Nous référençons un certain nombre
d'articles sur le Soudan |
2007
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
2006
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
2005
Xinhuanet |
Le mandat de la Mission de l'ONU au Soudan prolongé de six mois |
Nations Unies New York |
|
Journal du Dimanche |
|
La Lettre de l'Océan Indien |
|
Boursorama |
|
Nations Unies New York |
|
IRIN |
|
Ouest France |
|
Libération |
|
Le Monde |
|
New York Time |
|
La Croix |
|
Jeune Afrique |
|
Jeune Afrique |
Premiers entretiens à Khartoum du numéro deux de la diplomatie américaine |
L'Express |
|
L'Express |
|
Le Monde |
|
Le Figaro |
Afrique Centrale presse |
|
Le Figaro |
|
Radio Canada |
|
La Croix |
|
La Croix |
Des religieuses portent assistance à des jeunes filles malgré les dangers |
Jeune Afrique du 1 er au 14 avril 2007 |
Mgr Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix 1984 : De Gaza à Khartoum |
Jeune Afrique du 1 er au 14 avril 2007 |
|
Jeune Afrique du 1 er au 14 avril 2007 |
|
Jeune Afrique du 1 er au 14 avril 2007 |
|
L'Express avec Reuters |
La force de l'UA au Darfour veut des armes et l'aide de l'ONU |
Nations Unies |
Le nombre d'enfants inscrits à l'école a plus que doublé au Sud-Soudan |
Xinhuanet |
La Chine et le Soudan s'engagent à promouvoir les échanges militaires |
Le mandat de la Mission de l'ONU au Soudan prolongé de six mois
Xinhuanet, New York, 30 avril 2007
Le Conseil de sécurité a prorogé lundi la Mission des Nations Unies au Soudan ( UNMIS) pour une période de six mois, jusqu'au 31 octobre 2007, demandant au Secrétaire général de nommer d'urgence un nouveau Représentant spécial pour le Soudan. Le Conseil de sécurité a aussi appelé toutes les parties nord et sud-soudanaises à respecter l'Accord de paix global. La résolution appelle aussi toutes les parties au Darfour à " signer sans retard l'Accord de paix sur le Darfour "et à "ne rien faire qui puisse en entraver l'application". Le poste de Représentant spécial de l'ONU pour le Soudan est vacant depuis le début de l'année 2007, après l'expiration du mandat du hollandais Jan Pronk. Ce dernier avait fait l'objet d'une polémique après que le gouvernement soudanais l'avait déclaré persona non grata dans le pays. Les activités de négociation politique visant à rétablir la paix au Darfour sont à l'heure actuelle principalement remplies par Jan Eliasson, ancien président de l'Assemblée générale, nommé depuis janvier dernier au poste d'Envoyé spécial pour la crise au Darfour. Jan Eliasson se trouvait ce week-end en Libye pour une réunion sur le Darfour qui a abouti sur l'adoption d'une déclaration politique sur cette crise.
|
A Tripoli, l'ONU, l'Union africaine, l'Union européenne et la Ligue des Etats arabes adoptent une déclaration politique sur le Darfour
Nations unies, New York, 30 avril 2007
L'Envoyé spécial de l'ONU pour le Darfour, Jan Eliasson, participait ce week-end à une réunion en Libye, qui a abouti à l'adoption d'une déclaration intitulée « Consensus de Tripoli sur le processus politique au Darfour », appelant à une solution durable d'urgence pour cette région de l'Ouest du Soudan. La réunion a rassemblé des représentants du Soudan, du Tchad, de l'Egypte, de la Libye, de la Chine, de la France, de la Fédération de Russie, du Royaume-Uni, des Etats-Unis, du Canada, des Pays-Bas, de la Norvège, de l'Union africaine, de l'Union européenne et de la Ligue des Etats arabes, a rapporté aujourd'hui la porte-parole du Secrétaire général, Michèle Montas. Le Consensus de Tripoli sur le processus politique au Darfour réaffirme un soutien aux conclusions de la rencontre d'Addis-Abeba, le 16 novembre 2006, au cours de laquelle le Soudan avait accepté le principe du déploiement d'une force conjointe des Nations Unies et de l'UA ( dépêche du 17.10.2006). Le Soudan a accepté ce déploiement le 16 avril dernier ( dépêche du 16.04.2007. Voir aussi la réaction du Secrétaire général). Les participants ont réitéré leur « grave préoccupation » face à la poursuite des violences et de l'insécurité au Darfour, appelant à un cessez-le-feu immédiat. Le Conseil de sécurité a prorogé aujourd'hui pour six mois la Mission des Nations Unies au Soudan ( UNMIS ), l'opération de maintien de la paix déployée au Sud-Soudan.
|
Journal du dimanche, 29 avril 2009 par Maud Pierron
A l'occasion de la journée internationale du Darfour, dimanche, la situation de cette région de l'ouest du Soudan revient sur le devant de la scène internationale. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs capitales européennes pour demander une intervention de l'ONU pour mettre fin aux violences, tandis qu'une conférence internationale sur le Darfour se déroulait à Tripoli.
Un milliers de personnes s'étaient réunies samedi à Paris pour attirer l'attention des présidentiables sur le conflit dans cette région. (Maxppp) Même les "peoples" s'y mettent. De nombreux artistes américains et britanniques, dont George Clooney, Hugh Grant et Mick Jagger, ont appelé dimanche la communauté internationale à agir de manière " décisive " pour mettre un terme aux " atrocités " commises au Darfour. Cet appel a été lancé dans le cadre de la journée mondiale pour le Darfour, organisée par Planète pour le Darfour , un réseau international d'une douzaine d'ONG, pour marquer le quatrième anniversaire du début du conflit dans cette région du Soudan. Une grande manifestation a eu lieu à Londres, devant la résidence du Premier ministre anglais, où les participants ont laissé une lettre. " Nous vous exhortons à maintenir la pression sur le gouvernement du Soudan jusqu'à ce qu'une force efficace du maintien de la paix sur le terrain protège les civils ", demande ce courrier. D'autres défilés ont eu lieu dimanche à Rome, Berlin, Budapest et Stockholm, et des rassemblements ont été organisés samedi à Paris et Bruxelles.
En quatre ans, le conflit entre les rebelles, les forces gouvernementales et les milices arabes Janjawids, a fait 200 000 morts et deux millions de déplacés parmi les civils, selon des chiffres fournis par l'ONU, quand le Soudan les conteste et annonce seulement 9 000 morts. Ces violences ont lieu en dépit du déploiement d'une force de 7 000 hommes de l'Union Africaine.
Le mise en place d'une force ONU-Union Africaine au Darfour
Depuis samedi se tient à Tripoli en Lybie une conférence internationale sur le Darfour. Ce sommet réunit des représentants de la Chine, la France, la Russie, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l'Union Européenne, l'Union Africaine et l'ONU, sous l'égide de Mouammar Kadhafi. Seuls absents de marque de ces discussions: les groupes rebelles du Darfour. Samedi, le président lybien avait mis en garde l'Occident contre son implication dans la crise au Darfour et réaffirmé son opposition au déploiement d'une force internationale du maintien de la paix. " Mon conseil au monde est le suivant: après cette conférence, après avoir trouvé des solutions à la crise, il faudra ignorer les parties du conflit si celles-ci ne répondent pas positivement à ces solutions ", a-t-il prévenu, faisant référence à l'éclatement du groupe des rebelles. En mai dernier, un accord de paix n'avait ainsi été signé que par une des trois factions rebelles. " Je vois que la partie rebelle dans la région est celle qui s'efforce d'impliquer le monde. Ce n'est pas l'intérêt du monde d'intervenir dans une crise alors qu'une des parties prenantes ne veut pas d'une solution ", a-t-il ajouté.
Une position qui s'est légèrement infléchie dimanche puisque les participants, en clôture de la conférence ont fait part de " leur grande préoccupation face à la poursuite des violences et l'insécurité au Darfour " et appelé à un règlement " urgent et durable " dans cette guerre civile et fait savoir qu'ils soutenaient la mise en place d'une force ONU-Union africaine pour pacifier la zone. Londres et Washington exercent de fortes pressions sur le Soudan pour qu'il accepte cette force hybride, qui à terme compterait 20 000 soldats et policiers. Le président soudanais, Omar al Bachir n'a pour le moment donné son accord que pour le déploiement de 3 500 policiers de l'ONU, qui viendraient en renfort des forces de l'UA. Le comportement des autorités soudanaises, qui ne facilitent pas les discussions et bloquent l'aide humanitaire exaspère les Etats-Unis. Avec le soutien d'autres pays occidentaux, ils menacent d'adopter une nouvelle résolution à l'ONU, suivie de sanctions. Assez peut-être pour faire bouger Khartoum.
|
Une ministre sans grande influence
La Lettre de l'Océan Indien, n°1213 du 28 avril 2007
Connaissant mal le secteur pétrolier et sans marge de manoeuvre, la secrétaire d'Etat à l'énergie et aux mines a peu de poids dans le gouvernement de Khartoum.
