Le Soudan dans la Presse

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2006

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Septembre 2006

  Septembre 2006

Le Nouvel Observateur
30 septembre 2006

Barroso à la tête d'une délégation européenne au Darfour

Agence France Presse,
30 septembre 2006

Darfour: le signataire de l'accord de paix menace de reprendre les armes

Agence France-Presse,
27 septembre 2006

Le Congrès mobilisé pour le Darfour vote des sanctions

Gouvernement USA,
27 septembre 2006

Mme Rice demande au Soudan d'accepter la force de l'ONU au Darfour

Le Figaro,
23 septembre 2006

Darfour : c'est au monde de convaincre le gouvernement soudanais, par Kofi Annan

Le Monde,
21 septembre 2006

L'Union africaine prolonge sa mission au Darfour

Le Monde,
22 septembre 2006

La Cour pénale internationale ne parvient pas à mener ses enquêtes

Amnesty,
21 septembre 2006

La prolongation du mandat de la mission de maintien de la paix de l'Union Africaine n'est qu'un premier pas

Nations Unies,
21 septembre 2006

Darfour : l'ONU salue la prorogation de la mission de l'union africaine jusqu'en décembre

L'Humanité,
21 septembre 2006

Darfour : Réaction du Parti communiste français

Le Monde,
21 septembre 2006

Le Soudan salue le maintien de la force de l'UA au Darfour

Le Nouvel Observateur,
20 septembre 2006

L'Union africaine prolonge jusqu'à la fin de l'année sa présence au Darfour

Nations unies,
20 septembre 2006

Réunions sur le Darfour en marge des débats à l'assemblée générale

La Croix ,
20 septembre 2006

Darfour : épreuve de force diplomatique

Le Monde,
19 septembre 2006

L'Union africaine examine le maintien de sa force de paix au Darfour

Palais de l'Elysée,
19 septembre 2006

Interview de M. Jacques Chirac, Président de la République , accordée au quotidien USA Today, (extraits)

Europe 1,
18 septembre 2006

M. Jacques Chirac, Président de la République invité de M. Jean-Pierre Elkabbach

Palais de l'Elysée,
18 septembre 2006

Interview accordée par M. Jacques Chirac, Président de la République à la chaîne américaine "CNN". (extraits

Le Nouvel Observateur,
18 septembre 2006

Le Soudan a besoin d'une aide au développement, pas de casques bleus, selon son ministre des Finances

Les dépêches, Bruxelles,
17 septembre 2006

Amnesty proteste devant l'ambassade du Soudan à Bruxelles

Le Monde,
17 septembre 2006

Journée internationale pour le Darfour dans une cinquantaine de villes du monde

Amnesty International,
16 septembre 2006

Des militants d'Amnesty International France bloquent l'ambassade du Soudan

Le Monde,
16 septembre 2006

Le SPLM soutient des casques bleus au Darfour

Le Courrier de Genève,
16 septembre 2006

La pression s'accroît sur le Soudan « génocidaire »

Africa-Com,
16 septembre 2006

Les civils du Darfour,"otages" du bras de fer Soudan-ONU/UA

Le Monde,
16 septembre 2006

A New York, mobilisation œcuménique contre le "génocide"

Le Monde,
16 septembre 2006

Darfour : en attendant la guerre totale

La Croix ,
13 septembre 2006

Kofi Annan dénonce le mépris du Soudan pour le Darfour

Reporters Sans Frontières,
13 septembre 2006

Vague de censure à Khartoum

Jeune Afrique-
12 septembre 2006

L'Onu reste indésirable au Darfour, nouveaux combats meurtriers

Nations Unies, NewYork,
11 septembre 2006

Le Soudan engage sa responsabilité en refusant une force de l'Onu au Darfour, prévient Kofi Annan

Jeune Afrique,
11 septembre 2006

Darfour: plus de 350.000 Soudanais sans aide à cause de la violence

Jeune Afrique
10 septembre 2006

Le Soudan rejette la résolution sur le Darfour mais dit vouloir dialoguer

Jeune Afrique,
10 septembre 2006

Offensive finale au Darfour

Jeune Afrique,
10 septembre 2006

Épineux Darfour

Nations Unies,
8 septembre 2006

Le HCR craint un nouveau déplacement massif de population et une catastrophe humanitaire majeure au Darfour

Marianne,
8 septembre 2006

Darfour toujours !

JeuneAfrique,
6 septembre 2006

Un célèbre journaliste soudanais retrouvé mort

Afrique Centrale,
6 septembre 2006

''Il y a génocide au Darfour «  a déclaré Monsieur Douste-Blazy, Ministre français des Affaires étrangères

Le Monde
6 septembre 2006

Khartoum exige le départ de la force de maintien de la paix déployée au Darfour

Jeune Afrique
5 septembre 2006

Annan met le gouvernement soudanais devant ses responsabilités au Darfour

La Figaro ,
5 septembre 2006

Khartoum brave l'ONU

Jeune Afrique ,
4 septembre 2006

Le Soudan demande à l'Union africaine de retirer sa force du Darfour

Jeune Afrique,
4 septembre 2006

Le Soudan donne une semaine à l'UA pour décider du statut de sa force

Le Figaro,
4 septembre 2006

Khartoum exige le départ des soldats africains avant fin septembre

Libération,
4 septembre 2006

Pressions des Quinze et de l'ONU sur le Soudan

Le Monde,
3 septembre 2006

Agir au Darfour

Le Monde,
1 er septembre 2006

Le Soudan rejette la résolution 1706 de l'ONU sur le Darfour

Jeune Afrique
1 er septembre 2006

Le Soudan prêt à faire face à une intervention étrangère

Le Monde,
1 er septembre 2006

Au moins 30.000 foyers touchés par des inondations

Afrique Centrale, presse,
1 er septembre 2006

Onu au Darfour : et pourquoi demander son avis à Béchir ?

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Barroso à la tête d'une délégation européenne au Darfour

Le Nouvel Observateur avec Reuters, 30 septembre 2006 par Ingrid Melander

 

Une délégation de l'Union européenne emmenée par Jose Manuel Barroso s'est rendue dimanche au Darfour dans le cadre des efforts internationaux pour mettre fin au conflit et à la crise humanitaire dans cette région de l'ouest du Soudan.

Le président de la Commission européenne, accompagné du commissaire Louis Michel, a achevé une visite de deux jours au Soudan par un déplacement de cinq heures dans le Nord-Darfour.

"Les Nations unies doivent être présentes ici de manière plus efficace", a déclaré Barroso dans l'avion qui l'emmenait au Darfour, où environ 200.000 personnes ont été tuées et plusieurs millions d'autres chassées de leur domicile depuis le début de la guerre civile en février 2003.

Le président soudanais Omar Hassan al Bachir continue de rejeter une résolution du Conseil de sécurité sur un déploiement de 20.000 casques bleus et policiers de l'Onu au Darfour, en remplacement de 7.000 militaires de l'Union africaine.

Barroso n'est pas parvenu à convaincre Bachir samedi soir.

Le président de la Commission européenne a cependant rappelé que le Soudan s'exposait à un affrontement avec la communauté internationale.

"Il n'est pas dans l'intérêt du Soudan de revenir à une situation d'isolement complet", a-t-il prévenu.

 

Pas de visite de camp de réfugiés

 

Bachir soupçonne les Etats-Unis et la communauté internationale de vouloir démanteler le Soudan en envoyant des casques bleus au Darfour, où l'armée et des miliciens arabes affrontent des rebelles issus des populations noires.

La délégation européenne qui s'est rendue dimanche à El Fachir a notamment rencontré le gouverneur local, qui lui a assuré que la population ne souhaitait pas la présence de soldats étrangers.
Les Européens ont aussi rencontré des responsables de l'UA et se sont rendus sur un site de réparation des camions du Programme alimentaire mondial. Sur un parking, l'un de ces véhicules de l'Onu portait les stigmates d'une attaque.

La délégation européenne n'a en revanche pas pu visiter de camp de réfugiés pour des raisons de sécurité.

Pour les observateurs et les travailleurs humanitaires, la situation s'est dégradée au Darfour depuis la signature en mai d'un accord entre le gouvernement et l'un des mouvements rebelles.

L'UE a annoncé dimanche qu'elle débloquait 40 millions d'euros d'aide humanitaire, essentiellement alimentaire.

Barroso doit rencontrer des représentants de l'Union africaine lundi à Addis-ABeba.

 

Septembre 2006

Darfour: le signataire de l'accord de paix menace de reprendre les armes

Agence France Presse, Khartoum, 30 septembre 2006

 

Le seul groupe signataire de l'accord de paix au Darfour a menacé de reprendre les armes après avoir affirmé que les forces soudanaises avaient mené une attaque armée contre deux de ses dirigeants.

Il s'agit de la faction majoritaire du Mouvement de libération du Soudan (SLM) dont les rapports avec Khartoum connaissent des difficultés en dépit de la nomination de son chef Minni Minawi, patron de l'Autorité transitoire du Darfour, supposée aider à gérer les affaires des trois provinces de l'ouest du pays en proie à une guerre civile.

Les forces soudanaises "ont attaqué jeudi le quartier général du mouvement à Giraida au moment où son vice-président du SLM, al-Rayah Mahmoud Jomaa, et le commandant des forces du SLM, Jomaa Mohammad Haggar, y étaient en visite", a déclaré samedi un porte-parole du groupe.

Le SLM "a repoussé l'attaque qui visait MM. Jomaa et Haggar et capturé 14 des assaillants", a ajouté le porte-parole, Al-Tayeb Khamis Mohammad.

L'armée soudanaise a démenti l'attaque, le deuxième incident opposant en quelques jours la faction majoritaire du SLM aux forces gouvernementales.

Jeudi, un autre responsable du groupe avait indiqué que son mouvement avait "capturé" cinq policiers après l'arrestation de deux de ses représentants, à Omdurman, au nord de Khartoum.

