Le Soudan dans la Presse

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2ème semestre


Août 2007

   

Agence France Presse
31 août 2007

Gordon Brown et Nicolas Sarkozy veulent "redoubler d'efforts" pour le Darfour

La Croix
31 août 2007

Urgence humanitaire - Précipitation de la modernité

Afrik Com
Londres
31 août 2007

Sarkozy et Brown veulent unir leurs efforts pour le Darfour

Le Monde
31 août 2007

Ban Ki-moon va effectuer une tournée en Afrique

IRIN
Khartoum
30 août 2007

3,5 millions de personnes victimes des crues sont exposées aux épidémies

Montréal Informations
30 août 2007

Le Canada réplique à l'expulsion d'une diplomate canadienne au Soudan

Le Monde
30 août 2007

L'Onu accuse le Soudan de saper l'aide humanitaire au Darfour

La Croix
29 Août 2007

Des troupes européennes bientôt au Tchad et en Centrafrique

Jeune Afrique
28 Août 2007

Le Soudan espère que ses relations avec le Canada ne souffriront pas des expulsions de diplomates

Jeune Afrique
28 Août 2007

Le secrétaire général de l'ONU appelle à la fin des violences

Nations Unies
New York
27 Août 2007

L'ONU préoccupé par le départ forcé du chef de l'ONG 'CARE'

Africa Confidential
27 Août 2007

Soudan : Mission improbable

Le Monde
25 Août 2007

Le Soudan n'expulsera pas le représentant de l'UE à Khartoum

Libération
24 Août 2007

Les images qui incriminent le Soudan

Jeune Afrique
24 Août 2007

Darfour : le Soudan continue d'enfreindre l'embargo sur les armes

 

Angola Presse
24 Août 2007

Le Soudan expulse deux diplomates occidentaux

 

Le Monde
24 Août 2007

Reporters Sans Frontières dénonce la censure contre six journaux privés au Soudan

Nouvel Observateur
24 août 2004

Le Soudan enfreint l'embargo sur les armes au Darfour

Jeune Afrique  22 Août 2007

L'ONU s'inquiète de retards dans la mise en oeuvre de la paix dans le Sud

Nations Unies
new York
22 Août 2007

Le Secrétaire général souhaite l'application totale des accords de paix nord-sud au Soudan

Agence France Presse
22 Août 2007

L'ONU dénonce les crimes commis au Darfour

Agence France Presse
20 Août 2007

Des rebelles arabes du Darfour se disent eux aussi victimes

Xinhuanet
17 Août 2007

L'aide humanitaire quitte la Chine pour le Darfour

Nations Unies HCR
17 Août 2007

Accélération des rapatriements volontaires depuis l'Ouganda vers le Soudan

CICR-Info
15 août 2007

Les violences récurrentes constituent toujours la préoccupation première des habitants du Darfour

Agence France Presse
13 août 2007

Le Sénégal intervient dans le dossier du Darfour à la demande du Soudan

Le Figaro
13 août 2007

Une résolution qui laisse le Darfour en sursis (International Crisis Group)

Agence de Presse Novosti
Moscou
11 août 2007

Washington attise le confit pour des rasions énergétiques (diplomate soudanais)

La Figaro
11 août 2007

Tchad : la tragédie des femmes du Darfour

Ouest-France
10 août 2007

Le « défi » de l'intervention de l'Onu au Darfour

Irin
édition française
9 août 2007

Nouvelles prévisions de crues
et déjà plus de 70 morts enregistrées

Le Figaro
7 août 2007

Les rebelles du Darfour prêts à la paix avec le Soudan

Journal du dimanche 
5 août 2007

Le Soudan libère un millier de femmes et d'enfants

R.F.I. actualités
5 août 2007

Khartoum doute de la volonté de Paris d'aider à la paix

Le Monde
5août 2007

Des mouvements rebelles du Darfour réunis à Arusha pour unifier leurs positions

Le Monde
5 août 2007

Le rêve israélien des réfugiés du Darfour

News Actualities
4 août 2007

Mise en garde américaine au Soudan contre l'impasse militaire au Sud

Libération avec AFP
2 août 2007

L'ONU autorise le déploiement d'une force armée au Darfour

La Croix
2 août 2007

L'ONU autorise l'envoi d'une force internationale au Darfour

Jeune Afrique
2 août 2007

Darfour : l'ONU autorise le déploiement d'une force ONU-Union africaine

Courrier International
02 août 2007

Cas de conscience pour le Darfour

Ouest-France
02 août 2007

Les Casques bleus bientôt au Darfour

Le Monde
02 août 2007

L'ONU autorise l'envoi d'une force internationale au Darfour

La Croix
02 août 2007

L'ONU donne son feu vers à l'opération au Darfour

Le Monde
01 août 2007

L'ONU approuve le déploiement de troupes au Darfour

Le Figaro
01août 2007

Feu vert pour plus de 20.000 Casques bleus au Darfour

Le parisien
01 août 2007

L'ONU envoie des casques bleus au Darfour

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Gordon Brown et Nicolas Sarkozy veulent "redoubler d'efforts" pour le Darfour

Agence France Presse Londres, 31 Août 2007

 

Le Premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy se sont engagés a "redoubler d'efforts" pour tenter de contribuer à un règlement de la crise du Darfour (ouest du Soudan), dans un article commun publié vendredi dans The Times.

Dans le quotidien, MM. Brown et Sarkozy estiment que la situation au Darfour "demeure complètement inacceptable" et affirment que c'est "la combinaison d'un cessez-le-feu, d'une force de maintien de la paix, de l'aide économique et de la menace de sanctions qui pourra apporter une solution politique à la région".

Cet article de MM. Brown et Sarkozy est publié au moment où le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a lancé un appel pressant les pays membres de l'organisation à fournir au plus vite soldats et équipements à la force "hybride" des Nations unies et de l'Union Africaine (UA) de 26.000 hommes, devant se déployer au Darfour.

Cette force, dont la création a nécessité des mois d'efforts pour convaincre le président soudanais Omar el-Béchir, ne devrait pas être déployée avant 2008.

"Dans les semaines et mois à venir, nous nous engageons, en tant que leaders, à redoubler d'efforts pour obtenir de nouveaux progrès", expliquent MM. Brown et Sarkozy.

Ils relèvent qu'un "fossé demeure entre ces efforts engagés par la communauté internationale et la situation dramatique qui continue de prévaloir sur le terrain".

Le conflit qui sévit depuis plus de quatre ans au Darfour a fait 200.000 morts et deux millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres contestés par le Soudan qui parle de 9.000 morts. Washington a dénoncé un "génocide" et menacé Khartoum de nouvelles sanctions s'il ne respecte pas la résolution sur le déploiement de la force internationale.

M. Brown et Sarkozy se disent aussi prêts à travailler ensemble à de nouvelles sanctions "à l'encontre de ceux qui ne respecteraient pas leurs engagements, feraient obstacle au règlement politique ou continueraient de violer le cessez-le-feu".

Ils appelent "vivement le gouvernement du Soudan et tous les chefs rebelles à s'engager pleinement et sincèrement" dans un processus pour un règlement politique.

MM. Brown et Sarkozy insistent également sur le nécessaire déploiement d'une autre force internationale dans l'est du Tchad où vivent quelque 400.000 réfugiés du Darfour et déplacés tchadiens, et où la situation humanitaire est parfois pire qu'au Darfour voisin. Un projet de résolution de l'ONU est en cours pour la création d'une telle force mixte ONU-UE dans cette région.

Ils se disent prêts à "apporter une aide économique substantielle" dès que les conditions de sécurité "le permettront".

Ils indiquent également que la secrétaire d'Etat française chargée des Droits de l'Homme, Rama Yade, et le ministre adjoint britannique des Affaires étrangères, Lord Mark Malloch-Brown, devraient se rendre dans les prochains jours au Soudan, y compris au Darfour.

Une réunion présidée par l'UA et l'ONU doit se tenir à New York le 21 septembre sur le Daarfour. M. Ban Ki-moon entreprend dans trois jours une tournée au Soudan, au Tchad et en Libye pour appuyer le déploiement de la force internationale, qui sera la plus importante mission de maintien de la paix de l'ONU dans le monde.

 

août 2007

Urgence humanitaire - Précipitation de la modernité  

Entretien Alain Boinet, directeur général et fondateur de l'ONG Solidarités

 

La Croix, 31 Août 2007 (2 articles)

 

200 000 morts, 2,2 millions de déplacés, depuis 2003 la région du Darfour est le théâtre d'un conflit et d'un drame humanitaire qui mobilisent aujourd'hui un gigantesque dispositif d'urgence. Sédentarisation, développement de l'identité «arabe» chez les nomades, urbanisation des camps de réfugiés, explosion démographique et émergence de jeunes chefs opportunistes dans les villes..., lés photographies rapportées par Claude Iverné, qui arpente le Soudan depuis 1998, témoignent des souffrances des victimes et des mutations subies par cette région. Conscient de la complexité de la situation et pour mettre en perspective ce conflit, Claude Iverné est l'organisateur d'un cycle d'« événements pédagogiques », avec

la complicité de chercheurs, journalistes et humanitaires connaissant le « terrain », comme Éric Denis,

 

 

Le Darfour est à l'ordre du jour de l'agenda international et il y aurait, nous dit-:on, des lueurs d'espoir pour la paix. Les conférences se succèdent comme les bonnes résolutions. Mais dans l'immédiat le conflit continue.

Le conflit du Darfour a déjà provoqué 200 000 victimes, 2,2 millions de déplacés et l'aide internationale concerne au total 4,2 millions de personnes. Pour prendre la mesure de ce drame, soulignons ici que ces chiffres, qui cachent autant de drames individuels, sont à rapporter à une population de 6 millions d'habitants sur une période de cinq années. C'est dire l'ampleur du désastre.