Angelina Teny Dhurgon , secrétaire d'Etat à l'énergie et aux mines, entrée dans le gouvernement de Khartoum sur le quota du Sudan People's Liberation Movement (SPLM, ancienne rébellion du Sud Soudan), n'a guère de poids sur les décisions pétrolières et minières du Soudan. Sans connaissance particulière de ce secteur d'activité avant d'occuper son poste, elle est en outre étroitement chapeautée par le ministre en titre, Awad Ahmed El Jaz , et surveillée de près par les hauts fonctionnaires du ministère comme le secrétaire général Omar Mohamed Kheir ou le directeur de cabinet du ministre, Hisham Tajesir , un ancien diplomate qui a été en poste à l'ambassade du Soudan en Libye. Angelina Teny doit sa nomination au fait qu'elle est la première des trois épouses de l'actuel vice-président du Sud Soudan Riak Machar . Le couple a eu plusieurs enfants qu'Angelina Teny a dû élever seule en exil à Londres. Fille d'un nationaliste connu dans les années 60, Angelina Teny est native du Western Upper Nile, une région pétrolière. Après le décès en 1993 d'Emma, la seconde femme de Riak Machar, Angelina Teny s'est de nouveau intéressée à la situation politique au Sud Soudan. Elle a été active dans Mothers for Peace, un programme sur le rôle des femmes dans la prévention des conflits. Plus tard, alors qu'il avait pris une Américaine comme troisième épouse, Riak Machar a fait nommer Angelina Teny à la Petroleum Commission de manière à apaiser un peu ses problèmes matrimoniaux.
L.O.I. - Au sein du gouvernement de Khartoum, Angelina Teny' donne l'impression de faire de la figuration sur les questions pétrolières et minières. Mais au niveau politique, elle a montré ces derniers temps une forme d'allégeance aux thèses du président Omar Hassan el-Béchir en vantant, le mois dernier, l'unité du pays, prenant ainsi à contre-pied ceux de ses amis au Sud Soudan qui attendent avec impatience le référendum d'autodétermination prévu d'ici quelques années.
|
Dietswell : livraison au Soudan du 1er appareil de forage nouvelle génération RCR-1200 et contrat de 16 m$
Boursorama Boulogne, France , 27 avril 2007
Signature d'un contrat de 16 m$
Dietswell engineering, spécialiste indépendant des services puits-forage, a inauguré le 19 avril à Lorient, son premier appareil de forage nouvelle génération : le RCR-1200. il s'agit d'un appareil innovant entièrement conçu par Dietswell, adapté au forage conventionnel mais également au forage en circulation inverse. Sa mobilité optimisée permet d'améliorer sensiblement la rapidité du forage on-shore, et ainsi de répondre à une demande croissante du marché du forage pour ce type de technologie.
le premier rcr-1200 sera livré par bateau, au départ de lorient le 27 avril, et son arrivée est prévue le 15 mai au port de soudan, pour une mise en service fin juin.
ce nouvel appareil de forage a permis à Dietswell de signer un contrat de 16 millions de dollars avec Wnpoc, filiale de la major pétrolière malaise Petronas, pour le forage de trois puits de pétrole au soudan . cette opération concrétise la stratégie de développement offensive présentée par Dietswell lors de son introduction en bourse : accélérer sa croissance organique par la mise en service du RCR-1200 et la signature de nouveaux contrats permettant de développer les synergies entre les différentes activités du groupe.
La construction d'un appareil similaire, légèrement plus puissant est déjà programmée. plusieurs clients potentiels ont déjà manifesté leur intérêt pour ce type d'appareil innovant.
Frederik Nilsson, Business Development Manager, conclut : « c'est une avancée majeure du développement de Dietswell qui prouve notre capacité à innover dans les appareils de forage et à remporter des contrats structurants, notre modèle a en effet prouvé son efficacité puisque le premier RCR-1200 a été livré en moins de sept mois. Nous prévoyons maintenant la conception d'un second RCR et plusieurs acteurs majeurs du pétrole ont déjà montré leur intérêt pour celui-ci.»
|
Le Soudan doit faire face aux échéances du redéploiement des forces armées au Sud du pays et de la préparation des élections de 2009
Nations Unies, New York, 23 avril 2007
Identifiant le redéploiement complet des forces armées au Sud-Soudan et la préparation des élections 2009 comme deux échéances majeures dans le cadre de la Mission des Nations Unies au Soudan ( UNMIS ), le Secrétaire général rappelle dans un rapport publié aujourd'hui le caractère indivisible du pays et souligne que le rétablissement de la paix au Darfour s'inscrit dans ce cadre politique plus vaste. Ce rapport a été présenté aujourd'hui aux membres du Conseil de sécurité par le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno. En réponse aux questions des journalistes, à l'issue de la réunion à huis clos, sur le fait que le poste de Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan était toujours vacant depuis le mois novembre, Jean-Marie Guéhenno a convenu de la difficulté à trouver la bonne personne. « C'est une tâche écrasante. Il est déjà assez difficile d'être un politicien dans son pays, c'est encore plus difficile dans un pays étranger » a-t-il expliqué, jugeant que l'actuel Représentant spécial par intérim faisait un excellent travail. Le hollandais Jan Pronk, qui occupait le poste depuis la création de la Mission, avait fait l'objet d'une polémique après que le gouvernement soudanais l'ait déclaré persona non grata dans le pays. Aucun successeur n'a été nommé après l'expiration de son mandat à la fin 2006. « Depuis le 25 janvier, les parties ont continué de faire des progrès, limités toutefois, dans la mise en oeuvre de l'Accord de paix global, et ont notamment pris des mesures positives en vue du redéploiement des Forces armées soudanaises au Sud-Soudan » indique le dernier rapport du Secrétaire général qui souligne que « certaines questions clefs, notamment la maîtrise des autres groupes armés », n'ont toujours pas été réglées. « On s'inquiète de plus en plus au sujet du respect du calendrier fixé pour les élections de 2009, du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) et de la démarcation de la frontière du 1er janvier 1956, qui a pris beaucoup de retard », affirme le Secrétaire général dans son rapport. Ce dernier souligne deux échéances majeures, à savoir « le redéploiement complet et vérifié des forces en 2007 » et « la tenue d'élections de mi-mandat libres et régulières en 2009 ». Tous les efforts doivent être faits afin « d'assurer le bon déroulement de ces étapes importantes » qui aideront les parties à « s'engager dans la dernière phase du processus de paix », affirme Ban Ki-moon. Le rapport indique que jusqu'à présent, l'UNMIS a concentré une grande partie de son attention et de ses ressources à aider les parties à appliquer l'Accord de paix global, ainsi qu'à surveiller et à observer le cessez-le-feu, avec des résultats mesurables. Prévenant que le redéploiement ne se passera pas « sans problèmes », une fois achevé, il souligne que ce dernier marquera la « fin historique de trois décennies d'intervention militaire flagrante et d'hostilités dévastatrices ». « L'application intégrale et irréversible de l'Accord de paix global est la seule stratégie viable pour le Soudan et ses populations », réaffirme le Secrétaire général en référence à l'accord entre le Nord et le Sud Soudan avec l'assistance des Nations Unies, qui a mis fin à trente ans de guerre civile dans le pays. S'il insiste sur la responsabilité principale de l'achèvement du Protocole relatif à la sécurité, qui incombe aux deux parties, le Secrétaire général demande « l'engagement sans réserve et le plein appui de la communauté internationale », dont le Conseil de sécurité. Les donateurs devront en particulier fournir une assistance d'ordre financier et autre en ce qui concerne la mise en place des unités mixtes intégrées, les programmes de DDR et la sécurité communautaire. S'agissant du deuxième point de référence dans cette phase de la période intérimaire ? la préparation et la tenue en 2009 d'élections démocratiques de mi-mandat ? il exigera une égale détermination, affirme Ban Ki-moon. A cet égard, le Secrétaire général estime qu'il faudrait « promulguer la loi électorale trop longtemps différée, et ensuite mettre rapidement en place une commission électorale nationale indépendante ». Il déplore aussi que la Commission nationale des droits de l'homme n'ait pas encore été établie. « Enfin, je demande instamment aux Soudanais, et en particulier à leurs dirigeants, de reconnaître qu'en fin de compte, la paix dans leur pays est indivisible. En l'absence d'un règlement du conflit tragique et dévastateur au Darfour, il sera difficile de poursuivre les progrès vers la mise en oeuvre de l'Accord de paix global et d'assurer son bon déroulement », affirme Ban Ki-moon. Le principal objectif des efforts complémentaires déployés par la communauté internationale dans les secteurs de la sécurité et de l'assistance politique et humanitaire doit être de stabiliser suffisamment le Darfour pour qu'il puisse participer aux élections de mi-mandat de 2009 avec le reste du pays, affirme-t-il sur cette échéance politique.
|
Le Soudan accepte un soutien limité de l'ONU
IRIN, New York, 20 avril 2007
Après des mois de tergiversation, le Soudan a accepté le principe du soutien renforcé de l'opération montée conjointement par les Nations Unies (ONU) et l'Union Africaine (UA) pour le maintien de la paix au Darfour. L'annonce faite par les autorités soudanaises a été accueillie avec prudence par la communauté internationale, mais l'ONU et l'UA reconnaissent que la mise en place de l'opération ne fait que commencer. « La phase du soutien renforcé, comme son nom l'indique, n'est pas la force robuste dont le Darfour a besoin », a déclaré à la presse Jean-Marie Guehenno, le responsable des opérations de maintien de la paix de l'ONU, après avoir rencontré cette semaine Alpha Oumar Konaré, le président de l'UA. « Il s'agit d'un soutien pour jeter la base d'une force plus robuste », a-t-il ajouté. Forte seulement de 7 000 soldats, la Mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS) déployée dans la région est en sous-effectif et sous-financée. En conséquence, il faudra renforcer impérativement la sécurité des travailleurs humanitaires et des déplacés internes dans les camps. Les forces de l'AMIS, qui ont elles-mêmes été attaquées en avril par des inconnus armés, ont déjà perdu sept soldats. L'UA prévoit deux bataillons de sécurité pour assurer la protection des troupes déjà présentes sur le terrain et des éléments qui y seront déployés dans le cadre du soutien renforcé. « Cela sera très important pour la phase de soutien renforcé, compte tenu de la détérioration de la situation dans plusieurs régions du Darfour. En effet, ces types d'opérations d'appui [et] de mise à disposition de ressources, y compris de personnel civil, doivent être entourés d'une sécurité », a conclu M. Guehenno. Le soutien renforcé est la deuxième phase d'une opération qui en compte trois, la première phase étant le soutien léger (Light Support package, en anglais), suivi du soutien renforcé, et de la constitution de la force hybride UA-ONU, cette opération visant essentiellement à soutenir l'action des forces de l'AMIS. L'annonce faite mardi par les autorités soudanaises va permettre à l'ONU de poursuivre la planification de la phase du soutien renforcé (dont le montant est estimée à 289,9 millions de dollars), afin d'assurer le déploiement de nouveaux contingents dans les prochains mois.
