Le Soudan dans la Presse

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1er semestre

2ème semestre


Juillet 2007

La Tribune
31 juillet 2007

Inondations au Soudan: 62 morts, des dizaines de milliers de déplacés

La Lettre d' Océan Indien
28 juillet 2007

USAID/SOUDAN  : Patrick Fleuret

Xinhuanet
28 juillet 2007

Paris et Londres appellent à un "cessez-le-feu total" au Darfour

Le Monde
28 juillet 2007

Darfour : des experts de l'ONU évoquent un "nettoyage ethnique"

Le Figaro
27 juillet 2007

Kouchner milite pour une force au Darfour

Le Monde
25 juillet 2007

L'Union européenne se prépare à envoyer une force militaire aux frontières du Soudan

Nu-pam
25 juillet 2007

PAM : les attaques se multiplient contre les travailleurs humanitaires au Darfour

Le Figaro Magazine
24 juillet 2007

Darfour : les fonds donnés par l'Europe ont disparus

Africa-confidentiel
23 juillet 2007

Soudan : remaniement dans le Sud

Le Monde
24 juillet 2007

L'Union européenne se prépare à envoyer une force militaire aux frontières du Soudan

Le Monde avec l'AFP
24 juillet 2007

Darfour: Washington appelle les groupes rebelles à négocier sans conditions

Le Monde
22 juillet 2007

Soudan: Béchir accuse Bush et Brown d'exagérer la situation au Darfour

Le Monde
21 juillet 2007

A la recherche d'un lac souterrain au Darfour

Le Monde
21 juillet 2007

Idriss Déby accepte le déploiement d'une force européenne au Tchad

Le Monde
21 juillet 2007

Sarkozy et Brown prêts à "aller ensemble" au Darfour, au Soudan et au Tchad

Le Figaro
21 juillet 2007

Sarkozy et Brown veulent agir au Darfour

Le Figaro
20 juillet 2007

Crimes et vols se multiplies dans l'est du pays, à la frontière avec le Darfour

Le Monde
20 juillet 2007

Darfour: Ban Ki-moon salue les résultats de la conférence de Tripoli

Le Figaro
20 juillet 2007

Des hommes armés multiplient les exactions dans un village du Darfour

Libération
19 juillet 2007

Contre l'impunité au Soudan

Le Monde
18 juillet 2007

Darfour, dernière ingérence humanitaire ?

Courrier International
16 juillet 2007

Khartoum repeuple le Darfour

Le Figaro
17 juillet 2007

Les Arabes du Darfour se voient aussi en victimes

Libération
16 juillet 2007

Des euros «évaporés» par millions au Darfour

La Croix
16 juillet 2007

Les Français favorables à l'envoi de troupes au Darfour

IRIN
Johannesburg 
16 juillet 2007

Le Changement climatique pas seule case du conflit au Darfour

Jeune Afrique
15 juillet 2007

Des chefs d'opposition arrêtés au Soudan

L'Express
13 juillet 2007

Le Soudan bombarde des civils au Darfour, affirme l'émissaire US Reuters

Le Monde
13 juillet 2007

Au Darfour, les Arabes dans le piège janjawid

Irin
12 juillet 2007

Pourparlers sur une feuille de route pour la paix au Darfour

All-Africa-com
12 juillet 2007

Les attaques contre le personnel humanitaire, au Darfour, ont triplé en un an

Le Monde
11 juillet 2007

Rice reproche au Soudan de mener une "diplomatie du chat et de la souris

Agence France Presse
11 juillet 2007

Soudan: inauguration d'un deuxième terminal pétrolier sur la mer Rouge

BBC-Afrique
10 juillet 2007

Soudan: le Nord rate une étape

La Croix
10 juillet 2007

Trois objectifs pour le Darfour

Jeune Afrique
8 juillet 2007

L'émissaire de l'ONU évoque le prochain "moment de vérité"

C.I.C.R. Genève
6 juillet 2007

Compte rendu des activités du CICR sur le Soudan

Xinhuanet
6 juillet 2007

La Chine et la communauté internationale veulent faire avancer le  processus pour une solution politique de la question du Darfour

Zénit
Rome
5 juillet 2007

« l'Australie peut faire plus pour le Soudan »

Parlement européen
4 juillet 2007

Déployer rapidement une force ONU/ Union africaine au Darfour

Jeune Afrique
4 juillet 2007

Un blessé dans une tentative d'infiltration de réfugiés du Darfour en Israël

Agence France Presse
4 juillet 2007

Une conférence internationale sur le Darfour en Libye les 15 et 16 juillet

Le Monde
3 juillet 2007

Humanitaires au bord de la crise de nerfs

Suisse Romande
2 juillet 2007

Contrat pétrolier au Soudan pour le chinois CNPC

Agence France Presse
1 er juillet 2007

Konaré demande une résolution à l'ONU pour la force hybride pour le Darfour

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Inondations au Soudan: 62 morts, des dizaines de milliers de déplacés

La Tribune avec SUNA et AP, 31 juillet 2007

 

Les inondations catastrophiques qui frappent le Soudan ont tué au moins 62 personnes et entraîné le déplacement de dizaines de milliers d'autres au cours des dernières semaines, ont annoncé mardi les autorités.

"Soixante-deux personnes ont été tuées du fait des inondations et des pluies", a déclaré à l'Associated Press le général Awad Allah Widaa, chef de la Commission d'urgence de lutte contre les effets des inondations et des pluies.

En outre, 145 personnes ont été blessées depuis le début en juin de la saison des pluies, qui est marquée depuis des semaines par des précipitations inhabituellement fortes. A travers le pays, ce sont plusieurs dizaines de milliers de têtes de bétail qui ont été perdues.

Dans le sud du Soudan, six des 10 provinces ont été déclarées en état de catastrophe naturelle, a annoncé le ministre régional de l'Information Samson Kwaje. Dans cette partie du pays, les autorités estiment que les inondations ont déplacé jusqu'à 100.000 personnes.

Dans le nord du pays, les maisons de plus de 40.000 familles ont été affectées par les inondations. Plus de 23.000 maisons construites en torchis n'ont pas résisté aux pluies diluviennes et aux crues et se sont effondrées. Quelque 140 édifices publics, dont nombre d'écoles et d'hôpitaux, ont été gravement endommagées. Des axes routiers majeurs ont été coupés à la circulation, selon M. Widaa.

Jusque dans la capitale Khartoum et sa banlieue, où le Nil Blanc et le Nil Bleu se rejoignent pour former le plus grand fleuve d'Afrique, les pluies torrentielles ont provoqué des coulées de boue qui ont ravagé 10.000 maisons.

Les agences onusiennes et les autres organisations internationales d'aide ont annoncé qu'elles avaient distribué aux populations en danger d'importantes quantités d'aide, de nourriture, de médicaments et de moustiquaires pour prévenir le paludisme.

A Damazin, dans la zone frontalière entre le sud et le nord du Soudan, six personnes ont été emportées par de hautes vagues sur le Nil Bleu, ont précisé des responsables, lundi soir.

A Renk, un village sur le Nil Blanc dans le sud-Soudan, des inondations ont "totalement détruit 1.518 cases et tué au moins 600 animaux, affectant 4.729 familles dont 2.027 enfants", a dit Deng Chul Deng, le commissaire par intérim pour la province.

Il a ajouté que les mauvaises conditions d'hygiène ont entraîné 23 cas de diarrhée aqueuse, une maladie qui peut être mortelle chez les enfants. "Mais la situation est pour l'instant sous contrôle", a souligne M. Deng, cité par l'agence officielle soudanaise

 

juillet 2007

USAID/SOUDAN  : Patrick Fleuret

La Lettre de l'Océan Indien,n°1219, 28 juillet 2007

 

Le nouveau chef de la mission de l'United States Agency for International Development (USAID) à Khartoum a une grande expérience de l'Afrique. Patrick Fleuret était depuis 2005 le directeur de l'USAID au Nigeria où il avait rejoint sa femme Anne qui y travaillait déjà comme conseillère auprès de I'USAID depuis plusieurs années. Auparavant, Fleuret avait été, toujours pour l'USAID, responsable de projets en Tanzanie où il a travaillé sur des programmes de réhabilitation des routes rurales et des voies ferrées ainsi que de développement du secteur financier. II a ensuite servi comme adjoint du chef de mission Dawn Liberi en Ouganda avant de passer deux ans au Botswana comme directeur régional pour l'Afrique australe. Dans ce cadre, il a apporté un soutien technique aux services de huit missions de l'USAID en Afrique australe ainsi qu'aux ambassades américaines du Botswana, du Lesotho et du Swaziland. Après cela, Fleuret pensait prendre sa retraite en 2005 et s'était mis à construire une maison en Californie pour la revendre. Mais c'est alors qu'il a été appelé à s'installer au Nigeria. Fleuret est diplômé de l'University of California (Santa Barbara) et père de deux filles Jennifer et Julia.

 

juillet 2007

Paris et Londres appellent à un "cessez-le-feu total" au Darfour

Xinhuanet, 28 juillet 2007

 

La France et la Grande-Bretagne  ont appelé conjointement vendredi le gouvernement soudanais et les rebelles du Darfour à respecter un "cessez-le-feu" total pour  concrétiser leur "attachement au processus politique" pour  résoudre la crise dans cette région. 

Cette position Paris-Londres a été contenue dans une  déclaration commune publiée par le ministre français des Affaires  étrangère Bernard Kouchner et son homologue britannique David  Miliband. 

"Nous appelons le gouvernement soudanais et les rebelles à  faire la preuve de leur attachement au processus politique en  cessant toutes les hostilités et en s'engageant à respecter un  cessez-le-feu total", ont indiqué les deux ministres ministres  dans leur déclaration commune. 

