Nous référençons un certain nombre
d'articles sur le Soudan |
2006
1er semestre
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2005
Selon l'Union africaine, le Soudan a bombardé des zones rebelles
La Tribune avec Reuters, 31 décembre 2006
Le Soudan a bombardé des positions rebelles dans la province du Darfour, au lendemain de la visite d'une délégation de l'Union africaine aux insurgés à l'issue de laquelle ils avaient réaffirmé leur engagement à respecter le cessez-le-feu, a rapporté dimanche l'organisation dans un communiqué. "Pour la première fois, je les ai rencontrés sur le terrain à Um Rai (dans le nord du Darfour) (...) et j'ai obtenu qu'ils s'engagent à respecter le cessez-le-feu", a déclaré Luke Aprezi, qui commande la Mission de l'Union africaine au Soudan. Cette rencontre a eu lieu voici deux jours et le gouvernement en a été informé, a-t-il précisé. "Malheureusement, (l'armée soudanaise) a bombardé la région et c'est comme si je les avais conduit dans cette zone pour qu'ils soient bombardés", a déploré Aprezi. Un accord de paix a été signé en mai entre le gouvernement de Khartoum et l'un des trois groupes rebelles engagés dans les pourparlers. De nombreuses autres factions s'y sont opposées et ont formé une nouvelle alliance militaire qui a relancé les hostilités contre les forces gouvernementales. Un groupe rebelle a confirmé qu'il y avait eu des bombardements dans le nord du Darfour ces deux derniers jours. Un porte-parole de l'armée a pour sa part indiqué que cette information n'était pas confirmée par Khartoum. Le Darfour, une province semi-aride grande comme la France , est le théâtre d'une guerre civile et d'exactions à grande échelle qui ont fait 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis février 2003.
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Kofi Annan confiant sur un déploiement de forces de l'ONU au Darfour
Jeune Afrique avec l'AFP, 28 décembre 2006
Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est félicité mercredi du soutien apporté par le président soudanais Omar al-Béchir à un plan de paix pour le Darfour et Kofi Annan s'est montré optimiste sur un prochain déploiement de forces de l'ONU dans cette région de l'ouest du Soudan. "La lettre du président soudanais est pour l'instant positive", a dit le secrétaire général sortant de l'ONU, Kofi Annan, qui assistait à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur le Darfour. "Il faudra tester le processus avec le Soudan. Nous en sommes à la phase I du déploiement. Nous aurons besoin de la coopération du gouvernement soudanais", a cependant ajouté M. Annan. Dans un texte adopté à l'issue de leur réunion, les 15 membres du Conseil de sécurité ont affirmé "leur volonté de continuer de coopérer étroitement avec l'Union africaine (UA) et de continuer à accorder leur priorité à la question" du Darfour. De son côté, le représentant américain à l'ONU, Alejandro Wolff, a affirmé à des journalistes que "si la lettre et les engagements" du président soudanais permettent le déploiement d'une force ONU-UA au Darfour "alors, en effet, ce sera une évolution bienvenue". Le président Béchir a affirmé son soutien à un plan de paix en trois phases pour le Darfour, sans dire clairement s'il acceptait ou non une force de 20.000 Casques bleus, dans une lettre à M. Annan rendue publique mardi par l'ONU. Dans cette missive remise samedi aux Nations unies, il affirme la disponibilité de son gouvernement "à débuter immédiatement" l'application du plan de paix pour le Darfour approuvé lors de réunions en novembre en Ethiopie et à Abuja au Nigeria. Ce plan est censé conduire à la création d'une force de paix mixte, formée de troupes de l'Union africaine et de l'ONU. Mais la lettre soudanaise ne répond pas aux questions de M. Annan, sur son format et sa direction. Dans une lettre adressée au dirigeant soudanais le 18 décembre, M. Annan lui indiquait que les plans de l'ONU tablaient sur une force conjointe d'au moins "17.300 membres militaires et 3.300 policiers civils". Un premier groupe de 43 conseillers militaires de l'ONU doit être déployé "cette semaine" au Darfour pour assister la Force africaine (Amis), a déclaré mardi à l'AFP le porte-parole de l'Amis, Noureddine Mezni. Ce déploiement fait partie de la mise en oeuvre du premier des trois volets du soutien logistique de l'ONU à l'Amis, convenu entre l'organisation internationale, l'Union africaine (UA) et le gouvernement soudanais, a-t-il précisé. Les conseillers vont porter l'uniforme militaire de leur pays d'origine avec un béret bleu de l'ONU et un brassard de l'Union africaine, selon lui. La guerre et ses conséquences au Darfour ont fait 200.000 morts en près de quatre ans et deux millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres que contestent les autorités soudanaises.
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Darfour, et si le pire était à venir ?
Jeune Afrique, 26 décembre 2006, par M Christophe Boisbouvier
Après la RD Congo et la Côte d'Ivoire en 2006, le Soudan sera presque à coup sûr, cette année, au coeur des débats africains du Conseil de sécurité de l'ONU. « À quoi bon envoyer des Casques bleus au Darfour si personne ne veut la paix? lance un conseiller de Kofi Annan. C'est comme si l'on appelait les pompiers tout en jetant de l'essence sur le brasier. » Le moins que l'on puisse dire est que l'entourage du secrétaire général sortant ne se berce pas d'illusions: « Les deux camps veulent la guerre. À Khartoum, les durs comme Nafi'e Ali Nafi'e l'emportent sur Ali Osman Taha et les modérés. Chez les rebelles, Khalil Ibrahim est poussé par son parent tchadien Idriss Déby Itno. » Une solution politique est-elle possible? Au mois de mai, la conférence d'Abuja a été un échec. Parce que seul le chef rebelle Minni Minawi a signé l'accord conclu. Du coup, ses collègues ont redoublé d'ardeur belliqueuse... « Après la paix, c'est encore pire qu'avant », constatent amèrement les habitants du Darfour. « Une conférence de ce type ne peut réussir qu'à deux conditions, estime un diplomate. Il faut que les présidents Béchir et Déby Itno se parlent. Et que tous les rebelles signent. » Salim Ahmed Salim, le médiateur de l'Union africaine, sait donc à quoi s'attendre. « Et si le pire était à venir? » soupire un haut fonctionnaire onusien, à New York. Le pire, ce serait la réaction en chaîne... La guerre en Somalie faisant tache d'huile... Depuis six mois, les Tribunaux islamiques et l'armée éthiopienne s'affrontent entre Mogadiscio et Baidoa. Les premiers sont soutenus par l'Érythrée, qui a une revanche à prendre sur l'Éthiopie depuis sa défaite militaire de 2000. Normal, si l'on peut dire... Le fait nouveau, c'est le rapprochement entre les gouvernements érythréen et soudanais. Au mois d'octobre, à Asmara, le second a fait la paix avec les deux mouvements rebelles de l'Est soutenus par le premier. Dès lors, plus rien ne s'oppose à une alliance entre les islamistes de Khartoum et de Mogadiscio contre l'Éthiopie proaméricaine. Conscient de la menace d'encerclement qui se dessine, Mélès Zenawi, le Premier ministre éthiopien, vient de recevoir à Addis-Abeba le général John P. Abizaid, du Central Command de l'armée américaine. Bien entendu, le pire n'est jamais sûr. Mais à New York, dans l'immeuble de verre de l'ONU, le ton est franchement désabusé: « Au Liberia ou en RD Congo, les conflits étant politiques, on finit toujours par trouver une solution. Mais en Afrique de l'Est, les enjeux sont de plus en plus idéologiques. Les islamistes d'un côté, les pro-Occidentaux de l'autre. Et ça change tout! »
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Annan optimiste pour une force hybride au Darfour
Jeune Afrique, 24 décembre 2006
Le secrétaire général sortant de l'ONU, Kofi Annan s'est déclaré optimiste quant à l'acceptation, par le président Omar El Beshir du Soudan, du déploiement d'une force hybride ONU-UA dans la région du Darfour, l'ouest de son pays en proie à des troubles. "Je suis également optimiste quant à un cessez-le-feu total dans la région du Darfour", a indiqué M. Annan, dans un communiqué rendu public vendredi par le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, précisant que ces propos ont été tenus dans un discours d'adieu au Conseil de sécurité, vendredi. Selon M. Dujarric, le secrétaire général sortant de l'ONU a également dit au Conseil de sécurité que les rapports qu'il a reçu d'Ahmedou Ould-Abdallah (l'émissaire spécial de l'ONU au Darfour) l'ont encouragé à penser que l'ONU recevra ce week-end le feu vert du président El Beshir. "Ce feu vert sera pour un cessez-le-feu total, un effort renouvelé pour amener les deux parties dans le processus politique et le déploiement de la force hybride proposée de l'Union africaine afin de protéger la population", a ajouté M. Annan. Mais le patron de l'ONU a cependant averti qu'il était important d'attendre de voir la lettre de M. El Beshir, que M. Ould- Abdallah va apporter avec lui à son retour à New York la semaine prochaine. "Après tant de déceptions, je ne considère rien comme acquis. Ce que je sais est que le Conseil de sécurité va travailler avec compétence avec mon successeur, Ban Ki-moon sur cette crise et toutes les autres", a souligné M. Annan dans le communiqué. M. Ould-Abdallah avait été dépêché en début de semaine à Khartoum pour s'entretenir avec M. El Beshir et d'autres hauts responsables du gouvernement soudanais pour clarifier les détails des deux récents accords sur la manière de mettre fin aux souffrances au Darfour. Lors de la réunion de haut niveau du mois dernier sur le Darfour, qui s'est tenue dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, l'ONU, l'UA et le Soudan avaient convenu que l'ONU apporterait un soutien supplémentaire à l'actuelle Mission de maintien de la paix de l'UA, dans le cadre d'un processus en trois étapes culminant sur une mission hybride ONU-UA. Cette force hybride doit compter 17.000 soldats et 3.000 policiers, contrairement à la mission actuelle de l'UA qui ne dispose que de 7.000 effectifs. M. Ould-Abdallah aurait eu une "réunion fructueuse", avec M. El Beshir à Khartou jeudi.
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Jeune Afrique, 24 décembre 2006, par Abdelaziz Sarroabi
Quinze anciens ministres des Affaires étrangères, parmi lesquels l'Américaine Madeleine Alliright, le Français Hubert Védrine et l'Allemand Joschka Fischer*, ont publié le 18 décembre dans le quotidien britannique Financial Times un texte commun consacré à la crise du Darfour. Ils y estiment que le gouvernement soudanais devra accepter avant la fin de l'année l'envoi dans la région d'une force de sécurité conjointe ONU-Union africaine, faute de quoi il le «paiera chèremen ». Cette force conjointe devra s'appuyer sur les troupes africaines déjà déployées au Darfour, auxquelles les Nations unies apporteront un soutien financier, logistique et autre afin d'imposer le respect de l'accord de paix conclu entre Khartoum et les rebelles. Des discussions sont en cours entre l'ONU et le gouvernement soudanais à propos de la mise en oeuvre de la résolution adoptée le 19 décembre par le Conseil de sécurité. Les quinze diplomates estiment que «le président Omar el-Béchir doit se convaincre que son intérêt est d'autoriser le déploiement d'une force internationale au Darfour, non en vue d'une occupation, mais pour des raisons humanitaires». Cette démarche est conforme au principe de la responsabilité des États dans la protection de leurs populations adopté l'an dernier, à l'unanimité, par l'ONU. Le texte envisage un certain nombre de sanctions qui pourraient être appliquées, de manière graduelle, au régime de Khartoum. D'abord: interdiction de voyager pour les responsables civils et militaires coupables de violations des droits de l'homme et gel de leurs avoirs à l'étranger. Ensuite: blocage du transfert des revenus du pétrole et embargo sur la vente d'équipements pétroliers. Enfin: gel des comptes bancaires à l'étranger de toute personne liée au parti au pouvoir à Khartoum, y compris les chefs de milice. Ces sanctions s'accompagneraient d'une accélération de l'enquête visant ceux qui ordonnent ou commettent «des crimes contre l'humanité » au Darfour. Dans l'ensemble, on peut juger ces dispositions plutôt mesurées. Mais l'une d'entre elles pose problème: le blocage des revenus pétroliers, qui reviendrait à priver les Soudanais, qu'ils soient du Nord, du Sud ou du Darfour, de leur principale source de revenus, aggraverait leur situation matérielle déjà effroyable et ne manquerait pas d'envenimer un peu plus la situation dans la région. Pour s'en convaincre, il suffit de se souvenir des conséquences des sanctions onusiennes contre Saddam Hussein.
*Les autres signataires sont australien, espagnol, luxembourgeois, canadien, turc, polonais, danois, néerlandais, mexicain, thaïlandais, belge et italien.
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Force ONU-UA au Darfour: un oui équivoque de Khartoum
Jeune Afrique avec l'AFP, 24 décembre 2006
Le Soudan a dit oui à une opération de paix de l'ONU et de l'Union africaine (UA) au Darfour mais sans accepter clairement des Casques bleus sur le terrain exigés par la communauté internationale. Cette position équivoque est contenue dans la réponse communiquée samedi à un envoyé de l'ONU, le Mauritanien Ahmadou Ould Abdallah, venu à Khartoum avec une requête du secrétaire général sortant de l'organisation Kofi Annan sur une force conjointe dans la région de l'ouest du Soudan en guerre civile. "On ne peut dévoiler la teneur (exacte) de la réponse avant qu'elle n'atteigne son destinataire qui est M. Annan", a déclaré le chef du département de la paix au ministère des Affaires étrangères, Sadek al-Mulki. Mais il a ajouté que "la réponse du gouvernement est une réponse favorable qui est de nature à préparer le terrain, à travers le soutien de l'ONU à la Force africaine, à une solution au conflit du Darfour". M. Mulki n'a toutefois pas indiqué clairement si la réponse soudanaise comporte une acceptation du déploiement de Casques bleus, au nombre de 20.000, sur le terrain comme l'exigent notamment les Etats-Unis. Certains responsables, cités par la presse, ont répété que le Soudan ne voulait qu'un soutien logistique de l'ONU à la Force africaine (Amis,) composée de 7.000 hommes, jugée inefficace car mal équipée et sous-financée. Ainsi, le ministre d'Etat aux Affaires étrangères Simmani al-Wassila, a affirmé au quotidien Akhbar al-Yom que le troisième volet du soutien logistique à l'Amis ne prévoyait que 150 à 200 Casques bleus, dont la mission se limiterait à conseiller les soldats africains. M. Annan tente d'obtenir un progrès sur ce dossier, avant de quitter ses fonctions début 2007, pour favoriser une solution au Darfour où la guerre et ses conséquences ont fait 200.000 victimes et 2 millions de déplacés en près de quatre ans, des chiffres contestés par Khartoum. Il avait dit récemment attendre un accord du Soudan sur la force conjointe samedi, tout en restant prudent. Il avait alors déclaré qu"'après tant de déceptions, je ne considère pas encore cela comme une chose faite". M. Annan a aussi espéré un cessez-le-feu total au Darfour, ce à quoi les autorités soudanaises ont répondu samedi en affirmant qu'elles n'étaient pas responsables des violences mais que ce sont les rebelles, non signataires de l'accord de paix d'Abuja en mai dernier, qui multiplient les attaques. Et à propos de rebelles, M. Mulki a espéré un effort conjoint de l'ONU et de l'UA pour les convaincre de s'asseoir à la table des négociations. Il a déclaré à ce propos que les émissaires de l'UA et de l'ONU sur la Darfour , respectivement Salem Ahmed Salem et Jan Eliasson, ancien ministre suédois des Affaires étrangères, étaient appelés à parvenir à "une même analyse sur les moyens de résoudre le conflit du Darfour et entament, dans les plus brefs délais, une médiation entre le gouvernement soudanais et les parties non-signataires de l'accord de paix". Les milieux politiques soudanais évoquent depuis des mois de nombreuses médiations, dont celles menées par l'Erythrée, pour convaincre les rebelles de jeter les armes et de négocier, mais rien ne s'est matérialisé jusqu'ici. Entre-temps, la violence n'a jamais cessé sur le terrain où samedi encore un policier a été tué et trois blessés dans une attaque armée attribuée à des "éléments non-identifiés" à Al-Facher, capitale du Darfour nord. En quatre ans, ce conflit a fait, selon l'ONU, plus de 200 000 morts et deux millions de déplacé, des chiffres contestés par Khartoum.
