Le Soudan dans la Presse

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2006

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2005

1er semestre

2ème semestre


Mai 2006

USA, Gouvernement,
31 mai 2006

Les É.-U. tiendront leurs engagements en matière de maintien de la paix au Soudan

La Tribune , Alger,
30 mai 2006

Signature à Abuja d'un accord de paix au Darfour : une intervention humanitaire ?

La Croix ,
30 mai 2006

Les ex-rebelles du Sud exigent l'application de l'accord de paix de 2005

Jeune Afrique,
30 mai 2006

Khartoum et les ex-rebelles sudistes affichent leur unité malgré les différends

Xinhuanet,
30 mai 2006

Le NCP et le SPLM s'engagent à conjuguer leurs efforts pour la paix

Jeune Afrique,
28 mai 2006

Kofi Annan demande le renforcement de la mission de l'UA au Soudan

Blog Finance,
28 mai 2006

Le Nigeria invite le Soudan à rejoindre l'OPEP

Jeune Afrique,
27 mai 2006

Les ex-rebelles du Sud à Khartoum pour discuter de l'accord de paix

Le Figaro,
27 mai 2006

Le conflit soudanais menace le Tchad

Nations Unies , New York
26 mai 2006

Le Conseil de sécurité en mission au Soudan et en RDC au mois de juin

Le Monde,
25 mai 2006

Le conflit au Darfour atteint « un nouveau degré de violence »

Réforme,
24 mai 2006

Au Darfour, l'attente

L'Humanité,
24 mai 2006

« Des crimes de guerre ont été commis au Darfour »

Médecins du Monde,
22 mai 2006

Diminution de l'aide alimentaire aux déplacés du Darfour

Cité du Vatican,
21 mai 2006

Vaincre le fléau de la faim dans le monde, spécialement au Darfour- Appel du Pape Benoît XVI

Jeune Afrique,
20 mai 2006

Les attaques contre les humanitaires et les civils sont aussi graves qu'au Darfour

Le Figaro ,
19 mai 2006

Kofi Annan : « Plus une seconde à perdre pour sauver le Darfour ! »

Nations Unies, New-York,
19 mai 2006

Les semaines à venir cruciales pour éviter la plongée dans les abysses, affirme Jan Egeland

Le Figaro,
18 mai 2006

Le Soudan prêt à accepter l'ONU au Darfour

Le Figaro
18 mai 2006

« Deux millions de personnes à assister », Jan Egeland

Xinhuanet, New-York,
17 mai 2006

Le Conseil de sécurité adopte la résolution 1679

Jeune Afrique,
16 mai 2006

Les pressions s'accentuent sur les rebelles récalcitrants du Darfour

Nations Unies, NewYork,
16 mai 2006

Le Conseil de sécurité adopte une résolution pour accélérer le déploiement d'une force de maintien de la paix

Jeune Afrique,
16 mai 2006

Principaux points de l'accord de paix signé le 5 mai 2006

Nations Unies, New York,
16 mai 2006

Darfour: Kofi Annan espère dépêcher une mission d'évaluation pour le déploiement d'une force

Jeune Afrique,
16 mai 2006

Darfour: l'ONU somme les parties d'appliquer l'accord de paix d'Abuja

Nouvel observateur,
16 mai 2006

Le Conseil de Sécurité a adopté à l'unanimité une résolution pour le déploiement d'une force de maintien de la paix

Jeune Afrique,
16 mai 2006

La signature de la paix entre Khartoum et des rebelles du Darfour fait espérer la fin d'un conflit sanglant

Jeune Afrique,
15 mai 2006

Darfour: l'UA donne 24h aux rebelles pour signer l'accord de paix

Jeune Afrique,
14 mai 2006

Sur la voie du Sud-Soudan

Jeune Afrique,
14 mai 2006

Le chemin de la paix au Darfour semé d'embûches

La Croix
14 mai 2006

650 000 personnes seraient privées d'aide humanitaire, au Darfour

Agence Apic, Genève,
14 mai 2006

Persécution: Le Darfour dans l'indifférence générale

Jeune Afrique,
14 mai 2006

Turabi fustige l'accord de paix du Darfour signé à Abuja

Etats-Unis Département d'Etat,
11 mai 2006

Condoleezza Rice : le monde doit se mobiliser pour le Darfour

Le Monde
11 mai 2006

Une ONG témoigne d'"atrocités" au camp de Kalma

Radio France International,
11 mai 2006

Washington veut des casques bleus au Darfour

Le Monde,
11 mai 2006

Washington veut accélérer le déploiement d'une force de l'ONU au Darfour

L'Observateur, Maroc,
10 mai 2006

Soudan : le volontarisme de Washington

Le Monde
11 mai 2006

Khartoum hésite à accepter des casques bleus

Nations unies
9 mai 2006

Le Darfour est un des plus grands défis de l'ONU, affirme Kofi Annan

Jeune Afrique,
9 mai 2006

L'ennemi tchadien

Jeune Afrique,
9 mai 2006

Appels aux rebelles pour signer l'accord de paix, heurts dans un camp du Darfour

Le Monde, Editorial,
9 mai 2006

Espoir au Darfour

IRIN, Abuja,
9 mai 2006

L'UA demande le soutien des casques bleus de l'ONU pour le maintien de la paix dans le Darfour

Nations Unies,
9 mai 2006

Jean Ziegler appelle les Etats Membres à financer le programme humanitaire de l'ONU

Afrique Central,
9 mai 2006

Le business avant le génocide

Angola Presse
8 mai 2006

Le Soudan n`exclut pas le déploiement d`une force de l`Onu au Darfour

Xinhuanet, Nairobi,
8 mai 2006

Human Rights Watch demande aux belligérants de cesser leurs attaques contre les humanitaires

Libération,
8 mai 2006

Darfour : un plan de paix délivré au forceps

Jeune Afrique ,
7 mai 2006

Voyage au cœur du pouvoir

Jeune Afrique
7 mai 2006

Le Soudan n'exclut pas le déploiement d'une force de l'Onu au Darfour

Jeune Afrique,
7 mai 2006

Le Soudan n'exclut pas le déploiement d'une force de l'Onu au Darfour

Le Monde
7 mai 2006

Célébrités et étudiants américains s'engagent contre le "génocide"

Le Monde
7 mai 2006

Un accord de paix signé à l'arraché pour le Darfour

La Libre Belgique , 6 mai 2006

Darfour : L'Humanitaire cache l'inaction politique

L'Orient le jour, Beyrouth
6 mai 2006

Le gouvernement à l'obligation de désarmer les djanjawid, affirme Zoellick –Sous pression, Khartoum et la principale faction rebelle du Darfour signent l'accord de paix

Libération
5 mai 2006

La paix au Darfour progresse un petit peu

Jeune Afrique
5 mai 2006

La principale faction rebelle accepte l'accord de paix, selon l'UA

Le Figaro
5 mai 2006

L'accord de paix en trois points

Le Figaro
5 mai 2006

La Paix signée avec des réserves

Le Monde
5 mai 2006

Pékin, attiré par l'odeur de l'or noir

Le Monde
5 mai 2006

Les conflits tchado-soudanais : enjeux régionaux et globaux

All Africa com
4 mai 2006

Révolte dans un camp de déplacés au Darfour, rapport de l'UMMIS

Le Point
4 mai 2006

Interview d'Al Tourabi « le pape noir de l'islamisme » ancien protecteur du chef d'Al Queda

Le Figaro
4 mai 2006

Accord de paix en suspend

Le Figaro
3 mai 2006

Le Darfour attend toujours un accord de paix

La Croix
3 mai 2006

Aux Etats-Unis, le Darfour suscite une forte solidarité

All Africa Com,
3 mai 2006

L'aide des Etats-Unis au peuple soudanais

Jeune Afrique ,
3 mai 2006

Darfour: propositions américaines pour parvenir à un accord

IRIN,
3 mai 2006

L'UA exhorte les rebelles du Darfour à signer l'accord de paix

La Croix ,
2 mai 2006

Les négociations sur le Darfour restent incertaines

Afrik Com,
2 mai 2006

Les Etats-Unis se mobilisent contre les massacres du Darfour

Nouvel Observateur 2 mai 2006

Intense activité diplomatique à quelques heures de l'expiration de la date butoir pour un accord de paix au Darfour

Reuters
2 mai 2006

Rice envoie son adjoint pour aider à faire la paix au Darfour

Reuters
1 er mai 2006

L'accord de paix sur le Darfour dans une pase dangereuse

Reuters
1 er mai 2006

Quarante huit heures de plus pour forger une paix au Darfour

Africa Confidential, 1 er mai 2006

Une coopération bien étrange

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Les É.-U. tiendront leurs engagements en matière de maintien de la paix au Soudan

Entretien Bush-Kagamé sur le Soudan et le développement

 

USA, Gouvernement, 31 mai 2006

 

Le président de la République rwandaise, M. Paul Kagamé, a été reçu, le 31 mai, à la Maison-Blanche par le président Bush qui l'a félicité pour sa promotion énergique du développement économique et pour la lutte engagée par son pays contre le sida.

À l'issue de son entretien avec le président rwandais, M. Bush a déclaré qu'ils avaient abordé ensemble la question du Soudan et la stratégie à suivre afin de parvenir à un règlement de cette situation. Il a remercié M. Kagamé de l'affectation de forces rwandaises à la mission de l'Union africaine « pour aider à faire face à ce que j'ai appelé un génocide ».