Soutien renforcé
Cette phase comprendra des unités de signalisation et de communication, ainsi que des logisticiens qui font partie des 2 250 personnels militaires devant être déployés sur le terrain. Aucune troupe d'infanterie ne sera déployée, mais des pilotes d'hélicoptère et du personnel d'appui tactique feront partie des troupes mobilisées pour la phase de soutien renforcé. L'ONU consulte actuellement les pays contributeurs de troupes pour identifier les Etats qui sont prêts à envoyer des contingents au Darfour. « Les troupes doivent être composées majoritairement d'Africains », a dit M. Konaré. « Si cela n'est pas possible, nous rechercherons, avec l'aval du gouvernement soudanais, d'autres contingents à l'extérieur du continent ». Un contingent de 301 agents de police sera déployé avec 1 136 personnels civils. Ils seront affectés à des activités relevant, entre autres, des droits de l'homme, des affaires humanitaires et de la logistique civile. Quant au personnel international, il ne sera composé que de 150 travailleurs civils. Tous les personnels travaillant dans le cadre des deux premières phases (soutien léger et soutien renforcé) porteront des bérets bleus et un brassard vert, a indiqué M. Jinnit, le Commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA. Le bleu et le vert étant les couleurs respectives de l'ONU et de l'UA. « Bien entendu, lorsque nous en serons au stade de la constitution de la force hybride, ce sera une toute autre histoire », a-t-il ajouté. Estimée à 21 millions de dollars, la phase du soutien léger est presque achevée dans ses composantes logistique, personnel, matériel, et aide humanitaire. Selon un représentant de l'ONU, la majorité du personnel a été recrutée ou identifiée (105 spécialistes militaires et 30 agents de police). Toutefois, il reste encore bien d'autres tâches à accomplir dans les prochains mois pour garantir le succès de la mission actuelle de l'UA et des opérations de soutien proposées par l'ONU. L'objectif est de soulager les troupes de l'AMIS, afin qu'elles puissent remplir leur mandat, ont fait remarquer des représentants de l'ONU, et ce soutien doit être apporté le plus tôt possible.
Financement
Le déploiement sur le terrain de deux bataillons de sécurité de l'AMIS nécessite une aide financière urgente, a indiqué M. Jinnit. En effet, le déploiement de six bataillons de sécurité avait été voté septembre 2006, mais, en l'absence de financement, cela n'a pu se faire. Soyons honnêtes. Sans une aide financière soutenue, nous ne pourrons pas remplir notre mission comme nous l'aurions souhaité. En effet, comment voulez-vous que des pays acceptent d'envoyer des contingents lorsqu'ils se rendent compte que les troupes qu'ils ont dépêchées ne s'en sortent pas financièrement ? », a dit M. Konaré, exaspéré, à des journalistes. L'annonce faite mardi par les autorités soudanaises intervient après plusieurs mois de désaccord sur les propositions en faveur du renforcement des opérations de maintien de la paix dans la région. La poursuite de la coopération est donc essentielle pour assurer le succès des opérations au Darfour. Ainsi, pour pouvoir accueillir d'autres personnels et des troupes supplémentaires, le gouvernement soudanais devra mettre à la disposition de la communauté internationale des terrains et des ressources en eau pour la construction des camps. A New-York, les diplomates sont optimistes et pensent que la transition de la phase soutien léger à la phase soutien renforcé débouchera sur la constitution d'une force hybride de 20 000 hommes, une phase qui, pour les autorités soudanaise, reste la plus controversée du plan de paix. « On ne sait jamais ; c'est la situation actuelle qui nous préoccupe », a dit Baile Ikouebe, ambassadeur du Congo auprès de l'ONU. « S'il nous faut encore attendre six mois avant de procéder au déploiement de la force hybride, il sera impossible de savoir entre temps ce qui se passera sur le terrain. Mais nous avons déjà franchi une étape ».
|
Trois mille Casques bleus attendus au Darfour
Ouest France-, 19 avril 2007
Le régime soudanais vient d'accepter l'envoi de 3 000 Casques bleus au Darfour. Pékin a réussi à assouplir l'intransigeance des maîtres de Khartoum. La situation sécuritaire va-t-elle enfin évoluer favorablement au Darfour ? Lundi, les autorités soudanaises ont accepté le déploiement d'une force hybride de maintien de la paix. Trois mille Casques bleus devraient venir épauler les 7 000 soldats déjà déployés par l'Union africaine (UA). « Ce n'est pas la force robuste dont le Darfour a besoin » , a regretté Jean-Marie Guéhenno, mais le responsable des opérations de maintien de la paix de l'Onu espère que ces 3 000 hommes constitueront l'avant-garde d'une force onusienne musclée qui porterait à 20 000 le nombre de soldats de la paix déployés dans la province soudanaise.
Le rôle de Pékin
Khartoum a également approuvé l'envoi de six hélicoptères de combat pour épauler la force hybride Onu-UA. Cette composante aérienne va donner de « l'allonge » aux soldats de la paix et leur permettre d'intervenir rapidement en cas d'attaques contre des camps de réfugiés. Pékin n'est certainement pas étranger à cet assouplissement de la position du régime soudanais. Lors de sa récente visite, le numéro 2 de la diplomatie chinoise, Zhai Jun, a demandé davantage de « flexibilité » au président Omar El-Béchir. Le conseil, ou la consigne, a été suivi par Khartoum qui ne tient pas à se brouiller avec son protecteur asiatique. Un protecteur qui lui achète la quasi-totalité de sa production de pétrole et lui construit des routes, des ponts, des barrages...
Le feu vert soudanais ne signifie pas, cependant, un déploiement onusien rapide. Les pays contributeurs ne sont guère nombreux. Personne, pour l'heure, n'a proposé d'hélicoptères. Pire, certains des États qui fournissent déjà des contingents à la force de l'UA ont menacé de se retirer. C'est le cas du Sénégal dont cinq soldats ont été assassinés il y a une dizaine de jours. L'Onu espère, malgré tout, réussir à convaincre des pays africains de fournir des unités d'infanterie. Déployées le long de la frontière tchadienne, là où les violences restent endémiques, elles pourraient enrayer les raids des milices djandjawids accusées d'avoir massacré 73 civils lors d'attaques, ces trois derniers jours, contre des villages du nord du Darfour. ger;George Bush a donné mercredi une « dernière chance » au gouvernement soudanais de tenir ses engagements pour mettre fin au « génocide » au Darfour, faute de quoi il décidera de nouvelles sanctions plus vigoureuses. Aujourd'hui, le Conseil de sécurité doit se réunir pour discuter d'éventuelles sanctions.
|
Les Etats-Unis menacent le Soudan
Libération, 19 avril 2007
Un rapport confidentiel des Nations Unies fait état de multiples violations de résolutions de l'ONU par le gouvernement soudanais • Les Etats-Unis donnent une «dernière chance» à Khartoum avant de prendre des «mesures punitives»
Selon un rapport confidentiel de l'ONU publié mercredi sur le site du New York Times, le gouvernement soudanais utilise des avions arborant frauduleusement les couleurs de l'ONU pour bombarder au Darfour. Toujours selon le rapport, le Soudan se rend également coupable de violations des résolutions de l'ONU en transportant des armes par avion dans cette région. Des photographies montrent un avion militaire soudanais dont les couleurs soudanaises ont été remplacées par le sigle de l'ONU (UN en anglais) sur fond blanc. Cet avion ainsi que d'autres ont été utilisés pour bombarder des villages et transporter des cargaisons d'armes au Darfour où des violences ont provoqué une crise humanitaire. Pour le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, «Si ces informations sont confirmées, ces actes constitueraient une violation claire du droit international et une contravention au statut international de l'ONU». Une guerre civile oppose depuis plus de quatre ans au Darfour des rebelles issus des populations noires locales et des milices arabes appuyées par l'armée soudanaise. La guerre et ses conséquences ont fait 200.000 morts et 2 millions de déplacés, selon l'ONU, chiffres contestés par le Soudan, qui parle de seulement 9.000 morts. Le président George Bush a prévenu mercredi son homologue soudanais qu'une dernière chance lui était donnée de mettre fin aux violences dans la région du Darfour, faute de quoi Washington imposerait des sanctions à Khartoum et envisagerait d'autres mesures punitives. Les autorités soudanaises ont fait un pas cette semaine vers un projet de déploiement de 3.000 casques bleus et de matériel au Darfour pour y épauler une force de 7.000 hommes sous-équipés de l'Union africaine. Mais les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont émis de fortes réserves et Khartoum n'a pas donné son accord à un renforcement ultérieur qui dépasserait 20.000 hommes.
|
Khartoum viole les sanctions, selon un rapport de l'ONU
Le Monde, New York, 19 avril 2007 par Philippe Bolopion
Selon un rapport d'experts de l'ONU, le gouvernement soudanais « viole sciemment » des sanctions adoptées par le Conseil de sécurité en 2004 et 2005, en continuant à envoyer illégalement des armes légères et lourdes au Darfour, en y déployant des hélicoptères d'attaque et en y opérant des bombardements aériens ainsi que des « survols militaires à caractère offensif ». Certains de ces vols se font à bord d'avions ou d'hélicoptères peints en blanc, afin de les faire «délibérément » passer pour des appareils de l'ONU ou de l'Union africaine (UA). Les enquêteurs de l'ONU ont notamment observé un avion Antonov soudanais maquillé, frappé du sigle ONU, et stationné à côté de « rangées de bombes gardées par des soldats de l'armée de l'air soudanaise ». Dans ce rapport, dont Le Monde a obtenu une copie, les cinq experts de l'ONU recommandent un élargissement à tout le pays d'un embargo sur les armes actuellement limité au Darfour. Ils suggèrent aussi le rallongement d'une liste des quatre personnalités soudanaises frappées par une interdiction de voyager et un gel de leurs avoirs, qui restent théoriques, dans la mesure où Khartoum ne les applique pas.
