Le Soudan dans la Presse

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2005

1er semestre

2ème semestre


Janvier 2008

 

Xinhuanet
31 janvier 2008

La Russie envoie des soldats de la paix au Soudan

Jeune Afrique
31 janvier 2008

Les rebelles disent être aux portes de N'Djamena

Le Monde
30 janvier 2008

L'Union européenne lance l'opération Eufor au Tchad et en Centrafrique

La Croix
29 janvier 2008

Une force européenne va bientôt se déployer au Tchad

Agence France Presse
29 janvier 2008

Au Tchad, l'Eufor va se déployer en terrain miné

Xinhuanet
27 janvier 2008

Le Soudan proteste contre les commentaires des Etats-Unis à son  encontre

La Croix
25 janvier 2008

La France paie le prix fort pour la force européenne au Tchad

Nations Unies New York
23 janvier 2008

Darfour : le banditisme met en péril la distribution de l'aide alimentaire

IRIN
édition française
23 janvier 2008

Aucune certitude sur le taux de VIH, au Soudan

BBC
21 janvier 2008

Soudan: une nomination controversée

Le Point
20 janvier 2008

Les tensions subsistent entre Nord et Sud au Soudan

Agence France Presse
18 janvier 2008

Bush juge "trop lent" le déploiement de la Minuad au Darfour

Xinhuanet
18 janvier 2008

Le pont de l'Amitié sino-soudanaise enjambe le Nil

 

Nations Unies
New York 18 janvier 2008

Au Darfour l'armée de libération du Soudan prête à se joindre au processus politique

IRIN
Nairobi
17 janvier 2008

L'armée soudanaise bombarde les positions des rebelles dans l'Ouest-Darfour

Xinhuanet
17 janvier 2008

L'Afrique du Sud appelle à accélérer le déploiement de la MINUAD au Darfour

IRIN
édition française
14 janvier 2008

Soudan: Routiers et vendeuses de thé découvrent le VIH/SIDA

 

Agence France Presse
14 janvier 2008

L'Ethiopie prévoit la construction de 9 stations hydroélectriques en 10 ans

Afrique Info
14 janvier 2008

Célébration du 3ème anniversaire de l'accord de paix au Soudan

Afrique Info
12 janvier 2008

Sud-Soudan: Difficile situation trois ans après l'Accord de paix

Le Monde
12 janvier 2008

La force européenne en Centrafrique et au Tchad sera à dominante française

Le Monde avec l'AFP 
12 janvier 2008

Le Conseil de sécurité condamne l'attaque contre la Minuad, au Darfour

Agence France Presse
11 janvier 2008

La France donne le coup de pouce décisif à l'Eufor Tchad-RCA

L'Agence France Presse
11 janvier 2008

Le Soudan admet avoir attaqué la Minuad mais parle d'une erreur

 

IRIN
édition française
11 janvier 2008

Le Darfour, dans l'attente des Casques bleus

 

Le Monde
11 janvier 2008

Au Darfour, "un manque tragique de moyens essentiels" affaiblit la force commune ONU-UA

Xinhuanet
10 janvier 2008

Les forces armées soudanaises terminent leurs retraits du Sud

Agence France Presse
10 janvier 2008

Le Soudan reconnaît avoir attaqué la Minuad, mais par erreur

Le Monde
10 janvier 2008

La Suède et la Norvège renoncent à envoyer des militaires au Darfour

Courrier international
9 janvier 2008

Tchad-Soudan  •  Des risques sérieux d'embrasement

Agence France Presse
8 janvier 2008

L'ONU proteste auprès du Soudan après une attaque contre la Minuad au Darfour

Agence France Presse
8 janvier 2008

Le Tchad reconnaît implicitement avoir bombardé les rebelles au Soudan

El Watan
8 janvier 2008

Un nouveau pays musulman change de week-end

IRIN
édition française
8 janvier 2008

« Cette maison était pleine de femmes... Elles ne viennent plus»

Agence France Presse
7 janvier 2008

Tchad-Soudan: préoccupation du Conseil de sécurité

Agence France Presse
7 janvier 2008

Risque de conflit ouvert entre le Soudan et le Tchad

Xinhuanet
7 janvier 2008

Le gouvernement soudanais nie avoir des rapports avec les rebelles tchadiens

Afrique Info
6 janvier 2008

Tchad-Soudan : 45 ans de relations tumultueuses

Radio Française Internationale
5 janvier 2008

Deby offensif face au Soudan

 

Agence France Presse
5 janvier 2008

Deby menace de frapper les rebelles tchadiens "à l'intérieur du Soudan"

Xinhuanet
3 janvier 2008

Moubarak souligne la volonté de l'Egypte de promouvoir la paix et l'unité au Soudan

Courrier Internationale
2 janvier 2008

Dernière chance au Darfour

Le Monde
2 janvier 2008

Khartoum a dépassé le délai pour un retrait militaire du sud (sudistes)

Xinhuanet
2 janvier 2008

Les relations américano-soudanaises pourraient se détériorer à cause d'un projet de loi pour réduire les investissements

Agence France Presse
1 er janvier 2008

Un diplomate américain tué par balle à Khartoum


 

La Russie envoie des soldats de la paix au Soudan

 

Xinhuanet, 31 janvier 2008

 

La Russie enverra 40 soldats de la paix supplémentaires au Soudan mercredi après l'arrivée sur place d'un premier contingent de 80 hommes, a rapporté mardi l'agence de presse Itar-Tass.

Les premiers soldats russes sont arrivés à l'aéroport soudanais de Juba mardi à bord d'un avion militaire pour prendre la relève des 120 soldats de l'armée de l'air présents sur place, a informé le porte-parole de l'armée de l'air, le colonel Alexander Drobyshevsky cité par l'agence.

Les 40 autres soldats arriveront avec du matériel technique à destination des 4 hélicoptères et des 120 pilotes et techniciens.

Le groupe de militaires russes a été envoyé au Soudan pour y assurer le transport de matériel humanitaire et l'évacuation des malades et des blessés, mais il ne sera engagé dans aucun combat, a précisé le général Viktor Ivanov de l'armée de l'air.

 

Janvier 2008

 

 

Les rebelles disent être aux portes de N'Djamena

 

Jeune Afrique avec l'AFP, 31 janvier 2008

 

L'armée tchadienne, menée par le président Idriss Deby Itno, s'est déployée jeudi soir autour de N'Djamena après avoir tenté de contrer l'avancée d'une importante colonne rebelle qui dit être "aux portes" de la capitale.

 

Le commandant sur le terrain de la force européenne au Tchad et en Centrafrique (Eufor), le général français Jean-Philippe Ganascia, a assuré à N'Djamena que cette offensive ne perturberait pas le déploiement des 3.700 militaires de l'opération, dont 2.100 Français, qui vient de commencer

 

Issus d'une alliance formée en décembre par les trois principaux groupes armés tchadiens, dirigés par Mahamat Nouri, Timan Erdimi et Abdelwahid Aboud Makaye, les rebelles sont entrés au Tchad lundi depuis le Soudan.

Depuis, leur colonne de 300 véhicules pick-up pouvant transporter dix à quinze hommes a traversé le pays, sur environ 700 km, évitant l'armée et l'affrontement direct.

"Nous sommes aux portes de N'Djamena", a déclaré jeudi en fin d'après-midi à l'AFP Timan Erdimi, la colonne "s'est divisée en plusieurs groupes autour de la ville".

l'Armée nationale tchadienne (ANT) était partie, depuis mercredi, en direction des positions rebelles à environ 250 km de N'Djamena, afin de les contrer. Le président Deby, arrivé au pouvoir par les armes en 1990, lui aussi depuis le Soudan, était à sa tête comme il le fait souvent, avant de regagner la ville jeudi après-midi.

"L'ANT a changé de stratégie, elle est revenue former une ceinture autour de la ville", a affirmé une source militaire, confirmant que les rebelles ont encore progressé et se sont scindés en plusieurs colonnes.

"Les rebelles sont à 150 km de N'Djamena", ont indiqué des sources militaires tchadiennes jeudi soir.

 

Timan Erdimi a adressé un ultimatum au président Deby.

 

"Si d'ici demain il n'y a pas de négociations, il y aura la guerre", a-t-il prévenu, réclamant le "partage du pouvoir" mais sans faire du départ du chef de l'Etat, dont il est un neveu, un préalable.

Il s'agit de la plus importante avancée rebelle vers N'Djamena depuis avril 2006, quand une colonne de moins d'une centaine de véhicules avait été repoussée aux portes de la ville.

Dans la capitale, constamment survolée par des hélicoptères, les rues se sont progressivement dépeuplées jeudi. Le lycée français est resté fermé, et l'ambassade de France a appelé ses 1.500 ressortissants à limiter leurs déplacements.

Présente au Tchad avec le dispositif Epervier, l'armée française continue de mener, comme par le passé, des missions de reconnaissance aérienne, et à fournir des renseignements aux autorités, ce que dénonce la rébellion.

Paris a assuré suivre "avec beaucoup d'attention" la situation au Tchad.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, le gouvernement avait confirmé l'avancée rebelle, tout en assurant contrôler la situation.

"Le Tchad s'attendait à une action de leur part, nous y étions préparés", a expliqué un conseiller de M. Deby.

Jusque-là incapables de s'unir, notamment en raison de leur appartenance à des ethnies antagonistes, les groupes armés se sont alliés à la mi-décembre sous la pression du Soudan voisin, d'après N'Djamena et des observateurs étrangers.

Comme par le passé, N'Djamena a accusé Khartoum d'avoir équipé les rebelles, affaiblis par les combats de la fin 2007.

"Il y a une fenêtre de tir avant le déploiement effectif de la force européenne, qui risque de figer les positions sur le terrain et dont les Soudanais ne veulent pas", estime un observateur étranger.

L'offensive coïncide avec le lancement de l'Eufor, censée protéger dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique les réfugiés soudanais du Darfour voisin ainsi que les déplacés internes tchadiens et centrafricains, soit 450.000 personnes.

Evoquant un possible retard "de quelques jours" dans le déploiement en raison de l'avancée rebelle, le général Ganascia a assuré que ce type d'action militaire ne concernait pas la force européenne

 

Janvier 2008

 

 

L'Union européenne lance l'opération Eufor au Tchad et en Centrafrique

 

Le Monde 30 janvier 2008 par Laurent Zecchini

 

L es ministres européens des affaires étrangères ont approuvé, lundi 28 janvier, l'envoi d'une force d'environ 3 700 soldats dans l'est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine. Ces militaires seront notamment chargés d'assurer la sécurité de plus de 400 000 réfugiés du Darfour et de personnes déplacées à l'intérieur du Tchad. Leur zone d'intervention s'étendra sur 400 kilomètres d'est en ouest, et 800 kilomètres du nord au sud.

Il s'agit de la cinquième et de la plus importante opération militaire conduite dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD), et elle s'effectuera sans l'assistance des moyens militaires de l'OTAN.

A ce titre, elle constitue un test de crédibilité pour la politique européenne de défense, laquelle a déjà pâti des difficultés rencontrées par l'Union européenne (UE) pour réunir les concours nécessaires : sans la décision française de fournir plus de la moitié des effectifs (2 100 soldats) et une bonne partie des équipements (notamment neuf hélicoptères sur douze ou treize), l'opération serait encore dans les limbes.

Revers de la médaille : cette forte contribution française tend à accréditer la thèse selon laquelle Eufor va de facto conforter un régime tchadien affaibli, fortement soutenu par Paris.

 

Groupes rebelles

 

Les financements communs ont été portés de 99 à 119,6 millions d'euros, mais ils ne représenteront guère plus de 15 % du coût total de l'opération. La Grande-Bretagne et l'Allemagne n'enverront aucun soldat sur le terrain.

Baptisée "Eufor Tchad-RCA", cette opération s'inscrit dans le cadre d'une approche régionale de la crise du Darfour, à laquelle la communauté internationale a décidé de répondre par l'envoi sur place d'une "force hybride" des Nations unies et de l'Union africaine, la Minuad, composée de 20 000 soldats et de quelque 6 000 policiers.

Plus encore que l'Eufor, la Minuad peine à réunir les contributions militaires et logistiques nécessaires, et elle ne sera sans doute pas à pied d'œuvre avant la fin du premier semestre 2008. Sa mission se déroulera dans des conditions difficiles, comme en a témoigné l'attaque émanant d' "éléments de l'armée soudanaise" , qu'elle a subie le 8 janvier.

A priori, l'Eufor devrait se déployer sur un terrain d'opération moins aléatoire. Une haute source militaire française assure même qu'il s'agira d'un "environnement permissif" , dans la mesure où les forces tchadiennes du président Idriss Déby ne ne devraient voir que des avantages à l'arrivée d'une force européenne dont la seule présence contribuera à stabiliser la partie la plus disputée du territoire tchadien, proche de la frontière soudanaise.

Le gouvernement de N'Djamena est soumis à des attaques récurrentes de la part de groupes rebelles dont les bases arrière se situent en territoire soudanais. A l'inverse, les rebelles du Darfour trouvent refuge au Tchad. A plusieurs reprises, le dispositif militaire français "Epervier" (qui dispose de 1 100 soldats au Tchad) est intervenu pour prêter main forte à l'armée tchadienne, notamment en faisant décoller ses avions de combat Mirage basés à N'Djamena.

La France a assuré que ses soldats, pas plus que ceux de l'Eufor, n'ont vocation à s'opposer aux incursions rebelles ou à contrôler les frontières tchadiennes. En cas de besoin, les Mirage français apporteront cependant leur concours aux soldats européens. Le remplacement au bout d'un an de l'Eufor, qui est une mission militaire "de transition" , par une force des Nations unies, est jugé "irréaliste" par certains experts, qui évoquent le risque d' "enlisement" de la force européenne. L'Eufor devra contribuer à la protection "des civils en danger" , ce qui vise les quelque 241000 réfugiés soudanais du Darfour installés dans l'est du Tchad, et les 3000 autres concentrés dans la zone de Birao, en République centrafricaine, ainsi que les 179 000 Tchadiens et 20 000 Centrafricains "déplacés" dans leurs pays respectifs.

Les soldats européens devront également faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire et protéger les 300 policiers de l'ONU chargés de former 850 policiers locaux pour la sécurité des camps de réfugiés et déplacés. Le "quartier général de force" , commandé par le général français Jean-Philippe Ganascia, est situé à Abéché, alors que l'ensemble de l'opération est sous les ordres du général irlandais Patrick Nash, depuis un quartier général opérationnel établi au Mont Valérien.

 

Janvier 2008

 

Une force européenne va bientôt se déployer au Tchad

 

La Croix , C atherine Rebuffel , 29 janvier 2008

 

Les humanitaires sont inquiets alors que Bruxelles a donné hier son feu vert à l'envoi de 3 700 hommes au Tchad et en République centrafricaine

 

L'arrivée prochaine et progressive de 3700 soldats de l'Eufor (dont 2 100 Français) au Tchad et en Centrafrique, du début mars à la fin mai, pose problème aux 80 ONG présentes sur le terrain. Solidarités, association présente au Darfour depuis 2004, est sur le point de démarrer une mission d'approvisionnement en eau dans un camp de réfugiés soudanais à Adé, près de la frontière tchadienne. Le plus gênant, pour son directeur Alain Boinet, c'est le terme de «police humanitaire», choisi pour désigner les forces de police tchadiennes qui seront formées par les soldats de l'Eufor afin de sécuriser les zones où sont regroupés les déplacés tchadiens. «Cela induit de fait une confusion des genres», affirme-t-il. En outre, la mission que les soldats de l'Eufor ont reçue de l'ONU de protéger les convois humanitaires et les camps de réfugiés et de déplacés, les autorise à faire usage de la force si nécessaire. «C'est peut-être utile, mais préjudiciable quant à la distinction des rôles de chacun », renchérit-il.

Alain Boinet reconnaît que le commandement de l'Eufor s'est montré jusque-là soucieux d'ouverture et de coopération avec la communauté humanitaire. «Ils sont d'accord pour rencontrer les ONG sur place, elles pourront poser des questions et être informées de ce qui se passe. Je pense même qu'une coordination est souhaitable.» Ce que redoutent souvent les humanitaires dans ces situations, c'est la propension qu'ont les soldats à vouloir «faire de l'humanitaire» pour se faire accepter des populations.

«  Qu'ils se mettent à forer des puits ou à distribuer de l'aide, et la confusion sera totale», renchérit Philippe Conraud, responsable pour l'Afrique centrale à Action contre la faim (ACF). «La sécurité de nos équipes sur place dépend de la perception qu'ont les populations de nous. Avec tous les groupes armés qui vont se retrouver là, entre l'armée tchadienne, l'armée française, l'Eufor, la Minurcat (la force des Nations unies), les mouvements rebelles, cela fait beaucoup». Sans discuter le principe même du déploiement de l'Eufor, Philippe Conraud s'interroge davantage sur les modalités de sa mise en oeuvre et sur son efficacité réelle. « Il y a tellement de zone éloignées et difficiles d'accès... », reprend-il.

Autre question préoccupante: la mission prévoit d'organiser le retour des déplacés dans leurs villages. «Il faudra être sûr que cela se fait bien sur la base du volontariat et que les zones soient totalement et durablement sécurisées», reprend Alain Boinet, notant au passage que l'Eufor ne règle aucunement la question du Darfour, « qui reste tout de même à l'origine du problème humanitaire dans l'est du Tchad».

Enfin, le déploiement d'une telle force, qui plus est composée majoritairement de soldats français, risque d'entraîner une confusion dans l'esprit des Tchadiens: la vraie mission de l'Eufor ne serait-elle pas de renforcer le pouvoir d'Idriss Déby? C'est la question que peut se poser l'homme de la rue qui a pris l'habitude de voir la France voler au secours du pouvoir en place, chaque fois qu'il est menacé. C'est aussi la crainte exprimée chez ACF: «La France est trop surreprésentée dans ce déploiement de l'Eufor. S'il y a un problème avec des groupes armés, cela risque de retomber sur les humanitaires français».

Emmanuel Dupuy, président de l'Institut prospective et sécurité en Europe, relève quant à lui que le retard de six mois pris par le déploiement de l'Eufor a permis à chaque camp de mieux se préparer à l'affrontement. «Les mouvements rebelles se sont unifiés et réarmés. Idriss Déby a fait de même de son côté. Cela ne laisse rien présager de bon. »

 

Janvier 2008

 

Au Tchad, l'Eufor va se déployer en terrain miné

 

Agence France Presse, N'Djaména, 29 janvier 2008

 

Théâtre de violents combats récurrents entre armée et rebelles, l'est du Tchad est un terrain miné pour la force européenne qui commence à se déployer afin de sécuriser une zone accueillant plus de 400.000 déplacés internes et réfugiés soudanais.

Pour le représentant à N'Djamena du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Serge Malé, l'arrivée de cette mission de 3.700 militaires dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, qui a reçu lundi l'aval définitif de l'Union européenne (UE), est un soulagement.

"Cela devrait apporter un peu de stabilité et de sécurité, et ouvrir donc quelques portes à la réinstallation des déplacés dans leurs villages", explique-t-il.

Mais le théâtre des opérations de la force, baptisée Eufor Tchad-RCA, s'annonce difficile. Mardi, l'aviation tchadienne a ainsi bombardé des positions de rebelles hostiles au président Idriss Deby Itno à une cinquantaine de kilomètres seulement d'importants camps de réfugiés soudanais du Darfour voisin, que l'opération européenne sera censée protéger.

Les affrontements entre les forces gouvernementales et ces groupes armés, souvent très meurtriers, sont fréquents depuis trois ans dans cette région.

