Nous référençons un certain nombre
d'articles sur le Soudan |
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Le Figaro |
Le Ghana assure la présidence de l'Union africaine cette année |
Le Monde |
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Le Monde |
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Le Figaro |
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Le Figaro |
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Le Figaro |
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Afrique Centrale Info |
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R-T-L- Info |
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La Lettre de l'Océan Indien |
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La Lettre de l'Océan Indien |
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Le Monde |
"Guerre tranquille" entre Tchad et Soudan, liée au Darfour (émissaire US) |
Jeune Afrique |
L'avenir du travail humanitaire au Darfour en danger (agences de l'ONU) |
Jeune Afrique |
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Le Figaro |
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Le Figaro |
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Le Figaro |
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Publiciblog actualités |
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Le Monde |
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Le Monde |
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Jeune Afrique |
Le gouvernement soudanais d'accord pour un cessez-le-feu avec les rebelles |
Nations Unies |
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Le Figaro |
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La Croix |
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Nations Unies |
Jan Eliasson rencontre des membres du gouvernement soudanais |
Afrique centrale Info |
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Afrique centrale 9 janvier 2007 |
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Info-actualités |
Des hélicoptères de l'armée soudanaise attaquent des villages du Darfour |
Le Monde |
Plusieurs organisations humanitaires ont récemment quitté le Darfour |
Le Monde |
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Le Monde |
Les ONG forcées de quitter le Darfour en décembre s'inquiètent du « chaos » |
La Croix |
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Nations Unies |
Ben Ki-Moon préside une réunion du groupe de travail sur le Darfour |
Le Figaro |
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Jeune Afrique |
Accueil prudent du Soudan aux propos du nouveau chef de l'ONU sur le Darfour |
Jeune Afrique |
Abus sexuels : l'ONU enquête, réitère le principe de tolérance zéro |
Jeune Afrique |
Darfour : un dirigeant rebelle rejette les négociations de paix avec Khartoum |
Afrique centrale |
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Libération |
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Afrique centrale |
Le Ghana assure la présidence de l'Union africaine cette année
Le Figaro, 31 janvier 2007
L'union africaine (UA) s'est finalement épargné, hier, un nouveau drame. Les chefs d'État du continent, réunis en sommet à Addis-Abeba, ont désigné le Ghana pour assurer en 2007 la présidence tournante de l'organisation. Ce choix, sur proposition du président sortant, le Congolais Denis Sassou Nguesso, permet à l'UA de ne pas sombrer dans le discrédit et la division. Avant l'ouverture de la conférence, le Soudan avait laissé entendre qu'il briguerait la présidence, qui lui avait été promise l'an dernier. Cette candidature avait provoqué un tollé de la part de plusieurs pays africains et d'organisations non gouvernementales, qui dénoncent la politique de Khartoum au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile depuis 2003. Le Tchad, qui entretient des relations très tendues avec son voisin, avait prévenu qu'il «suspendrait sa participation à l'Union africaine» si le Soudan en prenait la présidence. Selon le ministre soudanais des Affaires étrangères, Lam Akol, « le Soudan a volontairement accepté de se retirer » pour laisser place au Ghana et à son président, John Agyekum Kufuor. Cette élection relativement rapide va permettre aujourd'hui à l'Union d'examiner les crises qui secouent le continent, notamment en Somalie et au Darfour. Lors du dernier sommet, en 2006 à Khartoum, les tractations pour choisir le président avaient monopolisé l'attention, occultant tout autre débat. |
La guerre au Darfour domine le sommet africain
Le secrétaire général de l'ONU veut obtenir du Soudan le déploiement d'une force de paix.
Le Monde 30 janvier 2007
L'Union africaine (UA) a ouvert, lundi 29 janvier, un huitième sommet marqué par l'enlisement de la crise au Darfour, dans l'ouest du Soudan, qui menace d'engouffrer le Tchad et la République centrafricaine. "Le Darfour nous interpelle" , a déclaré le président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré. "Nous lançons un appel ardent à notre ami soudanais (...) : arrêtez vos attaques, arrêtez vos bombardements ! (...) La paix au Soudan, c'est la paix au Tchad, en République centrafricaine" , a-t-il ajouté, évoquant une "guerre que nous ne voulons pas voir" . En dépit de son rôle dans un conflit qui aurait fait quelque 200 000 morts et près de 2,5 millions de réfugiés, le régime soudanais n'a pas renoncé à briguer la présidence de l'organisation africaine, qui lui avait échappé en 2006. Selon plusieurs diplomates, le président soudanais, Omar Al-Bachir, a peu de chances d'obtenir le poste. Diverses options sont à l'étude au sein d'une organisation soucieuse d'améliorer son bilan en matière des droits de l'homme. Faute de mieux, le mandat de l'actuel président de l'UA, le Congolais Denis Sassou Nguesso, pourrait être prolongé de six mois. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, devait rencontrer, lundi, le président soudanais, qu'il doit convaincre d'accepter le déploiement d'une force "hybride" de près de 20 000 hommes au Darfour, en proie, selon lui, à "la pire catastrophe humanitaire du monde" , malgré la présence de 7 000 soldats de l'UA. Il devait s'agir de la première épreuve de force diplomatique du nouveau secrétaire général de l'ONU, qui a estimé que "la communauté internationale ne (pouvait) plus simplement ignorer la souffrance de millions de personnes" . "Je vais l'exhorter à mettre un terme à tous ces bombardements et à ces attaques contre les civils" , a déclaré M. Ban à l'adresse du dirigeant soudanais, dans l'avion qui l'emmenait à Addis-Abeba. La rencontre n'était pas confirmée lundi matin.
"Bouts de papier"
Les Nations unies souhaitent négocier le déploiement au Darfour d'une force musclée, composée de casques bleus de l'ONU et de soldats de l'UA, et dirigée par un Africain. A plusieurs reprises, sous la pression de Kofi Annan, le régime de Khartoum a fait mine d'accepter un tel déploiement, avant de faire marche arrière. "Plutôt que de faire de (nouvelles) promesses, il est important de mettre en oeuvre les promesses passées" , a expliqué le secrétaire général de l'ONU, qui a promis d'exiger un engagement "sans ambiguïté" du Soudan. "Nous ne voulons pas seulement signer des bouts de papier" , dit-on dans son entourage. "Tant que la position du gouvernement soudanais n'est pas claire, nous ne pouvons pas obtenir d'offre ferme des pays contributeurs de troupes" , prévient aussi le responsable du département de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Marie Guéhenno. La fragmentation des mouvements rebelles et le banditisme dans la région font craindre aux responsables de l'ONU un scénario à la somalienne. Le sommet devait aussi évoquer l'envoi possible de missions de maintien de la paix à la frontière entre le Soudan, le Tchad, et la République centrafricaine. Les chefs d'Etat africains devraient par ailleurs demander à l'ONU de prendre la relève, au bout de quelques mois, de la mission de paix africaine en Somalie. Si les troupes africaines ne se déploient pas rapidement en Somalie, "ce sera le chaos" , a prévenu M. Konaré. Moins de la moitié des 8 000 hommes demandés pour cette force de paix par l'UA ont fait l'objet de promesses de contributions. Le président de la Commission de l'UA a par ailleurs appelé à un gouvernement somalien "plus représentatif" , incluant les islamistes modérés. Philippe Bolopion |
Ban Ki-moon consacre sa première tournée à l'Afrique
Le Monde 30 janvier 2007 Fidèle à sa promesse de faire de l'Afrique une de ses priorités, le nouveau secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a consacré sa première visite de terrain à la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc, RDC), un pays où le Conseil de sécurité a déployé près de 17 500 casques bleus, pour un budget annuel de plus de 1 milliard de dollars. Accompagné de sa discrète épouse, peu à son aise dans un pays dont il maîtrise mal les problématiques, M. Ban a, dans un français hésitant, rendu "hommage" , dimanche 28 janvier, au "courage" du peuple congolais, pour avoir mené à bien des élections qui sont selon lui "une source d'espoir pour toute l'Afrique" . L'organisation réussie, fin 2006, de ces scrutins, considérés comme un succès de l'ONU, a cependant conduit les Etats-Unis à évoquer une réduction des effectifs de la Monuc , la plus importante des 18 missions de l'ONU, notamment en prévision de possibles déploiements au Darfour, au Tchad ou en Somalie. L'ONU "n'a pas l'intention d'abandonner la RDC à son sort" , a déclaré le secrétaire général des Nations unies, qui a rappelé qu'il avait lui-même "grandi dans un pays ( la Corée du Sud) totalement ravagé par la guerre" et secouru par les Nations unies. Selon l'ONU, qui doit encore organiser des élections locales avant la fin de l'année, la situation en RDC, où diverses milices opèrent toujours, reste fragile. A Kinshasa, l'opposant Jean-Pierre Bemba, défait lors de l'élection présidentielle, garde à sa disposition plusieurs centaines d'homme en armes. Et selon un responsable onusien, un retrait précipité de l'ONU pourrait conduire le pays à sombrer de nouveau dans l'anarchie. "C'est avant tout entre vos mains que réside la clef d'un avenir meilleur" , a toutefois ajouté M. Ban, invitant les députés congolais à passer "un contrat de bonne gouvernance" , alors que la corruption reste rampante, et à créer un climat dans lequel "une véritable opposition politique peut s'exprimer librement" . Ban Ki-moon a également rencontré, dimanche, le président Joseph Kabila à Kisangani (Est), où il a déposé une gerbe sur les rives du fleuve Congo, en hommage aux 31 casques bleus tombés en 2006 en RDC. Son convoi a traversé sans s'arrêter des villages perdus dans la jungle. Le secrétaire général de l'ONU s'est par ailleurs rendu à Brazzaville, au Congo, pour s'entretenir avec le chef de l'Etat, Denis Sassou Nguesso, qui préside l'Union africaine (UA). Equipé de fiches, M. Ban a passé en revue les grands conflits africains et demandé au président congolais de le soutenir, face au Soudan, sur la question du Darfour. Philippe Bolopion |
L'Union africaine menacée de discrédit
La présidence annuelle de I'organisation devrait revenir au Soudan, alors que le pays est empêtré dans la crise du Darfour.
