Le Soudan dans la Presse

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Mai 2007

  Mai 2007

 

Le Monde
31 mai 2007

Bernard Kouchner propose un "couloir humanitaire sécurisé" pour acheminer l'aide à partir du Tchad

Le Figaro
30 mai 2007

Les humanitaires se font déjà la guerre

Le Figaro
30 mai 2007

Kouchner veut aider les réfugiés au Darfour

Le Figaro
30 mai 2007

Bush durcit les sanctions contre le Soudan

Jeune Afrique
29 mai 2007

Paris propose "un corridor humanitaire à partir du Tchad" au Darfour

L.C.I.
29 mai 2007

Bush hausse le ton contre le Soudan

Jeune Afrique
29 mai 2007

Malakal (Soudan) sous perfusion des agences des Nations unies

La Tribune
27 mai 2007

La terreur au quotidien au Darfour

Afrik-Com
26 mai 2007

L'ONU approuve l'envoi de 23 000 soldats au Darfour

Jeune Afrique
25 mai 2007

L'Egypte s'oppose à des sanctions contre le Soudan

Tchad Info
25 mai 2007

Dans les camps de l'est du Tchad, les réfugiés sont pris entre deux feux

Le Potentiel
Kinshasa
24 mai 2007

Amnesty International accuse le régime Béchir de violations des droits de l'homme au Darfour

USA Gouvernement
24 mai 2007

Dans les camps de l'est du Tchad, les réfugiés sont pris entre deux feux

Nations Unies
New York
24 mai 2007

Extrait du point de presse du bureau de la porte-parole du secrétaire général de l'ONU

Agence France Presse
24 mai 2007

L'action humanitaire reste hasardeuse dans le Darfour ouest

Agence France Presse
23 mai 2007

Berlin prolonge jusqu'en décembre son soutien logistique au Darfour

Agence France Presse
23 mai 2007

Une délégation de l'UA prise à partie par des représentants de déplacés

Mali Informations
22 mai 2007

Le Soudan sous pression

Maroc Matin
22 mai 2007

Le roi reçoit le Président soudanais Omar Hassan Al-Bachir

La Croix
23 mai 2007

Au Soudan, les ennemis d'hier déminent le Sud

Le Figaro
21 mai 2007

Darfour : Qui osera s'attaquer aux vrais coupables ?

Libération
21 mai 2007

Le Darfour premier invité de Kouchner au Quai d'Orsay

Afrique Centrale
21 mai 2007

Nouveau patron pour l'AMIS

IRIN
21 mai 2007

Les populations mécontentes Sud Soudan attendent encore les dividendes la paix

Agence France Presse
21 mai 2007

Kouchner veut faire du Darfour une priorité de la communauté internationale

Le Monde 
20 mai 2007

Pékin renforce sa coopération économique avec le continent africain

Africa Confidential
17 mai 2007

Pressions sur Khartoum

Agence France Presse
17 mai 2007

Un responsable soudanais met en garde contre la stratégie chinoise

Amnesty International
17 mai 2007

Les transferts d'armes à destination du Soudan entretiennent de graves atteintes aux droits humains

Nouvel Observateur
17 mai 2007

Darfour : Moscou et Pékin arment les « assassins « 

Courrier International
15 mai 2007

Une odeur de sang et de mort

Afrique Centrale
15 mai 2007

Les Chinois ont trouvé la solution au Darfour

Xinhuanet
15 mai 2007

La Chine cherche t-elle seulement à sauver les JO ?

Xinhuanet
14 mai 2007

Le Soudan salue la décision de la Chine de nommer un envoyé spécial pour l'Afrique

Radio France International
13 mai 2007

Le long chemin vers la paix

NationsUnies
11 mai 2007

Les attaques aériennes d'El Fasher ont été « disproportionnées », déplore le Haut Commissariat aux droits de l'homme

Le Monde
11 mai 2007

Pékin va participer à la mission de paix de l'ONU au Darfour

Nations Unies
New York
9 mai 2007

Ban Ki-moon préoccupé par la poursuite des attaques aériennes par le gouvernement au Darfour

Chine Aujourd'hui
8 mai 2007

La Chine nie vendre des armes au Soudan utilisées au Darfour

Agence France Presse
5 mai 2007

Darfour: un an après l'accord d'Abuja, la paix reste inachevée

Le Monde
3 mai 2007

Le Soudan et le Tchad ont signé un accord de réconciliation

Le Figaro
3 mai 2007

Mandats d'arrêt contre des leaders soudanais

Agora Vox
2 mai 2007

L'or noir Soudanais : à qui va t'il profiter ?

Armée Magazine
2 mai 2007

Le Soudan rejette les mandats d'arrêt lancés par la CPI contre deux suspects de crime de guerre

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Bernard Kouchner propose un "couloir humanitaire sécurisé" pour acheminer l'aide à partir du Tchad

Le Monde, Hambourg, par Natalie Nougayède, 31 mai 2007

 

L e ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, a saisi l'occasion de son premier sommet diplomatique dans ses nouvelles fonctions - en l'occurrence un sommet Union européenne-Asie à Hambourg, en Allemagne, lundi 28 et mardi 29 mai - pour lancer auprès des médias et de certains de ses interlocuteurs étrangers l'idée d'un "couloir humanitaire" permettant d'acheminer des aides vers le Darfour à partir du Tchad.

Le projet n'en est qu'au stade de l'étude. Il doit faire l'objet de consultations lors de la réunion du mercredi 30 mai à Potsdam des ministres des affaires étrangères du G8, où une discussion est prévue sur le Darfour.

Le couloir humanitaire envisagé par le chef de la diplomatie française partirait de la région d'Abéché, au Tchad, où sont présentes des troupes françaises chargées de surveiller la frontière avec le Soudan. Il s'enfoncerait sur une distance de 300 à 400 kilomètres à l'intérieur du Darfour.

Ce serait "soit un corridor terrestre, soit un pont aérien" , dit M. Kouchner. Il serait "sécurisé" par une présence militaire internationale, avec une composante européenne. Le projet se ferait en concertation avec les "pays concernés" et sous l'égide de l'ONU.

M. Kouchner espère pouvoir réunir en juin à Paris un "Groupe de contact élargi" sur le Darfour, qui réunirait les pays de la région, ainsi que la Chine, l'Afrique du Sud, l'Erythrée et des pays arabes. Il a affirmé, après un entretien, lundi, avec son homologue chinois Yang Jiechi, que la Chine était disposée à y participer.

 

Entretien avec Condoleezza Rice

 

Cette initiative française intervient au moment où Washington hausse le ton contre le régime soudanais. M. Kouchner, qui devait avoir, mercredi à Potsdam, un entretien bilatéral avec son homologue américaine Condoleezza Rice, ne s'est pas prononcé sur le fait que les Etats-Unis ont demandé mardi aux pays européens de les suivre en adoptant des sanctions bilatérales contre Khartoum.

A Paris, un porte-parole du Quai d'Orsay a déclaré, mardi, que la France était "ouverte à la discussion de nouvelles sanctions dans le cadre des Nations unies" . En avril, lors de la campagne électorale française, Nicolas Sarkozy s'était dit - dans une réponse écrite transmise au Monde - favorable à des sanctions "immédiates" contre "les individus impliqués dans les massacres" au Darfour. Il avait ajouté que "la France appliquera au besoin ces mesures avec ses partenaires européens ou à titre national" , indiquant ainsi que des sanctions pourraient être prises sans l'aval de l'ONU.

M. Kouchner a tenu peu après son arrivée au Quai d'Orsay une réunion avec des représentants du collectif "Urgence Darfour", qui milite pour une force d'interposition dans la province en guerre, au nom du "droit d'ingérence".

Mais plusieurs responsables d'organisations humanitaires présentes au Darfour se disent hostiles à une intervention musclée, jugée lourde de risques pour les opérations d'aide déjà en cours sur le terrain. Ils soulignent aussi que la poursuite des violences armées et du banditisme rend le franchissement de la frontière à partir du Tchad très aléatoire.

De nombreuses questions restent en suspens, notamment l'accord du pouvoir tchadien à l'ouverture d'un couloir humanitaire vers le Darfour. De même, le rôle que les troupes françaises seraient amenées à jouer n'a pas été précisé.

 

mai 2007

Les humanitaires se font déjà la guerre

Le Figaro, 30 mai 2007, pat Tanguy Berthemet

 

Unies pour sauver le Darfour, les différentes ONG divergent sur la méthode.

 

IL FAUT, certes, mettre un terme aux combats qui ravagent le Darfour. Mais les moyens pour arrêter ce conflit qui, en quatre ans, a causé la mort de 200 000 personnes et déplacé près de deux millions d'autres sont, depuis de longs mois, l'objet de sourdes divergences chez les humanitaires. L'arrivée de Bernard Kouchner, promoteur du «   droit d'ingérence » au Quai d'Orsay et qui ne cache pas son intention d' « agir vite » sur ce dossier, a encore avivé le débat.

L'activisme d'Urgence Darfour, un collectif d'associations présidé par Jacky Mamou, un ancien président de Médecins de monde (MDM), a fait naître la polémique. Le groupe notamment réclame la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne et une intervention militaire internationale dans la province soudanaise, comme l'envisage une résolution des Nations unies votée en août dernier.

Ce texte, suspendu à un accord de Khartoum, est pour l'heure resté lettre morte. « Il y a des solutions pratiques rapides à mettre en place. Comment peut-on attendre l'accord d'un gouvernement, en parti responsable des massacres, pour déclencher une intervention, et attendre les bras croisés ? » s'agace Jacky Mamou. En mars dernier, Urgence Darfour avait organisé, en présence de Bernard Kouchner, un grand meeting à Paris pour exiger cette intervention armée, sous la houlette de l'Union européenne. Le conflit fut, lors de cette réunion, décrit comme une guerre opposant des musulmans modérés à des extrémistes, des tribus noires aux Arabes, le résultat programmé, selon la formule de Bernard-Henri Lévy, étant « le premier génocide du XXI e  siècle » .

