Le Soudan dans la Presse

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1er semestre

2ème semestre


Mars 2007

 

Jeune Afrique
31 mars 2007

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU sauve les meubles mais ne convainc pas

Nations Unies
New York
30 mars 2007

Le Conseil des droits de l'homme achève sa session par une résolution sur le Darfour

Le Monde
30 mars 2007

"Profonde inquiétude" du Conseil des droits de l'homme de l'ONU pour le Darfour

Ouest-France
éditorial
29 mars 2007

Soudan, un génocide au Darfour ?

L'Express
27 mars 2007

"Le Soudan n'a rien à cacher", interview de Lam Akol

Le Monde
27 mars 2007

L'Europe pusillanime au Darfour, par Chris Patten

Jeune Afrique
26 mars 2007

Le Soudan ne livrera "aucun citoyen soudanais" à la Cour pénale internationale

Le Monde
26 mars 2007

l'UE prête à des sanctions plus sévères contre le Soudan (Merkel)

Jeune Afrique
25 mars 2007

La violence au Darfour menace de s'étendre à Khartoum

Angola presse
24 mars 2007

Tony Blair plaide pour des nouvelles sanctions contre le Soudan

L'Hebdomadaire
Dakar
23 mars 2007

Le Soudan a suspendu 52 ONG au Darfour

Xinhuanet
22 mars 2007

Le plus grand problème humanitaire est au Darfour

IRIN
Dakar
22 mars 2007

Les camps de déplacés au Darfour atteignent leur capacité maximale

Le Monde
22 mars 2007

Le coordinateur humanitaire de l'ONU entame une mission au Soudan

Jeune Afrique
21 mars 2007

Chirac durcit le ton, les candidats s'engagent

Libération
21 mars 2007

Le Darfour sort de l'ombre à Paris

Jeune Afrique
21 mars 2007

Chirac menace le Soudan de sanctions

Le Monde
21 mars 2007

Les présidentiables font des promesses en faveur du Darfour

Libération
20 mars 2007

Darfour : le réveil des consciences

Africa Confidential
20 mars 2007

Soudan : l'impatience des réfugiés

Le Monde
22 mars 2007

Darfour : Chirac menace le Soudan de sanctions si rien ne change

Elysée
20 mars 2007

Message de M. Jacques Chirac, Président de la République à l'occasion de la réunion sur le Darfour à la Mutualité

El Watan
19 mars 2007

Conseil des droits de l'homme de l'ONU : l'Algérie donne sa leçon

Agence France Presse ; 19 mars 2007

Le barrage de Méroé sort l'archéologie de l'ombre

Agence France Presse
16 mars 2007

Le Conseil des droits de l'Homme engagé dans un bras de fer sur le Darfour

Nations Unies
New York
15 mars 2007

Ban Ki-moon regrette les réserves émises par le Soudan concernant le déploiement d'une force internationale au Darfour

Le Nouvel Observateur
15 mars 2007

Crier, crier encore ! La chronique de Jacques Juillard

Le Nouvel Observateur
15 mars 2007

Massacres au Darfour : les survivants témoignent

Le Nouvel Observateur
15 mars 2007

Les Darfouris de France

Le Nouvel Observateur
15 mars 2007

Ils s'engagent

Le Nouvel Observateur
15 mars 2007

Pour une force de protection internationale au Darfour,

Le Nouvel Observateur
15 mars 2007

« Un régime de terreur »interview de Rony Brauman

Jeune Afrique
15 mars 2007

Washington veut une nouvelle résolution de l'ONU

Le Monde
14 mars 2007

Crime au Darfour, éditorial du Monde

Le Monde
14 mars 2007

« Aucune des missions du Conseil n'a pu aboutir », Interview de Micheline Calmy-Rey, présidente de la confédération suisse et ministre des Affaires étrangères

Le Monde
14 mars 2007

Khartoum coupable de « crimes contre l'humanité »

Jeune Afrique
14 mars 2007

Le nombre de déplacés recencés a atteint deux millions

Etats-Unis
Gouvernement
14 mars 2007

Le président du Soudan semble renier ses engagements en faveur de la paix :

Nouvel Observateur
13 mars 2007

Le Soudan rejette le rapport de l'ONU sur les droits de l'homme

Libération
13 mars 2007

Au Darfour, la même horreur en pire : Un rapport de l'ONU déplore une situation qui ne cesse de se dégrader depuis 2003

Le monde
13 mars 2005

Choses vues au Darfour, par Bernard-Henri Lévy

Jeune Afrique
13 mars 2007

Salva Kiir accuse El Bashir de bloquer le processus de paix

Nations Unies
New York
12 mars 2007

Le Soudan a enfreint sa responsabilité de protéger, affirme la mission du Conseil des droits de l'homme

Zénit
Rome
12 mars 2007

Les civils premiers objectifs et principales victimes

Angola Presse
11 mars 2007

Le Soudan remet en cause le lan de l'ONU pour le Darfour

Le Monde
9 mars 2007

Après l'Amérique, « Save Darfu »r veut conquérir l'Europe

Nations Unies
New York
9 mars 2007

Darfour : réponse mitigée du Soudan à la lettre du Secrétaire général

Le Pèlerin
7 mars 2007

Laurent Fabius : « Ce que j'ai vu au Soudan »

Jeune Afrique 6 mars 2007

Le Soudan va juger les criminels de guerre présumés au Darfour, recherchés par la CPI

Nations Unies
6 mars 2007

Les Nations Unies attendent des améliorations immédiates au Darfour, souligne Jan Eliasson

Xinhuanet
6 mars 2007

L'Envoyé spécial de l'ONU rencontrera le président soudanais

Le Monde
3 mars 2007

En Ouganda, la rébellion menace de reprendre les combats

Le Monde Diplomatique 3 mars 2007

Darfour, la chronique d'un « génocide ambigu »

Le Monde Diplomatique 2 mars 2007

La Chronique d'un « génocide ambigu » (présentation)

ACAT
3 mars 2007

Appel aux autorités français et aux présidentiables pour stopper les massacres

Jeune Afrique
2 mars 2007

Le déminage réalise d'importants progrès au Soudan

Le Monde
1 er mars 2007

La présidence de l'UE demande au Soudan de coopérer avec la CPI

Gouvernement du Canada
1 er mars 2007

Le Canada s'engage à protéger les civils au Darfour

Xinhuanet
1 er mars 2007

Des archéologues italiens aident à sauver des sites antiques

 

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Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU sauve les meubles mais ne convainc pas  

Jeune Afrique avec l'AFP, 31 mars 2007

 

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a sauvé de justesse sa crédibilité en prenant fait et cause pour la population du Darfour, mais ses détracteurs rappellent qu'il a abandonné à leur sort les victimes de violations des libertés en Iran et en Ouzbékistan.

Le Conseil a mis vendredi la pression sur le gouvernement de Khartoum, accusé d'avoir "orchestré" des crimes de guerre et contre l'humanité dans sa province du Darfour.

Faisant litière des objections du gouvernement soudanais, les 47 Etats membres du Conseil ont démontré leur capacité à surmonter leurs divisions pour parvenir à une décision en faveur des victimes de violations des droits de l'homme.

Le consensus a pu être atteint grâce à un accord entre Européens et Africains sur un texte commun décidant la nomination d'un groupe d'experts chargés de suivre la situation sur le terrain. L'ambassadeur d'Allemagne Michael Steiner a relevé que son adoption constituait "une importante décision pour la crédibilité du Conseil des droits de l'homme".

La réussite n'allait pourtant pas de soi: il a fallu que la réalité des atrocités commises au Darfour fasse éclater la solidarité du groupe africain au terme de deux semaines de tractations intenses.

Le Conseil, créé en juin 2006 pour remplacer une Commission des droits de l'homme discréditée, ne parvient cependant pas à convaincre ses critiques.

Alors qu'il clôturait vendredi soir sa 4ème session, le Conseil semblait loin d'avoir achevé la mise en place de ses procédures de fonctionnement, à trois mois de la date-limite du 30 juin.

Louise Arbour, Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, l'Union européenne et ses alliés ainsi que les ONG font front commun pour défendre le maintien des enquêteurs par pays.

Une douzaine d'ONG, dont Amnesty International, Human Rights Watch et la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), ont averti que "sans experts indépendants et objectifs (...) la capacité d'intervention des Nations unies en général, et du Conseil des droits de l'homme en particulier, sera gravement compromise".

Cette coalition est pourtant loin d'être assurée de l'emporter face à des Etats souvent suspectés de violations des droits fondamentaux qui souhaitent éliminer ou museler ces témoins gênants.

Le rapport de forces a en effet été profondément modifié au sein du Conseil par rapport à la Commission.

Les Etats d'Europe occidentale et d'Amérique du Nord ne sont plus que sept à siéger dans la nouvelle instance où l'Afrique est représentée par 13 pays, tout comme l'Asie (parmi lesquels la Chine). Six Etats, dont la Russie, forment le groupe d'Europe orientale tandis que l'Amérique latine et les Caraïbes réunissent 8 pays (dont Cuba).

Une démonstration éclatante de cette nouvelle donne a été administrée vendredi lorsque l'Union européenne a demandé des votes sur des textes proposés par Cuba et la Chine: la première résolution a été adoptée par 32 voix contre 12 et l'autre par 34 voix contre 13.

Le Conseil des droits de l'homme a également décidé au début de la semaine, à huis-clos et à une large majorité, de rayer la situation des droits de l'homme en Iran et en Ouzbékistan de la liste de ses préoccupations.

