Le Soudan dans la Presse

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Angola Presse
31 mars 2006
Des hommes d`affaires explorent les opportunités au Sud Soudan
Afrique Centrale Info
31 mars 2006
Situation critique au Tchad
Xinhua net
31 mars 2006
La Chine et le Soudan vont promouvoir leur coopération militaire
Les Echos
30 mars 2006
L'UE débloque 50 millions d'euros pour la mission de l'UA au Darfour 
Africk com
30 mars 2006
La Ligue arabe soutient la mission de paix de l'UA
Elle lui apportera son soutien financier et matériel au Darfour
Afrique Centrale
29 mars 2006
Moubarak dit non à el-Béchir
Radio China International
29 mars 2006
Huit pays arabes africains décident d'envoyer des troupes au Darfour
ONU
28 mars 2006
L'ONU continue de compter sur l'appui de la ligue des Etats arabes pour régler certains conflits, déclare Kofi Annan au sommet de Khartoum
Internet Web
28 mars 2006
Le MINUS reconduit pour 6 mois au Soudan
ONU
27 mars 2006
Le Conseil de sécurité demande au Secrétaire général de préparer l'établissement d'une opération de l'ONU pour le Darfour
Xinhuanet
27 mars 2006
La Ligue Arabe souhaite l'établissement d'une relation stratégique avec la Chine
Xinhuanet
26 mars 2006
Le sommet arabe sera ouvert mardi à Khartoum au Soudan  
Le Noubel Observateur
25 mars 2006
Le Conseil de sécurité proroge la mission de maintien de la paix au Soudan, qui pourra s'étendre au Darfour
Afrique Centrale info
25 mars 2006
Darfour : l'Onu met le turbo
Afrique Centrale info
25 mars 2006
Khartoum joue la fibre arabe
Le Nouvel Observateur
24 mars 2006
Nouvel afflux de réfugiés au Tchad
Al Bayane (Maroc)
24 mars 2006
Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue Arabe : «L¹image de la Ligue s¹améliore progressivement »
ONU
24 mars 2006
Le comité du conseil de sécurité concernant le soudan adopte des directives pour la conduite de ses travaux
Xinhuanet
22 mars 2006
La situation au Sud Soudan est sous contrôle, selon l'ONU
Le Nouvel Obseravteur
21 mars 2006
Violents combats dans l'est tchadien
Lettre de l'Océan Indien
19 mars 2006
Les affaires démarrent au Sud
Communiqué
17 mars 2006
7ème round des pourparlers de paix inter-soudanais sur le conflit au Darfour
CICR
15 mars 2006
Flambée de choléra au Sud-Soudan
Nouvel Observateur
13 mars 2006
L'Union africaine présente de nouvelles propositions de paix au Darfour
Amesty International
13 mars 2006
Des ONG soudanaises ne cessent d'être harcelées et la liberté d'expression et d'association subit des restrictions
Xinhuanet
12 mars 2006
L'Egypte salue la décision de l'UA de transférer à l'ONU la mission de maintien de la paix au Darfour
La lettre de l'Océan Indien
11 mars 2006
Paris fait les yeux doux au Soudan
US Info
10 mars 2006
Le Darfour au centre des préoccupations des É.-U. et de l'Union européenne 
Le Figaro
09 mars 2006
Darfour : notre patience a des limites
All Africa.com
05 mars 2006

Farouche opposition du Soudan pour des forces internationales au Darfour,

Armée.com
04 mars 2006
Le Sénat américain appelle à une intervention rapide au Darfour

Jeune Afrique
26 février 2006

L'Odyssée du « Palace »

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Des hommes d`affaires explorent les opportunités au Sud Soudan

 

Angola presse, 31 mars 2006

Nairobi, 31/03 - Le programme de reconstruction économique du Sud Soudan a reçu un coup de pouce majeur mercredi dernier quand un groupe d`investisseurs étrangers au portefeuille de 100 millions de dollars US a quitté Nairobi pour Juba, la principale ville du Sud Soudan.

Les investisseurs étrangers qui se sont réunis mardi à Nairobi pour une séance d`information sur les opportunités d`investissement disponibles dans le Sud Soudan, ont fait savoir qu`ils voulaient explorer les opportunités créées par l`accord de paix historique signé entre le gouvernement et les rebelles en janvier 2005, après deux décennies d`affrontements.

Le groupe de plus de 20 investisseurs, essentiellement des Asiatiques et des Kényans, a précisé qu`il chercherait des opportunités dans les secteurs du pétrole, du gaz, des télécommunications, des infrastructures, de la pharmacie et du soutien aux entreprises.

Ce voyage est parrainé par un groupe de facilitation des échanges, Bread of Life Africa (BOLA), qui cherche à introduire les hommes d`affaires au Sud Soudan.

Malei Nthiwa, le directeur programme de BOLA, a déclaré avant leur départ que son organisation a commencé à développer des plans concrets pour les investisseurs afin d`exploiter le vaste marché du Sud Soudan.

"Nous facilitons le voyage des investisseurs afin qu`ils puissent voir par eux-mêmes les opportunités d`investissement dans les secteurs de la construction et du bâtiment, de l`hôtellerie, des télécommunications, du pétrole, du gaz et des autres secteurs", a indiqué M. Nthiwa.

Mars 2006

Situation critique au Tchad

Afrique Centrale Info,-, 31 mars 2006

Les violents combats qui ont opposé jeudi l'armée tchadienne à des rebelles tchadiens et à des miliciens soudanais dans l'extrême est du pays ont fait de nombreuses victimes, dont le chef d'état-major de l'armée de terre et neveu du président Idriss Deby Itno.

Selon des sources militaires, le général Abakar Youssouf Itno, qui dirigeait les opérations de l'armée contre les rebelles, a été grièvement blessé jeudi après-midi non loin de Moudeïna, une localité située à une centaine de kilomètres au sud de la ville frontière d'Adré, et est décédé avant d'avoir pu recevoir des soins.

Au moins une soixantaine de blessés, certains grièvement atteints, ont également été recensés à l'hôpital d'Adré dans les rangs de l'armée tchadienne, a-t-on par ailleurs indiqué de sources humanitaires. Aucun bilan n'était par contre disponible pour le camp rebelle.

Selon des sources militaires, ces affrontements très violents ont opposé tout au long de la journée de jeudi un millier de soldats de l'armée nationale tchadienne à un nombre équivalent de rebelles du Rassemblement pour la démocratie et la liberté (RDL).

Dans un premier temps, le ministère tchadien des Affaires étrangères a annoncé jeudi après-midi dans un communiqué que les combats avaient pour origine une attaque contre la localité de Moudeïna par des Djandjawids, ces miliciens qui combattent aux côtés de l'armée du Soudan dans la province voisine du Darfour, "appuyés par des mercenaires".

"L'armée nationale tchadienne a vaillamment repoussé cette nouvelle agression, qui constitue une violation flagrante par le pouvoir de Khartoum des accords de Tripoli du 8 février 2006", a ajouté le communiqué.

Le Tchad et le Soudan ont signé le 8 février à Tripoli un accord dans lequel ils se sont interdit d'entretenir sur leurs territoires des rébellions ou de mener des activités hostiles à l'autre. 

Le chef de la diplomatie tchadienne Ahmat Allami a ensuite précisé que ces "mercenaires" étaient des rebelles du RDL, que le Tchad accuse depuis plusieurs mois le Soudan d'armer et de soutenir.

Joint au téléphone, un porte-parole du RDL a démenti le scénario des combats présenté par N'Djamena.

"Nous étions sur le territoire tchadien depuis trois semaines. L'armée tchadienne nous a attaqués sur nos positions et nous l'avons mise en déroute", a affirmé l'ancien préfet d'Iriba (est) Issa Moussa, qui se présente comme le conseiller du président du RDL Mahamat Nour.

La semaine dernière, l'armée tchadienne avait déjà mené une importante offensive plus au nord, autour de la localité frontalière d'Hadjer Marfaïn, contre un autre mouvement rebelle tchadien, le Socle pour le changement, l'unité et la démocratie (Scud).

Selon les autorités de N'Djamena, cette opération, alors dirigée par le général Abakar Youssouf Itno tué jeudi, a permis de détruire une base de ce mouvement, où s'étaient réfugiés certains auteurs de la tentative de coup d'Etat que le gouvernement affirme avoir déjoué le 14 mars.

Lors d'un déplacement sur le champ de bataille, le président Idriss Deby Itno avait alors annoncé à la presse avoir "mis un terme à tous les désordres créés par les aventuriers" dans l'est du Tchad. "Je dis que c'est la fin de toutes les aventures", avait-il martelé.

Les combats de jeudi interviennent à un mois de l'élection présidentielle du 3 mai, où M. Deby, au pouvoir depuis 1990, doit briguer un nouveau mandat à la tête du pays. L'opposition a décidé de bouder ce scrutin, dont elle juge l'organisation frauduleuse

Mars 2006

La Chine et le Soudan vont promouvoir leur coopération militaire

Xinhuanet, 31 mars 2006

Les forces armées chinoises sont prêtes à promouvoir la coopération avec l'armée soudanaise, a  déclaré Cao Gangchuan , ministre chinois de la Défense nationale,  vendredi à Beijing. 

Xinhuanet, Beijing, 31 mars 2006

     Lors de sa rencontre avec le ministre soudanais de la Défense  nationale Abdel Rahim Mohamed Hussein, Cao a dit que la Chine et  le Soudan ont maintenu un développement stable de relations  amicales et coopératives et mené une coopération fructueuse dans  différents domaines, depuis l'établissement des relations  diplomatiques entre les deux pays en 1959. 

     Cao, qui est aussi vice-président de la Commission militaire  centrale et conseiller d'Etat , a indiqué que la Chine apprécie  hautement le gouvernement soudanais pour son adhésion à la  politique d'une seule Chine, et remercie son ferme soutien accordé à la Chine sur d'importantes questions internationales telles que  les droits de l'Homme. 

     Les forces armées chinoises attachent une grande importance  au développement de leurs relations avec les forces armées  soudanaises, et sont prêtes à élargir la coopération entre les  deux parties dans différents domaines, a noté Cao. 

     Addel Rahim Mohamed Hussein, arrivé jeudi à Beijing pour  effecuter une visite amicale et officielle en Chine, désire que  cette visite permettrait aux forces armées des deux pays à  renforcer leurs échanges et coopération.  

     Il a réitéré enfin que le Soudan s'en tiendrait fermement à  sa position d'une seule Chine.

Mars 2006

L'UE débloque 50 millions d'euros pour la mission de l'UA au Darfour 

Les Echos, 30 mars 2006


L'Union européenne a décidé de débloquer 50 millions d'euros supplémentaires pour financer la force de maintien de la paix de l'Union africaine (UA) au Darfour (ouest du Soudan), dont la mission a été prolongée de six mois, a-t-on appris jeudi de source européenne.

Le 10 mars, l'UA a prolongé de six mois, jusqu'en septembre, le mandat de sa force, le temps que l'Onu mette sa propre mission sur pied.

L'Onu veut en effet prendre le relais des quelque 7.000 hommes déployés en 2004 par l'Union africaine, transfert auquel l'UA a donné son accord de principe.

La somme débloquée par les 25 provient de "la facilité de soutien à la paix pour l'Afrique" de 250 millions d'euros créée par l'UE en 2004 pour financer les opérations de maintien de la paix conduites par les pays africains en Afrique.

Sur ces 250 millions, financés par le Fonds européen au Développement (FED), 162 millions ont déjà été débloqués pour la force de l'UA au Darfour. Sur cette somme, une tranche de 70 millions permettait à la mission d'être opérationnelle jusqu'à début avril.

Les 50 millions supplémentaires "ne suffiront pas pour toute la période de transition" avant le transfert de la mission à l'Onu, a indiqué une autre source communautaire, estimant que cette enveloppe donnait "trois mois de plus au maximum".

L'UA aura donc besoin d'autres contributions internationales.

Le Darfour est ravagé depuis plus de trois ans par une guerre civile qui a fait entre 180.000 et 300.000 morts et plus de deux millions de déplacés et de réfugiés.

Mars 2006

La Ligue arabe soutient la mission de paix de l'UA
Elle lui apportera son soutien financier et matériel au Darfour

Afrik-com, , 30 mars 2006, par Falila Gbadamassi

Le Soudan voulait le maintien de la mission de paix de l'Union africaine au Darfour, en proie à une guerre civile depuis 3 ans. A-t-il atteint son objectif en obtenant de la Ligue arabe qu'elle finance le coût d'une opération que l'UA ne peut plus supporter ? Un fardeau dont les Nations Unies sont prêtes à la décharger, ce que refuse Khartoum

La Ligue arabe s'est dite prête, mardi, lors de son 18e sommet qui s'est tenue à Khartoum, à soutenir financièrement et matériellement la mission de la paix de l'Union africaine (UA) au Darfour. A condition que celle-ci prolonge son mandat de 6 mois à compter du 30 septembre prochain, date de la fin de ses engagements actuels. Le gouvernement de Khartoum, en obtenant cette promesse de ses pays amis, s'offre-t-il la possibilité de voir ses vœux exaucés ? A savoir le maintien de la mission de la paix de l'UA. Les Nations Unies ont adopté, à l'unanimité, le 24 mars dernier, une résolution qui prévoit le déploiement des casques bleus au Darfour. L'Union africaine est d'accord sur le principe, mais pas le gouvernement soudanais qui a émis comme condition du relèvement des forces africaines par l'Onu la signature d'un « accord entre le gouvernement et les mouvements rebelles du Darfour ».

Les populations du Darfour ont un besoin urgent de protection

La décision des Nations Unies fait notamment suite à l'incapacité matérielle de l'Union africaine d'assurer le maintien de ses 7 800 soldats au Darfour où elle assure une mission de paix depuis 2004. L'Onu a, par conséquent, estimé qu'il était nécessaire d'y déployer, dans l'intérêt des populations locales et afin de mieux assurer leur sécurité, une force plus conséquente en nombre et mieux équipée. Cependant, l'aide de la Ligue arabe ne devrait pas influer sur l'application de la résolution adoptée par les Nations Unies, si l'on s'en tient aux propos de Mary Okabe, la porte-parole adjointe du Secrétaire général de l'ONU qui indique que son organisation ne dispose, par ailleurs, d'aucune information officielle relative à l'engagement pris par la Ligue arabe. Elle a également rappelé que la préoccupation première du secrétaire général reste la protection des civils.

Le retour de la paix dans cette région, située à l'Ouest du Soudan, est devenu une urgence pour ces derniers. « Dans le Sud du Darfour, les milices continuent leurs opérations de nettoyage, village après village. Le gouvernement ne les a pas désarmées. Bien au contraire », a dénoncé, le 21 mars dernier, devant le Conseil de sécurité Jan Pronk, l'Envoyé de l'ONU pour le Soudan. Les milices arabes janjaouites terrorisent en effet les populations autochtones. Le conflit, qui oppose les fermiers noirs au gouvernement de Khartoum, a débuté en février 2003 et est à l'origine de la mort de 100 000 civils et du déplacement de plus de deux millions de personnes. A noter que le mandat du Groupe d'experts sur le Soudan, créé le 29 mars 2005, a été prorogé, mercredi, de 6 mois par le Conseil de sécurité. Tout comme, le 24 mars dernier, celui de la Mission des Nations unies au Soudan (MINUS) dont le terme est fixé au 24 septembre 2006.

Mars 2006

Moubarak dit non à el-Béchir

Afrique Centrale, (l'hebdomadaire Al-Mussawar), 29 mars 2006

Le président égyptien Hosni Moubarak (photo) a affirmé qu'il n'enverrait pas de soldats égyptiens au Darfour (ouest du Soudan) avant la conclusion d'un accord de paix entre les rebelles et le gouvernement de Khartoum.

"L'Egypte ne participera à une force militaire au Darfour qu'après un règlement du conflit en cours", a déclaré M. Moubarak dans une interview publiée mercredi par l'hebdomadaire Al-Mussawar.

"Alors seulement, l'Egypte pourra participer à une force de maintien de la paix dans cette région", a-t-il ajouté.

Les dirigeants arabes réunis en sommet à Khartoum ont décidé mardi de financer les forces de l'Union africaine (UA) déployées au Darfour pour une période de six mois et doivent appeler, dans leur déclaration finale, "les pays arabes à renforcer leur contribution aux forces africaines".

M. Moubarak a demandé à son Premier ministre Ahmed Nazif de diriger la délégation égyptienne au sommet car, a-t-il dit à Al-Mussawar, il est occupé "à des affaires internes".
"L'Egypte n'enverra aucune force militaire dans aucun pays arabe sauf dans le cadre d'une mission de maintien de la paix", a précisé le président.

Il a indiqué que son pays et la Libye "poursuivront leurs efforts pour mettre un terme au conflit au Darfour (...) afin de protéger le Soudan contre une intervention étrangère dans ses affaires internes".

A la demande du leader libyen Mouammar Kadhafi, le sommet arabe avait tenu mardi soir une séance à huis clos au cours de laquelle les décisions sur le Darfour ont été prises.

Le président soudanais Omar Hassan el-Béchir a récusé l'envoi de troupes internationales au Darfour, pour remplacer celles que l'Union africaine maintient depuis 2004 dans cette région déchirée depuis trois ans par un conflit, qui a fait de 180.000 à 300.000 morts et plus de deux millions de réfugiés et déplacés.

L'UA, qui n'a pas les moyens financiers ou logistiques pour cette mission, a adopté le 10 mars le principe d'un transfert de cette force à l'Onu, dans un délai de six mois.

Mars 2006

Huit pays arabes africains décident d'envoyer des troupes au Darfour

Radio Chine Internationale, 29 mars 2006

Le président yéménite Ali Abdullah Saleh a révélé mardi que huit pays arabes africains avaient convenu d'envoyer des troupes dans la région du Darfour au Soudan, pour y renforcer la mission de maintien de la paix de l'Union africaine.

M. Saleh a indiqué à la presse à l'issue d'une session à huis clos du 18e sommet de la Ligue arabe en cours que la décision d'envoyer des troupes arabes au Dafour avait été prise à la demande du Soudan. Cette décision montre le soutien de la Ligue à la position du Soudan contre un déploiement de forces internationales au Darfour.

L'UA a déployé une force forte de 7 800 membres au Darfour au Soudan en 2004, afin d'observer un accord de cessez-le-feu entre Khartoum et les rebelles du Darfour, mais les forces souffrent d'un manque de fonds et de ressources.

L'UA soutient le principe de la relève par les forces de l'ONU, mais le gouvernement soudanais s'y oppose.

Des conflits ont éclaté au Darfour en février 2003 lorsque des agriculteurs locaux ont pris les armes contre le gouvernement soudanais, l'accusant de négliger la région pauvre. Des milliers de personnes ont été tuées lors de violences.

Les dirigeants arabes participant au sommet ont refusé mardi le déploiement de troupes internationales au Darfour sans l'accord du gouvernement du Soudan.

Quelque 10 chefs d'Etat des 22 membres de la Ligue arabe ont entamé mardi leur sommet à Khartoum, capitale soudanaise.

Mars 2006

L'ONU continue de compter sur l'appui de la ligue des Etats arabes pour régler certains conflits, déclare Kofi Annan au sommet de Khartoum

Nations Unies, New-York, 28 mars 2006

Vous trouverez ci-après un extrait du message du Secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, adressé au Sommet de la Ligue des États arabes, et lu par le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. Ibrahim Gambari, le 28 mars à Khartoum, au Soudan:

Je présente mes sincères salutations à tous ceux qui sont à Khartoum pour le sommet de la Ligue des États arabes.

Votre réunion a pour toile de fond les troubles qui continuent de secouer le monde arabe et la région avoisinante, et donc d'énormes défis pour les dirigeants politiques que vous êtes, votre organisation et la communauté internationale.

……

Ici au Soudan, certain aspect de la situation restent profondément préoccupants.  Depuis que l'Accord de paix global a été signé, en janvier 2005, les parties ont pris des mesures importantes pour l'appliquer.  Mais sur plusieurs points, ces mesures ont été décevantes.  Au Darfour, les massacres, les viols et les déplacements se poursuivent sans relâche, et les conditions de sécurité ont empiré à cause des combats à la frontière entre les troupes tchadiennes et l'opposition armée tchadienne.  Je suis heureux que l'Union africaine, qui a fait de vaillants efforts, ait donné son accord de principe pour qu'une opération des Nations Unies succède à sa mission au Soudan, dans le cadre d'un partenariat entre les deux organisations.  Et je tiens à souligner qu'il s'agit de tirer parti de la mission de l'Union africaine pour créer une opération des Nations Unies plus grande et plus mobile.  Pour que la transition se passe bien, il faudra je crois qu'une grande partie du personnel de l'Union africaine soit absorbé par la force des Nations Unies.  Nous devons donc nous concentrer prioritairement sur notre principal objectif: protéger la population et permettre au personnel humanitaire de faire son travail.  Et nous devons faire pression sur les parties aux Pourparlers de paix intersoudanais d'Abuja, dont les progrès sont excessivement lents, pour qu'elles parviennent sans plus tarder à un accord, notamment sur un cessez-le-feu effectivement applicable.  Enfin, nous devons étoffer la force de l'Union africaine, même au stade actuel des choses, car ceux qui souffrent ne peuvent attendre la transition, et faire tout ce que nous pouvons d'autre pour éviter que la situation n'empire encore.

Mars 2006

Le MINUS reconduit pour 6 mois au Soudan

Internet-Web, 28 mars 2006

Soudan - Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité, le vendredi 24 mars, la résolution 1663 sur l'action des Nations unies au Soudan dans le domaine du maintien de la paix. Ce texte renouvelle pour six mois le mandat de la Mission des Nations unies au Sud-Soudan (MINUS), créée l'an dernier par la résolution 1590 pour appuyer la mise en oeuvre de l'accord de Nairobi de janvier 2005. Le Conseil de sécurité tire également les conséquences de la décision du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) du 10 mars approuvant le principe du passage sous casque bleu de la Mission de l'Union africaine dans le Darfour (MUAS).

La France appelle les parties aux discussions d'Abuja à redoubler d'efforts pour parvenir à un accord de paix sans attendre cette transition, et rappelle que la responsabilité individuelle des acteurs est engagée sur ce point, ainsi que l'ont souligné tant la décision de l'Union africaine du 10 mars que les précédentes décisions du Conseil de sécurité.

Le Représentant spécial su Secrétaire général de l'ONU pour le Soudan, Jan Pronk, se rendra les 30 et 31 mars dans la région de Juba, située dans le Sud-Soudan, au lendemain des attaques perpétrées contre les locaux des Nations Unies. M. Pronk se rendra ensuite les 1er et 2 avril à Abuja, au Nigéria, pour s'entretenir avec les parties aux pourparlers de paix au Darfour.

Le Conseil de sécurité a prorogé le vendredi 24 mars la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS), demandant par ailleurs au Secrétaire général de prévoir le passage de la Mission de l'Union africaine au Soudan - opérationnelle au Darfour - à une opération de maintien de la paix des Nations Unies. Le Conseil de sécurité, considérant que la situation qui règne au Soudan continue de faire peser une menace sur la paix et la sécurité internationales, a décidé de proroger jusqu'au 24 septembre 2006 le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS selon son acronyme anglais), indique un communiqué de presse de l'ONU du 24 mars. Par sa résolution 1663 (2006), adoptée à l'unanimité, le Conseil a aussi prié le Secrétaire général de lui faire rapport tous les trois mois sur la manière dont l'UNMIS s'acquitte de son mandat.

Le Conseil a également demandé au Secrétaire général, « conjointement avec l'Union africaine, en consultation étroite et constante avec lui et en coopération et en étroite consultation avec les parties aux pourparlers de paix d'Abuja, dont le Gouvernement d'unité nationale, de faciliter la planification préparatoire nécessaire pour un passage de la MUAS à une opération des Nations Unies ». La résolution demande notamment au Secrétaire général de « définir les moyens par lesquels l'UNMIS pourrait renforcer l'action en faveur de la paix au Darfour en apportant une assistance transitoire supplémentaire à la MUAS , en particulier sur les plans de la logistique, de la mobilité et des communications, et de lui présenter, pour examen, le 24 avril 2006 au plus tard, diverses options pour une opération des Nations Unies au Darfour ».

Le Conseil a en outre « condamné énergiquement » les activités des milices et groupes armés tels que l'Armée de résistance du Seigneur, qui continuent d'attaquer des civils et de commettre des violations des droits de l'homme au Soudan, et a engagé, à cet égard, l'UNMIS à faire tout ce que lui permettent son mandat et ses capacités. Il a aussi encouragé les parties soudanaises à mettre en place des institutions nationales en vue du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion des ex-combattants, comme stipulé dans l'Accord de paix global, et à accélérer l'établissement d'un programme global de désarmement, de démobilisation et de réinsertion, avec l'assistance de l'UNMIS

Mars 2006

Le Conseil de sécurité demande au Secrétaire général de préparer l'établissement d'une opération de l'ONU pour le Darfour

Nations Unies , New York , 27 mars 2006

Le Conseil de sécurité a prorogé le vendredi 24 mars la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS), demandant par ailleurs au Secrétaire général de prévoir le passage de la Mission de l'Union africaine au Soudan - opérationnelle au Darfour - à une opération de maintien de la paix des Nations Unies.

Le Conseil de sécurité, considérant que la situation qui règne au Soudan continue de faire peser une menace sur la paix et la sécurité internationales, a décidé de proroger jusqu'au 24 septembre 2006 le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS selon son acronyme anglais), indique un communiqué de presse de l'ONU du 24 mars.

Par sa résolution 1663 (2006), adoptée à l'unanimité, le Conseil a aussi prié le Secrétaire général de lui faire rapport tous les trois mois sur la manière dont l'UNMIS s'acquitte de son mandat.

Le Conseil a également demandé au Secrétaire général, «conjointement avec l'Union africaine, en consultation étroite et constante avec lui et en coopération et en étroite consultation avec les parties aux pourparlers de paix d'Abuja, dont le Gouvernement d'unité nationale, de faciliter la planification préparatoire nécessaire pour un passage de la MUAS à une opération des Nations Unies».

La résolution demande notamment au Secrétaire général de «définir les moyens par lesquels l'UNMIS pourrait renforcer l'action en faveur de la paix au Darfour en apportant une assistance transitoire supplémentaire à la MUAS , en particulier sur les plans de la logistique, de la mobilité et des communications, et de lui présenter, pour examen, le 24 avril 2006 au plus tard, diverses options pour une opération des Nations Unies au Darfour ».

Le Conseil a en outre «condamné énergiquement » les activités des milices et groupes armés tels que l'Armée de résistance du Seigneur, qui continuent d'attaquer des civils et de commettre des violations des droits de l'homme au Soudan, et a engagé, à cet égard, l'UNMIS à faire tout ce que lui permettent son mandat et ses capacités.

Il a aussi encouragé les parties soudanaises à mettre en place des institutions nationales en vue du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion des ex-combattants, comme stipulé dans l'Accord de paix global, et à accélérer l'établissement d'un programme global de désarmement, de démobilisation et de réinsertion, avec l'assistance de l'UNMIS.

Mars 2006

La Ligue Arabe souhaite l'établissement d'une relation stratégique avec la Chine

Xinhuanet, Khartoum, 27 mars 2006

 

Les pays arabes ont donné une  réponse positive aux initiatives avancées par la Chine pour  promouvoir les relations bilatérales, souhaitant l'établissement  d'une relation stratégique entre les deux parties, a indiqué lundi un haut responsable de la Ligue Arabe.  

"Les pays arabes prêtent attention à la promotion de leur  relation avec la Chine ", a déclaré à l'agence Xinhua (Chine  nouvelle) Ahmed ben Hali, le secrétaire général adjoint de la  Ligue Arabe. 

Selon M. Hali, le monde arabe veut prendre des mesures pour  promouvoir sa coopération avec la Chine , pays qu'il a qualifié de  poid lourd politique et économique dans le monde. 

"Les pays arabes veulent approfondir leur coopération avec la  Chine sur la base d'un partenariat intelligent et de liens forts", a-t-il indiqué, exprimant le souhait que les relations bilatérales se développent vers la mise au point d'une relation stratégique. 

Il a ajouté que la deuxième conférence ministérielle du Forum  de coopération sino-arabe, prévue pour le 31 mai et le 1er juin à  Beijing, la capitale chinoise, jouerait un rôle positif pour le  renforcement des relations bilatérales. 

La première conférence ministérielle sino-arabe avait eu lieu  en septembre 2004, au Caire, siège de la Ligue Arabe.  

Les dirigeants arabes se réuniront au sommet de Khartoum, la  capitale du Soudan, les 28 et 29 mars, pour discuter des questions pressantes auxquelles le monde arabe est confronté, notamment la  situation en Irak, le processus de paix israélo-palestinien et le  problème du Darfour (ouest du Soudan

Mars 2006

Le sommet arabe sera ouvert mardi à Khartoum au Soudan  

Xinhuanet, Khartoum, 26 mars 2006

 

Le sommet arabe devra s'ouvrir  mardi à Khartoum et portera notamment sur le Darfour, l'Irak Les chefs de diplomatie arabes doivent achever dimanche deux  jours de réunions préparatoires pour mettre au point les projets  de résolutions qui seront soumis à leurs chefs d'Etat.  

A la veille du sommet de Khartoum, les Etats-Unis ont réussi à faire adopter vendredi par le Conseil de sécurité de l'ONU une  résolution appelant à l'accélération des préparatifs pour le  déploiement d'une force internationale dans la région ouest du  Soudan, en proie depuis trois ans à une guerre civile qui a déjà  fait 300.000 morts et 2,4 millions de déplacés.  

Le Soudan, pays hôte du sommet, qui souhaitait obtenir un  large soutien des dirigeants arabes à son refus du déploiement  d'une force de l'ONU au Darfour, a été pris de court par cette  résolution. 

Les chefs d'Etat arabes, dont plusieurs sont des alliés de  Washington, préfèrent généralement se conformer à la légalité  internationale et doivent ainsi apporter un soutien tiède à leur  homologue soudanais Omar el-Béchir sans aller jusqu'à rejeter la  résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.  

Les présidents égyptiens Hosni Moubarak et tunisien Zeine el- Abidine Ben Ali ainsi que le roi du Maroc Mohamed VI, le roi de  Bahrein Hamad Ben Issa et le Sultan Qabous D'Oman ont déjà déclaré qu'ils ne participeraient pas à ce sommet. La présence du monarque saoudien Abdallah Ben Abdel Aziz et du dirigeant libyen Mouammar  Kadhafi est toujours incertaine, selon des sources concordantes à Khartoum.  

Le sommet de Khartoum doit également adopter un projet de  résolution évoquant pour la première fois, trois ans après le  déclenchement de la guerre en Irak, le retrait des troupes  étrangères de ce pays.  

Concernant le Moyen-Orient, le sommet doit appeler au respect  du choix démocratique du peuple palestinien après la victoire  électorale du mouvement islamiste Hamas, mais réaffirmera en même  temps que la paix est le choix stratégique des Arabes.  

Le sommet doit également dénoncer les plans israéliens visant  à mettre fin d'un manière unilatérale au conflit avec les  Palestiniens, dans une allusion au plan de séparation du Premier  ministre israélien par intérim Ehud Olmert.

Le président algérien Abdelaziz  Bouteflika se rendra lundi à Khartoum, au Soudan, pour prendre  part au 18ème Sommet arabe qui se tiendra mardi et mercredi  prochains, rapporte samedi l'agence officielle APS. 

