Le Soudan dans la Presse

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1er semestre

2ème semestre


Novembre 2007

Agence France Presse
31 novembre 2007

Darfour: le président soudanais critique Londres, Paris et Washington

Suisse Romande
30 novembre 2007

Sept morts dans une attaque contre un hôpital de MSF au Soudan

Nouvel Observateur
30 novembre 2007

Le Darfour "La communauté internationale complice de Khartoum"

Le Monde
30 novembre 2007

Kadhafi tance les rebelles absents de la conférence sur le Darfour

Le Figaro
29 novembre 2007

Darfour: l'ONU accuse le Soudan

Le Figaro
29 novembre 2007

La crise compromet les interventions militaro-humanitaires dans la région

Jeune Afrique
27 novembre 2007

Une institutrice britannique arrêtée pour avoir donné le nom de Mahomet à un ours en peluche

Nations Unies
Conseil de sécurité
27 novembre 2007

Intervention de l'Ambassadeur de France auprès de l'ONU

Agence France Presse
27 novembre 2007

Le Tchad accuse Khartoum d'avoir "armé" les rebelles, l'armée contrôle

Agence France Presse
27 novembre 2007

Pourparlers de paix sur le Darfour: ONU et UA optent pour la persévérance

IRIN
édition française
27 novembre 2007

Les groupes non armés du Darfour veulent participer à la paix

 

Le Monde
27 novembre 2007

La conférence sur le Darfour affaiblie par l'absence des principales factions

Le Monde avec Reuters
27 novembre 2007

Les déplacés n'attendent rien de la conférence sur le Darfour

Le Figaro
27 novembre 2007

Enfants du Darfour : les coulisses d'un fiasco

Le Nouvel Observateur avec l'AFP
27 novembre 2007

Le Soudan décrète un cessez-le-feu unilatéral

La Croix
26 novembre 2007

Les négociations se présente mal

BBC-Afrique
25 novembre 2007

Darfour: le JEM menace les casques bleus chinois

Le Parisien
25 novembre 2007

Rama Yade affiche sa fermeté

Le Monde
25 novembre 2007

Rama Yade au Soudan : « le Darfour est une priorité » pour la France

Xinhuanet
24 novembre 2007

Le président soudanais n'écarte pas la possibilité d'une séparation du Sud-Soudan

Nations Unies
communiqué de presse
24 novembre 2007

Ban Ki-moon : l'Accord de paix global au Soudan continue de se heurter à des difficultés

 

Agence France Presse
19 novembre 2007

Centrafrique: le président Bozizé espère qu'Eufor "gênera" les rebelles

Agence France Presse
18 novembre 2007

La réunion entre le président soudanais et Salva Kiir s'achève sans progrès dans la crise nord-sud

Agence France Presse
17 novembre 2007

Le président Béchir remanie le gouvernement central

Jeune Afrique
16 novembre 2007

Des soldats malgaches sont prêts à partir pour le Darfour

Les Echos
16 novembre 2007

Warren Buffett désinvestit de Chine : « Pourquoi ? » 

Angola Presse
16 novembre 2007

Le pétrole bloque les pourparlers Nord-Sud au Soudan

Nations Unies
communiqué de presse
15 novembre 2007

l'ONU appelle à la préservation de l'Accord Nord-Sud

 

Suisse Romande avec l'AFP
15 novembre 2007

Le Sud Soudan se comporte en "Etat indépendant", selon Béchir

Agence France Presse
14 novembre 2007

Les anciens rebelles sudistes envoient une lettre au président Omar el-Béchir

Agence France Presse
14 novembre 2007

Force ONU-UA au Darfour: inquiétude devant les difficultés du déploiement

Le Monde
13 novembre 2007

Khartoum veut démanteler les camps de réfugiés du Darfour

Le Monde
13 novembre 2007

Des tribus « arabes » remplacent les populations « africaines » au Darfour

Jeune Afrique
novembre 2007

Soudan et Darfour: Qui en veut à l'Union Africaine –UA ?

Agence France Presse
7 novembre 2007

Un avion-cargo de Juba Air s'écrase au décollage au Soudan

 

Suisse Romande avec l'AFP
6 novembre 2007

Le Soudan demande à l'Afrique du Sud plus de troupes pour l'AMIS

 

L'Editorial du Figaro
5 novembre 2007

La rupture africaine

Le Figaro
5 novembre 2007

Un succès diplomatique bienvenu pour le chef de l'État

Xinhuanet
3 novembre 2007

Le Sud-Soudan juge tangible les progrès obtenus avec Khartoum pour  régler la crise

Nations Unies
communiqué de presse
2 novembre 2007

Darfour : les pourparlers de Syrte s'étendent aux partenaires de la région

 

Le Figaro
1 er novembre 2007

Tchad : Idriss Deby souhaite la libération des journalistes

 

Xinhuanet
1 er novembre 2007

Khartoum proteste contre la menace du PM britannique d'imposer des sanctions sur le Soudan


Darfour: le président soudanais critique Londres, Paris et Washington

Agence France Presse, 31 Novembre 2007

 

Le président soudanais Omar al-Bachir a tenu pour responsable la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis "des problèmes au Soudan en général" et au Darfour en particulier, dans une interview au Guardian de jeudi.

Interrogé depuis Khartoum, par le quotidien britannique, al-Bachir appelle le gouvernement britannique à faire des excuses publiques pour avoir sapé les pourparlers de paix sur le Darfour qui se déroule à Syrte, en Libye, sous l'égide de l'Union africaine (UA) et des Nations Unies. La réunion, destinée à mettre fin à quatre ans d'affrontements dans la région du Darfour, dans l'ouest du Soudan, a lieu toutefois sans les principaux groupes rebelles.

Selon le président soudanais, "la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et la France ont adopté toutes les résolutions destinées à punir le gouvernement soudanais". "Les problèmes dont on souffre au Darfour en particulier et au Soudan en général sont provoqués par ces trois puissances, la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis", a affirmé le président soudanais.

Il a estimé que si les discussions à Syrte échouent "elles seront dues à des interventions externes, en particulier celles venant de la Grande-Bretagne, de la France et des Etats-Unis.

Par ailleurs, Omar Hassan al-Bachir a critiqué les déclarations du Premier ministre britannique Gordon Brown qui a brandi dimanche la menace de sanctions accrues en cas d'échec des pourparlers en cours à Syrte. Les déclarations de Gordon Brown, selon le président soudanais, n'ont fait qu'encourager les principaux groupes rebelles à boycotter la réunion organisée à Syrte.

Les services du Premier ministre britannique ont expliqué, dans un communiqué publié mercredi soir sur leur site internet, que les propos de M. Brown ne visait pas spécifiquement le Soudan, mais "toute partie qui ferait obstacle au progrès (des discussions) y compris de nouvelles sanctions »

 

Novembre 2007

Sept morts dans une attaque contre un hôpital de MSF au Soudan

Suisse romande, 30 novembre 2007

 

Sept personnes ont été tuées jeudi dans des violences tribales qui ont éclaté dans un hôpital de Médecins sans frontières (MSF) à Bor, au Sud-Soudan. Un employé soudanais de l'ONG et son père figurent parmi les victimes.

Quatre des victimes, dont un agent de sécurité de l'ONG, se trouvaient dans une voiture à l'intérieur de l'enceinte gérée par MSF. Une foule d'assaillants les ont extraits du véhicule avant de les battre à mort, indique l'ONG dans un communiqué.

Trois autres Soudanais ont également été battus à mort à l'extérieur du campement de MSF, a-t-on appris de source soudanaise.

"La foule est entrée de force dans le campement de MSF, a vu les gens réfugiés dans une voiture, a brisé les vitres puis battu les passagers à mort. Quatre ont été tués. Trois autres l'ont été à l'extérieur", a déclaré Philip Thon Leek, gouverneur de l'Etat de Jonglei.

Quatre autres personnes se trouvaient dans la voiture, dont une a été blessée. Les trois autres, dont un bébé, sont indemnes, ajoute MSF, qui qualifie l'événement d'"acte inacceptable".

"Ces assassinats diminuent notre capacité à fournir des soins de santé à l'hôpital de Bor, où étaient réalisées 250 consultations et trois interventions chirurgicales par jour", déclare l'ONG dans un communiqué.

Cet affrontement découlent d'un conflit ethnique entre deux tribus qui a éclaté mercredi à propos d'un litige lié au bétail.

Selon Philip Thon Leek, 27 personnes ont été tuées et 39 blessées mercredi dans ce conflit entre la tribu Murle et les Bor Dinka. Des blessés des deux camps ont été transportés dans le même service de l'hôpital de Bor, provoquant ainsi un nouvel affrontement.

MSF indique que la majorité de son personnel sur place a été évacuée de Bor, mais qu'une petite équipe est maintenue pour réduire l'impact de l'interruption de soins médicaux.

 

Novembre 2007

 

Le Darfour "La communauté internationale complice de Khartoum"

Le Nouvel Observateur, Interview de Marc Lavergne par Sarah Halifa-Legrand

30 Novembre 2007

 

Pourquoi de nombreux groupes rebelles boycottent-ils les pourparlers sur le Darfour qui se tiennent à Syrte (Libye), et ce malgré l'annonce d'un cessez-le-feu unilatéral de la part du gouvernement soudanais ?

 

Ce cessez-le-feu est censé répondre à une demande des rebelles qui ne veulent pas négocier sous les bombes. Mais il est insuffisant puisqu'il était supposé s'accompagner du déploiement d'une "force hybride" de l'ONU destinée à protéger la population civile et lui permettre de rentrer dans ses foyers. Il est d'ailleurs censé être appliqué depuis 2003, avoir été confirmé en avril 2004, et gravé dans le marbre depuis l'accord d'Abuja de 2006. Or, sans égard pour ces accords, le gouvernement soudanais continue de mener sa guerre, considérant que les groupes rebelles n'ayant pas signé l'accord d'Abuja sont des mouvements terroristes.

De leur côté les rebelles du mouvement principal, le Mouvement/ Armée de libération du Soudan (SLM/A), considèrent que l'accord d'Abuja n'a pas été appliqué et qu'il ne sert donc à rien d'aller vers un nouvel accord. D'autre part, les négociations à Syrte portent sur un partage du pouvoir et des richesses du Darfour. Mais ces pourparlers font l'impasse sur le désarmement des milices djandjawids, préalable indispensable au retour des populations déplacées au Darfour, pourtant promis par le gouvernement soudanais dès le 3 juillet 2004 à Kofi Annan. Mais le gouvernement n'a pas les moyens de désarmer les milices : armés par le gouvernement au début du conflit pour mener la guerre à sa place, l'armée soudanaise étant occupée au Sud du pays, les djandjawids sont aujourd'hui aussi forts que cette armée, celle-ci ne pouvant de toute façon pas rivaliser avec ces cavaliers dans la steppe du Darfour. De leur côté, les djandjawids ne veulent pas être désarmés car ils craignent la vengeance des populations du Darfour.