Exactions des janjawids
Le document a été remis au Conseil de sécurité, où le Royaume-Uni et les Etats-Unis travaillent à un projet de résolution qui pourrait aller dans le sens souhaité par les experts. « Les violations de l'embargo sur les armes n'ont rien perdu de leur intensité », affirment ces derniers. Selon le rapport, « le gouvernement soudanais ne s'est pas acquitté de ses obligations » concernant le désarmement des milices janjawids, à l'origine des pires exactions, « qui sont sous son contrôle ou sous son influence » et « continuent de perpétrer des attaques » au Darfour, où près de 200000 personnes auraient déjà péri des conséquenes du conflit.
|
Khartoum accepte le déploiement de 3.000 casques bleus au Darfour
Le Monde, New York, 18 avril 2007, par Philippe Bolopion
Après des mois de tergiversations, le Soudan a affirmé avoir accepté, lundi 16 avril, le déploiement au Darfour de quelque 3 000 membres de l'ONU pour venir en aide aux 7 000 hommes sous-équipés de l'Union africaine (UA). Ce déploiement, qui pourrait prendre plusieurs mois, est censé servir de précurseur à l'envoi, toujours incertain, d'une force «hybride » de près de 20 000 hommes de l'ONU et de l'UA, Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, et le Conseil de sécurité ont accueilli avec un optimisme prudent l'ouverture soudanaise. Les détails du déploiement, qui pourrait prendre plusieurs mois, devaient être négociés, mardi, entre des représentants de l'ONU, du Soudan, et le président de la commission de UA, Alpha Oumar Konaré, en visite à New York. « Ceci n'est pas la force robuste dont le Darfour a besoin », a précisé le responsable des opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, selon lequel les renforts de l'ONU doivent préparer le terrain pour la force hybride. Le Conseil de sécurité a également appelé au déploiement « sans délai » de la force de 20 000 hommes autorisée par la résolution 1706 du 31 août 2006. Selon l'ONU, celle-ci devrait être africaine « autant que possible », mais placée sous commandement de l'ONU. Le Soudan exige au contraire qu'elle soit contrôlée par l'UA. Pour se prémunir contre tout nouveau revirement de Khartoum, le Royaume-Uni travaille à un renforcement des sanctions. Le projet prévoit un allongement de la liste des personnalités soudanaises frappées de mesures financières et diplomatiques, un élargissement de l'embargo sur les armes et une surveillance accrue de l'embargo sur les survols offensifs du Darfour où, selon l'ONU, les attaques aériennes du gouvernement soudanais ont repris.
|
Le Soudan tue en utilisant les couleurs de l'ONU
New York Times, 17 avril 2007
Nos confrères du New York Times révèlent un document secret, dans ce dernier on s'aperçoit que le régime soudanais utilise les couleurs de l'ONU pour bombarder le Darfour. Un lugubre acte illégal.
On savait le gouvernement soudanais assez impliqué dans la barbarie au Darfour, mais les récentes affirmations du New York Times, citant un rapport confidentiel de l'ONU font froid dans le dos, le Soudan s'est rendu coupable de maquiller ses avions de guerres en avions de l'ONU. Ces avions sont ensuite utilisés impunément et honteusement pour bombarder le Darfour, transporter des armes, et autres activités criminelles. Agissant ainsi le régime criminel du Soudan se rend coupable de violations des résolutions de l'ONU par des activités de transports des armes par avion dans cette région de l'ouest du pays. L'utilisation de telles pratiques et répréhensibles, et outre la crise humanitaire que le Soudan tolère et provoque, c'est une complicité et une activité dans ces meurtres massifs qui accusent le gouvernement soudanais ; une crise humanitaire est entrain de prendre des proportions intolérables dans cette zone. Le New York Times qui a reçu le document des mains d'un diplomate, dont le pays est membre du Conseil de Sécurité, rajoute que le dossier dénonce les violations des Conventions Internationales faites par les rebelles du Darfour. Le texte recommande un resserrement de l'embargo des armes à destination du Soudan. L'ONU et l'Union africaine (UA) ont conclu mardi à New York après deux jours de discussions sur le Darfour, un accord, qui pousse le gouvernement soudanais à autoriser le déploiement de 3.000 personnels de l'ONU dans sa province. Au Darfour les arabes des milices Janjawids massacrent sans pitié les villageois noirs, dans cet acte de barbarie, les arabes bénéficient de l'aide de l'armée soudanaise. La guerre au Darfour, les déplacements de populations ont fait 300.000 morts et 2 millions de déplacés, sans compter les blessés, les femmes violées et les pillages qui ont fait basculer dans le désespoir des familles entières. Le Soudan minimise la situation en avançant avec insolence le chiffre de 9000 morts.
|
L'ONU va pouvoir envoyer des troupes au Darfour
La Croix, par Laurent d'Ersu avec Stéphane Aubouard, 17 avril 2007
Les négociations sur le renforcement de la force de paix au Darfour ont connu hier une avancée décisive avec l'acceptation par Khartoum d'un appui onusien aux 7000 hommes de la mission de l'Union africaine (Amis), dont le nombre et le mandat sont jugés insuffisants pour permettre la pacification du Darfour.
Où en sont les négociations sur l'envoi de casques bleus au Darfour?
Un accord conclu le 16 novembre dernier prévoyait un déploiement en trois phases de soldats de l'ONU au Darfour. Khartoum avait jusqu'ici bloqué la mise en oeuvre de la deuxième phase, qui implique l'envoi de 3 000 représentants de l'ONU, dont 2 300 soldats, et le déploiement de six hélicoptères d'assaut. Ce renforcement, finalement accepté hier, était souhaité par les pays africains déployant des hommes au Darfour. Après la mort de cinq de ses soldats le 1 er avril dans une attaque attribuée aux rebelles de l'Armée de libération du Soudan (ALS), le Sénégal avait menacé de retirer ses 500 hommes. Le ministre des affaires étrangères soudanais, LamAkol, a précisé que le Soudan était d'accord pour que la chaîne de commandement de la phase II soit celle qui est pratiquée par l'ONU.
Quels sont les moyens de pression sur le Soudan ?
Sous forte pression de l'opinion publique et du Congrès, l'administration Bush est très impliquée dans les discussions avec le régime soudanais. Tout en affirmant que des options militaires ne sont pas exclues, Washington brandit surtout un plan de sanctions qui pourrait être déclenché en cas d'échec à l'ONU. Ce projet, surnommé le « plan B », prévoit des sanctions fi nancières contre 29 sociétés soudanaises et un durcissement de sanctions déjà en place contre 130 autres, liées au gouvernement de Khartoum. Ces entreprises, dont certaines sont liées au pétrole, se verraient interdire toute transaction en dollars, selon ce plan qui envisage également des interdictions de voyager et le gel d'avoirs financiers de personnes impliquées au Darfour et au sein du gouvernement soudanais.
Quels sont les points de blocage ?
Le régime soudanais s'oppose toujours à l'application de la troisième phase du plan conclu avec I'ONU, qui prévoit le déploiement d'une force « hybride » ONU-UA de 20 000 hommes. On peut donc s'attendre à ce que Khartoum reste sous forte pression internationale dans les prochains mois. Le président de la commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, est depuis hier au siège de l'ONU à New York, où il devait participer dans la soirée à une réunion du Conseil de sécurité sur le Darfour. Le dossier du Darfour reste considéré comme la première crise humanitaire actuelle à l'échelon mondial. La guerre et ses conséquences auraient fait 200 000 morts et deux millions de personnes déplacées, selon l'ONU. La persistance d'attaques croisées entre rebelles tchadiens et soudanais continue d'entretenir l'instabilité des deux côtés de la frontière du Darfour. Le Tchad s'est excusé samedi pour les affrontements survenus le 9 avril, lorsqu'une incursion tchadienne en territoire soudanais a causé 17 morts et 40 blessés dans les rangs de l'armée soudanaise, selon Khartoum. La Libye a lancé une médiation entre les deux pays et une conférence internationale devrait avoir lieu le 28 avril à Tripoli.
