Le Soudan dans la Presse

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2ème semestre


Septembre 2007

       

Le Monde
30 septembre 2007

Les Européens se mobilisent en faveur de la force militaire pour le Tchad

Nations Unies
Conseil de Sécurité
28 septembre 2007

Conseil de sécurité : les experts sur les sanctions au Darfour reconduits pour un an - Résolution 1779 (2007)

Jeune Afrique
27 septembre 2007

Rice évoque le Darfour avec son homologue libyen à New York

Xinhuanet
New York
27 septembre 2007

L'ONU dénonce la poursuite des attaques de véhicules  humanitaires au Darfour

Les Echos
27 septembre 2007

Le Darfour et le droit d'ingérence

Jeune Afrique
27 septembre 2007

Darfour : l'ONU exhorte les rebelles à respecter le cessez-le-feu

Le Figaro
26 septembre 2007

La France défend le déploiement rapide d'une force européenne au Tchad

Agence France Presse
26 septembre 2007

La force ONU/UE au Tchad et en RCA: une force tournée vers le Darfour

Nations Unies
New York
25 septembre 2007

Tchad/Centrafrique : le conseil de sécurité crée une mission des nations unies dotée d'une force européenne – Résolution 1778 (2007)

Le Monde
25 septembre 2007

La France veut une force européenne près du Darfour

Le Monde
25 septembre 2007

Paris peine à obtenir des soldats d'autres pays de l'Union

Africa Confidential
édition française
24 septembre 2007

Avertissement dans le Sud Soudan

Etats-Unis
Département d'Etat
24 septembre 2007

Les Etats Unis exhortent toutes les parties au Soudan à appliquer l'accord de paix

La Lettre de l'Océan Indien
22 septembre 2007

Total au Sud-Soudan

Le Figaro
21 septembre 2007

L'Europe peine à intervenir autour du Darfour

Le Figaro
21 septembre 2007

L'Afrique et la défense européenne

Le Monde
20 septembre 2007

L'un des principaux chefs rebelles refuse le dialogue prévu avec Khartoum en Libye

Le Monde
20 septembre 2007

L'absence d'un accord entre Khartoum et les rebelles complique le déploiement de la « force hybride »

Le Figaro
17 septembre 2007

La Chine s'engage avec ses Casques Bleus

Agence Fides
Rome 17 septembre 2007

De nouvelles lueurs de paix pour le Darfour

Le Monde 
15 septembre 2007

HRW dénonce la passivité de l'armée française face aux crimes du pouvoir en Centrafrique

Le Figaro 
15 septembre 2007

Darfour : l'UE enverra une force militaire au Tchad

Reuters
14 septembre 2007

Avertissement de la rébellion à la future force de l'UE au Tchad

Jeune afrique 
14 septembre 2007

Le Soudan prêt à un cessez-le-feu avec les rebelles au Darfour

Zénit
Rome
14 septembre 2007

Soudan : Benoît XVI reçoit le président El-Bashir

 

A.F.P. 
14 septembre 2007

Le Soudan prêt à un cessez-le-feu avec les rebelles au Darfour

Xinhuanet 
14 septembre 2007

Les casques bleus chinois au Soudan honorés

A.F.P. 
14 septembre 2007

Le Soudan prêt à un cessez-le-feu avec les rebelles au Darfour

Irin 
13 septembre 2007 

Les rebelles du Darfour accusent le gouvernement d'avoir bombardé leurs positions

Le Monde
11 septembre 2007

Des rebelles disent que Khartoum a bombardé une ville du Darfour

Africa-Confidential 
10 septembre 2007

Soudan : Le calendrier dérape au Darfour

Le Monde 
10 septembre 2007

Khartoum charge un ministre inculpé par la CPI d'enquêter sur les droits de l'homme au Darfour

Communiqué 
10 septembre 2007

Fédération International des Ligues des Droits de l'Homme

Tunisie-Presse
10 septembre 2007

Le président Omar el Béchir du Soudan attendu jeudi au Vatican

Nouvel Observateur
8 septembre 2007

Ban Ki-moon veut un accord politique définitif sur le Darfour fin octobre

Agence France Presse
Bruxelles
8 septembre 2007

L'Union Européenne envisage d'envoyer jusqu'à 4.000 soldats au Tchad et en Centrafrique

Jeune Afrique
8 septembre 2007

Ban Ki-moon en Libye pour parler du Darfour

 

Jeune Afrique
7 septembre 2007

Ban Ki-moon au Tchad pour parler du Darfour et de protection des réfugiés

Agence France Presse
el Fascher
6 septembre 2007

Ban Ki-moon mesure par lui-même la complexité du dossier du Darfour

Nations Unies
New York
6 septembre 2007

Le Soudan et l'ONU signent un nouveau communiqué conjoint

 

Jeune Afrique avec l'AFP
6 septembre 2007

Ban Ki-moon à Khartoum pour des discussions sur le Darfour

 

Le Monde
5 septembre 2007

Ban Ki-moon au Sud-Soudan pour relancer l'accord de paix

Agence France Presse
5 septembre 2006

Ban Ki-moon dans le sud du pays pour revigorer un accord de paix crucial

Jeune Afrique
5 septembre 2005

Le Darfour reste la première priorité du gouvernement soudanais

 

Nations Unies
New York
4 septembre 2004

Au Soudan, Ban ki-moon cherche des solutions 'réalistes' au conflit

 

Le Figaro
3 septembre 2007

Si nous ne faisons rien, le Darfour sera le modèle des tragédies de demain

Agence France Presse
1 er septembre 2007

Soudan: 41 civils tués dans une attaque contre un bâtiment de l'ONU

 

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Les Européens se mobilisent en faveur de la force militaire pour le Tchad

Le Monde par Laurent Zecchin 30 septembre 2007

 

Les Français eux-mêmes n'en reviennent pas. Contrairement aux inquiétudes exprimées dans différentes capitales, il ne devrait pas être trop difficile de mobiliser l'équivalent de trois bataillons (environ 3 000 hommes) pour la force européenne qui rejoindra l'est du Tchad et le nord de la Centrafrique avant la fin de l'année pour appuyer la force ONU-UA.

Les ministres européens de la défense, réunis, vendredi 28 septembre, à Evora (Portugal), ont souligné que cette opération en faveur des réfugiés du Darfour était légitime, urgente et attendue par leurs opinions publiques respectives.

Au moins dix d'entre eux ont annoncé des contributions militaires provisoires, dont le total est estimé à environ 2 500 hommes. A la demande de Nicolas Sarkozy, le ministre français de la défense Hervé Morin a exhorté ses homologues à se mobiliser, expliquant que la résolution des Nations unies autorisant le déploiement de cette force au Tchad avait été "portée par la France et la Grande-Bretagne, au nom de l'Union européenne" .

Comme prévu, la France fournira l'ossature de cette force européenne, avec 1 500 hommes. L'Irlande sera l'un des principaux contributeurs avec 350 soldats. Des négociations se poursuivent, d'autre part, avec Dublin pour que le gouvernement irlandais accepte d'accentuer la "visibilité" de son effort.

La Suède fournira 200 soldats, mais il n'est plus question que Stockholm assume le commandement de la force européenne, comme cela avait été envisagé. La Pologne a annoncé un effort à hauteur de 150 soldats et sans doute aussi des policiers. La Belgique évoque le chiffre d'une centaine de soldats, de même que la Slovénie, alors que l'Autriche enverrait environ 70 hommes. La Finlande et les Pays-Bas ont annoncé leur participation sans citer de chiffres, d'autres pays indiquant qu'ils seraient présents d'une manière ou d'une autre.

Le Luxembourg a ainsi fait part d'une contribution financière de 400 000 euros, tandis que l'Espagne mettra ses capacités de transport aérien au service de l'opération. L'Allemagne se contentera d'envoyer des officiers au quartier général de l'opération et les Britanniques ont adopté une attitude plus positive que prévu, indiquant, selon Hervé Morin, qu'ils "regardent" comment ils pourraient contribuer.

Le ministre français de la défense s'est dit convaincu que "l'objectif de 3 000 hommes sera atteint sans trop de difficultés" , y compris parce que des contributions de pays non membres de l'UE ont également été sollicités (Croatie, Maroc, etc.). La question du financement de l'opération et son organisation logistique. Les coûts communs, au niveau européen, devraient dépasser 100 millions d'euros, ce qui représentera sans doute moins de 15 % du total du financement nécessaire.

 

septembre 2007

Conseil de sécurité : les experts sur les sanctions au Darfour reconduits pour un an  

Nations Unies Conseil de Sécurité, 28 septembre 2007

 

Le Conseil de sécurité a décidé à l'unanimité, ce matin, de reconduire jusqu'au 15 octobre 2008 le mandat du Groupe d'experts chargé de surveiller les sanctions sur les armes, les déplacements et les avoirs financiers imposées aux individus et entités non gouvernementales opérant dans la région du Darfour.

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies , le Conseil, par sa résolution 1779 (2007), demande au Groupe d'experts de coordonner ses activités avec la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) et de l'opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) qui lui succédera.

Dans le préambule de sa résolution, le Conseil de sécurité note avec une profonde préoccupation « la violence et l'impunité qui continuent de régner, ainsi que la détérioration de la situation humanitaire qui en résulte ».

De même, il presse instamment les parties n'ayant encore « pas accepté de participer aux négociations qui doivent avoir lieu le 27 octobre en Libye, avec l'Union africaine et l'ONU comme médiateurs, de le faire immédiatement ».

