Le Soudan dans la Presse

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Décembre

 

2005

1er semestre

2ème semestre


Mars 2008

 

Présidence de l'Union Européenne
31 mars 2008

Soudan-Darfour/Anniversaire saisine Cour pénale :l'UE indignée par le fait que le gouvernement soudanais ne respecte pas ses obligations :

Nations Unies
31 mars 2008

L'engagement des pays arabes crucial pour les processus de paix au Moyen-Orient et au Soudan

Radio-Canada
31 mars 2008

Darfour: l'ONU humiliée

Nations Unies
31 mars 2008

UNHCR Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés

IRIN 
28 mars 2008

Le banditisme, une menace de plus en plus grave à l'effort humanitaire dans le Darfour

Médecins sans Frontières
28 mars 2008

Sud-Soudan : Urgence au nord Bahr-el-Ghazal

Agence France-Presse
27 mars 2008

Soldat français mort au Soudan : des "erreurs", pas de "faute" selon le ministère

Libération
27 Mars 2008

Tchad-Soudan: le sergent Polin a été tué de sang froid et à bout portant

New York
26 mars 2008

Nations Unies, communiqué de presse

Reuters avec l'AFP
26 mars 2008

Trois chauffeurs du Programme alimentaire mondial tués au Soudan

Nations Unies
25 mars 2008

Soudan : trois chauffeurs du Programme alimentaire mondial tués lors d'attaques de véhicules humanitaires

Conseil Œcuménique des Eglises
24 mars 2008

Visite de solidarité d'une équipe oecuménique internationale au Soudan

Agence France Presse
24 mars 2008

Darfour – quatre chauffeurs accompagnant une équipe d'humanitaires enlevés

Angola Presse
23 mars 2008

Les chrétiens célèbrent Pâques à Khartoum mais des discriminations subsistent

Le Figaro avec l'AFP
21 Mars 2008

Le Tchad dénonce la menace soudanaise

Ministère des Affaires Etrangères
20 Mars 2008

Communiqué de M. Bernard Kouchner, Genève,
Recherche d'une solution politique à la crise du Darfour

Le Nouvel Observateur
20 Mars 2008

Soudan: Paris ramène Nour dans les négociations

Le Point
20 Mars 2008

Les forces soudanaises accusées de viser des civils au Darfour.

Libération
19 mars 2008

Mort d'un soldat français au Soudan : des zones d'ombres...

IRIN
18 mars 2008

SOUDAN-TCHAD : Le sultan appelle les Etats musulmans à sauver le Darfour

IRIN
17 mars 2008

Soudan-Tchad: Un nouvel accord de paix pour tenter de corriger les échecs passés

Agence France Presse
17 mars 2008

Soudan: le recensement menacé par la logistique et le financement

Le Figaro avec AFP
17 mars 2008

Darfour: un groupe rebelle veut négocier

Jeune Afrique
16 mars 2008

Tchad – Soudan : la paix au forceps

Nations Unies
New York
15 mars 2008

Ban Ki Moon demande le soutien des pays islamiques au règlement de la crise au Darfour

Parlement européen
15 mars 2008

Tchad-Soudan au menu l'Assemblée parlementaire ACP-UE

Le Monde
15 mars 2008

Nouvel accord de paix entre N'Djamena et Khartoum

Le Figaro
14 mars 2008

Réunion à Genève sur le Darfour sans le Soudan

Nations Unies
H.C.R.
14 mars 2008

Le HCR cherche à faciliter le rapatriement volontaire au sud du Soudan

La Presse canadienne
14 mars 2008

Les ventes d'armes chinoises au Soudan ont augmenté en même temps que la violence au Darfour

Le Figaro
14 mars 2008

Bruits de bottes à la frontière soudano-tchadienne

Le Monde
14 mars 2008

M. Sarkozy dénonce « l'assassinat » du soldat français tué au Soudan

Le Point
13 mars 2008

Sommet tchado-soudanais à Dakar sous l'égide d'Abdoulaye Wade

Radio Bruxelles
7 sur 7
13 mars 2008

"Le Soudan a lancé des colonnes armées contre le Tchad"

 

La presse canadienne
13 mars 2008

Le Tchad accuse le Soudan de soutenir une nouvelle avancée de rebelles

Radio France Internationale
13 mars 2008

Nouvelles accusations contre Khartoum

Xinhuanet
13 mars 2008

Le Soudan rejette un rapport américain sur la situation des droits  de l'Homme

Gouvernement canadien
13 mars 2008

Le Canada annonce une contribution supplémentaire aux initiatives humanitaires au Soudan et au Tchad

Agence France Presse
13 mars 2008

Le sommet Tchad-Soudan à Dakar "reporté" à jeudi matin

France Info
13 mars 2008

Nicolas Sarkozy aux obsèques du soldat français de l'Eufor tué au Soudan

Le Monde
13 mars 2008

Les militaires français tirent les leçons de la "bataille de N'Djamena »

Agence France Presse
12 mars 2008

Le Tchad et le Soudan signent un accord de non agression

Nations Unies
New York
12 mars 2008

Le déploiement de la Minuad au Darfour ne peut se substituer à un règlement politique

Nations Unies
New York
12 mars 2008

Le brigandage et le manque de contributions limitent l'arrivée de l'aide alimentaire au Darfour

Xinhuanet
11 mars 2008

Ban Ki-moon participera au sommet Soudan-Tchad à Dakar

Agence France Presse
11 mars 2008

Washington retire la Chine de sa liste noire des droits de l'homme

Xinhuanet
11 mars 2008

Le HCR va former des centaines d'enseignants pour le Sud Soudan

Suisse romande
11 mars 2008

Nouveaux heurts dans une région pétrolière

Agence de Presse adfricaine
10 mars 2008

Des ONG des Droits de l'Homme demandent à l'OCI de faire pression sur le président Béchir

Agence France Presse
10 mars 2008

Le Soudan demande des dédommagements à l'UE pour la mort de nomades

Le point
9 mars 2008

L'Eufor se déploie dans le nord-est de la Centrafrique

Nouvel Observateur
8 mars 2008

Le Français Guéhenno quittera la tête des opérations de maintien de la paix de l'ONU en juin

Libération
8 mars 2008

Moment de vérité au Darfour

Revue parlementaire
mars 2008

Si vous ne pouvez pas nous aider
laissez-nous au moins nous défendre"

Le Monde
8 mars 2008

Critiquée pour son soutien à Khartoum
la Chine met en avant son "rôle positif" au Darfour

Le Monde
7 mars 2008

Tchad et Soudan doivent signer un "règlement définitif du conflit" à Dakar

Agence France Presse
6 mars 2008

Le Japon envisage d'alléger la dette du Soudan

Agence France Presse ;
6 mars 2008

Le soldat français n'est pas mort sur le coup (officier soudanais)

Le Figaro
6 mars 2008

Le corps du soldat français retrouvé ?

Le Monde
6 mars 2008

Tension entre Paris et Khartoum après la disparition d'un soldat français

Le Figaro
3 mars 2008

Un soldat français de l'Eufor disparaît au Darfour après une rixe

Nations Unies
New York
4 mars 2008

Darfour : première patrouille de la MINUAD dans le nord

Agence France Presse 
4 mars 2008

Darfour ouest : l'ONU demande la protection immédiate des civils et l'accès des agences humanitaires

Agence France Presse
4 mars 2008

Au Darfour
20.000 personnes « prises au piège » dans une zone isolée
selon l'ONU

Agence France Presse
4 mars 2008

Un soldat français porté manquant dans un incident frontalier

L'Express
4 mars 2008

Un soldat français de l'Eufor disparu au Soudan

Amnesty International
3 mars 2008

Soudan et Tchad : selon Amnesty International
le conflit s'étend

Agence France Presse
3 mars 2008

Mini-sommet à Dakar le 12 mars pour la paix entre Tchad et Soudan

Agence France Presse
3 mars 2008

Sud Soudan: des affrontements entre nomades et ex-rebelles font 78 morts

Le Monde
1 er mars 2008

Paris à l'épreuve du guêpier tchadien


 

L'engagement des pays arabes crucial pour les processus de paix au Moyen-Orient et au Soudan

 

Nations Unies communiqué de presse, 31 mars 2008

 

Lors d'une allocution devant le Sommet de la Ligue des États arabes à Damas, le Secrétaire général a engagé les membres de l'organisation à soutenir le processus de paix israélo-palestinien et à influer sur le Soudan pour parvenir à un règlement de la crise au Darfour.

« Cette réunion arrive à un tournant critique pour le monde arabe et pour la région », a rappelé Ban Ki-moon dans un message transmis samedi par son Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, B. Lynn Pascoe, dans la capitale syrienne.

« Votre engagement est particulièrement crucial pour le fragile processus de paix en cours entre le président Abbas et le Premier ministre Olmert ».

Ces derniers ont « exprimer leur souhait de parvenir à un accord d'ici à la fin de l'année. Mais la voie vers la paix reste pavée de défis redoutables », a dit Ban Ki-moon.

« En particulier, je partage les préoccupations des pays arabes sur le fait que la poursuite des activités de colonisation israéliennes ainsi que les diverses restrictions à l'accès et aux mouvements sapent la crédibilité du processus politique. J'exhorte à nouveau Israël à respecter ses engagements en arrêtant la construction de colonies, en réduisant les points de contrôle et permettant les mouvements. Il nous faut agir pour alléger les souffrances du peuple palestinien et lui donner un espoir pour l'avenir », a insisté le Secrétaire général.

Ban Ki-moon a en parallèle appelé à une « stratégie différente et plus positive pour Gaza ».

« J'encourage tous les pays arabes à agir de façon responsable et à exercer l'influence dont ils disposent au soutien de la cessation des violences à Gaza et dans la région, de l'ouverture des points de passage, de la garantie de frontières sûres et du respect des obligations palestiniennes dans le cadre de la Feuille de route ».

« Cela est essentiel pour le bien-être de la population de Gaza, la sécurité des Palestiniens et de l'Egypte ainsi que d'Israël, et la perspective d'une réunification pacifique de la Cisjordanie et de Gaza sous l'autorité de l'Autorité palestinienne ».

Le Secrétaire général a par ailleurs insisté sur la nécessité d'un règlement d'ensemble du conflit arabo-palestinien, avec la reprise des négociations entre Israël et la Syrie et Israël et le Liban.

Sur la question du Liban, il a insisté sur la préservation de l'indépendance du pays. « Les amis du Liban ont la responsabilité de faciliter le processus politique et tout le monde devrait soutenir l'initiative de la Ligue arabe », a dit Ban Ki-moon.

Par ailleurs, sur le Soudan, le message rappelle qu'aucune solution à long terme aux souffrances du Darfour ne peut se passer d'un règlement politique.

« La Ligue des États arabes et ses membres sont bien placés pour soutenir les efforts en cours ; vos contributions peuvent aider à accélérer le déploiement de l'Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) et votre influence peut donner un nouvel élan au processus politique au point mort »

 

  Mars 2008

 

Soudan-Darfour/Anniversaire saisine Cour pénale :

l'UE indignée par le fait que le gouvernement soudanais ne respecte pas ses obligations

 

Communiqué émis par : Présidence de l'Union Européenne

 

Le 31 mars 2005 , le Conseil de sécurité des Nations unies a saisi la Cour pénale internationale (CPI) de la situation au Darfour. Dans sa résolution 1593 (2005), le Conseil de sécurité a déclaré que « le gouvernement soudanais et toutes les autres parties au conflit du Darfour d[evaient] coopérer pleinement avec la Cour et le procureur et leur apporter toute l'assistance nécessaire ».

Haroun, actuel Secrétaire d'État aux affaires humanitaires, et de M. Ali Mohammed Ali Abd-Al-Rahman, également connu sous le nom de « Ali Kosheib », ancien dirigeant des milices janjaouites, pour les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre qu'ils sont soupçonnés d'avoir commis au Darfour.

L'UE se déclare profondément indignée par le fait que le gouvernement soudanais ne respecte toujours pas les obligations qui lui incombent en vertu de la résolution 1593 du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment par son refus d'arrêter et de livrer les personnes susmentionnées à la CPI pour qu'elles soient poursuivies, et même d'autoriser la CPI à les interroger.

L'UE réaffirme que la CPI constitue un moyen essentiel de promouvoir le respect du droit humanitaire international et des droits de l'homme, et donc de garantir la liberté, la sécurité, la justice et l'État de droit, ainsi que de contribuer au maintien de la paix et au renforcement de la sécurité internationale. Selon le principe fondamental inscrit dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, les crimes les plus graves qui touchent l'ensemble de la communauté internationale ne sauraient rester impunis. Mettre fin à l'impunité dont jouissent les auteurs de ces crimes contribue à prévenir de tels crimes.

L'UE invite une nouvelle fois le gouvernement soudanais à coopérer sans condition avec la CPI et à livrer les deux personnes à l'encontre desquelles la CPI a délivré un mandat d'arrêt.

Si le gouvernement soudanais persiste à ne pas respecter les dispositions de la résolution 1593 du Conseil de sécurité des Nations unies, l'UE appuiera l'adoption de nouvelles mesures appropriées à l'encontre de ceux qui sont responsables de la non coopération du Soudan avec la CPI.

 

  Mars 2008

 

Darfour: l'ONU humiliée

 

Radio-Canada, 31 mars 2008

 

Le Darfour... cinq ans déjà! Cinq ans d'une cause qui a – un peu comme la cause tibétaine – allumé la sympathie des Occidentaux et provoqué une mobilisation humanitaire, sans pour autant que cette prise de conscience ne se traduise en progrès pour ceux qu'on prétend aider. 

On parle aujourd'hui d'une recrudescence des violences. Un rapport de l'ONU, rendu public à la mi-mars, fait état de massacres dans plusieurs villages du Darfour-Ouest en janvier et février, et accuse carrément les autorités de Khartoum d'avoir tué des dizaines de civils. À Khartoum, on nie toute violence contre les civils, tout en reconnaissant qu'il y a en ce moment une recrudescence des combats. 

 

Une guerre qui change  

 

Au début, la guerre du Darfour était plus simple. Les violences étaient plus massives et perpétrées principalement par des troupes progouvernementales soudanaises, les fameux « djandjawids » à cheval. Ces troupes pillaient et violaient allègrement, rasant des centaines de villages. 

La majorité des victimes – de 200 000 à 400 000 morts selon les sources, plus environ 2 millions et demi de déplacés – date de cette première période, en 2003 et 2004. À l'époque, on parlait essentiellement de deux groupes rebelles qui faisaient la lutte aux troupes gouvernementales. 

Pour faire une image simple, c'était alors des Arabes islamistes de Khartoum qui s'en prenaient, avec des « troupes de choc » (les djandjawids), aux populations noires musulmanes de l'ouest du pays*. 

Mais aujourd'hui, il y a multiplication des fronts. Les groupes rebelles se sont scindés et, parfois, se font la guerre entre eux. Autre élément de complication: l'imbrication des conflits internes du Soudan et du Tchad voisin, où se trouvent au moins 200 000 réfugiés du Darfour. Des bandes armées franchissent allègrement la frontière: rebelles tchadiens appuyés par le gouvernement du Soudan et rebelles soudanais (du Darfour) appuyés par le gouvernement du Tchad. 

 

Malheureuse ONU  

 

Et puis il y a cette malheureuse mission de l'ONU au Darfour, qui marque le pas avant même d'avoir démarré.  

En date du 1er janvier, l'ONU devait avoir déployé « la plus grande mission armée de son histoire »: 26 000 soldats et policiers, dans une force conjointe ONU-Union africaine (MINUAD), devant officiellement aider à l'application de l'accord de paix de mai 2006. Un accord qui n'est resté qu'un chiffon de papier. 

Sur les 26 000 prévus, la mission sur le terrain en était, fin mars 2008, à 9000 soldats et policiers déployés. Cela, en comptant l'apport de la mission précédente de l'Union africaine: 6000 hommes pratiquement sans équipement, qui se contentaient de visiter les scènes de massacres après coup et de faire des rapports. 

 

Manque de personnel et d'équipement  

 

Sur le terrain, le défi logistique est immense. C'est le désert sur des milliers de kilomètres carrés. Il n'y a pratiquement pas de routes, pas d'eau, pas d'infrastructures. Seulement des villages détruits et des bandes armées qui font la loi. 

Pourquoi n'arrive-t-on pas à réunir les soldats prévus? D'abord, les grands pays occidentaux ne sont pas au rendez-vous sur le terrain. La MINUAD est officiellement une mission à dominante africaine, avec un appui logistico-financier de la Chine, des États-Unis, du Canada et de l'Europe. 

Il y a convergence entre des Africains qui soutiennent que cette mission doit être – pour l'exemple et par principe – « d'abord africaine » et des Occidentaux qui disent: « Des soldats sur pied? Nous n'en avons pas... Mais voici l'argent, maintenant démerdez-vous! » 

Il y a aussi le fait que le Soudan peut opposer, en tout temps, un veto sur tel ou tel pays fournisseur de troupes. (Le Soudan avait fini en juillet 2007 par dire oui à la mission. Son « protecteur » chinois, dont le jeu au Darfour n'est pas toujours clair, lui avait, il est vrai, un peu tordu le bras.) 

Par exemple en janvier, la Norvège et d'autres pays nordiques avaient un bataillon prêt à partir. Mais Khartoum a interdit son déploiement. 

Et puis il y a cette histoire loufoque d'hélicoptères qui n'arrivent pas. L'ONU demande une vingtaine d'hélicoptères de haut niveau technologique. Ceux qui fabriquent ces appareils – les Américains, les Français, les Allemands, les Russes aussi – en fabriquent des milliers pour tous les fronts du monde. Ils n'en ont pas 20 pour l'ONU au Darfour! 

Dans une entrevue récente, l'ancien secrétaire général Kofi Annan a déclaré que la mission de l'ONU au Darfour pourrait bien s'avérer, à la fin, une des plus grandes humiliations de l'histoire des Nations unies! 

 

* À distinguer des populations noires animistes du Sud-Soudan, auxquelles Khartoum avait fait la guerre dans les années 80 et 90.  

 

  Mars 2008

UNHCR Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés

 

Le seuil des 100.000 rapatriés sud-soudanais est franchi

 

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a annoncé vendredi avoir aidé au retour de plus de 100 000 réfugiés depuis le Sud-Soudan, dans le cadre du programme de rapatriement organisé qui a débuté en décembre 2005.

« Le seuil des 100 000 personnes a été franchi cette semaine, alors que le rythme des convois de retour a augmenté depuis les pays voisins du Sud-Soudan pour ramener les réfugiés chez eux avant la saison des pluies en mai et, pour ceux qui le souhaitent, avant le recensement national qui aura lieu du 5 au 30 avril », a indiqué vendredi Ron Redmond, porte-parole de l'UNHCR, aux journalistes à Genève.

« Nous aidons actuellement quelque 4 500 réfugiés au retour chaque semaine depuis le Sud-Soudan - ce nombre est en augmentation par rapport aux 3 000 personnes rentrées il y a quinze jours », a ajouté Arun Sala-Ngarm, responsable du bureau du Sud-Soudan au siège de l'UNHCR à Genève. « A la mi-avril, ce chiffre devrait passer à 6 000 rapatriés par semaine, car nous augmentons la capacité de transport pour les rapatriés depuis l'Ouganda et l'Ethiopie»

La majorité des réfugiés rentrent depuis l'Ouganda, avec quelque 2 700 rapatriés par semaine. La plupart des convois depuis l'Ouganda entrent au Sud-Soudan par le corridor de Nimule - l'un des 18 itinéraires aériens et terrestres empruntés par l'UNHCR pour ramener les réfugiés dans leur pays natal.

Depuis le Kenya, la région vers laquelle les réfugiés rentrent a été étendue, grâce à une liaison aérienne mise en place depuis le camp de Kakuma dans le nord-ouest du pays et permettant ainsi rejoindre les Etats des Lacs, de Warrab, d'Unity, du nord et de l'ouest de Bahr el Ghazal au Soudan. Plus de 5 000 réfugiés sont rentrés depuis Kakuma cette année. Un autre groupe de 2 000 personnes devrait rentrer en avril.

Les retours depuis l'Ethiopie - un pays qui accueille quelque 35 000 réfugiés sud-soudanais dans trois camps - devraient aboutir à la fermeture de deux camps. Les retours ont repris à la fin du mois dernier et s'effectuent au rythme de 1 200 rapatriés par semaine.

« Ces retours devraient amener à la fermeture, en avril, du camp de Bonga, un camp où sont hébergés quelque 2 300 réfugiés dans la région de Gambella à l'ouest de l'Ethiopie. A Sherkole, plus au nord, la plupart des 6 800 réfugiés ont exprimé le souhait de rentrer au Sud-Soudan, dans la région du Haut Nil. Ils devraient rentrer fin mai », a expliqué Ron Redmond.

« Plus de 8 000 réfugiés des camps de Dimma et de Fugnido devraient aussi rentrer en avril et en mail cette année, ce qui aboutira à la fermeture de Dimma, un camp accueillant quelque 2 600 réfugiés », a-t-il ajouté.

Les mouvements de retour sont organisés en collaboration avec l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), l'agence allemande GTZ, les gouvernements des pays accueillant des réfugiés et le Gouvernement du Sud-Soudan.

En février, l'UNHCR a lancé un appel d'un montant de 63 millions de dollars pour financer les opérations que l'agence mènera en 2008 au Sud-Soudan, incluant l'organisation du retour volontaire et la réintégration des réfugiés soudanais.

Un total de 251 000 réfugiés sont rentrés au Soudan - quelque 100 000 d'entre eux dans le cadre de rapatriements organisés et le reste par leurs propres moyens - depuis la signature de l'Accord de paix global signé en janvier 2005 qui a mis fin à 21 ans de guerre civile entre le nord et le sud du pays. Par ailleurs, quelque 260 000 réfugiés soudanais se trouvent toujours hors du Soudan.

 

  Mars 2008

 

Le banditisme, une menace de plus en plus grave à l'effort humanitaire dans le Darfour

 

IRIN, Nairobi, édition française, 28 mars 2008

 

Les organisations humanitaires présentes au Soudan ont fait part de leurs préoccupations au sujet de la hausse alarmante du nombre d'actes de banditisme perpétrés contre les personnes qui participent à l'intervention humanitaire dans la région du Darfour, dévastée par le conflit, et ont averti que les violences menaçaient de perturber l'aide apportée à des milliers de personnes dans le besoin.

« Ces attaques ont atteint des niveaux sans précédent et la situation va de mal en pis », a déploré Edward Carwardine, directeur du service médias et relations externes des bureaux soudanais du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

M. Carwardine a notamment cité l'incident qui s'est produit le 20 mars, lorsque quatre employés de la Corporation nationale des eaux, qui travaillaient avec l'UNICEF, ont été enlevés dans le nord du Darfour ; leur équipement de forage leur a été volé, et, en conséquence de cela, 180 000 personnes courent désormais le risque de ne pas recevoir d'eau salubre cette année, a-t-il ajouté.

Selon Emilia Casella, directrice de la communication publique au Programme alimentaire mondial (PAM-Soudan) des Nations Unies, un « nombre extrêmement alarmant d'actes de banditisme » ciblés sur les convois du PAM a été constaté, et il faut désormais plus de temps aux camions affrétés par le PAM pour acheminer les vivres jusqu'aux entrepôts de l'agence, au Darfour.

« Toutes les parties doivent comprendre que le personnel et les marchandises humanitaires sont là pour permettre de mener à bien un travail humanitaire neutre », a déclaré Mme Casella.

Ces attaques, a-t-elle ajouté, se sont multipliées à l'heure où le PAM doit pré-acheminer autant de nourriture que possible au Darfour en prévision de la saison des pluies de mai-octobre, au cours de laquelle les routes deviennent impraticables.

Selon les services du Coordinateur résident et Coordinateur humanitaire des Nations Unies au Soudan, trois travailleurs humanitaires et un camionneur vacataire ont été tués et près de 90 personnes, qui travaillaient dans le cadre de cette opération humanitaire, ont été enlevées, la plupart au cours de braquages, depuis le début de l'année 2008.

Vingt-trois cambriolages et agressions à main armée ont également été recensés dans les locaux des organisations humanitaires et des Nations Unies.

Vingt-neuf chauffeurs de camions affrétés par le PAM sont toujours portés disparus, depuis qu'ils ont été enlevés sous la menace des armes.

« Ces attaques sont inacceptables et indéfendables », pouvait-on lire dans un communiqué publié par les bureaux du Coordinateur, le 26 mars. « Les individus qui s'en prennent aux travailleurs humanitaires pénalisent des innocents – des enfants, pour la plupart – qui dépendent de l'aide humanitaire pour leur alimentation, leurs soins de santé, l'eau, les systèmes d'assainissement, ainsi que d'autres services essentiels ».

 

  Mars 2008

 

Sud-Soudan : Urgence au nord Bahr-el-Ghazal

 

Médecins Sans Frontières, 28 mars 2008

 

Au Sud-Soudan, après de récents combats dans la région pétrolifère d'Abyei, des milliers de familles, déplacées par les affrontements, ont besoin d'une aide urgente, dans une région où les ressources sont déjà extrêmement réduites.

Gabriel Trujillo, responsable des programmes MSF au Soudan, s'inquiète du manque de mobilisation des acteurs de l'aide au nord Bahr-el-Ghazal.

 

Des déplacés sont arrivés il y a plusieurs semaines dans le nord Bahr-el-Ghazal, dans quelle situation se trouvent-ils?

 

Environ 12 000 déplacés se sont regroupés sur trois sites au nord d'Aweil et des milliers d'autres sont dispersés dans la brousse, probablement 10 000 personnes, peut-être le double. Personne ne sait exactement, les conditions de sécurité et l'éparpillement des groupes de déplacés rendent l'accès très difficile. Sur les trois sites, les familles n'ont pratiquement reçu aucune aide depuis leur arrivée, entre un et deux mois.

J'ai été impressionné par leur désespoir, à la limite de l'agressivité quand je les ai rencontrés il y a quelques jours. Dans le site de Mending Dot Akok (environ 10 000 déplacés), nous étions entourés par des hommes, des femmes et des enfants qui se frappaient l'estomac et portaient leurs doigts à leur bouche pour crier leur faim dans une langue universelle. Ils m'ont montré leurs seules ressources : des feuilles et des petites noix glanées dans la brousse. Les hommes partent chasser mais, au mieux, ils rapportent de petits animaux.