|
Nouveaux efforts ONU-Union africaine pour la paix
Jeune Afrique avec l'AFP, 16 avril 2007
Les Nations unies et l'Union africaine (UA) se consultent cette semaine à New York pour tenter d'avancer vers le déploiement de forces de l'ONU au Darfour, sur fond de tension entre le Soudan et le Tchad après un accrochage meurtrier entre leurs armées. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, devait être l'hôte lundi et mardi du président de la commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, qui va rencontrer également les membres du Conseil de sécurité. "Ce sera une occasion importante de donner une impulsion au processus de paix" au Darfour, a indiqué vendredi une porte-parole de l'ONU, Marie Okabe. Les deux hommes vont discuter des phases 2 et 3 d'un plan de soutien à la force africaine (Amis) déployée dans cette province occidentale du Soudan, où un conflit oppose depuis plus de quatre ans des rebelles issus des populations noires locales et des milices arabes appuyées par l'armée soudanaise. La guerre et ses conséquences ont fait 200.000 morts et 2 millions de déplacés, selon l'ONU, chiffres contestés par le Soudan, qui parle de seulement 9.000 morts. Les envoyés spéciaux au Darfour de l'ONU, Jan Eliasson, et de l'UA, Selim Ahmed Selim, vont participer à ces discussions. Lundi après-midi, le Conseil de sécurité devait tenir une réunion sur la situation dans la province soudanaise. M. Ban a tenté jeudi de rassurer le gouvernement soudanais en affirmant que les hélicoptères de combat que l'ONU souhaite utiliser au Darfour serviraient à des fins défensives et non pas offensives. Lors d'une rencontre la semaine dernière à Addis Abeba, le Soudan était parvenu à un accord avec l'ONU et l'UA sur la deuxième phase de soutien à la force africaine au Darfour, tout en s'opposant au déploiement d'hélicoptères d'attaque dans la région. Cette deuxième phase implique l'envoi de quelque 3.000 personnes dont 2.300 soldats et des moyens logistiques pour soutenir les 7.000 hommes de la force africaine, qui manquent d'équipement et de moyens financiers. Un accord conclu le 16 novembre prévoyait un déploiement en trois phases de soldats de l'ONU, mais Khartoum s'oppose à la troisième phase, qui prévoit le déploiement d'une force "hybride" ONU-UA de 20.000 hommes censée sécuriser la région, demandant que l'UA garde le commandement de la force de paix. Irrités des atermoiements du gouvernement soudanais, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont récemment indiqué leur intention de demander des sanctions au Conseil de sécurité. Mais ils ont accepté de différer cette action, M. Ban leur ayant demandé un peu plus de temps pour la diplomatie. Des personnalités étrangères de premier plan, comme le secrétaire d'Etat adjoint américain, John Negroponte, ont récemment défilé à Khartoum pour tenter de convaincre le Soudan d'accepter des forces de l'ONU au Darfour et tenter d'apaiser la crise entre ce pays et le Tchad après un accrochage meurtrier entre leurs armées. Lundi, une incursion de soldats tchadiens poursuivant des rebelles à l'intérieur du Soudan a provoqué des affrontements avec des soldats soudanais, qui ont fait des dizaines de morts et de blessés des deux côtés. La Libye a lancé une médiation entre les deux pays. Le numéro deux de sa diplomatie, Ali Abdel Salam Triki, a annoncé vendredi la tenue d'une conférence internationale sur le Darfour le 28 avril à Tripoli, avec la participation des Etats-Unis, du Royaume-Uni, du Soudan, du Tchad, de l'Erythrée, de l'UA et de l'Union européenne. Parallèlement, le numéro deux de la diplomatie américaine, John Negroponte, a souligné lundi à Khartoum le besoin rapide d'une force hybride entre l'ONU et l'Union africaine (UA) à l'issue d'une visite au Soudan. Il a en même temps averti, dans une conférence de presse, que le Soudan prendrait le risque de s'isoler sur la scène internationale s'il n'aide pas à sécuriser cette région de l'ouest du pays en guerre civile, à y faciliter le travail des humanitaires et à y rechercher une solution politique. "Nous devons aller rapidement vers une large force hybride avec une chaîne de commandement unique qui soit conforme aux critères et pratiques de l'ONU", a déclaré M. Negroponte, qui a été reçu dans la nuit par le président soudanais Omar el-Béchir. "Le gouvernement soudanais doit désarmer les Janjawids, la milice arabe dont nous savons tous qu'elle n'aurait pas pu exister sans son soutien actif", a ajouté le haut diplomate américain, demandant par ailleurs aux non-signataires de l'accord de paix au Darfour de 2006 de cesser leurs attaques. "Une transition rapide vers une force hybride ONU-UA, une amélioration de l'accès des humanitaires (aux populations dans le besoin) et un soutien à l'Autorité transitoire du Darfour peuvent améliorer la situation au Darfour et ouvrir la voie à de meilleures relations entre le Soudan et la communauté internationale", a estimé M. Negroponte. "Si ces progrès ne sont pas réalisés, le Soudan n'aura pour alternative que le maintien et probablement l'accentuation de son isolement international", a-t-il averti.
|
Premiers entretiens à Khartoum du numéro deux de la diplomatie américaine
Jeune Afrique avec l'AFP, 13 avril 2007
Le numéro deux de la diplomatie américaine, John Negroponte, arrivé jeudi à Khartoum pour presser le Soudan d'accepter une force hybride de l'ONU et de l'Union africaine (UA) au Darfour, a entamé ses entretiens avec les responsables soudanais. M. Negroponte a rencontré vendredi matin le chef de la diplomatie soudanaise Lam Akol après un contact jeudi soir avec le ministre d'Etat aux Affaires étrangères, Sammani al-Wassila, selon les médias officiels soudanais. La situation humanitaire au Darfour, la sécurité, la recherche d'une solution politique et le soutien de l'ONU à la force africaine, ont dominé les débats, selon l'agence officielle Suna. Cité par l'agence, M. Negroponte, a souligné que la situation humanitaire au Darfour nécessitait le déploiement le plus rapidement possible de forces internationales dans cette région de l'ouest du Soudan en guerre civile. M. Negroponte s'est rendu après ces premiers contacts à Juba, capitale de la région semi-autonome du sud Soudan pour rencontrer le leader sudiste Silva Kiir et s'informer des progrès dans l'application de l'accord de paix entre le nord et le sud signé en janvier 2005. Il ira au Darfour samedi et l'essentiel de ses entretiens aura lieu dimanche avec une éventuelle rencontre avec le président soudanais Omar el-Béchir. M. Negroponte se rendra ensuite au Tchad, en Libye et en Mauritanie. Sa visite intervient après une décision de Washington de repousser l'imposition de sanctions unilatérales contre le Soudan pour donner le temps au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, d'autoriser le déploiement de Casques bleus au Darfour. M. Ban avait récemment demandé un délai supplémentaire de deux à quatre semaines pour faire pression sur le gouvernement de Khartoum afin qu'il lève son opposition à l'envoi de quelque 20.000 soldats dans la région. Le Soudan, l'ONU et l'UA viennent de se mettre d'accord à Addis Abeba sur la deuxième phase de soutien de l'ONU à la force africaine de 7.000 hommes au Darfour mais Khartoum refuse que les renforts, quelque 3.000 hommes selon la presse soudanaise, soient équipés de six hélicoptères d'assaut. La troisième phase qui verrait la naissance d'une force hybride n'a pas encore été négociée. La force africaine a du mal à contenir les violences au Darfour où 200.000 personnes sont mortes du conflit en plus de quatre ans et 2 millions ont été déplacées, selon des organisations internationales, ce que conteste Khartoum. Elle a perdu récemment six soldats dans des attaques, ce qui porte à 16 le nombre de ses tués depuis son arrivée au Darfour en 2004.
|
Darfour: le malheur au long cours
Pour mater cette province insoumise, le régime soudanais a choisi l'arme du cynisme: semer la division parmi les rebelles, harceler les humanitaires, parier sur la frilosité internationale. Pendant ce temps, les violences continuent et l'anarchie gagne les camps de réfugiés.
L'Express par Vincent Hugeux et Thierry Dudoit, 12 avril 2007
Il y a mille façons de vaincre l'ennemi. Du blitzkrieg à la guerre d'usure, que parachève une reddition ou un traité de paix léonin. Mais il en est une autre, que le régime de Khartoum met en œuvre au Darfour, province insoumise et meurtrie de l'ouest du Soudan, vaste comme la France: brouiller les cartes, rendre la tragédie indéchiffrable, tout en misant sur la lassitude des opinions et la veulerie de la «communauté internationale». Déclenché au printemps 2003, le conflit aura obéi trois années durant à une trame simple, voire simpliste: lassées du mépris qu'affiche à leur égard un pouvoir central confisqué par les élites arabes de la vallée du Nil, les tribus négro-africaines des trois Etats du Darfour, sultanat souverain jusqu'en 1916, prennent les armes au nom de la justice. En riposte, la junte soudanaise fait donner l'armée, à coups de raids aériens aveugles ou d'offensives terrestres; et confie les basses besognes aux janjawid, ou «cavaliers du diable», ces supplétifs épris de rezzous que Khartoum arme, entraîne et finance, jouant ainsi sur les antagonismes ancestraux entre nomades arabes et paysans à la peau d'ébène. Ce schéma n'a plus cours. Hier dominée par deux mouvances rivales, la rébellion a éclaté en une quinzaine de factions, au lendemain - singulier paradoxe - de la conclusion d'un accord de paix paraphé le 5 mai 2006 à Abuja (Nigeria) par la seule aile majoritaire du Mouvement de libération du Soudan (MLS), emmenée par Minni Minawi. «Pour Khartoum, le scénario idéal de la fragmentation», souligne un expert militaire occidental. De fait, le ralliement de Minawi a ravivé les tensions entre son ethnie zaghawa et les alliés four ou massalit. A la clef, des accrochages meurtriers, jusque dans les camps de déplacés. Pis, la ligne de fracture peut fissurer une même tribu, déchirée entre partisans et adversaires de l'accord en trompe-l'œil d'Abuja. A Tawilah (Nord-Darfour), les femmes four qui s'aventurent hors du camp Rwanda en quête de bois de chauffage, au risque de rapt ou de viol, craignent plus que tout les «frères» zaghawa. Le pourrissement ronge tout autant les communautés nomades. Le 31 mars, sur les contreforts escarpés du djebel Marra, un commando de janjawid fond sur un village de la tribu arabe Torjam, rafle 500 têtes de bétail et laisse dans son sillage 62 cadavres. Et voilà que l'un des satellites de la nébuleuse bédouine Rizigat, outrée par l'ostracisme de Khartoum, crée sa propre milice. Et plus d'un chefaillon local razzie pour son propre compte. «Tous les janjawid sont arabes, concède un vétéran de l'ONG française Solidarités, mais tous les Arabes ne sont pas miliciens. Gardons-nous de les diaboliser.» De ce bourbier émerge une évidence: l'accord de mai 2006 relève de la fiction. «Un chiffon de papier», tranche un dignitaire massalit, ancien confident d'Omar al-Bechir, président soudanais. Bienvenue à El-Gereida (Sud-Darfour), site du plus grand camp de déplacés du monde - 120 000 âmes - et fief des maquisards du MLS Minawi. «Nous suivrons notre chef, martèle Abdulaziz, lunettes noires, barbe taillée court et poses de caïd. Même s'il revient côté rebelle.» Surtout s'il le fait. «Notre pire ennemi? Le gouvernement de Bechir. Aucune de ses promesses n'a été tenue.» Deux montres ornent le poignet d'Abdulaziz. L'une donne l'heure de Khartoum; l'autre, celle d'El-Gereida. Logique: un tour d'horloge et un abîme de défiance séparent les «ralliés» de la capitale fédérale, théâtre, une semaine après ces aveux, d'une bataille rangée entre la police et les combattants du MLS. Bilan: 10 tués et plus de 200 arrestations. «Grave violation de l'accord!» tonne aussitôt Minawi, avant de brandir la menace d'une «reprise de la guerre, y compris à Khartoum». Un, la guerre n'a jamais cessé. Deux, cela supposerait que l'intéressé renonce aux attributs de son statut, fictif lui aussi, de «conseiller spécial à la présidence».