Le président des États-Unis a assuré au chef d'État africain que son pays « tiendrait ses engagements » à l'égard du Soudan, notamment en ce qui concerne le défraiement du Rwanda et d'autres pays pour l'envoi de troupes à l'Union africaine. Il s'est déclaré confiant que le Congrès adopterait, à son retour du congé du « Memorial Day », la loi de finances complémentaire qui doit autoriser ces versements.

M. Bush a toutefois adressé un avertissement à l'endroit des parlementaires, soulignant que ce projet de loi de finances, qui autorise des affectations pour toutes les activités de l'État fédéral américain, devait répondre à un certain nombre de critères financiers : « J'opposerai mon veto à ce projet de loi s'ils décident de dépenser plus que je n'ai demandé », a-t-il dit……

« Avec votre appui, Monsieur le Président, nous avons fait aéroporter nos troupes par des appareils militaires américains au Darfour », a-t-il indiqué, remerciant les États-Unis pour l'aide qu'ils ne cessaient d'apporter à la mission de l'Union africaine dans cette région.

par Stephen Kaufman

Mai 2006

 

Signature à Abuja d'un accord de paix au Darfour : une intervention humanitaire ?

 

La Tribune , Alger,30 mai 2006

S'achemine-t-on vers des sanctions contre le Soudan ?

 

L'intense activité de l'ONU autour du dossier du Darfour, ces dernières semaines, laisse présager, en effet, d'un durcissement du Conseil de sécurité, paradoxalement, au moment même où les efforts africains en faveur d'un accord final de paix connaissent une percée significative.

Le 6 mai, à Abuja au Nigeria, le gouvernement du Soudan et le principal mouvement rebelle, le SLM, signaient un accord de paix, au terme de deux années de difficiles négociations, sous médiation africaine, ralenties, notamment, par des scissions internes au sein de la rébellion ; un phénomène classique, connu par nombre de mouvements armés. Pour rappel, la rébellion au Darfour a éclaté peu après la signature d'un accord au Sud-Soudan.

Les négociations concernant le Darfour débutent en août 2004 sous l'égide de l'Union africaine avec la participation du Tchad, pays voisin, qui accueille quelque 200 000 réfugiés du Darfour. Le 5 juillet 2005, une déclaration de principes politiques est adoptée par le gouvernement et la rébellion. Les discussions reprennent le 15 septembre 2005, cette fois sur des questions de fond comme le partage du pouvoir et des richesses. Sans doute sous l'influence de l'accord négocié par John Garang au Sud. Sur le terrain, l'Union africaine déploie une mission d'observation du cessez-le-feu, et 7 700 soldats. Certes, des violations du cessez-le-feu ont été constatées, en particulier, des attaques rebelles contre des positions gouvernementales et la mission africaine, et des attaques des milices contre des positions rebelles.

L'accord de paix du 6 mai prévoit une série d'étapes savoir le désarmement de toutes les milices, la surveillance du désarmement par l'UA, et l'intégration des combattants et de la population du Darfour au processus politique. Pour leur part, les Etats-Unis ont salué cet accord, le qualifiant de «pas essentiel vers la fin des souffrances au Darfour et l'instauration de la paix et de la réconciliation nationale au Soudan».

La Maison-Blanche appelle aussi deux responsables du Mouvement pour la justice et l'égalité, et de la faction minoritaire du SLM, qui n'ont pas signé, à «se joindre au processus de paix».

Pourtant, le 3 mai, en pleine négociation à Abuja, le secrétaire général de l'ONU décide de nommer un comité consultatif sur la prévention du génocide, dont les membres sont appelés à se réunir les 19 et 20 juin. Et le 16 mai, le Conseil de sécurité de l'ONU vote une résolution réclamant l'envoi au Darfour, dans un délai d'une semaine, d'une mission technique d'évaluation des besoins d'une future force de l'ONU. Le Conseil somme les parties signataires de l'accord de paix de respecter leur engagement, et met en demeure les dissidents de signer à leur tour l'accord.

Le Conseil n'hésite pas à se référer au fameux chapitre VII qui ouvre la voie aux sanctions, voire au recours à la force. Le compte à rebours d'une intervention est donc enclenché. Le 16 mai, également, Kofi Annan désigne la Canadienne , Carolyn McAskie, au poste de sous-secrétaire générale à l'appui et à la consolidation de la paix. Quelques jours plus tard, soit le 23 mai, le Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l'Homme publie un rapport faisant état de la situation dans tout le Soudan entre décembre 2005 et avril 2006. Au Darfour, «le gouvernement et les rebelles devraient respecter immédiatement l'accord de cessez-le-feu en vigueur [ ]. Le gouvernement devrait également désarmer les milices et protéger la sécurité physique de tous les habitants du Darfour en mettant en place une police et un appareil judiciaire crédibles, compétents et professionnels», souligne le rapport. Le gouvernement soudanais est accusé de ne pas protéger les civils.

Enfin, Kofi Annan hausse le ton à son tour et affirme que le gouvernement soudanais viole le droit humanitaire international en bloquant l'accès de l'acheminement de l'aide au Darfour. Aussitôt, le conseiller spécial de Kofi Annan, Lakhdar Brahimi, et le secrétaire général adjoint de l'ONU aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, sont dépêchés pour une visite de huit jours essentiellement au Darfour. M. Brahimi doit étudier la nature de l'assi tance de l'ONU à la Mission de l'Union sud-africaine au Soudan (MUAS). La mission d'enquête de M. Guéhenno porte sur l'ensemble du pays dans l'objectif d'une intervention de l'ONU. Or le Soudan refuse cette équipe de reconnaissance, chargée en fait de préparer le déploiement des 10 000 Casques bleus, en remplacement des soldats africains. «Le gouvernement n'accepte pas le déploiement de forces étrangères, sous le chapitre VII», a déclaré le conseiller du président soudanais au lendemain de son entretien avec Lakhdar B rahimi et Hedi Annabi, sous-secrétaire général pour les opérations de maintien de la paix. Le gouvernement soudanais estime, en effet, que la mission de l'ONU n'est pas nécessaire dans la mesure où une mission technique de l'UA avait «examiné la situation au Darfour et qu'il existe des informations suffisantes».

Le Conseil de sécurité a d'ores et déjà programmé une mission d'enquête à partir du 4 juin La chronologie des décisions du Conseil de sécurité suscite donc plusieurs remarques.

La première provient du fait qu'un processus du Conseil de sécurité s'est mis en place alors même que des négociations étaient en cours. Phénomène inédit dans son genre. L'inquiétude quant au sort de la population est, certes compréhensible, d'autant plus que l'ONU a été à maintes fois accusée d'inertie, et que le spectre d'un «Rwanda bis» a souvent été brandi .

Ce qui l'est bien moins, est cette hâte à précipiter une intervention sous couvert de l'article VII dont les objectifs humanitaires ont, par le passé, souvent servi de prétexte à des buts moins avouables. Le Soudan se trouve dans la ligne de mire depuis 1991 en raison de son soutien à l'Irak. Le chaos dans ce pays s'inscrit dans la théorie des dominos, visant la refonte géopolitique du monde arabe. Pays pétrolier, il demeure aussi un enjeu de la nouvelle carte coïncidant avec les nouvelles frontières pétrolières. Pays le plus vaste d'Afrique, le Soudan n'est malheureusement pas le seul sur le continent à connaître un conflit lié aux revendications des populations pour un meilleur partage des richesses ou des ressources. Or le conflit de nature économique a été éclipsé au profit d'une guerre dite «ethnique», comme tend à le représenter une certaine terminologie. L'empressement du Conseil de sécurité, paraît d'autant troublant qu'il a bien fini par valider une guerre d'occupati on contre tout un peuple, celui d'Irak, qu'il use du bâton contre le Liban et la Syrie , et que le peuple palestinien est soumis à un blocus mettant en cause la vie de millions de civils innocents. A croire qu'une hiérarchie des souffrances et droits existe.

Au Soudan, les menaces d'intervention militaire et les accusations de «crimes de masse», les menaces d'embargo ont constitué la feuille de route d'une diplomatie internationale aux buts politiques souvent différenciés. Le devoir humanitaire ne parvient pas toujours à masquer ces buts, surtout quant ce devoir s'attache aux conséquences plus qu'aux causes. L'union africaine a joué sa crédibilité dans ce dossier. Le forcing de Kofi Annan à la fin de son mandat vise-t-il à renforcer le rôle de l'UA qui a eu à charge les négociations politiques et la supervision du cesser-le-feu, ou un retour en force d'une ONU discréditée dans nombre de dossiers ?

Si le vent a tourné au Soudan, suite à bien d'occasions ratées, le régime d'Omar El Bechir crispé sur de vieux réflexes, et la rébellion armée plus encline à lorgner des dividendes personnels qu'à énoncer un programme clair, portent désormais la lourde responsabilité de l'avenir du pays. L'accord du 6 mai au Darfour alimente l'espoir ; si tel n'est pas le cas, les incertitudes s'amplifieront. L'UA peut encore appuyer la médiation et le suivi de l'accord de paix. Mais ni l'UA, encore moins les Casques bleus ne sauront résoudre la crise morale et politique, la question sociale et économique, préalables à un règlement définitif du problème qui frappe le peuple soudanais.

Chabha Bouslimani

 

Mai 2006

Les ex-rebelles du Sud exigent l'application de l'accord de paix de 2005.