Le président algérien sera à la tête d'une importante  délégation comprenant notamment le ministre d'Etat et représentant personnel du président de la République Abdelaziz Belkhadem,

M. Bouteflika est actuellement président en exercice de la  Ligue arabe du fait que l'Algérie a abrité en mars 2005 le 17ème  Sommet arabe.  

C'est aussi le premier voyage à l'étranger du président  algérien après son opération chirurgicale au niveau de l'estomac  fin 2005 à Paris.

Mars 2006

Le Conseil de sécurité proroge la mission de maintien de la paix au Soudan, qui pourra s'étendre au Darfour

Le Nouvel Observateur avec AP. 25.mars 2006

Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé à l'unanimité vendredi de garder ses forces de maintien de la paix stationnées au Soudan et d'autoriser le début du projet d'extension de cette force dans la province du Darfour (ouest), ravagée par la violence.

La résolution du Conseil recommande également à la force onusienne de "faire plein usage de son mandat actuel" contre la faction rebelle ougandaise de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) et d'autres mouvements qui se sont rendus coupables d'attaques contre des civils et de violations des droits de l'Homme au Soudan.

Actuellement, 7.000 casques bleus sont stationnés au Soudan, où ils tentent de faire respecter un accord de paix signé en janvier 2005 entre le nord et le sud du pays. Leur mandat a été renouvelé jusqu'au 24 septembre et devrait l'être de nouveau après cette date.

Cette résolution intervient alors que l'envoyé de l'ONU au Soudan, Jan Pronk, a averti cette semaine que la situation au Darfour s'aggrave. Au moins 180.000 personnes ont été tuées et deux millions déplacées depuis le début en 2003 du conflit qui oppose les Janjawid -à la solde de Khartoum et accusées de commettre des atrocités sur les populations noires- aux rebelles du Darfour.

L'ambassadeur de la Grande-Bretagne à l'ONU, Emyr Jones Parry, s'est félicité de l'inclusion, "très importante", de la LRA ougandaise dans la résolution. La LRA combat l'Etat ougandais depuis bientôt 20 ans et ses responsables trouvent fréquemment refuge dans le sud du Soudan.

Le secrétaire adjoint de l'ONU pour le maintien de la paix, Jean-Marie Guehenno, a toutefois précisé que les casques bleus "n'ont pas les ressources" pour se lancer à la poursuite de la LRA , mais qu'ils arrêteront ses membres s'ils venaient à les rencontrer

Mars 2006

Darfour : l'Onu met le turbo

Afrique Centrale, 25 mars 2006

Le Conseil de sécurité de l'Onu a décidé vendredi d'accélérer le calendrier d'envoi d'une force de maintien de la paix dans la région soudanaise du Darfour, où les "casques bleus" prendront cette année la relève des soldats de l'Union africaine.

Une résolution adoptée à l'unanimité par les 15 membres du Conseil donne au secrétaire général Kofi Annan jusqu'au 24 avril pour préparer "une série d'options pour l'opération des Nations unies au Darfour".

Des diplomates ont toutefois rappelé que l'Onu ne pourrait envoyer des soldats ni même une mission d'évaluation au Darfour sans l'accord des autorités soudanaises.

"Evidemment, c'est une mission qui se déploiera avec le consentement du gouvernement du Soudan", a déclaré à la presse le responsable des missions de maintien de la paix, Jean-Marie Guehenno.

Quelque 7.000 soldats de l'Union africaine sont actuellement déployés au Darfour avec la mission de protéger les villageois contre des milices arabes soupçonnées par l'Onu et les Etats-Unis d'être armées par le gouvernement de Khartoum, ce que ce dernier dément.

Mais les soldats de l'UA se sont montrés incapables de mettre fin aux violences, conduisant Kofi Annan à demander leur remplacement par une force plus importante et mieux équipée.

Le gouvernement soudanais a dit qu'il n'en voulait pas, tant qu'un accord de paix ne serait pas signé au terme des négociations en cours à Abuja, au Nigeria.

Sous la pression de Khartoum, l'Union africaine et le Conseil de sécurité ont décidé de prolonger jusqu'au 30 septembre la mission de l'UA au Darfour tout en réaffirmant le principe de son relèvement par une force de l'Onu.

Mustafa Osman Ismail, conseiller en affaires étrangères du président soudanais, a déclaré vendredi à Khartoum que le gouvernement demanderait aux dirigeants de la Ligue arabe, participant au sommet annuel prévu la semaine prochaine dans la capitale soudanaise, de financer la force de l'UA au Darfour.

"Nous leur demanderons de verser des fonds à ce sommet", a-t-il dit.

Les principaux pays contributeurs sont actuellement le Canada, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Union européenne.

La résolution votée par le Conseil de sécurité prolonge également le mandat d'une mission de maintien de la paix distincte au Soudan, qui expirait vendredi

Mars 2006

Khartoum joue la fibre arabe

Afrique Centrale, 25 mars 2006

 

Le Soudan pourrait agiter le spectre de l'invasion de l'Irak pour rallier le sommet arabe de Khartoum, prévu les 28 et 29 mars, à son refus de l'envoi de forces de l'Onu, et surtout de

L'Onu veut envoyer une force mobile et musclée au Darfour (ouest du Soudan) en relais d'un contingent de l'Union africaine (UA) qui n'a pu faire cesser un conflit ayant causé en trois ans de 180.000 à 300.000 morts et deux millions de déplacés.

Le pouvoir soudanais, mis en cause dans ce désastre, dit craindre "que ce transfert ne s'apparente à un complot qui conduira le Soudan dans la même situation que l'Irak", a noté l'envoyé spécial de l'Onu sur place, Jan Pronck.

Alors que des dizaines de personnes périssent chaque mois au Darfour, avec en ricochet une déstabilisation du Tchad, voisin du Darfour, la communauté internationale se prépare à ce changement de stratégie.

Le 10 mars, l'UA a donné son accord de principe au passage de relais, reconduisant pour six mois sa force, l'Amis, déjà d'ailleurs surtout financée par les Etats-Unis, le Canada et l'Union européenne.

Dans un climat de tension croissante, le président soudanais Omar al-Béchir a affirmé que le Darfour se transformerait en "cimetière" pour les troupes étrangères dépêchées sur place sans le feu vert de Khartoum.

Cela n'a pas empêché le président américain George W. Bush de se déclarer lundi favorable à ce que l'Otan dirige la force de l'ONU, et adresse un message très ferme au régime soudanais.

Désavoué par ses 53 pairs africains, qui lui ont refusé pour 2006 la présidence de l'UA en janvier en raison du Darfour, le président Béchir tentera d'obtenir maintenant la solidarité des 21 autres dirigeants arabes.

Deux pays voisins du Soudan, l'Egypte et la Libye , ont rejeté une nouvelle intervention étrangère, craignant aussi l'irruption sur le flanc ouest du Moyen-Orient de contingents occidentaux.

 

Pas de soutien aveugle au régime de Khartoum

 

Quant au secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, il a estimé qu'"on ne peut pas parler de nettoyage ethnique pour que des initiatives internationales soient lancées pour mettre fin à un crime inexistant", ce qui correspond aux vues de Khartoum.

" La Ligue arabe aurait tort d'apporter un soutien aveugle au régime de Khartoum", a estimé Souleiman Baldo, directeur Afrique de International Crisis Group (ICG), un influent groupe de réflexion.

"Au Darfour, il s'agit de protéger une population musulmane victime d'épuration ethnique, et Khartoum est impliqué dans la tuerie de ses citoyens", a-t-il dit, estimant "très lourde de conséquences" la déstabilisation du Tchad.

La guerre a éclaté en février 2003 au Darfour, une région aussi vaste que la France , par une rébellion d'ethnies musulmanes noires réclamant un meilleur partage du pouvoir et des richesses.

Le régime arabe islamiste du président el-Béchir, appuyé par des milices arabes alliées "djanjawids", toujours actives aujourd'hui, a répondu par une brutale répression, qualifiée de "génocide" par Washington.

Des négociations entre le régime soudanais et les rebelles menées à Abuja, au Nigéria, sous l'égide de l'UA, piétinent, en dépit des assurances, maintes fois prodiguées par Khartoum, qu'un accord était à portée de main.

La perspective de l'arrivée de casques bleus rebute donc Khartoum, qui escompte in fine un veto de la Chine. Encore plus insupportable lui est l'idée que des soldats de l'Otan foulent le sol soudanais, a souligné Jan Pronck.

Une force dominée par l'Otan "serait un désastre assuré", a-t-il dit, estimant que les gens "commenceraient vraiment un jihad (guerre sainte) contre elle. Il a aussi évoqué une infiltration en cours d'éléments d'Al-Qaïda.

Si cela est vrai, note Eric Reeves, un spécialiste du Soudan, "cela signifie que le Front national islamique (au pouvoir) l'a permis, et presque certainement encouragé". Ben Laden avait été accueilli au Soudan à ses débuts, de 1991 à 1996.

Mars 2006

Nouvel afflux de réfugiés au Tchad

Nouvel Observateur, N'Djamena avec AP, 24 mars 2006

 

Les combats des deux côtés de la frontière entre le Tchad et le Soudan ont provoqué un nouvel afflux de réfugiés et menacent l'aide aux millions de personnes ayant fui les violences au Darfour, dans l'Ouest du Soudan, a prévenu vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, qui demande une aide financière urgente pour le Tchad.

Les troupes tchadiennes ont lancé une grande offensive contre les rebelles qui avaient installé leurs bases le long de la frontière instable. Par ailleurs, des groupes armés impliqués dans la guerre civile au Darfour ont mené des raids dans l'Est du Tchad.

"Nous sommes à un stade extrêmement délicat au Tchad, sur le fil du rasoir", a déclaré Stefano Porretti, directeur du PAM dans ce pays, dans un communiqué publié à N'djamena.

Quelque 207.400 réfugiés du Darfour sont hébergés dans 12 camps de l'Est du Tchad et environ 46.000 Centrafricains ont également franchi la frontière pour échapper aux violences chez eux.

Mars 2006

Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue Arabe : «L¹image de la Ligue s¹améliore progressivement »

Al Bayane, Maroc, 24 mars 2006

La capitale soudanaise abritera la semaine prochaine un nouveau sommet des chefs d¹Etats arabes. Jusqu¹ici les sommets de la Ligue arabe ont rarement débouché sur une décision unitaire et efficace. Le constat a été fait depuis belle lurette : «les Arabes se sont mis d¹accord à ne jamais se mettre d¹accord». En sera-t-il toujours de même, au sommet de Khartoum, qui intervient à un moment où de très graves problèmes secouent le monde arabe (du Darfour à l¹Irak en passant par la Palestine , le Liban, la Syrie , l¹Arabie Saoudite...) ?

A la veille de ce sommet, Al Bayane est allé à la rencontre du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui a bien voulu nous accorder l¹entretien suivant.

Al Bayane : Le sommet arabe est prévu pour les 28 et 29 mars courant à Khartoum, dans quel contexte aura-t-il lieu et où en sont les préparatifs ?

Amr Moussa : Le sommet est précédé de réunions au niveau des ministres des affaires étrangères, de l¹économie et de finance dans le cadre du Conseil économique et social. Les préparatifs sont arrivés à terme, que se soit pour l¹ordre du jour du sommet ou des projets de documents qui y seront présentés.

Je crois que des réunions de concertations à huis clos auront lieu entre les dirigeants arabes afin d¹examiner les nombreuses questions graves qui leur seront soumises.

Evidemment, parmi les questions prioritaires, figurent la réforme dans le monde arabe, la réforme et restructuration de la Ligue arabe, les situations en Irak, Palestine, Liban, Darfour et Syrie.

Est ce vrai que des pressions auraient été exercées pour empêcher la tenue du sommet au Soudan ?

Certaines puissances n¹ont pas voulu que les Arabes et Africains se réunissent au Soudan. Un projet de décision a été présenté au Congrès américain allant dans ce sens, mais les pressions exercées ont abouti au résultat inverse, c¹est-à-dire la tenue du sommet à Khartoum, sous la présidence du Soudan. Nous avons alors jugé ces interventions malsaines.

Je crois que ce sommet sera marqué par une forte présence, plus que d¹habitude.

Quelles sont les principales réalisations de l¹organisation depuis le dernier sommet d¹Alger ?

Il y a d¹abord la mise en place du Parlement intérimaire arabe qui s¹était réuni au siège de la Ligue Arabe , en application d¹une résolution du sommet. Ensuite, nous avons bouclé l¹amendement des règles de vote pour passer à la majorité ordinaire ou relative, à la place de l¹unanimité. Et pour bientôt, il est attendu que le Conseil Economique et Social s¹ouvre aux organisations de la société civile arabe. S¹y ajoutent, la mise en ¦uvre de la déclaration de Tunis relative à la réforme et modernisation des pays arabes et dont je présenterai un deuxième rapport de suivi de réalisation à Khartoum, après celui soumis au sommet d¹Alger.

Comment la Ligue arabe compte intervenir dans la question libanaise ?

Dès le début de la crise libanaise, la Ligue Arabe était préoccupée par ce problème.

J¹avais effectué des visites au Liban et en Syrie pour engager des pourparlers avec les responsables des deux pays. Les premiers contacts entre ces deux pays frères ont été établis grâce à l¹intervention du secrétariat général de la Ligue.

Nous avons débattu des principaux thèmes qui pourraient constituer, si on y réussira, un pas en avant vers un avenir meilleur des relations libano-syriennes. De leur côté, l¹Arabie Saoudite et aussi l¹Egypte, ont établi des contacts dans le même but.

Aujourd¹hui, un dialogue national est en cours. Ce dialogue, qui se déroule sous de bons auspices, est parrainé par Nabih Berri, président de la Chambre des députés. Nous souhaitons succès à ce dialogue, car il est de nature à engendrer une nouvelle situation pour la politique libanaise, puisqu¹il réunit toutes les parties, pour mettre fin à la crise que vit le Liban.

Je suis en contact permanent tant avec le Premier ministre Hanna Seniora, le président de la Chambre des représentants Nabih Berri, le chef de la diplomatie Faouzi Salloukh, mais aussi avec de nombreux leaders politiques, et que nous ne cessons de contacter, afin de rester informés des derniers développements du pays et aussi de prendre les initiatives qui s¹imposent pour apaiser la tension.

Le dossier libanais est vaste et englobe plusieurs chapitres. Il y a l¹enquête sur l¹assassinat de Rafic Hariri qui prend son cours dans le cadre de l¹ONU. Il y a la situation intérieure, y compris la sécurité, et il y a les relations libano syriennes, et aussi le dossier régional qui s¹influence de toutes ces questions.

Le Liban est dons un grand dossier qu¹il faut entretenir soigneusement et en faire le suivi sur le plan arabe, en coordination avec le Liban et la Syrie.

Y-a t-il une initiative précise dans ce sens ?

Non, pas pour l¹instant.

Et lors du sommet ?

Le sommet en débattra.

La tenue des sommets arabes semble encore poser problème à chaque fois, alors que pour d¹autres blocs régionaux, telles l¹Union Européenne, les réunions au niveau du sommet, sont devenues automatiques.?

Non, le sommet arabe est devenu automatique, au mois de mars de chaque année et à la même date à peu près. C¹était le cas à Amman (2002), Beyrouth (2003) Charm-Echeïkh, Tunis (2004) et Alger (2005). Et aujourd¹hui à Khartoum.

Le président Hosni Moubarak est même allé plus loin en proposant lors du sommet de Tunis, la tenue de plus d¹un sommet par an. Il considère qu¹une seule réunion par an est insuffisante pour débattre des grands problèmes que connaît le monde arabe.

Aujourd¹hui, le président Moubarak ajoute à cette proposition initiale, une nouvelle proposition de tenir de nombreuses réunions de concertations par an, selon la situation et le besoin...L¹objectif étant de donner un dynamisme additionnel à l¹action arabe commune.

Et à propos de l¹Irak, que préparerez-vous ?

La Ligue arabe intervient avec force dans ce dossier. Une réunion s¹était tenue au siège de la Ligue au mois de novembre dernier et à laquelle tous les leaders politiques du pays avaient pris part.

Evidemment, nous sommes fortement préoccupés par les développements négatifs en cours. Je suis en contact avec les divers leaders de la politique irakienne.

Je crois que le sommet se doit d¹écouter un rapport du président irakien sur la situation actuelle du pays, et de dire son mot sur la prochaine étape à franchir par la Ligue Arabe.

Des informations ont fait état d¹un projet américain de remplacer son armée en Irak par des forces arabes. Quelle est votre position ?

Ces informations sont erronées. Nous n¹étions consultés par quiconque à ce sujet. Et si c¹était le cas, nous avons nos conditions. Ce n¹est pas au gouvernement américain de nous le demander, mais à un gouvernement souverain, en l¹occurrence le gouvernement irakien, de le faire. Mais cette question ne nous est pas, donc, posée.

Lors de la dernière tournée de Ronald Rumsfield dans la région, cette demande, selon certaines sources, aurait été transmise à certains pays arabes.?

Je ne suis pas au courant de cela. Mais cette question a été effectivement débattue l¹année dernière et nous avons dit que l¹envoi de forces arabes en Irak ne pourrait être discuté qu¹avec les autorités irakiennes.

C¹est à l¹Irak de nous le demander et nous avons des conditions pour y répondre.

A propos du soudan, comment appréhendez-vous la situation, surtout que certains qualifient ce qui s¹y passe de purification ethnique.?

Non, non... ce qui se passe au Soudan n¹a rien à voir avec le génocide ou l¹épuration ethnique. Il y a une grande exagération et confusion d¹informations. Certes, la situation est grave à Darfour et appelle notre sollicitude, non pas par ce qu¹il y a génocide, mais en raison de la forte tension qui y prévaut, et du mouvement de rébellion et d¹instabilité.

Depuis 10 mars dernier, l¹Union africaine a prorogé le mandat des forces africaines de paix pour six mois supplémentaires, après quoi, il sera possible d¹examiner, sous des conditions déterminées, la question d¹envoi de forces internationales de maintien de la paix sous les auspices de l¹ONU.

La Ligue arabe coordonne parfaitement avec l¹Union africaine et l¹ONU, afin d¹aboutir à une solution à la question de Darfour.

Préparez-vous une résolution dans ce sens à soumettre au sommet ?

Evidemment, le sommet aura lieu à Khartoum, il faudra alors accorder de l¹intérêt aux affaires du Soudan et à celles de la corne de l¹Afrique.

Quel sont les éléments de cette résolution ?

Elle ne sera pas en opposition avec les résolutions de l¹Union africaine avec laquelle nous devons maintenir une coopération autour de cette question. Il y va de l¹intérêt de Darfour, du Soudan et des relations arabo-africaines.

Vous avez amorcé la réforme de la Ligue Arabe. Où en êtes-vous aujourd¹hui ?

Nous avons procédé à de nombreuses réformes: la mise en place du Parlement arabe, l¹amendement du système de vote et l¹ouverture du Conseil économique et social aux organisations civiles arabes.

Lors du sommet de Khartoum, nous allons soumettre un projet relatif à la création d¹un Conseil de sécurité et de paix arabe et remettre de nouveau la proposition concernant l¹institution de la Cour arabe de justice, en plus de nombreux amendements touchant la restructuration de la Ligue arabe et sa redynamisation à un rythme supérieur.

L¹avenir de la Ligue arabe divise nombreux intellectuels et politiques arabes. Certains crient à l¹échec de l¹ordre régional arabe, alors que d¹autres plaident pour sa réforme. Comment, d¹après vous, garantir l¹efficacité et l¹efficience de la Ligue arabe ?

Ecoutez ! L¹ordre régional arabe est partie intégrante de l¹ordre international. Les critiques dont fait objet la Ligue arabe, sont identiques à celles reprochées à l¹ONU, à l¹Union africaine, et à l¹Organisation des Etats américains.

Mais, avec la différence que certains blocs régionaux ont réussi à doter leurs organisations d¹efficacité. Nous croyons que la Ligue arabe doit jouir de l¹appui des Etats arabes, et maintenant du Parlement et des peuples arabes.

Aujourd¹hui, je réalise que le soutien à la Ligue arabe est beaucoup plus important que par le passé. Pourquoi ? Parce que son existence s¹avère nécessaire et très utile, tandis que son absence semble être fortement préjudiciable à la région. D¹où le sentiment de plus en plus grandissant de son importance et de son appui. Lors de mon intervention dans des forums culturels ou politiques arabes, je trouve que l¹image de la Ligue arabe s¹améliore radicalement et progressivement.

Mais, quel est l¹impact attendu de ces réformes ?

Que la Ligue arabe soit capable de piloter une action arabe commune en matière de réformes, de développement et de coordination politique. Je crois que cela est possible, sollicité et très abordable par rapport au passé. Naturellement, de nombreux changements sur la scène internationale et aussi régionale, sont en cours. La Ligue arabe doit donc se considérer comme organisation régionale en mesure d¹évoluer en cas de besoin.

Propos recueillis par Mustapha Znaïdi

Mars 2006

Le comité du conseil de sécurité concernant le soudan adopte des directives pour la conduite de ses travaux

Nations Unies, New York 24 mars 2006

Le Comite du Conseil de sécurité créé par la résolution 1591 (2005) concernant le Soudan a adopté, le 23 mars 2006, des directives  régissant la conduite de ses travaux.  Entre autres, les directives vont faciliter la mise en application des mesures imposées par les sous-paragraphes 3(d) et 3(e) de la résolution 1591 (2005), conformément au sous-paragraphe 3(a)(iii) de cette même résolution.

Les directives seront transmises à tous les États pour leur information et utilisation, selon les besoins, et seront affichées sur la page Web du Comité qui se trouve à l'adresse suivante: http://www.un.org/french/docs/sc/committees/SudanTemplateFr.htm .

Mars 2006

La situation au Sud Soudan est sous contrôle, selon l'ONU

Xinhuanet, Khartoum, 22 mars 2006

La Mission des Nations unies au  Soudan (MINUS) a indiqué mercredi que la situation au Sud Soudan  était sous contrôle malgré quelques incidents. 

Le Commandant de la MINUS , le général Jasbir Singh Lidder, a  déclaré lors d'une conférence de presse que le gouvernement  soudanais et le Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS) contrôlant le sud respectaient en grande partie le cessez-le-feu  signé par les deux parties. 

Il a indiqué que des incidents de violations de cessez-le-feu  avaient eu lieu ces derniers temps, mais il les a attribués pour  la plupart aux rebelles ougandais de l'Armée de résistance du  Seigneur (ARS) opérant dans le sud du Soudan. 

"Les attaques créent une situation incertaine pour les  opérations humanitaires et de secours", a indiqué le général,  ajoutant que ses soldats prenaient toutes les mesures nécessaires  pour que le calme soit rétabli le plus rapidement possible. 

La MINUS , chargée de soutenir l'application de l'Accord de paix global signé l'an dernier par le gouvernement soudanais et les  rebelles du Sud, dispose actuellement de 7800 personnes sur le  terrain, dont des soldats et des observateurs

Mars 2006

Violents combats dans l'est tchadien

Nouvel Observateur avec AP, 21 mars 2006

De violents affrontements ont éclaté lundi dans l'est du Tchad, l'armée tchadienne ayant lancé l'offensive contre les rebelles qui s'y massent depuis des mois, a annoncé mardi le ministre de la Communication Hourmadji Moussa Doumgor. Le président Idriss Déby et ses conseillers militaires sont sur place pour diriger les opérations, a-t-il ajouté.

De sources militaires, on précisait que les affrontements ont commencé près d'une des bases de la rébellion à Hadjar Marfaine (La montagne de la hyène), à 700 km au nord-est de N'djamena, non loin de la frontière soudanaise, en lisière du Darfour.

La semaine dernière, le gouvernement tchadien avait affirmé que les rebelles se massaient dans l'est depuis octobre et avaient déjà cherché à assassiner le président Déby, arrivé lui-même au pouvoir en 1990 à l'issue d'une rébellion partie de l'est.

L'armée a attaqué en tenaille les positions rebelles et les combats se poursuivaient lundi soir, selon un travailleur humanitaire s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Les combats opposent les rebelles du Rassemblement pour le progrès et la Justice et du Socle pour le changement, l'unité et la démocratie (SCUD) à l'armée tchadienne. Selon un membre de la rébellion s'exprimant sous couvert de l'anonymat, 150 membres des forces tchadiennes auraient été tués.

La semaine dernière, M. Doumgor avait affirmé qu'une tentative de putsch avait été déjouée, un groupe de soldats mutins avaient tenté d'abattre l'avion du président alors qu'il rentrait de Guinée-Equatoriale. Ces hommes auraient ensuite rejoint la rébellion avec armes et munitions.

Depuis octobre, de nombreux soldats, notamment membres de l'ethnie de Déby, les Zaghawa, ont fait défection et rejoint les rangs des mouvements rebelles dans cette région frontalière avec le Darfour, où Tchadiens et Soudanais ont des origines ethniques mêlées. Parmi eux, des membres du premier cercle des proches du président Déby, deux généraux, les frères Erdimi, qui veulent aujourd'hui le renverser.

Depuis trois ans de guerre civile, la situation au Darfour menace de contaminer le Tchad, qui a commencé par y tenir un rôle de médiateur. La crise s'aggrave alors que le Tchad doit se rendre aux urnes pour la présidentielle le 3 mai.

Khartoum a accusé le Tchad d'accueillir les rebelles du Darfour, N'Djamena accusant pour sa part le Soudan de soutenir la révolte au Tchad. Le 9 février Khartoum et N'Djamena ont signé un accord pour mettre fin à la tension croissante autour du Darfour, s'engageant à normaliser leurs relations diplomatiques et à refuser d'héberger leurs rébellions respectives. Mais la situation sur le terrain continue d'être chaotique.

En décembre, des affrontements avaient fait plus de 300 morts à Adre, ville située à la frontière soudano-tchadienne, à un millier de km de la capitale.

Mars 2006

Les affaires démarrent au Sud

La Lettre de l'Océan Indien, n°1173, 18 mars 2006

En plus de la Nile Commercial Bank (NCB) présidée par Aggrey Idri (L01 n ° 1098), quelques sociétés privées commencent à avoir pignon sur rue à Juba où elles proposent leurs services aux ONG et organisations internationales. De plus, le gouvernement du Sud Soudan passe ses premiers contrats avec des firmes étrangères (télécoms, logistique, etc.) Un tissu économique est ainsi en train de prendre forme .

Transports. Plusieurs compagnies aériennes, dont la plus importante pour le fret est Astral Aviation , desservent le Sud Soudan à partir du Kenya, tandis que des petites sociétés comme Ezra Tranporters & Commercials s'activent dans !e transport routier. Mocoh Petroleum South Sudan Ltd (ex- Afrosuez Energy Ltd) assure l'approvisionnement en produits pétroliers grâce à ses dépôts à Yei et Rumbek. Filiale du trader basé en Suisse Mocoh SA , cette société a ses propres camions citernes et cherche des partenaires soudanais pour monter un réseau de stations services au Sud Soudan. Son activité est supervisée depuis Nairobi par Tim Carson et Justin Matterson , avec pour représentants locaux Solomon Kelwon à Yei et Dick Wabinile à Rumbek. Des concessionnaires de véhicules tout-terrain comme Alfa Motors de Nairobi ou Gigiri Motors ont des antennes au Sud Soudan. La firme danoise Bukkehave démarche également le Sud Soudan dans ce secteur d'activité tandis que Kjaer & Kjaer y est déjà implantée en alliance avec la firme de Dubaï RA International qui dispose d'un atelier à Juba pour véhicules Nissan.

Télécoms . L'installation d'un réseau de téléphonie mobile à carte et de liaisons Internet par satellite au Sud Soudan a été confiée à la société Network of the World Ltd (NOW) dont le PDG est Peter Henderson , patron de la firme Netforce Ltd basée au Kenya, et les représentants locaux Pius Kyalo (Rumbek) et Benson Mburu (Yei). D'autres sociétés de télécoms proposent leurs matériels et services au Sud Soudan: Stream Communications Ltd d'Augustine Cheserem , un ex-dirigeant de Telkom Kenya, SAT Africa, Telemedia Kenya Ltd (concessionnaire de la marque Thuraya en Afrique de l'Est) ou Wilken Telecommunications (K) Ltd présidée par Lord V. Cecil. Corrlngton Business Systems, représentant au Kenya les matériels de télécommunications Panasonic, va ouvrir un bureau à Juba sous la responsabilité de Mukeh Motwani . Enfin, BizSoft de Tony Simpson , basée au Kenya, va bientôt vendre ses logiciels à Juba.

Construction. Profitant de sa présence dans les télécoms, Henderson a créé une société de BTP, Trax Construction , basée â Rumbek et dont Netforce est !'actionnaire principal. Trax Ltd a mis en place les installations de téléphonie mobile ainsi que les bureaux régionaux de la société NOW . Pour sa part, le groupe kenyan Civicon Ltd , dirigé par David Horsey , effectue des travaux de réhabilitation de routes au Sud Soudan sur 580 km et sa filiale Truckoil Ltd Sudan possède des camions de transport de marchandises. Bros & Company, basée en Ouganda, a créé une filiale au Soudan du nom de Cedcom Construction and Consultant Company dont les directeurs sont pour la plupart des Soudanais. Cette firme a entrepris des travaux de rénovation et de construction pour le compte d'institutions internationales et du ministère des finances du Sud Soudan. La société kenyane Spencon Services Ltd, appartenant à J. C. Patel, N. P. Sharma, L. R. Patel et K S. Saggar , a également un représentant à Juba (Sudhir Bhatt) . Plusieurs autres petites firmes de BTP sont installées au Sud Soudan telles Prism Trading and Construction Company (représentée par Lobung David Erestos ), William and Sons Investment Co., Berera Entreprises (John Lowe) et BeteSolomon Building Co. (Solomon Testamichael).

Logistique. La société kenyane Turn Key Camps Ltd , qui a construit un luxueux camp de tentes à Rumbek et des préfabriqués pour les Nations unies , entreprend la construction de campements pour le compte du gouvernement du Sud Soudan. RA International, dirigée au Soudan par Mats Giejer , propose divers services de logistiques, tout comme Africa Expeditions Ltd (AFEX) de Terry et David Light . AFEX s'est en outre associée à KK Security pour créer Guard Services (Sudan) Ltd , tandis que Risk Management Initiatives Ltd (RMI), basée à Nairobi, veut également offrir ses services au Sud Soudan.

 

Mars 2006

7ème round des pourparlers de paix inter-soudanais sur le conflit au Darfour

Communiqué

 

Le Comité Directeur, chargé de la gestion politique des questions relatives aux pourparlers de paix inter-soudanais sur le conflit au Darfour, s'est réuni aujourd'hui, 17 mars 2006, au « Chida International Hotel » d'Abuja, lieu où se tiennent les pourparlers, sous la présidence du Dr. Salim Ahmed Salim, Envoyé Spécial et Médiateur en chef de l'UA.

 

Les chefs des Parties prenant part au 7eme Round des pourparlers, à savoir : Dr. Magzoub AI Khalifa, chef de la délégation du Gouvernement soudanais (GoS), M. Abdulwahid El Nour et M. Minni arkou Minnawi, leaders du Mouvement/Armée de Libération du Soudan (SLM/A) et Dr. Khallil Mohamed Ibrahim, Président du Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM), étaient tous présents. Les représentants de l'Equipe de Médiation de l'UA, les coordonnateurs des trois Commissions, le co-médiateur tchadien, les Facilitateurs du Nigeria et de la Grande Jamahiriya arabe libyenne, ainsi que le délégué de la Ligue des Etats arabes représentant les partenaires internationaux, ont également pris part à cette rencontre.

