Nous référençons un certain nombre
d'articles sur le Soudan |
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Coopération Chine - Afrique : pour le meilleur ou pour le pire ?
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies] IRIN, Dakar, 30 juin 2006
Compte tenu de l'appétit grandissant de la Chine pour les matières premières et le besoin constant d'aide économique de l'Afrique, le pays le plus peuplé du monde et le continent le plus pauvre de la planète semblent être en parfaite symbiose. La Chine a déclaré 2006 « l'Année de l'Afrique ». Le Premier ministre chinois Wen Jiaboa vient juste de boucler une tournée africaine, au cours de laquelle il s'est rendu en Egypte, au Ghana, au Congo, en Angola, en Afrique du Sud, en Ouganda et en Tanzanie. Cette tournée fait suite à celle effectuée par le Président chinois Hu Jintao au Maroc, au Nigeria et au Kenya en début d'année. En outre, la semaine dernière, le Président sénégalais Abdoulaye Wade a effectué une visite officielle en Chine et la ville de Pékin accueillira en novembre prochain le sommet sino-africain. Lors de sa visite à Brazzaville, la capitale congolaise, M. Jiabao a déclaré : « Notre objectif dans notre coopération avec l'Afrique est de renforcer la capacité de l'Afrique à asseoir son développement autonome. Dans la coopération avec l'Afrique, la Chine ne cherche pas des intérêts égoïstes. Nous sommes attachés à deux principes : l'égalité, les avantages réciproques et la non ingérence dans les affaires intérieures de l'Afrique ».
Aucune condition préalable à l'aide économique
Cependant, pour les défenseurs des droits de l'homme, la demande de la Chine en matières premières risque de porter atteinte au respect des droits de l'homme et aux réformes entreprises pour l'instauration de la démocratie en Afrique. « Nous savons que la Chine a une approche différente sur les droits de l'homme. En entretenant des relations avec des régimes répressifs, comme au Soudan, la Chine accorde plus d'importance à ses intérêts économiques et commerciaux qu'au respect des droits de l'homme et elle permet à ces régimes d'obtenir des ressources qu'ils n'auraient jamais pu obtenir si facilement », a déclaré Saria Rees-Roberts, journaliste à Amnesty International, une association de défense des droits de l'homme basée à Londres. Alors que les bailleurs de fonds occidentaux conditionnent leur aide à la mise en œuvre de réformes politiques et au respect des droits de l'homme, la Chine n'exige qu'une seule chose des états africains : la reconnaissance du principe d'une seule Chine. Ainsi, les pays africains ne considérant pas Taiwan comme faisant partie du territoire chinois ne bénéficient pas des investissements et de l'allègement de la dette de la part du gouvernement de Pékin. En revanche, les Etats africains, même les régimes les répressifs, peuvent tirer parti de leurs relations diplomatiques avec la Chine , dès lors qu'ils reconnaissent ce principe. En effet, la Chine , un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, a menacé d'utiliser son droit de véto pour s'opposer à l'adoption de sanctions contre le Soudan qui, selon certains pays occidentaux, commet un « génocide » dans la région du Darfour. Le Soudan est l'un des principaux fournisseurs de pétrole brut de la Chine. Et pour soutenir son économie en plein essor, la Chine investit en Afrique comme jamais elle ne l'a fait auparavant. Selon le Fonds monétaire international (FMI), l'Afrique affiche un taux de croissance de l'ordre de six pour cent – le taux le plus élevé depuis les trente dernières années - en partie grâce aux investissements chinois. En effet, en 2006, le montant total des importations et des exportations entre l'Afrique et la Chine dépasse les 50 milliards de dollars américains et pourrait atteindre les 100 milliards de dollars d'ici 2010, a souligné le FMI. « Je pense que cela peut être très bénéfique pour l'Afrique. La Chine a des besoins en matières premières et l'Afrique dispose de ces produits », a déclaré Walter Kansteiner III, ancien sous-secrétaire d'Etat américain pour les affaires africaines. « Cela fait monter les prix, augmente le volume des échanges et crée de nouvelles opportunités d'affaires, tout en stimulant le flux de capitaux et le marché de l'emploi ». « Mais il faudra veiller à ce que l'augmentation de l'offre et de la demande ne se fasse pas au détriment des principes de respect des droits de l'homme et de l'environnement », a-t-il ajouté.
Une soif inextinguible pour l'or noir
La soif de la Chine pour l'or noir est inextinguible. L'Angola, deuxième pays producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne après le Nigeria, exporte une grande partie de sa production en Chine. Pékin a investi plusieurs milliards de dollars en Angola, au Nigeria et au Soudan afin d'assurer des droits de forage dans ces pays. Mais il n'y a pas que l'or noir qui intéresse la Chine : son appétit pour les matières premières, dont le coton, est immense. En effet, au Bénin, Togo, Mali et Cameroun, le volume des exportations de coton vers la Chine a considérablement augmenté. Selon les statistiques des Nations unies sur le commerce des marchandises, entre 2002 et 2004, le volume des importations de coton béninois a été multiplié par quatre. En contrepartie, les marchandises chinoises bon marché envahissent les marchés africains – des ustensiles de cuisine aux chaussures, en passant par les vêtements et les appareils électroniques. Au Nigeria, le pays le plus peuplé d'Afrique, les importations en provenance de Chine ont doublé depuis 2002. Cependant, certains fabricants africains, notamment dans le domaine du textile, pâtissent de cette déferlante de marchandises chinoises. Par exemple, le syndicat du textile d'Afrique du Sud a annoncé que 60 000 Sud-Africains avaient perdu leur emploi. « Il est bon parfois d'apprendre à faire face à la concurrence car cela vous oblige à aller de l'avant. Mais comme le secteur industriel est faible en Afrique, il peut être facilement remplacé par de jeunes industries », a déclaré Andrea Bohnstedt, spécialiste Afrique du groupe Global Insight, à Londres. « Et de telles opérations sont de toute évidence politiquement impopulaires puisque la plupart des pays d'Afrique affiche déjà un taux de chômage élevé ».
La Chine investit dans les infrastructures
En dehors des produits manufacturés qu'elle exporte vers l'Afrique, la Chine investit massivement dans les infrastructures telles que les installations hydroélectriques, les télécommunications, les autoroutes, les voies ferrées et les gazoducs. Et à en croire certains analystes, la Chine , dans sa stratégie globale d'investissement, négocie de plus en plus des petits projets de développement avec les pays africains. Le montant de l'aide chinoise à l'Afrique s'élève à plusieurs milliards de dollars. En effet, la Chine a distribué des médicaments antipaludéens en Afrique, a ouvert des centres de formation agricole et a fourni du personnel sanitaire et technique chargé de former le personnel africain. Pékin a annulé la dette bilatérale de l'Afrique dont le montant avoisinait les dix milliards de dollars. En outre, la Chine a versé 3,5 millions de dollars à la mission de maintien de la paix de l'Union africaine au Darfour sous forme d'aide budgétaire et humanitaire. Selon certains analystes, l'une des raisons pour lesquelles la Chine est un partenaire intéressant pour l'Afrique est que les décisions de Pékin se prennent plus rapidement que dans certains pays occidentaux et agences humanitaires. En effet, contrairement à la Chine , ces derniers conditionnent leur aide à la transparence, au respect des droits de l'homme et des principes de la démocratie. Lorsque le FMI a suspendu son aide à l'Angola, après avoir constaté un détournement des recettes du pétrole, la Chine a proposé une subvention de deux milliards de dollars à l'Angola. Lorsque les entreprises européennes se sont retirées du Soudan pour dénoncer la violation des droits de l'homme, les Chinois ont aidé à la construction d'oléoducs et d'autres infrastructures. Enfin, alors que les Etats-Unis tardaient à fournir des patrouilleurs pour protéger le Delta du Niger contre les attaques des milices, le Nigeria s'est tourné vers la Chine.
L'aide militaire chinoise
Lorsqu'il s'agit de questions militaires, les groupes de défense des droits de l'homme s'intéressent de très près aux actions menées par la Chine. Par exemple, dans un rapport publié en juin, Amnesty International a déclaré qu'en vendant des armes et des véhicules au Soudan, la Chine avait contribué à alimenter le conflit, la violence et la politique de répression dans la région. Les résultats d'une enquête menée par les Nations unies en août 2005 ont révélé que la Chine avait fourni plus de 200 camions militaires au Soudan. Amnesty International a également indiqué que la Chine avait échangé des armes contre du bois libérien en violation de l'embargo des Nations unies sur les armes, et qu'elle avait ainsi aidé Charles Taylor à se maintenir au pouvoir, avant son exil en août 2003. La Chine a également fourni des avions de chasse et d'autres équipements militaires au Zimbabwe. « Les relations étroites que la Chine entretient avec le Zimbabwe montre bien l'indifférence de Pékin vis-à-vis des problèmes politiques », a déclaré Princeton Lyman, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Afrique du Sud et au Nigeria devant la Commission sino-américaine en juillet 2005. « La Chine soutient le régime de Mugabe, ce qui lui vaut les foudres de la communauté internationale qui critique le gouvernement de Mugabe [notamment] pour sa politique de répression ». Mais pour certains analystes, les gouvernements occidentaux n'ont pas le droit de pointer du doigt la politique de la Chine , car ils investissent eux-mêmes dans des pays producteurs de pétrole comme la Guinée équatoriale où, selon les groupes de défense des droits de l'homme, le régime en place est tout aussi répressif. « Si l'on regarde l'engagement et les actions des pays occidentaux et des sociétés multinationales pendant la Guerre froide, le tableau n'est pas beaucoup plus reluisant », a affirmé Andrea Bohnstedt. « La différence avec les entreprises chinoises, c'est que les groupes de pression n'existent pas en Chine. En conséquence, les entreprises et les gouvernements « ne subissent aucune pression de la part de la société civile qui pourrait avoir des implications sur le cours de la Bourse , entacher leur réputation » ou les obliger à mieux se comporter d'un point de vue éthique. Selon Andrea Bohnstedt, il s'agit de voir à présent si les gouvernements africains seront capables de négocier des contrats complexes et de travailler dans la transparence afin qu'une grande partie de leur population puisse jouir des avantages des investissements chinois. « En définitive, il revient à chaque gouvernement [africain] de négocier avec ces puissances étrangères », a-t-elle conclu. « Chacun essaie de tirer le maximum de ces relations. Il est donc difficile de rejeter la faute sur le partenaire qui fait des propositions. »
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Soudan / Tchad : une action internationale est requise pour protéger les civils contre les attaques transfrontalières
Amnesty International, communiqué de presse , 29 juin 2006
Alors que les chefs d'État de l'Union africaine sont réunis à Banjul (Gambie) et que le Conseil de sécurité des Nations unies envisage le déploiement d'une force de maintien de la paix au Darfour, Amnesty International a appelé aujourd'hui la communauté internationale à lancer une action urgente destinée à protéger les populations civiles de l'est du Tchad contre les attaques transfrontalières menées depuis le Soudan. « L'Union africaine et les Nations unies ont ici une occasion unique d'apporter une réponse coordonnée et efficace à la crise des droits humains qui sévit depuis si longtemps au Darfour. Cette crise s'étend désormais au Tchad et pourrait déstabiliser l'ensemble de la région. », a déclaré Irene Khan, secrétaire générale d'Amnesty International. « Le gouvernement tchadien doit remplir son devoir de protection vis-à-vis de la population civile, et solliciter l'assistance d'une force internationale si nécessaire. » Amnesty International a émis cet appel parallèlement au lancement d'un reportage vidéo révélant les destructions et les meurtres commis le long de la frontière du Tchad avec le Soudan, et d'un rapport analysant différentes atteintes aux droits humains dans la région. Ce rapport souligne également que les autorités tchadiennes et soudanaises n'assument pas leurs responsabilités face à la crise. « De fait, le gouvernement tchadien a renoncé à son devoir de protection envers les personnes vivant près de la frontière avec le Soudan. Il a abandonné ces populations aux attaques des Janjawids et à l'exploitation des groupes armés soudanais opérant dans l'est du Tchad. » « Le gouvernement soudanais laisse les milices janjawids attaquer les civils tchadiens, de l'autre côté de la frontière, en toute impunité. Les milices tuent, pillent et dépeuplent les terres situées le long de cette frontière. » « Les Janjawids ciblent des populations pratiquement sans défense, et les gouvernements du Soudan ou du Tchad ne s'interposent pas. La communauté internationale doit agir immédiatement et efficacement, avant que la situation ne se dégrade davantage. » « Le sommet de l'Union africaine, qui se tient cette semaine, doit envoyer un signal clair au Soudan : ce pays ne continuera pas à bloquer le déploiement d'une opération de maintien de la paix des Nations unies sans en subir les conséquences. L'Union africaine doit élaborer un programme d'action clair visant à faire pression sur le gouvernement soudanais. Un tel programme pourrait prévoir des sanctions, et également suspendre la décision autorisant le Soudan à présider l'Union africaine en 2007. » Le Conseil de sécurité étudiera cette semaine les conclusions d'une mission d'évaluation des Nations unies concernant une opération de maintien de la paix au Darfour. « La crise qui se développe au Tchad indique que le temps presse. Les membres du Conseil doivent afficher une plus grande fermeté envers le gouvernement soudanais, afin que celui-ci accepte l'intervention d'une mission de maintien de la paix au Darfour. Le mandat de cette mission comprendra la protection des populations et la capacité d'empêcher les incursions transfrontalières. » « La tragédie qui frappe l'est du Tchad est une conséquence directe du conflit du Darfour. De ce fait, la communauté internationale se doit d'apporter une réponse à la crise humanitaire et à la crise des droits humains affectant les deux côtés de la frontière. » « Le Conseil de sécurité ne doit pas seulement se montrer déterminé à pallier l'absence de protection des populations dans l'est du Tchad. Il doit s'y employer sans délai et ne pas attendre une réaction du gouvernement soudanais concernant le Darfour. Les civils vivant dans l'est du Tchad ont désespérément besoin de protection. Ils ne doivent pas être assujettis au rythme des négociations avec Khartoum. « Si le vide politique et l'absence de protection persistent dans l'est du Tchad, une dégradation générale de la situation est à craindre » , a ajouté Irene Khan. Depuis septembre 2005, les attaques menées par les Janjawids dans cette partie du Tchad ont provoqué le déplacement de 50 000 à 75 000 personnes, qui se sont réfugiées à l'intérieur des terres. Environ 15 000 d'entre elles, sans autre voie pour fuir, se sont retrouvées au Darfour. N'ayant que peu ou pas d'accès à l'aide humanitaire, et recherchant désespérément une protection, les personnes déplacées peuvent alors être enrôlées par les groupes armés du Darfour basés dans l'est du Tchad. Le rapport indique également qu'une coordination semble s'amorcer entre les Janjawids et les groupes armés tchadiens opérant au Darfour. Tandis que ces derniers lancent des attaques contre l'armée tchadienne d'un côté de la frontière, les Janjawids s'en prennent aux populations civiles de l'autre côté. Ils ciblent spécifiquement les tribus qui ne se sont pas alliées aux rebelles tchadiens. Les attaques des Janjawids ont délibérément cherché à diviser les populations. Elles ont été dirigées contre les groupes les plus importants et les plus riches. Dans le même temps, des tribus de moindre importance ont fait alliance avec ces milices. En juin 2006, des chefs locaux de l'est du Tchad ont déclaré aux chercheurs d'Amnesty International qu'ils tentaient désespérément d'acquérir des armes pour se défendre contre les attaques. S'ils en obtiennent, les violences risquent de s'aggraver avec l'intensification des affrontements intercommunautaires. Amnesty International a émis un certain nombre de recommandations, parmi lesquelles :
« Ce qui se passe au Tchad rappelle les premiers temps du conflit du Darfour. Nous constatons des atteintes aux droits humains identiques, commises par les mêmes auteurs » , a déclaré Irene Khan. « Les graines des violences du Darfour ont été semées dans l'est du Tchad. Faute d'action urgente et cohérente aux deux côtés de la frontière, la communauté internationale s'expose à une sanglante récolte. »
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Les problèmes du monde pourraient dominer le sommet de l'Union Africaine
IRIN, Banjul, 29 juin 2006
A l'occasion du sommet annuel de l'Union africaine (UA) qui s'ouvre ce week-end à Banjul, la capitale gambienne, l'organisation continentale se penchera sur deux dossiers brûlants, mais l'arrivée en Gambie de deux chefs d'Etat les plus décriés du moment pourrait leur voler la vedette. Mahmoud Ahmadinejad, le chef d'Etat iranien et son homologue vénézuélien, Hugo Chavez, participeront au sommet de l'UA en Gambie, sur invitation du président gambien, Yahya Jammeh. Ces trois leaders sont en conflit avec les Etats-Unis pour des motifs différents : Ahmadinejad, pour les ambitions nucléaires de l'Iran ; Chavez, pour sa politique du pétrole ; et Yaya Jammeh, pour ses violations répétés des droits de l'homme L'avenir de la mission de maintien de la paix de l'UA dans la région instable du Darfour, au Soudan, la situation de l'ex-président tchadien Hissène Habré poursuivi pour crimes contre l'humanité, actes de tortures et de barbarie. Ce sont-là les questions brûlantes inscrites à l'ordre du jour de ce sommet et auxquelles l'UA devra apporter une réponse. L'organisation panafricaine abordera également d'autres problèmes, notamment la situation en Somalie et au Tchad, un pays qui subit de plein fouet les conséquences humanitaires du conflit du Darfour. En marge du sommet, le Secrétaire général des Nations unies Kofi Annan rencontrera le Président soudanais Omar Hassan al-Bashir et tentera de le convaincre d'accepter l'envoi de Casques bleus de l'ONU dans le Darfour. « J'espère que nous aurons l'occasion d'aborder le problème du Darfour avec le président du Soudan et d'autres chefs d'Etats présents à Banjul, et que nous parviendrons à trouver un accord sur la manière d'assurer le transfert du mandat des forces africaines de maintien de la paix aux Casques bleus de l'ONU », a souligné M. Annan. « Je pense que cela est important et qu'il est essentiel de parvenir à un accord et d'avancer ». Le Secrétaire général des Nations unies a également indiqué qu'il demandera au Conseil de sécurité de renforcer les capacités de la mission de maintien de la paix de l'UA qui compte se retirer du Darfour à l'expiration de son mandat, en fin septembre. A Banjul, M. Annan tiendra également un mini-sommet sur la Côte d'Ivoire. Il se rendra ensuite en Sierra Leone, au Liberia, en Côte d'Ivoire, puis au Ghana où il séjournera dans le cadre d'une visite privée. L'autre dossier important inscrit à l'autre du jour du sommet de l'UA est l'affaire Hissène Habré. L'organisation panafricaine devra décider du sort de l'ex-président tchadien qui vit en exil au Sénégal depuis 1990. En 2000, un tribunal de Dakar, la capitale du Sénégal, a inculpé M. Habré pour complicité de crimes contre l'humanité, avant que la justice sénégalaise n'ordonne l'abandon des poursuites dont il faisait l'objet. Les présumées victimes du régime de M Habré s'étaient tournées vers la Belgique , pays où certains d'entre eux résidaient, et en septembre 2005, la Belgique inculpait et demandait l'extradition de M. Habré. La justice sénégalaise s'était déclarée incompétente pour statuer sur la demande d'extradition, s'en remettant alors à la décision de l'UA. Sept juristes avaient été désignés et chargés d'étudier le dossier de Hissène Habré et de présenter leurs recommandations en juin lors du sommet des chefs d'Etat de l'organisation panafricaine. Après l'arrestation de l'ex-président libérien Charles Taylor, la décision de l'UA est très attendue. Elle déterminera la volonté réelle de l'organisation à traduire certains ex-leaders africains devant la justice. Chaque année, le sommet de l'UA est un test de l'engagement du continent à mener des réformes. Pour l'organisation continentale, il s'agit désormais de remplacer la politique de « non ingérence » de sa devancière, l'Organisation de l'unité africaine (OUA), par une politique de « non indifférence ». Et pour traduire en actes concrets cette nouvelle politique, l'UA participe à de nombreuses opérations de maintien de la paix et s'oppose à toute prise de pouvoir par des moyens anticonstitutionnels. Ainsi, l'organisation panafricaine avait rejeté l'année
dernière la tentative de prise de pouvoir de Faure Gnassingbé à la
mort de son père, l'ex-président Gnassingbé Eyadéma. Le sommet de l'UA sera également l'occasion pour les chefs d'Etat du continent d'aborder la crise somalienne et le contrôle du sud du pays et de la capitale Mogadiscio par le Conseil des tribunaux islamiques. Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ont critiqué la décision de l'UA d'organiser son sommet en Gambie, un pays épinglé par les bailleurs internationaux pour ses violations des droits de l'homme et son manque de volonté à engager des réformes démocratiques. L'UA met actuellement sur pied une Cour africaine des droits de l'homme et des peuples basée à Arusha, en Tanzanie. Elle sera composée de 11 juges qui ont été sélectionnés à travers le continent et qui seront investis dans leur fonction pendant le sommet. Cette Cour n'a pas pour vocation d'instruire des affaires criminelles et de poursuivre des individus. Sa mission est de traiter les plaintes de violation des droits de l'homme déposées contre des gouvernements.