 

Tandis que les pourparler sur le Darfour restent au point mort, les Soudanais du Sud rappellent ses devoirs à Khartoum

 

La Croix , 30 mai 2006

 

Pour la première fois depuis la signature en. 2005 de l'accord de paix ayant mis fin à la guerre civile Nord Sud, les anciens rebelles du sud du Soudan: ont rencontré depuis samedi les responsables du Congrès. national (NCP), le parti du .Président Omar Al Béchir. Objectif des pourparlers, qui ont rassemblé 150 délégués des différents partis soudanais: faire. le point sur la mise .en oeuvre de l'accord de paix, qui reste insuffisante aux . yeux du Mouvement populaire de libération du .Soudan (SPLM). Selon cet accord, qui a mis fin à vingt et un ans de guerre civile ayant fait 1,5 million de morts et 4 millions de déplacés, un gouvernement d'union nationale auquel participe le SPLM a été formé à Khartoum pour une période de six ans, au terme de laquelle un référendum d'autodétermination doit être organisé dans le Sud.

Salva Kiir, leader de l'ancienne rébellion sudiste et actuel vice-président, n'a pas -mâché ses mots samedi en ouvrant les pourparlers. S'il . s'est félicité de l'observation «méticuleuse» par les deux parties du cessez-le-feu, il a aussi listé les nombreux points de l'accord restant . à mettre en œuvre: I1 a notamment cité le «  retard dans l'adoption du rapport de la commission des frontières d'Abyei», région riche en pétrole dont le statut définitif n'avait pas été réglé en 2005, le « retrait lent et incontrôlé des forces militaires et le retard dans la formation des unités intégrées conjointes».

Coiffé de son inamovible chapeau noir à larges bords, l'ancien chef de guerre a aussi posé la question de l'exactitude du montant des revenus pétroliers. En effet, la production a officiellement atteint le mois dernier 500 . 000 barils par jour, mais le SPLM estime qu'elle pourrait en réalité être supérieure. Le problème n'est pas anodin quand on sait que l'argent tiré du pétrole du Sud doit être partagé à égalité entre le gouvernement central et celui du Sud soudanais. Or, outre l'incertitude sur l'ampleur de la production, Khartoum a montré sa mauvaise . grâce dans l'application de l'accord en versant dans un premier temps les sommes dues à un organisme dissous, le Conseil de coordination du Sud, et non au gouvernement légitime....

«  A moins que nous ne progressions sur ces dossiers, je ne vois pas comment le reste de l'accord de paix global peut survivre», a averti Salva Kiir. De son côté, Omar AI Béchir est resté beaucoup plus flou sur ses objectifs, évoquant la- «promotion du dialogue», la « consolidation du processus démocratique» et l'unification de la politique étrangère du Soudan en faveur de la défense de la «souveraineté nationale». De fait, l'entourage du président - soudanais est désigné par plupart des observateurs – comme responsable de la non application de l'accord

de paix. «Le NCP retarde et sabote le processus de mise en œuvre » ré sumait en mars, dernier un rapport de l'International Crisis Group; qui expliquait. cette « obstruction» par la- crainte que le partage du pouvoir et des richesses imposé par l'accord de paix, doublé du vote prévisible du Sud en faveur de l'indépendance, n'abatte un régime déjà impopuIaire

Le cas de la région d'Abyei est emblématique de cette inertie. Situé ,dans l'État du Kordofan oriental, au nord de la frontière administrative héritée du mandat britannique, que Khartoum et le SPLM ont choisi comme limite entre le Nord et le Sud, cette zone. est riche en pétrole. La tribu arabe Misariyah et celle africaine Dinka Ngok, à laquelle appartient Salva Kiir, s'en disputent le contrôle. Les Misariyah et le Congrès national ont rejeté un rapport d'une commission indépendante recommandant de situer cette région dans le Sud.

Difficilement remis de la perte en juillet 2005 de son leader - charismatique John Garang, décédé accidentellement trois semaines après sa prise de fonction en tant que vice-président, le SPLM constate sa faible marge - de manœuvre au sein d'un régime dont les caciques continuent de le honnir. Néanmoins, le Sud; peuplé principalement de chrétiens et. d'animistes, continue de bénéficier de l'attention bienveillante des pays occidentaux. En contrepartie, les leaders sudistes participant au gouvernement - soudanais s'efforcent de contribuer à l'apaisement des crises, notamment au Darfour, où les négociations restent en suspens malgré les menaces de sanctions internationales.

Laurent d'Ersu

 

Mai 2006

Khartoum et les ex-rebelles sudistes affichent leur unité malgré les différends

Jeune Afrique, 30 mai 2006

 

Les ex-rebelles sudistes et le parti présidentiel au Soudan se sont engagés à travailler pour la paix mais restent divisés sur le statut de la province pétrolière d'Abyei, au terme de leurs premières discussions depuis la signature du traité de paix en 2 signature du traité de paix en janvier 2005.

Le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, ex-rébellion), dirigé par le premier vice-président Salva Kiir, et le chef du Congrès national, le président Omar el-Béchir, ont promis de renforcer leur partenariat pour rétablir la paix dans le sud-Soudan, déchiré par plus de 21 ans de guerre civile achevée avec la signature du traité de paix en janvier 2005.

"Nous avons une responsabilité nationale dans cette période la plus critique de l'histoire du Soudan", a déclaré dans la nuit de lundi à mardi M. Béchir devant les journalistes à Khartoum, après trois jours de discussions. Il a cependant souligné que les richesses pétrolières du pays n'étaient "pas un butin de guerre qu'il faut distribuer et partager".

Ces premiers pourparlers sont survenus alors que les ex-rebelles accusent Khartoum de traîner les pieds dans l'application de l'Accord de paix global (CPA), signé à Nairobi, et qui a mis fin à la guerre civile ayant fait 1,5 million de morts et 4 millions de déplacés.

Aux termes du CPA, un gouvernement d'union nationale auquel participe le SPLM a été formé à Khartoum pour une période de six ans, au terme de laquelle un référendum d'autodétermination doit être organisé dans le Sud.

Malgré les discussions marathon, les deux partis n'ont pas réussi à s'entendre sur le statut de la province riche en pétrole d'Abyei, affirment seulement que la question sera réglée par les moyens politiques.

Abyei est située dans l'Etat du Kordofan oriental, au nord de la frontière administrative héritée du mandat britannique, que Khartoum et le SPLM ont choisi comme limite entre le Nord et le Sud. Riche en pétrole, elle est l'une des trois zones du pays dont le statut définitif n'a pas été fixé par le CPA.

Abyei représente l'un des principaux obstacles à l'application du traité de paix car la tribu arabe Misariyah et celle africaine Dinka Ngok, à laquelle appartient M. Kiir, se disputent le contrôle.

Les Misariyah et le Congrès national ont rejeté un rapport de la commission des frontières recommandant de situer cette région dans le Sud.

L'International Crisis Group, une ONG publiant des rapports de prévention de conflits, a récemment estimé que "les actions du Congrès national au sujet de Abyei sont en violation flagrante avec l'accord de paix".

M. Béchir a par ailleurs critiqué les Etats-Unis pour n'avoir pas levé les sanctions imposées à son pays accusé de soutenir le terrorisme, malgré la signature d'accords de paix avec les sudistes et en mai avec un groupe de rebelles du Darfour, en proie à un conflit meurtrier depuis plus de trois ans.

"Maintenant ils nous disent qu'il faut résoudre le problème dans l'est", a-t-il dit.

Les négociations visant à mettre un terme au conflit dans l'est du pays devraient commencer le 13 juin à Asmara. Les rebelles de l'Est du Soudan sont regroupés dans un Front de l'Est et accusent Khartoum de vouloir marginaliser leur région. Ils luttent sporadiquement contre le gouvernement.

Concernant les critiques contre Khartoum qui tergiverse sur un déploiement d'une force de l'ONU au Darfour, M. Kiir a évoqué un "malentendu". "Nous n'avons pas refusé la venue d'une force de l'ONU au Darfour, mais elle doit venir avec un mandat clair", a-t-il dit.

Selon lui, cette affaire a été discutée avec l'émissaire de l'ONU Lakhdar Brahimi la semaine dernière à Khartoum. "Engageons à présent le dialogue jusqu'à ce que la force de l'ONU se prépare à prendre la relève de celle de l'Union africaine", a-t-il dit

 

Mai 2006

 

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Le NCP et le SPLM s'engagent à conjuguer leurs efforts pour la paix

Xinhuanet, 30 mai 2006

Les meneurs du Parti du congrès national (NCP), au pouvoir, et de son partenaire du sud, le Mouvement de libération du peuple soudanais (SPLM), se sont engagés, lundi, à conjuguer leurs efforts dans la voie de la paix.

Une déclaration, publiée à l'issue d'une réunion de trois jours entre les deux parties, indique que les deux parties sont déterminées à appliquer l'Accord global de la paix (CPA), signé par le gouvernement soudanais et le SPLM en janvier 2005, et qui a mis fin à une guerre civile de plusieurs décennies entre le nord et le sud du pays.

"La paix est le but pour lequel toutes les parties concernées déploient des efforts pour sa réalisation", a souligné la déclaration, en ajoutant: "Il n'y a aucun chemin pour revenir à la guerre".

Les deux parties ont également convenu d'un mécanisme de coordination afin de mieux appliquer l'accord de paix et de réexaminer les lois qui ne sont pas compatibles avec la constitution provisoire, selon la déclaration.

La déclaration affirme que les deux parties se sont également mises d'accord sur la nécessité de renforcer la réconciliation et la compréhension entre diverses parties du Soudan et de faire participer toutes les forces politiques au processus de paix.

Lors d'une conférence de presse, tenue à la fin de la réunion, la première de ce genre entre les deux parties, le président soudanais Omar el-Bashir, le meneur de NCP, a réaffirmé que l'application de l'accord de paix était "une responsabilité nationale".