 

« Une vision manichéenne »

 

Pour Jérôme Larcher, responsable de la mission Soudan pour MDM, il s'agit d'une vision « simpliste et manichéenne . Ce collectif n'est pas sur le terrain où les choses sont nettement plus complexes. Il adopte des positions qui sont avant tout idéologiques » , accuse-t-il. De son côté, Fabrice Weissman, de Médecins sans frontières, souligne qu'une intervention armée contre l'avis de Khartoum « pourrait faire courir un danger plus grand encore aux populations civiles  : le Darfour est grand comme la France et il serait impossible de protéger les quelque deux millions d'habitants qui vivent encore en dehors des camps. Le gouvernement pourrait être tenté de se venger. » Et d'affirmer que le rôle des humanitaires est de faire « respecter le droit de la guerre, et non de faire une guerre pour le droit » .

Les deux ONG estiment que seule une approche concertée de la communauté internationale faisant pression sur le gouvernement soudanais peut donner des résultats. Une option qui reçoit le soutien d'autres associations comme celui du centre d'études américain International Crisis Group.

 

mai 2007

 

Kouchner veut aider les réfugiés au Darfour

Le Figaro, du 30 mai 2007, de l'envoyé spécial à Hambourg Alain Barlulet .

 

Le nouveau chef de la diplomatie française propose la mise en place d'un corridor humanitaire à partir du Tchad.

 

Bernard Kouchner souhaite aller vite sur le Darfour. En nommant l'ancien « french doctor » au ministère des Affaires étrangères, il y a dix jours, Nicolas Sarkozy lui a fixé une priorité : venir en aide à cette province de l'ouest du Soudan où la guerre civile a fait en quatre ans plus de 200 000 morts et 2 millions de déplacés. Dès le lendemain de sa prise de fonctions, le nouveau chef de la diplomatie française organisait une première réunion de travail au Quai d'Orsay à laquelle participaient des ONG, des experts et des diplomates.

Cette semaine, il met à profit ses premiers grands rendez-vous internationaux pour roder le plan que la France compte proposer la semaine prochaine au sommet du G8 qui se tiendra à Heiligendamm, au nord-est de l'Allemagne. Au coeur de ce projet en cours d'élaboration figure la mise en place d'un corridor humanitaire à partir du Tchad, la voie la plus courte (moins de 400 kilomètres) pour atteindre les populations en détresse du Darfour. « Impossible de dire si cela marchera, mais il faut essayer. En tout cas, on ne le fera pas seul » , a déclaré Bernard Kouchner, qui participait, hier à Hambourg, à une réunion du forum UE-Asie (Asem).

L'opération envisagée au Darfour serait « sous mandat de l'ONU et à composante européenne », souligne-t-on dans l'entourage du ministre, en précisant toutefois que rien n'a encore été décidé. « Sa configuration dépendra de ceux qui voudront bien y participer », ajoute-t-on. L'initiative suppose la mobilisation et la concertation internationale au sein d'un groupe de contact que Bernard Kouchner souhaite étoffer avec la participation de pays comme la Chine, l'Érythrée ou l'Égypte. L'objectif est de réunir le groupe de contact à Paris, « avant la fin du mois de juin », a indiqué le ministre. À Hambourg, il a notamment rencontré son homologue chinois Yang Jiechi qui « a marqué son intérêt » pour les idées françaises, selon des diplomates ayant participé à l'entretien. Auparavant, il s'était entretenu au téléphone avec le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon qui a qualifié, selon lui, l'initiative française de « sérieuse­ ».

 

Les Européens réticents

 

Débordant d'énergie au seuil de sa mission, Bernard Kouchner espère pouvoir afficher rapidement des résultats. Mais les obstacles sont multiples. L'accord du Soudan est loin d'être acquis, tout comme celui des autres pays de la région, le Tchad en premier lieu. Les Européens apparaissent réticents à s'engager dans une opération dont les contours sont loin d'être définis. Par ailleurs, la pression mise par Washington avec l'annonce, hier, de nouvelles sanctions contre Khartoum risque de contrecarrer la démarche multilatérale prônée par la France. Bernard Kouchner en parlera aujourd'hui à Potsdam avec Condoleezza Rice qu'il rencontrera pour la première fois dans le cadre d'une réunion des ministres du G8. Plusieurs ONG contestent aussi l'efficacité des couloirs humanitaires pour porter assistance à des populations éparpillées sur un territoire vaste comme la France.

Bernard Kouchner répond en n'excluant pas l'acheminement de l'aide par voie aérienne. Les humanitaires redoutent également les conséquences d'une intervention militaire. La France dispose d'un millier d'hommes ainsi que d'une poignée d'appareils de chasse et d'hélicoptères au Tchad dans le cadre du dispositif « Épervier ». Mais l'articulation du futur dispositif est encore dans les limbes. De délicates tractations sont attendues avec la Défense. Les militaires français s'estiment déjà très sollicités et invoquent les difficultés d'une sécurisation humanitaire dans une région en proie aux combats et aux exactions des groupes armés. Une réunion d'arbitrage se tiendra la semaine prochaine à l'Élysée.

 

mai 2007

Bush durcit les sanctions contre le Soudan

Le Figaro, 30 mai 2007

 

Pékin est vivement opposé à la demande américaine d'une résolution plus contraignante de l'ONU. Paris se dit "ouvert à la discussion

 

George W. Bush a annoncé mardi par le biais d'une déclaration publique de nouvelles sanctions américaines contre le Soudan dans le cadre du conflit du Darfour. "Les agissements du président Al-Béchir au cours des dernières semaines prolongent une attitude que nous connaissons depuis longtemps et qui consiste à promettre de coopérer tout en recherchant de nouveaux moyens de faire obstruction", a déclaré le président américain, qui a de nouveau parlé de "génocide" en cours dans cette région de l'Ouest du Soudan. "Les Etats-Unis ne détourneront pas les yeux d'une crise qui met au défi la conscience du monde", a lancé George W. Bush.

Les Etats-Unis vont renforcer des sanctions déjà existantes : 31 nouvelles compagnies soudanaises, incluant des firmes exportatrices de pétrole, vont être ajoutées à la liste de celles avec lesquelles les Américains sont interdits de toute transaction commerciale et financière. Deux hauts responsables du régime soudanais et un chef rebelle seront également sanctionnés. Cette décision porte à sept le nombre de personnes frappées de sanctions par les Etats-Unis en raison de violations des droits de l'homme au Darfour.

George W. Bush veut aussi pousser à l'adoption d'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'ONU imposant des sanctions internationales au gouvernement soudanais et un embargo étendu sur les ventes d'armes au Soudan. Cette résolution interdirait aussi au gouvernement soudanais les vols militaires au-dessus du Darfour, a-t-il dit.

 

Opposition chinoise, approbation britannique

 

Dès ce matin, Liu Guijin, représentant chinois pour le Darfour, s'est opposé à tout durcissement des sanctions à l'encontre de son allié soudanais qui allait, selon lui, "aboutir à compliquer la recherche d'une solution au problème" du Darfour.

Les Etats-Unis ont en revanche été soutenus par la Grande-Bretagne qui estime que ce qui se passe au Darfour «n'est pas acceptable». De son côté, la France s'est dite "ouverte à la discussion" sur d'éventuelles nouvelles sanctions.

 

Paris veut opérer à partir du Tchad

 

Après discussion avec son homologue chinois, le ministre français des Affaires étrangères, avait proposé hier la sécurisation d'un "corridor humanitaire à partir du Tchad" pour venir en aide au Darfour. Une idée pour laquelle le chef de la diplomatie chinoise a "marqué son intérêt", aux dires de diplomates ayant participé à l'entretien. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a qualifié l'idée française de "sérieuse". L'armée française dispose d'un millier de soldats basés au Tchad dans le cadre du dispositif "Epervier".

 

Le conflit du Darfour a déjà provoqué au moins la mort de 200.000 personnes et l'exode de deux autres millions, selon les Nations unies. Un chiffre de victimes contesté par le Soudan qui estime leur nombre à seulement 9000.

 

mai 2007

 

Paris propose "un corridor humanitaire à partir du Tchad" au Darfour

Jeune Afrique avec l'AFP, 29 mai 2007

 

La France propose la sécurisation d'"un corridor humanitaire à partir du Tchad" pour venir en aide au Darfour, a déclaré lundi soir à Hambourg le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner à l'issue d'un entretien avec son homologue chinois.

"On réfléchit à plusieurs options, y compris la sécurisation d'un corridor humanitaire à partir du Tchad", a dit M. Kouchner après un entretien d'une heure avec le chef de la diplomatie chinoise, Yang Jiechi, dans le cadre d'une réunion du Forum UE-Asie (ASEM).

Ce n'est qu'une idée pour l'instant, mais pourquoi ne pas essayer ?", a ajouté M. Kouchner, en soulignant qu'il avait proposé à M. Yang de "participer à un groupe de contact élargi sur le Darfour".

Le chef de la diplomatie chinoise "a marqué son intérêt" pour les idées françaises, selon des diplomates ayant participé à l'entretien.

La Chine, qui absorbe 60% de la production pétrolière soudanaise, reste opposée à des sanctions de l'ONU contre le Soudan. Elle a dépêché il y a une semaine à Khartoum son "représentant spécial pour l'Afrique", Liu Guijin.

M. Kouchner a indiqué qu'il s'était également entretenu lundi au téléphone avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui a qualifié, selon lui, l'idée française de "sérieuse".

La France dispose d'un millier d'hommes ainsi que d'une poignée d'appareils de chasse et d'hélicoptères au Tchad dans le cadre du dispositif "Epervier".