Le Figaro, 29 janvier 2007, par Pierre Prier, notre envoyé spécial à Addis-Abeba
Officiellement, le sommet de l'Union africaine qui s'ouvre aujourd'hui dans la capitale éthiopienne est consacré à la recherche scientifique et à l'environnement. Mais les guerres de Somalie et du Darfour risquent de servir de plat principal. Un plat au goût amer pour l'organisation panafricaine qui peine à résoudre les conflits qui déchirent le continent. Cette année, le risque pour la crédibilité de l'UA paraît encore plus grand. En principe, la présidence annuelle devrait revenir au Soudan. Or l'armée du gouvernement de Khartoum, appuyée par des milices arabes, mène au Darfour, région de l'Ouest vaste comme la France , une guerre qui aurait déjà fait 200 000 morts et 2 millions de déplacés (lire page 2). Les Etats-Unis parlent officiellement de « génocide ». Sur le terrain, les forces gouvernementales ainsi que la rébellion entravent systématiquement l'action d'une force d'interposition de l'Union africaine de 7000 hommes dont le moral est au plus bas. «Le seul fait d'évoquer une présidence soudanaise discrédite l'institution. Imagine-t-on Charles Taylor président de l'UA ? », tonne l'avocat sénégalais Alioune Tine, secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho) en faisant allusion à l'ex-président libérien, inculpé de crimes de guerre. Avec d'autres défenseurs des droits de l'homme, Me Tine se livre à un lobbying intense dans les couloirs du palais de marbre lie-de-vin de l'Union africaine où ambassadeurs et ministres des Affaires étrangères préparent le sommet présidentiel. Les ONG avaient déjà lancé la même offensive l'année dernière à Khartoum, aidant à faire échouer une première tentative soudanaise. Mais cette fois le Soudan affirme ne pas vouloir céder. «Nous aurons la présidence de l'UA. La situation au Darfour n'a rien à voir. Il s'agit d'une décision des chefs d'État», affirme le ministre des Affaires étrangères soudanais, Lam Akol.
Règle non écrite Le Soudan met au défi les autres membres de tenir leurs promesses. L'année dernière, dans leur propre capitale de Khartoum, les Soudanais avaient fini par céder à un compromis. Pourtant, selon une règle non écrite, la présidence devait revenir à un État de l'Afrique de l'Est et le pays hôte faisait figure de candidat naturel. Mais les pressions venues de toutes parts, y compris de Washington, avaient fait leur effet. Même la générosité habituelle du Libyen Mouammar Kadhafi, partisan de Khartoum, n'avait pas sauvé le Soudan. On avait trouvé un candidat de consensus en la personne du président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso. Les chefs d'État s'étaient toutefois engagés par écrit à donner la présidence au Soudan en 2007, pourvu que des progrès soient enregistrés au Darfour. On est loin du compte, la guerre débordant même en République centrafricaine et au Tchad. Le représentant de ce pays, Ahmat Alami, dénonce une éventuelle présidence soudanaise comme une «erreur grave » et espère un geste de Khartoum. « Mais malheureusement, le Soudan s'accroche », soupire-t-il. Dans les couloirs, la fracture semble parfois courir le long de solidarités identitaires qui ne disent par leur nom. Les pays du Nord soutiendraient le Soudan, tandis que les nations de l'Ouest et l'Afrique australe s'opposeraient à Khartoum. Les États de l'Afrique de l'Est sont pour leur part, divisés, confie un diplomate au sortir d'une réunion informelle. La Tanzanie serait prête à se proposer, « mais à condition que le Soudan se retire ». Les considérations stratégiques ne sont pas loin. L'Éthiopie ménage son voisin soudanais, avec qui elle a passé des accords et souhaite surtout la tranquillité sur sa frontière ouest. « On essaie de convaincre Khartoum... », ajoute un officiel. Des bruits courent dans le palais de marbre. On évoque l'absence possible du président sénégalais Abdoulaye Wade. L'an dernier, il avait été l'un des opposants les plus tonitruants de la présidence soudanaise. Un signe favorable pour Khartoum? L'affaire devrait en fin de compte se traiter au cours du sommet des chefs d'État. En attendant, la guerre continue au Darfour. Le nouveau secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, arrivé hier à Addis-Abeba, aura fort à faire au milieu de ces disputes de préséance. Samedi à Brazzaville, il a répété sa demande de voir déployer une «force hybride » ONUUA au Darfour, « le plus tôt possi ble ». Une requête jusqu'ici rejetée par Khartoum. |
La Chine, acteur de premier rang de la crise
Le Figaro 29 janvier 2007
Cruel le constat est dressé par un ancien militaire français passant son temps à sillonner l'est du Tchad : « De toute manière, face à la Chine et aux États-Unis, la France ne fait plus le poids. Nous avons trop de limitations. Les Chinois, par exemple, ça ne les gêne aucunement d'aider les deux côtés (les rebelles soudanais et tchadiens, NDLR). Ils l'ont dit : ils sont là pour faire des affaires. » De fait, Pékin n'a aucun état d'âme. Après avoir dans un premier temps soutenu Khartoum, la Chiné a finalement opté pour la n neutralité ». À la chinoise, bien sûr: l'aide et les financements venus de Pékin parviennent maintenant aussi bien à Khartoum qu'à N'Djamena. Quant au poids de Washington dans la région, il est en réalité limité. Trois ans après s'être engagé en solitaire dans une croisade contre un «génocide», le crédit américain apparaît bien érodé. Jamais Washington n'est parvenu à faire plier Khartoum. Symbole de ce revers : les États-Unis se sont récemment, et à contre cœur résolu à demander l'appui de Pékin. En réalité, la crise du Darfour marque une évolution importante. Le rapport de forces dominant n'est plus Nord-Sud, mais Sud-Sud. Outre, bien sûr N'Djamena et Khartoum, les acteurs de premier rang de la crise sont Pékin, Tripoli et la Ligue arabe.
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La diplomatie américaine prise au piège du Darfour
Le conflit du Darfour, qualifié de « crime contre l'humanité » par Paris et l'ONU, est au cœur du 8 ème sommet de l'Union africaine (UA) qui s'ouvre aujourd'hui à Addis-Abeba, en présence du nouveau secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon
Le Figaro, 29 janvier 2007, par Patrick de Saint-Exupéry à Bahaïe et Abéché
C'est un bout du monde. Un de ces noeuds improbables perdus dans les confins où s'écrivent les nouveaux rapports de force en passe de s'établir sur la planète. Il n'y a là que du sable, des hommes, des chameaux et des armes. Parfois, le jour est sombre comme une nuit naissante. La pauvreté interdit l'artifice. Tout est cru. La scène a pour cadre le lieu-dit de « Bahaï », un nom qui ne figure que sur de très rares cartes. Pour situer, il faut d'abord viser le Sahara. Puis descendre au sud, au-delà du tropique du Cancer, tout en glissant vers l'est, en direction du Nil Blanc. Arrivé là, dans cette zone représentée en jaune, un long trait noir, d'abord rectiligne, saute aux yeux. Il marque la frontière, longue d'un peu plus de 550 kilomètres , séparant le Tchad du Soudan. « Bahaï » est dans ces parages, juste à la pointe sud de cette frontière tracée pour moitié à la règle. Dans la réalité, l'épais trait noir de la carte n'est pas perceptible. Par moments, un vague « ouadi » -le lit de ces rivières jaillissant miraculeusement en plein désert à la saison des pluies- permet d'identifier la césure. A cette exception hasardeuse, il n'y a rien que du sable, du vent de sable et de rares buissons épineux. De ce lieu, le ciel est même absent. Un vent glacé ne cesse de mugir, qui soulève une nuée de poussières. Quand à « Bahaïe » proprement dit, il s'agit de quelques masures de pisé et d'une dizaine de petits bâtiments en briques – hôpital, préfecture, mairie, dépôts…-posés en équilibre instable sur un sable mouvant que ne dénature ni route ni piste. La frontière est à deux kilomètres. Le hameau compte une centaine d'habitants. La survie est la règle depuis les temps immémoriaux.. . Voici trois ans, nul ne se serait aventuré à parler de « Bahaï »: Aujourd'hui, il se joue là un drame. À une dizaine de kilomètres, dans l'océan de sable nu, s'est érigée une ville de chiffons et de toiles, d'enfants et de chèvres, de femmes et de rares hommes. Ils sont 26 000, tous Soudanais. Fuyant guerre, destructions et terreur, ils ont été arrachés du Darfour voisin. Pour se trouver plantés là, nulle part. La guerre est à leur porte. Elle les rattrape parfois. Le trait noir marquant la frontière sur la carte ne bloque pas l'aviation. Immatriculé à Khartoum, un Antonov survole régulièrement les lieux et bombarde à l'occasion. Les insurgés soudanais sont également actifs qui, basés à quelques kilomètres, ont emporté dans leurs rangs la plupart des hommes du camp. Quelques autres se sont faits bandits ou trafiquants et écument en bande la région tandis que le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) s'efforce d'alimenter en eau et vivres cette métropole de réfugiés des confins.