"Nous devons donner aux citoyens un espoir après la conclusion des accords de paix dans le sud et au Darfour, des démarches positives ont été entreprises dans l'est et un programme de développement national a été lancé", a-t-il relevé.

Le gouvernement soudanais et la principale faction des rebelles, dans la région du Darfour en trouble, sont parvenus à un accord de paix le 5 mai, tandis que les deux autres groupes rebelles clés ont refusé de signer cet accord.

 

Mai 2006

Kofi Annan demande le renforcement de la mission de l'UA au Soudan

Jeune Afrique, 28 mai 2006

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a appelé une nouvelle fois la communauté internationale "s'attacher en priorité à renforcer la MUAS " (Mission de l'Union africaine au Soudan, afin que celle-ci puisse faire progresser l'application de l'accord de paix et protéger efficacement les civils.

"Concrètement, pour soutenir la MUAS , il faut augmenter le nombre de militaires et apporter des moyens logistiques renforcés ainsi qu'un appui financier plus important", a indiqué M. Annan dans son dernier rapport sur la situation dans la région du Darfou, dans l'ouest du Soudan, qui couvre la période de mars à avril.

Il s'est dit "particulièrement préoccupé de constater que certains dirigeants rebelles n'ont toujours pas signé l'accord" d'Abuja du 5 mai et a appelé la communauté internationale à faire pression pour "les convaincre de préférer la paix au conflit.

La faction de l'Armée de libération du Soudan (ALS) était seule à signer l'accord de paix avec le gouvernement soudanais et

Selon le rapport du secrétaire général, des combats entre les Forces armées soudanaises et l'ALS ont eu lieu au Darfour-Nord, et la situation est restée très tendue au Darfour-Nord entre les factions Minni Minawi et Abdul Wahid de l'ALS.

Par ailleurs, les milices ont poursuivi leurs attaques systématiques contre des civils, a poursuivi Kofi Annan.

Les populations locales cherchant à se dé fendre contre les attaques, de nouveaux groupes armés ont continué de se former au Darfour et le conflit est devenu de plus en plus incohérent et fragmenté, indique le rapport.

Le secrétaire général a aussi souligné la nécessité de s'attaquer à la crise humanitaire qui se poursuit au Darfour.

Les opérations humanitaires sont limitées en raison du manque des fonds, indique le rapport, rappelant qu'à compter du début du mois de mai, les rations alimentaires ont été réduites de moitié.

Mai 2006

Le Nigeria invite le Soudan à rejoindre l'OPEP

Blog Finance, le 28 mai 2006

 

Seule la presse chinoise en fait état, mais les faits sont là : le Soudan a reçu cette semaine une invitation du Nigeria à rejoindre l'OPEP, le Nigeria exerçant la présidence de l'organisation pour 2006. Mais la Chine suit l'affaire de prêt , les entreprises chinoises consolidant actuellement leurs positions au Soudan afin qu'elles puissent servir de plate-forme pour le commerce et le transport du pétrole entre l'Afrique Centrale, le Moyen-Orient et la Chine.

Si le monde entier connaît le Soudan compte-tenu de la crise du Darfour, le pays est un important pays producteur de pétrole, les deux seraient-ils même liés ? Pour ma part, un seul chiffre : 2 millions. En effet , le Soudan espère atteindre un montant d'exportations autour de 2 millions de barils par jour en 2008 tandis que les 21 années de guerre civile ont causé plus de 2 millions de morts au Darfour.

 

I – Le Soudan invité à rejoindre l'OPEP

 

Le président soudanais Omar al-Béchir a reçu l'invitation écrite de son homologue nigérian Olusgun Obasanjo lors d'un entretien avec le ministre nigérian du Pétrole et envoyé de M. Obasanjo, Edmond Daukoru.  M. al-Béchir a exprimé sa gratitude pour l'invitation de M. Obasanjo, disant qu'il l'étudierait et y répondrait à l'avenir.

La production pétrolière soudanaise, qui est actuellement de 500 000 barils par jour , devrait doubler l'an prochain avec la mise en oeuvre d'un accord de paix global signé en début 2005 entre le gouvernement central de Khartoum et les rebelles de la région sud pétrolifère du Soudan.

 

II – Les pays membres de l'OPEP

 

L'OPEP représente environ 40% de la production mondiale de pétrole brut, et applique actuellement un quota de production de 28 millions de barils par jour, soit pratiquement sa pleine capacité de production, en réponse à la flambée des cours pétroliers. Créée en 1960 par l'Arabie Saoudite, l'Iran, l'Irak , le Koweit et le Vénézuela, l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole rassemble aujourd'hui 11 pays qui souhaitent coordonner leurs politiques d'exportation de pétrole : l 'Algérie l 'Arabie Saoudite , les Emirats Arabes Unis, l'Indonésie , l'Iran, l'Irak, le Koweit, la Lybie , le Nigéria, le Qatar, le Vénézuela. A noter que deux pays ont quitté l'OPEP : l'Equateur en 1992 et le Gabon en 1996. Les 11 pays membres détiennent 75% des réserves connues de brut.

L'Arabie Saoudite est le 1er producteur mondial de pétrole brut , avec 402 millions de tonnes. Pour ce qui est du Moyen-Orient,   les six membres de l'OPEP de la région : Iran, Irak , Koweit , Qatar, Arabie saoudite , et Émirats arabes unis, représentent ensemble 70 % de la production des pays de l'OPEP. Ils ont combinés, des réserves pétrolières équivalant à 684 milliards de barils et des gisements de gaz s'élevant à 70 billions de mètres cubes. Plusieurs producteurs importants,voire même majeurs, ne font pas partie de ce cartel, comme l'Angola , le Bahrein, Bruneï, la Grande-Bretagne , le Mexique, la Norvège , Oman, les USA et les anciennes républiques soviétiques.

 

III – Soudan / Darfour : une forte odeur de pétrole

 

Pour être moins tributaire des pays arabes pour leur approvisionnement en pétrole, Russes, Chinois, Européens et Américains recherchent d'autres lieux d'exploration, dans le Caucase et l'Asie centrale, mais également du côté de l'Afrique de l'Ouest, là où de nouveaux conflits surgissent. L'odeur du pétrole plane aussi au-dessus du Darfour, où l'ONU tente d'empêcher le génocide.Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté une résolution le 30 juillet 2004 pour permettre aux ONG humanitaires d'intervenir en toute sécurité et pour commencer une enquête sur le génocide en cours (seule la Chine s'est abstenue). Les 21 années de guerre civile au soudan ont déjà tuées plus de 2 millions de personnes.

Mais sur le fond, il s'agit bien d'une guerre pour le contrôle du pétrole et la question de la construction d'oléoducs est au coeur de ces enjeux . C'est le cas de l'ouverture de l'oléoduc Tchad- Cameroun où sont impliqués les intérêts  des firmes transnationales (Total pour la France , CNPC pour la Chine , Petronas pour la Malaisie , Lundin pour la Suède , OMV pour l'Autriche, Talisman pour le Canada et Exxon Mobil pour les USA). Ce pipeline doit passer par le Darfour et entre dans la logique d'éviter les zones à risques et arabes en particulier .   De son côté, l'Inde envisage également un oléoduc qui passera dans cette région d'Afrique , celui prévu par les firmes ONGC et Reliance Petroleum en accord avec le Soudan.

 

IV - Le Soudan parle d'importantes réserves de pétrole au Darfour

 

Des forages pétroliers ont commencé au Darfour où des études préliminaires ont montré que le sous-sol recelait d'importantes réserves de pétrole, a fait savoir un porte-parole du ministère soudanais de l'Energie mi-Avril 2005. Une autre source précise les informations données par ce même porte-parole : le Soudan a découvert un champ pétrolier dans la région du Darfour, avec pour objectif de produire 500 000 barils par jour de pétrole brut dès Août 2005.

En tout état de cause, l'annonce faite par le Ministre de d'Energie n'a pas surpris la plupart des experts pétroliers, car des rapports préliminaires avaient d'ores et déjà indiqué que la région recelait des ressources en pétrole, or, fer,argent ainsi que du gaz naturel. Les principaux champs pétrolifères soudanais actuellement en exploitation se trouvent dans le sud du pays, où un traité de paix a été signé le 9 janvier 2005 entre le gouvernement et les rebelles. Selon l'accord signé à Nairobi, au Kenya, 50% des revenus pétroliers du Sud devraient revenir au SPLA/M (le Mouvement Armé de Libération du peuple soudanais)

 

V – Inauguration d'un nouvel oléoduc

 

Au Soudan, les autorités ont inauguré en avril 2006 un nouvel oléoduc qui devrait permettre de porter la production pétrolière du pays à au moins un demi million de barils par jour. La cérémonie en ce sens s'est déroulée dans la ville de Fallouj en présence de plusieurs ministres. L'oléoduc de 1.400 km reliera les puits du sud-est du pays, à Port Soudan, sur la mer Rouge.

Les revenus pétroliers seront distribués au gouvernement central et aux autorités du Sud qui ont signé un accord de partage des richesses locales, dans le cadre des accords de paix entre la partie nord et sud du pays.

 

VI – La Chine consolide ses positions au Soudan

 

La Chine est en train de consolider ses positions au Soudan , qui pourront alors servir de plate-forme pour le commerce et le transport du pétrole entre l'Afrique Centrale, le Moyen-Orient et la Chine elle-même. Cette situation est inacceptable pour Washington , qui envisagerait même de diviser le Soudan en deux, voire en plusieurs entités séparées si cela devait s'avérer être le seul moyen d'assurer son accès aux champs pétroliers.