Faut-il se résigner à l'émiettement du front rebelle? Une poignée de francs-tireurs récusent cette fatalité. A commencer par le Forum des peuples du Darfour pour le dialogue et la coexistence pacifique. Ses médiateurs sillonnent les trois Etats du Far West soudanais, et poussent parfois jusqu'à N'Djamena (Tchad), base arrière de plusieurs leaders insurgés. De même, la Mission des Nations unies au Soudan (Unmis) a vainement tenté l'an dernier de rassembler 300 chefs militaires insurgés. Un autre paradoxe étouffe les SOS des civils broyés par la guerre: l'accalmie apparente enregistrée sur le front humanitaire. La plupart des massacres à grande échelle ont été perpétrés entre l'automne 2003 et le printemps 2005. Bien sûr, il faut toute l'obscène mauvaise foi de Khartoum pour avancer sans ciller un bilan d'à peine 10 000 morts. Mais rien ne sert de céder à la surenchère compassionnelle. Sur fond d'enlisement, les études les plus fiables estiment à plus de 200 000 l'effarant total des morts, dont les quatre cinquièmes ont succombé à la maladie, à la faim ou à l'épuisement, corollaires de l'exode; et à environ 2,5 millions le contingent des déplacés et des réfugiés. Quant aux indicateurs classiques - mortalité, morbidité, malnutrition - ils demeurent aujourd'hui en deçà des «seuils d'alerte». Les camps? Avec le temps, ils ressemblent de plus en plus à des banlieues d'infortune. Le torchis y supplante les bâches, tandis que surgissent les briqueteries où triment des gosses d'à peine 10 ans.
Les humanitaires dans la ligne de mire
Il serait toutefois hasardeux de s'en tenir à ce constat. L'insécurité a réduit comme peau de chagrin les espaces accessibles aux 80 ONG et aux 13 agences onusiennes opérant au Darfour (voir la carte page 1). Et l'on ignore à peu près tout du sort des villageois reclus dans les enclaves excentrées ou hors d'atteinte. De plus, le regain de violence observé au second semestre de 2006 a jeté sur les sentiers sableux du Darfour des dizaines de milliers de naufragés peu enclins à rallier des camps gagnés par l'anarchie. «Pour nous, le pire cas de figure, admet Fabrice (Solidarités). Celui de la dispersion dans le bush. Une famille sous chaque arbre. La récolte perdue, l'absence de semences: voilà qui suffit à vous replonger dans l'urgence.» Aux yeux des acteurs humanitaires, désormais pris pour cible, jamais le contexte n'a été à ce point volatil. Raids miliciens, banditisme, embuscades, pillages: qu'il s'agisse de chasser des témoins gênants ou d'enrichir son arsenal d'un 4 X 4 ou d'un téléphone satellitaire, les nervis de toutes obédiences les ont contraints à «réduire la voilure», sinon à suspendre les programmes en cours, notamment en zone rurale. Le 18 décembre, à El-Gereida, un commando rebelle donne l'assaut à la maison d'Action contre la faim (ACF), le temps d'une équipée barbare. Viol d'une expatriée, simulacres d'exécution, tabassages à coups de crosse, vol d'une douzaine de véhicules: un cauchemar ineffaçable et dissuasif. Aussitôt, six ONG plient bagage et seul, depuis, le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) opère encore sur cet îlot desservi par la voie des airs, parant au plus pressé. «La somalisation est en marche, soupire un chef de mission aguerri. Avant, on sécurisait une sortie en trois coups de fil. Terminé. La confiance a disparu. Alors, on fait ce qu'on peut, où on peut, quand on peut. Ce drame est avant tout une faillite de la protection: on nourrit et on soigne les gosses, mais on est infoutu de protéger mères et sœurs contre les violeurs.»
Constant, le harcèlement prend parfois un tour plus politique. Le 19 janvier, à Nyala, une escouade de policiers fait irruption matraque en main au siège d'une ONG. Tout le monde au poste, pour «conduite immorale». «Ces étrangers buvaient du vin et dansaient nus», s'étrangle deux mois plus tard l'imam de la mosquée Al-Wadi, à la tête d'un cortège armé du saint Coran, venu dénoncer devant le QG local de l'Unmis cette offense à la foi et aux traditions soudanaises. «Archifaux, évidemment, objecte un rescapé. Il y avait de la musique, c'est tout.» Ceux qui, dans leurs rapports, décrivent les facettes les plus abjectes de la répression, notamment le recours aux agressions sexuelles, s'exposent à des représailles instantanées, telle l'éviction du pays. Pourquoi se gêner? Khartoum a expulsé impunément en octobre 2006 Jan Pronk, l'envoyé des Nations unies. Quant à John Holmes, ponte de l'ONU en mission, il se verra refuser le 24 mars l'accès au camp Kassab, près de Kutum (Nord-Darfour).
L'Union africaine a déjà perdu une quinzaine de soldats
Imaginez Fort-Saganne en lisière du désert des Tartares. Voilà à quoi ressemble à El-Gereida la base de l'Amis - la force de paix de l'Union africaine (UA). Depuis le 5 mars, date de l'assassinat de deux soldats nigérians, leurs frères d'armes, tétanisés, ne se hasardent plus en dehors de l'enceinte grillagée. Certes, l'UA a déjà payé au Darfour un lourd tribut. Le 1er avril, cinq Sénégalais ont péri lors d'une embuscade tendue non loin de la frontière tchadienne. Au total, une quinzaine d'hommes sont ainsi tombés depuis 2004, tandis que l'Amis perdait une centaine de 4 X 4 et de camions, dérobés à la pointe de la kalachnikov. Certes, les officiers du contingent panafricain peuvent à bon droit invoquer la faiblesse des effectifs - 5 000 hommes opérationnels - leur sous-équipement et les carences d'un mandat inoffensif, consistant à superviser un cessez-le-feu imaginaire. «Comment garantir la sécurité des civils quand on est incapable de se protéger soi-même?» ironise un commandant du MLS. Soit. Reste que ces handicaps n'expliquent pas tout. A Nyala, l'Amis n'assure aux mieux que le quart des escortes promises aux femmes du camp de Kalma. Et il n'est pas rare que celles-ci, prêtes à risquer leur vie et leur dignité pour un fagot de branchages, se plaignent du comportement des «protecteurs». Quand, au beau milieu d'un face-à-face haineux entre janjawid et déplacés, un cadre de l'Unocha - le bureau des affaires humanitaires des Nations unies - s'échine huit heures durant sous le cagnard à conjurer le spectre du bain de sang, c'est en vain qu'il implore par téléphone le soutien de l'Union africaine. Un de ses convois, coursé à tombeau ouvert, ne daignera même pas infléchir son cap...