"Cela montre malheureusement une nouvelle fois que le Conseil ne se comporte pas en organisme crédible et que la communauté internationale ne peut pas le considérer comme capable de remplir la mission prévue", ont réagi les Etats-Unis, qui ont pris leurs distances avec le Conseil et refusent toujours d'y briguer un siège.

 

Mars 2007

 

Le Conseil des droits de l'homme achève sa session par une résolution sur le Darfour

Nations unies, New York, 30 mars 2007

 

Le Conseil des droits de l'homme a conclu aujourd'hui sa quatrième session par l'adoption de 11 résolutions et quatre décisions, y compris une résolution adoptée par consensus sur le Darfour exprimant sa préoccupation face aux graves violations des droits de l'homme qui y sont perpétrées.

Le Conseil a décidé de convoquer un groupe, présidé par le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme au Soudan, afin de travailler avec le gouvernement soudanais et les mécanismes de l'Union africaine pour suivre la situation sur le terrain et surveiller la mise en oeuvre des résolutions et recommandations existantes, a déclaré aujourd'hui le porte-parole du Secrétaire général à New York.

Le Conseil des droits de l'Homme était saisi du rapport de la Mission de haut niveau qu'il avait mise en place sur le Darfour

Jody Williams, chef de la Mission, avait affirmé que « le Soudan n'avait pas assumé sa responsabilité de protéger sa population », ce dernier s'estimant victime d'une conspiration à des fins politiques (dépêche du 16.03.07).

L'Américaine, prix Nobel de la paix en 1997, avait déploré que les civils soient victimes de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Dans la résolution adoptée aujourd'hui sur le Darfour, le Conseil « prend note avec regret du fait que la Mission de haut niveau n'a pu se rendre au Darfour » et « exprime sa profonde préoccupation face à la poursuite des violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire au Darfour ».

Interrogé aujourd'hui sur la « faiblesse » de cette résolution face au rapport des experts, le porte-parole du Secrétaire général à New York, Farhan Haq, a souligné que ce texte reflétait la position sur laquelle les membres du Conseil des droits de l'homme avaient pu trouver l'unanimité.

 

Mars 2007

 

"Profonde inquiétude" du Conseil des droits de l'homme de l'ONU pour le Darfour

Le Monde avec l'AFP, 30 mars 2007

 

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a exprimé, vendredi 30 mars, dans une résolution adoptée par consensus, sa "profonde inquiétude concernant la gravité des violations des droits de l'homme au Darfour" . Les 47 Etats membres du Conseil ont ainsi tenu compte des conclusions du rapport de la récente mission spéciale des Nations unies sur place qui accusait le Soudan d'avoir "orchestré" des crimes de guerre et contre l'humanité dans sa province du Darfour.

Cette résolution prévoit la nomination d'un groupe présidé par le rapporteur spécial sur les droits de l'homme au Soudan, Sima Samar, pour "travailler avec le gouvernement soudanais et les organes de protection des droits de l'homme de l'Union africaine" . Il sera notamment chargé "de contribuer à surveiller la situation des droits de l'homme sur le terrain" et "d'assurer le suivi effectif et d'encourager l'application des résolutions et recommandations sur le Darfour adoptées par le Conseil des droits de l'homme" , et d'autres organes de protection des droits de l'homme de l'ONU. Il devra présenter un rapport lors de la prochaine session de juin.

 

L'Union européenne sort victorieuse de son bras-de-fer avec Khartoum

 

L'Union européenne, avec le renfort de quelques pays africains, avait engagé le 16 mars un bras-de-fer avec le Soudan et ses alliés, qui tentaient de faire passer à la trappe le rapport élaboré par la mission spéciale conduite par la Prix Nobel de la paix Jody Williams. Khartoum l'avait taxé de "partialité" et demandé en début de session, avec le soutien de la Chine et de la Russie, qu'il ne soit même pas débattu par le Conseil. Le consensus a finalement pu être atteint grâce à un accord entre Européens et Africains sur un texte commun.

L'ambassadeur d'Allemagne, Michael Steiner, a souligné au nom de l'Union européenne que l'adoption de la résolution constitue "une importante décision, pour la crédibilité du Conseil des droits de l'homme, et plus encore pour la population du Darfour" . L'ambassadeur de France, Jean-Maurice Ripert, s'est félicité de l'adoption de la résolution, et a appelé "les autorités du Soudan à coopérer avec la justice internationale pour mettre un terme à l'impunité des auteurs de crimes" .

Dans son dernier rapport publié mi-mars sur la situation au Darfour, en guerre civile depuis plus de quatre ans, le bureau de l'ONU pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) estime à 2 millions le nombre de déplacés dans cette région au 1 er janvier 2007. Il s'agit de l'indication la plus précise avancée par l'ONU sur le nombre de déplacés au Darfour, où le conflit a déjà fait plus de 200 000 morts, selon une estimation généralement admise mais niée par les autorités de Khartoum

 

Mars 2007

 

Soudan, un génocide au Darfour ?

Ouest France, Editorial par Jeanne Emmanuelle Hutin, 29 mars 2007

 

« Si l'Onu et la communauté internationale n'interviennent pas... un jour vous vous réveillerez et les habitants du Darfour auront été, rayés de !a carte ». (1). Notre humanité n'a pas fini de compter ses morts ni de pleurer ses enfants du Darfour. «Ce que j'ai vu au coeur de ce qui deviendra, si nous ne faisons rien, le premier génocide du XXI° siècle, passe les limites de ce qui peut être toléré par une humanité civilisée: J'ai vu des villages brûlés sur dès; centaines de kilomètres : plus âme qui vive; plus trace: de présence humaine... » , écrit Bernard-Henri Lévy (2).

Ce drame ressemble .à celui du Sud-Soudan, en.1998. Le gouvernement isl amiste de Khartoum, le même qu'aujourd'hui, mettait la main sur le pétrole, repoussant les requêtes des provinces et islamisant la population. Les animistes et les chrétiens de cette région se rebellèrent. Alors le gouvernement Ce ntral entra en guerre contre son peuple. Comme il l'est aujourd'hui contre les habitants noirs de la province du Darfour:

En 1998, comme aujourd'hui; c'est l'aviation militaire qui bombarde les villages. Et, sur le terrain, les milices ar mées par le gouvernement, attaquent les , civils . Ouest France, en 1998; dé nonçait leurs méfaits: «Le train s'est remis en marche: Malheureusement, sa sécurité est assurëe par des milices à cheval qui le précèdent et ravissent tout ce qu'elles peuvent dans les villages proches de la voie. Ainsi le train, qui devrait être celui de l'espérance, devient le train de la peur et l'on s'enfuit à son approche avec ce que l'on peut emporter de ses pauvres biens ».(3).

Maintenant, au Darfour, les milices janjawids tuent les villageois, massacrent les enfants et leurs mères, violent femmes et fillettes! Chacune de ces deux guerres compte deux millions et demi de réfugiés.

 

Empêcher les massacres

 

Aujourd'hui, «l'action humanitaire est intentionnellement entravée par le gouvernement soudanais: des ONG ont été obligées de quitter la zone » j~.(4). Mais, en 1998, les mêmes, ont interdit le survol de régions, empêchant l'aide humanitaire de parvenir et mettant en danger la vie de 2600 000 personnes (4) ! Maintenant, au nord du Darfour, des centaines de milliers de personnes sont abandonnées, livrées sans défense aux massacres.

La communauté internationale doit prendre des mesures urgentes pour protéger ces personnes, demande Jody Williams, Prix Nobel de la paix. «Chaque État, a la responsabilité de protéger sa population contre le génocide, les crimes de guerre: Lorsqu'un Etat n'est pas capable ou refuse de le faire, , il est de la responsabilité de la communauté internationale de réagir », a-t-elle déclaré au. Conseil des droits de l'homme.

Dès voix s'élèvent pour sanctionner. le Soudan et ses soutiens, comme l'Algérie, la Russie et la Chine: Faut-il boycotter les Jeux olympiques de Pékin et les produits chinois? Le veto de la Chine paralyse la communauté internationale, alors qu'elle-même arme le: Soudan, violant l'embargo de l'Onu.

Le collectif Urgence Darfour demande aux États européens d'envoyer «immédiatement une force d'inter position pour protéger effectivement les populations d'un massacre généralisé» . Pour Bernard Kouchner, on peut intervenir sans «nous lancer dans un nouvel Irak. Le principe du droit d'ingérence humanitaire permet le libre accès aux victimes. La France doit s'engager fortement auprès de l'Onu pour faire ouvrir des corridors humanitaires » (5).

En cette semaine anniversaire de la naissance de l'Union européenne, «née de l'atrocité pour s'unir contre de futures atrocités » , l'Europe doit agir, comme le demandent dix intellectuels européens (6). Elle doit continuer d'unir sa voix. Mais, sans l'action résolue des ministres des Affaires étrangères européens, rien ne sera possible. «Ils devraient écouter l'appel du Parlement européen qui les exhorte à utiliser des sanctions à l'encontre de Khartoum », écrit Chris Patten (7). Le sort des hommes, des femmes et des enfants du Darfour ne peut plus attendre.

 

(1) Le Monde, 2 et 9 décembre 2006.

(2) Paris Match, 15 mars 2007.

(3) Re portages de François Régis Hutin dans Ouest France, les 11 avril 1985; 10,

11, 23 août et 23 d8cembre1998 ;

( 4) europetition@europetition-darfour.com

(5) Le Nouvel Observateur, 15 mars 2007.

(6) Le Monde, 25 mars 2007.

(7) Le Monde, 27. mars 2007.