MM. Kouchner et Miliband ont appelé "tous les participants  invités à la réunion d'Arusha (Tanzanie) qui est convoquée par les envoyés spéciaux de l'Union africaine et des Nations unies du 3 au 5 août, à y participer. En ne participant pas, ils signifieraient  un refus de remédier aux souffrances au Darfour et entraveraient  le processus politique". 

Les deux ministres ont souligné que leurs pays "travaillent activement à New York pour que la force hybride Union africaine/ Nations unies de maintien de la paix soit approuvée rapidement de  manière à assurer son déploiement rapide". 

Ils ont demandé "à toutes les parties d'honorer les  engagements qu'elles ont pris à Tripoli", où une conférence le 16  juillet dernier avait permis de relancer un processus politique  afin de rétablir la paix dans cette région de l'ouest du Soudan. 

La France et la Grande-Bretagne se sont engagées à coordonner étroitement leurs efforts sur la crise du Darfour lors d'une  rencontre la semaine dernière à Paris entre le Premier ministre  britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy. 

La crise du Darfour a été au centre des entretiens jeudi à  Addis Abeba entre M. Kouchner et le président de la Commission de  l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré. 

La guerre civile dans cette province du Soudan a fait  environ 200 000 morts et 2,1 millions de déplacés, selon l'ONU.

 

juillet 2007

Darfour : des experts de l'ONU évoquent un "nettoyage ethnique"

Le Monde avec l'AP et l'AFP, 28 juillet 2007

 

Le Comité des droits de l'homme de l'ONU, un groupe réunissant dix-huit experts indépendants chargé de veiller au respect du Pacte international sur les droits civils et politiques, a vivement critiqué le Soudan, dans un rapport paru vendredi 27 juillet, dénonçant l'impunité dont bénéficient "les milices qui se livrent à un nettoyage ethnique" au Darfour, et demandant à Khartoum de leur couper toute aide financière et matérielle.

Dans ses conclusions, le groupe note avec inquiétude que "des violations graves, systématiques et étendues des droits de l'homme, notamment des meurtres, des viols, des déplacements forcés et des attaques contre la population civile, ont été commis et continuent à être commis dans l'impunité la plus totale partout au Soudan, particulièrement au Darfour" . Il a également noté une banalisation de la torture dans le système carcéral soudanais et le recrutement forcé d'enfants-soldats dans l'armée, ainsi que le maintien de l'esclavage.

 

"Assistance technique"

 

Parmi les recommandations adressées au gouvernement soudanais, le rapport de neuf pages demande notamment à Khartoum de "s'assurer qu'aucun soutien financier ou matériel n'est dirigé vers les milices qui se livrent à un nettoyage ethnique ou s'attaquent directement aux civils" .

Ivan Shearer, un des rapporteurs du comité, a reconnu qu' "une assistance plus ou moins caché a été donnée à des éléments qui ont commis ces violations" . Le comité a abouti à ces conclusions en se basant sur des informations recueillies par le gouvernement soudanais, les Nations unies et plusieurs ONG.

 

juillet 2007

Kouchner milite pour une force au Darfour

Le Figaro, 27 juillet 2007, par Renaud Girard, envoyé spécial à Addis-Abeba

 

Le ministre des Affaires étrangères était hier au siège de l'Union africaine pour faire avancer le projet, destiné à mettre un terme aux massacres dans l'ouest du Soudan.

 

En Afrique , les quinze dernières années ont été marquées par la tentation des grandes puissances occidentales de gérer directement les crises humanitaires ayant réussi à émouvoir leurs opinions publiques. Ainsi, par exemple, a-t-on vu les armées américaine (Somalie, décembre 1992), française (Rwanda, opération «Turquoise » de juin 1994), britannique (Sierra Leone, mai 2000) intervenir, dans le cadre d'expéditions présentées comme humanitaires. Cette époque semble bel et bien révolue.

« Dans un mouvement d'unité, les Africains ont décidé de s'approprier la gestion des crises et des conflits survenant sur leur continent», a expliqué hier au Figaro l'ancien président malien Konaré, qui est le président exécutif de l'Union africaine (UA).

Le ministre français des Affai­res étrangères, Bernard Kouchner, venu à Addis-Abeba pour s'entretenir avec M. Konaré de la crise du Darfour, a encouragé « cette volonté de l'Afrique de recouvrer pleinement la maîtrise de sa destinée, laquelle suppose la gestion politique, militaire et humanitaire de toutes ses crises et conflits». Pour M: Kouchner, qui a eu une longue séance de travail avec M. Konaré au siège de l'UA, « on assiste à l'émergence d'un nouveau multilatéralisme, avec une forte dimension régionale, et c'est une bonne chose ».

Premier cas d'école pour MM. Konaré et Kouchner : la pacification du Darfour. Les deux hommes, qui se réconciliaient après que le président de la commission de l'UA eut boudé la conférence de Paris du 25 juin sur ce dossier, lui ont consacré la quasi-totalité de leur réunion. Un projet de résolution se trouve examiné par le Conseil de sécurité de l'ONU, qui devrait, si tout se passe bien, être adopté la semaine prochaine. Il s'agit d'entériner la création d'une « force hybride » de 20000 hommes, commandée par un général africain, rapportant à la fois à l'UA et à l'ONU et qui se déploierait dans la région de l'ouest du Soudan en crise.

Première difficulté, la résolution fera-t-elle référence au cha pitre VII de la Charte de l'ONU, lequel autorise l'usage de la force par les Casques bleus ? Les militaires pourront-ils ouvrir le feu pour protéger les populations civiles du Darfour, constamment harcelées par différentes milices armées depuis plus de quatre ans? Alpha Oumar Konaré y est favorable : « Nous n'avons pas fait tout ça pour que nos hommes soient ensuite paralysés sur le terrain !»

Deuxième difficulté, où trouver les contingents de Casques bleus nécessaires, soit 13 000 hommes devant s'ajouter aux 7 000 soldats africains déjà sur place sous le commandement d'un général nigérian? Le gouvernement soudanais a accepté, le 12 juin, le principe de la force hybride, à condition qu'elle soit essentiellement composée d'Africains. Pour le moment, seul le Rwanda s'est porte volontaire.

Au cas où le continent noir ne parviendrait pas à réunir suffisamment de Casques bleus, il a été convenu qu'on ferait appel à des contingents en provenance d'autres pays. Le Bangladesh pourrait se porter volontaire, car c'est un moyen pour lui de satisfaire ses officiers et soldats d'élite, en les faisant passer de soldes misérables aux généreux per diem offerts par les Nations unies. Se posera ensuite le problème de l'efficacité. En avril 1994, les centaines de Casques bleus bangladais postés à Kigali dans le cadre de la Mission des Nations unies au Rwanda étaient restés les bras croisés devant le génocide des Tutsis.

 

La Libye en médiatrice

 

Hier, le département d'État américain a exprimé le souhait que la force hybride puisse être déployée au Darfour dès le mois d'octobre. Ce souhait d'un déploiement rapide est partagé par MM. Konaré et Kouchner.

Mais il reste la troisième difficulté: celle du financement. Car autant les Africains sont désireux de diriger les opérations de maintien de la paix sur leur continent, autant ils ne sont absolument pas prêts à les financer. Aujourd'hui, fort mécontents, les soldats africains présents au Darfour accusent un arriéré de solde de quatre mois, car les contributions financières des pays riches font défaut.

Par ailleurs, Konaré et Kouchner ont évoqué le projet de l'envoi de 2 000 soldats européens dans l'est du Tchad, afin de porter secours aux populations déplacées par les conséquences du conflit darfourien (exactions commises à la fois par les mouvements rebelles soudanais désunis agissant à partir du territoire tchadien et par les incursions des milices arabes soudanaises progouvernementales).

Avant-hier à Tripoli, Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner ont obtenu du colonel Mouammar Kadhafi qu'il ne s'oppose pas à un tel déploiement de troupes occidentales dans un pays voisin de la Libye. Le « Guide» a joué un grand rôle dans le récent rapprochement soudano-tchadien, et s'efforce aujourd'hui de persuader la vingtaine de mouvements rebelles soudanais de discuter avec Khartoum. Retour des grandes « usines à gaz » diplomatiques onusiennes ou émergence d'un nouveau multilatéralisme efficace ? Réponse, sur le terrain, au mois d'octobre.

 

juillet 2007

 

L'Union européenne se prépare à envoyer une force militaire aux frontières du Soudan

Le Monde 25 juillet 2007, Thomas Ferenczi

 

L'Union européenne s'apprête à envoyer une force militaire dans l'est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine, deux Etats limitrophes du Soudan, afin d'assurer la protection des populations victimes du conflit du Darfour.

Les ministres européens des affaires étrangères, réunis lundi 23 juillet à Bruxelles, ont donné leur accord à l'accélération des préparatifs qui devraient permettre le déploiement des troupes en octobre. Ils ont invité les services de Javier Solana, haut représentant de l'Union européenne, à "poursuivre la planification" pour permettre, le moment venu, le lancement de cette opération "dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense" , en coopération avec les Nations unies et l'Union africaine (UA).

L'ossature de cette force devrait être française. Sa zone d'intervention comprendra trois provinces tchadiennes et une province centrafricaine. Ses effectifs n'ont pas encore été définis, mais les experts travaillent sur une "fourchette" comprise entre 1 500 et 3 000 hommes.