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C'est le travail qu'ils ont fait pour renforcer la démocratie en Afrique qui leur a valu cet honneur.
Washington File par Rachel J. King, 27 juin 2006
Le 27 juin, la Fondation nationale de promotion de la démocratie (« National Endowment for Democracy »ou NED) a rendu hommage à quatre militants africains - deux hommes et deux femmes - pour avoir encouragé la démocratie, les droits de l'homme, l'égalité entre les sexes, la transparence gouvernementale et des élections libres et honnêtes dans leur pays. Depuis 1987, la NED récompense par son Prix de la démocratie des militants qui se sont distingués par leur travail en faveur de la démocratie et de la bonne gouvernance, aussi bien personnellement que pour le compte des organismes pour lesquels ils travaillent. Cette année, les quatre lauréats du prix ont été choisis dans des pays d'Afrique subsaharienne et sont M. Alfred Taban (Soudan ), M. Reginald Matchaba-Hove (Zimbabwe), Mme Zainab Hawa Bangura (Sierra-Leone) et Mme Immaculée Birhaheka (République démocratique du Congo ou RDC). « L'Afrique a été le témoin de conflits plus longs que n'importe où ailleurs. Les personnes que la NED honore cette année ont fait preuve d'un courage personnel énorme et de beaucoup d'optimisme. Elles se sont butées à des régimes brutaux et ont dû travailler dans des circonstances on ne peut plus pénibles. Si la démocratie continue à avancer en Afrique, c'est au dévouement de militants comme eux qu'on le doit », a fait remarquer le président de la NED , M. Vin Weber. M. Alfred Taban , rédacteur en chef et président du seul quotidien indépendant de langue anglaise du Soudan, le « Khartoum Monitor », a accepté le prix au nom du peuple du Darfour, « un peuple qui souffre depuis longtemps et qui est marginalisé ». « Grâce à ce prix, je vais pouvoir continuer la bataille pour que le Soudan soit véritablement démocratique », a-t-il dit. Inspiré par Martin Luther King, le militant américain en faveur des droits civiques, M. Reginald Matchaba-Hove, président du Réseau de support électoral du Zimbabwe, s'est fait le défenseur de la fourniture de services sociaux fondamentaux et d'élections libres et transparentes dans son pays. Rappelant que le chemin conduisant son pays vers la démocratie avait été long et parfois frustrant, Mme Zainab Hawa Bangura, responsable des affaires civiles auprès de la mission de l'ONU au Liberia, a fait remarquer que s'il restait encore beaucoup à faire pour instituer la démocratie en Afrique, les efforts engagés avaient porté leurs fruits et que les voix des militants se faisaient désormais mieux entendre. Mme Immaculée Birhaheka, présidente et co-fondatrice de l'association « Promotion et support des initiatives féminines » s'est consacré à la cause des prisonniers politiques et cherche à mettre fin aux nombreux viols de femmes en RDC. Le prix que lui a conféré la NED , a-t-elle dit, n'est pas seulement un honneur récompensant son travail acharné, mais aussi la reconnaissance que la communauté internationale s'intéresse aux pays africains. « Je le considère comme un prix décerné au peuple congolais. Je considère aussi qu'il est l'indication que la NED et le peuple américain sont prêts à épauler le peuple congolais alors qu'il poursuit sa marche difficile vers la démocratie », a-t-elle expliqué. Pour la secrétaire d'État adjointe pour les questions liées à la démocratie et aux affaires mondiales, Mme Paula Dobriansky, « ces prix sont la reconnaissance de la tâche courageuse et novatrice accomplie par ces remarquables militants qui ont fait avancer la cause de la démocratie dans leur pays et ont réussi à l'établir ». Quelques heures plus tôt, les quatre lauréats se sont entretenus des droits de l'homme et des principes démocratiques avec M. Bush à la Maison-Blanche . « Cela m'a mis du baume au cœur de parler avec des personnes qui aiment la liberté et qui se battent pour elle », a dit le président en ajoutant : « Il y avait là un Soudanais qui a parlé avec éloquence de la liberté de la presse, un médecin du Zimbabwe qui a évoqué la condition humaine et la nécessité, pour les États-Unis, de rester engagés avec les mouvements en faveur de la démocratie et d'aider les gens qui souffrent de la faim. » M. Bush a félicité les lauréats du prix pour leur action en faveur de l'avancement de la démocratie, se déclarant « fier » d'être en leur compagnie. « Je vous remercie d'être les témoins de ce fait universel : la liberté s'applique à tous ; tous les peuples du monde veulent être libres et la liberté n'est pas seulement l'apanage des Américains. La liberté appartient à tous, et c'est avec courage que vous vous battez pour répandre le concept de la liberté », a déclaré M. Bush. La NED est une association sans but lucratif établie en 1983 afin de renforcer les institutions démocratiques. (Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)
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Paix introuvable au Darfour, par Michaël Chetrit et Mahor Chiche*
Le Monde, 28 juin 2006
Pour le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, le Darfour, cette province de l'ouest du Soudan où se déroulent depuis 2003 des massacres à grande échelle est "l'enfer sur terre" . Au cours des vingt dernières années, la communauté internationale a assisté, impuissante, aux massacres massifs du sud Soudan, 2 millions de morts depuis 1983. Aujourd'hui, la communauté internationale doit faire cesser les crimes contre les populations civiles noires du Darfour. Les milices janjawids, alliées du régime islamiste de Khartoum, s'appuient sur les tribus musulmanes "arabes" , pour massacrer les tribus musulmanes "africaines" contestataires de l'ouest du pays. Selon un rapport accablant du procureur général de la Cour pénale internationale présenté à l'ONU, le 14 juin, sur les 6 millions de Darfouriens, plus de 200 000 civils sont morts depuis 2003, au rythme de 10 000 victimes par mois. Aujourd'hui, 2,5 millions de réfugiés et de déplacés vivent dans des camps exsangues soutenus par une aide internationale entravée et terrorisée par le régime de Khartoum. Depuis juin 2004, 7 000 soldats de la mission de l'Union africaine, sous-équipés, sont cantonnés à un rôle difficile de simple observateur dans une région grande comme la France. En outre, l'Union africaine, qui n'est plus financée par la communauté internationale, n'a pas l'intention de poursuivre sa mission au-delà du 30 septembre. Ce départ risque de déclencher l'intensification des attaques, qui se poursuivent aujourd'hui en dépit d'un "deuxième" accord de paix de désarmement et de démocratisation, signé en mai à Abuja, au Nigeria, entre le gouvernement soudanais et la principale milice rebelle du Darfour, le Mouvement de libération du Soudan. Le 16 mai dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a enfin pris une résolution autorisant le principe d'une opération des casques bleus au Darfour, en remplacement de la mission de l'Union africaine. Cette résolution a été prise en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations unies prévoyant la possibilité de "mesures coercitives" , économiques ou militaires. Mais cette éventualité reste théorique car la Russie et surtout la Chine demeurent très "réservées" sur tout emploi de la force. Le Soudan représente en effet 6 % des importations chinoises de pétrole. Les Nations unies tentent donc désespérément d'obtenir l'accord de Khartoum pour cette opération de maintien de la paix. Le Soudan a certes accepté une mission d'évaluation de l'ONU en territoire soudanais, s'attirant les foudres du numéro deux d'Al-Qaida, Ayman Al-Zawahiri, mais s'oppose toujours à l'entrée des casques bleus au Darfour. Le blocage est total. Le secrétaire général adjoint de l'ONU a, en effet, déclaré : "Toutes les opérations de maintien de la paix en Afrique s'effectuent avec la coopération du pays d'accueil." L'ONU s'active sans relâche depuis le début du conflit et pourtant, sur le terrain, la situation ne s'améliore pas. Le gouvernement soudanais gagne du temps alors que les massacres continuent. Le régime de Khartoum, issu d'un coup d'Etat intervenu en 1989 alors que son parti, une émanation des Frères musulmans, n'avait recueilli que 15 % des voix lors des premières élections libres du pays, se distingue par sa brutalité depuis près de dix-sept ans, au sud Soudan d'abord, puis au Darfour. Face à cette dictature, il n'est plus concevable d'envisager une autre voie que sa mise à l'écart du pouvoir. Seul un front uni de la communauté internationale permettra d'arrêter les massacres et de restaurer la démocratie au Soudan. Pour surmonter le veto chinois, il n'y a donc qu'une possibilité : rallier la Chine à la mobilisation internationale, en la rassurant sur la continuité de ses exploitations pétrolières au Soudan. Il en va de la vie de la grande majorité du peuple soudanais, depuis trop longtemps opprimé.
*Michaël Chetrit et Mahor Chiche sont membre et vice-président d'Urgence Darfour France
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Khartoum suspend la mission de l'Onu au Darfour
Nouvel Observateur, avec Reuters, 25 juin 2006 par Opheera McDoom
Le Soudan a suspendu les activités d'une mission de l'Onu dans la province troublée du Darfour, après avoir accusé l'organisation internationale d'avoir assuré le transport d'un dirigeant rebelle hostile à un récent accord de paix, annonce un responsable soudanais. "La suspension s'applique à l'ensemble du Darfour et sera maintenue jusqu'à ce que nous recevions une explication", a dit Jamal Ibrahim, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Il a précisé que cette mesure était imposée parce qu'un hélicoptère de l'Onu avait pris à son bord, sans consulter au préalable les autorités de Khartoum, le chef rebelle Suleiman Adam Jamous, qui a rejeté l'accord de paix signé le 5 mai dernier. Jamous était le coordinateur humanitaire de l'Armée de libération du Soudan (SLA) avant que cette organisation ne connaisse une scission en novembre dernier. Il avait naguère été le principal contact pour les 14.000 employés humanitaires déployés au Darfour. "Il a été pris en charge par un hélicoptère des Nations unies entre el-Fasher et Musbat", a expliqué Ibrahim en faisant allusion à des secteurs du Nord-Darfour. "Les autorités n'ont pas été consultées et aucune autorisation n'a été demandée, ce qui relève d'une évidente négligence", a-t-il ajouté en parlant d'une "violation flagrante" de la souveraineté du Soudan.
La mission de l'ONU pas informée de la mesure
Le chef de la faction du SLA qui a signé l'accord, Minni Arcua Minnawi, a jeté en prison Jamous pour son opposition à la conclusion de l'accord. Des responsables de l'Onu et des groupes de défense des droits de l'homme ont fini par obtenir sa libération. La mesure de suspension prise par le pouvoir central soudanais ne concerne en revanche pas deux agences de l'Onu, le Programme alimentaire mondial (Pam) et le Fonds mondial des Nations unies pour l'enfance (Unicef), a précisé Ibrahim. Les Nations unies coordonnent l'une des plus importantes opérations d'aide humanitaire au monde au Darfour et supervisent la situation en matière de santé, de malnutrition et des droits de l'homme dans une zone grande comme la France Une porte-parole de l'Onu, Radhia Achouri, a déclaré que la mission des Nations unies n'avait pas reçu la moindre communication officielle du gouvernement de Khartoum en ce sens. "Nous avons nous pris connaissance des informations données par les médias mais n'avons pas reçu de confirmation officielle de cela par le gouvernement du Soudan", a déclaré la porte-parole. Après plus de trois ans de guerre civile dans l'ouest du Soudan, des dizaines de milliers de personnes ont péri et 2,5 millions d'habitants du Darfour ont été contraints de se reloger dans des camps de misère, provoquant l'une des pires catastrophes humanitaires.
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Human Rights Watch accuse le Soudan et le Tchad de soutenir des groupes armés violents
Agence France Presse-27 juin 2006
L'organisation Human Rights Watch (HRW) a accusé, le 22 juin dernier, le Tchad et le Soudan de «soutenir des groupes armés» responsables de «graves crimes» dans l'est tchadien, où des violences ont fait «des centaines» de morts et 50 000 déplacés ces dernières semaines. «Les gouvernements du Tchad et du Soudan soutiennent des groupes armés qui commettent de graves crimes contre les civils dans l'est du Tchad», affirme l'ONG dans un communiqué.
