Le Soudan dans la Presse

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Mai 2007

  Mai 2007

 

Le Monde
31 mai 2007

Bernard Kouchner propose un "couloir humanitaire sécurisé" pour acheminer l'aide à partir du Tchad

Le Figaro
30 mai 2007

Les humanitaires se font déjà la guerre

Le Figaro
30 mai 2007

Kouchner veut aider les réfugiés au Darfour

Le Figaro
30 mai 2007

Bush durcit les sanctions contre le Soudan

Jeune Afrique
29 mai 2007

Paris propose "un corridor humanitaire à partir du Tchad" au Darfour

L.C.I.
29 mai 2007

Bush hausse le ton contre le Soudan

Jeune Afrique
29 mai 2007

Malakal (Soudan) sous perfusion des agences des Nations unies

La Tribune
27 mai 2007

La terreur au quotidien au Darfour

Afrik-Com
26 mai 2007

L'ONU approuve l'envoi de 23 000 soldats au Darfour

Jeune Afrique
25 mai 2007

L'Egypte s'oppose à des sanctions contre le Soudan

Tchad Info
25 mai 2007

Dans les camps de l'est du Tchad, les réfugiés sont pris entre deux feux

Le Potentiel
Kinshasa
24 mai 2007

Amnesty International accuse le régime Béchir de violations des droits de l'homme au Darfour

USA Gouvernement
24 mai 2007

Dans les camps de l'est du Tchad, les réfugiés sont pris entre deux feux

Nations Unies
New York
24 mai 2007

Extrait du point de presse du bureau de la porte-parole du secrétaire général de l'ONU

Agence France Presse
24 mai 2007

L'action humanitaire reste hasardeuse dans le Darfour ouest

Agence France Presse
23 mai 2007

Berlin prolonge jusqu'en décembre son soutien logistique au Darfour

Agence France Presse
23 mai 2007

Une délégation de l'UA prise à partie par des représentants de déplacés

Mali Informations
22 mai 2007

Le Soudan sous pression

Maroc Matin
22 mai 2007

Le roi reçoit le Président soudanais Omar Hassan Al-Bachir

La Croix
23 mai 2007

Au Soudan, les ennemis d'hier déminent le Sud

Le Figaro
21 mai 2007

Darfour : Qui osera s'attaquer aux vrais coupables ?

Libération
21 mai 2007

Le Darfour premier invité de Kouchner au Quai d'Orsay

Afrique Centrale
21 mai 2007

Nouveau patron pour l'AMIS

IRIN
21 mai 2007

Les populations mécontentes Sud Soudan attendent encore les dividendes la paix

Agence France Presse
21 mai 2007

Kouchner veut faire du Darfour une priorité de la communauté internationale

Le Monde 
20 mai 2007

Pékin renforce sa coopération économique avec le continent africain

Africa Confidential
17 mai 2007

Pressions sur Khartoum

Agence France Presse
17 mai 2007

Un responsable soudanais met en garde contre la stratégie chinoise

Amnesty International
17 mai 2007

Les transferts d'armes à destination du Soudan entretiennent de graves atteintes aux droits humains

Nouvel Observateur
17 mai 2007

Darfour : Moscou et Pékin arment les « assassins « 

Courrier International
15 mai 2007

Une odeur de sang et de mort

Afrique Centrale
15 mai 2007

Les Chinois ont trouvé la solution au Darfour

Xinhuanet
15 mai 2007

La Chine cherche t-elle seulement à sauver les JO ?

Xinhuanet
14 mai 2007

Le Soudan salue la décision de la Chine de nommer un envoyé spécial pour l'Afrique

Radio France International
13 mai 2007

Le long chemin vers la paix

NationsUnies
11 mai 2007

Les attaques aériennes d'El Fasher ont été « disproportionnées », déplore le Haut Commissariat aux droits de l'homme

Le Monde
11 mai 2007

Pékin va participer à la mission de paix de l'ONU au Darfour

Nations Unies
New York
9 mai 2007

Ban Ki-moon préoccupé par la poursuite des attaques aériennes par le gouvernement au Darfour

Chine Aujourd'hui
8 mai 2007

La Chine nie vendre des armes au Soudan utilisées au Darfour

Agence France Presse
5 mai 2007

Darfour: un an après l'accord d'Abuja, la paix reste inachevée

Le Monde
3 mai 2007

Le Soudan et le Tchad ont signé un accord de réconciliation

Le Figaro
3 mai 2007

Mandats d'arrêt contre des leaders soudanais

Agora Vox
2 mai 2007

L'or noir Soudanais : à qui va t'il profiter ?

Armée Magazine
2 mai 2007

Le Soudan rejette les mandats d'arrêt lancés par la CPI contre deux suspects de crime de guerre

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Bernard Kouchner propose un "couloir humanitaire sécurisé" pour acheminer l'aide à partir du Tchad

Le Monde, Hambourg, par Natalie Nougayède, 31 mai 2007

 

L e ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, a saisi l'occasion de son premier sommet diplomatique dans ses nouvelles fonctions - en l'occurrence un sommet Union européenne-Asie à Hambourg, en Allemagne, lundi 28 et mardi 29 mai - pour lancer auprès des médias et de certains de ses interlocuteurs étrangers l'idée d'un "couloir humanitaire" permettant d'acheminer des aides vers le Darfour à partir du Tchad.

Le projet n'en est qu'au stade de l'étude. Il doit faire l'objet de consultations lors de la réunion du mercredi 30 mai à Potsdam des ministres des affaires étrangères du G8, où une discussion est prévue sur le Darfour.

Le couloir humanitaire envisagé par le chef de la diplomatie française partirait de la région d'Abéché, au Tchad, où sont présentes des troupes françaises chargées de surveiller la frontière avec le Soudan. Il s'enfoncerait sur une distance de 300 à 400 kilomètres à l'intérieur du Darfour.

Ce serait "soit un corridor terrestre, soit un pont aérien" , dit M. Kouchner. Il serait "sécurisé" par une présence militaire internationale, avec une composante européenne. Le projet se ferait en concertation avec les "pays concernés" et sous l'égide de l'ONU.

M. Kouchner espère pouvoir réunir en juin à Paris un "Groupe de contact élargi" sur le Darfour, qui réunirait les pays de la région, ainsi que la Chine, l'Afrique du Sud, l'Erythrée et des pays arabes. Il a affirmé, après un entretien, lundi, avec son homologue chinois Yang Jiechi, que la Chine était disposée à y participer.

 

Entretien avec Condoleezza Rice

 

Cette initiative française intervient au moment où Washington hausse le ton contre le régime soudanais. M. Kouchner, qui devait avoir, mercredi à Potsdam, un entretien bilatéral avec son homologue américaine Condoleezza Rice, ne s'est pas prononcé sur le fait que les Etats-Unis ont demandé mardi aux pays européens de les suivre en adoptant des sanctions bilatérales contre Khartoum.

A Paris, un porte-parole du Quai d'Orsay a déclaré, mardi, que la France était "ouverte à la discussion de nouvelles sanctions dans le cadre des Nations unies" . En avril, lors de la campagne électorale française, Nicolas Sarkozy s'était dit - dans une réponse écrite transmise au Monde - favorable à des sanctions "immédiates" contre "les individus impliqués dans les massacres" au Darfour. Il avait ajouté que "la France appliquera au besoin ces mesures avec ses partenaires européens ou à titre national" , indiquant ainsi que des sanctions pourraient être prises sans l'aval de l'ONU.

M. Kouchner a tenu peu après son arrivée au Quai d'Orsay une réunion avec des représentants du collectif "Urgence Darfour", qui milite pour une force d'interposition dans la province en guerre, au nom du "droit d'ingérence".

Mais plusieurs responsables d'organisations humanitaires présentes au Darfour se disent hostiles à une intervention musclée, jugée lourde de risques pour les opérations d'aide déjà en cours sur le terrain. Ils soulignent aussi que la poursuite des violences armées et du banditisme rend le franchissement de la frontière à partir du Tchad très aléatoire.

De nombreuses questions restent en suspens, notamment l'accord du pouvoir tchadien à l'ouverture d'un couloir humanitaire vers le Darfour. De même, le rôle que les troupes françaises seraient amenées à jouer n'a pas été précisé.

 

mai 2007

Les humanitaires se font déjà la guerre

Le Figaro, 30 mai 2007, pat Tanguy Berthemet

 

Unies pour sauver le Darfour, les différentes ONG divergent sur la méthode.

 

IL FAUT, certes, mettre un terme aux combats qui ravagent le Darfour. Mais les moyens pour arrêter ce conflit qui, en quatre ans, a causé la mort de 200 000 personnes et déplacé près de deux millions d'autres sont, depuis de longs mois, l'objet de sourdes divergences chez les humanitaires. L'arrivée de Bernard Kouchner, promoteur du «   droit d'ingérence » au Quai d'Orsay et qui ne cache pas son intention d' « agir vite » sur ce dossier, a encore avivé le débat.

L'activisme d'Urgence Darfour, un collectif d'associations présidé par Jacky Mamou, un ancien président de Médecins de monde (MDM), a fait naître la polémique. Le groupe notamment réclame la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne et une intervention militaire internationale dans la province soudanaise, comme l'envisage une résolution des Nations unies votée en août dernier.

Ce texte, suspendu à un accord de Khartoum, est pour l'heure resté lettre morte. « Il y a des solutions pratiques rapides à mettre en place. Comment peut-on attendre l'accord d'un gouvernement, en parti responsable des massacres, pour déclencher une intervention, et attendre les bras croisés ? » s'agace Jacky Mamou. En mars dernier, Urgence Darfour avait organisé, en présence de Bernard Kouchner, un grand meeting à Paris pour exiger cette intervention armée, sous la houlette de l'Union européenne. Le conflit fut, lors de cette réunion, décrit comme une guerre opposant des musulmans modérés à des extrémistes, des tribus noires aux Arabes, le résultat programmé, selon la formule de Bernard-Henri Lévy, étant « le premier génocide du XXI e  siècle » .

 

« Une vision manichéenne »

 

Pour Jérôme Larcher, responsable de la mission Soudan pour MDM, il s'agit d'une vision « simpliste et manichéenne . Ce collectif n'est pas sur le terrain où les choses sont nettement plus complexes. Il adopte des positions qui sont avant tout idéologiques » , accuse-t-il. De son côté, Fabrice Weissman, de Médecins sans frontières, souligne qu'une intervention armée contre l'avis de Khartoum « pourrait faire courir un danger plus grand encore aux populations civiles  : le Darfour est grand comme la France et il serait impossible de protéger les quelque deux millions d'habitants qui vivent encore en dehors des camps. Le gouvernement pourrait être tenté de se venger. » Et d'affirmer que le rôle des humanitaires est de faire « respecter le droit de la guerre, et non de faire une guerre pour le droit » .

Les deux ONG estiment que seule une approche concertée de la communauté internationale faisant pression sur le gouvernement soudanais peut donner des résultats. Une option qui reçoit le soutien d'autres associations comme celui du centre d'études américain International Crisis Group.

 

mai 2007

 

Kouchner veut aider les réfugiés au Darfour

Le Figaro, du 30 mai 2007, de l'envoyé spécial à Hambourg Alain Barlulet .

 

Le nouveau chef de la diplomatie française propose la mise en place d'un corridor humanitaire à partir du Tchad.

 

Bernard Kouchner souhaite aller vite sur le Darfour. En nommant l'ancien « french doctor » au ministère des Affaires étrangères, il y a dix jours, Nicolas Sarkozy lui a fixé une priorité : venir en aide à cette province de l'ouest du Soudan où la guerre civile a fait en quatre ans plus de 200 000 morts et 2 millions de déplacés. Dès le lendemain de sa prise de fonctions, le nouveau chef de la diplomatie française organisait une première réunion de travail au Quai d'Orsay à laquelle participaient des ONG, des experts et des diplomates.

Cette semaine, il met à profit ses premiers grands rendez-vous internationaux pour roder le plan que la France compte proposer la semaine prochaine au sommet du G8 qui se tiendra à Heiligendamm, au nord-est de l'Allemagne. Au coeur de ce projet en cours d'élaboration figure la mise en place d'un corridor humanitaire à partir du Tchad, la voie la plus courte (moins de 400 kilomètres) pour atteindre les populations en détresse du Darfour. « Impossible de dire si cela marchera, mais il faut essayer. En tout cas, on ne le fera pas seul » , a déclaré Bernard Kouchner, qui participait, hier à Hambourg, à une réunion du forum UE-Asie (Asem).

L'opération envisagée au Darfour serait « sous mandat de l'ONU et à composante européenne », souligne-t-on dans l'entourage du ministre, en précisant toutefois que rien n'a encore été décidé. « Sa configuration dépendra de ceux qui voudront bien y participer », ajoute-t-on. L'initiative suppose la mobilisation et la concertation internationale au sein d'un groupe de contact que Bernard Kouchner souhaite étoffer avec la participation de pays comme la Chine, l'Érythrée ou l'Égypte. L'objectif est de réunir le groupe de contact à Paris, « avant la fin du mois de juin », a indiqué le ministre. À Hambourg, il a notamment rencontré son homologue chinois Yang Jiechi qui « a marqué son intérêt » pour les idées françaises, selon des diplomates ayant participé à l'entretien. Auparavant, il s'était entretenu au téléphone avec le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon qui a qualifié, selon lui, l'initiative française de « sérieuse­ ».

 

Les Européens réticents

 

Débordant d'énergie au seuil de sa mission, Bernard Kouchner espère pouvoir afficher rapidement des résultats. Mais les obstacles sont multiples. L'accord du Soudan est loin d'être acquis, tout comme celui des autres pays de la région, le Tchad en premier lieu. Les Européens apparaissent réticents à s'engager dans une opération dont les contours sont loin d'être définis. Par ailleurs, la pression mise par Washington avec l'annonce, hier, de nouvelles sanctions contre Khartoum risque de contrecarrer la démarche multilatérale prônée par la France. Bernard Kouchner en parlera aujourd'hui à Potsdam avec Condoleezza Rice qu'il rencontrera pour la première fois dans le cadre d'une réunion des ministres du G8. Plusieurs ONG contestent aussi l'efficacité des couloirs humanitaires pour porter assistance à des populations éparpillées sur un territoire vaste comme la France.

Bernard Kouchner répond en n'excluant pas l'acheminement de l'aide par voie aérienne. Les humanitaires redoutent également les conséquences d'une intervention militaire. La France dispose d'un millier d'hommes ainsi que d'une poignée d'appareils de chasse et d'hélicoptères au Tchad dans le cadre du dispositif « Épervier ». Mais l'articulation du futur dispositif est encore dans les limbes. De délicates tractations sont attendues avec la Défense. Les militaires français s'estiment déjà très sollicités et invoquent les difficultés d'une sécurisation humanitaire dans une région en proie aux combats et aux exactions des groupes armés. Une réunion d'arbitrage se tiendra la semaine prochaine à l'Élysée.

 

mai 2007

Bush durcit les sanctions contre le Soudan

Le Figaro, 30 mai 2007

 

Pékin est vivement opposé à la demande américaine d'une résolution plus contraignante de l'ONU. Paris se dit "ouvert à la discussion

 

George W. Bush a annoncé mardi par le biais d'une déclaration publique de nouvelles sanctions américaines contre le Soudan dans le cadre du conflit du Darfour. "Les agissements du président Al-Béchir au cours des dernières semaines prolongent une attitude que nous connaissons depuis longtemps et qui consiste à promettre de coopérer tout en recherchant de nouveaux moyens de faire obstruction", a déclaré le président américain, qui a de nouveau parlé de "génocide" en cours dans cette région de l'Ouest du Soudan. "Les Etats-Unis ne détourneront pas les yeux d'une crise qui met au défi la conscience du monde", a lancé George W. Bush.

Les Etats-Unis vont renforcer des sanctions déjà existantes : 31 nouvelles compagnies soudanaises, incluant des firmes exportatrices de pétrole, vont être ajoutées à la liste de celles avec lesquelles les Américains sont interdits de toute transaction commerciale et financière. Deux hauts responsables du régime soudanais et un chef rebelle seront également sanctionnés. Cette décision porte à sept le nombre de personnes frappées de sanctions par les Etats-Unis en raison de violations des droits de l'homme au Darfour.

George W. Bush veut aussi pousser à l'adoption d'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'ONU imposant des sanctions internationales au gouvernement soudanais et un embargo étendu sur les ventes d'armes au Soudan. Cette résolution interdirait aussi au gouvernement soudanais les vols militaires au-dessus du Darfour, a-t-il dit.

 

Opposition chinoise, approbation britannique

 

Dès ce matin, Liu Guijin, représentant chinois pour le Darfour, s'est opposé à tout durcissement des sanctions à l'encontre de son allié soudanais qui allait, selon lui, "aboutir à compliquer la recherche d'une solution au problème" du Darfour.

Les Etats-Unis ont en revanche été soutenus par la Grande-Bretagne qui estime que ce qui se passe au Darfour «n'est pas acceptable». De son côté, la France s'est dite "ouverte à la discussion" sur d'éventuelles nouvelles sanctions.

 

Paris veut opérer à partir du Tchad

 

Après discussion avec son homologue chinois, le ministre français des Affaires étrangères, avait proposé hier la sécurisation d'un "corridor humanitaire à partir du Tchad" pour venir en aide au Darfour. Une idée pour laquelle le chef de la diplomatie chinoise a "marqué son intérêt", aux dires de diplomates ayant participé à l'entretien. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a qualifié l'idée française de "sérieuse". L'armée française dispose d'un millier de soldats basés au Tchad dans le cadre du dispositif "Epervier".

 

Le conflit du Darfour a déjà provoqué au moins la mort de 200.000 personnes et l'exode de deux autres millions, selon les Nations unies. Un chiffre de victimes contesté par le Soudan qui estime leur nombre à seulement 9000.

 

mai 2007

 

Paris propose "un corridor humanitaire à partir du Tchad" au Darfour

Jeune Afrique avec l'AFP, 29 mai 2007

 

La France propose la sécurisation d'"un corridor humanitaire à partir du Tchad" pour venir en aide au Darfour, a déclaré lundi soir à Hambourg le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner à l'issue d'un entretien avec son homologue chinois.

"On réfléchit à plusieurs options, y compris la sécurisation d'un corridor humanitaire à partir du Tchad", a dit M. Kouchner après un entretien d'une heure avec le chef de la diplomatie chinoise, Yang Jiechi, dans le cadre d'une réunion du Forum UE-Asie (ASEM).

Ce n'est qu'une idée pour l'instant, mais pourquoi ne pas essayer ?", a ajouté M. Kouchner, en soulignant qu'il avait proposé à M. Yang de "participer à un groupe de contact élargi sur le Darfour".

Le chef de la diplomatie chinoise "a marqué son intérêt" pour les idées françaises, selon des diplomates ayant participé à l'entretien.

La Chine, qui absorbe 60% de la production pétrolière soudanaise, reste opposée à des sanctions de l'ONU contre le Soudan. Elle a dépêché il y a une semaine à Khartoum son "représentant spécial pour l'Afrique", Liu Guijin.

M. Kouchner a indiqué qu'il s'était également entretenu lundi au téléphone avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui a qualifié, selon lui, l'idée française de "sérieuse".

La France dispose d'un millier d'hommes ainsi que d'une poignée d'appareils de chasse et d'hélicoptères au Tchad dans le cadre du dispositif "Epervier".

L'opération envisagée au Darfour serait "sous mandat de l'Onu et à composante européenne", selon des sources diplomatiques françaises, qui précisent toutefois que rien n'a été décidé.

Le Haut représentant de l'UE pour la politique extérieure, Javier Solana, a accueilli cette idée favorablement mais avec prudence. "Tous les efforts pour régler la question du Darfour sont importants", a-t-il dit. "Je suis d'accord sur le principe. Il faut voir comment nous pouvons le faire".

M. Kouchner, l'ancien "french doctor" partisan du droit d'ingérence humanitaire, se rend mardi à Berlin, avant de participer mercredi et jeudi à Potsdam, près de la capitale allemande, à une réunion de ministres des Affaires étrangères du G8. Socialiste en rupture de ban, il peut se prévaloir au sujet du Darfour du plein accord du président Nicolas Sarkozy, qui avait qualifié durant sa campagne d'"inacceptable" la situation dans cette province de l'ouest du Soudan où les violences ont fait 200.000 morts et 2 millions de déplacés.

Khartoum a donné son accord au déploiement de quelque 3.000 employés de l'ONU en soutien de l'actuelle force de l'Union africaine (Amis) au Darfour mais tarde à autoriser l'envoi d'une mission hybride ONU-UA d'environ 20.000 hommes. Avant d'être nommé au Quai d'Orsay, M. Kouchner avait préconisé l'ouverture d'un "corridor humanitaire" pour sauver les civils.

 

mai 2007

 

Bush hausse le ton contre le Soudan

L.C.I. France, 29 mai 2009

 

Les Etats-Unis restent sur une ligne dure vis-à-vis de Khartoum, régulièrement accusé de couvrir une catastrophe humanitaire au Darfour alors que les violences ont fait 200.000 morts et 2 millions de déplacés depuis 2003, selon l'Onu. George W. Bush a annoncé mardi de nouvelles sanctions dans une déclaration mettant en cause le chef d'Etat soudanais Omar Hassan Al-Bachir, accusé de " promettre de coopérer tout en recherchant de nouveaux moyens de faire obstruction ".

