Nous référençons un certain nombre
d'articles sur le Soudan |
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Xinhuanet, 31 janvier 2008
La Russie enverra 40 soldats de la paix supplémentaires au Soudan mercredi après l'arrivée sur place d'un premier contingent de 80 hommes, a rapporté mardi l'agence de presse Itar-Tass. Les premiers soldats russes sont arrivés à l'aéroport soudanais de Juba mardi à bord d'un avion militaire pour prendre la relève des 120 soldats de l'armée de l'air présents sur place, a informé le porte-parole de l'armée de l'air, le colonel Alexander Drobyshevsky cité par l'agence. Les 40 autres soldats arriveront avec du matériel technique à destination des 4 hélicoptères et des 120 pilotes et techniciens. Le groupe de militaires russes a été envoyé au Soudan pour y assurer le transport de matériel humanitaire et l'évacuation des malades et des blessés, mais il ne sera engagé dans aucun combat, a précisé le général Viktor Ivanov de l'armée de l'air.
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Jeune Afrique avec l'AFP, 31 janvier 2008
L'armée tchadienne, menée par le président Idriss Deby Itno, s'est déployée jeudi soir autour de N'Djamena après avoir tenté de contrer l'avancée d'une importante colonne rebelle qui dit être "aux portes" de la capitale.
Le commandant sur le terrain de la force européenne au Tchad et en Centrafrique (Eufor), le général français Jean-Philippe Ganascia, a assuré à N'Djamena que cette offensive ne perturberait pas le déploiement des 3.700 militaires de l'opération, dont 2.100 Français, qui vient de commencer
Issus d'une alliance formée en décembre par les trois principaux groupes armés tchadiens, dirigés par Mahamat Nouri, Timan Erdimi et Abdelwahid Aboud Makaye, les rebelles sont entrés au Tchad lundi depuis le Soudan. Depuis, leur colonne de 300 véhicules pick-up pouvant transporter dix à quinze hommes a traversé le pays, sur environ 700 km, évitant l'armée et l'affrontement direct. "Nous sommes aux portes de N'Djamena", a déclaré jeudi en fin d'après-midi à l'AFP Timan Erdimi, la colonne "s'est divisée en plusieurs groupes autour de la ville". l'Armée nationale tchadienne (ANT) était partie, depuis mercredi, en direction des positions rebelles à environ 250 km de N'Djamena, afin de les contrer. Le président Deby, arrivé au pouvoir par les armes en 1990, lui aussi depuis le Soudan, était à sa tête comme il le fait souvent, avant de regagner la ville jeudi après-midi. "L'ANT a changé de stratégie, elle est revenue former une ceinture autour de la ville", a affirmé une source militaire, confirmant que les rebelles ont encore progressé et se sont scindés en plusieurs colonnes. "Les rebelles sont à 150 km de N'Djamena", ont indiqué des sources militaires tchadiennes jeudi soir.
Timan Erdimi a adressé un ultimatum au président Deby.
"Si d'ici demain il n'y a pas de négociations, il y aura la guerre", a-t-il prévenu, réclamant le "partage du pouvoir" mais sans faire du départ du chef de l'Etat, dont il est un neveu, un préalable. Il s'agit de la plus importante avancée rebelle vers N'Djamena depuis avril 2006, quand une colonne de moins d'une centaine de véhicules avait été repoussée aux portes de la ville. Dans la capitale, constamment survolée par des hélicoptères, les rues se sont progressivement dépeuplées jeudi. Le lycée français est resté fermé, et l'ambassade de France a appelé ses 1.500 ressortissants à limiter leurs déplacements. Présente au Tchad avec le dispositif Epervier, l'armée française continue de mener, comme par le passé, des missions de reconnaissance aérienne, et à fournir des renseignements aux autorités, ce que dénonce la rébellion. Paris a assuré suivre "avec beaucoup d'attention" la situation au Tchad. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le gouvernement avait confirmé l'avancée rebelle, tout en assurant contrôler la situation. "Le Tchad s'attendait à une action de leur part, nous y étions préparés", a expliqué un conseiller de M. Deby. Jusque-là incapables de s'unir, notamment en raison de leur appartenance à des ethnies antagonistes, les groupes armés se sont alliés à la mi-décembre sous la pression du Soudan voisin, d'après N'Djamena et des observateurs étrangers. Comme par le passé, N'Djamena a accusé Khartoum d'avoir équipé les rebelles, affaiblis par les combats de la fin 2007. "Il y a une fenêtre de tir avant le déploiement effectif de la force européenne, qui risque de figer les positions sur le terrain et dont les Soudanais ne veulent pas", estime un observateur étranger. L'offensive coïncide avec le lancement de l'Eufor, censée protéger dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique les réfugiés soudanais du Darfour voisin ainsi que les déplacés internes tchadiens et centrafricains, soit 450.000 personnes. Evoquant un possible retard "de quelques jours" dans le déploiement en raison de l'avancée rebelle, le général Ganascia a assuré que ce type d'action militaire ne concernait pas la force européenne
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Le Monde 30 janvier 2008 par Laurent Zecchini
L es ministres européens des affaires étrangères ont approuvé, lundi 28 janvier, l'envoi d'une force d'environ 3 700 soldats dans l'est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine. Ces militaires seront notamment chargés d'assurer la sécurité de plus de 400 000 réfugiés du Darfour et de personnes déplacées à l'intérieur du Tchad. Leur zone d'intervention s'étendra sur 400 kilomètres d'est en ouest, et 800 kilomètres du nord au sud. Il s'agit de la cinquième et de la plus importante opération militaire conduite dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD), et elle s'effectuera sans l'assistance des moyens militaires de l'OTAN. A ce titre, elle constitue un test de crédibilité pour la politique européenne de défense, laquelle a déjà pâti des difficultés rencontrées par l'Union européenne (UE) pour réunir les concours nécessaires : sans la décision française de fournir plus de la moitié des effectifs (2 100 soldats) et une bonne partie des équipements (notamment neuf hélicoptères sur douze ou treize), l'opération serait encore dans les limbes. Revers de la médaille : cette forte contribution française tend à accréditer la thèse selon laquelle Eufor va de facto conforter un régime tchadien affaibli, fortement soutenu par Paris.
Groupes rebelles
Les financements communs ont été portés de 99 à 119,6 millions d'euros, mais ils ne représenteront guère plus de 15 % du coût total de l'opération. La Grande-Bretagne et l'Allemagne n'enverront aucun soldat sur le terrain. Baptisée "Eufor Tchad-RCA", cette opération s'inscrit dans le cadre d'une approche régionale de la crise du Darfour, à laquelle la communauté internationale a décidé de répondre par l'envoi sur place d'une "force hybride" des Nations unies et de l'Union africaine, la Minuad, composée de 20 000 soldats et de quelque 6 000 policiers. Plus encore que l'Eufor, la Minuad peine à réunir les contributions militaires et logistiques nécessaires, et elle ne sera sans doute pas à pied d'œuvre avant la fin du premier semestre 2008. Sa mission se déroulera dans des conditions difficiles, comme en a témoigné l'attaque émanant d' "éléments de l'armée soudanaise" , qu'elle a subie le 8 janvier. A priori, l'Eufor devrait se déployer sur un terrain d'opération moins aléatoire. Une haute source militaire française assure même qu'il s'agira d'un "environnement permissif" , dans la mesure où les forces tchadiennes du président Idriss Déby ne ne devraient voir que des avantages à l'arrivée d'une force européenne dont la seule présence contribuera à stabiliser la partie la plus disputée du territoire tchadien, proche de la frontière soudanaise. Le gouvernement de N'Djamena est soumis à des attaques récurrentes de la part de groupes rebelles dont les bases arrière se situent en territoire soudanais. A l'inverse, les rebelles du Darfour trouvent refuge au Tchad. A plusieurs reprises, le dispositif militaire français "Epervier" (qui dispose de 1 100 soldats au Tchad) est intervenu pour prêter main forte à l'armée tchadienne, notamment en faisant décoller ses avions de combat Mirage basés à N'Djamena. La France a assuré que ses soldats, pas plus que ceux de l'Eufor, n'ont vocation à s'opposer aux incursions rebelles ou à contrôler les frontières tchadiennes. En cas de besoin, les Mirage français apporteront cependant leur concours aux soldats européens. Le remplacement au bout d'un an de l'Eufor, qui est une mission militaire "de transition" , par une force des Nations unies, est jugé "irréaliste" par certains experts, qui évoquent le risque d' "enlisement" de la force européenne. L'Eufor devra contribuer à la protection "des civils en danger" , ce qui vise les quelque 241000 réfugiés soudanais du Darfour installés dans l'est du Tchad, et les 3000 autres concentrés dans la zone de Birao, en République centrafricaine, ainsi que les 179 000 Tchadiens et 20 000 Centrafricains "déplacés" dans leurs pays respectifs. Les soldats européens devront également faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire et protéger les 300 policiers de l'ONU chargés de former 850 policiers locaux pour la sécurité des camps de réfugiés et déplacés. Le "quartier général de force" , commandé par le général français Jean-Philippe Ganascia, est situé à Abéché, alors que l'ensemble de l'opération est sous les ordres du général irlandais Patrick Nash, depuis un quartier général opérationnel établi au Mont Valérien.
