Nous référençons un certain nombre
d'articles sur le Soudan |
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2005
Editorial du Monde du 28 février 2007
Pour la Cour pénale internationale (CPI), c'est un jour d'une importance exceptionnelle. Après presque deux ans d'enquête, son procureur, Luis Moreno Ocampo, ouvre la voie à des poursuites visant un membre du gouvernement soudanais et un chef de milice janjawid dans le cadre du dossier le plus important de la Cour, celui du Darfour. Tous deux pourraient être bientôt inculpés par la juridiction internationale. Il y a discussion sur les termes exacts pour qualifier la situation qui prévaut depuis quatre ans dans cette région de l'ouest du Soudan, où l'apparition de rebelles a déclenché une campagne de répression organisée par le gouvernement, frappant indistinctement la population civile. S'agit-il d'un génocide, ou d'un enchaînement de crimes contre l'humanité, assortis de campagnes de purification ethnique ? Pour les habitants du Darfour, qui vivent sous le feu des attaques ou dans l'enfer des camps de déplacés, la question est surtout : que peut le monde extérieur pour mettre fin au calvaire de leur région ? La réponse de la justice internationale est l'ouverture d'un processus visant, idéalement, à établir les responsabilités des concepteurs et des principaux exécutants de leur martyre, tout en enjoignant Khartoum de mettre fin à la violence. Ce ne sera pas chose aisée. Les enquêteurs de la CPI, jusqu'ici, n'ont pas travaillé sur le sol du Darfour, où la sécurité de leurs témoins ne peut être assurée. A cet obstacle s'ajoute une interrogation. Par principe, la CPI n'attend pas le règlement des conflits pour entamer des procédures judiciaires. Or l'exemple récent d'inculpations prononcées contre des rebelles du nord de l'Ouganda, ce qui a interrompu un processus de paix, a montré les limites de l'exercice. Plus grave, des ambiguïtés d'une autre nature viennent brouiller les intentions de la justice internationale. Plusieurs pays, à commencer par les Etats-Unis et la Grande Bretagne, ont menacé de recourir à une politique musclée pour contraindre Khartoum d'accepter le déploiement d'une force internationale. L'inculpation de responsables soudanais est supposée s'insérer dans l'ensemble des pressions internationales. Or, tandis que Washington menace Khartoum de mesures coercitives, des membres des services de renseignement américains continuent d'entretenir des liens avec leurs homologues soudanais, dans le cadre de la guerre contre les mouvements armés islamistes internationaux. Entre la guerre contre le terrorisme et la guerre au Darfour, quelle est la véritable priorité ? Il conviendrait de l'établir clairement pour éviter que, d'obstacles techniques en contradictions politiques, le processus judiciaire engagé contre deux responsables soudanais ne soit promis à un destin d'impuissance, que les habitants du Darfour vivraient, eux, dans leur chair.
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Fevrier 2007
Le Soudan rejette la légitimité de la CPI sur le Darfour
Le Monde avec l'AFP, 28 février 2007
le Soudan a rejeté, mardi 27 février, la légitimité de la Cour pénale internationale (CPI), après que le procureur de cette instance, Luis Moreno Campeno, a désigné un ministre soudanais et un chef des milices janjawids comme faisant partie des hauts responsables des crimes commis au Darfour. "La justice soudanaise est capable et jugera ceux qui ont commis des crimes au Darfour" , a déclaré le ministre de la justice, Mohammed Ali Al-Mardi. La CPI, cour permanente chargée d'enquêter sur les auteurs des crimes les plus graves touchant la communauté internationale, a la capacité de juger des individus. Mais, contrairement aux Tribunaux pénaux internationaux (TPI), si sa compétence n'est limitée ni dans l'espace ni dans le temps, la CPI n'est cependant qu'un organe complémentaire des juridictions des Etats, c'est-à-dire qu'elle n'exerce sa compétence que dans la mesure où les Etats concernés ne peuvent ou ne veulent poursuivre les responsables de ces crimes. C'est sur cet argument juridique que s'est donc appuyé le ministre de la justice soudanais pour nier la légitimité de la CPI à juger les responsables des crimes au Darfour. Déjà en mars 2005, le gouvernement de Khartoum avait tenté de contourner la juridiction internationale en instaurant des tribunaux spéciaux pour les crimes commis au Darfour. Des médias soudanais ont aussi rapporté lundi que plusieurs personnes, dont des militaires et des membres des forces paramilitaires, pourraient être poursuivies par la justice soudanaise. Les procureurs de la CPI ont indiqué qu'ils avaient tenu compte de l'enquête lancée par les autorités soudanaises, mais ils ont affirmé que leur requête restait recevable, car elle portait sur un plus grand nombre d'accusations. Selon certains analystes, Khartoum s'oppose au déploiement d'une force de maintien de la paix des Nations unies au Darfour, par peur que ses soldats ne soient arrêtés par des casques bleus et présentés devant la CPI.
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Fevrier 2007
Le Darfour est aujourd'hui le lieu d'un face à face historique entre l'Afrique noire et l'Afrique arabe. Tant que le passé de la traite orientale ne sera pas officiellement mis au jour, les tensions perdureront.
Le Monde, 28 février 2007, par Jean-Paul Ngoupandé (ancien premier ministre de la république centrafricaine)
Une lecture même superficielle d'une carte de l'Afrique centrale conduit à une évidence : toute la région du Darfour et de ses environs est sous-peuplée. S'agissant de la République centrafricaine, plus d'un tiers des 623 000 km² de territoire est quasiment vide. Tout au plus 70 000 habitants pour au moins 200 000 km² : encore aujourd'hui, on peut parcourir 100 km sans rencontrer le moindre village. Au Tchad et au Soudan, des régions comme le Salamat ou le Bhar el Ghazal ont subi le même sort. Le Darfour a été, depuis au moins six siècles, au coeur d'un vaste et florissant commerce d'esclaves noirs en direction des pays arabes. Bien entendu, le Darfour ne fut pas le seul centre de razzias esclavagistes en direction du Proche et du Moyen-Orient. Mais il est clair qu'il a fortement marqué la région. Dans mon pays, les Bandas, l'un des principaux groupes ethniques centrafricains, ont été les plus touchés ; d'où la dispersion qui fait qu'on trouve un peu partout, y compris dans le Sud-Ouest forestier, des rameaux bandas ayant cherché un refuge très loin de leurs terres d'origine. Dans la tradition orale, les légendes font une claire allusion à cette fuite sans fin, et les noms des localités et des cours d'eau portent la marque de cette longue errance. Des grottes aménagées pour servir de refuges contre les razzias arabes sont encore visibles. Dans la conscience collective, les traumatismes de cette chasse au bois d'ébène sont présents de façon tenace. Les exactions actuelles des janjawids ne peuvent que réveiller des souvenirs douloureux pour les populations concernées. Au-delà de ce cas précis, le très lourd contentieux de la traite moyen-orientale continue de peser sur les relations entre le monde arabe et les Noirs d'Afrique, et constitue l'un des principaux freins à l'intégration africaine. L'Organisation de l'unité africaine (OUA), fondée à Addis-Abeba en mai 1963 par les pères de l'indépendance, avait en son temps suscité un grand espoir, vite déçu par les pesanteurs de l'histoire et les divisions qu'elles sécrètent. Parmi ces pesanteurs, on pouvait déceler les rapports ambigus entre Afrique noire au sud du Sahara et Afrique du Nord, essentiellement arabe et blanche. Durant la guerre froide, des soupçons d'instrumentalisation de l'OUA à des fins qui n'étaient pas les leurs ont poussé certains dirigeants subsahariens comme le maréchal Mobutu à proposer la création d'une Ligue des Etats africains noirs. L'OUA avait alors obtenu, sous la pression de pays nord-africains comme l'Algérie et l'Egypte, que tous les Etats membres rompent leurs relations diplomatiques avec Israël après la guerre du Kippour. Or un nombre non négligeable de ces pays subsahariens entretenaient des relations de coopération fructueuse avec l'Etat hébreu, dans des domaines aussi variés que la sécurité, l'agriculture ou la formation. L'Union Africaine, qui a pris la suite de cette première organisation continentale, n'a pas non plus réussi à créer l'indispensable osmose. Entre le nord et le sud du Sahara, l'ère des méfiances, des soupçons et des sous-entendus est loin d'être surmontée, malgré les proclamations officielles. Ces dernières années, on parle beaucoup, et à juste titre, de la traite atlantique. Les Européens ont eu l'honnêteté et le courage d'admettre que le commerce triangulaire fut un crime contre l'humanité. La loi Taubira en France est un bon exemple. Sur la traite moyen-orientale, au contraire, c'est un épais silence qui recouvre le drame, silence nourri par des faux-semblants et des arguments d'autorité. Quiconque aborde ce sujet est soupçonné de chercher à minimiser la traite atlantique. La solidarité africaine demeure le prétexte idéal au refus plus ou moins conscient de briser le sujet tabou des razzias arabes. Dans les années 1960 et 1970, au sein du mouvement étudiant africain en France, les rares personnes qui osaient évoquer la traite moyen-orientale étaient immédiatement accusées de faire le jeu du sionisme. Certes, en comparaison avec la puissante organisation que fut le commerce triangulaire, la traite moyen-orientale peut apparaître comme une activité relevant de l'informel, donc de moindre ampleur. C'est complètement faux. Les razzias n'ont jamais été un jeu d'enfants, ne serait-ce que par leur durée. Elles ont commencé bien avant l'islamisation de l'Afrique subsaharienne. L'islam n'est pas en cause, bien entendu. Les Négro-Africains victimes des atrocités commises par les janjawids sont aussi des musulmans. Je ne comprends donc pas les cris d'orfraie qui sont poussés dès qu'est soulignée la connotation raciale du conflit du Darfour. Il est pourtant aisé de comprendre que le mépris affiché pour la vie du Noir est une survivance de l'époque de l'esclavage à visage découvert. La traite moyen-orientale fut, comme le commerce triangulaire, une activité très lucrative fondée sur la chosification du Noix. En quoi le comportement des janjawids prouve-t-il que leur regard sur leurs compatriotes négro-africains a changé ? Contrairement à l'autre saignée, cet esclavage arabe - pour le désigner avec exactitude ! - n'a pour ainsi dire jamais cessé puisqu'on en parle peu dans les pays concernes, a l'exception notable de la Mauritanie, qui a officiellement aboli l'esclavage en... 1981 ! Mais on sait bien que l'application intégrale de cette loi tarde à se concrétiser, comme le suggère le débat électoral en cours dans ce pays. De temps en temps parviennent, un peu partout en Afrique subsaharienne, des échos, jusqu'alors invérifiés, de « disparitions » de jeunes Négro-Africains à l'occasion du pèlerinage de La Mecque. Plus concrètement, en revanche, les images de l'«accueil » réservé ces derniers mois aux jeunes subsahariens dans les pays nord-africains contribuent à approfondir la fracture que les responsables politiques s'efforcent de taire. Or il est impossible de bâtir une union solide et durable en faisant l'impasse sur les traumatismes de l'histoire parce qu'ils ont la peau dure. Le drame du Darfour relève de ces traumatismes que l'Afrique contemporaine doit absolument exorciser pour parvenir à la réalisation de l'indispensable intégration. De la part des pays arabes africains, seule une condamnation ferme, sans l'ombre d'une ambiguïté, des atrocités commises par les janjawids est de nature à lever les méfiances et à consolider notre foi en ce projet exaltant. Oui, nous sommes condamnés à vivre ensemble, Africains noirs et blancs, sur ce continent qui est notre bien commun.