« Mais c'est un génocide... » Dans le camp, beaucoup ont perdu leurs familles. Des femmes, des enfants, des parents ont été tués, d'autres égarés durant la fuite. « j'ai dû laisser ma mère au Darfour, cachée dans la montagne, raconte un homme. Elle ne pouvait pas assez marcher. » Ce drame-là, celui de la terre brûlée au Darfour, de la guerre, de la terreur, de l'exode suivi par la déchéance de la vie dans un camp, n'est pas contestable. Les réfugiés de Bahaï, eux, ne parlent pas de drame, mais de «génocide». Quand l'ONU leur a proposé de délocaliser le camp dans une région tchadienne éloignée de la frontière, plus accueillante et plus propice à l'acheminement de l'aide, ils ont refusé net. Au nom d'une logique quelque peu étrange. « Ça n'est pas envisageable, explique Ibrahim Mahmat, un réfugié de 37 ans, nommé responsable par ses frères en détresse. On voulait nous installer dans la région de Biltine. C'est mieux qu'ici, mais il y à dés Arabes... - Et alors ? - Mais, vous ne comprenez pas! On n'a pas quitté le Soudan et les Arabes pour retrouver des Arabes. - Mais il s'agit du Tchad! -. Mais c'est un génocide! Les Arabes veulent tuer les Africains, les hommes à la peau noire... » Dans le vent de sable de Bahaï, ce propos résonnait étrangement. D'autant qu'il est vite apparu qu'Ibrahim Mahmat, pauvre hère d'apparence, était un homme bien informé. Tout comme Abdel Jaffar, 45 ans, autre responsable de ce bout de nulle part: « C'est un génocide, disait-il lui aussi en énonçant la charte de l'ONU. Pourquoi vous, les riches, vous n'intervenez pas ? Vous êtes bien allés en Irak et en Afghanistan, alors pourquoi pas au Darfour?»
Les gendarmes tchadiens braqués Tandis qu'Abdel Jaffar s'exprimait, les gendarmes tchadiens en charge de la protection du camp se faisaient braquer à l'arme automatique à tout juste quelques centaines de mètres. « Vous savez bien, disait Abdel Jaffar, que c'est un génocide, vous êtes obligés d'agir. Sinon, on ira en Europe comme réfugiés, c'est mieux qu'au Tchad. Et vous ne pourrez pas refuser... » Sous la menace des armes, les gendarmes tchadiens ont été contraints de descendre du pick-up que les organisations humanitaires leur avaient donné afin d'assurer un minimum de sécurité au camp. «Même les Américains disent que c'est un génocide ». Les bandits se sont emparés du véhicule, ont fui. C'est alors qu'un gamin a tiré Abdel Jaffar par la manche et l'a informé du vol. « Des rebelles du Soudan, probablement », a lâché quelqu'un. a C'est la guerre », a lâché, fataliste, Abdel Jaffar. Dans le baraquement de l'hôpital de Bahaï, quelques pièces nues aux murs de brique, se trouve Haissan Abdallah, « harif» (sergent, NDLR) de 27 ans engagé dans l'armée de Khartoum. Prisonnier' des insurgés du Soudan depuis le 11 septembre, il doit sa présence en cet hôpital tchadien à une balle reçue le 18 décembre. « Ce jour-là, raconte-t-il, les rebelles ont appris qu'ils venaient de perdre un haut responsable dans des combats qui s'étaient déroulés au Soudan le 7 décembre. L'un de nos gardiens - nous sommes 200 prisonniers dans le désert pas loin du camp de réfugiés - s'est énervé et a tiré. J'ai été touché. On m'a amené ici.,» Amputé du bras droit, Haissan Abdallah, a peur. De sa couche, il souffle: «Je suis un Kinami, c'est le nom d'une tribu arabe. Si cela s'apprend, je risque la mort. Vous savez: les rebelles sont comme chez eux dans cette région. » Le sultan de Bahaï, 56 ans et forte corpulence, reçoit dans la cour de sa maison, téléphone satellite à la main. Assis sur une chaise branlante, à deux pas d'un brasero où vient de griller une chèvre, il s'exprime lentement: « Il faut arrêter le problème du Darfour », dit-il. Son frère, Idriss Déby, est le président du Tchad. Dans la capital, le chef d'Etat a dénoncé à plusieurs reprises « le génocide au Soudan des Noirs africains ». Le sultan n'en a visiblement rien à faire, ou n'est pas au courant, ou est idiot. a Comment tu peux m'aider ? demande-t-il, tendant presque la main. Tu as de, l'argent? Donne-moi une contribution... » Son frère de président, assis sur les importants revenus pétroliers du Tchad, l'un des pays les plus pauvres au monde, n'a pas la réputation d'être partageur.
« Le plan B » de Washington L'aide internationale inonde la région: Elle arrive en transitant par Abéché, la «capitale » de l'est du Tchad à 140 kilomètres de Bahaï, soit deux jours de piste. L'aéroport de cette ville est un univers en soi, un concentré de monde. Son unique bâtiment public, une petite villa vide surmontée d'une tour de contrôle, est flanqué d'une base militaire française aux allures de Fort Saganne. Deux cents soldats français, chargés de la sécurisation de l'aéroport et de soutien à l'armée tchadienne, vivent là. Matins et soirs, résonne dans la ville, grâce à de puissants hauts parleurs, l'hymne des cérémonies aux couleurs de la France. L'armée tchadienne est là aussi. Elle bivouaque sur des nattes posées à l'entrée du bâtiment public. Au petit matin, des feux de bois sont allumés, tandis que des pick-up ornés de mitrailleuses lourdes et chargés de roquettes, s'extirpent des hommes engourdis. Des avions de transport atterrissent régulièrement. Armes et munitions en sont déchargées qui s'entassent par piles désordonnées. Quand ils embarquent dans leurs petits avions de tourisme siglés MSF, UNHCR, CICR..., les humanitaires naviguent entre les caisses d'armes. Sous le regard goguenard de deux mercenaires mexicains engagés par le gouvernement tchadien afin de piloter des hélicoptères MI-7, aux paniers de roquettes rechargés tous les jours, équipés pour le vol de nuit. Passage obligé, l'aéroport est également fréquenté par les émissaires en tous genres. Le 19 janvier, c'est Andrew Natsios, représentant spécial du président américain Georges Bush pour le Darfour. Aux Etats-Unis engagés en première ligne puisque seuls à travers le monde à dénoncer officiellement « un génocide » au Darfour , le dossier Soudan a pris une importance considérable. Andrew Natsios, ancien responsable de l'ONG « World vision » et de l' « USAID », a la tâche rude. Récemment entendu , par le Congrès américain, il y convenait de l'échec des efforts engagés, jusqu'ici. Mais arguait, à la surprise générale, d'un « plan B ». C'est pour lé mettre au point qu'il est venu à Abéché. Sa moustache grise et son noeud papillon en sont repartis édifiés. Afin de jouer la paix, il a rencontré les différents i groupes d'insurgés du Soudan. « Cela s'est bien passé, assure-t-il. Je crois qu'ils ont compris qu'ils né , pouvaient négocier tout en demandant le renversement du gouverne ment soudanais... .- Mais les États-Unis disent que Khartoum commet un génocide? Ne .poussent-ils pas les rebelles à tenir un discours sans concession ? - Je ne dis pas cela, moi ». , C'est exact: Andrew Natsios ne le dit plus. Il l'affirmait. Plus maintenant. De préciser toutefois: « C'est toujours la position officielle américaine ». Quant à lui, ajoute-t-il, il s'est efforcé de mettre les choses au clair: «J'ai expliqué aux rebelles soudanais que quand ils violent au Soudan une humanitaire française, ils ,s'attaquent aux États-Unis. »
1,9 milliard de dollars Très affable, Andrew Natsios sourit ce jour-là quand il parle. Il sourit d'autant plus que l'échec est cinglant. Il s'en est rendu compte durant les discussions avec les rebelles soudanais du Darfour : , pour prix de la paix, ceux-ci ont exigé le versement d'une indemnité de 500 dollars par déplacé au Soudan (3,8 millions de personnes). Un officiel américain a pris une calculatrice, posé le calcul et sifflé en énonçant le résultat: « 1,9 milliard de , dollars! - C'est trop! s'est offusqué - selon des propos rapportés -l'émissaire du président américain. Khartoum n'est pas prêt à payer autant. - C'est un génocide!» lui ont immédiatement rétorqué les chefs des insurgés. Annoncé au Congrès par Andrew Natsios, le mystérieux « plan B » est maintenant en marche. Son principe est extrêmement simple: 1a gesticulation. Un officiel américain résume: «Nous avons échoué. En usant du terme génocide, nous avons d'entrée de jeu mal posé le problème et radicalisé tout le monde. C'est trop tard maintenant. Pour en sortir sans trop de dommages, il ne reste qu'à financer une force de Casques bleus dans l'est du Tchad sur la frontière avec le Darfour. » ? |
Bombardements gouvernementaux au Darfour
Afrique Centrale Info, 22 janvier 2007
Un groupe rebelle a accusé dimanche le gouvernement soudanais d'avoir repris les raids aériens sur la province du Darfour (ouest), en violation d'une promesse de cessez-le-feu obtenue auprès de tous les belligérants par les Etats-Unis. "Samedi, un avion (militaire) a effectué six sorties et lâché 21 obus en 45 minutes sur le village d'Ein Siro, dans le nord du Darfour", faisant au moins sept blessés, a déclaré Haroun Ahmed Harran, de la faction dissidente du Mouvement de Libération du Soudan (SLM/A-U). Le village voisin de Korma avait déjà été la cible d'un raid aérien vendredi, a ajouté M. Harran au téléphone, sans pouvoir avancer de bilan. Ces informations n'ont pas pu être confirmées de source indépendante. Un porte-parole de l'armée soudanaise, cité dimanche par le quotidien Al-Ayyam, a démenti ces informations. "Nous nous sommes engagés à respecter le cessez-le-feu signé avec tous les mouvements du Darfour, ainsi que l'accord interdisant les vols militaires", a-t-il déclaré. "Il n'y a aucune information faisant état d'affrontements entre forces armées (gouvernementales) et mouvements (rebelles)", a-t-il ajouté. Un accord de paix pour le Darfour a été signé le 5 mai entre Khartoum et la principale faction du Mouvement de libération du Soudan (SLM). L'autre faction minoritaire (SLM/A-U), ainsi que le mouvement rebelle de l'Egalité et de la justice, avaient refusé l'accord de paix. Le 10 janvier, l'ensemble des groupes rebelles et le gouvernement s'étaient mis d'accord, après l'intervention d'un émissaire américain, sur un cessez-le-feu de 60 jours.