 

Feu vert tchadien

 

La mission européenne, dont les objectifs seront d'améliorer la sécurité dans la région, de faciliter l'acheminement de l'assistance humanitaire, d'aider à la reconstruction des villages détruits, viendra en appui d'une opération de police conduite par les Nations unies et forte d'un millier d'hommes. Les autorités tchadiennes ont donné leur feu vert. On attend celui des autorités centrafricaines.

Par ce geste, indique un diplomate en poste à Bruxelles, l'Union européenne entend marquer sa volonté de renforcer son engagement au Darfour. Cette volonté s'exprime en particulier par l'appui apporté à la mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS) et à l'opération "hybride" Union africaine-ONU qui doit lui succéder lorsque les Nations unies l'auront décidé.

Dans leurs conclusions, les ministres européens disent attendre "avec impatience" l'adoption rapide d'une résolution du Conseil de sécurité en ce sens. Ils confirment que, d'ici là, "l'action de soutien civilo-militaire de l'UE à l'AMIS sera prorogée pour une période maximale de six mois à partir du 1 er juillet 2007" . Ils demandent au gouvernement soudanais de "lever toutes les restrictions administratives" dont font l'objet les activités humanitaires.

Mais les dirigeants européens insistent surtout sur la nécessité d'une solution politique, à laquelle ils apportent leur appui : "Il est essentiel, disent-ils, que l'initiative conjointe de l'Union africaine et des Nations unies pour relancer la voie politique et renforcer le maintien de la paix au Darfour s'accompagne d'un soutien international solide et cohérent." Ils invitent toutes les parties à "manifester par leurs actes leur ferme volonté de parvenir à une solution qui mette fin aux souffrances des populations du Darfour" et expriment leur "profonde préoccupation" face aux violations des droits de l'homme et à l'impunité dont bénéficient leurs auteurs.

Thomas Ferenczi

Article paru dans l'édition du 25.07.07.

 

juillet 2007

PAM : les attaques se multiplient contre les travailleurs humanitaires au Darfour

Nations Unies, PAM, 25 juillet 2007

 

Le PAM a dénoncé aujourd'hui la grave augmentation des attaques contre le personnel humanitaire et les convois alimentaires au Darfour, qui porte un coup sévère à sa capacité de fournir l'assistance nécessaire à des millions de personnes affamées dans cette région du Soudan déchirée par les conflits.

« Ces deux dernières semaines, neuf convois alimentaires ont été attaqués par des hommes armés au Darfour », a rapporté dans un communiqué publié à Khartoum Kenro Oshidari, le Représentant du Programme au Soudan.

« Le personnel du PAM et les contractuels sont arrêtés, extirpés hors de leurs voitures et dévalisés, sous la menace des armes, de plus en plus fréquemment, ce qui est très préoccupant », a-t-il ajouté.

Kenro Oshidari a appelé toutes les parties au conflit au Darfour à garantir la sécurité des travailleurs humanitaires afin que l'agence alimentaire des Nations Unies et les autres organisations puissent continuer leur travail.

« Ces attaques odieuses contre ceux qui justement tentent de venir en aide aux plus vulnérables doivent être maîtrisées », a-t-il plaidé.

Cette année, 18 convois du PAM ont été victimes d'attaques armées, et quatre de ses véhicules ont été victimes de 'car-jacking', c'est-à-dire de détournement.

Six véhicules, voitures ou camions, ont été volés et dix membres du personnel, contractuels ou non, ont été détenus ou enlevés.

Le Darfour accueille la plus importante opération du PAM actuellement, avec 790 personnels qui nourrissent plus de deux millions de personnes chaque mois. Le Programme charge également des compagnies commerciales de transport d'acheminer de la nourriture dans la région.

En tout, le PAM envisage de distribuer jusqu'à 450.000 tonnes de nourriture au Darfour cette année, pour un coût total d'un demi-milliard de dollars environ.

En raison des mauvaises conditions de sécurité, le PAM n'a pas été en mesure d'aider 170.000 personnes au mois de juin, ce qui constitue une évolution négative non négligeable puisque ce chiffre ne s'élevait qu'à 60.000 au mois de mars.

Les attaques contre les convois ces dernières semaines ont fait que la route entre Nyala, capitale de l'état du Sud-Darfour, et Kass, a été déclarée « zone dangereuse » pour le personnel de l'ONU qui ne s'y aventure plus.

Dans le Nord-Darfour, c'est l'approvisionnement en nourriture de la ville de Kabkabiya qui a été touché.

Le personnel de sécurité de l'ONU indique que les attaques contre les véhicules constituent aujourd'hui la préoccupation numéro un de la communauté humanitaire qui travaille au Darfour.

L'une des évolutions récentes les plus inquiétantes est l'enlèvement des personnels dont les véhicules sont volés afin qu'ils ne puissent pas donner l'alerte.

Même s'ils ont été jusqu'ici tous relâchés, certains ont été blessés et hospitalisés suite à ces attaques.

juillet 2007

Darfour : les fonds donnés par l'Europe ont disparus

La Figaro magazine 24 juillet 2007, par Léopold Sanchez

 

Une fois de plus, l'argent destiné à l'Afrique se réduit comme peau de chagrin. C'est le triste constat dressé par un groupe d'eu-rodéputés, chargés d'enquêter sur l'utilisation des 280 millions d'euros alloués par l'Europe au Darfour pour le financement des troupes de l'Union africaine, dont plus de 70 millions déboursés par le contribuable français. La disparition de fonds, qui affecte depuis des mois la solde des 7 700 soldats de l'UA (pour la majeure partie nigérians, sénégalais ou rwandais), déployés dans les zones sensibles à l'ouest du pays, n'est pas pour améliorer le climat de laxisme et le mauvais esprit qui règnent dans leurs rangs. Comme le déclare Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS et chargé de mission au Darfour : « On arrose des offi ciers et des hauts responsables de l'UA, alors que le simple soldat ne peut pas rentrer chez lui, faute d'argent ! » Le problème n'est pas nouveau. II y a quelques années, un scandale similaire s'était produit avec la force africaine (Fomuc) en République centrafricaine. Selon un diplomate en poste à Bangui : les deux tiers du financement, en majeure partie versé par Paris, étaient prélevés au passage par les officiers: Même chose au Congo-Kinshasa, où plus de 500 millions de dollars, émanant de la Banque mondiale, sont partis en fumée durant ces cinq dernières années. Quelle solution pour mettre fin à un système de corruption qui va de pair avec la misère du Darfour ? Pour notre interlocuteur: « Il faut arrêter le système du robinet à fric sans contrôle ! C'est-à-dire adjoindre des o fficiers européens aux contingents de l'UA pour réceptionner l'argent et le distribuer, listings en main, à ses destinataires. » Une solution envisageable si l'on engage plus fortement les troupes de l'ONU aux côtés des forces africaines, comme il est question de le faire avec la force hybride au début 2008.

 

juillet 2007

Soudan : remaniement dans le Sud

Africa Confidential, édition française, n°528 du 24 juillet 2007

 

Le gouvernement de Juba prépare une réponse plus militante à l'obstruction systématique de Khartoum sur le plan politique et économique.

 

Le président du Sud Soudan Salva Kiir Mayardit veut renforcer son emprise sur le gouvernement, alors que le mécontentement grandit et que les tensions se multiplient avec le gouvernement de Khartoum. Salva a rétrogradé deux hauts responsables, le vice-président Riek Machar Teny Dhurgon et Rebecca Nyandeng de Mabior , veuve du colonel John Garang de Mabior, en leur retirant les portefeuilles qu'ils contrôlaient, même s'ils continueront tous deux à jouer des rôles clés au sein du gouvernement. Riek restera vice-président et continuera à diriger les négociations avec la Lord's ResistanceArmy, soutenue par Khartoum. Rebecco est désormais conseillère présidentielle, chargée des droits de la femme et des droits de l'homme. Ces derniers changements laissent penser que le Sudan People's Liberation Movement (SPLM) compte s'opposer plus fermement au National Congress (alias National Islamic Front) à Khartoum. Ce remaniement est aussi interprété comme une offensive contre l'incompétence, la déloyauté et la corruption au sein du Government of Southern Sudan (GOSS), constitué en application du Comprehensive Peace Agreement (CPA) conclu en 2005 avec Khartoum.

Les sudistes hostiles au SPLM affirment que ce remaniement est signe de faiblesse et traduit une domination Dinka. D'autres y voient une première consolidation du pouvoir du général Salva, qui a depuis longtemps fait la démonstration de son talent de médiateur entre groupes hostiles, et avait réuni au sein de ce gouvernement des éléments disparates. Le GOSS, dominé par le SPLM, commence à s'attaquer au NIF-NC. Les enjeux sont de taille, le pétrole, le statut de la région d'Abyei et l'avenir de l'accord de paix global. Salva Kiir, qui est quasiment inexistant en tant que premier vice-président soudanais, a entamé le 17 juillet une visite officielle de six jours en Chine, pays qui domine la production pétrolière soudanaise, principalement dans le sud. Le sud n'a toujours pas obtenu la part des recettes pétrolières qui devait lui revenir dans le cadre de l'accord de paix et le réseau Famine Early Warning System Network a récemment mis en garde contre une dangereuse contamination chimique touchant les hommes et le bétail. Cette visite est donc considérée comme marquant le début d'une nouvelle indépendance en matière de politique étrangère.

