Nous référençons un certain nombre
d'articles sur le Soudan |
2007
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
2006
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
2005
Gordon Brown et Nicolas Sarkozy veulent "redoubler d'efforts" pour le Darfour
Agence France Presse Londres, 31 Août 2007
Le Premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy se sont engagés a "redoubler d'efforts" pour tenter de contribuer à un règlement de la crise du Darfour (ouest du Soudan), dans un article commun publié vendredi dans The Times. Dans le quotidien, MM. Brown et Sarkozy estiment que la situation au Darfour "demeure complètement inacceptable" et affirment que c'est "la combinaison d'un cessez-le-feu, d'une force de maintien de la paix, de l'aide économique et de la menace de sanctions qui pourra apporter une solution politique à la région". Cet article de MM. Brown et Sarkozy est publié au moment où le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a lancé un appel pressant les pays membres de l'organisation à fournir au plus vite soldats et équipements à la force "hybride" des Nations unies et de l'Union Africaine (UA) de 26.000 hommes, devant se déployer au Darfour. Cette force, dont la création a nécessité des mois d'efforts pour convaincre le président soudanais Omar el-Béchir, ne devrait pas être déployée avant 2008. "Dans les semaines et mois à venir, nous nous engageons, en tant que leaders, à redoubler d'efforts pour obtenir de nouveaux progrès", expliquent MM. Brown et Sarkozy. Ils relèvent qu'un "fossé demeure entre ces efforts engagés par la communauté internationale et la situation dramatique qui continue de prévaloir sur le terrain". Le conflit qui sévit depuis plus de quatre ans au Darfour a fait 200.000 morts et deux millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres contestés par le Soudan qui parle de 9.000 morts. Washington a dénoncé un "génocide" et menacé Khartoum de nouvelles sanctions s'il ne respecte pas la résolution sur le déploiement de la force internationale. M. Brown et Sarkozy se disent aussi prêts à travailler ensemble à de nouvelles sanctions "à l'encontre de ceux qui ne respecteraient pas leurs engagements, feraient obstacle au règlement politique ou continueraient de violer le cessez-le-feu". Ils appelent "vivement le gouvernement du Soudan et tous les chefs rebelles à s'engager pleinement et sincèrement" dans un processus pour un règlement politique. MM. Brown et Sarkozy insistent également sur le nécessaire déploiement d'une autre force internationale dans l'est du Tchad où vivent quelque 400.000 réfugiés du Darfour et déplacés tchadiens, et où la situation humanitaire est parfois pire qu'au Darfour voisin. Un projet de résolution de l'ONU est en cours pour la création d'une telle force mixte ONU-UE dans cette région. Ils se disent prêts à "apporter une aide économique substantielle" dès que les conditions de sécurité "le permettront". Ils indiquent également que la secrétaire d'Etat française chargée des Droits de l'Homme, Rama Yade, et le ministre adjoint britannique des Affaires étrangères, Lord Mark Malloch-Brown, devraient se rendre dans les prochains jours au Soudan, y compris au Darfour. Une réunion présidée par l'UA et l'ONU doit se tenir à New York le 21 septembre sur le Daarfour. M. Ban Ki-moon entreprend dans trois jours une tournée au Soudan, au Tchad et en Libye pour appuyer le déploiement de la force internationale, qui sera la plus importante mission de maintien de la paix de l'ONU dans le monde.
|
Urgence humanitaire - Précipitation de la modernité
Entretien Alain Boinet, directeur général et fondateur de l'ONG Solidarités
La Croix, 31 Août 2007 (2 articles)
200 000 morts, 2,2 millions de déplacés, depuis 2003 la région du Darfour est le théâtre d'un conflit et d'un drame humanitaire qui mobilisent aujourd'hui un gigantesque dispositif d'urgence. Sédentarisation, développement de l'identité «arabe» chez les nomades, urbanisation des camps de réfugiés, explosion démographique et émergence de jeunes chefs opportunistes dans les villes..., lés photographies rapportées par Claude Iverné, qui arpente le Soudan depuis 1998, témoignent des souffrances des victimes et des mutations subies par cette région. Conscient de la complexité de la situation et pour mettre en perspective ce conflit, Claude Iverné est l'organisateur d'un cycle d'« événements pédagogiques », avec la complicité de chercheurs, journalistes et humanitaires connaissant le « terrain », comme Éric Denis,
Le Darfour est à l'ordre du jour de l'agenda international et il y aurait, nous dit-:on, des lueurs d'espoir pour la paix. Les conférences se succèdent comme les bonnes résolutions. Mais dans l'immédiat le conflit continue. Le conflit du Darfour a déjà provoqué 200 000 victimes, 2,2 millions de déplacés et l'aide internationale concerne au total 4,2 millions de personnes. Pour prendre la mesure de ce drame, soulignons ici que ces chiffres, qui cachent autant de drames individuels, sont à rapporter à une population de 6 millions d'habitants sur une période de cinq années. C'est dire l'ampleur du désastre. Les déplacés ont été chassés de leurs villages par une violence accompagnée d'innombrables exactions. Ces populations déplacées vivent entassées depuis des années dans des camps où rôde l'insécurité. Nous devons témoigner de la poursuite du drame et de l'accumulation du malheur. Ainsi, depuis le début de l'année 2007, nous comptons 248 414 déplacés supplémentaires alors que la plupart des camps d'accueil sont déjà à saturation. Certes, c'est l'une des plus considérables opérations internationales de secours qui est déployée au Darfour avec un effectif de 12 300 humanitaires, dont 90 % de Soudanais. Un véritable pont aérien avec avions et hélicoptères permet de joindre les principales localités et camps de déplacés alimentant ainsi l'ensemble de l'aide. Mais, outre les innombrables obstacles administratifs et logistiques, c'est l'insécurité permanente dont les humanitaires sont victimes qui limite, voire interrompt, les programmes d'aide. Ainsi, au seul mois de juillet, 14 véhicules ont été volés, 15 convois ont été attaqués et pillés et 9 centres humanitaires ont été attaqués, selon l'ONU. De surcroît, durant la saison des pluies, nous assistons à une augmentation des maladies hydriques telles que la diarrhée, qui est fatale à beaucoup d'enfants. Nous constatons avec inquiétude l'apparition de cas de malnutrition élevée dans plusieurs zones. Les combats se poursuivent et, dans la région de Muhajeria au sud du Darfour, l'attaque de neuf villages début août par les milices de la tribu maalia a chassé de nombreuses populations dont le bétail a été volé, au risque de réduire à néant tout l'effort d'autonomie alimentaire (semences, outils...) d'une ONG comme Solidarités. Nous avons de nouvelles inquiétudes face à l'attaque de camps de déplacés, comme à Kalma et Al-Salam, par des policiers ou des miliciens djandjawids. Au point que l'on doit s'interroger sur le risque de voir les déplacés chassés des camps pour les forcer à rentrer dans leurs villages. De plus, nous assistons à une politisation des camps et à l'émergence d'un nouveau leadership dans ceux-ci. Aujourd'hui, au Darfour, les Nations unies ne parlent que de la force hybride qui doit se déployer (19 555 soldats et 6 432 policiers). C'est une étape essentielle qui ne pourra cependant réussir qu'à la condition d'un accord politique durable entre tous les protagonistes, dont le SLA d'Abdul Wahid Nour. Or, nous n'avons pas l'impression que l'analyse de ce conflit à diverses facettes soit suffisante et que les attentes des déplacés soient prises en compte. En attendant la paix, les humanitaires doivent coûte que coûte poursuivre leur action en relation étroite avec les populations, car, dans l'immédiat, c'est le conflit qui perdure.
=======
Précipitation de la modernité Entretien Eric Denis, géographe, chercher au CNRS
La crise au Darfour n'est pas une simple urgence localisée mais une étape tragique das un processus de modernisation inéluctable.
En 2003, alors que le gouvernement nord-soudanais .posait la touche finale aux accords de paix venant clore une guerre fratricide Sud-Nord, un front armé s'élevait au Darfour. Les insurgés voulaient; par les armes, attirer l'attention sur leur marginalisation et les exactions de bandes armées. Les pillages n'avaient plus seulement à voir avec les conflits locaux autour de l'accès à l'eau ou le sol, l'hégémonie ethnique était devenue la motivation centrale. Viols, incendies mais aussi meurtres des chefs traditionnels, gardiens des usages du sol en partage, permirent à de jeunes radicaux d'émerger: 200 000 morts, 2 millions de déplacés et une contagion du conflit vers l'est du Tchad et la Centrafrique. La réaction gouvernementale ne se fit pas attendre: brutale. Outre des contre-offensives directes, l'armée soutint et appuie encore des bandes supplétives recrutées dans les tribus arabes. Les interférences tchadiennes et libyennes ont compliqué la donne: le président Deby en fin de règne jouant un rôle incertain, contesté jusque dans sa propre ethnie zaghawa - des nomades chameliers devenus des alliés des Fours, l'ethnie majoritaire d'agriculteurs du DarFour, sultanat rattaché au Soudan en 1916. Tout comme Khartoum, les Libyens soutiennent, à l'inverse, les positions des tribus arabes et l'idée mythique d'un Darfour ayant vocation à devenir un khalifat. Ces tribus puisent leur légitimité dans leur allégeance précoce au Mahdi dont la victoire contre les Anglo-Égyptiens en 1882 fonde l'identité nord-soudanaise. Pour autant, ces glorieuses tribus arabes restent tout aussi marginales que les Fours. Surtout, elles ne comptent plus guère que pour 15 % des habitants du Darfour et leur hégémonie décroît d'autant lors des élections locales. Les identités se sont crispées et l'histoire longue a été réécrite au présent pour servir des perceptions du territoire antagonistes: à la coopération entre pasteurs et agriculteurs s'est substituée une haine désormais inscrite dans la chair de chaque clan, de chaque famille. Qui n'a pas perdu un proche? Qui n'a pas dû quitter son village? S'armer? Qui peut encore faire passer son troupeau sans danger par telle ou telle route? Le cheval est réapparu avec force dans les ethnies à référents arabes pour réaffirmer une identité devenue incertaine alors que le nomadisme tend à disparaître depuis les crises de subsistance des années 1970-1980. Nombre de nomades sont devenus agriculteurs quand les sols ne cessent de s'appauvrir obligeant à des regroupements de plus en plus conflictuels dans les fonds de vallée. L'appropriation de la terre est au coeur du conflit actuel, renforcée par les ambitions des milieux d'affaires soudanais pour qui les grands périmètres cultivés ou l'élevage restent un secteur d'investissement privilégié - surtout avec l'abondance des liquidités issues des revenus pétroliers soudanais, des monarchies du Golfe et de l'ouverture vers l'Asie - Malaisie, Chine et Inde. Le boom affairiste soudanais ne pourra s'épanouir aussi aisément et négliger la plus peuplée de ses périphéries - près de 8 millions d'habitants soit presque autant que le sud du Soudan. La manne pétrolière ne pourra plus être partagée seulement entre les ex-résistants du Sud et les nantis du Nord. Le message des rebelles est sans appel, même si le front est traversé par des antagonismes forts allant jusqu'à des attaques croisées. Sorti de l'oubli et du non-développement de façon tragique, le Darfour est devenu depuis la fin 2003 le théâtre d'intervention de toutes les ONG du monde et des programmes les plus lourds des agences onusiennes. Il s'y est déjà déversé en deux ans plus que le gouvernement soudanais a pu y investir depuis l'indépendance en 1956. Les villes du Darfour connaissent avec les camps à leurs abords une explosion démographique sans précédent, mais surtout une modernisation soudaine de leurs équipements et services. Les populations déplacées découvrent la médecine, et les enfants l'école. Comment dès lors parler de retour? Retour vers des hameaux précaires? Loin de tous services et sous la menace de pilleurs. Les équilibres interethniques et d'exploitation des ressources sont rompus. Le dispositif d'urgence, comme au sud du Soudan, s'im pose dans la durée comme l'unique vecteur d'une précipitation de la modernité; celle qui accompagne la disparition du nomadisme, l'individualisation du droit du sol et un regroupement des populations permettant de les desservir.
|
Sarkozy et Brown veulent unir leurs efforts pour le Darfour
Le président français et le Premier ministre britannique se disent décidés à participer activement au rétablissement de la paix.
Nicolas Sarkozy et Gordon Brown ont énoncé les conditions d'une paix durable au Darfour, vendredi, dans un entretien publié dans le quotidien britannique The Times. Ils souhaitent ainsi montrer leur détermination et leur soutient à la démarche de Ban Ki-Moon, dans son plan d'action pour le rétablissement de la paix au Darfour.
Afrik-Com, Londres, 31 Août 2007, par Jalil Oumeddour
E n signant un article commun ce vendredi dans The Times , le Premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy se sont engagés à « redoubler leurs efforts pour faire progresser la situation » au Darfour, dans l'ouest du Soudan. Tous deux affirment que seule la combinaison « d'un cessez-le-feu, d'une force de maintien de la paix, d'une reconstruction économique et de la menace de sanction, peut apporter une solution politique » dans cette région Ils indiquent également que la secrétaire d'Etat française chargée des Droits de l'Homme, Rama Yade, et le ministre adjoint britannique des Affaires étrangères, Lord Mark Malloch-Brown, devraient se rendre dans les prochains jours au Soudan, y compris au Darfour, dans le cadre de la pression diplomatique visant à obtenir un cessez-le-feu rapide. Cet article commun de Brown et Sarkozy dans le Times est publié au moment où le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a lancé un appel pressant les pays membres à fournir au plus vite soldats et équipements à la force "hybride" des Nations unies et de l'Union Africaine (UA) de 26.000 hommes, devant se déployer au Darfour.
Ban Ki-Moon réclame plus de moyens et veut ramener les acteurs du conflit à la table des négociations.
« J'appelle les Etats membres (de l'ONU) à fournir d'urgence les moyens militaires qui manquent encore à la Minuad et qui sont cruciaux pour qu'elle puisse remplir son difficile mandat », écrit-il dans un rapport au Conseil de sécurité. Le secrétaire général de l'ONU se rendra la semaine prochaine au Soudan, au Tchad et en Libye avec l'intention de « jeter les fondements d'une paix durable » au Darfour. Il indique par ailleurs qu'il profitera de son voyage au Soudan, du 3 au 6 septembre, pour « s'entretenir avec le gouvernement et les autres acteurs des moyens de remettre rapidement les parties au conflit sur la voie de la négociation politique. » M. Ban Ki-Moon réagit sans détour à la recrudescence des violences au Darfour, déclarant : « Je condamne fermement toutes les attaques par toutes les parties, j'appelle le gouvernement du Soudan et les autres parties à s'abstenir de toute action militaire et à oeuvrer à l'établissement d'un climat qui soit propice aux négociations envisagées. » Le conflit qui sévit depuis plus de quatre ans au Darfour, province de l'ouest du Soudan, a fait 200.000 morts et deux millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres contestés par le Soudan qui parle de 9.000 morts.
|
Ban Ki-moon va effectuer une tournée en Afrique
Le Monde avec Reuters, 31 Août 2007
Ban Ki-moon doit exhorter le Soudan à remettre à la justice internationale deux responsables poursuivis pour crimes de guerre au Darfour, lors de sa visite à Khartoum la semaine prochaine, a déclaré le procureur général de la CPI. Le secrétaire général de l'Onu effectue à partir de lundi une tournée de six jours en Afrique, qui le conduira au Soudan, au Tchad puis en Libye. L'objectif de cette tournée est d'obtenir le déploiement d'une force de maintien de la paix au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie à un conflit civil depuis 2003. On estime que cette guerre a fait 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés. Le Conseil de sécurité de l'Onu a demandé en 2005 à la Cour pénale internationale d'enquêter sur les atrocités commises au Darfour, imputées pour l'essentiel aux milices arabes "djandjaouids" alliées au gouvernement pour mater la rébellion issue de la population noire de la région. En février, Luis Moreno-Ocampo, procureur général de la CPI, a délivré des mandats d'arrêt contre l'ancien ministre soudanais de l'Intérieur Ahmad Haroun et contre Ali Kouchaïb, un chef de milice. Ces deux hommes sont inculpés d'exécutions à grande échelle, de viols et de déplacements forcés de milliers de personnes. "Ils ne peuvent ignorer ce sur quoi nous avons enquêté ni nos conclusions", a dit Moreno-Ocampo à Reuters. "L'exécution de ce mandat d'arrêt n'est pas de notre ressort, c'est pourquoi en ce qui concerne le secrétaire général, je lui ai dit la nécessité d'exécuter les mandats et de l'évoquer dans ses discussions avec le gouvernement soudanais", a poursuivi Moreno-Ocampo, qui a rencontré Ban cette semaine à New York.
Test pour Ban et l'ONU
"La personne qui a commis les crimes est aujourd'hui chargée des affaires humanitaires", s'est-il insurgé, en allusion aux fonctions actuelles de Haroun, ministre des Affaires humanitaires. "C'est comme une blague, une mauvaise blague." Aux yeux des diplomates, cette tournée en Afrique constitue un test non seulement pour Ban, qui a fait de la question du Darfour la priorité de ses huit premiers mois à la tête du secrétariat général, mais aussi pour les Nations unies. "Si le Darfour replonge dans le chaos et que l'accord nord-sud part en lambeaux, l'Onu dans son ensemble reculera", a prévenu un diplomate occidental. Le Soudan a accepté en juillet le déploiement au Darfour d'une force de maintien de la paix composée de 26.000 représentants de l'Onu et de l'Union africaine. Celle-ci doit remplacer l'actuelle force de l'UA, composée de 7.000 hommes, mais son déploiement éventuel n'est pas attendu avant début 2008. Les multiples revirements du gouvernement soudanais depuis le début de la crise nourrissent toutefois le scepticisme au sein du Conseil de sécurité quant à l'envoi effectif de cette mission de paix. Ban reconnaît lui-même que la coopération du Soudan est indispensable aux efforts de la communauté internationale, qui espère organiser une conférence de paix en octobre. Lors de sa visite au Soudan, Ban se rendra également dans le sud du pays, où l'accord de paix entré en vigueur début 2005 est là aussi menacé. Le secrétaire général de l'Onu ira ensuite au Tchad, pays frontalier du Darfour menacé d'instabilité par l'afflux de dizaines de milliers de réfugiés. Enfin, Ban effectuera une étape de 24 heures en Libye, dont le dirigeant Mouammar Kadhafi a accueilli des pourparlers entre factions rebelles rivales du Darfour.
|
3,5 millions de personnes victimes des crues sont exposées aux épidémies
IRIN, Khartoum, 30 Août 2007
Les Nations Unies ont averti qu'environ 3,5 millions de personnes risquaient de contracter des maladies en raison des crues qui ont coûté la vie à 90 personnes et touché 400 000 habitants dans l'ensemble du pays. L'avertissement suivait un appel de fonds lancé par l'organisation et le gouvernement soudanais à hauteur de 20 millions de dollars, destinés à aider les victimes des crues. Plus de 12 000 têtes de bétail et 16 000 têtes de volaille ont péri dans les crues qui ont inondé plus de 40 000 hectares de terres agricoles, selon les Nations Unies. Les crues ont également détruit 250 écoles, obligeant environ 56 000 élèves à se déplacer. « Cet appel porte sur un montant total de 20,2 millions de dollars, pour traiter, au cours des six prochains mois, les besoins humanitaires urgents des populations touchées et un certain nombre (limité) de leurs besoins en rétablissement immédiat », peut-on lire dans un communiqué des Nations Unies, publié le 28 août. Selon le directeur de la Commission gouvernementale d'aide humanitaire (HAC), seul un petit nombre des 26 Etats du Soudan a été épargné par la fureur des pluies torrentielles et des crues-éclairs qui ravagent le pays depuis deux mois. « Dix-neuf Etats sur 26 ont été touchés, huit gravement », a déclaré Hassabo Abdel Rahman à la presse, à l'occasion du lancement de l'appel. Le Sud-Soudan, qui avait en grande partie échappé aux ravages causés par les inondations précédentes, a été durement touché cette année : en effet, dans six Etats sur les 10 qui le composent, les habitants et leurs moyens de subsistance se trouvent menacés par les fortes pluies. « Ces six Etats sont vraiment très gravement touchés », a déploré Simon Kuhn, membre de la Commission de réhabilitation et de secours au Sud-Soudan (SSRRC). Selon lui, les dommages causés aux terres agraires ainsi que les pertes de bétail, dont dépend la plupart des populations du sud, pourraient provoquer la famine. « L'ampleur de ce qui se passe au Soudan est extraordinaire, je pense, en comparaison avec les précédentes années », a estimé John Clarke, le représentant des Nations Unies chargé de mener les opérations de secours.