La police a "arrêté Zanoun Suleiman Abdel Rahman et Mahjoub al-Doumah, deux responsables du secrétariat de la jeunesse et des étudiants les ont conduits de force au poste de police central", avait-il déclaré.

Cet incident est intervenu juste après la nomination par le chef de l'Etat soudanais Omar el-Béchir de M. Minnawi président de l'Autorité transitoire du Darfour en application de l'accord de paix du 5 mai signé sous les auspices de l'Union africaine.

L'attaque à Giraida, dans le sud du Darfour, dont le groupe rebelle accuse Khartoum, semble être plus importante que celle d'Omdurman et a entraîné une menace directe de rompre l'accord de paix.

"Le gouvernement doit comprendre que le SLM a toujours des forces et quand il deviendra certain que l'accord de paix n'amène que des déceptions, il donnera des instructions à M. Minnawi de quitter le palais présidentiel et reprendra la guerre qui commencera, le cas échéant, de Khartoum", a averti M. Khamis Mohammad.

C'est la première fois que cette faction accuse le gouvernement soudanais, sous pression internationale pour accepter une force de l'Onu au Darfour mais qui y résiste, de lancer une attaque contre de hauts dirigeants.

Pour le moment, l'armée soudanaise a nié que ses forces aient mené une telle attaque et s'est étonnée de cette annonce en disant que les deux parties étaient en train de discuter des arrangements de sécurité au Darfour.

En effet, interrogé par l'AFP, un responsable au bureau du porte-parole de l'armée soudanaise a démenti qu'une telle attaque ait eu lieu.

"Ces informations sont étranges, nos forces ne peuvent pas attaquer le SLM, nous respectons l'accord que nous avons conclu" avec ce mouvement, a dit ce responsable sous le couvert de l'anonymat.

"Il y a deux jours seulement, nous avons tenu une réunion avec M. Minawi et nous avons convenu de commencer à mettre en application les arrangements de sécurité prévus par l'accord", a-t-il ajouté.

"Lors de cette réunion, nous avons aussi discuté de l'intégration de 5.000 hommes des forces du SLM dans les troupes gouvernementales et 3.000 autres dans l'administration civile", a-t-il affirmé.

La guerre civile et ses conséquences sur le plan humanitaire ont fait au moins 200.000 morts au Darfour depuis février 2003

 

Septembre 2006

Le Congrès mobilisé pour le Darfour vote des sanctions

Agence France-Presse, Washington, 27 septembre 2006

 

Le Congrès américain a envoyé pour signature au président George W. Bush un projet de loi imposant des sanctions aux responsables du «génocide» en cours au Darfour, salué mardi par ses promoteurs comme «un pas modeste mais significatif dans la bonne direction».

Le texte, adopté définitivement lors d'un vote par consensus de la Chambre des représentants lundi soir, impose des sanctions ciblées visant des individus «responsables de génocide, crimes de guerre ou crimes contre l'humanité au Darfour», une province de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile.

Le projet de loi autorise par ailleurs l'administration Bush à apporter son soutien à la force de l'Union africaine déployée au Darfour en attendant l'arrivée de Casques bleus de l'ONU et réclame l'exclusion de Khartoum des Nations unies.

Tout en se félicitant de l'adoption de ce texte, le président de la commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants, Henry Hyde, a souligné qu'une simple loi ne suffirait pas à mettre fin au «génocide».

«Il faudra une campagne soutenue de pressions et de diplomatie énergique menée par ceux qui dans la communauté internationale sont prêts à se retrousser les manches, faire des choix difficiles et trouver des solutions improbables», a souligné M. Hyde.

« La Ligue arabe et la Conférence islamique, en particulier, devraient immédiatement condamner les atroces violences visant leurs frères musulmans et exiger que le gouvernement soudanais accepte le déploiement de gardiens de la paix de l'ONU», a-t-il ajouté.

Depuis le début du conflit en février 2003, au moins 200.000 personnes ont péri des effets de la famine, des combats, ou de la maladie, selon les Nations unies. Certaines sources estiment que ce bilan est nettement plus élevé.

 

Septembre 2006

Mme Rice demande au Soudan d'accepter la force de l'ONU au Darfour

Le discours de la secrétaire d'État américaine sur la politique étrangère des États-Unis à l'égard du Darfour

Gouvernement USA, 27 septembre 2006

 

« Le gouvernement du Soudan doit immédiatement et inconditionnellement accepter une force de maintien de la paix de l'ONU au Darfour », a affirmé la secrétaire d'État américaine, Mme Condoleezza Rice, le 27 septembre.

« Le temps des atermoiements est passé », a souligné Mme Rice dans un discours sur la politique des États-Unis à l'égard du Darfour prononcé à Washington, au siège de l'Académie pour le développement de l'éducation. Parrainée par le Sommet national sur l'Afrique, cette conférence faisait suite à la décision prise le 31 août par le Conseil de sécurité des Nations unies de transférer à une force plus étoffée de l'ONU la force de maintien de la paix de l'Union africaine au Darfour.

 

On trouvera ci-après les principaux extraits de ce discours.

 

(Début des extraits)

Allocution de la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice

prononcée le 27 septembre 2006 devant l'Africa Society of the National Summit on Africa

(...)

L'Africa Society a une vision transformatrice de l'Afrique, et je tiens à ce que vous sachiez que c'est une vision que le président Bush et moi-même partageons. Comme vous, nous entrevoyons une Afrique où la paix est connue de tous, où la liberté est partagée par tous, où les possibilités se multiplient pour tous et où, fait encore plus important, les responsabilités sont acceptées par tous. Parce qu'elle soutient l'Afrique, l'Amérique aide aujourd'hui un nombre sans précédent dans son histoire de peuples du continent à construire leur vie dans l'espoir et la dignité.

Pourtant, pour trop d'hommes, de femmes et d'enfants de l'Afrique, ce rêve d'une vie meilleure reste hors de portée. Pour ces Africains qui ont trop peu voix au chapitre, vous êtes un moyen d'amener le monde à prendre conscience de leur situation. Votre militantisme aide de nombreux Africains, et cette aide n'est nulle part plus urgente ni plus nécessaire que dans la province du Darfour au Soudan.

Nous sommes parvenus à un moment critique au Darfour. Le gouvernement du Soudan a lancé une nouvelle offensive militaire. L'insécurité s'aggrave. Des innocents souffrent et meurent. La situation humanitaire, qui était déjà précaire, est sur le point de devenir complètement catastrophique. Et l'espoir de paix risque maintenant de s'effondrer.

(...)

L'Accord de paix global (CPA) signé en janvier 2005 est l'épure de la transformation démocratique au Soudan. Il tente de résoudre, pour la toute première fois, les problèmes politiques sous-jacents du pays. Il crée un nouveau cadre politique - le gouvernement d'unité nationale - par lequel le pouvoir et la richesse du gouvernement central peuvent être répartis entre les provinces marginalisées du Sud, de l'Ouest et de l'Est. Le CPA tente de créer, sur les ruines de la guerre, un environnement de sécurité et de stabilité qui est soutenu par 10.000 casques bleus de l'ONU. Cette force contribue à créer l'espace politique nécessaire à la réconciliation au Soudan, processus qui sera long et difficile, je n'en doute pas, mais qui pourrait, et devrait, conduire à la liberté, à la paix et au développement pour tous les Soudanais.

L'Accord de paix global demeure la feuille de route politique qui mènera à l'objectif largement partagé d'un Soudan uni, pacifique et démocratique. Mais alors même que nous étions en train de conclure cet accord, un autre conflit faisait éruption, cette fois au Darfour, à l'ouest du pays.

(...)

Invoquant des attaques de rebelles dans la zone, le gouvernement du Soudan a recruté une tribu d'Arabes nomades, appelés Djanjawids, qui haïssent depuis longtemps les Africains du Darfour du fait de disputes territoriales et de différences ethniques. Financés, armés et encouragés par le gouvernement soudanais, les Djanjawids ont attaqué village sur village au Darfour, torturant et exécutant les hommes et les garçons, et battant et violant les femmes et les filles.

(...)

Des centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants ont été assassinés. Près de deux millions d'autres - soit près de quatre fois la population de la ville de Washington - ont été chassés de leur foyer au Darfour. Les États-Unis ont appelé cette tragédie par le seul nom qui reflète sa signification, le seul nom qu'elle mérite : génocide.

(...)

Depuis le tout début de ce conflit, notre priorité la plus urgente a été d'atténuer les souffrances des gens qui habitent dans les camps et de garantir leur sécurité. Les États-Unis ont été le fer de lance de la réponse humanitaire de la communauté internationale et nous avons montré la voie par le biais de nos actions. Nous avons donné aux gens du Darfour des abris contre le soleil et la pluie ainsi que de la nourriture et de l'eau pour leur donner des forces afin qu'ils puissent surmonter les jours à venir. D'ailleurs, plus de 60 % de la totalité des vivres que le Programme alimentaire mondial distribue à l'heure actuelle au Darfour sont payés par le peuple américain. Nous travaillons également à améliorer les conditions sanitaires et à soigner les malades, les blessés et les mutilés. Et pour le très grand nombre de personnes - surtout des femmes et des filles - pour qui les pires blessures sont enfouies au plus profond d'elles-mêmes, nous appuyons le travail d'âmes généreuses qui peuvent les aider à surmonter leur indicible traumatisme.

Rien de tout ceci n'aurait été possible sans nos partenaires du Congrès. Ces deux dernières années, les États-Unis ont alloué plus de 1,3 milliard de dollars à l'aide aux peuples du Darfour et du sud du Soudan. Aujourd'hui, je voudrais remercier le Congrès pour son engagement et sa compassion.

(...)

Nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour atténuer les souffrances du peuple du Darfour, mais notre but est, et doit être, encore plus ambitieux : nous ne voulons pas que le peuple du Darfour vive jusqu'à la fin des temps dans des camps de réfugiés ; nous voulons l'aider à rentrer chez lui et à vivre en paix. La situation à l'origine de cette guerre était incohérente et funeste. Elle s'était détérioriée à plusieurs reprises, avec à chaque fois d'horribles conséquences pour la population. Ainsi, pour empêcher que cela ne se reproduise - dans un mois, dans un an ou dans dix ans - et pour tracer la voie conduisant à une véritable paix durable, ainsi que nous l'avons fait pour le nord et le sud du Soudan avec l'Accord de paix global (CPA), nous œuvrons à trouver des solutions aux racines politiques du conflit au Darfour.