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Fevrier 2007
La justice internationale intervient dans le conflit du Darfour
La Cour pénale internationale demande l'arrestation d'un ministre soudanais et d'un chef milicien djandjawid
La Croix, par Aude Carasq, 28 février 2007
Pour la première fois depuis le début du conflit du Darfour en 2002, deux responsables soudanais, dont un ancien ministre, sont officiellement dans la ligne de mire de la justice internationale. Hier matin, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a en effet présenté aux juges des «preuves qu'Ahmed Haroun, ancien secrétaire d'État à l'intérieur du Soudan e tAli Kosheib (nom de guerre d'Ali Mohamed Ali, un des chefs de la milice pro-gouvernementale des djandjawids) ont commis de concert des crimes contre la population civile au Darfour». Le procureur les accuse de «51 chefs de crimes contre l'humanité et crimes de guerre présumés, dont persécution, meurtre, torture et viol», commis entre août 2003 et mars 2004 contre des villageois de l'ouest de la région soudanaise du Darfour. Ahmed Haroun, actuellement secrétaire d'État aux affaires humanitaires, était alors en charge du dossier Darfour au ministère de l'intérieur. Quant à Ali Kosheib, il est considéré par les organisations de défense des droits de l'homme, notamment Human Rights Watch (HRW), comme un des principaux responsables des attaques lancées par les milices djandjawids en 2003-2004. En novembre dernier, il a été arrêté au Soudan. Dans sa requête, le procureur Luis Moreno-Ocampo accuse Ahmed Haroun d'avoir armé et financé les miliciens, «sachant qu'ils combattaient aux côtés des forces gouvernementales » et qu'ils attaquaient « les populations civiles et commettaient des crimes». D'après des témoins, il aurait déclaré avoir a le pouvoir et l'autorité de tuer et de pardonner». Quant à Ali Kosheib, il commandait «des dizaines de milliers de miliciens» qui ont commis «des meurtres de masse des exécutions et des viols de civils», selon le parquet. Les juges de la CPI, un tribunal permanent chargé de juger les crimes de génocide, de guerre et contre l'humanité, doivent maintenant examiner ces «preuves». S'ils les estiment suffisantes, il leur appartiendra de réclamer les accusés au Soudan ou de lancer des mandats d'arrêts internationaux contre eux. Ce qui ne sera pas facile. Dès lundi, le Soudan affirmait que la CPI « ne peut avoir aucune compétence lorsqu'il s'agit de juger les Soudanais». Et hier, le ministre de la justice Mohammed Ali Al-Mardi a déclaré que « la justice soudanaise est capable et jugera ceux qui ont commis des crimes au Darfour». Pour regrouper des «preuves», l'équipe de Luis Moreno-Ocampo a effectué plus de 70 missions dans 17 pays. Ils ont étudié les cas de centaines de victimes potentielles et réalisé une centaine d'entretiens .avec des témoins, a-t-il précisé. Ce travail d'enquête porte sur la période 2003 et 2004, considérée comme la plus violente dans cette province soudanaise en proie à la guerre civile depuis quatre ans. «Mon bureau ne peut pas enquêter sur les centaines de crimes et poursuivre tous les auteurs de ces crimes, avait-il averti en décembre. Je me suis donc concentré sur les faits les plus graves et sur les personnes ayant le plus de responsabilités dans ces faits. » Il y a quelques mois, il avait toutefois été critiqué par des ONG et par le haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme Louise Arbour parce que ses enquêteurs ne s'étaient pas rendus au Darfour, mais dans les régions proches, invoquant des problèmes de sécurité. La CPI n'est compétente que si les États ne peuvent ou ne veulent poursuivre des auteurs de crimes. En l'occurrence, le Conseil de sécurité de l'ONU lui avait demandé d'enquêter sur le Darfour, le 31 mars 2005. Lors de cette saisine, le Soudan avait tenté de contourner la Cour et mis en place des tribunaux spéciaux pour traquer les auteurs. Le procureur de la CPI, qui s'est rendu à plusieurs reprises sur place pour évaluer le système judiciaire local, estime que sa juridiction est néanmoins compétente. Selon l'ONU, les conflits au Darfour ont fait, de puis 2003, 200 000 à 250 000 morts et 2,5 millions de déplacés.
La CPI n'est compétente que si les Etats ne peuvent ou ne veulent poursuivre des auteurs de crimes. ****** Djandjawid
Les djanjawids sont des milices arabes armées, utilisées par le gouvernement de Khartoum contre la rébellion de l'Ouest soudanais. Ils tiennent leur nom de la contraction de deux mots arabes, signifiant « diable » et « cavalier » ou les « cavaliers du diable ». Nomades, armés, ils se livrent depuis des décennies à d'impitoyables razzias contre les cultivateurs sédentaires d'origine noire. Cette milice ethnique proviendrait surtout de petites tribus nomades qui ne possédaient pas de terres et avaient migré depuis le Tchad. **********
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Fevrier 2007
Un responsable politique et un exécutant sont visés par les enquêtes
Le Monde, par Jean-Philippe Rémy, 28 février 2007
Début mars, Ahmad Muhammad Harun devait se rendre au Caire, pour y assister à une conférence internationale à vocation humanitaire organisée par un réseau de pasteurs américains. Sans doute les récentes responsabilités de cet ancien colonel, devenu ministre délégué du Soudan en charge des affaires humanitaires, avaient-elles motivé cette invitation. Sa mise en cause par la Cour pénale internationale (CPI), mardi 27 février, devrait couper court à ce programme. Déjà impliqué dans les violences graves exécutées par le pouvoir soudanais dans les monts Noubas, dans les années 1990, où les ethnies locales avaient subi des tourments comparables à ceux qu'endurent celles du Darfour, l'ancien chef des forces de police populaires était, lorsqu'a éclaté la rébellion dans l'Ouest du Soudan, en 1993, en charge du Darfour au sein du ministère de l'intérieur. Avec son ministre de tutelle, et d'autres hauts responsables soudanais, civils ou militaires, il est soupçonné d'avoir alors fait partie du groupe des ingénieurs en charge de la machine à briser le Darfour, rebelles et populations mêlées. En quatre années, au moins 250 000 personnes sont mortes, et plus de 2,5 millions d'autres vivent dans des camps. Ahmad Muhammad Harun, sans aucun doute, n'a été ni le cerveau, ni le grand ordonnateur des massacres. Sur l'ensemble des listes de responsables établies par plusieurs enquêtes internationales, le colonel Harun figure toutefois dans le groupe de tête, notamment comme proche d'Ali Osman Taha, l'ex-vice président, "dur" du régime, et considéré comme le véritable architecte de la campagne de violences au Darfour mise en place par le pouvoir soudanais dès 2003. En quatre ans, l'enfer au Darfour, a surtout pris le visage des "janjawids", ces miliciens circulant à cheval ou à chameau, mais appuyés par la logistique de l'Etat. Dans le dispositif, Ahmad Muhammad Harun fait figure de cheville ouvrière entre les responsables de Khartoum et les tueurs du Darfour, notamment en raison de sa participation au "conseil de coordination et de commandement des janjawids" . Avec son supérieur, le ministre de l'intérieur, il s'est rendu à de nombreuses reprises au Darfour pour y coordonner les campagnes de violences. En août 2003, il serait ainsi venu, selon des témoignages, encourager, lors d'un discours prononcé à Garsila, au Darfour Sud, les cavaliers de l'apocalypse à "tuer tous les Fours" , une des ethnies locales. Dans l'assistance, un commandant a pris cette injonction au sérieux. "Ali Kushayb", pseudonyme pris par un ancien soldat nommé Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, est soupçonné d'être l'exécutant en chef d'un des plus grands massacres de la guerre civile (2003-2004). Plusieurs centaines de personnes y ont été assassinées par des groupes de janjawids sur lesquels Ali Kushayb, membre de la tribu"arabe" des Beni Halba, exerçait une responsabilité. Le lien que le procureur de la CPI s'efforce d'établir aujourd'hui, est celui qui a été tissé entre l'appareil d'Etat soudanais et les miliciens qui martyrisent, depuis quatre ans, la région de l'ouest soudanais vaste comme le France. Mais en lançant une procédure alors même que le conflit risque de gagner en intensité, la CPI joue avec le feu. Dans un premier temps, il s'agit moins de rendre la justice que de peser politiquement sur le pouvoir soudanais pour l'amener à négocier avec les rebelles du Darfour et lui faire accepter le déploiement d'une force hybride composée de soldats de l'Union africaine (UA) renforcés et appuyés par des éléments des Nations unies. Les Etats-Unis, avec le soutien de la Grande-Bretagne, ont élaboré un train de mesures destinées à faire accepter par Khartoum la force hybride. Mais dans le même temps, les services de renseignement américain continuent de faire appel, comme avant les attentats du 11-Septembre, à leurs homologues soudanais, très implantés dans les réseaux de terrorisme islamiste. Plusieurs sources proches du dossier soudanais relèvent d'ailleurs que le major-général Salah Abdullah Abu Digin"Gosh", chef des renseignements soudanais, est considéré par tous les experts comme l'un des principaux concepteurs et animateurs de la campagne de violences au Darfour.
