Nous référençons un certain nombre
d'articles sur le Soudan |
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BBC-Afrique |
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La Croix |
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Jeune Afrique |
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C.I.C.R. Genève |
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Xinhuanet |
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Zénit |
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Parlement européen |
Déployer rapidement une force ONU/ Union africaine au Darfour |
Jeune Afrique |
Un blessé dans une tentative d'infiltration de réfugiés du Darfour en Israël |
Agence France Presse |
Une conférence internationale sur le Darfour en Libye les 15 et 16 juillet |
Le Monde |
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Suisse Romande |
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Agence France Presse |
Konaré demande une résolution à l'ONU pour la force hybride pour le Darfour |
Inondations au Soudan: 62 morts, des dizaines de milliers de déplacés
| La Tribune avec SUNA et AP, 31 juillet 2007
Les inondations catastrophiques qui frappent le Soudan ont tué au moins 62 personnes et entraîné le déplacement de dizaines de milliers d'autres au cours des dernières semaines, ont annoncé mardi les autorités. "Soixante-deux personnes ont été tuées du fait des inondations et des pluies", a déclaré à l'Associated Press le général Awad Allah Widaa, chef de la Commission d'urgence de lutte contre les effets des inondations et des pluies. En outre, 145 personnes ont été blessées depuis le début en juin de la saison des pluies, qui est marquée depuis des semaines par des précipitations inhabituellement fortes. A travers le pays, ce sont plusieurs dizaines de milliers de têtes de bétail qui ont été perdues. Dans le sud du Soudan, six des 10 provinces ont été déclarées en état de catastrophe naturelle, a annoncé le ministre régional de l'Information Samson Kwaje. Dans cette partie du pays, les autorités estiment que les inondations ont déplacé jusqu'à 100.000 personnes. Dans le nord du pays, les maisons de plus de 40.000 familles ont été affectées par les inondations. Plus de 23.000 maisons construites en torchis n'ont pas résisté aux pluies diluviennes et aux crues et se sont effondrées. Quelque 140 édifices publics, dont nombre d'écoles et d'hôpitaux, ont été gravement endommagées. Des axes routiers majeurs ont été coupés à la circulation, selon M. Widaa. Jusque dans la capitale Khartoum et sa banlieue, où le Nil Blanc et le Nil Bleu se rejoignent pour former le plus grand fleuve d'Afrique, les pluies torrentielles ont provoqué des coulées de boue qui ont ravagé 10.000 maisons. Les agences onusiennes et les autres organisations internationales d'aide ont annoncé qu'elles avaient distribué aux populations en danger d'importantes quantités d'aide, de nourriture, de médicaments et de moustiquaires pour prévenir le paludisme. A Damazin, dans la zone frontalière entre le sud et le nord du Soudan, six personnes ont été emportées par de hautes vagues sur le Nil Bleu, ont précisé des responsables, lundi soir. A Renk, un village sur le Nil Blanc dans le sud-Soudan, des inondations ont "totalement détruit 1.518 cases et tué au moins 600 animaux, affectant 4.729 familles dont 2.027 enfants", a dit Deng Chul Deng, le commissaire par intérim pour la province. Il a ajouté que les mauvaises conditions d'hygiène ont entraîné 23 cas de diarrhée aqueuse, une maladie qui peut être mortelle chez les enfants. "Mais la situation est pour l'instant sous contrôle", a souligne M. Deng, cité par l'agence officielle soudanaise
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USAID/SOUDAN : Patrick Fleuret
La Lettre de l'Océan Indien,n°1219, 28 juillet 2007
Le nouveau chef de la mission de l'United States Agency for International Development (USAID) à Khartoum a une grande expérience de l'Afrique. Patrick Fleuret était depuis 2005 le directeur de l'USAID au Nigeria où il avait rejoint sa femme Anne qui y travaillait déjà comme conseillère auprès de I'USAID depuis plusieurs années. Auparavant, Fleuret avait été, toujours pour l'USAID, responsable de projets en Tanzanie où il a travaillé sur des programmes de réhabilitation des routes rurales et des voies ferrées ainsi que de développement du secteur financier. II a ensuite servi comme adjoint du chef de mission Dawn Liberi en Ouganda avant de passer deux ans au Botswana comme directeur régional pour l'Afrique australe. Dans ce cadre, il a apporté un soutien technique aux services de huit missions de l'USAID en Afrique australe ainsi qu'aux ambassades américaines du Botswana, du Lesotho et du Swaziland. Après cela, Fleuret pensait prendre sa retraite en 2005 et s'était mis à construire une maison en Californie pour la revendre. Mais c'est alors qu'il a été appelé à s'installer au Nigeria. Fleuret est diplômé de l'University of California (Santa Barbara) et père de deux filles Jennifer et Julia.
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Paris et Londres appellent à un "cessez-le-feu total" au Darfour
Xinhuanet, 28 juillet 2007
La France et la Grande-Bretagne ont appelé conjointement vendredi le gouvernement soudanais et les rebelles du Darfour à respecter un "cessez-le-feu" total pour concrétiser leur "attachement au processus politique" pour résoudre la crise dans cette région. Cette position Paris-Londres a été contenue dans une déclaration commune publiée par le ministre français des Affaires étrangère Bernard Kouchner et son homologue britannique David Miliband. "Nous appelons le gouvernement soudanais et les rebelles à faire la preuve de leur attachement au processus politique en cessant toutes les hostilités et en s'engageant à respecter un cessez-le-feu total", ont indiqué les deux ministres ministres dans leur déclaration commune. MM. Kouchner et Miliband ont appelé "tous les participants invités à la réunion d'Arusha (Tanzanie) qui est convoquée par les envoyés spéciaux de l'Union africaine et des Nations unies du 3 au 5 août, à y participer. En ne participant pas, ils signifieraient un refus de remédier aux souffrances au Darfour et entraveraient le processus politique". Les deux ministres ont souligné que leurs pays "travaillent activement à New York pour que la force hybride Union africaine/ Nations unies de maintien de la paix soit approuvée rapidement de manière à assurer son déploiement rapide". Ils ont demandé "à toutes les parties d'honorer les engagements qu'elles ont pris à Tripoli", où une conférence le 16 juillet dernier avait permis de relancer un processus politique afin de rétablir la paix dans cette région de l'ouest du Soudan. La France et la Grande-Bretagne se sont engagées à coordonner étroitement leurs efforts sur la crise du Darfour lors d'une rencontre la semaine dernière à Paris entre le Premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy. La crise du Darfour a été au centre des entretiens jeudi à Addis Abeba entre M. Kouchner et le président de la Commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré. La guerre civile dans cette province du Soudan a fait environ 200 000 morts et 2,1 millions de déplacés, selon l'ONU.
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Darfour : des experts de l'ONU évoquent un "nettoyage ethnique"
Le Monde avec l'AP et l'AFP, 28 juillet 2007
Le Comité des droits de l'homme de l'ONU, un groupe réunissant dix-huit experts indépendants chargé de veiller au respect du Pacte international sur les droits civils et politiques, a vivement critiqué le Soudan, dans un rapport paru vendredi 27 juillet, dénonçant l'impunité dont bénéficient "les milices qui se livrent à un nettoyage ethnique" au Darfour, et demandant à Khartoum de leur couper toute aide financière et matérielle. Dans ses conclusions, le groupe note avec inquiétude que "des violations graves, systématiques et étendues des droits de l'homme, notamment des meurtres, des viols, des déplacements forcés et des attaques contre la population civile, ont été commis et continuent à être commis dans l'impunité la plus totale partout au Soudan, particulièrement au Darfour" . Il a également noté une banalisation de la torture dans le système carcéral soudanais et le recrutement forcé d'enfants-soldats dans l'armée, ainsi que le maintien de l'esclavage.
"Assistance technique"
Parmi les recommandations adressées au gouvernement soudanais, le rapport de neuf pages demande notamment à Khartoum de "s'assurer qu'aucun soutien financier ou matériel n'est dirigé vers les milices qui se livrent à un nettoyage ethnique ou s'attaquent directement aux civils" . Ivan Shearer, un des rapporteurs du comité, a reconnu qu' "une assistance plus ou moins caché a été donnée à des éléments qui ont commis ces violations" . Le comité a abouti à ces conclusions en se basant sur des informations recueillies par le gouvernement soudanais, les Nations unies et plusieurs ONG.
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Kouchner milite pour une force au Darfour
Le Figaro, 27 juillet 2007, par Renaud Girard, envoyé spécial à Addis-Abeba
Le ministre des Affaires étrangères était hier au siège de l'Union africaine pour faire avancer le projet, destiné à mettre un terme aux massacres dans l'ouest du Soudan.
En Afrique , les quinze dernières années ont été marquées par la tentation des grandes puissances occidentales de gérer directement les crises humanitaires ayant réussi à émouvoir leurs opinions publiques. Ainsi, par exemple, a-t-on vu les armées américaine (Somalie, décembre 1992), française (Rwanda, opération «Turquoise » de juin 1994), britannique (Sierra Leone, mai 2000) intervenir, dans le cadre d'expéditions présentées comme humanitaires. Cette époque semble bel et bien révolue. « Dans un mouvement d'unité, les Africains ont décidé de s'approprier la gestion des crises et des conflits survenant sur leur continent», a expliqué hier au Figaro l'ancien président malien Konaré, qui est le président exécutif de l'Union africaine (UA). Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, venu à Addis-Abeba pour s'entretenir avec M. Konaré de la crise du Darfour, a encouragé « cette volonté de l'Afrique de recouvrer pleinement la maîtrise de sa destinée, laquelle suppose la gestion politique, militaire et humanitaire de toutes ses crises et conflits». Pour M: Kouchner, qui a eu une longue séance de travail avec M. Konaré au siège de l'UA, « on assiste à l'émergence d'un nouveau multilatéralisme, avec une forte dimension régionale, et c'est une bonne chose ». Premier cas d'école pour MM. Konaré et Kouchner : la pacification du Darfour. Les deux hommes, qui se réconciliaient après que le président de la commission de l'UA eut boudé la conférence de Paris du 25 juin sur ce dossier, lui ont consacré la quasi-totalité de leur réunion. Un projet de résolution se trouve examiné par le Conseil de sécurité de l'ONU, qui devrait, si tout se passe bien, être adopté la semaine prochaine. Il s'agit d'entériner la création d'une « force hybride » de 20000 hommes, commandée par un général africain, rapportant à la fois à l'UA et à l'ONU et qui se déploierait dans la région de l'ouest du Soudan en crise. Première difficulté, la résolution fera-t-elle référence au cha pitre VII de la Charte de l'ONU, lequel autorise l'usage de la force par les Casques bleus ? Les militaires pourront-ils ouvrir le feu pour protéger les populations civiles du Darfour, constamment harcelées par différentes milices armées depuis plus de quatre ans? Alpha Oumar Konaré y est favorable : « Nous n'avons pas fait tout ça pour que nos hommes soient ensuite paralysés sur le terrain !» Deuxième difficulté, où trouver les contingents de Casques bleus nécessaires, soit 13 000 hommes devant s'ajouter aux 7 000 soldats africains déjà sur place sous le commandement d'un général nigérian? Le gouvernement soudanais a accepté, le 12 juin, le principe de la force hybride, à condition qu'elle soit essentiellement composée d'Africains. Pour le moment, seul le Rwanda s'est porte volontaire. Au cas où le continent noir ne parviendrait pas à réunir suffisamment de Casques bleus, il a été convenu qu'on ferait appel à des contingents en provenance d'autres pays. Le Bangladesh pourrait se porter volontaire, car c'est un moyen pour lui de satisfaire ses officiers et soldats d'élite, en les faisant passer de soldes misérables aux généreux per diem offerts par les Nations unies. Se posera ensuite le problème de l'efficacité. En avril 1994, les centaines de Casques bleus bangladais postés à Kigali dans le cadre de la Mission des Nations unies au Rwanda étaient restés les bras croisés devant le génocide des Tutsis.
La Libye en médiatrice
Hier, le département d'État américain a exprimé le souhait que la force hybride puisse être déployée au Darfour dès le mois d'octobre. Ce souhait d'un déploiement rapide est partagé par MM. Konaré et Kouchner. Mais il reste la troisième difficulté: celle du financement. Car autant les Africains sont désireux de diriger les opérations de maintien de la paix sur leur continent, autant ils ne sont absolument pas prêts à les financer. Aujourd'hui, fort mécontents, les soldats africains présents au Darfour accusent un arriéré de solde de quatre mois, car les contributions financières des pays riches font défaut. Par ailleurs, Konaré et Kouchner ont évoqué le projet de l'envoi de 2 000 soldats européens dans l'est du Tchad, afin de porter secours aux populations déplacées par les conséquences du conflit darfourien (exactions commises à la fois par les mouvements rebelles soudanais désunis agissant à partir du territoire tchadien et par les incursions des milices arabes soudanaises progouvernementales). Avant-hier à Tripoli, Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner ont obtenu du colonel Mouammar Kadhafi qu'il ne s'oppose pas à un tel déploiement de troupes occidentales dans un pays voisin de la Libye. Le « Guide» a joué un grand rôle dans le récent rapprochement soudano-tchadien, et s'efforce aujourd'hui de persuader la vingtaine de mouvements rebelles soudanais de discuter avec Khartoum. Retour des grandes « usines à gaz » diplomatiques onusiennes ou émergence d'un nouveau multilatéralisme efficace ? Réponse, sur le terrain, au mois d'octobre.
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L'Union européenne se prépare à envoyer une force militaire aux frontières du Soudan
Le Monde 25 juillet 2007, Thomas Ferenczi
L'Union européenne s'apprête à envoyer une force militaire dans l'est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine, deux Etats limitrophes du Soudan, afin d'assurer la protection des populations victimes du conflit du Darfour. Les ministres européens des affaires étrangères, réunis lundi 23 juillet à Bruxelles, ont donné leur accord à l'accélération des préparatifs qui devraient permettre le déploiement des troupes en octobre. Ils ont invité les services de Javier Solana, haut représentant de l'Union européenne, à "poursuivre la planification" pour permettre, le moment venu, le lancement de cette opération "dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense" , en coopération avec les Nations unies et l'Union africaine (UA). L'ossature de cette force devrait être française. Sa zone d'intervention comprendra trois provinces tchadiennes et une province centrafricaine. Ses effectifs n'ont pas encore été définis, mais les experts travaillent sur une "fourchette" comprise entre 1 500 et 3 000 hommes.
Feu vert tchadien
La mission européenne, dont les objectifs seront d'améliorer la sécurité dans la région, de faciliter l'acheminement de l'assistance humanitaire, d'aider à la reconstruction des villages détruits, viendra en appui d'une opération de police conduite par les Nations unies et forte d'un millier d'hommes. Les autorités tchadiennes ont donné leur feu vert. On attend celui des autorités centrafricaines. Par ce geste, indique un diplomate en poste à Bruxelles, l'Union européenne entend marquer sa volonté de renforcer son engagement au Darfour. Cette volonté s'exprime en particulier par l'appui apporté à la mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS) et à l'opération "hybride" Union africaine-ONU qui doit lui succéder lorsque les Nations unies l'auront décidé. Dans leurs conclusions, les ministres européens disent attendre "avec impatience" l'adoption rapide d'une résolution du Conseil de sécurité en ce sens. Ils confirment que, d'ici là, "l'action de soutien civilo-militaire de l'UE à l'AMIS sera prorogée pour une période maximale de six mois à partir du 1 er juillet 2007" . Ils demandent au gouvernement soudanais de "lever toutes les restrictions administratives" dont font l'objet les activités humanitaires. Mais les dirigeants européens insistent surtout sur la nécessité d'une solution politique, à laquelle ils apportent leur appui : "Il est essentiel, disent-ils, que l'initiative conjointe de l'Union africaine et des Nations unies pour relancer la voie politique et renforcer le maintien de la paix au Darfour s'accompagne d'un soutien international solide et cohérent." Ils invitent toutes les parties à "manifester par leurs actes leur ferme volonté de parvenir à une solution qui mette fin aux souffrances des populations du Darfour" et expriment leur "profonde préoccupation" face aux violations des droits de l'homme et à l'impunité dont bénéficient leurs auteurs. Thomas Ferenczi Article paru dans l'édition du 25.07.07.
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PAM : les attaques se multiplient contre les travailleurs humanitaires au Darfour
Nations Unies, PAM, 25 juillet 2007
Le PAM a dénoncé aujourd'hui la grave augmentation des attaques contre le personnel humanitaire et les convois alimentaires au Darfour, qui porte un coup sévère à sa capacité de fournir l'assistance nécessaire à des millions de personnes affamées dans cette région du Soudan déchirée par les conflits. « Ces deux dernières semaines, neuf convois alimentaires ont été attaqués par des hommes armés au Darfour », a rapporté dans un communiqué publié à Khartoum Kenro Oshidari, le Représentant du Programme au Soudan. « Le personnel du PAM et les contractuels sont arrêtés, extirpés hors de leurs voitures et dévalisés, sous la menace des armes, de plus en plus fréquemment, ce qui est très préoccupant », a-t-il ajouté. Kenro Oshidari a appelé toutes les parties au conflit au Darfour à garantir la sécurité des travailleurs humanitaires afin que l'agence alimentaire des Nations Unies et les autres organisations puissent continuer leur travail. « Ces attaques odieuses contre ceux qui justement tentent de venir en aide aux plus vulnérables doivent être maîtrisées », a-t-il plaidé. Cette année, 18 convois du PAM ont été victimes d'attaques armées, et quatre de ses véhicules ont été victimes de 'car-jacking', c'est-à-dire de détournement. Six véhicules, voitures ou camions, ont été volés et dix membres du personnel, contractuels ou non, ont été détenus ou enlevés. Le Darfour accueille la plus importante opération du PAM actuellement, avec 790 personnels qui nourrissent plus de deux millions de personnes chaque mois. Le Programme charge également des compagnies commerciales de transport d'acheminer de la nourriture dans la région. En tout, le PAM envisage de distribuer jusqu'à 450.000 tonnes de nourriture au Darfour cette année, pour un coût total d'un demi-milliard de dollars environ. En raison des mauvaises conditions de sécurité, le PAM n'a pas été en mesure d'aider 170.000 personnes au mois de juin, ce qui constitue une évolution négative non négligeable puisque ce chiffre ne s'élevait qu'à 60.000 au mois de mars. Les attaques contre les convois ces dernières semaines ont fait que la route entre Nyala, capitale de l'état du Sud-Darfour, et Kass, a été déclarée « zone dangereuse » pour le personnel de l'ONU qui ne s'y aventure plus. Dans le Nord-Darfour, c'est l'approvisionnement en nourriture de la ville de Kabkabiya qui a été touché. Le personnel de sécurité de l'ONU indique que les attaques contre les véhicules constituent aujourd'hui la préoccupation numéro un de la communauté humanitaire qui travaille au Darfour. L'une des évolutions récentes les plus inquiétantes est l'enlèvement des personnels dont les véhicules sont volés afin qu'ils ne puissent pas donner l'alerte. Même s'ils ont été jusqu'ici tous relâchés, certains ont été blessés et hospitalisés suite à ces attaques. |
Darfour : les fonds donnés par l'Europe ont disparus
La Figaro magazine 24 juillet 2007, par Léopold Sanchez
Une fois de plus, l'argent destiné à l'Afrique se réduit comme peau de chagrin. C'est le triste constat dressé par un groupe d'eu-rodéputés, chargés d'enquêter sur l'utilisation des 280 millions d'euros alloués par l'Europe au Darfour pour le financement des troupes de l'Union africaine, dont plus de 70 millions déboursés par le contribuable français. La disparition de fonds, qui affecte depuis des mois la solde des 7 700 soldats de l'UA (pour la majeure partie nigérians, sénégalais ou rwandais), déployés dans les zones sensibles à l'ouest du pays, n'est pas pour améliorer le climat de laxisme et le mauvais esprit qui règnent dans leurs rangs. Comme le déclare Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS et chargé de mission au Darfour : « On arrose des offi ciers et des hauts responsables de l'UA, alors que le simple soldat ne peut pas rentrer chez lui, faute d'argent ! » Le problème n'est pas nouveau. II y a quelques années, un scandale similaire s'était produit avec la force africaine (Fomuc) en République centrafricaine. Selon un diplomate en poste à Bangui : les deux tiers du financement, en majeure partie versé par Paris, étaient prélevés au passage par les officiers: Même chose au Congo-Kinshasa, où plus de 500 millions de dollars, émanant de la Banque mondiale, sont partis en fumée durant ces cinq dernières années. Quelle solution pour mettre fin à un système de corruption qui va de pair avec la misère du Darfour ? Pour notre interlocuteur: « Il faut arrêter le système du robinet à fric sans contrôle ! C'est-à-dire adjoindre des o fficiers européens aux contingents de l'UA pour réceptionner l'argent et le distribuer, listings en main, à ses destinataires. » Une solution envisageable si l'on engage plus fortement les troupes de l'ONU aux côtés des forces africaines, comme il est question de le faire avec la force hybride au début 2008.