Records battus
Selon plusieurs responsables, de mémoire d'homme, les pluies et les crues de cette année sont les plus graves jamais observées. Dans l'est du Soudan par exemple, les eaux du Gash se sont élevées à un niveau record de 3 mètres, contre 2,7 mètres en 2003, lorsque le fleuve avait failli submerger la ville de Kassala. « Les dégâts sont considérables et des efforts considérables doivent être déployés pour rétablir les moyens de subsistance perdus [des populations] », selon M. Clarke. L'appel éclair vise à récolter des fonds consacrés à plusieurs projets, dans six secteurs principaux : la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance, la santé et la nutrition, les denrées non-alimentaires et l'hébergement, l'eau et l'assainissement, le développement des infrastructures de base et des zones d'habitation et l'éducation. Selon les estimations initiales, la somme de 3,5 millions de dollars sera nécessaire dans le secteur de l'alimentaire et de la sécurité. Elle sera utilisée pour financer des projets gérés par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM), et les entités gouvernementales et autres ONG concernées. Entre 65 et 80 pour cent de la population réside dans des zones rurales, principalement dépendantes de l'agriculture de subsistance et/ou de l'élevage de bétail et de la pêche. « Dans le nord du Soudan, six Etats sont en mal d'une aide d'urgence dans les domaines de l'agriculture et de l'élevage de bétail », selon les Nations Unies. Ces Etats sont le Nil bleu, Kassala, le Nord-Kordofan, l'Etat de la Mer rouge, le Sud-Kordofan et le Nil blanc. Au Sud-Soudan, les foyers les plus vulnérables, parmi ceux touchés par les crues, se trouvent dans les Etats du Haut-Nil, de Jongolei et d'Unity. On estime que 200 000 personnes seront dépendantes de l'aide alimentaire d'urgence jusqu'à la fin de la saison des pluies, en septembre, ou au-delà. Le PAM aide déjà 55 000 personnes touchées par les crues.
Risques sanitaires
Dans le cadre de l'appel, 3,8 millions ont également été demandés pour financer les programmes sanitaires et nutritionnels mis en place dans le pays ; une grande partie de cette somme sera versée à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), au Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et à ses partenaires. « On estime qu'environ 3,5 millions de personnes touchées par les crues sont exposées aux épidémies, en raison de leur manque d'accès à l'eau salubre et aux services d'assainissement», selon un rapport publié cette semaine par les Nations Unies. Depuis le mois d'avril, « 810 cas suspects de diarrhée aqueuse aiguë ont été signalés, qui se sont soldés par 57 décès recensés », pouvait-on y lire également. « Du fait des fortes pluies et des crues actuellement observées dans de nombreuses régions du pays, la situation d'urgence et ses conséquences devraient s'aggraver », ont prévenu les Nations Unies. Les projets planifiés dans le cadre du programme santé et nutrition visent à « contrôler et prévenir les maladies en fournissant les médicaments ainsi que les fournitures et les équipements médicaux essentiels », toujours selon les Nations Unies. L'UNICEF et ses partenaires approvisionnent 1,6 million de personnes en eau propre, et l'OMS, le ministère fédéral de la Santé et ses partenaires ont participé à la construction de 17 centres de traitement. Les Nations Unies ont également besoin d'une somme de 3,3 millions de dollars pour l'approvisionnement en denrées non-alimentaires et l'hébergement d'urgence, une somme gérée par le Centre logistique commun des Nations Unies et ses partenaires. Quelque 40 000 foyers touchés par les crues ont reçu de l'aide par le biais de ce programme, qui leur fournit du matériel essentiel, et notamment des bâches en plastique, des couvertures, des ustensiles de cuisine, des jerrycans et des tapis de couchage. « La demande en DNA [denrées non-alimentaires] a toutes les chances d'augmenter considérablement au cours des prochains mois, puisque les pluies continuent d'aggraver les conditions de crues, que les régions touchées sont de plus en plus vastes et que les résultats des états des lieux parviennent lentement des zones les moins accessibles », selon les Nations Unies. Les programmes d'approvisionnement en eau et en systèmes d'assainissement devront être financés à hauteur de 5,2 millions de dollars environ. « On estime que 300 000 personnes, déplacées ou dont les systèmes hydrauliques ont été endommagés en raison des crues, sont en mal d'un approvisionnement en eau et de services d'assainissement », selon les Nations Unies. Les personnes qui vivent dans des zones touchées par les crues, toujours d'après l'organisation, « sont davantage exposées au risque de contracter des maladies essentiellement du fait de leur manque d'accès à l'eau potable, de leur hygiène et de leurs systèmes d'assainissement insuffisants, de la réduction de l'accès aux soins fondamentaux de santé primaire, elle-même due à la dégradation des routes et à l'inaccessibilité ou au non-fonctionnement des centres de santé ». Selon les estimations des Nations Unies, la somme de 2,4 millions sera nécessaire pour reconstruire le secteur de l'éducation. Au nord du Soudan, les crues ont interrompu le cursus scolaire de 44 000 élèves en détruisant les infrastructures et l'équipement. Plusieurs responsables des Nations Unies ont exprimé leur optimisme quant à la réalisation de la plupart de ces objectifs. « Jusqu'ici, nous sommes satisfaits de la réaction générale », s'est félicité Oluseyi Bajulaiye, coordinateur résident et coordinateur humanitaire des Nations Unies par intérim.
|
Le Canada réplique à l'expulsion d'une diplomate canadienne au Soudan
Montréal Information, 30 Août 2007
Ottawa a ordonné mercredi l'expulsion d'un diplomate soudanais, en représailles à l'expulsion par le Soudan d'une diplomate canadienne de haut rang, la semaine dernière. Le ministère canadien des Affaires étrangères n'a pas encore révélé l'identité du diplomate soudanais, qui devra avoir quitté le pays samedi. Selon les autorités gouvernementales canadiennes, le diplomate expulsé sera d'un rang équivalent à celui de Nuala Lawlor, la chargée d'affaires canadiennes qui a quitté le Soudan dimanche dernier. Selon certaines allégations, Mme Lawlor aurait cherché à obtenir la libération d'un leader de l'opposition emprisonné, et le gouvernement soudanais l'a accusée d'ingérence dans les affaires internes du pays. Le principal diplomate de l'Union européenne au Soudan, Kent Degerfelt, a d'abord lui aussi fait l'objet d'une ordonnance d'expulsion, mais Khartoum a finalement changé d'idée et l'a autorisé à compléter les trois dernières semaines de son mandat. Lundi, le dirigeant des opérations internationales de l'organisation humanitaire CARE au Soudan avait aussi été expulsé, sans qu'aucune justification soit donnée. Le gouvernement canadien a refusé de s'excuser pour les actions de Mme Lawlor et a affirmé que son expulsion n'était pas justifiée. Le ministre canadien des Affaires étrangères, Maxime Bernier, soutenait dans un communiqué diffusé la semaine dernière que Mme Lawlor ne faisait que son travail et défendait les valeurs canadiennes. Il a réitéré cette position au moment de l'annonce de la réplique canadienne à l'expulsion de sa diplomate, mercredi. "Le Canada considère que l'expulsion de sa chargée d'affaires est tout à fait injustifiée. Quel que soit leur pays d'affectation, les diplomates canadiens continueront de défendre les valeurs canadiennes, notamment la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit", a-t-il indiqué dans un communiqué. Le Canada a déjà suspendu son assistance au gouvernement du Soudan et s'assure que toute aide financière à ce pays passe par l'Union africaine. Depuis 2004, le Canada a engagé environ 440 millions $ dans des projets à caractère humanitaire, de maintien de la paix, de reconstruction et d'appui à la mission de l'Union africaine au Soudan. Le Soudan suscite un tollé international grandissant à cause de la violence qui sévit au Darfour.
|
L'Onu accuse le Soudan de saper l'aide humanitaire au Darfour
Le Monde avec Reuters, 30 Août 2007
Un haut responsable de l'ONU a accusé le Soudan de saper les efforts entrepris pour acheminer l'aide humanitaire, après la décision de Khartoum d'expulser Paul Barker, responsable local de l'organisation caritative américaine CARE. John Holmes, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d'urgence, a déclaré que cette expulsion "allait à l'encontre, à la fois de la lettre et de l'esprit", du texte signé cette année par Khartoum sur les activités humanitaires au Darfour. Quelques temps après une visite du secrétaire général de l'Onu, Ban ki-Moon, les autorités soudanaises avaient intimé l'ordre à trois Occidentaux - Barker et deux diplomates canadiens - de quitter le territoire. Par mesure de rétorsion, Ottawa a annoncé l'expulsion prochaine d'un diplomate travaillant à l'ambassade du Soudan au Canada. Selon Khartoum, l'expulsion de Barker n'aurait aucun rapport avec son activité humanitaire. "Il se livrait à des activités touchant à la sécurité du pays, c'est la principale raison de son expulsion", avait assuré lundi Bakheit Youssef, responsable adjoint de la commission de l'aide humanitaire au Soudan. Paul Barker a quant à lui déclaré que la seule explication qui lui vienne à l'esprit est un courriel interne destiné au personnel qu'il a rédigé en octobre et qui a fait l'objet cette année d'une fuite dans la presse soudanaise. Il y prévoyait des mesures de sécurité pour le personnel de CARE selon différents scénarios, en fonction de l'évolution de la situation dans la région soudanaise du Darfour. "Le gouvernement y a vu une analyse politique qu'une ONG n'a pas à faire", a dit Barker, soulignant qu'il était dans son rôle en se préoccupant de la sécurité du personnel.
|
Des troupes européennes bientôt au Tchad et en Centrafrique
Le Conseil de sécurité de l'ONU autorise le déploiement de soldats européens dans deux pays frontaliers du Darfour
La Croix Catherine Rebuffel, 29 Août 2007
Le déploiement de troupes dans l'est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine a été autorisé par le Conseil de sécurité de l'ONU, permettant ainsi la venue de soldats européens et de policiers de l'ONU dans cette région. Une déclaration du Conseil donnant son approbation préliminaire a été lue lundi après-midi par Pascal Gayama, président du Conseil de sécurité et vice-ambassadeur du Congo -Brazzavillé à l'ONU. Cette opération, prévue pour un an, visera à protéger les réfugiés, les déplacés et les populations civiles en général, soit 400 000 personnes à l'intérieur du Tchad et 200 000 en République centrafricaine, le long de la frontière soudano-tchadienne. Toutes sont sous la menace permanente des attaques de rebelles, de troupes gouvernementales, de milices ou de bandits, qui se sont multipliées depuis l'éclatement du conflit au Darfour soudanais, il y a quatre ans.
Certains s'interrogent sur l'application concrète de cette protectio
L'initiative de ce texte revient principalement à la France, qui souhaite que la résolution soit adoptée avant le conseil des ministres des affaires étrangères de l'Union. européenne, le 17 septembre. Cette force n'aura «aucun objectif militaire», a assuré Jean-Maurice Ripert, ambassadeur de France aux Nations unies, à New York, et ne sera « pas chargée de la protection des frontières». I1 s'agira aussi de «faciliter la fourniture de l'assistance humanitaire». Pour le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, le projet de déploiement est « une possibilité unique d'améliorer la sécurité de ces populations civiles et de contribuer à la création d'un environnement où les organisations humanitaires puissent s'acquitter de leurs tâches cruciales». Pour autant, certains s'interrogent sur l'application concrète de cette protection. « Une des grandes interrogations porte sur la capacité de la mission à conserver sa neutralité, a expliqué le coordinateur humanitaire des Nations unies au Tchad, Kingsley Amaning. Elle doit être organisée de sorte que les rebellés la considèrent comme indépendante et déployée exclusivement pour des raisons humanitaires. » Paris est particulièrement concerné. Une assistance militaire française a permis au gouvernement d'Idriss Deby de mettre . en déroute des attaques de la rébellion tchadienne en avril 2006. Idem en Centrafrique en novembre 2006 et mars 2007.
|
Le Soudan espère que ses relations avec le Canada ne souffriront pas des expulsions de diplomates
Jeune Afrique avec Xinhuanet, 28 Août 2007
Le gouvernement soudanais a exprimé l'espoir mardi que ses relations avec le Canada ne seraient pas affectées par sa récente décision d'expulser un diplomate canadien. "Nous avons expliqué que cette décision a été prise en raison de l'attitude du diplomate canadien qui a outrepassé ses fonctions ", a dit à Xinhua Ali Yousef, directeur du Départment du Protocole relevant du ministère soudanais des Affaires étrangères. "Le Soudan n'a pas durci ses relations avec le Canada et n'a pas demandé la fermeture de l'ambassade du Canada à Khartoum", a souligné l'officiel soudanais. Yousef a indiqué que des consultations avaient eu lieu entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays mais qu'elles n'avaient abouti à aucun résultat. Il a ajouté que le diplomate canadien avait quitté Khartoum.
|
Le secrétaire général de l'ONU appelle à la fin des violences
Jeune Afrique avec l'AFP, 28 Août 2007
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a sommé mardi les parties au conflit du Darfour de cesser les violences, avant de se rendre sur place la semaine prochaine pour activer les préparatifs de déploiement d'une force mixte ONU-Union africaine (UA). "Je suis très préoccupé par la récente escalade de la violence au Darfour qui a causé la mort de centaines de personnes ces dernières semaines", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. Qualifiant d'"inacceptables" ces violences, qui incluent notamment "des bombardements de villages", il a appelé "le gouvernement soudanais et les autres parties à s'abstenir de toute action militaire et à choisir, à ce moment critique (. ..) la voie de la paix et du dialogue politique". Le déploiement au Darfour d'une force mixte ONU-UA de 26.000 hommes a été décidé le 31 juillet par le Conseil de sécurité, après des mois d'efforts diplomatiques intenses de la communauté internationale pour le faire accepter par le président soudanais Omar el-Béchir. Son déploiement total n'est toutefois pas attendu avant le milieu de 2008. Afin d'activer les préparatifs de ce déploiement et d'en consolider l'environnement politique, M. Ban a annoncé qu'il effectuerait, du 3 au 9 septembre, des visites officielles au Soudan, au Tchad et en Libye. Le déploiement de cette force mixte "constitue l'une des opérations de terrain les plus vastes et les plus complexes que l'ONU ait jamais entreprises", a-t-il dit, soulignant qu'elle ne pourra réussir sans la coopération du gouvernement du Soudan. "Je demanderai son soutien total lorsque je rencontrerai le président Béchir à Khartoum", a-t-il dit. Il a précisé que sa visite au Soudan, du 3 au 6 septembre, le mènerait aussi à Juba, dans le sud, où règne depuis 2005 une paix précaire après une guerre civile de 21 ans, et au Darfour. "Je veux me rendre compte personnellement des conditions très difficiles dans lesquelles cette force opérera. Je veux aussi me rendre compte personnellement des épreuves subies par ceux que nous cherchons à aider", a-t-il dit. Il a ajouté qu'il souhaitait "créer les fondations d'une paix et d'une sécurité durables" au Darfour. "Mon but est de consolider les progrès que nous avons faits jusqu'ici, pour faire en sorte que ce terrible traumatisme puisse un jour cesser". Sur le plan politique, il a indiqué son désir de rencontrer tous les représentants des parties au conflit, en vue "de les inviter à une conférence de paix avant la fin de l'été". Le conflit qui sévit depuis plus de quatre ans au Darfour, province de l'ouest du Soudan, a fait 200.000 morts et deux millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres contestés par le Soudan qui parle de 9.000 morts. Dès sa prise de fonction en janvier, M. Ban avait fait du dossier du Darfour sa première priorité. Après le Soudan, M. Ban se rendra au Tchad le 7 septembre et en Libye le 8. A N'djamena, il rencontrera le président Idriss Déby, dont le pays est durement touché par le débordement sur son sol du conflit du Darfour. Une mission de police de l'ONU appuyée militairement par l'Union européenne doit être prochainement approuvée, à l'initiative de M. Ban, pour protéger dans l'est du Tchad et le nord de la République centrafricaine les camps de réfugiés et de personnes déplacées du fait du conflit au Darfour voisin. Affirmant enfin que certains acteurs régionaux avaient déjà "contribué énormément" aux efforts diplomatiques de la communauté internationale, M. Ban a cité le numéro un libyen Mouammar Kadhafi, le créditant d'avoir aidé à amener autour de la table de négociations les groupes rebelles du Darfour non signataires de l'accord de paix de mai 2006 avec Khartoum. "C'est pourquoi je terminerai mon voyage par une visite à Tripoli", a-t-il dit.
|
L'ONU préoccupé par le départ forcé du chef de l'ONG 'CARE'
Nations Unies, New York, 27 Août 2007
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires est préoccupé par les informations en provenance du Soudan selon lesquelles le directeur pour le pays de l'ONG 'Care', Paul Barker, pourrait être forcé de quitter le pays dans les 72 heures. « CARE apporte une contribution importante en termes d'assistance humanitaire à près de 4 millions de personnes au Soudan, et c'est un partenaire essentiel de la communauté internationale humanitaire dans le pays », a rappelé la porte-parole du Secrétaire général, Michèle Montas, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York. « Le statut ambigu de M. Barker au Soudan est d'autant plus déroutant compte tenu de la coopération positive montrée récemment dans la mise en oeuvre du Communiqué conjoint signé en mai dernier par le gouvernement du Soudan », a rapporté la porte-parole. OCHA espère que « la coopération constructive se maintiendra » et se dit prêt à aider à régler « les malentendus qui persistent sur le cas de Paul Barker ».
|
Les manoeuvres de Khartoum, les dissensions politiques et les insuffisances logistiques sont autant d'obstacles au déploiement d'une force de maintien de la paix au Darfour.
Africa Confidential, édition française, 27 Août 2007
Les propos dû président de la Commission de l'Union africaine Alpha Oumar Konaré; qui a déclaré le 12 août dernier à Khartoum que les 26.000 hommes de la future force de maintien de la paix au Darfour seraient tous Africains et a critiqué les Nations unies, soulèvent de nouvelles incertitudes sur cette opération. Ses déclarations ont fait de nombreux mécontents au Darfour, où les personnes déplacées et les groupes rebelles exigent une présence de l'ONU. Des dizaines de milliers de contestataires l'ont fait savoir au représentant spécial du secrétaire général de 'l'ONU, Jan Eliasson , lorsqu'il a rendu visite à des personnes déplacées dans des camps au Darfour le 11 août. Les propos de Konaré entrent peut-être en partie dans une stratégie diplomatique vis-à-vis du gouvernement du Soudan qu'il venait de rencontrer. II est allé dans un camp de personnes déplacées et a officiellement demandé à Khartoum de cesser de bombarder les civils. Mais il défend jalousement ce qu'il souhaite être le rôle dirigeant de l'UA dans la force et se méfie de la bureaucratie onusienne. "AOK" est aussi confronté aux divisions de l'UA sur le Darfour. La mission de l'UA - au Soudan (AMIS) a perdu le soutien populaire dont elle bénéficiait en 2004 lorsqu'elle s'était déployée au Darfour. On l'accuse surtout de ne pas protéger les civils contre les atrocités qui restent principalement le fait du gouvernement, bien que les attaques rebelles se soient intensifiées à mesure que la situation se délite. En avril, le Nigérian Samuel Bassey Ibok , médiateur en chef de l'UA au Darfour, avait déclaré que "l'AMIS ne pouvait plus faire face aux dangers au Darfour", après la mort de cinq soldats tués près de la frontière tchadienne. Du fait de l'absence de soutien au Darfour, l'AMIS a du mal à trouver les bons renseignements, sans parler de la protection des populations locales. L'AMIS ne réglera pas ces difficultés en faisant passer ses effectifs à 26.000 hommes, sous l'appellation UN-AU Mission in Darfur (UNAMID). L'AU n'avait jamais monté d'opération militaire précédemment, ni envoyé 7.000 hommes dans une région reculée où le pays d'accueil s'oppose aux opérations entreprises. L'UNAMID sera également la plus vaste opération de maintien de la paix orchestrée par l'ONU, qui dispose d'un potentiel logistique bien supérieur à celui de l'UA. II est clair que le UN Department of Peace Keeping Operations (DPKO) a l'intention de rester aux commandes.