Il exige que les parties au conflit fassent preuve de modération et cessent toute activité militaire afin de créer une atmosphère propice à ces négociations ( dépêche du 27.09.2007).

 

septembre 2007

 

Rice évoque le Darfour avec son homologue libyen à New York

Jeune Afrique avec l'AFP, 27 septembre 2007

 

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a discuté de la situation au Darfour avec son homologue libyen Abdelrahmane Chalgam mercredi à New York, a indiqué un haut responsable du département d'Etat.

M. Chalgam, dont c'était la troisième rencontre avec Mme Rice, était accompagné d'un des fils du dirigeant libyen Mouammar Khadafi, Mutasim-Billah, récemment nommé conseiller à la sécurité nationale, a précisé ce haut responsable ayant requis l'anonymat.

Le chef de la diplomatie libyenne a invité Mme Rice à la conférence de paix prévue le 27 octobre en Libye, qui doit réunir des pourparlers de paix entre le gouvernement soudanais et les factions rebelles du Darfour.

"Ils lui ont clairement dit qu'elle serait la bienvenue", a précisé le responsable américain, mais "son emploi du temps est un peu surchargé au mois d'octobre".

Mme Rice a prévu de se rendre à plusieurs reprises au Proche-Orient d'ici la réunion internationale de novembre, destinée à relancer les pourparlers de paix israélo-palestiniens.

Le responsable américain s'est félicité de la qualité de l'entretien. "Il y a trois ans, nous n'aurions pas eu de discussion au sujet du Soudan" avec la Libye, a-t-il souligné, en référence à la période où les relations entre les Etats-Unis et la Libye étaient encore balbutiantes. Mme Rice avait affirmé fin juillet, après la récente libération des infirmières et du médecin bulgares, détenus pendant huit ans dans le pays, qu'elle espérait pouvoir se rendre "bientôt" à Tripoli.

Les Etats-Unis avaient annoncé l'an dernier la normalisation complète de leurs relations avec la Libye, en retirant le pays de leur liste des Etats soutenant le terrorisme et en élevant leur représentation au niveau d'ambassade.

Complètement rompues en 1981, les relations diplomatiques avaient été rétablies début 2004 au niveau des sections d'intérêts, quelques semaines après l'annonce par M. Kadhafi que son pays renonçait à acquérir des armes de destruction massive.

 

septembre 2007

 

L'ONU dénonce la poursuite des attaques de véhicules  humanitaires au Darfour

Xinhuanet, New York, 27 septembre 2007

 

La Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) a informé que les attaques de  véhicules ont continué ces derniers jours dans le sud du Darfour,  alors que les agences de l'ONU poursuivent leurs opérations. 

Lors d'un incident, le chauffeur d'un véhicule appartenant à  une ONG internationale a été attaché et battu, a déclaré la porte- parole du secrétaire général, Marie Okabe, jeudi lors du point de  presse au siège de l'ONU à New York. 

Il est à présent soigné dans une clinique de l'ONU à Nyala, a- t-elle ajouté. Un convoi de l'ONU a été attaqué le même jour. 

Cependant, les agences de l'ONU et leurs partenaires  poursuivent leurs opérations humanitaires dans la région. 

Le Programme alimentaire mondial (PAM), l'Organisation des  Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le  Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef) ont terminé  l'évaluation d'urgence des besoins et de la sécurité alimentaire  dans les trois Etats du Darfour, a indiqué un communiqué du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA). 

L'évaluation concernait 2.250 foyers dans 90 sites différents. Les résultats, qui feront le bilan de la situation alimentaire et  de l'état nutritionnel de la population, seront communiqués de  façon préliminaire à la mi-octobre avant de faire l'objet d'un  rapport en novembre. 

Dans le nord du Darfour, l'Unicef a soutenu la construction de  neuf salles de classe pour 450 enfants au camp de personnes  déplacées d'El Salaam. 

L'Unicef a également appuyé une campagne de vaccination contre  la poliomyélite et la rougeole, accompagnée d'apports en vitamine  A, visant 12.000 enfants de moins de cinq ans dans la région de  Jebel Marra. 

Par ailleurs, une campagne de sensibilisation à la santé et à  l'hygiène a touché 9.680 foyers de la ville capitale d'El Fasher. 

Dans l'ouest du Darfour, l'agence a aussi mené une campagne  auprès de 323 foyers pour diminuer les risques de diarrhée et  d'autres maladies véhiculées par l'eau. Elle a lancé une campagne  pour la promotion de l'hygiène dans les camps d'Ardamata, de Durti et de Ryad. 

Pour contrer le risque de propagation du paludisme, l'Unicef a  fourni des médicaments aux ONG présentes dans le pays et des  moustiquaires au ministère de la Santé.

 

septembre 2007

Le Darfour et le droit d'ingérence  

Les Echos, 27 septembre 2007 par J acques Hubert-Rodier

 

Le Conseil de sécurité a donné, mardi, à l'unanimité de ses 15 membres, son feu vert au déploiement de soldats de l'Union européenne au Tchad et en Centrafrique pour protéger les populations touchées dans ces pays par le conflit du Darfour. Une crise qualifiée cette semaine encore de « génocide », à la tribune des Nations unies, par le président américain George W. Bush, qui a appelé le gouvernement et les rebelles soudanais à un cessez-le-feu.

Cette décision s'inscrit dans le droit-fil des mesures prises depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale pour bannir et sanctionner toute forme de génocide et de crime contre l'humanité. Plus de dix ans après les massacres du Rwanda, cette région de l'ouest du Soudan est devenue un véritable test pour les Etats-Unis et les autres grandes puissances de ce qui s'impose de plus en plus comme un droit d'ingérence humanitaire. Mais cette volonté unanime d'agir cache mal cependant les rivalités, notamment entre les Etats-Unis et la Chine, en Afrique de l'Est.

Sur le fond, les causes du conflit au Darfour sont pourtant directement liées à une lutte clanique et tribale dépassant les frontières du Soudan et touchant le Tchad et le Centrafrique. L'intervention du gouvernement soudanais est cependant capitale. Khartoum a ainsi mené une offensive militaire contre la rébellion lancée par l'Armée de libération du Soudan (ALS) et appuyée ensuite par le Mouvement Justice et Egalité (MJE). Une offensive qui s'est traduite également par une « guerre par procuration ». Les milices arabes, connues sous le nom de « Janjawid » (hommes armés à cheval), ont eu tout loisir de s'attaquer librement aux villages en y commettant des atrocités contre les populations civiles, parfois avec le soutien de l'armée soudanaise.

Pour sa part, le Tchad a dû faire face à un afflux de quelque 236.000 réfugiés soudanais, s'ajoutant aux 173.000 déplacés en raison du conflit. Le Centrafrique est dans une situation similaire, avec plus de 10.000 réfugiés et 200.000 déplacés. La perméabilité de la frontière entre le Soudan et le Tchad, conséquence d'un découpage datant d'une mission franco-britannique en 1924, a permis une « contamination » de la crise dans ce pays à travers des milices claniques mettant en péril le régime du président tchadien Idriss Deby.

Mais au-delà de la région, la façon dont la crise sera résolue pèsera lourdement pour juger de la véritable réforme de l'ONU, de la capacité de son nouveau secrétaire général Ban Ki-moon et de ses objectifs en matière de maintien de la paix dans le monde. Paradoxe du nouveau siècle : autant les Etats-Unis, considérés comme les libérateurs de l'Europe du joug nazi, sont en train d'échouer dans leurs efforts de reconstruction en Afghanistan et en Irak, autant les Nations unies ont remporté quelques succès récents dans leur tentative de stabilisation de plusieurs pays, comme le note dans une récente étude la firme américaine Rand. Actuellement, plus de 100.000 Casques bleus sont déployés dans le monde. Seule l'armée américaine, avec quelque 170.000 militaires sur des théâtres d'opération extérieure, essentiellement en Irak, dépasse ce chiffre.

L'implication pour le Darfour des grandes puissances et des Nations unies, qui devraient également mettre en place à l'intérieur du Darfour avec l'Union africaine une force « hybride » de maintien de la paix, entraîne une autre conséquence immédiate. Si ce conflit devait perdurer à l'ouest, le très fragile accord sur l'autonomie du Sud-Soudan intervenu entre le gouvernement de Khartoum et l'Armée populaire de libération du Soudan (APLS) au terme d'une guerre civile qui, selon les estimations, aurait fait 2 millions de morts depuis l'indépendance du Soudan en 1956, serait vraisemblablement remis en cause.

Mais il n'y a pas que des raisons humanitaires qui poussent les grandes puissances à s'impliquer. Le Soudan fait aujourd'hui partie du nouveau « grand jeu » mondial à côté du Moyen-Orient : celui de la lutte pour l'accès aux réserves énergétiques. Cette fois-ci, la crise fait directement entrer en scène la Chine. Celle-ci achète environ 80 % de la production pétrolière soudanaise, représentant près de 7 % de ses importations de brut. D'après une étude réalisée par David Mascré, de l'université Paris-V, et publiée récemment par l'Institut Thomas-More, sur les quinze plus importantes sociétés étrangères présentes au Soudan, treize sont chinoises, et la seule China National Petroleum aurait investi quelque 3 milliards de dollars dans le plus important projet à l'étranger de la République populaire pour le développement du champ pétrolier de Muglad et d'un oléoduc long de 1.500 kilomètres.

