Nous référençons un certain nombre
d'articles sur le Soudan |
2007
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
2006
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
2005
Les Européens se mobilisent en faveur de la force militaire pour le Tchad
Le Monde par Laurent Zecchin 30 septembre 2007
Les Français eux-mêmes n'en reviennent pas. Contrairement aux inquiétudes exprimées dans différentes capitales, il ne devrait pas être trop difficile de mobiliser l'équivalent de trois bataillons (environ 3 000 hommes) pour la force européenne qui rejoindra l'est du Tchad et le nord de la Centrafrique avant la fin de l'année pour appuyer la force ONU-UA. Les ministres européens de la défense, réunis, vendredi 28 septembre, à Evora (Portugal), ont souligné que cette opération en faveur des réfugiés du Darfour était légitime, urgente et attendue par leurs opinions publiques respectives. Au moins dix d'entre eux ont annoncé des contributions militaires provisoires, dont le total est estimé à environ 2 500 hommes. A la demande de Nicolas Sarkozy, le ministre français de la défense Hervé Morin a exhorté ses homologues à se mobiliser, expliquant que la résolution des Nations unies autorisant le déploiement de cette force au Tchad avait été "portée par la France et la Grande-Bretagne, au nom de l'Union européenne" . Comme prévu, la France fournira l'ossature de cette force européenne, avec 1 500 hommes. L'Irlande sera l'un des principaux contributeurs avec 350 soldats. Des négociations se poursuivent, d'autre part, avec Dublin pour que le gouvernement irlandais accepte d'accentuer la "visibilité" de son effort. La Suède fournira 200 soldats, mais il n'est plus question que Stockholm assume le commandement de la force européenne, comme cela avait été envisagé. La Pologne a annoncé un effort à hauteur de 150 soldats et sans doute aussi des policiers. La Belgique évoque le chiffre d'une centaine de soldats, de même que la Slovénie, alors que l'Autriche enverrait environ 70 hommes. La Finlande et les Pays-Bas ont annoncé leur participation sans citer de chiffres, d'autres pays indiquant qu'ils seraient présents d'une manière ou d'une autre. Le Luxembourg a ainsi fait part d'une contribution financière de 400 000 euros, tandis que l'Espagne mettra ses capacités de transport aérien au service de l'opération. L'Allemagne se contentera d'envoyer des officiers au quartier général de l'opération et les Britanniques ont adopté une attitude plus positive que prévu, indiquant, selon Hervé Morin, qu'ils "regardent" comment ils pourraient contribuer. Le ministre français de la défense s'est dit convaincu que "l'objectif de 3 000 hommes sera atteint sans trop de difficultés" , y compris parce que des contributions de pays non membres de l'UE ont également été sollicités (Croatie, Maroc, etc.). La question du financement de l'opération et son organisation logistique. Les coûts communs, au niveau européen, devraient dépasser 100 millions d'euros, ce qui représentera sans doute moins de 15 % du total du financement nécessaire.
|
Conseil de sécurité : les experts sur les sanctions au Darfour reconduits pour un an
Nations Unies Conseil de Sécurité, 28 septembre 2007
Le Conseil de sécurité a décidé à l'unanimité, ce matin, de reconduire jusqu'au 15 octobre 2008 le mandat du Groupe d'experts chargé de surveiller les sanctions sur les armes, les déplacements et les avoirs financiers imposées aux individus et entités non gouvernementales opérant dans la région du Darfour. Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies , le Conseil, par sa résolution 1779 (2007), demande au Groupe d'experts de coordonner ses activités avec la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) et de l'opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) qui lui succédera. Dans le préambule de sa résolution, le Conseil de sécurité note avec une profonde préoccupation « la violence et l'impunité qui continuent de régner, ainsi que la détérioration de la situation humanitaire qui en résulte ». De même, il presse instamment les parties n'ayant encore « pas accepté de participer aux négociations qui doivent avoir lieu le 27 octobre en Libye, avec l'Union africaine et l'ONU comme médiateurs, de le faire immédiatement ». Il exige que les parties au conflit fassent preuve de modération et cessent toute activité militaire afin de créer une atmosphère propice à ces négociations ( dépêche du 27.09.2007).
|
Rice évoque le Darfour avec son homologue libyen à New York
Jeune Afrique avec l'AFP, 27 septembre 2007
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a discuté de la situation au Darfour avec son homologue libyen Abdelrahmane Chalgam mercredi à New York, a indiqué un haut responsable du département d'Etat. M. Chalgam, dont c'était la troisième rencontre avec Mme Rice, était accompagné d'un des fils du dirigeant libyen Mouammar Khadafi, Mutasim-Billah, récemment nommé conseiller à la sécurité nationale, a précisé ce haut responsable ayant requis l'anonymat. Le chef de la diplomatie libyenne a invité Mme Rice à la conférence de paix prévue le 27 octobre en Libye, qui doit réunir des pourparlers de paix entre le gouvernement soudanais et les factions rebelles du Darfour. "Ils lui ont clairement dit qu'elle serait la bienvenue", a précisé le responsable américain, mais "son emploi du temps est un peu surchargé au mois d'octobre". Mme Rice a prévu de se rendre à plusieurs reprises au Proche-Orient d'ici la réunion internationale de novembre, destinée à relancer les pourparlers de paix israélo-palestiniens. Le responsable américain s'est félicité de la qualité de l'entretien. "Il y a trois ans, nous n'aurions pas eu de discussion au sujet du Soudan" avec la Libye, a-t-il souligné, en référence à la période où les relations entre les Etats-Unis et la Libye étaient encore balbutiantes. Mme Rice avait affirmé fin juillet, après la récente libération des infirmières et du médecin bulgares, détenus pendant huit ans dans le pays, qu'elle espérait pouvoir se rendre "bientôt" à Tripoli. Les Etats-Unis avaient annoncé l'an dernier la normalisation complète de leurs relations avec la Libye, en retirant le pays de leur liste des Etats soutenant le terrorisme et en élevant leur représentation au niveau d'ambassade. Complètement rompues en 1981, les relations diplomatiques avaient été rétablies début 2004 au niveau des sections d'intérêts, quelques semaines après l'annonce par M. Kadhafi que son pays renonçait à acquérir des armes de destruction massive.
|
L'ONU dénonce la poursuite des attaques de véhicules humanitaires au Darfour
Xinhuanet, New York, 27 septembre 2007
La Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) a informé que les attaques de véhicules ont continué ces derniers jours dans le sud du Darfour, alors que les agences de l'ONU poursuivent leurs opérations. Lors d'un incident, le chauffeur d'un véhicule appartenant à une ONG internationale a été attaché et battu, a déclaré la porte- parole du secrétaire général, Marie Okabe, jeudi lors du point de presse au siège de l'ONU à New York. Il est à présent soigné dans une clinique de l'ONU à Nyala, a- t-elle ajouté. Un convoi de l'ONU a été attaqué le même jour. Cependant, les agences de l'ONU et leurs partenaires poursuivent leurs opérations humanitaires dans la région. Le Programme alimentaire mondial (PAM), l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef) ont terminé l'évaluation d'urgence des besoins et de la sécurité alimentaire dans les trois Etats du Darfour, a indiqué un communiqué du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA). L'évaluation concernait 2.250 foyers dans 90 sites différents. Les résultats, qui feront le bilan de la situation alimentaire et de l'état nutritionnel de la population, seront communiqués de façon préliminaire à la mi-octobre avant de faire l'objet d'un rapport en novembre. Dans le nord du Darfour, l'Unicef a soutenu la construction de neuf salles de classe pour 450 enfants au camp de personnes déplacées d'El Salaam. L'Unicef a également appuyé une campagne de vaccination contre la poliomyélite et la rougeole, accompagnée d'apports en vitamine A, visant 12.000 enfants de moins de cinq ans dans la région de Jebel Marra. Par ailleurs, une campagne de sensibilisation à la santé et à l'hygiène a touché 9.680 foyers de la ville capitale d'El Fasher. Dans l'ouest du Darfour, l'agence a aussi mené une campagne auprès de 323 foyers pour diminuer les risques de diarrhée et d'autres maladies véhiculées par l'eau. Elle a lancé une campagne pour la promotion de l'hygiène dans les camps d'Ardamata, de Durti et de Ryad. Pour contrer le risque de propagation du paludisme, l'Unicef a fourni des médicaments aux ONG présentes dans le pays et des moustiquaires au ministère de la Santé.
|
Le Darfour et le droit d'ingérence
Les Echos, 27 septembre 2007 par J acques Hubert-Rodier
Le Conseil de sécurité a donné, mardi, à l'unanimité de ses 15 membres, son feu vert au déploiement de soldats de l'Union européenne au Tchad et en Centrafrique pour protéger les populations touchées dans ces pays par le conflit du Darfour. Une crise qualifiée cette semaine encore de « génocide », à la tribune des Nations unies, par le président américain George W. Bush, qui a appelé le gouvernement et les rebelles soudanais à un cessez-le-feu. Cette décision s'inscrit dans le droit-fil des mesures prises depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale pour bannir et sanctionner toute forme de génocide et de crime contre l'humanité. Plus de dix ans après les massacres du Rwanda, cette région de l'ouest du Soudan est devenue un véritable test pour les Etats-Unis et les autres grandes puissances de ce qui s'impose de plus en plus comme un droit d'ingérence humanitaire. Mais cette volonté unanime d'agir cache mal cependant les rivalités, notamment entre les Etats-Unis et la Chine, en Afrique de l'Est. Sur le fond, les causes du conflit au Darfour sont pourtant directement liées à une lutte clanique et tribale dépassant les frontières du Soudan et touchant le Tchad et le Centrafrique. L'intervention du gouvernement soudanais est cependant capitale. Khartoum a ainsi mené une offensive militaire contre la rébellion lancée par l'Armée de libération du Soudan (ALS) et appuyée ensuite par le Mouvement Justice et Egalité (MJE). Une offensive qui s'est traduite également par une « guerre par procuration ». Les milices arabes, connues sous le nom de « Janjawid » (hommes armés à cheval), ont eu tout loisir de s'attaquer librement aux villages en y commettant des atrocités contre les populations civiles, parfois avec le soutien de l'armée soudanaise. Pour sa part, le Tchad a dû faire face à un afflux de quelque 236.000 réfugiés soudanais, s'ajoutant aux 173.000 déplacés en raison du conflit. Le Centrafrique est dans une situation similaire, avec plus de 10.000 réfugiés et 200.000 déplacés. La perméabilité de la frontière entre le Soudan et le Tchad, conséquence d'un découpage datant d'une mission franco-britannique en 1924, a permis une « contamination » de la crise dans ce pays à travers des milices claniques mettant en péril le régime du président tchadien Idriss Deby. Mais au-delà de la région, la façon dont la crise sera résolue pèsera lourdement pour juger de la véritable réforme de l'ONU, de la capacité de son nouveau secrétaire général Ban Ki-moon et de ses objectifs en matière de maintien de la paix dans le monde. Paradoxe du nouveau siècle : autant les Etats-Unis, considérés comme les libérateurs de l'Europe du joug nazi, sont en train d'échouer dans leurs efforts de reconstruction en Afghanistan et en Irak, autant les Nations unies ont remporté quelques succès récents dans leur tentative de stabilisation de plusieurs pays, comme le note dans une récente étude la firme américaine Rand. Actuellement, plus de 100.000 Casques bleus sont déployés dans le monde. Seule l'armée américaine, avec quelque 170.000 militaires sur des théâtres d'opération extérieure, essentiellement en Irak, dépasse ce chiffre. L'implication pour le Darfour des grandes puissances et des Nations unies, qui devraient également mettre en place à l'intérieur du Darfour avec l'Union africaine une force « hybride » de maintien de la paix, entraîne une autre conséquence immédiate. Si ce conflit devait perdurer à l'ouest, le très fragile accord sur l'autonomie du Sud-Soudan intervenu entre le gouvernement de Khartoum et l'Armée populaire de libération du Soudan (APLS) au terme d'une guerre civile qui, selon les estimations, aurait fait 2 millions de morts depuis l'indépendance du Soudan en 1956, serait vraisemblablement remis en cause. Mais il n'y a pas que des raisons humanitaires qui poussent les grandes puissances à s'impliquer. Le Soudan fait aujourd'hui partie du nouveau « grand jeu » mondial à côté du Moyen-Orient : celui de la lutte pour l'accès aux réserves énergétiques. Cette fois-ci, la crise fait directement entrer en scène la Chine. Celle-ci achète environ 80 % de la production pétrolière soudanaise, représentant près de 7 % de ses importations de brut. D'après une étude réalisée par David Mascré, de l'université Paris-V, et publiée récemment par l'Institut Thomas-More, sur les quinze plus importantes sociétés étrangères présentes au Soudan, treize sont chinoises, et la seule China National Petroleum aurait investi quelque 3 milliards de dollars dans le plus important projet à l'étranger de la République populaire pour le développement du champ pétrolier de Muglad et d'un oléoduc long de 1.500 kilomètres. Cette présence chinoise est d'autant mieux accueillie par le régime d'Omar al-Bashir que l'aide de Pékin ne comporte pas des conditions similaires à celles des organisations internationales. Cette avancée chinoise a été facilitée par le fait que Khartoum est soumis à un dur régime de sanctions depuis une dizaine d'années de la part des Etats-Unis. Des sanctions qui ont d'ailleurs contraint les grandes compagnies américaines et européennes à quitter le pays. Jusqu'au printemps dernier, la Chine a fait de la résistance au Conseil de sécurité des Nations unies face aux pressions américaines, britanniques et françaises pour forcer Khartoum à accepter le déploiement d'une force des Nations unies en soutien de l'actuelle opération de maintien de la paix de l'Union africaine, comme le prévoyait l'accord de mai 2006 conclu par Khartoum et l'un des groupes en rébellion du Darfour. Mais la nomination d'un émissaire chinois pour le Soudan, Zhai Jun, a marqué au printemps dernier un tournant. Ce tournant s'est même concrétisé par la participation de la Chine à côté des Etats-Unis à la conférence organisée par Paris sur le Darfour. Car au-delà des couloirs du palais de verre de l'ONU à New York, une autre partie se joue pour la Chine : l'organisation des jeux Olympiques de Pékin en 2008. Sans aucun doute, la campagne initiée par l'actrice américaine Mia Farrow - « Les JO du Génocide » - et relayée par des ONG, a contribué à obliger Pékin à agir auprès de son allié. Ces pressions ont eu un premier effet : celle de préparer le déploiement de près de 17.000 Casques bleus pour renforcer les troupes africaines, mal équipées, et celle d'ouvrir la petite porte à une reprise des pourparlers entre Khartoum et les groupes rebelles du Darfour non signataires de l'accord de 2006. Mais une nouvelle fois, la lenteur de la réaction internationale face au conflit du Darfour a laissé s'accomplir de nouveaux crimes contre l'humanité. La question est toujours de savoir quand le « plus jamais cela » de l'après-guerre mondiale sera réellement appliqué. Au Darfour, il s'agit depuis 2003 de plus de 200.000 morts et de plus de 2 millions de déplacés. Et dans le monde depuis cinquante ans, les atrocités contre les peuples - génocide et nettoyage ethnique - ont coûté la vie à plus de 20 millions de personnes. Triste bilan.
|
Darfour : l'ONU exhorte les rebelles à respecter le cessez-le-feu
Jeune Afrique avec Xinhuanet, 27 septembre 2007
L'ONU a exhorté mercredi les rebelles de la région soudanaise du Darfour (ouest) à respecter le cessez-le-feu, alors que des préparatifs sont en cours pour le relancement des négociations sur la paix. "L'ONU et l'Union africaine (UA) ont indiqué que la cessation des hostilités est une priorité primordiale et une requête principale, non seulement pour aider à améliorer la situation du peuple sur les lieux et à atténuer les souffrances de la population du Darfour, mais aussi afin d'assurer un environnement viable pour les négociations", a déclaré Radhia Achouri, la porte- parole de la mission onusienne au Soudan. "Vous ne pouvez pas négocier en continuant à combattre sur les lieux. Toutes les parties doivent respecter la cessation des hostilités", a-t-elle ajouté. Elle a réitéré que le dossier du Darfour ne pourra être résolu que par la négociation et que l'une des requêtes fondamentales des négociations insiste sur le fait que tous les participants à la table de négociations respectent le cessez-le-feu. Khalil Ibrahim, dirigeant du Mouvement de la justice et de l'égalité (JEM), a récemment déclaré qu'il continuera à lutter contre les forces gouvernementales au cours des prochaines négociations, qui auront lieu le 27 octobre prochain dans la capitale libyenne de Tripoli. Pour préparer les négociations sur la paix, les médiateurs de l'ONU et de l'UA ont entamé davantage de consultations avec les parties concernées. Andrew Natsios, émissaire spécial des Etats-Unis pour le Darfour, est arrivé mercredi à Khartoum pour effectuer une visite de 10 jours au Soudan, au cours de laquelle il s'entretiendra avec les dirigeants soudanais sur la situation du Darfour.
|
La France défend le déploiement rapide d'une force européenne au Tchad
Le Figaro, par Tanguy Berthemet 26 septembre 2007
Paris se propose d'assurer avec la flotte française la protection des navires acheminant l'aide en Somalie.
L'Assemblée générale des Nations unies a été pour le président Sarkozy l'occasion de renouer avec l'Afrique. Hier, Paris a proposé, lors d'une réunion du Conseil de sécurité entièrement consacrée au continent, le déploiement d'une «force multidimensionnelle » composée de troupes de l'ONU et de l'Union européenne au Tchad et en Centrafrique. Cette résolution, dont l'adoption était en principe acquise d'avance, se veut avant tout humanitaire. Il s'agit d'établir un niveau de sécurité acceptable pour les quelque 400 000 personnes venues en grande partie du Darfour voisin ou déplacées dans l'Est tchadien. En annonçant cette initiative le mois dernier, Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs insisté sur la situation sanitaire « tragique » dans la région. La future force devrait compter environ 300 policiers de l'ONU chargés de rétablir l'ordre dans les camps, et quelque 3 000 soldats, fournis par l'Union européenne, qui auront pour tâche de surveiller les routes. « L'idée est que ces troupes soient déployées dans les deux mois à venir, en même temps que les Casques bleus au Darfour », souligne un diplomate français.