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La Croix , C atherine Rebuffel , 29 janvier 2008
Les humanitaires sont inquiets alors que Bruxelles a donné hier son feu vert à l'envoi de 3 700 hommes au Tchad et en République centrafricaine
L'arrivée prochaine et progressive de 3700 soldats de l'Eufor (dont 2 100 Français) au Tchad et en Centrafrique, du début mars à la fin mai, pose problème aux 80 ONG présentes sur le terrain. Solidarités, association présente au Darfour depuis 2004, est sur le point de démarrer une mission d'approvisionnement en eau dans un camp de réfugiés soudanais à Adé, près de la frontière tchadienne. Le plus gênant, pour son directeur Alain Boinet, c'est le terme de «police humanitaire», choisi pour désigner les forces de police tchadiennes qui seront formées par les soldats de l'Eufor afin de sécuriser les zones où sont regroupés les déplacés tchadiens. «Cela induit de fait une confusion des genres», affirme-t-il. En outre, la mission que les soldats de l'Eufor ont reçue de l'ONU de protéger les convois humanitaires et les camps de réfugiés et de déplacés, les autorise à faire usage de la force si nécessaire. «C'est peut-être utile, mais préjudiciable quant à la distinction des rôles de chacun », renchérit-il. Alain Boinet reconnaît que le commandement de l'Eufor s'est montré jusque-là soucieux d'ouverture et de coopération avec la communauté humanitaire. «Ils sont d'accord pour rencontrer les ONG sur place, elles pourront poser des questions et être informées de ce qui se passe. Je pense même qu'une coordination est souhaitable.» Ce que redoutent souvent les humanitaires dans ces situations, c'est la propension qu'ont les soldats à vouloir «faire de l'humanitaire» pour se faire accepter des populations. « Qu'ils se mettent à forer des puits ou à distribuer de l'aide, et la confusion sera totale», renchérit Philippe Conraud, responsable pour l'Afrique centrale à Action contre la faim (ACF). «La sécurité de nos équipes sur place dépend de la perception qu'ont les populations de nous. Avec tous les groupes armés qui vont se retrouver là, entre l'armée tchadienne, l'armée française, l'Eufor, la Minurcat (la force des Nations unies), les mouvements rebelles, cela fait beaucoup». Sans discuter le principe même du déploiement de l'Eufor, Philippe Conraud s'interroge davantage sur les modalités de sa mise en oeuvre et sur son efficacité réelle. « Il y a tellement de zone éloignées et difficiles d'accès... », reprend-il. Autre question préoccupante: la mission prévoit d'organiser le retour des déplacés dans leurs villages. «Il faudra être sûr que cela se fait bien sur la base du volontariat et que les zones soient totalement et durablement sécurisées», reprend Alain Boinet, notant au passage que l'Eufor ne règle aucunement la question du Darfour, « qui reste tout de même à l'origine du problème humanitaire dans l'est du Tchad». Enfin, le déploiement d'une telle force, qui plus est composée majoritairement de soldats français, risque d'entraîner une confusion dans l'esprit des Tchadiens: la vraie mission de l'Eufor ne serait-elle pas de renforcer le pouvoir d'Idriss Déby? C'est la question que peut se poser l'homme de la rue qui a pris l'habitude de voir la France voler au secours du pouvoir en place, chaque fois qu'il est menacé. C'est aussi la crainte exprimée chez ACF: «La France est trop surreprésentée dans ce déploiement de l'Eufor. S'il y a un problème avec des groupes armés, cela risque de retomber sur les humanitaires français». Emmanuel Dupuy, président de l'Institut prospective et sécurité en Europe, relève quant à lui que le retard de six mois pris par le déploiement de l'Eufor a permis à chaque camp de mieux se préparer à l'affrontement. «Les mouvements rebelles se sont unifiés et réarmés. Idriss Déby a fait de même de son côté. Cela ne laisse rien présager de bon. »
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Agence France Presse, N'Djaména, 29 janvier 2008
Théâtre de violents combats récurrents entre armée et rebelles, l'est du Tchad est un terrain miné pour la force européenne qui commence à se déployer afin de sécuriser une zone accueillant plus de 400.000 déplacés internes et réfugiés soudanais. Pour le représentant à N'Djamena du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Serge Malé, l'arrivée de cette mission de 3.700 militaires dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, qui a reçu lundi l'aval définitif de l'Union européenne (UE), est un soulagement. "Cela devrait apporter un peu de stabilité et de sécurité, et ouvrir donc quelques portes à la réinstallation des déplacés dans leurs villages", explique-t-il. Mais le théâtre des opérations de la force, baptisée Eufor Tchad-RCA, s'annonce difficile. Mardi, l'aviation tchadienne a ainsi bombardé des positions de rebelles hostiles au président Idriss Deby Itno à une cinquantaine de kilomètres seulement d'importants camps de réfugiés soudanais du Darfour voisin, que l'opération européenne sera censée protéger. Les affrontements entre les forces gouvernementales et ces groupes armés, souvent très meurtriers, sont fréquents depuis trois ans dans cette région. "Dans la mesure où la sécurité des réfugiés, des déplacés ou des humanitaires n'est pas menacée, il n'est pas dans le mandat de l'Eufor d'intervenir dans les combats entre armée et rebelles", souligne Serge Malé. Les rébellions assurent d'ailleurs ne pas vouloir mettre en danger la population. "Nous avons toujours soigneusement évité les zones où vivent des civils", affirme à l'AFP l'un de leurs chefs, Abakar Tollimi. "Si l'Eufor vient, comme elle le dit, sécuriser les réfugiés et les déplacés, nous n'y voyons aucun inconvénient". Pour autant, les rebelles ajoutent ne pas être persuadés des bonnes intentions de la force européenne, en raison du rôle prépondérant de la France, alliée du président Deby. Pour éviter que l'opération ne tombe à l'eau faute notamment de moyens aériens, Paris a dû accroître sa participation et va fournir 2.100 hommes à l'Eufor, en plus des 1.100 soldats du dispositif Epervier déjà présent au Tchad, qui apporte une aide logistique et du renseignement aérien à N'Djamena. "Si les Français continuent à soutenir Deby sous la casquette de l'Eufor, nous les attaquerons", prévient Abakar Tollimi. Selon un diplomate africain, "même si le mandat des Européens n'est pas de s'interposer entre l'armée et les rebelles ou de protéger la frontière, le but de créer un environnement sécurisé risque de les obliger à intervenir". "Par sa simple présence, l'Eufor va stabiliser la situation, figer les positions, et donc sécuriser l'est du Tchad", analyse-t-il, "c'est ce qui dérange les rebelles". Des observateurs craignent ainsi que les rebelles ne passent à l'offensive avant le mois de mars, quand l'Eufor sera enfin fonctionnelle. D'autant que le Soudan, parrain des principales rébellions tchadiennes, n'a jamais caché son hostilité face à la présence de soldats occidentaux à ses portes. "Les affrontements peuvent reprendre à n'importe quel moment, ce n'est pas terminé", prévient le diplomate africain. L'opposition tchadienne met en garde, elle, contre les risques de voir l'Eufor prise "en otage" dans le conflit entre les autorités et les rebelles. Les militaires européens balaient ces craintes. "Le rôle d'une force militaire n'est pas d'aller dans une zone calme", plaide un officier supérieur. "S'il y a des violences dans la région, c'est justement une bonne raison d'intervenir".
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Xinhuanet, Khartoum, 27 janvier 2008
Le gouvernement soudanais a convoqué samedi le chargé d'affaires de l'ambassade américaine à Khartoum, Alberto Fernandez, pour protester contre ses derniers commentaires sur le Soudan, a rapporté l'agence de presse officielle SUNA. M. Fernadez a été notifié que ses remarques sont considérées comme "une intervention flagrante des affaires internes du Soudan", a indiqué Abdel-Bassit Al-Sanoussi, directeur du département américain au ministère soudanais des Affaires étrangères. Ces commentaires entraveront la mise en application de l'Accord de paix global (CPA), conclu entre le nord et le sud du Soudan, ainsi que les efforts déployés pour résoudre le conflit du Darfour (ouest), a souligné Al-Sanoussi. Le gouvernement soudanais et le Mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLM, ex-rébellion) avaient signé le 9 janvier 2005 le CPA pour mettre fin au conflit entre les deux côtés, l'un des plus anciens conflits sur le continent africain. Les remarques de M. Fernandez ne favorisent pas la poursuite du dialogue entre les deux pays, a martelé Al-Sanoussi. Selon le responsable soudanais, son ministère a réaffirme à M. Fernandez que la politique américaine sur le Soudan était basée sur les positions qui ne permettront pas d'aider à améliorer les relations bilatérales du fait que les Etats-Unis maintiennent leurs sanctions contre Khartoum et nomment des envoyés qui ont des positions déformées vis-à-vis du pays africain. La présidence soudanaise a le droit souverain total de nommer une personne de son choix à tout poste constitutionnel dans les intérêts suprêmes du pays, a précisé Al-Sanoussi, faisant allusion à la nommination de Cheikh Moussa Hilal au poste de conseiller auprès du ministre des Affaires fédérales du ministre Abdel Bassit Sabdarat. Par ailleurs, Al-Sanoussi a demandé une fois plus à l'administration américaine de remettre en liberté le plus tôt possible les Soudanais détenus dans la base militaire américaine de Guantanamo (Cuba), où des centaines de personnes sont enfermées sans jugement pour accusations du terrorisme. Jeudi, dans une interview accordée à l'agence de presse britannique Reuters, M. Fernandez a affirmé qu'une méfiance du gouvernement soudanais due d'une série de promises non honorées constituait un principal obstacle aux négociations prévues sur la crise du Darfour. Le département d'Etat américain avait fermement critiqué mardi dernier le gouvernement soudanais pour la nomination de Cheikh Moussa Hilal, le leader milicien accusé par les Etats-Unis d'avoir été impliqué dans la crise du Darfour
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La Croix, par François d'Alançon, 25 janvier 2008
La f orce européenne au Tchad, qui doit sécuriser les camps de réfugiés du Darfour, aura recours à des opérateurs privés
Mieux vaut tard que jamais. Les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne devraient approuver lundi 28 janvier l'envoi pour un an d'une force européenne (Eufor) au Tchad. L'opération, imposée par le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, et autorisée par une résolution de l'ONU en septembre 2007, a pour mission de sécuriser l'environnement des camps de réfugiés du Darfour à l'est du Tchad et au nord de la Centrafrique et de permettre le retour des déplacés.
