Le Soudan dans la Presse

Nous référençons un certain nombre d'articles sur le Soudan
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Avril 2006

 

Nouvel Observateur
30 avril 2006

Ultimatum pour trouver un accord de paix repoussé de 48 heures

Nouvel Observateur
30 avril 2006

Les rebelles rejettent le projet d'accord

Presse Canadienne
30 avril 2006

Environ 15.000 personnes manifestent devant la Maison Blanche

Nouvel Observateur
30 avril 2006

Des milliers de personnes se rassemblent à Washington pour le Darfour

R-F-I-actualités
30 avril 2006

Darfour : Mission robuste

Nouvel Observateur
30 avril 2006

Khartoum accepte le projet d'accord sur le Darfour, les rebelles toujours réservés

Xinhuanet
29 avril 2006

L'ONU lance le programme d'entraînement pour les forces de l'UA au Darfour

Nations Unies New-York
28 avril 2006

Jan Pronk exhorte les rebelles du Darfour à mettre fin aux attaques

L'Express
28 avril 2006

Le PAM contraint à réduire ses rations alimentaires au Soudan

Zénit, Rome
27 avril 2006

Le Cardinal Wako, archevêque de Khartoum appelle au pardon et à la réconciliation

IRIN, Abuja
26 avril 2006

L'UA élabore et présente son projet de paix pour le Darfour

Human Rights Watch
26 avril 2006

De nouvelles attaques soulignent la nécessité de sanctions supplémentaires et d'une force de protection

All-African-com
26 avril 2006

Le Conseil de sécurité impose pour a première fois des sanctions à quatre Soudanais

Afrik-com
23 avril 2006

Coup d'Etat au Tchad : la Chine impliquée

Inter prese service
25 avril 2006

Développement : mettre en place les premières routes bitumées « depuis la création du monde »

Libération
25 avril 2006

L'ombre de Pékin sur le conflit Tchad - Soudan : Pour faire main bas e sur le pétrole, la Chine est soupçonnées de soutenir Khartoum

Nations Unies New York
25 avril 2005

Louise Arbour, Haut Commissaire aux Droits de l'homme en visite au Darfour, à la fin de la semaine

Libération
24 avril 2006

« Des diables à cheval portant un fusil »

Xinhuanet
24 avril 2006

L'USAID reprend ses activités au Soudan après plus d'une décennie

Libération-Afrique
23 avril 2006

Paix et justice au Darfour : les droits des victimes pris en otage

Libre Belgique
23 avril 2006

Ben Laden réapparaît pour attaquer l'Occident sur le Hamas et le Darfour

Le Monde
23 avril 2006

Les déclarations de Oussama Ben Laden rejetées au Soudan

Nouvel Observateur
23 avril 2006

Tchad : un rebelle prisonnier évoque une alliance entre rebelles tchadiens et centrafricains soutenus par le Soudan

La Croix
23 avril 2006

Ben Laden réapparaît sur Al Jazira

Angola presse
22 avril 2006

L'Italie stimule les opérations humanitaires du PAM au Soudan

Nouvel Observateur
21 avril 2006

Le Soudan refuse de délivrer des visas pour une mission de l'ONU

Angola presse
21 avril 2006

La Libye débloque 4,5 millions pour les réfugiés soudanais

Libération
20 avril 2006

Tchad Darfour : l'imbroglio

Nouvel Observateur
20 avril 2006

Mort de John Garang : l'enquête soudanaise conclut à un accident

Xinhuanet
19 avril 2006

Le Soudan demande un report de la visite de l'équipe d'évaluation de l'ONU

Le Monde
19 avril 2006

N'Djamena rompt des relations avec le Soudan

Le Figaro
18 avril 2006

Après « l'agresseur soudanais », N'Djamena vilipende l'Union Africaine

Le Figaro
18 avril 2006

N'Djamena joue l'apaisement , mais continue d'accuser le Soudan

Nations Unies New York
18-avril 2006

Soudan/Tchad : Kofi Annan inquiet des tensions entre les deux pays

Angola presse
18 avril 2006

Une erreur de pilotage à l'origine de l'accident fatal à Garang

Jeune Afrique
17 avril 2006

Le Darfour face à une nouvelle crise après ma rupture Soudan/Tchad

L'Express
17 avril 2006
La tension entre le Tchad et le Soudan menace le travail du HCR
Le Figaro
17 avril 2006
Le Tchad, enjeu d'une bataille à trois
Agence russe
17 avril 2006
Un groupe aérien russe participera à l'opération de paix au Soudan (ministre)
Le Figaro
16 avril 2006
Le pape prie pour la paix dans le monde
Le Figaro
16 avril 2006
Darfour : le Tchad quitte la table des négociations, inquiétude pour les réfugiés
Nouvel Observateur
15 avril 2006
Les Etats-Unis appellent au dialogue entre le Tchad et le Soudan
Reuters
14 avril 2006
Le Tchad rompt ses relations avec Khartoum et ferme sa frontière
Le Figaro
15 avril 2006

Idriss Déby menace le Soudan et la Banque mondiale

Le Figaro
15 avril 2006
Le Tchad rompt avec le Soudan
La Croix
15 avril 2006
Le Tchad soupçonné de vouloir utiliser ses pétrodollars pour faire la guerre
Libération
14 avril 2006
Tchad-Soudan, le torchon brûle
Libération
14 avril 2006
Une séquelle de la guerre au Darfour
Les enjeux de la crise se situent dans le Soudan voisin, qui soutient les rebelles.
Le Figaro
14 avril 2006
N'Djamena rompt ses relations diplomatiques avec le Soudan
Le Figaro
14 avril 2006
La guerre du Darfour aux origines de la révolte tchadienne
Human Right Watch
13 avril 2006
Tchad : l'offensive rebelle présente le risque de représailles ethniques

PAM
12 avril 2006

Le PAM salue l'aide du Royaume-Uni à la reconstruction des routes au Soudan
IRIN
11 avril 2006
Echec de l'UA dans la relance des pourparlers sur le Darfour
ONU
07 avril 2006
Darfour : le nettoyage ethnique et les crimes contre l'humanité doivent inciter la communauté internationale à agir
Union européenne
06 avril 2006
Déclaration de l'Union européenne sur l'accès des opérations humanitaires au Darfour
Nouvel observateur
06 avril 2006
Appel de l'ONU en faveur du Darfour
Afrique centrale info
06 avril 2006
Les élus américains se mobilisent
AFP
06 avril 2006
La vie des Soudanaises gâchée par l'excision
Xinhua net
05 avril 2006
L'Egypte est prête à envoyer des observateurs au Darfour
PAM
05 avril 2006
Soudan : hausse de la scolarisation grâce à la distribution de repas
ONU
05 avril 2006
Darfour : l'ONU déplore l'obstruction du Soudan
L'orient le jour
05 avril 2006

Le Darfour au centre d'un sommet entre Moubarak et al-Bachir

AFP
05 avril 2006
Soudan: l'enquête sur la mort de Garang conclut à une erreur du pilote
Libération
04 avril 2006
L'Onu empêchée au Soudan
Amesty International
04 avril 2006
Soudan - poursuite du blocus de l'aide humanitaire
AFP
03 avril 2006

Le Soudan empêche Jan Egeland (Onu) d'aller au Darfour et à Khartoum

IRIN
01 avril 2006
Après les nouvelles attaques dans l'Est du Tchad, le gouvernement tchadien accuse le Soudan

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Darfour: Ultimatum pour trouver un accord de paix repoussé de 48 heures

Le Nouvel Observateur, Abuja, 30 avril 2006

Les médiateurs de l'Union africaine (UA) chargés des négociations entre les rebelles du Darfour et le gouvernement soudanais ont annoncé dimanche que les pourparlers seraient prolongés de 48 heures, jusqu'à mardi minuit.

L'ultimatum pour trouver un accord de paix expirait dimanche soir, alors que les rebelles avaient rejeté plus tôt le projet d'accord soumis par les médiateurs, que le gouvernement soudanais se disait en revanche "prêt à signer".

Selon les rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité et du Mouvement de libération du Soudan, cet accord ne répondait pas à leurs principales exigences (un poste de vice-président issu du Darfour et davantage d'autonomie pour cette région du Soudan). Ils critiquent aussi ses modalités d'application. AP

Avril 2006

Darfour: les rebelles rejettent le projet d'accord

Nouvel Observateur, Abuja 30 avril 2006

Les rebelles soudanais ont rejeté dimanche soir le projet d'accord de paix pour le Darfour au moment même où expirait l'ultimatum fixé par les médiateurs de l'Union africaine et alors que le gouvernement soudanais s'était dit "prêt à signer" le document.

Ahmed Hussein, porte-parole des rebelles, a estimé que le projet d'accord soumis par les médiateurs de l'UA était, en l'état, "déséquilibré" et a exigé que des changements y soient apportés. "Nous n'allons pas le signer comme il est", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Ahmed Hussein, porte-parole du Mouvement pour la justice et l'égalité, l'une des deux principales factions rebelles, a dit parler au nom des deux groupes. Auparavant, l'autre groupe, le Mouvement de libération du Soudan, avait réclamé davantage de temps.

De son côté, Noureddine Mezni, porte-parole de l'UA, a confirmé que l'ultimatum pour parvenir à un accord expirait ce dimanche soir, mais a précisé qu'un accord partiel pouvait ouvrir la voie à d'autres options. "La médiation ne va pas changer le document ou rouvrir les négociations à cette heure tardive", a dit M. Mezni. "Toutefois, si les parties se mettaient d'accord entre elles sur une quelconque partie de ce document, nous nous en accommoderions." Il n'a pas fourni plus de détails sur cette proposition.

Les rebelles reprochent au projet d'accord soumis par les médiateurs de l'UA de ne pas répondre à leurs principales exigences (un poste de vice-président issu du Darfour et davantage d'autonomie pour cette région du Soudan). Ils critiquent aussi ses modalités d'application. AP

Avril 2006

Environ 15 000 personnes manifestent devant la Maison Blanche

Presse Canadienne , Montréal - _Le 30 avril 2006

Environ 15 000 personnes manifestent devant la Maison Blanche à Washington pour exiger du gouvernement américain qu'il intervienne dans la crise du Darfour au Soudan.