Sur ce front, une percée s'est produite en mai grâce à la négociation de l'Accord de paix sur le Darfour. Ce document ne crée pas la paix ; il donne les grandes lignes des principes qui sous-tendent la paix et met en place le cadre politique pour les traduire dans la réalité, notamment des accords pour partager le pouvoir équitablement, pour distribuer la richesse équitablement, pour coopérer en matière de sécurité et pour encourager la confiance et la réconciliation. Le gouvernement soudanais a signé cet accord, de même que le Mouvement de libération du Soudan, dirigé par Minni Minnawi. Deux autres groupes rebelles ne l'ont pas signé. Il n'en demeure pas moins qu'en énonçant les grandes lignes d'un nouvel accord politique entre le gouvernement du Soudan et le peuple du Darfour, l'Accord de paix sur le Darfour pourrait être un complément utile et nécessaire au CPA.

Cependant, le gouvernement du Soudan relance à l'heure actuelle son offensive militaire contre les rebelles, affaiblissant ainsi l'Accord de paix sur le Darfour et nos efforts humanitaires collectifs. Comme par le passé, la nouvelle campagne de violence du gouvernement cible la population du Darfour, et c'est elle qui souffre le plus. La sécurité faisant défaut, le personnel humanitaire n'est pas en mesure d'accéder aux centaines de milliers de personnes se trouvant dans les camps. Si elles n'ont pas de nourriture, d'eau ou une autre forme d'assistance dans les mois prochains, elles souffriront toutes, et nombre d'entre elles périront.

Il faut éviter à tout prix une telle tragédie, et le président Bush s'est personnellement engagé à le faire. La semaine dernière, dans son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, le président a réitéré son appui solide au peuple du Darfour, et il a nommé M. Andrew Natsios, l'ancien directeur de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), en tant que son envoyé spécial pour le Soudan.

(...)

À ce moment crucial en ce qui concerne le Darfour, trois mesures supplémentaires s'imposent :

Premièrement, il faut immédiatement instituer un cessez-le-feu. Le gouvernement du Soudan doit cesser ses opérations militaires et les rebelles qui ne sont pas signataires de l'Accord de paix pour le Darfour doivent cesser les combats et signer cet acccord. Il n'est pas question de renégocier l'accord, mais nous avons des consultations avec les rebelles qui souhaitent la paix. Nous cherchons à répondre à leurs préoccupations légitimes. Nous leur accorderons un appui s'ils choisissent la paix. Mais, si les rebelles devaient refuser, ils s'exposeraient à de graves conséquences, notamment à des sanctions ciblées de la part de l'ONU.

Deuxièmement, pour aider à stabiliser le Darfour, pour protéger les centaines de milliers d'êtres humains dont la vie est actuellement menacée, et pour aider toutes les parties à appliquer l'Accord de paix au Darfour, le gouvernement du Soudan doit immédiatement et inconditionnellement accepter une force de maintien de la paix de l'ONU au Darfour. Nous applaudissons à tous les efforts qu'a consentis l'Union africaine en vue de protéger les populations du Darfour, ainsi qu'à sa décision de prolonger sa mission, assurant ainsi que pas un jour ne se passe qu'il n'y ait des forces de maintien de la paix sur le terrain. Mais en fin de compte, il est impossible à 7.200 personnes de sécuriser efficacement une région de la taille du Texas. L'Union africaine a fait tout ce qu'elle pouvait étant donné les circonstances, et elle a maintenant réclamé une aide internationale - pas une fois, ni deux, mais trois fois.

Le mois dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a répondu à l'appel, et nous avons adopté la résolution 1706, prévoyant la transition de la mission de l'Union africaine à une force de maintien de la paix de l'ONU plus étoffée, plus robuste, dotée de plus de 20.000 nouveaux soldats et policiers. Il reste une source principale d'opposition à cette ligne d'action, à savoir le gouvernement soudanais. Je m'empresse de noter, cependant, que cette opposition à une force de l'ONU ne fait pas l'unanimité au sein du gouvernement d'unité nationale et nous nous félicitons de l'appui apporté par le Mouvement soudanais de libération nationale et par le Mouvement de libération du peuple soudanais.

Les autorités soudanaises sont mises, à présent, en face d'une décision claire et de grande portée, en fait la même décision qu'elles ont dû prendre lorsque nous avons tenté de mettre fin à la guerre civile entre le Nord et le Sud. Il s'agit du choix entre la coopération et l'affrontement.

Si le gouvernement soudanais choisit la coopération - s'il collabore avec les Nations unies et accueille la force de l'ONU au Darfour - il trouvera dans les États-Unis un partenaire dévoué. Et ainsi que le président Bush l'a indiqué dans sa lettre récente au président El-Béchir, nous serons prêts à examiner tous les aspects de nos relations bilatérales et à travailler en faveur de notre objectif commun d'un État soudanais unifié, démocratique et en paix.

Mais si le gouvernement soudanais opte pour l'affrontement - s'il continue à faire la guerre à ses propres citoyens, à défier l'Union africaine, à déstabiliser sa force de maintien de la paix et à menacer la communauté internationale - alors le régime de Khartoum sera tenu pour responsable et devra en supporter seul les conséquences. La communauté internationale doit clairement signifier aux dirigeants soudanais que tel est le choix qui leur est posé.

Le gouvernement soudanais dit qu'il veut un État stable et de bonnes relations avec la communauté internationale. Mais son comportement crée précisément le contraire : l'instabilité et l'isolement. La présence d'une force de l'ONU au Darfour contribuerait à inverser cela : elle sécuriserait la région, stabiliserait le pays, profiterait au peuple soudanais et servirait ainsi les intérêts du gouvernement soudanais lui-même. Les forces de maintien de la paix jouent déjà ce rôle dans la partie méridionale du Soudan ; elles devraient pouvoir faire de même au Darfour et le faire maintenant.

Si le gouvernement soudanais veut devenir un membre respecté de la communauté internationale, il doit agir en tant que tel et se comporter de façon responsable. Le temps des atermoiements est passé, il est temps d'agir. Nous ne pouvons accepter l'opposition du Soudan. Puisque le gouvernement soudanais ne va pas sauver la vie de ses propres citoyens, les Nations unies doivent agir.

Une fois les casques bleus déployés au Darfour où ils aideront à protéger les innocents et à mettre en application l'Accord de paix au Darfour, une dernière étape sera nécessaire : la transition d'un effort humanitaire à un travail de reconstruction, afin d'aider les habitants du Darfour à rentrer chez eux et à reconstruire leur vie.

Ce sera une entreprise monumentale. La plupart des victimes du conflit au Darfour ne trouveront quasiment plus rien à leur retour. Elles auront besoin d'aide pour recouvrer leurs biens perdus. Des programmes d'eau seront nécessaires pour rétablir les moyens de vie de la population et pour atténuer les futurs conflits. Le défi qui se pose au gouvernement d'unité nationale du Soudan n'est rien de moins que la transformation du Darfour. Le Soudan dirigera lui-même son effort de développement. Nous le soutiendrons. Et la générosité du monde sera plus importante que jamais, dès maintenant et pour de nombreuses années à venir.(...)

 

Septembre 2006

Darfour : c'est au monde de convaincre le gouvernement soudanais, par Kofi Annan

Kofi Annan secrétaire général de l'ONU.

 

Le Figaro, 23 septembre 2006

 

La lueur d'espoir qu'a suscité, pour beaucoup d'entre nous, la signature de l'accord de paix au Darfour, il y a quatre mois – bien que seulement par deux des parties – s'éteint en raison de la reprise des combats entre les factions. En violation de l'accord, des milliers de soldats de l'armée soudanaise ont été déployés dans la région, laquelle est soumise à de nouveaux bombardements aériens.

Je condamne vigoureusement cette escalade. Le gouvernement soudanais devrait immédiatement mettre fin à son offensive. Toutes les parties devraient tenir leurs promesses et respecter les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

Ces derniers affrontements ont encore aggravé la détresse de la population du Darfour, qui n'a déjà que beaucoup trop souffert. Le nombre total de déplacés est maintenant de 1,9 million. Près de 3 millions de personnes sont tributaires de l'aide internationale pour l'alimentation, les abris et les soins médicaux et, du fait des combats, il est maintenant beaucoup plus difficile pour le personnel humanitaire de leur porter secours. Les agents humanitaires eux-mêmes sont de plus en plus souvent la cible de violences brutales, d'attaques physiques et de dénigrements rhétoriques, et douze d'entre eux ont été tués au cours des deux derniers mois seulement.

Il y a un an, les dirigeants mondiaux, réunis à l'ONU, ont reconnu que tous les États avaient la responsabilité de protéger leur population contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l'humanité. Le gouvernement soudanais, s'il faillit à cette responsabilité sacrée, encourra l'opprobre et la disgrâce dans toute l'Afrique et, en fait, dans le monde entier. Ni ceux qui décident de poursuivre une telle politique ni ceux qui l'exécutent ne devraient s'imaginer qu'ils ne seront pas tenus responsables.

J'engage à nouveau vivement le gouvernement à éviter une telle situation en acceptant la décision du Conseil de sécurité de déployer une opération de maintien de la paix des Nations unies qui serait mieux équipée et mieux financée que l'actuelle mission de l'Union africaine et aurait un mandat plus clair, lui permettant de protéger les personnes en danger.

