Nous référençons un certain nombre
d'articles sur le Soudan |
2006
1er semestre
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2005
Le ton monte entre le Tchad et le Soudan
Le Figaro, Adrien Jaulmes, 30 octobre 2006
N'Djamena accuse l'aviation de Khartoum d'avoir bombardé des villages tchadiens.
La colonne rebelle, partie du Soudan en début de semaine dernière, n'a pas atteint la capitale tchadienne, ni réussi à renverser le président Idriss Déby. Le raid, lancé par la nouvelle coalition de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), a toutefois spectaculairement ravivé la tension diplomatique entre le Tchad et le Soudan. Après avoir rebroussé chemin jeudi, un peu avant la ville de Mongo, à quelque 500 kilomètres de N'Djamena, les rebelles ont repris la direction du Soudan. Ils auraient été rejoints, hier, par l'armée tchadienne, lancée à leur poursuite dans la zone montagneuse d'Hadjer Méram, près de la frontière soudanaise. « Nous les avons encerclés ! a annoncé le ministre tchadien de la Défense , Bichara Issa Djadallah, ajoutant toutefois que le chef d'état-major de l'armée, le général Moussa Seugui, avait été tué dans les affrontements. Dirigés par un ancien ministre de la Défense passé à la rébellion, le général Mahamat Nouri, les insurgés affirment quant à eux avoir « pris en tenaille » les unités lancées à leurs trousses. « Les forces gouvernementales ont déjà perdu beaucoup d'hommes » , a dit le numéro deux de l'UFDD, Acheikh Ibn Oumar. Aucune de ces revendications n'ayant été vérifiée, l'issue des accrochages restait hier incertaine. Le retour des rebelles vers leurs bases soudanaises indique néanmoins l'échec de la dernière tentative en date pour renverser le régime d'Idriss Déby par un « rezzou » motorisé, méthode éprouvée de prise du pouvoir au Tchad. L'épisode a suscité un regain d'animosité entre N'Djamena et Khartoum.
Coup de main surprise
Depuis le début de la crise du Darfour en 2003, les deux pays s'accusent mutuellement d'entretenir sur leurs territoires respectifs des guérillas hostiles à leurs régimes. En avril dernier, Idriss Déby avait déjà rompu ses relations diplomatiques avec Khartoum, après un raid motorisé lui aussi parti du Soudan, et qui était arrivé aux portes de N'Djamena où il a été arrêté par l'armée gouvernementale. Un semblant de relations diplomatiques a néanmoins été rétabli en août 2006. Jusqu'à ce qu'au début octobre, la rébellion soudanaise du nord Darfour, composée notamment de Zaghawas, ethnie frontalière à laquelle appartiennent de nombreux militaires tchadiens et possédant des bases de l'autre côté de la frontière, n'inflige un sérieux revers aux troupes soudanaises. La riposte soudanaise a pris la forme, la semaine dernière, d'un nouveau coup de main surprise contre le gouvernement d'Idriss Déby. Après avoir dénoncé l' « ingérence » soudanaise, le Tchad a accusé hier des Antonov de l'aviation soudanaise d'avoir bombardé quatre bourgades frontalières : Bahaï, Tiné, Karyari et Bamina. Ces agglomérations sont toutes situées à plusieurs centaines de kilomètres au nord de la zone où se livraient hier les combats. Mais en plein dans celle où la rébellion du Nord Darfour possède ses bases logistiques.
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Violents affrontements entre des rebelles et l'armée tchadienne près de la frontière avec le Darfour
Le Nouvel Observateur avec l'A. P, 30 octobre 2006
De violents affrontements ont opposé lundi des rebelles et des troupes gouvernementales au Tchad, où l'on craint de plus en plus un débordement du conflit qui frappe le Darfour voisin, a annoncé le gouvernement. Les forces gouvernementales ont attaqué un convoi rebelle le long de la frontière est du Tchad, commune avec le Darfour, province de l'ouest du Soudan, a déclaré le ministre de la Défense , le général Bichara Issa Djadallah. "Le combat est terminé et nos troupes chassent maintenant les rebelles de l'autre côté de la frontière soudanaise", a affirmé le ministre. Il n'était toutefois pas en mesure de dire si les violences avaient fait des victimes ou si des prisonniers avaient été faits. Selon des dirigeants de l'armée ayant requis l'anonymat, les troupes tchadiennes poursuivent les rebelles depuis quatre jours, et les affrontements de dimanche, qui ont eu près de Hadjer Meram, une ville située à 50 kilomètres de la frontière, ont été très violents. Cette attaque est intervenue au lendemain des accusations lancées par le Tchad contre le Soudan, auquel il reproche d'avoir bombardé quatre villes de son côté de la frontière. Vendredi, les Nations unies ont fait savoir qu'elles allaient envoyer une mission au Tchad et en République centrafricaine afin d'évaluer les moyens d'empêcher que le conflit au Darfour ne s'étende à ces deux pays. Plus de 200.000 personnes sont mortes et 2,5 millions ont été déplacées depuis le début du conflit au Darfour qui oppose depuis trois ans le gouvernement soudanais à des groupes rebelles. |
Au Tchad, reprise des combats entre l'armée et la rébellion dans l'est
Jeune Afrique avec l'A.F.P. - 29 octobre 2006
Après quelques jours d'accalmie, de violents combats ont à nouveau opposé dimanche dans l'extrême est du Tchad les rebelles hostiles au régime du président Idriss Deby Itno et l'armée gouvernementale, sur fond de tension croissante entre N'Djamena et le Soudan voisin. Lancée à leur poursuite depuis mercredi, l'armée nationale tchadienne (ANT) s'est heurtée dimanche à l'aube à Hadjer Méram, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière soudanaise, aux colonnes de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), qui se repliaient après leur coup de main il y a une semaine sur les villes de Goz Beïda et Am Timan. Dans des communiqués publiés en fin de journée, les deux camps ont chacun revendiqué la victoire et publié des bilans contradictoires faisant état de très lourdes pertes dans les rangs de leur adversaire. Le ministre tchadien de la Défense Bichara Issa Djadallah a ainsi affirmé que les combats, qui ont duré plusieurs heures, avaient fait "une centaine de morts" côté rebelle et quatre victimes parmi ses troupes, dont le chef d'état-major général adjoint de l'armée tchadienne (bien chef d'état-major général adjoint de l'armée), le général Moussa Sougui. "Les opérations de nettoyage se poursuivent car, encerclés dans une zone sans issue, ces mercenaires au service du Soudan n'ont aucune chance d'échapper à cette opération", a ajouté le général Bichara Issa Djadallah. De leur côté, les rebelles de l'UFDD ont fait état de 215 morts dans les rangs de l'ANT, contre 15 dans leurs forces. Les forces gouvernementales ont été "prises en tenaille et complètement anéanties", ont-ils affirmé. Des sources militaires tchadiennes interrogées par l'AFP ont confirmé que les forces gouvernementales étaient tombées dans une embuscade tendue par les rebelles et qu'elles avaient subi de "très lourdes pertes". Fruit de la récente fusion de plusieurs groupes rebelles, l'UFDD a repris il y a une semaine les opérations militaires contre le régime du président Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 1990. Ses hommes ont brièvement occupé le 22 octobre la ville de Goz Beïda, près de la frontière soudanaise, puis le lendemain celle d'Am Timan, à une centaine de kilomètres plus au sud. Comme à l'issue de la bataille d'Hadjer Méram dimanche, les deux camps ont livré des bilans totalement contradictoires de ces affrontements. Le gouvernement tchadien a affirmé vendredi que les combats autour d'Am Timan avaient causé la mort d'une trentaine de rebelles, de neuf soldats et de deux civils. Le chef de l'UFDD, le général Mahamat Nouri, a pour sa part indiqué que les prises de Goz Beïda et d'Am Timan s'étaient soldées par la mort de 73 soldats et de deux rebelles. L'armée tchadienne a repris mercredi sans combat le contrôle d'Am Timan. Les forces rebelles, qui ont indiqué ne pas vouloir dans l'immédiat se lancer à l'assaut de N'Djamena, avaient alors annoncé leur repli. Comme il y a six mois lors de l'offensive avortée des rebelles du Front uni pour le changement (Fuc) sur N'Djamena, les autorités tchadiennes ont accusé le Soudan de soutenir les rebelles qui ont juré la perte du président Deby. Les hommes de l'UFDD, qui ont visé le 23 octobre sans l'atteindre avec un missile sol-air un avion militaire français de reconnaissance qui les survolait, ont nié être soutenus par les Soudanais, alors que Khartoum a assuré n'avoir "rien à voir avec les combats en territoire tchadien". La reprise dimanche des combats entre l'armée tchadienne et les rebelles intervient alors que le torchon brûle à nouveau entre le Tchad et le Soudan, qui s'accusent mutuellement de se déstabiliser depuis des années. Les deux pays s'étaient officiellement réconciliés en août. Mais samedi, N'Djamena a affirmé que Khartoum avait bombardé la veille quatre localités tchadiennes situées le long de leur frontière commune et l'a menacé de représailles. Le Soudan a catégoriquement démenti. |
Tchad : les combats entre armée et rebelles ont fait de lourdes pertes
Le Monde, 29 octobre 2006
es combats qui ont opposé dimanche l'armée tchadienne et les rebelles hostiles au régime du président Idriss Deby Itno dans l'extrême est du Tchad ont fait de lourdes pertes dans les deux camps, qui ont chacun revendiqué la victoire, a-t-on appris de sources concordantes. Selon un communiqué du ministre tchadien de la Défense Bichara Issa Djadallah publié en début de soirée, ces affrontements, qui ont duré plusieurs heures, ont fait "une centaine de morts" côté rebelle et quatre victimes dans les rangs des forces gouvernementales, dont le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Moussa Sougui. Les rebelles de l'Union des forces pour la démocratie et le changement (UFDD) ont pour leur part annoncé dans un communiqué que les combats s'étaient soldés par la mort de 215 soldats de l'armée nationale tchadienne (ANT), contre 15 dans leurs propres rangs. "Les opérations de nettoyage se poursuivent car, encerclés dans une zone sans issue, ces mercenaires au service du Soudan, n'ont aucune chance d'échapper à cette opération (...) des forces de défense et de sécurité", a affirmé le général Bichara Issa Djadallah dans son communiqué. De leur côté, les rebelles ont indiqué que les forces gouvernementales avaient été "prises en tenaille et complètement anéanties". Des sources militaires tchadiennes interrogées par l'AFP ont indiqué que les forces gouvernementales étaient tombées dans une embuscade tendue par les rebelles et confirmé qu'elles avaient subi de "très lourdes pertes". Selon les deux camps, ces affrontements se sont produits autour de la localité de Hadjer Méram, dans une zone accidentée et marécageuse située à moins d'une cinquantaine de kilomètres de la frontière soudanaise, lorsque les troupes gouvernementales se sont heurtées aux colonnes rebelles qu'elles poursuivaient depuis leur retrait mercredi de la ville d'Am Timan, à 600 km de l'est de la capitale tchadienne N'Djamena. Les rebelles tchadiens de l'UFDD ont repris il y a une semaine les hostilités contre le régime du président Idriss Deby Itno, occupant successivement les villes de Goz Beïda et Am Timan, dans l'est du pays, avant de se replier vers la frontière soudanaise
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Le Tchad accuse le Soudan d'avoir bombardé quatre villages
Le Nouvel Observateur avec l'A. P, 29 octobre 2006
Le Tchad a accusé samedi le Soudan d'avoir bombardé quatre villages situés le long de sa frontière est, commune avec la région du Darfour que des centaines de milliers de personnes ont fui en trois années de conflit. Le porte-parole de l'armée soudanaise, le général Osman Mohammed al-Aghbash, a démenti ces informations, déclarant que les forces soudanaises "n'ont aucun intérêt à intervenir là-bas". Les allégations du gouvernement tchadien, selon lesquelles
l'aviation soudanaise a attaqué vendredi les villages de Bahai,
Tine, Kayarin et Bamina, n'ont pas reçu de confirmation indépendante. Mercredi, le Tchad avait accusé le Soudan de soutenir les rebelles qui ont attaqué trois villes de l'est du pays au cours des derniers jours. Les Nations unies ont annoncé vendredi qu'une mission allait être envoyée au Tchad et en République centrafricaine pour réfléchir aux moyens d'empêcher le conflit au Darfour, province de l'ouest du Soudan, de s'étendre aux autres pays. Le sous-secrétaire des Nations unies chargé des missions de maintien de la paix, Jean-Marie Guehenno, a qualifié la situation humanitaire "d'extrêmement sérieuse". Le conflit au Darfour, qui dure depuis trois ans et oppose les rebelles aux forces soudanaises, a fait plus de 200.000 morts et au moins 2,5 millions de déplacés. AP |
Khartoum expulse le chef de la mission de l'ONU au Soudan
Jan Pronk, chef de la mission de l'ONU au Soudan, expulsé pour avoir fait paraître dans son blog des informations sur l'armée soudanaise
IRIN New York, 28 octobre 2006
L'ambassadeur soudanais auprès des Nations unies a indiqué jeudi au cours d'une conférence que M. Jan Pronk, le chef de la mission de l'ONU à Khartoum expulsé du Soudan en raison des informations qu'il a fait paraître dans son blog personnel, était hostile à son gouvernement. Répondant aux questions relatives au statut de M. Pronk, le diplomate soudanais, Abdalmahmood Abdalhaleem, a déclaré : « Pour ce qui nous concerne, sa mission a été un échec. Il n'a été d'aucun secours…bien au contraire. Plutôt que de trouver des solutions, il n'a fait que poser des problèmes ». Le 22 octobre, M. Pronk a été rappelé en consultation à New York suite à la lettre adressée à Kofi Annan, le Secrétaire général de l'ONU, par les autorités soudanaises qui demandaient le départ du diplomate néerlandais. Le gouvernement de Kartoum entendait ainsi réagir aux informations publiées dans le blog personnel de M. Pronk qui relataient deux défaites subies par l'armée soudanaise contre les rebelles du Darfour, l'une à Um Sidir en septembre, et l'autre à Karakaya, début octobre. Nommé représentant des Nations unies au Soudan en juin 2004, M . Pronk est connu pour ses avis tranchés sur la crise du Darfour. En novembre 2005, il a créé un blog sur Internet pour y consigner ses activités. Ainsi, il y aurait indiqué que le moral des troupes soudanaises dans le Nord Darfour était au plus bas, que certains généraux de l'armée avaient été limogés et que des soldats refusaient de se battre. Evitant de commenter les déclarations du représentant de l'ONU, M. Abdalhaleem a indiqué qu'elles ne reflétaient pas la réalité de l'armée soudanaise. Les informations dont dispose M. Pronk, a ajouté le diplomate, lui ont été rapportées par des gens qui lui ont fait un récit de combats imaginaires ». En mai dernier, le gouvernement soudanais et les principaux groupes
rebelles ont signé un accord de cessez-le-feu à Abuja,
la capitale fédérale nigériane, qui a mis fin à trois
années de conflit dans le Darfour. Cet accord n'a toutefois
pas été signé par toutes les factions de la rébellion. « Naturellement, la décision de maintenir ou non M. Pronk ou n'importe quel autre représentant spécial à son poste ne peut être prise que par le Secrétaire général », a-t-il commenté. L'expulsion du chef de la mission de l'ONU au Soudan intervient à un moment critique. En effet, au mois d'août dernier, le Conseil de sécurité avait décidé d'envoyer dans le Darfour 17 000 Casques bleus et 3 000 forces de police de l'ONU pour remplacer les 7 500 des forces de maintien de la paix de l'Union africaine ; mais le Soudan s'est toujours opposé au déploiement des forces onusiennes sur son territoire. MM. Pronk et Annan se sont rencontrés deux fois jeudi. Le diplomate néerlandais s'adressera au Conseil de sécurité vendredi après-midi au cours d'une réunion à huis clos pour expliquer les circonstances de son expulsion et la situation sur le terrain. Les attaques des forces gouvernementales et de leurs milices alliées ainsi que les récentes offensives des groupes rebelles ont fait au moins 200 000 morts parmi les civils et vidé la région du Darfour de sa population civile. En outre, près de 2,5 millions d'habitants du Darfour vivent dans d'immenses camps de déplacés ou se sont réfugiés au Tchad voisin. |
Le Tchad accuse le Soudan de l'avoir bombardé, Khartoum dément
Jeune Afrique avec l'A.F.P, 28 octobre 2006
Trois mois à peine après leur réconciliation officielle, le torchon brûle à nouveau entre le Tchad et le Soudan, N'Djamena accusant son voisin d'avoir bombardé vendredi quatre localités tchadiennes proches de leur frontière commune, ce que Khartoum a aussitôt démenti. Dans un communiqué, le porte-parole du gouvernement tchadien Moussa Doumgor a affirmé samedi matin que "l'aviation soudanaise (avait) pris comme cibles les localités tchadiennes de Bahaï, Tiné, Karyari et Bamina (est)" Lors d'une conférence de presse, son collègue des Affaires étrangères Ahmat Allami a précisé dans la soirée que "des bombes (avaient) été larguées sur de paisibles citoyens tchadiens" par des avions de fabrication russe Antonov. "On enregistre des destructions de maisons d'habitation et de bétail, notamment et surtout dans la localité de Tiné, jusqu'à 5 km à l'intérieur du territoire tchadien", a affirmé le chef de la diplomatie tchadienne, qui n'a toutefois fait état d'aucune perte humaine. "Nous mettons en demeure le Soudan de cesser dans les jours et les semaines qui viennent ses agressions. Dans le cas contraire, nous ne manquerons pas de prendre toutes nos responsabilités pour riposter comme il se doit si nécessaire", a menacé M. Allami. "Nos forces armées useront de tous les moyens pour pourchasser les agresseurs venus du Soudan jusqu'à leurs derniers retranchements en territoire soudanais (...) la déstabilisation de notre pays doit cesser", a-t-il ajouté. Par la voix du porte-parole de son ministère des Affaires étrangères, le Soudan a catégoriquement démenti samedi les "accusations sans fondement" de son voisin. "Nous n'avons pas de forces aériennes dans la partie du Soudan proche de ces localités et aucune intention d'escalade avec le Tchad", a déclaré Ali al-Saddek. Sollicitées par l'AFP, les organisations humanitaires présentes dans l'extrême est du Tchad n'étaient pas en mesure, samedi après-midi, de confirmer la réalité des bombardements dénoncés par N'Djamena. "Nos équipes à Bahaï n'ont signalé aucun incident, cette information me paraît assez surprenante", a assuré une source humanitaire interrogée dans la capitale tchadienne. Quelque jours avant cette nouvelle escalade, la guerre des mots entre les deux voisins avait repris mercredi, lorsque N'Djamena a accusé Khartoum de soutenir les rebelles tchadiens de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), qui ont repris le 22 octobre leurs opérations militaires contre le régime du président Idriss Deby Itno. Les hommes de l'UFDD, fruit de la récente fusion de plusieurs groupes hostiles au régime de N'Djamena, ont brièvement occupé dimanche Goz Beïda, près de la frontière soudanaise, puis le lendemain Am Timan, à une centaine de kilomètres plus au sud. Selon un bilan publié vendredi par le ministre tchadien de l'Administration territoriale Ahmat Mahamat Bachir, les affrontements autour d'Am Timan ont fait une trentaine de morts côté rebelle, neuf morts dans les rangs des forces gouvernementales ainsi que deux civils. Pour sa part, le chef de l'UFDD, le général Mahamat Nouri, a affirmé samedi à l'AFP que les prises de Goz Beïda et d'Am Timan s'étaient soldées par la mort de 73 soldats de l'armée gouvernementale et de deux rebelles. L'armée tchadienne a repris mercredi sans combat le contrôle d'Am Timan. Les forces rebelles ont indiqué s'être repliées dans l'extrême est du pays. Les rebelles ont pour leur part démenti être soutenus par les Soudanais, alors que Khartoum avait assuré jeudi par voie de presse qu'il n'avait "rien à voir avec les combats en territoire tchadien". Après plusieurs mois d'un conflit larvé, le Tchad et le Soudan ont normalisé leurs relations le 8 août. Les deux pays s'accusent mutuellement depuis des années de soutenir des rébellions hostiles à leur régime.