L'opération envisagée au Darfour serait "sous mandat de l'Onu et à composante européenne", selon des sources diplomatiques françaises, qui précisent toutefois que rien n'a été décidé.

Le Haut représentant de l'UE pour la politique extérieure, Javier Solana, a accueilli cette idée favorablement mais avec prudence. "Tous les efforts pour régler la question du Darfour sont importants", a-t-il dit. "Je suis d'accord sur le principe. Il faut voir comment nous pouvons le faire".

M. Kouchner, l'ancien "french doctor" partisan du droit d'ingérence humanitaire, se rend mardi à Berlin, avant de participer mercredi et jeudi à Potsdam, près de la capitale allemande, à une réunion de ministres des Affaires étrangères du G8. Socialiste en rupture de ban, il peut se prévaloir au sujet du Darfour du plein accord du président Nicolas Sarkozy, qui avait qualifié durant sa campagne d'"inacceptable" la situation dans cette province de l'ouest du Soudan où les violences ont fait 200.000 morts et 2 millions de déplacés.

Khartoum a donné son accord au déploiement de quelque 3.000 employés de l'ONU en soutien de l'actuelle force de l'Union africaine (Amis) au Darfour mais tarde à autoriser l'envoi d'une mission hybride ONU-UA d'environ 20.000 hommes. Avant d'être nommé au Quai d'Orsay, M. Kouchner avait préconisé l'ouverture d'un "corridor humanitaire" pour sauver les civils.

 

mai 2007

 

Bush hausse le ton contre le Soudan

L.C.I. France, 29 mai 2009

 

Les Etats-Unis restent sur une ligne dure vis-à-vis de Khartoum, régulièrement accusé de couvrir une catastrophe humanitaire au Darfour alors que les violences ont fait 200.000 morts et 2 millions de déplacés depuis 2003, selon l'Onu. George W. Bush a annoncé mardi de nouvelles sanctions dans une déclaration mettant en cause le chef d'Etat soudanais Omar Hassan Al-Bachir, accusé de " promettre de coopérer tout en recherchant de nouveaux moyens de faire obstruction ".

Les Etats-Unis vont renforcer des sanctions déjà existantes : ils vont ajouter 31 nouvelles compagnies soudanaises à la liste de celles avec lesquelles les Américains sont interdits de toute transaction commerciale et financière ; ils vont infliger des sanctions à de hauts responsables gouvernementaux. Le président américain a indiqué qu'il allait dans le même temps pousser à l'adoption d'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'Onu imposant des sanctions internationales au gouvernement soudanais et un embargo étendu sur les ventes d'armes au Soudan. Cette résolution interdirait aussi au gouvernement soudanais les vols militaires au-dessus du Darfour.

 

mai 2007

 

Malakal (Soudan) sous perfusion des agences des Nations unies

Jeune Afrique avec l'AFP, 29 mai 2007

 

L'ONU et ses agences purifient l'eau, aident la police locale, assistent les écoles et forment les pêcheurs de Malakal, ville du sud du Soudan, considérée comme un banc d'essai à sa mission alliant maintien de la paix et aide au développement.

La mission de l'ONU dans le sud Soudan, l'UNMIS, a eu d'abord, en novembre, à contenir une flambée de violence qui a coûté la vie à 120 personnes. Des miliciens sudistes alliées au nord se sont livrés à une véritable bataille rangée avec les forces sudistes après avoir pris refuge dans des baraquements de l'armée nordiste.

Aujourd'hui, la tension persiste mais elle est "contenue", souligne le commandant indien du secteur, le colonel Anil Singh Rathore, devant un groupe de journalistes qui ont visité récemment la ville.

"La crise de confiance reste très profonde" entre les deux parties, constate le militaire indien, qui fait état de nombreux contentieux, notamment le retard pris dans le déploiement des forces nordistes dans le nord, conformément à l'accord de paix dans le sud du Soudan.

Malakal est la capitale de l'Etat du Haut Nil. Ses frontières nord courent tout au long de la ligne de 1956, considérée par l'accord de paix comme la limite entre le nord et le sud du Soudan.

Depuis, la force indienne gère une situation caractérisée par de "petits incidents qui risquent de remettre le feu à la poudre" et s'emploie aussi, selon le colonel Rathore, à "gagner les coeurs et les esprits des habitants".

Exemple: une clinique vétérinaire gratuite, gérée par le commandant Vikas Thakur, qui soigne avec ses assistants indiens et locaux mille bêtes par mois.

Les ânes en premier, les vaches et les chèvres ensuite. Les ânes, essentiels pour les habitants pour rechercher le bois, l'eau et transporter les produits agricoles, souffrent souvent de blessures et de différentes maladies virales, explique le commandant Takur, en s'affairant avec ses assistants.

Le gros du travail humanitaire et de l'aide au développement est à la charge des Nations unies, explique Peter Peter Maxwell, le chef de l'UNMIS dans la région, en produisant une longue liste d'interventions.

C'est certes une goutte dans l'océan des besoins d'une population de plus de 150.000 habitants sortis d'une guerre de plus de 20 ans, mais les visites sur le terrain permettent de mesurer l'importance du travail effectué.

Sur le bord du Nil Blanc qui longe la ville faite de cases et de tôles, une petite station d'épuration d'eau a été montée par l'UNICEF (agence de l'ONU pour l'enfance) pour aider à contenir les maladies générées par l'eau sale.

Rudimentaire mais efficace, elle arrive à produire 30.000 litres d'eau potable par jour, soit trois fois sa capacité initiale.

Dans une école de la ville, le Programme alimentaire mondial distribue des rations alimentaires aux filles surtout pour les encourager à poursuivre des études et briser l'habitude locale consistant à les envoyer aux champs.

L'établissement est certes d'un autre âge, les salles de classe consistant en de simples cases d'une saleté répugnante, mais les élèves en uniforme chantent joyeusement en anglais: "Papa, maman, laissez-moi aller à l'école pour construire un meilleur Soudan pour tous".

Ailleurs, l'UNMIS a rénové un poste de la police locale et a appris à ses officiers à ne pas détenir les enfants et les adultes dans la même cellule.

En dépit de la frustration du gouverneur d'Etat, Dak Doup Bishok, un sudiste allié au nord, qui estime que l'UNMIS "ne fait rien pour le développement" de sa région, M. Maxwell estime essentielle ses interventions, notamment lorsqu'il s'agit de "questions de vie ou de mort", comme contenir des violences ou les épidémies de choléra.

 

mai 2007

La terreur au quotidien au Darfour

La Tribune avec Associated Press, 27 mai 2007

 

Au Darfour, dans l'ouest du Soudan, la violence est tristement banale, comme en témoigne le calvaire vécu récemment par sept femmes qui s'étaient aventurées en dehors de leur camp de déplacés pour ramasser du bois, espérant le vendre pour récolter de l'argent leur permettant de nourrir leurs familles. Au lieu de ça, dans une zone boisée où elles s'étaient risquées pendant quelques heures, elles ont été violées, battues et dévalisées.

Ces femmes, qui avaient collecté de l'argent pour louer un âne et une charrette, ont regagné comme elles pouvaient le camp de Kalma, nues, et complètement effondrées. "Pendant tout le temps que ça a duré, je pensais: ils tuent mon bébé, ils tuent mon bébé", gémit Aïcha, qui était alors enceinte de sept mois.

Les sept femmes n'ont aucun doute sur les auteurs de ces violences. Pour elles, les chameaux de ces hommes et les uniformes qu'ils portaient constituent une preuve: il s'agit de miliciens janjaweed, ces miliciens arabes accusés de terroriser les villageois, essentiellement des noirs, de la région soudanaise du Darfour.

Leur histoire, racontée à un journaliste d'Associated Press et confirmée par d'autres femmes et des travailleurs humanitaires dans le camp, donne un aperçu de l'enfer que le Darfour est devenu, alors que le gouvernement dominé par les arabes combat une rébellion entretenue par les problèmes de discrimination que vit toute une partie de la population.

Le conflit, qui est dans sa quatrième année, est devenu la pire crise humanitaire dans le monde, et le viol en est une des tragiques conséquences, selon l'ONU et d'autres militants des droits de l'homme.

Accusé de soutenir les milices, le gouvernement du Soudan assure qu'il n'arme pas, ni n'encourage les janjaweed, et se hérisse face aux allégations de viols, affirmant que la société soudanaise, conservatrice et musulmane, ne tolérerait jamais ça.

Khartoum a accepté le déploiement de 3.000 soldats de l'ONU chargés du maintien de la paix, mais pas des 22.000 mandatés par le Conseil de sécurité de l'ONU. Le déploiement pourrait prendre des mois et des villageois craignent que le gouvernement veuille se débarrasser de tous les témoins des atrocités avant l'arrivée des forces de maintien de la paix.

Depuis le début du conflit, plus de 200.000 civils sont morts et 2,5 millions sont sans-abri, sur une population de six millions de personnes au Darfour, selon l'ONU. Un rapport de la Cour pénale internationale (CPI), en février, a évoqué des "viols collectifs de civils qui n'auraient jamais participé à un conflit armé".

Kalma est un microcosme de la misère, un camp où quelque 100.000 réfugiés s'entassent dans des huttes en terre et des tentes rudimentaires en plastique. Les armes à feu y sont si nombreuses que les forces de maintien de la paix de l'Union africaine, dépassées, ont quitté les lieux depuis longtemps, incapables de protéger la population. Toute personne qui s'aventure hors du camp doit penser au risque que constituent les janjaweed, comme le prouve l'histoire d'Aïcha et de ses amies.

Au Soudan, comme dans beaucoup de pays musulmans, la société considère les violences sexuelles comme un déshonneur pour toute la famille de la femme concernée. "Les victimes peuvent être confrontées à un ostracisme terrible", souligne Mahan Muna, coordinateur de l'ONU sur cette question au Soudan.