Dans un nouveau rapport, intitulé Violence par-delà les frontières : la crise des droits de l'Homme dans l'est du Tchad , HRW dénonce «une détérioration drastique de la situation» dans cette partie du pays frontalière de la région soudanaise du Darfour. «Les milices soudanaises djandjawids soutenues par le gouvernement (soudanais) attaquent à leur guise; et les rebelles du Darfour opposés à Khartoum recrutent par la force des réfugiés soudanais, y compris des enfants, pour les utiliser comme combattants», déplore l'organisation. «Des centaines de civils tchadiens ont été tués ces dernières semaines dans des attaques perpétrées par des milices soudanaises et des combattants alliés tchadiens, et plus de 50 000 personnes ont été déplacées», ajoute-t-elle. «Khartoum et N'Djamena doivent mettre immédiatement un terme à leur soutien aux groupes armés qui font des ravages parmi les civils», insiste le directeur Afrique de HRW, Peter Takirambudde. Depuis son début en février 2003, la guerre civile au Darfour, dans l'ouest du Soudan, a fait entre 180 000 et 300 000 morts et déplacé plus de deux millions de Soudanais, dont plusieurs dizaines de milliers ont trouvé refuge dans l'est du Tchad. Le conflit oppose des rebelles d'ethnies africaines aux autorités de Khartoum, suppléées sur le terrain par les milices arabes djandjawids . HRW avait déjà mis en garde contre les risques de débordement des violences. Selon ce nouveau rapport, la situation s'est aggravée depuis la fin de 2005 avec des attaques au Tchad menées par «des rebelles tchadiens apparemment soutenus par le gouvernement soudanais» et qui «utilisent le Darfour comme point de départ». Les rebelles tchadiens du Front uni pour le changement (FUC) ont été repoussés, le 13 avril, aux portes de N'Djamena grâce à l'armée française. Pour HRW, le soutien tchadien aux rebelles du Darfour «semble lié aux tentatives gouvernementales de combattre les rebelles» hostiles au président Idriss Deby Itno. «Par ailleurs, l'ONG redoute des «alliances» formées par les milices soudanaises avec certains groupes ethniques tchadiens. «Les attaques des djandjawids […] aggravent les tensions ethniques latentes au Tchad», prévient Peter Takirambudde qui craint une «explosion de la violence communautaire».
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Le PAM construit 25 écoles dans le Sud Soudan
Angola Presse, 24 juin 2006
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a entamé un projet de construction de 25 écoles dans le Sud Soudan où les taux de fréquentation scolaire au primaire sont les plus faibles au monde, pour un coût de 3,5 millions de dollars US. Plus de 20 années d`une guerre civile qui n`a pairs fin qu`en janvier 2005 ont détruit l`essentiel des infrastructures de cette région où on estime que seuls 20% des enfants fréquentent l`école primaire. Parmi ces derniers, seuls 35% sont des filles, selon un communiqué de presse publié par le PAM jeudi. Sur une population estimée à 7,5 millions d`habitants, seules 500 filles au Sud Soudan terminent chaque année le cycle primaire. Ces statistiques inquiétantes ont poussé l`organisme onusien à ajouter la construction d`écoles à sa liste de projets de relance à travers le Soudan, où il vise à nourrir près de 6,1 millions de personnes chaque année dans le cadre d`une opération d`urgence. Le projet de construction est en harmonie avec les Objectifs de développement du millénaire et la politique du gouvernement du Sud Soudan qui considèrent, tous deux, l`éducation primaire universelle comme un objectif. Ce projet vient en complément d`un Programme de cantine scolaire du PAM qui vise à accroître les inscriptions et la fréquentation scolaires en donnant aux enfants un repas gratuit quand ils vont en classe. Le PAM a déjà signé des contrats pour construire quatre écoles grâce à des dons de 800.000 USD du Royaume-Uni et de 400.000 USD des Pays-Bas, reçus en 2005
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La violence au Darfour déborde sur le Tchad, selon l'organisation humanitaire Human Rights Watch
Nouvel Observateur, Nairobi avec AP, 22 juin 2006
La violence au Darfour déborde sur le Tchad, où les milices soutenues par les gouvernements tchadiens et soudanais se livrent à des exactions contre la population civile, selon un rapport publié jeudi par l'organisation humanitaire internationale Human Rights Watch. "Les civils dans l'est du Tchad sont piégés entre le carnage au Darfour et la spirale tchadienne vers le chaos", souligne Peter Takirambudde, directeur de la division Afrique de l'ONG. Les gouvernements tchadiens et soudanais "doivent immédiatement cesser de soutenir les groupes armés qui font des ravages dans la population civile des deux côtés de la frontière", ajoute-t-il. Les combats ont fait plusieurs centaines de morts parmi les civils dans l'est du Tchad au cours des dernières semaines. Les rebelles tchadiens ont leurs bases le long de la frontière entre le Tchad et le Soudan. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'est récemment dit "extrêmement inquiet" face à la poursuite des attaques par les milices soudanaises janjawid dans l'est du Tchad et aux risques d'accroissement du déplacement interne de Tchadiens. L'insécurité persistante est également une menace pour les 213.000 réfugiés soudanais du Darfour qui se trouvent dans la douzaine de camps administrés par le HCR dans cette région isolée le long de la frontière avec le Soudan. Le HCR rapporte que "les attaques janjawid contre les Tchadiens semblent devenir plus systématiques et même parfois mortelles, durant ces trois derniers mois et il n'y a aucun signe que cet engrenage ne s'arrête." Environ 50.000 personnes sont déplacées dans l'est du Tchad, elles ont fui leurs maisons ces derniers mois après une douzaine d'attaques par les janjawid, ces milices arabes qui s'en prennent aux populations africaines du Darfour. AP
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L'aide aux réfugiés appuie la liberté, la justice et la dignité humaine, souligne Mme Ellen Sauerbrey
Etats-Unis, gouvernement, 21 juin 2006
Washington - Les États-Unis devancent tous les autres donateurs internationaux lorsqu'il s'agit de l'aide qu'ils apportent aux organismes œuvrant à atténuer les souffrances des réfugiés soudanais, a souligné dans un discours prononcé le 20 juin, Journée mondiale du réfugié, la secrétaire d'État adjointe pour les questions liées à la population, aux réfugiés et à la migration, Mme Ellen Sauerbrey. Plus de 200.000 personnes ont fui la persécution et la violence dans la région du Darfour (Soudan) pour se réfugier dans des camps situés à l'est du Tchad où des organes de l'ONU et des organisations non gouvernementales leur apportent une aide, une initiative internationale à laquelle les États-Unis ont déjà contribué à hauteur de 115 millions de dollars, a précisé Mme Sauerbrey. Le programme fédéral d'aide aux réfugiés, a-t-elle expliqué, entre dans le cadre des impératifs que se sont donnés les États-Unis au plan humanitaire et vise à sauvegarder la dignité des hommes, un objectif qui, selon elle, a de profondes implications en matière de sûreté nationale, notamment lorsque des gouvernement répressifs et des États défaillants créent des situations propices à la multiplication des réfugiés. « Lorsque nous aidons les victimes de la persécution et des conflits, nous transformons les sociétés et soutenons le premier pilier de la stratégie du président Bush en matière de sécurité nationale, à savoir la promotion de la liberté, de la justice et de la dignité humaine », a-t-elle fait valoir. Malheureusement, à une époque où la sécurité dans le monde se trouve renforcée, le travail humanitaire est devenu plus difficile et plus dangereux, et les États-Unis doivent s'efforcer de trouver un équilibre entre la réalisation de deux objectifs importants : entraver les activités des terroristes et appuyer le travail humanitaire. Les changements qui sont survenus dans les lois américaines relatives à l'immigration, après les attentats du 11 septembre 2001, ont eu pour effet inattendu d'empêcher certaines victimes de conflit et d'oppression de se réinstaller aux États-Unis parce qu'elles avaient pris part, dans le passé, à des activités de résistance, ou qu'on les avait obligées à fournir « un appui matériel » (aux yeux de la loi) à ceux qui les persécutaient. En raison de cet obstacle juridique, les États-Unis ne seront pas en mesure d'admettre sur leur territoire tous les 54.000 réfugiés qu'ils s'étaient promis d'accueillir en 2006, bien que les responsables s'efforcent de trouver une solution équitable au problème. Récemment, la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, a autorisé une exemption en ce qui concerne certaines restrictions liées à la sécurité pour permettre la réinstallation aux États-Unis de plusieurs milliers de membres de l'ethnie karen, une minorité birmane vivant dans un camp situé en Thaïlande. Pour certains réfugiés, le fait d'être admis cette année à se réinstaller aux États-Unis est une solution longuement attendue à des décennies d'errance de pays en pays. Le 19 juin, des responsables du département d'État ont annoncé que plusieurs milliers de Turcs meskhètes seraient autorisés à se réinstaller aux États-Unis, plus d'un demi-siècle après que leurs ancêtres furent expulsés de leur patrie, dans le sud de la Géorgie , par Joseph Staline. Selon les statistiques du département d'État, environ 2,6 millions de réfugiés ont reçu l'autorisation de se réinstaller aux États-Unis au cours des 30 dernières années. Les États-Unis sont le premier pays donateur aux programmes d'aide aux réfugiés et celui qui accueille le plus grand nombre de réfugiés.
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La Chine accorde une aide de 3,5 millions de dollars à la mission de l'UA au Darfour
IRIN, Brazzaville, 21 juin 2006
Le gouvernement chinois a accordé une importante aide budgétaire et humanitaire de 3,5 millions de dollars américains à la mission de l'Union africaine (UA) au Darfour, au Soudan, a annoncé le Premier ministre chinois Wen Jiabao. En annonçant la nouvelle lundi à Brazzaville, la capitale du Congo où il a séjourné pendant deux jours, M. Jiabao a indiqué que cette aide vise à appuyer les efforts déployés par l'UA pour régler au plus vite les points chauds de l'actualité africaine. Une aide budgétaire d'un million de dollars sera destinée aux opérations de maintien de la paix au Darfour et les 2,5 millions dollars d'aide humanitaire d'urgence serviront à atténuer la souffrance de la population locale, a précisé M. Jiabao. La région du Darfour, à l'ouest du Soudan, est en proie à une guerre civile qui oppose depuis trois ans des mouvements rebelles aux milices soutenues par le gouvernement de Khartoum. Ce conflit a fait près de 1,8 millions de déplacés et quelque 200 000 soudanais fuyant les exactions des belligérants ont trouvé refuge au Tchad voisin. Au cours de sa visite au Congo, M. Jiabao s'est entretenu avec Denis Sassou-Nguesso, le chef de l'Etat congolais et président en exercice de l'UA. Indiquant que la Chine était soucieuse du développement autonome de l'Afrique, M. Jiabao a déclaré : « Notre objectif dans notre coopération avec l'Afrique est de renforcer la capacité de l'Afrique à asseoir son développement autonome. Dans la coopération avec l'Afrique, la Chine ne cherche pas des intérêts égoïstes. Nous sommes attachés à deux principes : l'égalité, les avantages réciproques et la non ingérence dans les affaires intérieures de l'Afrique ».
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Le Soudan "ne sera pas un pays recolonisé
Nouvel Observateur, 20 juin 2006
Le président soudanais Omar Hassan al-Bashir a déclaré que tant qu'il serait au pouvoir, il était exclu qu'une force des Nations unies soit déployée au Darfour, rapporte mardi 20 juin l'agence de presse soudanaise Suna. Cette déclaration coïncide avec l'arrivée au Soudan du président sud-africain Thabo Mbeki, favorable à l'envoi de casques bleus dans cette région de l'ouest du Soudan où les forces de l'Union africaine n'ont pas réussi à mettre fin à un conflit qui, en trois ans, a fait des dizaines de milliers de morts et deux millions de réfugiés. "Le Soudan, premier pays de l'Afrique sub-saharienne à accéder à l'indépendance, ne sera pas le premier pays à être recolonisé", a déclaré lundi soir le président dans un discours à des parlementaires.
Ambassade sud-africaine
Dès son arrivée, Thabo Mbeki s'est rendu auprès d'Omar Hassan al-Bashir et du vice-président Salva Kiir, un ancien rebelle du sud arrivé au pouvoir après la conclusion d'un accord de paix, l'an dernier.
Le gouvernement a signé en mai dernier un accord de paix avec la principale faction rebelle au Darfour, mais d'autres groupes ont refusé de s'y associer et le gouvernement s'oppose à un plan de substitution d'une force de l'Onu à la force africaine. Le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères, Aziz Pahad, a déclaré la semaine dernière que Thabo Mbeki espérait convaincre Khartoum d'accepter que les Nations unies prennent le relais des 7.000 membres de la force de l'UA chargée de faire respecter le cessez-le-feu au Darfour. Jamal Ibrahim, porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, a néanmoins déclaré à des journalistes que le déploiement d'une force de l'Onu n'était pas à l'ordre du jour. Thabo Mbeki s'efforcera aussi de renforcer l'application de l'accord de paix conclu il y a dix-huit mois pour mettre fin à une guerre civile déclenchée il y a vingt ans dans le sud du Soudan, a déclaréAziz Pahad.
Fragile accord de paix
Le Groupe international de crise a déclaré à propos du Darfour que seule une mission de maintien de la paix de l'Onu pourrait sauver l'accord de paix, largement battu en brèche. Des milliers de réfugiés manifestent quotidiennement dans les camps au Darfour en affirmant que l'accord ne répond pas à leurs besoins fondamentaux et les forces de l'UA ont été attaquées par des Darfouris. "Le risque est grand que la communauté internationale, dans son empressement à parvenir à un accord, en ait encouragé un qui est structurellement faible", dit un rapport du Groupe international de crise. Le conflit du Darfour a débuté en 2003 lorsque des rebelles, originaires de communautés rurales non arabes, ont pris les armes pour réclamer une meilleure représentation au sein du gouvernement. Ce dernier a recruté des milices tribales arabes pour tenter d'étouffer la rébellion.
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Cessez-le-feu signé avec l'Est
L'Express avec Reuters par Sahra Saoudi, 20 juin 2006
Le gouvernement de Khartoum et les rebelles de l'Est ont signé lundi un accord de cessation des hostilités, visant à mettre fin à plus d'une décennie de combats sporadiques. Les pourparlers se poursuivent aujourd'hui
Débutés la semaine dernière en Erythée, les pourparlers entre le gouvernement soudanais et les rebelles de l'Est ont débouché lundi sur la signature d'un accord de cessation des hostilités, lors d'une cérémonie publique, à Asmara. "Un accord a été signé, une déclaration de principe pour guider les négociations entre les deux parties, ainsi qu'un accord pour créer un environnement propice à la paix qui inclut une cessation des hostilités et un retrait militaire", a indiqué Yemane Gebreab, chef des Affaires politiques au Front populaire pour la démocratie et la justice, le parti au pouvoir en Erythrée. Les pourparlers d'Asmara font suite à une rencontre le 13 juin dernier à Khartoum entre le président soudanais, Omar al-Béchir, et son homologue érythréen, Issaias Afeworki - la première fois depuis cinq ans - afin de jeter les bases d'un retour à la paix dans l'est du pays. Le 25 mai, Khartoum et les rebelles du Front de l'Est avaient déjà signé un accord pour ouvrir leurs premiers pourparlers de paix et tenter d'en finir avec des combats sporadiques aux conséquences humanitaires dramatiques.
Des rebelles au gouvernement L'insurrection s'était amplifiée en janvier de l'an dernier, lorsque la police avait ouvert le feu sur une manifestation pacifique à Port Soudan, faisant des dizaines de morts et de blessés. Mais les relations entre l'Erythrée et le Soudan s'étaient peu à peu réchauffées depuis septembre lorsque d'anciens rebelles du Sud, autrefois aidés par Asmara, sont entrés dans le gouvernement de Khartoum.
Les rebelles de l'Est, alliés à d'autres groupes de rebelles soudanais, contrôlent depuis une dizaine d'années l'Hamesh Koreb, une petite zone de la frontière érythréo-soudanaise qui comprend le principal port du Soudan. Tout comme d'autres régions du pays, l'Est se plaint d'être négligé par le pouvoir central. Il revendique plus d'autonomie et un meilleur contrôle des ressources. Les pourparlers de paix entre les deux parties se poursuivent aujourd'hui dans la capitale érythréenne. |
Arrivée à Khartoum d'une délégation du groupe rebelle du Darfour
Radio Chine, 19 juin 2006
Une délégation de la principale faction rebelle qui a signé en mai l'accord de paix au Darfour avec le gouvernement soudanais est arrivée dimanche à Khartoum pour préparer le retour du dirigeant de la faction Minni Arkou Minawi. La délégation discutera avec des officiels du gouvernement des moyens d'appliquer l'accord de paix, signé par M. Minawi le 5 mai avec le gouvernement soudanais dans la capitale nigeriane Abuja. M. Minawi a annoncé, le 29 mai lors de son visite à al-Fashir, chef-lieu de l'Etat du Darfour Nord, son intention de visiter Khartoum la semaine dernière pour la première fois depuis l'éclatement du conflit au début de 2003 dans la région du Darfour, dans l'ouest du Soudan. Mais la visite de M. Minawi a été reportée à cause de divergences entre les deux côtés sur les modalités d'application de l'accord de paix.