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L'Afrique de Est déstabilisée par les conflits soudanais et somalien
L'entrée en guerre de l'Éthiopie, directement impliquée dans les combats qui se déroulent - en Somalie, marque un palier dans l'écheveau des tensions qui déchirent l'Afrique de l'Est.
Le Figaro, 23 décembre 2006 par Patrick de Saint-Exupéry
Du Darfour, province soudanaise en bordure de l'Afrique centrale, à la mer Rouge, un pan du continent noir menace de se trouver emporté par des vagues d'affrontements qui, isolées au départ, pourraient finir par s'additionner. Lue jusqu'ici en Occident essentiellement à travers des grilles locales - qu'elles soient ethniques ou claniques - cette montée des tensions en Afrique de l'Est répond en fait à de réelles logiques politiques. Sur ces terres rudes, vastes et désertiques se joue une importante partie. De Khartoum à Mogadiscio, l'islam conquérant - dont la phase expansionniste fut interrompue, à la fin du XIXe siècle, par les Anglais qui mirent fin aux rêves nourris par le Mahdi - impose son agenda. Entamé dans les années 1990 lorsque Khartoum décida de donner asile à Oussama Ben Laden, alors proscrit d'Afghanistan, ce retour aux sources originelles s'amplifia à la faveur du désastre somalien. L'échec cinglant enregistré à Mogadiscio par des Marines américains venus sauver un peuple certes menacé de famine, mais toujours apte à prendre les armes contre «l'étranger» confirma ce mouvement.
La rupture du 11 septembre
Depuis ces deux moments, lentement mais sûrement, les tensions politiques n'ont cessé de s'accumuler. Jusqu'à atteindre un point de non-retour avec la rupture du 11 septembre. Khartoum, qui était en passe d'entériner un accord historique avec son sud chrétien, s'est alors trouvé à nouveau et d'un coup objet de toutes les suspicions, l'accueil réservé en d'autres temps à Oussama Ben Laden se trouvant brutalement transformé à la faveur de la «guerre antiterrorisme » en pièce à charge. Dans le même mouvement; les rebelles somaliens - opposés à un gouvernement soutenu par l'Occident mais tout en façade et sans le moindre ancrage local - réalisaient, eux, leur unité au nom de la lutte contre «l'étranger», c'est-à-dire au nom de l'islam, d'un islam devenu facteur de ralliement de par la guerre au terrorisme lancée par les États-Unis. Conscient de cette évolution, Washington tenta de lutter sur ces deux fronts: Contre Khartoum, lancé dans une vaste opération de reprise en main par la terreur de la province du Darfour en proie à des mouvements irrédentistes, les États-Unis montèrent les enchères. De façon outrancière. Le département d'État et plusieurs hauts responsables politiques américains parlèrent de « génocide » au Darfour tandis que de nombreux experts s'employaient, eux, à mettre en exergue les liens - alors dépassés - du Soudan avec la galaxie al-Qaida. Contre les islamistes somaliens, les États-Unis se mirent à bricoler d'improbables alliances formées d'obscurs chefs de guerre ralliés à coups de dollars et de livraisons contrôlées d'armes. Trop caricaturales, bricolées dans les couloirs du Pentagone et de la NSA (National Security Agency) en l'absence de toute appréhension de la réalité du terrain, ces deux tentatives de con tainment ont échoué. C'est pourquoi l'Éthiopie, alliée régionale de Washington, s'est trouvée contrainte ces derniers jours de s'impliquer directement sur le terrain somalien. De tradition chrétienne, opposée dans les années soixante à la Somalie sur la question de l'Ogaden, Addis cède à de vieux tropismes parce que Washington l'y encourage discrètement en coulisses. Il n'est pas gagné que ce pari-là mène à des résultats plus satisfaisants que les précédents.
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Il est encore temps d'agir pour sauver les populations du Darfour
Le Figaro, 22 décembre 2006, par Michaël Chetrit et Mahor Chiche *
« Seule une coalition énergique des démocraties occidentales permettra de libérer les populations du Darfour »
Après huit années à la tête des Nation unies et à la veille de son départ, Kofi nan a eu ces mots durs en évoquant le Darfour : a « Soixante ans après la libération des camps de la mort nazis, trente ans après le Cambodge, la promesse du « jamais plus" sonne creux» avant de préciser, en visant le régime de Khartoum: «Ils pourront avoir à répondre collectivement et individuellement pour ce qui est en train de se passer au Darfour». La régularité calculée des sévices commis par les milices janjawids, issues des tribus musulmanes « arabes », alliées du régime islamiste de Khartoum, à l'encontre des tribus musulmanes « africaines » contestataires de l'ouest du Soudan, a déjà provoqué une épuration ethnique qui a causé plus de 300 000 morts et 3 millions de déplacés. L'ONU a déjà voté six résolutions et qualifié les actes du régime soudanais de « crimes de guerre et de crimes contre l'humanité». Cependant, les efforts des Nations unies pour obtenir l'accord de Khartoum pour le déploiement de 17 000 Casques bleus en remplacement des 7 000 soldats de l'Union africaine demeurent vains. La situation est bloquée, et l'ONU ne pourra intervenir, car la Russie et surtout la Chine , partenaires économiques privilégiés du Soudan, sont opposées à toute intervention militaire de l'ONU. Pour sortir la région de la crise, il faut comprendre la véritable nature du régime soudanais.
Depuis dix-sept ans, la junte de Khartoum, issue d'un coup d'État en 1989 alors qu'elle ne recueillait que 10 % des voix aux élections sous la bannière des Frères musulmans, a attisé toutes les divisions, religieuses puis ethniques, pour écarter tour à tour les revendications des populations des régions périphériques délaissées du Soudan, qui réclamaient leur part des richesses du pays, et en particulier des dividendes de la manne pétrolière. Dès son accession au pouvoir, la dictature en poste à Khartoum a d'abord brandi le djihad pour intensifier la guerre contre le Sud-Soudan, animiste et chrétien, qui s'était révolté en 1983 suite à l'introduction de la charia et la suppression d'un statut d'autonomie obtenu par les armes en 1972; en jeu, les importants gisements de pétrole qui venaient d'être découverts dans le Sud. Cette première guerre causera près de 2 millions de morts en vingt ans. Un accord de Paix -factice- sera finalement signé en janvier 2005 avec le Sud-Soudan, censé organiser un partage des richesses et du pouvoir, et en 2010 un référendum sur l'autodétermination. Mais en 2003, les populations du Darfour qui avaient elles-mêmes été largement réquisitionnées dans la guerre contre le Sud, pressentant l'accord avantageux que Khartoum s'apprêtait à conclure sous la pression de la communauté internationale avec le Sud-Soudan, s'insurgèrent. Khartoum arma alors les nomades arabisés contre les cultivateurs noirs, en exploitant non seulement les dissensions pour le contrôle des terres - apparues entre nomades et cultivateurs suite aux terribles sécheresses des années 70 et 80 -, mais également le racisme antinoir. Le dénigrement dont sont victimes les ethnies africaines de la part des tribus arabisées est à replacer dans le contexte historique de la traite des Noirs transsaharienne menée par les Arabes depuis le Xe siècle. Cette traite a réduit au moins huit millions d'Africains en esclavage. Surtout, ces clivages ethniques ont été dangereusement exacerbés par le régime libyen à partir du mi lieu des années 70, avec l'objectif de prendre le contrôle du Tchad et du Soudan. La Libye avait en effet choisi le Darfour comme base arrière de sa Légion islamique, milice issue des tribus nomades soudanaises et tchadiennes, en poursuivant un projet de « Grand Sahel Panarabe ». À partir de 1985, en échange du financement de la guerre contre le Sud-Soudan, Khartoum laissa même la Libye s'installer au Darfour pour lui permettre d'attaquer le Tchad.
Pour arrêter l'épuration ethnique au Darfour, il n'y a plus d'autre voie que d'écarter le régime islamiste soudanais du pouvoir. Pour cela, il n'est ni envisageable de recourir à l'ONU, immobilisée par un double veto, ni pensable de continuer de se reposer sur la seule Union africaine, cantonnée au mieux à un rôle d'observateur. L'Union africaine, qui n'a jamais osé froisser Khartoum, ni condamner les massacres, est sous l'étroite dépendance des pays africains de la Ligue arabe. Pourtant, la convention internationale sur la prévention des crimes de génocide de 1948 engage nos démocraties à empêcher tout État d'in fliger «délibérément à un groupe des conditions de vie calculées pour amener sa destruction en totalité ou en partie». Aujourd'hui, le régime de Khartoum est honni de la très grande majorité de sa population, qu'il s'agisse des Africains ou des Arabes eux-mêmes. L'étroite classe dirigeante rebute à tel point qu'en juillet 2005, l 'arrivée du leader sudiste John Garang au poste de vice-premier ministre en application des accords de paix avec le Sud, avait été acclamée dans les rues de Khartoum. John Garang, mort dans un accident d'hélicoptère dans le mois qui a suivi son installation, luttait pour un nouveau Soudan, laïc, démocratique, et égalitaire. Il est temps de mettre fin à la dictature meurtrière de Khartoum. Il n'est possible de compter ni sur l'ONU, ni sur l'Union africaine. Seule une coalition énergique de nos démocraties permettra de libérer les populations du Soudan.
*Respectivement secrétaire national et président de l'association Sauver le Darfour (SLD)
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Le Soudan affirme avoir porté un coup aux rebelles du Darfour
Jeune Afrique, 21 décembre 2006
Le Soudan a affirmé jeudi avoir infligé aux rebelles leurs plus lourdes pertes en une seule opération depuis le début, en février 2003, du conflit du Darfour, en pleine mission d'un envoyé de l'ONU sur le maintien de la paix dans cette région troublée du pays. Dans un communiqué, l'armée soudanaise a indiqué avoir tué 200 rebelles en repoussant mercredi soir une attaque massive contre la ville de Kutum, dans le nord du Darfour, en déplorant quatre pertes et 20 blessés dans ses rangs. Ce chiffre est le plus important jamais annoncé par l'armée pour une seule opération contre les rebelles du Darfour depuis le début de la guerre civile dans cette région, il y a près de quatre ans. C'est la deuxième fois en cinq jours que l'armée soudanaise, qui n'annonce que rarement ses offensives, dit avoir fait face à des rebelles. Elle a affirmé qu'ils appartenaient au Front de salut national, coalition née ces derniers mois de groupes non signataires de l'accord de paix au Darfour. Le 17 décembre, elle a dit avoir repoussé une attaque de moindre envergure, dans la même zone du nord du Darfour, et affirmé avoir tué sept rebelles. Mais le responsable de la communication de la faction non signataire de l'accord de paix sur le Darfour du Mouvement de libération du Soudan (SLM), Ibrahim Ahmed Ibrahim, a démenti jeudi soir le chiffre de 200 rebelles tués, affirmant que seuls six étaient morts. "Le nombre des morts s'élève seulement à six", a-t-il déclaré à l'AFP depuis Londres, ajoutant que l'armée soudanaise avait "bombardé quatre villages". Dans son communiqué, publié jeudi par l'agence officielle Suna, l'armée adopte un ton triomphaliste. Elle souligne que les forces armées "se dresseront contre toute atteinte à la sécurité des citoyens". Les forces armées soudanaises ont repoussé l'attaque à 12 km au sud de la ville de Kutum, au niveau de la localité de Chak al-Nakhra, "tuant 200 éléments dont deux commandants, détruisant six canons et 18 véhicules et saisissant huit autres véhicules", selon l'armée. "Quatre soldats sont morts en martyrs et 20 ont été blessés", a-t-elle ajouté, affirmant que les rebelles s'étaient repliés devant les pertes subies. L'annonce de cette attaque est intervenue alors qu'un envoyé spécial du secrétaire général sortant de l'ONU Kofi Annan examinait avec les responsables soudanais la mise en oeuvre des soutiens de son organisation à la Force africaine (Amis) déjà en place au Darfour. L'émissaire, Ahmadou Ould Abdallah, a rencontré jeudi le président Omar el-Béchir, qui a promis de répondre par écrit à un message du M. Annan sur une opération "hybride" ONU-Amis au Darfour. Si le Soudan dit accepter les deux premières phases de ce plan agréé par l'Union africaine, il reste ambigu sur son troisième volet qui équivaudrait au déploiement d'une force conjointe dans cette région, où 200.000 personnes sont mortes du conflit et de ses conséquences humanitaires et 2 millions ont été déplacées selon l'ONU, des chiffres que conteste Khartoum. Les deux premières phases, d'un coût total de 77 millions de dollars, portent sur des soutiens logistiques et techniques à l'Amis, jugée inefficace avec ses 7.000 hommes mal équipés et sous-financés. Après la rencontre de l'envoyé de l'ONU avec le président Béchir, le chef du département de la paix au ministère des Affaires étrangères, Sadek al-Mukli, a déclaré que son pays acceptait le principe de la troisième phase, mais qu'il restait à fixer les effectifs qui seraient engagés en plus au Darfour. Le Soudan insiste pour que l'on ne sorte pas du cadre de l'accord de paix de 2005, signé par seulement une partie des rebelles, qui confie le maintien de la paix au Darfour à des forces africaines. Il veut également que le commandant de cette force soit africain.
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Les Etats-Unis posent un ultimatum au Soudan
Radio Lausanne, 21 décembre 2006
Le Soudan doit autoriser la visite d'une délégation de l'ONU au Darfour et accepter d'ici la fin de l'année le déploiement d'une force internationale dans la région, a déclaré mercredi l'émissaire spécial du président George Bush pour le Soudan. Dans le cas contraire, les Etats-Unis menacent de sanctions. Andrew Natsios a déclaré à la presse avoir fait passer ce message-là au président soudanais, Omar Hassan al Bachir, lors d'une visite ce mois-ci à Khartoum. Les autorités américaines se montrent de plus en plus irrités face au refus du Soudan d'autoriser un déploiement de casques bleus au Darfour, où plus de 200.000 personnes ont péri en près de quatre ans de guerre civile, depuis février 2003. Washington parle même de génocide dans cette région. "Nous avons dit aux Soudanais que nous devions faire avancer notre propre processus stratégique au sein du gouvernement américain et nous le ferons au début de l'année prochaine si nous ne constatons aucune forme de progrès entre aujourd'hui et la fin de l'année", a expliqué Natsios aux journalistes. Il a notamment demandé au Soudan d'autoriser une soixantaine de membres militaires et civils du personnel de l'ONU, actuellement au Khartoum, à se rendre au Darfour, et veut aussi que le gouvernement soudanais prenne l'engagement écrit de permettre le déploiement de plus de 10.000 casques bleus dans le cadre d'une force hybride à laquelle participeraient les hommes de l'Union africaine déjà sur le terrain. Si Natsios a refusé de dire ce que Washington pourrait décider au cas où le Soudan refuserait d'obtempérer d'ici la fin de l'année, les Etats-Unis et d'autres pays envisagent plusieurs possibilités, allant de l'interdiction de voyager pour les hauts responsables soudanais au gel d'avoirs et à la création d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus du Darfour.
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Les regrets de Kofi Annan sur le Darfour et l'Irak
Le Figaro, New York Jean-Louis Turlin, 20 décembre 2006
Le secrétaire général donnait hier sa dernière conférence de presse avant son départ de l'ONU
C'était l'heure du bilan, hier pour Kofi Annan. À une question sur les principaux accomplissements, à ses yeux, de ses deux mandats, le secrétaire général sortant a cité en premier, lors de sa dernière conférence de presse à l'ONU, son action en faveur des droits de l'homme et de la responsabilité morale d'intervenir pour protéger les populations civiles. Il a mentionné, ensuite, la lutte contre les inégalités, « entre les États et à l'intérieur des États » , contre les maladies infectieuses et pour la défense de l'environnement.
