Le Soudan dans la Presse

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2006

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Août 2006

 

Jeune Afrique,
31 août 2006

Darfour: le Conseil de sécurité approuve le déploiement de Casques bleus

Xinhuanet, Washington,
31 août 2006

Le Soudan accepterait les Casques bleus de l'ONU

 

Le Nouvel Observateur,
31 août 2006

Les Nations unies adoptent une résolution plaçant la force de maintien de la paix au Soudan sous l'autorité de l'ONU

Le Figaro,
31 août 2006

L'Onu vote l'envoi de renforts au Darfour

L'Express,
30 août 2006

Les USA anticipent un accord du Soudan à une force de l'Onu

Afrique Centrale,
29 août 2006

John Bolton : ''Il est temps d'agir au Darfour''

Le Monde,
29 août 2006

Au Darfour, près de 500 000 personnes se trouveraient en situation d'urgence

Le Monde,
29 août 2006

Ouganda: le président Museveni ordonne l'arrêt des opérations contre la LRA

Afrique Centrale, presse,
29 août 2006

Le Président Béchir ?

Elysée,
28 août 2006

" La France s'est mobilisée pour arrêter l'escalade des violences"

Jeune Afrique,
28 août 20006

Un Conseil de sécurité divisé débat de la situation au Darfour

La Croix ,
28 août 2006

Le Tchad expulse deux compagnies pétrolières

Afrique Centrale presse,
28 août 2006

Catastrophe humanitaire au Darfour

Afrique Centrale presse,
23 août 2006

Le Conseil de sécurité va parler du Darfour

Nations Unies,
22 août 2006

l'ONU dénonce l'enrôlement généralisé d'enfants dans les conflits et la multiplication des violences sexuelles à leur encontre au Soudan

Nations Unies,
21 août 2006

l'ONU condamne une nouvelle attaque meurtrière contre la mission de l'union africaine au Darfour

Le Monde,
20 août 2006

L'ONU tente de convaincre Khartoum d'accepter des casques bleus au Darfour

Nations Unies,
18 août 2006

«Quelque chose de terrible se prépare au Darfour » prévient Mark Malloch Brown

Nations Unies,
17 août 2006

Le Conseil de sécurité saisi d'un nouveau projet de résolution sur une mission des Nations Unies au Darfour

Jeune- Afrique,
17 août 2006

PAM: menace de réduction des rations alimentaires au Darfour

Nations Unies
17 août 2006

L'ONU condamne le déplacement forcé de 12.000 personnes dans la région de Khartoum

Jeune Afrique,
17 août 2006

Force de l'Onu au Darfour: projet de résolution américano-britannique

Le Figaro,
16 août 2006

Darfour : Omar al-Bachir menace de s'inspirer du Hezbollah

Jeune Afrique,
15 août 2006

Le Soudan suivra l'exemple du Hezbollah contre l'Onu au Darfour, prévient Béchir

Jeune Afrique,
14 août 2006

L'envoyé slovène au Darfour condamné à deux ans de prison

Jeune Afrique,
13 août 2006

Les négociations de paix inter-soudanaises devraient reprendre lundi

Nations Unies , New York,
10 août 2006

Jan Egeland déplore un « pic » dans les attaques contre le personnel humanitaire

Etats-Unis, département d'Etat,
10 août 2006

Les États-Unis condamnent la violence au Darfour

Nations Unies , New York,
9 août 2006

L'insécurité continue de s'intensifier au Darfour

Le Figaro,
9 août 2006

Le Tchad et le Soudan renouent

Xinhuanet,
9 août 2006

Tchad/Soudan : réouverture de frontière et d'ambassades

La Croix ,
8 août 2006

La rébellion ougandaise cherche une issue

Le Monde avec l'AFP,
8 août 2006

La recrudescence des attaques contre les humanitaires au Darfour inquiète l'ONU

L'Express avec Reuters,
8 août 2006

L'insécurité menace l'aide humanitaire au Darfour, déplore l'ONU

Angola presse,
8 août 2006

Un Suisse nommé représentant spécial adjoint de l`ONU en Somalie

Nations Unies, New York,
7 août 2006

Le personnel humanitaire victime d'une grave escalade de la violence

Le Monde avec l'AFP,
7 août 2006

Sous la pression de la Chine , le Tchad rompt avec Taïwan

Amnesty International
4 août 2006

Ouganda : Amnesty international lance un appel en faveur d'une véritable alternative a l'impunité

Le Figaro-
4 août 2006

La rébellion déclare un cessez-le-feu historique

Médecins Sans frontières,
4 août 2006

MSF s`inquiète de l`augmentation de l`insécurité au Darfour

Le Figaro,
3 août 2006

Ouganda : le gourou Kony en quête de rédemption

Tchad actuel,
2 août 2006

Minni Minnawi , reçu à la Maison

All Africa com,
1er août 2006

Les États-Unis recherchent toujours la paix au Darfour

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Darfour: le Conseil de sécurité approuve le déploiement de Casques bleus

Jeune Afrique, 31 août 2006

 

Le Conseil de sécurité de l'Onu a approuvé jeudi le déploiement d'une force onusienne renforcée au Darfour, chargée de relayer la mission de l'Union africaine (UA), en dépit de l'opposition du gouvernement soudanais.

La résolution 1706 prévoit de faire passer les effectifs de la Mission de l'Onu au Soudan (Minus) de 12.273 Casques bleus (pour l'instant déployés au Sud Soudan) à 17.300 soldats et 3.300 policiers. Elle appelle "les Etats membres à fournir les moyens pour un déploiement rapide".

Douze pays ont voté pour, et trois se sont abstenus: la Chine , la Russie et le Qatar, opposés à un vote avant que Khartoum se soit rallié à l'idée d'un vaste déploiement onusien.

"La crise au Darfour n'a que trop duré", a déclaré Karen Pierce, la représentante de Grande-Bretagne, co-auteur du texte avec l'Argentine, le Danemark, les Etats-Unis, la France , le Ghana, la Grèce , la Slovaquie et la Tanzanie. "L'adoption de la résolution envoie un message clair quant au besoin d'une 3e partie, impartiale et équipée pour faire appliquer l'accord de paix sur le Darfour" signé en mai.

Pour l'ambassadeur américain John Bolton, "il est impératif que nous avancions tout de suite pour la mettre en oeuvre".

Washington a estimé que l'accord de Khartoum n'était pas nécessaire pour renforcer la Minus. La résolution "invite à obtenir l'accord du Soudan" mais rien dans le texte "ne l'exige", selon la secrétaire d'Etat adjointe aux Organisations internationales, Kristen Silverberg.

Les membres du Conseil ne partagent cependant pas tous cet avis. L'ambassadeur du Ghana, Nana Effah-Apenteng, qui préside le Conseil, a souligné que la résolution ne signifie pas que "l'on ferme la porte aux négociations" avec le Soudan.

Pour tenter d'assouplir Khartoum, le texte réaffirme le respect "à l'égard de la souveraineté, de l'unité, de l'indépendance et de l'intégrité territoriale du Soudan, qui ne seront aucunement affectées par une transition vers une opération des Nations unies". Il exprime aussi la "détermination (du Conseil) à travailler avec le gouvernement du Soudan" et relève que la force de l'Onu "aura, dans la mesure du possible, une forte participation africaine".

Devant le Conseil, la Chine a affiché son soutien à une force onusienne mais regretté qu'une résolution ait été mise au vote avant accord du gouvernement soudanais. "Une mission ne peut être déployée qu'une fois le consentement du gouvernement (soudanais) obtenu", a dit l'ambassadeur Wang Guangya.

"Que l'on sache, un consentement est volontaire", a renchéri le représentant du Qatar, Jamal Nasser al-Bader.

Le président soudanais Omar el-Béchir, qui accuse Washington et les Etats occidentaux de visées impérialistes, a présenté un plan incluant le déploiement de 10.500 soldats soudanais pour rétablir la sécurité dans la province.

Dans une lettre envoyée jeudi à M. Béchir, le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan s'est dit "profondément préoccupé" par son refus d'intégrer la force de l'Onu. Inquiet de voir des forces soudanaises se déployer au Darfour, il a appelé Khartoum à de plus amples discussions.

"La résolution n'est qu'un premier pas", a d'ailleurs estimé l'ONG Human Rights Watch, appelant les membres de l'Onu à faire en sorte que Khartoum l'accepte.

La résolution vise à transférer à l'Onu la mission de l'UA qui, sous-équipée et sous-financée, n'a pu protéger les civils du Darfour, victimes de meurtres, viols et déplacements depuis plus de trois ans.

Placés sous le chapitre VII de la Charte de l'Onu, qui autorise le recours à la force en cas de menace à la paix, les Casques bleus seront autorisés à user de tous moyens pour protéger les personnels de l'Onu, intervenants humanitaires et civils.

Jusqu'à 300.000 personnes sont mortes et plus de deux millions ont été déplacées au Darfour, en raison de la guerre et de la famine.

 

Août 2006

Le Soudan accepterait les Casques bleus de l'ONU

Xinhuanet, Washington, 31 août 2006

 

Une responsable américaine a  déclaré jeudi que le Soudan, qui s'oppose au déploiement de forces de l'ONU dans la région du Darfour, accepterait finalement les  Casques bleus onusiens dans la région agitée. 

L'assistante au secrétaire d'Etat américain, Jendayi Frazer,  qui a remis un message du président George W. Bush au président  soudanais, Omar Hassan al-Bashir, cette semaine, s'est déclarée  convaincue que ce dernier consentirait à une force de l'ONU pour  mettre fin à ce que Washington dénonce comme étant un génocide au Darfour. 