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Le Darfour a besoin d'une aide urgente
R-T-L- Info, 21 janvier 2007
Une centaine de personnes ont manifesté et formé une chaîne humaine ce matin, 21 janvier 2007 dès 11h00 au rond-point Schuman à Bruxelles pour appeler l'Union européenne à se mobiliser rapidement pour le Darfour. La manifestation relève d'une initiative des sénateurs de tous les partis francophones. Ceux-ci demandent une action urgente de la communauté internationale au Darfour. La situation humanitaire dans cette région située à l'ouest du Soudan est catastrophique. 10.000 personnes y perdraient la vie chaque mois. On recenserait deux millions de personnes déplacées et la famine toucherait entre 3 et 5 millions de Soudanais. La stabilité de toute la Corne de l'Afrique semble menacée par cette situation qui entraîne des flux migratoires importants, ainsi que par le conflit en Somalie.
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La Lettre de l'Océan Indien n°1206 du 20 janvier 2007
Une douzaine de firmes internationales sponsorisent, à des degrés divers, le second Sudan Development Summit qui se tiendra à Khartoum du 19 au 21 mars. Sur les douze compagnies apportant leur soutien logistique à l'organisation par le gouvernement soudanais du second Sudan Development Summit à Khartoum en mars, cinq l'ont fait en choisissant le statut de sponsor "gold". Cela leur donnera droit, entre autre choses, à envoyer cinq délégués à cette conférence, à obtenir la liste confidentielle des participants et à avoir trois réunions privées avec des ministres soudanais. Les firmes dans ce cas sont AI-Hamadah Logistics International, une société de transport basée au Koweït et disposant d'une filiale au Soudan; la firme britannique Hart Security qui a déjà effectué au Soudan des missions de protection de reporters de la BBC; la Bank of Khartoum ; la Sudanese Egyptian Bank (filiale de l'Egyptian Commercial Bank) et SDV Transami, filiale du groupe français Bolloré. Les autres sponsors de cette conférence ont choisi le statut "silver"; leur donnant droit à trois délégués à la conférence, à la liste intégrale des participants et à deux rencontres privées avec des ministres soudanais. Ont fait ce choix: AES Arabia Ltd (système de traitement de l'eau), Bactec (firme britannique spécialisée dans le déminage), l'allemande Grohe AG (fabricant de robinetterie), la compagnie aérienne sud-africaine Executive Turbine Aviation, la National Bank of Abu Dhabi , Berling (fret) et la firme pétrolière sud-africaine PetroSA .
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La Lettre de l'Océan Indien, n°1206 du 20 janvier 2007
A l'occasion de sa visite en France cette semaine, le président du Sudan Libération Movement (SLM, principale composante de la rébellion du Darfour), Ab-delwahid Mohammed Ahmed AI-Nour , a été cornaqué par un membre du bureau politique de l'Union pour la démocratie française (UDF, centriste), la formation du candidat à la présidentielle François Bayrou . C'est en effet Jean-Marc Tyberg qui a accompagné le leader du SLM soudanais dans ses contacts avec les ONG et les représentants politiques à Paris. Tyberg, qui vient juste de dépasser la cinquantaine, a aidé AI-Nour à préparer son "appel de Paris" lancé le 16 janvier pour réclamer l'envoi de troupes de l'OTAN et de l' Union européenne au Darfour pour mettre fin aux exactions commises par les forces armées de Khartoum contre les populations locales. Des exactions qu'AI-Nour assimile à un véritable "génocide" et à une opération de "nettoyage ethnique". Tyberg devait également lui faire rencontrer deux députés européens de l'UDF, Jean-Marie Cavada et l'ancien général Philippe Morillon , afin qu'ils relayent au Parlement européen les propositions et thèses du chef du SLM soudanais. |
"Guerre tranquille" entre Tchad et Soudan, liée au Darfour (émissaire US)
Le Monde avec l'AFP, 20 janvier 2007
L'instabilité au Darfour est à l'origine d'une "guerre tranquille" entre le Tchad et le Soudan, a estimé samedi l'envoyé spécial américain pour le Darfour, Andrew Natsios, ajoutant que seule une solution négociée permettrait de faire cesser la guerre dans l'ouest du Soudan. "Il y a une +guerre tranquille+ entre le Tchad et le Soudan, qui est liée à l'instabilité du Darfour", a déclaré M. Natsios lors d'une conférence de presse à N'Djamena où il a rencontré vendredi soir le président tchadien Idriss Deby. L'émissaire américain, qui avait rencontré le président soudanais Omar el-Béchir en décembre à Khartoum, a indiqué avoir demandé aux autorités soudanaises "d'arrêter de soutenir les rebelles tchadiens qui déstabilisent le Tchad et au gouvernement tchadien d'arrêter de soutenir les rebelles du Darfour". "A moins que nous n'obtenions l'accord de deux gouvernements sur ce point, nous ne mettrons pas un terme à la guerre", a-t-il poursuivi. M. Natsios a rencontré vendredi à Abéché, dans l'est du Tchad, les représentants des groupes rebelles non signataires de l'accord de paix paraphé en mai à Abuja par la seule faction majoritaire du Mouvement de libération du Soudan (SLM), et les a exhorté à adopter une position commune et de revenir à la table des négociations. "Il n'y aura pas de solution militaire au conflit au Darfour. Le gouvernement soudanais ne pourra vaincre les rebelles et les rebelles ne vaincront pas le gouvernement soudanais. Le seul moyen de résoudre tout ça c'est la négociation", a-t-il affirmé. "Je ne suis pas venu ici pour négocier un accord entre les parties au conflit, mais pour rencontrer les chefs rebelles (...) et les inciter à envisager un retour à la table des négociations de manière unie (...) ce qui nous semble être la seule manière pour qu'un accord de paix définitif soit signé et puisse être mis en oeuvre", a-t-il ajouté. "Les (différents groupes) rebelles doivent avoir une position unifiée", a expliqué M. Natsios qui a dit avoir demandé à leurs chefs de "renoncer publiquement à changer le gouvernement par la force au Soudan". Selon l'ONU, la guerre civile qui sévit au Darfour depuis février 2003 et ses conséquences ont fait quelque 200.000 victimes et deux millions de déplacés. Le conflit a débordé dans l'est du Tchad, qui accueille 200.000 réfugiés soudanais, et dans le nord-est de la Centrafrique. Jeudi, Andrew Natsios a discuté avec le président Deby du déploiement envisagé d'une force de l'ONU aux confins du Soudan, du Tchad et de la Centrafrique pour protéger les civils. Alors que N'Djamena et Bangui ont donné leur accord, Khartoum s'est dit samedi pas opposé à un tel déploiement à l'intérieur du Tchad, si cette force ne pénètre pas au Soudan.
