Nous référençons un certain nombre
d'articles sur le Soudan |
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2005
Des hommes d`affaires explorent les opportunités au Sud Soudan
Angola presse, 31 mars 2006 Nairobi, 31/03 - Le programme de reconstruction économique du Sud Soudan a reçu un coup de pouce majeur mercredi dernier quand un groupe d`investisseurs étrangers au portefeuille de 100 millions de dollars US a quitté Nairobi pour Juba, la principale ville du Sud Soudan. Les investisseurs étrangers qui se sont réunis mardi à Nairobi pour une séance d`information sur les opportunités d`investissement disponibles dans le Sud Soudan, ont fait savoir qu`ils voulaient explorer les opportunités créées par l`accord de paix historique signé entre le gouvernement et les rebelles en janvier 2005, après deux décennies d`affrontements. Le groupe de plus de 20 investisseurs, essentiellement des Asiatiques et des Kényans, a précisé qu`il chercherait des opportunités dans les secteurs du pétrole, du gaz, des télécommunications, des infrastructures, de la pharmacie et du soutien aux entreprises. Ce voyage est parrainé par un groupe de facilitation des échanges, Bread of Life Africa (BOLA), qui cherche à introduire les hommes d`affaires au Sud Soudan. Malei Nthiwa, le directeur programme de BOLA, a déclaré avant leur départ que son organisation a commencé à développer des plans concrets pour les investisseurs afin d`exploiter le vaste marché du Sud Soudan. "Nous facilitons le voyage des investisseurs afin qu`ils puissent voir par eux-mêmes les opportunités d`investissement dans les secteurs de la construction et du bâtiment, de l`hôtellerie, des télécommunications, du pétrole, du gaz et des autres secteurs", a indiqué M. Nthiwa. |
Afrique Centrale Info,-, 31 mars 2006 Les violents combats qui ont opposé jeudi l'armée tchadienne à des rebelles tchadiens et à des miliciens soudanais dans l'extrême est du pays ont fait de nombreuses victimes, dont le chef d'état-major de l'armée de terre et neveu du président Idriss Deby Itno. Selon des sources militaires, le général Abakar Youssouf Itno, qui dirigeait les opérations de l'armée contre les rebelles, a été grièvement blessé jeudi après-midi non loin de Moudeïna, une localité située à une centaine de kilomètres au sud de la ville frontière d'Adré, et est décédé avant d'avoir pu recevoir des soins. Au moins une soixantaine de blessés, certains grièvement atteints, ont également été recensés à l'hôpital d'Adré dans les rangs de l'armée tchadienne, a-t-on par ailleurs indiqué de sources humanitaires. Aucun bilan n'était par contre disponible pour le camp rebelle. Selon des sources militaires, ces affrontements très violents ont opposé tout au long de la journée de jeudi un millier de soldats de l'armée nationale tchadienne à un nombre équivalent de rebelles du Rassemblement pour la démocratie et la liberté (RDL). Dans un premier temps, le ministère tchadien des Affaires étrangères a annoncé jeudi après-midi dans un communiqué que les combats avaient pour origine une attaque contre la localité de Moudeïna par des Djandjawids, ces miliciens qui combattent aux côtés de l'armée du Soudan dans la province voisine du Darfour, "appuyés par des mercenaires". "L'armée nationale tchadienne a vaillamment repoussé cette nouvelle agression, qui constitue une violation flagrante par le pouvoir de Khartoum des accords de Tripoli du 8 février 2006", a ajouté le communiqué. Le Tchad et le Soudan ont signé le 8 février à Tripoli un accord dans lequel ils se sont interdit d'entretenir sur leurs territoires des rébellions ou de mener des activités hostiles à l'autre. Le chef de la diplomatie tchadienne Ahmat Allami a ensuite précisé que ces "mercenaires" étaient des rebelles du RDL, que le Tchad accuse depuis plusieurs mois le Soudan d'armer et de soutenir. Joint au téléphone, un porte-parole du RDL a démenti le scénario des combats présenté par N'Djamena. "Nous étions sur le territoire tchadien depuis trois semaines. L'armée tchadienne nous a attaqués sur nos positions et nous l'avons mise en déroute", a affirmé l'ancien préfet d'Iriba (est) Issa Moussa, qui se présente comme le conseiller du président du RDL Mahamat Nour. La semaine dernière, l'armée tchadienne avait déjà mené une importante offensive plus au nord, autour de la localité frontalière d'Hadjer Marfaïn, contre un autre mouvement rebelle tchadien, le Socle pour le changement, l'unité et la démocratie (Scud). Selon les autorités de N'Djamena, cette opération, alors dirigée par le général Abakar Youssouf Itno tué jeudi, a permis de détruire une base de ce mouvement, où s'étaient réfugiés certains auteurs de la tentative de coup d'Etat que le gouvernement affirme avoir déjoué le 14 mars. Lors d'un déplacement sur le champ de bataille, le président Idriss Deby Itno avait alors annoncé à la presse avoir "mis un terme à tous les désordres créés par les aventuriers" dans l'est du Tchad. "Je dis que c'est la fin de toutes les aventures", avait-il martelé. Les combats de jeudi interviennent à un mois de l'élection présidentielle du 3 mai, où M. Deby, au pouvoir depuis 1990, doit briguer un nouveau mandat à la tête du pays. L'opposition a décidé de bouder ce scrutin, dont elle juge l'organisation frauduleuse |
La Chine et le Soudan vont promouvoir leur coopération militaire
Xinhuanet, 31 mars 2006 Les forces armées chinoises sont prêtes à promouvoir la coopération avec l'armée soudanaise, a déclaré Cao Gangchuan , ministre chinois de la Défense nationale, vendredi à Beijing. Xinhuanet, Beijing, 31 mars 2006 Lors de sa rencontre avec le ministre soudanais de la Défense nationale Abdel Rahim Mohamed Hussein, Cao a dit que la Chine et le Soudan ont maintenu un développement stable de relations amicales et coopératives et mené une coopération fructueuse dans différents domaines, depuis l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays en 1959. Cao, qui est aussi vice-président de la Commission militaire centrale et conseiller d'Etat , a indiqué que la Chine apprécie hautement le gouvernement soudanais pour son adhésion à la politique d'une seule Chine, et remercie son ferme soutien accordé à la Chine sur d'importantes questions internationales telles que les droits de l'Homme. Les forces armées chinoises attachent une grande importance au développement de leurs relations avec les forces armées soudanaises, et sont prêtes à élargir la coopération entre les deux parties dans différents domaines, a noté Cao. Addel Rahim Mohamed Hussein, arrivé jeudi à Beijing pour effecuter une visite amicale et officielle en Chine, désire que cette visite permettrait aux forces armées des deux pays à renforcer leurs échanges et coopération. Il a réitéré enfin que le Soudan s'en tiendrait fermement à sa position d'une seule Chine. |
L'UE débloque 50 millions d'euros pour la mission de l'UA au Darfour
Les Echos, 30 mars 2006
Le 10 mars, l'UA a prolongé de six mois, jusqu'en septembre, le mandat de sa force, le temps que l'Onu mette sa propre mission sur pied. L'Onu veut en effet prendre le relais des quelque 7.000 hommes déployés en 2004 par l'Union africaine, transfert auquel l'UA a donné son accord de principe. La somme débloquée par les 25 provient de "la facilité de soutien à la paix pour l'Afrique" de 250 millions d'euros créée par l'UE en 2004 pour financer les opérations de maintien de la paix conduites par les pays africains en Afrique. Sur ces 250 millions, financés par le Fonds européen au Développement (FED), 162 millions ont déjà été débloqués pour la force de l'UA au Darfour. Sur cette somme, une tranche de 70 millions permettait à la mission d'être opérationnelle jusqu'à début avril. Les 50 millions supplémentaires "ne suffiront pas pour toute la période de transition" avant le transfert de la mission à l'Onu, a indiqué une autre source communautaire, estimant que cette enveloppe donnait "trois mois de plus au maximum". L'UA aura donc besoin d'autres contributions internationales. Le Darfour est ravagé depuis plus de trois ans par une guerre civile qui a fait entre 180.000 et 300.000 morts et plus de deux millions de déplacés et de réfugiés. |
La Ligue arabe soutient la mission de paix de l'UA
Elle lui apportera son soutien financier et matériel au Darfour
Afrik-com, , 30 mars 2006, par Falila Gbadamassi Le Soudan voulait le maintien de la mission de paix de l'Union africaine au Darfour, en proie à une guerre civile depuis 3 ans. A-t-il atteint son objectif en obtenant de la Ligue arabe qu'elle finance le coût d'une opération que l'UA ne peut plus supporter ? Un fardeau dont les Nations Unies sont prêtes à la décharger, ce que refuse Khartoum La Ligue arabe s'est dite prête, mardi, lors de son 18e sommet qui s'est tenue à Khartoum, à soutenir financièrement et matériellement la mission de la paix de l'Union africaine (UA) au Darfour. A condition que celle-ci prolonge son mandat de 6 mois à compter du 30 septembre prochain, date de la fin de ses engagements actuels. Le gouvernement de Khartoum, en obtenant cette promesse de ses pays amis, s'offre-t-il la possibilité de voir ses vœux exaucés ? A savoir le maintien de la mission de la paix de l'UA. Les Nations Unies ont adopté, à l'unanimité, le 24 mars dernier, une résolution qui prévoit le déploiement des casques bleus au Darfour. L'Union africaine est d'accord sur le principe, mais pas le gouvernement soudanais qui a émis comme condition du relèvement des forces africaines par l'Onu la signature d'un « accord entre le gouvernement et les mouvements rebelles du Darfour ». Les populations du Darfour ont un besoin urgent de protection La décision des Nations Unies fait notamment suite à l'incapacité matérielle de l'Union africaine d'assurer le maintien de ses 7 800 soldats au Darfour où elle assure une mission de paix depuis 2004. L'Onu a, par conséquent, estimé qu'il était nécessaire d'y déployer, dans l'intérêt des populations locales et afin de mieux assurer leur sécurité, une force plus conséquente en nombre et mieux équipée. Cependant, l'aide de la Ligue arabe ne devrait pas influer sur l'application de la résolution adoptée par les Nations Unies, si l'on s'en tient aux propos de Mary Okabe, la porte-parole adjointe du Secrétaire général de l'ONU qui indique que son organisation ne dispose, par ailleurs, d'aucune information officielle relative à l'engagement pris par la Ligue arabe. Elle a également rappelé que la préoccupation première du secrétaire général reste la protection des civils. Le retour de la paix dans cette région, située à l'Ouest du Soudan, est devenu une urgence pour ces derniers. « Dans le Sud du Darfour, les milices continuent leurs opérations de nettoyage, village après village. Le gouvernement ne les a pas désarmées. Bien au contraire », a dénoncé, le 21 mars dernier, devant le Conseil de sécurité Jan Pronk, l'Envoyé de l'ONU pour le Soudan. Les milices arabes janjaouites terrorisent en effet les populations autochtones. Le conflit, qui oppose les fermiers noirs au gouvernement de Khartoum, a débuté en février 2003 et est à l'origine de la mort de 100 000 civils et du déplacement de plus de deux millions de personnes. A noter que le mandat du Groupe d'experts sur le Soudan, créé le 29 mars 2005, a été prorogé, mercredi, de 6 mois par le Conseil de sécurité. Tout comme, le 24 mars dernier, celui de la Mission des Nations unies au Soudan (MINUS) dont le terme est fixé au 24 septembre 2006. |
Afrique Centrale, (l'hebdomadaire Al-Mussawar), 29 mars 2006 Le président égyptien Hosni Moubarak (photo) a affirmé qu'il n'enverrait pas de soldats égyptiens au Darfour (ouest du Soudan) avant la conclusion d'un accord de paix entre les rebelles et le gouvernement de Khartoum. "L'Egypte ne participera à une force militaire au Darfour qu'après un règlement du conflit en cours", a déclaré M. Moubarak dans une interview publiée mercredi par l'hebdomadaire Al-Mussawar. "Alors seulement, l'Egypte pourra participer à une force de maintien de la paix dans cette région", a-t-il ajouté. Les dirigeants arabes réunis en sommet à Khartoum ont décidé mardi de financer les forces de l'Union africaine (UA) déployées au Darfour pour une période de six mois et doivent appeler, dans leur déclaration finale, "les pays arabes à renforcer leur contribution aux forces africaines". M. Moubarak a demandé à son Premier ministre Ahmed Nazif
de diriger la délégation égyptienne au sommet car,
a-t-il dit à Al-Mussawar, il est occupé "à des
affaires internes". Il a indiqué que son pays et la Libye "poursuivront leurs efforts pour mettre un terme au conflit au Darfour (...) afin de protéger le Soudan contre une intervention étrangère dans ses affaires internes". A la demande du leader libyen Mouammar Kadhafi, le sommet arabe avait tenu mardi soir une séance à huis clos au cours de laquelle les décisions sur le Darfour ont été prises. Le président soudanais Omar Hassan el-Béchir a récusé l'envoi de troupes internationales au Darfour, pour remplacer celles que l'Union africaine maintient depuis 2004 dans cette région déchirée depuis trois ans par un conflit, qui a fait de 180.000 à 300.000 morts et plus de deux millions de réfugiés et déplacés. L'UA, qui n'a pas les moyens financiers ou logistiques pour cette mission, a adopté le 10 mars le principe d'un transfert de cette force à l'Onu, dans un délai de six mois. |
Huit pays arabes africains décident d'envoyer des troupes au Darfour
Radio Chine Internationale, 29 mars 2006 Le président yéménite Ali Abdullah Saleh a révélé mardi que huit pays arabes africains avaient convenu d'envoyer des troupes dans la région du Darfour au Soudan, pour y renforcer la mission de maintien de la paix de l'Union africaine. M. Saleh a indiqué à la presse à l'issue d'une session à huis clos du 18e sommet de la Ligue arabe en cours que la décision d'envoyer des troupes arabes au Dafour avait été prise à la demande du Soudan. Cette décision montre le soutien de la Ligue à la position du Soudan contre un déploiement de forces internationales au Darfour. L'UA a déployé une force forte de 7 800 membres au Darfour au Soudan en 2004, afin d'observer un accord de cessez-le-feu entre Khartoum et les rebelles du Darfour, mais les forces souffrent d'un manque de fonds et de ressources. L'UA soutient le principe de la relève par les forces de l'ONU, mais le gouvernement soudanais s'y oppose. Des conflits ont éclaté au Darfour en février 2003 lorsque des agriculteurs locaux ont pris les armes contre le gouvernement soudanais, l'accusant de négliger la région pauvre. Des milliers de personnes ont été tuées lors de violences. Les dirigeants arabes participant au sommet ont refusé mardi le déploiement de troupes internationales au Darfour sans l'accord du gouvernement du Soudan. Quelque 10 chefs d'Etat des 22 membres de la Ligue arabe ont entamé mardi leur sommet à Khartoum, capitale soudanaise. |
L'ONU continue de compter sur l'appui de la ligue des Etats arabes pour régler certains conflits, déclare Kofi Annan au sommet de Khartoum
Nations Unies, New-York, 28 mars 2006 Vous trouverez ci-après un extrait du message du Secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, adressé au Sommet de la Ligue des États arabes, et lu par le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. Ibrahim Gambari, le 28 mars à Khartoum, au Soudan: Je présente mes sincères salutations à tous ceux qui sont à Khartoum pour le sommet de la Ligue des États arabes. Votre réunion a pour toile de fond les troubles qui continuent de secouer le monde arabe et la région avoisinante, et donc d'énormes défis pour les dirigeants politiques que vous êtes, votre organisation et la communauté internationale. …… Ici au Soudan, certain aspect de la situation restent profondément préoccupants. Depuis que l'Accord de paix global a été signé, en janvier 2005, les parties ont pris des mesures importantes pour l'appliquer. Mais sur plusieurs points, ces mesures ont été décevantes. Au Darfour, les massacres, les viols et les déplacements se poursuivent sans relâche, et les conditions de sécurité ont empiré à cause des combats à la frontière entre les troupes tchadiennes et l'opposition armée tchadienne. Je suis heureux que l'Union africaine, qui a fait de vaillants efforts, ait donné son accord de principe pour qu'une opération des Nations Unies succède à sa mission au Soudan, dans le cadre d'un partenariat entre les deux organisations. Et je tiens à souligner qu'il s'agit de tirer parti de la mission de l'Union africaine pour créer une opération des Nations Unies plus grande et plus mobile. Pour que la transition se passe bien, il faudra je crois qu'une grande partie du personnel de l'Union africaine soit absorbé par la force des Nations Unies. Nous devons donc nous concentrer prioritairement sur notre principal objectif: protéger la population et permettre au personnel humanitaire de faire son travail. Et nous devons faire pression sur les parties aux Pourparlers de paix intersoudanais d'Abuja, dont les progrès sont excessivement lents, pour qu'elles parviennent sans plus tarder à un accord, notamment sur un cessez-le-feu effectivement applicable. Enfin, nous devons étoffer la force de l'Union africaine, même au stade actuel des choses, car ceux qui souffrent ne peuvent attendre la transition, et faire tout ce que nous pouvons d'autre pour éviter que la situation n'empire encore. |
Le MINUS reconduit pour 6 mois au Soudan
Internet-Web, 28 mars 2006 Soudan - Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité, le vendredi 24 mars, la résolution 1663 sur l'action des Nations unies au Soudan dans le domaine du maintien de la paix. Ce texte renouvelle pour six mois le mandat de la Mission des Nations unies au Sud-Soudan (MINUS), créée l'an dernier par la résolution 1590 pour appuyer la mise en oeuvre de l'accord de Nairobi de janvier 2005. Le Conseil de sécurité tire également les conséquences de la décision du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) du 10 mars approuvant le principe du passage sous casque bleu de la Mission de l'Union africaine dans le Darfour (MUAS). La France appelle les parties aux discussions d'Abuja à redoubler d'efforts pour parvenir à un accord de paix sans attendre cette transition, et rappelle que la responsabilité individuelle des acteurs est engagée sur ce point, ainsi que l'ont souligné tant la décision de l'Union africaine du 10 mars que les précédentes décisions du Conseil de sécurité. Le Représentant spécial su Secrétaire général de l'ONU pour le Soudan, Jan Pronk, se rendra les 30 et 31 mars dans la région de Juba, située dans le Sud-Soudan, au lendemain des attaques perpétrées contre les locaux des Nations Unies. M. Pronk se rendra ensuite les 1er et 2 avril à Abuja, au Nigéria, pour s'entretenir avec les parties aux pourparlers de paix au Darfour. Le Conseil de sécurité a prorogé le vendredi 24 mars la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS), demandant par ailleurs au Secrétaire général de prévoir le passage de la Mission de l'Union africaine au Soudan - opérationnelle au Darfour - à une opération de maintien de la paix des Nations Unies. Le Conseil de sécurité, considérant que la situation qui règne au Soudan continue de faire peser une menace sur la paix et la sécurité internationales, a décidé de proroger jusqu'au 24 septembre 2006 le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS selon son acronyme anglais), indique un communiqué de presse de l'ONU du 24 mars. Par sa résolution 1663 (2006), adoptée à l'unanimité, le Conseil a aussi prié le Secrétaire général de lui faire rapport tous les trois mois sur la manière dont l'UNMIS s'acquitte de son mandat. Le Conseil a également demandé au Secrétaire général, « conjointement avec l'Union africaine, en consultation étroite et constante avec lui et en coopération et en étroite consultation avec les parties aux pourparlers de paix d'Abuja, dont le Gouvernement d'unité nationale, de faciliter la planification préparatoire nécessaire pour un passage de la MUAS à une opération des Nations Unies ». La résolution demande notamment au Secrétaire général de « définir les moyens par lesquels l'UNMIS pourrait renforcer l'action en faveur de la paix au Darfour en apportant une assistance transitoire supplémentaire à la MUAS , en particulier sur les plans de la logistique, de la mobilité et des communications, et de lui présenter, pour examen, le 24 avril 2006 au plus tard, diverses options pour une opération des Nations Unies au Darfour ». Le Conseil a en outre « condamné énergiquement » les activités des milices et groupes armés tels que l'Armée de résistance du Seigneur, qui continuent d'attaquer des civils et de commettre des violations des droits de l'homme au Soudan, et a engagé, à cet égard, l'UNMIS à faire tout ce que lui permettent son mandat et ses capacités. Il a aussi encouragé les parties soudanaises à mettre en place des institutions nationales en vue du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion des ex-combattants, comme stipulé dans l'Accord de paix global, et à accélérer l'établissement d'un programme global de désarmement, de démobilisation et de réinsertion, avec l'assistance de l'UNMIS |
