Nous référençons un certain nombre
d'articles sur le Soudan |
2006
1er semestre
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2005
Nations Unies ,
New York, |
Jan Egeland déplore un « pic » dans les attaques contre le personnel humanitaire |
Etats-Unis, département d'Etat,
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Nations Unies ,
New York, |
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Le Figaro, |
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Xinhuanet, |
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La Croix , |
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Le Monde avec l'AFP, |
La recrudescence des attaques contre les humanitaires au Darfour inquiète l'ONU |
L'Express avec Reuters, |
L'insécurité menace l'aide humanitaire au Darfour, déplore l'ONU |
Angola presse, |
Un Suisse nommé représentant spécial adjoint de l`ONU en Somalie |
Nations Unies, New York, |
Le personnel humanitaire victime d'une grave escalade de la violence |
Le Monde avec l'AFP, |
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Amnesty International |
Ouganda : Amnesty international lance un appel en faveur d'une véritable alternative a l'impunité |
Le Figaro- |
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Médecins Sans frontières,
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Le Figaro, |
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Tchad actuel, |
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All Africa com,
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Darfour: le Conseil de sécurité approuve le déploiement de Casques bleus
Jeune Afrique, 31 août 2006
Le Conseil de sécurité de l'Onu a approuvé jeudi le déploiement d'une force onusienne renforcée au Darfour, chargée de relayer la mission de l'Union africaine (UA), en dépit de l'opposition du gouvernement soudanais. La résolution 1706 prévoit de faire passer les effectifs de la Mission de l'Onu au Soudan (Minus) de 12.273 Casques bleus (pour l'instant déployés au Sud Soudan) à 17.300 soldats et 3.300 policiers. Elle appelle "les Etats membres à fournir les moyens pour un déploiement rapide". Douze pays ont voté pour, et trois se sont abstenus: la Chine , la Russie et le Qatar, opposés à un vote avant que Khartoum se soit rallié à l'idée d'un vaste déploiement onusien. "La crise au Darfour n'a que trop duré", a déclaré Karen Pierce, la représentante de Grande-Bretagne, co-auteur du texte avec l'Argentine, le Danemark, les Etats-Unis, la France , le Ghana, la Grèce , la Slovaquie et la Tanzanie. "L'adoption de la résolution envoie un message clair quant au besoin d'une 3e partie, impartiale et équipée pour faire appliquer l'accord de paix sur le Darfour" signé en mai. Pour l'ambassadeur américain John Bolton, "il est impératif que nous avancions tout de suite pour la mettre en oeuvre". Washington a estimé que l'accord de Khartoum n'était pas nécessaire pour renforcer la Minus. La résolution "invite à obtenir l'accord du Soudan" mais rien dans le texte "ne l'exige", selon la secrétaire d'Etat adjointe aux Organisations internationales, Kristen Silverberg. Les membres du Conseil ne partagent cependant pas tous cet avis. L'ambassadeur du Ghana, Nana Effah-Apenteng, qui préside le Conseil, a souligné que la résolution ne signifie pas que "l'on ferme la porte aux négociations" avec le Soudan. Pour tenter d'assouplir Khartoum, le texte réaffirme le respect "à l'égard de la souveraineté, de l'unité, de l'indépendance et de l'intégrité territoriale du Soudan, qui ne seront aucunement affectées par une transition vers une opération des Nations unies". Il exprime aussi la "détermination (du Conseil) à travailler avec le gouvernement du Soudan" et relève que la force de l'Onu "aura, dans la mesure du possible, une forte participation africaine". Devant le Conseil, la Chine a affiché son soutien à une force onusienne mais regretté qu'une résolution ait été mise au vote avant accord du gouvernement soudanais. "Une mission ne peut être déployée qu'une fois le consentement du gouvernement (soudanais) obtenu", a dit l'ambassadeur Wang Guangya. "Que l'on sache, un consentement est volontaire", a renchéri le représentant du Qatar, Jamal Nasser al-Bader. Le président soudanais Omar el-Béchir, qui accuse Washington et les Etats occidentaux de visées impérialistes, a présenté un plan incluant le déploiement de 10.500 soldats soudanais pour rétablir la sécurité dans la province. Dans une lettre envoyée jeudi à M. Béchir, le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan s'est dit "profondément préoccupé" par son refus d'intégrer la force de l'Onu. Inquiet de voir des forces soudanaises se déployer au Darfour, il a appelé Khartoum à de plus amples discussions. "La résolution n'est qu'un premier pas", a d'ailleurs estimé l'ONG Human Rights Watch, appelant les membres de l'Onu à faire en sorte que Khartoum l'accepte. La résolution vise à transférer à l'Onu la mission de l'UA qui, sous-équipée et sous-financée, n'a pu protéger les civils du Darfour, victimes de meurtres, viols et déplacements depuis plus de trois ans. Placés sous le chapitre VII de la Charte de l'Onu, qui autorise le recours à la force en cas de menace à la paix, les Casques bleus seront autorisés à user de tous moyens pour protéger les personnels de l'Onu, intervenants humanitaires et civils. Jusqu'à 300.000 personnes sont mortes et plus de deux millions ont été déplacées au Darfour, en raison de la guerre et de la famine.
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Le Soudan accepterait les Casques bleus de l'ONU
Xinhuanet, Washington, 31 août 2006
Une responsable américaine a déclaré jeudi que le Soudan, qui s'oppose au déploiement de forces de l'ONU dans la région du Darfour, accepterait finalement les Casques bleus onusiens dans la région agitée. L'assistante au secrétaire d'Etat américain, Jendayi Frazer, qui a remis un message du président George W. Bush au président soudanais, Omar Hassan al-Bashir, cette semaine, s'est déclarée convaincue que ce dernier consentirait à une force de l'ONU pour mettre fin à ce que Washington dénonce comme étant un génocide au Darfour. "Ce que le gouvernement (soudanais) m'a dit très clairement est qu'il accueille n'importe quel effort pour soutenir et renforcer les forces de l'Union africaine (UA) qui sont au Darfour", a-t- elle indiqué, faisant référence aux troupes africaines fortes de 7. 000 effectifs luttant pour maintenir la paix au Darfour. "Je suis très confiante dans le fait que finalement ils accepteront (les casques bleus onusiens)", a-t-elle ajouté. Selon des informations, dans sa lettre au président Bashir, M. Bush a exhorté le Soudan à laisser tomber ses objections au déploiement des troupes de maintien de la paix de l'ONU. Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté jeudi une résolution pour créer une force de maintien de la paix de l'ONU composée de 22.500 soldats au Darfour. La résolution prévoit également d'accorder immédiatement un soutien aérien, d'ingénierie et de communications à la force africaine existante, dont le mandat expire le 30 septembre. Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées depuis l'éclatement des troubles au Darfour début 2003.
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Les Nations unies adoptent une résolution plaçant la force de maintien de la paix au Soudan sous l'autorité de l'ONU
Le Nouvel Observateur, New York, 31 août 2006 Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté jeudi la résolution 1706 qui place les soldats de la force de maintien de la paix sous l'autorité de l'ONU dès que le Soudan aura accepté cette mesure. Le gouvernement soudanais refuse pour le moment ce transfert, destiné à donner plus de pouvoirs et de moyens à la force, dirigée actuellement par l'Union africaine et qui a été incapable de s'opposer à la catastrophe humanitaire dans la région du Darfour. La situation empire au Darfour malgré l'accord de paix conclu le 5 mai entre Khartoum et la principale faction rebelle. Les affrontements ont déjà fait plus de 180.000 morts et 2,5 millions de déplacés dans cette région de l'ouest du Soudan depuis 2003. La résolution, présentée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne , a été adoptée par 12 voix contre 0. La Chine , la Russie et le Qatar se sont abstenus.
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L'Onu vote l'envoi de renforts au Darfour
Le Figaro avec l'AFP et Reuters, 31 août 2006
La résolution 1706 votée jeudi autorise le déploiement de 17.000 Casques bleus chargés de relayer les soldats l'Union africaine. Mais Khartoum refuse toujours une telle éventualité. Douze pays ont voté en faveur du texte rédigé par les Américains et les Britanniques qui prévoit le déploiement de Casques bleus supplémentaires au Darfour. Les effectifs de la Mission des Nations unies au Soudan (Minus) devraient ainsi passer de 12.000 soldats à 17.000. Trois pays se sont abstenus : la Chine , la Russie et le Qatar. Si Pékin a réitéré son soutien au déploiement d'une force de l'Onu, il a regretté que le vote ait lieu avant que le gouvernement soudanais ne donne son accord. « La transition vers une mission de l'Onu est une bonne approche. Mais une telle transition ne peut être possible et une mission ne peut être déployée qu'une fois le consentement du gouvernement soudanais obtenu », a insisté l'ambassadeur chinois. Etape obligatoire pour le déploiement effectif des Casques bleus : l'accord de Khartoum. A cet effet, la résolution 1706 réaffirme le respect « de la souveraineté, de l'unité, de l'indépendance et de l'intégrité territoriale du Soudan ». Khartoum a rejeté à maintes reprises l'idée d'un déploiement massif de l'Onu au Darfour, estimant que cela menaçait sa souveraineté et a proposé à la place de déployer 10.500 soldats soudanais d'ici à début janvier. Toutefois, selon la secrétaire d'Etat américaine adjointe aux Organisations internationales, l'accord du gouvernement soudanais n'est pas nécessaire pour augmenter le nombre de Casques bleus. Jeudi en début de soirée, Khartoum n'avait pas encore réagi.
Appliquer l'accord de paix
La résolution votée jeudi prévoit que les Casques bleus relayeront les militaires de l'Union africaine (UA) dans cette région occidentale du Soudan, dévastée par la guerre civile. L'UA s'est jusqu'à présent révélée incapable de protéger les populations civiles, régulièrement victimes de meurtres, viols et déplacements forcés depuis plus de trois ans. « Nous avons besoin de passer le relais à une force de l'Onu dès que possible afin que les personnes déplacées, les personnes réfugiées dans les camps puissent être protégées et que l'accord de paix au Darfour soit appliqué », a insisté le représentant américain au Conseil de sécurité, John Bolton. Un accord de paix a été signé en 2005 entre le gouvernement de Khartoum et le Mouvement/Armée de libération du Soudan (SPLM/A), l'ex-rébellion du sud. Mais le régime soudanais, soutenu par les milices arabes alliées, sont toujours accusés de génocide. Depuis début 2003, les combats avec les rebelles et la crise humanitaire au Darfour ont fait entre 180.000 et 300.000 tués et au moins 2,4 millions de déplacés.
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Les USA anticipent un accord du Soudan à une force de l'Onu
Le Soudan pourrait accepter plus rapidement que prévu le déploiement d'une force de maintien de la paix de l'Onu au Darfour, a estimé mercredi l'ambassadeur des Etats-Unis aux Nations unies, John Bolton
L'Express avec Reuters, 30 août 2006
Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne s'activent pour que le Conseil de sécurité vote dès jeudi sur un projet de résolution autorisant un renfort immédiat de la mission de maintien de la paix de l'Union africaine au Darfour et ouvrant la voie au déploiement l'année prochaine d'une mission de l'Onu. Cette force, à laquelle Khartoum s'oppose pour le moment, pourrait comprendre à terme 22.500 soldats et policiers. "Une fois cette résolution adoptée, l'accord pourrait intervenir plus rapidement qu'on ne le pense", a prédit Bolton. Le projet de résolution établit clairement qu'aucune force de l'Onu ne pourra se déployer sans l'accord du gouvernement soudanais du président Omar Hassan al Bachir. Jan Egeland, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d'urgence, a prévenu lundi que le Darfour était au bord d'une nouvelle catastrophe humanitaire, citant notamment les menaces sans précédent pesant contre les travailleurs humanitaires. Mercredi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé qu'un de ses employés soudanais avait été exécuté deux semaines après avoir été enlevé par un groupe non identifié dans le nord du Darfour. Des dizaines de milliers de personnes sont mortes dans cette région de l'ouest du Soudan depuis le début, en février 2003, d'une rébellion des populations noires.
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John Bolton : ''Il est temps d'agir au Darfour''
Afrique Centrale, Presse, 29 août 2008 Les Etats-Unis ont de nouveau réclamé lundi le déploiement rapide de Casques bleus au Darfour ravagée par la guerre civile auquel continue de s'opposer Khartoum, lors d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l'Onu à New York. Les 15 membres du Conseil se sont réunis alors que le Soudan -qui a boycotté la réunion- a rejeté les pressions américaines en faveur d'un projet britannique de résolution appelant au déploiement d'une importante force de l'Onu au Darfour. A Khartoum, le président Omar al-Béchir a refusé de rencontrer l'émissaire du président américain George W. Bush, invoquant "un emploi du temps chargé". Arrivée samedi à Khartoum, la secrétaire d'Etat adjointe aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, devait remettre un message de M. Bush à M. Béchir sur le déploiement de casques bleus au Darfour. Elle devait repartir lundi mais elle pourrait prolonger son séjour dans l'espoir d'obtenir finalement une rencontre avec M. Béchir, selon le département d'Etat américain. La force proposée de l'Onu, qui compterait 17.000 hommes, remplacerait la force de l'Union africaine (UA), sous-financée et mal équipée, qui s'est révélée incapable de prévenir les meurtres, les viols et les déplacements forcés de civils au Darfour (ouest du Soudan). Des représentants de l'UA, de la Ligue arabe et de l'Organisation de la Conférence islamique ont également participé à la réunion de New York. Le refus du Soudan d'assister à cette rencontre est "pour le moins décevante", a dit l'ambassadeur américain à l'Onu, John Bolton (photo). Le Conseil a débattu du rejet par le président soudanais Omar al-Béchir d'une force de l'Onu au Darfour et de son projet alternatif d'y déployer 10.500 soldats soudanais d'ici au début janvier pour y rétablir la sécurité. Mais la semaine dernière, Mme Frazer avait indiqué que les Etats-Unis étaient "très inquiets de l'accumulation de forces militaires" soudanaises qui "ne sont pas considérées comme neutres". "Il est temps d'agir. Il est temps pour le Conseil de prendre ses responsabilités et d'adopter une résolution autorisant le déploiement immédiat de forces de l'Onu" au Darfour, a dit lundi M. Bolton. "La difficulté, c'est comment obtenir l'accord du gouvernement du Soudan", a-t-il dit plus tard à des journalistes, faisant comprendre que les Casques bleus de l'Onu ne s'imposeront pas au Darfour. M. Bolton a dit que les cinq membres permanents du Conseil (Grande-Bretagne, Chine, France, Russie et Etats-Unis) se réuniraient bientôt "pour voir si nous pouvons trouver une issue, avec l'espoir d'un vote dans les deux jours". Au cours de la réunion à huis clos, Washington a accusé la Chine , membre permanent du Conseil avec droit de veto et qui entretient des liens énergétiques étroits avec le Soudan, d'empêcher le déploiement de Casques bleus. Un responsable américain s'était montré sceptique sur les chances de consensus au Conseil de sécurité sur la réponse à apporter à Khartoum. "Cela fait plusieurs mois que nous pensons que le Conseil de sécurité ne sera pas capable de s'exprimer de façon unifiée et solide sur la question du Soudan", a déclaré lundi à la presse Rick Grenell, un porte-parole de la mission des Etats-Unis à l'Onu. "Le pays qui montre le plus d'intérêt à ce que nous ne faisions aucun progrès sur cette question est la Chine ", a-t-il ajouté. Le régime soudanais et des milices arabes alliées (djandjawids) sont accusés par les Etats-Unis de génocide au Darfour, où les combats avec les rebelles et la crise humanitaire ont fait, depuis début 2003, entre 180.000 et 300.000 tués et au moins 2,4 millions de déplacés. Dans une lettre rendue publique jeudi, M. Béchir avait appelé le Conseil à "être patient, ne pas se hâter d'adopter une nouvelle résolution et permettre au gouvernement soudanais de résoudre la situation (...) et d'apporter un soutien aux forces de l'Union africaine".