Pour ce qui est de la seconde force rebelle, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), le problème réside dans le fait qu'elle soit aujourd'hui scindée et que les deux branches soient en désaccord avec le nombre de postes de représentants qui leur ont été attribués pour les pourparlers de Syrte (3 postes accordés à la branche qui a fait sécession contre 5 pour le mouvement originel). Par ailleurs, le JEM, émanation du Congrès national populaire de Hassan Abdallah al-Tourabi, a une ambition nationale : son objectif étant de remplacer à terme Omar el-Béchir par un autre pouvoir islamiste, son action ne se limite donc pas au Darfour.

Enfin, l'autre paquet de rebelles, une confédération de 6 groupes soutenus par l'Erythrée, refusent de s'asseoir à la table des négociations car ils veulent qu'on leur laisse du temps pour établir une plateforme commune de négociations plutôt que de venir en ordre dispersé à Syrte. Derrière, les Erythréens projettent de les transformer en une force politique qui puisse perdurer au-delà des pourparlers. Le but de l'Erythrée étant, bien sûr, d'avoir des alliés à Khartoum qui constitueraient un soutien important dans le bras de fer qui l'oppose à l'Ethiopie.

 

Comment expliquer que les Nations unies et l'Union africaine, qui parrainent la réunion à Syrte, aient décidé de poursuive les négociations malgré l'absence de ces groupes ?

 

- Les Nations unies et l'Union africaine s'aveuglent en s'obstinant. Elles refusent de voir qu'elles ont fait l'erreur de négliger les rebelles dans l'organisation de cette réunion, ayant accordé plus d'importance à la question de savoir quels pays occidentaux seraient présents à la table des négociations. Résultat, on est allé droit dans le mur.

Les dirigeants de l'Union africaine sont en réalité des alliés de Khartoum : ils soutiennent à couvert le gouvernement soudanais car ces dirigeants ont peur de se retrouver chez eux aux prises avec des forces rebelles menaçant leur pouvoir comme c'est le cas au Soudan. Les Nations unies, elles, font preuve d'une incompétence flagrante. Déjà parce que la question du Darfour est gérée par des gens à l'ONU qui n'ont pas d'ancienneté sur le dossier. Il y a aussi de la part des Nations unies une certaine rancœur vis-à-vis des rebelles depuis l'accord d'Abuja et la progressive désagrégation des différents camps qui a suivi. L'ONU a du mal à assumer l'échec d'Abuja, qui était pourtant prévisible compte tenu de la manière dont les négociations avaient été menées. Syrte est donc une sorte de revanche d'Abuja pour les Nations unies…

Il faut bien comprendre que ce n'est pas seulement un conflit entre les amis de Khartoum (les Russes et les Chinois) et ses ennemis (les puissances occidentales), mais une collusion générale pour se débarrasser du problème du Darfour. On a affaire à la realpolitik des puissances. Le régime soudanais étant riche, stable et expérimenté, elles ne voient pas d'alternative pour le remplacer. Le Soudan est un immense pays, riche en pétrole, enregistrant un taux de croissance de 10% par an, avec une capitale, Khartoum, en plein boom économique, ce qui en fait une sorte de "nouveau Dubaï". Bref, le pays représente un marché extraordinaire. Une fois rassurées sur leurs intérêts, les puissances, à commencer par la France, inquiète au sujet de ses traditionnelles aires d'influences voisines, le Tchad et de la RCA, sont d'accord pour sacrifier les rebelles. Ces rebelles ne sont pas d'ailleurs représentatifs de la population, à part le leader historique Abdel Wahed Mohammed Nour. Ce dernier, qui a un réel projet politique et une structure politique crédible, manque cependant d'une dimension militaire équivalente, et c'est d'ailleurs peut-être l'une des causes de la désagrégation des forces rebelles.

 

Le fait que l'accord de paix de 2005 sur le Sud Soudan soit aussi dans une mauvaise passe ne prouve-t-il pas la mauvaise volonté du gouvernement soudanais ?

 

- L'accord de 2005, qui, sur le papier, refondait l'ensemble du système institutionnel soudanais, était une sorte de paix des braves signée entre deux hommes, sous la pression de l'administration Bush. Côté gouvernement par le vice-président soudanais, Ali Osman Mohamed Taha, homme fort du régime, qui a depuis perdu de son influence mais demeure en fonction et, côté rebelles, par John Garang, leader de l'Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA), qui est mort. D'autre part, cet accord donnait la prééminence à deux organisations rivales mais tout aussi totalitaires : au Nord, le Congrès National, dernière expression officielle du Front National Islamique arrivé au pouvoir par le coup d'Etat militaire de juin 1989, et au Sud, le SPLA qui prétendait représenter toutes les forces du Sud, ce qui dans les faits n'était pas le cas. Résultat, cela a provoqué la résistance des groupes exclus du processus, et c'est d'ailleurs pendant ce processus de négociations qui a débouché sur l'accord de 2005 que le conflit au Darfour a débuté.

Le gouvernement soudanais, qui repose sur une formation politique, le Front National Islamique, un petit groupe à la structure clandestine ayant pris le pouvoir sans soutien populaire, n'a jamais eu l'intention d'appliquer quoi que ce soit : qu'il s'agisse de l'accord de Naivasha en janvier 2005 sur le Sud Soudan ou de l'accord d'Abuja signé en mai 2006 sur le Darfour. Ce groupe à la tête du pays ne veut en aucune manière partager son pouvoir et ses richesses au sein d'un gouvernement national ouvert aux mouvements du Sud et du Darfour. Il ne veut pas d'élections libres, prévues en 2008/2009. Il exploite le pays d'une manière prédatrice et ne veut en rien changer la donne. Pour ce qui est du « Comprehensive Peace Agreement » (Accord de paix global) de Naivasha, le gouvernement n'a pas respecté les engagements pris sur le papier : il n'a pas retiré ses troupes de l'armée nationale du Sud, il n'a pas appliqué ce qui était prévu au sujet des frontières N/S et il a toujours refusé de dire le montant de ses revenus tirés du pétrole que les barons du régime se partagent clandestinement.

Au Darfour, le gouvernement ne fait pas mieux malgré l'accord d'Abuja. Exemple : Minni Arkou Minnawi, petit instituteur et secrétaire général du Mouvement de Libération du Soudan (MLS) qui a signé les accords d'Abuja et qui a été reçu à la Maison blanche, a vu un de ses bastions, le village de Mouhajiriya au Sud-Darfour, réduit en cendres le 7 octobre dernier par les troupes gouvernementales. Il se terre désormais au Darfour alors qu'il est censé être "Senior Assistant" du président soudanais depuis l'accord d'Abuja. A Syrte, la délégation soudanaise est menée par des hommes qui ne veulent rien donner aux rebelles. Leur but est d'obtenir leur reddition en échange de quelques prébendes et de postes honorifiques. Avec le soutien de la communauté internationale. Il n'y aura pas de porte de sortie de conflit pour les peuples du Soudan tant que la communauté internationale jouera ce double jeu, tant qu'elle sera complice de Khartoum

 

Novembre 2007

Kadhafi tance les rebelles absents de la conférence sur le Darfour

Le Monde, 30 Novembre 2007 par Philippe Bernard

En tant que puissance accueillante des pourparlers de paix sur le Darfour (ouest du Soudan), Mouammar Kadhafi a tous les droits, même celui de mettre les pieds dans le plat. C'est précisément ce qu'a fait le guide de la révolution libyenne, samedi 27 octobre, dès l'ouverture de la réunion boycottée par les principaux chefs de la rébellion darfourie.

"Je vois que cette conférence doit s'arrêter là" , a lancé M. Kadhafi, jetant un froid dans la monumentale salle du palais des congrès de Syrte, sous le regard perplexe de Jan Eliasson et de Salim Ahmed Salim, respectivement émissaires de l'Organisation des Nations unies (ONU) et de l'Union africaine (UA) pour le Darfour.

La réunion, présentée comme "la dernière chance pour la paix" , débutait mal alors qu'elle vise à régler politiquement un conflit pour le partage du pouvoir et des richesses qui, depuis 2003, a causé la mort de 200 000 personnes et contraint 2 millions d'autres à fuir.

Lundi matin, la conférence devait se poursuivre formellement. "Le train a quitté la gare pour prendre la direction de la paix" , a assuré M. Eliasson. Pourtant, après deux jours de flottement, il n'était en réalité plus question d'une négociation politique mais de simples consultations avec les rebelles présents, et de démarches en direction des chefs rebelles absents.

 

"Conflit tribal"

 

Mouammar Kadhafi, loin de participer au concert général d'implorations destinées à convaincre ces derniers de venir négocier à Syrte, les a qualifiés de "fils désobéissants" , les accusant implicitement de souhaiter la poursuite du conflit pour "continuer à profiter de l'aide" et demeurer "sur l'estrade de la gloire" médiatique.

Le chef de l'Etat libyen, qui a récemment comparé les sanglants combats au Darfour à une "querelle pour un chameau" , où la communauté internationale aurait mieux fait de ne pas intervenir, a enfoncé le clou.

Il a mis en garde l'ONU et l'UA contre le risque d'un échec dans le règlement de ce "conflit tribal" . M. Kadhafi, qui cultive son image de faiseur de paix en Afrique, n'a pas caché qu'il se verrait bien régler le conflit. "Nous avons déployé des efforts, a-t-il lancé à l'adresse des absents. Vous n'en faites pas autant. Merci et au revoir."

Tétanisés, les représentants des groupes rebelles présents à Syrte ont attendu le lendemain pour demander la suspension de la conférence afin de prendre le temps pour "négocier avec les absents" et unifier leurs positions.

Le fiasco, au moins provisoire, des négociations de paix compromet le déploiement, prévu au début de 2008, de la force de maintien de la paix ONU-UA dans la province soudanaise. "Pour qu'il y ait une force de maintien de la paix, il faut qu'il y ait un climat de paix" , s'est inquiété Andrew Natsios, envoyé spécial américain pour le Darfour.

La panne de la conférence de Syrte laisse surtout sans perspective un territoire dévasté et ses habitants. "Nous payons des impôts à un Etat qui bombarde nos enfants" , a résumé un représentant des rebelles présents.

La seule annonce positive faite à Syrte, celle d'un cessez-le-feu unilatéral décrété par le gouvernement de Khartoum, provoque seulement un soupir chez Abdulmajid Dossa : "Ils l'ont déjà si souvent annoncé !"

 

Novembre 2007

 

Darfour: l'ONU accuse le Soudan

Le Figaro, New York, 29 novembre 2007, par Jean-Louis Turlin

 

À cinq semaines du transfert d'autorité entre une force africaine sans grands moyens pour protéger les populations du Darfour et l'opération qui doit lui succéder le 1 er janvier 2008 sous la bannière des Nations unies et de l'Union africaine, les préparatifs se heurtent encore à des obstacles bureaucratiques qui ont poussé le chef des opérations de maintien de la paix Jean-Marie Guéhenno à mettre en cause l'attitude du Soudan devant le Conseil de sécurité. Avant-hier, il a dénon cé « la réticence » de Khartoum et « les déclarations publiques » de certains responsables qui « remettent en question » la volonté du Soudan de tenir « ses engagements » que le président a pourtant réaffirmés le mois dernier.