"Dans la mesure où la sécurité des réfugiés, des déplacés ou des humanitaires n'est pas menacée, il n'est pas dans le mandat de l'Eufor d'intervenir dans les combats entre armée et rebelles", souligne Serge Malé.

Les rébellions assurent d'ailleurs ne pas vouloir mettre en danger la population. "Nous avons toujours soigneusement évité les zones où vivent des civils", affirme à l'AFP l'un de leurs chefs, Abakar Tollimi. "Si l'Eufor vient, comme elle le dit, sécuriser les réfugiés et les déplacés, nous n'y voyons aucun inconvénient".

Pour autant, les rebelles ajoutent ne pas être persuadés des bonnes intentions de la force européenne, en raison du rôle prépondérant de la France, alliée du président Deby.

Pour éviter que l'opération ne tombe à l'eau faute notamment de moyens aériens, Paris a dû accroître sa participation et va fournir 2.100 hommes à l'Eufor, en plus des 1.100 soldats du dispositif Epervier déjà présent au Tchad, qui apporte une aide logistique et du renseignement aérien à N'Djamena.

"Si les Français continuent à soutenir Deby sous la casquette de l'Eufor, nous les attaquerons", prévient Abakar Tollimi.

Selon un diplomate africain, "même si le mandat des Européens n'est pas de s'interposer entre l'armée et les rebelles ou de protéger la frontière, le but de créer un environnement sécurisé risque de les obliger à intervenir".

"Par sa simple présence, l'Eufor va stabiliser la situation, figer les positions, et donc sécuriser l'est du Tchad", analyse-t-il, "c'est ce qui dérange les rebelles".

Des observateurs craignent ainsi que les rebelles ne passent à l'offensive avant le mois de mars, quand l'Eufor sera enfin fonctionnelle. D'autant que le Soudan, parrain des principales rébellions tchadiennes, n'a jamais caché son hostilité face à la présence de soldats occidentaux à ses portes.

"Les affrontements peuvent reprendre à n'importe quel moment, ce n'est pas terminé", prévient le diplomate africain. L'opposition tchadienne met en garde, elle, contre les risques de voir l'Eufor prise "en otage" dans le conflit entre les autorités et les rebelles.

Les militaires européens balaient ces craintes. "Le rôle d'une force militaire n'est pas d'aller dans une zone calme", plaide un officier supérieur. "S'il y a des violences dans la région, c'est justement une bonne raison d'intervenir".

 

Janvier 2008

 

 

Le Soudan proteste contre les commentaires des Etats-Unis à son  encontre

 

Xinhuanet, Khartoum, 27 janvier 2008

 

Le gouvernement soudanais a  convoqué samedi le chargé d'affaires de l'ambassade américaine à  Khartoum, Alberto Fernandez, pour protester contre ses derniers  commentaires sur le Soudan, a rapporté l'agence de presse  officielle SUNA.  

M. Fernadez a été notifié que ses remarques sont considérées  comme "une intervention flagrante des affaires internes du Soudan", a indiqué Abdel-Bassit Al-Sanoussi, directeur du département  américain au ministère soudanais des Affaires étrangères. 

Ces commentaires entraveront la mise en application de l'Accord de paix global (CPA), conclu entre le nord et le sud du Soudan,  ainsi que les efforts déployés pour résoudre le conflit du Darfour (ouest), a souligné Al-Sanoussi. 

Le gouvernement soudanais et le Mouvement de libération des  peuples du Soudan (SPLM, ex-rébellion) avaient signé le 9 janvier  2005 le CPA pour mettre fin au conflit entre les deux côtés, l'un  des plus anciens conflits sur le continent africain. 

Les remarques de M. Fernandez ne favorisent pas la poursuite du dialogue entre les deux pays, a martelé Al-Sanoussi. 

Selon le responsable soudanais, son ministère a réaffirme à M.  Fernandez que la politique américaine sur le Soudan était basée  sur les positions qui ne permettront pas d'aider à améliorer les  relations bilatérales du fait que les Etats-Unis maintiennent  leurs sanctions contre Khartoum et nomment des envoyés qui ont des positions déformées vis-à-vis du pays africain. 

La présidence soudanaise a le droit souverain total de nommer  une personne de son choix à tout poste constitutionnel dans les  intérêts suprêmes du pays, a précisé Al-Sanoussi, faisant allusion à la nommination de Cheikh Moussa Hilal au poste de conseiller  auprès du ministre des Affaires fédérales du ministre Abdel Bassit Sabdarat. 

Par ailleurs, Al-Sanoussi a demandé une fois plus à  l'administration américaine de remettre en liberté le plus tôt  possible les Soudanais détenus dans la base militaire américaine  de Guantanamo (Cuba), où des centaines de personnes sont enfermées sans jugement pour accusations du terrorisme. 

Jeudi, dans une interview accordée à l'agence de presse  britannique Reuters, M. Fernandez a affirmé qu'une méfiance du  gouvernement soudanais due d'une série de promises non honorées  constituait un principal obstacle aux négociations prévues sur la  crise du Darfour. 

Le département d'Etat américain avait fermement critiqué mardi  dernier le gouvernement soudanais pour la nomination de Cheikh  Moussa Hilal, le leader milicien accusé par les Etats-Unis d'avoir été impliqué dans la crise du Darfour

 

Janvier 2008

 

La France paie le prix fort pour la force européenne au Tchad

 

La Croix, par François d'Alançon, 25 janvier 2008

 

La f orce européenne au Tchad, qui doit sécuriser les camps de réfugiés du Darfour, aura recours à des opérateurs privés

 

Mieux vaut tard que jamais. Les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne devraient approuver lundi 28 janvier l'envoi pour un an d'une force européenne (Eufor) au Tchad. L'opération, imposée par le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, et autorisée par une résolution de l'ONU en septembre 2007, a pour mission de sécuriser l'environnement des camps de réfugiés du Darfour à l'est du Tchad et au nord de la Centrafrique et de permettre le retour des déplacés.

 

Le budget français des opérations extérieures devrait approcher d'un record.

 

Cet ultime feu vert politique conclut près de cinq mois d'une laborieuse négociation qui aura vu les grands «pays militaires» de l'Union européenne (la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne) se livrer à une bataille feutrée sur les contributions comme sur le financement de la mission.

Pour permettre le déploiement de la force européenne, la France a dû accepter de participer à hauteur de 60% de 1'effectif total, quelque 2.000 hommes sur les 3 500 prévus, et elle fournira 9 hélicoptères, un radar de contrôle aérien et des drones d'observation. Faute d'avoir réussi à convaincre ses partenaires, elle paiera aussi la plus grande partie de la note, soit environ 250 millions d'euros sur un total de 400 millions d'euros, coût théorique estimé de l'opération pour un an.

Paris devra se contenter d'une enveloppe de 120 millions d'euros pour le budget commun (dont le financement est réparti entre les Vingt-Sept), qui finance les deux états-majors de l'opération: l'un, installé au Mont-Valérien, près de Paris, sous la houlette du général irlandais Patrick Nash, et l'autre, à Abéché (Tchad), où il sera commandé par le général français Jean-Philippe Ganascia. Conséquence immédiate du surcoût occasionné par la mission Eufor, le budget français des opérations extérieures devrait approcher un milliard d'euros en 2008, un record qui entraînera des annulations et reports de crédits d'équipements prévus par la loi de programmation militaire.

La projection et le soutien de la force, par voies aérienne, maritime et terrestre, promettent d'être un véritable défi logistique et nécessiteront l'externalisation d'un grand nombre de prestations: Avec cet impératif dicté par la météo: du mois de mai au mois de septem­bre, la saison des pluies interdit tout transport terrestre. L'essentiel du déploiement, qui s'étalera sur environ 3 mois, devra être achevé d'ici là. Des milliers de tonnes de matériel, d'eau et d'essence devront être acheminés sur un terrain difficile, sans compter 80 tonnes de flux logistique quotidien.

Un camp a été spécialement construit à N'Djamena, un autre doit l'être à Abéché. Trois emprises doivent être installées à Iriba, Farchana et Goz Beïda pour accueillir les bataillons polonais, français et irlandais. La voie aérienne exigera le recours à des avions gros porteurs, une capacité qui fait cruellement défaut dans les armées européennes. Pas moins de cinquante rotations d'aéronefs seront nécessaires à partir de la métropole.

Des avions Antonov, affrétés dans le cadre au contrat Salis signé par l'Otan avec deux sociétés, l'une russe et l'autre ukrainienne, au profit de 16 pays dont la France, feront la navette entre la métropole et l'aéroport de N'Djamena. Coût moyen d'une rotation: 400.000 € pour 70 tonnes de matériel.

La voie maritime terrestre passe par le port de Douala au Cameroun, puis le chemin de fer jusqu'à Ngaoundéré au nord du Cameroun, la route jusqu'à N'Djamena et la piste en direction d'Abéché, soit environ 2345 km. La Compagnie maritime nantaise, sous contrat avec le ministère de la défense pour les besoins de l'opération Épervier au Tchad et de l'opération Licorne en Côté d'Ivoire, assurera une rotation supplémentaire à destination de Douala. De même, le groupe Geodis, commissionnaire de transport international, un des neuf opérateurs privés titulaires d'un accord-cadre acheminement avec l'Économat des armées, doit gérer le convoyage vers le Tchad à partir du port de Douala.

A travers ses filiales SDV et Saga, deux autres opérateurs titulaires du même accord-cadre, le groupe Bolloré est également sur les rangs pour l'attribution de marchés dans le cadre de l'opération. En tant qu'opérateur du terminal conteneur de Douala, de la ligne de chemin de fer Douala-Ngaoundéré (Camrail) et avec son réseau de filiales et agences au Cameroun et au Tchad, le groupe est un interlocuteur quasi incontournable pour l'attribution de marchés publics ou comme sous-traitant fournisseur de prestations au profit d'autres opérateurs. Si l'on ajoute à la force européenne les besoins des 1000 soldats de la force Épervier présente au Tchad depuis 1986 et les rotations du Programme alimentaire mondial à destination des camps de réfugiés, le a corridor de Douala» risque de connaître l'engorgement et la surchauffe dans les prochains mois.

 

Menaces de pénurie dans les camps du Darfour

 

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé mercredi une mise en garde contre la menace d'une pénurie alimentaire concernant 2 millions de personnes déplacées vivant dans les camps du Darfour, d'ici à quelques semaines, en raison du banditisme dont sont victimes ses convois de camions. Depuis le début janvier, 23 camions ont été volés et 19 chauffeurs sont toujours portés disparus. De septembre à décembre 2007, 13 camions avaient été votés ou attaqués et trois conducteurs tués. « Nous n'avons plus personne pour livrer ta moitié de l'aide alimentaire mensuelle nécessaire », explique le PAM, qui presse les autorités soudanaises d'assurer la sécurité des routes principales du Darfour.

 

Janvier 2008

 

Darfour : le banditisme met en péril la distribution de l'aide alimentaire

 

Nations Unies, New York23 janvier 2008

 

En raison de l'augmentation du banditisme au Darfour, le PAM a annoncé aujourd'hui que la distribution de denrées alimentaires, qui concerne plus de 2 millions de personnes dans la région, pourrait être interrompue.

« Nous sommes extrêmement inquiets des conséquences sur les populations vulnérables du Darfour », a déclaré le Représentant du PAM Kenro Oshidari dans un communiqué publié aujourd'hui à Khartoum.

Il s'est aussi dit préoccupé du sort des chauffeurs qui ont disparu.

Devant l'augmentation du nombre de ces attaques ces derniers mois, le PAM presse les autorités soudanaises de garantir la sécurité sur les routes principales du Darfour.

Au cours du dernier trimestre 2007, 13 camions transportant l'aide du PAM ont été volés ou attaqués. Trois des chauffeurs ont été tués, et seulement 3 des camions ont été retrouvés.

Depuis le début de l'année, 23 camions transportant des cargaisons du PAM ont été volés, et 19 chauffeurs sont toujours introuvables.

En raison de l'insécurité, les principales compagnies de transport refusent de prêter leurs véhicules. Or, le PAM envoie 40.000 tonnes de denrées aux populations les plus vulnérables chaque mois. Environ la moitié est transportée par ces compagnies qui actuellement ne veulent plus travailler au Darfour.

« Si la situation continue, nous serons obligés d'interrompre la distribution dans certaines zones du Darfour d'ici la mi-février », regrette Kenro Oshidari.

En décembre, l'insécurité avait empêché l'aide alimentaire de parvenir à quelque 106.000 personnes dans le besoin.

 

 

Janvier 2008

 

Aucune certitude sur le taux de VIH, au Soudan

 

IRIN, Port Soudan, Edition française, 23 janvier 2008

 

Aucune affiche n'annonce l'existence d'un service de conseil et dépistage volontaires du VIH (CDV) au Centre de planification familiale de la ville de Port Soudan, une plate-forme de transport animée de l'Etat soudanais de la Mer rouge. Le Centre est l'une des trois seules structures de la ville à offrir ces services, pourtant la salle d'attente est vide.

Le CDV n'a été mis en place à Port Soudan qu'en 2006 et, selon Ahmed Moussa, coordinateur local du Programme national soudanais de contrôle du sida (SNAP), il est long à démarrer. Sur les 181 personnes soumises à un dépistage ici même en 2007, seules 18 avaient poussé la porte du centre de leur propre initiative ; les autres, « cas suspects » de VIH, y avaient été envoyées par leur médecin, et plus de la moitié ont été déclarées séropositives.

Les dépistages volontaires étant encore si rares et la dernière étude de prévalence du VIH à l'échelle nationale ayant été menée il y a plus de cinq ans, les experts ne peuvent que spéculer sur l'ampleur actuelle du VIH dans le plus grand pays d'Afrique.

L'étude réalisée en 2002 faisait état d'un taux national d'infection d'environ 1,6 pour cent, mais l'étude ne contenait pas de données réparties par Etat.

La nouvelle enquête sur la prévalence du VIH et l'évolution des comportements, qui doit être menée dans le courant de cette année à la fois dans le nord et dans le sud du Soudan, contiendra des données réparties par Etat, mais ses résultats risquent de ne pas être rendus avant 2009. « C'est une entreprise colossale », a estimé Séverine Leonardi, responsable VIH/SIDA au Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), qui soutient l'enquête du SNAP, tout comme plusieurs autres bailleurs.

Les experts s'accordent à dire que de nombreux facteurs, qui contribuent à la propagation rapide du VIH, sont réunis dans l'est du Soudan, qui regroupe l'Etat de la Mer rouge, ainsi que les Etats de Kassala et de Gedaref, au sud. Pour l'instant, les statistiques des centres de CDV figurent parmi les rares indicateurs disponibles.

Au principal centre de CDV de Kassala, porté à la connaissance d'un plus grand nombre d'habitants que ceux de Port Soudan, près de la moitié des 411 personnes soumises à des tests de dépistage en 2007 s'étaient présentées volontairement, une hausse importante par rapport aux précédentes années.

Pourtant Ishraga Eleman, coordinatrice du SNAP dans l'Etat de Kassala, a prévenu que sur les 129 personnes déclarées séropositives, bon nombre avaient été orientées vers le centre et ne représentaient donc pas la population dans son ensemble. La prévalence du VIH, a-t-elle indiqué, repose encore « uniquement sur les estimations ».

 

L'Est Soudan, une région vulnérable

 

Parmi les facteurs qui rendent l'est du Soudan vulnérable au VIH, M. Eleman a cité ses frontières ouvertes avec l'Ethiopie et l'Erythrée, où le taux d'infection au VIH serait environ deux fois plus élevé qu'au Soudan, ainsi que l'afflux de réfugiés et de déplacés qui se sont installés dans la région après avoir fui pour échapper au conflit dans le sud et l'ouest du Soudan.

Kassala et Port Soudan sont aussi des étapes sur la route très fréquentée qui relie le littoral de la mer Rouge à Khartoum. Les camionneurs au long cours, dont bon nombre fréquentent des travailleuses du sexe, s'y mêlent à la population locale.

La sensibilisation au VIH est elle aussi faible, selon le docteur Mohammed Soghaier, représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui exerce à Port Soudan. Dans les régions rurales, surtout, le conservatisme et les faibles taux d'alphabétisation ont entravé les efforts déployés en vue d'enseigner aux populations comment se protéger contre le virus.

Seuls 50 pour cent des enfants environ fréquentent l'école primaire à Kassala, et 17 pour cent poursuivent leur cursus jusqu'à l'école secondaire. « Nous devons augmenter le niveau d'éducation et traiter ce problème d'analphabétisme avant de pouvoir nous pencher sur les questions sanitaires telles que la tuberculose, la malnutrition ou le VIH », a expliqué le docteur Soghaier à IRIN/PlusNews.

En 2006, une étude nationale sur la santé des ménages a été menée conjointement par les gouvernements du nord et du sud du Soudan, avec le soutien technique de plusieurs agences des Nations Unies ; au cours de cette étude, si quelque 70 pour cent des Soudanaises adultes avaient entendu parler du VIH, seules quatre pour cent d'entre elles, environ, savaient comment s'en prémunir. Dans les Etats de la Mer rouge et de Gedaref, ce taux s'élevait à peine à 2,6 pour cent.

Selon Intisar Mohammed, responsable de programme du Comité national soudanais sur les pratiques traditionnelles, une organisation non-gouvernementale (ONG) qui travaille aux côtés du SNAP à sensibiliser les populations rurales au VIH, l'utilisation d'instruments non-stérilisés pour réaliser des scarifications tribales ou des tatouages, ou exciser des fillettes, pourrait également contribuer aux infections par le VIH.

Bien que le gouvernement décourage officiellement les mutilations génitales féminines (MGF), cette pratique est encore observée chez quelque 70 pour cent des femmes soudanaises, selon l'enquête sur la santé des ménages. Dans le nord, le taux est même bien plus élevé.

Ce sont généralement des sages-femmes traditionnelles ou des parentes plus âgées à peine formées qui pratiquent cette intervention. « Elles le font sur plusieurs fillettes en même temps, avec le même instrument », a révélé M. Mohammed. « J'ai constaté de nombreux cas d'infections graves [dans ces conditions] ».

 

Janvier 2008

 

Soudan: une nomination controversée

 

B.B.C Afrique, 21 janvier 2008

 

Les autorités soudanaises ont nommé à un poste de responsabilité dans le gouvernement, un homme accusé d'avoir coordonné les milices arabes djandjouid au Darfour.

 

L'arrivée de Musa Hilal dans le gouvernement soudanais est le signe que les autorités de Khartoum ne sont pas prêtes à faire des compromis malgré la forte pression exercée par la communauté internationale.

Musa Hilal a été accusé par Washington et par des mouvements de défense des droits de l'homme de coordonner les Djandjouid, une milice arabe qui commettrait des atrocités avec l'appui du gouvernement soudanais.

Musa Hilal, qui dirige un clan arabe dans le Darfour, a déclaré par le passé que les morts dans la région ne sont que les répercussions d'une guerre commencée par des mouvements rebelles à qui il est opposé.

Sa nomination en tant que conseiller ministériel va être considérée comme un nouveau revers dans le processus de paix chancelant au Darfour, et elle va probablement augmenter les suspicions des rebelles au sujet des motivations des autorités de Khartoum.

Le déploiement au Darfour d'une force de maintien de la paix conjointe, composées de soldats des Nations unies et de l'Union africaine, a rencontré de nombreux obstacles, et cette dernière initiative du gouvernement soudanais ne sera pas une bonne nouvelle pour les deux tiers de la population du Darfour qui dépendent de l'aide humanitaire pour survivre

 

Janvier 2008

Les tensions subsistent entre Nord et Sud au Soudan

 

Le Point avec Reuters, 20 janvier 2008, par Nicole Dupont

Le Sud Soudan a refusé d'autoriser les soldats du Nord à se redéployer plus au sud, a déclaré dimanche Salva Kiir, président du Sud Soudan, en soulignant que des problèmes restent à régler entre les deux anciens adversaires.