 

L'obstacle d'Abyei

 

L'épreuve de force provoquée par le refus de Khartoum d'accepter les conclusions de l'Abyei Boundary Commission a dégénéré en crise ouverte. Le sud murmure qu'Abyei (situé dans le nord mais qui abrite le Ngok Dinka) a joué un rôle central dans la reprise de la guerre en 1983 . La Sudan People's Liberation Army refuse de partir tant que Khartoum n'aura pas également quitté les lieux. Le conflit autour du repli des troupes de Khartoum vers le nord s'est intensifié car le gouvernement n'a pas respecté la date butoir de juillet. Selon la commission conjointe de contrôle de l'accord de paix, les deux tiers des soldats (30.837) sont partis vers le nord. Le général Osman Mohamed el Agbash des Sudan Armed Forces estime que plus de 85% des soldats sont partis et qu'il n'en reste "que 3.000 environ" dans des zones pétrolières.

Le manque de transparence dans les régions pétrolières de l'Upper Nile et de Bahr el Ghazal laisse présager de nouvelles difficultés. De nombreux Sudistes s'attendent à la reprise de la guerre car Khartoum se montre de plus en plus réticent à appliquer l'accord de paix. Ils sont très inquiets pour le référendum de 2011 sur l'indépendance. La SPLA aurait récemment acheté des avions. "La SPLA est notre garantie", disent les Sudistes.

Durant les pourparlers de Machakos, Khartoum a pu redéployer ses soldats au Darfour en 2003-2004 et mener son programme de nettoyage ethnique. De nombreux sudistes rappellent que Khartoum, durant des dizaines d'années, a tiré du Darfour "la plupart" des forces qui ont massacré les Sudistes. Au Darfour, beaucoup rappellent que le défunt leader du SPLM, Garang, ardent défenseur des peuples "marginalisés", avait promis de les aider et se plaignent de ce que le SPLM n'ait jamais tenu parole.

Toutefois, le 7 juillet, le secrétaire général du SPLM Pagan Amum Okiech (un Shilluk), a provoqué la surprise au Caire en décrivant la situation au Darfour comme un "génocide". C'est "le gouvernement central qu'il faut changer", a-t-il ajouté. Le SPLM est bien évidemment très minoritaire dans le gouvernement d'unité nationale à Khartoum. Autre indice de l'évolution du GOSS en matière de politique étrangère, Pagan (ancien secrétaire général de la National Democratic Alliance ), a également rencontré le président Mohamed Hosni Mubarak et des responsables de la Ligue arabe en Egypte. Ce n'est pas du goût de Khartoum.

Après avoir privé Riek et Rebecca de leurs portefeuilles ministériels, Salva a promu deux fidèles du SPLM. Le portefeuille du Logement, de la terre et des services publics que détenait Riek est allé à Martin Ohuro Okerruk , un Latuka du SPLM originaire d'Equatoria et ancien adjoint de Samson Kwaje, qui reste à l'Information. "Madame Rebecca" perd les Transports et les routes au profit de David Deng Athorbei , un ancien proche de Garang.

Riek, qui avec Lam Akol Ajawin (actuel ministre des Affaires étrangères de Khartoum) avait provoqué la scission du SPLM en 1991 et avait ensuite rejoint le NIF, n'est pas de ceux qu'il est bon de garder au sein d'une coalition. II en va de même pour Rebecca, qui a été coeur du SPLM/A durant ses 22 ans de mariage et qui est au courant de nombreux secrets. Les partisans de ces deux personnalités ont une autre interprétation de ces changements. Etre vice-président et mener les négociations avec les rebelles de la LRA constitue un travail à temps plein. Rebecca, ajoutent-ils, est essentielle pour faire du SPLM un parti et favoriser comme promis l'entrée au gouvernement de 25% de femmes, d'où son nouveau poste de conseillère présidentielle chargée de la condition féminine.

L'ancienne titulaire du poste, Awut Deng Acueil , prend la succession de David Deng au travail, aux services publics et ressources humaines: elle a fait ses preuves au New Sudan Council of Churches et a participé au processus de paix " People-to-People " avec l'appui de Salva. Le nouveau ministre des Finances et de la planification économique est Joseph Monytuiel Wiejang. II succède à Arthur Akuien Chol , suspendu en mars. Son immunité a été levée tandis qu'une enquête est en cours sur des détournements de fonds. John Wol Makec , enseignant à l'université dé Khartoum et juge à la cour d'appel, a été nommé président de la cour suprême en remplacement du juge Ambrose Riing Thük .

Deux autres changements ont suscité la polémique. Le ministre des affaires du Cabinet Justin Yac Arop, puissant mais souvent impopulaire, est devenu conseiller présidentiel chargé de la décentralisation. Ce médecin est considéré comme un proche de Bona Malwal Madut Riing ; conseiller présidentiel à Khartoum, de plus en plus controversé. Autre proche de Bona, le nouveau ministre des affaires de la SPLA, le général Dominic Dim Deng . Ou du moins c'est ce que disent ses ennemis. A l'autre bout du spectre militaire, on trouve Ismail Kony , chef de la milice Murle, basée à Khartoum et désormais intégrée à la SPLA, qui est devenu conseiller de Salva pour la réconciliation. Le remaniement concernant les responsables du SPLM membres du gouvernement à Khartoum, moins faciles à contrôler, devrait être moins spectaculaire.

 

juillet 2007

L'Union européenne se prépare à envoyer une force militaire aux frontières du Soudan

Le Monde 25 juillet 2007, Thomas Ferenczi

 

L'Union européenne s'apprête à envoyer une force militaire dans l'est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine, deux Etats limitrophes du Soudan, afin d'assurer la protection des populations victimes du conflit du Darfour.

Les ministres européens des affaires étrangères, réunis lundi 23 juillet à Bruxelles, ont donné leur accord à l'accélération des préparatifs qui devraient permettre le déploiement des troupes en octobre. Ils ont invité les services de Javier Solana, haut représentant de l'Union européenne, à "poursuivre la planification" pour permettre, le moment venu, le lancement de cette opération "dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense" , en coopération avec les Nations unies et l'Union africaine (UA).

L'ossature de cette force devrait être française. Sa zone d'intervention comprendra trois provinces tchadiennes et une province centrafricaine. Ses effectifs n'ont pas encore été définis, mais les experts travaillent sur une "fourchette" comprise entre 1 500 et 3 000 hommes.

 

Feu vert tchadien

 

La mission européenne, dont les objectifs seront d'améliorer la sécurité dans la région, de faciliter l'acheminement de l'assistance humanitaire, d'aider à la reconstruction des villages détruits, viendra en appui d'une opération de police conduite par les Nations unies et forte d'un millier d'hommes. Les autorités tchadiennes ont donné leur feu vert. On attend celui des autorités centrafricaines.

Par ce geste, indique un diplomate en poste à Bruxelles, l'Union européenne entend marquer sa volonté de renforcer son engagement au Darfour. Cette volonté s'exprime en particulier par l'appui apporté à la mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS) et à l'opération "hybride" Union africaine-ONU qui doit lui succéder lorsque les Nations unies l'auront décidé.

Dans leurs conclusions, les ministres européens disent attendre "avec impatience" l'adoption rapide d'une résolution du Conseil de sécurité en ce sens. Ils confirment que, d'ici là, "l'action de soutien civilo-militaire de l'UE à l'AMIS sera prorogée pour une période maximale de six mois à partir du 1 er juillet 2007" . Ils demandent au gouvernement soudanais de "lever toutes les restrictions administratives" dont font l'objet les activités humanitaires.

Mais les dirigeants européens insistent surtout sur la nécessité d'une solution politique, à laquelle ils apportent leur appui : "Il est essentiel, disent-ils, que l'initiative conjointe de l'Union africaine et des Nations unies pour relancer la voie politique et renforcer le maintien de la paix au Darfour s'accompagne d'un soutien international solide et cohérent." Ils invitent toutes les parties à "manifester par leurs actes leur ferme volonté de parvenir à une solution qui mette fin aux souffrances des populations du Darfour" et expriment leur "profonde préoccupation" face aux violations des droits de l'homme et à l'impunité dont bénéficient leurs auteurs.

 

juillet 2007

Darfour: Washington appelle les groupes rebelles à négocier sans conditions

Le Monde avec l'A.F.P., 24 juillet 2007

 

Les Etats-Unis ont appelé lundi les responsables des groupes rebelles impliqués dans le conflit au Darfour, région de l'ouest du Soudan déchirée par la guerre civile, à participer sans conditions aux pourparlers de paix prévus en Tanzanie en août.

Une rencontre organisée conjointement par l'ONU et l'Union africaine (UA) qui aura lieu à Arusha (Tanzanie) du 3 au 5 août prochains, doit permettre de fixer la date et le lieu pour des négociations entre gouvernement et rebelles non signataires d'un accord de paix conclu en mai 2006

"Les Etats-Unis pressent les participants invités à se rendre à la conférence d'Arusha sans conditions préalables, et appellent les mouvements rebelles à envoyer au sein de leurs délégations, des responsables de terrain", a déclaré le porte-parole du département d'Etat Sean McCormack.

Selon lui un refus de participer à ces négociations "démontrerait un manque de volonté de résoudre la crise du Darfour et entraverait le processus de paix".

Les efforts pour mettre un terme au conflit, en relançant les négociations entre le gouvernement de Khartoum et les mouvements rebelles, ont pris un tour favorable lors d'une conférence organisée la semaine dernière par l'ONU et l'UA à Tripoli.

A la clôture de ses travaux, les participants, représentants de 18 pays et organisations internationales, ont annoncé l'organisation en Tanzanie d'une rencontre entre les envoyés spéciaux de la communauté internationale au Soudan et les chefs des mouvements rebelles.

"Parvenir à un accord politique est essentiel pour faire cesser la souffrance du peuple du Darfour", a déclaré M. McCormack.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se prononcer prochainement sur un projet de résolution autorisant le déploiement d'une force conjointe ONU/UA de plus de 20.000 militaires et policiers civils au Darfour.