 

Novembre 2007

 

La crise compromet les interventions militaro-humanitaires dans la région

Le Figaro, 29 Novembre 2007

 

Les autorités locales pourraient exploiter le discrédit jeté sur les actions des Occidentaux dans la crise.

 

En Discréditant le travail des humanitaires sur la crise du Darfour, l'affaire de « L'Arche de Zoé » compromet les tentatives menées par les pays occidentaux pour essayer d'enrayer la guerre civile dans la province soudanaise. L'Union européenne est en première ligne. Elle a prévu de déployer autour du Darfour, dans l'est du Tchad et en Centrafrique, avant la fin de cet automne, une force armée d'environ 3 000 hommes pour établir des corridors humanitaires.

Les militaires français, mais aussi espagnols, doivent fournir les principaux contingents. Or, ce sont ces deux nationalités qui sont mises en cause dans l'affaire de L'Arche de Zoé. Côté soudanais, la communauté internationale a également eu beaucoup de mal à faire admettre au pouvoir de Khartoum le déploiement, début 2008, d'une force hybride ONU-Union africaine qui doit venir épauler la force africaine d'interposition.

Le projet de force européenne au Tchad n'a jamais enchanté Idriss Deby qui ne l'avait accepté qu'à contrecoeur. Le président tchadien ne peut pas fermer la porte à l'armée française, qui contrôle de facto les aéroports de N'Djamena et d'Abéché. Elle lui fournit un appui logistique pour lutter contre les groupes rebelles qui sévissent dans l'est et le sud de son pays.

Idriss Deby, cependant, redoute que les Européens ne préparent le terrain à l'arrivée de troupes de l'ONU qui doit elle-même envoyer le mois prochain 300 policiers pour former les gendarmes tchadiens affectés à la sécurité des camps de réfugiés. « Cette affaire va nous coûter très cher », estime un diplomate occidental basé à N'Djamena.

 

Une « crise profonde » qui inquiète les ONG

 

« La comparaison avec l'affaire des infirmières bulgares en Libye serait indécente car L'Arche de Zoé a violé les lois tchadiennes, soudanaises, françaises et internationales. Mais le Tchad pourrait utiliser les journalistes et les Espagnols comme monnaie d'échange pour faire capoter le déploiement militaire européen,  » redoute ce diplomate.

 

L'affaire paraissait déjà mal engagée avant la dernière crise, l'Union européenne ayant eu du mal à trouver des pays volontaires pour fournir des soldats. « C'est la France et l'Europe qui ont la tête sur le billot et c'est Deby qui tient le couteau » , suggère une observatrice internationale.

Le président tchadien, dont le régime autoritaire suscite de nombreux opposants, fait aujourd'hui l'unanimité en jouant sur un sentiment antifrançais, latent depuis la colonisation : « Ces gens nous traitent comme des animaux (...) La voilà cette Europe qui sauve, là voilà cette Europe qui donne des leçons à notre pays, » a-t-il déclaré vendredi, lors de sa visite aux 103 enfants présentés par L'Arche de Zoé comme « orphelins  ». « Les gens sont en colère, ils se sentent humiliés » , confirme Ramadan Ahmat, responsable de l'Association pour les libertés fondamentales au Tchad qui n'a « pas de sympathie particulière pour le régime Deby. »

Les agences humanitaires internationales déployées sur le terrain multiplient donc les initiatives pour condamner l'opération « Children Rescue » lancée par L'Arche de Zoé et tenter de rétablir la confiance des populations. « La crise est profonde » , s'inquiète le directeur d'une organisation non gouvernementale qui a suspendu provisoirement toutes ses activités dans les camps de réfugiés par mesure de précaution. L'Arche de Zoé semble avoir jeté le discrédit sur toute l'opération humanitaire à l'est du Tchad. Les 230 000 réfugiés du Darfour et les 170 000 déplacés tchadiens en seront peut-être les principales victimes

 

Novembre 2007

 

Une institutrice britannique arrêtée pour avoir donné le nom de Mahomet à un ours en peluche

Jeune Afrique avec l'AFP, 27 novembre 2007

 

Les autorités soudanaises ont accéléré mardi l'enquête sur l'institutrice britannique arrêtée pour avoir donné en classe le nom de Mahomet, prophète de l'islam, à un ours en peluche, et averti que son dossier pourrait s'alourdir.

A Londres, le Premier ministre britannique Gordon Brown a dit espérer la libération rapide de Gillian Gibbons et s'est déclaré "désolé" pour ce qui lui arrive.

Le ministre soudanais de la Justice, Mohammed Ali Mardhi, a ordonné au procureur général Salaheddine Abou Zaid de se charger du cas de Gillian Gibbons qui a passé sa deuxième nuit dans un poste de police de Khartoum

"Cette dame a été arrêtée à la suite d'une plainte au titre de l'article 125 du code pénal et l'enquête se poursuit", a déclaré à l'AFP M. Abou Zaid, se disant incapable de préciser combien de temps allait durer l'enquête.

Des parents d'élèves se sont plaints que Mme Gibbons ait permis à des élèves de six à sept ans de nommer Mahomet un ours en peluche alors que pour les musulmans la représentation du Prophète est illicite.

"L'interrogatoire a commencé hier et se poursuit aujourd'hui. Nous sommes aussi en train d'interroger des témoins et s'ils apportent de nouveaux éléments, l'accusation peut être aggravée", a-t-il ajouté.

Une fois l'enquête terminée, l'affaire sera déférée devant un tribunal et un juge décidera de poursuivre la Britannique ou non, a précisé le procureur.

L'article 125 du code pénal porte sur les insultes aux religions, aux rites et aux croyances, sur la dégradations de biens sacrés et l'humiliation des croyants. Il prévoit des peines maximales de 6 mois de prison, quarante coups de fouet et une amende.

Même si l'affaire n'a pas particulièrement retenu l'attention de la presse soudanaise, certains journaux n'ont pas exclu que la Britannique soit poursuivie pour sédition, une accusation beaucoup plus sérieuse.

Un porte-parole de l'ambassade de Grande-Bretagne à Khartoum a indiqué que ses services discutaient de l'affaire avec les autorités et assistaient l'accusée.

Mme Gibbons enseignait à l'Unity High School, établissement privé fondé en 1902. Les autorités l'ont fermé jusqu'à nouvel ordre, a indiqué lundi un enseignant sous couvert d'anonymat.

Dans un encart publié dans la presse, l'école a présenté mardi des excuses et indiqué que Mme Gibbons, âgée d'une cinquantaine d'années et originaire de Liverpool, avait été renvoyée de son poste.

"Je suis infiniment désolé pour ce qui est arrivé à Gillian Gibbsons", a déclaré à la presse le Premier ministre britannique .

"D'après ce que ce j'ai compris elle n'a pas été encore formellement accusée de quoi que ce soit par les autorités", a-t-il ajouté.

Il a confirmé que la Britannique bénéficiait d'une assistance consulaire et que le Foreign Office était en contact avec le ministère soudanais des Affaires étrangères, les autorités et la police soudanaises "pour s'assurer qu'elle soit saine et sauve et pour clarifier la situation de manière à ce qu'elle soit vite libérée".

 

Novembre 2007

Intervention de l'Ambassadeur de France auprès de l'ONU

Conseil de sécurité, 27 novembre 2007

 

Soudan (Darfour)

Je remercie M. Guéhenno et M. Eliasson de leurs exposés.

Je souhaite, pour commencer, réaffirmer le plein soutien de la France à leurs efforts et à ceux du Secrétaire général en vue de trouver, de concert avec l'Union africaine, une issue à la crise du Darfour.

L'échéance prévue pour le transfert d'autorité de l'AMIS à la MINUAD est aujourd'hui très proche. Cette échéance a été fixée par la résolution 1769, adoptée à l'unanimité par notre Conseil. Il est donc de notre responsabilité d'aider le Secrétariat et l'Union africaine à la tenir. Nous devons en outre nous assurer que la nouvelle opération sera suffisamment robuste et dissuasive pour que le drame d'Haskanita, que nous avons condamné avec la plus grande fermeté, ne puisse pas se reproduire.

La délégation française salue les pays qui ont d'ores et déjà accepté d'envoyer des troupes dans le cadre de la liste établie par les deux organisations . Elle en appelle aux pays qui pourraient fournir à la MINUAD les capacités spécialisées qui lui font encore défaut.

Ma délégation souhaite rendre hommage au Secrétariat et à l'Union africaine pour leur souci constant de consultation avec les autorités soudanaises. Le Secrétaire Général Adjoint en a rappelé les nombreuses étapes. Il n'est plus temps de renégocier les arrangements convenus, mais de les mettre en œuvre, dans la transparence.

Ma délégation appelle à la pleine coopération du Gouvernement soudanais avec les Nations Unies et l'Union Africaine pour parvenir à la mise en place de la MINUAD. L'accord donné en juin dernier était un pas dans la bonne direction, que le Conseil avait salué. Il est temps aujourd'hui pour les autorités soudanaises de traduire cet accord dans les faits, car les Nations Unies et l'Union africaine ont fait tout ce qui leur était possible pour tenir compte des préoccupations du Gouvernement soudanais tout en préservant un degré satisfaisant d'efficacité de la force.

Les termes des débats sont clairs. Ils ont parfaitement été posés et détaillés par le Secrétaire Général Adjoint : Il s'agit aujourd'hui pour le gouvernement soudanais de prendre ses responsabilités et de démontrer s'il accepte réellement, comme il s'y est engagé auprès de notre Conseil, le déploiement de l'opération hybride. L'heure n'est plus à la procrastination, mais à l'action.

Il en va de la sécurité et du bien-être de centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants dont le seul espoir repose aujourd'hui sur les Nations Unies et l'Union Africaine.

Il en va aussi de la crédibilité et de l'efficacité de notre Conseil dans sa capacité à préserver la paix et la sécurité internationales.

S'agissant du processus politique , nous saluons le lancement à Syrte des négociations sous l'égide des co-médiateurs de l'Union africaine et des Nations Unies, MM. Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim.

Il est de la responsabilité de toutes les parties d'en assurer le succès, en respectant une cessation des hostilités et en participant aux pourparlers. Concernant le cas particulier de M. Abdoulwahid el Nour, la France ne ménage aucun effort pour le convaincre de rejoindre le processus. Nous prenons nos responsabilités, comme nous appelons toutes les parties à le faire.

Ma délégation reconnaît la contribution importante apportée par le Gouvernement autonome du Sud Soudan et les acteurs régionaux au processus conduit par les Nations Unies et l'Union africaine. Les premiers résultats obtenus à Syrte et à Juba sont encourageants. Nous souhaitons toutefois encourager tous les acteurs à continuer à œuvrer de concert, en liaison permanente avec les co-médiateurs des Nations Unies et de l'Union africaine, qui dirigent l'ensemble du processus.