La faim n'a pas encore marqué les corps des adultes mais déjà quelques adolescents présentent des signes de malnutrition . Pour les plus petits, une évaluation nutritionnelle rapide dans les trois sites a montré des signes très inquiétants : une malnutrition globale de 20% chez les moins de cinq ans, au stade sévère pour 8% d'entre eux, ce qui représente plusieurs centaines d'enfants qui ont besoin en urgence d'aliments thérapeutiques.

Ces déplacés ont fui sans rien emporter, les abris de paille d'environ quatre mètres carrés ne contiennent généralement rien, parfois une marmite ou un vêtement. Pour trouver de l'eau, ils ont creusé des trous de quelques mètres au fond desquels stagne vingt centimètres d'eau boueuse. En somme, ces déplacés ont besoin en urgence d'eau, de nourriture, de matériel de base ainsi que de soins médicaux, particulièrement nutritionnels.

 

Que fuient ces déplacés et quelles sont les capacités locales pour répondre à cette urgence?

 

Cette urgence survient dans un contexte de tensions politiques , d'insécurité alimentaire élevée et de structures médicales insuffisantes et dotées de faibles moyens. Ces déplacements de population sont liés à des combats entre des nomades de la tribu des Misseriya et des forces armées du Sud, le long de la frontière entre le Nord et le Sud Soudan, depuis la fin du mois de décembre. Ces nomades se déplacent suivant leur route traditionnelle de transhumance mais cette tribu qui avait soutenu le Nord durant les années de guerre est suspecte aux yeux des anciens rebelles sudistes et les affrontements surviennent sporadiquement.

Les tensions politiques sont actuellement très fortes dans cette zone, à proximité d'Abyei. C'est une région riche en pétrole dont le statut n'a pas été tranché lors de l'accord de paix entre le Nord et le Sud en 2005. Une partie de la population s'est donc déplacée vers le sud-ouest, au nord d'Aweil, alors que la pression sur les ressources locales est déjà accrue par le retour de quelque 20 000 anciens réfugiés. Car ceux qui avaient fui pendant la guerre dans un pays voisin ou vers le nord du pays reviennent progressivement. Près de deux millions de personnes sont déjà revenues dans tout le Sud-Soudan, et ce n'est pas fini. La perspective d'élections l'année prochaine peut inciter les quelques centaines de milliers de réfugiés, qui vivent encore hors des frontières, à rentrer. Une minorité des anciens réfugiés sont rapatriés par le Haut Commissariat des Nations unies aux Réfugiés (HCR). Mais, même pour ceux-là, les conditions de retour sont extrêmement dures : ils sont abandonnés à eux-mêmes très rapidement. Or tout manque, à commencer par les services médicaux et la nourriture.

Nous connaissons cette région pour y avoir travaillé pendant des années et nous savons que le système de santé reste à construire et que la malnutrition sévit parmi les moins de cinq ans et ce, même les bonnes années.

Aujourd'hui, alors que les besoins augmentent, la situation est encore pire : les inondations l'année dernière et la fermeture de la frontière pendant deux mois ont fortement diminué les quantités de nourriture disponibles. Les prix des aliments augmentent, à certains moments jusqu'à trois fois le prix habituel sur les marchés.

Dans le même temps, l'aide diminue, le Programme Alimentaire Mondial a cessé les distributions générales de nourriture parce que le Sud Soudan n'est plus en conflit. Nous assistons donc à une accumulation de facteurs aggravants.

 

  Mars 2008

 

 

Soldat français mort au Soudan : des "erreurs", pas de "faute" selon le ministère

 

Agence France Presse, 27 mars 2008

 

La mort d'un soldat français des forces spéciales survenue début mars dans un accrochage avec des éléments armés au Soudan était due à une "succession d'erreurs" et non à une "faute" dans les ordres donnés ou leur exécution, a indiqué jeudi l'état-major des armées.

Selon le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, de l'état-major, une "enquête de commandement" conduite par le général Patrick Paimbault au Tchad voisin a "relevé une succession d'erreurs mais pas de faute ou d'actions qui auraient été conduites en contradiction avec des ordres reçus".

Le porte-parole du ministère Laurent Teisseire a indiqué pour sa part que l'enquête du général Paimbault, inspecteur des forces en opération, "confirmait l'erreur de positionnement géographique" évoquée par les premiers témoignages.

Selon ceux-ci, le sergent Gilles Polin et un second soldat des forces spéciales qui était parvenu à s'enfuir avaient pénétré par mégarde en territoire soudanais le 3 mars.

Interrogé sur la nature des éléments armés qui avaient ouvert le feu sur les deux soldats français, le commandant Prazuck a indiqué que les informations recueillies par le général Paimbault au Tchad ne permettaient pas d'affirmer "qu'ils étaient des soldats réguliers ou des coupeurs de routes".

Le commandant Prazuck a toutefois relevé que le groupe des forces spéciales françaises qui avait tenté ensuite d'aller chercher le corps du sergent Polin avait été pris sous "des tirs de mortiers".

Ces "moyens lourds ne correspondent pas à ce qu'on trouve habituellement dans les bandes de coupeurs de route", a-t-il noté, estimant qu'ils avaient affronté "une force organisée".

Il s'agit de "déductions et non de preuves flagrantes que le général Paimbault n'a pas obtenues", a cependant souligné le commandant Prazuck.

Sur les circonstances de la mort du sergent Polin, il a précisé que "trois personnes" avaient "ouvert le feu à bout portant" sur lui au moment où il quittait son véhicule.

Les autorités soudanaises avaient affirmé avoir retrouvé son corps plusieurs jours plus tard.

Les deux soldats français menaient une missions "d'éclairage" sous drapeau de l'Eufor Tchad-RCA, une force européenne destinée principalement à protéger quelque 450.000 réfugiés soudanais du Darfour et déplacés tchadiens et centrafricains

  Mars 2008

 

Tchad-Soudan: le sergent Polin a été tué de sang froid et à bout portant

 

Libération, 27 mars 2008

 

Les circonstances de la mort du sergent Gilles Polin, le lundi 3 mars, lors d'un incident frontalier avec le Soudan, se précisent peu à peu. Voici les nouveaux éléments que nous avons recueillis.

"La P4 (véhicule militaire léger) a été arrêtée sur une piste par trois hommes qui sortaient des fourrés. Ils ne portaient pas d'uniformes reconnaissables. Ils étaient très près de la P4 et, au moment où Polin mettait le pied à terre pour descendre du véhicule, l'un d'eux a ouvert le feu à bout portant." Le sergent a alors reçu une balle au flanc et l'adjudant qui l'accompagnait a été blessé légèrement par d'autres tirs.

Selon les évaluations de l'état-major à Paris, ces hommes n'étaient pas des coupeurs de route, mais appartenaient à une "force organisée ". Une estimation fondée sur leur réaction à l'arrivée des autres éléments du COS. Ils ont réagi "avec des moyens de combat lourds (mortiers) qui ne correspondent pas à ce que l'on trouve chez les coupeurs de route" . Ces éléments semblent désigner l'armée soudanaise.

De retour de sa mission d'enquête au Tchad, le général (air) Patrick Paimbault, inspecteur des forces en opération, a remis au chef d'état-major des armées ses conclusions sur les circonstances de cet incident frontalier. " Il a confirmé l'erreur dans le positionnement géographique" , qui a conduit l'équipe des forces spéciales à franchir la frontière, indique Laurent Teisseire, porte-parole du ministère de la défense. "Il n'y a pas eu de fautes, mais une succession d'erreurs" ajoute-t-on à l'état-major. En tout cas, "pas d'actions conduites en contradiction avec les ordres reçus."

Lors d'une conférence de presse tenue le 19 mars, le général irlandais Patrick Nash - patron de l'Eufor et à ce titre des forces spéciales françaises engagées dans l'opération - avait provoqué la surprise en affirmant que les militaires de l'Eufor ne devaient pas s'approcher à moins de cinq kilomètres de la frontière avec le Soudan. Selon nos informations, cette règle d'engagement n'a jamais existé , même si "on ne dévoile pas toutes les règles d'engagement ", comme le reconnaît un officier français. Pour Paris, la présence, "naturelle et légitime ", des forces spéciales dans ce secteur s'intégrait dans "leur rôle d'éclairage initial de terrain".

(1) Nommé adjudant à titre posthume.

 

  Mars 2008

 

Nations Unies, communiqué de presse

 

New York 26 mars 2008

 

(La version française du Point de presse quotidien n'est pas un document officiel des Nations Unies)

 

Ci-dessous les principaux points évoqués par Michèle Montas, Porte-parole du Secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon:

 

Soudan

 

Le Programme alimentaire mondial (PAM) s'est dit attristé et choqué d'apprendre l'assassinat de trois de ses chauffeurs lors de deux incidents séparés au Soudan.  Une des victimes a été tuée par balle lundi alors qu'elle circulait sur la route de Nyala, au Sud-Darfour, et, samedi, dans le sud du Soudan, les deux autres chauffeurs ont été poignardés par des assaillants dans la ville d'Abiemnom.  Ils transportaient des denrées du PAM destinées à la ville d'Abyei.  Le PAM estime que les menaces quotidiennes qui pèsent sur la sécurité de ses transporteurs est inacceptable, les livraisons étant en outre retardées car les chauffeurs sont de plus en plus réticents à emprunter des routes dangereuses.  Ces incidents portent à 56 le nombre de camions d'aide humanitaire impliqués dans des attaques cette année.  À cela s'ajoute le vol de six véhicules du PAM destinés au transport de passagers au cours de la même période.

 

Au plan humanitaire, le Bureau du coordonnateur résident et Coordonnateur de l'action humanitaire au Soudan indique que les attaques contre des personnels humanitaires au Darfour n'ont jamais été aussi nombreuses, ce qui compromet le déroulement des opérations sur le terrain ainsi que la sécurité du peuple du Darfour.  La communauté humanitaire condamne tous les actes de violence et appelle à la cessation de toutes les attaques ainsi qu'à la libération immédiate des personnes enlevées.  Elle appelle également à la levée de toute impunité protégeant ceux qui prennent pour cible le personnel humain où que ce soit au Soudan.

 

  Mars 2008

 

Trois chauffeurs du Programme alimentaire mondial tués au Soudan

Reuters avec l'A.F.P., 26 mars 2008

Trois chauffeurs travaillant pour le Programme alimentaire mondial (Pam) ont été tués par des pillards ces sept derniers jours lors d'attaques séparées au Darfour, dans l'ouest du Soudan, ainsi que dans le sud du pays, rapporte l'agence de l'ONU.

 

Lundi, un chauffeur a été abattu et son assistant grièvement blessé dans l'État du Sud-Darfour. Le 22 mars, deux autres chauffeurs qui se rendaient dans l'État d'Abyei ont été poignardés dans le sud du Soudan par six agresseurs, a indiqué le Pam.

Ces nouvelles attaques soulignent la forte insécurité qui règne au Soudan où la plus importante opération humanitaire au monde est en cours dans la région du Darfour. Des organisations humanitaires travaillent également dans le sud du pays pour aider à la reconstruction après des années de guerre civile.

Dans la seule région du Darfour, 56 camions du Pam et six véhicules de transport de passagers ont été attaqués et 24 chauffeurs sont toujours portés disparus, précise le Pam.

"Nous sommes extrêmement choqués et attristés par ces incidents. Cette situation est totalement inacceptable", a déclaré le directeur du Pam au Soudan, Kenro Oshidari, dans un communiqué.

Le Pam précise que les attaques sont en revanche plus rares dans le Sud-Soudan où un accord de paix signé en 2005 a mis fin à la plus longue guerre civile africaine.

Opheera McDoom, version française Gwénaelle Barzic

 

  Mars 2008

 

Soudan : trois chauffeurs du Programme alimentaire mondial tués lors d'attaques de véhicules humanitaires

 

Nations Unies,New York PAM, 25 mars 2008

 

Trois chauffeurs de camions transportant l'aide humanitaire du Programme alimentaire mondial ( PAM ) ont été tués au Soudan au cours des cinq derniers jours.

« Toutes les parties doivent reconnaître que les chauffeurs des véhicules humanitaires et leur cargaison poursuivent un objectif humanitaire neutre. En s'attaquant au personnel humanitaire, ces assaillants s'attaquent aussi à des personnes innocentes qui ont besoin de l'aide alimentaire », a affirmé Kenro Oshidari, le représentant du PAM au Soudan, dans un communiqué publié aujourd'hui à Khartoum.

Il s'est dit « extrêmement choqué et attristé » par les incidents, qui les 22 et 24 mars dernier, ont causé la mort de Hamed Abdulla Sharif et de Hamed Ibrahim Digel le 22 mars à Abiemnom, au Sud-Soudan, et celle de Mohamed Ali sur la route de Nyala, au Darfour.

Depuis le début de l'année, 56 camions ont été attaqués, et 33 d'entre eux sont toujours introuvables. Vingt-quatre chauffeurs sont toujours portés disparus.

Ce banditisme a par ailleurs réduit considérablement les livraisons de l'aide humanitaire. Si le PAM a pu fournir des rations alimentaires mensuelles à plus de deux millions de personnes touchées par le conflit au Darfour le mois dernier, environ 64.000 autres n'ont pas pu être atteintes en raison de l'insécurité.

 

  Mars 2008

Visite de solidarité d'une équipe oecuménique internationale au Soudan 

 

Conseil Oecuméniques des Eglises, 24 mars 2008

 

Une équipe oecuménique internationale composée de représentants d'Eglises va effectuer une visite de solidarité auprès des Eglises et organisations oecuméniques du Soudan, du 26 mars au 2 avril. Cette équipe, conduite par le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du COE, se divisera en quatre groupes qui se rendront au Darfour, à Khartoum, Rumbek et Yambio, avant de se joindre à des responsables d'Eglises, des femmes et des jeunes soudanais pour une conférence de trois jours à Juba.

 

Cette visite veut donner à des représentants oecuméniques de divers pays l'occasion d'exprimer leur solidarité avec le peuple soudanais et d'écouter les Eglises de ce pays. Des visites à des paroisses chrétiennes, des organisations de la société civile, des personnes déplacées, des organisations humanitaires et des personnalité politiques permettront aux membres de cette équipe de découvrir les préoccupations, les espoirs et les besoins de ces divers groupes.

Les participants à cette visite, organisée par la Conférence des Eglises de toute l'Afrique (CETA) et le Conseil oecuménique des Eglises (COE), seront les hôtes du Conseil des Eglises du Soudan. Les responsables des opérations d'urgence d'ACT-Caritas au Darfour assureront le déroulement de la visite dans cette région.

Une guerre civile de 20 ans entre le Nord et le Sud du pays, qui a causé la mort d'environ 2 millions de personnes et en a forcé 4 millions à se déplacer à l'intérieur du pays, a pris fin en janvier 2005 par un accord de paix précaire. Depuis le début de 2003, la région du Darfour, située à l'ouest, a été le théâtre d'un conflit permanent entre groupes rebelles et milices soutenues par le gouvernement qui a entraîné la mort de 200'000 à 400'000 personnes et en a fait fuir quelque 1,8 million, tandis qu'on estime à 200'000 le nombre de celles qui ont cherché refuge dans les pays voisins du Tchad et de la République centrafricaine.

Après s'être fait une idée de la situation sur le terrain, l'équipe oecuménique rencontrera une cinquantaine de représentants d'Eglises soudanaises pour une conférence qui se tiendra à Juba, capitale du Soudan du Sud, du 31 mars au 2 avril. Des responsables d'Eglises, des femmes et des jeunes y parleront de leurs expériences et évoqueront les défis que constituent le retour à la paix, le VIH et le sida, ou encore la reconstruction, pour ne citer que ceux-là.

Cette visite de solidarité s'inscrit dans le cadre du projet "lettres vivantes" du COE et du Programme oecuménique des éminentes personnalités pour la paix en Afrique (ERERRA) de la CETA. Cette initiative a également le soutien de la Communauté des Conseils chrétiens et des Eglises des Grands Lacs et de la Corne de l'Afrique

 

    Mars 2008

Darfour – quatre chauffeurs accompagnant une équipe d'humanitaires enlevés

 

Agence France Presse, Khartoum, 24 mars 2008

 

Quatre chauffeurs accompagnant des ingénieurs du gouvernement travaillant avec Unicef sur un projet d'accès à l'eau ont été enlevés au Darfour, dans l'ouest du Soudan, a annoncé dimanche le Fonds des Nations unis pour l'enfance, exigeant leur libération immédiate.

Des bandits ont arrêté jeudi un convoi de trois voitures et un camion transportant une plate-forme de forage, dans lequel voyageaient quatre ingénieurs et quatre chauffeurs de la compagnie soudanaise des Eaux à Um Tajok, dans le Darfour-nord, a indiqué l'Unicef.

Les chauffeurs ont été contraint de suivre les assaillants avec leurs véhicules et la plate-forme est introuvable, selon la même source.

"Nous exhortons les personnes responsables de cet incident à libérer immédiatement les membres manquants de l'équipe ainsi que leur équipement, indemnes", a dit le représentant de l'Unicef au Soudan, Ted Chaiban.

"Cela ne peut être toléré, nous exigeons que tous ces travailleurs (humanitaires) puissent opérer en sécurité dans la région du Darfour", en proie à la guerre civile depuis cinq ans.

Le banditisme est une entrave majeure au travail des humanitaires opérant au Darfour. Le conflit opposant des rebelles de cette région de l'ouest du Soudan aux forces gouvernementales et des milices locales a fait quelque 200.000 morts et 2,2 millions de déplacés sur une population de six millions d'âmes, selon des organisations internationales.

Khartoum conteste le chiffre des victimes parlant de 9.000 morts seulement.

En novembre 2006, neuf employés de la compagnie nationale des Eaux avaient été enlevés pendant plusieurs semaines. L'un des employés est mort.

En juillet de la même année, des déplacés avaient tué trois membres d'une équipe de la même compagnie dans le camp de Hassa Hissa à Zalingei, également au Darfour.

En novembre dernier, trois Soudanais et deux étrangers travaillant dans le secteur pétrolier ont été libérés après avoir été retenus en otage pendant près d'un mois par des rebelles du Darfour qui avaient attaqué un champ pétrolier à Kordofan, région frontalière du Darfour

 

  Mars 2008

Les chrétiens célèbrent Pâques à Khartoum mais des discriminations subsistent

 

Angola Presse, 23 mars 2008

 

Des dizaines de milliers de chrétiens du Soudan ont célébré dimanche Pâques à Khartoum mais ils continuent de souffrir de discriminations dans ce pays à majorité musulmane, trois ans après un accord de paix où leurs droits ont été reconnus.

Le Soudan compte une importante minorité chrétienne qui vit notamment dans le Sud mais aussi dans la capitale. Les chrétiens disent avoir retrouvé la liberté de culte depuis l`accord de paix de 2005 qui avait mis fin à 21 ans de guerre civile dévastatrice dans le Sud. Mais des restrictions subsistent.

Selon le clergé, les écoles publiques interdisent encore l`étude de la Bible, les employeurs n`accordent pas de congés aux chrétiens pendant leurs fêtes religieuses et l`accès des femmes non voilées à l`Université de Khartoum est interdit.

Il y a aussi des restrictions pour la construction d`églises et la charia, la loi islamique en vigueur dans le Nord à majorité arabo-musulmane, favorise les hommes pour l`héritage et interdit l`alcool. Certains membres du clergé chrétien s`inquiètent aussi d`interpellations de femmes pour leur simple tenue.

Célébrer Pâques, qui commémore pour les chrétiens la résurrection du Christ après sa crucifixion, est aussi l`occasion de "réfléchir aux souffrances de notre communauté", assure à l`AFP le père Sylvestre Thomas, responsable de la Cathédrale Protestante,de tous les saints de Khartoum.

Le 31 décembre 2006 , des policiers avaient lancé des grenades lacrymogènes dans la cathédrale protestante en pleine messe de la Saint-Sylvestre, blessant six fidèles, officiellement dans le cadre d`une poursuite.

 

  Mars 2008

 

Le Tchad dénonce la menace soudanaise

 

Le Figaro avec l'A.F.P., 21 mars 2008

 

N'Djamena a réuni les diplomates des pays observateurs de l'accord de paix de Dakar entre le Tchad et le Soudan pour leur montrer des "preuves irréfutables" d'une nouvelle menace d'agression de Khartoum, a annoncé une source diplomatique.

"Le Tchad détient des preuves irréfutables sur l'intention du Soudan d'agresser le Tchad", et le ministre tchadien des Affaires étrangères Ahmad Allam-mi les a présentés vendredi à des diplomates français, américains, libyens et congolais ainsi qu'au représentant spécial des Nations Unies et à un représentant de la médiation de l'Union Africaine.

"Le ministre a informé les diplomates des manoeuvres soudanaises qui exercent des pressions humiliantes sur ses obligés (rebelles tchadiens) pour les pousser à attaquer à nouveau le Tchad", a encore indiqué cette source.

 

  Mars 2008

 

 

Communiqué de M. Bernard Kouchner, Genève,

Recherche d'une solution politique à la crise du Darfour

 

Ministères des Affaires étrangères, 20 mars 2008

 

A ma demande, la France a organisé des consultations réunissant M. Abdoulwahid El Nour, Président du Mouvement de Libération du Soudan, les co-médiateurs de l'ONU et de l'Union Africaine, MM. Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim, et des représentants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

Cette rencontre, qui s'est tenue le 18 mars 2008 à Genève, a permis de nouer un dialogue entre le chef historique de la plus ancienne rébellion du Darfour et plusieurs acteurs majeurs de la communauté internationale, que je tiens à remercier très sincèrement pour avoir accepté cette invitation.

L'ensemble des participants s'est accordé sur la nécessité de renforcer la sécurité sur le terrain, notamment grâce au déploiement de la mission des Nations unies et de l'Union Africaine, la MINUAD, ainsi que sur l'importance de la normalisation des relations au niveau régional pour favoriser la recherche d'une solution politique à la crise au Darfour. Dans le même temps, il a été demandé à M. El Nour de prendre toute sa part dans le processus diplomatique conduit par les co-médiateurs de l'ONU et de l'UA.

J'espère que cette étape, conçue dans le cadre des efforts engagés par la France pour amener M. El Nour à prendre une part active à la recherche d'une solution politique au Darfour, permettra de créer une dynamique durable de coopération entre celui-ci et la communauté internationale

Cette rencontre s'inscrit dans l'engagement de la France en faveur d'une solution à la crise du Darfour, dans le prolongement notamment de la réunion ministérielle de Paris de juin 2007, du vote de la résolution 1769 du Conseil de sécurité des Nations unies créant la MINUAD, ainsi que du déploiement de l'Eufor Tchad/RCA et de la MINURCAT pour faire face à la dimension régionale de la crise.

Soudan - Darfour : recherche d'une solution politique à la crise du Darfour (Genève, 18 mars 2008 )

  Mars 2008

Soudan: Paris ramène Nour dans les négociations

 

Le Nouvel Observateur avec l'AP, 20 mars 2008

 

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a annoncé jeudi que la France avait obtenu la participation du chef historique de la plus ancienne rébellion du Darfour à des consultations avec les médiateurs de l'ONU et de l'UA ainsi que des représentants des cinq membres permanents, qui se sont tenues mardi à Genève.

La rencontre entre Abdulwahid El Nour, président du Mouvement de libération du Soudan (MLS), les co-médiateurs des Nations unies et de l'Union Africaine, Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim, et des représentants de la France, des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de Chine et de Russie, "a permis de nouer un dialogue" entre le chef du MLS et ces "acteurs majeurs de la communauté internationale", a estimé le chef de la diplomatie dans un communiqué.

Selon M. Kouchner, "l'ensemble des participants s'est accordé sur la nécessité de renforcer la sécurité sur le terrain, notamment grâce au déploiement de la mission des Nations unies et de l'Union Africaine, la MINUAD, ainsi que sur l'importance de la normalisation des relations au niveau régional pour favoriser la recherche d'une solution politique à la crise au Darfour".

Paris a "demandé à M. El Nour de prendre toute sa part dans le processus diplomatique conduit par les co-médiateurs de l'ONU et de l'UA". "J'espère que cette étape, conçue dans le cadre des efforts engagés par la France pour amener M. El Nour à prendre une part active à la recherche d'une solution politique au Darfour, permettra de créer une dynamique durable de coopération entre celui-ci et la communauté internationale", déclare Bernard Kouchner. AP

 

  Mars 2008

 

Les forces soudanaises accusées de viser des civils au Darfour

 

Le Point, 20 mars 2008 , Version française Jean-Stéphane Brosse

 

Les forces soudanaises ont visé des civils lors d'attaques aériennes ou terrestres conduites en janvier et février contre des villages du Darfour, estiment le Haut-Commissariat de l'Onu pour les droits de l'homme et la Minuad dans un rapport.

Selon la mission de l'Union africaine et des Nations unies dans la vaste région occidentale du Soudan en proie à la guerre depuis 2003, ces raids ayant impliqué des hélicoptères et des avions ainsi que des milices pro-gouvernementales ont fait 115 morts et 30.000 déplacés.

Ces attaques constituent des "violations des principes humanitaires internationaux et des droits de l'homme (...) en n'établissant aucune distinction entre des objectifs civils et des objectifs militaires", souligne le rapport publié à Genève.

Les services de la Haute-Commissaire de l'Onu pour les droits de l'homme Louise Arbour et de la Minuad, qui a pris le relais de la seule Union africaine au début de l'année, se réfèrent à trois raids contre le village de Saraf Djidad en janvier et à des attaques le 8 février contre les localités de Sirba, Sileia et Abou Surouj, durant une vaste offensive des forces gouvernementales contre la rébellion dans la région.

Khartoum n'a pas réagi dans l'immédiat.

 

Pillages

 

D'autres actions menées par les rebelles du Mouvement Justice et égalité (JEM), qui affirme contrôler la plus grande partie du Darfour-Occidental, ont déjà été dénoncées par une commission indépendante comme des violations d'un accord de cessez-le-feu signé en 2004, rappelle le rapport.

Le document fait état de pillages à grande échelle après les raids soudanais et de "récits consistants et crédibles" de viols commis par des hommes en uniforme pendant et après l'attaque de Siraj.