Le budget français des opérations extérieures devrait approcher d'un record.
Cet ultime feu vert politique conclut près de cinq mois d'une laborieuse négociation qui aura vu les grands «pays militaires» de l'Union européenne (la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne) se livrer à une bataille feutrée sur les contributions comme sur le financement de la mission. Pour permettre le déploiement de la force européenne, la France a dû accepter de participer à hauteur de 60% de 1'effectif total, quelque 2.000 hommes sur les 3 500 prévus, et elle fournira 9 hélicoptères, un radar de contrôle aérien et des drones d'observation. Faute d'avoir réussi à convaincre ses partenaires, elle paiera aussi la plus grande partie de la note, soit environ 250 millions d'euros sur un total de 400 millions d'euros, coût théorique estimé de l'opération pour un an. Paris devra se contenter d'une enveloppe de 120 millions d'euros pour le budget commun (dont le financement est réparti entre les Vingt-Sept), qui finance les deux états-majors de l'opération: l'un, installé au Mont-Valérien, près de Paris, sous la houlette du général irlandais Patrick Nash, et l'autre, à Abéché (Tchad), où il sera commandé par le général français Jean-Philippe Ganascia. Conséquence immédiate du surcoût occasionné par la mission Eufor, le budget français des opérations extérieures devrait approcher un milliard d'euros en 2008, un record qui entraînera des annulations et reports de crédits d'équipements prévus par la loi de programmation militaire. La projection et le soutien de la force, par voies aérienne, maritime et terrestre, promettent d'être un véritable défi logistique et nécessiteront l'externalisation d'un grand nombre de prestations: Avec cet impératif dicté par la météo: du mois de mai au mois de septembre, la saison des pluies interdit tout transport terrestre. L'essentiel du déploiement, qui s'étalera sur environ 3 mois, devra être achevé d'ici là. Des milliers de tonnes de matériel, d'eau et d'essence devront être acheminés sur un terrain difficile, sans compter 80 tonnes de flux logistique quotidien. Un camp a été spécialement construit à N'Djamena, un autre doit l'être à Abéché. Trois emprises doivent être installées à Iriba, Farchana et Goz Beïda pour accueillir les bataillons polonais, français et irlandais. La voie aérienne exigera le recours à des avions gros porteurs, une capacité qui fait cruellement défaut dans les armées européennes. Pas moins de cinquante rotations d'aéronefs seront nécessaires à partir de la métropole. Des avions Antonov, affrétés dans le cadre au contrat Salis signé par l'Otan avec deux sociétés, l'une russe et l'autre ukrainienne, au profit de 16 pays dont la France, feront la navette entre la métropole et l'aéroport de N'Djamena. Coût moyen d'une rotation: 400.000 € pour 70 tonnes de matériel. La voie maritime terrestre passe par le port de Douala au Cameroun, puis le chemin de fer jusqu'à Ngaoundéré au nord du Cameroun, la route jusqu'à N'Djamena et la piste en direction d'Abéché, soit environ 2345 km. La Compagnie maritime nantaise, sous contrat avec le ministère de la défense pour les besoins de l'opération Épervier au Tchad et de l'opération Licorne en Côté d'Ivoire, assurera une rotation supplémentaire à destination de Douala. De même, le groupe Geodis, commissionnaire de transport international, un des neuf opérateurs privés titulaires d'un accord-cadre acheminement avec l'Économat des armées, doit gérer le convoyage vers le Tchad à partir du port de Douala. A travers ses filiales SDV et Saga, deux autres opérateurs titulaires du même accord-cadre, le groupe Bolloré est également sur les rangs pour l'attribution de marchés dans le cadre de l'opération. En tant qu'opérateur du terminal conteneur de Douala, de la ligne de chemin de fer Douala-Ngaoundéré (Camrail) et avec son réseau de filiales et agences au Cameroun et au Tchad, le groupe est un interlocuteur quasi incontournable pour l'attribution de marchés publics ou comme sous-traitant fournisseur de prestations au profit d'autres opérateurs. Si l'on ajoute à la force européenne les besoins des 1000 soldats de la force Épervier présente au Tchad depuis 1986 et les rotations du Programme alimentaire mondial à destination des camps de réfugiés, le a corridor de Douala» risque de connaître l'engorgement et la surchauffe dans les prochains mois.
Menaces de pénurie dans les camps du Darfour
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé mercredi une mise en garde contre la menace d'une pénurie alimentaire concernant 2 millions de personnes déplacées vivant dans les camps du Darfour, d'ici à quelques semaines, en raison du banditisme dont sont victimes ses convois de camions. Depuis le début janvier, 23 camions ont été volés et 19 chauffeurs sont toujours portés disparus. De septembre à décembre 2007, 13 camions avaient été votés ou attaqués et trois conducteurs tués. « Nous n'avons plus personne pour livrer ta moitié de l'aide alimentaire mensuelle nécessaire », explique le PAM, qui presse les autorités soudanaises d'assurer la sécurité des routes principales du Darfour.
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Nations Unies, New York23 janvier 2008
En raison de l'augmentation du banditisme au Darfour, le PAM a annoncé aujourd'hui que la distribution de denrées alimentaires, qui concerne plus de 2 millions de personnes dans la région, pourrait être interrompue. « Nous sommes extrêmement inquiets des conséquences sur les populations vulnérables du Darfour », a déclaré le Représentant du PAM Kenro Oshidari dans un communiqué publié aujourd'hui à Khartoum. Il s'est aussi dit préoccupé du sort des chauffeurs qui ont disparu. Devant l'augmentation du nombre de ces attaques ces derniers mois, le PAM presse les autorités soudanaises de garantir la sécurité sur les routes principales du Darfour. Au cours du dernier trimestre 2007, 13 camions transportant l'aide du PAM ont été volés ou attaqués. Trois des chauffeurs ont été tués, et seulement 3 des camions ont été retrouvés. Depuis le début de l'année, 23 camions transportant des cargaisons du PAM ont été volés, et 19 chauffeurs sont toujours introuvables. En raison de l'insécurité, les principales compagnies de transport refusent de prêter leurs véhicules. Or, le PAM envoie 40.000 tonnes de denrées aux populations les plus vulnérables chaque mois. Environ la moitié est transportée par ces compagnies qui actuellement ne veulent plus travailler au Darfour. « Si la situation continue, nous serons obligés d'interrompre la distribution dans certaines zones du Darfour d'ici la mi-février », regrette Kenro Oshidari. En décembre, l'insécurité avait empêché l'aide alimentaire de parvenir à quelque 106.000 personnes dans le besoin.
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IRIN, Port Soudan, Edition française, 23 janvier 2008
Aucune affiche n'annonce l'existence d'un service de conseil et dépistage volontaires du VIH (CDV) au Centre de planification familiale de la ville de Port Soudan, une plate-forme de transport animée de l'Etat soudanais de la Mer rouge. Le Centre est l'une des trois seules structures de la ville à offrir ces services, pourtant la salle d'attente est vide. Le CDV n'a été mis en place à Port Soudan qu'en 2006 et, selon Ahmed Moussa, coordinateur local du Programme national soudanais de contrôle du sida (SNAP), il est long à démarrer. Sur les 181 personnes soumises à un dépistage ici même en 2007, seules 18 avaient poussé la porte du centre de leur propre initiative ; les autres, « cas suspects » de VIH, y avaient été envoyées par leur médecin, et plus de la moitié ont été déclarées séropositives. Les dépistages volontaires étant encore si rares et la dernière étude de prévalence du VIH à l'échelle nationale ayant été menée il y a plus de cinq ans, les experts ne peuvent que spéculer sur l'ampleur actuelle du VIH dans le plus grand pays d'Afrique. L'étude réalisée en 2002 faisait état d'un taux national d'infection d'environ 1,6 pour cent, mais l'étude ne contenait pas de données réparties par Etat. La nouvelle enquête sur la prévalence du VIH et l'évolution des comportements, qui doit être menée dans le courant de cette année à la fois dans le nord et dans le sud du Soudan, contiendra des données réparties par Etat, mais ses résultats risquent de ne pas être rendus avant 2009. « C'est une entreprise colossale », a estimé Séverine Leonardi, responsable VIH/SIDA au Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), qui soutient l'enquête du SNAP, tout comme plusieurs autres bailleurs. Les experts s'accordent à dire que de nombreux facteurs, qui contribuent à la propagation rapide du VIH, sont réunis dans l'est du Soudan, qui regroupe l'Etat de la Mer rouge, ainsi que les Etats de Kassala et de Gedaref, au sud. Pour l'instant, les statistiques des centres de CDV figurent parmi les rares indicateurs disponibles. Au principal centre de CDV de Kassala, porté à la connaissance d'un plus grand nombre d'habitants que ceux de Port Soudan, près de la moitié des 411 personnes soumises à des tests de dépistage en 2007 s'étaient présentées volontairement, une hausse importante par rapport aux précédentes années. Pourtant Ishraga Eleman, coordinatrice du SNAP dans l'Etat de Kassala, a prévenu que sur les 129 personnes déclarées séropositives, bon nombre avaient été orientées vers le centre et ne représentaient donc pas la population dans son ensemble. La prévalence du VIH, a-t-elle indiqué, repose encore « uniquement sur les estimations ».