Je souhaiterais enfin exprimer le soutien de la France au choix des co-médiateurs d'associer étroitement la société civile du Darfour au processus politique.

Sur le plan humanitaire , nous ne pouvons nous résigner au recul de l'accès humanitaire, alors que plus de 4 millions de personnes, soit les deux tiers de la population du Darfour, ont besoin d'assistance.

Ma délégation se réjouit de la prochaine visite au Soudan du Secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires, M. John Holmes, qui permettra de faire le point sur la mise en œuvre du communiqué conjoint du 28 mars.

Nous avons reçu avec beaucoup d'inquiétude les informations du Bureau de coordination des affaires humanitaires faisant état de relocalisations forcées de déplacés au Sud du Darfour. Nous sommes attachés à ce que le caractère volontaire des retours soit respecté, conformément au droit international humanitaire.

Nous appelons également toutes les parties à respecter le caractère civil des camps de déplacés.

Enfin, je souhaiterais rappeler l'importance que ma délégation attache à la lutte contre l'impunité , qui ne saurait être négligée compte tenu de la gravité des crimes qui ont été commis au Darfour. Le Conseil aura prochainement l'occasion de revenir sur cette question avec le Procureur de la Cour pénale internationale.

Nous rappellerons alors notre engagement total pour que la justice puisse suivre son cours.

Je vous remercie Monsieur le Président.

 

Novembre 2007

Le Tchad accuse Khartoum d'avoir "armé" les rebelles, l'armée contrôle

Agence France Presse Abéché, 27 novembre 2007

 

L'armée contrôlait mardi la zone de l'est du Tchad où des combats meurtriers l'ont opposée la veille à un groupe armé hostile au régime de N'Djamena, tandis qu'un haut responsable tchadien a accusé le Soudan d'avoir "armé" les rebelles, en violation d'un accord de paix.

L'Armée nationale tchadienne (ANT) a emmené des journalistes à Abou Goulem, localité à 90 km à l'est d'Abéché, principale ville de la région, sur la route qui mène à la frontière tchado-soudanaise.

C'est là que l'ANT et les rebelles de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) se sont violemment affrontés lundi matin.

Une vingtaine de cadavres jonchaient le sol, à côté de 32 pick-up calcinés ou détruits et vingt en bon état. La majorité des pick-up appartenaient aux rebelles et certains étaient estampillés UFDD, selon des sources militaires. Mais plusieurs de ces véhicules, ainsi que six automitrailleuses, appartenaient à l'armée.

Aucun nouvel affrontement n'était signalé mardi.

"La situation est calme", a confirmé à l'AFP le secrétaire général de l'UFDD Abakar Tollimi, précisant que ses hommes se trouvaient "vers Am-Zoer", à 70 km au nord d'Abou Goulem.

L'armée et l'UFDD ont chacune revendiqué la victoire de la bataille d'Abou Goulem, affirmant avoir fait plusieurs centaines de morts dans le camp adverse. Ces bilans contradictoires demeurent invérifiables de source indépendante.

Depuis lundi, 190 soldats de l'ANT blessés, dont 20% très grièvement, ont transité par la base militaire française d'Abéché pour y recevoir de premiers soins avant d'être évacués sur N'Djamena.

Les combats de lundi ont fait voler en éclats le cessez-le-feu prévu par un accord de paix signé le 25 octobre à Syrte, en Libye, par les autorités tchadiennes et quatre rébellions hostiles au président Idriss Deby Itno, dont l'UFDD. Cet accord a été parrainé par Tripoli et Khartoum.

"Le Soudan a violé l'accord de paix", a déclaré mardi le général Ismaël Chaïbo, directeur général de l'Agence nationale de sécurité (ANS), les services de renseignement tchadiens.

"Il a pris des engagements par rapport à cet accord concernant le cantonnement et le désarmement des rebelles. Malheureusement il n'a pas voulu respecter ses engagements. Il les a armés (les rebelles), il les a chassés" de son territoire, a-t-il ajouté à Abéché.

L'accord de Syrte prévoyait notamment le "stationnement" des rebelles sur la position où ils se trouvaient au moment de la signature du texte, c'est-à-dire, selon le gouvernement tchadien, au Soudan.

Dans des communiqués publiés ces derniers jours, le Tchad accusait déjà les rebelles de venir du Soudan.

Dimanche, le gouvernement prévenait que Khartoum porterait "une grande part de responsabilité dans la reprise inéluctable des hostilités si l'incursion des éléments armés venant du Soudan ne (s'arrêtait) pas immédiatement".

Les rebelles accusent pour leur part les autorités tchadiennes de n'avoir rien fait pour appliquer l'accord, et avaient décrété que le cessez-le-feu serait caduc un mois après sa signature, soit dimanche 25 novembre.

Selon des sources rebelles, le Soudan a demandé aux groupes armés tchadiens qui avaient des hommes sur son territoire de le quitter à cette date.

Le général Chaïbo a assuré que les rebelles avaient "pris la fuite vers la frontière" soudanaise, à une soixantaine de kilomètres à l'est d'Abou Goulem.

Le directeur général de l'ANS a encore dit que des "officiers" tchadiens étaient "tombés au champ d'honneur", sans en préciser le nombre.

L'armée tchadienne continuait mardi d'envoyer des renforts vers la zone des combats de la veille, a constaté un journaliste de l'AFP

 

Novembre 2007

 

Pourparlers de paix sur le Darfour: ONU et UA optent pour la persévérance

Agence France-Presse, Syrte (Libye) par Imed Lamloum, , 27 Novembre 2007

 

La communauté internationale, qui refuse de suspendre les pourparlers de paix sur le Darfour en Libye malgré l'absence des principaux mouvements rebelles, a poursuivi lundi à Syrte des discussions avec le gouvernement soudanais et des interlocuteurs de second rang.

 

Les envoyés spéciaux de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour, Jan Eliasson et Salem Ahmed Salem, ont entamé des discussions à huis-clos avec la délégation du gouvernement de Khartoum et devraient rencontrer dans l'après-midi la poignée de chefs rebelles présents.

Selon Noureddine Mezni, porte-parole de la médiation ONU-UA, les discussions porteront «sur le fond et la forme» du processus amorcé samedi à Syrte, à 600 km à l'est de Tripoli, pour faire cesser la guerre civile qui ravage la province de l'ouest du Soudan.

«Ces concertations se poursuivront durant quelques jours» en présence d'autres représentants de la communauté internationale et des pays de la région, a ajouté M. Mezni.

Des émissaires de l'ONU et de l'UA seront envoyés dans les prochains jours au Soudan pour essayer de convaincre les rebelles récalcitrants de rejoindre la table des négociatons, a-t-il dit.

Huit factions issues du Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM/A) et du JEM ont boycotté les pourparlers de Syrte, de même que le chef rebelle historique Abdel Wahed Mohammed Nour qui réside à Paris.

Ce boycottage a rendu très compliqués les efforts de l'ONU et de l'UA pour ramener la paix au Darfour, où les rebelles combattent l'armée gouvernementale depuis février 2003, malgré le «cessez-le-feu unilatéral» annoncé samedi par le gouvernement soudanais.

Dimanche, les mouvements rebelles présents à Syrte avaient demandé la suspension des pourparlers pour permettre le ralliement des principaux mouvements, après que l'hôte de la réunion, le colonel Mouammar Kadhafi, ait prédit l'échec des pourparlers, lors de la séance d'ouverture.

Mais l'ONU et l'UA refusent de déclarer forfait et ont affirmé dimanche qu'il n'était pas question d'interrompre le processus.

«Je refuse de dire que le processus de paix est interrompu. Le train a quitté la gare pour prendre le chemin de la paix», a déclaré M. Eliasson à l'issue de la séance plénière.

M. Mezni a précisé lundi que l'agenda des pourparlers sera au centre des discussions des prochains jours, selon des diplomates de l'ONU.

Le Commissaire à la paix et la sécurité de l'UA, Saïd Djinnit, a assuré que «tout sera fait pour concilier en même temps la nécessité d'aller vite vers un accord de paix et le besoin des mouvements de se préparer comme il se doit aux négociations».

Des diplomates de l'ONU ont présenté un processus en trois phases: la première dite des «consultations avancées» a été amorcée, selon eux à Syrte. La deuxième sera celle des «préparatifs» et de la mise en place d'un «consensus interne». C'est seulement au cours de la troisième phase que le gouvernement et les rebelles tiendront des «négociations effectives».

Le processus se poursuivrait sous la supervision des deux négociateurs en chef, Sam Ibok pour l'UA et Tayé Zérihoun pour l'ONU.

La guerre au Darfour et ses conséquences ont fait 200 000 morts et déplacé plus de deux millions de personnes, selon des estimations généralement admises, même si elles sont contestées par Khartoum qui parle de 9000 morts.

Une force de maintien de la paix de l'UA, mal équipée et sous-financée, (7000 hommes), déployée depuis 2004, doit être prochainement remplacée par une force hybride ONU/UA de 26 000 hommes.

Six groupes rebelles de moindre importance participent aux pourparlers de Syrte.

 

Novembre 2007

Les groupes non armés du Darfour veulent participer à la paix

IRIN édition française, Syrte, 27 Novembre 2007

 

Le 29 octobre, tandis que les pourparlers se poursuivaient, dans la ville de Syrte, en Libye, des représentants de la société civile du Darfour ont demandé à jouer un rôle plus important dans le cadre des efforts actuels de paix et de réunification des parties prenantes au conflit qui sévit dans l'ouest du Soudan.

« Nous sommes heureux d'être là en tant que représentants de la société civile, bien que notre statut soit encore incertain », a déclaré Safaa Al-Aagib Adam, secrétaire générale et conseillère de la Community Development Association sur les questions liées au genre. « Nous avons besoin d'un environnement plus propice ».

« Les mouvements [rebelles] doivent comprendre l'importance de la réunification et le fait que nous avons un rôle à jouer dans ce processus », a ajouté Mme Adam. « Quant à ceux qui boycottent les pourparlers, la société civile peut largement contribuer à les convaincre d'y participer. Si les médiateurs souhaitent que nous jouions ce rôle, nous y sommes tout à fait disposés ».

Les Nations Unies, représentées par Jan Eliasson, l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies au Darfour, et l'Union africaine (UA), par le truchement de Salim Ahmed Salim, son envoyé spécial au Darfour, jouent le rôle de médiateurs dans le cadre de ces pourparlers, destinés à mettre un terme à quatre ans et demi de conflit, au cours duquel quelque 200 000 personnes ont trouvé la mort et deux millions ont été déplacées.

Au terme de deux jours de débats en séances plénières, les médiateurs se sont montrés optimistes : selon eux, ils se trouvaient désormais au « début d'un processus politique crédible », à l'heure où ils amorçaient la « phase consultative » des pourparlers.