"Nous espérons le déploiement d'une force conjointe de maintien de la paix ONU/UA au Darfour, la cessation des hostilités dans la région et un accord politique qui mènera à une paix durable au Soudan", a affirmé M. Mc Cormak.

Le conflit au Darfour, qui dure depuis plus de quatre ans, a fait plus de 200.000 morts et 2 millions de déplacés, selon des organisations internationales, des chiffres contestés par Khartoum »

 

juillet 2007

 

Soudan: Béchir accuse Bush et Brown d'exagérer la situation au Darfour

Le Monde avec l'AFP, 22 juillet 2007

 

Le chef de l'Etat soudanais Omar el-Béchir a accusé samedi le président américain George W. Bush et le Premier ministre britannique Gordon Brown d'exagérer la situation au Darfour pour cacher leur "échec en Irak".

"Bush et Brown exagèrent ce qui se passe au Darfour pour cacher les exactions commises en Irak et l'échec de leurs Etats à y contenir la situation", a déclaré M. Béchir tard samedi devant des représentants de déplacés à Al-Facher, capitale de l'Etat du Darfour nord, où il est en visite.

Le président soudanais a mis au défi MM. Bush et Brown, qui maintiennent la pression sur son pays à propos du Darfour, de s'adresser, comme il l'a fait samedi au Darfour, à des "rassemblements populaires à Bagdad".

"Aucun responsable américain ou britannique n'ose annoncer de visite en Irak avant qu'elle ait lieu", a-t-il ironisé, avant de critiquer les organisations humanitaires qui assistent les déplacés au Darfour.

"Certaines de ces organisations collectent de l'argent au nom du Darfour sans le dépenser au profit des sinistrés et utilisent la crise à des fins mercantiles", a accusé le président soudanais.

"Nous n'acceptons pas de voir les camps de déplacés constituer des musées exposant la détresse humaine au regard du monde. Les habitants du Darfour sont capables, avec leur héritage culturel et leur tradition de réconciliation, de trouver des solutions à leurs problèmes sans aide étrangère", a-t-il affirmé.

M. Béchir a commencé samedi une visite au Darfour, voulue comme une marque de l'intérêt de Khartoum au développement de cette région et un signe de l'amélioration de la sécurité dans cette zone troublée de l'ouest du pays.

Après avoir inauguré plusieurs projets dans le sud du Darfour, le président soudanais doit présider dimanche un conseil des ministres exceptionnel à Al-Facher, qui sera consacré au développement de cette zone aussi vaste que la France et dépourvue d'infrastructures de base.

Les autorités de Khartoum contestent l'ampleur du conflit du Darfour qui a fait selon des organisations internationales quelque 200.000 morts et plus de 2 millions de déplacés.

Elles accusent les médias occidentaux d'exagérer les conséquences du conflit mais viennent d'accepter une opération de maintien de la paix entre l'Union africaine et les Nations Unies qui consistera à remplacer la force africaine de 7.000 soldats mal équipés et sous financés par une force robuste de plus de 20.000 hommes financée par l'ONU

 

juillet 2007

A la recherche d'un lac souterrain au Darfour

Le Monde 21 juillet 2007, par Pierre Barthélemy avec l'AFP)

 

La science peut parfois donner la main à l'humanitaire. Après la détection par satellite de ce qui pourrait être un immense lac souterrain au Darfour, le gouvernement soudanais vient de lancer une initiative baptisée « Mille puits pour le Darfour ». Le but de cette opération est de lever des fonds nécessaires à des fora es dans cette région touchée à la fois par la sécheresse et la guerre. Ce projet a déjà reçu le soutien de l'Egypte qui a promis de creuser gratuitement les vingt premiers puits.

Cette initiative fait suite à la découverte, au début de l'année, des traces d'un paléo-lac de surface ayant disparu il y a au moins onze mille ans. Eman Ghoneim et Farouk El-Baz, du Centre de télédétection de l'université de Boston (Massachusetts) ont, grâce à des données satellitaires, pu dessiner le contour de ce lac qui, au maximum de son extension, recouvrait une superficie de plus de 30 000 km 2 , à une époque où l'est du Sahara était humide.

Les chercheurs, dont les travaux devraient être très prochainement publiés dans la revue scientifique spécialisée International Journal of Remote Sensing, estiment que le lac pouvait contenir plus de 2700 km² d'eau.

Pour Farouk El-Baz, il est certain que «la plus grande partie du lac s'est infiltrée à travers le substrat pour s'accumuler dans le sous-sol». Le directeur du Centre de télédétection de l'université de Boston se fonde sur un cas analogue situé dans le sud-ouest de l'Egypte - juste au nord du Darfour -, où lui-même a détecté une importante poche d'eau souterraine. Celle-ci est aujourd'hui exploitée pour irriguer 40 000 hectares de culture. Pour Farouk El-Baz, « un accès à de l'eau douce est essentiel pour la survie des réfugiés, pour faciliter le processus de paix et fournir les ressources nécessaires au développement économique du Darfour ».

 

juillet 2007

 

Idriss Déby accepte le déploiement d'une force européenne au Tchad

En visite à Paris, le président tchadien a donné son accord à une force militaire dont la mission serait de secourir les réfugiés du Darfour et les déplacés tchadiens de l'Est

 

Le Monde-21 juillet 2007 par Jean-Pierre Tuquoi

 

Reçu jeudi 19 juillet par Nicolas Sarkozy, le président tchadien, Idriss Deby, s'est dit prêt à accepter le déploiement d'une force de l'Union européenne (UE) dans l'Est de son pays pour assurer la sécurité des déplacés (environ 150 000 personnes), et des réfugiés (200 000) venus de la province sou­danaise du Darfour. « Le Tchad trouve nécessaire d'accepter », a expliqué M. Deby à l'issue de son entretien à l'Elysée.

Pendant longtemps, le chef de l'Etat tchadien s'était opposé à la présence d'une force militaire européenne dont il redoutait qu'elle réduise sa liberté de manoeuvre et qu'elle soit instrumentalisée par ses opposants.

L'accord de principe à l'opération de l'UE devrait être donné, lundi 23 juillet, par les ministres des affaires étrangères réunis à Bruxelles. Mais ce n'est pas avant septembre qu'interviendra le feu vert définitif, sachant que l'arrivée des troupes sur le terrain, qui s'étend sur près d'un millier de kilomètres de long et 200 à 300 kilomètres de large, sera impossible avant octobre et la 6n de la saison des pluies.

D'ici là, de nombreux problèmes restent à résoudre, dont celui de la composition des troupes. Elle aura deux volets : une composante civile de police forte de près de 300 hommes pour assurer l'ordre dans les camps (épaulée par 850 gendarmes tchadiens). Et une composante militaire dont les effectifs seraient de l'ordre de 2 000 à 2 500 hom­mes appuyés par des moyens aériens importants.

Les Français sont déjà présents au Tchad où 1100 militaires sont déployés dans le cadre de l'opération Epervier. Ils fourniront le noyau dur de la future force européenne. « Plus la force militaire sera légère et mieux ce sera, en particulier vis-à-vis de la Libye voisine qui regardait d'un mauvais œil l'arrivée des Européen La forte présence française les a rassurés›, assure à Paris un diplomate sous couvert d'anonymat.

Le flou persiste s'agissant de la participation des autres Etats de l'UE. Des pays nordiques comme la Suède auraient accepté d'envoyer des troupes. « Ils son partants », confirme-t-on à Paris. Le Espagnols également.

La participation allemand, en revanche n'est pas acquise Elle suppose l'accord des parlementaires sur fond de réticence de l'opinion publique allemande. Celle-ci est peu enclin à l'idée d'envoyer des troupes pour consolider de facto le régime d'un pays africain sous influence française et dont l'image est peu reluisante. En parallèle à l'opération européenne devrait logiquement se déployer au Darfour la force hybride des Nations unies Mais cette partie de l'opération tarde à aboutir. « Le Tchad a tenu ses engagements. Malheureusement, nos amis soudanais n'ont pas encore tenu les leurs », a rappelé le président tchadien à Paris.

 

juillet 2007

 

Sarkozy et Brown prêts à "aller ensemble" au Darfour, au Soudan et au Tchad

Le Monde avec l'AFP, 21 juillet 2007

 

Le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown ont déclaré vendredi à la presse qu'ils étaient prêts à "aller ensemble" au Darfour, au Soudan et au Tchad, face à la gravité de la situation humanitaire dans la région.

M. Sarkozy a souligné que la France et la Grande-Bretagne défendaient un même projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU pour le déploiement rapide de la force de maintien de la paix de l'Union africaine et de l'ONU.

Nous allons demander à nos deux ministres des Affaires étrangères de porter le même message. Ce message est simple: la situation ne peut plus durer, il y a urgence, des gens meurent et des gens souffrent, il faut que ça cesse", a déclaré le président français.

" Nous sommes même prêts, si la résolution était votée, à nous rendre au Darfour, au Tchad et au Soudan ensemble", a-t-il ajouté, lors d'un point de presse commun avec M. Brown à l'issue d'un entretien.

juillet 2007

Sarkozy et Brown veulent agir au Darfour

Les dirigeants français et britanniques souhaitent accélérer l'envoi d'une force des Nations unies dans la province soudanaise

 

Le Figaro par Sébastien Martin, 21 juillet 2007

 

Nicolas Sarkozy et Gordon Brown mettent la pression sur le Darfour. Le président français, qui a reçu le nouveau premier ministre britannique hier à l'Élysée, a voulu afficher une fermeté nouvelle face au conflit qui secoue cette région de l'ouest du Soudan, et qui a fait quelque 200 000 morts et 2 millions de déplacés depuis 2003. « La situation ne peut plus durer, il y a urgence, des gens meurent et des gens souffrent, il faut que ça cesse », a déclaré Nicolas Sarkozy.