"Ce que le gouvernement (soudanais) m'a dit très clairement est qu'il accueille n'importe quel effort pour soutenir et renforcer  les forces de l'Union africaine (UA) qui sont au Darfour", a-t- elle indiqué, faisant référence aux troupes africaines fortes de 7. 000 effectifs luttant pour maintenir la paix au Darfour. 

"Je suis très confiante dans le fait que finalement ils  accepteront (les casques bleus onusiens)", a-t-elle ajouté. 

Selon des informations, dans sa lettre au président Bashir, M.  Bush a exhorté le Soudan à laisser tomber ses objections au  déploiement des troupes de maintien de la paix de l'ONU. 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté jeudi une résolution  pour créer une force de maintien de la paix de l'ONU composée de  22.500 soldats au Darfour. 

La résolution prévoit également d'accorder immédiatement un  soutien aérien, d'ingénierie et de communications à la force  africaine existante, dont le mandat expire le 30 septembre. 

Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées depuis  l'éclatement des troubles au Darfour début 2003.

 

Août 2006

Les Nations unies adoptent une résolution plaçant la force de maintien de la paix au Soudan sous l'autorité de l'ONU

Le Nouvel Observateur, New York, 31 août 2006

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté jeudi la résolution 1706 qui place les soldats de la force de maintien de la paix sous l'autorité de l'ONU dès que le Soudan aura accepté cette mesure.

Le gouvernement soudanais refuse pour le moment ce transfert, destiné à donner plus de pouvoirs et de moyens à la force, dirigée actuellement par l'Union africaine et qui a été incapable de s'opposer à la catastrophe humanitaire dans la région du Darfour.

La situation empire au Darfour malgré l'accord de paix conclu le 5 mai entre Khartoum et la principale faction rebelle. Les affrontements ont déjà fait plus de 180.000 morts et 2,5 millions de déplacés dans cette région de l'ouest du Soudan depuis 2003.

La résolution, présentée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne , a été adoptée par 12 voix contre 0. La Chine , la Russie et le Qatar se sont abstenus.

 

Août 2006

L'Onu vote l'envoi de renforts au Darfour

Le Figaro avec l'AFP et Reuters, 31 août 2006

 

La résolution 1706 votée jeudi autorise le déploiement de 17.000 Casques bleus chargés de relayer les soldats l'Union africaine. Mais Khartoum refuse toujours une telle éventualité.

Douze pays ont voté en faveur du texte rédigé par les Américains et les Britanniques qui prévoit le déploiement de Casques bleus supplémentaires au Darfour. Les effectifs de la Mission des Nations unies au Soudan (Minus) devraient ainsi passer de 12.000 soldats à 17.000.

Trois pays se sont abstenus : la Chine , la Russie et le Qatar. Si Pékin a réitéré son soutien au déploiement d'une force de l'Onu, il a regretté que le vote ait lieu avant que le gouvernement soudanais ne donne son accord. « La transition vers une mission de l'Onu est une bonne approche. Mais une telle transition ne peut être possible et une mission ne peut être déployée qu'une fois le consentement du gouvernement soudanais obtenu », a insisté l'ambassadeur chinois.

Etape obligatoire pour le déploiement effectif des Casques bleus : l'accord de Khartoum. A cet effet, la résolution 1706 réaffirme le respect « de la souveraineté, de l'unité, de l'indépendance et de l'intégrité territoriale du Soudan ». Khartoum a rejeté à maintes reprises l'idée d'un déploiement massif de l'Onu au Darfour, estimant que cela menaçait sa souveraineté et a proposé à la place de déployer 10.500 soldats soudanais d'ici à début janvier. Toutefois, selon la secrétaire d'Etat américaine adjointe aux Organisations internationales, l'accord du gouvernement soudanais n'est pas nécessaire pour augmenter le nombre de Casques bleus. Jeudi en début de soirée, Khartoum n'avait pas encore réagi.

 

Appliquer l'accord de paix

 

La résolution votée jeudi prévoit que les Casques bleus relayeront les militaires de l'Union africaine (UA) dans cette région occidentale du Soudan, dévastée par la guerre civile.

L'UA s'est jusqu'à présent révélée incapable de protéger les populations civiles, régulièrement victimes de meurtres, viols et déplacements forcés depuis plus de trois ans. « Nous avons besoin de passer le relais à une force de l'Onu dès que possible afin que les personnes déplacées, les personnes réfugiées dans les camps puissent être protégées et que l'accord de paix au Darfour soit appliqué », a insisté le représentant américain au Conseil de sécurité, John Bolton.

Un accord de paix a été signé en 2005 entre le gouvernement de Khartoum et le Mouvement/Armée de libération du Soudan (SPLM/A), l'ex-rébellion du sud. Mais le régime soudanais, soutenu par les milices arabes alliées, sont toujours accusés de génocide. Depuis début 2003, les combats avec les rebelles et la crise humanitaire au Darfour ont fait entre 180.000 et 300.000 tués et au moins 2,4 millions de déplacés.

 

Août 2006

Les USA anticipent un accord du Soudan à une force de l'Onu

Le Soudan pourrait accepter plus rapidement que prévu le déploiement d'une force de maintien de la paix de l'Onu au Darfour, a estimé mercredi l'ambassadeur des Etats-Unis aux Nations unies, John Bolton

 

L'Express avec Reuters, 30 août 2006

 

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne s'activent pour que le Conseil de sécurité vote dès jeudi sur un projet de résolution autorisant un renfort immédiat de la mission de maintien de la paix de l'Union africaine au Darfour et ouvrant la voie au déploiement l'année prochaine d'une mission de l'Onu.

Cette force, à laquelle Khartoum s'oppose pour le moment, pourrait comprendre à terme 22.500 soldats et policiers.

"Une fois cette résolution adoptée, l'accord pourrait intervenir plus rapidement qu'on ne le pense", a prédit Bolton.

Le projet de résolution établit clairement qu'aucune force de l'Onu ne pourra se déployer sans l'accord du gouvernement soudanais du président Omar Hassan al Bachir.

Jan Egeland, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d'urgence, a prévenu lundi que le Darfour était au bord d'une nouvelle catastrophe humanitaire, citant notamment les menaces sans précédent pesant contre les travailleurs humanitaires.

Mercredi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé qu'un de ses employés soudanais avait été exécuté deux semaines après avoir été enlevé par un groupe non identifié dans le nord du Darfour.

Des dizaines de milliers de personnes sont mortes dans cette région de l'ouest du Soudan depuis le début, en février 2003, d'une rébellion des populations noires.

 

Août 2006

 

John Bolton : ''Il est temps d'agir au Darfour''

Afrique Centrale, Presse, 29 août 2008

Les Etats-Unis ont de nouveau réclamé lundi le déploiement rapide de Casques bleus au Darfour ravagée par la guerre civile auquel continue de s'opposer Khartoum, lors d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l'Onu à New York.

Les 15 membres du Conseil se sont réunis alors que le Soudan -qui a boycotté la réunion- a rejeté les pressions américaines en faveur d'un projet britannique de résolution appelant au déploiement d'une importante force de l'Onu au Darfour.

A Khartoum, le président Omar al-Béchir a refusé de rencontrer l'émissaire du président américain George W. Bush, invoquant "un emploi du temps chargé".

Arrivée samedi à Khartoum, la secrétaire d'Etat adjointe aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, devait remettre un message de M. Bush à M. Béchir sur le déploiement de casques bleus au Darfour.

Elle devait repartir lundi mais elle pourrait prolonger son séjour dans l'espoir d'obtenir finalement une rencontre avec M. Béchir, selon le département d'Etat américain.

La force proposée de l'Onu, qui compterait 17.000 hommes, remplacerait la force de l'Union africaine (UA), sous-financée et mal équipée, qui s'est révélée incapable de prévenir les meurtres, les viols et les déplacements forcés de civils au Darfour (ouest du Soudan).

Des représentants de l'UA, de la Ligue arabe et de l'Organisation de la Conférence islamique ont également participé à la réunion de New York.

Le refus du Soudan d'assister à cette rencontre est "pour le moins décevante", a dit l'ambassadeur américain à l'Onu, John Bolton (photo).

Le Conseil a débattu du rejet par le président soudanais Omar al-Béchir d'une force de l'Onu au Darfour et de son projet alternatif d'y déployer 10.500 soldats soudanais d'ici au début janvier pour y rétablir la sécurité.

Mais la semaine dernière, Mme Frazer avait indiqué que les Etats-Unis étaient "très inquiets de l'accumulation de forces militaires" soudanaises qui "ne sont pas considérées comme neutres".

"Il est temps d'agir. Il est temps pour le Conseil de prendre ses responsabilités et d'adopter une résolution autorisant le déploiement immédiat de forces de l'Onu" au Darfour, a dit lundi M. Bolton.

"La difficulté, c'est comment obtenir l'accord du gouvernement du Soudan", a-t-il dit plus tard à des journalistes, faisant comprendre que les Casques bleus de l'Onu ne s'imposeront pas au Darfour.

M. Bolton a dit que les cinq membres permanents du Conseil (Grande-Bretagne, Chine, France, Russie et Etats-Unis) se réuniraient bientôt "pour voir si nous pouvons trouver une issue, avec l'espoir d'un vote dans les deux jours".

Au cours de la réunion à huis clos, Washington a accusé la Chine , membre permanent du Conseil avec droit de veto et qui entretient des liens énergétiques étroits avec le Soudan, d'empêcher le déploiement de Casques bleus.

Un responsable américain s'était montré sceptique sur les chances de consensus au Conseil de sécurité sur la réponse à apporter à Khartoum.

"Cela fait plusieurs mois que nous pensons que le Conseil de sécurité ne sera pas capable de s'exprimer de façon unifiée et solide sur la question du Soudan", a déclaré lundi à la presse Rick Grenell, un porte-parole de la mission des Etats-Unis à l'Onu.