« Génocide »
Mais le président français entendait surtout replacer la France sur le terrain politique. Dans un entretien accordé au New York Times, Nicolas Sarkozy assure ainsi qu'« on ne peut pas laisser faire un génocide » au Darfour. Une façon ferme d'enjoindre Khartoum de prendre rapidement ses responsabilités pour mettre un terme aux tueries qui ensanglantent le pays depuis plus de quatre ans. Jusqu'alors, seuls les États-Unis ont utilisé le terme de génocide pour qualifier la situation au Darfour, s'attirant au passage de vives critiques de spécialistes de la région. Devant le Conseil de sécurité, Nicolas Sarkozy devait également plaider pour que s'exercent des pressions sur les chefs des rebelles du Darfour, afin de les amener à participer aux négociations de paix prévues le mois prochain à Tripoli, en Libye. Quitte à recourir à des sanctions. Enfin, la France devait proposer que sa flotte assure pendant deux mois, en octobre et en novembre, la sécurité des navires acheminant l'aide alimentaire en Somalie, régulièrement victimes de pirates. « C'est notre intérêt d'aider à surveiller les côtes somaliennes pour que les bateaux puissent décharger de la nourriture et éviter une gigantesque famine », a récemment affirmé Nicolas Sarkozy. Sans l'avouer, l'Élysée espère par cette série de propositions gommer la mauvaise impression laissée par le premier déplacement du chef d'État français, en juillet, en Afrique. Le discours alors prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar avait été mal reçu, Alpha Oumar Konaré, le président de la Commission de l'Union africaine évoquant même un texte d'« un autre temps ». Une tâche qui paraît en partie accomplie. En marge du sommet, Nicolas Sarkozy qui devrait se rendre à Luanda en 2008, a rencontré le président angolais, José Eduardo Dos Santos, mettant fin à des années de brouille provoquée par un long feuilleton politico judiciaire entre les deux pays.
|
La force ONU/UE au Tchad et en RCA: une force tournée vers le Darfour
Agence France Presse, Libreville, 26 septembre 2007
La force que l'ONU et l'Union européenne ont décidé de déployer dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique sera tournée vers le Darfour (ouest du Soudan), et ne devrait apporter que des réponses limitées aux conflits internes qui minent ces deux pays. Pour les agences humanitaires qui s'occupent des 236.000 réfugiés soudanais et des 173.000 déplacés tchadiens recensés par l'ONU dans l'est du Tchad, l'arrivée d'une force internationale est une bonne nouvelle. "On soutient ce déploiement, en espérant que cela sécurise l'espace dans lequel nous travaillons", explique sous couvert de l'anonymat un responsable humanitaire en poste à N'Djamena. "Si les troupes sont bien choisies et commandées, si le mandat est clair, cela devrait décourager les ardeurs de tous ceux qui nous font obstacle". Des rébellions hostiles au président Idriss Deby Itno pullulent dans l'est du Tchad qui sert également de base arrière aux groupes armés du Darfour, en proie depuis février 2003 à une guerre civile qui a déjà fait, selon l'ONU, 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés. Tous ces mouvements rebelles sont accusés d'entraver l'acheminement de l'aide, de semer l'insécurité autour des camps de déplacés, voire d'y recruter leurs troupes, parfois parmi les enfants."Il était temps que la communauté internationale se mobilise face à cette catastrophe humanitaire", se réjouit Dobian Assingar, de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH). Mais pour les experts, le déploiement de cette force de 300 policiers onusiens et au maximum 4.000 soldats européens, qui pourrait débuter fin octobre, risque d'être insuffisant pour endiguer la propagation de la crise du Darfour. Et ne suffira certainement pas à pacifier les pays hôtes des militaires internationaux. "Il y a plus de 1.000 km de frontière à protéger", souligne Dobian Assingar. "Peut-on réussir une telle mission avec 4.000 hommes? Je ne le pense pas". Le mandat de la force, approuvé mardi par le Conseil de sécurité de l'ONU, semble lui donner raison. Ce mandat ne prévoit pas explicitement la protection de la frontière. En outre, prévient le défenseur des droits de l'Homme, les soldats français, qui devraient constituer près de la moitié des troupes, "risquent de ne pas s'entendre avec les rebelles tchadiens", qui soupçonnent Paris de vouloir, par le biais de cette force, soutenir le régime au pouvoir dans son ex-colonie. "Si la mission semble soutenir le président Deby, le sentiment antifrançais risque de s'exacerber", met en garde Dobian Assingar. "Le seul moyen d'aider les Tchadiens, c'est d'amener rebelles et dirigeants à la table des négociations. Mais ça, ce n'est pas à l'ordre du jour". En Centrafrique, où les soldats vont se déployer dans le nord-est frontalier du Soudan, l'impact de la force mixte UE-ONU s'annonce encore plus limité. "C'est dans le nord-ouest de la Centrafrique que les violences font le plus de dégâts et que les civils nécessitent une protection", note Olivier Bercault de l'ONG Human Rights Watch (HRW). "Mais là, c'est un problème 100% centrafricain sans lien avec le Darfour, du coup aucune intervention n'est prévue". Une responsable humanitaire à Bangui déplore que "le volet droits de l'Homme de cette mission semble avoir été négligé, alors qu'il serait nécessaire pour faire cesser les exactions dans la moitié nord du pays", imputées tout autant aux rebelles centrafricains qu'aux soldats gouvernementaux. Finalement, conclut-elle, "c'est un dispositif léger qui regardera beaucoup plus vers la frontière soudanaise, sans pour autant la protéger, que vers la Centrafrique".
|
Tchad/Centrafrique : le conseil de sécurité crée une mission des nations unies dotée d'une force européenne
Nations Unies, New York, 25 septembre 2007
Le Conseil de sécurité a approuvé à l'unanimité ce matin la mise en place d'une présence multidimensionnelle au Tchad et en République centrafricaine, la 'MINURCAT' , qui sera accompagnée d'une force européenne et de policiers tchadiens. Établie par la résolution 1778 (2007) adoptée lors d'une séance publique du Conseil, elle est destinée à aider à créer les conditions favorables au retour volontaire, sécurisé et durable des réfugiés et des personnes déplacées. Cette présence inclura une police tchadienne pour la protection humanitaire (PTPH) ainsi que, pour une période d'un an, une mission de l'ONU appelée MINURCAT (Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad), pouvant comprendre jusqu'à 300 policiers, et une opération de l'Union européenne placée sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies. La MINURCAT aura pour mandat d'assurer la sécurité et la protection des civils dans l'est du Tchad et dans le nord-est de la République centrafricaine et de promouvoir et défendre les droits de l'homme. Elle travaillera en étroit contact avec les autorités tchadiennes et centrafricaines, avec le gouvernement soudanais, ainsi qu'avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, la Mission de l'Union africaine au Soudan et l'opération hybride UA/ONU qui lui succèdera. L'opération de l'Union européenne sera autorisée à prendre toutes les mesures nécessaires, dans la limite de ses capacités et dans sa zone d'opération dans l'est du Tchad et dans le nord-est de la République centrafricaine, pour contribuer à la protection des réfugiés et des personnes déplacées et faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire. Le Conseil de sécurité a suivi les recommandations faites par le Secrétaire général dans son rapport du 10 août 2007 sur le déploiement d'une présence internationale dans les régions de l'est du Tchad et du nord-est de la République centrafricaine. Le Conseil de sécurité se réunira cet après-midi sur la question du Darfour. Le Conseil sera réuni, pour la troisième fois de son histoire, au niveau des chefs d'Etat, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la France assumant la présidence du Conseil au mois de septembre. Veuillez consulter le site du Centre de nouvelles ONU pour plus d'information http://www.un.org/french/newscentre/
|
La France veut une force européenne près du Darfour
Le Monde 25 septembre 2007 par Natalie Nougayrède
Alors que Nicolas Sarkozy doit présider, mardi 25 septembre, à New York, une session spéciale du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée à l'Afrique, les diplomates français ont donné un coup d'accélérateur à l'envoi, au Tchad et en Centrafrique, d'une force européenne pouvant comporter jusqu'à 4 000 soldats, destinée à stabiliser les régions affectées par le conflit du Darfour. M. Sarkozy, qui participe pour la première fois à l'Assemblée générale des Nations unies, veut valoriser le rôle de la France dans le traitement de la guerre du Darfour, où 200 000 personnes ont, selon l'ONU, trouvé la mort dans le conflit qui oppose depuis 2003 les rebelles locaux au pouvoir central soudanais. Les troupes européennes au Tchad et en Centrafrique viendraient en appui au déploiement prévu en 2008 au Darfour d'une force militaire ONU-UA (Union africaine) de 26 000 hommes. Le projet de résolution, dont Le Monde a pris connaissance, devait être "mis au bleu" lundi, dernière étape de procédure permettant un vote du Conseil de sécurité, qui se réunira au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement. Paris souhaite faire adopter dès mardi la résolution, placée sous le chapitre VII de la Charte de l'ONU, qui autorise le recours à la force. Le texte prévoit la mise en place "pour une durée d'un an" , au Tchad et en Centrafrique, d'une "présence multidimensionnelle" destinée à favoriser le retour des réfugiés et des personnes déplacées, à "contribuer à la protection des populations civiles en danger" , à faciliter l'aide humanitaire et les efforts de reconstruction et de développement. L'opération comportera deux volets : l'un, policier, relevant de l'ONU (300 policiers onusiens appuieront environ 850 policiers tchadiens devant être déployés dans les camps de réfugiés) ; l'autre militaire, sous l'égide de l'Union européenne (UE), dont le contingent aura pour mission de sécuriser des zones très volatiles, parcourues de milices armées, dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique. Les responsables français ont eu du mal à convaincre des pays européens de contribuer à un tel déploiement, car plusieurs capitales ont exprimé des doutes sur les modalités d'une opération qui, de fait, constituera un appui militaire important à des régimes du "pré carré" français en Afrique, aux prises avec des rébellions armées locales. Au Tchad, l'armée française est intervenue à plusieurs reprises en 2006 pour bloquer des attaques de rebelles menaçant la capitale, N'Djamena. En Centrafrique, elle a combattu fin 2006 pour reprendre la ville de Birao, tombée aux mains de rebelles armés. L'équipe du ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, s'est employée à lever les réticences de pays européens qui craignent de voir leurs soldats entraînés dans un bourbier régional où la France n'est pas perçue comme une partie neutre. La Suède, la Pologne, la Belgique, l'Espagne, l'Autriche, la Roumanie et la Grèce ont notamment été sollicitées. Les officiels français ont répété à leurs interlocuteurs que la priorité était de soulager les souffrances des civils affectés par la guerre du Darfour, et qu'il s'agissait d'une occasion de mettre en valeur la capacité de l'Union européenne à avoir une politique de sécurité et de défense commune. Ils ont aussi rappelé que le déploiement d'une force internationale dans ces régions a été prôné par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et son prédécesseur Kofi Annan. L'UE a finalement donné un accord de principe fin juillet, mais la composition de la force destinée au Tchad et en Centrafrique, qui pourrait être déployée à partir du mois d'octobre, n'est pas encore finalisée. La proportion de soldats français qu'elle comportera (les diplomates parlent de 50 %) est l'une des questions sensibles. Des organisations humanitaires internationales présentes dans ces régions craignent qu'une opération à composante trop française dérape vers des combats contre les rebelles tchadiens et centrafricains. Des ONG comme Oxfam et Action contre la faim ont fait des démarches pour inciter la Suède et d'autres pays européens à envoyer le plus de soldats possible afin de "diluer" la part française. Ces ONG s'inquiètent des menaces proférées, depuis fin juillet, par plusieurs chefs rebelles tchadiens, dont Timane Erdimi et Mahamat Nouri qui, dans un communiqué, ont mis en garde contre "les initiatives françaises visant à transformer les troupes françaises au Tchad en une force européenne" , et prévenu que cela mènera "directement à un conflit avec nos forces armées" . Les pays européens devant contribuer à la force ont insisté pour qu'une relève de ce dispositif militaire au Tchad et en Centrafrique soit assurée au bout d'un an par une force de l'ONU, afin que l'engagement de leurs troupes soit clairement limité dans le temps. Le projet de résolution déposé par la France au Conseil de sécurité est cependant vague à ce sujet. Il évoque seulement "une possible opération des Nations unies en fonction de l'évolution de la situation" . La raison en est que le président du Tchad, Idriss Déby, s'il a accepté la force européenne, rechigne à laisser l'ONU se déployer militairement sur une partie sensible de son territoire national, dans des zones frontalières avec le Soudan. Il avait déjà refusé une demande de la France, en 2006, pour qu'une force internationale soit déployée le long de la frontière. Des experts de la région, notamment ceux de l'organisation Human Rights Watch, ajoutent que le déploiement de la force européenne intervient trop tardivement, alors que des pans entiers de l'est du Tchad sont déjà investis par des groupes armés ayant des bases au Soudan. Malgré les questions qu'il suscite, le déploiement d'une force européenne au Tchad et en Centrafrique est perçu par les entourages de MM. Sarkozy et Kouchner, qui ont fait de la question du Darfour une de leurs priorités, comme un succès diplomatique de la France. Ce projet a été activement défendu à partir du mois de juin, lorsque l'idée, évoquée un temps par M. Kouchner, d'ouvrir des "couloirs humanitaires sécurisés" vers le Darfour à partir du Tchad a été abandonnée en raison de l'ingérence que cela aurait représenté aux yeux du Soudan. Paris avait alors cherché à compenser ce revers en organisant un pont aérien transportant de l'aide humanitaire aux réfugiés du Darfour massés dans l'est du Tchad.
|
Paris peine à obtenir des soldats d'autres pays de l'Union
Le Monde 25 septembre 2007 par Laurent Zecchini
Paris souhaite que les troupes françaises ne constituent que la moitié des effectifs de la force européenne d'environ 3 000 soldats qui rejoindra l'est du Tchad à partir de début novembre, en complément de la force ONU-UA qui sera déployée au Darfour en 2008. Le quartier général de cette force européenne opérant sous mandat des Nations unies sera installé à Paris, au Mont-Valérien, mais le commandant de l'opération ne sera pas français. Paris ne tient pas à ce que celle-ci apparaisse aussi marquée par la présence française qu'a pu l'être l'opération "Artémis" de l'Union européenne dans la province congolaise de l'Ituri, à l'été 2003. "Pas question, cette fois-ci, que cela apparaisse comme une opération française en Afrique peinte en bleu" , résume un diplomate. Des négociations sont en cours pour inciter la Suède à en prendre le commandement. Alors que Stockholm a donné son accord pour envoyer un contingent militaire au Tchad, il est apparemment difficile de susciter d'autres contributions militaires européennes. Les Britanniques ont indiqué qu'ils étaient très sollicités en Irak et en Afghanistan, alors que l'Italie et l'Espagne mettent en avant leur présence militaire au Liban dans le cadre de la Finul. L'Allemagne qui, comme les Pays-Bas, a un fort contingent en Afghanistan au titre de l'OTAN, connaît un débat politique difficile, les deux tiers de l'opinion publique demandant le rapatriement des 3 000 soldats allemands présents dans le nord de l'Afghanistan. Il est d'autant plus logique que la Suède soit l'un des principaux contributeurs puisqu'elle est le pays chef de file du "groupement tactique" (1 500 hommes) nordique qui exercera son tour d'astreinte de la force de réaction rapide européenne à partir du 1 er janvier 2008. Les contingents français et suédois devraient être complétés par des éléments polonais, belges, italiens et espagnols, les Britanniques se contentant d'une présence symbolique au sein de l'état-major multinational.
Eléments précurseurs
La "génération de forces" (les moyens militaires que chaque pays est prêt à engager), déjà lancée, pourrait se conclure à l'occasion de la réunion des ministres de la défense de l'Union européenne, vendredi 28 septembre à Evora (Portugal). Des éléments précurseurs (la force "Harpon") devraient être déployés dès la mi-octobre, soit quinze jours après le vote de la résolution des Nations unies qui doit avoir lieu cette semaine à New York. Contrairement aux souhaits de Paris, Londres s'est opposé à ce que le Centre d'opérations de l'UE, qui est une ébauche de quartier général installé à Bruxelles, prenne en charge l'opération au Tchad. Ce refus, explicable par le traditionnel souci britannique de ne pas faire concurrence au Shape, le quartier général de l'OTAN, augure mal de la volonté de la Grande-Bretagne de soutenir une relance de la défense européenne, souhaitée par la France. Le ministère de la défense français indique que la mobilisation de plus d'un millier de soldats pour une nouvelle opération extérieure ne devrait pas poser de difficultés, ce qui signifie qu'il ne serait finalement pas nécessaire de prélever une partie des troupes sur le contingent de 2 600 soldats présents en Côte d'Ivoire.
|
Avertissement dans le Sud Soudan
Africa Confidential, édition française, n°531, 24 septembre 2007
Les négociations menées entre Khartoum et le Sudan People's Liberation Movemend/Army de 2003 à 2005 ont détourné l'attention des massacres et du nettoyage ethnique conduits par le régime islamique au Darfour. II exploite désormais la situation en sens inverse, en démantelant le Comprehensive Peace Agreement (CPA) tandis que l'étranger se focalise cette fois sur le Darfour. Les sudistes se plaignent depuis longtemps du fait que les ressources qui leur étaient promises soient allées au Darfour. Aujourd'hui, le Government of Southern Sudan (GOSS) accuse ouvertement Khartoum de saboter le CPA. Les deux parties achètent des armes: Khartoum surtout à la Chine; Juba à l'Ukraine et dans certains pays d'Europe de l'Est. Le général Salva Kiir Mayardit (président du GOSS, leader du SPLM/A et premier vice-président national) a déclaré le 10 septembre devant le parlement à Juba que Khartoum était en train d'affaiblir le CPA. II a averti que le Sud pourrait "de nouveau reprendre le combat". Le refus de Khartoum d'accepter l'Abyei Boundary Commission a été "une violation claire du CPA et une menace directe contre la paix". II a aussi évoqué le refus de Khartoum de retirer ses troupes des zones pétrolières, de donner au sud sa part intégrale des recettes et de permettre le recensement, essentiel pour les élections de 2009 et le référendum sur l'indépendance de 2011. Salva a transmis ses objections au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, à Juba le 4 septembre, et aux gouvernements chinois et norvégien auxquels il a rendu visite. Plus récemment, l'armée et la police ont effectué des raids, le 11 septembre, contre les bureaux du SPLM/A à Khartoum; sous couvert de lutte anti-terroriste, des hommes lourdement armés sont arrivés dans des transports de troupes blindés et auraient saisi des fusils, des mitrailleuses et des grenades. Le SPLM s'est plaint de n'en avoir pas été informé, en tant que partenaire du gouvernement. Khartoum a déclaré que personne ne serait inculpé. Les Sudistes considèrent aussi les rumeurs sur la mort de Salva Kiir comme une provocation de Khartoum.
|
Les Etats Unis exhortent toutes les parties au Soudan à appliquer l'accord de paix
Communiqué du département d'État
On trouvera ci-après le texte du communiqué sur l'accord de paix global au Soudan que le porte-parole du département d'État, M. Sean McCormack, a diffusé le 21 septembre, à l'occasion du deuxième anniversaire de la formation du gouvernement soudanais d'unité nationale.