Les Etats-Unis vont renforcer des sanctions déjà existantes : ils vont ajouter 31 nouvelles compagnies soudanaises à la liste de celles avec lesquelles les Américains sont interdits de toute transaction commerciale et financière ; ils vont infliger des sanctions à de hauts responsables gouvernementaux. Le président américain a indiqué qu'il allait dans le même temps pousser à l'adoption d'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'Onu imposant des sanctions internationales au gouvernement soudanais et un embargo étendu sur les ventes d'armes au Soudan. Cette résolution interdirait aussi au gouvernement soudanais les vols militaires au-dessus du Darfour.

 

mai 2007

 

Malakal (Soudan) sous perfusion des agences des Nations unies

Jeune Afrique avec l'AFP, 29 mai 2007

 

L'ONU et ses agences purifient l'eau, aident la police locale, assistent les écoles et forment les pêcheurs de Malakal, ville du sud du Soudan, considérée comme un banc d'essai à sa mission alliant maintien de la paix et aide au développement.

La mission de l'ONU dans le sud Soudan, l'UNMIS, a eu d'abord, en novembre, à contenir une flambée de violence qui a coûté la vie à 120 personnes. Des miliciens sudistes alliées au nord se sont livrés à une véritable bataille rangée avec les forces sudistes après avoir pris refuge dans des baraquements de l'armée nordiste.

Aujourd'hui, la tension persiste mais elle est "contenue", souligne le commandant indien du secteur, le colonel Anil Singh Rathore, devant un groupe de journalistes qui ont visité récemment la ville.

"La crise de confiance reste très profonde" entre les deux parties, constate le militaire indien, qui fait état de nombreux contentieux, notamment le retard pris dans le déploiement des forces nordistes dans le nord, conformément à l'accord de paix dans le sud du Soudan.

Malakal est la capitale de l'Etat du Haut Nil. Ses frontières nord courent tout au long de la ligne de 1956, considérée par l'accord de paix comme la limite entre le nord et le sud du Soudan.

Depuis, la force indienne gère une situation caractérisée par de "petits incidents qui risquent de remettre le feu à la poudre" et s'emploie aussi, selon le colonel Rathore, à "gagner les coeurs et les esprits des habitants".

Exemple: une clinique vétérinaire gratuite, gérée par le commandant Vikas Thakur, qui soigne avec ses assistants indiens et locaux mille bêtes par mois.

Les ânes en premier, les vaches et les chèvres ensuite. Les ânes, essentiels pour les habitants pour rechercher le bois, l'eau et transporter les produits agricoles, souffrent souvent de blessures et de différentes maladies virales, explique le commandant Takur, en s'affairant avec ses assistants.

Le gros du travail humanitaire et de l'aide au développement est à la charge des Nations unies, explique Peter Peter Maxwell, le chef de l'UNMIS dans la région, en produisant une longue liste d'interventions.

C'est certes une goutte dans l'océan des besoins d'une population de plus de 150.000 habitants sortis d'une guerre de plus de 20 ans, mais les visites sur le terrain permettent de mesurer l'importance du travail effectué.

Sur le bord du Nil Blanc qui longe la ville faite de cases et de tôles, une petite station d'épuration d'eau a été montée par l'UNICEF (agence de l'ONU pour l'enfance) pour aider à contenir les maladies générées par l'eau sale.

Rudimentaire mais efficace, elle arrive à produire 30.000 litres d'eau potable par jour, soit trois fois sa capacité initiale.

Dans une école de la ville, le Programme alimentaire mondial distribue des rations alimentaires aux filles surtout pour les encourager à poursuivre des études et briser l'habitude locale consistant à les envoyer aux champs.

L'établissement est certes d'un autre âge, les salles de classe consistant en de simples cases d'une saleté répugnante, mais les élèves en uniforme chantent joyeusement en anglais: "Papa, maman, laissez-moi aller à l'école pour construire un meilleur Soudan pour tous".

Ailleurs, l'UNMIS a rénové un poste de la police locale et a appris à ses officiers à ne pas détenir les enfants et les adultes dans la même cellule.

En dépit de la frustration du gouverneur d'Etat, Dak Doup Bishok, un sudiste allié au nord, qui estime que l'UNMIS "ne fait rien pour le développement" de sa région, M. Maxwell estime essentielle ses interventions, notamment lorsqu'il s'agit de "questions de vie ou de mort", comme contenir des violences ou les épidémies de choléra.

 

mai 2007

La terreur au quotidien au Darfour

La Tribune avec Associated Press, 27 mai 2007

 

Au Darfour, dans l'ouest du Soudan, la violence est tristement banale, comme en témoigne le calvaire vécu récemment par sept femmes qui s'étaient aventurées en dehors de leur camp de déplacés pour ramasser du bois, espérant le vendre pour récolter de l'argent leur permettant de nourrir leurs familles. Au lieu de ça, dans une zone boisée où elles s'étaient risquées pendant quelques heures, elles ont été violées, battues et dévalisées.

Ces femmes, qui avaient collecté de l'argent pour louer un âne et une charrette, ont regagné comme elles pouvaient le camp de Kalma, nues, et complètement effondrées. "Pendant tout le temps que ça a duré, je pensais: ils tuent mon bébé, ils tuent mon bébé", gémit Aïcha, qui était alors enceinte de sept mois.

Les sept femmes n'ont aucun doute sur les auteurs de ces violences. Pour elles, les chameaux de ces hommes et les uniformes qu'ils portaient constituent une preuve: il s'agit de miliciens janjaweed, ces miliciens arabes accusés de terroriser les villageois, essentiellement des noirs, de la région soudanaise du Darfour.

Leur histoire, racontée à un journaliste d'Associated Press et confirmée par d'autres femmes et des travailleurs humanitaires dans le camp, donne un aperçu de l'enfer que le Darfour est devenu, alors que le gouvernement dominé par les arabes combat une rébellion entretenue par les problèmes de discrimination que vit toute une partie de la population.

Le conflit, qui est dans sa quatrième année, est devenu la pire crise humanitaire dans le monde, et le viol en est une des tragiques conséquences, selon l'ONU et d'autres militants des droits de l'homme.

Accusé de soutenir les milices, le gouvernement du Soudan assure qu'il n'arme pas, ni n'encourage les janjaweed, et se hérisse face aux allégations de viols, affirmant que la société soudanaise, conservatrice et musulmane, ne tolérerait jamais ça.

Khartoum a accepté le déploiement de 3.000 soldats de l'ONU chargés du maintien de la paix, mais pas des 22.000 mandatés par le Conseil de sécurité de l'ONU. Le déploiement pourrait prendre des mois et des villageois craignent que le gouvernement veuille se débarrasser de tous les témoins des atrocités avant l'arrivée des forces de maintien de la paix.

Depuis le début du conflit, plus de 200.000 civils sont morts et 2,5 millions sont sans-abri, sur une population de six millions de personnes au Darfour, selon l'ONU. Un rapport de la Cour pénale internationale (CPI), en février, a évoqué des "viols collectifs de civils qui n'auraient jamais participé à un conflit armé".

Kalma est un microcosme de la misère, un camp où quelque 100.000 réfugiés s'entassent dans des huttes en terre et des tentes rudimentaires en plastique. Les armes à feu y sont si nombreuses que les forces de maintien de la paix de l'Union africaine, dépassées, ont quitté les lieux depuis longtemps, incapables de protéger la population. Toute personne qui s'aventure hors du camp doit penser au risque que constituent les janjaweed, comme le prouve l'histoire d'Aïcha et de ses amies.

Au Soudan, comme dans beaucoup de pays musulmans, la société considère les violences sexuelles comme un déshonneur pour toute la famille de la femme concernée. "Les victimes peuvent être confrontées à un ostracisme terrible", souligne Mahan Muna, coordinateur de l'ONU sur cette question au Soudan.

Certains travailleurs humanitaires croient que les janjaweed ont recours aux viols pour intimider les rebelles, leurs partisans et leurs familles. "C'est une stratégie de guerre", précisait Mahan Muna lors d'un entretien réalisé récemment à Khartoum, la capitale.

Kalma n'est pas le seul endroit où l'on ait fait état de multiples viols au Darfour. A 190 kilomètres de là, dans la ville de Mukjar, des femmes auraient été conduites récemment dans une prison et violées pendant plusieurs heures par des janjaweed, selon les témoignages de deux hommes. AP

 

mai 2007

L'ONU approuve l'envoi de 23 000 soldats au Darfour

Le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé le déploiement de plus de 23 000 soldats au Darfour, la région de l'ouest du Soudan en proie à une guerre civile depuis quatre ans

 

Afrik-com, 26 mai 2007

 

Le Conseil de sécurité a adopté, vendredi, un rapport qui lui a été soumis par le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon. Le rapport préconise "une mise en application immédiate du commandement conjoint ONU/UA pour le maintien de la paix dans la région du Darfour".

"Le Conseil de sécurité note que l'accord entre l'Union africaine et les Nations unies concernant ce rapport conjoint est un fait important dans le cadre de l'approche globale du processus de paix au Darfour" ont indiqué les 15 membres du Conseil, dans un communiqué lu par son président, l'Américain Zalmay Khalilzad.

Le rapport propose deux options de troupes : l'une avec 19 500 hommes, comprenant 18 bataillons d'infanterie, et l'autre de 17 605 soldats avec 15 bataillons d'infanterie.

Il est également prévu une force de police de 3 772 officiers et 2500 agents pour mettre en place une équipe de sécurité locale dans les camps de réfugiés, et du personnel civil de soutien.

M. Ban a remis une copie du rapport conjoint à l'ambassadeur du Soudan accrédité à l'ONU, Abdalmahmood Abdalhaleem, pour obtenir l'approbation de son gouvernement. La nouvelle mission sera la phase finale d'un processus en trois étapes dans le cadre du renforcement de la Mission de paix de l'UA au Darfour (AMIS), en manque de ressources.

Jeudi, l'ONU et l'UA avaient désigné le général nigérian, Martin Agwai comme nouveau commandant de la force hybride, qui sera constituée principalement d'Africains.

La force va aussi surveiller le respect de l'accord de paix sur le Darfour signé en mai 2006 par le gouvernement de Khartoum et un groupe rebelle. Les soldats de maintien de la paix seront également chargés de surveiller les frontières du Soudan, du Tchad et de la République centrafricaine.

La guerre au Darfour qui a éclaté en février 2003 aurait fait 200 000 victimes et causé le déplacement de plus de deux millions de personnes. M. Ban Ki-Moon a décrit le Darfour comme "le théâtre de la pire crise humanitaire dans le monde", qui déborde au Tchad et en République Centraficaine.

mai 2007

L'Egypte s'oppose à des sanctions contre le Soudan

Jeune Afrique 25 mai 2007

 

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit a déclaré vendredi qu'imposer des sanctions au Soudan pour la crise du Darfour ne ferait que compliquer davantage la situation, a rapporté vendredi l'agnce de presse officielle MENA.

"Les sanctions ne permettent jamais la réalisation des objectifs politiques," a déclaré M. Gheit, ajoutant qu'il avait informé le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon de la position de l'Egypte à ce propos.

Par la même occasion, M. Gheit a également nié les rumeurs selon lesquelles le Caire accueillerait la réunion à laquelle doivent participer les représentants des groupes armés de la région soudanaise du Darfour.

En effet, cette réunion aura lieu dans la ville de Juba située dans le sud du Soudan, a-t-il indiqué sans donner la date exacte de cette réunion.

M. Gheit a déclaré que Juba accueillera également une conférence internationale à laquelle participeront les représentants des Nations Unies, de l'Union Africaine, des plus grandes puissances mondiales et des pays voisins du Soudan.

L'Egypte, tout comme la plupart des nations arabes, est opposé à toute sanction contre le Soudan pour la crise du Darfour, a-t-il enfin souligné

 

mai 2007

Dans les camps de l'est du Tchad, les réfugiés sont pris entre deux feux

Tchad Information, 25 mai 2007

 

La zone frontalière avec le Darfour abrite 235.000 réfugiés et 150.000 Tchadiens qui ont fui leur foyer

La crise humanitaire qui sévit dans la partie orientale du Tchad est tout aussi grave que celles qui affectent le Darfour (Soudan) et la Somalie.

C'est ce qu'a récemment fait valoir à l'USINFO le sous-secrétaire d'État adjoint chargé des questions ayant trait à la population, aux réfugiés et à la migration, M. William Fitzgerald, qui a précisé que 235.000 Soudanais et 50.000 Centrafricains s'accrochaient à une existence des plus précaires dans des camps situés à l'est du Tchad et dans sa région frontalière avec la République centrafricaine au sud.

Les défis auxquels se heurte le sud du Tchad, a-t-il indiqué, sont semblables à ceux auxquels le pays est en proie le long de sa frontière avec la région du Darfour, mais ils sont aussi différents.

« Le Tchad a une dynamique unique et ses propres problèmes ethniques », a-t- dit, ajoutant que les rebelles soudanais qui se battent contre le gouvernement de Khartoum avaient établi des bases dans l'est du Tchad et que les rebelles tchadiens qui se battent contre le gouvernement de N'djamena avaient établi des bases au Soudan.

« Le gouvernement de chacun de ces pays aide les rebelles originaires de l'autre. En vérité, l'instabilité régionale est à l'origine de bien des problèmes qui se font jour, notamment des combats qui ont récemment éclaté en République centrafricaine, juste au sud », a-t-il précisé.

Évoquant le contexte régional à l'occasion d'un exposé, le 3 mai à l'American Enterprise Institute, le sous-secrétaire d'État adjoint pour les affaires africaines, M. James Swan, avait expliqué que le Tchad et le Soudan entretenaient des relations très complexes et que leurs frontières nationales étaient soumises à la fois à des loyautés tribales et à un combat pour les ressources naturelles. Dans l'est du Tchad et à l'ouest du Soudan, par exemple, l'accès limité à l'eau et aux terres arables sont à l'origine de conflits entre les bergers et les agriculteurs des deux côtés de la frontière. En outre, les liens familiaux et ethniques exacerbent encore les tensions économiques.

S'étant récemment rendu dans la région, M. Fitzgerald peut attester de la désolation sur le terrain. « On se croirait sur la lune. C'est très aride, désertique, et les arbres y sont rares », a-t-il dit, faisant observer qu'étant donné la pénurie de ressources, les tensions s'intensifient entre la population locale et les nouveaux venus à qui elle avait ouvert les bras au début.

Les États-Unis continuent à prodiguer des soins médicaux et un enseignement de base par le truchement des organisations non gouvernementales (ONG) avec lesquelles ils ont formé des partenariats, notamment l'International Rescue Committee, CARE, l'International Medical Corps et aussi le Comité international de la Croix-Rouge (CIRC).

Il y a trois semaines, a souligné M. Fitzgerald, le président Bush a autorisé le déblocage d'un million de dollars pour le CICR afin qu'il puisse poursuivre son action en faveur des réfugiés.

Les États-Unis apportent leur aide à une douzaine d'ONG qui travaillent dans l'est du Tchad, Le département d'État, qui s'occupe des réfugiés, travaille en étroite collaboration avec l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) qui, pour sa part, s'occupe surtout des personnes déplacées à l'intérieur de leur pays

Les objectifs des États-Unis, en ce qui concerne la situation au Tchad, portent sur trois volets : un règlement politique afin de mettre un terme aux combats ; le plein accès pour permettre à l'aide humanitaire de parvenir aux réfugiés et aux personnes déplacées ; et le déploiement d'une force de maintien de la paix dans l'est du Tchad et au nord de la République centrafricaine.

Pour M. Fitzgerald, la solution des problèmes de l'est du Tchad est indissociable d'une solution au Darfour, argument qu'avait souligné le secrétaire d'État adjoint, M. John Negroponte, le 17 avril, après s'être entretenu à N'djamena avec le président du Tchad, M. Idriss Deby. « Les États-Unis sont convaincus que les violences au Darfour, au Tchad et en République centrafricaine sont de plus en plus étroitement liées, que l'instabilité dans chacun de ces pays contribue directement à l'instabilité dans les autres, et qu'il nous faut faire des progrès sur tous les fronts pour améliorer la sécurité et protéger les civils », avait-il déclaré.

De l'avis de M. Fitzgerald, une force de maintien de la paix fortement armée sera nécessaire dans l'est du Tchad pour protéger les ONG et organismes internationaux qui y travaillent et qui ont déjà fait l'objet d'attaques.

Afin de créer un climat propice à la distribution de l'aide humanitaire, a-t-il indiqué, les États-Unis ont pris la tête des initiatives visant le déploiement d'une force de maintien de la paix de l'ONU dans l'est du Tchad et aussi au Darfour.

La sécurité fait défaut dans les camps de réfugiés établis dans l'est du Tchad car ils sont la cible d'attaques émanant de l'autre côté de la frontière. Par ailleurs, les rebelles soudanais s'y arrêtent pour se reposer après avoir combattu au Soudan, car nombreux sont ceux qui y ont de la famille, et ils profitent de la situation pour essayer d'embrigader les hommes jeunes pour qu'ils aillent combattre avec eux au Soudan.

Environ 150.000 personnes déplacées se trouvent dans l'est du Soudan, a précisé M. Fitzgerald, soit 50.000 de plus que l'été dernier, une situation imputable aux conflits interethniques au Tchad, mais aussi aux attaques transfrontalières perpétrées par les djandjawids, des milices armées de langue arabe.

« On du mal à le croire, mais il y a bien des djandjawids soudanais et des djandjawids tchadiens », a fait remarquer M. Fitzgerald.

Les États-Unis collaborent aussi avec le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) en vue d'augmenter les effectifs des gendarmes assignés à la protection des camps.

« Le Tchad n'a que 235 gendarmes qui couvrent 12 camps - 235 hommes chargés de la protection de 235.000 réfugiés et de 150.000 personnes déplacées. Ils sont complètement dépassés, en nombre comme en armes. Les États-Unis ont alloué des fonds en 2006 pour accroître de 100 le nombre de gendarmes, mais cela ne suffit toujours pas », a-t-il fait valoir.

« C'est un endroit on ne peut plus difficile. On ne peut guère en disconvenir », a-t-il conclu.

 

mai 2007

Amnesty International accuse le régime Béchir de violations des droits de l'homme au Darfour

Le Potentiel , Kinshasa, 24 Mai 2007 par Ludi Cardosso

 

Dans son rapport publié mercredi, l'organisation non gouvernementale de défense des droits de l'homme, Amnesty International accuse le gouvernement soudanais de soutenir les milices janjawids qui violent systématiquement les droits de l'homme au Darfour et lancent des incursions au Tchad.

 

A cet effet, de nombreux observateurs estiment qu'il revient à la communauté internationale d'exercer de fortes pressions sur le régime Béchir pour qu'il accepte de respecter définitivement la signature de l'accord de paix au Darfour, et déploiement d'une force internationale.

L'Amnesty International a, dans un rapport publié hier mercredi 23 mai, dressé un bilan sombre de la situation de droits de l'homme au Soudan en 2006, en particulier au Darfour. En dépit de la signature d'un accord de paix au Darfour, il y a un an à Abuja, l'association de défense des droits de l'homme souligne que le conflit « a augmenté d'intensité dans l'ouest du Soudan, tout comme les déplacements de population et les homicides ».

« Le gouvernement n'a pas désarmé les milices (...) janjawids, qui ont poursuivi leurs attaques contre les civils au Darfour et lancé des incursions au Tchad », a souligné cette Organisation internationale avant de faire état de centaines de civils tués au Darfour et au Tchad et 300.000 déplacés en 2006.

Ce rapport dont une copie est parvenue à l'AFP, accuse ces miliciens de pratiquer « le viol de manière systématique au Darfour »en situation de « quasi impunité ». « Les autorités n'ont pris le plus souvent aucune mesure pour enquêter (...), et il est même arrivé que les victimes soient arrêtées pour adultère ».

Par ailleurs, l'Association pointe du doigt les forces gouvernementales de « bombardements aériens fréquents de cibles civiles ». En août 2006, celles-ci ont « lancé une offensive de grande ampleur dans le nord du Darfour et dans la région de Djebel Marra (centre), accompagnée d'attaques de janjawids contre des villages ».

DES PRESSIONS

A en croire cette Organisation internationale, la Mission de l'Union africaine au Soudan (Amis) « n'a pas été en mesure de mettre un terme aux homicides et aux viols, ni aux déplacements de population et aux pillages ».

Elle dénonce en outre les arrestations arbitraires et la « détention prolongée au secret »d'opposants par les services de sécurité , ajoutant que « le recours à la torture, toujours répandu, était même systématique dans certaines régions, dont le Darfour ».

Sur le volet de la liberté de presse et d'expression, la situation reste également à désirer. A cet effet Amnesty a renseigné que « des journalistes ont été régulièrement arrêtés et plusieurs publications ont été censurées et suspendues ». Enfin, le rapport stigmatise les « peines cruelles, inhumaines ou dégradantes » infligées par les tribunaux soudanais, comme la flagellation, ainsi que des dizaines de condamnations à mort prononcées à l'issue des procès inéquitables au cours desquels les droits de l'homme n'ont pas été respectés.