"Le pays qui montre le plus d'intérêt à ce que nous ne faisions aucun progrès sur cette question est la Chine ", a-t-il ajouté.

Le régime soudanais et des milices arabes alliées (djandjawids) sont accusés par les Etats-Unis de génocide au Darfour, où les combats avec les rebelles et la crise humanitaire ont fait, depuis début 2003, entre 180.000 et 300.000 tués et au moins 2,4 millions de déplacés.

Dans une lettre rendue publique jeudi, M. Béchir avait appelé le Conseil à "être patient, ne pas se hâter d'adopter une nouvelle résolution et permettre au gouvernement soudanais de résoudre la situation (...) et d'apporter un soutien aux forces de l'Union africaine".

 

Août 2006

Au Darfour, près de 500 000 personnes se trouveraient en situation d'urgence

Le Monde, Catherine Simon, 29 août 2006

 

Pour la première fois depuis le début du conflit au Darfour, en février 2003, une très large partie du nord et du centre de la province soudanaise est devenue inaccessible aux organisations humanitaires du fait de l'insécurité. "Jamais nous n'avions connu pareille configuration" , constate un observateur européen. "La sécurité est notre problème numéro un" , soulignent, pour leur part, les responsables du Programme alimentaire mondial (PAM), lequel réussit néanmoins à acheminer "entre 25 000 et 35 000 tonnes de vivres" chaque mois, par camions, jusqu'aux populations du Darfour.

Selon les estimations de l'agence onusienne, le nombre de personnes ayant besoin d'une aide alimentaire d'urgence, mais auxquelles il a été impossible d'accéder, est passé de 290 000 en juin à 470 000 en juillet. Une augmentation inquiétante que la récente vague de violences qui vient d'ensanglanter le nord du Darfour risque de rendre plus forte encore.

A la suite d'affrontements, début août, au nord d'Al-Fasher, "environ 16 000 personnes" sont venues chercher refuge au camp de déplacés d'Assalam, situé dans les faubourgs de la ville, indique le chef de mission d'Action contre la faim (ACF), Franck de Saint-Simon. "On assiste, sur fond de pillages et de massacres, à la déstabilisation de la société rurale. Les fameux janjawids (milices "arabes" armées par le gouvernement) ne sont qu'un des outils de cette guerre civile, et leurs "patrons", ceux qui les manipulent, ne sont pas toujours les mêmes" , note-t-il.

C'est ainsi que le chef de la faction majoritaire de l'Armée de libération du Soudan (ALS), signataire de l'accord de paix d'Abuja, Minni Minnawi, aussitôt promu "conseiller spécial" du président Omar Al-Bachir, a été surnommé, suite aux atrocités commises par ses hommes, "Janjawid 2" . Ses cibles favorites sont aujourd'hui non plus les soldats de l'armée gouvernementale, mais les troupes de son ex-frère d'armes, Abdelwahid Al-Nour, chef de la faction minoritaire de l'ALS. Familles, voire villages entiers, sont l'objet de représailles croisées. "Il y a beaucoup moins de combats militaires qu'avant. On assiste, en revanche, à un envol des agressions, exactions et actes de banditisme. Cette violence est tellement mouvante qu'on ne peut rien anticiper. On travaille à la petite semaine, sans visibilité" , souligne le chef de mission d'ACF.

Comme tous les personnels des quelque 85 ONG étrangères présentes au Darfour, ceux d'ACF sont "inquiets" . L'éventualité d'un départ des 7 000 soldats de l'Union africaine (UA) - dont chacun s'accorde pourtant à déplorer le manque d'efficacité -, comme le renforcement du dispositif militaire gouvernemental dans le nord du Darfour, aggrave ce sentiment d'inquiétude. "C'est facile de jeter la pierre aux militaires de l'UA. Mais ils ont sûrement empêché, parfois, par le seul fait d'être là, la situation de dégénérer" , souligne Franck de Saint-Simon

"Le peu de protection qui existe au Darfour risque d'être réduit à rien au lendemain du 30 septembre, quand arrivera à terme le mandat de l'UA" , a estimé, le 23 août, l'ONG américaine International Rescue Committee (IRC), évoquant, dans un communiqué de presse, le sort de nombreuses femmes du camp de réfugiés de Kalma, victimes, disait-elle, d'agressions sexuelles et de viols. La proposition anglo-américaine prévoyant le remplacement de la mission de l'UA par une force de l'ONU "crédible et légitime" suscite l'ire de Khartoum, qui l'a de nouveau fait savoir, à sa manière, dimanche 27 août, lors de la visite de l'envoyée spéciale du président George Bush, Jendayi Frazer, bloquée à l'aéroport par des manifestants, jusqu'à ce que la police finisse par intervenir.

 

Août 2006

Ouganda: le président Museveni ordonne l'arrêt des opérations contre la LRA

Le Monde, 29 août 2006

 

Le président Museveni, "commandant en chef des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF), a ordonné à toutes les UPDF d'arrêter toute opération de recherche et de destruction de la LRA ", a déclaré le porte-parole de l'armée, Felix Kulaije, citant la déclaration présidentielle.

"Par le présent acte, il a ordonné que les UPDF retournent dans les casernes et se consacrent à la protection des populations déplacées à l'intérieur du pays. Elles (les forces armées) ne devraient pas tirer sur la LRA à moins que ne l'exige la défense des populations", a-t-il ajouté.

A Juba, capitale du sud du Soudan où le gouvernement ougandais et la LRA sont en pourparlers de paix, des responsables de la LRA ont affirmé que le chef de la rébellion ougandaise, Joseph Kony, devrait faire une déclaration similaire.

"La mise en oeuvre (de l'accord) commencera dès que le commandant en chef de ( la LRA ) fera sa déclaration", a précisé de son côté à l'AFP un porte-parole de la rébellion, Obwenyo Olweny.

Dans une déclaration diffusée lundi par des radios dans le nord de l'Ouganda, le numéro 2 de la LRA , Vincent Otti, avait invité les combattants du mouvement à se préparer à la cessation des hostilités, consacrée par un accord sans précédent signé le 26 août à Juba.

Selon cet accord, les combattants de la LRA - estimés à entre 500 et 5.000 - doivent se rendre dans un délai de 3 semaines à compter de ce mardi dans deux sites de rassemblement situés au Sud-Soudan, l'un à la frontière avec l'Ouganda et l'autre à la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC).

Le document stipule également que Kampala doit garantir la sécurité des rebelles de la LRA , assurant qu'en cas d'échec des pourparlers de paix, les rebelles seraient autorisés à quitter pacifiquement les deux sites de rassemblement.

La LRA , qui a des bases arrière dans le sud du soudan, frontalier du nord de l'Ouganda, est notoirement connue pour ses atrocités commises contre les civils et notamment les enfants, enlevés pour devenir combattants ou esclaves sexuels.

En près de 20 ans, ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement d'environ deux millions de personnes

 

Août 2006

Le Président Béchir ?

Afrique Centrale Presse, 29 août 2006

Fidèle à sa position, le Soudan a ignoré les derniers efforts américains pour obtenir son feu vert à un déploiement de forces de l'Onu au Darfour, le président Omar al-Béchir refusant de rencontrer une émissaire américaine.

La secrétaire d'Etat adjointe américaine aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, était arrivée samedi à Khartoum afin de remettre un message du président George W. Bush à M. Béchir.

Elle doit repartir lundi avec pour seule réponse un refus soudanais à toute présence de troupes onusiennes au Darfour (ouest).

"Béchir ne rencontrera pas (Mme Frazer) à cause d'un emploi du temps chargé", a déclaré le porte-parole présidentiel Mahjoub Fadl Badri.

Mme Frazer avait remis dimanche le message qu'elle portait au conseiller de M. Béchir, Majzoub al-Khalifa Ahmad. "Elle a reçu une réponse dans laquelle le président réitère son opposition à un déploiement de troupes de l'Onu au Darfour", a ajouté M. Badri.

Dès sa descente d'avion, la responsable américaine avait été accueillie par des manifestations hostiles aux Etats-Unis et à leurs plans pour le Darfour.

"Rentrez chez vous", "Vous voulez la guerre, nous voulons la paix", avaient scandé les manifestants, tout en tentant de bloquer son convoi avant l'intervention de la police.

Dimanche, elle s'est entretenue avec le chef de la diplomatie Lam Akol, ainsi qu'avec les deux conseillers du président, Majzoub al-Khalifa Ahmad et Moustafa Osmane Ismaïl.

Les manifestations s'étaient poursuivies ce jour-là aussi, notamment devant l'ambassade des Etats-Unis à Khartoum, où des slogans ont été lancés contre le projet de résolution américano-britannique présenté à l'Onu pour un envoi de casques bleus.

"L'adoption précipitée par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution pour un déploiement d'une force de l'Onu au Darfour ne sera bénéfique pour personne", avait alors affirmé M. Ahmad.

M. Béchir avait déjà donné le ton avant l'arrivée de Mme Frazer, en affirmant que le régime "ne remettra pas (le) pays aux forces internationales, que Frazer ou n'importe qui d'autre vienne".

"Si Frazer est habituée à entendre +oui+ dans certaines régions, ici elle trouvera un +non+", avait-il dit, selon le journal à capitaux arabes Asharq al-Awsat.

M. Béchir préconise le maintien de la force de l'Union africaine (UA), actuellement présente au Darfour, ou le déploiement de 10.500 soldats soudanais d'ici à début janvier pour y rétablir la sécurité. Mais Washington a mis en garde contre ce dernier scénario.

Un accord de paix partiel, signé en mai entre le gouvernement et une partie des rebelles, n'a pas réussi à rétablir le calme dans cette région.