On veut les Casques bleus de l'ONU et eux seuls», s'époumone le cheikh Ali, notable respecté de Kalma. Respecté? Voire. Car, dans les camps, l'autorité morale des anciens n'en finit plus de s'étioler. Et ils ont toutes les peines du monde à calmer les ardeurs de la jeune garde, qui brûle d'en découdre avec les intrus arabes. «L'UA, claironne le vice-gouverneur de Nyala, accomplit un boulot fantastique.» Du point de vue du clan Bechir, hostile à tout déploiement onusien, son impuissance est une vertu. La junte pourra-t-elle longtemps encore, avec le soutien de la Chine et de la Russie, défier New York et la justice internationale? Elle aurait tort de s'en priver. Dans un rapport accablant, Jody Williams, animatrice d'une mission du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, accuse le régime islamiste d'avoir «orchestré» crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Au terme de palabres homériques, l'instance genevoise s'est bornée le 30 mars à «prendre note» du document et à exprimer sa «vive préoccupation». Pendant ce temps, les faucons de Khartoum remodèlent au profit des leurs les contours ethniques et fonciers du Darfour. «S'ils tiennent encore deux ans, prédit-on à l'Unocha, c'est dans la poche.» Il y a mille façons de vaincre l'ennemi. Et de faire la guerre à son propre peuple.
|
Les conflits actuels sont protéiformes: il faut sous les casques bleus de nouveaux cerveaux, aptes au XXIe siècle
L'Express, éditorial par Christophe Barbier du 12 avril 2007
Le Mal ne manque jamais d'imagination. Il serait si simple de retrouver aujourd'hui dans les plaies du monde les infections de jadis. Mais, si la bête immonde a le ventre encore fécond, il en sort des monstres sans cesse nouveaux, car la semence de l'Histoire offre à chaque époque des gènes inédits. Héraclite, penché sur l'effroi de nos siècles, dirait qu'on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve de sang. Ainsi, sur les Balkans des années 1990, il ne servait à rien de plaquer la grille de lecture des années 1930. Chercher alors, à Sarajevo ou à Dubrovnik, un écho des fascismes d'antan mena à l'erreur François Mitterrand et bien d'autres. Parce que la Serbie avait été du bon côté pendant d'autres guerres, on se méprit sur celle qui se jouait dans le nombril de l'Europe. La volonté génocidaire, les barbelés pour ligoter des foules faméliques et l'épuration ethnique étaient un arsenal, pas une signature. Le crime bégaie, l'idéologie invente. De même, l'Afrique maudite ne se perd pas aujourd'hui, au Darfour, dans un massacre binaire comme celui du Rwanda. Pas de Hutu ni de Tutsi, mais un entrelacs de tribus, une mosaïque d'intérêts, des miettes empoisonnées à la surface d'un désert. Malgré ses apparences familières (nomades contre sédentaires, Arabes contre Noirs, les islamistes et les autres...), ce conflit est une équation qui défie l'entendement. Quelques certitudes néanmoins, oasis dans les sables du doute: le gouvernement du Soudan est le responsable ou l'instigateur des pires exactions; les rebelles n'ont pas que des intentions pures, ils ont aussi des ambitions politiques; les plus faibles, femmes et enfants d'abord, forment l'essentiel d'un cortège d'au moins 200 000 morts. Une autre évidence est là, qui ajoute au drame: le monde est impuissant. L'ONU psalmodie des résolutions, mais ses doigts gourds ne peuvent rien face aux nœuds si mêlés du conflit - au moins devrait-elle épauler efficacement l'Union africaine, balayant le veto de Khartoum. Crimes de guerre, crimes contre l'humanité, indices de génocide s'empilent en dossiers pour un procès qui, s'il advient, ne pourra que constater dans l'avenir notre inaction du présent. Dans une époque qui ne fonctionne plus avec les bons contre les méchants, où le mot innocent se teinte de toutes les nuances de gris, nous ne faisons rien pour le Darfour parce que nous ne comprenons même pas, ou ne voulons pas comprendre, ce qui s'y passe. C'est pourquoi il est si important d'en décrire encore et toujours la complexité ( voir le reportage de Vincent Hugeux et Thierry Dudoit ). Protéger les civils, rétablir la paix: les missions de l'ONU, jamais élémentaires, sont désormais impossibles, et les corridors humanitaires sont devenus des labyrinthes trop complexes à bâtir. Il faut d'urgence repenser cet instrument, inventé au lendemain d'une guerre bicolore - fascismes contre démocraties - pour éviter une guerre biface - Est contre Ouest. Or les conflits actuels sont protéiformes: sous les casques bleus, il faut de nouveaux cerveaux, aptes au XXIe siècle. Belle mission pour la France, qui donna au monde les droits de l'homme: inventer le logiciel de paix des temps modernes, concocter un vaccin contre ces massacres qui n'émeuvent plus nos cœurs fatigués. Ils adviennent ailleurs, mais maintenant: cela doit suffire à les faire nôtres. Afin de décourager les bonnes volontés, le diable sème des puzzles infernaux et des charades insolubles. Qu'il trouve sur sa route notre compassion rallumée et le réveil de nos intelligences.
|
Attaque de l'armée tchadienne sur le territoire soudanais
Tchad – Soudan le conflit avec les rebelles du CNT s'étend
Le Monde, par Jean-Philippe Rémy, 12 avril 2007
A force de se livrer une guerre par procuration en soutenant, mutuellement, les groupes rebelles de leur voisin, le Tchad et le Soudan devaient finir par s'affronter directement. C'est chose faite depuis que, lundi 9 avril, une colonne tchadienne appuyée par des blindés a attaqué l'armée soudanaise sur son sol. Un an, pratiquement jour pour jour, après la percée ratée d'un groupe rebelle tchadien, déjà sou tenu et équipé par Khartoum, qui avait été défait par l'armée tchadienne, le 10 avril 2006, aux portes de N'Djamena avec un fort soutien français, plusieurs mouvements armés rebelles ont pénétré dans l'est du Tchad. Une colonne de 200 véhicules rebelles de la Concorde nationale tchadienne (CNT) s'est notamment déployée pendant le week-end à Amdjérima (près de Goz Beida), à une trentaine de kilomètres de la frontière; avant d'y engager, lundi, des combats avec le Tchad. Après avoir combattu les forces rebelles, l'armée tchadienne est alors entrée avec des chars en territoire soudanais et a attaqué l'ar mée soudanaise à Foro Baranga, à 175 km au sud d'Al-Jeneina, un camp où les rebelles tchadiens ont été stationnés et équipés par` Khartoum. Les affrontements auraient fait, selon le Soudan, dix-sept morts dans ses rangs. Selon des sources indépendantes, les forces tchadiennes auraient fait la différence «grâce à leurs chars», tuant notamment un colonel soudanais ainsi que le responsable local des services de renseigne ment. De leur côté, des représentants de la CNT, le groupe engagé à Amdjérima, joints par téléphone sur le terrain' mardi, affirmaient « avoir détruit six chars de combat [tchadiens], dix-huit véhicules 4 x 4 et dix - camions armés ». Mahamad Hassan Kokiss, commandant de la CNT, déclarait éga lement que ses hommes avaient tué lors des combats « des dizaines d'hommes de l'armée tchadienne ».
« Regrets » tchadiens
Ces affrontements ont fait monter la tension entre les deux pays. le chef de la diplomatie tchadienne, Ahmat Allami, recevant, mardi, l'ambassadeur du Soudan Abdallah Acheikh à N'Djamena, a tenté de ramener le calme en faisant part des « regrets » du Tchad d'être intervenu en territoire soudanais. A Khartoum, le porte-parole de l'armée soudanaise a déclaré de son côté que son pays « envisageait toutes les ripostes », y compris sur le plan militaire. Les groupes rebelles tchadiens sont installés à demeure dans des camps au Soudan, où ils reçoivent des livraisons de matériel et des injonctions régulières pour attaquer le Tchad. N'Djamena, de son côté, héberge des groupes rebelles du Darfour, qu'il utilise comme supplétifs dans les combats contre ses propres rebelles. Mais au cours des derniers mois, l'armée tchadienne s'est renforcée. L'argent du pétrole a permis au président Idriss Déby, avec l'appui de son allié, la Libye, d'équiper ses troupes en blindés, hélicoptères, armes lourdes et véhicules neufs. Alors que les groupes rebelles tchadiens, équipés, par le Soudan, avaient l'avantage matériel quelques mois auparavant, cette tendance s'est inversée. Un nouvel accord de paix signé entre les deux pays, le 8 février à Tripoli, prévoyait l'organisation de patrouilles conjointes le long de la frontière. Elles n'ont jamais eu lieu. Depuis le week-end, des observateurs notent que l'armée tchadienne envoie dans la région frontalière d'importants renforts, notamment dans les environs de Goz Beida, où une incursion de miliciens en provenance du Sou dan; le 31 mars, avait entraîné un massacre de plusieurs centaines de villageois.
|
L'armée tchadienne affronte sa rivale soudanaise au Darfour
Après l'avoir vivement contesté, N'Djamena a admis hier que ses troupes avaient franchi la frontière du Soudan. Le bilan des combats est d'au moins 17 morts.
Le Figaro, par Patrick de Saint-Exupéry, 11 avril 2007
L'armée tchadienne a-t-elle franchi la frontière séparant le Tchad du Soudan ? Khartoum l'affirme, qui assure avoir repoussé lundi une attaque tchadienne sur son territoire. N'Djamena le dément officiellement: selon la présidence, aucune force militaire n'aurait traversé la frontière et attaqué les forces soudanaises. Problème: un haut responsable tchadien, cité par l'AFP, a reconnu lundi que, lancée à la poursuite de rebelles hostiles au régime du président Idriss Deby, l'armée tchadienne avait pénétré en territoire soudanais où elle s'était heurtée aux forces soudanaises. Second problème: après avoir nié la réalité de l'incursion, les autorités tchadiennes ont dû finir par se résoudre à l'admettre. Hier, lé porte-parole du gouvernement, Hourmadji Moussa Doumgor, a reconnu que les forces armées «ont dû franchir la frontière». Ce même porte-parole a, toutefois, réfuté au nom du gouvernement «l'accusation selon laquelle le Tchad a délibérément attaqué les forces soudanaises ».