(Début du texte)
Soudan : les États-Unis préconisent une application rapide de l'accord de paix global Deux ans après la formation du gouvernement soudanais d'unité nationale le 20 septembre 2005, les États-Unis invitent toutes les parties à l'accord de paix global à appliquer aussi rapidement que possible tous les éléments de cet accord, qui a mis fin à la guerre civile opposant depuis vingt et un ans le Nord et le Sud. Malgré des progrès remarquables, notamment le retour dans le sud du Soudan de quelque 1,2 million de personnes déplacées et de réfugiés et la création des nombreuses commissions prévues par l'accord, la lenteur de son application préoccupe les États-Unis. Parmi les obstacles à cette application figurent : le fait que les deux camps n'ont pas redéployé les forces armées conformément au calendrier prévu, le maintien de la présence de forces armées dans les zones pétrolifères du pays, les retards dans le financement et dans l'organisation du recensement national avant les élections générales, enfin le fait de ne pas appliquer le protocole relatif à la région d'Abyei. L'application intégrale de l'accord de paix global est essentielle pour mettre fin aux conflits au Soudan, y compris à celui du Darfour, et pour garantir un Soudan pacifique, démocratique et unifié à l'avenir. |
La lettre de l'Océan Indien, n°1222 du 22 septembre 2007
En vue d'une reprise des activités de la compagnie pétrolière française au Sud Soudan (LOI n°1221), des dirigeants soudanais se sont rendus à Paris, la semaine passée, et ont été accueillis au siège de Total. Cette délégation comprenait notamment le vice-président du Sud Soudan Riak Machar , son ancienne femme Angelina Theny, qui est vice-ministre de l'énergie au sein du gouvernement de Khartoum, et Bullen Bol, le General Manager de Nile Petroleum Corp. (Nilepet, société nationale du Sud Soudan). Ils ont été reçus pas Jean-Michel Salvadori, directeur Afrique sub-saharienne exploration et prospection (E&P), et Jérôme Roux , négociateur pour les affaires nouvelles. Ces derniers ont réaffirmé à leurs partenaires soudanais l'intention de Total de respecter les directives de la National Petroleum Commission (NPC) et de reprendre ses activités sur le terrain dès que possible. A l'occasion de leur déplacement à Juba, fin août, deux autres dirigeants de Total E&P s'étaient également rendus à Khartoum pour y rencontrer le ministre de l'énergie El Jaz . Total veut en effet tenir les différentes autorités soudanaises informées de ses intentions au Soudan. |
L'Europe peine à intervenir autour du Darfour
Le Figaro, 21 septembre 2007 par Arnaud de la Grange
L'Europe sur le flanc ouest du Darfour : dans le cadre de la vaste intervention internationale qui se prépare autour de la province soudanaise ravagée par la guerre civile, une force de l'Union européenne devrait se déployer dans l'est du Tchad. Sa mission: assurer la sécurité des réfugiés du Darfour (plus de 230000 personnes) ainsi que des déplacés internes tchadiens (environ 170000). A Bruxelles, sur les murs de l'état-major de l'Union européenne, les cartes sont très africaines. Mis à part la Bosnie, la jeune Europe de la défense s'est pour le moment fait la main essentiellement au Congo-Kinshasa - par deux fois - et elle devrait le faire très prochainement au Tchad. Le patron de l'état-major, le général britannique David Leakey, est chargé de planifier l'opération. L'officier, qui fut le premier commandant de la force européenne en Bosnie quand fut pris le relais de l'Otan, se veut confiant. « Notre concept de gestion de crise a été adopté la semaine dernière, explique-t-il au Figaro, et les États membres doivent nous donner la semaine prochaine une indication sur les forces qu'ils peuvent engager. » Le général Leakey ne cache pas que les temps ont durs. « Beaucoup des contributeurs potentiels sont déjà pas mal sollicités pour d'autres opérations », concède-t-il. En clair, les armées européennes les plus aguerries - au premier rang desquelles celles de la France, de la Grande-Bretagne ou de l'Allemagne - tirent la langue en raison des aventures afghanes, irakiennes ou autres. La force devrait tourner autour de 3 000 hommes. Les éléments précurseurs pourraient partir en octobre, avec une force totalement opérationnelle au tournant de l'année. Mais, comme dans le cas de l'opération au Congo l'an dernier, le montage de l'opération européenne est laborieux. À1'époque, les Français avaient tordu le bras aux Allemands pour qu'ils acceptent de prendre le commandement de l'affaire. « Ces derniers en gardent un mauvais souvenir et ils ne voulaient en aucun cas participer à l'aventure tchadienne, raconte un diplomate. Résultat, ils ont tout fait pour freiner le dossier pendant la présidence allemande. » Le passage de relais aux Portugais, en juillet, a permis de débloquer l'affaire. Il est acquis que l'ossature de la force sera française, avec une participation à hauteur de la moitié des effectifs. La France fournit aussi le QG, qui va piloter l'opération au Mont-Valérien. Mais, pour des raisons évidentes d'affichage dans une ancienne colonie française, il n'était pas question que Paris prenne la tête de la force. Tout semblait bouclé avec la perspective d'une forte participation suédoise: 1500 hommes et le commandant en chef. Mais aujourd'hui, les difficultés internes à la Suède - avec notamment la démission du ministre de la Défense en raison de l'étranglement budgétaire - menacent cette belle option. Tous les regards sont désormais tournés vers Stockholm.
Un test pour l'avenir
Les autres contributeurs annoncés (Belges, Espagnols, Néerlandais et Polonais) n'ont pas pré vu de s'engager au même niveau. « Le forfait suédois serait une catastrophe, poursuit la même source, au point de pouvoir remettre en cause l'opération. Avec les conséquences que l'on imagine sur l'avenir de la défense européenne. » Pour la France , cette opération a un quadruple avantage. Elle permet d'abord un affichage en propre de la bannière européenne. Elle permet ensuite de s'impliquer dans la crise du Darfour sans s'engager au coeur de la province sou danaise. Elle offre des économies en effectifs et en logistique, puisque l'armée française peut s'appuyer sur ses éléments déjà stationnés au Tchad dans le cadre du dispositif Épervier. Enfin, Paris a obtenu que la zone de déploiement de la force soit prolongée jusque dans le nord de la Centrafrique, aux confins tchado-soudanais, où les parachutistes français se sentent un peu seuls pour prévenir toute nouvelle irruption rebelle. L'opération européenne au Tchad a clairement valeur de test pour l'avenir. Politiquement, en mettant à l'épreuve la volonté des États membres. Techniquement, en validant ou non le concept d' « entrée en premier » d'une force européenne sur un théâtre d'opérations, passant ensuite le relais à une opération de l'ONU, comme cela est prévu au bout d'un an. La coordination avec les Nations unies va d'ailleurs être effective dès le départ, puisque l'organisation internationale doit déployer 300 policiers chargés de former les gendarmes tchadiens affectés à la sécurité des camps de réfugiés. Quant aux menaces de certaines factions rebelles contre la force européenne, elles n'émeuvent guère le général Leakey. « Une force militaire dérange toujours du monde, dit-il. Nous avons un mandat robuste, des forces robustes, prêtes à agir avec robustesse... « Une vigueur pour l'heure moins évidente au niveau politique.
|
L'Afrique et la défense européenne
L'éditorial de Pierre Rousselin, le Figaro, 21 septembre 2007
L'opération militaire que prépare l'UE aux confins du Darfour est un test pour la défense européenne et sa crédibilité dans le monde. Pour sécuriser le Darfour et assurer les arrières des 26 000 hommes de la force mixte ONU-Union africaine qui y seront bientôt déployés, une force de l'Union européenne doit être dépêchée dans l'est du Tchad et dans le nord-est de la République centrafricaine, en coordination avec les Nations unies. Quatre mille soldats européens et trois cents policiers de l'ONU doivent participer à l'opération. La France a pris l'initiative de cette mission et cherche à mobiliser ses partenaires européens. La chose n'est pas aisée. Personne n'est pressé d'envoyer ses soldats risquer leur vie en Afrique. Certains pensent que nous voulons nous servir, d'eux pour défendre nos intérêts particuliers au Tchad et en République centrafricaine. Que nous sommes à la recherche d'une « feuille de vigne pour dissimuler nos penchants interventionnistes en Afrique. Ils redoutent que, sous couvert d'humanitaire, la force européenne ne serve à soutenir les régimes en place. Ils insistent pour que le mandat de la force soit précis et robuste et que soit assuré le passage de relais à des Casques bleus de l'ONU. Ils ont raison d'exiger ces garanties. Mais il est essentiel que la résolution qui vient d'être déposée à l'ONU soit adoptée et que nos amis suédois, espagnols, polonais ou belges - d'autres étant déjà trop engagés ailleurs - nous aident à montrer que l'Europe, en tant que telle, est un acteur en Afrique. Le précédent de l'Eufor, déployée au Congo sous commandement allemand, a été un succès: Cette fois, il s'agit pour l'Europe de prouver sa volonté de participer au règlement d'un drame aussi mobilisateur pour les opinions que celui du Darfour. Si la force ne voit pas le jour, ou si elle ne peut disposer des moyens nécessaires, il faudra se demander si la défense européenne n'est pas un songe que le Vieux Continent est incapable de réaliser. Que cette question se pose en Afrique n'est pas étonnant. À cause de ses ressources naturelles et de sa population, ce continent qui nous est si proche est en train de devenir un acteur stratégique au carrefour de la mondialisation. Les États-Unis ne s'y sont pas trompés, puisqu'ils créent un commandement militaire unique pour l'Afrique, l'Africom, afin de s'organiser pour combattre le terrorisme et défendre l'accès aux énormes ressources pétrolières du golfe de Guinée. L'Otan est mise à contribution. Elle fournit une assistance logistique à l'Union africaine au Darfour, entraîne les Africains au maintien de la paix et organise des manoeuvres navales pour protéger les pétroliers. La redistribution des cartes est telle en Afrique que:l'Europe ne peut pas être absente. Elle doit, au contraire, prouver sa légitimité. C'est au Darfour qu'elle peut le faire aujourd'hui en apportant son expérience de la gestion des crises en vue de construire un véritable partenariat avec l'Union africaine.
|
L'un des principaux chefs rebelles refuse le dialogue prévu avec Khartoum en Libye
Le Monde, 20 septembre 2007 par Philippe Bernard
« Je refuserai de participer à des négociations politiques tant que mon peuple continuera, sur le terrain, d'être massacré, violé, colonisé. » La voix est forte, les mots articulés pour signifier que la sentence est définitive : Abdel Wahid Al-Nour, fondateur (en 1992) et président du Mouvement de libération du Soudan (SLM), l'une des principales composantes de la rébellion du Darfour, refuse de participer aux nouveaux pourpalers de paix qui doivent s'ouvrir, le 27 octobre, en Libye, avec les représentants du gouvernement de Khartoum. Dans un entretien au Monde, mardi 18 septembre, l'ancien avocat, exilé à Paris, considéré comme une pièce maîtresse de toute solution au conflit du Darfour, assure que les pressions exercées sur lui, tant par le gouvernement français que par les Nations unies et l'Union africaine, ne le feront pas revenir sur son refus de participer à une « répétition d Abuja ». En mai 2006, dans la capitale nigériane, un « accord de paix » avait été signé par Khartoum et par une faction du SLM dirigée par un rival de M. Nour, Minni Minawi. Non seulement ce texte, mort-né, n'a jamais été mis en oeuvre, mais il a abouti à un extrême fractionnement de la rébellion darfourienne qui fait le jeu du régime soudanais et complique terriblement la recherche d'une solution. « Que s'est-il passé depuis cet "accord" de 2006 ? accuse Abdel Wahid AI-Nour : des dizaines de milliers de civils innocents ont été tués, d'autres ont grossi le flot des réfugiés et des personnes déplacées, des femmes ont été violées. En outre, des centaines de milliers de colons venus du Niger, du Tchad ou du Mali ont été installés par le gouvernement islamique fondamentaliste de Khartoum pour occuper nos terres. Comment pourrais je respecter des interlocuteurs qui continuent de nous massacrer ? »
Pas de « paix de papier »
« Nous demandons une chose et une seule à la communauté internationale : la sécurité », poursuit-il, en posant pour préalable à toute négociation de paix l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu, un arrêt des massacres, des viols et de la colonisation grâce à une intervention de l'ONU. Selon M. Nour, les multiples factions créées depuis 2006 et parfois manipulées par Khartoum doivent choisir leur camp avant le début des pourparlers. « Nous avons besoin d'une paix réelle, et non pas, une nouvelle fois, d'une `paix de papier" », insiste-t-il. Une fois la sécurité assurée, la paix durable se construira, espère-t-il, en « réunifiant la nation sur la base d'une égale citoyenneté de tous ». La position du président du SLM n'est-elle pas affaiblie par le prochain déploiement de la «force hybride » précisément destinée à assurer la sécurité ? « Nous avons besoin de cette force sur le terrain, pas seulement dans les discours , rétorque M. Nour : mais si son mandat n'est pas extrêmement clair, ce ne sera rien d'autre qu'un pique-nique. » Le choix de la Libye comme pays d'accueil des négociations est, d'autre part, vivement rejeté. « C'est notre droit de choisir le lieu, la date et le type de médiation. Le pays retenu ne doit pas être affecté par le conflit, comme c'est le cas de la Libye , estime M. Nour : 1es autres possibilités ne manquent pas en Afrique. » Vivant loin du Darfour depuis 2004, affaibli par le fractionnement de la rébellion, Abdel Wahid Al-Nour assure cependant, geste à l'appui, qu'il lui suffit d'utiliser l'un de ses trois téléphones portables pour donner des ordres aux commandants de camps ou de villages «dans toutes les régions ». Il se dit convaincu que « [son] peuple n'acceptera jamais une paix qu'il] n'aurait pas signée » . Et que lui « ne le trahira pas ». Quant à la menace, évoquée par certains, d'une expulsion de France s'il persévère dans son intransigeance, le chef rebelle n'y croit pas : en mars, Bernard Kouchner et le collectif Urgence Darfour l'ont fait ovationner à la Mutualité, à Paris. « M. Kouchner était un bon ami avant d'être ministre , glisse prudemment M. Nour : aujourd'hui, je le respecte, lui et le rôle de la France. »
|
L'absence d'un accord entre Khartoum et les rebelles complique le déploiement de la « force hybride »
M. Guéhenno (ONU) « Les Européens tardent à s'engager » pour le Darfour
Dans un entretien au « Monde », le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé°des opérations de maintien de la paix estime que le déploiement de 26 000 hommes dans l'ouest du Soudan constituera pour l'ONU « l'une de ses missions les plus difficiles »
« On est aux limites de ce qui possible dans le maintien de la paix », Jean-Marie Guéhenno
Le Monde 20 septembre 2007, par Philippe Bernard, New York Nations Unies
Avez-vous pu obtenir des pays contributeurs de troupes les 26 000 hommes dont vous avez besoin au Darfour ?
Nous avons des offres pour la plupart des composantes. Mais il va falloir vérifier si ces troupes ont les équipements nécessaires, surtout pour les premières vagues importantes pour établir la mis sion sans délai. Ce qui m'inquiète le plus, c'est le manque de transports tactiques, de camions, d'hélicoptères: C'est vital, sur le théâtre d'opérations, pour transporter rapidement les troupes en cas de difficulté:
Vous avez les effectifs mais vous paraissez sceptique sur leur qualité...
Il y a un grand élan de solidarité vis-à-vis du Darfour; notamment de pays africains. Maintenant, c'est un défi stratégique de première ampleur, compte tenu de la complexité du conflit, de la difficulté du terrain, et il faut être certain que les forces proposées pourront y faire face.
Allez-vous rassembler la composante policière de 6 000 hommes prévue ?
On va avoir du mal. Mais on a bien vu que, dans les camps, pour assurer l'ordre public, une force de police est beaucoup plus adaptée qu'une force militaire.
Etes-vous déçu du manque d'aide des pays occidentaux?
C'est vrai qu'il n'y a pas beaucoup d'offres européennes pour le moment. Certains sont en train de réfléchir, les Nordiques sont prêts à s'engager, mais nous n'avons pas de propositions concrètes pour des unités de génie de haut niveau, pour forer des puits par exemple, ni pour les transports. C'est mauvais pour la force.
Les casques bleus pourront-ils user de la force pour protéger les civils ?
Bien sûr: Le mandat met la protection des civils au centre: Mais ce qui sera essentiel pour le succès de la mission, ce sont les capacités pour mettre en oeuvre ce mandat: la mobilité, la volonté des contributeurs de troupes de l'appliquer et la coopération stratégique des acteurs, notamment du gouvernement du Soudan.
Etes-vous confiant dans la solidité des promesses soudanaises ?
Il ne faut jamais taire de procès d'intention. Il y a un engagement, pris devant la communauté internationale. C'est le Soudan qui a le plus intérêt au succès de cette force. Le conflit du Darfour nuit énormément à sa réputation.
Khartoum coopère-t-il avec les éléments avancés de la mission ?
Il y a eu des difficultés administratives de dédouanement. Nous espérons qu'il y aura un effort pour faciliter l'attribution des visas, l'autorisation d'utiliser les aéroports la nuit. Le président soudanais, Omar Al-Bachir, a donné des assurances, il faut qu'elles se traduisent. Il nous reste encore à régler des questions de mise à disposition de terrains.