Initiative spectaculaire : les deux dirigeants se sont dit prêts à se rendre ensemble sur place,

« pour s'assurer que le processus de paix avance », selon l'expression de Gordon Brown. Mais ce voyage n'aurait lieu que dans un deuxième temps, après le vote d'une résolution aux Nations unies pour envoyer une force armée sur le terrain. Celle-ci, qui est en négociation, pourrait « être approuvée d'ici quinze jours, quelques semaines au plus », estime -t-on de source française. Les premières troupes arriveraient sur place vers la fin de l'année.

Cette force comprendrait entre 15 000 et 20 000 hommes, soit deux à trois fois plus que le contingent de l'Union Africaine déjà sur place. De plus, il s'agirait d'une force « hybride », comprenant à la fois des soldats des

Nations unies et de l'Union Afri­caine, le tout sous commandement de l'ONU. Gordon Brown a indiqué que les deux ministres des Affaires étrangères français et britannique « allaient se rendre à New York pour faire en sorte que la résolution soit adoptée dans les meilleurs délais ». La coopération franco-britannique porte aussi sur la mise en place d'une force européenne, chargée d'assurer la sécurité des camps de réfugiés situés côté tchadien de la frontière.

Pauvreté et désertification Mais les spécialistes du Darfour se disent sceptiques. « Les déclarations communes de Nicolas Sarkozy et de Gordon Brown sont les bienvenues, estime Tom Cargill, directeur des programmes africains à Chatham House, un "think-tank" britannique. Mais je ne vois pas comment cela aurait un effet direct sur le terrain. Cela ne mettra pas plus la pression sur le gouvernement de Khartoum, qui s'est montré très résistant aux pressions. » Pour lui, les causes du conflit au Darfour sont enracinées dans la pauvreté et la désertification. « Une solution du problème passe par le développement économique, mais cela prend des décennies. »…..

 

juillet 2007

Crimes et vols se multiplient dans l'est du pays, à la frontière avec le Darfour

Les humanitaires font souvent les frais de ces agressions, en hausse depuis le début de l'été.

Des militaires tchadiens en sont parfois les auteurs

 

Le Figaro,, 20 juillet 2007 par L éonard Schrik, à Abéché

 

La saison des pluies est aussi la saison du crime dans l'est du Tchad. Les organisations internationales déployées dans cette région frontalière du Soudan pour venir en aide aux 230 000 réfugiés du Darfour et 150 000 déplacés tchadiens en font l'amère expérience depuis quelques semaines.

Le 23 juin, la résidence des observateurs de l'Union africaine à Abéché, petite préfecture transformée en plaque tournante des opérations humanitaires, est attaquée par des hommes en treillis militaire. Bilan : deux blessés à l'arme blanche et plusieurs 4 x 4 volés. Trois nuits plus tard, sept hommes armés de kalachnikovs pénètrent dans la maison d'un Français travaillant pour le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). L'expatrié est roué de coups, dévalisé, son jardinier exécuté d'une balle tirée à bout portant. Les braquages n'épargnent personne: camion du Programme alimentaire mondial à Goz Beida (Sud), véhicule de Médecins sans frontières à Farchana (Centre), convoi d'International Medical Corps à Bahai (Nord). Les humanitaires sont souvent battus, puis abandonnés à plusieurs heures de marche du village le plus proche.

Ces attaques ne sont pas toujours le fait de bandits de grand chemin. Selon Ramadan Ahmat, membre de l'Association pour les libertés fondamentales au Tchad, les trois hommes qui l'ont dévalisé, le 16 juillet, à 50 kilomètres d'Abéché, étaient « des militaires tchadiens ». Chaque année, explique-t-il, les combats entre l'armée et les rebelles connaissent une accalmie pendant la saison des pluies. « Les soldats sont plus nombreux aux abords des villes et l'insécurité augmente. » Abdou Saleh, le chef de la police d'Abéché, dément ces accusations.

 

Défis logistiques

 

La recrudescence de la criminalité est due, dit-il, « à l'évasion récente d'une vingtaine de mal frats ». C'est pourtant un militaire que ses hommes ont arrêté en flagrant délit de cambriolage deux jours plus tôt. Et ce sont des éléments du FUC, un mouvement rebelle récemment rallié au gouvernement, qui, la veille, avaient attaqué un représentant du HCR à Guéréda. «Des brebis galeuses! », se contente de répondre le policier. D'après lui, a la situation sera bientôt sous contrôle » grâce à des patrouilles de nuit.

Les humanitaires ne se font pas d'illusions. La police n'a pas les moyens de contenir les débordements de l'armée, dont les troupes d'élite sont constituées de Zaghawa, l'ethnie du président Idriss Deby, et de ses alliés Toroboro, des rebelles soudanais, parfois très jeunes, qui contrôlent les camps de réfugiés, leur principal foyer de recrutement. Soldats et miliciens se confondent dans les pick-up équipés de lance-roquettes RPG qui foncent dans les rues poussiéreuses d'Abéché.

L'inquiétude des ONG a poussé l'armée française - 200 hommes basés en bordure de l'aéroport - à sortir de sa réserve. Elle affirme qu'elle interviendra si besoin est. « Nous le ferons dans le respect de la souveraineté du Tchad, en nous interdisant par exemple de poursuivre les assaillants », précise un officier. Évoquant « l'état d'insécurité permanent des civils », un membre du HCR rêve, lui, d'« une force internationale dotée d'un mandat clair ».

Aux raids des Djandjawid, ces miliciens armés par le Soudan qui opèrent de part et d'autre de la frontière, s'ajoutent maintenant les affrontements inter ethniques dans le Nord-Est. Ailleurs, des villageois armés par le gouvernement pour se protéger des Djandjawid s'en prennent régulièrement aux éleveurs transhumants qu'elles assimilent à des Arabes. « Les rivalités traditionnelles sont en train de se transformer en un conflit majeur à mesure que les groupes armés se multiplient et s'organisent », alerte l'ONG britannique Oxfam.

 

« C'est un calvaire »

 

En même temps, les humanitaires doivent relever les défis logistiques posés par la saison des pluies. Les averses torrentielles transforment les pistes en marécages boueux et font sortir de leur lit de petits cours d'eau qui isolent les villes et les camps de réfugiés.

Les ONG ont donc opté pour la stratégie du prépositionnement. En juin, les camions du Programme alimentaire mondial, épaulés par un Transall de l'armée française, ont acheminé plusieurs centaines de tonnes de vivres à Goz Beida, la capitale du Dar Sila, une région qui abrite 140.000 personnes. « Cela ne résout qu'une partie du problème, car il faut ensuite ravitailler des camps parfois situés à plus de 50 kilomètres », explique Didier, un logisticien belge.

Autre souci majeur: le risque d'épidémies liées à l'eau, telles que le choléra et l'hépatite. « Il nous faudrait davantage de moyens, mais l'insécurité nous oblige à réduire nos effectifs », constate un spécialiste de l'assainissement des nappes phréatiques. Qui plus est, le travail s'effectue dans des conditions extrêmes. «  Près de 45 degrés dans la journée, des trombes d'eau dans la soirée, et des milliers d'insectes la nuit. Cette mission est un calvaire », résume Didier.

 

juillet 2007

Darfour: Ban Ki-moon salue les résultats de la conférence de Tripoli

Le Monde, 20 juillet 2007

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a salué jeudi "l'issue constructive" des récents pourparlers inter-Soudanais à Tripoli et a appelé les parties en présence à négocier pour obtenir une paix durable au Darfour, déchiré par la guerre civile.

Il a affirmé que la rencontre, organisée par l'ONU et l'Union africaine (UA) à Tripoli en Libye dimanche et lundi, avait validé le projet de l'ONU et de l'UA d'organiser une rencontre en août en Tanzanie, "suivie par des invitations aux parties à démarrer des négociations politiques dans le courant du mois".

La rencontre (de Tripoli) a confirmé à nouveau le fort soutien international en faveur d'un rôle déterminant de l'ONU et de l'UA dans les négociations pour obtenir une solution politique au conflit du Darfour", affirme un communiqué diffusé par le bureau de M. Ban.

Le secrétaire général de l'ONU appelle toutes les parties "à s'engager avec bonne volonté dans les prochaines négociations politiques afin d'obtenir une paix durable et mettre un terme à cette terrible tragédie", ajoute le texte.

Les efforts pour mettre un terme au conflit dans cette région de l'ouest du Soudan, en relançant les négociations entre le gouvernement de Khartoum et les mouvements rebelles, ont pris un tour favorable lors de la conférence de Tripoli.

A la clôture de ses travaux, les participants, représentants de 18 pays et organisations internationales, ont annoncé l'organisation d'une rencontre entre les envoyés spéciaux de la communauté internationale au Soudan et les chefs des mouvements rebelles non signataires d'un accord de paix conclu en mai 2006.

Cette rencontre qui aura lieu à Arusha (Tanzanie) du 3 au 5 août prochains permettra de fixer la date et le lieu pour des négociations entre gouvernement et rebelles.

De son côté, le président chinois Hu Jintao a appelé jeudi la communauté internationale à faire avancer le processus de paix au Darfour, selon l'agence officielle Xinhua, alors qu'un vote du Conseil de sécurité de l'ONU est attendu cette semaine sur le déploiement d'une force conjointe ONU/UA.