Il a expliqué que les deux parties étaient convenues l'an dernier de se retirer de part et d'autre du fleuve Kiir à la suite de quatre affrontements entre des milices soutenues par l'armée du Nord et l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA, sudiste).

S'exprimant dimanche dans une église de Juba, capitale du Sud Soudan semi-autonome, il a déclaré que l'armée de Khartoum avait maintenant demandé aux forces armées du Sud de se replier sur la ville d'Aweil, à 50 km plus au sud.

"Aweil constitue-t-elle la frontière du Sud Soudan avec le Nord? Personne ne peut accepter cela et, bien sûr, nous avons refusé", a dit Kiir, chef des anciens rebelles sudistes arrivés au pouvoir après l'accord de paix de 2005 qui a mis fin à des décennies de guerre.

La commission chargée de la démarcation de la frontière entre le Nord et le Sud, où se concentre la majeure partie des ressources pétrolières du Soudan, doit entamer son travail en février. Dans le cadre de l'accord, le Sud doit recevoir la moitié environ des revenus provenant des puits de pétrole du Sud.

"Ils voudraient repousser (...) la SPLA de sorte que lorsque la commission viendra, elle se contentera de tracer la frontière où le Parti national du Congrès (nordiste) lui dirait de le faire", a poursuivi Kiir.

 

Nomades dotés d'armes lourdes

 

Des affrontements entre la SPLA et les nomades nordistes Misseriya risquent de fragiliser l'accord de paix qui a permis la mise en place d'un gouvernement national de coalition et autorise les sudistes à tenir en 2011 un référendum sur l'indépendance. Khartoum se défend de toute implication dans les heurts.

Kiir a déclaré que les Misseriya, qui migrent traditionnellement vers le Sud pendant la saison sèche pour faire paître leurs troupeaux, ont refusé de déposer leurs armes. Mais il a souligné que, tout comme les tribus sudistes, les nomades n'avaient le droit de pénétrer dans le Sud que sans armes.

"S'ils viennent avec leurs armes, nous les combattrons", a-t-il averti.

Selon lui, l'armement lourd dont sont dotés les Misseriya prouve que l'armée nordiste les a armés.

Pendant la guerre civile, les gouvernements nordistes qui se sont succédé ont armé les tribus, et notamment les Misseriya, pour qu'ils combattent les sudistes. Beaucoup d'entre elles n'ont pas été désarmées après l'accord de paix.

"Nous connaissons le type d'armes utilisées par l'armée soudanaise, et ce sont celles qu'utilisent les Misseriya, et nous n'accepterons pas que cela nous soit imposé", a poursuivi Kiir. "De sorte que nous avons toujours un problème à résoudre avec nos partenaires".

La guerre nord-sud a fait environ deux millions de morts et quatre millions de personnes déplacées. Les deux camps se sont mutuellement accusés de violations de l'accord de paix mais ils se sont engagés à ne plus recourir à la guerre.

 

Janvier 2008

 

Bush juge "trop lent" le déploiement de la Minuad au Darfour

 

Agence France Presse, Washington, 18 janvier 2008

 

Le président américain George W. Bush a jugé jeudi que les efforts pour déployer la Minuad, la force conjointe de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour, étaient "trop lents" et précisé qu'il souhaitait une accélération du processus.

"Les Etats-Unis peuvent apporter leur aide dans un processus qui, franchement, se déroule un peu trop lentement à notre goût", a déclaré M. Bush, qui s'est entretenu à la Maison Blanche avec l'ambassadeur américain au Soudan, Rich Williamson.

"Notre discussion a porté principalement sur notre désir commun de développer une stratégie qui aidera les nations unies à être plus efficaces", a déclaré M. Bush aux journalistes, ajoutant: "et j'ai l'intention d'accélérer nos efforts".

Les effets combinés de la guerre civile, de la famine et des maladies ont causé la mort d'au moins 200.000 personnes et fait plus de deux millions de déplacés au Darfour depuis 5 ans.

"Mon administration a appelé cela un génocide. Et lorsque vous qualifiez cela de génocide, vous devez évidemment faire quelque chose", a dit M. Bush.

Il a ajouté que l'ambassadeur des Etats-Unis travaillerait aussi au renforcement de l'accord de paix ayant mis fin il y a trois ans à la guerre civile au sud Soudan, qui a fait plus de 1,5 million de morts en 21 ans.

La tension est montée d'un cran après l'assassinat d'un diplomate américain à Khartoum le 1er janvier, alors que M. Bush venait de signer une loi visant à renforcer la pression économique sur le régime soudanais.

Et des diplomates américains ont exprimé de plus en plus d'impatience devant la lenteur du déploiement de la Minuad, qui a pris début janvier le relais de l'ancienne force de la mission africaine, l'Amis, mais ne compte pour l'heure que 9.000 éléments mais doit devenir à terme la plus importante mission de maintien de la paix de l'ONU avec quelque 26.000 membres.

L'ONU avait averti mercredi que des "conséquences néfastes" étaient à craindre du fait que sa force conjointe avec l'Union africaine (UA) au Darfour n'avait toujours "pas les moyens d'accomplir sa mission".

Conçue pour être plus robuste que l'Amis, la Minuad se heurte à un manque d'hélicoptères et à des difficultés logistiques. Des membres du Conseil de sécurité et l'ONU accusent par ailleurs Khartoum de multiplier les obstacles à son déploiement

 

Janvier 2008

 

Le pont de l'Amitié sino-soudanaise enjambe le Nil

 

Xinhuanet, Mérowé, 18 janvier 008

 

Comme de nombreux  Africains, le président soudanais, Omar el-Béchir, a l'habitude d'exprimer sa joie et son excitation par la danse. Cependant, en  tant que président soudanais, il est rarement vu dansant en public. 

Jeudi matin, un M. Béchir souriant et relaxé dansait avec une  foule de Soudanais, qui célébrait la fin de la construction du  pont de l'Amitié sino-soudanaise dans la ville de Merowe située du côté du Nil, à environ 350 km au nord de la capitale soudanaise, Khartoum. 

« C'est une réalisation importante", a déclaré M. Béchir lors de la cérémonie d'inauguration du pont long de 440 mètres, le seul  enjambant le Nil dans la partie entre Khartoum et la frontière entre le Soudan et l'Egypte. 

"Avec l'aide la Chine, avec les efforts du peuple soudanais, le Soudan accomplira certainement des réalisations glorieuses les  unes après les autres le long de notre chemin pour la construction et le dévelopement", a ajouté le président. 

L'ambassadeur de Chine au Soudan, Li Chengwen, a déclaré lors  de la cérémonie que le pont est un autre symbole de l'amitié  profonde entre la Chine et le Soudan. 

"Le gouvernement chinois et son peuple souhaitent au Soudan de  continuer à réaliser le développement et la prospérité, et  continueront à apporter de l'aide au Soudan à cet égard", a déclaré l'ambassadeur. 

Le pont de 20 mètres de large relie Merowe sur la rive  orientale du Nil à Karima de l'autre côté. 

"La réalisation du pont facilitera grandement le transport et  le trafic pour les habitants des deux rives du Nil", a déclaré le  maire de Merowe, Sarah Ali Ahmed, et d'ajouter que Merowe et ses  villages alentours comptent plus d'1,5 million d'habitants. 

Le pont va permettre d'accroître les développements économique  et touristique de Merowe, connue pour être la plus ancienne ville  du Soudan, a souligné le maire. 

"Le pont de l'Amitié sino-soudanaise est vraiment un pont  s'étendant entre les peuples des deux pays", a déclaré à l'agence  Xinhua Sarah Ali Ahmed.  

La construction du pont, qui a débuté en mai 2004, a été  réalisée par une entreprise chinoise, la China's Jilin  International Economic and Technical Corp. 

Ce pont a coûté 20 millions de dollars américains, dont la  moitié a été donnée par la China National Petroleum Corporation ( CNPC), le plus grand producteur chinois de pétrole et de gaz. 

La CNPC, activement engagée dans le développement de  l'industrie énergétique soudanaise, a versé plus de 45 millions de dollars américains aux Soudanais dans les domaines de l'éducation, de la culture, de l'agriculture, du transport et de la santé. 

"Les faits ont montré que la Chine et le Soudan sont les  gagnants de la coopération dans le domaine du pétrole, qui a  renforcé notre amitité et consolidé notre coopération dans  d'autres domaines", a déclaré Qin Anjiang, représentant de la CNPC lors de la cérémonie. 

 

Janvier 2008

 

Au Darfour l'armée de libération du Soudan prête à se joindre au processus politique au Darfour

 

Nations Unies New York , 18 janvier 2008

 

Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim, les Envoyés de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour, ont rencontré les commandants de la faction Abdul Wahid de l'Armée de Libération du Soudan au nord du Darfour, dont le porte-parole a confirmé leur volonté de participer au processus politique.

Le général Martin Luther Agwai, le Commandant de la force de la Mission conjointe des Nations Unies et de l'Union africaine au Darfour était également présent.

« Lors de la rencontre, qui a eu lieu hier, les Envoyés spéciaux les ont informé de la réunion dans le format de celle d'Arusha qui est prévue afin d'aider les mouvements à consolider leurs positions pour les négociations », a informé la porte-parole du Secrétaire général, lors du point de presse aujourd'hui à New York.

Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim les ont également avertis qu'il ne devait pas y avoir de conditions préalables à la participation aux négociations, car elles seraient contreproductives.

Le porte-parole de l'Armée de Libération a confirmé la disposition du mouvement à participer au processus politique. Il a ainsi pressé les Envoyés spéciaux de rencontrer leur leader, Abdul Wahid qui, selon lui, a accueilli favorablement la présence du général Agwai et a exprimé la volonté de son mouvement de coopérer avec la MINUAD.

Les Envoyés spéciaux poursuivent aujourd'hui leur visite au Soudan, notamment à Juba où ils doivent rencontrer les autorités du Sud-Soudan avant de revenir à Khartoum.

 

Janvier 2008

 

L'armée soudanaise bombarde les positions des rebelles dans l'Ouest-Darfour

 

IRIN, Nairobi, édition française, 17 janvier 2008

 

Les dernières violences qui ont frappé l'Etat de l'Ouest-Darfour, au Soudan, ont limité les opérations humanitaires menées dans la région d'El Geneina, que les travailleurs humanitaires n'hésitent pas à qualifier de « zone interdite ».

Selon des travailleurs humanitaires, qui s'exprimaient sous couvert de l'anonymat, deux villages d'El Geneina ont été bombardés par des avions Antonov du gouvernement soudanais les 12 et 13 janvier. La région de Jebel Moon a également été attaquée. Avant ces incidents, les rebelles tchadiens avaient lancé des raids dans ces régions, aggravant ainsi la situation de sécurité.

D'après certaines sources, les bombardements visaient les bases du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) de Khalil Ibrahim, qui avait récemment attaqué des cibles gouvernementales « moins protégées ».

Ces bombardements interviennent deux semaines après que Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, a fait part de ses vives inquiétudes à propos de la reprise des hostilités entre le JEM et les forces gouvernementales soudanaises dans l'Ouest-Darfour, en allusion à l'attaque perpétrée le 29 décembre 2007 par les rebelles du JEM contre les positions de l'armée soudanaise à Silea, dans le nord d'El Geneina.

« Le Secrétaire général prie instamment toutes les parties de faire preuve de retenue et de cesser toute action militaire afin de créer un climat propice à des négociations politiques qui mèneront à la signature d'un accord de paix définitif et inclusif », a déclaré M. Ban Ki-Moon dans un communiqué du 31 décembre.

Les dirigeants du JEM ont déclaré aux agences de presse internationales, le 15 janvier, que les bombardements avaient fait plusieurs victimes civiles pendant que les populations fuyaient les villages.

« Trois civils ont été tués, dont deux femmes et un homme », a confié à l'agence Reuters Abdel Aziz el-Nour Ashr, commandant du JEM. M. Ibrahim a expliqué à l'AFP que les bombardements avaient eu lieu les 12, 13 et 14 janvier et que les villageois s'étaient réfugiés sous les arbres et dans les lits des rivières asséchées pour échapper aux frappes aériennes.

Quant à l'armée soudanaise, elle a accusé le JEM d'avoir attaqué la ville de Sheria, au Sud-Darfour, et d'inventer de toute pièce des histoires de bombardements.

Les dernières attaques se sont produites alors que MM. Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim, respectivement médiateurs des Nations Unies et de l'Union africaine, arrivaient au Darfour pour encourager les rebelles et le gouvernement à rechercher des voies pacifiques pour résoudre la crise dans cette région ravagée par la guerre.

Le conflit du Darfour a éclaté en 2003 lorsque des rebelles ont pris les armes contre le gouvernement soudanais, qu'ils accusaient de marginaliser les communautés africaines de la région. Selon les estimations des travailleurs humanitaires, le conflit a fait plus de 200 000 morts et 2,2 millions de déplacés. Au total, ce sont environ 4,2 millions de personnes qui dépendent quotidiennement de l'aide humanitaire pour leur survie.

La mission de maintien de la paix conjointe des Nations Unies et de l'Union africaine (MINUAD) a commencé à se déployer dans cette région troublée du Soudan – quoique avec seulement 9 000 hommes sur les 26 000 prévus dans son mandat, et sans la logistique et les équipements nécessaires, notamment les hélicoptères.

Lors d'un récent incident, le 7 janvier, un convoi de ravitaillement de la MINUAD a été attaqué par des éléments des forces armées soudanaises ; cette attaque a suscité de vives réprobations de la part du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui a exigé que « de telles attaques contre la MINUAD ne se reproduisent pas ».

Le 14 janvier, Rodolphe Adada, représentant spécial des Nations Unies et de l'Union africaine au Darfour, s'est entretenu avec MM. Eliasson et Ahmed Salim. « Ils ont tous reconnu que les tensions actuelles pouvaient avoir des conséquences négatives sur le déploiement de la MINUAD et sur la distribution de l'aide humanitaire au Darfour », a déclaré Michèle Montas, porte-parole des Nations Unies, lors d'une conférence de presse à New York.

 

Janvier 2008

 

L'Afrique du Sud appelle à accélérer le déploiement de la MINUAD au Darfour

 

Xinhuanet, Johannesburg, 17 janvier 2008

 

L'Afrique du Sud a exhorté mercredi les pays ayant promis d'envoyer des troupes au Darfour, au Soudan, dans le cadre de la Mission conjointe de l'Union  africaine et l'ONU au Darfour (MINUAD), à accélérer le déploiement des leurs soldats. 

"Si nous n'obtenons pas une action rapide des forces de la  MINUAD, leur déploiement complet et l'assistance technique, puis  l'accord global au Soudan pourraient être mis en danger", a  déclaré le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères Aziz Pahad lors d'un point de presse à Pretoria. 

Il a tenu ces propos après que le Conseil de sécurité de l'ONU  eut fait état du déploiement peu rapide des militiares au Darfour  par les pays contributeurs. Certains d'entre eux imposent des  conditions à leur participation à la mission. 

Selon la résolution 1769 adoptée le 31 juillet 2007 par le  Conseil de sécurité de l'ONU, la force hybride UA-ONU au Darfour  sera composée de quelque 20.000 soldats et plus de 6.000 policiers et du personnel civil. 

Jusqu'ici, il y a seulement 9.000 membres en uniforme sur le  terrain, dont 7.000 soldats et 1.200 policiers avaient travaillé  dans la force de l'UA.  

L'Afrique du Sud a déjà envoyé 900 soldats et 100 policiers au  Darfour. M. Pahad a déclaré que davantage de militaires sud- africains seraient dépêchés dans la région

 

Janvier 2008

 

Soudan: Routiers et vendeuses de thé découvrent le VIH/SIDA

 

IRIN, Port Soudan, 14 janvier 2008

 

Pas moins de 36 heures sont nécessaires à un camion lourdement chargé pour rejoindre Khartoum, la capitale soudanaise, depuis Port-Soudan, une ville située sur la côte de la mer Rouge, dans l'est du pays, plaque tournante des transports.

Les baraques délabrées qui se sont implantées du jour au lendemain le long de la route poussiéreuse et jonchée d'ordures accueillent les chauffeurs désirant dormir quelques heures ou acheter de la nourriture et du thé auprès des habitants locaux.

Les routiers achètent souvent plus que du thé aux vendeuses, mais jusqu'à récemment, il s'agissait d'un fait peu connu et peu abordé.

« Il est certain qu'ils ont souvent ‘des amies' dans les baraques », a déclaré Manal Mahgoub, responsable des programmes VIH/SIDA d'ACORD, une organisation humanitaire internationale qui dispose d'un bureau à Port-Soudan.

Le risque encouru par les chauffeurs qui parcourent de longues distances, et par les professionnelles du sexe, de propager le VIH est connu dans les autres pays de la région.

Cependant, la sensibilisation au VIH/SIDA est si récente au Soudan qu'aucune société de transport ne dispose d'une politique visant à sensibiliser les employés aux risques de contamination. Ainsi, ce sont les organisations non gouvernementales, telles qu'ACORD, de concert avec le Programme national de lutte contre le sida (SNAP, en anglais), un organe gouvernemental, qui se chargent d'accomplir cette tâche.

ACORD organise régulièrement des séances de sensibilisation destinées aux chauffeurs, financées par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. La plupart des chauffeurs sont illettrés, en conséquence, l'organisation a enregistré et distribué 12 000 cassettes sur le VIH/SIDA que les chauffeurs peuvent écouter au volant de leur véhicule. En outre, les employés de trois centres sanitaires situés à proximité des baraques de Port-Soudan ont suivi une formation afin de pouvoir proposer des conseils et des tests de dépistage volontaire du VIH.

Safiedinn Ahmed, un homme de 40 ans originaire de l'Etat du Kordofan méridional, dans le centre-sud du Soudan, compte parmi les 24 hommes travaillant dans l'industrie du transport à avoir été recrutés par ACORD afin de sensibiliser leurs pairs au VIH.

Bien qu'il ne soit pas lui-même chauffeur, M. Ahmed, parle souvent de manière informelle aux chauffeurs de sa société, pendant les heures de repas.

« Ils ne cachent pas avoir une ‘amie' à tel endroit et une autre ‘amie' à tel autre endroit », a-t-il expliqué à IRIN/PlusNews. « Je leur parle de la culture musulmane, mais s'ils veulent [avoir des rapports sexuels], je leur dis qu'ils doivent se protéger ».

M. Ahmed n'est pas en mesure de proposer des moyens de prévention aux chauffeurs; seuls les responsables du SNAP et les cliniques offrant des services de planning familial et traitant les patients atteints d'infections sexuellement transmissibles sont autorisés à distribuer gratuitement des préservatifs.

 

Des endroits discrets pour les préservatifs

 

Alors qu'il se détendait dans son camion, stationné devant une des baraques situées à l'extérieur de Port-Soudan, Mohammed Ibrahim, chauffeur depuis 27 ans, a expliqué que la plupart des hommes refusaient de se rendre dans des centres de santé pour se procurer des préservatifs, car ils étaient embarrassés.

« Il devrait exister une zone privée, comme par exemple les toilettes des hommes, où les chauffeurs peuvent obtenir des préservatifs », a-t-il estimé.

Aucun des chauffeurs présents pendant que M. Ibrahim exprimait son point de vue n'a assisté à l'une des séances de sensibilisation. Ils ont déclaré connaître les préservatifs, mais n'en avoir jamais utilisés.