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Au Darfour, près de 500 000 personnes se trouveraient en situation d'urgence
Le Monde, Catherine Simon, 29 août 2006
Pour la première fois depuis le début du conflit au Darfour, en février 2003, une très large partie du nord et du centre de la province soudanaise est devenue inaccessible aux organisations humanitaires du fait de l'insécurité. "Jamais nous n'avions connu pareille configuration" , constate un observateur européen. "La sécurité est notre problème numéro un" , soulignent, pour leur part, les responsables du Programme alimentaire mondial (PAM), lequel réussit néanmoins à acheminer "entre 25 000 et 35 000 tonnes de vivres" chaque mois, par camions, jusqu'aux populations du Darfour. Selon les estimations de l'agence onusienne, le nombre de personnes ayant besoin d'une aide alimentaire d'urgence, mais auxquelles il a été impossible d'accéder, est passé de 290 000 en juin à 470 000 en juillet. Une augmentation inquiétante que la récente vague de violences qui vient d'ensanglanter le nord du Darfour risque de rendre plus forte encore. A la suite d'affrontements, début août, au nord d'Al-Fasher, "environ 16 000 personnes" sont venues chercher refuge au camp de déplacés d'Assalam, situé dans les faubourgs de la ville, indique le chef de mission d'Action contre la faim (ACF), Franck de Saint-Simon. "On assiste, sur fond de pillages et de massacres, à la déstabilisation de la société rurale. Les fameux janjawids (milices "arabes" armées par le gouvernement) ne sont qu'un des outils de cette guerre civile, et leurs "patrons", ceux qui les manipulent, ne sont pas toujours les mêmes" , note-t-il. C'est ainsi que le chef de la faction majoritaire de l'Armée de libération du Soudan (ALS), signataire de l'accord de paix d'Abuja, Minni Minnawi, aussitôt promu "conseiller spécial" du président Omar Al-Bachir, a été surnommé, suite aux atrocités commises par ses hommes, "Janjawid 2" . Ses cibles favorites sont aujourd'hui non plus les soldats de l'armée gouvernementale, mais les troupes de son ex-frère d'armes, Abdelwahid Al-Nour, chef de la faction minoritaire de l'ALS. Familles, voire villages entiers, sont l'objet de représailles croisées. "Il y a beaucoup moins de combats militaires qu'avant. On assiste, en revanche, à un envol des agressions, exactions et actes de banditisme. Cette violence est tellement mouvante qu'on ne peut rien anticiper. On travaille à la petite semaine, sans visibilité" , souligne le chef de mission d'ACF. Comme tous les personnels des quelque 85 ONG étrangères présentes au Darfour, ceux d'ACF sont "inquiets" . L'éventualité d'un départ des 7 000 soldats de l'Union africaine (UA) - dont chacun s'accorde pourtant à déplorer le manque d'efficacité -, comme le renforcement du dispositif militaire gouvernemental dans le nord du Darfour, aggrave ce sentiment d'inquiétude. "C'est facile de jeter la pierre aux militaires de l'UA. Mais ils ont sûrement empêché, parfois, par le seul fait d'être là, la situation de dégénérer" , souligne Franck de Saint-Simon "Le peu de protection qui existe au Darfour risque d'être réduit à rien au lendemain du 30 septembre, quand arrivera à terme le mandat de l'UA" , a estimé, le 23 août, l'ONG américaine International Rescue Committee (IRC), évoquant, dans un communiqué de presse, le sort de nombreuses femmes du camp de réfugiés de Kalma, victimes, disait-elle, d'agressions sexuelles et de viols. La proposition anglo-américaine prévoyant le remplacement de la mission de l'UA par une force de l'ONU "crédible et légitime" suscite l'ire de Khartoum, qui l'a de nouveau fait savoir, à sa manière, dimanche 27 août, lors de la visite de l'envoyée spéciale du président George Bush, Jendayi Frazer, bloquée à l'aéroport par des manifestants, jusqu'à ce que la police finisse par intervenir.
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Ouganda: le président Museveni ordonne l'arrêt des opérations contre la LRA
Le Monde, 29 août 2006
Le président Museveni, "commandant en chef des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF), a ordonné à toutes les UPDF d'arrêter toute opération de recherche et de destruction de la LRA ", a déclaré le porte-parole de l'armée, Felix Kulaije, citant la déclaration présidentielle. "Par le présent acte, il a ordonné que les UPDF retournent dans les casernes et se consacrent à la protection des populations déplacées à l'intérieur du pays. Elles (les forces armées) ne devraient pas tirer sur la LRA à moins que ne l'exige la défense des populations", a-t-il ajouté. A Juba, capitale du sud du Soudan où le gouvernement ougandais et la LRA sont en pourparlers de paix, des responsables de la LRA ont affirmé que le chef de la rébellion ougandaise, Joseph Kony, devrait faire une déclaration similaire. "La mise en oeuvre (de l'accord) commencera dès que le commandant en chef de ( la LRA ) fera sa déclaration", a précisé de son côté à l'AFP un porte-parole de la rébellion, Obwenyo Olweny. Dans une déclaration diffusée lundi par des radios dans le nord de l'Ouganda, le numéro 2 de la LRA , Vincent Otti, avait invité les combattants du mouvement à se préparer à la cessation des hostilités, consacrée par un accord sans précédent signé le 26 août à Juba. Selon cet accord, les combattants de la LRA - estimés à entre 500 et 5.000 - doivent se rendre dans un délai de 3 semaines à compter de ce mardi dans deux sites de rassemblement situés au Sud-Soudan, l'un à la frontière avec l'Ouganda et l'autre à la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC). Le document stipule également que Kampala doit garantir la sécurité des rebelles de la LRA , assurant qu'en cas d'échec des pourparlers de paix, les rebelles seraient autorisés à quitter pacifiquement les deux sites de rassemblement. La LRA , qui a des bases arrière dans le sud du soudan, frontalier du nord de l'Ouganda, est notoirement connue pour ses atrocités commises contre les civils et notamment les enfants, enlevés pour devenir combattants ou esclaves sexuels. En près de 20 ans, ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement d'environ deux millions de personnes
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Afrique Centrale Presse, 29 août 2006 Fidèle à sa position, le Soudan a ignoré les derniers efforts américains pour obtenir son feu vert à un déploiement de forces de l'Onu au Darfour, le président Omar al-Béchir refusant de rencontrer une émissaire américaine. La secrétaire d'Etat adjointe américaine aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, était arrivée samedi à Khartoum afin de remettre un message du président George W. Bush à M. Béchir. Elle doit repartir lundi avec pour seule réponse un refus soudanais à toute présence de troupes onusiennes au Darfour (ouest). "Béchir ne rencontrera pas (Mme Frazer) à cause d'un emploi du temps chargé", a déclaré le porte-parole présidentiel Mahjoub Fadl Badri. Mme Frazer avait remis dimanche le message qu'elle portait au conseiller de M. Béchir, Majzoub al-Khalifa Ahmad. "Elle a reçu une réponse dans laquelle le président réitère son opposition à un déploiement de troupes de l'Onu au Darfour", a ajouté M. Badri. Dès sa descente d'avion, la responsable américaine avait été accueillie par des manifestations hostiles aux Etats-Unis et à leurs plans pour le Darfour. "Rentrez chez vous", "Vous voulez la guerre, nous voulons la paix", avaient scandé les manifestants, tout en tentant de bloquer son convoi avant l'intervention de la police. Dimanche, elle s'est entretenue avec le chef de la diplomatie Lam Akol, ainsi qu'avec les deux conseillers du président, Majzoub al-Khalifa Ahmad et Moustafa Osmane Ismaïl. Les manifestations s'étaient poursuivies ce jour-là aussi, notamment devant l'ambassade des Etats-Unis à Khartoum, où des slogans ont été lancés contre le projet de résolution américano-britannique présenté à l'Onu pour un envoi de casques bleus. "L'adoption précipitée par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution pour un déploiement d'une force de l'Onu au Darfour ne sera bénéfique pour personne", avait alors affirmé M. Ahmad. M. Béchir avait déjà donné le ton avant l'arrivée de Mme Frazer, en affirmant que le régime "ne remettra pas (le) pays aux forces internationales, que Frazer ou n'importe qui d'autre vienne". "Si Frazer est habituée à entendre +oui+ dans certaines régions, ici elle trouvera un +non+", avait-il dit, selon le journal à capitaux arabes Asharq al-Awsat. M. Béchir préconise le maintien de la force de l'Union africaine (UA), actuellement présente au Darfour, ou le déploiement de 10.500 soldats soudanais d'ici à début janvier pour y rétablir la sécurité. Mais Washington a mis en garde contre ce dernier scénario. Un accord de paix partiel, signé en mai entre le gouvernement et une partie des rebelles, n'a pas réussi à rétablir le calme dans cette région. "Nous sommes très, très inquiets de l'accumulation de forces militaires" soudanaises, avait dit Mme Frazer avant son voyage au Soudan, ajoutant que ces forces "ne sont pas considérées comme étant neutres". Le régime soudanais et des milices arabes alliées (djandjawids) sont accusés par les Etats-Unis de génocide au Darfour, où les combats avec les rebelles et la crise humanitaire ont fait, depuis début 2003, entre 180.000 et 300.000 tués et au moins 2,4 millions de déplacés. Amnesty International a relevé, lundi dans un communiqué, l'arrivée continue de troupes gouvernementales au Darfour. "Des témoins visuels au Darfour du nord nous disent que des vols militaires affrétés par le gouvernement transportent des troupes et des armes sur une base quotidienne", a expliqué Kate Gilmore, secrétaire général adjointe d'Amnesty International. "Et les déplacés au Darfour sont absolument terrifiés que les mêmes soldats qui les avaient expulsés de leurs maisons et de leurs villages soient maintenant envoyés, officiellement pour les protéger ", a-t-elle ajouté.
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" La France s'est mobilisée pour arrêter l'escalade des violences"
Extrait du discours de Mr Jacques Chirac aux Ambassadeurs de France réunis à Paris les 28 et 29 août 2006 « Dans le conflit du Darfour, le Soudan doit accepter le déploiement de l'opération de l'ONU appuyée par l'Union africaine. Il faut mettre un terme à cette tragédie qui déstabilise dramatiquement la région tout entière. La France participe pleinement aux actions humanitaires et soutient la force africaine AMIS ». |
Un Conseil de sécurité divisé débat de la situation au Darfour
Jeune Afrique, 28 août 2006
Un Conseil de sécurité de l'Onu divisé s'est réuni à huis clos lundi à New York pour débattre de la situation au Darfour, les Etats-Unis accusant la Chine d'empêcher le déploiement de Casques bleus dans cette région soudanaise en proie à la guerre civile. Les 15 membres du Conseil se sont réunis alors que le Soudan a rejeté les pressions américaines en faveur d'un projet britannique de résolution appelant au déploiement d'une importante force de l'Onu au Darfour. La force proposée, qui compterait 17.000 hommes, remplacerait la force de l'Union africaine (UA), sous-financée et mal équipée, qui s'est révélée incapable de prévenir les meurtres, les viols et les déplacements forcés de civils au Darfour (ouest du Soudan). La secrétaire d'Etat adjointe aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, est arrivée samedi à Khartoum afin de remettre un message du président américain George W. Bush au président soudanais Omar al-Béchir sur le déploiement de casques bleus au Darfour. Elle devait repartir lundi mais elle envisage de rester plus longtemps dans l'espoir d'obtenir finalement un entretien avec M. Béchir qui, en raison d'un "emploi du temps chargé", ne l'a pas reçue. Un responsable américain s'est montré sceptique sur les chances de consensus au Conseil de sécurité sur la réponse à apporter à Khartoum. "Cela fait plusieurs mois que nous pensons que le Conseil de sécurité ne sera pas capable de s'exprimer de façon unifiée et solide sur la question du Soudan", a déclaré lundi à la presse Rick Grenell, un porte-parole de la mission des Etats-Unis à l'Onu. "Le pays qui montre le plus d'intérêt à ce que nous ne faisions aucun progrès sur cette question est la Chine ", a-t-il ajouté. Plusieurs pays africains et la Chine , qui est membre permanent du Conseil avec droit de veto et qui entretient des liens énergétiques étroits avec le Soudan, "ne considèrent pas le Soudan comme une priorité", a poursuivi M. Grenell. Le Conseil a débattu du rejet par M. Béchir d'une force de l'Onu au Darfour et de son projet alternatif d'y déployer 10.500 soldats soudanais d'ici au début janvier pour y rétablir la sécurité. Avant son départ de Washington pour Khartoum, Mme Frazer avait rejeté cette proposition, notant que les troupes gouvernementales soudanaises "ne sont pas considérées comme étant neutres". Le régime soudanais et des milices arabes alliées (djandjawids) sont accusés par les Etats-Unis de génocide au Darfour, où les combats avec les rebelles et la crise humanitaire ont fait, depuis début 2003, entre 180.000 et 300.000 tués et au moins 2,4 millions de déplacés. Dans une lettre rendue publique jeudi, M. Béchir avait appelé le Conseil à "être patient, ne pas se hâter d'adopter une nouvelle résolution et permettre au gouvernement soudanais de résoudre la situation (...) et d'apporter un soutien aux forces de l'Union africaine". "L'effet d'un transfert à une force de l'Onu à ce stade, alors que s'amorce la mise en oeuvre pratique d'un programme pour la paix au Darfour, serait de semer davantage la confusion et (...) conduirait sans aucun doute à des actes de violence et à des confrontations ingérables entre toutes les parties au Darfour, y compris les forces de l'Onu", affirmait M. Béchir. Selon l'ambassadeur du Ghana Nana Effah-Apenteng, président du Conseil ce mois-ci, le gouvernement soudanais, la Ligue arabe et l'Organisation de la Conférence islamique (OCI) avaient été invités à participer à la réunion du Conseil. Avant le début de la réunion à huis clos, M. Effah-Apenteng a indiqué qu'il espérait que ces organisations participeraient à la réunion, mais qu'il n'en était pas certain.