L'émergence de la Chine comme puissance majeure sur l'arène mondiale pose un problème direct aux intérêts des impérialismes occidentaux et à l'impérialisme américain en particulier. En 2003, les importations du pétrole en Chine ont augmenté de 40% par rapport à l'année précédente. A l'heure actuelle, la Chine travaille sur environ 50 projets pétroliers et pétrochimiques majeurs au niveau international. La Chine a besoin de sécuriser ses propres ressources pétrolières . Ce besoin vital ne peut être assouvi qu'en s'attaquant à la position dominante des Etats-Unis.

 

Le pétrole soudanais représente 6% du total des importations chinoises de pétrole.

 

Ce pourcentage est destiné à augmenter très rapidement, compte tenu des investissements massifs de la Chine dans l'industrie pétrolière soudanaise depuis 1990. La compagnie pétrolière nationale chinoise, la CNPC , possède 40% des actions de la GNPOC , qui elle-même contrôle 2 des plus importants gisements pétroliers dans le Haut Nil occidental, au Soudan.

D'autres compagnies chinoises sont également impliquées dans la construction d'un pipeline long de 1400 kilomètres reliant le bassin de Melut à Port Soudan, où la Chine construit un terminal pétrolier pour l'exportation. Ce pays asiatique est donc ainsi devenu le plus important partenaire commercial du Soudan . Il est significatif que les concessions pétrolières, dans la région du Darfour, soient en majeure partie détenues par la CNPC.

Elisabeth Studer

Mai 2006

Les ex-rebelles du Sud à Khartoum pour discuter de l'accord de paix

Jeune Afrique, 27 mai 2006

 

D'anciens rebelles du Sud Soudan qui se plaignent de la lenteur de l'application de l'accord de paix de 2005 avec Khartoum ont rencontré samedi, pour la première fois depuis sa signature, les dirigeants du Congrès national, le parti du président soudanais.

Le premier vice-président soudanais Salva Kiir figure parmi les chefs du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), ex-rébellion du Sud.

"Nous nous réunissons pour la première fois et cette journée est historique", a déclaré le président Omar al-Béchir devant les dirigeants des deux partis, dont son ancien ennemi Salva Kiir, lors de la cérémonie d'ouverture de ces pourparlers qui se tiennent à huis clos.

M. Béchir a souligné "l'engagement de nos deux partis à poursuivre notre but commun (qui est) d'appliquer l'Accord de paix global (CPA)", signé à Nairobi en janvier 2005.

Selon cet accord, qui a mis fin à 21 ans de guerre civile ayant fait 1,5 million de morts et 4 millions de déplacés, un gouvernement d'union nationale auquel participe le SPLM a été formé à Khartoum pour une période de six ans, au terme de laquelle un référendum d'autodétermination doit être organisé dans le Sud. Mais le SPLM se plaint que Khartoum traîne les pieds dans son application.

De son côté, M. Kiir a qualifié ces pourparlers de "dialogue sincère pour (...) transformer nos relations (...) en un partenariat fort (...) qui mènera notre pays vers une paix permanente et un gouvernement démocratique".

Il a salué les progrès réalisés depuis 2005, citant des projets d'universités et aéroports dans le Sud, tout en estimant que ces engagements devaient se traduire dans les faits.

M. Kiir s'est aussi félicité de l'observation "méticuleuse", par les deux parties, du cessez-le-feu, mais a souligné qu'un certain nombre de questions restaient en suspens.

"A moins que nous ne progressions sur ces points, je ne vois pas comment le reste du CPA peut survivre", a-t-il dit, parlant de la "responsabilité historique" qui incombe aux deux parties.

Selon lui, les principaux problèmes sont "le délai dans l'adoption du rapport de la commission des frontières d'Abyei (...), le retrait lent et sans contrôle des forces (gouvernementales du Sud vers le Nord) et les questions relatives à l'exactitude du montant des revenus pétroliers" communiqué par Khartoum.

La région d'Abyei est située dans l'Etat du Kordofan oriental, au nord de la frontière administrative héritée du mandat britannique, que Khartoum et le SPLM ont choisi comme limite entre le Nord et le Sud.

Riche en pétrole, elle est l'une des trois zones du pays dont le statut définitif n'a pas été réglé par l'accord de 2005.

Abyei représente un des principaux obstacles à l'application du traité de paix car la tribu arabe Misariyah et celle africaine Dinka Ngok, à laquelle appartient M. Kiir, s'en disputent le contrôle.

Les Misariyah et le Congrès national ont rejeté un rapport de la commission des frontières recommandant de situer cette région dans le Sud.

International Crisis Group (ICG), une ONG publiant des rapports de prévention de conflits, a récemment estimé que "les actions du Congrès national au sujet de Abyei sont en violation flagrante avec l'accord de paix".

Une cinquantaine de Dinkas ont manifesté samedi à l'extérieur du bâtiment abritant la réunion, appelant à une règlement rapide de la question de Abyei.

Selon un haut responsable du Congrès national, Ghazi Salaheddine Atabani, son parti et le SPLM doivent discuter, durant les deux ou trois jours de pourparlers, "des succès et échecs de la dernière phase d'application de l'accord".

Il s'est montré optimiste quand à l'application de l'accord mais a fait état de sujets "problématiques", parmi lesquels ceux "liés à des arrangements de sécurité et au partage des richesses".

"La question de Abyei est un peu problématique", a-t-il confirmé

 

Mai 2006

Le conflit soudanais menace le Tchad  

Le Figaro, 27 mai 2006

 

Des miliciens arabes soudanais auraient massacré plus de cent personnes sur le territoire tchadien.

 

Les signes d'une possible extension du conflit du Darfour chez le voisin tchadien s'accumulent. Hier, l'organisation non gouvernementale (ONG) américaine Human Rights Watch (HRW) a ainsi affirmé que «plus de cent personnes» avaient été massacrées par des miliciens Janjawids.

Selon l'ONG, ces combattants arabes, soutenus par le gouvernement de Khartoum, ont attaqué trois villages situés à 70 kilomètres de la frontière, entre le 12 et le 13 avril. Les victimes, quasiment désarmées, ont succombé à des coups de machettes ; les plus chanceux ont été achevés par balles. «Les miliciens soudanais pénètrent de plus en plus profondément au Tchad pour piller et tuer», remarque Peter Takirambudde, le directeur Afrique de l'organisation.

 

A la recherche de vivres et de bétail

Les raids de Janjawids, arborant le plus souvent des uniformes bleus de l'armée soudanaise, ne sont pas nouveaux. Responsables de crimes de guerre au Darfour, ces nomades ont pris l'habitude de franchir la très poreuse frontière pour organiser des rezzous à la recherche de bétails et de vivres.

Leur agressivité constatée ces derniers temps a surpris. «Les récentes attaques (...) semblent s'inscrire dans un mouvement plus vaste de violences transfrontalières», s'inquiète HRW, qui souligne que «plus d'une douzaine de groupes armés, plusieurs milices et des groupes rebelles tchadiens sont actifs» dans la région. L'analyse des responsables du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) au Tchad, qui gère les quelque 200 000 Soudanais ayant fui les combats du Darfour, n'est guère différente. Les responsables se sont dits «très troublés» d'avoir vu des miliciens rôder autour de certains camps. Le HCR menace de suspendre ses activités.

Motif supplémentaire d'inquiétude : des Tchadiens ont participé aux raids ces dernières semaines. Ce constat laisse craindre une alliance tactique entre miliciens soudanais et rebelles tchadiens en lutte contre le gouvernement de N'Djamena. Un tel regroupement pourrait enflammer le pays.

 

Les multiples violences minent le processus de paix

L'attaque des trois villages correspond au début de l'offensive lancée contre la capitale tchadienne par les hommes du Front uni pour le changement (FUC). Ce coup de main avait échoué dans le sang aux portes de N'Djamena. Le gouvernement tchadien avait alors accusé Khartoum d'être à l'origine de la rébellion et avait rompu ses relations diplomatiques avec son voisin. Depuis, la tension règne entre les deux pays.

A l'inverse, la multiplication des violences au Tchad mine le processus de paix au Darfour. Le 5 mai, un accord a été signé entre le principal mouvement rebelle et le gouvernement de Khartoum pour mettre fin à ce conflit qui a déjà causé la mort d'au moins 180 000 personnes. Le texte ouvre la voie au déploiement de Casques bleus dans cette province et au désarmement des groupes armés, en particulier des Janjawids. L'espoir reste fragile.

 

«Si le Tchad n'est pas sécurisé, nos efforts ne serviront à rien, car rien n'empêchera les miliciens de s'y réfugier avec leurs armes», explique un diplomate.

Tanguy Berthemet

Mai 2006

Début de page

Le Conseil de sécurité en mission au Soudan et en RDC au mois de juin

Nations Unies, New York - 26 mai 2006

  Le Conseil de sécurité va effectuer du 4 au 13 juin une visite au Soudan et en République démocratique du Congo (RDC), où sont déployées les deux plus importantes missions de maintien de la paix des Nations Unies avec près de 40 000 casques bleus sur le terrain lorsqu'elles seront pleinement opérationnelles.

La mission du Conseil de sécurité démarrera le 4 juin à Khartoum au Soudan et sera conduite dans un premier temps par le représentant du Royaume-Uni, Emyr Jones Parry.

Il s'agira de « démontrer la détermination du Conseil à travailler avec le gouvernement du Soudan, l'Union africaine (UA) et d'autres parties pour faire face aux nombreux problèmes » du pays, a déclaré l'ambassadeur britannique.

Le Conseil de sécurité souhaite encourager le gouvernement à accepter le remplacement de la force de l'UA sur le terrain par une force des Nations Unies, a-t-il affirmé.

