Nous référençons un certain nombre
d'articles sur le Soudan |
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2005
Etats-Unis, Communiqué du président Bush, 31 décembre 2007
On trouvera ci-après le texte du communiqué du président Bush que la Maison-Blanche a diffusé le 31 décembre et qui a trait à la promulgation d'une loi sur le désinvestissement des États fédérés et des collectivités locales des États-Unis de sociétés implantées au Soudan. (Début du texte) Je viens de promulguer aujourd'hui la loi de 2007 sur la responsabilisation et le désinvestissement au Soudan. Je partage l'inquiétude profonde du Congrès face à la persistance des actes de violence commis au Darfour par le gouvernement soudanais et par les groupes de rebelles. Mon gouvernement poursuivra ses efforts en vue d'améliorer considérablement la situation au Soudan en prenant des sanctions contre le gouvernement soudanais, en poursuivant son action diplomatique de haut niveau et en soutenant l'envoi d'une force de maintien de la paix au Darfour. La présente loi est destinée à habiliter les États fédérés et les collectivités locales à se départir de leurs investissements dans des sociétés qui font affaire dans des secteurs précis au Soudan. Elle risque donc d'être interprétée comme mettant à l'abri d'un contrôle fédéral les mesures de désinvestissement qui pourraient contrarier l'application de la politique étrangère nationale. Toutefois, comme la Constitution confère à l'État fédéral le pouvoir exclusif de mener la politique étrangère, l'exécutif interprétera et appliquera ce texte de loi d'une manière qui ne s'oppose pas à ce pouvoir. George W. Bush |
Agence France Presse, Khartoum 31 décembre 2007
La mission des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (Minuad) a pris lundi le relais de la mission africaine (Amis), un transfert largement symbolique, l'ONU peinant, face aux réticences de Khartoum et des Occidentaux, à élargir et équiper la nouvelle force. Une cérémonie de transfert d'autorité a eu lieu lundi à El-Facher, capitale du Nord du Darfour et siège du QG de la nouvelle mission approuvée le 31 juillet par le Conseil de sécurité des Nations unies. La bannière de la Minuad a été hissée dans le nouveau QG et celui de l'Amis abaissé tandis que les soldats et policiers de maintien de la paix troquaient leurs bérets verts de l'Amis pour ceux, bleus, de l'ONU. S'adressant aux participants, le chef de la Minuad, Rodolfe Adada, a souligné son intention de "déployer la force la plus robuste possible au Darfour pour qu'elle puisse remplir le mandat dont elle a été chargée". Il a appelé toutes les parties en conflit à cesser les hostilités et à trouver une solution politique avec la coopération du gouvernement soudanais. Le gouverneur du Darfour nord, Osmane Youssef Kibr, a assuré en retour la Minuad de "la totale coopération" du gouvernement soudanais. Les Etats-Unis ont appelé de leur côté lundi le gouvernement du Soudan et les rebelles à observer un cessez-le-feu immédiat au Darfour et à cesser les manoeuvres d'obstruction au difficile déploiement d'une force de maintien de la paix renouvelée. Au même moment, le président George W. Bush a signé une loi visant à renforcer la pression économique sur le gouvernement soudanais, et a réaffirmé sa "profonde inquiétude" devant la poursuite des violences au Darfour. Le conflit du Darfour, une province de l'ouest du Soudan, a fait 200.000 morts et quelque 2,2 millions de déplacés en près de cinq ans, selon des organisations internationales -- chiffres contestés par Khartoum qui parle de 9.000 morts seulement. Une fois déployée dans son intégralité, la Minuad sera forte de 20.000 soldats et plus de 6.000 policiers et personnels civils, ce qui en fera la plus grosse opération de maintien de la paix des Nations unies au monde. Mais dans les faits, la Minuad ne démarre qu'avec quelque 9.000 éléments sur le terrain: les 7.000 soldats de l'Amis plus 1.200 policiers de cette force et des soldats et policiers de l'ONU envoyés en renfort en 2007. En outre, cette force, dont le budget de 1,2 milliard de dollars pour 2008 n'a été approuvé que récemment par l'Assemblée générale des Nations unies, peine à mobiliser les ressources humaines et matérielles nécessaires à sa mission qu'elle veut plus efficace que celle de l'Amis. La force africaine a été incapable faute de moyens et de financement de peser sur la violence au Darfour, une province de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile. Elle a perdu depuis son arrivée en 2004 une cinquantaine de ses membres, dont 12 lors d'une attaque fin septembre 2007 à Haskanita, dans le sud du Darfour, attribuée à des rebelles. Le Soudan continue de refuser l'intégration dans la force de la Minuad d'élements venus des pays nordiques en arguant que l'accord initial soulignait le caractère africain de cette force. Les Nations unies pour leur part n'arrivent pas à trouver 24 hélicoptères, dont six d'attaque, jugés essentiels pour la mobilité et la capacité de réaction de la Minuad qui a en charge un territoire aussi vaste que la France. Dans un communiqué conjoint à la veille du transfert, les Nations unies et l'Union africaine ont appelé, une nouvelle fois, les pays membres à "combler ce manque" en fournissant ces appareils. Actuellement, il y a dix bataillons d'infanterie sur le terrain venant du Rwanda, d'Afrique du sud, du Nigeria et du Sénégal. Il y a aussi une unité de la police militaire du Kenya, une compagnie de Gambie et une compagnie du génie de Chine ainsi que plus de 1.000 policiers, venant de plus de 25 pays, et une unité de police du Bangladesh. Des troupes d'Egypte, du Pakistan, d'Ethiopie et une unité de police du Népal doivent être déployées dans les deux prochains mois
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Agence France Presse,Camp de réfugiés de Djabal, 31 décembre 2007
Abdraman Akaban Abdraman ne dissimule pas son impatience: "Nous appelons les Nations unies et l'Union européenne à intervenir très rapidement à la frontière soudano-tchadienne et à rétablir une paix totale au Soudan". Ce responsable communautaire s'exprime au nom de 15.350 réfugiés soudanais du Darfour. Depuis quatre ans, ces réfugiés survivent sous perfusion des ONG dans le camp de Djabal, au sud-est du Tchad et à 80 kilomètres de la frontière avec le Soudan. Lors d'une visite éclair dans ce camp devenu un véritable village de cases avec ses trois écoles primaires, son hôpital et sa maternité, le ministre français de la Défense Hervé Morin a exhorté les réfugiés à faire preuve "d'encore un peu de patience même si toute cette période peut leur apparaître terriblement longue". Pour autant, M. Morin a laissé poindre sa propre impatience devant le peu d'empressement d'un certain nombre de partenaires européens de la France à constituer l'Eufor Tchad-RCA, une force de 3.000 à 4.000 soldats qui doit être déployée dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique. "Si l'on veut donner un sens à ce que représente la volonté européenne de construire une Afrique en paix, on doit être en mesure d'assurer une force européenne de 3.500 hommes", s'est-il indigné, avant de prévenir: "La France ne se substituera pas à toutes les faiblesses et les défaillances européennes". Appelée à assurer la sécurité de quelque 234.000 réfugiés soudanais du Darfour voisin, 178.000 Tchadiens déplacés et 43.000 Centrafricains, l'Eufor Tchad-RCA devait entamer son déploiement dès la mi-novembre. Mais ce déploiement se heurte aux difficultés rencontrées par l'Union européenne pour réunir les moyens, aériens, médicaux et logistiques, nécessaires. Manquent en particulier à l'appel quatre avions et neuf hélicoptères de transport, indispensables dans une région grande comme le tiers de la France. Loin de Bruxelles et de ces tractations, les réfugiés du camp de Djabal fondent de grands espoirs dans cette opération. "Nous avons quitté le Darfour il y a quatre ans pour fuir les djandjawids, ces milices arabes armées par le gouvernement de Khartoum qui brûlaient nos villages, violaient nos femmes et tuaient nos enfants", affirme Abdraman Akaban Abdraman qui souhaite "la bienvenue aux forces européennes". Combien de temps encore les réfugiés du Darfour devront-ils patienter dans leurs camps d'infortune? "Si on voit apparaître les premiers mouvements de population à la fin de l'année 2008, on estimera qu'une partie du chemin aura été fait", répond Hervé Morin. Dans l'immédiat, a indiqué le ministre à la sortie d'un entretien avec le président tchadien Idriss Deby Itno, rencontré dans la soirée à Abéché (est), une cinquième "conférence de génération de force" doit avoir lieu le 11 janvier à Bruxelles pour tenter de réunir les effectifs et les moyens nécessaires au déploiement de l'Eufor Tchad-RCA. Dans la soirée, M. Morin devait perpétuer une tradition à laquelle son prédécesseur, Michèle Alliot-Marie, n'avait jamais dérogé, en participant au réveillon de la Saint Sylvestre avec un détachement de soldats français déployé à Abéché.