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Fevrier 2007
La Cour pénale internationale désigne deux responsables soudanais.
Massacres du Darfour : les tueurs pointés du doigt
Libération, par Christophe Ayad, 28 février 2007
Un membre du gouvernement et un chef de milice. Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno Ocampo, a recommandé hier l'inculpation et/ou l'émission de mandats d'arrêts à l'encontre de deux responsables soudanais pour des exactions commises au Darfour. Quatre ans après le début de la guerre civile dans l'immense province soudanaise, plus de 250 000 personnes ont été tuées et quelque 2,5 millions déplacées (sur 6 millions d'habitants), principalement par l'armée et les milices arabes locales, les Jenjawids. Luis Moreno Ocampo a transmis aux juges de La Haye un dossier de «preuves» montrant qu'Ahmed Haroun et Ali Kosheib «ont commis de concert des crimes contre la population civile au Darfour» . Le procureur a recensé «51 chefs de crimes contre l'humanité et crimes de guerre présumés [...], dont persécution, meurtre, torture et viol», commis dans l'ouest du Darfour entre août 2003 et mars 2004, au plus fort de la politique de la terre brûlée menée par Khartoum dans sa province rebelle. Dans son rapport, le procureur lève le voile sur la machine à détruire mise en place par le régime soudanais et les liens entre l'Etat et les milices. Le Soudan s'en est tenu à sa ligne de défense habituelle en déniant une fois de plus toute légitimité à la CPI. «La justice soudanaise est capable et jugera ceux qui ont commis des crimes au Darfour», a réagi hier le ministre de la Justice Mohammed Ali al-Mardhi. En fait, les critiques les plus sérieuses du travail mené par les enquêteurs de la CPI sont venues des ONG de défense des droits de l'homme et de la haut commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, Louise Arbour, qui leur reprochent de ne pas s'être rendus au Darfour. Un choix justifié par des «raisons de sécurité» et la «protection des témoins» . Les témoignages ont donc été recueillis dans les camps de réfugiés au Tchad et dans seize autres pays. Autre reproche fait au procureur de la CPI : en ciblant Ahmed Haroun et Ali Kosheib, il a certes visé des chevilles ouvrières des massacres, mais a pour l'instant oublié les donneurs d'ordre, les responsables politiques. Luis Moreno Ocampo avait pourtant l'embarras du choix entre le vice-président Ali Osman Taha, le chef des renseignements militaires Abdallah Ghosh, le chef d'état-major Abbas Arabi ou le chef suprême des Jenjawids, Moussa Hilal. L'enquête reste ouverte et d'autres mises en accusation peuvent intervenir. Elles dépendront de la bonne ou mauvaise volonté politique de Khartoum, qui, pour l'instant, refuse obstinément le déploiement de Casques bleus de l'ONU au Darfour. |
Fevrier 2007
la Cour pénale internationale désigne les criminels de guerre
Le Monde par Stéphanie Maupas, 28 février 2007
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno Ocampo, a demandé aux juges d'assigner ou d'émettre des mandats d'arrêt à l'encontre de deux hauts responsables des crimes commis au Darfour. Selon le parquet, Ahmad Muhammad Harun, ancien ministre de l'intérieur du gouvernement soudanais et Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, l'un des commandants des milices "janjawids" (cavaliers armés), alliées aux forces gouvernementales dans la guerre qui oppose depuis quatre ans Khartoum aux mouvements rebelles, auraient commis des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre au Darfour en 2003 et 2004. Dans un document remis aux magistrats mardi matin 27 février, le procureur a relevé 51 charges contre les deux hommes et fait état de meurtres, d'exécutions sommaires, de pillages, de viols et de déplacements forcés de populations.
Premier visé, Ahmad Muhammad Harun, ex-ministre de l'intérieur du gouvernement soudanais, placé à la tête du Bureau sécurité du Darfour, aurait armé, financé et placé les hommes à la tête des janjawids, sachant qu'ils "combattaient aux côtés des forces gouvernementales" dans une guerre qui, depuis 2003, aurait fait au moins 250 000 morts et 2,5 millions de déplacés. Selon le document remis par le parquet aux juges, Ahmad Harun s'est rendu toutes les trois semaines au Darfour au cours de l'année 2003, par avion depuis Khartoum, pour payer les miliciens. Il aurait été vu dans un avion transportant des fusils d'assaut G3s et kalachnikov. Or l'ancien ministre savait que les janjawids attaquaient "les populations civiles et commettaient des crimes" , écrit le procureur. Ses fonctions lui permettaient d'accéder aux informations fournies par l'armée, la police et les services de renseignement. D'après plusieurs témoins, il aurait notamment déclaré avoir "le pouvoir et l'autorité de tuer et de pardonner" . En 2003, Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, dit "Ali Kushayb", chef janjawid, commandait, selon le parquet, des "dizaines de milliers" de miliciens, et a "personnellement dirigé" plusieurs attaques dans l'ouest de la province soudanaise. Ces attaques ne visaient pas spécifiquement les mouvements rebelles, estime le parquet, mais étaient dirigées contre des villageois accusés de les soutenir. "Cette stratégie est devenue la justification pour les meurtres de masse, les exécutions sommaires, et les viols de civils" qui ne participaient pas au conflit armé. La même stratégie a entraîné le déplacement forcé de villages entiers. La CPI n'est compétente que si les Etats n'ont pas la volonté ou les moyens de poursuivre les auteurs des crimes et, depuis novembre 2006, Ali Kushayb, le "colonel des colonels" est poursuivi par les autorités soudanaises. Lors de la saisine de la CPI par le Conseil de sécurité, le 31 mars 2005, Khartoum avait tenté de contourner la Cour et établi des tribunaux spéciaux chargés de poursuivre les auteurs de crimes. Mais le procureur, qui s'est rendu à cinq reprises à Khartoum pour évaluer le système judiciaire soudanais, estime que la Cour reste compétente puisque Ali Kushayb est poursuivi pour d'autres crimes, dont M. Moreno Ocampo détient aujourd'hui les preuves. Elles reposent sur des témoignages recueillis au cours des 70 missions menées par les enquêteurs du parquet dans 17 pays. Arguant notamment qu'il ne pourrait assurer la protection des témoins, le parquet n'a jamais conduit ses enquêtes sur le terrain. Outre les témoignages de victimes directes, les preuves récoltées par le parquet sont étayées par des documents remis par les autorités soudanaises, par des organisations non gouvernementales et par la commission d'enquête des Nations unies conduite à l'automne 2004 qui, en janvier 2005, avait conclu que des crimes contre l'humanité étaient commis au Darfour, entraînant la saisine de la CPI par le Conseil de sécurité. Dans sa requête, le procureur demande à la Cour d'assigner les deux responsables ou de délivrer des mandats d'arrêt. La décision est maintenant entre les mains des juges qui doivent estimer la solidité des preuves. Mais il revient au Soudan d'envoyer, à La Haye, les deux hommes, premiers suspects visés par la CPI. L'enquête du procureur sur les crimes commis au Darfour reste ouverte.