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L'ONU étudie comment protéger les réfugiés au Tchad et en Centrafrique
Le Monde avec l'A. F. P., 28 octobre 2006
Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Marie Guéhenno, a annoncé vendredi l'envoi prochain au Tchad et en République centrafricaine d'une mission d'évaluation des besoins pour protéger les réfugiés ou personnes déplacées du fait du conflit au Darfour voisin. "Nous sommes très préoccupés par la situation au Tchad, vous avez vu les derniers incidents", a déclaré à la presse M. Guéhenno, à l'issue de consultations au Conseil de sécurité sur le Soudan. Après avoir relancé dimanche les hostilités contre le régime du président Idriss Deby Itno, l'UFDD, nouveau groupe né de la fusion de trois mouvements rebelles tchadiens, s'est replié depuis mercredi vers les frontières soudanaise et centrafricaine. "Les chiffres parlent d'eux-mêmes, a poursuivi M. Guéhenno, il y a plus de 200.000 réfugiés et plus de 50.000 personnes déplacées, donc nous examinons comment une opération de paix pourrait empêcher la tragédie du Darfour de s'étendre en une tragédie encore plus grande au Tchad et en Centrafrique". "Nous examinons plusieurs options et nous enverrons une mission au Tchad et en Centrafrique pour évaluer en détail ce qui pourra être fait", a-t-il ajouté. Le conflit au Darfour, région de l'ouest du Soudan où sévit une guerre civile et une grave crise humanitaire depuis février 2003, a débordé au Tchad voisin ainsi qu'en République centrafricaine, où des réfugiés ont afflué. L'ONU estime à plus de 200.000 les réfugiés soudanais au Tchad et à plus de 50.000 les personnes de nationalité tchadienne vivant près de la frontière et déplacées à l'intérieur du Tchad du fait du débordement du conflit. M. Guéhenno n'a pas donné de chiffres concernant la Centrafrique. Il a reconnu que la tâche de protéger les civils au Tchad le long de la frontière soudanaise serait difficile, compte tenu de la longueur de celle-ci, près de 800 km . Il n'a pas précisé quand la mission d'évaluation se rendrait sur le terrain, se contentant de souhaiter que ce soit "le plus tôt possible car c'est une situation dont il faut s'occuper d'urgence". Le haut responsable onusien a réaffirmé que l'ONU travaillait à élaborer un plan pour soutenir la force de l'Union africaine au Darfour (Amis), en attendant un hypothétique feu vert des autorités soudanaises au déploiement d'une force de l'ONU dans la province, déploiement voté par le Conseil de sécurité mais bloqué par le refus persistant de Khartoum d'un tel scénario |
Le Soudan rejette une accusation sur le bombardement de villages tchadiens
Xinhuanet, 28 octobre 2006
Le gouvernement soudanais a démenti samedi une information donnée par le gouvernement tchadien selon laquelle l'armée de l'air soudanaise aurait bombardé quatre villages dans l'est du Tchad. Le porte-parole de l'armée de l'air soudanaise, Osman Mohamed al-Aghbash, a indiqué dans un communiqué que ce qui se passait à l'intérieur du Tchad était une affaire interne tchadienne et que les forces armées soudanaises n'avaient aucun intérêt à s'y ingérer. M. Al-Aghbash a souligné que l'armée de son pys n'autorisait pas l'opposition tchadienne à mener d'activités depuis le côté soudanais de la frontière avec le Tchad. Le gouvernement tchadien a accusé la force aérienne soudanaise d'avoir bombardé vendredi quatre villages tchadiens dans la zone frontalière, détruisant des maisons et semant la panique parmi les habitants. "Face à cette escalade d'agression soudanaise, toutes les mesures nécessaires ont été prises pour permettre aux forces de défense d'assumer leurs responsabilités", a souligné un porte- parole du gouvernement tchadien dans un communiqué.
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Nouveau raid meurtrier dans un village du Sud-Soudan
L'Express avec Reuters, 28 octobre 2006
Cinq personnes au moins ont été tuées dans un raid lancé contre un village du Sud-Soudan, théâtre d'une série d'attaques qui terrorisent les populations civiles et entravent l'acheminement de l'aide humanitaire.
La dernière attaque en date s'est produite jeudi dans le village de Garbo, situé sur les bords du Nil, à proximité de la capitale provinciale du Sud-Souda, Juba. C'est dans ce secteur que se concentrent depuis dix jours des attaques quasi quotidiennes contre des civils. D'après les représentants de l'Onu à Juba, il est difficile d'identifier les auteurs de ces raids, d'autant que les armes en circulation sont légion dans le Sud du Soudan, où la guerre civile ne s'est achevée qu'en janvier 2005 après deux décennies d'affrontements. L'ex-Armée de libération du peuple du Soudan (SPLA), qui forme aujourd'hui l'armée officielle du Sud-Soudan autonome, a annoncé avoir arrêté 15 militaires des Forces armées soudanaises (du nord) soupçonnés d'avoir participé à certaines de ces attaques. A Garbo, les habitants affirment eux avoir été pris pour cible par des rebelles ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA). "Ils ne parlaient ni arabe, ni anglais, mais une langue, le swahili (ndlr, d'usage fréquent dans le nord ougandais) je pense. C'était des Tonga Tonga (ndlr, rebelles de la LRA )", a déclaré une femme dont le mari a été tué dans le raid. |
Annan rencontre son émissaire expulsé du Soudan
Le Monde avec l'A. F. P., 27 octobre 2006
Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a rencontré jeudi Jan Pronk émissaire spécial de l'ONU au Soudan qui vient d'être expulsé de ce pays pour avoir critiqué les agissements de l'armée soudanaise au Darfour. "Pour nous jusqu'à présent son statut reste inchangé, il reste l'envoyé spécial du secrétaire général, qui a été rappelé pour consultations", a souligné Stéphane Dujarric, porte-parole de l'ONU, ajoutant que MM. Annan et Pronk qui se sont rencontrés jeudi matin pour étudier la situation et devrait se revoir plus tard dans la journée ou vendredi. Le gouvernement soudanais a ordonné dimanche l'expulsion sous trois jours de M. Pronk, qui a quitté lundi le Soudan. Khartoum lui a reproché d'avoir affirmé que l'armée soudanaise avait subi des revers au Darfour, la région ouest du Soudan en proie à un conflit meurtrier depuis début 2003. Les propos de M. Dujarric contredisent ceux prononcés plus tôt jeudi par le représentant soudanais à l'ONU Abdalmahmood Mohamed: "Pour nous M. Pronk c'est de l'histoire ancienne. Il a abusé de son autorité, de son mandat... il a perdu son impartialité et son intégrité et est devenu une partie du problème plutôt qu'une partie de la solution", avait-il dit. Le Soudan a affirmé jeudi que l'expulsion de l'émissaire des Nations unies était "irrévocable". Dans une lettre, le ministre des Affaires étrangères du Soudan, Lam Akol, a demandé à M. Annan de nommer un nouveau représentant. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice s'est accordée mercredi avec M. Annan de la nécessité de renvoyer un émissaire de l'ONU au Soudan, mais pas forcément M. Pronk, selon le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack. L'armée soudanaise avait vivement protesté vendredi contre des propos de M. Pronk, selon lequel elle avait subi des revers au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie depuis début 2003 à un conflit entre une rébellion locale et l'armée aidée des milices janjawid. L'armée semble également avoir été rendue furieuse par une affirmation de M. Pronk selon laquelle elle aurait l'intention de lancer une contre-offensive contre les rebelles après les fêtes de l'Aid al-fitr, le mois de jeûne musulman du ramadan, célébrées depuis lundi au Soudan. Selon l'ONU, au moins 200.000 personnes ont péri en raison de la guerre et de ses conséquences humanitaires. Le Conseil de sécurité a décidé le 31 août l'envoi de casques bleus, quelques 17.000 soldats et 3.000 policiers, pour prendre la relève de la force de l'Union africaine (UA) au Darfour, sous-financée et mal équipée, mais le président soudanais s'y oppose. |
A New York, Jan Pronk regrette que le gouvernement du Soudan continue de rechercher une solution militaire au Darfour
Nations Unies, 27 octobre 2006
A l'issue de consultations avec le Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, Jan Pronk, a déploré aujourd'hui le fait que le gouvernement du Soudan continuait de bombarder la région du Darfour et de rechercher une solution militaire à la crise, malgré la signature d'un accord de paix. Trois jours après que le gouvernement soudanais a demandé l'expulsion de Jan Pronk, suite aux remarques formulées sur l'armée soudanaise, le Représentant du Secrétaire général a insisté de nouveau sur le fait qu'une solution militaire n'existait pas au Darfour. « Ce qu'il faut c'est une mission de maintien de la paix qui puisse faire deux choses : assister les populations, mais aussi respecter la souveraineté du Soudan. Et cela, seul l'ONU peut le faire », a-t-il affirmé, lors d'une rencontre avec la presse, au siège de l'ONU à New York. Retransmission de l'intervention de Jan Pronk et de Jean-Marie Guéhenno : « J'ai expliqué au Conseil de sécurité que les mouvements rebelles m'avaient promis, après de nombreuses discussions, d'arrêter d'attaquer les troupes gouvernementales », a rapporté Jan Pronk. « Toutefois, le gouvernement a continué d'attaquer les groupes qui n'étaient pas signataires de l'accord d'Abuja, et je suis parvenu à la conclusion, que j'ai transmise au Conseil, que malgré la signature de l'accord de paix global, y compris de l'accord de cessez-le-feu, le gouvernement soudanais continue de recherche une solution militaire », a-t-il affirmé. Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, qui a pris la parole aux côtés de Jan Pronk a rappelé lui aussi qu'il n'y avait pas de solution militaire à la crise. « Aucune force militaire ne pourra apporter à elle seule la paix au Darfour », a-t-il insisté. C'est pourquoi, selon le Secrétaire général adjoint, un processus politique doit accompagner la force de l'Union africaine (UA) déployée sur le terrain depuis 2004. Jean-Marie Guéhenno a indiqué qu'il avait exposé au Conseil de sécurité l'ensemble des mesures proposées par les Nations Unies pour soutenir la Mission de l'UA au Soudan (MUAS). Le chef du maintien de la paix s'est par ailleurs dit « très préoccupé » par la détérioration de la situation au Tchad et en République centrafricaine au regard des récents incidents.