Certains travailleurs humanitaires croient que les janjaweed ont recours aux viols pour intimider les rebelles, leurs partisans et leurs familles. "C'est une stratégie de guerre", précisait Mahan Muna lors d'un entretien réalisé récemment à Khartoum, la capitale.

Kalma n'est pas le seul endroit où l'on ait fait état de multiples viols au Darfour. A 190 kilomètres de là, dans la ville de Mukjar, des femmes auraient été conduites récemment dans une prison et violées pendant plusieurs heures par des janjaweed, selon les témoignages de deux hommes. AP

 

mai 2007

L'ONU approuve l'envoi de 23 000 soldats au Darfour

Le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé le déploiement de plus de 23 000 soldats au Darfour, la région de l'ouest du Soudan en proie à une guerre civile depuis quatre ans

 

Afrik-com, 26 mai 2007

 

Le Conseil de sécurité a adopté, vendredi, un rapport qui lui a été soumis par le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon. Le rapport préconise "une mise en application immédiate du commandement conjoint ONU/UA pour le maintien de la paix dans la région du Darfour".

"Le Conseil de sécurité note que l'accord entre l'Union africaine et les Nations unies concernant ce rapport conjoint est un fait important dans le cadre de l'approche globale du processus de paix au Darfour" ont indiqué les 15 membres du Conseil, dans un communiqué lu par son président, l'Américain Zalmay Khalilzad.

Le rapport propose deux options de troupes : l'une avec 19 500 hommes, comprenant 18 bataillons d'infanterie, et l'autre de 17 605 soldats avec 15 bataillons d'infanterie.

Il est également prévu une force de police de 3 772 officiers et 2500 agents pour mettre en place une équipe de sécurité locale dans les camps de réfugiés, et du personnel civil de soutien.

M. Ban a remis une copie du rapport conjoint à l'ambassadeur du Soudan accrédité à l'ONU, Abdalmahmood Abdalhaleem, pour obtenir l'approbation de son gouvernement. La nouvelle mission sera la phase finale d'un processus en trois étapes dans le cadre du renforcement de la Mission de paix de l'UA au Darfour (AMIS), en manque de ressources.

Jeudi, l'ONU et l'UA avaient désigné le général nigérian, Martin Agwai comme nouveau commandant de la force hybride, qui sera constituée principalement d'Africains.

La force va aussi surveiller le respect de l'accord de paix sur le Darfour signé en mai 2006 par le gouvernement de Khartoum et un groupe rebelle. Les soldats de maintien de la paix seront également chargés de surveiller les frontières du Soudan, du Tchad et de la République centrafricaine.

La guerre au Darfour qui a éclaté en février 2003 aurait fait 200 000 victimes et causé le déplacement de plus de deux millions de personnes. M. Ban Ki-Moon a décrit le Darfour comme "le théâtre de la pire crise humanitaire dans le monde", qui déborde au Tchad et en République Centraficaine.

mai 2007

L'Egypte s'oppose à des sanctions contre le Soudan

Jeune Afrique 25 mai 2007

 

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit a déclaré vendredi qu'imposer des sanctions au Soudan pour la crise du Darfour ne ferait que compliquer davantage la situation, a rapporté vendredi l'agnce de presse officielle MENA.

"Les sanctions ne permettent jamais la réalisation des objectifs politiques," a déclaré M. Gheit, ajoutant qu'il avait informé le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon de la position de l'Egypte à ce propos.

Par la même occasion, M. Gheit a également nié les rumeurs selon lesquelles le Caire accueillerait la réunion à laquelle doivent participer les représentants des groupes armés de la région soudanaise du Darfour.

En effet, cette réunion aura lieu dans la ville de Juba située dans le sud du Soudan, a-t-il indiqué sans donner la date exacte de cette réunion.

M. Gheit a déclaré que Juba accueillera également une conférence internationale à laquelle participeront les représentants des Nations Unies, de l'Union Africaine, des plus grandes puissances mondiales et des pays voisins du Soudan.

L'Egypte, tout comme la plupart des nations arabes, est opposé à toute sanction contre le Soudan pour la crise du Darfour, a-t-il enfin souligné

 

mai 2007

Dans les camps de l'est du Tchad, les réfugiés sont pris entre deux feux

Tchad Information, 25 mai 2007

 

La zone frontalière avec le Darfour abrite 235.000 réfugiés et 150.000 Tchadiens qui ont fui leur foyer

La crise humanitaire qui sévit dans la partie orientale du Tchad est tout aussi grave que celles qui affectent le Darfour (Soudan) et la Somalie.

C'est ce qu'a récemment fait valoir à l'USINFO le sous-secrétaire d'État adjoint chargé des questions ayant trait à la population, aux réfugiés et à la migration, M. William Fitzgerald, qui a précisé que 235.000 Soudanais et 50.000 Centrafricains s'accrochaient à une existence des plus précaires dans des camps situés à l'est du Tchad et dans sa région frontalière avec la République centrafricaine au sud.

Les défis auxquels se heurte le sud du Tchad, a-t-il indiqué, sont semblables à ceux auxquels le pays est en proie le long de sa frontière avec la région du Darfour, mais ils sont aussi différents.

« Le Tchad a une dynamique unique et ses propres problèmes ethniques », a-t- dit, ajoutant que les rebelles soudanais qui se battent contre le gouvernement de Khartoum avaient établi des bases dans l'est du Tchad et que les rebelles tchadiens qui se battent contre le gouvernement de N'djamena avaient établi des bases au Soudan.

« Le gouvernement de chacun de ces pays aide les rebelles originaires de l'autre. En vérité, l'instabilité régionale est à l'origine de bien des problèmes qui se font jour, notamment des combats qui ont récemment éclaté en République centrafricaine, juste au sud », a-t-il précisé.

Évoquant le contexte régional à l'occasion d'un exposé, le 3 mai à l'American Enterprise Institute, le sous-secrétaire d'État adjoint pour les affaires africaines, M. James Swan, avait expliqué que le Tchad et le Soudan entretenaient des relations très complexes et que leurs frontières nationales étaient soumises à la fois à des loyautés tribales et à un combat pour les ressources naturelles. Dans l'est du Tchad et à l'ouest du Soudan, par exemple, l'accès limité à l'eau et aux terres arables sont à l'origine de conflits entre les bergers et les agriculteurs des deux côtés de la frontière. En outre, les liens familiaux et ethniques exacerbent encore les tensions économiques.

S'étant récemment rendu dans la région, M. Fitzgerald peut attester de la désolation sur le terrain. « On se croirait sur la lune. C'est très aride, désertique, et les arbres y sont rares », a-t-il dit, faisant observer qu'étant donné la pénurie de ressources, les tensions s'intensifient entre la population locale et les nouveaux venus à qui elle avait ouvert les bras au début.

Les États-Unis continuent à prodiguer des soins médicaux et un enseignement de base par le truchement des organisations non gouvernementales (ONG) avec lesquelles ils ont formé des partenariats, notamment l'International Rescue Committee, CARE, l'International Medical Corps et aussi le Comité international de la Croix-Rouge (CIRC).

Il y a trois semaines, a souligné M. Fitzgerald, le président Bush a autorisé le déblocage d'un million de dollars pour le CICR afin qu'il puisse poursuivre son action en faveur des réfugiés.

Les États-Unis apportent leur aide à une douzaine d'ONG qui travaillent dans l'est du Tchad, Le département d'État, qui s'occupe des réfugiés, travaille en étroite collaboration avec l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) qui, pour sa part, s'occupe surtout des personnes déplacées à l'intérieur de leur pays

Les objectifs des États-Unis, en ce qui concerne la situation au Tchad, portent sur trois volets : un règlement politique afin de mettre un terme aux combats ; le plein accès pour permettre à l'aide humanitaire de parvenir aux réfugiés et aux personnes déplacées ; et le déploiement d'une force de maintien de la paix dans l'est du Tchad et au nord de la République centrafricaine.

Pour M. Fitzgerald, la solution des problèmes de l'est du Tchad est indissociable d'une solution au Darfour, argument qu'avait souligné le secrétaire d'État adjoint, M. John Negroponte, le 17 avril, après s'être entretenu à N'djamena avec le président du Tchad, M. Idriss Deby. « Les États-Unis sont convaincus que les violences au Darfour, au Tchad et en République centrafricaine sont de plus en plus étroitement liées, que l'instabilité dans chacun de ces pays contribue directement à l'instabilité dans les autres, et qu'il nous faut faire des progrès sur tous les fronts pour améliorer la sécurité et protéger les civils », avait-il déclaré.

De l'avis de M. Fitzgerald, une force de maintien de la paix fortement armée sera nécessaire dans l'est du Tchad pour protéger les ONG et organismes internationaux qui y travaillent et qui ont déjà fait l'objet d'attaques.

Afin de créer un climat propice à la distribution de l'aide humanitaire, a-t-il indiqué, les États-Unis ont pris la tête des initiatives visant le déploiement d'une force de maintien de la paix de l'ONU dans l'est du Tchad et aussi au Darfour.

La sécurité fait défaut dans les camps de réfugiés établis dans l'est du Tchad car ils sont la cible d'attaques émanant de l'autre côté de la frontière. Par ailleurs, les rebelles soudanais s'y arrêtent pour se reposer après avoir combattu au Soudan, car nombreux sont ceux qui y ont de la famille, et ils profitent de la situation pour essayer d'embrigader les hommes jeunes pour qu'ils aillent combattre avec eux au Soudan.

Environ 150.000 personnes déplacées se trouvent dans l'est du Soudan, a précisé M. Fitzgerald, soit 50.000 de plus que l'été dernier, une situation imputable aux conflits interethniques au Tchad, mais aussi aux attaques transfrontalières perpétrées par les djandjawids, des milices armées de langue arabe.