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Accord de cessez-le-feu entre Khartoum et les rebelles de l'Est
Nouvel Observateur, avec Reuters, 19 juin 2006
Le gouvernement soudanais et les rebelles de l'Est ont signé un accord de cessation des hostilités et ils sont convenus lundi du cadre de futures discussions. Les pourparlers entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles de l'Est ont débuté la semaine dernière en Erythrée. Les rebelles de l'Est, alliés à d'autres groupes de rebelles soudanais, contrôlent depuis une dizaine d'années l'Hamesh Koreb, une petite zone de la frontière érythréo-soudanaise qui comprend le principal port du Soudan. La traduction écrite de la déclaration n'est pas encore disponible mais elle servira de cadre aux futures négociations, a déclaré Yemane Gebreab, chef des Affaires politiques au Front populaire pour la démocratie et la justice, le parti au pouvoir en Erythrée. Tout comme d'autres régions du Soudan, l'Est se plaint d'être négligé par le gouvernement central. L'insurrection dans l'Est du Soudan semble s'être amplifiée en janvier de l'an dernier, lorsque la police a ouvert le feu sur une manifestation pacifique à Port Soudan, faisant des dizaines de morts et de blessés. Tendues dans le passé, les relations entre l'Erythrée et le Soudan se sont réchauffées en septembre lorsque d'anciens rebelles du Sud, autrefois aidés par Asmara, sont entrés dans le gouvernement de Khartoum. Un autre conflit, dans la région occidentale du Darfour, a fait des dizaines de milliers de morts.
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Le chef du Mouvement de Libération du Soudan menace de rompre l'accord de paix avec Khartoum
Nouvel Observateur, El Facher avec AP, 17 juin 2006 Le chef du Mouvement de Libération du Soudan (SLM), seul dirigeant rebelle à avoir approuvé l'accord de paix sur le Darfour, dans l'ouest du Soudan, a menacé de le dénoncer si l'ONU ne déploie pas rapidement une force de maintien de la paix. Minni Minnaoui, chef du Mouvement de Libération du Soudan (SLM), était le seul des trois leaders de la rébellion à signer le 5 mai dernier l'accord avec Khartoum. "La responsabilité de la paix ne peut pas reposer sur mes seules épaules", a-t-il expliqué dans un entretien à l'Associated Press vendredi soir. L'accord pourrait "s'effondrer bientôt" si la force de maintien de la paix n'est pas déployée rapidement, a-t-il affirmé. "Si je ne vois pas de soutien de la part de la communauté internationale, je retournerai dans la brousse et les combats continueront", a-t-il ajouté sans autres précisions. Le 16 mai dernier, le Conseil de sécurité a adopté une résolution destinée à accélérer le déploiement d'une force de maintien de la paix au Darfour, dans l'ouest du Soudan. La résolution, adoptée à l'unanimité, menace également de "mesures fortes et efficaces" sanctions en langage diplomatique toute partie qui ne respecterait pas l'accord de paix signé le 5 mai par le gouvernement soudanais et le principal groupe rebelle. L'UE a par ailleurs accepté de laisser une force de l'ONU prendre le relais de ses 7.300 militaires chargés du maintien de la paix dans cette région de l'ouest du Soudan d'ici la fin septembre, voire avant si les Nations unies sont prêtes. Le conflit a fait au moins 180.000 morts et jeté plus de deux millions d'habitants du Darfour sur les routes depuis 2003. AP
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La Cour pénale internationale confirme les massacres au Darfour
Le procureur de la CPI dénonce des meurtres « à grande échelle » mais reste conciliant à l'égard des autorités soudanaises La Croix , Laurent d'Ersu, 16 juin 2006 Dialogue de sourds à distance, mercredi, entre New York et Paris. Tandis que le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) confirmait devant le Conseil de sécurité de l'ONU l'existence de « massacres, à grande échelle» commis au Darfour, le ministre des affaires étrangères soudanais minimisait l'ampleur des crimes commis depuis 2003 dans l'ouest du Soudan. Dans son rapport au Conseil de sécurité, le procureur Luis Moreno Ocampo a affirmé que l'équipe d'enquêteurs de la CPI avait a recueilli des renseignements concernant des milliers d'accusations de meurtres de civils par les parties au conflit», y compris «des massacres à grande échelle avec des centaines de victimes dans chaque cas». Le bureau du procureur a également relevé «des centaines de cas de viols», témoignant d'« une pratique endémique au sein de certains des groupes qui ont pris part au conflit». Luis Moreno Ocampo souligne le caractère ciblé des attaques, qui ont visé principalement, trois groupes ethniques. Il n'oublie pas les «milliers de civils» morts à cause des pillages, des destructions et des obstacles mis à la distribution de l'aide humanitaire. Compétente à l'égard des crimes contre l'humanité, des crimes de guerre et du génocide, la CPI n'écarte pas qu'une « intention génocidaire particulière» ait pu habiter les auteurs des crimes - thèse défendue un temps par l'administration Bush - mais «cette question fait toujours l'objet d'enquêtes». A l'égard du gouvernement soudanais, dont la responsabilité dans les tueries a été largement dénoncée par les organisations de défense des droits de l'homme, le procureur se montre extrêmement diplomate. Il démontre l'inertie du Tribunal spécial pour le Darfour, présenté par Khartoum comme une solution de substitution à la CPI mais qui n'a jugé pour l'essentiel que des auteurs de crimes mineurs. En revanche, il n'exprime aucun regret de ne pouvoir se rendre au Darfour, où «l'insécurité permanente empêche la conduite effective d'enquêtes», se contentant d'en prendre acte. Cette attitude jugée conciliante (y compris au sein de la CPI ) laisse toute latitude au gouvernement soudanais de maintenir son discours traditionnel, répété au cours d'une visite officielle à Paris par Lam Akol, ministre des affaires étrangères: «Il y a eu une guerre au Darfour et toute guerre entraîne des souffrances humaines. Dire qu'il y a eu génocide n'est pas exact». Quant à l'accord de paix signé à Abuja (Nigeria) le 5 mai entre Khartoum et une partie des rebelles darfouriens, le ministre issu dé l'ex-rébellion sudiste a rappelé qu'il ne mentionnait pas la présence de casques bleus au Darfour. «Nous sommes disposés à discuter avec les Nations unies », a-t-il déclaré, mais dans le cadre de négociations au long cours dont il a détaillé les nombreuses étapes encore inaccomplies.
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L'Union africaine annonce la création d'une commission de cessez-le-feu pour le Darfour
Union Africaine, 15 juin 2006 L'Union africaine (UA) a annoncé jeudi la création d'une nouvelle commission de cessez-le-feu pour superviser toutes les dispositions relatives à la suspension des actions agressives comme le stipule l'Accord de paix sur le Darfour (DPA). Comme le prévoit le DPA, la Commission du cessez-le-feu pour le Darfour (CFC) assume la responsabilité d'appliquer et de superviser les dispositions relatives au cessez-le-feu du DPA et des autres précédents accords entre les parties soudanaises impliquées dans ce conflit armé qui secoue cette région de l'ouest du Soudan depuis ces trois dernières années. La Commission de l'UA a indiqué que la CFC a été installée le 13 juin 2006, au niveau du siège de la Mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS), à El Fasher. L'ambassadeur Baba Gana Kingibe, représentant spécial du président de la Commission de l'UA et président de la Commision mixte, a présidé la cérémonie. Le commissaire pour la Paix et la Sécurité de l'UA, Said Djinnit et le Secrétaire général-adjoint de l'ONU pour les opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guehenno ont assité à l'inauguration de la CFC. MM. Djinnit et Guehenno dirigent actuellement une mission d'évaluation technique mixte UA/ONU au Soudan avant le passage de témoin prévu de l'AMIS à une force de maintien de la paix de l'ONU d'ici à la fin de cette année ou au début de l'année 2007. Dans l'immédiat, M. Djinnit a estimé que des efforts doivent être faits pour renforcer l'AMIS afin de lui permettre de mener à bien ses nouvelles responsabilités comme le stipule le DPA et les autres accords. Pour sa part, M. Guehenno a invité toutes les parties à se baser sur la dynamique de cet évènement. Il a exprimé la détermination de la communauté internationale, particulièrement des Nations unies, à renforcer son soutien aux efforts de l'UA pour ramener une paix durable et la stabilité au Darfour. Des représentants du gouvernement du Soudan et du Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM/A) ont assisté à l'inauguration de la CFC en tant que signataires du DPA. Les deux parties se sont engagées à coopérer pleinement avec la CFC et à participer à tous les autres efforts destinés à mettre fin au conflit au Darfour. Par ailleurs, des représentants de la faction du SLM/A d'Abdul Waheed Al Nour et du Mouvement justice et égalité (MJE), qui n'ont pas signé le DPA, ont assisté à l'installation de la CFC en promettant leur soutien à tous les efforts visant à garantir une paix durable au Darfour. Signé le 05 mai 2005 à Abuja, au Nigeria, l'accord de paix sur le Darfour a mis fin aux négociations de paix inter soudanaises prolongées visant à mettre fin au conflit au Darfour qui a fait plus de 200.000 morts et deux millions de déplacés. Par ailleurs, le commandant en chef de l'AMIS et nouveau président de la CFC, le général de Division Umunnakwe Ihekire a souligné le rôle essentiel que va jouer la Commission dans la résolution des problèmes liés aux violations du cessez-le-feu entre les parties. "La CFC ne ménagera aucun effort pour faciliter la résolution des différends par le dialogue", a-t-il affirmé.
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"Des massacres à grande échelle" ont été commis au Darfour, selon la CPI
Le Monde , New York, Nations unies, 15 juin 2006 Dans un rapport qu'il devait présenter au Conseil de sécurité de l'ONU, mercredi 14 juin, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, indique que ses enquêteurs ont déjà rassemblé des renseignements "concernant des milliers d'assassinats présumés de civils" perpétrés au Darfour (Soudan), théâtre, selon l'ONU, de "crimes contre l'humanité" depuis 2003, lorsque le gouvernement de Khartoum a entrepris de réprimer violemment, avec l'aide de milices arabes dites "janjawids", une rébellion dans l'ouest du pays. Le procureur de la CPI , qui précise que les conditions de sécurité "empêchent la conduite effective d'une enquête" au Darfour, indique que "les renseignements disponibles montrent que ces assassinats incluent des massacres à grande échelle avec des centaines de victimes dans chaque cas" . Selon son rapport, le troisième sur ce thème, les pires exactions, perpétrées entre avril 2003 et avril 2005, ont visé, de manière délibérée, les ethnies four, massalit et zaghawa. "Dans la plupart des cas" , les assaillants ont tenu, d'après le procureur, des propos comme "Nous tuerons tous les Noirs" et "Nous vous chasserons de ces terres" .
Deux millions de déplacés
Luis Moreno-Ocampo, dont le bureau a effectué, au cours des six derniers mois, une quarantaine de missions dans 13 pays, dont le Tchad, affirme que "depuis 2003, des milliers de civils sont morts à cause des conditions de vie nées du conflit" au Darfour. Cette "mort lente" , dit-il, touche surtout "les vieillards, les enfants et les malades" . Le procureur évoque par ailleurs "des centaines de cas de viols allégués" , une "pratique endémique au sein de certains des groupes qui ont pris part au conflit" . "Les trois premiers mois de 2006 ont également vu les déplacements (de populations) augmenter" , affirme le document, qui reprend le chiffre total de 2 millions de déplacés. Au Darfour-Ouest, la pratique est "généralisée et systématique" et mise en oeuvre "pour des raisons qui ne sont pas liées au conflit" . Le rapport signale aussi "des destructions et des pillages dans près de 2000 villages" , confirmés par des témoins et "de très nombreuses images aériennes et satellites" . Les "biens et les symboles religieux semblent aussi avoir fait l'objet d'attaques" , poursuit Luis Moreno-Ocampo, qui cite la destruction de 65 mosquées dans le Darfour-Ouest. Le procureur refuse de se prononcer, à ce stade, sur "une intention génocidaire" des auteurs des exactions, mais étant donné "l'ampleur des crimes présumés au Darfour et la complexité" du conflit, il prévoit d'engager des poursuites "de façon séquentielle, plutôt que d'ouvrir une affaire unique" . Le gouvernement soudanais a, selon le rapport, coopéré sur certains aspects de l'enquête et vient d'accepter que commencent, en août 2006, "des auditions de responsables" soudanais. En février, les enquêteurs de la CPI ont eu des "réunions" , au Soudan, avec des juges et des représentants de la police, qui ont été "officiellement enregistrées sur support vidéo" . La CPI enquête sur la situation au Darfour en vertu de la résolution 1593, adoptée le 31 mars 2005 par le Conseil de sécurité. Philippe Bolopion
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Le procureur de la cour pénale internationale appelle à la pleine coopération du soudan et de l'Union africaine
Conseil de sécurité - (CS-8748 /2006)
Nations Unies, 14 juin 2006
Le Conseil de sécurité a entendu aujourd'hui le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) rendre compte des progrès réalisés dans les enquêtes sur les crimes commis dans la région du Darfour au Soudan entre octobre 2002 et mai 2006*. M. Luis Moreno Ocampo a souligné des améliorations dans la coopération de l'Union africaine et du Gouvernement du Soudan avec son Bureau, détaillant notamment les réunions tenues avec de nombreux officiels du secteur judiciaire, policier et politique soudanais lors d'une visite dans le pays au mois de février 2006. Les efforts qui ont été faits ont néanmoins été limités par le manque de sécurité sur le terrain et par une réticence ou une incapacité des plaignants à porter plainte, a indiqué le Procureur, qui a souligné la nécessité d'une coopération continue du Gouvernement soudanais, notamment dans les actes perpétrés à l'encontre des deux millions de personnes déplacées par le conflit au Darfour. Le représentant du Soudan, M. Omar Bashir Mohamed Manis, a assuré que son Gouvernement œuvrait à ce que tous les auteurs de crime soient contraints de répondre de leurs actes. Il a estimé que la paix passait forcément par des mécanismes de justice s'appuyant sur les traditions tribales profondément ancrées au Darfour et incluant l'amnistie et le pardon.
* Troisième rapport du Procureur de la CPI en date du 14 juin 2006
Exposé
M. Luis Moreno Ocampo , Procureur de la Cour pénale internationale, a rappelé que son Bureau avait pour mission d'enquêter et de poursuivre les criminels dans le cadre du mandat de la CPI. Nous transmettrons nos conclusions aux juges afin qu'ils décident qui sera traduit en justice uniquement lorsque nous disposerons de preuves solides des responsabilités individuelles dans les crimes commis au Darfour, ce qui garantira des procès à la fois équitables et rapides. Compte tenu de l'ampleur des crimes qui auraient été commis au Darfour et de la difficulté d'identifier les individus qui portent la plus importante responsabilité pour ces crimes, nous anticipons l'enquête et les poursuites à engager dans un ensemble de cas plutôt que dans un cas en particulier, a-t-il déclaré. Les critères de gravité et de nature des crimes, a-t-il rappelé, sont pris en considération par le Bureau du Procureur, et dans le cas du Darfour, une attention particulière sera portée aux crimes affectant la vie et la sécurité des deux millions de personnes déplacées dans la région.
Malgré de nombreux obstacles, nous avons avancé dans notre travail, a poursuivi le Procureur, soulignant la nécessité d'une coopération inconditionnelle dans les enquêtes. La pleine coopération du Gouvernement du Soudan et des autres parties au conflit est vitale, a-t-il insisté, rappelant la lenteur du progrès réalisé en la matière avec la Mission de l'Union africaine au Soudan, malgré les efforts du Bureau pour la développer. Il existe des signes que la coopération va maintenant aller de l'avant, s'est-il félicité, rappelant que l'assistance de l'Union africaine restait un élément fondamental pour permettre la progression des enquêtes.
M. Moreno Ocampo a rappelé qu'une délégation de son Bureau avait effectué une visite au Soudan au mois de février 2006, pendant laquelle elle avait rencontré des juges, des procureurs, des représentants de la police et d'autres départements du Gouvernement soudanais. Il a indiqué que le Gouvernement avait coopéré avec son Bureau en lui permettant de tenir ces réunions et en organisant des rencontres avec le Gouverneur du Sud-Darfour. Le Bureau a recueilli de nombreuses informations qui nous permettront d'évaluer les mesures prises par le Gouvernement soudanais pour faire face à la situation, a-t-il indiqué. Il a également pu recueillir de nombreuses informations sur les mécanismes traditionnels et tribaux de réconciliation au Soudan.
Il ne s'agit pas de juger le système judiciaire soudanais dans son ensemble, mais d'identifier ce qui est fait par les autorités nationales en relation avec ces crimes, a souligné le Procureur. Des efforts ont été déployés par le Gouvernement soudanais, a-t-il affirmé, mais ils ont été limités par le manque de sécurité sur le terrain et par une réticence ou une incapacité des plaignants à porter plainte, particulièrement dans le cas d'allégations de viol. Ces difficultés s'expliquent notamment par le manque de système de protection des témoins, a-t-il estimé.