En définitive, au regard de cette situation dramatique des droits de l'homme au Darfour, plusieurs observateurs estiment qu'il revient à la communauté internationale d'exercer de fortes pressions sur le régime El-Béchir afin qu'il respecte les clauses des accords signés et le déploiement d'une force onusienne.

 

mai 2007

Dans les camps de l'est du Tchad, les réfugiés sont pris entre deux feux

La zone frontalière avec le Darfour abrite 235.000 réfugiés et 150.000 Tchadiens qui ont fui leur foyer

 

USA gouvernement, 24 mai 2007

 

Washington - La crise humanitaire qui sévit dans la partie orientale du Tchad est tout aussi grave que celles qui affectent le Darfour (Soudan) et la Somalie.

C'est ce qu'a récemment fait valoir à l'USINFO le sous-secrétaire d'État adjoint chargé des questions ayant trait à la population, aux réfugiés et à la migration, M. William Fitzgerald, qui a précisé que 235.000 Soudanais et 50.000 Centrafricains s'accrochaient à une existence des plus précaires dans des camps situés à l'est du Tchad et dans sa région frontalière avec la République centrafricaine au sud.

Les défis auxquels se heurte le sud du Tchad, a-t-il indiqué, sont semblables à ceux auxquels le pays est en proie le long de sa frontière avec la région du Darfour, mais ils sont aussi différents.

« Le Tchad a une dynamique unique et ses propres problèmes ethniques », a-t- dit, ajoutant que les rebelles soudanais qui se battent contre le gouvernement de Khartoum avaient établi des bases dans l'est du Tchad et que les rebelles tchadiens qui se battent contre le gouvernement de N'djamena avaient établi des bases au Soudan.

« Le gouvernement de chacun de ces pays aide les rebelles originaires de l'autre. En vérité, l'instabilité régionale est à l'origine de bien des problèmes qui se font jour, notamment des combats qui ont récemment éclaté en République centrafricaine, juste au sud », a-t-il précisé.

Évoquant le contexte régional à l'occasion d'un exposé, le 3 mai à l'American Enterprise Institute, le sous-secrétaire d'État adjoint pour les affaires africaines, M. James Swan, avait expliqué que le Tchad et le Soudan entretenaient des relations très complexes et que leurs frontières nationales étaient soumises à la fois à des loyautés tribales et à un combat pour les ressources naturelles. Dans l'est du Tchad et à l'ouest du Soudan, par exemple, l'accès limité à l'eau et aux terres arables sont à l'origine de conflits entre les bergers et les agriculteurs des deux côtés de la frontière. En outre, les liens familiaux et ethniques exacerbent encore les tensions économiques.

S'étant récemment rendu dans la région, M. Fitzgerald peut attester de la désolation sur le terrain. « On se croirait sur la lune. C'est très aride, désertique, et les arbres y sont rares », a-t-il dit, faisant observer qu'étant donné la pénurie de ressources, les tensions s'intensifient entre la population locale et les nouveaux venus à qui elle avait ouvert les bras au début.

Les États-Unis continuent à prodiguer des soins médicaux et un enseignement de base par le truchement des organisations non gouvernementales (ONG) avec lesquelles ils ont formé des partenariats, notamment l'International Rescue Committee, CARE, l'International Medical Corps et aussi le Comité international de la Croix-Rouge (CIRC).

Il y a trois semaines, a souligné M. Fitzgerald, le président Bush a autorisé le déblocage d'un million de dollars pour le CICR afin qu'il puisse poursuivre son action en faveur des réfugiés.

Les États-Unis apportent leur aide à une douzaine d'ONG qui travaillent dans l'est du Tchad, Le département d'État, qui s'occupe des réfugiés, travaille en étroite collaboration avec l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) qui, pour sa part, s'occupe surtout des personnes déplacées à l'intérieur de leur pays.

Les objectifs des États-Unis, en ce qui concerne la situation au Tchad, portent sur trois volets : un règlement politique afin de mettre un terme aux combats ; le plein accès pour permettre à l'aide humanitaire de parvenir aux réfugiés et aux personnes déplacées ; et le déploiement d'une force de maintien de la paix dans l'est du Tchad et au nord de la République centrafricaine.

Pour M. Fitzgerald, la solution des problèmes de l'est du Tchad est indissociable d'une solution au Darfour, argument qu'avait souligné le secrétaire d'État adjoint, M. John Negroponte, le 17 avril, après s'être entretenu à N'djamena avec le président du Tchad, M. Idriss Deby. « Les États-Unis sont convaincus que les violences au Darfour, au Tchad et en République centrafricaine sont de plus en plus étroitement liées, que l'instabilité dans chacun de ces pays contribue directement à l'instabilité dans les autres, et qu'il nous faut faire des progrès sur tous les fronts pour améliorer la sécurité et protéger les civils », avait-il déclaré.

De l'avis de M. Fitzgerald, une force de maintien de la paix fortement armée sera nécessaire dans l'est du Tchad pour protéger les ONG et organismes internationaux qui y travaillent et qui ont déjà fait l'objet d'attaques.

Afin de créer un climat propice à la distribution de l'aide humanitaire, a-t-il indiqué, les États-Unis ont pris la tête des initiatives visant le déploiement d'une force de maintien de la paix de l'ONU dans l'est du Tchad et aussi au Darfour.

La sécurité fait défaut dans les camps de réfugiés établis dans l'est du Tchad car ils sont la cible d'attaques émanant de l'autre côté de la frontière. Par ailleurs, les rebelles soudanais s'y arrêtent pour se reposer après avoir combattu au Soudan, car nombreux sont ceux qui y ont de la famille, et ils profitent de la situation pour essayer d'embrigader les hommes jeunes pour qu'ils aillent combattre avec eux au Soudan.

Environ 150.000 personnes déplacées se trouvent dans l'est du Soudan, a précisé M. Fitzgerald, soit 50.000 de plus que l'été dernier, une situation imputable aux conflits interethniques au Tchad, mais aussi aux attaques transfrontalières perpétrées par les djandjawids, des milices armées de langue arabe.

« On du mal à le croire, mais il y a bien des djandjawids soudanais et des djandjawids tchadiens », a fait remarquer M. Fitzgerald.

Les États-Unis collaborent aussi avec le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) en vue d'augmenter les effectifs des gendarmes assignés à la protection des camps.

« Le Tchad n'a que 235 gendarmes qui couvrent 12 camps - 235 hommes chargés de la protection de 235.000 réfugiés et de 150.000 personnes déplacées. Ils sont complètement dépassés, en nombre comme en armes. Les États-Unis ont alloué des fonds en 2006 pour accroître de 100 le nombre de gendarmes, mais cela ne suffit toujours pas », a-t-il fait valoir.

« C'est un endroit on ne peut plus difficile. On ne peut guère en disconvenir », a-t-il conclu.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

 

mai 2007

Extrait du point de presse du bureau de la porte-parole du secrétaire général de l'ONU

Nations Unies, New York, 24 mai 2007

 

(La version française du Point de presse n'est pas un document officiel des Nations Unies)

 

Soudan

 

Le Secrétaire général a envoyé au Président du Conseil de sécurité, après les consultations qui ont eu lieu avec le Président de la Commission de l'Union africaine, M. Alpha Oumar Konaré, le rapport conjoint ONU-Union africaine concernant l'opération hybride proposée au Darfour.  Cette proposition a été également envoyée au Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine.  La proposition conjointe sera ensuite soumise au Soudan.

Le 23 mai dernier, après avoir consulté le Secrétaire général, le Président de la Commission de l'Union africaine a nommé le général Martin Agwai comme Commandant de la force de la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS).  Le Secrétaire général s'est félicité de cette décision et attend une collaboration étroite entre le général Agwai et les Nations Unies, afin de faciliter le déploiement du dispositif d'appui renforcé de la Mission de l'Union africaine au Soudan, et afin éventuellement qu'il prenne le commandement de la force hybride ONU-Union africaine au Darfour. (Voir communiqué de presse SG/SM/11013)

Le général Agwai a été le Chef d'état-major interarmées des forces armées nigérianes depuis juin 2006.  Il a occupé les fonctions de Chef d'état-major de l'armée de terre de juin 2003 à mai 2006.  Auparavant, il a servi auprès des Nations Unies comme Adjoint au Conseiller militaire de novembre 2002 à juin 2003, et comme Commandant adjoint de la Mission de l'ONU en Sierra Leone (MINUSIL) de novembre 2000 à novembre 2002. 

 

La Banque mondiale et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont signé un accord de don de 5,3 millions de dollars pour permettre le renforcement des capacités de police et améliorer la bonne marche du système pénitencier dans le sud du Soudan.  Appelé Fonds de soutien à la police et aux services correctionnels du Sud-Soudan, cette subvention est financée par un fonds d'affectation spéciale pour le Soudan auquel contribuent plusieurs donateurs.  Le fonds d'affectation spéciale est administré par la Banque mondiale.  Le projet a été conjointement préparé et évalué par le Gouvernement du Sud-Soudan, le PNUD et autres parties concernées.  Selon l'accord signé, le PNUD va construire un réseau de postes de police et de centres de formation et élaborer un code d'éthique pour la nouvelle force de police.  Le PNUD est également mandaté pour améliorer les centres de détention sur le plan structurel et faciliter une formation destinée à un meilleur traitement des prisonniers.

 

mai 2007

L'action humanitaire reste hasardeuse dans le Darfour ouest

Agence France Presse, Geneina, 24 mai 2007

 

Malgré des efforts pour la faciliter, l'action humanitaire reste hasardeuse dans le Darfour soudanais, notamment sa partie occidentale, en raison de la persistance des violences, selon des responsables d'ONG travaillant sur le terrain.

"Hier encore, on a perdu un véhicule", dit l'un des humanitaires rencontrés à Geneina, capitale du Darfour-ouest, en marge de la visite d'une délégation africaine, qui refuse de s'identifier et évite de parler trop à la presse "pour ne pas ajouter aux difficultés".

Le groupe est venu rencontrer mercredi la délégation du Conseil de la paix et de sécurité (PSC) de l'Union africaine (UA). Il est reparti sans avoir exposé ses difficultés, la délégation ayant écourté sa visite.

Mais l'impression donnée par ces hommes est celle de l'extrême difficulté, dans cette zone du Darfour limitrophe du Tchad et de Centrafrique et pratiquement sans routes, d'accéder aux populations dans le besoin, sauf par hélicoptère, ce qui multiplie les coûts des opérations.

Fernando Arroyo, chef de l'antenne locale de l'Ocha (office de coordination de l'action humanitaire) de l'Onu résume les difficultés de tous. "Nous avons vu l'accès (aux personnes dans le besoin) dans l'ouest du Darfour se réduire au minimum ces derniers mois", dit-il à l'AFP.

Le brigandage, les combats ainsi que la tension entre le Soudan et le Tchad expliquent, selon lui, les récentes difficultés. "On ne peut plus atteindre des zones isolées et on ne peut plus avoir une vue d'ensemble des besoins des populations", ajoute M. Arroyo.

"Notre espoir est d'avoir une meilleure capacité de faire parvenir l'aide à une échelle plus grande, d'avoir un mécanisme pour observer les abus et pouvoir éventuellement les prévenir", poursuit-t-il.

Pour Warren Wright, responsable de l'ONG Britannique Helpage International, il y a un signe qui ne trompe pas sur la détérioration de la situation sécuritaire dans l'ouest du Darfour, qui compte au moins 150.000 déplacés.

"D'après ma propre expérience, je n'ai pas vu de déplacés retourner dans leurs villages. La population des déplacés dans et autour de Geneina est en train de gonfler en raison de l'insécurité", déplore cet humanitaire, l'un des rares à accepter d'être cité.

Dans l'ouest du Darfour, 25 ONG internationales et cinq nationales sont sur le terrain en dépit de la situation difficile, a indiqué M. Arroyo au moment où son chef, le coordinateur humanitaire pour le Soudan, Manuel Aranda da Silva, relevait à Khartoum les mêmes entraves à l'action humanitaire dans le Darfour.

"Malgré la signature de l'accord de paix (en mai 2006), l'environnement sécuritaire au Darfour reste difficile et ce n'est un secret pour personne", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Le gouverneur du Darfour-ouest, Abou al-Qassem Imam, n'a pas caché devant la délégation africaine qu'il était difficile d'"assurer la sécurité à 100%". Même s'il a dit s'attendre à des "répercussions positives" de l'accord entre le Soudan et le Tchad sur la sécurisation des frontières passé en Arabie saoudite, dans le but d'empêcher les infiltrations de rebelles de part et d'autre.

Pour leur part, le gouvernement soudanais et les humanitaires ont constaté en se rencontrant le 21 mai, des progrès dans la facilitation des démarches administratives, comme la délivrance de visas et de meilleurs délais pour les procédures douanières, pour les humanitaires, qui ont fait l'objet d'un récent accord entre les deux parties.

 

mai 2007

Berlin prolonge jusqu'en décembre son soutien logistique au Darfour

Agence France Presse, Berlin, 23 mai 2007

 

Le gouvernement allemand a prolongé jusqu'au 15 décembre son soutien logistique à la mission de l'Union africaine au Darfour, l'AMIS, a annoncé mercredi à Berlin son porte-parole, Ulrich Wilhelm.

Jusqu'à 200 soldats allemands pourront continuer à apporter une aide logistique à la mission de l'UA. Depuis le début de l'opération fin 2004, les militaires allemands aident au transport de troupes et de matériels de pays africains qui n'en ont pas les moyens. Dans les faits, l'assistance militaire allemande est bien en deçà de la limite autorisée du mandat.

Devant le refus absolu de Khartoum d'accepter le remplacement de l'AMIS par une force des Nations unies, l'ONU travaille sur la mise en place d'une "opération hybride" ONU-UA.

Dans la phase de transition actuelle, le gouvernement allemand a donc décidé "de maintenir l'engagement allemand au niveau existant jusqu'alors", a dit M. Wilhelm.

Cette prolongation de la mission sera soumise à l'approbation du Bundestag, la chambre des députés allemands.

 

mai 2007

Une délégation de l'UA prise à partie par des représentants de déplacés

Agence France Presse, Geneina,, 23 mai 2007

 

Une délégation du Conseil de la paix et de sécurité de l'Union africaine (PSC) a été prise à partie mercredi à Geneina, dans l'ouest du Darfour, par des représentants de déplacés, lui reprochant de ne pas avoir écouté ses doléances.

Le représentant d'un camp de déplacés, dénonçant l'inefficacité de la Force africaine (FA), a demandé avec ses compagnons, une intervention de l'ONU et accusé des membres de la délégation du PSC d'être des "agents de Khartoum", devant les journalistes qui suivaient la visite.

L'altercation a eu lieu sur une base de la FA proche de Geneina, après une brève intervention, devant des représentants d'ONG et de déplacés de la tribu africaine des Massalit, du chef de la délégation, Obioma Philippe Oparah, ambassadeur du Nigeria à Addis Abeba et auprès de l'UA.

Celui-ci a demandé aux deux parties ainsi qu'à la presse de "ne pas adopter des positions sentimentales et de ne pas avoir d'attitudes extrêmes, de nature à perturber la paix civile".

Alors que les représentants des ONG n'ont pas réagi, certains des représentants des déplacés, déçus de n'avoir surtout pas eu l'occasion d'exprimer leurs doléances ont abordé la délégation du PSC à sa sortie de la salle de réunion, une tente, pour exprimer leurs sentiments.

Des responsables de l'UA ont minimisé l'incident, qui illustre la frustration des déplacés de ce qu'ils estiment être l'inefficacité de la mission africaine qui a pourtant 7.000 soldats au Darfour.

"On a voulu écouter tout le monde mais la délégation a reçu un coup de fil d'Al-Facher (nord du Darfour par où elle a transité) alertant d'une possible détérioration des conditions climatiques et c'est à cause de ça qu'on a dû partir", a expliqué à l'AFP un porte-parole de l'UA, Assane Ba.

Il a indiqué que le commandant de la FA du secteur a été chargé de recueillir les doléances des déplacés et de les transmettre par écrit à la délégation.

La visite de la délégation, venue en fait pour une mission sur les moyens d'améliorer les relations tendues entre le Soudan d'une part et le Tchad et la Centrafrique d'autre part, a commencé dans la matinée, par un arrêt à Al-Facher, siège du quartier général de la mission africaine.

La délégation a été informée de la situation sécuritaire et rencontré des représentants de deux groupes rebelles non-signataires de l'accord de paix, accepté par un seul mouvement.

A Geneina, elle a rencontré le gouverneur du Darfour ouest, Aboulqassem Imam, un ancien rebelle qui a rallié Khartoum, et qui a affirmé que la situation s'est améliorée depuis sa prise de fonction en février en dépit de la persistance d'une certaine instabilité.

La délégation, qui a regagné en début de soirée Khartoum, doit se rendre jeudi eu Tchad et ensuite en Centrafrique.

Elle est chargée d'évaluer la situation sur le terrain et d'identifier les obstacles qui empêchent la mise en oeuvre des accords signés entre le Tchad et le Soudan sur la sécurisation de leurs frontières.

Le Tchad et la RCA sont confrontés depuis plusieurs mois à des rébellions qui selon eux sont soutenues par le Soudan, ce que Khartoum dément. En revanche le Soudan accuse N'djamena de soutenir les rebelles du Darfour.

Les deux pays viennent de signer un nouvel accord en Arabie saoudite pour sécuriser leurs frontières.

 

mai 2007

Le Soudan sous pression

Mali-Informations, 22 mai 2007

 

Khartoum risque de perdre quelque 38 millions de dollars d'investissements provenant des fonds de retraite du Kansas, après l'adoption lundi, par le parlement de cet Etat du centre ouest des Etats-Unis, d'un projet dépossédant de ces fonds, les compagnies implantées au Soudan, a appris APA.

Le Kansas devient ainsi le dernier des 12 Etats américains à adopter le projet de désinvestissement des fonds de retraite, au détriment des sociétés implantées au Soudan à cause du « génocide » qui sévit dans ce pays.

Cette loi avait été proposée au parlement du Kansas par deux sénateurs noirs, Donald Betts Jr et David Haley, fils de l'ancien ambassadeur des Etats-Unis à Banjul, George Haley de la famille de Alex Haley, l'auteur de « Racines ».

L'association des élèves du lycée de Wichita, non loin du parlement, a mené une campagne victorieuse pour l'adoption de cette loi au Kansas.

Son président, Matthew Vines, a déclaré à APA que les sociétés touchées par cette mesure incluent Petro China, une filiale de la China National Petroleum Company, ainsi que Sino Pec, Schlumberger, Scomi Group et Dongfeng Motors.

La cérémonie de promulgation de cette loi s'est déroulée à la gouvernance de l'Etat, située dans la capitale Topeka, en présence d'un groupe de Soudanais en exil et d'une organisation ecclésiastique, Sunrise Soudan, qui œuvre dans l'humanitaire et auprès de réfugiés soudanais aux Etats-Unis, ainsi que des élèves de ce même lycée.

« Il existe suffisamment de documents sur l'horrible génocide qui sévit au Soudan et nous ne voulons nullement traiter avec les compagnies qui mènent des activités commerciale avec ce pays, tant que son gouvernement restera passif devant le massacre », indique un communiqué de la gouvernance.

Selon le communiqué, cette loi « proscrit l'investissement de fonds du Système de prévoyance retraite des fonctionnaires de l'Etat de Kansas dans les entreprises actives au Soudan ».

En outre, elle « prévoit le désinvestissement des fonds de participation directe ou indirecte dans les compagnies menant de telles activités, sauf dans le cas des fonds composites gérés de façon passive... ».

 

 

 

mai 2007

Le roi reçoit le Président soudanais Omar Hassan Al-Bachir  

Maroc Matin , 22 mai 2007

 

Le plus grand Etat d'Afrique est confronté aux violations de son intégrité territoriale.

SaMajesté le Roi Mohammed VI a reçu, mardi au Palais Royal de Fès, le Président soudanais, Omar Hassan Al-Bachir, actuellement en visite privée au Maroc. L'audience s'est déroulée en présence de Mohamed Benaïssa, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Rochdi Chraïbi, membre du Cabinet Royal, et Yahia Abdeljalil Mahmoud, ambassadeur du Soudan au Maroc. Entre le Maroc et le Soudan, il existe une amitié fraternelle qui remonte à loin dans le temps.

 

Un cadre de coopération, mis en œuvre il y a déjà plusieurs années, a tracé les contours d'un mouvement d'échanges divers. Le Soudan a constamment soutenu la position du Maroc dans le conflit du Sahara et, à chaque fois que l'occasion s'est présentée, il a réitéré son soutien à l'intégrité territoriale et à la souveraineté du Royaume. La presse soudanaise, qui s'est faite l'écho dernièrement des positions officielles du gouvernement, a rapporté que «l'autonomie est la solution efficiente pour sortir de la crise du Sahara».

Souvent, quand il quitte son pays pour se rendre à l'étranger, le président Omar Hassan Al Bachir - au pouvoir depuis 1989 - effectue dans un sens ou dans l'autre une escale au Maroc, confortant ainsi une amitié qui n'a jamais été altérée par quoi que ce soit. Immense Etat d'Afrique, bordé au nord par l'Egypte et la Libye , au sud par l'Ethiopie , à l'est par l'Erythrée et la mer Rouge, il compte une superficie de 2 505 810 km2. Il est considéré comme le plus grand pays africain, et comprend une population de 37 millions de personnes.