 

Mars 2007

 

"Le Soudan n'a rien à cacher"  

Interview de Lam Akol recueilli par Vincent Hugeux

 

Lam Akol, ministre des Affaires étrangères du Soudan, a affirmé lundi, lors d'une réunion préparatoire au prochain sommet de la Ligue Arabe, que son gouvernement ne livrerait jamais "aucun citoyen soudanais" à la Cour pénale internationale. Il s'explique, pour l'Express, sur l'obstruction de Khartoum à l'égard de l'ONU et de la justice internationale

 

L'Express, 27 mars 2007

 

Que craignez-vous d'un déploiement de Casques bleus au Darfour?

Rien. Mon gouvernement n'est pas hostile aux forces des Nations unies. 10 000 Casques bleus opèrent dans le sud du pays en vertu d'un arrangement négocié. S'agissant du Darfour, l'accord de paix de mai 2006 - le DPA - prévoit le déploiement de troupes de l'Union africaine (UA), mais aucun dispositif onusien. On nous dit que les soldats de l'UA se heurtent à des écueils en termes de financement, d'administration, de commandement et de contrôle. Qu'on y remédie, avec si besoin l'assistance des Nations unies. Mais celles-ci sont la cause du retard dans la mise en œuvre de la première étape de l'accord en trois phases qui doit aboutir à la création d'une force hybride UA-ONU. On attend toujours la moitié des 105 experts militaires et de la trentaine de policiers annoncés.

 

Que vous inspire le rapport, accablant pour votre régime, de la mission du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, dirigée par le Prix Nobel de la paix Jody Williams?

Il devait s'agir d'une enquête factuelle. Or cette mission ne s'est pas même rendue au Darfour.

 

Comment l'aurait-elle pu, dès lors que vous avez refusé d'accorder les visas demandés?

C'est faux. Mme Williams exigeait leur délivrance en une heure [NDLR: ce que l'intéressée dément, courriers à l'appui]. Mais au moins un membre de cette équipe avait déjà conclu à l'existence d'un génocide. Dès lors, à quoi bon enquêter? Pour autant, nous n'avons rien à cacher. Et nous invitons le Conseil des droits de l'homme à envoyer dans le respect des procédures une autre délégation, composée de manière appropriée.

 

Comment Khartoum ripostera-t-il à d'éventuelles sanctions internationales?

Celles-ci ne reposeraient sur aucune base légale. Au demeurant, le Soudan subit déjà des sanctions unilatérales de la part des Etats-Unis, puisqu'il figure toujours sur la liste des Etats soutenant le terrorisme. Or Washington sait très bien que la coopération en la matière entre nos organes de sécurité et les leurs est excellente. Ce sont leurs propres experts qui le disent.

 

Vu du terrain, l'accord de mai 2006 relève de la fiction.

La question est de savoir si les dispositions de cet accord sont bonnes pour le Darfour. Et elles le sont. A titre d'exemple, il réserve aux Darfouriens 50% des places dans les universités de cette région et 15% ailleurs dans le pays. De même, l'accord prévoit de doter un fonds de développement d'au moins 300 millions de dinars - soit environ 12 millions d'euros - montant que nous sommes prêts à multiplier par 6 ou 7.

 

Pourquoi récuser la Cour pénale internationale (CPI), alors que votre justice n'a inquiété pour l'heure que des seconds couteaux?

Ali Kosheib [NDLR: chef milicien] n'est pas un second couteau, puisqu'il est visé par la CPI. Notre tribunal spécial a peut-être des déficiences. Il devrait mieux faire connaître ses travaux. Reste un point fondamental: le Soudan n'a pas adhéré à la CPI, et ne peut en droit être soumis à sa juridiction. En serait-il membre qu'il invoquerait le principe de complémentarité: la Cour ne peut agir que lorsque la volonté ou la capacité d'un Etat fait défaut. Ce qui n'est pas le cas.

 

Comment enrayer l'anarchie qui semble régner à la frontière soudano-tchadienne?

La situation n'est pas totalement sous contrôle. Mais les relations entre Khartoum et N'Djamena sont plus fortes que jamais. Nous coopérons en vue de former une force conjointe appelée à empêcher les mouvements rebelles transfrontaliers. [NDLR: le 23 mars, au lendemain de cet entretien, N'Djamena condamnait le bombardement par l'aviation soudanaise de deux localités de l'extrême est du Tchad.]

 

Mars 2007

 

L'Europe pusillanime au Darfour, par Chris Patten  

Le Monde , 27 mars 2007

 

Alors que la tragédie du Darfour entre dans sa quatrième année, il est difficile de croire que la réponse de l'Union européenne ait été si timide. L'Europe n'a pris aucune mesure efficace pour faire pression sur Khartoum afin qu'il mette fin aux crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par ses troupes et par les milices dans l'ouest du Soudan. Pendant ce temps, plus de 2 millions de personnes ont dû quitter leurs maisons et plus de 200 000 civils sont morts dans la campagne soutenue par le gouvernement.

Bien sûr, si la simple expression du malaise européen face à la situation au Darfour était efficace, il y a longtemps que le nettoyage ethnique en cours au Darfour aurait été stoppé. Depuis avril 2004, les ministres des affaires étrangères européens ont adopté au sein du Conseil de l'UE 19 conclusions sur le Darfour - la plus récente en date du 5 mars - dans lesquelles le Conseil déclarait pas moins de 53 fois être "préoccupé", " vivement préoccupé" ou "profondément préoccupé" par la situation dans la région.

Comme on pouvait s'y attendre, Khartoum n'a pas vraiment été impressionné par la préoccupation des Européens. Dès qu'il s'agit d'aller au-delà des mots, l'UE ne se montre pas à la hauteur et elle n'a, dans les faits, sanctionné que quatre individus : un ancien commandant des forces aériennes soudanaises, un dirigeant des milices janjawids et deux rebelles. Elle a également imposé aux parties en conflit un embargo sur les armes dont l'efficacité reste à démontrer et que toutes ces parties ont aisément pu contourner.

La réticence de l'UE à agir de façon plus vigoureuse ne tient pas à une quelconque objection philosophique concernant l'emploi de sanctions. L'Europe s'est montrée, par exemple, décidée à geler les avoirs des dirigeants biélorusses et à leur imposer des interdictions de visa parce qu'ils étaient responsables d' "atteintes aux normes électorales internationales" et de "répression à l'égard de la société civile".

L'UE a également imposé des interdictions de visa à des séparatistes moldaves à la suite d'une campagne que ceux-ci avaient menée contre des écoles de langue latine et aux dirigeants ouzbeks après le massacre d'Andijan. Gel des avoirs et interdictions de visa sont des sanctions qui ont encore été employées contre des agitateurs au Congo, au Liberia et en Côte d'Ivoire. Mais si ceux-ci méritaient effectivement d'être condamnés, leurs actions font pâle figure comparées à la campagne de dévastation systématique menée avec la bénédiction de l'Etat au Darfour.

Personne en Europe ne peut non plus contester l'implication active de Khartoum dans les atrocités commises au Darfour. Si des doutes avaient subsisté, ils auraient été balayés le mois dernier lorsque le procureur de la Cour pénale internationale a présenté des preuves substantielles contre deux individus accusés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, dont un ministre du gouvernement, Ahmad Haroun. Sur le rôle joué par celui-ci, le procureur a déclaré : "Parmi ses tâches de coordination, la plus importante était sa gestion, et son implication personnelle, dans le recrutement, le financement et l'armement des milices janjawids." Les preuves présentées sont sans doute l'élément le plus parlant quant au rôle central joué par le gouvernement soudanais (et ce au plus haut niveau) dans la planification et l'exécution des atrocités au Darfour.

Aujourd'hui, la dévastation continue et, sur le terrain, la situation, qui était déjà effroyable, s'est encore détériorée ces derniers mois. A la mi-janvier, les agences d'aide présentes au Darfour avertissaient qu'elles ne pourraient poursuivre leurs opérations si la situation sécuritaire ne s'améliorait pas. D'autre part, Khartoum apporte un soutien actif à des groupes rebelles en République centrafricaine et au Tchad malgré le risque de propagation de terribles conséquences humanitaires que cela entraîne pour ces pays voisins.

Plutôt qu'exprimer leur préoccupation une 54 e fois, les ministres des affaires étrangères européens devraient s'employer lors de leur prochaine réunion mensuelle, en avril, à écouter l'appel du Parlement européen qui les exhorte à utiliser des sanctions à l'encontre de Khartoum. Ils devraient imposer des interdictions de visa et le gel des avoirs de tous les individus nommés dans les rapports de la Commission d'enquête et du groupe d'experts des Nations unies.

Ils devraient également envisager de prendre des mesures ciblées, d'une part, sur les revenus générés par le secteur pétrolier soudanais et, d'autre part, sur l'approvisionnement en biens et services ainsi que sur l'investissement étranger dans ce secteur et dans d'autres secteurs associés. Ils devraient enfin autoriser l'ouverture d'une enquête sur les comptes offshore des entreprises soudanaises liées au parti au pouvoir à Khartoum, le parti du Congrès national, ce qui ouvrirait la voie à des sanctions contre les entreprises commerciales du régime, qui sont le principal canal de financement des milices janjawids à l'origine de tant de malheurs au Darfour.

Les déclarations ne suffiront certainement pas pour faire réfléchir à deux fois le gouvernement soudanais. Khartoum est à plusieurs reprises revenu sur les engagements qu'ils avaient pris en vue de désarmer les janjawids, de mettre en application les divers accords de cessez-le-feu et de permettre le déploiement d'une force de maintien de la paix plus robuste, le tout dans une impunité absolue. Et tant qu'on ne lui impose pas un prix à payer significatif, Khartoum n'a aucun intérêt à écouter les dirigeants européens ou à modifier son comportement.