Le Conseil de sécurité demande au Secrétaire général de préparer l'établissement d'une opération de l'ONU pour le Darfour
Nations Unies , New York , 27 mars 2006 Le Conseil de sécurité a prorogé le vendredi 24 mars la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS), demandant par ailleurs au Secrétaire général de prévoir le passage de la Mission de l'Union africaine au Soudan - opérationnelle au Darfour - à une opération de maintien de la paix des Nations Unies. Le Conseil de sécurité, considérant que la situation qui règne au Soudan continue de faire peser une menace sur la paix et la sécurité internationales, a décidé de proroger jusqu'au 24 septembre 2006 le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS selon son acronyme anglais), indique un communiqué de presse de l'ONU du 24 mars. Par sa résolution 1663 (2006), adoptée à l'unanimité, le Conseil a aussi prié le Secrétaire général de lui faire rapport tous les trois mois sur la manière dont l'UNMIS s'acquitte de son mandat. Le Conseil a également demandé au Secrétaire général, «conjointement avec l'Union africaine, en consultation étroite et constante avec lui et en coopération et en étroite consultation avec les parties aux pourparlers de paix d'Abuja, dont le Gouvernement d'unité nationale, de faciliter la planification préparatoire nécessaire pour un passage de la MUAS à une opération des Nations Unies». La résolution demande notamment au Secrétaire général de «définir les moyens par lesquels l'UNMIS pourrait renforcer l'action en faveur de la paix au Darfour en apportant une assistance transitoire supplémentaire à la MUAS , en particulier sur les plans de la logistique, de la mobilité et des communications, et de lui présenter, pour examen, le 24 avril 2006 au plus tard, diverses options pour une opération des Nations Unies au Darfour ». Le Conseil a en outre «condamné énergiquement » les activités des milices et groupes armés tels que l'Armée de résistance du Seigneur, qui continuent d'attaquer des civils et de commettre des violations des droits de l'homme au Soudan, et a engagé, à cet égard, l'UNMIS à faire tout ce que lui permettent son mandat et ses capacités. Il a aussi encouragé les parties soudanaises à mettre en place des institutions nationales en vue du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion des ex-combattants, comme stipulé dans l'Accord de paix global, et à accélérer l'établissement d'un programme global de désarmement, de démobilisation et de réinsertion, avec l'assistance de l'UNMIS. |
La Ligue Arabe souhaite l'établissement d'une relation stratégique avec la Chine
Xinhuanet, Khartoum, 27 mars 2006
Les pays arabes ont donné une réponse positive aux initiatives avancées par la Chine pour promouvoir les relations bilatérales, souhaitant l'établissement d'une relation stratégique entre les deux parties, a indiqué lundi un haut responsable de la Ligue Arabe. "Les pays arabes prêtent attention à la promotion de leur relation avec la Chine ", a déclaré à l'agence Xinhua (Chine nouvelle) Ahmed ben Hali, le secrétaire général adjoint de la Ligue Arabe. Selon M. Hali, le monde arabe veut prendre des mesures pour promouvoir sa coopération avec la Chine , pays qu'il a qualifié de poid lourd politique et économique dans le monde. "Les pays arabes veulent approfondir leur coopération avec la Chine sur la base d'un partenariat intelligent et de liens forts", a-t-il indiqué, exprimant le souhait que les relations bilatérales se développent vers la mise au point d'une relation stratégique. Il a ajouté que la deuxième conférence ministérielle du Forum de coopération sino-arabe, prévue pour le 31 mai et le 1er juin à Beijing, la capitale chinoise, jouerait un rôle positif pour le renforcement des relations bilatérales. La première conférence ministérielle sino-arabe avait eu lieu en septembre 2004, au Caire, siège de la Ligue Arabe. Les dirigeants arabes se réuniront au sommet de Khartoum, la capitale du Soudan, les 28 et 29 mars, pour discuter des questions pressantes auxquelles le monde arabe est confronté, notamment la situation en Irak, le processus de paix israélo-palestinien et le problème du Darfour (ouest du Soudan |
Le sommet arabe sera ouvert mardi à Khartoum au Soudan
Xinhuanet, Khartoum, 26 mars 2006
Le sommet arabe devra s'ouvrir mardi à Khartoum et portera notamment sur le Darfour, l'Irak Les chefs de diplomatie arabes doivent achever dimanche deux jours de réunions préparatoires pour mettre au point les projets de résolutions qui seront soumis à leurs chefs d'Etat. A la veille du sommet de Khartoum, les Etats-Unis ont réussi à faire adopter vendredi par le Conseil de sécurité de l'ONU une résolution appelant à l'accélération des préparatifs pour le déploiement d'une force internationale dans la région ouest du Soudan, en proie depuis trois ans à une guerre civile qui a déjà fait 300.000 morts et 2,4 millions de déplacés. Le Soudan, pays hôte du sommet, qui souhaitait obtenir un large soutien des dirigeants arabes à son refus du déploiement d'une force de l'ONU au Darfour, a été pris de court par cette résolution. Les chefs d'Etat arabes, dont plusieurs sont des alliés de Washington, préfèrent généralement se conformer à la légalité internationale et doivent ainsi apporter un soutien tiède à leur homologue soudanais Omar el-Béchir sans aller jusqu'à rejeter la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. Les présidents égyptiens Hosni Moubarak et tunisien Zeine el- Abidine Ben Ali ainsi que le roi du Maroc Mohamed VI, le roi de Bahrein Hamad Ben Issa et le Sultan Qabous D'Oman ont déjà déclaré qu'ils ne participeraient pas à ce sommet. La présence du monarque saoudien Abdallah Ben Abdel Aziz et du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi est toujours incertaine, selon des sources concordantes à Khartoum. Le sommet de Khartoum doit également adopter un projet de résolution évoquant pour la première fois, trois ans après le déclenchement de la guerre en Irak, le retrait des troupes étrangères de ce pays. Concernant le Moyen-Orient, le sommet doit appeler au respect du choix démocratique du peuple palestinien après la victoire électorale du mouvement islamiste Hamas, mais réaffirmera en même temps que la paix est le choix stratégique des Arabes. Le sommet doit également dénoncer les plans israéliens visant à mettre fin d'un manière unilatérale au conflit avec les Palestiniens, dans une allusion au plan de séparation du Premier ministre israélien par intérim Ehud Olmert. Le président algérien Abdelaziz Bouteflika se rendra lundi à Khartoum, au Soudan, pour prendre part au 18ème Sommet arabe qui se tiendra mardi et mercredi prochains, rapporte samedi l'agence officielle APS. Le président algérien sera à la tête d'une importante délégation comprenant notamment le ministre d'Etat et représentant personnel du président de la République Abdelaziz Belkhadem, M. Bouteflika est actuellement président en exercice de la Ligue arabe du fait que l'Algérie a abrité en mars 2005 le 17ème Sommet arabe. C'est aussi le premier voyage à l'étranger du président algérien après son opération chirurgicale au niveau de l'estomac fin 2005 à Paris. |
Le Conseil de sécurité proroge la mission de maintien de la paix au Soudan, qui pourra s'étendre au Darfour
Le Nouvel Observateur avec AP. 25.mars 2006 Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé à l'unanimité vendredi de garder ses forces de maintien de la paix stationnées au Soudan et d'autoriser le début du projet d'extension de cette force dans la province du Darfour (ouest), ravagée par la violence. La résolution du Conseil recommande également à la force onusienne de "faire plein usage de son mandat actuel" contre la faction rebelle ougandaise de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) et d'autres mouvements qui se sont rendus coupables d'attaques contre des civils et de violations des droits de l'Homme au Soudan. Actuellement, 7.000 casques bleus sont stationnés au Soudan, où ils tentent de faire respecter un accord de paix signé en janvier 2005 entre le nord et le sud du pays. Leur mandat a été renouvelé jusqu'au 24 septembre et devrait l'être de nouveau après cette date. Cette résolution intervient alors que l'envoyé de l'ONU au Soudan, Jan Pronk, a averti cette semaine que la situation au Darfour s'aggrave. Au moins 180.000 personnes ont été tuées et deux millions déplacées depuis le début en 2003 du conflit qui oppose les Janjawid -à la solde de Khartoum et accusées de commettre des atrocités sur les populations noires- aux rebelles du Darfour. L'ambassadeur de la Grande-Bretagne à l'ONU, Emyr Jones Parry, s'est félicité de l'inclusion, "très importante", de la LRA ougandaise dans la résolution. La LRA combat l'Etat ougandais depuis bientôt 20 ans et ses responsables trouvent fréquemment refuge dans le sud du Soudan. Le secrétaire adjoint de l'ONU pour le maintien de la paix, Jean-Marie Guehenno, a toutefois précisé que les casques bleus "n'ont pas les ressources" pour se lancer à la poursuite de la LRA , mais qu'ils arrêteront ses membres s'ils venaient à les rencontrer |
Afrique Centrale, 25 mars 2006 Le Conseil de sécurité de l'Onu a décidé vendredi d'accélérer le calendrier d'envoi d'une force de maintien de la paix dans la région soudanaise du Darfour, où les "casques bleus" prendront cette année la relève des soldats de l'Union africaine. Une résolution adoptée à l'unanimité par les 15 membres du Conseil donne au secrétaire général Kofi Annan jusqu'au 24 avril pour préparer "une série d'options pour l'opération des Nations unies au Darfour". Des diplomates ont toutefois rappelé que l'Onu ne pourrait envoyer des soldats ni même une mission d'évaluation au Darfour sans l'accord des autorités soudanaises. "Evidemment, c'est une mission qui se déploiera avec le consentement du gouvernement du Soudan", a déclaré à la presse le responsable des missions de maintien de la paix, Jean-Marie Guehenno. Quelque 7.000 soldats de l'Union africaine sont actuellement déployés au Darfour avec la mission de protéger les villageois contre des milices arabes soupçonnées par l'Onu et les Etats-Unis d'être armées par le gouvernement de Khartoum, ce que ce dernier dément. Mais les soldats de l'UA se sont montrés incapables de mettre fin aux violences, conduisant Kofi Annan à demander leur remplacement par une force plus importante et mieux équipée. Le gouvernement soudanais a dit qu'il n'en voulait pas, tant qu'un accord de paix ne serait pas signé au terme des négociations en cours à Abuja, au Nigeria. Sous la pression de Khartoum, l'Union africaine et le Conseil de sécurité ont décidé de prolonger jusqu'au 30 septembre la mission de l'UA au Darfour tout en réaffirmant le principe de son relèvement par une force de l'Onu. Mustafa Osman Ismail, conseiller en affaires étrangères du président soudanais, a déclaré vendredi à Khartoum que le gouvernement demanderait aux dirigeants de la Ligue arabe, participant au sommet annuel prévu la semaine prochaine dans la capitale soudanaise, de financer la force de l'UA au Darfour. "Nous leur demanderons de verser des fonds à ce sommet", a-t-il dit. Les principaux pays contributeurs sont actuellement le Canada, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Union européenne. La résolution votée par le Conseil de sécurité prolonge également le mandat d'une mission de maintien de la paix distincte au Soudan, qui expirait vendredi |
Afrique Centrale, 25 mars 2006
Le Soudan pourrait agiter le spectre de l'invasion de l'Irak pour rallier le sommet arabe de Khartoum, prévu les 28 et 29 mars, à son refus de l'envoi de forces de l'Onu, et surtout de L'Onu veut envoyer une force mobile et musclée au Darfour (ouest du Soudan) en relais d'un contingent de l'Union africaine (UA) qui n'a pu faire cesser un conflit ayant causé en trois ans de 180.000 à 300.000 morts et deux millions de déplacés. Le pouvoir soudanais, mis en cause dans ce désastre, dit craindre "que ce transfert ne s'apparente à un complot qui conduira le Soudan dans la même situation que l'Irak", a noté l'envoyé spécial de l'Onu sur place, Jan Pronck. Alors que des dizaines de personnes périssent chaque mois au Darfour, avec en ricochet une déstabilisation du Tchad, voisin du Darfour, la communauté internationale se prépare à ce changement de stratégie. Le 10 mars, l'UA a donné son accord de principe au passage de relais, reconduisant pour six mois sa force, l'Amis, déjà d'ailleurs surtout financée par les Etats-Unis, le Canada et l'Union européenne. Dans un climat de tension croissante, le président soudanais Omar al-Béchir a affirmé que le Darfour se transformerait en "cimetière" pour les troupes étrangères dépêchées sur place sans le feu vert de Khartoum. Cela n'a pas empêché le président américain George W. Bush de se déclarer lundi favorable à ce que l'Otan dirige la force de l'ONU, et adresse un message très ferme au régime soudanais. Désavoué par ses 53 pairs africains, qui lui ont refusé pour 2006 la présidence de l'UA en janvier en raison du Darfour, le président Béchir tentera d'obtenir maintenant la solidarité des 21 autres dirigeants arabes. Deux pays voisins du Soudan, l'Egypte et la Libye , ont rejeté une nouvelle intervention étrangère, craignant aussi l'irruption sur le flanc ouest du Moyen-Orient de contingents occidentaux.
Pas de soutien aveugle au régime de Khartoum
Quant au secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, il a estimé qu'"on ne peut pas parler de nettoyage ethnique pour que des initiatives internationales soient lancées pour mettre fin à un crime inexistant", ce qui correspond aux vues de Khartoum. " La Ligue arabe aurait tort d'apporter un soutien aveugle au régime de Khartoum", a estimé Souleiman Baldo, directeur Afrique de International Crisis Group (ICG), un influent groupe de réflexion. "Au Darfour, il s'agit de protéger une population musulmane victime d'épuration ethnique, et Khartoum est impliqué dans la tuerie de ses citoyens", a-t-il dit, estimant "très lourde de conséquences" la déstabilisation du Tchad. La guerre a éclaté en février 2003 au Darfour, une région aussi vaste que la France , par une rébellion d'ethnies musulmanes noires réclamant un meilleur partage du pouvoir et des richesses. Le régime arabe islamiste du président el-Béchir, appuyé par des milices arabes alliées "djanjawids", toujours actives aujourd'hui, a répondu par une brutale répression, qualifiée de "génocide" par Washington. Des négociations entre le régime soudanais et les rebelles menées à Abuja, au Nigéria, sous l'égide de l'UA, piétinent, en dépit des assurances, maintes fois prodiguées par Khartoum, qu'un accord était à portée de main. La perspective de l'arrivée de casques bleus rebute donc Khartoum, qui escompte in fine un veto de la Chine. Encore plus insupportable lui est l'idée que des soldats de l'Otan foulent le sol soudanais, a souligné Jan Pronck. Une force dominée par l'Otan "serait un désastre assuré", a-t-il dit, estimant que les gens "commenceraient vraiment un jihad (guerre sainte) contre elle. Il a aussi évoqué une infiltration en cours d'éléments d'Al-Qaïda. Si cela est vrai, note Eric Reeves, un spécialiste du Soudan, "cela signifie que le Front national islamique (au pouvoir) l'a permis, et presque certainement encouragé". Ben Laden avait été accueilli au Soudan à ses débuts, de 1991 à 1996. |
Nouvel afflux de réfugiés au Tchad
Nouvel Observateur, N'Djamena avec AP, 24 mars 2006
Les combats des deux côtés de la frontière entre le Tchad et le Soudan ont provoqué un nouvel afflux de réfugiés et menacent l'aide aux millions de personnes ayant fui les violences au Darfour, dans l'Ouest du Soudan, a prévenu vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, qui demande une aide financière urgente pour le Tchad. Les troupes tchadiennes ont lancé une grande offensive contre les rebelles qui avaient installé leurs bases le long de la frontière instable. Par ailleurs, des groupes armés impliqués dans la guerre civile au Darfour ont mené des raids dans l'Est du Tchad. "Nous sommes à un stade extrêmement délicat au Tchad, sur le fil du rasoir", a déclaré Stefano Porretti, directeur du PAM dans ce pays, dans un communiqué publié à N'djamena. Quelque 207.400 réfugiés du Darfour sont hébergés dans 12 camps de l'Est du Tchad et environ 46.000 Centrafricains ont également franchi la frontière pour échapper aux violences chez eux. |
Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue Arabe : «L¹image de la Ligue s¹améliore progressivement »