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IRIN, Juba 31 décembre 2007
Angelina Lino, 23 ans, travaille comme bénévole à People Living with AIDS in Southern Sudan (PLASS), une organisation non-gouvernementale de Juba, capitale provinciale. Chauffeuse et mécanicienne qualifiée, Angelina a découvert qu'elle était séropositive en mars 2007 et a révélé son statut pour empêcher que d'autres jeunes contractent le virus. Elle raconte son histoire à IRIN/PlusNews. « Je suis la cadette de ma famille et j'avais trois mois seulement lorsque mes parents se sont séparés. Maman labourait les terres des autres pour subvenir à mes besoins et à ceux de mes neuf frères et sœurs. C'était pendant la guerre, et c'était très dur pour elle de nous faire vivre et de payer nos frais de scolarité ». « J'étais encore à l'école quand je l'ai rencontré. Il travaillait pour une ONG internationale basée à Yambio, ma ville d'origine [située près de la frontière entre le Soudan et la République démocratique du Congo]. Les enfants du quartier allaient chercher de l'eau dans un trou de forage qui se trouvait dans son domaine, alors tout le monde le connaissait. C'était un haut responsable [de l'Armée de libération du peuple soudanais] qui se déplaçait dans un gros Land Cruiser [Toyota]. « Il a dû entendre parler de mes problèmes, alors il a envoyé des gens me voir pour me demander d'aller lui rendre visite. Quand j'ai demandé ce qu'il voulait, ils ont tous dit que c'était un brave homme, disposé à m'aider et à payer mes frais de scolarité ». « J'ai résisté à ses avances pendant environ un mois – j'avais 15 ans et les hommes ne m'intéressaient pas – mais un soir, il a envoyé son chauffeur et son agent de sécurité, je me suis faufilée dehors, j'ai sauté dans le Land Cruiser et quelques minutes plus tard, on me déposait devant son domicile ». « Il était content de me voir ; tout excité, il m'a dit plein de choses : qu'il m'aimait, qu'il voulait payer mes frais de scolarité. Il m'a emmenée jusqu'à son lit en disant : "N'aie pas peur, je serai ton père et ta mère, je vais m'occuper de toi". Il m'a promis qu'il irait voir papa le lendemain pour lui annoncer qu'il était mon petit ami ». « On a couché ensemble. C'était ma première fois et c'était très douloureux. Je n'ai pas pris de plaisir, mais je me suis dit que Dieu m'avait trouvé un homme attentionné, qui m'aimerait et me permettrait d'achever mon cursus scolaire ». « Il a tenu parole et a rencontré ma famille. J'ai emménagé avec lui. Il a payé le solde de mes frais de scolarité à Yambio et a aussi payé pour que j'aille à l'école secondaire d'Arua, dans le nord-ouest de l'Ouganda ». « Il m'a même acheté un terrain à Yambio et m'a construit une maison de deux pièces en briques. J'étais heureuse. Un jour, pendant les vacances scolaires, il m'a amené un cadeau : une petite Toyota Corolla. Nous étions heureux ensemble et j'avais l'impression d'avoir tout ce dont j'avais besoin ». « Aux vacances suivantes, je suis retournée chez moi [depuis Arua] et j'ai découvert qu'il avait été muté à Nairobi. On aurait dit un autre homme. Il m'a dit qu'il continuerait de payer mes frais de scolarité, mais qu'il ne reviendrait jamais à Yambio. J'étais anéantie ». « La dernière fois que nous nous sommes parlé, c'était en 2003. Par la suite, j'ai essayé de l'appeler et de lui envoyer des emails, mais en vain. J'ai douloureusement pris conscience de la réalité cette année, en mars, lorsque j'ai souffert d'une crise de tuberculose, de fièvre et de paludisme. Le médecin m'a suggéré de faire un test de dépistage du VIH. Je ne me suis pas inquiétée – après tout, je n'avais connu qu'un seul homme ». « La nouvelle de ma séropositivité était dure à croire. Le médecin de l'hôpital de Mulago [à Kampala, capitale de l'Ouganda] m'a admise pour un mois et m'a mise sous antirétroviraux (ARV) – il m'a dit que mon taux de CD4 [qui permet de mesurer l'efficacité du système immunitaire] était très bas ». « Dernièrement, à Juba, j'ai rencontré le meilleur ami et ancien collègue de mon ex-petit ami à Yambio. Il a confirmé que mon ex-petit ami connaissait son statut depuis le début et qu'il était sous traitement ARV. Il était marié, avant qu'on se rencontre. D'ailleurs, il avait même perdu sa femme et ses deux enfants des suites de complications liées au VIH ». « Je me suis sentie dupée et naïve pour avoir eu des rapports sexuels non protégés. J'étais jeune et je ne savais rien des préservatifs ni du VIH/SIDA. Je me sens trahie par l'unique petit ami que j'aie eu. Il m'a infectée consciemment, et je ne le lui pardonnerai jamais ». « Au Sud Soudan, d'où je viens, les gens ne connaissent pas grand-chose du VIH/SIDA, de la façon dont il se transmet et dont on peut l'éviter. Certains l'associent à la sorcellerie. C'est pour cela que j'ai annoncé publiquement mon statut, en leur disant "le VIH existe vraiment". « Je me rends dans les points chauds comme les discothèques ou les bars, et je parle aux groupes de population vulnérables : les prostituées, les soldats, les camionneurs au long cours, les "senke" [chauffeurs de moto-taxis] et les jeunes. Certains ne me croient pas et me taquinent en me disant : "Une belle fille comme toi ne peut pas être séropositive" ». « L'ignorance et la stigmatisation sont une dure réalité. Un de mes frères par alliance a refusé de me serrer la main et de partager ses couverts avec moi. Récemment, ma belle-mère m'a jetée dehors, en reprochant à mon père de gaspiller de l'argent pour une "fille qui allait mourir très bientôt de toute façon" ». « J'ai des rêves. Je voudrais retourner à l'école, aller à l'université de médecine et devenir médecin. Et avant tout, je voudrais vivre longtemps ».
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Agence France Presse, N'Djamena, 30 décembre 2007
Le ministre français de la Défense Hervé Morin est arrivé dimanche soir à N'Djamena pour une visite de 48 heures au Tchad et en Centrafrique, l'occasion d'un réveillon avec les militaires français et d'un point sur le déploiement d'une force européenne dans la région. Quelque 3.000 à 4.000 soldats européens, dont au moins 1.350 Français, doivent rejoindre début 2008 l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, régions frontalières de la province soudanaise du Darfour, ravagée par une guerre civile. L'Union européenne peine cependant à réunir les moyens, notamment aériens, nécessaires à cette opération, baptisée Eufor Tchad-RCA et destinée à stabiliser cette région qui compte quelque 400.000 réfugiés du Darfour et de déplacés tchadiens. M. Morin se rendra lundi matin sur le camp de Kosseï, près de l'aéroport de N'Djamena, où sont stationnés la majorité des quelque 1.250 militaires français présents au Tchad depuis 1986 dans le cadre du dispositif Epervier, au titre d'un accord de coopération franco-tchadien. Il s'envolera ensuite pour la "base logistique opérationnelle avancée" de Goz Beïda (Sud-Est), puis rejoindra un camp de réfugiés. Attendu dans l'après-midi à Abéché (Est), le ministre de la Défense s'y entretiendra avec le président tchadien Idriss Deby Itno avant de réveillonner avec les militaires français du camp Croci. Le ministre de la Défense perpétue ainsi une tradition initiée par son prédécesseur, Michèle Alliot-Marie, qui s'était rendue en dernier lieu, le 31 décembre 2006, auprès du contingent français de la Force des Nations unies au Liban (Finul). M. Morin se rendra le lendemain à Birao, dans le nord-est de la Centrafrique, où se trouve un détachement militaire français. Son séjour s'achèvera à Bangui par un entretien avec le président centrafricain François Bozizé.
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Nations Unies, New York, 30 décembre 2007 Communiqué de presse
L'Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) prendra officiellement le relais de la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) le 31 décembre au cours d'une cérémonie qui sera organisée au nouveau siège de l'Opération à El Fasher. Autorisée par la résolution 1769 que le Conseil de sécurité a adoptée le 31 juillet 2007, l'Opération sera, avec 20 000 Casques bleus et plus de 6 000 policiers et membres du personnel civil, la plus grande opération de maintien de la paix qu'ait jamais déployée l'ONU. Placée sous l'autorité du Représentant spécial commun de l'Union africaine et des Nations Unies, Rodolphe Adada, la Mission a pour mandat de protéger les civils, de faciliter l'acheminement de l'assistance humanitaire et de créer un environnement favorable à la paix. Les 9 000 soldats et policiers de la MUAS seront rejoints dans deux mois par des troupes de l'Égypte, du Pakistan, de l'Éthiopie et du Népal pour former la MINUAD. Les Nations Unies ont prévenu que certains des équipements essentiels à l'appui des troupes manquent toujours à l'appel, en particulier des hélicoptères. Le déploiement de la MINUAD sera complété par les efforts déployés sur le front politique. L'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'ONU au Darfour, Jan Eliasson, et l'Envoyé spécial de l'Union africaine au Darfour, Salim Ahmed Salim, travaillent à un accord de paix entre le Gouvernement du Soudan et les mouvements rebelles du Darfour.
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Xinhuanet, 30 décembre 2007
Le Soudan a porté plainte samedi au Conseil de sécurité de l'ONu contre une récente " agression" du Tchad, a rapporté l'agence de presse soudanaise officielle SUNA. Khartoum a déposé la plainte au Conseil de sécurité par le biais du représentant permanent soudanais auprès de l'ONU, Abdul- Mahmoud Abdul-Halim, selon SUNA. Dans la plainte, le Soudan a accusé le Tchad d'agresser à plusieurs reprises son territoire, disant que la dernière agression était intervenue vendredi au Darfour et effectuée par les troupes tchadiennes appuyées par l'aviation. "Le Soudan se révserve le droit de répondre à toute attaque conformément à la Charte et aux conventions de l'ONU", a déclaré le gouvernement soudabaus dans sa plainte. Vendredi, le ministère soudanais des Affaires étrangères a indiqué dans une déclaration que trois avions de combats tchadiens avaient agressé les régions soudanaises de Ragul al-Harzaya et de Karmula du Darfour-Ouest le même jour alors qu'une force d'infanterie avait franchi la frontière entre les deux pays. Le Soudan et le Tchad ont plusieurs fois échangé des accusations ces dernières années. Ils s'accusent de soutenir les rebelles.
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Nicolas Sarkozy a évoqué la situation au Darfour et le déploiement à venir des forces onusienne et européenne avec le président soudanais Omar Hassan al Bachir lors d'un entretien téléphonique, fait savoir l'Elysée.