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Soudan : remaniement dans le Sud
Africa Confidential, édition française, n°528 du 24 juillet 2007
Le gouvernement de Juba prépare une réponse plus militante à l'obstruction systématique de Khartoum sur le plan politique et économique.
Le président du Sud Soudan Salva Kiir Mayardit veut renforcer son emprise sur le gouvernement, alors que le mécontentement grandit et que les tensions se multiplient avec le gouvernement de Khartoum. Salva a rétrogradé deux hauts responsables, le vice-président Riek Machar Teny Dhurgon et Rebecca Nyandeng de Mabior , veuve du colonel John Garang de Mabior, en leur retirant les portefeuilles qu'ils contrôlaient, même s'ils continueront tous deux à jouer des rôles clés au sein du gouvernement. Riek restera vice-président et continuera à diriger les négociations avec la Lord's ResistanceArmy, soutenue par Khartoum. Rebecco est désormais conseillère présidentielle, chargée des droits de la femme et des droits de l'homme. Ces derniers changements laissent penser que le Sudan People's Liberation Movement (SPLM) compte s'opposer plus fermement au National Congress (alias National Islamic Front) à Khartoum. Ce remaniement est aussi interprété comme une offensive contre l'incompétence, la déloyauté et la corruption au sein du Government of Southern Sudan (GOSS), constitué en application du Comprehensive Peace Agreement (CPA) conclu en 2005 avec Khartoum. Les sudistes hostiles au SPLM affirment que ce remaniement est signe de faiblesse et traduit une domination Dinka. D'autres y voient une première consolidation du pouvoir du général Salva, qui a depuis longtemps fait la démonstration de son talent de médiateur entre groupes hostiles, et avait réuni au sein de ce gouvernement des éléments disparates. Le GOSS, dominé par le SPLM, commence à s'attaquer au NIF-NC. Les enjeux sont de taille, le pétrole, le statut de la région d'Abyei et l'avenir de l'accord de paix global. Salva Kiir, qui est quasiment inexistant en tant que premier vice-président soudanais, a entamé le 17 juillet une visite officielle de six jours en Chine, pays qui domine la production pétrolière soudanaise, principalement dans le sud. Le sud n'a toujours pas obtenu la part des recettes pétrolières qui devait lui revenir dans le cadre de l'accord de paix et le réseau Famine Early Warning System Network a récemment mis en garde contre une dangereuse contamination chimique touchant les hommes et le bétail. Cette visite est donc considérée comme marquant le début d'une nouvelle indépendance en matière de politique étrangère.
L'obstacle d'Abyei
L'épreuve de force provoquée par le refus de Khartoum d'accepter les conclusions de l'Abyei Boundary Commission a dégénéré en crise ouverte. Le sud murmure qu'Abyei (situé dans le nord mais qui abrite le Ngok Dinka) a joué un rôle central dans la reprise de la guerre en 1983 . La Sudan People's Liberation Army refuse de partir tant que Khartoum n'aura pas également quitté les lieux. Le conflit autour du repli des troupes de Khartoum vers le nord s'est intensifié car le gouvernement n'a pas respecté la date butoir de juillet. Selon la commission conjointe de contrôle de l'accord de paix, les deux tiers des soldats (30.837) sont partis vers le nord. Le général Osman Mohamed el Agbash des Sudan Armed Forces estime que plus de 85% des soldats sont partis et qu'il n'en reste "que 3.000 environ" dans des zones pétrolières. Le manque de transparence dans les régions pétrolières de l'Upper Nile et de Bahr el Ghazal laisse présager de nouvelles difficultés. De nombreux Sudistes s'attendent à la reprise de la guerre car Khartoum se montre de plus en plus réticent à appliquer l'accord de paix. Ils sont très inquiets pour le référendum de 2011 sur l'indépendance. La SPLA aurait récemment acheté des avions. "La SPLA est notre garantie", disent les Sudistes. Durant les pourparlers de Machakos, Khartoum a pu redéployer ses soldats au Darfour en 2003-2004 et mener son programme de nettoyage ethnique. De nombreux sudistes rappellent que Khartoum, durant des dizaines d'années, a tiré du Darfour "la plupart" des forces qui ont massacré les Sudistes. Au Darfour, beaucoup rappellent que le défunt leader du SPLM, Garang, ardent défenseur des peuples "marginalisés", avait promis de les aider et se plaignent de ce que le SPLM n'ait jamais tenu parole. Toutefois, le 7 juillet, le secrétaire général du SPLM Pagan Amum Okiech (un Shilluk), a provoqué la surprise au Caire en décrivant la situation au Darfour comme un "génocide". C'est "le gouvernement central qu'il faut changer", a-t-il ajouté. Le SPLM est bien évidemment très minoritaire dans le gouvernement d'unité nationale à Khartoum. Autre indice de l'évolution du GOSS en matière de politique étrangère, Pagan (ancien secrétaire général de la National Democratic Alliance ), a également rencontré le président Mohamed Hosni Mubarak et des responsables de la Ligue arabe en Egypte. Ce n'est pas du goût de Khartoum. Après avoir privé Riek et Rebecca de leurs portefeuilles ministériels, Salva a promu deux fidèles du SPLM. Le portefeuille du Logement, de la terre et des services publics que détenait Riek est allé à Martin Ohuro Okerruk , un Latuka du SPLM originaire d'Equatoria et ancien adjoint de Samson Kwaje, qui reste à l'Information. "Madame Rebecca" perd les Transports et les routes au profit de David Deng Athorbei , un ancien proche de Garang. Riek, qui avec Lam Akol Ajawin (actuel ministre des Affaires étrangères de Khartoum) avait provoqué la scission du SPLM en 1991 et avait ensuite rejoint le NIF, n'est pas de ceux qu'il est bon de garder au sein d'une coalition. II en va de même pour Rebecca, qui a été coeur du SPLM/A durant ses 22 ans de mariage et qui est au courant de nombreux secrets. Les partisans de ces deux personnalités ont une autre interprétation de ces changements. Etre vice-président et mener les négociations avec les rebelles de la LRA constitue un travail à temps plein. Rebecca, ajoutent-ils, est essentielle pour faire du SPLM un parti et favoriser comme promis l'entrée au gouvernement de 25% de femmes, d'où son nouveau poste de conseillère présidentielle chargée de la condition féminine. L'ancienne titulaire du poste, Awut Deng Acueil , prend la succession de David Deng au travail, aux services publics et ressources humaines: elle a fait ses preuves au New Sudan Council of Churches et a participé au processus de paix " People-to-People " avec l'appui de Salva. Le nouveau ministre des Finances et de la planification économique est Joseph Monytuiel Wiejang. II succède à Arthur Akuien Chol , suspendu en mars. Son immunité a été levée tandis qu'une enquête est en cours sur des détournements de fonds. John Wol Makec , enseignant à l'université dé Khartoum et juge à la cour d'appel, a été nommé président de la cour suprême en remplacement du juge Ambrose Riing Thük . Deux autres changements ont suscité la polémique. Le ministre des affaires du Cabinet Justin Yac Arop, puissant mais souvent impopulaire, est devenu conseiller présidentiel chargé de la décentralisation. Ce médecin est considéré comme un proche de Bona Malwal Madut Riing ; conseiller présidentiel à Khartoum, de plus en plus controversé. Autre proche de Bona, le nouveau ministre des affaires de la SPLA, le général Dominic Dim Deng . Ou du moins c'est ce que disent ses ennemis. A l'autre bout du spectre militaire, on trouve Ismail Kony , chef de la milice Murle, basée à Khartoum et désormais intégrée à la SPLA, qui est devenu conseiller de Salva pour la réconciliation. Le remaniement concernant les responsables du SPLM membres du gouvernement à Khartoum, moins faciles à contrôler, devrait être moins spectaculaire.
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L'Union européenne se prépare à envoyer une force militaire aux frontières du Soudan
Le Monde 25 juillet 2007, Thomas Ferenczi
L'Union européenne s'apprête à envoyer une force militaire dans l'est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine, deux Etats limitrophes du Soudan, afin d'assurer la protection des populations victimes du conflit du Darfour. Les ministres européens des affaires étrangères, réunis lundi 23 juillet à Bruxelles, ont donné leur accord à l'accélération des préparatifs qui devraient permettre le déploiement des troupes en octobre. Ils ont invité les services de Javier Solana, haut représentant de l'Union européenne, à "poursuivre la planification" pour permettre, le moment venu, le lancement de cette opération "dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense" , en coopération avec les Nations unies et l'Union africaine (UA). L'ossature de cette force devrait être française. Sa zone d'intervention comprendra trois provinces tchadiennes et une province centrafricaine. Ses effectifs n'ont pas encore été définis, mais les experts travaillent sur une "fourchette" comprise entre 1 500 et 3 000 hommes.
Feu vert tchadien
La mission européenne, dont les objectifs seront d'améliorer la sécurité dans la région, de faciliter l'acheminement de l'assistance humanitaire, d'aider à la reconstruction des villages détruits, viendra en appui d'une opération de police conduite par les Nations unies et forte d'un millier d'hommes. Les autorités tchadiennes ont donné leur feu vert. On attend celui des autorités centrafricaines. Par ce geste, indique un diplomate en poste à Bruxelles, l'Union européenne entend marquer sa volonté de renforcer son engagement au Darfour. Cette volonté s'exprime en particulier par l'appui apporté à la mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS) et à l'opération "hybride" Union africaine-ONU qui doit lui succéder lorsque les Nations unies l'auront décidé. Dans leurs conclusions, les ministres européens disent attendre "avec impatience" l'adoption rapide d'une résolution du Conseil de sécurité en ce sens. Ils confirment que, d'ici là, "l'action de soutien civilo-militaire de l'UE à l'AMIS sera prorogée pour une période maximale de six mois à partir du 1 er juillet 2007" . Ils demandent au gouvernement soudanais de "lever toutes les restrictions administratives" dont font l'objet les activités humanitaires. Mais les dirigeants européens insistent surtout sur la nécessité d'une solution politique, à laquelle ils apportent leur appui : "Il est essentiel, disent-ils, que l'initiative conjointe de l'Union africaine et des Nations unies pour relancer la voie politique et renforcer le maintien de la paix au Darfour s'accompagne d'un soutien international solide et cohérent." Ils invitent toutes les parties à "manifester par leurs actes leur ferme volonté de parvenir à une solution qui mette fin aux souffrances des populations du Darfour" et expriment leur "profonde préoccupation" face aux violations des droits de l'homme et à l'impunité dont bénéficient leurs auteurs.
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Darfour: Washington appelle les groupes rebelles à négocier sans conditions
Le Monde avec l'A.F.P., 24 juillet 2007
Les Etats-Unis ont appelé lundi les responsables des groupes rebelles impliqués dans le conflit au Darfour, région de l'ouest du Soudan déchirée par la guerre civile, à participer sans conditions aux pourparlers de paix prévus en Tanzanie en août. Une rencontre organisée conjointement par l'ONU et l'Union africaine (UA) qui aura lieu à Arusha (Tanzanie) du 3 au 5 août prochains, doit permettre de fixer la date et le lieu pour des négociations entre gouvernement et rebelles non signataires d'un accord de paix conclu en mai 2006 "Les Etats-Unis pressent les participants invités à se rendre à la conférence d'Arusha sans conditions préalables, et appellent les mouvements rebelles à envoyer au sein de leurs délégations, des responsables de terrain", a déclaré le porte-parole du département d'Etat Sean McCormack. Selon lui un refus de participer à ces négociations "démontrerait un manque de volonté de résoudre la crise du Darfour et entraverait le processus de paix". Les efforts pour mettre un terme au conflit, en relançant les négociations entre le gouvernement de Khartoum et les mouvements rebelles, ont pris un tour favorable lors d'une conférence organisée la semaine dernière par l'ONU et l'UA à Tripoli. A la clôture de ses travaux, les participants, représentants de 18 pays et organisations internationales, ont annoncé l'organisation en Tanzanie d'une rencontre entre les envoyés spéciaux de la communauté internationale au Soudan et les chefs des mouvements rebelles. "Parvenir à un accord politique est essentiel pour faire cesser la souffrance du peuple du Darfour", a déclaré M. McCormack. Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se prononcer prochainement sur un projet de résolution autorisant le déploiement d'une force conjointe ONU/UA de plus de 20.000 militaires et policiers civils au Darfour. "Nous espérons le déploiement d'une force conjointe de maintien de la paix ONU/UA au Darfour, la cessation des hostilités dans la région et un accord politique qui mènera à une paix durable au Soudan", a affirmé M. Mc Cormak. Le conflit au Darfour, qui dure depuis plus de quatre ans, a fait plus de 200.000 morts et 2 millions de déplacés, selon des organisations internationales, des chiffres contestés par Khartoum »
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Soudan: Béchir accuse Bush et Brown d'exagérer la situation au Darfour
Le Monde avec l'AFP, 22 juillet 2007
Le chef de l'Etat soudanais Omar el-Béchir a accusé samedi le président américain George W. Bush et le Premier ministre britannique Gordon Brown d'exagérer la situation au Darfour pour cacher leur "échec en Irak". "Bush et Brown exagèrent ce qui se passe au Darfour pour cacher les exactions commises en Irak et l'échec de leurs Etats à y contenir la situation", a déclaré M. Béchir tard samedi devant des représentants de déplacés à Al-Facher, capitale de l'Etat du Darfour nord, où il est en visite. Le président soudanais a mis au défi MM. Bush et Brown, qui maintiennent la pression sur son pays à propos du Darfour, de s'adresser, comme il l'a fait samedi au Darfour, à des "rassemblements populaires à Bagdad". "Aucun responsable américain ou britannique n'ose annoncer de visite en Irak avant qu'elle ait lieu", a-t-il ironisé, avant de critiquer les organisations humanitaires qui assistent les déplacés au Darfour. "Certaines de ces organisations collectent de l'argent au nom du Darfour sans le dépenser au profit des sinistrés et utilisent la crise à des fins mercantiles", a accusé le président soudanais. "Nous n'acceptons pas de voir les camps de déplacés constituer des musées exposant la détresse humaine au regard du monde. Les habitants du Darfour sont capables, avec leur héritage culturel et leur tradition de réconciliation, de trouver des solutions à leurs problèmes sans aide étrangère", a-t-il affirmé. M. Béchir a commencé samedi une visite au Darfour, voulue comme une marque de l'intérêt de Khartoum au développement de cette région et un signe de l'amélioration de la sécurité dans cette zone troublée de l'ouest du pays. Après avoir inauguré plusieurs projets dans le sud du Darfour, le président soudanais doit présider dimanche un conseil des ministres exceptionnel à Al-Facher, qui sera consacré au développement de cette zone aussi vaste que la France et dépourvue d'infrastructures de base. Les autorités de Khartoum contestent l'ampleur du conflit du Darfour qui a fait selon des organisations internationales quelque 200.000 morts et plus de 2 millions de déplacés. Elles accusent les médias occidentaux d'exagérer les conséquences du conflit mais viennent d'accepter une opération de maintien de la paix entre l'Union africaine et les Nations Unies qui consistera à remplacer la force africaine de 7.000 soldats mal équipés et sous financés par une force robuste de plus de 20.000 hommes financée par l'ONU
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A la recherche d'un lac souterrain au Darfour
Le Monde 21 juillet 2007, par Pierre Barthélemy avec l'AFP)
La science peut parfois donner la main à l'humanitaire. Après la détection par satellite de ce qui pourrait être un immense lac souterrain au Darfour, le gouvernement soudanais vient de lancer une initiative baptisée « Mille puits pour le Darfour ». Le but de cette opération est de lever des fonds nécessaires à des fora es dans cette région touchée à la fois par la sécheresse et la guerre. Ce projet a déjà reçu le soutien de l'Egypte qui a promis de creuser gratuitement les vingt premiers puits. Cette initiative fait suite à la découverte, au début de l'année, des traces d'un paléo-lac de surface ayant disparu il y a au moins onze mille ans. Eman Ghoneim et Farouk El-Baz, du Centre de télédétection de l'université de Boston (Massachusetts) ont, grâce à des données satellitaires, pu dessiner le contour de ce lac qui, au maximum de son extension, recouvrait une superficie de plus de 30 000 km 2 , à une époque où l'est du Sahara était humide. Les chercheurs, dont les travaux devraient être très prochainement publiés dans la revue scientifique spécialisée International Journal of Remote Sensing, estiment que le lac pouvait contenir plus de 2700 km² d'eau. Pour Farouk El-Baz, il est certain que «la plus grande partie du lac s'est infiltrée à travers le substrat pour s'accumuler dans le sous-sol». Le directeur du Centre de télédétection de l'université de Boston se fonde sur un cas analogue situé dans le sud-ouest de l'Egypte - juste au nord du Darfour -, où lui-même a détecté une importante poche d'eau souterraine. Celle-ci est aujourd'hui exploitée pour irriguer 40 000 hectares de culture. Pour Farouk El-Baz, « un accès à de l'eau douce est essentiel pour la survie des réfugiés, pour faciliter le processus de paix et fournir les ressources nécessaires au développement économique du Darfour ».
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Idriss Déby accepte le déploiement d'une force européenne au Tchad
En visite à Paris, le président tchadien a donné son accord à une force militaire dont la mission serait de secourir les réfugiés du Darfour et les déplacés tchadiens de l'Est
Le Monde-21 juillet 2007 par Jean-Pierre Tuquoi
Reçu jeudi 19 juillet par Nicolas Sarkozy, le président tchadien, Idriss Deby, s'est dit prêt à accepter le déploiement d'une force de l'Union européenne (UE) dans l'Est de son pays pour assurer la sécurité des déplacés (environ 150 000 personnes), et des réfugiés (200 000) venus de la province soudanaise du Darfour. « Le Tchad trouve nécessaire d'accepter », a expliqué M. Deby à l'issue de son entretien à l'Elysée. Pendant longtemps, le chef de l'Etat tchadien s'était opposé à la présence d'une force militaire européenne dont il redoutait qu'elle réduise sa liberté de manoeuvre et qu'elle soit instrumentalisée par ses opposants. L'accord de principe à l'opération de l'UE devrait être donné, lundi 23 juillet, par les ministres des affaires étrangères réunis à Bruxelles. Mais ce n'est pas avant septembre qu'interviendra le feu vert définitif, sachant que l'arrivée des troupes sur le terrain, qui s'étend sur près d'un millier de kilomètres de long et 200 à 300 kilomètres de large, sera impossible avant octobre et la 6n de la saison des pluies. D'ici là, de nombreux problèmes restent à résoudre, dont celui de la composition des troupes. Elle aura deux volets : une composante civile de police forte de près de 300 hommes pour assurer l'ordre dans les camps (épaulée par 850 gendarmes tchadiens). Et une composante militaire dont les effectifs seraient de l'ordre de 2 000 à 2 500 hommes appuyés par des moyens aériens importants. Les Français sont déjà présents au Tchad où 1100 militaires sont déployés dans le cadre de l'opération Epervier. Ils fourniront le noyau dur de la future force européenne. « Plus la force militaire sera légère et mieux ce sera, en particulier vis-à-vis de la Libye voisine qui regardait d'un mauvais œil l'arrivée des Européen La forte présence française les a rassurés›, assure à Paris un diplomate sous couvert d'anonymat. Le flou persiste s'agissant de la participation des autres Etats de l'UE. Des pays nordiques comme la Suède auraient accepté d'envoyer des troupes. « Ils son partants », confirme-t-on à Paris. Le Espagnols également. La participation allemand, en revanche n'est pas acquise Elle suppose l'accord des parlementaires sur fond de réticence de l'opinion publique allemande. Celle-ci est peu enclin à l'idée d'envoyer des troupes pour consolider de facto le régime d'un pays africain sous influence française et dont l'image est peu reluisante. En parallèle à l'opération européenne devrait logiquement se déployer au Darfour la force hybride des Nations unies Mais cette partie de l'opération tarde à aboutir. « Le Tchad a tenu ses engagements. Malheureusement, nos amis soudanais n'ont pas encore tenu les leurs », a rappelé le président tchadien à Paris.