L'ampleur des destructions matérielles, "y compris d'objets indispensables à la survie de la population civile, suggère que les dommages ont été partie intégrante et délibérée de la stratégie militaire".

Parmi les morts figurent des personnes âgées et handicapées, des femmes et des enfants, ajoute le rapport. Nombre des habitants épargnés ont été contraints de s'enfuir de l'autre côté de la frontière, au Tchad, où sont déjà présents des milliers de réfugiés du Darfour.

Selon le rapport, les maisons, les hôpitaux gérés par les ONG, les centres communautaires, les points d'eau, les écoles, les dépôts de nourriture et les boutiques ont été systématiquement vandalisés et "dans de nombreux cas incendiés, parfois avec leurs occupants à l'intérieur".

La Minuad précise n'avoir pas encore été en mesure d'enquêter sur des attaques contre la ville de Djébel Moun et ses environs à la fin du mois de février où des civils auraient également été tués, car les autorités soudanaises lui ont refusé l'accès à la région.

Même si des observateurs ont finalement pu s'y rendre le 1er mars, une semaine après les raids, le refus initial constitue une violation des accords entre Khartoum et la Minuad, dont les membres sont normalement libres de leur mouvement, a souligné la mission dans le rapport.

 

  Mars 2008

 

Mort d'un soldat français au Soudan : des zones d'ombres...

 

Libération, 19 mars 2008

 

La version des circonstances de l'incident frontalier avec le Soudan, au cours duquel le sergent Polin a été tué le 3 mars, est la plus précise que nous ayons pu obtenir, sur la base d'informations recoupées. Elle n'est pourtant pas totalement satisfaisante. On peut en effet se poser quelques questions.

1) Quel était le but de la mission ? Officiellement, rejoindre un autre élément français du COS, en provenance de Birao (Centrafrique). Des sources parlent d'un véhicule seul, d'autres de plusieurs.

2) Une erreur de topographie ? C'est l'hypothèse la plus sérieuse. Naviguer dans ces régions n'est pas une mince affaire. Les hommes du COS avaient-ils avec eux un GPS en état de marche et des cartes précises  et récentes, y compris des photos aériennes ou satellites sur lesquelles était indiquée la frontière. On l'espère. Et quid des cours de topographie ?  Comment est-elle enseignée dans les forces spéciales ?

3) Pourquoi ce véhicule P4 a-t-il été envoyé seul à l'avant du groupe, contre  les règles d'usage qui veulent que l'on se déplace en principe à deux véhicules ?

4) Après le premier incident armé, le groupe du COS a décidé de partir rechercher le sergent Polin. Cette décision, qui illustre les valeurs militaires, a été prise localement. Mais il s'agissait quand même de pénétrer dans un Etat souverain... Quels ont été les échanges radio (s'il y en a eu) entre le détachement et la base arrière ?

5) Le résultat de cette incursion a été un échec, puisque le corps n'a pas été retrouvé. Au bout de plus de trente minutes d'accrochages, les forces spéciales ont dû décrocher - en clair, fuir - sous les tirs de mortiers des Soudanais.

6) La chaîne de commandement semble a priori claire. Les hommes du COS dépendent de l'Eufor, c'est-à-dire localement d'un capitaine de vaisseau français, lui même sous les ordres du général français Ganascia.

7) Les forces spéciales se piquent de discrétion. Une affirmation qui fait sourire tous les militaires des troupes ordinaires. Il suffit de regarder la photo, fournie (sans commentaires) par l'Eufor et publiée sur ce blog le 27 février. Le militaire est évidemment un homme du COS: il n'enlève pas ses lunettes de soleil, ses cheveux sont plus longs que ne l'autorise le règlement, ni son arme ni son brelâge ne semblent être (sauf erreur de ma part) ceux en dotation dans l'infanterie. Et si l'on voyait ses pieds, ils seraient sans doute chaussés de manière bien plus confortable que de rangers...

 

  Mars 2008

 

SOUDAN-TCHAD : Le sultan appelle les Etats musulmans à sauver le Darfour

 

IRIN, édition française, Dakar, 18 mars 2008

 

Le Darfour tient son nom de la tribu des Fours, le groupe ethnique le plus important, qui a dominé la région pendant plusieurs centaines d'années. Le conflit du Darfour a fait quelque 2,5 millions de déplacés et des centaines de milliers de morts, dont bon nombre au sein de la communauté des Fours.

 

Deux organisations de défense des droits humains – la Save Darfur Coalition (Etats-Unis) et la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme/RADDHO (Sénégal) - ont permis au sultan des Fours, Salah Eldine Mahamat Fadoul, et à un de ses conseillers religieux de prendre part au sommet des chefs d'Etat de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), qui s'est tenu la semaine dernière à Dakar, capitale sénégalaise, pour tenter de convaincre les dirigeants des pays musulmans d'agir de manière plus active pour mettre fin à la violence dans le Darfour.

 

En marge du sommet de l'OCI, les chefs d'Etat du Tchad et du Soudan se sont rencontrés le 13 mars et ont signé un nouvel accord par lequel ils s'engagent à ne plus soutenir les groupes rebelles présents sur leurs territoires respectifs. IRIN s'est entretenu avec le sultan Fadoul à propos de ce nouvel accord et des efforts de paix au Darfour. Voici quelques extraits de cet entretien :

 

IRIN : Pensez-vous que ce nouvel accord va changer la situation ?

 

Le sultan Fadoul : C'est un bon accord. J'espère que le Soudan et le Tchad cesseront de soutenir les groupes rebelles qu'ils abritent sur leurs territoires et que cela va réduire les tensions. Je pense que le Tchad et le Soudan ont réellement besoin de calmer la situation. La guerre [par procuration] qu'ils se livrent a beaucoup coûté aux deux pays.

 

IRIN : Au cours des dernières années, la Libye a négocié plusieurs accords de paix entre le Tchad et le Soudan, mais ces accords n'ont jamais abouti. Pourquoi celui-ci serait-il différent des autres ?

 

Le sultan Fadoul : Cet accord a été signé en présence de Ban Ki-moon [le Secrétaire général des Nations Unies] et de nombreux chefs d'Etat. Il est possible que cet accord n'aboutisse pas non plus, mais je pense que ses chances de succès sont plus grandes. Mouammar Khaddafi, le chef d'Etat libyen, aime nous recevoir dans son pays, organiser des pourparlers et distribuer de l'argent, mais il ne cherche pas à comprendre les problèmes du Darfour. Il se plaît à dire que les protagonistes se battent pour des broutilles, alors que les causes du conflit sont bien plus complexes que cela.

 

IRIN : Que faut-il pour mettre fin à la violence dans le Darfour ?

 

Le sultan Fadoul : Si la force hybride de la Mission conjointe des Nations Unies et de l'Union africaine au Darfour (MINUAD) pouvait être déployée avec tous les moyens qu'il faut, alors nos populations se sentiraient plus en sécurité et des milliers de déplacés regagneraient leurs villages. Mais auparavant, il fait désarmer les janjawids [les milices arabes]. Le gouvernement ne peut pas le faire parce que c'est lui qui les a armés et que, bien évidemment, les janjawids refuseront de désarmer. Seules les Nations Unies peuvent mener cette opération.

 

IRIN : Mais êtes- vous sûr que les Nations Unies peuvent réellement les désarmer ?

 

Le sultan Fadoul : Nous espérons que la force hybride des Nations Unies sera forte, mais nous craignons qu'elle ne soit aussi faible que les casques verts de l'ancienne mission de l'UA. Cela a été une très mauvaise expérience, bien que la situation se soit quelque peu améliorée grâce à la pression et au contrôle qu'exerce la communauté internationale sur le gouvernement soudanais pour l'amener à mettre fin aux exactions.

 

IRIN : Et pourtant les attaques se poursuivent encore dans la région de Jebel Moon.

 

Le sultan Fadoul : Oui, de ce point de vue, la situation ne s'est pas améliorée car le gouvernement soudanais continue de mener des bombardements aériens et de privilégier la solution militaire à un règlement politique. Et ce sont essentiellement les civils fours qui sont encore déplacés.

 

IRIN : Que peut-on faire ?

 

Le sultan Fadoul : Nous sommes ici à Dakar [dans le cadre du sommet de l'OCI] pour tenter de sensibiliser les chefs d'Etat de l'OCI au problème du Darfour et pour leur faire prendre conscience qu'ils peuvent peser de tout leur poids pour mettre fin au conflit. Nous pensons que le [Secrétaire général] de l'OCI, Ekmeleddin Ihsanoglu, devrait mener une médiation avec le prochain président de l'OCI, Maître Abdoulaye Wade, le président de la République du Sénégal, avec la participation active de l'Egypte et de l'Arabie Saoudite. Et avec l'aide de la Malaisie et de la Chine [qui a massivement investi dans l'exploitation pétrolière au Soudan], ils pourront exercer une plus grande pression sur le gouvernement soudanais que les Nations Unies ; en plus, ils pourront influer sur la manière dont la mission des Nations Unies est déployée dans la région. L'Arabie Saoudite devrait se montrer plus présente et les Etats-Unis pourraient aussi en faire beaucoup plus.

 

IRIN : Que faut-il faire exactement ?

 

Le sultan Fadoul : Une fois les milices janjawids désarmées, la première chose à faire pour le gouvernement et les groupes rebelles sera d'engager des négociations. Mais c'est vrai qu'il sera difficile d'aboutir à la paix sans la signature d'un accord frontalier [entre le Tchad et le Soudan].

 

IRIN : Considérez-vous les communautés arabes comme vos ennemis ?

 

Le sultan Fadoul : Nous sommes tous musulmans et mon rôle en tant que sultan du Darfour n'est pas uniquement de représenter les Fours, mais de rassembler toutes les communautés de la région. Nous avons essayé d'expliquer aux communautés arabes que le gouvernement les avaient trompés en les poussant à nous tuer, nous leurs frères, pour les empêcher de prendre le pouvoir à Khartoum. À présent, elles commencent à se rendre compte et à reconnaître que les Fours ont le droit légitime de diriger le Darfour étant donné que nous sommes majoritaires dans la région et que nous la gouvernons depuis plusieurs centaines d'années. En matière de « hawakir » [distribution des terres], les responsables fours se sont toujours montrés équitables, et nous sommes une communauté intègre et pacifique. Nous envisageons d'organiser une conférence avec toutes les autres communautés du Darfour. Le problème est que cette conférence ne peut pas avoir lieu pour l'instant parce que les rebelles ne peuvent pas traverser librement la frontière pour entrer au Soudan [à partir du Tchad].

 

IRIN : Il doit vous arriver parfois de vous retrouver dans une posture politique difficile ?

 

Le Sultan Fadoul : Oh ! ma tâche est bien difficile. Le gouvernement me demande d'être son intermédiaire auprès des rebelles, mais lorsqu'on pense que je suis trop proche de la rébellion, on me prend pour un rebelle. J'ai même déjà été emprisonné deux fois. Lorsque je suis de près les directives du gouvernement, les rebelles se fâchent contre moi et ma communauté aussi. De toutes les communautés ethniques du Darfour, les Fours ont le plus souffert des déplacements, ce qui les a amenés à se rebeller contre le gouvernement parce que celui-ci a encouragé cette situation. Pour être franc, je dirai aussi que le gouvernement est responsable de cet état de fait. Je sais que je peux avoir des ennuis en affirmant cela, mais je préfère que le gouvernement se fâche contre moi parce que je dis la vérité plutôt qu'Allah soit fâché contre moi parce que j'aurais menti.

 

  Mars 2008

 

Soudan-Tchad: Un nouvel accord de paix pour tenter de corriger les échecs passés

 

IRIN, édition française, Dakar, 17 mars 2008

 

Après plusieurs heures de discussion sur le texte du sixième accord de paix proposé en deux ans, le président tchadien Idriss Déby et son homologue soudanais Omar el-Béchir ont signé un nouvel accord de paix le 13 mars au soir, à Dakar, capitale sénégalaise, par lequel ils s'engagent à nouveau à ne pas soutenir les groupes rebelles qui leur sont hostiles.

L'objectif avoué de cet accord est « de mettre fin une fois pour toutes aux hostilités entre les deux pays et de rétablir la paix dans la sous-région ».

L'accord, rendu possible par la médiation du président sénégalais Maître Abdoulaye Wade, a été signé au cours du sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) en présence de Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, et de nombreux autres chefs d'Etat africains et diplomates occidentaux et arabes.

Les précédents accords invitaient déjà les deux parties à ne plus abriter de groupes rebelles sur leurs territoires. Au Tchad, les groupes rebelles hostiles au président Déby ont mené un nombre incalculable d'offensives, dont celle de février dernier, qui a conduit les troupes rebelles jusqu'à N'Djamena, la capitale. Au Soudan, les forces rebelles combattent les forces gouvernementales et leurs milices alliées dans le Darfour, région limitrophe du Tchad.

La nouveauté dans ce dernier accord réside en ce que le Tchad et le Soudan acceptent le principe d'un « groupe de contact », dirigé par la Libye et la République du Congo. Ce groupe se réunira une fois par mois et sera chargé du suivi de l'application de l'accord.

Pour Roland Marchal, spécialiste du Tchad à l'université de Sciences politiques de Paris, la communauté internationale doit se montrer plus ferme pour que la situation change dans la région. Il a par ailleurs indiqué que la paix dans la région passerait par la résolution des conflits internes de chaque pays.

« [Au Tchad], s'il n'y a pas une initiative politique pour amener [toutes les parties] autour de la table des négociations, il y a très peu de chances que l'opposition avalise simplement un accord conclu par d'autres acteurs [extérieurs] », a souligné M. Marchal.

Selon certaines sources, les rebelles tchadiens ont déjà fait savoir qu'ils rejetaient le nouvel accord et ont promis de poursuivre leur combat pour renverser le président Déby si celui-ci n'accepte pas de dialoguer avec la rébellion.

Le Sultan des Fours, le groupe ethnique majoritaire dans la région du Darfour, s'est toutefois dit optimiste à propos du nouvel accord.

« J'espère que le Soudan et le Tchad cesseront de soutenir les groupes rebelles qu'ils abritent sur leur territoire et que cela va réduire les tensions », a déclaré le sultan Salah Eldine Mahamat Fadoul au cours d'un entretien exclusif accordé à IRIN à Dakar, en marge du sommet de l'OCI.

« Je pense que le Tchad et le Soudan ont réellement besoin de calmer la situation. La guerre [par procuration] qu'ils se livrent a beaucoup coûté aux deux pays », a-t-il ajouté.

Le conseiller religieux du sultan a quant à lui fait part de ses préoccupations en indiquant que la rencontre entre MM. Déby et el-Béchir n'aurait aucun impact sur les populations de la région. « Ils n'abordent pas du tout la question dans un contexte plus général », a indiqué à IRIN Allami Mahmoud Ousmane, conseiller religieux et iman adjoint. « Il ne s'agit pas [pour eux] de mettre fin à la souffrance des populations dans les deux pays ».

Selon les estimations, le conflit au Darfour et dans l'est du Tchad a, de manière directe ou indirecte, fait pas moins de 400 000 morts et quelque 2,7 millions de déplacés.

 

  Mars 2008

 

Soudan: le recensement menacé par la logistique et le financement

Agence France Presse, 17 mars 2008

 

Problèmes de financement et casse-tête logistiques menacent le bon déroulement du prochain recensement de la population au Soudan, une opération cruciale pour le fragile processus de paix et les scrutins futurs.

Les autorités soudanaises se disent néanmoins confiantes que le recensement, le plus important de l'histoire du pays, se déroulera comme prévu du 15 au 30 avril après avoir été maintes fois reporté.

En 2005, l'Accord de paix globale (CPA) avait mis fin à une guerre civile dévastatrice dans le Sud, majoritairement chrétien et animiste. En 21 ans, cette guerre avait fait 1,5 million de morts et exténué l'économie du Nord à majorité arabo-musulmane.

Aux termes du CPA, le recensement doit confirmer le partage du pouvoir entre les anciens ennemis ou au contraire le redessiner. "C'est important pour le Sud car ils ne connaissent pas la répartition de la population dans les Etats" de la région, explique Yassine Haj Abdine, directeur du Bureau central des statistiques du Soudan. Et "c'est important pour le Nord car l'un des critères pour la redistribution des fonds gouvernementaux sera le nombre d'habitants".

Mais trois ans après la signature de la paix, la méfiance entre le Nord et le Sud reste très vive.

Herbet Kandeh, le responsable du Fonds des Nations unies pour la population qui supervise les opérations, raconte ainsi que le Nord a opposé son veto à l'inclusion d'une question souhaitée par le Sud sur l'appartenance ethnique. La solution de compromis prévoit que le recensé peut se déclarer Nord-Soudanais, Sud-Soudanais, non Soudanais ou s'abstenir de répondre.

Le Sud croit dur comme fer que le nombre de ses habitants est largement supérieur à ce que de précédentes évaluations avaient pu laisser penser. Si tel était le cas, les implications sur les élections générales de 2009 et le référendum de 2011 sur l'indépendance du Sud-Soudan, deux scrutins prévus par le CPA, seraient immenses.

"On en a assez que notre nombre soit sous-évalué", assène Mary Marle, employée du secteur sanitaire, qui arbore un T-Shirt barré du slogan: "Faites-vous compter". La population soudanaise est estimée à 39 millions d'habitants mais il n'existe aucune donnée fiable sur le nombre d'habitants dans le Sud. Le dernier comptage de population date du début des années 1980 et n'était pas national.

Quoi qu'il en soit, le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) s'attend dans les jours à venir à une arrivée massive de Sud-Soudanais exilés dans les pays voisins. Depuis janvier, 15.700 retours ont été organisés, soit trois fois plus que durant la même période l'année précédente.

Le recensement aurait dû être organisé avant la fin 2007. Les élections générales sont elles prévues en juillet 2009.

M. Kandeh reconnaît que de nouveaux retards sont possibles "si le Sud n'accepte pas les estimations préliminaires du nombre d'habitants" effectuées pour déterminer en particulier le nombre de questionnaires à imprimer. "Le Sud a également demandé qu'on ajoute des questions que le Nord a peu de chance d'accepter", dit-il.

Le financement pose aussi problème. Les autorités du Sud estiment à six millions de dollars supplémentaires leurs besoins, en raison des difficultés d'accès aux régions les plus reculées.

"Certaines zones sont dépourvues de routes. On y va par avion". Lorsqu'il "y a des rivières, on utilise des bateaux", explique John Maciek, vice-président de la commission du recensement du Sud-Soudan.

Les autorités soudanaises affirment que le recensement sera le premier à caractère national mais il est vraisemblable que certaines régions lui échapperont, comme les territoires du Darfour sous contrôle rebelle, le triangle d'Halayib sous occupation égyptienne dans le nord-est et des endroits reculés du sud.

 

  Mars 2008

 

Darfour: un groupe rebelle veut négocier

Le Figaro avec l'A.F.P., 17 mars 2008

 

Un dirigeant rebelle du Darfour a appelé aujourd'hui à des négociations de paix en tête-à-tête avec le gouvernement de Khartoum pour mettre fin aux violences dans cette région de l'ouest du Soudan.

"Nous voulons des négociations de paix en tête-à-tête entre le JEM et le gouvernement (...) car en réalité il n'y a pas d'autres organisations sur le terrain, à l'exception du JEM", a déclaré à l'AFP par téléphone Khalil Ibrahim, dirigeant du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), un important groupe rebelle du Darfour.

L'Union africaine et l'ONU cherchent toujours à favoriser une reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles du Darfour ouverts fin octobre en Libye mais qui n'ont pas eu de suite en raison du refus de groupes comme le JEM d'y participer.

 

  Mars 2008

Tchad – Soudan : la paix au forceps

Jeune Afrique, 16 mars 2008

 

C'est au son de « Jaamu Africa » (« la paix de l'Afrique », en wolof), la chanson d'Ismaël Lô, que s'est achevée la lecture par Cheikh Tidiane Gadio, le ministre sénégalais des Affaires étrangères, de l'accord de paix signé à Dakar le 13 mars au soir par Idriss Déby Itno et Omar Hassan el-Béchir, les présidents tchadien et soudanais. Censé « mettre définitivement fin » au différend entre leurs deux pays, ce document met en place un groupe de contact composé de ministres africains des Affaires étrangères. Ledit comité est chargé de faire chaque mois le point sur l'exécution par chacune des parties de ses obligations. Et de désigner les auteurs d'éventuelles infractions. Accouché au forceps, l'accord de Dakar a bien failli ne jamais voir le jour.

La veille, alors que ses collègues sénégalais (Abdoulaye Wade), gabonais (Omar Bongo Ondimba) et tchadien l'attendaient au palais de l'avenue Léopold-Sédar-Senghor en compagnie de Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, Béchir s'était fait porter pâle : « Pardonnez-moi de ne pouvoir discuter aujourd'hui, je souffre d'atroces maux de tête… »

Le lendemain, à l'issue de la cérémonie d'ouverture de la 11e session de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), le conclave s'ouvre enfin. Et Déby Itno attaque bille en tête :

« On me signale qu'une colonne rebelle a franchi la frontière soudanaise pour violer le territoire tchadien. Veut-on saboter ce mini-sommet ?

- Je n'ai aucune information de ce type, réplique Béchir. Pour le moment, je refuse de me prononcer sur des supputations.

- Le Soudan doit arrêter de soutenir les rebelles qui s'attaquent à mon pays, tempête Déby Itno.

- Avec tout le respect que je vous dois, Monsieur le Président, vous avez des problèmes internes auxquels mon pays est totalement étranger. »

Ambiance.

Pour tenter de détendre l'atmosphère, Bongo Ondimba joue la carte de l'humour, tandis que Wade, résolu à sauver « son » sommet de l'OCI, ne ménage pas ses efforts pour rapprocher les positions des uns et des autres.

La partie n'est pas gagnée d'avance. Dans un passé récent, trois accords de paix ont été conclus, et deux « déclarations » signées, sans réussir à mettre un terme à la crise. Le dernier accord en date a été paraphé le 3 mars 2007 , à Riyad, en Arabie saoudite, après que les belligérants, l'un et l'autre musulmans, eurent juré devant la Ka'aba, à La Mecque, de respecter leurs engagements. Résultat : une série d'affrontements qui faillirent coûter son fauteuil à Déby Itno, début février.

C'est que le règlement du différend se heurte à un obstacle de taille : le jeu passablement trouble de Mouammar Kaddafi. Le « Guide » libyen ne parvient pas, en effet, à trouver une solution, mais refuse de se dessaisir du dossier. Du coup, il multiplie les chausse-trapes sous les pieds de ceux qu'il considère comme des concurrents. Après avoir décidé de boycotter le sommet de Dakar, il a, jusqu'à la dernière minute, tenté de convaincre Béchir de l'imiter.

Le Tchad, qui veut sortir de son face-à-face avec la Libye, bataille ferme pour atténuer l'emprise de celle-ci sur le règlement de la crise. D'où l'enthousiasme pour l'accord de Dakar manifesté par Déby Itno, ravi d'avoir en la personne de Wade et de Bongo Ondimba de nouveaux interlocuteurs. À la mi-février, le numéro un tchadien n'a pas hésité une seconde à recevoir Ahmed Khalifa Niasse, l'ambassadeur itinérant dépêché auprès de lui par son alter ego sénégalais. Jusque dans les jours précédant le sommet, ce dernier multipliera les allers-retours entre Dakar, N'Djamena et Khartoum.

Avec l'accord de Dakar, Wade tient sa revanche sur Kaddafi, qui, dans le passé, lui a volé la vedette à deux reprises. La première fois, à l'issue du sommet de l'UA à Banjul, en juillet 2006, quand il tenta de convaincre Déby Itno et Béchir de se rendre à Dakar et que le « Guide » les détourna sur Syrte. La seconde, le 8 août 2006 , lors de la prestation de serment de Déby Itno. On se souvient que Wade avait convaincu Béchir de venir à N'Djamena, mais que Kaddafi, en pleine cérémonie, avait réussi à arracher aux frères ennemis une poignée de main, puis provoqué dans la capitale tchadienne un mini-sommet qui, bien sûr, avait vidé de son sens celui que le chef de l'État sénégalais projetait d'organiser dans son pays.

 

  Mars 2008

 

Ban Ki Moon demande le soutien des pays islamiques au règlement de la crise au Darfour

 

Nations Unies,New York, 15 mars 2008

 

L'Organisation de la Conférence islamique exprime les aspirations et les préoccupations de plus d'un cinquième de l'humanité, a rappelé aujourd'hui le Secrétaire général au sommet de Dakar, où il a passé en revue les principales crises affectant ses membres, du Moyen Orient au Darfour, du Liban à l'Iraq et de l'Iran à la Somalie.

« Je suis heureux que les liens entre nos deux organisations n'aient jamais été aussi solides », a dit le Secrétaire général, rappelant que l'ONU et l'OCI avaient fait cause commune dans de nombreux domaines.

Les deux organisations rejettent de toutes leurs forces « tout lien entre le terrorisme et l';Islam».

« Vous vous êtes élevés contre ceux qui cherchent à justifier la violence au nom de la religion», a rappelé le Secrétaire général qui a souligné que le partenariat était nécessaire dans de nombreux autres domaines, à commencer par la crise au Moyen Orient. ……

Sur le Darfour, il a souligné que « l'OCI était bien placée pour soutenir [le processus politique], en usant de son influence considérable au profit d';une paix durable au Tchad et au Soudan et entre ces deux pays ».

Le Secrétaire général a enfin rappelé qu';une grande partie du « Milliard des plus misérables » de par le monde vivaient dans des pays de l';OCI, exhortant à plus d';efforts pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement  (OMD).

 

  Mars 2008

Tchad-Soudan au menu l'Assemblée parlementaire ACP-UE

 

Parlement européen, Bruxelles le 15 mars 2008

 

Le Soudan et le Tchad figurent à l'ordre du jour des travaux de l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE, qui s'ouvriront lundi prochain à Ljubljana, capitale de la Slovenie, pays qui assure la présidence de l'Union européenne jusqu'au 30 juin 2008 .

Les députés européens et leurs homologues des pays d'Afrique, du Pacifique et des Caraïbes auront à adopter des résolutions d'urgence sur la situation de tension prévalant entre le Tchad et le Soudan qui s'accusent mutuellement de soutenir les groupes rebelles de part et d'autre de leurs frontières communes pour se déstabiliser.