« Nous sommes encouragés non seulement par le ton des débats [en séances plénières], mais aussi par le niveau de participation de la délégation gouvernementale, des représentants des mouvements du Darfour et des partenaires régionaux et internationaux du processus du paix», a déclaré M. Eliasson, lors d'une conférence de presse

 

Pas de délai fixé

 

M. Salim s'est néanmoins déclaré déçu par l'absence de certains groupes rebelles, mais il a expliqué que l'équipe de médiation avait été contactée par certaines parties, qui avaient exprimé leur désir de participer au processus.

 

« Ils disent avoir besoin de temps pour se consulter et nous sommes disposés à le leur accorder », a-t-il indiqué. « Nous ne leur avons pas imposé de délai pour ces consultations, toutefois il ne s'agit pas d'un processus à durée illimitée ; nous ne souhaitons pas fixer de date butoir artificielle, voilà tout ».

Seules sept des quelque 16 factions rebelles du Darfour étaient présentes à l'ouverture des pourparlers, le 27 octobre.

Le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), mené par Khalil Ibrahim, et l'Armée/mouvement de libération du Soudan (A/MLS), avec, à sa tête, Abdel Wahed, font partie des principales factions rebelles absentes.

Pour Hassan Imam Hassan, activiste de la société civile qui représente le Darfur Peace Block aux pourparlers, la représentation des communautés aux pourparlers a été négligée.

« On peut constater que la communauté internationale est bien représentée, avec les Nations Unies, l'Union africaine et d'autres organisations internationales. La communauté régionale est également très bien représentée, et à l'échelle nationale – avec à la fois le gouvernement et les mouvements rebelles – la représentation est également satisfaisante. Mais qu'en est-il des communautés, des dignitaires tribaux, des femmes, des déplacés, des réfugiés, de la société civile ? », s'est interrogé M. Hassan.

« On cherche à nous entendre, mais de manière superficielle ; la société civile a un rôle structurel à jouer dans le cadre de ces pourparlers – nous devons être présents à la table des négociations », a-t-il poursuivi.

 

Manque d'unité

 

Pour M. Hassan, les pourparlers de Syrte sont problématiques à deux égards : « A ce jour, les parties prenantes aux négociations [le gouvernement et les mouvements] ne sont ni bien intégrées ni cohérentes en elles-mêmes ».

« Il est impossible d'organiser des négociations avec 16 groupes armés lorsque seuls sept d'entre eux s'y présentent. Quant au camp du gouvernement, lui non plus n'est pas uni. Nous avons un gouvernement d'unité nationale, pourtant seul un camp est là. Où est le MPLS [Mouvement populaire de libération du Soudan] ? ».

Le MPLS a annoncé récemment qu'il suspendait sa participation au gouvernement d'unité nationale.

Autre problème fréquemment abordé au cours des séances plénières tenues le 28 octobre : le manque de représentation féminine, à la fois au sein des délégations du gouvernement et des mouvements rebelles.

 

« Ce message s'adresse aux deux délégations : il doit y avoir des femmes en leur sein car il s'agit d'une opportunité de paix et de dialogue auxquelles les femmes devraient participer, à plus forte raison car ce sont elles qui souffrent le plus au cours d'un conflit », a déclaré Mme Adam, dans une allocution à l'attention des délégués.

 

Une représentation suffisante

 

Pour M. Salim, la question de la participation des femmes aux pourparlers de Syrte ne doit pas être prise à la légère.

« Il faut se rendre à l'évidence, les femmes sont les premières victimes de ce conflit », a-t-il estimé. « Je prie instamment nos frères du gouvernement et des mouvements [rebelles] de veiller à ce que les femmes soient représentées comme il se doit dans le cadre de ces pourparlers ».

L'équipe de médiation mettra en place divers mécanismes destinés à assurer que la société civile et les groupes de population vulnérables du Darfour participent comme il se doit au processus de paix, a-t-il expliqué.

Le gouvernement soudanais a annoncé un cessez-le-feu unilatéral au début des pourparlers, et l'UA et les Nations Unies ont déclaré que la porte était toujours ouverte aux factions absentes.

Selon M. Eliasson, la phase de consultation des pourparlers sera suivie de « vastes négociations » ; les médiateurs espèrent que davantage de mouvements y participeront. M. Eliasson n'a pas souhaité communiquer de date exacte pour l'ouverture de ces négociations, expliquant que cela dépendrait des progrès accomplis lors de la phase consultative.

Parmi les « grandes questions » qui seront abordées : le partage du pouvoir, la sécurité et l'indemnisation, ainsi que d'autres sujets de préoccupation, tels que la marginalisation et les terres.

 

Novembre 2007

La conférence sur le Darfour affaiblie par l'absence des principales factions

Le Monde, 27 Novembre 2007, par Philippe Bernard et Jean-Philippe Rémy

 

A quelques heures de l'inauguration, samedi 27 octobre, de la conférence organisée par les Nations unies et l'Union africaine (UA) à Syrte, en Libye, pour tenter de trouver une solution politique à la guerre civile au Darfour (ouest du Soudan), le désarroi de ses organisateurs est perceptible. L'enjeu est de taille alors qu'en quatre ans et demi, le conflit au Darfour a fait 200 000 morts et chassé plus de deux millions de personnes dans des camps, ravageant une région de la taille de la France.

En réunissant en Libye des représentants du gouvernement soudanais, des factions rebelles et des membres de la société civile sous la responsabilité conjointe de Jan Eliasson, émissaire des Nations unies, et Salim Ahmed Salim, celui de l'UA, la conférence de Syrte doit constituer le volet politique de la réponse internationale à cette crise.

Vendredi soir, M. Eliasson tentait encore de lancer un appel aux absents, les principaux chefs rebelles du Darfour, qui boycottent la conférence : "Ne manquez pas cette occasion ! Elle n'est pas extrêmement séduisante, mais c'est une chance unique de se parler et ce n'est qu'un premier pas !" , déclarait M. Eliasson, en s'efforçant de croire que Syrte constituerait un "moment de vérité" .

Organisée avec des moyens considérables dans le palais des congrès de Syrte, la conférence devait s'ouvrir samedi après-midi en présence du chef de l'Etat libyen, Mouammar Kadhafi, alors même que son pays est impliqué dans le conflit du Darfour. Sa portée menace d'être d'autant plus mince que sur la quinzaine de factions répertoriées par la médiation, seuls des mouvements secondaires ou marginaux ont fait le déplacement, et que leurs représentants ne sont "pas les chefs mais des responsables de deuxième rang" , selon un diplomate de l'ONU.

La méthode adoptée par la médiation d'inviter le ban et l'arrière-ban des chefs de factions, dont certains flirtent avec le banditisme, a eu pour effet de dissuader des responsables de premier plan qui avaient initialement promis leur participation, comme Khalil Ibrahim, chef du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), irrité de voir des leaders de scissions de son mouvement à Syrte, diluant la portée d'éventuelles négociations. Quant à Abdel Wahid Al-Nour, l'autre poids lourd de la rébellion du Darfour, qui vit en France, son refus réitéré de participer à des négociations tant qu'un certain nombre de conditions sérieuses n'auront pas été remplies, à commencer par un véritable cessez-le-feu, se trouve renforcé par la débâcle annoncée de Syrte.

Face à la faiblesse de la représentation rebelle, le gouvernement de Khartoum, premier bénéficiaire des divisions de la rébellion et des flottements de l'organisation de la conférence, est présent à Syrte avec une délégation de 27 personnes dirigée par Nafie Ali Nafie, conseiller du président soudanais Omar Al-Bachir.

Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim, dont la présence au Soudan et dans la région n'a été qu'épisodique durant la phase de préparation, espèrent relancer le processus politique au Darfour après l'échec de l'accord d'Abuja, signé en mai 2006 par une seule faction rebelle, celle de Minni Minawi.

Dans un premier temps, l'équipe de négociation comptait sur la proclamation d'une cessation des hostilités pour donner du poids à la réunion. Vendredi, les organisateurs affirmaient tabler plutôt sur une modeste "trêve" , le temps des pourparlers.

Or la suspension des combats était attendue avec impatience par Rodolphe Adada, représentant spécial de l'Union africaine et des Nations unies, à qui incombe la tâche colossale de mettre en place la force "hybride" (UA-ONU) de 26 000 hommes au Darfour. Cette force, qui commencera officiellement à mettre le pied sur le terrain fin octobre, mais dont la montée en puissance aura lieu début 2008, "a impérativement besoin d'un apaisement au Darfour pour se déployer" , souligne M. Adada. Dans le cas où la médiation échouerait à faire taire les armes au Darfour, c'est donc l'action internationale dans la région qui serait entravée.

La période précédant l'organisation des pourparlers a déjà été marquée par une recrudescence de la violence dans l'ouest du Soudan. Des chefs rebelles ont lancé des attaques pour faire main basse sur des 4 × 4 (plus de cent véhicules ont été dérobés aux organismes humanitaires depuis janvier), ou d'autres types d'équipement, dans le but d'"exister" avant la conférence de Syrte.

Parallèlement, le gouvernement soudanais a lancé une série d'offensives, notamment contre des forces de la faction de Minni Minawi, pourtant son allié depuis 2006. "C'est un signe envoyé aux factions à Syrte. Quand vous signez (un accord) avec ce gouvernement, il vous attaque ensuite" , fulmine Shrief Ishag, le coordinateur humanitaire de Minni Minawi à Khartoum.

Au même moment, des factions rebelles se réunissent à Juba, au sud du Soudan. Parmi les commandants présents, se trouvent des figures de la rébellion, comme Suleiman Marajan ou Ahmed Abd el-Shafie. Ces huit groupes sont engagés dans une conférence de réunification de l'Armée de libération du Soudan (SLA). L'un des proches de M. Shafie, dans la clandestinité à Khartoum, affirme que les groupes "ont besoin de quatre semaines pour créer une nouvelle SLA" et qu'ils ont demandé aux médiateurs de repousser la date d'ouverture de Syrte, en vain. L'homme, visiblement inquiet, explique aussi que des arrestations de responsables darfouriens, "une trentaine environ" , ont eu lieu récemment à Khartoum.

 

Novembre 2007

 

Les déplacés n'attendent rien de la conférence sur le Darfour

Le Monde avec Reuters, par Opheera McDoom , 27 Novembre 2007

 

Camp d'Al Salam - A la veille de l'ouverture en Libye de pourparlers de paix sur le Darfour, de nombreuses victimes du conflit qui fait rage depuis 2003 dans cette région de l'ouest du Soudan les jugent voués à l'échec.

Une dizaine de groupes rebelles du Darfour seront assis à la table de négociation, mais les habitants du Darfour réfugiés dans le camp d'Al Salam regrettent l'absence annoncée du seul chef rebelle qui ait leur confiance.