« L'un des problèmes que nous rencontrons lorsque nous organisons des formations destinées aux chauffeurs est la nature de leur travail », a déploré M. Ahmed. « Il y a toujours de nouveaux chauffeurs, mais ils ne restent pas plus d'un ou deux jours ici. »

Si travailler avec les chauffeurs se révèle être difficile, s'adresser aux professionnelles du sexe l'est encore plus.

Certaines de ces femmes sont des réfugiées, provenant de l'Ethiopie et de l'Erythrée, deux pays qui affichent des taux de prévalence du VIH deux ou trois fois supérieurs à celui du Soudan, qui s'établit à 1,6 pour cent.

D'autres ont regagné Port-Soudan après avoir quitté diverses régions du pays, après avoir divorcé, perdu leur mari ou avoir été rejetées par leur famille pour avoir eu un enfant hors mariage.

Sans l'aide de leur mari ou de leurs parents et compte tenu des rares opportunités d'emploi dans la région, certaines de ces femmes vendent leur corps.

« Un grand nombre d'entre elles vendent du thé afin de cacher leur véritable travail », a expliqué Atif Mohammed Al Hassan, qui travaillait autrefois pour un programme destiné aux professionnelles du sexe de Port-Soudan, géré par Ockenden International, une organisation non gouvernementale qui s'intéresse aux communautés de déplacés et de réfugiés.

Depuis, Ockenden International a quitté l'est du Soudan et son programme est désormais mené par Sudanese Family Planning Association (Association soudanaise de planning familial).

 

Vendeuses de thé... et plus

 

Afin de différencier les véritables vendeuses de thé des professionnelles du sexe, Ockenden International a débuté ses programmes en recrutant des femmes comme Zainab Osman, qui est arrivée à Port-Soudan avec ses deux enfants, il y a 15 ans, après avoir quitté son mari vivant dans l'Etat du Kordofan septentrional, dans le centre du Soudan.

Mme Osman a débuté comme vendeuse de thé, puis a fait du porte à porte pour vendre des vêtements et du parfum, et a fait connaissance de plusieurs femmes étant dans la même situation qu'elle.

« Je savais quelles femmes vendaient seulement du thé et lesquelles vendaient également leur corps », a-t-elle indiqué à IRIN/PlusNews. « J'avais obtenu beaucoup de renseignements auprès d'Ockenden que j'ai ensuite transmis à ces femmes. Quand j'ai parlé d'elles à Ockenden, ils m'ont demandé de leur en présenter quelques-unes afin de leur proposer une formation ».

Parmi ces femmes figurait Amira Habib, qui elle aussi est arrivée à Port-Soudan après s'être séparée de son mari. Bien qu'étant une infirmière qualifiée, Amira Habib n'a pas trouvé un emploi suffisamment lucratif pour faire vivre ses trois enfants. Ainsi, elle a commencé à vendre du thé, puis à se prostituer, dans une des baraques pour chauffeurs.

Au début, les affaires allaient bon train, et elle gagnait entre 30 et 50 livres soudanaises par jour (entre 15 et 24 dollars). Mais après une longue période de convalescence, elle a perdu la plupart de ses clients et n'avait plus les moyens de continuer à envoyer sa fille à l'école.

Tout en reconnaissant avoir suivi la formation pour obtenir, dans un premier temps, la prime de participation, Mme Habib avoue « avoir été choquée et effrayée » par ce qu'elle a appris. Bien qu'elle soit une infirmière, elle ne savait pas comment le virus se transmettait.

« Ils nous ont expliqué comment nous protéger et comment transmettre les informations à nos collègues », a-t-elle dit.

Au début, Ockenden International distribuait des préservatifs aux femmes, mais par la suite, l'ONG a été informée que seuls les responsables du SNAP étaient en mesure d'accomplir cette tâche.

Selon Mme Osman, les femmes ayant suivi la formation se procurent des préservatifs auprès des pharmacies.

« Dans le passé, certaines d'entre elles n'osaient pas acheter [des préservatifs], mais de nos jours, de nombreuses professionnelles du sexe ont leurs sacs remplis de préservatifs », a-t-elle conclu.

 

Janvier 2008

 

L'Ethiopie prévoit la construction de 9 stations hydroélectriques en 10 ans

 

Agence France Presse, 14 janvier 2008

 

- L'Ethiopie prévoit de construire neuf nouvelles stations de production hydroélectrique sur les dix prochaines années, afin d'augmenter ses exportations énergétiques, selon l'agence nationale d'information (ENA, officielle).

"Nos voisins connaissent un déficit (de production électrique), si nous arrivons à mener ce projet à bien, l'électricité sera notre principale exportation", a déclaré Mekuria Lemma, chef du programme de prévision de la compagnie publique d'électricité Ethiopian Electric Power Corporation (EEPC).

Aujourd'hui la première exportation éthiopienne reste le café, qui représente plus de 60% des recettes à l'exportation de ce pays de la Corne de l'Afrique.

"Cinq barrages hydroélectriques sont déjà en construction qui doivent permettre de produire 3.150 megawatts d'ici à 2011 et EEPC envisage de dépenser 3,2 milliards d'euros pour quatre autres projets similaires", précise Ena.

"L'objectif est d'atteindre une production de 9.000 megawatts en 2018 (NDLR: soit 11 fois la production actuelle) avec la possibilité d'exporter les surplus vers les pays voisins comme le Kenya, Djibouti et le Soudan", ajoute le communiqué, notant que l'Ethiopie a déjà signé un accord initial de fourniture de courant de 200 megawatts avec Djibouti, 500 avec le Kenya et 200 avec le Soudan "quand les cinq premiers barrages seront terminés".

Fin décembre, la Banque Mondiale (BM) avait annoncé l'octroi d'un crédit de 41,05 millions de dollars à l'Ethiopie pour financer une connexion de son réseau électrique avec le Soudan voisin.

Ce projet s'inscrit dans l'Initiative du Bassin du Nil (NBI) qui prévoit des projets transfrontaliers de développement entre les pays de cette zone. A terme le Kenya, la Somalie, l'Ethiopie, le Soudan, la Tanzanie, le Yémen et Djibouti devraient avoir un réseau électrique interconnecté, selon la BM.

 

Janvier 2008

 

Célébration du 3ème anniversaire de l'accord de paix au Soudan

 

Afrique Info,Khartoum, 14 janvier 2008

 

Le Soudan célèbre, ce lundi à Wau, au Sud-Soudan, le troisième anniversaire de la signature de l'Accord de paix global (CPA) dans un contexte marqué par les difficultés rencontrées dans la réalisation de la paix entre Khartoum et les Sud-Soudanais.

Beaucoup de Soudanais, qui avaient souffert durant la guerre, disent que le CPA, qui a scellé une paix définitive entre les autorités à Khartoum et la population du Sud-Soudan le 9 janvier au Kenya, a été comme la fin d'"une route longue et difficile vers la paix qui a commencé en 1955".

Il y a quatre ans, il était impensable pour les Soudanais que la paix pouvait être célébrée à Wau, une localité qui avait souvent été le théâtre de violents affrontements entre les soldats des Forces armées du Soudan (SAF) et les troupes de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA).

Mais tout ceci appartient désormais au passé, et Wau abrite les célébrations de paix ce lundi par le peuple du Sud Soudan et les officiels du gouvernement fédéral, grâce à un contrôle régulier de la mise en application du CPA.

Les Sud-Soudanais avaient changé la date des célébrations du 9 janvier, en attendant la confirmation du retrait des troupes des SAF et des forces de la SPLA de certaines zones.

Le SPLM et le NCP (Parti national du Congrès) avaient convenu que le retrait de ces troupes des zones litigieuses coïnciderait avec la célébration du troisième anniversaire de la signature du CPA.

Aujourd'ui (lundi), les quotidiens de langue anglaise publiés ici indiquent que le Gouvernement du Sud Soudan (GOSS) et le Gouvernement d'unité nationale (GoNU) s'étaient rendus au Sud Soudan pour honorer cette occasion.

Par ailleurs, le journaliste local Joseph Machok Makak a consacré un article au CPA, en invitant toutes les institutions soudanaises et le peuple soudanais "à cultiver une culture de paix entre eux à travers la création de programmes de renforcement des capacités basés sur les ressources naturelles et humaines dans le pays".

D'après lui, "la seule manière (d'assurer) la paix au Soudan est de mettre totalement en oeuvre le CPA qui forme la base légale pour un règlement de la guerre civile soudanaise, qui a fauché environ 2 millions de vies innocentes".

M. Makak a exhorté le GOSS à veiller à la mise en application des protocoles du CPA "car c'est la seule solution pour assurer la sécurité et le partage des richesses partout au Soudan".

En même temps, il a exprimé le besoin urgent pour le NCP et le SPLM d'assurer un règlement du problème critique d'Abyei dans le cadre des protocoles du CPA.

A l'indépendance le 1er janvier 1956, le Soudan a hérité du problème de démarcation des frontières du secteur d'Abyei entre les chefs de tribu du Sud Soudan et les autiorités d'alors de Khartoum des colons britanniques.

Le journaliste a averti que l'incapacité à régler à l'amiable le problème d'Abyei, où on a récemment appris qu'il était riche en pétrole, pourrait réduire à néant le CPA.

Il a également suggéré au GoNU de rechercher des stratégies qui gagneraient les coeurs des non signataires de l'Accord de paix du Darfour pour prendre exemple sur le SPLM et négocier la paix. Pour M. Makak "une solution durable au problème du Darfour-Est va également consolider l'unité totale du Soudan".

 

Janvier 2008

 

Sud-Soudan: Difficile situation trois ans après l'Accord de paix

 

Afrique Info, Khartoum, 12 janvier 2008

 

Une réalité plutôt sombre a commencé à voir le jour trois ans après la signature de l'Accord de paix global (CPA) qui avait mis un terme aux hostilités entre les autorités soudanaises et les populations du Sud Soudan, rapporte la PANA, citant le quotidien soudanais, Khartoum Monitor.

Les médias notent que, même si le Sud Soudan envisage de célébrer dans le faste lundi, dans la capitale Juba, le troisième anniversaire de l'Accord, le Sud continue de connaître des taux de mortalité infantile élevés et ne dispose pas des infrastructures médicales nécessaires, une situation attribuable aux vingt ans de conflit armé entre les Forces armées du Soudan et l'Armée de Libération du Peuple du Soudan (SPLA).

Un rapport de l'Organisation non gouvernemental (ONG), Save the Children, cité par le Khartoum Monitor, avertit que des milliers d'enfants sont encore menacés de mort, alors que l'accord a été signé depuis trois ans.

La situation sanitaire des enfants revêt les proportions d'une crise, un enfant sur quatre dans le Sud Soudan décédant avant l'âge de cinq ans, essentiellement en raison de maladies évitables, comme le paludisme ou la diarrhée, affirme le rapport.

Commentant l'évaluation faite par l'organisme, le Monitor montre des photographies d'enfants malades, malnutris et frêles à la une de son édition de jeudi, expliquant que des “milliers de familles ont jusqu'ici difficilement accès aux soins de santé de base, le pays ne disposant que d'un seul médecin qualifié pour 100.000 personnes”.

L'accord de paix de l'année 2005 promettait de réorienter les recettes tirées des riches réserves pétrolières du Soudan pour contribuer au financement des systèmes sanitaire et d'éducation du pays, rappelle le journal, tout en regrettant que “trois ans après, les communautés continuent de se débattre pour survivre après les vingt ans de guerre civile, qui ont permis peu de changements dans le pays".

L'organisme caritatif international a appelé le gouvernement du Sud Soudan à consacrer des financements plus importants aux services d'éducation, de santé et de protection.

Il a adressé un message similaire aux donateurs, pour les prier de se montrer plus généreux en mettant à disposition des financements ainsi qu'en prodiguant des conseils au gouvernement du Sud Soudan en insistant sur la nécessité de protéger les enfants.

Par ailleurs, le Khartoum Monitor cite également le Fonds des nations unies pour l'enfance (UNICEF), qui aurait constaté en décembre dernier que le nombre d'enfants ayant trouvé la mort avant de célébrer leur cinquième anniversaire avait chuté au dessous de 10 millions en 2006, tout en avertissant qu'il convenait de renforcer davantage les efforts consentis.

Attribuant les progrès réalisés dans l'abaissement du taux de mortalité infantile à certaines améliorations réussies dans le domaine des soins de santé, l'UNICEF a déclaré que “en comparaison, l'on estime que 20 millions d'enfants de moins de cinq ans décédaient au début des années 60”.

En sus de la pauvreté du réseau routier du Sud Soudan, les études menées par les organismes humanitaires suite à la signature du CPA constatent que la zone ne disposait pas des installations sanitaires et de l'hygiène de base nécessaires, ni d'eau potable, une situation qui explique le nombre élevé de 1,5 million d'enfants qui meurent chaque année de la diarrhée et d'autres maladies y relatives

 

Janvier 2008

 

La force européenne en Centrafrique et au Tchad sera à dominante française

Le Monde 12 janvier 2008 par Philippe Bernard et Philippe Ricard (à Bruxelles)

 

Pour sauver la force européenne (Eufor) chargée de sécuriser l'est du Tchad et le nord de la Centrafrique, aux confins du Darfour, la France paiera la note. Paris fournira les hommes et les hélicoptères qui manquent, permettant de lancer, en principe, au début de février l'opération voulue par le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner. Souhaitée sur le terrain, cette opération suscite des réticences, notamment, en Allemagne. Après ce "coup de pouce" décidé à l'Elysée, les militaires de l'Union européenne réunis à Bruxelles, vendredi 11 janvier, devraient constater que les besoins identifiés sont réunis

 

La contribution française en soldats qui, à l'origine, devait être minoritaire, pourrait être portée à 2 100 hommes, soit un niveau compris entre 50 % et 60 % de l'effectif total, a précisé, jeudi, le ministre de la défense, Hervé Morin. Paris comblera aussi le manque d'hélicoptères et d'avions de transport qui retardait le déploiement de l'opération autorisée par une résolution de l'ONU votée en septembre 2007. Parallèlement, des discussions se poursuivent avec des pays non-membres de l'UE mais susceptibles de fournir du matériel aérien (Suisse, Albanie, Ukraine, Russie). Les ministres des affaires étrangères de l'Union devraient décider à l'unanimité l'envoi des troupes au Tchad le 28 janvier.

 

"Défi logistique"

 

C'est la première fois qu'un nombre aussi important de pays européens participe à un tel dispositif sous la bannière communautaire. Outre les Français, 400 Irlandais et autant de Polonais devraient constituer le noyau de deux bataillons, ainsi que 200 Suédois et 150 Roumains. Des soldats autrichiens, belges, espagnols, néerlandais, portugais, slovènes et suédois les accompagneront. Vingt et un pays sont représentés au sein de l'état-major installé au Mont-Valérien, près de Paris, sous la houlette du général irlandais Patrick Nash.

Les Français n'ont pas réussi à obtenir que Londres et Berlin, qui n'envoient pas d'hommes, contribuent au-delà de leur quote-part minimale. Le coût de l'opération - 400 millions, théoriquement pour un an - devrait donc largement incomber à la France.

La position dominante des Français dans l'Eufor risque de conforter les positions de ceux qui, parmi les partenaires européens, voient dans cette opération un moyen pour Paris de renforcer ses positions dans son "pré carré" africain et son soutien au président tchadien Idriss Déby. Le Quai d'Orsay s'est employé à tempérer cette critique. Au-delà de la politique européenne, des inquiétudes concernent les conditions d'engagement de l'Eufor dans une zone où se replient les rebelles du Darfour aidés par Idriss Déby, à un moment d'intenses tensions entre le Soudan et le Tchad. Une étude américaine, très critique, réalisée pour le Centre d'études internationales du Massachusetts Institute of Technology et publiée en novembre, qualifie le déploiement de l'Eufor de "défi logistique" .

 

Janvier 2008

 

Le Conseil de sécurité condamne l'attaque contre la Minuad, au Darfour

 

Le Monde avec l'AFP 12 janvier 2008

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a formellement condamné vendredi l'attaque commise récemment au Darfour contre la Minuad, la nouvelle force conjointe de l'ONU et de l'Union africaine, menaçant de représailles les parties qui entraveraient le processus de paix.

Les 15 membres du Conseil ont approuvé à l'unanimité une résolution non contraignante qui "condamne dans les termes les plus fermes l'attaque du 7 janvier par des éléments des forces armées soudanaises, comme cela a été confirmé par la Mission des Nations unies et de l'Union africaine, d'un convoi de ravitaillement de la Minuad".

La résolution définitive ne fait pas référence au fait que l'attaque visait un convoi "clairement identifié comme étant de la Minuad", mentionnée dans une version précédente du texte.

Le texte, lu par l'ambassadeur libyen à l'ONU Giadalla Ettalhi, président du Conseil en janvier, ajoute que ce dernier est prêt à "agir contre toute partie qui bloquerait le processus de paix, l'aide humanitaire ou le déploiement de la Minuad", force qui a pris début janvier le relais de la force de la mission africaine, l'Amis.

L'ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU Zalmay Khalilzad a indiqué aux journalistes après la réunion que cette action pourrait prendre la forme de sanctions politiques, économiques ou militaires.

Le Conseil a salué la promesse de Khartoum de mener, au côté de la Minuad, une enquête complète et fouillée sur cette attaque.

Le ministre soudanais de la Défense Abdel Rahim Mohammed Hussein a reconnu jeudi que les forces armées en étaient responsables, mais insisté sur le fait que l'armée n'avait pas été informée de l'itinéraire du convoi et que les soldats avaient procédé à des tirs de sommation en ignorant qu'il s'agissait de véhicules de la Minuad.

Khartoum n'a pas donné son accord pour cette attaque, a déclaré vendredi l'ambassadeur du Soudan à l'ONU, Abdalmahmood Abdalhaleem Mohamad, qui avait accusé jeudi des rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), soutenus par le Tchad voisin, d'en être les auteurs. "Ce n'est ni la politique ni l'intention du Soudan d'attaquer la Minuad", a-t-il assuré vendredi.

La résolution appelle également Khartoum, accusé de mettre des bâtons dans les roues au déploiement de la force conjointe, à accepter que la Minuad comporte des éléments non africains, à lui faciliter l'accès à des terrains et de l'eau, lui accorder des autorisations de vol et octroyer dans des délais raisonnables des visas à ses personnels.

Elle appelle également les pays participant à cette force à lui fournir les 24 hélicoptères "nécessaires à son succès".

Le Conseil de sécurité appelle enfin le gouvernement soudanais et tous les groupes armés à respecter "un cessez-le-feu immédiat et complet" au Darfour" et "exige que toutes les parties coopèrent entièrement avec le déploiement de la Minuad et respectent sa sécurité et sa liberté de mouvement".

La Minuad ne compte pour l'heure que 9.000 éléments mais doit devenir à terme la plus importante mission de maintien de la paix de l'ONU avec quelque 26.000 membres.

 

Janvier 2008

 

 

La France donne le coup de pouce décisif à l'Eufor Tchad-RCA

 

Agence France presse 11 janvier 2008

 

STRASBOURG (France), 11 jan 2008 (AFP) - La France a donné le coup de pouce décisif à la force européenne qui doit être déployée au Tchad et en Centrafrique, permettant à l'Union européenne (UE) de conclure avec succès vendredi un cinquième round de négociations, après des mois de pourparlers.

Paris a offert de nouveaux moyens matériels avec cinq hélicoptères de transport, dont un médicalisé, et quatre hélicoptères d'attaque, indispensables pour intervenir dans une région grande comme le tiers du territoire français. Mais la France a également accepté de porter les effectifs de son contingent à quelque 2.000 hommes, contre 1.350 prévus jusqu'à présent.