Quelque 10 000 Casques bleus sont déjà au Soudan. Pendant plus d'une année, ils ont contribué à mettre en oeuvre l'accord de paix entre le nord et le sud du pays. Le 31 août, le Conseil de sécurité, tout en réaffirmant clairement son attachement à la souveraineté, à l'unité, à l'indépendance et à l'intégrité territoriale du Soudan, a autorisé le déploiement de contingents supplémentaires dont les effectifs comprendraient 17 300 hommes au maximum, pour faire la même chose au Darfour contribuer à l'application de l'Accord de paix et permettre à la population de la région de vivre dans la paix et la dignité. Il n'y a dans cette entreprise aucune intention cachée ni aucune ambition, uniquement le désir de porter assistance. Mais le gouvernement soudanais a jusqu'à présent refusé son consentement.

Le déploiement de soldats des Nations unies supplémentaires prendra en tout cas du temps. C'est pourquoi le Conseil de sécurité a également demandé le renforcement de la Mission de l'union africaine (MUAS), afin qu'elle puisse poursuivre son action jusqu'à l'arrivée de l'ONU. Les Africains eux-mêmes ont à plusieurs reprises demandé ce transfert mais ils ont déclaré aussi clairement qu'entre-temps leurs contingents, qui se sont acquittés de leur mission avec vaillance dans des conditions très difficiles, ont besoin de ressources supplémentaires.

L'ONU et l'Union africaine sont donc convenues d'une série de mesures d'appui de l'Organisation à la MUAS , afin de permettre à la Mission de poursuivre son action pendant la période de transition cruciale. Mais celle-ci devra également recevoir un appui accru de ses partenaires directs parmi la communauté des donateurs, notamment la Ligue des États arabes, qui a offert un soutien crucial, tout en déclarant que la MUAS devrait maintenir sa présence jusqu'à la fin de l'année.

J'ai tenté à diverses reprises d'expliquer la transition au gouvernement et de dissiper les malentendus ou les mythes. En public et en privé, j'ai mis l'accent sur la situation humanitaire et fait appel au bon sens pragmatique du gouvernement.

Mais ma voix n'a pas suffi. Les citoyens et les gouvernements doivent se faire entendre. Quiconque, en Afrique ou au-delà, est en mesure d'influencer le gouvernement soudanais doit le faire sans délai.

Le Conseil de sécurité, et en particulier ses cinq membres permanents – Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie – assument une responsabilité particulière et doivent faire en sorte que le message à l'adresse du gouvernement soudanais soit fort, clair et uniforme. Mais chaque voix fait une différence ; la responsabilité est donc partagée entre nous tous. J'exhorte chacun à joindre sa voix à la mienne et à demander au gouvernement soudanais d'embrasser l'esprit de la résolution du Conseil de sécurité, de donner son consentement à la transition et de poursuivre le processus politique avec une énergie et une détermination nouvelles.

Il ne peut y avoir de solution militaire à la crise du Darfour. Toutes les parties auraient dû comprendre maintenant, après tant de morts et de destructions, que seul un accord politique, auquel participeraient pleinement toutes les parties concernées, peut apporter une paix réelle à la région.

Il y a douze ans, l'ONU et le monde ont failli à leurs obligations à l'égard du peuple rwandais à un moment de détresse. Pouvons-nous maintenant, en toute conscience, assister, passifs et indifférents, à la tragédie qui s'aggrave au Darfour ?

 

Septembre 2006

 

L'Union africaine prolonge sa mission au Darfour

Le Monde, Philippe Bolopion et Jean-Philippe Rémy, 22 septembre 2006

 

New York (Nations Unies), Nairobi correspondants

 

Trois mois et après ? La décision du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine réuni à New York, mercredi 20 septembre, de prolonger de trois mois la présence de son contingent de 7000 hommes au Darfour vise à éviter une catastrophe humanitaire massive. Elle n'est qu'une solution temporaire –prise en marge de l'Assemblée générale des Nations unies-, mais indispensable tant que le régime de Khartoum continue de s'opposer au déploiement de casques bleus de l'ONU, réclamé en août par le Conseil de sécurité.

Sur ce point, le président soudanais, Omar Al-Béchir, demeure inflexible, qualifiant ce projet de « complot sioniste » dont l'objectif serait de « démembrer » le Soudan et de « piller » son pétrole.

Le président américain, Georges Bush, à quant à lui affirmé qu'un « génocide » est en cours au Darfour, mené par les forces soudanaises et leurs milices arabes.

 

Réuni en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, qui rassemble à New York les dirigeants de la planète, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) a décidé, mercredi 20 septembre, de proroger de trois mois le mandat de ses troupes au Darfour. Les 7 000 "casques verts" de la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) vont donc poursuivre leur mission jusqu'au 31 décembre dans l'ouest du Soudan, au lieu de plier bagage fin septembre, comme cela était initialement prévu, au moment même où une offensive gouvernementale est en cours.

Le prolongement du mandat des forces africaines n'est qu'une solution provisoire. Elle est rendue indispensable par le refus de Khartoum d'accepter le déploiement, réclamé par le Conseil de sécurité de l'ONU, de près de 17 000 casques bleus et de 3 000 policiers civils. Cette force devrait éviter au Darfour, vaste comme la France , de subir une catastrophe à grande échelle alors que le gouvernement soudanais a massé dans la région des dizaines de milliers d'hommes et a lancé, fin août, une offensive contre les rebelles non signataires d'un accord de paix déjà défunt. Aux côtés des troupes régulières soudanaises, différents corps de milices, parmi lesquels les "janjawids" (cavaliers arabes) responsables de tant d'abominations, sont à nouveau activés ou viennent d'être recrutés, comme dans le Darfour Sud, tandis que les bombardements à l'aveuglette font déjà de nombreuses victimes.

Déployée à une période où la situation militaire était plus calme, la MUAS avait été, en dépit de ses efforts, dans l'impossibilité de protéger les populations du Darfour, faute de moyens, d'hommes et d'un mandat approprié. Face à la reprise de la guerre civile, la question de l'efficacité de la mission se pose à présent de manière aiguë. Au cours de ces trois mois supplémentaires, la MUAS devrait être renforcée, grâce à "des contributions de pays africains, un soutien logistique et matériel de l'ONU et un financement de la Ligue arabe" , selon le président du Conseil de paix et de sécurité de l'UA, le président burkinabé, Blaise Compaoré.

 

Cri d'alarme

 

L'aide des pays contributeurs africains ne devant pas fondamentalement évoluer, la nouveauté réside surtout dans l'implication des Nations unies. Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Marie Guéhenno affirme que l'ONU pourrait fournir, en plus d'équipements, "des experts techniques dans les domaines logistique, militaire, de la communication et de l'information" , tout en précisant que l'Organisation "ne financera pas la mission de l'Union africaine" .

Ces arrangements ne constituent qu'une parenthèse, alors qu'aucune question cruciale sur l'avenir du Darfour n'a été résolue. Le Soudan est non seulement opposé au déploiement d'une force de l'ONU, mais également au principe du transfert du mandat de la MUAS à l'ONU, principe auquel l'Union africaine est très attachée pour ne pas donner l'impression de quitter le Darfour sur un échec, sachant aussi que ses hommes devraient être versés dans la mission onusienne.

Le Soudan a averti plusieurs fois, au cours des semaines écoulées, qu'il demanderait le départ de la MUAS si l'Union africaine persistait dans sa volonté de transmettre son mandat à l'ONU. Aucune décision claire n'avait, semble-t-il, été prise à cet égard, mercredi soir. Pourtant, la pression internationale augmente pour contraindre Khartoum d'accepter le déploiement de casques bleus.

Devant l'Assemblée générale de l'ONU, le président américain, George Bush, a de nouveau affirmé, mardi, qu'un "génocide" était en cours au Darfour, où plus de 200 000 personnes ont péri depuis 2003. Il a aussi évoqué pour la première fois l'éventualité que l'ONU se passe de l'autorisation du Soudan pour intervenir, solution qui passerait par le vote d'une résolution contraignante, encore hypothétique.

A la même tribune, le président français, Jacques Chirac, a pour sa part lancé un cri d'alarme contre le "crime contre l'humanité" menaçant la région, et appelé "solennellement" le Soudan à accepter le déploiement de casques bleus.

Mais à New York, le président soudanais, Omar Al-Bachir est demeuré inflexible, qualifiant le projet de "complot sioniste" dont l'objectif serait de "démembrer" le Soudan et de "piller" son pétrole. Rien ne laissait envisager, mercredi, un revirement de Khartoum, en dépit des propositions de dirigeants africains qui suggèrent que la force onusienne soit commandée par un Africain et composée en majorité de pays du continent.

 

Septembre 2006

La Cour pénale internationale ne parvient pas à mener ses enquêtes

Le Monde, La Haye , Stéphanie Maupas, 22.septembre 2006

 

La présidente du Haut commissariat aux droits de l'homme (HCDH) des Nations unies, Louise Arbour, a demandé, lundi 18 septembre, que tout soit fait "pour soutenir le travail de la Cour pénale internationale (sur le Darfour) et pour jeter les fondements d'une juridiction universelle face à des crimes de cette ampleur" . De retour de sa dernière visite dans cette province de l'ouest du Soudan, en mai, elle estimait déjà "essentiel que la Cour exerce son mandat dans cette affaire de façon musclée et visible".

Le 31 mars 2005, la Cour pénale internationale (CPI), basée à La Haye , avait été saisie par le Conseil de sécurité des Nations unies sur la base d'un rapport établi par une commission d'enquête internationale. Le procureur, Luis Moreno Ocampo, avait ouvert une enquête, tout en prenant ouvertement ses distances, en gage d'indépendance, avec les experts de cette commission. Leur rapport, un véritable acte d'accusation de 204 pages, concluait que des crimes contre l'humanité étaient commis au Darfour et établissait une liste confidentielle de 51 responsables. Mais au Conseil de sécurité, en juin 2006, le procureur Luis Moreno Ocampo a présenté un bilan d'étape mitigé : "L'insécurité permanente qui prévaut au Darfour empêche la conduite effective d'enquêtes , a-t-il dit, notamment en raison de l'absence de système opérationnel et durable de protection des victimes et des témoins."