Saluant le geste de l'Espagne, qui a promis lundi 700 millions de dollars pour l'aide au développement, soit « le don le plus grand jamais fait à ce jour par un pays, en vue des objectifs du millénaire à l'horizon 2015 » , Kofi Annan, qui quitte ses fonctions le 31 décembre, s'est attardé sur la tragique situation humanitaire dans la région du Darfour au Soudan, où il ne voit « aucun progrès » .
«Pétrole contre nourriture»
Kofi Annan a dit s'être entretenu pendant le week-end avec le président soudanais Omar el-Béchir, et il a annoncé l'envoi à Khartoum d'un émissaire « pour une dernière tentative d'obtenir une clarification de la part du gouvernement soudanais sur le déploiement d'une force de sécurité conjointe ONU-Union africaine » , dont il espère qu'il interviendra en début d'année. Le secrétaire général et son successeur, le Coréen Ban Ki-moon, ont aussi demandé ensemble à Jan Eliasson de « reprendre ses activités » , également au début de l'année, comme envoyé spécial sur la crise du Darfour et de cultiver « les canaux diplomatiques dans les capitales » . Interrogé sur la façon dont l'ONU a géré la crise sans, apparemment, tirer les leçons du génocide au Rwanda, il a reconnu avec franchise et regret qu'au Darfour « on aurait dû réagir plus vite » en envoyant des troupes avant que « la situation ne devienne beaucoup plus compliquée : on savait que celles de l'Union africaine ne seraient pas en mesure » d'arrêter les exactions.
Kofi Annan partira avec d'autres regrets. Le plus grand restera, affirme-t-il sans hésitation, son « incapacité d'empêcher la guerre en Irak » , suivie de la perte de son équipe dans l'attentat d'août 2003 contre les locaux de l'ONU à Bagdad. Il ne pouvait pas ne pas mentionner le scandale « Pétrole contre nourriture », en admettant le rôle de la mauvaise gestion onusienne mais en rejetant la majorité des responsabilités « dans les capitales » et du côté « des entreprises qui faisaient affaire avec Saddam Hussein » . « Tout le monde a des leçons à tirer de l'Irak, a-t-il conclu, mais tout le monde doit maintenant oeuvrer à stabiliser le pays, dans l'intérêt de la région et du monde. »
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Le Conseil de sécurité demande aux parties de faciliter la livraison immédiate de modules d'appui des Nations unies à la mission de l'Union africaine
Conformément aux accords d'Addis-Abeba et d'Abuja, il leur demande aussi de faciliter le déploiement d'une opération mixte au Darfour
À l'issue de consultations officieuses sur la situation au Darfour, le Président du Conseil de sécurité pour le mois de décembre, Nassir Abdulaziz Al-Nasser du Qatar, a fait cet après-midi, au nom des autres membres du Conseil, la déclaration suivante: Le Conseil de sécurité souscrit aux conclusions de la consultation de haut niveau d'Addis-Abeba sur la situation au Darfour, tenue le 16 novembre 2006, et au communiqué publié à l'issue de la soixante-sixième réunion du Conseil de sécurité et de paix de l'Union africaine, tenue le 30 novembre 2006. Le Conseil de sécurité accueille avec satisfaction le fait que le Gouvernement d'unité nationale se soit déclaré attaché aux conclusions et au communiqué. Le Conseil de sécurité appelle toutes les parties à appliquer sans délai les conclusions et le communiqué et, à cette fin, il leur demande de faciliter la livraison immédiate de modules d'appui légers et lourds des Nations Unies à la Mission de l'Union africaine au Soudan, conformément aux accords d'Addis-Abeba et d'Abuja, et une opération mixte au Darfour bénéficiant de l'appui technique et des structures et des systèmes de commandement et de contrôle fournis par les Nations Unies. Le Conseil de sécurité prie le Secrétaire général de le tenir régulièrement informé. Le Conseil de sécurité réaffirme qu'il est profondément préoccupé par la dégradation des conditions de sécurité au Darfour et ses répercussions dans la région. Il souligne qu'un règlement pacifique du conflit du Darfour suppose une démarche cohérente, avec des efforts concertés de toutes les parties, conformément à l'Accord de paix sur le Darfour, et aidera à rétablir la sécurité et la stabilité dans la région.
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Cri d'alarme de Roméo Dallaire, ancien commandant de la force de maintien de la paix de l'ONU lors du génocide rwandais en 1994
Roméo Dallaire souhaite que le Canada et la communauté internationale s'impliquent de façon beaucoup plus sérieuse au Darfour. À cette fin, le général à la retraite et sénateur vient de créer un groupe multipartite dont font partie des élus du Sénat et de la Chambre des communes. Ceux-ci tenteront d'influencer le gouvernement et la population canadienne, notamment en posant des questions en Chambre et en donnant des entrevues. « L'objectif est de prévenir les génocides, pas de ramasser les morceaux après. Nous devons mettre de la pression afin que notre pays prenne des actions à la mesure d'une puissance militaire moyenne, comme la nôtre. »
Un génocide toléré
Depuis 2003, le gouvernement soudanais, appuyé par de miliciens djandjawids, est engagé dans un conflit avec les rebelles du Darfour, une province de l'ouest du pays. Khartoum y mène une campagne de « purification ethnique » contre les populations appartenant aux mêmes groupes ethniques que les rebelles. Le conflit a jusqu'ici tué plus de 200 000 personnes et déplacé plus de 2 millions de civils. Khartoum refuse le déploiement de soldats de l'ONU, prétextant le respect de sa souveraineté. L'ONU n'a imposé, à ce jour, aucune sanction contre le Soudan. « En refusant l'aide d'une force de l'ONU pour protéger les Darfouriens, le gouvernement soudanais a pris la décision d'être un gouvernement génocidaire », dit M. Dallaire. En 2005, l 'Assemblée générale de l'ONU a accepté la doctrine de sécurité protégée, qui oblige la communauté internationale à intervenir dans un pays où un gouvernement abuse des droits de la personne, souligne M. Dallaire. « Alors que nous avons une occasion idéale de mettre cette doctrine en pratique, les divers gouvernements affirment qu'ils n'ont pas assez de troupes pour y aller », déplore le général à la retraite. M. Dallaire explique l'inaction des gouvernements occidentaux par l'absence d'intérêts stratégiques. « Au Darfour, tout comme au Rwanda, il n'y a que des êtres humains. Ces pays n'ont aucune valeur aux yeux des grandes puissances, dont le Canada, qui sont beaucoup plus intéressé par ce qui leur revient que par ce qu'ils peuvent donner à l'humanité. »
Traumatisé du Rwanda
Roméo Dallaire a commandé la force de maintien de la paix de l'ONU lors du génocide rwandais en 1994. Il a commencé à témoigner lundi devant le tribunal de l'ONU qui en juge les responsables. M. Dallaire témoigne par liaison vidéo à partir de Toronto, en raison du stress post-traumatique qu'il a subi lors du génocide et de son incapacité de se rendre en Tanzanie, où se déroule le procès. M. Dallaire a expliqué que le rôle de la force onusienne était de présider à « la formation d'un gouvernement d'unité nationale », ce qui avait été rendu impossible par l'assassinat du président rwandais Juvenal Habyarimana, dont l'avion a été abattu alors qu'il revenait dans la capitale, Kigali, le 6 avril 1994. Le président Habyarimana revenait à Kigali après avoir tenu des négociations de paix avec les rebelles tutsis. Le génocide a débuté la nuit même où l'avion s'est écrasé. 500 000 Rwandais - la plupart Tutsis et Hutus modérés - ont été massacrés en moins de 100 jours par des extrémistes hutus.
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Conséquences du conflit armé au Darfour sur le plan humanitaire
Dernier rapport des activités du CICR sur le terrain, 19 décembre 2006
Une des plus graves conséquences de la recrudescence des combats dans les trois États du Darfour depuis la fin de la saison des pluies a été l'augmentation du nombre de personnes déplacées de villages qui ont été attaqués ou qui se trouvent à proximité du lieu des combats. Une évaluation réalisée en novembre par une équipe du CICR basée au Darfour-Nord a révélé que des milliers de personnes qui avaient fui les régions situées au nord de la ville de Kutum (Darfour-Nord)au cours des deux mois précédents étaient maintenant largement dispersées. Beaucoup avaient trouvé refuge dans des régions plus reculées et d'autres étaient hébergées dans des villages éloignés. Des centaines de personnes avaient fait route vers les camps situés autour de Kutum. Au cours de ses visites sur le terrain au nord et à l'est de Kutum, l'équipe du CICR a rencontré des gens qui lui ont déclaré que leurs principales préoccupations étaient la sécurité, l'eau et les soins médicaux. Les délégués ont réparé dans l'urgence des points d'eau dans plusieurs villages, procédé à des évaluations sanitaires, entamé des recherches pour retrouver des proches dont on est sans nouvelles, et facilité le transfert de membres libérés des forces armées soudanaises. L'équipe chirurgicale de campagne du CICR a été déployée quatre fois en novembre, près des lignes de front, dans des régions reculées du Darfour-Nord, où il n'existe aucune autre structure médicale. Au cours d'une mission à la mi-novembre, l'équipe a opéré 27 blessés en l'espace de 20 heures, et ce, sans interruption, la première opération ayant débuté à 7 h 30 du matin et la dernière se terminant aux premières heures du jour suivant. Au total, elle a traité une quarantaine de combattants blessés des deux camps, ainsi que des civils. Les opérations ont eu lieu dans une école abandonnée, clairement signalée par l'emblème protecteur de la croix rouge. La présence de munitions non explosées dans les villages attaqués et les alentours fait peser une lourde menace tant sur les humains que sur les animaux. Toute personne qui touche une munition non explosée risque d'être tuée, au mieux mutilée, si l'engin explose. Les agences compétentes des Nations Unies ont été alertées et sont occupées à nettoyer les zones contaminées. Le CICR demande que des séances de prévention soient organisées de toute urgence dans les localités concernées, afin que les gens sachent comment éviter de tels risques.
Détérioration des conditions de sécurité
L'attaque perpétrée le 8 décembre, peu après minuit, contre une résidence du CICR à Kutum est le dernier d'une série d'incidents de sécurité qui ont perturbé les opérations du CICR au Darfour. On se souviendra que c'est aussi au Darfour-Nord, en août dernier, qu'un chauffeur du CICR a perdu la vie après avoir été enlevé. Ces dernières semaines, le climat de sécurité s'est progressivement détérioré pour les travailleurs humanitaires, en raison des vols de véhicules, du pillage des convois, du harcèlement généralisé et des attaques dirigées contre le personnel. Début décembre, un véhicule du Croissant-Rouge soudanais a été volé au Darfour-Ouest, et les deux membres du personnel qu'il transportait ont été enlevés. Heureusement, ils ont été libérés à quelque distance du lieu de l'enlèvement. On est toujours sans nouvelles du véhicule. Les motifs de l'attaque perpétrée contre la maison du CICR à Kutum ne sont pas connus. Une enquête est en cours. Les expatriés qui y sont normalement basés se trouvent provisoirement à El Fasher, d'où ils gèrent le bureau, avec le soutien du personnel recruté localement.
Combats à Malakal
Lorsque des combats ont éclaté, le 27 novembre, entre les soldats des forces armées soudanaises et les membres de l'Armée populaire de libération du Soudan ( Sudan People's Liberation Army, SPLA) à Malakal, ville du sud du Soudan, une équipe du CICR qui était sur place a offert ses services en tant qu'intermédiaire neutre aux deux camps. À la fin des combats, deux jours plus tard, les délégués se sont rendus sur les lignes de front pour enlever les dépouilles de 27 soldats de la SPLA qui se trouvaient dans des zones contrôlées par les forces armées soudanaises, la SPLA ne pouvant les enlever elle-même. Le CICR a aussi fourni du matériel de pansement à la SPLA , pour qu'elle puisse soigner ses blessés, et une assistance similaire à l'hôpital de Malakal, qui compte 400 lits. Les forces armées soudanaises n'ont pas accepté l'offre du CICR, l'informant qu'elles étaient en mesure de procéder à l'enlèvement de leurs morts et de soigner leurs blessés. En plus de l'aide apportée à l'enlèvement des corps, les volontaires du Croissant-Rouge soudanais ont distribué à la population des comprimés de chlore pour éviter une épidémie causée par l'eau. Les civils qui s'étaient réfugiés dans les villages voisins lorsque les combats avaient éclaté sont revenus dans la ville – qui heureusement n'a subi que peu de dégâts –, une fois le calme rétabli le 1er décembre. Ces affrontements à Malakal ont été les plus violents depuis que l'Accord de paix global entre la SPLA et le gouvernement du Soudan a été signé en janvier 2005. La situation reste tendue.
Lancement de l'appel 2007 du CICR en faveur du Soudan
Plusieurs programmes étant arrivés à terme en 2006, cela a permis au CICR de réduire de 40% son budget de l'année prochaine pour le Soudan. Cette opération reste toutefois la plus vaste des opérations menées par le CICR dans le monde entier, et ce, pour la quatrième année consécutive. Les programmes qui ont conduit à réduire le budget concernent notamment la remise de l'hôpital de campagne du CICR à Lokichokio (nord du Kenya) au gouvernement kenyan. L'hôpital a traité les blessés évacués pendant la longue guerre civile qui a ravagé le sud du pays. Les activités médicales et d'appareillage orthopédique qui ont eu lieu à Lokichokio ont été transférées à Juba. Les distributions de nourriture dans les camps de Gereida (Darfour-Sud) ont été confiées au Programme alimentaire mondial et à Action contre la faim à la fin du mois de juillet. Le CICR confiera aussi prochainement à d'autres agences ses programmes de distribution de produits alimentaires thérapeutiques et de complément, ainsi que son centre de soins de santé primaires à Gereida. De même, l'institution ne distribuera plus de vivres à grande échelle en 2007. Cette décision est fondée sur des évaluations approfondies réalisées sur le terrain et sur le suivi de la situation après les récoltes dans les zones accessibles du Darfour, dont certaines parties de Jebel Marra. Il en résulte, de l'avis du CICR, que le fait de donner aux gens des semences et des outils, d'une part, et d'autres articles qui leur permettent de se faire un revenu, d'autre part, est le meilleur moyen de compléter l'aide alimentaire fournie par d'autres agences. Le CICR contribuera aussi à diminuer la dépendance à l'assistance, surtout dans les régions où les récoltes ont bien donné. Même s'il réduit son aide alimentaire en 2007, le CICR ne sous-estime nullement les difficultés considérables auxquelles des centaines de milliers de Darfouri sont confrontés, surtout dans les régions où les mécanismes d'adaptation sont mis à rude épreuve en raison du climat de sécurité précaire qui y règne. C'est la raison pour laquelle le CICR continuera de se tenir prêt à intervenir en cas d'urgence l'année prochaine afin de pouvoir répondre aux besoins prioritaires des personnes touchées ou déplacées par le conflit armé, ou contraintes de s'enfuir de chez elles où que ce soit au Soudan. Comme en 2006, le CICR concentrera ses opérations de l'année à venir sur les communautés rurales, et plus particulièrement sur les personnes vivant dans des villages reculés des trois États du Darfour.
Activités menées en novembre
En procédant avec souplesse et en allant sur le terrain chaque fois et partout où la situation de sécurité le leur permettait, les membres du personnel du CICR ont pu mener à terme un nombre important d'activités dans les trois États du Darfour en novembre et début décembre. Mis à part les affrontements mentionnés à Malakal, le travail a aussi continué normalement dans les parties méridionale, orientale et centrale du Soudan.