"Nous sommes très, très inquiets de l'accumulation de forces militaires" soudanaises, avait dit Mme Frazer avant son voyage au Soudan, ajoutant que ces forces "ne sont pas considérées comme étant neutres".

Le régime soudanais et des milices arabes alliées (djandjawids) sont accusés par les Etats-Unis de génocide au Darfour, où les combats avec les rebelles et la crise humanitaire ont fait, depuis début 2003, entre 180.000 et 300.000 tués et au moins 2,4 millions de déplacés.

Amnesty International a relevé, lundi dans un communiqué, l'arrivée continue de troupes gouvernementales au Darfour.

"Des témoins visuels au Darfour du nord nous disent que des vols militaires affrétés par le gouvernement transportent des troupes et des armes sur une base quotidienne", a expliqué Kate Gilmore, secrétaire général adjointe d'Amnesty International.

"Et les déplacés au Darfour sont absolument terrifiés que les mêmes soldats qui les avaient expulsés de leurs maisons et de leurs villages soient maintenant envoyés, officiellement pour les protéger ", a-t-elle ajouté.

 

Août 2006

" La France s'est mobilisée pour arrêter l'escalade des violences"

Extrait du discours de Mr Jacques Chirac aux Ambassadeurs de France réunis à Paris les 28 et 29 août 2006

« Dans le conflit du Darfour, le Soudan doit accepter le déploiement de l'opération de l'ONU appuyée par l'Union africaine. Il faut mettre un terme à cette tragédie qui déstabilise dramatiquement la région tout entière. La France participe pleinement aux actions humanitaires et soutient la force africaine AMIS ».

Août 2006

Un Conseil de sécurité divisé débat de la situation au Darfour

Jeune Afrique, 28 août 2006

 

Un Conseil de sécurité de l'Onu divisé s'est réuni à huis clos lundi à New York pour débattre de la situation au Darfour, les Etats-Unis accusant la Chine d'empêcher le déploiement de Casques bleus dans cette région soudanaise en proie à la guerre civile.

Les 15 membres du Conseil se sont réunis alors que le Soudan a rejeté les pressions américaines en faveur d'un projet britannique de résolution appelant au déploiement d'une importante force de l'Onu au Darfour.

La force proposée, qui compterait 17.000 hommes, remplacerait la force de l'Union africaine (UA), sous-financée et mal équipée, qui s'est révélée incapable de prévenir les meurtres, les viols et les déplacements forcés de civils au Darfour (ouest du Soudan).

La secrétaire d'Etat adjointe aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, est arrivée samedi à Khartoum afin de remettre un message du président américain George W. Bush au président soudanais Omar al-Béchir sur le déploiement de casques bleus au Darfour.

Elle devait repartir lundi mais elle envisage de rester plus longtemps dans l'espoir d'obtenir finalement un entretien avec M. Béchir qui, en raison d'un "emploi du temps chargé", ne l'a pas reçue.

Un responsable américain s'est montré sceptique sur les chances de consensus au Conseil de sécurité sur la réponse à apporter à Khartoum.

"Cela fait plusieurs mois que nous pensons que le Conseil de sécurité ne sera pas capable de s'exprimer de façon unifiée et solide sur la question du Soudan", a déclaré lundi à la presse Rick Grenell, un porte-parole de la mission des Etats-Unis à l'Onu.

"Le pays qui montre le plus d'intérêt à ce que nous ne faisions aucun progrès sur cette question est la Chine ", a-t-il ajouté.

Plusieurs pays africains et la Chine , qui est membre permanent du Conseil avec droit de veto et qui entretient des liens énergétiques étroits avec le Soudan, "ne considèrent pas le Soudan comme une priorité", a poursuivi M. Grenell.

Le Conseil a débattu du rejet par M. Béchir d'une force de l'Onu au Darfour et de son projet alternatif d'y déployer 10.500 soldats soudanais d'ici au début janvier pour y rétablir la sécurité.

Avant son départ de Washington pour Khartoum, Mme Frazer avait rejeté cette proposition, notant que les troupes gouvernementales soudanaises "ne sont pas considérées comme étant neutres".

Le régime soudanais et des milices arabes alliées (djandjawids) sont accusés par les Etats-Unis de génocide au Darfour, où les combats avec les rebelles et la crise humanitaire ont fait, depuis début 2003, entre 180.000 et 300.000 tués et au moins 2,4 millions de déplacés.

Dans une lettre rendue publique jeudi, M. Béchir avait appelé le Conseil à "être patient, ne pas se hâter d'adopter une nouvelle résolution et permettre au gouvernement soudanais de résoudre la situation (...) et d'apporter un soutien aux forces de l'Union africaine".

"L'effet d'un transfert à une force de l'Onu à ce stade, alors que s'amorce la mise en oeuvre pratique d'un programme pour la paix au Darfour, serait de semer davantage la confusion et (...) conduirait sans aucun doute à des actes de violence et à des confrontations ingérables entre toutes les parties au Darfour, y compris les forces de l'Onu", affirmait M. Béchir.

Selon l'ambassadeur du Ghana Nana Effah-Apenteng, président du Conseil ce mois-ci, le gouvernement soudanais, la Ligue arabe et l'Organisation de la Conférence islamique (OCI) avaient été invités à participer à la réunion du Conseil.

Avant le début de la réunion à huis clos, M. Effah-Apenteng a indiqué qu'il espérait que ces organisations participeraient à la réunion, mais qu'il n'en était pas certain.

 

Août 2006

Le Tchad expulse deux compagnies pétrolières

Idriss Déby entend renégocier le contrat d'exploitation du pétrole afin que son pays en tire un meilleur profit

La Croix , par P ierre Cochez, 28 août 2006

 

Le président tchadien Idriss Déby a entamé. samedi un nouveau bras de fer autour de la production de son pétrole, en expulsant deux des trois sociétés étrangères qui l'exploitent. «Dès demain, les représentants de Chevron et. Petronas doivent quitter, le Tchad et fermer leurs bureaux; pour non-respect de leur engagement conformément aux clauses relatives au paiement des impôts sur les sociétés, a annoncé le chef de l'État. Le Tchad, avec Exxon, gérera le pétrole tchadien en attendant de trouver une solution avec les deux autres partenaires. » Le brut tchadien; produit depuis 2003, est exploité par un consor tium composé par les sociétés américaines, ExxonMobil et Chevron-Texaeo et par la malaisienne Petronas.

Mardi dernier, lors du conseil des ministres, Idriss Déby avait déjà demandé à son gouvernement de «renégocier la convention de 1998 avec le consortium pétrolier» pour permettre à l'État, par le biais de la Société des hydrocarbures du Tchad, créée en juillet, «d'entrer dans la production pour mieux en profiter». Afin d'appliquer cette décision, il a annoncé la création d'une commission mixte composée par des membres du gouvernement, des partis politiques et de la société civile.

Idriss Déby accuse le consortium d'avoir réalisé depuis 2003 un chiffre d'affaires de 3,8 mil liards d'euros pour 2,3 milliards d'euros d'investissements, tandis que le Tchad n'a obtenu, selon lui, que la «broutille» de 450 millions d'euros. Le consortium pétrolier tirerait du sous-sol d'un des pays les plus pauvres de la planète, 200 000 barils de brut par jour. Mais production et revenus restent opaques, malgré les efforts de la campagne internationale «Publiez ce que vous payez», mi litant pour une transparence des revenus du pétrole.

Parallèlement au départ demandé de Petronas et Chevron, le chef, de l'État tchadien a mis en congé trois ministres qui ont eu à gérer le dossier pétrolier, les menaçant de poursuites judiciaires: L'actuel ministre du pétrole, Mahamat Nasser Hassan, a affirmé à l'Agence France-Presse - , qu'il était concerné, Les deux autres seraient titulaire de l'économie, MahamatAli Hassan, et son collègue de l'élevage Moucktar. Moussa, précédemment en charge du dossier pétrolier.

Les autorités tchadiennes sont accusées: depuis plusieurs années par l'opposition et la société civile d'avoir mal négocié les contrats pétroliers. «L'objectif de cette nouvelle négociation est de permettre au Tchad de participer directement à la production de son pétrole au lieu de se contenter de percevoir juste tes 12,5% revenus totaux de la vente de notre pétrole», prévus par la convention, a expliqué un responsable du Mouvement patriotique du Salut (MPS); le parti présidentiel. ;

«Si j'avais dû négocier le contrat avec le consortium, je ne l'aurais pas fait comme ça, soulignait en juin 2005 le ministre du pétrole de l'époque, Youssouf Abdallah. Le système de la concession ne marche que lorsqu'une administration à les moyens de contrôler les flux de production. Ce qui n'est pas le cas de la nôtre... »

Cette crise intervient alors qu'Idriss Déby, réélu le 3 mai à l'issue d'un scrutin boycotté par l'opposition, a trouvé le mois dernier un accord dans le différend qui l'opposait depuis six mois à la Banque mondiale au sujet de la modification par le Tchad de la loi sur la gestion des ressources pétrolières. Cette loi imposait au pays de réserver l'essentiel de ses pétrodollars à dés projets de développement en matière de santé, d'éducation où d'infrastructures et d'en affecter une partie à - un «fonds pour les générations futu res». L'accord de juillet permet à Idriss Déby de reprendre la main sur les revenus du pétrole, en échange de la promesse de con`sacrer 70 %. des dépenses de l'État à des programmes de réduction de la pauvreté.

Par ailleurs, le Tchad se rapproche de la Chine , avec laquelle il a noué le 5 août des relations diplomatiques après avoir rompu celles qu'il entretenait avec Taïwan. , Pékin mène actuellement une politique active auprès des producteurs de pétrole africains.