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Sarkozy et Brown prêts à "aller ensemble" au Darfour, au Soudan et au Tchad
Le Monde avec l'AFP, 21 juillet 2007
Le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown ont déclaré vendredi à la presse qu'ils étaient prêts à "aller ensemble" au Darfour, au Soudan et au Tchad, face à la gravité de la situation humanitaire dans la région. M. Sarkozy a souligné que la France et la Grande-Bretagne défendaient un même projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU pour le déploiement rapide de la force de maintien de la paix de l'Union africaine et de l'ONU. Nous allons demander à nos deux ministres des Affaires étrangères de porter le même message. Ce message est simple: la situation ne peut plus durer, il y a urgence, des gens meurent et des gens souffrent, il faut que ça cesse", a déclaré le président français. " Nous sommes même prêts, si la résolution était votée, à nous rendre au Darfour, au Tchad et au Soudan ensemble", a-t-il ajouté, lors d'un point de presse commun avec M. Brown à l'issue d'un entretien. |
Sarkozy et Brown veulent agir au Darfour
Les dirigeants français et britanniques souhaitent accélérer l'envoi d'une force des Nations unies dans la province soudanaise
Le Figaro par Sébastien Martin, 21 juillet 2007
Nicolas Sarkozy et Gordon Brown mettent la pression sur le Darfour. Le président français, qui a reçu le nouveau premier ministre britannique hier à l'Élysée, a voulu afficher une fermeté nouvelle face au conflit qui secoue cette région de l'ouest du Soudan, et qui a fait quelque 200 000 morts et 2 millions de déplacés depuis 2003. « La situation ne peut plus durer, il y a urgence, des gens meurent et des gens souffrent, il faut que ça cesse », a déclaré Nicolas Sarkozy. Initiative spectaculaire : les deux dirigeants se sont dit prêts à se rendre ensemble sur place, « pour s'assurer que le processus de paix avance », selon l'expression de Gordon Brown. Mais ce voyage n'aurait lieu que dans un deuxième temps, après le vote d'une résolution aux Nations unies pour envoyer une force armée sur le terrain. Celle-ci, qui est en négociation, pourrait « être approuvée d'ici quinze jours, quelques semaines au plus », estime -t-on de source française. Les premières troupes arriveraient sur place vers la fin de l'année. Cette force comprendrait entre 15 000 et 20 000 hommes, soit deux à trois fois plus que le contingent de l'Union Africaine déjà sur place. De plus, il s'agirait d'une force « hybride », comprenant à la fois des soldats des Nations unies et de l'Union Africaine, le tout sous commandement de l'ONU. Gordon Brown a indiqué que les deux ministres des Affaires étrangères français et britannique « allaient se rendre à New York pour faire en sorte que la résolution soit adoptée dans les meilleurs délais ». La coopération franco-britannique porte aussi sur la mise en place d'une force européenne, chargée d'assurer la sécurité des camps de réfugiés situés côté tchadien de la frontière. Pauvreté et désertification Mais les spécialistes du Darfour se disent sceptiques. « Les déclarations communes de Nicolas Sarkozy et de Gordon Brown sont les bienvenues, estime Tom Cargill, directeur des programmes africains à Chatham House, un "think-tank" britannique. Mais je ne vois pas comment cela aurait un effet direct sur le terrain. Cela ne mettra pas plus la pression sur le gouvernement de Khartoum, qui s'est montré très résistant aux pressions. » Pour lui, les causes du conflit au Darfour sont enracinées dans la pauvreté et la désertification. « Une solution du problème passe par le développement économique, mais cela prend des décennies. »…..
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Crimes et vols se multiplient dans l'est du pays, à la frontière avec le Darfour
Les humanitaires font souvent les frais de ces agressions, en hausse depuis le début de l'été. Des militaires tchadiens en sont parfois les auteurs
Le Figaro,, 20 juillet 2007 par L éonard Schrik, à Abéché
La saison des pluies est aussi la saison du crime dans l'est du Tchad. Les organisations internationales déployées dans cette région frontalière du Soudan pour venir en aide aux 230 000 réfugiés du Darfour et 150 000 déplacés tchadiens en font l'amère expérience depuis quelques semaines. Le 23 juin, la résidence des observateurs de l'Union africaine à Abéché, petite préfecture transformée en plaque tournante des opérations humanitaires, est attaquée par des hommes en treillis militaire. Bilan : deux blessés à l'arme blanche et plusieurs 4 x 4 volés. Trois nuits plus tard, sept hommes armés de kalachnikovs pénètrent dans la maison d'un Français travaillant pour le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). L'expatrié est roué de coups, dévalisé, son jardinier exécuté d'une balle tirée à bout portant. Les braquages n'épargnent personne: camion du Programme alimentaire mondial à Goz Beida (Sud), véhicule de Médecins sans frontières à Farchana (Centre), convoi d'International Medical Corps à Bahai (Nord). Les humanitaires sont souvent battus, puis abandonnés à plusieurs heures de marche du village le plus proche. Ces attaques ne sont pas toujours le fait de bandits de grand chemin. Selon Ramadan Ahmat, membre de l'Association pour les libertés fondamentales au Tchad, les trois hommes qui l'ont dévalisé, le 16 juillet, à 50 kilomètres d'Abéché, étaient « des militaires tchadiens ». Chaque année, explique-t-il, les combats entre l'armée et les rebelles connaissent une accalmie pendant la saison des pluies. « Les soldats sont plus nombreux aux abords des villes et l'insécurité augmente. » Abdou Saleh, le chef de la police d'Abéché, dément ces accusations.
Défis logistiques
La recrudescence de la criminalité est due, dit-il, « à l'évasion récente d'une vingtaine de mal frats ». C'est pourtant un militaire que ses hommes ont arrêté en flagrant délit de cambriolage deux jours plus tôt. Et ce sont des éléments du FUC, un mouvement rebelle récemment rallié au gouvernement, qui, la veille, avaient attaqué un représentant du HCR à Guéréda. «Des brebis galeuses! », se contente de répondre le policier. D'après lui, a la situation sera bientôt sous contrôle » grâce à des patrouilles de nuit. Les humanitaires ne se font pas d'illusions. La police n'a pas les moyens de contenir les débordements de l'armée, dont les troupes d'élite sont constituées de Zaghawa, l'ethnie du président Idriss Deby, et de ses alliés Toroboro, des rebelles soudanais, parfois très jeunes, qui contrôlent les camps de réfugiés, leur principal foyer de recrutement. Soldats et miliciens se confondent dans les pick-up équipés de lance-roquettes RPG qui foncent dans les rues poussiéreuses d'Abéché. L'inquiétude des ONG a poussé l'armée française - 200 hommes basés en bordure de l'aéroport - à sortir de sa réserve. Elle affirme qu'elle interviendra si besoin est. « Nous le ferons dans le respect de la souveraineté du Tchad, en nous interdisant par exemple de poursuivre les assaillants », précise un officier. Évoquant « l'état d'insécurité permanent des civils », un membre du HCR rêve, lui, d'« une force internationale dotée d'un mandat clair ». Aux raids des Djandjawid, ces miliciens armés par le Soudan qui opèrent de part et d'autre de la frontière, s'ajoutent maintenant les affrontements inter ethniques dans le Nord-Est. Ailleurs, des villageois armés par le gouvernement pour se protéger des Djandjawid s'en prennent régulièrement aux éleveurs transhumants qu'elles assimilent à des Arabes. « Les rivalités traditionnelles sont en train de se transformer en un conflit majeur à mesure que les groupes armés se multiplient et s'organisent », alerte l'ONG britannique Oxfam.
« C'est un calvaire »
En même temps, les humanitaires doivent relever les défis logistiques posés par la saison des pluies. Les averses torrentielles transforment les pistes en marécages boueux et font sortir de leur lit de petits cours d'eau qui isolent les villes et les camps de réfugiés. Les ONG ont donc opté pour la stratégie du prépositionnement. En juin, les camions du Programme alimentaire mondial, épaulés par un Transall de l'armée française, ont acheminé plusieurs centaines de tonnes de vivres à Goz Beida, la capitale du Dar Sila, une région qui abrite 140.000 personnes. « Cela ne résout qu'une partie du problème, car il faut ensuite ravitailler des camps parfois situés à plus de 50 kilomètres », explique Didier, un logisticien belge. Autre souci majeur: le risque d'épidémies liées à l'eau, telles que le choléra et l'hépatite. « Il nous faudrait davantage de moyens, mais l'insécurité nous oblige à réduire nos effectifs », constate un spécialiste de l'assainissement des nappes phréatiques. Qui plus est, le travail s'effectue dans des conditions extrêmes. « Près de 45 degrés dans la journée, des trombes d'eau dans la soirée, et des milliers d'insectes la nuit. Cette mission est un calvaire », résume Didier.
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Darfour: Ban Ki-moon salue les résultats de la conférence de Tripoli
Le Monde, 20 juillet 2007 Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a salué jeudi "l'issue constructive" des récents pourparlers inter-Soudanais à Tripoli et a appelé les parties en présence à négocier pour obtenir une paix durable au Darfour, déchiré par la guerre civile. Il a affirmé que la rencontre, organisée par l'ONU et l'Union africaine (UA) à Tripoli en Libye dimanche et lundi, avait validé le projet de l'ONU et de l'UA d'organiser une rencontre en août en Tanzanie, "suivie par des invitations aux parties à démarrer des négociations politiques dans le courant du mois". La rencontre (de Tripoli) a confirmé à nouveau le fort soutien international en faveur d'un rôle déterminant de l'ONU et de l'UA dans les négociations pour obtenir une solution politique au conflit du Darfour", affirme un communiqué diffusé par le bureau de M. Ban. Le secrétaire général de l'ONU appelle toutes les parties "à s'engager avec bonne volonté dans les prochaines négociations politiques afin d'obtenir une paix durable et mettre un terme à cette terrible tragédie", ajoute le texte. Les efforts pour mettre un terme au conflit dans cette région de l'ouest du Soudan, en relançant les négociations entre le gouvernement de Khartoum et les mouvements rebelles, ont pris un tour favorable lors de la conférence de Tripoli. A la clôture de ses travaux, les participants, représentants de 18 pays et organisations internationales, ont annoncé l'organisation d'une rencontre entre les envoyés spéciaux de la communauté internationale au Soudan et les chefs des mouvements rebelles non signataires d'un accord de paix conclu en mai 2006. Cette rencontre qui aura lieu à Arusha (Tanzanie) du 3 au 5 août prochains permettra de fixer la date et le lieu pour des négociations entre gouvernement et rebelles. De son côté, le président chinois Hu Jintao a appelé jeudi la communauté internationale à faire avancer le processus de paix au Darfour, selon l'agence officielle Xinhua, alors qu'un vote du Conseil de sécurité de l'ONU est attendu cette semaine sur le déploiement d'une force conjointe ONU/UA. "La communauté internationale devrait saisir la période actuelle favorable pour mettre en oeuvre de façon équilibrée les opérations de maintien de la paix et le processus politique, a déclaré M. Hu, cité par l'agence, au cours de discussions avec le vice-président soudanais Salva Kiir Mayardit.
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Des hommes armés multiplient les exactions dans un village du Darfour
Le président Idriss Déby, reçu hier à l'Élysée, est aussi soumis aux pressions européennes.
Le Figaro, 20 juillet 2007
Reçu hier à l'Élysée par Nicolas Sarkozy pour un entretien consacré à « la question du Darfour », le président tchadien Idriss Déby s'est déclaré favorable au déploiement d'une force de maintien de la paix de l'Union européenne dans l'est de son pays, avant d'ajouter toutefois que les discussions n'étaient pas encore terminées. Plus de 200 000 réfugiés darfouris et 170 000 déplacés tchadiens sont installés dans des conditions difficiles aux confins de la frontière tchado-soudanaise, une région inhospitalière en proie à de nombreux mouvements insurrectionnels tant tchadiens que soudanais. Lors de la visite début juin à N'Djamena du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, le chef de l'État tchadien avait accepté du bout des lèvres le principe d'un tel déploiement. Alors interrogé, il avait répondu: « Pourquoi pas ? » en insistant sur les nombreux « problèmes à résoudre ». Le premier ministre Dominique de Villepin, de passage à N'Djamena en novembre 2006, s'était heurté à la même réponse, alors qu'il tentait de convaincre le président tchadien d'accepter une force internationale.
Une vraie décision politique
Les pressions sur Idriss Déby se sont toutefois accentuées. Peu avant qu'il ne soit reçu hier à l'Élysée, l'UE a fait savoir qu'elle s'apprêtait à autoriser dès lundi le lancement de préparatifs pour envoyer, 'à la demande de l'ONU, des soldats européens au Tchad et en Centrafrique. Réunis à Bruxelles le 23 juillet, les ministres européens des Affaires étrangères devraient donner leur feu vert à cette phase préparatoire dans l'attente de la « vraie décision politique », qui pourrait intervenir en septembre. Présent à Bruxelles en début de semaine, le secrétaire général adjoint des Nations unies, chargé des opérations de maintien de la paix, le Français Jean-Marie Guéhenno, a présenté cette initiative. Selon ses déclarations : « Il y aurait des soldats européens au Tchad et 300 policiers de l'ONU pour encadrer une force de police constituée de 850 policiers tchadiens sélectionnés, formés et encadrés. En appui, une force militaire européenne devrait protéger les civils, les policiers de l'ONU et les humanitaires ». La force européenne, dont l'ossature reposerait sur la France très présente au Tchad avec le dispositif militaire Épervier (1000 hommes), pourrait compter de 1500 à 2 000 soldats: Le rôle de cette force, qui pourrait être dotée d'importants moyens aériens, serait d'assurer la sécurité du côté tchadien de la frontière soudanaise, une zone de 900 km de long sur 200 à 400 km de large: Dans l'idéal, seraient simulta nément coordonnés le déploiement de la force européenne au Tchad et celui hybride des Nations unies: au Darfour: Une tâche extrêmement difficile. D'autant qu'aucun financement n'est enco re assuré.
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Le Soudan n'a pas ratifié le traité fondant la CPI, mais il est membre de l'ONU et doit donc coopérer avec la Cour.
Par Geneviève Sevrin, Présidente d'Amnesty International France
Libération, 19 juillet 2007
La communauté internationale doit faire pression sur le Soudan pour l'application du mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) à l'encontre des deux Soudanais accusés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Le 17 juillet, journée de la justice internationale, marquait l'anniversaire de l'adoption du statut de Rome portant création de la Cour pénale internationale (CPI). A cette occasion, Amnesty International souhaitait mobiliser la communauté internationale pour que justice soit rendue au Soudan. Rappel des faits : en mars 2005, le Conseil de sécurité des Nations unies a déféré au procureur de la CPI la situation prévalant au Darfour depuis le 1er juillet 2002. Après un an et demi d'enquêtes, le 27 février 2007, le bureau du procureur a produit des preuves de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, perpétrés entre 2003 et 2004, dans quatre villes et leur région de l'ouest Darfour : Kodoon, Bindisi, Mukjar et Arawala ; crimes commis contre des civils, principalement des Fours, Zaghawa et Massalits. Le 27 avril 2007, le procureur lance des mandats d'arrêt à l'encontre de deux Soudanais. D'une part, Ahmad Muhammad Harun (Ahmad Harun), actuel ministre d'Etat des Affaires humanitaires, était entre 2003 et 2005 ministre de l'Intérieur ; il était alors chargé de coordonner la contre-insurrection au Darfour, incluant police, forces armées, services secrets. Selon le mandat d'arrêt, il aurait recruté, mobilisé, financé et armé les Janjawids, en ayant pertinemment connaissance des crimes qu'ils commettraient. Il est poursuivi pour 42 chefs d'accusation, inaugurant le premier mandat lancé par la CPI contre un représentant de l'Etat en exercice.D'autre part, Ali Muhammad Al Abd-Al-Rhaman (Ali Kushayb) est l'un des principaux chefs Janjawids ; «colonel des colonels» dans la localité de Wadi Salih (Darfour ouest) mi-2003, il doit répondre de 50 chefs d'accusation pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, notamment pour actes de persécution, meurtres, attaques contre la population civile et transferts forcés. Il aurait été interpellé au Soudan le 28 novembre 2006 et devrait être jugé par un tribunal soudanais, mais son procès a été reporté sine die. Les mandats d'arrêts lancés, il fallait procéder aux arrestations. Or, la CPI ne dispose d'aucune force de police pour faire exécuter ses mandats ; sans la coopération du Soudan ni celle des autres Etats et des organisations intergouvernementales, elle ne peut pas mettre en application ses décisions. La réaction du gouvernement soudanais est sans appel : le ministre de la Justice, Mohamed Ali Ali-Mardi, a déclaré à la presse nationale et internationale que ces mandats étaient «nuls et non avenus», car la CPI n'aurait pas compétence au Soudan (rappelons que le Soudan n'a pas ratifié le traité de Rome). Il a ajouté que le gouvernement n'avait retenu aucun élément à l'encontre d'Ahmad Harun et ne le remettrait pas à la CPI. Le ministre des Affaires étrangères a, quant à lui, fait savoir que le gouvernement ne coopérerait pas avec la CPI. Les résolutions du Conseil de sécurité ont force obligatoire pour tous les Etats membres des Nations unies. Le Soudan étant membre de l'ONU, il doit se soumettre aux injonctions de la résolution 1593, à savoir : «coopérer pleinement avec la Cour et le procureur et leur apporter toute l'assistance nécessaire». Nous sommes loin du compte ! Il nous appartient de faire pression sur le gouvernement soudanais pour qu'il procède sans délai aux arrestation d'Ahmad Harun et Ali Kushayb qui permettraient d'ouvrir un procès. Amnesty international ne présume pas de leur culpabilité et demande donc le respect des principes de droit international : droit à un procès équitable, et notamment présomption d'innocence tant que leur culpabilité ne sera pas établie. Le Soudan doit impérativement se soumettre aux demandes de la CPI, mandatée par le Conseil de sécurité : la vérité et la justice pour les victimes et leurs familles sont à ce prix.
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Darfour, dernière ingérence humanitaire ?
Le Monde, 18 juillet 2007 par Daniel Vernet
On connaît à peu près les chiffres : plus de 200 000 morts depuis 2003, plus de 2 millions de personnes déplacées et 4 millions touchées par le conflit au Darfour. Avec des métastases dans les pays voisins du Soudan, le Tchad et la République centrafricaine. Dire que la "communauté internationale" est restée inactive serait mentir. Soutenir qu'elle a fait ce qu'il fallait pour empêcher ce que les Américains appellent un "génocide", et les plus mesurés une "catastrophe humanitaire de grande ampleur", serait être bien optimiste. Ni les tentatives de médiation, ni les "accords de paix" obtenus à l'arraché entre le gouvernement de Khartoum et quelques mouvements rebelles qu'aucune des parties n'est décidée à respecter, ni la présence d'une force africaine, ni le dévouement des organisations humanitaires n'ont mis fin au drame. "Le silence tue" , a dit Nicolas Sarkozy. Mais que faire quand tout le monde se bat contre tout le monde, les forces gouvernementales et ses milices janjawides contre les insurgés, les Arabes contre les Africains, les musulmans contre les chrétiens et les animistes, les nomades contre les sédentaires, les Etats par rebelles interposés ? Le Darfour est un nouvel exemple de la nécessité, et de l'impossibilité, de l'ingérence humanitaire. Dans les années 1990, les Balkans en avaient apporté la démonstration tandis que la communauté internationale venait tragiquement de démissionner au Rwanda. L'humanitaire tout seul est impuissant. S'il est accompagné de l'intervention militaire, il risque d'être dénaturé. Dans le tiers-monde, les travailleurs humanitaires sont souvent vus comme les supplétifs des armées occidentales. Au Darfour, ils sont la cible des factions rivales. Les 7 000 soldats envoyés par l'Union africaine, mal payés et sous-équipés, ne peuvent pas grand-chose contre l'insécurité générale. Depuis qu'ils ont eu leurs premières victimes en octobre 2005, ils ont tendance à ne pas sortir de leurs cantonnements. Après bien des tergiversations, le gouvernement soudanais a donné son accord à une force mixte, dite hybride, avec des contingents de l'Union africaine et de l'ONU. Nul ne sait quand elle sera déployée et comment elle sera financée. Quand l'intendance sera réglée, tous les problèmes ne seront pas résolus pour autant. L'Union européenne est prête à aider. Mais les hommes de l'art relèvent que la coopération avec la force africaine n'est pas aisée. La coordination laisse à désirer. "Un problème de cultures" , dit pudiquement un militaire européen, qui se demande combien de temps l'UE pourra soutenir ce genre d'opération sans perdre sa crédibilité. Aux mêmes maux, les mêmes remèdes ? On a vu, à propos du Darfour, refleurir des idées apparues dans l'ex-Yougoslavie. Bernard Kouchner a voulu ressusciter les "couloirs humanitaires" ; d'autres responsables évoquent des "protectorats humanitaires" , qui rappellent fâcheusement les "zones sécurisées" de Bosnie. Bill Clinton avait craint qu'elles ne soient de véritables "stands de tir" . Il avait eu raison. Voir Srebrenica. Les choix sont limités. Une intervention militaire de la communauté internationale est exclue. La dernière est en train de s'enliser en Afghanistan. Le multilatéralisme, qui est l'alpha et l'oméga de la stratégie européenne, suppose l'existence d'alliés sur place. Force est de constater qu'en Afrique les candidats crédibles ne sont pas légion. Reste la prévention. L' "alerte précoce" devrait permettre d'agir avant que les conflits ne soient devenus ingérables. Mais comment mobiliser les énergies pour prévenir un drame qui n'a pas encore eu lieu, quand il est si difficile de trouver les ressources pour résoudre une crise manifeste ?