Le chef nigérian de l'UNAMID, le général Martin Luther Agwai , a été conseiller au DPKO et sait comment les choses fonctionnent. II lui faudra des troupes spécialisées et de la logistique extérieure à l'Afrique si l'UNAMID veut respecter les normes opérationnelles du DPKO. Autre complication, des opposants rwandais ont critiqué la nomination, le 16 août; du nouvel adjoint d'Agwai, le général Emmanuel Karenzi Karake , ancien chef des opérations et du renseignement du Front Patriotique Rwandais au Rwanda et au Congo-Kinshasa. L'ONU enquête. En revanche, le nouveau représentant spécial adjoint de l'UA et de l'ONU au Darfour, le général retraité ghanéen Henry Anyidoho , est moins controversé. Il a été chef adjoint de la force de l'ONU et chef d'état-major au Rwanda entre 1993 et 1995. Son ancien patron, le général Roméo Dallaire , qui fait aujourd'hui campagne contre le génocide au Darfour, se montre très élogieux à son égard. Les diplomates occidentaux sont conscients des problèmes de l'UNAMID: "II n'y a aucune garantie que le gouvernement du Soudan accepte réellement une force de maintien de la paix", a déclaré l'un d'eux, mettant en avant les obstacles de Khartoum à la délivrance des visas et à l'approvisionnement de l'AMIS et des organisations humanitaires. Pour que le DPKO commence à se déployer d'ici novembre ou décembre, il faudra un gros effort, et le déploiement total pourrait prendre un an. L'approvisionnement en eau est également un gros problème. La saison des pluies pourrait rétablir le niveau des nappes phréatiques mais dans une région où en temps de paix les gens font des kilomètres pour remplir une jarre, les 26.000 membres de la force de paix exigeront de longues lignes de ravitaillement. Tout devra être acheminé depuis Port Sudan ou par hélicoptère, ce qui permet de comprendre le coût prévisionnel de l'UNAMID, qui dépasse les deux milliards par an. Les questions de financement et de personnel sont loin d'être résolues: A la date du 15 août, les pays suivants avaient proposé des troupes: Burkina Faso, Djibouti, Egypte, Ethiopie, Nigeria, Rwanda, Tanzanie, Ouganda,. Bangladesh, Jordanie, Malaisie, Népal et Thaïlande. Le Burkina Faso, l'Egypte, le Ghana, le Nigeria, le Bangladesh, l'Indonésie, le Népal et le Pakistan ont également proposé des forces de police: Le DPKO, qui fera le point de la situation dans un rapport fin août, discute également avec les pays occidentaux. "Nous devons respecter le caractère africain de la force, mais il nous faut faire appel à des pays non africains pour du matériel et des compétences sophistiqués", a déclaré un responsable de l'ONU. L'un des points clés est de savoir si la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis, les trois pays qui sont à l'origine de la résolution 1769 du conseil de sécurité, mandatant l'opération au Darfour; fourniront la puissance aérienne et le matériel de surveillance nécessaires et s'ils préconiseront une plus grande fermeté envers Khartoum. Le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown ont insufflé une énergie nouvelle. Paris s'inquiète des conséquences de la crise du Darfour sur le Tchad et la République centrafricaine (où la France a respectivement déployé 1.000 et 500 hommes). Face à la perspective sans précédent de deux gigantesques opérations de l'ONU sur son territoire (la UN Mission in Sudan dans le Sud compte 10.000 hommes), Khartoum répond par un écran de fumée diplomatique (cf. brève). II a incité le leader Janjaweed Musa Hilal Musa (sur la liste des sanctions de l'ONU), à déclarer qu'il pensait que la résolution du Conseil de sécurité était "juste". Mais il redoute que "toute opération d'une force hybride ne conduise à des discriminations raciales au Darfour"'. Dans le même temps, l'armée soudanaise a annoncé que l'UNAMID n'avait "aucun mandat pour protéger les civils". L'extrémiste islamiste Nafi'e Ali Nafi'e a été chargé du Darfour en remplacement de Majzoub el Khalifa , tué dans un accident de voiture. Le général Nafi'e boucle la boucle après avoir été relégué dans l'ombre pour apaiser le Caire. Il avait été accusé d'être impliqué dans la tentative d'assassinat de Khartoum contre le président Hosni Mubarak en 1995. Aujourd'hui, le gouvernement de Mubarak est devenu l'un des plus fidèles partisans de Khartoum.
====
LE WHO'S WHO DES POURPARLERS
La faction du Sudan Liberation Movement dirigée par Abdel Wahed Mohamed Ahmed el Nur a boycotté les pourparlers d'Arusha. Cela a son importance car c'est le deuxième groupe militaire, et même s'il n'a pas de liens étroits avec les deux millions de personnes déplacées, il a -prouvé qu'il était capable de les mobiliser par l'intermédiaire de ses alliés dans les camps. Il souhaite que les chefs des factions du SLM et les combattants se retrouvent de nouveau au sein du SLM sous sa direction. II veut aussi l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne (pour empêcher le gouvernement de bombarder les villages). C'est alors qu'il négocierait. Dans le cas contraire, il pourrait chercher à saboter les pourparlers de paix.
Les autres principaux dirigeants
Ahmed Ibrahim Diraige : Sudan Fédéral Democratic Alliance; Fur, ancien gouverneur du Darfour et homme d'affaires (Botswana, Golfe); forces en nombre limité. Khalil Ibrahim Mohamed Achar Foudeil Taha : dirigeant du Justice and Equality Movemént, vit à l'étranger. Sur la 'liste des sanctions américaines. Abdullah BandarAbakr : commandant du )EM, tout juste limogé par Khalil Ibrahim (les forces seraient divisées). Abdullah Yaya: SLM Unity; nord-ouest du Darfour et sud-est dû )ebel Marra SLM, Abdel Wahed : zones de l'ouest du jebel Marra et Fur vers le nord. SLM, Ahmed Shafie (Sudan National Front): quelques forces, sud-est du lebel Marra. SLM, Knamis Abdullah Abakr (ex-groupe des 19): forces réduites, surtout dans l'est du Tchad chez les réfugiés Messalit
Leaders sur le terrain: Dr Salih Adam Ishag, Suleiman Marajan, Jar el Nabi Abdel Karim, "Gaddura" , tous proches d'Abdel Wahed, "Terrada", Mohamed Ibrahim Nasser.
Groupes à Arusha:
Trois mouvements et deux factions du SLM étaient présentes: United Front for Liberation and Démocracy (UFLD soutenu par l'Erythrée), JEM, SFDA, SLM Shafie et SLM Khamis. L'UFLD, créé en juillet 2007, réunit le SLM Khamis, les Revolutionary Democratic Front Forces (RDFF) dirigées par Salah Mohamed Abdel Rahman Musa alias Abu Surrah, le National Movement for Reform and Development (NMRD) et le SFDA. Le bureau du RDFF au Tchad a ensuite rompu avec Abu Surrah pour créer l'United Revolutionary Forces Frônt(URFF). La participation du SFDA à l'UFLD semble limitée. JEM: essentiellement Zaghawa et/ou islamiste, proche de l'ancien chef du NIF Hassan Abdullah el Turabi; actif dans le nord-est à la frontière entre le Soudan et le Tchad. Proche de Zaghawas tchadiens. Actions militaires récentes dans l'ouest et le sud du Darfour.
Groupes qui n'étaient pas présents à Arusha Abdel Wahed (laïc en politique) et Khalil Ibrahim (ancien ministre du NIF. Le SLM Unity (le plus puissant militairement) était là mais n'a pas participé aux discussions pour protester contre la détention par Khartoum de Suleiman Jamous , un homme clé du SLM Unity. Parmi les hommes de terrain présents (mais qui n'ont pas pris part aux débats politiques) figuraient Suleiman Marajan, Jar el Nabi, Dr. Salih et Mohamed Ibrahim.
|
Le Soudan n'expulsera pas le représentant de l'UE à Khartoum
Le Monde avec Reuters, 25 Août 2007
Acceptant les excuses de Bruxelles, le Soudan va autoriser un délégué de l'Union européenne à rester à Khartoum jusqu'à l'expiration de son mandat le mois prochain, deux jours après l'avoir déclaré "persona non grata" sur son territoire, a annoncé samedi un proche du président Omar al Bachir. Les autorités soudanaises avaient décidé jeudi d'expulser l'émissaire de la Commission européenne à Khartoum, Kent Degerfelt, ainsi qu'un représentant du Canada en raison de leur participation présumée à des activités relevant de l'ingérence dans les affaires intérieures du pays. Le président Omar al Bachir va autoriser Degerfelt à rester à Khartoum après avoir reçu des excuses de l'Union européenne, a annoncé le conseiller du président soudanais pour les relations publiques, Mahdjoub Fadoul. "Le président de la République a accepté les excuses et a donné son accord pour que le chef de la délégation de la Commission européenne à Khartoum puisse rester jusqu'à l'expiration de son mandat dans trois semaines", a indiqué Fadoul. Le conseiller a refusé d'expliquer à quel genre d'activités Khartoum soupçonnait Degerfelt d'avoir participé. Le porte-parole du ministre des Affaires étrangères soudanais, Ali al Sadig, a indiqué que les deux diplomates avaient adressé des courriers aux chefs des services de sécurité et du renseignement au sujet de la détention d'une figure de l'opposition au Soudan. Sadig a identifié cet homme politique comme étant Mahmoud Hassanein, du Parti unioniste démocrate. Soupçonnés d'avoir fomenté un coup d'Etat, Hassanein et 25 autres personnes, notamment Moubarak al Fadil, chef du parti d'opposition de l'Oumma, sont détenus par le régime de Khartoum. Le rapporteur spécial des Nations unies chargée de superviser le respect des droits de l'homme au Soudan, Sima Samar, a récemment dit porter un regard inquiet sur la multiplication des arrestations d'opposants au régime, tout en exhortant Khartoum à faire preuve de plus de transparence. Le Soudan a eu des rapports délicats ces dernières années avec les diplomates occidentaux en poste dans le pays, soupçonnés de faire preuve d'ingérence dans les affaires intérieures du pays. En 2006, l'émissaire des Nations unies au Soudan, Jan Pronk, avait été expulsé par le gouvernement de Khartoum.
|
Les images qui incriminent le Soudan
Un hélicoptère militaire russe Mi-17 (portant le numéro 534) appartenant à l'armée soudanaise, à El Geneina. Amnesty International.
Amnesty international a publié vendredi des photos montrant, selon l'ONG, que le régime de Khartoum viole l'embargo sur les armes et continue de poursuivre des combats dans cette région en guerre depuis 2003.
Libération, Par Arnaud Vaulerin, 24 Août 2007
Des photos ont été prises en juillet au Darfour par des collaborateurs d'Amnesty international. Elles montrent que malgré l'embargo de l'ONU sur les armes et les accords de paix, le gouvernement soudanais d'Omar El-Bechir «continue d'envoyer de l'équipement militaire offensif au Darfour», indique l'ONG de défense des droits de l'homme. Qui demande «de nouveau au Conseil de sécurité de l'ONU de faire respecter l'embargo en déployant notamment des observateurs des Nations unies à tous les points d'entrée et au Soudan». Les images saisies sur l'aéroport d'El Geneine (est du Darfour, près de la frontière avec le Tchad) révèlent, contrairement à ce qu'affirme Khartoum, que l'armée soudanaise est bien engagée en première ligne dans la région en guerre depuis 2003, notamment en apportant son soutien aux milices Jenjaweed. On y voit des soldats déchargeant du contenu des soutes d'un Antonov pour le transférer dans des camions militaires. Deux autres clichés montrent également des hélicoptères militaires russes appartenant à l'armée soudanaise sur le tarmac d'El Geneina. Amnesty précise que la «Russie a signé un contrat l'engageant à livrer au moins 15 hélicoptères Mi-17 en 2005 et 2006. En 2005, la Russie avait également fourni 12 hélicoptères d'attaque russe Mi-24 au Soudan Un hélicoptère d'attaque russe Mi-24 (portant le numéro 928) transféré à l'aéroport d'El Geneina depuis Nyala, au Darfour. Amnesty International. Ces documents s'ajoutent aux preuves déjà fournies en mai par Amnesty dans son rapport sur le Soudan. L'ONG détaillait les transferts d'armes illégaux de la Chine et de la Russie vers le régime de Bechir. Quelques jours plus tôt, le New York Times avait publié les grandes lignes d'un rapport intérimaire confidentiel du Groupe d'experts des Nations unies. Ce document indiquait que le gouvernement soudanais déployait des avions de combat et du matériel militaire au Darfour en violation de l'embargo de l'ONU. Pis, pour tenter de masquer ses agissements, Khartoum avait fait peindre des avions en blanc afin qu'ils ressemblent à ceux des Nations unies, avant de bombarder des villages du Darfour ou effectuer des vols de reconnaissance. Le 29 mars 2005, l'embargo sur les armes au Darfour a été imposé par la résolution 1591 des Nations unies à toutes les parties au conflit. Mais, dans les faits, il n'a guère été suivi d'effets. Les 26.000 policiers et militaires de la force hybride Nations Unies - Union africaine qui doivent être déployés dans les prochains mois devront se montrer persuasif pour le faire respecter.
|
Darfour : le Soudan continue d'enfreindre l'embargo sur les armes
Jeune Afrique avec l'AFP, 24 Août 2007
L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a affirmé jeudi que le gouvernement soudanais continuait d'enfreindre l'embargo sur les armes imposé au Darfour par les Nations unies. S'appuyant sur trois photographies prises selon elle en juillet à l'aéroport de Geneina, capitale du Darfour-ouest, l'association basée à Londres affirme que "le gouvernement soudanais continue à déployer des équipements militaires offensifs au Darfour malgré l'embargo de l'ONU sur les armes et les accords de paix". Selon Amnesty, une première photographie montre des soldats de l'armée soudanaise en train de décharger des conteneurs d'un Antonov, avion de fabrication russe, sur des camions militaires à l'aéroport de Geneina. Les deux autres montrent sur ce même aéroport des hélicoptères militaires (Mi-17 et Mi-24) fournis par la Russie en 2005 et 2006, selon Amnesty. L'ONU a imposé un embargo sur la vente et la livraison d'armes au Darfour pour les organisations non-gouvernementales en juillet 2004, étendu en 2005 à toutes les parties au conflit. Dans un rapport publié en mai, Amnesty avait déjà accusé le Soudan d'enfreindre cet embargo, affirmant que des armes fournies par la Chine et la Russie étaient utilisées au Darfour. Le conflit qui sévit depuis plus de quatre ans au Darfour a fait 200.000 morts et deux millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres contestés par le Soudan, qui parle de 9.000 morts. Amnesty a appelé jeudi les Nations unies à "agir résolument pour s'assurer que l'embargo est effectivement respecté", plaidant notamment pour la présence "d'observateurs de l'ONU dans tous les ports du Soudan et du Darfour". "La prolifération de petites armes et de véhicules militarisés au Darfour a entraîné des attaques de convois d'aide humanitaire et d'autres attaques dévastatrices contre les civils", a-t-elle également déploré, faisant référence à des rapports d'attaques dans le sud-Darfour. Le Conseil de sécurité a voté le 31 juillet pour le déploiement au Darfour d'une force mixte ONU-UA de 26.000 hommes. Son déploiement total n'est toutefois pas attendu avant le milieu de l'année 2008. "Si des armes continuent à affluer au Darfour et si les soldats de maintien de la paix n'ont pas le pouvoir de désarmer et de démobiliser tous les groupes armés d'opposition et la milice Janjawid, la capacité de la nouvelle force de paix à protéger les civils sera grandement entravée", a prévenu Amnesty.
|
Le Soudan expulse deux diplomates occidentaux
Angola Presse, 24 Août 2007
Le Soudan a expulsé le représentant de la Commission européenne et la chargée d`affaires canadienne pour "ingérences", un geste qui risque d`affecter les rapports déjà tendus avec l`Occident à propos du Darfour. La Maison Blanche a indiqué espérer que ces expulsions annoncées jeudi n`étaient pas une tentative de Khartoum de faire dérailler les efforts internationaux visant à enrayer la violence au Darfour, région de l`ouest du Soudan ravagée par une guerre civile qualifiée de "génocide" par Washington. Le secrétaire général de l`ONU Ban Ki-moon est attendu à Khartoum début septembre pour pousser le déploiement au Darfour de l`Unamid, une force hybride de paix ONU-UA qui comptera jusqu`à 26.000 soldats. Le conflit au Darfour a fait au moins 200.000 morts et 2 millions de déplacés depuis 2003, selon l`Onu Les deux diplomates, le Suédois Kent Degerfeld et la Canadienne Nuala Lawlor, ont été déclarés "persona non grata en raison de leurs ingérences dans les affaires intérieures du Soudan", a annoncé le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, cité par l`agence officielle SUNA.
|
Reporters Sans Frontières dénonce la censure contre six journaux privés au Soudan
Reporters sans frontières a dénoncé vendredi de nouvelles mesures de censure imposées par Khartoum à six quotidiens privés dans le but, selon l'organisation, d'étouffer l'arrestation de personnes soupçonnées de préparer des attaques.
Le Monde avec l'AFP, 24 Août 2007
"Il y a près d'un an, le vice-président (soudanais) avait annoncé la levée officielle des mesures de censure", débute RSF dans un communiqué Aujourd'hui, nous sommes au regret de constater que cette pratique perdure en dépit des promesses du président Omar el-Béchir d'oeuvrer pour la démocratisation de son pays", poursuit-il. Selon l'organisation basée à Paris, "les premières victimes (de la censure) sont toujours les publications privées arabophones". Mardi, les autorités soudanaises avaient ordonné la confiscation de tous les exemplaires du quotidien Raï al-Chaab, l'organe du Congrès populaire, un parti de l'opposition islamiste soudanaise. Cinq autres quotidiens arabophones indépendants ont été victimes de censure le même jour, selon RSF. Aucune explication n'a été fournie par les forces de sécurité pour expliquer la mesure visant Raï-al-Chaab, avait affirmé mardi à l'AFP le rédacteur en chef du journal, Yassine Omar Imam. Il n'avait pas écarté l'éventualité que l'opération soit liée à l'évocation par le quotidien de projets d'attentats contre les ambassades américaine, britannique, française et contre la représentation des Nations unies à Khartoum. Huit Soudanais, soupçonnés d'être impliqués dans ces projets, ont été arrêtés le 18 août. Les services de sécurité ont interdit de publier tout article faisant référence à cette affaire, officiellement pour ne pas perturber l'enquête, selon RSF.
|
Le Soudan enfreint l'embargo sur les armes au Darfour
Nouvel Observateur, 24 Août 2007
Amnesty publie 3 photos, dont une montrant des soldats soudanais en train de décharger les conteneurs d'un avion russe.
Des soldats de l'armée soudanaise déchargeant le contenu des soutes d'un appareil Antonov pour le mettre dans des camions militaires, sur l'aire militaire de l'aéroport d'El Geneina (Amnesty) Le gouvernement soudanais continuerait d'enfreindre l'embargo sur les armes imposé au Darfour par les Nations unies, c'est ce qu'affirme l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International, jeudi 23 août, en s'appuyant sur trois nouvelles photographies. Pris, selon elle, en juillet à l'aéroport de Geneina, capitale du Darfour-ouest, les clichés montrent, d'après l'association basée à Londres, que "le gouvernement soudanais continue à déployer des équipements militaires offensifs au Darfour malgré l'embargo de l'ONU sur les armes et les accords de paix".
Avion et hélicoptères russes
Selon Amnesty, une première photographie montre des soldats de l'armée soudanaise en train de décharger le contenu des soutes d'un Antonov, avion de fabrication russe, pour les mettre dans des camions militaires à l'aéroport de Geneina. Les deux autres montrent sur ce même aéroport des hélicoptères militaires (Mi-17 et Mi-24) fournis par la Russie en 2005 et 2006, selon Amnesty. L'ONU a imposé un embargo sur la vente et la livraison d'armes au Darfour pour les organisations non-gouvernementales en juillet 2004, étendu en 2005 à toutes les parties au conflit.
Déjà en mai
Amnesty avait déjà accusé, dans un rapport publié en mai, le Soudan d'enfreindre cet embargo, affirmant que des armes fournies par la Chine et la Russie étaient utilisées au Darfour. Le conflit sévit depuis plus de quatre ans au Darfour. L'ONU a recensé plus de 200.000 morts et deux millions de déplacés, des chiffres contestés par le Soudan, qui parle de 9.000 morts. Amnesty a appelé jeudi les Nations unies à "agir résolument pour s'assurer que l'embargo est effectivement respecté", plaidant notamment pour la présence "d'observateurs de l'ONU dans tous les ports du Soudan et du Darfour". "La prolifération de petites armes et de véhicules militarisés au Darfour a entraîné des attaques de convois d'aide humanitaire et d'autres attaques dévastatrices contre les civils", a-t-elle également déploré, faisant référence à des rapports d'attaques dans le sud-Darfour.