"La communauté internationale devrait saisir la période actuelle favorable pour mettre en oeuvre de façon équilibrée les opérations de maintien de la paix et le processus politique, a déclaré M. Hu, cité par l'agence, au cours de discussions avec le vice-président soudanais Salva Kiir Mayardit.

 

juillet 2007

Des hommes armés multiplient les exactions dans un village du Darfour

Le président Idriss Déby, reçu hier à l'Élysée, est aussi soumis aux pressions européennes.

 

Le Figaro, 20 juillet 2007

 

Reçu hier à l'Élysée par Nicolas Sarkozy pour un entretien consacré à « la question du Darfour », le président tchadien Idriss Déby s'est déclaré favorable au déploiement d'une force de maintien de la paix de l'Union européenne dans l'est de son pays, avant d'ajouter toutefois que les discussions n'étaient pas encore terminées. Plus de 200 000 réfugiés darfouris et 170 000 déplacés tchadiens sont installés dans des conditions difficiles aux confins de la frontière tchado-soudanaise, une région inhospitalière en proie à de nombreux mouvements insurrectionnels tant tchadiens que soudanais.

Lors de la visite début juin à N'Djamena du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, le chef de l'État tchadien avait accepté du bout des lèvres le principe d'un tel déploiement. Alors interrogé, il avait répondu: « Pourquoi pas ? » en insistant sur les nombreux « problèmes à résoudre ». Le premier ministre Dominique de Villepin, de passage à N'Djamena en novembre 2006, s'était heurté à la même réponse, alors qu'il tentait de convaincre le président tchadien d'accepter une force internationale.

 

Une vraie décision politique

 

Les pressions sur Idriss Déby se sont toutefois accentuées. Peu avant qu'il ne soit reçu hier à l'Élysée, l'UE a fait savoir qu'elle s'apprêtait à autoriser dès lundi le lancement de préparatifs pour envoyer, 'à la demande de l'ONU, des soldats européens au Tchad et en Centrafrique. Réunis à Bruxelles le 23 juillet, les ministres européens des Affaires étrangères devraient donner leur feu vert à cette phase préparatoire dans l'attente de la « vraie décision politique », qui pourrait intervenir en septembre.

Présent à Bruxelles en début de semaine, le secrétaire général adjoint des Nations unies, chargé des opérations de maintien de la paix, le Français Jean-Marie Guéhenno, a présenté cette initiative.

Selon ses déclarations : « Il y aurait des soldats européens au Tchad et 300 policiers de l'ONU pour encadrer une force de police constituée de 850 policiers tchadiens sélectionnés, formés et encadrés. En appui, une force militaire européenne devrait protéger les civils, les policiers de l'ONU et les humanitaires ». La force européenne, dont l'ossature reposerait sur la France très présente au Tchad avec le dispositif militaire Épervier (1000 hommes), pourrait compter de 1500 à 2 000 soldats: Le rôle de cette force, qui pourrait être dotée d'importants moyens aériens, serait d'assurer la sécurité du côté tchadien de la frontière soudanaise, une zone de 900 km de long sur 200 à 400 km de large:

Dans l'idéal, seraient simulta nément coordonnés le déploiement de la force européenne au Tchad et celui hybride des Nations unies: au Darfour: Une tâche extrêmement difficile. D'autant qu'aucun financement n'est enco re assuré.

 

juillet 2007

Contre l'impunité au Soudan

Le Soudan n'a pas ratifié le traité fondant la CPI, mais il est membre de l'ONU et doit donc coopérer avec la Cour.

 

Par Geneviève Sevrin, Présidente d'Amnesty International France

 

Libération, 19 juillet 2007

 

La communauté internationale doit faire pression sur le Soudan pour l'application du mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) à l'encontre des deux Soudanais accusés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Le 17 juillet, journée de la justice internationale, marquait l'anniversaire de l'adoption du statut de Rome portant création de la Cour pénale internationale (CPI). A cette occasion, Amnesty International souhaitait mobiliser la communauté internationale pour que justice soit rendue au Soudan.

Rappel des faits : en mars 2005, le Conseil de sécurité des Nations unies a déféré au procureur de la CPI la situation prévalant au Darfour depuis le 1er juillet 2002. Après un an et demi d'enquêtes, le 27 février 2007, le bureau du procureur a produit des preuves de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, perpétrés entre 2003 et 2004, dans quatre villes et leur région de l'ouest Darfour : Kodoon, Bindisi, Mukjar et Arawala ; crimes commis contre des civils, principalement des Fours, Zaghawa et Massalits. Le 27 avril 2007, le procureur lance des mandats d'arrêt à l'encontre de deux Soudanais.

D'une part, Ahmad Muhammad Harun (Ahmad Harun), actuel ministre d'Etat des Affaires humanitaires, était entre 2003 et 2005 ministre de l'Intérieur ; il était alors chargé de coordonner la contre-insurrection au Darfour, incluant police, forces armées, services secrets. Selon le mandat d'arrêt, il aurait recruté, mobilisé, financé et armé les Janjawids, en ayant pertinemment connaissance des crimes qu'ils commettraient. Il est poursuivi pour 42 chefs d'accusation, inaugurant le premier mandat lancé par la CPI contre un représentant de l'Etat en exercice.D'autre part, Ali Muhammad Al Abd-Al-Rhaman (Ali Kushayb) est l'un des principaux chefs Janjawids ; «colonel des colonels» dans la localité de Wadi Salih (Darfour ouest) mi-2003, il doit répondre de 50 chefs d'accusation pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, notamment pour actes de persécution, meurtres, attaques contre la population civile et transferts forcés. Il aurait été interpellé au Soudan le 28 novembre 2006 et devrait être jugé par un tribunal soudanais, mais son procès a été reporté sine die.

Les mandats d'arrêts lancés, il fallait procéder aux arrestations. Or, la CPI ne dispose d'aucune force de police pour faire exécuter ses mandats ; sans la coopération du Soudan ni celle des autres Etats et des organisations intergouvernementales, elle ne peut pas mettre en application ses décisions. La réaction du gouvernement soudanais est sans appel : le ministre de la Justice, Mohamed Ali Ali-Mardi, a déclaré à la presse nationale et internationale que ces mandats étaient «nuls et non avenus», car la CPI n'aurait pas compétence au Soudan (rappelons que le Soudan n'a pas ratifié le traité de Rome). Il a ajouté que le gouvernement n'avait retenu aucun élément à l'encontre d'Ahmad Harun et ne le remettrait pas à la CPI. Le ministre des Affaires étrangères a, quant à lui, fait savoir que le gouvernement ne coopérerait pas avec la CPI. Les résolutions du Conseil de sécurité ont force obligatoire pour tous les Etats membres des Nations unies. Le Soudan étant membre de l'ONU, il doit se soumettre aux injonctions de la résolution 1593, à savoir : «coopérer pleinement avec la Cour et le procureur et leur apporter toute l'assistance nécessaire». Nous sommes loin du compte !

Il nous appartient de faire pression sur le gouvernement soudanais pour qu'il procède sans délai aux arrestation d'Ahmad Harun et Ali Kushayb qui permettraient d'ouvrir un procès. Amnesty international ne présume pas de leur culpabilité et demande donc le respect des principes de droit international : droit à un procès équitable, et notamment présomption d'innocence tant que leur culpabilité ne sera pas établie. Le Soudan doit impérativement se soumettre aux demandes de la CPI, mandatée par le Conseil de sécurité : la vérité et la justice pour les victimes et leurs familles sont à ce prix.

 

juillet 2007

 

Darfour, dernière ingérence humanitaire ?

Le Monde, 18 juillet 2007 par Daniel Vernet

 

On connaît à peu près les chiffres : plus de 200 000 morts depuis 2003, plus de 2 millions de personnes déplacées et 4 millions touchées par le conflit au Darfour. Avec des métastases dans les pays voisins du Soudan, le Tchad et la République centrafricaine. Dire que la "communauté internationale" est restée inactive serait mentir. Soutenir qu'elle a fait ce qu'il fallait pour empêcher ce que les Américains appellent un "génocide", et les plus mesurés une "catastrophe humanitaire de grande ampleur", serait être bien optimiste. Ni les tentatives de médiation, ni les "accords de paix" obtenus à l'arraché entre le gouvernement de Khartoum et quelques mouvements rebelles qu'aucune des parties n'est décidée à respecter, ni la présence d'une force africaine, ni le dévouement des organisations humanitaires n'ont mis fin au drame.

"Le silence tue" , a dit Nicolas Sarkozy. Mais que faire quand tout le monde se bat contre tout le monde, les forces gouvernementales et ses milices janjawides contre les insurgés, les Arabes contre les Africains, les musulmans contre les chrétiens et les animistes, les nomades contre les sédentaires, les Etats par rebelles interposés ?

Le Darfour est un nouvel exemple de la nécessité, et de l'impossibilité, de l'ingérence humanitaire. Dans les années 1990, les Balkans en avaient apporté la démonstration tandis que la communauté internationale venait tragiquement de démissionner au Rwanda. L'humanitaire tout seul est impuissant. S'il est accompagné de l'intervention militaire, il risque d'être dénaturé. Dans le tiers-monde, les travailleurs humanitaires sont souvent vus comme les supplétifs des armées occidentales. Au Darfour, ils sont la cible des factions rivales. Les 7 000 soldats envoyés par l'Union africaine, mal payés et sous-équipés, ne peuvent pas grand-chose contre l'insécurité générale. Depuis qu'ils ont eu leurs premières victimes en octobre 2005, ils ont tendance à ne pas sortir de leurs cantonnements.