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Le Tchad expulse deux compagnies pétrolières
Idriss Déby entend renégocier le contrat d'exploitation du pétrole afin que son pays en tire un meilleur profit La Croix , par P ierre Cochez, 28 août 2006
Le président tchadien Idriss Déby a entamé. samedi un nouveau bras de fer autour de la production de son pétrole, en expulsant deux des trois sociétés étrangères qui l'exploitent. «Dès demain, les représentants de Chevron et. Petronas doivent quitter, le Tchad et fermer leurs bureaux; pour non-respect de leur engagement conformément aux clauses relatives au paiement des impôts sur les sociétés, a annoncé le chef de l'État. Le Tchad, avec Exxon, gérera le pétrole tchadien en attendant de trouver une solution avec les deux autres partenaires. » Le brut tchadien; produit depuis 2003, est exploité par un consor tium composé par les sociétés américaines, ExxonMobil et Chevron-Texaeo et par la malaisienne Petronas. Mardi dernier, lors du conseil des ministres, Idriss Déby avait déjà demandé à son gouvernement de «renégocier la convention de 1998 avec le consortium pétrolier» pour permettre à l'État, par le biais de la Société des hydrocarbures du Tchad, créée en juillet, «d'entrer dans la production pour mieux en profiter». Afin d'appliquer cette décision, il a annoncé la création d'une commission mixte composée par des membres du gouvernement, des partis politiques et de la société civile. Idriss Déby accuse le consortium d'avoir réalisé depuis 2003 un chiffre d'affaires de 3,8 mil liards d'euros pour 2,3 milliards d'euros d'investissements, tandis que le Tchad n'a obtenu, selon lui, que la «broutille» de 450 millions d'euros. Le consortium pétrolier tirerait du sous-sol d'un des pays les plus pauvres de la planète, 200 000 barils de brut par jour. Mais production et revenus restent opaques, malgré les efforts de la campagne internationale «Publiez ce que vous payez», mi litant pour une transparence des revenus du pétrole. Parallèlement au départ demandé de Petronas et Chevron, le chef, de l'État tchadien a mis en congé trois ministres qui ont eu à gérer le dossier pétrolier, les menaçant de poursuites judiciaires: L'actuel ministre du pétrole, Mahamat Nasser Hassan, a affirmé à l'Agence France-Presse - , qu'il était concerné, Les deux autres seraient titulaire de l'économie, MahamatAli Hassan, et son collègue de l'élevage Moucktar. Moussa, précédemment en charge du dossier pétrolier. Les autorités tchadiennes sont accusées: depuis plusieurs années par l'opposition et la société civile d'avoir mal négocié les contrats pétroliers. «L'objectif de cette nouvelle négociation est de permettre au Tchad de participer directement à la production de son pétrole au lieu de se contenter de percevoir juste tes 12,5% revenus totaux de la vente de notre pétrole», prévus par la convention, a expliqué un responsable du Mouvement patriotique du Salut (MPS); le parti présidentiel. ; «Si j'avais dû négocier le contrat avec le consortium, je ne l'aurais pas fait comme ça, soulignait en juin 2005 le ministre du pétrole de l'époque, Youssouf Abdallah. Le système de la concession ne marche que lorsqu'une administration à les moyens de contrôler les flux de production. Ce qui n'est pas le cas de la nôtre... » Cette crise intervient alors qu'Idriss Déby, réélu le 3 mai à l'issue d'un scrutin boycotté par l'opposition, a trouvé le mois dernier un accord dans le différend qui l'opposait depuis six mois à la Banque mondiale au sujet de la modification par le Tchad de la loi sur la gestion des ressources pétrolières. Cette loi imposait au pays de réserver l'essentiel de ses pétrodollars à dés projets de développement en matière de santé, d'éducation où d'infrastructures et d'en affecter une partie à - un «fonds pour les générations futu res». L'accord de juillet permet à Idriss Déby de reprendre la main sur les revenus du pétrole, en échange de la promesse de con`sacrer 70 %. des dépenses de l'État à des programmes de réduction de la pauvreté. Par ailleurs, le Tchad se rapproche de la Chine , avec laquelle il a noué le 5 août des relations diplomatiques après avoir rompu celles qu'il entretenait avec Taïwan. , Pékin mène actuellement une politique active auprès des producteurs de pétrole africains.
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Catastrophe humanitaire au Darfour
Afrique Centrale, presse, 28 août 2006
L'arrivée continue de troupes gouvernementales soudanaises dans la région du Darfour pourrait conduire à "une catastrophe humanitaire dans un futur très proche", a averti Amnesty International lundi dans un communiqué. "Des témoins visuels au nord Darfour nous disent que des vols militaires affrétés par le gouvernement transportent des troupes et des armes sur une base quotidienne", a expliqué Kate Gilmore, secrétaire général adjointe d'Amnesty International. "Et les gens déplacés au Darfour sont absolument terrifiés que les mêmes soldats qui les avaient expulsés de leurs maisons et de leurs villages soient maintenant envoyés, officiellement pour les protéger", a-t-elle ajouté. Ces arrivées de troupes gouvernementales au Darfour sont peut-être la première manifestation du plan proposé par le gouvernement soudanais pour assurer la sécurité au Darfour, plan qui impliquerait l'arrivée de 10.500 soldats dans la région. Mais ce projet a été vivement dénoncé par Kate Gilmore lundi: "Ce « plan de protection » est une arnaque et doit être rejeté fermement", a insisté la secrétaire générale adjointe d'Amnesty, selon qui les Nations unies doivent exercer une pression maximale sur le gouvernement soudanais pour qu'il accepte la présence de forces internationales de maintien de la paix. Un traité de paix sur le Darfour a été conclu en mai à Abuja entre la faction majoritaire du Mouvement de libération du Soudan (SLM) et le gouvernement soudanais. La faction minoritaire du SLM et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) ont jusqu'à présent refusé de parapher l'accord de paix sur le Darfour, où les combats et la crise humanitaire ont fait, depuis début 2003, entre 180.000 et 300.000 tués et au moins 2,4 millions de déplacés. Le régime soudanais et des milices arabes alliées (djandjawids) sont accusés par les Etats-Unis de s'être rendus coupables d'un génocide au Darfour.
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Le Conseil de sécurité va parler du Darfour
Afrique Centrale presse, 23 août 2006
Le Conseil de sécurité de l'Onu a annoncé mardi qu'il tiendrait une réunion lundi sur le Darfour, sur fond d'inquiétude croissante de la communauté internationale devant la dégradation de la situation sur place. L'annonce survient alors que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont déposé jeudi au Conseil un projet de résolution visant à transférer à l'Onu les missions de l'Union africaine (UA) au Darfour et de déployer dans la province quelque 17.000 Casques bleus, malgré la menace du gouvernement soudanais d'attaquer toute force de l'Onu qui se rendrait dans la zone. Le président du Conseil pour le mois d'août, l'ambassadeur du Ghana à l'Onu Nana Effah-Apenteng, a indiqué à la presse que le débat public de lundi n'était pas destiné spécifiquement à discuter du projet de résolution américano-britannique. "Nous allons discuter de la situation au Darfour, c'est l'objectif de la rencontre", a dit M. Effah-Apenteng. Il a précisé avoir invité la Ligue arabe, l'Organisation de la conférence islamique, le gouvernement soudanais et l'Union africaine (UA) à y participer. Le gouvernement soudanais a rejeté, par la voix de son ministre de la Justice , Mohamed Ali al-Madhi, le projet de résolution américano-britannique, l'estimant "rempli de mauvaises intentions". Relevant que ce projet prévoit le déploiement de forces de l'Onu sous le Chapitre VII de la Charte de l'Onu qui autorise l'usage de la force, le ministre a affirmé que de ce fait, les forces de l'Onu seraient "des forces d'occupation". Le comité ministériel chargé du Soudan à la Ligue arabe a appuyé dimanche le rejet par Khartoum de ce projet de résolution. Pendant ce temps, la situation dans la province se détériore. Dans une lettre adressée la semaine dernière au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, faisait état d'un "regain de violence", notamment dans le Darfour nord et près de la frontière tchadienne. Ces violences, affirme-t-il, résultent principalement d'affrontements entre deux factions rivales d'un groupe rebelle du Darfour, l'Armée de libération du Soudan (SLA), l'une ayant signé en mai l'accord de paix d'Abuja avec le gouvernement de Khartoum, l'autre ne l'ayant pas signé. Selon M. Annan, la faction du SLA fidèle à Minni Minnawi, signataire de l'accord, aurait reçu l'appui de troupes gouvernementales soudanaises, tandis que la faction non signataire, celle d'Abdelwahid Al Nur, aurait reçu le soutien de forces tchadiennes. Deux soldats rwandais de la force de l'UA au Darfour ont été tués et quatre blessés dans une embuscade tendue à leur convoi samedi. Depuis début 2003, les combats et la crise humanitaire ont provoqué la mort d'entre 180.000 et 300.000 personnes au Darfour. Au moins 2,4 millions de personnes ont été déplacées dans cette région de sept millions d'habitants.
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l'ONU dénonce l'enrôlement généralisé d'enfants dans les conflits et la multiplication des violences sexuelles à leur encontre au Soudan
Nations Unies, New York, 22 août 2006
Dans un rapport publié à New York sur les mauvais traitements dont sont victimes les enfants dans les conflits armés au Soudan, le Secrétaire général des Nations Unies a exhorté aujourd'hui les dirigeants des gouvernements de l'Unité nationale et du Sud Soudan à faire cesser l'enrôlement d'enfants. Le rapport adressé au Conseil de sécurité détaille les méthodes de recrutement, les assassinats et les viols d'enfants perpétrés dans différentes localités de la région. Il en identifie précisément les auteurs, à savoir les Forces armées soudanaises, l'Armée populaire de libération du Soudan, les Forces de défense populaires, l'Armée de libération du Soudan, l'Armée blanche, les milices janjaouid, le mouvement rebelle ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur et les forces d'opposition tchadiennes. « Le gouvernement d'unité nationale et le gouvernement du Sud-Soudan sont responsables directement de la commission de telles violations par des personnes relevant de leurs structures de commandement », souligne-t-il. Le Secrétaire général est particulièrement préoccupé par la multiplication des violences sexuelles contre les jeunes filles et les femmes au Darfour, ainsi que par les informations qui font état d'enlèvements et de détournements systématiques des enfants dans cette région. Il souligne particulièrement l'absence d'accès à plusieurs zones du Soudan pour les programmes et services de protection des enfants, surtout dans l'Est du pays. Le Secrétaire général « engage les autorités nationales responsables du désarmement, de la démobilisation et de la réintégration à recenser sans délai les enfants qui sont dans les forces gouvernementales au Sud-Soudan et au Darfour, de sorte que les nombreux enfants du Sud-Soudan qui ont récemment été incorporés dans les Forces armées soudanaises ne soient pas démobilisés sans bénéficier d'une aide adéquate pour retrouver leur famille et reprendre une vie normale ». Le rapport indique enfin que la Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés, Radhika Coomaraswamy du Sri Lanka, prévoit de diriger une mission au Soudan prochainement.
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l'ONU condamne une nouvelle attaque meurtrière contre la mission de l'union africaine au Darfour
Nations Unies, New York, 21 août 2006
La Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) a condamné fermement ce week-end l'attaque par un groupe armé non identifié menée contre la Mission de l'Union africaine (MUAS) dans le pays, à Kuma dans le Nord du Darfour, dans laquelle deux soldats ont été tués. L'ONU appelle toutes les parties du conflit au Darfour à respecter la neutralité et l'impartialité du statut de l'Union africaine au Soudan et souligne à nouveau que toute attaque perpétrée contre son personnel déployé au Darfour constitue une violation grave du droit international », a dit le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York La Mission des Nations Unies au Soudan a fait également part de son soutien à la décision de l'Union africaine de mener « une enquête approfondie afin d'identifier les auteurs de cette attaque ». Elle exhorte toutes les parties à coopérer pleinement avec elle afin de s'assurer que les responsables soient amenés à rendre des comptes de leurs actes et traduits en justice. Selon les premiers éléments parus dans la presse, l'embuscade a visé un convoi transportant du carburant dans le secteur de Kuma, à 80 km au nord-est d'El Fasher, principale ville du Darfour. La zone est sous le contrôle de rebelles qui n'ont pas signé l'accord de paix d'Abuja le 5 mai dernier mais l'Union africaine a dit ignorer pour l'instant qui étaient les agresseurs. Environ 7.000 soldats de l'UA sont déployés au Darfour pour tenter de faire cesser les violences qui n'ont fait qu'augmenter depuis la signature de cet accord de paix entre le gouvernement et l'une des factions de la guérilla.