 

Août 2006

Catastrophe humanitaire au Darfour

Afrique Centrale, presse, 28 août 2006

 

L'arrivée continue de troupes gouvernementales soudanaises dans la région du Darfour pourrait conduire à "une catastrophe humanitaire dans un futur très proche", a averti Amnesty International lundi dans un communiqué.

"Des témoins visuels au nord Darfour nous disent que des vols militaires affrétés par le gouvernement transportent des troupes et des armes sur une base quotidienne", a expliqué Kate Gilmore, secrétaire général adjointe d'Amnesty International.

"Et les gens déplacés au Darfour sont absolument terrifiés que les mêmes soldats qui les avaient expulsés de leurs maisons et de leurs villages soient maintenant envoyés, officiellement pour les protéger", a-t-elle ajouté.

Ces arrivées de troupes gouvernementales au Darfour sont peut-être la première manifestation du plan proposé par le gouvernement soudanais pour assurer la sécurité au Darfour, plan qui impliquerait l'arrivée de 10.500 soldats dans la région.

Mais ce projet a été vivement dénoncé par Kate Gilmore lundi: "Ce «  plan de protection  » est une arnaque et doit être rejeté fermement", a insisté la secrétaire générale adjointe d'Amnesty, selon qui les Nations unies doivent exercer une pression maximale sur le gouvernement soudanais pour qu'il accepte la présence de forces internationales de maintien de la paix.

Un traité de paix sur le Darfour a été conclu en mai à Abuja entre la faction majoritaire du Mouvement de libération du Soudan (SLM) et le gouvernement soudanais.

La faction minoritaire du SLM et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) ont jusqu'à présent refusé de parapher l'accord de paix sur le Darfour, où les combats et la crise humanitaire ont fait, depuis début 2003, entre 180.000 et 300.000 tués et au moins 2,4 millions de déplacés.

Le régime soudanais et des milices arabes alliées (djandjawids) sont accusés par les Etats-Unis de s'être rendus coupables d'un génocide au Darfour.

 

Août 2006

Le Conseil de sécurité va parler du Darfour

Afrique Centrale presse, 23 août 2006

 

Le Conseil de sécurité de l'Onu a annoncé mardi qu'il tiendrait une réunion lundi sur le Darfour, sur fond d'inquiétude croissante de la communauté internationale devant la dégradation de la situation sur place.

L'annonce survient alors que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont déposé jeudi au Conseil un projet de résolution visant à transférer à l'Onu les missions de l'Union africaine (UA) au Darfour et de déployer dans la province quelque 17.000 Casques bleus, malgré la menace du gouvernement soudanais d'attaquer toute force de l'Onu qui se rendrait dans la zone.

Le président du Conseil pour le mois d'août, l'ambassadeur du Ghana à l'Onu Nana Effah-Apenteng, a indiqué à la presse que le débat public de lundi n'était pas destiné spécifiquement à discuter du projet de résolution américano-britannique.

"Nous allons discuter de la situation au Darfour, c'est l'objectif de la rencontre", a dit M. Effah-Apenteng. Il a précisé avoir invité la Ligue arabe, l'Organisation de la conférence islamique, le gouvernement soudanais et l'Union africaine (UA) à y participer.

Le gouvernement soudanais a rejeté, par la voix de son ministre de la Justice , Mohamed Ali al-Madhi, le projet de résolution américano-britannique, l'estimant "rempli de mauvaises intentions".

Relevant que ce projet prévoit le déploiement de forces de l'Onu sous le Chapitre VII de la Charte de l'Onu qui autorise l'usage de la force, le ministre a affirmé que de ce fait, les forces de l'Onu seraient "des forces d'occupation".

Le comité ministériel chargé du Soudan à la Ligue arabe a appuyé dimanche le rejet par Khartoum de ce projet de résolution.

Pendant ce temps, la situation dans la province se détériore. Dans une lettre adressée la semaine dernière au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, faisait état d'un "regain de violence", notamment dans le Darfour nord et près de la frontière tchadienne.

Ces violences, affirme-t-il, résultent principalement d'affrontements entre deux factions rivales d'un groupe rebelle du Darfour, l'Armée de libération du Soudan (SLA), l'une ayant signé en mai l'accord de paix d'Abuja avec le gouvernement de Khartoum, l'autre ne l'ayant pas signé.

Selon M. Annan, la faction du SLA fidèle à Minni Minnawi, signataire de l'accord, aurait reçu l'appui de troupes gouvernementales soudanaises, tandis que la faction non signataire, celle d'Abdelwahid Al Nur, aurait reçu le soutien de forces tchadiennes.

Deux soldats rwandais de la force de l'UA au Darfour ont été tués et quatre blessés dans une embuscade tendue à leur convoi samedi.

Depuis début 2003, les combats et la crise humanitaire ont provoqué la mort d'entre 180.000 et 300.000 personnes au Darfour. Au moins 2,4 millions de personnes ont été déplacées dans cette région de sept millions d'habitants.

 

Août 2006

l'ONU dénonce l'enrôlement généralisé d'enfants dans les conflits et la multiplication des violences sexuelles à leur encontre au Soudan

Nations Unies, New York, 22 août 2006

 

Dans un rapport publié à New York sur les mauvais traitements dont sont victimes les enfants dans les conflits armés au Soudan, le Secrétaire général des Nations Unies a exhorté aujourd'hui les dirigeants des gouvernements de l'Unité nationale et du Sud Soudan à faire cesser l'enrôlement d'enfants.

Le rapport adressé  au Conseil de sécurité détaille les méthodes de recrutement, les assassinats et les viols d'enfants perpétrés dans différentes localités de la région.

Il en identifie précisément les auteurs, à savoir les Forces armées soudanaises, l'Armée populaire de libération du Soudan, les Forces de défense populaires, l'Armée de libération du Soudan, l'Armée blanche, les milices janjaouid, le mouvement rebelle ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur et les forces d'opposition tchadiennes.

« Le gouvernement d'unité nationale et le gouvernement du Sud-Soudan sont responsables directement de la commission de telles violations par des personnes relevant de leurs structures de commandement », souligne-t-il.

Le Secrétaire général est particulièrement préoccupé par la multiplication des violences sexuelles contre les jeunes filles et les femmes au Darfour, ainsi que par les informations qui font état d'enlèvements et de détournements systématiques des enfants dans cette région.

Il souligne particulièrement l'absence d'accès à plusieurs zones du Soudan pour les programmes et services de protection des enfants, surtout dans l'Est du pays.

Le Secrétaire général « engage les autorités nationales responsables du désarmement, de la démobilisation et de la réintégration à recenser sans délai les enfants qui sont dans les forces gouvernementales au Sud-Soudan et au Darfour, de sorte que les nombreux enfants du Sud-Soudan qui ont récemment été incorporés dans les Forces armées soudanaises ne soient pas démobilisés sans bénéficier d'une aide adéquate pour retrouver leur famille et reprendre une vie normale ».

Le rapport indique enfin que la Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés, Radhika Coomaraswamy du Sri Lanka, prévoit de diriger une mission au Soudan prochainement.

 

Août 2006

l'ONU condamne une nouvelle attaque meurtrière contre la mission de l'union africaine au Darfour

Nations Unies, New York, 21 août 2006

 

La Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) a condamné fermement ce week-end l'attaque par un groupe armé non identifié menée contre la Mission de l'Union africaine (MUAS) dans le pays, à Kuma dans le Nord du Darfour, dans laquelle deux soldats ont été tués.

L'ONU appelle toutes les parties du conflit au Darfour à respecter la neutralité et l'impartialité du statut de l'Union africaine au Soudan et souligne à nouveau que toute attaque perpétrée contre son personnel déployé au Darfour constitue une violation grave du droit international », a dit le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York

La Mission des Nations Unies au Soudan a fait également part de son soutien à la décision de l'Union africaine de mener « une enquête approfondie afin d'identifier les auteurs de cette attaque ».

Elle exhorte toutes les parties à coopérer pleinement avec elle afin de s'assurer que les responsables soient amenés à rendre des comptes de leurs actes et traduits en justice.

Selon les premiers éléments parus dans la presse, l'embuscade a visé un convoi transportant du carburant dans le secteur de Kuma, à 80 km au nord-est d'El Fasher, principale ville du Darfour.

La zone est sous le contrôle de rebelles qui n'ont pas signé l'accord de paix d'Abuja le 5 mai dernier mais l'Union africaine a dit ignorer pour l'instant qui étaient les agresseurs.

Environ 7.000 soldats de l'UA sont déployés au Darfour pour tenter de faire cesser les violences qui n'ont fait qu'augmenter depuis la signature de cet accord de paix entre le gouvernement et l'une des factions de la guérilla.

 

Août 2006

L'ONU tente de convaincre Khartoum d'accepter des casques bleus au Darfour

Le Monde, avec Philippe Bolopion, 20 août 2006

 

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont déposé, jeudi 17 août, un projet de résolution qui propose de dépêcher au Darfour, avant le 1 er octobre, 17 300 casques bleus et près de 5 000 policiers dotés d'un mandat fort. Ce nouveau contingent serait un prolongement de la Mission des Nations unies au Soudan (Minus), dont les 10 000 hommes doivent faire respecter l'accord de paix conclu entre Khartoum et la rébellion du sud, en janvier 2005.

Selon plusieurs diplomates, l'initiative américano-britannique a aussitôt été critiquée par la Chine et par la Russie , dotées du droit de veto, et par le Qatar. Pour ces pays, une telle résolution est inutile sans l'accord du gouvernement soudanais. Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, recommande pour sa part la réouverture d'intenses négociations, pour convaincre Khartoum d'accepter cette proposition.