 

A la fin de la réunion, au cours de laquelle plusieurs décisions cruciales ont été prises, en ce qui concerne le processus de paix d'Abuja, le Comité Directeur a autorisé le Médiateur en chef à rendre public les importantes décisions suivantes :

 

Le comite directeur appelle a un arrêt immédiat des hostilités au Darfour :

 

Le comite directeur,

 

Conscient de l'impact négatif de la montée de la tension et de la violence sur le terrain au Darfour, sur le bien-être des populations du Darfour, en général, et aux pourparlers de paix d'Abuja, en particulier;

 

Rappelant le niveau élevé et inacceptable des souffrances que vivent les populations du Darfour, à cause dPS violations fréquentes de l'Accord de cessez-le-feu et des autres protocoles signés ;

Reconnaissant l'urgence de créer un climat plus propice, en vue de faciliter la signature rapide d'un Accord global, pour enfin mettre un terme au conflit et instituer un nouveau climat de paix et de réconciliation pour nos populations ;

1. Appelons à un arrêt immédiat des hostilités au Darfour, afin d'insufler une dynamique accrue au processus de paix, et ce faisant, accroître la confiance entre nos négociateurs, pendant cette phase finale et extrêmement décisive des pourparlers.

2. Invitons toutes nos forces et tous nos membres, à appliquer cette décision et à apporter toute leur coopération à la Commission du cessez-le-feu et à l'AMIS, afin que ceux-ci facilitent la réalisation des aspirations de nos populations pour la paix et la sécurité.

3. Décidons de travailler avec sérieux et avec détermination, en vue de terminer les négociations dans les prochaines semaines.

Abuja, !e 17 mars 2006

Mars 2006

Flambée de choléra au Sud-Soudan

Bulletin n°40 - Soudan , 15 mars 2006

 

Comité international de la Croix-Rouge (Communiqués de presse) - Genève,

 

Pour faire face à la flambée de choléra qui a récemment éclaté au Sud- Soudan , le CICR a acheminé par avion une trentaine de tonnes de secours médicaux d ...

 

Pour faire face à la flambée de choléra qui a récemment éclaté au Sud-Soudan, le CICR a acheminé par avion une trentaine de tonnes de secours médicaux d'urgence jusqu'à Juba, la capitale régionale. Il s'agit notamment de solutions de perfusion et de sels de réhydratation orale, dont on a un besoin urgent pour traiter les malades et pour reconstituer les stocks qui diminuent rapidement.

Les premiers cas de choléra ont été signalés fin janvier dans la ville de Yei, au sud-ouest de Juba. Dans la capitale, le premier cas a été enregistré le 6 février. Les employés du CICR aident l'hôpital universitaire de Juba à agrandir et à gérer un pavillon d'isolement. Ils ont en outre installé un système d'urgence pour l'approvisionnement en eau. L'hôpital admet chaque jour une vingtaine de personnes atteintes de diarrhée aqueuse aiguë, tandis que d'autres malades ont aussi reçu des soins ailleurs. Au 7 mars, 4 094 cas de diarrhée aqueuse aiguë avaient été recensés à Juba, dont 79 mortels. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) fait état de 127 cas mortels pour tout le Sud-Soudan.

À l'heure qu'il est, la présence du choléra a été confirmée à Malakal, un grand centre urbain situé sur les rives du Nil, au nord de Juba. Le centre de traitement du choléra de Médecins sans frontières (MSF) à Malakal a admis 34 cas, dont deux ont eu une issue fatale. À l'hôpital universitaire de cette même ville, le CICR a soigneusement révisé et purgé le principal système de traitement des eaux, et installé un générateur d'appoint et un réservoir souple de 15 000 litres pour augmenter la capacité de l'établissement. Le personnel du CICR a donné au centre de MSF des conseils techniques sur l'aménagement de latrines et de points de distribution d'eau, et a prêté son concours pour l'installation d'un réservoir souple fourni par l'UNICEF.

Le CICR mène ses activités en coordination avec les autorités sanitaires sud-soudanaises. Il coopère en outre avec d'autres organisations humanitaires actives dans ce domaine, pour éviter que l'épidémie ne s'étende à tout le Sud-Soudan. Afin de mieux soutenir les efforts inlassables du Croissant-Rouge soudanais et de ses volontaires, la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a lancé un appel pour un million de francs suisses et a ouvert un bureau à Juba.

Deux décennies de guerre au Sud-Soudan ont endommagé ou détruit les systèmes d'approvisionnement en eau et d'évacuation des eaux usées de la ville de Juba, y compris celles de l'hôpital universitaire. Le Sud-Soudan tout entier manque en outre de structures de santé adéquates. Une épidémie de choléra aurait par conséquent des conséquences désastreuses pour la population.

 

Fin des évacuations médicales du Sud-Soudan sur Lopiding

 

Depuis le 1er mars, aucun nouveau patient n'est plus évacué du Sud-Soudan sur l'hôpital géré par le CICR à Lopiding, de l'autre côté de la frontière, dans le nord du Kenya. Après une vingtaine d'années d'activité, l'institution se retire de Lopiding ; elle devrait remettre la gestion de l'établissement entre les mains des autorités kényennes fin juin 2006. D'ici là, il ne devrait plus rester que quelques patients sud-soudanais dans cet hôpital. Ils seront ramenés chez eux par le CICR une fois leur traitement terminé. Lopiding avait été ouvert en 1987 pour soigner les blessés de guerre du Sud-Soudan. Désormais, les patients seront traités au Sud-Soudan même et le CICR, en coopération avec d'autres organisations humanitaires, veillera à ce que l'aiguillage des personnes nécessitant des soins chirurgicaux soit adapté aux nouvelles structures de santé mises en place dans cette région. Le CICR continuera jusqu'en 2007 d'apporter à l'hôpital universitaire de Juba son soutien – assistance clinique et renforcement des capacités – dans les domaines de la chirurgie, de la médecine interne et des soins pédiatriques.

 

Les autorités sud-soudanaises approuvent la création d'un centre d'appareillage orthopédique

 

Les autorités sud-soudanaises ont donné leur aval à un protocole d'accord avec le CICR qui permettra à l'institution d'entreprendre la construction du nouveau centre de référence en rééducation physique de Juba. Celui-ci aura la même capacité que le centre d'appareillage orthopédique et de rééducation physique de Khartoum. Avec la remise de l'hôpital de Lopiding aux autorités sanitaires kényennes, l'atelier d'appareillage orthopédique de Lokichokio (Kenya) fermera ses portes le 28 avril. Le CICR apportera un soutien accru à l'atelier de Juba, plus petit, en attendant la construction du nouveau centre. Cinq techniciens expérimentés seront en outre transférés de Lokichokio à Juba, où ils mèneront des activités d'appui et de formation. Le processus de sélection de 17 candidats sud-soudanais, dont deux physiothérapeutes, pour un programme complet de formation commencera immédiatement.

 

Poursuite des combats au Darfour

Malgré les conditions de sécurités précaires et la poursuite des combats au Darfour Ouest, les collaborateurs du CICR ont réussi à se rendre d'El Geneina à Seleia, plus au nord, et, en prenant une autre route en direction de l'est, à Saraf Omra. Ils sont ensuite retournés à Seleia pour évaluer les besoins des personnes déplacées et des habitants de la ville. Il faudra toutefois procéder à une évaluation plus poussée de la situation avant d'envisager la possibilité d'une présence fixe puis d'une reprise complète des activités du CICR dans la région.

La persistance des combats dans la région de Jebel Marra empêche toujours le CICR d'accéder à cette zone, et l'institution est très inquiète pour la population civile qui y vit. Les informations qui ont pu être récoltées à ce jour laissent penser que les gens ont dû fuir leur foyer et s'éparpiller pour chercher refuge dans les montagnes, où nombre d'entre eux seraient hébergés par la population locale. Le CICR déploie des efforts incessants afin d'obtenir les garanties de sécurité nécessaires pour pouvoir se rendre à Jebel Marra.

 

Centre d'appareillage orthopédique et de rééducation physique de Nyala géré par l'Autorité nationale d'orthopédie

Le 12 février, l'atelier d'appareillage orthopédique de Nyala géré par l'Autorité nationale d'orthopédie a reçu la visite des walis (gouverneurs) des trois États du Darfour. Ceux-ci étaient accompagnés par des hauts représentants du gouvernement du Darfour Sud. La visite a été largement couverte par les médias locaux. Le groupe a assisté à l'appareillage de 12 patients et a notamment pu voir comment une fillette de deux ans était équipée d'une jambe artificielle.

Le centre d'appareillage orthopédique et de rééducation physique de Nyala est le seul établissement de ce genre dans tout le Darfour. Depuis le début de la coopération entre l'Autorité nationale d'orthopédie et le CICR, en mai 2005, il a équipé de membres artificiels 260 amputés. La liste d'attente ne cesse de s'allonger : dans la seule ville d'El Geneina, on compte 56 personnes attendant d'être appareillées.

 

Activités de protection

Le CICR continue à visiter les personnes détenues au Darfour par l'Armée de libération du Soudan et, en sa qualité d'intermédiaire neutre, à faciliter leur remise aux soins des autorités locales lorsqu'elles sont libérées. Au 10 mars, il avait ainsi facilité le transfert de 25 personnes aux autorités de Gereida, Zalingei, Kutum et El Fasher.

Le 28 février, un garçon de neuf ans qui vivait dans les rues d'El Fasher a été réuni avec sa famille à Kabkabiya. Celle-ci ayant été retrouvée par le Croissant-Rouge soudanais, le garçon a rapidement pu regagner son foyer grâce à l'aide conjointe du CICR et de la Société nationale.

 

En 2005, le CICR a mené les activités suivantes :

au Darfour

•  approvisionné en eau sept camps pour personnes déplacées et des zones urbaines, réparé les réseaux de distribution d'eau dans quatre villes (El Fasher, Kutum, Gereida et El Geneina) et fourni au total 2 millions de litres d'eau par jour à environ 1,5 million de personnes ;

•  distribué plus de 32 000 tonnes de vivres à 300 000 personnes ;

•  déployé 30 fois son unité chirurgicale mobile de campagne entre avril et la fin de l'année. L'équipe mobile a réalisé plus de 370 opérations sur des blessés de guerre (parmi lesquels des combattants) qui autrement n'auraient pas eu accès aux soins ;

•   

dans l'ensemble du Soudan

•  réparé et modernisé cinq hôpitaux et 12 dispensaires de soins de santé primaires ; fourni du personnel et des médicaments, assuré des consultations et procédé à des opérations dans quatre hôpitaux et 12 dispensaires de soins de santé primaires, et étendu les programmes de vaccination et de formation ;

•  présenté des exposés sur le droit international humanitaire, les activités du CICR et les Principes fondamentaux de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à quelque 10 500 personnes, notamment des fonctionnaires, des militaires, des membres de groupes d'opposition et de milices armées ainsi que des chefs religieux et communautaires ;

•  collecté et distribué respectivement plus de 29 300 et 30 200 messages Croix-Rouge ;

•  poursuivi ses discussions confidentielles sur la protection des victimes du conflit armé avec toutes les parties, à tous les niveaux, tant à Khartoum que sur les divers terrains d'opération de l'institution

 

Mars 2006

L'Union africaine présente de nouvelles propositions de paix au Darfour

Nouvel Observateur, Abuja, 13 mars 2006

Des médiateurs de l'Union africaine (UA) ont présenté dimanche à Abuja, la capitale nigériane, de nouvelles propositions pour un cessez-le-feu dans le conflit du Darfour (ouest du Soudan).

Ces mesures prévoient le retrait au-delà de zones tampons des forces rebelles de l'Armée populaire de libération du Soudan et du Mouvement pour l'égalité et la justice (MJE), ainsi que leur collaboration avec le gouvernement soudanais en vue de suspendre toute activité militaire le long des routes par où transite l'aide humanitaire et dans les camps de réfugiés.

Les délégations gouvernementale et rebelles ont confirmé avoir reçu ces propositions à Abuja. L'Armée populaire de libération du Soudan a indiqué qu'elle se prononcerait d'ici à mercredi.

Malgré un cessez-le-feu signé au Tchad en avril 2004 et les négociations qui ont eu lieu depuis à Abuja, les combats entre les deux mouvements rebelles et les troupes gouvernementales se poursuivent au Darfour, selon un communiqué diffusé dimanche par les médiateurs de l'UA.

Depuis 2003, la guerre du Darfour a fait au moins 180.000 morts, et déplacé deux millions de personnes. Les atrocités contre les villageois africains de la région, menées par des milices arabes à la solde de Khartoum, sont qualifiées de "génocide" par Washington.

Mars 2006

Des ONG soudanaises ne cessent d'être harcelées et la liberté d'expression et d'association subit des restrictions

Amnesty International, 13 mars 2006

Déclaration publique

 

Amnesty International est préoccupée par la fermeture, par le gouvernement soudanais, de deux bureaux de l'Organisation pour le développement social du Soudan (SUDO), dans l'État du Darfour occidental. Ces fermetures semblent s'inscrire dans une politique d'intimidation et de harcèlement de cette organisation et d'autres organisations non gouvernementales (ONG) actives au Soudan.

La Commission de l'aide humanitaire, l'instance qui gouverne les organisations humanitaires au Soudan, a ordonné la fermeture des bureaux de la SUDO à Zalingei et El Geneina, capitale du Darfour occidental à partir du 13 mars 2006. La Commission a sommé ces antennes de la SUDO de cesser toute activité et de remettre les clés de leurs bureaux, centres médicaux, centres d'alimentation et véhicules. Les comptes bancaires de ces deux bureaux de l'organisation ont également été bloqués.

La Commission a justifié la fermeture de ces deux antennes et la suspension de leurs activités par le fait que l'organisation aurait violé la Loi relative à la Commission de l'aide humanitaire. Cependant, elle n'a pas précisé quels articles de la loi l'organisation avait violés. Cette suspension d'activités de la SUDO est la dernière mesure d'intimidation et de harcèlement en date à l'encontre de cette organisation, parmi lesquelles figure l'arrestation de cinq membres du personnel de l'organisation le 13 février 2006 à l'université d'Ed Dain dans le sud du Darfour, où ils étaient venus donner une formation sur la surveillance du respect des droits humains. Ils avaient été libérés le jour même.

Le 20 février 2006, le Soudan a adopté la Loi sur l'organisation du travail humanitaire et bénévole qui remplacera la Loi sur la Commission de l'aide humanitaire. Amnesty International craint que cette nouvelle loi ne soit qu'un moyen de plus de restreindre encore l'action des ONG au Soudan. Le nouveau texte de loi accorde aussi au gouvernement des pouvoirs de réglementation excessifs sur les activités des ONG.

Certains articles de la Loi sur l'organisation du travail humanitaire et bénévole (2006) violent le droit à la liberté d'association garanti par plusieurs traités internationaux relatifs aux droits humains auxquels le Soudan est partie. Ce droit est proclamé notamment à l'article 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, à l'article 10 de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples et dans la Constitution de transition du Soudan. La nouvelle loi est également contraire aux dispositions des articles 5 et 6 de la Déclaration des Nations unies sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus.

Amnesty International appelle le gouvernement du Soudan à modifier la Loi sur l'organisation du travail humanitaire et bénévole (2006) en vue de la rendre conforme aux normes internationales et régionales relatives aux droits humains.

Amnesty International est préoccupée en particulier par les points suivants :

 

-  le pouvoir de décision considérable accordé au gouvernement en ce qui concerne l'autorisation et la réglementation des activités des ONG au Soudan ;

 

-  le manque d'indépendance par rapport au gouvernement des instances créées par la nouvelle loi pour veiller à son application, en particulier en ce qui concerne l'autorisation, le refus ou la suspension d'enregistrement des ONG.

Par ailleurs, Amnesty International appelle le gouvernement du Soudan à mettre fin à l'intimidation et au harcèlement qui frappent les activités humanitaires ou relatives aux droits humains de la SUDO et d'autres ONG agissant dans le pays.

 

Complément d'information

L'Organisation pour le développement social du Soudan (SUDO) est une organisation privée bénévole qui œuvre en faveur du développement durable et des droits humains. L'organisation et son personnel ont été harcelés par les autorités soudanaises pour leurs activités concernant les droits humains. Le bureau de l'organisation à Zalingei avait été fermé temporairement en janvier 2006 par la Commission de l'aide humanitaire, puis réouvert. Le président de l'organisation, Mudawi Ibrahim Adam, a été arrêté à plusieurs reprises au cours des dernières années pour son action humanitaire et relative aux droits humains. Voir à ce sujet l' Action urgente 116/05 du 9 mai 2005 (index AI : AFR 54/047/2005), et ses mises à jour, sur le site d'Amnesty International, à l'adresse suivante :

http://web.amnesty.org/library/index/fraafr540472005 .

 

À Zalingei et El Geneina, la SUDO gère, entre autres activités, deux dispensaires et un centre d'alimentation.

Mars 2006

L'Egypte salue la décision de l'UA de transférer à l'ONU la mission de maintien de la paix au Darfour

Xinhuanet, Le Caire, 12 mars 2006

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, a salué dimanche la décision prise  par le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine (UA) de transférer à l'ONU la mission de maintien de la paix dans la  région instable du Darfour (ouest du Soudan). 

Aboul Gheit a également fait l'éloge de la décision du Conseil  d'assurer un rôle à jouer pour l'organe panafricain dans la  résolution des conflits au Darfour, même après que l'ONU eut pris  le relais de la mission de maintien de la paix, a rapporté  l'agence de presse, MENA. 

"Le ministre des Affaires étrangères a exalté (le conseil pour) la réaffirmation du rôle de l'UA dans la supervision du processus  de paix au Darfour et le fait que les troupes africaines seront  l'ossature de la nouvelle mission de maintien de la paix", a  indiqué Aboul Gheit, cité par un porte-parole du ministère des  Affaires étrangères. 

Le chef de la diplomatie égyptienne a espéré que toutes les  parties impliquées dans la dispute au Darfour discuteraient le  plus tôt possible d'un accord de paix, en exhortant la communauté  internationale à offrir l'aide nécessaire, a ajouté le porte- parole. 

Lors d'une réunion tenue vendredi à Addis Abeba, le conseil de  l'UA a également décidé de prolonger le mandat de la mission de  l'UA au Soudan (AMIS) jusqu'au 30 septembre prochain. 

L'UA maintient actuellement quelque 7800 militaires au Darfour  pour observer un accord de cessez-le-feu conclu entre le  gouvernement soudanais et les rebelles du Darfour en avril 2004. 

Les forces de l'UA au Darfour ont été gênées par un manque de  fonds et ont été incapables de contenir la situation instable au  Darfour

Mars 2006

Paris fait les yeux doux au Soudan

La Lettre de l'Océan Indien, 11 mars 2006

En marge de la réunion à Paris du Sudan Consortium , le ministre français des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a offert à la délégation soudanaise conduite par le vice-président soudanais Salva Kirr Mayardit un petit-déjeuner à son ministère, le 9 mars. La référence au pétrole est revenue à deux reprises lors de son toast en l'honneur des délégués soudanais. Une première fois pour noter qu'avec la question d'Abyei, le problème du partage des revenus pétroliers demeurait une difficulté dans la mise en oeuvre de l'accord de paix au Soudan, même si ces deux questions "ne semblent pas en mesure de faire dérailler le processus de paix" La seconde référence était pour souligner le potentiel pétrolier du Soudan. Le ministre français a précisé que la compagnie Total , représentée à ce petit-déjeuner par son directeur général exploration production Christophe de Margerie , "détient au Sud Soudan un grand bloc d'exploration pétrolier ». Il a ensuite affirmé que cette compagnie était "prête à y investir de façon massive et à accélérer ainsi les perspectives de développement du Sud ». Autre société saluée pour sa présence au Soudan par le ministre français : Alstom qui était représentée par son PDG, Patrick Kron. Michel Roussin , le président du comité Afrique du Medef international et vice-président du groupe Bolloré , assistait également à ce petit-déjeuner.

Mars 2006

Le Darfour au centre des préoccupations des É.-U. et de l'Union européenne 

Etats Unis, Département d'Etat (Washington, DC), 10 Mars 2006

Selon M. Zoellick, il faut renforcer la mission de l'Union africaine au Soudan.

- Si le Soudan continue à être au centre des préoccupations des États-Unis et de l'Union européenne (UE), c'est à cause de la situation terrible dans laquelle se trouvent les Soudanais du Darfour et les autres populations du Soudan, a fait valoir le secrétaire d'État adjoint, M. Robert Zoellick, à l'occasion d'une conférence de presse organisée le 8 mars au Conseil de l'Europe à Bruxelles (Belgique), à laquelle participait également M. Javier Solana, haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune.

« Il ne faut pas perdre de vue (...) qu'il y a un million de personnes dans les camps. Un nombre incroyable de gens sont morts et la situation demeure très dangereuse et épouvantable », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que ce sont les femmes et les enfants qui font les frais de cette situation et en sont les premières victimes, prônant une action aussi rapide que possible de la part de l'ONU.

A- cette conférence sur le Soudan convoquée par M. Solana participaient également le président de l'Union africaine, M. Alpha Oumar Konaré, le second vice-président du Soudan, M. Ali Osman Taha, et un représentant de M. Kofi Annan, le secrétaire général de l'ONU.

Parlant au nom des États-Unis, M. Zoellick a expliqué : « La demande que nous avons reçue en janvier du Conseil sur la paix et la sécurité de l'Union africaine, en ce qui concerne la préparation à un déploiement d'une mission de maintien de la paix de l'ONU (au Soudan), est une demande à laquelle nous avons réagi rapidement et que nous nous sommes efforcés de faire avancer lorsque nous étions à la présidence du Conseil de sécurité en février (...) Nous espérons que, lors de sa réunion, le Conseil pour la paix et la sécurité de l'Union africaine demandera à l'ONU de faire le pas suivant dans le cadre de cette préparation. »

Il a exprimé l'espoir qu'à l'occasion des entretiens qu'il allait avoir à propos du Soudan au cours des prochains jours, la nécessité de faire avancer le processus de paix d'Abuja serait mise en évidence, ajoutant que le gouvernement d'unité nationale du Soudan s'efforçait de trouver les moyens d'y parvenir.

Faisant valoir que le déploiement d'une force de Casques bleus de l'ONU n'était pas imminente, il a aussi souligné la nécessité d'un renforcement de la force de l'Union africaine actuellement sur le terrain au Soudan, rappelant qu'une force de l'ONU dans ce pays devait nécessairement comporter des soldats africains.

Ã- la question de savoir si les populations du Darfour étaient opposées à l'idée d'un déploiement d'une force de l'ONU, M. Zoellick a répondu : « Je suis allé au Darfour à quatre reprises, et je puis vous assurer que les gens ne sont pas opposés à un renforcement de la sécurité ou à l'instauration de conditions favorables à leur survie. »

Il s'est fait l'écho d'un point soulevé par M. Solana, à savoir qu'il y avait déjà une force de l'ONU au Soudan : la Mission des Nations unies au Soudan. Il s'ensuite que les autorités soudanaises ne sont apparemment pas opposées au principe d'une force de l'ONU. « Elles lient une telle force au processus d'Abuja. J'espère que l'assurance que nous leur avons donnée en ce qui concerne notre attachement à faire avancer le processus de paix d'Abuja nous permettra d'aller de l'avant ensemble », a-t-il dit.

Il a rendu hommage à M. Solana, qualifiant d'« utiles » ses démarches visant à encourager un rapprochement des parties concernées et exprimant l'espoir que le gouvernement soudanais « reconnaîtra qu'il est dans son intérêt de mettre fin à la violence contre son peuple et de garantir que les conditions seront propices à la sécurité non seulement lorsqu'il s'agit d'apporter une aide humanitaire, mais aussi d'appliquer les clauses de l'accord de paix... »

Et d'ajouter : « Si nous faisons pression pour qu'un accord de paix intervienne, il nous faudra au bout du compte créer les conditions permettant un retour des personnes déplacées, et c'est en partie à cela qu'une force de l'ONU pourrait servir.

« Nous considérons que la Mission de l'Union africaine au Soudan a accompli un travail extraordinaire. Je pense qu'on peut mettre ce travail en valeur dans le domaine de la logistique, des renseignements, des communications, de la préparation...

« Mais il faut aussi penser que le Darfour est aussi grand que la France. Imaginez 7.000 personnes essayant d'y garantir la sécurité alors que le cessez-le-feu a été rompu.

« Nous estimons que l'Union africaine a joué un rôle, qu'elle continuera à jouer un rôle important en matière de sécurité et de médiation, mais elle a aussi besoin de notre aide, et c'est pourquoi nous pensons que les États-Unis et l'Union européenne peuvent aider, mais aussi l'ONU. »

Quittant Bruxelles, M. Zoellick devait se rendre à Paris pour représenter les États-Unis à la réunion du « Consortium Soudan » (9 et 10 mars) portant sur l'aide à ce pays.

Mars 2006

Darfour : notre patience a des limites

Le Figaro, 9 mars 2009

 

Par Jack Straw,Secrétaire au Foreign Office, Londres

 

La crise qui sévit au Darfour depuis trois ans a déjà fait entre 70 000 et 400 000 morts. Seul un règlement politique qui en prenne en compte les causes profondes pourra y mettre fin. C'est le but que sont censées poursuivre les parties en présence aux pourparlers de paix actuellement en cours à Abuja, devant qui je me suis exprimé mardi. Le Royaume-Uni soutient ce processus de paix, et j'ai annoncé la semaine dernière que nous dégagerions une enveloppe supplémentaire d'un million de livres à son endroit.

Les précédents pourparlers ont permis quelques avancées. Le protocole humanitaire et de sécurité signé en novembre 2004 jette les bases d'un retour au calme et la déclaration de principes proclamée en juillet 2005, celles d'un futur accord politique.

 

On est encore loin du compte, cependant. Les choses vont trop lentement. Le cessez-le-feu a beau avoir été décrété en avril 2004, l 'échéance du 31 décembre 2005 fixée par le Conseil de sécurité n'a toujours pas été respectée: Nous en sommes aujourd'hui aux septièmes pourparlers de paix.

Les protagonistes ont renié leurs engagements. Ils ont décrété un cessez-le-feu qu'ils n'ont pas observé. Le gouvernement soudanais et les mouvements rebelles le brisent tous les jours. Les attaques se poursuivent, notamment contre les convois des organisations humanitaires et contre la mission de l'Union africaine - ceux-là mêmes qui sont présents sur le terrain pour venir en aide aux civils. Les populations du Darfour continuent de souffrir. Deux millions de personnes sont aujourd'hui massées dans des camps, et les sans-abri et civils déplacés sont encore plus nombreux. Les massacres d'inno­cents se poursuivent. Les enfants meurent, et les femmes et les jeunes filles se font violer.

Les seules personnes qui ont le pouvoir de mettre un terme à ces exactions sont celles qui siègent à la table des négociations à Abuja. Elles doivent en finir avec les marchandages et les gesticulations pour s'atteler enfin à ramener la paix au Darfour. Il faudrait déjà qu'elles se résolvent à :

 

1. Déclarer leurs positions et leurs déploiements, comme elles s'y sont engagées.

2. Respecter le cessez-le-feu. Le gouvernement soudanais est le pre­mier responsable des événements, car il s'est montré incapable d'assurer la sécurité de ses citoyens. II doit mettre fin à ses offensives et reprendre la main sur les milices arabes djandjawids. Mais ce sont les mouvements rebelles qui dernièrement se sont montrés les plus belliqueux. Il faut absolument qu'ils tiennent leurs combattants.

3. Ne plus s'en prendre à la force de l'Union africaine et aux convois humanitaires.

4. Faciliter le travail des organisations humanitaires au lieu de leur mettre des bâtons dans les roues.

5. Traduire en justice les auteurs d'atrocités.

 

Dans le même temps, les parties en présence doivent parvenir à un accord qui mette vraiment un terme au conflit. La communauté internationale est fondée à en douter.

Ainsi, les ministres soudanais siègent à la table des négociations, mais les leaders des mouvements rebelles en sont absents. S'ils veulent vraiment un règlement négocié, qu'ils se rendent à Abuja et donnent pour consigne à leurs négociateurs de transiger. Nous ne pourrons sinon que douter de leur sincérité.

Les parties en présence à Abuja sont maintenant au pied du mur, sous les feux des projecteurs de la communauté internationale. Elles peuvent choisir la voie de la paix: conclure un accord et le mettre en oeuvre sur le terrain. La communauté internationale leur accordera alors aide humanitaire, assistance au développement, concours technique et encouragement politique. Elles peuvent aussi la refuser. Le bilan n'en sera que plus lourd en termes de vies humaines et de misère. Quelle occasion elles auront manquée d'améliorer le sort des populations qu'elles prétendent représenter! Elles-mêmes en subiront les conséquences. La communauté internationale n'est pas disposée à laisser impunis les individus qui se rendent coupables de violations grossières des droits de l'homme ou qui bloquent le processus de paix Nous savons qui ils sont.

La résolution 1591 du Conseil de sécurité des Nations unies prévoit des sanctions à leur encontre. Le Comité des sanctions a déjà dans sa ligne de mire plusieurs membres du gouvernement soudanais et des mouvements rebelles. D'autres noms sortiront. Le Royaume-Uni ne se gênera pas pour dénoncer les coupables et n'exclut pas non plus de faire prononcer par les Nations unies des sanctions plus lourdes, si les parties continuent à traîner les pieds.

 

La Cour pénale internationale, avec le plein soutien du Conseil de sécurité, compte engager des poursuites à l'encontre des responsables des crimes de guerre et des violations des droits de l'homme commis au Darfour. Elle ne manquera pas dans les mois à venir de chercher à déterminer les responsabilités.

La patience de la communauté internationale a des limites. Si les parties tardent à s'entendre, nous devrons bien trouver une autre solution. Les acteurs des pourparlers d'Abuja auront alors beau jeu de mener la danse au détriment des absents, qui n'auront plus guère leur mot à dire.

Nous n'y sommes pas encore. La communauté internationale ne plaisante pas. Les populations du Darfour ont besoin que ces pourparlers de paix aboutissent. Il en va de la responsabilité des parties réunies à Abuja.

Mars 2006

Farouche opposition du Soudan pour des forces internationales au Darfour,

All Africa-com, 5 Mars 2006

La question de la relève de la Force de l'Union africaine au Darfour, déployée depuis 2004 par une Force internationale, n'est pas sans soulever des problèmes.

Le tout premier réside dans l'opposition farouche des autorités soudanaises à cette relève. Le président Omar al-Béchir, qui mène en ce moment une campagne vigoureuse pour empêcher l'arrivée des soldats onusiens, va jusqu'à promettre que le Soudan sera un cimetière pour les troupes étrangères qui s'y aventureraient sans l'accord de son Gouvernement. Mais il faut rajouter que ce ne sont pas les seules autorités qui optent pour un refus aussi catégorique aux pressions onusiennes et américaines en faveur de la relève. L'opposition soudanaise elle-même est unie sur cette question avec le pouvoir, dans un rejet consensuel de toute immixtion des forces internationales dans les affaires du Soudan. C'est en tout cas le point de vue exprimé par Fatima Ahmed Ibrahim, Député communiste, lors de la réunion du Parlement du dimanche dernier, en ces termes : « Nous rejetons catégoriquement toute intervention étrangère, surtout américaine, au Soudan ».