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L'avenir du travail humanitaire au Darfour en danger (agences de l'ONU)
Jeune Afrique, 17 janvier 2007
L'ONU ne pourra pas poursuivre ses opérations humanitaires au Darfour si la situation sécuritaire continue de se détériorer dans cette province de l'ouest du Soudan, où 12 travailleurs humanitaires ont été tués en six mois, affirment mercredi plusieurs agences des Nations unies. "En dépit de l'insécurité croissante et du danger pour les communautés et les travailleurs humanitaires, l'ONU et ses partenaires humanitaires ont oeuvré de manière efficace à la survie et à la protection de millions de personnes", déclarent ces agences dans un communiqué commun. Mais "la communauté humanitaire ne peut indéfiniment assurer la survie de la population au Darfour si l'insécurité continue", avertissent-elles. Parmi les quatorze agences signataires du communiqué figurent l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Unicef. "Des garanties solides pour la sécurité des civils et des travailleurs humanitaires sont nécessaires d'urgence (...). Sans cela, les agences humanitaires de l'ONU et les ONG ne pourront pas tenir la ligne fragile qui a pour l'instant permis de fournir assistance et une certaine protection" à des millions de personnes au Darfour, poursuivent-elles. D'après l'ONU, au cours des six derniers mois, 12 travailleurs humanitaires ont été tués -- un chiffre plus élevé que celui des deux années précédentes--, et plus de 250.000 personnes ont été déplacées au Darfour. Les agences ont également relevé des dizaines d'attaques contre leurs travailleurs, des enlèvements et des évacuations de personnel qui ont entravé leur travail ces derniers mois. Selon elles, l'augmentation des attaques contre les civils et les travailleurs humanitaires risque d'annuler les bénéfices du travail de l'ONU pour la réduction de la malnutrition et les milliers de déplacés du Darfour. "Le taux de malnutrition s'approche dangereusement du seuil d'urgence", mettent-elles en garde. L'ONU estime que la guerre civile au Darfour a fait depuis février 2003 environ 200.000 victimes et deux millions de déplacés, ce que contestent les autorités soudanaises. La communauté internationale tente de convaincre Khartoum d'accepter une force de l'ONU pour prendre la relève de la force de maintien de la paix de l'Union africaine (UA) au Darfour, mal équipée et sous-financée. |
Les rebelles occupent une ville frontière avec le Soudan
Jeune Afrique, avec l'A.F.P., 17 janvier 2007
Les rebelles tchadiens de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) ont pris mercredi matin sans combat le contrôle de la localité d'Adé, à la frontière entre le Tchad et le Soudan, a-t-on appris auprès des rebelles et des autorités. "Les troupes de l'UFDD ont pris sans combat la garnison d'Adé, dans la région du Ouaddaï, ce matin mercredi 17 janvier", a déclaré dans un communiqué le vice-président du mouvement rebelle, Acheikh Ibn Oumar. Interrogée par l'AFP, une source officielle tchadienne s'exprimant sous couvert de l'anonymat a confirmé la chute d'Adé. "Cette infiltration massive de l'UFDD est le prélude à une opération militaire de grande envergure dans la région", selon cette source. La prise d'Adé a été provoquée par "une violente altercation" entre les soldats gouvernementaux déployés dans cette localité frontalière, dans l'extrême est du pays, et les rebelles de la province soudanaise du Darfour, soutenus par N'Djamena, a expliqué M. Ibn Oumar. Selon le responsable rebelle, ce conflit a pour origine le refus des soldats de l'armée régulière d'accueillir dans leur garnison ces miliciens appelés Toros-Boros, accusés d'avoir récemment participé à des violences contre des communautés arabes tchadiennes. Après des protestations des ONG humanitaires, N'Djamena avait assuré les avoir tous expulsés de son territoire. "Les rebelles soudanais et leurs complices tchadiens devenant menaçants, une partie des éléments de la garnison a fait appel à l'UFDD", a affirmé M. Ibn Oumar. "A l'approche de nos troupes, les soldats débystes et leurs complices Toros-Boros ont fui la ville dans la nuit. Le reste de la garnison a rallié l'UFDD, dont les forces occupent Adé depuis de matin", a-t-il conclu. La source officielle tchadienne s'est refusée à confirmer à l'AFP cette relation des événements d'Adé. Après un mois de trêve, l'UFDD du général Mahamat Nouri a repris samedi ses opérations contre le régime du président Idriss Deby Itno, en annonçant l'attaque de deux localités de l'extrême nord du territoire tchadien, à plus de 900 km au nord-est de la capitale N'Djamena. Les autorités tchadiennes n'ont confirmé que le seul raid mené contre Ounianga Kébir et affirmé que les rebelles avaient ensuite pris la fuite en direction du Soudan, poursuivis par les forces gouvernementales. Ces opérations autour de la route qui relie N'Djamena à la Libye étaient les premières menées dans l'extrême nord du Tchad par l'UFDD, qui avait jusqu'à présent concentré ses attaques dans la seule partie est du pays. Les combats entre l'armée gouvernementale et les rebelles de l'UFDD et de l'autre coalition composée du Rassemblement des forces démocratiques (RaFD) et de la Concorde nationale tchadienne (CNT) étaient suspendus depuis la bataille d'Hadjer Marfaïn, au nord d'Adé, au début du mois de décembre. Après ces affrontements, N'Djamena avait annoncé avoir "totalement anéanti" la rébellion et avoir toutes ses forces hors du Tchad. Les deux mouvements hostiles au président Deby avaient démenti avoir été anéantis puis avaient annoncé la mise en place d'un état-major commun destiné à coordonner leurs futures opérations.
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L'ONU hésitante aux portes du Darfour
Le drame du Darfour a fini par contaminer toute la région. Des rebelles ont attaqué hier une ville de Centrafrique, Paoua, qui sert de base aux agences humanitaires distribuant des vivres aux victimes du conflit tchadien. Le Figaro, 17 janvier 2007, par Arnaud de la Grange , à Birao
En quelques années, le Darfour et les confins tchado-soudanais sont devenus le nouveau centre de gravité des conflits africains. Une zone de tensions remplaçant, dans ses capacités de contagion, le Liberia ou l'Afrique des Grands Lacs des années 1990. Avec les derniers événements de Centrafrique, l'arc de crise s'étend du nord du Darfour jusqu'à Bangui, en passant par le Tchad. D'où la volonté de la communauté internationale de déployer au Darfour une force « hybride » UA-ONU, pour renforcer l'actuelle force africaine. Avec, en complément, une seconde force mise en place sur la frontière entre le Tchad, le Soudan et la Centrafrique. À l'ONU, on discute toujours de l'opportunité d'envoyer cette seconde force. Le Conseil de sécurité prône l'envoi d'une nouvelle mission d'évaluation. La précédente avait amené Kofi Annan à mettre en garde contre les risques du déploiement d'une force aux lisières des trois pays. Une prudence qui ne fait pas l'affaire de la France. Paris milite pour ce déploiement, qui lui permettrait de rapatrier les troupes maintenues dans le nord de la Centrafrique depuis l'intervention contre la rébellion, en novembre.
Solidarité clanique
La guerre civile qui a éclaté en 2003, au Darfour, dans l'ouest du Soudan, a logiquement débordé, avec à la clé un conflit semi-ouvert entre Khartoum et N'Djamena. Les deux pays se livrent depuis à un jeu dangereux, par rébellions interposées. Par solidarité clanique, les Zaghawas tchadiens ont apporté leur soutien à des groupes insurgés du Darfour. En retour, Khartoum a offert armes et sanctuaire aux rebelles tchadiens. Par effet domino, la Centrafrique a été touchée : parce que le nord de son territoire a servi de zone de transit aux rebelles tchadiens partis du Soudan et parce que le président centrafricain, François Bozizé, ne tient que grâce au soutien du Tchadien Idriss Déby. Au-delà de l'interaction de ces conflits, les spécialistes craignent une déstabilisation de la bande sahélienne, qui court de l'Atlantique à l'océan Indien. De la Mauritanie à la Somalie , en passant par le Mali, le Niger, le Tchad… « Les conflits de nature politique en cours pourraient cristalliser un antagonisme latent entre populations arabes et négro-africaines », explique un observateur. Les récentes velléités d'expulsion de milliers d'Arabes tchadiens du Niger, après de violents heurts communautaires, ont d'ailleurs sonné l'alarme. D'autres acteurs viennent compliquer ce jeu régional trouble. Des islamistes, d'abord, plus ou moins liés à al-Qaida, et qui peuvent chercher refuge dans des zones hors de contrôle et propices aux trafics. C'est le cas du GSPC algérien -une préoccupation majeure des services français- au nord du Mali et du Niger. Autres « nouveaux venus » dans la région, les Chinois. Très présents au Soudan dans le secteur pétrolier, ils y ont aussi apporté des usines de matériel militaire. Certains, de manière sans doute excessive, n'hésitent pas à voir cette région d'Afrique déjà riche en sources de conflit comme un nouveau terrain d'affrontement entre Pékin et Washington... |
A Birao, la guerre sans fin des « Trois Frontières »
Rebelles et contrebandiers se jouent des limites entre le Soudan, le Tchad et la Centrafrique.
Le Figaro, 17 janvier 2007, par Arnaud de la Grange à Birao
C'est un étrange endroit, où se croisent bien des Afrique. Du Nord et du Sud. Du golfe de Guinée et des rivages de l'océan Indien. L'Afrique musulmane et chrétienne ou animiste, aussi. Perdue aux confins des «Trois Frontières»- celles du Soudan, du Tchad et de la Centrafrique-, la petite bourgade de Birao est le symbole des enjeux croisés qui enflamment la région. Quelle partie se joue dans ces marches désertiques, que la folie des hommes devrait bouder? Un nouveau «grand jeu» d'Afrique centrale, où se mêlent réalités et fantasmes géopolitiques, guerres par procuration et trafics variés, convulsions locales et manipulations internationales. C'est d'ici qu'est parti le dernier épisode des conflits de la région. Le 30 octobre dernier, une mystérieuse rébellion s'empare de Birao. «Ils étaient 400 ou 500 rebelles, venus du Soudan, raconte le maire, Ahmad Moustapha Am-Gabo, il y avait parmi eux des Tchadiens, des Soudanais». Le sous-préfet de la région, Albert Mbongo, raconte, lui, que «les rebelles parlaient en sango». Donc, des Centrafricains. Alors, menace interne ou exportée ? La dernière rébellion qui menaçait de terminer sa course dans le palais présidentiel de Bangui était sans doute un peu tout cela. Un amalgame d'opposants centrafricains, d'ex-« libérateurs » s'estimant mal récompensés d'avoir porté au pouvoir le général Bozizé en 2003, de rebelles tchadiens, voire de combattants soudanais. En fait, comme toujours ici, la rébellion a fait boule de neige. Un noyau dur de rebelles commence un rezzou (raid), et tant qu'il est couronné de succès, les recrues affluent. Quand le sort des armes s'inverse, tous ces ralliés s'égayent dans la nature. «Beaucoup de jeunes de la région ont rejoint les rebelles », confirme Albert Mbongo. La plupart de ces ralliés appartiennent à l'ethnie goula, dont l'implantation se joue de la frontière soudano-centrafricaine. Une communauté qui vit loin, très loin de Bangui. Géographiquement, d'abord, les distances sont considérables (plus de 800 kilomètres ) et la saison des pluies transforme tout le Nord-Est en île. «Tout le commerce, ici, est tourné vers le Soudan, confirme le jovial consul soudanais à Birao, Mohammed Deya, qui se sent visiblement ici chez lui, nos négociants viennent chercher ici le café centrafricain, et apportent de l'huile et toutes sortes de biens de consommation» . La principale bourgade soudanaise, Am Dafok, ne se trouve qu'à une soixantaine de kilomètres.