Enfin, ce qui est sans doute le plus mal compris dans tout cela est l'historique du régime de Khartoum face à la pression internationale. Tout particulièrement, s'il a signé l'accord de paix global en janvier 2005 qui mettait fin à une guerre civile de vingt ans dans le sud du pays, c'est en partie en raison des exigences de la communauté internationale qui s'accompagnaient de certaines mesures vigoureuses. Le régime soudanais est peut-être meurtrier, mais cela ne l'empêche pas de se soucier de sa propre survie et il détermine son action en fonction de la coercition internationale.

La "préoccupation" de l'Europe ne suffira pas. Il est temps d'adopter une série de sanctions sévères qui pourraient effectivement faire réagir Khartoum et convaincre les dirigeants soudanais que poursuivre la campagne de violence qu'ils mènent contre leurs propres citoyens a des coûts réels.

Chris Patten, ancien commissaire européen chargé des relations extérieures, préside le conseil d'administration d'International Crisis Group.

 

Mars 2007

 

Le Soudan ne livrera "aucun citoyen soudanais" à la Cour pénale internationale  

Jeune Afrique, 26 mars 2007

 

Le ministre soudanais des Affaires étrangères, Lam Akol, a affirmé lundi que son gouvernement ne livrerait jamais "aucun citoyen soudanais" à la Cour pénale internationale (CPI), car celle-ci "n'a pas le droit de juger des citoyens soudanais".

Ce Tribunal international "n'a pas le droit de juger des citoyens soudanais", a-t-il déclaré à Ryad, dans une référence claire au conflit du Darfour, lors de l'ouverture de la réunion des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe.

"La position du Soudan est de ne livrer aucun citoyen soudanais à une partie non soudanaise, même s'il fait partie de ceux qui portent les armes contre le gouvernement", a-t-il affirmé lors du discours inaugural de la réunion, son pays ayant été l'hôte du dernier sommet arabe.

Le président soudanais Omar el-Béchir a, jusqu'ici, toujours refusé de remettre à la justice internationale les Soudanais soupçonnés de crimes de guerre et de crimes contre l'Humanité au Darfour, région de l'ouest du pays en proie à la guerre civile depuis 2003.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a annoncé fin février à La Haye avoir présenté aux juges des preuves contre Ahmed Haroun, un responsable du gouvernement soudanais, et Ali Kosheib, présenté comme un chef milicien, accusés d'avoir commis des exactions contre la population civile au Darfour.

La justice soudanaise nie toute compétence à la CPI.

Le président soudanais a assuré que collaborer avec la CPI reviendrait à "aider les ennemis à démanteler le pays et à le déstabiliser".

Le Soudan conteste l'ampleur des violences au Darfour qui, selon des organisations internationales, ont fait en quatre ans 200.000 morts et environ 2 millions de déplacés.

 

Mars 2007

 

l'UE prête à des sanctions plus sévères contre le Soudan (Merkel)

Le Monde avec l'AFP, 25 mars 2007

 

La chancelière allemande Angela Merkel, qui préside l'Union européenne, a menacé dimanche le Soudan de "sanctions plus sévères" s'il ne se "pliait pas enfin" aux résolutions de l'ONU pour mettre fin au conflit dans la province du Darfour.

"Nous lançons un appel au président Omar el-Béchir du Soudan pour qu'il se plie enfin aux résolutions de l'ONU. Je le dis sans ambages: nous devons envisager des sanctions plus sévères", a averti Mme Merkel dans son discours sur les 50 ans de l'UE devant les chefs d'Etat et de gouvernement européens réunis à Berlin.

"Songeons, en un jour comme aujourd'hui, aux habitants du Zimbabwe et du Darfour. La souffrance y est insupportable", a déclaré Mme Merkel.

L'UE applique déjà un embargo sur les armes contre Khartoum depuis 2004.

Le Soudan s'oppose à la mise en oeuvre d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui prévoit le déploiement progressif d'une force internationale de 20.000 hommes au Darfour.

Le conflit dans cette province occidentale du Soudan, qui oppose les rebelles issus des populations noires locales à des milices arabes appuyées par l'armée soudanaise, a fait 200.000 morts, essentiellement des civils, et plus de 2 millions de déplacés depuis quatre ans, selon l'ONU.

Samedi, dix intellectuels européens reconnus avaient dénoncé le fait que les dirigeants de l'UE se soucient plus de la célébration du 50e anniversaire du traité de Rome que de la nécessité d'imposer des sanctions plus sévères au Soudan.

"Comment nous Européens, osons-nous célébrer ce week-end, alors que sur le continent à quelques kilomètres au sud du nôtre, les gens les plus sans défense, les plus dépossédés de tout, les plus faibles sont assassinés au Soudan", ont-ils écrit dans une lettre au quotidien britannique The Independent.

Dans son discours dimanche, Mme Merkel a aussi mentionné le Zimbabwe, mais d'un seul mot, sans évoquer directement les intimidations et violences politiques du régime du président Robert Mugabe à l'égard de ses opposants.

 

Mars 2007

 

La violence au Darfour menace de s'étendre à Khartoum  

Jeune Afrique, 25 mars 2007

 

La violence au Darfour menace de s'étendre à la capitale soudanaise, après que le seul groupe rebelle de cette province occidentale en guerre civile à avoir signé la paix avec le gouvernement a averti dimanche qu'il pourrait reprendre les combats contre le pouvoir central.

Le Mouvement de libération du Soudan (SLM) de Minni Minnawi a fait cette annonce après avoir perdu huit de ses hommes dans un accrochage avec la police samedi à Omdurman, ville jumelle de Khartoum.

"L'attaque par la police et les forces de sécurité contre le domicile de nos hommes est une violation du cessez-le-feu consacré par l'accord de paix d'Abuja que nous avons signé avec le gouvernement" en 2006, a affirmé à l'AFP le porte-parole du SLM, Tayyeb Khamis.

"Nous sommes prêts à reprendre la guerre, (y compris à) Khartoum, si le gouvernement veut combattre", a-t-il ajouté.

D'après M. Khamis, les heurts ont éclaté lorsque des membres du SLM ont refusé de livrer aux forces de l'ordre deux partisans du groupe recherchés pour un "problème de circulation" survenu récemment.

Onze personnes ont trouvé la mort dans ces heurts: deux policiers, huit partisans du SLM et une femme, a-t-il précisé.

Pour le leader du mouvement Minni Minnawi, "il y a de la part du gouvernement une volonté délibérée de saboter le processus de paix".

"Ils (des agents du gouvernement) ont provoqué une dispute" pour "justifier l'assaut", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Khartoum.

"Ce qui s'est passé traduit une volonté de passer de l'état de paix à l'état de guerre", a-t-il estimé, exigeant une enquête indépendante.

Cet accrochage est le premier dans la région de Khartoum entre le SLM et les forces gouvernementales, et le plus grave dans le secteur de la capitale depuis les émeutes provoquées par la mort du dirigeant sudiste John Garang, qui avaient fait 45 morts en 2005.

Un témoin a affirmé à l'AFP que la zone où l'accrochage avait eu lieu avait été transformée en "un véritable champ de bataille" pendant plusieurs heures.

"Les rues étaient désertes à l'exception de la police et de ses véhicules blindés. La police patrouillait et tirait à l'arme légère sur des hommes du SLM, qui répondaient de l'intérieur du domicile" attaqué, a-t-il dit.

D'après le SLM et d'autres témoins, aucun autre incident n'a eu lieu dimanche.

Le chef de la police de Khartoum, Mohammed Naguib al-Tayeb, a pour sa part affirmé que les résidents du quartier en question se plaignaient régulièrement de la menace posée par la présence de membres armés du SLM.

Cité par les médias officiels, le ministre de l'Intérieur Zoubeïr Béchir Taha a qualifié les événements de "regrettables", tout en insistant sur le fait qu'ils n'affecteraient pas le processus de paix.

Le ministre s'est entretenu des heurts avec Minni Minawi et a souligné que la paix était "la question la plus importante et devrait donc être maintenue", selon ces médias.

Le SLM de Minni Minnawi est l'un des mouvements ayant lancé début 2003 une rébellion contre Khartoum, réclamant pour la région occidentale du Darfour une répartition équitable du pouvoir et des richesses. Sa faction majoritaire avait cependant signé en mai 2006 un accord de paix avec le gouvernement.

Depuis, le mouvement est présent à Khartoum et y a ouvert un bureau pour maintenir des contacts directs avec le gouvernement central.

L'accord de paix n'a pas été bien accueilli au Darfour. Le mouvement a depuis connu des divisions, plusieurs factions ayant opté pour la poursuite des opérations militaires contre les forces gouvernementales.

Le conflit au Darfour a fait 200.000 victimes et deux millions de déplacés, selon les organisations internationales, des chiffres contestés par le Soudan.

 

Mars 2007

 

Tony Blair plaide pour des nouvelles sanctions contre le Soudan

Angola Presse, 24 mars 2007

 

Bruxelles, 24/03 - Le Premier ministre britannique, Tony Blair, a adressé une lettre à la Chancelière allemande, Angela Merkel, qui assure la présidence en exercice de l`Union européenne, pour l`adoption des nouvelles sanctions contre le Soudan suite au refus des autorités de ce pays de mettre fin aux violences au Darfour, a appris la PANA de source officielle à Bruxelles.

Selon un porte-parole européen, le sujet figure à l`ordre du jour du Sommet des chefs d`Etat et de gouvernement de l`Union européenne prévu samedi et dimanche à Berlin (Allemagne), à l`occasion du 50ème anniversaire du Traité de Rome ayant donné naissance à l`Union européenne.