Force mixte
Le Conseil de sécurité a voté le 31 juillet pour le déploiement au Darfour d'une force mixte ONU-UA de 26.000 hommes. Son déploiement total n'est toutefois pas attendu avant le milieu de l'année 2008. "Si des armes continuent à affluer au Darfour et si les soldats de maintien de la paix n'ont pas le pouvoir de désarmer et de démobiliser tous les groupes armés d'opposition et la milice Janjawid, la capacité de la nouvelle force de paix à protéger les civils sera grandement entravée", a prévenu Amnesty.
|
L'ONU s'inquiète de retards dans la mise en oeuvre de la paix dans le Sud
Jeune Afrique avec l'AFP, 22 Août 2007
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'inquiète des retards subis par la mise en oeuvre d'un accord de paix dans le sud du Soudan et appelle les parties à redoubler d'efforts en ce sens, dans un rapport au Conseil de sécurité publié mercredi. M. Ban relève notamment que "la date butoir du 9 juillet 2007, qui devait marquer l'achèvement du redéploiement des forces armées soudanaises au nord de la frontière de 1956 (entre le nord et le sud du Soudan), n'a pas été respectée". Il demande à ces forces de "retirer immédiatement du sud du Soudan tous les éléments militaires réguliers qui s'y trouvent encore, à l'exception de ceux affectés aux unités mixtes intégrées". Cette clause figurait dans l'"Accord de paix global" signé en janvier 2005 entre Khartoum et l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), l'ex-rébellion sudiste du colonel John Garang, décédé depuis. Cet accord avait mis fin à 21 ans d'une guerre civile qui avait fait 1,5 million de morts et 4 millions de déplacés et réfugiés. Une force de paix de l'ONU, la Minus, forte de près de 10.000 hommes, surveille la mise en oeuvre de l'accord et aide les deux parties, aux termes de la résolution 1590 (mars 2005) du Conseil de sécurité. M. Ban demande par ailleurs aux deux parties d'accélérer la mise en place des unités mixtes intégrées, autre élément de l'accord de paix revêtant selon lui une "importance centrale". La formation de ces unités, qui doivent réunir des éléments de l'armée soudanaise et de la SPLA, "est une condition indispensable au retrait complet des forces de la SPLA des états du Kordofan méridional et du Nil bleu", rappelle-t-il. Aux termes de l'accord, "ces unités mixtes sont aussi chargées de protéger les champs pétrolifères" soudanais, alors que les installations pétrolières elles-mêmes "doivent être démilitarisées". En conséquence, M. Ban "demande instamment aux parties d'achever l'affectation des troupes aux unités en question, qui a déjà neuf mois de retard". M. Ban prévoit de se rendre début septembre au Soudan, afin de pousser au déploiement rapide de la force "hybride" ONU-Union africaine au Darfour, province de l'ouest du pays où sévit une autre guerre civile depuis 2003. Il devrait profiter de ce voyage pour se rendre dans le sud pour tenter de revigorer l'accord de paix de 2005, selon des sources onusiennes.
|
Le Secrétaire général souhaite l'application totale des accords de paix nord-sud au Soudan
Nations Unies, New York , 22 Août 2007
Dans son dernier rapport sur la Mission des Nations Unies au Soudan, le Secrétaire général déplore que les forces armées contrôlées par Khartoum n'aient pas encore quitté le Sud-Soudan, saluant néanmoins les progrès dans la mise en place d'unités mixtes. « J'avais espéré pouvoir informer le Conseil de sécurité de l'achèvement du retrait des Forces armées soudanaises du Sud-Soudan et en prendre acte en tant que réalisation majeure des parties. Malheureusement, malgré le dur travail réalisé par tous les intéressés et les assurances fréquentes données par le gouvernement de sa détermination, la date butoir du 9 juillet 2007 n'a pas été totalement respectée », affirme le Secrétaire général dans son dernier rapport sur la Mission des Nations Unies au Soudan l'UNMIS. Ban Ki-moon demande en conséquence « aux Forces armées soudanaises de retirer immédiatement du Sud-Soudan tous les éléments militaires réguliers qui y sont encore, à l'exception de ceux affectés aux unités mixtes intégrées ». « Si le redéploiement est une étape majeure vers la pleine application du protocole de sécurité de l'Accord de paix global, plusieurs autres éléments de cet accord clef devront encore être fidèlement mis en oeuvre par les deux parties dans les mois à venir et étroitement surveillés et vérifiés par l'UNMIS, conformément à la résolution 1590 (2005) ». Comme je l'ai déjà indiqué au Conseil, la mise en place des unités mixtes intégrées continue de revêtir une importance centrale. D'après les échéances prévues dans l'Accord de paix global, la formation de ces unités est une condition indispensable au retrait complet des forces de l'Armée populaire de libération du Soudan des États du Kordofan méridional et du Nil bleu, explique le Secrétaire général. « Les unités mixtes intégrées sont aussi chargées de protéger les champs pétrolifères, alors que les installations pétrolières elles-mêmes doivent être démilitarisées en vertu de l'Accord. Compte tenu de l'importance de ce processus, je demande instamment aux parties d'achever l'affectation des troupes aux unités en question, qui a déjà quelque neuf mois de retard ». Un autre problème essentiel auquel se heurte la mise en œuvre de l'Accord de paix global est la réintégration des anciens membres des autres groupes armés. « La dissolution formelle des Forces de défense du Sud-Soudan et l'incorporation de ses membres dans l'Armée populaire de libération ou leur absorption dans les programmes de désarmement constituent une évolution positive. Toutefois, les déclarations d'incorporation ou de démobilisation doivent êtres suivies d'une action transparente », affirme Ban Ki-moon. Lorsque le redéploiement des Forces armées soudanaises sera achevé, les efforts de mise en ?uvre de l'Accord de paix global devront naturellement être axés sur le retrait de l'Armée populaire de libération du Soudan du Kordofan méridional et du Nil bleu. « Ces aspects, de même que les incertitudes entourant le statut d'Abyei, l'accord sur la frontière du 1er janvier 1956 et la gestion du secteur pétrolier, feront partie des principaux problèmes à régler par les parties et l'ONU dans les mois à venir », affirme le rapport. Enfin, « s'agissant par ailleurs des élections, l'état d'avancement des préparatifs a jusqu'ici été décevant et les deux parties doivent considérablement accélérer leurs travaux sur les réformes législatives nécessaires », déplore le Secrétaire général.
|
L'ONU dénonce les crimes commis au Darfour
Le Soleil, Dakar avec l'AFP, 22 Août 2007
Des militaires et des miliciens du gouvernement soudanais pourraient être passibles de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et contre l'humanité commis lors d'attaques en décembre dans la région de Deribat au Darfour, selon un rapport de l'Onu publié hier. Genève - Lors d'attaques, en décembre au Darfour, une cinquantaine de femmes de 25 à 40 ans ont été enlevées et détenues durant environ un mois comme esclaves sexuelles par des membres des forces armées soudanaises et de milices supplétives, selon un rapport du Haut commissariat pour les droits de l'Homme de l'Onu, qui complète une première enquête publiée en avril dernier. "Si le viol, la réduction en esclavage sexuel (...) font partie d'une attaque massive ou systématique contre des civils (ces formes de violences sexuelles) peuvent constituer un crime contre l'humanité et relèvent potentiellement de la compétence de la Cour pénale internationale", souligne le rapport. Le Haut commissariat rejette les arguments du gouvernement soudanais qui a assuré pour se disculper que la région de Deribat n'était pas sous son contrôle. "Il y a de claires indications que des personnels gouvernementaux ont participé à ces attaques", selon le rapport qui cite des témoignages faisant état d'un soutien aérien et de troupes au sol. L'enquête de l'Onu souligne également que les Forces de défense populaire (Pdf), citées parmi les assaillants, sont considérées légalement comme une "force paramilitaire" sous l'autorité de l'armée. En outre, des milices supplétives des forces gouvernementales ont participé à ces atrocités, souligne encore le rapport. "Les femmes ont été enlevées par petits groupes par des hommes armés et conduites dans le lit d'une rivière asséchée entre Kutur et Deribat", raconte un témoin oculaire. "Les femmes étaient violées par tout homme qui le souhaitait. Quand un homme s'approchait, la femme était supposée consentir, sinon elle était battue", a ajouté un autre témoin. Une femme qui avait essayé de fuir a raconté avoir été attachée avec une corde pendant trois jours, puis violée par trois hommes. Beaucoup d'enfants ont été témoins de scènes de viols multiples, note encore le rapport. L'Onu, qui déplore l'impunité dont bénéficient les auteurs de crimes de guerre au Darfour, demande une nouvelle fois au gouvernement et aux rebelles de cesser toutes les attaques contre les civils. Le Haut commissariat pour les droits de l'Homme demande également aux autorités de Khartoum de mettre en place un organe indépendant pour enquêter sur les enlèvements, les viols et l'esclavage sexuel. Leurs auteurs doivent être suspendus de leurs fonctions et traduits en justice et les autorités doivent en outre indemniser les victimes, exige encore l'Onu.
|
Des rebelles arabes du Darfour se disent eux aussi victimes
Des rebelles arabes du Darfour accusent le gouvernement soudanais de fomenter des tensions ethniques dans la région ravagée par la guerre afin de diviser pour mieux régner, et rejettent l'assimilation fréquente des Arabes aux redoutés miliciens "djandjaouids".
Challenge avec Reuters N'Djamena, 20 Août 2007, par Stephanie Hancock
Le Front des forces révolutionnaires unies (URFF), groupe à dominante arabe opposé au gouvernement de Khartoum, dit avoir essuyé un nombre croissant d'attaques de l'armée au Darfour ces dernières semaines, notamment un raid opéré le 11 août et au cours duquel il affirme avoir capturé douze soldats. "Le gouvernement du Soudan cherche à séparer les Arabes des Africains, à les dresser les uns contre les autres", a déclaré à Reuters le secrétaire général de l'URFF, Mohamed Ibrahim Brima, lors d'une interview au Tchad voisin. Le conflit du Darfour oppose des rebelles souvent issus de communautés agricoles noires aux troupes gouvernementales et à leurs alliés djandjaouids, miliciens en majorité arabes accusés d'attaques sanglantes contre des villages qui ont chassé de chez eux une grande partie des 2,5 millions de déplacés du Darfour. "Oui, Khartoum a créé des milices - mais d'autres groupes ethniques sont impliqués autant que des Arabes (...) Les Arabes font partie eux aussi du Darfour et nous souffrons autant que les autres", a dit Mohamed Brima. "Nous ne sommes pas aux côtés des milices - nous sommes contre tous ceux qui attaquent la population du Darfour (...) nous sommes contre ces gens, même si ce sont des Arabes, a-t-il ajouté. Les gens du Darfour forment une seule nation, on ne doit pas les séparer." "Le gouvernement du Soudan croit qu'il ne pourra gagner que par la guerre, aussi devons-nous être prêts à nous défendre." L'URFF, l'un des groupes les moins connus de la nébuleuse insurrectionnelle du Darfour, fait partie de l'Armée du front populaire démocratique (DPFA), alliance rebelle arabe qui a revendiqué l'enlèvement de douze soldats le 11 août au village de Souja, dans l'ouest de la région.
Khartoum a démenti tout enlèvement de soldats.
|
L'aide humanitaire quitte la Chine pour le Darfour
Xinhuanet, 17 Août 2007
Le quatrième lot de matériel humanitaire, d'une valeur de 20 millions de yuans (2,6 millions de dollars), offert par le gouvernement chinois, a quitté jeudi le port de Tianjin, au nord de la Chine, pour le Soudan. Des pompes, tentes et couvertures arriveront à Port-Soudan le mois prochain pour améliorer les conditions de vie des habitants de la région du Darfour. Le cinquième lot, d'une valeur de 40 millions de yuans (5,2 millions de dollars), incluant des tentes pour au moins 120 écoles, des génératrices, des véhicules et des pompes, partira par voie maritime le 25 août depuis Tianjin. Le gouvernement chinois s'est engagé à offrir cinq lots d'aide humanitaire au Darfour pour surmonter la crise humanitaire engendrée par les conflits dans cette région de l'ouest du Soudan. Wang Shichun, officiel en charge de l'aide pour l'étranger du ministère chinois du Commerce, a affirmé que le gouvernement chinois s'efforçait constamment de trouver une solution sur la question du Darfour. "La position fondamentale du gouvernement chinois est la réalisation de la paix, la stabilité et la reconstruction économique par le biais de négociations au Darfour qui devront se tenir le plus tôt possible", a déclaré Wang jeudi lors de la cérémonie de l'envoi de l'aide humanitaire. La Chine a déjà envoyé trois lots d'aide humanitaire comprenant des tentes, des couvertures et des équipements médicaux et agricoles, d'une valeur totale de 20 millions de yuans. Mirghani Mohamed Salih, ambassadeur du Soudan en Chine, a exprimé sa gratitude, de la part du gouvernement soudanais, pour l'aide de la Chine, qui a aidé les habitants du Darfour à vaincre des difficultés temporaires.
|
Accélération des rapatriements volontaires depuis l'Ouganda vers le Soudan
Nations Unies, Haut Commissariat pour les réfugiés, 17 Août 2007
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés ( UNHCR ) annonce aujourd'hui qu'il a accéléré le rythme des retours volontaires de réfugiés soudanais depuis l'Ouganda vers le Sud-Soudan, grâce à l'ouverture d'un nouveau couloir important de retour passant par la ville de Nimule, à l'extrême sud de la frontière entre le Soudan et l'Ouganda. « Cette nouvelle route relie les installations de réfugiés en Ouganda et l'Etat d'Equatoria oriental au Soudan. L'Ouganda accueille l'une des populations les plus vastes de réfugiés soudanais. Quelque 70% des 160.000 réfugiés soudanais vivant dans les onze camps situés en Ouganda sont originaires des Etats soudanais de l'Equatoria central et oriental », a déclaré le porte-parole de l'agence, William Spindler, lors d'un point de presse à Genève. Suite au retrait, en milieu d'année, du groupe rebelle ougandais, l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), la sécurité a pu être progressivement rétablie dans plusieurs zones de l'Equatoria oriental, insufflant aux nombreux réfugiés soudanais la confiance nécessaire pour rentrer, a-t-il expliqué. Jusque récemment, l'UNHCR ne pouvait pas opérer dans le comté de Magwi à cause de la présence de l'Armée de résistance du Seigneur, active dan s l'Etat d'Equatoria oriental depuis le milieu des années 90. Le groupe rebelle terrorisait et kidnappait les habitants des villages et tendait régulièrement des embuscades aux véhicules empruntant la route de Nimule, depuis le nord de l'Ouganda, en direction de Juba, au Sud-Soudan. « Nimule est le troisième couloir de rapatriement entre les deux pays. Les autres routes utilisées depuis l'Ouganda sont celles de Moyo – Kajo Keji et de Arua – Yei – Juba. La nouvelle route a été autorisée par la Commission tripartite qui s'est réunie à Kampala en mai, et dont font partie les gouvernements de l'Ouganda et du Soudan et l'UNHCR », a dit William Spindler. Le premier convoi à avoir emprunté la route de Nimule est arrivé mercredi, transportant 133 réfugiés soudanais qui arrivaient des installations de Kyangwali et Kiryandongo, dans le district de Hoima, en Ouganda. L'UNHCR continue également d'organiser des rapatriements volontaires de réfugiés soudanais depuis le camp de Kakuma, au nord-ouest du Kenya. Des convois par route sont planifiés tous les quinze jours, pour aider les réfugiés qui rentrent à Kapoeta, en Equatoria oriental, depuis Kakuma. Une fois de retour au Soudan, nous assistons les rapatriés afin qu'ils puissent rejoindre leur foyer dans les villages environnants. Au total, quelque 25.572 réfugiés soudanais sont rentrés de Kakuma à ce jour, dont environ 5.600 avec l'assistance directe de l'UNHCR. Il est prévu que les retours depuis le camp de Kakuma s'accélérent les mois prochains, avec le rapatriement volontaire potentiel d'environ 7.000 réfugiés soudanais qui ont exprimé le souhait de rentrer, principalement dans les Etats de Jonglei et d'Equatoria central. Depuis le lancement de l'opération de rapatriement volontaire vers le Soudan en décembre 2005, quelque 157.000 réfugiés soudanais au total sont rentrés au Sud-Soudan et dans l'Etat du Nil bleu. Parmi eux, quelque 66.500 ont regagné leur foyer avec l'assistance de l'UNHCR depuis cinq pays entourant les frontières du Soudan, notamment la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, l'Ouganda, le Kenya et l'Ethiopie. Selon le communiqué, les opérations de rapatriement depuis la République centrafricaine et la République démocratique du Congo se sont terminées en avril et en juin, respectivement. En ce qui concerne l'Ethiopie, les rapatriements ont été interrompus en mai à cause de la saison des pluies, mais devraient reprendre vers la fin de l'année. |
Les violences récurrentes constituent toujours la préoccupation première des habitants du Darfour
Après une mission de 19 mois Yasmine Praz Dessimoz chef des opérations du CICR au Darfour parle de la situation humanitaire actuelle dans la région agitée ainsi que des obstacles et des perspectives qui se présentent au CICR.
Croix Rouge Internationale 15 août 2007
Comment décririez-vous l'évolution du conflit au Darfour depuis qu'il a éclaté en 2003 ?
La crise actuelle au Darfour a éclaté en 2003 entre les forces gouvernementales et l'opposition et a entraîné une situation humanitaire désastreuse la population civile supportant le poids du conflit. La situation au Darfour est complexe et a trop souvent été décrite en termes manichéens. Les dynamiques des conflits sont rarement simples ; elles ont souvent de multiples facettes. Depuis 2004 de nombreux processus de paix et initiatives politiques ont été menés jusqu'ici sans résultat. Pendant ce temps le conflit armé sur le terrain s'est poursuivi et les conditions de sécurité ont progressivement empiré. La fragmentation des groupes armés a affaibli leur chaîne de commandement et les affrontements tribaux au sujet de territoires et de ressources deviennent plus fréquents. De plus l'anarchie s'est répandue dans de vastes zones du Darfour préparant le terrain pour les crimes opportunistes contre la population et les organisations humanitaires. Aujourd'hui le conflit au Darfour a évolué. Alors qu'il s'agissait auparavant d'une crise aiguë on se trouve dorénavant face à une crise chronique. Les combats se déroulent dans un environnement de plus en plus fragmenté et localisé créant au Darfour une mosaïque de situations allant de l'insécurité totale à une stabilité fragile.
Quel est actuellement l'effet du conflit en cours pour les civils au Darfour ?
Comme toujours les civils sont les plus touchés par le conflit. L'insécurité et les violences récurrentes constituent toujours la principale préoccupation de la population au Darfour avant même l'accès à la nourriture à l'eau ou aux soins de santé. Même si leur portée et leurs conséquences varient d'une région à l'autre les violences touchent toutes les tribus du Darfour quelle que soit leur origine ethnique. Dans les zones où règnent les combats ou une insécurité persistante certaines personnes fuient vers des régions encore plus reculées certaines sont accueillies dans des villages proches tandis que d'autres n'ont pas d'autre choix que de se diriger vers des camps déjà surpeuplés. Les services décents disponibles dans les camps sont également un facteur d'attraction. Lorsqu'elles ne font pas l'objet d'attaques directes de nombreuses personnes des zones rurales sont confrontées à des difficultés du fait des routes de migration bloquées du manque d'accès aux marchés et aux services de santé et de la quantité insuffisante d'eau pour les personnes et les animaux là où de nombreux troupeaux se sont rassemblés. Tant que l'insécurité règne elle empêchera les retours à grande échelle et provoquera même de nouveaux déplacements. Elle continuera à causer du tort tant à l'agriculture qu'au commerce de bétail et empêchera tout retour à la vie normale. D'un autre côté la stabilité règne dans d'autres régions où les habitants peuvent gagner leur vie de façon satisfaisante et où les personnes déplacées rentrent progressivement chez elles.
Quels sont les principaux défis humanitaires que rencontre le CICR au Darfour actuellement ?
L'insécurité qui règne dans les zones tant rurales qu'urbaines a restreint l'accès des organisations humanitaires aux personnes en souffrance en particulier dans les zones rurales. Du fait de la fragmentation et de la prolifération des groupes armés il est extrêmement difficile d'obtenir des garanties de sécurité. De plus la situation est exacerbée par une augmentation du banditisme qui cible les organisations humanitaires comprenant le détournement de véhicules le vol d'équipements de télécommunications et parfois des attaques contre le personnel. La situation de sécurité précaire complique fortement la planification et la conduite des activités de terrain ce qui signifie que les communautés les plus exposées dans les zones rurales ne sont souvent atteignables que de façon ponctuelle voire pas du tout. Le CICR s'efforce de surmonter ces difficultés et est toujours présent et actif dans les trois États du Darfour. Pour y parvenir il adapte ses opérations à l'environnement imprévisible et conserve une approche flexible pour faire face à l'insécurité tout en tentant d'atteindre les communautés rurales qui en ont besoin. Les équipes du CICR collaborent constamment avec toutes les parties au conflit pour obtenir les garanties de sécurité nécessaires pour conduire leurs activités. Ces derniers mois nous avons pu retourner dans certaines zones qui étaient auparavant hors d'atteinte à cause de l'insécurité et nous avons même réussi à intensifier nos activités d'assistance à la population avant le début de la saison des pluies. Cet accès devrait cependant ne pas être considéré comme acquis et nous devons continuer d'améliorer notre présence et notre acceptation par tous les acteurs sur le terrain afin de pouvoir atteindre de plus en plus de personnes touchées par le conflit.
Comment le droit international humanitaire s'applique-t-il dans le contexte du Darfour?