Le fondateur et président de l'Armée de libération du Soudan (ALS), Abdel Wahed Mohamed el Nour, fait quasiment l'unanimité autour de son nom dans le camp d'Al Salam, qui abrite deux millions de personnes ayant fui leurs foyers et leurs villages détruits dans des combats.

Le refus de Nour de participer aux pourparlers, parrainés par l'Onu et l'Union africaine, tant qu'une force de l'Onu n'aura pas été déployée au Darfour pour protéger la population des viols, des meurtres et des pillages, lui vaut un soutien quasi inconditionnel parmi ceux qui ont - paradoxalement - le plus pâti du soulèvement de son mouvement contre Khartoum.

"Il (Nour) n'y va pas parce que nous ne voulons pas qu'il y aille", explique Ahmed Etim Osman, qui a vu 13 membres de sa famille exécutés par des miliciens en 2004 avant de quitter sa maison pour gagner des camps implantés autour d'El Facher.

 

"la Libye est un mauvais remède"

 

"Je vois encore les visages des hommes qui ont fait ça", dit-il. "J'étais dans la case d'à côté, je regardais par la fenêtre. Je pouvais les voir mais ils ne pouvaient pas me voir."

Nour dispose de peu d'hommes mais jouit d'un large soutien parmi les membres de sa tribu, les Four, la plus importante du Darfour. Il est soutenu aussi par des membres d'autres tribus, tels qu'Osman, issu de la tribu Tounjour.

"La Libye est un mauvais remède pour la maladie du Darfour", estime-t-il.

Des rebelles, pour la plupart non-arabes, ont pris les armes contre le gouvernement central soudanais en 2003 en l'accusant de négliger la région. Des experts internationaux estiment à 200.000 le nombre de personnes qui ont péri dans ce conflit, une véritable catastrophe humanitaire, selon l'Onu.

Après un accord de paix signé en 2006 à Abuja (Nigeria) entre Khartoum et l'un des trois groupes rebelles participant aux négociations, les tensions se sont aggravées et les rebelles se sont scindés en une dizaine de mouvements davantage animés, pour certains, par la soif de pouvoir que par la défense des intérêts de la communauté qu'ils prétendent représenter.

"Si des négociations ont lieu en Libye, cela ne fera qu'engendrer davantage de souffrances. Nous avons payé cher Abuja", estime Osman.

 

Méfiance

 

Al Salam, conçu pour accueillir des populations ayant fui des zones rurales en proie au conflit, offre des conditions de vie très précaires. Des vautours survolent des tas d'ordures et les sanitaires, en nombre insuffisant, empestent.

Pour Hafiz Idriss Adouma, membre lui aussi de la tribu des Tounjour, tous les émissaires de petites factions rebelles invités aux pourparlers de Syrte ne représentent qu'eux-mêmes, et non la population du Darfour.

"A part le Mouvement justice et égalité et le Mouvement de libération du Soudan, nous ne voulons pas d'eux. Personne d'autre ne devrait y être", estime-t-il.

Un autre déplacé dit avoir reçu quatre balles, dont une dans la tête. Il explique soutenir Nour non seulement parce que c'est un Four, comme lui, mais aussi parce que Nour est le seul rebelle capable d'exposer aux médias les véritables revendications de la population qu'il dit représenter.

"Je n'ai jamais rencontré Abdel Wahed mais quand je l'entends, ses opinions sont les nôtres", dit cet homme qui ne souhaite pas divulguer son identité, craignant pour sa sécurité.

Ce que les déplacés du Darfour souhaitent, ce sont des dédommagements, une sécurité leur permettant de rentrer chez eux, le désarmement des milices et la reconstruction de leurs villages.

Tous les hommes et garçons de la famille d'Aaliyah Adam ont été tués après l'attaque de leur village, selon elle, par des soldats gouvernementaux et des miliciens.

"Mes trois frères ont été tués devant moi, dans notre case", raconte-t-elle. En raison de constants bombardements aériens et de la présence de miliciens en maraude, en quête de biens à piller, les survivants ont dû garder les corps avec eux, dans une seule pièce, pendant trois jours, avant de pouvoir les enterrer.

Elle pense que Nour, qui vit en exil à Paris, est la seule personne que la communauté internationale soit prête à écouter. "Il n'est pas là-bas pour vivre dans le luxe. Il se bat pour nos droits."

 

Novembre 2007

 

Enfants du Darfour : les coulisses d'un fiasco

Le Figaro, 27 Novembre 2007, Delphine Chayet, Cyrille Louis et Jean-Marc Philibert (à Vatry ) .

 

Malgré l'ouverture d'une enquête judiciaire dès la fin juillet et leur convocation par la police, rien n'a pu dissuader les responsables de L'Arche de Zoé.

 

L'extravagant projet visant à faire venir en France un millier d'enfants du Darfour n'avait rien de secret. Au contraire, les responsables de L'Arche de Zoé l'ont abondamment fait connaître au cours des six derniers mois. Or, malgré diverses initiatives, les pouvoirs publics ont été incapables de les dissuader.

 

Le projet avait été largement médiatisé.  Dès le 28 avril, L'Arche de Zoé annonce par un communiqué son intention de « sauver au moins 1 000 enfants du Darfour » . Un appel aux dons et aux candidatures de familles d'accueil est lancé, les médias sont informés. Rapidement, les autres ONG réagissent. « Des familles adoptantes ont pris contact avec nous car elles s'interrogeaient » , se souvient Geneviève André, directrice de la mission adoption de Médecins du monde, qui saisit bientôt la justice en référé pour faire retirer son logo, abusivement utilisé par L'Arche de Zoé sur son site Internet. Également saisie par une famille, France Terre d'asile répond que l'opération lui semble « irresponsable et malhonnête » , avant d'ajouter : « Le procédé d'un charter d'enfants sans visa ni laissez-passer ressemble plus à une aide à l'entrée irrégulière sur le territoire qu'à une action de sauvetage. »

 

La justice saisie dès le 9 juillet.  Au mois de juin, le ministère des Affaires étrangères (MAE) reçoit, à son tour, plusieurs coups de fil de particuliers qui, pour certains, s'étonnent de devoir débourser plusieurs milliers d'euros afin de faire venir un enfant. Le 14, un premier communiqué invite ces familles à la prudence tandis que le 9 juillet, le ministère, par la voix de l'Autorité centrale pour l'adoption internationale transmet un signalement au parquet de Paris. Deux semaines plus tard, une enquête préliminaire est confiée à la brigade de protection des mineurs qui, courant août, entend Éric Breteau et Stéphanie Lefebvre, respectivement président et secrétaire générale de l'association, et leur rappelle les règles qui régissent l'adoption internationale.

 

Le dialogue se crispe au coeur de l'été.  Le 30 juillet, ces deux responsables de L'Arche de Zoé sont reçus par la directrice de cabinet de Rama Yade, secrétaire d'État aux droits de l'homme. « Ils nous ont expliqué qu'ils avaient le soutien de nombreuses ONG et qu'ils voulaient faire venir des orphelins dont le statut serait attesté par les chefs de village , se rappelle-t-on au ministère. De notre côté, nous leur avons confirmé nos réserves en des termes parfaitement clairs. » Ce sera leur dernier contact.

 

Au Tchad, deux mois de travail au grand jour.  Les responsables de l'association se rendent sur place les premiers, dès le 9 septembre. Une grande bâtisse est équipée de matériel de soins dans le centre-ville d'Abéché, tandis que les enfants sont rassemblés sur la base d'Adré. « Nous nous donnions deux mois pour rassembler les enfants et les évacuer , explique Christophe Letien, un membre de l'association. Mais la reprise des conflits a précipité les choses. »

 

Le 23 octobre, l'opération se précise. Alors que des rumeurs annoncent depuis plusieurs jours le début imminent de l'opération, une famille appelle le Quai d'Orsay, le 23 octobre, pour s'étonner de ce que L'Arche de Zoé a encaissé son chèque de 2 800 euros. L'inquiétude monte d'un cran et une information judiciaire contre X pour « exercice illicite de l'activité d'intermédiaire en vue d'adopter » est ouverte, le 24, par le parquet de Paris. Vingt-quatre heures plus tard, neuf ressortissants français sont interpellés à Abéché pour avoir tenté de faire sortir, dans la plus stricte illégalité, 103 enfants du territoire tchadien.

 

Doux rêveurs ou « mercenaires de l'humanitaire » ? Selon l'avocat de L'Arche de Zoé, M e Céline Lorenzon, « les responsables de l'association étaient sûrs de leur bon droit, même s'ils avaient conscience de courir un danger car toute opération humanitaire dans une zone en guerre est à risque » . Proche d'associations qui militent pour une meilleure prise en comptedu conflit au Darfour, Éric Breteau, commercial de 37 ans et pompier volontaire, s'entête pourtant. Après avoir projeté l'adoption des enfants par des familles françaises, il invoque désormais leur simple accueil pendant la durée du conflit. Au total, 257 familles auraient chacune déboursé 2 400 euros en moyenne, soit pour adopter un enfant, soit pour l'accueillir pendant la durée du conflit. Selon le proche d'un journaliste parti avec Breteau, « il n'a pas le profil d'un trafiquant d'enfants, mais plutôt d'un doux rêveur qui cherchait à faire un coup médiatique dans l'espoir de sauver le Darfour » .

 

Loin d'être tous des orphelins

 

Contrairement aux affirmations de l'association, l'histoire familiale des enfants reste floue.

 

Les premières informations commencent à filtrer sur la rocambolesque opération africaine de L'Arche de Zoé. Le pilote belge recruté par l'association pour transporter des « enfants orphelins du Darfour » jusqu'à Abéché, la grande ville de l'est du Tchad d'où devaient être « exfiltrés » 103 enfants vers la France, s'était confié à un ami début septembre. À 25 ans, il voulait « sauver des vies » . Mais il savait aussi que « cette mission était risquée » . Il devait « décoller d'Abéché, franchir illégalement la frontière soudanaise, voler à basse altitude pour échapper aux radars, atterrir au Darfour puis embarquer des enfants pour les ramener au Tchad. »

 

Début octobre, le jeune homme prend « pleinement conscience de la gravité de (son) acte » . Il se retire du projet, obligeant L'Arche de Zoé à recruter un autre pilote belge, Jacques Wilmart, 74 ans, ancien commandant de bord de la Sabena. Celui-ci affirme n'avoir jamais volé jusqu'au Soudan. « Les enfants traversaient la frontière à pied ou en voiture avec des passeurs. Une antenne médicale les attendait à Adré, une ville frontalière. Je les transportais ensuite par petit groupe jusqu'à Abéché. » Des membres de l'association ont-ils eux-mêmes franchi la frontière pour vérifier que les enfants étaient des orphelins ? « Je ne sais pas, je leur faisais confiance », répond Jacques Wilmart.