Les casques bleus vont-ils coopérer avec la Cour pénale internationale pour arrêter les criminels de guerre ?
La question de l'impunité est essentielle, elle ne peut pas être oubliée. En même temps, la force de maintien de la paix a son mandat spécifique, qui est distinct.
L'accès à l'eau sera-t-il un problème?
C'est un élément - manipulé - du conflit. Mais nos 26 000 personnes représentent moins de 1 % de la population du Darfour, et ils seront formés à un usage économe de l'eau. Nous serons amenés à forer des puits, en bonne entente avec les autorités locales, et il faudra des projets à plus long terme.
Qui commandera la force ? L'ONU ou l'Union africaine ?
C'est le général Martin Agwai. Il a fait un très bon travail en Sierra Leone et au siège de l'ONU, comme conseiller militaire adjoint, avant d'être rappelé au Nigeria. Le pilotage tactique, opérationnel au jour le jour, se fait sur place. Dans une situation de crise, le Conseil de sécurité serait amené à prendre position.
C'est une mission à haut risque...
C'est certainement l'une des missions les plus difficiles déployées par l'ONU. Le conflit est très complexe, on ne peut pas, aujourd'hui, le réduire à une opposition entre tribus arabes et africaines. Il n'y a pas encore de cessez-le-feu complet. Et le terrain est très enclavé, avec un manque de ressources, d'infrastructures. Ce sont des conditions parmi les plus difficiles que l'on puisse imaginer. C'est aussi la mission où il y a le plus d'attentes. C'est un défi redoutable.
Etes-vous inquiet de la recrudescence des violences et du morcellement des mouvements rebelles ?
Oui; c'est pour cela qu'il ne faut pas laisser passer la chance de la négociation politique. Il est très important de déployer une mission robuste, car tout accord de paix sera fragile. En même temps, l'idée qu'une force militaire imposera la paix au Darfour n'est pas dans l'ordre du possible. La paix sera faite par un accord entre tous ceux qui ont des armes.
Les garde-fous d'une mission de maintien de la paix classique sont-ils en place ?
On est aux limites de ce qui est possible dans le maintien de la paix. Pour que cela marche, il faut que l'accord de paix du Darfour soit consolidé: c'est le point central. On est dans une « zone grise » où le déploiement de la mission peut contribuer à consolider cet accord, mais on sait bien qu'on n'y est pas tout à fait. Il y a de vrais risques. Je pense que le Conseil de sécurité a décidé de les prendre parce qu'il estimait que l'alternative était pire. Mais si on prend ces risques, il faut un vrai engagement politique, et pas seulement militaire. Sinon, on risque une grande déception.
|
La Chine s'engage avec ses Casques Bleus
Le Figaro, 17 septembre 2007 par Jean-Jacques Méyel, envoyé spécial à Qinyang (province du Henan)
Après avoir défendu son allié soudanais, Pékin, pour faire taire les critiques, envoie ses soldats de la paix.
«Nous sommes les soldats de la paix chinois. Que personne ne bouge!» Le lieutenant Liu possède un anglais aussi limité que spécialisé. Mais il n'est pas peu fier, un écusson bleu ciel de l'ONU à l'épaule gauche et, sur l'autre, le drapeau rouge. Avec 314 camarades, il s'embarquera le mois prochain pour le Darfour, une mission que la Chine mène pour redorer son blason et faire oublier qu'elle prend le train en route. L'Armée populaire de libération (APL), critiquée pour son opacité, s'est livrée ce week-end à une exceptionnelle manoeuvre de relations publiques. Une conférence de presse avec questions et réponses, suivie d'une démonstration de savoir-faire avec embuscade simulée et rodéo d'automitrailleuses. Le tout sous le regard de journalistes occidentaux plongés pour la première fois dans la poussière d'un camp d'entraînement chinois, à 600 km au sud de Pékin. La compagnie de génie de l'APL et ses 145 véhicules, engins de terrassement et autres transports de troupes blindés viendront s'intégrer à la force de 26 000 hommes que le Conseil de sécurité veut dépêcher au Darfour à la fin de l'année. C'est la plus vaste opération de « maintien de "la paix » en cours. Le terrain est difficile. La guerre tribale parfois inextricable. L'armée chinoise ? « Elle a déjà fait ses preuves, dans le combat comme dans les privations », répond le colonel Dai Shao'an, de l'état-major. Le message lancé depuis Qinyang est ailleurs, bien sûr. Pékin veut démontrer qu'elle coopère avec l'Europe et les États Unis pour apaiser le drame du Darfour, ses 200 000 morts au moins et ses deux millions et demi de réfugiés. Premier client pétrolier, premier investisseur et premier fournisseur d'armes de Khartoum, la Chine n'entend plus être désignée comme le parrain d'Omar Hassan el-Béchir, ni celui des tueurs soudanais. Au camp d'entraînement, l'auditoire pas plus que la date n'avaient été choisis au hasard. Samedi marquait officiellement la première «journée mondiale du Darfour», l'un des baromètres de l'émotion occidentale. Dans ce conflit d'image, la contre-offensive chinoise a débuté il y a dix jours à Washington, lorsque Liu Guijin, ambassadeur itinérant chargé du dossier, a accepté un premier face-à-face avec ses contradicteurs américains. D'abord la centaine de représentants à la Chambre qui s'étaient émus collectivement, au printemps, du silence complice de Pékin au Soudan. Et ensuite un rendez-vous étonnant avec la Coalition du Darfour, lobby humanitaire qui fait planer la menace de boycott sur les JO de l'été 2008, soutenue par Mia Farrow et Steven Spielberg.
« Un rôle positif et unique »
Liu Guijin, ancien représentant en Afrique du Sud et au Zimbabwe, fait valoir que ce sont précisément de bonnes relations avec Pékin qui ont convaincu la dictature soudanaise d'accepter la force de paix voulue par l'ONU. «Nous ne faisons pas toujours de publicité, expliquait l'ambassadeur. La Chine a pourtant joué un rôle positif et unique. » Ce week-end au camp de Qinyang, le colonel Dai Shao'an brodait sur le même thème: « Ce n'est pas parce que vous êtes un ami de la famille (soudanaise, NDLR) que vous devez porter le chapeau dans les querelles de ménage ». Le lieutenant Liu et ses camarades, tous volontaires, triés sur le volet et dotés d'une double solde, resteront huit mois dans le sud du Darfour, près de Nyala. Ils seront relevés à temps pour les JO de Pékin. L'APL est déjà déployée dans quatre missions de maintien de la paix de l'ONU, au Congo, au Liberia, au Liban et au sud du Soudan. La cinquième s'annonce comme la plus périlleuse.
|
De nouvelles lueurs de paix pour le Darfour
Agence Fides, Rome , 17 septembre 2007
“Nous sommes disposés à observer le cessez-le-feu unilatéral au Darfour depuis le début des négociations avec les rebelles” affirme le président soudanais en visite en Italie et au Vatican Rome (Agence Fides)- “Nous sommes disposés à observer le cessez-le-feu unilatéral au Darfour depuis le début des négociations avec les rebelles du Darfour”. C'est ce qu'a annoncé le président du Soudan, Omar Hassan al-Bashir, au terme de son entretien avec le président italien Romano Prodi. Le chef de l'état soudanais se trouve en Italie, où aujourd'hui, 14 septembre, il rencontrera le pape Benoît XVI. Au centre de sa visite, il y a la crise au Darfour, la région septentrionale du Soudan, où la population civile est victime des affrontements entre les milices progouvernementales (soutenues par l'aviation et par l'armée soudanaise) et quelques groupes de rebelles. La communauté internationale et depuis un certain temps mobilisée pour trouver une solution à l'une des trois pires crises africaines, avec celle somalienne et celle de l'Est de la République démocratique du Congo. Le 27 octobre commenceront à Tripoli, en Libye, les entretiens de paix entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles. Le conflit du Darfour commence officiellement le 26 février 2003, quand le gouvernement de Khartoum annonce que les rebelles ont pris le contrôle du chef-lieu de Gulu au Nord de la région. En mars deux mouvements rebelles sont découverts : le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), et le Mouvement de libération du Soudan (SLM, connu aussi comme Armée de libération du Soudan), qui réclament une répartition du pouvoir et des richesses du pays. Le conflit tire son origine des contrastes, souvent violents, entre les habitants originaires de la région, les Fur (d'où le nom Darfour, ou “maison des Fur”), et les nomades d'origine arabe qui se sont établi ces dernières décennies dans la région. « Périodiquement éclataient, entre les agriculteurs Fur et les pasteurs « étrangers », des litiges pour l'eau et le partage des quelques terres fertiles. Des litiges qui étaient résolues par le recours aux méthodes traditionnelles de médiation tribale » expliquait à l'Agence Fides le p. Giovanni Battista Antonini, missionnaire combonien ayant une longue expérience au Soudan (cf Fides 8 juillet 2004). La protestation a ensuite pris un caractère politique parce que « les Fur ont toujours accusé le gouvernement central d'ignorer leur région, leur refusant les moyens de se développer. Il n'y a pas d'hôpitaux, de routes. Deux mouvements de guérilla sont alors nés en opposition au gouvernement ». La réaction du gouvernement a été d'organiser
les pasteurs arabes en milices progouvernementales, les désormais
tristement connus « diables à cheval » ou Janjaweed,
pour mener une violente action anti-guérilla, adoptant la stratégie
de la « terre brûlée ». L'objectif est la
population civile, accusée à tord ou à raison,
de sympathiser avec les rebelles. Des villages entiers ont été détruits
et la population massacrée (plus de 200.000 victimes). Ceux
qui sont sauvés vivent dans des camps de réfugiés à l'intérieur
de la région (environ 2 millions de personnes) ou au Tchad limitrophe
(plus de 200.000 personnes). En août 2004, commence le déploiement de la force de paix de l'Union africaine (AMIS) composée d'à peine 7.000 hommes, avec le devoir de contrôler une zone vaste comme la France. Grâce à la médiation internationale, le 5 mai 2006, le gouvernement soudanais et la faction principale du SLM signent un accord de paix. Une faction minoritaire du mouvement et l'autre groupe rebelle, le JEM, refusent de signer l'accord. Le 31 août 2006, les Nations Unies approuvent l'envoi d'une force de 20.000 hommes pour remplacer la mission de l'Union Africaine dans la région. Khartoum s'oppose et commence une longue négociation qui conduit, le 12 juin 2007, à l'acceptation de la part du gouvernement soudanais du déploiement d'une force militaire mixte ONU/Union Africaine.
|
HRW dénonce la passivité de l'armée française face aux crimes du pouvoir en Centrafrique
Le Monde 15 septembre 2007 par Philippe Bernard
La crise qui secoue le nord de la République centrafricaine (RCA) n'apparaît pas sur les écrans radar de la communauté internationale. Pire qu' "oubliée" , tout simplement "inconnue" , dénonce le rapport que Human Rights Watch (HRW) a rendu public, vendredi 14 septembre. L'organisation de défense des droits de l'homme américaine a choisi, à la veille de l'ouverture d'un bureau à Paris, de dénoncer les crimes et graves atteintes aux droits de l'homme commis dans ce pays, parfois sous l'oeil de soldats français, selon elle. "Depuis la mi-2005, des centaines de civils ont été tués, plus de dix mille maisons ont été incendiées et environ 212 000 personnes terrorisées ont fui de chez elles pour aller vivre dans de terribles conditions au plus profond de la brousse" , résume le document . Limitrophe du Tchad et du Soudan, le nord de la RCA souffre des retombées des deux crises qui sévissent à ses portes : la région jouxte le sud du Darfour ; en outre, elle sert au repli des rebelles soutenus par Khartoum dans leur lutte contre le régime du président tchadien Idriss Déby. Pourtant, ne considérer les violences en RCA que comme un " débordement" de la guerre au Darfour est "inexact et erroné" , assène HRW. La crise centrafricaine n'est pas importée du Tchad ou du Soudan, mais résulte de facteurs internes - incapacité à assurer la sécurité, marginalisation, pauvreté, tension avec les nomades soudanais -, estime le document après enquête. Sous prétexte de combattre les deux rébellions qui menacent le pouvoir du président François Bozizé, accuse HRW, l'armée centrafricaine - et singulièrement la garde présidentielle - s'est livrée à de nombreuses exécutions sommaires et incendies de villages. De leur côté, les rebelles ont enlevé des enfants pour les transformer en soldats et ont rançonné la population. Jouissant d'une "impunité totale pour des actes qui incluent des crimes de guerre" , certains des auteurs de ces exactions auraient agi en présence de soldats français. "Bien que quelques soldats (...) aient tenté d'agir afin de prévenir les exactions, d'autres incidents semblent être passés inaperçus et tenus sous silence" , estime le rapport, à propos des interventions françaises qui, à la fin de 2006 et au début de 2007, ont permis au gouvernement centrafricain de reprendre les villes conquises par les rebelles. L'organisation de défense des droits de l'homme estime que "la France peut user de l'ascendant extraordinaire dont elle jouit" pour prévenir les exactions et exiger que leurs auteurs soient sanctionnés. HRW souhaite que l'assistance française soit "subordonnée" au respect des droits humains. L'intervention militaire en RCA procède d'un accord de défense entre Paris et Bangui datant de 1960 dont le contenu reste secret. Elle n'a fait l'objet d'aucun débat public en France.
|
Darfour : l'UE enverra une force militaire au Tchad
Le Figaro par Pierre Avril à Bruxelles, 15 septembre 2007
Les Vingt-Sept ont donné leur feu vert « politique » à la mise sur pied d'une force militaire européenne au Tchad, chargée de sécuriser les camps de réfugiés situés à l'est du territoire tchadien et au nord-est de la République centrafricaine, deux régions qui jouxtent le Darfour. Dotée d'un effectif d'environ 4 000 hommes, elle sera placée sous commandement français, et son quartier général sera basé au Mont Valérien, dans la région parisienne. Selon le Conseil, cette force doit «contribuer à améliorer les conditions de sécurité dans la région afin de faciliter le retour des réfugiés, et à faciliter l'environnement opérationnel des ONG ». Ces dernières dénombrent 12 camps au Tchad, qui abriteraient 400 000 réfugiés soudanais ayant fui le Darfour et 200 000 Tchadiens déplacés à l'intérieur de leur pays.
La France devrait fournir le plus gros contingent de la mission, tandis que d'autres pays, dont la Suède, ont manifesté leur intention d'y contribuer. La Pologne, l'Espagne et l'Italie sont également citées. La décision des Vingt-Sept doit désormais être entérinée dans les prochaines .semaines par le Conseil de sécurité de l'ONU, en attendant un déploiement de la force, probablement en novembre. D'une durée maximum de douze mois, cette opération sera «transitoire», précisent les Vingt-Sept, avant que l'ONU en prenne le relais. Des rebelles tchadiens se sont déclarés hostiles hier à ce déploiement. «Sous prétexte du Darfour, nous ne voulons pas d'une armée étrangère sur notre sol», a indiqué Albissaty Saleh Allazam, un responsable du Rassemblement des forces pour le changement (RFC), une branche de la rébellion tchadienne.
|
Le Soudan prêt à un cessez-le-feu avec les rebelles au Darfour
Agence France Presse, Rome, 14 septembre 2007
Le président du Soudan Omar el-Béchir a annoncé vendredi être "disposé" à un cessez-le-feu avec les groupes rebelles du Darfour avant la reprise des négociations de paix en octobre en Libye, au début d'une visite à Rome au cours de laquelle il doit rencontrer le pape Benoît XVI. "Nous avons annoncé que nous étions disposés à un cessez-le-feu pour le début des négociations afin de créer un climat positif de manière à trouver une solution aux négociations", a déclaré lors d'une conférence de presse le président soudanais à la fin d'un entretien avec le chef du gouvernement italien Romano Prodi. "Nous avons fait état de la disponibilité du gouvernement soudanais à aller négocier avec les groupes rebelles à Tripoli. Mais il faut cependant faire pression sur tous les groupes qui n'ont pas participé aux négociations d'Abuja pour participer à la prochaine phase", a-t-il ajouté. L'accord de paix d'Abuja n'a été signé en 2006 que par un seul groupe armé rebelle. Les autres groupes se sont rencontrés début août à Arusha, en Tanzanie, pour établir un programme commun en vue des négociations avec Khartoum. Les pourparlers de paix doivent avoir lieu le 27 octobre en Libye. "Nous avons demandé au président Prodi l'intervention de l'Italie auprès de certains pays européens qui accueillent certains de ces groupes rebelles pour qu'ils exercent une pression sur ces groupes" afin de parvenir à une solution, a poursuivi le président soudanais. Il n'a pas donné de détails sur ces pays. "Nous espérons que les négociations de Tripoli seront les dernières et qu'elles pourront apporter définitivement la paix", a ajouté Omar el-Béchir. M. Prodi a pour sa part assuré que "l'Italie fera sa part, une part importante pour la paix au Darfour non seulement avec une participation financière, mais aussi avec la mise à disposition de moyens de transport et de structures logistiques pour les troupes de paix, en plus des programmes d'entraînement du personnel" de la mission de l'ONU au Soudan. Longtemps refusée par Khartoum, la décision de déployer cette force de 26.000 hommes a été décidée en juillet par le Conseil de sécurité afin de pacifier le Darfour où s'affrontent forces gouvernementales et milices alliées à des groupes rebelles. Quatre ans et demi après son déclenchement, le conflit, qui a fait 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés selon l'ONU, se poursuit avec son lot quasi-quotidien de violences. Khartoum conteste ces chiffres, parlant de seulement 9.000 morts. Alors que le président soudanais doit encore rencontrer le pape Benoît XVI et le président de la République italienne, Giorgio Napolitano, l'organisation Human Rights Watch (HRW) a appelé vendredi M. Prodi et le souverain pontife à faire pression sur Omar el-Béchir pour qu'il fasse arrêter les suspects de crimes de guerre réclamés par la Cour pénale internationale (CPI). L'organisation cite le cas d'Ahmed Haroun, secrétaire d'Etat aux Affaires humanitaires, inculpé par le CPI et contre lequel la Cour a lancé un mandat d'arrêt, aussitôt rejeté par Khartoum. HRW rappelle qu'Haroun "est cité dans son rapport de décembre 2005 comme l'un de membres du gouvernement impliqué dans de graves crimes au Darfour en 2003-2004" Evoquant sa rencontre avec Benoît XVI, le président soudanais, le premier à rendre visite à un pape, a assuré que son pays est "actif en ce qui concerne le dialogue inter-religieux et le dialogue entre les civilisations". Il a précisé qu'ils parleront de "la paix et de la sécurité au Soudan et dans la région". |
Soudan : Benoît XVI reçoit le président El-Bashir
Le dialogue des religions pour la paix et le bien commun
Zénit, Rome, 14 septembre 2007
Le pape Benoît XVI a reçu ce matin en audience à Castel Gandolfo le président de la République du Soudan, M. Omar Hassan Ahmed El-Bashir, qui a ensuite rencontré le secrétaire du Vatican pour les Relations avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti, ancien nonce apostolique à Khartoum. Selon la salle de presse du Saint-Siège, « la situation politique et religieuse » a été au centre des entretiens, « avec une référence particulière à l'Accord de paix ( Comprehensive Peace Agreement ) et à la situation au Darfour ». Le Vatican voit de façon « très positive » « la convocation de nouvelles négociations de paix pour le Darfour, le 27 octobre prochain, en Libye ». Le Saint-Siège appelle de ses vśux la « réussite » de tels pourparlers de façon à « mettre fin aux souffrances et à l'insécurité des populations, en leur assurant l'assistance humanitaire à laquelle elles ont droit, et que se mettent en place des projets de développement ». Il a également été question de la dimension « régionale » de cette crise, ajoute le communiqué du Vatican. Mais à côté de la question du Darfour, les entretiens ont aussi porté, indique la même source, sur « des thèmes d'intérêt commun, comme la défense de la vie et de la famille, le respect et la promotion des droits humains, comme le droit fondamental à la liberté religieuse, l'importance du dialogue interreligieux et la collaboration entre croyants de toutes les religions, en particulier les chrétiens et les musulmans, pour la promotion de la paix et du bien commun. Dans ce contexte, on a rappelé le rôle et la contribution positive de l'Eglise catholique, et de ses institutions, dans la vie de la société soudanaise, spécialement dans le domaine de l'éducation ».