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Courrier International, 16 juillet 2007
Avec l'accord discret du gouvernement, des tribus arabes du Niger et du Tchad migrent vers le Darfour repeupler les villages noirs africains dont les habitants ont été tués ou se sont enfuis. Une opération de nature à miner le processus de paix en cours, selon The Independent ( Steve Bloomfield)
Le nombre d'Arabes en provenance du Tchad et du Niger qui traversent la frontière pour se rendre au Darfour a atteint un niveau record, ce qui alimente les thèses selon lesquelles le gouvernement soudanais mène une politique systématique de repeuplement des régions dévastées par la guerre. Selon un rapport interne des Nations unies, près de 30 000 Arabes auraient passé la frontière au cours des deux derniers mois. La plupart se sont présentés avec toutes leurs possessions et de grands troupeaux. Ils ont été accueillis par des Arabes soudanais qui les ont emmenés dans des villages vidés de leurs habitants par les forces gouvernementales et les janjawids.
L'opération "semble bien orchestrée, a déclaré un responsable des Nations unies. C'est un mouvement de très grande ampleur. Nous n'avions encore jamais vu autant de personnes arriver au Darfour occidental". Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) a dépêché une équipe à la frontière avec le Tchad, à la fin du mois de mai, afin d'interroger les nouveaux arrivants. L'intensification des combats dans l'est du Tchad laissait penser que bon nombre étaient des réfugiés. Pourtant, peu d'entre eux ont demandé assistance au HCR. "La plupart ont été relogés par des Arabes soudanais dans d'anciens villages de personnes déplacées (DPI) et ont été invités à s'installer", explique un représentant des Nations unies. Les migrants ont reçu des cartes d'identité et la nationalité soudanaise. En incitant les populations arabes du Tchad, du Niger et d'autres régions du Soudan à s'établir au Darfour, le gouvernement soudanais rend "presque impossible" le retour des personnes déplacées.
Pour James Smith, directeur général d'Aegis Trust [une association qui dénonce les génocides], ces informations démontrent que le gouvernement soudanais "s'efforce cyniquement de modifier la démographie de la région. Si le nettoyage ethnique s'accompagne d'une politique de repeuplement, la situation deviendra irréversible. Le processus de paix sera voué à l'échec." Le sud du Darfour est également concerné puisque des Arabes, venus d'autres régions du Soudan, sont invités à s'installer dans des villages appartenant autrefois à des tribus locales.
Avant l'éclatement du conflit, en 2003, le Darfour comptait 7 millions d'habitants, la plupart membres de trois tribus africaines, les Fours, les Masalits et les Zaghawas. Les attaques des troupes soudanaises et des milices arabes à cheval – les janjawids – se sont soldées par le départ de près de 2,5 millions d'habitants. La plupart ont trouvé refuge dans des camps à proximité des grandes villes et ne survivent que grâce à l'aide humanitaire. Environ 250 000 se sont réfugiés dans le Tchad voisin et on estime à près de 1,5 million le nombre de personnes affectées par le conflit. Ils seraient donc près de 4 millions à dépendre de l'aide des quelque 80 organisations humanitaires présentes dans la région. En quatre ans et demi, la guerre au Darfour aura fait plus de 200 000 morts.
Alors que Khartoum s'efforce de remplacer les tribus locales par des populations arabes venues d'autres pays, les diplomates craignent que les rebelles du Darfour ne les renvoient de force. "La situation pourrait devenir explosive, commente un diplomate occidental. L'heure est grave." Outre les 30 000 migrants arabes du Tchad et du Niger, cités dans le rapport du HCR, des rumeurs persistantes indiquent que près de 45 000 Arabes du Niger auraient passé la frontière. La citoyenneté n'a que peu de valeur pour la plupart des nomades car le découpage arbitraire du Sahel n'a guère suscité de sens patriotique. Mais cet élément pourrait être essentiel pour le régime de Khartoum puisque des élections sont prévues dans deux ans, les premières depuis le coup d'Etat de 1989 qui a porté le président Omar El-Béchir au pouvoir. Pour les Arabes, une installation au Darfour présente des avantages et des inconvénients. La sécheresse dans les régions du nord de l'Afrique pousse les nomades vers d'autres terres. Et, en dépit de l'avancée du désert, la plupart des terres du Darfour dévastées par les troupes gouvernementales et les janjawids sont fertiles
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Les Arabes du Darfour se voient aussi en victimes
Le Figaro, 17 juillet 2007 par Tanguy Berthemet
Considérées comme les agresseurs des sédentaires noirs, les tribus arabes, liées aux guerriers janjawids, font également les frais de la guerre.
La conférence internationale de Tripoli sur le Darfour, qui a œuvré à une reprise des négociations entre le gouvernement soudanais et les rebelles, s'est achevée hier sur une note d'optimisme. A été décidée une relance du processus politique. Une nouvelle réunion se tiendra du 3 au 5 août en Tanzanie.
De notre envoyé spécial à el-Geneina
C'est une vaste plaine beige, plantée d'arbres trop secs pour porter des feuilles. Le vent chaud balaye le sable, au ciel de gros nuages noirs annoncent la saison des pluies. Bientôt le Darfour va reverdir. Mais pour l'heure, Abderamane Yacoub désigne de la main deux collines pierreuses qui se dressent au loin. « Entre les deux c'est la plaine de Zeila, la terre des Arabes, notre pays », se satisfait-il. Le oumda, le chef traditionnel de la tribu des Mahariyas, est en son royaume. Dans les feriks, les villages disséminés sur ces dizaines de kilomètres carrés passés el-Geneina, la capitale du Darfour occidental, l'arrivée de son vieux pick-up Toyota est un événement. Le oumda Yacoub distribue, ici un sac de mil, là un litre d'huile. « La vie est dure mais c'est la vie de Arabes », insiste-t-il fièrement. L'homme fait mine de croire à l'avenir, à l'arrêt des malheurs et de la guerre, au retour des temps anciens, ceux du bonheur nomade. Le oumda ne peut accepter la fin de son monde. Déjà les feriks ne sont plus peuplés que de vieillards, de femmes, et d'enfants. Les jeunes hommes sont rares. « Ils sont partis avec les troupeaux de chameaux et de vaches», assure le cheik Abdel Aziz Jaba. Sur un coin de carte, il désigne vaguement une vaste zone du Sud-, Darfour. «Les jeunes et les bêtes sont tous là », promet-il. II ne tient pas à en dire plus. Remonteront-ils vers le nord ? Les chefs se font moins précis encore. «C'est devenu dangereux de faire la migration. Il y a des attaques. On perd du bétail », concède le oumda, en caressant d'une main distraite la crosse de sa kalachnikov.
« Nous sommes des victimes »
Empruntées pendant des siècles, les routes traditionnelles ont été abandonnées depuis plus de vingt ans. Les vastes prairies du nord à la frontière libyenne, et les marais du Tchad ne sont plus que des souvenirs. La faute, d'abord, à un emballement démographique qui a rendu le partage des terres et de l'eau entre paysans, souvent noirs, et pasteurs nomades arabes, de plus en plus âpres. Pour survivre, les Arabes ont, dans les années 1970, à leur tour construit des villages. « Les migrations étaient devenues difficiles pour les vieux et les enfants », justifie Abderamane Yacoub. Comme toute l'Afrique, les Arabes du Darfour rêvent d'éducation, de sortir du sous-développement. Le gouvernement de Khartoum, qui voit là un moyen de contrôler cette province rebelle, encourage ce mouvement, promettant puits, dispensaires et écoles. Mais les promesses restent des promesses. « Nous n'avons jamais rien eu. Le gouvernement n'a rien fait. Ici, il n'y aucune salle de classe et nos enfants sont toujours analphabètes », s'agace le oumda. La famine de 1984 a un peu plus ancré la misère, aiguisé les rivalités claniques et le racisme latent. Les raids ont succédé aux rezzous qui précédaient des expéditions punitives. Le gouvernement central a laissé venir la catastrophe. Le conflit éclate en février 2003. Une rébellion, massivement soutenue par les ethnies noires, attaque l'armée gouvernementale. Khartoum réagit vite, mobilisant et armant contre les insurgés « africains» leurs voisins « arabes». Les quatre années de guerre feront près de 200 000 morts et 2 millions de déplacés, en majorités des « Africains». A priori consensuelle, cette analyse a pourtant le don d'agacer le oumda : « Ce sont des mensonges propagés par les médias occidentaux. Les rebelles noirs ne s'en sont pas pris au gouvernement mais aux Arabes pour voler leur terre. Nous nous sommes défendus contre leurs attaques. » Les mots du vieux chef soulèvent l'approbation. Distillée par Khartoum, la théorie du complot anti-arabe ourdi par les États-Unis est partagée par l'immense majorité des deux millions d'Arabes du Darfour. Et à la nuit tombée, les langues se délient. « Nous sommes des victimes. Deux de mes fils sont morts à la guerre, tués par les "Zurgas" ("Africains noirs" dans un sens péjoratif) », glisse Issa Terab Kur, le cheik d'un village voisin. Utilisés en première ligne pour contenir les rebelles, les Arabes ont, de fait, payé un lourd tribu à la guerre. Nul ne connaît vraiment leur pertes. A Zeila, comme dans toutes les communautés arabes, les dessous de la guerre restent cachés, comme un secret honteux. « Mais nous ne sommes pas des janjawids, précise aussitôt le cheik. Juste des combattants. » L'arrivée, silencieuse, d'un groupe de cavaliers, kalachnikovs accrochées aux selles, avive le trouble. Ces hommes portent un uniforme beige avec un faucon en blason. C'est la tenue d'une milice paramilitaire, comme le gouvernement en a monté des dizaines ces derniers mois au Darfour, en puisant parmi les janjawids. « Ces jeunes sont là pour nous protéger des attaques des Noirs », dit le oumda.
Sentiment d'abandon
Le danger n'est pourtant pas évident. Dans la plaine de Zeila, on ne distingue plus aucun village massalit, l'ethnie africaine de la région. Les autres groupes sont également invisibles. «Ils vivent un plus loin. Mais ils peuvent venir s'installer à nos côtés s'ils veulent », affirme Abderamane Yacoub. Et de proclamer, contre toute évidence, que « la paix règne ». La zone est considérée comme l'une des plus dangereuses du Darfour occidental. Les ONG, lassées de se faire piller leurs véhicules et leurs téléphones satellitaires, se contentent de la survoler en hélicoptère. Malgré tout le oumda se refuse à incriminer ou critiquer le gouvernement pour ces interminables successions de violences. Il préfère, une fois encore, jeter l'opprobre sur la communauté internationale. « Ici nous n'avons aucune aide. Les ONG ne viennent pas nous voir et donnent tout aux Noirs. » Un sentiment d'abandon, pas totalement injustifié. « Les tribus arabes ont elles aussi beaucoup perdu dans cette guerre, souligne un spécialiste basé à Khartoum. Mais pour l'instant, dans les négociations, elles ne sont pas consultées. C'est sans doute une erreur, car la paix ne se fera pas sans les Arabes. »
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Des euros «évaporés» par millions au Darfour
Les soldats de l'Union africaine attendent leur solde.
Libération, lundi 16 juillet 2007 par Thomas Hofnung
Le Darfour comme nouvelle illustration des dérives bureaucratiques des opérations multilatérales de maintien de la paix ? Depuis le déploiement d'une force, en 2004, par l'Union africaine (UA) dans cette province de l'ouest du Soudan ravagée par la guerre civile, l'Union européenne a déboursé 282 millions d'euros pour financer ces opérations. Mais certains des 7 700 soldats (nigérians, sénégalais, rwandais) n'en voient jamais la couleur. «Nous sommes dans une situation très embarrassante, a reconnu Josep Borrell, ancien président du Parlement européen, de retour d'une mission d'eurodéputés au Darfour . Depuis des mois, les soldats n'ont pas touché leur paye. Certains n'ont même jamais rien reçu.» L'eurodéputé Thierry Cornillet, qui parle d'un retard de «quatre mois» dans les versements, évoque la «démoralisation» des militaires. Les députés demandent qu'une enquête soit menée avant de débloquer d'autres fonds. Notamment pour financer l'envoi de la «force hybride» (Union africaine-ONU), appelée à se substituer, début 2008, à une force africaine impuissante à enrayer la violence. «Nous devons rendre des comptes au contribuable européen » , dit-on à la Commission de Bruxelles, où l'on précise que deux experts ont été envoyés au siège de l'Union africaine, à Addis-Abeba (Ethiopie). Ces derniers ont déjà «audité» les comptes de 2005 concernant l'utilisation des fonds européens, avant de se plonger dans ceux de 2006. «A ce stade, ils n'ont relevé aucune trace de détournement», assure Amadeu Altafaj, le porte-parole du Commissaire au Développement et à l'Aide humanitaire, Louis Michel. «L'UA est une organisation jeune, elle manque encore d'expertise et de capacités de gestion financière , ajoute-t-il. Mais n'oublions pas que c'est la seule organisation qui, pour le moment, a pris ses responsabilités au Darfour.» En attendant la fin de l'audit, une certitude : l'argent européen «s'évapore». Mais à quel niveau de la chaîne ? Il y a quelques années, un scénario similaire s'était produit avec la force africaine en République centrafricaine, la Fomuc, financée en grande partie par Paris. «On s'était aperçu que le général commandant l'opération prélevait un tiers de l'argent, qu'un autre tiers était capté par les officiers et qu'il ne restait plus qu'un tiers pour la troupe», raconte un diplomate. La France avait alors nommé des officiers chargés de réceptionner l'argent et de le distribuer, listings en main, aux soldats de la Fomuc. Dans le cas du Darfour, ce sont les états-majors des contingents africains qui sont chargés de répartir les soldes. Faudra-t-il leur adjoindre des officiers européens ? Autre sanction possible, mais presque impossible à assumer : la suspension des financements. Alors que Khartoum est accusé par Washington de poursuivre ses raids meurtriers et que plus de deux millions de personnes vivent sous perfusion humanitaire au Darfour, qui osera «couper les vivres» à l'Union africaine ? Une telle décision signerait l'arrêt de mort de ses opérations. «L'UA est à court d'argent : sur 53 pays, seuls 7 paient en temps et en heure leur contribution», note-t-on à Bruxelles. A court terme, il ne reste plus qu'à remettre au pot. Lors d'une conférence, le mois dernier, sur le Darfour, Nicolas Sarkozy a annoncé 10 millions d'euros supplémentaires pour la force de l'UA. A ce jour, la France a assumé le quart des 282 millions d'euros déboursés par les Européens.
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Les Français favorables à l'envoi de troupes au Darfour
Selon un sondage Ifop pour « La Croix » 55% des Français se déclarent pour un engagement militaire de la France au Darfour dans le cadre des Nations Unies.
La croix, 16 juillet 2007, par Nathalie Lacube
Lors que se tient depuis dimanche 15 juillet à Tripoli, en Libye, sous l'égide des Nations unies et de l'Union africaine, une réunion pour faire le point sur le processus de règlement politique au Darfour, La Croix a demandé à IZfop d'évaluer le sentiment des Français sur ce conflit. Premier enseignement du sondage, cette crise africaine est plutôt mal comprise des Français. En effet, s'ils savent désormais qu'un drame se joue au Soudan, ils estiment pour la plupart ne pas être bien informés de la situation. 69 % des personnes interrogées disent ainsi être « mal informées. », un chiffre qui monte à 80 % chez les moins de 35 ans. Les femmes (à 73 %) sont plus nombreuses que les hommes (66 %) à se classer dans cette catégorie. Les retraités, dont 57 % « seulement » s'estiment mal informés, semblent avoir bénéficié de plus de temps pour se tenir au courant de cette crise, dont la compréhension est rendue difficile par la fragmentation des rebelles sur le terrain, et la multiplication des initiatives régionales et internationales pour tenter d'obtenir un règlement. Si on examine les réponses au crible de la profession du chef de famille, on constate que le niveau d'information des cadres supérieurs et professions libérales est rigoureusement identique à celui des ouvriers (28 %).
70 % des Français redoutent ta poursuite des massacres
Quoi qu'il en soit, les Français se préoccupent vivement des conséquences du conflit. Ils redoutent très largement (pour 70 % d'entre eux) la poursuite des massacres des populations civiles, alors que le conflit a déjà causé environ 200 000 morts depuis 2003 selon des estimations de l'ONU. Ce sont les femmes (72 %), les jeunes (79 %) et les sympathisants de gauche (73 %) qui se montrent les plus préoccupés. 58 % des Français s'inquiètent du risque de famine dans les camps de réfugiés, qui, au Soudan et au Tchad voisin, abritent, selon l'ONU, plus de 2,1 millions de personnes déplacées. Une préoccupation qui n'a cessé d'augmenter depuis le début du conflit « oublié » des médias et de l'opinion publique à ses débuts, mais devenue désormais visible grâce à la mobilisation des humanitaires dans les camps. Ainsi, l'Unicef en 2005 n'avait reçu des pays contributeurs que 43,5 millions d'euros pour ses programmes au Darfour, soit seulement 43 % des besoins évalués. En 2006, la situation s'est améliorée, avec une couverture à 69 % des besoins exprimés par l'organisation onusienne en charge de l'enfance. Les aspects plus politiques de la crise africaine préoccupent largement moins les Français que la crise humanitaire. Ils ne sont que 32 % à redouter les tensions entre grandes puissances ayant des intérêts dans la région, et 31 % à craindre que le conflit s'étende à d'autres pays voisins.
69% des hommes favorables à une intervention
Alors que l'ONU doit décider dans les prochaines semaines du financement de maintien de la paix au Darfour, qui consistera a remplacer début 2006 la force africaine de 7.000 hommes mal financée et mal armée par une force robuste de plus de 20.000 hommes financée par la communauté internationale, 62 % des Français se déclarent favorables à cette intervention. Les hommes (69 %) adhérent à cette perspective plus largement que les femmes (56 %), et les moins de 35 ans (68 %) plus que leurs aînés (59 %). Tous les partis politiques se situent autour de la moyenne pour souhaiter cette intervention militaire. Les Français acceptent l'idée de participer militairement à cette force de l'ONU au Darfour , pour 55 % d'entre eux. Ils rejoignent ainsi le président Sarkozy, qui a redit vendredi, à la veille des célébrations du 14 juillet, qu'il avait K appelé à la mobilisation de la communauté internationale sur le Darfour . Chaque jour, le silence y tue et personne ne fait rien », a-t-il déploré, soulignant toutefois que l'armée française a mis en oeuvre un pont aérien humanitaire dans l'est du Tchad. Consultés par l'Ifop lors des précédentes crises internationales, les Français s'étaient déclarés favorables en avril 1999 à l'implication militaire de la France au Kosovo (à 58 %), ainsi qu'en octobre 2001 pour l'Afghanistan (à 55 %). En revanche, ils n'étaient que 19 % à accepter un engagement militaire de la France en Irak en janvier 2003. Pour le Darfour, le principe d'une implication de l'armée française dans la force onusienne est donc bien accepté par 63 % des hommes interrogés, mais seulement 48 % des femmes. Les moins de 35 ans y sont plus favorables que leurs aînés, alors qu'un consensus se fait entre les sympathisants de droite (pour l'implication française à 57 %) et de gauche (pour à 56 %). Environ 12 000 soldats français sont engagés militairement à l'extérieur, en Afghanistan, en Côte d'Ivoire, au Liban, au Kosovo, au Tchad et en République centrafricaine. Le Darfour pourrait bien être leur prochain terrain d'intervention.