Cette présence chinoise est d'autant mieux accueillie par le régime d'Omar al-Bashir que l'aide de Pékin ne comporte pas des conditions similaires à celles des organisations internationales. Cette avancée chinoise a été facilitée par le fait que Khartoum est soumis à un dur régime de sanctions depuis une dizaine d'années de la part des Etats-Unis. Des sanctions qui ont d'ailleurs contraint les grandes compagnies américaines et européennes à quitter le pays.

Jusqu'au printemps dernier, la Chine a fait de la résistance au Conseil de sécurité des Nations unies face aux pressions américaines, britanniques et françaises pour forcer Khartoum à accepter le déploiement d'une force des Nations unies en soutien de l'actuelle opération de maintien de la paix de l'Union africaine, comme le prévoyait l'accord de mai 2006 conclu par Khartoum et l'un des groupes en rébellion du Darfour. Mais la nomination d'un émissaire chinois pour le Soudan, Zhai Jun, a marqué au printemps dernier un tournant. Ce tournant s'est même concrétisé par la participation de la Chine à côté des Etats-Unis à la conférence organisée par Paris sur le Darfour.

Car au-delà des couloirs du palais de verre de l'ONU à New York, une autre partie se joue pour la Chine : l'organisation des jeux Olympiques de Pékin en 2008.

Sans aucun doute, la campagne initiée par l'actrice américaine Mia Farrow - « Les JO du Génocide » - et relayée par des ONG, a contribué à obliger Pékin à agir auprès de son allié. Ces pressions ont eu un premier effet : celle de préparer le déploiement de près de 17.000 Casques bleus pour renforcer les troupes africaines, mal équipées, et celle d'ouvrir la petite porte à une reprise des pourparlers entre Khartoum et les groupes rebelles du Darfour non signataires de l'accord de 2006.

Mais une nouvelle fois, la lenteur de la réaction internationale face au conflit du Darfour a laissé s'accomplir de nouveaux crimes contre l'humanité. La question est toujours de savoir quand le « plus jamais cela » de l'après-guerre mondiale sera réellement appliqué. Au Darfour, il s'agit depuis 2003 de plus de 200.000 morts et de plus de 2 millions de déplacés. Et dans le monde depuis cinquante ans, les atrocités contre les peuples - génocide et nettoyage ethnique - ont coûté la vie à plus de 20 millions de personnes. Triste bilan.

 

septembre 2007

Darfour : l'ONU exhorte les rebelles à respecter le cessez-le-feu

Jeune Afrique avec Xinhuanet, 27 septembre 2007

 

L'ONU a exhorté mercredi les rebelles de la région soudanaise du Darfour (ouest) à respecter le cessez-le-feu, alors que des préparatifs sont en cours pour le relancement des négociations sur la paix.

"L'ONU et l'Union africaine (UA) ont indiqué que la cessation des hostilités est une priorité primordiale et une requête principale, non seulement pour aider à améliorer la situation du peuple sur les lieux et à atténuer les souffrances de la population du Darfour, mais aussi afin d'assurer un environnement viable pour les négociations", a déclaré Radhia Achouri, la porte- parole de la mission onusienne au Soudan.

"Vous ne pouvez pas négocier en continuant à combattre sur les lieux. Toutes les parties doivent respecter la cessation des hostilités", a-t-elle ajouté.

Elle a réitéré que le dossier du Darfour ne pourra être résolu que par la négociation et que l'une des requêtes fondamentales des négociations insiste sur le fait que tous les participants à la table de négociations respectent le cessez-le-feu.

Khalil Ibrahim, dirigeant du Mouvement de la justice et de l'égalité (JEM), a récemment déclaré qu'il continuera à lutter contre les forces gouvernementales au cours des prochaines négociations, qui auront lieu le 27 octobre prochain dans la capitale libyenne de Tripoli.

Pour préparer les négociations sur la paix, les médiateurs de l'ONU et de l'UA ont entamé davantage de consultations avec les parties concernées.

Andrew Natsios, émissaire spécial des Etats-Unis pour le Darfour, est arrivé mercredi à Khartoum pour effectuer une visite de 10 jours au Soudan, au cours de laquelle il s'entretiendra avec les dirigeants soudanais sur la situation du Darfour.

 

septembre 2007

La France défend le déploiement rapide d'une force européenne au Tchad

Le Figaro, par Tanguy Berthemet 26 septembre 2007

 

Paris se propose d'assurer avec la flotte française la protection des navires acheminant l'aide en Somalie.

 

L'Assemblée générale des Nations unies a été pour le président Sarkozy l'occasion de renouer avec l'Afrique. Hier, Paris a proposé, lors d'une réunion du Conseil de sécurité entièrement consacrée au continent, le déploiement d'une «force multidimensionnelle » composée de troupes de l'ONU et de l'Union européenne au Tchad et en Centrafrique. Cette résolution, dont l'adoption était en principe acquise d'avance, se veut avant tout humanitaire. Il s'agit d'établir un niveau de sécurité acceptable pour les quelque 400 000 personnes venues en grande partie du Darfour voisin ou déplacées dans l'Est tchadien. En annonçant cette initiative le mois dernier, Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs insisté sur la situation sanitaire « tragique » dans la région.

La future force devrait compter environ 300 policiers de l'ONU chargés de rétablir l'ordre dans les camps, et quelque 3 000 soldats, fournis par l'Union européenne, qui auront pour tâche de surveiller les routes. « L'idée est que ces troupes soient déployées dans les deux mois à venir, en même temps que les Casques bleus au Darfour », souligne un diplomate français.

 

« Génocide »

 

Mais le président français entendait surtout replacer la France sur le terrain politique. Dans un entretien accordé au New York Times, Nicolas Sarkozy assure ainsi qu'« on ne peut pas laisser faire un génocide » au Darfour. Une façon ferme d'enjoindre Khartoum de prendre rapidement ses responsabilités pour mettre un terme aux tueries qui ensanglantent le pays depuis plus de quatre ans. Jusqu'alors, seuls les États-Unis ont utilisé le terme de génocide pour qualifier la situation au Darfour, s'attirant au passage de vives critiques de spécialistes de la région. Devant le Conseil de sécurité, Nicolas Sarkozy devait également plaider pour que s'exercent des pressions sur les chefs des rebelles du Darfour, afin de les amener à participer aux négociations de paix prévues le mois prochain à Tripoli, en Libye. Quitte à recourir à des sanctions. Enfin, la France devait proposer que sa flotte assure pendant deux mois, en octobre et en novembre, la sécurité des navires acheminant l'aide alimentaire en Somalie, régulièrement victimes de pirates. « C'est notre intérêt d'aider à surveiller les côtes somaliennes pour que les bateaux puissent décharger de la nourriture et éviter une gigantesque famine », a récemment affirmé Nicolas Sarkozy.

Sans l'avouer, l'Élysée espère par cette série de propositions gommer la mauvaise impression laissée par le premier déplacement du chef d'État français, en juillet, en Afrique. Le discours alors prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar avait été mal reçu, Alpha Oumar Konaré, le président de la Commission de l'Union africaine évoquant même un texte d'« un autre temps ». Une tâche qui paraît en partie accomplie. En marge du sommet, Nicolas Sarkozy qui devrait se rendre à Luanda en 2008, a rencontré le président angolais, José Eduardo Dos Santos, mettant fin à des années de brouille provoquée par un long feuilleton politico judiciaire entre les deux pays.

 

septembre 2007

La force ONU/UE au Tchad et en RCA: une force tournée vers le Darfour

Agence France Presse, Libreville, 26 septembre 2007

 

La force que l'ONU et l'Union européenne ont décidé de déployer dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique sera tournée vers le Darfour (ouest du Soudan), et ne devrait apporter que des réponses limitées aux conflits internes qui minent ces deux pays.

Pour les agences humanitaires qui s'occupent des 236.000 réfugiés soudanais et des 173.000 déplacés tchadiens recensés par l'ONU dans l'est du Tchad, l'arrivée d'une force internationale est une bonne nouvelle.

"On soutient ce déploiement, en espérant que cela sécurise l'espace dans lequel nous travaillons", explique sous couvert de l'anonymat un responsable humanitaire en poste à N'Djamena. "Si les troupes sont bien choisies et commandées, si le mandat est clair, cela devrait décourager les ardeurs de tous ceux qui nous font obstacle". Des rébellions hostiles au président Idriss Deby Itno pullulent dans l'est du Tchad qui sert également de base arrière aux groupes armés du Darfour, en proie depuis février 2003 à une guerre civile qui a déjà fait, selon l'ONU, 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés.

Tous ces mouvements rebelles sont accusés d'entraver l'acheminement de l'aide, de semer l'insécurité autour des camps de déplacés, voire d'y recruter leurs troupes, parfois parmi les enfants."Il était temps que la communauté internationale se mobilise face à cette catastrophe humanitaire", se réjouit Dobian Assingar, de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).

Mais pour les experts, le déploiement de cette force de 300 policiers onusiens et au maximum 4.000 soldats européens, qui pourrait débuter fin octobre, risque d'être insuffisant pour endiguer la propagation de la crise du Darfour. Et ne suffira certainement pas à pacifier les pays hôtes des militaires internationaux.

"Il y a plus de 1.000 km de frontière à protéger", souligne Dobian Assingar. "Peut-on réussir une telle mission avec 4.000 hommes? Je ne le pense pas". Le mandat de la force, approuvé mardi par le Conseil de sécurité de l'ONU, semble lui donner raison. Ce mandat ne prévoit pas explicitement la protection de la frontière.