Reuters par Laure Bretton, 29 décembre 2007
Le président de la République a réaffirmé qu'il était indispensable de parvenir au plus vite à une solution politique à la crise au Darfour", déclare le porte-parole de l'Elysée dans un communiqué. Pour le chef de l'Etat, le déploiement rapide de la force hybride de l' ONU et de l'Union africaine au Darfour et de la force européenne au Tchad sont "essentiels au retour de la paix dans toute la région", a souligné David Martinon. Composée de 26.000 hommes, la force hybride doit prendre la relève d'une force de l'UA de 7.000 soldats au 1er janvier. Créée sous impulsion française, la force européenne chargée de protéger les civils dans la zone frontalière entre le Soudan et le Tchad (Eufor) devait quant à elle se déployer en novembre dans l'est du Tchad et en République centrafricaine pour appuyer la force onusienne. Le déploiement des 4.000 hommes, selon plusieurs sources diplomatiques et militaires, est désormais prévu mi-janvier. Jeudi, le gouvernement tchadien a prévenu l' Union européenne que le report du déploiement risquait d'embraser toute la région. Laure Bretton
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Nations Unies, New York, 28 décembre 2007
L'Opération hybride UA-ONU au Darfour prendra officiellement la place de la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) le 31 décembre 2007. Elle est appelée à devenir la plus grande Mission des Nations Unies avec 20.000 soldats et plus de 6.000 policiers et personnels civils. « Déjà, plus de 9.000 personnels en uniforme sont sur le terrain, dont 7.000 soldats et 1.200 policiers au service de la MUAS créée en 2004 ou envoyés en renforcement au cours de l'année 2007 », a rapporté la porte-parole du Secrétaire général. « Le transfert de l'autorité se fera conformément à la résolution 1769 (2007) du Conseil de sécurité, en date du 31 juillet 2007 ». Il sera marqué par une cérémonie de signature en présence des représentants des deux Missions et en présence d'un représentant du gouvernement soudanais. A cette occasion, le personnel de la MUAS troquera son béret vert pour le béret bleu de l'ONU. En parallèle, rappelle la porte-parole, les envoyés de l'ONU et de l'Union africaine (UA) pour le Darfour, Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim, poursuivent leur efforts en vue de parvenir à un règlement politique de la crise et à la signature d'un accord de paix. L'ONU estime que plus de 200.000 personnes sont mortes et au moins 2 millions déplacées au Darfour depuis le début des affrontements, en 2003, entre les forces gouvernementales et leurs alliés parmi les milices janjawids d'une part et les mouvements armés d'autre part. Des atrocités telles que le meurtre de civils et le viol des femmes et des filles ont marqué le conflit et continuent à l'heure actuelle. Les agences humanitaires mènent la plus grande opération d'assistance dans le monde, alors que près de 4,2 millions de personnes sont maintenant affectées par la crise. Outre les 2,2 millions personnes déplacées à l'intérieur du Darfour, quelque 238.000 ont débordé vers l'Est du Tchad. En 2007, ce sont près de 12.000 travailleurs humanitaires de 13 agences des Nations Unies, de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et de plus de 80 organisations non gouvernementales (ONG) qui se trouvaient sur le terrain.
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France Soir par Isabelle Horlans, 28 décembre 2007
Fiasco, parodie de procès, mascarade, scandale, les mots se fracassent contre un mur d'incompréhension. Dire qu'une instruction bâclée, sous pression politique, se clôt par un verdict absurde n'est pas manquer de respect aux Tchadiens. Si le peuple avait eu accès aux pièces du dossier, il n'aurait pas rendu le même arrêt. Les témoins racontent qu'elle a éclaté en sanglots à l'énoncé de la peine : huit ans de travaux forcés et 6,18 millions d'euros à verser, solidairement, aux familles. Nadia ne s'en remettra pas. Cette jeune femme, profondément bonne, vient d'être foudroyée à 31 ans. Sa faute ? Avoir accepté une mission humanitaire quand elle aurait pu faire valoir, sereinement, ses qualités d'infirmière dans un hôpital parisien. Nadia Merimi est partie au Tchad par bonté. Elle a cru ce qui était écrit sur la page d'accueil du site Internet de L'Arche de Zoé : « Au Darfour aujourd'hui, un enfant meurt toutes les cinq minutes. » Un chiffre outrancier sorti de l'imagination du président de l'ONG, Eric Breteau. Comme si 200.000 morts recensés en cinq ans ne suffisaient pas amplement à qualifier de tragédie la situation au Darfour…
Télescopage de mensongesL'infirmière et le médecin ont été abusés en France, mis au pied du mur au Tchad. Et les voici condamnés à la même peine que l'instigateur du projet fou. Par quel tour de passe-passe cette évidence a-t-elle pu échapper aux magistrats africains ? Et comment ont-ils pu expédier, comme des miettes sous le tapis, les multiples témoignages – et les images vidéo – prouvant que Breteau, à son tour, s'est fait avoir par des chefs de village âpres au gain ? Le dossier, même réduit à la portion congrue, démontre les responsabilités de chacun dans ce télescopage de mensonges : le chef de l'association humanitaire a trompé ses interlocuteurs, qui l'ont berné. Et l'on veut croire que si, la tête froide, sans pression, le peuple tchadien avait eu accès aux procès-verbaux, il aurait équitablement partagé les torts. Au terme de cet affreux jeu de dupes, beaucoup de perdants. Parmi eux, 103 enfants qui paient le prix fort. L'immense majorité vivait en famille, et ne rêvait pas à la France. Quant aux six Français, une fois rapatriés, ils seront emprisonnés en France, c'est obligatoire. Certains peuvent espérer rapidement bénéficier d'une libération conditionnelle. Mais, à moins d'une grâce tchadienne, la condamnation pour tentative d'enlèvement de mineurs les poursuivra jusqu'à la fin de leurs jours.
Procès expédié, preuves écartées
Si Eric Breteau a incontestablement menti, l'instruction, même bâclée, démontre qu'il a été berné par ses intermédiaires. La cour n'en a pas tenu compte.
Le Moïse de L'Arche de Zoé n'avait jamais mis les pieds sur le continent africain. Il a choisi la cause du Darfour, sans fouler une seule fois le sol soudanais, sans solliciter le conseil avisé des ONG qui y déploient depuis des années une petite armée – citons par exemple Action contre la faim qui s'occupe de plusieurs milliers de « déplacés ». Sa méconnaissance des coutumes et règles locales, associée à un angélisme qui laisse perplexe, l'ont conduit « à faire confiance au premier venu », selon l'expression d'un avocat tchadien. Les « premiers venus » ont été interrogés. Voici quelques-unes de leurs déclarations qui auraient dû alléger les charges :
– Moctar Fadoul Ahmat confirme le 21 novembre qu'Eric Breteau a dépêché à Tiné une mission pour rechercher des enfants soudanais orphelins de père et mère. – Habiba Mahamat Malloum, le même jour, sur procès-verbal : « L'ONG nous a dit qu'ils allaient prendre en charge les enfants en danger orphelins du Soudan. » – Mahamat Eritero, toujours le 21, dans sa déposition : « Quand nous sommes partis à Tiné, le chef de mission a dit qu'il voulait des orphelins de Tiné Soudan. » – Lors de la confrontation, le sous-préfet de Tiné, le maire et son secrétaire général témoignent que l'intermédiaire Mahamat Eritero voulait pour Children Rescue des orphelins du Soudan. – Sur PV, Nidjere Djonouma, traductrice, déclare que l'ONG voulait éduquer des orphelins du Darfour, uniquement soudanais, n'ayant pas de proches parents. – Les enregistrements vidéo (notamment de Marc Garmirian) démontrent que deux intermédiaires, Mahamat Eritero et Souleyman Ibrahim, affirment que les enfants qu'ils amènent sont soudanais. Ce dernier fournit des attestations, qui se révéleront fausses. La caméra le filme en train de les remplir et de les signer. Au procès, il a dit n'en rien savoir et que c'était « les Blancs qui avaient fait des faux ». – Dans sa déposition du 27 octobre, Mahamat Eritero déclare que les responsables de l'ONG « nous ont donné des documents imprimés en français et en arabe pour faire signer les familles ou les chefs qui acceptent de confier leurs enfants ». Ce n'est donc pas Eric Breteau qui les a complétés.
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Agence France Presse, 28 décembre 2007
Les ex-rebelles du sud Soudan ont réintégré jeudi le gouvernement central après une crise politique de 67 jours sur l'application de l'accord de 2005 qui avait mis fin à 21 ans de guerre. "Les conseillers, ministres et ministres d'Etat sudistes ont prêté serment devant le président Omar el-Béchir et sont en train de participer à une réunion du Conseil des ministres", a indiqué à l'AFP une source officielle soudanaise. Selon cette source, M. Béchir a signé dans la nuit des décrets portant nomination de trois conseillers présidentiels, de sept ministres et de six ministres d'Etat, tous issus du Mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM), le grand parti sudiste dirigé par Salva Kiir. Lam Akol, l'ancien ministre sudiste des Affaires étrangères renié par les siens, n'obtient aucun poste dans la nouvelle formation et n'a pas été désigné conseiller présidentiel. Il est remplacé à ce poste par Deng Alor tandis que l'un des hauts dirigeants du SPLM, Pagan Amum, secrétaire général du mouvement, devient ministre de la présidence du Conseil des ministres. Les autres nominations concernent des ministères techniques comme le Transport, l'Investissement, l'Enseignement supérieur ou le Commerce extérieur. Parmi les conseillers figurent Mansour Khaled, ancien confident de John Garang, le leader sudiste aujourd'hui disparu et qui avait été longtemps chef de la diplomatie. Le 12 décembre, nordistes et sudistes ont annoncé avoir résolu leurs différends, à l'exception du statut de la zone pétrolière d'Abiye, et annoncé un retour imminent des ministres sudistes dans le gouvernement central. La question d'Abiye, zone pétrolière revendiquée par le nord et le sud, n'a pas été résolue et a été confiée à MM. Béchir et Kiir. "C'est une question compliquée dont la résolution nécessite beaucoup d'efforts. Nous espérons qu'elle sera résolue d'ici le 31 décembre par les deux membres de la présidence, ou du moins qu'il y aura un accord sur la manière de la résoudre", avait alors déclaré un responsable nordiste, Mohammed Dirdiri. Yasser Armane, un dirigeant sudiste, avait estimé quant à lui que l'accord sur une accélération, selon un calendrier précis, de l'application de l'accord de paix globale (CPA) de 2005 "donne aux deux parties et pour la première fois les moyens de le faire". Selon lui, les deux parties sont convenues de réunir un congrès de réconciliation nationale, de renforcer la démocratie, de retirer leurs forces respectives du nord et du sud, de créer une force commune de protection des zones pétrolières, de financer les organismes chargés du recensement général et du développement du sud. Le SPLM avait suspendu sa participation au gouvernement pour protester contre ce qu'il considère comme des entraves des nordistes à l'application du CPA, qui avait mis fin à une guerre de 21 ans dans le sud ayant fait au moins 1,5 million de morts. Les deux parties estiment qu'un partenariat amélioré rendrait "l'union plus attractive" pour les sudistes qui doivent se prononcer en 2011 par référendum sur l'unité du pays ou la création d'un Etat indépendant.