Vingt-six wilayas constituent son organisation administrative et politique et offre du Soudan l'image d'un Etat fédéral. Le pays fait face aujourd'hui à la sécession du Darfour, encouragée en sous-main par une série de pays occidentaux mais combattue par la Chine qui - initiative unique - vient de créer un «Monsieur Darfour», c'est-à-dire un ministre chargé de ce problème.

 

mai 2007

Au Soudan, les ennemis d'hier déminent le Sud

En collaboration avec l'ONU, ex-rebelles du Sud et armée gouvernementale unissent leurs efforts dans une opération de déminage .

 

La Croix, Aweil Soudan, par S téphane Aubouard, 23 mai 2007

 

Aux environs d'Aweil, au sud du Soudan, des soldats à l'uniforme futuriste passent en trombe dans des 4 x 4 charriant des nuages de poussière. Ces unités composées de militaires de l'armée gouvernementale et de combattants de l'ex-rébellion du Sud, le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), hier ennemis, se retrouvent pour une même mission: déminer une partie de la vieille voie ferrée reliant Babanoussa à Wau, de part et d'autre de l'ancienne ligne de front. En tout, quatre cent cinquante kilomètres de rails désaffectés parsemés de wagons rouillés et éventrés, souvenirs des vingt et une années de guerre.

Sur les rails, des arbres et des broussailles vivaces ont pris racine. À Fanjab, située à une vingtaine de kilomètres au sud-est d'Aweil, cette végétation est devenue la cible privilégiée d'une armée de bulldozers conduits par quelques Nuers et Dinkas à chapeaux de cow-boy. Supports blindés de I'infanterie anti-mines, ils nettoient le secteur environnant avant que les démineurs ne se déploient sur et autour de la voie. Ce travail demande du savoir-faire. «Il y aura un an en août que nous avons commencé les premières formations, explique Qadeem Khan Tariq, conseiller technique du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Avec l'aide de spécialistes britanniques, nous avons déjà pu former cent trente trois démineurs. Nous espérons en avoir trois cents opérationnels d'ici à la fin de l'année et quatre cents en tout. »

Depuis mars, ces soldats choisis pour leurs nerfs solides n'ont pas chômé. Sous un soleil de plomb, engoncés dans un équipement digne d'un film de science-fiction, les jeunes hommes ont neutralisé douze mines antipersonnel, trois mines antichars et environ deux mille six cents grenades et munitions, soit trois cent cinquante kilomètres de voie sécurisés depuis Babanoussa.

À l'aide de deux bâtonnets rouge, et blanc disposés à cinquante centimètres devant soi, séparés d'environ un mètre, ils ratissent patiemment, à genoux. Vu de loin, on dirait une armée en prière. Quand l'appareil sonne, il peut s'agir d'un vieux morceau de ferraille... ou d'une mine. «On utilise alors des pelles afin de dégager la zone et s'il s'agit d'une mine, on ne cherche pas à la récupérer, on la fait exploser à l'aide de bâtons de dynamite», explique Kamil, chef de secteur.

Le Soudan est le troisième pays d'Afrique le plus concerné par le problème des mines. Plus de 1700 zones dans tout le pays ont été répertoriées comme dangereuses. Dans les dix dernières années, grâce au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), au PNUD et aux différents pouvoirs nationaux, environ 600 de ces zones ont été déminées. On considère qu'il reste encore un à deux millions de mines réparties essentiellement au sud du pays et à la frontière avec l'Éthiopie. Ces mines d'origines variées proviennent tant de la Seconde Guerre mondiale que de la guerre civile nord-sud. La majorité des cartes de localisation des mines ayant été perdues, on a recours au témoignage des anciens soldats poseurs de mines pour essayer de les localiser.

La mission de déminage de la voie ferrée entre Babanoussa et Waw devrait prendre fin aux environs de la mi-juin, mais le travail de Kamil et de ses compagnons d'armes ne devrait pas s'arrêter là. «Nous avons l'intention d'utiliser leur savoir-faire dans d'autres régions du sud, notamment dans une zone située entre Malakal et Bor, où beaucoup de mines sont potentiellement présentes», précise Qadeem Khan Tariq.

Cette opération est une des concrétisations de l'accord de paix global (CPA) signé en janvier 2005 entre autorités du nord et du sud. Malheureusement, bien d'autres points restent en suspens ou timidement mis en oeuvre, comme la campagne de retour des déplacés. Le CPA avance donc, non sans arrière pensées: la volonté du gouvernement de nettoyer et d'ouvrir des voies d'accès sécurisées dans ces espaces proches des zones pétrolifères n'est certainement pas un hasard.

 

mai 2007

Darfour : Qui osera s'attaquer aux vrais coupables ?

Le Figaro, par Michaël Chetrit et Mahor Chche*, 21 mai 2007

 

« En dépit des multiples résolutions de l'ONU, le régime de Khartoum poursuit le massacre »

 

Darfour . Un nom qui sonne comme un aveu d'impuissance collective mâtinée de compassion». Tels sont les mots de Bernard Kouchner, le tout nouveau ministre des Affaires étrangères, en décembre 2006 pour qualifier l'échec de la communauté internationale dans le drame du Darfour, et d'appeler la France à « rompre aussi avec l'impuissance masquée de rodomontades et les atermoiements qui nous tiennent lieu de doctrine diplomatique depuis dix ans ».

L'opinion publique française commence à se mobiliser pour le Darfour et les propositions de sortie de crise fusent de toutes parts, étalant au grand jour les différences de vue entre les organisations humanitaires et l'association Urgence Darfour.

Le collectif Urgence Darfour, après avoir longtemps demandé l'intervention des Casques bleus de l'ONU, réclame depuis le mois de mars l'intervention d'une force d'interposition de l'Union européenne au Darfour.

Les ONG Médecins sans frontières (MSF), Action contre la faim (ACF), et plus récemment Médecins du monde, mettent en garde contre toute intervention militaire, car il serait «  à craindre que l'invasion de l'ouest soudanais se solde par un bain de sang qui n'épargnera pas les civils, (...) sans compter qu'une telle intervention conduira inévitablement à l'effondrement des programmes d'assistance » qui mobilisent 13 000 humanitaires, dont 1000 expatriés (500 Français) et 12 000 employés soudanais. Ces avertissements doivent être pris en compte.

 

Pourtant, comme le souligne MSF, si « les secours remplissent leur objectif premier: fournir une assistance vitale à plus de deux millions de personnes et éviter une catastrophe», ces déplacés « sont dans une très grande précarité. Ils ne circulent en dehors des camps qu'au risque de se faire attaquer ». C'est dire les dangers auxquels sont exposés les Darfouris qui ne vivent pas dans les camps, et qui meurent au rythme de 10 000 personnes par mois. C'est le sens des propos de Bernard Kouchner qui affirmait que « les camps de réfugiés ne suffisent pas », et de souhaiter qu' « à partir du Tchad, avec l'accord du gouvernement de N'Djamena, qu'il nous faut convaincre, des volontaires du secours (puissent) établir un corridor humanitaire sécurisé par la communauté internationale et ravitailler en vivres et en médicaments les populations isolées et terrorisées qui survivent encore. Sinon, dans quelques années, nous nous demanderons pourquoi nous n'avons pas fait assez. »

La contradiction est pourtant là: d'un côté les ONG qui refusent toute intervention militaire intempestive au Darfour, dépendantes qu'elles sont du régime de Khartoum pour mettre en œuvre leurs programmes humanitaires, indispensables à la survie de deux millions et demi de réfugiés, et de l'autre la nécessité d'agir pour porter secours aux Darfouris qui meurent en silence en dehors des camps. Pour l'association Sauver le Darfour, il n'y a jamais rien eu à attendre ni de l'ONU, immobilisée par un double veto, chinois et russe, ni encore moins de l'Union africaine, dont le Soudan lui-même est membre.

L'intervention des 20 000 Casques bleus prévue par la résolution 1706 du 31 août 2006 du Conseil de sécurité de l'ONU serait évidemment souhaitable. Pour autant, elle reste aujourd'hui subordonnée à un très improbable accord de Khartoum, et comme le souligne MSF, à supposer qu'une telle force de l'ONU puisse se déployer, compte tenu de l'étendue du Darfour, elle pourrait difficilement empêcher les milices pro gouvernementales d'attaquer les villages isolés. En dépit de 11 résolutions de l'ONU votées en quatre ans, le régime de Khartoum se joue de la communauté internationale et poursuit le massacre.

 

Il ne faut donc pas se tromper de cible en se limitant au Darfour. Ici, c'est la dictature en poste à Khartoum qui est en cause, cette junte issue d'un coup d'État en 1989 et qui, avec la guerre au Sud­Soudan, a causé près de deux millions et demi de morts en dix-huit ans, soit plus encore que le régime sanguinaire cambodgien de Pol Pot. Trop c'est trop! Pour se donner des chances de parvenir à une paix durable dans la région, c'est à une démocratisation de l'ensemble du Soudan qu'il faut œuvrer.

Pour cela, une mobilisation ferme de la communauté internationale est nécessaire. Déjà, le 9 mai dernier, la menace à peine voilée de 107 des 435 députés de la Chambre des représentants américaine de boycotter les jeux olympiques de Pékin, allié vital de Khartoum, a incité la Chine à nommer un représentant spécial pour le Darfour.

La France doit donc prendre l'initiative de réunir une conférence internationale d'États volontaires, afin d'envisager tous les moyens diplomatiques pour parvenir rapidement à la démocratisation du Soudan, y compris en rassurant la Chine sur ses approvisionnements en pétrole soudanais.

Le peuple soudanais aspire à la vie et à la liberté. Nous avons les moyens de l'y aider.

 

* www.sauverledarfour.org

* Respectivement secrétaire national et président de l'association Sauver Le Darfour, SLD.

 

mai 2007

Le Darfour premier invité de Kouchner au Quai d'Orsay

Brainstorming, samedi, autour du conflit dans l'ouest du Soudan.

 

Libération, parThomas Hofnung, lundi 21 mai 2007

 

C'est ce qu'on appelle «planter le drapeau». Dès le lendemain de sa prise de fonctions, Bernard Kouchner a organisé, samedi, au Quai d'Orsay, une réunion consacrée à la crise au Darfour, dans l'ouest du Soudan. Flanqué du secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, le nouveau ministre des Affaires étrangères a rassemblé autour de lui une vingtaine de diplomates, d'experts, ainsi que des membres du collectif Urgence Darfour.

En mars, cette association avait organisé un meeting à la Mutualité, à Paris, sur le conflit dans cette province du Soudan (lire aussi page 26), au cours duquel plusieurs candidats à l'élection présidentielle, dont Nicolas Sarkozy, avaient souscrit à un certain nombre d'engagements. L'un d'entre eux préconisait l'usage de la force si Khartoum persistait à refuser la résolution 1706 du Conseil de sécurité de l'ONU qui prévoit le déploiement de 20 000 Casques bleus au Darfour.

«On a procédé à une sorte de vaste balayage à la veille de plusieurs grands rendez-vous internationaux»,  résume l'un des participants à la réunion de samedi. Les ministres des Affaires étrangères du G8 doivent, notamment, se retrouver à la fin du mois. «Bernard Kouchner nous a dit que le Darfour était l'une de ses priorités, ainsi que celle du Président»,  ajoute notre source.

Avant de rejoindre le gouvernement, l'ancien dirigeant de Médecins sans frontières avait durement critiqué le président soudanais, Omar el-Béchir, et réclamé la création de corridors humanitaires. «Kouchner est certes un idéaliste, mais c'est aussi un réaliste, qui est dans le concret  . Nous n'avons pas évoqué la possibilité de parachuter des troupes sur le Darfour»,  assure, en souriant, un diplomate.

Comment protéger les camps de réfugiés et de déplacés à l'est du Tchad en proie à des attaques sanglante ? Comment améliorer l'accès des humanitaires aux populations du Darfour ? Comment les Européens doivent-ils réagir si les Américains décrètent unilatéralement, comme on leur en prête l'intention à Paris, des sanctions contre le régime de Khartoum ? Autant de sujets qui ont été abordés lors de cette première réunion.

Au terme de la discussion, le Quai d'Orsay a publié un communiqué indiquant que le chef de la diplomatie française voulait «améliorer la situation humanitaire et progresser vers le déploiement d'une force hybride ONU-Union africaine et une solution politique».  Le nouveau ministre souhaite également mobiliser les membres de l'Union européenne à la question du Darfour et à celle de la sécurité régionale, notamment au Tchad et en Centrafrique, deux ex-colonies françaises où l'armée tricolore est aux premières loges.

Lors de   cette réunion, Kouchner a aussi imposé son style, plutôt iconoclaste. «C'était un peu surprenant, au départ, de le voir en ministre,  confie Jacky Mamou, d'Urgence Darfour et ancien président de Médecins du monde. Mais on s'y fait très vite.»  En bras de chemise, Kouchner a demandé aux diplomates de venir désormais sans cravate au Quai d'Orsay le week-end.

 

mai 2007

Nouveau patron pour l'AMIS

Afrique Centrale Info, 21 mai 2007

 

Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré a nommé un officier nigérian nouveau commandant en chef pour la force de paix de l'organisation continentale déployée au Darfour (ouest du Soudan), selon un communiqué reçu mercredi. "Après consultation avec le secrétaire général de l'ONU", Ban Ki-moon, M. Konaré "a nommé le général Martin Luther Agwai, de la République fédérale du Nigeria, comme nouveau commandant de la Force au Darfour".

Le général Agwai, "né en 1948 à Kaduna dans le nord du Nigeria", a été chef d'état-major de l'armée nigériane "jusqu'en juin 2006", a servi en Sierra Leone dans le cadre d'une mission de l'ONU, et a travaillé à New York au siège des Nations unies au département des opérations de maintien de la paix, précise le communiqué.

"Le général Agwai va servir d'abord comme commandant de la Mission de l'UA au Soudan (Amis) puis comme commandant de la force hybride UA-ONU", selon le texte.

Il succède au Nigérian Luke Aprezi à la tête de l'Amis, qui compte actuellement environ 7.000 hommes.

Le président soudanais Omar el-Béchir a récemment accepté un renfort de 3.000 soldats pour l'Amis - renfort qui sera financé par l'ONU - même s'il s'oppose encore à une force "hybride" de 20.000 hommes voulue par la communauté internationale, notamment les pays occidentaux et l'UA.

Le conflit qui sévit depuis plus de quatre ans au Darfour a fait environ 200.000 morts et deux millions de déplacés, selon l'ONU, chiffres contestés par le Soudan.

 

mai 2007

Les populations mécontentes Sud Soudan attendent encore les dividendes la paix

IRIN, Kuajok, Sud-Soudan, 21 mai 2007

 

Anthony Bol Madut, le gouverneur de l'Etat de Warrap, au Sud-Soudan, n'a pas pu dissimuler sa frustration lors de sa rencontre avec les représentants des bailleurs de fonds européens, en visite dans cette région isolée et frappée par la pauvreté.

« Les gens meurent du choléra à Gogrial et nous n'avons même pas de routes pour pouvoir leur apporter des médicaments », a déploré M. Madut, mettant l'accent sur ce qu'il considère comme l'abandon du Sud-Soudan depuis l'Accord de paix global (APG) de 2005. Cet accord a officiellement mis fin à la guerre civile qui opposait le gouvernement soudanais, basé dans le nord du pays, aux anciens rebelles sudistes de l'Armée/Mouvement populaire de libération du Soudan.

Les bailleurs de fonds et le gouvernement soudanais avaient promis de mettre à disposition des ressources considérables pour reconstruire le sud, mais le mécontentement gagne la région, alors que les populations attendent toujours de recueillir les dividendes de la paix qui tardent à se matérialiser.

Pour ne rien arranger, des milliers d'anciens réfugiés et déplacés internes affluent en masse vers le sud pour retrouver leurs communautés d'origine, ravagées par la pauvreté et en manque de services sociaux élémentaires.

« Il pourrait s'agir d'un des plus importants mouvements de rapatriement / retour qu'a connus l'Afrique ces dernières années, estime Dennis McNamara, conseiller spécial chargé des personnes déplacées à l'intérieur de leur pays, au Bureau du coordinateur des secours d'urgence des Nations unies. Des centaines de milliers de personnes sont retournées chez elles spontanément ou, pour certaines, avec l'aide d'organismes comme les Nations unies, l'OIM [Organisation internationale pour les migrations] ou d'autres ONG ».

 

Manque d'infrastructures

 

Martin Riech a quitté le comté de l'Etat du Bahr el-Ghazal où sa famille avait trouvé refuge dans les années 1990, pendant la guerre, et est retourné dans son village de Tarkwen, situé dans le même Etat, dans l'ouest du pays. A 14 ans, le jeune garçon éprouve une telle frustration qu'il ne voit pas l'intérêt d'aller à l'école régulièrement.

« L'école, c'est juste une cabane divisée en deux pièces, a-t-il expliqué. Il n'y a qu'un seul professeur et je dois marcher pendant deux heures pour y arriver ». Au comté de Manyang, d'où revient sa famille, ses deux sœurs et lui fréquentaient une école digne de ce nom, dit-il.

« Il y a un véritable boycott », a ajouté M. McNamara. « Ce qui nous préoccupe énormément, c'est le fait que des centaines de milliers de personnes s'en retournent chez elles, dans la plupart des cas dans des régions du Sud-Soudan qui sont confrontées à de graves problèmes et où il n'existe aucun service d'assistance aux populations déjà sur place ».

« Bien souvent, les points d'eau, la scolarisation et le soutien médical ne sont pas suffisants. Aucun plan n'est véritablement mis en place pour veiller au développement économique de cette région et permettre aux populations de trouver des moyens de subsistance ».

Tong Mayien, 48 ans, sa femme Achan et leurs deux bambins avaient l'air perplexe en descendant d'un des camions loués par l'OIM pour les conduire du camp de déplacés internes de Marial Ajit, situé dans la ville de Wau, jusqu'à Kuajok, où on les a laissé retrouver le chemin de leur village.

« Nous n'avons pas encore construit de maison, mais ma sœur, qui est rentrée plus tôt, a promis de nous héberger, a expliqué M. Mayien à IRIN, alors qu'il se trouvait à Kuajok. Nous avons des terres et on nous a promis des outils agricoles. Si je ne reçois pas ces outils, j'irai en ville pour trouver du travail et gagner de l'argent pour m'en acheter ».

 

« Investir dans le suivi de la paix »

 

« Nous solliciterons particulièrement les bailleurs et les agences de l'ONU pour lancer le plus rapidement possible des activités de reconstruction – mettre en place des services post-humanitaires et de pré-développement essentiels, au profit des populations, très pauvres, de cette région du pays qui a du potentiel », a déclaré M. McNamara.

« Il y a de l'eau [des eaux fluviales], la terre est fertile, et de nombreuses régions ne sont pas surpeuplées », a-t-il ajouté.

« Le gouverneur a déclaré : "Vous avez investi énormément dans la paix, mais peu dans le suivi de la paix" ».

Appelant à un soutien plus important en faveur du gouvernement sud-soudanais, qui lutte pour la réinsertion des anciens réfugiés et personnes déplacées par la guerre, Nicholas Thorne, représentant permanent du Royaume-Uni aux Nations unies, à Genève, a déclaré que la communauté internationale faisait une « fixation » sur la crise du Darfour, dans l'ouest du Soudan, et se préoccupait peu du Sud-Soudan.

Au cours de sa mission au Sud-Soudan, M. Thorne était accompagné de Borsiin Bonnier, l'ambassadeur de la Suède aux Nations unies, à Genève, et de Claudia Rizzo, conseillère à l'Agence suisse pour le développement et la coopération.

Le gouvernement n'a également pas été épargné par la critique, pour son incapacité perçue à mobiliser davantage de ressources pour la mise en place d'infrastructures sociales, et notamment d'écoles, de routes, de centres de santé et d'approvisionnements en eau.

 

L'argent du pétrole

 

« Lorsque vous allez à Juba, dites à notre gouvernement que vous êtes allé à Warrap et que Warrap manque de tout », a demandé M. Madut.

La responsabilité de cette situation est incombe principalement au gouvernement d'union nationale de Khartoum, pour sa réticence perçue à dévoiler pleinement les recettes générées par les exportations de pétrole. L'APG prévoit en effet le partage des revenus pétroliers entre le nord et le sud.

« Nous ne connaissons pas exactement notre production pétrolière. Nous ne savons pas quel profit ils en tirent », a déclaré Mark Nyapuoch Ubong, gouverneur de l'Etat du Bahr el-Ghazal, dans l'ouest du pays.

Celui-ci a également critiqué le Fonds fiduciaire multi-bailleurs de la Banque mondiale, créé en vue de la reconstruction du Sud-Soudan après la guerre, pour n'avoir pas versé les fonds rapidement.

« Si nous n'investissons pas dans la mise en place d'un soutien de base [aux populations du Sud-Soudan], nous courons le risque de déclencher un nouveau cycle d'urgence humanitaire ; et cela coûtera encore plus cher – à la fois en termes de souffrances humaines et financièrement, a averti M. McNamara. Le Sud-Soudan, c'est l'histoire d'une réussite à retardement ».