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Le changement climatique, pas seule cause du conflit du Darfour
IRIN, Johannesburg, 16 juillet 2007
Le changement climatique compte sans doute parmi les problèmes à l'origine de la crise du Darfour, mais le considérer comme l'unique cause du conflit reviendrait à occulter d'autres facteurs importants et risquerait d'entraver la recherche de solutions, selon les analystes du conflit et les climatologues. Nombre de commentateurs, de journalistes et d'analystes se sont récemment intéressés à la course aux ressources naturelles -de plus en plus rares en raison du réchauffement climatique- comme pouvant être, selon eux, le facteur déclencheur du conflit qui sévit dans l'ouest du Soudan. « Il [le réchauffement climatique] est devenu un sujet tellement à la mode qu'aujourd'hui, tout est lié au changement climatique », a estimé Sorcha O'Callaghan, chercheuse à l'Institut britannique de développement outre-mer (ODI). « La course aux ressources est sans conteste l'un des principaux facteurs de ce conflit, mais lui accorder une place trop importante, aux dépens d'autres causes, revient à tenter de simplifier la crise. Il faut être conscient de la complexité des différents facteurs qui motivent le conflit du Darfour afin de s'efforcer de le résoudre ; c'est pourquoi il faut éviter de le simplifier à l'excès », a-t-elle ajouté. L'économiste Jeffrey Sachs a été parmi les premiers commentateurs à expliquer la crise du Darfour à la lumière du réchauffement climatique. « Ces dernières années ont démontré qu'une évolution des précipitations pouvait entraîner un renversement de régime et même déclencher des guerres. En Afrique, le Sahel, la région immédiatement au sud du Sahara, nous en offre un exemple dramatique et poignant », avait-il écrit, en juillet dernier, dans un article publié sur le site Internet du magazine Scientific American. « Le carnage qui a lieu au Darfour (Soudan), par exemple, est presque toujours évoqué en des termes politiques et militaires ; pourtant, il est également le résultat d'une crise écologique qui découle directement de chocs climatiques », ajoutait M. Sachs. Un rapport sur la menace que représente le changement climatique pour la sécurité mondiale a été rédigé cette année par un groupe d'anciens responsables de l'armée américaine pour le compte de CNA Corporation, une cellule de réflexion. « En étudiant le cas de la crise du Darfour, on peut observer de quelle façon certains facteurs liés au climat peuvent aggraver des situations déjà difficiles et les faire basculer au-delà du point critique. Cela montre aussi que le manque de ressources essentielles menace non seulement les personnes et les communautés, mais également la région et la communauté internationale dans son ensemble », selon le rapport. « Bien qu'il ait diverses causes politiques et sociales, le conflit du Darfour était, au début, une crise écologique, découlant, au moins en partie, du changement climatique », a écrit Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations Unies, dans un article d'opinion publié ce mois-ci dans le Washington Post.
Soudan – une série de conflits depuis l'indépendance
Au cours de ses 50 années d'indépendance, le plus grand pays d'Afrique a été frappé par divers conflits provoqués, selon de nombreux historiens, par la domination économique, politique, sociale et militaire exercée dans le pays par une petite élite, établie dans le nord du Soudan. La guerre civile a touché les dix Etats du sud, ainsi que l'ouest (les trois Etats du Darfour), le centre (les Etats du Nil bleu et du Sud-Kordofan), l'est (l'Etat de Kassala) et le nord-est (l'Etat de la Mer rouge). « Au Darfour, des affrontements ont lieu par intermittence depuis au moins 30 ans. Jusqu'à 2003, ils se limitaient principalement à une série de conflits locaux et tribaux en partie liés les uns aux autres [puis] ces hostilités se sont aggravées pour prendre l'ampleur d'une confrontation militaire à grande échelle dans l'ensemble des trois Etats du Darfour, confrontation qui s'étend bien souvent au Tchad voisin et à la République centrafricaine », selon un nouveau rapport, rédigé par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), et intitulé Soudan : Evaluation environnementale post-conflit. Pour comprendre toutes les causes de la crise du Darfour, il faudrait sans doute adopter une approche plus nuancée. « Il y a du vrai là-dedans [le lien entre le conflit et la demande en ressources naturelles]. La grave période de sécheresse et de famine qu'a connue le pays en 1984-85 a provoqué des conflits localisés qui opposaient généralement les éleveurs aux cultivateurs, dans la lutte pour les ressources, de moins en moins nombreuses ; ces conflits ont fini par donner lieu à la guerre de 1987-89 entre les Fours et les Arabes », a expliqué à IRIN Julie Flint, co-auteur avec Alex de Waal de l'ouvrage Darfur: The Short History of a Long War [Le Darfour : La brève histoire d'une longue guerre]. Mais tenter de dépeindre le conflit du Darfour comme une simple crise de ressources « blanchit le gouvernement soudanais », a affirmé Mme Flint. Le « drame à part entière » qui a débuté en 2003, a été causé par la réaction du gouvernement à la rébellion, « réaction qui a déjà valu à deux personnes d'être condamnées pour crime de guerre par la CPI [Cour pénale internationale] – il n'est pas le résultat d'un conflit lié aux ressources ». Pour Mme O'Callaghan de l'ODI, ce conflit est la conséquence de plusieurs problèmes, et non d'un seul problème, ou d'un problème principal. « Griefs historiques, perceptions locales de races, exigence d'un partage équitable des pouvoirs entre les différents groupes, répartition inéquitable des ressources et des profits économiques, querelles sur l'accès à des ressources naturelles de plus en plus rares et sur le contrôle de ces ressources (terres, bétail et eau), prolifération des armes et militarisation des jeunes, absence de processus démocratiques et autres problèmes de gouvernance […] Les problèmes locaux ont été politisés, militarisés et transposés dans la dynamique politique plus vaste du Soudan », a-t-elle commenté. « La concurrence entre les éleveurs et les agriculteurs est au cœur de nombreux conflits en Afrique de l'Est, y compris de la crise du Darfour. Si les violences entre les tribus et les groupes ethniques sont les frontières les plus visibles, l'histoire de ces conflits ne peut toutefois être expliquée sans prendre en compte les pressions environnementales et démographiques sous-jacentes », a noté Geoffrey Dabelko, directeur du Programme de sécurité et de changement environnementaux du Woodrow Wilson International Center for Scholars de Washington.
Le facteur climatique *
Le Soudan, comme d'autres pays de la ceinture sahélienne, a subi plusieurs périodes de sécheresse longues et dévastatrices ces dernières décennies, pouvait-on lire dans l'évaluation réalisée par l'UNEP. La sécheresse la plus grave a eu lieu en 1980-1984, et s'est accompagnée d'un déplacement de population massif et d'une famine localisée. Selon le rapport de l'UNEP, l'érosion des ressources naturelles provoquée par le changement climatique ferait également partie des problèmes à l'origine des affrontements et du conflit social. « L'ampleur des changements climatiques relevés jusqu'ici au Nord-Darfour est presque sans précédent : la diminution des précipitations a transformé des millions d'hectares de pâturages déjà semi-désertiques en désert. On considère que l'impact du réchauffement climatique a un lien direct avec le conflit qui sévit dans la région, la désertification ayant considérablement aggravé les pressions sur les moyens de subsistance des communautés d'éleveurs, obligeant ceux-ci à se déplacer vers le sud pour trouver des pâturages », selon le rapport. Depuis Khartoum, Mouaweyya Shaddad, de la Sudan Environment Conservation Society, a expliqué à IRIN que les données recueillies depuis 1917 à El Fasher, la capitale du Nord-Darfour, montraient que les précipitations annuelles moyennes avaient diminué de moitié. « Quand nous disons que les conflits ont été déclenchés par le manque de ressources, nous ne contestons pas le fait que le gouvernement a commis de graves erreurs, et que l'ethnicité a également joué un rôle : tous ces facteurs ont trouvé un terrain fertile dans une situation déjà tendue en raison de la demande en ressources », a-t-il dit. Dans son rapport, l'UNEP reconnaît lui aussi que de nombreux éléments du conflit soudanais ont peu, voire rien, à voir avec l'environnement ou les ressources naturelles. Parmi ces éléments sont cités notamment les divisions politiques, religieuses, ethniques, tribales et claniques, les influences économiques, le régime foncier déficient et les querelles historiques. « En outre, si les questions liées à la gestion de l'environnement et des ressources naturelles sont importantes, elles ne constituent généralement que des facteurs contributifs – elles ne sont pas l'unique cause des tensions », a dit l'UNEP.
Le piège de la simplification
« La difficulté consiste à éviter les formulations trop simplistes ou déterministes, émises par certains commentateurs peu consciencieux, qui assimilent inexorablement le changement climatique aux génocides ou au terrorisme », a commenté M. Dabelko, du Woodrow Wilson Center. Mme O'Callaghan a également remis en question les remarques de certains commentateurs, qui « dressent un portrait simpliste du conflit du Darfour, le réduisant à une lutte ethnique opposant les Arabes aux Africains ». « Les allégeances politiques et militaires évoluent entre les différents groupes ; c'est pourquoi, aujourd'hui, on a davantage tendance à accepter le fait que cela ne reflète pas justement les origines du conflit », a-t-elle expliqué. L'UNEP a identifié plusieurs catégories de ressources naturelles, liées aux divers conflits soudanais : les réserves de pétrole et de gaz, l'eau du Nil, le bois, les parcours de transhumance, les terres agricoles non irriguées, et les points d'eau qui y sont liés. L'agence onusienne considère également la théorie de la lutte éleveurs nomades/agriculteurs trop simpliste. « Au Soudan, les systèmes qui régissent les moyens de subsistance et les structures ethniques rurales sont si complexes et propres aux régions que toute synthèse du problème de la course aux ressources à l'échelle nationale est, par définition, une grossière simplification », a dit l'agence. Par exemple, « les sociétés d'éleveurs et les communautés agricoles traditionnelles du Soudan ne sont pas toujours clairement séparées : dans de nombreuses régions, des sociétés (des familles, des clans et même des tribus entières) pratiquent un mélange d'agriculture et d'élevage », a ajouté l'UNEP. Le rapport classe les différents groupes en tribus/sociétés principalement agricoles et sédentaires ; tribus/sociétés nomades spécialisées dans l'élevage ; et en propriétaires / travailleurs spécialisés en systèmes d'agriculture mécanisée. Ces trois groupes dépendent tous des précipitations pour vivre. La plupart des conflits locaux constatés ont lieu dans ou entre les deux premiers groupes, selon l'UNEP. Généralement, le troisième groupe – spécialisé dans l'agriculture mécanisée – n'intervient pas directement dans les conflits, bien qu'il ait grandement contribué à les déclencher dans certains Etats, en saisissant sans autorisation des terres appartenant aux deux autres groupes. « [Dans les] montagnes de la Nubie et dans l'Etat du Nil bleu, certains combattants ont rapporté que l'expansion des systèmes d'agriculture mécanisée sur leurs terres avait déclenché des affrontements, qui s'étaient ensuite intensifiés, et s'étaient mêlés au grand conflit politique nord-sud », a noté le rapport. De tout temps, au Soudan, des éleveurs s'efforçant de résister au rétrécissement et à la dégradation de leurs parcours se sont trouvés au cœur des conflits locaux : ils luttent contre d'autres groupes pour s'approprier des pâturages de choix,conduisent leur bétail sur des terres cultivables pour l'y faire paître sans autorisation, limitent la concurrence en forçant d'autres éleveurs et agriculteurs à évacuer des terres qu'ils partageaient auparavant avec eux, selon le rapport de l'agence onusienne. Dans la région d'Om Chelluta, au Sud-Darfour, les terres agricoles non irriguées ont augmenté de 138 pour cent entre 1973 et 2000, tandis que les parcours ont diminué de 56 pour cent et les forêts fermées, de 32 pour cent. Le rétrécissement et la dégradation passés, actuels et futurs des parcours restants dans la région nord de la ceinture sahélienne ne feront qu'aggraver la situation, a prévenu l'UNEP.
Un cercle vicieux
L'impact du conflit lui-même se fait sentir en matière d'environnement. Selon l'UNEP, les affrontements au Darfour se caractérisent souvent par une campagne de « destruction des terres », menée par des milices sur de grandes étendues ; cela se traduit non seulement par un nombre de décès considérable au sein de la population civile, mais aussi par la destruction massive de villages et de forêts, et par le déplacement des victimes, qui fuient vers les camps pour se protéger et trouver de l'eau et de la nourriture. La détérioration de l'environnement fait donc partie des forces qui motivent le déplacement des populations. En outre, selon l'UNEP, l'environnement est encore dégradé par le nombre de réfugiés et de personnes déplacées. En effet, les camps de réfugiés ou de déplacés ont souvent de lourdes conséquences sur l'environnement : les chercheurs de l'UNEP au Darfour ont découvert que les camps pouvaient occasionner une déforestation extensive jusqu'à 10 kilomètres à la ronde ; dans certains camps, la situation est encore aggravée par la fabrication de briques. « ll faut un gros arbre pour alimenter le feu nécessaire à la fabrication de 3 000 briques environ. En outre, l'extraction de l'argile nécessaire à la fabrication des briques peut endommager les arbres en exposant les racines, et créer également des fosses où l'eau s'accumule et les moustiques prospèrent », a prévenu l'agence des Nations Unies. « Il est possible que certains camps du Darfour viennent à manquer de bois de chauffage utilisable dans un rayon faisable à pied, ce qui entraînera de sérieuses pénuries de combustible », a-t-elle ajouté. Le rapport de l'UNEP présente des recommandations en vue de maîtriser et de traiter ce problème. L'agence préconise notamment d'investir dans la gestion environnementale et dans des mesures d'adaptation climatique ; de renforcer les capacités des autorités locales et nationales en affaires environnementales, et de prendre en compte les facteurs environnementaux dans le cadre de tous les projets d'aide d'urgence et de développement des Nations Unies. « Le coût total de la mise en œuvre des recommandations de ce rapport est estimé à environ 120 millions de dollars sur une durée de trois à cinq ans. Ce chiffre n'est pas exorbitant si on le compare au PIB du Soudan, qui s'élevait à 85,5 milliards de dollars en 2005 ».
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Des chefs d'opposition arrêtés au Soudan
Jeune Afrique avec Xinhuanet, 15 juillet 2007
Les services de sécurité soudanais ont arrêté des chefs d'un parti d'opposition grâce à une tentative avortée de coup d'Etat, a rapporté dimanche le quotidien local Sudan Tribune. Quatorze personnes, y compris l'ancien assistant du président Mubarak al-Fadil et plusieurs généraux à la retraite dont Mohamed Ali Hamid, qui a travaillé comme directeur adjoint de sécurité fin des années 80, et un ancien ministre du Tourisme Abdeljalil al- Basha, ont été arrêtées samedi, selon le reportage. "Al-Fadil et les autres préparaient un acte de sabotage, afin de saboter la sécurité du pays, semer le chaos et des troubles à Khartoum", a indiqué un responsable soudanais cité par le journal. Al-Fadil est le président du Parti de la réforme et du redressement d'Umma, formé après l'éclatement du Parti d'UMMA, le plus important parti d'opposition au Soudan et conduit par l'ancien Premier ministre Sadiq al-Mahdi. Al-Fadil a été nommé en 2003 assistant du président Omer al- Bashir par celui-ci, mais limogé l'année suivante. Les services de sécurité avaient connaissance du complot depuis avril et ont décidé de réagir samedi "pour préserver la sécurité nationale", a rapporté le Sudan Tribune. Les services de sécurité ont également souligné qu'Al-Fadil a cherché le soutien financier de la Libye, mais Tripoli a informé Khartoum du contact qu'ils ont eu avec al-Fadil
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Le Soudan bombarde des civils au Darfour, affirme l'émissaire US Reuters
L'Express avec Reuters, 13 juillet 2007
L'émissaire américain au Darfour accuse les autorités soudanaises d'avoir bombardé des civils dans cette province et les rebelles de faire obstacle aux efforts internationaux.
"Après une pause dans les bombardements entre début février et fin avril 2007, le gouvernement a repris les frappes au Darfour", a déclaré Andrew Natsios lors d'une conférence de presse à Karthoum. "Ceci doit s'arrêter et le cessez-le-feu qui avait été conclu il y a quelque temps doit être respecté. Nous demandons formellement au gouvernement soudanais d'arrêter immédiatement tout bombardement au Darfour." Khartoum a signé en 2004 un accord de cessez-le-feu avec les deux principaux mouvements rebelles du Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité et le Mouvement de libération du Soudan, mais les violences ont perduré. En mai 2006, un nouvel accord de paix n'a été signé que par une faction rebelle. Depuis, les insurgés se sont divisés en une dizaine de groupes. "Certains des chefs rebelles deviennent des chefs de guerre ou des criminels et ce n'est pas une tendance positive pour le Darfour. Il est d'autant plus important d'accélérer le processus politique vers un accord de paix", a déclaré Natsios. "Certains chefs rebelles entravent cyniquement le processus de paix, ce qui perturbe réellement le gouvernement américain. Cette situation doit cesser", a-t-il estimé.
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Au Darfour, les Arabes dans le piège janjawid
Le Monde 13 juillet 2007, par Jean-Philippe Rémy
Les tribus arabes sont tenues collectivement responsables des exactions commises par les pillards. A tort. Elles-mêmes se considèrent comme des victimes
Le vent de sable qui monte de la plaine soulève les bords de la carte du Soudan. Abderhaman Abdikhadir Yakoub, du doigt, y dessine les contours d'un monde à l'agonie. Assis sur une natte dans un minuscule village, le oumda (chef désigné par l'administration) d'un groupe de la tribu arabe des Mahariyas montre l'ancien chemin que parcouraient les siens au fil des saisons avant que le Darfour ne s'effondre.
Sur la carte, tout au nord, une ligne bleue aux confins du Darfour. Le wadi Howa, dernier cours d'eau saisonnier avant le grand désert du Nord, à la porte de la Libye. Chaque année, pendant la saison des pluies, les Mahariyas, comme d'autres tribus arabes, y menaient leurs troupeaux de chameaux s'y gorger d'eau et d'herbe avant de redescendre, plein sud, pendant les mois secs, parfois jusqu'à la forêt de Centrafrique, à plus de 1 000 kilomètres. Les ancêtres des tribus arabes sont arrivés au Darfour par vagues depuis le Moyen Age, en provenance de la péninsule Arabique ou d'Afrique du Nord. Ils se sont mélangés avec les ethnies de la région, tout en conservant une identité particulière et un mode de vie influencé par le pastoralisme. C'était avant le cycle des catastrophes. Avant la désertification, entamée dans les années 1970. Avant l'afflux des armes. Avant, surtout, la grande sécheresse de 1984-1985, dont chacun, dans le campement de Zeila, parle comme si elle s'était produite l'avant-veille. Dix-huit mois sans une goutte de pluie, les troupeaux décimés, 100 000 morts au Darfour. Les bergers ont massé leurs troupeaux plus au sud, brisant l'équilibre subtil du partage de l'eau et des pâturages avec des cultivateurs de cette région. Des conflits se sont allumés. Les routes sont devenues périlleuses, accélérant le déclin d'un monde fragile et ancien. "Depuis 1989, nous ne sommes plus jamais retournés au wadi Howa. Les familles mahariyas ont arrêté la migration et commencé à cultiver. Voilà ce qu'est devenue la vie des Arabes" , soupire Oumda Abderhaman. Déjà perturbé, le Darfour s'est embrasé en 2003 lorsque des rebelles d'ethnies "non arabes", essentiellement Four, Massalit et Zaghawa, ont lancé des opérations militaires contre les forces gouvernementales. Que les éleveurs zaghawas aient, eux aussi, souffert des mêmes maux que les Arabes n'a pas compté. Les autorités soudanaises ont battu le rappel des tribus arabes, pour écraser indistinctement rebelles et populations. Sur un modèle de terreur déjà employé dans la guerre contre le Soudan sud, la machine des janjawids, miliciens prélevés dans plusieurs tribus arabes, dont les Mahariyas, a commencé en 2003 à transformer le Darfour en terre brûlée. A Zeila, le sujet est d'autant plus tabou que les milices sont visibles partout. Dans un ferick (village temporaire traditionnel), un groupe d'hommes joue aux dominos en regardant grossir des nuages couleur d'acier gorgés de pluie qui vont bientôt faire verdir le Darfour. Soudain, des cavaliers surgissent. Sans un bruit, ils prennent place sur la natte, l'oeil méfiant. Leur treillis, couleur sable, porte l'emblème de leur unité : un rapace en piqué avec un charbon ardent entre les serres. L'insigne d'une des nombreuses milices "officielles" arabes qui pullulent au Darfour et dans lesquelles la plupart des janjawids, qui n'appartenaient initialement à aucun corps déterminé, ont fini par être versés. "Toute cette plaine est entièrement peuplée d'Arabes" , affirme hâtivement Oumda Abderhaman Abdikhadir Yakoub. Il serait bien en mal de produire un hakura qui puisse en témoigner. Ce document, rédigé à l'origine par l'administration du sultanat du Darfour, attribuait l'usufruit des terres à certains administrés. Certaines tribus arabes ont reçu des hakuras, et donc des terres, notamment dans le sud du Darfour. Dans les parties plus arides, ou plus peuplées du Nord et de l'Ouest, il leur a fallu parfois, comme les Mahariyas, vivre des siècles sans terre. La faim de terre, déjà grossie par les difficultés du pastoralisme, a été rendue insoutenable par la sédentarisation. Oumda Abderhaman se souvient : "Le gouvernement nous a demandé d'arrêter la migration avec toutes les familles. Il fallait se fixer et, en échange, on nous promettait des écoles, des hôpitaux. De tout ceci, on n'a jamais rien vu." Reprenant une forme d'explication qui court tous les fericks arabes, il ajoute ceci : "Les zurgas ("Noirs", terme péjoratif pour désigner les ethnies non arabes) voulaient toutes les terres. Ils ont commencé à attaquer les Arabes. C'est alors que nous avons organisé des milices, pour nous défendre. Sinon, on aurait été éliminés." Cette assertion, contredite par les faits, relève de "l'accusation en miroir" à laquelle ont recours, dans d'autres régions du monde, des communautés impliquées dans des massacres. Au Darfour, les Arabes n'ont été menacés que par un certain type d'anéantissement, celui de leur mode de vie et celui de leurs troupeaux. C'était déjà beaucoup, suffisant en tout cas pour qu'une minorité d'entre eux choisissent d'arracher des terres par la violence à leurs voisins, encouragés par la propagande d'un groupe politique clandestin, le Rassemblement arabe, rêvant de conquérir le Darfour. Au final, écologie, politique, manipulations et racisme latent se sont mélangés pour le pire. Le gouvernement est parvenu à organiser une campagne de terre brûlée en recrutant parmi les tribus en voie de clochardisation. Seule une minorité a envoyé des hommes dans les milices janjawids. Sur près de 2 millions d'Arabes vivant dans l'ouest du Soudan, les janjawids n'ont jamais compté plus de 30 000 hommes, dont une partie n'était pas originaire du Darfour mais d'autres pays voisins. "Les janjawids sont le produit d'un mode de vie qui est en train de s'effondrer dans toute la bande sahélienne, de la Mauritanie au Soudan" , analyse un observateur à Al-Geneina. Tous espéraient, en plus du butin capturé lors des raids apocalyptiques sur les villages des ethnies "africaines", récupérer des terres. Or, après quatre ans de conflit, le bilan est désastreux pour les tribus arabes. Une grande partie des routes de migration sont coupées, soit par les rebelles, soit par des milices défensives de paysans, soit par d'autres groupes arabes hostiles. Dans la plaine de Zeina, tous les coups sont permis. Un bon connaisseur de la zone explique : "Ici, tout le monde attaque tout le monde. Il n'y a pas pire." Après s'être fait voler des dizaines de véhicules, la plupart des ONG ont renoncé à se déplacer en 4 × 4, elles empruntent désormais les hélicoptères des Nations unies. "Chaque village, c'est un nouveau territoire. Chaque route, c'est un no man's land" , résume un responsable humanitaire.