Al Bayane, Maroc, 24 mars 2006 La capitale soudanaise abritera la semaine prochaine un nouveau sommet des chefs d¹Etats arabes. Jusqu¹ici les sommets de la Ligue arabe ont rarement débouché sur une décision unitaire et efficace. Le constat a été fait depuis belle lurette : «les Arabes se sont mis d¹accord à ne jamais se mettre d¹accord». En sera-t-il toujours de même, au sommet de Khartoum, qui intervient à un moment où de très graves problèmes secouent le monde arabe (du Darfour à l¹Irak en passant par la Palestine , le Liban, la Syrie , l¹Arabie Saoudite...) ? A la veille de ce sommet, Al Bayane est allé à la rencontre du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui a bien voulu nous accorder l¹entretien suivant. Al Bayane : Le sommet arabe est prévu pour les 28 et 29 mars courant à Khartoum, dans quel contexte aura-t-il lieu et où en sont les préparatifs ? Amr Moussa : Le sommet est précédé de réunions au niveau des ministres des affaires étrangères, de l¹économie et de finance dans le cadre du Conseil économique et social. Les préparatifs sont arrivés à terme, que se soit pour l¹ordre du jour du sommet ou des projets de documents qui y seront présentés. Je crois que des réunions de concertations à huis clos auront lieu entre les dirigeants arabes afin d¹examiner les nombreuses questions graves qui leur seront soumises. Evidemment, parmi les questions prioritaires, figurent la réforme dans le monde arabe, la réforme et restructuration de la Ligue arabe, les situations en Irak, Palestine, Liban, Darfour et Syrie. Est ce vrai que des pressions auraient été exercées pour empêcher la tenue du sommet au Soudan ? Certaines puissances n¹ont pas voulu que les Arabes et Africains se réunissent au Soudan. Un projet de décision a été présenté au Congrès américain allant dans ce sens, mais les pressions exercées ont abouti au résultat inverse, c¹est-à-dire la tenue du sommet à Khartoum, sous la présidence du Soudan. Nous avons alors jugé ces interventions malsaines. Je crois que ce sommet sera marqué par une forte présence, plus que d¹habitude. Quelles sont les principales réalisations de l¹organisation depuis le dernier sommet d¹Alger ? Il y a d¹abord la mise en place du Parlement intérimaire arabe qui s¹était réuni au siège de la Ligue Arabe , en application d¹une résolution du sommet. Ensuite, nous avons bouclé l¹amendement des règles de vote pour passer à la majorité ordinaire ou relative, à la place de l¹unanimité. Et pour bientôt, il est attendu que le Conseil Economique et Social s¹ouvre aux organisations de la société civile arabe. S¹y ajoutent, la mise en ¦uvre de la déclaration de Tunis relative à la réforme et modernisation des pays arabes et dont je présenterai un deuxième rapport de suivi de réalisation à Khartoum, après celui soumis au sommet d¹Alger. Comment la Ligue arabe compte intervenir dans la question libanaise ? Dès le début de la crise libanaise, la Ligue Arabe était préoccupée par ce problème. J¹avais effectué des visites au Liban et en Syrie pour engager des pourparlers avec les responsables des deux pays. Les premiers contacts entre ces deux pays frères ont été établis grâce à l¹intervention du secrétariat général de la Ligue. Nous avons débattu des principaux thèmes qui pourraient constituer, si on y réussira, un pas en avant vers un avenir meilleur des relations libano-syriennes. De leur côté, l¹Arabie Saoudite et aussi l¹Egypte, ont établi des contacts dans le même but. Aujourd¹hui, un dialogue national est en cours. Ce dialogue, qui se déroule sous de bons auspices, est parrainé par Nabih Berri, président de la Chambre des députés. Nous souhaitons succès à ce dialogue, car il est de nature à engendrer une nouvelle situation pour la politique libanaise, puisqu¹il réunit toutes les parties, pour mettre fin à la crise que vit le Liban. Je suis en contact permanent tant avec le Premier ministre Hanna Seniora, le président de la Chambre des représentants Nabih Berri, le chef de la diplomatie Faouzi Salloukh, mais aussi avec de nombreux leaders politiques, et que nous ne cessons de contacter, afin de rester informés des derniers développements du pays et aussi de prendre les initiatives qui s¹imposent pour apaiser la tension. Le dossier libanais est vaste et englobe plusieurs chapitres. Il y a l¹enquête sur l¹assassinat de Rafic Hariri qui prend son cours dans le cadre de l¹ONU. Il y a la situation intérieure, y compris la sécurité, et il y a les relations libano syriennes, et aussi le dossier régional qui s¹influence de toutes ces questions. Le Liban est dons un grand dossier qu¹il faut entretenir soigneusement et en faire le suivi sur le plan arabe, en coordination avec le Liban et la Syrie. Y-a t-il une initiative précise dans ce sens ? Non, pas pour l¹instant. Et lors du sommet ? Le sommet en débattra. La tenue des sommets arabes semble encore poser problème à chaque fois, alors que pour d¹autres blocs régionaux, telles l¹Union Européenne, les réunions au niveau du sommet, sont devenues automatiques.? Non, le sommet arabe est devenu automatique, au mois de mars de chaque année et à la même date à peu près. C¹était le cas à Amman (2002), Beyrouth (2003) Charm-Echeïkh, Tunis (2004) et Alger (2005). Et aujourd¹hui à Khartoum. Le président Hosni Moubarak est même allé plus loin en proposant lors du sommet de Tunis, la tenue de plus d¹un sommet par an. Il considère qu¹une seule réunion par an est insuffisante pour débattre des grands problèmes que connaît le monde arabe. Aujourd¹hui, le président Moubarak ajoute à cette proposition initiale, une nouvelle proposition de tenir de nombreuses réunions de concertations par an, selon la situation et le besoin...L¹objectif étant de donner un dynamisme additionnel à l¹action arabe commune. Et à propos de l¹Irak, que préparerez-vous ? La Ligue arabe intervient avec force dans ce dossier. Une réunion s¹était tenue au siège de la Ligue au mois de novembre dernier et à laquelle tous les leaders politiques du pays avaient pris part. Evidemment, nous sommes fortement préoccupés par les développements négatifs en cours. Je suis en contact avec les divers leaders de la politique irakienne. Je crois que le sommet se doit d¹écouter un rapport du président irakien sur la situation actuelle du pays, et de dire son mot sur la prochaine étape à franchir par la Ligue Arabe. Des informations ont fait état d¹un projet américain de remplacer son armée en Irak par des forces arabes. Quelle est votre position ? Ces informations sont erronées. Nous n¹étions consultés par quiconque à ce sujet. Et si c¹était le cas, nous avons nos conditions. Ce n¹est pas au gouvernement américain de nous le demander, mais à un gouvernement souverain, en l¹occurrence le gouvernement irakien, de le faire. Mais cette question ne nous est pas, donc, posée. Lors de la dernière tournée de Ronald Rumsfield dans la région, cette demande, selon certaines sources, aurait été transmise à certains pays arabes.? Je ne suis pas au courant de cela. Mais cette question a été effectivement débattue l¹année dernière et nous avons dit que l¹envoi de forces arabes en Irak ne pourrait être discuté qu¹avec les autorités irakiennes. C¹est à l¹Irak de nous le demander et nous avons des conditions pour y répondre. A propos du soudan, comment appréhendez-vous la situation, surtout que certains qualifient ce qui s¹y passe de purification ethnique.? Non, non... ce qui se passe au Soudan n¹a rien à voir avec le génocide ou l¹épuration ethnique. Il y a une grande exagération et confusion d¹informations. Certes, la situation est grave à Darfour et appelle notre sollicitude, non pas par ce qu¹il y a génocide, mais en raison de la forte tension qui y prévaut, et du mouvement de rébellion et d¹instabilité. Depuis 10 mars dernier, l¹Union africaine a prorogé le mandat des forces africaines de paix pour six mois supplémentaires, après quoi, il sera possible d¹examiner, sous des conditions déterminées, la question d¹envoi de forces internationales de maintien de la paix sous les auspices de l¹ONU. La Ligue arabe coordonne parfaitement avec l¹Union africaine et l¹ONU, afin d¹aboutir à une solution à la question de Darfour. Préparez-vous une résolution dans ce sens à soumettre au sommet ? Evidemment, le sommet aura lieu à Khartoum, il faudra alors accorder de l¹intérêt aux affaires du Soudan et à celles de la corne de l¹Afrique. Quel sont les éléments de cette résolution ? Elle ne sera pas en opposition avec les résolutions de l¹Union africaine avec laquelle nous devons maintenir une coopération autour de cette question. Il y va de l¹intérêt de Darfour, du Soudan et des relations arabo-africaines. Vous avez amorcé la réforme de la Ligue Arabe. Où en êtes-vous aujourd¹hui ? Nous avons procédé à de nombreuses réformes: la mise en place du Parlement arabe, l¹amendement du système de vote et l¹ouverture du Conseil économique et social aux organisations civiles arabes. Lors du sommet de Khartoum, nous allons soumettre un projet relatif à la création d¹un Conseil de sécurité et de paix arabe et remettre de nouveau la proposition concernant l¹institution de la Cour arabe de justice, en plus de nombreux amendements touchant la restructuration de la Ligue arabe et sa redynamisation à un rythme supérieur. L¹avenir de la Ligue arabe divise nombreux intellectuels et politiques arabes. Certains crient à l¹échec de l¹ordre régional arabe, alors que d¹autres plaident pour sa réforme. Comment, d¹après vous, garantir l¹efficacité et l¹efficience de la Ligue arabe ? Ecoutez ! L¹ordre régional arabe est partie intégrante de l¹ordre international. Les critiques dont fait objet la Ligue arabe, sont identiques à celles reprochées à l¹ONU, à l¹Union africaine, et à l¹Organisation des Etats américains. Mais, avec la différence que certains blocs régionaux ont réussi à doter leurs organisations d¹efficacité. Nous croyons que la Ligue arabe doit jouir de l¹appui des Etats arabes, et maintenant du Parlement et des peuples arabes. Aujourd¹hui, je réalise que le soutien à la Ligue arabe est beaucoup plus important que par le passé. Pourquoi ? Parce que son existence s¹avère nécessaire et très utile, tandis que son absence semble être fortement préjudiciable à la région. D¹où le sentiment de plus en plus grandissant de son importance et de son appui. Lors de mon intervention dans des forums culturels ou politiques arabes, je trouve que l¹image de la Ligue arabe s¹améliore radicalement et progressivement. Mais, quel est l¹impact attendu de ces réformes ? Que la Ligue arabe soit capable de piloter une action arabe commune en matière de réformes, de développement et de coordination politique. Je crois que cela est possible, sollicité et très abordable par rapport au passé. Naturellement, de nombreux changements sur la scène internationale et aussi régionale, sont en cours. La Ligue arabe doit donc se considérer comme organisation régionale en mesure d¹évoluer en cas de besoin. Propos recueillis par Mustapha Znaïdi |
Le comité du conseil de sécurité concernant le soudan adopte des directives pour la conduite de ses travaux
Nations Unies, New York 24 mars 2006 Le Comite du Conseil de sécurité créé par la résolution 1591 (2005) concernant le Soudan a adopté, le 23 mars 2006, des directives régissant la conduite de ses travaux. Entre autres, les directives vont faciliter la mise en application des mesures imposées par les sous-paragraphes 3(d) et 3(e) de la résolution 1591 (2005), conformément au sous-paragraphe 3(a)(iii) de cette même résolution. Les directives seront transmises à tous les États pour leur information et utilisation, selon les besoins, et seront affichées sur la page Web du Comité qui se trouve à l'adresse suivante: http://www.un.org/french/docs/sc/committees/SudanTemplateFr.htm . |
La situation au Sud Soudan est sous contrôle, selon l'ONU
Xinhuanet, Khartoum, 22 mars 2006 La Mission des Nations unies au Soudan (MINUS) a indiqué mercredi que la situation au Sud Soudan était sous contrôle malgré quelques incidents. Le Commandant de la MINUS , le général Jasbir Singh Lidder, a déclaré lors d'une conférence de presse que le gouvernement soudanais et le Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS) contrôlant le sud respectaient en grande partie le cessez-le-feu signé par les deux parties. Il a indiqué que des incidents de violations de cessez-le-feu avaient eu lieu ces derniers temps, mais il les a attribués pour la plupart aux rebelles ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur (ARS) opérant dans le sud du Soudan. "Les attaques créent une situation incertaine pour les opérations humanitaires et de secours", a indiqué le général, ajoutant que ses soldats prenaient toutes les mesures nécessaires pour que le calme soit rétabli le plus rapidement possible. La MINUS , chargée de soutenir l'application de l'Accord de paix global signé l'an dernier par le gouvernement soudanais et les rebelles du Sud, dispose actuellement de 7800 personnes sur le terrain, dont des soldats et des observateurs |
Violents combats dans l'est tchadien
Nouvel Observateur avec AP, 21 mars 2006 De violents affrontements ont éclaté lundi dans l'est du Tchad, l'armée tchadienne ayant lancé l'offensive contre les rebelles qui s'y massent depuis des mois, a annoncé mardi le ministre de la Communication Hourmadji Moussa Doumgor. Le président Idriss Déby et ses conseillers militaires sont sur place pour diriger les opérations, a-t-il ajouté. De sources militaires, on précisait que les affrontements ont commencé près d'une des bases de la rébellion à Hadjar Marfaine (La montagne de la hyène), à 700 km au nord-est de N'djamena, non loin de la frontière soudanaise, en lisière du Darfour. La semaine dernière, le gouvernement tchadien avait affirmé que les rebelles se massaient dans l'est depuis octobre et avaient déjà cherché à assassiner le président Déby, arrivé lui-même au pouvoir en 1990 à l'issue d'une rébellion partie de l'est. L'armée a attaqué en tenaille les positions rebelles et les combats se poursuivaient lundi soir, selon un travailleur humanitaire s'exprimant sous le couvert de l'anonymat. Les combats opposent les rebelles du Rassemblement pour le progrès et la Justice et du Socle pour le changement, l'unité et la démocratie (SCUD) à l'armée tchadienne. Selon un membre de la rébellion s'exprimant sous couvert de l'anonymat, 150 membres des forces tchadiennes auraient été tués. La semaine dernière, M. Doumgor avait affirmé qu'une tentative de putsch avait été déjouée, un groupe de soldats mutins avaient tenté d'abattre l'avion du président alors qu'il rentrait de Guinée-Equatoriale. Ces hommes auraient ensuite rejoint la rébellion avec armes et munitions. Depuis octobre, de nombreux soldats, notamment membres de l'ethnie de Déby, les Zaghawa, ont fait défection et rejoint les rangs des mouvements rebelles dans cette région frontalière avec le Darfour, où Tchadiens et Soudanais ont des origines ethniques mêlées. Parmi eux, des membres du premier cercle des proches du président Déby, deux généraux, les frères Erdimi, qui veulent aujourd'hui le renverser. Depuis trois ans de guerre civile, la situation au Darfour menace de contaminer le Tchad, qui a commencé par y tenir un rôle de médiateur. La crise s'aggrave alors que le Tchad doit se rendre aux urnes pour la présidentielle le 3 mai. Khartoum a accusé le Tchad d'accueillir les rebelles du Darfour, N'Djamena accusant pour sa part le Soudan de soutenir la révolte au Tchad. Le 9 février Khartoum et N'Djamena ont signé un accord pour mettre fin à la tension croissante autour du Darfour, s'engageant à normaliser leurs relations diplomatiques et à refuser d'héberger leurs rébellions respectives. Mais la situation sur le terrain continue d'être chaotique. En décembre, des affrontements avaient fait plus de 300 morts à Adre, ville située à la frontière soudano-tchadienne, à un millier de km de la capitale. |
La Lettre de l'Océan Indien, n°1173, 18 mars 2006 En plus de la Nile Commercial Bank (NCB) présidée par Aggrey Idri (L01 n ° 1098), quelques sociétés privées commencent à avoir pignon sur rue à Juba où elles proposent leurs services aux ONG et organisations internationales. De plus, le gouvernement du Sud Soudan passe ses premiers contrats avec des firmes étrangères (télécoms, logistique, etc.) Un tissu économique est ainsi en train de prendre forme . Transports. Plusieurs compagnies aériennes, dont la plus importante pour le fret est Astral Aviation , desservent le Sud Soudan à partir du Kenya, tandis que des petites sociétés comme Ezra Tranporters & Commercials s'activent dans !e transport routier. Mocoh Petroleum South Sudan Ltd (ex- Afrosuez Energy Ltd) assure l'approvisionnement en produits pétroliers grâce à ses dépôts à Yei et Rumbek. Filiale du trader basé en Suisse Mocoh SA , cette société a ses propres camions citernes et cherche des partenaires soudanais pour monter un réseau de stations services au Sud Soudan. Son activité est supervisée depuis Nairobi par Tim Carson et Justin Matterson , avec pour représentants locaux Solomon Kelwon à Yei et Dick Wabinile à Rumbek. Des concessionnaires de véhicules tout-terrain comme Alfa Motors de Nairobi ou Gigiri Motors ont des antennes au Sud Soudan. La firme danoise Bukkehave démarche également le Sud Soudan dans ce secteur d'activité tandis que Kjaer & Kjaer y est déjà implantée en alliance avec la firme de Dubaï RA International qui dispose d'un atelier à Juba pour véhicules Nissan. Télécoms . L'installation d'un réseau de téléphonie mobile à carte et de liaisons Internet par satellite au Sud Soudan a été confiée à la société Network of the World Ltd (NOW) dont le PDG est Peter Henderson , patron de la firme Netforce Ltd basée au Kenya, et les représentants locaux Pius Kyalo (Rumbek) et Benson Mburu (Yei). D'autres sociétés de télécoms proposent leurs matériels et services au Sud Soudan: Stream Communications Ltd d'Augustine Cheserem , un ex-dirigeant de Telkom Kenya, SAT Africa, Telemedia Kenya Ltd (concessionnaire de la marque Thuraya en Afrique de l'Est) ou Wilken Telecommunications (K) Ltd présidée par Lord V. Cecil. Corrlngton Business Systems, représentant au Kenya les matériels de télécommunications Panasonic, va ouvrir un bureau à Juba sous la responsabilité de Mukeh Motwani . Enfin, BizSoft de Tony Simpson , basée au Kenya, va bientôt vendre ses logiciels à Juba. Construction. Profitant de sa présence dans les télécoms, Henderson a créé une société de BTP, Trax Construction , basée â Rumbek et dont Netforce est !'actionnaire principal. Trax Ltd a mis en place les installations de téléphonie mobile ainsi que les bureaux régionaux de la société NOW . Pour sa part, le groupe kenyan Civicon Ltd , dirigé par David Horsey , effectue des travaux de réhabilitation de routes au Sud Soudan sur 580 km et sa filiale Truckoil Ltd Sudan possède des camions de transport de marchandises. Bros & Company, basée en Ouganda, a créé une filiale au Soudan du nom de Cedcom Construction and Consultant Company dont les directeurs sont pour la plupart des Soudanais. Cette firme a entrepris des travaux de rénovation et de construction pour le compte d'institutions internationales et du ministère des finances du Sud Soudan. La société kenyane Spencon Services Ltd, appartenant à J. C. Patel, N. P. Sharma, L. R. Patel et K S. Saggar , a également un représentant à Juba (Sudhir Bhatt) . Plusieurs autres petites firmes de BTP sont installées au Sud Soudan telles Prism Trading and Construction Company (représentée par Lobung David Erestos ), William and Sons Investment Co., Berera Entreprises (John Lowe) et BeteSolomon Building Co. (Solomon Testamichael). Logistique. La société kenyane Turn Key Camps Ltd , qui a construit un luxueux camp de tentes à Rumbek et des préfabriqués pour les Nations unies , entreprend la construction de campements pour le compte du gouvernement du Sud Soudan. RA International, dirigée au Soudan par Mats Giejer , propose divers services de logistiques, tout comme Africa Expeditions Ltd (AFEX) de Terry et David Light . AFEX s'est en outre associée à KK Security pour créer Guard Services (Sudan) Ltd , tandis que Risk Management Initiatives Ltd (RMI), basée à Nairobi, veut également offrir ses services au Sud Soudan.
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7ème round des pourparlers de paix inter-soudanais sur le conflit au Darfour
Communiqué
Le Comité Directeur, chargé de la gestion politique des questions relatives aux pourparlers de paix inter-soudanais sur le conflit au Darfour, s'est réuni aujourd'hui, 17 mars 2006, au « Chida International Hotel » d'Abuja, lieu où se tiennent les pourparlers, sous la présidence du Dr. Salim Ahmed Salim, Envoyé Spécial et Médiateur en chef de l'UA.
Les chefs des Parties prenant part au 7eme Round des pourparlers, à savoir : Dr. Magzoub AI Khalifa, chef de la délégation du Gouvernement soudanais (GoS), M. Abdulwahid El Nour et M. Minni arkou Minnawi, leaders du Mouvement/Armée de Libération du Soudan (SLM/A) et Dr. Khallil Mohamed Ibrahim, Président du Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM), étaient tous présents. Les représentants de l'Equipe de Médiation de l'UA, les coordonnateurs des trois Commissions, le co-médiateur tchadien, les Facilitateurs du Nigeria et de la Grande Jamahiriya arabe libyenne, ainsi que le délégué de la Ligue des Etats arabes représentant les partenaires internationaux, ont également pris part à cette rencontre.
A la fin de la réunion, au cours de laquelle plusieurs décisions cruciales ont été prises, en ce qui concerne le processus de paix d'Abuja, le Comité Directeur a autorisé le Médiateur en chef à rendre public les importantes décisions suivantes :
Le comite directeur appelle a un arrêt immédiat des hostilités au Darfour :
Le comite directeur,
Conscient de l'impact négatif de la montée de la tension et de la violence sur le terrain au Darfour, sur le bien-être des populations du Darfour, en général, et aux pourparlers de paix d'Abuja, en particulier;
Rappelant le niveau élevé et inacceptable des souffrances que vivent les populations du Darfour, à cause dPS violations fréquentes de l'Accord de cessez-le-feu et des autres protocoles signés ; Reconnaissant l'urgence de créer un climat plus propice, en vue de faciliter la signature rapide d'un Accord global, pour enfin mettre un terme au conflit et instituer un nouveau climat de paix et de réconciliation pour nos populations ; 1. Appelons à un arrêt immédiat des hostilités au Darfour, afin d'insufler une dynamique accrue au processus de paix, et ce faisant, accroître la confiance entre nos négociateurs, pendant cette phase finale et extrêmement décisive des pourparlers. 2. Invitons toutes nos forces et tous nos membres, à appliquer cette décision et à apporter toute leur coopération à la Commission du cessez-le-feu et à l'AMIS, afin que ceux-ci facilitent la réalisation des aspirations de nos populations pour la paix et la sécurité. 3. Décidons de travailler avec sérieux et avec détermination, en vue de terminer les négociations dans les prochaines semaines. Abuja, !e 17 mars 2006 |
Flambée de choléra au Sud-Soudan
Bulletin n°40 - Soudan , 15 mars 2006
Comité international de la Croix-Rouge (Communiqués de presse) - Genève,
Pour faire face à la flambée de choléra qui a récemment éclaté au Sud- Soudan , le CICR a acheminé par avion une trentaine de tonnes de secours médicaux d ...