On demande notamment que l'administration Bush envoie des casques bleus dans cette région pour soutenir la force internationale, dirigée par l'Union africaine.

Cette manifestation d'aujourd'hui (dimanche) coincide avec la date butoire, fixée en soirée, pour que les négociations sur le Darfour, qui se déroulent à Abuja au Nigéria, aboutissent sur un accord de paix.

Le gouvernement soudanais a officiellement confirmé aujourd'hui être "prêt à signer" le projet d'accord soumis par les médiateurs de l'Union africaine, mais les rebelles ont toujours des réserves.

Les manifestants veulent aussi que George W. Bush nomme un émissaire spécial qui pourrait rassembler divers pays afin d'augmenter la pression sur le Soudan pour que celui-ci mette fin à ce que certains commencent à appeler "le génocide du Darfour".

Selon l'Organisation des nations unies, le conflit dans ce pays a fait jusqu'à maintenant 400 000 morts et près de trois millions de personnes ont dû s'expatrier, notamment au Tchad voisin.

Avril 2006

Des milliers de personnes se rassemblent à Washington pour le Darfour

Nouvel Observateur, Washington, 30 avril 2006

Des milliers de personnes ont participé à un rassemblement à Washington dimanche pour exhorter le président américain George W. Bush et le Congrès à agir pour mettre fin au génocide au Darfour.

Plusieurs membres du Congrès et célébrités ont participé au rassemblement, dont l'acteur George Clooney, qui vient de rentrer d'un séjour au Darfour, province de l'ouest du Soudan. Accompagné de son père Nick, ancien journaliste de télévision, Clooney y a interviewé des familles dans des camps de réfugiés. Selon lui, les politiques américaine et onusienne au Darfour sont un échec.

"Ceci est en fait le premier génocide du 21e siècle, mais il y a un espoir: vous tous", a-t-il déclaré à la foule sur le National Mall, entre le Capitole et le Mémorial de Lincoln dans la capitale américaine.

Les organisateurs attendaient 10 à 15.000 personnes dimanche. Plusieurs rassemblements similaires ont eu lieu aux Etats-Unis ce week-end.

Un réfugié présent à Washington dimanche, Hassan Cober, qui a affirmé avoir été contraint de quitter le Soudan et sa famille, dont plusieurs membres ont été tués ou violés, a souligné l'urgence.

Les Etats-Unis et les Nations unies "doivent aller au Darfour aujourd'hui, pas demain, car ce qui se passe est un désastre", a-t-il déclaré.

Participaient également au rassemblement le prix Nobel de la Paix Elie Wiesel, le sénateur démocrate Barack Obama et la présidente du groupe démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Un rabbin de Boston, Or Rose, membre des Séminaristes juifs pour la justice, a expliqué dimanche que "la motivation personnelle pour nombre d'entre nous est l'Holocauste".

"Etant données notre histoire et notre expérience, nous ressentons l'obligation de nous lever et de nous exprimer", a déclaré le rabbin Rose.

Depuis le début du conflit au Darfour en 2003, au moins 180.000 personnes ont été tuées et deux millions déplacées. Le conflit oppose les Janjawid -à la solde de Khartoum et accusées de commettre des atrocités sur les populations noires- aux rebelles du Darfour.

Dimanche, les rebelles ont refusé de signer un projet d'accord de paix soumis par des médiateurs de l'Union africaine. Ces derniers ont annoncé tôt lundi, heure française, que les négociations avaient été prolongées de 48 heures.

Avril 2006

Mission robuste

R.F.I., Philippe Leymarie, 30 avril 2006

Ce dimanche était la date limite fixée par la communauté internationale pour l'adoption d'un accord global chargé de ramener la paix au Darfour. Un conflit où sont impliqués l'Union africaine, l'Onu, l'Otan... et Oussama Ben Laden. Le Darfour, à l'est du Soudan, frontalier du Tchad, théâtre d'un nouveau génocide.

Trois ans de conflit, 200 000 morts, 2 millions de déplacés... beaucoup de médecins au chevet du malade pour peu de résultats. Et l'incendie menace de s'étendre à tout le Soudan (encore fragile, malgré la résolution du conflit au Sud) ainsi qu'au Tchad ou en Centrafrique.

L'Union africaine fait ce qu'elle peut pour réunir autour d'une table le gouvernement de Karthoum et les mouvements rebelles. Sa force de paix, sur le terrain (7 000 hommes) manque de moyens, notamment logistiques, en dépit d'une aide « technique » de pays membres de l'Otan, pour l'acheminement aérien de ses effectifs et du matériel.

Comment aller plus loin sur le plan militaire, puisque le volet politique ne semble pas mûr ? D'abord il s'agit de renforcer ce qui existe, avec des renforts pour le contingent africain et l'Otan qui, à la demande de l'Union africaine, envisage l'envoi d'équipes spécialisées dans les domaines du commandement, du contrôle, des communications, du renseignement et, bien sûr, de la logistique, pour aider les Africains à planifier les opérations pendant cette période transitoire. Il s'agit de rendre la force de l'Union africaine « plus robuste ».

Pas question cependant pour l'Otan de troupes au sol, mais une plus grande présence de «conseillers» sur le terrain. Quelques centaines d'officiers sont prévus, y compris peut-être des Américains, ce qui serait une première. Pas question non plus de «rôle-cadre» comme les Français l'avaient assumé au Congo en 2003 et comme les Allemands s'apprêtent à le faire cette année, dans ce même pays.

Des discussions délicates entre les pays-membres tournent autour du «calibrage» de la mission, pour éviter d'avoir l'air d'imposer la présence de l'Otan dans la région... Cela risque d'être difficile vu que les autorités soudanaises sont hostiles, par principe, à l'envoi de forces de paix non-africaines sur leur territoire. Par ailleurs, dans une réapparition médiatique, le terrible Oussama Ben Laden a dénoncé ce qu'il considère comme la nouvelle «main mise» de l'Occident sur un pays musulman. L'envoi de «conseillers» serait en tout cas moins voyant et moins «agressif» que l'envoi de troupes armées ou la fourniture de patrouilles aériennes pour protéger les troupes de l'Union africaine(UA) ou empêcher le bombardement des villages du Darfour.

Dans une deuxième phase, l'UA n'étant pas encore prête pour les grandes missions de paix, il s'agirait, d'ici la fin de l'année, de remplacer ses unités par une force de Casques bleus encore plus robuste, car plus imposante, avec ses 12 000 hommes, mieux armée et très mobile. Disposant d'un soutien aérien cette force internationale serait davantage épaulée puisqu'elle continuerait à bénéficier du soutien de l'Otan déjà mis en oeuvre au profit de la force africaine.

Mais là, beaucoup reste à faire, à commencer par obtenir l'accord politique des Soudanais alors que l'Onu vient de sanctionner un des patrons de leur armée. Il faudrait aussi entamer un processus de «génération de force», trouver les pays contributeurs de troupes, financer le tout, définir les règles d'engagement... pendant que la Chine pointe à nouveau son nez dans la région et que Ben Laden, du fond de sa grotte, appelle à une « guerre prolongée » au Darfour, pour en chasser les fameux «croisés».

Avril 2006

Khartoum accepte le projet d'accord sur le Darfour, les rebelles toujours réservés

Nouvel Observateur avec A.P. par Bachir Adigun , 3 0 avril 2006

Le gouvernement soudanais a officiellement confirmé dimanche être "prêt à signer" le projet d'accord de paix pour le Darfour soumis par les médiateurs de l'Union africaine. Mais les discussions se poursuivaient alors que l'ultimatum expirait dans la soirée, les rebelles ayant eux toujours des réserves.

D'ultimes tractations allaient donc bon train à Abuja (Nigeria), au jour de l'ultimatum fixé par les médiateurs de l'UA pour aboutir, après deux ans de pourparlers de paix et sept sessions de négociations sans résultats, alors que le cessez-le-feu signé en avril 2004 est largement ignoré. Mercredi, les médiateurs avaient présenté leur projet d'accord, réclamant aux parties de rendre leur avis d'ici dimanche.

"Le gouvernement confirme sa volonté d'accepter officiellement ce document et sa volonté de le signer", a déclaré Magzoub El-Khalif, chef de la délégation de Khartoum.

Mais un porte-parole des rebelles faisait en revanche part de leur insatisfaction: "Nous avons des réserves sur le projet d'accord", a souligné Ahmed Hussein, du Mouvement pour la justice et l'égalité. L'autre faction importante de la rébellion, le Mouvement de libération du Soudan, a demandé le report de la date-butoir.

Le porte-parole du l'UA Norredine Mezni estimait pour sa part qu'un accord partiel pouvait être signé. "Les médiateurs ne vont pas modifier le document ou rouvrir la négociation à cette heure tardive. Mais les parties tombent d'accord sur une quelconque partie du texte, nous leur donnerons satisfaction", a-t-il déclaré.

Ce texte, présenté mardi aux parties et diffusé mercredi, note que le Darfour, région de l'ouest soudanais, grande comme la France , a été "historiquement privé de tout" et a terriblement souffert de la guerre.

Les médiateurs proposent un vote d'ici 2010 pour déterminer la création d'une unique entité géographique à la place des actuels trois Etats composant le Darfour. Une disposition qui rappelle celle contenue dans l'accord de paix qui a mis fin, en janvier dernier, à une guerre de plus de 21 ans au Sud-Soudan.

Ils appellent à la création d'un fonds de réhabilitation et au versement de compensations aux habitants de la région, et demandent au président soudanais d'inclure parmi ses principaux conseillers un spécialiste du Darfour nommé par la rébellion.

Le projet appelle également au désarmement des janjawid, ces milices tribales arabes semant terreur et violence chez les villageois du Darfour, et que Khartoum dément toujours soutenir. Il réclame également l'intégration de certains rebelles dans l'armée soudanaise.