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Fevrier 2007
La CPI inculpe deux responsables soudanais
Le Figaro avec AFP et Reuter, 28 février 2007
La Cour pénale internationale a inculpé pour crime contre l'humanité l'ancien ministre soudanais de l'Intérieur et un chef milicien.
Le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moréno Ocampo, a décidé hier d'engager des poursuites contre deux hauts responsables soudanais. Ahrned Haroun , ancien ministre de l'Intérieur, et Ali Kasheib , l'un des chefs des milices armées janjawids, sont accusés «de crimes contre l'humanité et crimes de guerre présumés, dont persécution, meurtre, torture et viol » commis entre août 2003 et mars 2004 contre des civils au Darfour. Au total, 51 chefs d'inculpation ont été retenus. Une guerre civile sévit depuis 2003 dans cette région partiellement désertique. Ce conflit a fait environ 200 000 morts et plus de deux millions de déplacés. Malgré la présence d'une force africaine de maintien de la paix d'environ 7 000 hommes, les violences s'y poursuivent impunément. Ahmed Haroun , aujourd'hui secrétaire d'État aux Affaires humanitaires, aurait armé et financé les miliciens, « sachant qu'ils combattaient aux côtés des forces gouvernementales» et qu'ils attaquaient « les populations civiles et commettaient des crimes ». Selon des témoins, Ahmed Haroun se serait lui-même vanté d'avoir eu « le pouvoir et l'autorité de tuer et de pardonner». Ali Kosheib, dont le nom de guerre est Ali Mohamed Ali, commandait de son côté « des dizaines de milliers de miliciens en ayant pleinement conscience du fait qu'ils commettaient des meurtres de masse, des exécutions et des viols de civils». Les janjawids, milices armées arabes, ont été enrôlées par le gouvernement central pour écraser les mouvements rebelles du Darfour qui réclament un partage du pouvoir et des richesses. Ces milices auraient reçu carte blanche pour imposer leur loi aux tribus sédentaires africaines, multipliant les incendies de villages, les vols de bétails et autres atrocités. Khartoum n'a jamais reconnu avoir des liens avec elles. Le Soudan a immédiatement dénoncé l'initiative de la CPI. « La justice soudanaise est capable et jugera ceux qui ont commis des crimes au Darfour », a déclaré le ministre de la justice en qualifiant la CPI de « dernier maillon d'un complot ourdi contre le Soudan», complot ayant pour objectif de contraindre le gouvernement soudanais à accepter une force internationale sur son territoire.
Un « signal » Khartoum a l'obligation légale de coopérer en vue de permettre la comparution des deux accusés devant la cour de La Haye. Ahmed Haroun se trouverait actuellement en Jordanie pour des examens médicaux et Ali Kosheib est incarcéré à Khartoum depuis novembre pour « violation du droit humanitaire ». Légalement, la CPI ne peut intenter des procédures que si l'État concerné ne veut pas ou n'est pas capable de mener à bien des poursuites. Or, le gouvernement soudanais affirme avoir mené sa propre enquête sur les crimes commis au Darfour, notamment sur les exactions des miliciens d'Ali Kosheib. Les magistrats de la CPI disent en avoir tenu compte, mais assurent que leur requête reste recevable car elle porte sur un plus grand nombre d'accusations. Les preuves détenues par la CPI reposent sur une centaine de témoignages recueillis au cours des 70 missions effectuées par ses enquêteurs dans 17 pays. L'équipe mandatée par la CPI ne s'est cependant jamais rendue au Darfour pour des raisons de sécurité. Son travail porte sur les années 2003 et 2004, considérées comme les plus violentes. Dans sa requête, Luis Moreno Ocampo demande à la Cour de délivrer une citation à comparaître ou un mandat d'arrêt. La décision est à présent entre les mains des juges, qui doivent examiner la solidité de ces « preuves ». Luis Moreno Ocampo a refusé de dire si son enquête visait de plus hauts responsables, mais a indiqué qu'elle se poursuivait. Pour l'organisation Human Rights Watch, « le procureur de la CPI envoie un signal à Khartoum et aux chefs de la milice : in fine, ils ne pourront pas se laver les mains des atrocités commises au Darfour ».
============================ Une juridiction qui n'a que cinq ans d'existence
La Cour pénale internationale - (CPI) est le premier tribunal permanent chargé de juger les cri mes de . génocide, les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre: La CPI, dont le siège est à La Haye; est devenue une réalité, le 1 er juillet 2002, après la ratification du traité dé Rome par ,soixante États. Elle comptait:-au 1 er janvier 104 Etats parties. La Cour peut être saisie par des Etats signataires du traité de Rome. Son procureur peut également prendre l'initiative de se saisir d'une affaire. Dans ces deux .cas, la juridiction de la Cour ne peut s'exercer que sur le territoire d'un État partie prenante au sta tut de Rome. Sa 'juridiction s'exerce quelle que soit la nationalité de l'auteur supposé des crimes. Le Conseil de sécurité de l'ONU peut également saisir la Cour. Dans ce cas, la juridiction de la CPI peut s'étendre à un État qui n'est pas partie prenante au statut. (AFP). |
Fevrier 2007
Le Procureur de la Cour Pénale Internationale demande aux juges de citer à comparaître deux responsables présumés contre l'humanité
Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, 27 février 2007
Aujourd'hui, le Procureur de la CPI Luis Moreno Ocampo a annoncé qu'il avait recueilli des éléments de preuves suffisants pour demander à la Chambre préliminaire I de la CPI la délivrance de deux citations à comparaître à l'encontre de Ahmad Muhammad Harun, ancien ministre de l'intérieur du gouvernement soudanais, et Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, l'un des commandants des milices 'janjawids” alliée au forces gouvernementales, dans le conflit qui ravage la région du Darfour depuis 2003. Le Procureur de la CPI établit ainsi les liens entre le gouvernement de Khartoum et la milice “janjawid”, et engage la responsabilité de ces deux hommes dans la perpétration d'exécutions sommaires, de viols, déplacements forcés de population et de pillages.
La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et son organisation affiliée, la Sudanese Organisation against Torture (SOAT), se félicitent de cette décision majeure dans la voie de la résolution tant attendue de cette crise régionale. “En visant des suspects importants, le Procureur adresse aussi un message d'espoir aux millions de victimes de ce conflit meurtrier qui ravage la région occidentale du pays depuis février 2003” , a déclaré Sidiki Kaba , Président de la FIDH. “Traduire les responsables de ces crimes graves en justice est essentiel pour la résolution de cette crise majeure” , affirme SOAT . Le gouvernement soudanais doit impérativement coopérer avec la Cour afin d'assurer la comparution de ces individus devant la CPI. En ce sens, la FIDH et SOAT ont dénoncé l'attitude du gouvernement soudanais, qui rejetait, hier, l'enquête de la CPI au Darfour. “Le gouvernement a toujours mis en cause la légitimité de la CPI. La création des Cours spéciales sur le Darfour, juste après l'ouverture de l'enquête de la CPI, ne visait qu'à écarter l'attention de la communauté internationale. Les Cours spéciales ont montré qu'elles n'étaient pas capables de traduire en justice les responsables de crimes contre l'humanité et crimes de guerre ni d'assurer justice et réparation aux victimes”, ont insisté les deux organisations. La CPI doit impérativement recevoir le soutien du gouvernement soudanais pour juger les deux criminels supposés, et plus largement de l'ensemble des Etats parties à son statut pour pouvoir mener des actions efficaces au Darfour. La FIDH et SOAT se félicitent de la déclaration publique faite par le Procureur aujourd'hui concernant l'examen par son bureau de la situation actuelle au Tchad et en République centrafricaine. La FIDH et SOAT recommandent que :
Historique : Suite au rapport de la Commission d'enquête des Nations unies, publié en janvier 2005, qui concluait à la perpétration de crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour et recommandait de mener de plus amples actions afin de s'assurer que les responsables de ces atrocités répondent de leurs actes, le Conseil de sécurité des Nations unies saisissait la CPI sur la situation au Darfour en mars de la même année ( Voir le communiqué ). Le Procureur de la CPI ouvrait une enquête en juin 2005( Voir communiqué de presse ). Il soumet au Conseil de sécurité des mises à jour régulières des activités de son Bureau sur la situation au Darfour( Voir les Rapports ). Conformément à l'article 58.7 du Statut, le Procureur peut demander à la Chambre préliminaire de délivrer une citation à comparaître : “Si la Chambre préliminaire est convaincue qu'il y a des motifs raisonnables de coire que la personne a commis le crime qui lui est imputé et qu'une citation à comparitre suffit çà garantir qu'elle se rpésentera devant la Cour, elle delivre la citation , avec ou sans conditions restrictieves de liberté si la législation nationale le prévoit”. Bien que le Soudan n'ait pas ratifié le statut de la CPI, son obligation à coopérer avec la Cour résulte de la résolution 1593 du Conseil de sécurité du 31 mars 2005, qui référait la situation au Darfour au Procureur de la CPI.
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Fevrier 2007
La justice internationale accuse un ex-ministre soudanais
Le Figaro avec AP et AFP, 27 février 2007
La requête du procureur de la Cour pénale internationale contre un ancien ministre et un chef rebelle, pourrait déboucher sur le lancement de mandats internationaux.