Ligne rouge
À Birao, au croisement de deux pistes terreuses, se niche une petite église blanche aux murs lépreux, que l'on sent ici moins fréquentée que la mosquée. Tout le nord de la Centrafrique est en grande majorité musulman. Et Ahmad Moustapha Am-Gabo doit plus son autorité à sa qualité de sultan qu'à celle de maire. La vraie hiérarchie sociale, ici, se lit dans ces structures traditionnelles. Une caractéristique qui accroît encore les dynamiques transfrontalières, puisque nombre de sultans centrafricains sont vassaux de sultanats soudanais ou tchadiens. En Centrafrique comme dans toute la région, la grille de lecture de l'antagonisme entre communautés arabes et ethnies « négro-africaines », aussi simplificatrice qu'elle soit, s'impose au fil des crises. Cette évolution n'est sans doute pas étrangère à la décision française d'intervenir fermement. «Au fil des jours, la rébellion se construisait -même par approximations successives- un discours politique qui prenait, explique un observateur, notamment sur le thème des populations musulmanes du Nord considérées comme citoyens de seconde zone». Une dialectique qui a ses résonances jusque dans la capitale, où les tensions entre commerçants musulmans et « tchadiens » s'exacerbent, notamment dans le bouillant quartier de PK12. L'autre raison qui a conduit Paris à tracer devant l'avancée des rebelles une ligne rouge au canon de 30 mm , celui des Mirage FI engagés depuis le Tchad, se visualise aussi dans les rues du Bangui, aux abords du palais présidentiel notamment. Une soixantaine de combattants tchadiens, insérés au sein de la redoutée « GR » (Garde républicaine) assurent la sécurité du président Bozizé. Porté au pouvoir par les guerriers d'Idriss Déby, le général Bozizé reste très dépendant de leur bon vouloir. Et c'est cet axe tchado-centrafricain qui a conduit le Soudan à regarder d'un œil au moins bienveillant la dernière rébellion centrafricaine. «Les rebelles étant partis du Soudan, il y avait donc au moins un feu vert donné par des cercles proches du pouvoir à Khartoum, si ce n'est par le régime lui-même, commente un observateur, il semble même que du matériel, des 4 X 4 notamment devaient être livrés aux rebelles. D'ailleurs, l'affaire reste à suivre puisque un certain nombre d'entre eux se sont regroupés au Soudan. »
« Allégeances ethniques »
Pour éviter que ce « regroupement» ne débouche sur une deuxième manche, un détache ment français va être laissé un certain temps à Birao. Afin d'empêcher que les Faca (Forces armées centrafricaines) ne se débandent encore en cas de coup dur. L'armée centrafricaine, que Paris tente de former depuis 2003, est en fait une accumulation de strates résultant des différents soubresauts politiques du pays : des soldats loyalistes des premiers temps, puis des partisans de l'ancien président Kolingba, puis de l'ancien président Patassé, enfin des partisans de l'actuel chef de l'État. « Dans la troupe, l'obéissance se fait plus en fonction d'allégeances ethniques que suivant la chaîne de commandement» , explique une source militaire. Cette piètre armée aura du mal à reconquérir son territoire. Tout l'Est est le royaume des braconniers soudanais. Au Nord-Ouest, l'armée tchadienne traque des bandes mi-rebelles mi-coupeurs de routes dans une région qui aiguise les appétits: dans le prolongement des gisements du Sud tchadien, la région pourrait s'avérer riche en pétrole. Le Sud, lui, a longtemps servi de sanctuaire aux rebelles congolais. On a même évoqué un temps la présence de guérilleros ougandais de la LRA (Lord Resistance Army). La Centrafrique reste plus que jamais le ventre mou de la région. Et la proie facile d'une guerre sans frontières, se propageant dans un pays qui n'en a guère plus.
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Une implication française historique
Le Figaro, 17 janvier 2007, par Arnaud de la Grange
"Le Tchad est le verrou de l'Afrique » . C'est ce qu'on apprenait à l'École coloniale. Et c'est la vision qui a encore souvent cours en France, à l'Élysée notamment. « Curieusement, fait remarquer un proche du dossier, nous n'avons guère d'intérêts propres, notamment économiques, au Tchad ». La France est absente du pétrole tchadien et a par exemple plus d'intérêts au Niger riche en uranium. Mais le Tchad garde une dimension mythique, symbolique : Leclerc et sa base de départ tchadienne, puis le serment de Koufra avant la remontée jusqu'à Strasbourg... Paris justifie sa bienveillance militarisée à l'égard du régime d'Idriss Déby par une position stratégique et ce raisonnement contestable : si le régime s'effondre, c'est le chaos et les conflits soudanais qui s'étendent au Niger, au Mali, voire au Cameroun. La dernière intervention française en Centrafrique visait à éviter que le nord du pays devienne une zone de transit pour les rebelles tchadiens soutenus par le Soudan. Mais plus largement, il s'agissait d'envoyer un signal aux « amis » de la région -Gabon, Congo ou Cameroun-, pour leur montrer qu'on ne les laisserait pas être déstabilisés. Le « dogme tchadien » pourrait tomber après les élections de 2007. Le coûteux dispositif militaire « Épervier », au Tchad, pourrait ainsi être remis en question. Le vieux schéma de la présence française en Afrique était celui de l'« éventail », avec Dakar et Djibouti aux deux extrémités, et le Tchad en guise de poignée. Une configuration que les nouveaux moyens de projection vont faire relativiser. En attendant, Paris s'évertue à « régionaliser » la sécurité. En tentant notamment de promouvoir une force de maintien de la paix d'Afrique centrale.
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Le Soudan adopte une nouvelle unité monétaire
Publiciblog Actualités Besançon, 12 janvier 2007
La banque centrale du Soudan a mis en circulation de la nouvelle livre soudanaise qui remplace l'actuel dinar soudanais. Cette mesure découle directement des accords de paix singés entre le gouvernement soudanais et l'armée populaire de libération du Soudan qui clôt 20 ans de guerre civile. Le dinar était perçu dans le sud comme une manifestation de l'arabisation du Soudan par le gouvernement précédent, et n'était donc pas en circulation dans les régions contrôlées par le mouvement rebelle du sud. Plusieurs monnaies alternatives, dont l'ancienne livre soudanaise, étaient utilisées en lieu et place. D'après Sabir Mohamed Al Hassan, gouverneur de la Banque centrale du Soudan, le dinar restera en circulation aux côtés de la livre, pour un période de transition de six mois avant son retrait total le 1er juillet prochain. Le taux de conversion fixé par la Banque centrale est d'une livre soudanaise pour 100 dinars soudanais, et d'une piastre pour 1 dinar. Un dollar US s'échange pour environ 200 dinars. La Banque centrale du Soudan indique que la nouvelle devise reflétera la vision de paix du Soudan, l'unité dans la diversité, la civilisation, les ressources naturelles et le progrès économique. De nombreux thèmes ont été écartés pour le nouvel habillage des billets, incluant les portraits humains, les références aux guerres et conflits, et les symboles religieux et ethniques. Le coût de ce changement est estimé à 150 millions USD. Hassan a également indiqué que l'assistance internationale espérée pour couvrir ce coût n'était pas parvenue et que les revenus du pétrole soudanais avaient été utilisés à la place, d'après l'agence Reuters. Des livraisons de la nouvelle devise ont été envoyées dans le sud, où elle sera d'abord introduite.
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« La terre ne nourrit plus, la guerre, elle, rapporte ».