En novembre, le CICR a mené les activités suivantes : -- installation ou réparation de 44 pompes manuelles dans 19 zones d'installation au Darfour-Sud et Darfour-Ouest ; -- réhabilitation de deux stations de distribution d'eau dans les villages d'Al Murmallah et de Joghana (Darfour-Sud) et remise de la station de l'hôpital de Kabkabiye (Darfour-Nord) ; -- nettoyage et réparation de deux puits peu profonds à Twail (Darfour-Sud) ; -- poursuite des travaux sur le réseau d'alimentation en eau de Zalingei afin d'améliorer l'approvisionnement de 17 000 personnes déplacées vivant dans deux camps et de 15 000 habitants de la ville ; -- poursuite des travaux dans l'ensemble du Soudan pour que les membres de familles dispersées par le conflit restent en contact, et ce, par l'échange de messages Croix-Rouge (courts messages personnels adressés à des proches que le conflit armé ne permet pas de joindre autrement). Plus de 1800 messages ont été recueillis et environ 1200 ont été distribués en novembre (plusieurs parmi les détenus visités au Darfour-Nord après les combats au nord et à l'est de Kutum ont envoyé des messages Croix-Rouge à leur famille) ; -- soutien continu des personnels de santé du CICR au programme élargi de vaccination du ministère de la Santé au Darfour-Nord et au Darfour-Sud ; -- soutien continu à l'hôpital universitaire de Juba, qui a admis 2450 patients pendant la période considérée, procédé à 500 opérations et soigné 2676 patients externes ; -- poursuite des travaux avec le centre d'appareillage de Juba ; -- soutien à une campagne de deux semaines prônant la vaccination du bétail dans les villages situés autour de Dar-es-Salaam (Darfour-Nord), campagne pendant laquelle 72 060 animaux ont été immunisés contre certaines grandes maladies telles que la septicémie hémorragique et le charbon bactéridien (dix spécialistes vétérinaires formés par le CICR ont inoculé le vaccin, avec deux techniciens vétérinaires travaillant en collaboration avec les autorités locales à El Fasher).
Informations complémentaires : Jessica Barry, CICR Khartoum, tél. : +249 9121 70576 Claudia McGoldrick, CICR Genève, tél. : +41 79 217 32 16
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Kofi Annan envoie un haut responsable de l'ONU à Khartoum
Nations Unies, New York, 19 décembre 2006
Après la conversation qu'il a eue ce week-end avec le président du Soudan, le Secrétaire général a décidé aujourd'hui d'envoyer à Khartoum Ahmedou Ould-Abdallah, haut responsable de l'ONU, pour clarifier les détails de l'accord conclu à Addis-Abeba le mois dernier sur le déploiement d'une force au Darfour. Ahmedou Ould-Abdallah cherchera à clarifier les termes du déploiement d'une force « hybride » Nations Unies-Union africaine pour protéger les populations du Darfour contre les exactions des milices et des groupes rebelles, a annoncé le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU. Ahmedou Ould-Abdallah, de la Mauritanie , occupe depuis 2002 le poste de Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afrique de l'Ouest. Après l'accord conclu en Ethiopie entre les Nations Unies et le gouvernement du Soudan, plusieurs questions étaient restées en suspens quant à la création d'une force « hybride », et notamment des questions liées à sa taille et à son commandement. Le Secrétaire général avait annoncé le 17 novembre que le gouvernement du Soudan avait accepté le principe d'une force hybride « Nations Unies-Union africaine » ( dépêche du 17.11.06). Kofi Annan doit également s'entretenir aujourd'hui à New York avec les membres permanents du Conseil de sécurité sur la question du Darfour, réunion à laquelle son successeur Ban Ki-moon participera
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Soudan, le pays, accusé des pires exactions au Darfour et d'agressions chez ses voisins, fait l'objet de pressions de toute parts. Mais le noyau dur du pouvoir, l'un des plus opaques du continent, reste sourd et fait front.
Jeune Afrique, 19 décembre 2006
Le conflit continue au Darfour, dans l'ouest du Soudan. Il a même fait tache d'huile chez les voisins tchadien et centrafricain, qui accusent Khartoum de les déstabiliser par bandes rebelles interposées et font appel à l'aide de. la France. Mais le gouvernement soudanais, sous pression internationale depuis de longs mois pour accepter le déploiement de Casques bleus sur son territoire, à la place des forces africaines fait front. Malgré la résolution 1706 du Conseil de sécurité de l'ONU qui l'y invite. Mais comment convaincre l'un des régimes les plus secrets de la planète, l'un de ceux qui aiment tromper son monde au point de laisser penser que sa propre survie en dépend? Après son arrivée au pouvoir par un coup el-Béchir n'a pas hésité à mettre l'un des siens officiellement arrêter l'islamiste Hassan el-Tourabi pour rassurer le puissant voisin égyptien. En2001, quand Béchir a remis Tourabi en prison, cette fois pour de bon, il a réussi à faire croire aux Occidentaux que c'était un signe d'ouverture du régime. En réalité, le plus radical n'était peut-être pas celui qu'on croyait. En 1995, Tourabi s'était opposé au projet d'assassinat du président égyptien Hosni Moubarak, ce qui n'empêcha pas l'attentat d'Addis-Abeba. Aujourd'hui encore, en plein bras de fer à propos du Darfour, le régime parvient à garder la confiance des services secrets occidentaux. Le chef du National Security and Intelligence Service (NSIS), le général Salah Abdallah Gosh, est un interlocuteur privilégié de la CIA dans la lutte contre al-Qaïda: Depuis les années 1980, les islamistes soudanais aiment séduire, manipuler, infiltrer. Ils disent apprécier les méthodes de pouvoir d'un Blaise Compaoré au Burkina Faso. Et ils envient aux Français leurs réseaux maçonniques en Afrique. « Les islamistes soudanais fonctionnent comme une société secrète », commente un observateur de Khartoum. Alors qui gouverne au Soudan? Officiellement, Omar Hassan el-Béchir. Né en 1944 dans une famille modeste du village de Hosh Bonnaga, dans le nord, il est entré à l'académie militaire en 1960 et a combattu contre Israël en 1973 aux côtés de l'armée égyptienne. À la veille du putsch de 1989, il dirigeait une brigade de parachutistes. Autoproclamé président de la République en 1993, il est « élu » une première fois en 1996 puis en 2000. Après dix-sept ans de pouvoir, l'homme est resté d'un abord simple. Son bureau est accessible. Tous les vendredis, à la mosquée, il se mêle aux fidèles. Il jouit encore d'une certaine popularité. Mais Béchir n'est pas arrivé seul au pouvoir. En juin 1989, il a fait alliance avec les islamistes du Front national islamique (FNI) pour renverser le gouvernement élu de Sadek el-Mahdi. Chacun y a trouvé son compte. Les islamistes de Hassan el-Tourabi avaient besoin d'un bras armé. Les militaires du général Béchir cherchaient une base politique pour « légitimer » leur putsch. Le FNI était arrivé troisième aux législatives de 1986. Depuis dix-sept ans, l'alliance tient bon. L'armée occupe la plus haute fonction de l'État. Elle s'enrichit. Elle investit dans le secteur pétrolier et la finance, notamment à la Banque nationale d'Omdurman. Les islamistes, eux, occupent les ministères clés. En 1996, ils ont remplacé le FNI par le Parti du congrès national (PCN). Ils y ont fait entrer des dignitaires de l'époque Nimeiry et des chefs de tribus. Méthodiquement, ils étendent- leur contrôle sur tout le Nord-Soudan. En 1999, ce système bicéphale s'est grippé. Il a même failli exploser. Sans doute lassé de gouverner dans l'ombre, le vieux renard Hassan el-Tourabi s'en est pris au pouvoir du président Béchir. Il s'est prononcé en faveur de la primauté du parti sur l'État. Surtout, il a voulu donner aux députés la prérogative de destituer le chef de l'État. Ceux qui pensaient qu'Omar elBéchir n'était que le pantin des islamistes en ont été pour leurs frais. Béchir s'est rapproché des islamistes anti-Tourabi, notamment ceux qui étaient agacés par l'autoritarisme du « vieux ». Il a conclu un pacte avec un homme clé du régime, Ali Osman Taha. Né en 1948, Taha est le fils d'un modeste cheminot du nord du pays. D'abord juge, puis avocat, il a pris la tête du groupe parlementaire FNI jusqu'au putsch de 1989. Moins brillant que Tourabi mais plus méthodique, cet homme d'organisation, surnommé le « scorpion », est devenu, à partir de 1993, l 'un des « durs » de l'appareil sécuritaire du régime. En 1998, il a été nommé vice-président. Un an plus tard, il a conspiré avec Béchir contre Tourabi. En décembre 1999, le général Béchir a dissous l'Assemblée et suspendu la Constitution. Un putsch dans le putsch. À partir de cette date, la cohabitation est devenue plus harmonieuse entre les deux pôles du pouvoir. Ali Osman Taha négociait avec le rebelle sudiste John Garang. Omar el-Béchir signait. Mais le système s'est à nouveau grippé au lendemain de l'accord de paix de Naivasha, en janvier 2005. Du côté de Khartoum, le principal architecte de cet accord n'était autre que Taha. Celui-ci a donc cherché à faire entrer au gouvernement et au parti de jeunes cadres ouverts à un partage du pouvoir avec les anciens rebelles sudistes. Mais en septembre 2005, Béchir a pris le contre-pied de cette politique. Il a nommé dans le nouveau gouvernement d'union nationale de vieux fidèles très méfiants à l'égard de l'accord de paix avec le Sud. À commencer par le général Abdel Rahim Mohamed Hussein; en charge de la Défense. Au début de l'année 2006, les choses ont failli mal tourner entre Béchir et Taha. Le ministre de la Défense a commencé à purger l'armée des officiers proches de Taha. En représailles, ce dernier s'est procuré auprès des services de renseignements du général Gosh la liste des bénéficiaires des quotas pétroliers. Parmi les heureux élus figuraient deux frères du chef de l'État... En mars 2006, la querelle a pris un tour public. Un cousin du président Béchir, Tayeb Mustapha Abde1 Rahman, a attaqué le vice-président Taha sur un nouveau terrain, le Darfour. Il l'a accusé d'être prêt à y laisser venir des Casques bleus de l'ONU. Le 30 juin, Ali Osman Taha n'a pas assisté aux cérémonies d'anniversaire du coup d'État de 1989. Officiellement, il se reposait en Turquie avec sa famille. Beaucoup de Soudanais se sont dit: « C'est fini pour lui. » Aussitôt, le président Béchir a démenti la rumeur de disgrâce: « C'est une invention des médias. » Quelques jours plus tard, à son retour de vacances, Taha était accueilli à l'aéroport de Khartoum par le ministre de la Défense. Depuis, les relations semblent apaisées entre Béchir et Taha. Le 3 septembre, quelques jours après le vote de la résolution 1706 au Conseil de sécurité sur l'envoi de soldats onusiens au Darfour, Omar Hassan el-Béchir a surgi en pleine réunion du gouvernement pour annoncer qu'il rejetait ce texte et tout déploiement d'une telle force. Ali Osman Taha n'a pas bronché. En novembre, Taha et Béchir sont apparus à dix jours d'intervalle devant les journalistes d'une dizaine de grandes capitales à l'occasion de deux vidéoconférences de presse. Objectif: marteler la position anti-ONU au Darfour, et montrer qu'il n'y a pas la moindre divergence de vues entre le numéro un et le numéro deux du régime. La crise est-elle passée? Une chose est sûre. Aujourd'hui, les hommes de «l'entourage » deviennent des alliés précieux que chaque camp essaie de gagner à sa cause. Outre le ministre de la Défense , le camp Béchir semble pouvoir compter sur deux hommes à poigne. Tous deux sont conseillers à la présidence. Nafi'e Ali Nafi'e est un islamiste de la première heure. Au lendemain du putsch de 1989, il mena la répres sion contre les partisans dé Sadék e1-Mahdi. Après l'attentat manqué contre Hosni Moubarak, il fut mis au vert pendant quelques années pour calmer les Égyptiens. Aujourd'hui, il est de nouveau en cour. Quant à Majzoub el-Khalifa, c'est l'homme qui monte. En avril-mai derniers, il a dirigé la délégation gouvernementale aux négociations d'Abuja sur le Darfour. « Il est rigide », dit un participant à ces travaux. Du côté de Taha, on cultive de bonnes relations avec le général Gosh, le chef du tout-puissant service de renseignements NSIS. Mais Gosh peut-il prendre le risque de se couper de Béchir? Le «premier flic» du Soudan est sous pression. En mars dernier, il a été évacué à Londres à la suite d'un malaise cardiaque à Khartoum. Autre personnage pivot: Awad Ahmed el-Jaz, l'inamovible ministre de l'Énergie et des Minés. Un islàmiste qui a appris la gestion en Californie. L'opacité des comptes pétroliers, c'est lui. La redistribution des revenus du pétrole aux hommes du régime, c'est encore lui. Selon l'accord de Naivasha, les Soudanais doivent voter librement en 2009. Plus ces élections vont s'approcher, plus les militaires et les islamistes auront intérêt à consolider leur alliance. La compétition sera rude face aux deux grandes formations nordistes, le parti Oumma de l'ancien Premier ministre Sadek el-Mahdi et le Parti démocratique unioniste (PDU) des frères Mirghani. Et, bien entendu, face au Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS) du vice-président Salva Kiir, le successeur du défunt John Garang. Mais y aura-t-il élections? Fin novembre, une bataille rangée de trois jours entre une milice supplétive de l'armée et les forces du MPLS a causé la mort de plus de cent personnes à Malakal, à 700 kilomètres au sud de Khartoum. Au sud, la paix est fragile. Au Darfour, la guerre continue. Depuis dix-sept ans, le régime à deux têtes tient bon. Par temps calme, c'est assez facile. Les divergences de vues sont sans conséquence. Mais par gros temps?