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Agence France Presse, 28 décembre 2007
Le Soudan a affirmé que l'armée tchadienne avait effectué une incursion terrestre vendredi en territoire soudanais et que son aviation avait bombardé deux positions au Darfour, déclarant se réserver le droit d'y riposter. "L'armée tchadienne a traversé ce matin la frontière commune alors que trois avions ont bombardé les régions de Rijl al-Harzaya et Karmoula, à 56 km au sud-est de Geneina, dans l'ouest du Darfour", a indiqué le ministère soudanais des Affaires étrangères dans un communiqué. Le Soudan "se réserve le droit de de se défendre au moment et à l'endroit qu'il jugera opportuns", a affirmé le ministère, en qualifiant ces opérations d'"acte injustifié". L'annonce de Khartoum intervient après des accusations jeudi de N'Djamena, selon qui le Soudan prépare "une nouvelle agression" contre le Tchad afin d'empêcher le prochain déploiement d'une force européenne (Eufor) dans l'est du Tchad et d'une force ONU/Union Africaine (UA) au Darfour. Dans son communiqué, le ministère soudanais fait également état d'un raid aérien tchadien sur Karmoula à la mi-décembre et rappelle une attaque terrestre tchadienne au Darfour en avril dernier. Il a également regretté les accusations lancées par N'Djamena, assurant ne pas soutenir l'opposition tchadienne comme l'affirment les autorités de ce pays mais travailler à "stabiliser la situation au Tchad" en collaboration avec la Libye et l'Erythrée. Pour le Soudan, ces accusations sont destinées à détourner l'attention du fait que le Tchad a récemment accueilli sur son territoire une réunion du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM - rébellion du Darfour) et lui a apporté un soutien direct qui a eu pour résultat de relancer les actions militaires de ce groupe. Le Darfour, région occidentale du Soudan, est en proie à une guerre civile depuis 2003. Le ministère saoudien a assuré que Khartoum respectait toujours un accord signé en février à Tripoli avec le Tchad sur le contrôle des frontières mais affirmé le droit du Soudan à l'autodéfense. Les relations entre les deux voisins sont extrêmement tendues. Jeudi, N'Djamena a accusé Khartoum d'avoir regroupé et réarmé les rebelles de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) du général Mahamat Nouri et du Rassemblement des forces pour le changement (RFC) de Timan Erdimi. Ces deux mouvements, déjà armés --selon N'Djamena-- par Khartoum, avaient essuyé de lourdes pertes humaines et matérielles, de même que l'armée tchadienne, lors de combats fin novembre et début décembre dans l'est du Tchad. "Le Tchad en tout cas se réserve le droit de répondre à cette nouvelle agression", avait alors souligné N'Djamena.
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Nations Unies, New York, 28 décembre 2007
Une étude de l'ONU et du gouvernement soudanais révèle aujourd'hui que le taux de malnutrition au Darfour pour les enfants de moins de cinq ans a dépassé le « niveau d'urgence» fixé à 15%. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'OCHA le taux de malnutrition dépasse en réalité les 20% au Nord Darfour, a rapporté la porte-parole du Secrétaire général. Encore plus préoccupant, le rapport montre que la malnutrition des enfants entre six mois et 29 mois dépasse les 21%, alors qu'elle se site à 11% pour les enfants entre 30 et 59 mois. Le rapport affirme aussi que la situation s'est aggravée depuis l'année dernière et recommande de poursuivre non seulement l'assistance alimentaire mais aussi l'assistance aux moyens de subsistance. Selon OCHA, les principales causes de cet état de fait sont le caractère inadéquat des programmes d'aide alimentaire mais surtout l'insécurité permanente. L'étude a été menée par le Programme alimentaire mondial (PAM) le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)avec le ministère soudanais de l'Agriculture et la Commission d'aide humanitaire du Soudan.
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Libération, 26 décembre 2007
Richard Rossin ancien secrétaire général de Médecins sans frontières, cofondateur de Médecins du monde, délégué général du collectif Urgence Darfour.
Nous apprenons avec stupeur et effroi, d'abord par une dépêche de l'agence Reuters du 10 décembre citant un diplomate français courageusement anonyme, puis par le point de presse du ministère des Affaires étrangère du 12 décembre, qu'une menace d'expulsion plane sur le chef de la principale formation rebelle au Darfour : Abdel Wahid al-Nour, leader du SLM (Mouvement de libération du Soudan), qui revendique un Soudan laïc et démocratique. Il vit en exil en France depuis un an et son visa de trois mois vient d'expirer (lire Libération d'hier). Nous avions naïvement pris pour argent comptant l'engagement pris par le candidat Nicolas Sarkozy, le 20 mars, à la tribune de la Mutualité à Paris, puis les déclarations du même devenu président de la République, qui affirmait encore que les opprimés du monde le trouveront à ses côtés. Les pressions d'un régime de terreur au Soudan, la visite d'un terroriste soit disant repentant et quelques contrats suffiraient-ils à remettre en cause ces beaux serments ? La France a une longue tradition d'accueil des opposants, particulièrement de ceux qui luttent pour la liberté dans leur pays. L'argument spécieux selon lequel, par le chantage au visa, on obligerait ainsi le principal chef de la résistance à participer à des négociations sans contenu, en Libye, avec les assassins de Khartoum, est totalement inadmissible. La honte de l'expulsion ne doit pas avoir lieu. Elle nous rendrait coupables de complicité de crimes contre l'humanité. Elle enverrait le pire message de faiblesse à tous les tyrans de la planète. Les « plus jamais ça» de nos dirigeants ne prêteraient définitivement plus qu'à rire. Nous ne pouvons pas nous y résoudre. La France ne doit pas vendre son âme et ses traditions d'asile.
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Le Monde par Mathieu Szeradzki, 27 décembre 2007
Interrogé par Le Monde, Jean-Bernard Padaré, l'avocat tchadien des six Français de L'Arche de Zoé incarcérés à N'Djamena, a indiqué qu'ils avaient décidé de durcir la grève de la faim qu'il mènent depuis le 8 décembre "pour protester contre ce verdict inique". "Une grève de la faim sèche, sans manger ni boire, a été entamée par les membres de l'association. Vu leur état de santé, je ne suis pas sûr qu'ils repartent en prison", a déclaré M. Padaré, précisant qu' "Eric Breteau est très amaigri, il a besoin de soins. Il doit aller directement à l'hôpital" . Cette situation pourrait "accélérer le transfèrement" des Français, selon M. Padaré, qui estime qu'un départ vers la France devrait avoir lieu "avant la fin de la semaine". Selon une source proche du dossier, les six ressortissants français ont d'ores et déjà fait une demande individuelle de transfèrement auprès des autorités consulaires françaises. Concernant la lettre qu'Eric Breteau avait transmise au ministre de la justice tchadien, Albert Pahimi Padacké, avant le début du procès, dans laquelle le président de l'ONG déclare que les conditions de détention sont meilleures au Tchad qu'en France, M. Padaré a expliqué que "le ministre a fait une mauvaise utilisation de cette lettre". "Celle-ci était adressée au directeur de l'administration pénitentiaire", a-t-il précisé . "Elle date de plus de deux semaines et Eric Breteau expliquait uniquement son intention d'entamer une grève de la faim pour protester contre cette mascarade judiciaire. Il signalait juste dans cette lettre que son intention n'était pas de dénoncer les conditions de détention" , a déclaré l'avocat tchadien.
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Le Figaro avec l'AFP et RTL, 27 décembre 2007
Après leur condamnation par la justice tchadienne, ils ont tous fat leur demande de transfèrement. Leurs familles seront reçues à l'Elysée ce soir.
Les déclarations du ministre de la Justice tchadien risquent d'amplifier le vent de colères et d'indignations qui émanent de l'entourage des six Français de L'Arche de Zoé condamnés hier soir à huit ans de travaux forcés. Alors que les proches attendent maintenant le transfèrement des prisonniers, le ministre de la Justice Pahimi Padacké a déclaré que toute demande de ce type prévu par des accords de coopération et d'entraide judiciaire de 1976 signés entre Paris et N'Djamena nécessite l'aval du Tchad. Et d'ajouter que pour l'instant, il n'avait reçu aucune «demande officielle» de Paris en vue d'une transfèrement des condamnés en France. Hier soir, le Quai d'Orsay a assuré qu'il allait le demander. Les six Français, eux,ont fait leur demande de transfèrement individuellement auprès des autorités consulaires françaises. C'est désormais au ministère de la Justice français de le demander au ministère de la Justice tchadien. Si pour le moment donc, les autorités de N'Djamena attendent, elles se sont engagées à aller dans le sens de l'accord de 1976. «Les Tchadiens respecteront l'accord de 1976», a assuré le ministre interrogé sur RTL. A moins que les Français ne souhaitent rester au Tchad. C'est ce qu'a insinué le ministre Padacké en réponse au journaliste : «Qui vous dit d'ailleurs que les condamnés accepteraient d'aller purger leur peine en France?» D'après lui, les prisonniers français ont adressé au directeur de l'administration pénitentiaire tchadienne une lettre pour le remercier «des conditions de détention (...) certainement meilleures que celles des prisons françaises». Cette lettre datée du 7 décembre dernier a été remise à la presse. «Une justice efficace» Alors que les avocats et les proches des condamnés dénoncent les dysfonctionnement de la justice tchadienne, le ministre Pahimi a balayé les critiques assurant qu'il n'y avait eu aucune «ingérence politique» dans le procès. Ce n'est pas l'avis des avocats de la défense et d'autres proches du dossier pour qui les quatre jours de procès n'ont été que l'habillage juridique d'un scénario échafaudé au niveau politique et diplomatique entre Paris et N'Djamena. Interrogé sur ces critiques de «parodie de justice», Padacké a répondu qu'il fallait «accepter la compétition et qu'il fallait être bon perdant.»