"S'il vous plaît, n'oubliez pas le Darfour" , a lancé, vendredi, le secrétaire général adjoint de l'ONU, Mark Malloch Brown, à un corps de presse qu'il sait accaparé par le dossier libanais. "Quelque chose d'affreux est en train de se tramer là-bas" , a-t-il ajouté. Alors que l'ouest du Soudan est en proie, depuis juin, à une recrudescence des violences, Khartoum s'oppose toujours au déploiement d'une force de l'ONU, prôné par Londres et par Washington.

 

"Offensive majeure"

 

D'après le chef adjoint du département du maintien de la paix des Nations unies, Hédi Annabi, le Darfour pourrait "revivre les horreurs de la fin 2003 et du début 2004" . Dans un discours délivré au Conseil de sécurité, jeudi, le fonctionnaire onusien a prévenu que "des centaines de milliers de vies (seraient) mises en danger" si rien n'était fait. Selon l'ONU, le gouvernement soudanais est "déterminé" à lancer "une offensive militaire majeure dans la région" et a déjà concentré des troupes dans l'ouest.

Plus de trois mois après la signature d'un accord de paix entre Khartoum et une faction du principal groupe rebelle, le Mouvement de libération du Soudan (SLM), les protagonistes, signataires ou non, continuent à se scinder et à s'opposer dans des affrontements meurtriers. Le danger est tel que les organisations humanitaires, qui ont perdu 11 personnels cet été, n'ont plus accès à la moitié des populations dans le besoin.

Avec moins de 8 000 hommes et un manque de fonds chronique, la Force de maintien de la paix de l'Union africaine (Amis) est incapable de mettre fin à un conflit qui, depuis le début 2003, aurait fait près de 300 000 morts et 2,4 millions de déplacés. Selon l'ONU, faute d'argent, les troupes africaines pourraient être contraintes de se retirer dans quelques semaines. Pour prendre la relève, le Conseil de sécurité souhaite, depuis plusieurs mois, déployer une force de maintien de la paix robuste. Mais le président soudanais a prévenu que le Darfour serait le "cimetière" de l'Occident et qu'il s'opposerait par les armes au déploiement d'une telle force.

 

Août 2006

«Quelque chose de terrible se prépare au Darfour » prévient Mark Malloch Brown

Nations Unies, New York, 18 août 2006 

 

Le Vice-Secrétaire général de l'ONU, Mark Malloch Brown, a appelé aujourd'hui la presse à ne pas « oublier le Darfour », rappelant que les Nations Unies étaient extrêmement préoccupées face à la détérioration de la situation.

Hier, lors d'un exposé au Conseil de sécurité, le responsable adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hédi Annabi, a porté l'attention sur le « renforcement de l'armée soudanaise au Darfour », soulignant que « le plan du gouvernement soudanais dont l'objectif affiché est de rétablir la stabilité au Darfour semblait révéler sa détermination à poursuivre une offensive militaire d'envergure dans la région » (dépêche du 16/08/2006)

Le Vice-Secrétaire général a rappelé le contenu d'une lettre du Secrétaire général adressée au Conseil de sécurité en date du 14 août dernier.

Kofi Annan engageait le Conseil à « réfléchir d'urgence » au problème que pose la "ferme opposition" du gouvernement soudanais au déploiement d'une force des Nations Unies au Darfour, et à la crise financière qui menace d'empêcher la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) de poursuivre ses activités jusqu'à la fin de 2006, « de façon que les efforts déployés par la communauté internationale pour mettre fin aux souffrances des Darfouriens puissent enfin aboutir ».

S'adressant à la presse, Mark Malloch Brown a appelé à « ne pas oublier le Darfour ».

« Nous tous, dans la communauté internationale, au Secrétariat de l'ONU, ou dans la presse, avons du mal à maintenir l'attention sur deux crises à la fois », a-t-il reconnu, mais « quelque chose de terrible s'y prépare », a-t-il insisté.

 

Août 2006

Le Conseil de sécurité saisi d'un nouveau projet de résolution sur une mission des Nations Unies au Darfour

Nations Unies New York, 17 août 2006

 

Alors que les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont soumis ce matin au Conseil de sécurité un nouveau projet de résolution visant à accélérer la création d'une mission des Nations Unies au Darfour, le responsable adjoint du maintien de la paix à l'ONU a suggéré l'envoi d'une mission de haut niveau sur place afin d'obtenir le consentement, jusqu'ici refusé, du gouvernement soudanais.

Le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, Hedi Annabi, a présenté ce matin au Conseil de sécurité le dernier rapport du Secrétaire général sur le Darfour, ainsi qu'une mise à jour de la situation sur le terrain, a dit le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien à New York.

Ainsi que le rapporte depuis plusieurs mois la Mission des Nations Unies au Soudan ( UNMIS selon son acronyme anglais) et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires ( OCHA ), Hedi Annabi a rappelé que la situation au Darfour ne cesse d'empirer ( dépêche du 9.08.06 et dépêche du 7.08.06).

Ce dernier a cité les violences entre signataires et non signataires de l'accord de paix sur le Darfour signé à Abuja au mois de mai, ainsi que le niveau sans précédent des attaques contre les travailleurs humanitaires qui a conduit certaines organisations non gouvernementales (ONG) à annoncer qu'elles pourraient être forcées de se retirer totalement du Nord Darfour.

Hedi Annabi a par ailleurs indiqué que la mise en oeuvre de l'Accord de paix sur le Darfour était marquée par des violations de toutes les parties.

Il s'est aussi déclaré « préoccupé par le renforcement de l'armée soudanaise au Darfour », soulignant que « le plan du gouvernement soudanais dont l'objectif affiché est de rétablir la stabilité au Darfour semblait révéler sa détermination à poursuivre une offensive militaire d'envergure dans la région ».

Le Sous-Secrétaire général a aussi souligné que le président du Soudan, Omar al-Bashir, avait réitéré ses objections au déploiement d'une opération de l'ONU au Darfour et prévenu que l'armée soudanaise s'y opposerait par la force.

Compte tenu l'urgence de la situation sur le terrain, Hedi Annabi a exhorté le Conseil de sécurité à envisager de reprendre contact directement avec le gouvernement du Soudan pour aborder cette question de façon définitive.

Prenant la parole à l'issue de cette réunion, la représentante des Etats-Unis a annoncé devant la presse à New York que son pays, aux côtés du Royaume-Uni, avait soumis un nouveau projet de résolution afin d'accélérer la transition de la mission de l'Union africaine à une mission des Nations Unies. Elle a aussi précisé que la nouvelle mission, en termes de mandat, suivait le modèle de l'UNMIS qui est déjà présente dans le Sud du Soudan.

Interrogée sur l'intention déclarée du gouvernement soudanais de combattre une éventuelle force des Nations Unies, la représentante des Etats-Unis a indiqué que le « dialogue se poursuivait » et que l'intervention de tout pays pour convaincre le gouvernement soudanais serait « bienvenue ».

Elle a souligné que le consentement du gouvernement soudanais serait utile, en pratique, mais qu'il n'était pas requis dans le projet de résolution.

 

Retransmission du point de presse de la représentante des Etats-Unis

Intervenant à sa suite, le président du Conseil de sécurité pour le mois d'août, Nana Effah-Apenteng, représentant du Ghana, a indiqué qu'il avait pris contact avec l'Union africaine, la Ligue des Etats arabes et l'Organisation de la Conférence islamique et le gouvernement soudanais en vue d'une réunion à New York.

« Soyons réalistes, sans le consentement du gouvernement soudanais, le déploiement d'une telle force sera très difficile », a-t-il dit.

Il a aussi rappelé les difficultés rencontrées par la mission de l'Union africaine à trouver des fonds et des équipements pour renforcer ses effectifs.

 

Retransmission du point de presse du président du Conseil de sécurité

Le représentant du Soudan, Omar Bashir Mohamed Manis a indiqué « qu'il n'avait pas été consulté sur la résolution ». Il a estimé que le Soudan avait l'impression que « l'envoi de troupes au Darfour était devenu un objectif en soi, indépendamment des objectifs visés, alors que le gouvernement réclame un soutien par d'autres voies ».

Interrogé sur l'aide souhaitée par le Soudan, Omar Bashir Mohamed Manis a réclamé un soutien à la mission de l'Union africaine au Darfour.

 

Retransmission du point de presse du représentant du Soudan

L'ONU dispose d'une mission dans le Sud du Soudan, la Mission des Nations Unies au Soudan ( UNMIS selon son acronyme anglais) mise sur pied après un accord de paix qui a mis fin à vingt ans de guerre civile dans cette région du pays.

Mais le conflit au Darfour, région de l'Ouest du pays, continue de faire rage, et l'accord de paix signé en mai dernier à Abuja entre le gouvernement central et une partie des mouvements rebelles n'a pas mis fin aux combats â8 dépêche du 1.06.06).

Depuis février 2003, la guerre civile au Darfour a fait au moins 200.000 morts et plus de 2 millions de déplacés.

Une mission de l'Union africaine, forte de 7.000 hommes seulement pour un territoire grand comme la France , doit être remplacée par une mission de maintien de la paix des Nations Unies, mais le gouvernement soudanais continue d'opposer sa réticence à ce qu'il considère comme une ingérence de la part de la communauté internationale.

En juin dernier, après une mission d'évaluation effectuée sur le terrain, Jean-Marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, espérait pouvoir déployer une force des Nations Unies au Darfour qui serait composée de trois brigades, comprenant chacune trois à cinq bataillons, à partir du mois de janvier ( dépêche du 27.06.06).

Le Secrétaire général plaide depuis le mois de janvier pour le déploiement de casques bleus au Darfour. Le Conseil de sécurité a donné son feu vert à ce déploiement au mois de mars ( dépêche du 06.05.06 et dépêche du 27.03.06).