Pour faire face à la flambée de choléra qui a récemment éclaté au Sud-Soudan, le CICR a acheminé par avion une trentaine de tonnes de secours médicaux d'urgence jusqu'à Juba, la capitale régionale. Il s'agit notamment de solutions de perfusion et de sels de réhydratation orale, dont on a un besoin urgent pour traiter les malades et pour reconstituer les stocks qui diminuent rapidement. Les premiers cas de choléra ont été signalés fin janvier dans la ville de Yei, au sud-ouest de Juba. Dans la capitale, le premier cas a été enregistré le 6 février. Les employés du CICR aident l'hôpital universitaire de Juba à agrandir et à gérer un pavillon d'isolement. Ils ont en outre installé un système d'urgence pour l'approvisionnement en eau. L'hôpital admet chaque jour une vingtaine de personnes atteintes de diarrhée aqueuse aiguë, tandis que d'autres malades ont aussi reçu des soins ailleurs. Au 7 mars, 4 094 cas de diarrhée aqueuse aiguë avaient été recensés à Juba, dont 79 mortels. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) fait état de 127 cas mortels pour tout le Sud-Soudan. À l'heure qu'il est, la présence du choléra a été confirmée à Malakal, un grand centre urbain situé sur les rives du Nil, au nord de Juba. Le centre de traitement du choléra de Médecins sans frontières (MSF) à Malakal a admis 34 cas, dont deux ont eu une issue fatale. À l'hôpital universitaire de cette même ville, le CICR a soigneusement révisé et purgé le principal système de traitement des eaux, et installé un générateur d'appoint et un réservoir souple de 15 000 litres pour augmenter la capacité de l'établissement. Le personnel du CICR a donné au centre de MSF des conseils techniques sur l'aménagement de latrines et de points de distribution d'eau, et a prêté son concours pour l'installation d'un réservoir souple fourni par l'UNICEF. Le CICR mène ses activités en coordination avec les autorités sanitaires sud-soudanaises. Il coopère en outre avec d'autres organisations humanitaires actives dans ce domaine, pour éviter que l'épidémie ne s'étende à tout le Sud-Soudan. Afin de mieux soutenir les efforts inlassables du Croissant-Rouge soudanais et de ses volontaires, la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a lancé un appel pour un million de francs suisses et a ouvert un bureau à Juba. Deux décennies de guerre au Sud-Soudan ont endommagé ou détruit les systèmes d'approvisionnement en eau et d'évacuation des eaux usées de la ville de Juba, y compris celles de l'hôpital universitaire. Le Sud-Soudan tout entier manque en outre de structures de santé adéquates. Une épidémie de choléra aurait par conséquent des conséquences désastreuses pour la population.
Fin des évacuations médicales du Sud-Soudan sur Lopiding
Depuis le 1er mars, aucun nouveau patient n'est plus évacué du Sud-Soudan sur l'hôpital géré par le CICR à Lopiding, de l'autre côté de la frontière, dans le nord du Kenya. Après une vingtaine d'années d'activité, l'institution se retire de Lopiding ; elle devrait remettre la gestion de l'établissement entre les mains des autorités kényennes fin juin 2006. D'ici là, il ne devrait plus rester que quelques patients sud-soudanais dans cet hôpital. Ils seront ramenés chez eux par le CICR une fois leur traitement terminé. Lopiding avait été ouvert en 1987 pour soigner les blessés de guerre du Sud-Soudan. Désormais, les patients seront traités au Sud-Soudan même et le CICR, en coopération avec d'autres organisations humanitaires, veillera à ce que l'aiguillage des personnes nécessitant des soins chirurgicaux soit adapté aux nouvelles structures de santé mises en place dans cette région. Le CICR continuera jusqu'en 2007 d'apporter à l'hôpital universitaire de Juba son soutien – assistance clinique et renforcement des capacités – dans les domaines de la chirurgie, de la médecine interne et des soins pédiatriques.
Les autorités sud-soudanaises approuvent la création d'un centre d'appareillage orthopédique
Les autorités sud-soudanaises ont donné leur aval à un protocole d'accord avec le CICR qui permettra à l'institution d'entreprendre la construction du nouveau centre de référence en rééducation physique de Juba. Celui-ci aura la même capacité que le centre d'appareillage orthopédique et de rééducation physique de Khartoum. Avec la remise de l'hôpital de Lopiding aux autorités sanitaires kényennes, l'atelier d'appareillage orthopédique de Lokichokio (Kenya) fermera ses portes le 28 avril. Le CICR apportera un soutien accru à l'atelier de Juba, plus petit, en attendant la construction du nouveau centre. Cinq techniciens expérimentés seront en outre transférés de Lokichokio à Juba, où ils mèneront des activités d'appui et de formation. Le processus de sélection de 17 candidats sud-soudanais, dont deux physiothérapeutes, pour un programme complet de formation commencera immédiatement.
Poursuite des combats au Darfour Malgré les conditions de sécurités précaires et la poursuite des combats au Darfour Ouest, les collaborateurs du CICR ont réussi à se rendre d'El Geneina à Seleia, plus au nord, et, en prenant une autre route en direction de l'est, à Saraf Omra. Ils sont ensuite retournés à Seleia pour évaluer les besoins des personnes déplacées et des habitants de la ville. Il faudra toutefois procéder à une évaluation plus poussée de la situation avant d'envisager la possibilité d'une présence fixe puis d'une reprise complète des activités du CICR dans la région. La persistance des combats dans la région de Jebel Marra empêche toujours le CICR d'accéder à cette zone, et l'institution est très inquiète pour la population civile qui y vit. Les informations qui ont pu être récoltées à ce jour laissent penser que les gens ont dû fuir leur foyer et s'éparpiller pour chercher refuge dans les montagnes, où nombre d'entre eux seraient hébergés par la population locale. Le CICR déploie des efforts incessants afin d'obtenir les garanties de sécurité nécessaires pour pouvoir se rendre à Jebel Marra.
Centre d'appareillage orthopédique et de rééducation physique de Nyala géré par l'Autorité nationale d'orthopédie Le 12 février, l'atelier d'appareillage orthopédique de Nyala géré par l'Autorité nationale d'orthopédie a reçu la visite des walis (gouverneurs) des trois États du Darfour. Ceux-ci étaient accompagnés par des hauts représentants du gouvernement du Darfour Sud. La visite a été largement couverte par les médias locaux. Le groupe a assisté à l'appareillage de 12 patients et a notamment pu voir comment une fillette de deux ans était équipée d'une jambe artificielle. Le centre d'appareillage orthopédique et de rééducation physique de Nyala est le seul établissement de ce genre dans tout le Darfour. Depuis le début de la coopération entre l'Autorité nationale d'orthopédie et le CICR, en mai 2005, il a équipé de membres artificiels 260 amputés. La liste d'attente ne cesse de s'allonger : dans la seule ville d'El Geneina, on compte 56 personnes attendant d'être appareillées.
Activités de protection Le CICR continue à visiter les personnes détenues au Darfour par l'Armée de libération du Soudan et, en sa qualité d'intermédiaire neutre, à faciliter leur remise aux soins des autorités locales lorsqu'elles sont libérées. Au 10 mars, il avait ainsi facilité le transfert de 25 personnes aux autorités de Gereida, Zalingei, Kutum et El Fasher. Le 28 février, un garçon de neuf ans qui vivait dans les rues d'El Fasher a été réuni avec sa famille à Kabkabiya. Celle-ci ayant été retrouvée par le Croissant-Rouge soudanais, le garçon a rapidement pu regagner son foyer grâce à l'aide conjointe du CICR et de la Société nationale.
En 2005, le CICR a mené les activités suivantes : au Darfour approvisionné en eau sept camps pour personnes déplacées et des zones urbaines, réparé les réseaux de distribution d'eau dans quatre villes (El Fasher, Kutum, Gereida et El Geneina) et fourni au total 2 millions de litres d'eau par jour à environ 1,5 million de personnes ; distribué plus de 32 000 tonnes de vivres à 300 000 personnes ; déployé 30 fois son unité chirurgicale mobile de campagne entre avril et la fin de l'année. L'équipe mobile a réalisé plus de 370 opérations sur des blessés de guerre (parmi lesquels des combattants) qui autrement n'auraient pas eu accès aux soins ; dans l'ensemble du Soudan réparé et modernisé cinq hôpitaux et 12 dispensaires de soins de santé primaires ; fourni du personnel et des médicaments, assuré des consultations et procédé à des opérations dans quatre hôpitaux et 12 dispensaires de soins de santé primaires, et étendu les programmes de vaccination et de formation ; présenté des exposés sur le droit international humanitaire, les activités du CICR et les Principes fondamentaux de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à quelque 10 500 personnes, notamment des fonctionnaires, des militaires, des membres de groupes d'opposition et de milices armées ainsi que des chefs religieux et communautaires ; collecté et distribué respectivement plus de 29 300 et 30 200 messages Croix-Rouge ; poursuivi ses discussions confidentielles sur la protection des victimes du conflit armé avec toutes les parties, à tous les niveaux, tant à Khartoum que sur les divers terrains d'opération de l'institution
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L'Union africaine présente de nouvelles propositions de paix au Darfour
Nouvel Observateur, Abuja, 13 mars 2006 Des médiateurs de l'Union africaine (UA) ont présenté dimanche à Abuja, la capitale nigériane, de nouvelles propositions pour un cessez-le-feu dans le conflit du Darfour (ouest du Soudan). Ces mesures prévoient le retrait au-delà de zones tampons des forces rebelles de l'Armée populaire de libération du Soudan et du Mouvement pour l'égalité et la justice (MJE), ainsi que leur collaboration avec le gouvernement soudanais en vue de suspendre toute activité militaire le long des routes par où transite l'aide humanitaire et dans les camps de réfugiés. Les délégations gouvernementale et rebelles ont confirmé avoir reçu ces propositions à Abuja. L'Armée populaire de libération du Soudan a indiqué qu'elle se prononcerait d'ici à mercredi. Malgré un cessez-le-feu signé au Tchad en avril 2004 et les négociations qui ont eu lieu depuis à Abuja, les combats entre les deux mouvements rebelles et les troupes gouvernementales se poursuivent au Darfour, selon un communiqué diffusé dimanche par les médiateurs de l'UA. Depuis 2003, la guerre du Darfour a fait au moins 180.000 morts, et déplacé deux millions de personnes. Les atrocités contre les villageois africains de la région, menées par des milices arabes à la solde de Khartoum, sont qualifiées de "génocide" par Washington. |
Des ONG soudanaises ne cessent d'être harcelées et la liberté d'expression et d'association subit des restrictions
Amnesty International, 13 mars 2006 Déclaration publique
Amnesty International est préoccupée par la fermeture, par le gouvernement soudanais, de deux bureaux de l'Organisation pour le développement social du Soudan (SUDO), dans l'État du Darfour occidental. Ces fermetures semblent s'inscrire dans une politique d'intimidation et de harcèlement de cette organisation et d'autres organisations non gouvernementales (ONG) actives au Soudan. La Commission de l'aide humanitaire, l'instance qui gouverne les organisations humanitaires au Soudan, a ordonné la fermeture des bureaux de la SUDO à Zalingei et El Geneina, capitale du Darfour occidental à partir du 13 mars 2006. La Commission a sommé ces antennes de la SUDO de cesser toute activité et de remettre les clés de leurs bureaux, centres médicaux, centres d'alimentation et véhicules. Les comptes bancaires de ces deux bureaux de l'organisation ont également été bloqués. La Commission a justifié la fermeture de ces deux antennes et la suspension de leurs activités par le fait que l'organisation aurait violé la Loi relative à la Commission de l'aide humanitaire. Cependant, elle n'a pas précisé quels articles de la loi l'organisation avait violés. Cette suspension d'activités de la SUDO est la dernière mesure d'intimidation et de harcèlement en date à l'encontre de cette organisation, parmi lesquelles figure l'arrestation de cinq membres du personnel de l'organisation le 13 février 2006 à l'université d'Ed Dain dans le sud du Darfour, où ils étaient venus donner une formation sur la surveillance du respect des droits humains. Ils avaient été libérés le jour même. Le 20 février 2006, le Soudan a adopté la Loi sur l'organisation du travail humanitaire et bénévole qui remplacera la Loi sur la Commission de l'aide humanitaire. Amnesty International craint que cette nouvelle loi ne soit qu'un moyen de plus de restreindre encore l'action des ONG au Soudan. Le nouveau texte de loi accorde aussi au gouvernement des pouvoirs de réglementation excessifs sur les activités des ONG. Certains articles de la Loi sur l'organisation du travail humanitaire et bénévole (2006) violent le droit à la liberté d'association garanti par plusieurs traités internationaux relatifs aux droits humains auxquels le Soudan est partie. Ce droit est proclamé notamment à l'article 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, à l'article 10 de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples et dans la Constitution de transition du Soudan. La nouvelle loi est également contraire aux dispositions des articles 5 et 6 de la Déclaration des Nations unies sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus. Amnesty International appelle le gouvernement du Soudan à modifier la Loi sur l'organisation du travail humanitaire et bénévole (2006) en vue de la rendre conforme aux normes internationales et régionales relatives aux droits humains. Amnesty International est préoccupée en particulier par les points suivants :
Par ailleurs, Amnesty International appelle le gouvernement du Soudan à mettre fin à l'intimidation et au harcèlement qui frappent les activités humanitaires ou relatives aux droits humains de la SUDO et d'autres ONG agissant dans le pays.
Complément d'information L'Organisation pour le développement social du Soudan (SUDO) est une organisation privée bénévole qui œuvre en faveur du développement durable et des droits humains. L'organisation et son personnel ont été harcelés par les autorités soudanaises pour leurs activités concernant les droits humains. Le bureau de l'organisation à Zalingei avait été fermé temporairement en janvier 2006 par la Commission de l'aide humanitaire, puis réouvert. Le président de l'organisation, Mudawi Ibrahim Adam, a été arrêté à plusieurs reprises au cours des dernières années pour son action humanitaire et relative aux droits humains. Voir à ce sujet l' Action urgente 116/05 du 9 mai 2005 (index AI : AFR 54/047/2005), et ses mises à jour, sur le site d'Amnesty International, à l'adresse suivante : http://web.amnesty.org/library/index/fraafr540472005 .
À Zalingei et El Geneina, la SUDO gère, entre autres activités, deux dispensaires et un centre d'alimentation. |
L'Egypte salue la décision de l'UA de transférer à l'ONU la mission de maintien de la paix au Darfour
Xinhuanet, Le Caire, 12 mars 2006 Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, a salué dimanche la décision prise par le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine (UA) de transférer à l'ONU la mission de maintien de la paix dans la région instable du Darfour (ouest du Soudan). Aboul Gheit a également fait l'éloge de la décision du Conseil d'assurer un rôle à jouer pour l'organe panafricain dans la résolution des conflits au Darfour, même après que l'ONU eut pris le relais de la mission de maintien de la paix, a rapporté l'agence de presse, MENA. "Le ministre des Affaires étrangères a exalté (le conseil pour) la réaffirmation du rôle de l'UA dans la supervision du processus de paix au Darfour et le fait que les troupes africaines seront l'ossature de la nouvelle mission de maintien de la paix", a indiqué Aboul Gheit, cité par un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Le chef de la diplomatie égyptienne a espéré que toutes les parties impliquées dans la dispute au Darfour discuteraient le plus tôt possible d'un accord de paix, en exhortant la communauté internationale à offrir l'aide nécessaire, a ajouté le porte- parole. Lors d'une réunion tenue vendredi à Addis Abeba, le conseil de l'UA a également décidé de prolonger le mandat de la mission de l'UA au Soudan (AMIS) jusqu'au 30 septembre prochain. L'UA maintient actuellement quelque 7800 militaires au Darfour pour observer un accord de cessez-le-feu conclu entre le gouvernement soudanais et les rebelles du Darfour en avril 2004. Les forces de l'UA au Darfour ont été gênées par un manque de fonds et ont été incapables de contenir la situation instable au Darfour |
Paris fait les yeux doux au Soudan
La Lettre de l'Océan Indien, 11 mars 2006 En marge de la réunion à Paris du Sudan Consortium , le ministre français des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a offert à la délégation soudanaise conduite par le vice-président soudanais Salva Kirr Mayardit un petit-déjeuner à son ministère, le 9 mars. La référence au pétrole est revenue à deux reprises lors de son toast en l'honneur des délégués soudanais. Une première fois pour noter qu'avec la question d'Abyei, le problème du partage des revenus pétroliers demeurait une difficulté dans la mise en oeuvre de l'accord de paix au Soudan, même si ces deux questions "ne semblent pas en mesure de faire dérailler le processus de paix" La seconde référence était pour souligner le potentiel pétrolier du Soudan. Le ministre français a précisé que la compagnie Total , représentée à ce petit-déjeuner par son directeur général exploration production Christophe de Margerie , "détient au Sud Soudan un grand bloc d'exploration pétrolier ». Il a ensuite affirmé que cette compagnie était "prête à y investir de façon massive et à accélérer ainsi les perspectives de développement du Sud ». Autre société saluée pour sa présence au Soudan par le ministre français : Alstom qui était représentée par son PDG, Patrick Kron. Michel Roussin , le président du comité Afrique du Medef international et vice-président du groupe Bolloré , assistait également à ce petit-déjeuner. |
Le Darfour au centre des préoccupations des É.-U. et de l'Union européenne
Etats Unis, Département d'Etat (Washington, DC), 10 Mars 2006 Selon M. Zoellick, il faut renforcer la mission de l'Union africaine au Soudan. - Si le Soudan continue à être au centre des préoccupations des États-Unis et de l'Union européenne (UE), c'est à cause de la situation terrible dans laquelle se trouvent les Soudanais du Darfour et les autres populations du Soudan, a fait valoir le secrétaire d'État adjoint, M. Robert Zoellick, à l'occasion d'une conférence de presse organisée le 8 mars au Conseil de l'Europe à Bruxelles (Belgique), à laquelle participait également M. Javier Solana, haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune. « Il ne faut pas perdre de vue (...) qu'il y a un million de personnes dans les camps. Un nombre incroyable de gens sont morts et la situation demeure très dangereuse et épouvantable », a-t-il déclaré. Il a rappelé que ce sont les femmes et les enfants qui font les frais de cette situation et en sont les premières victimes, prônant une action aussi rapide que possible de la part de l'ONU. A- cette conférence sur le Soudan convoquée par M. Solana participaient également le président de l'Union africaine, M. Alpha Oumar Konaré, le second vice-président du Soudan, M. Ali Osman Taha, et un représentant de M. Kofi Annan, le secrétaire général de l'ONU. Parlant au nom des États-Unis, M. Zoellick a expliqué : « La demande que nous avons reçue en janvier du Conseil sur la paix et la sécurité de l'Union africaine, en ce qui concerne la préparation à un déploiement d'une mission de maintien de la paix de l'ONU (au Soudan), est une demande à laquelle nous avons réagi rapidement et que nous nous sommes efforcés de faire avancer lorsque nous étions à la présidence du Conseil de sécurité en février (...) Nous espérons que, lors de sa réunion, le Conseil pour la paix et la sécurité de l'Union africaine demandera à l'ONU de faire le pas suivant dans le cadre de cette préparation. » Il a exprimé l'espoir qu'à l'occasion des entretiens qu'il allait avoir à propos du Soudan au cours des prochains jours, la nécessité de faire avancer le processus de paix d'Abuja serait mise en évidence, ajoutant que le gouvernement d'unité nationale du Soudan s'efforçait de trouver les moyens d'y parvenir. Faisant valoir que le déploiement d'une force de Casques bleus de l'ONU n'était pas imminente, il a aussi souligné la nécessité d'un renforcement de la force de l'Union africaine actuellement sur le terrain au Soudan, rappelant qu'une force de l'ONU dans ce pays devait nécessairement comporter des soldats africains. Ã- la question de savoir si les populations du Darfour étaient opposées à l'idée d'un déploiement d'une force de l'ONU, M. Zoellick a répondu : « Je suis allé au Darfour à quatre reprises, et je puis vous assurer que les gens ne sont pas opposés à un renforcement de la sécurité ou à l'instauration de conditions favorables à leur survie. » Il s'est fait l'écho d'un point soulevé par M. Solana, à savoir qu'il y avait déjà une force de l'ONU au Soudan : la Mission des Nations unies au Soudan. Il s'ensuite que les autorités soudanaises ne sont apparemment pas opposées au principe d'une force de l'ONU. « Elles lient une telle force au processus d'Abuja. J'espère que l'assurance que nous leur avons donnée en ce qui concerne notre attachement à faire avancer le processus de paix d'Abuja nous permettra d'aller de l'avant ensemble », a-t-il dit. Il a rendu hommage à M. Solana, qualifiant d'« utiles » ses démarches visant à encourager un rapprochement des parties concernées et exprimant l'espoir que le gouvernement soudanais « reconnaîtra qu'il est dans son intérêt de mettre fin à la violence contre son peuple et de garantir que les conditions seront propices à la sécurité non seulement lorsqu'il s'agit d'apporter une aide humanitaire, mais aussi d'appliquer les clauses de l'accord de paix... » Et d'ajouter : « Si nous faisons pression pour qu'un accord de paix intervienne, il nous faudra au bout du compte créer les conditions permettant un retour des personnes déplacées, et c'est en partie à cela qu'une force de l'ONU pourrait servir. « Nous considérons que la Mission de l'Union africaine au Soudan a accompli un travail extraordinaire. Je pense qu'on peut mettre ce travail en valeur dans le domaine de la logistique, des renseignements, des communications, de la préparation... « Mais il faut aussi penser que le Darfour est aussi grand que la France. Imaginez 7.000 personnes essayant d'y garantir la sécurité alors que le cessez-le-feu a été rompu. « Nous estimons que l'Union africaine a joué un rôle, qu'elle continuera à jouer un rôle important en matière de sécurité et de médiation, mais elle a aussi besoin de notre aide, et c'est pourquoi nous pensons que les États-Unis et l'Union européenne peuvent aider, mais aussi l'ONU. » Quittant Bruxelles, M. Zoellick devait se rendre à Paris pour représenter les États-Unis à la réunion du « Consortium Soudan » (9 et 10 mars) portant sur l'aide à ce pays. |
Darfour : notre patience a des limites
Le Figaro, 9 mars 2009
Par Jack Straw,Secrétaire au Foreign Office, Londres
La crise qui sévit au Darfour depuis trois ans a déjà fait entre 70 000 et 400 000 morts. Seul un règlement politique qui en prenne en compte les causes profondes pourra y mettre fin. C'est le but que sont censées poursuivre les parties en présence aux pourparlers de paix actuellement en cours à Abuja, devant qui je me suis exprimé mardi. Le Royaume-Uni soutient ce processus de paix, et j'ai annoncé la semaine dernière que nous dégagerions une enveloppe supplémentaire d'un million de livres à son endroit. Les précédents pourparlers ont permis quelques avancées. Le protocole humanitaire et de sécurité signé en novembre 2004 jette les bases d'un retour au calme et la déclaration de principes proclamée en juillet 2005, celles d'un futur accord politique.