L'absence d'un système de protection des témoins décourage également les plaintes et constitue un obstacle grave à la conduite de toute poursuite pénale efficace, au niveau national. Il ne semble pas, en effet, que les autorités nationales aient enquêté sur les affaires dont la CPI s'est saisie ou se saisira. L'évaluation de la situation est en cours et une conclusion ne pourra être tirée que lorsque des affaires spécifiques auront été sélectionnées. Cela exigera, a prévenu le Procureur, la coopération continue du Gouvernement du Soudan pour ce qui est de l'accès aux fonctionnaires et aux institutions, y compris au Darfour.
En prévision des interrogatoires liés aux évènements au Darfour, le Gouvernement a soumis un rapport écrit contenant des informations sur les différentes phases du conflit, du point de vue du Gouvernement; les questions liées aux structures militaires et de sécurité opérant au Darfour; les activités des autres parties au conflit; et le système juridique régissant le contexte des opérations militaires. Le rapport a été complété par un échange oral, au cours d'une réunion tenue la semaine dernière entre les représentants du Bureau du Procureur et des officiers militaires.
Le Gouvernement du Soudan vient d'accepter que les interrogatoires commencent en août 2006. Conformément au Statut de Rome, la tâche du Bureau du Procureur est d'établir les circonstances aggravantes mais aussi atténuantes. Le Bureau opérant en dehors du Soudan, l'accès aux parties est particulièrement important pour permettre de tester et de corroborer les nombreux témoignages et allégations. Compte tenu de l'absence d'un système de protection des témoins, les enquêtes du Bureau ont été menées au Tchad jusqu'à ce que le conflit éclate entre le Gouvernement et les forces rebelles, en avril dernier. Les activités devraient reprendre dans un avenir proche. Le Bureau, a affirmé le Procureur, a déjà collecté un nombre important de preuves et d'informations sur les crimes commis au Darfour. Il se refuse à tirer des conclusions sur la qualification des crimes avant la finalisation d'une enquête complète et impartiale. Compte tenu de la complexité du conflit au Darfour, l'identification des personnes qui ont la plus grande responsabilité dans les crimes est un véritable défi. Le Bureau n'est pas tenu par la liste établie par la Commission internationale d'enquête qui, de toute manière, restera confidentielle.
Le Procureur a conclu en soulignant l'importance d'une coopération non seulement dans les enquêtes concernant les crimes commis, mais aussi celles concernant les actes qui continuent à affecter la population déplacée au Darfour. La justice doit contribuer à sa protection et à la prévention d'autres crimes. Il nous faut davantage d'information sur les groupes qui continuent d'attaquer cette population ou empêcher leur accès au personnel humanitaire, a-t-il ajouté.
En réponse, M. Omar Bashir Mohamed Manis (Soudan) a qualifié d'historique la visite de la mission du Bureau du Procureur dans le pays, car elle a permis de voir de près les aspects, à la fois internes et externes, de la crise dans le pays. Nous voudrions affirmer que le Soudan a examiné toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité sur la crise au Darfour et que nous y sommes pleinement engagés, a-t-il déclaré, soulignant que la coopération du Gouvernement soudanais avait permis un certain nombre de résultats positifs. Il a en particulier assuré qu'elle avait ouvert la voie d'une meilleure compréhension de l'appareil judiciaire et de l'État de droit au Soudan, ainsi que des conditions d'insécurité qui ont entraîné l'escalade de la violence entre les tribus et les différents groupes présents au Darfour.
Les autorités soudanaises poursuivent les auteurs de ces crimes, a-t-il poursuivi, signalant que des tribunaux spéciaux avaient été formés, allant jusqu'à condamner les auteurs de ces violences à des exécutions ou des peines de prison à vie. Ces derniers jours, une délégation du Bureau du Procureur a pu demander des détails sur les réponses apportées par les forces armées soudanaises à la crise, a-t-il ajouté. Le Procureur a en outre entendu des témoignages et des recommandations de la Commission nationale d'enquête dans les poursuites qu'elle engage envers les auteurs de crimes au Darfour.
Il ne fait pas de doute qu'un règlement politique est à la base de toute solution au Darfour, a souligné le représentant. Après l'Accord de paix obtenu, nous devons maintenant passer aux questions de sécurité et de stabilité, bien que cet Accord soit entouré de nombreux problèmes, notamment liés au fait que certaines parties au conflit ne l'ont pas signé, a-t-il indiqué, estimant que les efforts de paix ne seraient pas couronnés de succès sans rétablir le tissu social au Darfour sur la base de la conciliation entre les différentes tribus. C'est fondamental pour arriver à la paix, a-t-il insisté, appelant le Conseil de sécurité, l'Union africaine et la communauté internationale dans son ensemble à appuyer les efforts faits dans ce sens.
M. Manis a affirmé que le Gouvernement soudanais continuerait de son côté à œuvrer pour la paix et à obliger tous les auteurs de crimes à rendre des comptes. Pour que la paix entre les tribus devienne une réalité concrète, il faut établir une méthodologie transparente dans une interaction avec l'amnistie et le pardon, en s'appuyant sur les coutumes et les valeurs traditionnelles, a conclu le représentant, estimant que les conditions politiques, sociales et sécuritaires au Darfour exigeaient du Conseil qu'il appuie la recherche du dialogue interne dans la région.
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La communauté internationale a mal compris les véritables causes du conflit du Darfour, déclare le chef de la mission du Conseil de sécurité
De l'avis d'Emyr Jones Parry, seule une approche régionale pourrait contribuer à régler les problèmes du Soudan – (Conseil de Sécurité – 8750 -2006) Nations Unies, New York, 14 juin 2006 À l'issue de la mission conduite par le Conseil de sécurité au Soudan, au Tchad et au Siège de l'Union africaine à Addis-Abeba du 4 au 9 juin, M. Emyr Jones Parry , Représentant permanent du Royaume-Uni et chef de la mission, a présenté aux membres du Conseil un rapport détaillé des rencontres que la mission a eues avec les autorités soudanaises et tchadiennes et avec le Président de la Commission de l'Union africaine, M. Alpha Oumar Konaré.
Une des conclusions auxquelles est parvenue la mission du Conseil après avoir observé sur le terrain les réalités du conflit du Darfour, c'est que ce conflit n'est pas bien compris par la communauté internationale, a dit M. Jones Parry en indiquant que les affrontements qui se sont déroulés dans cette province ne sont ni interethniques, ni vraiment raciaux, et n'opposent pas non plus des pasteurs à des agriculteurs comme cela a été dit dans le passé par certains observateurs. Parlant d'une éventuelle transition de la mission menée par l'Union africaine à une mission onusienne, le représentant a indiqué que la mission du Conseil de sécurité avait eu des rencontres avec les autorités soudanaises. « Face à leurs réticences apparentes, nous leur avons précisé que placer la future mission de l'ONU au Darfour sous le Chapitre VII de la Charte relevait de considérations purement techniques », a indiqué M. Jones Parry en soulignant qu'il en était de même pour d'autres missions de maintien de la paix en Afrique, dont l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI). Dans la conclusion de son exposé, M. Jones Parry a souligné que les problèmes que connaît le Soudan ne trouveront de solution que dans une approche régionale et il s'est félicité de la bonne coopération qui existe entre l'ONU et l'Union africaine.
Intervenant à son tour, le Représentant permanent de la France , M. Jean Marc de La Sablière , qui a mené la visite du Conseil au Tchad, a dit que la visite effectuée par la mission dans ce pays avait revêtu une importance particulière. La déstabilisation de ce pays poserait une grande menace à toute la région qui l'entoure, a noté le représentant en relevant combien les évènements du Darfour affectaient le Tchad. Face aux tensions qui se sont accrus entre le Tchad et le Soudan, M. de La Sablière a dit que la mission du Conseil de sécurité a insisté sur le respect de l'Accord de Tripoli par les parties auxquelles l'Union africaine pourrait apporter son assistance. Tout comme le chef de la mission du Conseil, M. de La Sablière s'est inquiété de la situation humanitaire, qui se dégrade dans les camps de réfugiés de l'est du Tchad, et dont les femmes sont les plus nombreuses victimes.
Les membres de la délégation du Conseil, a indiqué pour sa part, le Représentant permanent de la République-Unie de Tanzanie, Augustine Mahiga, avaient fait comprendre aux autorités soudanaises que la transition d'une mission de l'Union africaine à une opération de l'ONU au Darfour était un impératif et non une simple option. La référence au Chapitre VII de la Charte de l'ONU ne vise pas le Gouvernement du Soudan, a insisté M. Mahiga en souhaitant que l'essence et la substance technique de ce Chapitre de la Charte soient mieux expliquées. La mise en œuvre de l'Accord de paix d'Abuja devra se faire en même temps que celle de l'Accord de paix sur le Sud-Soudan, a estimé le représentant en se félicitant du rôle de facilitateur joué par la Commission de l'Union africaine et son Président. Présentation de la mission du Conseil de sécurité au Soudan, au Tchad et au siège de l'Union africaine à Addis-aAeba
M. Emyr Jones Parry, Représentant permanent du Royaume-Uni et chef de la mission du Conseil de sécurité au Soudan, au Tchad et au Siège de l'Union africaine à Addis-Abeba, a rappelé que cela fait presque trois ans depuis l'inscription du Soudan à l'ordre du jour du Conseil de sécurité. De graves problèmes ont éclaté au Darfour, et les relations entre Khartoum et la périphérie se sont compliquées. À ce jour, le Conseil a adopté sept résolutions et deux déclarations présidentielles sur le Soudan, a rappelé M. Jones Parry.
La mission a déterminé que le conflit du Darfour n'était pas bien compris par la communauté internationale. Le conflit du Darfour ne se résume pas à des affrontements interethniques ou raciaux ou des accrochages entre pasteurs et agriculteurs, a fait remarquer le représentant. La pauvreté, l'absence de terres arables et d'eau, sont des facteurs participant à la violence des affrontements qui ont lieu au Darfour, a-t-il dit. Le Gouvernement d'unité nationale soudanais reste jeune et fragile. Au cours de notre mission, nous avons souligné que le Conseil de sécurité voulait assister le Gouvernement et les parties à chercher une voie vers la paix au Darfour. Le Gouvernement a l'obligation de protéger la population. La situation au Darfour s'est dégradée, notamment sur le plan humanitaire, a dit M. Jones Parry.
Parlant de la situation humanitaire, le chef de la mission a dit que le conflit du Darfour avait affecté 1,3 million de personnes. Grâce à l'Union africaine, l'Accord de paix pour le Darfour a pu être signé le 5 mai dernier, a relevé M. Jones Parry. L'opposition de ceux qui ont refusé de signer cet Accord n'est pas étayée par des raisons claires. Bien que l'Accord ne soit pas parfait, le Conseil appelle ceux qui ne l'ont pas signé à le faire le plus rapidement possible. Le Programme alimentaire mondial (PAM) est très actif au Darfour, a poursuivi le représentant. À Addis-Abeba, la mission du Conseil a eu des séances de travail avec la Commission de l'Union africaine pour discuter de la manière dont le Conseil et l'Union africaine peuvent harmoniser leurs efforts sur le terrain. Alpha Oumar Konaré, le Président de la Commission de l'Union africaine s'est montré disposé à faire tous les efforts nécessaires pour faciliter la mise en œuvre du processus de paix, a noté M. Parry.
La mission du Conseil a expliqué au Gouvernement soudanais que le Chapitre VII de la Charte était une mesure technique et non politique. La future mission de l'ONU au Darfour aura donc le même statut que certaines autres missions de paix de l'ONU en Afrique, par exemple celle présente en Côte d'Ivoire. Bien qu'au départ, nous pensions que le Soudan n'accepterait pas le déploiement d'une mission onusienne au Darfour, nous sommes plus optimistes après les pourparlers que nous avons eus avec le Gouvernement, a dit M. Parry. Il faudrait rapidement améliorer la sécurité au Darfour afin de mettre fin aux crimes et à l'impunité de leurs auteurs, a poursuivi le représentant. Si on parvient à un accord avec le Gouvernement soudanais, le Conseil devra adopter une résolution définissant le mandat de cette Mission des Nations Unies au Soudan, a poursuivi le représentant du Royaume-Uni.
L'avenir du Darfour est étroitement lié à celui du Sud-Soudan, a-t-il ajouté. La résolution du conflit qui prévalait dans le sud du pays faciliterait celle du conflit au Darfour. M. Jones Parry a ensuite estimé que tant qu'il ne sera pas adopté, l'Accord de paix du Sud-Soudan reste fragile. C'est l'opinion du Président de la région du Sud-Soudan, a-t-il indiqué. La situation qui prévalait dans cette région est aujourd'hui compliquée par les actes commis par l'Armée de résistance du Seigneur (LRA). Il est nécessaire que le Gouvernement de l'Ouganda et la communauté internationale cherchent une solution à cette question. Le Conseil de sécurité, et notamment le Royaume-Uni, estiment que Joseph Koni, le chef de la LRA , doit être traduit devant la justice internationale, a indiqué M. Jones Parry.
Passant ensuite à la coopération du Conseil avec les organisations régionales, M. Jones Parry s'est félicité des liens entretenus avec l'Union africaine. Il a demandé à d'autres groupes régionaux et aux donateurs d'appuyer les efforts déployés par l'Union africaine en matière de prévention et de résolution de conflits. M. Jones Parry a ensuite dit que la mission du Conseil s'était rendue au Tchad. Décrivant la vie que mènent les réfugiés soudanais dans les camps de l'est du Tchad, il a attiré l'attention du Conseil sur le sort des femmes réfugiées. Après avoir parlé de la difficulté de leur existence et de leurs conditions de survie, M. Jones Parry a demandé au Conseil de prendre des mesures en faveur de ces femmes pour les protéger de la violence et de l'insécurité. « Il était bon que la mission du Conseil s'achève au Tchad », a-t-il poursuivi. Nous avons pu nous rendre compte de la difficulté de la vie dans les camps et des dangers permanents qui menacent les populations dans une région extrêmement pauvre. Les défis à relever dans cette partie de l'Afrique sont immenses, a déclaré le représentant du Royaume-Uni. Seuls des efforts de développement substantiels pourront permettre aux populations et aux États de cette région de s'en sortir. Il est indispensable que la communauté internationale les aide à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement. La résolution des problèmes du Soudan exige une approche intégrée. Ses problèmes ne peuvent être résolus que dans un contexte régional, a conclu M. Jones Parry.
Poursuivant sur le déroulement de la mission, M. Jean Marc de la Sablière (France) a souligné l'importance de la visite au Tchad pour apprécier les risques présentés par une déstabilisation du pays pour toute la région. La visite dans les camps de réfugiés et de personnes déplacées a permis de constater combien le conflit du Darfour touche le Tchad. Ce lien doit être pris en compte par le Conseil. La mission a été longuement reçue par le Président tchadien auquel les déclarations du Conseil ont été rappelées. S'agissant du Darfour, le Président a redit son ferme soutien à l'Accord de paix et a fait part de ses contacts pour essayer d'obtenir l'adhésion des non-signataires. Pour ce qui est de la relation entre le Soudan et le Tchad, la mission a entendu les accusations de part et d'autre. Le Président tchadien a déclaré que si son pays était agressé par le Soudan, il saisirait le Conseil. La mission a insisté sur l'importance de l'Accord de Tripoli, en estimant que l'Union africaine pourrait apporter une aide en la matière.
Venant à la question des camps, le représentant a jugé que le nombre des réfugiés et des personnes déplacées était trop important pour un pays pauvre comme le Tchad. Il faut donc aider le Coordonnateur des secours d'urgence à mobiliser les donateurs. Les camps sont politisés et manipulés et le problème des recrutements forcés est sérieux. De plus, fréquemment attaqués, les travailleurs humanitaires sont très inquiets. Le Président tchadien souhaite que la communauté internationale prenne en charge la protection des camps. Si rien n'est fait dans ce domaine, la situation pourrait se dégrader sérieusement à tous points de vue. Il serait opportun que le Secrétaire général fasse des recommandations sur la protection internationale des camps. Étant dans la région, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix devrait se rendre au Tchad, a conclu le représentant.
Enfin, M. Augustine Mahiga (République-Unie de Tanzanie) a attiré l'attention sur la perception négative au Soudan en ce qui concerne les intentions du Conseil de sécurité. La mission a essayé de convaincre les interlocuteurs que la transition de la MUAS à une mission de l'ONU n'est pas une option mais un impératif. La référence au Chapitre VII de la Charte de l'ONU ne vise en aucun cas le Gouvernement et son peuple. Il faut donc continuer d'expliquer ce Chapitre. La mission d'évaluation technique doit poursuivre son travail et l'Union africaine devrait demander un mandat plus robuste et le partenariat politique du Conseil de sécurité. La visite du Président Konaré devrait militer en faveur du partage du fardeau. Dans les jours à venir, le Conseil devrait assurer la poursuite de l'application de l'Accord de paix dans le Sud. Cela est essentiel pour créer des rapports de confiance avec les autorités concernées. La mise en œuvre de l'Accord d'Abuja dépendra de celle du Sud. Cette mise en œuvre est à la traîne en raison des contraintes internes du Gouvernement du Soudan et de celui du Sud-Soudan.