« Les chiffres parlent d'eux-mêmes : plus de 200 000 réfugiés et 50 000 déplacés internes », a-t-il souligné. Jean-Marie Guéhenno a annoncé qu'une mission d'évaluation allait être envoyée sur le terrain pour étudier les options qui pourraient être envisagée pour éviter que la crise au Darfour ne se propage pas en une nouvelle tragédie au Tchad et en République centrafricaine. Le Secrétaire général adjoint a enfin tenu a dire que tous les membres du Conseil rendaient hommage « au courage » de Jan Pronk, à « son engagement pour le Soudan et pour la paix au Soudan ». Le président du Conseil de sécurité pour le mois d'octobre, l'ambassadeur du Japon Kenzo Oshima, a également rendu hommage au « travail incroyable » que Jan Pronk a effectué au Soudan dans « des conditions extrêmement difficiles ». Il a souligné que « des commentaires avaient été faits sur la franchise de Jan Pronk, mais que dans une situation comme le Darfour, où des centaines de milliers de gens ont péri et que des millions souffrent, les membres du Conseil ont convenu que cette franchise ne pouvait que venir d'une personne d'une grande conviction ». Kenzo Oshima a aussi souligné que le Conseil n'avait pas estimé que Jan Pronk avait outrepassé son mandat. L'ambassadeur japonais a également fait savoir que le Conseil
regrettait les décisions prises par le gouvernement soudanais
relatives à l'expulsion du Représentant du Secrétaire
général. Le Secrétaire général a confirmé que son Représentant spécial pour le Soudan continuerait de servir jusqu'à la fin de l'année, c'est-à-dire jusqu'à l'expiration de son contrat, et qu'il continuerait de bénéficier de sa « pleine confiance ». Le président du Conseil a enfin fait savoir que le Conseil tiendra lundi des consultations sur les conséquences du conflit au Darfour en République centrafricaine, face à la détérioration de la situation dans le pays. Interrogé sur le contenu de son blog sur Internet, Jan Pronk a clairement expliqué qu'il avait «toujours eu sa liberté de parole » et que toutes les parties avaient toujours loué le fait que son discours ne variait pas selon ses interlocuteurs. « En tant que diplomate et politicien, j'ai toujours respecté la confidentialité. Ce qui varie, ce sont les médias que j'emploie : interviews, conférences de presse. La question n'est pas le média mais le contenu », a-t-il affirmé. « Ce qui compte c'est de faire ressortir les faits sur le terrain et de les faire connaître. Or personne n'a été sur le terrain autant que moi, de façon aussi intensive et pour aussi longtemps», a-t-il souligné. L'Envoyé de l'ONU a souligné que malgré les allégations du gouvernement soudanais, il n'avait jamais eu l'intention d'insulter l'armée. Il a au contraire expliqué que les informations parues dans la presse soudanaises sur «le faible moral de l'armée » ou « les revers essuyés » avaient eu pour conséquence un renforcement des troupes au Darfour, grâce à des renforts en provenance du Sud du pays, notamment de nouvelles milices Janjawid. Or, a dit Jan Pronk, « j'ai toujours dit que l'armée soudanaise était une véritable armée, disciplinée, à la différence des paramilitaires et des Janjawids qui sont incontrôlables et qui ne feront qu'empirer la situation ». «J'ai dit au Conseil de sécurité que lorsque l'on vole des chameaux aux Janjawids, ils tuent des nourrissons en représailles », a-t-il ajouté. Interrogé enfin sur l'annonce faite aujourd'hui par le Secrétaire général du maintien de son mandat jusqu'à la fin de l'année mais pas au-delà, le Représentant spécial a souligné qu'il avait déjà dit à Kofi Annan en juillet qu'il ne souhaitait pas être renouvelé au-delà de son mandat actuel qui expire en décembre (dépêche du 27.10.2006). Depuis février 2003, la guerre civile au Darfour a fait au moins 200.000 morts et plus de 2 millions de déplacés. Le Conseil de sécurité a autorisé le 31 août le déploiement au Darfour d'une force des Nations Unies, qui pourrait compter jusqu'à 17 300 soldats et qui serait chargée de relayer la MUAS , invitant le gouvernement soudanais à consentir à un tel déploiement. Le Soudan s'y oppose toujours, ne donnant son accord qu'à un renforcement de l'appui à la MUAS , dépêche du 6.10.2006. |
Offensive rebelle au Tchad, en provenance du Soudan
Le Figaro, par Adrien Jaulmès, le 26 octobre 2006
Les rebelles tchadiens ont lancé un raid en direction de N'Djamena.
Un nouveau mouvement rebelle tchadien est passé à l'offensive. Aussitôt après l'annonce de sa création dimanche dernier, l'UFDD (Union des forces pour la démocratie et le développement), qui rassemble plusieurs groupes hostiles au président Idriss Deby Itno, a lancé en direction de N'Djamena un de ces rezzous automobiles qui ne cessent de rythmer l'histoire du pays. La colonne, qui serait composée d'environ 800 hommes et de 70 véhicules tout-terrain, est partie du Darfour, au Soudan, où les rebelles entretiennent des bases. Elle s'est emparée des bourgades de Goz-Beïda et Am Timam, au sud-est du Tchad. Elle avait atteint avant-hier Mongo, ville située à quelque 500 kilomètres de N'Djamena et première position tenue par l'armée tchadienne. Hier, aucun accrochage n'a été signalé entre l'UFDD et l'armée.
Rendre la politesse à son voisin
Le président de l'UFDD, le général Mahamat Nouri, a affirmé hier vouloir « attaquer des objectifs ciblés » et les « forces ennemies » . Son « objectif final » reste néanmoins N'Djamena et « le renversement du régime » . Son mouvement, l'Union des forces pour le progrès et la démocratie (UFPD), vient de fusionner avec le Conseil démocratique révolutionnaire (CDR), une rébellion historique du Tchad, dirigé par Acheikh Ibn Oumar, un ancien ministre d'Hissène Habré, et avec une branche dissidente du Front uni pour le changement (Fuc), qui avait en avril dernier manqué de peu de renverser le régime tchadien, au terme d'un raid qui l'avait mené aux portes de N'Djamena. Le Tchad a accusé hier le Soudan de soutenir les rebelles, trois mois après la normalisation des relations entre les deux pays, rompues après la précédente tentative de renverser le régime de N'Djamena en avril. Les deux pays soutiennent chacun des mouvements rebelles sur le territoire de leur voisin. Le ministre tchadien des Affaires étrangères Ahmat Allami a affirmé que le tir par les rebelles d'un missile sol-air sur un avion militaire français, lundi dernier, constituait une preuve du soutien de Khartoum. « Ces rebelles sont entrés au Tchad à partir du Soudan et ils n'ont pu se procurer ce type d'équipement militaire qu'au vu et au su des autorités soudanaises. » Des revers subis au début du mois d'octobre par l'armée soudanaise face à une rébellion du nord du Darfour bénéficiant de l'actif soutien d'une partie de l'armée tchadienne ont pu inciter Karthoum à rendre la politesse à son voisin, et à réactiver les mouvements rebelles du Ouaddaï. Cette nouvelle rébellion constitue une menace réelle pour le régime tchadien, notamment en raison du charisme et de l'expérience du général Nouri. Ancien ministre de la Défense tchadien et ambassadeur en Arabie saoudite avant sa défection en mai dernier, il appartient à l'ethnie gorane, ce qui fait de lui un successeur potentiel beaucoup plus crédible que les autres chefs rebelles. Aucune personnalité n'avait jusqu'à présent émergé des nombreux mouvements rebelles tchadiens avec une envergure suffisante pour se mesurer à Idriss Deby Itno. Le président tchadien, arrivé lui-même au pouvoir en 1990 au terme d'un raid lancé depuis le Darfour, a jusqu'à présent résisté à toutes les tentatives de déstabilisation avec une énergie et une chance peu ordinaires. |
Des rebelles venus du Darfour lancent des attaques au Tchad, sans menacer N'Djamena
Le Monde, Nairobi, 26 octobre 2006
Au Tchad, la rébellion est une activité de nature saisonnière. Alors que prend fin la saison des pluies, qui avait rendu impraticables les pistes, un nouveau groupe de rebelles tenait, mercredi matin 25 octobre, une zone triangulaire dans le sud-ouest du pays, après avoir lancé une attaque trois jours plus tôt. Partis du territoire soudanais, où se trouvent leurs bases arrière, les hommes de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) ont fait leur apparition au Tchad, dimanche, au moment même où ils rendaient publique l'existence de leur mouvement, une coalition dirigée par le général Mahamat Nouri. Celui-ci, ancien pilier du régime de l'ex-président Hissène Habré, avait rejoint, en mai, la galaxie des mouvements rebelles tchadiens basés au Soudan, au moment de la réélection contestée du président Idriss Déby. Selon des informations concordantes, les hommes de l'UFDD, scindés en plusieurs groupes, se trouvaient, mercredi matin, dans les environs d'Am Timan. Au cours des jours précédents, ils avaient fait route depuis le Darfour, dans l'ouest du Soudan, passant par le nord incontrôlé de la Centrafrique pour entrer au Tchad. Dimanche, ils étaient entrés dans Goz Beïda sans combattre, avant de poursuivre leur route à bord d'une cinquantaine de véhicules vers Am Timan, à 600 kilomètres de N'Djamena.
"Futures négociations"
C'était, à peu de choses près, l'itinéraire de la colonne d'un autre chef rebelle, Nour, qui avait tenté en avril, avant les pluies, de foncer à tombeau ouvert depuis l'Est jusqu'à N'Djamena pour tenter d'y prendre le pouvoir à la hussarde. La poussée des rebelles de l'UFDD s'est finalement arrêtée avant d'atteindre Mongo, première ville défendue par l'armée tchadienne sur sa route. Mercredi, aucun accrochage sérieux n'était signalé entre l'armée et les rebelles. La veille, un avion de reconnaissance français Breguet-Atlantique a été l'objet d'un tir de missile sol-air, alors qu'il survolait les positions des rebelles de l'UFDD, sans être touché. Les rebelles pourraient choisir de rebrousser chemin et se replier en direction d'Haraze Mangueigne. Dans l'immédiat, la capitale ne semble donc pas menacée. Adoum Yacoub, l'un des membres de l'UFDD, estime qu'il serait "suicidaire" de pousser jusqu'à N'Djamena. Un autre responsable rebelle, Timane Erdimi, chef du Rassemblement des forces démocratiques (RAFD), dont les troupes, basées à la frontière tchado-soudanaise, ont infligé en septembre une défaite à l'armée tchadienne, se désole : "Nous devions avoir une réunion avec Mahamat Nouri pour fonder une alliance, mais il a décidé de faire cavalier seul." Résumant le sentiment général, un observateur affirme : "Mahamat Nouri a fait un tour qui lui a permis de se faire connaître et de gagner du poids dans de futures négociations interrebelles au Darfour." L'armée soudanaise vient récemment de se voir infliger deux défaites par les rebelles du National Redemption Front (NRF), coalition de combattants du Darfour qui ont des bases arrière au Tchad. Tandis que le Tchad appuie le NRF, Khartoum soutient les rebelles tchadiens. Le pouvoir soudanais tente également de paralyser le déploiement d'une force des Nations unies au Darfour, alors qu'une attaque de ses troupes est jugée "imminente" par une source onusienne. La mission de l'ONU à Khartoum, quant à elle, est paralysée par la demande d'expulsion de son chef, Jan Pronk, déclaré persona non grata par le gouvernement soudanais, dimanche, et qui se trouve depuis lundi à New York pour des consultations.
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La Chine estime que les opérations de maintien de la paix de l'Onu doivent être approuvées par le gouvernement soudanais
Xinhuanet, 26 octobre 2006
La Chine soutient les troupes de l'Onu en remplacement des forces de maintien de la paix de l'Union africaine (UA) dans la région du Darfour au Soudan et est convaincue que les opérations de maintien de la paix doivent être approuvées par le gouvernement soudanais, a déclaré jeudi Liu Jianchao, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. La Chine est préoccupée par la situation instable dans certaines régions soudanaises et sur la récente condition du peuple soudanais, a indiqué Liu. La Chine a toujours joué un rôle positif dans les discussions au sein de l'Onu sur le dossier du Soudan et la Chine soutient l'Onu à jouer un plus grand rôle dans le problème du Darfour, a fait savoir Liu. Le gouvernement soudanais se soucie du remplacement des forces de maintien de la paix par des troupes de l'Onu. La communauté internationale doit traiter ce problème de manière appropriée, a indiqué le porte-parole. "Nous avons essayé de persuader le gouvernement soudanais d'adopter une attitude flexible envers cette question", a poursuivi Liu. Le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté une résolution le 31 août appelant au déploiement de 20 000 soldats internationaux de maintien de la paix pour remplacer 7 800 effectifs de l'UA au Darfour. Cependant, le gouvernement soudanais a rejeté ce transfert de mission, estimant qu'il s'agissait d'une violation de la souveraineté du Soudan et d'un effort de l'Occident pour recoloniser ce pays producteur pétrolier en Afrique. Fin |
Le Soudan ouvert aux forces de l'UA mais contre les troupes onusiennes (président)
Jeune Afrique, 25 octobre 2006
Le Soudan n'est pas contre l'augmentation du nombre des troupes de l'Union africaine (UA) dans la région du Darfour en proie aux troubles, mais s'oppose toujours à la présence des troupes de l'ONU, a déclaré le président soudanais Omar al-Béchir. Les troupes étrangères imposées par les Nations Unies au Darfour pourraient conduire à une situation dans laquelle "ces troupes feraient l'objet d'attaques et seraient une partie du conflit au lieu de la solution", a indiqué le président soudanais dans un entretien publié mercredi dans le journal britannique The Guardian Par ailleurs, il a exhorté la Grande-Bretagne et les Etats-Unis à cesser "d'exercer une pression (sur le Soudan) de la manière actuelle -- sur le mauvais parti et à un mauvais moment". Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une résolution le 31 août dernier appelant au déploiement de plus de 20.000 soldats de la paix afin de remplacer les 7.800 soldats de l'UA au Darfour. Or le gouvernement soudanais a rejeté ce transfert, déclarant qu'il s'agissait d'une violation de la souveraineté du Soudan et d'un effort de l'Occident pour recoloniser le pays africain riche en ressources pétrolières. |
Darfour : le Soudan s'en prend à l'ONU
Le figaro, par P. de Saint-Exupéry avec l'A.F.P. 24 octobre 2006
Depuis 2004, Jan Pronk, représentant de Kofi Annan, dénonçait les crimes commis au Darfour. Khartoum l'a expulsé.
L'armée soudanaise, principal pilier d'un pouvoir occupé depuis plus de trois ans à furieusement mater les rébellions du Darfour, ne supporte pas la critique. Pour s'être livré à cet exercice, l'émissaire des Nations unies au Soudan, Jan Pronk, s'est vu désigner la porte de sortie : « Il a jusqu'à mercredi midi pour partir » , a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Le représentant de Kofi Annan a quitté le Soudan dès hier. Âgé de 66 ans, Jan Pronk avait été nommé émissaire spécial de l'ONU en 2004. Une intervention de sa part la semaine dernière, franche et directe, sur son blog personnel hébergé sur un site Internet de l'ONU, lui a valu son expulsion. Dans son propos, Jan Pronk annonçait que les forces soudanaises avaient « perdu au Darfour deux combats majeurs : à Oum Sidir le mois dernier et à Kerekaya cette semaine » . Il dressait également un bilan : « Les pertes semblent très lourdes, des informations faisant état de centaines de victimes dans chacune des batailles, de nombreux soldats blessés et de nombreux autres faits prisonniers. » Et faisait état du faible moral des soldats : « Quelques généraux ont été renvoyés et des soldats ont refusé de se battre. » L'émissaire onusien allait plus loin en accusant l'armée de tenter de mobiliser des milices liées aux djandjawid, les guerriers pro-gouvernementaux accusés d'exactions contre les populations du Darfour : « Le recours à des milices liées aux djandjawid , notait Pronk, rappelle les événements de 2003 et 2004, période du conflit à laquelle les attaques systématiques de miliciens soutenus ou du moins autorisés par les forces armées soudanaises ont conduit à des crimes atroces » . Ces propos, non démentis sur le fond par les autorités, ont déclenché la colère de l'armée soudanaise. Elle a accusé l'émissaire de Kofi Annan de vouloir saper le moral des troupes en « semant le doute sur la capacité des forces armées soudanaises à protéger le peuple et à défendre l'État » . Une délégation de généraux, reçus en audience par le président Omar el-Béchir, a exigé l'expulsion de Jan Pronk, aussitôt accordée.