On est encore loin du compte, cependant. Les choses vont trop lentement. Le cessez-le-feu a beau avoir été décrété en avril 2004, l 'échéance du 31 décembre 2005 fixée par le Conseil de sécurité n'a toujours pas été respectée: Nous en sommes aujourd'hui aux septièmes pourparlers de paix. Les protagonistes ont renié leurs engagements. Ils ont décrété un cessez-le-feu qu'ils n'ont pas observé. Le gouvernement soudanais et les mouvements rebelles le brisent tous les jours. Les attaques se poursuivent, notamment contre les convois des organisations humanitaires et contre la mission de l'Union africaine - ceux-là mêmes qui sont présents sur le terrain pour venir en aide aux civils. Les populations du Darfour continuent de souffrir. Deux millions de personnes sont aujourd'hui massées dans des camps, et les sans-abri et civils déplacés sont encore plus nombreux. Les massacres d'innocents se poursuivent. Les enfants meurent, et les femmes et les jeunes filles se font violer. Les seules personnes qui ont le pouvoir de mettre un terme à ces exactions sont celles qui siègent à la table des négociations à Abuja. Elles doivent en finir avec les marchandages et les gesticulations pour s'atteler enfin à ramener la paix au Darfour. Il faudrait déjà qu'elles se résolvent à :
1. Déclarer leurs positions et leurs déploiements, comme elles s'y sont engagées. 2. Respecter le cessez-le-feu. Le gouvernement soudanais est le premier responsable des événements, car il s'est montré incapable d'assurer la sécurité de ses citoyens. II doit mettre fin à ses offensives et reprendre la main sur les milices arabes djandjawids. Mais ce sont les mouvements rebelles qui dernièrement se sont montrés les plus belliqueux. Il faut absolument qu'ils tiennent leurs combattants. 3. Ne plus s'en prendre à la force de l'Union africaine et aux convois humanitaires. 4. Faciliter le travail des organisations humanitaires au lieu de leur mettre des bâtons dans les roues. 5. Traduire en justice les auteurs d'atrocités.
Dans le même temps, les parties en présence doivent parvenir à un accord qui mette vraiment un terme au conflit. La communauté internationale est fondée à en douter. Ainsi, les ministres soudanais siègent à la table des négociations, mais les leaders des mouvements rebelles en sont absents. S'ils veulent vraiment un règlement négocié, qu'ils se rendent à Abuja et donnent pour consigne à leurs négociateurs de transiger. Nous ne pourrons sinon que douter de leur sincérité. Les parties en présence à Abuja sont maintenant au pied du mur, sous les feux des projecteurs de la communauté internationale. Elles peuvent choisir la voie de la paix: conclure un accord et le mettre en oeuvre sur le terrain. La communauté internationale leur accordera alors aide humanitaire, assistance au développement, concours technique et encouragement politique. Elles peuvent aussi la refuser. Le bilan n'en sera que plus lourd en termes de vies humaines et de misère. Quelle occasion elles auront manquée d'améliorer le sort des populations qu'elles prétendent représenter! Elles-mêmes en subiront les conséquences. La communauté internationale n'est pas disposée à laisser impunis les individus qui se rendent coupables de violations grossières des droits de l'homme ou qui bloquent le processus de paix Nous savons qui ils sont. La résolution 1591 du Conseil de sécurité des Nations unies prévoit des sanctions à leur encontre. Le Comité des sanctions a déjà dans sa ligne de mire plusieurs membres du gouvernement soudanais et des mouvements rebelles. D'autres noms sortiront. Le Royaume-Uni ne se gênera pas pour dénoncer les coupables et n'exclut pas non plus de faire prononcer par les Nations unies des sanctions plus lourdes, si les parties continuent à traîner les pieds.
La Cour pénale internationale, avec le plein soutien du Conseil de sécurité, compte engager des poursuites à l'encontre des responsables des crimes de guerre et des violations des droits de l'homme commis au Darfour. Elle ne manquera pas dans les mois à venir de chercher à déterminer les responsabilités. La patience de la communauté internationale a des limites. Si les parties tardent à s'entendre, nous devrons bien trouver une autre solution. Les acteurs des pourparlers d'Abuja auront alors beau jeu de mener la danse au détriment des absents, qui n'auront plus guère leur mot à dire. Nous n'y sommes pas encore. La communauté internationale ne plaisante pas. Les populations du Darfour ont besoin que ces pourparlers de paix aboutissent. Il en va de la responsabilité des parties réunies à Abuja. |
Farouche opposition du Soudan pour des forces internationales au Darfour,
All Africa-com, 5 Mars 2006 La question de la relève de la Force de l'Union africaine au Darfour, déployée depuis 2004 par une Force internationale, n'est pas sans soulever des problèmes. Le tout premier réside dans l'opposition farouche des autorités soudanaises à cette relève. Le président Omar al-Béchir, qui mène en ce moment une campagne vigoureuse pour empêcher l'arrivée des soldats onusiens, va jusqu'à promettre que le Soudan sera un cimetière pour les troupes étrangères qui s'y aventureraient sans l'accord de son Gouvernement. Mais il faut rajouter que ce ne sont pas les seules autorités qui optent pour un refus aussi catégorique aux pressions onusiennes et américaines en faveur de la relève. L'opposition soudanaise elle-même est unie sur cette question avec le pouvoir, dans un rejet consensuel de toute immixtion des forces internationales dans les affaires du Soudan. C'est en tout cas le point de vue exprimé par Fatima Ahmed Ibrahim, Député communiste, lors de la réunion du Parlement du dimanche dernier, en ces termes : « Nous rejetons catégoriquement toute intervention étrangère, surtout américaine, au Soudan ». Un autre problème réside dans l'attitude que va finalement adopter l'Union africaine. On sait qu'elle avait, pour diverses raisons, accédé en son temps à la demande soudanaise de choisir comme force d'intervention, des soldats de l'Union Africaine plutôt que des Nations Unies. La solution n'était pas seulement prise pour préserver l'orgueil soudanais ou africain ; elle présentait des avantages pour nombre des chefs d'Etat pour qui ces forces d'intervention africaines étaient de véritables aubaines (recasement de militaires indésirables au pays, retombées financières indirectes pour les pouvoirs, contrôle des situations dans les pays d'intervention, détournement des militaires de la contestation politique..). Mais l'Union africaine pourra-t-elle continuer à faire de la résistance ? Rien n'est moins sûr. D'abord, parce que dans ce domaine, ce sont les moyens qui parlent, et ces forces de l'Union africaine ont toujours été prises en charge par la communauté internationale qui a de la sorte le dernier mot puisque tenant les cordons de la bourse. Au terme de la mission de la force d'interposition africaine, qui doit intervenir le 31 Mars, l'Union africaine n'aura pas les possibilités de subvenir aux besoins des 7.000 hommes déployés sur le terrain, ce qui naturellement ouvre la porte à la force internationale. Une autre raison, qui risque d'amener l'organisation panafricaine à céder, c'est qu'elle ne peut pas se prévaloir d'un bilan positif des forces africaines interposées au Darfour. On peut même dire que c'est un échec, un échec qui amène même à relativiser la politique de délégation aux organisations régionales africaines, des missions d'interposition et de maintien de la paix comme en témoignent les clins d'Å"il à certaines puissances en particulier et à des organisations comme l'OTAN pour jouer ce rôle. Si donc le temps joue objectivement contre la force de l'Union africaine, il faut craindre, et c'est là une autre préoccupation, que la relève annoncée ne débouche sur une situation qui transforme le Soudan en un autre Irak. Les Américains, qui ne sont pas encore remis du traumatisme de la Somalie et qui n'ont pas encore relevé le challenge de l'Irak, sont-ils prêts à affronter un Soudan où la résistance revêtirait les formes qu'on constate en Irak ? La communauté internationale pourra-t-elle taire ses divergences, laisser de côté ses calculs pour maintenir le cap sur l'envoi de troupes internationales au Darfour ? Ce sont autant de questions lancinantes d'autant plus lancinantes qu'on sait que les pays arabes en général, et la Libye et l'Egypte en particulier, sont fondamentalement opposés au remplacement de la force africaine par une force internationale. Ne sommes-nous pas en effet ici dans un contexte où pourrait s'appliquer la « théorie des dominos » ? Mais il faut souligner que si la ligne dure soudanaise prévalait, la question capitale de l'avenir de la politique d'intervention, sinon de la survie même des Nations Unies, se poserait car elles ne pourraient plus s'inviter dans les crises et continuer dans la « tutélisation » des Etats. Quoi qu'il en soit, Américains comme communauté internationale en général sont allés beaucoup trop loin pour reculer et les Américains en particulier doivent ménager leur opinion remontée contre ce qui se passe au Soudan. Alors, iront-ils, n'iront-ils ? Les paris sont ouverts. |
Le Sénat américain appelle à une intervention rapide au Darfour
Armées-com, 4 mars 2006, Le Sénat américain a appelé le président George W. Bush à entreprendre une action rapide face au problème du Darfour (région de l'ouest du Soudan) et a pressé l'OTAN d'envoyer des troupes dans cette région, rapporte vendredi la presse américaine
Le Sénat a adopté à l'unanimité jeudi dernier la résolution, qui appelle également le Conseil de sécurité des Nations unies à approuver une mission de maintien de la paix dans cette région soudanaise. "Les Etats-Unis doivent diriger les efforts internationaux pour arrêter la tuerie d'hommes, femmes et enfants innocents au Darfour ", a indiqué vendredi le sénateur démocratique Joseph Biden dans un communiqué. M. Biden estime que le président Bush doit commencer immédiatement une coordination avec la direction de l'Union africaine (UA) et les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN pour "arrêter la violence en cours au Darfour". "La population du Darfour ne peut plus attendre une force de maintien de la paix des Nations unies dont le déploiement sur le terrain nécessiterait un an", a-t-il ajouté. Le 17 février, le président Bush avait indiqué que la situation au Darfour exigerait le doublement du nombre des troupes internationales de maintien de la paix dans la région, et qu'il menait des consultations avec d'autres pays en vue de l'envoi de davantage de troupes au Darfour, qui pourraient être placées sous la direction de l'OTAN. Selon des reportages, les hostilités au Darfour ont fait environ 300 000 morts et plus de deux millions de déplacés pendant trois ans. Quelque 7 000 soldats de maintien de la paix de l'UA sont déployés au Darfour depuis 2004, mais ils manquent de fonds et de ressources pour stopper la guerre civile dans cette région soudanaise. |
Jeune Afrique, 26 février au 4 mars 2006 Soudan – Khartoum avait acheté un luxueux yacht pour le sommet de l'Union Africaine. Mais le navire est arrivé en retard…Récit d'une galère. Difficile de le rater. Long de trente-six mètres, large de dix, doté d'une suite présidentielle ultramoderne, des cuisines pouvant nourrir jusqu'à soixante-seize convives et d'un système de communication par satellite très sophistiqué, le yacht acheté par le Soudan pour le VIème sommet de l'Union Africaine (UA), qui s'est déroulé les 23 et 24 janvier, à Khartoum, mouille enfin dans le port de la capitale. Initialement annoncé pour le début du grand raout panafricain, sa mise à l'eau n'a eu lieu que près de deux semaines après la clôture de l'évènement pendant lequel il est resté coincé entre deux immeubles, à une centaine de mètres des eaux du Nil. Pourtant, le luxueux navire aurait dû être l'atout de charme du président Omar el Béchir, qui briguait la présidence de l'UA. La carte qu'il avait prévu d'abattre pour emporter la conviction de ses pairs ; Une inauguration en fanfare du bateau était même prévue. Mais hélas ! telle l'Arlésienne, le yacht présidentiel, rebaptisé le « Palace » ou « Al-Qasr », n'a pas été au rendez-vous . Du côté des autorités, ce n'est pas faute d'avoir tout fait pour être prêt en temps et en heure. Mais le convoi exceptionnel chargé d'acheminer le mastodonte acheté l'an dernier en Slovénie pour 4,5 millions de dollars et arrivé par la mer à Port Soudan a eu les plus grandes difficultés à rejoindre Khartoum par la route. Sur les 1200 km du parcours, des immeubles entiers ont dû être rabotés, des arbres coupés et des fils électriques sectionnés pour permettre au navire de passer, plongeant au passage nombre de villages proches de la capitale dans l'obscurité. Censé montrer une autre image que celle traditionnellement véhiculée à propos du Soudan –celle d'un pays rongé par les guerres civiles - attirer les investisseurs et rompre avec la réputation d'Etat paria qui poursuit le plus vaste pays d'Afrique, le « Palace » a malheureusement perdu de sa superbe. De nombreuses rayures entaillent ses flancs à cause des chocs qu'il a endurés pendant son périple vers la capitale. Au cours de sa lente avancée, le bateau a heurté plusieurs bâtiments et traversé quatre ponts, non sans mal, du fait de ses 172 tonnes. Selon Ibrahim Khalfalla, en charge du transport du navire et responsable de la compagnie de fret Ryckman, « ;le voyage a été difficile…très difficile ». Mais il est confiant, une simple couche de peinture devrait suffire à redonner soin lustre à l'embarcation. Il lui restera alors à faire oublier l'autre tempête qu'a soulevée son arrivée à Khartoum : son exorbitant prix d'achat. Les journaux, toutes tendances confondues, n'ont pas particulièrement goûté ce qu'ils ont qualifié non sans perfidie, de « jouet à 1 million de dollars ». Et n'ont pas manqué de signaler que le yacht présidentiel n'était rien d'autre que le signe du fossé béant qui s'est creusé entre le peuple et son gouvernement. Certains ont même pris soin de ranger le bateau au sein du patrimoine personnel d'Omar el Béchir : « Le bateau du président », l'ont-ils ainsi rebaptisé. Le « Juba Post », un quotidien indépendant, a enjoint au gouvernement de faire don du « Palace » à la Croix Rouge. A charge ensuite pour celle-ci de le transformer en hôpital itinérant, explique le quotidien, qui ne manque pas de souligner que « des enfants se prostituent pour pouvoir manger au nord de Khartoum, au moment où le président se livre à un naufrage financier ». Le « Khartoum Monitor », quant à lui, a déploré l'importation d'un luxueux vaisseau pour « ripailler » alors que de simples péniches avaient été utilisées pour ramener dans le Sud les populations déplacées par la longue guerre civile. Pour l'heure, des incertitudes planent sur l'usage qui sera fait du « Palace », A-t-il seulement un avenir ? Une insistante rumeur rapporte en effet qu'un second yacht présidentiel, encore plus gros et plus luxueux, serait actuellement fabriqué par les chinois. A court terme, le navire devrait, en tout cas, abriter les agapes du prochain sommet des chefs d'Etat de la Ligue Arabe prévu au mois de mars à Khartoum, comme le laisse entendre Ibrahim Khalfalla : « Le pays est en train de se développer, et nous souhaitons que tous les décideurs qui viennent au Soudan soient aux petits soins. Ce bateau est destiné à nos invités de marque ». Luc Olinga (avec le New York Times). |
Soudan : l'inaction du Conseil de sécurité risque de compromettre sa crédibilité
Propos du représentant permanent des États-Unis auprès de l'ONU. Par Judy Aita, correspondante du « Washington File » New York (Nations unies) - Les États-Unis et les autres membres occidentaux du Conseil de sécurité n'ont pas réussi à voter sur une résolution sanctionnant les Soudanais qui bloquaient le processus de paix ou qui avaient commis des violations des droits de l'homme. Le représentant permanent des États-Unis, M. John Bolton, qui assure la présidence du Conseil de sécurité pour le mois de février, a déclaré, le 27 février, qu'il avait tenté de faire voter rapidement une résolution visant à faire figurer le nom de ces Soudanais sur la liste des sanctions de l'ONU, mais que plusieurs pays s'étaient opposés à cette mesure. Il a souligné que l'inaction du Conseil de sécurité risquait de compromettre sa crédibilité. « Les États-Unis, a-t-il dit, ont fait circuler parmi les experts un texte comprenant des éléments du projet de résolution. Je pense qu'il est bon de faire remarquer que les États-Unis ont été le seul pays à être prêt à voter le projet de résolution avant (...) la réunion de l'Union africaine sur la paix et la sécurité, qui doit avoir lieu le 3 mars. » M. Bolton n'a pas cité le nom des pays opposés au projet de résolution, mais des diplomates qui ont tenu à conserver l'anonymat ont déclaré qu'il s'agissait de la Chine , de la Russie et du Qatar. Les États-Unis, le Danemark, la France et le Royaume-Uni sont tous en faveur de ce texte. « Divers pays sont opposés à agir pour diverses raisons, mais en pratique je ne vois pas comment nous pourrons adopter la résolution avant la réunion de l'Union africaine si un certain nombre de pays ne changent pas d'avis », a dit M. Bolton à l'issue de la réunion à huis clos du Conseil de sécurité, au cours de laquelle le président de la commission des sanctions pour le Soudan du Conseil de sécurité, M. Adamantios Vassilikis (Grèce), et un groupe de spécialistes ont pris la parole. « Nous pensons que c'est regrettable, mais ce n'est pas parce que nous n'avons pas tenté d'obtenir une résolution », a-t-il ajouté. Il y a près d'un an, le Conseil de sécurité a créé par la résolution 1591 un mécanisme de sanctions qui vise à exercer des pressions sur « les personnes qui violent l'embargo sur les armes et qui ne contribuent pas à la mise en place d'un processus de paix efficace au Darfour et à rétablir la sécurité qui ne fait que s'aggraver », a expliqué M. Bolton. « Il s'agit d'une question politique, a-t-il ajouté. Il s'agit d'exercer une influence politique. Il convient de prendre au sérieux le message de la résolution 1591 (...) Si le Conseil de sécurité n'est pas sérieux au sujet de ce qu'il dit et qu'il n'est pas disposé à prendre des mesures pour persuader les gens de faire ce qu'il dit, sa crédibilité ne manquera pas de diminuer. Il convient d'en considérer les conséquences. » Dans le rapport qu'il a soumis au Conseil de sécurité en décembre 2005, le groupe d'experts cite dans une annexe confidentielle le nom de 17 personnes qu'il convient, selon lui, de sanctionner pour leurs violations des droits de l'homme et de 5 autres dont il serait bon d'étudier le dossier aux fins d'éventuelles sanctions. À la mi-février, le magazine américain « The American Prospect » a révélé le nom de ces personnes sur son site Internet, et peu de temps après des agences de presse et des quotidiens ont également diffusé le nom de ces personnes, parmi lesquelles figurent plusieurs hauts représentants du gouvernement soudanais et deux chefs de l'Armée de libération du Soudan. M. Bolton a indiqué que les membres du Conseil de sécurité s'étaient plaints de la divulgation clandestine de cette annexe confidentielle. « Cette divulgation, a-t-il dit, peut compromettre les travaux du Conseil de sécurité et de la commission. Tant que le Conseil de sécurité ne prendra pas de décision, il est bien évident qu'il n'existe pas de liste de l'ONU. » |
Omar Al-Béchir menace de tuer des troupes étrangères