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L'ONU tente de convaincre Khartoum d'accepter des casques bleus au Darfour
Le Monde, avec Philippe Bolopion, 20 août 2006
Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont déposé, jeudi 17 août, un projet de résolution qui propose de dépêcher au Darfour, avant le 1 er octobre, 17 300 casques bleus et près de 5 000 policiers dotés d'un mandat fort. Ce nouveau contingent serait un prolongement de la Mission des Nations unies au Soudan (Minus), dont les 10 000 hommes doivent faire respecter l'accord de paix conclu entre Khartoum et la rébellion du sud, en janvier 2005. Selon plusieurs diplomates, l'initiative américano-britannique a aussitôt été critiquée par la Chine et par la Russie , dotées du droit de veto, et par le Qatar. Pour ces pays, une telle résolution est inutile sans l'accord du gouvernement soudanais. Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, recommande pour sa part la réouverture d'intenses négociations, pour convaincre Khartoum d'accepter cette proposition. "S'il vous plaît, n'oubliez pas le Darfour" , a lancé, vendredi, le secrétaire général adjoint de l'ONU, Mark Malloch Brown, à un corps de presse qu'il sait accaparé par le dossier libanais. "Quelque chose d'affreux est en train de se tramer là-bas" , a-t-il ajouté. Alors que l'ouest du Soudan est en proie, depuis juin, à une recrudescence des violences, Khartoum s'oppose toujours au déploiement d'une force de l'ONU, prôné par Londres et par Washington.
"Offensive majeure"
D'après le chef adjoint du département du maintien de la paix des Nations unies, Hédi Annabi, le Darfour pourrait "revivre les horreurs de la fin 2003 et du début 2004" . Dans un discours délivré au Conseil de sécurité, jeudi, le fonctionnaire onusien a prévenu que "des centaines de milliers de vies (seraient) mises en danger" si rien n'était fait. Selon l'ONU, le gouvernement soudanais est "déterminé" à lancer "une offensive militaire majeure dans la région" et a déjà concentré des troupes dans l'ouest. Plus de trois mois après la signature d'un accord de paix entre Khartoum et une faction du principal groupe rebelle, le Mouvement de libération du Soudan (SLM), les protagonistes, signataires ou non, continuent à se scinder et à s'opposer dans des affrontements meurtriers. Le danger est tel que les organisations humanitaires, qui ont perdu 11 personnels cet été, n'ont plus accès à la moitié des populations dans le besoin. Avec moins de 8 000 hommes et un manque de fonds chronique, la Force de maintien de la paix de l'Union africaine (Amis) est incapable de mettre fin à un conflit qui, depuis le début 2003, aurait fait près de 300 000 morts et 2,4 millions de déplacés. Selon l'ONU, faute d'argent, les troupes africaines pourraient être contraintes de se retirer dans quelques semaines. Pour prendre la relève, le Conseil de sécurité souhaite, depuis plusieurs mois, déployer une force de maintien de la paix robuste. Mais le président soudanais a prévenu que le Darfour serait le "cimetière" de l'Occident et qu'il s'opposerait par les armes au déploiement d'une telle force.
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«Quelque chose de terrible se prépare au Darfour » prévient Mark Malloch Brown
Nations Unies, New York, 18 août 2006
Le Vice-Secrétaire général de l'ONU, Mark Malloch Brown, a appelé aujourd'hui la presse à ne pas « oublier le Darfour », rappelant que les Nations Unies étaient extrêmement préoccupées face à la détérioration de la situation. Hier, lors d'un exposé au Conseil de sécurité, le responsable adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hédi Annabi, a porté l'attention sur le « renforcement de l'armée soudanaise au Darfour », soulignant que « le plan du gouvernement soudanais dont l'objectif affiché est de rétablir la stabilité au Darfour semblait révéler sa détermination à poursuivre une offensive militaire d'envergure dans la région » (dépêche du 16/08/2006) Le Vice-Secrétaire général a rappelé le contenu d'une lettre du Secrétaire général adressée au Conseil de sécurité en date du 14 août dernier. Kofi Annan engageait le Conseil à « réfléchir d'urgence » au problème que pose la "ferme opposition" du gouvernement soudanais au déploiement d'une force des Nations Unies au Darfour, et à la crise financière qui menace d'empêcher la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) de poursuivre ses activités jusqu'à la fin de 2006, « de façon que les efforts déployés par la communauté internationale pour mettre fin aux souffrances des Darfouriens puissent enfin aboutir ». S'adressant à la presse, Mark Malloch Brown a appelé à « ne pas oublier le Darfour ». « Nous tous, dans la communauté internationale, au Secrétariat de l'ONU, ou dans la presse, avons du mal à maintenir l'attention sur deux crises à la fois », a-t-il reconnu, mais « quelque chose de terrible s'y prépare », a-t-il insisté.
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Le Conseil de sécurité saisi d'un nouveau projet de résolution sur une mission des Nations Unies au Darfour
Nations Unies New York, 17 août 2006
Alors que les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont soumis ce matin au Conseil de sécurité un nouveau projet de résolution visant à accélérer la création d'une mission des Nations Unies au Darfour, le responsable adjoint du maintien de la paix à l'ONU a suggéré l'envoi d'une mission de haut niveau sur place afin d'obtenir le consentement, jusqu'ici refusé, du gouvernement soudanais. Le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, Hedi Annabi, a présenté ce matin au Conseil de sécurité le dernier rapport du Secrétaire général sur le Darfour, ainsi qu'une mise à jour de la situation sur le terrain, a dit le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien à New York. Ainsi que le rapporte depuis plusieurs mois la Mission des Nations Unies au Soudan ( UNMIS selon son acronyme anglais) et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires ( OCHA ), Hedi Annabi a rappelé que la situation au Darfour ne cesse d'empirer ( dépêche du 9.08.06 et dépêche du 7.08.06). Ce dernier a cité les violences entre signataires et non signataires de l'accord de paix sur le Darfour signé à Abuja au mois de mai, ainsi que le niveau sans précédent des attaques contre les travailleurs humanitaires qui a conduit certaines organisations non gouvernementales (ONG) à annoncer qu'elles pourraient être forcées de se retirer totalement du Nord Darfour. Hedi Annabi a par ailleurs indiqué que la mise en oeuvre de l'Accord de paix sur le Darfour était marquée par des violations de toutes les parties. Il s'est aussi déclaré « préoccupé par le renforcement de l'armée soudanaise au Darfour », soulignant que « le plan du gouvernement soudanais dont l'objectif affiché est de rétablir la stabilité au Darfour semblait révéler sa détermination à poursuivre une offensive militaire d'envergure dans la région ». Le Sous-Secrétaire général a aussi souligné que le président du Soudan, Omar al-Bashir, avait réitéré ses objections au déploiement d'une opération de l'ONU au Darfour et prévenu que l'armée soudanaise s'y opposerait par la force. Compte tenu l'urgence de la situation sur le terrain, Hedi Annabi a exhorté le Conseil de sécurité à envisager de reprendre contact directement avec le gouvernement du Soudan pour aborder cette question de façon définitive. Prenant la parole à l'issue de cette réunion, la représentante des Etats-Unis a annoncé devant la presse à New York que son pays, aux côtés du Royaume-Uni, avait soumis un nouveau projet de résolution afin d'accélérer la transition de la mission de l'Union africaine à une mission des Nations Unies. Elle a aussi précisé que la nouvelle mission, en termes de mandat, suivait le modèle de l'UNMIS qui est déjà présente dans le Sud du Soudan. Interrogée sur l'intention déclarée du gouvernement soudanais de combattre une éventuelle force des Nations Unies, la représentante des Etats-Unis a indiqué que le « dialogue se poursuivait » et que l'intervention de tout pays pour convaincre le gouvernement soudanais serait « bienvenue ». Elle a souligné que le consentement du gouvernement soudanais serait utile, en pratique, mais qu'il n'était pas requis dans le projet de résolution.
Intervenant à sa suite, le président du Conseil de sécurité pour le mois d'août, Nana Effah-Apenteng, représentant du Ghana, a indiqué qu'il avait pris contact avec l'Union africaine, la Ligue des Etats arabes et l'Organisation de la Conférence islamique et le gouvernement soudanais en vue d'une réunion à New York. « Soyons réalistes, sans le consentement du gouvernement soudanais, le déploiement d'une telle force sera très difficile », a-t-il dit. Il a aussi rappelé les difficultés rencontrées par la mission de l'Union africaine à trouver des fonds et des équipements pour renforcer ses effectifs.
Le représentant du Soudan, Omar Bashir Mohamed Manis a indiqué « qu'il n'avait pas été consulté sur la résolution ». Il a estimé que le Soudan avait l'impression que « l'envoi de troupes au Darfour était devenu un objectif en soi, indépendamment des objectifs visés, alors que le gouvernement réclame un soutien par d'autres voies ». Interrogé sur l'aide souhaitée par le Soudan, Omar Bashir Mohamed Manis a réclamé un soutien à la mission de l'Union africaine au Darfour.
L'ONU dispose d'une mission dans le Sud du Soudan, la Mission des Nations Unies au Soudan ( UNMIS selon son acronyme anglais) mise sur pied après un accord de paix qui a mis fin à vingt ans de guerre civile dans cette région du pays. Mais le conflit au Darfour, région de l'Ouest du pays, continue de faire rage, et l'accord de paix signé en mai dernier à Abuja entre le gouvernement central et une partie des mouvements rebelles n'a pas mis fin aux combats â8 dépêche du 1.06.06). Depuis février 2003, la guerre civile au Darfour a fait au moins 200.000 morts et plus de 2 millions de déplacés. Une mission de l'Union africaine, forte de 7.000 hommes seulement pour un territoire grand comme la France , doit être remplacée par une mission de maintien de la paix des Nations Unies, mais le gouvernement soudanais continue d'opposer sa réticence à ce qu'il considère comme une ingérence de la part de la communauté internationale. En juin dernier, après une mission d'évaluation effectuée sur le terrain, Jean-Marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, espérait pouvoir déployer une force des Nations Unies au Darfour qui serait composée de trois brigades, comprenant chacune trois à cinq bataillons, à partir du mois de janvier ( dépêche du 27.06.06). Le Secrétaire général plaide depuis le mois de janvier pour le déploiement de casques bleus au Darfour. Le Conseil de sécurité a donné son feu vert à ce déploiement au mois de mars ( dépêche du 06.05.06 et dépêche du 27.03.06).
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PAM: menace de réduction des rations alimentaires au Darfour
Jeune Afrique-, 17 août 2006
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a prévenu mercredi qu'il risquait de devoir réduire les rations alimentaires à six millions de Soudanais au Darfour en raison du manque de fonds. Les rations alimentaires risquent d'être réduites d'ici au mois d'octobre parce que les stocks diminuent, ce qui forcera l'agence à instaurer un régime plus pauvre en calories, en-dessous des 2.100 kilocalories minimum par jour, indique un communiqué du PAM publié mercredi à Khartoum, capitale du Soudan. Le PAM avait déjà été forcé de réduire les rations de 50% en mai dernier, mais de nouvelles donations au mois de juin avaient permis de revenir à 84% des rations de base par jour. La crise actuelle est imputable en premier lieu à un manque de fonds. Le PAM a besoin d'environ 350 millions de dollars pour pouvoir stocker l'équivalent de quatre mois de nourriture sur place. Ce prépositionnement est nécessaire en prévision de la saison des pluies de l'année prochaine. On sait en effet que certaines régions seront isolées par les pluies qui rendront les routes inaccessibles. Dans la mesure où il faut six mois pour que les donations soient converties en nourriture et transportées aux populations dans le besoin, le PAM a besoin de l'argent tout de suite , insiste le communiqué. A défaut, le PAM devra procéder à des livraisons par avion qui seront aussi bien plus onéreuses. Au rythme actuel de la consommation, le PAM manquera de nourriture d'ici au mois de janvier, ce qui représentera une catastrophe humanitaire. Mais le PAM blame aussi la détérioration de la situation sécuritaire sur le terrain, qui entrave l'accès des convois et rend la livraison de nourriture de plus en plus dangereuse. En juillet, le PAM a été dans l'incapacité d'atteindre plus de 470.000 personnes au Darfour - une aggravation par rapport aux 290.000 personnes du mois de juin.
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L'ONU condamne le déplacement forcé de 12.000 personnes dans la région de Khartoum
Nations Unies , New York , 17août 2006 L'ONU a condamné aujourd'hui un programme mené par le gouvernement soudanais de destruction des logements d'un groupe de 12.000 personnes déplacées et offert son assistance en la matière. La Mission des Nations Unies au Soudan selon un acronyme anglais indique que les autorités soudanaises ont commencé hier la destruction des logements d'un groupe de Soudanais originaires de l'Ouest du pays, déplacés depuis les années 80, à Dar Eassalam, à 43 kilomètres de Khartoum. «Une mission d'établissement des faits des Nations Unies a constaté la présence de policier armés et de tanks positionnés autour de la communauté. Selon les résidents, les bulldozers ont commencé à détruire des centaines de maisons», pratiquement sans avertissement donné aux familles, indique un communiqué publié à Khartoum. La mission a aussi entendu « des coups de feu, avant de se voir refuser l'entrée dans la zone et de se voir intimer l'ordre de partir », indique le communiqué qui souligne qu'il y aurait eu des morts et des blessés dans les camps, dont la mort d'un enfant. « Les Nations Unies demandent aux autorités soudanaises de cesser cette opération immédiatement et de reprendre le dialogue avec les résidents pour trouver un site respectant les normes internationales », souligne le communiqué. L'UNMIS exprime notamment sa préoccupation au regard d'un mémorandum d'accord signé entre les parties qui stipulait qu'il n'y aurait pas de relocalisation tant qu'un site convenable pour les deux parties n'aurait pas été trouvé. La Mission a offert son « expertise extensive » en la matière et demandé un accès immédiat au site afin d'évaluer la situation humanitaire.