|
Avertissement de la rébellion à la future force de l'UE au Tchad
Reuters, Dakar, 14 septembre 2007 Les rebelles tchadiens ont averti vendredi qu'ils combattraient la force de maintien de la paix que l'Union européenne se prépare à déployer à la frontière avec le Darfour si celle-ci s'oppose à leur lutte contre le régime du président Idriss Déby. L'UE s'apprête à envoyer à partir du mois prochain au Tchad et en République centrafricaine une force qui compterait à terme jusqu'à 4.000 soldats chargés de protégé les réfugiés du Darfour et les populations tchadiennes déplacées par les violences. "S'ils viennent sous prétexte du Darfour et s'interposent contre notre avancée sur la capitale, nous ne les laisserons pas", a dit Albissaty Saleh Allazan, du Rassemblement des forces du changement (RFC), l'un des principaux groupes rebelles du Tchad. "Ils seront très, très mal accueillis. S'ils ne nous touchent pas, OK. Mais nous avançons sur N'Djamena. S'ils s'interposent, ils verront de quel bois nous nous chauffons", a-t-il déclaré à la presse à Dakar. Le conflit au Darfour, région de l'est du Soudan qu'ont fuie des centaines de milliers de réfugiés, tend à déstabiliser la région tout entière. Au Tchad, qui partage 400 km de frontière commune avec le Darfour, l'Est a été gagné par des accès de violence liés au conflit, auxquels s'ajoutent les opérations des mouvements rebelles en lutte contre le pouvoir en place à N'Djamena. A plusieurs reprises, des insurgés ont lancé des raids contre les forces gouvernementales. En avril 2006, trois semaines seulement avant la réélection de Déby, ils étaient arrivés jusque dans la capitale avant d'en être repoussés. "S'ils (la force de PUE) se déploient pour sécuriser le Darfour, nous ne nous y opposerons pas (...) Mais s'ils s'interposent contre la descente des rebelles sur les positions des troupes gouvernementales, il y aura certainement affrontement. Ça, c'est clair", a dit Makaila Nguebla, un autre porte-parole de la rébellion, exilé à Dakar. Relevant que la communauté internationale a longtemps gardé le silence sur la situation des droits de l'homme dans leur pays, les rebelles disent douter fortement des objectifs affichés par la mission de PUE au Tchad. Ils en veulent également pour preuve le fait qu'un avion de l'armée française ait procédé en avril 2006 à des tirs de sommation devant la colonne rebelle qui progressait sur N'Djamena. "Si l'intention réelle de l'Occident est de venir sécuriser la population de Darfour, sécuriser les réfugiés, nous sommes d'accord (...) mais je ne crois pas du tout à la bonne intention de cette armée", a ajouté Albissaty Saleh Allazan.
|
Le Soudan prêt à un cessez-le-feu avec les rebelles au Darfour
Jeune Afrique, 14 septembre 2007
Le président du Soudan Omar el-Béchir a annoncé vendredi être "disposé" à un cessez-le-feu avec les groupes rebelles du Darfour avant la reprise des négociations de paix, en octobre en Libye, dont le pape Benoît XVI a "vivement souhaité la réussite". "Nous avons annoncé que nous étions disposés à un cessez-le-feu pour le début des négociations afin de créer un climat positif de manière à trouver une solution", a déclaré le président soudanais à la fin d'un entretien avec le chef du gouvernement italien Romano Prodi. "Nous avons fait état de la disponibilité du gouvernement soudanais à aller négocier avec les groupes rebelles à Tripoli. Mais il faut cependant faire pression sur tous les groupes qui n'ont pas participé aux négociations d'Abuja pour participer à la prochaine phase", a-t-il ajouté. L'accord de paix d'Abuja n'a été signé que par un seul groupe armé rebelle en 2006. Les autres groupes se sont rencontrés début août à Arusha, en Tanzanie, pour établir un programme commun en vue des négociations avec Khartoum. Les pourparlers de paix doivent s'ouvrir le 27 octobre en Libye. "Nous avons demandé au président Prodi l'intervention de l'Italie auprès de certains pays européens qui accueillent certains de ces groupes rebelles pour qu'ils exercent une pression sur ces groupes" afin de parvenir à une solution, a poursuivi le président soudanais. Il n'a pas donné de détails sur ces pays. "Nous espérons que les négociations de Tripoli seront les dernières et qu'elles pourront apporter définitivement la paix", a ajouté Omar el-Béchir. Benoît XVI a pour sa part "vivement souhaité la réussite" de ces négociations "afin que l'on puisse mettre fin à la souffrance et à l'insécurité des populations, leur assurant l'assistance humanitaire à laquelle elles ont droit", lors de l'audience avec Omar el-Béchir, la première accordée à un président soudanais. M. Prodi a quand à lui assuré que "l'Italie fera sa part, une part importante pour la paix au Darfour non seulement avec une participation financière, mais aussi avec la mise à disposition de moyens de transport et de structures logistiques pour les troupes de paix, en plus des programmes d'entraînement du personnel" de la mission de l'ONU au Soudan. Longtemps refusée par Khartoum, la décision de déployer cette force de 26.000 hommes a été décidée en juillet par le Conseil de sécurité afin de pacifier le Darfour où s'affrontent forces gouvernementales et milices alliées à des groupes rebelles. Quatre ans et demi après son déclenchement, le conflit, qui a fait 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés selon l'ONU, se poursuit avec son lot quasi-quotidien de violences. Khartoum conteste ces chiffres, parlant de seulement 9.000 morts. L'organisation Human Rights Watch (HRW) a profité de la visite du président soudanais pour demander à M. Prodi et au souverain pontife de faire pression sur Omar el-Béchir pour qu'il fasse arrêter les suspects de crimes de guerre réclamés par la Cour pénale internationale (CPI). L'organisation cite le cas d'Ahmed Haroun, secrétaire d'Etat aux Affaires humanitaires, inculpé par le CPI et contre lequel la Cour a lancé un mandat d'arrêt, aussitôt rejeté par Khartoum. HRW rappelle qu'Haroun "est cité dans son rapport de décembre 2005 comme l'un de membres du gouvernement impliqué dans de graves crimes au Darfour en 2003-2004 ».
|
Les casques bleus chinois au Soudan honorés
Xinhuanet, 14 septembre 2007
Les casques bleus chinois ont été récompensés ce mercredi 12 septembre en recevant les attestations de mérite pour leur excellente performance durant leur mission de huit mois au Soudan, a déclaré un officier chinois ce jeudi 13 septembre 2007. Le général de corps de l'armée Jasbir Singh Lidder, commandant de l'UNMIS, la mission des Nations Unies au Soudan a décerné les décorations de l''Unit Citations' aux contingents de l'ingénierie, des transport et du médical des troupes de casques bleus chinois, et les décorations de la 'Force Commander Commendations' à 22 troupes chinoises. Ces deux décorations de mérite sont les plus grands honneurs décernés aux casques bleus originaires de différents pays qui ont participé au Soudan, a dit l'officier chinois. La cérémonie des récompenses s'est tenue dans la base des troupes des casques bleus à Wau, capitale de la province de Bhar el-Ghazal située à l'ouest du pays, deux semaines avant le départ du Soudan de ces troupes pour laisser place à un nouveaux contingent de casques bleus chinois. Lidder a dit que cela représentait un grand honneur pour lui de servir dans les casques bleus chinois étant donné qu'ils avaient accompli " leur mission au Soudan avec un grand succès". "Durant ces derniers mois, les trois contingents de casque bleus chinois ont réalisé un travail modèle pour le professionnalisme, l'engagement et le comportement de cette corporation," a dit Lidder. Les casques bleus chinois ont également maintenu d'excellentes relations avec les contingents des autres pays tout comme avec la population locale, a dit le commandant de l'UNMIS. Li Chengwen, l'ambassadeur de Chine au Soudan, a félicité les trois contingents, les 22 casques bleus chinois tout comme les autres officiers et soldats. Il a fait l'éloge de leur action au Soudan, particulièrement dans ses conditions extrêmement difficiles et complexes. Les 435 troupes de casques bleus chinois, le second contingent de casques bleus chinois déployé au Soudan sud depuis que la Chine a pris part à l'action des casques bleus des Nations Unies en mai de l'année dernière et qu'elle est arrivée dans l'enclave de Wau en janvier de cette année. |
Le Soudan prêt à un cessez-le-feu avec les rebelles au Darfour
Agence France Presse, Rome, 14 septembre 2007
Le président du Soudan Omar el-Béchir a annoncé vendredi être "disposé" à un cessez-le-feu avec les groupes rebelles du Darfour avant la reprise des négociations de paix en octobre en Libye, au début d'une visite à Rome au cours de laquelle il doit rencontrer le pape Benoît XVI. "Nous avons annoncé que nous étions disposés à un cessez-le-feu pour le début des négociations afin de créer un climat positif de manière à trouver une solution aux négociations", a déclaré lors d'une conférence de presse le président soudanais à la fin d'un entretien avec le chef du gouvernement italien Romano Prodi. "Nous avons fait état de la disponibilité du gouvernement soudanais à aller négocier avec les groupes rebelles à Tripoli. Mais il faut cependant faire pression sur tous les groupes qui n'ont pas participé aux négociations d'Abuja pour participer à la prochaine phase", a-t-il ajouté. L'accord de paix d'Abuja n'a été signé en 2006 que par un seul groupe armé rebelle. Les autres groupes se sont rencontrés début août à Arusha, en Tanzanie, pour établir un programme commun en vue des négociations avec Khartoum. Les pourparlers de paix doivent avoir lieu le 27 octobre en Libye. "Nous avons demandé au président Prodi l'intervention de l'Italie auprès de certains pays européens qui accueillent certains de ces groupes rebelles pour qu'ils exercent une pression sur ces groupes" afin de parvenir à une solution, a poursuivi le président soudanais. Il n'a pas donné de détails sur ces pays. "Nous espérons que les négociations de Tripoli seront les dernières et qu'elles pourront apporter définitivement la paix", a ajouté Omar el-Béchir. M. Prodi a pour sa part assuré que "l'Italie fera sa part, une part importante pour la paix au Darfour non seulement avec une participation financière, mais aussi avec la mise à disposition de moyens de transport et de structures logistiques pour les troupes de paix, en plus des programmes d'entraînement du personnel" de la mission de l'ONU au Soudan. Longtemps refusée par Khartoum, la décision de déployer cette force de 26.000 hommes a été décidée en juillet par le Conseil de sécurité afin de pacifier le Darfour où s'affrontent forces gouvernementales et milices alliées à des groupes rebelles. Quatre ans et demi après son déclenchement, le conflit, qui a fait 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés selon l'ONU, se poursuit avec son lot quasi-quotidien de violences. Khartoum conteste ces chiffres, parlant de seulement 9.000 morts. Alors que le président soudanais doit encore rencontrer le pape Benoît XVI et le président de la République italienne, Giorgio Napolitano, l'organisation Human Rights Watch (HRW) a appelé vendredi M. Prodi et le souverain pontife à faire pression sur Omar el-Béchir pour qu'il fasse arrêter les suspects de crimes de guerre réclamés par la Cour pénale internationale (CPI). L'organisation cite le cas d'Ahmed Haroun, secrétaire d'Etat aux Affaires humanitaires, inculpé par le CPI et contre lequel la Cour a lancé un mandat d'arrêt, aussitôt rejeté par Khartoum. HRW rappelle qu'Haroun "est cité dans son rapport de décembre 2005 comme l'un de membres du gouvernement impliqué dans de graves crimes au Darfour en 2003-2004" Evoquant sa rencontre avec Benoît XVI, le président soudanais, le premier à rendre visite à un pape, a assuré que son pays est "actif en ce qui concerne le dialogue inter-religieux et le dialogue entre les civilisations". Il a précisé qu'ils parleront de "la paix et de la sécurité au Soudan et dans la région".
|
Les rebelles du Darfour accusent le gouvernement d'avoir bombardé leurs positions
IRIN, Khartoum, 13 septembre 2007KHARTOUM, 12 septembre 2007 (IRIN) - Les rebelles du Darfour ont accusé les forces du gouvernement soudanais d'avoir bombardé Haskanita, une ville du nord du Darfour tombée aux mains des rebelles, à peine quelques jours après que le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, eut déclaré que Khartoum avait accepté de mettre un terme aux attaques menées dans la région. Selon Abu Bakr Kado, commandant d'une faction du Mouvement de libération du Soudan (SLM–Unity), les forces du gouvernement ont lancé des attaques aériennes et terrestres contre la ville 10 septembre ; il n'a pas fourni aucun bilan des victimes. « Les bombardements étaient nourris », a expliqué M. Kado, ajoutant que les forces du gouvernement avaient utilisé des bombardiers Antonov survolant à haute altitude, ainsi que des hélicoptères de combat. Selon lui, les bombardements coïncidaient avec un assaut terrestre mené par des centaines de soldats. Les forces de sa faction et d'un autre groupe rebelle, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), ont repoussé l'attaque, selon M. Kado. « Un certain nombre de soldats du gouvernement ont fui vers la base de l'Union africaine (UA) à Haskanita, mais nous en avons capturé 10, dont un brigadier », a-t-il déclaré. L'armée n'était pas en mesure de commenter l'événement dans l'immédiat. Quant à M. Kado, il a expliqué que son groupe était prêt à libérer les soldats capturés pour faire preuve de bonne volonté. « Nous souhaitons les remettre au Comité international de la Croix-Rouge », a-t-il indiqué. Haskanita se situe près de la région du Kordofan, au centre du Soudan. Le mois dernier, les autorités soudanaises ont accusé les rebelles du MLS–Unité et du JEM d'avoir tué 41 personnes au cours d'une attaque contre la base des Forces de réserve centrales – une branche de la police – à Wad Banda, dans le Nord-Kordofan. On ignore, dans l'immédiat, si Haskanita a été attaqué en représailles. Ghazi Salah Eddin, conseiller présidentiel soudanais, a déclaré à la presse le 10 septembre que « l'armée ne resterait pas sans rien faire » face aux attaques de rebelles opposés à la paix.
Pourparlers de paix
Les violences ont repris au Darfour à peine quelques jours après que le gouvernement soudanais eut accepté de tenir « son engagement de mettre fin à l'ensemble des hostilités au Darfour, et de respecter le cessez-le-feu convenu ». Le Soudan avait annoncé son engagement dans un communiqué publié conjointement avec les Nations Unies, au terme de la visite de M. Ki-Moon. Avant de quitter Khartoum, M. Ki-Moon a annoncé que les pourparlers de paix entre le gouvernement soudanais et les groupes rebelles du Darfour débuteraient le 27 octobre en Libye, sous l'égide des Nations Unies et de l'UA. Il a une nouvelle fois exhorté toutes les parties à s'abstenir de tout acte susceptible de saper les efforts déployés en vue de mettre un terme au conflit qui sévit au Darfour depuis plus de quatre ans et demi, a coûté la vie à 200 000 personnes et forcé plus de deux millions d'autres à fuir. Le gouvernement soudanais a promis de « contribuer positivement à assurer un environnement sans risque pour les négociations ». Quant aux rebelles, ils se sont dits tout aussi engagés, mais ont averti que les attaques menées par les forces du gouvernement sur leur position semaient le doute sur l'engagement de Khartoum en faveur de la paix. « Nous sommes engagés à respecter l'accord de cessez-le-feu signé à N'djamena, au Tchad, en 2004 », a déclaré M. Kado, ajoutant néanmoins que l'attaque d'Haskanita pourrait avoir un « impact négatif » sur le processus de paix. La plupart des groupes rebelles ont accepté de participé aux pourparlers de paix avec le gouvernement, mais l'un des principaux chefs rebelles, Abdul Wahid Mohammed Nour, fondateur du Mouvement de libération du Soudan (SLM), a posé un ensemble de conditions à remplir pour qu'il accepte d'y participer. Une délégation de haut niveau dépêchée par le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), l'ancien groupe rebelle du sud du pays, est arrivée à Paris, où vit M. Nour, le 10 septembre pour le persuader de prendre part aux pourparlers. Le SPLM, qui administre le Sud-Soudan, a formé un gouvernement d'unité nationale avec Khartoum en 2005, après que les deux parties eurent signé l'Accord de paix global qui a mis fin à plus de deux décennies de conflit entre le nord et le sud.
|
Des rebelles disent que Khartoum a bombardé une ville du Darfour
Le Monde avec Reuters, 11 septembre 2007,par Andrew Heavens
L'aviation soudanaise a bombardé lundi une ville du Nord-Darfour contrôlée par la rébellion, déclare un groupe insurgé. Aboubaker Mohamed Kadu, un chef de l'Armée de libération du Soudan-Unité (SLA-Unity), a ajouté que des forces terrestres gouvernementales avaient ensuite pénétré dans la ville d'Haskanita, dans le nord du Darfour. "Les combats se poursuivent", a déclaré le commandant vers 16h301ocales (13h30 GMT). Il a ajouté que la ville était majoritairement peuplée de civils mais n'a donné aucune estimation du nombre de victimes. Il pourrait s'agir d'une attaque menée en représailles à un raid du SLA-Unity et du Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM) contre une base gouvernementale à un peu plus de 200 km à l'est d'Haskanita à la fin du mois d'août. Le ministère soudanais de la Justice a annoncé lundi l'ouverture d'une enquête sur six membres du JEM qu'il soupçonne d'avoir planifié cette attaque qui a fait 41 morts dans la ville de Wad Banda, dans la province du Kordofan-Ouest, voisine du Darfour. L'annonce d'une offensive sur Haskanita intervient à sept semaines de l'ouverture programmée de discussions de paix entre Khartoum et les mouvements rebelles, le 27 octobre en Libye. Elle coïncide également avec de nouveaux appels des Nations unies à la cessation des hostilités avant l'arrivée d'une force mixte de l'Onu et de l'Union africaine comprenant 26.000 hommes. Les experts internationaux estiment que 200.000 personnes ont péri en quatre années d'affrontements au Darfour, vaste région occidentale du Soudan. Ils évaluent à 2,5 millions le nombre de personnes déplacées par le conflit. Washington parle de génocide, terme que les gouvernements européens se refusent à employer. Khartoum affirme que seulement 9.000 personnes ont été tuées.