Les déplacés ont été chassés de leurs villages par une violence accompagnée d'innombrables exactions. Ces populations déplacées vivent entassées depuis des années dans des camps où rôde l'insécurité.

Nous devons témoigner de la poursuite du drame et de l'accumulation du malheur. Ainsi, depuis le début de l'année 2007, nous comptons 248 414 déplacés supplémentaires alors que la plupart des camps d'accueil sont déjà à saturation.

Certes, c'est l'une des plus considérables opérations internationales de secours qui est déployée au Darfour avec un effectif de 12 300 humanitaires, dont 90 % de Soudanais. Un véritable pont aérien avec avions et hélicoptères permet de joindre les principales localités et camps de déplacés alimentant ainsi l'ensemble de l'aide.

Mais, outre les innombrables obstacles administratifs et logistiques, c'est l'insécurité permanente dont les humanitaires sont victimes qui limite, voire interrompt, les programmes d'aide. Ainsi, au seul mois de juillet, 14 véhicules ont été volés, 15 convois ont été attaqués et pillés et 9 centres humanitaires ont été attaqués, selon l'ONU.

De surcroît, durant la saison des pluies, nous assistons à une augmentation des maladies hydriques telles que la diarrhée, qui est fatale à beaucoup d'enfants. Nous constatons avec inquiétude l'apparition de cas de malnutrition élevée dans plusieurs zones. Les combats se poursuivent et, dans la région de Muhajeria au sud du Darfour, l'attaque de neuf villages début août par les milices de la tribu maalia a chassé de nombreuses populations dont le bétail a été volé, au risque de réduire à néant tout l'effort d'autonomie alimentaire (semences, outils...) d'une ONG comme Solidarités.

Nous avons de nouvelles inquiétudes face à l'attaque de camps de déplacés, comme à Kalma et Al-Salam, par des policiers ou des miliciens djandjawids. Au point que l'on doit s'interroger sur le risque de voir les déplacés chassés des camps pour les forcer à rentrer dans leurs villages. De plus, nous assistons à une politisation des camps et à l'émergence d'un nouveau leadership dans ceux-ci.

Aujourd'hui, au Darfour, les Nations unies ne parlent que de la force hybride qui doit se déployer (19 555 soldats et 6 432 policiers). C'est une étape essentielle qui ne pourra cependant réussir qu'à la condition d'un accord politique durable entre tous les protagonistes, dont le SLA d'Abdul Wahid Nour.

Or, nous n'avons pas l'impression que l'analyse de ce conflit à diverses facettes soit suffisante et que les attentes des déplacés soient prises en compte.

En attendant la paix, les humanitaires doivent coûte que coûte poursuivre leur action en relation étroite avec les populations, car, dans l'immédiat, c'est le conflit qui perdure.

 

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Précipitation de la modernité

Entretien Eric Denis, géographe, chercher au CNRS

 

La crise au Darfour n'est pas une simple urgence localisée mais une étape tragique das un processus de modernisation inéluctable.

 

En 2003, alors que le gouvernement nord-soudanais .posait la touche finale aux accords de paix venant clore une guerre fratricide Sud-Nord, un front armé s'élevait au Darfour. Les insurgés voulaient; par les armes, attirer l'attention sur leur marginalisation et les exactions de bandes armées. Les pillages n'avaient plus seulement à voir avec les conflits locaux autour de l'accès à l'eau ou le sol, l'hégémonie ethnique était devenue la motivation centrale. Viols, incendies mais aussi meurtres des chefs traditionnels, gardiens des usages du sol en partage, permirent à de jeunes radicaux d'émerger: 200 000 morts, 2 millions de déplacés et une contagion du conflit vers l'est du Tchad et la Centrafrique.

La réaction gouvernementale ne se fit pas attendre: brutale. Outre des contre-offensives directes, l'armée soutint et appuie encore des bandes supplétives recrutées dans les tribus arabes. Les interférences tchadiennes et libyennes ont compliqué la donne: le président Deby en fin de règne jouant un rôle incertain, contesté jusque dans sa propre ethnie zaghawa - des nomades chameliers devenus des alliés des Fours, l'ethnie majoritaire d'agriculteurs du DarFour, sultanat rattaché au Soudan en 1916. Tout comme Khartoum, les Libyens soutiennent, à l'inverse, les positions des tribus arabes et l'idée mythique d'un Darfour ayant vocation à devenir un khalifat.

Ces tribus puisent leur légitimité dans leur allégeance précoce au Mahdi dont la victoire contre les Anglo-Égyptiens en 1882 fonde l'identité nord-soudanaise. Pour autant, ces glorieuses tribus arabes restent tout aussi marginales que les Fours. Surtout, elles ne comptent plus guère que pour 15 % des habitants du Darfour et leur hégémonie décroît d'autant lors des élections locales.

Les identités se sont crispées et l'histoire longue a été réécrite au présent pour servir des perceptions du territoire antagonistes: à la coopération entre pasteurs et agriculteurs s'est substituée une haine désormais inscrite dans la chair de chaque clan, de chaque famille. Qui n'a pas perdu un proche? Qui n'a pas dû quitter son village? S'armer? Qui peut encore faire passer son troupeau sans danger par telle ou telle route?

Le cheval est réapparu avec force dans les ethnies à référents arabes pour réaffirmer une identité devenue incertaine alors que le nomadisme tend à disparaître depuis les crises de subsistance des années 1970-1980. Nombre de nomades sont devenus agriculteurs quand les sols ne cessent de s'appauvrir obligeant à des regroupements de plus en plus conflictuels dans les fonds de vallée. L'appropriation de la terre est au coeur du conflit actuel, renforcée par les ambitions des milieux d'affaires soudanais pour qui les grands périmètres cultivés ou l'élevage restent un secteur d'investissement privilégié - surtout avec l'abondance des liquidités issues des revenus pétroliers soudanais, des monarchies du Golfe et de l'ouverture vers l'Asie - Malaisie, Chine et Inde.

Le boom affairiste soudanais ne pourra s'épanouir aussi aisément et négliger la plus peuplée de ses périphéries - près de 8 millions d'habitants soit presque autant que le sud du Soudan. La manne pétrolière ne pourra plus être partagée seulement entre les ex-résistants du Sud et les nantis du Nord. Le message des rebelles est sans appel, même si le front est traversé par des antagonismes forts allant jusqu'à des attaques croisées.

Sorti de l'oubli et du non-développement de façon tragique, le Darfour est devenu depuis la fin 2003 le théâtre d'intervention de toutes les ONG du monde et des programmes les plus lourds des agences onusiennes. Il s'y est déjà déversé en deux ans plus que le gouvernement soudanais a pu y investir depuis l'indépendance en 1956.

Les villes du Darfour connaissent avec les camps à leurs abords une explosion démographique sans précédent, mais surtout une modernisation soudaine de leurs équipements et services. Les populations déplacées découvrent la médecine, et les enfants l'école. Comment dès lors parler de retour? Retour vers des hameaux précaires? Loin de tous services et sous la menace de pilleurs.

Les équilibres interethniques et d'exploitation des ressources sont rompus. Le dispositif d'urgence, comme au sud du Soudan, s'im pose dans la durée comme l'unique vecteur d'une précipitation de la modernité; celle qui accompagne la disparition du nomadisme, l'individualisation du droit du sol et un regroupement des populations permettant de les desservir.

 

août 2007

 

Sarkozy et Brown veulent unir leurs efforts pour le Darfour

Le président français et le Premier ministre britannique se disent décidés à participer activement au rétablissement de la paix.

 

Nicolas Sarkozy et Gordon Brown ont énoncé les conditions d'une paix durable au Darfour, vendredi, dans un entretien publié dans le quotidien britannique The Times. Ils souhaitent ainsi montrer leur détermination et leur soutient à la démarche de Ban Ki-Moon, dans son plan d'action pour le rétablissement de la paix au Darfour.

 

Afrik-Com, Londres, 31 Août 2007, par Jalil Oumeddour

 

E n signant un article commun ce vendredi dans The Times , le Premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy se sont engagés à « redoubler leurs efforts pour faire progresser la situation » au Darfour, dans l'ouest du Soudan.

Tous deux affirment que seule la combinaison « d'un cessez-le-feu, d'une force de maintien de la paix, d'une reconstruction économique et de la menace de sanction, peut apporter une solution politique » dans cette région

Ils indiquent également que la secrétaire d'Etat française chargée des Droits de l'Homme, Rama Yade, et le ministre adjoint britannique des Affaires étrangères, Lord Mark Malloch-Brown, devraient se rendre dans les prochains jours au Soudan, y compris au Darfour, dans le cadre de la pression diplomatique visant à obtenir un cessez-le-feu rapide.

Cet article commun de Brown et Sarkozy dans le Times est publié au moment où le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a lancé un appel pressant les pays membres à fournir au plus vite soldats et équipements à la force "hybride" des Nations unies et de l'Union Africaine (UA) de 26.000 hommes, devant se déployer au Darfour.

 

Ban Ki-Moon réclame plus de moyens et veut ramener les acteurs du conflit à la table des négociations.

 

« J'appelle les Etats membres (de l'ONU) à fournir d'urgence les moyens militaires qui manquent encore à la Minuad et qui sont cruciaux pour qu'elle puisse remplir son difficile mandat », écrit-il dans un rapport au Conseil de sécurité.