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Force de l'Onu au Darfour: projet de résolution américano-britannique
Jeune Afrique, 17 août 2006
La Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir déposé au Conseil de sécurité un projet de résolution visant à transférer à l'Onu les responsabilités de la force de l'Union africaine (UA) au Darfour, malgré l'opposition persistante du gouvernement soudanais. "La violence augmente sur le terrain et la situation humanitaire empire, il est vraiment indispensable de faire avancer ce projet", a déclaré à la presse une diplomate américaine, Jackie Sanders. La future force de l'Onu doit prendre au Darfour le relais de la mission de l'UA (Muas), qui compte quelque 7.000 hommes mais est mal équipée et sous-financée. L'UA a elle-même demandé ce transfert. Les soldats de l'UA, dont le mandat se limite à la surveillance d'un ancien cessez-le-feu, ne sont pas en mesure de protéger les civils dans cette province soudanaise grande comme la France , où sévit une guerre civile depuis février 2003 et une grave crise humanitaire. Le conflit a fait environ 300.000 morts et 2,4 millions de déplacés. La Muas n'a pas non plus les moyens de faire appliquer un fragile accord de paix signé en mai à Abuja entre Khartoum et une partie des rebelles du Darfour. Mais le président soudanais Omar el-Béchir ne cesse de répéter son opposition au déploiement d'une force internationale au Darfour, affirmant que le Soudan ne sera pas "recolonisé". Khartoum campe depuis des mois sur cette position, alors même qu'il accepte la présence sur son sol d'une force similaire, la Minus (Mission de l'Onu au Soudan), forte d'environ 10.000 hommes et chargée d'aider à la mise en oeuvre d'un autre accord de paix, signé début 2005 entre le gouvernement soudanais et les ex-rebelles du sud. Le projet de résolution américano-britannique, qui a été rendu public, tient compte de ce fait et prévoit tout d'abord d'élargir le mandat de la Minus pour lui permettre de se déployer au Darfour. Il prévoit ensuite un renforcement substantiel de la Minus , en lui adjoignant un maximum de 17.300 militaires et 3.000 policiers supplémentaires, selon des recommandations faites par le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, dans un rapport au Conseil le 1er août. Le projet décide que dans sa future configuration, la Minus pourra, aux termes du Chapitre VII de la Charte de l'Onu qui autorise l'usage de la force, utiliser tous moyens pour protéger les personnels de l'Onu, les humanitaires et la population civile du Darfour. "Nous savons que l'accord du gouvernement du Soudan est crucial", a déclaré l'ambassadeur britannique à l'Onu, Emyr Jones Parry. Il a émis l'espoir que Khartoum finisse par approuver ce transfert. "Le consentement (de Khartoum) n'est pas requis dans la résolution mais d'un point de vue pratique, ce serait bien de l'avoir quand même", a dit pour sa part Mme Sanders. "Obtenir le consentement du gouvernement soudanais exigera la poursuite de discussions intensives avec lui (...) aucun effort ne doit être épargné pour envoyer ce message simple et fort: un engagement international augmentera les chances que la paix s'enracine au Darfour", disait M. Annan dans son rapport. |
Darfour : Omar al-Bachir menace de s'inspirer du Hezbollah
Le Figaro, 16 août 2006
Soudan. Le président soudanais Omar al-Bachir a affirmé qu'en cas d'envoi par l'ONU de forces internationales au Darfour, la province de l'ouest du Soudan en proie à la violence, Khartoum les combattrait comme le Hezbollah libanais a combattu les forces israéliennes. «Nous sommes déterminés à vaincre n'importe quelle force étrangère qui entrera dans le pays, comme le Hezbollah a battu les troupes israéliennes», a-t-il déclaré selon des citations rapportées hier par les médias gouvernementaux. «Nous sommes opposés au déploiement de forces américaines, britanniques ou de n'importe quelles forces imposées par le Conseil de sécurité de l'ONU», a indiqué al-Bachir, qui s'exprimait à Jebel Awlia, à 50 km au sud de Khartoum, à l'occasion du 52 e anniversaire de la création de l'armée soudanaise. Le président soudanais a salué à cette occasion le Hezbollah et son chef, Hassan Nasrallah, pour avoir «brisé les forces israéliennes pour toujours». «Le peuple et l'armée soudanais sont en position de réservistes pour le Liban et la Palestine », a-t-il poursuivi. Le président al-Bachir avait déjà prévenu en juillet que le Darfour, en proie depuis plus de trois ans à une guerre civile, constituerait un «cimetière» pour les éventuels Casques bleus. La communauté internationale estime qu'une force de l'ONU allant jusqu'à 19 000 hommes devrait prendre le relais d'une mission de l'Union africaine (UA), mal équipée et sous-financée. Avant-hier, un envoyé spécial du président slovène au Darfour a été condamné par un tribunal soudanais à deux ans de prison pour «espionnage». Tomo Kriznar, arrêté fin juillet, a été jugé et condamné par une cour pénale d'Al-Facher, capitale du Darfour du Nord, pour «espionnage, publication de fausses informations et entrée illégale dans le pays», a précisé le ministre de la Justice , Mohammed Ali al-Mardhi. |
Le Soudan suivra l'exemple du Hezbollah contre l'Onu au Darfour, prévient Béchir
Jeune Afrique, 15 août 2006
Le président soudanais Omar el-Béchir a déclaré que si l'Onu envoyait des forces au Darfour, dans l'ouest du pays, le Soudan les combattrait comme le Hezbollah libanais a combattu les forces israéliennes. "Nous sommes déterminés à vaincre n'importe quelle force étrangère qui entrera dans le pays, comme le Hezbollah a battu les troupes israéliennes", a-t-il dit, selon ses propos rapportés mardi par les médias gouvernementaux. "Nous sommes opposés au déploiement (au Darfour) de forces américaines, britanniques ou de n'importe quelles forces imposées par le Conseil de sécurité de l'Onu", a déclaré lundi M. Béchir, à Jebel Awlia, à 50 km au sud de Khartoum, à l'occasion du 52ème anniversaire de la création de l'armée soudanaise. Le président soudanais a salué le Hezbollah et son chef Hassan Nasrallah pour avoir "brisé les forces israéliennes pour toujours". "Le peuple et l'armée soudanais sont en position de réservistes pour le Liban et la Palestine ", a-t-il affirmé. Le président Béchir avait déjà affirmé en juillet que le Darfour, en proie depuis plus de trois ans à une guerre civile, constituerait un "cimetière" pour les éventuels casques bleus. La communauté internationale estime qu'une force de l'Onu allant jusqu'à 19.000 hommes devrait prendre le relais d'une mission de l'Union africaine (UA), mal équipée et sous-financée. En dépit de l'accord signé en mai dernier entre le gouvernement central et une partie des mouvements rebelles d'ethnies musulmanes noires, le conflit continue de faire rage au Darfour. Depuis début 2003, les combats et la crise humanitaire ont provoqué la mort d'entre 180.000 et 300.000 personnes. Au moins 2,4 millions de personnes ont été déplacées dans cette région de sept millions d'habitants. La violence y a atteint un niveau "catastrophique", a averti la semaine dernière le coordinateur des affaires humanitaires de l'Onu, Jan Egeland. "S'il n'y avait pas une guerre au Liban, nous serions tous mobilisés pour remédier à la détérioration de la situation au Darfour", avait-il déclaré, faisant état d'une augmentation de plus de 100% des attaques et affrontements dans la première moitié de l'année par rapport à la même période de 2005. |
L'envoyé slovène au Darfour condamné à deux ans de prison
Jeune Afrique, 14 août 2006
Un envoyé spécial du président slovène au Darfour a été condamné lundi par un tribunal soudanais à deux ans de prison pour "espionnage", a annoncé le ministre de la Justice Mohammad Ali Al-Mardhi. Tomo Kriznar, arrêté fin juillet, a été jugé et condamné par une cour pénale d'Al-Facher, capitale du Darfour du nord, pour "espionnage, publication de fausses informations et entrée illégale dans le pays", a dit le ministre aux journalistes. Il avait rejeté les accusations d'espionnage, mais avait admis être entré dans des zones du Darfour (ouest) par le Tchad sans avoir obtenu de visa soudanais, sa demande faite auprès de l'ambassade du Soudan à Vienne ayant été rejetée. M. Kriznar a expliqué être entré au Soudan à l'invitation de la faction majoritaire du principal groupe rebelle du Darfour, le Mouvement de Libération du Soudan (SLM), signataire en mai dernier à Abuja d'un accord de paix avec le gouvernement soudanais. Il avait affirmé être l'un des trois représentants envoyés par le président slovène, Janez Drnovsek, pour suivre la situation au Darfour, où un conflit meurtrier entre rebelles et forces gouvernementales a fait des milliers de morts et de déplacés depuis février 2003. Le président slovène a lancé cette année une campagne humanitaire pour venir en aide à cette région, qui souffre également de la sécheresse. L'accusé slovène, qui peut faire appel de sa condamnation, doit aussi payer une amende 500.000 dinars (environ 2.400 USD), faute de quoi sa peine sera prolongée de six mois, a ajouté le ministre. A la fin de sa peine, il doit être expulsé du pays. Le SLM avait demandé la libération de l'envoyé spécial slovène et son retour dans son pays pour "pour des raisons humanitaires".
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Les négociations de paix inter-soudanaises devraient reprendre lundi
Jeune Afrique, 13 août 2006 Les négociations de paix entre le gouvernement ougandais et les rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), suspendues samedi, devraient reprendre lundi, rapportent dimanche la presse soudanaise. Les négociations, qui se déroulent à Juba, au Soudan, sous l'égide du gouvernement du Sud-Soudan, visent à mettre fin à une guerre civile qui se déroule depuis 1986 dans le nord de l'Ouganda. La LRA , qui a décrété il y a quelques jours un cessez-le-feu unilatéral, s'est retirée des négociations, exigeant du gouvernement ougandais d'ordonner à son tour l'arrêt des hostilités. Le gouvernement estime qu'un cessez-le feu doit faire partie d'un accord de paix final, soulignant que la LRA avait profité des précédents accords pour affiner sa stratégie et relancer les combats. La guerre civile a fait des dizaines de milliers de morts dans le nord de l'Ouganda et causé le déplacement de près de 1,5 million de personnes
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Jan Egeland déplore un « pic » dans les attaques contre le personnel humanitaire
Nations Unies, New York, 10 août 2006 Ce mois a été la pire période jamais enregistrée en termes de difficulté d'assistance aux populations vulnérables dans le monde et de menace à la sécurité des travailleurs humanitaires, a déploré aujourd'hui le Coordonnateur des affaires humanitaires des Nations Unies, Jan Egeland. «Des dizaines de travailleurs humanitaires ont été tués », a-t-il rappelé, condamnant le meurtre de 17 membres de l'ONG Action contre la faim au Sri Lanka la semaine dernière. Jan Egeland, qui présentait aujourd'hui à Genève un bilan de la situation au Moyen-Orient, a rappelé que la situation au Darfour , de « mauvaise », était devenue « catastrophique ». «Neuf travailleurs humanitaires ont été tués au Darfour ces dernières semaines, ce qui est le pire bilan depuis le début du conflit en 2003 », a-t-il dit. «De janvier à juin il y a eu plus de 500.000 nouveaux déplacés, ce qui représente une moyenne de 84.000 déplacés par mois, soit trois fois plus que les chiffres de l'année dernière à la même période ». «Plus de 90% de ces populations déplacées sont victimes des conflits armés », a-t-il précisé.
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Les États-Unis condamnent la violence au Darfour
Etats-Unis, communiqué du département d'État, 10 août 2006 Par Charles W. Corey, rédacteur du Washington File
Les États-Unis « condamnent avec vigueur » la violence au Darfour et réaffirment qu'il convient d'y envoyer sans tarder une force de maintien de la paix de l'ONU, indique le communiqué que le porte-parole du département d'État, M. Sean McCormack, a diffusé le 10 août. La violence au Darfour « continue de causer la mort de membres du personnel des organismes d'aide humanitaire et de civils innocents et entrave la distribution de l'aide humanitaire essentielle à diverses régions du Darfour ». Les États-Unis exhortent tous les intéressés au Darfour « à ne pas lancer d'attaques violentes, à reconnaître leurs responsabilités et à se conformer à l'accord de paix au Darfour et à l'accord de cessez-le-feu de N'Djamena ». « Nous demandons instamment à tous les groupes de coopérer totalement avec la Mission de l'Union africaine au Soudan, d'adhérer aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, d'appliquer intégralement l'accord de paix au Darfour et d'observer le droit international relatif à la protection des travailleurs humanitaires et de la population civile du Darfour qui souffre depuis si longtemps », indique le communiqué. Les États-Unis sont fermement résolus à favoriser le rétablissement de la paix au Soudan. « L'accord de paix au Darfour constitue la meilleure occasion d'instaurer une sécurité, une paix, une réconciliation et une reconstruction durables au Darfour » et de réaliser les objectifs raisonnables des Darfouriens dans les domaines politique, économique et sécuritaire. Tout en reconnaissant les efforts considérables de la Mission de l'Union africaine au Soudan visant à réduire la violence organisée au Darfour, le communiqué déclare que « la situation a évolué et devient beaucoup plus complexe et difficile ». Il s'ensuit qu'il est essentiel que l'ONU envoie au Darfour une force de maintien de la paix sans tarder. « Seule une force de l'ONU importante, robuste, mobile et réagissant rapidement est capable de mettre fin à la violence et de protéger la population, de faciliter l'application intégrale de l'accord de paix et d'assurer la sécurité de manière à ce que les personnes déplacées et les réfugiés puissent rentrer dans leurs foyers. » L'Union africaine est en faveur de la relève immédiate de sa mission au Darfour par une force de l'ONU. « Une telle transition devrait avoir lieu le 1er octobre. Nous demandons au gouvernement soudanais d'unité nationale d'accepter immédiatement une force de maintien de la paix de l'ONU pour que l'ONU puisse commencer à déployer des casques bleus sans délai », dit le communiqué. Le 9 août, M. McCormack avait déclaré à la presse que les États-Unis portaient une grande attention à la question du Darfour. « La secrétaire d'État, Mme Rice, y consacre du temps, même pendant la crise au Proche-Orient », avait-il fait remarquer en ajoutant que Mme Rice œuvrait de concert avec la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, qui s'occupait de ce dossier. Pour sa part, le président Bush s'est entretenu du Darfour avec le premier vice-président du gouvernement soudanais d'unité nationale, M. Salva Kiir, lors de la visite de ce dernier à la Maison le 20 juillet. Il s'est également entretenu à la Maison-Blanche , le 25 juillet, avec le chef du Mouvement de libération du Soudan, M. Minni Minavi. Les deux hommes ont parlé des moyens de faciliter l'application de l'accord de paix du Darfour et de garantir l'envoi rapide au Darfour d'une force de maintien de la paix de l'ONU.