 

Août 2006

PAM: menace de réduction des rations alimentaires au Darfour

Jeune Afrique-, 17 août 2006

 

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a prévenu mercredi qu'il risquait de devoir réduire les rations alimentaires à six millions de Soudanais au Darfour en raison du manque de fonds.

Les rations alimentaires risquent d'être réduites d'ici au mois d'octobre parce que les stocks diminuent, ce qui forcera l'agence à instaurer un régime plus pauvre en calories, en-dessous des 2.100 kilocalories minimum par jour, indique un communiqué du PAM publié mercredi à Khartoum, capitale du Soudan.

Le PAM avait déjà été forcé de réduire les rations de 50% en mai dernier, mais de nouvelles donations au mois de juin avaient permis de revenir à 84% des rations de base par jour.

La crise actuelle est imputable en premier lieu à un manque de fonds. Le PAM a besoin d'environ 350 millions de dollars pour pouvoir stocker l'équivalent de quatre mois de nourriture sur place.

Ce prépositionnement est nécessaire en prévision de la saison des pluies de l'année prochaine. On sait en effet que certaines régions seront isolées par les pluies qui rendront les routes inaccessibles.

Dans la mesure où il faut six mois pour que les donations soient converties en nourriture et transportées aux populations dans le besoin, le PAM a besoin de l'argent tout de suite , insiste le communiqué. A défaut, le PAM devra procéder à des livraisons par avion qui seront aussi bien plus onéreuses.

Au rythme actuel de la consommation, le PAM manquera de nourriture d'ici au mois de janvier, ce qui représentera une catastrophe humanitaire.

Mais le PAM blame aussi la détérioration de la situation sécuritaire sur le terrain, qui entrave l'accès des convois et rend la livraison de nourriture de plus en plus dangereuse.

En juillet, le PAM a été dans l'incapacité d'atteindre plus de 470.000 personnes au Darfour - une aggravation par rapport aux 290.000 personnes du mois de juin.

 

Août 2006

L'ONU condamne le déplacement forcé de 12.000 personnes dans la région de Khartoum

Nations Unies , New York , 17août 2006

L'ONU a condamné aujourd'hui un programme mené par le gouvernement soudanais de destruction des logements d'un groupe de 12.000 personnes déplacées et offert son assistance en la matière.

La Mission des Nations Unies au Soudan selon un acronyme anglais indique que les autorités soudanaises ont commencé hier la destruction des logements d'un groupe de Soudanais originaires de l'Ouest du pays, déplacés depuis les années 80, à Dar Eassalam, à 43 kilomètres de Khartoum.

«Une mission d'établissement des faits des Nations Unies a constaté la présence de policier armés et de tanks positionnés autour de la communauté. Selon les résidents, les bulldozers ont commencé à détruire des centaines de maisons», pratiquement sans avertissement donné aux familles, indique un communiqué publié à Khartoum.

La mission a aussi entendu « des coups de feu, avant de se voir refuser l'entrée dans la zone et de se voir intimer l'ordre de partir », indique le communiqué qui souligne qu'il y aurait eu des morts et des blessés dans les camps, dont la mort d'un enfant.

« Les Nations Unies demandent aux autorités soudanaises de cesser cette opération immédiatement et de reprendre le dialogue avec les résidents pour trouver un site respectant les normes internationales », souligne le communiqué.

L'UNMIS exprime notamment sa préoccupation au regard d'un mémorandum d'accord signé entre les parties qui stipulait qu'il n'y aurait pas de relocalisation tant qu'un site convenable pour les deux parties n'aurait pas été trouvé.

La Mission a offert son « expertise extensive » en la matière et demandé un accès immédiat au site afin d'évaluer la situation humanitaire.

 

Août 2006

Force de l'Onu au Darfour: projet de résolution américano-britannique

Jeune Afrique, 17 août 2006

 

La Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir déposé au Conseil de sécurité un projet de résolution visant à transférer à l'Onu les responsabilités de la force de l'Union africaine (UA) au Darfour, malgré l'opposition persistante du gouvernement soudanais.

"La violence augmente sur le terrain et la situation humanitaire empire, il est vraiment indispensable de faire avancer ce projet", a déclaré à la presse une diplomate américaine, Jackie Sanders.

La future force de l'Onu doit prendre au Darfour le relais de la mission de l'UA (Muas), qui compte quelque 7.000 hommes mais est mal équipée et sous-financée. L'UA a elle-même demandé ce transfert.

Les soldats de l'UA, dont le mandat se limite à la surveillance d'un ancien cessez-le-feu, ne sont pas en mesure de protéger les civils dans cette province soudanaise grande comme la France , où sévit une guerre civile depuis février 2003 et une grave crise humanitaire. Le conflit a fait environ 300.000 morts et 2,4 millions de déplacés.

La Muas n'a pas non plus les moyens de faire appliquer un fragile accord de paix signé en mai à Abuja entre Khartoum et une partie des rebelles du Darfour.

Mais le président soudanais Omar el-Béchir ne cesse de répéter son opposition au déploiement d'une force internationale au Darfour, affirmant que le Soudan ne sera pas "recolonisé".

Khartoum campe depuis des mois sur cette position, alors même qu'il accepte la présence sur son sol d'une force similaire, la Minus (Mission de l'Onu au Soudan), forte d'environ 10.000 hommes et chargée d'aider à la mise en oeuvre d'un autre accord de paix, signé début 2005 entre le gouvernement soudanais et les ex-rebelles du sud.

Le projet de résolution américano-britannique, qui a été rendu public, tient compte de ce fait et prévoit tout d'abord d'élargir le mandat de la Minus pour lui permettre de se déployer au Darfour.

Il prévoit ensuite un renforcement substantiel de la Minus , en lui adjoignant un maximum de 17.300 militaires et 3.000 policiers supplémentaires, selon des recommandations faites par le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, dans un rapport au Conseil le 1er août.

Le projet décide que dans sa future configuration, la Minus pourra, aux termes du Chapitre VII de la Charte de l'Onu qui autorise l'usage de la force, utiliser tous moyens pour protéger les personnels de l'Onu, les humanitaires et la population civile du Darfour.

"Nous savons que l'accord du gouvernement du Soudan est crucial", a déclaré l'ambassadeur britannique à l'Onu, Emyr Jones Parry. Il a émis l'espoir que Khartoum finisse par approuver ce transfert.

"Le consentement (de Khartoum) n'est pas requis dans la résolution mais d'un point de vue pratique, ce serait bien de l'avoir quand même", a dit pour sa part Mme Sanders.

"Obtenir le consentement du gouvernement soudanais exigera la poursuite de discussions intensives avec lui (...) aucun effort ne doit être épargné pour envoyer ce message simple et fort: un engagement international augmentera les chances que la paix s'enracine au Darfour", disait M. Annan dans son rapport.

Août 2006

Darfour : Omar al-Bachir menace de s'inspirer du Hezbollah

Le Figaro, 16 août 2006

 

Soudan. Le président soudanais Omar al-Bachir a affirmé qu'en cas d'envoi par l'ONU de forces internationales au Darfour, la province de l'ouest du Soudan en proie à la violence, Khartoum les combattrait comme le Hezbollah libanais a combattu les forces israéliennes.

«Nous sommes déterminés à vaincre n'importe quelle force étrangère qui entrera dans le pays, comme le Hezbollah a battu les troupes israéliennes», a-t-il déclaré selon des citations rapportées hier par les médias gouvernementaux. «Nous sommes opposés au déploiement de forces américaines, britanniques ou de n'importe quelles forces imposées par le Conseil de sécurité de l'ONU», a indiqué al-Bachir, qui s'exprimait à Jebel Awlia, à 50 km au sud de Khartoum, à l'occasion du 52 e anniversaire de la création de l'armée soudanaise. Le président soudanais a salué à cette occasion le Hezbollah et son chef, Hassan Nasrallah, pour avoir «brisé les forces israéliennes pour toujours». «Le peuple et l'armée soudanais sont en position de réservistes pour le Liban et la Palestine », a-t-il poursuivi.

Le président al-Bachir avait déjà prévenu en juillet que le Darfour, en proie depuis plus de trois ans à une guerre civile, constituerait un «cimetière» pour les éventuels Casques bleus. La communauté internationale estime qu'une force de l'ONU allant jusqu'à 19 000 hommes devrait prendre le relais d'une mission de l'Union africaine (UA), mal équipée et sous-financée.

Avant-hier, un envoyé spécial du président slovène au Darfour a été condamné par un tribunal soudanais à deux ans de prison pour «espionnage». Tomo Kriznar, arrêté fin juillet, a été jugé et condamné par une cour pénale d'Al-Facher, capitale du Darfour du Nord, pour «espionnage, publication de fausses informations et entrée illégale dans le pays», a précisé le ministre de la Justice , Mohammed Ali al-Mardhi.

Août 2006

Le Soudan suivra l'exemple du Hezbollah contre l'Onu au Darfour, prévient Béchir

Jeune Afrique, 15 août 2006

 

Le président soudanais Omar el-Béchir a déclaré que si l'Onu envoyait des forces au Darfour, dans l'ouest du pays, le Soudan les combattrait comme le Hezbollah libanais a combattu les forces israéliennes.

"Nous sommes déterminés à vaincre n'importe quelle force étrangère qui entrera dans le pays, comme le Hezbollah a battu les troupes israéliennes", a-t-il dit, selon ses propos rapportés mardi par les médias gouvernementaux.

"Nous sommes opposés au déploiement (au Darfour) de forces américaines, britanniques ou de n'importe quelles forces imposées par le Conseil de sécurité de l'Onu", a déclaré lundi M. Béchir, à Jebel Awlia, à 50 km au sud de Khartoum, à l'occasion du 52ème anniversaire de la création de l'armée soudanaise.