Hier, le gouvernement du Soudan a fait savoir qu'il autorisait une mission d'évaluation pour le déploiement d'une force des Nations Unies au Darfour.

La transition vers une opération de maintien de la paix sera « épineuse et complexe sur le plan militaire », a-t-il fait estimé.

Le Conseil s'engage à respecter « la souveraineté, l'unité, l'indépendance et l'intégrité territoriale du Soudan », a-t-il fait savoir.

« Nous pensons qu'il est important que cette opération est un parfum africain très fort », a-t-il ajouté.

La mission du Conseil de sécurité se rendra successivement au Soudan, au Tchad et en RDC, avec une étape intermédiaire à Addis Abeba, siège de l'UA.

 

Mai 2006

Le conflit au Darfour atteint « un nouveau degré de violence »

 

Haut Commissariat aux Droits de l'homme

Le Monde, 25 mai 2006

En dépit des pourparlers de paix, les meurtres de civils, les viols de femmes et de filles et le pillage de villages entiers ont continué au Dar four», dans l'ouest du Soudan, affirme le Haut-Commissariat de 1'ONU aux droits de l'homme, dans un rapport remis mardi 23 mai: Selon le document, rédigé avec l'aide de 76 enquêteurs déployés dans le pays, « le conflit a atteint un nouveau degré de vio lence », de janvier à avril..

Dans le sud du Darfour, les for ces gouvernementales, et les milices janjawids qui les soutiennent, ont continué à attaquer plus de vingt: villages, faisant des dizaines de morts et de blessés. L'ONU fait état d'informations «particu lièrement alarmantes »; selon les quelles un avion Antonov et des hélicoptères d'attaque peints, en blanc de l'armée soudanaise auraient participé aux attaques, fin avril - une « manière perfide» de se faire passer pour l'ONU, qui se démarque avec cette couleur.

Dans un autre rapport, remis lundi, le secrétaire général de a l'ONU, Kofi Annan, décrit « une nouvelle tendance » des rebelles de l'Armée de libération du Soudan (ALS) à s'en prendre aussi « à des à c ivils sur une grande échelle », dans le cadre de luttes intestines. Le 19 avril, 400 hommes de la faction Minni Minawi ont ainsi « tué des civils, blessé des quantités de personnes, violé des femmes et pillé » dans le nord du Darfour.

« De nouveaux groupes armés ont continué à être formés alors que les populations locales essayaient de se défendre », quitte à « souvent recruter des personnes de moins de 18 ans », poursuit M. Annan, qui cite «des allégations crédibles » selon lesquelles « des garçons âgés de 15 ans ou moins ont été tortu ré s » par l'armée soudanaise, qui les suspectait d'être des rebelles.

«Alors que le conflit est devenu de plus en plus erratique et fragmen té», les civils sont d'avantage exposés et viennent «grossir la population des camps » en proie à une insécurité grandissante: Le travail de l'ONU et des organisations humanitaires n'en est que plus difficile.

Malgré une demande du Conseil de sécurité, l'ONU n'a toujours pas obtenu du Soudan l'autorisation de dépêcher au Darfour une équipe de reconnaissance, chargée de préparer le déploiement d'au moins 10 000 casques bleus, en remplacement des 7 000 hommes de l'Union africaine:

Philippe Bolopion

Mai 2006

Au Darfour, l'attente

Réforme, 24 mai 2006

 

La signature d'un accord partiel de paix sur le Darfour, au Soudan, le 5 mai dernier n'a pas, pour l'instant, mis fin aux violences et aux déplacements de population.

 

«J'ai décidé de revenir dans le Sud du Soudan car les milices janjawids [littéralement« les diables à cheval » ndlr ] me rendaient la vie insupportable. » Abuk Deng Mabior, une Soudanaise chrétienne, a quitté, la peur au ventre, le Darfour, une région de l'Ouest soudanais, où vivent entre 6 et 8 millions d'habitants. Elle a fui les milices armées par le gouvernement de Khartoum pour se réfugier dans sa région d'origine. « La nuit, les janjawids entraient dans notre camp et pillaient nos biens. Ils nous attaquaient lorsque nous sortions pour ramasser du bois mort. Je ne sais pas comment ma petite fille et moi allons survivre. »

John Eibner, a recueilli le témoignage de cette femme à la frontière sud du Darfour. Lui travaille pour CSI, Christian Solidarity International, une organisation non gouvernementale qui intervient au Soudan depuis le début des années 90. Il revient tout juste d'une mission d'aide dans la région de Juba où il a rencontré de nombreux réfugiés des provinces en guerre. Il n'a pas pu se rendre au Darfour voisin. Les autorités soudanaises rendent l'accès à la région difficile aux ONG. « Des centaines de milliers de déplacés africains [par opposition aux arabes au pouvoir ] sont en danger de mort en ce début de saison des pluies, compte tenu des violences qui se poursuivent, de l'absence d'abri pour les réfugiés, du manque de nourriture, d'eau potable et de médicaments », s'alarme-t-il. Au Darfour, territoire de 500.000 km2, grand comme la France , divisé en trois provinces depuis 1994, près de deux millions et demi de personnes ont fui leurs terres depuis mars 2003. Les combats, la famine et la sécheresse ont fait trois cent mille morts, selon les estimations.

 

Qu'est-ce qui a bien pu amener cette région, rattachée au Soudan en 1916, presque entièrement musulmane, apparemment dépourvue de ressources naturelles - si ce n'est quelques terres fertiles au sud et au Djebel Marra au centre - à sombrer dans une violence extrême ? « Les habitants du Darfour se plaignent d'être à l'écart du pouvoir », explique Simone Dumoulin, présidente de Vigilance Soudan, une organisation de défense des droits de l'Homme fondée en 1992. « D'après les accords de paix de janvier 2005, le sud du Soudan est censé bénéficier de 50% de la manne pétrolière. Cela a poussé le Darfour à se rebeller et à réclamer les mêmes mesures.. Mais rien ne prouve qu'il y ait du pétrole au Darfour, comme il y en dans le sud du pays. »

 

Le recours à des milices

C'est surtout la politique répressive - génocidaire pour beaucoup d'observateurs - du gouvernement soudanais qui est montrée du doigt. « Khartoum applique la même stratégie que lors de la guerre du Sud [de 1983 à 2005)  : recours à des milices que le gouvernement n'a pas à payer puisqu'elles se payent sur l'habitant, destructions de villages, meurtres, castrations, viols, empoisonnements de puits. Les attaques des janjawids, sont soutenues par l'armée gouvernementale et l'aviation soudanaise. », précise Simone Dumoulin.

 

D'après Gérard Patrimonio, président de Christian Solidarity International France, le gouvernement arabe de Khartoum soutiendrait et fomenterait ces crimes afin de détruire les sociétés africaines du Soudan. En affamant et en laissant mourir, il massacre les êtres humains. En déplaçant les populations, il anéantit les cultures traditionnelles. De sorte que les peuples n'ont plus aucun repères ni aucun moyen de se rebeller contre le pouvoir central.

 

L'accord d'Abuja

Un accord de paix a été signé à Abuja, au Nigéria, le 5 mai dernier entre le gouvernement et une partie des insurgés du Darfour. Les rebelles réclamaient, entre autres,  la constitution d'une seule province et la nomination d'un vice-président originaire du Darfour. Après négociations, ils ont obtenu la promesse d'un referendum sur la réunification des provinces et la création d'un poste d'un conseiller spécial darfouri auprès du président. L'accord laisse entrevoir un possible retour au calme, car il règle, en partie, le partage politique du pouvoir, principal point d'achoppement entre les rebelles et le gouvernement. Mais Al-Nour, un des chefs rebelles, leader de l'ethnie africaine four qui représente 35% des habitants du Darfour, a refusé, pour le moment, le compromis. Le texte prévoit le désarmement des milices janjawids avant la mi-octobre. Ce qui semble compliqué puisque « les diables à cheval » sont originaires d'ethnies traditionnellement armées et qu'ils sont désormais dispersés sur un territoire gigantesque.

 

La situation humanitaire continue de se détériorer au Darfour. L'afflux de réfugiés menace maintenant de déstabiliser le sud du pays qui peine à sortir d'une guerre qui a duré vingt ans. CSI a lancé un appel au gouvernement américain pour l'envoi de céréales avant le début de la saison des pluies. Il faut vite semer dans les régions non désertiques du Darfour. Si l'aide n'est pas acheminé avant deux semaines, il sera trop tard, prévient l'ONG.

 

Jérôme Boruszewski

 

Mai 2006

« Des crimes de guerre ont été commis au Darfour »

 

Amnesty demande à l'ONU et à l'Union africaine de résoudre le conflit.

L'Humanité, 24 mai 2006

 

Cette année encore, le Darfour, cette région de l'ouest du Soudan ravagée depuis 2003 par un conflit qui aurait fait 300 000 morts, a été le théâtre des pires atteintes aux droits humains. Dans son rapport 2006, Amnesty International n'a pas de mots assez durs pour évoquer l'année écoulée. L'organisation parle de « violations effroyables d'une ampleur extrême », d'« atteintes aux droits humains généralisées et systématiques » et de « violations de droits humanitaires ».