De ce fait, la CPI a dû ouvrir l'un de ses bureaux au Tchad voisin et a conduit ses premiers interrogatoires dans une quinzaine de pays différents. Et ses six visites à Khartoum ont surtout porté sur l'évaluation du système judiciaire national. A ce jour, le parquet n'a donc pu présenter aucun mandat d'arrêt.

Invité par les juges à "proposer des solutions pour la protection des éléments de preuves et des témoins victimes" , le président de la commission d'enquête internationale - qui n'est autre que l'ancien président du tribunal dédié aux crimes de l'ex-Yougoslavie, Antonio Cassese - critique la politique du parquet. Il lui reproche de ne pas utiliser les recours judiciaires qui permettraient, à défaut de boucler des affaires, de renforcer les menaces sur Khartoum. Entre autres mesures, il propose d'acter l'absence de coopération des autorités soudanaises en saisissant les juges, puis le président de la juridiction qui pourraient informer le Conseil de sécurité de l'obstruction des responsables soudanais.

L'objectif de . assese est de faire peser une menace judiciaire sur des personnes capables de dissuader les auteurs des crimes. Il s'agirait, par exemple, d'inculper "ceux qui sont en position de faire arrêter les viols" et qui ne le font pas. Sont visés des responsables hiérarchiques intermédiaires. Ainsi menacés de poursuites judiciaires, on attend d'eux qu'ils saisissent la justice de leur propre pays contre les criminels.

Dans sa réponse écrite du 11 septembre, le procureur rappelle ne pas être tenu de sécuriser la province du Darfour. Cette charge revient au gouvernement soudanais et aux forces de l'Union africaine. En l'état, écrit-il, il ne peut donc répondre à "son obligation de protéger les victimes et les témoins du Darfour" .

 

Septembre 2006

 

La prolongation du mandat de la mission de maintien de la paix de l'Union Africaine n'est qu'un premier pas

Amnesty International, 21 septembre 2006

 

Communiqué de presse

 

Réagissant à l'accord donné par le gouvernement soudanais à une prolongation du mandat de la mission de maintien de la paix de l'Union africaine (UA) au Soudan, ce 21 septembre, Amnesty International a déclaré que cela constituait un premier pas en vue de la protection des civils au Darfour, mais que le déploiement de forces de maintien de la paix des Nations unies devrait suivre.

« La population du Darfour a besoin des forces de maintien de la paix des Nations unies maintenant , a déclaré Irene Khan, secrétaire générale d'Amnesty International. L'accord donné par le gouvernement soudanais à une prolongation du mandat de la Mission de l'Union Africaine au Soudan (MUAS) ne constitue pas une concession majeure. C'est le minimum absolu de ce qui est requis si l'on veut protéger la population du Darfour et l'Union africaine devra être remplacée, le plus tôt possible, par une force de maintien de la paix des Nations unies. »

Le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine a rendu publique ce 21 septembre une déclaration exprimant l'intention de cette organisation de prolonger jusqu'au 31 décembre 2006 le mandat de la Mission de l'Union Africaine au Soudan (MUAS). Il a également réitéré son soutien au remplacement des troupes de l'UA par une force de maintien de la paix des Nations unies. « Les jeux politiques du gouvernement soudanais durent depuis trop longtemps – et ces jeux ont coûté la vie à beaucoup de femmes, d'hommes et d'enfants au Darfour , a déclaré Irene Khan. La communauté internationale ne peut accepter de compromis en matière de droits humains. Les droits des civils au Darfour ne peuvent faire l'objet de marchandages juste pour boucler un dossier politique. « La prolongation du mandat de la MUAS ne dispense en aucune manière la communauté internationale de son devoir de maintenir la pression sur le Soudan pour qu'il accepte l'envoi de casques bleus des Nations unies. 

 

Septembre 2006

Darfour : l'ONU salue la prorogation de la mission de l'union africaine jusqu'en décembre

Nations Unies , New York , 21 septembre 2006

 

Le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a salué aujourd'hui la décision de l'Union africaine (UA) prise hier d'étendre le mandat de son opération au Darfour jusqu'à la fin du mois de décembre, ce qui permettra d'éviter un vide sécuritaire dans la région à la fin du mois de septembre.

Dans un message transmis aujourd'hui par son porte-parole, Kofi Annan a salué le soutien du Conseil de paix et de sécurité de l'UA aux efforts des Nations Unies visant à renforcer Mission de l'UA au Soudan (MUAS).

Le Conseil de paix de l'UA a décidé hier à New York de proroger le mandat de la MUAS jusqu'au 31 décembre 2006 qui devait expirer à la fin du mois. La MUAS qui comprend 7.000 hommes devait être remplacée par une mission de l'ONU devant compter 17.300 soldats et un équipement militaire efficace.

Le Conseil de sécurité a autorisé le 31 août le déploiement au Darfour d'une force des Nations Unies, invitant le gouvernement soudanais à consentir à un tel déploiement.

Etant donné le refus persistant du gouvernement du Soudan d'autoriser une telle mission, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, Jan Pronk, a estimé que la décision de l'UA permettra d'éviter un vide sécuritaire dans la région du Darfour, dépêche du 20.09.2006.

Dans son message, Kofi Annan a aussi indiqué que l'ONU apporterait un soutien d'urgence dans le domaine logistique, militaire et dans celui du conseil à la police civile, au déminage, à la communication et à la mise en oeuvre de l'accord de paix sur le Darfour.

Une réunion sur le déploiement des casques bleus au Darfour, organisée par le Département des opérations de maintien de la paix (DPKO), est prévue lundi à New York.

Près de 140 pays devraient assister à cette réunion.

Le conflit du Darfour qui a démarré en 2003 a déjà fait plus de 200 000 morts. L'accord de paix qui a été signé en mai entre gouvernement du Soudan et une partie des rebelles n'a pas mis fin aux combats. L'insécurité et l'impunité continuent de régner au Darfour. Les agences des Nations Unies rappellent que les massacres, les viols et les pillages se poursuivent.

 

Septembre 2006

Darfour : Réaction du Parti communiste français

L'humanité, bureau politique, 21 septembre 2006

 

La guerre civile provoquée par les exactions de l'armée soudanaise et ses milices ont provoqué une crise humanitaire au Darfour (Soudan) qui s'aggrave dramatiquement de jour en jour.

Depuis 2003 c'est 300 000 personnes qui ont été massacrées, plus 2,5 millions ont été chassées de leurs terres, conséquences des exactions des milices Djanjawids et des forces gouvernementales.

Attaques indiscriminées et meurtres de civils, tortures, disparitions et déplacements forcés, viols, pillages…sont le lot quotidien des hommes, des femmes et enfants du Darfour.

Le Haut Commissariat pour les Réfugiés de l'ONU alerte sur le fait que la dégradation de la situation menace de provoquer une nouvelle vague de déplacement massif qui pourrait déstabiliser la région entière et entraîner une catastrophe humanitaire majeure.

Par ailleurs le représentant du secrétaire général de l'ONU pour le Darfour vient d'affirmer que l'accord de paix signé en mai, sous la pression de Washington, de Londres et de Paris, entre le gouvernement soudanais et une faction des rebelles du Darfour était « pratiquement mort », ce qui ne fait qu'accentuer les risques.

Le Parti communiste français demande avec force que soient prises des mesures d'urgence sous l'égide le l'ONU :

 

- Le maintien et le renforcement de la force de l'Union Africaine qui doit disposer des moyens nécessaires pour remplir sa mission, avec à ses côtés une force de sécurisation des Nations-Unies ne comportant, comme le demandent le Parti communiste et les progressistes soudanais, ni de troupes américaines, ni de troupes de l'OTAN.

 

- L'augmentation de l'aide humanitaire au niveau nécessaire et sa sécurisation : douze travailleurs humanitaires ont été tués depuis le mois de mai, les convois sont régulièrement attaqués et les véhicules volés.

 

- La relance du règlement politique de la crise par la négociation entre les parties concernées, sous l'égide de l'Union africaine, avec le soutien et l'engagement de l'ONU.

 

- Le jugement des responsables des crimes et des exactions par le Tribunal pénal international.

 

Septembre 2006

 

Le Soudan salue le maintien de la force de l'UA au Darfour

Le Monde avec l'AFP 21 septembre 2006

 

Le gouvernement soudanais a salué jeudi la décision de l'Union africaine de maintenir sa force au Darfour, région de l'ouest en proie à une guerre civile, au-delà de la fin de son mandat.

"La prolongation (du mandat) est saluée", a déclaré à l'AFP le ministre d'Etat aux Affaires étrangères, Al-Sammani al-Wasila al-Sammani.

La décision de l'UA, prise mercredi lors d'une réunion à New York, devrait calmer pour l'instant la tension entre Khartoum et la communauté internationale, qui voulait un déploiement de casques bleus au Darfour en remplacement de la force africaine, ce que le président soudanais Omar al-Béchir refusait catégoriquement.

"Cela aurait été encore mieux si (le mandat) avait été prolongé de six mois par exemple car les troupes africaines sont devenues familières avec la région et sa population", a ajouté M. Sammani, en référence à la prorogation décidée de trois mois, jusqu'au 31 décembre.

"Je pense qu'il est plus facile pour la communauté internationale d'aider financièrement et techniquement les forces de l'UA déjà sur place, au lieu de commencer à zéro avec d'autres forces, comme celles de l'ONU", a-t-il estimé.

Le responsable a qualifié de "très importante" la décision de l'UA de demander aux parties non signataires de l'accord de paix d'Abuja, conclu en mai par Khartoum et le principal groupe rebelle du Darfour, le Mouvement de libération du Soudan (SLM), de le parapher.

"Cette décision est très importante car la sécurité et la paix dans la région seront garanties si ces mouvements signent l'accord de paix", a-t-il dit.

Mardi, le président soudanais s'était dit prêt à accepter le maintien de la force de l'UA au Darfour "jusqu'à ce que la paix soit rétablie". Il s'était même déclaré favorable au renforcement de cette mission d'environ 7.200 hommes mal équipée et sous-financée, pour peu que les renforts proviennent d'Afrique et qu'elle reste sous commandement de l'UA.