L'opprobre des janjawids frappe à présent l'ensemble des Arabes, dont la majorité a pourtant refusé de prendre part aux campagnes des écorcheurs du Darfour. "On nous prend tous pour des janjawids et des assassins" , se plaint Hamid Aldowey Dabuk, un cheikh des environs de Zeila venu partager un peu de boule de mil avec son oumda. "C'est nous qui sommes censés avoir profité de la guerre ? Regardez comment nous vivons. Et l'aide internationale est dirigée vers les Africains. Pour les Arabes, il n'y a jamais rien." Le voile d'infamie tendu par les janjawids sur leurs tribus a dissimulé le fait que les Arabes, eux aussi, ont été victimes de violences. On ignore le nombre de leurs enfants morts faute de soins ou d'une alimentation décente, combien de membres de leurs tribus ont été tués par les rebelles ou chassés de leurs terres. Le gouvernement, dont ils sont supposés être les alliés, les écrase de taxes, sans tenir ses promesses de rémunération. "La participation de certaines tribus , sous forme de contribution en hommes, devait se traduire par un certain nombre de compensations. Des terres, mais aussi de l'argent pour les morts et les blessés. Or le gouvernement n'a pas tenu ses promesses. Résultat, il devient de plus en plus difficile de recruter des miliciens parmi les Arabes" , analyse un bon connaisseur du monde des tribus. Alors, depuis 2006, des idées font lentement leur chemin dans les tribus, idées proches de celles des rebelles "non arabes". A la fin de l'an dernier, un premier groupe arabe armé antigouvernemental a fait son apparition au Darfour sud, dirigé par Mohammed Abdulrahman Musa, "Abu Sura", passé depuis en Erythrée pour y participer à une coalition rebelle antigouvernementale. Un second mouvement, le Front révolutionnaire du Soudan, au Darfour sud, réunit des membres de plusieurs tribus (Rizeigat, Habaniya Ta'yisha, Beni Halba), mais aussi des groupes "non arabes", tandis qu'au Kordofan voisin, des groupes se constituent dans l'ombre. Nul ne peut deviner exactement ce que produira cette colère arabe qui monte. Un responsable de la tribu des Rizeigats, dans la capitale soudanaise, analyse : "L'élite, à Khartoum, a réussi à manipuler les Arabes, à les persuader qu'ils risquaient d'être exterminés. Ils en ont assez de se faire piéger. Partout, le mécontentement monte. Il faut s'attendre à un bain de sang. La véritable guerre au Darfour n'a pas encore commencé."
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Pourparlers sur une feuille de route pour la paix au Darfour
IRIN, 12 juillet 2007
Les Nations Unies et l'Union africaine (UA) s'apprêtent à rencontrer les principaux acteurs régionaux et internationaux du conflit qui sévit au Darfour, dans l'ouest du Soudan, afin d'élaborer un plan de paix dans cette région en proie à la violence depuis plus de quatre ans. La rencontre, qui se tiendra en Libye les 15 et 16 juillet intervient quelques jours après une déclaration des Nations Unies, selon laquelle les violences au Darfour ont fait 160 000 déplacés de plus depuis le début de l'année 2007, et ont porté à 4,2 millions – soit près des deux tiers de la population – le nombre de personnes dans le besoin. « Les incidents de sécurité impliquant des déplacés internes ont plus que triplé », pouvait-on lire dans un communiqué publié à New York par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). « Il est particulièrement inquiétant de constater que les attaques menées à l'encontre de la communauté humanitaire ont augmenté de 150 pour cent au cours de cette dernière année », selon le communiqué. « En juin, un convoi sur six au départ des capitales provinciales du Darfour a été détourné ou pris dans une embuscade ». Les pourparlers, qui doivent avoir lieu à Tripoli, la capitale libyenne, porteront sur une « feuille de route » pour la paix au Darfour, conçue de concert par Jan Eliasson, envoyé spécial des Nations Unies pour le Darfour, et son homologue de l'UA, Salim Ahmed Salim. Des représentants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, de l'Union européenne, des principaux pays donateurs et des pays voisins du Soudan ont été invités. La feuille de route, élaborée après plusieurs consultations intensives des parties prenantes au conflit, présente dans les grandes lignes une approche en trois phases qui devrait, selon les Nations Unies et l'UA, aboutir à l'engagement de pourparlers de paix entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles du Darfour. La première phase du plan vise à placer toutes les initiatives de paix sous l'égide des Nations Unies et de l'UA. La deuxième phase, ou phase de pré-négociation, consiste à réunir les conditions nécessaires au lancement de négociations de paix – la troisième phase.
De plus en plus de violences
Un seul des trois groupes rebelles participant aux négociations a signé un accord avec le gouvernement, à Abuja, la capitale du Nigeria, l'année dernière. Depuis lors, les groupes rebelles se sont divisés en plusieurs factions et, selon les Nations Unies, l'UA et les travailleurs humanitaires, cela s'est soldé par une recrudescence des violences, les chefs rebelles ayant perdu toute autorité sur leurs combattants. Selon OCHA, plus de 35 convois de secours d'urgence ont été pris dans des embuscades et pillés depuis le début de l'année, et quatre Darfouris qui travaillaient pour des organisations humanitaires ont été tués. Depuis janvier, 64 véhicules utilisés par des organisations ont été détournés, et 132 travailleurs ont été temporairement retenus, souvent sous la menace d'une arme. « Nous continuerons à adapter nos opérations pour assurer que les populations les plus vulnérables du Darfour reçoivent au moins un minimum d'aide d'urgence », a déclaré John Holmes, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d'urgence des Nations Unies. « Mais ce dont nous avons le plus besoin, c'est d'un cessez-le-feu effectif. C'est possible – les groupes rebelles et le gouvernement peuvent et doivent à présent choisir de mettre fin à la violence », a-t-il ajouté. Onze soldats de l'Union africaine ont également été tués. Selon certains observateurs, les troupes sous-financées et sous-équipées de l'UA, qui sont arrivées dans la région en 2004 pour surveiller la trêve, ont dans l'ensemble été incapables de mettre fin aux violences. Le mois dernier, le Soudan a accepté le déploiement d'une force hybride de 20 000 soldats et policiers, mais l'opération ne devrait pas être mise en place avant l'année prochaine. Au moins une faction rebelle, le Mouvement de libération du Soudan, dirigé depuis Paris par Abdel Wahid Mohammed al-Nour, a déjà déclaré qu'elle ne reconnaîtrait pas l'issue de la rencontre de Tripoli. Le conflit du Darfour a éclaté lorsque des rebelles, principalement non-arabes, ont pris les armes au début de l'année 2003, accusant le gouvernement central de marginaliser leur région. Le gouvernement a réagi en armant des milices pour contrer la rébellion, mais ces milices ont été accusées de faire régner la terreur au sein des populations locales. Quelque 13 000 travailleurs humanitaires ont été déployés aux quatre coins de cette vaste région, pour tenter d'aider les populations touchées en leur apportant des secours d'urgence. Ceux-ci sont, pour la plupart, acheminés par hélicoptère, une méthode coûteuse, qui permet néanmoins de poursuivre les opérations en dépit de la situation de sécurité instable.
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Les attaques contre le personnel humanitaire, au Darfour, ont triplé en un an
All Africa New York, 12 Juillet 2007
La poursuite des violences contre les civils au Darfour a fait 160.000 déplacés de plus cette année, pour atteindre le chiffre de 2,1 millions de personnes, tandis que parallèlement «le nombre des attaques contre la communauté humanitaire a triplé au cours de l'année écoulée », affirme le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Le résultat de cette situation est que le « nombre total de civils ayant besoin d'une assistance s'élève désormais à 4,2 millions de personnes », souligne un communiqué publié aujourd'hui à New York. « En juin, sur six convois au départ des capitales provinciales du Darfour, un convoi faisait l'objet d'une embuscade ou d'un détournement ». « Depuis le mois de janvier, 64 véhicules appartenant aux agences des Nations Unies ont été détournés, alors que 132 personnels humanitaires ont été temporairement détenus, souvent sous la menace des armes », souligne OCHA. En tout, depuis le début de l'année, plus de 35 convois ont été pillés et volés. Quatre membres du personnel local ont été tués, ainsi que 11 soldats de la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS). Selon John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, « bien qu'il y ait eu des progrès dans le domaine politique et du maintien de la paix, et même que les obstacles bureaucratiques à l'accès humanitaire aient été réduits, les embuscades mettent en danger toute l'opération d'assistance ». Il y a à l'heure actuelle 13.000 travailleurs humanitaires au Darfour pour 4 millions de personnes. « Manifestement, nous n'abandonnerons pas - les besoins sont trop grands », a ajouté John Holmes, qui a appelé toutes les parties à un cessez-le-feu.
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Le Monde avec l'AFP, 11 juillet 2007 La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a reproché mercredi au régime de Khartoum de mener "une diplomatie du chat et de la souris", en faisant des promesses à répétition à propos du Darfour, sans les tenir. "La force hybride UA/ONU de maintien de la paix est essentielle pour améliorer la sécurité des habitants du Darfour, afin qu'ils puissent rentrer chez eux", a déclaré la chef de la diplomatie américaine au cours d'une conférence consacrée aux liens entre le continent américain et l'Afrique. "Il ne faut pas laisser le gouvernement du Soudan poursuivre sa diplomatie du chat et de la souris, faire des promesses et ensuite faire marche arrière", a ajouté Mme Rice devant des délégués de l'Organisation des Etats américains (OEA) et de l'Union Africaine (UA). "Il est de notre responsabilité de faire répondre le Soudan de ses actes", a-t-elle conclu. "En tant que démocraties, nous devons nous montrer résolus à mettre fin aux souffrances et à la violence au Darfour", a-t-elle poursuivi. "Trop de gens sont morts, trop de femmes ont été violées et trop d'enfants arrachés à leur famille". Le président soudanais Omar el-Béchir vient finalement d'accepter le déploiement au Darfour d'une force de maintien de la paix commune ONU/UA de quelque 20.000 hommes, après des mois de refus. Un projet de résolution est en préparation à l'ONU pour permettre le financement de cette opération hybride qui remplacera la force africaine de 7.000 hommes sous-équipés et jugés inefficaces. Cette force est jugée nécessaire pour stabiliser le Darfour, dans l'ouest du Soudan, où depuis le début de la guerre en 2003, quelque 200.000 personnes sont mortes et le nombre de déplacés a dépassé les 2 millions, selon des estimations d'organisations internationales, contestées par Khartoum. Les Etats-Unis ont annoncé fin mai de nouvelles sanctions américaines contre Khartoum. Ils poussent aussi à de nouvelles sanctions internationales contre le régime de M. Béchir. Mme Rice a souligné au cours de son allocution la nécessité pour les pays d'Afrique et d'Amérique latine de défendre la démocratie, notamment en organisant des élections libres et en luttant contre la corruption. Outre le Soudan, elle a cité plus particulièrement Cuba et le Zimbabwe. "Nous devons apporter notre soutien au grand peuple de Cuba, qui lutte encore pour la liberté et les opportunités. Nous devons apporter notre soutien aux hommes et aux femmes du Zimbabwe, qui subissent un mauvais gouvernement et souhaitent une vie meilleure", a-t-elle déclaré. "Parce que malgré de grands progrès et de grandes opportunités dans nos pays aujourd'hui, il y a encore de grandes et tragiques souffrances: des citoyens à qui l'on refuse tout avancement économique et toute justice sociale, des citoyens qui commencent à se demander si la démocratie peut vraiment répondre à leurs espoirs de vie meilleure", a-t-elle déclaré. Elle a appelé les gouvernements d'Amérique du Sud et d'Afrique à "favoriser, et non gêner, les progrès sociaux et économiques de leur peuple".
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Soudan: inauguration d'un deuxième terminal pétrolier sur la mer Rouge
| Agence France Presse, 11 juillet 2007 Le président soudanais Omar el-Béchir a inauguré mercredi un deuxième terminal pétrolier, Bachaer II, près de Port Soudan sur la mer Rouge, a rapporté l'agence officielle Suna. Ce terminal, qui vient s'ajouter à Bachaer I, est notamment formé de six réservoirs d'une capacité de 500.000 barils chacun. Il sert à exporter le brut produit dans les Etats du Haut Nil et du Nil Bleu (centre et est). Il a été réalisé, avec un coût de 2 milliards de dollars, par le ministère du Pétrole et le consortium Petrodar, formé notamment de compagnies chinoises et de Petronas (Malaisie), qui exploite du brut dans le centre-est du pays, selon l'agence Suna. Le Soudan produit quelque 500.000 barils par jour et exporte l'essentiel de sa production. La Chine à elle seule, qui a aidé à l'exploitation du pétrole soudanais, absorbe 60% des exportations du pays.
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Soudan: le Nord rate une étape
BBC-Afrique, 10 juillet 2007
Le gouvernement du nord du Soudan vient de dépasser la date butoir à laquelle il s'était engagé, dans un accord de paix, à retirer ses troupes du sud du pays. De nombreux observateurs craignent que cette présence prolongée provoque de nouvelles tension à la veille de la prise en main par le Sud de sa propre sécurité.
Le redéployement des soldats le 9 juillet était considéré comme l'une des principales étapes contenues dans l'accord de paix signé entre le Sud et le Nord. C'était l'un des compromis inclus dans l'accord de paix signé il y a deux ans et demi, qui mettait un terme à la plus longue guerre civile que l'Afrique ait connue. Les deux camps ont été lents à déplacer leurs troupes, si bien qu'ils ont annoncé dans un communiqué commun que seuls 66% des soldats avaient été redéployés, soit à peine plus de 30.000 hommes des Forces Armées du Soudan-Nord. Le Sud conteste le statut des 9.000 soldats restants. Le directeur de la mission de l'ONU au sud du Soudan, Peter Schumann, a déclaré à Reuters que la plupart des forces du Nord qui restait se trouvait dans des zones pétrolifères. Selon les termes de l'accord de paix, la protection des champs de pétrole soudanais aurait dû être assurée par des unités spéciales composées d'éléments des deux armées. M. Schumann a déclaré que la date d'entrée en fonction de ces unités spéciales n'était pas claire. La présences de troupes du Nord dans le sud du pays va probablement provoquer des tensions une fois que le gouvernement sudiste a pris le contrôle de la sécurité de la région mardi. Le problème des milices soutenues par le Nord doit également être réglé. L'accord de paix prévoyait qu'elles soient absorbées dans les Forces Armées Soudanaises, l'armée du sud ou qu'elles soient démobilisées. Le Nord affirme qu'elles ont été intégrées mais le Sud conteste ces affirmations. M. Schumann a dit de son côté que la milice était toujours financée par l'armée nordiste. La non-résolution de ce problème de milice en amène certains à penser que la situation pourrait se dégrader. En novembre dernier, des accrochages entre forces du nord et du sud ont fait des centaines de morts dans la ville sudiste de Malakal .
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Trois objectifs pour le Darfour
La Croix, par Denis Vienot, 10 juillet 2007
Le conflit au Darfour et ses extensions au Tchad ont des causes locales mais s'inscrivent dans le contexte plus global du Soudan. Le Conseil de l'Union européenne l'a bien relevé en juin 2007: « Une paix durable dans tout le Soudan incluant le Darfour et l'est du pays ne peut pas être achevée sans l'application totale de l'accord de paix relatif au Sud. Son non-respect aura des effets au Darfour. (..) Il est particulièrement important de réaliser le redéploiement des forces militaires prévu pour juillet2007et d'accélérer la préparation des élections nationales. » Signé par le gouvernement soudanais et les rebelles du Sud début 2005, cet accord n'est pas correctement appliqué, selon les rapports des Nations unies. Des ONG soudanaises rencontrées il y a quelques mois l'expriment malgré les menaces qui pèsent sur elles: «Le vrai problème est le gouvernement fondamentaliste de grands commerçants au pouvoir depuis 1989 et qui veut appliquer la charia. (...) Au Darfour on oublie les vraies causes de la crise; la réponse internationale humanitaire passe à côté en tenant un discours sur les droits de l'homme et la démocratie, sans effet sur le pouvoir. » À côté de ses importantes opérations d'aide et de secours au Darfour et au Tchad - où le Secours catholique participe à la coordination - auprès de plus de 400 000 personnes, le réseau Caritas associé à ACT/International, son équivalent protestant, conduit des actions d'alerte politique. Là comme ailleurs il n'y a pas d'action humanitaire, sociale ou de lutte contre la pauvreté sans articulation avec l'analyse des causes et le plaidoyer: la promotion de la justice exige que l'on change «les structures de pouvoir établies qui régissent aujourd'hui les sociétés» (Populorum progressio, n'58). Caritas Internationalis et ses partenaires mettent ainsi en avant trois objectifs. - D'abord viser une paix durable par une négociation unique associant toutes les parties, donc différente de celle de 2006 qui n'impliquait que certains mouvements d'opposition. Les acteurs clés doivent être là, Nations unies, Union africaine - tristement absente de la réunion à Paris en juin 2007! - Union européenne, Etats-Unis, Chine, Ligue arabe. Cette dernière doit jouer un rôle majeur alors que la crise n'est pas religieuse. Au Darfour il s'agit d'une guerre entre musulmans et ceux-ci ont donc une responsabilité politique toute particulière pour trouver les chemins de la paix. La question du sud du Soudan doit y être liée, avec ses aspects économiques, politiques et religieux. Les deux sujets se tiennent. Ainsi le nombre des députés au sein de la prochaine chambre soudanaise devra-t-il être revu entre le Nord et le Sud pour faire plus de place à des Darfouriens. Ensuite protéger les populations civiles par le déploiement d'une force internationale au Soudan et à ses frontières. Le Conseil de sécurité des Nations unies l'a prévu en associant les forces de l'Union africaine déjà sur place à des casques bleus. Le gouvernement soudanais a donné un accord de principe. Il faut veiller aux conditions de mise en œuvre. - Enfin faire pression sur les personnes recherchées par la Cour pénale internationale en imposant dés sanctions individuelles, tels le gel des avoirs à l'étranger ou l'interdiction de voyager. Mais il y a là deux limites. D'une part l'ambiguïté des États-Unis qui ont voté contre la création de cette Cour en 1998. D'autre part le risque de vouloir imposer des sanctions globales: un comble que l'exemple dramatique des sanctions contre l'Irak de Saddam Hussein ne serve pas de leçon! Caritas Internationalis avait en 2001 pris position contre ce système qui frappe d'abord les plus pauvres. Il ne faudrait pas que la même faute se reproduise au détriment de la population soudanaise.