L'Est Soudan, une région vulnérable
Parmi les facteurs qui rendent l'est du Soudan vulnérable au VIH, M. Eleman a cité ses frontières ouvertes avec l'Ethiopie et l'Erythrée, où le taux d'infection au VIH serait environ deux fois plus élevé qu'au Soudan, ainsi que l'afflux de réfugiés et de déplacés qui se sont installés dans la région après avoir fui pour échapper au conflit dans le sud et l'ouest du Soudan. Kassala et Port Soudan sont aussi des étapes sur la route très fréquentée qui relie le littoral de la mer Rouge à Khartoum. Les camionneurs au long cours, dont bon nombre fréquentent des travailleuses du sexe, s'y mêlent à la population locale. La sensibilisation au VIH est elle aussi faible, selon le docteur Mohammed Soghaier, représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui exerce à Port Soudan. Dans les régions rurales, surtout, le conservatisme et les faibles taux d'alphabétisation ont entravé les efforts déployés en vue d'enseigner aux populations comment se protéger contre le virus. Seuls 50 pour cent des enfants environ fréquentent l'école primaire à Kassala, et 17 pour cent poursuivent leur cursus jusqu'à l'école secondaire. « Nous devons augmenter le niveau d'éducation et traiter ce problème d'analphabétisme avant de pouvoir nous pencher sur les questions sanitaires telles que la tuberculose, la malnutrition ou le VIH », a expliqué le docteur Soghaier à IRIN/PlusNews. En 2006, une étude nationale sur la santé des ménages a été menée conjointement par les gouvernements du nord et du sud du Soudan, avec le soutien technique de plusieurs agences des Nations Unies ; au cours de cette étude, si quelque 70 pour cent des Soudanaises adultes avaient entendu parler du VIH, seules quatre pour cent d'entre elles, environ, savaient comment s'en prémunir. Dans les Etats de la Mer rouge et de Gedaref, ce taux s'élevait à peine à 2,6 pour cent. Selon Intisar Mohammed, responsable de programme du Comité national soudanais sur les pratiques traditionnelles, une organisation non-gouvernementale (ONG) qui travaille aux côtés du SNAP à sensibiliser les populations rurales au VIH, l'utilisation d'instruments non-stérilisés pour réaliser des scarifications tribales ou des tatouages, ou exciser des fillettes, pourrait également contribuer aux infections par le VIH. Bien que le gouvernement décourage officiellement les mutilations génitales féminines (MGF), cette pratique est encore observée chez quelque 70 pour cent des femmes soudanaises, selon l'enquête sur la santé des ménages. Dans le nord, le taux est même bien plus élevé. Ce sont généralement des sages-femmes traditionnelles ou des parentes plus âgées à peine formées qui pratiquent cette intervention. « Elles le font sur plusieurs fillettes en même temps, avec le même instrument », a révélé M. Mohammed. « J'ai constaté de nombreux cas d'infections graves [dans ces conditions] ».
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B.B.C Afrique, 21 janvier 2008
Les autorités soudanaises ont nommé à un poste de responsabilité dans le gouvernement, un homme accusé d'avoir coordonné les milices arabes djandjouid au Darfour.
L'arrivée de Musa Hilal dans le gouvernement soudanais est le signe que les autorités de Khartoum ne sont pas prêtes à faire des compromis malgré la forte pression exercée par la communauté internationale. Musa Hilal a été accusé par Washington et par des mouvements de défense des droits de l'homme de coordonner les Djandjouid, une milice arabe qui commettrait des atrocités avec l'appui du gouvernement soudanais. Musa Hilal, qui dirige un clan arabe dans le Darfour, a déclaré par le passé que les morts dans la région ne sont que les répercussions d'une guerre commencée par des mouvements rebelles à qui il est opposé. Sa nomination en tant que conseiller ministériel va être considérée comme un nouveau revers dans le processus de paix chancelant au Darfour, et elle va probablement augmenter les suspicions des rebelles au sujet des motivations des autorités de Khartoum. Le déploiement au Darfour d'une force de maintien de la paix conjointe, composées de soldats des Nations unies et de l'Union africaine, a rencontré de nombreux obstacles, et cette dernière initiative du gouvernement soudanais ne sera pas une bonne nouvelle pour les deux tiers de la population du Darfour qui dépendent de l'aide humanitaire pour survivre
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Le Point avec Reuters, 20 janvier 2008, par Nicole Dupont Le Sud Soudan a refusé d'autoriser les soldats du Nord à se redéployer plus au sud, a déclaré dimanche Salva Kiir, président du Sud Soudan, en soulignant que des problèmes restent à régler entre les deux anciens adversaires. Il a expliqué que les deux parties étaient convenues l'an dernier de se retirer de part et d'autre du fleuve Kiir à la suite de quatre affrontements entre des milices soutenues par l'armée du Nord et l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA, sudiste). S'exprimant dimanche dans une église de Juba, capitale du Sud Soudan semi-autonome, il a déclaré que l'armée de Khartoum avait maintenant demandé aux forces armées du Sud de se replier sur la ville d'Aweil, à 50 km plus au sud. "Aweil constitue-t-elle la frontière du Sud Soudan avec le Nord? Personne ne peut accepter cela et, bien sûr, nous avons refusé", a dit Kiir, chef des anciens rebelles sudistes arrivés au pouvoir après l'accord de paix de 2005 qui a mis fin à des décennies de guerre. La commission chargée de la démarcation de la frontière entre le Nord et le Sud, où se concentre la majeure partie des ressources pétrolières du Soudan, doit entamer son travail en février. Dans le cadre de l'accord, le Sud doit recevoir la moitié environ des revenus provenant des puits de pétrole du Sud. "Ils voudraient repousser (...) la SPLA de sorte que lorsque la commission viendra, elle se contentera de tracer la frontière où le Parti national du Congrès (nordiste) lui dirait de le faire", a poursuivi Kiir.
Nomades dotés d'armes lourdes
Des affrontements entre la SPLA et les nomades nordistes Misseriya risquent de fragiliser l'accord de paix qui a permis la mise en place d'un gouvernement national de coalition et autorise les sudistes à tenir en 2011 un référendum sur l'indépendance. Khartoum se défend de toute implication dans les heurts. Kiir a déclaré que les Misseriya, qui migrent traditionnellement vers le Sud pendant la saison sèche pour faire paître leurs troupeaux, ont refusé de déposer leurs armes. Mais il a souligné que, tout comme les tribus sudistes, les nomades n'avaient le droit de pénétrer dans le Sud que sans armes. "S'ils viennent avec leurs armes, nous les combattrons", a-t-il averti. Selon lui, l'armement lourd dont sont dotés les Misseriya prouve que l'armée nordiste les a armés. Pendant la guerre civile, les gouvernements nordistes qui se sont succédé ont armé les tribus, et notamment les Misseriya, pour qu'ils combattent les sudistes. Beaucoup d'entre elles n'ont pas été désarmées après l'accord de paix. "Nous connaissons le type d'armes utilisées par l'armée soudanaise, et ce sont celles qu'utilisent les Misseriya, et nous n'accepterons pas que cela nous soit imposé", a poursuivi Kiir. "De sorte que nous avons toujours un problème à résoudre avec nos partenaires". La guerre nord-sud a fait environ deux millions de morts et quatre millions de personnes déplacées. Les deux camps se sont mutuellement accusés de violations de l'accord de paix mais ils se sont engagés à ne plus recourir à la guerre.