Le secrétaire général de l'ONU se rendra la semaine prochaine au Soudan, au Tchad et en Libye avec l'intention de « jeter les fondements d'une paix durable » au Darfour. Il indique par ailleurs qu'il profitera de son voyage au Soudan, du 3 au 6 septembre, pour « s'entretenir avec le gouvernement et les autres acteurs des moyens de remettre rapidement les parties au conflit sur la voie de la négociation politique. »

M. Ban Ki-Moon réagit sans détour à la recrudescence des violences au Darfour, déclarant : « Je condamne fermement toutes les attaques par toutes les parties, j'appelle le gouvernement du Soudan et les autres parties à s'abstenir de toute action militaire et à oeuvrer à l'établissement d'un climat qui soit propice aux négociations envisagées. » Le conflit qui sévit depuis plus de quatre ans au Darfour, province de l'ouest du Soudan, a fait 200.000 morts et deux millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres contestés par le Soudan qui parle de 9.000 morts.

 

août 2007

Ban Ki-moon va effectuer une tournée en Afrique

Le Monde avec Reuters, 31 Août 2007

 

Ban Ki-moon doit exhorter le Soudan à remettre à la justice internationale deux responsables poursuivis pour crimes de guerre au Darfour, lors de sa visite à Khartoum la semaine prochaine, a déclaré le procureur général de la CPI.

Le secrétaire général de l'Onu effectue à partir de lundi une tournée de six jours en Afrique, qui le conduira au Soudan, au Tchad puis en Libye.

L'objectif de cette tournée est d'obtenir le déploiement d'une force de maintien de la paix au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie à un conflit civil depuis 2003. On estime que cette guerre a fait 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés.

Le Conseil de sécurité de l'Onu a demandé en 2005 à la Cour pénale internationale d'enquêter sur les atrocités commises au Darfour, imputées pour l'essentiel aux milices arabes "djandjaouids" alliées au gouvernement pour mater la rébellion issue de la population noire de la région.

En février, Luis Moreno-Ocampo, procureur général de la CPI, a délivré des mandats d'arrêt contre l'ancien ministre soudanais de l'Intérieur Ahmad Haroun et contre Ali Kouchaïb, un chef de milice. Ces deux hommes sont inculpés d'exécutions à grande échelle, de viols et de déplacements forcés de milliers de personnes.

"Ils ne peuvent ignorer ce sur quoi nous avons enquêté ni nos conclusions", a dit Moreno-Ocampo à Reuters.

"L'exécution de ce mandat d'arrêt n'est pas de notre ressort, c'est pourquoi en ce qui concerne le secrétaire général, je lui ai dit la nécessité d'exécuter les mandats et de l'évoquer dans ses discussions avec le gouvernement soudanais", a poursuivi Moreno-Ocampo, qui a rencontré Ban cette semaine à New York.

 

Test pour Ban et l'ONU

 

"La personne qui a commis les crimes est aujourd'hui chargée des affaires humanitaires", s'est-il insurgé, en allusion aux fonctions actuelles de Haroun, ministre des Affaires humanitaires. "C'est comme une blague, une mauvaise blague."

Aux yeux des diplomates, cette tournée en Afrique constitue un test non seulement pour Ban, qui a fait de la question du Darfour la priorité de ses huit premiers mois à la tête du secrétariat général, mais aussi pour les Nations unies.

"Si le Darfour replonge dans le chaos et que l'accord nord-sud part en lambeaux, l'Onu dans son ensemble reculera", a prévenu un diplomate occidental.

Le Soudan a accepté en juillet le déploiement au Darfour d'une force de maintien de la paix composée de 26.000 représentants de l'Onu et de l'Union africaine. Celle-ci doit remplacer l'actuelle force de l'UA, composée de 7.000 hommes, mais son déploiement éventuel n'est pas attendu avant début 2008.

Les multiples revirements du gouvernement soudanais depuis le début de la crise nourrissent toutefois le scepticisme au sein du Conseil de sécurité quant à l'envoi effectif de cette mission de paix.

Ban reconnaît lui-même que la coopération du Soudan est indispensable aux efforts de la communauté internationale, qui espère organiser une conférence de paix en octobre.

Lors de sa visite au Soudan, Ban se rendra également dans le sud du pays, où l'accord de paix entré en vigueur début 2005 est là aussi menacé.

Le secrétaire général de l'Onu ira ensuite au Tchad, pays frontalier du Darfour menacé d'instabilité par l'afflux de dizaines de milliers de réfugiés.

Enfin, Ban effectuera une étape de 24 heures en Libye, dont le dirigeant Mouammar Kadhafi a accueilli des pourparlers entre factions rebelles rivales du Darfour.

 

août 2007

 

3,5 millions de personnes victimes des crues sont exposées aux épidémies

IRIN, Khartoum, 30 Août 2007

 

Les Nations Unies ont averti qu'environ 3,5 millions de personnes risquaient de contracter des maladies en raison des crues qui ont coûté la vie à 90 personnes et touché 400 000 habitants dans l'ensemble du pays. L'avertissement suivait un appel de fonds lancé par l'organisation et le gouvernement soudanais à hauteur de 20 millions de dollars, destinés à aider les victimes des crues.

Plus de 12 000 têtes de bétail et 16 000 têtes de volaille ont péri dans les crues qui ont inondé plus de 40 000 hectares de terres agricoles, selon les Nations Unies. Les crues ont également détruit 250 écoles, obligeant environ 56 000 élèves à se déplacer.

« Cet appel porte sur un montant total de 20,2 millions de dollars, pour traiter, au cours des six prochains mois, les besoins humanitaires urgents des populations touchées et un certain nombre (limité) de leurs besoins en rétablissement immédiat », peut-on lire dans un communiqué des Nations Unies, publié le 28 août.

Selon le directeur de la Commission gouvernementale d'aide humanitaire (HAC), seul un petit nombre des 26 Etats du Soudan a été épargné par la fureur des pluies torrentielles et des crues-éclairs qui ravagent le pays depuis deux mois.

« Dix-neuf Etats sur 26 ont été touchés, huit gravement », a déclaré Hassabo Abdel Rahman à la presse, à l'occasion du lancement de l'appel.

Le Sud-Soudan, qui avait en grande partie échappé aux ravages causés par les inondations précédentes, a été durement touché cette année : en effet, dans six Etats sur les 10 qui le composent, les habitants et leurs moyens de subsistance se trouvent menacés par les fortes pluies.

« Ces six Etats sont vraiment très gravement touchés », a déploré Simon Kuhn, membre de la Commission de réhabilitation et de secours au Sud-Soudan (SSRRC). Selon lui, les dommages causés aux terres agraires ainsi que les pertes de bétail, dont dépend la plupart des populations du sud, pourraient provoquer la famine.

« L'ampleur de ce qui se passe au Soudan est extraordinaire, je pense, en comparaison avec les précédentes années », a estimé John Clarke, le représentant des Nations Unies chargé de mener les opérations de secours.

 

Records battus

 

Selon plusieurs responsables, de mémoire d'homme, les pluies et les crues de cette année sont les plus graves jamais observées.

Dans l'est du Soudan par exemple, les eaux du Gash se sont élevées à un niveau record de 3 mètres, contre 2,7 mètres en 2003, lorsque le fleuve avait failli submerger la ville de Kassala.

« Les dégâts sont considérables et des efforts considérables doivent être déployés pour rétablir les moyens de subsistance perdus [des populations] », selon M. Clarke.

L'appel éclair vise à récolter des fonds consacrés à plusieurs projets, dans six secteurs principaux : la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance, la santé et la nutrition, les denrées non-alimentaires et l'hébergement, l'eau et l'assainissement, le développement des infrastructures de base et des zones d'habitation et l'éducation.

Selon les estimations initiales, la somme de 3,5 millions de dollars sera nécessaire dans le secteur de l'alimentaire et de la sécurité. Elle sera utilisée pour financer des projets gérés par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM), et les entités gouvernementales et autres ONG concernées.

Entre 65 et 80 pour cent de la population réside dans des zones rurales, principalement dépendantes de l'agriculture de subsistance et/ou de l'élevage de bétail et de la pêche.

« Dans le nord du Soudan, six Etats sont en mal d'une aide d'urgence dans les domaines de l'agriculture et de l'élevage de bétail », selon les Nations Unies.

Ces Etats sont le Nil bleu, Kassala, le Nord-Kordofan, l'Etat de la Mer rouge, le Sud-Kordofan et le Nil blanc.

Au Sud-Soudan, les foyers les plus vulnérables, parmi ceux touchés par les crues, se trouvent dans les Etats du Haut-Nil, de Jongolei et d'Unity.

On estime que 200 000 personnes seront dépendantes de l'aide alimentaire d'urgence jusqu'à la fin de la saison des pluies, en septembre, ou au-delà.

Le PAM aide déjà 55 000 personnes touchées par les crues.

 

Risques sanitaires

 

Dans le cadre de l'appel, 3,8 millions ont également été demandés pour financer les programmes sanitaires et nutritionnels mis en place dans le pays ; une grande partie de cette somme sera versée à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), au Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et à ses partenaires.

« On estime qu'environ 3,5 millions de personnes touchées par les crues sont exposées aux épidémies, en raison de leur manque d'accès à l'eau salubre et aux services d'assainissement», selon un rapport publié cette semaine par les Nations Unies.

Depuis le mois d'avril, « 810 cas suspects de diarrhée aqueuse aiguë ont été signalés, qui se sont soldés par 57 décès recensés », pouvait-on y lire également.

« Du fait des fortes pluies et des crues actuellement observées dans de nombreuses régions du pays, la situation d'urgence et ses conséquences devraient s'aggraver », ont prévenu les Nations Unies.

Les projets planifiés dans le cadre du programme santé et nutrition visent à « contrôler et prévenir les maladies en fournissant les médicaments ainsi que les fournitures et les équipements médicaux essentiels », toujours selon les Nations Unies.