L'accord de non agression signé jeudi à Dakar par les présidents Idris Déby et Omar El-Béchir, sera, à cet égard, bien accueilli par les membres de l'Assemblée parlementaire paritaire (APP).

L'autre grand sujet à l'ordre du jour de cette session de l'APP, concerne les Accords de partenariat économique (APE). On rappelle que l'Union africaine (UA) a adressé une lettre à l'Union européenne pour la reprise, sans délai, des négociations en vue de la conclusion d'accords pour le développement.

Faute d'avoir signé avant le 1er janvier 2008, les APE complets avec les pays ACP, l'Union européenne a conclu à la halte, avec des pays ou groupe de pays, des accords intérimaires de libre-échange compatibles avec les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Il s'agit, pour le cas de l'Afrique, des pays considérés comme à revenu intermédiaire, comme le Cameroun, la Côte d'Ivoire et le Ghana.

Les pays ACP classés Pays les moins avancés (PMA) continueront, quant à eux, de bénéficier des préférences commerciales contenues dans l'Accord de Cotonou signé en 2000.

Les autres points portés à l'ordre du jour de cette session de l'APP, sont la sécurité alimentaire dans les pays ACP, ainsi que les conséquences sociales et environnementales des programmes d'ajustement structurel.

 

  Mars 2008

Nouvel accord de paix entre N'Djamena et Khartoum

 

Le Monde avec l'AFP, 15 mars 2008

 

Le président du Soudan Omar Al-Bachir, et son homologue tchadien, Idriss Déby, ont signé, jeudi 13 mars à Dakar (Sénégal), un nouvel accord de paix pour mettre fin au conflit qui les oppose depuis cinq ans, via des mouvements rebelles, de part et d'autre de la frontière.

Le texte a été signé en marge du sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), en présence de plusieurs chefs d'Etat ainsi que du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Il prévoit que les deux parties, pour « se réconcilier [et] normaliser [leurs] relations », s'engagent à interdire « toute activité de groupes armés et à empêcher l'utilisation de [leurs] territoires respectifs pour la déstabilisation de l'un ou l'autre de nos Etats ».

Comparé aux trois précédents accords de paix signés depuis 2006 entre le Soudan et le Tchad, tous restés lettre morte, celui de Dakar innove sur un point. Il prévoit la création d'un « groupe de contact » chargé du « suivi, de la mise en œuvre de bonne foi du présent accord et du "monitoring" de ses violations éventuelles ».

Composé de ministres des affai­res étrangères africains, ce grou­pe de contact devrait se réunir une fois par mois pour s'assurer que la « déclaration de Dakar » est bien appliquée, voire plus fréquemment si une des deux parties en fait la demande.

En dépit de cette avancée, le scepticisme prévaut quant à la solidité de l'accord. Les rebelles des deux bords - ceux installés au Darfour, côté soudanais, comme ceux qui combattent à la frontière tchadienne - ont rejeté le texte, regrettant n'avoir pas été consultés. Il n'apportera pas, selon eux, de paix durable, que ce soit au Darfour ou au Tchad.

L'attitude des deux principaux acteurs du conflit fait également redouter que « l'accord de Dakar » fasse long feu. Deux jours avant sa signature, le président soudanais s'interrogeait publiquement sur l'utilité d'un nouveau texte alors que les précédents n'avaient pas été respectés. De son côté, le Tchad avait accusé le Soudan, quelques heures à peine avant la signature du document, d'avoir envoyé plusieurs colonnes rebelles en territoire tchadien.

L'accusation, non confirmée par les forces françaises présentes au Tchad et par la force européenne Eufor, déployée dans l'est du pays, a été repoussée par Khartoum. « Je peux vous assurer que c'est faux, a dit le ministre soudanais des affaires étrangères. Nous n'avons pas d'opposition [tchadienne] à l'intérieur du Soudan. Nous avons complètement fermé nos frontières à ces troupes. ».

 

  Mars 2008

 

Réunion à Genève sur le Darfour sans le Soudan

 

Le Figaro avec l'AFP, 14 mars 2008

 

Ni le Soudan, ni les groupes rebelles n'ont été invités à des consultations sur le Darfour qui seront menées lundi et mardi à Genève par les négociateurs de l'Union africaine et des Nations unies, a-t-on appris aujourd'hui de source diplomatique.

Les envoyés spéciaux pour le Darfour de l'Union Africaine (UA), Salim Ahmed Salim, et de l'ONU, Jan Eliasson, ont "renoncé à inviter le Soudan, faute de pouvoir s'assurer de la présence à Genève des groupes rebelles", a expliqué la même source à l'AFP.

Les discussions ont pour objectif "de parvenir à un accord avec les partenaires régionaux et les observateurs internationaux sur la suite du processus politique", a indiqué l'ONU.

 

  Mars 2008

Le HCR cherche à faciliter le rapatriement volontaire au sud du Soudan

 

Jeune Afrique , 14 mars 2008

 

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a prévu jeudi un afflux de retours volontaires cette année depuis les pays bordant le sud du Soudan, indique un communiqué de l'institution.

Le HCR a déclaré son intention de faciliter cette année le repatriement volontaire de quelque 80.000 réfugiés soudanais, dont 45.000 en Ouganda, 17.000 au Kenya, 16.000 en Ethiopie et 2.000 en Egypte.

Selon l'agence onusienne, environ 15.700 retours organisés ont eu lieu depuis janvier dernier, trois fois plus que le chiffre enregistré pour la période correspondante en 2007.

"Le taux de retour hebdomadaire est passé de 600 personnes début janvier à 3.000 début mars. La tendance pourrait se poursuivre dans les mois qui viennent", annonce le document.

Un service de vol régulier est offert pour assurer la liaison depuis le camp de Kakuma, dans le nord du Kenya, vers l'Etat de Jonglei.

Eastern Equatoria, le camp temporaire nouvellement établi à Torit, a reçu mercredi le premier convoi de rapatriés depuis l'Ouganda, portant à 10.000 le nombre de retournés depuis ce pays.

En février, le nombre de rapatriés depuis le Kenya a augmenté à 2.500, contre les quelque 600 enregistrés en moyenne durant la première moitié de l'an dernier, selon la même source.

Les réfugiés fuyant les inondations en Ethiopie ont regagné leur pays natal à un rythme de 600 par mois, qui sera accéléré dans les semaines à venir.

Le HCR et ses partenaires maintiennent actuellement jusqu'à 16 corridors terrestres et ponts aériens pour les opérations de rapatriement

 

  Mars 2008

Les ventes d'armes chinoises au Soudan ont augmenté en même temps que la violence au Darfour, selon un rapport

 

La presse canadienne, Johannesbourg , 14 mars 2008

 

Les ventes chinoises d'armes individuelles au Soudan ont augmenté à mesure que les violences connaissaient une escalade au Darfour, a accusé l'organisation Human Rights First jeudi dans un rapport qui demande à la Chine de cesser ses ventes d'armes.

Selon ce rapport, la Chine aurait intensifié ses livraisons d'armes au Soudan au moment où d'autres pays les ont au contraire réduites pour se conformer à l'embargo sur les armes décrété par les Nations unies. Pékin serait ainsi devenu de loin le plus gros fournisseur d'armes individuelles à Khartoum en étant à l'origine de 90% de toutes les acquisitions de Khartoum entre 2004 et 2006 pour un montant de 55 millions de dollars. Les armes individuelles telles que les fusils d'assaut sont les plus couramment utilisées au Darfour.

Le rapport indique que, tandis que les livraisons d'armes augmentaient, les ventes soudanaises de pétrole, vital pour la florissante économie chinoise, en faisaient autant. L'enquête suggère que l'intérêt pour l'or noir explique largement le soutien de Pékin au gouvernement soudanais.

Human Rights First, dont le siège est à New York, s'est basé, pour élaborer son rapport, sur les chiffres fournis par le Soudan aux Nations unies, et affirme que les chiffres réels sont probablement plus élevés. Mais la Chine rejette ces accusations, reconnaissant seulement être l'un des sept pays qui fournissent des armes au Soudan.

"Les gens qui disent que les armes chinoises alimentent un génocide au Darfour, et que les Chinois devraient en être tenus pour responsables, voire même qu'un rapprochement devrait être fait entre ce problème et les Jeux Olympiques, ces gens tiennent des propos qui ne sont pas corroborés par les faits", a déclaré la semaine dernière Liu Guijin, l'émissaire spécial de la Chine au Darfour, de retour de la province occidentale soudanaise en proie aux combats.

 

  Mars 2008

Bruits de bottes à la frontière soudano-tchadienne

 

Le Figaro, par Thierry Oberlé, 14 mars 2008

 

N'Djamena a dénoncé hier une nouvelle offensive des forces rebelles sur le territoire tchadien, peu avant une rencontre entre les présidents Déby et Béchir.

 

Le Tchad est-il à la veille d'un nouveau raid des forces rebelles sur N'Djamena ? Annoncée hier par le gouvernement tchadien, l'incursion dans l'est du pays de troupes venues du Soudan a été démentie par Khartoum. L'un des principaux chefs du mouvement rebelle Alliance nationale, Maha­mat Nouri, a également nié avoir lancé une nouvelle offensive.

Selon N'Djamena, plusieurs centaines de rebelles avance­raient en colonnes « puissam­ment armées » dans les environs de Moudeina, une localité située non loin d'Adé, à quelque 160 kilomètres au sud-est d'Abé­ché. Cité par l'AFP, un « observa­teur de la situation militaire » évoque la présence d'« au moins 25 pick-up », ces véhicules tout­terrain utilisés pour les rezzous dans cette région. Ils auraient franchi la frontière avant-hier, sans que leurs intentions soient établies. La portion de secteur désertique occupé par les mem­bres de l'Alliance nationale est un lieu de passage presque obligé des convois armés rebelles en route vers la capitale. Mais il peut aussi servir de verrou. En occu­pant le terrain, les rebelles cou­pent la route aux insurgés du Dar­four du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), dont les bases sont au Tchad.

Déterminés à en finir avec le régime du président Déby mais en proie à des divisions internes, les rebelles tchadiens représen­tent une menace pour le pouvoir central, en dépit de l'échec de l'offensive sur la capitale condui­te début février. Repoussée aux alentours du palais présidentiel,: l'Alliance nationale s'était repliée dans son arrière-cour de la région frontalière du Darfour. Elle ne dispose plus que de quelques semaines pour reprendre l'initia­tive militaire avant la saison des pluies, une période peu propice pour engager des combats.

La France, qui est mesure, grâce au dispositif de l'opération « Épervier », d'observer les déplacements des protagonistes du conflit tchadien, affirme ne pas avoir remarqué de mouvements particuliers dans la zone fronta­lière. « Nous n'avons pas pour l'instant détecté de colonnes », a déclaré le général Christian Bap­tiste, porte-parole du ministère français de la Défense. La force européenne (Eufor) est du même avis.

 

Accord de paix?

 

N'Djamena a intérêt à agiter le chiffon rouge d'une énième agression pour mettre la pression sur Khartoum, à l'heure où le Tchad et le Soudan sont invités par la communauté internationa­le à sceller un accord de paix. Pré­vu avant-hier à Dakar en marge du sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), le rendez-vous entre le président tchadien Idriss Déby et son homologue soudanais Omar el­Béchir a été reporté. Le président Béchir ne s'était pas présenté à la réunion sous prétexte de « maux de tête ». Il avait auparavant émis des doutes sur l'opportunité de parapher un nouveau pacte de non-agression, les cinq précé­dents n'ayant pas été respectés.

De leur côté, les rebelles du Tchad et du Darfour, soutenus en sous-main par N'Djamena pour les uns et par Khartoum pour les autres, avaient fait savoir qu'ils rejetteraient par avance un protocole soudano-tchadien. Sur l'insistance du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et du chef de l'État sénégalais, Abdou­laye Wade, les deux chefs d'État ont finalement accepté le dialo­gue. La rencontre à l'issue incertaine s'est déroulée hier après-midi, en présence du président gabonais Omar Bongo et de représentants français, américain et européen.

 

L'Eufor en phase opérationnelle

 

La mort du sergent Polin tué lors d'un accrochage au Soudan n'a pas remis en cause le calendrier du déploiement de la force européenne (Eufor). La mission dirigée par le général français Jean-Philippe Ganascia va entrer dans sa phase opérationnelle ce week-end.

Les premières patrouilles chargées d'assurer la sécurité des camps de réfugiés du Darfour devraient commencer à circuler dans l'est du Tchad dès la semaine prochaine. La force qui doit être composée, d'ici à fin mai, de 3 700 hommes comprend à l'heure actuelle dans sa composante extra-française quelque 200 Suédois, 150 Autrichiens, 50 Finlandais et 50 Irlandais. Les Français sont environ un millier dont 220 militaires déployés à Birao, dans l'extrême nord-est de la Centrafrique. Ces derniers appartenaient à un détachement français présent en Centrafrique depuis quatre ans.

 

  Mars 2008

 

M. Sarkozy dénonce « l'assassinat » du soldat français tué au Soudan

 

Le Monde 14 mars 2008 par Laurent Zecchini avec l'AFP

 

Alors que le gouvernement français avait fait preuve de retenue pour commenter la mort du sous-officier français tué, le 3 mars, par des soldats soudanais à la frontière avec le Tchad, le président Nicolas Sarkozy a estimé qu'il s'agissait d'un « assassinat », mercredi 12 mars, à l'occasion d'une cérémonie militaire en hommage à l'adjudant Gilles Polin, qui s'est déroulée à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques).

Membre de la Force européenne Eufor déployée dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centra­frique, ce soldat des forces spéciales françaises a été tué « alors qu'il participait, dans le cadre de l'Eufor, à une mission de protection humanitaire au profit des populations réfugiées du Darfour et des populations tchadiennes déplacées », a rappelé M. Sarkozy. « Il est tombé alors qu'il menait une opération de paix, victime de lâches, animés d'une violence aveugle et coupable », a insisté le chef de l'Etat, invoquant des « tirs inconsidérés; délibérés».

De son côté, le gouvernement soudanais a réclamé une somme de 10 000 dollars pour chacun des quatre nomades soudanais qui, affirme-t-il, ont été tués par l'explosion d'une grenade accrochée à l'uniforme du soldat. Les experts militaires français mettent en doute cette version des faits : ils soulignent que le corps de Gilles Polin aurait dû, lui aussi, être déchiqueté par l'explosion, ce qui n'a pas été le cas.

Alors qu'environ 40 % des soldats de l'Eufor (1680 sur un total de 3 700) sont arrivés au Tchad, la situation humanitaire dans l'est du pays se détériore, a estimé Kingsley Amaning, coordinateur de l'action humanitaire des Nations unies au Tchad. « Le contexte dans lequel nous travaillons empire parce que les crises dans les pays avoisinants, qui ont créé le flux de réfugiés, continuent », a-t-il déclaré mercredi.

Environ 487 000 réfugiés et personnes déplacées sont désormais regroupés dans l'est du Tchad, 9 000 nouveaux réfugiés soudanais étant arrivés en février et 12 000 Centrafricains ayant passé la frontière depuis le début de l'année.

Au Soudan, on assiste, d'autre part, à une recrudescence des combats au Darfour, avec une nouvelle offensive des milices janjawids qui prêtent main forte aux troupes gouvernementales face aux rebelles de la province soudanaise. Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé, mardi 12 mars, sa « profonde préoccupation » devant une situation qui s'est traduite par le déplacement forcé de nouvelles populations civiles, estimées à 45 000 personnes.

 

  Mars 2008

Sommet tchado-soudanais à Dakar sous l'égide d'Abdoulaye Wade

 

Le Point, 13 mars 2008 Version française Jean-Loup Fiévet

 

Les présidents soudanais Omar Hassan el Béchir et tchadien Idriss Déby se sont rencontrés jeudi à Dakar en marge du sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) pour tenter de désamorcer la tension entre les deux pays.

Les dirigeants du Soudan et du Tchad débattent, sous la médiation de leur homologue sénégalais Abdoulaye Wade, des termes d'un pacte de non-agression. "Il y a du travail. Ils discutent des détails d'un texte", a indiqué une source proche des pourparlers.

En début de matinée, le gouvernement de N'Djamena avait fait état d'une nouvelle incursion armée de rebelles tchadiens en provenance du Soudan - une accusation rejetée par Khartoum, qui a parlé à son sujet d'"absurdité". La confrontation entre les deux pays a occulté l'ouverture du sommet de l'OCI.

Wade, qui cherche à jouer un rôle de médiateur dans plusieurs conflits africains, a élaboré un projet d'accord de non-agression entre le Tchad et le Soudan qui, dans l'esprit du médiateur sénégalais, devrait être paraphé à Dakar en marge du sommet islamique.

Mais les Soudanais ont déjà fait part de leur scepticisme quant à l'utilité d'un tel accord, dont les cinq précédents signés sous l'égide de la Libye ou de l'Arabie saoudite sont restés lettre morte.

L'entrevue entre Béchir et Déby, qui a repoussé in extremis, début février, une offensive rebelle au coeur de N'Djamena, devait d'abord avoir lieu mercredi.

Elle a dû être reportée de 24 heures en l'absence du président soudanais qui, invoquant une migraine, a fait attendre pour rien pendant près de trois heures les officiels au palais présidentiel.

 

Une "absurdité" selon Khartoum

 

Pour le moment, l'accusation de N'Djamena n'a reçu aucune confirmation de source indépendante. Mais des sources internationales basées au Darfour ont signalé que des rebelles tchadiens s'étaient massés en début de semaine dans le secteur.

"Le gouvernement tchadien informe l'opinion nationale et internationale que le Soudan a lancé mercredi 12 mars 2008 plusieurs colonnes fortement armées contre le Tchad", a affirmé jeudi matin N'Djamena, dont le communiqué parle de "mercenaires", terme habituellement utilisé par le régime tchadien pour désigner les rebelles.

D'après le gouvernement, les insurgés ont franchi la frontière à Moudeina, localité frontalière du Darfour.

"C'est absurde. Je peux vous assurer que c'est une absurdité", a martelé devant la presse le ministre d'Etat soudanais aux Affaires étrangères, Al Samani al Ouassilia. "Il n'existe aucune force d'opposition (tchadienne) au Soudan. Nous avons fermé complètement nos frontières à ces forces."

De leur côté, les rebelles tchadiens de l'Alliance nationale ont opposé un démenti aux informations du gouvernement, affirmant qu'ils opéraient déjà à partir du territoire tchadien.

Pour les chancelleries, l'ouest du Darfour sert régulièrement de base arrière aux rebelles tchadiens pour des incursions transfrontalières. En retour, Khartoum accuse N'Djamena de soutenir les rebelles du Darfour

 

  Mars 2008

 

"Le Soudan a lancé des colonnes armées contre le Tchad"

 

Radio Bruxelles, 7 sur 7, 13 mars 2008

 

Plusieurs colonnes de rebelles puissamment armées" ont pénétré mercredi dans l'est du Tchad à partir du Soudan, a annoncé le gouvernement tchadien jeudi dans un communiqué.

"Le Soudan a lancé mercredi plusieurs colonnes puissamment armées contre le Tchad. Ces mercenaires ont franchi la frontière au niveau de la localité de Moudeina", au nord d'Adé, une autre localité frontalière, selon le communiqué diffusé à la radio nationale.

"Cette nouvelle violation du territoire national intervient au moment où, sur l'initiative du président sénégalais Abdoulaye Wade, soutenu par la communauté internationale, une ultime médiation entre le Tchad et le Soudan se tient (à Dakar) en marge de la conférence de l'Organisation de la conférence islamique", poursuit le gouvernement.

Le président tchadien Idriss Deby Itno et son homologue soudanais Omar el-Béchir se trouvaient jeudi dans la capitale sénégalaise où ils auraient dû signer un accord de paix la veille. La signature a été reportée à jeudi 11H30 (GMT et locales), en raison "de maux de tête" du président soudanais.

Si elle est confirmée, cette nouvelle incursion des rebelles survient après leur offensive de début février. Partis de bases arrière au Soudan, ils avaient pénétré dans N'Djamena les 2 et 3 février acculant le président Deby dans son palais présidentiel avant d'être repoussés in extremis.

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  Mars 2008

 

Le Tchad accuse le Soudan de soutenir une nouvelle avancée de rebelles

La presse canadienne, N'Djamena, 13 mars 2008

 

Le Tchad a accusé jeudi le Soudan de soutenir une nouvelle avancée de rebelles, alors même que le Sénégal tente d'amener les deux pays à la table des négociations.

Selon un communiqué du gouvernement tchadien, le Soudan a lancé "plusieurs colonnes puissamment armées" contre le Tchad la veille.

N'Djaména a qualifié les combattants de "mercenaires", un terme utilisé par les autorités tchadiennes pour décrire les rebelles tchadiens, soutenus selon elles par le Soudan. Le Tchad a ajouté que ces hommes armés étaient entrés sur son territoire par le Soudan et avaient atteint une ville proche de la frontalière, Moudeina.

N'Djaména a ajouté avoir pris toutes les dispositions pour faire face à cette nouvelle agression.

Les négociations qui auraient dû avoir lieu mercredi, à la veille de l'ouverture du sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) à Dakar, entre le Tchad et le Soudan ont été reportées, le chef d'Etat soudanais Omar al-Bachir ne s'étant pas présenté.

"Ce n'est pas la première fois que le Soudan attaque le Tchad lorsque de telles initiatives se tiennent pour ramener la paix entre les deux", a dénoncé le gouvernement tchadien.

Et le communiqué d'interpeller à nouveau la communauté internationale "à prendre cette fois-ci toutes les mesures pour dissuader le Soudan dans cette nouvelle tentative de destabilisation du Tchad".

Les dirigeants du Tchad et du Soudan s'accusent depuis longtemps mutuellement de soutenir leur rébellion interne, et chacun le dénie régulièrement.

 

  Mars 2008

 

Nouvelles accusations contre Khartoum

 

Radio France Internationale, 13 mars 2008

 

Le communiqué diffusé jeudi matin par le gouvernement du Tchad affirme que «  plusieurs colonnes de rebelles puissamment armées  » ont pénétré dans l'Est du Tchad à partir du Soudan au niveau de la localité de Moudeina, située à la frontière au nord d'Adé. Les autorités tchadiennes affirment également que «  cette nouvelle violation du territoire national intervient au moment où, sur l'initiative du président sénégalais Abdoulaye Wade, une ultime médiation entre le Tchad et le Soudan se tient en marge de la conférence de Organisation de la conférence islamique  », actuellement à Dakar. Le président tchadien Idris Déby Itno et son homologue soudanais Omar el-Béchir se trouvent dans la capitale sénégalaise où ils auraient dû signer, mercredi, un accord de paix. La signature a été reportée, car le président soudanais

 

Le communiqué du gouvernement tchadien souligne que «  ce n'est pas la première fois que le Soudan attaque le Tchad, lorsque de telles initiatives se tiennent pour ramener la paix entre les deux pays  ». Toutefois, les principaux groupes rebelles ont contesté les accusations de Ndjamena. Ainsi, l'Alliance nationale (AN) - qui est formée de l'Union des forces pour la démocratie et le changement (UFDD), de l'UFDD Fondamentale et du Front pour le salut de la République (FSR) - dément qu'elle ait eu à franchir la frontière, et dit qu'elle n'a pas lancé de nouvelles opérations. L'AN affirme qu'elle est actuellement dans la région de Goz Beïda.

Le RFC, le Rassemblement des forces pour le changement dirigé par Timane Erdimi, dément, lui aussi, que ses forces soient en mouvement dans la région de Moudeina. Et puis il y a les nouveaux venus de la rébellion tchadienne, l'Union des forces pour le changement et la démocratie (UFCD), un mouvement formé de dissidents des autres factions et qui vient de se doter d'un coordinateur, Adouma Hassabalah et d'un porte-parole. Ce porte-parole affirme que ce sont bien les troupes de l'UFCD qui sont dans la région de Moudeina, mais qu'elles ne sont pas en mouvement : «  Nous nous positionnons à l'est du Tchad dans l'objectif de nous organiser , affirme ce porte-parole, et de préparer nos actions futures  ».

Le secrétaire d'Etat soudanais aux Affaires étrangères al-Wassila a qualifié, jeudi à Dakar, de «  complètement fantaisistes  » les affirmations tchadiennes au sujet des «  colonnes de rebelles  » venant du Soudan. «  Nous avons fermé nos frontières à ces mouvements. Il y a un problème interne au Tchad et c'est ce que le gouvernement du Tchad devrait sérieusement prendre en considération  », a-t-il ajouté.

 

Rien à signaler du côté de l'Eufor et de l'armée française

 

Les forces françaises au Tchad n'ont pas détecté, quant à elles, la présence des colonnes rebelles en provenance du Soudan. Le général Christian Batiste, numéro deux du service de communication du ministère français de la Défense a déclaré lors d'un point de presse à Paris que «  au niveau des éléments français d'Epervier, nous n'avons pas pour l'instant détecté de telles colonnes  ». Le dispositif Epervier, qui compte près de 2 000 hommes, dispose notamment de six chasseurs Mirage F1 qui mènent régulièrement des missions de reconnaissance.

De son côté, l'Eufor, la force européenne en cours de déploiement dans l'est du Tchad pour stopper les débordements du conflit au Darfour, a affirmé jeudi, en fin de matinée,  que «  jusqu'à présent, sur la base des informations que nous avons grâce à nos contacts sur le terrain, la situation est calme  ». Le commandant Dan Harvey, du quartier général de l'Eufor au Mont Valérien, dans la banlieue de Paris, a toutefois déclaré que ses unités allaient chercher «  des éclaircissements et des confirmations  ».  

 

  Mars 2008

 

Le Soudan rejette un rapport américain sur la situation des droits  de l'Homme

 

Xinhuanet, 13 mars 2008

 

Le ministère soudanais des  Affaires étrangères a rejeté mercredi un rapport annuel publié par les Etats-Unis sur la situation des droits de l'Homme dans le  monde, le considérant de "pas objectif". 

Le ministère a indiqué dans un communiqué que "le rapport  américain n'a rien à voir avec la situation des droits de l'Homme  dans le monde", le qualifiant de "rapport politique reflétant les  relations politiques de l'administration américaine avec les  autres pays". 