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Libération 25 décembre 2007, par Christophe Ayad
Un chantage au visa. C'est ni plus ni moins ce que vient d'imposer le Quai d'Orsay à Abdel Wahid al-Nour, chef de la principale formation rebelle du Darfour, le Mouvement de libération du Soudan (SLM), qui vit en exil en France depuis un an. Son visa de trois mois venant à expiration hier, Paris a conditionné son renouvellement à la participation d'Al-Nour aux négociations de paix en cours sur le Darfour. «M. Abdel Wahid Nour devra, pendant cette période [de trois mois], répondre positivement aux invitations à participer aux négociations de paix que lui adresseront les Nations unies et l'Union africaine» , a confirmé la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pascale Andréani. Al-Nour refuse de participer aux pourparlers lancés à Syrte, en Libye, en octobre. Il demande l'instauration d'un cessez-le-feu préalable par le gouvernement soudanais, qu'il accuse de continuer à mener des exactions au Darfour. Il réfute aussi le médiateur de l'Union africaine, Selim Ahmed Selim, qu'il juge acquis aux positions de Khartoum. Enfin, il demande que les pourparlers aient lieu ailleurs qu'en Libye, ce dernier pays étant partie prenante dans la crise au Darfour. Du côté de la diplomatie française, les exigences d'Abdel Wahid al-Nour ont fini par exaspérer Bernard Kouchner, qui avait financé son séjour parisien il y a un an et dénonçait le soi-disant «génocide» dans la région. Entre-temps, Kouchner est devenu ministre de Sarkozy et veut obtenir des résultats rapides sur le dossier, dont il a fait une priorité surtout médiatique. Or le refus de négocier d'Abdel Wahid al-Nour retarde le déploiement de la force mixte de maintien de la paix Union africaine-ONU au Darfour.
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Agence France Presse , Washington, 21 décembre 2007
L'émissaire du président américain George W. Bush pour le Soudan, Andrew Natsios, a présenté sa démission et sera remplacé par Richard Williamson, un ancien haut diplomate auprès des Nations unies, a annoncé la Maison Blanche vendredi. Andrew Natsios, nommé en septembre 2006 avec pour mission première de faire cesser ce que M. Bush dénonce comme le "génocide" en cours au Darfour, démissionne pour reprendre ses activités universitaires, a dit la porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino dans un communiqué. Mais ce départ survient alors que les efforts de la communauté internationale, à commencer par les Etats-Unis, pour le déploiement au Darfour d'une force onusienne consistante et pour un règlement politique continuent à patiner. Le Darfour, région de l'ouest du Soudan où la guerre civile et ses conséquences ont fait 200.000 morts depuis 2003 et ont déplacé plus de deux millions de personnes selon des estimations généralement admises, est l'une des grandes causes humanitaires de M. Bush. M. Natsios devait aussi veiller pour M. Bush à l'application d'un accord de paix conclu en 2005 et mettant fin à une guerre civile entre le nord et le sud du Soudan, qui fut l'un des conflits les plus sanglants du 20e siècle. Cet accord lui-même paraît menacé. Dans son communiqué, la Maison Blanche souligne que M. Natsios a beaucoup voyagé au cours des derniers mois et a "admirablement servi". Mais elle ne fait guère valoir de résultats concrets. Richard Williamson, qui remplacera M. Natsios, est un ancien ambassadeur adjoint des Etats-Unis auprès de l'ONU et un haut responsable du Parti républicain dans l'Illinois. M. Williamson a occupé différents postes touchant aux affaires étrangères sous les présidences de Ronald Reagan et du père de George W. Bush. Sous l'actuel président, il a servi comme ambassadeur aux Nations unies pour les affaires politiques spéciales et comme ambassadeur auprès de la commission des droits de l'Homme de l'ONU
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Loi pour Renforcer la Protection des Civils au Darfour
Nations Unies, New York, 19 décembre 2007
La nouvelle force de maintien de la paix hybride pour le Darfour est vouée à l'échec, avertit un groupe composé de 35 Organisations Non Gouvernementales dans un rapport publié aujourd'hui. Le blocage soudanais et le manque de soutien critique de la part des états participants signifie que la Mission Hybride ONU/UA pour le Darfour (UNAMID) atteindra à peine le tiers de sa taille promise au 31 décembre, date à laquelle elle entrera officiellement en vigueur. L'essentiel de cette force sera constituée de la mission UA investie existante. Le rapport de 13 pages décrit les cinq façons selon lesquelles le gouvernement soudanais empêche activement le déploiement de la force. Khartoum a retardé l'affectation de territoires et de ressources pour les bases, et a refusé d'approuver officiellement la liste des contributions en troupes proposées. Il a en revanche rejeté les troupes "non-africaines" du Népal, de la Thaïlande et de la Scandinavie - des unités cruciales pour lesquelles il n'existe actuellement aucune alternative. Le Soudan tente également de paralyser la force, une fois déployée, en ajoutant des conditions tout-à-fait inacceptables dans le "statut d'accord des forces," dont le droit de suspendre le réseau de communication d'UNAMID en cas "d'opérations de sécurité" du gouvernement. Il refuse également de délivrer des autorisations pour des vols de nuit. "Le Soudan dit `oui', puis fait tout ce qui est en son pouvoir pour bloquer et affaiblir la force hybride," a dit Steve Crawshaw, le directeur pour la défense des Droits de l'Homme (HRW) pour l'ONU. "Le Conseil de Sécurité a répondu à ce défi en se tordant les mains et rien de plus. Que faudra-t-il faire pour que le Conseil de Sécurité agisse sur le Darfour ?" Les 35 organisations ont appelé le Conseil de Sécurité des Nations Unies, dont les membres ont été brièvement informés de ces questions, à engager une action maintenant. Le Conseil devrait établir exactement ce que le gouvernement soudanais doit faire pour faciliter la force, et s'il manque de s'y conformer dans les 30 jours, le Conseil devrait imposer des sanctions ciblées aux représentants officiels du gouvernement, y compris le Président Omar E1-Bashir. Les groupes ont également appelé les états membres des Nations Unies à fournir d'urgence des hélicoptères et des unités de transport pour la force hybride, ce que le Département des Opérations de Maintien de la Paix des Nations Unies demande en vain depuis près de cinq mois. "Il est intolérable que le gouvernement du Soudan essaie d'empêcher la force," a dit Amjad Atallah de la Coalition Save Darfur. "Mais il est aussi inexcusable que la communauté internationale s'obstine à refuser de fournir des hélicoptères dont l'UNAMID a si désespérément besoin." Dans les cinq mois pendant lesquels le gouvernement soudanais a poursuivi sa campagne calculée d'obstruction à la force hybride et où la communauté internationale a ignoré les appels à une assistance critique, les viols, les meurtres et le déplacement massif de civils ont continué au Darfour. Les opérations humanitaires sont menacées, avec cinq travailleurs humanitaires tués et blessés depuis juillet, et au moins 34 autres enlevés temporairement ou agressés physiquement ou sexuellement. "Tant que le Conseil de Sécurité ne sera pas disposé à exercer une véritable pression, le Soudan continuera à manipuler la situation pour s'assurer qu'il n'y ait pas de force efficace sur le terrain au Darfour," a déclaré Moataz El Fegiery, le directeur des programmes à l'Institut du Caire pour les Etudes sur les Droits de l'Homme. "Tant que Khartoum sera libre de faire ce qu'il veut, les populations du Darfour continueront à souffrir." Pour consulter le rapport de Human Rights Watch et de la coalition des ONG, veuillez vous rendre sur : Pour plus d'informations, veuillez contacter : A New York , Selena Brewer (Chercheur Darfour, Human Rights Watch): +1-917-535-4093 (mobile) A Washington, DC, Allyn Brooks LaSure (directeur des relations avec les médias, Save Darfur Coalition): +1-202-478-6174 A Londres, Nick Donovan (Responsable de campagnes, Aegis Trust): +44-7990-555-746 A Kampala, Dismas Nkunda (co-président, the Darfur Consortium): +256-41-4-340-274; ou +256- 78-231-0404 (mobile).