Mission en France
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a lancé un appel à la fin des combats dimanche au terme d'une visite de six jours qui l'a conduit au Soudan, en Libye et au Tchad. Il a déclaré que la priorité était désormais de tout faire pour que le maximum de groupes rebelles participe aux pourparlers en Libye. Riek Machar, vice-président de la région autonome du Sud du Soudan, s'est envolé dimanche soir pour la France avec une équipe de responsables politiques pour tenter de persuader Abdel Wahid Mohamed el Nur, fondateur du Mouvement de libération du Soudan basé à Paris, d'assister aux négociations. Ce dernier a toujours refusé jusqu'à présent, réclamant au préalable la cessation des hostilités. "Ils sont partis pour le convaincre de rejoindre le processus de discussions", a déclaré le ministre du Sud-Soudan pour les Affaires présidentielles, Luka Biong. Un autre chef rebelle, Suleiman Jamous, a dit lundi qu'il attendait toujours l'autorisation de prendre un avion pour le Kenya afin d'y subir un traitement médical, six jours après la promesse du président soudanais Omar Hassan el Bachir de le laisser partir. Jamous, coordonnateur humanitaire de l'Armée de libération du Soudan, est assigné de fait à résidence dans un hôpital géré par les Nations unies près du Darfour, depuis plus d'un an. Khartoum avait initialement menacé de l'arrêter s'il quittait l'établissement mais Bachir s'est engagé auprès de Ban Ki-moon à ce qu'il puisse partir le plus rapidement possible.
|
Soudan : Le calendrier dérape au Darfour
Africa Confidential, édition française, n°530, 10 septembre 2007
Les pays occidentaux qui doivent fournir des troupes n'ont pas respecté leurs engagements à la date prévue tandis que Khartoum expulse des diplomates étrangers et des membres des organisations humanitaires.
Les Nations unies ont laissé passer la première date butoir pour le déploiement dé casques bleus au Darfour - non pas du fait de réticences du côté de l'Union africaine, mais parce que les gouvernement non africains n'avaient pas proposé de forces spécialisées à la date du 30 août. A l'heure où Africa Confidential mettait sous presse, seules la Norvège et la Suède avaient proposé conjointement l'envoi d'unités clés en matière d'aviation, de transport et de logistique que l'Afrique ne peut fournir. Autre difficulté, et alors même que les Etats ont proposé plus que les huit bataillons nécessaires, un bon nombre de pays concernés; principalement africains, ont déclaré à l'ONU qu'ils ne pouvaient pas fournir le matériel nécessaire. Or le UN Department of Peace Keeping (DPKO) affirme que les unités doivent fournir leur propre équipement : L'UNAMID est censé assumer l'autorité du maintien de la paix au Darfour d'ici le 31 décembre: Or; il faut 3 à 4 mois à l'ONU pour se déployer, dans le meilleur des cas, a noté un responsable de I'ONU. Sur le plan` logistique et politique, c'est loin d'être le cas: Par ailleurs, le programme décidé à Addis-Abeba le 12 juin est en train de se . mettre en place avec "60 à 70% de troupes spécialisées non africaines. A l'ONU, on craint que les gouvernements occidentaux cessent de financer l'African Union Mission in Sudan (AMIS); perçue comme un gouffre sans fond, avant que I'UNAMID ne soit prête. Le représentant spécial de l'ONU et de l'UA; RodolpheAdada , n'a pris son poste que la semaine dernière. Les négociations ont duré deux mois; selon nos informations, après le refus du ministre des Affaires étrangères du .Congo-Brazzaville de rester comme prévu à El Fasher : Il demandait Addis-Abeba. Le compromis a abouti au choix de Khartoum, ce qui va ravir le régime du National Congress National I slamic Front: La campagne de charme du NC-NIF à pris fin, pour l'instant du moins : En cinq jours; le régime islamiste a mis dehors deux diplomates et le responsable d'une grande organisation humanitaire. L'ambassadeur de l'Union européenne, Kent Degerfelt , et le chargé d'Affaires canadien Nuala Lawlor ont été expulsés le 23 août. Ils avaient écrit au directeur général de la sécurité, Salah Abdullah Mohamed''Gosh", pour demander la libération du chef adjoint du Democratic Unionist Party, Ali Mahmoud Hassanein, actuellement emprisonné,. Le ministre canadien des Affaires étrangères Maxime Bernier a promis des représailles tandis que le commissaire européen au développement et ancien ministre belge des Affaires étrangères Louis Michel, a présenté ses excuses.
Expulsions Le 27 août, Khartoum a ordonné l'expulsion de Paul Barker, un Américain, membre de l'ONG américaine Care International. "II faisait quelque chose en rapport avec le renseignement ou la sécurité d'Etat", a déclaré le commissaire adjoint de la commission chargée de l'aide humanitaire, BakhitYoussef. Ce même jour, le secrétaire d'Etat affaires étrangères El Samani el Wasila el Sheikh était en route pour Washington où il a rencontré le secrétaire d'Etat adjoint John Dmitri Negroponte , la sous-secrétaire d'Etat chargée dés Affaires africaines Jendayi Frazer et d'autres responsables. Cette visite a semble-t-il eu lieu à la demande du Soudan. Khartoum a dit l'inverse. Le NC-NIF sait que "quoi qu'il fasse contre l'Occident, l'Occident ne réagira pas", s'est plaint un responsable américain, ajoutant que certains responsables américains "attendaient depuis des mois leur visa pour le Soudan". Ces expulsions indiquent à l'UNAMID qu'elle n'aura pas les mains libres au Darfour, aux ONG qu'elles ne disposeront pas d'un accès sans entraves aux personnes déplacées, et à la communauté internationale que le régime a l'intention de rester très ferme. Le 26 août, les autorités de l'IDP au Darfour ont demandé à l'émissaire de l'UA Salim Ahmed Salim (Tanzanie) de ne pas entrer dans les camps. Alors que El Samani tentait de séduire le gouvernement américain, dont une partie considère Salah Gosh comme un allié, le procureur général du tribunal pénal international Luis Moreno Ocampo pourfendait le régime à New York, où il fait un rapport au secrétaire général de I'ONU, Ban Ki-moon sur les enquêtes du tribunal en Centrafrique, au Congo-Kinshasa, en Ouganda et au Soudan. L'avocat argentin a condamné Khartoum pour n'avoir pas livré deux personnalités inculpées par le TPI, Ahmed Mohamed Harun, secrétaire d'Etat aux Affaires humanitaires (une situation jugée "totalement inacceptable") et Ali Mohamed Ali Abdel Rahman (alias Ali Kusheib), un commandant Janjaweed. "Il coordonnait les actions en vue de faire quitter leurs villages aux populations pour les transférer dans des camps de l'IDP", a déclaré Moreno à propos d'Ahmed Mohamed. II est "toujours en charge des même personnes." . Khartoum est soumis à de nouvelles pressions du Conseil de sécurité de l'ONU qui a décidé le 27 août de déployer une force de protection "multidimensionnelle" et principalement européenne dans l'est du Tchad et le nord-est de la république centrafricaine. L'objectif est de contenir la violence qui s'étend à partir du Darfour (et qui est en bonne partie orchestrée par Khartoum). Selon des sources américaines, Khartoum est toujours actif en Centrafrique, malgré une présence militaire française visible, et notamment pour approvisionner la L ord's Résistance Army en Ouganda. Par ailleurs, selon dés responsables de l'ONU et d'ONG, des milliers de non Soudanais, surtout des arabes tchadiens, sont entrés au Darfour et se sont installés sur le site de villages détruits lors du génocide. Bon nombre d'entre auraient reçu des papiers d'identité soudanais (une tactique utilisée il y a longtemps par le NIF pour installer des islamistes étrangers dans le pays). Une bonne partie des nouveaux immigrants sont des Mahamid, la tribu janjaweed dirigée au Soudan par Musa Hilal Musa . Selon des sources françaises, après que Niamey eut chassé les pasteurs tchadiens Mahamid du Niger vers le Tchad à la fin de l'an dernier, le général Nafi'e.Ali Nafi'e les a invités à s'installer,au Darfour. Nafi'e est de nouveau l'un des hommes les plus puissants du régime. Il a officiellement pris en charge le Darfour le mois dernier. Khartoum a critiqué le projet de force européenne; déclarant que PONU aurait du attendre "le résultat" de l'UNAMID - qui ne se déploiera pas en totalité cette année. Nafi'e, le président Orner Hassan Ahmed el Beshir et le ministre de la Défense Abdel Rahim Mohamed Hussein sont désormais considérés comme les chefs de file de la politique au Darfour. Ils redoutent qu'une force de l'UNAMID ou de l'EU ne les arrête pour les traduire en justice pour crime de guerre. |
Khartoum charge un ministre inculpé par la CPI d'enquêter sur les droits de l'homme au Darfour
Le Monde par P hilippe Bernard avec Stéphanie Maupas à la Haye, 10 septembre 2007
La nomination d'un ministre soudanais visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) à la tête d'une commission chargée d'enquêter sur les violations des droits de l'homme au Darfour (ouest du Soudan) est dénoncée comme une provocation par les organisations de défense des droits de l'homme. « C'est une mauvaise blague » , commente pour sa part Luis Moreno Ocampo, procureur de Ia CPI. La nomination d'Ahmed Haroun, actuel ministre des affaires humanitaires de Khartoum, ministre de l'intérieur au plus fort de la répression au Darfour, est intervenue juste avant l'escale au Soudan de Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, jeudi 6 septembre. Le geste soudanais accroît l'inquiétude des observateurs, qui constatent que la priorité donnée au déploiement de la « force hybride » au Darfour (Minuad), décidé en juillet par le Conseil de sécurité, a relégué au second plan la mise en oeuvre des deux mandats d'arrêt lancés par la CPI, dont l'un vise M. Haroun. A Khartoum, à l'issue d'une rencontre avec le président Omar Al-Bachir, M. Ban a annoncé la reprise, le 27 octobre en Libye, des pourparlers entre les représentants de Khartoum et les rebelles du Darfour visant à un règlement politique du conflit. Les précédentes négociations avaient abouti, en mai 2006, à. un « accord de paix » jamais appliqué. Le gouvernement soudanais affirme désormais « travailler avec les Nations unies et l'Union africaine pour faciliter le déploiement » des 26 000 hommes de la future Minuad. |
Fédération International des Ligues des Droits de l'Homme
Soudan : un nouveau pas vers l'impunité
Un officiel soudanais présumé responsable de crimes contre l'humanité et crimes de guerre nommé par le gouvernement à la tête des enquêtes sur les violations des droits de l'Homme perpétrées au DarfourLa Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et son organisation membre Sudan Organisation Against Torture (SOAT), condamnent la récente nomination par le gouvernement soudanais de Ahmed Haroun au poste de co-président du comité national chargé d'enquêter sur les violations des droits de l'Homme perpétrées au Soudan, et en particulier au Darfour. M. Haroun, ancien ministre de l'Intérieur et depuis 2006 ministre des Affaires humanitaires fait l'objet d'un mandat d'arrêt international délivré par la Cour pénale internationale (CPI) le 27 avril 2007 pour des crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en 2003 et 2004.
"Cette nomination est une insulte aux victimes du Darfour dans leur quête de vérité, justice et réparation pour les graves crimes qu'elles ont subi, et démontre clairement le refus du gouvernement soudanais de traduire les responsables devant la justice, de mettre fin à l'impunité pour les crimes commis au Darfour et d'apporter une issue pacifique au conflit qui ravage la région", a déclaré la présidente de la FIDH, Souhayr Belhassen.
Cette désignation est intervenue au moment de la visite au Soudan du Secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, et des récents appels du Procureur de la CPI, M. Luis Moreno Ocampo, au gouvernement soudanais à une plus grande coopération pour l'arrestation des deux suspects soudanais.
La FIDH et SOAT
|
Le président Omar el Béchir du Soudan attendu jeudi au Vatican
Tunisie Informations, 10 septembre 2007
Le Président soudanais, Omar el-Béchir entame à partir du jeudi 13 septembre, une visite officielle en Italie, au cours de laquelle il se rendra aussi au Vatican où il s'entretiendra avec le Pape Benoît XVI, de plusieurs questions parmi lesquelles, les moyens de promouvoir le dialogue interreligieux. La source officielle qui a donné l'information dimanche à Khartoum a indiqué que le dirigeant soudanais devrait, au cours de ses entretiens, informer le Vatican de l'état d'application de l'Accord Global de Paix, des efforts pour le retour de la paix au Darfour, avec notamment le dialogue religieux dans le pays. Le Vatican avait envoyé une délégation à la Conférence sur le Dialogue islamo-chrétien qui s'est déroulé récemment à Khartoum. Selon l'ambassadeur du Soudan en France, Ahmed Hamid al-Faki, par ailleurs ambassadeur non résident auprès du Saint Siège, l'hôte de Beôî XVI abordera avec ce dernier, des aspects bilatéraux, dont le renforcement des relations entre Khartoum et le Vaticain. Le Président Omar el Béchir voyagera à la tête d'une importante délégation, comprenant des ministres et de hauts responsables gouvernementaux, des chefs religieux musulmans et chrétiens, des hommes d'affaires et des responsables de médias. Le Soudan envisage, en outre d'envoyer un ambassadeur résident, pour se mettre au niveau du Vatican dont l'ambassadeur a toujours été basé à Khartoum, depuis mai 1972. Le Nonce Apostolique du Vatican au Soudan, l'Archevêque Bocardi, a mis l'accent sur l'importance de la visite que le Président Omar el-Béchir s'apprête à effectuer Vatican. Durant son séjour à Rome, le chef de l'Etat soudanais sera également reçu en audience par le premier ministre italien, Romano Prodi et par le Président pour des entretiens sur des questions d'intétrêt commun, a-t-on indiqué à Khartoum. |
Ban Ki-moon veut un accord politique définitif sur le Darfour fin octobre
Nouvel Observateur avec A.P., 8 septembre 2007
A son arrivée samedi en Libye, où il doit rencontrer Moammar Kadhafi, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a réaffirmé son objectif d'obtenir un accord politique définitif pour mettre fin au conflit au Darfour. Le patron de l'ONU et le président soudanais Omar el-Béchir ont annoncé jeudi la tenue de nouvelles négociations de paix sur le Darfour, qui auront lieu le 27 octobre en Libye. Ces pourparlers se tiendront sous l'égide des Nations unies et de l'Union africaine. Cette semaine, Ban Ki-moon s'est rendu au Soudan pour demander le déploiement rapide de la force hybride ONU/UA approuvée par le Conseil de sécurité le 31 juillet. Avant la Libye, il a effectué un arrêt au Tchad. Le conflit au Darfour a fait plus de 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis 2003. "Nous souhaitons avant tout que la rencontre de Tripoli soit un succès", a souligné à son arrivée en Libye le patron de l'ONU. "Nous aimerions en faire la phase finale des négociations politiques. C'est notre objectif. Nous ferons tous de notre mieux". Début août, une conférence de l'ONU et de l'Union africaine avait été organisée à Arusha, en Tanzanie, en présence des mouvements rebelles. Ils s'étaient mis d'accord sur une plate-forme commune de discussions sur des sujets allant du partage du pouvoir à la sécurité, en passant par les questions humanitaires. Sept dirigeants de groupes rebelles étaient venus. Mais Abdel Wahid Nur, qui dirige le Mouvement de libération du Soudan (SLM), était le grand absent de la conférence. Il exige l'arrêt des combats avant toute négociation avec le pouvoir. A la question de savoir si Kadhafi pourrait utiliser son influence pour le ramener à la table des négociations, Ban Ki-moon a répondu: "Nous aurons peut-être besoin d'utiliser toutes les ressources possibles, y compris le dirigeant Kadhafi, et nous avons quelques idées". Il a ajouté qu'il s'était entretenu avec de nombreux individus prêts à intervenir pour réunir toutes les parties concernées, dont le récalcitrant chef du SLM. C'est la troisième rencontre de Ban Ki-moon avec le dirigeant libyen. Il s'était déjà entretenu avec lui avant sa nomination à la tête de l'ONU, alors qu'il était ministre sud-coréen des Affaires étrangères, et après sa désignation en janvier. Il était reçu samedi dans la ville natale du colonel Kadhafi, Sirte. AP
|
L'Union Européenne envisage d'envoyer jusqu'à 4.000 soldats au Tchad et en Centrafrique
Agence France presse, Bruxelles 8 septembre 2007
L'UE envisage d'envoyer jusqu'à 4.000 soldats au Tchad et en Centrafrique pour y assurer la sécurité lorsqu'une force mixte ONU-Union africaine se déploiera dans la province soudanaise voisine du Darfour en proie à la guerre civile, a indiqué mercredi un diplomate européen. "On parle d'une force européenne allant jusqu'à 4.000 soldats, pour une durée de 12 mois, pour sécuriser cette zone qui est importante dans le contexte du Darfour",. A son retour mardi à Bruxelles d'une mission d'information dans les pays africains concernés, le chef de l'état-major de l'UE, le général britannique David Leakey, a exposé les conditions d'une telle opération aux représentants des 27. "Le général Leakey a expliqué aux ambassadeurs le contexte matériel qui est très rude physiquement. Il a évoqué les problèmes de transport sur de grandes distances, avec les contraintes que cela implique pour l'approvisionnement et la circulation des troupes européennes" dans des territoires aussi vastes (900 km de long sur 200 à 400 km de large), a indiqué le diplomate européen. "Il en a également abordé la dimension politique et parlé de la future coordination avec les différents acteurs sur place, les policiers des Nations unies, du Tchad et de la RCA, comme les organisations humanitaires", a-t-il ajouté. L'UE a donné fin juillet son feu vert aux préparatifs d'envoi, à la demande de l'ONU, d'une force militaire européenne dans l'est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine (RCA), qui devrait arriver au plus tôt fin octobre. Elle sera chargée d'appuyer une mission de police de l'ONU d'environ 300 hommes dans ces régions limitrophes du Darfour déstabilisées par le conflit meurtrier qui y sévit, d'aider les populations qui y vivaient à s'y réinstaller et de favoriser l'action humanitaire. Au Tchad seul, cela concerne, selon l'ONU, 236.000 réfugiés du Darfour et 173.000 déplacés tchadiens. La RCA compte de son côté 10.000 réfugiés et plus de 200.000 déplacés dans le nord et le nord-est.