All Africa com, Kinshasa , 28 Février 2006 Pierre Emangongo Le président soudanais Omar al-Béchir a averti que le Darfour sera un «cimetière» pour les troupes étrangères qui seraient dépêchées dans cette région de l'ouest du Soudan sans l'accord du gouvernement. «Nous sommes vivement opposés à toute intervention étrangère au Soudan, et le Darfour sera un cimetière pour les troupes étrangères qui s'y aventureraient», a-t-il dit, cité dimanche par la presse soudanaise et l'Afp. Ces propos interviennent à quelques jours d'une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine le 3 mars 2005 à Addis-Abeba pour statuer sur l'éventuel transfert à l'Onu de la force de paix de l'Ua au Darfour. Si ce Conseil donne son feu vert à ce transfert, la balle sera dans le camp de l'Onu, qui examine ce dossier depuis plusieurs semaines, avec un fort appui de Washington. M. Béchir a, selon l'Afp, également critiqué l'Ua, pour avoir demandé l'aide de l'Onu. «Les forces de l'Union africaine peuvent quitter le pays si elles estiment avoir échoué dans leur mission», a lancé le président. Le Darfour est le théâtre depuis trois ans, d'un conflit entre des milices appuyées par les forces gouvernementales et des rebelles qui demandent une distribution plus équitable des richesses. La guerre et une grave crise humanitaire ont fait près de 300.000 morts, selon des estimations internationales et 2,4 millions de déplacés et réfugiés. Depuis 2004, l 'Ua y a déployé une force qui compte environ 7.000 hommes, mais dont l'action a été entravée par le manque de moyens. Sa mission s'achève le 31 mars. Même des membres de l'opposition soudanaise sont opposés à un déploiement de soldats occidentaux au Darfour. «Nous rejetons catégoriquement toute intervention étrangère, surtout américaine, au Soudan», a déclaré Fatima Ahmed Ibrahim, une députée communiste, lors de la réunion du Parlement dimanche. A noter que le dossier du Darfour et les relations tumultueuses entre le Soudan et le Tchad sont notamment les points qui ont conduit les leaders africains au refus de la candidature de Al Béchir à la présidence rotative de l'Ua lors du dernier sommet de cette organisation panafricaine à Khartoum |
L'ONU désigne des responsables soudanais
R.F.I.- Actualités -25 février 2006 Des experts mandatés par l'ONU pour surveiller la situation au Darfour préconisent de sanctionner plusieurs hauts responsables soudanais. Le rapport, établi en décembre dernier, comprenait une annexe confidentielle avec une liste de personnes susceptibles d'être sanctionnées. RFI a pu s'en procurer une copie. Une première liste énumère les noms de 17 personnes susceptibles d'être sanctionnées immédiatement. Dans une deuxième liste, les experts proposent d'examiner, dans un avenir proche, le cas d'autres personnalités. Et parmi les noms susceptibles de rejoindre la liste, sont cités ceux des chefs d'Etat soudanais et tchadien.
Mars 2005, le conseil de sécurité de l'ONU adopte la résolution 1591. Elle prévoit la constitution d'un groupe d'experts sur le Soudan, avec un mandat de six mois. Chargés de faire des recommandations au conseil de sécurité de l'ONU, ces experts doivent notamment aider le conseil à identifier les personnes qui violent l'embargo sur les armes, celles qui font obstacle au processus de paix, violent le droit international ou sont responsables de survols militaires à caractère offensif. A l'issue de son mandat, le groupe a transmis, en décembre, dernier son rapport. On y apprend tout d'abord que la mission des experts n'a pas été de tout repos : « à deux reprises (le 21 septembre et le 5 novembre 2005), des membres du groupe se sont trouvés harcelés et détenus par des agents du renseignement militaire soudanais au Darfour. En dehors de graves risques pour leur sécurité physique, ce harcèlement et cette détention de membres du groupe constituent un obstacle grave et inacceptable à son travail. » On découvre également dans ce rapport, sur plusieurs dizaines de pages, une analyse de la situation sécuritaire dans le Darfour. Mais surtout, le groupe d'experts a établi une liste de personnes susceptibles d'être sanctionnées par le conseil de sécurité de l'ONU : 17 noms sont cités. Le document est longtemps resté secret, mais RFI vient de s'en procurer copie. Une liste de 17 noms Dans cette liste figurent essentiellement des membres de l'appareil sécuritaire soudanais, du responsable gouvernemental au chef de milice locale. En premier lieu le ministre de l'Intérieur, Elzabier Bachir Taha, qui n'a pas « utilisé les forces de police pour désarmer les milices non gouvernementales, conformément aux engagements du gouvernement ». Le ministre de la Défense , le major général Abdel-Rahim Mohamed Hussein. Le comité lui reproche de ne pas avoir désarmé ces mêmes milices, ou de ne pas avoir respecté l'embargo sur les armes. Le puissant Salah Abdallah Gosh, le chef de la sécurité et du renseignement est mis sur la sellette pour l'absence de désarmement des milices mais aussi pour « sa responsabilité de commandement dans des actes de détention arbitraire, de harcèlement, de torture, de déni d'un procès équitable, des actes commis par des agents de la sécurité nationale et des services de renseignement sous son contrôle au Darfour.» Suivent les noms du directeur des opérations des forces armées soudanaises, du commandant de la région militaire ouest, d'officiers locaux ou de chefs de milice. Le texte du rapport donne plus de détails sur les raisons qui ont conduit à ce choix. « Le gouvernement soudanais a violé et continue de violer l'embargo sur les armes » , indiquent les experts, en ayant redéployé au Darfour des armes venant d'autres régions du Soudan, ou en renvoyant dans la région six hélicoptères de combat qui en avaient été retirés initialement. Les enquêteurs de l'ONU affirment avoir recensé plusieurs cas de survols militaires à caractère offensif… ou des attaques frappant rebelles et civils, sans discernement. Le rapport précise également que « le gouvernement soudanais a lamentablement failli à l'obligation qui lui est faite d'identifier, de neutraliser et de désarmer les groupes de miliciens qui ne font pas partie des forces de sécurité officielles de l'Etat et qui sont sous son influence ou son contrôle », comme l'avait exigé le Conseil de sécurité dans sa résolution 1556. Grands absents Il y a plusieurs grands absents sur cette liste. Il n'y a aucun Libyen, ni aucun Erythréen. Les experts reprochent pourtant à l'Erythrée d'avoir entraîné et armé les deux mouvements rebelles du Darfour, le MLS (Mouvement de Libération du Soudan) et le MJE (Mouvement pour la Justice et l'Egalité) : « Selon des sources indépendantes et selon le gouvernement soudanais, l'Erythrée a fourni des armes, un appui logistique, une formation militaire et un appui politique aussi bien au MJE qu'à l'ALS [la branche armée du MLS] le MJE et l'ALS ont bénéficié d'une formation dans un certain nombre d'anciens camps de la SPLA en Erythrée, sur la frontière entre les deux pays, entre 2003 et 2004. » Accusations également contre la Libye. Il est question de transit d'armes, de cargaisons réceptionnées à Al Koufra par des rebelles du MLS et du MJE. Mais également de fourniture d'équipement : « Le groupe a pu vérifier auprès de diverses sources fiables que la faction de l'ALS dirigée par Minni Minawi avait reçu 35 véhicules Land Cruiser d'un membre d'un des services de sécurité libyen, en juillet 2005. D'après au moins un témoin et une source confidentielle, la cargaison comprenait des uniformes et des munitions. Le groupe a également reçu des informations crédibles selon lesquelles Minni Minawi aurait reçu une soixantaine de véhicules Land Cruiser de la Jamahiriya arabe libyenne au moment où se tenait le Congrès de Haskanita, en novembre 2005 ». Impossible cependant, pour les experts, de dire s'il s'agit d'un soutien officiel, ou de l'initiative d'officiers isolés. Côté rebelle, seuls trois commandants du MLS sont montrés du doigt. Aucun membre du MJE. Le rapport indiquait pourtant que « les forces rebelles, à savoir les membres de l'ALS et du MJE, étaient, elles aussi, responsables de graves violations des instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme et du droit international humanitaire, pouvant être considérées comme des crimes de guerre », ou encore un peu plus loin « à des degrés divers, toutes les parties ont eu recours à la torture, porté atteinte à la dignité des personnes et infligé des traitements cruels, inhumains ou dégradants à des personnes qui ne participaient pas, ou qui ne participaient plus au conflit . » Dans le rapport, les experts disaient aussi avoir réuni des informations sur le recrutement et l'emploi d'enfants soldats par le MLS et le MJE. A vrai dire, les deux chefs concurrents du MLS, Minni Arkou Minawi et Abdulwahid Nur sont « en sursis ». Dans ses recommandations, le rapport dit que s'ils continuent à refuser de prendre les mesures qui s'imposent pour se réconcilier, « le comité devrait surveiller leurs agissements et envisager de leur imposer les mesures ciblées ». Abdulwahid et Minawi font tous les deux parties d'une deuxième liste confidentielle, celle des personnalités qui pourraient rejoindre la liste des « sanctionnables » dans un deuxième temps.
Les responsabilités de Bechir et Déby Ce deuxième document (lui aussi confidentiel) est pour le moins intéressant. Les experts n'hésitent pas à y faire figurer le nom du président soudanais, Omar El-Bechir, responsable en tant que chef de l'Etat et chef de l'armée, du non désarmement des milices. Les experts suggèrent également que le comité des sanctions se penche sur le nom d'Idriss Déby, le président tchadien, accusé de « soutenir les groupes dissidents du MJE qui entravent le processus de paix », comprenez, le MNRD de Jibril Abdel-Karim Tek, mis sur pied le 17 avril 2004 et le Commandement révolutionnaire sur le terrain de Mohammed Saleh Arba, lancé un an plus tard, en avril 2005. Les experts expliquent par exemple que Mohammed Saleh Harba « aurait créé le commandement révolutionnaire sur le terrain (…) après y avoir été encouragé par le Tchad. Le Tchad a par la suite essayé, sans succès, d'associer le commandement révolutionnaire aux négociations d'Abuja en tant que représentant légitime du MJE. Les représentants du mouvement affirment que Mohammed Saleh a reçu six véhicules Land Cruiser, des armes et des munitions du Tchad, en avril 2005. Mohammed Saleh continue de voyager entre le Darfour et le Tchad, bien que le gouvernement tchadien prétende avoir délivré un mandat d'arrêt à son encontre. » La direction du MJE avait accusé à chaque fois le pouvoir tchadien d'être à l'origine de ces deux scissions, en raison des relations houleuses d'Idriss Déby et du président du MJE, Khalil Ibrahim. Certains membres de l'opposition tchadienne avaient repris les mêmes accusations. Les experts de l'ONU apportent après-coup un poids supplémentaire à ces accusations. La présidence tchadienne se refuse pour l'instant à tout commentaire sur cette liste. Côté soudanais, le ministre de l'Intérieur a répondu en accusant les Etats-Unis de chercher à déstabiliser la police et les forces armées soudanaises pour mieux prendre le contrôle du pétrole soudanais. Selon lui, c'est le nom du président américain George Bush qui devrait figurer sur cette liste. Elzabier Bashir Taha a accusé les Etats-Unis d'avoir une attitude « néo-coloniale » . |
Soudan attaques viols et pillages continuent au Darfour
Actualités Lyon, 24 février 2006 Attaques, viols et pillages continuent au Darfour, selon la mission de l'ONU au Soudan. Selon la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS), les forces armées soudanaises, appuyées par les miliciens, continuent d'attaquer les populations civiles du Darfour, de violer les femmes, de piller et de brûler les villages, a rapporté aujourd'hui le porte-parole du Secrétaire général. La Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) affirme qu'à la suite des incidents déjà signalés hier dans le nord du Darfour, quatre autres villages auraient été attaqués aujourd'hui. Des soldats auraient pillé et incendié des logements et des propriétés et violé une jeune femme, selon la MINUS. Au Soudan les attaques viols et pillages continuent au Darfour. « Selon la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS selon son acronyme anglais), quatre villages du Nord du Darfour ont été aujourd'hui attaqués, des soldats auraient pillés et brûlés les maisons et violé une femme », a rapporté aujourd'hui Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU à New York. « L'UNMIS a reçu des informations selon lesquelles les forces armées, appuyées par les miliciens, ont attaqué un village situé dans le nord de la région. Ils s'en sont pris à la place du marché et détruit l'alimentation en eau, tuant au passage de nombreux animaux », avait informé hier le porte-parole. « D'autres informations font état d'une attaque contre un second village, Al Amin, situé dans le nord du Darfour, où la place du marché a été mise à sac et des huttes brûlées », indiquait encore Stéphane Dujarric. « En outre, un véhicule de l'Union africaine a été volé lundi par des hommes armés non identifiés », ajoutait-il. « Dans de nombreuses régions du Darfour, les meurtres et les viols continuent et les gens fuient par milliers. Il y a aujourd'hui 2 millions de déplacés et 3 millions de personnes, soit la moitié de la population du Darfour, ne survivent que grâce à l'aide internationale. Bien des endroits deviennent trop dangereux pour que les agents humanitaires puissent s'y aventurer », avait rappelé le Secrétaire général le 25 janvier dernier. La dégradation de la situation au Darfour est telle que le passage d'une force de l'Union africaine à une opération des Nations Unies est désormais inévitable, affirme le Secrétaire général dans une tribune au Washington Post le 25 janvier dernier où il appellait le Conseil de sécurité à « rapidement prendre une décision ferme ». « Je voudrais pouvoir dire aujourd'hui que tous les efforts accomplis […] ont porté leurs fruits, que le Darfour est en paix et sur la voie du relèvement ». « Hélas, il n'en est rien », déclare le Secrétaire général dans une tribune sur la situation au Darfour, publiée aujourd'hui dans le quotidien américain « The Washington Post ». « Dans beaucoup de parties du Darfour, les meurtres et les viols continuent et les gens fuient par milliers. Il y a aujourd'hui 2 millions de déplacés et 3 millions de personnes, soit la moitié de la population du Darfour, ne survivent que grâce à l'aide internationale. Bien des endroits deviennent trop dangereux pour que les agents humanitaires puissent s'y aventurer », rappelait Kofi Annan. Constatant que les forces de l'Union africaine sont trop peu nombreuses sur le terrain - 5.000 soldats et 2.000 policiers et observateurs militaires pour un territoire de la taille du Texas – pour protéger la population, le Secrétaire général avait plaidé pour « le passage d'une force de l'Union africaine à une opération des Nations Unies au Darfour ». Répondant à cet appel, le Conseil de sécurité avait demandé au Secrétaire général, le 3 février dernier, d'établir un plan d'urgence présentant diverses options dans la perspective d'une transition de la mission de l'Union africaine au Darfour à une opération des Nations Unies. |
Au Darfour, l'humanitaire risque l'enlisement
Jérôme Larché, responsable de la mission Soudan pour Médecins du Monde Roger Brunet, Journaliste La Croix , 22 février 2006 Médecins du Monde demande solennellement aux parties en conflit de respecter le droit international humanitaire et celui relatif aux droits humains des populations du Darfour A quelques exceptions près, le drame humain du Darfour n'intéresse plus les médias. Pourtant, malgré l'adoption d'une série de résolutions adoptées par le Conseil de sécurité, Médecins du monde constate depuis septembre 2005 une dégradation constante du contexte politique et sécuritaire dans le Sud-Darfour. L'éclatement du principal groupe rebelle, le Mouvement de libération du Soudan (SLM/A) et la formation de nouvelles alliances risquent en effet d'aboutir à une multiplication des groupes armés et à la surenchère d'une ligne dure contre le pouvoir central. Dans ces conditions d'intervention extrêmement difficiles, l'aide humanitaire ne permet toujours pas d'assurer le minimum décent aux personnes déplacées. Les conséquences de cette dégradation se révèlent dramatiques pour les populations les plus vulnérables, et tout particulièrement les femmes et les enfants, premières victimes de cet «enfer sur terre», selon la formule du secrétaire général des Nations unies. Le Darfour comporte aujourd'hui de nombreux camps pour accueillir les populations déplacées, chassées par les milices janjawids (milices arabes soutenues par les autorités de Khartoum). Le camp de Kalma situé près de Nyala, la capitale du Sud-Darfour, est le plus vaste d'entre eux. Il accueille officiellement près de 90 000 personnes déplacées, et est devenu une véritable zone franche humanitaire, encadrée socialement par des cheikhs très critiques vis-à-vis des autorités qui n'assurent pas la sécurité de leurs conditions de vie. Protégé partiellement par une mission de l'Union africaine (cantonnée à un rôle d'observateur du cessez-le-feu), le camp de Kalma devient chaque jour un peu plus instable. Médecins du monde y constate l'augmentation des tensions issues de la multiplication des violences et des exactions, notamment contre les femmes et les jeunes filles, victimes de violences sexuelles. Dans un environnement d'insécurité permanente, sans autre perspective qu'une dépendance totale à l'égard de l'aide humanitaire, l'accès aux soins de ces populations extrêmement vulnérables est une des conditions essentielles de leur survie. L'intensification de la violence compromet chaque jour davantage le mandat des acteurs humanitaires dont la mission est d'assurer cet accès aux soins. Médecins du monde a établi depuis juillet 2004 un programme de soins de santé primaire dans les camps de Kalma et de Dereig, et s'efforce d'adopter une stratégie communautaire, en soutenant notamment la volonté des femmes de Kalma de consolider et de créer de nouveaux liens sociaux au sein de leur propre communauté. Les consultations médicales menées par Médecins du monde reflètent une augmentation de pathologies directement : liées à la dégradation des conditions de vie (diarrhées, malaria, pathologies respiratoires), touchant de façon prépondérante les enfants. L'exercice de ce mandat médical humanitaire, nécessaire pour les personnes déplacées, est désormais gravement menacé par un contexte géopolitique explosif. D'un côté une aggravation de la violence incontrôlable en l'état actuel entre les parties en conflit au Darfour, de l'autre une déstabilisation inquiétante du pouvoir tchadien voisin, soumis à son tour à de très graves risques d'implosion. Le cauchemar d'un enchaînement vers une déstabilisation régionale commence à se faire jour, avec un possible embrasement sur fond de tragédie humanitaire. Médecins du monde demande solennellement aux différentes parties en conflit de respecter le droit international humanitaire et celui relatif aux droits humains des populations du Darfour. L'or ganisation rappelle également avec insistance le principe de distinction entre combattants et populations civiles, constamment violé depuis le début du conflit, et demande aux Nations unies de prendre ses responsabilités pour protéger efficacement. les populations contre les exactions dont elles sont encore victimes. Il est également demandé à la communauté internationale de poursuivre activement la recherche d'un règlement politique à ce conflit. Un conflit qui a déjà fait plus de 300 000 morts et plus de 2 millions de déplacés (1), et qui s'enlise chaque jour un peu plus, dans la violence et l'oubli.