 

 

 

mai 2007

Kouchner veut faire du Darfour une priorité de la communauté internationale

Agence France Presse, Paris, 21 mai 2007

 

Le nouveau chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, veut marquer sa détermination à faire du drame humanitaire du Darfour une "priorité" en essayant de mobiliser les acteurs internationaux et régionaux au sein d'un groupe de contact.

L'ancien "french doctor", partisan du droit d'ingérence humanitaire, compte profiter de deux "grands-messes" internationales au mois de juin pour faire avancer ce dossier emblématique de l'action qu'il entend mener: le sommet du G8 à Heiligendamm (Allemagne), puis le Conseil européen de Bruxelles.

D'autant que M. Kouchner, socialiste en rupture de ban, peut se prévaloir au sujet du Darfour du plein accord du président Nicolas Sarkozy, qui avait qualifié durant sa campagne d'"inacceptable" la situation dans cette province de l'ouest du Soudan où les violences ont fait 200.000 morts et 2 millions de déplacés.

Pour marquer cette volonté commune, M. Kouchner a tenu samedi, dès le lendemain de sa prise de fonctions, une réunion de travail au ministère des Affaires étrangères en faisant participer des ONG et des experts au côté des diplomates.

"Il y a une volonté de dynamiser les processus en cours, de donner un coup d'accélérateur à ce qui se fait", a déclaré un diplomate français, selon lequel "il y a l'idée de constituer un groupe de contact".

Le président de l'ONG Urgence Darfour, Jacky Mamou, qui a participé à la réunion de samedi, a précisé que "l'objectif pour les prochaines semaines est la mise en place d'un groupe de contact dans lequel il y aurait non seulement les Américains, les Britanniques, les Allemands, les Canadiens, les Chinois ou les Russes, mais aussi des pays limitrophes, y compris l'Erythrée et l'Egypte".

Washington envisage des sanctions unilatérales à l'encontre du gouvernement de Khartoum s'il n'autorise pas une force hybride ONU-Union africaine (UA) et Londres a avancé l'idée d'une zone d'exclusion aérienne à l'image de ce qui a été fait dans le nord de l'Irak après la guerre du Golfe.

Khartoum a donné son accord au déploiement de quelque 3.000 personnels de l'ONU en soutien de l'actuelle force de l'Union africaine (Amis) au Darfour mais tarde à autoriser l'envoi d'une mission hybride ONU-UA d'environ 20.000 hommes.

Avant d'être nommé au Quai d'Orsay, M. Kouchner avait préconisé l'ouverture d'un "corridor humanitaire" pour sauver les civils.

Lors de la réunion de samedi à Paris, "il a été mentionné que l'administration américaine allait probablement s'engager dans une politique de sanctions unilatérales et que la question allait être posée aux Européens : êtes-vous pour ou contre?", a indiqué M. Mamou.

A l'inverse de Washington, la Chine, qui absorbe 60% de la production pétrolière soudanaise, reste opposée à des sanctions de l'ONU contre le Soudan. Vivement critiquée, elle a dépêché dimanche à Khartoum son "représentant spécial pour l'Afrique", Liu Guijin, un poste créé début mai pour s'occuper du Darfour.

Mais pour François Grignon, directeur du programme Afrique à l'International Crisis Group, "la multiplication des initiatives en ordre dispersé, chacun allant de sa petite mission de quelques heures sur le terrain, n'aboutit à rien".

"La France a un rôle de jouer au Conseil de sécurité pour qu'avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, il y ait une stratégie commune", fait-il valoir.

En attendant, la réunion de samedi a "agréablement surpris" le président d'Urgence Darfour. "C'était décoiffant. Des diplomates de très haut rang et des représentants d'ONG parlant et partageant en même temps : ce n'est pas exactement comme ça que ça se passait précédemment".

 

mai 2007

Pékin renforce sa coopération économique avec le continent africain

Le Monde, 20 mai 2007

 

Le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a proposé à l'Afrique, jeudi 22 juin au Cap, un nouveau partenariat basé sur l' "égalité" alors qu'il achève une tournée africaine qui l'aura conduit dans sept pays (Egypte, Ghana, Congo, Angola, Afrique du Sud, Tanzanie et Ouganda). Deux mois plus tôt, le président chinois, Hu Jintao, était lui aussi en visite officielle en Afrique. En Afrique du Sud, le premier ministre chinois a répété que son pays ne poursuivait "aucun intérêt égoïste" . Les Chinois sont d'autant mieux accueillis par leurs nouveaux partenaires que, comme le rappelle le premier ministre Wen à chacune de ses étapes, il n'impose aucune "contrainte politique" . "Nous ne voulons pas exporter nos propres valeurs et notre modèle de développement" , a-t-il expliqué lors de sa visite au Cap. Pour preuve de sa bonne volonté, le premier ministre a promis à ses partenaires sud-africains que la Chine allait restreindre ses exportations de textiles.

La relation avec l'Afrique est largement au bénéfice des Chinois qui inondent le continent des produits made in China bon marché. Les indicateurs de cette percée chinoise sont éloquents : depuis 2005, elle est le troisième partenaire commercial du continent derrière les Etats-Unis et la France ; en six ans, le commerce bilatéral entre Pékin et les pays africains a été multiplié par quatre pour atteindre 10 milliards de dollars.

 

Un don pour le Darfour

 

Plus qu'un débouché commercial, les Chinois cherchent de nouvelles sources d'approvisionnement en pétrole et en minerais. La Chine, qui n'est plus autosuffisante en pétrole depuis 1993, dépend de l'Afrique - du Soudan, du Nigeria ou de l'Angola - pour 25 % de ses fournitures d'or noir.

Devenu le premier utilisateur mondial de cuivre, la Chine a notamment investi dans des entreprises d'extraction de ce minerai en Zambie et en République démocratique du Congo. Récemment, Pékin a promis de financer des centrales thermiques au Zimbabwe en échange de chrome.

L'Afrique du Sud n'a pas de pétrole mais des idées qui se vendent bien. Pendant l'apartheid, alors que le pays était sous embargo, la société nationale d'hydrocarbures, Sasol, a développé une technologie permettant de produire du carburant automobile avec du charbon. Lors de cette visite, Sasol a signé un accord pour poursuivre les études de faisabilité afin d'installer en Chine deux usines. Le marché est de 10 milliards de dollars. L'Afrique du Sud est déjà présente en Chine avec le géant mondial de la brasserie, SAB-Miller, ce qui fait de ce pays l'un des rares en Afrique à investir en Chine plus que la Chine n'investit chez lui. Pékin ne traite pas avec Pretoria comme avec les autres pays d'Afrique car elle a, face à elle, une économie émergente, pas un pays aux abois.

Sur le reste du continent, la Chine fait des affaires, indifférente à la morale. Les Occidentaux, auxquels elle rafle des marchés, ne manquent pas de le lui reprocher. Pékin se moque de la démocratie, des droits de l'homme ou de la bonne gouvernance. Alors que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) essaient de pousser les Etats producteurs de pétrole à mieux gérer cette manne, la Chine ne demande aucun compte.

Lassée d'être montrée du doigt, la Chine tente de donner des gages. Wen Jiabao vient ainsi d'annoncer un don de 795 000 euros à la mission de paix de l'Union africaine au Darfour, plus 2 millions d'euros pour venir en aide aux réfugiés et déplacés dans cette région de l'ouest du Soudan. Il a également évité, lors de sa tournée, de se rendre au Soudan et au Zimbabwe, deux des partenaires privilégiés de Pékin. Mais pas de fâcheries en vue, pendant que M. Wen était en Afrique, la vice-présidente zimbabwéenne, Joyce Mujuru, était, elle, à Pékin.

 

mai 2007

Pressions sur Khartoum  

Africa Confidential, du 18 mai 2007

 

Selon un rapport d'Amnesty International, la Russie et la Chine fournissent des armes au Soudan qui les utilise contre les civils au Darfour.

 

Les pressions en faveur de l'instauration d'une zone d'exclusion de vol au Darfour et d'un renforcement des sanctions des Nations unies contre Khartoum vont s'intensifier après la publication d'un rapport d'Amnesty International le 7 mai dernier, qui détaille les violations de l'embargo sur les armes au Darfour et le recours à des armes russes et chinoises. Depuis un mois, le président américain George Bush et le Premier ministre britannique Tony Blair ont intensifié leurs critiques contre Khartoum, menaçant tous deux d'instaurer une zone d'exclusion aérienne et un renforcement des sanctions avant l'adoption d'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur le Soudan.

Le renforcement de l'action du Conseil de sécurité dépendra de l'accord de la Chine et de la Russie, les deux pays mis en cause pour avoir aidé Khartoum à violer l'embargo sur les armes au Darfour. Malgré leurs démentis, Pékin et Moscou sont embarrassés par le rapport d'Amnesty et pourraient accepter plus facilement d e céder du terrain sur une résolution plus dure, selon l'avis de certains responsables occidentaux.

II y a deux ans, on n'aurait jamais cru que la Chine et la Russie acceptent un jour une résolution du Conseil de sécurité pour la mise en oeuvre des mandats d'arrêt du tribunal pénal international contre des responsables du régime de Khartoum dans le cadre du chapitre VII. La Russie a apporté son soutien et la Chine s'est abstenue. La semaine dernière, le TPI a émis des mandats d'arrêt contre un ministre et un chef de la milice des Janjaweed ..

Jusqu'à présent, Khartoum avait réussi à faire dérailler tous les efforts diplomatiques tels que la résolution 1706 du Conseil de sécurité demandant le déploiement de plus de 20.000 casques bleus au Darfour. En pratique, Khartoum bloque même la force hybride do compromis qu'elle avait acceptée en novembre dernier. Et rares sont ceux qui espèrent le voir honorer son accord pour le déploiement de 3.000 soldats de l'ONU et six hélicoptères armés au Darfour. Le National Congress (alias Islamic Front) est Un habitué de ce genre de pratiques. Le Soudan sortira "plus fort" de la crise sur le déploiement de 3.000 soldats de l'ONU, a prédit Ali Osman Muhamcd Taha en septembre dernier après l'adoption de la résolution 1706 par le Conseil de sécurité. Ce n'était pas des paroles en l'air. Le Soudan continue d'utiliser des avions, des forces au sol et des milices pour attaquer les civils et les insurgés. C'est Khartoum qui a déclenché la guerre. Les rebelles qui ont attaqué I,es installations gouvernementales en février 2003 sont issus de groupes de défense constitués en 2002 voire plus tôt car Khartoum menait déjà des attaques systématiques contre les civils. Le régime a deux objectifs immédiats: éviter de livrer au TPI le secrétaire d'Etat aux affaires humanitaires Ahmed Mohamed Harun et le chef Janjaweed Ali Mohamed Ali Abdel Rahman (Ali "Kusheib") et bloquer le déploiement des casques bleus, les sanctions et la création d'une zone d'exclusion de vol. Tout cela est bien préparé. Son plan est clair, à voir par exemple la façon dont il courtise les pays arabes, africains, occidentaux et autres.

 

De retour dans le giron arabe

 

Khartoum a patiemment reconstruit ses relations avec les pays arabes. II est de nouveau accepté au sein de la Ligue arabe et de l'Organisation de la conférence islamique. Cela aurait été inconcevable dans les années 90, lorsque le président égyptien Hosni Mubarak avait accusé le NIF (et Hassan Abdullah el Turabi) d'être les instigateurs de la tentative d'assassinat dont il avait été la cible à Addis-Abeba en 1995 ou lorsque le président Omer Hassan Ahmed el Béchir avait affirmé que le roi Fahd bin Abdul Aziz al Saud d'Arabie saoudite était incapable d'être le gardien des lieux saints de la Mecque et de Médine.

La réhabilitation de Khartoum se mesure au fait que la semaine dernière, le successeur du roi Fahd, le roi Abdullah bin Abdul Aziz al Saud, a présidé à un nouvel accord entre le Soudan et le Tchad. Et cette semaine, lorsque le TPI a émis les mandats d'arrêt, Omer s'est rendu au Caire pour discuter du Darfour avec Moubarak. En septembre dernier, Moubarak avait déclaré à propos du Darfour. "Nous soutenons le gouvernement soudanais dans toutes les [décision] qu'il jugera souhaitable de prendre". Par ailleurs, Nafi'e Ali Nafi'e, expert de la sécurité du NIF, que le Caire avait contraint à rentrer dans l'ombre après l'attentat de 1995, est de retour au premier plan de la diplomatie de Khartoum. el Turabi, chef fondateur du régime du NIE, désormais dépeint comme un "leader d'opposition", s'est rendu dans tout le nord en accusant Ali Osman d'être responsable de l'attentat de 1995. Le NC et le Popular National Congress de Turabi se présentent comme les "seuls vrais démocrates" et les "seuls vrais islamistes".

Lors de la semaine "syriano-soudanaise" fin avril à Damas, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Faisal al Miqdad, a déclaré que soir gouvernement soutenait Khartoum "pour préserver l'unité de sa terre, de son peuple et de ses ressources, en exprimant sa foi dans la capacité du Soudan à surmonter la pression extérieure et les défis". Cela résume le soutien officiel des pays arabes que Khartoum a obtenu en jouant les cartes de l'Irak, de la Palestine et du Liban. Le Qatar et la Malaisie lui ont rendu des visites de soutien tout comme l'Iran et la Turquie.

La semaine dernière sont arrivés en même temps des ministres belges, néerlandais et italiens. Khartoum les a présentés comme soutenant la paix au Darfour, ce qui était indéniablement le cas. Alors que le parlement européen fait monter la pression contre Khartoum, le régime exploite les divisions de l'Union européenne: L'UE a 27 gouvernements, certains plus attirés que d'autres par les ressources pétrolières soudanaises et les contrats dans le secteur du bâtiment. Le financement d'un hôpital spécialisé dans les problèmes cardiaques près de Khartoum émousse forcément toute critique que la vice-ministre italienne des Affaires étrangères Patrizia Sentinelli aurait pu faire lors la visite qu'elle a effectuée la semaine dernière pour son inauguration.

Les diplomates occidentaux persistent dans une approche "neutraliste" qui les rend impuissants. La secrétaire britannique au développement international Hilary Benn et plus récemment le représentant spécial de l'ONU Jan Eliasson (successeur de Jan Pronk) ont appelé les factions non signataires à adhérer au Darfur Peace Agreement sans mentionner que Khartoum continue de bombarder les factions rebelles lorsqu'elles tiennent des réunions (sous les auspices de l'Union africaine) pour discuter des conditions d'une nouvelle série de discussions. Les diplomates étrangers sont également divisés au sujet du DPA. Certains souhaitent qu'il soit réécrit. D'autres, y compris des organisations non gouvernementales, souhaitent obtenir l'adhésion des non signataires. II y a beaucoup moins de discussions autour de ce que pourrait être un accord de paix crédible doté des mécanismes de contrôle.

Cela fait le jeu de Khartoum. Les gouvernements arabes se concentrent sur les "irréductibles". Cela a aussi été le cas du sommet de Tripoli en avril. Le colonel Mouammar el Kadhafi a été le point de mire des délégations soudanaise, tchadienne, érythréenne, égyptienne, américaine et européenne. La Libye et l'Erythrée soutiennent toutes deux les groupes rebelles mais courtisent aussi Khartoum. N'djamena et Khartoum ont signé un nouveau "pacte", le quatrième en un peu plus de quatre ans. A Riad quelques jours plus tard, ils en ont signé un cinquième, que Kadhafi a jugé "diplomatiquement ridicule".

La pression internationale en faveur de sanctions et d'une zone d'exclusion aérienne persiste toutefois, notamment en raison du Tchad. La France est à l'oeuvre dans les régions du Tchad et de Centrafrique où le Soudan soutient des groupes rebelles locaux. Ses avions ont été aperçus au-dessus du Darfour. Elle construirait de nouvelles installations à Goz Beida. En ce qui concerne le Nigeria, la Grande-Bretagne et les USA, Khartoum pense que les changements à la tête des Etats vont affaiblir leur action au Darfour. Toutefois, le Darfour a été une question importante pour les trois principaux candidats à la présidence en France. Le président élu Nicolas Sarkozy sera sans doute aussi ferme, du moins sur le plan du discours, que Bush et Blair.

Le Premier ministre britannique sortant a déclaré que le Darfour était "inacceptable" et contrairement à Benn ou au Foreign and Commonwealth Office, il tient visiblement Khartoum pour responsable des massacres. Bien que la politique étrangère britannique soit surtout le fait du Cabinet Office, Blair a laissé la question soudanaise au FCO, qui dicte sa ligne « neutraliste » au département du développement international.

Une zone d'exclusion aérienne effective rendrait quasiment inévitable une confrontation avec les forces soudanaises, scénario embarrassant pour les gouvernements occidentaux, d'autant plus que leurs alliés arabes et musulmans comme l'Egypte se rangent aux côtés du Soudan. Khartoum a repeint ses avions en blanc en leur ajoutant le logo de l'ONU, comme il l'avait fait pour ses véhicules blindés. De nombreuses compagnies aériennes privées se rendent au Darfour en utilisant des Antonov du même type que ceux qu'emploient les forces gouvernementales pour effectuer leurs bombardements. Khartoum est expert dans la mise en place de sociétés écran pour couvrir ses opérations militaires. Un appareil qui s'est écrasé en février à El Geneina, près de la frontière tchadienne, était chargé d'armes et de munitions, selon des sources militaires.

 

mai 2007

Un responsable soudanais met en garde contre la stratégie chinoise

Agence France Presse, Shanghai, 18 mai 2007

 

Le vice-gouverneur de la Banque centrale du Soudan, Elijah Malok Aleng, a averti jeudi que les investissements de la Chine dans le secteur pétrolier soudanais pourraient aggraver la crise au Darfour.

"Ils (les Chinois) peuvent avoir de bonnes intentions mais quand on exploite les ressources pétrolières, qu'on les vend et que rien ne va à la population, on finance alors la guerre", a dit cet ancien membre de l'opposition au régime de Khartoum à des journalistes, en marge des assemblées générales de la Banque africaine de développement a Shanghai.

"Si la Chine continue à produire du pétrole sans se préoccuper de ce qui arrive aux populations, des armements pourront être achetés avec les ressources ainsi générées", a ajouté le responsable.

"Nous avons invité les Chinois à investir dans l'industrie pétrolière mais nous leur conseillons d'investir dans l'aspect humain (...) Les populations locales vont vouloir des retombées en termes de services sociaux et nécessités de base. Elles vont vouloir leur part du gâteau", a dit Elijah Aleng.

"Dans le sud, nous sommes en train de discuter avec la Chine de cet aspect humain", a-t-il indiqué.

Mardi, le président de la Banque d'import-export chinoise, Li Ruogu, avait affirmé que la présence de la Chine au Soudan jouait en faveur d'un règlement pacifique de la crise au Darfour, notamment par les retombées économiques sur la population.

La Chine, de loin le premier acteur économique étranger au Soudan, est considérée comme l'un des pays les plus influents sur Khartoum et fait partie de ceux qui s'opposent à des sanctions de l'ONU contre ce pays.

"Nous aimerions que son droit de vote à l'ONU soit utilisé de manière à créer l'harmonie au Soudan", a encore dit le responsable de la Banque centrale soudanaise à propos de la Chine.

 

 

mai 2007

 

Les transferts d'armes à destination du Soudan entretiennent de graves atteintes aux droits humains

Amnesty International, 17 mai 2007

 

Des armes, des munitions et du matériel connexe sont toujours transférés au Darfour (ouest du Soudan) pour servir à différentes opérations militaires. Au cours de ces opérations, le gouvernement du Soudan, les milices janjawids et les groupes d'opposition armés commettent des atteintes graves aux droits humains et au droit international humanitaire.

Dans un rapport publié aujourd'hui, Amnesty International décrit les conséquences des transferts d'armes pour les populations du Darfour et de l'est du Tchad, deux régions où un grand nombre de personnes ont été déplacées de force. Ce document révèle également que les parties au conflit ont violé l'embargo des Nations unies sur ces transferts, entre janvier et mars 2007.

Il montre notamment que le gouvernement soudanais bafoue cet embargo et camoufle certaines de ses opérations militaires au Darfour. Amnesty International détaille également les types d'armes fournis au Soudan par la Chine et la Russie – deux membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies. Cet armement a lui aussi servi à violer l'embargo, pourtant décrété par le Conseil de sécurité.

Les États qui livrent des armes, des munitions et d'autres équipements militaires au Soudan et aux autres parties au conflit savent, ou devraient savoir, que ce matériel est souvent utilisé pour commettre de graves atteintes aux droits humains et au droit international humanitaire, au Darfour comme dans l'est du Tchad. Du fait de la formulation assez vague de l'embargo du Conseil de sécurité des Nations unies concernant le Darfour, et de l'absence d'un mécanisme suffisamment efficace pour le suivi, le contrôle et les rapports publics, certains États et personnes peuvent violer cet embargo en toute impunité.

Amnesty International exhorte la communauté internationale à affirmer son autorité et à adopter immédiatement des dispositions pour renforcer l'application de l'embargo et réduire ainsi les flux d'armes à destination du Darfour, dans le cadre d'un ensemble de mesures urgentes visant la protection des civils et la préservation de leurs droits humains, ainsi que l'exige le droit international.