Ils devraient être les premiers d'une longue liste : mardi, le procureur de la Cour pénale internationale a présenté aux juges ses premières accusations contre deux responsables présumés de crimes au Darfour. Selon le procureur Luis Moreno-Ocampo, les «preuves montrent que Ahmed Haroun, ancien secrétaire d'Etat à l'Intérieur du Soudan et Ali Kosheib (nom de guerre de Ali Mohamed Ali, un des chefs des djandjawids) ont commis de concert des crimes contre la population civile au Darfour». Le procureur les accuse de 51 chefs de crimes contre l'humanité et crimes de guerre présumés, dont persécution, meurtre, torture et viol, commis entre août 2003 et mars 2004 contre des villageois de l'ouest de cette région meurtrie du Soudan.
Khartoum récuse la compétence de la CPI Le ministre soudanais de la Justice a rejeté ces accusations, affirmant qu'Ahmed Haroun ne sera pas extradé. Le régime de Khartoum ne reconnaît pas l'autorité de la CPI et nie régulièrement toute implication dans le conflit. Un groupe de rebelles, le Mouvement de libération du Soudan a en revanche fait savoir qu'il coopérerait, exhortant ses membres accusés se rendre de leur propre chef. Pour le procureur Luis Moreno-Ocampo, cette procédure est le fruit de deux années d'investigation. Les juges doivent maintenant examiner ces éléments de preuves et décider, s'ils les estiment suffisantes, de réclamer les accusés au Soudan, qui n'est pas un Etat partie de la CPI, ou de lancer des mandats d'arrêts internationaux contre eux. Selon des experts, environ 200.000 personnes ont été tuées et 2,5 millions d'autres chassées de leurs foyers au Darfour depuis 2003, année où des rebelles ont pris les armes contre le gouvernement en l'accusant de négliger la région. Khartoum avance un bilan de 9.000 morts environ.
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Fevrier 2007
Crimes au Darfour : le Soudan renie à la CPI toute compétence
Le Monde avec l'AFP, 26 février 2007
Le Soudan a renié lundi à la Cour pénale internationale (CPI) toute compétence au Darfour lorsque le procureur de la Cour doit remettre mardi aux juges son rapport sur les crimes et crimes contre l'humanité commis au Darfour. "La position de principe du Soudan est que cette cour ne peut avoir aucune compétence lorsqu'il s'agit de juger les Soudanais", a déclaré le ministre de la Justice Mohammed Ali al-Mardhi. Cela concerne, selon lui, aussi bien les responsables, les membres des forces de sécurité que les rebelles de cette région de l'ouest du Soudan en guerre civile depuis quatre ans. M. Mardhi, cité par le quotidien Akhbar al-Youm, a assuré que la justice de son pays avait assez d'"indépendance, de partialité ainsi que le désir et la capacité de juger toute personne coupable de crime au Darfour". Le ministre est actuellement au Darfour pour suivre les enquêtes sur des auteurs d'exactions dans cette région mais les autorités assurent que cela n'a aucun rapport avec l'annonce du CPI. Jeudi, le procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo, avait annoncé qu'il remettrait aux juges son rapport. Son bureau avait précisé qu'il présenterait "des éléments de preuve relatifs à des personnes nommées, aux crimes de guerre et aux crimes contre l'humanité commis au Darfour". Les juges devront donner ou non l'autorisation d'ouvrir une instruction à l'encontre des personnes nommées, et éventuellement émettre des mandats d'arrêt internationaux. Luis Moreno-Ocampo enquête depuis juin 2006 sur des accusations de persécutions, tortures, viols et meurtres. Son travail porte sur des faits survenus en 2003 et 2004, période considérée comme la plus violente au Darfour. Son équipe a effectué plus de 70 missions dans 17 pays, a étudié les cas de centaines de victimes potentielles et réalisé une centaine d'entretiens avec des témoins. La CPI, premier tribunal permanent chargé de juger les crimes de guerre, crimes contre l'Humanité et génocides, peut agir si une juridiction nationale ne peut ou ne veut pas le faire. Selon l'ONU, quelque 200.000 personnes ont péri de la guerre et de ses conséquences et plus de 2 millions ont été déplacées, des chiffres jugés exagérés par le Soudan.
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Fevrier 2007
Ban Ki-moon propose le déploiement de 10.900 casques bleus au Tchad
Nations Unies, Xinhuanet, 24février 2007
Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a proposé, dans un rapport rendu public vendredi, le déploiement de 10.900 casques bleus à l'appui d'une mission des Nations Unies au Tchad et en République centrafricaine. Pour déployer une telle mission dans l'Est du Tchad, l'ONu doit obtenir l'autorisation du président Déby qui s'est dit préoccupé par la composante militaire, indique le rapport soumis au Conseil de sécurité. Selon le rapport, l'Est du Tchad "traverse une crise sécuritaire et humanitaire complexe, marquée par des heurts constants entre les forces gouvernementales et les rebelles tchadiens basés au Soudan, des attaques menées contre des civils par des milices opérant à partir du Soudan, la présence de rebelles soudanais sur le territoire tchadien, la violence ethnique, des déplacements de population, des tensions interethniques et des actes de banditisme". Les populations locales et les 232.000 Soudanais réfugiés dans la région mais aussi les 120.000 personnes déplacées dans l'est du Tchad vivent de ce fait dans un climat d'incertitude et de persécution et sont soumis à des dangers incessants, ajoute-t-il. Quant aux risques auxquels serait exposée la mission, le rapport envisage notamment que les groupes armés pourraient " estimer que la force des Nations Unies compromet leurs visées militaires et décider de s'en prendre à elle". "Il est donc crucial d'obtenir des garanties de la part des groupes rebelles tchadiens qu'ils respecteront le caractère impartial de la présence des Nations Unies. Il est également possible que la force des Nations Unies soit prise dans un échange de tirs entre les belligérants", affirme le secrétaire général de l'ONU. Afin d'atténuer ces risques, la force des Nations Unies devrait faire porter son action sur deux objectifs principaux : la protection des civils en danger, notamment les déplacés et les réfugiés, et la prévention des attaques transfrontières du fait de sa présence, indique le rapport. "Si le Conseil de sécurité décidait de créer une force des Nations Unies, je recommande l'option B, car les effectifs et le degré de mobilité envisagés donneraient les moyens à la force de s'acquitter efficacement des taches proposées et de faire face aux imprévus", a indiqué le secrétaire général. L'option B prévoit alors le déploiement total de 10.900 casques bleus et personnel civil, une composante aérienne de 9 hélicoptères de transport, deux hélicoptères d'observation armés, d'engins sans pilote et de deux avions d'observation. Neuf bataillons d'infanterie seraient déployés, parmi lesquels deux compagnies seraient réservés pour la Centrafrique. "L'opération des Nations Unies pourrait aussi contribuer en parallèle aux efforts menés pour régler la crise au Darfour et concourir, le cas échéant, à l'instauration d'un climat politique propice à la paix, à la stabilité et à la réconciliation dans l'est du Tchad", indique le rapport. S'agissant par ailleurs de la situation dans le nord-est de la République centrafricaine, "elle n'est pas aussi grave et l'accord intervenu entre le gouvernement et les groupes rebelles en vue de négocier une issue au conflit est encourageant", indique le rapport. Le secrétaire général de l'ONU préconise en conséquence "un petit déploiement des Nations Unies composé de militaires et de policiers", ce qui aiderait à stabiliser la situation dans le nord- est du pays.
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Fevrier 2007
Le Secrétaire général de l'ONU propose le déploiement d'une mission forte de 10.900 casques bleus
Nations Unies, New York, 23 février 2007
Le Secrétaire général a proposé, dans un rapport rendu public le 23 février, le déploiement de 10.900 casques bleus à l'appui d'une mission des Nations Unies au Tchad et en République centrafricaine. Le déploiement d'une telle mission dans l'Est du Tchad est encore soumise à l'autorisation du président Déby qui s'est dit préoccupé par la composante militaire, indique le rapport. Ce dernier rappelle que la région est du Tchad « traverse une crise sécuritaire et humanitaire complexe, marquée par des heurts constants entre les forces gouvernementales et les rebelles tchadiens basés au Soudan, des attaques menées contre des civils par des milices opérant à partir du Soudan, la présence de rebelles soudanais sur le territoire tchadien, la violence ethnique, des déplacements de population, des tensions interethniques et des actes de banditisme ». Les populations locales et les 232 000 Soudanais réfugiés dans la région mais aussi les 120 000 personnes déplacées dans l'est du Tchad vivent de ce fait dans un climat d'incertitude et de persécution et sont soumis à des dangers incessants….. « L'opération des Nations Unies pourrait aussi contribuer en parallèle aux efforts menés pour régler la crise au Darfour et concourir, le cas échéant, à l'instauration d'un climat politique propice à la paix, à la stabilité et à la réconciliation dans l'est du Tchad », indique le rapport. « Je tiens à réaffirmer qu'il incombe au premier chef aux dirigeants soudanais, tchadiens et centrafricains de parvenir à un règlement durable de la crise au Darfour, dans l'est du Tchad et dans le nord-est de la République centrafricaine », affirme le Secrétaire général en conclusion, estimant qu'une « première étape concrète consisterait pour le Tchad et le Soudan à appliquer les accords de Tripoli et de N'Djamena à titre prioritaire ».