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L'insécurité continue de s'intensifier au Darfour
Nations Unies , New York, 9 août 2006
Le nombre d'affrontements armés a doublé au Darfour au cours des sept premiers mois de l'année par rapport à l'année dernière, a annoncé aujourd'hui l'envoyé de l'ONU au Soudan, qui a déploré que trois mois après la signature de l'Accord de paix sur le Darfour il n'y ait pas eu d'évolution positive. Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, Jan Pronk a notamment évoqué les problèmes posés par des incidents persistants, la non signature de l'accord de paix sur le Darfour, conclu le 5 mai dernier à Abuja, par un certain nombre de rebelles ainsi que les divisions au sein de l'opposition. « Les attaques contre des organisations non gouvernementales sont en augmentation de 75% », a-t-il poursuivi, notant que la plupart d'entre elles avaient été perpétrées pendant la dernière phase des négociations sur le Darfour. « Cette période a été utilisée par toutes les parties pour s'attaquer mutuellement encore davantage, pour attaquer les populations encore davantage, pour attaquer les agences internationales et l'Union africaine encore davantage », a dénoncé le Représentant spécial. La Coordination humanitaire des Nations Unies affirmait le 7 août que l'escalade de la violence au Darfour avait tué plus de travailleurs humanitaires ces deux dernières semaines qu'au cours des deux dernières années et menaçait désormais sérieusement l'assistance dans la région la dépêche du 7.08 .06. Fustigeant des « rumeurs inacceptables et criminelles » qui ont conduit à l'assassinat de travailleurs humanitaires dans les camps, il a souligné que les efforts des ONG et des Nations Unies étaient uniquement poursuivis au service des populations. « Mettons ces trois derniers mois derrière nous », a enfin proposé Jan Pronk, enjoignant toutes les parties à travailler ensemble à la mise en place d'un plan intégré, et appelant une nouvelle fois tous les mouvements à signer et à appliquer l'accord de paix, « dans l'intérêt des populations pour lesquelles ils se battent ». Par ailleurs, un rapport conjoint du Bureau du Haut Commissaire aux droits de l'homme et du Bureau des droits de l'homme de la Mission des Nations Unies au Soudan, indique lui aussi qu'il n'y a pas eu « d'amélioration significative du respect des droits de l'homme au Darfour depuis la signature de l'accord de paix ». « Sans un soutien gouvernemental plus marqué, cet accord est condamné à échouer », affirme le rapport, « la population du Darfour continuant de subir des violations graves des droits de l'homme dans un contexte persistant de violence entre les différents groupes armés dans la région ».
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Le Tchad et le Soudan renouent
À l'occasion de l'investiture du président Déby pour un nouveau mandat, le numéro un soudanais s'est rendu hier à N'Djamena. Le Figaro, par Patrick de Saint-Exupéry, 9 août 2006
Après des mois de brouille, N'Djamena et Khartoum ont officialisé leur réconciliation. Oubliées les accusations mutuelles, les suspicions et rancunes. Oubliée l'accusation de « génocide » au Darfour lancée contre le Soudan. Tout juste réélu, le président Idriss Déby n'a plus aucun reproche à formuler contre son homologue soudanais. Quand à ce dernier, Omar el-Béchir, il n'a jamais rien entendu. Et si N'Djamena a pu croire un instant que Khartoum soutenait les rébellions tchadiennes, cela ne devait être que rumeurs mal fondées. La preuve : le président soudanais n'a pas hésité à se rendre, hier, dans la capitale tchadienne. C'est qu'il s'y tenait un événement d'envergure. Dans le palais du 15 janvier, Idriss Déby se faisait investir de son troisième mandat depuis 1990. L 'occasion idéale pour bien marquer le rapprochement entre les deux pays. Ce qui a été fait : les deux chefs d'État ont échangé une longue accolade, sous le regard attentif de nombreux présidents africains. Ils ont annoncé peu après qu'ils s'engageaient à rouvrir immédiatement leurs ambassades respectives et leur frontière commune. En décembre dernier, le Tchad s'était déclaré en « état de belligérance » avec le Soudan puis avait rompu, le 14 avril, ses liens diplomatiques avec son voisin, l'accusant de soutenir des rebelles tchadiens.
Un rapprochement qui profite à Pékin
La réconciliation officielle fait suite à un accord signé le 26 juillet entre les deux pays. Aux termes de celui-ci, les deux parties s'engagent « à interdire l'utilisation de leur territoire respectif pour des activités hostiles visant à atteindre la souveraineté et l'intégrité de chacune d'elle ». Les deux pays ont également pris l'engagement « d'interdire la présence et l'hébergement d'éléments rebelles dans leurs territoires respectifs ». Le rapprochement entre les deux pays bénéficie directement à Pékin qui, de fait, apparaît comme un intermédiaire régional de plus en plus influent. Voici quelques jours, le Tchad a décidé de renouer ses liens diplomatiques avec la Chine , l'un des principaux partenaires de Khartoum. Ceux-ci avaient été rompus en 1997 au profit de Taïwan.
Extension au Tchad de l'oléoduc construit au Soudan
Ce rééquilibrage général constitue une excellente opération pour Idriss Déby. Il lui permet de neutraliser, avec quelques garanties, sa frontière avec le Soudan. Mais également, de bénéficier d'une nouvelle carte dans les négociations ardues menées sur la gestion de la manne pétrolière avec la Banque Mondiale (BM). Enfin, le Tchad s'assure de la neutralité bienveillante d'un membre du Conseil de sécurité de l'ONU. Quand à la Chine , elle peut maintenant envisager à plus long terme une possible extension au Tchad de l'oléoduc construit au Soudan. Ce qui lui donnerait alors accès aux ressources pétrolières du golfe de Guinée.
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Tchad/Soudan : réouverture de frontière et d'ambassades
Xinhuanet, Yaoundé, 9 août 2006
Le président tchadien Idriss Deby Itno et son homologue soudanais Omar el-Béchir se sont engagés mardi à rouvrir immédiatement leurs ambassades respectives et leur frontière commune, à l'issue d'un mini-sommet tenu à N'Djamena, selon une information en provenance de N'Djamena. Les deux présidents "se sont engagés solennellement à la réouverture immédiate de leurs ambassades respectives et de leur frontière", a déclaré un haut responsable sous le couvert de l'anonymat. Ils ont également pris "l'engagement solennel d'oeuvrer pour le renforcement de la paix entre les deux pays", a-t-il ajouté, à l'issue d'une rencontre sous l'égide du dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, en présence du président en exercice de l'Union africaine (UA) et chef d'Etat du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, et du président gabonais, Omar Bongo Ondimba. L'entretien s'est déroulé en marge de la cérémonie d'investiture du président Deby, réélu le 3 mai pour un troisième mandat, à laquelle assistaient plusieurs chefs d'Etat africains. Les relations entre Tchad et le Soudan étaient devenues tendues depuis plusieurs mois. Ils s'accusaient mutuellement de soutenir des rébellions hostiles à l'autre. Le 26 juillet, un accord visant à normaliser les relations a été signé entre les deux parties.
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La rébellion ougandaise cherche une issue
L'Armée de résistance du Seigneur a proclamé une cessation unilatérale des hostilités contre l'armée ougandaise
La Croix , Kampala, par Adrien de Mun, le 8 août 2006
L'obscurité: de l'immense forêt qui constitue le parc national de la Garamba , à la frontière de la République démocratique du Congo et du Soudan.. Une croix, gravée sur le tronc d'un arbre le long d'un sentier boueux et ces mots: «STOP. Armée de résistance du Seigneur. Un pour tous, tous pour un». Un pas de plus et, après avoir passé. un bambou dressé au travers ,du- sentier, nous sommes dans le repaire du chef rebelle le plus recherché d'Afrique, l'insaisissable Joseph Kony. Le sentier jusque-là désert est soudain habité. Des enfants et des adolescents, coiffés de dreadlocks, vêtus d'uniformes de l'armée ougandaise, baïonnette au fusil, montent la garde. Certains ont le visage dur et fermé, d'autres ont conservé la fraîcheur de leur âge. Ils sont collectivement accusés d'avoir enlevé et massacré des dizaines de milliers de civils dans le nord de l'Ouganda et le sud du Soudan. Seuls des chants d'oiseaux et le bruissement des feuilles brise l'épais silence. Pour accueillir la délégation ougandaise venue à leur rencontre ce lundi 31 juillet, les rebelles avaient enfoncé des tiges de palmier dans le sol trempé, symbole de paix. Les visiteurs ont néanmoins dû éteindre leurs téléphones et subir plusieurs fouilles. Le visage tendu et soucieux, Joseph Kony attendait la délégation dans un édifice rectangulaire en paille désigné sous le nom de « parlement». Créée en 1988, deux ans après le déclenchement de la guerre civile ougandaise, l'Armée de résistance du Seigneur (Lord's Résistance Army, LRA) dont :il est le chef entend renverser le président Yoweri Museveni pour mettre en place un régime basé sur -les dix commandements. Dans un discours enflammé de près de deux heures, Joseph Kony a souligné que la LRA était prête à poursuivre les pourparlers de paix engagés avec le gouvernement ougandais le mois dernier à 1uba, la capitale du sud du Soudan. Il a insisté sur, la nécessité d'un cessez-le-feu afin de permettre- aux négociations de se poursuivre «dans une atmosphère. détendue». « Dans le passé, le gou vernement ougandais a saboté toutes nos tentatives. de faire la paix», a-t-il accusé. Le lendemain, face à une délégation de notables soudanais, Joseph Kony a présenté ses excuses. «J'aimerais que vous me pardonniez», leur a-t-il dit, après avoir écouté leurs plaintes. Puis, à l'occasion d'une conférence de presse improvisée dans une clairière peuplée d'hommes en armes, il a martelé qu'il n'était pas le démon dépeint par le gouvernement ougandais. « Je suis un homme, un. être humain, ceux qui disent que je suis un démon salissent mon nom, a-t-il insisté dans un anglais hésitant. Les atrocités qui me sont imputées sont celles de l'armée gouvernementale ougandaise: Je n'ai kidnappé personne et il n'y a pas d'enfants dans mon camp», a-t-il ajouté devant, des journalistes médusés. Selon les Nations unies, les rebelles de la LRA auraient . enlevé plus de 20 000 enfants dans le nord de l'Ouganda et le sud du Soudan ces dix dernières années. Lors d'une récente attaque à Iba; dans le sud-ouest du Soudan, six filles ont été enlevées, âgées de 12 à 16 ans. La délégation soudanaise a demandé en vain à Joseph Kony de les relâcher: Les négociations de paix qui doivent reprendre à Juba se feront sans les .,chefs rebelles, qui craignent le mandat d'arrêt international, lancé contre eux par la Cour pénale internationale pour «crimes contre l'humanité». Pourtant, les médiateurs dans ces pourparlers se disent confiants. «Les rebelles sont isolés et n'ont pas le choix», souli gne l'un d'eux.
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La recrudescence des attaques contre les humanitaires au Darfour inquiète l'ONU
Le Monde avec l'AFP, 8 août 2006
L'ONU a exprimé son inquiétude, lundi 7 août, face à l'escalade de la violence au Darfour, dans l'ouest du Soudan, qui a tué plus de travailleurs humanitaires ces deux dernières semaines qu'au cours des deux dernières années, selon la Coordination humanitaire des Nations unies. Dans un communiqué, le bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) indique que ces attaques menacent désormais sérieusement l'assistance dans la région. Huit travailleurs humanitaires sont morts au Darfour au mois de juillet et "les risques opérationnels qui pèsent sur eux s'accroissent chaque jour" , selon le communiqué. "Le niveau de violence auquel font face les humanitaires au Darfour est sans précédent. De nombreuses attaques ont eu lieu alors qu'ils aidaient les populations dans le besoin" a indiqué Manuel da Silva, coordonnateur humanitaire et vice-représentant spécial du secrétaire général pour le Soudan.
D'autres types d'attaques
L'OCHA précise, qu'outre la recrudescence des meurtres, on assiste aussi à une augmentation des détournements de véhicules, des pillages contre les convois et des tentatives d'embuscades. Cela inclut des attaques pendant les distributions de nourriture, les vols dans les entrepôts des ONG et une attaque contre une ambulance, indique le communiqué. En conséquence, de nombreux travailleurs humanitaires soudanais travaillant pour des ONG internationales et pour les Nations unies sont réticents à entrer dans les camps et craignent pour leur sécurité, déplore l'OCHA. Malgré un accord de paix signé en mai 2006 entre le gouvernement central et une partie des mouvements rebelles, le conflit au Darfour, continue de faire rage. Depuis février 2003, la guerre civile au Darfour a fait au moins 200 000 morts et plus de 2 millions de déplacés.
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L'Express avec Reuters, 8 août 2006
Les violences qui vont en s'aggravant au Darfour ont tué plus de travailleurs humanitaires en juillet dans cette région que lors des deux années précédentes, mettant en péril l'aide humanitaire dans cette région, apprend-on auprès de responsables de l'ONU.
Huit employés d'ONG ont péri le mois dernier lors d'une flambée de violences entre des factions soudanaises. Face à cette insécurité, les organisations humanitaires ont décidé de réduire leur présence dans les camps de réfugiés au Darfour, à présent à son point le plus bas depuis que la guerre civile s'est aggravée, en 2003, ont indiqué des responsables de l'Onu. Sans compter les décès, les ONG sont confrontées sur place à un accroissement des détournements de véhicules, des pillages et des tentatives d'embuscades sur des véhicules transportant de la nourriture et du matériel sanitaire, selon l'Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires. Nombre de ces attaques se sont produites alors que les personnes visées venaient en aide à des gens dans le besoin, a souligné Manuel da Silva, représentant spécial de l'Onu au Soudan. "Le degré de violence auquel sont confrontés les travailleurs humanitaires au Darfour est sans précédent", a-t-il dit. "Si cette situation se maintient, nous risquons de voir anéantis tous les progrès de l'année écoulée."
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Un Suisse nommé représentant spécial adjoint de l`ONU en Somalie
Angola presse, Nairobi 8 août 2006
Le diplomate suisse, Per Lindgarde, a été nommé jeudi représentant spécial adjoint de l`Organisation des nations unies (ONU) en Somalie, a appris la PANA à Nairobi, de source officielle. M. Lindgarde, qui a exercé de hautes fonctions au ministère suisse des Affaires étrangères, va seconder M. François Fall, le représentant spécial de l`ONU en Somalie. Avant cette nomination, il était chef de mission adjoint de
l`ambassade suisse au Kenya.