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Croix Rouge International, bulletin 18 décembre 2007
Au Darfour, les civils supportent toujours le poids du conflit. Les besoins sont particulièrement aigus dans les zones rurales où les économies locales ont été perturbées du fait du manque d'accès aux terrains agricoles et aux marchés, ou aux routes migratoires des communautés nomades, et où l'accès aux infrastructures et aux services essentiels est sporadique. En septembre, octobre et novembre, le personnel du CICR a pu se rendre sur le terrain de nombreuses fois dans les trois États du Darfour, malgré la situation de sécurité instable. Les équipes du CICR sont retournées dans des zones rurales qui étaient auparavant difficiles d'accès, en partie à cause de la saison des pluies. Elles ont fourni une assistance aux civils à Golol, Terej, Abata, Waranga, Dabenga, Gorne et Dayoka dans le Darfour Ouest ; à Sany Haya, Korma, Tomeh, El Kuma, Kurge, Tawilah, Saga, Hashaba, Haskanita et Oum Sidir dans le Darfour Nord ; et à Sullel, Torongtawra et Muhajeriya dans le Darfour Sud. L'accès à certaines zones reste néanmoins aléatoire. Le CICR s'est également rendu dans la ville de Kassala, dans l'est du Soudan, pour préparer une évaluation de l'impact des mines sur la population de l'État. Le personnel a en outre visité la section locale du Croissant-Rouge soudanais pour la soutenir et veiller à ce que les activités des deux institutions soient bien coordonnées. Le CICR a discuté avec les autorités et le Croissant-Rouge du nouvel afflux de réfugiés en provenance d'Érythrée arrivant à Hamushkurieb, ainsi que de la situation des personnes qui vivent dans les camps de Wad Sharife et de Toglei pour les déplacés internes. Dans le Sud-Soudan, le personnel du CICR a visité Aweil dans le nord du Bahr El Ghazal ; Raga et Boro Medina dans l'ouest du Bahr El Ghazal et Abyei et Kadugli dans le Sud-Kordofan pour évaluer la situation précaire de la population, notamment celle des personnes déplacées du Darfour qui vivent à Boro Medina. Nombre de ces lieux ont par ailleurs subi des inondations entre août et septembre. Les équipes du CICR ont distribué des messages Croix-Rouge (messages personnels brefs à des proches qui ne pourraient pas être atteints autrement du fait des combats) et visité les sections du Croissant-Rouge soudanais pour discuter d'un éventuel soutien. Le CICR compte sur l'engagement des autorités (et des groupes d'opposition le cas échéant) pour garantir un accès sûr aux personnes en détresse. Il engage un dialogue suivi avec toutes les parties pour débattre de questions de sécurité et d'accès et bénéficie généralement de la confiance de toutes les parties, qui reconnaissent son rôle humanitaire strictement neutre.
Aide d'urgence distribuée aux civils aux environs d'Haskanita
Après les affrontements qui ont éclaté à Haskanita le 29 septembre, le CICR a distribué des secours à 5 560 personnes qui avaient fui leur foyer pour rejoindre des villages proches de la ville. Fin octobre, une équipe de 37 membres du personnel avec 13 camions a fourni à 1 112 familles des colis de vivres contenant des lentilles, du sorgho, de l'huile, du sucre et du sel. Le CICR a en outre distribué des articles de ménage essentiels tels que nattes, couvertures, jerrycans, ustensiles de cuisine, bâches, vêtements et quelques fournitures médicales d'urgence pour les familles qui ont perdu leur foyer et leurs effets personnels. Les ingénieurs du CICR ont fourni des pièces détachées indispensables et l'équipement nécessaire pour remettre en état cinq stations de distribution d'eau. Celles-ci fournissent de l'eau potable pour 15 000 personnes, résidents et personnes déplacées. « Nombre de ces familles déshéritées d'Haskanita n'avaient pas d'abri et vivaient sous les arbres », dit Daniel Muñoz-Rojas, délégué du CICR. « Cette opération bénéficie également aux communautés d'accueil qui soutiennent les personnes déplacées depuis un mois. »
Accès aux soins de santé vitaux
Dans le cadre de ses efforts visant à améliorer l'accès aux soins de santé dans les zones rurales, le CICR soutient six postes de santé et autres centres médicaux au Darfour. (Ce soutien consiste à fournir des médicaments et des équipements, ainsi qu'une formation et des mesures incitatives pour le personnel.) Le CICR aide en outre les autorités sanitaires pour les vaccins, les soins prénatals et les consultations curatives ; les équipes mobiles de santé de l'institution peuvent atteindre des zones auxquelles le ministère de la Santé n'a pas accès. Le CICR a sensiblement intensifié ses activités de soins de santé dans le Darfour Ouest en octobre, lorsqu'il a commencé à soutenir le poste de santé de Gorne et établi un dispensaire sous tente à Fase. Depuis septembre, le personnel de l'institution a aidé le ministère de la Santé à vacciner plus de 7 000 enfants de moins de cinq ans contre la polio dans dix damrats (campements nomades) autour de Fase, mené à bien trois cycles de vaccination de routine à Gorne, Dabenga et Waranga dans le Darfour Ouest et soutenu des campagnes de vaccination à Saga, dans le Darfour Nord, en vaccinant plus de 150 enfants de moins d'un an contre la polio et la rougeole et plus de 70 femmes enceintes contre le tétanos. « Une de nos priorités est de veiller à ce que les personnes les plus vulnérables des zones rurales touchées par le conflit soient en bonne santé », dit Cleto Chashi, le coordonnateur du CICR chargé de la santé. « La campagne de vaccination pour les enfants et les femmes enceintes n'en est qu'un exemple. » L'équipe chirurgicale mobile du CICR, composée d'un chirurgien, d'un anesthésiste, d'une instrumentiste et d'une infirmière généraliste, soigne les personnes blessées dans des situations où tout autre accès aux soins médicaux serait impossible. Durant les mois de septembre, octobre et novembre, l'équipe a été déployée sept fois au Darfour. Elle a soigné 91 patients : 85 combattants et six civils. Elle a en outre organisé un atelier sur les soins aux blessés de guerre pour l'Armée de libération du Soudan à Nyala, dans le Darfour Sud, fin octobre. Un cours sur les soins d'urgence en cas de traumatisme a également été organisé pour le personnel médical à El Fasher, dans le Darfour Nord, par le chirurgien de campagne du CICR. À Birmeza et Tawilah, dans le Darfour Nord, le personnel médical du CICR a fourni une formation en premiers secours aux porteurs d'armes.
Vaccination du bétail dans le Darfour Nord
Le bétail est le principal capital et moyen de survie de nombreuses communautés nomades mais les routes migratoires et l'accès à l'eau et aux soins vétérinaires sont souvent perturbés par le conflit en cours, ce qui compromet les moyens de subsistance. Le CICR conduit des campagnes de vaccination des animaux en étroite coopération avec le ministère soudanais des Ressources animales et de la Pêche pour aider les bergers nomades du Darfour. Il fournit gratuitement des vaccins, ainsi que des compétences et un soutien logistique. Deux campagnes ont été menées, à Dar El Salam et Kabkabiya, dans le Darfour Nord. Une troisième, dans la région de Kutum, devrait être terminée début 2008. À la fin de ces campagnes, plus de 200 000 animaux devraient avoir été vaccinés au Darfour. Le CICR a en outre formé plus de 80 agents de santé animale afin d'accroître leur capacité à fournir des soins vétérinaires essentiels dans leur propre communauté.
Améliorer l'approvisionnement en eau au Darfour
Vu le grand nombre de personnes et d'animaux qui vivent sur le vaste territoire du Darfour, l'eau disponible fait l'objet d'une forte demande, en particulier lorsque les cours d'eau saisonniers se tarissent. Le territoire n'a pas d'eau de surface permanente et tant la population locale que son bétail dépendent des sources souterraines pendant la majeure partie de l'année. Des ingénieurs du CICR sont allés à Sani Haya, où ils ont réparé une station de distribution d'eau importante (système d'approvisionnement en eau), rétablissant l'approvisionnement pour 9 000 personnes de 17 villages environnants, notamment en réparant la station de pompage et en installant un nouveau moteur, en effectuant des réparations sur le réseau de conduites d'eau et en nettoyant le forage. Toujours dans le Darfour Nord, les techniciens de l'approvisionnement en eau du CICR ont aidé 8 000 personnes des zones rurales de Kurge, Tangara, Nena, Lamena, Maghera, Um Salaya, Korma, Dawa, Fata Borno, Hashaba et Oum Sidr. Ils ont réparé des pompes à main et fourni aux villageois des pièces détachées afin qu'ils puissent réparer d'autres pompes, ce qui bénéficie en tout à plus de 17 000 civils.
Sud-Soudan : aider les personnes handicapées à remarcher
Le bien-être des personnes que la longue guerre civile a laissées handicapées reste un sujet de grande préoccupation dans le Sud-Soudan. Le CICR continue de soutenir le centre d'appareillage et de rééducation physique à Juba, qui s'occupe des amputés. Il construit actuellement le nouveau centre de rééducation physique de Juba, qui fournira un soutien à long terme aux autorités dans leurs efforts visant à aider les personnes handicapées du Sud-Soudan. Le nouveau centre, qui devrait être terminé d'ici le milieu de l'année 2008, devrait pouvoir équiper 1 000 patients par année.
Sensibilisation au droit international humanitaire parmi les combattants
Au Soudan, le CICR s'efforce de mieux faire connaître cette branche du droit et ainsi d'améliorer le respect de ses dispositions. En novembre, l'institution a tenu un atelier de deux jours sur le sujet pour le commandement et les conseillers juridiques de l'Armée de libération du Soudan près du Jebel Marra, dans le Darfour Ouest. L'objectif était d'insister sur la nécessité d'épargner les civils, les détenus et les combattants blessés. L'atelier a accru les connaissances des participants dans le domaine de cette branche du droit, qui définit des règles protégeant les civils et les combattants blessés et détenus. Cet événement a en outre permis de débattre du rôle que peuvent jouer les conseillers juridiques et le commandement pour garantir le respect du droit humanitaire. Deux ateliers ont aussi eu lieu à Khartoum et à Shendi, pour les instructeurs des forces armées soudanaises, dans le cadre de l'effort conjoint du CICR et des militaires visant à accroître leurs capacités d'enseigner le droit international humanitaire à leur personnel.
En septembre, octobre et novembre, le CICR a :
-- réparé ou rénové des systèmes d'approvisionnement en eau (tels que stations de distribution d'eau et pompes à main) dans les trois États du Darfour, pour le bénéfice de 50 000 personnes -- vacciné 8 000 enfants et plus de 1 000 femmes enceintes ; -- soigné 554 patients dans ses trois centres d'appareillage et de rééducation physique au Soudan (Khartoum, Nyala et Juba) et produit 176 prothèses et 136 orthèses ; -- distribué 2 500 messages Croix-Rouge et collecté 3 250 d'entre eux ; -- continué de surveiller les violations du droit international humanitaire et tenu des discussions confidentielles avec toutes les parties sur la nécessité de protéger les civils touchés par le conflit ; -- distribué des rations mensuelles de vivres à plus de 100 000 personnes et fourni de l'eau potable et des installations sanitaires dans le camp de Gereida, dans le Darfour Sud (Le CICR fournit également des soins médicaux à la population du camp et gère un centre de nutrition pour les enfants souffrant de malnutrition conjointement avec les Sociétés britannique et australienne de la Croix-Rouge) ; -- présenté plus de 20 exposés sur le droit international humanitaire, les activités du CICR et les Principes fondamentaux de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge aux responsables du gouvernement, au personnel militaire, aux groupes d'opposition, aux milices armées et aux dirigeants religieux et communautaires.