En outre, prévient le défenseur des droits de l'Homme, les soldats français, qui devraient constituer près de la moitié des troupes, "risquent de ne pas s'entendre avec les rebelles tchadiens", qui soupçonnent Paris de vouloir, par le biais de cette force, soutenir le régime au pouvoir dans son ex-colonie. "Si la mission semble soutenir le président Deby, le sentiment antifrançais risque de s'exacerber", met en garde Dobian Assingar. "Le seul moyen d'aider les Tchadiens, c'est d'amener rebelles et dirigeants à la table des négociations. Mais ça, ce n'est pas à l'ordre du jour".

En Centrafrique, où les soldats vont se déployer dans le nord-est frontalier du Soudan, l'impact de la force mixte UE-ONU s'annonce encore plus limité. "C'est dans le nord-ouest de la Centrafrique que les violences font le plus de dégâts et que les civils nécessitent une protection", note Olivier Bercault de l'ONG Human Rights Watch (HRW). "Mais là, c'est un problème 100% centrafricain sans lien avec le Darfour, du coup aucune intervention n'est prévue".

Une responsable humanitaire à Bangui déplore que "le volet droits de l'Homme de cette mission semble avoir été négligé, alors qu'il serait nécessaire pour faire cesser les exactions dans la moitié nord du pays", imputées tout autant aux rebelles centrafricains qu'aux soldats gouvernementaux.

Finalement, conclut-elle, "c'est un dispositif léger qui regardera beaucoup plus vers la frontière soudanaise, sans pour autant la protéger, que vers la Centrafrique".

 

septembre 2007

Tchad/Centrafrique : le conseil de sécurité crée une mission des nations unies dotée d'une force européenne

Nations Unies, New York, 25 septembre 2007

 

Le Conseil de sécurité a approuvé à l'unanimité ce matin la mise en place d'une présence multidimensionnelle au Tchad et en République centrafricaine, la 'MINURCAT' , qui sera accompagnée d'une force européenne et de policiers tchadiens.

Établie par la résolution 1778 (2007) adoptée lors d'une séance publique du Conseil, elle est destinée à aider à créer les conditions favorables au retour volontaire, sécurisé et durable des réfugiés et des personnes déplacées.

Cette présence inclura une police tchadienne pour la protection humanitaire (PTPH) ainsi que, pour une période d'un an, une mission de l'ONU appelée MINURCAT (Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad), pouvant comprendre jusqu'à 300 policiers, et une opération de l'Union européenne placée sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies.

La MINURCAT aura pour mandat d'assurer la sécurité et la protection des civils dans l'est du Tchad et dans le nord-est de la République centrafricaine et de promouvoir et défendre les droits de l'homme.

Elle travaillera en étroit contact avec les autorités tchadiennes et centrafricaines, avec le gouvernement soudanais, ainsi qu'avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, la Mission de l'Union africaine au Soudan et l'opération hybride UA/ONU qui lui succèdera.

L'opération de l'Union européenne sera autorisée à prendre toutes les mesures nécessaires, dans la limite de ses capacités et dans sa zone d'opération dans l'est du Tchad et dans le nord-est de la République centrafricaine, pour contribuer à la protection des réfugiés et des personnes déplacées et faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire.

Le Conseil de sécurité a suivi les recommandations faites par le Secrétaire général dans son rapport du 10 août 2007 sur le déploiement d'une présence internationale dans les régions de l'est du Tchad et du nord-est de la République centrafricaine.

Le Conseil de sécurité se réunira cet après-midi sur la question du Darfour. Le Conseil sera réuni, pour la troisième fois de son histoire, au niveau des chefs d'Etat, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la France assumant la présidence du Conseil au mois de septembre.

Veuillez consulter le site du Centre de nouvelles ONU pour plus d'information http://www.un.org/french/newscentre/

 

septembre 2007

La France veut une force européenne près du Darfour

Le Monde 25 septembre 2007 par Natalie Nougayrède

 

Alors que Nicolas Sarkozy doit présider, mardi 25 septembre, à New York, une session spéciale du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée à l'Afrique, les diplomates français ont donné un coup d'accélérateur à l'envoi, au Tchad et en Centrafrique, d'une force européenne pouvant comporter jusqu'à 4 000 soldats, destinée à stabiliser les régions affectées par le conflit du Darfour.

M. Sarkozy, qui participe pour la première fois à l'Assemblée générale des Nations unies, veut valoriser le rôle de la France dans le traitement de la guerre du Darfour, où 200 000 personnes ont, selon l'ONU, trouvé la mort dans le conflit qui oppose depuis 2003 les rebelles locaux au pouvoir central soudanais. Les troupes européennes au Tchad et en Centrafrique viendraient en appui au déploiement prévu en 2008 au Darfour d'une force militaire ONU-UA (Union africaine) de 26 000 hommes.

Le projet de résolution, dont Le Monde a pris connaissance, devait être "mis au bleu" lundi, dernière étape de procédure permettant un vote du Conseil de sécurité, qui se réunira au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement. Paris souhaite faire adopter dès mardi la résolution, placée sous le chapitre VII de la Charte de l'ONU, qui autorise le recours à la force.

Le texte prévoit la mise en place "pour une durée d'un an" , au Tchad et en Centrafrique, d'une "présence multidimensionnelle" destinée à favoriser le retour des réfugiés et des personnes déplacées, à "contribuer à la protection des populations civiles en danger" , à faciliter l'aide humanitaire et les efforts de reconstruction et de développement.

L'opération comportera deux volets : l'un, policier, relevant de l'ONU (300 policiers onusiens appuieront environ 850 policiers tchadiens devant être déployés dans les camps de réfugiés) ; l'autre militaire, sous l'égide de l'Union européenne (UE), dont le contingent aura pour mission de sécuriser des zones très volatiles, parcourues de milices armées, dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique.

Les responsables français ont eu du mal à convaincre des pays européens de contribuer à un tel déploiement, car plusieurs capitales ont exprimé des doutes sur les modalités d'une opération qui, de fait, constituera un appui militaire important à des régimes du "pré carré" français en Afrique, aux prises avec des rébellions armées locales. Au Tchad, l'armée française est intervenue à plusieurs reprises en 2006 pour bloquer des attaques de rebelles menaçant la capitale, N'Djamena. En Centrafrique, elle a combattu fin 2006 pour reprendre la ville de Birao, tombée aux mains de rebelles armés.

L'équipe du ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, s'est employée à lever les réticences de pays européens qui craignent de voir leurs soldats entraînés dans un bourbier régional où la France n'est pas perçue comme une partie neutre. La Suède, la Pologne, la Belgique, l'Espagne, l'Autriche, la Roumanie et la Grèce ont notamment été sollicitées. Les officiels français ont répété à leurs interlocuteurs que la priorité était de soulager les souffrances des civils affectés par la guerre du Darfour, et qu'il s'agissait d'une occasion de mettre en valeur la capacité de l'Union européenne à avoir une politique de sécurité et de défense commune.

Ils ont aussi rappelé que le déploiement d'une force internationale dans ces régions a été prôné par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et son prédécesseur Kofi Annan. L'UE a finalement donné un accord de principe fin juillet, mais la composition de la force destinée au Tchad et en Centrafrique, qui pourrait être déployée à partir du mois d'octobre, n'est pas encore finalisée.

La proportion de soldats français qu'elle comportera (les diplomates parlent de 50 %) est l'une des questions sensibles. Des organisations humanitaires internationales présentes dans ces régions craignent qu'une opération à composante trop française dérape vers des combats contre les rebelles tchadiens et centrafricains. Des ONG comme Oxfam et Action contre la faim ont fait des démarches pour inciter la Suède et d'autres pays européens à envoyer le plus de soldats possible afin de "diluer" la part française.

Ces ONG s'inquiètent des menaces proférées, depuis fin juillet, par plusieurs chefs rebelles tchadiens, dont Timane Erdimi et Mahamat Nouri qui, dans un communiqué, ont mis en garde contre "les initiatives françaises visant à transformer les troupes françaises au Tchad en une force européenne" , et prévenu que cela mènera "directement à un conflit avec nos forces armées" .

Les pays européens devant contribuer à la force ont insisté pour qu'une relève de ce dispositif militaire au Tchad et en Centrafrique soit assurée au bout d'un an par une force de l'ONU, afin que l'engagement de leurs troupes soit clairement limité dans le temps. Le projet de résolution déposé par la France au Conseil de sécurité est cependant vague à ce sujet. Il évoque seulement "une possible opération des Nations unies en fonction de l'évolution de la situation" .

La raison en est que le président du Tchad, Idriss Déby, s'il a accepté la force européenne, rechigne à laisser l'ONU se déployer militairement sur une partie sensible de son territoire national, dans des zones frontalières avec le Soudan. Il avait déjà refusé une demande de la France, en 2006, pour qu'une force internationale soit déployée le long de la frontière.

Des experts de la région, notamment ceux de l'organisation Human Rights Watch, ajoutent que le déploiement de la force européenne intervient trop tardivement, alors que des pans entiers de l'est du Tchad sont déjà investis par des groupes armés ayant des bases au Soudan.

Malgré les questions qu'il suscite, le déploiement d'une force européenne au Tchad et en Centrafrique est perçu par les entourages de MM. Sarkozy et Kouchner, qui ont fait de la question du Darfour une de leurs priorités, comme un succès diplomatique de la France. Ce projet a été activement défendu à partir du mois de juin, lorsque l'idée, évoquée un temps par M. Kouchner, d'ouvrir des "couloirs humanitaires sécurisés" vers le Darfour à partir du Tchad a été abandonnée en raison de l'ingérence que cela aurait représenté aux yeux du Soudan. Paris avait alors cherché à compenser ce revers en organisant un pont aérien transportant de l'aide humanitaire aux réfugiés du Darfour massés dans l'est du Tchad.