De 6 pays à l`origine en 1957, la Communauté économique européenne (CEE), devenue Union européenne, compte depuis janvier 2007, 27 Etats membres.

Tony Blair demandera l`adoption de sanctions ciblées contre au moins 100 personnalités soudanaises parmi lesquelles des ministres, et des membres de leur entourage, a fait savoir le porte-parole.

Ces sanctions pourraient comprendre un "Travel Ban" (interdiction de visa) ainsi que le gel des avoirs à l`étranger des principaux responsables soudanais.

Par ailleurs, le Premier ministre britannique demandera que l`Union européenne propose au Conseil de sécurité de l`ONU l`adoption de telles sanctions.

 

Mars 2007

 

Le Soudan a suspendu 52 ONG au Darfour

L'hebdomadaire, Dakar, 23 mars 2007

 

Le Soudan a suspendu 52 organisations non-gouvernementales (ONG) locales opérant au Darfour suite à une enquête menée pour déterminer leur conformité aux règlements en vigueur dans le pays, a appris APA jeudi de source officielle.

Selon Jamal Youssef Idriss, un responsable de la commission gouvernementale d'assistance humanitaire, les ONG n'ont pas cependant pas encore été expulsées du Darfour.

« Quelques unes parmi ces ONG n'existent que de nom, elles n'ont ni siège, ni véhicules, elles ont juste des documents et des cachets », a t-il déclaré.

Mr. Idriss a également indiqué que la commission d'enquête a révélé que seulement 48 sur les 100 ONG du Soudan enregistrées dans la région du Darfour sud disposaient de documents légaux.

Cependant, a-t-il ajouté, les quelques 52 autres ressemblent plutôt à des « ONG fantômes ».

« Beaucoup d'entre elles pourraient être autorisées à reprendre leurs activités. Aucune décision finale relative à leur expulsion n'a été encore dégagée », a souligné Mr. Idriss, précisant que « nous leur avons fait suspendre leurs activités pour quelques jours seulement ».

L'objectif de l'enquête était d'éviter que des ONG bénéficient frauduleusement de contrats et de l' argent des Nations Unies ou des partenaires au développement sans jamais rien exécuter », a-t-il déclaré.

Le Darfour accueille la plus large opération humanitaire du monde avec environ 14000 agents humanitaires dont la plupart sont des Soudanais travaillant avec des ONG internationales.

Mr. Jamal Youssef Idriss a ajouté qu'il avait prévu de convoquer des réunions avec toutes les ONG afin de discuter de la reprise des activités.

 

Mars 2007

 

Le plus grand problème humanitaire est au Darfour  

Xinhuanet, 23 mars 2007

 

Un responsable de l'ONU, en visite au Soudan, a décrit jeudi la crise humanitaire dans la région de Darfour (ouest du Soudan) comme "le plus grand problème humanitaire dans le monde".

John Holmes, le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence des Nations Unies, a fait cette remarque après une rencontre avec le ministre soudanais des Affaires étrangères, Lam Akol, sur la situation au Darfour.

Le nouveau responsable humanitaire de l'ONU, qui est arrivé à Khartoum mercredi pour une visite d'une semaine, a déclaré qu'il s'est rendu au Soudan peu après son entrée en fonction le 1er mars en raison de la gravité du problème humanitaire au Darfour.

M. Holmes a souligné l'importance que toutes les parties concernées travaillent ensemble pour garantir la sécurité des citoyens et des membres des organisations d'aide internationale travaillant dans la région et aussi faciliter l'accès de l'assistance humanitaire à ceux affectés par les conflits

Ali al-Sadig, porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, a réitéré l'engagement de son gouvernement à faciliter le travail des organisations d'aide internationale, souhaitant que celles-ci puissent continuer leurs opérations dans la région.

M. Holmes a aussi tenu des entretiens jeudi avec le ministre soudanais des Affaires humanitaires, Kosti Manibe.

Décrivant ces entretiens comme "très utiles et constructifs", le responsable de l'ONU a souligné que seule une solution politique pourrait mettre fin aux souffrances au Darfour.

"Evidemment la première chose est de trouver une solution politique qui réglera le problème et annulera le besoin du soutien humanitaire", a affirmé M. Holmes.

Arrivé à Khartoum mercredi, le responsable de l'ONU doit se rendre au Darfour samedi avant de se rendre dans les pays voisins le Tchad et la République centrafricaine.

 

Mars 2007

 

Les camps de déplacés au Darfour atteignent leur capacité maximale

IRIN, Nairobi, 22 mars 2007

Les camps de déplacés internes de la région du Darfour, dans l'ouest du Soudan, ont presque atteint leur capacité maximale et ne peuvent plus accueillir le flux incessant de personnes fuyant les violences, a indiqué un rapport rédigé par les Nations Unies et des agences humanitaires.

Au Nord Darfour, le camp d'As Salaam ne peut plus accueillir de déplacés en raison de la pénurie d'eau, le camp d'Abu Shouk est fermé aux nouveaux arrivants et celui de Zam Zam a presque atteint sa capacité maximale, a souligné le rapport de février sur la situation humanitaire au Soudan (Sudan Humanitarian Overview for February, en anglais).

Ce rapport a été préparé par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) en étroite collaboration avec d'autres agences onusiennes et organisations non gouvernementales partenaires.

Selon le rapport, il y a eu quelque 30 000 personnes déplacées dans le Darfour au cours du mois de février, et près de 80 000 au total depuis le mois de janvier.

Les déplacements les plus importants ont eu lieu dans le Sud Darfour, où les attaques des troupes gouvernementales soudanaises et de leurs milices ont fait quelque 25 000 déplacés. Depuis janvier, 12 595 personnes ont été déplacées dans l'Ouest Darfour et 11 500 dans le Nord Darfour.

Les populations civiles continuent de subir quotidiennement des agressions sexuelles et physiques et les restrictions de mouvement, la bureaucratie et la violence ciblée sont autant de facteurs qui empêchent les acteurs humanitaires d'accéder à ces populations.

Toujours selon le rapport, la liberté de mouvement des agences humanitaires dans le Darfour a été réduite de 64 pour cent et 20 pour cent des populations affectées ne bénéficient d'aucune aide humanitaire.

« En moyenne, près de 2,45 millions de personnes, soit 70 pour cent de la population affectée par le conflit, ne bénéficient pas d'une aide alimentaire substantielle », a révélé le rapport. Toutefois, le rapport a noté qu'en février, les combats entre les forces gouvernementales et la rébellion ont sensiblement baissé par rapport aux mois de décembre et de janvier, de même que les bombardements aériens sur les zones habitées.

Les opérations humanitaires ont repris à Tawilla et Khazan, ainsi qu'à Tungur, dans le Nord Darfour, mais l'insuffisance des garanties de sécurité a retardé la reprise de ces opérations à Gereida, dans le Sud Soudan.

Un autre rapport, publié le 12 mars par la commission spéciale du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies sur la situation au Darfour, a accusé le gouvernement soudanais de n'avoir pas protégé les populations civiles et d'avoir orchestré et commis des atrocités contre son propre peuple.

« Le cas de violation des droits de l'homme le plus flagrant est la violente campagne de représailles orchestrée par le gouvernement du Soudan et ses milices Janjawid et qui a visé essentiellement les populations civiles », a noté le rapport, publié lors de l'ouverture de la session de trois semaines du Conseil des droits de l'homme, à Genève, en Suisse.

Le rapport a dénoncé notamment les meurtres, tortures, viols en réunion, déplacements forcés et arrestations arbitraires, des accusations rejetées en bloc par le gouvernement soudanais. Le conflit du Darfour a éclaté en 2003 lorsque des groupes de rebelles ont pris les armes contre le gouvernement de Khartoum qu'ils accusaient alors de marginalisation et d'abandon économique de la population de la région.

Pour mâter ce mouvement insurrectionnel, les autorités soudanaises ont armé des milices arabes, les Janjawid, accusées à leur tour de mener des campagnes systématiques de meurtres, de viols et de pillages visant les populations non arabes du Darfour.

Le conflit du Darfour a fait près de deux millions de déplacés et débordé sur l'est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine.

 

Mars 2007

 

Le coordinateur humanitaire de l'ONU entame une mission au Soudan  

Le Monde, 22 mars 2007

Le nouveau secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d'urgence de l'ONU, John Holmes, est arrivé mercredi à Khartoum pour une mission d'évaluation d'une semaine, a annoncé un responsable soudanais.

Le diplomate britannique, qui a succédé le 1er mars au Norvégien Jan Egeland, doit rencontrer des responsables soudanais puis se rendre à Juba (sud) et au Darfour (ouest), a précisé Sirajeddine Hamed, chef du département de la paix et des affaires humanitaires au ministère soudanais des Affaires étrangères.

Dans son dernier rapport publié mi-mars sur la situation au Darfour, en guerre civile depuis plus de quatre ans, le bureau de l'ONU pour la coordination des Affaires humanitaires (OCHA) estime à 2 millions le nombre de déplacés dans cette région au 1er janvier 2007.

Il s'agit de l'indication la plus précise avancée par l'ONU sur le nombre de déplacés au Darfour, où le conflit et ses conséquences ont fait, selon une estimation généralement admise, 200.000 morts.

L'ONU et les ONG se plaignent continuellement des conditions de travail difficiles au Darfour en incriminant à la fois des forces gouvernementales et des groupes rebelles pour les attaques et les entraves à leur action.

Dans son bulletin quotidien publié mercredi, la mission de l'ONU au Soudan (UNMIS) a averti que les camps de déplacés au Darfour étaient au maximum de leur capacité.