Politique d'obstruction
La décision a soulevé de nombreuses protestations. Un dirigeant rebelle au Soudan a noté que Khartoum ne veut tolérer « aucune voix libre » . Un responsable du SPLM, l'ancienne guérilla du Sud Soudan, a affirmé que « cette mauvaise décision va aggraver la situation au Darfour » . Paris a déclaré « regretter l'attitude du gouvernement soudanais » . Bruxelles s'est déclaré « très préoccupé » . Le 31 août, le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé l'envoi d'une force d'environ 17 000 Casques bleus et 3 000 policiers pour prendre la relève de la Mission de l'Union africaine (Amis) au Darfour. De cette date, Khartoum s'est lancé dans une politique d'obstruction et a multiplié les actes de défiance envers l'ONU. Depuis le début du conflit du Darfour en février 2003, au moins 200 000 personnes ont péri des effets de la famine, des combats ou de la maladie. |
Khartoum ordonne l'expulsion de l'envoyé spécial des Nations unies
Le Monde, 24 octobre 2006 New York, Nations Unies, Philippe Bolopion et Jean-Philippe Rémy
Après des semaines de tension entre les Nations unies et le Soudan, la crise est ouverte. Dimanche 22 octobre, les autorités soudanaises ont officiellement demandé à Jan Pronk, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Soudan, de quitter leur pays dans un délai de soixante-douze heures. Cette expulsion, en suspens depuis plusieurs jours, a été déclenchée par un texte de Jan Pronk, publié le 14 octobre sur son blog personnel, dans lequel il mettait en cause le "moral" de l'armée soudanaise, "au plus bas" après "deux défaites majeures" face aux rebelles du Darfour, défaites qui avaient entraîné, révélait-il, le limogeage de généraux. Dans un premier temps, des responsables militaires ont annoncé, vendredi, que Jan Pronk était désormais persona non grata au Soudan, et exigé des excuses de sa part. Pour valider leur décision, des officiers supérieurs ont été reçus pendant le week-end par le président Omar Al-Bachir et ont obtenu son accord pour officialiser l'expulsion de Jan Pronk, communiquée dimanche aux Nations unies. Cette mesure exceptionnelle intervient alors que la Mission des Nations unies au Soudan (Minus) subit de fortes pressions de Khartoum depuis des mois, tout spécialement depuis que le Conseil de sécurité de l'ONU a voté, le 31 août, une résolution autorisant une extension de la force de maintien de la paix au Darfour, à laquelle le Soudan s'oppose. Depuis, deux membres de la Minus ont été déclarés persona non grata et expulsés. L'un était en charge de la protection des enfants, en lien avec la question des enfants-soldats, l'autre des droits de l'homme.
Relations orageuses
Au lieu de condamner immédiatement l'ordre d'expulsion de son représentant spécial, l'ONU a adopté une position ambiguë. Son porte-parole, Stéphane Dujarric, a affirmé que "Kofi Annan étudie la lettre" du gouvernement soudanais à ce sujet, précisant qu'il avait été demandé à Jan Pronk de venir à New York "pour des consultations" . L'ONU est dans l'embarras en raison de la personnalité de Jan Pronk. Capable d'adopter des positions différentes de celles du secrétaire général, l'ex-ministre de l'environnement des Pays-Bas entretenait jusque-là des relations aussi orageuses avec les autorités soudanaises qu'avec la hiérarchie onusienne et le corps diplomatique, généralement outrés par ses déclarations à l'emporte-pièce dans des dossiers sensibles. Reste que le moment est mal venu pour régler ces comptes. "En le désavouant maintenant, on ne ferait que renforcer les Soudanais" , admet un responsable onusien. Lors de son dernier passage à New York, il y a trois semaines, Kofi Annan avait "recadré" son envoyé, selon une source diplomatique, en lui "rappelant que c'est New York qui fixe la ligne" . Jan Pronk n'avait tenu aucun compte de ces mises en garde, passant la ligne rouge le 14 octobre avec un nouveau texte explosif sur son blog, songeant peut-être qu' "il valait mieux quitter le Soudan en martyr que d'assumer l'échec en cours au Darfour" , selon une source onusienne. Mais l'expulsion de Jan Pronk n'est qu'un des effets d'un durcissement de Khartoum. Les "pragmatiques" au sein du pouvoir, soucieux de maintenir le dialogue du Soudan avec ses différents interlocuteurs, ont été écartés au profit de responsables de l'armée et des services de sécurité adeptes d'une solution militaire au Darfour. Des renforts et du matériel militaire continuent d'être acheminés dans l'ouest en vue d'une offensive contre les rebelles. |
Le président soudanais appelle la population du Darfour à poursuivre le dialogue
Jeune Afrique avec Xinhuanet, 24 octobre 2006
Le président soudanais Omar al-Béchir a appelé mardi la population de la région du Darfour, dans l'ouest du Soudan, à poursuivre le dialogue, évoquant des mains invisibles qui interfèrent et gênent le processus de paix dans la région. Dans une adresse à la nation à l'occasion de la fête musulmane de l'Aïd, le président soudanais a observé que l'Accord de paix au Darfour, signé entre le gouvernement et une importante faction rebelle en mai "s'est révélée comme la base pour le processus de construction de la paix qui ramènera le Darfour à sa situation passée" Il a ajouté qu'il ne laisserait pas les souffrances de la population du Darfour servir de prétexte à une intervention étrangère et de sujet à des médias hostiles. M. al-Béchir a réitéré que tous les efforts seraient déployés pour convaincre toutes les parties de rejoindre l'accord de paix, et pour presser la communauté internationale et les donateurs de tenir les engagements qu'ils ont pris sur le Darfour. Le gouvernement soudanais travaille à fournir des services essentiels aux personnes déplacées et aux réfugiés pour qu'ils retournent dans leur village, a-t-il dit. Par ailleurs, le président soudanais a déclaré que l'Accord de paix de l'est du Soudan, signé par le gouvernement et les rebelles du Front est en début de ce mois, "est venu pendant le mois saint du Ramadan compléter le processus de paix dans tout le pays". Il a appelé la population de l'est du Soudan à adhérer au contenu de l'accord et à le protéger. |
Le Soudan expulse l'émissaire spécial des Nations unies
Khartoum a décidé d'expulser Jan Pronk, qui avait écrit sur son blog que l'armée soudanaise avait subi deux défaites et faisait à nouveau appel aux milices djandjawides
La Croix , par Jean-Christophe Ploquin, 23 octobre 2006
Le Soudan a pris dimanche 22 octobre la décision d'expulser le représentant de l'ONU au Soudan, Jan Pronk, qui avait affirmé que les forces armées avaient subi des revers au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie à une guerre civile. « Ces déclarations ne sont pas compatibles avec son mandat de représentant du secrétaire général de l'ONU », Kofi Annan, a affirmé un porte-parole du ministère des affaires étrangères qui a donné trois jours au diplomate pour quitter le pays. L'armée soudanaise avait dès vendredi 20 octobre demandé le départ de Jan Pronk, l'accusant d'ingérence et de menacer la sécurité nationale. La présence et les déplacements de Jan Pronk au Soudan constituent « une menace militaire qui affecte de manière négative les performances des forces armées, et il est par conséquent devenu persona non grata » dans le pays, avait-elle affirmé dans un communiqué. Elle l'accusait d'avoir lancé « une guerre psychologique contre l'armée soudanaise en disséminant des informations malavisées qui jettent le doute sur la capacité des forces armées à maintenir la sécurité et défendre la nation ». Jan Pronk, ancien diplomate néerlandais, avait écrit
le 14 octobre sur son blog personnel (www.janpronk.nl) que les forces
soudanaises avaient « perdu au Darfour deux combats majeurs : à Oum
Sidir le mois dernier et à Kerakaya cette semaine ». Il
avait ajouté que le moral des soldats était bas et disait
craindre une mobilisation des milices djandjawides contre les rebelles
du Darfour, où pas moins de 200 000 personnes ont péri,
selon l'ONU, depuis le début du conflit en 2003.
"Le recours aux milices rappelle les événement de 2003 et 2004"
Un expert militaire soudanais, interrogé sur ces déclarations
par l'agence officielle Suna, a estimé que les propos de Jan
Pronk allaient dans le sens des pressions occidentales pour imposer
des casques bleus au Darfour. Le président Omar Al Béchir
continue en effet de s'opposer à une telle force, alors que
le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 31
août la résolution 1706 qui prévoit l'envoi d'environ
17 000 soldats et 3 000 policiers pour prendre la relève des
troupes africaines au Darfour, mal équipées et sans ressources
financières.
"Pression internationale maximale"
La Grande-Bretagne estime que le moment est venu d'exercer « une pression internationale maximale » sur Khartoum. L'un des secrétaires d'État du ministère des affaires étrangères britannique, David Triesman, était à Paris vendredi pour discuter de ce dossier avec les autorités françaises. « Les milices sont de plus en plus violentes, a-t-il souligné devant quelques journalistes. Le gouvernement a brisé son propre cessez-le-feu. Or nous ne pouvons pas laisser faire un autre Rwanda. » Londres propose de convaincre Omar Al Béchir par une stratégie de la carotte et du bâton. Si Khartoum accepte le déploiement d'une force de l'ONU et agit conformément aux accords d'Abuja signés en mai dernier, la communauté internationale envisagerait une normalisation des relations avec le Soudan, un renforcement des échanges commerciaux et la possibilité d'une annulation de sa dette, explique David Triesman. Dans le cas contraire, des options telles qu'un blocus naval du Soudan ou une interdiction de survol du Darfour par l'aviation soudanaise sont discutés à Londres et à Washington. Ces dernières semaines, des hélicoptères d'attaque et des bombardiers ont été utilisés par l'armée soudanaise. « Aujourd'hui, il s'agit de convaincre Béchir de faire le bon choix, résume David Triesman. Mais je suis très préoccupé. Il y a de fortes chances pour que la situation empire. » L'expulsion de Jan Pronk va en tout cas rendre encore plus difficile la connaissance de la situation sur le terrain.
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Le Soudan ordonne l'expulsion sous trois jours du représentant de l'ONU
Agence France Presse, Khartoum, 22 octobre 2006
Le gouvernement soudanais a ordonné dimanche l'expulsion sous trois jours du représentant de l'ONU à Khartoum, Jan Pronk, décision confirmée par l'ONU et immédiatement dénoncée par le gouvernement du Sud-Soudan. A New York, le porte-parole de Kofi Annan, Stéphane Dujarric a confirmé que le Soudan avait réclamé le départ de l'envoyé spécial de l'ONU. "Le secrétaire général a reçu ce matin une lettre du gouvernement soudanais demandant de rappeler son envoyé spécial au Soudan, Jan Pronk", a déclaré M. Dujarric dans un communiqué. "Le secrétaire général étudie la lettre et a demandé à M. Pronk de venir à New York pour des consultations", a ajouté le porte-parole. A Londres, le secrétaire d'Etat britannique aux Affaires étrangères chargé de l'Afrique, Lord David Triesman a déclaré que "le gouvernement britannique condamne la décision d'expulser l'envoyé spécial représentant le secrétaire général de l'Onu au Soudan". "Cette décision est contre-productive et ne contribuera en rien à résoudre les problèmes du Soudan. Je demande au gouvernement soudanais de reconsidérer sa décision", a-t-il ajouté. A Juba, le porte-parole du gouvernement autonome du Sud-Soudan a qualifié l'expulsion de M. Pronk de "mauvaise décision" qui ne va pas améliorer les relations avec la communauté internationale concernant le conflit du Darfour. "Le ministère soudanais des Affaires étrangères a donné 72 heures à M. Pronk pour quitter le pays", avait annoncé auparavant l'agence officielle SUNA. Le gouvernement soudanais avait vivement protesté vendredi contre des propos de M. Pronk pour qui les forces armées avaient subi des revers au Darfour, la région ouest du Soudan en proie à un conflit meurtrier depuis début 2003. Critiquant les dernières déclarations de M. Pronk, dont les relations avec le régime du président Omar al-Béchir étaient très dégradées, le ministère des Affaires étrangères les avait jugées "pas compatibles avec son mandat". Pour sa part, l'armée soudanaise avait estimé que M. Pronk devait être déclaré persona non grata pour s'être "ouvertement ingéré dans les affaires des forces armées". Il avait déclaré dans son blog le 14 octobre que les forces armées soudanaises avaient "perdu au Darfour deux combats majeurs : à Oum Sidir le mois dernier et à Kerakaya cette semaine". Il avait ajouté que le moral des soldats était bas et dit craindre une mobilisation des milices contre les rebelles au Darfour où pas moins de 200.000 personnes ont péri, selon l'ONU, depuis le début du conflit en 2003. Depuis Juba, le porte-parole du gouvernement autonome du Sud-Soudan, Yasser Arman, interrogé par l'AFP, a dénoncé la décision du gouvernement central. L'expulsion de Jan Pronk est "une mauvaise décision qui rapproche le Soudan encore davantage d'une confrontation avec la communauté internationale" sur la question du Darfour a-t-il déclaré. Selon M. Arman, cette expulsion peut aggraver la situation dans la province occidentale du Darfour et mettre en danger l'administration fédérale mise en place en 2005 à la suite d'un accord entre le Parti du Congrès national du général Omar el-Bachir et les anciens rebelles sudistes regroupés dans le Mouvement/Armée populaire de Libération du Soudan. "Expulser Jan Pronk ne résoudra pas le problème d'aujourd'hui, à savoir le Darfour", a déclaré M. Arman". Le président Béchir continue de s'opposer à la communauté internationale qui souhaite l'envoi d'une force onusienne dans cette région grande comme la France , où vivent 7 millions de personnes. Accusé de soutenir les janjawid, des miliciens arabes responsables des violences contre les populations musulmanes d'ethnies noires, le régime soudanais accuse en retour les partisans d'une force de l'ONU de "visées impérialistes". Selon l'Onu, les combats avec les rebelles et la crise humanitaire ont fait 200.000 morts et quelque 2,5 millions de déplacés depuis le début du conflit en 2003. Au terme d'une visite infructueuse de l'émissaire américain au Soudan Andrew Natsios, pendant laquelle il n'a pu rencontrer le président Béchir, Washington s'était montrée prudente sur le différend avec M. Pronk. "M. Pronk est le représentant de l'ONU là-bas. Je suis convaincu qu'il va poursuivre sa tâche et assumer ses responsabilités", avait déclaré vendredi, le porte-parole du département d'état, Tom Casey. Jan Pronk, un diplomate néerlandais, est l'émissaire spécial de Kofi Annan depuis 2004. Agé de 66 ans, il avait été député et plusieurs fois ministre aux Pays-Bas, y compris jusqu'en 2002.