* ancien président de Caritas internationalis .
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L'émissaire de l'ONU évoque le prochain "moment de vérité"
Jeune Afrique avec l'A.F.P., 8 juillet 2007
L'envoyé spécial des Nations unies, Jan Eliasson, a évoqué le prochain "moment de vérité" pour une solution politique au Darfour, province de l'ouest du Soudan en proie à une guerre civile, dimanche, au terme de sa quatrième mission dans le pays. Dans un entretien à l'AFP, M. Eliasson, qui travaille sur le volet politique du conflit avec l'émissaire de l'Union africaine (UA), Salim Ahmed Salim, a décrit les prochaines étapes de la démarche retenue par les deux organisations, conformément à une feuille de route qu'elles ont adoptée. "Nous avons actuellement des contacts quotidiens avec les mouvements" rebelles, a souligné l'envoyé spécial des Nations unies au Soudan. "Nous espérons arriver d'ici la réunion de Tripoli (les 15 et 16 juillet) à ce que nous appelons une phase de pré-négociation", a ajouté l'ancien ministre suédois des Affaires étrangères. Coprésidée par l'ONU et l'UA, la conférence internationale de Tripoli sur le Darfour, pour laquelle 11 pays, les Etats-Unis et l'Union européenne ont été invités, doit permettre d'évaluer les progrès d'une solution politique. Selon Jan Eliasson, cette réunion doit marquer la fin de la phase de convergence des initiatives régionales pour une solution au Darfour, menées par plusieurs des invités de la rencontre, comme la Libye, l'Erythrée et l'Egypte. "Les navettes diplomatiques" pour convaincre les non-signataires de l'accord de paix de s'asseoir à la table des négociations devraient se poursuivre durant le mois d'août, a-t-il précisé. Pour M. Eliasson, "ce sera ensuite au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et au président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, de décider du moment pour lancer des invitations pour les négociations". "Ce sera le moment de vérité pour les parties prenantes du conflit, le moment de discuter de la paix au Darfour", a-t-il alors relevé, exhortant ces parties à être "prêtes pour les négociations" et les pays voisins à "coordonner leurs initiatives politiques". L'émissaire onusien a par ailleurs évoqué le coût pour la communauté internationale du conflit du Darfour, qu'il a comparé à une "plaie ouverte", notant que les quelque 700 millions de dollars engendrés par les opérations humanitaires pourraient servir à développer cette région pauvre. Le conflit du Darfour et ses conséquences ont fait quelque 200.000 morts en plus de quatre ans et plus de deux millions de déplacés, selon des estimations d'organisations internationales, que conteste le gouvernement soudanais. Les efforts de paix ont jusque-là été compliqués par le fait que les deux mouvements rebelles n'ayant pas signé l'accord de paix au Darfour en mai 2006 ont éclaté en une multitude de petits groupes. Cet accord n'a en outre été signé que par le Mouvement de libération du Soudan (SLM) de Minni Minawi. Jan Eliasson a toutefois assuré que ses collaborateurs étaient en contact avec un grand nombre de rebelles et que le gouvernement soudanais, dont il a rencontré plusieurs membres ces derniers jours, était convaincu de l'absence de solution militaire au Darfour. L'émissaire de l'ONU a passé le relais dimanche à son homologue africain, Salim Ahmed Salim, arrivé la veille à Khartoum pour continuer les entretiens avec les responsables soudanais. "Salim a été (durant la dernière mission) un jumeau invisible à mes côtés", a fait valoir M. Eliasson, assurant qu'il n'y avait "pas l'ombre d'un différend" avec lui.
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Compte rendu des activités du CICR sur le Soudan
Bulletin n°52 du 6 juillet 2007
Malgré l'instabilité qui règne au Darfour en termes de sécurité et le manque relatif d'accès aux civils vivant dans les zones rurales reculées, le CICR a renforcé sa présence sur le terrain afin d'aider la population avant le début des fortes pluies en juillet. En même temps que le CICR s'employait à fournir des secours d'urgence, il a continué à rappeler à toutes les parties impliquées dans le conflit leur obligation de respecter les personnes civiles et leurs biens. Dans le cadre du dialogue qu'il entretient avec toutes les parties au conflit actuel, le CICR a plusieurs fois mis l'accent sur la nécessité pour les humanitaires d'avoir accès à toutes les personnes qui ont besoin d'aide, même dans les endroits les plus reculés.
Présence renforcée à Tawilah
À 60 km à l'ouest d'El-Fasher, la région de Tawilah (Darfour-Nord) a été le théâtre d'attaques et d'affrontements répétés. Quelque 40 000 personnes qui ont fui la ville de Tawilah et les villages aux alentours vivent dans des conditions difficiles dans trois camps (Argo, Dali et Rwanda) pour personnes déplacées. Compte tenu de l'insécurité ambiante, la plupart des organisations humanitaires qui avaient jusque-là fourni une assistance de première nécessité aux personnes vivant dans ces camps ont quitté la région. Le Croissant-Rouge soudanais est encore occupé à distribuer de la nourriture fournie par le Programme alimentaire mondial (PAM), mais les autres besoins essentiels des résidents subsistent. La saison des pluies étant imminente, l'hygiène dans les camps est un sujet de préoccupation majeure. Le CICR a donc pris sur lui de répondre aux besoins à court terme en matière de santé et d'assainissement constatés dans les camps et de veiller au respect des personnes déplacées et de leurs biens. Pour cela, il a
· créé des postes de santé et des centres de réhydratation orale ; · fourni du matériel médical et des médicaments pour soutenir le personnel médical ; · construit 500 latrines ; · encouragé les résidents des camps à mettre en place des comités d'hygiène et d'approvisionnement en eau, à relever la norme en matière d'hygiène et à améliorer l'entretien du système d'approvisionnement en eau ; · sécurisé l'accès aux points d'eaux, mis à disposition ses compétences techniques et fourni du matériel pour réparer les pompes manuelles ; · formé les combattants aux gestes qui sauvent et fait connaître les règles et les principes du droit international humanitaire parmi ces combattants ; · suivi les allégations de violations du droit humanitaire ; · rétabli le contact entre les membres de familles dispersées en facilitant l'échange de messages Croix-Rouge.
Le CICR espère que d'autres organisations humanitaires seront bientôt en mesure de reprendre leurs activités à Tawilah.
Parvenir jusqu'aux communautés rurales avant les pluies
Le CICR termine une vaste opération humanitaire visant à fournir des secours aux régions rurales avant que la saison des pluies n'atteigne son point culminant en juillet. Il a distribué environ 830 tonnes de secours à des villages du Darfour-Nord, du Darfour-Sud et du Darfour-Ouest. Cette opération n'aurait pas été possible sans le dévouement ni le travail acharné de plus d'une centaine d'expatriés et de collaborateurs locaux. Plus de 8 000 ménages vulnérables ont ainsi reçu des produits de première nécessité. Une des principales priorités du CICR est de fournir des semences et des outils aux communautés vivant principalement de l'agriculture, ce qui améliorera la sécurité alimentaire et empêchera d'autres déplacements de populations vers les camps. Au total, 6 500 familles ont reçu des semences de base, des semences pour cultures commerciales, des rations alimentaires pour empêcher ces familles de consommer les semences, et des outils agricoles avant la plantation qui débute en juillet. « Le CICR estime qu'il est essentiel de venir en aide aux personnes vivant dans les zones rurales reculées et de les aider à préserver leurs moyens de subsistance, a déclaré Martin Bissig, coordonnateur du CICR chargé de la sécurité économique. Les gens doivent pouvoir recommencer à cultiver leurs terres avant la récolte en fin de l'année. Cela signifie qu'ils doivent préparer la terre avant les pluies. Quand débutera la saison des pluies, ils pourront cultiver du millet, du sorgho, des arachides, des tomates, des pastèques et des oignons. » Le CICR aide les communautés vulnérables d'éleveurs de bétail en leur fournissant une assistance qui leur permet de garder leurs moyens d'existence traditionnels. Une campagne de vaccination du bétail est en cours à Daran Salam (Darfour-Nord), et des agents du service communautaire de la santé animale ont suivi une formation à Al Daein (Darfour-Sud). Cette formation était assurée en collaboration avec la faculté des sciences vétérinaires de l'Université de Nyala. Dans le camp de Gereida pour personnes déplacées (Darfour-Sud), le CICR fait en sorte que les résidents – ils sont plus de 100 000 – reçoivent la nourriture indispensable et des soins de santé de base, et 25 000 ménages ont reçu des bâches pour protéger leur maison pendant la saison des pluies. En outre, plus de 2 000 familles des zones rurales de Gereida, qui avaient souffert durant les affrontements ou qui étaient rentrées récemment dans leur village, ont reçu des articles ménagers de première nécessité.
Assurer l'accès à l'eau potable au Darfour
La fin de la saison sèche, quand le niveau de l'eau est au plus bas, est le meilleur moment de l'année pour approfondir des puits existants creusés à la main. Depuis le début de l'année, le CICR a remis en état de 46 puits au Darfour. Il a aussi réparé des pompes manuelles dans des villages reculés et réhabilité des stations de distribution d'eau pour les communautés nomades, faisant ainsi en sorte que les communautés vivant dans les zones rurales soient continuellement approvisionnées en eau pendant toute l'année, même au point culminant de la saison sèche. Pendant la saison des pluies, le CICR coordonnera diverses formations sur le fonctionnement, l'entretien et la réparation ou la remise en état des pompes manuelles et des stations de distribution d'eau. Au total, au Darfour, le CICR fournit de l'eau potable à plus de 400 000 personnes. Le CICR accélère également les travaux d'assainissement dans le camp de Gereida pour personnes déplacées. Depuis le départ des autres organisations humanitaires en décembre 2006, le CICR est aussi responsable de la fourniture d'eau potable à toutes les personnes vivant dans le camp. Des latrines sont construites, entretenues et désinfectées. Les volontaires du Croissant-Rouge soudanais ramassent et éliminent les ordures ménagères de l'ensemble du camp et de la ville de Gereida. Un environnement propre, des conditions d'hygiène correctes et la sensibilisation aux problèmes d'hygiène sont cruciaux si l'on veut empêcher les épidémies de maladies hydriques, surtout pendant la saison des pluies.
Les soins médicaux
Au début de la saison des pluies, on constate une augmentation de l'incidence des maladies d'origine hydrique comme la diarrhée, l'amibiase et le choléra, maladies qui menacent surtout les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées. Les cas de paludisme, maladie à laquelle les mêmes groupes de personnes sont vulnérables, sont eux aussi plus fréquents, de même que les infections pulmonaires. La maladie provoque chez les enfants une perte de poids et, bien souvent, une augmentation des cas de malnutrition. Les dispensaires de soins de santé primaires soutenus par le CICR et les personnels de santé sont prêts à faire face à un afflux de patients au Darfour. À trois reprises ces dernières semaines, le CICR a déployé une équipe chirurgicale sur le terrain : à Kutrum (Jebel Marra) au Darfour-Ouest, à Al Sharif (près de Kabkabiya) au Darfour-Nord, et à Gereida au Darfour-Sud. Seize patients ont été opérés dans des conditions parfois très dangereuses. L'équipe, qui est basée à Nyala (Darfour-Sud), est composée de quatre spécialistes, en chirurgie, anesthésie, soins infirmiers et soins postopératoires. Ils dispensent des soins d'urgence aux blessés, qu'ils soient combattants ou civils, quand il n'y a pas d'autre structure médicale ou de chirurgiens suffisamment formés. Chaque semaine, au centre thérapeutique de supplémentation alimentaire à Gereida, qu'il gère conjointement avec les Croix-Rouges britannique et australienne, le CICR traite plus de 700 enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition. Ces enfants sont soignés au vermifuge et reçoivent, en plus des soins médicaux nécessaires, des suppléments vitaminiques et une préparation alimentaire spéciale qui leur fournit l'équivalent d'environ 1 500 calories par jour.
Pour un meilleur respect du droit humanitaire
Le CICR a donné à Khartoum deux cours intensifs d'une semaine sur le droit international humanitaire. Le premier cours était destiné à des juristes militaires du département de la justice militaire des forces armées soudanaises, le second à des membres du renseignement et des services de sécurité soudanais. Outre la formation spécialisée visant à faire respecter le droit humanitaire dans la conduite des hostilités, le CICR organise régulièrement des séances d'information avec tous les porteurs d'armes, et aussi avec les chefs de communauté, pour leur faire connaître et accepter son rôle humanitaire et promouvoir le respect des principes humanitaires essentiels. Dans le Sud-Soudan, le CICR a donné un cours sur les droits de l'homme et les principes humanitaires à 13 officiers formateurs de l'unité centrale de formation et de développement du service de police du Sud-Soudan. Ce cours, qui s'est déroulé au siège de la police à Juba, portait sur l'introduction des principes d'humanité dans les pratiques policières, les arrestations, le recours à la force ou le maintien de l'ordre public. Également à Juba, le 21 juin, une table ronde sur le droit international humanitaire a été organisée par le CICR et par l'assemblée législative du gouvernement du Sud-Soudan. Cette table ronde a été l'occasion d'engager des discussions ouvertes avec les membres de l'assemblée législative. Les débats portaient principalement sur le droit humanitaire et la protection juridique des groupes vulnérables. Les participants ont également discuté de l'obligation, au niveau national, de mettre en œuvre et de promouvoir le respect du droit humanitaire, ainsi que de la manière de prendre en compte cette branche du droit lors de l'élaboration de nouvelles lois.
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La Chine et la communauté internationale veulent faire avancer le processus pour une solution politique de la question du Darfour
Xinhuanet-6 juillet 2007
La communauté internationale a convenu de résoudre la question du Darfour par des moyens politiques, a dit l'envoyé spécial de la Chine pour la question du Darfour, Liu Guijin, jeudi à Beijing, après sa récente tournée en Afrique, lors de laquelle il s'est aussi rendu au Soudan. M. Liu a aussi participé à la conférence internationale sur la question du Darfour qui s'est tenue le 25 juin à Paris, lors de laquelle, a-t-il dit, la communauté internationale dont les Etats- Unis et l'Union européenne a convenu de faire avancer le processus politique, tandis que le gouvernement soudanais a accepté une action hybride de maintien de la paix. Le déploiement de la force hybride est la dernière partie d'un plan en trois phases, aussi connu sous le nom de plan Annan, car formé par le précédent secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, visant à mettre fin aux conflits armés au Darfour. Le processus politique consiste à persuader toutes les parties politiques au Darfour n'ayant pas signé l'accord de paix à négocier avec le gouvernement soudanais, a-t-il expliqué. M. Liu a indiqué que la consultation entre l'Union africaine, les Nations unies et le gouvernement soudanais comme mécanisme pour résoudre la question du Darfour s'était montrée efficace et devait être continuée. La position et la politique de la Chine sur la question du Darfour ont gagné la reconnaissance et l'appréciation des pays africains, a-t-il ajouté. "Les efforts de la Chine ont largement contribué à l'acceptation sans conditions du Soudan de la troisième phase du plan de paix pour la question du Darfour", selon M. Liu. "Cette acceptation est bien entendu principalement dûe à la considération du gouvernement pour les intérêts fondamentaux et à long terme du Soudan et du peuple soudanais", a-t-il ajouté. D'après M. Liu, la Chine travaillera avec d'autres membres de Conseil de sécurité pour garantir l'opération hybride de maintien de la paix et aider à poursuivre la reconstruction et la reprise économique de la région du Darfour, afin de réaliser une paix durable dans la région.
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« l'Australie peut faire plus pour le Soudan »
Appel de l'évêque soudanais de Tombura-Yambio
Zénit, Rome, 5 juillet 2007
« L'Australie peut faire plus pour le Soudan », affirme l'évêque soudanais de Tombura-Yambio en visite en Australie, où la communauté soudanaise grandit rapidement, dans les colonnes de Fides . L'évêque de Tombura-Yambio, au Soudan méridional, Mgr Joseph Abangite Gasi, était en effet récemment à Adélaïde pour remercier les Australiens de leur aide humanitaire. Lors de sa première visite en Australie, l'évêque a exprimé sa profonde gratitude pour l'aide apportée aux réfugiés, mais a aussi déclaré que « les Australiens peuvent faire plus ». Comme le rapporte la « Croix du Sud », l'évêque a souligné qu'il avait besoin des catholiques australiens au Soudan pour enseigner à la population, dévastée par plus de 20 ans de guerre et de pénurie, à acquérir de nouvelles ressources et de nouvelles capacités. Sa gratitude a été accompagnée de la demande d'une plus grande aide de la part des pays dans lesquels le bien-être matériel a atteint des niveaux « inimaginables » pour sa population. En visitant l'Australie, l'évêque a pu observer les routes asphaltées, les lampadaires présents partout, tandis que son peuple n'a ni électricité, ni eau potable, sans parler des routes. Il a aussi demandé des volontaires pour son diocèse, craignant que l'argent qui arrive ne tombe entre de mauvaises mains. En substance, a déclaré l'évêque, « nous avons besoin d'un support moral pour continuer le processus de paix et de réconciliation, pour rappeler tout ce qui est arrivé afin que cela n'arrive pas de nouveau ». Pendant sa visite, l'évêque Gasi a rencontré les membres de la florissante communauté soudanaise d'Adélaïde et a célébré la messe dans la cathédrale Saint-François Xavier. Il a ensuite donné quelques informations sur l'amélioration de la situation au Soudan, où il y a encore des affrontements tribaux localement, mais où les églises et le gouvernement travaillent ardemment pour éloigner les conflits. La communauté soudanaise est le groupe ethnique qui croit le plus rapidement en Australie. Au cours de la dernière décennie, des visas d'entrée ont été accordés pour raisons humanitaires à 14.000 soudanais, dont les deux tiers sont arrivés à partir de 2005.
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Agence France Press, 5 juillet 2007
La force hybride que les Nations Unies et l'Union africaine doivent mettre en place au Darfour n'est pas la "solution miracle" pour mettre fin à la crise humanitaire, a estimé jeudi à Paris le rapporteur d'une mission du Parlement européen dans cette région de l'ouest du Soudan. Selon ce rapporteur, l'eurodéputé français Thierry Cornillet, il faut "poser des vraies questions sur l'absolue nécessité de déployer 20.000 hommes et de dépenser deux milliards de dollars pour le déploiement de la force hybride sachant que si cet argent est là, il n'ira pas ailleurs". Un projet de résolution est en préparation à l'ONU pour permettre le financement de l'opération hybride qui consistera à remplacer au Darfour la force africaine de 7.000 hommes sous-équipés et jugés inefficaces par une force de plus de 20.000 hommes, dotés de moyens plus conséquents. Cette force est jugée nécessaire pour stabiliser le Darfour, où depuis le début de la guerre en 2003, quelque 200.000 personnes sont mortes et le nombre de déplacés a dépassé les 2 millions, selon des estimations d'organisations internationales, contestées par Khartoum. M. Cornillet, premier rapporteur permanent du PE pour l'action humanitaire, craint notamment que "le gouvernement soudanais utilise le développement virtuel de cette force pour se dégager de ses responsabilités", et en ne faisant rien pour le Darfour avant son déploiement. L'eurodéputé du groupe libéral ADLE ne rejette pourtant pas le principe de la force hybride. Dans un rapport qu'il remettra "dès la semaine prochaine" au PE, il soulignera la nécessité d'agir conjointement sur les plans humanitaire, sécuritaire, politique et sur la reconstruction. La délégation multipartite du Parlement européen s'est rendue à Khartoum et au Darfour du 1er au 4 juillet, ainsi que dans deux camps de réfugiés du Darfour dans l'est du Tchad voisin. Après des rencontres avec des responsables d'ONG, de l'agence humanitaire européenne Echo et du Programme alimentaire mondial de l'ONU, M. Cornillet est arrivé à la conclusion que la situation dans les camps "est stabilisée du point de vue alimentaire, mais que le "désoeuvrement y est total" tandis que la population "n'a plus d'espoir dans l'avenir". "Les ONG estiment à 50% le nombre de personnes qui accepteraient de rentrer chez elles si les problèmes de sécurité étaient résolus", a-t-il rapporté. "Au fond, depuis quatre ou cinq ans que les gens sont là, ils vivent mieux dans ces camps -- parce que la nourriture est amenée, les médicaments sont là, il y a un ensemble de facilités -- qu'ils ne vivaient dans leur lieu d'origine", selon l'eurodéputé. "Un problème grave se profile à l'horizon dans ces camps", notamment à cause de l'épuisement des nappes phréatiques, a-t-il averti, tandis qu'à l'extérieur, on assiste à une "insécurité grandissante due à la fragmentation des groupes rebelles", ce qui pousse encore plus de personnes à chercher refuge dans les camps. "Le droit humanitaire est en recul constant" au Darfour, a conclu M. Cornillet, rappelant les nombreuses attaques contre des convois humanitaires et la difficulté croissante à distinguer entre groupes armés motivés politiquement et bandits de grand chemin.