|
Ban Ki-moon en Libye pour parler du Darfour
Jeune Afrique, 8 septembre 2007
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon est arrivé samedi en Libye pour rencontrer le numéro un libyen Mouammar Kadhafi qui, fort de sa nouvelle légitimité internationale, est appelé à jouer un rôle clé dans les efforts de règlement du conflit du Darfour. L'étape libyenne est la dernière de la tournée africaine de M. Ban qui l'a aussi mené au Soudan et au Tchad voisins afin de tenter d'avancer sur le chemin de la paix au Darfour, une région de l'ouest du Soudan où la guerre civile fait rage depuis plus de quatre ans et déborde sur les territoires des pays voisins. Dans l'avion l'emmenant de la capitale tchadienne N'Djamena à Syrte (500 km à l'est de Tripoli), M. Ban a expliqué que le but de sa visite était de s'assurer du succès des négociations intersoudanaises prévues le 27 octobre à Tripoli, en vue d'un règlement au Darfour. "Tout d'abord, nous voulons nous assurer que la réunion de Tripoli sera un succès", a-t-il déclaré aux journalistes l'accompagnant. "Nous souhaitons que ce soit l'ultime phase des négociations de paix au Darfour", a ajouté M. Ban, expliquant que le numéro un libyen est un acteur régional qui peut avoir un rôle clé dans la résolution du conflit. Quatre ans et demi après son déclenchement en février 2003, le conflit, qui a fait 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés selon l'ONU, se poursuit avec son lot quasi-quotidien de violences. Khartoum conteste ces chiffres, parlant de seulement 9.000 morts. La reprise le 27 octobre en Libye des pourparlers de paix entre le gouvernement soudanais et les factions rebelles du Darfour a été annoncée jeudi à Khartoum à l'issue d'une rencontre entre le président soudanais Omar al-Béchir et le secrétaire général de l'ONU. Selon des sources onusiennes, le choix de la Libye comme siège des futurs pourparlers n'est pas indifférent, plusieurs chefs rebelles, ayant des liens avec ce pays. Lors de sa tournée, M. Ban a cité M. Kadhafi parmi les acteurs régionaux ayant "grandement contribué" aux efforts diplomatiques internationaux concernant le Darfour, où s'affrontent forces gouvernementales et les milices qui lui sont alliées à des groupes rebelles. La relance du processus politique pour le règlement du conflit avait été d'ailleurs décidée en juillet à Tripoli à l'issue d'une conférence internationale sous l'égide de l'Onu et de l'Union africaine. Durant sa visite au Tchad, M. Ban a évoqué la protection des nombreux réfugiés du Darfour et les moyens d'aider les populations des régions limitrophes de cette province déstabilisées par le conflit. Au Tchad seul, 236.000 réfugiés du Darfour et 173.000 déplacés tchadiens sont concernés, selon l'ONU. La Centrafrique compte 10.000 réfugiés et plus de 200.000 déplacés dans le nord et le nord-est. Tripoli et N'djamena sont des acteurs régionaux que l'ONU souhaite voir jouer un rôle constructif pour avancer vers la paix au Darfour, certaines factions rebelles ayant des affinités, ethniques ou politiques, avec ces pays voisins. Au Soudan, M. Ban avait obtenu l'engagement du gouvernement soudanais "envers une cessation totale des hostilités au Darfour" et l'application de l'accord de paix conclu à Abuja en mai 2006. Khartoum promet également de "travailler avec l'ONU et l'Union Africaine pour faciliter le déploiement prévu de l'opération hybride Minuad" au Darfour. Longtemps refusée par Khartoum, la décision de déployer cette force de 26.000 hommes a été prise fin juillet par le Conseil de sécurité afin de pacifier le Darfour.
|
Ban Ki-moon au Tchad pour parler du Darfour et de protection des réfugiés
Jeune Afrique avec l'AFP, 7 septembre 2007
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a fait vendredi une visite éclair au Tchad axée sur la situation dans la province soudanaise voisine du Darfour et la protection des nombreux réfugiés. Lors d'un entretien au palais présidentiel de N'djamena, le président Idriss Déby Itno a apporté son soutien aux efforts de M. Ban pour relancer les négociations de paix au Darfour, province soudanaise frontalière du Tchad à l'est, en offrant d'accueillir dans sa capitale une réunion des chefs rebelles du Darfour. Il s'agirait d'une rencontre préliminaire à l'ouverture de nouveaux pourparlers de paix intersoudanais le 27 octobre à Tripoli, annoncée jeudi à Khartoum par M. Ban et le gouvernement soudanais, a expliqué M. Déby lors d'un point de presse avec le chef de l'ONU. Elle servirait, selon le président tchadien, à "arrondir les angles" entre les multiples factions rebelles du Darfour. Aucune date n'a encore été fixée pour cette rencontre préparatoire. Des pourparlers intersoudanais en 2006 à Abuja n'avaient permis d'aboutir qu'à un accord de paix partiel, signé par un seul des groupes rebelles et qui, de ce fait, était mort-né. Avec la Libye, le Tchad est l'un des acteurs régionaux que l'ONU souhaite voir jouer un rôle constructif pour avancer vers la paix au Darfour, certaines factions rebelles ayant des affinités, ethniques ou politiques, avec ces pays voisins. M. Déby a également réitéré son accord au projet de déploiement d'une force mixte ONU-Union européenne (UE) dans l'est du Tchad et le nord-est de la RCA, pour protéger les civils touchés par le conflit au Darfour voisin. Le Conseil de sécurité devrait adopter prochainement une résolution dans ce but. La force doit consister en une mission de police de l'ONU appuyée militairement par l'UE. L'objectif est d'agir aux niveaux humanitaire, politique et militaire, afin d'aider les populations de ces régions limitrophes du Darfour et déstabilisées par le conflit meurtrier qui y sévit. Au Tchad seul, 236.000 réfugiés du Darfour et 173.000 déplacés tchadiens sont concernés, selon l'ONU. La Centrafrique compte 10.000 réfugiés et plus de 200.000 déplacés dans le nord et le nord-est. L'idée est que l'ONU fournisse 300 policiers qui auront pour tâche la formation de quelque 850 policiers tchadiens chargés des camps, a indiqué le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Marie Guéhenno, membre de la délégation. La protection des zones alentour, à l'extérieur des camps, sera assurée par la force de l'UE, de quelque 3.000 hommes. La France, qui dispose d'une base militaire au Tchad, pourrait fournir environ la moitié de cette force. Le but est de favoriser à terme le retour des réfugiés et la force de l'UE n'aura pas pour mandat de protéger la frontière. MM. Ban et Déby ont enfin indiqué avoir évoqué les problèmes du réchauffement climatique, illustré par la diminution inquiétante de la superficie du lac Tchad. M. Déby a demandé à la communauté internationale d'aider le Tchad "à lancer un grand plan pour la sauvegarde du lac". M. Ban et sa délégation se sont rendus dans l'après-midi en hélicoptère sur les bords du lac où ils ont passé moins d'une heure avec des responsables et scientifique locaux. Se déclarant "attristé" par le rétrécissement de ce lac, passé en 30 ans de 25.000 à un peu plus de 2.000 km carrés, M. Ban a déclaré que c'était "un exemple frappant de la façon dont ce réchauffement climatique affecte négativement nos écosystèmes et nos vies". M. Ban devait quitter N'djamena tôt samedi matin pour Tripoli, dernière étape de sa tournée au Soudan, au Tchad et en Libye pour tenter d'avancer sur le chemin de la paix au Darfour.
|
Ban Ki-moon mesure par lui-même la complexité du dossier du Darfour
Agence France Presse , al Fascher, 6 septembre 2007
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a pu mesurer par lui-même mercredi la complexité du problème du Darfour, où sa rencontre avec des personnes déplacées (IDP) dans le chef-lieu régional d'El Facher a été perturbée par une manifestation. L'incident, qui s'est déroulé au siège de la Mission de l'ONU au Soudan (Minus) à El Facher (nord Darfour), a amené les services de sécurité de l'ONU à réviser l'organisation de la visite et à restreindre l'accès aux IDP des journalistes, dont la présence a déjà suscité des incidents dans le passé au Darfour. Alors que M. Ban allait pénétrer sous une tente pour rencontrer des représentants des IDP de trois camps proches d'El Facher, quelques dizaines de personnes se présentant comme des déplacés mais qui n'étaient pas invitées ont cherché à pénétrer dans la tente, selon une porte-parole de l'ONU. Ces personnes contestaient la représentativité de la délégation que M. Ban allait rencontrer, l'accusant de vouloir "dénigrer le gouvernement". Elles affirmaient représenter des IDP prêts à retourner dans leur village, ce qui est encouragé par le gouvernement soudanais mais exclu par la plupart des réfugiés, du fait de l'insécurité régnant hors des camps. La rencontre de M. Ban avec les IDP a finalement eu lieu plus tard avec trois représentants seulement. Dehors, les manifestants, parmi lesquels des femmes élégamment habillées et parées de bijoux, repérant les journalistes, sont venus vers eux en lançant des slogans en arabe, dans lesquels ils exprimaient leur hostilité à l'ONU et proclamaient "Le Darfour est à nous, retournez à New York!" , selon une traduction assurée par les journalistes soudanais. De nombreux témoins ont exprimé des doutes sur la spontanéité de cette manifestation, qui a ravivé les souvenirs du temps où le gouvernement soudanais refusait obstinément tout déploiement de troupes de l'ONU au Darfour. Elle intervient à la veille d'une rencontre à Khartoum entre le président soudanais Omar el-Béchir et M. Ban, où celui-ci veut faire avancer les préparatifs du déploiement de la Minuad.
|
Le Soudan et l'ONU signent un nouveau communiqué conjoint
Nations Unies, New York, 6 septembre 2007
Un communiqué conjoint entre le gouvernement du Soudan et les Nations Unies marque aujourd'hui la visite du Secrétaire général Ban Ki-moon dans le pays et réaffirme des engagements réciproques en faveur de la paix au Darfour, alors que les négociations de paix devront reprendre le 27 octobre en Libye. Dans ce document adopté aujourd'hui à Khartoum, le Soudan s'engage à « mettre en oeuvre dans sa totalité l'accord de paix global » [du 31 décembre 2004] ( dépêche du 31.12.2004). Il réitère son engagement « en faveur de la protection des civils et la tenue d'élections nationales équitables au Soudan en 2009 », « y compris le Darfour ». Le gouvernement soudanais s'engage à « une pleine cessation des hostilités » dans sa région de l'Ouest du pays et à respecter le cessez-le-feu. Il affirme aussi son intention de travailler avec la communauté humanitaire, selon les termes du communiqué déjà adopté à cet effet en mars 2007. Dans un communiqué conjoint signé par le gouvernement soudanais et les Nations Unies, le Soudan s'était engagé, le 28 mars 2007, à « appuyer, protéger et faciliter toutes les opérations humanitaires au Darfour, par la mise en oeuvre rapide et complète de toutes les mesures contenues dans le Moratoire sur les restrictions, rédigé le 3 juillet 2004 » ( dépêche du 4.07.2004). Enfin, le Soudan affirme qu'il « travaillera avec les Nations Unies et l'Union africaine (UA) afin de faciliter le déploiement de l'Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD), notamment « en accordant des terrains pour la construction de bâtiments pour l'opération et en facilitant les autres exigences logistiques ». Pour sa part, l'ONU s'engage à assister à la mise en oeuvre de l'accord de paix global, notamment par le désarmement et la démobilisation des combattants et le « retour volontaire, sûr et digne des déplacés. L'ONU s'engage aussi, « avec l'UA et la coopération du gouvernement soudanais, à déployer» la MINUAD rapidement au soutien de la consolidation de la paix au Darfour. Elle promet aussi de « contribuer à la consolidation de la paix et au développement à long terme du Soudan en soutenant le développement durable des ressources naturelles, notamment les ressources en eau, et en répondant aux questions relatives au changement climatique et à la dégradation de l'environnement ». Lors d'une conférence de presse donnée aux côtés du Premier ministre Lam Akol, en présence du président Omar el-Béchir, le Secrétaire général a rappelé les « conditions très difficiles dans lesquelles les travailleurs humanitaires et ceux chargés de la sécurité travaillent si courageusement ». « Au camp d'Al Salaam, j'ai vu 45.000 personnes déplacées vivant dans les conditions les plus déplorables. J'ai été choqué et consterné », a dit Ban Ki-moon. Le Secrétaire général a annoncé que le président de l'UA, Alpha Oumar Konaré et lui-même avaient décidé que les négociations sur le Soudan devraient commencer en Libye, le 27 octobre prochain, sous les auspices des envoyés de l'ONU et de l'UA.
|
Ban Ki-moon à Khartoum pour des discussions sur le Darfour
Jeune Afrique avec l'AFP, 6 septembre 2007
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, était à Khartoum jeudi pour des entretiens avec le président Omar el-Béchir et son gouvernement, afin de s'assurer de leur coopération à un déploiement rapide d'une force mixte ONU-Union africaine (UA) au Darfour. Après deux jours de visite de terrain à Juba dans le sud, puis à El Facher au Darfour (ouest du Soudan), M. Ban retrouvait son costume de diplomate pour des discussions avec un gouvernement qui n'a pas la réputation d'être un interlocuteur facile. Il a fallu des mois d'efforts de la communauté internationale, dont M. Ban lui-même qui a fait du Darfour son dossier prioritaire, pour obtenir l'assentiment du président soudanais à l'envoi dans la province d'une force assez robuste pour protéger la population des effets de la guerre civile. Quatre ans et demi après son déclenchement, le conflit, qui a fait 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés selon l'ONU, se poursuit avec son lot quasi-quotidien de violences. Khartoum conteste ces chiffres, parlant de seulement 9.000 morts. M. Ban estime "sur la bonne voie" le déploiement de la Minuad, force hybride ONU-Union africaine (UA) de 26.000 hommes dont le Conseil de sécurité a décidé fin juillet le déploiement pour enfin pacifier le Darfour. A l'insistance de M. Béchir, cette force sera en grande majorité africaine. Elle remplacera la mission d'observation de l'UA, la Muas, mal équipée et financée et en sous-effectifs -5.915 hommes sur 7.000 autorisés, selon un de ses responsables- qui n'a pas eu les moyens d'apporter sa protection aux civils dans une contrée grande comme la France. Selon Taye-Brook Zerihoun, représentant par intérim de M. Ban au Soudan, la feuille de route fixée par le Conseil de sécurité pour ce déploiement est pour l'instant respectée, avec la désignation et le début de mise en place de la structure de commandement de la Minuad, qui devrait être achevée en octobre. "Mais quant à avoir les troupes sur le terrain, il y a encore du chemin à faire", a-t-il dit à des journalistes mercredi à El Facher (nord Darfour). Les premières troupes, probablement un contingent chinois, pourraient arriver début 2008, a-t-il indiqué. Le déploiement total de la Minuad n'est pas attendu avant le milieu de 2008. Dans l'avion l'emmenant au Darfour, M. Ban avait indiqué à la presse que l'ONU avait reçu des offres de troupes de la part de pays contributeurs dépassant le nombre nécessaire, mais que l'offre était encore insuffisante pour les unités spécialisées (transport, logistique, moyens aériens), domaine où l'on compte plutôt sur les pays développés. Mais pour un succès de la Minuad, M. Ban veut qu'il y ait "une paix à maintenir" et agit pour cela sur le plan politique. Il ne cesse d'appeler à une vigoureuse relance des négociations de paix et son émissaire chargé de ce volet du dossier, Jan Eliasson, l'accompagne dans ce voyage. En tandem avec son homologue de l'UA Selim Ahmed Selim, M. Eliasson s'efforce de ramener à la table des négociations les nombreux groupuscules rebelles du Darfour qui n'ont pas signé l'accord de paix d'Abuja en mai 2006. Ces groupes se sont entendus en août à Arusha (Tanzanie) pour présenter une plateforme de revendications commune, premier pas vers une reprise du dialogue. Mais un influent dirigeant rebelle, Abdulwahid Nour, a boycotté cette réunion et M. Ban l'a appelé à sortir de son isolement. M. Ban souhaite réunir tous les protagonistes au plus tôt, si possible en octobre, peut-être à Arusha. "Nous sommes proches d'un accord sur un lieu et une date, j'espère y parvenir très bientôt", avait-il dit mercredi. Certains dirigeants rebelles ayant des liens avec des pays voisins, M. Ban a indiqué qu'il profiterait de ses visites au Tchad vendredi et en Libye samedi pour inviter les dirigeants de ces pays à encourager ces rebelles à négocier
|
Ban Ki-moon au Sud-Soudan pour relancer l'accord de paix
Le Monde avec Reuters, 5 septembre 2007, par Patrick Worsnip
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est rendu mardi à Juba, dans le sud du Soudan, pour tenter d'accélérer la mise en oeuvre de l'accord de paix qui a mis fin en 2005 à la plus longue guerre civile du continent africain. Selon ses collaborateurs, Ban cherche à régler plusieurs points de l'accord de paix qui a mis fin à plus de vingt ans d'affrontements entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles du Sud, animistes et chrétiens. L'un des diplomates accompagnant le secrétaire général de l'Onu a toutefois fait état de "signes inquiétants" à propos de la mise en place de l'accord de paix, à commencer par le retard pris dans le retrait des troupes gouvernementales basées dans la région. "Un certain nombre de signes montrent qu'il faut faire avancer l'accord de paix", a déclaré le diplomate. "Les deux parties ont fait état de leur engagement à respecter l'accord, mais il est important de ne pas laisser la situation s'enliser." Ce retrait, une promesse du gouvernement, devait normalement être achevé le 9 juillet dernier. Samedi, le ministre soudanais du Pétrole a annoncé que les soldats seraient "progressivement" redéployés au Nord. Le retard pris par le projet de recensement est une autre source d'inquiétude, cette opération étant nécessaire pour les élections promises en 2009 et le référendum sur l'éventuelle sécession du Sud prévu en 2011. L'un des responsables du Mouvement populaire de libération du Soudan, un ancien groupe rebelle, a déclaré en juillet que le retard pris par le gouvernement pourrait inciter le Sud à choisir l'indépendance.