« On du mal à le croire, mais il y a bien des djandjawids soudanais et des djandjawids tchadiens », a fait remarquer M. Fitzgerald.

Les États-Unis collaborent aussi avec le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) en vue d'augmenter les effectifs des gendarmes assignés à la protection des camps.

« Le Tchad n'a que 235 gendarmes qui couvrent 12 camps - 235 hommes chargés de la protection de 235.000 réfugiés et de 150.000 personnes déplacées. Ils sont complètement dépassés, en nombre comme en armes. Les États-Unis ont alloué des fonds en 2006 pour accroître de 100 le nombre de gendarmes, mais cela ne suffit toujours pas », a-t-il fait valoir.

« C'est un endroit on ne peut plus difficile. On ne peut guère en disconvenir », a-t-il conclu.

 

mai 2007

Amnesty International accuse le régime Béchir de violations des droits de l'homme au Darfour

Le Potentiel , Kinshasa, 24 Mai 2007 par Ludi Cardosso

 

Dans son rapport publié mercredi, l'organisation non gouvernementale de défense des droits de l'homme, Amnesty International accuse le gouvernement soudanais de soutenir les milices janjawids qui violent systématiquement les droits de l'homme au Darfour et lancent des incursions au Tchad.

 

A cet effet, de nombreux observateurs estiment qu'il revient à la communauté internationale d'exercer de fortes pressions sur le régime Béchir pour qu'il accepte de respecter définitivement la signature de l'accord de paix au Darfour, et déploiement d'une force internationale.

L'Amnesty International a, dans un rapport publié hier mercredi 23 mai, dressé un bilan sombre de la situation de droits de l'homme au Soudan en 2006, en particulier au Darfour. En dépit de la signature d'un accord de paix au Darfour, il y a un an à Abuja, l'association de défense des droits de l'homme souligne que le conflit « a augmenté d'intensité dans l'ouest du Soudan, tout comme les déplacements de population et les homicides ».

« Le gouvernement n'a pas désarmé les milices (...) janjawids, qui ont poursuivi leurs attaques contre les civils au Darfour et lancé des incursions au Tchad », a souligné cette Organisation internationale avant de faire état de centaines de civils tués au Darfour et au Tchad et 300.000 déplacés en 2006.

Ce rapport dont une copie est parvenue à l'AFP, accuse ces miliciens de pratiquer « le viol de manière systématique au Darfour »en situation de « quasi impunité ». « Les autorités n'ont pris le plus souvent aucune mesure pour enquêter (...), et il est même arrivé que les victimes soient arrêtées pour adultère ».

Par ailleurs, l'Association pointe du doigt les forces gouvernementales de « bombardements aériens fréquents de cibles civiles ». En août 2006, celles-ci ont « lancé une offensive de grande ampleur dans le nord du Darfour et dans la région de Djebel Marra (centre), accompagnée d'attaques de janjawids contre des villages ».

DES PRESSIONS

A en croire cette Organisation internationale, la Mission de l'Union africaine au Soudan (Amis) « n'a pas été en mesure de mettre un terme aux homicides et aux viols, ni aux déplacements de population et aux pillages ».

Elle dénonce en outre les arrestations arbitraires et la « détention prolongée au secret »d'opposants par les services de sécurité , ajoutant que « le recours à la torture, toujours répandu, était même systématique dans certaines régions, dont le Darfour ».

Sur le volet de la liberté de presse et d'expression, la situation reste également à désirer. A cet effet Amnesty a renseigné que « des journalistes ont été régulièrement arrêtés et plusieurs publications ont été censurées et suspendues ». Enfin, le rapport stigmatise les « peines cruelles, inhumaines ou dégradantes » infligées par les tribunaux soudanais, comme la flagellation, ainsi que des dizaines de condamnations à mort prononcées à l'issue des procès inéquitables au cours desquels les droits de l'homme n'ont pas été respectés.

En définitive, au regard de cette situation dramatique des droits de l'homme au Darfour, plusieurs observateurs estiment qu'il revient à la communauté internationale d'exercer de fortes pressions sur le régime El-Béchir afin qu'il respecte les clauses des accords signés et le déploiement d'une force onusienne.

 

mai 2007

Dans les camps de l'est du Tchad, les réfugiés sont pris entre deux feux

La zone frontalière avec le Darfour abrite 235.000 réfugiés et 150.000 Tchadiens qui ont fui leur foyer

 

USA gouvernement, 24 mai 2007

 

Washington - La crise humanitaire qui sévit dans la partie orientale du Tchad est tout aussi grave que celles qui affectent le Darfour (Soudan) et la Somalie.

C'est ce qu'a récemment fait valoir à l'USINFO le sous-secrétaire d'État adjoint chargé des questions ayant trait à la population, aux réfugiés et à la migration, M. William Fitzgerald, qui a précisé que 235.000 Soudanais et 50.000 Centrafricains s'accrochaient à une existence des plus précaires dans des camps situés à l'est du Tchad et dans sa région frontalière avec la République centrafricaine au sud.

Les défis auxquels se heurte le sud du Tchad, a-t-il indiqué, sont semblables à ceux auxquels le pays est en proie le long de sa frontière avec la région du Darfour, mais ils sont aussi différents.

« Le Tchad a une dynamique unique et ses propres problèmes ethniques », a-t- dit, ajoutant que les rebelles soudanais qui se battent contre le gouvernement de Khartoum avaient établi des bases dans l'est du Tchad et que les rebelles tchadiens qui se battent contre le gouvernement de N'djamena avaient établi des bases au Soudan.

« Le gouvernement de chacun de ces pays aide les rebelles originaires de l'autre. En vérité, l'instabilité régionale est à l'origine de bien des problèmes qui se font jour, notamment des combats qui ont récemment éclaté en République centrafricaine, juste au sud », a-t-il précisé.

Évoquant le contexte régional à l'occasion d'un exposé, le 3 mai à l'American Enterprise Institute, le sous-secrétaire d'État adjoint pour les affaires africaines, M. James Swan, avait expliqué que le Tchad et le Soudan entretenaient des relations très complexes et que leurs frontières nationales étaient soumises à la fois à des loyautés tribales et à un combat pour les ressources naturelles. Dans l'est du Tchad et à l'ouest du Soudan, par exemple, l'accès limité à l'eau et aux terres arables sont à l'origine de conflits entre les bergers et les agriculteurs des deux côtés de la frontière. En outre, les liens familiaux et ethniques exacerbent encore les tensions économiques.

S'étant récemment rendu dans la région, M. Fitzgerald peut attester de la désolation sur le terrain. « On se croirait sur la lune. C'est très aride, désertique, et les arbres y sont rares », a-t-il dit, faisant observer qu'étant donné la pénurie de ressources, les tensions s'intensifient entre la population locale et les nouveaux venus à qui elle avait ouvert les bras au début.

Les États-Unis continuent à prodiguer des soins médicaux et un enseignement de base par le truchement des organisations non gouvernementales (ONG) avec lesquelles ils ont formé des partenariats, notamment l'International Rescue Committee, CARE, l'International Medical Corps et aussi le Comité international de la Croix-Rouge (CIRC).

Il y a trois semaines, a souligné M. Fitzgerald, le président Bush a autorisé le déblocage d'un million de dollars pour le CICR afin qu'il puisse poursuivre son action en faveur des réfugiés.

Les États-Unis apportent leur aide à une douzaine d'ONG qui travaillent dans l'est du Tchad, Le département d'État, qui s'occupe des réfugiés, travaille en étroite collaboration avec l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) qui, pour sa part, s'occupe surtout des personnes déplacées à l'intérieur de leur pays.

Les objectifs des États-Unis, en ce qui concerne la situation au Tchad, portent sur trois volets : un règlement politique afin de mettre un terme aux combats ; le plein accès pour permettre à l'aide humanitaire de parvenir aux réfugiés et aux personnes déplacées ; et le déploiement d'une force de maintien de la paix dans l'est du Tchad et au nord de la République centrafricaine.

Pour M. Fitzgerald, la solution des problèmes de l'est du Tchad est indissociable d'une solution au Darfour, argument qu'avait souligné le secrétaire d'État adjoint, M. John Negroponte, le 17 avril, après s'être entretenu à N'djamena avec le président du Tchad, M. Idriss Deby. « Les États-Unis sont convaincus que les violences au Darfour, au Tchad et en République centrafricaine sont de plus en plus étroitement liées, que l'instabilité dans chacun de ces pays contribue directement à l'instabilité dans les autres, et qu'il nous faut faire des progrès sur tous les fronts pour améliorer la sécurité et protéger les civils », avait-il déclaré.

De l'avis de M. Fitzgerald, une force de maintien de la paix fortement armée sera nécessaire dans l'est du Tchad pour protéger les ONG et organismes internationaux qui y travaillent et qui ont déjà fait l'objet d'attaques.

Afin de créer un climat propice à la distribution de l'aide humanitaire, a-t-il indiqué, les États-Unis ont pris la tête des initiatives visant le déploiement d'une force de maintien de la paix de l'ONU dans l'est du Tchad et aussi au Darfour.

La sécurité fait défaut dans les camps de réfugiés établis dans l'est du Tchad car ils sont la cible d'attaques émanant de l'autre côté de la frontière. Par ailleurs, les rebelles soudanais s'y arrêtent pour se reposer après avoir combattu au Soudan, car nombreux sont ceux qui y ont de la famille, et ils profitent de la situation pour essayer d'embrigader les hommes jeunes pour qu'ils aillent combattre avec eux au Soudan.