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Agence France Presse, Washington, 18 janvier 2008
Le président américain George W. Bush a jugé jeudi que les efforts pour déployer la Minuad, la force conjointe de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour, étaient "trop lents" et précisé qu'il souhaitait une accélération du processus. "Les Etats-Unis peuvent apporter leur aide dans un processus qui, franchement, se déroule un peu trop lentement à notre goût", a déclaré M. Bush, qui s'est entretenu à la Maison Blanche avec l'ambassadeur américain au Soudan, Rich Williamson. "Notre discussion a porté principalement sur notre désir commun de développer une stratégie qui aidera les nations unies à être plus efficaces", a déclaré M. Bush aux journalistes, ajoutant: "et j'ai l'intention d'accélérer nos efforts". Les effets combinés de la guerre civile, de la famine et des maladies ont causé la mort d'au moins 200.000 personnes et fait plus de deux millions de déplacés au Darfour depuis 5 ans. "Mon administration a appelé cela un génocide. Et lorsque vous qualifiez cela de génocide, vous devez évidemment faire quelque chose", a dit M. Bush. Il a ajouté que l'ambassadeur des Etats-Unis travaillerait aussi au renforcement de l'accord de paix ayant mis fin il y a trois ans à la guerre civile au sud Soudan, qui a fait plus de 1,5 million de morts en 21 ans. La tension est montée d'un cran après l'assassinat d'un diplomate américain à Khartoum le 1er janvier, alors que M. Bush venait de signer une loi visant à renforcer la pression économique sur le régime soudanais. Et des diplomates américains ont exprimé de plus en plus d'impatience devant la lenteur du déploiement de la Minuad, qui a pris début janvier le relais de l'ancienne force de la mission africaine, l'Amis, mais ne compte pour l'heure que 9.000 éléments mais doit devenir à terme la plus importante mission de maintien de la paix de l'ONU avec quelque 26.000 membres. L'ONU avait averti mercredi que des "conséquences néfastes" étaient à craindre du fait que sa force conjointe avec l'Union africaine (UA) au Darfour n'avait toujours "pas les moyens d'accomplir sa mission". Conçue pour être plus robuste que l'Amis, la Minuad se heurte à un manque d'hélicoptères et à des difficultés logistiques. Des membres du Conseil de sécurité et l'ONU accusent par ailleurs Khartoum de multiplier les obstacles à son déploiement
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Xinhuanet, Mérowé, 18 janvier 008
Comme de nombreux Africains, le président soudanais, Omar el-Béchir, a l'habitude d'exprimer sa joie et son excitation par la danse. Cependant, en tant que président soudanais, il est rarement vu dansant en public. Jeudi matin, un M. Béchir souriant et relaxé dansait avec une foule de Soudanais, qui célébrait la fin de la construction du pont de l'Amitié sino-soudanaise dans la ville de Merowe située du côté du Nil, à environ 350 km au nord de la capitale soudanaise, Khartoum. « C'est une réalisation importante", a déclaré M. Béchir lors de la cérémonie d'inauguration du pont long de 440 mètres, le seul enjambant le Nil dans la partie entre Khartoum et la frontière entre le Soudan et l'Egypte. "Avec l'aide la Chine, avec les efforts du peuple soudanais, le Soudan accomplira certainement des réalisations glorieuses les unes après les autres le long de notre chemin pour la construction et le dévelopement", a ajouté le président. L'ambassadeur de Chine au Soudan, Li Chengwen, a déclaré lors de la cérémonie que le pont est un autre symbole de l'amitié profonde entre la Chine et le Soudan. "Le gouvernement chinois et son peuple souhaitent au Soudan de continuer à réaliser le développement et la prospérité, et continueront à apporter de l'aide au Soudan à cet égard", a déclaré l'ambassadeur. Le pont de 20 mètres de large relie Merowe sur la rive orientale du Nil à Karima de l'autre côté. "La réalisation du pont facilitera grandement le transport et le trafic pour les habitants des deux rives du Nil", a déclaré le maire de Merowe, Sarah Ali Ahmed, et d'ajouter que Merowe et ses villages alentours comptent plus d'1,5 million d'habitants. Le pont va permettre d'accroître les développements économique et touristique de Merowe, connue pour être la plus ancienne ville du Soudan, a souligné le maire. "Le pont de l'Amitié sino-soudanaise est vraiment un pont s'étendant entre les peuples des deux pays", a déclaré à l'agence Xinhua Sarah Ali Ahmed. La construction du pont, qui a débuté en mai 2004, a été réalisée par une entreprise chinoise, la China's Jilin International Economic and Technical Corp. Ce pont a coûté 20 millions de dollars américains, dont la moitié a été donnée par la China National Petroleum Corporation ( CNPC), le plus grand producteur chinois de pétrole et de gaz. La CNPC, activement engagée dans le développement de l'industrie énergétique soudanaise, a versé plus de 45 millions de dollars américains aux Soudanais dans les domaines de l'éducation, de la culture, de l'agriculture, du transport et de la santé. "Les faits ont montré que la Chine et le Soudan sont les gagnants de la coopération dans le domaine du pétrole, qui a renforcé notre amitité et consolidé notre coopération dans d'autres domaines", a déclaré Qin Anjiang, représentant de la CNPC lors de la cérémonie.
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Nations Unies New York , 18 janvier 2008
Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim, les Envoyés de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour, ont rencontré les commandants de la faction Abdul Wahid de l'Armée de Libération du Soudan au nord du Darfour, dont le porte-parole a confirmé leur volonté de participer au processus politique. Le général Martin Luther Agwai, le Commandant de la force de la Mission conjointe des Nations Unies et de l'Union africaine au Darfour était également présent. « Lors de la rencontre, qui a eu lieu hier, les Envoyés spéciaux les ont informé de la réunion dans le format de celle d'Arusha qui est prévue afin d'aider les mouvements à consolider leurs positions pour les négociations », a informé la porte-parole du Secrétaire général, lors du point de presse aujourd'hui à New York. Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim les ont également avertis qu'il ne devait pas y avoir de conditions préalables à la participation aux négociations, car elles seraient contreproductives. Le porte-parole de l'Armée de Libération a confirmé la disposition du mouvement à participer au processus politique. Il a ainsi pressé les Envoyés spéciaux de rencontrer leur leader, Abdul Wahid qui, selon lui, a accueilli favorablement la présence du général Agwai et a exprimé la volonté de son mouvement de coopérer avec la MINUAD. Les Envoyés spéciaux poursuivent aujourd'hui leur visite au Soudan, notamment à Juba où ils doivent rencontrer les autorités du Sud-Soudan avant de revenir à Khartoum. |
IRIN, Nairobi, édition française, 17 janvier 2008
Les dernières violences qui ont frappé l'Etat de l'Ouest-Darfour, au Soudan, ont limité les opérations humanitaires menées dans la région d'El Geneina, que les travailleurs humanitaires n'hésitent pas à qualifier de « zone interdite ». Selon des travailleurs humanitaires, qui s'exprimaient sous couvert de l'anonymat, deux villages d'El Geneina ont été bombardés par des avions Antonov du gouvernement soudanais les 12 et 13 janvier. La région de Jebel Moon a également été attaquée. Avant ces incidents, les rebelles tchadiens avaient lancé des raids dans ces régions, aggravant ainsi la situation de sécurité. D'après certaines sources, les bombardements visaient les bases du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) de Khalil Ibrahim, qui avait récemment attaqué des cibles gouvernementales « moins protégées ». Ces bombardements interviennent deux semaines après que Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, a fait part de ses vives inquiétudes à propos de la reprise des hostilités entre le JEM et les forces gouvernementales soudanaises dans l'Ouest-Darfour, en allusion à l'attaque perpétrée le 29 décembre 2007 par les rebelles du JEM contre les positions de l'armée soudanaise à Silea, dans le nord d'El Geneina. « Le Secrétaire général prie instamment toutes les parties de faire preuve de retenue et de cesser toute action militaire afin de créer un climat propice à des négociations politiques qui mèneront à la signature d'un accord de paix définitif et inclusif », a déclaré M. Ban Ki-Moon dans un communiqué du 31 décembre. Les dirigeants du JEM ont déclaré aux agences de presse internationales, le 15 janvier, que les bombardements avaient fait plusieurs victimes civiles pendant que les populations fuyaient les villages. « Trois civils ont été tués, dont deux femmes et un homme », a confié à l'agence Reuters Abdel Aziz el-Nour Ashr, commandant du JEM. M. Ibrahim a expliqué à l'AFP que les bombardements avaient eu lieu les 12, 13 et 14 janvier et que les villageois s'étaient réfugiés sous les arbres et dans les lits des rivières asséchées pour échapper aux frappes aériennes. Quant à l'armée soudanaise, elle a accusé le JEM d'avoir attaqué la ville de Sheria, au Sud-Darfour, et d'inventer de toute pièce des histoires de bombardements. Les dernières attaques se sont produites alors que MM. Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim, respectivement médiateurs des Nations Unies et de l'Union africaine, arrivaient au Darfour pour encourager les rebelles et le gouvernement à rechercher des voies pacifiques pour résoudre la crise dans cette région ravagée par la guerre. Le conflit du Darfour a éclaté en 2003 lorsque des rebelles ont pris les armes contre le gouvernement soudanais, qu'ils accusaient de marginaliser les communautés africaines de la région. Selon les estimations des travailleurs humanitaires, le conflit a fait plus de 200 000 morts et 2,2 millions de déplacés. Au total, ce sont environ 4,2 millions de personnes qui dépendent quotidiennement de l'aide humanitaire pour leur survie. La mission de maintien de la paix conjointe des Nations Unies et de l'Union africaine (MINUAD) a commencé à se déployer dans cette région troublée du Soudan – quoique avec seulement 9 000 hommes sur les 26 000 prévus dans son mandat, et sans la logistique et les équipements nécessaires, notamment les hélicoptères. Lors d'un récent incident, le 7 janvier, un convoi de ravitaillement de la MINUAD a été attaqué par des éléments des forces armées soudanaises ; cette attaque a suscité de vives réprobations de la part du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui a exigé que « de telles attaques contre la MINUAD ne se reproduisent pas ». Le 14 janvier, Rodolphe Adada, représentant spécial des Nations Unies et de l'Union africaine au Darfour, s'est entretenu avec MM. Eliasson et Ahmed Salim. « Ils ont tous reconnu que les tensions actuelles pouvaient avoir des conséquences négatives sur le déploiement de la MINUAD et sur la distribution de l'aide humanitaire au Darfour », a déclaré Michèle Montas, porte-parole des Nations Unies, lors d'une conférence de presse à New York.