"Avec 30.000 personnes chassées de chez elles pour le seul dernier mois (février), les camps de déplacés sont à leur capacité maximum", écrit l'UNMIS.

"Nous ne pouvons plus absorber de déplacés", a dit le représentant de l'Unicef au Soudan, Ted Chaiban, cité par le bulletin.

La mission de M. Holmes intervient au moment où les pressions, notamment américaines, s'accentuent sur le Soudan pour accepter une opération de maintien de la paix hybride entre l'ONU et l'Union africaine (UA) au Darfour.

A ce propos, le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, Ali Sadek, a affirmé que son pays ne céderait pas face aux menaces américaines de nouvelles sanctions.

M. Sadek, cité par l'agence officielle Suna, a attribué ces menaces à "des adeptes du recours à la force au sein de l'administration américaine" mais affirmé que son pays maintiendrait sa position consistant à "défendre sa souveraineté".

Il a estimé que les Etats-Unis, "en tant qu'unique puissance mondiale, devraient recourir à la diplomatie pour établir la sécurité dans le monde", ajoutant que "le Soudan est ouvert au dialogue sur la crise du Darfour".

 

Mars 2007

 

Chirac durcit le ton, les candidats s'engagent

Jeune Afrique, 21 mars 2007

 

Le président Jacques Chirac a menacé mardi soir le Soudan de sanctions lors de la plus grande mobilisation pour le Darfour organisée à Paris et marquée par l'engagement des principaux candidats à la présidentielle de faire cesser les massacres dans la province soudanaise.

"Je le dis solennellement : si les exactions se poursuivent, si la parole n'est pas respectée, le Conseil de sécurité n'aura pas d'autre choix que d'adopter des sanctions. Déjà, nous y travaillons", déclare M. Chirac dans un message lu par Bernard-Henri Lévy lors de ce meeting du collectif Urgence Darfour à la Mutualité.

Le chef de l'Etat, bientôt arrivé au terme de son dernier mandat, a assuré qu'il n'y aura "pas d'impunité" pour les auteurs de "crimes contre l'humanité" et que "tout doit être fait pour que la force de l'ONU et de l'Union africaine puisse se déployer au Darfour".

Une résolution du Conseil de sécurité prévoit le déploiement progressif d'une force conjointe ONU-Union africaine de 20.000 hommes au Darfour, pour mettre fin aux violences entre les rebelles issus des populations noires locales et des milices arabes appuyés par l'armée soudanaise. Le conflit a fait 200.000 morts, essentiellement des civils, et plus de 2 millions de déplacés depuis quatre ans, selon l'Onu.

Face au refus du régime du président Omar el-Béchir d'accepter le déploiement d'une force internationale, la Grande-Bretagne a déjà brandi la menace de sanctions et les Etats-Unis ont souhaité une nouvelle résolution, alors que, jusqu'à présent, la France s'était montrée très réservée sur ces mesures.

Le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, très attaqué mardi soir sur "l'inaction" de la France, a répondu que "s'il n'y a pas d'accord politique entre les différents groupes rebelles et le gouvernement soudanais, n'importe qu'elle intervention militaire qui se substituerait à un accord politique serait vouée à un échec total".

Il a également souligné qu'au sein du Conseil de sécurité de l'Onu il fallait "convaincre" les trois pays soutenant jusqu'ici le Soudan (Chine, Afrique du Sud, Indonésie) pour obtenir des décisions prises à l'unanimité et donc plus efficaces selon lui.

Deux des candidats à la présidentielle, l'UDF François Bayrou et la socialiste Ségolène Royal, présents mardi soir, ont proposé de faire pression sur la Chine en menaçant de boycotter les Jeux olympiques de Pékin (2008).

De son côté, le candidat UMP Nicolas Sarkozy a fait savoir par un courrier lu sous des huées que s'il est élu, il mettrait en place des sanctions unilatérales de la France contre le Soudan.

Tous trois ont signé un engagement en huit points en faveur du Darfour, tout comme Dominique Voynet (Verts) et Marie-Georges Buffet (communiste).

Pour cette soirée, à laquelle plusieurs centaines de personnes ont assisté, Urgence Darfour avait mobilisé des personnalités diverses: Bernard Kouchner, Fadela Amara, Fanny Ardant, Nicole Garcia, Claude Lanzmann, André Glucksman ou encore Romain Goupil.

Une délégation de réfugiés darfouris a été applaudie très longuement par la salle, debout, ainsi que le chef de l'un des mouvements rebelles du Darfour, Abdul Wahid (Mouvement de libération du Soudan).

Ce dernier a appelé la France et l'Union européenne à choisir: "soit vous envoyez une force internationale, soit vous nous donnez des armes pour nous défendre", a-t-il lancé.

 

Mars 2007

 

Le Darfour sort de l'ombre à Paris

Politiques et intellectuels se sont succédé au meeting organisé hier.

 

Libération, par Christophe Ayad, 21 mars 2007

 

 

Tous unis pour le Darfour, les organisateurs du meeting d'hier soir à la Mutualité ont réussi leur pari : les principaux candidats à l'élection présidentielle ont non seulement signé leur texte en huit points ( Libération  d'hier) les engageant à agir concrètement pour faire cesser les massacres au Darfour, mais aussi plusieurs d'entre eux sont venus en personne. François Bayrou le premier. Le seul des candidats à s'être rendu au Darfour, il y a deux ans, a paraphé le texte. «Il n'y a rien de plus facile que d'arrêter cette tragédie, ce génocide [...]. Si ce drame ne cesse pas, la France s'honorerait à ne pas venir aux Jeux olympiques  [de Pékin en 2008, ndlr] .»  La Chine, principal soutien diplomatique du régime soudanais, a été huée par la salle, quasi pleine.

Bernard-Henri Lévy, François Zimeray de SOS-Darfour, Laurent Fabius... ont raconté leur récent séjour au Darfour et dans l'est du Tchad. Des récits entrecoupés de clips, d'applaudissements pour les réfugiés du Darfour présents ­ qui n'ont pas pris la parole ­ et de messages de personnalités présentes ou solidaires (Robert Badinter, Fanny Ardant, Nicole Garcia, Romain Goupil, François Léotard, parmi d'autres). Abdelwahid al-Nour, le leadeur de l'Armée de libération du Soudan (ALS), est venu aussi hier soir demander une action immédiate, ou qu'on lui «livre des armes pour protéger [sa] population». 

Plus tard dans la soirée, Ségolène Royal est aussi venu signer le texte. Marie-George Buffet et Nicolas Sarkozy se sont fait représenter. Jacques Chirac avait grillé la politesse à tout le monde en envoyant un texte lu par BHL à la tribune dans lequel il menace : «Si les exactions se poursuivent, le Conseil de sécurité [de l'ONU] n'aura pas d'autres choix que d'adopter des sanctions.»  Laurent Fabius le taclait quelques minutes plus tard. Après avoir évoqué «Oradour-sur-Tchad»,  il ironisait : «Je ne comprends pas comment la plus haute autorité de la République française, ayant dit ce qu'il a dit ce soir, peut accueillir le président du Soudan.»  Ce dernier, Omar al-Béchir, était en effet l'invité du sommet France-Afrique de Cannes, le mois dernier. Quant à une nouvelle résolution de l'ONU, Dominique de Villepin s'était prononcé contre la semaine dernière...

 

Mars 2007

Chirac menace le Soudan de sanctions

Jeune Afrique, 21 mars 2007

 

Le président Jacques Chirac a durci le ton mardi soir contre le Soudan, menaçant ce pays de sanctions "si les exactions se poursuivent" au Darfour, lors d'une manifestation de soutien à Paris avec cette province soudanaise meurtrie par quatre ans de guerre civile.

Il a assuré, dans un message lu par l'écrivain Bernard-Henri Lévy, qu'il n'y aura "pas d'impunité" pour les auteurs de "crimes contre l'humanité" et qu'il faut "assumer cette responsabilité de protéger que l'ONU a consacrée en droit international".

"Je le dis solennellement: si les exactions se poursuivent, si la parole n'est pas respectée, le Conseil de sécurité n'aura pas d'autre choix que d'adopter des sanctions. Déjà, nous y travaillons", a dit M. Chirac lors de ce meeting organisé à Paris par le collectif français "Urgence Darfour". "Et tout doit être fait pour que la force de l'ONU et de l'Union africaine puisse se déployer au Darfour", a-t-il ajouté.

"Il en va du sort et de la vie de centaines de milliers de femmes, d'hommes et d'enfants. Il en va de la stabilité de l'Afrique (...). Il en va de l'honneur de la communauté internationale qui ne peut pas rester inerte quand l'essentiel est en jeu", a lancé Jacques Chirac.

Une résolution du Conseil de sécurité prévoit le déploiement progressif d'une force conjointe ONU-Union africaine de 20.000 hommes au Darfour, pour mettre fin aux violences entre les rebelles et des groupes armés pro-gouvernementaux qui ont fait 200.000 victimes et plus de 2 millions de déplacés depuis quatre ans, selon l'ONU.

Face au refus du régime du président Omar el-Béchir d'accepter le déploiement de la force "hybride" ONU-UA, la Grande-Bretagne a déjà brandi la menace de sanctions et les Etats-Unis ont souhaité une nouvelle résolution, alors que, jusqu'à présent, la France s'était montrée très réservée sur ces mesures.

Le président d'"Urgence Darfour" avait ainsi déclaré auparavant que "la France, comme membre du Conseil de Sécurité et grand pays européen, a une responsabilité particulière", affirmant qu'elle s'était opposée à des sanctions européennes à Bruxelles et au nouveau projet de résolution britannique.