Tant que le conflit armé se poursuit au Darfour les règles du droit international humanitaire s'appliquent et doivent être respectées par tous. Le manque de respect des règles fondamentales du droit international humanitaire est un grave sujet de préoccupation. Je ne parle pas ici des articles complexes du droit mais des principes humanitaires fondamentaux qui sont compris et respectés par toutes les cultures comme celui selon lequel les attaques ne doivent pas être dirigées contre des civils. Le droit international humanitaire interdit d'attaquer de détruire de piller d'enlever ou de mettre hors d'usage les biens indispensables à la survie de la population civile comme les points d'eau les réserves de vivres et les cultures.
Vous avez déjà travaillé dans divers pays comme Sri Lanka la Serbie l'Éthiopie et l'Irak. Comment vivez-vous le fait de devoir quitter le Soudan après 19 mois ?
Je pars bien sûr avec des sentiments mitigés qui sont souvent difficiles à décrire. D'un côté un sentiment d'accomplissement quand je pense par exemple à la rapidité à l'efficacité et au professionnalisme dont le CICR a fait preuve pour satisfaire les besoins essentiels de 100 000 personnes déplacées à Gereida au début de l'année. D'un autre côté les événements choquants qui ont provoqué le retrait d'organisations humanitaires de Gereida en décembre 2006 sont inacceptables. Bien que je sois consciente que la situation peut très vite évoluer je suis soulagée de quitter le Soudan à un moment où l'accès au terrain s'est amélioré et où notre présence et nos activités peuvent être intensifiées dans certaines zones. Cependant je suis toujours très inquiète du grand nombre de personnes vulnérables touchées par le conflit que nous n'avons pas réussi à atteindre et à aider ; et je suis préoccupée par la sécurité de nos équipes de terrain qui évoluent dans un environnement qui reste extrêmement instable et imprévisible.
Je suis convaincue de la valeur ajoutée que le CICR parvient à offrir à la population civile touchée par la violence au Darfour grâce à l'énergie et à l'engagement fantastiques dont font preuve ses employés nationaux et internationaux. Je leur souhaite toute la force et tout le courage dont ils auront besoin pour s'efforcer sans répit d'atteindre l'objectif du CICR qui est d'aider les personnes vulnérables dans le conflit au Darfour et de favoriser la connaissance et le respect des principes humanitaires
|
Le Sénégal intervient dans le dossier du Darfour à la demande du Soudan
Agence France Presse 13 août 2007
Le président sénégalais Abdoulaye Wade est intervenu lundi dans le dossier du Darfour à la demande de Khartoum en appelant à un des plus importants groupes rebelles à rejoindre les pourparlers de paix. Le responsable du Mouvement de libération du Soudan (SLM) Abdel Wahid Mohammed Nour qui a boycotté des pourparlers entre mouvements rebelles le 6 août à Arusha (Tanzanie) s'est montré réservé à l'issue de son entretien à Paris avec M. Wade. "Si le gouvernement (soudanais) n'arrête pas l'assassinat de notre peuple s'il ne désarme pas les janjawid s'il n'expulse pas les colons installés sur nos terres ce sera très difficile" a prévenu M. Nour qui réside en France. Il a toutefois assuré qu'il "respectait le président Wade" et poursuivrait ses "consultations". M. Wade a expliqué il rencontrait M. Nour "à la demande du président du Soudan" Omar el-Béchir. Le président soudanais "m'a dit: je pense que ce sont les Français qui l'empêchent de participer à ces discussions" a dit M. Wade. Paris avait rejeté de récentes critiques de Khartoum l'accusant de ne pas faire suffisamment pression sur le chef rebelle. Le président sénégalais a exhorté M. Nour d'"aller aux discussions". "Pour être partie il faut être présent" a déclaré M. Wade à la presse dans les jardins de la résidence de l'ambassadeur du Sénégal à Paris. Huit factions rebelles soudanaises du Darfour se sont entendues à Arusha sur une "plateforme" commune de revendications en vue de futurs pourparlers de paix avec Khartoum d'ici trois mois. Le président sénégalais a souligné qu'il ne croyait pas lui-même que "la France officielle ait un intérêt quelconque à retenir un chef de faction pour empêcher les négociations". "Qu'il y ait des Français des ONG ou des amis qui eux (...) n'ont pas voulu que M. Nour rejoigne les discussions ça ça existe" a-t-il cependant ajouté. Il a précisé que le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner lui avait "facilité le contact avec M. Nour" et l'avait "encouragé à essayer de l'amener à la table des négociations". M. Wade a expliqué que M. Nour s'était engagé à réunir les représentants de son mouvement et à se rendre au Sénégal pour lui "apporter la réponse". "Je m'implique pour aider jusqu'à la solution finale" a dit M. Wade. Il a précisé qu'il agissait "tout seul" et pensait "que tout le monde trouvera normal" qu'il intervienne. "Je vais informer (le président de la Commission de l'Union africaine) Alpha Oumar Konaré le président de l'UA le président (ghanéen John) Kufuor et le gouvernement français" a-t-il dit. Le même jour un porte-parole du Mouvement de libération du Soudan a fait savoir que le SLM serait prêt à négocier "dès que les troupes de l'ONU seront sur le terrain" mais que c'était là leur "ligne rouge". Le conflit au Darfour (ouest du Soudan) a fait environ 200.000 morts et 2 1 millions de personnes déplacées selon l'ONU des chiffres que contestent Khartoum. Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté le 31 juillet le déploiement "avant le 31 décembre 2007" au Darfour d'une force mixte ONU-UA de 26.000 hommes. Son déploiement total n'est toutefois pas attendu avant le milieu de l'année 2008.
|
Une résolution qui laisse le Darfour en sursis
Le Figaro le 13 août 2007
Par Gareth Evans Président de l'International Crisis Group l'organisation de résolution de conflit.
Après des mois de marchandage diplomatique à New York le Conseil de sécurité de l'ONU a finalement adopté une résolution indispensable fixant l'envoi d'une mission de maintien de la paix au Darfour. Bien que terriblement tardif c'est un pas très attendu vers la résolution d'une des crises les plus odieuses de ces derniers siècles. Une crise qui a été engendrée par la campagne anti-insurrectionnelle menée par un gouvernement soudanais brutal et qui a entraîné la mort de plus de 200 000 civils et le déplacement de deux millions d'autres. Mais la fin de cette tragédie semble encore bien lointaine et le chemin à parcourir sera très long avant que les populations du Darfour puissent même commencer à imaginer reconstruire leur vie. Au-delà des douze résolutions largement inefficaces du Conseil de sécurité sur le Darfour ces trois dernières années ce dernier effort s'il est mis en action jouit d'une force quelque peu surprenante. Il est vrai que le texte a été édulcoré de manière à contenter tous les membres du Conseil de sécurité mais la résolution finale qui en découle a été adoptée à l'unanimité bénéficiant dès lors d'un poids plus important que les précédentes. Lesquelles appelaient déjà en août 2006 à l'élargissement et au renforcement de la mission de maintien de la paix. La communauté internationale a finalement accepté d'endosser sa responsabilité collective dans la recherche d'une solution au conflit du Darfour et ça c'est déjà tout un exploit.
La nouvelle résolution donne à la force hybride ONU-Union africaine un mandat raisonnablement plus solide pour assurer la protection des civils. Et contrairement à la mission précédemment assurée par l'Union africaine cette force bénéficiera des structures administratives de commandement et de contrôle de l'ONU. Néanmoins il s'agit là du mandat inscrit sur le papier : tout dépendra de la manière dont la nouvelle force hybride l'interprétera et l'appliquera une fois sur le terrain.
Le gouvernement soudanais a accepté la résolution mais Khartoum a déjà montré par le passé sa réticence à autoriser une présence onusienne au Darfour. L'accomplissement d'une mission de maintien de la paix robuste sera un défi à la fois opérationnel et politique. La résolution contient des dispositions du chapitre VII de la charte de l'ONU autorisant la nouvelle force ONU-Union africaine à « entreprendre les actions nécessaires » pour protéger les civils mais elle s'accompagne de restrictions géographiques que Khartoum pourrait facilement exploiter.
Le calendrier de la nouvelle mission prévoit que la force soit déployée et opérationnelle d'ici à la fin de l'année. Bien que cet effort d'échéance très courte soit louable et reflète un sens de l'urgence appréciable au sein du Conseil d'autres missions de maintien de la paix nous ont appris par le passé que cela sera très difficile voire impossible à mettre en oeuvre.
Le prix de l'unanimité au Conseil de sécurité résulte de plusieurs compromis à différents niveaux. Premièrement la force hybride ne sera pas autorisée à saisir les armes illégales simplement à les surveiller - une faiblesse significative par rapport aux premières ébauches de texte et à la résolution de l'ONU datant de l'année dernière. C'est tout particulièrement regrettable étant donné la prolifération des armes et des groupes armés au Darfour. Deuxièmement le texte de l'ONU n'envisage aucune suite à donner en cas de non-conformité. Aucune action punitive n'y est mentionnée au cas où Khartoum échouerait à satisfaire les exigences et les demandes de la communauté internationale.
La faille la plus significative de cette résolution réside sans doute dans le fait qu'elle est basée tout comme les précédentes et les plus récentes sur l'accord de paix au Darfour un accord désormais largement enterré et signé entre le gouvernement et un seul groupe rebelle à Abuja en mai 2006. Il doit être renégocié de manière à contenter toutes les factions belligérantes et à refléter la situation qui n'a cessé d'évoluer sur le terrain.
La refonte de l'accord de paix au Darfour doit faire plus largement partie d'une approche internationale plus globale du Soudan. Une paix durable ne peut être conclue que dans le contexte d'une solution politique qui s'attaquerait aux problèmes de l'équilibre du pouvoir entre le centre et la périphérie et qui est au coeur de presque toutes les nombreuses questions conflictuelles au Soudan - notamment en ce qui concerne les nouvelles querelles inquiétantes au sujet des politiques de barrage dans le nord. Plus spécifiquement la crise du Darfour ne peut être résolue sans un effort de remise en route du désormais très fragile accord de paix globale de 2005. Un accord qui a mis fin à 20 ans de guerre civile entre le nord et le sud du Soudan et qui aura coûté la vie à quelque deux millions de personnes.
Le message clef qui doit être adressé ici est que le gouvernement soudanais et les différentes factions rebelles doivent s'engager fermement dans une solution politique et agir en conséquence. S'ils échouent à démontrer leur engagement en vue de la paix il n'y aura pas d'autre alternative pour la communauté internationale que d'imposer des mesures plus fortes.
La nouvelle résolution de l'ONU vis-à-vis du Darfour est un premier pas encourageant mais la réalité reste malheureusement que le chemin vers la paix au Soudan s'étend encore à perte de vue.
|
Washington attise le confit pour des rasions énergétiques (diplomate soudanais)
Agence de Presse Novosti Moscou 11 août 2007
Les Etats-Unis attisent sciemment le conflit au Soudan afin d'accéder à ses ressources énergétiques a déclaré jeudi l'ambassadeur soudanais à Moscou Chol Deng Alak lors d'une conférence de presse à RIA Novosti. "A l'heure actuelle le monde est une arène où on lutte pour les zones d'influence et les ressources énergétiques et comme aucune accalmie ne s'annonce au Proche-Orient où la paix paraît toujours très éloignée le problème des ressources énergétiques reste très grave" a fait remarquer le diplomate. "Les Etats-Unis essaient de trouver sinon un substitut au Proche-Orient du moins une possibilité de compenser les pertes qu'ils essuient en raison de l'instabilité dans cette partie du monde et se tournent vers l'Afrique en particulier vers notre région" a-t-il poursuivi. Et d'ajouter que dans le monde unipolaire d'aujourd'hui le principe selon lequel "celui qui n'est pas avec nous est contre nous" restait valable. "Le Soudan ne souhaite pas ardemment rallier les Etats-Unis. Il est naturel que cela provoque une certaine réaction et certains actes" a-t-il dit. Le conflit dans l'Ouest du Soudan se poursuit depuis février 2003. Ce conflit a déjà fait selon diverses estimations de 200.000 à 400.000 victimes et deux millions de réfugiés. Khartoum avait jusqu'alors refusé catégoriquement toute présence militaire étrangère sur son sol à l'exception du contingent de la Mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS). La résolution 1769 du Conseil de sécurité de l'ONU prévoit le déploiement de 26.000 soldats et policiers de la Force hybride de la mission de l'ONU-UA au Darfour (UNAMID). L'UNAMID devra remplacer les 7.000 hommes de l'AMIS incapables de désamorcer le conflit selon la communauté internationale. Khartoum a officiellement promis de se plier à ladite résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur le Darfour. Cette résolution répond à la plupart des revendications de Khartoum qu'il s'agisse de l'origine africaine du contingent à déployer au Darfour ou du financement par la communauté internationale des forces de maintien de la paix de l'UA jusqu'à leur remplacement par les casques bleus de l'ONU. Par ailleurs la résolution insiste sur l'importance de la poursuite du processus politique pour régler le conflit au Darfour et sur la nécessité de la poursuite des négociations de paix entre toutes les parties impliquées.
|
Tchad : la tragédie des femmes du Darfour
Le Figaro 11 août 2007 Abéché Léonard Schrik
Utilisés comme une arme de guerre les viols ont déjà fait plusieurs milliers de victimes parmi les réfugiées au Tchad.
La jeune fille raconte son viol d'une voix timide le visage enveloppé dans un tarha le voile islamique des femmes du Darfour. « C'était il y a un an juste avant le ramadan. Nous étions parties chercher de l'eau avec ma cousine à l'extérieur du village. Cinq hommes en djellaba blanche sont arrivés à dos de chameaux. Ils nous ont menacées avec leurs fusils. (...) Trois d'entre eux ont violé ma cousine à tour de rôle. Les deux autres me battaient à coups de cravache en me traitant de sale noire. (...) Ma cousine a été égorgée et j'ai été abandonnée nue après avoir été violée. » L'adolescente est formelle : ses agresseurs étaient des Djandjawid ces miliciens arabes armés par le Soudan qui opèrent dans le Darfour pour terroriser les populations dont sont issus les groupes rebelles qui se battent contre Khartoum depuis 2003. Utilisés comme une arme de guerre les viols ont déjà fait plusieurs milliers de victimes. « Au moins 15 000 peut-être le triple » affirme un membre de la Cour pénale internationale (CPI) qui enquête dans l'est du Tchad une région frontalière du Soudan où sont réfugiés 230 000 habitants du Darfour. Près de 80 % d'entre eux sont des femmes et des enfants. Beaucoup d'hommes sont morts ou restés au village pour protéger le bétail.
Esclaves sexuels
Khadija élève seule ses deux filles dans le camp de Treguine situé à trois heures de piste d'Abéché la capitale administrative du Tchad oriental où sont basées la plupart des organisations non gouvernementales (ONG) opérant dans la zone. Logées dans une hutte en terre poussiéreuse recouverte d'une bâche en plastique les trois femmes survivent grâce à l'aide internationale et ne sortent jamais du camp. « C'est trop dangereux dit Khadija beaucoup de filles sont violées lorsqu'elles partent ramasser du bois. » Militaires et rebelles tchadiens qui pullulent dans la région ne sont pas les seuls prédateurs. « Le stress et la frustration génèrent aussi des violences sexuelles parmi les hommes réfugiés » affirme la responsable du programme psychosocial d'une ONG européenne. Les adolescentes sont les plus exposées. Les Toroboro les rebelles soudanais qui écument les camps à la recherche d'enfants à recruter comme combattants s'en servent parfois d'esclaves sexuelles. Les risques de propagation du VIH le virus du sida qui en découlent sont d'autant plus grands que toutes les gamines ont subi entre 8 et 12 ans une infibulation la forme la plus mutilante de l'excision : ablation du clitoris et des grandes et petites lèvres avec suture du sexe. Pour protéger leurs filles les parents préfèrent les marier très jeunes. Celles qui résistent à ces mariages forcés peuvent être tuées. Dans cette société ultraconservatrice où « une femme équivaut à la moitié d'un homme » un refus est vécu comme une humiliation par toute la famille.
Déshonneur familial
En mai dernier le directeur de la Voix du Ouaddaï une radio communautaire fondée par une ONG américaine a assisté à une tentative de « crime d'honneur » : « Une adolescente courait en hurlant poursuivie par son frère armé d'un couteau. Le garçon a chuté et sa soeur s'est enfuie. D'autres hommes l'ont rattrapée jetée à terre traînée par les cheveux et rouée de coups jusqu'au sang. » L'adolescente qui avait refusé le mariage arrangé par sa famille a été retrouvée - grièvement blessée mais vivante - par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui l'a évacuée vers un autre camp. Sa mère a été conviée à une réunion de sensibilisation organisée par un « comité de femmes réfugiées ». Le HCR en a créé dans chaque camp pour permettre aux femmes d'exprimer librement leurs souffrances et leurs besoins. « La tradition veut qu'elles soient soumises à leur mari et elles n'ont souvent aucun recours en cas d'abus » explique une des coordinatrices de ce programme. « Quant au viol poursuit-elle il est vécu comme un déshonneur familial et social. Les victimes préfèrent donc se taire car elles risquent d'être répudiées par leur mari ou de ne jamais pouvoir se marier. » Les femmes qui osent rompre le silence sont souvent celles qui se sont trouvées enceintes après leur viol. Elles le font par détresse ou pour éviter que leur nourrisson soit discrètement tué après l'accouchement. Ultraminoritaires dans les camps les hommes n'en restent pas moins omnipotents dans les conseils de réfugiés qui contrôlent étroitement les activités des ONG. Ils font souvent barrage aux programmes de soutien aux femmes qu'ils perçoivent comme une forme de néocolonialisme occidental. « J'ai été expulsée manu militari d'un camp au motif que je voulais recoloniser la région » raconte une Européenne travaillant pour une agence des Nations unies. Résultat : les organisations travaillant sur la promotion des femmes par l'éducation ou l'octroi de microcrédits n'envoient sur le terrain que des personnels originaires de pays africains.
L'excision reste la norme
La lutte contre les discriminations sexistes génère aussi des crispations dans les communautés tchadiennes qui bénéficient également de l'aide humanitaire. Le sort des femmes n'y est guère plus enviable qu'au Darfour. L'excision reste la norme - en dépit d'une loi récente la criminalisant - et les filles passent plus de temps à travailler qu'à étudier. L'école du village d'Hamleyouna ne compte qu'une seule élève. « Les parents n'inscrivent que les garçons regrette l'instituteur ils disent que la place d'une fille est aux champs et dans le foyer. » Beaucoup sont mariées à l'adolescence avec une dot qui se calcule en têtes de bétail et elles ne découvrent le visage de leur époux que le jour de leur noce. Quant à la cérémonie durant laquelle le marié brandit un fouet elle donne le ton d'une vie conjugale qui se déroulera en général dans un foyer polygame. À l'est du Tchad la richesse d'un homme se mesure au nombre de femmes qu'il épouse et à la descendance qu'il engendre. Ibrahim Mahamat un commerçant d'Abéché voudrait « quatre femmes ». Il a en déjà deux. Elles lui ont donné « trois enfants et cinq filles ».
|
Le « défi » de l'intervention de l'Onu au Darfour
Ouest-France 10 août 2007
Jean-Marie Guéhenno secrétaire général adjoint de l'Onu : « La première grande opération conjointe entre l'Onu et l'Union africaine » dans l'une des régions les plus enclavées du continent où deux millions de personnes ont été déplacées et vivent dans des camps. : AFP Entretien. Recueilli par Jacques Rouil. 26 000 hommes de l'Onu devraient bientôt s'installer au Darfour. Selon Jean-Marie Guéhenno patron des Casques bleus ce n'est pas une mince affaire.
Jusqu'à présent au Darfour on mourait dans l'indifférence générale. Comment a-t-il été possible d'arriver à la résolution 1769 ? Elle est vraiment le produit d'une convergence au sein du Conseil de sécurité. Il y avait des pays qui s'étaient mobilisés sur le Darfour comme la Grande-Bretagne et les États-Unis les pays africains qui étaient préoccupés de voir la crise se poursuivre et les pays considérés comme ayant plus de sympathie pour le Soudan (la Chine et ses intérêts pétroliers NDLR) mais qui voient bien aussi qu'il faut arriver à une solution de cette crise tragique. La résolution 1769 est beaucoup plus consensuelle que celle de l'an dernier (lire ci-dessous).
Que signifie la référence au chapitre VII de la charte des Nations unies dans la résolution 1769 ? Le chapitre VII permet de se protéger soi-même ou de mettre en oeuvre l'accord de paix sur le Darfour d'en empêcher toute perturbation de prévenir les attaques armées et de protéger les civils. Avec une phrase très importante : « Sans préjudice de la responsabilité du gouvernement soudanais. » Ce qui signifie que le rôle de la mission de maintien de la paix n'est pas de se substituer au gouvernement de Khartoum mais là où il y aurait menace sur les civils de pouvoir intervenir au cas ou ce dernier n'assurerait pas l'ordre public ou la protection des droits de l'homme.