 

septembre 2007

Paris peine à obtenir des soldats d'autres pays de l'Union

Le Monde 25 septembre 2007 par Laurent Zecchini

 

Paris souhaite que les troupes françaises ne constituent que la moitié des effectifs de la force européenne d'environ 3 000 soldats qui rejoindra l'est du Tchad à partir de début novembre, en complément de la force ONU-UA qui sera déployée au Darfour en 2008. Le quartier général de cette force européenne opérant sous mandat des Nations unies sera installé à Paris, au Mont-Valérien, mais le commandant de l'opération ne sera pas français.

Paris ne tient pas à ce que celle-ci apparaisse aussi marquée par la présence française qu'a pu l'être l'opération "Artémis" de l'Union européenne dans la province congolaise de l'Ituri, à l'été 2003. "Pas question, cette fois-ci, que cela apparaisse comme une opération française en Afrique peinte en bleu" , résume un diplomate. Des négociations sont en cours pour inciter la Suède à en prendre le commandement. Alors que Stockholm a donné son accord pour envoyer un contingent militaire au Tchad, il est apparemment difficile de susciter d'autres contributions militaires européennes.

Les Britanniques ont indiqué qu'ils étaient très sollicités en Irak et en Afghanistan, alors que l'Italie et l'Espagne mettent en avant leur présence militaire au Liban dans le cadre de la Finul. L'Allemagne qui, comme les Pays-Bas, a un fort contingent en Afghanistan au titre de l'OTAN, connaît un débat politique difficile, les deux tiers de l'opinion publique demandant le rapatriement des 3 000 soldats allemands présents dans le nord de l'Afghanistan. Il est d'autant plus logique que la Suède soit l'un des principaux contributeurs puisqu'elle est le pays chef de file du "groupement tactique" (1 500 hommes) nordique qui exercera son tour d'astreinte de la force de réaction rapide européenne à partir du 1 er janvier 2008. Les contingents français et suédois devraient être complétés par des éléments polonais, belges, italiens et espagnols, les Britanniques se contentant d'une présence symbolique au sein de l'état-major multinational.

 

Eléments précurseurs

 

La "génération de forces" (les moyens militaires que chaque pays est prêt à engager), déjà lancée, pourrait se conclure à l'occasion de la réunion des ministres de la défense de l'Union européenne, vendredi 28 septembre à Evora (Portugal). Des éléments précurseurs (la force "Harpon") devraient être déployés dès la mi-octobre, soit quinze jours après le vote de la résolution des Nations unies qui doit avoir lieu cette semaine à New York.

Contrairement aux souhaits de Paris, Londres s'est opposé à ce que le Centre d'opérations de l'UE, qui est une ébauche de quartier général installé à Bruxelles, prenne en charge l'opération au Tchad. Ce refus, explicable par le traditionnel souci britannique de ne pas faire concurrence au Shape, le quartier général de l'OTAN, augure mal de la volonté de la Grande-Bretagne de soutenir une relance de la défense européenne, souhaitée par la France.

Le ministère de la défense français indique que la mobilisation de plus d'un millier de soldats pour une nouvelle opération extérieure ne devrait pas poser de difficultés, ce qui signifie qu'il ne serait finalement pas nécessaire de prélever une partie des troupes sur le contingent de 2 600 soldats présents en Côte d'Ivoire.

 

septembre 2007

Avertissement dans le Sud Soudan

Africa Confidential, édition française, n°531, 24 septembre 2007

 

Les négociations menées entre Khartoum et le Sudan People's Liberation Movemend/Army de 2003 à 2005 ont détourné l'attention des massacres et du nettoyage ethnique conduits par le régime islamique au Darfour. II exploite désormais la situation en sens inverse, en démantelant le Comprehensive Peace Agreement (CPA) tandis que l'étranger se focalise cette fois sur le Darfour. Les sudistes se plaignent depuis longtemps du fait que les ressources qui leur étaient promises soient allées au Darfour. Aujourd'hui, le Government of Southern Sudan (GOSS) accuse ouvertement Khartoum de saboter le CPA. Les deux parties achètent des armes: Khartoum surtout à la Chine; Juba à l'Ukraine et dans certains pays d'Europe de l'Est.

Le général Salva Kiir Mayardit (président du GOSS, leader du SPLM/A et premier vice-président national) a déclaré le 10 septembre devant le parlement à Juba que Khartoum était en train d'affaiblir le CPA. II a averti que le Sud pourrait "de nouveau reprendre le combat". Le refus de Khartoum d'accepter l'Abyei Boundary Commission a été "une violation claire du CPA et une menace directe contre la paix". II a aussi évoqué le refus de Khartoum de retirer ses troupes des zones pétrolières, de donner au sud sa part intégrale des recettes et de permettre le recensement, essentiel pour les élections de 2009 et le référendum sur l'indépendance de 2011.

Salva a transmis ses objections au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, à Juba le 4 septembre, et aux gouvernements chinois et norvégien auxquels il a rendu visite.

Plus récemment, l'armée et la police ont effectué des raids, le 11 septembre, contre les bureaux du SPLM/A à Khartoum; sous couvert de lutte anti-terroriste, des hommes lourdement armés sont arrivés dans des transports de troupes blindés et auraient saisi des fusils, des mitrailleuses et des grenades. Le SPLM s'est plaint de n'en avoir pas été informé, en tant que partenaire du gouvernement. Khartoum a déclaré que personne ne serait inculpé. Les Sudistes considèrent aussi les rumeurs sur la mort de Salva Kiir comme une provocation de Khartoum.

 

septembre 2007

Les Etats Unis exhortent toutes les parties au Soudan à appliquer l'accord de paix

Communiqué du département d'État

 

On trouvera ci-après le texte du communiqué sur l'accord de paix global au Soudan que le porte-parole du département d'État, M. Sean McCormack, a diffusé le 21 septembre, à l'occasion du deuxième anniversaire de la formation du gouvernement soudanais d'unité nationale.

 

(Début du texte)

 

Soudan : les États-Unis préconisent une application rapide de l'accord de paix global

Deux ans après la formation du gouvernement soudanais d'unité nationale le 20 septembre 2005, les États-Unis invitent toutes les parties à l'accord de paix global à appliquer aussi rapidement que possible tous les éléments de cet accord, qui a mis fin à la guerre civile opposant depuis vingt et un ans le Nord et le Sud. Malgré des progrès remarquables, notamment le retour dans le sud du Soudan de quelque 1,2 million de personnes déplacées et de réfugiés et la création des nombreuses commissions prévues par l'accord, la lenteur de son application préoccupe les États-Unis.

Parmi les obstacles à cette application figurent : le fait que les deux camps n'ont pas redéployé les forces armées conformément au calendrier prévu, le maintien de la présence de forces armées dans les zones pétrolifères du pays, les retards dans le financement et dans l'organisation du recensement national avant les élections générales, enfin le fait de ne pas appliquer le protocole relatif à la région d'Abyei.

L'application intégrale de l'accord de paix global est essentielle pour mettre fin aux conflits au Soudan, y compris à celui du Darfour, et pour garantir un Soudan pacifique, démocratique et unifié à l'avenir.

septembre 2007

Total au Sud-Soudan

La lettre de l'Océan Indien, n°1222 du 22 septembre 2007

 

En vue d'une reprise des activités de la compagnie pétrolière française au Sud Soudan (LOI n°1221), des dirigeants soudanais se sont rendus à Paris, la semaine passée, et ont été accueillis au siège de Total. Cette délégation comprenait notamment le vice-président du Sud Soudan Riak Machar , son ancienne femme Angelina Theny, qui est vice-ministre de l'énergie au sein du gouvernement de Khartoum, et Bullen Bol, le General Manager de Nile Petroleum Corp. (Nilepet, société nationale du Sud Soudan). Ils ont été reçus pas Jean-Michel Salvadori, directeur Afrique sub-saharienne exploration et prospection (E&P), et Jérôme Roux , négociateur pour les affaires nouvelles. Ces derniers ont réaffirmé à leurs partenaires soudanais l'intention de Total de respecter les directives de la National Petroleum Commission (NPC) et de reprendre ses activités sur le terrain dès que possible. A l'occasion de leur déplacement à Juba, fin août, deux autres dirigeants de Total E&P s'étaient également rendus à Khartoum pour y rencontrer le ministre de l'énergie El Jaz . Total veut en effet tenir les différentes autorités soudanaises informées de ses intentions au Soudan.

septembre 2007

 

L'Europe peine à intervenir autour du Darfour  

Le Figaro, 21 septembre 2007 par Arnaud de la Grange

 

L'Europe sur le flanc ouest du Darfour : dans le cadre de la vaste intervention internationale qui se prépare autour de la province soudanaise ravagée par la guerre civile, une force de l'Union européenne devrait se déployer dans l'est du Tchad. Sa mission: assurer la sécurité des réfugiés du Darfour (plus de 230000 personnes) ainsi que des déplacés internes tchadiens (environ 170000).