"Nous n'allons pas cesser de dénoncer ce langage de duperie. La compassion côté jardin pour les victimes, la mansuétude, je n'ose pas dire plus, pour les génocidaires: ça suffit !", avait-il dit.

Le meeting parisien a réuni, outre Bernard-Henri Lévy, le candidat UDF à l'élection présidentielle François Bayrou, l'ancien président de Médecins sans Frontières et ex-ministre socialiste Bernard Kouchner, et l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius. "Urgence Darfour" veut demander à tous les candidats à l'élection présidentielle de signer un "Acte d'engagement pour le Darfour". "L'objectif est de mettre le Darfour sur l'agenda des présidentiables", a expliqué Jacky Mamou qui veut leur demander d'en finir avec "la compassion" et d'agir rapidement.

A la tribune, M. Fabius, qui rentre d'un voyage au Tchad dans les régions frontalières avec le Darfour, a déclaré: "Silence on tue ! C'est le résumé le plus court et le plus juste de ce que j'ai vu là-bas".

 

Mars 2007

Les présidentiables font des promesses en faveur du Darfour

Le Monde par Philippe Bernard, 21 mars 2007

« OH, c'est bien, tout le mondé se met à signer-« u Mi-ironique, mi-ravi, Bernard Kouchner salué, depuis la tribune de la Mutualité, à Paris, le dernier miracle en date de la présidentielle: François Bayrou, Dominique Voynet et Ségolène Royal font tribune commune lors du meeting organisé, mardi .20 mars, par le collectif Urgence Darfour. Ils se succèdent pour assurer de leur détermination à stopper les massacres dans cette région de l'ouest du Soudan, qui ont fait quelque 200 000 morts depuis 2003:

Nicolas Sarkozy, lui, a dépêché l'ancienne secrétaire d'Etat Nicole Guedj pour parapher en son nom, comme les trois autres candidats, l'« acte d'engagement pour le Darfour» qui appelle notamment au vote à l'ONU de résolutions coercitives contre le Soudan.

Boycott des Jeux olympiques

Mme Voynet est venue dire «sa honte et sa colère ». Le message de M. Sarkozy promet « un durcissement décisif des sanctions» contre les dirigeants de Khartoum, et des mesures «unilatérales » : gel des avoirs et refus de délivrer des visas aux.. responsables de massacres. Rappelant le veto opposé par la Chine aux sanctions contre Khartoum, M. Bayrou a adhéré à l'idée d'un boycott par la France des Jeux olympiques de Pékin. La salle a réservé un accueil particulièrement chaleureux à Mme Royal et à sa charge contre «la coupable immobilité de la politique africaine de la France », qu'elle s'est engagée à «changer en profondeur »: Dénonçant un « silence assourdissant», elle a également promis de faire «pression » sur Pékin en « utilisant la date des jeux olympiques ».

Jacques Chirac s'est invité à sa manière, adressant au meeting un message prônant l'adoption de nouvelles sanctions à l'ONU contre le Soudan et assurant que la France «déjà y travaille», alors que le gouvernement avait jusqu'à présent manifesté son scepticisme après maintes résolutions non suivies d'effet. Hué, le ministre des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, n'a pas craint d'affronter une salle déchaînée contre lui pour répondre à l'accusation de passivité. Aux militants qui réclament un engagement militaire immédiat, il a rétorqué qu'«une intervention armée sans accord politique serait vouée à l'échec».

 

Mars 2007

Darfour : le réveil des consciences

Un meeting organisé ce soir à la Mutualité entend interpeller les candidats et lancer la mobilisation en faveur de la province soudanaise.

 

Libération, par Christophe Ayad, 20 mars 2007

 

«Ç a y est, ça prend. Ça va être comme la Bosnie.»  Bernard-Henri Lévy en est persuadé. De retour d'un voyage au Darfour et dans l'est du Tchad, financé par l'ONG américaine Save Darfur et pris en charge par les rebelles de l'Armée de libération du Soudan (SLA), l'intello baroudeur est convaincu que la mobilisation est en train de traverser l'Atlantique. Même son de cloche chez Jacky Mamou, président d'Urgence Darfour, collectif d'une centaine d'associations françaises mobilisées pour la province rebelle soudanaise (1) : «Nous sommes sollicités pour des meetings en province, en Europe. Toutes les semaines, de nouvelles associations nous rejoignent.»  Urgence Darfour, qui compte des francs-maçons, des chrétiens, des associations juives, noires (le Cran depuis peu) mais quasiment pas d'Arabes ou de musulmans (sauf les Musulmans laïques et le Manifeste pour les libertés), espère faire du Darfour un enjeu d'opinion publique, comme aux Etats-Unis (page 6).

 

«Action».  Après un meeting peu médiatisé, en juillet, au théâtre de la Madeleine, les militants français pour le Darfour comptent frapper un grand coup avec leur meeting de ce soir à la Mutualité, à Paris. Urgence Darfour, Bernard-Henri Lévy et SOS Darfour de François Zimeray, un ex-député européen écarté par le PS pour son militantisme antipalestinien quasi obsessionnel, espèrent faire salle comble. Ils veulent interpeller les candidats à la présidentielle sur la question du Darfour, comme BHL l'avait fait sur la Bosnie au milieu des années 90. Les candidats, du moins ceux représentés au Parlement, seront invités à signer un texte prenant l'engagement d'agir pour que cessent les massacres au Darfour (lire ci-dessus). «Ils seront tous représentés à un haut niveau»,  assure Mamou, qui espère même la présence d'un ou plusieurs d'entre eux. Car le Darfour les mobilise : Bayrou s'y était rendu en 2004, Royal en a parlé à Villepinte et Sarkozy dans son discours de politique étrangère. « Maintenant, ça suffit la compassion, il faut de l'action»,  insiste Mamou.   Mais un texte signé par tous ne risque-t-il pas le même sort que le pacte écologique de Nicolas Hulot ?

 

Punir plutôt que détruire.  Malgré une intense campagne de presse et d'affichage, financée depuis les Etats-Unis, l'opinion française et européenne reste assez distante. C'est que le conflit est difficile à caractériser : génocide ou guerre civile ? Ni l'un ni l'autre mais plutôt une guerre contre les civils, une volonté de punir une population plutôt que la détruire (2). Un conflit religieux ? Non, contrairement à ce que croit BHL, qui y voit un affrontement entre islam radical (celui du régime et des Arabes) et modéré (celui des rebelles et des Africains) : tout le monde est musulman au Darfour, et les radicaux se répartissent également entre rébellion et pouvoir. Un différend ethnique entre Arabes et Africains ? Cela le devient, même si un groupe rebelle arabe vient de voir le jour. Le traditionnel affrontement entre pasteurs et agriculteurs, comme le clame Khartoum ? Risible vu le nombre de victimes.

Même le nombre de morts est contesté : les estimations vont de 200 000 à 400 000 morts, dont un quart à un tiers dans les tueries de 2003-2004. Enfin, c'est un conflit invisible car difficile à couvrir : pas de lignes de front, des combattants fantomatiques dans un pays mal connu, un territoire grand comme la France, peuplé de 6 millions d'habitants, des autorités qui entravent les déplacements. Récemment, le PDG de l'Institut national de l'audiovisuel se plaignait dans le  Nouvel Obs  de l'absence d'images. La haut-commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Louise Arbour, ne disait pas autre chose après le rapport du Conseil des droits de l'homme sur l'aggravation de la situation : «La première mesure est de garantir que le public est précisément informé sur ce qui se passe sur le terrain.» 

 

(1) Le collectif a aussi lancé une pétition européenne : www.europetition-darfour.org

 

Mars 2007

Soudan: L'impatience des réfugiés

Africa Confidential,20 mars 2007

 

Plus de 25.000 personnes déplacées du Darfour ont signé une pétition demandant la venue de casques bleus de l'ONU pour les protéger. Ils appellent à la fin de la violence, à l'avènement de la démocratie et dans bien des cas, au renversement du régime de Khartoum. Des milliers d'autres signatures sont en train d'être recueillies.

Cette initiative a été lancée par des anciens et des personnes éduquées vivant dans les camps de personnes déplacées. Quelqu'un avait demandé à un membre d'une organisation humanitaire comment procédaient les étrangers pour faire entendre leur voix. A son retour, la visiteuse a eu la surprise de se retrouver submergée de cahiers d'écoliers couverts de signatures, d'empreintes digitales et souvent de témoignages personnels.

Les gens attendent l'arrivée des troupes de l'ONU "comme des assoiffés attendraient de l'eau", lit-on sur l'une des pétitions. Dans un autre texte, l'auteur se demande pourquoi le monde ne répond pas à la crise. "Qui va soigner cette plaie qui ne cesse de saigner? Qui va aider un orphelin déplacé? Qui va réconforter ceux qui ont été violés et reloger des vieillards complètement désorientés? Des milliers de lettres seront remises aux gouvernements occidentaux. Deux lettres qu'Africa Confidential a pu voir ont été adressées à Lord David Treisman , secrétaire d'Etat britannique à l'Afrique, et au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon . Le conseil des droits de l'homme de l'ONU a condamné Khartoum pour crimes de guerre le 12 mars dernier, dénoncé l'inaction de la communauté internationale et invoqué le droit à protection, entériné lors du sommet mondial de 2005.

 

Mars 2007

Darfour: Chirac menace le Soudan de sanctions si rien ne change

Le Monde, 20 mars 2007

 

Jacques Chirac, en évoquant des "crimes contre l'humanité", a menacé mardi le Soudan de sanctions "si les exactions se poursuivent" au Darfour, province de l'ouest du Soudan en guerre civile depuis quatre ans.