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Xinhuanet, Johannesburg, 17 janvier 2008
L'Afrique du Sud a exhorté mercredi les pays ayant promis d'envoyer des troupes au Darfour, au Soudan, dans le cadre de la Mission conjointe de l'Union africaine et l'ONU au Darfour (MINUAD), à accélérer le déploiement des leurs soldats. "Si nous n'obtenons pas une action rapide des forces de la MINUAD, leur déploiement complet et l'assistance technique, puis l'accord global au Soudan pourraient être mis en danger", a déclaré le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères Aziz Pahad lors d'un point de presse à Pretoria. Il a tenu ces propos après que le Conseil de sécurité de l'ONU eut fait état du déploiement peu rapide des militiares au Darfour par les pays contributeurs. Certains d'entre eux imposent des conditions à leur participation à la mission. Selon la résolution 1769 adoptée le 31 juillet 2007 par le Conseil de sécurité de l'ONU, la force hybride UA-ONU au Darfour sera composée de quelque 20.000 soldats et plus de 6.000 policiers et du personnel civil. Jusqu'ici, il y a seulement 9.000 membres en uniforme sur le terrain, dont 7.000 soldats et 1.200 policiers avaient travaillé dans la force de l'UA. L'Afrique du Sud a déjà envoyé 900 soldats et 100 policiers au Darfour. M. Pahad a déclaré que davantage de militaires sud- africains seraient dépêchés dans la région
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IRIN, Port Soudan, 14 janvier 2008
Pas moins de 36 heures sont nécessaires à un camion lourdement chargé pour rejoindre Khartoum, la capitale soudanaise, depuis Port-Soudan, une ville située sur la côte de la mer Rouge, dans l'est du pays, plaque tournante des transports. Les baraques délabrées qui se sont implantées du jour au lendemain le long de la route poussiéreuse et jonchée d'ordures accueillent les chauffeurs désirant dormir quelques heures ou acheter de la nourriture et du thé auprès des habitants locaux. Les routiers achètent souvent plus que du thé aux vendeuses, mais jusqu'à récemment, il s'agissait d'un fait peu connu et peu abordé. « Il est certain qu'ils ont souvent ‘des amies' dans les baraques », a déclaré Manal Mahgoub, responsable des programmes VIH/SIDA d'ACORD, une organisation humanitaire internationale qui dispose d'un bureau à Port-Soudan. Le risque encouru par les chauffeurs qui parcourent de longues distances, et par les professionnelles du sexe, de propager le VIH est connu dans les autres pays de la région. Cependant, la sensibilisation au VIH/SIDA est si récente au Soudan qu'aucune société de transport ne dispose d'une politique visant à sensibiliser les employés aux risques de contamination. Ainsi, ce sont les organisations non gouvernementales, telles qu'ACORD, de concert avec le Programme national de lutte contre le sida (SNAP, en anglais), un organe gouvernemental, qui se chargent d'accomplir cette tâche. ACORD organise régulièrement des séances de sensibilisation destinées aux chauffeurs, financées par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. La plupart des chauffeurs sont illettrés, en conséquence, l'organisation a enregistré et distribué 12 000 cassettes sur le VIH/SIDA que les chauffeurs peuvent écouter au volant de leur véhicule. En outre, les employés de trois centres sanitaires situés à proximité des baraques de Port-Soudan ont suivi une formation afin de pouvoir proposer des conseils et des tests de dépistage volontaire du VIH. Safiedinn Ahmed, un homme de 40 ans originaire de l'Etat du Kordofan méridional, dans le centre-sud du Soudan, compte parmi les 24 hommes travaillant dans l'industrie du transport à avoir été recrutés par ACORD afin de sensibiliser leurs pairs au VIH. Bien qu'il ne soit pas lui-même chauffeur, M. Ahmed, parle souvent de manière informelle aux chauffeurs de sa société, pendant les heures de repas. « Ils ne cachent pas avoir une ‘amie' à tel endroit et une autre ‘amie' à tel autre endroit », a-t-il expliqué à IRIN/PlusNews. « Je leur parle de la culture musulmane, mais s'ils veulent [avoir des rapports sexuels], je leur dis qu'ils doivent se protéger ». M. Ahmed n'est pas en mesure de proposer des moyens de prévention aux chauffeurs; seuls les responsables du SNAP et les cliniques offrant des services de planning familial et traitant les patients atteints d'infections sexuellement transmissibles sont autorisés à distribuer gratuitement des préservatifs.
Des endroits discrets pour les préservatifs
Alors qu'il se détendait dans son camion, stationné devant une des baraques situées à l'extérieur de Port-Soudan, Mohammed Ibrahim, chauffeur depuis 27 ans, a expliqué que la plupart des hommes refusaient de se rendre dans des centres de santé pour se procurer des préservatifs, car ils étaient embarrassés. « Il devrait exister une zone privée, comme par exemple les toilettes des hommes, où les chauffeurs peuvent obtenir des préservatifs », a-t-il estimé. Aucun des chauffeurs présents pendant que M. Ibrahim exprimait son point de vue n'a assisté à l'une des séances de sensibilisation. Ils ont déclaré connaître les préservatifs, mais n'en avoir jamais utilisés. « L'un des problèmes que nous rencontrons lorsque nous organisons des formations destinées aux chauffeurs est la nature de leur travail », a déploré M. Ahmed. « Il y a toujours de nouveaux chauffeurs, mais ils ne restent pas plus d'un ou deux jours ici. » Si travailler avec les chauffeurs se révèle être difficile, s'adresser aux professionnelles du sexe l'est encore plus. Certaines de ces femmes sont des réfugiées, provenant de l'Ethiopie et de l'Erythrée, deux pays qui affichent des taux de prévalence du VIH deux ou trois fois supérieurs à celui du Soudan, qui s'établit à 1,6 pour cent. D'autres ont regagné Port-Soudan après avoir quitté diverses régions du pays, après avoir divorcé, perdu leur mari ou avoir été rejetées par leur famille pour avoir eu un enfant hors mariage. Sans l'aide de leur mari ou de leurs parents et compte tenu des rares opportunités d'emploi dans la région, certaines de ces femmes vendent leur corps. « Un grand nombre d'entre elles vendent du thé afin de cacher leur véritable travail », a expliqué Atif Mohammed Al Hassan, qui travaillait autrefois pour un programme destiné aux professionnelles du sexe de Port-Soudan, géré par Ockenden International, une organisation non gouvernementale qui s'intéresse aux communautés de déplacés et de réfugiés. Depuis, Ockenden International a quitté l'est du Soudan et son programme est désormais mené par Sudanese Family Planning Association (Association soudanaise de planning familial).
Vendeuses de thé... et plus
Afin de différencier les véritables vendeuses de thé des professionnelles du sexe, Ockenden International a débuté ses programmes en recrutant des femmes comme Zainab Osman, qui est arrivée à Port-Soudan avec ses deux enfants, il y a 15 ans, après avoir quitté son mari vivant dans l'Etat du Kordofan septentrional, dans le centre du Soudan. Mme Osman a débuté comme vendeuse de thé, puis a fait du porte à porte pour vendre des vêtements et du parfum, et a fait connaissance de plusieurs femmes étant dans la même situation qu'elle. « Je savais quelles femmes vendaient seulement du thé et lesquelles vendaient également leur corps », a-t-elle indiqué à IRIN/PlusNews. « J'avais obtenu beaucoup de renseignements auprès d'Ockenden que j'ai ensuite transmis à ces femmes. Quand j'ai parlé d'elles à Ockenden, ils m'ont demandé de leur en présenter quelques-unes afin de leur proposer une formation ». Parmi ces femmes figurait Amira Habib, qui elle aussi est arrivée à Port-Soudan après s'être séparée de son mari. Bien qu'étant une infirmière qualifiée, Amira Habib n'a pas trouvé un emploi suffisamment lucratif pour faire vivre ses trois enfants. Ainsi, elle a commencé à vendre du thé, puis à se prostituer, dans une des baraques pour chauffeurs. Au début, les affaires allaient bon train, et elle gagnait entre 30 et 50 livres soudanaises par jour (entre 15 et 24 dollars). Mais après une longue période de convalescence, elle a perdu la plupart de ses clients et n'avait plus les moyens de continuer à envoyer sa fille à l'école. Tout en reconnaissant avoir suivi la formation pour obtenir, dans un premier temps, la prime de participation, Mme Habib avoue « avoir été choquée et effrayée » par ce qu'elle a appris. Bien qu'elle soit une infirmière, elle ne savait pas comment le virus se transmettait. « Ils nous ont expliqué comment nous protéger et comment transmettre les informations à nos collègues », a-t-elle dit. Au début, Ockenden International distribuait des préservatifs aux femmes, mais par la suite, l'ONG a été informée que seuls les responsables du SNAP étaient en mesure d'accomplir cette tâche. Selon Mme Osman, les femmes ayant suivi la formation se procurent des préservatifs auprès des pharmacies. « Dans le passé, certaines d'entre elles n'osaient pas acheter [des préservatifs], mais de nos jours, de nombreuses professionnelles du sexe ont leurs sacs remplis de préservatifs », a-t-elle conclu.
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Agence France Presse, 14 janvier 2008
- L'Ethiopie prévoit de construire neuf nouvelles stations de production hydroélectrique sur les dix prochaines années, afin d'augmenter ses exportations énergétiques, selon l'agence nationale d'information (ENA, officielle). "Nos voisins connaissent un déficit (de production électrique), si nous arrivons à mener ce projet à bien, l'électricité sera notre principale exportation", a déclaré Mekuria Lemma, chef du programme de prévision de la compagnie publique d'électricité Ethiopian Electric Power Corporation (EEPC). Aujourd'hui la première exportation éthiopienne reste le café, qui représente plus de 60% des recettes à l'exportation de ce pays de la Corne de l'Afrique. "Cinq barrages hydroélectriques sont déjà en construction qui doivent permettre de produire 3.150 megawatts d'ici à 2011 et EEPC envisage de dépenser 3,2 milliards d'euros pour quatre autres projets similaires", précise Ena. "L'objectif est d'atteindre une production de 9.000 megawatts en 2018 (NDLR: soit 11 fois la production actuelle) avec la possibilité d'exporter les surplus vers les pays voisins comme le Kenya, Djibouti et le Soudan", ajoute le communiqué, notant que l'Ethiopie a déjà signé un accord initial de fourniture de courant de 200 megawatts avec Djibouti, 500 avec le Kenya et 200 avec le Soudan "quand les cinq premiers barrages seront terminés". Fin décembre, la Banque Mondiale (BM) avait annoncé l'octroi d'un crédit de 41,05 millions de dollars à l'Ethiopie pour financer une connexion de son réseau électrique avec le Soudan voisin. Ce projet s'inscrit dans l'Initiative du Bassin du Nil (NBI) qui prévoit des projets transfrontaliers de développement entre les pays de cette zone. A terme le Kenya, la Somalie, l'Ethiopie, le Soudan, la Tanzanie, le Yémen et Djibouti devraient avoir un réseau électrique interconnecté, selon la BM.