Les Etats-Unis tentent d'utiliser le dossier des droits de  l'Homme contre des pays qui n'acceptent pas les principes imposés  par ce pays, dénonce le communiqué. 

Celui-ci note que le rapport américain néglige des progrès sur  la situation des droits de l'Homme au Soudan et des appréciations  émises par plusieurs organisations internationales à l'égard des  droits de l'Homme. 

Le communiqué indique également que le gouvernement soudanais  n'hésite pas à adopter des procédures judiciaires contre des  personnes qui ont commis des violations des droits de l'Homme au  Darfour, ajoutant que le gouvernement a fait des amendements sur  plusieurs lois nationales afin de se conformer aux accords et  conventions internationaux sur des droits de l'Homme. 

Le Soudan a ratifié la plupart des accords internationaux sur  des droits de l'Homme et veut appliquer ces accords, affirme le  communiqué. 

Le ministère a noté que le gouvernement soudanais a introduit  le système de protection dans des camps des personnes déplacées au Darfour, a établi une administration policière et a accordé une  liberté totale sur les déplacements des organisations onusiennes  chargées du dossier des droits de l'Homme. 

Considérant les Etats-Unis comme "le plus grand pays ayant  violé les droits de l'Homme", le communiqué montre les prisons  secrètes établies par les Etats-Unis dans plusieurs pays et les  enlèvements des personnes innocentes pour les torturer. 

Il condamne également des pratiques et la situation dans la  base militaire de Guantanamo à Cuba et la prison Abu-Graib en Irak, sans parler de l'attitude des Etats-Unis sur l'agression  israélienne au Liban et le silence américain sur les "massacres"  contre des enfants innocents, des hommes et des femmes dans la  bande de Gaza et d'autres lieux dans les territoires palestiniens. 

Les Etats-Unis ont commis des violations des droits de l'Homme  en Palestine, en Irak, en Afghanistan et en Somalie, qui ont  également touché les minorités raciales et religieuses ainsi que  les musulmans vivant aux Etats-Unis, conclut le communiqué.

 

  Mars 2008

 

Le Canada annonce une contribution supplémentaire aux initiatives humanitaires au Soudan et au Tchad

 

Gouvernement canadien, Québec, 13 mars 2008

 

L'honorable Beverley J. Oda, ministre de la Coopération internationale, et l'honorable Maxime Bernier, ministre des Affaires étrangères, ont annoncé aujourd'hui que le gouvernement du Canada, par l'intermédiaire de l'Agence canadienne de développement international (ACDI), fournira jusqu'à six millions de dollars à des organisations humanitaires qui viennent en aide aux personnes touchées par les conflits persistants au Soudan et au Tchad.

"Le gouvernement du Canada surveille constamment la situation humanitaire au Soudan et au Tchad, a déclaré la ministre Oda. Le soutien que nous apportons aux organisations humanitaires permettra de répondre aux besoins fondamentaux des populations touchées par les conflits actuels. Le Canada est prêt à intervenir rapidement lors de crises humanitaires, lorsque des vies sont menacées et que chaque seconde compte."

Le ministre Bernier a ainsi commenté l'annonce faite aujourd'hui : "Le Canada est toujours préoccupé par la violence incessante au Soudan et au Tchad et par ses effets déstabilisateurs sur la région. Nous lançons un appel au dialogue en faveur de la paix. Nous demandons aussi à tous les intervenants de reconnaître leurs obligations en matière de protection des civils et de sécurité à assurer aux travailleurs humanitaires qui viennent en aide aux personnes en difficulté."

 

Le Canada versera des fonds aux organisations humanitaires suivantes :

 

- 3,25 millions de dollars au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) pour des initiatives visant à aider et à protéger les personnes déplacées à l'intérieur du Tchad et les réfugiés tchadiens dans la région. Ce financement facilitera le retour volontaire des réfugiés soudanais dans le Sud du Soudan et répondra aux besoins essentiels des personnes déplacées à l'intérieur du pays et aux réfugiés soudanais au Darfour et au Tchad.

 

- 1,5 million de dollars au Comité international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (CICR) pour des initiatives visant à venir en aide aux personnes déplacées à l'intérieur du pays et aux réfugiés au Soudan et au Tchad. Cet argent permettra de leur fournir des services d'approvisionnement en eau et d'assainissement, des soins médicaux d'urgence, des abris, et d'assurer leur protection.

 

- Plus de 400 000 $ au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) pour coordonner des services d'urgence au Soudan.

 

- 500 000 $ à Médecins Sans Frontières (MSF) pour des initiatives visant à fournir des soins médicaux et d'autres services d'aide humanitaire aux personnes déplacées dans l'Est du Tchad.

 

- Les quelque 350 000 $ restants pour l'aide humanitaire seront versés au cours des prochains jours pour aider des organisations humanitaires et des organisations non gouvernementales internationales à répondre aux besoins pressants des personnes touchées par la crise au Tchad.

 

En sa qualité d'organisme principal du Canada en matière d'aide humanitaire et d'aide au développement, l'Agence canadienne de développement international veille à ce que les interventions du Canada face aux crises et aux catastrophes soient rapides et efficaces. Depuis 2006, l'ACDI a versé plus de 102 millions de dollars sous forme d'aide humanitaire au Soudan, ce qui fait de ce pays le premier pays en importance au titre de l'aide humanitaire canadienne. Le financement annoncé aujourd'hui vient s'ajouter à la contribution de 44,7 millions de dollars faite récemment au Programme alimentaire mondial pour fournir une aide alimentaire aux personnes déplacées à l'intérieur du pays, aux réfugiés et aux rapatriés au Soudan et au Tchad - une confirmation de l'engagement du Canada à doubler l'aide à l'Afrique d'ici 2008-2009

  Mars 2008

 

Le sommet Tchad-Soudan à Dakar "reporté" à jeudi matin

 

Agence France Presse, Dakar, 13 mars 2008

 

Le sommet entre le président tchadien Idriss Deby Itno et son homologue soudanais Omar el-Béchir, prévu mercredi soir à Dakar, a été reporté à jeudi matin, a indiqué le président sénégalais Abdoulaye Wade.

Le sommet, qui devait donner lieu à la signature d'un nouvel accord de paix entre les deux pays, doit se tenir jeudi à 11H30 (locales et GMT), après l'ouverture du sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), a ajouté M. Wade devant les journalistes.

Le sommet s'était ouvert peu après 22H00 (locales et GMT) au Palais présidentiel à Dakar en présence du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, du président gabonais Omar Bongo Ondimba et du chef d'Etat sénégalais Abdoulaye Wade.

Mais à 23H15, le président soudanais Omar el-Béchir n'était toujours pas arrivé pour assister à ce sommet qui devait donner lieu à la signature d'un nouvel accord de paix entre les deux pays.

Le président soudanais était arrivé mercredi vers 18H45 dans la capitale sénégalaise, où doit se tenir jeudi et vendredi le 11e sommet de la Conférence de l'organisation islamique (OCI, 57 pays membres).

Depuis Dubaï, le président Béchir a émis mardi des doutes sur la possibilité d'un nouvel accord de paix.

"Nous avons cinq accords (de paix), signés avec le Tchad", a rappelé M. Béchir.

Il avait souligné qu'à l'occasion du dernier accord signé en mai à Ryad, il avait alors prié en compagnie de son homologue tchadien Idriss Deby Itno à l'intérieur de la Kaaba, le lieu le plus sacré de La Mecque, la ville sainte de l'islam.

"Si le président tchadien n'a pas pu honorer un accord conclu à l'intérieur de la Kaaba, comment pourrait-on s'attendre à ce qu'il respecte un accord qu'il signerait à Dakar?", s'est-il demandé.

Le président sénégalais Abdoulaye Wade avait annoncé dès la semaine dernière à Paris, après un entretien avec le président français Nicolas Sarkozy, que le Soudan et le Tchad allaient signer à Dakar un accord en vue d'une "solution définitive" au conflit qui les oppose.

Ce sommet intervient après une tentative de renversement du régime du président tchadien début février par des rebelles venus de bases arrières au Soudan, pays accusé aujourd'hui par N'Djamena de continuer à leur fournir armes et renforts.

De son côté, N'Djamena soutient certaines factions de la rébellion soudanaise du Darfour, notamment le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), dirigé par des Zaghawas, l'ethnie du président Deby

 

  Mars 2008

 

Nicolas Sarkozy aux obsèques du soldat français de l'Eufor tué au Soudan

 

France Info, Bayonne, 13 mars 2008

 

Nicolas Sarkozy a assisté mercredi à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) à une cérémonie militaire en hommage à Gilles Polin, le sous-officier français de l'Eufor Tchad-RCA, tué lors d'un accrochage au Soudan, a constaté un journaliste de l'AFP

 

Le président de la République a rendu hommage, devant le cercueil recouvert d'un drapeau tricolore, au "remarquable et valeureux soldat" qui a été tué "alors qu'il participait dans le cadre de l'Eufor à une mission de protection humanitaire au profit des populations réfugiées du Darfour et des populations tchadiennes déplacées". "Il est tombé alors qu'il menait une opération de paix, victime de lâches animés d'une violence aveugle et coupable", a insisté M. Sarkozy, évoquant des "tirs inconsidérés, délibérés". "C'est un assassinat", a-t-il dit. La cérémonie s'est déroulée à la Citadelle de Bayonne sous un ciel de plomb, en présence notamment des ministres Michèle Alliot-Marie (Intérieur), Bernard Kouchner (Affaires étrangères) et Hervé Morin (Défense), ainsi que du Haut représentant pour la politique étrangère de l'UE, Javier Solana. Gilles Polin, qui était âgé de 28 ans, et dont les deux parents, le frère et la soeur assistaient à la cérémonie, appartenait au 1er Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (1er RPIMA), un régiment des forces spéciales stationné à Bayonne. Le sous-officier, qui avait le grade de sergent, élevé à celui d'adjudant à titre posthume, a été nommé mercredi chevalier de la Légion d'honneur par le chef de l'Etat. Selon Paris, le véhicule à bord duquel se trouvait Gilles Polin "a franchi par inadvertance la frontière entre la République du Tchad et le Soudan" et "les personnes" qui tenaient le point de contrôle placé sur leur route "ont ouvert le feu sans sommation". Vendredi, Nicolas Sarkozy avait condamné l'usage "délibéré et disproportionné" de la force, et demandé "aux autorités soudanaises de prendre toutes les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise pas". Avant de quitter Bayonne, le président de la République s'est entretenu dans la Citadelle de Bayonne avec les membres de la famille de Gilles Polin.

 

  Mars 2008

 

Les militaires français tirent les leçons de la "bataille de N'Djamena »

 

Le Monde, 13 mars 2008 , par Laurent Zecchini

 

L es militaires français tirent les enseignements de la récente crise tchadienne au cours de laquelle le pouvoir du président Idriss Déby a vacillé, début février. Cet exercice est d'autant plus nécessaire que quelque deux cents véhicules des groupes rebelles qui se sont lancés à l'assaut de N'Djamena sont regroupés dans l'est du Tchad. Ils n'ont pas repassé la frontière soudanaise et jouissent d'une certaine impunité pour reconstituer leurs forces, puisque les troupes gouvernementales ne font pas mine de les inquiéter.

Alors que les soldats de la force européenne Eufor continuent de se déployer, les avions Mirage du dispositif français "Epervier" poursuivent leur surveillance. Les experts militaires ne se font pas d'illusions : la question n'est pas de savoir si une nouvelle offensive aura lieu, mais quand. Si, comme on l'affirme à Paris, à aucun moment les aéronefs français (avions et hélicoptères) n'ont ouvert le feu lors de la "bataille de N'Djamena", cela ne veut pas dire qu'ils ne le feront pas à l'avenir.

Bien qu'il ne dispose pas d'un "transfert d'autorité en permanence" du chef d'état-major des armées (le général Jean-louis Georgelin), le général irlandais Patrick Nash, qui commande l'Eufor, pourra faire appel aux avions de combat français, qui passeront, pour l'occasion, sous les couleurs européennes. La principale leçon qui ressort de la crise tchadienne est l'importance de ce que les aviateurs appellent la "troisième dimension" , autrement dit la maîtrise du ciel.

C'est en effet grâce à l'action des militaires français, qui ont "sanctuarisé" l'aéroport de N'Djamena, que le président Déby a pu utiliser ses aéronefs, lesquels ont pilonné les groupes rebelles. L'armée tchadienne possède trois avions Pilatus PC-21 (avion d'entraînement armé), ainsi que deux hélicoptères d'attaque Mi-24 et deux hélicoptères de transport armé Mi-171, qui sont pilotés par des mercenaires ukrainiens, algériens et mexicains.

Les troupes françaises ont ouvert le feu à plusieurs reprises pour défendre l'aéroport de la capitale, et une fois au moins, le 3 février, un char français léger Sagaie a tiré trois obus sur les assaillants. Le même jour, les six Mirage ont quitté la capitale pour pouvoir "continuer à agir en toute sécurité" à partir d'un terrain situé dans la région, ainsi qu'à Abéché. La décision de ne pas utiliser la chasse française a été prise par le président Nicolas Sarkozy, pour des raisons diplomatiques.

Dès le début de la crise, la chancelière allemande, Angela Merkel, a fait savoir qu'il n'était pas acceptable que l'Eufor soit mêlée au conflit tchadien. "Un seul coup de semonce des Mirage , résume un général, et la situation devenait très compliquée sur le plan politique." Cette neutralité aérienne française a tenu à peu de chose : les Mirage et les hélicoptères Puma, dotés de canons, étaient prêts à intervenir.

La France a en revanche aidé le régime de M. Déby sur le plan logistique. Un avion de transport français C-160 Transall a effectué une rotation sur Tripoli pour aller chercher des obus équipant les quelque 12 chars T-55 de l'armée tchadienne, alors que l'aviation libyenne effectuait deux autres rotations sur N'Djamena pour livrer des munitions et des pièces de rechange pour hélicoptères.

Les militaires français regrettent de ne pas avoir disposé de drones . "Les colonnes rebelles ont été repérées au début, à l'est d'Abéché, puis perdues, puis retrouvées. Un drone peut rester quinze à vingt heures sur zone et fournir des informations en continu" , souligne un officier. Cette lacune est comblée : trois drones tactiques SDTI de l'armée de terre sont désormais basés à N'Djamena, où ils devraient rendre de précieux services à l'Eufor.

Les militaires français insistent enfin sur les carences du transport tactique en période de crise. Les 1 400 civils évacués sur Libreville (Gabon) ont été acheminés par Transall, un avion vieux de quarante ans, qui doit être remplacé par l'A-400 M, dont le premier exemplaire sera livré début 2010, au mieux.

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  Mars 2008

 

Le Tchad et le Soudan signent un accord de non agression

 

Agence France Presse, Dakar, 12 mars 2008

 

Les présidents tchadien Idriss Deby Itno et soudanais Omar el-Béchir ont signé jeudi à Dakar un accord de non agression sous l'égide du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et du président sénégalais Abdoulaye Wade, a indiqué un ministre sénégalais.

"Nous nous engageons solennellement à interdire toutes activités de groupes armés et à empêcher l'utilisation de nos territoires respectifs pour la déstabilisation de l'un et l'autre de nos Etats", stipule le texte lu par le chef de la diplomatie sénégalaise Cheikh Tidiane Gadio.

"Nous réitérons le respect de nos engagements pris antérieurement", a ajouté le ministre, citant le document signé par les deux chefs d'Etat.

Cet accord vise à "mettre définitivement fin aux différents entre nos deux pays, rétablir la paix et la sécurité dans la sous-région".

Il s'agit du sixième accord signé entre les deux pays pour tenter de mettre fin aux conflits les opposant depuis cinq ans.

Le président soudanais avait émis mardi, depuis Dubaï, des doutes sur l'opportunité de signer un nouvel accord de paix, les cinq précédents n'ayant pas été respectés.

Le 8 février 2006 , les présidents Deby et Béchir avaient déjà signé à Tripoli un accord prévoyant "l'interdiction d'utiliser le territoire de l'un pour des activités hostiles contre l'autre" et des patrouilles communes sur la frontière.

Mais le 13 avril suivant, le Tchad avait dénoncé une "agression programmée à partir de Khartoum", après une offensive de rebelles tchadiens sur N'Djamena et dans l'est du pays. Le Soudan avait alors démenti toute implication.

L'accord de Dakar intervient quelques heures seulement après des accusations du gouvernement de N'Djamena selon lesquelles des colonnes de rebelles parties du Soudan auraient pénétré dans l'est du Tchad.

Cette accusation n'a pas été confirmée par l'armée française, très présente au Tchad, ni par la force européenne déployée dans l'est du Tchad (Eufor).

Le secrétaire d'Etat soudanais aux Affaires étrangères Al Sammani Al-Sheikh Al-Wassila a qualifié jeudi à Dakar de "complètement fantaisistes" ces allégations

 

  Mars 2008

Le déploiement de la Minuad au Darfour ne peut se substituer à un règlement politique

 

Nations Unies , New York , 12 mars 20 0 8

 

Le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, Edmond Mulet, a dressé, ce matin devant le Conseil de sécurité, un tableau complet et actualisé de la situation sécuritaire, humanitaire et politique au Darfour, notamment sur l'action de l'Opération hybride Union africaine Nations Unies au Darfour (MINUAD).

«La MINUAD ne constitue qu'un élément d'une stratégie internationale, il a assuré, précisant que la Mission, chargée notamment de la protection des civils, ne sera pas un instrument visant à régler les causes du conflit. La vitalité du processus politique est essentielle pour obtenir des progrès véritables et durables », a-t-il déclaré lors de la séance d'aujourd'hui.

M. Mulet a en particulier évoqué la dernière éruption de violence dans l'ouest du Darfour et ses conséquences sur les populations civiles.

Il a prévenu, par ailleurs, que les tensions entre le Tchad et le Soudan, ainsi que les combats que se livrent les forces rebelles peuvent favoriser une expansion régionale de la crise et faire dérailler les efforts de paix des deux côtés de la frontière. La normalisation des relations entre les deux pays est donc essentielle, a-t-il dit, en soulignant l'importance du sommet entre les présidents Bashir et Déby que le président Wade a convoqué pour demain à Dakar.

Le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix a aussi indiqué qu'après les opérations que le gouvernement soudanais a menées dans l'ouest du Darfour, le 5 mars, le Secrétaire général, M. Ban Ki-Moon, s'est entretenu avec le Ministre soudanais des affaires étrangères et lui a dit combien les souffrances infligées aux populations civiles étaient inacceptables. Le Secrétaire général a aussi souligné que de telles opérations ne peuvent que compromettre les négociations politiques et la faculté de la MINUAD à remplir son mandat.

De son côté, l'Envoyé spécial du Secrétaire général a parlé à la direction du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) et de l'Armée de libération du Soudan (SLA; Abdul Wahid), a indiqué Edmond Mulet.

Le JEM a indiqué qu'il n'arrêtera pas les combats tant que le cessez-le-feu ne fera pas partie des discussions sur les arrangements en matière de sécurité. S'inquiétant de cette position, le Sous-Secrétaire général a averti que la MINUAD ne pourra pas remplir sa mission tant qu'une masse critique de nouvelles troupes bien entraînées et bien équipées ne sera pas déployée.

Les combats au Darfour indiquent clairement que les négociations politiques ne sont pas la priorité du gouvernement et des mouvements rebelles, et la Mission seule ne saura rétablir la sécurité, a estimé le Sous-Secrétaire général.

Au 10 mars, la Mission comptait 9.178 hommes en uniformes; une unité formée de police, et 1.312 personnels civils, a indiqué le Sous-Secrétaire général aux membres du Conseil. La plupart des militaires et du personnel de police est issue de la MUAS, a-il précisé.

Il est essentiel que les contingents disposent des moyens nécessaires pour mener à bien leurs opérations, a-il affirmé. Sans leur autonomie, les forces qui arriveront seront une charge pour la Mission et deviendront une partie du problème, et non pas la solution, a-t-il souligné, reprenant les propos du Commandant de la Force, le Général Luther Agwaï.

Sur le front politique, M. Mulet a fait état d'une situation « qui n'est guère encourageante ». Il a également indiqué que Jan Eliasson et son homologue de l'Union africaine, Salim Salim, allaient tenir des consultations officieuses avec des partenaires régionaux et internationaux à Genève, les 17 et 18 mars.

 

 

  Mars 2008

 

Le brigandage et le manque de contributions limitent l'arrivée de l'aide alimentaire au Darfour

 

Nations Unies, New York, 12 mars 2008

 

Alors que le brigandage sur les routes du Darfour, au Soudan, rend nécessaire le transport par voie aérienne de l';action humanitaire, le Programme alimentaire mondial a indiqué que son service aérien humanitaire n'avait encore reçu aucune contribution pour cette année.

« C'est une situation sans précédent. Notre opération aérienne pour les travailleurs humanitaires pourrait être interrompue parce que nous n'avons pas d'argent, à un moment où nos hélicoptères et avions sont plus que jamais nécessaires en raison de la grande insécurité sur les routes », a expliqué Kenro Oshidari, le Représentant du PAM au Soudan, selon un communiqué publié aujourd'hui à Khartoum.

Deux millions de personnes dépendent actuellement de l'asistance alimentaire dans la région, et l'agence indique qu'elle devra réduire les rations dans certaines zones si elle ne peut garantir les livraisons.

Selon le PAM, environ 8.000 travailleurs humanitaires utilisent chaque mois son service aérien humanitaire, dont 3.000 pour atteindre, par hélicoptère, des zones éloignées difficilement joignables par voie terrestre.

Alors qu'il lui faut un budget de 77 millions de dollars pour an pour assurer ce service, il n'a encore reçu aucune confirmation de donation cette année.

Pendant ce temps, seulement la moitié des denrées alimentaires peuvent être transportées du Darfour, où l'insécurité dissuade les chauffeurs de camions de prendre la route.

Depuis le début de l'année, cinq véhicules de transport de passagers et 45 camions loués par le PAM ont été détournés. Il manque toujours 37 camions, tandis qu'on n'a aucune nouvelle de 23 chauffeurs.

 

  Mars 2008

 

Ban Ki-moon participera au sommet Soudan-Tchad à Dakar

 

Xinhuanet
Nations Unies
11 mars 2008

 

Le secrétaire  général de l'ONU Ban Ki-moon assistera à la rencontre des  présidents soudanais Omar el-Béchir et tchadien Idriss Deby à  Dakar
qui sera tenue mercredi en marge du sommet de  l'Organisation de la conférence islamique (OCI). 

Selon la porte-parole de l'ONU Michele Montas à cette  rencontre seront également présents :
le président sénégalais  Abdoulaye Wade
le roi Abdullah de l'Arabie Saoudite
le président gabonais Omar Bongo
le président tanzanien Jakaya Kikwete
qui  assume actuellement la présidence exécutive de l'Union africaine ( UA)
et le président de la Commission de l'UA Alpha Omar Konaré. 

Jeudi le secrétaire général de l'ONU prononcera un discours à  la session d'ouverture du sommet de l'OCI et rencontrera certains  chefs d'Etat.

 

  Mars 2008

Washington retire la Chine de sa liste noire des droits de l'homme

 

Agence France Presse
Washington
11 mars 2008

 

Les Etats-Unis ont retiré mardi la Chine de leur liste des pires violateurs des droits de l'homme sur laquelle ils ont ajouté la Syrie le Soudan et l'Erythrée tout en notant que le régime chinois continue à "harceler" "emprisonner" et "torturer".

Dans son rapport annuel sur les droits de l'Homme publié par le département d'Etat Washington cite dix pays dans lesquels le pouvoir est resté en 2007 "concentré entre les mains de dirigeants n'ayant aucun compte à rendre": la Corée du Nord la Birmanie l'Iran la Syrie le Zimbabwe Cuba le Bélarus l'Ouzbékistan l'Erythrée et le Soudan.

La Chine qui figurait l'an dernier et en 2005 sur cette liste des "pires violateurs systématiques des droits de l'Homme dans le monde" est reléguée en cette année de Jeux Olympiques au rang de "pays autoritaire en pleine réforme économique ayant vécu des changements sociaux rapides mais n'ayant pas procédé à des réformes politiques et continuant à nier à ses citoyens les droits de l'Homme et les libertés fondamentales basiques".

"Ce rapport est rédigé avec l'espoir qu'aucune partie du monde n'est condamnée à perpétuité à la tyrannie" a déclaré la secrétaire d'Etat américaine
Condoleezza Rice en présentant ce rapport.

Le rapport souligne que le bilan du régime chinois en 2007 est resté "mauvais" faisant état de cas de torture et de contrôle abusif des naissances mais note que le gouvernement a procédé à "plusieurs réformes importantes" notamment l'examen par le parlement chinois de certains aspects de la législation sur la peine de mort.

"Le gouvernement a continué à surveiller harceler détenir arrêter et emprisonner des journalistes des écrivains des activistes et des avocats ainsi que leurs amilles
qui cherchaient pour la plupart à exercer des droits prévus dans la loi" ajoute le rapport.

Sur cette deuxième liste figure notamment le Venezuela le Nigeria la Thaïlande le Kenya et l'Egypte.

Le département d'Etat a cherché à minimiser la signification de ce retrait du régime chinois de la liste des "pires violateurs" des droits de l'Homme à quelques mois des Jeux Olympiques.

"Cette liste n'a aucune valeur statutaire" a souligné Tom Casey un porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères. L'inscription d'un pays sur la liste des pays soutenant le terrorisme entraîne par exemple des sanctions américaines.

"Cette année la décision a été prise de souligner le fait que bien que la Chine ait enregistré tous ces progrès économiques nous n'avons vu aucun progrès sur les réformes politiques" a précisé une autre porte-parole du département d'Etat ayant requis l'anonymat.

"Cela nous a paru le bon moment pour faire cela" a-t-elle ajouté niant tout rapport avec la tenue des Jeux Olympiques en août à Pékin.

Pour Sophie Richardson de l'organisation Human Right Watch"ce qui nous importe c'est (de savoir) si les rapports du département d'Etat sont complets et suffisamment critiques concernant l'éventail complet des violations des droits de l'Homme". Si cette décision "signifie que le département d'Etat accorde moins d'attention aux violations chroniques des droits de l'Homme en Chine oui cela est un problème" a-t-elle ajouté.