Un autre problème réside dans l'attitude que va finalement adopter l'Union africaine. On sait qu'elle avait, pour diverses raisons, accédé en son temps à la demande soudanaise de choisir comme force d'intervention, des soldats de l'Union Africaine plutôt que des Nations Unies. La solution n'était pas seulement prise pour préserver l'orgueil soudanais ou africain ; elle présentait des avantages pour nombre des chefs d'Etat pour qui ces forces d'intervention africaines étaient de véritables aubaines (recasement de militaires indésirables au pays, retombées financières indirectes pour les pouvoirs, contrôle des situations dans les pays d'intervention, détournement des militaires de la contestation politique..). Mais l'Union africaine pourra-t-elle continuer à faire de la résistance ?

Rien n'est moins sûr. D'abord, parce que dans ce domaine, ce sont les moyens qui parlent, et ces forces de l'Union africaine ont toujours été prises en charge par la communauté internationale qui a de la sorte le dernier mot puisque tenant les cordons de la bourse. Au terme de la mission de la force d'interposition africaine, qui doit intervenir le 31 Mars, l'Union africaine n'aura pas les possibilités de subvenir aux besoins des 7.000 hommes déployés sur le terrain, ce qui naturellement ouvre la porte à la force internationale.

Une autre raison, qui risque d'amener l'organisation panafricaine à céder, c'est qu'elle ne peut pas se prévaloir d'un bilan positif des forces africaines interposées au Darfour. On peut même dire que c'est un échec, un échec qui amène même à relativiser la politique de délégation aux organisations régionales africaines, des missions d'interposition et de maintien de la paix comme en témoignent les clins d'Å"il à certaines puissances en particulier et à des organisations comme l'OTAN pour jouer ce rôle.

Si donc le temps joue objectivement contre la force de l'Union africaine, il faut craindre, et c'est là une autre préoccupation, que la relève annoncée ne débouche sur une situation qui transforme le Soudan en un autre Irak. Les Américains, qui ne sont pas encore remis du traumatisme de la Somalie et qui n'ont pas encore relevé le challenge de l'Irak, sont-ils prêts à affronter un Soudan où la résistance revêtirait les formes qu'on constate en Irak ? La communauté internationale pourra-t-elle taire ses divergences, laisser de côté ses calculs pour maintenir le cap sur l'envoi de troupes internationales au Darfour ?

Ce sont autant de questions lancinantes d'autant plus lancinantes qu'on sait que les pays arabes en général, et la Libye et l'Egypte en particulier, sont fondamentalement opposés au remplacement de la force africaine par une force internationale. Ne sommes-nous pas en effet ici dans un contexte où pourrait s'appliquer la « théorie des dominos » ? Mais il faut souligner que si la ligne dure soudanaise prévalait, la question capitale de l'avenir de la politique d'intervention, sinon de la survie même des Nations Unies, se poserait car elles ne pourraient plus s'inviter dans les crises et continuer dans la « tutélisation » des Etats.

Quoi qu'il en soit, Américains comme communauté internationale en général sont allés beaucoup trop loin pour reculer et les Américains en particulier doivent ménager leur opinion remontée contre ce qui se passe au Soudan. Alors, iront-ils, n'iront-ils ? Les paris sont ouverts.

Mars 2006

Le Sénat américain appelle à une intervention rapide au Darfour

Armées-com, 4 mars 2006,

Le Sénat américain a appelé le président George W. Bush à entreprendre une action rapide face au problème du Darfour (région de l'ouest du Soudan) et a pressé l'OTAN d'envoyer des troupes dans cette région, rapporte vendredi la presse américaine

 

Le Sénat a adopté à l'unanimité jeudi dernier la résolution, qui appelle également le Conseil de sécurité des Nations unies à approuver une mission de maintien de la paix dans cette région soudanaise. "Les Etats-Unis doivent diriger les efforts internationaux pour arrêter la tuerie d'hommes, femmes et enfants innocents au Darfour ", a indiqué vendredi le sénateur démocratique Joseph Biden dans un communiqué.

M. Biden estime que le président Bush doit commencer immédiatement une coordination avec la direction de l'Union africaine (UA) et les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN pour "arrêter la violence en cours au Darfour". "La population du Darfour ne peut plus attendre une force de maintien de la paix des Nations unies dont le déploiement sur le terrain nécessiterait un an", a-t-il ajouté.

Le 17 février, le président Bush avait indiqué que la situation au Darfour exigerait le doublement du nombre des troupes internationales de maintien de la paix dans la région, et qu'il menait des consultations avec d'autres pays en vue de l'envoi de davantage de troupes au Darfour, qui pourraient être placées sous la direction de l'OTAN. Selon des reportages, les hostilités au Darfour ont fait environ 300 000 morts et plus de deux millions de déplacés pendant trois ans. Quelque 7 000 soldats de maintien de la paix de l'UA sont déployés au Darfour depuis 2004, mais ils manquent de fonds et de ressources pour stopper la guerre civile dans cette région soudanaise.

Mars 2006

L'Odyssée du « Palace »

Jeune Afrique, 26 février au 4 mars 2006

Soudan – Khartoum avait acheté un luxueux yacht pour le sommet de l'Union Africaine. Mais le navire est arrivé en retard…Récit d'une galère.

Difficile de le rater. Long de trente-six mètres, large de dix, doté d'une suite présidentielle ultramoderne, des cuisines pouvant nourrir jusqu'à soixante-seize convives et d'un système de communication par satellite très sophistiqué, le yacht acheté par le Soudan pour le VIème sommet de l'Union Africaine (UA), qui s'est déroulé les 23 et 24 janvier, à Khartoum, mouille enfin dans le port de la capitale. Initialement annoncé pour le début du grand raout panafricain, sa mise à l'eau n'a eu lieu que près de deux semaines après la clôture de l'évènement pendant lequel il est resté coincé entre deux immeubles, à une centaine de mètres des eaux du Nil.

Pourtant, le luxueux navire aurait dû être l'atout de charme du président Omar el Béchir, qui briguait la présidence de l'UA. La carte qu'il avait prévu d'abattre pour emporter la conviction de ses pairs ; Une inauguration en fanfare du bateau était même prévue. Mais hélas ! telle l'Arlésienne, le yacht présidentiel, rebaptisé le « Palace » ou « Al-Qasr », n'a pas été au rendez-vous .

Du côté des autorités, ce n'est pas faute d'avoir tout fait pour être prêt en temps et en heure. Mais le convoi exceptionnel chargé d'acheminer le mastodonte acheté l'an dernier en Slovénie pour 4,5 millions de dollars et arrivé par la mer à Port Soudan a eu les plus grandes difficultés à rejoindre Khartoum par la route. Sur les 1200 km du parcours, des immeubles entiers ont dû être rabotés, des arbres coupés et des fils électriques sectionnés pour permettre au navire de passer, plongeant au passage nombre de villages proches de la capitale dans l'obscurité.

Censé montrer une autre image que celle traditionnellement véhiculée à propos du Soudan –celle d'un pays rongé par les guerres civiles - attirer les investisseurs et rompre avec la réputation d'Etat paria qui poursuit le plus vaste pays d'Afrique, le « Palace » a malheureusement perdu de sa superbe. De nombreuses rayures entaillent ses flancs à cause des chocs qu'il a endurés pendant son périple vers la capitale. Au cours de sa lente avancée, le bateau a heurté plusieurs bâtiments et traversé quatre ponts, non sans mal, du fait de ses 172 tonnes. Selon Ibrahim Khalfalla, en charge du transport du navire et responsable de la compagnie de fret Ryckman, « ;le voyage a été difficile…très difficile ». Mais il est confiant, une simple couche de peinture devrait suffire à redonner soin lustre à l'embarcation.

Il lui restera alors à faire oublier l'autre tempête qu'a soulevée son arrivée à Khartoum : son exorbitant prix d'achat. Les journaux, toutes tendances confondues, n'ont pas particulièrement goûté ce qu'ils ont qualifié non sans perfidie, de « jouet à 1 million de dollars ». Et n'ont pas manqué de signaler que le yacht présidentiel n'était rien d'autre que le signe du fossé béant qui s'est creusé entre le peuple et son gouvernement. Certains ont même pris soin de ranger le bateau au sein du patrimoine personnel d'Omar el Béchir : « Le bateau du président », l'ont-ils ainsi rebaptisé.

Le « Juba Post », un quotidien indépendant, a enjoint au gouvernement de faire don du « Palace » à la Croix Rouge. A charge ensuite pour celle-ci de le transformer en hôpital itinérant, explique le quotidien, qui ne manque pas de souligner que « des enfants se prostituent pour pouvoir manger au nord de Khartoum, au moment où le président se livre à un naufrage financier ». Le « Khartoum Monitor », quant à lui, a déploré l'importation d'un luxueux vaisseau pour « ripailler » alors que de simples péniches avaient été utilisées pour ramener dans le Sud les populations déplacées par la longue guerre civile.

Pour l'heure, des incertitudes planent sur l'usage qui sera fait du « Palace », A-t-il seulement un avenir ? Une insistante rumeur rapporte en effet qu'un second yacht présidentiel, encore plus gros et plus luxueux, serait actuellement fabriqué par les chinois.

A court terme, le navire devrait, en tout cas, abriter les agapes du prochain sommet des chefs d'Etat de la Ligue Arabe prévu au mois de mars à Khartoum, comme le laisse entendre Ibrahim Khalfalla : « Le pays est en train de se développer, et nous souhaitons que tous les décideurs qui viennent au Soudan soient aux petits soins. Ce bateau est destiné à nos invités de marque ».

Luc Olinga (avec le New York Times).

Mars 2006


février 2006

ONU
28 février 2006
Soudan : l'inaction du Conseil de sécurité risque de compromettre sa crédibilité

All Africa.com
28 février 2006

Omar Al-Béchir menace de tuer des troupes étrangères 
R.F.I.
25 février 2006
L'ONU désigne des responsables soudanais

Actualités Lyon
24 février 2006

Soudan attaques viols et pillages continuent au Darfour
La Croix
22 février 2006
Au Darfour, l'humanitaire risque l'enlisement
Afrique Centrale Info
22 février 2006
Pas facile de créer une force de l'Onu pour le Darfour
Human right Watch
21 février 2006
Le conflit du Darfour s'étend de l'autre côté de la frontière
Agence Fidés
20 février 2006
La visite du Cardinal Crescenzio Sepe au Soudan : “Toute l'Eglise est avec vous et vous soutient avec foi et charité”
La Croix
20 février 2006
Solidarité le patineur de vitesse américain, double médaillé, va reverser sa prime de victoire pour le Darfour
Africa news
19 février 2006
Joey Cheek, champion olympique, donne son prix aux réfugiés du Darfour
Xinhua net
19 février 2006
Le Soudan rejette l'accusation de génocide au Darfour
Nouvel Observateur
18 février 2006
George W. Bush se prononce pour un rôle de l'OTAN au Darfour

Associated press
18 février 2006

La pression ne se relâche pas
Xinhua Net
18 février 2006
Une délégation du congrès américain se rendra au Soudan pour des entretiens sur le Darfour
FAO
17 février 2006
Soudan: 6,7 millions de personnes ont besoin de l'aide alimentaire
Les plus démunis vivent au Darfour
Jeune Afrique
16 février 2006
Le Soudan est prêt pour le Sommet arabe
CICR
15 février 2006
Le CICR poursuit ses efforts pour accéder à nouveau à toutes les personnes ayant besoin d’assistance
Afrique Centrale Info
15 février 2006
Darfour : l'UA va passer la main
L'Express
15 février 2006
Epidémie de choléra meurtrière dans le sud du Soudan
Libération
15 février 2006
Portrait de Hassan al-Tourabi
Jeune Afrique
15 février 2006
Un hélicoptère de l'armée soudanaise abattu au Darfour
ONU
14 février 2006
Le déploiement d'une force de l'ONU au Darfour au centre de l'entretien Bush/Annan
Le Monde
10 février 2006
Les présidents soudanais et tchadiens signent un accord de paix en Libye
ONU
10 février 2006
Les grandes puissances devront jouer leur rôle pour stopper le carnage au Darfour
ONU
09 février 2006
Kofi Annan exhortent les Etats membres à créer un Conseil des droits de l’Homme avant la fin du mois
All Africa.com
09 février 2006
Accord Tchad-Soudan : Il n'engagera que ceux qui ne l'ont pas signé
Afrique Centrale Info
09 février 2006
Soudan-Tchad : paix ou simple répit dans la crise
XinHua net
09 février 2006
Soudan: Annan espère la participation des Etats-Unis à une opération onusienne au Darfour
L'Express
08 février 2006
Tchad et Soudan s'engagent à surmonter leur différend

IRIN
07 février 2006

Soudan-Tchad : La montée de la violence au Darfour menace les pourparlers de paix d'Abuja
Jeune Afrique
06 février 2006
Réunion à Tripoli sur la tension entre le Tchad et le Soudan
Human rights Watch
05 février 2006
Darfour: Les milices janjaweed attaquent les civils au Tchad
Jeune Afrique
04 février 2006
VI° Sommet de l’Union Africaine 23 et 24 janvier 2006
ONU
03 f"vrier 2006
Soudan : le Conseil de Sécurité demande au Secrétaire général de préparer une force de l’ONU au Darfour
L'Express
03 février 2006
Washington et Londres prônent des casques bleus pour le Darfour
ONU
02 février 2006
Le Conseil de Sécurité débat de l’envoi d’une force des Nations Unies au Darfour
Jeune Afrique
02 février 2006
Les donateurs affectent 484 millions de dollars US au Soudan

All Africa.com
02 février 2006

L'insécurité au Darfour au centre des pourparlers d'Abuja vendredi prochain
US State of department
02 février 2006
M. Robert Zoellick reçoit à Washington Mme Rebecca Garang
Radio Canada
01 février 2006
Washington veut donner priorité au Darfour

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Soudan : l'inaction du Conseil de sécurité risque de compromettre sa crédibilité

Propos du représentant permanent des États-Unis auprès de l'ONU.

Par Judy Aita, correspondante du « Washington File »

New York (Nations unies) - Les États-Unis et les autres membres occidentaux du Conseil de sécurité n'ont pas réussi à voter sur une résolution sanctionnant les Soudanais qui bloquaient le processus de paix ou qui avaient commis des violations des droits de l'homme.

Le représentant permanent des États-Unis, M. John Bolton, qui assure la présidence du Conseil de sécurité pour le mois de février, a déclaré, le 27 février, qu'il avait tenté de faire voter rapidement une résolution visant à faire figurer le nom de ces Soudanais sur la liste des sanctions de l'ONU, mais que plusieurs pays s'étaient opposés à cette mesure. Il a souligné que l'inaction du Conseil de sécurité risquait de compromettre sa crédibilité.

« Les États-Unis, a-t-il dit, ont fait circuler parmi les experts un texte comprenant des éléments du projet de résolution. Je pense qu'il est bon de faire remarquer que les États-Unis ont été le seul pays à être prêt à voter le projet de résolution avant (...) la réunion de l'Union africaine sur la paix et la sécurité, qui doit avoir lieu le 3 mars. »

M. Bolton n'a pas cité le nom des pays opposés au projet de résolution, mais des diplomates qui ont tenu à conserver l'anonymat ont déclaré qu'il s'agissait de la Chine , de la Russie et du Qatar. Les États-Unis, le Danemark, la France et le Royaume-Uni sont tous en faveur de ce texte.

« Divers pays sont opposés à agir pour diverses raisons, mais en pratique je ne vois pas comment nous pourrons adopter la résolution avant la réunion de l'Union africaine si un certain nombre de pays ne changent pas d'avis », a dit M. Bolton à l'issue de la réunion à huis clos du Conseil de sécurité, au cours de laquelle le président de la commission des sanctions pour le Soudan du Conseil de sécurité, M. Adamantios Vassilikis (Grèce), et un groupe de spécialistes ont pris la parole.

« Nous pensons que c'est regrettable, mais ce n'est pas parce que nous n'avons pas tenté d'obtenir une résolution », a-t-il ajouté.

Il y a près d'un an, le Conseil de sécurité a créé par la résolution 1591 un mécanisme de sanctions qui vise à exercer des pressions sur « les personnes qui violent l'embargo sur les armes et qui ne contribuent pas à la mise en place d'un processus de paix efficace au Darfour et à rétablir la sécurité qui ne fait que s'aggraver », a expliqué M. Bolton.

« Il s'agit d'une question politique, a-t-il ajouté. Il s'agit d'exercer une influence politique. Il convient de prendre au sérieux le message de la résolution 1591 (...) Si le Conseil de sécurité n'est pas sérieux au sujet de ce qu'il dit et qu'il n'est pas disposé à prendre des mesures pour persuader les gens de faire ce qu'il dit, sa crédibilité ne manquera pas de diminuer. Il convient d'en considérer les conséquences. »

Dans le rapport qu'il a soumis au Conseil de sécurité en décembre 2005, le groupe d'experts cite dans une annexe confidentielle le nom de 17 personnes qu'il convient, selon lui, de sanctionner pour leurs violations des droits de l'homme et de 5 autres dont il serait bon d'étudier le dossier aux fins d'éventuelles sanctions.

À la mi-février, le magazine américain « The American Prospect » a révélé le nom de ces personnes sur son site Internet, et peu de temps après des agences de presse et des quotidiens ont également diffusé le nom de ces personnes, parmi lesquelles figurent plusieurs hauts représentants du gouvernement soudanais et deux chefs de l'Armée de libération du Soudan.

M. Bolton a indiqué que les membres du Conseil de sécurité s'étaient plaints de la divulgation clandestine de cette annexe confidentielle. « Cette divulgation, a-t-il dit, peut compromettre les travaux du Conseil de sécurité et de la commission. Tant que le Conseil de sécurité ne prendra pas de décision, il est bien évident qu'il n'existe pas de liste de l'ONU. »

Février 2006

Omar Al-Béchir menace de tuer des troupes étrangères 

All Africa com, Kinshasa , 28 Février 2006

Pierre Emangongo

Le président soudanais Omar al-Béchir a averti que le Darfour sera un «cimetière» pour les troupes étrangères qui seraient dépêchées dans cette région de l'ouest du Soudan sans l'accord du gouvernement.

«Nous sommes vivement opposés à toute intervention étrangère au Soudan, et le Darfour sera un cimetière pour les troupes étrangères qui s'y aventureraient», a-t-il dit, cité dimanche par la presse soudanaise et l'Afp. Ces propos interviennent à quelques jours d'une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine le 3 mars 2005 à Addis-Abeba pour statuer sur l'éventuel transfert à l'Onu de la force de paix de l'Ua au Darfour. Si ce Conseil donne son feu vert à ce transfert, la balle sera dans le camp de l'Onu, qui examine ce dossier depuis plusieurs semaines, avec un fort appui de Washington. M. Béchir a, selon l'Afp, également critiqué l'Ua, pour avoir demandé l'aide de l'Onu.

«Les forces de l'Union africaine peuvent quitter le pays si elles estiment avoir échoué dans leur mission», a lancé le président. Le Darfour est le théâtre depuis trois ans, d'un conflit entre des milices appuyées par les forces gouvernementales et des rebelles qui demandent une distribution plus équitable des richesses. La guerre et une grave crise humanitaire ont fait près de 300.000 morts, selon des estimations internationales et 2,4 millions de déplacés et réfugiés.

Depuis 2004, l 'Ua y a déployé une force qui compte environ 7.000 hommes, mais dont l'action a été entravée par le manque de moyens. Sa mission s'achève le 31 mars. Même des membres de l'opposition soudanaise sont opposés à un déploiement de soldats occidentaux au Darfour. «Nous rejetons catégoriquement toute intervention étrangère, surtout américaine, au Soudan», a déclaré Fatima Ahmed Ibrahim, une députée communiste, lors de la réunion du Parlement dimanche.

A noter que le dossier du Darfour et les relations tumultueuses entre le Soudan et le Tchad sont notamment les points qui ont conduit les leaders africains au refus de la candidature de Al Béchir à la présidence rotative de l'Ua lors du dernier sommet de cette organisation panafricaine à Khartoum

Février 2006

L'ONU désigne des responsables soudanais

R.F.I.- Actualités -25 février 2006

  Des experts mandatés par l'ONU pour surveiller la situation au Darfour préconisent de sanctionner plusieurs hauts responsables soudanais. Le rapport, établi en décembre dernier, comprenait une annexe confidentielle avec une liste de personnes susceptibles d'être sanctionnées. RFI a pu s'en procurer une copie. Une première liste énumère les noms de 17 personnes susceptibles d'être sanctionnées immédiatement. Dans une deuxième liste, les experts proposent d'examiner, dans un avenir proche, le cas d'autres personnalités. Et parmi les noms susceptibles de rejoindre la liste, sont cités ceux des chefs d'Etat soudanais et tchadien.

 

Mars 2005, le conseil de sécurité de l'ONU adopte la résolution 1591. Elle prévoit la constitution d'un groupe d'experts sur le Soudan, avec un mandat de six mois. Chargés de faire des recommandations au conseil de sécurité de l'ONU, ces experts doivent notamment aider le conseil à identifier les personnes qui violent l'embargo sur les armes, celles qui font obstacle au processus de paix, violent le droit international ou sont responsables de survols militaires à caractère offensif. A l'issue de son mandat, le groupe a transmis, en décembre, dernier son rapport.

On y apprend tout d'abord que la mission des experts n'a pas été de tout repos : «  à deux reprises (le 21 septembre et le 5 novembre 2005), des membres du groupe se sont trouvés harcelés et détenus par des agents du renseignement militaire soudanais au Darfour. En dehors de graves risques pour leur sécurité physique, ce harcèlement et cette détention de membres du groupe constituent un obstacle grave et inacceptable à son travail. » On découvre également dans ce rapport, sur plusieurs dizaines de pages, une analyse de la situation sécuritaire dans le Darfour. Mais surtout, le groupe d'experts a établi une liste de personnes susceptibles d'être sanctionnées par le conseil de sécurité de l'ONU : 17 noms sont cités. Le document est longtemps resté secret, mais RFI vient de s'en procurer copie.

Une liste de 17 noms

Dans cette liste figurent essentiellement des membres de l'appareil sécuritaire soudanais, du responsable gouvernemental au chef de milice locale. En premier lieu le ministre de l'Intérieur, Elzabier Bachir Taha, qui n'a pas «  utilisé les forces de police pour désarmer les milices non gouvernementales, conformément aux engagements du gouvernement  ». Le ministre de la Défense , le major général Abdel-Rahim Mohamed Hussein. Le comité lui reproche de ne pas avoir désarmé ces mêmes milices, ou de ne pas avoir respecté l'embargo sur les armes. Le puissant Salah Abdallah Gosh, le chef de la sécurité et du renseignement est mis sur la sellette pour l'absence de désarmement des milices mais aussi pour «  sa responsabilité de commandement dans des actes de détention arbitraire, de harcèlement, de torture, de déni d'un procès équitable, des actes commis par des agents de la sécurité nationale et des services de renseignement sous son contrôle au Darfour.» Suivent les noms du directeur des opérations des forces armées soudanaises, du commandant de la région militaire ouest, d'officiers locaux ou de chefs de milice.

Le texte du rapport donne plus de détails sur les raisons qui ont conduit à ce choix. «  Le gouvernement soudanais a violé et continue de violer l'embargo sur les armes » , indiquent les experts, en ayant redéployé au Darfour des armes venant d'autres régions du Soudan, ou en renvoyant dans la région six hélicoptères de combat qui en avaient été retirés initialement. Les enquêteurs de l'ONU affirment avoir recensé plusieurs cas de survols militaires à caractère offensif… ou des attaques frappant rebelles et civils, sans discernement. Le rapport précise également que «  le gouvernement soudanais a lamentablement failli à l'obligation qui lui est faite d'identifier, de neutraliser et de désarmer les groupes de miliciens qui ne font pas partie des forces de sécurité officielles de l'Etat et qui sont sous son influence ou son contrôle », comme l'avait exigé le Conseil de sécurité dans sa résolution 1556.

Grands absents

Il y a plusieurs grands absents sur cette liste. Il n'y a aucun Libyen, ni aucun Erythréen. Les experts reprochent pourtant à l'Erythrée d'avoir entraîné et armé les deux mouvements rebelles du Darfour, le MLS (Mouvement de Libération du Soudan) et le MJE (Mouvement pour la Justice et l'Egalité) : «  Selon des sources indépendantes et selon le gouvernement soudanais, l'Erythrée a fourni des armes, un appui logistique, une formation militaire et un appui politique aussi bien au MJE qu'à l'ALS [la branche armée du MLS] le MJE et l'ALS ont bénéficié d'une formation dans un certain nombre d'anciens camps de la SPLA en Erythrée, sur la frontière entre les deux pays, entre 2003 et 2004. » Accusations également contre la Libye. Il est question de transit d'armes, de cargaisons réceptionnées à Al Koufra par des rebelles du MLS et du MJE. Mais également de fourniture d'équipement : «  Le groupe a pu vérifier auprès de diverses sources fiables que la faction de l'ALS dirigée par Minni Minawi avait reçu 35 véhicules Land Cruiser d'un membre d'un des services de sécurité libyen, en juillet 2005. D'après au moins un témoin et une source confidentielle, la cargaison comprenait des uniformes et des munitions. Le groupe a également reçu des informations crédibles selon lesquelles Minni Minawi aurait reçu une soixantaine de véhicules Land Cruiser de la Jamahiriya arabe libyenne au moment où se tenait le Congrès de Haskanita, en novembre 2005  ». Impossible cependant, pour les experts, de dire s'il s'agit d'un soutien officiel, ou de l'initiative d'officiers isolés.

Côté rebelle, seuls trois commandants du MLS sont montrés du doigt. Aucun membre du MJE. Le rapport indiquait pourtant que «  les forces rebelles, à savoir les membres de l'ALS et du MJE, étaient, elles aussi, responsables de graves violations des instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme et du droit international humanitaire, pouvant être considérées comme des crimes de guerre  », ou encore un peu plus loin «  à des degrés divers, toutes les parties ont eu recours à la torture, porté atteinte à la dignité des personnes et infligé des traitements cruels, inhumains ou dégradants à des personnes qui ne participaient pas, ou qui ne participaient plus au conflit . » Dans le rapport, les experts disaient aussi avoir réuni des informations sur le recrutement et l'emploi d'enfants soldats par le MLS et le MJE.

A vrai dire, les deux chefs concurrents du MLS, Minni Arkou Minawi et Abdulwahid Nur sont « en sursis ». Dans ses recommandations, le rapport dit que s'ils continuent à refuser de prendre les mesures qui s'imposent pour se réconcilier, « le comité devrait surveiller leurs agissements et envisager de leur imposer les mesures ciblées  ». Abdulwahid et Minawi font tous les deux parties d'une deuxième liste confidentielle, celle des personnalités qui pourraient rejoindre la liste des « sanctionnables » dans un deuxième temps.

 

Les responsabilités de Bechir et Déby

Ce deuxième document (lui aussi confidentiel) est pour le moins intéressant. Les experts n'hésitent pas à y faire figurer le nom du président soudanais, Omar El-Bechir, responsable en tant que chef de l'Etat et chef de l'armée, du non désarmement des milices. Les experts suggèrent également que le comité des sanctions se penche sur le nom d'Idriss Déby, le président tchadien, accusé de «  soutenir les groupes dissidents du MJE qui entravent le processus de paix  », comprenez, le MNRD de Jibril Abdel-Karim Tek, mis sur pied  le 17 avril 2004 et le Commandement révolutionnaire sur le terrain de Mohammed Saleh Arba, lancé un an plus tard, en avril 2005.  

Les experts expliquent par exemple que Mohammed Saleh Harba «  aurait créé le commandement révolutionnaire sur le terrain (…) après y avoir été encouragé par le Tchad. Le Tchad a par la suite essayé, sans succès, d'associer le commandement révolutionnaire aux négociations d'Abuja en tant que représentant légitime du MJE. Les représentants du mouvement affirment que Mohammed Saleh a reçu six véhicules Land Cruiser, des armes et des munitions du Tchad, en avril 2005. Mohammed Saleh continue de voyager entre le Darfour et le Tchad, bien que le gouvernement tchadien prétende avoir délivré un mandat d'arrêt à son encontre.  »

La direction du MJE avait accusé à chaque fois le pouvoir tchadien d'être à l'origine de ces deux scissions, en raison des relations houleuses d'Idriss Déby et du président du MJE, Khalil Ibrahim. Certains membres de l'opposition tchadienne avaient repris les mêmes accusations. Les experts de l'ONU apportent après-coup un poids supplémentaire à ces accusations.

La présidence tchadienne se refuse pour l'instant à tout commentaire sur cette liste. Côté soudanais, le ministre de l'Intérieur a répondu en accusant les Etats-Unis de chercher à déstabiliser la police et les forces armées soudanaises pour mieux prendre le contrôle du pétrole soudanais. Selon lui, c'est le nom du président américain George Bush qui devrait figurer sur cette liste. Elzabier Bashir Taha a accusé les Etats-Unis d'avoir une attitude « néo-coloniale » .

Février 2006

Soudan attaques viols et pillages continuent au Darfour

Actualités Lyon, 24 février 2006

Attaques, viols et pillages continuent au Darfour, selon la mission de l'ONU au Soudan. Selon la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS), les forces armées soudanaises, appuyées par les miliciens, continuent d'attaquer les populations civiles du Darfour, de violer les femmes, de piller et de brûler les villages, a rapporté aujourd'hui le porte-parole du Secrétaire général. La Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) affirme qu'à la suite des incidents déjà signalés hier dans le nord du Darfour, quatre autres villages auraient été attaqués aujourd'hui. Des soldats auraient pillé et incendié des logements et des propriétés et violé une jeune femme, selon la MINUS. Au Soudan les attaques viols et pillages continuent au Darfour.

« Selon la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS selon son acronyme anglais), quatre villages du Nord du Darfour ont été aujourd'hui attaqués, des soldats auraient pillés et brûlés les maisons et violé une femme », a rapporté aujourd'hui Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU à New York.

« L'UNMIS a reçu des informations selon lesquelles les forces armées, appuyées par les miliciens, ont attaqué un village situé dans le nord de la région. Ils s'en sont pris à la place du marché et détruit l'alimentation en eau, tuant au passage de nombreux animaux », avait informé hier le porte-parole.

« D'autres informations font état d'une attaque contre un second village, Al Amin, situé dans le nord du Darfour, où la place du marché a été mise à sac et des huttes brûlées », indiquait encore Stéphane Dujarric.

« En outre, un véhicule de l'Union africaine a été volé lundi par des hommes armés non identifiés », ajoutait-il.

« Dans de nombreuses régions du Darfour, les meurtres et les viols continuent et les gens fuient par milliers. Il y a aujourd'hui 2 millions de déplacés et 3 millions de personnes, soit la moitié de la population du Darfour, ne survivent que grâce à l'aide internationale. Bien des endroits deviennent trop dangereux pour que les agents humanitaires puissent s'y aventurer », avait rappelé le Secrétaire général le 25 janvier dernier.