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Afrique Info,Khartoum, 14 janvier 2008
Le Soudan célèbre, ce lundi à Wau, au Sud-Soudan, le troisième anniversaire de la signature de l'Accord de paix global (CPA) dans un contexte marqué par les difficultés rencontrées dans la réalisation de la paix entre Khartoum et les Sud-Soudanais. Beaucoup de Soudanais, qui avaient souffert durant la guerre, disent que le CPA, qui a scellé une paix définitive entre les autorités à Khartoum et la population du Sud-Soudan le 9 janvier au Kenya, a été comme la fin d'"une route longue et difficile vers la paix qui a commencé en 1955". Il y a quatre ans, il était impensable pour les Soudanais que la paix pouvait être célébrée à Wau, une localité qui avait souvent été le théâtre de violents affrontements entre les soldats des Forces armées du Soudan (SAF) et les troupes de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA). Mais tout ceci appartient désormais au passé, et Wau abrite les célébrations de paix ce lundi par le peuple du Sud Soudan et les officiels du gouvernement fédéral, grâce à un contrôle régulier de la mise en application du CPA. Les Sud-Soudanais avaient changé la date des célébrations du 9 janvier, en attendant la confirmation du retrait des troupes des SAF et des forces de la SPLA de certaines zones. Le SPLM et le NCP (Parti national du Congrès) avaient convenu que le retrait de ces troupes des zones litigieuses coïnciderait avec la célébration du troisième anniversaire de la signature du CPA. Aujourd'ui (lundi), les quotidiens de langue anglaise publiés ici indiquent que le Gouvernement du Sud Soudan (GOSS) et le Gouvernement d'unité nationale (GoNU) s'étaient rendus au Sud Soudan pour honorer cette occasion. Par ailleurs, le journaliste local Joseph Machok Makak a consacré un article au CPA, en invitant toutes les institutions soudanaises et le peuple soudanais "à cultiver une culture de paix entre eux à travers la création de programmes de renforcement des capacités basés sur les ressources naturelles et humaines dans le pays". D'après lui, "la seule manière (d'assurer) la paix au Soudan est de mettre totalement en oeuvre le CPA qui forme la base légale pour un règlement de la guerre civile soudanaise, qui a fauché environ 2 millions de vies innocentes". M. Makak a exhorté le GOSS à veiller à la mise en application des protocoles du CPA "car c'est la seule solution pour assurer la sécurité et le partage des richesses partout au Soudan". En même temps, il a exprimé le besoin urgent pour le NCP et le SPLM d'assurer un règlement du problème critique d'Abyei dans le cadre des protocoles du CPA. A l'indépendance le 1er janvier 1956, le Soudan a hérité du problème de démarcation des frontières du secteur d'Abyei entre les chefs de tribu du Sud Soudan et les autiorités d'alors de Khartoum des colons britanniques. Le journaliste a averti que l'incapacité à régler à l'amiable le problème d'Abyei, où on a récemment appris qu'il était riche en pétrole, pourrait réduire à néant le CPA. Il a également suggéré au GoNU de rechercher des stratégies qui gagneraient les coeurs des non signataires de l'Accord de paix du Darfour pour prendre exemple sur le SPLM et négocier la paix. Pour M. Makak "une solution durable au problème du Darfour-Est va également consolider l'unité totale du Soudan".
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Afrique Info, Khartoum, 12 janvier 2008
Une réalité plutôt sombre a commencé à voir le jour trois ans après la signature de l'Accord de paix global (CPA) qui avait mis un terme aux hostilités entre les autorités soudanaises et les populations du Sud Soudan, rapporte la PANA, citant le quotidien soudanais, Khartoum Monitor. Les médias notent que, même si le Sud Soudan envisage de célébrer dans le faste lundi, dans la capitale Juba, le troisième anniversaire de l'Accord, le Sud continue de connaître des taux de mortalité infantile élevés et ne dispose pas des infrastructures médicales nécessaires, une situation attribuable aux vingt ans de conflit armé entre les Forces armées du Soudan et l'Armée de Libération du Peuple du Soudan (SPLA). Un rapport de l'Organisation non gouvernemental (ONG), Save the Children, cité par le Khartoum Monitor, avertit que des milliers d'enfants sont encore menacés de mort, alors que l'accord a été signé depuis trois ans. La situation sanitaire des enfants revêt les proportions d'une crise, un enfant sur quatre dans le Sud Soudan décédant avant l'âge de cinq ans, essentiellement en raison de maladies évitables, comme le paludisme ou la diarrhée, affirme le rapport. Commentant l'évaluation faite par l'organisme, le Monitor montre des photographies d'enfants malades, malnutris et frêles à la une de son édition de jeudi, expliquant que des “milliers de familles ont jusqu'ici difficilement accès aux soins de santé de base, le pays ne disposant que d'un seul médecin qualifié pour 100.000 personnes”. L'accord de paix de l'année 2005 promettait de réorienter les recettes tirées des riches réserves pétrolières du Soudan pour contribuer au financement des systèmes sanitaire et d'éducation du pays, rappelle le journal, tout en regrettant que “trois ans après, les communautés continuent de se débattre pour survivre après les vingt ans de guerre civile, qui ont permis peu de changements dans le pays". L'organisme caritatif international a appelé le gouvernement du Sud Soudan à consacrer des financements plus importants aux services d'éducation, de santé et de protection. Il a adressé un message similaire aux donateurs, pour les prier de se montrer plus généreux en mettant à disposition des financements ainsi qu'en prodiguant des conseils au gouvernement du Sud Soudan en insistant sur la nécessité de protéger les enfants. Par ailleurs, le Khartoum Monitor cite également le Fonds des nations unies pour l'enfance (UNICEF), qui aurait constaté en décembre dernier que le nombre d'enfants ayant trouvé la mort avant de célébrer leur cinquième anniversaire avait chuté au dessous de 10 millions en 2006, tout en avertissant qu'il convenait de renforcer davantage les efforts consentis. Attribuant les progrès réalisés dans l'abaissement du taux de mortalité infantile à certaines améliorations réussies dans le domaine des soins de santé, l'UNICEF a déclaré que “en comparaison, l'on estime que 20 millions d'enfants de moins de cinq ans décédaient au début des années 60”. En sus de la pauvreté du réseau routier du Sud Soudan, les études menées par les organismes humanitaires suite à la signature du CPA constatent que la zone ne disposait pas des installations sanitaires et de l'hygiène de base nécessaires, ni d'eau potable, une situation qui explique le nombre élevé de 1,5 million d'enfants qui meurent chaque année de la diarrhée et d'autres maladies y relatives
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Le Monde 12 janvier 2008 par Philippe Bernard et Philippe Ricard (à Bruxelles)
Pour sauver la force européenne (Eufor) chargée de sécuriser l'est du Tchad et le nord de la Centrafrique, aux confins du Darfour, la France paiera la note. Paris fournira les hommes et les hélicoptères qui manquent, permettant de lancer, en principe, au début de février l'opération voulue par le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner. Souhaitée sur le terrain, cette opération suscite des réticences, notamment, en Allemagne. Après ce "coup de pouce" décidé à l'Elysée, les militaires de l'Union européenne réunis à Bruxelles, vendredi 11 janvier, devraient constater que les besoins identifiés sont réunis
La contribution française en soldats qui, à l'origine, devait être minoritaire, pourrait être portée à 2 100 hommes, soit un niveau compris entre 50 % et 60 % de l'effectif total, a précisé, jeudi, le ministre de la défense, Hervé Morin. Paris comblera aussi le manque d'hélicoptères et d'avions de transport qui retardait le déploiement de l'opération autorisée par une résolution de l'ONU votée en septembre 2007. Parallèlement, des discussions se poursuivent avec des pays non-membres de l'UE mais susceptibles de fournir du matériel aérien (Suisse, Albanie, Ukraine, Russie). Les ministres des affaires étrangères de l'Union devraient décider à l'unanimité l'envoi des troupes au Tchad le 28 janvier.
"Défi logistique"
C'est la première fois qu'un nombre aussi important de pays européens participe à un tel dispositif sous la bannière communautaire. Outre les Français, 400 Irlandais et autant de Polonais devraient constituer le noyau de deux bataillons, ainsi que 200 Suédois et 150 Roumains. Des soldats autrichiens, belges, espagnols, néerlandais, portugais, slovènes et suédois les accompagneront. Vingt et un pays sont représentés au sein de l'état-major installé au Mont-Valérien, près de Paris, sous la houlette du général irlandais Patrick Nash. Les Français n'ont pas réussi à obtenir que Londres et Berlin, qui n'envoient pas d'hommes, contribuent au-delà de leur quote-part minimale. Le coût de l'opération - 400 millions, théoriquement pour un an - devrait donc largement incomber à la France. La position dominante des Français dans l'Eufor risque de conforter les positions de ceux qui, parmi les partenaires européens, voient dans cette opération un moyen pour Paris de renforcer ses positions dans son "pré carré" africain et son soutien au président tchadien Idriss Déby. Le Quai d'Orsay s'est employé à tempérer cette critique. Au-delà de la politique européenne, des inquiétudes concernent les conditions d'engagement de l'Eufor dans une zone où se replient les rebelles du Darfour aidés par Idriss Déby, à un moment d'intenses tensions entre le Soudan et le Tchad. Une étude américaine, très critique, réalisée pour le Centre d'études internationales du Massachusetts Institute of Technology et publiée en novembre, qualifie le déploiement de l'Eufor de "défi logistique" .