Le conflit larvé qui régnait depuis de longues années au Darfour, autour du contrôle de la terre et de l'eau, a éclaté en guerre ouverte en février 2003. Deux mouvements rebelles issus des ethnies noires du Darfour ont alors pris les armes contre le régime militaro-islamiste de Khartoum, qui a lui armé des supplétifs. Depuis lors, plus de 180.000 personnes sont mortes et plus de trois millions d'autres ont été chassées de chez elles. Le conflit menace également de s'étendre, avec l'implication du Tchad voisin, qui héberge des centaines de milliers de réfugiés et accuse Khartoum d'ingérence.

Malgré la situation catastrophique au Darfour, théâtre de la plus grave crise humanitaire en cours sur la planète, le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU va devoir réduire de moitié son aide, ramenant à mille calories par jour les rations alimentaires fournies à quelque trois millions de réfugiés, faute de fonds, les donateurs traînant les pieds.

Pour la première fois depuis l'adoption en mars 2005 d'une résolution autorisant toute une série de mesures (gel des avoirs financiers, interdiction de déplacement) à l'encontre de personnes violant les droits de l'Homme au Darfour, le Conseil de sécurité de l'ONU vient d'approuver des sanctions envers quatre individus impliqués dans le conflit: un ancien commandant de l'armée de l'air dans la région, un chef janjawid de la tribu des Jalul (nord du Darfour), et deux commandants rebelles.

Enfin, la mobilisation contre le génocide au Darfour bat son plein aux Etats-Unis, avec des manifestations tout le week-end: l'acteur et réalisateur George Clooney, qui revient de la région, devait notamment y prendre la parole.

Avril 2006

L'ONU lance le programme d'entraînement pour les forces de l'UA au Darfour

Xinhuanet, Al Fasher , 29 avril 2006

La mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS) a dit samedi que l'ONU avait lancé un  programme pour entraîner une force de maintien de la paix  africaine qui compte 7 300 soldats dans la région du Darfour,  ouest du Soudan en proie au conflit. 

S'adressant lors d'une cérémonie à al-Fasher, un responsable de  la commission de l'Union africaine (UA), a déclaré que ce  programme visait à entraîner les forces avec les standards et les  normes internationaux dans leur mission au Darfour. 

Hassan Gibril, représentant spécial intérimaire de la présidence de la commission de l'UA, a indiqué que le programme  d'entraînement élargira manifestement la perspective professionnelle des observateurs militaires, de la police civile  et des fores de protection qui comptent conjointement sur la  restauration de paix et de sécurité au Darfour. 

Les soldats de maintien de la paix de l'UA ont été déployés dans trois états du Darfour pour surveiller l'application de l'accord  de cessez-le-feu humanitaire, qui a été signé par le gouvernement  soudanais et les mouvements rebelles de Darfour à N'Djamena,  capitale tchadienne en avril 2004. 

Toutes les agences de l'ONU opérant au Soudan prendront part au  programme. 

A l'heure actuelle, des agences de l'ONU, dont le Fonds des  Nations unies pour la population, le haut commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme, le Fonds des Nations unies pour  l'enfance ainsi que la mission de l'ONU au Soudan, ont des  opérations au Soudan. 

"C'est la première fois que toutes les agences au Soudan se sont réunies pour exécuter une seul tâche", a indiqué un membre du  programme de l'ONU pour le développement (PNUD), qui est  responsable pour l'organisation et la coordination du programme  d'entraînement à l'agence Xinhua

Avril 2006

Jan Pronk exhorte les rebelles du Darfour à mettre fin aux attaques

Nations Unies, New York, 28 avril 2006

Le Représentant du Secrétaire général pour le Soudan, Jan Pronk, a exhorté aujourd'hui les rebelles du Darfour à mettre fin aux attaques perpétrées contre les travailleurs humanitaires, sous peine de suspendre les efforts de secours sur le terrain jusqu'au rétablissement de conditions de sécurité acceptables.

Selon un communiqué de la Mission des Nations Unies au Soudan ( UNMIS ) publié aujourd'hui à Khartoum, des membres d'organisations non gouvernementales et d'institutions des Nations Unies opérant dans la région du nord Darfour ont été la cible d'attaques continues et de harcèlement par des groupes armés.

Plusieurs informations indiquent que nombre de ces attaques ont été commises par les factions de l'Armée de libération du Soudan (SLA), indique le communiqué.

Des vols à main armée et des détournements de véhicules ont mis en danger les travailleurs humanitaires qui prêtent assistance à plus de 450 000 personnes vulnérables dans la région, affirme l'UNMIS.

Jan Pronk fait savoir que si ces actes ne cessent pas immédiatement, les Nations Unies et leurs partenaires seront contraints de suspendre leurs efforts de secours sur place jusqu'au rétablissement de conditions de sécurité acceptables.

Les rebelles du Darfour - Armée de libération du Soudan (SLA) et Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE) - réclament plus d'autonomie et demandent un partage plus équitable des ressources du pays, notamment pétrolières.

Le conflit qui a démarré en février 2003 a déjà provoqué la mort de 400.000 civils et le déplacement de plus de deux millions de personnes.

Avril 2006

Le PAM contraint à réduire ses rations alimentaires au Soudan

L'Express, 28 avril 2006

Le Programme alimentaire mondial (PAM) annonce qu'il va réduire de moitié les rations alimentaires distribuées à plus de six millions de Soudanais, dont la moitié vivant au Darfour, en raison d'un manque important de fonds.

De nombreux pays donateurs semblent s'être lassés de venir en aide aux victimes du conflit du Darfour, en cours depuis février 2003, bien que des signes donnent à penser que la malnutrition progresse parmi les habitants des camps de personnes déplacés, a indiqué l'agence onusienne.

Le PAM précise qu'il réduit de moitié ses rations à partir du mois de mai, les faisant passer de 2.100 à 1.050 calories par personne et par jour.

"C'est l'une des décisions les plus difficiles que nous ayons jamais prises. Les habitants du Darfour n'ont-ils pas déjà assez souffert? N'ajoutons-nous pas l'insulte à la blessure?" s'est interrogé le directeur exécutif du PAM, James Morris.

Le PAM n'a reçu que 238 millions de dollars cette année, soit 32% des 746 millions qu'il avait demandés pour le Soudan. Les Etats-Unis sont le principal donateur, avec 188 millions de dollars. L'Italie est le seul grand pays d'Europe à avoir répondu à l'appel du PAM, pour l'instant, cette année (1,2 million de dollars).

L'Unicef, le fonds des Nations unies pour l'enfance, a déjà signalé une augmentation du taux de malnutrition au Darfour cette année

Avril 2006

Soudan: le cardinal Wako appelle au pardon et à la réconciliation

ZENIT, Rome, 27 avril 2006

L'archevêque catholique de Khartoum demande à tous les chrétiens et les personnes de bonne volonté qui ont souffert pendant la guerre civile soudanaise qui vient à peine de prendre fin, de trouver le courage de pardonner à ceux qui les ont blessés.

Dans son message pascal, le cardinal Gabriel Zubeir Wako affirme que de nombreux soudanais portent encore dans leur propre corps et dans leur cœur les cicatrices de la guerre violente conclue de manière officielle l'an dernier.

« L'année dernière nous avons célébré la Pâque du pardon et de la réconciliation. Comme Jésus, nous portions encore avec nous et en nous, les cicatrices de nombreuses années de guerre, d'oppression et de misère, de frustration, de colère et de rancœur. Cette année nous devrons nous pousser à aller plus loin sur la voie du pardon et de la réconciliation », déclare le cardinal Wako dans le message publié par l'Agence catholique africaine CISA.

Le pardon et la réconciliation, affirme-t-il, sont des actes de courage et de liberté. « Notre société, nos communautés et nos familles sont très marquées par la cruauté, la violence, la vengeance, le tribalisme, la corruption, l'égoïsme et l'indifférence à l'égard des pauvres et des faibles », a-t-il souligné.

« Nous avons besoin de personnes courageuses et véritablement libres, qui ont délibérément choisi d'aller à contre-courant pour répandre les semences de la compréhension et de l'amitié au sein de notre peuple » poursuit-il.

Le cardinal Wako a ensuite exhorté les chrétiens a fixer leur regard sur le Seigneur Ressuscité, qui est devant eux et dont le corps est marqué du signe des clous et de la lance.

« A l'origine de ces signes se trouvent des personnes, dont certaines pourraient être qualifiées de très respectables. Elles ont été cruelles, injustes, inhumaines, arrogante, ignorantes, et sont vraiment mauvaises, sans aucune crainte de Dieu ou de respect pour les êtres humains. Vous pourriez vouloir décrire les personnes qui vous ont blessé, ou peut-être vous-mêmes, en des termes semblables » a dit le prélat.

Dans son corps lacéré, Jésus avait un cœur qu'aucun de ses tortionnaires ne pouvait atteindre, a dit le cardinal. « Ce cœur est resté ce qu'il a toujours été. Un cœur plein de bonté, de compassion, de miséricorde et d'amour infini ».

« Ce cœur nous demande de transmettre a tous ceux qui nous ont porté préjudice, la prière qu'il a offerte pour ceux qui le crucifiaient : ‘Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu'ils font' (Lc 23, 24) », a-t-il conclu.

Avril 2006

Nigeria – Soudan : l'UA élabore et présente son projet de paix pour le Darfour

IRIN, Abuja, 26 avril 2006

 

Un avant-projet de protocole d'accord de paix visant à mettre un terme aux trois années de conflit dans la région du Darfour, au Soudan, a été élaboré par les médiateurs de l'Union africaine (UA),cinq jours avant la fin des négociations prévue le 30 avril.

Ce document de 85 pages a été présenté à Abuja, la capitale nigériane, après près de deux ans de pourparlers stériles entre le gouvernement soudanais et les deux groupes rebelles du Darfour.

Selon l'ONU, la crise du Darfour est la plus grave crise humanitaire que connaît le monde, et depuis le début du conflit, en 2002, plus de 180 000 personnes sont mortes et deux millions d'autres ont été déplacées.

Le plan de paix de l'UA prévoit qu'un ressortissant du Darfour occupe les fonctions de « directeur de cabinet du président », le quatrième poste le plus important de la Présidence. Cette proposition permettra de sortir de l'impasse dans laquelle se trouvent les parties en conflit, depuis que les rebelles revendiquent un poste de vice-président.