 

Un traité mondial sur le commerce des armes s'impose afin d'empêcher que ces dernières alimentent des conflits aussi catastrophiques. Amnesty International a milité pour l'adoption d'un tel traité depuis octobre 2003, dans le cadre de la campagne Contrôlez les armes.

 

Lire le rapport :

Sudan: arms continuing to fuel serious human rights violations in Darfur (prochainement disponible en français)

 

Pour plus de détails, consultez :

http://fra.controlarms.org/

 

mai 2007

 

Darfour : Moscou et Pékin arment les « assassins »

Le Nouvel Observateur avec Vincent Jauvert 17 mai 2007

 

Malgré les résolutions des Nations unies interdisant de livrer des armes aux belligérants du conflit du Darfour, la Chine et la Russie continuent de fournir des avions et des hélicoptères de combat, des fusils d'assaut et des munitions au gouvernement de Khartoum, affirme Brian Wood, d'Amnesty International

 

Le Nouvel Observateur. - Alors que des milliers de femmes et d'enfants sont massacrés au Darfour, écrivez-vous dans votre rapport, la Russie et la Chine continuent de fournir des armes aux assassins...

 

Brian Wood. - Oui, malgré l'embargo décidé en août 2004 par le Conseil de Sécurité des Nations unies ( et renforcé en mars 2005 ), ces deux pays n'ont pas cessé de fournir l'armée soudanaise en avions de chasse, hélicoptères d'attaque, kalachnikovs, munitions, véhicules blindés... Les preuves de ce commerce immoral - et, à notre avis, illégal - ne manquent pas : témoignages de sources anonymes sur place, rapports de l'ONU - publics ou secrets -, articles de revues spécialisées, sites des compagnies d'armement... N. O. - Quelles sont vos données les plus récentes ?

 

B. Wood. - Nous avons appris qu'en septembre dernier les Russes ont livré un Antonov à l'armée soudanaise et que cet avion a été utilisé pour bombarder des populations civiles au Darfour. De même, tout au long de 2006, la Chine a fourni des chasseurs bombardiers Fantan à l'armée de l'air de Khartoum, ainsi que six avions d'entraînement. Ce n'est pas tout. Près d'un charnier, nous avons découvert des cartouches que les experts en balistique ont fait « parler ». D'après ces spécialistes, ces cartouches ont été tirées par des kalachnikovs toutes neuves, donc achetées très récemment

 

N. O. - A qui ?

 

B. Wood. - La seule chose que je sais de façon sûre, c'est que, selon le dernier rapport de l'ONU à ce sujet, la Chine a été le plus gros fournisseur d'armes automatiques du Soudan jusqu'en décembre 2005. Disons qu'on ne peut exclure qu'elle le soit restée... Remarquez que, toujours d'après l'ONU, la Russie a, elle, fourni douze hélicoptères d'attaque à Khartoum en 2005.

 

N. O. - Les Russes et les Chinois ne nient pas avoir vendu certains matériels en question au Soudan. D'après eux, cependant, cela n'aurait rien d'illégal puisque l'embargo ne concerne que les « parties au conflit du Darfour »...

 

B. Wood. - Oui, mais le Soudan est évidemment l'une de ces parties !

 

N. O. - Bien sûr , mais ils disent que si les armes sont livrées dans une autre région du Soudan que le Darfour, à Khartoum par exemple, il n'y a pas violation de l'embargo .

 

B. Wood. - Il s'agit là évidemment d'une interprétation irresponsable, pour ne pas dire fallacieuse, de la résolution du Conseil de Sécurité. Disons-le, ils se moquent du monde ! Ce n'est pas la première fois, d'ailleurs, qu'ils bafouent ouvertement la communauté internationale dans cette affaire. Figurez-vous qu'en été 2004, au moment même où cet embargo était discuté à New York, la Russie, membre permanent du Conseil de Sécurité, livrait des chasseurs bombardiers au Soudan ! Fières de leur succès commercial, les autorités russes s'en vantaient même à la télévision de Moscou.

 

N. O . - Pourquoi qualifiez-vous cette interprétation de la résolution sur l'embargo d' « irresponsable », voire de « fallacieuse » ?

 

B. Wood. - Parce que les Russes et les Chinois savent pertinemment que les matériels qu'ils livrent, leurs avions, leurs hélicoptères, leurs kalachnikovs, servent à massacrer les innocents du Darfour. Ils savent comment ces crimes contre l'humanité sont perpétrés là-bas. Il y a quantité de rapports de l'ONU sur le modus operandi de ces horreurs. Or, rappelons-le, Pékin et Moscou sont membres permanents du Conseil de Sécurité, ils sont donc les mieux informés ! Les attaques des sinistres miliciens janjawids contre les villages ont toujours lieu de la même façon : l'armée soudanaise leur « prépare » le terrain en procédant à des bombardements aériens massifs. Avec quoi ? Avec les avions et les hélicoptères fournis essentiellement par les Russes et les Chinois. Puis, les janjawids entrent dans les villages, armés de mitrailleuses montées sur des 4 x 4 et de kalachnikovs que leur a données l'armée soudanaise. J'ai vu des listes de distribution de fusils d'assaut aux janjawids, listes établies par les militaires de Khartoum. Enfin, quand ils commettent leurs atrocités, les viols, les massacres, les pillages, les miliciens sont couverts par les hélicoptères, les mortiers, les lance-grenades de l'armée soudanaise, matériels pour la plupart achetés, encore et toujours, à Moscou et à Pékin.

 

N. O. - Avez-vous des preuves formelles que des avions et des hélicoptères fournis par les Russes et les Chinois se trouvent au Darfour ?

 

B. Wood. - Oui, nous avons des témoignages et des photos. Dans notre rapport, nous publions des clichés pris en mars dernier sur lesquels on voit clairement plusieurs chasseurs chinois Fantan sur le tarmac de l'aéroport de Nyala, au Darfour.

D'autres photos [ que nous publions, NDLR ] ont été prises plus récemment encore, il y a quelques jours, le 2 mai 2007 exactement, sur le tarmac de l'aéroport d'El-Fasher, toujours au Darfour. Sur l'une, on voit un hélicoptère d'attaque russe MI-24 ; sur l'autre, un Antonov avec, juste à côté, des bombes prêtes à être chargées, le tout sous l'oeil de militaires soudanais.

 

N. O. - Pourquoi l'Antonov est-il peint en blanc ?

 

B. Wood. - Pour faire croire qu'il s'agit d'un avion de l'ONU ! Khartoum utilise souvent cette technique abjecte et totalement contraire aux lois internationales. D'après les conventions de Genève, le blanc est réservé aux forces de maintien de la paix et aux organisations humanitaires. Mais les Soudanais n'en ont cure. Ils peignent aussi en blanc certains de leurs hélicoptères. Ce n'est pas tout. Ils immatriculent - ou font croire qu'ils immatriculent - leurs appareils au Kazakhstan. Pourquoi ? Parce que les règles de l'aviation internationale prévoient que le sigle de ce pays est UN. Or UN, c'est aussi le sigle de l'ONU en anglais...

 

N. O. - Les Russes et les Chinois savent tout cela, dites-vous . Leur attitude est totalement immorale, bien sûr ; mais en quoi est-elle illégale ?

 

 

B. Wood. - Acceptons, un instant, la thèse de Moscou et de Pékin. Admettons que la résolution de mars 2005 sur l'embargo n'interdise pas les ventes d'armes au Soudan si elles ne sont pas livrées au Darfour. Cela ne rend pas ce commerce légal pour autant. Car la résolution stipule aussi que Khartoum n'a pas le droit de transférer des matériels militaires dans la région des massacres. Donc, en lui vendant des matériels dont elles savent pertinemment qu'ils se retrouveront au Darfour, la Russie et la Chine sont au moins complices d'une violation d'embargo. Et de toute façon, selon la loi internationale, un Etat qui, consciemment, en aide un autre à commettre des crimes de guerre est complice de ces forfaits. Donc légalement, à mon avis, elles sont coupables.

 

N. O. - Pourquoi, à votre avis, la Chine et la Russie agissent-elles de la sorte ?

 

B. Wood. - Pour Pékin, l'explication, c'est évidemment le pétrole. La Chine, qui a d'énormes besoins énergétiques, est de loin le premier acheteur des hydrocarbures soudanais. Au Soudan, elle a investi des milliards de dollars en pipelines, raffineries, ports... Elle entretient donc des liens stratégiques avec le gouvernement de Khartoum. Je m'explique moins la position de Moscou, sauf à dire que la Russie est un gros fournisseur d'armes de Khartoum depuis vingt ans et que les marchands d'armes russes vont là où il y a des acheteurs...

 

N. O. - Que faire aujourd'hui pour que ces ventes d'armes cessent ?

 

B. Wood. - Il faut que le Conseil de Sécurité clarifie les règles de l'embargo de façon que les Russes et les Chinois ne puissent plus « interpréter » la loi internationale à leur convenance. Il faut aussi que la mission de l'ONU chargée de contrôler les ventes d'armes dans la région dispose de moyens suffisants. Elle est sous-équipée. Dans ses rangs, il n'y a, pour l'instant, qu'un seul arabophone ! Le Conseil de Sécurité devrait également désigner publiquement les compagnies qui violent l'embargo et nommer leurs responsables, de façon que l'on puisse geler leurs comptes, les poursuivre. Il en a le pouvoir, mais pas la volonté politique. Il pourrait commencer par rendre public le dernier rapport de la mission de l'ONU sur les ventes d'armes au Darfour, qui est toujours secret. Il est très instructif...

Bref, il faut que Moscou et Pékin soient montrés du doigt encore et encore, qu'ils comprennent que leur image internationale est en jeu. C'est pour cela que nous avons publié ce rapport. Nous sommes allés vite, nous n'avons même pas utilisé toutes les données dont nous disposions. Nous voulions que le monde sache tout de suite.

 

N. O. - Pourquoi cette précipitation ?

 

B. Wood. - Parce que, au-delà des ventes d'armes, il y a une urgence : pour que les massacres, les viols, les pillages, qui ont lieu aujourd'hui même, cessent, il faut que la force de maintien de la paix de l'ONU, dont l'envoi a été décidé il y a plusieurs mois, soit effectivement dépêchée au Darfour. Khartoum et Pékin font obstruction à cette décision. Seule la pression internationale peut les faire changer de politique.

 

N. O. - Comme un fait exprès , le jour où vous avez publié votre rapport , la Chine a fait savoir qu'elle participerait à cette force de l'ONU et qu'elle enverrait 300 ingénieurs au Darfour pour préparer son arrivée . Les pressions dont vous parlez commencent donc à payer, n'est-ce pas ?

 

B. Wood. - Peut-être. On sait que la Chine a commencé à dire et à répéter aux Soudanais qu'elle était inquiète de la situation, qu'elle voudrait que les choses évoluent. J'ai récemment discuté avec des responsables chinois. Ils m'ont fait savoir qu'ils trouvaient que tout ce qui se passait au Darfour était inacceptable. Mais ils m'ont confié aussi que les décisions à ce sujet étaient prises au sommet, à Pékin, et qu'ils attendaient les ordres de là-haut...

 

mai 2007

 

Une odeur de sang et de mort

Au Darfour, l'émiettement du « front rebelle » en quinze factions différentes fait craindre qu'une « somalisation » du conflit. Si la violence a diminué dans les campagnes, elle a été remplacée par une insécurité généralisée.

 

Courrier International, avec Colette Braeckrnan, n°862 du 10 au 15 mai 2007

 

« Tout va mieux au Darfour, il y a moins d'incidents qu'en 2003 ou en 2004... En réalité, nos adversaires gonflent le problème, les humanitaires le compliquent et les médias donnent des faits une mauvaise interprétation." Pour le wali (gouverneur) d'El-Fasher, capitale du Nord-Darfour, au Soudan, qui a reçu Karel de Gucht, ministre des Affaires étrangères belge, entouré de tous les notables de la ville, "la situation s'améliore". Tellement que la délégation belge, pour raisons de sécurité, n'a pas reçu l'autorisation de se rendre dans les camps de déplacés qui déroulent à l'entrée de la ville leurs alignements de tentes et de huttes de branchages...

A part quelques images volées le long de la route, il a fallu se contenter de témoignages livrés à la sauvette par des réfugiés qui avaient osé sortir des camps mais refusaient de donner leurs noms. L'histoire de cet homme qui a fui le village de Kurma, à 65 km d'El-Fasher, résume toutes les autres : en février 2004, des janjawids, ces cavaliers armés, ont fondu sur ce village d'agriculteurs, brûlé les maisons, violé les femmes. Ils sont revenus un mois plus tard, obligeant les habitants à fuir vers la ville. "Au début je n'ai pas compris, j'ai cru qu'ils voulaient nous terroriser pour nous empêcher de soutenir les mouvements rebelles. Mais, même après la signature de l'accord de paix sur le Darfour, la violence a continué. Maintenant je sais pourquoi : mon village n'existe plus, nos champs ont été rasés, des nomades sont venus y faire paître leur bétail. C'était donc ça, ils voulaient nos terres..."

Une femme venue de Warakalla raconte aussi les attaques en 2004, la mort de quatorze membres de sa famille, ses trois mois de marche à travers la montagne pour arriver à EI-Fasher et le retour impossible, car le village a été incendié. "Mais la vie dans les camps est tout aussi incertaine, car ceux des groupes rebelles qui ont signé l'accord de paix menacent désormais les autres et s'allient aux gens du gouvernement... "

 

Certains groupes se sont ralliés au gouvernement

 

E n réalité, le problème du Darfour a changé de nature : jusqu'en 2006, des groupes armés luttaient pour une meilleure répartition des richesses nationales, gonflées par les recettes du pétrole et très inégalement réparties (le Darfour, province grande comme la France, compte moins de 200 km de routes asphaltées...). En mai 2006, l'accord de paix conclu avec l'un des groupes, le Mouvement pour la libération du Soudan (MLS), a signé le début de la fragmentation de la révolte : le Mouvement pour la justice et l'égalité a refusé de signer une paix conclue à la hâte, sous la pression de la communauté internationale, et il a été rejoint par des dissidents du MLS. Depuis, les autorités, avec cynisme, peuvent affirmer que la situation s'est améliorée : certains groupes se sont ralliés au gouvernement et participent désormais à la répression menée contre les plus radicaux. Bref, les gens du Darfour se battent entre eux, et le "front rebelle" s'est émietté en quinze factions différentes, jusqu'à faire redouter une "somalisation" du problème -- déjà visible aujourd'hui : si la violence qui ravageait naguère les campagnes a diminué, elle a été remplacée par une insécurité généralisée.

Les réfugiés des camps sont harcelés, surveillés, terrorisés, les routes sont dangereuses, les organisations non gouvernementales sont menacées, rackettées, victimes d'embuscades...

"Normal, dit un policier envoyé par l'Union européenne. Lorsqu'un combattant rejoint une autre faction avec son groupe, il doit apporter un cadeau d'entrée. Quoi de mieux qu'un véhicule volé, un Land Cruiser qui sera aussitôt transformé en technical, un de ces pickup sur lesquels circulent les hommes armés ? Plus probable encore, le véhicule sera revendu au Tchad afin d'alimenter le trésor de guerre... " Dans le camp de l'Amis (Mission de l'Union africaine au Soudan), au centre d'El-Fasher, la révolte gronde : les militaires qui devraient être déployés dans les camps n'osent plus s'aventurer au-delà du poste de garde car, dès qu'ils sortent, des coups de feu éclatent, les pouces se tendent vers le bas.

 

Une force africaine très disciplinée

 

Ghanéens, Nigérians, Sénégalais se sentent victimes d'un racisme diffus. "Personne ne nous aime et nous n'avons pas de moyens. Depuis cinq mois, nous n'avons pus été payés"; dit un Ghanéen, qui comptait sur ses 2740 dollars de solde pour faire vivre sa famille et payer les frais scolaires de ses enfants. « Je n'ai même pas assez d'argent pour téléphoner chez moi... " Les forces de l'Amis ont payé un lourd tribut à l'insécurité générale : dix soldats tués ces quatre derniers mois, plus de 100 véhicules attaqués et emportés...

Au milieu de cette désolation, un sergent rwandais venu de Gikondo s'efforce de rester serein. Avec ses hommes, il poursuit ses patrouilles même si, en avril, il est tombé dans une embuscade. "The job nust be done", le travail doit continuer : uniforme impeccable, salut réglementaire, les Rwandais, qui forment le plus gros contingent de la force africaine, sont très appréciés pour leur discipline et leur motivation. Mais, à Kigali, le commandant de l'armée, James Kabarebe, indigné par les risques inutiles et les retards de paiement, menace de retirer des hommes qui passent plus de temps à se protéger qu'à assurer la sécurité des déplacés. On se dirige pourtant vers un renforcement de l'Amis, à laquelle s'ajouteraient des Casques bleus. La perspective d'un déploiement de 20 000 hommes sur ces terres semi-désertiques horrifie une travailleuse humanitaire: "Ils vont consommer toute l'eau disponible, si rare pour les déplacés. Un soldat consomme 300 gallons par jour [un peu plus de 1 litre]. En plus, faute d'accord politique entre factions, leur présence ne servira à rien. "

 

 

mai 2007

 

 

Les Chinois ont trouvé la solution au Darfour

Afrique Centrale Info, 15 mai 2007

 

Décidément, les Chinois ont une curieuse conception de la diplomatie et du règlement des conflits. Selon le président de la Banque d'import-export chinoise, l'Eximbank, Li Ruogu, la présence de la Chine au Soudan permettra d'aboutir à un règlement pacifique de la crise au Darfour "Les activités de la Chine dans ce pays aideront en fait à un règlement pacifique. Leur but est d'aider au développement, d'accroître la richesse des gens", a affirmé M. Li en marge de séminaires organisés à Shanghai à la veille de la 42e assemblée générale de la Banque africaine de developpement (BAD).

Par ricochet, a-t-il ajouté, "cela entraîne moins de conflits".

Etonnante analyse qui ne sera sans doute pas partagée par tous ceux qui tentent d'arrêter le génocide au Darfour

La Chine, de loin le premier acteur économique étranger au Soudan, est considérée comme l'un des pays les plus influents sur Khartoum et fait partie de ceux qui s'opposent à des sanctions de l'ONU contre ce pays.

Les Etats-Unis ont accueilli favorablement la semaine dernière la création par la Chine d'un poste de représentant spécial pour l'Afrique mais appelé Pékin à faire bien davantage auprès du Soudan pour permettre le déploiement de Casques bleus au Darfour.

Le soutien de Pékin à Khartoum a entraîné des appels au boycottage des jeux Olympiques de Pékin, lancés notamment par l'actrice américaine Mia Farrow.

Une centaine de parlementaires américains ont récemment vigoureusement interpellé le président chinois Hu Jintao, pour lui demander de prendre des mesures immédiates visant à mettre fin au conflit du Darfour.

La Chine risque d'être "connue pour toujours comme l'hôte des Olympiades du génocide", ont prévenu ces élus, en référence aux jeux Olympiques de Pékin en 2008.

Mardi, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Jiang Yu a vivement réagi.

"Ces derniers jours certaines organisations ou une poignée de gens ont tenté d'utiliser les jeux Olympiques pour faire pression sur le gouvernement chinois", a-t-elle dit.

"La Chine s'oppose à toute tentative de politiser les jeux Olympiques", a-t-elle indiqué.

 

mai 2007

 

La Chine cherche t-elle seulement à sauver les JO ?

L'évolution de la position chinoise au Darfour serait-elle dû à la menace de boycott lancée à l'égard des Jeux Olympiques 2008 ? Pékin semble en effet en phase de concessions pour faire amende honorable sur un sujet lui valant beaucoup de critiques...

 

Xinhuanet, par Nicolas Jucha, 15 mai 2007

 

Pendant les élections présidentielles, le débat a fait long feu entre les pro-boycott, comme François Bayrou et Ségolène Royal, et les opposants à cette idée tels Nicolas Sarkozy. Ce dernier avait même qualifié l'idée de stupide, mais l'évolution de la situation au Soudan, notamment à travers la position chinoise, semble lui donner tort.

Car l'idée de s'attaquer aux Jeux Olympiques pour faire infléchir Pékin semble avoir germé dans nombre d'esprits et pas des moins influents. Entre les deux candidats à la présidentielle française battus par monsieur Sarkozy, ainsi que la mobilisation aux Etats-Unis menée par les acteurs américains Mia Farrow et George Clooney, les JO semblent en danger, tout du moins leur image.

Ainsi, mercredi dernier, 107 membres de la Chambre des représentants américains n'ont pas hésité à adresser une lettre au président chinois Hu Jintao dans laquelle l'évènement sportif était qualifié "d'Olympiades du Génocide" en référence à la tolérance pékinoise envers le gouvernement soudanais, accusé d'avoir fait plus de 200 000 morts et 2 millions de déplacés parmi les éthnies noires du pays en 4 ans de guerre civile.

Le texte, rédigé par le président démocrate de la commission des Affaires étrangères de la Chambre de représentants, Tom Lantos (un survivant de la Shoah), était d'ailleurs sans concessions envers le gouvernement chinois : "A moins que la Chine ne joue son rôle pour faire en sorte que le gouvernement du Soudan accepte la voie la plus raisonnable et la meilleure vers la paix, l'Histoire jugera que votre gouvernement a financé un génocide." On ne peut faire plus explicite.