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Fevrier 2007
SOS Darfour : Chaque jour, le crime se poursuit et, sans mesures de rétorsion
La Croix, 22 février 2007
il n'y a pas de raisons que les assassins mettent fin à leur forfait.
Nombre de voix, et non des moindres, se sont élevées dans les colonnes de ce journal et ailleurs, pour dénoncer ce qu'il faut bien appeler désormais le génocide perpétré au Darfour depuis trois ans. Et pourtant, aux cris d'alarme lancés par les responsables d'organisations humanitaires, aux réflexions désabusées d'un Kofi Annan consterné par la passivité des États membres de l'Organi sation qu'il dirigeait encore à fin décembre 2006, aux propos indignés d'un Desmond Tittu déplorant qu'il existe une ségrégation dans l'évaluation des vies sauvagement détruites, à l'intervention d'un Jacques Chirac devant l'Assemblée de l'ONU, déclarant qu' « un crime contre l'humanité se prépare ( 1) » - alors que le crime est déjà virtuellement consommé -, force est de constater que seul un silence accablant et honteux de la communauté internationale à jusqu'ici fait écho. Il n'a certes pas manqué de démarches diplomatiques au Soudan, auprès d'un régime qui, fort des intérêts énergétiques et commerciaux qu'il suscite et des appuis dont il dispose à cet égard, bafoue délibérément la résolution 1706 du Conseil de sécurité préconisant d'envoyer surplace une force de protection de 17 000 hommes. Comment ne pas s'étonner que de telles initiatives soient demeurées sans effet? Il y a bien eu, à la fin de l'an dernier, (2), la déclaration des évêques de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (Comece) rappelant aux plus hauts responsables européens de centrer les valeurs de l'Europe sur le respect de la dignité humaine et, entre autres,, la promotion de la protection des droits de l'homme. Mais que n'ont-ils saisi l'occasion de concrétiser leur propos par un appel formel à la sauvegarde des vies humaines au Darfour. Ils auraient ainsi fait écho à la Conférence des évêques catholiques des États-Unis qui n'a pas hésité à rallier la coalition Save Darfour, laquelle rassemble 175 organisations et demande « une action claire et immédiate pour faire cesser le génocide».
En France le collectif urgence Darfour tente de mobiliser l'opinion. Il serait temps d'y souscrire en masse, pour que le concept de «responsabilité de protéger» adopté par l'ONU en septembre 2005 soit enfin appliqué, sans plus d'atermoiements, par la communauté internationale.
Car pendant ce temps, chaque jour, le crime se poursuit et, sans mesures de rétorsion, il n'y a pas de raisons que les assassins mettent fin à leur forfait. Écoutons les appels angoissés, les cris et supplications de leurs victimes... « Un jour vous vous réveillerez et les habitants du Darfour auront été rayés de la carte (3).»
Oui, sauvons leurs vies, sous peine de perdre notre âme.
Jean Ruyssen (Pyrénées -Attantiques)
(1) Tribune de l'ONU, 19 septembre 2006 (2) 11 décembre 2006 (3) Ibrahim Mahmoud, chef des cheikhs du camp de Gereida, le plus grand camp de réfugiés du Darfour
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Fevrier 2007
Les violences font 46.000 déplacés supplémentaires au mois de janvier au Darfour
Nation Unies, New York, 22 février 2007
Les attaques de villages et de travailleurs humanitaires, les violences sexuelles et les intimidations ont entraîné de nouveaux déplacements de population au mois de janvier au Darfour, affirme la Coordination humanitaire des Nations Unies. Dans le contexte actuel de violence au Darfour, les organisations humanitaires restent en état d'alerte maximale pour combler les lacunes qui apparaissent, indique aujourd'hui le Bureau de la coordination des affaires humanitaires De nouveaux déplacements de population ont eu lieu sans discontinuer en raison des attaques persistantes des milices gouvernementales et de la faction de l'Armée de Libération du Soudan menée par Minni Minawi (ALS/MM), surtout dans le nord du Darfour où des bombardements aériens des forces gouvernementales ont eu lieu. Les milices arabes ont elles aussi poursuivi leurs attaques et leurs intimidations sur la population. ….. L'accès humanitaire continue quant à lui d'être limité. ….
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Fevrier 2007
Le président du CICR déplore la détérioration de la situation et ses conséquences pour la population de la région
CICR, Khartoum/Genève 21 février 2007 –
Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger, revient aujourd'hui d'une visite de cinq jours au Soudan, qui s'est déroulée dans un contexte marqué par une recrudescence de la violence et une détérioration des conditions de sécurité dans de nombreuses régions du Darfour.
Au cours de son voyage, M. Kellenberger s'est rendu à Gereida et à Nyala (Darfour Sud), à El Fasher (Darfour Nord), et à Juba (Sud-Soudan). Le but de sa visite, la troisième dans ce pays depuis 2004, était principalement de : -- se rendre compte par lui-même et sur place de la situation qui prévaut actuellement au Darfour sur les plans humanitaire et de la sécurité ; -- demander instamment aux représentants du gouvernement, de la faction de l'Armée de libération du Soudan ( Sudan Liberation Army – SLA) dirigée par Mini Minawi, et des groupes armés n'ayant pas signé l'accord de paix au Darfour de s'acquitter des obligations qui leur incombent, en vertu du droit international humanitaire, d'épargner et de protéger les civils ; -- demander que le CICR puisse accéder en toute sécurité aux personnes qui ont besoin de son assistance.
Ces derniers mois, les combats ayant redoublé d'intensité dans de nombreuses régions du Darfour, les habitants ont fui vers des régions plus reculées, et le personnel humanitaire a donc plus de difficulté à les atteindre. Quant aux personnes qui sont restées dans leurs villages, la violence et l'insécurité les ont empêchées de s'occuper de leurs cultures et d'aller sur les marchés locaux. En outre, les mécanismes traditionnels de survie ont été anéantis, et les communautés nomades se sont vues dans l'impossibilité d'emprunter leurs routes de transhumance séculaires. Les animaux se sont ainsi retrouvés entassés dans des espaces restreints, ce qui a eu pour conséquence d'épuiser encore davantage les ressources en eau et les pâturages.
Pour le CICR, qui concentre ses activités de protection et d'assistance sur les zones rurales plus que sur les camps, de tels signaux sont alarmants. En effet, si ces régions ne sont pas accessibles en toute sécurité, les organisations humanitaires auront de plus en plus de mal à répondre aux besoins des personnes qui y vivent. Des communautés entières sont ainsi prises dans la spirale de la misère, ce qui les oblige à chercher refuge dans des camps déjà surpeuplés. La visite du président à Gereida tient avant tout au fait que le CICR, en tant que dernier acteur humanitaire maintenant la présence d'expatriés sur place, a dû reprendre des activités d'assistance dans le camp de cette ville et fournir vivres, eau et soins de santé aux quelque 120 000 personnes déplacées qu'il héberge.
Le CICR compte actuellement au Soudan 160 expatriés et plus de 1 800 collaborateurs locaux basés dans les trois États du Darfour, au Sud-Soudan et à Khartoum. Il est actif au Sud-Soudan depuis 1984, à la suite de la guerre civile dans cette région, et au Darfour depuis 2004.
Informations complémentaires : Jessica Barry, CICR Kharthoum, tél. : +249 91 21 70 576
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Fevrier 2007
Dure réalité de la diplomatie chinoise en Afrique
Les Echos, 21 février 2007
Dans un éditorial, l'« International Herald Tribune » dénonce, en maniant l'ironie, la dureté de la diplomatie chinoise en Afrique. « Vous gaspillez les richesses nationales ? Vous avez lancé une guerre contre une minorité ? Ou simplement vous êtes fatigué des exigences de la bonne gouvernance pour obtenir l'aide internationale de la plupart des gouvernements occidentaux et des institutions multilatérales ? Si vous dirigez un pays en Afrique qui a quelques ressources naturelles à mettre en gage, alors vous avez un ami à Pékin, prêt à vous signer de gros chèques sans poser de questions », écrit le quotidien en langue anglaise. Au cours de sa tournée en Afrique, il y a quinze jours, le président chinois, Hu Jintao, a promis des milliards de dollars, lors de ses passages dans des pays démocratiques comme l'Afrique du Sud ou nouveaux venus sur la voie de la démocratisation comme le Liberia, mais aussi à des pays comme le Soudan et le Zimbabwe, « gouvernés par des dictatures sanglantes », poursuit le journal. Mais, selon le « Herald », la diplomatie du yuan de Pékin « est un problème croissant pour les plus pauvres en Afrique ». La soif de pétrole de la Chine l'a conduite à conclure « un partenariat détestable avec le Soudan, qui mène une guerre génocidaire qui a déjà coûté la vie à 200.000 personnes ». Pékin a d'ailleurs empêché le Conseil de sécurité de l'ONU de déployer dans ce pays une force efficace de maintien de la paix. Hu Jintao a néanmoins accordé au président soudanais, Omar al-Bechir, un prêt sans intérêt pour construire son nouveau palais présidentiel. Le journal dénonce également le rôle de la Chine derrière le président « à vie » du Zimbabwe, Robert Mugabe, et même dans les pays mieux gouvernés. En Zambie, les investissements miniers chinois ont provoqué le mécontentement des mineurs et de pays voisins soucieux de l'environnement. « La Chine n'est pas la première puissance à se comporter mal en Afrique. Mais elle ne devrait pas être fière de suivre le mauvais exemple de l'Occident », conclut le quotidien.