Il comprend également quelques compromis pour résoudre le contentieux concernant le partage du pouvoir, des richesses et la sécurité.

L'avant-projet a été présenté mardi soir aux représentants des deux groupes rebelles, le Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM/A) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), et du gouvernement soudanais.

La semaine dernière, Idriss Déby, le président tchadien, a déclaré que le conflit Darfour est la cause de l'instabilité du Tchad, où les combattants rebelles ont récemment intensifié leur campagne contre son gouvernement, et a demandé l'intervention de à la communauté internationale.

Selon les groupes rebelles, les populations du Darfour sont marginalisées et persécutées par les milices janjawid soutenues par les autorités de Khartoum. Le cessez-le-feu conclu entre le gouvernement et les mouvements rebelles en avril 2004 a été violé à plusieurs reprises, indique les Nations unies.

Mardi, le Conseil de sécurité de l'ONU a imposé un gel des avoirs et une interdiction de voyage à l'encontre de quatre soudanais qui constituent « une menace pour la région ».

Il s'agit de Gafar Mohammed Elhassan, commandant des forces armées soudanaises de la région militaire de l'Ouest, Musa Hilal, chef de la Tribu janjawid Jalul du Nord Darfour, Adam Yacub Shant, commandant de l'Armée de libération soudanaise (ALS), et Gabril Abdul Kareem Badri, commandant du Mouvement national pour la réforme et le développement, deux mouvements rebelles du Darfour.

Avril 2006

De nouvelles attaques soulignent la nécessité de sanctions supplémentaires et d'une force de protection

L'offensive gouvernementale menace les civils du Darfour

Human Rights Watch, 26 avril 2006

 

«Les nouvelles attaques de Khartoum contre des civils montrent que le Conseil de sécurité doit bouger rapidement sur la question d'une force de protection des Nations unies au Darfour. »

Peter Takirambudde, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch

 

Le gouvernement soudanais a lancé une nouvelle offensive militaire au Sud Darfour qui met gravement en danger les civils, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch.

 

L'attaque du 24 avril contre un village situé en territoire sous contrôle des rebelles a été menée de façon non sélective, avec un avion Antonov et des hélicoptères de combat, en violation totale du droit de la guerre. Cette attaque a déplacé des milliers de civils qui avaient trouvé refuge sur place. L'attaque s'est produite juste une semaine avant la date limite du 30 avril sur la fin des négociations de paix à Abuja au Nigeria. Deux autres villages dans la région ont également été attaqués au cours des 10 derniers jours. Le 25 avril, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution qui a inscrit quatre ressortissants soudanais impliqués dans le conflit armé sur la liste des personnes à sanctionner, leur interdisant les voyages à l'étranger et gelant leurs avoirs.

« Les nouvelles attaques de Khartoum contre des civils montrent que le Conseil de sécurité doit bouger rapidement sur la question d'une force de protection des Nations unies au Darfour, » a déclaré Peter Takirambudde, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. « Ces attaques montrent également que les sanctions, si elles sont bienvenues, ne frappent probablement pas assez fort – ni assez haut – et que les civils vont continuer à en payer le prix. » .

L'attaque du 24 avril contre le village de Joghana semble s'inscrire dans une offensive gouvernementale plus vaste au Sud Darfour, dans le but apparemment de consolider le territoire avant la date limite du 30 avril fixée par l'Union africaine pour conclure les négociations de paix. La région située à 110 kilomètres au sud est de la capitale du Sud Darfour, Nyala, est depuis longtemps une zone explosive, opposant le gouvernement et les milices Janjaweed à deux groupes rebelles. Les groupes rebelles se sont aussi parfois opposés les uns aux autres à cet endroit. Toutes les parties ont contribué à la polarisation ethnique du conflit et au déplacement massif des populations dans la région.

Selon les récits de témoins, les forces du gouvernement et les milices ont commencé à attaquer Joghana à 7 heures du matin le 24 avril. Les civils qui ont fui la ville ont affirmé qu'un avion Antonov et deux hélicoptères de combat avaient été utilisés et que l'Antonov avait largué des bombes qui ont tué des civils. Le nombre de morts et de blessés n'a cependant pas pu être vérifié.

Des milliers de personnes déplacées vivaient à Joghana, sous contrôle du groupe rebelle de l'Armée de libération du Soudan (SLA), après avoir fui de préalables attaques contre leurs villages. Joghana est situé à environ 10 kilomètres de Greida, une autre ville sous contrôle du SLA où au moins 80 000 personnes déplacées ont cherché refuge.

« Si le gouvernement soudanais poursuit cette offensive alors Greida sera certainement la prochaine cible, » a déclaré Takirambudde. « Les civils là-bas, en particulier ceux qui sont de la même ethnie que les groupes rebelles, pourraient se retrouver très exposés. »

Les groupes rebelles – le SLA et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) – ont tous les deux été très actifs dans la région de Greida au cours de l'année écoulée en dépit de la demande de l'Union africaine d'un retrait des forces SLA de la ville de Greida où les forces de l'Union africaine ont une base.

La localisation stratégique de Greida, sur la route principale de Nyala au sud de Buram, a fait de cette ville et des villages environnants, un point de fixation pour des accrochages armés au cours des six derniers mois. Depuis novembre 2005, Human Rights Watch a recueilli des récits sur une douzaine d'attaques, d'ampleur variable, menées par les milices soutenues par le gouvernement contre des villages situés autour de Greida. Au cours de ces attaques, des milliers de civils ont été déplacés et ont perdu le cheptel qui leur restait ainsi que d'autres biens. Les forces rebelles auraient attaqué d'autres villages de la région en représailles. Depuis janvier 2006, des témoins ont signalé la présence massive de milices pro-gouvernementales autour de la ville et début mars 2006, au moins 60 villages autour de Greida ont essuyé des attaques.

L'offensive du gouvernement soudanais contre Joghana et les villages environnants s'apparente à des opérations antérieures au Sud Darfour, fin 2004 lorsque des responsables soudanais avaient affirmé « nettoyer la route » autour de Nyala pour des raisons de sécurité alors qu'ils menaient en fait une offensive brutale contre les populations civiles vivant dans des régions stratégiquement importantes sous contrôle SLA.

L'opération actuelle avait été préalablement très clairement planifiée et coordonnée. Human Rights Watch a appris de sources crédibles que les responsables du gouvernement soudanais avaient récemment informé la mission de l'U.A. au Darfour de leur intention de « nettoyer la route » de Nyala à Buram.

« Il ne s'agit pas d'une attaque menée au hasard, » a déclaré Takirambudde. « Ceci est le résultat de mois de préparation par les responsables soudanais et de coordination avec les milices. »

Comme dans d'autres régions du Darfour, les responsables soudanais ont exacerbé les tensions ethniques locales en continuant à recruter, soutenir et utiliser des milices ethniques dans la région de Greida. Les autorités soudanaises dont Al Haj Atta Al Mannar, le wali ou gouverneur du Sud Darfour, ont mis en place de soi-disant mécanismes de réconciliation, censés apaiser les tensions ethniques à Greida. Mais ces efforts, notamment l'installation de responsables de milices bien connus responsables de crimes de guerre dans les comités de réconciliation, représentent la poursuite de la politique du gouvernement soudanais qui construit des alliances militaires sur une base ethnique, sans se préoccuper de leur impact nocif sur les relations inter-ethniques.

Le gouverneur du Sud Darfour est un personnage clef dans le réseau des alliances de milices soutenues par le gouvernement au Sud Darfour, comme l'a décrit le rapport de Human Rights Watch de décembre 2005, « Impunité inébranlable : responsabilité gouvernementale dans les crimes internationaux commis au Darfour ».

« Les responsables locaux, comme le gouverneur du Sud Darfour, ont joué un rôle clef dans la stratégie soudanaise visant à déchirer le Darfour, » a déclaré Takirambudde. « Leurs noms doivent s'ajouter à la liste des Nations unies des personnes à sanctionner et ils doivent faire l'objet d'une enquête pour le rôle qu'ils ont joué en soutenant et coordonnant les attaques contre les civils. »

La Chine , la Russie et le Qatar se sont abstenus de voter la résolution du Conseil de sécurité du 25 avril imposant des sanctions à quatre ressortissants soudanais, prétextant qu'une telle action pourrait interférer avec les négociations de paix de l'U.A. en cours au Nigeria. Les quatre personnes, dont deux commandants rebelles, le responsable Janjaweed le plus connu, Musa Hillal et un ancien officier de l'armée de l'air, n'ont plus le droit de se déplacer à l'étranger et leurs avoirs sont gelés. Parmi ces quatre personnes, aucune n'est un responsable de haut rang impliqué dans les négociations, ni un gouverneur ou ministre fédéral impliqué dans de graves abus.  

Pour consulter le rapport de décembre 2005, « Impunité inébranlable : responsabilité gouvernementale dans les crimes internationaux commis au Darfour », veuillez consulter :   http://hrw.org/reports/2005/darfur1205/  

Avril 2006

Sudan: Le Conseil de sécurité impose pour la première fois des sanctions à quatre Soudanais

All Africa , Nations Unies ( New York ), 26 Avril 2006

Malgré l'opposition de principe de la Chine et de la Russie , le Conseil de sécurité a décidé d'imposer, pour la première fois aujourd'hui, des sanctions individuelles - gel des avoirs et interdiction de voyager - à quatre Soudanais accusés de menacer le processus de paix ou de commettre des atrocités au Darfour.

Adoptée par 12 voix pour, la résolution 1672 (2006) du Conseil de sécurité « décide que tous les Etats doivent mettre en oeuvre les mesures spécifiées dans le paragraphe 3 de la résolution 1591 (2005) » à quatre individus de nationalité soudanaise - un membre de l'administration, deux chefs rebelles et un dirigeant de milice soutenue par le gouvernement.

Les quatre individus sont d'un côté un membre de l'armée soudanaise, le général Gafar Mohammed Elhassan, Commandant des forces armées soudanaises de la Région militaire de l'Ouest, et un chef janjaouite, le Sheikh Musa Hilal, chef de la Tribu Jalul du Nord Darfour.