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Le personnel humanitaire victime d'une grave escalade de la violence
Nations Unies, New York, 7 août 2006
L'escalade de la violence a tué plus de travailleurs humanitaires
au Darfour ces deux dernières semaines qu'au cours des deux
dernières années et menace désormais sérieusement
l'assistance dans la région, affirme aujourd'hui la Coordination
humanitaire des Nations Unies. « Le niveau de violence auquel font face les travailleurs humanitaires au Darfour est sans précédent. De nombreuses attaques ont eu lieu alors qu'ils aidaient les populations dans le besoin », a dit Manuel da Silva, Coordonnateur humanitaire et Vice Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan. « Cela est totalement inacceptable », a-t-il déclaré,
appelant toutes les parties à respecter la neutralité du
personnel humanitaire. OCHA précise qu'outre la recrudescence des meurtres, on assistait aussi à une augmentation des détournements de véhicules, des pillages contre les convois et des tentatives d'embuscades. « Cela inclut des attaques pendant les distributions de nourriture, les vols dans les entrepôts des ONG et une attaque contre une ambulance», indique le communiqué. « En conséquence, de nombreux travailleurs humanitaires soudanais travaillant pour des ONG internationales et pour les Nations Unies sont réticents à entrer dans les camps et craignent pour leur sécurité », déplore OCHA. Début juillet, Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, estimait que la situation au Darfour était « totalement intenable ». Il soulignait l'urgence du déploiement d'une force de l'ONU dans la région où les factions rebelles sont maintenant principalement responsables des exactions. L'ONU dispose d'une mission dans le Sud du Soudan, la Mission des Nations Unies au Soudan mise sur pied après un accord de paix qui a mis fin à vingt ans de guerre civile dans cette région du pays. Mais le conflit au Darfour, région de l'Ouest du pays, continue de faire rage, et l'accord de paix signé en mai dernier à Abuja entre le gouvernement central et une partie des mouvements rebelles n'a pas mis fin aux combats Depuis février 2003, la guerre civile au Darfour a fait au
moins 200.000 morts et plus de 2 millions de déplacés.
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Sous la pression de la Chine , le Tchad rompt avec Taïwan
Le Monde avec l'AFP, 7 août 2006
Le Tchad est, depuis 2000, le troisième pays d'Afrique (septième dans le monde) à rompre ses relations avec Taïwan et à normaliser ses relations avec Pékin. La Chine considère toujours l'ancienne île de Formose comme une province renégate. Le Liberia avait suivi cette voie avant le Tchad, ainsi que le Sénégal, en octobre 2005.
Des enjeux économiques
Pour les analystes, ce nouvel épisode des relations sino-africaines reflète une tendance qui apparaît irréversible à court terme, tant les pays africains éprouvent le besoin de se rapprocher de la Chine, malgré les largesses financières de Taïwan. "La montée en puissance chinoise sur la scène internationale a fait comprendre aux pays africains que l'établissement de relations diplomatiques avec la Chine était plus important que les liens avec Taïwan" , explique He Wenping, directeur des études africaines à l'Académie des sciences sociales de Chine. Pour la Chine, l'Afrique n'est pas seulement un champ de bataille diplomatique avec Taïwan. Les objectifs sont pour beaucoup économiques. "Les Chinois ont envie d'Afrique pour y chercher des ressources naturelles et des débouchés pour leurs produits" , souligne Barry Sautman, professeur à l'Université des sciences et des technologies de Hongkong. Entre 2002 et 2003, le commerce sino-africain a augmenté de 50 %, et de 60 % l'année suivante. La Chine prévoit le triplement de ses échanges avec l'Afrique d'ici à 2010. En 2005, la Chine est ainsi devenue le premier fournisseur de l'Afrique en productions textiles et électroniques à bas coût, devant la France et l'Allemagne. Elle s'est également imposée, derrière les Etats-Unis, comme le deuxième acheteur de pétrole et de matières premières. Elle importe du coton du Bénin, du cuivre de Zambie, du pétrole du Nigeria... Le Tchad devrait logiquement, à son tour, laisser les Chinois accéder à son or noir : le pays compte sur une extension de l'oléoduc construit par la Chine au Soudan voisin, afin d'évacuer son brut vers Port-Soudan.
Des calculs politiques
Mais ceux qui pensent que la Chine ne vise que les ressources naturelles africaines ont une "vue simpliste" de la question, estime Barry Sautman. Signe qui ne trompe pas : les visites de dirigeants chinois se multiplient sur le continent noir. Cette année, le chef de la diplomatie chinoise et le président, Hu Jintao, se sont succédé sur place. En juin, Wen Jiabao, le premier ministre chinois, a affectué une tournée dans sept pays africains : l'Egypte, le Ghana, l'Angola, le Congo, l'Afrique du Sud, la Tanzanie et l'Ouganda. Pékin entend visiblement jouer un rôle politique à la mesure de la stature qu'il se forge. De leur côté, les pays d'Afrique, notamment ceux minés par les guerres civiles et les conflits régionaux, ont besoin de l'appui de la Chine : membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, doté d'un droit de veto, Pékin constitue un allié de poids, y compris pour échapper à des sanctions internationales. Dans le cas du Tchad, le gouvernement de N'Djamena compte sur la Chine pour aider au vote d'une résolution sur le Soudan et convaincre le régime soudanais de cesser d'armer les rebelles tchadiens, par ailleurs jusqu'à présent équipés aussi par les Chinois. Pour Liu Bi-rung, professeur de sciences politiques à l'Université Soochow de Taïwan, "la décision du Tchad pourrait avoir un effet domino en Afrique" . Taïwan n'est aujourd'hui reconnu que par vingt-quatre pays, dont cinq en Afrique et d'autres petits Etats d'Amérique latine et du Pacifique.
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Ouganda : Amnesty international lance un appel en faveur d'une véritable alternative a l'impunité
Amnesty International 4 août 2006 Déclaration publique Amnesty International a fait part en ce 4 août de sa profonde inquiétude face aux informations qui lui parviennent, selon lesquelles le gouvernement de l'Ouganda serait en train de brader les droits des victimes de crimes contre l'humanité et crimes de guerre dans les négociations politiques actuellement en cours au sud du Soudan en vue de mettre fin au conflit armé dans le nord de l'Ouganda. L'organisation lance un nouvel appel au gouvernement ougandais pour qu'il révise les mesures envisagées qui aboutiraient à la mise en place d'un système d'impunité pour les crimes commis de part et d'autre au cours du conflit d'une vingtaine d'années qui a opposé l'Armée de résistance du Seigneur aux forces gouvernementales ; l'organisation demande au gouvernement ougandais d'élaborer plutôt une stratégie globale face au problème de l'impunité, afin que justice soit rendue aux victimes et que des réparations leur soient accordées pour les souffrances endurées. Préoccupations concernant les offres de « protection » de personnes faisant l'objet de mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale Amnesty International est particulièrement inquiète après les déclarations du président Museveni, lequel aurait offert « protection » à cinq dirigeants importants de l'Armée de résistance du Seigneur inculpés par la Cour pénale internationale de crimes contre l'humanité et crimes de guerre ; ils sont notamment accusés de meurtre, esclavage sexuel et enrôlement forcé d'enfants soldats. La Cour, tribunal indépendant auquel le gouvernement ougandais avait demandé de mener les enquêtes arguant du fait que les autorités nationales ne pouvaient rendre justice pour des crimes de droit international commis dans la région, a agi dans les plus brefs délais pour que justice soit rendue aux populations du nord de l'Ouganda. Il est inquiétant de constater que le gouvernement, au lieu d'apporter son plein soutien et sa coopération au travail de la Cour, cherche maintenant à affaiblir les décisions de justice qu'il lui a demandé de rendre. Ce faisant, il a tenté d'utiliser la Cour comme un outil politique dans ses négociations avec l'Armée de résistance du Seigneur. Amnesty International remarque que le gouvernement n'a aucune autorité pour accorder « protection » à une personne inculpée par la Cour pénale internationale. En fait, des efforts en ce sens constitueraient une violation des obligations de l'Ouganda au regard du droit international. Seule la Cour a la possibilité de révoquer ses mandats d'arrêt. Il n'est pas dans le pouvoir de la Cour, qui a pour mandat de traduire en justice les personnes accusées des pires crimes contre l'humanité jamais commis, de révoquer des mandats d'arrêts au motif que cela pourrait aider des négociations politiques visant à mettre un terme à un conflit armé. Après les déclarations du président Museveni, le procureur de la Cour a appelé les États, Ouganda et Soudan compris, à exécuter les mandats d'arrêts déclarant que « le meilleur moyen d'arrêter le conflit et de rétablir la sécurité dans la région était d'arrêter les principaux dirigeants ». La Commission africaine des droits de l'homme et des peuples a également exprimé son soutien aux efforts de la Cour en vue de « traduire en justice les auteurs présumés de crimes de guerre dans le nord de l'Ouganda ». D'autres États, notamment les États-Unis d'Amérique, ont lancé un appel à l'Ouganda et au Soudan pour qu'ils arrêtent ces personnes. Amnesty International renouvelle l'appel qu'elle avait lancé en octobre 2005 après qu'eurent été décernés des mandats d'arrêt pour l'Ouganda, le Soudan et d'autres États – notamment la République démocratique du Congo, où les accusés se trouveraient – afin que les cinq hommes soient arrêtés et remis à la Cour pénale internationale au plus vite.En outre, l'organisation demande instamment à la Cour et à la communauté internationale , notamment les Nations unies et la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC) de continuer leurs efforts en vue d'arrêter ces cinq hommes ainsi que toute autre personne à l'encontre de laquelle la Cour aurait décernée un mandat d'arrêt. D'autres États sont également incités à exercer leur compétence universelle en menant des enquêtes sur les personnes soupçonnées de crimes de droit international dans le nord de l'Ouganda, et, lorsque suffisamment de preuves admissibles existent, en entamant des poursuites devant les tribunaux nationaux. Préoccupations concernant l'offre d'une nouvelle amnistie Amnesty International est également très préoccupée par la nouvelle offre d'amnistie du gouvernement ougandais à tous les membres de l'Armée de résistance du Seigneur, leur garantissant l'impunité devant les tribunaux ougandais pour des crimes de droit international, notamment des crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture. Amnesty International s'oppose fortement à l'adoption d'une nouvelle amnistie pour de tels crimes, les amnisties pour crimes de droit international étant interdites en droit international.En outre, de telles amnisties constituent une violation claire de l'Acte constitutif de l'Union africaine qui inclut expressément parmi ses principes la condamnation et le rejet de toute impunité. Les amnisties ne sont contraignantes ni pour la Cour pénale internationale ni pour les tribunaux nationaux, y compris les tribunaux d'autres pays ayant compétence universelle. Les conséquences des amnisties dépassent évidemment les questions légales. Sans justice, les droits et les besoins des victimes sont souvent oubliés. Bien que certains préconisent de sacrifier la justice à la paix, il n'existe aucune preuve concluante permettant d'affirmer que de telles mesures d'impunité apporteraient une paix durable. En Sierra Leone, l'amnistie de Lomé pour les crimes de droit international n'a pas empêché que se poursuive l'escalade de la violence. Dans le nord de l'Ouganda, une loi d'amnistie n'a pas permis d'arrêter les crimes ni de faire la paix. Amnesty International a lancé un appel en faveur de l'abrogation de cette loi. L'exemple de l'ex-Yougoslavie démontre par contraste que la justice peut co-exister avec des initiatives de paix, ainsi que l'a prouvé l'Accord de Dayton, et peut même promouvoir la paix en instituant l'obligation pour toute personne de rendre compte de ses actes afin d'empêcher que ne se reproduisent de tels crimes à l'avenir. Amnesty International considère qu'une approche similaire pourrait être adoptée dans tous les cas où des crimes de droit international ont été commis. Une alternative – une stratégie globale pour traiter de tous les crimes commis au cours du conflit Amnesty International appelle le gouvernement à ne pas remettre en cause la justice et les droits des victimes au cours des négociations politiques visant à mettre fin au conflit. L'organisation demande instamment au gouvernement de faire tout son possible pour établir une paix durable, en abordant la question des crimes commis par l'Armée de résistance du Seigneur et les forces gouvernementales au cours du conflit ; une stratégie globale devrait être élaborée au niveau national, visant à rendre justice, établir la vérité et accorder des réparations aux victimes, notamment aux victimes de violences sexuelles et aux enfants victimes de la violence. Cette stratégie devrait tenir compte du fait que des mineurs pouvant être tenus pour responsables pénalement, auteurs de crimes de droit international, ont parfois été eux-mêmes victimes, notamment d'enlèvement ou de violences sexuelles, ou recrutés comme enfants soldats, circonstances atténuantes qui devront être pris en compte dans les poursuites criminelles. Un programme effectif devrait être développé en consultation avec des hommes et des femmes de la société civile, pour faire en sorte que les poursuites judiciaires concernant des mineurs respectent pleinement les normes de droit international relatives aux délinquants juvéniles et les droits des autres victimes et s'inscrivent dans le cadre d'une véritable stratégie de réhabilitation et de réinsertion des enfants dans la société. Toutes les mesures devront être mises en œuvre de manière à respecter pleinement le droit international et les droits des femmes. La stratégie mise en place devrait notamment inclure les mesures suivantes, qui pourraient être efficacement complétées par les mécanismes de justice traditionnels : - faire en sorte que les personnes présumées responsables de crimes de droit international perpétrés au cours du conflit comparaissent devant des tribunaux nationaux, de façon à ce que justice soit rendue aux victimes et que ces procès agissent comme outil de dissuasion pour des crimes futurs ;
- mettre en place des mécanismes effectifs visant à accorder pleine réparation aux victimes pour les aider à reconstruire leur vie. Faire en sorte que les tribunaux traitant des cas d'enfants enrôlés par l'Armée de résistance du Seigneur ou les Forces de défense populaire de l'Ouganda (UPFD) comme enfants soldats respectent pleinement les normes du droit international concernant la justice rendue aux mineurs délinquants, tenant compte notamment des circonstances atténuantes telles que l'enlèvement et la contrainte et en faisant en sorte que des réparations soient accordées, dans le cadre d'un programme plus vaste de réhabilitation et de réinsertion des enfants soldats.
- élaborer des mécanismes efficaces permettant d'établir la vérité sur les crimes commis au cours du conflit, en offrant la possibilité aux personnes affectées de raconter leur histoire.