 

« Deux mois sur le terrain »

 

L'Unicef a qualifié l'opération d' « illégale » et d' « irresponsable » . Ses responsables locaux sont atterrés. Pour eux, affirmer, comme le fait L'Arche de Zoé, avoir des attestations de chefs de tribus assurant que les enfants sont des orphelins « n'a aucun sens » « Cette ONG n'a travaillé que deux mois sur le terrain. Or les procédures d'identification des familles sont très complexes, surtout dans cette région. La guerre qui sévit des deux côtés de la frontière crée des mouvements rapides et réguliers de population, le taux d'illettrisme est très élevé et plus d'une dizaine de langues locales sont parlées. Il est impossible qu'un seul de ses enfants ait perdu tous ses parents. »

 

Une partie des 103 gamins, âgés de 5 à 9 ans, pourrait aussi ne pas avoir été récupérée au Darfour, voir ne pas en être originaire. « Nous avons ouvert des enquêtes dans plusieurs camps de déplacés tchadiens sur la base des premiers éléments de l'enquête policière et de nos propres entretiens avec les enfants » , précise un responsable du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l'organisation qui coordonne l'ensemble des opérations humanitaires à l'est du Tchad.

 

Les six membres de L'Arche de Zoé arrêtés jeudi matin sont toujours détenus au commissariat central d'Abéché avec les trois journalistes français arrivés il y a dix jours pour donner un écho médiatique à l'opération. Hier, le président tchadien Idriss Déby s'est rendu au centre social où les 103 enfants sont logés en attendant d'être confiés à l'Unicef. Et a répété qu'il exigerait des sanctions sévères pour cet acte « horrible ».

 

Des avions militaires ont transportés des membres de l'ONG suspecte

 

Des responsables de L'Arche de Zoé ont été transportés par des avions militaires français, « comme on le fait avec de nombreuses autres organisations », a indiqué hier l'état-major des armées. Pour leur part, les autorités tchadiennes ont assuré hier que les neuf Français appréhendés jeudi matin à Abéché étaient bien traités. Des propos rassurants après la rumeur suggérant que les six membres de l'ONG et les trois journalistes arrêtés avaient subi des violences. Le consul de France à N'Djamena s'est rendu hier dans la ville de l'est du pays afin d'exercer son « droit de protection consulaire ». II a pu rencontrer les personnes détenues et devrait rester sur place pour les voir à nouveau rapidement. Parmi elles, un journaliste de l'agence Capa dont l'épouse a été reçue hier au Quai d'Orsay. Le président tchadien, Idriss Deby, qui est allé hier à Abéché, a affirmé que son pays sanctionnerait « sévèrement » les responsables de l'expédition avortée qu'il a qualifiée « d'enlèvement pur et simple » et d'opération « inhumaine », « impensable » et « inadmissible». À Paris, on souligne que l'ambassade de France est en contact avec les autorités locales à propos du sort des neuf Français qui sont accusés de la lourde charge de « trafics d'enfants ».

 

 

Novembre 2007

 

Le Soudan décrète un cessez-le-feu unilatéral

Le Nouvel Observateur avec l'AFP, 27 Novembre 2007

 

L'initiative a été prise de façon unilatérale par le gouvernement soudanais dans le cadre des rencontres avec les groupes rebelles organisées par l'ONU et l'Union africaine. Mouammar Kadhafi évoque, de son côté, un "échec" de la rencontre.

 

Les autorités soudanaises ont décrété un un cessez-le-feu unilatéral au Darfour, samedi 27 octobre, a déclaré l'adjoint du président Omar el-Béchir, Nafie Ali Nafie, à l'ouverture des pourparlers de paix à Syrte, en Libye.

"Le gouvernement a décidé d'annoncer un cessez-le-feu unilatéral dès l'ouverture des pourparlers de paix", a-t-il déclaré. Il a aussi expliqué que son gouvernement était "prêt à prendre toutes les mesures nécessaires pour avancer dans le processus de paix".

Le dirigeant lybien, Mouammar Kadhafi, a, de son côté, reconnu un échec de la réunion sur la paix au Darfour en l'absence des principaux groupes rebelles.

Seulement six groupes rebelles sont présents à Syrte pour des pourparlers organisés par l'ONU et l'Union africaine. De son côté, Khartoum a prévu une délégation comprenant une trentaine de dirigeants politiques, avec à sa tête l'adjoint du président Omar el-Béchir, Nafie Ali Nafie.

 

"Crise humanitaire la plus dévastatrice au monde"

 

Les Nations Unies et l'Union africaine ont pour objectif de mettre fin "à la crise humanitaire la plus dévastatrice au monde", conséquence d'un conflit armé qui ensanglante l'ouest du Soudan depuis le mois de février 2003. Mais l'objectif de ces organisations risque d'être compromis en vue de l'absence à Syrte de sept factions issues du Mouvement/Armé de libération du Soudan et du Mouvement pour la justice et l'égalité. Quant au chef rebelle historique, Abdel Wahed Mohammed Nour, en dépit des pressions de la France ou il est exilé, n'a jamais envisagé de participer à ces négociations.

 

"Dangereuse évolution du conflit"

 

Cette réunion risque d'être un échec pour la paix au Darfour, tout comme l'a été Abuja (Nigeria) en 2006 ou seul un mouvement sur trois avait adhéré à un accord. L'Union africaine avait pourtant appelé vendredi "toutes les parties soudanaises à participer à ses pourparlers". Jan Eliasson, émissaire de l'ONU chargé de du processus de paix au Darfour avait déclaré mercredi que leur absence pourrait conduire à une "dangereuse évolution" du conflit. 

 

"Déjà 200.000 victimes et 2 millions de déplacés"

 

Selon des experts, la récente attaque par les forces gouvernementales du camp de déplacés de Kalma situé dans le sud du Darfour a généré une atmosphère négative peu propice à l'aboutissement de négociations de paix. Il en est de même pour le conflit politique qui oppose le sud et le nord du Soudan, crise qui est appelée à durer puisque chaque partie campe sur ses positions rendant l'autre responsable du retard dans l'application de l'accord de paix globale (CPA) signé en 2005. Cet accord de paix globale avait mis fin à 21 ans d'une guerre dans le Sud majoritairement chrétien et animiste, et qui a fait 1,5 millions de morts et exténué l'économie du Nord à majorité arabo-musulmane. 

Selon des estimations, la guerre au Darfour a fait 200.000 victimes et déplacé plus de 2 millions de personnes. Khartoum conteste ces chiffres et parle de seulement 9.000 morts.

Novembre 2007

 

Les négociations se présentent mal

De nombreuses factions rebelles refusent de participer aux pourparlers de paix sur le Darfour qui s'ouvrent demain en Libye

 

La Croix 26 novembre 2007 par Laurent d'Ersu

 

Les appels pressants du Conseil de sécurité et des médiateurs internationaux n'y auront rien changé. Les pourparlers de paix sur le Darfour qui doivent s'ouvrir demain à Syrte (Libye) commencent sous de mauvais auspices en raison de l'absence annoncée de sept factions rebellés: « Nous ne voulons pas d'un autre Abuja », a expliqué mercredi un des chefs rebelles, Jar Al-Nabi Abdel Karim, qui semblait pourtant favorable à la négociation il y a encore deux semaines.

Il faisait référence aux négociations tenues en 2006 dans la capitale nigériane, au terme desquelles seul un groupe rebelle sur trois avait signé, sous pression internationale, un accord de paix avec, le gouvernement. Depuis; les trois groupes se sont scindés en une multitude de factions. Réunies à Juba,(sud du Soudan) depuis deux semaines, six d'entre elles, issues du Mouvement de libération du Soudan (SLM), ont annoncé leur décision de boycottage.

Fondateur du SLM, Abdel Wahid Al-Nour, qui vit en exil à Paris, ne participera pas non plus aux discussions de Syrte, malgré les pressions exercées sur lui par les autorités françaises. Seul un groupe issu du SLM, celui de Khamis Abdallah Bakr, qui a pris part aux tractations de Juba, â annoncé son intention d'aller négocier, tandis qu'un autre, «SLM-Unifé », n'a pas fait connaître sa position.

Autre poids lourd dans la galaxie rebelle, le Mouvement pour la jus tice et l'égalité (JEM) ne devrait pas participer aux pourparlers. Mercredi; il a annoncé avoir attaqué le gisement pétrolier de Defra, dans le Kordofan (limitrophe du Darfour), exploité par un consortium à dominante chinoise, et y avoir capturé deux expatriés, un Canadien et un Irakien. «C'est un message à la Chine et aux compagnies pétrolières chinoises pour qu'elles cessent d'aider le gouvernement (soudanais) dans sa guerre au Darfour», a déclaré le JEM dans un communiqué.

Dans cette atmosphère, les émissaires internationaux en sont réduits à espérer que certaines factions prendront le train en marche. «Ce n'est pas une offre à prendre ou à laisser, a déclaré le sous-secrétaire général des Nations unies en charge de l'action humanitaire, John Holmes. Il est possible de rejoindre le processus plus tard s'il progresse. » Mais la crise actuelle autour de l'application de l'accord de paix entre le nord et le sud du Soudan, marqué par la suspension de la participation des ministres sudistes au gouvernement (lire La Croix du 24 octobre) affaiblit la crédibilité du régime en tant qu'interlocuteur:

 

 

Novembre 2007

 

Darfour: le JEM menace les casques bleus chinois

B.B.C. Afrique, 25 novembre 2007

 

L'un des principaux groupes rebelles du Darfour a demandé aux troupes chinoises qui viennent d'arriver dans la région du Darfour, dans l'Ouest du Soudan de quitter la région.

 

Le chef du Mouvement pour la Justice et l'Egalité, Khalil Ibrahim, a affirmé que les 135 ingénieurs n'étaient pas les bienvenus, accusant Pékin d'être complice dans le conflit au Darfour.

L'avertissement des rebelles est intervenu quelques heures après l'atterrissage des 135 soldats chinois dans la capitale du sud Darfour, Nyala.

Ibrahim Khalil, le chef du JEM a indiqué que les troupes chinoises n'étaient pas les bienvenues au Soudan et devaient se retirer immédiatement.

Il a accusé Pékin d'avoir contribué à exacerber cette crise avec l'envoi d'armes et son soutien au gouvernement soudanais.

Le contingent chinois doit préparer le terrain pour le déploiement de l'opération de paix conjointe Nations unies-Union africaine attendue pour le début de l'année prochaine.

La force, qui comprend une équipe médicale, construira des routes et des ponts et creusera des puits.

Le mois dernier, Le Mouvement pour la Justice et l'Egalité a attaqué une installation pétrolière chinoise et a enlevé cinq employés.

Le groupe a réaffirmé qu'il continuerait de cibler les compagnies chinoises tant qu'elles n'auront pas quitté le Soudan.

Ces derniers développements montrent à quel point il est difficile de mettre en place une opération de maintien de la paix viable qui soit acceptable par toutes les parties.

Khalil Ibrahim, le chef du JEM, a affirmé qu'il ne s'opposerait pas aux casques bleus d'autres pays.