De l'autre côté, sont visés deux chefs rebelles du Darfour : Adam Yacub Shant, Commandant de l'Armée de libération soudanaise (ALS), et Gabril Abdul Kareem Badri, Commandant du Mouvement national pour la réforme et le développement.

Le paragraphe 3 de la résolution 1991, adoptée le 29 mars 2005, prévoit des sanctions individuelles contre « toute personne qui, d'après le Comité créé [ ] fait obstacle au processus de paix, constitue une menace pour la stabilité au Darfour et dans la région, viole le droit international humanitaire ou le droit international relatif aux droits de l'homme ou commet d'autres atrocités ».

 

Les sanctions prévues par la résolution 1591 sont le gel des avoirs et l'interdiction de voyager.

 

Demandé par les Etats-Unis et soutenu notamment par le Royaume-Uni et la France , le texte a été adopté par 12 voix « pour ». Trois pays se sont abstenus : la Russie et la Chine - membres permanents du Conseil de sécurité - et le Qatar - membre non permanent, ce dernier ayant estimé que les preuves n'étaient pas concluantes.

Quant à la Chine et à la Russie , elles ont exprimé de nouveau leur réticences face aux sanctions à l'approche de la date butoir fixée au 30 avril pour la conclusion d'un accord sur le Darfour (dépêche du 17.04.06).

« Il ne fait aucun doute que la violation des normes internationales, y compris du droit international humanitaire, ne devrait pas demeurer impunie, mais parallèlement nous pensons que le cycle actuel de pourparlers à Abuja doit se terminer par la signature par la partie soudanaise d'un accord avant le 30 avril, comme cela a été défini par l'Union africaine », a déclaré le Représentant de la Fédération de Russie, Andrey Denisov, en explication de vote.

« Selon nous, il y a un risque que l'adoption de cette résolution pourrait avoir une incidence négative sur les perspectives de conclusion d'un accord de paix dans les délais prévus. Par là même, cela ne contribuera pas aux efforts menés par la communauté internationale pour instaurer la stabilité et de la paix au Darfour », a-t-il expliqué.

L'issue des pourparlers d'Abuja a aussi été invoquée par Wang Gangya, Représentant de la Chine , qui assume la présidence du Conseil de sécurité au mois d'avril. D'une manière plus générale, la Chine s'est dite contre le principe des sanctions. « Il faut recourir aux sanctions en dernier ressort et avec prudence », a-t-il affirmé.

« Nous estimons que le vote d'aujourd'hui constitue une première étape importante pour permettre au Conseil de sécurité de s'acquitter de ses responsabilités conformément à plusieurs résolutions adoptées sur le Darfour », a déclaré de son côté l'ambassadeur des Etats-Unis, John Bolton.

Interrogé par la presse, à l'issue de la séance, sur l'opposition russe et chinoise, le représentant des Etats-Unis a estimé que si ces deux pays avaient voulu s'opposer aux sanctions elles auraient pu utiliser leur veto, et que leur abstention correspondait à un acquiescement. Il a rappelé que l'unanimité n'était pas juridiquement requise au Conseil de sécurité.

Interrogé sur le fait que les sanctions pourraient entraver le processus d'Abuja, Jean-Marc de la Sablière , ambassadeur de la France , a estimé qu'au contraire « elles devraient pouvoir le soutenir ».

- Retransmission du point de presse de l'ambassadeur de la France [8mins]

Le septième round de négociations entre le gouvernement du Soudan et les rebelles du Darfour - Armée/Mouvement de Libération du Soudan (A/MLS) et Mouvement pour la Justice et l'Egalité (MJE) - a débuté à Abuja le 9 avril dernier.

L'Union africaine et le Conseil de sécurité avaient fixé au 30 avril la date butoir pour trouver un accord au Darfour, déjà attendu pour le mois de janvier dernier (dépêche du 13.04.06).

C'est la première fois que le Conseil de sécurité décide d'imposer des sanctions individuelles au Darfour depuis l'adoption de la résolution 1591.

Le conflit a débuté en février 2003. Il a déjà provoqué la mort de près de 400.000 civils et le déplacement de plus de deux millions de personnes. Le gouvernement est accusé d'avoir armé les milices arabes « janjaouites » qui terrorisent les populations noires du Darfour.

Avril 2006

Coup d'Etat au Tchad : la Chine impliquée !

L'Afrique rencontre-t-elle un nouveau démon ?

Afrik-Com, , par Khaled Elraz, 23 avril 2006

 

Les rivalités des puissances post-coloniales étaient jusque là le lot commun de tous les pays d'Afrique de l'Ouest frappés par la bénédiction, ou plutôt la malédiction, du pétrole. Des zones d'influence françaises ou américaines, on pouvait presque dire, au cours de la dernière décennie, qu'elles devenaient plutôt des zones de pompage... L'actuel Président de l'Union Africaine, Denis Sassou-Nguesso, aurait beaucoup à raconter sur ces entrecroisements d'intérêts pétroliers.

L'actuelle déstabilisation dont le Tchad fait l'objet semble bien la conséquence prévisible de son accession au rang de nation pétrolière. La surprise, c'est que la déstabilisation n'est pas l'oeuvre des puissances accoutumées du fait : c'est désormais la Chine qui signe son arrivée sur le continent en tant que puissance prédatrice.

S'est-on suffisamment tôt avisé que le leader du FUC, Mahamat Nour, aurait (d'après Le Journal du Dimanche daté du 23 avril 2006)" travaillé dans le passé au Soudan pour une société chinoise et pétrolière" ? Toujours est-il que ses hommes ont bien reçu au Soudan, à la veille de leur offensive contre le Tchad, un fort appui en matériel et en munitions, livré par des fournisseurs chinois : mitrailleuses 14,5mm chinoises, 4x4 Toyota achetées dans le Golfe par une société chinoise, etc...

L'islamique Soudan est aujourd'hui l'un des bons fournisseurs de pétrole de la Chine , à un moment où la croissance économique accélérée de ce pays-continent lui impose de trouver sans cesse plus d'hydrocarbures à brûler... Or 25% des importations pétrolières chinoises proviennent aujourd'hui d'Afrique, dont une bonne partie du Soudan.

D'où la tentation, rapide, d'élargir au Tchad voisin une zone d'influence et de chalandise bien établie. D'où le réflexe, lamentable, d'utiliser au profit d'intérêts pétroliers bien compris la déstabilisation en cours du Président Idriss Déby Itno pour imposer par la force un dirigeant ami, qui serait d'autant plus ouvert aux demandes chinoises qu'il leur serait redevable de son accession au pouvoir.

Décidément, les vieux démons de l'Afrique font mieux que se réveiller : ils font des émules, et voici donc qu'une nouvelle génération de fauteurs de Coups d'Etat va se lever à l'Est ! Gare... La démocratie est décidément le seul combat viable pour le continent. Pour construire son développement et le faire profiter de ses propres ressources. La démocratie et le droit, toujours et toujours à défendre.

Avril 2006

Développement - Soudan : Mettre en place les premières routes bitumées ''depuis la création du monde''

Inter presse service, Johannesburg, Moyiga Nduru , 25 avril 2006

Depuis près de deux décennies, des agences d'aide larguent par avion des vivres au Sud-Soudan à cause du mauvais état des routes dans cette région -dévastée par plus de deux décennies de guerre civile.

 

''C'est catastrophique. Le sud était extrêmement sous-développé avant la guerre. La guerre a détruit tout'', a déclaré à IPS, Peter Smerdon du Programme alimentaire mondial (PAM) dans un entretien téléphonique depuis la capitale kényane -- Nairobi.

''Les communautés sont coupées du monde. Il est difficile d'atteindre certaines de ces communautés. Le déminage et les routes vont, par conséquent, aider les gens à se déplacer dans le pays'', a-t-il souligné. Toutefois, ceci va probablement prendre quelque temps, à cause du manque de financement. Selon le PAM, son programme de réparation des routes et de déminage d'urgence avec 3.000 kilomètres des principales voies de transport au Soudan, nécessitant 183 millions de dollars, est confronté à une pénurie de quelque 70 millions de dollars. ''Depuis la fin de 2003, le PAM a reconstruit environ 1.400 kilomètres de routes, réparé des ponts et des caniveaux, et enlevé et détruit quelque 200.000 pièces d'artillerie'', indique un communiqué de l'agence, publié le 12 avril.

''Si des contributions suffisantes sont faites, le PAM ouvrira en fin de compte toute la région et il serait possible de conduire des frontières sud du Soudan à (la capitale) Khartoum et de continuer jusqu'en Egypte pour la première fois en une génération'', ajoute le communiqué.

Malgré les obstacles, les progrès sont déjà visibles avec l'initiative de réparation des routes.

''Par exemple, aller de Yei à Juba (environ 160 kilomètres ) en voiture prenait deux jours. Maintenant, vous pouvez vous y rendre en voiture en trois heures et demie'', a noté Smerdon. Les autorités soudanaises affirment qu'elles tiennent également à l'ouverture des voies.

''Aucun développement significatif ne peut avoir lieu sans un bon réseau routier dans le Sud-Soudan. La politique du gouvernement est de construire des routes modernes qui relieront différentes parties du Sud-Soudan entre elles, et les relieront également au monde extérieur'', a déclaré au parlement de la région, Salva Kiir, premier vice-président du Soudan et chef du gouvernement dans le sud, le 10 avril.

Le Sud-Soudan a obtenu l'autonomie aux termes de l'accord de paix qui a mis fin à la guerre civile l'année dernière -- et votera pour dire si oui ou non il veut faire sécession en 2011. La longue guerre, provoquée par des différences religieuses et ethniques, s'est déroulée en grande partie entre le gouvernement islamique à Khartoum, et le Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan (SPLM/A) dans le sud.

Kiir a indiqué que le Sud-Soudan envisageait de construire une ligne de chemin de fer pour relier Juba, la capitale de la région, au port de Mombasa au Kenya, dans l'océan Indien, soit par l'Ouganda soit par l'ouest du Kenya.