L'UNICEF et ses partenaires approvisionnent 1,6 million de personnes en eau propre, et l'OMS, le ministère fédéral de la Santé et ses partenaires ont participé à la construction de 17 centres de traitement.

Les Nations Unies ont également besoin d'une somme de 3,3 millions de dollars pour l'approvisionnement en denrées non-alimentaires et l'hébergement d'urgence, une somme gérée par le Centre logistique commun des Nations Unies et ses partenaires.

Quelque 40 000 foyers touchés par les crues ont reçu de l'aide par le biais de ce programme, qui leur fournit du matériel essentiel, et notamment des bâches en plastique, des couvertures, des ustensiles de cuisine, des jerrycans et des tapis de couchage.

« La demande en DNA [denrées non-alimentaires] a toutes les chances d'augmenter considérablement au cours des prochains mois, puisque les pluies continuent d'aggraver les conditions de crues, que les régions touchées sont de plus en plus vastes et que les résultats des états des lieux parviennent lentement des zones les moins accessibles », selon les Nations Unies.

Les programmes d'approvisionnement en eau et en systèmes d'assainissement devront être financés à hauteur de 5,2 millions de dollars environ.

« On estime que 300 000 personnes, déplacées ou dont les systèmes hydrauliques ont été endommagés en raison des crues, sont en mal d'un approvisionnement en eau et de services d'assainissement », selon les Nations Unies.

Les personnes qui vivent dans des zones touchées par les crues, toujours d'après l'organisation, « sont davantage exposées au risque de contracter des maladies essentiellement du fait de leur manque d'accès à l'eau potable, de leur hygiène et de leurs systèmes d'assainissement insuffisants, de la réduction de l'accès aux soins fondamentaux de santé primaire, elle-même due à la dégradation des routes et à l'inaccessibilité ou au non-fonctionnement des centres de santé ».

Selon les estimations des Nations Unies, la somme de 2,4 millions sera nécessaire pour reconstruire le secteur de l'éducation. Au nord du Soudan, les crues ont interrompu le cursus scolaire de 44 000 élèves en détruisant les infrastructures et l'équipement.

Plusieurs responsables des Nations Unies ont exprimé leur optimisme quant à la réalisation de la plupart de ces objectifs. « Jusqu'ici, nous sommes satisfaits de la réaction générale », s'est félicité Oluseyi Bajulaiye, coordinateur résident et coordinateur humanitaire des Nations Unies par intérim.

 

août 2007

Le Canada réplique à l'expulsion d'une diplomate canadienne au Soudan

Montréal Information, 30 Août 2007

 

Ottawa a ordonné mercredi l'expulsion d'un diplomate soudanais, en représailles à l'expulsion par le Soudan d'une diplomate canadienne de haut rang, la semaine dernière.

Le ministère canadien des Affaires étrangères n'a pas encore révélé l'identité du diplomate soudanais, qui devra avoir quitté le pays samedi. Selon les autorités gouvernementales canadiennes, le diplomate expulsé sera d'un rang équivalent à celui de Nuala Lawlor, la chargée d'affaires canadiennes qui a quitté le Soudan dimanche dernier.

Selon certaines allégations, Mme Lawlor aurait cherché à obtenir la libération d'un leader de l'opposition emprisonné, et le gouvernement soudanais l'a accusée d'ingérence dans les affaires internes du pays.

Le principal diplomate de l'Union européenne au Soudan, Kent Degerfelt, a d'abord lui aussi fait l'objet d'une ordonnance d'expulsion, mais Khartoum a finalement changé d'idée et l'a autorisé à compléter les trois dernières semaines de son mandat.

Lundi, le dirigeant des opérations internationales de l'organisation humanitaire CARE au Soudan avait aussi été expulsé, sans qu'aucune justification soit donnée.

Le gouvernement canadien a refusé de s'excuser pour les actions de Mme Lawlor et a affirmé que son expulsion n'était pas justifiée.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, Maxime Bernier, soutenait dans un communiqué diffusé la semaine dernière que Mme Lawlor ne faisait que son travail et défendait les valeurs canadiennes. Il a réitéré cette position au moment de l'annonce de la réplique canadienne à l'expulsion de sa diplomate, mercredi.

"Le Canada considère que l'expulsion de sa chargée d'affaires est tout à fait injustifiée. Quel que soit leur pays d'affectation, les diplomates canadiens continueront de défendre les valeurs canadiennes, notamment la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Le Canada a déjà suspendu son assistance au gouvernement du Soudan et s'assure que toute aide financière à ce pays passe par l'Union africaine.

Depuis 2004, le Canada a engagé environ 440 millions $ dans des projets à caractère humanitaire, de maintien de la paix, de reconstruction et d'appui à la mission de l'Union africaine au Soudan.

Le Soudan suscite un tollé international grandissant à cause de la violence qui sévit au Darfour.

 

août 2007

L'Onu accuse le Soudan de saper l'aide humanitaire au Darfour

Le Monde avec Reuters, 30 Août 2007

 

Un haut responsable de l'ONU a accusé le Soudan de saper les efforts entrepris pour acheminer l'aide humanitaire, après la décision de Khartoum d'expulser Paul Barker, responsable local de l'organisation caritative américaine CARE.

John Holmes, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d'urgence, a déclaré que cette expulsion "allait à l'encontre, à la fois de la lettre et de l'esprit", du texte signé cette année par Khartoum sur les activités humanitaires au Darfour.

Quelques temps après une visite du secrétaire général de l'Onu, Ban ki-Moon, les autorités soudanaises avaient intimé l'ordre à trois Occidentaux - Barker et deux diplomates canadiens - de quitter le territoire.

Par mesure de rétorsion, Ottawa a annoncé l'expulsion prochaine d'un diplomate travaillant à l'ambassade du Soudan au Canada.

Selon Khartoum, l'expulsion de Barker n'aurait aucun rapport avec son activité humanitaire.

"Il se livrait à des activités touchant à la sécurité du pays, c'est la principale raison de son expulsion", avait assuré lundi Bakheit Youssef, responsable adjoint de la commission de l'aide humanitaire au Soudan.

Paul Barker a quant à lui déclaré que la seule explication qui lui vienne à l'esprit est un courriel interne destiné au personnel qu'il a rédigé en octobre et qui a fait l'objet cette année d'une fuite dans la presse soudanaise.

Il y prévoyait des mesures de sécurité pour le personnel de CARE selon différents scénarios, en fonction de l'évolution de la situation dans la région soudanaise du Darfour.

"Le gouvernement y a vu une analyse politique qu'une ONG n'a pas à faire", a dit Barker, soulignant qu'il était dans son rôle en se préoccupant de la sécurité du personnel.

 

août 2007

 

Des troupes européennes bientôt au Tchad et en Centrafrique

Le Conseil de sécurité de l'ONU autorise le déploiement de soldats européens dans deux pays frontaliers du Darfour

 

La Croix Catherine Rebuffel, 29 Août 2007

 

Le déploiement de troupes dans l'est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine a été autorisé par le Conseil de sécurité de l'ONU, permettant ainsi la venue de sol­dats européens et de policiers de l'ONU dans cette région. Une déclaration du Conseil donnant son approbation préliminaire a été lue lundi après-midi par Pascal Gayama, président du Conseil de sécurité et vice-ambassadeur du Congo -Brazzavillé à l'ONU.

Cette opération, prévue pour un an, visera à protéger les réfugiés, les déplacés et les populations civiles en général, soit 400 000 personnes à l'intérieur du Tchad et 200 000 en République centrafricaine, le long de la frontière soudano-tchadienne. Toutes sont sous la menace permanente des attaques de rebelles, de troupes gouvernementales, de milices ou de bandits, qui se sont multipliées depuis l'éclatement du conflit au Darfour soudanais, il y a quatre ans.

 

Certains s'interrogent sur l'application concrète de cette protectio

 

L'initiative de ce texte revient principalement à la France, qui souhaite que la résolution soit adoptée avant le conseil des ministres des affaires étrangères de l'Union. européenne, le 17 septembre. Cette force n'aura «aucun objectif militaire», a assuré Jean-Maurice Ripert, ambassadeur de France aux Nations unies, à New York, et ne sera « pas chargée de la protection des frontières».

I1 s'agira aussi de «faciliter la fourniture de l'assistance humanitaire». Pour le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, le projet de déploiement est « une possibilité unique d'améliorer la sécurité de ces populations civiles et de contribuer à la création d'un environnement où les organisations humanitaires puissent s'acquitter de leurs tâches cruciales».

Pour autant, certains s'interro­gent sur l'application concrète de cette protection. « Une des grandes interrogations porte sur la capacité de la mission à conserver sa neutralité, a expliqué le coordinateur humanitaire des Nations unies au Tchad, Kingsley Amaning. Elle doit être organisée de sorte que les rebellés la considèrent comme indépendante et déployée exclusivement pour des raisons humanitaires. »

Paris est particulièrement concerné. Une assistance militaire française a permis au gouvernement d'Idriss Deby de mettre . en déroute des attaques de la rébellion tchadienne en avril 2006. Idem en Centrafrique en novembre 2006 et mars 2007.

 

août 2007

Le Soudan espère que ses relations avec le Canada ne souffriront pas des expulsions de diplomates

Jeune Afrique avec Xinhuanet, 28 Août 2007

 

Le gouvernement soudanais a exprimé l'espoir mardi que ses relations avec le Canada ne seraient pas affectées par sa récente décision d'expulser un diplomate canadien.

"Nous avons expliqué que cette décision a été prise en raison de l'attitude du diplomate canadien qui a outrepassé ses fonctions ", a dit à Xinhua Ali Yousef, directeur du Départment du Protocole relevant du ministère soudanais des Affaires étrangères.