La communauté internationale souhaite que les casques bleus remplacent les soldats africains qui ont des moyens trop limités pour pouvoir faire respecter l'accord d'Abuja et protéger les civils au Darfour.

La guerre civile et ses conséquences humanitaires ont fait au moins 200.000 morts au Darfour depuis février 2003.

 

Septembre 2006

 

L'Union africaine prolonge jusqu'à la fin de l'année sa présence au Darfour

Le Nouvel Observateur avec l'AP, par Nick Wadhams, 20 septembre 2006

 

L'Union africaine (UA) a annoncé mercredi que le mandat de sa force au Darfour serait prorogé jusqu'à la fin de l'année, garantissant ainsi une présence internationale dans cette région de l'ouest du Soudan théâtre d'une grave crise humanitaire. Son mandat actuel devait s'achever le 30 septembre et Khartoum refuse que les Nations unies prennent le relais sur le terrain.

Selon l'accord conclu en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, l'ONU fournira à l'Union africaine du matériel et un soutien logistique. La Ligue arabe a également accepté d'apporter son financement, a indiqué le président du Burkina Faso Blaise Compaoré, chef du Conseil de sécurité et de la paix de l'UA.

Manquant de fonds, la force de l'Union africaine au Darfour est incapable de mettre un terme au conflit qui oppose les rebelles de la province au gouvernement soudanais, accusé d'avoir lancé les milices arabes, les Janjawid, contre les populations noires de la région.

Les Nations unies et de nombreuses organisations de droits de l'homme estiment que le conflit au Darfour a fait plus de 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis 2003.

Les dirigeants de l'UA et le Conseil de sécurité souhaitent que les Nations unies prennent le relais sur le terrain avec une force plus conséquente et mieux équipée. Le Conseil de sécurité a ainsi voté le mois dernier une résolution prévoyant le renforcement de la mission à hauteur de 20.000 hommes, contre les 7.000 actuellement déployés dans la province soudanaise, et lui donnant de nouvelles prérogatives dans la protection des civils.

Mardi, le président soudanais Omar al-Bashir a déclaré que son pays ne permettrait pas aux Nations unies de prendre le contrôle des forces de maintien de la paix au Darfour, estimant que les organisations humanitaires exagéraient leur évaluation de la crise.

A ce sujet, le nouvel émissaire américain au Soudan, Andrew Natsios, a indiqué mercredi que

l'administration Bush avait entamé des discussions avec les pays arabes pour les aider à convaincre Khartoum d'accepter la présence de l'ONU au Darfour.

La semaine dernière, l'acteur George Clooney a déclaré devant le Conseil de sécurité que des millions de personnes mourraient dans "le premier génocide du 21e siècle" s'il ne déployait pas des casques bleus au Darfour.

 

Septembre 2006

Réunions sur le Darfour en marge des débats à l'assemblée générale

Nations unies, New York , 20 septembre 2006

 

En marge du débat général, le Secrétaire général de l'ONU a assisté aujourd'hui à une réunion sur la situation au Darfour, organisée par le Conseil de sécurité de l'Union africaine (UA), avant la réunion lundi sur le déploiement des casques bleus dans la région, organisée par le Département des opérations de maintien de la paix (DPKO).

Cette réunion a eu lieu à la mission de l'UA à New York, a précisé Stéphane Dujarric, porte-parole de Kofi Annan, lors de son point de presse quotidien au siège de l'ONU.

Le porte-parole a par eurs annoncé que se tiendra lundi une réunion sur les contributeurs de troupes au Darfour, organisée à l'initiative du DPKO

Plus de 140 pays ont été invités à participer, a-t-il précisé.

Lors du débat général qui s'est ouvert hier à l'assemblée générale, certains Etats membres ont appelé au déploiement d'une force de l'ONU au Darfour. « Si le Soudan n'approuve pas le déploiement de cette force internationale, l'ONU doit agir parce que sa crédibilité en dépend », a estimé le président des Etats-Unis.

George W. Bush a par ailleurs annoncé qu'il avait décidé de nommer un Envoyé présidentiel spécial pour le Darfour, l'ancien administrateur d'USAID, Andrew Natsios.

Il a aussi rappelé que son pays avait choisi d'appeler « les atrocités qui y étaient commises par leur nom véritable, celui de génocide ».

Le président français a aussi exhorté la communauté internationale à « conjurer une nouvelle catastrophe humanitaire » et le Soudan à « accepter sans délai la mission de paix des Nations unies ». Avec le président de la Suisse , il a émis l'espoir que les criminels du Darfour ne restent pas impunis et soient jugés par la Cour pénale internationale (CPI)

La présidente du Libéria a dénoncé le manque de volonté de la communauté internationale concernant le déploiement d'une force des Nations Unies au Darfour.

Le président de la République du Congo, qui préside l'Union africaine, a pour sa part appelé le président soudanais à prendre « toute la mesure de la tragédie ».

Le Conseil de sécurité s'est par ailleurs réuni aujourd'hui sur le thème de la coopération avec les

organisations régionales dont l'UA. La question du Darfour a été abordée lors de la séance.

Lors d'une conférence de presse à New York, le président du Soudan, Omar Hassan Mohamed Al Bashir, est resté sur sa position selon laquelle « des ingérences intérieures visant à déstabiliser et à démembrer le Soudan ont transformé une question interne, qui relevait de la politique intérieure soudanaise, en un problème dont les ennemis du Soudan prétendent confier la solution aux Nations Unies ».

En dépit des appels répétés du Secrétaire général et du Conseil de sécurité, il a ajouté que « quelles que soient les conditions, son gouvernement n'autoriserait jamais le déploiement d'une force militaire des Nations Unies au Darfour en remplacement de celle de la Mission de l'Union africaine au Soudan, comme le demande la résolution 1706 du Conseil de sécurité ».

Le Conseil de sécurité a autorisé le 31 août le déploiement au Darfour d'une force des Nations Unies, qui pourra compter jusqu'à 17 300 soldats et qui sera chargée de relayer la mission de l'UA, invitant le gouvernement soudanais à consentir à un tel déploiement. Le Soudan s'y oppose toujours dépêche du 31.08.06).

Le conflit qui a démarré en 2003 a déjà fait plus de 200 000 morts. L'accord de paix qui a été signé en mai entre gouvernement du Soudan et une partie des rebelles n'a pas mis fin aux combats. L'insécurité et l'impunité continuent de régner au Darfour. Les agences des Nations Unies rappellent que les massacres, les viols et les pillages se poursuivent.

 

Septembre 2006

 

 

Darfour : épreuve de force diplomatique

La Croix , Pierre Cochez et Laurent d'Ersu , 20 septembre 2006

 

Le gouvernement soudanais bloque l'envoi de casques bleus au Darfour, objet d'une crise complexe alors qu'une catastrophe humanitaire menace la région

Pourquoi l'ONU ne peut-elle pas envoyer des casques bleus au Darfour ?

Bien que le Conseil de sécurité de l'ONU ait approuvé, le 31 août, le déploiement de 17 000 casques bleus au Darfour pour mettre fin à la guerre civile, c'est finalement un maintien de la force de l'Union africaine, déjà présente mais critiquée pour son impuissance, qui devrait être décidé au siège de l'ONU. Son mandat, qui devait s'achever le 30 septembre, devrait être prolongé de trois mois.

Le président soudanais Omar Al Béchir refuse en effet toujours l'arrivée de forces onusiennes, affirmant qu'elle constituerait une violation de la souveraineté du pays. Les analystes estiment que le gouvernement soudanais craint qu'un déploiement des forces de l'ONU ouvre la voie à l'arrestation de hauts responsables soudanais accusés d'avoir commis des crimes contre la population civile au Darfour. Même si, comme l'a déclaré mardi George W. Bush, « la crédibilité des Nations unies est en jeu », il semble clair qu'aucun État membre de l'ONU n'est prêt à fournir des troupes pour une intervention au Darfour si Khartoum s'y oppose.

Les Occidentaux et les responsables onusiens considèrent donc comme un moindre mal la présence prolongée des 7 000 hommes sous-équipés de la force africaine, qui assurent un minimum de protection aux populations civiles. Par ailleurs, même si Khartoum changeait soudain d'avis et autorisait le déploiement d'une force de l'ONU, celle-ci ne pourrait arriver sur le terrain avant janvier au plus tôt.

 

L'accord de paix du 5 mai est-il caduc ?

 

« L'accord de paix sur le Darfour n'a que quatre mois, mais il est presque mort. Il est dans le coma. Il aurait besoin d'un traitement intensif, mais il ne reçoit aucun soin. » Tel est le diagnostic dressé lundi dernier devant le Conseil de sécurité par l'iconoclaste représentant de l'ONU au Soudan, le Néerlandais Jan Pronk. Conclu sous forte pression américaine le 5 mai dernier à Abuja (Nigeria), l'accord n'a été signé que par Minni Minnawi, le chef du principal groupe rebelle, le Mouvement de libération du Soudan (SLM), récompensé par un poste de « conseiller spécial » du président soudanais,et par un entretien avec George W. Bush en juillet à la Maison-Blanche.

Lâché par une partie de ses troupes qu'il n'avait pas cru bon de consulter, Minnawi a atomisé le front rebelle. Les groupes armés non signataires ont été exclus des institutions, et notamment de la commission sur le cessez-le-feu, et n'ont pas tardé à reprendre les armes. De son côté, le régime de Khartoum a relancé ses attaques visant les zones rebelles, sans égard pour les civils. L'accord d'Abuja, tel qu'il est, apparaît donc dépassé, et seules de nouvelles discussions, précédées d'un cessez-le-feu, semblent pouvoir débloquer le processus de paix.

 

L'enjeu pétrolier interfère-t-il dans le conflit ?