''Nous discutons également avec la République démocratique du Congo (RDC) de la liaison de Juba-Yei-Lasu avec Kisangani (la principale ville dans l'est de la RDC ) pour avoir accès à l'Atlantique et ouvrir ses marchés (de la RDC ) au Sud-Soudan'', a ajouté Kiir.

Rebecca Nyandeng, veuve du fondateur du SPLM/A, John Garang, a été nommée ministre des Transports et des Routes lorsque Kiir a succédé à Garang.

Le chef de file du SPLM/A est mort dans un crash d'avion alors qu'il revenait de l'Ouganda voisin en juillet de l'année dernière -- trois semaines seulement après avoir pris ses fonctions au sein de la nouvelle administration du Soudan. Connaissant l'état des routes du Sud-Soudan, Garang avait coutume de dire qu'il n'y avait jamais eu de voies bitumées dans la région ''depuis la création du monde''.

Le plus grand casse-tête de Nyandeng sera le déminage, un héritage mortel de divers conflits nord-sud. Toutefois, moins de mines ont été posées au cours de la première guerre, qui a éclaté en 1955 et pris fin en 1972, que durant le conflit qui s'est achevé l'année dernière.

Entre 500.000 et deux millions de mines terrestres ont été posées au Soudan, selon MineTech International, une société de déminage basée en Grande-Bretagne qui opère au Soudan. La firme souligne que ceci fait de ce pays d'Afrique de l'est l'une des dix nations les plus minées au monde, limitant considérablement les activités des agences internationales d'aide.

Le 'United Nations Mine Action Office' (Bureau des Nations Unies pour l'action contre les mines), créé en 2003 pour coordonner tous les programmes liés aux mines au Soudan, estime que 155 communautés et 4.270 kilomètres carrés de terre sont menacés dans le Sud-Soudan des suites de ces armes.

Les mines ont été laissées aussi bien par les rebelles que par les forces gouvernementales. Alors que les anciens rebelles du SPLM/A ont posé des mines anti-char pour empêcher les troupes gouvernementales soudanaises d'atteindre des territoires sous son contrôle, les forces gouvernementales ont planté des mines autour des villes de garnison pour éloigner les rebelles.

Les mines constituent une menace aussi bien pour les hommes que pour les animaux.

Le travail de Nyandeng est rendu difficile également par les activités de la tristement célèbre Armée de résistance du seigneur (LRA), un groupe rebelle ougandais qui recrute des enfants par la force afin qu'ils servent comme combattants -- et mutile ses victimes. La LRA opérait à partir du Sud-Soudan.

En novembre 2005, la LRA a tué deux démineurs -- un Irakien et un collègue soudanais -- forçant la Fondation suisse d'action contre la mine à suspendre temporairement ses opérations dans le Sud-Soudan.

On craint que les activités de la LRA n'affectent le retour de plus de trois millions de personnes déplacées dans le nord et 500.000 réfugiés en Ouganda, au Kenya, en Ethiopie et en RDC voisins, qui désirent rentrer chez eux.

Avril 2006

L'ombre de Pékin sur le conflit Tchad-Soudan

Pour faire main basse sur le pétrole, la Chine est soupçonnée de soutenir Khartoum.

Libération, par Christophe Ayad , 25 avril 2006

La guerre civile au Tchad est-elle un conflit entre grandes puissances pour le pétrole ? La question est ouvertement posée depuis que Pékin est accusé d'avoir aidé et armé les rebelles du Front uni pour le changement (FUC), lesquels ont effectué un raid sanglant dans la capitale tchadienne le 13 avril. Aidé par la France, Idriss Déby a repoussé la menace au prix de violents combats.

 

Réfugiés. Pour le président tchadien, le FUC n'est que le bras armé du Soudan, qui chercherait à mettre en place à N'Djamena un régime moins favorable aux rebelles du Darfour. Ces derniers, en guerre ouverte avec Khartoum depuis trois ans, utilisent souvent le Tchad, où sont installés 200 000 réfugiés soudanais du Darfour, comme base arrière. De sources concordantes, le soutien soudanais à la rébellion tchadienne est avéré, tout comme celui du Tchad à la rébellion du Darfour. Si cette guerre entre voisins par rébellions interposées n'est pas une surprise, quel intérêt Pékin aurait-il à livrer des armes et des 4 x 4 au FUC, comme l'affirme la dernière édition du Journal du Dimanche, citant une source soudanaise anonyme ?

C'est qu'en fait se déroule un immense Kriegspiel au coeur de l'Afrique pour le contrôle de l'or noir. Pékin importe déjà 10 % de ses importations de pétrole du Soudan, où les Chinois contrôlent, avec les Malaisiens, une bonne part de la production, qui est passée, depuis la semaine dernière, à 500 000 barils par jour. Ce pétrole est exporté en Chine par Port-Soudan, via un oléoduc construit... par la Chine. En échange, Pékin a octroyé un important prêt en aide budgétaire directe à Khartoum et a toujours «couvert» le Soudan au Conseil de sécurité de l'ONU, opposant la menace d'un veto à des sanctions pour les exactions commises au Darfour ou à un embargo total sur les armes.

En finançant les rebelles du FUC, Pékin lorgnerait le pétrole tchadien (200 000 b/j), extrait dans le sud du pays par un consortium américano-malaisien et évacué vers les Etats-Unis par le port camerounais de Kribi, dans le golfe de Guinée. Un gouvernement plus favorable à N'Djamena pourrait octroyer des permis pétroliers et autoriser la jonction entre le sud du Tchad et le Soudan par oléoduc pour inverser le flux de l'or noir. La Chine s'intéresserait même au sous-sol du Darfour, qui pourrait recéler des hydrocarbures. La guerre entre Washington et Pékin aurait donc déjà commencé, dans les sables africains...

Niveau. Si personne ne conteste cette analyse géopolitique, reste à savoir le niveau d'implication de Pékin. «Il n'existe pour l'instant aucune preuve de l'implication du gouvernement chinois», explique un responsable français, qui fait aussi remarquer que Pékin n'a probablement pas apprécié que le Tchad reconnaisse Taïwan.

Cet engagement chinois serait une première, d'autant que Pékin ne veut pas d'un conflit frontal avec la France en Afrique. Il n'est pas exclu, en revanche, qu'une compagnie privée pétrolière chinoise ait des accointances avec les rebelles tchadiens. Les Chinois ont déjà soutenu des opérations de nettoyage ethnique dans les zones pétrolières du Sud-Soudan. Plus probablement, la Chine a laissé faire son allié soudanais, qui produit des armes ­ sous licence chinoise ­ et les livre au FUC. Jusqu'ici, Pékin n'a jamais eu à se plaindre des initiatives de Khartoum.

Avril 2006

Louise Arbour en visite au Darfour à la fin de la semaine

Nations Unies, New York, 25 avril 2006

  Un mois après que le gouvernement du Soudan a refusé l'entrée de son pays au responsable des affaires humanitaires des Nations Unies, Louise Arbour, Haut Commissaire aux droits de l'homme, devrait pouvoir effectuer à partir de dimanche une visite au Soudan, y compris au Darfour où les meurtres, les viols et les déplacements forcés continuent, a annoncé un porte-parole.

« Les détails de sa mission seront donnés plus tard dans la journée au Bureau du Haut Commissaire pour les droits de l'homme (OHCHR) », a précisé M. Randhawa, porte-parole du Bureau, lors d'un point de presse aujourd'hui au Palais des Nations à Genève.

Début avril, le gouvernement soudanais avait refusé d'autoriser la visite au Darfour de Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires( dépêche du 03.04.06 et dépêche du 04.04.06).

Au cours de sa visite d'une semaine au Soudan, la Haut Commissaire devrait se rendre à Khartoum, la capitale, dans la région du Darfour et à Juba, au Sud Soudan, où un accord de paix global signé en janvier 2005 a mis fin à deux décennies de guerre entre le gouvernement et les rebelles.

Louise Arbour est actuellement en visite en Afrique de l'Est. Elle s'est rendue en Ethiopie, en Somalie et sera demain au Kenya.

La Haut Commissaire s'était déjà rendue au Darfour une première fois en septembre 2004.

Depuis sa dernière visite, elle a réalisé deux rapports - l'un centré sur la violence sexuelle à l'encontre des femmes et l'autre sur la situation des droits de l'homme en général.

Cette nouvelle visite aura pour objet de voir comment les choses ont évolué sur le terrain.

Selon le Conseiller spécial du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme pour la prévention des génocides, Juan Mendez, qui s'était rendu au Darfour en septembre 2005, la situation au Darfour a empiré depuis un an ( dépêche du 07.04.06).

« Dans le sud du Darfour, les milices continuent leurs opérations de nettoyage, village après village », avait dénoncé, encore une fois fin mars, devant le Conseil de sécurité, Jan Pronk, représentant du Secrétaire général pour le Soudan ( dépêche du 21.03.06).

Le rapport de la Commission d'enquête sur les violations des droits de l'homme perpétrées au Soudan avait confirmé en février 2005 que le gouvernement soudanais et les milices « janjaouites » avaient commis des crimes contre l'humanité ( dépêche du 01.02.05).

Dans son rapport, la Commission d'enquête rappelait que « les forces gouvernementales soudanaises et les milices avaient commis des attaques indiscriminées, notamment le meurtre de civils, des actes de torture, des disparitions forcées, la destruction de villages, le viol et d'autres formes de violence, de pillage et de déplacement forcé, dans tout le Darfour »

Le conflit entre les mouvements rebelles du Darfour et le gouvernement du Soudan a débuté en février 2003. Il a déjà provoqué la mort de près de 400.000 civils et le déplacement de plus de deux millions de personnes. Le gouvernement est accusé d'avoir armé les milices arabes « janjaouites » qui terrorisent les populations noires du Darfour.

Avril 2006

«Des diables à cheval portant un fusil»

Les miliciens jenjawids, qui sévissaient jusqu'alors au Darfour, terrorisent l'est du Tchad, où 50 000 villageois ont dû quitter leurs terres.