Le président soudanais a déclaré, de son côté, que les seules troupes non africaines acceptables par Khartoum seraient celles de la Chine et du Pakistan

Novembre 2007

Rama Yade affiche sa fermeté

Le Parisien, par Bruno Fanucchi, 25 Novembre 2007

 

Pendant trois jours, la médiatique secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l'homme a arpenté le Soudan et le Darfour en guerre. Sans faire de concessions au régime soudanais à l'origine de ce drame humanitaire.

 

Voler au secours du Darfour, pour que le monde n'oublie pas le drame qui s'y joue, voilà qui n'est pas si simple, même pour un membre du gouvernement français. Rama Yade l'a constaté tout au long de ses trois jours de visite au Soudan. La secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l'homme a galéré pour pouvoir observer à sa guise ce qui se passe sur le terrain sans que sa visite ne soit récupérée par le régime islamique d'Omar el-Bachir.

 

« Les tam-tams, ça suffit ! »

 

Dès son arrivée à Khartoum, elle a rappellé qu'elle était venue pour les victimes du Darfour où « il y a toujours une urgence puisque 75 enfants y meurent chaque jour. Je suis venue parler aux gens qui souffrent, et non me soumettre à un programme imposé », a-t-elle annoncé. Car Rama Yade s'est voulue intransigeante : « Quand vous êtes entouré de trop d'officiels, vous avez une vision déformée de la réalité. » Pendant trois jours, elle a donc bataillé face à des officiels qui n'ont cessé de lui répéter qu'« il n'y a pas de génocide, mais une guerre civile au Darfour » et que « la communauté internationale empêche le Soudan de se développer en ne s'intéressant qu'aux réfugiés et personnes déplacées ». De même, lorsqu'elle a transmis à son homologue une lettre de Nicolas Sarkozy enjoignant le président soudanais El-Bachir de respecter les résolutions de l'ONU sur le Darfour, celui-ci lui a répondu... coopération économique et chemins de fer.

Rama Yade aime les caméras. Elle ne s'est donc pas gênée pour mettre en scène son irritation. Excédée par le programme que les officiels soudanais entendaient lui imposer, elle n'a pas hésité à tourner les talons et à remonter dans sa voiture, après avoir lancé à voix haute : « Où sont les victimes ? La situation est trop grave. On n'est pas là pour faire un spectacle, les tam-tams, ça suffit ! » Elle a choisi elle-même de s'arrêter un peu plus loin pour aller à la rencontre de victimes de récentes inondations. « Si on cède sur le moindre détail, on perd vite toute crédibilité et on affaiblit le message de la communauté internationale. Il ne faut pas relâcher la pression. »

 

Enfin parvenue à El Fasher, la capitale du Darfour septentrional, Rama Yade a voulu éviter de mettre en péril le travail des organisations humanitaires qui l'accueillaient et provoquer des incidents dans les camps, comme lors de la visite du secrétaire général de l'ONU. Elle s'est donc rendue, quasiment sans escorte, à bord d'un simple taxi jusqu'au camp d'Abu Shok, qui regroupe quelque 54 000 personnes déplacées aux portes d'El Fasher. Elle y a rencontré des enfants tellement traumatisés par la guerre qu'ils ne dessinent plus... que des hélicoptères ! Elle a expliqué ne pas vouloir exacerber les luttes d'influence des milices qui font toujours régner leur loi. Car la tension demeure grande dans les camps « où les gens ont peur » à la veille de la reprise des négociations entre le gouvernement soudanais et les rebelles, censées redémarrer samedi, à Syrte (Libye). En quittant le Darfour, mardi, Rama Yade a tenu à remercier les ONG françaises qui « font ici un travail formidable ». Et elle a rappelé publiquement que le drame du Darfour a fait 200 000 morts et plus de deux millions de déplacés ! Le wali (gouverneur) de la région qui la raccompagnait a fait la grimace avant de contester ces chiffres devant la presse locale. Rama Yade s'est éclipsée discrètement pour ne pas apparaître à ses côtés à la télévision soudanaise. Et ne pas brouiller son image au moment où Bernard Kouchner vient de lui déléguer toute l'action humanitaire de la France.

 

Ahmed Haroun, un ministre à éviter

 

Durant toute sa visite, Rama Yade avait en poche le portrait d'Ahmed Haroun, l'ancien ministre soudanais de l'Intérieur devenu…. Secrétaire d'Etat à l'Action humanitaire ! L'intéressé n'a pas vraiment les titres pour occuper une telle fonction puisqu'il est accusé par la Cour pénale internationale de « crimes de guerre et crimes contre l'humanité » pour avoir supervisé les milices Janjawid, responsables de nombreux massacres et exactions au Darfour. Rama Yade n'avait aucune envie de le croiser : « Ma hantise serait de lui serrer la main en me laissant surprendre ». Avant d'ajouter : « Si on le ramenait en revanche menottes au poignet, ce serait pas mal, mais c'est un rêve….Il vaudrait mieux que les Soudanais le livrent eux-mêmes. Ce serait le signe qu'ils ont enfin compris les exigences de la communauté internationale ».

 

Novembre 2007

 

Rama Yade au Soudan : « le Darfour est une priorité » pour la France

Le Monde 25 Novembre 2007 par Jean-Philippe Rémy

 

Sur la carte de la diplomatie française, le Soudan occupe une place particulière, exprimée à nouveau lors de la visite qu'y a achevée, mardi 23 octobre, Rama Yade, la secrétaire d'Etat française aux affaires étrangères et aux droits de l'homme. Une place qui tient à la dimension de la crise qui sévit au Darfour, où la répression par les forces gouvernementales, appuyées par des milices d'une rébellion débutée en 2003, a jeté 2,2 millions de personnes dans des camps de réfugiés, et où les effets cumulés des violences ont tué 200 000 personnes.

Parvenir à engager un dialogue de fond avec le pouvoir soudanais tout en s'exprimant à coeur ouvert est un exercice difficile, auquel la secrétaire d'Etat s'est essayée au Soudan. Après le voyage à Khartoum dans un climat tendu, en juin, du ministre français des affaires étrangères Bernard Kouchner, puis l'organisation à Paris d'une conférence internationale sur le Darfour, Rama Yade tenait à cette visite. "Je considère que la crise au Darfour est une priorité pour la politique étrangère française" , a-t-elle rappelé.

Lundi, au ministère des affaires étrangères où elle inaugurait une session de consultations politiques entre le Soudan et la France, son homologue soudanais tentait de convaincre que "le Soudan est en train de connaître un début de stabilité" . A la sortie, Rama Yade rappelait fermement qu'il y a, au Darfour, des auteurs de "crimes contre l'humanité et de crimes de guerre" et "qu'il faut qu'ils soient punis" . Certains font partie du pouvoir soudanais.

Plus tard dans la journée, lorsque sa délégation arrivait à Oum Dawan Bam, lointaine banlieue de Khartoum ravagée par les pluies torrentielles de juillet, M me Yade se cabrait en découvrant le comité d'accueil : autorités locales, chants et danses. "On est là pour les victimes et les déplacés, on n'est pas là pour faire un spectacle" , s'emportait-elle. Face à une assistance stupéfaite, elle déclarait que "les bateaux (sur le Nil, lieu retenu pour un déjeuner) , les tam-tams, ça suffit. On s'en va !" Et de claquer la portière de sa Mercedes. Elle s'arrêtait alors, quelques kilomètres plus loin, afin de discuter avec une famille sinistrée installée sous une tente.

Quelques heures plus tard, elle s'envolait pour El-Facher, principale ville du Darfour, pour rencontrer des déplacés dans un des camps gigantesques aux portes de la ville. Des poudrières où se sont multipliés les incidents lors des visites de délégations étrangères qui se succèdent au Darfour.

En équipe réduite, Rama Yade s'est glissée discrètement avec son entourage jusqu'aux locaux d'une organisation humanitaire, Enfants du monde, avant de visiter l'hôpital et une école. Le soir, elle déclarait avoir été frappée par la "peur" des déplacés.

Une raison supplémentaire pour relancer, juste avant son départ, l'idée de Bernard Kouchner d'ouvrir au Darfour une "représentation diplomatique" française.

 

Novembre 2007

 

Le président soudanais n'écarte pas la possibilité d'une séparation du Sud-Soudan

Xinhuanet 24 novembre 2007

 

Le président soudanais Omar  el-Béchir n'a pas écarté vendredi la possibilité d'une séparation entre le nord et le sud du Soudan tout en appelant à davantage  d'efforts pour maintenir l'unité du pays, le plus grand d'Afrique. 

"La possibilité d'une séparation existe, mais l'unité peut  encore être assurée si un peu plus d'efforts sont faits", a-t-il  déclaré.  

M. Béchir a fait ces remarques lors d'une conférence de presse  à l'issue de la conférence générale de trois jours du Parti du  Congrès national (NCP, au pouvoir) à Khartoum. 

"Le nombre de personnes favorables à l'unité n'est pas mince  mais quelquefois les séparastistes parlent fort", a dit M. Béchir, qui est aussi président du NCP. 

Il a demandé aux Soudanais du sud et du nord au NCP comme au  SPLM (Mouvement de libération du peuple du Soudan) de conduire  l'opinion publique vers l'unité.  

Selon un accord de paix signé en 2005 entre le gouvernement de  Khartoum dirigé par le NPC et le SPLM, ancien groupe rebelle, un  référendum sera organisé dans le sud du Soudan en 2011 pour  décider si la région se séparera du Soudan pour devenir un Etat  indépendant.  

Pendant cette période de transition, le pouvoir politique est  partagé essentiellement entre le NCP et le SPLM.  

Le 11 octobre, le SPLM a annoncé sa décision de suspendre la  participation de ses ministres au gouvernement central pour  protester contre la "procrastination" caractérisant l'application de cet accord. 

M. Béchir s'est dit confiant que les deux partenaires  surmonteraient l'actuelle crise politique, jugeant que des  problèmes dans l'application de l'accord de paix n'étaient pas  surprenants après 20 ans de combats.  

Ces problèmes pouvant selon lui être résolus, il a refusé toute intervention étrangère

 

Novembre 2007

 

Ban Ki-moon : l'Accord de paix global au Soudan continue de se heurter à des difficultés

Communiqué de presse des Nations Unies, New York, 24 Novembre 2007

 

L'Accord de paix global au Soudan continue de se heurter à des difficultés. Tel est le constat du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans son dernier rapport en date consacré à la situation dans ce pays et aux activités de la Mission des Nations Unies au Soudan ( UNMIS ), rendu public aujourd'hui à New York.

À son avis, en effet, le manque de volonté politique de la part des parties - le Parti du Congrès national et le Mouvement populaire de libération du Soudan, de surmonter les divergences et de réaliser sans délai des progrès concrets sur les questions en suspens, notamment la question de la frontière et celle d'Abyei, risquait de nuire à l'intégrité de cet accord essentiel « laborieusement conclu ».

Le Secrétaire général estime par ailleurs que les Forces armées soudanaises et l'Armée popula