A Bruxelles, sur les murs de l'état-major de l'Union européenne, les cartes sont très africaines. Mis à part la Bosnie, la jeune Europe de la défense s'est pour le moment fait la main essentiellement au Congo-Kinshasa - par deux fois - et elle devrait le faire très prochainement au Tchad. Le patron de l'état-major, le général britannique David Leakey, est chargé de planifier l'opération. L'officier, qui fut le premier commandant de la force européenne en Bosnie quand fut pris le relais de l'Otan, se veut confiant. «  Notre concept de gestion de crise a été adopté la semaine dernière, explique-t-il au Figaro, et les États membres doivent nous donner la semaine prochaine une indication sur les forces qu'ils peuvent engager. »

Le général Leakey ne cache pas que les temps ont durs. « Beaucoup des contributeurs potentiels sont déjà pas mal sollicités pour d'autres opérations », concède-t-il. En clair, les armées européennes les plus aguerries - au premier rang desquelles celles de la France, de la Grande-Bretagne ou de l'Allemagne - tirent la langue en raison des aventures afghanes, irakiennes ou autres.

La force devrait tourner autour de 3 000 hommes. Les éléments précurseurs pourraient partir en octobre, avec une force totalement opérationnelle au tournant de l'année. Mais, comme dans le cas de l'opération au Congo l'an dernier, le montage de l'opération européenne est laborieux.

À1'époque, les Français avaient tordu le bras aux Allemands pour qu'ils acceptent de prendre le commandement de l'affaire. «  Ces derniers en gardent un mauvais souvenir et ils ne voulaient en aucun cas participer à l'aventure tchadienne, raconte un diplomate. Résultat, ils ont tout fait pour freiner le dossier pendant la présidence allemande. »

Le passage de relais aux Portugais, en juillet, a permis de débloquer l'affaire. Il est acquis que l'ossature de la force sera française, avec une participation à hauteur de la moitié des effectifs. La France fournit aussi le QG, qui va piloter l'opération au Mont-Valérien.

Mais, pour des raisons évidentes d'affichage dans une ancienne colonie française, il n'était pas question que Paris prenne la tête de la force. Tout semblait bouclé avec la perspective d'une forte participation suédoise: 1500 hommes et le commandant en chef. Mais aujourd'hui, les difficultés internes à la Suède - avec notamment la démission du ministre de la Défense en raison de l'étranglement budgétaire - menacent cette belle option. Tous les regards sont désormais tournés vers Stockholm.

 

Un test pour l'avenir

 

Les autres contributeurs annoncés (Belges, Espagnols, Néerlandais et Polonais) n'ont pas pré vu de s'engager au même niveau. « Le forfait suédois serait une catastrophe, poursuit la même source, au point de pouvoir remettre en cause l'opération. Avec les conséquences que l'on imagine sur l'avenir de la défense européenne. »

Pour la France , cette opération a un quadruple avantage. Elle permet d'abord un affichage en propre de la bannière européenne. Elle permet ensuite de s'impliquer dans la crise du Darfour sans s'engager au coeur de la province sou danaise. Elle offre des économies en effectifs et en logistique, puisque l'armée française peut s'appuyer sur ses éléments déjà stationnés au Tchad dans le cadre du dispositif Épervier. Enfin, Paris a obtenu que la zone de déploiement de la force soit prolongée jusque dans le nord de la Centrafrique, aux confins tchado-soudanais, où les parachutistes français se sentent un peu seuls pour prévenir toute nouvelle irruption rebelle.

L'opération européenne au Tchad a clairement valeur de test pour l'avenir. Politiquement, en mettant à l'épreuve la volonté des États membres. Techniquement, en validant ou non le concept d' « entrée en premier » d'une force européenne sur un théâtre d'opérations, passant ensuite le relais à une opération de l'ONU, comme cela est prévu au bout d'un an. La coordination avec les Nations unies va d'ailleurs être effective dès le départ, puisque l'organisation internationale doit déployer 300 policiers chargés de former les gendarmes tchadiens affectés à la sécurité des camps de réfugiés.

Quant aux menaces de certaines factions rebelles contre la force européenne, elles n'émeuvent guère le général Leakey. «  Une force militaire dérange toujours du monde, dit-il. Nous avons un mandat robuste, des forces robustes, prêtes à agir avec robustesse... «  Une vigueur pour l'heure moins évidente au niveau politique.

 

septembre 2007

L'Afrique et la défense européenne

L'éditorial de Pierre Rousselin, le Figaro, 21 septembre 2007

 

L'opération militaire que prépare l'UE aux confins du Darfour est un test pour la défense européenne et sa crédibilité dans le monde. Pour sécuriser le Darfour et assurer les arrières des 26 000 hommes de la force mixte ONU-Union africaine qui y seront bientôt déployés, une force de l'Union européenne doit être dépêchée dans l'est du Tchad et dans le nord-est de la République centrafricaine, en coordination avec les Nations unies. Quatre mille soldats européens et trois cents policiers de l'ONU doivent participer à l'opération.

La France a pris l'initiative de cette mission et cherche à mobiliser ses partenaires européens. La chose n'est pas aisée. Personne n'est pressé d'envoyer ses soldats risquer leur vie en Afrique. Certains pensent que nous voulons nous servir, d'eux pour défendre nos intérêts particuliers au Tchad et en République centrafricaine. Que nous sommes à la recherche d'une « feuille de vigne pour dissimuler nos penchants interventionnistes en Afrique. Ils redoutent que, sous couvert d'humanitaire, la force européenne ne serve à soutenir les régimes en place. Ils insistent pour que le mandat de la force soit précis et robuste et que soit assuré le passage de relais à des Casques bleus de l'ONU.

Ils ont raison d'exiger ces garanties. Mais il est essentiel que la résolution qui vient d'être déposée à l'ONU soit adoptée et que nos amis suédois, espagnols, polonais ou belges - d'autres étant déjà trop engagés ailleurs - nous aident à montrer que l'Europe, en tant que telle, est un acteur en Afrique.

Le précédent de l'Eufor, déployée au Congo sous commandement allemand, a été un succès: Cette fois, il s'agit pour l'Europe de prouver sa volonté de participer au règlement d'un drame aussi mobilisateur pour les opinions que celui du Darfour. Si la force ne voit pas le jour, ou si elle ne peut disposer des moyens nécessaires, il faudra se demander si la défense européenne n'est pas un songe que le Vieux Continent est incapable de réaliser.

Que cette question se pose en Afrique n'est pas étonnant. À cause de ses ressources naturelles et de sa population, ce continent qui nous est si proche est en train de devenir un acteur stratégique au carrefour de la mondialisation.

Les États-Unis ne s'y sont pas trompés, puisqu'ils créent un commandement militaire unique pour l'Afrique, l'Africom, afin de s'organiser pour combattre le terrorisme et défendre l'accès aux énormes ressources pétrolières du golfe de Guinée. L'Otan est mise à contribution. Elle fournit une assistance logistique à l'Union africaine au Darfour, entraîne les Africains au maintien de la paix et organise des manoeuvres navales pour protéger les pétroliers.

La redistribution des cartes est telle en Afrique que:l'Europe ne peut pas être absente. Elle doit, au contraire, prouver sa légitimité. C'est au Darfour qu'elle peut le faire aujourd'hui en apportant son expérience de la gestion des crises en vue de construire un véritable partenariat avec l'Union africaine.

 

septembre 2007

L'un des principaux chefs rebelles refuse le dialogue prévu avec Khartoum en Libye

 

Le Monde, 20 septembre 2007 par Philippe Bernard

 

« Je refuserai de participer à des négociations politiques tant que mon peuple continuera, sur le terrain, d'être massacré, violé, colonisé. » La voix est forte, les mots articulés pour signifier que la sentence est définitive : Abdel Wahid Al-Nour, fondateur (en 1992) et président du Mouvement de libération du Soudan (SLM), l'une des principales composantes de la rébellion du Darfour, refuse de participer aux nouveaux pourpa­lers de paix qui doivent s'ouvrir, le 27 octobre, en Libye, avec les représentants du gouvernement de Khartoum.

Dans un entretien au Monde, mardi 18 septembre, l'ancien avocat, exilé à Paris, considéré comme une pièce maîtresse de toute solution au conflit du Darfour, assure que les pressions exercées sur lui, tant par le gouvernement français que par les Nations unies et l'Union africaine, ne le feront pas revenir sur son refus de participer à une « répétition d Abuja ».

En mai 2006, dans la capitale nigériane, un « accord de paix » avait été signé par Khartoum et par une faction du SLM dirigée par un rival de M. Nour, Minni Minawi. Non seulement ce texte, mort-né, n'a jamais été mis en oeuvre, mais il a abouti à un extrême fractionnement de la rébellion darfourienne qui fait le jeu du régime soudanais et complique terriblement la recherche d'une solution. « Que s'est-il passé depuis cet "accord" de 2006 ? accuse Abdel Wahid AI-Nour : des dizaines de milliers de civils innocents ont été tués, d'autres ont grossi le flot des réfugiés et des personnes déplacées, des femmes ont été violées. En outre, des centaines de milliers de colons venus du Niger, du Tchad ou du Mali ont été installés par le gouvernement islamique fondamentaliste de Khartoum pour occuper nos terres. Comment pourrais je respecter des interlocuteurs qui continuent de nous massacrer ? »

 

Pas de « paix de papier »

 

« Nous demandons une chose et une seule à la communauté internationale : la sécurité », poursuit-il, en posant pour préalable à toute négociation de paix l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu, un arrêt des massacres, des viols et de la colonisation grâce à une intervention de l'ONU. Selon M. Nour, les multiples factions créées depuis 2006 et parfois manipulées par Khartoum doivent choisir leur camp avant le début des pourparlers. « Nous avons besoin d'une paix réelle, et non pas, une nouvelle fois, d'une `paix de papier" », insiste-t-il. Une fois la sécurité assurée, la paix durable se construira, espère-t-il, en « réunifiant la nation sur la base d'une égale citoyenneté de tous ».