 

Libération, 24 avril 2006, par Stéphanie Braquehais et Goz Beïda

Assis en tailleur sur une natte devant de fragiles baraquements en paille, une trentaine de chefs de village attendent fiévreusement l'arrivée du sultan de Goz Beïda. Dans cette localité de l'est du Tchad à 100 kilomètres de la frontière avec le Soudan, la population a doublé depuis un mois. Près de 10 000 villageois tchadiens ont parcouru des dizaines de kilomètres pour se réfugier ici, victimes d'attaques répétées et violentes de ceux qu'ils nomment tous «jenjawids», ces miliciens armés et à cheval venus du Soudan. Ces attaques qui avaient auparavant lieu au Darfour débordent de plus en plus à l'intérieur du Tchad, créant de vastes mouvements de population. Le Haut-Commissariat aux réfugiés dénombre 50 000 déplacés à l'est du Tchad à ce jour ; 6 000 villageois tchadiens ont même demandé refuge au Darfour, qui est pourtant en proie à la guerre civile.

Errance. Lorsque le sultan prend place sur une chaise, chaque chef en boubou poussiéreux ou déchiré vient le saluer avec respect. «Nous allons devoir à nouveau vous déplacer dans cinq villages que nous avons choisis pour vous, annonce Seïd Brahim Mustafa. Ici, l'eau est rare. Il n'y a qu'un seul forage pour 20 000 réfugiés soudanais.» Les visages se rembrunissent. «Nous errons depuis cinquante jours à pied ou à dos d'âne. Nous avons perdu nos terres, nos maisons, notre bétail. Nous voilà enfin installés, et vous voulez encore nous faire partir», gémit un chef local.

Depuis les attaques des rebelles tchadiens du Front uni pour le changement (FUC), arrivés aux portes de la capitale le 13 avril, la situation dans l'est du pays reste très confuse. Chaque jour, l'hôpital de Goz Beïda voit arriver des blessés par balle. La semaine dernière, trois attaques ont eu lieu au même moment que les combats à N'Djamena. «Ils sont d'abord venus voler nos vaches et nos chameaux», explique un jeune éleveur dont l'estomac, traversé par une balle, est tenu par un vaste pansement. Les jenjawids sont revenus les jours suivants, alors que les villageois tentaient d'enterrer une soixantaine de morts.

Pour beaucoup, ils sont des alliés des rebelles tchadiens qui tentent de renverser le régime d'Idriss Déby. S'il est vrai que le chef du FUC, Mahamat Nour, est largement soutenu par le Soudan qui arme depuis de longues années des milices appelées jenjawids, il est très difficile de déterminer leurs liens véritables. «Ce sont des diables à cheval portant un fusil, explique le sultan Seïd Brahim. Ils viennent du Soudan ou du Tchad et profitent de la confusion laissée par le passage des rebelles, de l'absence des forces tchadiennes pour terroriser et piller, comme ils l'ont toujours fait au Soudan.»

Enfants-soldats. Le dernier rapport de Human Rights Watch, en février, alertait sur les risques de débordement du conflit au Darfour sur le Tchad. N'Djamena de son côté accuse Khartoum de tenter de déstabiliser le pays et d'armer massivement les rebelles tchadiens. De fait, à El-Geneina, au Darfour, ils s'affichent publiquement avec les miliciens ou les militaires soudanais, qui se chargent de la logistique et de leur armement.

Face à ces menaces, le régime tchadien ne reste pas inactif et s'est récemment allié avec les rebelles soudanais du Darfour, le MLS et le MJE, créés en 2003, pour lutter contre les rebelles du FUC. A Adré, une localité frontalière avec le Soudan, les rebelles soudanais bénéficient d'un appui de l'armée tchadienne et ont pignon sur rue. Selon la Ligue tchadienne des droits de l'homme, ils ont même recruté massivement dans les camps de réfugiés à l'est du pays, à la mi-mars, pour le compte de l'armée tchadienne. Des enfants soudanais de 12 à 15 ans seraient ainsi entraînés pour aller se battre. Même chose côté FUC, qui recrute à tour de bras au Soudan, avec l'aide des autorités, des «soldats» dont le visage enfantin ne laisse guère de doutes sur leur âge. Présentant à la presse des prisonniers rebelles après les combats de N'Djamena, Idriss Déby a évoqué ces «enfants soudanais» pour nier l'existence d'une rébellion tchadienne. Pour lui, la guerre n'est pas intérieure, mais contre Khartoum.

«Guerre larvée». Il a annoncé la rupture des relations avec le Soudan, qui garde un silence obstiné et nie les accusations tchadiennes. «Une situation de guerre larvée qui ne doit pas cacher une réalité : contrairement à ce qu'a dit le président Déby, les têtes de la rébellion du FUC sont bien tchadiennes, constituées d'officiers qui dénoncent une armée clanique et un Etat prévaricateur», commente un officier tchadien. Le Tchad, miné de l'intérieur, n'en a pas fini avec une rébellion déterminée à saboter l'élection présidentielle, maintenue coûte que coûte le 3 mai.

Avril 2006

L'USAID reprend ses activités au Soudan après plus d'une décennie

Xinhuanet, 25 avril 2006

L'Agence américaine pour le développement international (USAID) a annoncé la réouverture de sa mission au Soudan fermée il y a 15 ans, pour mettre en oeuvre son programme d'aide au peuple soudanais, selon une déclaration  reçue lundi à Nairobi. 

L'USAID a indiqué dans la déclaration que le personnel de sa mission se trouverait à Khartoum, capitale du Soudan, et dans la ville de Juba (sud), et maintiendrait également une présence dans  a région instable du Darfour.

La mission de l'USAID au Soudan a été fermée en 1992 après que les sanctions adoptées par le Congrès américain eurent mis fin à l'aide américaine pour le développement.

L'aide de l'USAID au Soudan, l'un des plus grands bénéficiairesde son aide dans le monde, était inférieure à 150 millions de dollars en 2003 et a atteint plus de 855 millions de dollars en 2005.

Le Soudan, le plus grand pays d'Afrique, est devenu la plus importante priorité de l'administration Bush en Afrique, et le programme d'aide au Soudan est le plus grand et le plus important en Afrique subsaharienne, ajoute la déclaration.

Avril 2006

Paix et justice au Darfour : les droits des victimes pris en otage

Libération Afrique, La ligue des Droits de l'Homme , 23 avril 2006

Alors que la situation des droits de l'Homme est toujours plus alarmante au Darfour, la FIDH et son organisation affiliée SOAT (Organisation soudanaise contre la torture) condamnent l'opposition des autorités soudanaises à l'intervention de forces onusiennes et appellent les autorités soudanaises à coopérer activement avec la Cour pénale internationale (CPI), un an après sa saisine par le Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation au Darfour.

 

Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé par la résolution 1663 (2006) du 24 mars 2006 de proroger le mandat de la Mission des Nations unies au Soudan (UNMIS) aux côtés de la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS), jusqu'au 24 septembre 2006, et donne mandat au Secrétaire général des Nations unies de négocier avec les parties concernées le passage de la MUAS à une opération des Nations unies.

Si cette résolution, adoptée à l'unanimité, rend compte de la volonté des Nations unies de demeurer activement saisies de la situation au Darfour, la FIDH et SOAT s'inquiètent du refus réitéré par le gouvernement soudanais, avant et pendant le Sommet de la Ligue des Etats arabes qui s'est tenu du 28 au 30 mars 2006 à Karthoum, d'un déploiement d'une force internationale se substituant aux troupes de l'Union africaine. Les dirigeants arabes ont apporté leur soutien au Soudan, en affirmant le rejet de tout intervention onusienne, tout en s'engageant à financer les troupes de l'Union africaine pendant 6 mois, à partir d'octobre 2006. Quant à l'Union africaine, en principe disposée à un tel transfert, elle se trouve face à l'hostilité de Karthoum et au souci de ne pas présenter un échec pour sa première mission de maintien de la paix.

Tout en considérant les efforts entrepris par la MUAS pour faire appliquer le cessez-le-feu, la FIDH et SOAT considèrent que ce transfert onusien s'impose constatant la persistence des graves violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire au Darfour.

Par conséquent, la FIDH et SOAT appellent le gouvernement du Soudan à prendre acte de la résolution du Conseil de sécurité et permettant le transfert des forces africaines à celles des Nations unies.

Par ailleurs, la FIDH et SOAT appellent le Conseil de sécurité à clarifier les termes du mandat qu'il entend confier aux forces internationales, pour inclure - sous l'autorité du chapitre VII de la Charte des Nations unies - la nécessaire protection des populations civiles et la coopération avec les organes de la Cour pénale internationale.

L'absence de volonté du Soudan de régler le conflit au Darfour est également attestée par l'impunité consacrée aux auteurs des crimes les plus graves perpétrés dans la région. La FIDH et SOAT publient un rapport intitulé «  La Cour pénale internationale et le Soudan : accès à la justice et droits des victimes », qui présente les interventions de la société civile et des représentants des autorités nationales à l'occasion d'un séminaire organisé les 2 et 3 octobre 2005, à Khartoum sur la lutte contre l'impunité au Darfour et les conséquences de la saisine de la CPI par le Conseil de sécurité. A cette occasion, la société civile insistait déjà sur l'importance d'un accès effectif à la justice des victimes de crimes contre l'humanité, de génocide et de crimes de guerre devant les juridictions nationales et internationale et recommandait aux autorités soudanaises non seulement une étroite coopération avec la Cour , mais également un engagement ferme du gouvernement dans la lutte contre l'impunité au niveau national, conformément au principe de complémentarité [ 1 ].

Pourtant, le tribunal spécial pour le Darfour, créé en juin 2005 pour juger des crimes de guerre commis dans cette région, n'a ni la volonté, ni la capacité de répondre aux attentes des victimes et de la société civile.

Aussi, face à l'aggravation de la situation au Darfour et la défaillance du système judiciaire soudanais, la FIDH et SOAT considèrent que l'intervention des forces des Nations unies aux côtés de la justice internationale qu'incarne la CPI , est la seule solution viable pour contribuer effectivement à mettre un terme aux graves violations des droits de l'Homme et du droit international humanitaire qui heurtent la communauté internationale dans son ensemble.