Après bien des tergiversations, le gouvernement soudanais a donné son accord à une force mixte, dite hybride, avec des contingents de l'Union africaine et de l'ONU. Nul ne sait quand elle sera déployée et comment elle sera financée. Quand l'intendance sera réglée, tous les problèmes ne seront pas résolus pour autant. L'Union européenne est prête à aider. Mais les hommes de l'art relèvent que la coopération avec la force africaine n'est pas aisée. La coordination laisse à désirer. "Un problème de cultures" , dit pudiquement un militaire européen, qui se demande combien de temps l'UE pourra soutenir ce genre d'opération sans perdre sa crédibilité.

Aux mêmes maux, les mêmes remèdes ? On a vu, à propos du Darfour, refleurir des idées apparues dans l'ex-Yougoslavie. Bernard Kouchner a voulu ressusciter les "couloirs humanitaires" ; d'autres responsables évoquent des "protectorats humanitaires" , qui rappellent fâcheusement les "zones sécurisées" de Bosnie. Bill Clinton avait craint qu'elles ne soient de véritables "stands de tir" . Il avait eu raison. Voir Srebrenica.

Les choix sont limités. Une intervention militaire de la communauté internationale est exclue. La dernière est en train de s'enliser en Afghanistan. Le multilatéralisme, qui est l'alpha et l'oméga de la stratégie européenne, suppose l'existence d'alliés sur place. Force est de constater qu'en Afrique les candidats crédibles ne sont pas légion. Reste la prévention. L' "alerte précoce" devrait permettre d'agir avant que les conflits ne soient devenus ingérables. Mais comment mobiliser les énergies pour prévenir un drame qui n'a pas encore eu lieu, quand il est si difficile de trouver les ressources pour résoudre une crise manifeste ?

 

juillet 2007

Khartoum repeuple le Darfour

Courrier International, 16 juillet 2007

 

Avec l'accord discret du gouvernement, des tribus arabes du Niger et du Tchad migrent vers le Darfour repeupler les villages noirs africains dont les habitants ont été tués ou se sont enfuis. Une opération de nature à miner le processus de paix en cours, selon The Independent ( Steve Bloomfield)

 

Le nombre d'Arabes en provenance du Tchad et du Niger qui traversent la frontière pour se rendre au Darfour a atteint un niveau record, ce qui alimente les thèses selon lesquelles le gouvernement soudanais mène une politique systématique de repeuplement des régions dévastées par la guerre. Selon un rapport interne des Nations unies, près de 30 000 Arabes auraient passé la frontière au cours des deux derniers mois. La plupart se sont présentés avec toutes leurs possessions et de grands troupeaux. Ils ont été accueillis par des Arabes soudanais qui les ont emmenés dans des villages vidés de leurs habitants par les forces gouvernementales et les janjawids.

 

L'opération "semble bien orchestrée, a déclaré un responsable des Nations unies. C'est un mouvement de très grande ampleur. Nous n'avions encore jamais vu autant de personnes arriver au Darfour occidental". Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) a dépêché une équipe à la frontière avec le Tchad, à la fin du mois de mai, afin d'interroger les nouveaux arrivants. L'intensification des combats dans l'est du Tchad laissait penser que bon nombre étaient des réfugiés. Pourtant, peu d'entre eux ont demandé assistance au HCR. "La plupart ont été relogés par des Arabes soudanais dans d'anciens villages de personnes déplacées (DPI) et ont été invités à s'installer", explique un représentant des Nations unies. Les migrants ont reçu des cartes d'identité et la nationalité soudanaise. En incitant les populations arabes du Tchad, du Niger et d'autres régions du Soudan à s'établir au Darfour, le gouvernement soudanais rend "presque impossible" le retour des personnes déplacées.

 

Pour James Smith, directeur général d'Aegis Trust [une association qui dénonce les génocides], ces informations démontrent que le gouvernement soudanais "s'efforce cyniquement de modifier la démographie de la région. Si le nettoyage ethnique s'accompagne d'une politique de repeuplement, la situation deviendra irréversible. Le processus de paix sera voué à l'échec." Le sud du Darfour est également concerné puisque des Arabes, venus d'autres régions du Soudan, sont invités à s'installer dans des villages appartenant autrefois à des tribus locales.

 

Avant l'éclatement du conflit, en 2003, le Darfour comptait 7 millions d'habitants, la plupart membres de trois tribus africaines, les Fours, les Masalits et les Zaghawas. Les attaques des troupes soudanaises et des milices arabes à cheval – les janjawids – se sont soldées par le départ de près de 2,5 millions d'habitants. La plupart ont trouvé refuge dans des camps à proximité des grandes villes et ne survivent que grâce à l'aide humanitaire. Environ 250 000 se sont réfugiés dans le Tchad voisin et on estime à près de 1,5 million le nombre de personnes affectées par le conflit. Ils seraient donc près de 4 millions à dépendre de l'aide des quelque 80 organisations humanitaires présentes dans la région. En quatre ans et demi, la guerre au Darfour aura fait plus de 200 000 morts.

 

Alors que Khartoum s'efforce de remplacer les tribus locales par des populations arabes venues d'autres pays, les diplomates craignent que les rebelles du Darfour ne les renvoient de force. "La situation pourrait devenir explosive, commente un diplomate occidental. L'heure est grave." Outre les 30 000 migrants arabes du Tchad et du Niger, cités dans le rapport du HCR, des rumeurs persistantes indiquent que près de 45 000 Arabes du Niger auraient passé la frontière. La citoyenneté n'a que peu de valeur pour la plupart des nomades car le découpage arbitraire du Sahel n'a guère suscité de sens patriotique. Mais cet élément pourrait être essentiel pour le régime de Khartoum puisque des élections sont prévues dans deux ans, les premières depuis le coup d'Etat de 1989 qui a porté le président Omar El-Béchir au pouvoir.

Pour les Arabes, une installation au Darfour présente des avantages et des inconvénients. La sécheresse dans les régions du nord de l'Afrique pousse les nomades vers d'autres terres. Et, en dépit de l'avancée du désert, la plupart des terres du Darfour dévastées par les troupes gouvernementales et les janjawids sont fertiles

 

juillet 2007

 

Les Arabes du Darfour se voient aussi en victimes

Le Figaro, 17 juillet 2007 par Tanguy Berthemet

 

Considérées comme les agresseurs des sédentaires noirs, les tribus arabes, liées aux guerriers janjawids, font également les frais de la guerre.

 

La conférence internationale de Tripoli sur le Darfour, qui a œuvré à une reprise des négociations entre le gouvernement soudanais et les rebelles, s'est achevée hier sur une note d'optimisme. A été décidée une relance du processus politique. Une nouvelle réunion se tiendra du 3 au 5 août en Tanzanie.

 

De notre envoyé spécial à el-Geneina

 

C'est une vaste plaine beige, plantée d'arbres trop secs pour porter des feuilles. Le vent chaud balaye le sable, au ciel de gros nuages noirs annoncent la saison des pluies. Bientôt le Darfour va reverdir. Mais pour l'heure, Abderamane Yacoub désigne de la main deux collines pierreuses qui se dressent au loin. «  Entre les deux c'est la plaine de Zeila, la terre des Arabes, notre pays », se satisfait-il.

Le oumda, le chef traditionnel de la tribu des Mahariyas, est en son royaume. Dans les feriks, les villages disséminés sur ces dizaines de kilomètres carrés passés el-Geneina, la capitale du Darfour occidental, l'arrivée de son vieux pick-up Toyota est un événement. Le oumda Yacoub distribue, ici un sac de mil, là un litre d'huile. « La vie est dure mais c'est la vie de Arabes », insiste-t-il fièrement. L'homme fait mine de croire à l'avenir, à l'arrêt des malheurs et de la guerre, au retour des temps anciens, ceux du bonheur nomade. Le oumda ne peut accepter la fin de son monde.

Déjà les feriks ne sont plus peuplés que de vieillards, de femmes, et d'enfants. Les jeunes hommes sont rares. « Ils sont partis avec les troupeaux de chameaux et de vaches», assure le cheik Abdel Aziz Jaba.

Sur un coin de carte, il désigne vaguement une vaste zone du Sud-, Darfour. «Les jeunes et les bêtes sont tous là », promet-il. II ne tient pas à en dire plus. Remonteront-ils vers le nord ? Les chefs se font moins précis encore. «C'est devenu dangereux de faire la migration. Il y a des attaques. On perd du bétail », concède le oumda, en caressant d'une main distraite la crosse de sa kalachnikov.

 

« Nous sommes des victimes »

 

Empruntées pendant des siècles, les routes traditionnelles ont été abandonnées depuis plus de vingt ans. Les vastes prairies du nord à la frontière libyenne, et les marais du Tchad ne sont plus que des souvenirs. La faute, d'abord, à un emballement démographique qui a rendu le partage des terres et de l'eau entre paysans, souvent noirs, et pasteurs nomades arabes, de plus en plus âpres.

Pour survivre, les Arabes ont, dans les années 1970, à leur tour construit des villages. « Les migrations étaient devenues difficiles pour les vieux et les enfants », justifie Abderamane Yacoub. Comme toute l'Afrique, les Arabes du Darfour rêvent d'éducation, de sortir du sous-développement. Le gouvernement de Khartoum, qui voit là un moyen de contrôler cette province rebelle, encourage ce mouvement, promettant puits, dispensaires et écoles. Mais les promesses restent des promesses. « Nous n'avons jamais rien eu. Le gouvernement n'a rien fait. Ici, il n'y aucune salle de classe et nos enfants sont toujours analphabètes », s'agace le oumda.

La famine de 1984 a un peu plus ancré la misère, aiguisé les rivalités claniques et le racisme latent. Les raids ont succédé aux rezzous qui précédaient des expéditions punitives. L