"La décision de Washington survient au plus mauvais moment alors que la situation se dégrade avant les JO" a déploré de son côté Reporters sans frontières à Washington. "C'est un coup de poignard dans le dos des organisations qui militent pour des améliorations dans le domaine des droits de l'Homme" a estimé RSF.

Washington a ajouté trois pays sur la liste noire des droits de l'Homme cette année: la Syrie le Soudan et l'Ouzbékistan. En Syrie "le régime a continué à commettre de graves abus tels que la détention d'un nombre croissant d'activistes de responsables de la société civile et d'autres critiques du régime"
ajoute le rapport.

Le rapport qualifie le bilan des droits de l'Homme au Soudan d'"horrible" faisant état de "meurtres torture coups et viols commis par les services de sécurité gouvernementaux et les milices à leur solde au Darfour".

En Ouzbékistan les services de sécurité "torturent frappent et abusent de façon routinière des détenus en cours d'interrogatoire" précise le rapport.

En revanche la situation s'est améliorée en Mauritanie au Ghana Maroc et en Haïti. Ces deux derniers pays avaient déjà reçu un bon point des Etats-Unis pour leurs progrès l'an dernier.

  Mars 2008

Le HCR va former des centaines d'enseignants pour le Sud Soudan

 

Xinhuanet
Nations Unies
11 mars 2008

 

Le Haut  commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) va former  des centaines d'enseignants dans le sud du Soudan durant les trois ans à venir avec un prêt japonais de 8
7 millions de dollars
a  révélé le HCR lundi. 

Le programme prévoit la construction d'instituts de formation  d'enseignants à Juba et à Aweil
deux principales villes dans le  sud du Soudan
où le système d'éducation s'est écroulé à cause de  la guerre civile qui a duré des décenies
a indiqué le HCR dans un communiqué de presse. 

Les enseignants en formation donneront des cours pour avoir  une expérience dans cinq écoles primaires qui seront construites  en vertu du même programme. 

D'autres agences de l'ONU
dont le Fonds des Nations Unies  pour l'enfance (UNICEF)
le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et  l'agriculture (FAO) apporteront aussi leurs aides au programme.

 

  Mars 2008

Nouveaux heurts dans une région pétrolière

 

Suisse Romande avec l'AFP Juba
11 mars 2008

 

De nouveaux affrontements ont éclaté entre nomades arabes et anciens rebelles sudistes dans une région pétrolière du Soudan à la limite entre le nord et le sud du pays a annoncé lundi le premier vice-président Salva Kiir.

Les heurts ont commencé dimanche une semaine après des affrontements similaires qui avaient fait environ 70 morts.

"Hier des combats ont éclaté dans l'Etat Unity" a déclaré M. Kiirégalement dirigeant du sud du Soudan devant un forum de gouverneurs du pays à Juba la capitale du sud-Soudan. "Il y a eu de violents heurts là-bas".

L'Etat Unity qui produit une importante part du pétrole soudanais est situé à la frontière du nord de Bahr al-Ghazal qui renferme les gisements de pétrole d'Abyei dont le statut n'a pas encore été tranché malgré un accord de paix signé en 2005 entre Khartoum et l'ex-rébellion sudiste.

M. Kiir a accusé les nomades membres de la tribu des Misseriya de pousser les habitants du sud à prendre les armes et combattre en vue de provoquer une guerre généralisée.

"Les combats ont duré toute la nuit avec les membres de l'Armée populaire de Libération du Soudan (SPLA)" a déclaré à l'AFP le gouverneur de l'Etat Unity
Taban Deng en marge du forum.

Des premiers combats avaient éclaté en décembre près d'Abyei faisant une centaine de morts une milice arabe soutenue par Khartoum ayant attaqué une garnison de la SPLA après le refus de celle-ci d'autoriser l'entrée de nomades armés dans le sud.

M. Kiir avait alors demandé à ses forces de permettre aux nomades de se déplacer vers le sud pour faire paître leurs troupeaux espérant qu'ils retourneraient dans le nord pendant la saison sèche.

Les relations entre Khartoum et l'ex-rébellion restent tendues notamment sur le statut de la région d'Abyei dont le pétrole se trouve à la limite entre les parties nord et sud du Soudan.

 

  Mars 2008

Des ONG des Droits de l'Homme demandent à l'OCI de faire pression sur le président Béchir

 

Agence de Presse africaine
Dakar 10 mars 2008

 

Plusieurs ONG ont adopté dimanche à Saly ( 80 km de Dakar) une déclaration demandant à l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI) de faire pression sur le président soudanais Omar El Béchir en vue de le pousser à résoudre la crise au Darfour dans l'ouest du Soudan.

Cette déclaration des ONG notamment la Rencontre Africaine de Défense des Droits de l'Homme (RADDHO – basée au Sénégal) la Coalition ‘Save Darfur' (un ensemble de 180 ONG) auxquels se sont joints des parlementaires venus du Soudan sera remise à la soixantaine de délégations de chefs d'Etat et de gouvernement attendue à Dakar à l'occasion du 11è sommet de l'OCI dans la capitale sénégalaise.

« Nous (…) lançons un appel aux dirigeants du Monde musulman afin (…) de résoudre les questions qui affectent les populations dans certaines parties de la région notamment la situation humanitaire au Darfour dans l'Ouest du Soudan » indique la déclaration.

« Nous sommes conscients du fait que la religion islamique préconise de hautes valeurs morales et ordonne aux musulmans d'adhérer aux valeurs de paix
de respect de la sécurité et de l'intégrité de la personne humaine » ajoute la déclaration.

L'islam « interdit et criminalise la tuerie le déplacement forcé des civils dont les femmes les enfants et la destruction des vies et moyens de subsistance
y compris la profanation des lieux de culte qui constituent autant de crimes odieux contre la foi islamique et les normes des vies civilisées » poursuit le document.

Le groupe d'ONG a donc réaffirmé sa préoccupation face aux « graves violations des droits humains au Darfour en particulier les attaques systématiques contre les civils la destruction et l'incendie des villages la prise pour cible des centres des déplacés internes et les civils ».

Nous notons également que ce conflit affecte actuellement toute la région y compris le Tchad et la République Centrafricaine avec à chaque fois les mêmes caractéristiques.

La coalition a lancé un appel à l'OCI afin quelle rappelle « au gouvernement soudanais ses devoirs envers le peuple musulman du Darfour » et à entreprendre des démarches supplémentaires pour persuader le gouvernement soudanais afin qu'il respecte ses obligations dans le cadre des résolutions régionales et nternationales pertinentes sur les droits humains auxquels le Soudan a adhéré ».

Les participants ont invité l'Organisation de la Conférence Islamique entre autres à faire pression sur toutes les parties prenantes au conflit pour qu'elles mettent immédiatement fin à toutes les attaques contre les civils au Darfour ».

Ils ont appelé dans le même temps à « une cessation des hostilités comme préalable à un cessez-le-feu durable et à une résolution de la crise et à s'engager convenablement à inviter les parties belligérantes à s'asseoir autour de la table de négociations ».

L'appel a également été lancé aux « Etats membres de l'OCI ainsi que les autres Etats à fournir les moyens et l'appui nécessaires aux opérations hybrides Nations-Unies – Union Africaine au Darfour et à inviter le gouvernement soudanais à faciliter son déploiement rapide et efficace ».

Il est de même demandé au gouvernement soudanais de « cesser tout soutien aux Janjaweed (milices arabes) y compris par l'approvisionnement en équipements et en armes et inviter les acteurs extérieurs à cesser tout appui aux parties belligérantes.

Les chefs d'Etat tchadien Idriss Déby Itno soudanais Omar el-Béchir gabonais Omar Bongo l'Union africaine et l'Organisation de Nations unies représentées au plus haut niveau devraient se rencontrer le 12 mars prochain à Dakar autour du président sénégalais Abdoulaye Wade dans le cadre d'une médiation pour le retour de la paix au Soudan et au Tchad.

Le conflit du Darfour a fait environ 400.000 morts et plus de 2 millions de déplacés selon les organisations humanitaires évoluant dans la zone. Plus de 250.000 réfugiés du Darfour sont installés dans cette partie du Tchad le long de la frontière avec le Soudan voisin.

 

  Mars 2008

 

Le Soudan demande des dédommagements à l'UE pour la mort de nomades

 

L'Agence France Presse
10 mars 2008

 

Le Soudan a demandé des dédommagements à l'Union européenne pour la mort de nomades tués par l'explosion d'une grenade lors de la récupération du corps d'un soldat français la semaine dernière au Darfour a déclaré lundi le ministère soudanais des Affaires étrangères.

"Quand un accident fait une victime sa famille et ses proches doivent être dédommagés" a affirmé à l'AFP le porte-parole du ministère Ali al-Sadiq.

M. Sadiq a ajouté que les dédommagements étaient en général de 10.000 dollars par victime.

Il a précisé que la demande avait été faite auprès de la force européenne au Tchad l'Eufor pour les familles des quatre nomades tués la semaine dernière alors qu'ils récupéraient le corps d'un soldat français de la force.

Ils ont été victimes de l'explosion d'une grenade qui se trouvait sur le cadavre du sergent Gilles Polin tué par des tirs soudanais lors d'un incident frontalier après qu'il se fut égaré au Darfour dans l'ouest du Soudan.

Le porte-parole soudanais a espéré que la question serait résolue à l'amiable. Carlo de Filippi le chef de la délégation européenne à Khartoum a indiqué que la question des dédommagements avait été discutée avec les autorités soudanaises sans plus de précisions..

 

  Mars 2008

L'Eufor se déploie dans le nord-est de la Centrafrique

 

Le Point 9 mars 2008 Alistair Thompson
version française Jean-Loup Fiévet

 

Les forces françaises stationnées dans le nord-est de la Centrafrique limitrophe du Tchad et du Soudan sont passées officiellement ce week-end sous le commandement de la force européenne de paix Eufor chargée d'empêcher les débordements de violence venant du Darfour voisin.

Samedi
une cérémonie militaire de passation des pouvoirs a eu lieu à Birao
dans l'extrême nord de la RCA
en présence du détachement des quelque 200 militaires français qui y sont stationnés et du chef d'état-major de l'armée centrafricaine
le général Ouande.

Le détachement français opérant désormais sous la bannière de l'Eufor est composé d'une unité d'infanterie
d'une autre d'artillerie et d'un hôpital de campagne
a précisé à N'Djamena
siège du PC opérationnel de la force européenne
son porte-parole
le lieutenant-colonel Patrick Poulain.

La garnison de Birao
appelée "Détachement multinational Birao" dans le jargon de l'Eufor
sera rapidement renforcée par d'autres unités européennes.

L'Eufor
en cours de déploiement dans l'est du Tchad et dans le nord-est de la RCA
comptera au total 3.700 hommes
dont la moitié des Français. Elle est commandée par le général irlandais Patrick Nash
dont le QG est installé au Mont-Valérien
dans la région parisienne. Son mandat initial est de 12 mois.

Fin 2006
les forces spéciales françaises avaient aidé l'armée centrafricaine à reprendre le contrôle de Birao aux mains de rebelles. Une petite garnison française y avait été maintenue depuis lors.

En début de semaine
un militaire français des forces spéciales sous uniforme de l'Eufor a trouvé la mort lors d'une incursion accidentelle en territoire soudanais.

 

  Mars 2008

Le Français Guéhenno quittera la tête des opérations de maintien de la paix de l'ONU en juin

 

Le Nouvel Observateur avec l'A-P
8 mars 2008

 

Le Français Jean-Marie Guéhenno
qui dirigeait et critiquait souvent les opérations de paix des Nations unies depuis huit ans
a annoncé jeudi soir à son personnel qu'il quitterait ce poste en juin à l'expiration de son contrat
selon la porte-parole onusienne Marie Okabe.

Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix depuis octobre 2000
M. Guéhenno a vu passer l'effectif des troupes de l'ONU de 50.000 à environ 102.000 pendant cette période
et son budget a triplé dans le même temps pour s'élever aujourd'hui à 7
5 milliards de dollars (4
9 milliards d'euros). De nouvelles missions ont été envoyées au Soudan
au Timor-Oriental
au Liberia
en Côte d'Ivoire et en Haïti. M. Guéhenno a supervisé 17 opérations de maintien de la paix et trois missions de restauration de la paix. Il avait pris son poste sous le mandat de Kofi Annan mais était resté à l'arrivée du nouveau secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

M. Guéhenno a à plusieurs reprises critiqué la décision du Conseil de sécurité de déployer des missions de maintien de la paix dans des zones de guerre où la paix n'est pas encore revenue. Il a notamment émis des réserves en novembre quant à la mise en place au Darfour (ouest du Soudan) de la force mixte Union africaine-Nations unies
soulignant qu'elle manquait d'hélicoptères et autre matériel.

Il a par ailleurs tenté d'attirer l'attention de l'opinion publique sur le problème de l'exploitation sexuelle par les Casques bleus au Congo-Brazzaville
en Haïti ou dans d'autres missions.

Le poste de M. Guéhenno pourrait être convoité par les Etats-Unis
qui financent près du quart du budget de 7 milliards de dollars du département des opérations de maintien de la paix de l'ONU.

 

  Mars 2008

 

Moment de vérité au Darfour

Libération
8 mars 2008
par Simon Haselock conseiller spécial en communication de la Mission de l'Union africaine au Soudan et de la Minuad .

 

Le gouvernement soudanais a signé le 9 février l'accord nécessaire au déploiement de la force hybride ONU-UA de maintien de la paix au Darfour (Minuad). Cette signature marque un tournant dans la recherche d'une solution pacifique au Darfour. L'Union africaine au Soudan (Muas) a passé la main à la Minuad (Unamid en anglais)
la Mission des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour
le 31 décembre 2007.

Avec 26 000 militaires et policiers
la Minuad sera à terme la plus importante force de maintien de la paix dans l'histoire des Nations unies. Son mandat lui donne le droit d'user de sa force pour mettre fin aux exactions contre les civils. Parmi les reproches faits à la Minuad
on retrouve souvent celui selon lequel cette force fait la part trop belle aux contingents africains. Cette critique sous-entend que les troupes africaines ne sont pas aussi performantes que les autres ; c'est oublier que l'ensemble des composantes d'une force mixte
d'où qu'elles viennent
sera aux normes des Nations unies. Surtout la crise du Darfour est une crise africaine
qui implique plusieurs pays de la région et menace de déstabiliser toute l'Afrique centrale et saharienne. Qui peut penser que les Africains ne sont pas les plus déterminés à résoudre ce conflit ? Alors que les tensions frontalières entre le Tchad et le Soudan font peser menaces et retards sur le déploiement de l'Eufor
une rapide montée en puissance de la Minuad est plus vitale que jamais.

Si elle prenait trop de retard
le Darfour mais aussi le Tchad pourraient connaître un nouveau cycle de violences désastreux pour des populations civiles déjà fragilisées. Plus la communauté internationale fera preuve d'engagement et de volontarisme
moins le gouvernement soudanais aura de raisons de contester et de retarder le déploiement de la Minuad.

Il est temps aussi de tirer un bilan de la Muas au Darfour. Cette force a été injustement décriée. Conçue à l'origine comme une mission de surveillance du cessez-le-feu
dotée seulement de quelques dizaines de militaires chargés de protéger ses observateurs
elle s'est transformée en force de protection des civils déplacés
sans jamais en avoir les moyens. Ses contempteurs imaginaient-ils sérieusement que 7 000 hommes pourraient régler une crise aussi complexe que celle du Darfour
dont le territoire est grand comme la France et où cohabitent une multitude de groupes ethniques
tribaux et linguistiques ? Qu'ils songent à ce qui se serait passé si la Muas ne s'était pas déployée lors de l'été 2004. La présence de la Muas
ainsi que celle des agences des Nations unies et des ONG internationales
a contribué à éviter une catastrophe humanitaire à l'époque imminente. En trois ans et demi de mission
la Muas a perdu une cinquantaine d'hommes
preuve que l'Union africaine n'a pas ménagé ses efforts au Darfour.

Mais une force
aussi conséquente soit-elle
ne saurait rétablir à elle seule la paix au Darfour. Il ne saurait y avoir de retour à la paix sans un processus politique. Le conflit a débuté il y a bientôt cinq ans. Ses dimensions sont multiples : écologiques
économiques
politiques
tribales
régionales et internationales. Seul le dialogue
suivi de la signature d'un accord de paix respecté par tous
pourrait venir à bout d'un tel enchevêtrement de causalités. Un premier processus
chapeauté par l'Union africaine
a abouti à la signature d'un accord à Abuja en mai 2006. Mais plusieurs groupes rebelles ont rejeté ce texte
ce qui a eu pour effet de multiplier les factions au sein de la rébellion. Au terme des longs efforts des médiateurs de l'Union africaine et de l'ONU Selim Ahmed Selim et Jan Eliasson
le processus politique a été relancé.

Plusieurs responsables de la rébellion du Darfour continuent à le boycotter
alors que la communauté internationale a veillé à assurer une représentation de la société civile non armée. Ils ont tort car il ne peut y avoir de conditions à un dialogue politique
et seule la mise au point d'un accord politique
sous l'égide de la communauté internationale
sera à même de garantir les droits des habitants du Darfour
de garantir leur retour dans leur village d'origine et de promouvoir un développement harmonieux à cette région. Tous les efforts sont les bienvenus
ceux de la Libye
qui a accueilli en octobre 2007 les pourparlers de paix de Syrte
ceux des pays voisins du Soudan
de la Ligue arabe
des pays occidentaux ou de la Chine. A l'intérieur du Soudan
nous saluons les efforts du Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS) pour réunifier les rangs des rebelles du Darfour. Quel meilleur exemple pour la rébellion du Darfour que celui du MPLS
qui a pu accéder à une large autonomie au Sud-Soudan après deux décennies d'une guerre civile meurtrière ? Espérons que la voix de la raison sera entendue au Darfour et dans toute la région en 2008. .

 

  Mars 2008

Si vous ne pouvez pas nous aider, laissez-nous au moins nous défendre"

 

Revue parlementaire n°904 de mars 2008

 

Entretien avec Abdul Wahid al-Nour
Président du Mouvement de Libération du Soudan (SLM)

 

Exilé en France depuis plusieurs années
Abdul Wahid al-Nour
fondateur du Mouvement de Libération du Soudan (SLM)
- «
le plus important
le plus populaire et
surtout
le plus respectable des mouvements rebelles du Darfour » selon Bernard Henri-Lévy - est aujourd'hui menacé d'expulsion pour avoir refusé de participer aux négociations de paix qui se sont tenues en Libye à la fin de l'année dernière. Par ce refus
Abdul Wahid al-Nour entendait dénoncer le choix de la Libye comme terrain de négociation qu'il juge trop liée au régime de Karthoum et déplorait le fait que l'on puisse négocier alors même que les massacres et la colonisation des terres par l'armée soudanaise et ses supplétifs janjawids se poursuivent au Darfour. Récemment encore
le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) a annoncé que quelque 12 000 personnes « terrifiées » ont fui le Darfour soudanais pour le Tchad voisin après de violentes attaques de l'armée soudanaise. Pendant ce temps
la communauté internationale peine à déployer la force hybride à laquelle participeront l'ONU et l'Union africaine.

 

Quelle est la situation au Darfour ?

 

Après 400 000 morts et 2 millions et demi de réfugiés et de déplacés en 4 ans
les massacres continuent. Il faut comprendre le contexte général du Soudan. Le régime arrivé par un coup d'état en 1989 est dictatorial
islamiste et raciste ; il cherche à conforter la tutelle de l'ultra-minorité arabe sur l'immense majorité africaine du pays. Après 20 ans de guerre au Sud et à l'Est du pays
le régime veut étouffer dans le sang toute opposition au Darfour et ailleurs. Prenez garde : après le Soudan puis le Tchad
c'est toute la sous-région qui est concernée par l'expansion pan-arabique et islamiste de Khartoum et Tripoli.

 

Quel est l'objectif du SLM ?

 

J'ai fondé le SLM en 1992 à l'Université de Khartoum
avec 17 hommes et femmes de toutes les régions du pays
Africains et Arabes. Notre objectif est la création d'un régime unifié
démocratique et laïc. Je suis moi-même musulman
mais nous considérons que seule la séparation de la religion de l'Etat peut rendre viable ce pays multiple. Nous sommes la seule alternative stable au régime d'Al Bashir. Nous n'avons rien contre les Arabes
qui font partie intégrante du pays
mais nous refusons l'arabisation forcée de nos peuples. Après 10 ans de combat uniquement politique
et face à la répression sauvage du gouvernement
nous avons dû créer l'Armée de Libération du Soudan (SLA) en 2001.

 

Qu'attendez-vous de la Communauté internationale ?

 

Nous attendons toujours le déploiement de l'UNAMID (la force hybride)
qui tarde
avec un vrai mandat de protection. Nous espérons qu'elle comprendra des Européens
et pas seulement des amis de Khartoum. Par ailleurs
j'observe que la tentation se fait jour d'exercer des pressions sur nous
les victimes
pour nous imposer une négociation qui ne reviendrait qu'à accepter le chantage de Khartoum : la reddition contre l'arrêt des massacres. La communauté internationale veut la paix et elle a raison ; nous même voulons la paix
plus que quiconque : nos femmes et nos enfants sont massacrés ! Mais après 11 négociations et cessez le feu qui n'ont jamais été respectés par Khartoum
comment avoir confiance ? Ce serait peut-être une paix sur le papier
mais en rien un règlement politique. La sécurité de notre peuple doit précéder toute négociation.

 

Quelle est votre situation en France ?

 

Je ne peux que remercier la France
et particulièrement mon ami Bernard Kouchner
de m'avoir permis de résider ici. J'ai refusé l'asile politique : je suis un combattant de la liberté. J 'ai une autorisation de séjour jusqu'à fin mars. Ensuite
les autorités françaises me demandent de négocier avec Khartoum ou de partir : je devrai donc peut-être partir
malheureusement
car je ne négocierai jamais sans la sécurité. Je n'ai rien à exiger de la France. Ma seule demande : si vous ne pouvez pas nous aider
laissez-nous au moins nous défendre.

 

  Mars 2008

Critiquée pour son soutien à Khartoum , la Chine met en avant son "rôle positif" au Darfour

 

Le Monde du 8 mars 2008 par Frédéric Bobin (avec Philippe Bolopion à New York)

 

C 'e st l'"effet Spielberg" : le régime chinois est en train d'engager une contre-offensive diplomatique et médiatique afin de redorer son blason après les dégâts infligés à son image par la décision de Steven Spielberg de renoncer à sa participation aux Jeux olympiques de Pékin (8-24 août). Le cinéaste américain
qui devait y officier comme consultant artistique pour les cérémonies d'ouverture et de clôture
avait justifié
à la mi-février
son geste par l'inaction pékinoise dans les tentatives de règlement de la crise du Darfour
la région occidentale du Soudan théâtre d'une sanglante répression menée par l'armée de Khartoum et ses supplétifs janjawids (cavaliers arabes).

Fidèle soutien du régime soudanais
avec lequel elle a scellé une fructueuse coopération énergétique et militaire
la Chine est de longue date critiquée par des organisations des droits de l'homme pour la responsabilité indirecte qu'elle porte dans les exactions que subissent les populations du Darfour. A l'approche des JO
la pression est montée d'un cran.

Depuis le coup d'éclat de l'icône d'Hollywood
qui a assombri le climat pré-olympique
la diplomatie pékinoise orchestre la riposte. De retour d'une mission au Soudan et au Tchad
l'envoyé spécial chinois pour le Darfour
Liu Guijin
un diplomate de haut rang familier du terrain africain
s'est ainsi efforcé de dissiper
mercredi 5 mars
lors d'une conférence de presse à Paris
les "malentendus" autour de l'attitude de Pékin dans cette crise. Il a longuement insisté sur les efforts déployés par la Chine pour faire avaliser par Khartoum la mise sur pied d'une force hybride de maintien de la paix (Minuad) associant l'Union africaine et les Nations unies. "La Chine a joué un rôle positif pour convaincre le Soudan d'accepter la force hybride"
a rappelé Liu Guijin.

Evoquant les difficultés ayant récemment surgi dans la composition de la Minuad
Liu Guijin a précisé avoir "utilisé un langage clair pour convaincre le gouvernement soudanais de faire des concessions" afin d'accélérer le déploiement de cette force de 26 000 hommes dans un contexte de reprise des combats et de nouveaux déplacements de populations.

 

"Changement significatif"

 

"La Chine est prête
a-t-il précisé
à une coopération sincère avec les pays occidentaux" pour trouver une "solution pacifique" au Darfour. "Nous ne voulons pas de confrontation avec l'Occident" sur cette question
a-t-il insisté
même s'il a appelé les capitales occidentales à faire davantage pour convaincre les mouvements rebelles de "retourner à la table des négociations" .

L'approche plus constructive de la Chine est de plus en plus reconnue. "Nous avons constaté un changement significatif au cours des douze derniers mois"
estime Colin Keating
directeur exécutif de Security Council Report
une ONG qui suit les travaux du Conseil de sécurité. Mais cette évolution a ses limites. "En dépit de quelques "coups de pouce""
tempère un diplomate du Conseil de sécurité
la Chine "a toujours prôné le dialogue avec Khartoum" . Une résolution du Conseil de sécurité menaçant le Soudan de frapper son secteur pétrolier serait par exemple exclue. "Le veto chinois est dans tous les esprits"
explique le diplomate.

Les intérêts pétroliers de la Chine au Soudan - les actifs de la China National Petroleum Corporation (CNPC) s'y chiffreraient à 7 milliards de dollars - sont en effet trop précieux pour que Pékin s'offre le luxe d'une crise grave avec Khartoum. Illustration des limites des pressions de Pékin : la Chine a bloqué
le 7 décembre 2007
un projet de déclaration du Conseil de sécurité qui aurait exhorté le gouvernement soudanais à coopérer avec la Cour pénale internationale (CPI).

 

  Mars 2008

Tchad et Soudan doivent signer un "règlement définitif du conflit" à Dakar

 

Le Monde avec l'A.F.P. 7 mars 2008

 

Les chefs d'Etat du Soudan et du Tchad
Omar el-Béchir et Idriss Deby Itno "vont très certainement signer"
lors d'un mini-sommet le 12 mars à Dakar
un "accord de règlement définitif du conflit" qui les oppose
a annoncé jeudi une source proche de la présidence sénégalaise.