Les reproches envers la Chine sont multiples : s'opposer au conseil de sécurité de l'ONU concernant des sanctions envers Khartoum (ce que fait également la Russie), violer selon Amnesty International l'embargo imposé au Soudan en lui vendant des armes (ce que réfute néanmoins Pékin) et surtout de ne pas concrètement chercher à influencer le gouvernement d'Omar El-Béchir malgré ses relations privilégiées avec lui.

Mais comme le disait l'expert sur la Chine Pierre Picquart, dans une interview récemment accordée à Toute la Chine ( Lien vers l'article ), la position chinoise n'est pas des plus simples en raison d'accords contractés de longue date avec le Soudan : Pékin est le premier investisseur dans ce pays africain et consomme 60% du pétrole qu'il produit.

C'est donc peut dire que la Chine a tout intérêt à préserver ses relations avec Khartoum, ni un excès de pragmatisme de penser que l'attitude de Pékin pourrait être celle de nombreux pays ayant la même dépendance énergetique envers l'état soudanais. Et c'est également une évidence qu'en politique internationale, les grands idéaux humanistes passent bien après les enjeux économiques, cela quelque soit le pays et le régime politique...

Mais si la Chine a besoin du pétrole soudanais pour soutenir sa croissance et répondre à ses besoins énergétiques, elle a aussi besoin de Jeux Olympiques parfaits pour se donner une image digne de ses ambitions sur la scène internationale.

En menaçant directement les JO 2008, les protestations internationales concernant l'attitude chinoise au Soudan ont frappé bas, mais visiblement juste, afin de faire fléchir le géant asiatique. Ainsi, si Pékin s'était d'abord contenté de rappeler au calme et à l'ordre les auteurs d'appels au Boycott tels Ségolène Royal ( Lien vers l'article ), ou de dénoncer "une politisation des Jeux Olympiques", le gouvernement chinois semble dorénavant enclencher le plan B.

Ce qui a commencé par la décision d'envoyer environ 300 ingénieurs chinois au Darfour pour préparer le terrain à une mission ONU-UA de maintien de la paix. Depuis jeudi a suivi la création d'un poste de représentant spécial en Afrique qui honorera sa première mission dans la région sinistrée soudanaise. Ce que visiblement, Khartoum a approuvé et qualifié de "mesure positive supplémentaire pour les efforts des deux pays concernant le dossier du Darfour" .

Le joker sorti des manches chinoises pour sauver la face et les JO du courroux de l'opinion internationale s'appelle Liu Guijin, 61 ans, et connaît très bien l'Afrique en tant qu'ancien ambassadeur en Afrique du Sud et au Zimbabwe. La création de ce poste de représentant spécial pour l'Afrique a été saluée par Washington, parlant d'un "autre signe qui montre que les Chinois prennent cette question au sérieux" , via le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack.

Mais malgré tout, les résultats sont encore loin d'être tangibles : les Etats-Unis ont appelé la Chine à être encore plus actif sur le dossier, et le leader soudanais El-Béchir s'oppose toujours à l'envoi de la force internationale de 3000 hommes en dépit des sanctions potentielles. Récemment, l'ONU et Amnesty International accusait même le gouvernement soudanais d'utiliser des avions peints aux couleurs onusiennes pour effectuer des frappes aériennes au Darfour.

C'est donc peu dire que la situation est loin d'être réglée même si Pékin, par le biais de sa porte parole Jiang Yu affirmait encore la semaine passée que la résolution de la crise est en bonne voie.

 

mai 2007

 

Le Soudan salue la décision de la Chine de nommer un envoyé spécial pour l'Afrique

Xinhuanet, 14 mai 2007

 

Le gouvernement soudanais a salué  dimanche la décision de la Chine de nommer un représentant spécial pour les affaires africaines, soulignant que cela sera utile pour  résoudre la crise du Darfour au Soudan. 

Ali el-Sadik, porte-parole du ministère soudanais des Affaires  étrangères, a déclaré à la presse que la nomination de l'envoyé  chinois pour l'Afrique était une mesure positive supplémentaire  pour les efforts des deux pays visant à résoudre la question du  Darfour. 

Il a ajouté que l'émissaire chinois était pour toute l'Afrique  et que la question du Darfour serait l'une des questions de sa  mission. 

La Chine a annoncé le 10 mai la nomination d'un représentant  spécial pour les affaires africaines, une décision que des  analystes ont perçue comme un effort de la Chine pour exercer  davantage d'influence dans la région. 

Liu Guijin, un diplomate vétéran âgé de 61 ans, a été nommé à  ce poste. La porte-parole du ministère chinois des Affaires  étrangères Jiang Yu a déclaré que la mission de M. Liu se focaliserait initialement sur le Darfour car la question de cette  région soudanaise continuait d'attirer une attention  internationale. 

Appréciant les bonnes relations entre Khartoum et Beijing, M.  Sadik a exprimé le souhait que les deux pays continuent leur  coordination par le biais de la commission ministérielle conjointe et de la commission de consultation politique conjointe. 

Il a fait savoir que les deux parties maintenaient des  consultations sur les questions politiques et économiques  particulièrement sur la question du Darfour.

 

mai 2007

 

Le long chemin vers la paix

Radio France Internationale, 13 mai 2007

 

Alors que le déploiement des agents et policiers des Nations unies, prévu dans la deuxième phase du plan de paix des Nations unies pour le Darfour, a débuté en douceur, les mouvements rebelles, non-signataires de l'accord d'Abuja, s'interrogent sur la meilleure façon de retourner à la table de négociations.

 

Abuja, Nigeria, 5 mai 2006. L'accord de paix sur le Darfour est sur la table, après sept rounds de négociation entre Khartoum et les rebelles du Darfour. Seuls le gouvernement soudanais et la faction du Mouvement de libération du Soudan (MLS) de Minni Minawi vont signer. Les autres groupes rebelles rejettent le texte.

« La proposition d'accord présentée par les médiateurs ne parvenait pas à prendre en compte ou à résoudre les causes profondes du conflit au Darfour et c'est la principale raison pour laquelle nous l'avons rejeté », explique le chef négociateur à Abuja du Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), Ahmad Tugod. « Quand l'accord est sorti, nous avons découvert que les médiateurs n'avaient retenu que les positions du gouvernement ».

Coleen Thomas-Jensen, chercheur au sein de l'organisation International Crisis Group (ICG) était présent à Abuja lors des négociations. Il a très vite senti la défiance des rebelles envers la médiation. « Les mouvements rebelles ont senti que l'équipe de médiation de l'Union africaine était contre eux dès le début », explique l'analyste américain. « Effectivement, les représentants de l'Union africaine avec lesquels je parlai, étaient frustrés par rapport aux rebelles. C'est compréhensible, les rebelles étaient des négociateurs inexpérimentés et ils ne savaient pas ce qu'ils voulaient ».

Lors du long processus de négociations, les mouvements rebelles ont eu des difficultés à présenter un front commun face à une médiation gouvernementale cohérente et sûre de ses positions, plus à cause de conflits de personnalités que de divergences de fond. Après plusieurs mois, la communauté internationale a fini par trouver que les pourparlers prenaient trop de temps. L'équipe de facilitateurs de l'Union africaine a donc fini par rédiger un accord de paix complet et l'a mis sur la table.

« Le gouvernement du Soudan a accepté de signer le texte quasi-immédiatement. À partir de ce moment-là, le poids de signer ou non l'accord, les pressions ont reposé uniquement sur les rebelles », précise M. Thomas-Jensen, ajoutant : «On s'est retrouvé avec cette situation perverse où le gouvernement du Soudan qui a commis la majorité des violences a accepté rapidement, sans même prendre le temps d'éplucher le texte pendant quelques jours. La plupart des observateurs ont alors compris que l'accord était inadéquat».

Selon la majeure partie des experts, l'accord de paix du Darfour, rédigé par la médiation, avait de nombreuses faiblesses, notamment il ne prévoyait pas de mécanismes de contrôle suffisant du cessez-le-feu entre les parties. Ni même pour le désarmement des Janjawids, les milices arabes alliées au régime de Khartoum, qui ont commis la majeure partie des atrocités au Darfour. Khartoum avait aussi tracé une ligne rouge en interdisant de faire mention du déploiement des Nations unies. L'accord évoque uniquement les troupes de l'Union africaine, depuis longtemps débordées par la crise. Ce déploiement était pourtant déjà prévu par la communauté internationale. Cet oubli sert aujourd'hui d'excuse au gouvernement soudanais qui brandit l'accord d'Abuja pour ralentir la mise en place de la force mixte ONU-Ua.

 

Le morcellement du Mouvement de libération du Soudan

 

L'un des ingrédients de l'échec d'Abuja fut la désorganisation et l'absence d'une position commune des deux mouvements rebelles, le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE) et le Mouvement de libération du Soudan (MLS). Les querelles étaient incessantes entre les groupes, mais aussi au sein des délégations. Si, au sein du MLS, la faction de Minni Minawi a signé, le reste du mouvement s'est ensuite fragmenté.

Pour Omer Ismaël, chercheur sur le Darfour a l'université de Harvard aux États-Unis, il était difficile de parler d'une unité du MLS, avant Abuja : « Ce sont des commandants locaux qui ont pris les armes pour défendre leurs territoires et leurs populations. Ce n'est qu'en février 2003, avec l'attaque sur Golo que Abdulwahid el-Nour évoque, dans une déclaration, le MLS ». Les autres milices tribales entendent parler du mouvement et décident de le rallier. Ils se mettent en contact, alors que jusqu'à présent, éparpillés sur un territoire très vaste et divisés par la barrière de la langue, ils n'avaient jamais tenté de se regrouper. «Ils se sont mis sous la bannière du MLS, mais ont conservé leurs propres identités, militairement et politiquement», explique Omer Ismaël.

Bien qu'il ait un président, un vice-président et un secrétaire général, le Mouvement de libération du Soudan n'est jamais devenu une véritable organisation. Le mouvement n'a pas de réelle hiérarchie. À sa création, il ne propose aucun programme ou manifeste pour articuler ses demandes. Les différentes factions se sont même parfois entretuées sur le terrain, généralement à cause de conflits de personnalités.

« Avant même Abuja, le président Abdulwahid et le secrétaire général, Minni Minawi, étaient divisés », précise Omer Ismaël. « Je me souviens, le vice-président Abdallah Khamis est venu à Asmara début 2004. Abdulwahid et Minni travaillaient dans des bureaux séparés. La première chose qu'il a dit est ceci : créons un seul bureau, le bureau du MLS », ajoute-t-il. L'expérience dure une semaine. Selon le chercheur, c'est le seul moment où les deux leaders, Minni Minawi et Abdulwahid el-Nour, ont tenté de se réunir sous un même toit.

Près d'un an plus tard, la majorité des commandants militaires du MLS sont à Amaraï, au Nord-Darfour. Ils tentent de trouver de nouveaux dirigeants politiques. En vain.

 

Le rôle ambigu du Mouvement pour la justice et l'égalité

 

Après l'échec d'Abuja, l'Érythrée, l'un des pays qui soutient l'opposition soudanaise, politique et armée depuis 1994, appelle les non-signataires à se réunir à Asmara en juillet 2006, pour créer un nouveau mouvement unifié. Le Mouvement pour la justice et l'égalité et quelques factions minoritaires du Mouvement de libération du Soudan vont se regrouper sous la bannière FNR, le Front national de rédemption.

Un an plus tard, en mai 2007, les membres du FNR sont à nouveau réunis à N'djamena pour discuter de la structure et du programme de l'alliance rebelle. Dans les hôtels de la capitale tchadienne, ils se croisent, échangent leurs points de vue, le plus souvent à travers des médiateurs érythréens.

« À la fois pour la paix et pour la guerre, c'est important d'être unifié. Il y a quelques mois, nous avons battu le gouvernement du Soudan sur le terrain parce que nos armées ont travaillé de concert », explique Khalil Ibrahim, président du Mouvement pour la justice et l'égalité et membre du Front national de rédemption, ajoutant : « Mais nous avons été battus autour de la table des négociations à Abuja, parce que nous étions divisés.»

Le MJE explique les retards dans la création du FNR par le morcellement du MLS. « Le MJE attend l'unification ou la réunification du MLS depuis juin 2006 pour finir la mise en place du FNR. Ce que nous leur demandons, c'est juste de se coordonner », explique Khalil Ibrahim. Feint ou réel, le président du MJE s'emporte et menace de retourner seul à la table des négociations. « Avant, il y avait un MLS, ensuite trois et maintenant onze. Comment peut-on aller vers des négociations avec onze factions ?», s'indigne-t-il, avant de vanter l'organisation et la force de son mouvement. Mais la fragmentation du MLS explique-t-elle seule l'absence d'une alliance autour du MJE ?

Après l'accord d'Abuja, certains chefs du MLS avaient fait le pari d'entrer dans le Front national de rédemption. Ils ont claqué la porte en octobre dernier après la bataille de Kari Yari. Ils dénoncent la personnalité et le programme du chef du MJE, Khalil Ibrahim, qu'ils accusent d'être dans la mouvance de l'islamiste d'Hassan al-Tourabi.

«Le Dr Khalil Ibrahim a fait partie du système, aux côtés d'Omar el-Bashir pendant longtemps. Il a dirigé des troupes qui se sont battues dans le Sud-Soudan», explique l'un d'eux, le commandant Abdelkarim Jarelnabi. « Il n'y a plus que le Mouvement pour la justice et l'égalité qui fasse partie du Front national de rédemption. FNR, c'est maintenant simplement un autre nom pour le MJE », s'exclame-t-il.

Le caractère islamiste des leaders et l'appartenance passé au régime d'el-Bashir continuent de nuire au MJE, par ailleurs, méprisé par la communauté internationale et rejeté par certaines factions rebelles.

Au-dessus de la mêlée, Ibrahim Diraig, président de l'Alliance démocratique et fédérale du Soudan, membre du Front national de rédemption, et l'une des figures historique et morale de l'opposition darfourienne, tente d'expliquer la division de ceux qu'il appelle les « garçons ».

« À l'origine, c'est un conflit entre nomades et fermiers à propos de la terre, pas un conflit politique », explique M. Diraig. « C'est devenu aujourd'hui un conflit politique. Les rebelles négocient avec le gouvernement, pas avec les nomades, pour un partage du pouvoir. Maintenant que l'enjeu est plus important, l'idéologie et l'ambition entrent en scène ». Minni Minawi est devenu conseiller du président. Ses hommes sont aujourd'hui gouverneurs ou ministres. « Ils se battent tous pour savoir qui sera le chef ».

 

La désorganisation de la communauté internationale

 

Le morcellement des mouvements rebelles du Darfour s'explique aussi par la division de la communauté internationale. «Chaque pays a sa clientèle. Les Nations unies ont tiré d'un côté, l'Union africaine de l'autre. Certains ont même crû en l'accord d'Abuja et ont forcé la main a Minni Minawi», dénonce ahmad allami, ministre tchadien des affaires étrangères.

Les médiateurs d'Abuja, comme les pays observateurs, connaissaient peu les groupes rebelles, ni leur force ou leur représentativité sur le terrain. Les États-Unis, représentés durant toutes les négociations par une délégation de faible envergure, ont envoyé dans les derniers jours, l'adjoint au secrétaire d'Etat, Robert Zoellick pour reprendre en main les négociations. « Le bulldozer américain a fait ce qu'il sait faire le mieux, un rapide "fixage" de la situation, qui échoue toujours pour régler les conflits », commente Omer Ismaël.

Les groupes rebelles dénoncent des pressions de la délégation américaine, qui les aurait même menacé de sanctions s'ils ne signaient pas l'accord. Les États-Unis ont surtout misé sur Minni Minnawi. Ils pensaient qu'il était le commandant le plus puissant sur le terrain.

L'Érythrée et le Tchad ont été exclus du processus d'Abuja, accusés par Khartoum et soupçonnés par une partie de la communauté internationale de soutenir les rebelles du Darfour. Après l'échec des négociations de paix, l'Érythrée lance avec le Tchad et le Libye leur propre initiative de médiation. Ils travaillent quasi-quotidiennement à l'unification et au renforcement de positions des rebelles, notamment dans le cadre du FNR pour relancer les négociations avec Khartoum sur de nouvelles bases.

À l'opposé, la médiation internationale, constituée par les Nations unies, l'Union africaine et surtout les États-Unis, cherche un règlement rapide de la crise et pousse les rebelles à signer «Abuja plus», l'accord de paix d'Abuja avec quelques modifications.

 

Les deux initiatives, l'une menée par États-Unis et l'autre par l'Érythrée se font concurrence

 

« Les relations bilatérales des deux pays sont au plus bas », commente Coleen Thomas-Jensen, chercheur au sein d'International Crisis Group. Les Érythréens reprochent aux États-Unis de ne pas avoir mis en œuvre l'accord de paix avec l'Éthiopie, mais aussi le soutien des États-Unis à l'invasion des troupes éthiopiennes en Somalie.

De son côté, les États-Unis accusent l'Érythrée d'être une cause d'instabilité dans la région, de soutenir des groupes rebelles contre l'Éthiopie et les tribunaux islamiques en Somalie.

« Avec ces deux pays, prêts à se sauter a la gorge, la grande question est de savoir comment la communauté internationale et les pays de la région vont pouvoir s'entendre sur une initiative commune, bref comment l'Érythrée et les États-Unis vont d'une certaine manière pouvoir travailler ensemble », explique Coleen Thomas-Jensen.

À l'appel du président Kadhafi, fin avril, tous les pays, parties prenantes sur le dossier du Darfour, se sont réunis a Tripoli. L'un des objectifs de cette rencontre était de coordonner leur position. Des rapprochements entre les initiatives régionale et internationale ont eu lieu, notamment grâce à l'intervention de pays européens, comme la France, la Norvège ou les Pays-Bas. Mais la concurrence entre les pays demeure. Poussé par la pression de son opinion publique ou par des intérêts stratégiques, chacun envoie sa délégation au Tchad pour courtiser les mouvements rebelles. Des visites de quelques jours pour rencontrer tel ou tel leader de factions. « Les rebelles sont comme des enfants trop gâtés », commente un médiateur.

La désorganisation de la communauté internationale, comme les divisions au sein de la rébellion, profite de fait au gouvernement soudanais, qui lui fait front commun. Ces deux problématiques, à l'origine de l'échec d'Abuja, doivent être résolus, selon les experts, avant qu'un accord de paix puisse mettre fin aux atrocités commises dans le Darfour.

 

mai 2007

 

Les attaques aériennes d'El Fasher ont été « disproportionnées », déplore le Haut Commissariat aux droits de l'homme  

Nations Unies, New York, 11 mai 2007

 

Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme ( HCDH ) a dénoncé aujourd'hui le caractère « disproportionné » des attaques aériennes menées par le gouvernement soudanais entre le 19 et le 29 avril, au Nord Darfour.

Les bombardements perpétrés près d'El Fasher « semblent avoir été indiscriminés et disproportionnés » et n'ont pas fait de distinction entre les cibles militaires et civiles », a affirmé aujourd'hui le porte-parole du Haut Commissaire aux droits de l'homme, José Luis Díaz, lors de son point de presse à Genève.

« Le recours disproportionné à la force constitue une violation du droit international humanitaire et des droits de l'homme », a dit José Luis Díaz, qui a expliqué que les attaques avaient été menées avec l'aide d'hélicoptères d'attaque et d'avions Antonov.

« Il y a eu de nombreux morts parmi les civils, des destructions de biens, d'écoles et de bétails », a-t-il déploré.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'était déclaré le 9 mai « profondément préoccupé » par ces attaques aériennes et notamment par l'attaque perpétrée contre l'école du village d'Um Rai.

Le porte-parole du HCDH a précisé aujourd'hui que certains des 170 élèves présents dans l'école ont été blessés dans cette attaque et que deux civils avaient été tués dans le village.

Quatre autres villages ont été visés, a-t-il ajouté.

 

mai 2007

 

Pékin va participer à la mission de paix de l'ONU au Darfour

Le Monde, par Bruno Philip, 11 mai 2007

 

Parce qu'elle est désireuse de polir son image de puissance responsable à l'approche des Jeux olympiques de Pékin, la Chine a compris qu'elle se doit d'user de son influence auprès du régime soudanais dans le but de parvenir à un règlement de la crise au Darfour (ouest du Soudan). C'est ainsi qu'il faut comprendre l'annonce, faite mardi 8 mai, par le ministère chinois des affaires étrangères, de l'envoi d'une équipe d'ingénieurs du génie au Darfour dans le cadre d'une mission de paix de l'ONU.

Allié sûr du régime soudanais dont elle achète presque les deux tiers de la production pétrolière, Pékin est sous forte et croissante pression internationale pour peser de tout son poids sur le gouvernement du président Omar Al-Bachir. Accusée de "colonialisme" ou de simple cynisme dans sa stratégie de collaboration avec des régimes africains de sinistre réputation et aux sous-sols riches en pétrole ou en gaz, comme le Soudan, la Chine sait qu'il lui faut désormais faire des gestes destinés à amadouer la communauté internationale.

La porte-parole du ministère des affaires étrangères, Jiang Yu, n'a pas précisé combien de "techniciens" chinois seront envoyés au Darfour au sein de la deuxième phase d'une mission initialement proposée par l'ex-secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan. La dernière phase de cette mission devrait préparer le terrain à l'envoi d'une "force hybride" regroupant 3 000 casques bleus de l'ONU et les 7 000 militaires de l'Union africaine déjà déployés au Darfour, et impuissants à enrayer un désastre qui aurait déjà fait 200 000 morts et provoqué le déplacement de 2 millions de personnes.