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Fevrier 2007
Darfour : chassé-croisé franco-américain
Le Monde, Natalie Nougayrède, 20 février 2007
La crise du Darfour est un terrain où les diplomaties française et américaine, à la lisière du monde arabe et de l'Afrique noire, s'entrecroisent et se mesurent, tantôt coopérant, tantôt s'opposant, mais de façon discrète. Comme sur l'Irak en 2003, et comme sur l'Iran depuis quelque temps, Jacques Chirac et son entourage pensent qu'une solution à cette crise doit impérativement passer par la seule diplomatie et un processus politique, dans le respect strict de la souveraineté soudanaise. Tout autre scénario reviendrait, jugent-ils, à préparer le terrain à un "second Irak" . Il n'est pas question, dans l'esprit du président français, d'en passer par une présence militaire sur le terrain qui n'aurait pas l'entier assentiment des autorités de Khartoum. Le "devoir de protéger" les populations civiles, acté par l'ONU, ne peut être invoqué en l'espèce pour passer en force, estime l'Elysée, qui éprouve une grande méfiance face aux intentions de Washington. Dans la qualification même de la guerre au Darfour, où les populations civiles paient le plus lourd tribut - 200 000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis février 2003, selon l'ONU -, Paris et Washington portent des appréciations différentes. L'administration Bush a parlé, en 2004, par la voix de Colin Powell, le secrétaire d'Etat de l'époque, de "génocide" perpétré par le régime soudanais. Pour M. Chirac, le Darfour est une région où "un crime contre l'humanité se prépare", ainsi qu'il l'a déclaré en septembre 2006 à l'Assemblée générale de l'ONU. Lors du sommet Afrique-France de Cannes, le 15 février, M. Chirac a renvoyé dos à dos les rebelles du Darfour et les autorités de Khartoum pour leur responsabilité dans cette "catastrophe humanitaire" . Comme cela avait été le cas pour l'Irak, et aujourd'hui pour l'Iran, M. Chirac n'a pas confiance dans l'efficacité de la politique de sanctions prônée par Washington à l'encontre du Soudan. La France veut empêcher toute montée en puissance, à l'ONU, de mesures contraignantes contre le régime de Khartoum, alors que George Bush, qui a imposé des sanctions financières américaines unilatérales, parle d'accroître la pression. Il n'y a pas, en France, d'équivalent à la mobilisation de l'opinion publique américaine sur le Darfour. Celle-ci passe par une myriade de groupes militants dans les universités, par les organisations juives, les groupes noirs, et surtout par les réseaux évangélistes dont M. Bush est proche. Mais l'attention de Washington a aussi été accaparée par l'affaire de la Somalie et toujours, l'Irak. En France, seules quelques voix s'élèvent, comme celle de Bernard Kouchner, pour invoquer un devoir d'ingérence au Darfour et réclamer l'ouverture de "couloirs humanitaires" . La diplomatie française s'est réveillée sur la question du Darfour lorsqu'il est devenu évident que cette guerre débordait les frontières soudanaises pour affecter de façon dramatique la situation au Tchad, et, dans une moindre mesure, en Centrafrique, deux pays du "pré carré" français en Afrique, où Paris est engagé militairement. Les méthodes employées par les milices janjawids arabes au Darfour, faites de massacres, pillages et viols, ont commencé à apparaître dans l'est du Tchad. Dans ce contexte, la France a commencé à plaider, en novembre 2006, pour le déploiement d'une force de l'ONU au Tchad, le long de la frontière soudanaise, pour la sécuriser. Un accord de principe a été arraché au président tchadien, Idriss Déby, qui craint que la présence d'un tel contingent ne lui coûte cher politiquement, en coupant en deux la zone traditionnelle des Zaghawas, la tribu sur laquelle il s'appuie, et qui vit de part et d'autre de la frontière. Les responsables américains n'ont pas eu d'objection particulière, mais c'est la finalité de cette éventuelle force qui suscite des désaccords feutrés. Les Français disent en privé que l'intention américaine est d'utiliser à terme ces troupes - qui seraient basées au Tchad - pour intervenir un jour au Darfour. Or, pour Paris, cette force, si elle voit le jour, devra s'en tenir à des objectifs humanitaires au Tchad et à un travail de surveillance.
Elargir les accords d'Abuja
Sur le fond, l'entourage de M. Chirac a jugé indispensable de ramener le traitement de la crise du Darfour à sa dimension politique, et non plus seulement humanitaire. Il s'agit de tenter d'obtenir que les accords d'Abuja, signés en mai 2006 par le gouvernement soudanais et l'une des factions rebelles, soient élargis à d'autres belligérants. Les Américains se sont ralliés à cette lecture, constatant que la résolution 1706 du Conseil de sécurité de l'ONU, votée en août 2006, n'avait, dans le cas contraire, aucune chance d'être mise en oeuvre. Celle-ci prévoit le déploiement de 22 000 casques bleus au Darfour. Le président soudanais louvoie pour que la présence onusienne au sein de la petite force de l'Union africaine déjà présente au Darfour reste cosmétique. Les responsables français ont tenté de reprendre la main sur la diplomatie. Pendant longtemps, celle-ci a été traitée en priorité par Washington et Londres, de façon trop expéditive et simpliste, juge-t-on à Paris, en évoquant la hâte avec laquelle le secrétaire d'Etat adjoint américain Robert Zoellick avait obtenu les accords d'Abuja. La France veut se prévaloir de ce qui reste de ses relations privilégiées avec l'Afrique noire et le monde arabe pour être un "facilitateur" . Se situer, en somme, à l'intersection de ces mondes où, juge-t-on à Paris, les Américains manquent soit de crédibilité (Proche-Orient), soit de connaissance des contextes locaux (Afrique noire). L'approche des Britanniques, quant à elle, est considérée comme lestée par le souvenir de l'épopée de "Gordon Pacha", le fameux général de la reine Victoria, décapité en 1885 à Khartoum par l'armée du Mahdi. Autrement dit, jamais ils ne pourraient être entendus par le pouvoir soudanais... C'est ce contexte que M. Chirac a mis à profit au sommet de Cannes en obtenant que les présidents soudanais, tchadien et centrafricain s'engagent par écrit, le 15 février, à respecter la souveraineté de leurs pays respectifs et à ne plus alimenter les rébellions armées. Les effets que cela aura sur le terrain restent encore à vérifier, alors que le conflit du Darfour semble au contraire en phase de radicalisation. A ce stade, l'Elysée est, en tout cas, convaincu de la nécessité de dialoguer avec Omar El Béchir. Le menacer comme le font les Américains, ne fait, juge-t-on, que conforter la propagande soudanaise, entièrement axée sur le thème d'une agression des "Occidentaux" et des "infidèles". Mais, face aux maigres résultats de la diplomatie, la tragédie continue pour les habitants du Darfour.
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Fevrier 2007
Le président soudanais critique Washington et l'ONU au sommet de Cannes
mar Al-Bachir a répété son opposition au déploiement de casques bleus de l'ONU au Darfour et à l'octroi de visas à la mission onusienne sur les droits de l'homme
Le Monde, Cannes par Natalie Nougayrède et Jean-Pierre Tuquoi, 18-19 février 2007
Un « bon sommet », a résumé Jacques Chirac au cours de la conférence de presse qui a clôturé, ven dredi 16 février, les deux journées du sommet Afrique-France de Cannes, probablement le dernier du chef de l'Etat français: Pour s'en convaincre, le président a vanté les travaux des différentes tables rondes organisées à Paris puis à Cannes, la transparence des séances plénières (pour la première fois retransmises en direct) et les deux déclarations de la fin du sommet, en particulier celle concernant le Darfour. Une déclaration qui se veut optimiste. Ayant obtenu des chefs d'État des trois pays impliqués peu ou prou dans les événements au Darfour (Soudan, Tchad, Centrafrique) la signature d'une sorte de code de bonne conduite, les participants au sommet espèrent, selon la déclaration finale, que « la reprise du dialogue et la : poursuite du processus de réconciliation dans la région » sont en cours. Rien n'est moins sûr. Des réconciliations sans lendemain entre les présidents du Soudan et du Tchad, les premiers concernés, ont eu lieu à plusieurs reprises. D'autre part, le président soudanais, le général Omar Al-Bachir, continue à voir le conflit au Darfour avant tout comme un « complot américain » contre son pays.