Paris va aussi fournir un radar de contrôle aérien qui sera déployé à Abéché, futur siège du commandement de la force dans l'est du Tchad, ainsi que des drones d'observation.

Deux autres pays ont également fourni un ultime effort: la Pologne avec deux hélicoptères de transport et la Belgique avec deux avions, également destinés au transport des troupes, selon des sources militaires françaises.

Agissant sur mandat de l'ONU, l'Eufor Tchad-RCA doit protéger des centaines de milliers de personnes déplacées ou réfugiées en raison du conflit faisant rage au Darfour (ouest du Soudan). Forte de quelque 3.500 soldats et commandée par le général irlandais Patrick Nash, cette force aurait dû être déployée dès novembre 2007.

Le ministre de la Défense Hervé Morin, qui présentait vendredi soir à Strasbourg (est) ses voeux aux militaires, a salué l'accord intervenu à Bruxelles, soulignant que la "crédibilité de l'Union européenne" était en jeu.

"Nous avons tous les moyens nécessaires, la France, la Belgique et la Pologne s'étant engagées à fournir ce qui manquait encore en termes de transport aérien", s'est également félicité un diplomate européen, à l'issue de la réunion de responsables militaires des Vingt-Sept.

La prochaine étape, a-t-il précisé, est la rédaction par le général Nash du "plan opérationnel" de l'Eufor Tchad-RCA qui, "si tout va bien, (...) devrait être approuvée fin janvier par l'UE", lui permettant de lancer la plus grande opération militaire de son histoire.

Selon M. Morin, le général Nash "considère qu'il est désormais possible de lancer l'opération" et le "proposera la semaine prochaine à l'UE".

"Dès le début du mois prochain, au plus tard, nous pourrons commencer à nous déployer sur cette zone", a assuré M. Morin.

Deux pays hors UE, l'Ukraine et la Russie, invités à Bruxelles, ont annoncé qu'ils réfléchissaient à une éventuelle contribution dans le domaine du transport aérien.

La France se retrouve cependant dans la situation qu'elle avait précisément voulu éviter: déjà présente au Tchad depuis 1986 avec le millier d'hommes de la force Epervier, confrontés régulièrement aux groupes armés hostiles au président tchadien Idriss Deby Itno, elle voulait surtout ne pas être sur-représentée dans l'Eufor, pour éviter tout soupçon de partialité.

Des parlementaires européens et des ONG avaient exprimé leurs craintes.

C'est pourquoi M. Morin a encore exprimé vendredi l'espoir "que nos amis allemands puissent nous rejoindre à un moment ou un autre". Mais son collègue allemand Franz Josef Jung s'est contenté de rappeler "le soutien politique" de son pays.

Une douzaine de pays européens - dont l'Irlande et la Pologne avec 400 soldats chacune - devrait participer à cette force qui aura pour tâche de protéger dans l'est du Tchad et le nord-est de la RCA les camps regroupant un demi-million de réfugiés soudanais et de déplacés tchadiens et centrafricains.

 

Janvier 2008

 

Le Soudan admet avoir attaqué la Minuad mais parle d'une erreur

 

Agence France Presse, 11 janvier 2008

 

Le ministre soudanais de la Défense a reconnu dans une déclaration publiée jeudi que l'armée avait attaqué au Darfour un convoi de la force conjointe de l'ONU et de l'Union africaine, la Minuad, mais a affirmé qu'il s'agissait d'une erreur.

"L'armée n'a pas été informée de l'itinéraire du convoi et à l'approche de Tine (nord-ouest du Darfour) des soldats ont procédé à des tirs de sommation ne sachant pas qu'il s'agissait de véhicules de la Minuad", a déclaré le ministre, Abdel Rahim Mohammed Hussein, au quotidien indépendant Assahafa.

"Ces tir ont été ignorés et c'est alors que les soldats ont ouvert le feu, blessant un chauffeur et endommageant un transport de troupes et un camion", a-t-il ajouté, ajoutant que les soldats avaient pensé qu'il s'agissait de rebelles.

"L'armée a stoppé les tirs lorsqu'elle a réalisé qu'il s'agissait d'un convoi de la Minuad", a poursuivi le ministre, rejetant la responsabilité de l'incident sur la force afro-onusienne qui aurait dû, selon lui, faire connaitre son itinéraire.

"Cela aurait évité de les prendre pour des rebelles d'autant plus que cette zone proche du Tchad connaît des escarmouches avec ces derniers", a-t-il dit.

Mercredi, l'ambassadeur du Soudan à l'ONU, Abdalmahmood Abdalhaleem Mohamad, avait nié toute responsabilité de son gouvernement dans cette attaque, accusant les rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM).

Le Conseil de sécurité des Nations unies et Washington ont condamné la première attaque intervenue contre la Minuad depuis le début de son déploiement, début janvier, avertissant que de tels évènements ne devaient pas se répéter.

La Minuad, qui a pris le relais de l'ancienne force de la mission africaine, l'Amis, ne compte pour l'heure que 9.000 éléments mais doit devenir à terme la plus importante mission de maintien de la paix de l'ONU avec quelque 26.000 membres.

Conçue pour être plus robuste que l'Amis, la Minuad se heurte à un manque d'hélicoptères et à des difficultés logistiques et des membres du Conseil de sécurité et l'ONU accusent Khartoum de multiplier les obstacles à ses opérations dans la province de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile.

 

Janvier 2008

Le Darfour, dans l'attente des Casques bleus

 

IRIN édition française, 11 janvier 2008

 

La transformation, au début de l'année 2008, de la force de maintien de la paix de l'Union africaine (UA) au Darfour en une force sous le commandement conjoint des Nations Unies et de l'UA ne permettra pas d'augmenter de manière significative le nombre de soldats sur le terrain et, selon les travailleurs humanitaires, n'améliorera guère la prestation de l'aide humanitaire, dans l'immédiat.

Conformément à la résolution 1769 du Conseil de sécurité, prise le 31 juillet 2007, l'Opération hybride Union africaine/Nations Unies au Darfour (MINUAD), doit être composée d'un maximum de 19 555 soldats, 3 772 agents de police et 5 105 civils, ce qui en fait l'une des plus vastes opérations de maintien de la paix du monde.

La force de l'UA, assiégée et sous-financée, compte environ 7 000 soldats et 1 200 policiers.

Bien que la MINUAD ait vu le jour le 1er janvier, dans les premiers temps, elle sera presque entièrement composée du personnel de l'UA déjà sur place, et l'on ne doit pas s'attendre à de nouveaux déploiements importants avant plusieurs mois.

Le général Martin Luther Agwai, commandant de la MINUAD, a dénoncé cette lacune au début du mois de décembre, se plaignant du fait qu'un tiers seulement du contingent total de la MINUAD serait en place au début des opérations.

« Comment peut-on s'attendre à ce que cette force fasse le travail de 20 000 personnes juste parce qu'on change de casques le 31 décembre ? », avait-il déclaré à Khartoum, en allusion à la date d'une cérémonie de passation à El Fasher, capitale de l'Etat du Nord Darfour.

Le travail en question est présenté dans le mandat de la MINUAD, dont les fonctions principales sont : « contribuer au rétablissement des conditions de sécurité nécessaires à la prestation sans risque de l'aide humanitaire et faciliter le plein accès humanitaire dans l'ensemble du Darfour » et « contribuer à protéger les populations civiles sous la menace de violences imminentes et prévenir les attaques à l'encontre des civils, dans la mesure de ses capacités et dans les limites des zones de déploiement, sans préjudice de la responsabilité du gouvernement soudanais ».


Depuis le début du conflit au Darfour, en 2003, plus de 200 000 personnes ont été tuées et quelque 2,2 millions ont été contraintes de fuir. Environ 4,2 millions de Darfouris sont aujourd'hui dépendants de l'aide humanitaire.

 

D'énormes besoins

 

Le général Agwai est loin d'être le seul à craindre qu'il ne faille du temps pour que cette aide s'améliore, dans un avenir proche.

Simon Crittle, responsable de communication du Programme alimentaire mondial (PAM), abonde dans ce sens. « Depuis quatre ans, nous faisons notre travail en n'étant guère aidés par les casques bleus, et je pense que la plupart des ONG [organisations non-gouvernementales] et des agences des Nations Unies vous diraient la même chose », a-t-il révélé, au cours d'un entretien téléphonique accordé à IRIN.

« Personne au Soudan ne s'attendait à ce que cela se fasse le plus tôt possible. Les choses prennent beaucoup de temps, ici […] Si changement il y a, il sera très lent, il prendra des mois, voire des années », a-t-il ajouté.

À la question « que pourrait faire une MINUAD bien équipée et suffisamment pourvue en personnel sur le terrain », M. Crittle a répondu : « escorter nos convois […] assurer la sécurité dans les régions où nous procédons à nos distributions, parce que c'est un problème énorme. Ils pourraient protéger le personnel des ONG qui circule dans le Darfour, les travailleurs humanitaires se déplaçant en voiture d'un point à un autre. On ne peut pas quitter les villes du Darfour de peur des braquages de véhicule et des enlèvements. Il y a trois ans, on pouvait se rendre en voiture d'El Fasher à Nyala. Aujourd'hui, c'est hors de question ».

Pour Auriol Miller, qui dirige les opérations d'Oxfam au Soudan, « si la communauté internationale a la volonté de la faire réussir, la MINUAD pourrait avoir un impact positif en sauvant des vies au Darfour, mais nous craignons qu'elle ne risque de commettre les mêmes erreurs que les soldats de l'UA, qui n'ont pas bénéficié du soutien dont ils avaient besoin ».

« À présent, la MUAS (Mission de l'UA au Darfour) est démoralisée, rejetée par la plupart des Darfouris et incapable de se protéger elle-même, et encore moins de protéger les civils », a-t-elle expliqué, rappelant qu'en octobre 2007, l'attaque menée par un groupe armé non-identifié contre une base de l'UA située aux environs de Haskanita avait coûté la vie à 10 soldats de la paix.

« Il ne faut pas laisser la MINUAD connaître le même sort. Elle doit être en mesure de montrer aux civils qu'elle est différente de ce qu'ils ont connu précédemment », a estimé Mme Miller.

« Elle doit être capable de répondre rapidement aux attaques et aux violations de cessez-le-feu […] Elle doit accompagner les femmes lorsqu'elles vont chercher du bois ou vont au marché pour réduire les risques d'attaques », a-t-elle poursuivi.

Si elle ne parvient pas à se distinguer rapidement, « sa crédibilité sur le terrain va rapidement diminuer et cela pourrait aboutir à une nouvelle dégradation de la situation de sécurité au Darfour », a prévenu Mme Miller.

« Nous pensons que le Darfour est un précédent », a-t-elle ajouté. « L'échec de la MINUAD pourrait avoir des conséquences d'une portée considérable, qui se répercuteraient sur d'autres opérations de maintien de la paix et porteraient un coup terrible à l'engagement de la communauté internationale à honorer sa responsabilité de protection ».

Toutefois, on aurait tort de rendre cette nouvelle force exclusivement responsable du sort des Darfouris. « Une cessation des hostilités entre les nombreuses parties prenantes au conflit doit être décrétée, appliquée et efficacement contrôlée. Les soldats de la paix ont peu de chances de réussir s'il n'y a pas une situation de paix quelconque à maintenir », a déclaré la responsable d'Oxfam.

 

Donner le mot

 

Mme Miller a en outre évoqué le besoin d'informer les populations du Darfour au sujet de la MINUAD, un besoin également souligné par Refugees International, groupe de plaidoyer américain.

« Le peu d'informations exactes transmises aux populations du Darfour à propos de la MINUAD est inquiétant », déclarait l'ONG dans un rapport intitulé « Sudan: Humanitarian Action Still Under Fire In Darfur » [Soudan : L'intervention humanitaire toujours sous les feux au Darfour].

« Les informations sur la force hybride parviennent bien jusqu'aux camps à travers les réseaux locaux, mais elles sont souvent déformées par divers individus aux intentions politiques différentes. En outre, le gouvernement du Soudan embrouille délibérément les populations au sujet du rôle de la MINUAD par le biais des médias et de la propagande », selon le rapport.

« La majorité des Darfouris ont des attentes irréalistes en ce qui concerne la MINUAD, ce qui aboutira inévitablement à une déception et réduira les chances de réussite de la force », prévenait le rapport, avant d'exhorter la MINUAD à « organiser d'urgence une vaste campagne d'information publique auprès des déplacés darfouris pour annoncer son mandat, la composition prévue de ses forces et son rôle de protecteur ».

Dans son rapport publié en décembre 2007 et intitulé « UNAMID Deployment on the Brink » [MINUAD – Déploiement imminent], la Save Darfur Coalition, composée de 35 ONG, a expliqué clairement qu'il fallait déployer, d'urgence, une force internationale efficace au Darfour. « Douze travailleurs humanitaires ont été tués en 2007. Dans les mois qui ont suivi l'adoption de la résolution 1769, au moins cinq travailleurs humanitaires ont essuyé des tirs et ont été blessés, et 34 autres ont été temporairement enlevés ou victimes d'agressions physiques ou sexuelles. Plus de 60 véhicules appartenant aux Nations Unies ou à d'autres ONG, ainsi que 18 camions acheminant du matériel humanitaire, ont été braqués ou arrêtés et pillés ».

 

À qui la faute ?

 

La Coalition, comme bon nombre de gouvernements, de responsables des Nations Unies et d'autres observateurs de la crise du Darfour, estime que le gouvernement soudanais est responsable d'un grand nombre des lacunes initiales de la MINUAD ; elle accuse Khartoum d'avoir « imposé des conditions susceptibles de faire échouer la mission ». Selon le rapport, le gouvernement a retardé le déploiement de la force en dressant des obstacles, en imposant par exemple des couvre-feux, en interdisant les vols de nuit et en ne lui attribuant pas de terres pour établir ses bases.

Les ONG ont également expliqué que le Soudan avait joué la montre pour retarder la signature de l'Accord sur le statut des forces, qui présente, dans les grandes lignes, les termes d'engagement, et est nécessaire à un déploiement convenable.

Khartoum, qui demande depuis longtemps que les troupes au sol de la MINUAD soient toutes originaires de pays d'Afrique, est également accusé de tarder à répondre aux demandes concernant le déploiement promis de personnels thaïlandais et népalais, et d'une unité du génie de l'armée norvégienne.

« Nous avons demandé [au gouvernement soudanais] des réponses officielles à ces questions en suspens, en souffrance, et nous espérons sincèrement qu'elles nous parviendront le plus vite possible parce que cela retarde la mise en place des autres ressources de la mission », a déclaré à la presse Edmond Mulet, sous-secrétaire général des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, le 13 décembre.

 

Manque d'hélicoptères

 

La mission est également confrontée à un autre problème : le manque d'équipements essentiels, notamment 24 hélicoptères, qui n'ont pas encore été fournis par les Etats membres.

« Au cours des dernières semaines et des derniers mois, j'ai contacté, personnellement, tous les pays contributeurs susceptibles de fournir des hélicoptères– dans les Amériques, en Europe, en Asie. Pourtant, pas un seul hélicoptère n'a encore été mis à disposition », a récemment déploré Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies.

Selon lui, cela s'explique par un « manque de volonté politique » des Etats membres ; certains diplomates pensent en revanche que les pays sont réticents à fournir un précieux équipement pour qu'il soit utilisé dans un environnement si peu sûr où des hélicoptères ont déjà été la cible d'attaques.

Pour sortir de l'impasse, les responsables des Nations Unies envisagent toute une série de solutions, et notamment de mêler les appareils et les opérateurs fournis par différents pays en ayant recours au « fret sans équipage » (location d'avions sans leurs équipages habituels).

 

En plus de ces revers, la mission a également pâti d'autres retards. Notamment, 140 ingénieurs chinois sont arrivés au Darfour, mais leur équipement, acheminé par voie maritime, pourrait mettre plus d'un mois à leur parvenir. Selon les responsables des Nations Unies, les temps de transport à l'intérieur du Soudan s'avèrent plus longs que prévu.

 

Janvier 2008

 

Au Darfour, "un manque tragique de moyens essentiels" affaiblit la force commune ONU-UA

 

Le Monde par Philippe Bolopion, 11 janvier 2008

 

A u lendemain d'une attaque contre les forces internationales au Darfour, le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Marie Guéhenno, a mis en garde le Conseil de sécurité, mercredi 9 janvier, contre le risque "d'échec" d'une mission qui pâtit d'un "manque tragique de moyens essentiels" . Evoquant le spectre des tragédies des années 1990, notamment en Bosnie, M. Guéhenno a prévenu que la nouvelle force de l'ONU au Darfour n'aurait pas, "avant plusieurs mois, les personnels ou l'équipement nécessaires pour mettre en oeuvre son mandat" .

Depuis le 1 er janvier, les Nations unies ont incorporé les troupes de la Mission au Soudan de l'Union africaine (AMIS) au sein d'une force commune, la Minuad, censée compter 26 000 hommes. Alors que le Darfour connaît, selon M. Guéhenno, un regain de violence "dramatique" , l'ONU n'a pour l'heure que 9 000 soldats sur le terrain, majoritairement des hommes de l'Union africaine (UA) ayant troqué leur béret vert pour un béret bleu. Or la Minuad "n'est pas une opération de maintien de la paix conçue pour se déployer ou fonctionner dans une zone de guerre" , a prévenu M. Guéhenno.

En dépit des suppliques de l'ONU, les pays contributeurs de troupes n'ont toujours pas fourni les 18 hélicoptères de transport et les 6 hélicoptères de combat indispensables à la mobilité de la force, sur un territoire de la taille de la France. En conséquence, la Minuad est contrainte de procéder au ravitaillement de ses troupes par de lents convois. Le premier a été attaqué, le 7 janvier, par les forces soudanaises.

Une vingtaine de camions blancs "clairement signalisés" , qui se déplaçaient à vitesse réduite dans le Darfour Ouest, entre Um Baru et Tine, ont essuyé, vers 22 h 30 et durant plus de dix minutes, des tirs d'armes légères et de lance-grenades. Le gouvernement soudanais et les mouvements rebelles avaient été informés par avance du convoi, a affirmé l'ONU. Bien qu'un chauffeur soudanais de la Minuad ait été touché à sept reprises, "les troupes de la Minuad ont décidé de ne pas riposter aux tirs" , a expliqué M. Guéhenno.

Le 14 novembre 2007, alors qu'il tentait, déjà, d'alerter le Conseil de sécurité sur les risques d'une "humiliation" de l'ONU au Darfour, le responsable onusien évoquait la possibilité que la nouvelle force soit "testée" par les belligérants aux premiers jours de son déploiement et étale sa faiblesse au grand jour.

Selon l'ONU, après l'attaque, la Minuad a reçu d'un général soudanais la confirmation qu'une unité de l'armée soudanaise était à l'origine des tirs. Mais face à la presse, l'ambassadeur du Soudan à l'ONU, Abdelmahmoud Abdelhalim Mohamad, a affirmé qu'il s'agissait d'un "grand mensonge" . Il a rejeté la faute sur les rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM). Le régime soudanais continue par ailleurs de se livrer à des tactiques dilatoires, en s'opposant au déploiement au sein de la force commune d'unités pourtant indispensables, en provenance de Thaïlande, du Népal et des pays nordiques. La Minuad n'est autorisée à effectuer des vols de nuit qu'à condition de rénover les aéroports soudanais. Tous les terrains nécessaires à l'ONU n'ont pas été fournis et Khartoum conteste aux Africains de la force internationale le droit de porter le béret bleu.