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Le Monde avec l'AFP 12 janvier 2008
Le Conseil de sécurité de l'ONU a formellement condamné vendredi l'attaque commise récemment au Darfour contre la Minuad, la nouvelle force conjointe de l'ONU et de l'Union africaine, menaçant de représailles les parties qui entraveraient le processus de paix. Les 15 membres du Conseil ont approuvé à l'unanimité une résolution non contraignante qui "condamne dans les termes les plus fermes l'attaque du 7 janvier par des éléments des forces armées soudanaises, comme cela a été confirmé par la Mission des Nations unies et de l'Union africaine, d'un convoi de ravitaillement de la Minuad". La résolution définitive ne fait pas référence au fait que l'attaque visait un convoi "clairement identifié comme étant de la Minuad", mentionnée dans une version précédente du texte. Le texte, lu par l'ambassadeur libyen à l'ONU Giadalla Ettalhi, président du Conseil en janvier, ajoute que ce dernier est prêt à "agir contre toute partie qui bloquerait le processus de paix, l'aide humanitaire ou le déploiement de la Minuad", force qui a pris début janvier le relais de la force de la mission africaine, l'Amis. L'ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU Zalmay Khalilzad a indiqué aux journalistes après la réunion que cette action pourrait prendre la forme de sanctions politiques, économiques ou militaires. Le Conseil a salué la promesse de Khartoum de mener, au côté de la Minuad, une enquête complète et fouillée sur cette attaque. Le ministre soudanais de la Défense Abdel Rahim Mohammed Hussein a reconnu jeudi que les forces armées en étaient responsables, mais insisté sur le fait que l'armée n'avait pas été informée de l'itinéraire du convoi et que les soldats avaient procédé à des tirs de sommation en ignorant qu'il s'agissait de véhicules de la Minuad. Khartoum n'a pas donné son accord pour cette attaque, a déclaré vendredi l'ambassadeur du Soudan à l'ONU, Abdalmahmood Abdalhaleem Mohamad, qui avait accusé jeudi des rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), soutenus par le Tchad voisin, d'en être les auteurs. "Ce n'est ni la politique ni l'intention du Soudan d'attaquer la Minuad", a-t-il assuré vendredi. La résolution appelle également Khartoum, accusé de mettre des bâtons dans les roues au déploiement de la force conjointe, à accepter que la Minuad comporte des éléments non africains, à lui faciliter l'accès à des terrains et de l'eau, lui accorder des autorisations de vol et octroyer dans des délais raisonnables des visas à ses personnels. Elle appelle également les pays participant à cette force à lui fournir les 24 hélicoptères "nécessaires à son succès". Le Conseil de sécurité appelle enfin le gouvernement soudanais et tous les groupes armés à respecter "un cessez-le-feu immédiat et complet" au Darfour" et "exige que toutes les parties coopèrent entièrement avec le déploiement de la Minuad et respectent sa sécurité et sa liberté de mouvement". La Minuad ne compte pour l'heure que 9.000 éléments mais doit devenir à terme la plus importante mission de maintien de la paix de l'ONU avec quelque 26.000 membres.
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Agence France presse 11 janvier 2008
STRASBOURG (France), 11 jan 2008 (AFP) - La France a donné le coup de pouce décisif à la force européenne qui doit être déployée au Tchad et en Centrafrique, permettant à l'Union européenne (UE) de conclure avec succès vendredi un cinquième round de négociations, après des mois de pourparlers. Paris a offert de nouveaux moyens matériels avec cinq hélicoptères de transport, dont un médicalisé, et quatre hélicoptères d'attaque, indispensables pour intervenir dans une région grande comme le tiers du territoire français. Mais la France a également accepté de porter les effectifs de son contingent à quelque 2.000 hommes, contre 1.350 prévus jusqu'à présent. Paris va aussi fournir un radar de contrôle aérien qui sera déployé à Abéché, futur siège du commandement de la force dans l'est du Tchad, ainsi que des drones d'observation. Deux autres pays ont également fourni un ultime effort: la Pologne avec deux hélicoptères de transport et la Belgique avec deux avions, également destinés au transport des troupes, selon des sources militaires françaises. Agissant sur mandat de l'ONU, l'Eufor Tchad-RCA doit protéger des centaines de milliers de personnes déplacées ou réfugiées en raison du conflit faisant rage au Darfour (ouest du Soudan). Forte de quelque 3.500 soldats et commandée par le général irlandais Patrick Nash, cette force aurait dû être déployée dès novembre 2007. Le ministre de la Défense Hervé Morin, qui présentait vendredi soir à Strasbourg (est) ses voeux aux militaires, a salué l'accord intervenu à Bruxelles, soulignant que la "crédibilité de l'Union européenne" était en jeu. "Nous avons tous les moyens nécessaires, la France, la Belgique et la Pologne s'étant engagées à fournir ce qui manquait encore en termes de transport aérien", s'est également félicité un diplomate européen, à l'issue de la réunion de responsables militaires des Vingt-Sept. La prochaine étape, a-t-il précisé, est la rédaction par le général Nash du "plan opérationnel" de l'Eufor Tchad-RCA qui, "si tout va bien, (...) devrait être approuvée fin janvier par l'UE", lui permettant de lancer la plus grande opération militaire de son histoire. Selon M. Morin, le général Nash "considère qu'il est désormais possible de lancer l'opération" et le "proposera la semaine prochaine à l'UE". "Dès le début du mois prochain, au plus tard, nous pourrons commencer à nous déployer sur cette zone", a assuré M. Morin. Deux pays hors UE, l'Ukraine et la Russie, invités à Bruxelles, ont annoncé qu'ils réfléchissaient à une éventuelle contribution dans le domaine du transport aérien. La France se retrouve cependant dans la situation qu'elle avait précisément voulu éviter: déjà présente au Tchad depuis 1986 avec le millier d'hommes de la force Epervier, confrontés régulièrement aux groupes armés hostiles au président tchadien Idriss Deby Itno, elle voulait surtout ne pas être sur-représentée dans l'Eufor, pour éviter tout soupçon de partialité. Des parlementaires européens et des ONG avaient exprimé leurs craintes. C'est pourquoi M. Morin a encore exprimé vendredi l'espoir "que nos amis allemands puissent nous rejoindre à un moment ou un autre". Mais son collègue allemand Franz Josef Jung s'est contenté de rappeler "le soutien politique" de son pays. Une douzaine de pays européens - dont l'Irlande et la Pologne avec 400 soldats chacune - devrait participer à cette force qui aura pour tâche de protéger dans l'est du Tchad et le nord-est de la RCA les camps regroupant un demi-million de réfugiés soudanais et de déplacés tchadiens et centrafricains.
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Agence France Presse, 11 janvier 2008
Le ministre soudanais de la Défense a reconnu dans une déclaration publiée jeudi que l'armée avait attaqué au Darfour un convoi de la force conjointe de l'ONU et de l'Union africaine, la Minuad, mais a affirmé qu'il s'agissait d'une erreur. "L'armée n'a pas été informée de l'itinéraire du convoi et à l'approche de Tine (nord-ouest du Darfour) des soldats ont procédé à des tirs de sommation ne sachant pas qu'il s'agissait de véhicules de la Minuad", a déclaré le ministre, Abdel Rahim Mohammed Hussein, au quotidien indépendant Assahafa. "Ces tir ont été ignorés et c'est alors que les soldats ont ouvert le feu, blessant un chauffeur et endommageant un transport de troupes et un camion", a-t-il ajouté, ajoutant que les soldats avaient pensé qu'il s'agissait de rebelles. "L'armée a stoppé les tirs lorsqu'elle a réalisé qu'il s'agissait d'un convoi de la Minuad", a poursuivi le ministre, rejetant la responsabilité de l'incident sur la force afro-onusienne qui aurait dû, selon lui, faire connaitre son itinéraire. "Cela aurait évité de les prendre pour des rebelles d'autant plus que cette zone proche du Tchad connaît des escarmouches avec ces derniers", a-t-il dit. Mercredi, l'ambassadeur du Soudan à l'ONU, Abdalmahmood Abdalhaleem Mohamad, avait nié toute responsabilité de son gouvernement dans cette attaque, accusant les rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM). Le Conseil de sécurité des Nations unies et Washington ont condamné la première attaque intervenue contre la Minuad depuis le début de son déploiement, début janvier, avertissant que de tels évènements ne devaient pas se répéter. La Minuad, qui a pris le relais de l'ancienne force de la mission africaine, l'Amis, ne compte pour l'heure que 9.000 éléments mais doit devenir à terme la plus importante mission de maintien de la paix de l'ONU avec quelque 26.000 membres. Conçue pour être plus robuste que l'Amis, la Minuad se heurte à un manque d'hélicoptères et à des difficultés logistiques et des membres du Conseil de sécurité et l'ONU accusent Khartoum de multiplier les obstacles à ses opérations dans la province de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile.
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IRIN édition française, 11 janvier 2008
La transformation, au début de l'année 2008, de la force de maintien de la paix de l'Union africaine (UA) au Darfour en une force sous le commandement conjoint des Nations Unies et de l'UA ne permettra pas d'augmenter de manière significative le nombre de soldats sur le terrain et, selon les travailleurs humanitaires, n'améliorera guère la prestation de l'aide humanitaire, dans l'immédiat. Conformément à la résolution 1769 du Conseil de sécurité, prise le 31 juillet 2007, l'Opération hybride Union africaine/Nations Unies au Darfour (MINUAD), doit être composée d'un maximum de 19 555 soldats, 3 772 agents de police et 5 105 civils, ce qui en fait l'une des plus vastes opérations de maintien de la paix du monde. La force de l'UA, assiégée et sous-financée, compte environ 7 000 soldats et 1 200 policiers. Bien que la MINUAD ait vu le jour le 1er janvier, dans les premiers temps, elle sera presque entièrement composée du personnel de l'UA déjà sur place, et l'on ne doit pas s'attendre à de nouveaux déploiements importants avant plusieurs mois. Le général Martin Luther Agwai, commandant de la MINUAD, a dénoncé |