Le Monde, 12 janvier 2007
Marc Lavergne a dirigé l'ouvrage collectif Le Soudan contemporain (Khartala, 1989). Il a coordonné le panel d'experts envoyés au Darfour par le Conseil de sécurité de l'ONU de mai à septembre 2006. Pourquoi surgissent en Afrique ces "guerres de la terre" que l'on voit éclater du Darfour à la Côte d'Ivoire ? Une conjonction de facteurs explique ce phénomène. La mondialisation d'abord. Les sociétés africaines, longtemps enclavées, sont désormais connectées au monde. Cela a entraîné de nouveaux déséquilibres, notamment dans l'agriculture. Les cultures vivrières sont de plus en plus concurrencées par les produits d'importation. Les cultures de rente sont également menacées. De plus, le Web et la parabole donnent une image très valorisante des pays développés, au détriment des autres. Tout cela fait qu'en Afrique une grande part de la population, surtout la jeunesse, se sent marginalisée, voire abandonnée. L'amertume est vive, d'autant qu'il n'existe guère d'autres ressources que la terre, sans avoir, en même temps, les moyens de faire de l'agriculture intensive. L'attachement à la terre est alors de plus en plus vécu comme une contrainte, un étouffement lié à une tradition et une solidarité auxquelles personne ne croit plus vraiment. Y a-t-il d'autres sources de conflits ? Un deuxième facteur-clé est la pression démographique. En Afrique, la population double tous les vingt à vingt-cinq ans, sans qu'il y ait de vrais débouchés. L'industrie reste quasi inexistante, les infrastructures, la formation, insuffisantes. Hormis l'Afrique du Sud, le continent a raté le coche de l'industrialisation. Dès lors, la pression sur la terre est devenue explosive. Au Rwanda, un des objectifs des Hutus était d'éliminer 15 % des habitants des collines - des Tutsis transformés par la propagande du pouvoir en parfaits boucs émissaires - afin de récupérer leurs terres. Ces guerres africaines présentent-elles des caractères nouveaux ? Les acteurs ont changé. Ce ne sont plus les anciens qui mènent la guerre, mais les jeunes, souvent originaires des villes. On l'a vu au Sierra Leone, on le voit en Somalie et, à une moindre échelle, en Côte d'Ivoire. L'autorité des vieux, des rois ou des chefferies locales est ébranlée, voire balayée, les légitimités sont bouleversées. Les anciennes notabilités n'ont pas su affronter l'Occident et offrir un avenir aux jeunes. Aujourd'hui, elles le payent. Quelle incidence ce phénomène a-t-il sur l'appropriation de la terre ? La terre donne le déclic. Comme elle ne peut plus les nourrir, elle expulse les jeunes. La guerre, elle, rapporte de l'argent, du prestige. Au Darfour, le salaire mensuel d'un milicien janjawid va de 70 à 200 dollars, soit le revenu annuel par tête dans cette province ! La guerre donne aussi l'accès aux femmes, permet toutes les transgressions. Ces guerres sont le symptôme de sociétés qui se délitent et n'ont plus de repères endogènes. D'où le regain d'une sorte de "patriotisme de terroir" qui n'est, souvent, que l'instrumentalisation des valeurs traditionnelles recyclées à des fins stratégiques personnelles ou corporatistes. C'est vrai, y compris pour les extrémistes musulmans de Khartoum. Si la terre n'est pas l'enjeu de la guerre, que deviennent les propriétés dont les agriculteurs sédentaires ont été chassés ? L'agriculture est un pis-aller, mais elle reste la seule activité qui assure la survie du groupe. Au Darfour, l'objectif est de remplacer les sédentaires par les nomades, de manière à fixer ces derniers dans l'orbite de l'Etat, pour en faire des relais, voire des obligés. Dans ce schéma, une partie des agriculteurs non arabes devront rester pour cultiver la terre, mais ils seront alors en situation d'asservissement vis-à-vis de nouveaux maîtres. Cela explique pourquoi une majorité de déplacés préfèrent rester dans les camps gérés par les ONG humanitaires plutôt que de retourner sur des terres où ils seront "traités en esclaves" , selon leurs termes. |
Afrique les nouvelles guerres pour la terre
Le Monde, 12 janvier 2007, par Catherine Simon
Plus de 200 000 morts, 3 millions de déplacés, le Darfour vit une tragédie. Enjeu latent d'un conflit ethnique et religieux : la propriété foncière. Sans être aussi meurtriers d'autres affrontements similaires se multiplient dans le continent noir Vue d'avion, dans la région de Nyala, la guerre du Darfour semble réduite à trois couleurs. D'abord, il y a le vert des champs, pas tous cultivés ni même entretenus, insécurité oblige. Là, on ne distingue pas âme qui vive. Ensuite, il y a le gris foncé, dont on a du mal à saisir à quoi il correspond : restes de maisons incendiées ? Traces de marigots ? Enfin, il y a le blanc, celui des bâches de plastique distribuées par les Nations unies, couvrant le toit des huttes, qui se succèdent à l'infini. Construites par les villageois qui ont fui les razzias et les massacres, ces huttes annoncent l'arrivée sur Gereida, ex-bourgade de 30 000 âmes devenue l'une des plus grandes villes de déplacés au monde : 130 000 personnes tentent d'y survivre. En quatre ans, la guerre a vidé les campagnes, "urbanisant" à grande vitesse l'immense et misérable province du Sud-Ouest soudanais, dont "un habitant sur trois" est désormais un déplacé, estime l'africaniste Jérôme Tubiana, spécialiste du conflit du Darfour. La plupart de ces migrants forcés, hier cultivateurs-pasteurs, aujourd'hui prisonniers en sursis des monstrueuses villes-camps que sont devenues Gereida (au sud), Al-Fasher (au nord), Kalma ou Al-Geneina (à l'ouest), dépendent pour se nourrir de l'aide internationale... quand ils y ont accès. A Gereida, depuis l'attaque dont ont été victimes, le 18 décembre 2006, les employés des ONG étrangères, les déplacés sont privés de tout, en dépit de la présence d'une équipe réduite du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), et notamment de l'aide alimentaire, dont la distribution était assurée par une équipe française d'Action contre la faim (ACF). Quant aux champs désertés, ils sont laissés en friche. Ou ont changé de mains. "Parmi les milices, des groupes arabes dépourvus de droits fonciers traditionnels ont été les plus actifs. Ils ont profité de la guerre pour occuper des terres convoitées appartenant historiquement à des groupes non arabes" , note M. Tubiana dans "Darfour, un conflit pour la terre ?" ( Politique africaine , mars 2006). Les miliciens janjawids (cavaliers arabes), de sinistre réputation, financés et armés par Khartoum, n'ont pourtant pas l'intention de lâcher leurs fusils pour devenir des gentlemen-farmers. Mais ils savent que disposer de terres, c'est disposer d'espaces cultivables, de points d'eau et de pâturages. Dans la province du Darfour, vaste comme la France , la terre est la seule richesse. Et elle s'est réduite comme peau de chagrin sous l'effet conjugué des sécheresses, de l'augmentation de la population et des troupeaux ou de la tendance à la sédentarisation des nomades. "Pour officialiser cette prise de possession, ils (les groupes arabes) défendent un droit foncier moderne contre le système traditionnel des dars (pays ou terres, en arabe soudanais) et des hawakirs (territoires) . La réaffirmation des droits traditionnels semble une exigence de la quasi-totalité des populations non arabes" , explique M. Tubiana. Les tensions entre sédentaires et nomades affectent l'ensemble de la bande soudano-sahélienne. De la Mauritanie au Mali, on ne compte plus les règlements de comptes, parfois sanglants. Le Darfour, littéralement "terre des Furs " - l'une des grandes tribus non arabes de cet ancien Etat multiethnique -, subit-il, par le fer et le feu, une sorte de révolution de sa démographie ? Les chefs rebelles de la Sudan Liberation Army (SLA) en sont convaincus. "Le gouvernement soudanais veut achever le génocide des Noirs et donner les terres aux janjawids et aux Arabes" , résume l'un d'eux, Abdol Wahid Al-Nour. Le terme de "génocide", utilisé par les Américains s'agissant du Darfour, mais pour l'instant rejeté par les Européens, fait bien sûr penser au Rwanda. Au Pays des mille collines, l'un des plus surpeuplés d'Afrique, l'appropriation du foncier n'a pas été la cause du génocide des Tutsis, en 1994, mais elle a joué un grand rôle dans l'aggravation des tensions. A l'autre bout du continent, au Zimbabwe, un autre conflit de la terre est en cours, dévastateur pour l'économie d'un pays auparavant considéré comme le "grenier de l'Afrique australe" . Aujourd'hui, près 3 millions de Zimbabwéens - le quart de la population - dépendent de l'aide alimentaire internationale. La grande "réforme agraire" annoncée en 2000 par le président Robert Mugabe a eu des conséquences désastreuses. Censée réparer les inégalités héritées du système ségrégationniste en place dans l'ancienne Rhodésie, cette présumée réforme a surtout permis d'expulser 80 % des 5 000 fermiers blancs de leurs terres, sur lesquelles les caciques du régime ont aussitôt mis la main... sans vouloir ou savoir les exploiter. Au Zimbabwe, comme en Afrique du Sud et dans une moindre mesure en Namibie, les tentatives, depuis la fin des systèmes d'apartheid, de redistribuer plus équitablement les terres entre Blancs et Noirs ne datent pas d'hier. En Afrique du Sud, un programme a été adopté dès 1994, visant à faire passer, en cinq ans, 30 % de la propriété agricole blanche dans les mains de 600 000 petits fermiers noirs. Là, contrairement à ce qui se passe au Zimbabwe, les terres des fermiers blancs ne sont pas confisquées, mais rachetées grâce à des subsides de l'Etat. Mais, faute de moyens, seulement 3 % des terres censées être redistribuées l'ont finalement été en dix ans. "La correction de l'inégalité foncière s'est heurtée au principe de réalité budgétaire" , explique Thierry Vircoulon, ancien conseiller à l'ambassade de France en Afrique du Sud, dans la revue Hérodote (n° 111, dernier trimestre 2003). En 2000, lorsque le Zimbabwe a lancé sa réforme agraire, l'Afrique du Sud a décidé de modifier la "cible stratégique" de son programme. "Il ne s'agit plus de distribuer la terre aux plus pauvres des pauvres, mais de créer une classe de fermiers noirs" , note M. Vircoulon. Désormais, les impétrants doivent faire la preuve de leurs compétences et disposer d'un capital. On est loin des manières expéditives du Zimbabwe et, plus encore, du "nettoyage" guerrier perpétré au Darfour. Si la pression pour l'accession à la terre existe presque partout en Afrique, ses modalités sont différentes d'un lieu à l'autre. Au Zimbabwe, 67 % de la population "est impliquée dans l'agriculture" , relèvent les experts d'ACF. En Afrique du Sud, c'est l'inverse : près de 60 % de la population sud-africaine est urbaine. "Qu'il y ait des tensions, voire des conflits, en Afrique du Sud ou en Namibie, bien sûr. Mais il y a peu de risques que cela tourne à la guerre" , estime Alain Dubresson, l'un des responsables du Laboratoire de géographie comparée des Suds et des Nords (Gecko) à l'université Paris-X-Nanterre, auteur d'une étude sur La Namibie contemporaine (Karthala). En revanche, le spectre de la guerre civile n'est pas totalement écarté en Côte d'Ivoire. Derrière l'affrontement entre rebelles "nordistes" et partisans "sudistes" du président Laurent Gbagbo, une autre bataille fait rage : celle de l'accès à la terre. Dans un pays encore très rural, où 30 % à 40 % de la population est d'origine ou d'ascendance étrangère (le plus souvent burkinabé, mais aussi malienne ou guinéenne), la question est explosive. "Pour l'instant, le dernier mot n'est pas dit" , estime Jean-Pierre Dozon, directeur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD). "Le problème foncier ne peut se résoudre que si on accepte de laisser sur leurs terres - souvent léguées par leurs parents dans les années 1950 - les "allochtones", piliers de l'agriculture ivoirienne" , souligne-t-il. Mais "il faut aussi donner aux "autochtones" un accès à la terre, en leur offrant la possibilité de racheter des propriétés aux derniers arrivants, en inventant des systèmes de compensation" . La loi de 1995 instaurant un nouveau droit du sang (pour être reconnu Ivoirien, il faut être né en Côte d'Ivoire de parents nés eux aussi en Côte d'Ivoire) et la loi foncière de 1998, qui réserve l'accès aux titres de propriété aux seuls "vrais" Ivoiriens, ne vont pas dans ce sens. Qui dit terre, dit souvent surenchère identitaire. "On assiste à une sorte de guerre des mémoires, où victoire est donnée au premier arrivé, chacun faisant valoir sa lignée, ses ancêtres" , relève le professeur Dozon. Cela est vrai en Côte d'Ivoire comme au Darfour, où le clivage entre Noirs et Arabes, si souvent mis en avant, n'est pas la cause de la guerre, mais l'un de ses plus sûrs et plus terribles symptômes. |
Le gouvernement soudanais d'accord pour un cessez-le-feu avec les rebelles
Jeune Afrique, 12 janvier 2007
Le gouvernement soudanais est d'accord pour un cessez-le-feu de principe et pour de nouvelles négociations de paix avec les factions rebelles dans la région du Darfour, a déclaré jeudi le ministère des Affaires étrangères. Dans un communiqué publié après une réunion entre le président soudanais Omar al-Bechir et le nouvel envoyé spécial de l'ONU Jan Eliasson, le ministère a annoncé que Khartoum est d'accord pour un cessez-le-feu et qu'elle est prête à conduire de nouvelles négociations de paix avec les rebelles "n'importe quand et n'importe où." Toutefois le communiqué n'a pas mentionné la date à laquelle le cessez-le-feu prendra effet. Il n'y a pas de commentaires de la part des rebelles sur le pas en avant du gouvernement.