Le président soudanais a salué le Hezbollah et son chef Hassan Nasrallah pour avoir "brisé les forces israéliennes pour toujours". "Le peuple et l'armée soudanais sont en position de réservistes pour le Liban et la Palestine ", a-t-il affirmé.

Le président Béchir avait déjà affirmé en juillet que le Darfour, en proie depuis plus de trois ans à une guerre civile, constituerait un "cimetière" pour les éventuels casques bleus.

La communauté internationale estime qu'une force de l'Onu allant jusqu'à 19.000 hommes devrait prendre le relais d'une mission de l'Union africaine (UA), mal équipée et sous-financée.

En dépit de l'accord signé en mai dernier entre le gouvernement central et une partie des mouvements rebelles d'ethnies musulmanes noires, le conflit continue de faire rage au Darfour.

Depuis début 2003, les combats et la crise humanitaire ont provoqué la mort d'entre 180.000 et 300.000 personnes. Au moins 2,4 millions de personnes ont été déplacées dans cette région de sept millions d'habitants.

La violence y a atteint un niveau "catastrophique", a averti la semaine dernière le coordinateur des affaires humanitaires de l'Onu, Jan Egeland.

"S'il n'y avait pas une guerre au Liban, nous serions tous mobilisés pour remédier à la détérioration de la situation au Darfour", avait-il déclaré, faisant état d'une augmentation de plus de 100% des attaques et affrontements dans la première moitié de l'année par rapport à la même période de 2005.

Août 2006

L'envoyé slovène au Darfour condamné à deux ans de prison

Jeune Afrique, 14 août 2006

 

Un envoyé spécial du président slovène au Darfour a été condamné lundi par un tribunal soudanais à deux ans de prison pour "espionnage", a annoncé le ministre de la Justice Mohammad Ali Al-Mardhi.

Tomo Kriznar, arrêté fin juillet, a été jugé et condamné par une cour pénale d'Al-Facher, capitale du Darfour du nord, pour "espionnage, publication de fausses informations et entrée illégale dans le pays", a dit le ministre aux journalistes.

Il avait rejeté les accusations d'espionnage, mais avait admis être entré dans des zones du Darfour (ouest) par le Tchad sans avoir obtenu de visa soudanais, sa demande faite auprès de l'ambassade du Soudan à Vienne ayant été rejetée.

M. Kriznar a expliqué être entré au Soudan à l'invitation de la faction majoritaire du principal groupe rebelle du Darfour, le Mouvement de Libération du Soudan (SLM), signataire en mai dernier à Abuja d'un accord de paix avec le gouvernement soudanais.

Il avait affirmé être l'un des trois représentants envoyés par le président slovène, Janez Drnovsek, pour suivre la situation au Darfour, où un conflit meurtrier entre rebelles et forces gouvernementales a fait des milliers de morts et de déplacés depuis février 2003.

Le président slovène a lancé cette année une campagne humanitaire pour venir en aide à cette région, qui souffre également de la sécheresse.

L'accusé slovène, qui peut faire appel de sa condamnation, doit aussi payer une amende 500.000 dinars (environ 2.400 USD), faute de quoi sa peine sera prolongée de six mois, a ajouté le ministre.

A la fin de sa peine, il doit être expulsé du pays.

Le SLM avait demandé la libération de l'envoyé spécial slovène et son retour dans son pays pour "pour des raisons humanitaires".

 

Août 2006

Les négociations de paix inter-soudanaises devraient reprendre lundi

Jeune Afrique, 13 août 2006

Les négociations de paix entre le gouvernement ougandais et les rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), suspendues samedi, devraient reprendre lundi, rapportent dimanche la presse soudanaise.

Les négociations, qui se déroulent à Juba, au Soudan, sous l'égide du gouvernement du Sud-Soudan, visent à mettre fin à une guerre civile qui se déroule depuis 1986 dans le nord de l'Ouganda.

La LRA , qui a décrété il y a quelques jours un cessez-le-feu unilatéral, s'est retirée des négociations, exigeant du gouvernement ougandais d'ordonner à son tour l'arrêt des hostilités.

Le gouvernement estime qu'un cessez-le feu doit faire partie d'un accord de paix final, soulignant que la LRA avait profité des précédents accords pour affiner sa stratégie et relancer les combats.

La guerre civile a fait des dizaines de milliers de morts dans le nord de l'Ouganda et causé le déplacement de près de 1,5 million de personnes

 

Août 2006

Jan Egeland déplore un « pic » dans les attaques contre le personnel humanitaire

Nations Unies, New York, 10 août 2006

Ce mois a été la pire période jamais enregistrée en termes de difficulté d'assistance aux populations vulnérables dans le monde et de menace à la sécurité des travailleurs humanitaires, a déploré aujourd'hui le Coordonnateur des affaires humanitaires des Nations Unies, Jan Egeland.

«Des dizaines de travailleurs humanitaires ont été tués », a-t-il rappelé, condamnant le meurtre de 17 membres de l'ONG Action contre la faim au Sri Lanka la semaine dernière.

Jan Egeland, qui présentait aujourd'hui à Genève un bilan de la situation au Moyen-Orient, a rappelé que la situation au Darfour , de « mauvaise », était devenue « catastrophique ».

«Neuf travailleurs humanitaires ont été tués au Darfour ces dernières semaines, ce qui est le pire bilan depuis le début du conflit en 2003 », a-t-il dit.

«De janvier à juin il y a eu plus de 500.000 nouveaux déplacés, ce qui représente une moyenne de 84.000 déplacés par mois, soit trois fois plus que les chiffres de l'année dernière à la même période ».

«Plus de 90% de ces populations déplacées sont victimes des conflits armés », a-t-il précisé.

 

Août 2006

Les États-Unis condamnent la violence au Darfour

Etats-Unis, communiqué du département d'État, 10 août 2006

Par Charles W. Corey, rédacteur du Washington File

 

Les États-Unis « condamnent avec vigueur » la violence au Darfour et réaffirment qu'il convient d'y envoyer sans tarder une force de maintien de la paix de l'ONU, indique le communiqué que le porte-parole du département d'État, M. Sean McCormack, a diffusé le 10 août.

La violence au Darfour « continue de causer la mort de membres du personnel des organismes d'aide humanitaire et de civils innocents et entrave la distribution de l'aide humanitaire essentielle à diverses régions du Darfour ».

Les États-Unis exhortent tous les intéressés au Darfour « à ne pas lancer d'attaques violentes, à reconnaître leurs responsabilités et à se conformer à l'accord de paix au Darfour et à l'accord de cessez-le-feu de N'Djamena ».

« Nous demandons instamment à tous les groupes de coopérer totalement avec la Mission de l'Union africaine au Soudan, d'adhérer aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, d'appliquer intégralement l'accord de paix au Darfour et d'observer le droit international relatif à la protection des travailleurs humanitaires et de la population civile du Darfour qui souffre depuis si longtemps », indique le communiqué.

Les États-Unis sont fermement résolus à favoriser le rétablissement de la paix au Soudan. « L'accord de paix au Darfour constitue la meilleure occasion d'instaurer une sécurité, une paix, une réconciliation et une reconstruction durables au Darfour » et de réaliser les objectifs raisonnables des Darfouriens dans les domaines politique, économique et sécuritaire.

Tout en reconnaissant les efforts considérables de la Mission de l'Union africaine au Soudan visant à réduire la violence organisée au Darfour, le communiqué déclare que « la situation a évolué et devient beaucoup plus complexe et difficile ».

Il s'ensuit qu'il est essentiel que l'ONU envoie au Darfour une force de maintien de la paix sans tarder. « Seule une force de l'ONU importante, robuste, mobile et réagissant rapidement est capable de mettre fin à la violence et de protéger la population, de faciliter l'application intégrale de l'accord de paix et d'assurer la sécurité de manière à ce que les personnes déplacées et les réfugiés puissent rentrer dans leurs foyers. »

L'Union africaine est en faveur de la relève immédiate de sa mission au Darfour par une force de l'ONU. « Une telle transition devrait avoir lieu le 1er octobre. Nous demandons au gouvernement soudanais d'unité nationale d'accepter immédiatement une force de maintien de la paix de l'ONU pour que l'ONU puisse commencer à déployer des casques bleus sans délai », dit le communiqué.

Le 9 août, M. McCormack avait déclaré à la presse que les États-Unis portaient une grande attention à la question du Darfour. « La secrétaire d'État, Mme Rice, y consacre du temps, même pendant la crise au Proche-Orient », avait-il fait remarquer en ajoutant que Mme Rice œuvrait de concert avec la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, qui s'occupait de ce dossier.

Pour sa part, le président Bush s'est entretenu du Darfour avec le premier vice-président du gouvernement soudanais d'unité nationale, M. Salva Kiir, lors de la visite de ce dernier à la Maison le 20 juillet.

Il s'est également entretenu à la Maison-Blanche , le 25 juillet, avec le chef du Mouvement de libération du Soudan, M. Minni Minavi. Les deux hommes ont parlé des moyens de faciliter l'application de l'accord de paix du Darfour et de garantir l'envoi rapide au Darfour d'une force de maintien de la paix de l'ONU.

 

Août 2006

L'insécurité continue de s'intensifier au Darfour

Nations Unies , New York, 9 août 2006

 

Le nombre d'affrontements armés a doublé au Darfour au cours des sept premiers mois de l'année par rapport à l'année dernière, a annoncé aujourd'hui l'envoyé de l'ONU au Soudan, qui a déploré que trois mois après la signature de l'Accord de paix sur le Darfour il n'y ait pas eu d'évolution positive.

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, Jan Pronk a notamment évoqué les problèmes posés par des incidents persistants, la non signature de l'accord de paix s