 

Depuis 1999 et la remontée des cours du pétrole, les réserves africaines, et notamment soudanaises, intéressent les pays consommateurs. Au premier rang, la Chine , qui pour nourrir sa croissance s'assure l'approvisionnement de pays producteurs en dehors d'un Moyen-Orient jugé trop risqué. « Le Soudan fournit 7% des importations de brut de Pékin », estime Philippe Sébille-Lopez, auteur de Géopolitiques du pétrole (Éd. Armand Colin). Dans ce contexte, l'abstention de la Chine , début septembre, lors du vote à l'ONU sur l'envoi de casques bleus au Darfour, peut être comprise comme une volonté de ne pas froisser un fournisseur précieux.

La production de pétrole du Soudan est montée de 250 000 barils par jour en 2003 à 500 000 b/j cette année. Ce pétrole est exploité notamment par les compagnies chinoises CNPC, indienne ONGC et malaise Petronas. « Des Chinois, sans doute des militaires, ont aussi construit l'oléoduc de 1 500 km qui permet d'acheminer depuis avril le pétrole du bassin du sud-ouest jusqu'à Port Soudan », ajoute Philippe Sébille-Lopez.

À ce jour, il semble que ce soit surtout le sud du pays qui regorge d'hydrocarbures, la région du Darfour n'ayant pas de réserves connues. Celles de l'ensemble du pays sont estimées à 6,5 milliards de barils, mais une grande partie du sous-sol reste inexplorée. Aujourd'hui, avec un baril supérieur à 70 dollars, le pouvoir à Khartoum engrange des recettes importantes, lui permettant notamment de s'armer et de soutenir ses amis.

 

Quelle est la situation au sud du Soudan ?

 

Au sud du Soudan, un accord de paix a mis fin en 2005 à 21 ans de guerre civile. L'ancien chef rebelle Salva Kiir, aujourd'hui premier vice-président du pays, s'est clairement démarqué du président Al Béchir à propos du Darfour. Leader du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), il a plaidé pour le déploiement de casques bleus et critiqué l'attitude du régime.

Le SPLM n'a pas suffisamment de pouvoir au sein de l'appareil d'État pour infléchir sa position, et ne peut se permettre une rupture avec le Congrès national. Néanmoins, ce désaccord sur un sujet aussi crucial risque d'avoir un effet négatif sur la mise en œuvre de l'accord de paix au Sud. « À part quelques améliorations sur le plan de la sécurité, les progrès sont rares en ce qui concerne le partage du pouvoir et des richesses », notait en juillet Kofi Annan, le secrétaire général de l'ONU. Si l'on ne craint plus une reprise du conflit dans cette région, le processus semble en panne. Certains observateurs redoutent qu'une partie des 12 000 soldats de l'ONU déployés au sud du Soudan puisse être envoyée au Darfour, en cas d'accord à l'ONU.

 

Quel est l'impact sur le Tchad voisin ?

 

Après une accalmie de quelques mois, la tension s'est brusquement ravivée depuis une dizaine de jours dans l'est du Tchad, où l'armée a engagé le combat sur plusieurs fronts face à des rébellions divisées. Surprises en avril par une offensive repoussée à N'Djamena et à Adré, à la frontière du Darfour, les forces gouvernementales ont cette fois pris l'initiative, s'attaquant à des groupes rebelles basés dans les zones frontalières. On ignore à ce jour l'issue de cette offensive.

Selon plusieurs groupes rebelles, les zones de combat sont survolées par des avions de l'armée française, qui fournit depuis le début de la crise du renseignement et une aide logistique à l'armée tchadienne. Il semble que l'offensive au Darfour ait joué un rôle dans cette situation, en forçant les rebelles tchadiens, qui y ont leur base arrière, à franchir la frontière vers le Tchad.

 

Septembre 2006

L'Union africaine examine le maintien de sa force de paix au Darfour

Le Monde, par Jean-Philippe Rémy, 19 septembre 2006

 

L'heure des décisions pour le Darfour approche. Alors qu'une offensive des forces gouvernementales soudanaises est en cours dans l'immense région de l'ouest du pays, ravivant la guerre civile allumée en 2003, l 'Union africaine (UA) devait décider, lundi 18 septembre, du sort de sa mission au Darfour. Le Conseil de paix et de sécurité de l'organisme panafricain, réuni exceptionnellement à New York, doit statuer sur le renouvellement de sa mission de 7 000 hommes, qui expire théoriquement fin septembre. Le principe, initialement retenu, d'une passation de témoin entre l'Union africaine et 17 000 soldats de l'ONU demeure dans les limbes, en raison de l'opposition du Soudan. En revanche, les troupes gouvernementales, qui ont reçu des renforts estimés à 20 000 hommes par une source militaire occidentale présente au Darfour, ont lancé de nouvelles attaques contre les rebelles.

Les soldats de l'Union africaine n'ont joué, depuis leur déploiement, qu'un rôle de spectateurs, faute de moyens pour couvrir une région vaste comme la France , et ont même subi des attaques. Leur remplacement avait été formellement prévu par le vote d'une résolution des Nations unies, le 31 août. Selon le texte, leur déploiement est néanmoins soumis à l'approbation du gouvernement soudanais, qui s'y oppose formellement et entend, selon un observateur, "régler la question du Darfour par la force" . "Les forces de l'ONU dissimulent un autre dessein au Soudan, parce qu'elles ne viennent pas pour établir la paix au Darfour : elles veulent recoloniser le Soudan" , a déclaré le président soudanais, Omar Al-Bachir. Il a dénoncé avec vigueur, au cours des mois écoulés, la "tentative d'invasion" des Nations unies en promettant de faire du Soudan le "tombeau" des casques bleus.

Dimanche, une Journée internationale de mobilisation a été organisée à travers le monde, à l'appel de la coalition Sauvons le Darfour, qui regroupe une trentaine d'organisations derrière Amnesty International et Human Rights Watch. Des dizaines milliers de personnes se sont réunies dans plusieurs points de la planète, notamment à New York, pour réclamer le déploiement de casques bleus au Darfour.

Après deux années d'un calme si relatif qu'il n'a pas permis aux 2 millions de déplacés de rentrer dans leurs villages, un accord entre le gouvernement et une partie des factions rebelles du Darfour, signé le 5 mai à Abuja, au Nigeria, n'a fait que précipiter une nouvelle escalade militaire. Le texte, signé précipitamment sous pression américaine, n'a fait qu'émietter les mouvements armés. Il a été signé par Minni Arkou Minawi, l'un des chefs de l'Armée de libération du Soudan (SLA), mais rejeté par plusieurs autres responsables.

 

Septembre 2006

Interview de M. Jacques Chirac, Président de la République ,

accordée au quotidien USA Today, 19 septembre 2006. (extraits)

Question – Maintenant le Darfour. C'est un génocide, au ralenti, que nous sommes en train de voir se dérouler sous nos yeux. Que pouvons-nous faire pour que les autorités soudanaises autorisent le déploiement d'une force adéquate dans cette région ?

 

Le Président – Je suis très inquiet pour le Darfour. C'est une région très vaste, partie d'un pays qui est le plus grand d'Afrique, qui comporte beaucoup d'ethnies, beaucoup de gens qui s'opposent les uns aux autres, qui contestent le gouvernement. Il semble que le Président du Soudan, M. Béchir ait confirmé son intention de régler le problème par la force. En tout cas, c'est l'impression que nous avons depuis quelques jours, avec la reprise des bombardements.

Il y a déjà eu des millions de déplacés, des centaines de milliers de morts. C'est une situation absolument dramatique. C'est maintenant la fin de la saison des pluies, c'est-à-dire que tout le monde va pouvoir à nouveau se déplacer sur les routes. Combiné avec ces actions de force cette situation risque de provoquer, à nouveau des millions de déplacés, dans des conditions dramatiques, avec à nouveau, probablement, des milliers et des milliers de morts.

La force de l'Union africaine n'a à l'évidence pas la possibilité, ni les moyens, de maintenir l'ordre au Darfour.

C'est ce qui a conduit à l'idée de déployer une force importante de l'ONU, d'environ 20 000 hommes. C'était la voix de la sagesse. Nous soutenons cette position. Le problème, c'est que le Président Béchir refuse, dans l'état actuel des choses, l'entrée des forces de l'ONU au Soudan et au Darfour. J'aurai l'occasion demain, avec d'autres probablement, d'appeler solennellement l'attention de l'Assemblée générale de l'ONU sur les conséquences dramatiques de cette situation et sur la nécessité impérieuse d'y porter remède.

Je reconnais que le Président Béchir n'est pas seul, qu'il est soutenu par quelques pays, notamment de l'Afrique arabe. Je crois qu'il faut appeler l'attention de tous ces pays sur le nouveau drame qui est en train de se préparer. Il n'y a pas d'autre solution que l'entrée des forces de l'ONU au Darfour, et en nombre suffisant.

On peut sans doute, c'est le rôle du secrétaire général, faire en sorte que ces troupes soient pour l'essentiel, si possible, des troupes venant de pays musulmans. On peut rechercher des modalités, mais il n'y a pas d'autre solution que d'avoir des troupes de l'ONU pour maintenir l'ordre, sinon la situation risque de devenir dramatique.

 

Question – Quels moyens de pression avez-vous sur BECHIR ? Il est protégé par la Chine au Conseil de sécurité ?

 

Le Président – On doit pouvoir discuter avec les Chinois. Ce sont plutôt certains pays arabes qui le soutiennent.

 

Question – Vous pensez que ce sont eux le problème ?

 

Le Président – En tout cas, ce qui me parait nécessaire, c'est d'exercer une pression suffisante. C'est ce que je vais dire, demain. D'autres, probablement, le diront aussi. Exercer une pression suffisante sur le Président BECHIR pour qu'il accepte les troupes de l'ONU. Il n'y a pas d'alternative. L'alternative c'est le drame. La conviction de BECHIR qu'il pourra régler le problème par la force est totalement éronnée.

 

Question – De quels moyens disposez-vous pour que cette pression soit effective?

 

Le Président – La force de la communauté internationale, si elle se mobilise vraiment. En tout cas, la France sera, dans cette affaire, tout à fait sur la même ligne que les Etats-Unis pour mobiliser la communauté internationale.

