirmant cela, mais je préfère que le gouvernement se fâche contre moi parce que je dis la vérité plutôt qu'Allah soit fâché contre moi parce que j'aurais menti.

 

  Mars 2008

 

Soudan-Tchad: Un nouvel accord de paix pour tenter de corriger les échecs passés

 

IRIN, édition française, Dakar, 17 mars 2008

 

Après plusieurs heures de discussion sur le texte du sixième accord de paix proposé en deux ans, le président tchadien Idriss Déby et son homologue soudanais Omar el-Béchir ont signé un nouvel accord de paix le 13 mars au soir, à Dakar, capitale sénégalaise, par lequel ils s'engagent à nouveau à ne pas soutenir les groupes rebelles qui leur sont hostiles.

L'objectif avoué de cet accord est « de mettre fin une fois pour toutes aux hostilités entre les deux pays et de rétablir la paix dans la sous-région ».

L'accord, rendu possible par la médiation du président sénégalais Maître Abdoulaye Wade, a été signé au cours du sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) en présence de Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, et de nombreux autres chefs d'Etat africains et diplomates occidentaux et arabes.

Les précédents accords invitaient déjà les deux parties à ne plus abriter de groupes rebelles sur leurs territoires. Au Tchad, les groupes rebelles hostiles au président Déby ont mené un nombre incalculable d'offensives, dont celle de février dernier, qui a conduit les troupes rebelles jusqu'à N'Djamena, la capitale. Au Soudan, les forces rebelles combattent les forces gouvernementales et leurs milices alliées dans le Darfour, région limitrophe du Tchad.

La nouveauté dans ce dernier accord réside en ce que le Tchad et le Soudan acceptent le principe d'un « groupe de contact », dirigé par la Libye et la République du Congo. Ce groupe se réunira une fois par mois et sera chargé du suivi de l'application de l'accord.

Pour Roland Marchal, spécialiste du Tchad à l'université de Sciences politiques de Paris, la communauté internationale doit se montrer plus ferme pour que la situation change dans la région. Il a par ailleurs indiqué que la paix dans la région passerait par la résolution des conflits internes de chaque pays.

« [Au Tchad], s'il n'y a pas une initiative politique pour amener [toutes les parties] autour de la table des négociations, il y a très peu de chances que l'opposition avalise simplement un accord conclu par d'autres acteurs [extérieurs] », a souligné M. Marchal.

Selon certaines sources, les rebelles tchadiens ont déjà fait savoir qu'ils rejetaient le nouvel accord et ont promis de poursuivre leur combat pour renverser le président Déby si celui-ci n'accepte pas de dialoguer avec la rébellion.

Le Sultan des Fours, le groupe ethnique majoritaire dans la région du Darfour, s'est toutefois dit optimiste à propos du nouvel accord.

« J'espère que le Soudan et le Tchad cesseront de soutenir les groupes rebelles qu'ils abritent sur leur territoire et que cela va réduire les tensions », a déclaré le sultan Salah Eldine Mahamat Fadoul au cours d'un entretien exclusif accordé à IRIN à Dakar, en marge du sommet de l'OCI.

« Je pense que le Tchad et le Soudan ont réellement besoin de calmer la situation. La guerre [par procuration] qu'ils se livrent a beaucoup coûté aux deux pays », a-t-il ajouté.

Le conseiller religieux du sultan a quant à lui fait part de ses préoccupations en indiquant que la rencontre entre MM. Déby et el-Béchir n'aurait aucun impact sur les populations de la région. « Ils n'abordent pas du tout la question dans un contexte plus général », a indiqué à IRIN Allami Mahmoud Ousmane, conseiller religieux et iman adjoint. « Il ne s'agit pas [pour eux] de mettre fin à la souffrance des populations dans les deux pays ».

Selon les estimations, le conflit au Darfour et dans l'est du Tchad a, de manière directe ou indirecte, fait pas moins de 400 000 morts et quelque 2,7 millions de déplacés.

 

  Mars 2008

 

Soudan: le recensement menacé par la logistique et le financement

Agence France Presse, 17 mars 2008

 

Problèmes de financement et casse-tête logistiques menacent le bon déroulement du prochain recensement de la population au Soudan, une opération cruciale pour le fragile processus de paix et les scrutins futurs.

Les autorités soudanaises se disent néanmoins confiantes que le recensement, le plus important de l'histoire du pays, se déroulera comme prévu du 15 au 30 avril après avoir été maintes fois reporté.

En 2005, l'Accord de paix globale (CPA) avait mis fin à une guerre civile dévastatrice dans le Sud, majoritairement chrétien et animiste. En 21 ans, cette guerre avait fait 1,5 million de morts et exténué l'économie du Nord à majorité arabo-musulmane.