Un certain nombre de voix se sont élevées pour estimer que la résolution n'est pas suffisante notamment parce que les soldats ne pourront pas confisquer ou détruire les armes illégales ? Nous sommes dans le cadre d'un maintien de la paix. Cette mission ne peut réussir qu'avec la coopération des parties en cause rebelles et gouvernement soudanais. Sinon on est dans un autre cas de figure qui n'est plus le maintien de la paix. Et là ce n'est plus une force de Casque bleus qu'il faut c'est autre chose. Cette résolution fait délibérément le choix de la coopération et je pense que c'est un choix réaliste et raisonnable.
Que pensez-vous de la rencontre entre mouvements rebelles le week-end dernier à Arusha en Tanzanie pour tenter d'unifier leurs positions ? C'est très important. Je pense que le processus politique en coulisses est au moins aussi important que le déploiement des troupes. Si cette négociation ne se noue pas cela veut dire que la force de maintien de la paix doit se battre en réalité contre tous. La récente réunion d'Arusha qui est le fruit des efforts de l'Union africaine et de l'Onu est importante car il y avait beaucoup de rebelles représentés.
Le déploiement d'une force de 26 000 hommes sur un territoire grand comme la France risque d'être très compliqué ? Ce déploiement est un défi sans précédent. C'est d'abord la première grande opération conjointe avec l'Union africaine. Ensuite le Darfour est l'une des régions les plus enclavées d'Afrique. Il y a un défi logistique à déployer des milliers d'hommes avec leur équipement loin de toute côte avec des infrastructures en mauvais état et de capacité limitée. Cette partie du Soudan est en proie à la sécheresse le ravitaillement en vivres et en eau va être très compliqué. Enfin comment avoir un impact solide sur un territoire immense peu peuplé avec des villages très dispersés. Comment s'assure-t-on qu'il n'y a pas d'horreurs qui se commettent ? Les planificateurs ont estimé qu'il faut nettement plus d'hommes qu'aujourd'hui (on va passer de 7 000 à 26 000). Il faut néanmoins compenser le relatif manque de soldats par de la mobilité et de la puissance de feu. Il faut des hélicoptères d'attaque de transport pour avoir la réactivité nécessaire.
Ce qui suppose une implication des États-Unis et de l'Union européenne ? Pour l'infanterie on a une réponse déjà très positive de beaucoup de pays africains. Mais on va avoir besoin de forces de pays riches pour les besoins aéroportés. J'espère que les Européens pourraient répondre à l'appel. Il y a des bruits positifs notamment des pays nordiques.
Et la France ? La France est très engagée au Tchad. Si en parallèle à la mission du Darfour se monte une mission au Tchad où l'Union européenne déploierait une force multinationale - ce qui est en projet - la France y jouerait un rôle très important. Il y a donc une répartition des rôles qui est en train de se faire de fait.
|
Nouvelles prévisions de crues et déjà plus de 70 morts enregistrées
IRIN Khartoum 9 août 2007
KHARTOUM 9 août 2007 (IRIN) - Selon les autorités soudanaises les prévisions météorologiques indiquent que le niveau des eaux du Nil bleu va continuer à grimper et la situation reste critique dans un grand nombre d'Etats du pays au terme de plusieurs semaines de pluies torrentielles et de crues qui ont coûté la vie à plus de 70 personnes. Le niveau des eaux du fleuve qui traverse les régions est et sud-est du Soudan a progressivement augmenté au cours des dernières semaines obligeant des centaines de familles riveraines à quitter leur domicile. Par mesure de précaution L'Etat du Nil bleu a ordonné la fermeture de toutes les écoles et l'Organisation internationale pour les migrations ainsi que plusieurs responsables soudanais ont annoncé la suspension des opérations de rapatriement par péniches de personnes déplacées dans leur propre pays (PDIP) originaires du Sud-Soudan. « Nous attendons de nouvelles crues du fait des fortes pluies qui continuent de s'abattre sur le plateau éthiopien » a expliqué à IRIN Awad Widatallah Hussein porte-parole du comité gouvernemental de gestion des situations d'urgence le 7 août. Les pluies qui s'abattent sur le plateau éthiopien alimentent le Nil bleu et le Gash qui est déjà sorti de son lit submergeant les villages alentours emportant des routes sur son passage et isolant plusieurs villes. Plus d'une douzaine des 26 Etats du Soudan ont été touchés par les crues et notamment ceux du Sud. « A ce jour 71 personnes sont décédées » a déclaré M. Hussein. La situation reste critique dans certains Etats a-t-il ajouté de nouvelles régions risquant d'être touchées à mesure que le niveau des eaux monte. Les autorités de Khartoum l'Etat le plus touché du pays ont recours à la vaporisation d'insecticide par avion dans toute la ville. Les responsables de la santé ont en effet averti que les poches d'eau stagnante étaient propices à la prolifération des moustiques et pouvaient accroître les risques de maladies. Malgré tout selon plusieurs responsables du gouvernement aucune épidémie grave liée aux crues ne se serait déclarée. « Bien que les crues aient eu lieu plus tôt que prévu l'aide a été fournie rapidement et avec succès » a déclaré David Gressly Coordinateur résident et Coordinateur de l'action humanitaire par intérim des Nations Unies au Soudan. « Nous avions pris des mesures de contingence et avons pu empêcher que la population ne subisse de nouveaux bouleversements » a-t-il ajouté. Selon les estimations des Nations Unies les inondations ont détruit au moins 30 000 maisons touchant directement plus de 365 000 personnes. « Si l'intensité du régime de crues actuel ne faiblit pas la situation va considérablement se dégrader » a prévenu M. Gressly. Les Nations Unies et leurs partenaires avec le soutien du gouvernement ont à ce jour apporté leur aide à près d'un demi-million de personnes. Dans le cadre de cette aide les populations ont notamment reçu des produits de purification et ont été sensibilisées aux pratiques hygiéniques. A Kassala près de la frontière érythréenne des camions-citernes livrent de l'eau propre aux quartiers les plus touchés desservant au moins 10 000 personnes. « Pendant le reste de la saison des pluies l'eau propre - susceptible de sauver des vies - continuera d'être un besoin prioritaire pour des centaines de milliers de personnes » selon les Nations Unies. En dépit des mesures préventives mises en place environ 637 cas suspectés de diarrhée aqueuse aiguë ont été déclarés dans les Etats de Gedaref et de Kassala dans l'est occasionnant 39 décès toujours d'après les Nations Unies. « Nous travaillons en étroite collaboration avec le gouvernement pour obtenir une estimation précise des besoins des populations affectées et des fonds nécessaires pour y pourvoir » a indiqué John Clarke un responsable des Nations Unies chargé de coordonner les opérations lancées pour faire face aux inondations. Selon la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge les crues risquent d'affecter 2 4 millions de personnes dans 16 Etats. |
Les rebelles du Darfour prêts à la paix avec le Soudan
Le Figaro a vec AFP Reuters et AP 7 août 2007
Sous l'égide de l'ONU et de l'union africaine ils ont offert un cessez-le-feu au gouvernement soudanais avant des « négociations finales ».
Un espoir de solution politique au Darfour ? Huit factions rebelles de cette province de l'Est soudanais ont annoncé hier s'être entendues sur une « plate-forme » commune de revendications en vue de pourparlers de paix avec le gouvernement de Khartoum. La plate-forme porte sur «le partage du pouvoir le partage des richesses les arrangements sécuritaires les problèmes liés à la terre et aux questions humanitaires en vue de négociations finales » selon leur texte publié au terme de quatre jours de négociations à Arusha (Tanzanie). Les rebelles se disent prêts à entreprendre des « discussions finales » de paix avec le gouverne ment « d'ici deux à trois mois » et à « respecter une cessation complète des hostilités à partir du moment où toutes les autres parties prennent des engagements similaires ». Enfin les factions se sont engagées à assurer l'accès aux humanitaires. Cet accord intervient moins d'une semaine après l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur le déploiement au Darfour d'une force de paix mixte ONU-UA composée d'environ 26 000 hommes qui devraient remplacer d'ici au 31 décembre les 7 000 hommes soldats de l'Union africaine démoralisés sous-payés et inefficaces. La réunion d'Arusha sous l'égide de l'Union africaine (UA) et des Nations unies était la première à rassembler autant de factions rebelles dont une dizaine opère actuellement au Darfour. Un accord de paix a déjà été conclu en mai 2006 à Abuja (Nigeria) mais n'a été signé que par une seule faction le Mouvement/ Armée de libération du Soudan de Minni Minawi. Depuis les deux autres groupes rebelles ont éclaté en factions rivales. « Un engagement concret » Hier en fin d'après-midi le gouvernement soudanais n'avait toujours pas réagi officiellement. Les deux médiateurs de l'accord Jan Eliasson (ONU) et Salim Ahmed Salim (Union africaine) comptent demander un « engagement concret » de la part de Khartoum pour un cessez-le-feu. L'accord interne à la rébellion pèche cependant par l'absence de deux figures clés: Abdel Wahid Mohammed Nour qui vit en exil en France et a boycotté la réunion et Suleiman Jamous qui est confiné par les autorités de Khartoum dans un hôpital au Soudan. « Il y a une chaise qui attend M. Nour » a déclaré le médiateur de l'ONU. Paris a répondu hier aux vives critiques du gouvernement soudanais qui a convoqué la semaine dernière l'ambassadrice de France à Khartoum pour lui faire part de « l'indignation du Soudan après l'incapacité de la France à amener Abdel Wahid Mohammed Nour ». La remontrance illustre sans doute l'agacement de Khartoum devant l'activisme français Paris ayant accueilli le 25 juin une réunion du Groupe de contact élargi sur le Darfour. Un porte-parole du Quai d'Orsay a «r egretté » la position du chef rebelle qui dirige une faction dissidente du Sudan liberation movement (SLM).
|
Le Soudan libère un millier de femmes et d'enfants
Journal du dimanche 5 août 2007 Le Soudan a libéré un millier de femmes et d'enfants venus du sud du pays emprisonnés à Khartoum pour avoir produit et vendu de l'alcool. La production et la vente d'alcool sont un crime en vertu de la charia la loi islamique en vigueur dans le nord du Soudan. Le gouvernement s'attache à adoucir l'impact de la charia sur les habitants de Khartoum venus du sud du pays en application de l'accord de paix signé en 2005 destiné à mettre fin aux affrontements entre les forces gouvernementales venues du Nord musulman et les rebelles chrétiens et animistes du Sud. Ce sont 847 femmes et 158 enfants qui ont été libérés par les juges et le ministère de la Justice à la demande de la commission chargée de la protection des non-musulmans de Khartoum. Ces femmes vendaient de l'alcool afin de gagner de quoi nourrir leurs enfants leurs maris étant morts. Emprisonnées elles emmènent avec elles leurs enfants n'ayant personne à qui les confier.
|
Khartoum doute de la volonté de Paris d'aider à la paix
R-F-I actualités 5 août 2007
Le Soudan a fustigé samedi « l'incapacité de la France » à amener Abdul Wahid Nour fondateur du SLM à la table des négociations sur le Darfour qui se déroulent à Arusha (Tanzanie) alors que selon le ministère soudanais des Affaires étrangères Paris s'était engagé à « faire pression » sur le leader rebelle pour que celui-ci participe à la réunion qui vise à unifier les factions armées de cette région en proie à la guerre civile depuis 2003
Le Soudan a eu des mots durs à l'encontre de la France ce samedi : Khartoum dit douter de la volonté de Paris d'aider à la paix dans la province soudanaise du Darfour. Dans un communiqué le ministère soudanais des Affaires étrangères a annoncé avoir convoqué l'ambassadrice de France à Khartoum Christine Robichon pour lui faire « part de l'indignation du Soudan après l'incapacité de la France » à amener Abdul Wahid Nour à la table des négociations. Khartoum affirme que le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner s'était engagé auprès de son homologue soudanais Lam Akol à « faire pression » sur le leader rebelle pour que celui-ci participe aux discussions qui se tiennent du 3 au 5 août à Arusha. « La question soulève beaucoup d'interrogations sur la crédibilité des déclarations françaises appelant à la paix et sur la question de savoir si la réalisation (de la paix) est l'objectif visé derrière les campagnes et les déclarations françaises » conclut le ministère soudanais des Affaires étrangères. C'est une façon pour Khartoum de répondre à la communauté internationale notamment à tous ceux qui accusent le Soudan de ne pas vouloir la paix en tentant de prendre en défaut un pays occidental la France qui abrite le leader rebelle soudanais.
« C'est difficile on ne peut rien garantir »
Après la cérémonie d'ouverture vendredi soir l'Union africaine l'Onu et les rebelles sont entrés dans le vif du sujet à Arusha dans le nord de la Tanzanie. Les discussions semblent difficiles. Les émissaires de l'Onu Jan Eliasson et de l'Union africaine Salim Ahmed Salim consultent tour à tour les représentants des groupes rebelles. Certains groupes commencent à se parler. Mais l'émissaire de l'Onu lui-même Jan Eliasson se montre réservé. « C'est difficile on ne peut rien garantir » a-t-il confié dans la journée évoquant les importantes dissensions et les rivalités entre ces différents leaders qui se connaissent très bien puisqu'il s'agit souvent d'anciens alliés devenus ennemis. Les organisateurs se sont tout de même félicité d'être parvenus à mettre autour d'une même table autant de monde. Il manque néanmoins à l'appel Abdul Wahid Nour fondateur en 2003 du Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM/A) et actuel chef d'une faction SLM. Depuis Paris où il réside le chef rebelle s'est encore exprimé aujourd'hui : « la rencontre accorde trop d'importance à des groupuscules non représentatifs ». Mais l'Onu et l'UA se réjouissent de leur côté que pour la première fois depuis plus d'un an depuis la signature de l'accord de paix d'Abuja plusieurs factions rebelles du Darfour sont assises à la même table des discussions qui se terminent dimanche soir avec une séance plénière. L'Onu et l'UA ont lancé un nouvel appel à Abdul Wahid Nour pour qu'il rejoigne le processus. Ces pourparlers qui se tiennent à huis clos ont pour objectif de présenter un front commun lors des futures négociations de paix avec le gouvernement soudanais prévues en septembre.
|
Des mouvements rebelles du Darfour réunis à Arusha pour unifier leurs positions
Le Monde avec l'AFP 5 août 2007
Des commandants représentant plusieurs mouvements rebelles du Darfour région soudanaise en guerre civile depuis 2003 et des émissaires de la communauté internationale au Soudan ont commencé vendredi soir 3 août à Arusha en Tanzanie des pourparlers en vue d'unifier les factions rebelles et de tenter de relancer les négociations avec Khartoum. La rencontre sous l'égide des Nations unies et de l'Union africaine (UA) s'ouvre dans un contexte particulier après que le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé mardi le déploiement massif d'une force de l'ONU et de l'UA au Darfour (Mission conjointe des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour Minuad) au plus tard le 31décembre. Cette résolution 1769 de l'ONU a été acceptée mercredi par Khartoum. "Notre objectif est de trouver une position commune. Vous ne pouvez pas avoir des négociations entre d'un côté le gouvernement de Khartoum et de l'autre côté sept huit ou neuf groupes rebelles" a expliqué à la presse à Arusha l'envoyé spécial de l'UA pour le Soudan le Tanzanien Salim Ahmed Salim.
"Phase cruciale"
De son côté l'émissaire de l'ONU Jan Eliasson a jugé que le processus politique en vue de régler le conflit au Darfour était dans une "phase cruciale" estimant que la décision de déployer une force "hybride" ONU-UA était "un signe fort de ce que la communauté internationale est de plus en plus unie" . L'un des objectifs de la réunion d'Arusha est de parvenir à une position commune entre les mouvements rebelles non signataires de l'accord de paix d'Abuja (Nigeria) en 2006 qui n'a été signé que par un seul mouvement rebelle la faction du Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM) de Minni Minawi. La réunion prévue pour durer plusieurs jours devrait ainsi constituer la dernière étape de la phase de pré-négociations pour une solution à la guerre civile au Darfour qui a fait depuis 2003 quelque 200 000 morts – chiffre contesté par Khartoum – et plus de 2 1 millions de déplacés sur une population de six millions d'âmes. La rébellion avait été lancée en 2003 par deux principaux groupes rebelles : le SLM et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM). Depuis ces mouvements ont connu de nombreuses scissions qui ont produit au fil des années une dizaine de groupes rebelles. Toutefois les discussions d'Arusha sont déjà ternies par le boycottage annoncé de l'une des principales factions rebelles celle d'Abdel Wahed Mohammed Nour fondateur du SLM et actuel chef d'une faction du SLM qui estime notamment qu'un cessez-le-feu effectif doit être une condition préalable au dialogue3
|
Août 2007
Le rêve israélien des réfugiés du Darfour
Fuyant les massacres des centaines de Soudanais affluent à la frontière israélienne. En attendant que l'Etat juif décide de leur sort ils sont retenus à la prison de Ketziot dans le désert du Néguev
Le Monde 5 août 2007 par Benjamin Barthe
Les Israéliens l'appellent Ketziot et les Palestiniens Ansar. Les Soudanais qui y sont détenus depuis dix jours lui trouveront-ils un autre nom ? Ils sont 239 hommes femmes et enfants à végéter dans cette prison du désert du Néguev à l'intérieur de caravanes climatisées ceinturées de miradors et de barbelés. Après avoir fui les massacres du Darfour ils ont d'abord trouvé refuge au Caire avant de s'infiltrer en Israël avec l'aide de passeurs bédouins. Arrêtés par les soldats israéliens qui patrouillent le long de la frontière ils attendent désormais dans la fournaise de Ketziot que le gouvernement d'Ehoud Olmert décide de leur sort. "C'est la première fois de notre histoire que l'Etat emprisonne des enfants qui n'ont commis aucun crime tempête Sigal Rozen membre de Hotline for Migrant Workers une organisation de défense des droits des immigrés en Israël. Le gouvernement est tellement avide de décourager les Soudanais de se rendre en Israël qu'il bafoue. les droits de l'homme les plus élémentaires." Sur les 2500 clandestins d'origine africaine qui se trouvent actuellement en Israël 1300 sont des Soudanais arrivés pour la plupart ces trois derniers mois avec un tiers de natifs du Darfour. Renvoi en Egypte octroi de l'asile dans un pays tiers ou bien intégration en Israël : depuis le mois d'avril le premier ministre israélien tergiverse tandis que les Soudanais courent le pays à la recherche d'un toit et d'un travail. Cette situation chaotique est dénoncée par un nombre croissant de citoyens indignés du fait que l'Etat juif n'ait pas immédiatement tendu la main aux rescapés de ce qu'ils considèrent comme un "génocide". "Cet afflux est d'une ampleur inédite c'est pourquoi nous avons mis du temps à réagir explique Miri Eisin la porte-parole de M. Olmert. Mais désormais notre poition est clair•e. Les Soudanais du Darfour devraient être autorisés à rester en Israël. Ceux qui viennent d'autres régions et à qui le HCR (Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) ne reconnaît pas le droit d'asile seront expulsés vers l'Egypte. Ehoud Olmert a obtenu du président égyptien Hosni Moubarak l'assurance qu'ils y seront bien traités." Ce traitement à deux vitesses inquiète le collectif israélien pour le Darfour (israel-for-darfur. org). "En 2004 deux Soudanais avaient été renvoyés en Egypte puis dans leur pays d'origine où ils avaient été tués en dépit des garanties données par Le Caire raconte Eytan Schwartz l'un de ses responsables du collectif. Pourquoi devrait-on n croire aujourd'hui le président Moubarak alors qu'au même moment les autorités de Khartoum promettent l'enfer à tous les réfugiés qui remettront le pied dans leur pays d'origine ? " La méfiance des militants à l'égard des autorités égyptiennes est alimentée par les bavures à répétition qui ensanglantent la frontière du Sinaï. Selon la chaîne io israélienne trois Soudanais qui tentaient mercredi 1 er août de s'infiltrer en Israël ont été tabassés à mort par des soldats égyptiens sous les yeux de leurs homologues israéliens . postés juste en face. Paradoxalement le subit afflux de réfugiés en Israël trouve son origine dans un évènement similaire Le 3o décembre 2005 la police égyptienne charge une manifestation de Soudanais devant les bâtiments du HCR au centre du Caire. Au moins 26 manifestants sont tués dans la mêlée qui s'ensuit. Pour les réfugiés déjà en butte à de multiples vexations la ligne rouge est franchie. D'autant que les blessés colportent des récits - invérifiés - de trafic d'organes à l'hôpital. Ceux qui le peuvent monnayent leur passage en Israël. Une équipée de plusieurs jours dans la caillasse du Sinaï qui se conclut derrière les barreaux de l'Etat juif. "Parce que la loi israélienne les désigne comme ressortissant d'un pays "ennemi " les Soudanais peuvent être incarcérés indéfiniment à l'inverse des réfugiés d'autres pays africains non arabes qui sont remis en li berté dès que débute l'instruction de leur dossier'" explique Sigal Rozen. Fin 2006 au prix d'une longue bataille devant la Cour suprême l'association obtient que certains détenus soient relâchés et assignés à résidence dans des kibboutz. Au printemps 2007 nouveau rebondissement. La nouvelle que des centaines de Soudanais ont été embauchés dans les hôtels de la station balnéaire d'Eilat sur la mer Rouge se répand jusqu'au Caire et les familles restées là-bas accourent aussitôt. "En l'espace de deux mois - mai et juin - près de 550 réfugiés ont pénétré en Israël. Du jamais vu " dit Mikki Bavli directeur du HCR en Israël. Dépassée par les événements l'armée déverse sans prévenir des bus entiers de réfugiés sur la grand place de Beersheva la capitale du Néguev. Abandonnés à eux-mêrnes les nouveaux venus errent en pleine nuit dans les rues de la ville avant que la municipalité ne se décide à les entasser dans des hôtels de fortune. "C'était un chaos incroyable soupire Elisheva Milikovski une étudiante impliquée dans les réseaux d'aide qui se sont spontanément formés. Certains ont même dormi dans la permanence du Parti travailliste sous le portrait d'Itzhak Rabin. " Exaspéré par l'apathie du gouvernement le maire choisit début juillet de transférer à Jérusalem ses encombrants hôtes qui improvisent alors un campement de protestation dans un parc devant la Knesset. A l'annonce de ce débarquement impromptu Yonatan Glaser un éducateur social se rend sur place avec de la nourriture destinée aux familles. Eparpillés sur le gazon avec quelques tentes en guise de toits les réfugiés évoquent avec angoisse la perspective d'être bouclés à Ketziot. « Il y a un génocide à quelques centaines de kilomètres de nos frontières et la seule réaction de notre gouvernement c'est d'ouvrir un camp de rétention fulmine Yonatan 45 ans. En Israël l'Holocauste alimente en permanence de belles déclarations sur le mode du « plus jamais ça" mais ce ne sont que des mots. Nos dirigeants qui ont été formés à l'école de Thatcher et Reagan sont systématiquement absents des situtions de crise comme l'été dernier durant la guerre du Liban. " Spontanément ce petit-fils d'Autrichiens qui ont échappé aux camps de la mort par l'intervention d'improbables bienfaiteurs se porte volontaire pour héberger un couple de Soudanais et leurs quatre enfants. L'homme qui dit s'appeler Ismail a fui le Soudan en 2002. Son père est mort brûlé vif dans l'attaque de son village par un groupe de janjawids les cavaliers qui sèment la terreur au Darfour. Sa fille a guéri par miracle d'une balle en plein front. Réfugié pendant cinq ans au Caire il n'a cessé d'être harcelé par la police et n'a jamais pu y travailler. Dans le foyer des Glaser la famille retrouve un début de sérénité. Après une semaine Ismail qui parle anglais décroche un emploi dans un restaurant à Tel-Aviv. Sa femme et ses enfants viennent de l'y rejoindre dans un modeste appartement en location. Ils débutent une nouvelle vie dans l'espoir que le gouvernement israélien n'y mettra pas un terme brutal. |
Mise en garde américaine au Soudan contre l'impasse militaire au Sud
News & Actualities (PANA) Juba 4 juillet 2007 par Christophe Casalegno
Les Etats-Unis ont appelé à un retrait rapide des troupes soudanaises déployées dans le Sud-Soudan tout en exhortant Khartoum à trouver une rapide solution au risque d'une impasse militaire concernant la démarcation des champs pétrolifères du sud du pays. Khartoum qui devait finaliser le retrait de ses troupes du Sud- Soudan dans la première semaine du mois de juillet a retiré 66% environ des troupes stationnées dans les régions pétrolifères du sud du pays.