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Déployer rapidement une force ONU/ Union africaine au Darfour
Parlement européen, 4 juillet 2007
Pour endiguer la crise au Darfour (Soudan), une force des Nations unies et de l'Union africaine doit être déployée aussi vite que possible, ont estimé mardi des députés européens en mission sur place. "Nous ne pouvons pas attendre une année supplémentaire pour restaurer la sécurité", a affirmé le chef de la délégation Josep Borrell, et "les opérations humanitaires ne peuvent pas continuer indéfiniment", a ajouté le rapporteur du PE pour l'aide humanitaire, Thierry Cornillet (ADLE, FR).
La crise du Darfour nécessite le "déploiement rapide et efficace d'une force hybride disposant d'un mandat adéquat, comme convenu récemment avec le gouvernement soudanais", a déclaré Josep Borrell (PSE, ES), président de la commission du développement du PE.
La délégation du PE s'est rendue dans les camps de réfugiés de Kindring II (à l'ouest du Darfour) et de Koloma (Tchad) pendant deux jours.
Renforcer la sécurité
Les forces de la mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS) qui sont déjà en place au Darfour ne sont pas "en mesure d'assurer la sécurité", ont déclaré les populations locales aux députés européens. Cependant, créer une force hybride Nations Unies/Union Africaine risque de prendre du temps. Renforcer l'AMIS ne pourra pas se faire avant 2008, s'est entendu dire la délégation.
Attaques contre les travailleurs humanitaires
Dix-neuf travailleurs humanitaires ont été tués au Darfour l'année dernière et les attaques à leur égard se multiplient. Les organisations humanitaires craignent que leur personnel puisse être pris avec leurs véhicules et détenus en otage en échange d'argent ou de prisonniers.
Aide humanitaire et réconciliation
"Les opérations humanitaires deviennent de plus en plus difficiles, les denrées alimentaires, auparavant transportées par route, doivent maintenant être transportées par avion. La plupart des réfugiés se trouvent dans les zones extérieures à celles où les denrées alimentaires sont distribuées", a affirmé le rapporteur permanent du PE pour l'aide humanitaire, Thierry Cornillet (ADLE, FR).
A El Geneina (à l'ouest du Darfour), la délégation a rencontré Abdoul Mohammed, président de Dialogue et Consultation Darfour-Darfour (DCDD) qui tente de réconcilier les différentes parties au conflit. Les députés ont également visité le centre régional du Programme alimentaire mondial, qui distribue 10 000 tonnes de denrées alimentaires par mois.
La délégation doit maintenant se rendre au Nord du Darfour et les députés rencontreront les autorités gouvernementales à Khartoum aujourd'hui.
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Un blessé dans une tentative d'infiltration de réfugiés du Darfour en Israël
Jeune Afrique, 4 juillet 2007
Un Soudanais réfugié du Darfour a été blessé mercredi par les tirs de la police égyptienne qui tentait d'empêcher l'infiltration de trente Soudanais en Israël à travers la frontière égypto-israélienne, a déclaré une source des services de sécurité. Tous originaires du Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile, les réfugiés ont été repérés par la police égyptienne au sud du point de passage de Rafah, a-t-on précisé de même source. Ils ont refusé d'obéir aux policiers qui les appelaient à arrêter leur fuite vers Israël, ce qui a conduit la police à tirer sur le groupe dont un homme a été blessé au côté droit, a indiqué la source. Le blessé a été transporté vers l'hôpital d'Al-Arich. Son état de santé n'a pas été précisé. Trois réfugiés ont été arrêtés tandis que les 26 autres se sont enfuis, a affirmé la source sécuritaire. Les personnes arrêtées ont déclaré avoir payé des Bédouins pour les aider à traverser la frontière car ils voulaient se rendre en Israël pour demander l'asile politique. Les tentatives de passage clandestin de réfugiés africains vers l'Etat hébreu sont devenues presque quotidiennes. Vingt Soudanais réfugiés du Darfour, dont sept enfants, ont été arrêtés mardi à la frontière israélo-égyptienne. Pour contrer cet afflux de personnes tentant de se rendre illégalement sur son territoire, Israël a annoncé dimanche qu'elles seraient renvoyées en Egypte. Néanmoins, Israël portera assistance à un "petit nombre" de réfugiés en provenance du Darfour, d'après le cabinet du Premier ministre israélien Ehud Olmert. La frontière israélo-égyptienne s'étend sur 250 km, de l'extrémité sud de la bande de Gaza à Eilat, le long du désert du Sinaï. La contrebande, notamment de drogue, est très active dans ce secteur, de même que le passage de clandestins vers Israël
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Agence France Presse, 4 juillet 2007
Une conférence internationale sur le Darfour est prévue en Libye les 15 et 16 juillet pour évaluer les progrès d'une solution politique à la crise dans cette région de l'ouest du Soudan en guerre civile, a annoncé mercredi l'ONU à Khartoum. "La conférence sera co-présidée par les Nations unies et l'Union africaine (UA)", a précisé à la presse la porte-parole de la mission de l'ONU au Soudan (UNMIS), Radhia Achouri. Selon la porte-parole de l'UNMIS, l'objectif de la réunion est d'évaluer les "progrès de l'application de la feuille de route", un document conjoint de l'ONU et de l'UA sur la recherche de la paix au Darfour. Ce texte prévoit de "faire converger" les efforts diplomatiques de nombreux pays sur le Darfour vers une seule initiative menée par l'ONU et l'UA, sur la base du consensus de Tripoli dégagé à la suite d'une réunion internationale les 28 et 29 avril dans la capitale libyenne. Ce consensus rappelle l'impossibilité d'une solution militaire du conflit et la primauté de la recherche d'un règlement politique au Darfour où la guerre et ses conséquences ont fait 200.000 morts en plus de quatre ans et plus de deux millions de déplacés, selon des estimations d'organisations internationales, toutefois contestées par le Soudan. Selon une source onusienne à Khartoum, 13 pays ont été invités à la réunion. Il s'agit, outre la Libye, du Soudan, du Tchad, de l'Egypte, de l'Erythrée, de la Chine, de la France, de la Russie, de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis, du Canada, des Pays-Bas et de la Norvège. L'Union européenne et la Ligue arabe ont été également conviés. En même temps, l'UNMIS et la mission de l'UA au Soudan (AMIS) ont annoncé que plusieurs responsables internationaux en charge du dossier du Darfour étaient attendus au Soudan, dont le représentant spécial des deux organisations pour le Darfour, l'ancien ministre congolais des Affaires étrangères, Rodolphe Adada. M. Adada, qui doit jusqu'à la mise en place de l'opération hybride ONU-UA au Darfour assumer les responsabilités de chef de l'AMIS est attendu dans la nuit de jeudi à vendredi dans ce pays, selon un communiqué de cette mission. Après des entretiens avec des responsables soudanais, il doit se rendre le 9 juillet au Darfour pour une première prise de contact avec les chefs militaires de la mission africaine de 7.000 soldats, selon la même source. M. Adada a été précédé au Soudan le 2 juillet par le nouveau commandant de la force africaine, le général nigérian, Martin Luther Agwai, selon l'AMIS. Le général Agwai doit également commander la force de l'opération hybride une fois qu'elle sera déployée, a précisé Radhia Achouri. Pour sa part, l'émissaire de l'ONU, Jan Eliasson, arrive tard mercredi à Khartoum pour sa quatrième mission consacrée à la recherche d'une solution politique au Darfour, selon la même source. Son collègue africain, Salim Ahmed Salim, sera quant à lui à Khartoum le 7 juillet et y passera quelques jours. Les deux émissaires, qui ont jusqu'ici travaillé en tandem, vont cette fois-ci "se partager le travail", a précisé la porte-parole de l'UNMIS |
Humanitaires au bord de la crise de nerfs
Le Monde, 3 juillet 2007, par Franck Johannès Goz Beïda (Est du Tchad)
Les légumes ont peut-être mijoté un peu longtemps. Nitesh rajoute un soupçon de sel et aplatit avec une vitesse surprenante des chapatis , petites crêpes indiennes qui viennent s'empiler sagement sur une assiette. C'est que Nitesh Patel sait recevoir : il tient d'ailleurs table ouverte. Le jeune médecin de 33 ans, chef du bureau du Programme alimentaire mondial (PAM), qui se débrouille pour distribuer tous les jours des tonnes de vivres à 40 000 des 230 000 réfugiés du Darfour et aux 172 000 déplacés dans l'est du Tchad, fait aussi la cuisine, arrose son potager, répare la climatisation et bricole la télé avec un moral inoxydable. C'est le seul, ou presque. Ses voisins du Haut-Commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR) ont le visage marqué par la fatigue et absorbent avec résignation la spécialité de leur cuisinier, qui mitonne avec régularité un subtil mélange riz-pâtes égayé de temps en temps par un mélange pâtes-riz. Le petit monde des organisations non gouvernementales (ONG) à Goz Beïda, dans l'est du Tchad, n'en peut plus, et pas seulement de la cuisine. Personne ne l'avoue, ne serait-ce que par décence vis-à-vis des réfugiés confrontés, eux, à de vraies tragédies. Mais les humanitaires sont au bord de la crise de nerfs. "C'est la pire mission de ma vie, admet le membre d'une association. Il faut chaque jour tout reprendre à zéro, et la misère est telle que les gens n'ont vraiment pas le sens de l'intérêt collectif. C'est désespérant." Personne ne tient à être cité - devoir de réserve oblige, et la situation politique est suffisamment tendue au Tchad - et chacun abat son boulot en serrant les dents. Mais le soir, quand la chaleur commence à tomber, on pense au mari, à la femme, aux enfants restés au pays. Et à la vie qui passe. "Ça fait presque deux ans que je suis là, s'alarme un jeune volontaire : je viens d'avoir 30 ans. C'est ma vie, ça ? Rien ne marche, on rame comme des cons, je m'engueule avec tout le monde." Ce n'est pas un hasard si les missions ne durent pas plus de deux ans, et si les humanitaires rentrent toutes les six semaines dans leur famille. Mais c'est dur. Le travail est lourd, d'abord. Le gros des réfugiés est arrivé il y a trois ans, et beaucoup a été fait. L'association britannique Oxfam et l'Unicef ont creusé des puits, installé des points d'eau et des latrines, les Italiens de Coopi, Médecins sans frontières (MSF-France et MSF-Hollande) ont créé des dispensaires, vacciné à tour de bras et bataillent contre la malnutrition. Le PAM assure la nourriture, le HCR la coordination, la sécurité et les abris d'urgence, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) gère des camps éloignés, l'association Intersos travaille sur un éventuel retour aux villages d'origine. "La situation est stabilisée , se félicite Luc Briandt, chef du bureau du HCR, dans un contexte extrêmement difficile tant pour l'eau, le ravitaillement, que la sécurité." C'est plus difficile pour les déplacés, ces Tchadiens chassés par la guerre, qui arrivent par vagues : la dernière, près de 10 000 personnes, s'est échouée dans la région fin mars, mais de petits groupes arrivent tous les jours. Et se plaignent de n'avoir reçu ni bâches, ni nourriture, ni soins. "Nous sommes là depuis six jours, se lamente Ahmad Gamar Haroun, 28 ans : nous sommes allés à Goz Beïda, on nous a refoulés ici. On a demandé à manger. On n'a pas eu de réponse." Les ONG protestent du contraire. Les soins sont accordés à tous, une distribution de vivres a bien eu lieu. "Et on s'est aperçu que des gens de Goz Beïda s'était joints à eux, assure un humanitaire. On ne peut quand même pas nourrir toute la ville." Les nouveaux arrivés se sont finalement installés avec les autres. Et ont reconstitué, comme tout le monde, leur village : des cases en paille, ou toukouls , sagement alignées entre les latrines - une pour vingt personnes - repérables à leur bâche. Même si l'on manque d'eau potable dans le camp de Kerfi ou qu'il y a trop de monde dans celui d'Habile, le travail accompli force l'admiration. "Mais les gens sont fatigués, parce qu'on se prépare pour les cinq mois de la saison des pluies, explique Nitesh Patel, du PAM. On est passé en phase 4, c'est-à-dire qu'il n'y a plus qu'une personne là où il y en avait quatre." Faire travailler ensemble les ONG, qui ont chacune leur spécificité et leur calendrier, n'est pas non plus de tout repos. "Les ONG vivent de ces crises, observe un humanitaire. Certaines les surestiment, d'autres les minimisent. Les réfugiés le comprennent vite et profitent des désaccords." D'autant que la vie est rude, à Goz Beïda. Il fait 40 degrés à l'ombre, et chacun s'éponge comme il peut. Le PAM, aujourd'hui, n'a plus de douche, le HCR pas de "clim", tout le monde a ce qu'il faut comme moustiques et la faune est remarquablement variée. Les trois Français de l'Action civilo-militaire, qui gèrent avec doigté les relations des civils avec l'armée, ont recueilli dans une bouteille en plastique deux superbes scorpions de cinq bons centimètres qui passaient sous la table à l'heure du repas. Toutes les ONG campent dans des bâtiments en dur, souvent d'anciens locaux administratifs loués à prix d'or, surmontés de hauts murs et de barbelés. Et gardés jour et nuit. On ne circule qu'en voiture, même pour des trajets insignifiants ; l'armée tchadienne est en ville, les rebelles aussi, et chacun évite soigneusement ces très jeunes gens lourdement armés dont beaucoup n'ont pas 20 ans. Le moindre incident peut vite dégénérer. Mardi 19 juin, la voiture d'un général tchadien a été arrêtée à Goz Beïda par des gendarmes. Il a été frappé et a couru se réfugier chez le préfet, juste à côté. Les ONG ont décidé de s'imposer une semaine de couvre-feu à 18 h 30, à la tombée de la nuit. Quelques jours plus tard, l'une des voitures de la comédienne Mia Farrow, qui sillonne avec constance la région pour le puissant lobby américain Save Darfour, a renversé une moto en ville. Le motard, dans son tort, a été conduit à l'hôpital, avec une égratignure ; l'accident allait se résoudre à l'amiable, c'est-à-dire financièrement, quand les gendarmes ont réclamé 200 000 francs CFA (300 euros), confisqué la voiture, arrêté le chauffeur. Après une longue négociation, ils ont transigé à 75 000 francs CFA (114 euros). Dans le nord du pays, une ONG avait embauché une traductrice pour quinze jours. Après ces deux semaines, elle a refusé de partir, et est revenue avec des gendarmes, qui ont réclamé plusieurs millions de francs CFA pour licenciement abusif. L'ONG a refusé de payer et a été menacée au point que les deux humanitaires ont dû être cachés à Abéché. Les relations avec les autorités sont parfois "difficiles", conviennent poliment les ONG. On ne sort de Goz Beïda qu'à ses risques et périls. Les pistes argileuses, après une demi-journée de pluie, sont des bourbiers dans lesquels s'enfoncent jusqu'au moyeu des camions de 20 tonnes. Les chauffeurs, crottés de haut en bas, font cuire des nouilles en attendant que ça sèche. On ne peut pas se perdre : le camp de Kou-Kou ? Suivez la flaque. Sans compter les bandits de grand chemin : cinq 4x4 ont été volés d'un coup près de la frontière ; le CICR a été obligé de se retirer du village d'Ad ;, deux voitures sur trois d'Oxfam ont été volées sur la route, leurs passagers abandonnés dans la nature. Plus de 225 véhicules ont été volés dans la région en deux ans. Lundi 25 juin, Matthew est arrivé à N'Djamena avec un soupir de soulagement. Fin de mission. Il attendait son amie à l'aéroport lorsqu'un Tchadien trop zélé a embarqué sa valise pour la déposer dans la voiture d'une autre ONG... "Jusqu'au bout, jusqu'au bout !" , a hurlé le jeune homme avec un chapelet de jurons.
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Contrat pétrolier au Soudan pour le chinois CNPC
Suisse Romande avec l'AFP, 2 juillet 2007
China National Petroleum Corp (CNPC), premier producteur de pétrole chinois, a signé un contrat d'exploration off-shore dans le nord du Soudan, a-t-on indiqué lundi de source officielle. "China National Petroleum Corp prendra 35 à 40% dans le projet", a déclaré à l'AFP Hao Hongshe, l'un des responsables des affaires économiques à l'ambassade de Chine à Khartoum. M. Hao, qui confirmait une information de la presse chinoise, a précisé que le contrat avait été signé la semaine dernière entre la firme chinoise et le gouvernement soudanais mais que la taille exact de l'investissement serait déterminée en fonction de l'avancée du projet. Selon ce contrat sur 20 ans, CNPC, déjà très active au Soudan, aura des droits d'exploration du Block 13 en Mer Rouge, d'une surface de 3,8 kilomètres carrés. Les autres principaux partenaires du projet sont la compagnie indonésienne Pertamina et la firme soudanaise Sudapet, a indiqué lundi le quotidien China Petroleum, édité par CNPC. La Chine, à la recherche d'or noir pour son économie qui tourne à plein régime, est le principal importateur de pétrole soudanais et l'un des fournisseurs d'armes du régime de Khartoum. Pékin est accusé par une partie de la communauté internationale de soutenir le régime soudanais dans le conflit du Darfour, en échange de pétrole. Le conflit au Darfour (ouest du Soudan), entre les rebelles issus des populations locales noires, qui réclament un partage équitable des ressources et plus d'autonomie pour leur région, et les milices arabes soutenues par l'armée soudanaise, a fait 200.000 morts depuis février 2003 et plus de 2,1 millions de déplacés, selon des organisations internationales. Ces chiffres sont contestés par le régime de Khartoum.
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Agence France Presse, 1 er juillet 2007
Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, a demandé dimanche aux Nations unies d'adopter une résolution pour autoriser le déploiement de la force de paix hybride au Darfour, dans l'ouest du Soudan en guerre depuis quatre ans. "La force hybride doit être mise en place", a-t-il déclaré à l'ouverture du 9e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA à Accra. "Des progrès ont été faits dans la situation au Soudan avec l'acceptation par Khartoum de la force hybride (UA-Onu). Ce qui nous manque aujourd'hui c'est une résolution de l'ONU, ce sont les finances et les troupes", a-t-il lancé aux nombreux chefs d'Etat présents à Accra. La Grande-Bretagne et le Ghana préparent une résolution pour autoriser le financement de la force de maintien de la paix au Darfour. "J'espère présenter cette résolution (au Conseil de sécurité) cette semaine", a indiqué mercredi l'ambassadeur britannique aux Nations unies, Emyr Jones Perry. Après des mois de pressions diplomatiques, le Soudan a finalement accepté le 17 juin le principe du déploiement d'une force hybride ONU-UA de plus de 20.000 soldats et policiers pour remplacer l'actuelle force africaine au Darfour, composée de 7.000 hommes mal équipés. Depuis le début de la guerre civile au Darfour en février 2003, quelque 200.000 personnes sont mortes du conflit et de ses conséquences et plus de deux millions ont été déplacées, selon des estimations d'organisations internationales contestées par Khartoum. La secrétaire générale adjointe de l'ONU, la Tanzanienne Rose Migiro, lors de la cérémonie, a souligné que "nulle part les défis de la paix et de la sécurité sont plus évidents aujourd'hui qu'au Darfour où le conflit continue à accabler un nombre important d'hommes de femmes et d'enfants". "Le cycle tragique de la violence au Darfour a été ignoré depuis trop longtemps. On doit accorder à l'UA un immense crédit pour s'être impliqué quand personne ne voulait intervenir", a-t-elle ajouté en soulignant la collaboration étroite entre les deux institutions notamment sur l'opération hybride. Mais, a-t-elle insisté, "il faut également chercher à résoudre les racines du conflit au Darfour (...) et apporter une solution politique à la crise". De son côté, le secrétaire général de la Ligue des Etats arabes (LEA), Amr Moussa, a reconnu des progrès au Darfour et appelé l'UA "à jouer pleinement son rôle pour encourager les parties qui n'y adhèrent pas à rallier les négociations". Il a également promis que la LEA continuera à soutenir financièrement la force de paix de l'UA au Darfour, l'Amis, composée de 7.000 hommes qui, à terme, seront intégrés à la force hybride.
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