Victimes de ce conflit, plus de 1,8 million de personnes sont toujours déplacées sur le territoire soudanais, tandis que 220 000 autres sont réfugiées au Tchad. « Comme les années précédentes des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ont été commis par les forces gouvernementales et les milices nomades des djandjawids qui leur sont alliées. Des crimes de guerre ont également été perpétrés par les groupes politiques armés opposés au gouvernement », écrit Amnesty International. Des femmes et des jeunes filles ont été violées et enlevées par les milices djandjawids et parfois par les forces gouvernementales. Des civils ont été tués ou blessés lors d'attaques de villages. Cer-taines localités ont été bombardées. Dans un rapport de 10 pages remis lundi au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l'ONU confirme que, malgré la conclusion le 5 mai d'un accord de paix entre le gouvernement de Khartoum et certains rebelles du Darfour, les exactions se poursuivent avec notamment des viols, des pillages et des expulsions forcées.

En mars 2005, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté la résolution 1593 qui permet à la Cour pénale internationale (CPI) de s'occuper de la question du Darfour. Les investigations de la CPI ont commencé mais ses enquêteurs n'ont pas encore été autorisés à se rendre au Soudan. Khartoum a créé un tribunal spécial pour juger les crimes commis au Darfour. Une façon de couper l'herbe sous le pied de la CPI. « Les autorités se sont contentées d'ouvrir des enquêtes ou d'engager des poursuites contre quelques-unes seulement des personnes soupçonnées de crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour », déplore Amnesty International.

« Au Darfour, l'action des Nations unies et de l'Union africaine (UA) n'a pas été, loin s'en faut, à la hauteur des besoins d'une situation qui ne reçoit qu'une attention intermittente de la part de ces deux instances internationales », a déclaré la secrétaire générale d'Amnesty International, Irene Khan, à l'occasion de la sortie de ce rapport annuel. L'organisation demande à l'ONU et à l'UA de « tout faire pour résoudre le conflit dans la région et mettre un terme aux atteintes aux droits humains qui s'y déroulent ».

Damien Roustel

 

Mai 2006

Diminution de l'aide alimentaire aux déplacés du Darfour

MSF demande aux Etats de prendre des mesures d'urgence pour éviter une catastrophe nutritionnelle

 

Communiqué de Médecins du Monde, Paris, le 22 mai 2006.

 

Médecins Sans Frontières s'inquiète de la conséquence pour les populations déplacées de la réduction des rations alimentaires distribuées par le Programme alimentaire mondial (PAM) au Darfour. Le 28 avril 2006, le PAM a annoncé qu'il serait désormais contraint, faute de financement, de ne fournir qu'une demi ration alimentaire vitale - soit 1.050 kilocalories par personne et par jour (au lieu de 2 100) - aux 2,1 millions de personnes nécessitant des secours alimentaires d'urgence au Darfour.

 

En dehors des distributions du PAM, les déplacés du Darfour n'ont pratiquement aucune ressource pour survivre. Entassés dans des camps à la salubrité précaire, ils sont incapables de cultiver en raison de l'insécurité généralisée qui règne dans la brousse environnante. Au cours de l'année écoulée, les défaillances temporaires du système de distribution alimentaire se sont toujours traduites par une augmentation significative des cas de malnutrition sévère traités dans les centres de santé de Médecins Sans Frontières.

 

En 2005, le PAM est parvenu à éviter une catastrophe nutritionnelle en distribuant plus de 40 000 tonnes de vivres par mois à plus de 2 millions de personnes réparties sur 400 sites. Cette réussite opérationnelle est aujourd'hui gravement menacée par le refus de la communauté internationale de répondre aux appels de fonds du PAM qui fin février n'avait reçu que 4% des sommes nécessaires à la poursuite de ses opérations au Soudan. Des aides supplémentaires ont certes été promises par les gouvernements soudanais et américain après la signature d'un accord de paix entre certains belligérants le 5 mai dernier (46% des financements requis par le PAM étaient promis au 16 mai). Mais le PAM estime qu'il ne sera pas en mesure de reprendre des distributions complètes avant le mois de novembre en raison des délais d'acheminement des vivres.

 

C'est donc une grave crise nutritionnelle qui guette aujourd'hui les déplacés du Darfour. La menace est d'autant plus sérieuse que d'autres services vitaux, comme la fourniture d'eau potable et le soutien des hôpitaux, sont également affectés par les coupes budgétaires. "La démobilisation des bailleurs de fonds est d'autant plus difficile à comprendre que la situation des déplacés ne s'est en rien améliorée depuis l'année écoulée, note Fabrice Weissman, chef de mission MSF au Darfour. De fait, la communauté internationale agit comme si elle avait décidé de conditionner l'assistance vitale aux populations du Darfour à la signature d'un accord de paix entre les parties au conflit."

 

A l'approche de la saison des pluies et de la période de soudure, qui représentent toutes deux un risque nutritionnel supplémentaire, il est urgent que les Etats pourvoient rapidement au financement du PAM et des autres services vitaux et dégagent des fonds exceptionnels pour permettre l'acheminement express (par voie aérienne si nécessaire) de l'aide alimentaire sur ses lieux de distribution. Afin d'éviter une catastrophe, les déplacés du Darfour doivent recevoir à nouveau une ration complète le plus tôt possible

Présente au Darfour depuis novembre 2003, MSF travaille aujourd'hui dans 18 sites des trois provinces du Darfour avec 170 volontaires internationaux et 2.600 soudanais

Mai 2006

Vaincre le fléau de la faim dans le monde, spécialement au Darfour

Appel du Pape Benoît XVI

 

Cité du Vatican, 21 mai 2006

 

Benoît XVI lance un appel à la solidarité internationale pour vaincre le fléau de la faim dans le monde, spécialement au Darfour.

Le pape a en effet mentionné une initiative du PAM lors de la prière mariale du Regina Caeli, ce dimanche.

Aujourd'hui, par exemple, disait le pape, avec l'initiative « le monde marche contre la faim »

(« Walk the World »), lancée par le Programme alimentaire mondial des Nations Unies, on entend sensibiliser les gouvernements et l'opinion publique sur la nécessité d'une action concrète et rapide pour garantir à tous, en particulier aux enfants, la « liberté de la faim ».

« Je suis proche par la prière de cette manifestation qui se déroule à Rome et dans d'autres villes de quelque cent pays », affirmait le pape.

« Je souhaite vivement, ajoutait-il, que grâce à la contribution de tous, on arrive à surmonter la plaie de la faim, qui afflige encore l'humanité, en mettant sérieusement en danger l'espérance de vie de millions de personnes ».

Le pape mentionnait tout spécialement la situation des populations du Darfour en disant : « Je pense en premier lieu à la situation urgente et dramatique du Darfour, au Soudan, où persistent de fortes difficultés pour satisfaire jusqu'aux besoins alimentaires primaires de la population ».

Benoît XVI invitait à confier cette intention à la prière de la Vierge Marie en disant : « Par cette récitation habituelle du Regina Caeli, confions aujourd'hui à la Vierge Marie tout particulièrement nos frères opprimés par le fléau de la faim, ceux qui leur viennent en aide et ceux qui, par les moyens de communication sociale contribuent à fortifier entre les peuples les liens de la charité et de la paix ».

Le programme alimentaire mondial (PAM, http://www.wfp.org/french ) des Nations Unies, a été contraint en avril dernier de réduire ses rations au Darfour : il déplore que le Darfour ne soit pas une « priorité » pour les donateurs.

Malgré les terribles souffrances des habitants du Soudan, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) des Nations Unies a annoncé en effet qu'un manque de fonds l'obligerait à réduire drastiquement ses rations alimentaires à partir du mois de mai.

En réduisant ses rations alimentaires à seulement 1 050 calories (la moitié du minimum quotidien nécessaire), le PAM estime que ses stocks de denrées dureront plus longtemps pendant la « saison de la faim », qui dure de juillet à septembre, c'est-à-dire avant les récoltes et pendant laquelle les besoins sont les plus importants.

« C'est l'une des décisions les plus difficiles que j'aie jamais prise. Les habitants du Darfour n'ont-ils pas assez souffert ? Ce manque de fonds est difficile à comprendre, car l'an passé l'aide officielle au développement avait atteint 107 milliards de dollars, c'est-à-dire deux fois plus que les années précédentes. Les donateurs ont été extrêmement généreux, mais les victimes de crises humanitaires comme celle du Darfour ne font pas partie de leurs priorités », a déclaré James Morris, Directeur Exécutif du PAM.

« L'aide alimentaire est LA priorité : nous ne pouvons pas réduire les rations à 1 000 calories par jour à des gens qui ont déjà perdu leurs maisons et leurs proches dans les violences. Pourtant nous avons dû nous y résoudre au Soudan pour pouvoir offrir à ceux qui en besoin un minimum pendant la saison maigre. C'est une mesure que l'on ne devrait jamais avoir à prendre. Nos donateurs nous ont beaucoup aidé en 2005, ils doivent nous aider encore en 2006 », a ajouté M. Morris.

« Cette année est déterminante au Soudan pour la pérennisation de la paix. Le PAM exhorte les donateurs à se manifester pour garantir l'aide alimentaire aux millions de Soudanais qui ont absolument besoin de notre aide », a précisé M. Morris

En 2006, les donateurs pour les opérations d'urgence du PAM au Soudan sont les Etats-Unis (188 millions de dollars), le Fonds commun humanitaire des Nations Unies (16,6 millions), la Libye (4,5 millions), le Canada (3,9 millions), la Norvège (1,8 million), l'Irlande (1,2 million), l'Italie (1,2 million), la Suisse (757 600), la Belgique (604 600) et des dons privés (20 000). Le site du PAM permet de faire un don en ligne.

 

Mai 2006

Les attaques contre les humanitaires et les civils sont aussi graves qu'au Darfour

Jeune Afrique, 20 mai 2006

 

Le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Jan Egeland, qui vient d'effectuer une visite au Darfour et au Tchad, a indiqué vendredi à New York que dans l'est du Tchad, les attaques contre le personnel humanitaire et les populations civiles sont au moins aussi graves sinon pires qu'au Darfour.