Pendant ce temps, selon Jean-Marie Guéhenno, une "guerre est en cours" au Darfour Ouest. Le 29 décembre 2007, les rebelles du JEM, accusés par l'ONU d'une "posture belliqueuse" , ont pris le contrôle de la ville de Seleia, au nord d'Al-Geneina, la capitale locale, puis, deux jours plus tard, celui de Sirba et Abou Sourouj. Ils menacent d'attaquer Al-Geneina. Les combats ont fait plusieurs morts, parmi les civils, et ont contraint 283 personnels humanitaires à quitter ces secteurs.

Par mesure de rétorsion, les renseignements militaires soudanais ont emprisonné le représentant du JEM auprès de la commission du cessez-le-feu d'Al-Fasher, le major général Bashir, dont la protection était assurée par l'UA. L'arrestation complique un peu plus un processus de paix qui reste au point mort.

"J'appelle le Conseil (de sécurité) et toute la communauté internationale à l'aide" , a conclu M. Guéhenno. Il a invoqué la "responsabilité collective" des Etats membres des Nations unies au Darfour, où, depuis 2003, près de 200 000 personnes ont péri, selon l'ONU, des conséquences du conflit.

 

Janvier 2008

 

Les forces armées soudanaises terminent leurs retraits du Sud

 

Xinhuanet, Rabkona, 10 janvier 2008

 

Le gouvernement  soudanais a terminé mercredi de retirer ses forces armées du sud  du Soudan, conformément à l'accord de paix signé avec les rebelles du sud en 2005.  

Lors d'une cérémonie à Rabkona, petite ville de l'état de Wahda (sud du Soudan), le drapeau des Forces armées soudanaises (SAF) a  été remplacé par celui des forces conjointes SAF-SPLM (mouvement  de libération des peuples du Soudan, ancien mouvement rebelle).  

"Nous annonçons aujourd'hui la fin du redéploiement des Forces  armées soudanaises (SAF) dans toutes les régions (du sud)  conformément aux mesures de sécurité de l'Accord de paix globale ( CPA)", a dit le ministre soudanais de la Défense Abdul-Rahim  Mohammed Hussein à cette cérémonie, qualifiant la fin du  redéploiement d'"événément historique". 

Il a souligné l'importance d'une coexistence pacifique des  tribus des deux côtés des frontières entre le nord et le sud  Soudan. 

Le ministre s'est dit confiant que les deux partenaires dans  les négociations de paix souhaitaient l'application totale du CPA. 

Pour Pagan Amum, ministre des affaires gouvernementales et  secrétaire général du SPLM, ce redéploiement des forces des deux  parties est un pas vers la paix et le fruit d'un travail sérieux et continu des dirigeants politiques.  

Le gouverneur de l'état de Wohda, Taban Deng Gai, a précisé que les zones productrices de pétrole resteraient sûres.  

Le gouvernement soudanais et le SPLM ont signé le CPA le 9  janvier 2005 pour mettre un terme à ce qui est considéré comme  l'une des plus longues guerres civiles du continent africain. 

Selon cet accord, les deux parties doivent retirer leurs forces armées respectives au nord et au sud de la frontière dite ligne de 1956, et permettre que les zones de production de pétrole et autres zones stratégiques soient gardées conjointement

 

Janvier 2008

 

 

Le Soudan reconnaît avoir attaqué la Minuad, mais par erreur

 

Agence France Presse, Khartoum, 10 janvier 2008

 

Le Soudan a admis jeudi que son armée avait attaqué au Darfour un convoi de la nouvelle force conjointe de l'ONU et de l'Union africaine, la Minuad, mais a affirmé qu'il s'était agi d'une erreur.

Dans un premier temps, les autorités soudanaises ont nié toute implication dans cette attaque, la première contre la Minuad, qui a pris le relais de la force de la mission africaine, l'Amis, début janvier dans l'ouest troublé du pays.

"L'armée n'a pas été informée de l'itinéraire du convoi et à l'approche de Tine (nord-ouest du Darfour) des soldats ont procédé à des tirs de sommation ne sachant pas qu'il s'agissait de véhicules de la Minuad", a déclaré le ministre, Abdel Rahim Mohammed Hussein, au quotidien indépendant Assahafa.

"Ces tir ont été ignorés et c'est alors que les soldats ont ouvert le feu, blessant un chauffeur et endommageant un transport de troupes et un camion", a-t-il ajouté, ajoutant que les soldats avaient pensé qu'il s'agissait de rebelles.

"L'armée a stoppé les tirs lorsqu'elle a réalisé qu'il s'agissait d'un convoi de la Minuad", a poursuivi le ministre, rejetant la responsabilité de l'incident sur la force afro-onusienne qui aurait dû, selon lui, faire connaître son itinéraire.

"Cela aurait évité de les prendre pour des rebelles d'autant plus que cette zone proche du Tchad connaît des escarmouches avec ces derniers", a-t-il dit.

Mercredi, l'ambassadeur du Soudan à l'ONU, Abdalmahmood Abdalhaleem Mohamad, avait nié toute responsabilité de son gouvernement dans cette attaque, accusant les rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM).

Un commandant du JEM, Abdel Aziz Nour el-Asher, contacté par téléphone par l'AFP au Darfour, a nié que ses combattants aient mené l'attaque, assurant qu'elle avait eu lieu "pas loin d'une caserne de l'armée" et qu'elle ne pouvait être que le fait de soldats réguliers.

Mercredi également, un porte-parole des forces armées avait affirmé que les soldats soudanais n'avaient pas tiré "une seule cartouche sur le convoi de la Minuad, soit intentionnellement, soit par erreur".

"Tout ce qui a été dit sur cette attaque est dénué de tout fondement", a déclaré le commandant Sawarmi Khaled Saad au même quotidien Assahafa.

En annonçant l'attaque mardi, la Minuad à Khartoum s'est retenue d'en désigner les auteurs, indiquant qu'une enquête était en cours.

Mais le même jour, une porte-parole de l'ONU à New York a clairement mis en cause des éléments de l'armée soudanaise et indiqué que l'organisation avait élevé une protestation officielle auprès des autorités de Khartoum.

Le Conseil de sécurité des Nations unies et Washington ont condamné mercredi l'attaque, avertissant que de tels évènements ne devaient pas se répéter.

La Minuad ne compte pour l'heure que 9.000 éléments mais doit devenir à terme la plus importante mission de maintien de la paix de l'ONU avec quelque 26.000 membres.

Conçue pour être plus robuste que l'Amis, elle se heurte à un manque d'hélicoptères et à des difficultés logistiques et des membres du Conseil de sécurité et l'ONU accusent Khartoum de multiplier les obstacles à ses opérations.

La force de l'Amis a perdu une cinquantaine de ses éléments depuis son arrivée au Darfour à l'été 2004 et a été incapable de ramener le calme dans cette région de l'ouest du Soudan où la guerre civile a fait 200.000 morts en près de cinq ans et quelque 2,2 millions de déplacés.

Khartoum conteste le chiffre des morts, parlant de 9.000 tués

 

Janvier 2008

 

La Suède et la Norvège renoncent à envoyer des militaires au Darfour

 

Le Monde 10 janvier 2008

 

La Norvège et la Suède ont annoncé mercredi qu'elles retiraient leur offre d'envoyer une unité conjointe de 400 militaires au Darfour dans le cadre de la Minuad, la force conjointe ONU-Union africaine, en raison de l'opposition du Soudan à la participation de ces pays.

"La Norvège et la Suède ont été depuis longtemps disposées à soutenir les efforts de l'ONU au Darfour. Nous regrettons en conséquence d'être contraints de retirer notre offre d'une unité du génie à la Minuad", ont déclaré dans un communiqué commun les ministres des Affaires étrangères des deux pays, le Suédois Carl Bildt et le Norvégien Jonas Gahr Stoere

L'unité nordique devait contribuer à reconstruire les infrastructures du Darfour pendant la première phase de la mission, mais le Soudan s'est opposé au déploiement de troupes scandinaves.

"Le Soudan doit porter l'entière responsabilité de la situation ainsi créée", soulignent les deux ministres.

"La Norvège et la Suède sont empêchées de contribuer à cet effort si nécessaire, qui visait à améliorer la sécurité des personnes dans la province du Darfour ravagée par la violence", ont déploré les ministres.

La Minuad a pris le 1er janvier le relais de l'Amis, la force africaine au Darfour.

Elle ne compte pour l'heure que 9.000 éléments mais doit devenir à terme la plus importante mission de maintien de la paix de l'ONU avec quelque 26.000 membres. Conçue pour être plus robuste que l'Amis, la Minuad se heurte à un manque d'hélicoptères et à des difficultés logistiques.

Des membres du Conseil de sécurité de l'ONU accusent par ailleurs Khartoum de multiplier les obstacles.

Le Soudan n'a notamment pas accepté l'inclusion dans la Minuad de certains éléments non-africains - un bataillon d'infanterie thaïlandais, deux unités de forces spéciales népalaises et l'unité du génie scandinave - jugés indispensables à son efficacité dans les premiers temps de son déploiement.

Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Marie Guéhenno, a déclaré que Khartoum avait refusé définitivement l'unité scandinave proposée par la Suède et la Norvège.

La guerre civile au Darfour, une vaste région de l'ouest du Soudan, a fait 200.000 morts en près de cinq ans et quelque 2,2 millions de déplacés.

Khartoum conteste le chiffre des morts, parlant de 9.000 tués seulement

 

Janvier 2008

 

Tchad-Soudan  •  Des risques sérieux d'embrasement

 

Courrier International, 9 janvier 2008

 

Au-delà du problème des réfugiés du Darfour installés dans l'est du Tchad, qui affecte la stabilité de la région, une guerre entre les deux pays n'est plus à exclure. Le quotidien burkinabé Le Pays explique pourquoi.

 

Comment parvenir à sécuriser les frontières tchadiennes quand le territoire soudanais sert de base arrière aux groupes rebelles tchadiens ? Le président Idriss Déby Itno a trouvé la parade en allant attaquer les rebelles là où ils se trouvent. De fait, l'homme fort de N'Djamena vient de mettre ses menaces à exécution en faisant bombarder des positions rebelles près de Geneina, la capitale de la province soudanaise du Darfour occidental.

Avait-il encore le choix, après les avertissements donnés à Khartoum ? Toujours est-il que c'est l'intégrité du territoire soudanais qui vient d'être violée à la suite du récent bombardement. Il faut à présent craindre un embrasement de la région si, d'aventure, le Soudan contre-attaquait. Car autant le pouvoir tchadien a toujours accusé Khartoum de vouloir le déstabiliser, autant les autorités soudanaises n'ont jamais eu de doute sur l'extraordinaire capacité de nuisance du pouvoir de N'Djamena à la frontière soudanaise.

Dans tous les cas, le Tchad ferait l'économie de l'instabilité chronique qui le ronge si Déby acceptait, pour une fois, de se comporter en véritable démocrate, en président pas accroché à tout prix au pouvoir. De plus, le pays de François Tombalbaye, le père de l'indépendance tchadienne, s'épargnerait ces violences à répétition si la culture du fusil n'y était pas aussi ancrée. En tout état de cause, la situation que vivent le Tchad et le Soudan est dangereusement entretenue par l'immixtion de puissances étrangères dans l'un et l'autre pays, sur fond d'intérêts multifor

 

Janvier 2008

 

L'ONU proteste auprès du Soudan après une attaque contre la Minuad au Darfour

 

Agence France Presse, 8 janvier 2008

 

L'ONU a protesté mardi auprès du gouvernement soudanais après une attaque contre sa mission conjointe avec l'Union africaine au Darfour (Minuad), incident qui souligne la vulnérabilité d'une force de paix encore au premier stade d'un déploiement laborieux.

Michèle Montas, porte-parole du secrétaire général Ban Ki-moon, a déclaré que "des éléments des forces armées soudanaises" étaient responsables d'une attaque commise lundi soir, dans le nord-ouest du Darfour, contre "un convoi d'approvisionnement de la Minuad clairement identifiable".

M. Ban, a-t-elle dit, "condamne cette attaque dans les termes les plus forts" et souligne qu'afin d'assurer l'efficacité de la mission de maintien de la paix de la Minuad, "le gouvernement du Soudan doit fournir des garanties sans équivoque que ce genre d'action de la part de ses forces ne se reproduira pas".

L'incident, qui intervient à la veille d'une séance de consultations au Conseil de sécurité prévue mercredi pour faire le point sur le déploiement de la Minuad, a entraîné "une protestation formelle" des Nations unies auprès de Khartoum.

Il "illustre la nécessité que le gouvernement (soudanais) réaffirme son soutien au déploiement de la Minuad et à la mise en oeuvre de la résolution 1769" du Conseil qui avait créé cette force, a ajouté Mme Montas.

Lors de l'attaque, un chauffeur soudanais a été blessé de sept balles et se trouve dans un état critique.

L'attaque a eu lieu dans un secteur qui a connu de violents combats entre l'armée soudanaise et des rebelles et où la Minuad a limité ses opérations aériennes, selon l'ONU. La force de protection de la Minuad n'a pas riposté aux tirs et aucun de ses éléments n'a été touché.

C'est la première attaque contre la Minuad depuis qu'elle a pris officiellement au début de l'année le relais de l'ancienne force de la mission africaine, l'Amis. Elle ne compte pour le moment que 9.000 éléments mais doit devenir à terme la plus importante mission de maintien de la paix de l'ONU avec quelque 26.000 membres.

Conçue pour être plus robuste que l'Amis, la Minuad se heurte cependant à un manque d'hélicoptères et à des difficultés logistiques.

Des membres du Conseil de sécurité et l'ONU accusent par ailleurs Khartoum de multiplier les obstacles.

Le Soudan n'a notamment toujours pas accepté l'inclusion dans la Minuad de certains éléments non africains -- un bataillon d'infanterie thaïlandais, deux unités de forces spéciales népalaises et une unité du génie nordique -- jugés indispensables à son efficacité dans les premiers temps de son déploiement.

Le président soudanais, Omar el-Béchir, qui n'a accepté la création de la Minuad qu'après plusieurs mois de diplomatie intensive de la part de la communauté internationale, avait exigé qu'elle soit composée essentiellement d'Africains.

S'inquiétant en novembre des retards pris par les préparatifs du déploiement, le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Marie Guéhenno, avait émis la crainte que la Minuad soit "testée" dès le début de sa mise en place.

Il avait averti que la Minuad risquerait une "humiliation" si elle n'était pas dotée rapidement de la force de frappe nécessaire pour repousser toute attaque.

La force de l'Amis a perdu une cinquantaine de ses éléments depuis son arrivée au Darfour à l'été 2004 et a été incapable de ramener le calme dans cette région de l'ouest du Soudan grande comme la France, où la guerre civile a fait 200.000 morts en près de cinq ans et quelque 2,2 millions de déplacés.

Khartoum conteste le chiffre des morts, parlant de 9.000 tués seulement

 

Janvier 2008

Le Tchad reconnaît implicitement avoir bombardé les rebelles au Soudan

 

Agence France Presse, N'Djamena 8 janvier 2008 (13h08)

 

Le porte-parole du gouvernement tchadien Hourmadji Moussa Doumgor a reconnu implicitement mardi que l'aviation du Tchad avait bombardé ces derniers jours au Soudan des bases de rebelles hostiles au président Idriss Deby Itno.

 

Interrogé par l'AFP sur les bombardements qui ont visé dimanche et lundi, selon des sources militaires tchadiennes, des positions de rebelles tchadiens au Darfour, près de la frontière avec le Tchad, le ministre de la Communication a répondu: "comme ils (les rebelles) viennent du Soudan ce n'est pas surprenant qu'on les frappe là d'où ils sortent".

Il n'en a pas dit davantage sur ces bombardements.

"Nous sommes en état d'alerte (...) et notre aviation surveille la frontière de part et d'autre pour parer à toute éventualité", s'est-il borné à ajouter.

Khartoum avait dénoncé le 28 décembre, puis à nouveau dimanche, des frappes aériennes tchadiennes sur son territoire. Le Soudan a déposé une plainte le 29 décembre auprès du Conseil de sécurité des Nations unies.

Dans un premier temps, N'Djamena s'était dit "indigné" par ces accusations.

Des sources militaires tchadiennes ont toutefois affirmé lundi à l'AFP que deux hélicoptères et un avion léger tchadiens avaient bombardé le matin même des bases de rebelles tchadiens au sud-ouest d'el-Geneina, capitale de l'ouest du Darfour, tout près de la frontière tchadienne.

Ces mêmes sources ont confirmé une précédente frappe dimanche matin dans le même secteur.

Ces frappes, qui marquent une nouvelle escalade entre les deux pays, font suite aux menaces du président Deby: il avait prévenu samedi que ses forces iraient "détruire (les rebelles) dans leur nid à l'intérieur du Soudan", dénonçant un "plan de déstabilisation du Tchad" ourdi selon lui par Khartoum.

"Nos forces vont leur tomber dessus à l'intérieur du Soudan. Nous allons leur faire mordre la poussière à l'intérieur du Soudan", avait-il insisté.

"Nous avons demandé au Soudan de les désarmer, s'ils sont désarmés aucune action militaire ne sera menée", a assuré mardi à l'AFP le porte-parole du gouvernement de N'Djamena. "Nous voulons la paix, et la paix est également dans l'intérêt du Soudan", a-t-il ajouté.

 

aak-ff/gv

 

Janvier 2008

 

Un nouveau pays musulman change de week-end

 

El Watan, 8 janvier 2008

Le Soudan se met à l'heure universelle

Après les Emirats arabes unis et le royaume de Bahrein, c'est au tour de la République islamique du Soudan d'opter pour un week-end semi-universel.

 

En effet, les jours de repos hebdomadaire au Soudan seront observés, à partir du 26 janvier, les vendredi et samedi. Le gouvernement soudanais, en réunion sous la présidence de Omar El Béchir, a décidé d'aménager deux jours de repos hebdomadaires vendredi et samedi. Une décision qui constitue une grande avancée vu la nature du système politique conservateur qui règne dans ce pays. En revanche, cet aménagement ne peut que relancer le débat en Algérie dont le gouvernement continue à ignorer les multiples appels émanant des opérateurs économiques, du Conseil national économique et social (CNES), des partis politiques et de la centrale syndicale en vue d'un retour rapide au week-end universel. Il y va en effet de l'intérêt économique du pays. Au plan financier, les retombées négatives du passage, en 1976, au week-end algérien (jeudi et vendredi) sur l'économie nationale ne sont plus à démontrer. Les études faites jusque-là sur le sujet avancent le chiffre de 5 millions de dollars de manque à gagner par jour pour l'Algérie. L'Algérie est désormais le dernier pays du Maghreb à avoir une semaine de trois jours d'activité économique pleine pour ses échanges avec l'étranger (lundi, mardi et mercredi). Les pays voisins, le Maroc et la Tunisie, et depuis 2005, la Mauritanie, ont tous opté pour le week-end universel. Des pays arabes et musulmans, connus pourtant pour leur conservatisme, ont tranché cette question loin de toute idéologie et par pragmatisme économique. Ils ont adopté un nouveau week-end pour se rapprocher des congés hebdomadaires en vigueur en Occident et dans d'autres pays. Leurs gouvernements ont décidé que les jours de congé hebdomadaire dans le secteur public seraient vendredi et samedi, au lieu de jeudi et vendredi, dans un souci d'alignement sur les marchés internationaux. Les arguments nationaux sont suffisamment valables dans ce cadre. Certaines sociétés de droit algérien, à capitaux nationaux ou étrangers, ont instauré par souci de rentabilité et d'efficience économique non pas le week-end universel, mais semi-universel, dans sa version arabo-musulmane du vendredi-samedi. Les experts s'accordent à reconnaître que cette transition hebdomadaire permettrait de progresser vers le week-end universel de samedi et dimanche. L'économie algérienne perd en effet quatre jours de travail par semaine dans ses rapports économiques et commerciaux avec ses partenaires étrangers

 

 

Janvier 2008

 

« Cette maison était pleine de femmes... Elles ne viennent plus»

IRIN, Edition française, Kassala, 8 janvier 2008

 

Fadia Awad vit avec son fils Hamid, huit ans, dans un petit quartier en dehors de Kassala, dans l'est du Soudan. Elle appartient à la communauté des Rashaida, des populations traditionnellement nomades qui ont émigré de la péninsule arabique au 19ème siècle. Son petit garçon et elle-même ont tous deux été mis à l'écart de la communauté parce qu'ils sont séropositifs.