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La première mesure humanitaire serait d'imposer politiquement un cessez-le-feu
Darfour : sortir du piège
Libération, par Pierre Lellouche député UMP de Paris 19 décembre 2006
La situation dramatique au Darfour a pris ces dernières semaines une dimension régionale nouvelle et particulièrement inquiétante. Au drame humain que vivent, depuis quatre ans déjà, trois millions de personnes déplacées à l'intérieur de cette région du Soudan, s'ajoute désormais le risque d'extension du conflit en direction de deux pays qui font partie de notre «pré carré» africain et où des forces françaises sont déployées : le Tchad et la République centrafricaine. Dans un territoire semi-désertique, grand comme la France et peuplé d'à peine 6 millions d'habitants, la moitié de la population a déjà été déplacée par la violence. Trois cent mille personnes ont été tuées, 300 000 autres sont en danger de mort, hors de toute atteinte de l'aide humanitaire. Plus de 1 million de déplacés vivent, survivent, dans des camps de réfugiés, véritables «villes» de 30 000 à 50 000 habitants, faites de branchages d'épineux, de torchis ou de simples feuilles de plastique. La détresse y est immense, comme j'ai pu le constater sur place lors d'une récente visite en compagnie du ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy. A l'origine de ces souffrances, un conflit ubuesque : une guerre entre musulmans, entre Noirs, mais où une partie de la population revendique une appartenance arabe pour persécuter le reste de cette population misérable avec l'aide du gouvernement central de Khartoum. Par cynisme ou par lâcheté, la communauté internationale a détourné le regard, toutes ces dernières années, laissant les Africains «se débrouiller entre eux». Pour protéger la population des camps de réfugiés, c'est l'Union africaine qui a été mandatée. Elle a déployé 5 000 hommes, l'Amis (Mission de l'union africaine au Soudan), qui n'ont pas touché leur solde depuis au moins trois mois. Ils ne disposent ni de moyens de transport sérieux ni de moyens de transmission. Si ces soldats de l'Amis assurent une certaine sécurité dans les camps pendant la journée, passées six heures du soir, ce sont les milices arabes «jenjawids» qui y pénètrent régulièrement pour s'y livrer à leurs exactions habituelles : pillage de bétail, viols, exécutions. L'ampleur de ces violences, pires encore à l'extérieur des camps et le risque d'un génocide ont amené le Conseil de sécurité des Nations unies, à l'initiative des Etats-Unis et du Royaume-Uni, soutenus par la France , à adopter en août dernier la résolution 1706, qui prévoit de déployer au Darfour une force robuste de 20 000 hommes. Le problème, c'est que le régime soudanais, sans craindre de défier la communauté internationale, rejette violemment cette résolution et refuse toute présence d'une force d'interposition onusienne. Le président Omar el-Béchir n'y voit qu'un vaste complot américano-européen destiné à le renverser et ne tolérerait qu'une présence de forces de l'Union africaine. Il annonce même, pour le cas où les soldats de l'ONU viendraient à entrer au Soudan, envisager d'engager une guerre «pire encore qu'en Irak», tandis que son entourage menace d'inviter Oussama ben Laden à s'installer à nouveau au Soudan. L'une des nombreuses conséquences du fiasco irakien est de rendre extrêmement difficile l'idée généreuse d'une intervention humanitaire internationale contre un régime qui, pourtant, laisse massacrer toute une partie de sa population. L'ONU étant interdite de séjour au Soudan et dans la mesure où personne en Occident n'est prêt à mourir pour le Darfour ni à faire la guerre au régime de Khartoum, la communauté internationale s'est donc résolue au renouvellement pour six mois du mandat de l'Amis. Dans l'intervalle cependant, les combats font tâche d'huile à l'intérieur du Tchad et de la République centrafricaine, obligeant les forces françaises à intervenir sur le terrain. Une nouvelle fois, les démocraties occidentales, réduites à l'impuissance, se retrouvent prises au «piège de l'humanitaire» : faute de résoudre la racine des conflits, on tente d'en limiter un peu les effets sur les populations ; et afin de pouvoir continuer tant bien que mal à soulager la misère humaine, on s'abstient de critiquer trop ouvertement les régimes en place. Aujourd'hui, plus de 83 organisations non gouvernementales sont présentes au Darfour, avec 13 000 personnes qui viennent en aide quotidiennement à 1 million de réfugiés dans les camps. Mais leur action, depuis le vote de la résolution 1706, est devenue de plus en plus difficile : leurs personnels subissent toutes sortes de vexations de la part des autorités. Certaines d'entre elles ont eu des morts et ont subi des attaques. D'autres ont peur d'être chassées. Il est grand temps, à mes yeux, de changer de braquet et de résoudre les problèmes politiques posés. Car à quoi mène cette politique humanitaire, certes noble, certes indispensable, tout à l'honneur des jeunes volontaires qui prennent tous les risques pour venir en aide à ces malheureux, si rien n'est fait pour régler politiquement les problèmes ? Les enjeux sont immenses : au-delà du sort des populations, c'est la fracture entre islam traditionnel modéré et islam fondamentaliste qui se joue au Soudan, pays charnière entre l'Afrique et le Monde arabe. C'est aussi, en cas de poursuite de ce conflit, la remise en cause, à terme, de l'accord conclu à l'autre extrémité du pays avec la population chrétienne du Sud Soudan, avec à la clé le partage des ressources pétrolières de cette région. C'est enfin la certitude, de voir cette crise du Darfour s'étendre au Tchad et à la République centrafricaine, en fragilisant encore plus ces deux pays, déjà au bord de l'effondrement. Le renforcement logistique de l'AMIS n'est qu'un médiocre palliatif à court terme. Cette fois-ci, nous ne pourrons pas dire que «nous ne savions pas». Si, comme je le crois nécessaire, nous devons restaurer une dimension morale à notre politique étrangère, il est de notre responsabilité de faire en sorte que ce conflit ne se solde pas en centaines de milliers, voire en millions de victimes. Il importe de tout faire pour revitaliser les accords de paix d'Abuja signés en mai 2006, en essayant de les élargir aux groupes rebelles qui ont éclaté au cours des derniers mois et de faire en sorte que Khartoum accepte l'instauration d'un cessez-le-feu véritable, s'appliquant également à ses milices. La tâche n'est pas facile, mais elle est capitale : la première mesure humanitaire, c'est le cessez-le-feu. Il faut enfin oeuvrer, sans plus attendre, à une force d'interposition de l'ONU à la frontière avec le Tchad et la République centrafricaine, afin d'éviter la poursuite d'une déstabilisation qui menace toute la région.
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Darfour: des sanctions contre le Soudan
Quinze anciens ministres des affaires étrangères ont appelé à des sanctions sévères contre le Soudan si le président Omar Hassan al-Bachir n'accepte pas le déploiement effectif d'une force internationale de maintien de la paix dans le Darfour.
B.B.C. Afrique, 18 décembre 2006
L'ancienne secrétaire d'Etat américaine, Madeleine Albrigh,t fait partie des signataires de cet appel. Le document, qui a été publié dans le quotidien britannique du milieu des affaires, le Financial Times, dénote la déception de la communauté internationale, et des diplomates qui ont travaillé sur le dossier, depuis le déclenchement du conflit dans le Darfour, il y a trois ans. Les anciens ministres des affaires étrangères ont lancé un appel pour un dernier effort afin de convaincre le président Bachir à trouver une issue à ce problème avant la fin de l'année. Si le numéro un soudanais refuse, les anciens ministres proposent de le faire payer au "prix fort". Ils appellent notamment à une interdiction de voyage et un gel des biens de responsables soudanais. Les anciens ministres des affaires étrangères demandent, également, en cas de refus du Soudan d'autoriser le déploiement d'une force internationale de maintien de la paix, des mesures ciblant les revenus pétroliers du pays, et une intensification des enquêtes de la cour pénale internationale. Les diplomates, qui viennent de la Thaïlande , de la Turquie ainsi que de l'Europe et des Etats-Unis, soulignent que la situation dans le Darfour constitue un risque pour la paix en Afrique centrale, notamment en Centrafrique et au Tchad. En revanche, les anciens ministres des affaires étrangères ne mentionnent pas d'action militaire contre Khartoum .
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Droits de l'Homme: Khartoum prêt à collaborer avec une mission de l'ONU
Jeune Afrique , 18 décembre 2006
Le Soudan s'est dit prêt à collaborer avec une mission du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU qui doit mener une enquête au Darfour, région de l'ouest du pays en guerre civile. Le ministre de la Justice , Mohammed Ali al-Mardhi, cité lundi par la presse, a indiqué que son pays avait donné son accord à une visite de la mission au Darfour et affirmé que son ministère allait "lever tous les obstacles" qui pourraient entraver son travail. M. Mardhi a ajouté que la mission, attendue dans les prochaines semaines, pourrait rencontrer toutes les parties concernées et visiter tout endroit au Darfour, où selon l'ONU, 200.000 personnes ont péri de la guerre et de ses conséquences depuis février 2003 en plus de 2 millions de déplacés. Le ministre, dont le pays conteste ces chiffres, a affirmé que "les autorités n'ont rien à cacher", tout en espérant voir la commission produire un rapport "équilibré". Les 47 Etats membres du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU sont parvenus par consensus mercredi dernier à un accord sur l'envoi d'une mission d'experts pour "évaluer la situation des droits de l'Homme au Darfour". Ils ont décidé "d'envoyer une mission de haut niveau pour évaluer la situation des droits de l'Homme au Darfour et les besoins du Soudan à ce sujet, formée par cinq personnes hautement qualifiées, désignées par le président du Conseil (...) ainsi que par le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme au Soudan". Cette décision, un compromis, avait permis d'écarter l'envoi d'une mission politique composée de membres du Conseil, préconisée par l'Algérie au nom du groupe africain et critiquée par de nombreux pays et Kofi Annan, le secrétaire général de l'ONU.
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L'UA s'inquiète d'une aggravation de la situation au Darfour
L'Express avec Reuters, 16 décembre 2006L'Union africaine (UA) a fait état samedi d'une aggravation de la situation au Darfour, dans l'ouest du Soudan, due selon elle au retour de milices djandjaouid réarmées et à la détermination de Khartoum de recourir à la violence pour régler le conflit.
"La sécurité au Darfour se détériore rapidement, principalement à cause de la réémergence des milices djandjaouid", déplore l'organisation dans un communiqué. Ces milices arabes "semblent avoir été approvisionnées et réarmées et ont mené des activités odieuses en toute impunité au Darfour, en particulier dans les zones sous contrôle du gouvernement soudanais", souligne-t-elle. Depuis février 2003, le Darfour est le théâtre d'affrontements entre mouvements rebelles issus de la population noire et miliciens arabes djandjaouid mobilisés pour mater le soulèvement. Les affrontements ont fait 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés. Le Conseil de sécurité de l'Onu a donné son feu vert le 31 août à l'envoi d'un contingent de casques bleus pour épauler les 7.000 militaires de l'UA, impuissants à mettre fin aux violences. Or Khartoum, dénonçant une nouvelle forme de colonialisme, s'oppose au déploiement d'une telle force.
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Bangui reprend pied dans le nord-est de la Centrafrique
Le Figaro, 16 décembre 2006 par Arnaud de la Grange
Grâce à un soutien français et tchadien, les troupes centrafricaines ont chassé les rebelles vers le Soudan.
Le long de la piste en terre rouge de Birao, théâtre des premiers affrontements entre rebelles et commandos français il y a plus de deux semaines, des contingents hétéroclites sont alignés. Des soldats centrafricains, et, le visage mangé par leur chèche, de fiers combattants tchadiens de la Fomuc , la force multinationale de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale. En lisière, plus discrets, des parachutistes français. Le président centrafricain, François Bozizé, passe les troupes en revue. Avec une poignée de ministres et une suite de diplomates et de représentants d'organisations internationales, il est arrivé dans cet extrême Nord-Est à bord d'un Transall français, symbole de sa dépendance « logistique » vis-à-vis de Paris. Le chef de l'État est venu reprendre pied dans cette ville occupée pendant un mois par la rébellion, avant d'être reconquise le 27 novembre. Depuis, les autres villes et les grands axes du Nord-Est ont été « libérés ». Les rebelles ont repassé la frontière avec le Soudan - d'où ils étaient partis - ou se cachent dans les nombreuses grottes de la région. Devant une population encouragée à la liesse, le président Bozizé dénonce les « démons de la déstabilisation » , mais se veut rassembleur. Parlant d'une « région enclavée dans un pays lui-même enclavé » , il jure de ne pas abandonner Birao, de facto tournée vers le Soudan ou le Tchad voisins. Des promesses qui ne seront pas faciles à tenir de la part d'un État peu consistant, voire inexistant dans de larges pans du pays. Avec à peine quatre millions d'habitants, la Centrafrique devrait pourtant vivre correctement, si la grande majorité des revenus des diamants, du bois, de l'or ou d'autres richesses ne s'évaporait pas dans la nature. Et si l'insécurité n'était pas entretenue par de multiples acteurs, rebelles plus ou moins organisés, contrebandiers locaux ou soudanais et autres coupeurs de route.
Mise à sac
Le sous-préfet de Birao, Albert Mbongo, tient à montrer les méfaits des rebelles. « Ils ont pillé et détruit tous les bâtiments administratifs » , se lamente-t-il. De fait, l'école ou l'hôpital, déjà fort démunis avant la crise, sont dans un piètre état. Mais dans cette mise à sac, les rebelles ont apparemment été bien aidés par la population elle-même. Une pratique courante dans le pays, qui a même un nom : le « grâce-à-Dacko » , du nom du tombeur de Bokassa qui avait encouragé le peuple à se servir chez les « puissants » détrônés... Contrairement à ce que certains affirmaient à Bangui, aucune destruction d'habitation civile n'est visible. Les Tchadiens de la Fomuc ont repris hier la route du sud. Aussi, pour éviter que l'armée centrafricaine ne laisse à nouveau le terrain et son matériel aux rebelles, en cas de nouveau « round », les Français vont laisser un détachement à Birao. En attendant la saison des pluies - qui rend les rezzous sur Bangui impossibles - ou le déploiement encore hypothétique d'une force internationale dans le prolongement de la frontière soudano-tchadienne.
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Accord au Conseil des droits de l'homme de l'ONU pour envoyer des experts au Darfour
Le Monde, avec l'AFP, 14 décembre 2006
Les 47 Etats membres du Conseil des droits de l'homme de l'ONU sont parvenus par consensus, mercredi 13 décembre, à un accord sur l'envoi d'une mission d'experts pour "évaluer la situation des droits de l'homme au Darfour" (dans l'ouest du Soudan). Après une journée et demie de débat général souvent passionné, et des tractations serrées à huis clos, les pays membres ont accepté un texte présenté par le président du Conseil, l'ambassadeur du Mexique, Luis Alfonso de Alba. Ce compromis écarte l'envoi d'une mission politique composée de représentants au Conseil des droits de l'homme, préconisée par l'Algérie au nom du groupe africain. La session devait initialement être bouclée en une journée, mardi, mais le Conseil a dû poursuivre ses travaux un jour de plus en raison des désaccords sur ce point. L'Union européenne et les pays occidentaux qui soutenaient l'envoi d'une mission exigeaient qu'elle soit composée d'experts indépendants. Pour l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW), cette journée supplémentaire de travail aurait été une "farce" si des représentants de gouvernements avaient été envoyés sur le terrain.
"Demander des comptes aux responsables des nombreux crimes déjà commis"
Le débat qui opposait les partisans des deux projets de résolution a ainsi donné à la session extraordinaire sur le Darfour des allures de test de la capacité du Conseil à surmonter la traditionnelle fracture Nord-Sud, et à maintenir l'usage d'envoi d'experts indépendants pour des missions d'enquête dans des pays soupçonnés de violations des droits de l'homme. Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, avait appelé le Conseil à "ne pas perdre de temps pour envoyer une équipe d'experts indépendants et universellement respectés" . Il faut "demander des comptes aux responsables des nombreux crimes déjà commis" , avait-il dit dans un message adressé au Conseil à l'ouverture de la session. S'exprimant pour les autorités de Khartoum, le vice-gouverneur du Darfour-sud, Mustafa Farah, avait accusé mardi de "mensonge" ceux qui dénoncent les violations des droits de l'homme dans la région. Louise Harbour, haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, avait en effet dressé un véritable réquisitoire contre les exactions commises au Darfour par les forces gouvernementales soudanaises et leurs milices supplétives, tout en reconnaissant que les rebelles ainsi que des bandes de brigands commettaient également des atrocités. "Les faits que nous avons décrits ne peuvent être contestés" , avait insisté le chef des secours d'urgence de l'ONU, Jan Egeland. "Rien n'est fait pour lutter contre la violence des milices, y compris dans les zones où il n'y a pas de rebelles et où sont positionnées d'importantes forces militaires et policières" , avait-il relevé. La guerre civile au Darfour et ses suites ont fait environ 200 000 morts depuis 2003, et ont jeté plus de deux millions de réfugiés sur les routes, selon l'ONU.