Refus de visas Il a longuement développé cette thèse, vendredi à Cannes, lors d'une conférence de presse. Pour lui, il est donc hors de question que Khartoum accepte le déploiement de casques bleus de l'ONU au Darfour, comme le réclame le Conseil de sécurité. « On n'a rien contre l'ONU mais ce serait mettre le Soudan sous tutelle - comme l'Irak », a-t-il affirmé. Le président soudanais n'est prêt à accepter qu'un soutien financier et logistique de l'ONU en appui des forces de l'Union africaine (UA) déjà déployées au Darfour. De la même façon, le général Al-Bachir a redit son refus d'octroyer des visas à une mission de l'ONU sur les droits de l'homme au Darfour car, a-t-il accusé, « certains membres ne sont ni impartiaux ni honnêtes. Ils ont un parti pris ». S'en prenant aux Américains, accusés de lorgner sur les richesses supposées du Darfour, le chef de l'Etat leur a reproché de faire porter à Khartoum la responsabilité de la poursuite du conflit au Darfour. « On fait pression sur notre gouvernement et pas sur les mouvements rebelles qui sabotent la paix. Ce qu'il faut, a-t-il ajouté, c'est mettre en œuvre l'accord de paix [conclu à Abuja, au Nigeria] et donner les moyens supplémentaires à l'Union africaine ».
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Fevrier 2007
Appel africain à la communauté internationale pour qu'elle honore ses promesses au Soudan
Jeune Afrique avec Xinhuanet, 19 février 2007
Des dirigeants religieux africains ont appelé lundi la communauté internationale à honorer ses promesses politiques et financières pour soutenir le processus de paix au Soudan. Dans un communiqué conjoint publié à Nairobi au Kenya, à l'issue de discussions avec les dirigeants politiques et religieux à Khartoum et à Juba, une délégation interconfessionnelle africaine a déclaré que la paix au Soudan apporterait la stabilité à l'ensemble de la région. « La paix au Soudan sera la base pour la stabilité et la paix de l'ensemble de la région et de l'Afrique », a déclaré dans un communiqué la délégation des dirigeants religieux représentant l'Action interconfessionnelle pour la paix en Afrique (IFAPA).
Cette délégation, dirigée par le révérend Ishmael Noko, secrétaire général du Forum luthérien mondial (LWF), a indiqué que les gens qu'ils ont rencontré leur ont clairement témoigné que le conflit au Soudan «était clairement politique et non religieux». «Ces accords de paix devraient être considérés comme la base pour un accord constitutionnel multipartite. Il est également urgent pour la communauté internationale d'honorer le soutien financier promis pour la reconstruction du Soudan lors de la conférence internationale des donateurs d'avril 2005 à Oslo en Norvège », a dit M. Noko. « L'application du processus de paix national ne sera pas possible sans cette assistance », a-t-il ajouté. La guerre civile de 21 ans entre les ex-rebelles du Mouvement/ Armée populaire de libération du Soudan (A/MPLS) et le gouvernement basé à Khartoum, achevée en janvier 2005 par la conclusion d'un accord de paix, a fait au moins deux millions de morts, quatre millions de déracinés et forcé environ 550 000 personnes à fuir vers les pays voisins. Un autre conflit au Darfour, dans l'ouest du Soudan, et un conflit plus petit mais potentiellement explosif dans l'est du pays, menace de faire dérailler l'ensemble du processus de paix.
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Fevrier 2007
Force africaine au Darfour: les Arabes appelés à honorer leurs engagements
Jeune Afrique 19 février 2007
Un comité de la Ligue arabe a exhorté lundi à Khartoum les membres de l'organisation à verser leurs contributions à la force africaine au Darfour, dans l'ouest du Soudan, dont seuls 10% ont été débloqués. "Les pays arabes sont appelés à honorer leurs engagements en faveur de la force africaine", a souligné un communiqué du Comité de suivi des résolutions du dernier sommet arabe qui a tenu une brève réunion à Khartoum. Ce sommet tenu en mars 2006 à Khartoum a vu les membres de la Ligue s'engager à verser 150 millions de dollars à la force africaine de 7 000 hommes, mal-financée et mal-équipée. Mais seuls 15 millions ont été versés. A l'ouverture de la réunion, le ministre soudanais des Affaires étrangères Lam Akol a déclaré à la presse, que son pays, qui ne veut pas de Casques bleus au Darfour, attendait "plus d'effort financier arabe pour la force africaine". La réunion a lancé le même appel en faveur des Palestiniens qui n'ont reçu que 380 millions sur les 660 promis. Des responsables de la Ligue ont affirmé que l'argent va uniquement à l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas sans dire de quelle manière il lui est versé. Par ailleurs, la réunion a apporté son soutien à la médiation du secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa au Liban, revendiqué "un rôle arabe" dans les démarches pour stabiliser l'Irak et appelé à la "levée du blocus" contre les Palestiniens après l'accord sur la formation d'un gouvernement d'union entre le Fatah et le mouvement islamiste Hamas. Le comité réunit six pays: Soudan, Arabie saoudite, Algérie, Tunisie, Emirats arabes unis, Bahreïn. Il s'est réuni en prévision du prochain sommet arabe prévu en principe le 29 mars à Ryad.
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Fevrier 2007
Radio Bakhita, nouvelle radio à Juba
Zénit, Rome 15 février 2007
« Radio Bakhita », la première radio catholique du Sud Soudan, émet déjà dans tout le pays. Sa nouvelle programmation, lancée jeudi dernier, vise à promouvoir « la paix et la réconciliation », ont expliqué les responsables selon des propos rapportés par l'agence missionnaire Misna . Radio Bakhita est le fruit de l'engagement des religieux et des religieuses missionnaires comboniens qui ont pu rouvrir leurs missions à Juba, détruites par des années de guerre. La guerre civile, qui a duré une vingtaine d'années, avait éclaté en 1983. La population du sud, formée essentiellement de chrétiens et d'animistes, avait décidé de se rebeller au processus d'islamisation forcé promu par le gouvernement de Khartoum (dans le nord la majorité de la population est arabe et musulmane), mais surtout de s'opposer à l'introduction de la loi islamique (« sharia ») dans ses provinces. Le pays est en train de sortir du conflit. Ce dernier a provoqué deux millions de morts et le déplacement de millions de personnes tant dans le sud que dans le nord du pays. Un demi million de personnes se sont également enfuies à l'étranger. Pour écouter « Radio Bakhita, la voix de l'Eglise » sur tout le territoire, il suffit de se syntoniser sur la fréquence 91 FM qui diffuse, pour le moment, un programme quotidien de 17h00 à 21h00 et dont le contenu est surtout réservé aux jeunes. Dans sa programmation, la radio prévoit la diffusion quotidienne des informations et des émissions à thèmes social, politique et religieux. Au regard des accords ayant mis fin en 2005 au terrible conflit qui
a opposé les indépendantistes du sud ( aujourd'hui à la
tête de l'autorité autonome du Sud Soudan) au gouvernement
de Khartoum, une attention particulière sera accordée
au thème de la paix. La station, située près du centre diocésain de communication, doit son nom à la première et unique sainte soudanaise, Joséphine Bakhita, canonisée en l'an 2000 par Jean-Paul II Les émissions ont démarré le jour de Noël. A minuit, a été retransmise de la cathédrale Sainte-Thérése, à Kator, la messe présidée par Mgr Paulino Lukudo Loro, archevêque de Juba, comme l'a confirmé le service catholique d'information sur l'Afrique, « CISA ». Le prélat a remercié les missionnaires comboniens pour « ce cadeau de Noël à l'Eglise catholique du Sud Soudan ». La diffusion régulière des programmes a commencé le 8 février dernier, jour de la fête de sainte Joséphine Bakhita. Le Soudan compte 38 millions d'habitants, répartis dans 572 tribus. 82% de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté. Les conditions de vie dans le sud et au Darfour sont actuellement les plus difficiles du pays.
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Fevrier 2007
Agence France Presse, 15 février 2007
Le président français Jacques Chirac a appelé "tous les belligérants et le gouvernement du Soudan" à accepter le déploiement d'une force de paix au Darfour. Il s'exprimait à Cannes à l'ouverture du 24e sommet Afrique-France. Il a rappelé que la communauté internationale et l'Union africaine (UA) se sont engagés à "refuser la fatalité de cette catastrophe humanitaire qui menace toute la région". "J'appelle tous les belligérants et le gouvernement du Soudan à écouter leur voix. A accepter le déploiement d'une force de paix. A cesser les attaques. A respecter les populations civiles et les personnels humanitaires. A comprendre l'impasse et l'horreur d'une politique du pire et faire le choix de la réconciliation", a dit M. Chirac. Le conflit du Darfour, province de l'ouest du Soudan ravagée par la guerre civile, devait doit faire l'objet d'une réunion des chefs d'Etat de la région, dont le Soudanais Omar el-Béchir, en marge du sommet. Le président tchadien Idriss Deby Itno, dont le pays accuse de soutenir des mouvements rebelles à N'Djamena, devrait finalement y participer, selon des sources diplomatiques. Au total, 48 des 53 pays africains sont représentés au sommet. Les présidents sud-africain Thabo Mbeki, ivoirien Laurent Gbagbo, sont notamment absents, de même que le leader libyen Mouammar Khadafi.
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Fevrier 2007
L'UE se déclare profondément préoccupée par les conditions de sécurité au Darfour
Jeune Afrique, 13 février 2007
L'Union européenne a exprimé lundi à Bruxelles sa préoccupation profonde sur les conditions de sécurité au Darfour, et condamné les violations incessantes du cessez-le-feu commises par |