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l'ONU salue le 2e anniversaire de la signature de l'accord de paix entre le gouvernement et la rébellion sudiste
Nations Unies New York 12 janvier 2007
A l'occasion du deuxième anniversaire de la signature de l'accord de paix ente le gouvernement du Soudan et le Mouvement/l'Armée populaire de libération du Soudan (MPLS), un ancien groupe rebelle du Sud du pays, la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) a rendu hommage à la population soudanaise. « L'UNMIS se joint à la population du Soudan dans les célébrations du deuxième anniversaire », indique un communiqué publié à Khartoum. Tayé-Brook Zerihoun, le chef de l' UNMIS , a représenté les Nations Unies lors des cérémonies de célébration aujourd'hui à Juba. La Mission de l'ONU a salué les parties signataires de l'accord de paix pour les importantes réalisations de l'année 2006 et notamment le maintien du cessez-le-feu et l'établissement par le gouvernement d'unité nationale d'un gouvernement du Sud-Soudan. L'UNMIS a aussi mis en garde contre les défis qui attendent la population du Soudan en 2007, dont le redéploiement complet des forces armées et la préparation des élections de mi-mandat. Après 21 ans de guerre civile, le gouvernement du Soudan et le MPLS avaient signé le 9 janvier 2005 un accord de paix global. |
Des enfants soldats enrôlés au Darfour et au Tchad
Le Figaro, par Pierre Prier, 11 janvier 2007
L'ONG Human Rights Watch confirme les méthodes utilisées par les belligérants.
Le gouvernement soudanais et les rebelles du Darfour ont conclu un cessez-le-feu de 60 jours et la tenue de négociations, sous l'égide de l'ONU et de l'Union Africaine, a fait savoir hier Bill Richardson, le gouverneur du Nouveau-Mexique, en visite dans la région. L'ONG Human Rights Watch accuse le Tchad et le Soudan. Le rapport, titré «Ils sont venus pour nous tuer: attaques des milices et agression contre les civils dans l'est du Tchad », a été publié à la veille de la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, qui devait étudier hier l'envoi d'une force d'interposition dans la région. L'ONG américaine confirme les informations qui circulaient depuis plusieurs mois sur l'utilisation d'enfants soldats par toutes les parties, « y compris les forces tchadiennes ». Ces petits militaires parfois âgés de 11 ou 12 ans ont été la cause d'échanges acerbes entre le président Jacques Chirac et son homologue Idriss Déby. La France , dont les avions basés au Tchad ont repoussé des colonnes rebelles venues de l'est, a menacé de retirer son soutien si le Tchad persistait à envoyer des gamins sur le front, selon des sources tchadiennes et françaises. Le rapport de Human Rights Watch dresse un tableau apocalyptique de la situation dans l'est de cette ancienne colonie française. « Le Tchad et le Soudan soutiennent les insurgés des deux côtés de la frontière, tandis que des milices ravagent l'est du Tchad et que les civils sont abandonnés à eux-mêmes », affirme Peter Takirambudde, directeur de la division Afrique de l'ONG. Selon lui, la guerre du Darfour, qui oppose l'année soudanaise, soutenue par des milices arabes locales, aux rebelles et aux civils africains, se déroule aussi au Tchad, où les mêmes ethnies se retrouvent le long de la frontière, comme dans un miroir. Le gouvernement soudanais, qui s'était engagé à les désarmer, « continue à recruter et à armer les milices arabes, les Janjawids, comme partie intégrante de sa stratégie anti-insurgés au Darfour », dit HRW.
Le chaos des milices
Ces groupes armés attaquent les camps du Tchad, où s'entassent des centaines de milliers de réfugiés soudanais «africains» appartenant aux ethnies des insurgés, principalement des Masalits et des Zaghawas, qui ont fui les ravages des Janjawids. Les villages de l'Est tchadien, où vivent les mêmes ethnies, sont aussi attaqués. Mais parmi les attaquants figurent également des Tchadiens qui ont rejoint le Darfour. « Un cycle dangereux s'est installé, dit l'ONG. Le gouvernement soudanais soutient des rebelles tchadiens basés au Darfour. En représailles, le gouvernement tchadien soutient des rebelles soudanais établis au Tchad. » Résultat: au Tchad, c'est le chaos des milices. Des Arabes tchadiens, qui forment 20 % de la population, sont allés rejoindre les Janjawids. Des Zaghawas et des Masalits tchadiens aident la rébellion soudanaise. Celle-ci recrute parmi les réfugiés soudanais des mêmes ethnies dans les camps du Tchad. Là où l'affaire se complique, c'est que certains d'entre eux ont aussi pour but de renverser le président tchadien Idriss Déby. Ce jeu pervers suscite sa propre dynamique au Tchad, où toutes les ethnies ont monté des groupes d'autodéfense qui s'affrontent. Human Rights Watch accuse le président tchadien, préoccupé principalement par la protection de la capitale, de laisser un « vide sécuri taire » le long de la frontière. |
Au Darfour, les humanitaire sont pris pour cibles
La Croix , par Catherine Rebuffel, 10 janvier 2007 « La Croix revient sur l'attaque qui a visé le personnel d'ACF et d'Oxfam dans le camp de Gereida, le 18 décembre dernier ».
Les humanitaires sont-ils devenus des cibles au Darfour, immense région de l'ouest du Soudan ? Au vu des chiffres et des derniers événements, on aurait tendance à le croire. Environ 400 d'entre eux ont dû être évacués de cette zone de conflit, rien qu'en décembre. Ce qui est un record absolu selon les Nations unies. Pire, le 18 décembre dernier au soir, ils ont été délibérément visés dans la ville de Gereida, dans le Sud-Darfour, qui abrite un camp de 130 000 personnes déplacées. Trois ONG étaient présentes pour prendre en charge les besoins de cette population jusqu'au jour de l'attaque : Action contre la faim (ACF) était chargée de la distribution de nourriture pour le compte du Programme alimentaire mondial ; Oxfam assurait le ravitaillement en eau et la mise en place de latrines ; Merlin s'occupait des soins médicaux. II était environ 20 heures lorsque les personnels d'ACF et d'Oxfam, de retour à leur base, ont été victimes d'un assaut simultané d'une très grande violence. Des hommes armés, pour l'instant non identifiés, se sont introduits dans les maisons, s'en sont pris aux équipes qui ont reçu des coups de crosse, détruisant tout sur leur passage, pillant, allant jusqu'à simuler des exécutions. Certains membres ont été violés. L'un d'eux a été blessé par balle.
« Cette attaque est incompréhensible »
Les assaillants sont ensuite repartis sans être inquiétés, en volant tous les véhicules (une douzaine), le matériel informatique, les téléphones et les radios. Alors même que les soldats de la force de surveillance du cessez-le-feu de l'Union africai |