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Le conflit au Darfour divise le Conseil des droits de l'homme
Le Monde, 14 décembre 2006, par Agathe Duparc
Le Conseil des droits de l'homme, réuni mardi 12 décembre en session spéciale à Genève, a affiché de profondes divergences sur le conflit du Darfour, qui a fait plus de 200 000 morts depuis 2003. Le matin, le secrétaire général, Kofi Annan, avait pourtant exhorté les 47 pays membres à faire cesser le « cauchemar » en envoyant sur place « une équipe d'experts indépendants ». Louise Arbour, la Haut-commissaire aux droits de l'homme, soulignait qu'au cours des six dernières semaines, les attaques par les forces armées soudanaises et les groupes armés avaient tué des centaines de civils et déplacé 80 000 personnes, alors que les viols de femmes se poursuivaient. Mme Arbour pointait la responsabilité de Khartoum : les « bombardements aveugles par des avions gouvernementaux » et « les opérations coordonnées entre les forces gouvernementales et les milices associées ». Au terme d'une journée marquée par « des déclarations à faire dresser les cheveux sur la tête », selon l'expression d'un diplomate, le Conseil n'avait pas trouvé d'accord sur la composition de la mission à envoyer sur place. Les discussions devaient se poursuivre mercredi. L'ambassadeur algérien, Idriss Jazairy, s'exprimant au nom du groupe africain, dénonçait; au sujet du conflit au Darfour, « une campagne de propagande à large échelle dans laquelle l'information est manipulée ». Il regrettait qu'« un conflit ethnique entre bergers et agriculteurs » soit présenté par les organisations non gouvernementales (ONG) «dans des proportions apocalyptiques ». Il préconisait l'envoi d'une mission issue du Conseil des droits de l'homme et non d'experts indépendants. Un point inacceptable pour les pays européens et leurs alliés. L'ambassadeur pakistanais, au nom des pays de l'Organisation de la conférence islamique, affirmait que le gouvernement soudanais avait fait « de gros efforts pour mettre en œuvre les accords de paix ».
« Nier la réalité »
Khartoum a tenté de rallier à sa cause le Conseil des droits de l'homme. A la mi-novembre, un mystérieux voyage a été organisé au Soudan pour une dizaine d'ambassadeurs. Puis le gouverneur adjoint de la province sud du Darfour, Mustapha Farah, de passage à Genève, répétait que le conflit avait fait «9 000 morts », invitant « toute personne doutant de la qualité de vie des gens au Darfour à venir visiter le pays». Offensive qualifiée par l'ONG Human Right Watch de « campagne de propagande sans précédent pour nier la réalité des choses ». Les pays européens, épaulés par les ONG, tentent de rallier des Etats africains. Le Ghana, le Cameroun et le Sénégal, se disent ainsi prêts à soutenir l'envoi d'une mission de rapporteurs indépendants et présidée par une personnalité éminente.
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Vers une interdiction de survol au Darfour
Le Figaro 14 décembre 2006 par Tanguy Berthemet .
Depuis le début de la crise, il y a quatre ans, Khartoum se joue des résolutions des Occidentaux
LE CONSEIL des droits de l'homme de l'ONU a évité de justesse de perdre sa crédibilité. Hier, l'instance a décidé l'envoi d'une mission d'experts pour « évaluer la situation des droits de l'homme » dans la province soudanaise du Darfour. A priori simple, cette décision a donné lieu à une journée et demie de débats passionnés et de tractations serrées, à huis clos, entre les quarante-sept États membres. La composition de la future mission était au centre de la polémique. Alors que l'Algérie, soutenue par le groupe africain, entendait choisir des membres politiques sélectionnés au sein du Conseil, l'Union européenne et les pays occidentaux exigeaient que la mission soit composée d'experts indépendants. Un compromis a finalement été trouvé. La future mission de « haut niveau » sera bien formée par « cinq personnes hautement qualifiées », mais elles seront désignées par le président du Conseil, l'ambassadeur du Mexique, Luis Alfonso de Alba. L'affrontement autour de cette décision avait des allures de test sur la capacité du Conseil, mis en place il y a six mois, à surmonter la traditionnelle fracture Nord-Sud et à imposer l'usage de professionnels indépendants lors des enquêtes. Hier, les diplomates occidentaux affichaient leur satisfaction. « C'est un message clair que la situation actuelle n'est pas acceptable », a expliqué Kofi Annan. Les débats sur le Darfour, où quatre années de conflit ont fait 200 000 morts et jeté sur les routes deux millions de personnes, ont été vifs. Le haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Louise Arbour, a dressé un véritable réquisitoire contre les violations commises par les forces soudanaises et leurs milices supplétives arabes, les janjawids. En marge du Conseil, les ONG ont dénoncé le recours « très répandu » aux violences sexuelles comme arme de guerre. Des accusations qualifiées de « mensonges » par le vice-gouverneur du Darfour-Sud, Mustafa Farah.
Mesures coercitives
L'opposition des autorités soudanaises à la future mission laisse présager de grandes difficultés pour les experts. Khartoum, qui entrave le travail des observateurs, a déjà rejeté plusieurs décisions de la communauté internationale, dont l'envoi de 17 000 Casques bleus, une décision du Conseil de sécurité. Conscients de ce risque, les pays occidentaux cherchent à accentuer la pression sur le gouvernement soudanais. Les États-Unis et la Grande-Bretagne envisagent d'imposer une interdiction de survol au Darfour. La création d'une zone d'exclusion aérienne aurait pour objectif de mettre un terme à l'utilisation d'avions et d'hélicoptères soudanais pour soutenir des attaques contre des civils alors que la violence redouble dans la région. Selon le Financial Times, un blocus naval figure également parmi les options à l'étude. Mais ces mesures auront du mal à faire plier le président soudanais Omar el-Béchir. Stephen Morrison, un expert du Centre d'études stratégiques de Washington, souligne que les menaces américaines ne sont guère que des « fantasmes », tant que Khartoum bénéficiera de l'appui de la Chine.
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ONU : « Les victimes du Darfour ne sont pas de simples statistiques »
Intervention de Mgr Tomasi à Genève , Zenit, 14 décembre 2006
« Les victimes du Darfour ne sont pas de simples statistiques, ce sont des personnes réelles », proteste l'Observateur permanent du Saint-Siège à Genève, Mgr Silvano Tomasi, lors de la quatrième session du Conseil sur les Droits de l'Homme. Une synthèse de l'agence Fides . « Pendant trois ans le Saint-Siège a suivi avec une grande préoccupation la terrible souffrance de la population impliquée dans les conflits tragiques qui éclatent à intermittence dans la région soudanaise du Darfour » affirme Mgr Silvano M. Tomasi, Observateur Permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies et des Organisations Internationales à Genève, dans son intervention, qui a eu lieu le 12 décembre, à la quatrième Session du Conseil des Droits de l'Homme consacrée à la situation dans le Darfour. « La situation sur le terrain montre une violation terrifiante des droits de l'homme » poursuit la déclaration envoyée à l'agence Fides. Parmi les horreurs dénoncées il y a des meurtres d'enfants, des abus sexuels et des viols de femmes et de jeunes filles, des déracinements forcés de la population, des incendies de villages, des attaques de camps de réfugiés, des assauts au détriment de civils innocents. Mgr Tomasi souligne non seulement les effets immédiats de ces crimes mais aussi les conséquences à long termes : « la destruction de l'agriculture limite gravement la production de nourriture ; les rapports entre les différents groupes seront difficile à améliorer ; le danger d'une déstabilisation régionale augmente ; les réfugiés traumatisés auront de plus en plus de difficultés à recommencer à vivre ». Le représentant du Saint-Siège souhaite que le Conseil sur les Droits de l'Homme de l'ONU devienne « le troisième pilier du système des Nations Unies, avec deux autres, celui pour le développement et celui pour la sécurité. Le devoir urgent est d'arrêter la violence, les destructions et l'impunité. Les victimes ne sont pas de simples statistiques, ce sont des personnes réelles. L'action pour mettre fin aux massacres doit prévaloir sur les accords politiques et sur les intérêts commerciaux ». Mgr Tomasi invoque « une coopération active entre les Nations Unies, l'Union Africaine et le gouvernement soudanais » pour mettre fin aux violences, améliorer les rapports entre les pays de la région et permettre aux populations de reconstruire leurs vies ». « Le conflit du Darfour est l'un des plus grands défis humanitaires, mais c'est aussi une occasion d'affronter différents problèmes endémiques par un nouveau mode de collaboration, pour créer ainsi un avenir d'espérance pour le Soudan et pour le continent africain entier, en allant au-delà des intérêts régionaux et internationaux. La crise du Darfour a provoqué des débats et des protestations internationales, mais des actions insuffisantes. Le Conseil a la possibilité concrète d'offrir un compromis constructif, centré sur la situation des victimes. De cette façon la communauté internationale ne répètera pas en vain « plus jamais », mais entreprendra des actions de solidarité et de soutien pour une solution globale, juste et durable » conclut le représentant du Saint-Siège.
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Darfour : accord au Conseil des droits de l'homme pour une mission d'experts
Washington préparerait des frappes aériennes au Darfour, affirme le « Financial Times »
L'orient le Jour, Beyrouth, 14 décembre 2006
Les 47 États membres du Conseil des droits de l'homme de l'ONU sont parvenus par consensus, hier, à un accord sur l'envoi d'une mission d'experts pour « évaluer la situation des droits de l'homme au Darfour (Soudan) » . Après une journée et demie de débat général souvent passionné et des tractations serrées à huis clos, les pays membres ont accepté un texte présenté par le président du Conseil, l'ambassadeur du Mexique, Luis Alfonso de Alba. Le Conseil a décidé « d'envoyer une mission de haut niveau pour évaluer la situation des droits de l'homme au Darfour et les besoins du Soudan à ce sujet, formée par 5 personnes hautement qualifiées, désignées par le président du Conseil des droits de l'homme après consultation des États membres du Conseil, ainsi que par le rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme au Soudan ». Ce compromis écarte l'envoi d'une mission politique composée de représentants au Conseil des droits de l'homme, préconisée par l'Algérie au nom du groupe africain. La session devait initialement être bouclée en une journée, mardi, mais le Conseil a dû poursuivre ses travaux hier en raison des désaccords sur ce point, l'Union européenne et les pays occidentaux qui la soutenaient exigeant que la mission soit composée d'experts indépendants. D'autre part, le Soudan et les États-Unis sont d'accord sur la nécessité de mesures pour améliorer la sécurité sur le terrain au Sud-Soudan et au Darfour, a déclaré hier l'émissaire américain Andrew Natsios, après un entretien avec le président soudanais, Omar el-Béchir. «Si ces mesures sont prises sur le terrain, je pense que ce sera un important progrès pour le CPA», l'accord de paix au Sud-Soudan, a indiqué l'émissaire américain, après près de 2 heures d'entretiens à Khartoum avec M. Béchir, en ne cachant pas des désaccords. «La rencontre a été productive et nous allons travailler chacun de son côté et j'espère que le gouvernement soudanais va accomplir sa part de travail (...)» , a ajouté M. Natsios. L'émissaire est venu à Khartoum pour discuter d'une opération de maintien de la paix hybride africaine et onusienne au Darfour. À ce propos, Ali Ahmad Karti, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, a fait mention d'une réunion lundi prochain entre le Soudan, l'Union africaine et l'ONU pour discuter des détails de ce plan. Enfin, le Financial Times a rapporté hier que le Premier ministre britannique, Tony Blair, a apporté son soutien à un projet d'exclusion aérienne au-dessus du Darfour, pour tenter de forcer Khartoum à mettre un terme à la violence dans la région. M. Blair va tenter d'obtenir le soutien de l'ONU pour la mise en place de cette zone d'exclusion par les États-Unis et la Grande-Bretagne. Le Financial Times ajoute, citant des responsables ayant requis l'anonymat, que des dirigeants militaires américains projettent de lancer parallèlement des attaques aériennes et d'instaurer un blocus naval. La planification de ces actions a déjà commencé, a encore indiqué le quotidien britannique, citant un autre responsable ayant également demandé l'anonymat.
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Le Figaro, 12 décembre 2006
Kofi Annan est secrétaire général des Nations-Unies.
Le 1er janvier prochain, le Secrétaire général de l'ONU cèdera sa place au coréen Ban Ki-moon. Dans une tribune exclusive à paraître demain dans les colonnes du Figaro, Kofi Annan tire les «cinq leçons» de ses 10 ans passés à la tête des Nations Unies
De 10 ans passés à la tête des Nations unies, j'ai tiré cinq leçons.
Il y a près de cinquante ans de cela, lorsque je suis arrivé au Minnesota, étudiant fraîchement débarqué d'Afrique, j'avais beaucoup à apprendre – à commencer par le fait qu'il n'y avait rien de bizarre à porter des protège-oreilles quand la température descendait à moins 25. Toute ma vie depuis a été consacrée à apprendre. J'aimerais maintenant transmettre les cinq leçons acquises au cours de mes dix années de service en tant que secrétaire général de l'ONU — leçons que la communauté des nations a besoin, selon moi, d'apprendre elle aussi, alors qu'elle doit affronter les défis du XXIe siècle.
Première leçon: Nous sommes tous responsables, dans le monde d'aujourd'hui, de notre sécurité réciproque. Aucune nation ne peut assurer sa propre sécurité en cherchant à établir sa suprématie sur toutes les autres, face à des menaces telles que la prolifération nucléaire, le changement climatique, les pandémies mondiales ou les groupes terroristes opérant à partir de havres sûrs dans des États déliquescents. Ce n'est qu'en travaillant à la sécurité de tous que nous pouvons espérer nous assurer d'une sécurité durable pour nous-mêmes. Cette responsabilité inclut aussi celle, partagée, de protéger les personnes contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l'humanité. Une responsabilité acceptée par toutes les nations lors du sommet de l'ONU de l'an dernier. Mais quand nous voyons les meurtres, les viols et les famines qui sont encore infligés aux populations du Darfour, nous nous rendons compte alors que de telles doctrines demeurent du domaine de la rhétorique pure, à moins que ceux qui ont le pouvoir d'intervenir efficacement — en exerçant pressions politiques, économiques ou, en dernier recours, militaires — soient prêts à assumer leur rôle de chefs de file. Cela comprend aussi une responsabilité envers les générations futures : celle de conserver des ressources qui leur appartiennent autant qu'à nous. Tous les jours où nous ne faisons rien, ou trop peu, pour prévenir le changement climatique, résultent en des coûts toujours plus élevés pour nos enfants.
Deuxième leçon : nous sommes aussi responsables de notre bien-être à tous. Sans solidarité, aucune société ne peut être vraiment stable. Il n'est pas réaliste de penser que quelques-uns puissent continuer à tirer grand avantage de la mondialisation, tandis que des milliards d'autres sont délaissés ou plongés dans une pauvreté abjecte. Nous devons donner à tous nos semblables une chance de partager notre prospérité.
Troisième leçon: la sécurité et la prospérité dépendent du respect des droits de l'homme et de l'état de droit. Tout au long de son histoire, la diversité a enrichi la vie humaine, et différentes communautés ont appris les unes des autres. Mais si nos communautés doivent vivre en paix, nous devons aussi souligner ce qui nous unit : notre humanité commune et le besoin qu'ont notre dignité et nos droits d'êtres humains d'être protégés par la loi. Cela est également vital pour le développement. Les étrangers et les propres citoyens d'un pays seront plus enclins à investir quand leurs droits fondamentaux sont protégés et qu'ils savent qu'ils seront équitablement traités par la loi. De même, les politiques qui favorisent réellement le développement seront plus vraisemblablement adoptées, si la plupart de ceux qui ont besoin de développement peuvent faire entendre leurs voix. Les États ont aussi besoin de respecter les règles du jeu qui régissent leurs relations. Aucune communauté, où qu'elle soit, ne souffre d'un excès de droit ; alors que beaucoup souffrent de ne pas en avoir assez – et cela vaut aussi pour la communauté internationale. C'est une situation que nous nous devons de changer.
Ma quatrième leçon, par conséquent, est que les gouvernements doivent être tenus responsables de leurs actions, tant sur la scène internationale qu'intérieure. Chaque État a des comptes à rendre à ceux qui sont affectés, de manière décisive, par ses actions. Il est facile, dans la situation actuelle, de tenir comptables et redevables de leurs actions les États pauvres et faibles, car ils ont besoin de l'aide étrangère. Néanmoins, les États grands et puissants, dont les actions ont le plus grand impact sur les autres, ne peuvent être contraints que par leurs propres peuples seulement. Cela confère aux peuples et aux institutions des États puissants une responsabilité spéciale quant à la prise en compte de vues et d'intérêts à l'échelle du globe. Ils doivent aussi, désormais, prendre en considération ceux que l'on nomme les « acteurs non étatiques ». Les États ne peuvent plus – si tant est qu'ils aient jamais pu le faire – affronter seuls des défis planétaires. Ils ont de plus en plus besoin de l'aide d'une myriade d'associations dans lesquelles les gens se regroupent volontairement, par profit ou pour réfléchir ensemble sur l'état du monde et le changer. Comment les États peuvent-ils se tenir mutuellement responsables, les uns vis-à-vis des autres? Ce n'est que par le biais d'institutions multilatérales qu'ils le pourront.