Selon Allan Reed représentant du Département d'Etat américain qui s'exprimait mardi à Juba la mise en œuvre de l' Accord de paix global (CPA) qui a marqué l'arrêt des 21 ans de guerre civile dans le Sud-Soudan est "imparfaite" et menace de tuer l'esprit de la paix au Soudan. " Aujourd'hui les Etats-Unis dépensent des millions de dollars pour maintenir les populations du Darfour en vie…nous ne pouvons permettre à l'esprit du CPA de mourir… il faut restaurer la confiance dans le CPA " a-t-il ajouté. Suite à cette déclaration du responsable américain le premier vice- président du Soudan Salva Kiir Mayardit s'est plaint de l'impasse qui fait obstacle aux efforts de mise en oeuvre d'importantes parties de l'accord de paix entre le Nord et le Sud qui reconnaissait aux Soundanais du Sud des droits égaux concernant la garde des champs pétrolifères du Sud. Le vice-président Kiir Mayardit a indiqué que la mise en oeuvre de l'accord est bloquée à un moment crucial alors que des millions de personnes déplacées par des décennies de guerre étaient en train de rentrer chez elles et que le verrou qui empêche l'application d'un accord sur les régions d'Abyei objets d'un contentieux n'a pas encore sauté. Aux termes du CPA la question très sensible d'Abyei qui produit 67% environ du pétrole brut du Soudan devait être réglée après le dépôt du rapport d'une commission frontalière composée de délégations du Sud et du Nord-Soudan. Les deux parties avaient accepté de respecter le rapport de la commission frontalière sur Abyei. Cependant le Parti du congrès national (NCP) a rejeté le rapport de la Commission frontalière ce qui a provoqué l'impasse actuelle. Il en résulte que les frontières qui marquent les limites des champs pétrolifères et des Etats producteurs de pétrole du Sud-Soudan n'ont jusqu'ici pas fait l'objet d'une démarcation. " Le CPA est entré dans sa troisième année et… sa mise en œuvre a été imparfaite le cadeau de la paix continuant d'être obscurci par le conflit dans le Darfour " a réaffirmé M. Reed . Il a indiqué que le gouvernement américain souhaiterait ce qu'il a qualifié de mise en oeuvre "solide et crédible" du CPA. " Les Etats-Unis appellent le Gouvernement d'union nationale à veiller à ce que la mise en oeuvre du CPA soit solide et crédible grâce au retrait et au redéploiement de ses troupes à Abyei dans l'Etat de Kordofan " a déclaré M. Reed . Il a prévenu que " le retard est l'ennemi de la paix " tout en ajoutant qu'à l'instar de la mémoire du Dr John Garang " il ne fallait pas laisser mourir le CPA…il faudrait plutôt le renforcer par des avancées dans le Darfour ". Auparavant le mois dernier les Nations Unies avaient affirmé dans un communiqué que l'armée du Nord n'avait pas respecté la date-butoir qui avait été fixée pour le retrait de ses troupes en vertu de l'accord de paix et qu'elle continuait de rémunérer des milices illégales basées dans le Sud. Le CPA signé le 9 janvier 2005 avait créé un gouvernement autonome du Sud et deux armées séparées et prévoyait le déploiement d'unités conjointes dans les principales villes et zones pétrolières. L'accord prévoyait un redéploiement intégral avant le 9 juillet. S'exprimant à l'occasion d'une conférence de presse convoquée mercredi à Juba le vice-président Kiir avait fait valoir que les retards constatés dans la mise en oeuvre des volets cruciaux du CPA menaçaient la sécurité et la fourniture des services essentiels aux populations d'Abyei et des autres Etats privées d'autorité. " Un comité exécutif co-présidé par le second vice-président Ali Osman Taha et le vice-président du Sud-Soudan Riek Machar a été mis sur pied pour un règlement harmonieux des questions en suspens notamment celle d'Abyei " a encore relevé M. Kiir . M. Kiir qui est également président du Sud-Soudan a déclaré que la SPLA a presque finalisé le retrait des troupes de l'Est du Soudan où son projet de retrait avait provoqué la crainte de voir s'installer un vide en matière de sécurité. Il a en outre noté que la SPLA maintenait quelques éléments soit 120 hommes environ dans le sud du Nil Bleu. "Le Nord a annoncé qu'il n'avait pas l'intention de retirer ses troupes des zones productrices de pétrole mais j'affirme que nous avons plus de 24.000 Unités intégrées conjointes une force composée de combattants de la SPLA et des Forces armées soudanaises présentement basées dans le Sud et qui seront déployées pour garder les champs de pétrole" a conclu M. Kiir .
|
L'ONU autorise le déploiement d'une force armée au Darfour
Libération avec l'AFP 2 août 2007
26 000 hommes vont être déployés au Darfour l'ONU ayant voté hier mardi la résolution 1769. Cette force ONU-Union africaine ne devrait pas intervenir avant début 2008.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité mardi à New-York le déploiement d'une force ONU-Union africaine au Darfour théâtre d'un sanglant conflit entre le pouvoir central et des mouvements rebelles depuis 2003. Cette force hybride baptisée Unamid sera constituée d'environ 26 000 soldats et policiers.
La résolution 1769 soutenue par la Grande-Bretagne la Belgique le Congo la France l'Italie le Pérou et la Slovaquie autorise la force ONU-UA à prendre «les mesures nécessaires» (signifiant l'usage de la force si elle s'impose) prévues au chapitre VII de la Charte de l'ONU pour protéger son personnel assurer la sécurité et la liberté de circulation des travailleurs humanitaires prévenir les attaques et les menaces contre les civils et soutenir la mise en œuvre de l'accord de paix du Darfour. Les rédacteurs de la résolution ont renoncé à invoquer le chapitre VII pour donner pouvoir à la force mixte d'enquêter sur la présence éventuelle d'armes au Darfour ce qui serait une violation des résolutions de l'ONU. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne avaient au départ préconisé une ligne très ferme contre le Soudan mais il est vite apparu nécessaire d'adoucir le texte pour obtenir le soutien de certains membres africains du Conseil de sécurité et de la Chine. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a qualifié la résolution d' «historique et sans précédent». Pour l'ambassadeur du Soudan à l'ONU la résolution adoptée «constitue une amélioration» par rapport aux précédentes moutures et «contient de nombreux éléments positifs». Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a estimé que la résolution «est porteuse d'un très grand espoir» mais «ne doit pas nous inciter à relâcher nos efforts». Le gros des troupes devrait venir des pays africains mais la France pourrait fournir des soldats a déclaré mercredi Bernard Kouchner sur RTL. Le ministère finlandais de la Défense a également évoqué la possibilité d'un groupement tactique par exemple nordique qui serait constitué de soldats suédois finlandais norvégiens estoniens et irlandais. Le déploiement de la force hybride «pour une période initiale de 12 mois» n'est pas attendu avant le début de l'année prochaine. L'Unamid sera à ce moment-là la plus importante mission de paix au monde.
|
L'ONU autorise l'envoi d'une force internationale au Darfour
La Croix 2 août 2007
La résolution 1769 adoptée mardi 31 juillet à l'unanimité autorise le déploiement d'une force ONU-Union africaine constituée d'environ 26.000 soldats et policiers dans la province soudanaise du Darfour Le gouvernement soudanais "salue" la résolution adoptée mardi 31 juillet par le Conseil de sécurité de l'Onu autorisant le déploiement d'une force ONU-Union africaine au Darfour a déclaré mercredi l'ambassadeur du Soudan en Grande-Bretagne. La résolution 1769 votée mardi à l'unanimité prévoit le déploiement d'une force baptisée Unamid et constituée d'environ 26.000 soldats et policiers dans la province soudanaise du Darfour déchirée depuis 2003 par la guerre civile. Le déploiement de cette force dont le coût est estimé à environ deux milliards de dollars est destiné à prendre le relais des 7.000 soldats de l'UA actuellement sur place mal équipés et sous-financés. La résolution a été soutenue par la Grande-Bretagne la Belgique le Congo la France l'Italie le Pérou et la Slovaquie. "Historique et sans précédent" Elle autorise la force ONU-UA à prendre "les mesures nécessaires" (signifiant l'usage de la force si elle s'impose) prévues au chapitre VII de la Charte de l'ONU pour protéger son personnel assurer la sécurité et la liberté de circulation des travailleurs humanitaires prévenir les attaques et les menaces contre les civils et soutenir la mise en oeuvre de l'accord de paix du Darfour. Les rédacteurs de la résolution ont renoncé à invoquer le chapitre VII pour donner pouvoir à la force mixte d'enquêter sur la présence éventuelle d'armes au Darfour ce qui serait une violation des résolutions de l'ONU. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne avaient au départ préconisé une ligne très ferme contre le Soudan mais il est vite apparu nécessaire d'adoucir le texte pour obtenir le soutien de certains membres africains du Conseil de sécurité et de la Chine. Ainsi le 24 juillet la France et la Grande-Bretagne soutenus par les Etats-Unis ont retiré les menaces de sanctions du projet de résolution. Mais dans la matinée le premier ministre britannique Gordon Brown dans un discours à l'ONU avait brandi la menace de sanctions contre Khartoum "si rien n'est fait pour arrêter la violence" au Darfour. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a qualifié la résolution d'"historique et sans précédent". Pour l'ambassadeur du Soudan à l'ONU la résolution adoptée "constitue une amélioration" par rapport aux précédentes moutures et "contient de nombreux éléments positifs". La plus importante mission de paix au monde II faut maintenant porter tous les efforts sur les moyens d'"assurer un règlement politique" entre le gouvernement de Khartoum et tous les groupes rebelles du Darfour a dit pour sa part l'ambassadeur de Grande-Bretagne Emyr Jones Parry. Le ministre français des affaires étrangères Bernard Kouchner a estimé que la résolution "est porteuse d'un très grand espoir" mais "ne doit pas nous inciter à relâcher nos efforts". Le déploiement de la force hybride "va nécessiter de fa communauté internationale qu'elle se mobilise de manière durable et va exiger des ressources financières et humaines" a dit le numéro deux de la délégation française à l'ONU Jean-Pierre Lacroix. "C'est le prix à payer pour pouvoir faire vraiment la différence sur le terrain et la France est prête à contribuer à cet effort" a-t-il ajouté. Deux ONG Oxfam et Christian Aid ont salué mardi l'adoption de la résolution tout en exprimant leur inquiétude sur le temps nécessaire pour que celle-ci soit mise en oeuvre. Le déploiement de la force hybride « pour une période initiale de 12 mois » n'est pas attendu avant le début de l'année prochaine. L'Unamid sera à ce moment-là à ce moment-là la plus importante mission de paix du monde. La guerre civile au Darfour a fait environ 200.000 morts et 2 1 millions de déplacés selon l'ONU des chiffres contestés par Khartoum.
|
Darfour : l'ONU autorise le déploiement d'une force ONU-Union africaine
Jeune Afrique avec AFP 2 août 2007
Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté mardi le déploiement d'une force ONU-Union africaine dans la province soudanaise du Darfour théâtre d'un sanglant conflit entre le pouvoir central et des mouvements rebelles. Peu de temps après l'adoption du texte à l'unanimité l'ambassadeur américain à l'ONU Zalmay Khalilzad a prévenu que le Soudan s'exposerait à des sanctions "unilatérales et multilatérales" en cas de non respect de la résolution. La résolution 1769 votée à l'unanimité autorise le déploiement d'une force hybride ONU-UA baptisée Unamid constituée d'environ 26000 soldats et policiers dans la province soudanaise du Darfour déchirée depuis 2003 par la guerre civile. Le déploiement de cette force dont le coût est estimé à environ deux milliards de dollars est destiné à prendre le relais des 7.000 soldats de l'UA actuellement sur place mal équipés et sous-financés. La résolution a été soutenue par la Grande-Bretagne la Belgique le Congo la France l'Italie le Pérou et la Slovaquie. Elle autorise la force ONU-UA à prendre "les mesures nécessaires" (signifiant l'usage de la force si elle s'impose) prévues au chapitre VII de la Charte de l'ONU pour protéger son personnel assurer la sécurité et la liberté de circulation des travailleurs humanitaires prévenir les attaques et les menaces contre les civils et soutenir la mise en oeuvre de l'accord de paix du Darfour. Les rédacteurs de la résolution ont renoncé à invoquer le chapitre VII pour donner pouvoir à la force mixte d'enquêter sur la présence éventuelle d'armes au Darfour ce qui serait une violation des résolutions de l'ONU. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne avaient au départ préconisé une ligne très ferme contre le Soudan mais il est vite apparu nécessaire d'adoucir le texte pour obtenir le soutien de certains membres africains du Conseil de sécurité et de la Chine. Ainsi le 24 juillet la France et la Grande-Bretagne soutenus par les Etats-Unis ont retiré les menaces de sanctions du projet de résolution. Mais dans la matinée le Premier ministre britannique Gordon Brown dans un discours à l'ONU avait brandi la menace de sanctions contre Khartoum "si rien n'est fait pour arrêter la violence" au Darfour. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a qualifié la résolution d'"historique et sans précédent". Pour l'ambassadeur du Soudan à l'ONU la résolution adoptée "constitue une amélioration" par rapport aux précédentes moutures et "contient de nombreux éléments positifs". Il faut maintenant porter tous les efforts sur les moyens d'"assurer un règlement politique" entre le gouvernement de Khartoum et tous les groupes rebelles du Darfour a dit pour sa part l'ambassadeur de Grande-Bretagne Emyr Jones Parry. Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a estimé que la résolution "est porteuse d'un très grand espoir" mais "ne doit pas nous inciter à relâcher nos efforts". Le déploiement de la force hybride "va nécessiter de la communauté internationale qu'elle se mobilise de manière durable et va exiger des ressources financières et humaines" a dit le numéro deux de la délégation française à l'ONU Jean-Pierre Lacroix. "C'est le prix à payer pour pouvoir faire vraiment la différence sur le terrain et la France est prête à contribuer à cet effort" a-t-il ajouté. Deux ONG Oxfam et Christian Aid ont salué mardi l'adoption de la résolution tout en exprimant leur inquiétude sur le temps nécessaire pour que celle-ci soit mise en oeuvre. Le déploiement de la force hybride "pour une période initiale de 12 mois" n'est pas attendu avant le début de l'année prochaine. L'Unamid sera à ce moment-là la plus importante mission de paix au monde. La guerre civile au Darfour a fait environ 200.000 morts et 2 1 millions de déplacés selon l'ONU des chiffres contestés par Khartoum. |
Cas de conscience pour le Darfour
Investissement. Sous la pression de militants des droits de l'homme certaines entreprises occidentales revoient leur stratégie au Soudan.
Pétrole : Le Soudan exporte l'essentiel de sa production (500.000 barils par jour). A elle seule la Chine en absorbe 60%. Elle a aussi contribué à la construction du deuxième terminal pétrolier du pays Bachaer II inauguré début juillet sur le mer Rouge.
Courrier International du 2 au 22 août 2007 par Ruth Sullivan
(Extraits du Financial Times Londres)
La campagne pour le désinvestissement au Soudan lancée par des défenseurs des droits de l'homme afin d'essayer de mettre un terme au conflit du Darfour prend de l'ampleur aux Etats-Unis. Plusieurs Etats américains ont déjà pris des mesures incitant au désinvestissement. En juin la Floride est allée plus loin en adoptant une loi votée à l'unanimité par le Sénat qui conduira la caisse de retraite de l'Etat (qui pèse l'équivalent de 110 milliards d'euros) à se désengager d'ici un an de toute entreprise ayant investi au Soudan et dans le secteur énergétique en Iran. Quelques semaines plus tôt Fidelity Investments le plus grand fonds commun de placement du monde avait de son côté réduit de 91 % sa participation dans PetroChina [la ramenant de 467 millions d'euros à 36 millions]. Cela faisait longtemps que la coalition militante [Save Darfur Coalition] créée pour faire pression sur le gouvernement de Khartoum afin qu'il mette fin au génocide au Darfour exhortait Fidelity et d'autres fonds à se désengager de cette société chinoise. PetroChina est en effet une filiale de la China National Petroleum Company la plus grosse compagnie pétrolière chinoise très bien implantée au Soudan. "Dans de nombreux fonds d'investissement et entreprises on estime aujourd'hui qu'investir au Soudan dans certaines s entreprises sauf changement de leur part n'est tout simplement plus tenable" explique Hamish Falconer directeur exécutif de Sudan Divestment UK le partenaire britannique de la Sudan Divestment Task Force qui coordonne le mouvement aux Etats-Unis. "Nous voulons encourager les investisseurs à mener une politique d'engagement auprès des entreprises ayant des liens avec le Soudan [ce qui consiste à entamer un dialogue ouvert avec les entreprises plutôt que de les rayer d'un portefeuille]. Si cette stratégie ne marche pas les investisseurs doivent vendre leur participation" poursuit-il. Le conseil d'administration de CALPERS le richissime fonds de retraite des fonctionnaires de l'Etat de Californie a récemment décidé d'interdire à ses gestionnaires toute prise de participation dans le capital de neuf sociétés implantées au Soudan qui d'après lui n'ont pas leur place dans son portefeuille d'investissements tant que les atrocités et les violations des droits de l'homme n'auront pas cessé. Figurent notamment sur cette liste PetroChina Sudan Telecom la société indienne Bharat Heavy Electrical et Tatneft (basée au Tatarstan). "Nous avons l'intention de poursuivre notre politique d'engagement constructif afin de nous assurer que d'autres entreprises dans lesquelles nous pourrions investir ne contribuent pas au génocide" a précisé dans un communiqué Rob Feckner le président du conseil d'administration de CALPERS. Plusieurs groupes se sont récemment retirés du Soudan. Le fabricant de moteurs britannique Rolls-Royce a dénoncé les contrats existant dans ce pays et a cessé d'en chercher de nouveaux. Le groupe d'ingénierie suisse ABB a lui aussi suspendu ses activités. Son concurrent allemand Siemens a fait de même invoquant des raisons morales. Certains gestionnaires de fonds se demandent ce qu'ils doivent faire au sujet du Darfour. Le britannique F&C Asset Management par exemple est en train de revoir son approche. "Notre stratégie a d'abord été de nous impliquer au sein des entreprises dont nous sommes actionnaires plutôt que de nous retirer. Mais cet engagement n'a pas aidé les populations du Darfour - et le désinvestissement non plus" déplore Karina Litvack en charge de la gouvernance d'entreprise et de l'investissement durable.
|
Les Casques bleus bientôt au Darfour
| Ouest France 2 août 2002 Le Soudan accepte le déploiement d'une force conjointe Onu-Union africaine. Mais Soudanais et Occidentaux ont chacun leur interprétation de la résolution de l'Onu.