La dégradation de la situation au Darfour est telle que le passage d'une force de l'Union africaine à une opération des Nations Unies est désormais inévitable, affirme le Secrétaire général dans une tribune au Washington Post le 25 janvier dernier où il appellait le Conseil de sécurité à « rapidement prendre une décision ferme ». « Je voudrais pouvoir dire aujourd'hui que tous les efforts accomplis […] ont porté leurs fruits, que le Darfour est en paix et sur la voie du relèvement ». « Hélas, il n'en est rien », déclare le Secrétaire général dans une tribune sur la situation au Darfour, publiée aujourd'hui dans le quotidien américain « The Washington Post ». « Dans beaucoup de parties du Darfour, les meurtres et les viols continuent et les gens fuient par milliers. Il y a aujourd'hui 2 millions de déplacés et 3 millions de personnes, soit la moitié de la population du Darfour, ne survivent que grâce à l'aide internationale. Bien des endroits deviennent trop dangereux pour que les agents humanitaires puissent s'y aventurer », rappelait Kofi Annan.

Constatant que les forces de l'Union africaine sont trop peu nombreuses sur le terrain - 5.000 soldats et 2.000 policiers et observateurs militaires pour un territoire de la taille du Texas – pour protéger la population, le Secrétaire général avait plaidé pour « le passage d'une force de l'Union africaine à une opération des Nations Unies au Darfour ».

Répondant à cet appel, le Conseil de sécurité avait demandé au Secrétaire général, le 3 février dernier, d'établir un plan d'urgence présentant diverses options dans la perspective d'une transition de la mission de l'Union africaine au Darfour à une opération des Nations Unies.

Février 2006

Au Darfour, l'humanitaire risque l'enlisement

Jérôme Larché, responsable de la mission Soudan pour Médecins du Monde

Roger Brunet, Journaliste

La Croix , 22 février 2006

Médecins du Monde demande solennellement aux parties en conflit de respecter le droit international humanitaire et celui relatif aux droits humains des populations du Darfour

A quelques exceptions près, le drame humain du Darfour n'intéresse plus les médias. Pourtant, malgré l'adoption d'une série de résolutions adoptées par le Conseil de sécurité, Médecins du monde constate depuis septembre 2005 une dégradation constante du contexte politique et sécuritaire dans le Sud-Darfour. L'éclatement du principal groupe rebelle, le Mouvement de libération du Soudan (SLM/A) et la formation de nouvelles alliances risquent en effet d'aboutir à une multiplication des groupes armés et à la surenchère d'une ligne dure contre le pouvoir central.

Dans ces conditions d'intervention extrêmement difficiles, l'aide humanitaire ne permet toujours pas d'assurer le minimum décent aux personnes déplacées. Les conséquences de cette dégradation se révèlent dramatiques pour les populations les plus vulnérables, et tout particulièrement les femmes et les enfants, premières victimes de cet «enfer sur terre», selon la formule du secrétaire général des Nations unies.

Le Darfour comporte aujourd'hui de nombreux camps pour accueillir les populations déplacées, chassées par les milices janjawids (milices arabes soutenues par les autorités de Khartoum). Le camp de Kalma situé près de Nyala, la capitale du Sud-Darfour, est le plus vaste d'entre eux. Il accueille officiellement près de 90 000 personnes déplacées, et est devenu une véritable zone franche humanitaire, encadrée socialement par des cheikhs très critiques vis-à-vis des autorités qui n'assurent pas la sécurité de leurs conditions de vie. Protégé partiellement par une mission de l'Union africaine (cantonnée à un rôle d'observateur du cessez-le-feu), le camp de Kalma devient chaque jour un peu plus instable. Médecins du monde y constate l'augmentation des tensions issues de la multiplication des violences et des exactions, notamment contre les femmes et les jeunes filles, victimes de violences sexuelles.

Dans un environnement d'insécurité permanente, sans autre perspective qu'une dépendance totale à l'égard de l'aide humanitaire, l'accès aux soins de ces populations extrêmement vulnérables est une des conditions essentielles de leur survie. L'intensification de la violence compromet chaque jour davantage le mandat des acteurs humanitaires dont la mission est d'assurer cet accès aux soins.

Médecins du monde a établi depuis juillet 2004 un programme de soins de santé primaire dans les camps de Kalma et de Dereig, et s'efforce d'adopter une stratégie communautaire, en soutenant notamment la volonté des femmes de Kalma de consolider et de créer de nouveaux liens sociaux au sein de leur propre communauté. Les consultations médicales menées par Médecins du monde reflètent une augmentation de pathologies directement : liées à la dégradation des conditions de vie (diarrhées, malaria, pathologies respiratoires), touchant de façon prépondérante les enfants.

L'exercice de ce mandat médical humanitaire, nécessaire pour les personnes déplacées, est désormais gravement menacé par un contexte géopolitique explosif. D'un côté une aggravation de la violence incontrôlable en l'état actuel entre les parties en conflit au Darfour, de l'autre une déstabilisation inquiétante du pouvoir tchadien voisin, soumis à son tour à de très graves risques d'implosion. Le cauchemar d'un enchaînement vers une déstabilisation régionale commence à se faire jour, avec un possible embrasement sur fond de tragédie humanitaire. Médecins du monde demande solennellement aux différentes parties en conflit de respecter le droit international humanitaire et celui relatif aux droits humains des populations du Darfour. L'or ganisation rappelle également avec insistance le principe de distinction entre combattants et populations civiles, constamment violé depuis le début du conflit, et demande aux Nations unies de prendre ses responsabilités pour protéger efficacement. les populations contre les exactions dont elles sont encore victimes. Il est également demandé à la communauté internationale de poursuivre activement la recherche d'un règlement politique à ce conflit. Un conflit qui a déjà fait plus de 300 000 morts et plus de 2 millions de déplacés (1), et qui s'enlise chaque jour un peu plus, dans la violence et l'oubli.

 

(1) Rapport de la commission du développement international de la Chambre des communes du 16 mars 2005 (Darfur, Sudan : The responsibility to protect, 5. report of session 2004-2005), Volume I, p. 7

(voir - www.publications.parliament.uk ).

Février 2006

Pas facile de créer une force de l'Onu pour le Darfour

Afrique Centrale Info, 22 février 2006

Les Etats-Unis doutent maintenant de parvenir à faire créer par le Conseil de sécurité de l'Onu avant la fin du mois une force de l'Onu au Darfour, a indiqué mardi le département d'Etat.

"Je ne suis pas en mesure de vous promettre qu'une résolution sera présentée la semaine prochaine", a déclaré le porte-parole adjoint du département d'Etat Adam Ereli (photo), en ajoutant que même si le Conseil de sécurité ne se prononçait pas avant la fin février, "les Etats-Unis continueront à galvaniser les efforts internationaux pour obtenir la paix au Darfour".

Le président américain George W. Bush avait préconisé vendredi pour le Darfour une force de paix onusienne soutenue par l'intendance de l'Otan et comprenant environ le double des effectifs de 7.000 hommes actuellement déployés sur place par l'Union africaine.

Lundi l'ambassadeur américain à l'Onu John Bolton, qui préside les travaux du Conseil de sécurité en février avait annoncé qu'il venait de présenter aux Quinze, des éléments d'un projet de résolution, et qu'il espérait qu'il puisse être adopté avant la fin du mois.

La semaine dernière, le chef de la diplomatie américaine Condoleezza Rice avait indiqué que le projet de force au Darfour était retardé par l'absence d'une demande formelle d'assistance de l'Union africaine, dont les troupes actuelles au Darfour formeraient le noyau de la future force onusienne.

Des responsables du département d'Etat on aussi indiqué que le projet était aussi suspendu aux résultats d'une mission de l'Onu qui examine actuellement au Soudan quels seraient les besoins logistiques des Casques bleus. "Ils traînent un peu les pieds et nous devenons impatients" a déclaré un responsable américain sous couvert d'anonymat.

Février 2006

Le conflit du Darfour s'étend de l'autre côté de la frontière

L'ONU et l'Union Africaine doivent protéger les civils des attaques

Human Right Watch   ( New York , le 21 février 2006)

es milices janjaweed et les groupes rebelles tchadiens soutenus par le gouvernement soudanais mènent des attaques transfrontalières sanglantes dans des villages situés à l'Est du Tchad, a déclaré Human Rights Watch dans un nouveau rapport publié aujourd'hui. Human Rights Watch a appelé la Mission de l'Union africaine au Soudan à patrouiller de façon plus active autour des points stratégiques qui jalonnent la frontière tchadienne. Il s'agit de dissuader d'éventuelles attaques contre les populations. Le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait également autoriser de toute urgence le remplacement de la force de l'Union Africaine au Darfour par une mission de l'ONU. Le rapport de 15 pages, Darfur Bleeds: Recent Cross-Border Violence in Chad (« Le Darfour saigne : les récentes violences transfrontalières au Tchad »), basé sur une enquête de Human Rights Watch dans l'Est du Tchad en janvier et février derniers, rapporte une augmentation alarmante des attaques contre les civils au Tchad. Elles sont perpétrées, avec l'appui du gouvernement soudanais, par les milices janjaweed et les groupes rebelles tchadiens. Ces derniers opèrent depuis des bases situées dans les régions du Darfour contrôlées par le gouvernement soudanais. Les troupes et les hélicoptères de combat du gouvernement soudanais ont, à certains moments, soutenu ces attaques transfrontalières dans l'Est du Tchad. Le gouvernement soudanais apporte son soutien à plusieurs groupes rebelles tchadiens, notamment en leur donnant refuge sur son territoire. « Le gouvernement soudanais exporte de façon active la crise du Darfour vers son voisin en soutenant matériellement les milices janjaweed et en se gardant de les désarmer ou de les contrôler », affirme Peter Takirambudde, le directeur de la Division Afrique à Human Rights Watch. « Les milices janjaweed sont en train de faire au Tchad ce qu'ils font au Darfour depuis 2003 : tuer des civils, incendier des villages et voler le bétail, et ce au cours d'attaques aux relents ethniques ». Les forces soudanaises sont directement impliquées dans les récentes violences survenues dans le pays, selon des témoins interviewés par Human Rights Watch dans l'Est du Tchad. Les troupes et les hélicoptères de combat soudanais auraient, par exemple, soutenu une attaque des milices janjaweed vers l'autre côté de la frontière, dans la région de Goungor, à deux reprises, au début du mois de décembre. En raison de ces violences, le Tchad compte aujourd'hui des dizaines de milliers de déplacés à l'intérieur de son territoire. La plupart des victimes appartiennent aux groupes ethniques dajo et masalit, groupes ethniques non arabes, qui sont la cible systématique des milices janjaweed au Darfour. Les arabes tchadiens qui résident le long de la frontière semblent être épargnés par les attaques mais certains ont quitté leur maison pour trouver refuge au Soudan, apparemment par crainte de représailles dans cette région tendue sur le plan interethnique. Human Rights Watch fait également part d'un nouvel afflux, au Tchad, de réfugiés du Darfour ne pouvant plus survivre dans les camps de personnes déplacées de Mornei et Misterei au Darfour occidental. Ces réfugiés, chassés de chez eux par le gouvernement soudanais et le «nettoyage ethnique » pratiqué par les milices janjaweed depuis 2003, subissent encore des violences même après avoir fui vers les camps de réfugiés. Les attaques lancées par les milices janjaweed contre les habitants des camps, et contre toute personne s'aventurant à l'extérieur de ces derniers, les ont forcés à fuir de nouveau, vers le Tchad cette fois-ci. L'insécurité permanente qui règne dans l'Est du Tchad a pour conséquence immédiate le déplacement de civils : 30 000 tchadiens ont fui leurs maisons le long de la frontière en raison des violences récentes. Human Rights Watch a visité Koloy, un village qui était habité par 1904 personnes avant le conflit mais qui accueille maintenant entre 10 000 et 12 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays, nombre d'entre elles à la recherche d'un refuge depuis décembre. Human Rights Watch a été informé du cas de civils attaqués alors qu'ils retournaient dans leurs villages pour cueillir des légumes dans leurs champs et jardins. Le manque de nourriture va devenir problématique si les réfugiés se voient encore refuser l'accès à leurs villages. L'eau est déjà un problème : lors de la visite de Human Rights Watch, le seul puit de Koloy était presque à sec. Le nombre d'attaques a augmenté sensiblement depuis décembre avec, pour conséquence, des douzaines de morts parmi les civils et le déplacement de dizaines de milliers de personnes supplémentaires. Human Rights Watch a de nouveau fait appel au Conseil de sécurité des Nations Unies pour qu'il remplace d'urgence la force de l'Union africaine par une mission de l'ONU. Cette mission devrait être clairement et fermement mandatée pour protéger les civils, par la force si nécessaire. Human Rights Watch a aussi demandé au Conseil de sécurité des Nations Unies d'inscrire sur la liste des personnes soumises à l'interdiction de voyager et à d'autres sanctions préconisées par le comité des sanctions de l'ONU les chefs janjaweed Hamid Dawai et Abdullah Shineibat, ainsi que d'autres individus publiquement désignés comme responsables d'attaques commises sur des civils au Tchad. « Les gouvernements soudanais et tchadien, la Mission de l'Union africaine au Soudan et la communauté internationale doivent faire plus pour garantir la sécurité de la population dans la région frontalière et prévenir l'expansion du « nettoyage ethnique » à l'intérieur du Tchad », a ajouté Takirambudde. « Les civils doivent être protégés des attaques orchestrées par le gouvernement soudanais, les rebelles tchadiens et les milices janjaweed ».

Février 2006

La visite du Cardinal Crescenzio Sepe au Soudan : “Toute l'Eglise est avec vous et vous soutient avec foi et charité”

Agence Fides, Vatican, 20 février 2006

Le Card. Crescenzio Sepe, Préfet de la Congrégation pour l'Evangélisation des Peuples, poursuit sa visite pastorale au Soudan. Samedi 18 février il a visité le camp des réfugiés de Jabarona et a donc rencontré les Catéchistes de l'archidiocèse de Khartoum. “Sans votre contribution, peut-être que l'histoire de l'Eglise au Soudan serait très différente aujourd'hui - a dit le cardinal aux catéchistes -. Effectivement, sans la participation active de tant de catéchistes, des responsables laïcs, et des hommes et des femmes de foi profonde vous ne récolterez pas les fruits des semences que les missionnaires planteront dans cette région. Alors que je vous y encourage, je désire aussi saisir cette opportunité pour vous inviter aujourd'hui à continuer à “donner vos mains et vos coeurs au Christ, et à garantir la poursuite de cette mission”. Dans son discours le Card. Sepe a souligné en particulier deux thèmes, l'identité du catéchiste et son rôle dans l'Eglise et dans le monde “votre rôle dans l'Eglise et dans le monde consiste à être sel et levain, et à travers l'exemple de votre vie, à renouveler constamment et améliorer la vie de tout ceux qui entrent en contact avec vous”.

La dernière rencontre de samedi 18 février était réservée aux évêques soudanais, guidés par Son Exc. Paolino Lukudu Loro, Président de la Conférence épiscopale du Sudan, en présence du Cardinal Gabriel Wako, archevêque de Khartoum, et du Nonce apostolique Son Exc. Dominique Mamberti. Le Card. Sepe a dit aux évêques soudanais être venu parmi eux pour montrer la solidarité du Pape et la préoccupation de l'Eglise “pour la situation déplorable que vous avez rencontrée dans votre ministère pastoral”. “Je veux vous assurer que le Saint-Père suit avec une attention particulière tout ce qui se passe et continue de prier pour votre nation qui a souffert d'une série de régressions dans divers aspects de la vie à cause de la haine, la guerre et l'extrémisme religieux. Oui toute l'Eglise est avec vous et vous soutient avec la foi et avec la charité”.

Dimanche 19 février le Préfet du dicastère missionnaire a rencontré des prêtres, des religieux, des religieux et des laïcs dans la cathédrale de Khartoum : il a exprimé leur profonde gratitude pour la grande contribution qu'ils ont offert et continuent à offrir “pour la crossance de l'Eglise dans ce pays, malgré la longue guerre civile qui a paralysé le progrès dans divers secteurs”. Dans son discours, le cardinal s'est arrêté sur le thème de la mission permanente au service du Règne de Dieu : “Vous avez besoin de relancer et donner un nouvel élan à votre engagement missionnaire dans l'Eglise au Soudan et dans la société dans son ensemble, où il y a un besoin urgent de renouvellement et de reconstruction” a souligné le cardinal Sepe en proposant certaines valeurs indispensables à tenir présentes : “la mission de l'Eglise guidée par la Charité , s'est enracinée dans l'union à Dieu, se réalise dans l'unité et la communion, a besoin d'une coordination de l'activité pastorale”.

Dans l'après-midi le Cardinal a présidé l'ordination au diaconat de Silvestro Mogga Alexander, au Comboni Playground.

(S.L.)(Agenzia Fides)

Février 2006

Solidarité le patineur de vitesse américain, double médaillé, va reverser sa prime de victoire pour le Darfour

Joey Cheek, un champion pour le Darfour

La Croix , 20 février 2005, de l'un de nos envoyés spéciaux

« Je me suis toujours intéressé à l'histoire et à la politique. Je regarde aussi souvent la BBC et CNN Europe. Comme beaucoup de gens, j'ai donc entendu parler du Darfour. J'ai entendu mon gouvernement, celui des États-Unis, parler de génocide à propos de ce qui se passait là-bas. Je me disais: c'est terrible mais qu'est-ce que je peux y faire, moi, en étant si loin ?» C'était samedi soir à la patinoire Oval-Lingotto de Turin. Deux heures plus tôt, Joey Cheek, un Américain de 26 ans, avait remporté la médaille d'argent du 1000 mètres en patinage - de vitesse. Une belle, performance cinq jours après avoir décroché la médaille d'or; sur 500 mètres .

Samedi soir, davantage que de ses médailles, Joey Cheek parlait encore et toujours du Darfour. De cette région du Soudan en proie à une crise humanitaire dramatique, conséquence d'un conflit entre des tribus sédentaires d'origine africaine et des tribus arabes nomades soutenues par le pouvoir de Khartoum. Le Darfour, ce conflit oublié qui, en trois ans, a fait entre 180 000 et 300 OOO morts et provoqué le déplacement de deux millions de personnes. Ce drame humanitaire sans images pour lequel les ONG ont tant de mal à mobiliser les donateurs.

Lundi, après sa victoire sur 500 mètres , Joey Cheek avait annoncé qu'il allait reverser sa prime de victoire olympique, soit 25 000 dollars, pour aider les habitants du Darfour. Il avait alors précisé que la somme serait attribuée à une organisation, Right to play, fondée par Johann Koss, un patineur de vitesse norvégien, triple champion olympique aux Jeux de Lillehammer. En fin connaisseur de la manière dont fonctionne la communication dans un événement mondial comme les Jeux olympiques, Joey Cheek avait aussi invité ses sponsors et les entreprises soutenant les Jeux à donner une somme équivalente à la sienne. « Les retombées ont été incroyabl es, explique le patineur américain. J'ai reçu des centaines de courriers électroniques de tous les États-Unis de gens qui voulaient faire un don ou s'informer de ce qui se passait là-bas: De très nombreuses entreprises ont aussi donné de l'argent. »

Sur son site Internet, l'association Right to play indique avoir déjà reçu 3.millions de dollars à la suite de l'appel lancé par Joey Cheek, qui explique simplement ses motivations. «Lorsque j'ai gagné ma médaille d'or, j'ai pensé à tous les gens qui m'ont aidé à en ar river là, à ma famille, mes amis. Et je me suis dit que la meilleure façon de les remercier, c'était d'aider des gens qui ont besoin d'autre chose que d'une médaille, juste de la nourriture et des médicaments.»

Samedi, l'autre héros à l'a patinoire Lingotto, c'était Shani Dav is, médaille d'or sur 1000 mè tres . Une victoire qui, elle aussi, dépasse le simple cadre du sport. Cet Américain de 23 ans est en effet le premier Noir à remporter une épreuve individuelle aux jeux olympiques d'hiver Vonetta Flowers était montée sur la plus haute marche du podium à Salt Lake City en 2002 mais c'était en bobsleigh à deux.

Élevé par sa mère, Shani Davis a grandi dans les quartiers sud de Chicago,. un endroit où le patinage de vitesse, sport mineur et plutôt prisé par les classes blanches moyennes ou aisées, ne fait guère rêver les gamins. Leur truc à eux, c'est plutôt de devenir le nouveau Michael Jordan, la star multimillionnaire de 1a ville et de tout le basket américain. A l'âge de 6 ans, malgré les sarcasmes de ses copains, Shani Davis a malgré tout choisi de se lancer dans le patinage de vitesse sur les conseils d'un avocat, chez lequel travaillait sa mère et dont le fils pratiquait cette discipline. «Dès que j'ai commencé à patiner, j'ai dit à mes copains que je voulais gagner un jour le 1000 mètres », assure Shani Davis, qui reste prudent sur «l'avancée sociale» que pourrait représenter sa victoire aux États-Unis. «Cela pourrait être une avancée s'il s'agis sait d'un sport davantage reconnu au sein de ce que nous appelons les minorités. Enfin, peut-être que cela fera bouger les choses. Tout dépendra de la réaction des gens aux États-Unis, s'ils sont heureux de voir un Noir devenir champion olympique de patinage de vitesse. Moi, finalement, ce n'est pas mon affaire. Ce qui m'importe, c'est d'être le meilleur et être reconnu pour ce que je fais. Et pas à cause de la couleur de ma peau. »

Pierre Bienvaut

Février 2006

Joey Cheek, champion olympique, donne son prix aux réfugiés du Darfour

(Ce don s'élève à 25.000 dollars et le médaillé d'or américain demande aux sociétés qui patronnent les jeux Olympiques de faire un don équivalent.).

Par Helen I. Rouce, Rédactrice du " Washington File "

Africa news report, 19 février 2006

Washington - Le patineur de vitesse américain Joey Cheek , qui a remporté la médaille d'or à l'épreuve des 500 mètres de patinage de vitesse aux jeux Olympiques de Turin, se servira de l'argent qu'il va recevoir en prix pour aider des réfugiés africains.

L'athlète a surpris beaucoup de monde lorsqu'il a annoncé qu'il ferait don à une organisation caritative des 25.000 dollars que le Comité olympique américain allait lui remettre pour avoir remporté la médaille d'or, de façon à aider les réfugiés du Darfour à l'ouest du Soudan.

" Dans la région du Darfour, des dizaines de milliers de gens ont été tués. Mon gouvernement a qualifié cette situation de génocide, et je vais donner de l'argent explicitement à un programme pour aider les réfugiés soudanais au Tchad, pays où se trouvent plus de 60.000 enfants soudanais qui ont dû fuir leur pays ", a-t-il expliqué aux journalistes lors d'une conférence de presse organisée après l'épreuve, exhortant les sociétés qui parrainent les jeux Olympiques à faire don d'une somme équivalente.

C'est l'organisation " Right to Play " qui recevra l'argent. Appuyée par d'anciens olympiens, para-olympiens et athlètes du monde entier, cette organisation dirigée par Johann Olav Koss, un patineur de vitesse norvégien de renommée mondiale, met le sport au service du développement, de la santé et de la paix.

Selon un article paru dans le Washington Post, lorsqu'il était adolescent, Joey Cheek admirait le patineur norvégien qui avait lancé un mouvement caritatif auquel participeraient des athlètes en faisant don des prix qu'il avait remportés lors des jeux Olympiques d'hiver de 1994, à Lillehammer (Norvège). L'objectif était d'acheter de l'équipement de sport pour les enfants d'Érythrée, dont le pays était déchiré par la guerre.

Le patineur américain a émis l'espoir d'être en mesure de mettre sur pied des programmes pour aider les personnes déplacées au Soudan " si jamais ce pays retrouvait sa stabilité ".

" Je ressens un sentiment d'accomplissement en pensant à d'autres plutôt qu'à moi-même. Ce que je fais me donne beaucoup de plaisir. J'adore ce que je fais. C'est un boulot extraordinaire. Je suis allé dans tous les pays du monde et j'ai rencontré des amis sensationnels. Mais, honnêtement, ce que je fais est un peu ridicule: je glisse sur des patins revêtu d'une combinaison collante.

" Je me suis entraîné toute ma vie pour cela, et ce n'était pas trop dur. Et, parce que j'ai bien patiné, et aussi parce que je sais que j'ai le microphone pendant deux secondes, j'ai la possibilité, peut-être, de faire prendre conscience, de recueillir un peu d'argent et avec un peu de chance de lancer quelques enfants sur la voie qui m'a été offerte ", a-t-il expliqué.

Le Comité olympique des États-Unis récompense l'athlète qui remporte une médaille d'or aux jeux Olympiques par un prix de 25.000 dollars, une médaille d'argent par 15.000 dollars et une médaille de bronze par 10.000 dollars.

Février 2006

Le Soudan rejette l'accusation de génocide au Darfour

Xinhuanet, 19 février 2009

Le Soudan a rejeté samedi l'accusation faite par la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, selon laquelle le génocide a eu lieu dans la région de Darfour, ouest du Soudan.
" L'accusation est injuste et contredit tous les rapports publiés par les organisations régionale et internationale dont les Nations Unies", a indiqué le ministre soudanais des Affaires étrangères dans un communiqué.
Le Soudan ne cédera pas à la pression, et est sérieux sur la conclusion d'un règlement pacifique avec les rebelles du Darfour par les négociations, qui se tiennent actuellement à Abuja, capitale nigériane.
Mme Rice, dont le pays assume la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU ce mois-ci, a répété l'accusation jeudi que le génocide s'est poursuivi au Darfour, disant que les efforts américains visant à faire adopter une résolution de l'ONU pour remplacer la force de l'Union africaine (UA) au Darfour avec une mission de maintien de la paix de l'ONU sont déployés en attendant une demande de l'UA.
Le président américain George W. Bush et le secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer ont discuté des moyens de répondre à la détérioration de situation au Darfour vendredi, deux jours après la réunion de Bush avec le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan sur le même problème.
Le conseil de paix et de sécurité de l'UA prendra une décision finale début mars mais le conseil est d'accord "en principe" sur le relais de l'opération de maintien de la paix par l'ONU au Darfour où des milliers de personnes sont mortes dans le conflit qui a duré trois ans.
Se modifiant de son ancien refus d'accepter la présence des troupes non-africaines au Darfour, le Soudan a montré des signes d'adoucir sa position vers une transition à une force de l'ONU.

Février 2006

George W. Bush se prononce pour un rôle de l'OTAN au Darfour

Le Nouvel Observateur, 18 février 2006

Le président américain George W. Bush a estimé vendredi qu'il faudrait "probablement doubler" la force internationale déployée dans la province soudanaise du Darfour pour solutionner la crise et s'est prononcé en faveur d'une participation de l'OTAN.
Les Nations unies se préparent à envoyer des Casques bleus et à prendre le contrôle de la force de l'Union africaine, composée de 7.000 hommes, qui n'a pas réussi à endiguer la violence au Darfour.
Le conflit qui sévit dans cette vaste région de l'ouest du Soudan a fait plus de 180.000 morts et deux millions de déplacés depuis 2003. Le gouvernement de Khartoum est accusé d'avoir lancé des milices arabes, les janjawid, contre les populations civiles noires de la région. Un cessez-le-feu a été conclu en avril 2004 mais il n'est pas respecté.
" La stratégie visait à encourager les troupes de l'Union africaine à essayer d'apporter un peu de sécurité à ces pauvres gens", a déclaré George W. Bush vendredi à Tampa (Floride). "L'effort était noble mais n'a pas atteint son objectif".
Pour le chef de la Maison Blanche, une mission efficace devra être placée "sous l'intendance de l'OTAN", qui serait chargée de la planification et de la coordination des opérations.

Février 2006

La pression ne se relâche pas

George W. Bush se prononce pour un rôle de l'OTAN au Darfour

Associtaed Press, Floride 18 février 2006

Le président américain George W. Bush a estimé vendredi qu'il faudrait «probablement doubler» la force internationale déployée dans la province soudanaise du Darfour pour solutionner la crise et s'est prononcé en faveur d'une participation de l'OTAN.
Les Nations unies se préparent à envoyer des Casques bleus et à prendre le contrôle de la force de l'Union africaine, composée de 7.000 hommes, qui n'a pas réussi à endiguer la violence au Darfour.
Le conflit qui sévit dans cette vaste région de l'ouest du Soudan a fait plus de 180.000 morts et deux millions de déplacés depuis 2003. Le gouvernement de Khartoum est accusé d'avoir lancé des milices arabes, les janjawid, contre les populations civiles noires de la région. Un cessez-le-feu a été conclu en avril 2004 mais il n'est pas respecté.». La stratégie visait à encourager les troupes de l'Union africaine à essayer d'apporter un peu de sécurité à ces pauvres gens», a déclaré George W. Bush vendredi à Tampa (Floride). «L'effort était noble mais n'a pas atteint son objectif».
Pour le chef de la Maison Blanche, une mission efficace devra être placée «sous l'intendance de l'OTAN», qui serait chargée de la planification et de la coordination des opérations.

Février 2006

Une délégation du congrès américain se rendra au Soudan pour des entretiens sur le Darfour

Xinhuanet, 18 février 2006

Une délégation de haut niveau du Congrès américain arrivera au Soudan samedi pour chercher à obtenir une résolution pacifique du conflit du Darfour, a rapporté la presse locale vendredi.
Lors de la visite de deux jours, la délégation rencontrera plusieurs responsables soudanais avant de se rendre dans la région du Darfour, ouest du Soudan, pour y évaluer la situation humanitaire.
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a indiqué jeudi qu'elle était très préoccupée par la détérioration de la situation au Darfour, où des milliers de personnes sont mortes depuis que les groupes rebelles ont pris les armes début 2003, accusant le gouvernement de négligence.
Les Etats-Unis, qui assurent la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU ce mois-ci, essaient de faire adopter une résolution pour remplacer la force de l'Union africaine forte de 7 000 soldats au Darfour par une mission de maintien de la paix de l'ONU.
Le problème actuellement, c'est que l'Union africaine n'a pas demandé (de relève), a indiqué Mme Rice au comité des relations internationales de la Chambre des Représentants américaine.
Le gouvernement soudanais est fortement opposé à la relève de l'ONU pour les opérations de maintien de la paix au Darfour, or le consentement de Khartoum est une condition essentielle pour que le Conseil de sécurité de l'ONU puisse prendre une décision.
Cependant, l'OTAN a affirmé qu'elle n'enverrait pas de force dans la région, mais qu'elle apporterait son aide pour le programme d'entraînement et le déploiement de soldats.

Février 2006

Soudan: 6,7 millions de personnes ont besoin de l'aide alimentaire
Les plus démunis vivent au Darfour

FAO – PAM, Rome, 17 février 2006

Au Soudan, en dépit de bonnes perspectives de récolte pour 2005-2006, près de 7 millions de personnes auront besoin de l’aide alimentaire cette année, selon un rapport conjoint de la FAO et du Programme alimentaire mondial (PAM).
La plupart des personnes démunies avaient abandonné leurs maisons lors des affrontements armés ou se préparent à y retourner suite à l’accord de pacification de 2005.
En tout état de cause, les ménages vulnérables ne pourront pas tirer profit des récoltes du fait des niveaux élevés des cours des céréales.
Selon la mission FAO/PAM, qui s’était rendue au Soudan fin 2005, la production totale de céréales pour 2005/06 doit atteindre quelque 5,3 millions de tonnes, soit 55 % de plus que la campagne 2004/05 et 17 % de plus que la moyenne des cinq dernières campagnes.