Aussi, ma cinquième et dernière leçon est que ces institutions doivent être organisées de façon juste et démocratique, donnant au pauvre et au faible quelque influence sur les actions du riche et du fort. Les pays en développement devraient disposer d'une voix plus forte dans les institutions financières internationales, dont les décisions peuvent signifier la vie ou la mort pour leurs peuples. De nouveaux membres permanents, ou à long terme, devraient être ajoutés au Conseil de sécurité de l'ONU dont la composition actuelle reflète la réalité de 1945 et non celle du monde d'aujourd'hui. Non moins important est le fait que tous les membres du Conseil de sécurité doivent accepter la responsabilité qui accompagne leur privilège d'en faire partie. Le Conseil n'est pas une scène pour l'expression d'intérêts nationaux. C'est le comité de gestion de notre fragile système de sécurité global. Aujourd'hui plus que jamais, l'humanité a besoin d'un système global qui soit fonctionnel. L'expérience a montré, à maintes reprises, que ce système est peu efficace lorsque ses États membres sont divisés, mais qu'il fonctionne beaucoup mieux dans l'unité, muni d'une direction clairvoyante et marqué par l'engagement de l'ensemble de ses principaux acteurs. Les dirigeants du monde, ceux d'aujourd'hui et de demain, sont investis d'une grande responsabilité. Il revient aux peuples de la planète de s'assurer qu'ils en soient dignes.
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La France met les rebelles en déroute en Centrafrique
Le Figaro, 12 décembre 2006, par Arnauld de la Grange , à Bangui
La rébellion, bien armée et partie du Soudan, avait réussi à s'emparer du nord-est du pays et menaçait la capitale.
En bon français, le terme « repli tactique » doit souvent se traduire par « déroute ». C'est ainsi qu'il faut recevoir les déclarations des rebelles centrafricains, qui viennent de reconnaître qu'ils ne « tenaient plus aucune ville » , après avoir effectué un « repli tactique » de Ouadda Djallé, la dernière agglomération du Nord-Est où ils étaient présents. Le gros de l'affaire est donc terminé. À Bangui, officiellement, on clame que les Faca - les Forces armées centrafricaines - ont achevé leur opération de reconquête. Mais, là aussi, un effort de traduction s'impose, car la dernière rébellion de Centrafrique n'a été mise en déroute que grâce à l'intervention des Mirage F1 et des commandos français.
La contre-offensive aura duré deux semaines. Elle a commencé par la reprise de Birao, la principale localité du Nord-Est, aux frontières du Soudan et du Tchad, dont les rebelles s'étaient emparés en octobre. Une opération héliportée française a permis de contrôler l'aéroport, avant d'y acheminer par avion des soldats centrafricains. C'est à cette occasion que les Mirage F1 français sont intervenus pour la première fois. Puis une colonne montante, composée de soldats centrafricains, d'hommes de la Fomuc , la force multinationale de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (Cemac), encadrés par des parachutistes français - dont l'un a été grièvement blessé - a commencé une laborieuse remontée vers le nord depuis Bangui. Elle a fait sa jonction dimanche à Ouadda Djallé avec une colonne « descendante » partie de Birao.
Si l'alerte a été chaude, c'est que les rebelles de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) - quelque 200 hommes - étaient militairement plus consistants que ceux que l'on retrouve régulièrement sur la scène centrafricaine. Ils avaient rapidement réussi à s'emparer de toute la région et menaçaient de terminer leur course à Bangui. Composée d'opposants centrafricains, d'ex- « libérateurs » s'estimant mal récompensés d'avoir porté au pouvoir le général Bozizé en 2003, l 'UFDR semble aussi compter dans ses rangs des rebelles tchadiens, voire des combattants soudanais. L'implication du Soudan reste la grande question. Une chose est sûre, les rebelles sont partis de son territoire. Comme il est évident que Khartoum ne peut que se réjouir de la déstabilisation d'un régime centrafricain soutenu à bout de bras par son grand ennemi, le Tchad. Sur le terrain, cependant, rien n'est clair. « L'armement lourd dont ils disposaient - mitrailleuses et mortiers - ne relève pas d'une aide extérieure puisqu'il a été pris aux Faca, confie une source militaire, par contre, ils savaient très bien s'en servir, ce qui peut suggérer un savoir-faire militaire venu d'ailleurs... »
Exactions contre les populations
Aujourd'hui, certains rebelles pourraient être repassés au Soudan mais la majeure partie d'entre eux se sont égaillés dans la nature, sans qu'il soit facile de les localiser. Les reconnaissances aériennes menées par les Mirage et Atlantic II décollant du Tchad se heurtent à une épaisse savane arborée. Et la région, en partie montagneuse, abrite une multitude de grottes. Va donc commencer une phase de nettoyage qui promet d'être longue. Pour Paris, il s'agit d'éviter que les forces centrafricaines - que la France tente de remettre à niveau depuis 2003 - ne se livrent à des exactions sur les populations, comme elles l'ont fait dans le nord-ouest du pays ces derniers mois. Et, dans un deuxième temps, qu'un épisode similaire ne se reproduise dans les mois qui viennent.
Les forces centrafricaines devraient rapidement se retrouver seules face à un éventuel regroupement des rebelles. Les éléments français vont se replier sur Bangui et le patron de la Fomuc - formée de soldats tchadiens, gabonais et congolais -, le général Bibaye, explique que « que ses hommes ne vont pas rester dans le Nord, puisque ce n'est pas leur mandat » . Paris aimerait bien que des soldats tchadiens - les seuls militairement performants - viennent « tenir » la zone. Dominique de Villepin en a fait la demande au président tchadien Idriss Déby lors de son passage à N'Djamena le 30 novembre. « Il faut tenir jusqu'à la saison des pluies, en mars-avril, explique une source militaire, après, les axes de progression seront impraticables. » Avec l'espoir, quand le soleil reviendra et avec lui la saison des combats, qu'une force internationale déployée entre le Tchad et le Soudan et jusqu'en Centrafrique aura conjuré la menace.
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ONU : Le Conseil des droits de l'homme s'inquiète du Darfour
Le Figaro, 12 décembre 2006, par Aude Marcovitch
Le nouvel organe des Nations unies tente d'améliorer son image controversée.
Comme à son habitude, Kofi Annan a usé d'une voix douce et calme pour s'adresser à son auditoire. Mais le message qu'il a récemment fait passer à Genève était assorti d'un sérieux avertissement à l'égard des membres du Conseil dés` droits de l'homme de l'ONU. «Ce n'est qu'en vous montrant rigoureux et courageux que vous pourrez éviter de décevoir les nombreuses personnes qui se tournent vers les Nations unies pour y trouver un soutien dans la lutte pour les droits de l'homme », a-t-il dit. Depuis sa création en juin, le nouvel organe onusien a en effet tenu trois sessions spéciales, toutes consacrées au conflit israélo-arabe: Pour le secrétaire général, il était temps que les 47 États membres du Conseil élargissent leur horizon. La session spéciale sur le Darfour, aujourd'hui, vise non seulement à rappeler au Soudan que la société internationale se préoccupe de la situation, mais aussi à améliorer le lustre d'un Conseil des droits de l'homme peu convaincant.
Intérêts divergents
La réunion doit aboutir à l'envoi d'une mission d'évaluation sur le terrain. Mais les membres du Conseil doivent trancher entre deux résolutions portées par des groupes aux intérêts divergents : celle présentée par la Finlande , présidente en exercice de l'UE, l'autre par l'Algérie, au nom du groupe africain. La composition de la mission est le point de friction: experts indépendants pour les uns, représentants d'États membres du Conseil des droits de l'homme pour les seconds. «Nous voulons une réelle évaluation de la situation sur le terrain, vu que le Soudan affirme que les informations produites jusqu'ici par les observateurs envoyés ne sont pas correctes », explique l'ambassadeur de Finlande, Vesa Himanen. Alors que l'ONU estime à 200 000 le nombre de personnes tuées depuis 2003, un représentant soudanais récemment venu à Genève, Mustafa Farah, a qualifié ces données de «fallacieuses », en admettant un chiffre de seulement « 9 000 morts».
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L'Onu se penche sur le Darfour
Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu ouvre, à l'appel de Kofi Annan, une session consacrée au conflit soudanais
Le Nouvel Observateur, 12 décembre 2006
Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu consacre, mardi 12 décembre, une session extraordinaire au Darfour. Le conflit a déjà fait plus de 200.000 morts et, de toutes parts, des voix s'élèvent pour réclamer l'intervention des Nations unies. Le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a dû tancer les 47 Etats membres du Conseil pour qu'ils acceptent de consacrer une session extraordinaire aux exactions commises dans cette région de l'ouest du Soudan. Cette session a finalement été convoquée à la demande de 33 des Etats membres. Depuis février 2003, la guerre civile a fait plus de 200.000 morts, et deux millions de déplacés, selon l'Onu. Frontalier du Tchad et de la République Centrafricaine , le conflit au Darfour menace de déstabiliser toute la région. "Des atrocités continuent à être commises quotidiennement" au Darfour, selon la Haut commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour. Elle met directement en cause les autorités soudanaises. " Le gouvernement du Soudan et les milices qui lui sont associées (...) continuent d'être responsables des violations les plus graves des droits de l'homme et du droit humanitaire" , dénonce-t-elle.
Pas de miracle
L'Union européenne a été la première à relayer l'appel de Kofi Annan au sein du Conseil des droits de l'homme. Mais elle "n'attend cependant pas de miracle de cette session extraordinaire", confie un diplomate occidental sous couvert d'anonymat. En effet, le Conseil des droits de l'homme a adopté, par 25 voix contre 11 et 10 abstentions, une résolution du groupe africain sur le Darfour, qui tait le rôle du gouvernement soudanais dans ce conflit. "L'enjeu c'est de parvenir à casser le caractère monolithique du groupe africain", estime un diplomate occidental.
Vieux démons
Cette session extraordinaire doit déterminer si le Conseil a su chasser les vieux démons de la défunte Commission des droits de l'homme, accusée d'adopter deux poids deux mesures dans ses dénonciations, discréditée par ses manoeuvres de couloirs, et minée par la fracture nord-sud. Mais, à peine six mois après sa création, en juin dernier, le Conseil, qui remplace la Commission , est déjà critiqué. Comme la Commission , il est accusé de faire preuve de partialité, en se focalisant sur le conflit israélo-arabe pour ses trois premières sessions extraordinaires. Surtout, il voudrait museler les experts indépendants chargés de scruter les violations des droits de l'homme, dans des pays comme le Bélarus, Cuba, la Corée du Nord ou le Soudan.
Passivité honteuse
En ce qui concerne le Darfour, "tout le monde a l'air décidé à envoyer une mission sur place, mais tout dépend du mandat qui lui sera confié, de sa composition et de l'articulation de son travail avec les organisations onusiennes oeuvrant déjà sur place et avec le rapporteur spécial pour le Soudan", confie un diplomate. Mais envoyer une mission du Conseil sur place serait dérisoire au regard des enjeux. En effet, le président soudanais Omar el-Béchir refuse obstinément le déploiement d'une force de l'Onu. Il accuse la communauté internationale de soutenir les rebelles et de gonfler les chiffres des victimes. Dénonçant "la passivité honteuse" de la communauté internationale, Kofi Annan a rappelé vendredi que l'Onu se réserve la possibilité d'intervenir lorsqu'un pays manque à son devoir de protéger ses populations menacées de génocide ou de crimes contre l'humanité. "Comment une communauté internationale qui prétend défendre les droits de l'homme peut-elle permettre qu'une telle horreur continue (au Darfour) ?" , a-t-il tancé.
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L'armée de la république de Centrafricaine reprend la dernière ville tenue par la rébellion
IRIN, Bangui, 12 décembre 2006
L'armée centrafricaine a repris la dernière ville du nord encore tenue par la rébellion depuis le mois de novembre, a indiqué lundi le porte-parole du Président François Bozizé. « Ouadda-Djalle a été reprise dimanche sans aucune résistance de la rébellion », a indiqué Cyriaque Gonda, le porte-parole de la Présidence. La reconquête d'Ouadda-Djalle, dans la préfecture de Vakaga, met fin à l'occupation de plusieurs villes du nord par l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), une coalition de groupes rebelles qui a déclenché le 30 octobre un mouvement insurrectionnel menant à la prise de la ville de Birao, capitale de la province de Vakaga. La ville d'Ouadda-Djalle se trouve à une centaine de kilomètres au sud de Birao. Depuis la reprise d'Ouadda-Djalle, le capitaine Diego Albator Yao, responsable des opérations militaires de l'UFDR, est injoignable. Selon les forces rebelles, elles auraient pris les armes pour « protester contre la politique exclusionniste » du gouvernement de M. Bozizé qui, après avoir renversé le Président Ange-Félix Patassé, en mars 2003, a instauré un pouvoir basé sur des considérations ethniques. Outre Ouadda-Djalle et Birao, l'armée centrafricaine, avec l'aide des troupes françaises, a successivement repris les villes d'Ouadda, Sam-Ouandja et Ndele. En effet, liée par des accords de coopération militaire avec la République centrafricaine (RCA), et à la demande du Président Bozizé, la France a fourni un soutien logistique à l'armée centrafricaine pour mater la rébellion dans le nord et le nord-ouest du pays. Six avions de combat et quatre hélicoptères ont été utilisés pour bombarder les positions des rebelles dans les villes occupées. En outre, des troupes de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) étaient aux côtés des troupes centrafricaines lors de la reconquête d'Ouadda et de Sam-Ouandja. Selon certaines sources militaires à Bangui, la capitale, quelque 300 soldats français et 380 hommes des forces de la CEMAC auraient pris part aux opérations. « Les forces loyalistes ont brillamment repris toutes les villes contrôlées par la rébellion qui est actuellement en déroute », a déclaré lundi le porte-parole de la Présidence , M. Gonda. Pourtant, beaucoup d'habitants de Bangui ont du mal à croire que l'armée a pu reprendre toutes les villes précédemment détenues par les rebelles. Pour le chauffeur François Bassole, c'est l'avenir du pays qui est préoccupant. « Le gouvernement a annoncé que l'armée avait repris le contrôle de tout le territoire, mais les rebelles se terrent encore dans la brousse, et ils peuvent revenir », a-t-il déploré. Un point de vue que partage un officier de l'armée qui a requis l'anonymat. Le problème reste entier, a-t-il souligné, malgré la reprise de toutes les villes. « C'est bien d'avoir repris toutes ces villes, mais le plus difficile reste à faire : Débarrasser la région de ces bandes armées », a-t-il ajouté. Depuis fin octobre, la rébellion a intensifié ses opérations dans le nord de la RCA et les autorités centrafricaines avaient alors accusé le Soudan de soutenir les rebelles de l'UFDR. Au mois de novembre, après la prise des villes du nord et du nord-est, Bangui avait affirmé que les rebelles venaient de la région du Darfour, des affirmations aussitôt démenties par le Soudan. La rébellion, pour sa part, avait soutenu qu'elle n'avait aucun lien avec le Soudan. La recrudescence des activités de la rébellion dans le nord a provoqué le déplacement de milliers de civils dont certains se sont réfugiés au Soudan, et d'autres dans la brousse. Selon certains témoignages, des viols auraient été commis dans certaines villes assiégées et le gouvernement et les rebelles de l'UFDR s'accusent mutuellement d'abus des droits de l'homme. Jusqu'à présent, aucune organisation humanitaire n'a pu dresser un tableau précis de la situation des populations civiles dans la région, puisque cette dernière est inaccessible depuis la prise de Birao par les rebelles. Selon Maurizio Giuliano, chargé de l'Information publique au Bureau du Coordonnateur résident et humanitaire des Nations Unies à Bangui, en République centrafricaine, certaines organisations humanitaires se sont rendues dimanche à Birao.