La position du président du SLM n'est-elle pas affaiblie par le prochain déploiement de la «force hybride » précisément destinée à assurer la sécurité ? « Nous avons besoin de cette force sur le terrain, pas seulement dans les discours , rétorque M. Nour : mais si son mandat n'est pas extrêmement clair, ce ne sera rien d'autre qu'un pique-nique. »

Le choix de la Libye comme pays d'accueil des négociations est, d'autre part, vivement rejeté. « C'est notre droit de choisir le lieu, la date et le type de médiation. Le pays retenu ne doit pas être affecté par le conflit, comme c'est le cas de la Libye , estime M. Nour : 1es autres possibilités ne manquent pas en Afrique. »

Vivant loin du Darfour depuis 2004, affaibli par le fractionnement de la rébellion, Abdel Wahid Al-Nour assure cependant, geste à l'appui, qu'il lui suffit d'utiliser l'un de ses trois téléphones portables pour donner des ordres aux commandants de camps ou de villages «dans toutes les régions ». Il se dit convaincu que « [son] peuple n'acceptera jamais une paix qu'il] n'aurait pas signée » . Et que lui « ne le trahira pas ».

Quant à la menace, évoquée par certains, d'une expulsion de France s'il persévère dans son intransigeance, le chef rebelle n'y croit pas : en mars, Bernard Kouchner et le collectif Urgence Darfour l'ont fait ovationner à la Mutualité, à Paris. « M. Kouchner était un bon ami avant d'être ministre , glisse prudemment M. Nour : aujourd'hui, je le respecte, lui et le rôle de la France. »

 

septembre 2007

 

L'absence d'un accord entre Khartoum et les rebelles complique le déploiement de la « force hybride »

M. Guéhenno (ONU) « Les Européens tardent à s'engager » pour le Darfour

 

Dans un entretien au « Monde », le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé°des opérations de maintien de la paix estime que le déploiement de 26 000 hommes dans l'ouest du Soudan constituera pour l'ONU « l'une de ses missions les plus difficiles »

 

« On est aux limites de ce qui possible dans le maintien de la paix », Jean-Marie Guéhenno

 

Le Monde 20 septembre 2007, par Philippe Bernard, New York Nations Unies

 

Avez-vous pu obtenir des pays contributeurs de troupes les 26 000 hommes dont vous avez besoin au Darfour ?

 

Nous avons des offres pour la plupart des composantes. Mais il va falloir vérifier si ces troupes ont les équipements nécessaires, surtout pour les premières vagues importantes pour établir la mis sion sans délai. Ce qui m'inquiète le plus, c'est le manque de transports tactiques, de camions, d'hélicoptères: C'est vital, sur le théâtre d'opérations, pour transporter rapidement les troupes en cas de difficulté:

 

Vous avez les effectifs mais vous paraissez sceptique sur leur qualité...

 

Il y a un grand élan de solidarité vis-à-vis du Darfour; notamment de pays africains. Maintenant, c'est un défi stratégique de première ampleur, compte tenu de la complexité du conflit, de la difficulté du terrain, et il faut être certain que les forces proposées pourront y faire face.

 

Allez-vous rassembler la composante policière de 6 000 hommes prévue ?

 

On va avoir du mal. Mais on a bien vu que, dans les camps, pour assurer l'ordre public, une force de police est beaucoup plus adaptée qu'une force militaire.

 

Etes-vous déçu du manque d'aide des pays occidentaux?

 

C'est vrai qu'il n'y a pas beaucoup d'offres européennes pour le moment. Certains sont en train de réfléchir, les Nordiques sont prêts à s'engager, mais nous n'avons pas de propositions concrètes pour des unités de génie de haut niveau, pour forer des puits par exemple, ni pour les transports. C'est mauvais pour la force.

 

Les casques bleus pourront-ils user de la force pour protéger les civils ?

 

Bien sûr: Le mandat met la protection des civils au centre: Mais ce qui sera essentiel pour le succès de la mission, ce sont les capacités pour mettre en oeuvre ce mandat: la mobilité, la volonté des contributeurs de troupes de l'appliquer et la coopération stratégique des acteurs, notamment du gouvernement du Soudan.

 

Etes-vous confiant dans la solidité des promesses soudanaises ?

 

Il ne faut jamais taire de procès d'intention. Il y a un engagement, pris devant la communauté internationale. C'est le Soudan qui a le plus intérêt au succès de cette force. Le conflit du Darfour nuit énormément à sa réputation.

 

Khartoum coopère-t-il avec les éléments avancés de la mission ?

 

Il y a eu des difficultés administratives de dédouanement. Nous espérons qu'il y aura un effort pour faciliter l'attribution des visas, l'autorisation d'utiliser les aéroports la nuit. Le président soudanais, Omar Al-Bachir, a donné des assurances, il faut qu'elles se traduisent. Il nous reste encore à régler des questions de mise à disposition de terrains.

 

Les casques bleus vont-ils coopérer avec la Cour pénale internatio­nale pour arrêter les criminels de guerre ?

 

La question de l'impunité est essentielle, elle ne peut pas être oubliée. En même temps, la force de maintien de la paix a son mandat spécifique, qui est distinct.

 

L'accès à l'eau sera-t-il un problème?

 

C'est un élément - manipulé - du conflit. Mais nos 26 000 personnes représentent moins de 1 % de la population du Darfour, et ils seront formés à un usage économe de l'eau. Nous serons amenés à forer des puits, en bonne entente avec les autorités locales, et il faudra des projets à plus long terme.

 

Qui commandera la force ? L'ONU ou l'Union africaine ?

 

C'est le général Martin Agwai. Il a fait un très bon travail en Sierra Leone et au siège de l'ONU, comme conseiller militaire adjoint, avant d'être rappelé au Nigeria. Le pilotage tactique, opérationnel au jour le jour, se fait sur place. Dans une situation de crise, le Conseil de sécurité serait amené à prendre position.

 

C'est une mission à haut risque...

 

C'est certainement l'une des missions les plus difficiles déployées par l'ONU. Le conflit est très complexe, on ne peut pas, aujourd'hui, le réduire à une opposition entre tribus arabes et africaines. Il n'y a pas encore de cessez-le-feu complet. Et le terrain est très enclavé, avec un manque de ressources, d'infrastructures. Ce sont des conditions parmi les plus difficiles que l'on puisse imaginer. C'est aussi la mission où il y a le plus d'attentes. C'est un défi redoutable.

 

Etes-vous inquiet de la recrudescence des violences et du morcellement des mouvements rebelles ?

 

Oui; c'est pour cela qu'il ne faut pas laisser passer la chance de la négociation politique. Il est très important de déployer une mission robuste, car tout accord de paix sera fragile. En même temps, l'idée qu'une force militaire imposera la paix au Darfour n'est pas dans l'ordre du possible. La paix sera faite par un accord entre tous ceux qui ont des armes.

 

Les garde-fous d'une mission de maintien de la paix classique sont-ils en place ?

 

On est aux limites de ce qui est possible dans le maintien de la paix. Pour que cela marche, il faut que l'accord de paix du Darfour soit consolidé: c'est le point central. On est dans une « zone grise » où le déploiement de la mission peut contribuer à consolider cet accord, mais on sait bien qu'on n'y est pas tout à fait. Il y a de vrais risques. Je pense que le Conseil de sécurité a décidé de les prendre parce qu'il estimait que l'alternative était pire. Mais si on prend ces risques, il faut un vrai engagement politique, et pas seulement militaire. Sinon, on risque une grande déception.

 

septembre 2007

 

La Chine s'engage avec ses Casques Bleus

 

Le Figaro, 17 septembre 2007 par Jean-Jacques Méyel, envoyé spécial à Qinyang (province du Henan)

 

Après avoir défendu son allié soudanais, Pékin, pour faire taire les critiques, envoie ses soldats de la paix.

 

«Nous sommes les soldats de la paix chinois. Que personne ne bouge!» Le lieutenant Liu possède un anglais aussi limité que spécialisé. Mais il n'est pas peu fier, un écusson bleu ciel de l'ONU à l'épaule gauche et, sur l'autre, le drapeau rouge. Avec 314 camarades, il s'embarquera le mois prochain pour le Darfour, une mission que la Chine mène pour redorer son blason et faire oublier qu'elle prend le train en route.

L'Armée populaire de libération (APL), critiquée pour son opacité, s'est livrée ce week-end à une exceptionnelle manoeuvre de relations publiques. Une conférence de presse avec questions et réponses, suivie d'une démonstration de savoir-faire avec embuscade simulée et rodéo d'automitrailleuses. Le tout sous le regard de journalistes occidentaux plongés pour la première fois dans la poussière d'un camp d'entraînement chinois, à 600 km au sud de Pékin.

La compagnie de génie de l'APL et ses 145 véhicules, engins de terrassement et autres transports de troupes blindés viendront s'intégrer à la force de 26 000 hommes que le Conseil de sécurité veut dépêcher au Darfour à la fin de l'année. C'est la plus vaste opération de « maintien de "la paix » en cours. Le terrain est difficile. La guerre tribale parfois inextricable. L'armée chinoise ? « Elle a déjà fait ses preuves, dans le combat comme dans les privations », répond le colonel Dai Shao'an, de l'état-major.