Il faut donc accélérer la démarcation des frontières. Il faut aussi négocier sans délai sur le statut d'Abyyei où les ressources pétrolières sont au centre de la controverse. Le Soudan est un exemple unique avec trois armées, à savoir les forces soudanaises, les forces du SLA et l'armée intégrée auxquelles il faut ajouter les milices dans le sud du pays dont le statut reste sujet à controverse. Parmi ces milices, figure l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) qui ne cesse d'inquiéter les populations. Le Conseil a voulu savoir quel était le statut des cinq dirigeants inculpés et s'ils allaient faire partie des négociations qui sont encouragées entre le LRA et le Gouvernement ougandais. Il n'a pas reçu de réponses claires et précises.
Parlant d'Addis-Abeba, le représentant s'est réjoui de la première réunion entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine qui a exhorté un déploiement accéléré des Nations Unies. Le Président Konaré a demandé un soutien logistique à l'OTAN en attendant la transition vers la force de l'ONU. L'Union africaine a demandé de continuer à travailler avec le Conseil pour stabiliser une paix durement gagnée. L'espoir de progresser dans le processus d'Abuja incombe à l'Union africaine et il faut espérer des résultats positifs de la mission d'évaluation. Il faut aussi espérer que le Président Konaré réussira à convaincre les autorités soudanaises de la nécessité d'une mission de l'ONU.
S'agissant de la situation humanitaire des camps, le représentant s'est dit préoccupé par les recrutements et les agressions qui exigent que l'on réfléchisse aux moyens de renforcer le caractère humanitaire et civil de ces camps. Évoquant à son tour la tension entre le Tchad et le Soudan, le Conseil doit suivre de très près la situation. Venant enfin à la situation en RDC, il a estimé que cela pourrait être un des prochains succès de l'ONU même s'il s'agit d'une question « épineuse ». Les débats se poursuivent sur l'opportunité d'un débat politique avant les élections. La présence de la MONUC , des forces européennes ou encore des observateurs de l'Union africaine constitue des éléments forts de stabilisation. Le Conseil a été encouragé par le ferme engagement des partenaires en vue de construire une armée nationale viable. Beaucoup de choses laissent à désirer en ce qui concerne la gouvernance de l'armée, en particulier le paiement des soldes. Des débats fructueux ont été menés sur les questions de gouvernance. Le Conseil a, en effet, constaté une culture d'opacité administrative. |
Cameroun Tribune (Yaoundé) 13 Juin 2006 Contrairement aux rumeurs qui ont circulé, ces derniers jours, laissant croire que les casques bleus avaient finalement obtenu l'autorisation soudanaise de se déployer au Darfour, il n'en est rien. En réalité, Khartoum a opposé une fin de non-recevoir à cette demande. Les autorités soudanaises ont clairement laissé entendre dimanche à la délégation conjointe ONU/UA qui séjourne au Soudan depuis une semaine, en des termes très diplomatiques certes, que l'accord de paix d'Abuja du 5 mai ne prévoyait pas de rôle pour l'ONU. Selon Khartoum, le seul rôle de l'Onu dans cette affaire est d'aider l'Union Africaine à mener à bien sa mission dans cette province de l'Ouest soudanais en proie à un véritable génocide depuis février 2003. Ce génocide que certains observateurs qualifient plutôt de " nettoyage ethnique ", a déjà causé la mort d'un demi million de personnes en moins de trois ans. C'est justement parce que les 7000 soldats de l'Union africaine se sont montrés incapables de mener à bien leur mission de pacification de la région, qu'il a été fait appel aux Casques bleus de l'Onu. Ceux-ci, plus nombreux et mieux armés, devraient donc prendre le relais de la force de l'UA dont le mandat expire d'ailleurs le 30 septembre prochain. Comment convaincre le gouvernement soudanais que les Casques bleus ne représentent en rien une force d'invasion et d'occupation comme le redoutent certaines autorités du pays ? ou encore qu'il n'y a pas de " tentative occidentale de recolonisation du pays " ? C'est ce qu'une délégation de l'ONU arrivée lundi 5 juin dernier à Khartoum s'efforce de faire. Mais les préjugés ont la vie dure , et il faudra certainement encore attendre quelques jours, peut-être quelques semaines po ur savoir si Khartoum donnera ou non son feu vert. De toute évidence, les autorités soudanaises redoutent l'arrivée des Casques bleus dans leur pays. A l'analyse, le prétexte avancé, à savoir la recolonisation occidentale du pays ne résiste pas à l'analyse, mais constitue une manoeuvre pour retarder le déploiement de soldats onusiens au Darfour. En revanche les autorités soudanaises ont raison de craindre que les troupes de l'ONU, leur mandat terminé, ne procèdent, comme cela s'est vu dans l'ancienne Yougoslavie avec Milosevic, ou plus près de nous au Liberia avec Charles Taylor, à l'arrestation des chefs de milices susceptibles d'être inculpés par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre au Darfour. Et Dieu seul sait s'il y a eu en trois ans des crimes de guerre au Darfour. Les autorités soudanaises elles-mêmes l'ont reconnu. Des villages entiers ravagés, des puits empoisonnés, le bétail abattu. Pis, près d'un demi million de personnes massacrées, des milliers de femmes violées, des incendies provoqués : une véritable politique de la terre brûlée a été pratiquée par le gouvernement pro-arabe de Khartoum envers les populations noires du Darfour. Ces crimes, quoi qu'il arrive, ne doivent pas rester impunis . Les responsables sont connus. Il ne reste plus qu'à les châtier. La mauvaise foi de Khartoum n'y pourra rien.
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Jeune Afrique, N'Djamena, 12 juin 2006 La rébellion est loin d'avoir déposé les armes. Mais dans la capitale, la population préfère rester sourde aux bruits de bottes et vaque à ses occupations.
Une large bande sableuse s'étire sur le flanc méridional de N'Djamena, la capitale tchadienne: c'est le Chari, aux deux tiers asséché, malgré la saison des pluies. Non loin de là, sur les routes de Gaoui et de Lignia, le 13 avril dernier les rebelles du Front uni pour le changement démocratique (FUC), une coalition de huit mouvements politico-militaires, ont lancé une offensive d'envergure pour tenter de renverser le régime du président Idriss Déby Itno (IDI). Les habitants de Ndjari, Diguel et Boutal-bagar, quartiers situés à l'est de la capitale, ont fait les frais des violents combats qui ont opposé les rebelles à l'Armée nationale tchadienne (ANT). Aujourd'hui, la vie semble avoir repris son cours normal. Comme pour minimiser les menaces du FUC - qui promet de refaire le coup de feu à l'occasion de l'investiture du chef de l'État prévue le 8 août prochain -, IDI n'a pas cru bon de renforcer la présence militaire dans les lieux stratégiques de la ville. Aux abords du palais présidentiel, le nombre de soldats en faction est le même que d'habitude. Pour montrer qu'il n'y a pas péril en la demeure, certaines défections dans les rangs de la rébellion sont médiatisées à outrance, histoire de montrer que les départs ne concernent pas que le camp loyaliste. Certains officiers de l'armée ainsi que des proches d'IDI abandonnent effectivement le navire depuis décembre 2005, au fur et à mesure des difficultés rencontrées par le régime. Le colonel Souleymane Kardaya, qui avait fait défection il y a seulement un mois pour rejoindre le Rassemblement pour le progrès et la justice (RPJ) d'Abakar Tollimi, a regagné les rangs : « Nous nous sommes laissé berner par les leaders rebelles, explique-t-il. On nous a dit que notre vie était en danger et qu'il était urgent de quitter le régime en place pour rejoindre la rébellion afin de s'organiser pour contribuer au changement. » Et, comme preuve de l'implication du Soudan et de la Chine populaire, l'officier révèle avoir « rencontré chez les rebelles des étrangers, notamment soudanais et centrafricains, décidés à déstabiliser le Tchad », ainsi qu'un armement fourni par Pékin. Trente-huit « repentis » sont ainsi revenus au bercail, en ramenant avec eux trois véhicules équipés d'armes lourdes. Même scénario en avril dernier avec quelques dizaines de déserteurs qui avaient rejoint le Rassemblement pour la démocratie et les libertés (RDL) de Mahamat Nour Abdelkerim, également président du FUC. « C'est de l'intox, s'insurge un jeune partisan de Tollimi. C'est Déby Itno qui organise tout ça ! » Difficile de savoir qui dit vrai dans ce climat de suspicion généralisée. Ce qui est sûr, en revanche, ce sont les difficultés actuelles rencontrées par la coalition du FUC, face à la contestation qui monte contre le leadership de Mahamat Nour. Des huit groupes constituant le mouvement au départ, il n'en reste plus que cinq, trois ayant décidé de faire cavalier seul, dont le Socle pour le changement, l'unité nationale et la démocratie (Scud) de Yaya Dilo, un Zaghawa, ancien proche du président tchadien. Après avoir tenté de prendre sans succès le contrôle du FUC, le Scud porterait, selon l'état-major des rebelles, la signature de l'attaque perpétrée le 3 juin dernier à Tiné, à la frontière soudanaise, puis repoussée par l'ANT. Le gouvernement pour sa part pointe du doigt Timan Erdimi du Rassemblement des forces armées démocratiques (RFAD). Cette reprise des hostilités est bien le signe que, malgré le début de la saison des pluies, il n'y aura pas de trêve sur le front des combats. Mais personne ne semble y prêter attention. S'il ne s'agit que d'un bluff de plus, il pourrait en coûter cher à la crédibilité du FUC et renforcer d'autant la position d'IDI, qui aurait le beau rôle au cas où les parties en conflit négocieraient la paix. C'est peut-être aussi pour cela que le chef de l'État encourage et favorise les défections dans les rangs de l'opposition. Et se satisfait du soutien de ses principaux partenaires - France et États-Unis en tête, qui se sont empressés de saluer sa réélection. Mais ces félicitations seraient, dit-on dans les chancelleries, destinées à rassurer le président tchadien afin d'obtenir plus facilement de lui les concessions nécessaires à une sortie de crise. Donald Yamamoto, le sous-secrétaire d'État américain chargé des Affaires africaines, s'est personnellement rendu à N'Djamena le 30 mai. Au menu de l'entretien avec Idriss Déby Itno : la crise du Darfour, bien sûr. Mais les deux hommes ont également beaucoup parlé de politique intérieure et d'économie. Les Américains souhaitent que Déby Itno lance rapidement le processus de normalisation et ont même l'intention de proposer leurs bons offices. Sans doute parce que Washington reste persuadé que la résolution de la crise à N'Djamena permettra de sortir du bourbier au Darfour, et vice versa. Une position partagée par la France. Les deux pays sont favorables à l'ouverture des négociations, IDI jouissant de toutes ses prérogatives de chef de l'État et d'une légitimité fraîchement sortie des urnes. L'ONG de prévention des conflits Crisis Group ne pense pas différemment en affirmant dans son dernier rapport sur le Tchad qu'« un changement de régime par les armes, dans un tel contexte, n'apporterait aucune garantie de stabilisation et d'ouverture démocratique ». En attendant, fidèles à leurs habitudes, les Américains ne se sont pas fait prier pour renforcer leur présence dans le pays. Déjà présents sur le champ pétrolier du bassin de Doba (200 000 barils/j de brut) avec la firme américaine ExxonMobil, qui détient 40 % du consortium d'exploitation, c'est dans la foulée de la visite de Donald Yamamoto qu'un accord dit à ciel ouvert a été signé le 31 mai. Il favorisera les échanges de toutes natures entre les deux pays : commerce, investissements, culture et tourisme, droits de trafic aérien, etc. En ouvrant le grenier de son pays aux Américains, Déby Itno cherche un abri sous leur toit, ainsi que leur soutien face à sa rébellion. Au risque d'agacer le partenaire historique français, qui, pour l'heure, appuie, sans broncher, l'homme fort de N'Djamena. Honoré de Sumo, envoyé spécial à N'Djamena Honoré de Sumo |
Pékin arme des pays violant les droits de l'homme, dit Amnesty
L'Express avec Reuters, 12 juin 2006 Selon Amnesty, la Chine est en train de devenir l'un des principaux exportateurs d'armes, d'équipements anti-émeutes et d'armes conventionnelles, et elle fournit notamment des gouvernements qui, comme la junte militaire au pouvoir en Birmanie, utilisent régulièrement ces armes contre leurs citoyens. " La Chine est en train de devenir l'un des exportateurs d'armes les plus importants, les plus opaques et les plus irresponsables", écrit l'organisation sur son site internet, www.amnesty.org. "Le rapport montre comment des armes chinoises participent à la perpétuation de conflits brutaux, de violences criminelles et autres graves violations des droits de l'homme dans des pays tels que le Soudan, le Népal, le Myanmar et l'Afrique du Sud. Il révèle également l'implication possible d'entreprises occidentales dans la fabrication de certaines de ces armes." Le ministère chinois des Affaires étrangères n'a pas pu être contacté dans l'immédiat pour commenter ces informations. Des responsables chinois ont déjà par le passé nié que Pékin se livre à des ventes d'armes irresponsables, et affirmé que la Chine respectait les règlements internationaux sur le commerce des armes.
"Une attitude dangereuse permissive »
Selon le rapport d'Amnesty, Pékin a une "attitude dangereusement permissive vis-à-vis de la délivrance de permis d'exporter des armes", et ses "fréquentes exportations" d'armes conventionnelles et d'armes légères jouent un rôle dans des violations des droits de l'homme, notamment dans le cadre de conflits armés. D'après Amnesty, la Chine compte notamment comme clients: -- Le Soudan, où les forces gouvernementales et leurs alliés ont perpétré "de nombreux massacres, viols et enlèvements" visant des groupes d'opposition dans le Darfour (Ouest). -- Le Népal, dont les forces armées n'ont arrêté que récemment de s'en prendre à des manifestants qui réclamaient au roi le rétablissement de la démocratie. -- Les pays de la région des Grands lacs, en Afrique, où d'après Amnesty les fusils de combat AK-47 chinois sont utilisés dans des combats et des atrocités. Depuis les années 1990, la Chine a édicté des règlements sur les exportations d'armes où il est précisé que ce matériel doit servir à l'"autodéfense" du pays client et ne doit pas menacer la paix et la sécurité régionales. Mais selon Amnesty ces règlements sont formulés en des termes vagues, et souvent ignorés par les fabricants d'armes chinois. Pékin fait pression sur l'Union européenne pour qu'elle lève son embargo sur les armes, décrété après la répression des manifestations antigouvernementales de la place Tiananmen, en 1989. La Chine qualifie cet embargo de dépassé et "discriminatoire". Mais Amnesty plaide pour un maintien de cet embargo, soulignant que les technologies d'armements européennes pourraient "facilement être transférées et servir à de graves violations des droits de l'homme en Chine même, mais aussi dans des pays tiers".
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Une délégation de l'Onu visite des camps de réfugiés au Tchad
L'Express, 11 juin 2006 L'histoire, terrifiante, se répète dans de nombreux villages des zones frontalières au Soudan et au Tchad voisin, où les mêmes groupes ethniques se retrouvent de part et d'autre des frontières. La référence aux miliciens djandjaouids, que le Soudan a armés pour réprimer une insurrection au Darfour, est elle aussi récurrente. "Ils ont pris du bétail. Ils m'ont attaché les mains et les pieds et m'ont enlevé. Ils ont mis du plastique fondu sur mon dos", a raconté Ibrahim, samedi, en soulevant sa chemise pour appuyer ses dires. "Je me sens mal à présent. J'ai d'horribles maux de tête." La délégation du Conseil de sécurité, où siègent 15 pays, a passé cinq jours au Soudan avant d'aller voir les victimes du conflit faisant rage depuis trois ans au Darfour, qui déborde sur le Tchad. Au moins 200.000 personnes ont péri au Darfour dans des violences liées au conflit et deux millions d'autres, chassées de chez elles, vivent dans des camps insalubres. Plus de 235.000 personnes ont trouvé refuge au Tchad. Dans l'est du Tchad, la moitié de la délégation de l'Onu s'est rendue à Gouroukoun, un camp abritant quelque 10.000 Tchadiens, situé près de la ville de Goz Beida, à environ 110km de la frontière soudanaise. Le reste a visité un camp abritant des réfugiés soudanais. "C'est horrible", a déclaré l'ambassadeur de Grande-Bretagne auprès de l'Onu, Emyr Jones Parry. "Tout le monde doit en faire plus."