Informations complémentaires : Cecilia Goin, CICR Khartoum, tél. : +249 912 13 77 64 Anna Schaaf, CICR Genève, tél. : +41 79 217 32 17
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Des centaines de milliers de réfugiés soudanais pour la plupart, vivent en exil en Egypte. Bien que musulmans, certains d'entre eux prennent tous les risquent pour rejoindre Israël
Le Monde, 15 décembre 2007 par Cécile Hennion
Sur son passeport soudanais, il était écrit qu'il pouvait voyager dans tous les pays du monde, à l'exception d'Israël. C'est pourtant à Eilat, cité balnéaire israélienne du bord de la mer Rouge , qu'a pris fin le long et périlleux voyage de Nour El-Din. Il porte sur les mollets de profondes éraflures laissées par trois jours de course folle à travers le Sinaï égyptien et le passage des barbelés à la frontière. Et des cicatrices plus anciennes, de la guerre du Darfour. Depuis deux mois, ce Soudanais de 24 ans est employé par l'Hôtel Royal Beach. Balai à la main, engoncé dans son tablier, il scrute les montagnes rocailleuses penchées sur la mer. "Mes montagnes, au Darfour, étaient douces et vertes , souffle-t-il. Je ne supportais plus la guerre, mais j'aimais mon pays. Quelle ironie, voilà que je vis dans le seul endroit de la terre qui m'était interdit ! Que Dieu me pardonne, car le Soudan ne me le pardonnera jamais." Environ 3 000 réfugiés soudanais ont afflué en Israël, dont la moitié à Eilat, où ils offrent une main-d'oeuvre bon marché aux nombreux complexes touristiques. Comme Nour El-Din, ils avaient d'abord opté pour l'Egypte, ce pays voisin qui, jusqu'à l'indépendance du Soudan en 1956, ne faisait qu'un avec le leur. Ils s'y étaient rendus, dit Nour El-Din, mus par l'espoir de trouver "la liberté et la sécurité que n'offrent pas les camps de réfugiés du Tchad" . Les espoirs ont été déçus, brisés dans les rouages de ce que les réfugiés soudanais décrivent comme le "piège égyptien". Au départ, Wadi Halfa, dernier port du Soudan sur le Nil, à l'entrée de l'Egypte. Loin d'Eilat, de ses piscines et de ses discothèques, ce coin de désert compte trois auberges à ciel ouvert et une mosquée. A l'écart, le souk de Mazallah rassemble 50 échoppes, toutes tenues par des Darfouris, première étape avant l'exode. On y rencontre Sediq, 24 ans comme Nour El-Din, mais plein de foi en l'avenir. Derrière sa machine à coudre, il s'active en attendant son épouse, une fille qu'il n'a jamais vue. Le mariage a été conclu par leurs familles "au pays" , à Jenena, dans l'ouest du Darfour. Dès qu'elle arrivera, ils partiront pour l'Egypte. Au Caire, ils iront s'enregistrer auprès du Haut- Commissariat des réfugiés pour les Nations unies (HCR), dans l'espoir d'intégrer les quotas d'immigration des Etats-Unis, du Canada, ou de l'Australie. A Wadi Halfa, l'échappatoire du Soudan a modeste allure, et pour nom le Pattes-d'Autruche. Coiffé des pavillons égyptien et soudanais, c'est un esquif à la peinture écaillée, cahotant sur le Nil, écrasé de passagers. De l'Ouest soudanais en guerre jusqu'au port d'Assouan, terminus égyptien du Pattes-d'Autruche, le voyage coûte une fortune : plus de 500 dollars par tête. Mais sur le bateau, les regards se tournent vers l'Egypte avec la certitude qu' "une existence meilleure est possible" . Une fois arrivés au Caire, beaucoup déchanteront. Les cartes de réfugié que leur délivre le HCR ne donnent pas droit au travail. Sans moyen d'accéder aux soins ni aux études, nombre d'entre eux sombrent dans le cercle vicieux de la précarité et de la misère. Les premiers réfugiés soudanais fuyaient la guerre civile du Sud (1983-2005). Majoritairement chrétiens, ils ont bénéficié de l'aide des églises du Caire, qui leur fournissaient 1 kg de sucre, de farine ou de lentilles et des lieux de rencontre, aujourd'hui fréquentés par les Darfouris, pourtant musulmans. Le 30 décembre 2005, ces églises sont même devenues leur ultime refuge après que 3 000 d'entre eux, qui campaient place Moustafa-Mahmoud en face du HCR, ont été évacués sans ménagement par la police. Boutros Akotmanot, originaire du sud du Soudan, était l'un des meneurs de ce camp. "J'ai échappé par hasard à l'assaut et à la grande rafle qui a suivi , dit-il sur le seuil de l'église adventiste du quartier Ramsès. C'était la pagaille. Les réfugiés avaient été tués, blessés, ou emprisonnés. Nous avons organisé une cellule de crise dans l'église pour aider les familles des victimes et des disparus." Le bilan officiel était de 27 morts. Se basant sur des témoignages, M. Akotmanot affirme que 55 personnes ont été tuées. Ceux qui avaient été emprisonnés ont depuis été relâchés. "Restent 36 disparus, dont une fille de 14 ans , assure-t-il. Personne ne sait ce qu'ils sont devenus." "Nous, réfugiés soudanais, réclamons à l'ONU nos droits naturels à la dignité, au travail, à l'éducation, à la santé , insiste-t-il. Certains attendent une décision depuis cinq ou sept ans. En 2006, seuls 2 % des cas ont été traités. Beaucoup ne possèdent plus rien. Nos jeunes sont désespérés, frustrés, plein de violence." A l'automne 2007, 42 000 réfugiés étaient enregistrés auprès du HCR au Caire, dont une majorité de Soudanais. Le nombre de non-inscrits atteint, selon les estimations des ONG, des chiffres astronomiques. Peut-être 2 millions. Une plaie pour l'Egypte qui accueille en outre, depuis 2003, un flux croissant d'Irakiens. Bloqués en Egypte sans être parvenus à s'y intégrer, traumatisés par l'assaut de décembre 2005, les Soudanais ont inventé "la dernière solution" : la fuite en Israël. Illégale, cette dernière partie du voyage est la plus dangereuse. Le Soudan et Israël étant officiellement des pays ennemis, la frontière leur est fermée. Reste la ligne interdite, entre Rafah et Taba, 150 km de désert et de barbelés, le long desquels les gardes égyptiens ont ordre de faire feu, après sommation. Depuis avril, date des premières tentatives, ils sont de plus en plus nombreux à risquer cette mortelle traversée. La police procède à des arrestations dès le passage de Suez alors que, théoriquement, les réfugiés ont le droit de circuler sur l'ensemble du territoire égyptien. Ils sont actuellement plus de 250 dans les geôles du Sinaï, condamnés à un an de prison en moyenne. Seuls les femmes et les enfants ont été libérés. Madhal Aguer Gout Chol, avocat soudanais et militant au Caire pour le Mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM), l'ex-rébellion du Sud, sert d'intermédiaire entre les prisonniers et les autorités égyptiennes. C'est lui que l'on appelle quand il faut récupérer un cadavre dans le Sinaï. M. Chol est ainsi allé chercher le corps d'Ouik Malong Agui, 30 ans, une balle dans la poitrine ; d'Hajja Abbas Haron, 29 ans, enceinte de 6 mois, une balle dans la tête ; de Yasser Ali Mohammed, blessé par balles, mort dans la prison d'Ismaïlia. Et ce corps découvert dans le désert, non identifiable car il n'en restait que les pieds, dont l'avocat a conclu qu'il avait été mangé par les vautours. Tous ont été inhumés dans un cimetière du Caire. "Ces tragédies n'ont dissuadé personne" , soupire M. Chol. Grâce au bouche-à-oreille, le circuit est rodé. Le contact s'opère dans des cafés du Caire ou au téléphone, avec un passeur bédouin. Il en coûte entre 300 et 500 dollars pour être guidé jusqu'aux barbelés. Bienvenue à Mahdeyya, Wadi El-Amr et Wigat, villages misérables du Sinaï, à 5 km de la frontière israélienne. Ce territoire est contrôlé par les tribus Sawarka et Tarabine. Difficile d'aborder la question du trafic d'immigrés avec ces hommes fiers, victimes d'une terrible répression après les attentats du Sinaï (Taba, Charm el-Cheikh et Dahab en 2004, 2005 et 2006), qui réclament en vain des écoles, de l'eau et le droit de propriété sur leurs terres. Après de longs palabres, ils acceptent de montrer, derrière les dunes abritant leurs maigres plantations, les barbelés entrecoupés des guérites de surveillance. "Les gardes-frontières, on les connaît, se vante l'un d'eux. Ils roupillent en écoutant la musique d'Oum Kalsoum. Les barbelés sont électrifiés, mais ils ont leurs points faibles." Un autre explique : "Les trafics sont le résultat de la pauvreté. Quel est le problème de gagner quelques dollars si cela ne nuit pas à la sécurité de mon pays ? Quant aux Israéliens, ils ne veulent plus de travailleurs palestiniens. Les Soudanais leur fournissent une main-d'oeuvre de persécutés, moins chère que les autres. C'est bon pour leur image et pour leur économie." Avec des mots moins rugueux, l'Israélienne Ettie Kricheli, responsable du recrutement pour la chaîne hôtelière Isrotel à Eilat, parle elle aussi d'une situation "win-win-win (gagnant-gagnant-gagnant) " . Elle avait été "émue" par un reportage sur "ces malheureux du Darfour enfermés dans les prisons israéliennes après avoir survécu au passage de la frontière" . "J'ai alors négocié avec le gouvernement le droit d'en embaucher , raconte-t-elle. Cela allège le coût que représentent ces prisonniers pour l'Etat d'Israël. Les Soudanais gagnent une vie décente et ma société, les employés dont elle a besoin." Leur statut légal n'a cependant pas été clarifié et leur permis de travail n'excède pas trois mois. "Ils seront renouvelés" , assure M me Kricheli, tout en déplorant l'immobilisme de son gouvernement. "Quand même , ajoute-t-elle, ça fait peur tous ces gens à nos frontières. A la longue, ça va devenir un problème." C'en est déjà un pour l'administration pénitentiaire israélienne, qui déclarait, le 30 novembre, détenir 950 Soudanais et ne plus pouvoir faire face à ce flot continu. Dans la prison de Ketziot, au coeur du Néguev israélien, ou dans les hôtels luxueux d'Eilat, le sentiment de précarité reste vif chez ces nouveaux réfugiés d'Israël. La conviction que le Soudan ne leur pardonnera jamais cet exil en territoire ennemi nourrit la crainte d'être tombé de Charybde en Scylla, du piège égyptien à l'impasse israélienne.