"Le Soudan n'a pas durci ses relations avec le Canada et n'a pas demandé la fermeture de l'ambassade du Canada à Khartoum", a souligné l'officiel soudanais.

Yousef a indiqué que des consultations avaient eu lieu entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays mais qu'elles n'avaient abouti à aucun résultat. Il a ajouté que le diplomate canadien avait quitté Khartoum.

 

août 2007

Le secrétaire général de l'ONU appelle à la fin des violences

Jeune Afrique avec l'AFP, 28 Août 2007

 

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a sommé mardi les parties au conflit du Darfour de cesser les violences, avant de se rendre sur place la semaine prochaine pour activer les préparatifs de déploiement d'une force mixte ONU-Union africaine (UA).

"Je suis très préoccupé par la récente escalade de la violence au Darfour qui a causé la mort de centaines de personnes ces dernières semaines", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Qualifiant d'"inacceptables" ces violences, qui incluent notamment "des bombardements de villages", il a appelé "le gouvernement soudanais et les autres parties à s'abstenir de toute action militaire et à choisir, à ce moment critique (. ..) la voie de la paix et du dialogue politique".

Le déploiement au Darfour d'une force mixte ONU-UA de 26.000 hommes a été décidé le 31 juillet par le Conseil de sécurité, après des mois d'efforts diplomatiques intenses de la communauté internationale pour le faire accepter par le président soudanais Omar el-Béchir. Son déploiement total n'est toutefois pas attendu avant le milieu de 2008.

Afin d'activer les préparatifs de ce déploiement et d'en consolider l'environnement politique, M. Ban a annoncé qu'il effectuerait, du 3 au 9 septembre, des visites officielles au Soudan, au Tchad et en Libye.

Le déploiement de cette force mixte "constitue l'une des opérations de terrain les plus vastes et les plus complexes que l'ONU ait jamais entreprises", a-t-il dit, soulignant qu'elle ne pourra réussir sans la coopération du gouvernement du Soudan.

"Je demanderai son soutien total lorsque je rencontrerai le président Béchir à Khartoum", a-t-il dit.

Il a précisé que sa visite au Soudan, du 3 au 6 septembre, le mènerait aussi à Juba, dans le sud, où règne depuis 2005 une paix précaire après une guerre civile de 21 ans, et au Darfour.

"Je veux me rendre compte personnellement des conditions très difficiles dans lesquelles cette force opérera. Je veux aussi me rendre compte personnellement des épreuves subies par ceux que nous cherchons à aider", a-t-il dit.

Il a ajouté qu'il souhaitait "créer les fondations d'une paix et d'une sécurité durables" au Darfour. "Mon but est de consolider les progrès que nous avons faits jusqu'ici, pour faire en sorte que ce terrible traumatisme puisse un jour cesser".

Sur le plan politique, il a indiqué son désir de rencontrer tous les représentants des parties au conflit, en vue "de les inviter à une conférence de paix avant la fin de l'été".

Le conflit qui sévit depuis plus de quatre ans au Darfour, province de l'ouest du Soudan, a fait 200.000 morts et deux millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres contestés par le Soudan qui parle de 9.000 morts.

Dès sa prise de fonction en janvier, M. Ban avait fait du dossier du Darfour sa première priorité.

Après le Soudan, M. Ban se rendra au Tchad le 7 septembre et en Libye le 8. A N'djamena, il rencontrera le président Idriss Déby, dont le pays est durement touché par le débordement sur son sol du conflit du Darfour.

Une mission de police de l'ONU appuyée militairement par l'Union européenne doit être prochainement approuvée, à l'initiative de M. Ban, pour protéger dans l'est du Tchad et le nord de la République centrafricaine les camps de réfugiés et de personnes déplacées du fait du conflit au Darfour voisin.

Affirmant enfin que certains acteurs régionaux avaient déjà "contribué énormément" aux efforts diplomatiques de la communauté internationale, M. Ban a cité le numéro un libyen Mouammar Kadhafi, le créditant d'avoir aidé à amener autour de la table de négociations les groupes rebelles du Darfour non signataires de l'accord de paix de mai 2006 avec Khartoum.

"C'est pourquoi je terminerai mon voyage par une visite à Tripoli", a-t-il dit.

 

août 2007

L'ONU préoccupé par le départ forcé du chef de l'ONG 'CARE'

Nations Unies, New York, 27 Août 2007

 

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires est préoccupé par les informations en provenance du Soudan selon lesquelles le directeur pour le pays de l'ONG 'Care', Paul Barker, pourrait être forcé de quitter le pays dans les 72 heures.

« CARE apporte une contribution importante en termes d'assistance humanitaire à près de 4 millions de personnes au Soudan, et c'est un partenaire essentiel de la communauté internationale humanitaire dans le pays », a rappelé la porte-parole du Secrétaire général, Michèle Montas, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.

« Le statut ambigu de M. Barker au Soudan est d'autant plus déroutant compte tenu de la coopération positive montrée récemment dans la mise en oeuvre du Communiqué conjoint signé en mai dernier par le gouvernement du Soudan », a rapporté la porte-parole.

OCHA espère que « la coopération constructive se maintiendra » et se dit prêt à aider à régler « les malentendus qui persistent sur le cas de Paul Barker ».

 

août 2007

Soudan : Mission improbable

Les manoeuvres de Khartoum, les dissensions politiques et les insuffisances logistiques sont autant d'obstacles au déploiement d'une force de maintien de la paix au Darfour.

 

Africa Confidential, édition française, 27 Août 2007

 

Les propos dû président de la Commission de l'Union africaine Alpha Oumar Konaré; qui a déclaré le 12 août dernier à Khartoum que les 26.000 hommes de la future force de maintien de la paix au Darfour seraient tous Africains et a critiqué les Nations unies, soulèvent de nouvelles incertitudes sur cette opération. Ses déclarations ont fait de nombreux mécontents au Darfour, où les personnes déplacées et les groupes rebelles exigent une présence de l'ONU. Des dizaines de milliers de contestataires l'ont fait savoir au représentant spécial du secrétaire général de 'l'ONU, Jan Eliasson , lorsqu'il a rendu visite à des personnes déplacées dans des camps au Darfour le 11 août.

Les propos de Konaré entrent peut-être en partie dans une stratégie diplomatique vis-à-vis du gouvernement du Soudan qu'il venait de rencontrer. II est allé dans un camp de personnes déplacées et a officiellement demandé à Khartoum de cesser de bombarder les civils. Mais il défend jalousement ce qu'il souhaite être le rôle dirigeant de l'UA dans la force et se méfie de la bureaucratie onusienne. "AOK" est aussi confronté aux divisions de l'UA sur le Darfour.

La mission de l'UA - au Soudan (AMIS) a perdu le soutien populaire dont elle bénéficiait en 2004 lorsqu'elle s'était déployée au Darfour. On l'accuse surtout de ne pas protéger les civils contre les atrocités qui restent principalement le fait du gouvernement, bien que les attaques rebelles se soient intensifiées à mesure que la situation se délite. En avril, le Nigérian Samuel Bassey Ibok , médiateur en chef de l'UA au Darfour, avait déclaré que "l'AMIS ne pouvait plus faire face aux dangers au Darfour", après la mort de cinq soldats tués près de la frontière tchadienne.

Du fait de l'absence de soutien au Darfour, l'AMIS a du mal à trouver les bons renseignements, sans parler de la protection des populations locales. L'AMIS ne réglera pas ces difficultés en faisant passer ses effectifs à 26.000 hommes, sous l'appellation UN-AU Mission in Darfur (UNAMID).

L'AU n'avait jamais monté d'opération militaire précédemment, ni envoyé 7.000 hommes dans une région reculée où le pays d'accueil s'oppose aux opérations entreprises. L'UNAMID sera également la plus vaste opération de maintien de la paix orchestrée par l'ONU, qui dispose d'un potentiel logistique bien supérieur à celui de l'UA. II est clair que le UN Department of Peace Keeping Operations (DPKO) a l'intention de rester aux commandes.

 

Le chef nigérian de l'UNAMID, le général Martin Luther Agwai , a été conseiller au DPKO et sait comment les choses fonctionnent. II lui faudra des troupes spécialisées et de la logistique extérieure à l'Afrique si l'UNAMID veut respecter les normes opérationnelles du DPKO. Autre complication, des opposants rwandais ont critiqué la nomination, le 16 août; du nouvel adjoint d'Agwai, le général Emmanuel Karenzi Karake , ancien chef des opérations et du renseignement du Front Patriotique Rwandais au Rwanda et au Congo-Kinshasa. L'ONU enquête.

En revanche, le nouveau représentant spécial adjoint de l'UA et de l'ONU au Darfour, le général retraité ghanéen Henry Anyidoho , est moins controversé. Il a été chef adjoint de la force de l'ONU et chef d'état-major au Rwanda entre 1993 et 1995. Son ancien patron, le général Roméo Dallaire , qui fait aujourd'hui campagne contre le génocide au Darfour, se montre très élogieux à son égard.

Les diplomates occidentaux sont conscients des problèmes de l'UNAMID: "II n'y a aucune garantie que le gouvernement du Soudan accepte réellement une force de maintien de la paix", a déclaré l'un d'eux, mettant en avant les obstacles de Khartoum à la délivrance des visas et à l'approvisionnement de l'AMIS et des organisations humanitaires. Pour que le DPKO commence à se déployer d'ici novembre ou décembre, il faudra un gros effort, et le déploiement total pourrait prendre un an.