Le Conseil de sécurité l'a proposé mardi le Soudan l'a accepté mercredi. D'ici à mars 2008 26 000 soldats et policiers envoyés par les Nations unies et par l'Union africaine se déploieront dans la province du Darfour à l'ouest du Soudan. Ce sera la plus importante mission de paix au monde. Le coût : deux milliards de dollars la première année. Depuis février 2003 le conflit - qui oppose les rebelles de cette région aux autorités soudanaises et aux milices arabes janjawids - a fait selon les experts plus de 200 000 morts et deux millions de déplacés.
Des interprétations divergentes
D'après la résolution 1769 adoptée mardi la force hybride baptisée « Unamid » se déploiera au plus tard en mars prochain. Elle sera majoritairement composée d'Africains et prendra le relais des 7 000 soldats de l'Union africaine présents depuis 2004. Le texte prévoit également une « stratégie de sortie » et un volet sur le développement du Darfour. Des dispositions qui ont satisfait le gouvernement soudanais. Celui-ci refusait depuis plusieurs années le déploiement de Casques bleus par crainte qu'ils n'aient un mandat trop large leur permettant un recours illimité à la force.
« La quatrième et dernière version de la résolution contient plusieurs éléments positifs qui tiennent compte des réserves et des préoccupations du gouvernement soudanais » a déclaré hier Abdel Mahmoud Abdel Halim représentant du Soudan à l'Onu. Il s'est félicité d'une clause selon laquelle la force pourra être utilisée « en cas de légitime défense » pour assurer la sécurité des travailleurs humanitaires et « pour protéger des civils sans préjudice de la responsabilité du gouvernement soudanais » . Tous n'ont pas la même interprétation de cette dernière formule. Les Occidentaux soutiennent que le principal objectif de cette force sera de protéger des civils innocents tandis que Khartoum considère qu'il gardera la responsabilité ultime. « Il n'y aura aucun chèque en blanc » s'est félicité M. Abdel Halim. Il a rendu hommage à la France et à la Grande-Bretagne qui ont négocié la formulation pour avoir supprimé certaines dispositions comme la menace de sanctions et le droit de confisquer des armes illégales.
Négociations avec les rebelles
Le ministre des Affaires étrangères Lam Akol a donc déclaré hier que le Soudan « acceptait » cette résolution et il s'est engagé à « appliquer la partie qui nous concerne » . Les États-Unis qui n'ont pas voté la résolution ont menacé Khartoum de sanctions au cas où il ne coopérerait pas. Mais l'échec des soldats de l'Union africaine présents depuis 2004 prouve que le Darfour ne sera pas stable sans accord politique. Khartoum se dit maintenant prêt à négocier avec les rebelles qui avaient refusé de signer l'accord de paix de 2006. Ces derniers ont éclaté dans une multitude de groupes armés. L'Onu et l'UA les ont invités à se réunir à Arusha en Tanzanie du 3 au 5 août. Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a souligné le « pas important » franchi par cette résolution tout en insistant sur la nécessité d'un déploiement rapide de l'Unamid. Selon lui elle pourrait se mettre en place dès octobre. Il s'est également félicité d' « un phénomène très nouveau très important c'est que les Africains veulent s'occuper des affaires africaines. »
|
L'ONU autorise l'envoi d'une force internationale au Darfour
Le Monde New York Nations Unies Philippe Bolopion 2 août 2007
Le Conseil de sécurité des Nations unies a unanimement adopté mardi 31 juillet une résolution autorisant le déploiement au Darfour d'une force de 19555 soldats et 6432 policiers qui sera chargée de ramener la paix dans l'ouest du Soudan où plus de 200 000 personnes ont péri selon l'ONU depuis le début du conflit en février 2003. La nouvelle force "hybride" composée de soldats de l'Union africaine (UA) et de l'ONU prendra le relais au plus tard le 31 décembre des 7 000 hommes de la Mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS) qui faute de moyens ne sont jamais parvenus à enrayer les violences. Avec un budget de plus de 2 5 milliards de dollars la première année et un effectif de près de 26 000 hommes la Mission conjointe des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (Minuad) devrait être une des forces les plus importantes jamais déployées par l'ONU – la résolution est "historique et sans précédent" a affirmé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Son déploiement bénéficie du soutien affiché du régime soudanais qui en juin après des mois de tergiversations et de pressions avait fini par accepter la venue d'une force internationale à condition qu'elle soit à dominante africaine. Adoptée à l'initiative de la France et du Royaume-Uni au prix de quelques concessions la résolution 1769 stipule que le conflit au Darfour constitue "une menace à la paix et à la sécurité internationale" . Le texte autorise la Minuad sous le chapitre VII de la charte de l'ONU (qui légitime l'usage de la force) à prendre "les actions requises" pour "protéger ses personnels" assurer la sécurité des travailleurs humanitaires et "protéger les civils" .
"Course contre la montre"
Le déploiement complet de la force ne devrait pas intervenir avant le début 2008. Mais les Etats qui souhaitent contribuer devront finaliser leurs engagements sous trente jours. La chaîne de commandement unique dont les structures seront fournies par l'ONU doit aussi commencer à être mise en place. Selon la résolution la Minuad doit avoir une "capacité opérationnelle initiale en octobre 2007 au plus tard" et devra prendre le relais de l'UA avant le 31 décembre. En attendant le Conseil de sécurité appelle les pays à soutenir l'AMIS pour permettre le déploiement de deux bataillons supplémentaires. "C'est une course contre la montre reconnaît Jean-Marie Guéhenno le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU. Dans une partie du Soudan où il n'y a ni eau ni infrastructures en état c'est un défi logistique opérationnel énorme." L'ONU a reçu des offres de contributions de nombreux pays mais a du mal à trouver les hélicoptères de combat ou de transport indispensables à la mobilité de la force dans une région de la taille de la France. Les unités de polices requises "la meilleure réponse dans les camps de déplacés" affirme le fonctionnaire de l'ONU seront également difficiles à rassembler. "On n'a jamais été aussi près de la possibilité d'une vraie paix" assure toutefois M. Guéhenno. A la demande de la Chine de l'Indonésie et du Qatar les menaces de sanctions adressées à Khartoum dans l'hypothèse d'un non-respect de la résolution ont été gommées du projet de texte initial. Les trois pays ont également obtenu que la Minuad n'ait pas pour mission de faire appliquer l'embargo sur les armes au Darfour qu'elle se contentera de surveiller. "Nous avons fait des concessions pour que le texte soit adopté unanimement et pour que le Soudan coopère avec la résolution mais nous n'avons rien concédé sur l'essentiel" affirme Jean-Pierre Lacroix représentant de la France à l'ONU par intérim. "Le mandat est robuste la force pourra défendre la population civile et nous avons un très bon résultat qui permettra de faire la différence sur le terrain" ajoute-t-il. L'ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU Zalmay Khalilzad a lui prévenu le Soudan qu'il s'exposerait à "l'adoption rapide de mesures unilatérales et multilatérales" s'il refusait de se "conformer" à la résolution. Des menaces de sanctions similaires contre les acteurs du conflit qui s'opposeraient au processus de paix ont été formulées par le Royaume-Uni et la France dans une déclaration commune le 20 juillet. A la demande de Paris le Conseil de sécurité se déclare par ailleurs "disposé" à améliorer la sécurité des civils dans l'est du Tchad et dans le nord-est de la République centrafricaine où l'Union européenne s'apprête à déployer sa propre force de paix sans doute au mois d'octobre pour contenir la propagation du conflit du Darfour.
|
L'ONU donne son feu vers à l'opération au Darfour
La Croix 2 août 2007 par Laurent d'Ersu
« La plus grande et la plus coûteuse des opérations de maintien de la paix »
Forte de 25 000 soldats la mission conjointe de l'ONU et de l'Union africaine va commencer se déployer d'ici au 31 décembre.
Après plus d'un an de négociations le Conseil de sécurité des Nations unies a créé mardi soir une nouvelle mission de maintien de la paix pour la première fois conjointement avec l'Union africaine (UA). Lancée pour une durée initiale de douze mois la mission conjointe des Nations unies et de l'UA au Darfour (Minuad) sera composée à terme de 19 500 militaires ainsi que d'une composante civile de 3700 personnes et de 19 unités de police de 140 personnes chacune. L'opération de l'ONU qui doit commencer à se déployer d'ici au 31 décembre se greffera sur l'actuelle mission de l'Union africaine au Soudan (Amis) forte de 7000 hommes. Adoptée à l'enseigne du chapitre 7 de la charte des Nations unies qui autorise le recours à la force la résolution dispose que la Minuad est autorisée à prendre « toutes les mesures requises » pour « protéger son personnel ses installations et équipements et pour assurer la sécurité et la liberté de mouvement de son propre personnel et des travailleurs humanitaires ». Elle a aussi mandat « d'appuyer la mise en œuvre rapide et effective de l'accord de paix pour le Darfour » et de « protéger les civils sans préjudice de la responsabilité du gouvernement soudanais ». La résolution parrainée par la France le Royaume-Uni et la Slovaquie établit qu'un siège opérationnel devra être établi au plus tard en octobre prochain (il sera situé à Al-Facher) et qu'à cette date l'échafaudage financier sera en place. Ainsi naîtra « la plus grande et la plus coûteuse des opérations de maintien de la paix» a déclaré le secrétaire général adjoint de l'ONU Jean-Marie Guéhenno. Le budget annuel de 1 8 milliard d'euros est largement lié aux «pro blèmes logistiques gigantesques » que va affronter la Minuad expliquait mercredi dernier dans un entretien à La Croix son patron le Congolais Rodolphe Adada. En effet le territoire du Darfour est vaste comme la France et cela implique notamment d'importants moyens de transport. L'ONU déploie déjà 10 000 hommes dans le cadre de la mission des Nations unies au Soudan (Minus) qui a pour mandat d'accompagner le processus de paix dans le sud du pays. . L'adoption de la résolution 1769 constitue une victoire pour les pays occidentaux qui ont vaincu les réticences soudanaises et chinoises. Le Soudan après des années de tergiversations a fini par accepter le principe du déploiement de la force ONU-UA à condition que celle-ci soit essentiellement composée de soldats africains. Le ministre soudanais des affaires étrangères Lam Akol a déclaré hier que son pays «acceptait la résolution». « Nous annonçons également notre engagement à appliquer la partie qui nous concerne» a ajouté le ministre soudanais. Khartoum semble n'avoir eu d'autre choix que d'accepter son principal allié la Chine ayant voté en faveur de la résolution. Jusqu'ici formellement opposé à la référence au chapitre 7 Pékin a changé d'avis durant le week-end peut-être sous l'effet de la menace brandie vendredi par le réalisateur Steven Spielberg de démissionner de son poste de directeur artistique des jeux olympiques de Pékin. Ban Ki-moon a appelé au «sou tien sans équivoque et constant du gouvernement du Soudan». Si ce dernier a ne se montre pas de bonne foi dans son partenariat l'opération échouera» a averti le secrétaire général des Nations unies avant de préciser que l'ONU avait les «mêmes attentes à l'égard des mouvements rebelles». Il a demandé le soutien de « tous les États» en particulier pour la contribution en troupes et en personnel de police. «La France a proposé ses services» a déclaré hier Bernard Kouchner mais les troupes non africaines devraient provenir majoritairement d'Asie.
|
L'ONU approuve le déploiement de troupes au Darfour
Le Monde avec l'AFP 1 er août 2007
Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l'unanimité mardi 31 juillet à New York une résolution prévoyant le déploiement d'une force ONU-Union africaine (UA) dans la province soudanaise du Darfour théâtre d'un sanglant conflit entre le pouvoir central et des mouvements rebelles depuis 2003. La résolution 1769 autorise cette force à prendre "les mesures nécessaires" (signifiant l'usage de la force si elle s'impose) prévues au chapitre VII de la Charte de l'ONU pour protéger son personnel assurer la sécurité et la liberté de circulation des travailleurs humanitaires prévenir les attaques et les menaces contre les civils et soutenir la mise en oeuvre de l'accord de paix du Darfour. Les rédacteurs de la résolution ont renoncé à invoquer le chapitre VII pour donner pouvoir à la force mixte d'enquêter sur la présence éventuelle d'armes au Darfour ce qui serait une violation des résolutions de l'ONU.
Coût estimé à environ deux milliards de dollars
Peu de temps après l'adoption du texte à l'unanimité l'ambassadeur américain à l'ONU Zalmay Khalilzad a prévenu que le Soudan s'exposerait à des sanctions "unilatérales et multilatérales" en cas de non respect de la résolution. La force hybride baptisée Unamid et constituée d'environ 26 000 soldats et policiers prendra le relais des 7 000 soldats de l'UA actuellement sur place. Le coût de cette nouvelle force est estimé à environ deux milliards de dollars. La résolution a été soutenue par la Grande-Bretagne la Belgique la République démocratique du Congo (RDC) la France l'Italie le Pérou et la Slovaquie. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne avaient dans un premier temps préconisé une ligne ferme contre le Soudan mais pour obtenir le soutien de certains membres africains et de la Chine il a été nécessaire d'adoucir le texte. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a qualifié la résolution d' "historique et sans précédent" . Pour l'ambassadeur du Soudan à l'ONU le texte adopté "constitue une amélioration" par rapport aux précédentes moutures et "contient de nombreux éléments positifs" . Le déploiement de la force hybride "pour une période initiale de 12 mois" n'est pas attendu avant le début de l'année prochaine. L'Unamid sera à ce moment-là la plus importante mission de paix au monde. |
Feu vert pour plus de 20.000 Casques bleus au Darfour
Le Figaro 1 er août 2007 par Arnaud de la Grange
Le Conseil de sécurité a voté hier le déploiement d'une force mixte ONU-Union africaine de 26.000 hommes dans la province soudanaise.
Après des mois de tergiversations diplomatiques sur fond de mobilisation médiatique exceptionnelle le Conseil de sécurité de l'ONU a enfin voté hier à New York à l'unanimité l'envoi d'une force pour tenter de mettre fin aux massacres au Darfour. La force « hybride » ONU-Union africaine devrait être déployée « pour une période initiale de douze mois » dans cette province soudanaise. Composée de quelque 20 000 soldats et 6 000 policiers et civils cette force baptisée Unamid sera la plus importante mission de paix au monde. L'Unamid devrait mettre en place son quartier général dès octobre 2007 pour être déployée avant le début de l'année prochaine. Elle viendra alors prendre le relais de la force de l'Union africaine l'Amis qui compte 7 000 hommes mais qui manque de moyens. La semaine dernière le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a proposé que dans la phase intermédiaire qui précède le déploiement de la force mixte l'Amis soit renforcée de 3 000 hommes toujours des soldats africains.
Usage de la force
La voie vers le vote de la résolution s'est ouverte à la mi-juin quand le Soudan a fini par en accepter le principe sans conditions. Ces derniers jours ont encore connu d'intenses tractations. Partisans d'une ligne ferme les États-Unis et la Grande-Bretagne ont exercé une forte pression. Ils voulaient que le texte évoque la possibilité de « prendre des mesures » contre les parties soudanaises qui ne coopéreraient pas pleinement. Mais la résolution a dû être « lissée » afin d'obtenir l'accord de la Chine - soutien du Soudan - et de membres africains du Conseil de sécurité. Washington n'en a pas moins mis en garde Khartoum dès hier soir prévenant que si le Soudan ne respectait pas la résolution il s'exposerait alors à des sanctions « unilatérales et multilatérales » . Français et Britanniques ont travaillé de concert pour obtenir un consensus. « Nous avons veillé constamment à travailler étroitement avec les membres africains du Conseil explique Jean-Pierre Lacroix le numéro deux de la mission française à l'ONU ainsi qu'à informer en permanence l'ambassadeur du Soudan . Nous avons eu aussi dans la négociation le souci de préserver le mandat de la force notamment sa capacité à se défendre et à protéger les populations civiles. » La résolution est placée sous le chapitre VII de la charte de l'ONU qui autorise l'usage de la force. Convoquée par l'Union africaine et l'ONU une réunion des acteurs de la crise est prévue à Arusha en Tanzanie du 3 au 5 août. Parallèlement les préparatifs en vue du déploiement d'une force européenne au Tchad et en Centrafrique - où le conflit du Darfour a débordé - s'accélèrent. Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept ont invité le 23 juillet les instances militaires de l'UE à programmer une opération. Cette force qui devrait compter 2 000 hommes pourrait être déployée vers la fin octobre. L'ossature devrait être française mais l'Espagne et d'autres pays européens devraient y participer. La force devra aider et protéger les 236 000 réfugiés du Darfour et 173 000 déplacés internes présents au Tchad. Pour l'UE l'opération devra être fondée sur une résolution de l'ONU avec une « stratégie de sortie ».
La semaine dernière un rapport du Comité des droits de l'homme de l'ONU a dénoncé un « nettoyage ethnique » au Darfour. Un terme utilisé apparemment pour la première fois par un organe des Nations unies sur ce dossier.
|
L'ONU envoie des casques bleus au Darfour
Le Parisien 1 er août 2007 par T homas Cantaloube
Le Conseil de sécurité des Nations unies a voté mardi à l'un animité une résolution autorisant le déploiement d'une force internationale au Darfour afin d'essayer de pacifier cette région du Soudan où de 200 000 à 400 000 personnes ont péri et 2 5 millions ont été déplacées depuis février 2003. Adoptée à l'initiative de 1a France et de la Grande-Bretagne après des mois de négociations cette résolution devrait créer «une mission sans précédent pour l'ONU très au-delà de toutes les opérations actuellement en cours » selon le chargé de mission français Jean-Pierre Lacroix •
Ce qui va changer sur le terrain.
La résolution 1769 permet le déploiement d'une force armée de 26 000 casques bleus contre à peine 7 000 soldats africains à l'heure actuelle «méritants mais épuisés » d'après les diplomates de l'ONU. De plus une aide logistique et matérielle qui pourrait s'élever à plus de 1 5 milliard d'euros durant la première année est prévue pour assurer la mission dans une région énorme où il n'y a ni eau ni infrastructure. •
L'heure de vérité.
Cette mission intervient après des années d'atermoiements de la communauté internationale et le blocage de la Chine soutien du gouvernement soudanais son fournisseur de pétrole. Afin de mettre toutes les chances de son côté la mission de l'ONU sera placée sous un mandat dit de chapitre 7. II autorise les casques bleus à répliquer en cas d'attaques contre eux contre les populations civiles ou les ONG «Ce point est fondamental pour la crédibilité et la réussite de l'opération » explique Jean-Pierre Lacroix. L'intervention de l'ONU au Rwanda en 1994 avait échoué en partie à cause du fait qu'elle n'était pas placée sous chapitre 7 et que les casques bleus n'avaient pu utiliser la force pour venir au secours des civils.
Une participation française.
Bernard Kouchner souhaite - il l'a proposé - envoyer des militaires français. Plusieurs pays européens sont également prêts mais l'UE reste prudente. Difficile à ce stade de « répondre précisément » souligne Javier Solana haut représentant pour l'UE des affaires étrangères. La majorité des soldats qui seront déployés d'ici à 2008 seront donc des Africains et sans doute aussi des Asiatiques. Dès le début de la crise du Darfour les nations occidentales ont été très réticentes à y envoyer leurs troupes et ont tout fait pour que l'Union africaine prenne davantage de responsabilité dans les solutions à apporter à ce que certains qualifient de génocide. La force qui devrait être déployée d'ici à la fin de l'année et au plus tard au début 2008 sera « hybride » composée en partie de soldats des Nations unies et en partie de soldats de l'Union Africaine. |