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Soudan: le gouvernement soutient les Janjawids, affirme un ancien milicien
Jeune Afrique avec l'AFP, 18 octobre 2006
Un ancien membre des Janjawids, les miliciens accusés de génocide contre les populations non-arabes au Darfour, a témoigné mercredi des exactions commises par ses anciens compagnons, encouragées selon lui par le gouvernement soudanais. S'exprimant sous le nom d'"Ali" pour la BBC et de "Dily" pour le Times, il est le premier à raconter, apparemment de l'intérieur, comment les soldats gouvernementaux ont formé et équipé les Janjawids, accusés de meurtres, viols et pillages contre les cultivateurs sédentaires d'origine africaine dans cette région de l'ouest du Soudan. "Les gens qui nous entraînaient venaient du nord, du gouvernement", a expliqué "Ali", qui cache son visage sous un turban traditionnel. Il est arrivé en août en Grande-Bretagne, où il a déposé une demande d'asile politique. "Ils nous donnaient des ordres et nous ont dit que quand nous serions entraînés, ils nous donneraient des armes et des munitions", poursuit-il, admettant avoir tué lui-même. En 2003, "Ali-Dily" a été poussé à abandonner son troupeau de dromadaires pour rejoindre les Janjawids par les anciens de son village, pressés en ce sens par le gouvernement. Les Janjawids étaient formés pour "le nettoyage ethnique", insiste "Ali-Dily". "Pourquoi (d'autre) voudriez-vous attaquer des villages, déplacer les gens et les tuer par milliers?". "Ils portaient les uniformes des militaires (gouvernementaux)", dit "Ali-Dily" des hommes chargés de le former. Il rapporte aussi qu'un "visiteur régulier et bien connu" était le (ex-) ministre soudanais de l'Intérieur (désormais ministre de la Défense ) Abdul Rahim Mohammed Hussein. "Les ordres venaient toujours du gouvernement", ajoute "Ali-Dily", qui se rappelle particulièrement l'attaque menée contre le village de Janga: "Les avions (du gouvernement) sont arrivés avant les Janjawids. Nous avons vu la fumée, le feu et nous sommes entrés." Il admet également que d'autres miliciens violaient les femmes des villages attaqués : "Oui, il y a de nombreux viols. Mais ils ne le font pas devant les autres. Ils emmènent la victime et la violent". "Cela confirme ce que plusieurs organisations des droits de l'Homme et l'Onu elle-même ont conclu : que le gouvernement soudanais a participé à organiser et à payer les Janjawids", a expliqué à l'AFP James Smith, le directeur d'Aegis Trust, l'organisation de défense des droits humains qui a retrouvé l'ancien milicien et affirme avoir vérifié son histoire. "Les opérations qu'il décrit ont clairement les caractères d'un génocide", ajoute M. Smith. "C'est la première fois que quelqu'un ayant fait défection des Janjawids se confesse publiquement." Ce témoignage contredit ainsi les assertions de Khartoum, qui dit "n'avoir rien à faire avec les Janjawids", souligne encore M. Smith, qui entend maintenant le porter à la connaissance de la Cour pénale internationale. Le régime soudanais et les Janjawids sont accusés par les Etats-Unis de génocide au Darfour, où les combats avec les rebelles et la crise humanitaire ont fait 200.000 morts et quelque 2,5 millions de déplacés depuis le début du conflit en 2003, selon l'Onu.
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L'Erythrée parraine la paix dans l'est du Soudan
Le Monde, par Jean-Philippe Rémy, 17 octobre 2006 Alors que le feu couve plus que jamais au Darfour, dans l'ouest du Soudan, un autre foyer vient d'être éteint dans l'est du pays. Après quatre mois de négociations sous l'égide de l'Erythrée voisine, Moussa Mohamed Ahmed, chef de la rébellion du Front de l'Est, a signé, samedi 14 octobre à Asmara, la capitale érythréenne, un accord de paix avec le pouvoir soudanais en présence du président Omar Al-Bachir, mettant fin à une décennie de guérilla dans la région orientale du Soudan.
Ainsi devrait prendre fin un conflit ouvert en 1995 lorsque le Beja Congress, parti historique soudanais fondé en 1958, avait pris les armes et mené des actions de guérilla contre le régime soudanais grâce à des bases arrière en Erythrée. Le Beja Congress avait fusionné en février 2005 avec les Rashaida Free Lions, un autre groupe de la région. Ensemble, ils avaient formé le Front de l'Est, et lançaient des attaques sporadiques, notamment, contre les pipelines acheminant le brut des champs pétrolifères du centre du pays vers les terminaux de Port-Soudan. Le Soudan et l'Erythrée se sont désormais trouvé plus de raisons de s'entendre que de maintenir entre eux une tension par rebelles interposés. Asmara, très isolé régionalement, en proie à des pénuries, a pu troquer son soutien contre des livraisons de pétrole et une nouvelle alliance avec Khartoum, qui pourrait se révéler précieuse si les tensions avec l'Ethiopie venaient à s'aggraver de nouveau. Le Soudan, de son côté, a accepté volontiers ce retournement érythréen qui promet de lui faciliter la tâche au Darfour. L'accord de paix avec le Front de l'Est, d'abord, évite à Khartoum d'avoir à faire face à un second front intérieur. Surtout, il constitue le laboratoire d'un projet plus ambitieux, visant à mettre fin, sous égide érythréenne, au conflit dans l'Ouest, qui a fait 200 000 victimes depuis 2003. La plupart des chefs rebelles du Darfour ayant eu pignon sur rue à Asmara au cours des dernières années, l'Erythée est à nouveau bien placée pour jouer le rôle de médiateur. Asmara travaille à l'organisation d'une conférence de réconciliation des factions rebelles du Darfour, dans le but de les amener à un accord avec Khartoum. En cas de succès, Khartoum verrait justifié son refus d'un déploiement de 20 000 casques bleus prévu par une résolution votée fin août par le Conseil de sécurité des Nations unies.
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Ouest France, par Jeanne Emmanuelle Hutin, 16 octobre 2006
Ils sont en danger, assassinés sous nos yeux. En trois ans, 300 000 personnes ont été tuées dans la région du Darfour, à l'ouest du Soudan. Deux millions et demi de survivants cherchent refuge. Leurs villages sont détruits. Leurs enfants enlevés, torturés, tués. Leurs femmes violées en si grand nombre qu'Amnesty International dénonce cette «arme de guerre». Même dans les camps, les réfugiés ne sont pas en sécurité: violences, faim, maladie. Quand les combats chassent les organisations humanitaires, alors ces réfugiés sont abandonnés sans défense. Les forces de l'Union africaine ne parviennent pas à les protéger! Depuis cet été, en dépit des accords de paix signés en mai, les attaques contre les habitants du Darfour n'ont cessé de s'intensifier. Et cela, à mesure que le Soudan déployait ses troupes: 6 000 soldats entre le 1 er août et le 30 septembre, 17 000 jusqu'au 31 décembre! Officiellement, ils participent au «plan du gouvernement soudanais visant à rétablir la stabilité et à protéger les civils » (1). En fait, quarante-cinq villages ont été attaqués depuis! Les Nations unies dénoncent ces massacres, «la volonté délibérée de s'en prendre aux civils venant des tribus d'origine africaine, [...] de provoquer des déplacements massifs ». Elles mettent en cause la responsabilité du gouvernement du Soudan. Amnesty International le confirme: « Les bombardements de l'armée soudanaise, suivis de raids massifs au sol par des milices soutenues par le gouvernement et les combats entre groupes rebelles ont fait un grand nombre de victimes. » Les organisations humanitaires sont aussi devenues une cible: douze travailleurs humanitaires ont été tués, des convois volés. 224 000 personnes sont coupées de l'aide du Programme alimentaire mondial. Le choléra s'étend. Les médecins ne peuvent soigner les malades ni enrayer l'épidémie. Les combats menacent là récolte: le Darfour est la crise alimentaire la plus urgente, déclare le Fonds alimentaire mondial.
Agir maintenant Prix Nobel de la paix, Desmond Tutu demande que des sanctions soient prises à l'encontre du Soudan. Cet État commet des crimes contre l'humanité (2). II viole les droits de l'homme et le droit humanitaire. II ne respecte pas l'embargo sur les armes (3). II refusé obstinément la venue de 20000 Casques bleus votée, le 31 août, par les Nations unies pour protéger la population. II gagne du temps, jouant sur les lenteurs et les divisions de la communauté internationale. Pendant ce temps, l'armée, les rebellés et les milices semblent unir leurs forcés, leurs armes et leur folie pour chasser éleveurs et cultivateurs du Darfour. Veulent-ils s'approprier ces terres riches en pétrole, en cuivre, en uranium? Se répartissent-ils déjà l'exploitation de ces richesses? Déjà, en 1983, la découverte du pétrole, au sud du Soudan, avait avivé les tensions ethniques et religieuses. Une guerre de dix-sept ans a coûté la vie à deux millions de personnes! Cela ne doit pas se reproduire, quelles que soient les puissances qui, pour bénéficier de ce pétrole, foulent aux pieds les résolutions des Nations unies. À commencer par la Chine , grand client du pétrole soudanais qui, bien que membre du Conseil de sécurité des Nations unies; a violé l'embargo sur les armes (3)! ' Voici un an, les Nations unies adoptaient « le devoir de protéger des populations contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l'humanité ». Elles se disaient prêtes à mener « une action collective résolue [...] lorsque [...] les autorités n'assurent manifestement pas la protection de leurs populations». C'est bien le cas du Soudan! II faut agir sans attendre: généraliser l'embargo sur les armes à tous les pays de la région qui continuent d'en vendre ou de les acheminer (Tchad, Érythrée, Libye...). Organiser, à partir des atouts français et américains de la région et avec l'appui de l'Otan, l'interdiction de survoler le Darfour (4). Obtenir le consentement du Tchad pour déployer, à la frontière du Soudan, une force de réaction rapide (4). Déployer les Casques bleus. Créer un espace humanitaire (5). Faire pression sur le Soudan, comme le recommande Kofi Annan. Demain, il sera trop tard. C'est maintenant qu'il faut porter assistance à ces millions de personnes en danger. (1) Voir le document joint à la lettre du Secrétaire des Nations unies au président du Conseil de sécurité (17 août 2006). (2) Enquête de l'Onu (janvier 2004). (3) Rapport du comité d'experts du Conseil de sécurité du Soudan (décembre 2005). (4) Groupe des crises internationales (12 octobre). (5) La Croix (21 septembre).
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Un enfant esclave crucifié au Soudan par des islamistes pour être allé dans une église chrétienne
Témoignage chrétien, 16 octobre 2006
Un enfant esclave soudanais, dont la tâche consistait à veiller sur les chameaux de son maître a été "crucifié" après qu'on l'ait surpris assistant en cachette à une célébration dans une église chrétienne, rapporte la Voix des Martyrs. L'organisation de secours aux chrétiens persécutés dans le monde entier rapporte le récit de témoins du martyre de l'enfant, maintenant âgé de 15 ans. Damare Garang avait 7 ans lorsque des soldats musulmans ont attaqué sur village au Soudan et l'ont déporté comme esclave dans une famille musulmane à Tuobon, Bahr el Gazal. Damare, qui avait grandi dans une famille chrétienne, était allé en cachette assister à un office. A son retour, son maître l'attendait et le questionna ainsi: "Où es-tu allé?" Ne sachant que répondre, il dit: "A l'église". "Tu as fait 2 grosses bêtises", lui a répondu son maître. "Hier tu as perdu un de mes chameaux, et aujourd'hui tu es allé adorer avec des infidèles".
Le maître est allé chercher une grande planche, des clous rouillés et un marteau. La Voix des Martyrs rapporte la brutalité du geste: le maître a cloué Damare sur la planche devant sa propriété en plantant les clous dans ses genoux et dans ses pieds. Pendant que Damare agonisait en hurlant, le maître est parti tranquillement. Aujourd'hui, Damare ne peut plus courir, comme les autres enfants. Il a pardonné à son persécuteur, car Jésus a aussi été crucifié. Il demande que tous les enfants prient pour les enfants du Soudan
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Washington étudie l'option de frappes aériennes contre le Soudan
Le Monde, Nairobi, Jean-Philippe Rémy | 15 octobre 2006
Alors que les combats entre rebelles et troupes régulières, au Darfour, risquent à la fois de s'étendre à nouveau dans la région de l'ouest du Soudan et de gagner le Tchad voisin, quels moyens reste-t-il pour éviter une catastrophe majeure ? Une résolution votée le 31 août par les Nations unies prévoit bien le déploiement, au Darfour, de 22 000 casques bleus en remplacement des casques verts de la Mission de l'Union africaine (AMIS), globalement incapable de défendre efficacement les populations du Darfour. Mais ce déploiement est rejeté par le président soudanais, Omar Al-Bachir, qui menace de faire du Darfour le "tombeau" des casques bleus. Plusieurs initiatives sont en cours dont celle de trois présidents africains qui tenteront, mardi 17 octobre, de faire plier M. Bachir. Mais les déclarations du président nigérian Olusegun Obasanjo sur un "génocide" en cours au Darfour, qualification contestée par les principaux experts, compromettent cette initiative. Devant le blocage diplomatique, l'organisme de réflexion sur les conflits International Crisis Group (ICG), qui a suivi la situation au Darfour depuis le début de la guerre civile, en 2003, recommande maintenant d'appliquer des mesures coercitives sérieuses, incluant, notamment, des sanctions contre des responsables soudanais et un blocus naval sur les exportations du pétrole brut soudanais. ICG recommande aussi d'interdire le survol du Darfour par les forces aériennes soudanaises, une mesure qui serait contrôlée par des avions français et américains. Cette hypothèse rejoint au moins en partie une option militaire discutée dans des cercles militaires à Washington. Selon une source occidentale proche des services de renseignement américains, des "frappes chirurgicales" sont "bel et bien considérées" , et permettraient "à la communauté internationale de gagner du temps pour monter une réponse plus solide aux réticences soudanaises". Leur objet serait de détruire, au moins par tiellement, les moyens aériens soudanais, de façon à empêcher les bombardements des civils et d'entraver le ravitaillement des renforts de l'armée soudanaise au Darfour, qui y a massé près de 30 000 hommes supplémentaires. Selon une source diplomatique, les résultats de la visite au Soudan d'Andrew Natsios, envoyé spécial du président George Bush pour le Darfour, seront "déterminants" pour évaluer la gradation des mesures prises à l'encontre de Khartoum, en écho à la mise en demeure de Condoleezza Rice, la secrétaire d'Etat américaine, à l'adresse du gouvernement soudanais : "coopération ou confrontation" .
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Louise Arbour demande à la CPI d'enquêter au Darfour
Le Monde, La Haye , 14 octobre 2006
Le haut-commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, Louise Arbour, demande à la Cour pénale internationale (CPI) d'être présente au Darfour. Dans un rapport remis, mardi 10 octobre, aux juges de la CPI , elle estime qu'il n'est pas impossible d'enquêter dans un pays en guerre. Saisi le 31 mars 2005 par le Conseil de sécurité des Nations unies, le procureur de la Cour , Luis Moreno Ocampo, n'a déployé aucune équipe sur le terrain en raison des risques pour les victimes ; appelées à témoigner. Pour Mme Arbour, la présence de la Cour pourrait au contraire avoir un effet dissuasif et décourager « les violations des droits de l'homme en influençant les calculs politiques des auteurs » .
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Le désarroi de l'Union africaine
Darfour – L'accord d'Abuja n'a pas fait cesser es violences, l'intense activité diplomatique non plus. En attendant l'arrivée hypothétique des Casques bleus de l'ONU, seules les troupes de l'UA tentent de maintenir une paix de plus en plus précaire.