Toutes ces attaques sont menées en toute impunité et les institutions des Nations Unies et les ONG ont été forcées de réduire leur personnel et leurs programmes dans de nombreuses zones, a affirmé devant le Conseil de sécurité M.Egeland, qui est également le Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU.

Seulement 25% des 179 millions de dollars demandés ont été débloqués, a-t-il expliqué, ajoutant qu'il attendait des donateurs des contributions supplémentaires pour l'opération au Tchad.

Il a aussi attiré l'enrôlement forcé par les divers groupes armés des réfugiés et les personnes déplacées, y compris des enfants.

Selon M. Egeland, les réfugiés et les personnes déplacées sont aussi menacés par les attaques des milices et des rebelles et par une totale absence d'autorité dans la région, et au moins 13.000 personnes ont fui le Tchad vers le Darfour, dans l'ouest du Soudan, au cours des dernières semaines

 

Mai 2006

Kofi Annan : « Plus une seconde à perdre pour sauver le Darfour ! »

Le Figaro, 19 mai 2006

 

« Je compte sur le soutien de tous les Etats membres de l'ONU, notamment de ceux qui siègent au Conseil de sécurité »

 

L'accord conclu par le gouvernement soudanais et le principal mouvement rebelle du Darfour offre une nouvelle chance de rétablir la paix dans cette région plongée dans le malheur. Mais il faut agir vite. Les pourparlers qui ont mené à cet accord ont été longs et difficiles. Nombreux sont ceux à qui l'on est redevable de les avoir fait aboutir au moins en partie. Mais on ne peut encore se réjouir ni se reposer sur ses lauriers. La semaine dernière, alors que le plus haut responsable de l'action humanitaire de l'ONU visitait un camp de déplacés, une émeute a éclaté et un interprète de la Mission de l'Union africaine a été tué à coups de hache. Il y a beaucoup à faire. Il n'y a pas une seconde à perdre. Pour commencer, certains chefs rebelles n'ont pas encore signé l'accord. Nous devons les convaincre de choisir la voie de la paix et non pas le sentier de la guerre. Si la tragédie se poursuit, à cause de ce qu'ils auront fait ou de ce qu'ils n'auront pas fait, l'histoire sera pour eux un juge sévère. Il nous faut ensuite tout faire pour que ceux qui ont signé l'accord assurent son application sur le terrain et pour que les habitants du Darfour puissent survivre aux prochains mois. Il faut pour cela qu'ils soient protégés et puissent subsister, puisqu'ils ont été chassés de leurs foyers et de leurs terres et qu'ils ne peuvent subvenir à leurs besoins. Cela signifie que ceux qui leur porteront secours devront aussi être protégés. Pour l'instant, il n'y a sur le terrain qu'une seule force capable d'assurer cette protection, celle de la Mission de l'Union africaine (MUAS). Notre priorité doit être de consolider cette force de façon qu'elle puisse veiller à l'application de l'accord et offrir aux déplacés une véritable sécurité. Mais il s'agit d'une solution à court terme. Dès que cela sera possible, il faudra que la MUAS se transforme en une opération des Nations unies plus large, plus mobile, mieux équipée et dotée d'une autorité plus ferme. Nous voulons nous concerter aussi rapidement que possible avec nos partenaires de l'Union africaine à propos des renforts dont la MUAS aura besoin pour mettre en oeuvre les principaux points de l'accord d'Abuja, puis pour organiser une conférence d'annonces de contributions, éventuellement à Bruxelles au début de juin. Mais j'en appelle aux donateurs pour qu'ils n'attendent pas jusque-là. Qu'ils se montrent très généreux et qu'ils le fassent tout de suite. J'en appelle aussi à tous ceux qui se trouvent au Darfour pour qu'ils aident la MUAS à faire son travail. Aucune des parties ne doit encourager, excuser ou tolérer des agressions comme celle de la semaine dernière. La nécessité de mobiliser des fonds supplémentaires pour financer les secours est tout aussi urgente. La région traverse la crise humanitaire la plus grave de la planète. Sans soutien massif et immédiat, les organismes de secours ne pourront poursuivre leur travail, et la faim, la malnutrition et la maladie feront des centaines de milliers de victimes. En même temps, nous devons continuer de préparer le passage à une opération des Nations unies, mutation que le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine demande depuis le 10 mars et que le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies a autorisée le 24 mars. C'est, pour l'ONU, un défi qu'il lui sera difficile de relever. Mais elle ne peut s'y dérober et, l'ayant accepté, elle doit assurer cette responsabilité sans plus attendre. Ce que nous avons déjà fait nous a enseigné que la force de l'ONU qui succédera à l'actuelle Mission de l'Union africaine doit être beaucoup plus importante et qu'elle aura besoin d'un gros effort logistique de la part des pays qui peuvent l'aider sur ce plan. L'étape suivante sera celle d'une mission d'évaluation technique au Darfour même. L'ONU et l'Union africaine procéderont sur place à l'analyse de la situation, consulteront toutes les parties et détermineront les besoins à satisfaire. Aucune mission de maintien de la paix ne peut réussir si elle n'est pas soutenue et secondée par les parties au niveau le plus élevé. C'est pourquoi j'ai écrit au président Bachir pour le prier d'appuyer la mission d'évaluation. Son rôle est essentiel et j'espère avoir l'occasion de lui en parler directement très bientôt. En attendant, j'exhorte une fois encore toutes les parties, notamment le gouvernement soudanais, à respecter le cessez-le-feu et à démontrer par leurs actes qu'elles ont l'intention de tenir parole. J'exhorte aussi les voisins arabes et africains du Soudan à accorder à ce pays toute l'aide possible, financière et politique. Pour sa part, le secrétariat de l'ONU fera tout ce qui est en son pouvoir pour aider le peuple soudanais à clore un chapitre tragique de son histoire. Je compte sur le soutien de tous les Etats membres, notamment de ceux qui siègent au Conseil de sécurité.

 

* Secrétaire général de l'Organisation des Nations unies.

 

Mai 2006

Les semaines à venir cruciales pour éviter la plongée dans les abysses, affirme Jan Egeland

Nation Unies, New York, 19 mai 2006

De retour d'une visite sur le terrain au Soudan et au Tchad, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Jan Egeland, a appelé, lors d'un exposé au Conseil de sécurité, à renforcer d'urgence la Mission de l'Union africaine et le financement des secours humanitaires.

« Les prochaines semaines seront absolument cruciales pour des millions de personnes dans la région. Avec la signature de l'accord de paix sur le Darfour, avant mon arrivée au Soudan, il y a enfin un véritable espoir. Mais l'on risque aussi d'entrer dans une spirale qui précipitera des millions de personnes au fond des abysses », a déclaré aujourd'hui Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, dans un exposé au Conseil de sécurité.

Face à cette perspective, Jan Egeland a appelé à mettre en oeuvre l'accord de paix et à y rallier ceux qui ne l'ont pas signé, renforcer immédiatement et substantiellement la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS), prendre des mesures concrètes pour accélérer la transition vers une opération des Nations Unies et garantir le financement et la sécurité des secours humanitaires apportés à plus de trois millions de personnes.

Concernant le renforcement de la MUAS , Jan Egeland a plaidé pour un appui urgent, alors que les « courageux membres de la Mission n'ont pas été payés depuis deux mois ».

Le Conseil de sécurité a adopté mardi dernier une résolution donnant une semaine au gouvernement du Soudan pour accepter une mission d'évaluation pour le déploiement force des Nations Unies dans la région du Darfour qui remplacerait l'actuelle force de l'Union africaine ( dépêche du 16.05.06).

S'agissant des restrictions à l'accès des secours humanitaires, Jan Egeland a indiqué que « le ministre des Affaires humanitaires du Soudan et le vice-président l'avaient assuré que le moratoire sur le Darfour serait mis en oeuvre » et que « les procédures imposées aux organisations humanitaires devaient êtres claires et prévisibles ».

Le gouvernement soudanais a récemment pris des engagements pour atténuer les effets d'une loi restrictive au regard des organisations non gouvernementales (ONG), que le Secrétaire général adjoint avait mis au rang, avec les autres « obstructions » mises en place par les autorités, de « cauchemar orwellien de restrictions bureaucratiques sans fin qui entravent intentionnellement, et avec succès, la capacité à aider ceux qui sont dans le besoin » ( dépêche du 4.05.06).

Jan Egeland a indiqué que le vice-président avait déclaré publiquement l'intention du gouvernement de garantir un plein accès humanitaire au Darfour », ajoutant que les ONG avaient été invitées à Khartoum à contribuer à l'élaboration des décrets d'application de la loi qui restreint leurs activités.

« Je prends pour acquis que les visas et permis de séjour continueront d'être valides jusqu'à la fin du mois de janvier 2007 », a-t-il souligné, plaidant pour la levée des restrictions en particulier des secours à destination de l'Est du pays.

A propos de la poursuite du financement du programme d'assistance humanitaire, « un certain nombre de nouvelles contributions ont réduit le déficit de financement pour le Darfour de 80% à 60% », a dit le Secrétaire général adjoint.

Cela signifie que le Programme alimentaire mondial (PAM) pourra réduire dans une proportion moindre que prévue les rations aux réfugiés, grâce à des dons généreux des Etats-Unis, une promesse de dons de la Commission européenne et une contribution sous formes de céréales de la part du gouvernement soudanais.

« C'est la première contribution du gouvernement soudanais à un appel des Nations Unies depuis le début de la crise du Darfour,