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Le sommet de l'UE du 14 décembre va sceller le sort de l'Eufor
Le Figaro par Arnaud de la Grange, 14 décembre 2007
La défense européenne pourrait trébucher sur quelques arpents de désert. La force que l'Union européenne tente de monter dans l'est du Tchad, baptisée Eufor, pour assurer la sécurité des réfugiés du Darfour, est dangereusement ensablée. « Tout est bloqué, confie un diplomate, et si cela ne bouge pas au plus tard lors du sommet européen du 14 décembre, cela risque fort d'être la fin. » Avec toutes les conséquences qu'un tel échec comporterait pour une Europe de la défense que Paris entend relancer en 2008. L'affaire achoppe sur les moyens. Côté troupes, l'opération, qui aurait dû compter 4 300 hommes, peut tourner avec les 3 700 aujourd'hui prévus. Mais le bât blesse cruellement côté transport tactique - avions et surtout hélicoptères - et moyens logistiques (génie, hôpital de campagne). Il manque aujourd'hui une bonne quinzaine d'hélicoptères, et personne ne veut les fournir. L'Eufor a pris au moins deux mois de retard et les premiers éléments ne pourront au mieux être déployés que début janvier. L'ossature de l'Eufor est française, avec 1500 soldats. Les Irlandais - qui assurent le commandement - en fournissent environ 400, comme les Polonais. Viennent ensuite les Suédois avec 200 soldats, les Belges avec 120 hommes... En tout, une douzaine de contributeurs. Paris a officiellement fixé un plafond de 50 % â sa participation, pour que la force garde une image « européenne». Mais, officieusement, l'Élysée aurait fait savoir que les Français pourraient monter aux deux tiers des effectifs –avec 400 ou 500 hommes supplémentaires -, sous réserve que des alliés fassent un effort. Par contre, pour mettre ses partenaires devant leurs responsabilités, Paris se refuse à fournir des hélicoptères, pourtant déjà déployés au Tchad dans le cadre du dispositif « Épervier». Entre grands «pays militaires » européens, l'ambiance est devenue très lourde. La France prend assez mal la position intransigeante des Britanniques et des Allemands. Pour débloquer la situation, Paris a proposé que les règles de financement soient revues. La règle habituelle veut que le budget commun - avec une clé de répartition entre les Vingt-Sept - ne finance que les états-majors de la force. Les Français proposent que ce financement soit étendu aux moyens de transport et de soutien. Des contributions financières pourraient ainsi inciter d'autres pays à fournir hélicoptères, avions ou hôpitaux de campagne. Pour le moment, Londres et Berlin refusent catégoriquement.
L'Allemagne critiquée En privé, les diplomates critiquent surtout la position allemande. Les Britanniques ont soutenu politiquement le projet de l'Eufor et ils sont réellement en position de surchauffe militaire, avec l'Irak et l'Afghanistan. « Ce n'est pas le cas des Allemands, qui ont encore de gros moyens disponibles », confie une source militaire. Les Allemands garderaient un souvenir mitigé de l'opération au Congo et n'auraient pas apprécié la façon un peu rapide avec laquelle Bernard Kouchner a lancé l'idée de l'Eufor. « Ils ont tout fait pour freiner le dossier pendant la présidence allemande, confie un diplomate, et il semble qu'ils ne seraient pas fâchés de voir l'affaire capoter. » Sur le fond, les réticences de certains pays européens s'expliquent par le caractère quand même très français d'une opération, menée dans l'ancien « précarré » français. De fait, Paris n'est pas fâché de partager avec d'autres la sécurisation du Tchad et du nord de la Centrafrique, notamment pour des raisons d'affichage. « Que l'opération ait finalement lieu ou non, l'affaire laissera des traces entre Européens, commente un diplomate, plus ou moins lourdes, évidemment. »
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Xinhuanet, 14 décembre 2007
La Chine a appelé les autorités soudanaises à prendre des mesures substantielles pour garantir la sécurité des institutions et des citoyens chinois dans ce pays africain, a dit Qin Gang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, jeudi 13 décembre à Beijing. "Toute menace ou attaque des institutions et citoyens chinois au Soudan est inacceptable", a dit Qin en réponse aux questions concernant une attaque rebelle qui s'est produite mardi dans un champ pétrolier exploité par un Chinois. Les relations amicales entre la Chine et le Soudan étaient basées sur le respect mutuel, l'égalité, les bénéfices et le développement mutuels, et ont facilité le développement économique du Soudan et apporté des bénéfices substantiels au peuple soudanais, a-t-il souligné. Les entreprises chinoises au Soudan sont engagées activement dans les causes d'intérêt public et contribuent au développement économique et social du Soudan, a-t-il ajouté. Selon des reportages de presse, des rebelles ont attaqué mardi un champ pétrolier géré par un Chinois au Soudan. Les forces armées soudanaises ont prétendu qu'environ 20 rebelles ont attaqué un campement militaire près d'un champ pétrolier mais que l'attaque avait été repoussée.
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Le « Guide » libyen a polémiqué avec l'Elysée sur les droits de l'home. Sa tournée l'a mené à l'Assemblée nationale, au Ritz et à l'Unesco
Le Monde, 13 décembre 2007, par Natalie Nougayrède et Jean-Pierre Tuquoi
Au deuxième jour de sa visite officielle en France, Mouammar Kadhafi s'est livré à des déclarations contredisant les positions de l'Elysée sur plusieurs sujets : il a affirmé qu'il n'avait jamais été question de droits de l'homme lors de son entretien, lundi 10 décembre, avec Nicolas Sarkozy ; il a dénoncé "l'internationalisation" du conflit du Darfour, et il a critiqué les limites posées à l'immigration en provenance d'Afrique. "Avant de parler des droits de l'homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits" , a déclaré M. Kadhafi. Le "Guide" libyen et M. Sarkozy devaient se retrouver, mercredi 12 décembre, pour un nouvel entretien
Alors que le président français expliquait, lundi, avoir dit à M. Kadhafi "combien il fallait progresser sur le chemin des droits de l'homme" , Mouammar Kadhafi a démenti cette version dans un entretien accordé à France 2. "Nous n'avons pas évoqué, moi et le président Sarkozy, ces sujets" , a-t-il assuré. La réplique est venue du secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, qui a précisé que les droits de l'homme avaient été évoqués lundi à deux reprises, pendant l'entretien puis lors du dîner. M. Sarkozy a dit "qu'il considérait que des progrès avaient été faits, mais qu'il fallait encore progresser" , a affirmé M. Guéant, soulignant qu'il avait été témoin de la scène. On indiquait, dans l'entourage de M. Sarkozy, mercredi matin, que ni les prisonniers politiques ni les disparitions de détenus en Libye n'avaient été évoqués par le président français. Les "progrès" , ajoute cette source, faisaient référence à la libération des infirmières bulgares, à l'abolition de la peine de mort et à un aspect que le "Guide" a lui-même évoqué lors de la conversation avec M. Sarkozy : "Il n'y a plus, en Libye, de système de parti unique." A propos du Darfour - dossier sur lequel la diplomatie française cherche à hâter le déploiement de forces internationales pour protéger les réfugiés -, M. Kadhafi a critiqué, mardi, "l'internationalisation du conflit" . "Si nous laissons les habitants du Darfour se débrouiller eux-mêmes, la crise du Darfour se terminera d'elle-même" , a-t-il affirmé. Ces déclarations contribuent à alimenter la chronique d'une visite officielle hors normes. Mardi, elle a tourné autour de trois lieux : l'Assemblée nationale, l'hôtel Ritz et le siège de l'Unesco. Sans quitter le centre de la capitale, le président Kadhafi s'est offert une tournée de star. Ce fut, à chaque étape, l'occasion de vérifier combien le "Guide", avec ses rodomontades et ses provocations, reste un personnage imprévisible qui laisse peu de place à l'indifférence. "Il rappelle le peintre Salvador Dali" , observait un député, en fin de matinée, au moment où M. Kadhafi était reçu à l'Assemblée nationale. Sans doute, le "Guide" aurait-il souhaité s'adresser aux élus dans l'hémicycle, comme naguère feu le roi Hassan II (qu'il détestait) ou le président Bouteflika. C'était trop demander. Lorsque le chef de l'Etat libyen, enveloppé dans une toge sombre, est arrivé, le tapis rouge était déroulé à l'hôtel de Lassay, la résidence du président de l'Assemblée, et la Garde républicaine présentait les honneurs. Mais M. Kadhafi a dû se contenter d'un entretien avec le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, suivi d'une rencontre avec une trentaine de parlementaires. Ils auraient dû être bien plus nombreux : 96 députés avaient été invités, ainsi que dix sénateurs du groupe d'amitié France-Libye. Les absents avaient boycotté la visite de "Kadhafi le dictateur" dans "le temple de la démocratie" , selon l'expression du socialiste Pierre Moscovici. Après le Parlement, surveillé de prè |