L'approvisionnement en eau est également un gros problème. La saison des pluies pourrait rétablir le niveau des nappes phréatiques mais dans une région où en temps de paix les gens font des kilomètres pour remplir une jarre, les 26.000 membres de la force de paix exigeront de longues lignes de ravitaillement. Tout devra être acheminé depuis Port Sudan ou par hélicoptère, ce qui permet de comprendre le coût prévisionnel de l'UNAMID, qui dépasse les deux milliards par an.

Les questions de financement et de personnel sont loin d'être résolues: A la date du 15 août, les pays suivants avaient proposé des troupes: Burkina Faso, Djibouti, Egypte, Ethiopie, Nigeria, Rwanda, Tanzanie, Ouganda,. Bangladesh, Jordanie, Malaisie, Népal et Thaïlande. Le Burkina Faso, l'Egypte, le Ghana, le Nigeria, le Bangladesh, l'Indonésie, le Népal et le Pakistan ont également proposé des forces de police: Le DPKO, qui fera le point de la situation dans un rapport fin août, discute également avec les pays occidentaux. "Nous devons respecter le caractère africain de la force, mais il nous faut faire appel à des pays non africains pour du matériel et des compétences sophistiqués", a déclaré un responsable de l'ONU.

L'un des points clés est de savoir si la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis, les trois pays qui sont à l'origine de la résolution 1769 du conseil de sécurité, mandatant l'opération au Darfour; fourniront la puissance aérienne et le matériel de surveillance nécessaires et s'ils préconiseront une plus grande fermeté envers Khartoum. Le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown ont insufflé une énergie nouvelle. Paris s'inquiète des conséquences de la crise du Darfour sur le Tchad et la République centrafricaine (où la France a respectivement déployé 1.000 et 500 hommes).

Face à la perspective sans précédent de deux gigantesques opérations de l'ONU sur son territoire (la UN Mission in Sudan dans le Sud compte 10.000 hommes), Khartoum répond par un écran de fumée diplomatique (cf. brève). II a incité le leader Janjaweed Musa Hilal Musa (sur la liste des sanctions de l'ONU), à déclarer qu'il pensait que la résolution du Conseil de sécurité était "juste". Mais il redoute que "toute opération d'une force hybride ne conduise à des discriminations raciales au Darfour"'.

Dans le même temps, l'armée soudanaise a annoncé que l'UNAMID n'avait "aucun mandat pour protéger les civils". L'extrémiste islamiste Nafi'e Ali Nafi'e a été chargé du Darfour en remplacement de Majzoub el Khalifa , tué dans un accident de voiture. Le général Nafi'e boucle la boucle après avoir été relégué dans l'ombre pour apaiser le Caire. Il avait été accusé d'être impliqué dans la tentative d'assassinat de Khartoum contre le président Hosni Mubarak en 1995. Aujourd'hui, le gouvernement de Mubarak est devenu l'un des plus fidèles partisans de Khartoum.

 

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LE WHO'S WHO DES POURPARLERS

 

La faction du Sudan Liberation Movement dirigée par Abdel Wahed Mohamed Ahmed el Nur a boycotté les pourparlers d'Arusha. Cela a son importance car c'est le deuxième groupe militaire, et même s'il n'a pas de liens étroits avec les deux millions de personnes déplacées, il a -prouvé qu'il était capable de les mobiliser par l'intermédiaire de ses alliés dans les camps. Il souhaite que les chefs des factions du SLM et les combattants se retrouvent de nouveau au sein du SLM sous sa direction. II veut aussi l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne (pour empêcher le gouvernement de bombarder les villages). C'est alors qu'il négocierait. Dans le cas contraire, il pourrait chercher à saboter les pourparlers de paix.

 

Les autres principaux dirigeants

 

Ahmed Ibrahim Diraige : Sudan Fédéral Democratic Alliance; Fur, ancien gouverneur du Darfour et homme d'affaires (Botswana, Golfe); forces en nombre limité.

Khalil Ibrahim Mohamed Achar Foudeil Taha : dirigeant du Justice and Equality Movemént, vit à l'étranger. Sur la 'liste des sanctions américaines.

Abdullah BandarAbakr : commandant du )EM, tout juste limogé par Khalil Ibrahim (les forces seraient divisées).

Abdullah Yaya: SLM Unity; nord-ouest du Darfour et sud-est dû )ebel Marra

SLM, Abdel Wahed : zones de l'ouest du jebel Marra et Fur vers le nord.

SLM, Ahmed Shafie (Sudan National Front): quelques forces, sud-est du lebel Marra.

SLM, Knamis Abdullah Abakr (ex-groupe des 19): forces réduites, surtout dans l'est du Tchad chez les réfugiés Messalit

 

Leaders sur le terrain: Dr Salih Adam Ishag, Suleiman Marajan, Jar el Nabi Abdel Karim, "Gaddura" , tous proches d'Abdel Wahed, "Terrada", Mohamed Ibrahim Nasser.

 

Groupes à Arusha:

 

Trois mouvements et deux factions du SLM étaient présentes: United Front for Liberation and Démocracy (UFLD soutenu par l'Erythrée), JEM, SFDA, SLM Shafie et SLM Khamis.

L'UFLD, créé en juillet 2007, réunit le SLM Khamis, les Revolutionary Democratic Front Forces (RDFF) dirigées par Salah Mohamed Abdel Rahman Musa alias Abu Surrah, le National Movement for Reform and Development (NMRD) et le SFDA. Le bureau du RDFF au Tchad a ensuite rompu avec Abu Surrah pour créer l'United Revolutionary Forces Frônt(URFF). La participation du SFDA à l'UFLD semble limitée.

JEM: essentiellement Zaghawa et/ou islamiste, proche de l'ancien chef du NIF Hassan Abdullah el Turabi; actif dans le nord-est à la frontière entre le Soudan et le Tchad. Proche de Zaghawas tchadiens. Actions militaires récentes dans l'ouest et le sud du Darfour.

 

Groupes qui n'étaient pas présents à Arusha

Abdel Wahed (laïc en politique) et Khalil Ibrahim (ancien ministre du NIF. Le SLM Unity (le plus puissant militairement) était là mais n'a pas participé aux discussions pour protester contre la détention par Khartoum de Suleiman Jamous , un homme clé du SLM Unity. Parmi les hommes de terrain présents (mais qui n'ont pas pris part aux débats politiques) figuraient Suleiman Marajan, Jar el Nabi, Dr. Salih et Mohamed Ibrahim.

 

août 2007

Le Soudan n'expulsera pas le représentant de l'UE à Khartoum

Le Monde avec Reuters, 25 Août 2007

 

Acceptant les excuses de Bruxelles, le Soudan va autoriser un délégué de l'Union européenne à rester à Khartoum jusqu'à l'expiration de son mandat le mois prochain, deux jours après l'avoir déclaré "persona non grata" sur son territoire, a annoncé samedi un proche du président Omar al Bachir.

Les autorités soudanaises avaient décidé jeudi d'expulser l'émissaire de la Commission européenne à Khartoum, Kent Degerfelt, ainsi qu'un représentant du Canada en raison de leur participation présumée à des activités relevant de l'ingérence dans les affaires intérieures du pays.

Le président Omar al Bachir va autoriser Degerfelt à rester à Khartoum après avoir reçu des excuses de l'Union européenne, a annoncé le conseiller du président soudanais pour les relations publiques, Mahdjoub Fadoul.

"Le président de la République a accepté les excuses et a donné son accord pour que le chef de la délégation de la Commission européenne à Khartoum puisse rester jusqu'à l'expiration de son mandat dans trois semaines", a indiqué Fadoul.

Le conseiller a refusé d'expliquer à quel genre d'activités Khartoum soupçonnait Degerfelt d'avoir participé.

Le porte-parole du ministre des Affaires étrangères soudanais, Ali al Sadig, a indiqué que les deux diplomates avaient adressé des courriers aux chefs des services de sécurité et du renseignement au sujet de la détention d'une figure de l'opposition au Soudan.

Sadig a identifié cet homme politique comme étant Mahmoud Hassanein, du Parti unioniste démocrate.

Soupçonnés d'avoir fomenté un coup d'Etat, Hassanein et 25 autres personnes, notamment Moubarak al Fadil, chef du parti d'opposition de l'Oumma, sont détenus par le régime de Khartoum.

Le rapporteur spécial des Nations unies chargée de superviser le respect des droits de l'homme au Soudan, Sima Samar, a récemment dit porter un regard inquiet sur la multiplication des arrestations d'opposants au régime, tout en exhortant Khartoum à faire preuve de plus de transparence.

Le Soudan a eu des rapports délicats ces dernières années avec les diplomates occidentaux en poste dans le pays, soupçonnés de faire preuve d'ingérence dans les affaires intérieures du pays. En 2006, l'émissaire des Nations unies au Soudan, Jan Pronk, avait été expulsé par le gouvernement de Khartoum.

 

août 2007

Les images qui incriminent le Soudan

Un hélicoptère militaire russe Mi-17 (portant le numéro 534) appartenant à l'armée soudanaise, à El Geneina. Amnesty International.

 

Amnesty international a publié vendredi des photos montrant, selon l'ONG, que le régime de Khartoum viole l'embargo sur les armes et continue de poursuivre des combats dans cette région en guerre depuis 2003.

 

Libération, Par Arnaud Vaulerin, 24 Août 2007

 

Des photos ont été prises en juillet au Darfour par des collaborateurs d'Amnesty international. Elles montrent que malgré l'embargo de l'ONU sur les armes et les accords de paix, le gouvernement soudanais d'Omar El-Bechir «continue d'envoyer de l'équipement militaire offensif au Darfour», indique l'ONG de défense des droits de l'homme. Qui demande «de nouveau au Conseil de sécurité de l'ONU de faire respecter l'embargo en déployant notamment des observateurs des Nations unies à tous les points d'entrée et au Soudan».