Avril 2006

Ben Laden réapparaît pour attaquer l'Occident sur le Hamas et le Darfour

La Libre Belgique , 23 avril 2006

 

Le chef du réseau terroriste Al-Qaïda, Oussama ben Laden, a dénoncé la mise à l'écart par les pays occidentaux du gouvernement palestinien dirigé par le Hamas et appelé à «une guerre de longue durée» dans la province soudaine du Darfour, dans un enregistrement sonore diffusé dimanche par Al-Jazira et qui lui est attribué.

Si l'authenticité de cet enregistrement est confirmée, il s'agirait du premier message depuis le 19 janvier du chef d'Al-Qaïda, dont le sort suscite de très nombreuses hypothèses.

Selon la chaîne satellitaire qatariote, l'auteur de ce message audio a aussi appelé à un boycott des produits américains et de ceux des pays européens qui se sont solidarisés avec le Danemark dans l'affaire des caricatures du prophète Mahomet et réclamé la remise des auteurs de ces dessins à Al-Qaïda.

«Leur rejet du Hamas après sa victoire aux élections (...) confirme que leur guerre est une guerre de croisés et de sionistes contre les musulmans» , a déclaré la voix attribuée à ben Laden à propos des pays occidentaux.

Les Etats-Unis et les pays de l'Union européenne ont suspendu toute aide directe à l'Autorité palestinienne, désormais gouvernée par le Hamas à la suite de sa victoire aux élections du 25 janvier, le mouvement islamiste refusant de renoncer à la violence, de reconnaître le droit à l'existence de l'Etat d'Israël et d'accepter les accords conclus par l'OLP avec l'Etat hébreu.

S'il s'est déjà souvent prononcé sur le conflit israélo-palestinien, c'est, en revanche, apparemment la première fois que ben Laden -- s'il s'agit bien de lui -- évoque la situation au Soudan et le conflit qui ensanglante la province du Darfour, où des milices arabes soutenues par le régime islamiste de Khartoum combattent des tribus africaines.

Les exactions perpétrées par ces milices ont amené la communauté internationale à accuser le régime soudanais de «génocide». «J'appelle les moujahidines et leurs partisans au Soudan et dans ses alentours, y compris dans la péninsule arabique, à se préparer avec tout ce qui est nécessaire à une guerre de longue durée contre les voleurs croisés dans l'ouest du Soudan» , c'est-à-dire au Darfour, a lancé l'auteur de ce message.

Ben Laden a longtemps vécu au Soudan, qu'il a quitté à la fin des années 90 pour se réfugier en Afghanistan, alors dirigé par le régime fondamentaliste des taliban. Par ailleurs, selon la télévision satellitaire qatariote, qui a rapporté ces propos, mais ne les a pas diffusés, la voix attribuée à ben Laden est également intervenue dans l'affaire des caricatures du prophète Mahomet publiées par un journal danois et plusieurs autres publications européennes.

D'après al-Jazira, cette voix a ainsi appelé les musulmans à «poursuivre leur campagne de soutien au prophète en élargissant le boycott aux Etats-Unis et aux pays européens qui se sont solidarisés avec le Danemark» et demandé «que ceux qui ont nui au prophète soient remis à Al-Qaïda».

Il a, à ce propos, précisé qu'une requête similaire avait été faite en 2001 par les Etats-Unis à la milice des taliban «pour que leur soit remis ben Laden» après les attentats du 11-Septembre, toujours selon la télévision qatariote.

La parution de dessins satiriques du Prophète dans le quotidien danois Jyllands-Posten, en septembre, avait soulevé au début de l'année de violentes manifestations dans les pays musulmans et entraîné un boycott des produits danois.

Al Jazira a également affirmé que l'auteur de ce message avait défendu l'idée d'un choc de civilisations entre le monde musulman et l'Occident et s'en était vivement pris au roi Abdallah d'Arabie saoudite pour avoir renié un tel choc.

Selon la télévision satellitaire qatariote, cette voix a vivement critiqué le souverain saoudien pour sa dénégation de l'idée d'un choc de civilisations et «ses énormes tromperies, car le choc existe dans la pratique (à l'initiative) de la civilisation occidentale contre la civilisation musulmane».

En février, le souverain saoudien avait condamné l'idée d'un choc des civilisations, à la suite de la polémique née de la publication de ces caricatures de Mahomet en Europe, et appelé les intellectuels musulmans à favoriser le dialogue et la compréhension.

Avril 2006

Les déclarations de Oussama Ben Laden rejetées au Soudan

Le Monde , 23. avril 2006

Désignés par Oussama Ben Laden comme les cibles d'une "guerre de croisade" lancée par les Occidentaux contre l'islam, le Hamas et des responsables soudanais ont réagi de manière différente.

Isolé par la communauté internationale, victime selon Ben Laden d' "une guerre de croisés et de sionistes contre les musulmans" , le Hamas a adressé "une nouvelle mise en garde" aux dirigeants européens et américains. "Si le siège de l'Occident continue contre le Hamas, ainsi que la politique de la famine contre le peuple palestinien, cela créera plus de tensions dans la rue palestinienne et dans la rue arabe. C'est ce que Ben Laden a exprimé en parlant de croisade" , a affirmé le porte-parole du Hamas Sami Abou Zohri. "Les propos d'Oussama Ben Laden reflètent ses propres positions, qui sont différentes de celles du Hamas" , a cependant souligné le porte-parole.

De leur côté, les représentants d'un des deux principaux mouvements de rébellion soudanais du Darfour ont rejeté dimanche les déclarations du chef d'Al-Qaïda, qui promet "une guerre de longue durée contre les voleurs croisés dans l'ouest du Soudan" , une référence au conflit du Darfour qui oppose depuis 2003 les troupes gouvernementales et des milices qui leur sont alliées à des rebelles revendiquant un meilleur partage des richesses.

"Aucun lien avec la réalité au Darfour"

"Ces déclarations n'ont aucun lien avec la réalité au Darfour. Ben Laden continue à prêcher la théorie du complot américano-sioniste alors que le véritable problème a été créé par le gouvernement de Khartoum, qui est un gouvernement musulman qui tue des musulmans" , indique, dimanche, le porte-parole du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), Ahmed Husseini, en ajoutant que de tels propos "encouragent le régime de Khartoum à persister dans son injustice"" .

De même, du côté du ministère des affaires étrangères soudanais, on estime que "le Soudan n'est pas concerné par de telles déclarations" . La crise du Darfour est "un problème interne que nous cherchons à régler dans le cadre de l'Union africaine (UA)" , a-t-il ajouté.

Avril 2006

Tchad: un rebelle prisonnier évoque une alliance entre rebelles tchadiens et centrafricains, soutenue par le Soudan

Nouvel Observateur, par Tom Maliti, 23.avril 2006

 

Un rebelle fait prisonnier lors de l'attaque il y a dix jours contre la capitale du Tchad a affirmé samedi qu'il appartenait à un groupe de 1.000 insurgés centrafricains qui s'est allié aux rebelles tchadiens, et que leur tentative de renverser le gouvernement tchadien était appuyée par le Soudan voisin.

L'attaque du 13 avril dernier a fait au moins 350 morts, la plupart parmi les rebelles. Vendredi, l'Union africaine (UA) a dépêché une délégation au Tchad pour vérifier les allégations de N'Djamena selon lesquelles le Soudan a joué un rôle dans cette opération.

Le président tchadien Idriss Déby a affirmé cette semaine que le Soudan souhaitait déstabiliser l'ensemble de la région pour contrôler, à terme, toute l'Afrique sub-saharienne. Dans le même temps, des informations circulaient sur un rassemblement d'opposants centrafricains dans la province occidentale soudanaise du Darfour, frontalière du Tchad et de la Centrafrique.

N'Djamena accuse depuis longtemps le Soudan d'appuyer la rébellion dans l'est du Tchad. Khartoum affirme de son côté que le Tchad soutient la rébellion au Darfour.

Avant la visite de la délégation de l'UA dans la prison où sont détenus quelque 200 rebelles capturés suite à l'attaque du 13 avril, le Centrafricain Adoum Rakiss a affirmé à l'Associated Press que son groupe s'était allié, il y a cinq mois, aux rebelles tchadiens du Front uni pour le changement démocratique (FUCD). Il a affirmé lors de cet entretien qu'il s'était rendu à Khartoum avec des leaders rebelles tchadiens pour obtenir une aide financière des autorités soudanaises.

Il a également affirmé que les armes utilisées lors de l'attaque contre N'Djamena venaient de Chine, où les rebelles tchadiens détiennent des contacts. Rakiss a dit ignorer si ces armes avaient été fournies par les autorités chinoises où si elles avaient été exportées illégalement.

Ces informations ne pouvaient être confirmées par d'autres sources. Des porte-paroles des rebelles du FUCD ne pouvaient être joints dans l'immédiat.

Avril 2006

Ben Laden réapparaît sur Al-Jazira

La Croix, 23 avril 2006

 

Le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden, a dénoncé la mise à l'écart par les Occidentaux du gouvernement palestinien du Hamas et appelé à "une guerre de longue durée" au Darfour (Soudan), dans une cassette diffusée dimanche 23 avril par la télévision Al-Jazira et qui lui est attribuée

Leur rejet du Hamas après sa victoire aux élections (...) confirme que leur guerre est une guerre de croisés et de sionistes contre les musulmans", a déclaré la voix attribuée à Ben Laden à propos des pays occidentaux, dans un enregistrement audio diffusée dimanche 23 avril par Al-Jazira.

Les Etats-Unis et les pays de l'Union européenne ont suspendu toute aide directe au gouvernement du Hamas, le mouvement islamiste refusant de renoncer à la violence, de reconnaître Israël ainsi que les accords israélo-palestiniens passés.

Le Hamas s'est distancié de ces déclarations. "Les propos de Ben Laden reflètent ses propres positions, qui sont différentes de celles du Hamas", a déclaré le porte-parole du groupe Sami Abou Zohri.

 

Ben Laden a évoqué l'affaire des caricatures de Mohammed

 

S'il s'est déjà souvent prononcé sur le conflit israélo-palestinien, c'est en revanche, apparemment la première fois que Ben Laden évoque la situation au Soudan e