Précipitations abondantes

Des précipitations abondantes sur la quasi-totalité du pays, la faible incidence des ravageurs et des maladies des plantes, l’amélioration de la sécurité au Sud-Soudan, notamment au Darfour à l’époque des semis en mai dernier, ont entraîné une augmentation des surfaces cultivées dans le pays, soit 57 % de plus que l’année précédente.
Le tableau est réconfortant en comparaison à la situation qui prévalait l’an dernier. Les populations soudanaises ont plus que jamais besoin d’aide.
Un grand nombre de personnes a encore besoin de l’aide internationale, plus particulièrement dans la partie méridionale du pays et dans le Darfour qui se relèvent de plus de 20 années de conflits armés, selon le directeur local du PAM Ramiro Lopes da Silva.
Le rapport de la mission d’évaluation FAO/PAM indique qu’en dépit de récoltes supérieures à la moyenne, quelque 6,7 millions de personnes auront besoin d’environ 800 000 tonnes d’aide alimentaire en 2006.
Ce chiffre comprend plus de 2 millions de personnes déplacées, environ 900 000 "retournés" et près de 3,5 millions de personnes vulnérables au Darfour, au Sud-Soudan et dans les zones marginales du centre et de l’est.

Les causes de l’insécurité alimentaire

Les principales causes de l’insécurité alimentaire sont la distribution inégale des revenus, les difficultés d’accès à la nourriture du fait de la guerre et des déplacements de population, les problèmes d’infrastructure et de commercialisation ainsi que l’isolement économique.
Selon le rapport, un grand nombre d’agriculteurs ont bénéficié des distributions de semences et d’outils agricoles effectuées en 2005 par la FAO et différentes agences humanitaires.
En outre, la remise en état d’une route par le PAM dans le sud du pays a facilité les échanges commerciaux avec l’Ouganda et le Kenya, mais les attaques de bandes armées dans le sud et le sud-est maintiennent l’insécurité sur certaines voies routières, perturbant ainsi le commerce.

731 000 tonnes de nourriture

Le PAM a l’intention de distribuer 731 000 tonnes de denrées alimentaires au Soudan dans le courant de 2006. La distribution générale de nourriture sera accompagnée de programmes de soins nutritionnels ciblant les plus vulnérables.
La FAO a récemment lancé un appel pour 40 millions de dollars en appui à ses activités de secours et de réhabilitation agricole pour 2006.
Ces activités comprennent la distribution de semences et d’outils agricoles, d’équipements de pêche et de produits vétérinaires à des centaines de milliers de familles vulnérables, notamment les personnes déplacées et les "retournés".
" Il convient d’aider le secteur agricole en temps opportun, notamment les familles vulnérables et celles qui sont retournées à leurs foyers. Au Sud-Soudan, il faut le faire en avril/mai avant le début de la prochaine campagne agricole et en juin/juillet dans le nord du Soudan", selon Henri Josserand, Chef du Système mondial d’information et d’alerte rapide de la FAO.

Février 2006

Le Soudan est prêt pour le Sommet arabe

Jeune Afrique, 16 février 2006

Un haut responsable soudanais a indiqué jeudi que tous les préparatifs étaient terminés pour le Sommet arabe prévu les 28 et 29 mars.
Mustafa Osman Ismail, conseiller présidentiel, a précisé qu'une délégation de haut niveau du Secrétariat général de la Ligue arabe (LA) avait été satisfaite du travail du Soudan observé lors d'une visite à Khartoum.
La délégation de l'AL, dirigée par le Secrétaire général Amr Moussa, s'est rendue à Khartoum au début de la semaine pour examiner les préparatifs pour le prochain sommet.
M. Ismail a indiqué que le président soudanais Omar Al-Bachir allait bientôt envoyer des émissaires dans les pays arabes pour inviter les dirigeants à assister au sommet.
Le conseiller a déclaré que le Sommet arabe de Khartoum donnerait aux dirigeants arabes l'occasion de contribuer au processus de réhabilitation du Soudan suite à la signature de l'Accord de paix global entre Khartoum et les rebelles du Sud.
Par ailleurs, M. Ismail a souligné l'importance d'activer et de renforcer la coopération entre les pays arabes et africains, ajoutant que cette question serait à l'ordre du jour du sommet.

Février 2006

Le CICR poursuit ses efforts pour accéder à nouveau à toutes les personnes ayant besoin d’assistance

CICR, Khartoum, 15 février 2006

Comme en faisaient état les bulletins précédents, l’intensification du conflit au Darfour a rendu difficiles l’accès aux personnes vulnérables et la fourniture d’assistance. Une recrudescence d’actes de banditisme qui ont mis en péril les opérations d’assistance et au cours desquelles du matériel de communication et des véhicules, notamment, ont été dérobés a elle aussi contribué à aggraver la situation.
L’année dernière, à la fin du mois d’octobre, le CICR avait suspendu ses activités en dehors d’El-Geneina (Darfour Ouest). Aujourd’hui, des affrontements continuent d’enflammer la région et l’institution n’a toujours pas obtenu des garanties suffisantes de sécurité pour ses équipes à l’œuvre sur le terrain, bien que l’évolution de la situation à Seleia (voir ci-dessous) soit plutôt encourageante. Toujours dans le Darfour Ouest, la région de Jebel Marra – les villes de Golo et Rokeiro, en particulier – a récemment été le théâtre de violents combats. Les conditions de sécurité sont si précaires qu’aucune organisation humanitaire n’est active dans la zone. Le CICR, quant à lui, examine toujours la possibilité d’y reprendre ses activités, persuadé de l’urgence d’évaluer les besoins.
Au Darfour, le CICR s’est toujours efforcé de répondre aux besoins tant des personnes déplacées que des populations locales vivant dans des régions rurales isolées. C’est ainsi qu’il travaille inlassablement auprès de toutes les parties au conflit afin d’obtenir les garanties de sécurité nécessaires pour pouvoir mener ses activités.

Des secours parviennent à Gereida

Le 7 février, après avoir été bloqué plus de trois semaines à Nyala, capitale du Darfour Sud, un convoi CICR transportant des vivres et d’autres articles de première nécessité destinés à 80 000 personnes vivant dans des camps est parvenu à atteindre la ville de Gereida. D’autres convois devraient prochainement arriver à Gereida pour reconstituer les stocks de vivres des entrepôts du CICR, stocks qui s’épuisaient dangereusement.
Depuis le début du mois de janvier, le CICR n’a pas pu utiliser les routes desservant les régions situées à l’est et au sud de Nyala en raison de la recrudescence des combats. C’est grâce à des garanties de sécurité obtenues des parties au conflit que ce convoi a finalement pu atteindre Gereida. Ces dernières semaines, les affrontements se sont poursuivis aux alentours de Gereida, entraînant le déplacement de 10 000 personnes de plus.
De nombreux civils auraient également été contraints à abandonner leur foyer dans la région de Mershing, située au nord de Nyala en direction d’El Fasher, et de trouver refuge dans des villages avoisinants, où d’autres organisations humanitaires évaluent actuellement leurs besoins.
À Seleia, localité située au nord d’El Geneina, des vivres ont été distribués début février pour la première fois depuis de nombreux mois. Suite à un grave incident de sécurité survenu en novembre 2005, toute l’équipe du CICR avait quitté Seleia et s’était repliée sur la base de l’institution à El Geneina. Des collaborateurs locaux du CICR ont à nouveau pu se rendre à Seleia, où ils ont distribué des vivres à 3 000 personnes dans un camp de déplacés installé à l’extérieur de la ville. Le CICR entretient des contacts permanents avec le dispensaire qu’il soutient à Seleia et continue à lui fournir du matériel à partir d’El Geneina. À l’heure actuelle, seuls des collaborateurs recrutés localement par le CICR travaillent de manière permanente à Seleia.

Unité chirurgicale de campagne

Au cours des trois dernières semaines, l’unité chirurgicale de campagne du CICR a donné des soins à 35 personnes à Gereida (Darfour Sud), Golul (Jebel Marra) et Teberat (sud de Kabkabyia). En coopération avec la Croix-Rouge finlandaise, elle a également organisé, à Nyala, un atelier de cinq jours sur les techniques de chirurgie de guerre à l’intention de 14 jeunes médecins et 60 membres du personnel infirmier. La formation du personnel, sous les auspices de la Croix-Rouge finlandaise, restera une des grandes priorités à l’hôpital universitaire de Nyala. Un second atelier sur la chirurgie de guerre, auquel participent 25 médecins, se déroule actuellement à El Geneina.

Réunions de famille et poursuite des libérations de détenus

Le 4 février, le CICR a pu réunir avec leurs familles deux adolescents soudanais réfugiés au Tchad, et ce, une année après l’envoi du premier message Croix-Rouge visant à retrouver les familles de ces garçons. Vu l’instabilité régnant le long de la frontière entre le Tchad et le Soudan, ceux-ci ont été emmenés dans un premier temps à N’Djamena, capitale tchadienne, puis à Khartoum avant de retrouver finalement leurs parents.
Le 2 février, l'Armée de libération du Soudan a libéré 21 détenus sous les auspices du CICR, au Darfour Nord. Le CICR a transporté les anciens détenus à El Fasher, capitale de l’État, où ils ont été remis aux autorités locales.

Protection de la population civile

Sur le terrain, les délégués du CICR consignent les abus commis à l’encontre de civils et d’autres non-combattants. Le CICR intervient directement auprès des parties concernées dans le but d’empêcher que de tels abus se reproduisent et d’en minimiser les conséquences. Il mène également des programmes dans divers domaines – alimentation, santé, eau et assainissement – afin d’améliorer la protection et la sécurité des bénéficiaires, en particulier dans les zones rurales isolées.

Février 2006

Darfour : l'UA va passer la main

Afrique Centrale Info, 15 février 2006

Le représentant au Soudan du secrétaire général de l’Onu Kofi Annan a commencé à préparer une éventuelle transition entre les forces de l’Union africaine (UA) et des casques bleus au Darfour, a indiqué mercredi une porte-parole des Nations unies.
Jan Pronk a ainsi rencontré cette semaine des leaders dans cette région de l’ouest du Soudan, en proie à un conflit meurtrier depuis février 2003, et des responsables de l’UA, a déclaré à la presse Radhia Achouri.
Mardi, il s’est entretenu à Addis Abeba avec Saïd Djinnit, un responsable de l’UA, "des besoins requis pour une éventuelle transition réussie entre l’Onu et l’UA", a-t-elle dit.
Les deux organisations examinent également les besoins financiers de la Mission de l’UA au Soudan (Amis) pendant la période de transition, pour les exposer à la conférence des donateurs prévue en mars à Bruxelles, selon elle.
" Nous voulons que l’UA puisse développer ses activités pendant la période de transition et nous demanderons aux donateurs de fournir les ressources nécessaires", a dit Mme Achouri.
Lors d’une visite du 10 au 12 février au Darfour, M. Pronk a également informé les leaders locaux des préparatifs de la transition.
Il a rencontré des dirigeants du Mouvement de libération du Soudan (SLM, rebelle) et leur a demandé de "s’engager envers une solution négociée au Darfour et de mettre un terme au conflit armé", selon la porte-parole.
Les démarches de M. Pronk font suite à l’appel lancé par le Conseil de sécurité de l’Onu le 3 février à l’élaboration de plans pour qu’une force de l’Onu se substitue au Darfour à celle de l’UA.
Le conflit a fait, selon les estimations, entre 180.000 et 300.000 morts et déplacé plus de deux millions de personnes. En 2004, l’UA a déployé quelque 7.000 hommes au Darfour, mais l’action de cette force a été entravée par le manque de ressources. Sa mission s’achève le 31 mars.

Février 2006

Epidémie de choléra meurtrière dans le sud du Soudan

L’Express 15 février 2006,

Une épidémie de choléra qui a déjà fait 27 morts se propage très rapidement dans le sud du Soudan, une région qui a connu deux décennies de guerre civile, des famines et des maladies.


Selon l'Unicef, la situation est particulièrement alarmante à Juba, une localité d'un quart de million d'habitants qui s'alimentent à partir des eaux non traitées du Nil.
En moins de deux semaines, près de 1.500 cas de choléra ont été signalés et 27 personnes ont péri lorsque l'épidémie a éclaté, début février, d'abord dans la localité de Yei, a précisé l'Organisation mondiale de la Santé.
La situation est d'autant plus inquiétante que les villes du Sud-Soudan regorgent de réfugiés de retour après l'accord de paix conclu en 2005 avec le gouvernement central de Khartoum. Les infrastructures y sont nettement insuffisantes et deux tiers des habitants boivent des eaux souillées, principal vecteur de la maladie.
Le choléra provoque une déshydratation rapide, qui peut entraîner la mort, et la maladie peut se répandre très rapidement dans des groupes de population vivant les uns sur les autres.
" Cette épidémie illustre l'état lamentable de l'approvisionnement en eau des grands centres urbains du Sud-Soudan", a déclaré Ben Parker, porte-parole de l'Unicef.

Février 2006

Portrait de Hassan al-Tourabi

Libération, 15 février 2006, par Christophe Ayad

On aurait tort de négliger Hassan al-Tourabi : la mécanique intellectuelle est toujours aussi rutilante. Certes, il n'est plus l'éminence grise du régime soudanais, qui invitait à Khartoum le ban et l'arrière-ban de l'islamisme mondial pour des raouts annuels. Des plus radicaux aux plus modérés, ils étaient tous là : les Américains de Nation of Islam, les Algériens du FIS, les Palestiniens du Hamas, les Libanais du Hezbollah, les Egyptiens radicaux, et aussi d'autres, moins connus mais appelés à un grand avenir, à commencer par Oussama ben Laden. Banni d'Arabie Saoudite, privé de sa nationalité, il a trouvé à Khartoum le refuge et le couvert, sinon plus, de 1992 à mi-1996. «Oussama ? Je le connais à peine. Je ne l'ai rencontré que deux fois, dont une chez moi. Ici, il était bien intégré, accepté, mais on le voyait peu. Sa société avait remporté un contrat pour construire une route vers Port-Soudan. L'erreur, ça a été de l'envoyer en Afghanistan. Là-bas, sans nationalité, isolé, il s'est dit : "Je n'ai rien à perdre, tout le monde est contre moi." S'il était resté ici, il n'aurait rien fait de tout cela.» Ben Laden possédait aussi une grande ferme au sud de Khartoum, où il ne cultivait pas que des tomates... Tourabi a la mémoire sélective : au faîte de son pouvoir, en 1996, c'est lui qui confiait qu'«Oussama» allait devoir quitter le Soudan mais qu'il avait le choix de la destination et du moment. Son secrétaire particulier donnait discrètement le contact à ceux désirant le rencontrer. Et c'est un jeune membre de la sécurité soudanaise qui faisait le go between, filtrant demandes d'entretien et de rendez-vous.
« Oussama n'aurait rien fait de tout cela...» Est-ce à dire qu'il désapprouve, condamne ? Hassan al-Tourabi se tortille sur son canapé vert pistache. «Je n'ai rien contre le peuple américain, il ne connaît rien à la politique. Or c'est la politique des dirigeants américains que je combats car ils veulent dominer le monde entier. Quand il n'y a pas de liberté, cela provoque une contre-violence, c'est normal. Parfois, la violence excède les limites légitimes.» Quelle violence, quelles limites ? On ne sait pas bien de quoi il parle. Il rit à nouveau de son drôle de grincement. «Comment est arrivée la démocratie chez vous ? Par la violence contre l'Ancien Régime.» Re-grincement. «Mais Ben Laden, c'est qui ? C'est quelqu'un de pas très éduqué. Ce sont les Egyptiens autour de lui qui organisaient tout. Lui n'est qu'un symbole qui sert à mobiliser les énergies spirituelles. Comme Che Guevara, comme Jeanne d'Arc. Sa propagande, ce sont les médias qui la lui font gratuitement.»
A la limite, ce qui le gêne dans Al-Qaeda, c'est le manque de perspectives théoriques et politiques. «La violence n'est pas une fin en soi. Ce qui m'inquiète, c'est que toute l'énergie qui se développe actuellement dans le monde musulman ne débouche sur aucun travail théorique. Qui écrit des livres ? C'est quoi un gouvernement islamique ? Une économie islamique ? Il n'y a que Tourabi pour penser à tout cela.» L'âge, 73 ans, n'a pas atténué son dandysme, voire une certaine coquetterie : mains soignées, petit bouc bien taillé, djellaba immaculée, écharpe gris souris, babouches en croco...
Lorsque Hassan al-Tourabi parle de la démocratie occidentale, c'est en connaissance de cause. Il a séjourné en France de 1960 à 1964, d'où il est rentré avec un doctorat de la Sorbonne. Aujourd'hui encore, il se pique de parler un français tout à fait correct, ce qui lui vaut la sympathie, quand ce n'est pas l'admiration des diplomates français en poste à Khartoum. Ils lui doivent bien la livraison, en 1994, du terroriste Carlos en échange de photos aériennes des positions de la guérilla sudiste... Parfois, il lui arrive de ne plus comprendre la France telle qu'elle tourne. «Mais pourquoi diable la France a dit non au référendum sur la Constitution européenne? fait-il, songeur. Ça, je ne comprends pas.» Le oui serait-il islamiste ?
Tourabi a passé les deux décennies suivantes à faire des allers-retours entre la prison et le pouvoir. Il est le champion de l'entrisme et de l'infiltration. Au début des années 80, il avait déjà réussi à convaincre le dictateur Jaafar al-Nimeiry, plutôt de gauche à l'origine, d'instaurer la charia (loi coranique). En 1989, il réalise le hold-up parfait en dirigeant dans l'ombre le coup d'Etat de jeunes officiers islamistes. Aujourd'hui encore, Hassan al-Tourabi se défend d'avoir inspiré la «révolution de salut national»: «J'ai été emprisonné comme tous les autres hommes politiques.» Sauf qu'il est sorti plus tôt que les autres, et n'a pas été contraint à l'exil.
Bien au contraire, c'est là que débute son règne occulte. Il n'a aucun titre officiel mais dirige, tout en s'appuyant sur de jeunes sans-culottes islamistes, des «intouchables» de la très inégalitaire société soudanaise. Tourabi, lui-même issu d'une famille de modestes lettrés, en sait quelque chose : seul son mariage avec une descendante du Mahdi, un chef politico-religieux du XIXe siècle, a fait de lui un «patricien». Khartoum l'Africaine prend alors des allures de Téhéran : le voile islamique remplace peu à peu le thobe traditionnel, bien trop transparent. L'alcool est banni, les fêtes aussi. La presse et les partis d'opposition sont interdits. Tourabi gère aussi la caisse noire remplie par les dons des cheiks du Golfe et en met de côté à en juger par sa villa, sortie tout droit du décor de Mon oncle mais meublée façon Louis Farouk.
Cependant, son agitation révolutionnaire finit par faire de Tourabi un paria. En 1999, le mentor Tourabi est trahi par deux proches : le général Omar al-Béchir, le pantin qu'il a fait Président, et le vice-président Ali Osman Taha, le plus brillant de ses disciples, le placent en résidence surveillée, puis en prison. Le goût du pouvoir et de l'argent l'argent du pétrole commence à couler a eu raison de la «révolution». Cette cure d'opposition lui permet aujourd'hui de se dédouaner de toutes les exactions des années 90. Il est libre depuis juillet 2005, date de l'entrée en vigueur d'un accord de paix entre le Nord et le Sud qui a mis fin à deux décennies de guerre civile.
Depuis sa villa, Tourabi continue de tirer les ficelles d'un mouvement de guérilla du Darfour, la turbulente province de l'ouest du pays en proie à une meurtrière guerre civile. Il sait que le seul moyen de revenir dans le jeu politique soudanais est de faire entendre les armes. Tourabi est à l'image de la classe politique soudanaise, inoxydable. On se trahit, on s'emprisonne, on se rabiboche, mais jamais on ne s'assassine. Au Soudan, seul le peuple a le privilège de mourir.

Février 2006

Un hélicoptère de l'armée soudanaise abattu au Darfour

Jeune-Afrique, 15 février 2006

Un hélicoptère de l'armée soudanaise a été abattu par les rebelles au Darfour, dans l'ouest du pays, a affirmé mercredi Radhia Achouri, porte-parole de la Mission des Nations unies au Soudan.
Mme Achouri a affirmé lors d'une conférence de presse que l'hélicoptère avait été abattu mardi dans le village de Rhill, par l'Armée de libération du Soudan, lors d'une opération de l'armée du gouvernement dans la zone.
Une équipe de l'Union africaine a été envoyée dans la zone pour mener une enquête, a-t-elle indiqué, et de noter que la situation au Darfour était "volatile", avec des affrontements sporadiques enregistrés durant la semaine passée.
Elle a annoncé par ailleurs que le déploiement d'une force de maintien de la paix de l'ONU au sud du Soudan était en cours. Le nombre de casques bleus dans le sud du Soudan a atteint 6,147, dont 614 observateurs militaires, 164 officiers d'état-major.
Elle a ajouté que des soldats chinois pourraient rejoindre les forces de maintien de la paix de l'ONU vers la fin du mois de février.

Février 2006

Le déploiement d'une force de l'ONU au Darfour au centre de l'entretien Bush/Annan

Nations Unies, New York, 14 février 2006

Le président Bush et le Secrétaire général se sont mis d'accord, hier à Washington, pour travailler ensemble sur le déploiement d'une force des Nations Unies au Darfour, plus robuste et plus mobile que l'actuelle mission de l'Union africaine, pour protéger les populations civiles de la région et permettre aux humanitaires de travailler convenablement.
« Nous nous sommes mis d'accord sur le fait que nous avions besoin d'une force adéquate sur le terrain. Le président Bush est d'accord pour travailler avec d'autres pays et moi-même pour obtenir les troupes nécessaires sur le terrain », a affirmé le Secrétaire général, lors d'une rencontre avec la presse, hier à la Maison Blanche, à l'issue d'un entretien avec le président des Etats-Unis.
Répondant à une question sur « l'échec des Nations Unies au Darfour », Kofi Annan a rappelé qu'il s'agissait plutôt de l'échec de la communauté internationale.
« Lorsque vous parlez des Nations Unies, a-t-il répondu au journaliste, j'imagine que vous parler des Etats membres. Le Secrétariat de l'ONU n'a pas de troupes et n'a pas de ressources non plus. Les Nations Unies peuvent être fortes si les Etats membres le décident. Certes, les Etats membres ont soutenu la force de l'Union africaine mais ce soutien n'est pas suffisant, nous devons faire plus ».
Kofi Annan a rappelé aux journalistes que le Secrétariat était actuellement en train de préparer le déploiement d'une force sur le terrain.
« Nous en sommes pour l'instant à la première phase. Une fois que nous aurons défini les besoins, nous approcherons les gouvernements pour voir ce que chacun d'entre eux pourra apporter, en terme de troupes, d'équipements et de matériel de communication », a-t-il expliqué.
« Les grandes puissances devront jouer leur rôle si nous voulons stopper le carnage au Darfour », elles devront fournir « des troupes bien entraînées et des équipements de premier ordre » et « ne pas déléguer à des pays du Tiers-monde », avait affirmé le Secrétaire général, lors d'une rencontre avec la presse, la semaine dernière à New York.
Kofi Annan avait expliqué qu'il souhaitait une force des Nations Unies « très mobile sur le terrain », « une force capable de sillonner le terrain grâce à des jeeps et des véhicules blindés».
« Elle devra aussi avoir des équipements aériens tactiques capables de se rendre sur le terrain lors d'un appel au secours - et non d'arriver une fois que le mal est fait - et capables d'envoyer aux milices le message qu'elle peut répondre, qu'elle est partout et qu'elle sera là à temps pour les empêcher d'intimider et de tuer des civils innocents », avait-t-il précisé (voir notre dépêche du 9 février 2006).
Le Conseil de sécurité avait demandé au Secrétaire général, le 3 février dernier dans une déclaration présidentielle, d'établir « sans retard » un plan d'urgence présentant « diverses options » dans la perspective d'une transition de la mission de l'Union africaine au Darfour à une opération des Nations Unies (voir notre dépêche du 3 février 2006).
Ainsi que l'y avait engagé le Secrétaire général, le Conseil de sécurité avait tenu, la veille, des consultations à huis clos sur les préparatifs de l'envoi d'une opération de maintien de la paix des Nations Unies au Darfour (voir notre dépêche du 2 février 2006 et celle du 25 janvier 2006).
Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan avait plaidé, en janvier dernier, pour le déploiement d'une force « beaucoup plus importante » dans la région, qui serait « en mesure de prévenir les attaques contre les civils et de désarmer les milices janjaouites », responsables des pires atrocités (voir notre dépêche du 13 janvier dernier). « Notre stratégie de paix a échoué au Darfour », avait-il reconnu.

Février 2006

Les présidents soudanais et tchadiens signent un accord de paix en Libye

Une médiation africaine a abouti au « rétablissement des relations » entre les deux pays, à la création d'une « force de paix » et d'un « comité ministériel » présidé par Tripoli

Nairobi, Le Monde , 10 février 2006

L’escalade de la tension entre le Tchad et le Soudan a subi un coup d'arrêt, mercredi soir 8 février, avec la signature à Tripoli, en Libye, d'un accord de paix entre les présidents de ces deux pays voisins. La réunion avait été organisée sous la houlette du chef d'Etat libyen, Mouammar Kadhafi, avec la participation du nouveau président de l'Union africaine, le président congolais Denis Sassou Nguesso, et des chefs d'Etat de Centrafrique et du Burkina Faso. L'accord, qui prévoit le « rétablissement des relations [entre le Tchad et le Soudan]», l'interdiction d'utiliser le territoire de l'un pour des activités hostiles contre l'autre et l'interdiction d'accueillir des rebelles des deux pays sur leurs territoires, a toutes les chances de plus consacrer un effort diplomatique qu'une volonté authentique de mettre fin à un conflit larvé, qui impliqué toute la région autour du vortex de la crise du Darfour, dans l'ouest du Soudan.
Mais qu'il soit, à terme, respecté ou pas, l'accord de Tripoli apporte dans un premier temps un ballon d'oxygène à Idriss Déby, le président tchadien, dont le pouvoir est fortement menacé à l'intérieur comme à l'extérieur de son pays, notamment par des attaques en provenance du Soudan. Le Tchad s'est déclaré, en décembre 2005, « en état de belligérance » avec le Soudan, qui se livrerait à des actes de « déstabilisation » par l'intermédiaire de rebelles tchadiens hébergés et appuyés par Khartoum.
Ces accusations sont loin .d'être sans fondement. Plusieurs groupés tchadiens, comme les hommes du capitaine Mahamat Nour, ont servi de supplétifs aux forces de sécurité soudanaises, participant aux côtés des milices janjawids à la campagne de répression au Darfour. En échange, ces rebelles bénéficient de l'appui des services de sécurité soudanais et ont attaqué Adré, au Tchad, en décembre. Inversement, l'armée tchadienne s'est impliquée dans le conflit au Darfour aux côtés d'une partie des rebelles qui combattent le gouvernement soudanais depuis son éclatement en 2003.
Or, le niveau de violence s'est de nouveau aggravé au Darfour depuis la fin 2005. Les groupes rebelles sont revenus, comme les troupes gouvernementales, à des actions armées sur le terrain. Ces attaques visent également, désormais, les organisations humanitaires comme le Programme alimentaire mondial (PAM), qui affirme avoir perdu vingt camions lors d'attaques survenues depuis la fin janvier.
Le Tchad ne devrait pas être le seul bénéficiaire de l'accord de Khartoum. Denis Sassou Nguesso, président depuis peu de l'Union africaine, y a trouvé l'occasion de remporter un premier succès diplomatique avant, sans doute, de se frotter au dossier ivoirien, plus épineux. Enfin, la Libye, jamais à court d'initiatives pour tenter de s'imposer comme locomotive de l'Afrique subsaharienne, espère peut-être faire oublier, au passage, sa propre implication dans le conflit au Darfour.

Embargo sur les armes volés
Alors que l'accord de Tripoli prévoit la création d'une «force de paix » et la « création d'un comité ministériel africain présidé par la Libye pour superviser l'application de l'accord », le colonel Kadhafi, dans une belle envolée, a promis de mettre à la disposition de l'Union africaine une force colossale de 100 000 soldats, 1000 chars et 100 avions de chasse afin de « fermer la frontière » entre le Tchad et le Soudan.
Le président libyen a également admonesté « tous les rebelles qui portent les armes », leur signalant qu'« avec les armes, on n'atteint pas ses objectifs ». Une déclaration qui survient peu après la remise d'un rapport d'un groupe d'experts des Nations unies, le 30 janvier, qui conclut que les groupes rebelles du Darfour ont continué, depuis l'instauration d'un embargo en 2004, à recevoir « des armes et des munitions et/ou de l'équipement du Tchad, de l'Erythrée et de la Libye (...) », ainsi que des « soutiens financiers, politiques et diverses aides matérielles » des mêmes pays.

Jean-Philippe Rémy

Chronologie

23 décembre 2005. Le gouvernement tchadien se déclare « en belligérance avec le Soudan » voisin, rendu responsable de l’attaque d’un village tchadien une semaine auparavant,. Khartoum démentira être impliqué dans le coup de force. Le Tchad abrite quelque 200 000 réfugiés soudanais qui ont fui la guerre au Darfour.
27 décembre. Le président Idriss Déby accuse Khartoum de préparer « une agression »contre son pays.
8 janvier 2006, Iddriss Déby pose ses conditions à une reprise du dialogue avec le Soudan.
29 janvier. Accusé par le régime de Khartoum, le Tchad dément être intervenu militairement la veille en territoire soudanais.

Février 2006

Les grandes puissances devront jouer leur rôle pour stopper le carnage au Darfour

Nations Unies, New York, 10 février 2006

Pour répondre au mandat que donnera le Conseil de sécurité à la future force des Nations Unies au Darfour, les grandes puissances devront fournir des troupes bien entraînées et des équipements de premier ordre, a affirmé aujourd'hui le Secrétaire général, estimant que le Soudan pourrait accepter l'entrée de troupes non africaines.
« Si le Conseil de sécurité nous demande de nous déployer sur le terrain -- et nous en sommes au stade des préparatifs -- nous nous attendons à le faire avec une force totalement différente de celle de l'Union africaine et avec un concept d'opérations totalement différent », a déclaré aujourd'hui le Secrétaire général lors d'une rencontre avec la presse à New York.
« Les forces de l'Union africaine ont accompli un travail noble et courageux. Elles n'ont pas eu les effectifs qui auraient été requis pour une région de la taille du Darfour [à peu près la taille de la France]. Elles n'ont pas eu de soutien logistique. Elles n'ont pas eu la mobilité, tant au sol que dans les airs, nécessaire pour couvrir une région de cette taille », a-t-il rappelé.
Kofi Annan a souhaité une force des Nations unies, que le Conseil de sécurité lui a demandé de préparer, « très mobile sur le terrain », « une force capable de sillonner le terrain grâce à des jeeps et des véhicules blindés de transports de troupes » (voir notre dépêche du 3 février 2006).
« Elle devra aussi avoir des équipements aériens tactiques capables de se rendre sur le terrain lors d'un appel au secours, pas d'arriver une fois que le mal est fait, et capable d'envoyer aux milices le message qu'elle peut répondre, qu'elle est partout et qu'elle sera là à temps pour les empêcher d'intimider et de tuer des civils innocents », a-t-il réclamé.
« Mais une telle force exigera la participation de gouvernements disposant de troupes très bien entraînées et équipées. Il ne sera pas facile pour les grandes puissances qui disposent de ces armées de déléguer à des pays du tiers-monde. Elles devront jouer leur rôle si nous voulons stopper le carnage au Darfour », a affirmé le Secrétaire général.
Les grandes puissances devront « fournir des troupes et de l'équipement », ou « nous aider à en trouver pour mettre en ouvre le mandat qu'elles nous donneront », a-t-il insisté.
Interrogé sur le risque qu'une nouvelle « guerre sainte » ne soit lancée au Soudan, pays islamique, si des pays occidentaux envoyaient des troupes sur le terrain, le Kofi Annan a confirmé que cette possibilité avait été soulevée dans le pays. *« C'est pourquoi il faut travailler avec le gouvernement du Soudan. L'Union africaine doit nous aider à convaincre le gouvernement que nous venons pour maîtriser la situation, et non pas en tant que force d'invasion ou de combat », a-t-il expliqué. *« Nous avons déjà sur le terrain des experts et des troupes qui n'appartiennent pas à la région pour aider les forces de l'Union africaine, avec le consentement du gouvernement soudanais. Je ne crois pas qu'il soit impossible qu'ils autorisent au Darfour une force de l'ONU comportant des troupes qui ne soient pas africaines », a-t-il précisé.
Le Secrétaire général a confirmé par ailleurs qu'il soulèverait la question lors de sa prochaine visite à Washington auprès du président des Etats-Unis George W. Bush.