"Les chefs d'Etat du Soudan et du Tchad
Omar el-Béchir et Idriss Deby vont très certainement signer le 12 mars 2008 à la veille du sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) à Dakar
un accord de règlement définitif du conflit qui oppose les deux pays depuis bientôt deux décennies"
a indiqué cette source à l'AFP sous couvert de l'anonymat.

"Cet accord
qui a déjà été présenté aux parties par une délégation du président (sénégalais Abdoulaye) Wade qui a fait la navette entre N'Djamena et Khartoum depuis bientôt trois semaines
devrait être signé sans difficulté"
a ajouté cette source
précisant que les deux parties signeront "un accord général et un mémorandum de mise en oeuvre".

Le 2 mars
le président Wade a annoncé qu'il recevrait ses homologues du Tchad et du Soudan à la veille du sommet de l'OCI
prévu les 13 et 14 mars
dans le cadre d'une médiation pour la paix entre ces deux pays.

Il avait alors affirmé que l'échec de précédents accords de paix signés entre les deux pays était dû au fait qu'ils "n'avaient pas prévu de dispositif de mise en oeuvre".

Selon cette source à la présidence sénégalaise
outre les présidents Deby et el-Béchir
doivent prendre part au mini-sommet le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon
les président gabonais Omar Bongo Ondimba
l'ex-président de la Commission de l'Union africaine (UA) Alpha Oumar Konaré
et le président en exercice de l'UA
le Tanzanien Jakaya Kikwete.

Le Tchad et le Soudan
pays voisins à la frontière poreuse
ont des relations très tendues et s'accusent mutuellement de déstabilisation par groupes armés interposés.

Le 29 février
le président sénégalais avait affirmé avoir reçu le soutien de l'Egypte et de la Libye pour conduire une médiation entre le Tchad et le Soudan.

Il avait expliqué avoir saisi l'Egypte pour ses "relations très étroites avec le Soudan"
et la Libye "sans l'implication (de laquelle) il ne peut pas y avoir de paix entre (le Tchad et le Soudan) et même dans la région". Il avait aussi précisé avoir accepté de conduire cette médiation à la demande d'Idriss Deby Itno.

 

  Mars 2008

Le Japon envisage d'alléger la dette du Soudan

 

Agence France Presse
Tokyo
6 mars 2006

 

Le gouvernement japonais a annoncé jeudi qu'il envisageait d'alléger la dette du Soudan
pour inciter Khartoum à rechercher une solution pacifique au conflit du Darfour.

"Nous étudions la possibilité d'une remise de dette concernant nos prêts au Soudan pour soutenir le processus de paix après la guerre civile nord-sud"
a indiqué à l'AFP un responsable du ministère des Affaires étrangères.

Mais "le Soudan doit d'abord changer d'attitude en ce qui concerne le Darfour s'il veut que le Japon allège sa dette"
a ensuite précisé un autre responsable du même ministère
qui a requis l'anonymat.

L'adjoint du président soudanais Omar el-Béchir
Nafie Ali Nafie
effectue actuellement une visite au Japon en vue de préparer une conférence sur le développement en Afrique prévue les 28 et 29 mai à Yokohama
près de Tokyo.

Selon l'agence de presse japonaise Jiji
les mesures d'allègement envisagées par Tokyo porteraient sur 3
2 milliards de yens (20 millions d'euros) sur les 45 milliards de yens (280 millions d'euros) que le Soudan doit au Japon.

Un accord de paix entre le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) et le gouvernement de Khartoum avait été signé en janvier 2005 pour mettre fin à 21 ans de guerre civile dans le sud du pays. Ce conflit a fait au moins un million et demi de morts.

En cinq ans
le conflit au Darfour a pour sa part fait près de 200.000 morts
selon des organisations internationales
et plus de deux millions de déplacés. Khartoum conteste ce bilan et chiffre le nombre des victimes à 9.000.

 

  Mars 2008

Le soldat français n'est pas mort sur le coup (officier soudanais)

 

Agence France Presse
Khartoum
6 mars 2008

 

Le soldat français disparu au Soudan était grièvement blessé lorsqu'il a d'abord été découvert puis abandonné par des nomades du Darfour ne décédant que par la suite a rapporté jeudi un porte-parole militaire soudanais.

Le sergent français de l'Eufor la force européenne au Tchad avait disparu après un accrochage lundi avec l'armée soudanaise s'étant retrouvé par mégarde au Darfour dans l'ouest du Soudan selon l'Eufor.

Selon le porte-parole militaire le lieutenant-colonel Khalid al-Sawarmi le soldat français avait été découvert vivant lundi par des nomades arabes qui l'ont abandonné faute d'avoir pu communiquer avec lui.

"Il était vivant et il marchait grièvement blessé. Ils ont tenté de l'aider mais a surgi un problème de langue. C'était le jour de l'affrontement" a-t-il dit à l'AFP.

Ce ne serait que plus tard que ces nomades de l'ouest du Darfour région en proie à la guerre civile ont retrouvé son corpsà 4 km à l'ouest du village d'Abou Jaradil en direction de la frontière tchadienne.

Toujours selon ce porte-parole quatre nomades qui ont alors tenté de transporter sa dépouille ont été tués dans l'explosion d'une grenade accrochée à son uniforme.

"Ils l'ont retrouvé mort et ont tenté de porter son corps. C'est à ce moment que la grenade a explosé tuant quatre personnes" a-t-il dit.

La dépouille du soldat a ensuite été transférée à Khartoum.

Le Soudan avait confirmé mercredi qu'un corps retrouvé au Darfour était celui "du soldat disparu".

"Nous pouvons confirmer que le soldat porté disparu a été retrouvé mort près de la frontière commune entre le Tchad et le Soudan" avait annoncé Ali al-Sadiq porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères.

Le ministère français de la Défense a indiqué jeudi espérer une identification "formelle" du corps dans la journée.

Un diplomate européen a indiqué à l'AFP qu'une équipe de médico-légale de l'Eufor basée au Tchad devrait arriver jeudi à Khartoum.

M. Sadiq avait indiqué plus tôt à l'AFP: "oui c'est un Français (...) et il sera rapatrié vers la France".

Des diplomates européens qui ont été en contact avec les autorités soudanaises ont précisé qu'une cérémonie pour le rapatriement était en préparation pour vendredi avant le départ par avion du corps.

Selon l'Eufor deux militaires français en mission de reconnaissance avaient pénétré par erreur à bord d'un véhicule tout terrain au Darfour
déclenchant un échange de tirs avec les autorités locales. Leur identité n'a pas été révélée.

L'Eufor Tchad-RCA est chargée de veiller à la sécurité d'une mission de police de l'ONU des centaines de milliers de réfugiés soudanais du Darfour et de personnes déplacées dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique.

En cinq ans le conflit au Darfour a fait près de 200.000 morts selon des organisations internationales et plus de deux millions de déplacés. Khartoum conteste ce bilan et chiffre le nombre des victimes à 9.000. L'Eufor dont le déploiement a été retardé par l'offensive de rebelles tchadiens sur N'Djaména en février
doit compter 3.700 soldats dont 2.100 Français. Plus de 700 militaires en majorité français sont déjà déployés.

  Mars 2008

Le corps du soldat français retrouvé ?

 

Le Figaro avec l'AFP et l'AP
6 mars 2008

 

L'Eufor Tchad-RCA est chargée de veiller à la sécurité d'une mission de police de l'ONU
des centaines de milliers de réfugiés soudanais du Darfour et de personnes déplacées dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique. (AFP/Guyot)

 

La dépouille
en cours d'identification
est «vraisemblablement» celle du sergent français disparu depuis lundi.

 

L'Eufor accuse peut-être sa première perte
un mois à peine après son déploiement. Le soldat français
membre la force européenne chargée de sécuriser l'est du Tchad et de la Centrafrique
qui a disparu lundi lors d'un accrochage en territoire soudanais
est probablement mort. Khartoum a annoncé mercredi avoir découvert un corps
« vraisemblablement celui du sergent » au Darfour près de la frontière tchadienne. L'identification de la dépouille est en cours.

Le sergent des forces spéciales françaises
qui relèvent de l'Eufor
avait été gravement touché dans l'échange de tirs qui avait opposé son véhicule et des soldats soudanais. La Jeep
où il avait pris place avec un adjudant français
patrouillait pour une mission de reconnaissance lorsqu'elle a franchi par erreur la frontière soudanaise. Les deux Français se sont retrouvés à une dizaine de mètres de forces armées soudanaises et ont immédiatement décliné leur identité mais ont été la cible de coups de feu. Au cours de cette confrontation
l'adjudant a été légèrement brûlé mais est parvenu à regagner ses camarades stationnés côté tchadien.

Khartoum fustige un acte « délibéré »

Trois quarts d'heure plus tard
les hommes de l'Eufor sont revenus pour essayer de retrouver le sergent. Ils ont à nouveau essuyé des tirs auxquels ils ont riposté
et ont constaté qu'il avait disparu et que sa voiture avait été incendiée.

Aussitôt après avoir apris la nouvelle de l'accrochage
le général irlandais Patrick Nash
commandant de l'Eufor
avait présenté ses «regrets»
affirmant que le véhicule avait traversé «par inadvertance» la frontière
et que l'Eufor entendait mener à bien sa mission «en respectant la souveraineté soudanaise». De son côté
Hervé Morin
le ministre français de la Défense martelait : «Nous ne sommes pas là pour faire la guerre. EUFOR Tchad est une opération de paix
une opération de stabilité». Le Soudan a
cependant
dénoncé un acte «délibéré».

 

  Mars 2008

Tension entre Paris et Khartoum après la disparition d'un soldat français

 

Le Monde
par Laurent Zecchini
6 mars 2008

 

L e ton est monté d'un cran entre la France et le Soudan
mardi 4 mars
après l'incident survenu la veille à la frontière tchado-soudanaise
au cours duquel un soldat français de la force européenne Eufor
déployée dans l'est du Tchad et le nord-est du Centrafrique
a été porté disparu en territoire soudanais. Le ministre français de la défense
Hervé Morin
a confirmé qu'il s'agissait d'un sergent relevant du commandement des opérations spéciales (COS).

 

Paris a officiellement demandé "aux autorités soudanaises" d'apporter leur aide pour retrouver le militaire disparu lors de l'échange de tirs
lequel s'est produit dans des circonstances controversées dans la région dite des "trois frontières" (aux confins du Tchad
du Soudan et du Centrafrique). M. Morin a précisé que d'après le témoignage d'un second militaire français (un adjudant)
légèrement blessé au cours de cet accrochage
le soldat porté disparu s'est "effondré" après avoir été pris sous le feu de soldats dont
a-t-il précisé
"tout nous laisse penser qu'il s'agit de militaires soudanais" .

Khartoum a une autre version des faits : selon le ministère soudanais des affaires étrangères
des "militaires blancs" ont franchi à deux reprises la frontière (non balisée) et ont échangé des tirs avec les soldats soudanais
l'incident s'étant produit à 5 kilomètres - 3 kilomètres
de source française - à l'intérieur du territoire soudanais. "La jeep (des deux soldats des forces spéciales françaises) a été entièrement détruite
cinq ou six soldats blancs ont fui à pied vers le Tchad et n'ont pas été poursuivis"

a précisé Khartoum.

 

Véhicule calciné

 

Selon les autorités du Soudan
l'incident a fait une victime civile mais aucun soldat étranger n'a été fait prisonnier. L'armée soudanaise a
de son côté
fait état de deux morts soudanais
l'un militaire
l'autre civil. Au quartier général de l'Eufor
au Mont-Valérien
dans la banlieue de Paris
on explique qu'une heure après l'incident
des véhicules militaires de l'Eufor
escortés par un hélicoptère
sont revenus sur les lieux de l'accrochage (en territoire soudanais)
dans l'espoir de récupérer le soldat disparu. Ils n'ont retrouvé que son véhicule calciné.

Tout en soulignant qu'elles ne voulaient pas "faire monter la tension avec le Tchad"
les autorités de Khartoum - qui n'ont jamais fait mystère de leur hostilité à l'égard du déploiement des soldats européens - ont affirmé qu'elles s'assureront qu'un tel "incident sérieux " ne se reproduira pas. Une certaine décrispation était cependant perceptible mardi soir
après que Khartoum a accepté les excuses de la France et de l'Union européenne pour ce "franchissement involontaire et accidentel" de la frontière.

Cet incident
qualifié de "grave" à l'état-major des armées
à Paris
ne devrait pas retarder le déploiement de l'Eufor. Quelque 800 soldats de différentes nationalités sont déjà sur place
sur le total de 3 700 hommes que celle-ci devrait compter. Un bataillon français (environ 650 hommes) est arrivé au Tchad et devrait y être incorporé dans les prochains jours.

Ce premier incident impliquant la force européenne souligne l'ambiguïté de son mandat : les deux soldats français faisaient une patrouille de reconnaissance le long de la frontière
mais le rôle de l'Eufor n'est pas de sécuriser les frontières du Tchad. Sa mission tient de la gageure : dans une région propice aux affrontements inter-tchadiens
voire tchado-soudanais
ses soldats vont devoir assurer la protection des populations déplacées en raison de la crise du Darfour
sans s'impliquer dans les conflits locaux.

 

  Mars 2008

Un soldat français de l'Eufor disparaît au Darfour après une rixe

 

L'accrochage de lundi entre des militaires de la force européenne qui patrouillaient par erreur au Soudan et l'armée soudanaise illustre les difficultés de la mission.

 

Le Figaro
par Tanguy Berthemet
5mars 2008

 

L'incident tombe mal. Alors que l'Eufor
la force européenne chargée de sécuriser l'est du Tchad et de la Centrafrique
monte en puissance
la disparition d'un soldat français dans un accrochage au Soudan illustre cruellement les difficultés de cette mission.

Les faits restaient
hier encore peu
clairs. Deux militaires des troupes spéciales françaises à bord d'une voiture tout terrain se sont égarés
lundi
vers 17 heures au Soudan
dans la zone de Tissi
alors qu'ils patrouillaient le long de la frontière tchadienne. Un bref combat les a alors opposés à des hommes armés en faction le long de la piste. Depuis
un sergent des forces spéciales est porté disparu. L'autre soldat
un adjudant français
légèrement brûlé dans l'accrochage
a été récupéré et évacué par hélicoptère vers l'hôpital de Birao
en République centrafricaine. Il dit avoir vu son compagnon s'effondrer lors de l'échange de tirs.

De son côté
Khartoum rapporte que des militaires « blancs » ont franchi la frontière non balisée
déclenchant un échange de tirs meurtriers avec l'armée soudanaise. « La jeep est entrée à cinq kilomètres dans le Darfour et il y a eu
un petit combat. La jeep a été entièrement détruite et des soldats blancs ont fui à pied vers le
Tchad et n'ont pas été poursuivis. Une heure plus tard
trois autres jeeps militaires protégées par un hélicoptère sont revenues. Il y a eu encore une brève lutte
»
explique Ali al-Sadiq
le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères.

 

Faiblesses du mandat

 

Selon lui
un civil aurait été tué lors de ce second accrochage. Le diplomate reste en revanche vague sur les éventuelles découvertes effectuées par les troupes soudanaises autour du véhicule des troupes françaises. « Il n'y a pas eu
à ma connaissance
de prisonnier fait
ni de corps retrouvé »
explique-t-il.

Hier
après une nuit de tension
l'heure semblait à la détente. Le ministre français de la Défense
Hervé Morin
a demandé « aux autorités soudanaises » leur aide pour « retrouver » ce soldat. Khartoum
qui n'a jamais caché son hostilité au déploiement de troupes européennes à ses frontières
se voulait également modéré. Alors que
lundi soir
l'armée soudanaise accusait des «forces étrangères » d'avoir « délibérément franchi la frontière »
Ali
al-Sadiq reconnaissait hier « que la frontière n'est pas marquée » et que les militaires français « ont pu se tromper ». « Nous voulons faire preuve de coopération et de compréhension »
soulignait-il
en sachant que ce faux pas du corps expéditionnaire européen place le Soudan en position de force.

De fait
pour Eufor
ce premier accrochage sonne comme une mise en garde sur les risques à opérer dans une zone où exercent soldats soudanais et tchadiens ainsi que des groupes armés aux fidélités incertaines et antagonistes mais tous équipés de tenues et de matériels dangereusement similaires. Il met aussi en lumière les faiblesses du mandat donné aux forces européennes. Ce dernier
s'il accorde en effet tous les droits pour défendre les réfugiés
ne s'étend ni au désarmement des milices ni à la surveillance de la frontière.

 

  Mars 2008

 

Darfour : première patrouille de la MINUAD dans le nord

 

Nations Unies
New York
4 mars 2008

 

La police de l'ONU qui travaille pour l'Opération hybride Union africaine/ONU au Darfour (MINUAD) a envoyé une patrouille dans les zones du Nord du Darfour contrôlées par la faction Minni Minawi de l'Armée de libération du Soudan (SLA selon son acronyme anglais).

« La sûreté des citoyens du Darfour est une priorité de la MINUAD »
a rappelé le commissaire de police de la mission
Michael Fryer
selon les informations rapportées aujourd';hui par la porte-parole du Secrétaire général de l'ONU.

Si cette première patrouille avait pour but de contribuer à instaurer la confiance dans une zone difficile
« faire diminuer la criminalité implique la pleine coopération de la communauté entière »
a reconnu l';officier.

La MINUAD compte aujourd'hui 1.600 officiers de police -- dont 252 femmes -- originaires de 32 pays différents.

De son côté
le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
UNHCR a déclaré aujourd'hui qu'il continuait à apporter une aide d'urgence à de petits groupes de réfugiés soudanais
originaires de l'ouest du Darfour
qui ont rejoint les régions de Birak et de Korok
à l'est du Tchad.

« Quelque 13.000 réfugiés soudanais sont arrivés à l'est du Tchad depuis le 8 février
pour fuir les bombardements aériens et les attaques terrestres survenant à l'ouest du Darfour »
a déclaré aujourd';hui le porte-parole Ron Redmond
selon un communiqué publié à Genève.

Les réfugiés -- principalement des femmes et des enfants -- ont reçu des kits d'urgence
notamment des couvertures
car la plupart d'entre eux vivent en s'abritant sous des arbres depuis trois semaines.

Beaucoup ont exprimé le souhait d'être transférés dans des camps
car leurs villages situés dans les régions de Silea
de Sirba
d'Abu Suruj et de Djebel Moun
ont été détruits et brûlés en février.

Une fois arrivés aux camps de Mile et de Kounoungou
qui accueillent déjà quelque 30.000 réfugiés soudanais
ils recevront un kit de secours comprenant des couvertures
des matelas
des jerricans
des moustiquaires
du savon
des bâches en plastique et des ustensiles de cuisine. Le Programme alimentaire mondial PAM de son côté
distribuera de la nourriture.

Le HCR et ses partenaires gèrent douze camps de réfugiés dans l'est du Tchad
accueillant 240.000 réfugiés originaires de la région du Darfour
a indiqué le porte-parole. Par ailleurs
50.000 réfugiés originaires de République centrafricaine sont hébergés dans trois camps au sud du Tchad.

 

  Mars 2008

 

 

 

Darfour ouest : l'ONU demande la protection immédiate des civils et l'accès des agences humanitaires

New York
4 mars 2008

 

A la suite de deux visites dans les villages du Darfour ouest récemment touchés par les combats
Ameerah Haq
la coordonnatrice humanitaire pour les Nations Unies
et les représentants de plusieurs agences ont fait part de leur grande inquiétude au sujet des populations civiles et ont demandé un accès humanitaire sans restrictions dans les zones concernées.

« L'impact sur les communautés a été dévastateur »
a déclaré Ameerah Haq dans un communiqué publié aujourd'hui à Khartoum.

« Des communautés entières ont été forcées à fuir après les dernières attaques contre une série de villages au nord de El Geneina »
a-t-elle expliqué.

Selon elle
des dizaines de civils auraient péri et quelque 58.000 personnes seraient toujours touchées.

L'équipe de l'ONU a également pu voir des maisons brûlées et des constructions civiles -- cliniques
écoles
systèmes d'assainissement -- et des bâtiments des agences humanitaires pillés ou détruits.

Ameerah Haq a renouvelé
de la part des Nations Unies
le souhait de recevoir l'assurance que les communautés ne sauront plus soumises à ces attaques indiscriminées. « Ces civils ont droit à la protection »
a-t-elle insisté.

La coordonnatrice humanitaire a également souligné le besoin
pour les travailleurs humanitaires
d'avoir accès aux communautés touchées afin de leur livrer de l'alimentation
des médicaments
des couvertures
et d'envoyer des ingénieurs pour réparer les systèmes d'approvisionnement en eau.

Parmi les membres de l'équipe qui a visité les villages de Sirba et Sileah figurent des représentants du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
du Fonds des Nations Unies pour l';enfance
du Programme alimentaire mondial
de l';Organisation mondiale de la santé
et du Bureau de la coordination des affaires humanitaires .

 

  Mars 2008

 

 

Soudan: un soldat français porté manquant dans un incident frontalier

Agence France Presse
4 mars 2008

 

Un soldat français de l'Eufor
la force européenne chargée de sécuriser l'est du Tchad et de la Centrafrique
est porté disparu après un incident frontalier meurtrier en territoire soudanais
condamné mardi par le Soudan.

La France a demandé "aux autorités soudanaises" leur aide pour "retrouver" ce soldat
un sergent des forces spéciales françaises
a annoncé le ministre de la Défense Hervé Morin.

Selon l'armée française
un autre soldat français a été blessé dans l'accrochage
survenu dans la région de Tissi. Il a été récupéré et évacué par hélicoptère en République centrafricaine. Le militaire blessé a expliqué que son collègue s'était "effondré" après avoir été pris sous le feu de militaires.

Plus tôt
l'état-major de l'Eufor Tchad-RCA avait annoncé qu'un soldat français était porté disparu au Tchad après un incident survenu au Soudan
où son véhicule avait pénétré par erreur.

Selon Khartoum
des militaires "blancs" ont franchi à deux reprises la frontière non balisée entre le sud-est du Tchad et la région en guerre civile du Darfour
à l'ouest du Soudan
déclenchant un échange de tirs meurtrier avec l'armée soudanaise.

"A 17H00 (13H00 GMT) hier (lundi)
une jeep militaire a traversé un barrage soudanais à cinq kilomètres à l'intérieur du Soudan et a échangé des coups de feu" avec les militaires soudanais postés au barrage
a expliqué le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères
Ali al-Sadiq.

"La jeep a été entièrement détruite
cinq ou six soldats blancs ont fui à pied vers le Tchad et n'ont pas été poursuivis"
a ajouté le porte-parole.

"Une heure plus tard
trois autres jeeps militaires protégées par un hélicoptère sont revenues et des dégâts ont été rapportés"
a-t-il poursuivi. Selon le ministère
l'incident a fait une victime civile mais aucun soldat étranger n'a été fait prisonnier.

De son côté
l'armée soudanaise a fait état de deux morts soudanais dans l'incident
un militaire et un civil
accusant les forces étrangères d'avoir délibérément franchi la frontière.

"Vous ne pouvez pas faire quelque chose deux fois et dire que c'est une erreur"
a lancé le porte-parole de l'armée
Osman Mohammed al-Agbash.

Un porte-parole de la mission de paix UA-ONU au Darfour (Minuad)
théâtre depuis 2003 de violences ethniques entre rebelles et forces soudanaises
a indiqué que la mission tentait toujours "d'établir les détails" de l'incident.

Le lieutenant-colonel Patrick Poulain
officier de presse de l'Eufor à N'Djamena
a déclaré mardi que "le véhicule dans lequel se trouvait ce soldat a traversé la frontière par +inadvertance+".

L'Eufor Tchad-RCA est chargée de veiller à la sécurité d'une mission de police de l'ONU
des centaines de milliers de réfugiés soudanais du Darfour et de personnes déplacées dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique.

L'Eufor
dont le déploiement a été retardé par l'offensive de rebelles tchadiens sur N'Djaména en février
doit compter 3.700 soldats dont 2.100 Français.

Le Soudan a affirmé qu'il s'assurerait qu'un tel incident "sérieux" ne se reproduise pas
avertissant l'Eufor qu'elle n'avait pas mandat pour franchir la frontière. Mais Khartoum ne veut pas "faire monter la tension avec le Tchad (...) et nous voulons maintenir un esprit de coopération et de compréhension"
a souligné le porte-parole de la diplomatie soudanaise.

En cinq ans
le conflit au Darfour a fait près de 200.000 morts
selon des organisations internationales
et plus de 2 millions de déplacés. Khartoum conteste ce bilan et chiffre le nombre des victimes à 9.000.

En février
un haut responsable de l'ONU avait mis en garde contre le risque de déstabilisation de la région par les activités des rebelles au Tchad et au Soudan
qui pourrait dégénérer en guerre régionale

.

  Mars 2008

 

 

Un soldat français porté manquant dans un incident frontalier

 

Agence France Presse
4 mars 2008

 

Un soldat français de l'Eufor
la force européenne chargée de sécuriser l'est du Tchad et de la Centrafrique
est porté disparu après un incident frontalier meurtrier en territoire soudanais
condamné mardi par le Soudan.

La France a demandé "aux autorités soudanaises" leur aide pour "retrouver" ce soldat
un sergent des forces spéciales françaises
a annoncé le ministre de la Défense Hervé Morin.

Selon l'armée française
un autre soldat français a été blessé dans l'accrochage
survenu dans la région de Tissi. Il a été récupéré et évacué par hélicoptère en République centrafricaine. Le militaire blessé a expliqué que son collègue s'était "effondré" après avoir été pris sous le feu de militaires.

Plus tôt
l'état-major de l'Eufor Tchad-RCA avait annoncé qu'un soldat français était porté disparu au Tchad après un incident survenu au Soudan
où son véhicule avait pénétré par erreur.

Selon Khartoum
des militaires "blancs" ont franchi à deux reprises la frontière non balisée entre le sud-est du Tchad et la région en guerre civile du Darfour
à l'ouest du Soudan
déclenchant un échange de tirs meurtrier avec l'armée soudanaise.