« J'ai été contaminée par mon mari. Il est tombé malade après être rentré d'Arabie saoudite, où il était dans l'armée. Il est allé faire un test de dépistage du VIH et le médecin a dit que c'était négatif, mais j'étais toujours inquiète à son sujet donc j'ai demandé à l'un de ses proches d'amener un conseiller chez nous pour qu'il puisse à nouveau faire le test. Cette fois-ci, le test était positif, mon fils et moi aussi l'avons fait et il a révélé que nous étions aussi positifs.

« Je n'avais aucune idée de ce qu'était le VIH à cette époque. J'ai vendu tout mon or et nous avons emprunté de l'argent au frère de mon mari pour pouvoir acheter un traitement à base de plantes à Khartoum [la capitale soudanaise] pour 1 200 livres soudanaises [587 dollars], mais cela n'a eu aucun effet et mon mari est mort à la maison peu après.

« J'ai commencé à prendre des ARV [antirétroviraux] il y a deux ans. Mon fils a commencé son traitement au même moment, mais il ne joue pas avec les autres enfants ici –ils le rejettent.

« Il ne va à l'école non plus –c'est loin d'ici, mais tout le monde connaît son père et son histoire, j'ai peur qu'il soit maltraité. Il a essayé d'aller à l'école religieuse, mais les autres garçons ont refusé de partager la classe avec lui donc il a abandonné.

« Ockenden [une organisation non gouvernementale internationale qui avait un programme VIH/SIDA dans l'est du Soudan] ma donné trois chèvres comme source génératrice de revenus, mais personne ne voulait m'acheter le lait, donc j'ai dû les vendre. Je dépends de la nourriture qu'on me donne au centre de soins, mais ce n'est pas assez.

« Les proches de mon mari vivent tout près, mais je n'ai plus de relations avec eux. Dans notre communauté, tout le monde sait tout, donc nous avons été complètement mis à l'écart.

« Il y a trois ans, cette maison était pleine de femmes qui cuisinaient, parlaient et riaient, mais depuis que je suis tombée malade, elles ne viennent plus. Ca m'est égal, je ne partirai pas, c'est chez moi. Dieu me soutient et je suis patiente, donc peut-être que les choses iront mieux.

« Je ne connais personne d'autre qui soit affecté, mais personne ne va se faire dépister, donc les gens ne connaissent pas leur statut.

« Je vais à des réunions [de l'association locale de personnes vivant avec le VIH] quand Alsawi [le directeur] appelle. Il nous donne des informations sur comment prendre soin de nous-mêmes. Nous sommes proches les uns des autres et nous parlons. Certains d'entre eux [les membres] n'ont rien dit à leur famille et d'autres sont stigmatisés par elle ».

 

Janvier 2008

 

Tchad-Soudan: préoccupation du Conseil de sécurité

 

Le Monde avec l'AFP, New York, Nations Unies, 7 janvier 2008

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est dit préoccupé lundi du regain de tension entre le Soudan et le Tchad et a appelé les deux pays à la retenue et au dialogue.

Les membres du Conseil ont "exprimé leur grave préoccupation à l'égard du regain récent d'activités des groupes armés illégaux à l'ouest du Darfour et à l'est du Tchad, et des tensions entre le Soudan et le Tchad auxquelles cette situation a donné lieu", a déclaré à la presse, au nom du Conseil, l'ambassadeur de Libye, Giadalla Ettalhi.

M. Ettalhi, qui préside le Conseil en janvier, s'exprimait à l'issue de consultations sur les préparatifs du déploiement de la Mission des Nations unies au Tchad et en République centrafricaine (Minurcat) et de la force de l'Union européenne (Eufor Tchad/RCA) prévu par la résolution 1778 de septembre 2007.

Les Etats membres ont appelé le Soudan et le Tchad "à la retenue, au dialogue et à la coopération", a ajouté M. Ettalhi.

Les relations tumultueuses entre le Soudan et le Tchad connaissent une nouvelle tension qui risque de dégénérer en conflit ouvert dans une zone déjà déstabilisée par les rebelles des deux parties.

Le chef de la nouvelle mission afro-onusienne au Darfour (Minuad), Rodolphe Adada, s'est inquiété lundi de cette tension qui risque d'affecter, selon lui, les déplacés et le bon déploiement de sa force de maintien de la paix.

Dimanche, le Soudan s'est dit prêt à faire face à toute "agression" armée tchadienne, au lendemain de menaces du président tchadien Idriss Deby Itno de pourchasser et frapper les rebelles tchadiens "à l'intérieur du Soudan".

Selon une source militaire à N'Djamena, l'aviation tchadienne a bombardé lundi une base de la rébellion au sud-ouest de Geneina, capitale de l'ouest du Darfour située à quelque 30 km du Tchad, après un premier raid aérien dimanche sur cette région.

De violents combats avaient opposé, du 26 novembre au 4 décembre, l'armée tchadienne aux principales rébellions dans l'est du Tchad, faisant voler en éclats un accord de paix signé le 25 octobre à Syrte en Libye.

Depuis, les rebelles affirment se réorganiser et certains reconnaissent que le gros de leurs troupes se trouve le long de la frontière tchado-soudanaise, côté soudanais.

N'Djamena voit dans le soutien apporté, selon lui, par Khartoum aux rebelles une volonté d'empêcher le déploiement dans l'est tchadien de l'Eufor Tchad/RCA et au Darfour, dans l'ouest du Soudan, de la Minuad.

Ces deux déploiements rencontrent de grosses difficultés, notamment logistiques. Pour chacune des deux forces, l'ONU et l'UE peinent à réunir les moyens nécessaires, notamment aérien.

 

Janvier 2008

 

 

Risque de conflit ouvert entre le Soudan et le Tchad

 

Agence France Presse, 7 janvier 2008

 

Les relations tumultueuses entre le Soudan et le Tchad connaissent une nouvelle tension qui risque de dégénérer en conflit ouvert dans une zone déjà déstabilisée par les rebelles des deux parties.

Dimanche, le Soudan s'est dit prêt à faire face à toute "agression" armée tchadienne, au lendemain de menaces du président tchadien Idriss Deby Itno de pourchasser et de frapper les rebelles tchadiens "à l'intérieur du Soudan".

La frontière commune connaît des bruits de bottes, selon l'armée soudanaise, qui a affirmé que l'aviation tchadienne avait encore bombardé l'ouest de la région soudanaise du Darfour, faisant trois morts et quatre blessés parmi les civils.

"Trois avions de type Antonov ont bombardé aux premières heures de dimanche des positions au sud-ouest de Geneina (capitale de l'ouest du Darfour), tuant trois citoyens et blessant quatre", a déclaré le porte-parole des forces armées soudanaises, Othman al-Aghbach. "Nous y voyons une agression contre le Soudan", a ajouté le porte-parole dans une déclaration reproduite lundi par le quotidien Akhbar al-Yom, dans laquelle il a répété que l'armée soudanaise était prête à toute éventualité.

Selon un autre quotidien soudanais, Al-Raï al-Aam, la zone frontalière connaît une forte tension et l'armée tchadienne pointe les canons de son artillerie sur Geneina, située à quelque 30 km du Tchad. La tension intervient sur fond d'une recrudescence des activités militaires autour de Geneina du groupe rebelle au Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) que le Soudan accuse d'être directement soutenu par le Tchad.

Un commandant du JEM, Abdel Aziz el-Nour Asher, interrogé par l'AFP, a démenti un tel soutien et affirmé que ses hommes avaient touché dimanche un avion militaire soudanais, qui a ensuite effectué un atterrissage forcé à Geneina.

Il a également affirmé que son mouvement continuait d'exercer une forte pression sur Geneina qu'il dit "encerclée" par ses hommes, ce que démentent les forces gouvernementales. Le soutien présumé du Soudan aux rebelles tchadiens est à l'origine du coup de colère samedi du président tchadien qui a dénoncé un "plan de déstabilisation du Tchad" ourdi selon lui par Khartoum.

"Il n'existe aucun mercenaire (nom donné aux rebelles par N'Djamena) sur le territoire tchadien et nous allons les détruire dans leur nid à l'intérieur du Soudan", a-t-il lancé. "Nos forces vont leur tomber dessus à l'intérieur du Soudan. Nous allons leur faire mordre la poussière à l'intérieur du Soudan".

De violents combats ont opposé, du 26 novembre au 4 décembre, l'armée tchadienne aux principales rébellions dans l'est du Tchad, faisant voler en éclats un accord de paix signé le 25 octobre à Syrte en Libye. Depuis, les rebelles affirment se réorganiser et certains d'entre eux reconnaissent que le gros de leurs troupes se trouve actuellement le long de la frontière qui sépare le Tchad du Soudan, côté soudanais.

N'Djamena voit dans le soutien apporté, selon lui, par Khartoum aux rebelles une volonté d'empêcher le déploiement dans l'est tchadien d'une force de l'Union européenne (Eufor) et au Darfour, dans l'ouest du Soudan, d'une importante mission de l'Union africaine (UA) et de l'ONU.

Les autorités soudanaises, bien que n'ayant pas commenté la décision de l'envoi d'une force de l'UE au Tchad, voient d'un mauvais oeil l'Eurofor tout en disant collaborer avec l'ONU et l'UA, dont la force au Darfour peine à prendre forme

 

Janvier 2008

 

Le gouvernement soudanais nie avoir des rapports avec les rebelles tchadiens

 

Xinhuanet, 7 janvier 2008

 

Le gouvernement soudanais a nié dimanche être impliqué dans la rébellion de l'est du Tchad, a rapporté l'agence de presse soudanaise officielle SUNA.

Le ministre d'Etat soudanais pour les affaires étrangères Samani Al-Wasilla a affirmé à SUNA qu'il regrette la menace du Tchad de rompre ses relations diplomatiques avec le Soudan, disant que ces relations représentent un lien des voisins intimes plutôt que des rapports entre deux gouvernements.

"Le Soudan est innocent des accusations et des allégations faites par le gouvernement tchadien et le Soudan ne s'est jamais livré à un acte qui nuise aux relations entre les deux pays", a-t- il soulginé.

Ce qui se passe au Tchad est une affaire intérieure entre les rebelles tchadiens et leur gouvernement et le Soudan ne doit pas être blâmé pour des problèmes que le Tchad n'arrive pas à régler, a indiqué le ministre d'Etat soudanais.

Il a aussi démenti l'existence de rebelles tchadiens sur le territoire soudanais, affirmant que le gouvernement soudanais avait donné des instructions claires aux forces de sécurité pour que le territoire soudanais ne soit jamais utilisé pour déstabiliser le Tchad.

Il n'est pas dans l'intérêt du Soudan de déstabiliser le Tchad, a-t-il dit.

M. Al-Wasilla a en même temps accusé le Tchad de soutenir les rebelles soudanais du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) au Darfour.

Samedi, le président tchadien Idriss Deby a menacé d'envoyer des troupes tchadiennes sur le territoire soudanais afin de poursuivre les rebelles tchadiens et de rompre les relations diplomatiques avec le Soudan. La semaine dernière, le Soudan a affirmé que l'aviation tchadienne avait bombardé plusieurs villages du Darfour.

 

Janvier 2008

 

 

Tchad-Soudan : 45 ans de relations tumultueuses

 

Afrique Info, 6 janvier 2008

 

Depuis 45 ans, le Tchad et le Soudan, son voisin, entretiennent des relations plutôt tumultueuses, marquées par une tension quasi permanente et des crises récurrentes, à l'instar de celle qui a éclaté il y a dix jours entre ces deux pays pourtant liés par l'histoire et la culture.

 

Il faut remonter aux premières années des indépendances pour trouver les traces de la première brouille entre le Tchad et son voisin de l'Est. Le 2 juin 1963, Hassane Ahmed Moussa, un expatrié tchadien originaire de la région de l'Ouaddaï, employé par la Douane soudanaise, lance au quartier Oum Bada, dans la ville soudanaise d'Om Dourmane, le Mouvement national pour la Libération du Tchad (MNLT).

Objectif de ce mouvement : renverser le régime du Président François Tombalbaye, chrétien baptiste, originaire du Sud du pays.

Le 20 avril 1965, le MNLT change de nom et devient le Front de Libération du Tchad (FLT) avec toujours à sa tête Hassane Ahmed Moussa. Nommé chef d'Etat-major du FLT, Zakaria Al Habo attaque, le 10 décembre 1965, la garnison d'Adré, à la frontière soudanaise.

L'armée de Tombalbaye répond avec une telle puissance de feu que Al Habo et une bonne partie de ses hommes sont tués dans cette audacieuse expédition. De nombreux civils ont également trouvé la mort au cours de cette attaque rebelle, notamment le receveur de la poste de la ville d'Adré, François Ganda Sé.

Malgré cet échec cuisant, les rescapés du FLT, réarmés par le Soudan, revinrent à l'assaut le 12 décembre 1965, soit 48 heures plus tard, attaquant à nouveau la garnison d'Adré. L'offensive se solde par un nouvel échec cuisant.

Les survivants du FLT regagnent alors le Soudan où ils sont rejoints par d'autres opposants au régime de Tombalbaye, notamment Brahim Abatcha, Aboubakar Djalabo, Mahamat Al Baghlani et bien d'autres, presque tous nordistes musulmans.

Du 19 au 22 juin 1966, tous les mécontents du régime de Tombalbaye se réunissent en congrès dans la localité soudanaise de Nyala et lancent le Front de Libération national du Tchad (FROLINAT), un mouvement rebelle d'où seront issus les trois derniers présidents du Tchad : Goukouni Weddeye, Hissein Habré et Idriss Déby Itno.

Fortement soutenu par le Soudan, le FROLINAT lancera à plusieurs reprises des incursions armées à l'intérieur du Tchad mais sans succès. A chaque fois, ses combattants seront repoussés par l'armée loyaliste. C'est pourtant cette même armée qui lui était acquise qui assassinera François Tombalbaye, le 13 avril 1975.

Le général Félix Malloum, surnommé Napoléon, ancien commandant de la zone opérationnelle de l'Est où sévissaient les rebelles, et ancien Chef d'Etat-major de l'armée, est alors sorti de la prison où l'avait envoyé Tombalbaye et porté à la tête du pays par l'armée.

C'est sous le général Félix Malloum que le FROLINAT et ses démembrements réussiront à occuper des localités à l'intérieur du territoire tchadien.

Avec l'arrivée du général Malloum, le Soudan va chercher à placer ses hommes dans l'appareil dirigeant du Tchad.

Le 16 septembre 1977, avec la bénédiction de la France, le Président soudanais, le général Gaafar Al Nimeiry, réussit à faire signer à Khartoum un accord de paix entre le Général Malloum, président du Tchad, et Hissein Habré, chef rebelle.

A l'époque, Habré ne présentait aucun danger, surtout qu'il avait été mis en minorité au sein du FROLINAT. Réfugié au Soudan, c'est avec quelque 300 hommes voire moins que Habré regagnera N'Djamena.

Contrairement aux accords de paix, il ne désarmera pas ses hommes qu'il continuera à garder auprès de lui, dans la capitale, armés jusqu'aux dents.

Nommé Premier ministre le 29 août 1978, Hissein Habré forme son gouvernement le 31 août 1978. Mahamat Nouri, aujourd'hui principal leader de la rébellion contre Idriss Déby Itno, est nommé ministre de l'intérieur et de la sécurité.

Le 12 février 1979, Hissein Habré entre en crise ouverte avec le général Malloum et déclenche la première guerre civile du Tchad.

Le 23 mars 1979, le général Malloum démissionne. Aux négociations de Kano (Nigeria), Goukouni Weddeye, un des chefs du FROLINAT, est nommé Président du Tchad. Dans le gouvernement d'union nationale du Tchad (GUNT) mis alors sur pied, Habré occupe le portefeuille de ministre de la Défense.

Chassé de N'Djamena à coups de canons par Goukouni Weddeye, son mentor et chef spirituel, le 15 décembre 1980, après une tentative de coup d\'Etat, Hissein Habré se réfugie au Soudan.

Le 13 novembre 1981, le « réfugié soudanais », se lance à la conquête du pouvoir à N'Djamena, à partir de la ville soudanaise de Koulbouss.

Le 7 juin 1982, Hissein Habré chasse du pouvoir son ancien patron Goukouni Weddeye et s'empare du fauteuil présidentiel.

Le 1 er avril 1989, Idriss Déby Itno, ancien chef d'Etat major d'Hissein Habré, dont il est d'ailleurs le beau-frère, échoue dans sa tentative visant à renverser son patron. Il fonce alors se réfugier au Soudan.

Habré, pourtant porté au pouvoir par le Soudan en 1982, crie à la trahison et menace le Soudan des pires châtiments. Pour toute réponse, le Soudan aide Idriss Déby Itno à lancer le Mouvement Patriotique du Salut (MPS), le 11 mars 1990, dans la localité soudanaise de Bamina.

Le 1 er décembre 1990, Hissein Habré, contraint à la fuite, se réfugie au Cameroun avant d'atterrir à Dakar pour un exil doré. Idriss Déby Itno, son ancien bras droit, venait de lui enlever le fauteuil présidentiel, avec le soutien de ce même Soudan, qui l'avait porté, lui Habré, au pouvoir, huit ans auparavant.

La lune de miel entre Idriss Déby Itno et Omar Hassan El Béchir a duré une décennie. Quand la crise du Darfour a éclaté il y a cinq ans, Khartoum a pointé un doigt accusateur sur N'Djamena qui a multiplié les démentis, même si certains chefs rebelles soudanais sont souvent aperçus dans la capitale tchadienne. Khartoum est ainsi devenu à son tour la Mecque de tous les opposants au Président Idriss Déby Itno.

C'est à partir du Soudan que le général Mahamat Nour, devenu plus tard Ministre de la Défense avant de tomber en disgrâce, a lancé une fulgurante offensive, bloquée aux portes de N'Djamena, le 13 avril 2006, grâce à l'armée française.

Aujourd'hui, le Président Idriss Déby Itno menace d'aller attaquer les rebelles à l'intérieur du Soudan comme l'avait exactement fait il y a 17 ans Hissein Habré qui voulait lui aussi anéantir, à l'intérieur du territoire soudanais, un certain Idriss Déby Itno qui le renversera quelques semaines plus tard.

Entre le Tchad et le Soudan, l'histoire semble curieusement se répéter. La nouveauté étant que c'est le Soudan qui, cette fois-ci, se dit agresser par le Tchad et menace de répondre au moment opportun et à l'endroit indiqué.

Aujourd'hui, les principaux leaders rebelles tchadiens, aussi bien le général Mahamat Nouri, que Abdel Wahid Aboud Mackaye ou Timane Erdimi, vivent entre le maquis à l'Est du Tchad et Khartoum.

La mise sur pied d'un commandement unifié pour l'ensemble des principaux mouvements rebelles tchadiens a contribué largement faire monter la tension entre les généraux Idriss Déby Itno et Omar Hassan El Béchir.