"Je le dis solennellement : si les exactions se poursuivent, si la parole n'est pas respectée, le Conseil de sécurité n'aura pas d'autre choix que d'adopter des sanctions. Déjà, nous y travaillons", a dit le président de la République dans un message lu lors d'un meeting organisé à Paris par le collectif français Urgence Darfour.

"Et tout doit être fait pour que la force de l'ONU et de l'Union africaine puisse se déployer au Darfour", a-t-il ajouté dans ce message lu par l'écrivain Bernard-Henri Lévy et rendu public par l'Elysée.

Une résolution du Conseil de sécurité prévoit le déploiement progressif d'une force conjointe ONU-UA de 20.000 hommes au Darfour, pour mettre fin aux violences entre les rebelles et des groupes armés pro-gouvernementaux qui ont fait 200.000 victimes et plus de 2 millions de déplacés depuis quatre ans, selon l'ONU.

L'ambassadeur britannique à l'ONU, Emyr Jones Parry, a menacé il y a une semaine de demander de nouvelles sanctions au Conseil de sécurité de l'ONU contre Khartoum s'il continuait à refuser le déploiement de la force "hybride" ONU-UA.

"Une nouvelle fois, j'appelle le Gouvernement du Soudan, et tous les belligérants, à respecter les accords de paix. A juguler les milices qui sèment la terreur. A protéger les populations civiles", a déclaré M. Chirac.

Le chef de l'Etat a ajouté qu'"il est capital que les coupables des exactions sachent qu'il n'y aura pas d'impunité. Que le monde les tiendra responsables des crimes perpétrés contre leurs propres frères, d'un crime contre l'humanité".

"Il faut venir en aide aux populations et assumer cette responsabilité de protéger que l'ONU a consacrée en droit international, à la demande de la France. Il faut que les Soudanais entendent la voix de la communauté internationale", a dit M. Chirac.

"La France ne relâchera pas son effort diplomatique, mais elle ne se satisfera pas de mots !", a-t-il affirmé.

"Il en va du sort et de la vie de centaines de milliers de femmes, d'hommes et d'enfants. Il en va de la stabilité de l'Afrique (...). Il en va de l'honneur de la communauté internationale qui ne peut pas rester inerte quand l'essentiel est en jeu", a lancé Jacques Chirac.

Les Etats-Unis souhaitent également que le Conseil de sécurité de l'ONU adopte une nouvelle résolution pour contraindre le gouvernement soudanais à autoriser le déploiement de cette force.

Mais en déplacement aux Nations Unies à New York, le Premier ministre Dominique de Villepin s'était interrogé jeudi dernier sur l'utilité d'une nouvelle résolution de l'ONU contre le Soudan, craignant que cela ne permette d'accélérer les choses "que sur le papier".

 

Mars 2007

Message de M. Jacques Chirac, Président de la République, à l'occasion de la réunion sur le Darfour à la Mutualité.

Paris, Maison de la Mutualité, le 20 mars 2007

 

Mesdames et messieurs, cher amis,

C'est l'honneur et le devoir de la France de s'engager chaque fois que les valeurs universelles sont menacées, chaque fois que l'intolérable se produit. Vous incarnez cette vocation de vigilance et de fraternité. Je salue les responsables d'ONG, les citoyens et les intellectuels rassemblés ici pour le Darfour.

Ce soir, je suis avec vous par le cœur car ce combat est le nôtre. En 1995 déjà, je refusais qu'on se résigne à l'épuration ethnique en Bosnie. Et le sursaut de la France a permis que s'enclenche une logique de paix.

Au nom de cette idée de l'humanité, je me bats pour que cesse l'effroyable tragédie du Darfour.

Le rapport de Mme Jody Williams établit l'évidence face à tous ceux qui voudraient la nier. Près de deux cents mille morts. Des millions de personnes chassées de leur foyer, persécutées, déplacées et réfugiées. Et combien de villages pillés, brûlés, dévastés ? La situation empire. La France exige que toutes les conséquences en soient tirées.

Dès 2004, elle a mobilisé ses moyens militaires pour que les réfugiés reçoivent secours et protection. Elle a mobilisé l'Union européenne. Elle a agi pour que le Conseil de sécurité sanctionne ceux qui violent les droits de l'Homme et pour qu'il saisisse la Cour pénale internationale.

Il est capital que les coupables des exactions sachent qu'il n'y aura pas d'impunité. Que le monde les tiendra responsables des crimes perpétrés contre leurs propres frères, d'un crime contre l'humanité.

Les Africains se sont engagés pour la paix au Darfour. Je salue leurs efforts et la détermination de l'Afrique à se battre pour la dignité humaine. Il faut l'appuyer.

Le Conseil de sécurité a décidé le déploiement d'une force qui va l'épauler, aider à la protection des réfugiés, au respect du droit et à la stabilisation de la région.

Une nouvelle fois, j'appelle le Gouvernement du Soudan, et tous les belligérants, à respecter les accords de paix. A juguler les milices qui sèment la terreur. A protéger les populations civiles.

Aujourd'hui, alors que la situation humanitaire continue à empirer, je ressens comme vous le besoin d'un mouvement international plus puissant encore.

Nous ne pouvons pas rester silencieux devant une des grandes tragédies humanitaires de notre temps. Nous ne pouvons pas oublier les leçons des génocides et des crimes contre l'humanité du 20ème siècle, qui hantent nos consciences. Nous ne pouvons pas accepter que la mondialisation, ce soit des frontières ouvertes à tout, sauf à la justice et à la morale.

Il faut venir en aide aux populations et assumer cette responsabilité de protéger que l'ONU a consacrée en droit international, à la demande de la France. Il faut que les Soudanais entendent la voix de la communauté internationale.

La France ne relâchera pas son effort diplomatique, mais elle ne se satisfera pas de mots ! Je le dis solennellement : si les exactions se poursuivent, si la parole n'est pas respectée, le Conseil de sécurité n'aura pas d'autre choix que d'adopter des sanctions. Déjà, nous y travaillons. Et tout doit être fait pour que la force de l'ONU et de l'Union africaine puisse se déployer au Darfour.

Mesdames et messieurs,

Il en va du sort et de la vie de centaines de milliers de femmes, d'hommes et d'enfants.

Il en va de la stabilité de l'Afrique, un continent qui doit pouvoir consacrer toutes ses forces au développement !

Il en va de l'honneur de la communauté internationale qui ne peut pas rester inerte quand l'essentiel est en jeu.

Par votre action sur le terrain, et, ce soir, par votre mobilisation, vous exprimez cette conscience universelle qui doit se porter aux côtés des plus vulnérables au nom de la fraternité universelle dont nous sommes les héritiers et les défenseurs.

Je vous remercie.

 

Mars 2007

 

Conseil des droits de l'homme de l'ONU

L'Algérie donne sa leçon

 

Le Darfour est le casse-tête des travaux du Conseil des droits de l'homme (CDH) qui se tiennent actuellement à Genève. Les 47 pays membres du conseil du CDH, dont l'Algérie, doivent aujourd'hui approuver un mécanisme de suivi des opérations au Darfour

 

El Watan, 19 mars 2007

 

Pas d'enquêteur, mais des observateurs, cette fois-ci... L'Union européenne (UE) a proposé qu'un groupe de travail composé de plusieurs rapporteurs spéciaux poursuive, à partir des documents existants, l'examen des violations des libertés dans cette région soudanaise en proie à la violence. Le comité s'appuiera, entre autres, sur le rapport de la mission spéciale conduite en février dans les camps de réfugiés au Tchad par le prix Nobel de la paix, Jody Williams. Un rapport qui a déclenché une guerre larvée entre les différents blocs du Conseil des droits de l'homme. Plusieurs groupes régionaux, l'Algérie, l'Afrique du Sud, la Chine et la Russie, ont remis en cause la légitimité du rapport de Jody Williams et se sont opposés à son adoption. Après la présentation par Jody Williams de son rapport controversé, dans lequel Khartoum est accusé d'avoir orchestré des « crimes contre l'humanité », une partie des 47 pays membres du conseil ont demandé à la commission de mettre sur la table les preuves de ces accusations. Les autorités soudanaises, qui avaient refusé de laisser la mission entrer sur son territoire, ont demandé la constitution d'une nouvelle mission qui sera désignée cette semaine par les membres de la CDH. L'Algérie et l'Afrique du Sud, deux poids lourds dans la Commission des droits de l'homme, appuient la proposition du gouvernement de Khartoum. L'Algérie considère comme une grave dérive la qualification de génocide par rapport à ce qui se passe au Darfour. Le Darfour, selon de nombreux observateurs, est devenu le piège humanitaire parfait où se jouent les tensions internationales, lié à cette obsession de la guerre stratégique contre le terrorisme. L'Algérie a rappelé que la situation au Darfour ne doit pas occulter les autres drames humanitaires en Afrique, en Irak et en Palestine. L'Algérie au nom du groupe arabe, le Pakistan au nom de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) et le Sri Lanka pour le groupe asiatique ont soutenu la demande du Soudan de ne pas adopter le rapport. La Chine, Cuba et la Russie ont également souligné que la mission n'a pas pu exécuter son mandat et que son rapport n'a pas de statut juridique. A l'inverse, les pays de l'Union européenne, le Canada, l'Argentine, le Mexique, mais aussi plusieurs pays africains ont demandé à ce que le conseil agisse sur les violations des droits de l'homme au Darfour. Minées par un affrontement entre blocs, les négociations peinent à déboucher sur un résultat meilleur que ceux de l'ancienne commission, tant discréditée.

Amine Djazairi