Aux termes du CPA, le recensement doit confirmer le partage du pouvoir entre les anciens ennemis ou au contraire le redessiner. "C'est important pour le Sud car ils ne connaissent pas la répartition de la population dans les Etats" de la région, explique Yassine Haj Abdine, directeur du Bureau central des statistiques du Soudan. Et "c'est important pour le Nord car l'un des critères pour la redistribution des fonds gouvernementaux sera le nombre d'habitants".

Mais trois ans après la signature de la paix, la méfiance entre le Nord et le Sud reste très vive.

Herbet Kandeh, le responsable du Fonds des Nations unies pour la population qui supervise les opérations, raconte ainsi que le Nord a opposé son veto à l'inclusion d'une question souhaitée par le Sud sur l'appartenance ethnique. La solution de compromis prévoit que le recensé peut se déclarer Nord-Soudanais, Sud-Soudanais, non Soudanais ou s'abstenir de répondre.

Le Sud croit dur comme fer que le nombre de ses habitants est largement supérieur à ce que de précédentes évaluations avaient pu laisser penser. Si tel était le cas, les implications sur les élections générales de 2009 et le référendum de 2011 sur l'indépendance du Sud-Soudan, deux scrutins prévus par le CPA, seraient immenses.

"On en a assez que notre nombre soit sous-évalué", assène Mary Marle, employée du secteur sanitaire, qui arbore un T-Shirt barré du slogan: "Faites-vous compter". La population soudanaise est estimée à 39 millions d'habitants mais il n'existe aucune donnée fiable sur le nombre d'habitants dans le Sud. Le dernier comptage de population date du début des années 1980 et n'était pas national.

Quoi qu'il en soit, le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) s'attend dans les jours à venir à une arrivée massive de Sud-Soudanais exilés dans les pays voisins. Depuis janvier, 15.700 retours ont été organisés, soit trois fois plus que durant la même période l'année précédente.

Le recensement aurait dû être organisé avant la fin 2007. Les élections générales sont elles prévues en juillet 2009.

M. Kandeh reconnaît que de nouveaux retards sont possibles "si le Sud n'accepte pas les estimations préliminaires du nombre d'habitants" effectuées pour déterminer en particulier le nombre de questionnaires à imprimer. "Le Sud a également demandé qu'on ajoute des questions que le Nord a peu de chance d'accepter", dit-il.

Le financement pose aussi problème. Les autorités du Sud estiment à six millions de dollars supplémentaires leurs besoins, en raison des difficultés d'accès aux régions les plus reculées.

"Certaines zones sont dépourvues de routes. On y va par avion". Lorsqu'il "y a des rivières, on utilise des bateaux", explique John Maciek, vice-président de la commission du recensement du Sud-Soudan.

Les autorités soudanaises affirment que le recensement sera le premier à caractère national mais il est vraisemblable que certaines régions lui échapperont, comme les territoires du Darfour sous contrôle rebelle, le triangle d'Halayib sous occupation égyptienne dans le nord-est et des endroits reculés du sud.

 

  Mars 2008

 

Darfour: un groupe rebelle veut négocier

Le Figaro avec l'A.F.P., 17 mars 2008

 

Un dirigeant rebelle du Darfour a appelé aujourd'hui à des négociations de paix en tête-à-tête avec le gouvernement de Khartoum pour mettre fin aux violences dans cette région de l'ouest du Soudan.

"Nous voulons des négociations de paix en tête-à-tête entre le JEM et le gouvernement (...) car en réalité il n'y a pas d'autres organisations sur le terrain, à l'exception du JEM", a déclaré à l'AFP par téléphone Khalil Ibrahim, dirigeant du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), un important groupe rebelle du Darfour.

L'Union africaine et l'ONU cherchent toujours à favoriser une reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles du Darfour ouverts fin octobre en Libye mais qui n'ont pas eu de suite en raison du refus de groupes comme le JEM d'y participer.

 

  Mars 2008

Tchad – Soudan : la paix au forceps

Jeune Afrique, 16 mars 2008

 

C'est au son de « Jaamu Africa » (« la paix de l'Afrique », en wolof), la chanson d'Ismaël Lô, que s'est achevée la lecture par Cheikh Tidiane Gadio, le ministre sénégalais des Affaires étrangères, de l'accord de paix signé à Dakar le 13 mars au soir par Idriss Déby Itno et Omar Hassan el-Béchir, les présidents tchadien et soudanais. Censé « mettre définitivement fin » au différend entre leurs deux pays, ce document met en place un groupe de contact composé de ministres africains des Affaires étrangères. Ledit comité est chargé de faire chaque mois le point sur l'exécution par chacune des parties de ses obligations. Et de désigner les auteurs d'éventuelles infractions. Accouché au forceps, l'accord de Dakar a bien failli ne jamais voir le jour.