Février 2006

Kofi Annan exhortent les Etats membres à créer un Conseil des droits de l’Homme avant la fin du mois

Nations Unies, New York, 9 février 2006

Le Secrétaire général a de nouveau aujourd'hui exhorté les Etats Membres à mettre en place un Conseil des droits de l'homme d'ici à la fin du mois de février, avant que ne démarre, comme chaque année au mois de mars, la session de la Commission des droits de l'homme, largement discréditée.
« J'espère que la communauté des droits de l'homme se retrouvera le mois prochain sous le parapluie d'un Conseil. C'est possible. Nous pouvons y arriver. Et j'exhorte tous les Etats Membres à attacher leurs ceintures et de foncer », a déclaré aujourd'hui Kofi Annan, lors d'une rencontre avec la presse au siège des Nations Unies à New York.
Répondant à une question sur le fait que le projet actuel ne répondait pas aux espoirs qu'il avait formulé l'année dernière dans son rapport intitulé «Dans une liberté plus grande», le Secrétaire général a rappelé que pour l'instant « rien n'était joué » et que « les négociations sur un conseil des droits de l'homme étaient toujours en cours ».
« Les choses ne seront peut-être pas aussi radicales que je le souhaitais, mais je pense que nous verrons des changements considérables une fois que le conseil aura été établi », a fait observé Kofi Annan.
Dans un discours qui faisait le bilan de ses deux mandats, prononcé à Davos, le Secrétaire général avait appelé, une nouvelle fois, à la création d'un conseil des droits de l'homme qui aurait une plus grande autorité et qui remplacerait la Commission des droits de l'homme « maintenant largement discréditée » (voir notre dépêche du 26 janvier 2006).
Hier, la porte-parole du président de l'Assemblée générale, Jan Eliasson, a indiqué que les consultations plénières qui s'étaient tenues hier sur le conseil des droits de l'homme avaient achevé le processus d'audition des réactions des Etats Membres au texte présenté la semaine passée par les co-présidents.
« Le président de l'Assemblée générale a maintenant l'intention d'organiser des consultations bilatérales intensives au cours de la semaine prochaine, après quoi il décidera d'un scénario pour les dernières étapes », a-t-elle précisé.
Au lendemain du sommet mondial de septembre, Kofi Annan avait tracé le chemin à suivre en ces termes : « ma proposition de création d'un nouveau Conseil des droits de l'homme a été acceptée, sans toutefois les modalités dont j'espérais qu'elles feraient de ce nouvel organe un instrument bien plus efficace que l'actuelle Commission. C'est à l'Assemblée générale qu'il appartiendra de définir ces modalités au cours de l'année à venir. Les nations attachées aux droits de l'homme devront s'atteler à la tâche pour veiller à ce que le Conseil représente plus qu'un changement cosmétique » (voir notre dépêche du 21 septembre 2005).
Dans le document final du sommet, les Etats Membres décidaient de « créer un Conseil des droits de l'homme » qui remplacera la Commission des droits de l'homme et chargeaient le président de l'Assemblée générale de conduire les négociations qui permettront d'établir, dès que possible, au cours de la 60e session, ce Conseil afin de définir son mandat et sa composition.
La proposition de désigner ses membres à la majorité des deux tiers de l'Assemblée générale afin d'empêcher les Etats violant les droits de l'homme d'y siéger n'avait pas été retenue dans le document final.

Février 2006

Accord Tchad-Soudan : Il n'engagera que ceux qui ne l'ont pas signé

All Africa-Com, 9 Février 2006

Hamidou Ouédraogo


Le conflit tchado-soudanais, qui était au menu des discussions de la sixième session ordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine, était de nouveau, les 8 et 9 février, sur le tapis à Tripoli.
Il s'agit d'un mini-sommet qui, sur initiative du dirigeant libyen, a réuni une poignée de chefs d'Etat et de gouvernement africains. Il s'agit de Denis Sassou Nguesso du Congo, président en exercice de l'Union africaine, Blaise Compaoré du Burkina Faso, François Bozizé de la Centrafrique, auxquels il faut bien sûr ajouter les principaux concernés, notamment Idriss Déby du Tchad et Omar El-Béchir du Soudan. En rappel, le premier accuse le second de soutenir la rébellion tchadienne pour déstabiliser son régime.
Cette crise entre les deux pays voisins avait même amené le président Idriss Déby à s'opposer à l'accueil du sixième sommet de l'UA par Khartoum, les 23 et 24 janvier derniers. Et pour les négociations avec son voisin El-Béchir, il avait posé des conditions, à savoir, entre autres, que le Soudan désarme les insoumis de l'armée tchadienne et autres groupes armés, remette les déserteurs au Haut-commissariat des réfugiés et mette fin aux incursions des milices soudanaises en territoire tchadien.
Pour ce qui est des présents pourparlers, ils ont abouti à la signature d'un accord de paix entre les présidents des deux pays en conflit. « Le rétablissement des relations, l'interdiction d'utiliser le territoire de l'un pour des activités hostiles contre l'autre, et l'interdiction d'accueillir des rebelles des deux pays sur leurs territoires », la création d'une « force de paix » et d'un « comité ministériel africain présidé par la Libye pour superviser l'application de l'accord ».
Ce sont là les termes de l'accord de paix. Mais comme on a l'habitude d'entendre à l'issue de pareilles rencontres, El Béchir a, pour sa part, déclaré que « le Soudan va respecter l'accord et l'appliquer sur le terrain », pendant que son homologue du Tchad, de son côté, affirmait que « cet accord allait permettre aux deux pays de renouer leurs relations » qui se sont sérieusement détériorées.
Ce genre de déclarations de bonnes intentions sont belles à entendre et donnent même à rêver. En témoigne cette affirmation du leader libyen Mouammar Kadhafi, qui semble afficher une confiance presque béate, quant à l'issue des discussions surtout lorsqu'il dit : « Nous sommes certains que les présidents Béchir et Déby vont respecter leurs engagements, et nous leur disons que la paix entre les deux pays est aussi notre cause à nous ». Ce dernier s'est d'ailleurs engagé à mettre à la disposition de l'UA 100 000 Libyens et 1000 chars pour fermer la frontière ainsi que 100 avions... ».
Sacré guide ! L'homme fort de Tripoli, après avoir invité le président de la Commission de l'UA à « redéployer dès maintenant les forces africaines au Darfour », a souhaité que « la solution aux différends soit africaine, pour éviter les ingérences étrangères ». C'est bien beau comme idéal, mais, faut-il l'avouer, ça manque de réalisme. Car on ne peut s'empêcher de se demander de quels moyens on dispose en Afrique pour faire face aux interminables conflits auxquels viennent se greffer d'autres maux comme la pauvreté, la faim et le SIDA.
Peut-on parier que le présent accord de paix pourra amener les deux pays à fumer le calumet de la paix ? C'est là aussi la grande interrogation, eu égard à l'expérience vécue par d'autres pays qui ont, à maintes reprises, posé des actes similaires. Plus prêt de nous, le cas, même s'il est interne, de la Côte d'Ivoire, dont les parties en conflit se sont déportées en 2004 en France où elles ont signé le fameux accord de Marcoussis, resté lettre morte jusqu'à nos jours. Parfois, les signataires d'un pacte de paix reprennent les hostilités avant même que l'encre qui a servi à sa signature ait eu le temps de sécher.
Autrement dit, c'est vraiment facile de parapher un accord de paix, surtout quand ça ne coûte rien à ceux qui le font. Mais le plus important, c'est de respecter le contenu du document qui engage les signataires. Béchir et Déby nous prouveront-ils le contraire ? C'est bien ce que tous les militants de la paix souhaitent mais c'est difficile d'y croire quand on connaît l'irrédentisme des deux acteurs. Aussi c'est comme si cet accord n'engage que ceux qui ne l'ont pas signé.
Mais cette rencontre a donné également l'occasion de saluer le choix de Denis Sassou Nguesso à la tête de l'UA ; même si ce choix n'était vraiment pas le bon, il y a lieu de se féliciter qu'il se soit fait sur un leader autre que Béchir. Quelle attitude ce dernier observerait, s'il portait la casquette de président de l'UA, à ces pourparlers de paix entre son pays, le Soudan, et le Tchad ?

Février 2006

Soudan-Tchad : paix ou simple répit dans la crise

Afrique Centrale Info, 9 février 2006

L’accord de paix signé mercredi par le Tchad et le Soudan à Tripoli permet de désamorcer au moins momentanément les tensions croissantes entre les deux pays mais la promesse de l’envoi d’une "force africaine" à leur frontière commune sera difficile à réaliser.
" Bien sûr il faudra que ce soit appliqué sur le terrain, mais c’est un début. Le dialogue a repris alors qu’il était interrompu", s’est félicité jeudi le ministre tchadien des Affaires étrangères, Ahmat Allami.
Depuis plusieurs mois, N’Djamena et Khartoum s’accusaient mutuellement de tentatives de déstabilisation. Ces tensions avaient dégénéré en véritable crise en décembre, après une attaque rebelle contre la ville tchadienne d’Adré, dont le Tchad avait imputé la responsabilité au Soudan avant de se dire en "état de belligérance" avec son puissant voisin.
Après avoir mené une intense campagne diplomatique contre Khartoum, N’Djamena peut aujourd’hui jouer l’apaisement. "Nous n’avons jamais déclaré la guerre au Soudan", assure ainsi le chef de la diplomatie tchadienne.
A l’issue d’une médiation de l’Union africaine (UA) menée par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, les présidents tchadien Idriss Deby Itno et soudanais Omar Hassan el-Béchir ont signé mercredi soir un accord de paix lors d’un mini-sommet africain à Tripoli.
Cet accord, dont l’application sera supervisée par "un comité ministériel africain présidé par la Libye", stipule notamment "l’interdiction d’utiliser le territoire de l’un pour des activités hostiles contre l’autre et l’interdiction d’accueillir des rebelles des deux pays sur leurs territoires".
Mais sa mesure phare est "la création d’une force de paix" aux contours encore flous, pour laquelle M. Kadhafi a proposé l’envoi de pas moins de 100.000 Libyens appuyés par 1.000 chars et 100 avions...
" Le principe d’une force a été adopté, ce sera une force africaine (...) pour sécuriser notre frontière commune", a confirmé M. Allami, renvoyant, pour davantage de détails, au comité de suivi qui se réunira "incessamment".
Cette force a immédiatement suscité l’opposition d’une rébellion tchadienne, le Socle pour le changement, l’unité nationale et la démocratie (Scud), formée en octobre par des déserteurs de l’armée de N’Djamena. "Une force libyenne à la frontière serait une insulte à l’espoir du peuple tchadien", a affirmé Yaya Dillo Djérou, l’un des chefs du Scud, tout en minimisant la portée de l’accord de mercredi.
Le déploiement d’une force africaine semble de toute manière difficile à réaliser au moment où l’UA peine déjà à maintenir sa mission de paix au Darfour, région de l’ouest du Soudan en proie depuis trois ans à une guerre civile qui a déjà fait entre 180.000 et 300.000 morts.
" Je ne vois pas comment ils vont financer une telle force", souligne Olivier Bercault, de l’organisation non-gouvernementale Human Rights Watch (HRW).
" Cet accord permet surtout au président Deby de gagner du temps" face aux rébellions qui le menacent depuis l’est, estime-t-il.
" Quant au Soudan, c’est aussi une manière de gagner du temps et d’éviter l’envoi de Casques bleus de l’Onu au Darfour", ajoute-t-il.
A court d’argent et faute de moyens logistiques adéquats, l’UA, qui a déployé depuis 2004 plus de 7.000 hommes au Darfour, envisage ouvertement de passer le relais à l’Onu, mais Khartoum est hostile à cette solution.
" Nous n’avons pas besoin de Casques bleus, nous avons nos propres forces africaines (...) nous pouvons résoudre nos problèmes par nous-mêmes", avait martelé mercredi soir M. Kadhafi.

Février 2006

Soudan: Annan espère la participation des Etats-Unis à une opération onusienne au Darfour

Xinhuanet, New York, 9 février 2006

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a affirmé jeudi qu'il demanderait à des pays ayant des troupes bien entraînées et bien équipées, dont les Etats-Unis, de prendre part à une force planifiée de maintien de la paix de l'ONU, qui pourrait prendre le relais de la mission de l'Union africaine (UA) dans la région du Darfour, dans l'ouest du Soudan, en proie à des conflits .
Lors d'une rencontre avec la presse, M. Annan a été interrogé pour savoir s'il demanderait un engagement quant à une mission de l'ONU au Darfour auprès du président américain George W. Bush, qu'il doit rencontrer à Washington lundi.
" J'évoquerai avec lui les faits que j'ai évoqués avec vous, nos besoins et les pays que je pense être en mesure de répondre à ces besoins, dont les Etats-Unis", a-t-il répondu.
Bien que les troupes africaines aient fait un "travail réellement courageux et noble", elles sont en nombre insuffisant et manquent de logistique et de mobilité pour couvrir une zone si vaste, a-t-il indiqué.
" Si le conseil nous demande d'intervenir, et nous sommes en train d'élaborer des plans pour cette éventualité, nous pensons que nous y participerons avec une force complètement différente, ayant un concept d'opération complètement différent", a précisé M. Annan, et d'ajouter: "En l'occurence, je voudrais voir une force fortement mobile sur le sol du Darfour."
M. Annan a également affirmé que l'UA travaillait avec son organisation afin de convaincre le gouvernement soudanais du fait que les troupes onusiennes ne viendraient pas en tant qu'une force d'invasion ou de combat.
" Je ne pense pas qu'il soit impossible de leur faire accepter la présence d'une force de l'ONU comprenant des troupes non africaines au Darfour. Et donc, je suis très optimiste", a-t-il conclu.

Février 2006

Tchad et Soudan s'engagent à surmonter leur différend

L’Express avec Reuter , 8 février 2006

Le Tchad et le Soudan, dont chacun accuse l'autre de soutenir des mouvements de guérilla dans le territoire voisin, sont convenus de mettre fin à la crise qui les oppose, a déclaré un responsable libyen.

Le président tchadien Idriss Déby et son homologue soudanais Omar Hassan al Bachir sont parvenus à un accord en ce sens lors d'un mini-sommet organisé à Tripoli en présence du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
" Les deux pays, le Tchad et le Soudan, ont décidé de mettre fin aux campagnes médiatiques des uns contre les autres et de cesser d'utiliser leurs territoires pour soutenir des activités hostiles des uns contre les autres", a dit un responsable libyen ayant pris connaissance du contenu de l'accord.
Khartoum et N'Djamena se sont engagés à travailler au rétablissement de leurs liens diplomatiques et consulaires.
" Les deux pays ont aussi accepté d'interdire aux insurgés antigouvernementaux d'établir des bases dans leur pays et de cesser de s'immiscer dans les affaires intérieures des uns et des autres", a-t-il poursuivi.
" Nous nous engageons à mettre en oeuvre et à respecter l'accord", a déclaré Bachir selon un responsable ayant assisté aux discussions.
" Nous saluons les efforts déployés pour parvenir à cet accord et nous ferons les efforts nécessaires pour normaliser nos relations avec notre voisin soudanais", a déclaré pour sa part le président tchadien cité par le responsable libyen.
Les dirigeants de la République démocratique du Congo, qui préside actuellement l'Union africaine, de la République centrafricaine, voisine des deux pays, et du Burkina Faso, au nom des pays du Sahel, ont participé à ce sommet.
Le président Kadhafi, qui entretient de bonnes relations avec le Tchad et le Soudan, s'est engagé à les aider à mettre fin à leurs différends et a émis le souhait que cette affaire se règle exclusivement au sein de l'Union africaine.
" La Libye est prête à mettre à la disposition de l'UA cent avions de combat, mille chars et 100.000 soldats pour aider à résoudre ce problème," a dit Khadafi selon un responsable libyen.
" Nous voulons fermer la porte avant une intervention extérieure dans les affaires africaines", a-t-il ajouté

Février 2006

Soudan-Tchad : La montée de la violence au Darfour menace les pourparlers de paix d'Abuja

IRIN, Abuja 7 février 2006

L’inquiétante montée de la violence dans la région soudanaise du Darfour menace gravement le bon déroulement des pourparlers de paix qui ont lieu actuellement à Abuja, la capitale nigériane, et qui visent à mettre un terme à trois années de conflit, selon l’Union africaine (UA).
Salim Ahmed Salim, l’envoyé spécial de l’UA au Soudan et négociateur en chef aux pourparlers d’Abuja, a déclaré dimanche dernier que, plus d’un an après le début des discussions entre le gouvernement du Soudan et les deux groupes rebelles opérant dans la région, la situation sur le terrain était un obstacle à l’avancée des pourparlers.
« Il est pas possible d’engager des pourparlers de paix et de se faire la guerre en même temps », a-t-il dit. « Cela n’a aucun sens ».
Selon lui, toutes les parties en conflit mènent de fréquentes opérations militaires, en parfaite violation des accords de cessez-le-feu existants, empêchant les travailleurs humanitaires d’apporter de l’aide à des millions de personnes vulnérables.
« Depuis octobre, les combats ont redoublé d’intensité au fil des mois entravant les opérations des agences humanitaires », a déclaré M. Salim à la presse à Abuja.
Selon lui, le dernier rapport d’enquête de la Commission de l’UA avait établi que toutes les parties impliquées dans le conflit du Darfour violaient le cessez-le-feu.
« Nous assistons tous les jours à une violation des accords de cessez-le-feu et des protocoles humanitaires », a déclaré le négociateur de l’UA. « Les violations délibérées ne servent aucun objectif politique et ne font que pénaliser et effrayer les populations. En outre, elles n’avantagent aucune des parties et toutes en pâtissent ».
Le conflit du Darfour a éclaté en 2003, lorsque deux groupes rebelles, le Mouvement/ Armée de libration du Soudan (SLM/A) et le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), ont pris les armes contre Khartoum afin de mettre un terme à ce qu’ils qualifiaient d’oppression des populations négro-africains du Darfour, une région semi-aride de la taille de la France. Le gouvernement soudanais a répliqué en armant et en soutenant des miliciens arabes, les Janjawid.
Selon le personnel humanitaire présent dans la région, ce conflit a fait plus de 180 000 morts et contraint environ deux millions de personnes à quitter leurs foyers.
Les médiateurs ont accusé les deux protagonistes de manquer de souplesse dans les négociations et de ne pas se préoccuper du sort des civils exposés au conflit et confrontés à la faim et à la maladie.
Les pourparlers qui ont débuté à Abuja en août 2004 ont été reportés à plusieurs reprises en raison de l’intransigeance des parties ou de dissensions au sein des mouvements rebelles.
La semaine dernière, les médiateurs de l’UA ont exclut trois délégués du JEM qui, à la suite d’une dispute, auraient attaqué et molesté deux autres membres dans une chambre d’hôtel.
Outre, la signature d’un fragile cessez-le-feu, fréquemment violé par les protagonistes, aucun progrès significatif n’a été enregistré au cours des 15 mois de pourparlers au Nigeria.

Février 2006

Réunion à Tripoli sur la tension entre le Tchad et le Soudan

Jeune Afrique, 6 février 2006

Le ministre congolais des Affaires étrangères, Rodolphe Adada, président du Conseil exécutif de l'Union africaine (UA) a exhorté, lundi, les décideurs tchadiens et soudanais à traduire dans les faits leurs engagements en faveur de la paix et de la réconciliation, et à dissiper les nuages en vue de détendre la tension et rétablir les relations entre leurs deux pays.
" Le dialogue et les négociations représentent l'unique voie permettant aux deux pays voisins de vivre en paix et en harmonie", a ajouté M. Adada, qui s'exprimait, à Tripoli, à l'ouverture d'une réunion ministérielle destinée à préparer un mini-sommet sur la crise entre le Tchad et le Soudan prévu mercredi dans la capitale libyenne.
La rencontre, que le chef de la diplomatie congolaise co-préside avec son homologue libyen, Abderrahman Chalgham, regroupe, outre la Libye, le Congo et les deux pays en conflit, le Burkina Faso et la République centrafricaine (RCA).
Les délégations tchadienne et soudanaise sont conduites respectivement par le ministre des Affaires étrangères, Ahmad Allami et un conseiller du président Al-Bachir, Mustapha Othman Ismael.
Le Burkina Faso, qui assure la présidence en exercice de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD), est représentée à la réunion par son ministre des Affaires étrangères, Youssouf Ouédraogo, et la Centrafrique, frontalière du Tchad et du Soudan, par le chargé d'Affaires à l'ambassade de la RCA à Tripoli, M. Ji Pierre Hendrix.
Le secrétaire général de la CEN-SAD Mohamed Al-Madani Al-Azhari, prend également part à la rencontre.

Février 2006

Darfour: Les milices janjaweed attaquent les civils au Tchad

Des milliers de civils sont menacés par des raids venus de l’autre côté de la frontière

Human Rights Watch, New York, le 5 février 2006

Presque quotidiennement, les milices basées au Darfour mènent des raids transfrontaliers contre des villages tchadiens, tuant des civils, brûlant des villages et volant le bétail, et ce au cours d'attaques aux relents ethnicistes, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.
Les analystes de Human Rights Watch ont recueilli des informations circonstanciées sur les nombreuses attaques transfrontalières perpétrées depuis le début du mois de décembre 2005 contre des villages tchadiens situés le long de la frontière entre Adré, Adé et Modoyna, dans la région est du Tchad. La plupart de ces incursions ont été le fait de miliciens soudanais et tchadiens provenant du Darfour et opérant parfois avec l'appui manifeste du gouvernement soudanais, notamment le soutien d'hélicoptères de combat.
En raison de ces violences, le Tchad compte aujourd'hui des dizaines de milliers de déplacés à l'intérieur de son territoire. La plupart des victimes appartiennent aux groupes ethniques dajo et masalit, qui vivent des deux côtés de la frontière internationale. Les Arabes tchadiens qui résident dans cette zone semblent être épargnés par les attaques mais certains ont quitté leur maison pour trouver refuge au Soudan, apparemment par crainte de représailles.
Human Rights Watch a également fait part d'un nouvel afflux de réfugiés issus du Darfour au Tchad. Il s'agit de personnes déjà déplacées par des attaques menées au Darfour en 2003 et qui vivaient dans les camps de Mornei et Misterei au Darfour occidental. Beaucoup ont déclaré avoir fui pour échapper aux attaques incessantes lancées contre les habitants des camps par les milices janjaweeds parrainées par le gouvernement soudanais.
“ On pouvait croire que la situation effroyable régnant au Darfour ne pouvait plus empirer, mais on avait tort,” déclare Peter Takirambudde, directeur exécutif de la Division Afrique à Human Rights Watch. “La politique du Soudan qui consiste à armer les milices et à les lâcher dans la nature a aujourd'hui des conséquences de l'autre côté de la frontière et rien ni personne ne protège ces civils de leurs attaques, que ce soit au Darfour ou au Tchad.”
Human Rights Watch a indiqué que la situation rendait encore plus pressant le besoin d'une force internationale solide et largement répandue, non seulement au Darfour mais également le long de la frontière tchadienne, avec un mandat comprenant la protection des civils et le désarmement des groupes armés.
En début de semaine, Human Rights Watch a appelé le Conseil de Sécurité des Nations Unies à autoriser de toute urgence que la force de l'Union Africaine au Darfour fasse place à une mission de l'ONU. Cette mission devrait avoir un mandat clair et fort, celui de se protéger elle-même et de protéger les civils, par la force s'il y a lieu, et de désarmer et démanteler les milices parrainées par le gouvernement soudanais qui ont confisqué les terres ou menacé la population civile.
La zone frontalière située au sud d'Adré est devenue plus vulnérable aux raids des milices suite à l'attaque lancée contre Adré le 18 décembre 2005 par les rebelles tchadiens opposés au gouvernement de N’Djamena. Ces rebelles opèrent depuis leurs bases au Darfour et ils seraient appuyés par le pouvoir soudanais. L'attaque d'Adré a incité le gouvernement tchadien à redéployer ses forces loin des villages frontaliers situés au sud de la ville, laissant de vastes zones à la merci des milices en uniforme qui se déplacent à cheval ou à dos de chameau et qui ont attaqué et pillé des dizaines de villages au cours des six dernières semaines.
Le nombre croissant d'attaques lancées ces derniers mois contre des villages au Tchad et contre des camps et des travailleurs humanitaires au Darfour occidental a rendu la région extrêmement dangereuse pour les associations internationales humanitaires. En conséquence, seules quelques-unes opèrent actuellement dans la zone frontalière.
La plupart des personnes déplacées au Tchad ont perdu une grande partie de leurs récoltes et de leur bétail suite aux attaques. Elles vivent aujourd'hui dans des abris de fortune fabriqués avec de la paille et dépendent de la générosité des villageois. De graves pénuries alimentaires risquent de survenir dans les prochaines semaines car les réserves de nourriture tendent à s'épuiser.
“ La sécurité dans l'Est du Tchad est étroitement liée à celle régnant au Darfour occidental. Si aucune action préventive n'est menée, les camps de réfugiés situés au Tchad seront à leur tour menacés. Ce n'est probablement plus qu'une question de temps,” a indiqué Takirambudde. “Le Conseil de Sécurité doit agir immédiatement afin d'éviter que d'autres civils tchadiens résidant dans la contrée ne vivent ce cauchemar.”
Les chercheurs de Human Rights Watch qui se sont rendus dans la région tchadienne de Borota, au sud d'Adré, ont recueilli des informations sur plusieurs attaques menées par les milices janjaweeds depuis la mi-décembre. Quarante des 85 villages que comprend Borota ont fait l'objet de raids et ces 40 localités ont toutes été désertées par leurs habitants, lesquels sont aujourd'hui sans abri. Au cours de plusieurs attaques perpétrées entre le 16 décembre et le 20 janvier, seize villageois ont été tués et six blessés. La dernière incursion, qui remonte au 20 janvier, a eu lieu la nuit alors que les chercheurs de Human Rights Watch se trouvaient dans le village. Un villageois a été blessé par balles.
Le village central de Borota compte 6.850 habitants mais depuis le début des attaques, sa population a augmenté pour dépasser les 10.000 habitants. Le village ne dispose que d'un seul puits opérationnel et ses réserves alimentaires sont sérieusement entamées.
Des dizaines de témoins, interrogés séparément, ont déclaré que les assaillants étaient des personnes d'ethnie arabe, visiblement différentes de la population locale. Elles étaient vêtues de tenues kaki de l'armée soudanaise et parlaient l'arabe du Soudan. Elles portaient des turbans verts, blancs ou jaunes, circulaient à cheval ou parfois à dos de chameau et avaient traversé la frontière soudanaise en direction de l'est.
Environ 10.000 personnes provenant de vingt-six villages frontaliers ont trouvé refuge à Koloy, un village situé à 45 kilomètres au sud-est d'Adé, qui compte normalement 1.904 habitants. La majorité des personnes déplacées sont arrivées après la mi-décembre, lorsque les Janjaweeds ont augmenté la fréquence de leurs raids. Les victimes interrogées par Human Rights Watch à Koloy ont signalé que les milices avaient mené leurs dernières incursions jusqu'aux abords du village. Les personnes qui sont retournées dans les zones frontalières pour aller chercher de la nourriture dans leurs champs ont dit avoir été attaquées; beaucoup craignent de souffrir de la faim si elles continuent à ne pouvoir accéder à leurs villages.
Les chercheurs de Human Rights Watch ont également fait part d'une attaque perpétrée début décembre par les forces armées soudanaises dans la région de Goungor, à environ 45 kilomètres d'Adré. Entre le 5 et le 11 décembre, la région qui compte 8.315 habitants a été attaquée à quatre reprises, les deux premières fois par l'armée soudanaise et les forces janjaweeds, les deux autres fois par les Janjaweeds seuls.
Au départ, les villageois croyaient que les forces soudanaises étaient à la poursuite de rebelles venus du Darfour qui s'étaient repliés à Goungor après des escarmouches au Darfour. Mais les soldats et les Janjaweeds s'en sont pris directement aux civils dans vingt-deux villages de la région de Goungor. Le décès d'au moins deux personnes lors des attaques a été confirmé. Human Rights Watch a été informée que quarante-cinq personnes au total avaient perdu la vie; ce chiffre n'a toutefois pu être vérifié.

Février 2006

VI° Sommet de l’Union Africaine 23 et 24 janvier 2006

Education et culture, crises et conflits, affaire Habré….Plus que cet ordre du jour, c’est la désignation de son président qui a monopolisé les assises de l’organisation à Khartoum. Et donné lieu à de véritables empoignades.