Environ 150.000 personnes déplacées se trouvent dans l'est du Soudan, a précisé M. Fitzgerald, soit 50.000 de plus que l'été dernier, une situation imputable aux conflits interethniques au Tchad, mais aussi aux attaques transfrontalières perpétrées par les djandjawids, des milices armées de langue arabe.

« On du mal à le croire, mais il y a bien des djandjawids soudanais et des djandjawids tchadiens », a fait remarquer M. Fitzgerald.

Les États-Unis collaborent aussi avec le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) en vue d'augmenter les effectifs des gendarmes assignés à la protection des camps.

« Le Tchad n'a que 235 gendarmes qui couvrent 12 camps - 235 hommes chargés de la protection de 235.000 réfugiés et de 150.000 personnes déplacées. Ils sont complètement dépassés, en nombre comme en armes. Les États-Unis ont alloué des fonds en 2006 pour accroître de 100 le nombre de gendarmes, mais cela ne suffit toujours pas », a-t-il fait valoir.

« C'est un endroit on ne peut plus difficile. On ne peut guère en disconvenir », a-t-il conclu.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

 

mai 2007

Extrait du point de presse du bureau de la porte-parole du secrétaire général de l'ONU

Nations Unies, New York, 24 mai 2007

 

(La version française du Point de presse n'est pas un document officiel des Nations Unies)

 

Soudan

 

Le Secrétaire général a envoyé au Président du Conseil de sécurité, après les consultations qui ont eu lieu avec le Président de la Commission de l'Union africaine, M. Alpha Oumar Konaré, le rapport conjoint ONU-Union africaine concernant l'opération hybride proposée au Darfour.  Cette proposition a été également envoyée au Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine.  La proposition conjointe sera ensuite soumise au Soudan.

Le 23 mai dernier, après avoir consulté le Secrétaire général, le Président de la Commission de l'Union africaine a nommé le général Martin Agwai comme Commandant de la force de la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS).  Le Secrétaire général s'est félicité de cette décision et attend une collaboration étroite entre le général Agwai et les Nations Unies, afin de faciliter le déploiement du dispositif d'appui renforcé de la Mission de l'Union africaine au Soudan, et afin éventuellement qu'il prenne le commandement de la force hybride ONU-Union africaine au Darfour. (Voir communiqué de presse SG/SM/11013)

Le général Agwai a été le Chef d'état-major interarmées des forces armées nigérianes depuis juin 2006.  Il a occupé les fonctions de Chef d'état-major de l'armée de terre de juin 2003 à mai 2006.  Auparavant, il a servi auprès des Nations Unies comme Adjoint au Conseiller militaire de novembre 2002 à juin 2003, et comme Commandant adjoint de la Mission de l'ONU en Sierra Leone (MINUSIL) de novembre 2000 à novembre 2002. 

 

La Banque mondiale et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont signé un accord de don de 5,3 millions de dollars pour permettre le renforcement des capacités de police et améliorer la bonne marche du système pénitencier dans le sud du Soudan.  Appelé Fonds de soutien à la police et aux services correctionnels du Sud-Soudan, cette subvention est financée par un fonds d'affectation spéciale pour le Soudan auquel contribuent plusieurs donateurs.  Le fonds d'affectation spéciale est administré par la Banque mondiale.  Le projet a été conjointement préparé et évalué par le Gouvernement du Sud-Soudan, le PNUD et autres parties concernées.  Selon l'accord signé, le PNUD va construire un réseau de postes de police et de centres de formation et élaborer un code d'éthique pour la nouvelle force de police.  Le PNUD est également mandaté pour améliorer les centres de détention sur le plan structurel et faciliter une formation destinée à un meilleur traitement des prisonniers.

 

mai 2007

L'action humanitaire reste hasardeuse dans le Darfour ouest

Agence France Presse, Geneina, 24 mai 2007

 

Malgré des efforts pour la faciliter, l'action humanitaire reste hasardeuse dans le Darfour soudanais, notamment sa partie occidentale, en raison de la persistance des violences, selon des responsables d'ONG travaillant sur le terrain.

"Hier encore, on a perdu un véhicule", dit l'un des humanitaires rencontrés à Geneina, capitale du Darfour-ouest, en marge de la visite d'une délégation africaine, qui refuse de s'identifier et évite de parler trop à la presse "pour ne pas ajouter aux difficultés".

Le groupe est venu rencontrer mercredi la délégation du Conseil de la paix et de sécurité (PSC) de l'Union africaine (UA). Il est reparti sans avoir exposé ses difficultés, la délégation ayant écourté sa visite.

Mais l'impression donnée par ces hommes est celle de l'extrême difficulté, dans cette zone du Darfour limitrophe du Tchad et de Centrafrique et pratiquement sans routes, d'accéder aux populations dans le besoin, sauf par hélicoptère, ce qui multiplie les coûts des opérations.

Fernando Arroyo, chef de l'antenne locale de l'Ocha (office de coordination de l'action humanitaire) de l'Onu résume les difficultés de tous. "Nous avons vu l'accès (aux personnes dans le besoin) dans l'ouest du Darfour se réduire au minimum ces derniers mois", dit-il à l'AFP.

Le brigandage, les combats ainsi que la tension entre le Soudan et le Tchad expliquent, selon lui, les récentes difficultés. "On ne peut plus atteindre des zones isolées et on ne peut plus avoir une vue d'ensemble des besoins des populations", ajoute M. Arroyo.

"Notre espoir est d'avoir une meilleure capacité de faire parvenir l'aide à une échelle plus grande, d'avoir un mécanisme pour observer les abus et pouvoir éventuellement les prévenir", poursuit-t-il.

Pour Warren Wright, responsable de l'ONG Britannique Helpage International, il y a un signe qui ne trompe pas sur la détérioration de la situation sécuritaire dans l'ouest du Darfour, qui compte au moins 150.000 déplacés.

"D'après ma propre expérience, je n'ai pas vu de déplacés retourner dans leurs villages. La population des déplacés dans et autour de Geneina est en train de gonfler en raison de l'insécurité", déplore cet humanitaire, l'un des rares à accepter d'être cité.

Dans l'ouest du Darfour, 25 ONG internationales et cinq nationales sont sur le terrain en dépit de la situation difficile, a indiqué M. Arroyo au moment où son chef, le coordinateur humanitaire pour le Soudan, Manuel Aranda da Silva, relevait à Khartoum les mêmes entraves à l'action humanitaire dans le Darfour.

"Malgré la signature de l'accord de paix (en mai 2006), l'environnement sécuritaire au Darfour reste difficile et ce n'est un secret pour personne", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Le gouverneur du Darfour-ouest, Abou al-Qassem Imam, n'a pas caché devant la délégation africaine qu'il était difficile d'"assurer la sécurité à 100%". Même s'il a dit s'attendre à des "répercussions positives" de l'accord entre le Soudan et le Tchad sur la sécurisation des frontières passé en Arabie saoudite, dans le but d'empêcher les infiltrations de rebelles de part et d'autre.

Pour leur part, le gouvernement soudanais et les humanitaires ont constaté en se rencontrant le 21 mai, des progrès dans la facilitation des démarches administratives, comme la délivrance de visas et de meilleurs délais pour les procédures douanières, pour les humanitaires, qui ont fait l'objet d'un récent accord entre les deux parties.

 

mai 2007

Berlin prolonge jusqu'en décembre son soutien logistique au Darfour

Agence France Presse, Berlin, 23 mai 2007

 

Le gouvernement allemand a prolongé jusqu'au 15 décembre son soutien logistique à la mission de l'Union africaine au Darfour, l'AMIS, a annoncé mercredi à Berlin son porte-parole, Ulrich Wilhelm.

Jusqu'à 200 soldats allemands pourront continuer à apporter une aide logistique à la mission de l'UA. Depuis le début de l'opération fin 2004, les militaires allemands aident au transport de troupes et de matériels de pays africains qui n'en ont pas les moyens. Dans les faits, l'assistance militaire allemande est bien en deçà de la limite autorisée du mandat.

Devant le refus absolu de Khartoum d'accepter le remplacement de l'AMIS par une force des Nations unies, l'ONU travaille sur la mise en place d'une "opération hybride" ONU-UA.

Dans la phase de transition actuelle, le gouvernement allemand a donc décidé "de maintenir l'engagement allemand au niveau existant jusqu'alors", a dit M. Wilhelm.

Cette prolongation de la mission sera soumise à l'approbation du Bundestag, la chambre des députés allemands.

 

mai 2007

Une délégation de l'UA prise à partie par des représentants de déplacés

Agence France Presse, Geneina,, 23 mai 2007

 

Une délégation du Conseil de la paix et de sécurité de l'Union africaine (PSC) a été prise à partie mercredi à Geneina, dans l'ouest du Darfour, par des représentants de déplacés, lui reprochant de ne pas avoir écouté ses doléances.

Le représentant d'un camp de déplacés, dénonçant l'inefficacité de la Force africaine (FA), a demandé avec ses compagnons, une intervention de l'ONU et accusé des membres de la délégation du PSC d'être des "agents de Khartoum", devant les journalistes qui suivaient la visite.

L'altercation a eu lieu sur une base de la FA proche de Geneina, après une brève intervention, devant des représentants d'ONG et de déplacés de la tribu africaine des Massalit, du chef de la délégation, Obioma Philippe Oparah, ambassadeur du Nigeria à Addis Abeba et auprès de l'UA.

Celui-ci a demandé aux deux parties ainsi qu'à la presse de "ne pas adopter des positions sentimentales et de ne pas avoir d'attitudes extrêmes, de nature à perturber la paix civile".

Alors que les représentants des ONG n'ont pas réagi, certains des représentants des déplacés, déçus de n'avoir surtout pas eu l'occasion d'exprimer leurs doléances ont abordé la délégation du PSC à sa sortie de la salle de réunion, une tente, pour exprimer leurs sentiments.