Les images saisies sur l'aéroport d'El Geneine (est du Darfour, près de la frontière avec le Tchad) révèlent, contrairement à ce qu'affirme Khartoum, que l'armée soudanaise est bien engagée en première ligne dans la région en guerre depuis 2003, notamment en apportant son soutien aux milices Jenjaweed.

On y voit des soldats déchargeant du contenu des soutes d'un Antonov pour le transférer dans des camions militaires. Deux autres clichés montrent également des hélicoptères militaires russes appartenant à l'armée soudanaise sur le tarmac d'El Geneina. Amnesty précise que la «Russie a signé un contrat l'engageant à livrer au moins 15 hélicoptères Mi-17 en 2005 et 2006. En 2005, la Russie avait  également fourni 12 hélicoptères d'attaque russe Mi-24 au Soudan

Un hélicoptère d'attaque russe Mi-24 (portant le numéro 928) transféré à l'aéroport d'El Geneina depuis Nyala, au Darfour. Amnesty International.

Ces documents s'ajoutent aux preuves déjà fournies en mai par Amnesty dans son rapport sur le Soudan. L'ONG détaillait les transferts d'armes illégaux de la Chine et de la Russie vers le régime de Bechir. Quelques jours plus tôt, le New York Times avait publié les grandes lignes d'un rapport intérimaire confidentiel du Groupe d'experts des Nations unies.

Ce document indiquait que le gouvernement soudanais déployait des avions de combat et du matériel militaire au Darfour en violation de l'embargo de l'ONU. Pis, pour tenter de masquer ses agissements, Khartoum avait fait peindre des avions en blanc afin qu'ils ressemblent à ceux des Nations unies, avant de bombarder des villages du Darfour ou effectuer des vols de reconnaissance.

Le 29 mars 2005, l'embargo sur les armes au Darfour a été imposé par la résolution 1591 des Nations unies à toutes les parties au conflit. Mais, dans les faits, il n'a guère été suivi d'effets. Les 26.000 policiers et militaires de la force hybride Nations Unies - Union africaine qui doivent être déployés dans les prochains mois devront se montrer persuasif pour le faire respecter.

 

août 2007

Darfour : le Soudan continue d'enfreindre l'embargo sur les armes

Jeune Afrique avec l'AFP, 24 Août 2007

 

L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a affirmé jeudi que le gouvernement soudanais continuait d'enfreindre l'embargo sur les armes imposé au Darfour par les Nations unies.

S'appuyant sur trois photographies prises selon elle en juillet à l'aéroport de Geneina, capitale du Darfour-ouest, l'association basée à Londres affirme que "le gouvernement soudanais continue à déployer des équipements militaires offensifs au Darfour malgré l'embargo de l'ONU sur les armes et les accords de paix".

Selon Amnesty, une première photographie montre des soldats de l'armée soudanaise en train de décharger des conteneurs d'un Antonov, avion de fabrication russe, sur des camions militaires à l'aéroport de Geneina. Les deux autres montrent sur ce même aéroport des hélicoptères militaires (Mi-17 et Mi-24) fournis par la Russie en 2005 et 2006, selon Amnesty.

L'ONU a imposé un embargo sur la vente et la livraison d'armes au Darfour pour les organisations non-gouvernementales en juillet 2004, étendu en 2005 à toutes les parties au conflit.

Dans un rapport publié en mai, Amnesty avait déjà accusé le Soudan d'enfreindre cet embargo, affirmant que des armes fournies par la Chine et la Russie étaient utilisées au Darfour.

Le conflit qui sévit depuis plus de quatre ans au Darfour a fait 200.000 morts et deux millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres contestés par le Soudan, qui parle de 9.000 morts.

Amnesty a appelé jeudi les Nations unies à "agir résolument pour s'assurer que l'embargo est effectivement respecté", plaidant notamment pour la présence "d'observateurs de l'ONU dans tous les ports du Soudan et du Darfour".

"La prolifération de petites armes et de véhicules militarisés au Darfour a entraîné des attaques de convois d'aide humanitaire et d'autres attaques dévastatrices contre les civils", a-t-elle également déploré, faisant référence à des rapports d'attaques dans le sud-Darfour.

Le Conseil de sécurité a voté le 31 juillet pour le déploiement au Darfour d'une force mixte ONU-UA de 26.000 hommes. Son déploiement total n'est toutefois pas attendu avant le milieu de l'année 2008.

"Si des armes continuent à affluer au Darfour et si les soldats de maintien de la paix n'ont pas le pouvoir de désarmer et de démobiliser tous les groupes armés d'opposition et la milice Janjawid, la capacité de la nouvelle force de paix à protéger les civils sera grandement entravée", a prévenu Amnesty.

 

août 2007

Le Soudan expulse deux diplomates occidentaux

Angola Presse, 24 Août 2007

 

Le Soudan a expulsé le représentant de la Commission européenne et la chargée d`affaires canadienne pour "ingérences", un geste qui risque d`affecter les rapports déjà tendus avec l`Occident à propos du Darfour.

La Maison Blanche a indiqué espérer que ces expulsions annoncées jeudi n`étaient pas une tentative de Khartoum de faire dérailler les efforts internationaux visant à enrayer la violence au Darfour, région de l`ouest du Soudan ravagée par une guerre civile qualifiée de "génocide" par Washington.

Le secrétaire général de l`ONU Ban Ki-moon est attendu à Khartoum début septembre pour pousser le déploiement au Darfour de l`Unamid, une force hybride de paix ONU-UA qui comptera jusqu`à 26.000 soldats. Le conflit au Darfour a fait au moins 200.000 morts et 2 millions de déplacés depuis 2003, selon l`Onu

Les deux diplomates, le Suédois Kent Degerfeld et la Canadienne Nuala Lawlor, ont été déclarés "persona non grata en raison de leurs ingérences dans les affaires intérieures du Soudan", a annoncé le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, cité par l`agence officielle SUNA.

 

août 2007

Reporters Sans Frontières dénonce la censure contre six journaux privés au Soudan

Reporters sans frontières a dénoncé vendredi de nouvelles mesures de censure imposées par Khartoum à six quotidiens privés dans le but, selon l'organisation, d'étouffer l'arrestation de personnes soupçonnées de préparer des attaques.

 

Le Monde avec l'AFP, 24 Août 2007

 

"Il y a près d'un an, le vice-président (soudanais) avait annoncé la levée officielle des mesures de censure", débute RSF dans un communiqué

Aujourd'hui, nous sommes au regret de constater que cette pratique perdure en dépit des promesses du président Omar el-Béchir d'oeuvrer pour la démocratisation de son pays", poursuit-il.

Selon l'organisation basée à Paris, "les premières victimes (de la censure) sont toujours les publications privées arabophones".

Mardi, les autorités soudanaises avaient ordonné la confiscation de tous les exemplaires du quotidien Raï al-Chaab, l'organe du Congrès populaire, un parti de l'opposition islamiste soudanaise.

Cinq autres quotidiens arabophones indépendants ont été victimes de censure le même jour, selon RSF.

Aucune explication n'a été fournie par les forces de sécurité pour expliquer la mesure visant Raï-al-Chaab, avait affirmé mardi à l'AFP le rédacteur en chef du journal, Yassine Omar Imam.

Il n'avait pas écarté l'éventualité que l'opération soit liée à l'évocation par le quotidien de projets d'attentats contre les ambassades américaine, britannique, française et contre la représentation des Nations unies à Khartoum.

Huit Soudanais, soupçonnés d'être impliqués dans ces projets, ont été arrêtés le 18 août.

Les services de sécurité ont interdit de publier tout article faisant référence à cette affaire, officiellement pour ne pas perturber l'enquête, selon RSF.

 

août 2007

Le Soudan enfreint l'embargo sur les armes au Darfour

Nouvel Observateur, 24 Août 2007

 

Amnesty publie 3 photos, dont une montrant des soldats soudanais en train de décharger les conteneurs d'un avion russe.

 

Des soldats de l'armée soudanaise déchargeant le contenu des soutes d'un appareil Antonov pour le mettre dans des camions militaires, sur l'aire militaire de l'aéroport d'El Geneina (Amnesty)

Le gouvernement soudanais continuerait d'enfreindre l'embargo sur les armes imposé au Darfour par les Nations unies, c'est ce qu'affirme l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International, jeudi 23 août, en s'appuyant sur trois nouvelles photographies. Pris, selon elle, en juillet à l'aéroport de Geneina, capitale du Darfour-ouest, les clichés montrent, d'après l'association basée à Londres, que "le gouvernement soudanais continue à déployer des équipements militaires offensifs au Darfour malgré l'embargo de l'ONU sur les armes et les accords de paix".

 

Avion et hélicoptères russes

 

Selon Amnesty, une première photographie montre des soldats de l'armée soudanaise en train de décharger le contenu des soutes d'un Antonov, avion de fabrication russe, pour les mettre dans des camions militaires à l'aéroport de Geneina. Les deux autres montrent sur ce même aéroport des hélicoptères militaires (Mi-17 et Mi-24) fournis par la Russie en 2005 et 2006, selon Amnesty.

L'ONU a imposé un embargo sur la vente et la livraison d'armes au Darfour pour les organisations non-gouvernementales en juillet 2004, étendu en 2005 à toutes les parties au conflit.

 

Déjà en mai

 

Amnesty avait déjà accusé, dans un rapport publié en mai, le Soudan d'enfreindre cet embargo, affirmant que des armes fournies par la Chine et la Russie étaient utilisées au Darfour.