Samy Chorbal et Patrick Robert, envoyés spéciaux

Jeune Afrique, 4 février 2006

Après d'intenses tractations, des débats feutrés mais houleux, et deux nuits sans sommeil, Denis Sassou Nguesso a fini par empocher la mise. Le chef de l'Etat congolais a donc été désigné par ses pairs à la présidence de l'Union africaine (UA). C'est le principal, sinon le seul résultat tangible du sommet de Khartoum (23 et 24 janvier 2006). Sassou succède donc au Nigérian Olusegun Obasanjo. C'est une victoire personnelle pour lui, mais aussi, pour son homologue gabonais; El Hadj Omar Bongo Ondimba, qui a utilisé tout son entregent pour que ce poste, essentiellement honorifique du temps de la défunte OUA, et devenu très politique depuis la naissance de l'UA, en juillet 2002 à Durban, revienne à l'Afrique centrale.
Mais ,1'organisation, elle, ne sort pas grandie de la bataille de Khartoum. Car, pour la première fois sans doute, la question de sa présidence, réglée habituellement par consensus, a donné lieu à une véritable empoignade, qui a relégué au second plan les points d'un ordre du jour pourtant bien fourni: éducation et culture (thème officiel du sommet), crises et conflits, Nepad, affaire Hissein Habré, et représentation de l'Afrique au Conseil de sécurité des Nations unies. La faute en revient principalement au président soudanais Omar el-Béchir, dont la candidature controversée a été obstinément maintenue, avant d'être retirée in extremis, dans la nuit du 23 au 24 janvier 2006, en échange de la promesse ambiguë de présider l'UA en 2007. Retour sur un psychodrame qui a mis à rude épreuve les nerfs de la quarantaine de chefs d'État, qui ont fait le voyage de Khartoum.
Abuja, janvier 2005. Le Soudan, pressenti pour accueillir le prochain sommet de l'organisation, prévu en juillet; se désiste au profit de Syrte, en Libye, conflit du Darfour oblige. Il obtient en échange d'accueillir celui de janvier 2006, une date qui coïncide avec le cinquantenaire de son indépendance, et avec le premier anniversaire des accords historiques de réconciliation entre le nord et le sud du pays. Tout le monde pense alors que l'affaire du Darfour, où l'UA a commencé à déployer une force d'interposition, sera réglée. Afin d'éviter que la présidence de l'organisation ne revienne à l'imprévisible « Guide » libyen, Mouammar Kaddafi, une innovation est introduite: le découplage entre l'accueil des assises et la présidence de l'organisation. Le pays hôte ne devient donc plus automatiquement président en exercice de l'Union. Pour faire bonne mesure, le mandat du Nigérian Olusegun Obasanjo est prorogé - à titre exceptionnel de six mois.
Fin 2005, coup de théâtre: le président Béchir annonce qu'il brigue finalement la présidence de l'organisation. Tollé dans l'opinion internationale. Stupeur à Addis-Abeba, au siège de la Commission de l'UA. Alpha Oumar Konaré (AOK); son président, rêve de transformer la jeune institution qu'il incarne en un outil politique au service du continent, fondé sur les principes de démocratie et de bonne gouvernance. Mais la crédibilité naissante de l'UA serait durement compromise si elle venait à être présidée par un chef d'État dont l'armée régulière et les milices supplétives des Janjawid sont accusées des pires atrocités au Darfour, et dont les relations avec son voisin tchadien sont au plus bas.
Pour AOK, il en va non seulement dé l'image mais de la survie de l'UA, fortement dépendante des subsides occidentaux pour le financement de ses opérations de maintien de la paix. I1 entreprend donc une tournée dans les capitales africaines (Libreville, Brazzaville, Abuja, Luanda, Tripoli, Pretoria), s'arrête à Paris, pour consulter, et tâter le pouls de candidats potentiels. Deux options émergent, mais aucune ne fait consensus: la désignation du Congolais Denis Sassou Nguesso, et une deuxième prolongation d'Obasanjo. Sassou bénéficie du soutien du camp francophone. Il jouit aussi de l'expérience requise pour le poste, car il a déjà présidé l'OUA, entre 1986 et 1987. Mais son élection braquerait les Soudanais. L'option Obasanjo ménagerait davantage leur susceptibilité. Sauf que nombre de « grands électeurs » du continent, à commencer par l'Algérie, la Libye et l'Afrique du Sud, ne souhaitent pas renforcer davantage le leadership continental du Nigeria.
Constatant qu'aucun consensus ne se dégage et que le Soudan maintient sa candidature, qui a entre-temps reçu le soutien de son groupe régional, ainsi que celui, plus hypocrite, des Maghrébins et de l'Égypte, au nom de la « solidarité arabe », les ministres des Affaires étrangères de l'UA, réunis en conseil exécutif à Khartoum, les 20 et 21 janvier 2006, préfèrent laisser la question de la présidence aux chefs d'État, qui doivent entrer en conclave le surlendemain. Personne n'a intérêt à aller à un vote qui scellerait la désunion de la famille africaine. Qui plus est, comme le cas de figure est inédit et n'est abordé que de manière très allusive dans les statuts, personne ne sait exactement comment ce vote doit se dérouler (à mains levées ou à bulletins secrets) ni quelle majorité est requise (majorité simple ou des deux tiers). Les conciliabules se multiplient. L'entêtement soudanais laisse perplexe.
Kaddafi, arrivé dans la journée du 22 à Khartoum, prend les choses en mains. Il pense pouvoir trouver un compromis et obtenir le retrait de son frère Béchir. À son initiative, un comité des sages est constitué: il comprend les présidents Abdoulaye Wade (Sénégal), Omar Bongo Ondimba (Gabon), Mélès Zenawi (Éthiopie), Festus Mogae (Botswana) et le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, qui représente un Abdelaziz Bouteflika toujours convalescent. Les sages, briefés par Kaddafi - surtout Wade d'ailleurs -, se rendent auprès de leur « cher frère » Béchir, qui termine une entrevue avec Konaré. Les discussions sont longues, se prolongent une partie de la nuit. Le président soudanais, d'abord inflexible, prend congé de ses interlocuteurs vers 3 heures du matin en leur répétant: «La nuit porte conseil. » Certains y voient la promesse d'un retrait.
Le lendemain, jour de l'ouverture officielle des travaux, dans les couloirs du Friendship Hall, les supputations vont bon train. La session commence avec quarante-cinq minutés de retard sur l'horaire. Les visages des chefs de délégation et de leurs collaborateurs sont scrutés avec attention. Les traits sont tirés. Kaddafi a sa tête des mauvais jours. Wade finit par vendre la mèche à un journaliste: «Le Soudan n'a pas retiré sa candidature». La séance s'étire en longueur. Rien d'intéressant n'y est dit. Kaddafi, lui, est fâché, vexé que ses efforts n'aient pas abouti. Il le montre en s'asseyant ostensiblement en retrait dans l'hémicycle, et en appelant à tout bout de champ ses collaborateurs, obligés de traverser la moitié de la salle pour le rejoindre.
Les chefs d'État entrent dans le vif du .sujet lorsque les débats reprennent, à huis clos, vers 15 h 30. Ils se prolongent tout l'après-midi.
Les Soudanais restent intraitables. Sassou aussi. Mais il ne veut pas aller au vote qui serait source de divisions. Quand les premières délégations quittent la salle, vers 19 heures, le blocage est total. Apercevant Nathalie Delapalme, conseillère Afrique au Quai d'Orsay, venue aux nouvelles, le président congolais lui glisse à l'oreille: «C'est une galère, une vraie galère! », avant de s'engouffrer dans sa limousine. Finalement, en marge du dîner de gala offert par Béchir, un début de solution se dégage: une commission est chargée de trouver une issue acceptable par tous et d'éviter un vote dont personne ne veut. Le groupe de travail, constitué par sept pays (Botswana, Burkina Faso, Djibouti, Égypte, Gabon, Tanzanie et Zimbabwe) planche jusqu'au petit matin. Vers 8 heures, le 24, les premières indiscrétions filtrent: Sassou a gagné. En échange du retrait de leur candidature, les Soudanais ont obtenu la première vice-présidence de l'Union, un poste nouveau et totalement honorifique. Et, surtout, la promesse de présider l'UA en 2007.
En réalité, cette promesse est conditionnelle. L'UA n'a pas signé de chèque en blanc au président Béchir. Explication de Wade: «La présidence de l'Union reviendra au Soudan en 2007. À condition, bien sûr, que la crise du Darfour ait été réglée et que les relations avec le Tchad se soient normalisées. C'est un point qui ne figure pas dans la déclaration finale, mais dont les chefs d'État ont convenu verbalement avec les Soudanais, et qui tombe sous le sens... » Une équivoque qui laisse augurer de belles empoignades à venir, par exemple à Banjul, en juillet prochain, où la question reviendra forcément sur le tapis.
« Il faut voir le côté positif des choses, philosophe un diplomate africain à la sortie du huis clos. Ce psychodrame a permis de se pencher sur les mécanismes de désignation du président de l'UA, qui n'étaient pas clairs, et qui seront clarifiés, très rapidement. Ce n'est pas une mauvaise chose que le président soit connu à l'avance, cela lui laissera le temps de se préparer. Le compromis auquel les chefs d'État sont arrivés aura peut-être un impact bénéfique au Darfour, car si Khartoum veut vraiment l'UA, il devra s'impliquer plus sincèrement dans le processus de paix. » En attendant, tous les regards se tournent vers Denis Sassou Nguesso. Sa présidence sera-t-elle forte - voire envahissante - comme l'a été celle d'Olusegun Obasanjo, ou plus en retrait? Quelles seront ses priorités? Peu disert, le chef de l'État congolais s'est borné à déclarer qu'il ferait de la restauration de la paix et de la sécurité en Afrique l'objectif majeur de sa présidence...

Février 2006

Soudan : le Conseil de Sécurité demande au Secrétaire général de préparer une force de l’ONU au Darfour

Nations Unies, New York, 3 février 2006

Le Conseil de sécurité a demandé aujourd'hui au Secrétaire général, par la voie d'une déclaration présidentielle, d'établir «sans retard » un plan d'urgence présentant diverses options dans la perspective d'une transition de la mission de l'Union africaine au Darfour à une opération des Nations Unies.
« Ce plan devrait prévoir une approche intégrée et unifiée » et « une utilisation maximale des ressources existantes de la Mission de l'Union africaine au Darfour (MUAS) et de la Mission des Nations Unies au Soudan (selon son acronyme anglais) sous réserve de l'accord des pays qui fournissent des contingents », a déclaré aujourd'hui au nom de ses 15 membres le président du Conseil de sécurité pour le mois de février, l'ambassadeur des Etats-Unis John Bolton, lors d'une séance consacrée à la situation au Soudan.
Le Conseil demande par ailleurs au Secrétaire général « une évaluation, à confirmer par le Conseil, des tâches clefs à réaliser dans le Sud-Soudan et au Darfour en vue d'affecter et de redéployer dans toute la mesure possible les hommes et les équipements en place ».
Enfin, les préparatifs devront conduire le Secrétaire général à envisager, dès que possible, un examen de la structure actuelle de l'UNMIS, « y compris en matière de commandement et de contrôle et de logistique, en vue d'y apporter les ajustements nécessaires pour utiliser au mieux les ressources disponibles lorsque l'Union africaine aura jugé possible et acceptable le passage à une mission des Nations Unies ».
« Le Conseil interviendra tout au long de ce processus », indique la déclaration.
En attendant, « le Conseil souligne combien il importe de continuer d'appuyer fermement la MUAS jusqu'à ce que la transition éventuelle soit menée à terme ».
Le 25 janvier dernier, le Secrétaire général avait estimé dans une tribune au « Washington Post » que « le passage d'une force de l'Union africaine à une opération des Nations Unies au Darfour » était « désormais inévitable », affirmant que « pour que la transition se déroule bien, le Conseil de sécurité » devait « rapidement prendre une décision ferme » (voir notre dépêche du 25 janvier 2006).
« Cela étant dit, il ne faudrait surtout pas s'imaginer qu'il suffira, pour régler la crise, de placer l'actuelle mission de l'Union africaine sous le drapeau de l'ONU », prévenait par ailleurs le Secrétaire général.
« La nouvelle opération devra avoir un mandat clair et vigoureux qui l'autorise à protéger ceux qui sont en danger, en recourant à la force si nécessaire, et disposer des moyens de le faire. Il faudra donc qu'elle soit plus étoffée, plus mobile et nettement mieux équipée que la MUAS », expliquait Kofi Anann.
En attendant, précisait le Secrétaire général, « la mission de l'Union africaine doit être maintenue et renforcée » car « il faudrait des mois à l'ONU pour déployer une telle opération ».
Sur le plan politique, le Conseil de sécurité a insisté à nouveau aujourd'hui sur « l'importance qu'il y a à conclure d'urgence les négociations d'Abuja » sur le Darfour, et lance un appel à toutes les parties afin qu'elles négocient de bonne foi pour parvenir dès que possible à un accord de paix.
« Il réaffirme, dans les termes les plus énergiques, la nécessité pour toutes les parties au Darfour de mettre fin à la violence et aux atrocités et exige de toutes les parties au conflit au Darfour qu'elles coopèrent pleinement avec la MUAS et s'acquittent de toutes les obligations qu'elles ont contractées », conclut le Conseil de sécurité.
Le 12 janvier 2006, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine avait annoncé sa décision d'appuyer, en principe, l'idée que la Mission de l'Union africaine au Soudan passe le relais à une opération des Nations Unies, et de prier le Président de la Commission de l'Union africaine d'engager des consultations avec l'ONU et d'autres parties prenantes sur la question.
Le 13 janvier dernier, le Représentant spécial avait plaidé devant le Conseil de sécurité pour le déploiement d'une force « beaucoup plus importante » dans la région, qui serait « en mesure de prévenir les attaques contre les civils et de désarmer les milices janjaouites », responsables des pires atrocités (voir notre dépêche du 13 janvier 2006).
« Notre stratégie de paix a échoué au Darfour », avait estimé Jan Pronk.

Février 2006

Washington et Londres prônent des casques bleus pour le Darfour

L’Express, 3 février 2006

Les civils ont trop longtemps été les proies faciles des rebelles et du gouvernement soudanais

Les États-Unis espèrent que le Conseil de sécurité des Nations-unies approuvera en février le déploiement d’une force de maintien de la paix au Darfour, une région du Soudan où les violences se poursuivent, a déclaré le secrétaire d’État adjoint Robert Zoellick à des journalistes à Washington.
Aux Nations-unies, les États-Unis et la Grande-Bretagne préparent un projet de déclaration qu’ils soumettront la semaine prochaine au Conseil de sécurité. Cette déclaration demande aux responsables de l’Onu de préparer un projet de déploiement d’une force au Darfour, a-t-on appris de source proche du Conseil de sécurité.
Mais les diplomates ne s’attendent pas à ce que le Conseil de sécurité autorise une telle force ce mois-ci, alors que l’ambassadeur américain John Bolton assure la présidence tournante du Conseil.
L’Union africaine qui a déployé 7 000 hommes dans cette région grande comme la France, n’a pas encore dit si elle acceptait d’agir en coopération avec des casques bleus ou de leur céder la place. Khartoum n’a pas davantage donné son consentement.
La Chine, membre permanent du Conseil de sécurité, qui dispose d’importants intérêts pétroliers au Soudan, ne se prononcera probablement pour un déploiement de casques bleus que si l’Union africaine et le Soudan y sont favorables, estiment des diplomates.
Le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, a déclaré que l’envoi de casques bleus au Darfour était “désormais inévitable”, mais l’intégration de la force de l’Union africaine au Darfour à une force de l’Onu prendrait au moins six mois, notent des responsables de l’Onu.

Livraisons d’armes

Le sous-secrétaire général chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guehenno, a déjà entamé des préparatifs, mais il a besoin d’une décision ferme du Conseil de sécurité avant de recruter des troupes.
Le conflit du Darfour a éclaté début 2003 lorsque des populations noires ont pris les armes en accusant le gouvernement de Khartoum, à dominante arabe, de négliger la région. Le gouvernement a riposté en armant des milices arabes, la Djandjaouid, qui ont commencé à attaquer les villages, incitant deux millions de personnes à se réfugier dans des camps.
“ En regardant les trois dernières années de meurtres et de nettoyage ethnique au Darfour, il nous faut admettre que notre stratégie de paix a échoué jusqu’ici”, a déclaré à la mi-janvier Jan Pronk, représentant de l’Onu à Khartoum.
L’organisation Human Right Watch, basée à New York, et la cellule de réflexion International Crisis Group, à Bruxelles, ont exhorté Washington à “rechercher d’urgence une transition de la force de l’Union africaine au Darfour vers une mission des Nations-unies avec un mandat fort de protection des civils”.
Dans des lettres au président George Bush et au Conseil de sécurité, les deux organisations affirment que les miliciens continuent d’agir impunément au Darfour.
“ Le gouvernement soudanais n’a pas tenu sa promesse de cesser ses attaques contre ses propres ressortissants”, a déclaré l’ancien ministre australien des Affaires étrangères Gareth Evans, président de l’International Crisis Group.
Kenneth Bacon, président de Refugees International, a pour sa part déclaré: “John Bolton, qui a demandé un renforcement de l’embargo sur les livraisons d’armes au Soudan, devrait demander la divulgation d’une étude non publiée des Nations-unies énumérant les pays qui livrent des armes aux rebelles et aux milices soutenues par Khartoum

Evelyn LEOPOLD

Février 2006

Le Conseil de Sécurité débat de l’envoi d’une force des Nations Unies au Darfour

Nations Unies, New York, 2 février 2006

Ainsi que l'y avait engagé la semaine dernière le Secrétaire général, le Conseil de sécurité a tenu aujourd'hui des consultations à huis clos sur les préparatifs de l'envoi d'une opération de maintien de la paix des Nations Unies au Darfour.
« Nous avons eu une discussion préliminaire sur un projet de déclaration présidentielle sur la planification d'activités de maintien de la paix au Darfour », a déclaré ce matin John Bolton, ambassadeur des Etats-Unis et président du Conseil de sécurité pour le mois de février.
John Bolton a ajouté que les experts continueraient les pourparlers cet après-midi sur le projet de texte.
L'ONU a déployé jusqu'à présent une opération de maintien de la paix, la Mission des Nations Unies au Soudan (selon son acronyme anglais), chargée de surveiller la mise en ouvre de l'Accord de paix global entre le gouvernement du Soudan et l'Armée/Mouvement de libération populaire du Soudan, le mouvement rebelle du Sud-Soudan.
L'UNMIS a aussi pour mandat de fournir un soutien à la Mission de l'Union africaine au Darfour (MUAS), qui vise à protéger les populations en proie aux conflits qui continuent de faire rage dans cette région de l'ouest du Soudan.
La semaine dernière, le Secrétaire général avait estimé dans une tribune au « Washington Post » que « le passage d'une force de l'Union africaine à une opération des Nations Unies au Darfour » était « désormais inévitable », affirmant que « pour que la transition se déroule bien, le Conseil de sécurité » devait « rapidement prendre une décision ferme » (voir notre dépêche du 25 janvier 2006).
Le Secrétaire général rappelait que « malgré un manque chronique de fonds, les troupes de l'Union africaine sur le terrain font tout leur possible » et que « la population se sent plus en sécurité quand elles sont présentes ».
Mais, déplorait-il, « elles sont trop peu nombreuses - 5.000 soldats et 2.000 policiers et observateurs militaires pour un territoire de la taille du Texas. Elles n'ont ni le matériel, ni le mandat qu'il leur faudrait pour protéger les gens qui sont en danger ou faire appliquer un cessez-le-feu que les rebelles, les Janjaouid et les forces gouvernementales soudanaises enfreignent désormais régulièrement ».
« Le Conseil de sécurité se trouve ainsi mis sur la sellette. La Charte des Nations Unies lui attribue la principale responsabilité du maintien de la paix et de la sécurité internationales », soulignait Kofi Annan.
« Cela étant dit, il ne faudrait surtout pas s'imaginer qu'il suffira, pour régler la crise, de placer l'actuelle mission de l'Union africaine sous le drapeau de l'ONU », prévenait par ailleurs le Secrétaire général.
« La nouvelle opération devra avoir un mandat clair et vigoureux qui l'autorise à protéger ceux qui sont en danger, en recourant à la force si nécessaire, et disposer des moyens de le faire. Il faudra donc qu'elle soit plus étoffée, plus mobile et nettement mieux équipée que la MUAS », expliquait Kofi Anann.
En attendant, précisait le Secrétaire général, « la mission de l'Union africaine doit être maintenue et renforcée » car « il faudrait des mois à l'ONU pour déployer une telle opération ».
Le 24 janvier, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, avait prévenu le Conseil de sécurité de l'imminence d'une « catastrophe encore bien plus grande » au Darfour, si des mesures énergiques n'étaient pas prises rapidement par la communauté internationale.
António Guterres avait aussi appelé au renforcement immédiat du soutien aux forces de l'Union africaine et à une pression politique accrue pour parvenir à un accord de paix dans le cadre des pourparlers d'Abuja (voir notre dépêche du du 24 janvier 2006).
« Notre stratégie de paix a échoué au Darfour », avait affirmé, le 13 janvier dernier, Jan Pronk.
Devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial avait plaidé pour le déploiement d'une force « beaucoup plus importante » dans la région, qui serait « en mesure de prévenir les attaques contre les civils et de désarmer les milices janjaouites », responsables des pires atrocités (voir notre dépêche du 13 janvier 2006).

Février 2006

Les donateurs affectent 484 millions de dollars US au Soudan

Jeune Afrique, 2 février 2006

La communauté des donateurs a jusqu'ici affecté 484 millions de dollars US au Fonds multidonateurs (MDTF) destiné à la reconstruction des régions ravagées par la guerre au Soudan pour la période 2005-2007, a annoncé jeudi la Banque mondiale qui administre les fonds.
D'après la banque, ces affectations de ressources proviennent du Danemark, de la Commission européenne, de la Finlande, de la Grèce, de l'Islande, des Pays-Bas, de la Norvège, de la Suède et du Royaume- Uni.
Lors d'une conférence des donateurs en avril dernier à Oslo, plusieurs pays avaient promis 508 millions de dollars US aux MDTF pour aider à consolider l'Accord de paix global du Soudan, qui a mis fin à la plus longue guerre civile africaine opposant le Gouvernement du Soudan à Khartoum et l'Armée/mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLM/A) dans la partie sud du pays.
La Banque mondiale indique dans un communiqué que le programme de reconstruction assisté par la communauté internationale est en cours avec deux nouvelles subventions allouées à l'amélioration des capacités de gestion, et au renforcement des services sociaux et infrastructures communautaires dans les zones touchées par la guerre dans le nord du Soudan.
Une subvention de 5 millions de dollars US débloquée par la Facilité d'assistance technique (TAF) et une autre de 15 millions de dollars US du Fonds de développement communautaire (CDF) ont été les premières accordées le mois dernier au gouvernement national.
Grâce à cette assistance technique, le ministère des Finances et de l'Economie nationale mettra sur pied une facilité pour aider le gouvernement central et les gouvernements des différents Etats à formuler des politiques, programmes et projets émanant de la Mission conjointe d'évaluation des Nations Unies/Banque mondiale pour l'éradication de la pauvreté et une paix et un développement soutenus.
Le programme vise à préparer la voie à de futurs projets d'investissements dans le domaine des infrastructures, de l'agriculture et du développement rural.
Il devrait aussi faciliter la préparation de programmes dans les secteurs de la santé, de l'éducation et du transport.
Les efforts de relance post-conflit au Soudan ont été stimulés par une décision du conseil de la Banque mondiale d'apporter une contribution de 10 millions de dollars US.
La banque a également accordé des subventions au Sud Soudan, puisées dans un Fonds multidonateurs séparé créé pour cette partie du pays dans le cadre de l'accord de paix.
" Ces premières affectations ouvrent la voie au développement d'un partenariat fructueux entre le MDTF et le gouvernement d'unité nationale", a déclaré Ishac Diwan, directeur pays de la Banque mondiale pour l'Ethiopie et le Soudan.
" La communauté internationale se réjouit à l'idée de poursuivre ce partenariat pour aider à reconstruire et relancer le Soudan, suite à la signature de l'Accord global de paix".
Au Sud Soudan, qui a besoin d'urgence d'inffrastructures et de services de base pour sa population, le fonds a récemment octroyé une subvention de 50 millions de dollars US pour les programmes d'urgence de développement du transport et des infrastructures.
Le gouvernement du Sud Soudan a apporté une contribution de 100 millions de dollars US à cette même fin, a indiqué la Banque mondiale.

Février 2006

L'insécurité au Darfour au centre des pourparlers d'Abuja vendredi prochain

All Africa-com, New York 2 février 2006

Alors que la mise en oeuvre de l'Accord global de paix entre le gouvernement soudanais et le Sud-Soudan ne progresse que lentement, le Représentant spécial du Secrétaire général a annoncé aujourd'hui qu'il soulèverait la question de l'insécurité au Darfour lors des pourparlers de paix qui reprennent vendredi prochain à Abuja.
Jan Pronk, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, est rentré à Khartoum après une visite de deux jours à Juba, au Sud-Soudan, où il a rencontré divers représentants du gouvernement du Sud-Soudan, notamment son président et son vice-président, a indiqué aujourd'hui le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.
Les débats ont porté sur la mise en oeuvre de l'Accord global de paix, a déclaré le porte-parole, qui a précisé que Jan Pronk avait exprimé son mécontentement au regard du fait que de nombreux organes clefs prévus dans l'Accord n'étaient toujours pas opérationnels.
La Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) a fait savoir que Jan Pronk se rendrait vendredi prochain à Abuja au Nigeria pour la reprise des pourparlers de paix sur le Darfour, où il soulèvera la question de la détérioration de la sécurité dans la région.
Par ailleurs, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations Unies au Soudan a informé aujourd'hui que près de 70.000 personnes ont été déplacées par les récentes attaques contre deux villes du Sud-Darfour.
Les attaques séparées ont eu lieu la semaine dernière, forçant un grand nombre de personnes déplacées à fuir de nouveau, a précisé le porte-parole.
Le 27 janvier dernier, le Secrétaire général avait appelé « toutes les parties à cesser immédiatement les hostilités » au Darfour (voir notre dépêche du 27 janvier 2006).
« La dégradation de la situation au Darfour est telle que le passage d'une force de l'Union africaine à une opération des Nations Unies est désormais inévitable », affirmait la veille Kofi Annan, dans une tribune au Washington Post où il appelait le Conseil de sécurité à « rapidement prendre une décision ferme » » (voir notre dépêche du 25 janvier 2006).
Le 24 janvier, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, avait prévenu le Conseil de sécurité de l'imminence d'une « catastrophe encore bien plus grande » au Darfour, si des mesures énergiques n'étaient pas prises rapidement par la communauté internationale.
António Guterres avait aussi appelé au renforcement immédiat du soutien aux forces de l'Union africaine et à une pression politique accrue pour parvenir à un accord de paix dans le cadre des pourparlers d'Abuja (voir notre dépêche du 24 janvier 2006).
« Notre stratégie de paix a échoué au Darfour », avait affirmé, le 13 janvier dernier, Jan Pronk.
Devant le Conseil de sécurité, le représentant spécial avait plaidé pour le déploiement d'une force « beaucoup plus importante » dans la région, qui serait « en mesure de prévenir les attaques contre les civils et de désarmer les milices janjaouites », responsables des pires atrocités (voir notre dépêche du 13 janvier 2006).

Février 2006

M. Robert Zoellick reçoit à Washington Mme Rebecca Garang

United States Department of State, 2 Février 2006
Susan Ellis

La ministre des routes et des transports du Sud-Soudan évoque le développement de sa région
L'amélioration du réseau routier tient à cÅ"ur à la ministre des routes et des transports du Sud-Soudan, Mme Rebecca Garang, car elle a fait personnellement l'expérience douloureuse du délabrement des routes durant ses déplacements et elle sait combien il est important que les routes soient praticables pour que ses concitoyens puissent acheminer leurs produits vers les marchés.
Le 1er février, Mme Garang, veuve du premier vice-président du Soudan, M. John Garang, décédé lors d'un accident d'hélicoptère en juillet 2005, était accueillie à Washington par le secrétaire d'État adjoint, M. Robert Zoellick.
Lors de leurs entretiens, a expliqué ce dernier aux journalistes, les deux responsables ont évoqué « le développement du Sud-Soudan, le processus sous-tendant l'accord global de paix, ainsi que d'autres questions ayant trait au Darfour ».
« Nous avons parlé de la nécessité de rendre transparente la distribution des revenus du pétrole (...) et des défis que la situation au Darfour présente », a-t-il précisé, ajoutant que les États-Unis s'efforçaient de trouver des solutions, notamment au plan humanitaire, en étroite collaboration avec la Mission de l'Union africaine.
Il est question, par exemple, de transférer les responsabilités de la mission de l'Union africaine à une mission de Casques bleus de l'ONU en février, lorsque les États-Unis auront la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU.
Les pourparlers de paix entre les groupes rebelles et le gouvernement qui vont reprendre prochainement à Abuja (Nigeria), ont aussi été évoqués, a-t-il dit, faisant valoir que son collègue M. Roger Winter se trouvait en ce moment à Abuja « car s'il nous faut renforcer la sécurité, il nous faut aussi encourager un accord de paix entre les groupes rebelles et le gouvernement d'union nationale et, bien sûr, l'Armée de libération du peuple du Soudan peut aussi jouer un rôle dans tout cela ».
Pour sa part, Mme Garang a souligné la nécessité de développer le Sud-Soudan, se souvenant que son mari avait l'habitude de dire qu'il n'avait pas vu une seule route goudronnée au Sud-Soudan depuis la création de la région et prenant à témoin M. Zoellick quant à l'état de ces routes.
« Le développement est essentiel au Sud-Soudan », a-t-elle fait remarquer, rappelant que lors de son récent voyage dans la région, la sous-secrétaire d'État pour les affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, n'avait même pas pu y passer une nuit « car il n'y a pas d'hôtel dans la région méridionale du Soudan ».
Comparant l'état du réseau routier dans cette région à celui des États-Unis où elle a vécu pendant quatre ans avec son mari, sillonnant les routes du nord-est dans une petite voiture sans jamais avoir de problèmes pour trouver une chambre d'hôtel, elle a fait valoir : « Dans le sud du Soudan, on ne peut songer à faire la même chose ; pour faire 50 km, il faut peut-être deux jours. C'est la raison pour laquelle je me suis chargée de ce ministère. »
à - propos de l'Accord global de paix, Mme Garang a déclaré qu'en l'appuyant, « les Américains appuyaient en fait les gens du Darfour qui savent très bien que la paix s'accompagne de dividendes ».
Pour sa part, M. Zoellick a indiqué que Mme Garang aurait la possibilité de s'entretenir à plusieurs reprises avec Mme Frazier durant son séjour à Washington.

Février 2006

Washington veut donner priorité au Darfour

Radio-Canada, 1er février 2006

Les États-unis sont bien déterminés à trouver une solution à la guerre civile qui ravage la province occidentale soudanaise du Darfour, en proie à ce que de nombreux responsables américains ont décrit comme un véritable génocide.
Ils espèrent profiter de leur présidence au Conseil de sécurité, en février, pour préparer la mise en place d'une force de l'ONU en substitution à celle de l'Union africaine (UA), dont la mission s'achèvera à la fin de mars. C'est ce qu'a déclaré mercredi le secrétaire d'État adjoint, Robert Zoellick.
« Ce que nous espérons accomplir en février, c'est d'obtenir une décision du Conseil de sécurité tant sur la nature de cette mission, que sur sa taille et sur sa mise en place », a-t-il précisé.
Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan avait récemment exprimé son pessimisme sur la situation au Darfour, et s'était prononcé en faveur d'un tel déploiement pour prendre le relais de la mission de paix de l'UA.
L'UA a déployé quelque 7000 soldats dans la région, sans parvenir, par manque de ressources, à mettre fin à un conflit qui a fait entre 180 000 et 300 000 morts et qui a déplacé plus de 2 millions de personnes depuis 2003.
Les États-Unis appuient l'envoi d'autres renforts internationaux, mais admet que cela pourrait prendre du temps, l'ONU étant déjà engagée à superviser l'accord de paix intervenu dans le sud du Soudan.
M. Zoellick a déclaré que son pays était en discussion avec l'Union africaine, l'Union européenne et l'OTAN pour examiner l'octroi d'un appui supplémentaire à la mission de paix en place en attendant de la faire évoluer en mission de l'ONU.
Washington accuse le gouvernement soudanais de soutenir les milices arabes, connues sous le nom de Janjawids, dans la répression des ethnies noires rebelles du Darfour.

Février 2006
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