En avril, Pékin avait fait un autre geste en envoyant le responsable du secteur Afrique du ministère des affaires étrangères, Zhai Jun, visiter les camps du Darfour, où sont réfugiées les victimes des milices soudanaises janjawid s, que Khartoum épaule en sous-main. M. Zhai s'était félicité "des efforts du Soudan pour ramener la paix au Darfour" tout en ajoutant que la Chine "attendait plus de souplesse" de la part de Khartoum quant à l'application du "plan Annan". Une petite phrase au sous-entendu limpide à un moment où le président Bachir n'avait pas encore donné son feu vert à la future "force hybride".

Jusqu'à présent, Pékin s'est abstenu de se prononcer pour des sanctions contre le Soudan ; sa position de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et sa proximité politique avec le régime soudanais la mettent en position de jouer un rôle-clé dans un éventuel règlement de la crise.

Ces derniers temps, surtout aux Etats-Unis - mais aussi en France après les propositions de François Bayrou et de Ségolène Royal d'agiter la menace d'un boycott des jeux de Pékin si la République populaire ne changeait pas d'attitude -, les pressions se sont accrues sur la direction chinoise. L'actrice Mia Farrow et son collègue George Clooney ont brandi la menace de décréter les Jeux de Pékin "jeux du génocide" . Mercredi, une centaine de sénateurs américains ont signé une lettre demandant au président Hu de "prendre des mesures immédiates pour arrêter le bain de sang au Darfour" .

"La Chine est de plus en plus sensible au regard que porte sur elle la communauté internationale dans cette affaire. Ses diplomates travaillent réellement pour aider le plan de Kofi Annan à se mettre en place" , relève une source diplomatique occidentale à Pékin.

En début de semaine, Amnesty International a cependant affirmé que la Chine fournissait au Soudan du matériel militaire en violation de l'embargo décrété par l'ONU. Selon l'organisation de défense des droits de l'homme, la compagnie Avichina Industry aurait récemment livré à Khartoum six avions d'entraînement de type K-8S ainsi que des chasseurs bombardiers NAMC Q 5 "Fantan" que l'aviation soudanaise aurait déjà transférés au Darfour.

Interrogée à ce propos, la porte-parole Jiang Yu a affirmé mardi 8 mai que ces accusations étaient "sans fondements" , estimant que "le gouvernement chinois garde une attitude responsable en ce qui concerne les exportations d'armes, celles-ci étant strictement réglementées" . Elle a glissé en forme de conclusion : "Certaines personnes espèrent utiliser les Jeux olympiques comme leur propre forum politique."

 

mai 2007

 

Ban Ki-moon préoccupé par la poursuite des attaques aériennes par le gouvernement au Darfour

Nations Unies, New York, 9 mai 2007

 

Le Secrétaire général s'est déclaré aujourd'hui « profondément préoccupé » par des informations relatives à des bombardements aériens intervenus au Darfour au cours des trois dernières semaines menés par le gouvernement soudanais.

« Ces attaques ont causé de nouvelles destructions et pertes en vies humaines ainsi que de nouveaux déplacements de populations », déplore un message transmis aujourd'hui par sa porte-parole, qui précise par exemple que l'école du village d'Um Rai a été touchée par des roquettes tirées par un hélicoptère appartenant au gouvernement.

« Le Secrétaire général exhorte le gouvernement du Soudan à cesser toutes les attaques et à respecter pleinement l'accord de paix sur le Darfour, les résolutions du Conseil de sécurité et le droit international humanitaire », indique le message.

Ban Ki-moon a rappelé une fois de plus que « seule une solution politique pourrait ramener la paix et la stabilité au Darfour ».

Lors de la dernière grande réunion du Secrétaire général des Nations Unies, avec le président du Soudan, Omar El-Béchir, le président de la Commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konare, et le Secrétaire général de la Ligue des Etats arabes, Amre Moussa, à l'invitation du roi Abdallah d'Arabie saoudite, les participants ont « convenu de redoubler leurs efforts pour inclure toutes les parties concernées au processus de paix afin d'accélérer la réconciliation politique, y compris les non signataires de l'accord de paix d'Abuja ( dépêche du 05.05.2006) et le gouvernement du Soudan ».

Le gouvernement a signé en mai 2006 un accord de paix avec une partie des mouvements rebelles du Darfour, qui stipulait une cessation des hostilités entre ces groupes.

Par ailleurs, la porte-parole a annoncé aujourd'hui lors de son point de presse que l'Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Darfour, Jan Eliasson, se trouvait aujourd'hui, aux côtés de l'envoyé spécial de l'Union africaine, Salim Ahmed Salim, à Juba, capitale du Sud-Soudan, pour y rencontrer le Premier Vice-président du Soudan et président du gouvernement du Sud-Soudan, Salva Kiir.

Les discussions devraient porter en particulier sur l'initiative du Mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM) afin de contribuer à relancer le processus de paix.

 

mai 2007

 

La Chine nie vendre des armes au Soudan utilisées au Darfour

Chine Aujourd'hui,, avec AFP, 8 mai 2007

 

La Chine a nié mardi vendre des armes au Soudan qui seraient utilisées au Darfour, affirmant que les dernières accusations d'Amnesty International étaient "sans fondement". "Le gouvernement chinois a eu une attitude stricte et responsable dans le domaine des exportations d'armes", a déclaré une porte-parole des Affaires étrangères.

 

"Cette accusation est sans fondement", a ajouté Jiang Yu, au cours d'un point de presse régulier.

L'association de défense des droits de l'Homme affirme que "des armes, des munitions et des équipements (...) sont toujours transférés au Darfour dans l'ouest du Soudan pour des opérations militaires".

Citant un rapport soudanais de 2005, Amnesty affirme notamment que Khartoum a importé pour plusieurs dizaines de millions de dollars d'armes, de munitions et d'équipements chinois, notamment avions et hélicoptères, et qu'une partie de cet armement est utilisé au Darfour.

Photographies à l'appui, le rapport "montre comment le gouvernement du Soudan viole l'embargo sur les armes de l'ONU et camoufle certaines de ses opérations logistiques au Darfour, et quelles armes fournies au Soudan par la Chine et la Russie --deux membres permanents du Conseil de sécurité-- ont été utilisées" en violation de l'embargo.

L'Onu a imposé un embargo sur la vente et la livraison d'armes au Darfour pour les organisations non-gouvernementales en juillet 2004, étendu en 2005 à toutes les parties au conflit.

"Le gouvernement chinois ne vend des armes qu'aux pays souverains, pas à des entités non étatiques ou à des individus", a affirmé Mme Jiang

"Nous respectons aussi les résolutions du Conseil de sécurité et ne vendons pas d'armes à des nations ou des régions visées par un embargo onusien", a encore dit la porte-parole.

Le conflit du Darfour, qui sévit depuis plus de quatre ans a fait 200.000 morts et deux millions de déplacés, selon l'ONU

 

mai 2007

 

Darfour: un an après l'accord d'Abuja, la paix reste inachevée

Agence France Presse, 5 mai 2007

 

Un an après la signature de la paix au Darfour, la violence n'a pas reculé dans l'ouest du Soudan, qui continue de concentrer l'attention du monde et de donner lieu à une imposante opération humanitaire

 

Contrairement à l'accord dans le sud du Soudan entre deux partenaires bien définis -le parti au pouvoir du président Omar el-Béchir dans le nord et la rébellion sudiste-, celui du Darfour est né avec une "malformation congénitale", selon l'expression d'un diplomate occidental basé à Khartoum.

C'est que ce texte, pourtant longuement discuté, n'a été signé le 5 mai 2006 à Abuja, au Nigeria, que par un seul groupe rebelle sur trois, et les deux derniers se sont depuis scindés en une kyrielle de sous-groupes et de factions.

Et il ne se passe pas un jour sans que le Darfour, une région aussi vaste que la France, ne connaisse des violences: raids rebelles et représailles gouvernementales, luttes intertribales, attaques contre les humanitaires et contre la Force africaine de 7.000 hommes déployée sur le terrain.

Le tribut payé par les civils est lourd: quelque 200.000 victimes directes du conflit déclenché en 2003 et de ses conséquences et 2 millions de déplacés, qui mobilisent une formidable opération d'assistance d'un milliard USD par an impliquant 13.000 humanitaires travaillant dans des conditions difficiles.

La situation au Darfour est une pomme de discorde entre les autorités soudanaises et la communauté internationale, un foyer de tension régionale et un terrain d'ingérence des puissances voisines.

Malgré ce tableau sombre, certains acteurs de la crise trouvent des raisons d'espérer une évolution positive en 2007 en s'appuyant sur les résultats d'une intense activité diplomatique pour arrêter les combats entre rebelles issus des populations noires locales et des milices arabes appuyées par l'armée.

"L'accord d'Abuja constitue une base solide" pour un règlement, constate ainsi Noureddine Mezni, porte-parole de la mission africaine (Amis) au Soudan, estimant possible de "bâtir là-dessus" pour satisfaire tout le monde.

L'accord, très détaillé, porte sur un partage du pouvoir et des richesses entre rebelles et autorités et fixe les étapes d'un retour à la normale avec notamment des dispositions très précises sur le désarmement.

L'autre élément justifiant les espoirs est le nouveau partenariat entre les Nations unies et l'Union africaine (UA) décidé en novembre 2006 à Addis Abeba.

Ce partenariat s'articule sur deux axes: améliorer la sécurité sur le terrain, d'où l'idée d'une opération conjointe au Darfour, et la relance des contacts politiques pour amener les non-signataires à adhérer à l'accord.

Les émissaires de l'ONU et de l'UA, Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim, chargés du volet politique, reviennent à Khartoum dans les prochains jours pour leur troisième mission en quelques mois.

Le Soudan a accepté un renfort de 3.000 soldats à la Force africaine qui sera financé par l'ONU, même s'il résiste encore à une force hybride de 20.000 hommes voulue par la communauté internationale, notamment les pays occidentaux.

Enfin, le climat se détend entre le Soudan et le Tchad, qui viennent de se réconcilier en Arabie saoudite et qui s'engagent à ne plus soutenir leurs rébellions respectives.

"C'est un élément très important car tout rapprochement entre les deux pays ne peut que profiter à un règlement au Darfour", estime M. Mezni, disant espérer que "2007 sera la bonne année" pour la fin de la crise.

Reste qu'il faut réunir les rebelles non-signataires de la paix pour des discussions avec le gouvernement. C'est ce que propose de faire le leader sudiste soudanais Salva Kiir dans sa capitale de Juba, et il semble y croire.

 

mai 2007

 

Le Soudan et le Tchad ont signé un accord de réconciliation

Le Monde avec l'AFP et Reuters, 3 mai 2007

 

C'est au terme d'un sommet tripartite organisé à Janadriyah – à 40 km au nord-est de Riyad – sous l'égide du roi Abdallah d'Arabie saoudite, que les présidents soudanais et tchadien, Omar Al-Bachir et Idriss Déby, ont signé, jeudi 3 mai, un accord de réconciliation devant mettre fin aux relations tendues entre leurs pays.

Ils se sont notamment engagés à coopérer avec l'ONU dans ses efforts de stabilisation du Darfour et de la région tchadienne voisine. Selon le texte rendu public par les médias saoudiens, les deux pays ont pris la décision de "collaborer avec l'Union africaine et les Nations unies pour mettre fin au conflit au Darfour et dans l'est du Tchad, afin d'obtenir pour tous la stabilité et la paix" .

Ils doivent, de plus, "empêcher l'utilisation de leur territoire [respectif] pour abriter, mobiliser, entraîner, faire transiter ou financer les mouvements armés d'opposition de l'autre partie" et également "œuvrer pour éloigner immédiatement ces mouvements de leur territoire" . Le texte souligne "le respect de [leur] souveraineté et [de leur] intégrité" territoriale respectives.

Le Tchad a notamment accusé à plusieurs reprises le Soudan de soutenir des rebelles tchadiens ainsi que des raids menés en territoire tchadien par les rebelles janjawids du Darfour. Le gouvernement soudanais a toujours qualifié les janjawids de hors-la-loi et soutient ne pas leur être lié.

 

mai 2007

 

Mandats d'arrêt contre des leaders soudanais

Le Figaro, 3 mai 2007 , par Patrick de Saint-Exupéry

 

Pour les juges de la Cour pénale internationale (CPI), les deux hommes portent « une responsabilité criminelle » dans les crimes du Darfour.

 

Deux mois après le sévère réquisitoire du procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, qui avait mis en accusation deux ressortissants soudanais impliqués dans la tragédie du Darfour, la justice internationale est entrée en action hier.

Réunis en chambre, les juges de la CPI ont, dans une décision du 27 avril, « délivré deux mandats d'arrêt » contre un ancien secrétaire d'État à l'intérieur du Soudan et un des chefs des milices Djandawids. Les deux hommes sont accusés de 51 chefs de crime de guerre et crime contre l'humanité. « Tous deux, a déclaré hier le procureur argentin de la CPI, vont devoir faire face à la justice, ils se retrouveront dans le box des accusés dans deux mois ou dans deux ans. »

Le premier accusé, Ahmed Haroun, ancien secrétaire d'État à l'Intérieur du Soudan, est aujourd'hui secrétaire d'État aux Affaires humanitaires. Ancien responsable du Darfour au titre de l'Intérieur, il reste en prise directe avec le dossier. De par ses fonctions, il lui revient de gérer les relations avec les nombreuses organisations humanitaires présentes au Soudan. Celles-ci ont fait état de nombreuses entraves exercées à leur encontre.

Le second accusé, Ali Mohammed Ali, plus connu sous son nom de guerre d'Ali Kosheib, est considéré comme un des principaux responsables des attaques lancées par les milices - au Darfour en 2003-2004, soit au plus fort du conflit. Mis en cause publiquement par de nombreuses organisations, il a été interpellé au Soudan en novembre.

Dans son acte, la chambre de la CPI a estimé qu'il y avait « des causes probables » permettant de conclure que les deux hommes portaient « une responsabilité criminelle ». Pour le procureur Luis Moreno-Ocampo, « en tant qu'État territorial, le Soudan est tenu, sur le plan juridique » à la suite de la décision des juges « d'arrêter Ahmed Haroun et Ali Kosheib. »

Quatre ans de conflit

Les autorités de Khartoum ont immédiatement rejeté la décision de la CPI. Pour le ministre de la Justice, Mohammad Ali al-Mardhi, la position du Soudan - « qui n'est pas membre du traité portant création de cette juridiction » - serait « conforme au droit ».

Dans leur décision, les juges de la CPI font directement référence à la résolution 1593 du Conseil de sécurité des Nations unies. Celle-ci fait obligation au gouvernement soudanais et aux parties impliquées de coopérer. Le conflit qui sévit depuis plus de quatre ans au Darfour a fait 200 000 morts et deux millions de déplacés, selon l'ONU. Au début de la semaine, un communiqué de l'état-major soudanais, diffusé par l'agence de presse officielle, faisait état de l'engagement de l'armée à « écraser les rebelles ».

 

mai 2007

 

L'or noir soudanais : à qui va t'il profiter ?

Agora Vox, 2 mai 2007 par Antoine Christian Label

 

Depuis quelques temps, je dirais des années, nous mettons en cause le régime d'Omar el Bachir. Ce dictateur soudanais qui opprime une partie de la population et qui est responsable d'une des plus grosse tragédie dans le déplacement des populations africaines. Nous savons au vue de ce qui nous est communiqué que la Chine soutient le Soudan, certes elle ne cautionne pas ce qui s'y passe, mais elle ne sanctionne pas non plus ce pays géré et dirigé par une caste «ou un petit cartel» de mafieux désireux de faire mains basses sur les biens du pays.

 

Il est de notoriété que le Soudan fait partie des pays producteurs de pétrole en Afrique. Ses gisements ne sont pas encore bien estimés. Le Soudan est attractif et très convoité par les pays qui sont les plus gros consommateurs de cette énergie. L'Europe, tout comme la Chine, ainsi que les Etats-Unis essaient d'avoir une option sur ce pétrole. Naturellement, l'Europe n'étant pas unifiée et ne pouvant faire jouer une stratégie commune, n'a pas les mêmes moyens que ses deux partenaires commerciaux. Chaque pays essaie ou du moins veut contrôler cette ressource qui se fait rare, ils adoptent des stratégies différentes pour y entrer et y rester.

L'implantation de la Chine au Soudan

La Chine qui s'est intéressée à l'Afrique sur le tard par rapport aux pays occidentaux, a fait son chemin. Elle se sait forte, puissante et ne baisse pas dans les investissements. Elle construit des hôpitaux, développe l'industrie locale. Elle apporte des capitaux. La Chine sait ce qu'elle veut et se donne les moyens pour l'acquérir. Elle doit récupérer des matières premières pour faire fonctionner son industrie gourmande en énergie. Le pétrole, qui est une matière qu'on trouve beaucoup en Afrique, est exploité par les occidentaux, la Chine a su négocier avec les dirigeants africains. Désormais, elle importe près de 30% de l'or noir de l'Afrique.

La Chine a pris la place de la France, du Royaume Unie et dans sa quête de matières premières, elle investit sans sourciller. Elle ausculte le sol africain à la recherche de matières premières essentielles pour son industrie. Le Soudan qui n'était pas une des ses priorités, est devenue soudain attractif, les dirigeants chinois ont signé des pactes et autres accords avec le régime du dictateur el Bachir. La Chine a investi financièrement dans le pays. Des sociétés chinoises participent à la construction d'un pipeline d'environ 1500 kilomètres reliant Port Soudan situé en bordure de la mer Rouge au bassin de Melut. Et comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même, des milliers de chinois travaillent au Soudan. Il faut souligner que dans les pays africains où la Chine s'installe, elle fait travailler en priorité les siens. Ce qui ne contribue pas à créer des emplois au niveau local.

La Chine, si elle ne protège pas le régime d'Omar El Bachir, ne le laisse pas pour autant tomber. Elle veut préserver cet or noir qu'elle a acquis sur le terrain en s'opposant aux USA. Le dernier embargo qui avait été prononcé dans les années 90 par l'Occident contre le Soudan, n'a jamais été respecté par la Chine. Elle a continué à fournir du matériel ainsi que des équipements de guerre au Soudan. Actuellement, la Chine s'oppose aux sanctions du Conseil de sécurité de l'Onu.

Et que font les Etats Unis ?

Les USA de Bush font tout pour renverser le régime au pouvoir. Ils soutiennent tous les mouvements politiques armés contre le dictateur Omar El Bachir. Les Etats-Unis se sont trompés sur les capacités de production du pétrole soudanais. Le consortium américain Chevron a abandonné en 1985 ses recherches après avoir investi environ près de deux milliards de dollars. Ils avaient découvert du pétrole sur divers sites, mais en faibles quantités. Ils ont abandonné car ils pensaient ne pas faire de bénéfices juteux.

Les Etats-Unis qui ont la porte fermée actuellement au Soudan, reviennent dans les pays limitrophes du Soudan. Ils espèrent ainsi découvrir de gros gisements. Les multinationales Exxon, Mobil et autres sociétés pétrolières américaines investissent en Afrique de l'Est. Les Etats-Unis n'ont pas abandonné l'intérêt qu'ils portent pour le Darfour. Le pays de Bush ne fait pas que de l'humanitaire, il pense en premier à lui, tout comme la Chine, naturellement

 

mai 2007

 

Le Soudan rejette les mandats d'arrêt lancés par la CPI contre deux suspects de crime de guerre

Armée Magazine, 2 mai 2007

 

Le gouvernement soudanais a rejeté mercredi les mandats d'arrêt lancés par la Cour pénale internationale (CPI) contre deux suspects accusés de crimes de guerre au Darfour, région ouest du Soudan.

 

"La CPI n'a pas compétence pour poursuivre les Soudanais", a déclaré à l'agence Xinhua le ministre soudanais de la Justice Mohamed Ali Al-Mardi, ajoutant que son pays n'avait pas signé la Convention de Rome de 1980 sur la création de la CPI.

"Notre position est claire et les mesures prises par la CPI ne signifient rien pour nous", a affirmé M. Al-Mardi. Pour lui, ces mandats d'arrêt font partie des pressions continues exercées sur le Soudan, affirmant qu'ils ont des " empreintes politiques".

La CPI a annoncé mercredi qu'elle avait lancé ses premiers mandats d'arrêt contre Ahmed Haroun, ancien ministre d'Etat de l'Intérieur, et contre le commandant de milice Ali Muhammad Ali Abd-al-Rahman, également connu sous le nom de Ali Kushayb, les accusant d'avoir commis des crimes de guerre.

La CPI a indiqué dans un communiqué que le procureur Luis Moreno-Ocampo avait de "bonnes raisons de croire" que les deux suspects sont responsables de meurtres, de viols et de tortures ainsi que de déplacements forcés d'habitants de villages, et d'autres crimes de guerre et de crimes contre l'humanité au Darfour.

"Le gouvernement du Soudan a le devoir légal d'arrêter Ahmed Haroun et Ali Kushayb," a déclaré la cour.

 

mai 2007

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