Jeune Afrique, du 8 au 14 octobre 2006
Les 4x4 blancs, flanqués des quatre lettres AMIS (le sigle anglais de la force de l'Union africaine au Soudan), filent à vive allure sur les chemins de terre rouge d'El-Fasher, ignorant les nids-de-poule et les mules croulant sous le poids des fagots de bois. Dans la capitale du Nord-Darfour, les « Casques verts » - les hommes des troupes africaines déployées pour observer le cessez-le-feu du 8 avril 2004 - sont omniprésents. Leur quartier général grouille de monde; les allées et venues ne cessent qu'à la tombée de la nuit, au moment où le couvre-feu impose aux militaires de rester dans leurs baraquements. Ailleurs, dans les coins plus reculés des trois provinces du Darfour, sur un territoire presque aussi grand que la France en p,roie au chaos depuis le début de la rébellion de février 2003, les 7000 soldats-et policiers de l'AMIS se font en revanche plus discrets. Cinq mois après le précaire accord de paix (DPA) signé le 5 mai à Abuja, la situation sécuritaire est si fragile que des régions entières sont hors de portée de la force de paix. Autour de Kutum et Mellit, à une centaine de kilomètres au nord d'El-Fasher, dans les environs de Korma, à l'ouest, ainsi que sur les contreforts orientaux des montagnes du Djebel Marra, les responsables du Programme alimentaire mondial (PAM) estiment à environ 150000 le nombre de Darfouris qui n'a pas vu l'ombre d'un convoi humanitaire ou d'un soldat de la paix depuis juin. Globalement impuissante en raison d'un mandat restrictif et de moyens limités, l'AMIS n'est pas parvenue à apporter la sécurité aux populations du Darfour. Selon les ONG présentes sur le terrain, les viols des femmes continuent aux abords des camps, les soldats de Khartoum et les milices djandjawids font régner la terreur. « Les villes sont en train de devenir des camps de déplacés géants », déplore Simon Crittle, le porte-parole du PAM. Depuis la signature des accords de paix, la situation a empiré. Khartoum et la principale faction du Mouvement de libération du Soudan (MLS), qui a signé le DPA, se sont certes entendus sur un partage du pouvoir et des richesses, mais les partis non signataires sont désormais en guerre contre Minni Minawi, le leader des signataires. Les scissions entre factions rebelles sont quotidiennes et rendent impossible leur contrôle par les forces de l'AMIS. « Une alliance en vigueur aujourd'hui sera fausse demain, car le chef de la faction aura changé de bord », explique un haut gradé de la Commission de cessez-le-feu. « Nous n'avons même plus de correspondants du côté des non-signataires de l'accord. Quel cessez-le-feu voulez-vous surveiller? » Devant l'échec annoncé du DPA, la communauté internationale s'active pour renforcer sa présence sur le terrain. Le refus catégorique du chef de l'État soudanais, Omar el-Béchir, de voir les Casques bleus se renforcer au Soudan (ils sont déjà 10000 dans le Sud) à la suite de la résolution 1706 du Conseil de sécurité du 31 août, a rendu sa tâche particulièrement complexe.. José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a tout de m^me fait le voyage à Khartoum et d'El-Fasher au début d'octobre, avec Louis Michel, commissaire au Développement et à l'Aide humanitaire. Reçus pendant plus de deux heures par Béchir, ils n'ont pas réussi à le convaincre d'accepter l'extension au Darfour de la Mission des Nations unies au Soudan (UNMIS). Tout au plus ont-ils pu maintenir un dialogue dorénavant impossible avec d'autres partenaires comme les États-Unis, que le régime soudanais voit comme un « envahisseur » potentiel. « L'Union européenne est de loin le plus gros contributeur d'aide matérielle, financière et humanitaire au Darfour », a expliqué Barroso à sa sortie de l'entretien avec Béchir. « Mais, soyons francs, c'est loin d'être suffisant. Une catastrophe de plus grande ampleur est possible s'il n'y a plus dans cette région aucune présence internationale. » Mais comment y parvenir sans employer la force? Du côté de Bruxelles, on ne verrait pas d'un mauvais oeil les Africains rester sur le terrain... Mais si les dirigeants de l'UA ont décidé le 21 septembre de prolonger le mandat de l'AMIS jusqu'à la fin de l'année, ils n'ont pas l'intention de maintenir leurs troupes en 2007. Sous-équipée pour diriger la mission - que, de l'avis général, il faudrait renforcer -,1'UA se retrouve prise dans l'engrenage du bourbier soudanais. « Ce n'est pas évident pour une organisation qui a déjà du mal à obtenir un photocopieur de diriger une mission de 7000 hommes dans une région en guerre », déplore un responsable à Addis-Abeba. D'autant moins que les caisses des partenaires de l'UA sont vides. La Commission européenne, qui finance à 80 % l'AMIS pour un total de 242 millions d'euros en 2006, n'a plus d'argent à mettre sur la table. Sa « facilité pour la paix », dotée de 250 millions d'euros pour 2006- 2007, a déjà été totalement dépensée, en grande partie au Darfour. Elle ne sera pas renflouée avant 2008. Il va donc falloir aller chercher le nerf de la guerre ailleurs, sachant que les financements bilatéraux sont bien plus difficiles à obtenir que les contributions obligatoires à une éventuelle force de l'ONU. Lors de la dernière table ronde des bailleurs en juillet, la Grande Bretagne, les Pays-Bas, le Qatar et la Ligue arabe ont promis des enveloppes. Cette dernière, de plus en plus impliquée dans la crise, avait déjà avancé un montant de 170 millions de dollars au moment du sommet de l'UA à Khartoum, en janvier 2006, mais le secrétaire général Amr Moussa peine à rassembler les fonds et vient de rappeler les États membres à l'ordre. Barroso a également mis le financement d'une force au Darfour à l'ordre du jour du sommet européen du 20 octobre en Finlande, pour mobiliser les Vingt-Cinq. Si toutefois l'argent finit par rentrer, « comment commander une force financée de la sorte?,» s'interroge un responsable de la Commission de paix et de sécurité de l'UA. « Jusqu'à quel point peut-on conserver le leadership africain dans une "AMIS bis" entièrement financée par des États occidentaux? Nous perdrons en pratique le contrôle de la force, mais nous resterons responsables et comptables de la mission... »
Les trois mois qu'il reste à la communauté internationale pour trouver un remplaçant à l'AMIS, ou une formule qui satisfasse toutes les parties, passeront très vite, d'autant que les États-Unis ne cessent d'agiter les menaces de la Cour pénale internationale (qui a cinquante proches de Béchir dans le collimateur) et le spectre d'un génocide. Sans aller jusqu'à prononcer le mot fatal, les Européens et les organisations internationales et non gouvernementales présentes sur place tirent également la sonnette d'alarme sur les souffrances, chaque jour un peu moins supportables, qu'endurent les populations civiles. « L'intransigeance américaine nous sert d'une certaine manière, explique un proche de Barroso. Elle nous fait apparaître aux yeux du régime comme un interlocuteur tolérant. » Même son de cloche à l'UA: tous ceux qui peuvent persuader Béchir qu'il n'y aura pas d'agenda secret derrière une intervention de l'ONU sont les bienvenus. Un appel du pied à peine caché à la Chine et la Russie. Et surtout à la Ligue arabe, qui a davantage l'oreille du président soudanais en raison de ses positions plus modérées sur la gravité du conflit. Amr Moussa a rencontré Béchir le 4 octobre. En attendant le plus urgent: un accord politique entre Soudanais.
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Khartoum et les rebelles de l'Est vers un accord de paix
Jeune Afrique avec l'A.F.P. 11 octobre 2006
Khartoum et les rebelles de l'Est ont avancé vers la paix, en signant à Asmara un accord de partage du pouvoir, qui apparaît comme un succès du gouvernement soudanais dans sa quête de régler les problèmes du pays sans intervention internationale. Aucun détail n'a été divulgué sur ce protocole conclu lundi et annoncé par l'agence officielle soudanaise Suna Il n'en reste pas moins qu'il s'agit du dernier d'une série d'ententes pour mettre fin à des années de conflit dans l'est du Soudan. L'accord global de paix devrait être signé avant la fin du mois de jeûne musulman du ramadan, qui se termine vers le 22 octobre, selon l'agence. Il ne reste, selon des sources politiques soudanaises, que régler la cérémonie. Fin septembre, les deux parties avaient conclu, toujours à Asmara, un accord sur des arrangements de sécurité, qui étaient au coeur des négociations ayant repris le 22 août. Auparavant, elles étaient parvenues à un accord sur le développement et le partage des ressources. Le secrétaire général du Front de l'Est, Moubarak Moubarak Salim, a levé un voile sur ce dernier protocole en déclarant au quotidien arabe Asharq al-Awsat de mardi qu'un fonds avait être prévu pour développer sa région. "Un fonds pour faire face au +trio de la mort+ dans l'Est, à savoir l'absence d'éducation, de services de santé et de l'eau, a été mis en place. Il doit mobiliser 600 millions de dollars sur cinq ans pour régler ces problèmes", a-t-il indiqué. Les rebelles de l'Est, qui harcèlent sporadiquement les forces de Khartoum depuis plus de dix ans, contrôlent une zone limitrophe de la frontière soudanaise avec l'Erythrée, où ils disposent également de bases. Le Front de l'Est a été créé en 2005 par le plus important groupe ethnique, les Bejas, ainsi que par une tribu arabe Rachidiya. Il cherche à obtenir une plus grande autonomie et un plus grand contrôle des ressources. Khartoum et le chef des rebelles du Front de l'Est, Moussa Mohammad Ahmad, ont signé le 19 juin à Asmara un accord de cessation des hostilités, visant à mettre fin à leurs combats sporadiques, ouvrant la voie à leurs négociations. Cette avancée avec les rebelles de l'Est intervient au moment où le gouvernement de Khartoum reste récalcitrant à toute intervention internationale dans le Darfour, région autrement plus troublée de l'ouest du Soudan. Khartoum, qui a signé en mai un accord de paix dans cette région en guerre civile, où quelques 200.000 personnes ont péri et 2,5 millions ont été déplacées, avec une faction d'un groupe rebelle, espère ramener à la table des négociations les autres groupes. Le président Omar el-Béchir rejette avec force, en dépit des pressions internationales, l'envoi de Casques bleus au Darfour pour relever les forces africaines inefficaces et manquant de financement, estimant que ce serait une atteinte à la souveraineté de son pays. Pourtant, la situation humanitaire n'a jamais été aussi catastrophique, comme l'a souligné l'Agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) dans un récent rapport où elle estime que "la crise au Darfour reste le problème humanitaire le plus urgent" dans le monde. "La situation alimentaire déjà précaire pourrait empirer si la détérioration de la sécurité perturbe la récolte principale qui doit débuter dans les prochaines semaines", a souligné la FAO. Le gouvernement soudanais donne comme exemple de sa capacité à régler les conflits internes l'accord de paix signé en janvier 2005 avec les rebelles sudistes, mettant fin à plus de deux décennies d'un conflit sanglant. L'accord a associé les sudistes au pouvoir même si les relations entre eux et le parti présidentiel ne sont pas parfaites.
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Une offensive de Khartoum au Darfour est jugée "inévitable"
Le Monde, Nairobi, Jean-Philippe Rémy, 11 octobre 2006
Au Darfour, la trêve du ramadan a vécu. Alors que le gouvernement soudanais, depuis trois mois, a massé des troupes dans cette région, vaste comme la France , de l'ouest du pays et recruté de nouveaux miliciens, une offensive d'envergure contre les rebelles et la population du Darfour semble imminente. L'attaque, samedi 7 octobre, de la base gouvernementale de Karyare, au nord du Darfour, par les rebelles du Front national de la rédemption (NRF), risque d'en être le prélude, en forme de "défaite cinglante " pour les forces gouvernementales, selon une source diplomatique. Selon Khamis Abdalla, un des quatre responsables du NRF, l'attaque a débuté samedi vers 16 heures. " Plusieurs milliers de nos hommes ont attaqué les forces gouvernementales et ont réussi à prendre Karyare dans la nuit. Nous avons aussi saisi du matériel, des armes et plus de 70 véhicules ", dont certains sont équipés de lance-roquettes Katioucha, affirme le chef rebelle, en ajoutant que son groupe aurait fait "entre 300 et 400 prisonniers" que le NRF déclare vouloir confier au Comité international de la Croix-Rouge . Un commandant rebelle, Adam Shogar, ajoute qu'une centaine de soldats soudanais, en fuyant les affrontements, auraient passé la frontière voisine du Tchad pour se réfugier dans la région de Bahaï. Pour les rebelles darfouriens, cette opération constituait une priorité. Depuis des semaines, selon plusieurs sources, des renforts de l'armée soudanaise avaient été déployés le long de la frontière entre le Soudan et le Tchad pour couper les rebelles de leurs bases arrières dans le pays voisin. L'attaque de Karyare, selon ces sources, était destinée à "briser cet enfermement et maintenir un corridor d'approvisionnement" avec le Tchad. L'affrontement était prévisible alors que l'assaut, mardi, contre une position rebelle à Malagat (Nord), par les forces armées soudanaises, avait échoué. Pour arriver jusqu'à ce point éloigné de leurs propres positions d'origine, plus au sud, les rebelles du NRF ont été contraints d'opérer un vaste mouvement circulaire pour contourner la zone tenue par leurs ex-frères d'armes, les hommes de Minni Minawi, passés du côté du gouvernement depuis la signature d'un accord partiel de paix entre les deux parties, à Abuja (Nigeria) en mai. Ce faisant, les rebelles du NRF ont fait la démonstration de leur maîtrise du terrain au nord du Darfour. Désormais, une contre-offensive gouvernementale est jugée " inévitable" par les observateurs. Depuis la signature de l'accord d'Abuja, le gouvernement soudanais a déployé 30 000 hommes en vue d'opérations destinées à contraindre les factions non signataires, dont l'essentiel est regroupé dans le NRF, à rejoindre le processus de paix. Parallèlement, Khartoum entend résister aux pressions internationales qui le pressent d'accepter le déploiement de 20 000 casques bleus dans la région. Un récit de l'extrême violence ordinaire au Darfour a été rendu public, lundi, par le Haut Commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme, décrivant une série d'attaques contre le village de Buram, au sud du Darfour, entre le 28 août et le 1 er septembre. L'attaque, menée par des miliciens recrutés au sein des tribus "arabes" par les forces de sécurité soudanaises, aurait fait des centaines de morts civils. Aucun rebelle n'était, semble-t-il, présent à Buram. Les Nations unies mettent en avant la responsabilité du gouvernement soudanais dans ce massacre, tout en demandant qu'une enquête soit réalisée pour en identifier les auteurs.
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Darfour: Olusegun Obasanjo dénonce un "génocide" qui se "développe"
Jeune Afrique avec l'A.F.P. 11 octobre 2006
Le président nigérian Olusegun Obasanjo a affirmé mardi qu'un "génocide" était en train de "se développer" au Darfour, insistant sur la nécessité du déploiement d'une force de paix des Nations unies dans cette région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile depuis 2003. "Ce n'est ni dans l'intérêt du Darfour, ni dans l'intérêt de l'Afrique ou du monde, de rester là à voir se développer un génocide au Darfour", a déclaré M Obasanjo en visite au siège de l'Union africaine (UA), à Addis Abeba. "Je voudrais louer nos partenaires pour leurs efforts acharnés afin d'aider l'Amis (mission de paix de l'UA au Darfour), jusqu'à la transition - avec le soutien du Soudan - menant à une force des Nations unies qui garderait son caractère africain", a-t-il ajouté lors d'un discours prononcé devant des diplomates africains et occidentaux. Le Conseil de sécurité avait décidé fin août d'envoyer une force de l'ONU d'environ 17.000 soldats et 3.000 policiers au Darfour pour prendre la relève de l'Amis, mal équipée et sous-financée. Mais ce projet se heurte à l'opposition farouche du président soudanais Omar el-Béchir, qui assimile ce scénario à une tentative occidentale de recoloniser le Soudan. Plus tard dans la journée de mardi, lors d'une conférence de presse, M. Obasanjo a déclaré qu'"on ne devrait pas permettre qu'un génocide total se développe" au Darfour. "Si rien n'est fait et que les forces de l'UA doivent se retirer, nous ne savons pas ce qui peut se développer", a-t-il prévenu. La force de paix de l'UA au Darfour compte environ 7.200 hommes. L'organisation panafricaine prévoit de renforcer de 4.000 hommes cette mission, mais ne sait pas dans l'immédiat si elle sera en mesure de le faire, faute de financements. M. Obasanjo a par ailleurs appelé la communauté internationale à "rester concentrée pour encourager ceux qui n'ont pas signé l'accord de paix du Darfour à le faire et pour s'assurer qu'il est appliqué". Ce texte, moribond de fait, a été signé le 5 mai par le gouvernement soudanais et la faction majoritaire de l'un des groupes rebelles, le Mouvement de libération du Soudan (SLM). Les combats au Darfour opposent des rebelles aux troupes gouvernementales appuyées par des milices arabes, les djandjawids, accusées d'être responsables d'exactions - meurtres, viols et pillages - contre les cultivateurs sédentaires d'origine africaine. La guerre civile et ses conséquences humanitaires ont fait au moins 200.000 morts depuis février 2003.