Engagement personnel de Bachir
Pour sa première visite au Soudan, Ban doit également se rendre au Darfour, dans l'ouest du pays. Le Pakistanais Ashraf Qazi a été nommé mardi représentant spécial de l'Onu au Soudan, en remplacement de Jan Pronk, chassé du pays il y a un an par le gouvernement de Khartoum. Qazi est actuellement le représentant des Nations unies en Irak. Le secrétaire général de l'Onu a par ailleurs déclaré avoir obtenu l'engagement personnel de Bachir de laisser le chef rebelle Souleïmane Jamous, malade, quitter le Soudan pour recevoir des soins médicaux. Jamous est depuis plus d'un an bloqué dans un hôpital de l'Onu de la province de Kordofan, voisine du Darfour, par les troupes gouvernementales qui menacent de l'arrêter s'il quitte le bâtiment. "Le président Bachir a accepté sa libération immédiate pour des soins médicaux. Bachir a dit que Jamous serait emmené au Kenya dès que les dispositions nécessaires auront été prises", a annoncé Ban à son arrivée à Khartoum, peu avant de partir pour le sud du pays. En tant que coordinateur humanitaire de l'Armée de libération du Soudan, Jamous était le principal lien entre les rebelles de Darfour et les responsables de l'aide humanitaire dans la région. Respecté au Darfour, il est considéré comme un élément clé du processus de paix et de l'unification des groupes rebelles, très divisés. Les partisans de Jamous soutiennent qu'aucune mesure concrète n'a été prise pour permettre son départ au Kenya. Ban a également appelé Bachir à faciliter la mise en place de la force hybride de l'Onu et de l'Union africaine (UA) au Darfour. Selon Ban, le président soudanais lui a promis "tout le soutien administratif et logistique nécessaire". Ban s'est déclaré encouragé par les progrès constatés. Malgré le feu vert donné par Khartoum à la force hybride, plusieurs diplomates occidentaux estiment qu'il faudra attendre le déploiement complet des 26.000 soldats, vraisemblablement en début d'année prochaine, pour savoir si le gouvernement soudanais coopère pleinement
|
Ban Ki-moon dans le sud du pays pour revigorer un accord de paix crucial
Agence France Presse, Juba, 5 septembre 2007
Le chef de l'ONU, Ban Ki-moon, a affirmé mardi 4 septembre à Juba (sud), que l'accord de paix de 2005, aujourd'hui fragilisé, entre Khartoum et l'ex-rébellion était la clé de voûte de l'action internationale au Soudan, notamment au Darfour, et la garantie de la stabilité du pays tout entier. M. Ban a appelé à la coopération de tous pour l'application de cet Accord de paix global (CPA), lors d'une conférence de presse avec Salva Kiir, président de la région autonome du sud Soudan et du Mouvement/Armée de libération du Soudan (SPLM/A, ex-rebelles du sud), et vice-président soudanais. "Il est d'une importance cruciale que nous appliquions le CPA et pour cela, il faut que les dirigeants du nord comme du sud s'y engagent complètement", a-t-il dit, se disant "encouragé" par ses entretiens avec M. Kiir, mardi, et avec le président soudanais Omar el-Béchir, rencontré la veille en tête à tête à Khartoum. Plus tard, dans un discours à l'Université de Juba, il a réitéré que le CPA était "une pierre angulaire essentielle, mais fragile, de la paix dans tout le Soudan". Cet accord avait mis fin en janvier 2005 à une guerre civile de 21 ans qui avait fait environ 1,5 million de morts. Il donne des signes de fragilité car certains de ses éléments clefs ne sont pas encore entrés en vigueur. Reposant principalement sur un principe de partage des ressources et des pouvoirs entre le nord et le sud, il doit servir de modèle à un accord définitif de paix au Darfour (ouest du Soudan), où sévit depuis quatre ans une guerre civile qui a fait 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés, selon l'ONU. L'éventuel effondrement du CPA serait "un cauchemar", à cause de l'"énorme impact" qu'il aurait sur le processus de paix au Darfour dans lequel l'ONU et l'Union africaine (UA) ont investi beaucoup d'efforts, a déclaré à la presse un haut responsable onusien qui voyage avec le secrétaire général. Les responsables onusiens s'inquiètent du fait que le retrait des forces soudanaises du sud, qui aurait dû être effectif depuis le 9 juillet, n'est pas intervenu. La création d'unités mixtes (armée soudanaise/SPLA) dans les zones pétrolières du sud n'est pas encore devenue réalité et un désaccord subsiste sur une ligne de démarcation entre le sud et le nord, dans une zone riche en pétrole. Le volet politique du CPA pose aussi problème avec le retard sur le calendrier des préparatifs des élections soudanaises prévues pour 2009, notamment le recensement des électeurs, ainsi que dans les contributions financières, prévues par l'accord, du gouvernement soudanais à ces préparatifs. Le CPA prévoit en outre en 2011 un référendum dans le sud sur une éventuelle indépendance de la région. Or selon ce responsable, "il y a une vraie crainte de désintégration du Soudan au sein du gouvernement", c'est pourquoi l'ONU souligne que tant au sud qu'au Darfour, elle "oeuvre uniquement sur la base de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Soudan". M. Ban a rendu hommage à l'ancien chef du SPLM/A qui avait signé le CPA avec Khartoum, le colonel John Garang, mort à l'été 2005 dans un accident d'avion. Il a déposé une gerbe sur sa tombe, transformée en sanctuaire à Juba, exaltant ses qualités de "grand dirigeant", et visité les installations de la Minus, mission de l'ONU d'environ 10.000 Casques bleus qui veille au respect du CPA. Il a également annoncé la nomination du Pakistanais Ashraf Qazi comme son nouveau représentant spécial au Soudan. Actuellement représentant de l'ONU en Irak, M. Qazi succèdera au Soudan au Néerlandais Jan Pronk, expulsé en 2006. M. Ban a par ailleurs indiqué à la presse avoir reçu lundi soir des assurances du président soudanais Omar el-Béchir de sa coopération dans les préparatifs du déploiement d'une force hybride ONU-Union africaine de 26.000 hommes au Darfour. Arrivé lundi à Khartoum, M. Ban effectue une visite de trois jours au Soudan pour faire avancer la cause de la paix dans toutes les régions troublées du pays, en premier lieu au Darfour, dossier dont il a fait sa priorité dès son entrée en fonctions en janvier. Mercredi il se rend à El Facher, chef-lieu du nord Darfour.
|
Le Darfour reste la première priorité du gouvernement soudanais
Jeune Afrique, 5 septembre 2007
Le ministre soudanais des Affaires étrangères, Lam Akol, a réitéré mardi que la crise de la région soudanaise du Darfour reste la première priorité du gouvernement. "La question du Darfour est la question numéro un au Soudan", a déclaré le chef de la diplomatie soudanaise lors d'un forum des ambassadeurs de pays arabes tenu à Khartoum. La question a toutefois pris différentes formes au niveau international, a ajouté M. Akol. "Certaines parties tentent d'exploiter la question en faveur de leurs propres intérêts, alors que d'autres parlent faussement de la détérioration de la situation dans la région" Selon M. Akol, le président soudanais, Omar el-Béchir, a formé un comité préparatoire pour la conférence des donateurs arabes, qui se tiendra les 30 et 31 octobre à Khartoum afin de fournir une assistance humanitaire à la population du Darfour affectée par le conflit. Il a précisé que le comité est présidé par le conseiller présidentiel, Mustafa Othman Ismaïl, et lui-même. Par ailleurs, le président el-Béchir a ordonné à Nafie Ali Nafie, son adjoint et vice-président du Congrès national (CN, au pouvoir), de prendre la responsabilité du dossier du Darfour en remplacement de l'ancien conseiller présidentiel, Majzoub al- Khalifa, décédé suite à un accident de la route fin juillet. Le président soudanais a également appelé au renforcement de la sécurité au Darfour, disant que tout progrès positif en la matière encouragera le retour volontaire des personnes déplacées.
|
Au Soudan, Ban ki-moon cherche des solutions 'réalistes' au conflit
Nations Unies New York 4 septembre 2007
Arrivé hier au Soudan, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a souligné qu'il entamait son voyage dans le pays avec une perspective « réaliste » et « pragmatique » après des mois de « diplomatie invisible », notamment pour trouver une solution à la rareté de l'eau au Darfour. « Laissez-moi vous dire quelque chose sur ma personnalité. Je ne suis pas un philosophe. Je n'ai jamais eu grand cas des effets de rhétorique -- de rêves pour l'avenir, de « visions » qui promettent plus qu'elles ne peuvent accomplir. Je suis un réaliste, un homme d'action. Je crois dans les résultats, pas dans la rhétorique », a déclaré le Secrétaire général lors d'une allocution devant les membres de l'Association des Nations Unies au Soudan, à Khartoum. Ban Ki-moon a souligné une fois de plus les origines climatiques du conflit au Darfour : « Vous savez tous que le conflit au Darfour a commencé, il y a longtemps de cela, à cause de la sécheresse », a-t-il dit. « La décision des hommes de se faire la guerre pour ces précieuses ressources naturelles a aggravé d'autres facteurs et problèmes. Mais le fait est là. Le manque d'eau et la rareté des ressources en général, a contribué à une aggravation des problèmes du Soudan ». « Parmi les solutions, le gouvernement, avec l'assistance internationale, devra s'assurer que les populations du Darfour ont accès aux ressources naturelles vitales, notamment l'eau ». « Je suis conscient que tout cela est très concret et terre-à-terre. Ca l'est effectivement. Si vous attendiez de grandes déclarations de principe, je vous ai peut-être déçu. Mais telle est la question. En tant que Secrétaire général, je ne cherche que des solutions », a-t-il fait observer. « Au cours de ma visite, je rencontrerai le président Omal el-Béchir et d'autres hauts représentants ». « Je rencontrerai aussi le Premier Vice-président Salva Kiir, au Sud-Soudan, ainsi que des représentants de l'opposition ». Ban Ki-moon a rappelé le déploiement prochain de l'Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD), qui autorise un total de 26.000 casques bleus pour le Darfour L'accord donné par le Soudan « vient après des mois de diplomatie très ardue, en grande partie invisible, menée à travers plusieurs fuseaux horaires dans le calme feutré de réunions tenues dans de nombreuses capitales à travers le monde », a expliqué Ban Ki-moon. Ce dernier a mis l'accent sur les résultats déjà accomplis par la présence des Nations Unies : au Sud-Soudan, le nombre d'enfants qui va à l'école est passé de 343.000 en 2005 à plus d'un million en 2007. « Nous avons vacciné le bétail, distribué de la nourriture et des suppléments vitaminés aux enfants, creusé des centaines de nouveaux puits et aidé à reconstruire les routes » . « Mais il faut bien plus si l'on veut réaliser au Soudan les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) », a-t-il souligné. « Quant aux droits de l'homme, il suffit de regarder autour de nous pour voir le chemin que doit parcourir le Soudan pour protéger les droits fondamentaux et les populations des souffrances ». « Une culture d'impunité et l'héritage des crimes du passé non réglés ne peuvent qu'éroder la paix », a affirmé Ban Ki-moon.
|
Si nous ne faisons rien, le Darfour sera le modèle des tragédies de demain
Le Figaro 3 septembre 2007
Les conditions critiques qui continuent de sévir au Darfour causent à ses habitants des souffrances immenses. Les deux bords du conflit - le gouvernement soudanais et ses alliés armés, de même que les groupes d'opposition au Darfour - doivent comprendre qu'il ne faut plus que les civils tombent, victimes de leurs querelles politiques. L'accord du gouvernement soudanais pour le déploiement d'une force hybride ONU-Union Africaine, qui vise à maintenir la paix dans la région, est bien sûr un développement bienvenu. Mais le mandat de cette mission doit être assez robuste pour assurer la pleine protection des populations civiles. En outre, cette force doit compter assez d'hommes, disposer d'assez de capacités et de financement pour mettre en pratique cet objectif. Les pays et les institutions qui se sont engagés à fournir des fonds supplémentaires pour garantir le succès de cette mission - en particulier la France, l'Espagne et l'Union européenne - doivent être applaudis. Il est important d'assurer au gouvernement soudanais que la mission ONU-UA ne vise pas à un changement de régime dans le pays et ne cherchera pas à sortir de son mandat. Dans le même temps, le gouvernement soudanais doit bien comprendre que c'est seulement en honorant ses engagements passés et en coopérant au déploiement de la mission, qu'il préservera le soutien international. Quant à l'opposition, les efforts récents de certains de ses responsables pour surmonter sa fragmentation et réunifier le mouvement, sont de bonnes nouvelles. II est essentiel que tous les principaux groupes s'accordent sur leurs objectifs et sur une position de négociation. Alors seulement ils deviendront des par tenaires crédibles pour la communauté internationale et le gouvernement soudanais. Toutes les parties doivent réaliser qu'au bout du compte, il n'existe aucun autre moyen de résoudre leur conflit qu'un accord de paix équitable et soutenable, endossé par tous les protagonistes. Le retour des déplacés et leur prise en charge doivent être partie intégrante d'un tel accord. En dépit du fait qu'aucun signe de progrès ne soit apparent, les acteurs responsables à travers le monde, tout particulièrement les élus et les journalistes, doivent continuer à se préoccuper du Darfour. Maintenant que des signes de stabilisation peuvent être espérés pour les mois à venir, les pays économiquement avancés, en particulier, devraient assumer leur responsabilité globale et aider le Darfour sur sa route vers le renouveau et la prospérité. En facilitant les relations complexes entre la communauté internationale et les acteurs locaux au Darfour, l'ONU joue aujourd'hui un rôle indispensable et doit être soutenue activement. La Chine, en particulier, devrait user de sa considérable influence au Soudan pour amener les dirigeants de ce pays, à un règlement pacifique et définitif de cette guerre.
Par ailleurs, et parce que le Darfour est emblématique des problèmes de la planète, la communauté internationale doit regarder au-delà des circonstances immédiates du conflit et accentuer ses efforts pour traiter les menaces qui ont joué un rôle dans le désastre, comme le réchauffement climatique et la dégradation de l'environnement. L'accélération de la désertification conduira sans doute à une baisse de la production agricole dans cette zone, une détérioration aiguë de l'accès à l'eau et peut-être d'autres conflits et d'autres mouvements de populations. Des conditions similaires existent - ou commencent à exister - dans divers endroits du monde. Donc la nature globale du problème doit être reconnue et traitée partout où la dégradation de l'environnement a déjà détérioré la vie des gens. Là, où pareil catastrophe se profile, une action préventive est nécessaire.
par SAR le prince Hassan Bin Talal, frère du roi de Jordanie André Glucksmann , , philosophe Vartan Gregorian , président de la Carnegie Corporation of New York Vaclav Havel , ancien président de la République tchèque Mike Moore , ancien directeur général de l'OMT Michael Novak , , auteur et théologien américain, Mary Robinson , ancienne présidente de la République d'Irlande Yohei Sasakawa , président de la Fondation japonaise Karel Schwarzenberg , sénateur de la République tchèque George Soros , financier Desmond Tutu , archevêque sud-africain Richard von Weizsâcker , ancien président allemand Grigory Yavlinsky , économiste russe .
|
Soudan: 41 civils tués dans une attaque contre un bâtiment de l'ONU
Agence France Presse, Khartoum, 1 er septembre 2007
Le ministère soudanais de l'Intérieur a accusé samedi des rebelles du Darfour d'avoir tué 41 civils dans une attaque jeudi contre un bâtiment de l'ONU à l'ouest du Soudan. L'attaque a visé un bâtiment d'une mission de l'ONU, la Minus, à la frontière entre l'Etat du Kordofan et la région du Darfour, précise le communiqué du ministère. Certains assaillants ont été arrêtés et d'autres sont encore en fuite, ajoute t-il, sans préciser quel groupe de rebelles est à l'origine de l'attaque. La Minus est une mission de l'ONU d'environ 10.000 Casques bleus qui veille au respect d'une paix précaire signée en 2005 par le gouvernement et d'anciens rebelles. Cette attaque intervient alors que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, entame lundi à Khartoum une tournée d'une semaine au Soudan, au Tchad et en Libye, déterminé à donner un vigoureux coup de pouce au processus de règlement du conflit au Darfour. M. Ban veut d'abord s'assurer que la Minuad, la future force "hybride" ONU-Union africaine (UA), pourra être déployée rapidement et efficacement dans la province soudanaise. Cette force de 26.000 hommes à terme sera la plus importante mission de maintien de la paix dans le monde. Le conflit, qui sévit depuis février 2003 au Darfour, province de l'ouest du Soudan, a fait 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés, selon l'ONU. Khartoum ne parle que de 9.000 morts. . |