(1) Rapport de la commission du développement international de la Chambre des communes du 16 mars 2005 (Darfur, Sudan : The responsibility to protect, 5. report of session 2004-2005), Volume I, p. 7 (voir - www.publications.parliament.uk ). |
Pas facile de créer une force de l'Onu pour le Darfour
Afrique Centrale Info, 22 février 2006 Les Etats-Unis doutent maintenant de parvenir à faire créer par le Conseil de sécurité de l'Onu avant la fin du mois une force de l'Onu au Darfour, a indiqué mardi le département d'Etat. "Je ne suis pas en mesure de vous promettre qu'une résolution sera présentée la semaine prochaine", a déclaré le porte-parole adjoint du département d'Etat Adam Ereli (photo), en ajoutant que même si le Conseil de sécurité ne se prononçait pas avant la fin février, "les Etats-Unis continueront à galvaniser les efforts internationaux pour obtenir la paix au Darfour". Le président américain George W. Bush avait préconisé vendredi pour le Darfour une force de paix onusienne soutenue par l'intendance de l'Otan et comprenant environ le double des effectifs de 7.000 hommes actuellement déployés sur place par l'Union africaine. Lundi l'ambassadeur américain à l'Onu John Bolton, qui préside les travaux du Conseil de sécurité en février avait annoncé qu'il venait de présenter aux Quinze, des éléments d'un projet de résolution, et qu'il espérait qu'il puisse être adopté avant la fin du mois. La semaine dernière, le chef de la diplomatie américaine Condoleezza Rice avait indiqué que le projet de force au Darfour était retardé par l'absence d'une demande formelle d'assistance de l'Union africaine, dont les troupes actuelles au Darfour formeraient le noyau de la future force onusienne. Des responsables du département d'Etat on aussi indiqué que le projet était aussi suspendu aux résultats d'une mission de l'Onu qui examine actuellement au Soudan quels seraient les besoins logistiques des Casques bleus. "Ils traînent un peu les pieds et nous devenons impatients" a déclaré un responsable américain sous couvert d'anonymat. |
Le conflit du Darfour s'étend de l'autre côté de la frontière
L'ONU et l'Union Africaine doivent protéger les civils des attaques Human Right Watch ( New York , le 21 février 2006) es milices janjaweed et les groupes rebelles tchadiens soutenus par le gouvernement soudanais mènent des attaques transfrontalières sanglantes dans des villages situés à l'Est du Tchad, a déclaré Human Rights Watch dans un nouveau rapport publié aujourd'hui. Human Rights Watch a appelé la Mission de l'Union africaine au Soudan à patrouiller de façon plus active autour des points stratégiques qui jalonnent la frontière tchadienne. Il s'agit de dissuader d'éventuelles attaques contre les populations. Le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait également autoriser de toute urgence le remplacement de la force de l'Union Africaine au Darfour par une mission de l'ONU. Le rapport de 15 pages, Darfur Bleeds: Recent Cross-Border Violence in Chad (« Le Darfour saigne : les récentes violences transfrontalières au Tchad »), basé sur une enquête de Human Rights Watch dans l'Est du Tchad en janvier et février derniers, rapporte une augmentation alarmante des attaques contre les civils au Tchad. Elles sont perpétrées, avec l'appui du gouvernement soudanais, par les milices janjaweed et les groupes rebelles tchadiens. Ces derniers opèrent depuis des bases situées dans les régions du Darfour contrôlées par le gouvernement soudanais. Les troupes et les hélicoptères de combat du gouvernement soudanais ont, à certains moments, soutenu ces attaques transfrontalières dans l'Est du Tchad. Le gouvernement soudanais apporte son soutien à plusieurs groupes rebelles tchadiens, notamment en leur donnant refuge sur son territoire. « Le gouvernement soudanais exporte de façon active la crise du Darfour vers son voisin en soutenant matériellement les milices janjaweed et en se gardant de les désarmer ou de les contrôler », affirme Peter Takirambudde, le directeur de la Division Afrique à Human Rights Watch. « Les milices janjaweed sont en train de faire au Tchad ce qu'ils font au Darfour depuis 2003 : tuer des civils, incendier des villages et voler le bétail, et ce au cours d'attaques aux relents ethniques ». Les forces soudanaises sont directement impliquées dans les récentes violences survenues dans le pays, selon des témoins interviewés par Human Rights Watch dans l'Est du Tchad. Les troupes et les hélicoptères de combat soudanais auraient, par exemple, soutenu une attaque des milices janjaweed vers l'autre côté de la frontière, dans la région de Goungor, à deux reprises, au début du mois de décembre. En raison de ces violences, le Tchad compte aujourd'hui des dizaines de milliers de déplacés à l'intérieur de son territoire. La plupart des victimes appartiennent aux groupes ethniques dajo et masalit, groupes ethniques non arabes, qui sont la cible systématique des milices janjaweed au Darfour. Les arabes tchadiens qui résident le long de la frontière semblent être épargnés par les attaques mais certains ont quitté leur maison pour trouver refuge au Soudan, apparemment par crainte de représailles dans cette région tendue sur le plan interethnique. Human Rights Watch fait également part d'un nouvel afflux, au Tchad, de réfugiés du Darfour ne pouvant plus survivre dans les camps de personnes déplacées de Mornei et Misterei au Darfour occidental. Ces réfugiés, chassés de chez eux par le gouvernement soudanais et le «nettoyage ethnique » pratiqué par les milices janjaweed depuis 2003, subissent encore des violences même après avoir fui vers les camps de réfugiés. Les attaques lancées par les milices janjaweed contre les habitants des camps, et contre toute personne s'aventurant à l'extérieur de ces derniers, les ont forcés à fuir de nouveau, vers le Tchad cette fois-ci. L'insécurité permanente qui règne dans l'Est du Tchad a pour conséquence immédiate le déplacement de civils : 30 000 tchadiens ont fui leurs maisons le long de la frontière en raison des violences récentes. Human Rights Watch a visité Koloy, un village qui était habité par 1904 personnes avant le conflit mais qui accueille maintenant entre 10 000 et 12 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays, nombre d'entre elles à la recherche d'un refuge depuis décembre. Human Rights Watch a été informé du cas de civils attaqués alors qu'ils retournaient dans leurs villages pour cueillir des légumes dans leurs champs et jardins. Le manque de nourriture va devenir problématique si les réfugiés se voient encore refuser l'accès à leurs villages. L'eau est déjà un problème : lors de la visite de Human Rights Watch, le seul puit de Koloy était presque à sec. Le nombre d'attaques a augmenté sensiblement depuis décembre avec, pour conséquence, des douzaines de morts parmi les civils et le déplacement de dizaines de milliers de personnes supplémentaires. Human Rights Watch a de nouveau fait appel au Conseil de sécurité des Nations Unies pour qu'il remplace d'urgence la force de l'Union africaine par une mission de l'ONU. Cette mission devrait être clairement et fermement mandatée pour protéger les civils, par la force si nécessaire. Human Rights Watch a aussi demandé au Conseil de sécurité des Nations Unies d'inscrire sur la liste des personnes soumises à l'interdiction de voyager et à d'autres sanctions préconisées par le comité des sanctions de l'ONU les chefs janjaweed Hamid Dawai et Abdullah Shineibat, ainsi que d'autres individus publiquement désignés comme responsables d'attaques commises sur des civils au Tchad. « Les gouvernements soudanais et tchadien, la Mission de l'Union africaine au Soudan et la communauté internationale doivent faire plus pour garantir la sécurité de la population dans la région frontalière et prévenir l'expansion du « nettoyage ethnique » à l'intérieur du Tchad », a ajouté Takirambudde. « Les civils doivent être protégés des attaques orchestrées par le gouvernement soudanais, les rebelles tchadiens et les milices janjaweed ». |
La visite du Cardinal Crescenzio Sepe au Soudan : “Toute l'Eglise est avec vous et vous soutient avec foi et charité”
Agence Fides, Vatican, 20 février 2006 Le Card. Crescenzio Sepe, Préfet de la Congrégation pour l'Evangélisation des Peuples, poursuit sa visite pastorale au Soudan. Samedi 18 février il a visité le camp des réfugiés de Jabarona et a donc rencontré les Catéchistes de l'archidiocèse de Khartoum. “Sans votre contribution, peut-être que l'histoire de l'Eglise au Soudan serait très différente aujourd'hui - a dit le cardinal aux catéchistes -. Effectivement, sans la participation active de tant de catéchistes, des responsables laïcs, et des hommes et des femmes de foi profonde vous ne récolterez pas les fruits des semences que les missionnaires planteront dans cette région. Alors que je vous y encourage, je désire aussi saisir cette opportunité pour vous inviter aujourd'hui à continuer à “donner vos mains et vos coeurs au Christ, et à garantir la poursuite de cette mission”. Dans son discours le Card. Sepe a souligné en particulier deux thèmes, l'identité du catéchiste et son rôle dans l'Eglise et dans le monde “votre rôle dans l'Eglise et dans le monde consiste à être sel et levain, et à travers l'exemple de votre vie, à renouveler constamment et améliorer la vie de tout ceux qui entrent en contact avec vous”. La dernière rencontre de samedi 18 février était réservée aux évêques soudanais, guidés par Son Exc. Paolino Lukudu Loro, Président de la Conférence épiscopale du Sudan, en présence du Cardinal Gabriel Wako, archevêque de Khartoum, et du Nonce apostolique Son Exc. Dominique Mamberti. Le Card. Sepe a dit aux évêques soudanais être venu parmi eux pour montrer la solidarité du Pape et la préoccupation de l'Eglise “pour la situation déplorable que vous avez rencontrée dans votre ministère pastoral”. “Je veux vous assurer que le Saint-Père suit avec une attention particulière tout ce qui se passe et continue de prier pour votre nation qui a souffert d'une série de régressions dans divers aspects de la vie à cause de la haine, la guerre et l'extrémisme religieux. Oui toute l'Eglise est avec vous et vous soutient avec la foi et avec la charité”. Dimanche 19 février le Préfet du dicastère missionnaire a rencontré des prêtres, des religieux, des religieux et des laïcs dans la cathédrale de Khartoum : il a exprimé leur profonde gratitude pour la grande contribution qu'ils ont offert et continuent à offrir “pour la crossance de l'Eglise dans ce pays, malgré la longue guerre civile qui a paralysé le progrès dans divers secteurs”. Dans son discours, le cardinal s'est arrêté sur le thème de la mission permanente au service du Règne de Dieu : “Vous avez besoin de relancer et donner un nouvel élan à votre engagement missionnaire dans l'Eglise au Soudan et dans la société dans son ensemble, où il y a un besoin urgent de renouvellement et de reconstruction” a souligné le cardinal Sepe en proposant certaines valeurs indispensables à tenir présentes : “la mission de l'Eglise guidée par la Charité , s'est enracinée dans l'union à Dieu, se réalise dans l'unité et la communion, a besoin d'une coordination de l'activité pastorale”. Dans l'après-midi le Cardinal a présidé l'ordination au diaconat de Silvestro Mogga Alexander, au Comboni Playground. (S.L.)(Agenzia Fides) |
Solidarité le patineur de vitesse américain, double médaillé, va reverser sa prime de victoire pour le Darfour
Joey Cheek, un champion pour le Darfour La Croix , 20 février 2005, de l'un de nos envoyés spéciaux « Je me suis toujours intéressé à l'histoire et à la politique. Je regarde aussi souvent la BBC et CNN Europe. Comme beaucoup de gens, j'ai donc entendu parler du Darfour. J'ai entendu mon gouvernement, celui des États-Unis, parler de génocide à propos de ce qui se passait là-bas. Je me disais: c'est terrible mais qu'est-ce que je peux y faire, moi, en étant si loin ?» C'était samedi soir à la patinoire Oval-Lingotto de Turin. Deux heures plus tôt, Joey Cheek, un Américain de 26 ans, avait remporté la médaille d'argent du 1000 mètres en patinage - de vitesse. Une belle, performance cinq jours après avoir décroché la médaille d'or; sur 500 mètres . Samedi soir, davantage que de ses médailles, Joey Cheek parlait encore et toujours du Darfour. De cette région du Soudan en proie à une crise humanitaire dramatique, conséquence d'un conflit entre des tribus sédentaires d'origine africaine et des tribus arabes nomades soutenues par le pouvoir de Khartoum. Le Darfour, ce conflit oublié qui, en trois ans, a fait entre 180 000 et 300 OOO morts et provoqué le déplacement de deux millions de personnes. Ce drame humanitaire sans images pour lequel les ONG ont tant de mal à mobiliser les donateurs. Lundi, après sa victoire sur 500 mètres , Joey Cheek avait annoncé qu'il allait reverser sa prime de victoire olympique, soit 25 000 dollars, pour aider les habitants du Darfour. Il avait alors précisé que la somme serait attribuée à une organisation, Right to play, fondée par Johann Koss, un patineur de vitesse norvégien, triple champion olympique aux Jeux de Lillehammer. En fin connaisseur de la manière dont fonctionne la communication dans un événement mondial comme les Jeux olympiques, Joey Cheek avait aussi invité ses sponsors et les entreprises soutenant les Jeux à donner une somme équivalente à la sienne. « Les retombées ont été incroyabl es, explique le patineur américain. J'ai reçu des centaines de courriers électroniques de tous les États-Unis de gens qui voulaient faire un don ou s'informer de ce qui se passait là-bas: De très nombreuses entreprises ont aussi donné de l'argent. » Sur son site Internet, l'association Right to play indique avoir déjà reçu 3.millions de dollars à la suite de l'appel lancé par Joey Cheek, qui explique simplement ses motivations. «Lorsque j'ai gagné ma médaille d'or, j'ai pensé à tous les gens qui m'ont aidé à en ar river là, à ma famille, mes amis. Et je me suis dit que la meilleure façon de les remercier, c'était d'aider des gens qui ont besoin d'autre chose que d'une médaille, juste de la nourriture et des médicaments.» Samedi, l'autre héros à l'a patinoire Lingotto, c'était Shani Dav is, médaille d'or sur 1000 mè tres . Une victoire qui, elle aussi, dépasse le simple cadre du sport. Cet Américain de 23 ans est en effet le premier Noir à remporter une épreuve individuelle aux jeux olympiques d'hiver Vonetta Flowers était montée sur la plus haute marche du podium à Salt Lake City en 2002 mais c'était en bobsleigh à deux. Élevé par sa mère, Shani Davis a grandi dans les quartiers sud de Chicago,. un endroit où le patinage de vitesse, sport mineur et plutôt prisé par les classes blanches moyennes ou aisées, ne fait guère rêver les gamins. Leur truc à eux, c'est plutôt de devenir le nouveau Michael Jordan, la star multimillionnaire de 1a ville et de tout le basket américain. A l'âge de 6 ans, malgré les sarcasmes de ses copains, Shani Davis a malgré tout choisi de se lancer dans le patinage de vitesse sur les conseils d'un avocat, chez lequel travaillait sa mère et dont le fils pratiquait cette discipline. «Dès que j'ai commencé à patiner, j'ai dit à mes copains que je voulais gagner un jour le 1000 mètres », assure Shani Davis, qui reste prudent sur «l'avancée sociale» que pourrait représenter sa victoire aux États-Unis. «Cela pourrait être une avancée s'il s'agis sait d'un sport davantage reconnu au sein de ce que nous appelons les minorités. Enfin, peut-être que cela fera bouger les choses. Tout dépendra de la réaction des gens aux États-Unis, s'ils sont heureux de voir un Noir devenir champion olympique de patinage de vitesse. Moi, finalement, ce n'est pas mon affaire. Ce qui m'importe, c'est d'être le meilleur et être reconnu pour ce que je fais. Et pas à cause de la couleur de ma peau. » Pierre Bienvaut |
Joey Cheek, champion olympique, donne son prix aux réfugiés du Darfour
(Ce don s'élève à 25.000 dollars et le médaillé d'or américain demande aux sociétés qui patronnent les jeux Olympiques de faire un don équivalent.). Par Helen I. Rouce, Rédactrice du " Washington File " Africa news report, 19 février 2006 Washington - Le patineur de vitesse américain Joey Cheek , qui a remporté la médaille d'or à l'épreuve des 500 mètres de patinage de vitesse aux jeux Olympiques de Turin, se servira de l'argent qu'il va recevoir en prix pour aider des réfugiés africains. L'athlète a surpris beaucoup de monde lorsqu'il a annoncé qu'il ferait don à une organisation caritative des 25.000 dollars que le Comité olympique américain allait lui remettre pour avoir remporté la médaille d'or, de façon à aider les réfugiés du Darfour à l'ouest du Soudan. " Dans la région du Darfour, des dizaines de milliers de gens ont été tués. Mon gouvernement a qualifié cette situation de génocide, et je vais donner de l'argent explicitement à un programme pour aider les réfugiés soudanais au Tchad, pays où se trouvent plus de 60.000 enfants soudanais qui ont dû fuir leur pays ", a-t-il expliqué aux journalistes lors d'une conférence de presse organisée après l'épreuve, exhortant les sociétés qui parrainent les jeux Olympiques à faire don d'une somme équivalente. C'est l'organisation " Right to Play " qui recevra l'argent. Appuyée par d'anciens olympiens, para-olympiens et athlètes du monde entier, cette organisation dirigée par Johann Olav Koss, un patineur de vitesse norvégien de renommée mondiale, met le sport au service du développement, de la santé et de la paix. Selon un article paru dans le Washington Post, lorsqu'il était adolescent, Joey Cheek admirait le patineur norvégien qui avait lancé un mouvement caritatif auquel participeraient des athlètes en faisant don des prix qu'il avait remportés lors des jeux Olympiques d'hiver de 1994, à Lillehammer (Norvège). L'objectif était d'acheter de l'équipement de sport pour les enfants d'Érythrée, dont le pays était déchiré par la guerre. Le patineur américain a émis l'espoir d'être en mesure de mettre sur pied des programmes pour aider les personnes déplacées au Soudan " si jamais ce pays retrouvait sa stabilité ". " Je ressens un sentiment d'accomplissement en pensant à d'autres plutôt qu'à moi-même. Ce que je fais me donne beaucoup de plaisir. J'adore ce que je fais. C'est un boulot extraordinaire. Je suis allé dans tous les pays du monde et j'ai rencontré des amis sensationnels. Mais, honnêtement, ce que je fais est un peu ridicule: je glisse sur des patins revêtu d'une combinaison collante. " Je me suis entraîné toute ma vie pour cela, et ce n'était pas trop dur. Et, parce que j'ai bien patiné, et aussi parce que je sais que j'ai le microphone pendant deux secondes, j'ai la possibilité, peut-être, de faire prendre conscience, de recueillir un peu d'argent et avec un peu de chance de lancer quelques enfants sur la voie qui m'a été offerte ", a-t-il expliqué. Le Comité olympique des États-Unis récompense l'athlète qui remporte une médaille d'or aux jeux Olympiques par un prix de 25.000 dollars, une médaille d'argent par 15.000 dollars et une médaille de bronze par 10.000 dollars. |