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Soudan: La faiblesse de l'Occident
La Lettre de l'Océan Indien, n°508 du 9 octobre 2006
Alors que les critiques se multiplient sur l'échec de la politique des Occidentaux au Darfour, l'administration du président George W. Bush envisage "toutes les options" en réponse au refus de Khartoum d'autoriser les casques bleus des Nations unies à protéger les civils, selon des sources proches du Congrès. Mais les diverses composantes de l'administration à Washington sont divisées. La CIA défend la "coopération" avec la sécurité soudanaise, et en particulier avec le chef des services de renseignement Salah Abdullah "Cosh" qui s'est rendu au siège de la CIA à Langley). John Prendergast, conseiller de l'International Crisis Group, fait valoir que "cimenter les relations" avec Gosh, "un homme considéré comme l'artisan de la campagne de nettoyage ethnique au Darfur", permet à Khartoum de croire que soutenir les Etats-Unis dans leur guerre contre le terrorisme lui évite de graves sanctions sur la question du Darfour. Le Pentagone redoute qu'une intervention au Darfour n'entraîne de nouvelles difficultés dans les pays islamiques. Le département d'Etat avec Jendayi Frazer est désormais favorable à une politique de plus grande fermeté. Le 1 er octobre, dans les colonnes du Washington Post , Susan Rice , secrétaire d'Etat adjointe aux affaires africaine de l'ancien président Bill Clinton , a proposé des options militaires, de même que le conseiller à la sécurité nationale Anthony Lake et le parlementaire Donald Payne . Si Khartoum continue à refuser les troupes de l'ONU, disent-ils, les Etats-Unis devraient effectuer des frappes aériennes contre des cibles militaires et bloquer les exportations de pétrole, de préférence avec le soutien de l'OTAN et de l'Union africaine. Khartoum aurait tort de voir dans le débat américain sur le Darfour un simple sujet de campagne avant les élections à mi-mandat du mois de novembre. Les Républicains comme les démocrates souhaitent un durcissement de la politique et les options militaires ont de plus en plus de partisans. La Grande-Bretagne affirme à ses alliés qu'elle va durcir sa position mais elle a du mal à convaincre. La secrétaire au développement international, Hilary Be nn, continue d'imputer la hausse du nombre de victimes aux rebelles du Darfour plus qu'au gouvernement de Khartoum. Des délégations allemande et italienne se sont rendues au Darfour cette semaine pour inciter les rebelles à signer l'accord de paix de mai que des Soudanais et responsables de l'ONU ont déjà enterré.
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La Contagion du Darfour : Centrafrique
Jeune Afrique, par Nicholas D. Kristof, du 8 au 14 octobre 2006
Quand j'ai proposé à la lauréate d'un concours universitaire de m'accompagner en Centrafrique, mon but n'était pas de mettre Q sa vie en danger. Je voulais seulement que CaseY Parks réalise combien il est urgent de stopper le génocide au Darfour, sans quoi il risque de contaminer toute l'Afrique. Le mal, qui a déjà gagné le Tchad, commence à toucher la République centrafricaine. Des miliciens tchadiens, armés par Khartoum, ont envahi le nordest de leur pays. Ils y vivent et y recrutent des éléments au sein de la population locale. Dans un mois, à la saison sèche, ces hommes aideront probablement d'autres, soudanais ceux-là, à renverser le régime de N'Djamena. Et pourquoi pas celui de Bangui. Désormais, le nord de la Centrafrique est une zone de guerre avec son lot de bandes armées rivales (dont des factions progouvernementales), de villages brûlés, d'enfants kidnappés, de,voleurs et d'assassins impunis. Les autorités centrafricaines avaient déjà fort à faire avec leurs propres problèmes internes. Mais l'incursion soudanaise et les armes légères qui arrivent du Darfour ont achevé de plonger la région dans le chaos. Près de 100000 villageois ont fui leurs maisons, tandis que les Nations unies s'alarment de la crise, « la plus négligée de la planète ». Casey et moi avons voyagé dans un convoi de cinq véhicules onusiens, comprenant deux pick-up chargés de soldats en armes. Leur présence rendant le dialogue avec les villageois difficile, nous abandonnons notre escorte à deux reprises. Après une escale à Bottolna, village désolé, désert, un certain Dominique Dondjoube sort de sa cachette en rampant et nous apprend que les villageois se sont réfugiés dans les bois, où l'eau insalubre, la malaria et la malnutrition les tuent peu à peu. Nous nous engageons ensuite dans une route isolée, truffée de nids de poule qui nous force à rouler au pas. Soudain, nous tombons nez à nez avec deux hommes surgis du bas-côté, fusils à la main. Ils nous demandent de nous arrêter. Les brigands nous laissent finalement partir. Mais puisqu'il n'y a que ce chemin, nous l'empruntons au retour. Et rebelote : les mêmes coupeurs de route nous arrêtent. Ce type de violence est particulièrement contagieux. La situation au Tchad et en Centrafrique risque de virer à l'anarchie, comme en Somalie. Dans l'entretien qu'il nous a accordé, le chef de l'État François Bozizé a fait une suggestion pertinente: pourquoi ne pas envoyer à Bangui et à N'Djamena les soldats de l'ONU dont le Soudan ne veut pas chez lui? Quand le président centrafricain s'est rendu à l'Assemblée générale de l'ONU, en septembre, l'administration Bush n'a envoyé pour le rencontrer qu'un assistant adjoint au secrétaire d'État. Les États-Unis voudraient indiquer qu'ils ne sont pas engagés dans les répercussions régionales de la crise au Darfour et qu'ils se contrefichent de ce que le Soudan peut faire en RCA qu'ils ne s'y prendraient pas autrement. Si le président Bush se souciait vraiment du génocide, sa priorité serait d'arrêter le cancer du Darfour, ce qui implique de travailler avec la France (qui a des troupes à N'Djamena et à Bangui) pour panser les plaies. Et d'envoyer une mission de maintien de la paix dans les deux pays. Tout de suite, maintenant. •
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L'avertissement du Soudan provoque la colère des Etats-Unis
Le Figaro avec l' AFP, 06 octobre 2006
Washington a demandé que le Conseil de sécurité de l'Onu se réunisse d'urgence pour protester contre une missive, dans laquelle Khartoum menace d'envahir les pays arabes et africains tentés de contribuer à une force de maintien de la paix au Darfour.
Le ton monte entre le Soudan et les Etats-Unis : jeudi, Washington a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité, afin de réagir aux menaces proférées par Khartoum contre les Etats susceptibles d'envoyer des Casques bleus au Darfour prendre le relais des 7.000 soldats de l'Union africaine, conformément à une résolution votée fin août. Mardi, le régime d'Omar el-Béchir a envoyé une lettre de mise en garde aux missions africaines et arabes, ainsi qu'à d'autres pays contributeurs habituels de troupes. Khartoum va même jusqu'à les menacer d'invasion si ces Etats ne respectent pas ces consignes. «En l'absence du consentement du Soudan au déploiement de troupes onusiennes, toute contribution volontaire de troupes de maintien de la paix au Darfour sera considérée comme un acte hostile, prélude à l'invasion d'un Etat membre de l'Onu», peut-on lire. L'ambassadeur américain à l'Onu n'a pas caché sa surprise face à ces propos d'une telle virulence. «C'est sans précédent. C'est un défi lancé directement à l'autorité du Conseil de sécurité et cela requiert une réponse forte», s'est insurgé John Bolton. Et l'émissaire américain d'ajouter que si cette tentative visant à «intimider les pays contributeurs de troupes» ne provoque aucune réaction, cela entraînerait l'échec des projets de l'Onu de déployer une force au Darfour.
La Grande-Bretagne préfère ignorer la provocation
Pour l'heure, l'Onu n'a pas réagi officiellement et tente de clarifier les velléités soudanaises. Le président du Conseil de sécurité pour le mois d'octobre, l'ambassadeur japonais Kenzo Oshima, a déclaré qu'une résolution avait été envisagée pour condamner la menace soudanaise, mais que la priorité était de restaurer la paix dans la région. Même attentisme du côté de la Grande-Bretagne : l'ambassadeur britannique, qui a qualifié la lettre d'«inacceptable», a estimé qu'il valait mieux d'ignorer cette provocation. Fin août, dans sa résolution 1706, le Conseil de sécurité a décidé d'envoyer une force onusienne de quelque 17.000 soldats et 3.000 policiers au Darfour pour relayer les hommes de l'Union africaine, mal-équipés et sous-financés. Un envoi auquel s'oppose farouchement le président el-Béchir, qui redoute une recolonisation occidentale du pays. Selon l'Onu, au moins 200.000 personnes ont succombé à la guerre civile et à ses conséquences humanitaires au Darfour, province de l'ouest du Soudan, depuis février 2003. Jeudi, le secrétaire général des Nations unies a estimé que le traité de paix signé en mai dernier n'avait et très peu d'effet. «Nous sommes témoins d'une intensification de la violence et d'une polarisation accrue. La région est de nouveau au bord d'une situation catastrophique», a-t-il déploré.
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Soudan : le conseil de sécurité proroge le mandat de l'UNMIS jusqu'en avril New York,
Nations Unies, Conseil de Sécurité, 6 octobre 2006
Le Conseil de sécurité a décidé aujourd'hui de proroger jusqu'au 30 avril le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS), appelant par ailleurs les parties signataires à l'accord de paix sur le Darfour à mettre fin aux atrocités dans cette région. Forte de 9 000 soldats, l'UNMIS a été déployée au sud du Soudan en 2005, pour la mise en oeuvre de l'accord de paix global signé le 9 janvier 2005 entre le gouvernement soudanais et le Mouvement/l'Armée populaire de libération du Soudan. Aux termes de la résolution 1714, présentée par les États-Unis et adoptée à l'unanimité de ses 15 membres, le Conseil a aussi demandé aux parties à l'accord de paix global et à l'accord de paix sur le Darfour, signé à Abuja le 5 mai entre le gouvernement et une partie des rebelles, de « respecter leurs engagements et d'appliquer pleinement tous les aspects de ces accords sans retard ». Exprimant sa grave préoccupation face à la poursuite de la détérioration de la situation humanitaire au Darfour et réitérant dans les termes les plus vigoureux la nécessité pour toutes les parties au conflit dans la région de mettre un terme à la violence et aux atrocités, le Conseil a également exhorté celles qui n'ont pas encore signé l'accord de paix sur le Darfour à le faire immédiatement et à ne pas en entraver l'application. Dans son dernier rapport sur le Darfour publié hier, le Secrétaire général de l'ONU a affirmé que l'insécurité n'avait jamais été aussi grande dans cette région, où les organismes humanitaires n'ont jamais eu un accès aussi limité depuis 2004, mettant en garde contre une catastrophe humanitaire , dépêche du 05.10.06). Dans sa résolution 1706, le Conseil de sécurité avait décidé que le mandat de l'UNMIS serait « élargi » pour lui permettre de se « déployer au Darfour » et invitait en conséquence « le gouvernement d'unité nationale à consentir à ce déploiement ». Selon le document, « les effectifs de l'UNMIS seront renforcés par du personnel militaire à hauteur de 17.300 soldats et par une composante civile correspondante comptant jusqu'à 3.300 membres de la police civile et jusqu'à 16 unités de police constituées », dépêche du 31.08.06). La force des Nations Unies renforcée serait chargée de relayer la force de l'Union africaine (UA) déployée en 2004 pour protéger les populations civiles au Darfour où le conflit qui a démarré en 2003 a déjà plus de 200 000 morts et deux millions de déplacés. Mais le gouvernement du Soudan s'oppose toujours au déploiement d'une telle force. Il a revanche répondu hier positivement à l'initiative prise par les Nations Unies de soutenir la force de l'UA, dépêche du 06.10.06.
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Darfour :Kofi Annan salue la réponse positive du soudan à l'initiative de l'ONU d'appuyer la force de l'UA
Nations Unies , New York , 6 octobre 2006
Le Secrétaire général de l'ONU s'est félicité aujourd'hui de la réponse positive du président du Soudan à l'initiative prise par les Nations Unies de soutenir la force de l'Union africaine (UA) déployée au Darfour depuis deux ans pour protéger les populations civiles. « Le Secrétaire général a reçu hier une lettre du président soudanais Omar Hassan Ahmed Al Bashir donnant une réponse positive à l'initiative de l'ONU et de l'Union africaine concernant l'appui des Nations Unies à la Mission de l'UA au Soudan (MUAS) », indique un message transmis aujourd'hui par son porte-parole. Cette assistance vise à renforcer la capacité de la MUAS à s'acquitter de son mandat au titre de l'accord de paix sur le Darfour, signé le 5 mai dernier à Abuja, entre le gouvernement du Soudan et une partie des rebelles. « La teneur de cette assistance est expliquée en détail dans une lettre du 22 septembre 2006, adressée conjointement par le Secrétaire général et le président de la Commission de l'Union africaine au président Al Bashir », rappelle le message. Kofi Annan a espéré que « les mesures d'appui proposées pourront être mises en ?uvre sans tarder, en consultation avec l'Union africaine et avec la pleine coopération du gouvernement soudanais ». Il s'est également félicité de « la volonté exprimée par le gouvernement soudanais de poursuivre son dialogue avec les Nations Unies afin de parvenir rapidement à un règlement durable de la crise au Darfour ».
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Afrique Centrale presse, 6 octobre 2006
Les membres du Conseil de sécurité ont déploré jeudi la mise en garde du Soudan aux pays arabes et africains contre tout envoi de troupes à une force de maintien de la paix de l'ONU au Darfour, la qualifiant d'"inappropriée" et "choquante ". L'ambassadeur des Etats-Unis, John Bolton (photo), avait demandé une réunion impromptue du Conseil pour protester contre ce qu'il considérait comme une tentative "d'intimidation" par le Soudan des pays fournisseurs de troupes à l'ONU. Dans une lettre mardi aux missions africaines et arabes, ainsi qu'à d'autres pays contributeurs habituels de troupes comme la Nouvelle-Zélande , le gouvernement soudanais avait écrit qu'en l'absence de son consentement au déploiement de troupes onusiennes, toute fourniture de troupes pour une opération de maintien de la paix au Darfour serait considérée comme "un acte hostile, un prélude à l'invasion d'un Etat membre de l'ONU". "C'est sans précédent," a déclaré à la presse l'ambassadeur américain à l'ONU, John Bolton, avant d'entrer en séance. "C'est un défi lancé directement à l'autorité du Conseil de sécurité (...) et cela requiert une réponse forte", a-t-il ajouté. A l'issue des consultations, l'ambassadeur du Japon, Kenzo Oshima, a indiqué avoir été chargé, en sa qualité de président du Conseil pour octobre, d'obtenir des "éclaircissements" sur la lettre auprès de son collègue soudanais. Certains membres ont estimé que "les termes (de la lettre) sont inappropriés et choquants", a-t-il dit. L'avis général est que cette lettre est "assez peu diplomatique", a confirmé l'ambassadeur de Tanzanie, Augustine Mahiga. M. Oshima a indiqué que certains membres souhaitaient l'adoption d'une déclaration non contraignante condamnant la lettre soudanaise mais que la plupart préféraient concentrer les efforts du Conseil sur les moyens de restaurer la paix au Darfour. Le Conseil de sécurité avait décidé fin août, dans sa résolution 1706, d'envoyer une force de l'ONU d'environ 17.000 soldats et 3.000 policiers au Darfour pour prendre la relève de l'actuelle Mission de l'Union africaine (AMIS), mal équipée et sous-financée. Le président soudanais Omar el-Béchir est farouchement opposé à ce scénario, qu'il assimile à une tentative occidentale de recoloniser le Soudan. Selon l'ONU, la guerre civile et ses conséquences humanitaires ont fait au moins 200.000 morts au Darfour, province de l'ouest du Soudan, depuis février 2003.