 

Janvier 2008

 

 

Deby offensif face au Soudan

 

Radio France Internationale , Avec notre correspondante à Ndjamena , Sonia Rolley 5 janvier 2008

 

Suite aux combats qui ont eu lieu il y a quelques semaines dans l'est du Tchad, le président Deby s'en prend à Khartoum et menace de poursuivre les rebelles tchadiens au Soudan.

 

« Le Soudan nous impose la guerre, le Soudan nous oblige à l'affrontement », scande la président tchadien. Idriss Deby accuse le président soudanais Omar el-Bechir de vouloir imposer au Tchad, et dans toute la région, une doctrine basée « sur un islam militant et une doctrine terroriste. Nous demandons à la communauté internationale, encore muette, d'exercer des pressions sur Khartoum », poursuit-il.

Idriss Deby dénonce surtout le soutien du régime soudanais aux rebelles tchadiens de l'Est, des rebelles qui « vont certainement, pour la énième fois, venir au Tchad pour verser le sang ».

Pas question pour Idriss Deby de les laisser lancer une nouvelle offensive. « Nous allons les détruire dans leur nid à l'intérieur du Soudan. Nous allons leur faire mordre la poussière à l'intérieur du Soudan », martèle alors le président tchadien.

Idriss Deby a par ailleurs affirmé que le gouvernement allait examiner dans les prochains jours la possibilité de rompre les relations diplomatiques avec Khartoum.

 

Janvier 2008

 

Deby menace de frapper les rebelles tchadiens "à l'intérieur du Soudan"

 

Agence France Presse, 5 janvier2008

 

Le président tchadien Idriss Deby Itno a menacé samedi à N'Djamena de pourchasser et frapper les rebelles tchadiens "à l'intérieur du Soudan", dénonçant une fois de plus le "plan de déstabilisation du Tchad" ourdi selon lui par Khartoum.

"Il n'existe aucun mercenaire (nom donné aux rebelles par N'Djamena) sur le territoire tchadien", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une "manifestation de soutien" à son régime organisée dans la capitale tchadienne.

"Nous allons les détruire dans leur nid à l'intérieur du Soudan", a-t-il lancé devant plusieurs centaines de personnes.

"Nos forces vont leur tomber dessus à l'intérieur du Soudan. Nous allons leur faire mordre la poussière à l'intérieur du Soudan", a martelé le président Deby.

Evoquant les rebelles qui lui sont hostiles et qui se sont alliés à la mi-décembre, il a ajouté: "Malheureusement, ces Tchadiens instrumentalisés n'ont rien compris (...) Qu'ils abandonnent les armes et regagnent leur pays, c'est ce que je leur recommande".

De violents combats ont opposé, du 26 novembre au 4 décembre, l'armée tchadienne aux principales rébellions dans l'est du Tchad, faisant voler en éclats un accord de paix signé le 25 octobre à Syrte, en Libye.

Depuis, les rebelles affirment se réorganiser, avec le soutien du Soudan d'après des observateurs. Sous couvert de l'anonymat, des responsables rebelles reconnaissent que le gros de leurs troupes se trouve actuellement le long de la frontière qui sépare le Tchad du Soudan, côté soudanais.

Les relations entre les deux voisins, très tendues ces dernières années, se sont ultérieurement dégradées après les récents combats dans l'est du Tchad.

La semaine dernière, N'Djamena a accusé Khartoum de préparer une "nouvelle agression" contre le Tchad pour empêcher le déploiement dans l'est tchadien d'une force de l'Union européenne (Eufor) et au Darfour, dans l'ouest du Soudan, d'une importante mission de l'Union africaine (UA) et de l'ONU.

Le ministère soudanais des Affaires étrangères a ensuite affirmé que l'armée tchadienne avait "traversé (...) la frontière commune" le 28 décembre et que trois de ses avions avaient "bombardé" des zones du Darfour.

N'Djamena s'est déclaré "indigné" face à ces accusations. Mais des sources militaires tchadiennes, ainsi que des observateurs, ont confirmé samedi à l'AFP que de tels bombardements avaient eu lieu.

Lors de la "manifestation" de samedi, des "motions de soutien" au président Deby lui ont demandé de rompre les relations avec le Soudan.

"Le gouvernement examinera très prochainement (...) cette demande", a répondu le chef de l'Etat.

Il a accusé son homologue soudanais Omar el-Béchir de vouloir "instaurer au Tchad et dans toute la sous-région une doctrine basée sur le terrorisme et l'islam militant", tout en assurant que "le plan de déstabilisation du Tchad" ne réussira pas".

 

Janvier 2008

 

 

Moubarak souligne la volonté de l'Egypte de promouvoir la paix et l'unité au Soudan

 

Xinhuanet, Le Caire,3 janvier 2008

 

Le président égyptien Hosni  Moubarak a souligné mercredi la volonté de l'Egypte de promouvoir  les efforts africains et internationaux pour la paix au Soudan,  notamment dans la région ouest du Darfour.  

Dans un discours après avoir passé en revue les soldats  égyptiens qui participeront à la force hybride de paix ONU-Union  africaine, Moubarak a déclaré que l'Egypte avait décidé de participer à l'opération de maintien de la paix au Soudan après  avoir bien étudié la question et considéré l'aspect militaire et  politique.  

"L'Egypte souhaite le prompt rétablissement de la paix, de la  sécurité et de la stabilité au Soudan, un pays avec lequel elle a  des liens essentiels, afin que la réconciliation nationale et l'unité du peuple soudanais soient réalisées", a dit Moubarak cité par la chaîne égyptienne Nile TV. 

Le colonel Mostafa Harb, commandant des forces égyptiennes au  Darfour, a exposé au président la préparation des troupes  égyptiennes en vue de leur participation à la force hybride ONU-UA.  

Les forces égyptiennes seront déployées au Darfour le 17  février et elles rejoindront les unités égyptiennes qui s'y  trouvent depuis plusieurs mois, selon Harb. 

La force hybride ONU-UA, baptisée Mission de l'ONU et de  l'Union africaine au Darfour (Minuad), a pris la relève lundi de  la mission de maintien de la paix des forces de maintien de la  paix de l'UA.  

L'Egypte, avec quelque 1 200 soldats et policiers, est l'un des principaux contributeurs à cette force hybride, a souligné  Moubarak après sa rencontre mardi avec le dirigeant libyen Muammar Kadhafi. 

Kadhafi a également passé les troupes égyptiennes en revue avec Moubarak. 

 

Janvier 2008

 

Dernière chance au Darfour

 

Julie Flint, the Independent, Londres –

Courrier International n°895 du 2-01-2008

 

La Mission conjointe des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (MINUAD) a officiellement succédé, le 1 er janvier, à la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS), qui était en piteux état après trois ans et demi de combats. La nouvelle force internationale - qui a le plus grand mal à se constituer - pourra-t-elle faire mieux ?

Le premier problème posé par cette force "hybride" est que l'essentiel de ses troupes sera constitué d'anciens effectifs de la MUAS, à qui l'on se contentera de mettre des casques bleus. Les pays occidentaux - qui renâclent à fournir les soldats promis - n'ont en outre pas fait le nécessaire pour qu'elle dispose d'un nombre suffisant d'hélicoptères et, plus généralement, des moyens logistiques indispensables. Bref, il est peu probable que l'on parvienne à déployer plus de la moitié des 26 000 soldats prévus avant la fin de 2008. La vigueur des campagnes menées pour sauver le Darfour a fait croire aux habitants de cette région que la communauté internationale allait donner à la MINUAD les moyens d'assurer la sécurité de tous les camps de déplacés, de mettre fin à la criminalité et de désarmer les milices. Mais elle n'aura pas ces moyens. Craignant que la déception ne se transforme en colère, certains ont suggéré que la MINIJAD fasse une démonstration de force. Or cela pourrait aisément entraîner les casques bleus dans une guerre qu'ils sont incapables de gagner. S'ils engagent un combat contre une milice, il ne pourra y avoir qu'une issue: un retrait honteux qui ne pourrait que stimuler les forces opposées.

Que faire ? Il est capital que la MINUAD entreprenne de nouer des liens de confiance avec les Arabes. Car cette composante essentielle de la société du Darfour a été cruellement exploitée par le gouvernement et dramatiquement ignorée par la communauté internationale. Les agents de l'ONU devraient visiter les villages arabes et les camps de nomades pour évaluer leurs besoins et leurs pertes de guerre - qui sont importantes - pour leur apporter de l'aide. Une telle approche serait d'autant plus raisonnable que la milice arabe la plus puissante, commandée par Mohamed Hamdan Dogolo "Hemeti", s'est récemment emparée d'un énorme chargement d'armes du gou­ernement avant de changer de camp. Hemeti a en effet signé une alliance avec Abdel Wahid Mohammed Al-Nour, le fondateur du Mouvement de libération du Soudan (SLM), si bien qu'aucune force ne lui fait peur, pas même la MINUAD.

La deuxième priorité de la MINUAD devrait être la neutralité. Ce qui a le plus nui aux forces de l'Union africaine, c'est l'idée - largement répandue dans la population - selon laquelle elle agissait de plus en plus pour le compte du gouvernement central soudanais. Aucune opération de relations publiques n'a pu corriger cette impression. Car elle était juste. Quand la MUAS a exclu de la commission de cessez-le-feu les représentants des groupes rebelles qui avaient refusé de signer l'Accord de paix du Darfour en mai 2006, elle a perdu la possibilité de communiquer avec les rebelles et de répondre à leurs griefs. Si la MINUAD ne remédie pas à cette situation, on peut d'ores et déjà prédire qu'elle sera elle aussi accusée de parti pris, avec tout ce que cela implique pour la sécurité de ses hommes. II est désormais crucial que les pourparlers de paix qui ont débuté en octobre dernier dans la ville libyenne de Syrte débouchent sur un nouvel accord et sur une nouvelle commission de cessez-le-feu. Or, malgré tout le battage qui a été fait par les autorités, ces pourparlers n'ont rien donné. Le groupe rebelle qui bénéficie du plus grand soutien populaire - le SLM d'Al-Nour - n'y est même pas représenté. Ni le groupe armé le plus puissant, à savoir la milice de Hemeti.

La MINUAD a une petite chance de sortir le pays du bourbier où il se trouve. Pour cela, elle doit commencer par établir un dialogue avec les diverses communautés sans exception, instaurer et faire respecter des cessez-le-feu dans les zones de combat et traiter la population avec compassion et respect. Les habitants du Darfour souhaitent que la MIINUAD réussisse. Sa meilleure chance est de leur demander ce dont ils ont besoin, d'établir des plans en conséquence et d'espérer que la protection apportée aux uns et aux autres portera ses fruits.

 

Janvier 2008

 

 

Khartoum a dépassé le délai pour un retrait militaire du sud (sudistes)

 

Le Monde, 2 janvier 2008

 

Le gouvernement soudanais a dépassé un nouveau délai fixé pour retirer ses troupes du sud du Soudan, a affirmé mercredi un haut responsable des anciens rebelles sudistes.

"Ils n'ont pas bougé jusqu'ici", a affirmé le général de division Mai Hoth, le chef d'état-major adjoint des ex-rebelles de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLM) qui contrôlent la région autonome du sud.

"Ils ne nous ont pas donné de raison concrète", a-t-il ajouté.

Le gouvernement nordiste de Khartoum avait promis de retirer avant fin 2007 ses troupes du sud, dans le cadre d'un accord qui avait ouvert la voie au SPLM pour revenir au gouvernement le 27 décembre, mettant fin à une crise politique de plus de deux mois.

Le SPLM avait suspendu sa participation au gouvernement pour protester contre ce qu'il considère comme les entraves des nordistes à l'application de l'accord de paix globale (CPA), qui avait mis fin en 2005 à une guerre de 21 ans dans le sud ayant fait au moins 1,5 million de morts.

Le dépassement par Khartoum d'une précédente date limite pour le retrait de ses troupes avait été l'une des principales raisons citées par les ex-rebelles pour quitter le gouvernement.

Aux termes du CPA, les troupes du nord devaient quitter le sud avant le 9 juillet 2007. Mais le nord n'avait retiré que les deux tiers de ses hommes à cette date, d'après l'ONU.

Le président soudanais Omar el-Béchir soutient que 85% des troupes ont quitté le sud, où 3.600 soldats sont toujours sur le terrain selon l'armée.

Le sud et les Nations unies contestent toutefois ces chiffres.

D'après le général Hoth, près de 18.000 soldats nordistes sont toujours déployés dans le sud qui recèle 80% du pétrole soudanais.

Le nord a justifié par le passé la présence de ses troupes par la nécessité de protéger les puits de pétrole.

Le CPA stipule que les deux parties doivent former une force conjointe nord-sud pour contrôler les zones pétrolières, mais la force n'était pas entièrement opérationnelle au moment où le sud s'est retiré du gouvernement.

Le porte-parole de l'armée sudiste, le général Kuol Deim, a attribué cet échec au refus des troupes de Khartoum de contribuer à la force.

Le général Hoth a dit attendre des explications de la part des nordistes lors d'une réunion le 5 janvier à Khartoum du Conseil conjoint de la Défense.

 

Janvier 2008

 

 

Les relations américano-soudanaises pourraient se détériorer à cause d'un projet de loi pour réduire les investissements

 

Xinhuanet, 2 janvier 2008

 

Les relations déjà tendues  entre Washington et Khartoum pourraient empirer suite à la décision du président américain George W. Bush de réduire les  investissements dans ce pays africain ravagé par les conflits, ont estimé certains analystes. 

Washington a des relations tendues avec Khartoum depuis les  années 1990 lorsque l'administration américaine a imposé des  sanctions économiques à ce pays africain, l'accusant de mener un " génocide" au Darfour. Le gouvernement soudanais a rejeté cette  accusation. 

Il n'y a pas de signe d'amélioration dans les relations  bilatérales, vu que M. Bush continue à exercer des pressions sur  le gouvernement soudanais en imposant des sanctions économique plus rigides qui pourraient détériorer l'économie du pays, selon  les analystes. 

Le projet de loi, signé lundi par M. Bush dans son ranch au  Texas, encourage sans exiger que le gouvernement américain et les  gouvernements locaux privent d'investissements gouvernementaux les sociétés impliquées dans quatre secteurs au Soudan, à savoir le  pétrole, la production d'électricité, les industrie minière et  militaire. 

"Je partage profondément l'inquiétude du Congrès sur la  violence continue au Darfour perpétrée par le gouvernement du  Soudan et les groupes rebelles", a indiqué M. Bush dans un communiqué. 

"Mon administration continuera ses efforts (...) par les  sanctions contre le gouvernement du Soudan et les engagements  diplomatique ainsi que le soutien au déploiement de casques bleus au Darfour", a souligné M. Bush. 

La nouvelle pression économique intervient en plus des  sanctions existantes contre le gouvernement de Khartoum. 

Washington a accusé Khartoum de soutenir le terrorisme dans la  région, avertissant qu'il y a une information crédible qu'"un  groupe extrémiste" dans le pays pourrait viser les intérêts ou installations du gouvernement américain. 

Mardi, un diplomate américain est mort de blessures au cours  d'un échange de tirs dans la capitale soudanaise. 

Le ministère soudanais des Affaires étrangères a indiqué que  l'incident était "isolé et n'a pas de connotation politique ni  idéologique", et a promis de traduire les criminels en justice. 

Le Centre des médias du Soudan, qui a un lien proche du  gouvernement, a cité un responsable du gouvernement non identifié  indiquant que l'attaque était criminelle dans le motif et qu'il  n'y avait aucune ombre de soupçon d'une action terroriste  organisée". 

Mais l'ambassade américaine à Khartoum a indiqué qu'il était  trop tôt pour dire "si l'attaque était liée ou non à Al-Qaïda ou à d'autres terroristes". 

Les analystes estiment que la mesure américaine peut enflammer  davantage le sentiment du peuple soudanais contre les Etats-Unis.  La population locale a mené plusieurs manifestations pour  protester contre les sanctions américaines et l'ingérence grave  dans les affaires intérieures du Soudan.

 

Janvier 2008

 

 

Un diplomate américain tué par balle à Khartoum

 

Agence France Presse, Khartoum, 1 er janvier 2008

 

Un diplomate américain et son chauffeur soudanais ont été tués mardi dans une attaque à Khartoum, que les autorités soudanaises se sont empressées de décrire comme un acte non terroriste.

Le diplomate, touché par cinq balles avant l'aube, a succombé à ses blessures dans l'après-midi, a indiqué l'ambassade des Etats-Unis dans un bref communiqué.

"Tôt ce matin, un officiel américain travaillant pour l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) a été blessé par des tirs. Cet après-midi, il a succombé et nous travaillons de près avec les autorités locales pour enquêter sur l'incident", indique le texte sans préciser son identité.

Le ministère soudanais de l'Intérieur a cependant donné l'identité du diplomate: John Granville, 33 ans.

Selon le site internet de l'USAID, John Granville, s'occupe dans le sud Soudan semi-autonome d'intitiatives visant à favoriser la participation de la population aux prises de décision et aux ONG. Il est aussi impliqué dans une campagne d'information radiophonique sur le sida.

Le ministère de l'Intérieur s'est retenu, dans un communiqué, de parler d'attentat mais sa description de la manière dont l'assaut a été mené semble accréditer la thèse d'une attaque délibérée.

D'autres sources soudanaises ont écarté la piste terroriste, le ministère des Affaires étrangères assurant, dans un communiqué, qu'il s'agit d'"un incident isolé qui n'a pas de connotation politique".

Selon ce ministère, le diplomate a été pris dans une dispute qui a dégénéré alors que les Soudanais étaient nombreux à célébrer dans la rue le Nouvel An.

Un autre responsable anonyme, cité par l'agence Sudanese Media Center (SMC), proche des services de renseignement, a assuré qu'il n'y avait aucune "piste pour une action terroriste organisée".

Selon la version du ministère de l'Intérieur, le véhicule diplomatique de type Land Cruiser a été intercepté à 03H57 locales (00H57 GMT) par un véhicule conduit par des inconnus dans une rue du quartier résidentiel de Ryad.

"Les occupants du véhicule ont ouvert le feu du côté du chauffeur qui a été tué sur le coup alors que l'autre occupant de la voiture diplomatique a été blessé de cinq balles à la main, à l'épaule droite et au ventre", a-t-il précisé.

Le chauffeur tué avait 40 ans et s'appelait Abdel Rahmane Abbas.

Une enquête a été diligentée pour identifier "dans les plus brefs délais" les auteurs de l'attaque et déterminer leurs motivations, selon le ministère.

Le ministère de l'Intérieur, contrairement à celui des Affaires étrangères, semble exclure un incident lié aux célébrations parfois violentes à Khartoum du Nouvel An pour lesquelles un dispositif de sécurité est déployé, les autorités les considérant comme une "habitude étrangère" à la société soudanaise.

Cette attaque anti-américaine rare au Soudan intervient sur fond de sentiments anti-américains exacerbés au Soudan où les autorités et les médias officiels ne cessent de dénoncer la position de l'administration des Etats-Unis sur la crise du Darfour.

Washington accuse Khartoum de "génocide" dans cette région de l'ouest soudanais, où 200.000 personnes sont mortes du conflit en près de cinq ans, un chiffre contesté par Khartoum qui parle de 9.000 morts.

Le président américain George W. Bush a signé lundi une loi visant à renforcer la pression économique sur Khartoum et a réaffirmé sa "profonde inquiétude" devant la poursuite des violences au Darfour.

L'attaque coïncide aussi avec la prise officielle de fonction, lundi, de la force conjointe des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (Minuad).

 

Janvier 2008

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