Conflit larvé
Cet épisode ne risque guère d'améliorer les relations, déjà extrêmement tendues, entre N'Djamena et Khartoum. Protagonistes d'un conflit larvé livré au travers de rébellions instrumentalisées, les deux voisins ne cessent de s'accuser mutuellement d'atti ser les feux de la guerre civile dévastant la région du Darfour depuis plus de quatre ans, et l'est du Tchad depuis un an. Khartoum n'avait pas encore réagi, hier, à la reconnaissance par N'Djamena de la réalité de l'incursion militaire tchadienne. Mais il est probable que le régime du président Omar El-Bachir tente d'en jouer. Pour deux raisons. D'abord parce que, lundi, N'Djamena n'avait pas hésité à monter au créneau en affirmant, comme à son habitude, que « le Soudan n'a pas renoncé à son sinistre projet de déstabilisation du Tchad ». Ensuite, parce que Khartoum, confronté à une pression grandissante sur la question du Darfour, pourrait voir là un dérivatif. Selon Khartoum, l'affrontement direct et encore inédit entre N'Djamena et Khartoum aurait fait 17 morts, dont un sous-officier, parmi les soldats et policiers soudanais ainsi que 40 blessés tandis que « d'importantes pertes » civiles étaient recensées. Selon un haut responsable tchadien, ces affrontements auraient fait une trentaine de morts des deux côtés, dont « un responsable de la sécurité soudanaise », avant que les militaires de N'Djamena ne regagnent leur pays. Pour Khartoum, qui recevait hier le président sud-africain Thabo Mbeki venu oeuvrer au déploie ment d'une force hybride ONUUA au Darfour, cet affrontement intervient à un moment clé. La capitale soudanaise est l'objet de nombreuses pressions venues tant de ses « ennemis » que de ses « alliés », afin que soit autorisé le déploiement de 20 000 Casques bleus au Darfour, qui renforceraient les 7 000 hommes de la force de l'Union africaine (UA) déjà déployés.
|
La Chine fidèle à Khartoum, mais…
Afrique Centrale Presse, 9 avril 2007
Un émissaire chinois a conseillé lundi au Soudan "plus de souplesse sur le plan Annan", du nom de l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, une opération de maintien de la paix au Darfour comprenant les Nations unies et l'Union africaine (UA). "La Chine apprécie les efforts du Soudan pour ramener la paix au Darfour mais espère plus de souplesse sur le plan Annan", a déclaré à des journalistes l'émissaire, Zhai Jun, à l'issue d'une visite de trois jours au Soudan. "Il n'y a pas de contradiction fondamentale entre les craintes soudanaises (d'une intervention internationale) et le plan Annan", a estimé M. Zhai, un haut responsable du ministère chinois des Affaires étrangères. La Chine est perçue comme l'un des pays les plus influents au Soudan, étant donné la coopération étroite entre les deux pays, notamment dans le domaine pétrolier. L'émissaire chinois s'est employé à dissiper l'impression que son pays soutenait Khartoum dans son refus d'une force de l'ONU au Darfour, région de l'ouest du pays où la guerre civile et ses conséquences ont fait en quatre ans 200.000 tués et 2 millions de déplacés, des chiffres contestés par le Soudan. "Nous espérons voir nos amis soudanais accepter ce plan. L'appellation de la force, qu'elle soit hybride ou conjointe, n'est pas importante", a estimé M. Zhai. L'émissaire s'exprimait le jour où doit se tenir à Addis Abeba une réunion entre le Soudan, l'UA et l'ONU pour déterminer la nature du soutien des Nations unies à la force africaine de 7.000 hommes déployés au Darfour.
|
Comment le drame du Darfour a essaimé au Tchad
« Après avoir soutenu discrètement, à la fin des années 1990, la rébellion nordiste de Youssouf Togoïmi, Paris veut sauver le soldat Idriss Déby »
Le Figaro, 7 avril 2007 par Pierre Prier
Un massacre peut en cacher en autre: la mobilisation pour le Darfour ne doit pas faire oublier qu'un autre Darfour est en gestation, juste à côté, dans l'ex-colonie française du Tchad. Comme au Soudan, des groupes ethniques se font la guerre. Comme au Soudan, les combats opposent des «Africains» à des Arabes, tous tchadiens et tous musulmans. Comme au Soudan, les différents groupes s'arment, de plus en plus. L'ONG britannique Oxfam a été l'une des premières à évoquer un «nouveau Darfour». L'expression est maintenant sur les lèvres de nombreux opposants tchadiens. Les événements graves qui se déroulent au Tchad prennent leur source dans le conflit soudanais. La guerre au Darfour a, depuis longtemps, débordé au Tchad. Pour résumer une situation complexe, chacun des deux pays entretient des guérillas chez l'autre, et les laisse franchir la frontière dans un chassé-croisé d'horreurs. Le Tchad soutient sporadiquement l'un dès principaux groupes armés «africains» soudanais, le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), composé presque entièrement de Zaghawas, l'ethnie du président tchadien Idriss Déby. Il permet à ce mouvement, et à d'autres, de recruter ouvertement dans les camps de réfugiés soudanais installés au Tchad. Le Soudan, ulcéré, a rétorqué en laissant ses milices de cavaliers arabes, les tristement célèbres djandjawids, procéder à des incursions au Tchad, au cours desquelles ils tuent et pillent dans les villages des ethnies «africaines». Mais depuis quelques mois, une nouvelle phase paraît enclenchée. Les affrontements se déroulent de plus en plus entre Tchadiens, au nom des mêmes différences ethniques qu'au Soudan. Comme là-bas, cette nouvelle guerre est avant tout politique. Le contexte est celui d'une révolte contre le pouvoir en place. Le président Déby est menacé par une coalition de divers groupes politico-militaires animés pour la plupart par d'anciens ministres déçus. La coalition, dans laquelle les principales ethnies sont représentées, affirme combattre pour un gouvernement national. Elle jure vouloir mettre fin au cycle du malheur tchadien, qui a toujours vu une succession de groupes ethniques se succéder au pouvoir et en accaparer l'essentiel. La coalition se défend de rechercher la seule victoire militaire et envisage une période de transition, suivie d'élections transparentes.
Le kaléidoscope de l'opposition au président se complique encore quand l'on sait que le MJE, le mouvement soudanais soutenu par les armés puisées dans les magasins de la présidence tchadienne, est dans les meilleurs termes avec un frère du président Déby, en opposition larvée contre ce dernier. Face à cette réalité complexe, Idriss Déby accuse un groupe ethnique en particulier, celui des Arabes tchadiens. Représentant environ 25% de la population, voire plus, ils sont présents dans l'un des mouvements rebelles. Les accusations présidentielles semblent se concentrer sur eux. Conscient de la résonance de cet argument en Occident, Idriss Déby, au cours d'une tournée récente dans l'Est, a accusé la population locale d'être « tous des rebelles, des djandjawids ». Il lui a reproché « d'applaudir » les cavaliers soudanais. Le président évoque une « islamisation par les djandjawids », dans une région où la quasi-totalité de la population est. musulmane. Dans l'est du Tchad, des milices sont constituées sur bases ethniques, au nom de «l'autodéfense»: Des heurts et des pillages ont lieu, exacerbant des rivalités, autrefois réglées par la palabre. L'amalgame entre Arabes tchadiens et Arabes soudanais met de l'huile sur ce feu qui couve. Certes, ce, n'est pas encore le Darfour et ses massacres répétés, menés de concert par l'armée et les milices arabes, en réponse à une rébellion locale. Mais la recette, au départ, semble la même : une confusion de plus en plus grande, sur le terrain, avec des mouvements armés à but politique coincés dans des heurts identitaires. . A ce brouet délétère s'ajoute un ingrédient extérieur: l'armée française. En vertu, officiellement, des accords de défense passés avec le Tchad, le dispositif Épervier, dépêché jadis pour protéger le Tchad des intrusions militaires du colonel Kadhafi, envoie son aviation repérer les colonnes des rebelles tchadiens. Ces opérations ont lieu sans débat à l'assemblée, sans contrôle parlementaire. Elles procèdent de la décision du président de la République, tout comme les actions similaires qui ont lieu chez le voisin du sud, la Centrafrique. Il en fut toujours ainsi dans 1a « Françafrique », le curieux continent virtuel qui lie la France à ses anciennes colonies. Il avait son volet militaire, déposant les présidents qui avaient cessé de plaire, soutenant des régimes autoritaires, voire criminels comme au Rwanda. Les fameux accords de défense cachent mal le fait du prince. Dans le cas du Tchad, il ne s'agit d'ailleurs que d'accords de coopération militaire. La France y agit à sa guise. Les forces françaises n'étaient pas intervenues quand Idriss Déby avait renversé son prédécesseur, pourtant chef d'État en place, mais qui avait cessé de plaire. Aujourd'hui, après avoir soutenu discrètement, à la fin des années 1990, la rébellion nordiste de Youssouf Togoïmi, Paris veut sauver le soldat Idriss Déby. Cette nouvelle guerre tchadienne sera-t-elle le chant du cygne de la Françafrique ? Les différents candidats à la succession de Jacques Chirac ont promis des relations plus saines avec les chefs d'État africains, et plus de contrôle des opérations extérieures. Mais ce dernier baroud risque de laisser des traces.
|
Louise Arbour réclame une enquête sur des viols qui auraient été commis par l'armée soudanaise au Darfour.
Radio Canada, 6 avril 2007
La haute-commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, la Canadienne Louise Arbour, réclame du Soudan l'ouverture urgente d'une enquête sur des viols qui auraient été commis par l'armée soudanaise au Darfour. Ces sévices sexuels se seraient produits vers la mi-décembre dans neuf villages de la région de Jebel Marra, dans l'est du Darfour. Certaines des victimes n'étaient âgées que de 13 ans et au moins deux femmes enceintes auraient été la cible de ces violences. Selon des témoignages, les assaillants portaient des uniformes militaires et ont été décrits par les victimes comme des soldats. Dans le communiqué publié par ses services à Genève, Louise Arbour réclame également l'ouverture d'une enquête sur l'enlèvement présumé, en septembre dernier, de 19 hommes par la faction de l'Armée de libération du Soudan du chef rebelle Minni Minnawi. Trois de ces hommes ont été libér |