Insécurité dans les camps
Comme c'est le cas dans beaucoup de camps de réfugiés, celui de Gouroukoun manque d'hommes. Ils ont péri dans le conflit, où y participent encore. "Nous avons été attaqués par les djandjaouids. Nous sommes devenues des veuves. Nos filles ont été violées et nos maris tués. Nos biens ont été détruits", a expliqué Hanne Adam Ali dans une présentation à la délégation de l'Onu et à un millier de personnes déplacées parmi lesquelles figuraient nombre d'enfants en haillons. Mais un homme coiffé d'un turban blanc qui n'a pas souhaité décliner son identité a estimé que la communauté internationale aurait pu faire davantage que leur fournir de la nourriture et "du plastique en guise d'abris". Comment des gens peuvent-ils venir d'un autre pays pour violer et tuer, s'interroge-t-il. Laura Perez, porte-parole du Haut-commissariat aux réfugiés de l'Onu (HCR), affirme que quatre villages tchadiens ayant accueilli des personnes déplacées seront bientôt alimentées en eau et que les habitants du camp de Gouroukoun seront relogés. Pour le moment, ils se contentent de la nourriture qu'ils ont emportée et de la générosité de la population locale. L'insécurité est de mise pour de nombreux Soudanais habitant les camps, ainsi que pour les travailleurs humanitaires, selon Ana Liria-France, représentante du HCR au Tchad. L'Armée de libération du Soudan enrôle de force de jeunes hommes, voire des garçons. Même les enseignants du camp recrutent. Malgré un accord récent, les forces tchadiennes se font rares, la plupart étant occupées à traquer les rebelles en leur sein. Le président tchadien Idriss Déby, visé par quatre tentatives de coup d'Etat, a résisté en avril à une offensive rebelle qui a fait craindre une guerre civile. Déby demande le déploiement d'une force de maintien de la paix internationale comme celle que le Conseil de sécurité espère pouvoir fournir au Darfour, mais l'exécutif onusien n'a pas pris position quant à la marche à suivre au Tchad. "La principale exigence ici est de surveiller les camps plus efficacement. Il s'agit d'un effort de surveillance plutôt que d'une mission telle que celle qui est nécessaire au Darfour", a déclaré Jones Parry, ambassadeur britannique auprès des Nations unies, à l'issue d'un entretien de deux heures entre la délégation du Conseil et le chef de l'Etat. Paris, qui compte un millier d'homme au Tchad, n'a pas l'intention d'assurer la sécurité dans les camps, a pour sa part déclaré son homologue français Jean-Marc de la Sablière. La France, a-t-il toutefois souligné, fera sa part dans le cadre d'une éventuelle réponse internationale.
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Tentative de médiation au Soudan Sud entre les rebelles ougandais et Kampala
Le Monde , 10 juin 2006 L'attitude est hostile. Les rebelles ougan dais de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) n'aiment pas la publicité: Surtout lorsqu'ils sont engagés dans une difficile mission de médiation à Juba (Soudan sud), loin de leur base au nord de l'Ouganda, où ils ont mis la région à feu et à sang. Le président du Soudan sud autonome, Salva Kiir; ex-rebelle et compagnon déroute du défunt John Garang; a en effet décidé de négocier avec Joseph Kony, chef de la LRA. L'objectif est ! , double: sécuriser le Soudan sud et faciliter les contacts de la LRA avec les autorités ougandaises. La LRA a exporté d'ans le sud du Soudan une campagne de terreur qui, depuis 1986, a transformé 30 000 enfants en sol dats, ou esclaves sexuels et a fait près de 100 O0O morts. « L a LRA n'a rien à faire au Soudan», déclare James Ellery, chef de l'ONU dans le sud du pays où 7 000 casques bleus sont déployés depuis la signature en 2005 d'un fragile accord de paix qui a mis fin à plus de vingt ans de guerre civile soudanaise opposant Khartoum aux rebelles du Sud de John Garang: Pour inciter la LRA à négocier, Salva Kiir a fait remettre, le 2 mai, devant une caméra, 20 000 dollars à Joseph Kony, recherché pour crime contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI), comme quatre de ses commandants. « L'argent était pour de la nourriture, expli que M. Kiir, on ne peut pas négocier avec des gens qui ont faim » La prochaine étape des pourparlers serait « imminente». Les membrés de la LRÀ rencontrés à Juba doivent sélectionner des représentants qui; selon M. Kiir, seront rejoints par une délégation ougandaise, pour négocier un accord de paix sous les auspices soudanais. « Ils ont violé des femmes; ils ont tué, pillé, kidnappé ,» s'insurge Salva Kiir. Mais selon lui: « Arrê ter Joseph Kony n'est pas la solution. » L'ambassadeur britannique à l'ONU, Emyr Jones Parry, a reconnu qu'un processus politique suffirait . pour le «gros des troupes » , mais selon lui, avec les dirigeants du mouvement ougandais, «il n y a pas de place pour la négociation», tant les incursions de la LR.A en République démocratique du Congo et au Soudan représentent « une menace à la paix et à la sécurité internationales ». Philippe Bolopion |
La mission du Conseil de sécurité poursuit son voyage au Sud-Soudan
Nations Unies, New York, 8 juin 2006 La mission du Conseil de sécurité au Soudan, dirigée par l'ambassadeur du Royaume-Uni, Emyr Jones Parry, s'est rendue aujourd'hui à Juba, dans le sud du pays, a annoncé le porte-parole du Secrétaire général. Les membres du Conseil de sécurité ont rencontré le Premier Vice-Président du Soudan, Riek Machar, le Président du Sud-Soudan, Salva Kiir, ainsi que d'autres hauts fonctionnaires du Sud-Soudan. Les discussions ont porté sur la mise en ?uvre de l'Accord de paix global du Soudan ainsi que sur le groupe armé ougandais de la Lord's Resistance Army (LRA). L'ambassadeur Emyr Jones Parry a tenu une conférence de presse conjointe avec Salva Kiir au cours de laquelle de nombreuses questions ont porté sur la LRA ainsi que sur les pourparlers qui seraient prévus entre une délégation de la LRA et le gouvernement de l'Ouganda, et qui seraient facilités par le Gouvernement du Sud-Soudan. Selon les informations parues dans la presse, Joseph Kony, chef de l'Armée de résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army, LRA), groupe armé connu pour ses activités sanguinaires dans le nord de l'Ouganda, a récemment laissé entendre qu'il souhaiterait mettre fin au conflit qu'il a suscité. Emyr Jones Parry avait affirmé hier à Khartoum que le « gouvernement et le peuple du Soudan n'avaient rien à craindre d'une opération des Nations Unies au Darfour et tout à y gagner ».
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Poursuite des consultations entre la République Centre Afrique et le HCR pour le rapatriement des réfugiés soudanais
IRIN, Bangui, 8 juin 2006 Les autorités centrafricaines et le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) poursuivent leurs consultations en vue d'assurer le rapatriement de quelque 10 000 réfugiés soudanais, a déclaré le HCR. Selon Bruno Geddo, représentant du HCR en République centrafricaine (RCA), le rapatriement – qui devrait démarrer début juin – marquera la deuxième phase des opérations qui ont commencé le 2 février après la signature d'un accord tripartite entre la RCA, le Soudan et le HCR. « Quelque 2 155 réfugiés ont déjà été rapatriés et les autorités de la RCA ont indiqué qu'elles sont disposées à reprendre les opérations », a affirmé M. Geddo. La première phase des opérations de rapatriement a été annulée en raison de la grande insécurité qui régnait dans l'est de la RCA et du conflit soudanais. En outre, les attaques du mouvement rebelle ougandais de l'armée de libération du Seigneur (LRA) ont causé la mort de plusieurs travailleurs humanitaires et la destruction de matériels dans les villages de Yeye et Yambio dans l'est de la RCA, près de la frontière avec le Soudan. A en croire M. Geddo, les opérations de rapatriement ont également été entravées par les conflits fonciers qui opposent les tribus Dinka et Zande de la province Western Equatoria du Soudan. M. Geddo a par ailleurs fait part de ses préoccupations concernant la situation alimentaire dans le camp de M'boki, puisque les réfugiés ne cultivent plus depuis la première phase des opérations de rapatriement, en février. « Nous demandons également au Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies de fournir une aide alimentaire à ces réfugiés en attendant leur rapatriement », a-t-il indiqué. La deuxième phase, qui prévoit le rapatriement de quelque 10 000 réfugiés pourrait être achevée début octobre, a précisé M. Geddo. Avant la reprise des opérations, a-t-il ajouté, le HCR contactera l'Office des migrations internationales, qui mettra de avions à disposition pour assurer le transport des réfugiés au Soudan.
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Khartoum refuse tout casque bleu au Darfour
Le Monde, 8 juin 2006 En mission au Soudan pour la première fois, le Conseil de sécurité des Nations unies n'est pas parvenu, mardi 6 juin, à convaincre le président Omar Al-Bachir d'accepter le déploiement immédiat d'une mission de maintien de la paix au Darfour, en proie à une nouvelle flambée de violence. Depuis février 2003, la répression contre la rébellion dans cette province de l'ouest du pays a fait, selon des estimations onusiennes, au moins 180 000 morts et entraîné le départ de deux millions et demi de réfugiés. Face aux ambassadeurs représentant les 15 pays membres du Conseil de sécurité, qu'il a reçus dans une atmosphère crispée, le dirigeant soudanais a refusé tout déploiement de casques bleus placé sous chapitre VII de la Charte de l'ONU, qui autorise l'usage de la force et s'est imposé comme une garantie d'efficacité pour les missions de maintien de la paix récentes. M. Al-Bachir n'a toutefois pas formellement écarté un rôle pour l'ONU dans la mise en oeuvre de l'accord de paix au Darfour, conclu le 5 mai entre le gouvernement et une partie des rebelles. Les ambassadeurs, venus de New York, ont été accueillis à leur arrivée, lundi, par des articles dénonçant, dans la presse locale, "la visite la plus humiliante jamais connue par le Soudan" . Le projet de déployer au moins 10 000 casques bleus au Darfour, pour prendre la relève des 7 000 hommes sous-équipés de l'Union africaine, qui ne sont pas parvenus à mettre fin à des exactions qualifiées de "crimes contre l'humanité" par l'ONU, a été dépeinte comme une tentative pour "recoloniser" le Soudan par le journal Al-Intibaha . Au cours d'entretiens marathons avec le président, des représentants de la société civile ou de la presse locale, les ambassadeurs du Conseil de sécurité se sont attachés à faire du déminage, assurant que "rien ne se fera sans le consentement du Soudan" . Ils ont tenté de lever "les malentendus" qui entourent l'usage du chapitre VII, et au cours de discussions "animées" avec des élus soudanais, ont repoussé tout amalgame avec les opérations en Irak ou en Afghanistan. L'offensive diplomatique n'a toutefois semblé produire que de maigres résultats. Le Conseil de sécurité devait malgré tout poursuivre sa tournée par Addis Abeba, au siège de l'Union africaine, pour y discuter de l'éventuel passage de relais entre l'organisation régionale et l'ONU, qui pourrait commencer dès septembre. Les diplomates y rencontreront le secrétaire général adjoint pour les opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Marie Guéhenno, qui, avec l'accord tardif des autorités soudanaises, évaluera lui-même, au Darfour, les besoins de l'ONU. Les diplomates se rendront ensuite à Jouba, au sud du Soudan, où près de 10 000 casques bleus sont déjà déployés pour surveiller l'accord de paix nord-sud. Ils poursuivront leur visite au Darfour, puis au Tchad. Philippe Bolopion |
Le Soudan souhaite coopérer avec l'Onu pour faire avancer le processus de paix
Xinhuanet, 7 juin 2006 Le président soudanais Omar al- Béchir a affirmé mardi sa volonté de collaborer avec les Nations unies pour faire avancer le processus de paix dans le sud du pays ainsi que dans la région occidentale du Darfour. Omar al-Béchir a fait ces déclarations alors qu'il recevait une délégation du Conseil de sécurité de l'Onu, actuellement en visite au Soudan pour consulter les parties concernées sur le rôle de l'Onu au Darfour. Omar al-Béchir a également confirmé son engagement à appliquer l'Accord de paix global, signé en janvier 2005 entre le gouvernement soudanais et un groupe rebelle, et qui a mis fin à des décennies de guerre civile nord-sud, ainsi que l'Accord de paix au Darfour, signé le 5 mai dernier par le gouvernement et l'un des principaux groupes rebelles de la région. La délégation de l'Onu a, quant à elle, insisté sur sa volonté de mettre en place un partenariat avec le gouvernement soudanais sur la question du Darfour, pour tenter d'accélerer le rapatriement des réfugiés et de renforcer l'action des organisations humanitaires
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Les attaques des milices janjawid continuent dans l'est du Tchad
Nations Unies HCR, New York, 6 juin 2006 L'agence des Nations Unies pour les réfugiés s'est déclarée « extrêmement inquiète » face à la poursuite des attaques par les milices janjawid dans l'est du Tchad et aux risques d'accroissement du déplacement interne de Tchadiens. « L'insécurité persistante est également une menace pour les 213 000 réfugiés soudanais du Darfour qui se trouvent dans la douzaine de camps administrés par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés ( HCR ) dans cette région isolée le long de la frontière avec le Soudan (carte) », a déclaré aujourd'hui le porte-parole de l'agence, Ron Redmond, lors de son point de presse à Genève. « Samedi, des miliciens armés ont volé 350 têtes de bétail dans un village à 20 kilomètres à l'ouest de Koukou Angarana, dans la région de Goz Beida à l'est du Tchad (carte) . Aucun mort n'a été rapporté, mais c'est le dernier exemple en date de l'escalade de la violence qui provoque de plus en plus de déplacements et parfois des morts », a dit le porte-parole. « Les attaques janjawid contre les Tchadiens semblent devenir plus systématiques et même parfois mortelles, durant ces trois derniers mois et il n'y a aucun signe que cet engrenage ne s'arrête ». Le HCR rappelle qu'environ 50 000 personnes sont déplacées dans l'est du Tchad, elles ont fui leurs maisons ces derniers mois après la douzaine d'attaques par les janjawid. Dans certains cas, les personnes fuient de peur des risques d'attaques et beaucoup ont été déplacées à plusieurs reprises. « Une importante attaque près de Modeyna les 3 et 4 mars derniers a provoqué le déplacement de milliers de villageois vers Koloye, à 15 kilomètres de là. Des douzaines d'habitants auraient été tués pendant cette attaque. Les miliciens ont ensuite attaqué Koloye et les déplacés de Modeyna ont dû fuir une nouvelle fois, cette fois vers Gouroukoun, un village près de Goz Beida, qui accueille actuellement près de 11 000 déplacés ». « Le 13 avril, des centaines de Janjawid ont attaqué le village de Djawara, massacrant plus de 100 hommes et volant des centaines de têtes de bétail. Djawara, à 60 kilomètres de la frontière soudanaise, et d'autres villages alentour sont maintenant désertés. La plupart des habitants ont fui vers le nord-est vers Dogdore pour rejoindre d'autres personnes récemment déplacées internes. Dogdore accueille maintenant environ 9000 déplacés tchadiens ». Les équipes de l'UNHCR se sont entretenues avec de nombreux déplacés dans des installations spontanées, a affirmé Ron Redmond. « Ils disent que les attaques ont été perpétrées par les milices janjawid venues depuis le Soudan. Ils ont également dit qu'à plusieurs occasions, ils ont reconnu des Tchadiens d'autres tribus prenant part eux aussi aux attaques avec les milices janjawid soudanaises. Ils prétendent que ces Tchadiens ont conclu des accords avec les milices pour éviter les attaques sur leur propre propriété et leur bétail. » Le HCR a lancé de nouveau un appel d'urgence aux autorités du Tchad et du Soudan pour qu'elles renforcent la sécurité dans les régions frontalières afin de prévenir toute nouvelle attaque et tout nouveau déplacement. Il a aussi demandé « un plus grand engagement de la communauté internationale pour gérer la très sérieuse question de la propagation de l'instabilité et de l'insécurité ». Au total, 213 000 réfugiés soudanais se trouvent actuellement dans l'est du Tchad ainsi que 50 000 personnes déplacées. Il y a également quelque 47 000 réfugiés originaires de la République centrafricaine dans le sud du Tchad.