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La rébellion déclare un cessez-le-feu historique
Le Figaro-4 août 2006
L'Armée de résistance du seigneur (LRA) déclare une «cessation unilatérale des hostilités» à l'encontre de l'armée ougandaise qu'elle combat depuis 18 ans. «Nous affirmons notre engagement dans les négociations de paix, et au nom du général Joseph Kony , chef du haut commandement de la LRA, je déclare ici une cessation unilatérale des hostilités». Le numéro 2 de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), Vincent Otti, «ordonne avec un effet immédiat» à tous ses commandants sur le terrain de «cesser toute forme d'hostilité contre les positions de l'armée et autres». Et d'ajouter, dans un communiqué publié vendredi : «J'espère que le gouvernement ougandais rendra la pareille de ce geste de bonne volonté afin que les parties puissent finalement signer un accord bilatéral» de cessez-le-feu. Des pourparlers de paix entre la LRA et le gouvernement ougandais avaient débuté le 14 juillet à Juba, dans le sud du Soudan, avant d'être ajournés pour une semaine. Ils avaient repris lundi mais étaient suspendus depuis mercredi. Un peu plus tôt vendredi, le gouvernement de Kampala avait affirmé ne plus réclamer la présence d'un des hauts responsables de la LRA aux pourparlers de paix, exigence à laquelle la rébellion refusait de se soumettre.
Le chef de la LRA recherché par la CPI
La LRA, qui veut renverser depuis 18 ans le président ougandais Yoweri Museveni, est connue pour ses atrocités commises sur les enfants, enlevés pour devenir combattants ou esclaves sexuels. Cinq de ses commandants, dont Joseph Kony, qui avait «demandé pardon» mardi pour les violences subies par les civils, et Vincent Otti, sont d'ailleurs recherchés par la Cour pénale internationale (CPI). Le conflit, qui affecte le nord de l'Ouganda, a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement d'environ 2 millions de personnes. Il a aussi des répercussions dans le sud du Soudan (frontalier du nord de l'Ouganda), qui sert de base à la LRA.
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MSF s`inquiète de l`augmentation de l`insécurité au Darfour
Médecins Sans frontières 4 août 2006 Paris, France, 04/08 - L`ONG humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a exprimé ses inquiétudes au sujet de l`augmentation de l`insécurité au Darfour, estimant qu`une telle situation entrave son assistance médicale aux populations de cette région du Soudan. Dans un communiqué rendu public jeudi à Paris, MSF assure que "beaucoup d`activités sont aujourd`hui suspendues, laissant chaque jour des milliers de patients sans soins" dans cette partie du Soudan confrontée depuis trois ans à une violence extrême MSF demande que l`accès aux soins soit permis et respecté dans le conflit du Darfour et rappelle que ces dernières semaines, ses équipes ont été attaquées sur plusieurs sites. "Le 16 juillet, une ambulance a été la cible de
tirs et le chauffeur a été battu sur la route entre El
Geneima et Mornay, le 18 juillet, un autre véhicule de MSF a été dérobé dans
une structure médicale de Shangil Tobaya, le 20 juillet, une équipe
a été fouettée et volée sur la route entre
Golo et Niertiti", a énuméré l`ONG. "Ces incidents de sécurité ont conduit à l`évacuation de nos équipes de Serfik Oumra et de deux projets dans le Jebel Marra, à l`interruption de nos cliniques mobiles, ainsi qu`à la réduction des références des patients nécessitant des soins chirurgicaux d`urgence", insiste L`ONG humanitaire fondée en 1971 lors de la guerre civile du Biafra (Nigeria, 1968-1970). Elle assure qu`en tant qu`organisation indépendante, neutre et impartiale, ses activités sont destinées à l`ensemble de la population du Darfour victime d`un conflit. Plus de 150.000 personnes ont été tuées au Darfour où s`affrontent, depuis février 2003, d`une part, l`armée régulière soudanaise et des milices arabes dites "Djandjawids", et, d`autre part, trois groupes rebelles armés dont le Mouvement pour la justice et l`égalité (JEM). Les milieux humanitaires, qui sont considérablement gênés dans leur assistance aux populations civiles, estiment que près de 2,4 millions de personnes ont dû se déplacer à l`intérieur du Soudan et au Tchad voisin pour fuir les affrontements armés.
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Ouganda : le gourou Kony en quête de rédemption
Le Figaro, par Patrick de Saint-Exupéry, 3 août 2006
L'Ougandais Joseph Kony, chef de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), sort de l'ombre pour négocier son impunité.
Sur les photos, les premières jamais prises et diffusées de sa personne, on ne distingue aucun trait particulier. L'attitude est un peu crispée, le regard enfoncé, le front contracté, mais rien ne laisse entrevoir la folie qui, plus de vingt ans durant, présida à la destinée de Joseph Kony, chef de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) et successeur d'Alice Lakwena, grande prêtresse du Mouvement du Saint-Esprit, une guérilla mystico-armée qui ravagea le nord de l'Ouganda à compter de 1986. Folie il y eut pourtant, et il y a toujours. Même si celle-ci semble se tempérer. Acculé et placé sous l'oeil de la justice internationale, qui a émis contre lui et quatre de ses adjoints des mandats d'arrêt pour crimes de guerre, Joseph Kony brise peu à peu les cercles délirants dans lesquels il s'était enfermé. D'abord il y eut, voilà plus d'un mois, un premier enregistrement vidéo du mystérieux chef rebelle. Non destiné à être rendu public, cet enregistrement témoignait des négociations entamées sous l'égide du vice-président du gouvernement autonome du Sud-Soudan, Riek Machar. «Achète-toi à manger avec ça, lançait ce dernier au chef rebelle alors qu'il lui tendait une liasse de 20 000 dollars. Et pas de munitions.» À cet épisode succédèrent de nombreuses et discrètes tractations. Jusqu'à lundi, jour où Joseph Kony tint sa première conférence de presse. La rencontre s'est déroulée à Nabanga, une bourgade placée aux confins du Soudan et du Congo. Une vingtaine de journalistes avaient été invités. Face à eux, le chef rebelle a plaidé sa cause. Celle de son mouvement, puisqu'il a proposé un cessez-le-feu au gouvernement ougandais. Mais aussi la sienne, car, afin d'échapper à la justice internationale, il entend négocier en direct son immunité avec les autorités de Kampala.
«Je suis un être humain»
Il fut, à cette occasion, bien sûr interrogé. À un journaliste qui lui demandait s'il pensait jamais être présenté au Tribunal pénal international de La Haye, le gourou rebelle, habillé d'une chemise et d'un pantalon blanc, a répondu : «Non, non, non... car je n'ai rien fait.» Accusé d'avoir encouragé ses troupes à tuer des dizaines de milliers de civils, à pratiquer des mutilations et des enlèvements de masse d'enfants, Joseph Kony n'a reconnu aucune responsabilité, affirmant que ces atrocités avaient été commises par l'armée ougandaise. La difficulté, a-t-il affirmé, «c'est que je n'avais pas de moyens de communication avec le monde extérieur me permettant d'informer les gens de ce qui se passait réellement». En a-t-il seulement éprouvé la moindre envie ? Il ne l'a pas dit, se contentant de plaider sa défense : «Je suis un homme, je suis un être humain, je suis un soldat, je suis Joseph Kony. Les mots qui sont prononcés à mon propos ne sont que de la propagande, mon nom est jeté en pâture comme ça... afin que les gens ne puissent m'appréhender comme un être humain.» Quant aux enfants soldats recrutés en masse et de force au prix de raids sanglants lancés sur le Nord ougandais, il affirme ne pas être concerné : «Je ne peux me battre avec des enfants. Comme vous le savez bien, ceux-ci ne peuvent parcourir 80 km par jour comme je le fais...» Alors qu'il prononçait ces paroles, les journalistes présents recensaient le nombre d'enfants soldats intégrés à la garde prétorienne de 80 hommes qui le protégeait. Ils étaient une petite dizaine, âgés d'un peu plus de 10 ans. Ce qui n'a nullement troublé Joseph Kony, pasteur d'une sanglante rébellion qui, après un long autisme, s'efforce de ménager une improbable rédemption.
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Minni Minnawi , reçu à la Maison
Minni Minnawi Arkou, un des chefs du Mouvement SLA, le seul signataire des accords d'Abuja a été reçu à la Maison Blanche par le Président des USA en personne ( Ah ! il y en a qui attendent depuis 16 ans pour être reçu par le Secrétaire d'Etat !!! ) Tchad actuel, 2 août 2006 Minni a été le seul chef à avoir signé l'Accord d'Abuja, il est vrai, sous la forte pression de l'UA et d es USA. Aujourd'hui, c'est un homme seul, isolé, fortement contesté par son propre groupe, qui a été reçu par la Maison Blanche. Les Américains refusent de voir la réalité en face et ils s'y obstinent. L'accord d'Abuja ne résout aucun des problèmes à la base de la rébellion. C'est un accord entièrement favorable à la junte et qui ignorent les vraies causes et les vraies solutions. Son rejet est unanime tant par la population de Darfour que par les soudanais sympathisants de la rébellion, jusqu'aux camps des réfugiés. C'est donc un général sans troupe qui a été reçu par la maison Blanche, à la tête d'une importante délégation. Mais la visite n'a pas été aussi fructueuse comme la voulaient Minni et ceux qui l'accompagnent. Les américains auraient reproché à Minni de ne pas avoir pu ramener les autres groupes à signer l'accord et surtout de ne pas pouvoir arrêter la violence, etc. Mais à quelque chose malheur est bon. Minni a profité de sa rencontre avec le Président Bush pour régler le compte à Deby. Selon un des participants, Minni n'est pas passé par quatre chemins pour dire de ce qu'il pense de Deby et a passé plus de la moitié de son temps à expliquer le rôle joué par Deby dans la création de la rébellion, comment ensuite il s'est rallié au régime de Khartoum pour affaiblir la même rébellion et enfin comment Deby a manipulé les autres groupes pour ne pas signer l'accord d'Abuja. Ce n'est pas fini ; Minni aurait décrit minutieusement le personnage Deby au Président Bush, la situation intérieure du Tchad : les détournements des fonds publics, la fausse monnaie, la drogue, son rôle néfaste dans tous les conflits sous régionaux, etc. Et Mini de conclure : " avec Deby comme Président au Tchad, il n'y aura jamais la paix ni au Darfour, ni au Soudan, ni au Tchad, ni dans la sous région ". Merci à Minni, un farouche opposant tchadien au régime de Deby ne pourrait mieux faire!! Si le président des états unis voudrait recevoir Deby a la maison blanche comme ce dernier le souhaite ardemment aux prix des millions de dollars de lobbying, il n'a apparemment plus besoin de renseignements personnels sur Deby.
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Les États-Unis recherchent toujours la paix au Darfour
All Africa com, 1er août 2006 , Charles W. Corey
Les propos de M. John Bolton, Département d'Etat, Etats Unis
Les États-Unis continuent de faire tout leur possible pour soulager le peuple du Darfour, province de l'ouest du Soudan où, depuis 2003, plus de 200.000 personnes ont péri et plus de deux millions d'autres ont été déplacées, a déclaré, le 27 juillet, le représentant des États-Unis aux Nations unies, M. John Bolton. Lors d'une déposition devant la commission sénatoriale des relations étrangères, M. Bolton a toutefois ajouté que même si les États-Unis entrevoyaient des moyens d'améliorer la situation au Darfour, il restait des obstacles considérables à surmonter. M. Bolton était venu au Congrès pour sa séance de confirmation, car il avait été nommé par décret présidentiel en août 2005 durant les congés parlementaires. Le Congrès ne s'était donc pas prononcé sur sa nomination qui, de toute façon, n'est valable que pendant la durée de la législature en cours, c'est-à-dire jusqu'en janvier 2007. Les États-Unis, a dit M. Bolton, oeuvrent au sein du Conseil de sécurité de l'ONU afin de rédiger une robuste résolution en vertu du chapitre VII de la Charte de l'ONU, qui permettrait d'octroyer à une force de maintien de la paix les capacités et le mandat de se défendre et de protéger les civils du Darfour. La Russie et la Chine sont toujours opposées à un mandat en vertu du chapitre VII, a-t-il dit. Toutefois, en mai dernier, le Conseil de sécurité a adopté à l'unanimité la résolution 1679, qui facilite la planification d'un futur déploiement d'une opération de maintien de la paix de l'ONU au Darfour. « Il faut également que le gouvernement du Soudan accepte le déploiement d'une force de l'ONU au Darfour, et de multiples démarches bilatérales et multilatérales sont en cours afin d'obtenir cet accord. « Pendant ce temps, nous continuons d'Å"uvrer en vue de l'adoption d'une résolution. Nous sommes en train de déterminer les effectifs qui seront nécessaires et d'identifier les pays en mesure de fournir des troupes afin d'être prêts à accomplir la mission » dès que nous aurons le feu vert. M. Bolton a précisé que la Mission d'évaluation technique de l'ONU venait de rentrer du Soudan et était en train de finaliser son rapport pour le Conseil de sécurité. Selon toute probabilité, le Département des opérations de maintien de la paix recommandera qu'une force de 15.000 à 17.000 casques bleus soit déployée aux alentours du 1er janvier 2007. « Nous préférerions assembler une force crédible plus tôt que cela », a dit M. Bolton, exprimant son inquiétude au sujet de la période intérimaire. « En conséquence, nous allons continuer de faire notre possible pour accélérer le déploiement d'une nouvelle force. Nous consultons également nos alliés et l'ONU afin d'offrir des appuis aux troupes de la Mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS) actuellement sur le terrain.
« L'AMIS a fait tout ce qu'elle pouvait pour maintenir l'ordre en patrouillant une vaste zone avec 7.000 hommes, mais elle a atteint les limites de ses capacités. Conséquemment, en attendant le déploiement d'une force de l'ONU, nous oeuvrons avec nos alliés de l'OTAN pour fournir à l'AMIS une assistance immédiate sur les plans de la planification, de la logistique et du renseignement, entre autres. » M. Bolton a ensuite cité les propos du président Bush : « L'Amérique ne tournera pas le dos à cette tragédie. Nous appellerons le génocide par son nom, et nous soutiendrons les innocents jusqu'à ce que la paix soit installée au Darfour. » « Nous oeuvrons sans relâche à New York afin d'obtenir ce résultat », a affirmé M. Bolton. |