Des responsables de l'UA ont minimisé l'incident, qui illustre la frustration des déplacés de ce qu'ils estiment être l'inefficacité de la mission africaine qui a pourtant 7.000 soldats au Darfour.

"On a voulu écouter tout le monde mais la délégation a reçu un coup de fil d'Al-Facher (nord du Darfour par où elle a transité) alertant d'une possible détérioration des conditions climatiques et c'est à cause de ça qu'on a dû partir", a expliqué à l'AFP un porte-parole de l'UA, Assane Ba.

Il a indiqué que le commandant de la FA du secteur a été chargé de recueillir les doléances des déplacés et de les transmettre par écrit à la délégation.

La visite de la délégation, venue en fait pour une mission sur les moyens d'améliorer les relations tendues entre le Soudan d'une part et le Tchad et la Centrafrique d'autre part, a commencé dans la matinée, par un arrêt à Al-Facher, siège du quartier général de la mission africaine.

La délégation a été informée de la situation sécuritaire et rencontré des représentants de deux groupes rebelles non-signataires de l'accord de paix, accepté par un seul mouvement.

A Geneina, elle a rencontré le gouverneur du Darfour ouest, Aboulqassem Imam, un ancien rebelle qui a rallié Khartoum, et qui a affirmé que la situation s'est améliorée depuis sa prise de fonction en février en dépit de la persistance d'une certaine instabilité.

La délégation, qui a regagné en début de soirée Khartoum, doit se rendre jeudi eu Tchad et ensuite en Centrafrique.

Elle est chargée d'évaluer la situation sur le terrain et d'identifier les obstacles qui empêchent la mise en oeuvre des accords signés entre le Tchad et le Soudan sur la sécurisation de leurs frontières.

Le Tchad et la RCA sont confrontés depuis plusieurs mois à des rébellions qui selon eux sont soutenues par le Soudan, ce que Khartoum dément. En revanche le Soudan accuse N'djamena de soutenir les rebelles du Darfour.

Les deux pays viennent de signer un nouvel accord en Arabie saoudite pour sécuriser leurs frontières.

 

mai 2007

Le Soudan sous pression

Mali-Informations, 22 mai 2007

 

Khartoum risque de perdre quelque 38 millions de dollars d'investissements provenant des fonds de retraite du Kansas, après l'adoption lundi, par le parlement de cet Etat du centre ouest des Etats-Unis, d'un projet dépossédant de ces fonds, les compagnies implantées au Soudan, a appris APA.

Le Kansas devient ainsi le dernier des 12 Etats américains à adopter le projet de désinvestissement des fonds de retraite, au détriment des sociétés implantées au Soudan à cause du « génocide » qui sévit dans ce pays.

Cette loi avait été proposée au parlement du Kansas par deux sénateurs noirs, Donald Betts Jr et David Haley, fils de l'ancien ambassadeur des Etats-Unis à Banjul, George Haley de la famille de Alex Haley, l'auteur de « Racines ».

L'association des élèves du lycée de Wichita, non loin du parlement, a mené une campagne victorieuse pour l'adoption de cette loi au Kansas.

Son président, Matthew Vines, a déclaré à APA que les sociétés touchées par cette mesure incluent Petro China, une filiale de la China National Petroleum Company, ainsi que Sino Pec, Schlumberger, Scomi Group et Dongfeng Motors.

La cérémonie de promulgation de cette loi s'est déroulée à la gouvernance de l'Etat, située dans la capitale Topeka, en présence d'un groupe de Soudanais en exil et d'une organisation ecclésiastique, Sunrise Soudan, qui œuvre dans l'humanitaire et auprès de réfugiés soudanais aux Etats-Unis, ainsi que des élèves de ce même lycée.

« Il existe suffisamment de documents sur l'horrible génocide qui sévit au Soudan et nous ne voulons nullement traiter avec les compagnies qui mènent des activités commerciale avec ce pays, tant que son gouvernement restera passif devant le massacre », indique un communiqué de la gouvernance.

Selon le communiqué, cette loi « proscrit l'investissement de fonds du Système de prévoyance retraite des fonctionnaires de l'Etat de Kansas dans les entreprises actives au Soudan ».

En outre, elle « prévoit le désinvestissement des fonds de participation directe ou indirecte dans les compagnies menant de telles activités, sauf dans le cas des fonds composites gérés de façon passive... ».

 

 

 

mai 2007

Le roi reçoit le Président soudanais Omar Hassan Al-Bachir  

Maroc Matin , 22 mai 2007

 

Le plus grand Etat d'Afrique est confronté aux violations de son intégrité territoriale.

SaMajesté le Roi Mohammed VI a reçu, mardi au Palais Royal de Fès, le Président soudanais, Omar Hassan Al-Bachir, actuellement en visite privée au Maroc. L'audience s'est déroulée en présence de Mohamed Benaïssa, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Rochdi Chraïbi, membre du Cabinet Royal, et Yahia Abdeljalil Mahmoud, ambassadeur du Soudan au Maroc. Entre le Maroc et le Soudan, il existe une amitié fraternelle qui remonte à loin dans le temps.

 

Un cadre de coopération, mis en œuvre il y a déjà plusieurs années, a tracé les contours d'un mouvement d'échanges divers. Le Soudan a constamment soutenu la position du Maroc dans le conflit du Sahara et, à chaque fois que l'occasion s'est présentée, il a réitéré son soutien à l'intégrité territoriale et à la souveraineté du Royaume. La presse soudanaise, qui s'est faite l'écho dernièrement des positions officielles du gouvernement, a rapporté que «l'autonomie est la solution efficiente pour sortir de la crise du Sahara».

Souvent, quand il quitte son pays pour se rendre à l'étranger, le président Omar Hassan Al Bachir - au pouvoir depuis 1989 - effectue dans un sens ou dans l'autre une escale au Maroc, confortant ainsi une amitié qui n'a jamais été altérée par quoi que ce soit. Immense Etat d'Afrique, bordé au nord par l'Egypte et la Libye , au sud par l'Ethiopie , à l'est par l'Erythrée et la mer Rouge, il compte une superficie de 2 505 810 km2. Il est considéré comme le plus grand pays africain, et comprend une population de 37 millions de personnes.

Vingt-six wilayas constituent son organisation administrative et politique et offre du Soudan l'image d'un Etat fédéral. Le pays fait face aujourd'hui à la sécession du Darfour, encouragée en sous-main par une série de pays occidentaux mais combattue par la Chine qui - initiative unique - vient de créer un «Monsieur Darfour», c'est-à-dire un ministre chargé de ce problème.

 

mai 2007

Au Soudan, les ennemis d'hier déminent le Sud

En collaboration avec l'ONU, ex-rebelles du Sud et armée gouvernementale unissent leurs efforts dans une opération de déminage .

 

La Croix, Aweil Soudan, par S téphane Aubouard, 23 mai 2007

 

Aux environs d'Aweil, au sud du Soudan, des soldats à l'uniforme futuriste passent en trombe dans des 4 x 4 charriant des nuages de poussière. Ces unités composées de militaires de l'armée gouvernementale et de combattants de l'ex-rébellion du Sud, le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), hier ennemis, se retrouvent pour une même mission: déminer une partie de la vieille voie ferrée reliant Babanoussa à Wau, de part et d'autre de l'ancienne ligne de front. En tout, quatre cent cinquante kilomètres de rails désaffectés parsemés de wagons rouillés et éventrés, souvenirs des vingt et une années de guerre.

Sur les rails, des arbres et des broussailles vivaces ont pris racine. À Fanjab, située à une vingtaine de kilomètres au sud-est d'Aweil, cette végétation est devenue la cible privilégiée d'une armée de bulldozers conduits par quelques Nuers et Dinkas à chapeaux de cow-boy. Supports blindés de I'infanterie anti-mines, ils nettoient le secteur environnant avant que les démineurs ne se déploient sur et autour de la voie. Ce travail demande du savoir-faire. «Il y aura un an en août que nous avons commencé les premières formations, explique Qadeem Khan Tariq, conseiller technique du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Avec l'aide de spécialistes britanniques, nous avons déjà pu former cent trente trois démineurs. Nous espérons en avoir trois cents opérationnels d'ici à la fin de l'année et quatre cents en tout. »

Depuis mars, ces soldats choisis pour leurs nerfs solides n'ont pas chômé. Sous un soleil de plomb, engoncés dans un équipement digne d'un film de science-fiction, les jeunes hommes ont neutralisé douze mines antipersonnel, trois mines antichars et environ deux mille six cents grenades et munitions, soit trois cent cinquante kilomètres de voie sécurisés depuis Babanoussa.

À l'aide de deux bâtonnets rouge, et blanc disposés à cinquante centimètres devant soi, séparés d'environ un mètre, ils ratissent patiemment, à genoux. Vu de loin, on dirait une armée en prière. Quand l'appareil sonne, il peut s'agir d'un vieux morceau de ferraille... ou d'une mine. «On utilise alors des pelles afin de dégager la zone et s'il s'agit d'une mine, on ne cherche pas à la récupérer, on la fait exploser à l'aide de bâtons de dynamite», explique Kamil, chef de secteur.

Le Soudan est le troisième pays d'Afrique le plus concerné par le problème des mines. Plus de 1700 zones dans tout le pays ont été répertoriées comme dangereuses. Dans les dix dernières années, grâce au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), au PNUD et aux différents pouvoirs nationaux, environ 600 de ces zones ont été déminées. On considère qu'il reste encore un à deux millions de mines réparties essentiellement au sud du pays et à la frontière avec l'Éthiopie. Ces mines d'origines variées proviennent tant de la Seconde Guerre mondiale que de la guerre civile nord-sud. La majorité des cartes de localisation des mines ayant été perdues, on a recours au témoignage des anciens soldats poseurs de mines pour essayer de les localiser.