La veille, alors que ses collègues sénégalais (Abdoulaye Wade), gabonais (Omar Bongo Ondimba) et tchadien l'attendaient au palais de l'avenue Léopold-Sédar-Senghor en compagnie de Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, Béchir s'était fait porter pâle : « Pardonnez-moi de ne pouvoir discuter aujourd'hui, je souffre d'atroces maux de tête… »

Le lendemain, à l'issue de la cérémonie d'ouverture de la 11e session de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), le conclave s'ouvre enfin. Et Déby Itno attaque bille en tête :

« On me signale qu'une colonne rebelle a franchi la frontière soudanaise pour violer le territoire tchadien. Veut-on saboter ce mini-sommet ?

- Je n'ai aucune information de ce type, réplique Béchir. Pour le moment, je refuse de me prononcer sur des supputations.

- Le Soudan doit arrêter de soutenir les rebelles qui s'attaquent à mon pays, tempête Déby Itno.

- Avec tout le respect que je vous dois, Monsieur le Président, vous avez des problèmes internes auxquels mon pays est totalement étranger. »

Ambiance.

Pour tenter de détendre l'atmosphère, Bongo Ondimba joue la carte de l'humour, tandis que Wade, résolu à sauver « son » sommet de l'OCI, ne ménage pas ses efforts pour rapprocher les positions des uns et des autres.

La partie n'est pas gagnée d'avance. Dans un passé récent, trois accords de paix ont été conclus, et deux « déclarations » signées, sans réussir à mettre un terme à la crise. Le dernier accord en date a été paraphé le 3 mars 2007 , à Riyad, en Arabie saoudite, après que les belligérants, l'un et l'autre musulmans, eurent juré devant la Ka'aba, à La Mecque, de respecter leurs engagements. Résultat : une série d'affrontements qui faillirent coûter son fauteuil à Déby Itno, début février.

C'est que le règlement du différend se heurte à un obstacle de taille : le jeu passablement trouble de Mouammar Kaddafi. Le « Guide » libyen ne parvient pas, en effet, à trouver une solution, mais refuse de se dessaisir du dossier. Du coup, il multiplie les chausse-trapes sous les pieds de ceux qu'il considère comme des concurrents. Après avoir décidé de boycotter le sommet de Dakar, il a, jusqu'à la dernière minute, tenté de convaincre Béchir de l'imiter.

Le Tchad, qui veut sortir de son face-à-face avec la Libye, bataille ferme pour atténuer l'emprise de celle-ci sur le règlement de la crise. D'où l'enthousiasme pour l'accord de Dakar manifesté par Déby Itno, ravi d'avoir en la personne de Wade et de Bongo Ondimba de nouveaux interlocuteurs. À la mi-février, le numéro un tchadien n'a pas hésité une seconde à recevoir Ahmed Khalifa Niasse, l'ambassadeur itinérant dépêché auprès de lui par son alter ego sénégalais. Jusque dans les jours précédant le sommet, ce dernier multipliera les allers-retours entre Dakar, N'Djamena et Khartoum.

Avec l'accord de Dakar, Wade tient sa revanche sur Kaddafi, qui, dans le passé, lui a volé la vedette à deux reprises. La première fois, à l'issue du sommet de l'UA à Banjul, en juillet 2006, quand il tenta de convaincre Déby Itno et Béchir de se rendre à Dakar et que le « Guide » les détourna sur Syrte. La seconde, le 8 août 2006 , lors de la prestation de serment de Déby Itno. On se souvient que Wade avait convaincu Béchir de venir à N'Djamena, mais que Kaddafi, en pleine cérémonie, avait réussi à arracher aux frères ennemis une poignée de main, puis provoqué dans la capitale tchadienne un mini-sommet qui, bien sûr, avait vidé de son sens celui que le chef de l'État sénégalais projetait d'organiser dans son pays.

 

  Mars 2008

 

Ban Ki Moon demande le soutien des pays islamiques au règlement de la crise au Darfour

 

Nations Unies,New York, 15 mars 2008

 

L'Organisation de la Conférence islamique exprime les aspirations et les préoccupations de plus d'un cinquième de l'humanité, a rappelé aujourd'hui le Secrétaire général au sommet de Dakar, où il a passé en revue les principales crises affectant ses membres, du Moyen Orient au Darfour, du Liban à l'Iraq et de l'Iran à la Somalie.

« Je suis heureux que les liens entre nos deux organisations n'aient jamais été aussi solides », a dit le Secrétaire général, rappelant que l'ONU et l'OCI avaient fait cause commune dans de nombreux domaines.

Les deux organisations rejettent de toutes leurs forces « tout lien entre le terrorisme et l';Islam».