 

Septembre 2006

M. Jacques Chirac, Président de la République invité de M. Jean-Pierre Elkabbach

Europe, 1 18 septembre 2006, (extraits),

Jean-Pierre Elkabbach - Toute l'attention du monde s'est portée sur le Liban, le Proche-Orient, l'Afghanistan, c'est normal étant donné les dangers. Mais il y a un endroit de l'Afrique qui vit une tragédie, le Darfour , avec des milliers de morts chaque semaine, contre l'indifférence et l'impuissance. Est-ce qu'il n'est pas temps pour la France , peut-être pour vous, de clamer, j'ai envie de dire de gueuler, haut et fort sa protestation.

 

Le Président - D'abord, tout le monde ne sait pas très bien ce que c'est que le Darfour, mais c'est une région immense, qui est à l'ouest d'un pays qui lui-même, le Soudan, est le plus grand de toute l'Afrique. C'est une région dans laquelle il y a de multiples ethnies, avec des oppositions entre elles qui ont conduit le gouvernement du Soudan à chercher à rétablir le calme par la force. Cela s'est traduit par deux millions de déplacés, dramatiquement, par des centaines de milliers de morts. Nous sommes à la veille d'un nouveau drame humanitaire parce que nous arrivons à la fin de la saison des pluies et que les gens ont continué ···.

 

Jean-Pierre Elkabbach - Qu'est-ce que l'on fait ?

 

Le Président - ···ce qui d'ailleurs a pour conséquence de risquer de déstabiliser l'ensemble des pays de la région.

 

Jean-Pierre Elkabbach - Qu'est-ce que l'on fait ?

 

Le Président - Alors il n'y a pas trente-six solutions, il n'y en a qu'une. Les pays de l'Union africaine ne peuvent pas assurer et ont dit qu'ils ne pouvaient pas assurer à terme, la sécurité du Darfour. Par conséquent, tout le monde s'est mis d'accord pour que l'ONU intervienne avec une force comprenant environ 20000 hommes. Tout le monde en est d'accord, le Secrétaire Général aussi.

 

Jean-Pierre Elkabbach - Sauf le pays concerné qui n'en veut pas ?

 

Le Président - Alors, il y a naturellement une opposition du Soudan qui ne veut pas que les forces de l'ONU, que les casques bleus de l'ONU viennent apporter la paix.

 

Jean-Pierre Elkabbach - Qu'est-ce que l'on fait, qu'est-ce que vous dites ?

 

Le Président - Eh bien, moi je ferais un appel solennel d'une part au Président du Soudan, pour qu'il accepte la venue de l'ONU, c'est un problème humanitaire, un problème de stabilité. C'est inadmissible ce qui se passe et ce qui va se passer, et je ferais un appel à l'ONU de confirmer sa volonté d'être présente au Soudan.

 

Septembre 2006

Interview accordée par M. Jacques CHIRAC, Président de la République à la chaîne américaine "CNN". (extraits)

Palais de l'Elysée - diffusée le 18 septembre 2006.

Question - Vous avez parlé du Darfour, vous croyez évidemment au multilatéralisme, aux Nations unies et à leur capacité à résoudre les problèmes. Pourquoi le monde, selon vous, n'a-t-il pas pu agir de façon concertée pour empêcher que la situation au Darfour ne devienne un drame ?

 

Le Président - Le Darfour est, déjà, devenu un drame. Et ce drame est en train de s'amplifier. J'ai les plus grandes craintes. Nous sommes maintenant à la fin de la saison des pluies, les gens vont commencer à retrouver la possibilité de se déplacer et je crains beaucoup que nous ayons des millions de déplacés et peut-être encore des centaines de milliers de morts, comme nous en avons déjà eus. C'est la raison pour laquelle, je le dirai à New York, j'appelle solennellement, et je suis à cet égard tout à fait sur la même ligne que le Président BUSH, l'ensemble des pays, et notamment le Président du Soudan, à accepter la médiation de l'ONU. C'est-à-dire le remplacement des forces africaines actuelles, qui ne peuvent pas rester beaucoup plus longtemps, par une force de l'ONU, d'environ 20 000 hommes, qui pourrait probablement apporter une solution à ce dramatique problème.

 

Question - Certains, aux Etats-Unis, disent que c'est encore la preuve que le multilatéralisme ne peut pas fonctionner, car les choses prennent trop de temps···

 

Le Président - L'expérience prouve que, quand le multilatéralisme a des difficultés, il n'y a pas d'autres solutions. Je ne vois pas d'autre solution. Evidemment, on pourrait imaginer que tel ou tel pays aille faire sa guerre tout seul. Ce n'est pas envisageable. Personne n'y pense. Donc, il n'y a pas d'autre solution que le multilatéralisme. C'est la conscience et l'efficacité du monde. Et cela s'exprime au travers de l'ONU.

 

Septembre 2006

 

Le Soudan a besoin d'une aide au développement, pas de casques bleus, selon son ministre des Finances

Le nouvel Observateur, Singapour, 18 septembre 2006

 

Le Soudan a besoin d'aide pour développer son économie et attirer des investisseurs, et non de soldats de maintien de la paix, a affirmé lundi le ministre soudanais des Finances, Lual Deng.

Khartoum a refusé tout déploiement d'une mission des Nations unies au Darfour, ravagé par la guerre.

"Nous avons besoin de développement et d'assistance, mais pas de soldats", a-t-il déclaré à la presse en marge de l'assemblée annuelle du Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

"Ce dont le Darfour a le plus besoin, c'est de ressources pour l'eau, les écoles, les hôpitaux", a poursuivi Lual Deng. "Le problème au Darfour est un problème de développement. C'est un problème d'eau et de ressources".

Depuis février 2003, la province du Darfour, dans l'ouest du Soudan, est ravagée par une guerre civile qui a fait environ 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés.

Le conflit oppose les rebelles de la province au gouvernement, accusé d'avoir lancé les milices arabes, les Janjawid, contre les populations noires de la région. Un accord de paix a été signé le 5 mai dernier à Abuja, au Nigeria, entre Khartoum et certains mouvements rebelles, dont l'Armée de libération du Soudan.

 

Septembre 2006

Amnesty proteste devant l'ambassade du Soudan à Bruxelles

Les Dépêches, Bruxelles, 17 septembre 2006

 

Une centaine de membres d'Amnesty International ont protesté, dimanche, devant l'ambassade du Soudan à Bruxelles. Ils ont demandé que ce pays accepte sur son territoire des troupes de l'ONU pour mettre fin à la violence et à la crise humanitaire qui frappe le Darfour

 

Depuis 2003, le conflit du Darfour a fait 200.000 morts et 2 millions de réfugiés. Malgré cette crise, Amnesty estime que le Darfour ne figure toujours pas à l'agenda international. "Cela devient un conflit oublié" , a déclaré Jan Brocatus qui souligne le manque d'attention porté à ce conflit du sud Soudan. Des troupes de l'Union Africaine (UA) se trouvent au Soudan depuis 2004. Le conseil de sécurité de l'ONU a approuvé fin août une résolution permettant l'envoi de troupes de l'ONU dans ce pays mais le gouvernement soudanais ne semble pas accepter une telle présence. "Khartoum veut envoyer ses propres troupes pour ramener le calme au Darfour. Mais comment ces troupes, dont certains éléments ont été impliqués dans des atteintes aux droits de l'Homme pourront amener la sécurité et la stabilité ? Nous exigeons que le Soudan accepte la présence de casques bleus sur son sol", a ajouté M. Brocatus.

 

Septembre 2006

Journée internationale pour le Darfour dans une cinquantaine de villes du monde

Le Monde, 17 septembre 2006

Plusieurs rassemblements en faveur de l'envoi de Casques bleus au Darfour devraient se tenir dimanche dans près d'une cinquantaine de villes du monde dans le cadre d'une Journée internationale de mobilisation pour cette région de l'ouest du Soudan, en proie à une guerre civile.

Cette journée de mobilisation est organisée par une trentaine d'organisations, dont Amnesty International, Human Rights Watch et le collectif français Urgence Darfour.

En France, Amnesty International a prévu que ses militants se rassemblent devant des lieux symboliques ouverts à l'occasion des Journées du patrimoine.

Samedi, le collectif français Urgence Darfour a lancé à Paris une campagne pour sensibiliser l'opinion publique sur les massacres au Darfour et exiger "l'envoi sans délai de Casques bleus pour protéger les populations civiles".

Des membres du collectif ont distribué, sur la place de la Fontaine des Innocents, en plein centre de Paris, des cartes postales appelant le président Jacques Chirac à "user de son influence auprès du Conseil de sécurité des Nations unies pour l'envoi effectif et immédiat de casques bleus au Darfour".

Dimanche, la mobilisation devait se poursuivre au même endroit.

A New York, un rassemblement est prévu dans l'après-midi à Central Park. Parmi les orateurs attendus, figure l'ancienne secrétaire d'Etat Madeleine Albright.

A Londres, une manifestation est appelée en fin de matinée devant l'ambassade du Soudan, suivie d'une marche jusqu'à Downing Street.

Une manifestation devant l'ambassade du Soudan est aussi prévue à Bruxelles à 13H00 GMT.

Le Darfour, vaste région partiellement désertique de l'ouest du Soudan, est en proie depuis février 2003 à une guerre civile opposant des groupes rebelles au pouvoir central de Khartoum et aux milices arabes qui lui sont alliées.

Le conflit a fait environ 300.000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés, selon l'Onu.

 

Septembre 2006

Le SPLM soutient des casques bleus au Darfour

Le Monde 16 septembre 2006

Le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), ancien groupe rebelle du sud qui participe au gouvernement à Khartoum, a réaffirmé son soutien à une force de l'Onu au Darfour, malgré l'opposition du président Omar al-Béchir.

"La dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire au Darfour nécessite une intervention des forces internationales capables de protéger les civils des atrocités des milices des Janjaweed tant que le gouvernement (de Khartoum) ne sera pa