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Jean-Marie Guéhenno mènera la mission d'évaluation au Darfour
Nations Unies, New York 5 juin 2006 Le Secrétaire général a désigné Jean-Marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, pour conduire l'équipe de l'ONU de la mission d'évaluation conjointe Nations Unies/Union africaine (UA) qui étudiera le redéploiement d'une force dans la région du Darfour, a annoncé aujourd'hui le porte-parole du Secrétaire général. Les membres de la mission d'évaluation conjointe ONU/UA entameront d'abord des consultations à Khartoum au Soudan, a indiqué Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU à New York. Ils se rendront ensuite au Darfour pour évaluer les besoins de la Mission de l'UA au Soudan (MUAS) qui est déployée depuis 2004 pour protéger les populations civiles du Darfour et qui doit être renforcée dans la mesure où elle aura la responsabilité de faciliter la mise en oeuvre de l'accord de paix, a ajouté le porte-parole. Le 5 mai dernier, un accord de paix a été signé entre le gouvernement du Soudan et la faction de l'Armée de libération du Soudan (ALS) dirigée par Minni Minawi. Deux mouvements rebelles du Darfour n'ont toujours pas signé l'accord de paix ( dépêche du 01.06.06). La mission d'évaluation étudiera aussi un éventuel remplacement de la MUAS par une force des Nations Unies qui serait plus puissante, a encore indiqué le porte-parole. Elle se rendra ensuite à Khartoum pour un cycle de consultations supplémentaires avec les autorités soudanaises, avant de rendre au rapport au Secrétaire général de l'ONU et au président de l'UA. La visite de la mission d'évaluation pour le redéploiement d'une force au Darfour sera « une étape importante » dans la coopération entre le Soudan et la communauté internationale pour faire régner la paix et la prospérité dans le pays, a estimé le porte-parole. Le 25 mai dernier, Lakhdar Brahimi, Envoyé spécial du Secrétaire général, avait annoncé que le gouvernement du Soudan autorisait l'envoi d'une telle mission ( dépêche du 25.05.06). Si le Soudan a donné son accord à une mission d'évaluation, il réserve encore son approbation au principe d'un remplacement d'une force de l'UA à une force de l'ONU, avait affirmé le 2 juin Hedi Annabi, Responsable adjoint des opérations de maintien de la paix. Selon le responsable, le feu vert du Soudan dépendra du mandat de la mission de l'ONU ( dépêche du 02.05.06). Le conflit qui a démarré en février 2003 au Darfour a déjà fait au moins 200.000 morts et a provoqué le déplacement de plus de 2 millions de personnes. La mission du Conseil de sécurité est arrivée à Khartoum, a par ailleurs annoncé le porte-parole. Les membres du Conseil rencontreront demain le président soudanais. Ils tiendront une conférence de presse à l'issue de cette rencontre ( dépêche du 26.05.06).
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Reprise des affrontements à la frontière du Tchad avec le Soudan
Afrique Centrale Info 4 juin 2006 Des affrontements ont opposé samedi après-midi les forces armées tchadiennes à des rebelles tchadiens dans la localité de Tiné, à l'extrême est du Tchad à la frontière avec le Soudan, a annoncé la présidence tchadienne dans un communiqué. "Une colonne de mercenaires à la solde de Khartoum, à bord de 67 véhicules, a attaqué cet après-midi la sous-préfecture de Tiné, située à l'est du Tchad", indique le texte rendu public par la présidence. "Nos forces de défense et de sécurité ont mis en déroute la horde des mercenaires", a ajouté le communiqué sans donner plus de détails, ajoutant que "d'autres informations relatives à cette attaque seront données incessamment". Selon une source militaire tchadienne, ces rebelles seraient sous les ordres de Timane Erdimi, un ancien proche du président Idriss Deby Itno passé à la rébellion en décembre et qui a depuis pris la tête du Socle pour le changement, l'unité et la démocratie (Scud). Aucun bilan de ces affrontements n'a été livré par les autorités tchadiennes. Par ailleurs, la présidence tchadienne a annoncé dans ce même communiqué, que "le capitaine Mahamat Nour, tête pensante du Front Uni pour le changement (Fuc), a trouvé la mort hier vendredi 2 juin à Dubaï à la suite d'une crise cardiaque", sans donner plus de détails. Les affrontements de samedi à Tiné sont les premiers combats entre armée et rebelles officiellement recensés au Tchad depuis la défaite des rebelles du Fuc, proches du Soudan, repoussés par l'armée fidèle au président Deby le 13 avril aux portes de N'Djamena
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Le chef de la rébellion ougandaise sort de l'ombre
Joseph Kony, qui dirige la sanglante rébellion de l'Armée de résistance du Seigneur, est apparu sur un DVD. Le Figaro, 3 juin 2006 C'est une apparition inattendue que celle de Joseph Kony. Depuis plus de vingt ans, le «prophète» illuminé de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), une rébellion fanatique qui ensanglante le nord de l'Ouganda, se terrait, presque invisible. Mercredi, le pasteur autoproclamé a rompu ce silence dans un DVD. Sur ce film d'une heure et demie datant de début mai, Joseph Kony se livre à un plaidoyer pro domo. Entouré de Vincent Otti, le chef militaire de la LRA , et de Riek Machar, le vice-président du gouvernement autonome du Sud Soudan, il se présente comme un «être humain». L'enregistrement aurait dû rester secret. Il a fini par fuiter et les entretiens qu'il révèle sont très sérieux. Riek Machar s'y propose comme médiateur dans l'interminable conflit ougandais. En guise de bonne foi, il offre 20 000 dollars au rebelle. «Achète-toi à manger avec ça, pas de munitions», sourit-il en tendant une enveloppe ventrue.
A Kampala, la capitale ougandaise, cette image a fait scandale. Tout comme les paroles du pros crit : «La plupart des gens ne me connaissent pas (...) Je ne suis pas un terroriste (...) Je suis un être humain.» Pour les Ougandais, la LRA est avant tout le symbole de vingt ans d'une violence particulièrement absurde. Deux décennies d'enlèvements d'enfants, trans formés sous la houlette de Joseph Kony en autant de tueurs fanatiques. Deux décennies de pillages, de viols, de meurtres pour un objectif des plus flous : imposer les Dix Commandements en guise de Constitution. Jusqu'à présent, les contre-insurrections lancées par l'armée ougandaise n'ont eu d'autres résultats que de faire souffrir un peu plus les civils. Quant aux différentes négociations de paix, elles ont tourné court.
Médiation soudanaise
L'intervention soudanaise pourrait peut-être briser ce cercle vicieux. «La démarche est une opportunité très intéressante. Les Soudanais ont des objectifs clairs et des moyens de pression sur les deux parties», analyse Cathy Clément, directrice Afrique centrale de l'International Crisis group (ICG), un institut de prévention des conflits. Riek Machar n'ignore pas que la LRA est très affaiblie. Les fous du Seigneur, qui ont longtemps bénéficié de la guerre dans un Sud-Soudan aujourd'hui apaisé, sont désormais privés de soutien extérieur. Kony est également ébranlé par les mandats d'arrêt lancés pour «crimes contre l'humanité» contre lui et trois de ses adjoints par la Cour pénale internationale (CPI). Dans ce contexte, l'apparition publique de l'insaisissable pasteur a l'allure d'un premier pas vers l'ouverture d'éventuelles négociations. Kampala n'a pas officiellement réagi. «Des contacts ont été établis mais, pour l'instant, cela reste à très bas niveau», indique un employé d'une ONG implantée en Ouganda. Le président Yoweri Museveni s'est contenté d'assurer qu'il pourrait garantir la sécurité du chef rebelle contre une reddition.
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L'accord du Soudan à une mission de l'ONU pourrait dépendre de son mandat, estime Hedi Annabi
Nations Unies, New York, 2 juin 2006 Si le Soudan a donné son accord à une mission d'évaluation pour une opération de maintien de la paix au Darfour, il réserve encore son approbation au principe d'un transfert de l'Union africaine aux Nations Unies dans l'attente de connaître son mandat, a dit Hedi Annabi, responsable adjoint des opérations de maintien de la paix, lors d'un point avec la presse à New York. Le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix s'exprimait devant la presse à l'issue d'un exposé lors de consultations à huis clos du Conseil de sécurité, dans la perspective de la prochaine mission du Conseil qui aura lieu du 4 au 13 juin au Soudan et en République démocratique du Congo (RDC) ( dépêche du 26.05.06). Interrogé sur l'accord de Khartoum au principe d'une transition vers une force de l'ONU, Hedi Annabi a déclaré que le gouvernement avait « pour l'instant donné son accord à une mission conjointe des Nations Unies et de l'Union africaine (UA), qui se réunira à Addis Abeba, dans les prochains jours ». Cette mission voyagera ensuite vers Khartoum pour y mener des consultations avec le gouvernement. Elle se rendra ensuite au Darfour pour établir des contacts avec les autorités, étudier les besoins de la Mission de l'Union africaine, a-t-il ajouté. « Elle mènera aussi une évaluation des besoins relatifs à la transition vers une mission des Nations Unies », a-t-il précisé. « Nous avons un accord relatif à la mission d'évaluation. Le gouvernement n'a pas encore donné son accord à une transition vers une mission de l'ONU », a précisé le Sous-Secrétaire général, qui ajouté que « la mission d'évaluation se faisait donc 'sans préjudice' des décisions prises par tous les acteurs ? l'UA, le Conseil de sécurité ». « J'ai le sentiment qu'ils souhaitent savoir quel sera le mandat donné à l'opération », a-t-il estimé. « Nous leur avons clairement indiqué que cette force aurait pour mandat, en tant que force de maintien de la paix, d'assister les parties à mettre en oeuvre l'accord de paix » signé à Abuja le 5 mai. « Je crois qu'il y a une mécompréhension à cet égard au Soudan, et c'est pourquoi Lakhdar Brahimi et moi-même nous sommes efforcés d'expliquer comment fonctionnaient les opérations de maintien de la paix et quel était leur but ». Interrogé sur le calendrier, Hedi Annabi a rappelé que l'UA avait pour mandat de poursuivre son activité jusqu'à la fin du mois de septembre. « Après, notre déploiement dépendra de l'assistance des Etats Membres. Pour le Sud du Soudan, le déploiement de la Mission des Nations Unies au Soudan ( UNMIS ) a été bien plus lent que souhaité, parce que les contributeurs ont été lents à répondre », a-t-il rappelé. « Les réactions de ces derniers seront aussi influencées par le mandat de la future opération des Nations Unies, mais pendant ce temps nous poursuivons nos contacts avec les contributeurs potentiels », a estimé Hedi Annabi. Interrogé sur le fait que certains rebelles continuent de refuser de signer l'accord de paix, le Sous-Secrétaire général a indiqué qu'il restait déterminant de tenter de parvenir à obtenir leur coopération à la mise en oeuvre de l'accord même s'ils ne l'ont pas signé. « Nous espérons qu'ils le signeront car autrement c'est leur propre peuple qu'ils trahiront », a-t-il estimé. Le Secrétaire général s'est déclaré hier « préoccupé du fait que, malgré les appels de l'Union africaine (UA) et de la communauté internationale », deux mouvements rebelles du Darfour n'aient toujours pas signé l'accord de paix, « regrettant profondément cet échec ». |
L'accord de paix sur le Darfour reste en suspens
Deux mouvements rebelles refusent de signer le projet de règlement du conflit conclu le mois dernier La Croix , 2 juin 2006 Malgré d'intenses pressions et la menace de sanctions internationales, il n'y a pas eu de ralliement de dernière minute à l'accord de paix sur le Darfour. Alors que l'ultimatum posé par l'Union africaine (UA) arrivait à expiration mercredi soir, les deux groupes rebelles dont la signature était attendue ne sont pas revenus sur leur refus. Toutefois, des «dis cussions intenses» se poursuivaient hier, selon un porte-parole de l'UA, même si «l'accord en lui-même n'est pas négociable». Jusqu'à présent, outre le pouvoir central de Khartoum, seule la faction supposée, majoritaire du principal groupe rebelle, le Mouvement de libération du Soudan (SLM), a signé cet accord de paix conclu le 5 mai dernier, à Abuja (Nigeria) à l'issue d'intenses pressions frôlant la séquestration. Le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) de Khalil Ibrahim et la faction du SLM dirigée par Abdel Wahid Mohammed Al Nour ont refusé , de le parapher. Les deux groupes voudraient davantage de postes politiques que ce qui est promis dans l'accord actuel. Ils réclament notamment un fauteuil de vice-président du Soudan, à l'image de ce qu'avaient obtenu les Soudanais du Sud dans le règlement de leur propre conflit avec le pouvoir central. L'accord actuel ne leur propose qu'un poste de «conseiller spécial» auprès du président, doté de tous les attributs d'un vice-président excepté le titre: Les groupes rebellés demandent aussi de meilleures compensations pour les victimes du conflit, la somme de 700 millions de dollars (550 millions d'euros) sur trois ans prévue par l'accord, dont seulement 30 millions seraient débloqués immédiatement, leur paraissant insuffisante. Enfin, les rebelles exigent des garanties concernant le désarmement des milices des djandjawids, responsables d'atrocités contre les populations darfouriennes, milices qui servent de supplétifs au régime soudanais, bien que ce dernier nie les encadrer. Avant même que l'accord commence à être mis en oeuvre, l'état-major soudanais fait déjà planer un doute sur leur désarmement en soulignant que le texte d'Abuja ne donne pas de définition du terme « djandjawid »... La bonne foi du régime soudanais est d'autant plus sujette à caution que l'accord de paix sur le Sud du Soudan, signé en 2005 et qui a mis fin à une guerre civile de vingt et un ans, est encore loin d'une application intégrale. Trois jours de pourparlers entre les ex-rebelles du Sud et le parti présidentiel se sont achevés dans la nuit de lundi à mardi sans avancée spectaculaire; notamment sur l'épineuse question de la province pétrolière d'Abyei (lire La Croix du 30 mai). Malgré tout, la présence d'ex-rebelles sudistes au sommet de l'État pourrait constituer un canal de dialogue, notamment en la personne de Salva Kiir, vice-président du pays. L'ancien chef de guerre, qui s'est entretenu par téléphone avec des leaders rebelles, s'employait hier à réunir dans les prochains jours les différentes factions du Darfour dans son fief de Juba. Le règlement, de l'accord de paix est compliqué par deux dossiers collatéraux: l'envoi de casques bleus au Darfour et la crise au Tchad. Le 16 mai, une résolution de l'ONU avait donné une semaine au gouvernement soudanais pour accepter une mission d'évaluation au Darfour, en vue du déploiement futur de casques bleus. Mais l'envoyé spécial de l'ONU à Khartoum, Lakhdar Brahimi, reste jusqu'ici face à un mur. Or, comme le note un rapport de l'International Crisis Group publié hier, «le refus de Khartoum d'une présence militaire internationale renforcée au Darfour peut durer, laissant le temps à une opposition armée tchadienne composite de me ner son travail de sape du régime» tchadien. Le soutien soudanais aux rebelles tchadiens n'ayant d'égal que celui apporté par N'Djamena aux rébellions du Darfour, cette crise régionale reste explosive: Les ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU, qui entameront ce dimanche à Khartoum une tournée africaine de neuf jours, seront directement plongés dans le vif du sujet. Laurent d'Ersu
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Le Conseil de sécurité en mission au Soudan et en RDC au mois de juin
Jeune Afrique, 1 er juin 2006 Le Conseil de sécurité va effectuer du 4 au 13 juin une visite au Soudan et en République démocratique du Congo (RDC), a rapporté vendredi le Centre de nouvelles de l'ONU. La mission du Conseil de sécurité démarrera le 4 juin à Khartoum au Soudan et sera conduite dans un premier temps par le représentant de la Grande-Bretagne , Emyr Jones Parry. Il s'agira de démontrer la détermination du Conseil à travailler avec le gouvernement du Soudan, l'Union africaine (UA) et d'autres parties pour faire face aux nombreux problèmes du pays, a déclaré l'ambassadeur britannique. Le Conseil de sécurité souhaite encourager le gouvernement à accepter le remplacement de la force de l'UA sur le terrain par une force des Nations Unies, a-t-il affirmé. Jeudi, le gouvernement soudanais a fait savoir qu'il autorisait une mission d'évaluation de l'ONU pour le déploiement d'une force des Nations Unies au Darfour. Selon l'ambassadeur britannique, la transition vers une opération de maintien de la paix sera "épineuse et complexe" sur le plan militaire. Le Conseil s'engage à respecter "la souveraineté, l'unité, l'indépendance et l'intégrité territoriale du Soudan", a-t-il souligné. Après le Soudan, la mission du Conseil de sécurité se rendra au Tchad et en RDC, avec une étape intermédiaire à Addis Abeba, siège de l'UA. La mission en RDC (du 11 au 12 juin) sera conduite par le représentant de la France , Jean-Marc de la Sablière. A Kinshasa, le Conseil de sécurité rencontrera le président Kabila, les vice- présidents et la commission électorale indépendante et la haute autorité pour les médias. La situation en RDC "revêt des enjeux considérables pour l'ensemble de la région" et la stabilité de ce pays "est vitale pour celle de toute la région des Grands Lacs et au-delà, de l'ensemble du continent africain", a indiqué l'ambassadeur de France. La MONUC est aujourd'hui l'opération de maintien de la paix la plus importante avec près de 17.500 hommes en uniformes et un budget est de 1,15 milliard de dollars par an, a-t-il affirmé. A propos des prochaines élections présidentielles en RDC, prévues le 30 juin, l'ambassadeur de France a déclaré que le Conseil de sécurité "demandera à ce que les élections soient libres, ouvertes à tous, transparentes, pacifiques". |