« Vous vous êtes élevés contre ceux qui cherchent à justifier la violence au nom de la religion», a rappelé le Secrétaire général qui a souligné que le partenariat était nécessaire dans de nombreux autres domaines, à commencer par la crise au Moyen Orient. ……

Sur le Darfour, il a souligné que « l'OCI était bien placée pour soutenir [le processus politique], en usant de son influence considérable au profit d';une paix durable au Tchad et au Soudan et entre ces deux pays ».

Le Secrétaire général a enfin rappelé qu';une grande partie du « Milliard des plus misérables » de par le monde vivaient dans des pays de l';OCI, exhortant à plus d';efforts pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement  (OMD).

 

  Mars 2008

Tchad-Soudan au menu l'Assemblée parlementaire ACP-UE

 

Parlement européen, Bruxelles le 15 mars 2008

 

Le Soudan et le Tchad figurent à l'ordre du jour des travaux de l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE, qui s'ouvriront lundi prochain à Ljubljana, capitale de la Slovenie, pays qui assure la présidence de l'Union européenne jusqu'au 30 juin 2008 .

Les députés européens et leurs homologues des pays d'Afrique, du Pacifique et des Caraïbes auront à adopter des résolutions d'urgence sur la situation de tension prévalant entre le Tchad et le Soudan qui s'accusent mutuellement de soutenir les groupes rebelles de part et d'autre de leurs frontières communes pour se déstabiliser.

L'accord de non agression signé jeudi à Dakar par les présidents Idris Déby et Omar El-Béchir, sera, à cet égard, bien accueilli par les membres de l'Assemblée parlementaire paritaire (APP).

L'autre grand sujet à l'ordre du jour de cette session de l'APP, concerne les Accords de partenariat économique (APE). On rappelle que l'Union africaine (UA) a adressé une lettre à l'Union européenne pour la reprise, sans délai, des négociations en vue de la conclusion d'accords pour le développement.

Faute d'avoir signé avant le 1er janvier 2008, les APE complets avec les pays ACP, l'Union européenne a conclu à la halte, avec des pays ou groupe de pays, des accords intérimaires de libre-échange compatibles avec les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Il s'agit, pour le cas de l'Afrique, des pays considérés comme à revenu intermédiaire, comme le Cameroun, la Côte d'Ivoire et le Ghana.

Les pays ACP classés Pays les moins avancés (PMA) continueront, quant à eux, de bénéficier des préférences commerciales contenues dans l'Accord de Cotonou signé en 2000.

Les autres points portés à l'ordre du jour de cette session de l'APP, sont la sécurité alimentaire dans les pays ACP, ainsi que les conséquences sociales et environnementales des programmes d'ajustement structurel.

 

  Mars 2008

Nouvel accord de paix entre N'Djamena et Khartoum

 

Le Monde avec l'AFP, 15 mars 2008

 

Le président du Soudan Omar Al-Bachir, et son homologue tchadien, Idriss Déby, ont signé, jeudi 13 mars à Dakar (Sénégal), un nouvel accord de paix pour mettre fin au conflit qui les oppose depuis cinq ans, via des mouvements rebelles, de part et d'autre de la frontière.

Le texte a été signé en marge du sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), en présence de plusieurs chefs d'Etat ainsi que du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Il prévoit que les deux parties, pour « se réconcilier [et] normaliser [leurs] relations », s'engagent à interdire « toute activité de groupes armés et à empêcher l'utilisation de [leurs] territoires respectifs pour la déstabilisation de l'un ou l'autre de nos Etats ».

Comparé aux trois précédents accords de paix signés depuis 2006 entre le Soudan et le Tchad, tous restés lettre morte, celui de Dakar innove sur un point. Il prévoit la création d'un « groupe de contact » chargé du « suivi, de la mise en œuvre de bonne foi du présent accord et du "monitoring" de ses violations éventuelles ».

Composé de ministres des affai­res étrangères africains, ce grou­pe de contact devrait se réunir une fois par mois pour s'assurer que la « déclaration de Dakar » est bien appliquée, voire plus fréquemment si une des deux parties en fait la demande.

En dépit de cette avancée, le scepticisme prévaut quant à la solidité de l'accord. Les rebelles des deux bords - ceux installés au Darfour, côté soudanais, comme ceux qui combattent à la frontière tchadienne - ont rejeté le texte, regrettant n'avoir pas été consultés. Il n'apportera pas, selon eux, de paix durable, que ce soit au Darfour ou au Tchad.

L'attitude des deux principaux acteurs du conflit fait également redouter que « l'accord de Dakar » fasse long feu. Deux jours avant sa signature, le président soudanais s'interrogeait publiquement sur l'utilité d'un nouveau texte alors que les précédents n'avai