La mission de déminage de la voie ferrée entre Babanoussa et Waw devrait prendre fin aux environs de la mi-juin, mais le travail de Kamil et de ses compagnons d'armes ne devrait pas s'arrêter là. «Nous avons l'intention d'utiliser leur savoir-faire dans d'autres régions du sud, notamment dans une zone située entre Malakal et Bor, où beaucoup de mines sont potentiellement présentes», précise Qadeem Khan Tariq.

Cette opération est une des concrétisations de l'accord de paix global (CPA) signé en janvier 2005 entre autorités du nord et du sud. Malheureusement, bien d'autres points restent en suspens ou timidement mis en oeuvre, comme la campagne de retour des déplacés. Le CPA avance donc, non sans arrière pensées: la volonté du gouvernement de nettoyer et d'ouvrir des voies d'accès sécurisées dans ces espaces proches des zones pétrolifères n'est certainement pas un hasard.

 

mai 2007

Darfour : Qui osera s'attaquer aux vrais coupables ?

Le Figaro, par Michaël Chetrit et Mahor Chche*, 21 mai 2007

 

« En dépit des multiples résolutions de l'ONU, le régime de Khartoum poursuit le massacre »

 

Darfour . Un nom qui sonne comme un aveu d'impuissance collective mâtinée de compassion». Tels sont les mots de Bernard Kouchner, le tout nouveau ministre des Affaires étrangères, en décembre 2006 pour qualifier l'échec de la communauté internationale dans le drame du Darfour, et d'appeler la France à « rompre aussi avec l'impuissance masquée de rodomontades et les atermoiements qui nous tiennent lieu de doctrine diplomatique depuis dix ans ».

L'opinion publique française commence à se mobiliser pour le Darfour et les propositions de sortie de crise fusent de toutes parts, étalant au grand jour les différences de vue entre les organisations humanitaires et l'association Urgence Darfour.

Le collectif Urgence Darfour, après avoir longtemps demandé l'intervention des Casques bleus de l'ONU, réclame depuis le mois de mars l'intervention d'une force d'interposition de l'Union européenne au Darfour.

Les ONG Médecins sans frontières (MSF), Action contre la faim (ACF), et plus récemment Médecins du monde, mettent en garde contre toute intervention militaire, car il serait «  à craindre que l'invasion de l'ouest soudanais se solde par un bain de sang qui n'épargnera pas les civils, (...) sans compter qu'une telle intervention conduira inévitablement à l'effondrement des programmes d'assistance » qui mobilisent 13 000 humanitaires, dont 1000 expatriés (500 Français) et 12 000 employés soudanais. Ces avertissements doivent être pris en compte.

 

Pourtant, comme le souligne MSF, si « les secours remplissent leur objectif premier: fournir une assistance vitale à plus de deux millions de personnes et éviter une catastrophe», ces déplacés « sont dans une très grande précarité. Ils ne circulent en dehors des camps qu'au risque de se faire attaquer ». C'est dire les dangers auxquels sont exposés les Darfouris qui ne vivent pas dans les camps, et qui meurent au rythme de 10 000 personnes par mois. C'est le sens des propos de Bernard Kouchner qui affirmait que « les camps de réfugiés ne suffisent pas », et de souhaiter qu' « à partir du Tchad, avec l'accord du gouvernement de N'Djamena, qu'il nous faut convaincre, des volontaires du secours (puissent) établir un corridor humanitaire sécurisé par la communauté internationale et ravitailler en vivres et en médicaments les populations isolées et terrorisées qui survivent encore. Sinon, dans quelques années, nous nous demanderons pourquoi nous n'avons pas fait assez. »

La contradiction est pourtant là: d'un côté les ONG qui refusent toute intervention militaire intempestive au Darfour, dépendantes qu'elles sont du régime de Khartoum pour mettre en œuvre leurs programmes humanitaires, indispensables à la survie de deux millions et demi de réfugiés, et de l'autre la nécessité d'agir pour porter secours aux Darfouris qui meurent en silence en dehors des camps. Pour l'association Sauver le Darfour, il n'y a jamais rien eu à attendre ni de l'ONU, immobilisée par un double veto, chinois et russe, ni encore moins de l'Union africaine, dont le Soudan lui-même est membre.

L'intervention des 20 000 Casques bleus prévue par la résolution 1706 du 31 août 2006 du Conseil de sécurité de l'ONU serait évidemment souhaitable. Pour autant, elle reste aujourd'hui subordonnée à un très improbable accord de Khartoum, et comme le souligne MSF, à supposer qu'une telle force de l'ONU puisse se déployer, compte tenu de l'étendue du Darfour, elle pourrait difficilement empêcher les milices pro gouvernementales d'attaquer les villages isolés. En dépit de 11 résolutions de l'ONU votées en quatre ans, le régime de Khartoum se joue de la communauté internationale et poursuit le massacre.

 

Il ne faut donc pas se tromper de cible en se limitant au Darfour. Ici, c'est la dictature en poste à Khartoum qui est en cause, cette junte issue d'un coup d'État en 1989 et qui, avec la guerre au Sud­Soudan, a causé près de deux millions et demi de morts en dix-huit ans, soit plus encore que le régime sanguinaire cambodgien de Pol Pot. Trop c'est trop! Pour se donner des chances de parvenir à une paix durable dans la région, c'est à une démocratisation de l'ensemble du Soudan qu'il faut œuvrer.

Pour cela, une mobilisation ferme de la communauté internationale est nécessaire. Déjà, le 9 mai dernier, la menace à peine voilée de 107 des 435 députés de la Chambre des représentants américaine de boycotter les jeux olympiques de Pékin, allié vital de Khartoum, a incité la Chine à nommer un représentant spécial pour le Darfour.

La France doit donc prendre l'initiative de réunir une conférence internationale d'États volontaires, afin d'envisager tous les moyens diplomatiques pour parvenir rapidement à la démocratisation du Soudan, y compris en rassurant la Chine sur ses approvisionnements en pétrole soudanais.

Le peuple soudanais aspire à la vie et à la liberté. Nous avons les moyens de l'y aider.

 

* www.sauverledarfour.org

* Respectivement secrétaire national et président de l'association Sauver Le Darfour, SLD.

 

mai 2007

Le Darfour premier invité de Kouchner au Quai d'Orsay

Brainstorming, samedi, autour du conflit dans l'ouest du Soudan.

 

Libération, parThomas Hofnung, lundi 21 mai 2007

 

C'est ce qu'on appelle «planter le drapeau». Dès le lendemain de sa prise de fonctions, Bernard Kouchner a organisé, samedi, au Quai d'Orsay, une réunion consacrée à la crise au Darfour, dans l'ouest du Soudan. Flanqué du secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, le nouveau ministre des Affaires étrangères a rassemblé autour de lui une vingtaine de diplomates, d'experts, ainsi que des membres du collectif Urgence Darfour.

En mars, cette association avait organisé un meeting à la Mutualité, à Paris, sur le conflit dans cette province du Soudan (lire aussi page 26), au cours duquel plusieurs candidats à l'élection présidentielle, dont Nicolas Sarkozy, avaient souscrit à un certain nombre d'engagements. L'un d'entre eux préconisait l'usage de la force si Khartoum persistait à refuser la résolution 1706 du Conseil de sécurité de l'ONU qui prévoit le déploiement de 20 000 Casques bleus au Darfour.

«On a procédé à une sorte de vaste balayage à la veille de plusieurs grands rendez-vous internationaux»,  résume l'un des participants à la réunion de samedi. Les ministres des Affaires étrangères du G8 doivent, notamment, se retrouver à la fin du mois. «Bernard Kouchner nous a dit que le Darfour était l'une de ses priorités, ainsi que celle du Président»,  ajoute notre source.

Avant de rejoindre le gouvernement, l'ancien dirigeant de Médecins sans frontières avait durement critiqué le président soudanais, Omar el-Béchir, et réclamé la création de corridors humanitaires. «Kouchner est certes un idéaliste, mais c'est aussi un réaliste, qui est dans le concret  . Nous n'avons pas évoqué la possibilité de parachuter des troupes sur le Darfour»,  assure, en souriant, un diplomate.

Comment protéger les camps de réfugiés et de déplacés à l'est du Tchad en proie à des attaques sanglante ? Comment améliorer l'accès des humanitaires aux populations du Darfour ? Comment les Européens doivent-ils réagir si les Américains décrètent unilatéralement, comme on leur en prête l'intention à Paris, des sanctions contre le régime de Khartoum ? Autant de sujets qui ont été abordés lors de cette première réunion.

Au terme de la discussion, le Quai d'Orsay a publié un communiqué indiquant que le chef de la diplomatie française voulait «améliorer la situation humanitaire et progresser vers le déploiement d'une force hybride ONU-Union africaine et une solution politique».  Le nouveau ministre souhaite également mobiliser les membres de l'Union européenne à la question du Darfour et à celle de la sécurité régionale, notamment au Tchad et en Centrafrique, deux ex-colonies françaises où l'armée tricolore est aux premières loges.

Lors de   cette réunion, Kouchner a aussi imposé son style, plutôt iconoclaste. «C'était un peu surprenant, au départ, de le voir en ministre,  confie Jacky Mamou, d'Urgence Darfour et ancien président de Médecins du monde. Mais on s'y fait très vite.»  En bras de chemise, Kouchner a demandé aux diplomates de venir désormais sans cravate au Quai d'Orsay le week-end.

 

mai 2007

Nouveau patron pour l'AMIS

Afrique Centrale Info, 21 mai 2007

 

Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré a nommé un officier nigérian nouveau commandant en chef pour la force de paix de l'organisation continentale déployée au Darfour (ouest du Soudan), selon un communiqué reçu mercredi. "Après consultation avec le secrétaire général de l'ONU", Ban Ki-moon, M. Konaré "a nommé le g