"A 17H00 (13H00 GMT) hier (lundi)
une jeep militaire a traversé un barrage soudanais à cinq kilomètres à l'intérieur du Soudan et a échangé des coups de feu" avec les militaires soudanais postés au barrage
a expliqué le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères
Ali al-Sadiq.

"La jeep a été entièrement détruite
cinq ou six soldats blancs ont fui à pied vers le Tchad et n'ont pas été poursuivis"
a ajouté le porte-parole.

"Une heure plus tard
trois autres jeeps militaires protégées par un hélicoptère sont revenues et des dégâts ont été rapportés"
a-t-il poursuivi. Selon le ministère
l'incident a fait une victime civile mais aucun soldat étranger n'a été fait prisonnier.

De son côté
l'armée soudanaise a fait état de deux morts soudanais dans l'incident
un militaire et un civil
accusant les forces étrangères d'avoir délibérément franchi la frontière.

"Vous ne pouvez pas faire quelque chose deux fois et dire que c'est une erreur"
a lancé le porte-parole de l'armée
Osman Mohammed al-Agbash.

Un porte-parole de la mission de paix UA-ONU au Darfour (Minuad)
théâtre depuis 2003 de violences ethniques entre rebelles et forces soudanaises
a indiqué que la mission tentait toujours "d'établir les détails" de l'incident.

Le lieutenant-colonel Patrick Poulain
officier de presse de l'Eufor à N'Djamena
a déclaré mardi que "le véhicule dans lequel se trouvait ce soldat a traversé la frontière par +inadvertance+".

L'Eufor Tchad-RCA est chargée de veiller à la sécurité d'une mission de police de l'ONU
des centaines de milliers de réfugiés soudanais du Darfour et de personnes déplacées dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique.

L'Eufor
dont le déploiement a été retardé par l'offensive de rebelles tchadiens sur N'Djaména en février
doit compter 3.700 soldats dont 2.100 Français.

Le Soudan a affirmé qu'il s'assurerait qu'un tel incident "sérieux" ne se reproduise pas
avertissant l'Eufor qu'elle n'avait pas mandat pour franchir la frontière. Mais Khartoum ne veut pas "faire monter la tension avec le Tchad (...) et nous voulons maintenir un esprit de coopération et de compréhension"
a souligné le porte-parole de la diplomatie soudanaise.

En cinq ans
le conflit au Darfour a fait près de 200.000 morts
selon des organisations internationales
et plus de 2 millions de déplacés. Khartoum conteste ce bilan et chiffre le nombre des victimes à 9.000.

En février
un haut responsable de l'ONU avait mis en garde contre le risque de déstabilisation de la région par les activités des rebelles au Tchad et au Soudan
qui pourrait dégénérer en guerre régionale

 

  Mars 2008

 

 

Un soldat français porté manquant dans un incident frontalier

Agence France Presse
Khartoum
4 mars 2008

 

Près de 20.000 personnes sont "prises au piège" dans une zone montagneuse et isolée de l'ouest du Darfour
dont l'accès a été refusé à des travailleurs humanitaires par des rebelles en conflit avec le gouvernement soudanais
a indiqué lundi une haute responsable de l'ONU.

D'après Ameerah Haq
la coordinatrice humanitaire des Nations unies au Soudan
près de 20.000 personnes se trouvent à Jebel Moon
dans une zone du Darfour récemment dévastée par des combats entre les forces gouvernementales et les rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM).

"Ce matin
nous devions évaluer la situation là-bas mais l'accès nous a été refusé par le JEM. Nous appelons donc le JEM à nous laisser passer"
a-t-elle affirmé à la BBC.

A la question de savoir si ces personnes étaient prises au piège
Mme Haq a répondu: "Oui
en un sens elles le sont".

"Nous sommes préoccupés car nous ne savons pas s'ils ont assez (de réserves)
en particulier de nourriture. Ils se sont réfugiés là-bas mais nous n'avons aucun contact avec eux (...)
je pense qu'il est urgent
comme je l'ai dit
d'avoir accès aux gens rapidement à Jebel Moon"
a-t-elle poursuivi.

Mme Haq
la plus haute représentante humanitaire de l'ONU en poste au Soudan
s'est en outre dite inquiète de mouvements de troupes du gouvernement.

"Nous avons eu des informations sur plusieurs convois et d'autres mouvements de troupes vers cette zone (...). Nous sommes inquiets de ce qui va se passer à Jebel Moon en raison des mouvements de troupes là-bas"
a-t-elle affirmé.

En cinq ans
le conflit au Darfour a fait près de 200.000 morts
selon des organisations internationales
et plus de 2 millions de déplacés. Khartoum conteste ce bilan et chiffre le nombre des victimes à 9.000.

"Des populations innocentes sont l'objet d'attaques de toutes parts
du JEM et du gouvernement"
a-t-elle ajouté.

"Beaucoup d'ONG et de quartiers d'humanitaires ont été attaqués et un certain nombre d'ONG ont eu des membres de leur personnel tués"
a-t-elle dit.

Mme Haq
qui a effectué deux visites en deux semaines dans l'ouest du Darfour
a décrit la dévastation qu'elle y a vue.

Beaucoup de maisons ont été "brûlées et rasées" dans le village de Sirba
a-t-elle affirmé
ajoutant que 73 enfants étaient portés disparus depuis que des milliers de personnes ont fui vers la brousse lorsque les villages ont été attaqués.

Mme Haq a exhorté le gouvernement soudanais à déployer la police immédiatement
appelant aussi au déploiement des troupes de la Minuad
la mission de paix UA-ONU au Darfour
dans les zones affectées ainsi qu'à un accès libre pour les humanitaires.

En tout
les Nations unies estiment que 58.000 personnes restent affectées par la violence dans cette partie du Darfour.

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) affirme que 13.000 réfugiés ont fui le Darfour vers le Tchad voisin
depuis que l'armée soudanaise et les miliciens janjawids qui lui sont alliées ont commencé à bombarder des bastions rebelles autour de Jebel Moon le 8 février.

L'armée soudanaise a décrit la zone le mois dernier comme une cible militaire "légitime".

 

  Mars 2008

 

 

Un soldat français de l'Eufor disparu au Soudan

 

L'Ex press avec Reuters
4 mars 2008 par James MacKenzie et Alaa Shahine
version française Eric Faye

 

Un soldat français de la force européenne Eufor en cours de déploiement dans l'est du Tchad est porté disparu et un autre a été blessé après s'être perdus et être entrés par erreur en territoire soudanais où ils ont été pris dans des tirs avec des soldats soudanais rapportent les autorités françaises.

 

Les autorités soudanaises ont dit ne pas être courant qu'un soldat avait disparu mais ont signalé des tirs entre des "soldats blancs" et une unité soudanaise
au cours desquels un civil a été tué.

Christophe Prazuck
porte-parole de l'armée française
a déclaré que deux soldats français
en patrouille de reconnaissance
avaient pénétré accidentellement en territoire soudanais où ils avaient essuyé des tirs d'infanterie.

"L'un des deux a été blessé
il a pu revenir sur ses pas
là il a retrouvé d'autres militaires de la force européenne qui étaient venus voir l'origine des tirs (...) Par contre
nous n'avons aucune nouvelle de l'autre militaire qui était sur ce véhicule égaré"
a dit Christophe Prazuck sur France Info.

Le ministre de la Défense
Hervé Morin
a expliqué que les deux hommes avaient traversé la frontière "sans s'en rendre compte" et dit avoir sollicité l'aide du Soudan.

"Nous demandons aux autorités soudanaises qu'elles nous aident à retrouver le soldat qui est porté disparu
qui est un sergent
mais nous n'avons aucune nouvelle précise"
a-t-il dit à la presse.

Un porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères
Ali al Sadig
a déclaré qu'une petite force de "soldats blancs à bord d'une jeep militaire" était entrée lundi au Soudan en provenance du Tchad.

"Ils (les occupants de la jeep) ont ouvert le feu sur un poste de contrôle de l'armée soudanaise. Les nôtres ont riposté et ont immobilisé la jeep
sans faire de victimes"
a-t-il dit.

"Les soldats (de la jeep) ont fui à pied. Nous ignorons s'il s'agissait de Français. Nous ignorons s'ils étaient entrés au Soudan à dessein ou non"
a ajouté le porte-parole.

Selon lui
une force plus importante
appuyée par un hélicoptère
a franchi peu après la frontière entre le Tchad et le Soudan et des tirs l'ont opposée aux mêmes militaires soudanais. "Dans cet affrontement
un civil soudanais a été tué"
a dit Sadig.

L'Eufor
qui comptera au total 3.700 soldats de 14 pays
dont un grand nombre de Français
a pour mission d'assurer la protection de plus de 400.000 civils dans l'est du Tchad.

 

  Mars 2008

Soudan et Tchad : selon Amnesty International
le conflit s'étend

 

Amnesty international avec l'A-F-P
3 mars 2008

 

«Nous avons reçu des informations selon lesquelles le 6 février
au moins trois hommes auraient été exécutés par des membres de l'armée tchadienne.

Leurs corps sans vie ont ensuite été jetés dans le fleuve Chari.

En cette matinée du 7 février
leurs cadavres auraient été repêchés par des agents de l'administration tchadienne »
a indiqué Tawanda Hondora
directeur adjoint du programme Afrique d'Amnesty International.

On ignore l'identité de ces trois hommes
mais on pense qu'ils appartiennent au même groupe ethnique que les groupes armés d'opposition qui ont mené des attaques contre la capitale N'Djamena durant le week-end.

L'organisation craint que les autorités tchadiennes ne se lancent dans une chasse aux sorcières d'envergure pour traquer les personnes perçues comme appartenant aux groupes armés d'opposition.

Alors que le président Idriss Déby
le 6 février
a insisté sur le fait que les forces gouvernementales avaient repris le contrôle du pays
il ajoutait que certains rebelles se trouvaient à N'Djamena déguisés en civils.

Amnesty International a reçu des informations qui laissent entendre que l'armée tchadienne va poursuivre ses arrestations illégales visant des civils et des membres de la société civile
notamment des journalistes et des défenseurs des droits humains.

 

Le rôle de la France

 

Le 6 février
jour où les exécutions extrajudiciaires auraient eu lieu
le ministre français de la Défense Hervé Morin
présent à N'Djamena
a assuré le président Idriss Déby du soutien sans faille de la France.

«Les exécutions extrajudiciaires et les arrestations arbitraires constituent de graves violations des droits fondamentaux et sont proscrites par la loi tchadienne et les instruments internationaux relatifs aux droits humains auxquels le Tchad est partie.

Elles doivent cesser immédiatement
a déclaré Tawanda Hondora.

«Nous exhortons la France à user de son influence pour inciter les autorités tchadiennes à enquêter sur ces exécutions extrajudiciaires présumées et à prévenir de tels agissements. Leurs auteurs doivent être tenus pour pénalement responsables.»

 

Les opposants politiques

 

Amnesty International a lancé dès le 5 février 2008 une action en faveur de quatre dirigeants tchadiens de l'opposition arrêtés par les forces de sécurité à N'Djamena le 3 février.

Lol Mahamat Choua
Ngarlejy Yorongar
Ibni Oumar Mahamat Saleh et Wadel Abdelkader Kamougué sont des personnalités renommées de l'opposition politique.

Bien qu'on ignore toujours où ils se trouvent
des informations reçues par Amnesty International laissent à penser qu'ils seraient actuellement détenus dans le palais présidentiel et qu'ils risquent de graves risques d'être torturés o victimes de disparitions forcées.

«Le gouvernement tchadien doit sans plus attendre révéler ce qu'il est advenu des quatre hommes et dévoiler les motifs de leur arrestation. Il doit également informer leurs familles et leurs avocats de leur sort. Enfin
les autorités doivent les inculper d'une infraction prévue par la loi ou les libérer sans délai.»

«Il semble que le gouvernement tchadien profite du conflit actuel avec l'opposition armée pour mettre derrière les barreaux des personnes qui dénoncent sa politique de manière pacifique
a poursuivi Tawanda Hondora.

«Tandis que le monde a les yeux rivés sur les combats qui font rage
ces personnes sont arrêtées chez elles - et nous ne savons pas ce qui va leur arriver par la suite.»

 

Résumé de la situation

 

Depuis 2003
répartis dans 12 camps de réfugiés au Tchad
240 000 Darfouris ont fui devant les attaques perpétrées contre leurs villages par les forces armées soudanaises
les milices Janjawids et des groupes armés d'opposition. Ils dépendent presque entièrement de l'aide humanitaire.
En 2005
les attaques se sont progressivement étendues au Tchad où des groupes armés ont pillé des villages et tué des fermiers locaux
en s'en prenant spécifiquement aux membres de certains groupes ethniques comme les Dajos et les Masalits
systématiquement et inlassablement chassés de chez eux. Plus de 180 000 Tchadiens vivent aujourd'hui dans des campements installés dans et autour des camps de réfugiés dans l'est du Tchad.

Les principaux responsables sont des miliciens connus sous le nom de Janjawids - dont certains sont originaires du Soudan et d'autres du Tchad -
ainsi que d'autres groupes armés tchadiens.

Le gouvernement du Soudan n'a pris aucune mesure pour empêcher ces attaques transfrontalières
laissant ainsi les Janjawids
souvent porteurs de cartes d'identité de paramilitaires soudanais
attaquer
piller et tuer sur le territoire tchadien comme ils l'ont fait au Darfour.

Le Soudan et le Tchad s'accusent mutuellement d'appuyer
de protéger et d'armer les groupes armés d'opposition.

Les relations entre les deux pays se sont détériorées à tel point que
le 28 novembre 2006
le gouvernement tchadien s'est dit en «état de guerre » avec le Soudan.

Le 25 septembre 2007
le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l'unanimité la résolution 1778
autorisant la mise en place dans l'est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine d'une opération des Nations unies (MINURCAT)
appuyée par une force militaire européenne
l'EUFOR.

Selon les termes de cette résolution
en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations unies
l'EUFOR a pour mandat de contribuer à la protection des civils.

Face à l'intensification du conflit entre le gouvernement tchadien et les mouvements rebelles
notamment lors des 2 et 3 février 2008

les forces de l'EUFOR ont retardé leur déploiement pour le faire débuter qu' à partir du 12 février.

L'aggravation du conflit pourrait avoir des conséquences désastreuses sur la population déjà très affectée de l'est du Tchad.

L'insécurité a contraint les organismes internationaux d'aide humanitaire à évacuer leur personnel des camps de réfugiés
et les autorités ont fait de même avec les gendarmes qui assuraient un minimum de sécurité dans les camps.

 

«Les civils tchadiens ont un besoin urgent de protection et de services de base. Les organisations humanitaires devraient être autorisées à intervenir librement et sans crainte partout dans le pays.»

«L'aggravation des tensions va avoir des conséquences désastreuses pour les hommes
les femmes et les enfants qui attendent depuis si longtemps d'être protégés»
a conclu Tawanda Hondora.

 

  Mars 2008

 

Mini-sommet à Dakar le 12 mars pour la paix entre Tchad et Soudan

 

Agence France Presse
Dakar
3 mars 2008

 

Le président sénégalais Abdoulaye Wade a annoncé dimanche à Dakar qu'il recevra ses homologues du Tchad et du Soudan à la veille du sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI)
le 12 mars
dans le cadre d'une médiation pour la paix entre ces deux pays.

M. Wade
cité dans la nuit de dimanche à lundi par la télévision publique RTS
s'exprimait lors d'une visite dimanche après-midi des chantiers en cours d'exécution à Dakar en vue du 11e sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI)
prévu les 13 et 14 mars.

Le mini-sommet de la paix est prévu "à la veille du sommet de l'OCI"
le 12 mars
a-t-il dit.

Selon lui
outre les présidents tchadien Idriss Deby et soudanais Omar el-Béchir
devraient y prendre part les président gabonais Omar Bongo Ondimba
l'ex-président de la Commission de l'Union africaine (UA) Alpha Oumar Konaré
et le président en exercice de l'UA
le Tanzanien Jakaya Kikwete.

"Le secrétaire général des Nations unies est en train de voir son agenda pour pouvoir être présent. Nous espérons que ce sommet va apporter la paix définitive dans cette région d'Afrique qui
malheureusement
est très profondément affectée depuis des années"
a ajouté M. Wade.

Le Tchad et le Soudan
pays voisins à la frontière poreuse
ont des relations très tendues et s'accusent mutuellement de déstabilisation par groupes armés interposés.

A son retour vendredi soir à Dakar d'une tournée dans quatre pays
le président sénégalais avait affirmé avoir reçu le soutien de l'Egypte et de la Libye pour conduire la médiation entre le Tchad et le Soudan.

Il avait expliqué à l'antenne de la RTS avoir saisi l'Egypte pour ses "relations très étroites avec le Soudan"
et la Libye "sans l'implication (de laquelle) il ne peut pas y avoir de paix entre (le Tchad et le Soudan) et même dans la région".

Il avait précisé avoir accepté de conduire cette médiation à la demande d'Idriss Deby Itno.

Samedi soir
la Raddho
une ONG basée à Dakar a annoncé qu'il avait accepté de recevoir l'opposition armée tchadienne pour faciliter "un dialogue inter-tchadien" impliquant opposants armés et toutes les composantes du pays

 

  Mars 2008

 

 

Sud Soudan: des affrontements entre nomades et ex-rebelles font 78 morts

Agence France presse
Juba
3 mars 2008

 

Au moins 69 nomades arabes et neuf soldats ont été tués dans des heurts avec des ex-rebelles sudistes dans le sud du Soudan
a annoncé dimanche le chef d'état-major de l'ex-rébellion sudiste.

Les accrochages qui ont eu lieu samedi ont également fait 120 blessés
dont 97 nomades et 21 soldats
a déclaré le général Hoth Mai à l'AFP à Juba
la capitale du Sud-Soudan.

"Ils ne veulent pas voir de (soldats de la) l'Armée populaire de Libération du Soudan (SPLA)
ils veulent que (ces troupes) se déplacent de 40 km plus au sud
et loin du Nil"
a-t-il dit à l'AFP
en référence à l'attitude de la partie adverse.

"C'est l'un des incidents les plus sérieux dans la région"
a déclaré à l'AFP à Khartoum le Mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM)
la branche politique issue du SPLA.

Le SPLM a accusé les nomades arabes d'avoir tendu une embuscade à des troupes de la SPLA
et le gouvernement central de Khartoum d'être derrière l'attaque.

Le Parti du congrès national du président Omar el-Béchir "doit se mettre en tête qu'il ne peut pas gagner de guerre. Cela affectera le processus de paix"
a jugé le SPLM.

Un chef tribal
Moukhtar Babou Nemir
a toutefois assuré que l'attaque nomade avait fait suite à un raid du SPLA contre un village
qui a fait un mort.

Des premiers combats avaient éclaté le 21 décembre
près de la région pétrolifère controversée d'Abyei
faisant une centaine de morts: une milice arabe soutenue par Khartoum a attaqué une garnison de la SPLA
après le refus de celle-ci d'autoriser l'entrée de nomades armés dans le sud du Soudan.

Les violences de décembre avaient pris fin après que le dirigeant du sud Soudan
Salva Kiir
également vice-président du pays
eut demandé à ses forces de permettre aux nomades de se déplacer vers le sud pour faire paître leurs troupeaux
espérant qu'ils retourneraient dans le nord pendant la saison sèche.

Un accord de paix global a été signé en 2005 entre Khartoum et l'ex-rébellion sudiste
mais les relations entre les parties restent tendues notamment sur le statut de la région d'Abyei
dont le pétrole se trouve à la limite entre les parties nord et sud du Soudan

 

  Mars 2008

 

 

Paris à l'épreuve du guêpier tchadien

 

Le Monde par Jean-Philippe Rémy
1 er mars 2008

 

L a bataille de N'Djamena
au final
n'aura fait que des vaincus. D'un point de vue technique
les combats dans la capitale tchadienne entre les forces loyalistes et des groupes rebelles tchadiens se sont soldés par une victoire du président Idriss Déby. Celui-ci a non seulement survécu
mais repoussé l'ennemi rebelle venu des confins soudanais. A quel prix ! Dans sa capitale
Idriss Déby vit en "maire de N'Djamena" assiégé. Les rebelles
qui ont été à deux doigts de prendre le pouvoir
début février
se sont repliés non loin du Soudan
à plusieurs centaines de kilomètres
d'où ils menacent de lancer une nouvelle offensive. Alors
on enserre la capitale d'un long fossé antichar de 40 kilomètres et
en attendant le retour des rebelles
on traque un "ennemi" qui semble surtout intérieur.

La population
pour commencer
subit une punition en règle. L'acclamation des rebelles à leur entrée en ville
les pillages de quelques-uns se paient à présent au prix fort. N'Djamena subit des exactions de soldats
des fouilles musclées
des destructions de certains quartiers périphériques. Le président Déby a-t-il aussi l'intention de "punir" certains membres de son entourage
membres de son groupe ethnique (Bideyat et Zaghawa) qui se sont dérobés à l'heure de défendre le "fennec" (le chef de l'Etat) ? Lorsque celui-ci a mené une grosse colonne (400 véhicules) à une centaine de kilomètres de la ville pour affronter l'ennemi qui approchait
il a frôlé le pire
esquivant deux embuscades d'autant mieux tendues qu'un officier supérieur avait communiqué les fréquences radio loyalistes aux rebelles. Son chef d'état-major
lui
n'a pas échappé au piège
tué par un autre officier félon.

Sans appuis extérieurs
le dispositif militaire de N'Djamena se serait effondré comme un château de cartes
le 2 février. Puisqu'une partie notable de l'entourage zaghawa avait failli ou trahi
la défense de la présidence a été assurée avec l'appoint d'éléments d'autres groupes
notamment Sara et Hadjaraïs. Ces derniers sont déjà intégrés dans la garde personnelle du président Déby depuis l'échec
en 2004
d'une tentative de coup d'Etat organisée par des proches. Depuis
c'est un coopérant militaire français qui gère
à la présidence
l'organisation de cette garde et veille à en "diversifier les origines"
euphémisme pour désigner l'isolement croissant d'Idriss Déby au sein des siens
qui vaut menace de mort au Tchad. Le "fennec"
afin de tenir
est contraint de jouer les groupuscules les uns contre les autres. Pour combien de temps ?

Ces interrogations n'ont pas entamé la volonté de Paris de "sauver le soldat Déby". S'appuyant sur des accords de coopération militaire
Paris a procuré aux forces loyalistes du kérosène pour les aéronefs
du renseignement (positions des rebelles
interception de communications diverses
civiles et militaires)
des rations de combat (10 000)
des soins pour les blessés et des capacités logistiques
permettant notamment d'acheminer des munitions libyennes pour les chars T55. Au-delà
le rôle de Paris a surtout été crucial dans l'organisation de la bataille de N'Djamena. Selon des sources convergentes
c'est "un responsable militaire français en poste à N'Djamena qui a coordonné la défense de la ville
avec une structure à la présidence"
. En témoigne cette conversation entre un coopérant militaire français et un haut responsable tchadien
tous deux en battle-dress
entendue début février à la présidence tchadienne : "Ils (les rebelles) vont revenir"
affirme l'officier tchadien. "Oui
ils vont revenir

opine le militaire français
et on va leur remettre une patate."

A Khartoum
inversement
il a fallu déchanter lorsque la "victoire" des rebelles tchadiens s'est avérée ne pas en être une. En vingt-quatre heures
Idriss Déby
ses hélicoptères
ses chars et ses conseillers français ont renvoyé les trois groupes rebelles vers l'est du Tchad
où ils reconstituent leurs forces avec l'appui des services de renseignement soudanais
qui les "gèrent" sur leurs lignes hors budget
à hauteur de plusieurs dizaines de millions de dollars. Entre le Tchad et le Soudan se joue une guerre par procuration
dans laquelle les alliances croisées entre gouvernements et rebelles enracinent la guerre civile au Darfour plus qu'elles ne l'apaisent. En sauvant Idriss Déby
la France n'a donc pas plus sauvé le Tchad que le Darfour.

 

"Diplomatie du Jaguar"

 

Cette forme d'engagement est-elle compatible avec le renouveau des relations entre la France et l'Afrique promis par Nicolas Sarkozy ? Il y a contradiction entre la volonté de renouvellement des relations France-Afrique et la réactivation
face au danger
des anciens réflexes de solidarité avec les chefs d'état de la région. A Bangui
le président Bozizé
arrivé au pouvoir grâce au parrainage d'Idriss Déby
a cru son heure venue quand les rebelles menaçaient de prendre N'Djamena. Le gabonais Omar Bongo Odimba et le Congolais Denis Sassou Nguesso ont
selon des sources concordantes
pesé pour que la France intervienne au Tchad. Selon un bon connaisseur de la région : "Ils ont conscience que si un pays tombe
tous sont en danger. C'est l'éternelle équation des dirigeants de la région."

La "relation décomplexée" avec le continent
mise en avant par le président français
risque dans ces conditions d'être étirée jusqu'à l'éclatement entre la vieille "diplomatie du jaguar" de Paris
qui prévalait dans la région quand y vrombissaient ses avions de chasse
et la tentative actuelle de "multilatéraliser" les opérations françaises en les intégrant dans des initiatives internationales. Paris
au Tchad
est placé face à un test de cette politique
alors qu'a commencé à se déployer dans le pays l'Eufor
une force européenne avec une mission de protection des civils
réfugiés du Darfour et déplacés tchadiens
dont la France est la nation cadre
la principale pourvoyeuse de troupes et
pratiquement
l'âme.

La nature vertueuse des "nouvelles relations" avec l'Afrique aurait dépassé le stade des incantations si l'Eufor était parvenue à intégrer
dans sa dimension politique
des pressions sérieuses pour pousser M. Déby à engager un dialogue politique de fond avec l'opposition "non armée" tchadienne. Alors que des responsables de premier plan de cette opposition sont encore au secret après avoir été arrêtés par les forces loyalistes
et que d'autres responsables politiques se cachent à N'Djamena ou ont pris le chemin de l'exil
quelle place reste-t-il pour un dialogue ? Campés sur leurs stocks d'armes et leurs alliances
un président isolé et des rebelles divisés se font face au Tchad
séparés seulement par un espace vide
idéal pour les rezzous.

.

  Mars 2008

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