Le message lancé depuis Qinyang est ailleurs, bien sûr. Pékin veut démontrer qu'elle coopère avec l'Europe et les États Unis pour apaiser le drame du Darfour, ses 200 000 morts au moins et ses deux millions et demi de réfugiés. Premier client pétrolier, premier investisseur et premier fournisseur d'armes de Khartoum, la Chine n'entend plus être désignée comme le parrain d'Omar Hassan el-Béchir, ni celui des tueurs soudanais. Au camp d'entraînement, l'auditoire pas plus que la date n'avaient été choisis au hasard. Samedi marquait officiellement la première «journée mondiale du Darfour», l'un des baromètres de l'émotion occidentale.

Dans ce conflit d'image, la contre-offensive chinoise a débuté il y a dix jours à Washington, lorsque Liu Guijin, ambassadeur itinérant chargé du dossier, a accepté un premier face-à-face avec ses contradicteurs américains. D'abord la centaine de représentants à la Chambre qui s'étaient émus collectivement, au printemps, du silence complice de Pékin au Soudan. Et ensuite un rendez-vous étonnant avec la Coalition du Darfour, lobby humanitaire qui fait planer la menace de boycott sur les JO de l'été 2008, soutenue par Mia Farrow et Steven Spielberg.

 

« Un rôle positif et unique »

 

Liu Guijin, ancien représentant en Afrique du Sud et au Zimbabwe, fait valoir que ce sont précisément de bonnes relations avec Pékin qui ont convaincu la dictature soudanaise d'accepter la force de paix voulue par l'ONU. «Nous ne faisons pas toujours de publicité, expliquait l'ambassadeur. La Chine a pourtant joué un rôle positif et unique. » Ce week-end au camp de Qinyang, le colonel Dai Shao'an brodait sur le même thème: « Ce n'est pas parce que vous êtes un ami de la famille (soudanaise, NDLR) que vous devez porter le chapeau dans les querelles de ménage ».

Le lieutenant Liu et ses camarades, tous volontaires, triés sur le volet et dotés d'une double solde, resteront huit mois dans le sud du Darfour, près de Nyala. Ils seront relevés à temps pour les JO de Pékin. L'APL est déjà déployée dans quatre missions de maintien de la paix de l'ONU, au Congo, au Liberia, au Liban et au sud du Soudan. La cinquième s'annonce comme la plus périlleuse.

 

septembre 2007

De nouvelles lueurs de paix pour le Darfour

 

Agence Fides, Rome , 17 septembre 2007

 

“Nous sommes disposés à observer le cessez-le-feu unilatéral au Darfour depuis le début des négociations avec les rebelles” affirme le président soudanais en visite en Italie et au Vatican

Rome (Agence Fides)- “Nous sommes disposés à observer le cessez-le-feu unilatéral au Darfour depuis le début des négociations avec les rebelles du Darfour”. C'est ce qu'a annoncé le président du Soudan, Omar Hassan al-Bashir, au terme de son entretien avec le président italien Romano Prodi. Le chef de l'état soudanais se trouve en Italie, où aujourd'hui, 14 septembre, il rencontrera le pape Benoît XVI.

Au centre de sa visite, il y a la crise au Darfour, la région septentrionale du Soudan, où la population civile est victime des affrontements entre les milices progouvernementales (soutenues par l'aviation et par l'armée soudanaise) et quelques groupes de rebelles. La communauté internationale et depuis un certain temps mobilisée pour trouver une solution à l'une des trois pires crises africaines, avec celle somalienne et celle de l'Est de la République démocratique du Congo. Le 27 octobre commenceront à Tripoli, en Libye, les entretiens de paix entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles.

Le conflit du Darfour commence officiellement le 26 février 2003, quand le gouvernement de Khartoum annonce que les rebelles ont pris le contrôle du chef-lieu de Gulu au Nord de la région. En mars deux mouvements rebelles sont découverts : le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), et le Mouvement de libération du Soudan (SLM, connu aussi comme Armée de libération du Soudan), qui réclament une répartition du pouvoir et des richesses du pays.

Le conflit tire son origine des contrastes, souvent violents, entre les habitants originaires de la région, les Fur (d'où le nom Darfour, ou “maison des Fur”), et les nomades d'origine arabe qui se sont établi ces dernières décennies dans la région. « Périodiquement éclataient, entre les agriculteurs Fur et les pasteurs « étrangers », des litiges pour l'eau et le partage des quelques terres fertiles. Des litiges qui étaient résolues par le recours aux méthodes traditionnelles de médiation tribale » expliquait à l'Agence Fides le p. Giovanni Battista Antonini, missionnaire combonien ayant une longue expérience au Soudan (cf Fides 8 juillet 2004). La protestation a ensuite pris un caractère politique parce que « les Fur ont toujours accusé le gouvernement central d'ignorer leur région, leur refusant les moyens de se développer. Il n'y a pas d'hôpitaux, de routes. Deux mouvements de guérilla sont alors nés en opposition au gouvernement ».

La réaction du gouvernement a été d'organiser les pasteurs arabes en milices progouvernementales, les désormais tristement connus « diables à cheval » ou Janjaweed, pour mener une violente action anti-guérilla, adoptant la stratégie de la « terre brûlée ». L'objectif est la population civile, accusée à tord ou à raison, de sympathiser avec les rebelles. Des villages entiers ont été détruits et la population massacrée (plus de 200.000 victimes). Ceux qui sont sauvés vivent dans des camps de réfugiés à l'intérieur de la région (environ 2 millions de personnes) ou au Tchad limitrophe (plus de 200.000 personnes).
Le Soudan a accusé certains pays étrangers de soutenir la rébellion, avec l'objectif de déstabiliser le pays et de mettre la main sur les réelles ou présumées richesses du Darfour (parmi lesquelles des gisements de pétrole encore intacts).

En août 2004, commence le déploiement de la force de paix de l'Union africaine (AMIS) composée d'à peine 7.000 hommes, avec le devoir de contrôler une zone vaste comme la France. Grâce à la médiation internationale, le 5 mai 2006, le gouvernement soudanais et la faction principale du SLM signent un accord de paix. Une faction minoritaire du mouvement et l'autre groupe rebelle, le JEM, refusent de signer l'accord. Le 31 août 2006, les Nations Unies approuvent l'envoi d'une force de 20.000 hommes pour remplacer la mission de l'Union Africaine dans la région. Khartoum s'oppose et commence une longue négociation qui conduit, le 12 juin 2007, à l'acceptation de la part du gouvernement soudanais du déploiement d'une force militaire mixte ONU/Union Africaine.

 

septembre 2007

HRW dénonce la passivité de l'armée française face aux crimes du pouvoir en Centrafrique

Le Monde 15 septembre 2007 par Philippe Bernard

 

La crise qui secoue le nord de la République centrafricaine (RCA) n'apparaît pas sur les écrans radar de la communauté internationale. Pire qu' "oubliée" , tout simplement "inconnue" , dénonce le rapport que Human Rights Watch (HRW) a rendu public, vendredi 14 septembre. L'organisation de défense des droits de l'homme américaine a choisi, à la veille de l'ouverture d'un bureau à Paris, de dénoncer les crimes et graves atteintes aux droits de l'homme commis dans ce pays, parfois sous l'oeil de soldats français, selon elle.

"Depuis la mi-2005, des centaines de civils ont été tués, plus de dix mille maisons ont été incendiées et environ 212 000 personnes terrorisées ont fui de chez elles pour aller vivre dans de terribles conditions au plus profond de la brousse" , résume le document . Limitrophe du Tchad et du Soudan, le nord de la RCA souffre des retombées des deux crises qui sévissent à ses portes : la région jouxte le sud du Darfour ; en outre, elle sert au repli des rebelles soutenus par Khartoum dans leur lutte contre le régime du président tchadien Idriss Déby. Pourtant, ne considérer les violences en RCA que comme un " débordement" de la guerre au Darfour est "inexact et erroné" , assène HRW.

La crise centrafricaine n'est pas importée du Tchad ou du Soudan, mais résulte de facteurs internes - incapacité à assurer la sécurité, marginalisation, pauvreté, tension avec les nomades soudanais -, estime le document après enquête.

Sous prétexte de combattre les deux rébellions qui menacent le pouvoir du président François Bozizé, accuse HRW, l'armée centrafricaine - et singulièrement la garde présidentielle - s'est livrée à de nombreuses exécutions sommaires et incendies de villages. De leur côté, les rebelles ont enlevé des enfants pour les transformer en soldats et ont rançonné la population.

Jouissant d'une "impunité totale pour des actes qui incluent des crimes de guerre" , certains des auteurs de ces exactions auraient agi en présence de soldats français. "Bien que quelques soldats (...) aient tenté d'agir afin de prévenir les exactions, d'autres incidents semblent être passés inaperçus et tenus sous silence" , estime le rapport, à propos des interventions françaises qui, à la fin de 2006 et au début de 2007, ont permis au gouvernement centrafricain de reprendre les villes conquises par les rebelles.

L'organisation de défense des droits de l'homme estime que "la France peut user de l'ascendant extraordinaire dont elle jouit" pour prévenir les exactions et exiger que leurs auteurs soient sanctionnés. HRW souhaite que l'assistance française soit "subordonnée" au respect des droits humains. L'intervention militaire en RCA procède d'un accord de défense entre Paris et Bangui datant de 1960 dont le contenu reste secret. Elle n'a fait l'objet d'aucun débat public en France.

 

septembre 2007

 

Darfour : l'UE enverra une force militaire au Tchad

Le Figaro par Pierre Avril à Bruxelles,