Le Soudan rejette l'accusation de génocide au Darfour
| Xinhuanet, 19 février 2009
Le Soudan a rejeté samedi l'accusation faite par la secrétaire
d'Etat américaine Condoleezza Rice, selon laquelle le génocide
a eu lieu dans la région de Darfour, ouest du Soudan. |
George W. Bush se prononce pour un rôle de l'OTAN au Darfour
| Le Nouvel Observateur, 18 février 2006
Le président américain George W. Bush a estimé vendredi
qu'il faudrait "probablement doubler" la force internationale déployée
dans la province soudanaise du Darfour pour solutionner la crise et s'est prononcé en
faveur d'une participation de l'OTAN. |
| George W. Bush se prononce pour
un rôle de l'OTAN au Darfour
Associtaed Press, Floride 18 février 2006 Le président américain George W. Bush a estimé vendredi
qu'il faudrait «probablement doubler» la force internationale déployée
dans la province soudanaise du Darfour pour solutionner la crise et s'est prononcé en
faveur d'une participation de l'OTAN. |
Une délégation du congrès américain se rendra au Soudan pour des entretiens sur le Darfour
| Xinhuanet, 18 février 2006
Une délégation de haut niveau du Congrès américain
arrivera au Soudan samedi pour chercher à obtenir une résolution
pacifique du conflit du Darfour, a rapporté la presse locale vendredi. |
Soudan: 6,7 millions de personnes ont besoin de l'aide
alimentaire
Les plus démunis vivent au Darfour
| FAO – PAM, Rome, 17 février 2006
Au Soudan, en dépit de bonnes perspectives de récolte pour 2005-2006,
près de 7 millions de personnes auront besoin de l’aide alimentaire
cette année, selon un rapport conjoint de la FAO et du Programme alimentaire
mondial (PAM). Précipitations abondantes Des précipitations abondantes sur la quasi-totalité du pays,
la faible incidence des ravageurs et des maladies des plantes, l’amélioration
de la sécurité au Sud-Soudan, notamment au Darfour à l’époque
des semis en mai dernier, ont entraîné une augmentation des surfaces
cultivées dans le pays, soit 57 % de plus que l’année précédente. Les causes de l’insécurité alimentaire Les principales causes de l’insécurité alimentaire sont
la distribution inégale des revenus, les difficultés d’accès à la
nourriture du fait de la guerre et des déplacements de population, les
problèmes d’infrastructure et de commercialisation ainsi que l’isolement économique. 731 000 tonnes de nourriture Le PAM a l’intention de distribuer 731 000 tonnes de denrées
alimentaires au Soudan dans le courant de 2006. La distribution générale
de nourriture sera accompagnée de programmes de soins nutritionnels
ciblant les plus vulnérables. |
Le Soudan est prêt pour le Sommet arabe
| Jeune Afrique, 16 février 2006 Un haut responsable soudanais a indiqué jeudi que tous les préparatifs étaient
terminés pour le Sommet arabe prévu les 28 et 29 mars. |
Le CICR poursuit ses efforts pour accéder à nouveau à toutes les personnes ayant besoin d’assistance
| CICR, Khartoum, 15 février 2006
Comme en faisaient état les bulletins précédents, l’intensification
du conflit au Darfour a rendu difficiles l’accès aux personnes
vulnérables et la fourniture d’assistance. Une recrudescence d’actes
de banditisme qui ont mis en péril les opérations d’assistance
et au cours desquelles du matériel de communication et des véhicules,
notamment, ont été dérobés a elle aussi contribué à aggraver
la situation. Des secours parviennent à Gereida Le 7 février, après avoir été bloqué plus
de trois semaines à Nyala, capitale du Darfour Sud, un convoi CICR transportant
des vivres et d’autres articles de première nécessité destinés à 80
000 personnes vivant dans des camps est parvenu à atteindre la ville
de Gereida. D’autres convois devraient prochainement arriver à Gereida
pour reconstituer les stocks de vivres des entrepôts du CICR, stocks
qui s’épuisaient dangereusement. Unité chirurgicale de campagne Au cours des trois dernières semaines, l’unité chirurgicale de campagne du CICR a donné des soins à 35 personnes à Gereida (Darfour Sud), Golul (Jebel Marra) et Teberat (sud de Kabkabyia). En coopération avec la Croix-Rouge finlandaise, elle a également organisé, à Nyala, un atelier de cinq jours sur les techniques de chirurgie de guerre à l’intention de 14 jeunes médecins et 60 membres du personnel infirmier. La formation du personnel, sous les auspices de la Croix-Rouge finlandaise, restera une des grandes priorités à l’hôpital universitaire de Nyala. Un second atelier sur la chirurgie de guerre, auquel participent 25 médecins, se déroule actuellement à El Geneina. Réunions de famille et poursuite des libérations de détenus Le 4 février, le CICR a pu réunir avec leurs familles deux adolescents
soudanais réfugiés au Tchad, et ce, une année après
l’envoi du premier message Croix-Rouge visant à retrouver les
familles de ces garçons. Vu l’instabilité régnant
le long de la frontière entre le Tchad et le Soudan, ceux-ci ont été emmenés
dans un premier temps à N’Djamena, capitale tchadienne, puis à Khartoum
avant de retrouver finalement leurs parents. Protection de la population civile Sur le terrain, les délégués du CICR consignent les abus
commis à l’encontre de civils et d’autres non-combattants.
Le CICR intervient directement auprès des parties concernées
dans le but d’empêcher que de tels abus se reproduisent et d’en
minimiser les conséquences. Il mène également des programmes
dans divers domaines – alimentation, santé, eau et assainissement – afin
d’améliorer la protection et la sécurité des bénéficiaires,
en particulier dans les zones rurales isolées. |
Darfour : l'UA va passer la main
| Afrique Centrale Info, 15 février 2006
Le représentant au Soudan du secrétaire général
de l’Onu Kofi Annan a commencé à préparer une éventuelle
transition entre les forces de l’Union africaine (UA) et des casques
bleus au Darfour, a indiqué mercredi une porte-parole des Nations unies. |
Epidémie de choléra meurtrière dans le sud du Soudan
| L’Express 15 février 2006,
Une épidémie de choléra qui a déjà fait 27 morts se propage très rapidement dans le sud du Soudan, une région qui a connu deux décennies de guerre civile, des famines et des maladies.
|
| Libération, 15 février 2006, par Christophe Ayad
On aurait tort de négliger Hassan al-Tourabi : la mécanique
intellectuelle est toujours aussi rutilante. Certes, il n'est plus l'éminence
grise du régime soudanais, qui invitait à Khartoum le ban et
l'arrière-ban de l'islamisme mondial pour des raouts annuels. Des plus
radicaux aux plus modérés, ils étaient tous là :
les Américains de Nation of Islam, les Algériens du FIS, les
Palestiniens du Hamas, les Libanais du Hezbollah, les Egyptiens radicaux, et
aussi d'autres, moins connus mais appelés à un grand avenir, à commencer
par Oussama ben Laden. Banni d'Arabie Saoudite, privé de sa nationalité,
il a trouvé à Khartoum le refuge et le couvert, sinon plus, de
1992 à mi-1996. «Oussama ? Je le connais à peine. Je ne
l'ai rencontré que deux fois, dont une chez moi. Ici, il était
bien intégré, accepté, mais on le voyait peu. Sa société avait
remporté un contrat pour construire une route vers Port-Soudan. L'erreur, ça
a été de l'envoyer en Afghanistan. Là-bas, sans nationalité,
isolé, il s'est dit : "Je n'ai rien à perdre, tout le monde
est contre moi." S'il était resté ici, il n'aurait rien
fait de tout cela.» Ben Laden possédait aussi une grande ferme
au sud de Khartoum, où il ne cultivait pas que des tomates... Tourabi
a la mémoire sélective : au faîte de son pouvoir, en 1996,
c'est lui qui confiait qu'«Oussama» allait devoir quitter le Soudan
mais qu'il avait le choix de la destination et du moment. Son secrétaire
particulier donnait discrètement le contact à ceux désirant
le rencontrer. Et c'est un jeune membre de la sécurité soudanaise
qui faisait le go between, filtrant demandes d'entretien et de rendez-vous. |
Un hélicoptère de l'armée soudanaise abattu au Darfour
| Jeune-Afrique, 15 février 2006
Un hélicoptère de l'armée soudanaise a été abattu
par les rebelles au Darfour, dans l'ouest du pays, a affirmé mercredi
Radhia Achouri, porte-parole de la Mission des Nations unies au Soudan. |
Le déploiement d'une force de l'ONU au Darfour au centre de l'entretien Bush/Annan
| Nations Unies, New York, 14 février 2006 Le président Bush et le Secrétaire général
se sont mis d'accord, hier à Washington, pour travailler ensemble
sur le déploiement d'une force des Nations Unies au Darfour, plus
robuste et plus mobile que l'actuelle mission de l'Union africaine, pour
protéger les populations civiles de la région et permettre
aux humanitaires de travailler convenablement. |
Les présidents soudanais et tchadiens signent un accord de paix en Libye
Une médiation africaine a abouti au « rétablissement des relations » entre les deux pays, à la création d'une « force de paix » et d'un « comité ministériel » présidé par Tripoli Nairobi, Le Monde , 10 février 2006 L’escalade de la tension entre le Tchad et le Soudan a subi un coup
d'arrêt, mercredi soir 8 février, avec la signature à Tripoli,
en Libye, d'un accord de paix entre les présidents de ces deux pays
voisins. La réunion avait été organisée sous
la houlette du chef d'Etat libyen, Mouammar Kadhafi, avec la participation
du nouveau président de l'Union africaine, le président congolais
Denis Sassou Nguesso, et des chefs d'Etat de Centrafrique et du Burkina Faso.
L'accord, qui prévoit le « rétablissement des relations
[entre le Tchad et le Soudan]», l'interdiction d'utiliser le territoire
de l'un pour des activités hostiles contre l'autre et l'interdiction
d'accueillir des rebelles des deux pays sur leurs territoires, a toutes les
chances de plus consacrer un effort diplomatique qu'une volonté authentique
de mettre fin à un conflit larvé, qui impliqué toute
la région autour du vortex de la crise du Darfour, dans l'ouest du
Soudan. Embargo sur les armes volés Jean-Philippe Rémy Chronologie 23 décembre 2005. Le gouvernement tchadien se déclare « en
belligérance avec le Soudan » voisin, rendu responsable de l’attaque
d’un village tchadien une semaine auparavant,. Khartoum démentira être
impliqué dans le coup de force. Le Tchad abrite quelque 200 000 réfugiés
soudanais qui ont fui la guerre au Darfour. |
Les grandes puissances devront jouer leur rôle pour stopper le carnage au Darfour
| Nations Unies, New York, 10 février 2006
Pour répondre au mandat que donnera le Conseil de sécurité à la
future force des Nations Unies au Darfour, les grandes puissances devront fournir
des troupes bien entraînées et des équipements de premier
ordre, a affirmé aujourd'hui le Secrétaire général,
estimant que le Soudan pourrait accepter l'entrée de troupes non africaines. |
Kofi Annan exhortent les Etats membres à créer un Conseil des droits de l’Homme avant la fin du mois
| Nations Unies, New York, 9 février 2006
Le Secrétaire général a de nouveau aujourd'hui exhorté les
Etats Membres à mettre en place un Conseil des droits de l'homme d'ici à la
fin du mois de février, avant que ne démarre, comme chaque année
au mois de mars, la session de la Commission des droits de l'homme, largement
discréditée. |
Accord Tchad-Soudan : Il n'engagera que ceux qui ne l'ont pas signé
| All Africa-Com, 9 Février 2006
Hamidou Ouédraogo
|
Soudan-Tchad : paix ou simple répit dans la crise
| Afrique Centrale Info, 9 février 2006
L’accord de paix signé mercredi par le Tchad et le Soudan à Tripoli
permet de désamorcer au moins momentanément les tensions croissantes
entre les deux pays mais la promesse de l’envoi d’une "force
africaine" à leur frontière commune sera difficile à réaliser. |
Soudan: Annan espère la participation des Etats-Unis à une opération onusienne au Darfour
| Xinhuanet, New York, 9 février 2006
Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a affirmé jeudi
qu'il demanderait à des pays ayant des troupes bien entraînées
et bien équipées, dont les Etats-Unis, de prendre part à une
force planifiée de maintien de la paix de l'ONU, qui pourrait prendre
le relais de la mission de l'Union africaine (UA) dans la région du
Darfour, dans l'ouest du Soudan, en proie à des conflits . |
Tchad et Soudan s'engagent à surmonter leur différend
| L’Express avec Reuter , 8 février 2006
Le Tchad et le Soudan, dont chacun accuse l'autre de soutenir des mouvements de guérilla dans le territoire voisin, sont convenus de mettre fin à la crise qui les oppose, a déclaré un responsable libyen. Le président tchadien Idriss Déby et son homologue soudanais
Omar Hassan al Bachir sont parvenus à un accord en ce sens lors d'un
mini-sommet organisé à Tripoli en présence du dirigeant
libyen Mouammar Kadhafi. |
Soudan-Tchad : La montée de la violence au Darfour menace les pourparlers de paix d'Abuja
| IRIN, Abuja 7 février 2006
L’inquiétante montée de la violence dans la région
soudanaise du Darfour menace gravement le bon déroulement des pourparlers
de paix qui ont lieu actuellement à Abuja, la capitale nigériane,
et qui visent à mettre un terme à trois années de conflit,
selon l’Union africaine (UA). |
Réunion à Tripoli sur la tension entre le Tchad et le Soudan
| Jeune Afrique, 6 février 2006
Le ministre congolais des Affaires étrangères, Rodolphe Adada,
président du Conseil exécutif de l'Union africaine (UA) a exhorté,
lundi, les décideurs tchadiens et soudanais à traduire dans les
faits leurs engagements en faveur de la paix et de la réconciliation,
et à dissiper les nuages en vue de détendre la tension et rétablir
les relations entre leurs deux pays. |
Darfour: Les milices janjaweed attaquent les civils au Tchad
| Des milliers de civils sont menacés par des raids venus de l’autre
côté de la frontière
Human Rights Watch, New York, le 5 février 2006 Presque quotidiennement, les milices basées au Darfour mènent
des raids transfrontaliers contre des villages tchadiens, tuant des civils,
brûlant des villages et volant le bétail, et ce au cours d'attaques
aux relents ethnicistes, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. |
VI° Sommet de l’Union Africaine 23 et 24 janvier 2006
| Education et culture,
crises et conflits, affaire Habré….Plus
que cet ordre du jour, c’est la désignation de son président
qui a monopolisé les assises de l’organisation à Khartoum.
Et donné lieu à de véritables empoignades. Jeune Afrique, 4 février 2006 Après d'intenses tractations, des débats feutrés
mais houleux, et deux nuits sans sommeil, Denis Sassou Nguesso a fini
par empocher la mise. Le chef de l'Etat congolais a donc été désigné par
ses pairs à la présidence de l'Union africaine (UA). C'est
le principal, sinon le seul résultat tangible du sommet de Khartoum
(23 et 24 janvier 2006). Sassou succède donc au Nigérian
Olusegun Obasanjo. C'est une victoire personnelle pour lui, mais aussi,
pour son homologue gabonais; El Hadj Omar Bongo Ondimba, qui a utilisé tout
son entregent pour que ce poste, essentiellement honorifique du temps
de la défunte OUA, et devenu très politique depuis la naissance
de l'UA, en juillet 2002 à Durban, revienne à l'Afrique
centrale. |
Soudan : le Conseil de Sécurité demande au Secrétaire général de préparer une force de l’ONU au Darfour
Nations Unies, New York, 3 février 2006 Le Conseil de sécurité a demandé aujourd'hui au
Secrétaire général, par la voie d'une déclaration
présidentielle, d'établir «sans retard » un
plan d'urgence présentant diverses options dans la perspective
d'une transition de la mission de l'Union africaine au Darfour à une
opération des Nations Unies. |
Washington et Londres prônent des casques bleus pour le Darfour
L’Express, 3 février 2006 Les civils ont trop longtemps été les proies faciles des rebelles et du gouvernement soudanais Les États-Unis espèrent que le Conseil de sécurité des
Nations-unies approuvera en février le déploiement d’une
force de maintien de la paix au Darfour, une région du Soudan
où les violences se poursuivent, a déclaré le secrétaire
d’État adjoint Robert Zoellick à des journalistes à Washington. Livraisons d’armes Le sous-secrétaire général chargé des opérations
de maintien de la paix, Jean-Marie Guehenno, a déjà entamé des
préparatifs, mais il a besoin d’une décision ferme
du Conseil de sécurité avant de recruter des troupes. Evelyn LEOPOLD |
Le Conseil de Sécurité débat de l’envoi d’une force des Nations Unies au Darfour
Nations Unies, New York, 2 février 2006 Ainsi que l'y avait engagé la semaine dernière le Secrétaire
général, le Conseil de sécurité a tenu aujourd'hui
des consultations à huis clos sur les préparatifs de l'envoi
d'une opération de maintien de la paix des Nations Unies au Darfour. |
Les donateurs affectent 484 millions de dollars US au Soudan
Jeune Afrique, 2 février 2006 La communauté des donateurs a jusqu'ici affecté 484 millions
de dollars US au Fonds multidonateurs (MDTF) destiné à la
reconstruction des régions ravagées par la guerre au Soudan
pour la période 2005-2007, a annoncé jeudi la Banque mondiale
qui administre les fonds. |
L'insécurité au Darfour au centre des pourparlers d'Abuja vendredi prochain
All Africa-com, New York 2 février 2006 Alors que la mise en oeuvre de l'Accord global de paix entre le gouvernement
soudanais et le Sud-Soudan ne progresse que lentement, le Représentant
spécial du Secrétaire général a annoncé aujourd'hui
qu'il soulèverait la question de l'insécurité au
Darfour lors des pourparlers de paix qui reprennent vendredi prochain à Abuja. |
M. Robert Zoellick reçoit à Washington Mme Rebecca Garang
United States Department of State, 2 Février 2006 La ministre des routes et des transports du Sud-Soudan évoque
le développement de sa région |
Washington veut donner priorité au Darfour
Radio-Canada, 1er février 2006 Les États-unis sont bien déterminés à trouver
une solution à la guerre civile qui ravage la province occidentale
soudanaise du Darfour, en proie à ce que de nombreux responsables
américains ont décrit comme un véritable génocide. |