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Le représentant des États-Unis a obtenu une réunion du Conseil de sécurité à ce sujet.
Par Judy Aita , correspondante du «Washington File» à l'ONU – 6 octobre 2006
Les États-Unis ont demandé et obtenu, le 5 octobre, une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies au sujet de ce que le représentant de ce pays, M. John Bolton, a appelé une tentative « sans précédent » de la part du Soudan d'intimider des pays qui envisageaient de fournir des soldats à la force onusienne de maintien de la paix prévue pour le Darfour. La réunion a porté essentiellement sur la suite à donner à une lettre que le gouvernement soudanais a envoyée à plusieurs pays auxquels l'ONU avait demandé d'affecter des forces policières à une mission non spécifiée. Les États-Unis n'ont pas reçu directement cette lettre, mais d'autres qui l'ont reçue leur en ont passé une copie. « Ceci est une assertion sans précédent de la part d'un gouvernement qui est sur le point de bénéficier d'une importante mission de maintien de la paix de l'ONU », a déclaré M. Bolton avant la réunion. « Tenter d'intimider des pays qui pourraient participer à la mission et affirmer que cette mission humanitaire visant à prévenir le génocide au Darfour est le prélude à une invasion (...), cela représente un défi direct à l'autorité du Conseil de sécurité, qui cherche à remédier à la tragédie au Darfour. » Selon M. Bolton, les autorités soudanaises déclaraient dans leur lettre « qu'en l'absence du consentement du Soudan au déploiement de casques bleus, toute offre de fournir des troupes de maintien de la paix au Darfour serait considérée comme une action hostile, comme le prélude à une invasion d'un État membre des Nations unies ». « Manifestement, de telles déclarations exigent une riposte ferme du Conseil de sécurité », a déclaré le représentant des États-Unis. Les États-Unis ont soumis un projet de déclaration de la présidence du Conseil, que les membres devaient examiner plus tard ce jour-là lors d'une réunion de spécialistes. Dans l'intervalle, le président du Conseil de sécurité, M. Kenzo Oshima, représentant du Japon, a convoqué le représentant du Soudan pour une explication. La lettre était « inconvenante tant dans ses mots que dans son ton », a déclaré M. Oshima. L'Union africaine, qui a actuellement une force de maintien de la paix au Darfour, a indiqué qu'elle ne pourrait bientôt plus la diriger. En août, le Conseil de sécurité a décidé que sa Mission des Nations unies au Soudan (MINUS), destinée à soutenir l'accord de paix dans le sud du pays, pourrait s'augmenter de 20.000 soldats et policiers pour prendre la relève de cette force. Cependant, le président soudanais, M. Omar el-Béchir, a refusé d'autoriser ce transfert. Si aucune réponse n'est apportée à la lettre des autorités soudanaises, a déclaré M. Bolton, « cela pourrait bien sonner le glas de l'expansion de la MINUS avant même qu'elle ne démarre. Si personne ne se porte volontaire pour affecter des forces à la mission au Darfour, il n'y en aura pas, quoi que fasse le Conseil de sécurité. Voilà pourquoi c'est un défi direct à la résolution du Conseil. » Si le bras de fer entre le Soudan et l'ONU se poursuit, ou si la situation s'aggrave, « ceux qui s'inquiètent de la catastrophe au Darfour devront se demander s'il ne convient pas d'envisager d'autres recours », a déclaré le représentant des États-Unis à l'ONU. (Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/ )
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L'insécurité n'a jamais été aussi grande, estime Kofi Annan dans son dernier rapport sur le Darfour
Nations Unies , New York , 5 octobre 2006
Dans son dernier rapport sur la situation au Darfour publié aujourd'hui, le Secrétaire général de l'ONU affirme que l'insécurité n'a jamais été aussi grande dans cette région, où les organismes humanitaires n'ont jamais eu un accès aussi limité depuis 2004, mettant en garde contre une catastrophe humanitaire. « Si la sécurité ne s'améliore pas, le monde risque d'avoir à réduire de façon draconienne une opération humanitaire dont le besoin se fait pourtant cruellement sentir », a indiqué Kofi Annan dans son dernier Rapport mensuel sur le Darfour qui couvre la période du mois d'août. «Pendant la période considérée, la situation générale au Darfour s'est considérablement dégradée », tant au niveau de la sécurité, que sur le plan des droits de l'homme et sur le plan humanitaire, a estimé le Secrétaire général, affirmant que « la région était en train de retomber dans le cercle vicieux de la violence» Kofi Annan a notamment dénoncé «la décision du gouvernement soudanais de déployer d'importantes forces armées au Darfour », ce qui témoigne de «son apparente détermination à rechercher une solution militaire à la crise dans la région ». Plus grave encore sont « les informations selon lesquelles le gouvernement a fourni un appui militaire aérien durant des attaques dirigées contre les populations civiles ». Le Secrétaire général a aussi dénoncé les violents affrontements qui ont eu lieu entre signataires et non-signataires de l'accord de paix signé le 5 mai à Abuja entre le gouvernement du Soudan et une partie des rebelles du Darfour. « Il y a maintenant trois mois que l'Accord de paix au Darfour a été signé mais, au lieu de la réconciliation et du rétablissement de la confiance, c'est à une recrudescence de la violence et à une polarisation plus grande que nous assistons », a-t-il déploré. Kofi Annan a notamment cité l'embuscade tendue le 19 août, à Kuma, contre un convoi de ravitaillement en combustible de l'Union africaine (UA) qui a coûté la vie à deux soldats de la paix. Il a également dénoncé les attaques contre des travailleurs humanitaires qui se sont poursuivies sans répit et le banditisme qui sévit « partout ou presque ». A propos des camps de personnes déplacées au Darfour, il a estimé que la situation restait « très précaire, notamment là où la Mission de l'UA au Soudan (MUAS) n'a pas pu déployer de personnel ni organiser de patrouilles ». Il a aussi déploré que « la militarisation de certains camps de personnes déplacées s'était poursuivie sans relâche pendant toute la période considérée ». Il a enfin fait état de rumeurs d'empoisonnement qui ont entravé les efforts faits pour approvisionner les camps du Darfour en eau et en vaccins. « Le 20 juillet, ces rumeurs ont apparemment incité un groupe de personnes déplacées en colère à battre à mort trois employés du Département de l'assainissement de l'eau et de l'environnement dans le camp de Hassa Hissa, près de Zalingei. Dans plusieurs camps situés dans diverses régions du Darfour, des personnes déplacées ont défié et menacé des employés chargés de la vaccination et de l'assainissement », explique le rapport. Sur le plan des droits de l'homme, « les violences sexuelles et sexistes se sont multipliées de façon alarmante dans toute la région du Darfour ». « Les milices ont continué de s'en prendre aux femmes déplacées qui sortent du périmètre des camps pour couper du fourrage, cueillir des fruits ou ramasser du bois de chauffe afin d'en tirer un revenu », confirme le rapport. « Aux environs du camp de Kalma, le nombre de ces agressions est passé de 10 par mois à près de 10 par jour à la mi-juillet. Le 23 juillet, un groupe de plusieurs centaines de miliciens armés ont violé 21 femmes au nord de ce camp, le lendemain, 17 autres femmes ont été violées au même endroit », rapporte-t-il. « Les pouvoirs publics semblent incapables ou peu désireux de faire face à cette vague de violences sexuelles. Les autorités locales du Darfour-Sud ont minimisé les agressions sexuelles, qu'ils ont assimilées à des actes criminels d'ordre général tels qu'il s'en commet dans les camps », dénonce-t-il. « La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Soudan, Sima Samar, s'est rendue au Soudan du 11 au 17 août. Elle s'est dite profondément troublée par la situation catastrophique des droits de l'homme dans la région et par des signes qui annoncent une nouvelle détérioration de la situation dans les prochains mois si rien n'est fait pour protéger les civils des attaques et mettre un terme au conflit de manière pacifique », ajoute le Secrétaire général. |
Darfour : après les menaces du Soudan, réunion d'urgence au conseil de sécurité
New York, Conseil de Sécurité, 5 octobre 2006
A la demande des Etats-Unis, le Conseil de sécurité s'est réuni aujourd'hui en urgence pour discuter d'une lettre envoyée par le gouvernement du Soudan à certains Etats Membres, dans laquelle il réaffirme son rejet de la résolution 1706 qui prévoit le déploiement d'une force de l'ONU au Darfour et menace directement les contributeurs potentiels à une telle force. «Le Conseil s'est réuni ce matin, lors de consultations informelles, pour discuter du Soudan et, plus particulièrement, de la réaction du gouvernement soudanais face à la préparation d'un futur déploiement d'une force de l'ONU au Darfour», a indiqué le Japonais Kenzo Oshima, dont le pays assume la présidence du Conseil de sécurité au mois d'octobre. «Certains membres ont estimé que cette réponse des Soudanais était inappropriée, notamment au niveau du langage et de la tonalité, offensive et choquante », a rapporté l'ambassadeur du Japon. «Nous avons discuté de la façon dont le Conseil allait réagir à cette lettre. Après quelques échanges, nous avons convenu que je prendrais contact, en tant que président, avec le Représentant permanent du Soudan, pour obtenir des clarifications sur cette note envoyée à certains Etats membres », a-t-il fait savoir. Certains membres ont suggéré que le Conseil réagisse par «une déclaration claire» et pensent soumettre un projet de déclaration, d'autres préfèreraient se concentrer sur les moyens de restaurer la paix au Darfour, a encore rapporté le président. A la sortie du Conseil, l'ambassadeur américain, John Bolton, a estimé, lors d'une rencontre avec la presse, qu'il avait obtenu un soutien fort pour l'adoption d'une déclaration présidentielle, ajoutant qu'il ferait circuler un projet dans l'après-midi. Avant de rentrer en réunion, l'ambassadeur américain a expliqué la raison pour laquelle il avait demandé cette réunion d'urgence et rappelé les grandes lignes de la lettre envoyée par le Représentant du Soudan à certaines missions à New York. «En l'absence du consentement du Soudan pour le déploiement de troupes de l'ONU, tout volontaire pour fournir des troupes de maintien de la paix au Darfour, sera considéré comme auteur d'un acte hostile et du prélude à l'invasion d'un pays membre de l'ONU», a lu John Bolton. «A ma connaissance, c'est un fait sans précédent à l'ONU : un gouvernement qui est sur le point de devenir le bénéficiaire de l'extension d'une mission de maintien de la paix et qui tente d'intimider les pays potentiellement contributeurs », a-t-il commenté. «C'est un défi lancé directement à l'autorité du Conseil de sécurité [...] et cela requiert une réponse forte», a-t-il ajouté. Le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, a affirmé aujourd'hui, lors de son point de presse, que l'ONU poursuivait la préparation du déploiement d'une force de l'ONU. Il a aussi précisé que le déploiement d'une telle force se ferait uniquement avec le consentement du Soudan. En votant le 31 août la résolution 1706, le Conseil de sécurité a autorisé le déploiement d'une force des Nations Unies au Darfour, qui pourra compter jusqu'à 17.300 soldats et qui sera chargée de relayer la mission de l'UA, invitant le gouvernement soudanais à consentir à un tel déploiement, dépêche du 31.08.06). La force de l'ONU aurait pour mandat de soutenir l'application de l'accord de paix signé en mai entre le gouvernement du Soudan et une partie des rebelles du Darfour. Elle aurait aussi pour mission de protéger les populations civiles. Dans son dernier rapport sur le Darfour publié aujourd'hui, le Secrétaire général de l'ONU a affirmé que l'insécurité n'avait jamais été aussi grande dans cette région, où les organismes humanitaires n'ont jamais eu un accès aussi limité depuis 2004, mettant en garde contre une catastrophe humanitaire dépêche du 05-10-06). |
Le Congrès américain adopte des sanctions contre le Soudan
Québec informations, 1 er octobre 2006
Après des mois de négociations ardues entre les deux chambres du Congrès, les législateurs américains ont approuvé un projet de loi imposant des sanctions au gouvernement soudanais et aux milices arabes responsables de la mort de dizaines de milliers de personnes au Darfour. La Chambre des représentants avait approuvé une première version du document il y a déjà plusieurs mois. Cependant, le Sénat a longuement hésité avant de finalement se pencher sur le projet de loi la semaine dernière. Motif de cette réticence: la clause de la législation recommandant le retrait des investissements des institutions gouvernementales américaines du Soudan. Plusieurs membres influents de la chambre haute, conduits par le sénateur de l'Indiana Richard Lugar, se disaient convaincus que le président Bush opposerait un veto à tout projet de loi préconisant une telle mesure. Après de fortes pressions et de multiples délais, ils ont réussi à faire exclure la clause en question de la version de la législation approuvée en commission au Sénat la semaine dernière. La nouvelle mouture a alors été envoyée à la chambre des représentants pour un second vote. Ce qui a déclenché des débats houleux sur le rôle de l'émissaire spécial américain pour le Soudan Andrew Natsios. Le mandat de l'émissaire spécial doit couvrir tous les efforts en cours pour consolider la paix au Soudan. Y compris des initiatives pour assurer l'application complète de l'accord de paix au Darfour et de l'accord global de paix dans le sud du Soudan, a souligné le député républicain Chris Smith, président de la sous-commission africaine de la Chambre lors des débats. La Chambre des représentants a approuvé en lecture finale, lundi, la version amendée du projet de loi en provenance du Sénat. Et il ne manque plus que la signature du président Bush sur le document pour que la nouvelle législation entre en vigueur. La loi sur la paix au Darfour prévoit entre autres le gel des avoirs des responsables gouvernementaux soudanais et des leaders de milices arabes coupables d'atrocités dans cette province de l'ouest du Soudan. Les personnes visées sont également interdites d'entrée aux Etats-Unis. Les sanctions devraient rester en vigueur, notamment jusqu'au désarmement des milices arabes par Khartoum. Les partisans du retrait des investissements américains au Soudan ne jettent pas l'éponge. Ils ont déposé à la chambre des représentants plusieurs projets de loi bien ciblés visant à empêcher les compagnies internationales opérant au Soudan à obtenir des contrats gouvernementaux américains. La députée démocrate Barbara Lee De son côté, le gouverneur républicain de Californie Arnold Swartzenegger, l'acteur bien connu, a signé, lundi, une législation au niveau de son état interdisant aux fonds californiens de retraite d'investir dans des compagnies disposant d'avoirs au Soudan. Tous les yeux sont maintenant braqués sur le président Bush, dont la signature au bas de la loi sur les sanctions au Darfour est absolument nécessaire pour l'entrée en vigueur de la législation.
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