Le conflit sévit depuis plus de quatre ans au Darfour. L'ONU a recensé plus de 200.000 morts et deux millions de déplacés, des chiffres contestés par le Soudan, qui parle de 9.000 morts.

Amnesty a appelé jeudi les Nations unies à "agir résolument pour s'assurer que l'embargo est effectivement respecté", plaidant notamment pour la présence "d'observateurs de l'ONU dans tous les ports du Soudan et du Darfour".

"La prolifération de petites armes et de véhicules militarisés au Darfour a entraîné des attaques de convois d'aide humanitaire et d'autres attaques dévastatrices contre les civils", a-t-elle également déploré, faisant référence à des rapports d'attaques dans le sud-Darfour.

 

Force mixte

 

Le Conseil de sécurité a voté le 31 juillet pour le déploiement au Darfour d'une force mixte ONU-UA de 26.000 hommes. Son déploiement total n'est toutefois pas attendu avant le milieu de l'année 2008.

"Si des armes continuent à affluer au Darfour et si les soldats de maintien de la paix n'ont pas le pouvoir de désarmer et de démobiliser tous les groupes armés d'opposition et la milice Janjawid, la capacité de la nouvelle force de paix à protéger les civils sera grandement entravée", a prévenu Amnesty.

 

août 2007

L'ONU s'inquiète de retards dans la mise en oeuvre de la paix dans le Sud

Jeune Afrique avec l'AFP, 22 Août 2007

 

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'inquiète des retards subis par la mise en oeuvre d'un accord de paix dans le sud du Soudan et appelle les parties à redoubler d'efforts en ce sens, dans un rapport au Conseil de sécurité publié mercredi.

M. Ban relève notamment que "la date butoir du 9 juillet 2007, qui devait marquer l'achèvement du redéploiement des forces armées soudanaises au nord de la frontière de 1956 (entre le nord et le sud du Soudan), n'a pas été respectée".

Il demande à ces forces de "retirer immédiatement du sud du Soudan tous les éléments militaires réguliers qui s'y trouvent encore, à l'exception de ceux affectés aux unités mixtes intégrées".

Cette clause figurait dans l'"Accord de paix global" signé en janvier 2005 entre Khartoum et l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), l'ex-rébellion sudiste du colonel John Garang, décédé depuis. Cet accord avait mis fin à 21 ans d'une guerre civile qui avait fait 1,5 million de morts et 4 millions de déplacés et réfugiés.

Une force de paix de l'ONU, la Minus, forte de près de 10.000 hommes, surveille la mise en oeuvre de l'accord et aide les deux parties, aux termes de la résolution 1590 (mars 2005) du Conseil de sécurité.

M. Ban demande par ailleurs aux deux parties d'accélérer la mise en place des unités mixtes intégrées, autre élément de l'accord de paix revêtant selon lui une "importance centrale".

La formation de ces unités, qui doivent réunir des éléments de l'armée soudanaise et de la SPLA, "est une condition indispensable au retrait complet des forces de la SPLA des états du Kordofan méridional et du Nil bleu", rappelle-t-il. Aux termes de l'accord, "ces unités mixtes sont aussi chargées de protéger les champs pétrolifères" soudanais, alors que les installations pétrolières elles-mêmes "doivent être démilitarisées".

En conséquence, M. Ban "demande instamment aux parties d'achever l'affectation des troupes aux unités en question, qui a déjà neuf mois de retard".

M. Ban prévoit de se rendre début septembre au Soudan, afin de pousser au déploiement rapide de la force "hybride" ONU-Union africaine au Darfour, province de l'ouest du pays où sévit une autre guerre civile depuis 2003.

Il devrait profiter de ce voyage pour se rendre dans le sud pour tenter de revigorer l'accord de paix de 2005, selon des sources onusiennes.

 

août 2007

Le Secrétaire général souhaite l'application totale des accords de paix nord-sud au Soudan

Nations Unies, New York , 22 Août 2007

 

Dans son dernier rapport sur la Mission des Nations Unies au Soudan, le Secrétaire général déplore que les forces armées contrôlées par Khartoum n'aient pas encore quitté le Sud-Soudan, saluant néanmoins les progrès dans la mise en place d'unités mixtes.

« J'avais espéré pouvoir informer le Conseil de sécurité de l'achèvement du retrait des Forces armées soudanaises du Sud-Soudan et en prendre acte en tant que réalisation majeure des parties. Malheureusement, malgré le dur travail réalisé par tous les intéressés et les assurances fréquentes données par le gouvernement de sa détermination, la date butoir du 9 juillet 2007 n'a pas été totalement respectée », affirme le Secrétaire général dans son dernier rapport sur la Mission des Nations Unies au Soudan l'UNMIS.

Ban Ki-moon demande en conséquence « aux Forces armées soudanaises de retirer immédiatement du Sud-Soudan tous les éléments militaires réguliers qui y sont encore, à l'exception de ceux affectés aux unités mixtes intégrées ».

« Si le redéploiement est une étape majeure vers la pleine application du protocole de sécurité de l'Accord de paix global, plusieurs autres éléments de cet accord clef devront encore être fidèlement mis en oeuvre par les deux parties dans les mois à venir et étroitement surveillés et vérifiés par l'UNMIS, conformément à la résolution 1590 (2005) ».

Comme je l'ai déjà indiqué au Conseil, la mise en place des unités mixtes intégrées continue de revêtir une importance centrale. D'après les échéances prévues dans l'Accord de paix global, la formation de ces unités est une condition indispensable au retrait complet des forces de l'Armée populaire de libération du Soudan des États du Kordofan méridional et du Nil bleu, explique le Secrétaire général.

« Les unités mixtes intégrées sont aussi chargées de protéger les champs pétrolifères, alors que les installations pétrolières elles-mêmes doivent être démilitarisées en vertu de l'Accord. Compte tenu de l'importance de ce processus, je demande instamment aux parties d'achever l'affectation des troupes aux unités en question, qui a déjà quelque neuf mois de retard ».

Un autre problème essentiel auquel se heurte la mise en œuvre de l'Accord de paix global est la réintégration des anciens membres des autres groupes armés.

« La dissolution formelle des Forces de défense du Sud-Soudan et l'incorporation de ses membres dans l'Armée populaire de libération ou leur absorption dans les programmes de désarmement constituent une évolution positive. Toutefois, les déclarations d'incorporation ou de démobilisation doivent êtres suivies d'une action transparente », affirme Ban Ki-moon. 

Lorsque le redéploiement des Forces armées soudanaises sera achevé, les efforts de mise en ?uvre de l'Accord de paix global devront naturellement être axés sur le retrait de l'Armée populaire de libération du Soudan du Kordofan méridional et du Nil bleu.

« Ces aspects, de même que les incertitudes entourant le statut d'Abyei, l'accord sur la frontière du 1er janvier 1956 et la gestion du secteur pétrolier, feront partie des principaux problèmes à régler par les parties et l'ONU dans les mois à venir », affirme le rapport.

Enfin, « s'agissant par ailleurs des élections, l'état d'avancement des préparatifs a jusqu'ici été décevant et les deux parties doivent considérablement accélérer leurs travaux sur les réformes législatives nécessaires », déplore le Secrétaire général.

 

août 2007

L'ONU dénonce les crimes commis au Darfour

Le Soleil, Dakar avec l'AFP, 22 Août 2007

 

Des militaires et des miliciens du gouvernement soudanais pourraient être passibles de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et contre l'humanité commis lors d'attaques en décembre dans la région de Deribat au Darfour, selon un rapport de l'Onu publié hier.

Genève - Lors d'attaques, en décembre au Darfour, une cinquantaine de femmes de 25 à 40 ans ont été enlevées et détenues durant environ un mois comme esclaves sexuelles par des membres des forces armées soudanaises et de milices supplétives, selon un rapport du Haut commissariat pour les droits de l'Homme de l'Onu, qui complète une première enquête publiée en avril dernier. "Si le viol, la réduction en esclavage sexuel (...) font partie d'une attaque massive ou systématique contre des civils (ces formes de violences sexuelles) peuvent constituer un crime contre l'humanité et relèvent potentiellement de la compétence de la Cour pénale internationale", souligne le rapport. Le Haut commissariat rejette les arguments du gouvernement soudanais qui a assuré pour se disculper que la région de Deribat n'était pas sous son contrôle. "Il y a de claires indications que des personnels gouvernementaux ont participé à ces attaques", selon le rapport qui cite des témoignages faisant état d'un soutien aérien et de troupes au sol.

L'enquête de l'Onu souligne également que les Forces de défense populaire (Pdf), citées parmi les assaillants, sont considérées légalement comme une "force paramilitaire" sous l'autorité de l'armée.

En outre, des milices supplétives des forces gouvernementales ont participé à ces atrocités, souligne encore le rapport.

"Les femmes ont été enlevées par petits groupes par des hommes armés et conduites dans le lit d'une rivière asséchée entre Kutur et Deribat", raconte un témoin oculaire. "Les femmes étaient violées par tout homme qui le souhaitait. Quand un homme s'approchait, la femme était supposée consentir, sinon elle était battue", a ajouté un autre témoin.

Une femme qui avait essayé de fuir a raconté avoir été attachée avec une corde pendant trois jours, puis violée par trois hommes.

Beaucoup d'enfants ont été témoins de scènes de viols multiples, note encore le rapport.

L'Onu, qui déplore l'impunité dont bénéficient les auteurs de crimes de guerre au Darfour, demande une nouvelle fois au gouvernement et aux rebelles de cesser toutes les attaques contre les civils.

Le Haut commissariat pour les droits de l'Homme demande également aux autorités de Khartoum de mettre en place un organe indépendant pour enquêter sur les enlèvements, les viols et l'esclavage sexuel. Le