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Session extraordinaire au Conseil des droits de l'homme pour le Darfour
Jeune Afrique, avec l'AFP, 12 décembre 2006
Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU consacre mardi une session extraordinaire au conflit du Darfour alors que de toutes parts s'élèvent des voix pour réclamer une intervention de la communauté internationale dans un conflit qui a déjà fait plus de 200.000 morts. Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a dû lui-même admonester les 47 Etats membres du Conseil pour qu'ils se décident à consacrer une session extraordinaire aux violations des droits de l'homme et aux atrocités commises dans cette province de l'ouest du Soudan. "Comment une communauté internationale qui prétend défendre les droits de l'homme peut-elle permettre qu'une telle horreur continue (au Darfour) ?" s'est-il encore interrogé vendredi. La guerre civile au Darfour, avec ses conséquences humanitaires, a fait depuis février 2003 plus de 200.000 morts et a jeté sur les routes plus de 2 millions de personnes, selon l'ONU. Le conflit fait tache d'huile dans les régions frontalières du Tchad et de la République Centrafricaine , menaçant de déstabiliser toute la région. La difficulté est de "surmonter la logique de blocs géographiques" qui divise le Conseil des droits de l'homme, a expliqué un diplomate occidental à l'AFP. L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) a appelé le Conseil à adopter une position ferme, sans se laisser "troubler par la campagne de propagande du gouvernement soudanais" qui cache et travestit les faits. Le président soudanais Omar el-Béchir refuse obstinément le déploiement d'une force de l'ONU et accuse la communauté internationale de soutenir les rebelles et de gonfler les chiffres des victimes.
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Après l'Angola, l'Equateur et le Soudan frappent à la porte de l'OPEP
Le Monde, 12 décembre 2006, par Jean-Michel Bezat
Faut-il avoir peur d'un renforcement de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), le bras "armé" des pays arabes qui faisait trembler l'Occident dans les années 1970 ? En mars 2007, elle devrait s'ouvrir à un douzième membre, l'Angola, la première adhésion nouvelle depuis trente-cinq ans. Avec l'arrivée du deuxième producteur d'Afrique noire (derrière le Nigeria), le cartel de Vienne s'adjoindrait une des puissances pétrolières montantes de la planète. Poussé par son homologue vénézuélien Hugo Chavez, le nouveau président de l'Equateur, Rafael Correa, a par ailleurs demandé la réintégration de son pays au sein d'un cartel qu'il avait quitté en 1992. La Bolivie d'Evo Morales a frappé à la porte de l'OPEP (même si elle a plus de gaz que de pétrole) et des voix s'élèvent pour intégrer le Soudan. Le sujet n'est pas à l'ordre du jour du sommet d'Abuja (Nigeria), le 14 décembre, essentiellement consacré à un débat sur le niveau de la production, mais il sera dans toutes les têtes. La demande de l'Angola est "une bonne initiative" , estime le cartel, qui veille depuis sa création en 1960 aux intérêts de ses membres et au bon approvisionnement du marché. "Plus nous serons nombreux, mieux ce sera" , a récemment lancé Ali Al-Naïmi, ministre saoudien de l'énergie et chef de file de l'OPEP. De nouveaux membres lui permettront de "diversifier sa production" et de donner "plus de poids" à ses décisions, assurait le ministre algérien de l'énergie, Chekib Khelil. L'intérêt de Luanda est d'abord politique, même s'il faudra le payer par d'éventuelles baisses de production : être partie prenante du processus de fixation des quotas, avoir une influence sur les cours de l'or noir et faire entendre sa voix au niveau international. L'Angola sait déjà jouer des rivalités entre les Etats-Unis et la Chine , qui veulent tous deux se libérer de leur dépendance au pétrole du Proche-Orient : le pays est devenu le premier fournisseur de Pékin.
Une organisation renforcée
Tout le monde a intérêt au développement de la production d'un pays qui possède 6 milliards de barils d'un brut léger. Après une guerre civile de vingt-sept ans (1975-2002), il a besoin de pétrodollars pour se reconstruire. Ils coulent déjà à flot (10 milliards de dollars en 2005), même si plus de 4 milliards ont disparu des caisses de l'Etat entre 1997 et 2002, selon l'organisation Human Rights Watch. Les compagnies occidentales (ExxonMobil, Chevron, Total, BP...) ont massivement investi dans la production au large des côtes angolaises. En dépit des tensions permanentes entre ses membres sur les quotas, l'arrivée de l'ex-colonie portugaise renforcera lepoids du cartel, dont la part de la production mondiale est tombée de 60 % au début des années 1970 à 40 % aujourd'hui. Il regagnera des parts de marché puisqu'il détient près des trois quarts des réserves mondiales. Les trois pays candidats ou pressentis ajouteraient 2 millions de barils par jour (aux 27,5 actuels), donnant un peu plus de poids à l'Afrique et à l'Amérique du Sud au sein d'une Organisation dominée par les pays du Golfe. Ce renforcement est-il pour autant un "réarmement" ? Le cartel reste démuni face à la volatilité des cours - flambée suivie d'une baisse de 25 % entre août et octobre. Affaibli par l'absence de la Russie , deuxième producteur mondial, de la Norvège , du Canada ou du Mexique, il donne aussi le sentiment d'être ballotté par les forces du marché et la spéculation. Malgré quelques membres turbulents, l'OPEP reste un cartel économique. Il a su "gérer intelligemment" la situation ces dernières années et l'entrée de l'Angola est "une bonne nouvelle" , estime Christophe de Margerie, qui deviendra le vrai patron de Total mi-février. A condition, nuance-t-il, que le quota accordé à ce pays tienne compte des nouveaux gisements qui y ont été découverts. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) s'inquiète, elle, d'un renforcement de l'OPEP. Il est vrai que l'Angola a récemment renforcé sa coopération avec la Russie et la Chine. L'entrée de nations peu favorables voire hostiles aux pays riches risque de renforcer le clan anti-occidental mené par l'Iran et le Venezuela, deux pays fondateurs de l'OPEP. "Porte-voix" des pays consommateurs de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), vigilante sur l'approvisionnement et soucieuse de voir les producteurs s'ouvrir aux compagnies internationales, l'AIE redoute que l'entrée dans le système des quotas de pays peu favorables aux Etats-Unis et à ses alliés pénalise les investissements et le développement des capacités de production. "Cela pourrait freiner l'apport de capital dans les activités en amont" , analysait David Fyfe, principal analyste de l'offre pétrolière à l'AIE.
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Kofi Annan estime que le Soudan devra rendre des comptes
Selon - les Nations unies, 80 000 personnes supplémentaires ont été récemment contraintes de fuir les combats au Darfour, à l'ouest du Soudan, s'ajoutant aux 2,5 millions de personnes déjà déplacées
La Croix 11 décembre 2006, J.-C. P.( avec AFP)
Une force de paix de l'Union africaine composée de 7 000 hommes est actuellement déployée au Darfour, mais elle est sous-financée et sous-équipée.
Le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a vivement critiqué vendredi « la passivité» de la communauté internationale devant l'effusion de sang au Darfour. Dans un discours à l'occasion de la Journée internationale des droits de l'Homme, il a rappelé que les dirigeants mondiaux avaient approuvé le concept de la «responsabilité de protéger» les populations menacées de génocide ou de crimes contre l'humanité, lors d'un sommet à New York en septembre 2005. «À en juger par ce qui se passe au Darfour, notre prestation ne s'est pas beaucoup améliorée depuis les désastres en Bosnie et au Rwanda», a-t-il dit. La veille, le secrétaire général de l'ONU avait déjà dénoncé le comportement du régime soudanais. Il a lancé un nouveau cri d'alarmé sur la détérioration de la situation au Darfour et ses conséquences pour les pays de la région, dont le Tchad et la Centrafrique. Kofi Annan « est alarmé par l'impact dévastateur des violences sur les civils et condamne fermement les récentes attaques et les destructions de dizaines de villages dans le nord du Darfour » a déclaré son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans un communiqué. « Plus de 80 000 personnes supplémentaires ont été contraintes de fuir leurs habitations, dont 50000 au Darfour et 30 000 au Tchad », a-t-il affirmé. «Des centaines de civils, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées, ont été tués et il y a des informations très inquiétantes de viols collectifs et d'autres violations choquantes des droits de l'homme, a-t-il ajouté.. Au Darfour et au Tchad, des employés humanitaires sont attaqués quotidiennement, des dizaines d'entre eux se sont fait voler leurs véhicules, ce qui compromet la filière humanitaire qui permet de maintenir en vie près de 4;3 millions de personnes dans la région. Ceux qui violent le droit humanitaire international en attaquant des civils et des secouristes doivent répondre de leurs actes ». Peu après la diffusion de ce communiqué, Kofi Annan a réitéré devant la presse son avertissement au gouvernement soudanais, à qui «incombe la responsabilité première de protéger ses citoyens». «Il est patent qu'il n'a pas été en mesure de le faire (….) a-t-il ajouté. La communauté internationale a offert de l'aider mais il a refusé cette aide. Ce refus le place dans une situation très difficile. Le temps venu, ses membres pourraient devoir répondre collectivement et individuellement de ce qui se passe au Darfour ». Vaste région partiellement désertique de l'ouest du Soudan, le Darfour est le théâtre d'une guerre civile et d'une grave crise humanitaire depuis février 2003. Selon l'ONU, au moins 200 000 personnes y sont mortes de mortes, victimes des combats ou de la famine, et plus de 2,5 millions ont été déplacées; sur une population totale de six millions d'habitants. Une force de paix de l'Union africaine composée de 7000 hommes est actuellement déployée au Darfour mais elle est sous-financée et sous-équipée. Son mandat a été prolongé jusqu'au 1 er janvier 2007, date à laquelle elle doit passer le relais à des casques bleus, selon la résolution 1706 du conseil de sécurité l'ONU. Mais le président soudanais Omar El Béchir s'y oppose. Selon les dernières négociations, la force de maintien de la paix serait finalement conjointe (ONU/Union africaine). Les casques bleus resteraient aux frontières pour éviter notamment une extension des combats: Vendredi, un envoyé spécial du président Bush est arrivé à Khartoum pour tenter une nouvelle fois de convaincre le régime d'accepter ce compromis. Andrew Natsios a entrepris une tournée au Soudan, au Tchad et en Éthiopie, ainsi qu'à Londres et à Bruxelles. Par ailleurs, la Norvège a protesté jeudi dernier à la suite de la décision des autorités soudanaises d'expulser une ONG, le Conseil norvégien des réfugiés (CNR). L'État régional du Darfour Sud avait décidé le 19 novembre d'expulser les responsables du CNR, accusés d'avoir publié un rapport erroné sur des viols dans le camp de réfugiés de Kalma, près de Nyala. «Plus de la moitié de la population au Darfour est dépendante de l'aide humanitaire , réagi le ministre norvégien des affaires étrangères Jonas Gahr Stoere. « Nous ne pouvons accepter que les autorités soudanaises continuent d'empêcher les acteurs humanitaires d'aider les nécessiteux ».
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Clinton plaide pour le déploiement d'une force de l'ONU au Darfour
Jeune Afrique, 11 décembre 2006
L'ancien président américain, Bill Clinton, a préconisé le week-end à New York le déploiement d'une force permanente des Nations unies pour rétablir et maintenir la paix et la sécurité au Darfour, la région occidentale du Soudan. En s'exprimant à l'occasion du dîner annuel de remise de prix de l'Association des correspondants de presse auprès de l'ONU (UNCA), il a estimé qu'il "serait normal et réaliste d'avoir une force de maintien de la paix permanente dans cette région". M. Clinton a affirmé qu'avec cette force permanente en place, il serait possible de gérer et de contrôler l'escalade des combats entre la force gouvernementale soudanaise, les milices et les rebelles, qualifiant la situation au Darfour "d'horrible et tragique". "La situation au Darfour comme la rapporte les observateurs et la presse semble terrible et il faut une mission de maintien de la paix de l'ONU pour garantir la paix et la sécurité dans cette région", a-t-il déclaré. Emissaire spécial de l'ONU pour les pays frappés par le tsunami et récipiendaire du prix du Citoyen du monde de l'UNCA 2006, M . Clinton a insisté sur la nécessité de renforcer l'ONU afin de la rendre plus efficace dans l'accomplissement de ses fonctions et de ses responsabilités. "Nous devons sans cesse imaginer comment rendre l'ONU plus efficace dans un monde indépendant où il faut quelqu'un pour continuer à faire avancer les choses", a-t-il suggéré. Il a estimé que le mandat du secrétaire général sortant, Kofi Annan, avait été "historique", saluant son passage à la tête de l'organisation. "Vous (M. Annan) êtes un homme de réussite et de réforme, étant donné votre rôle dans la promotion de la paix et la résolution des conflits, des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et de l'établissement du Fonds mondial pour le VIH/Sida", a-t-il ajouté. Selon lui, M. Annan a changé les vies de nombreuses personnes et "fait de l'ONU un endroit où les vies des gens sont changées pour le mieux". Auparavant, le président de l'UNCA, Masood Haider, avait exalté les qualités de leadership "exemplaires" de M. Clinton, estimant qu'ils devaient servir d'exemples aux dirigeants du monde. M. Haider a souligné les efforts de l'ancien président américain dans la campagne contre le VIH/SIDA en Afrique et l'après tsunami en Asie du Sud. "M. Clinton est un véritable citoyen du monde et mérite le prix de l'UNCA", a- t-il affirmé. Le temps fort de la soirée a été la remise des prix de l'UNCA à six journalistes dont le Nigérian Godwin Nnanna de Business Day Newspaper pour son article sur les coûts écologiques, médicaux et sociaux des problèmes environnementaux dans le Delta du Niger et l'Ougandais Richard Kavuma du Weekly Observer, auteur d'une série de reportages sur les efforts de l'Ouganda pour atteindre les OMD. Ces deux journalistes ont remporté le Prix de la Fondation de l'ONU pour leurs enquêtes sur les situations humanitaires et le développement. La cérémonie de remise des prix s'est déroulée en présence des membres de l'UNCA, de hauts responsables de la presse américaine basée à New York, de diplomates et de personnalités des secteurs public et privé des Etats-Unis.
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L'armée tchadienne à nouveau en difficulté face aux rebelles
Jeune Afrique, 10 décembre 2006
Après quinze jours de course-poursuite à travers tout l'est du pays, les rebelles hostiles au président Idriss Deby Itno ont à nouveau infligé samedi autour de Biltine un sérieux revers aux troupes gouvernementales, qui ont subi de très lourdes pertes. Pendant plusieurs heures, d'importants effectifs de l'armée nationale tchadienne (ANT) ont affronté à l'arme lourde les hommes de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) au nord-est de Biltine, située à 150 km de la frontière du Tchad avec le Soudan. Comme c'est devenu la règle depuis la reprise des opérations militaires à la fin du mois d'octobre, les deux camps se sont livrés, à peine leurs armes rangées, à une guerre de communiqués contradictoires. "Les gouvernementaux ont été complètement anéantis après quelques heures de combats", a ainsi affirmé le vice-président de l'UFDD Acheikh Ibn Oumar, évaluant à plus de 300 le nombre de soldats gouvernementaux tués. "Les forces gouvernementales viennent de subir une défaite encore plus catastrophique que celle d'Hadjer Méram", a-t-il ajouté. Cette petite localité du sud-est du Tchad, à 50 km de la frontière soudanaise, avait été le théâtre du premier affrontement sérieux entre l'armée et l'UFDD du général Mahamat Nouri le 29 octobre. Après avoir brièvement occupé deux villes, les rebelles avaient tendu une embuscade à l'armée lancée à sa poursuite. Des dizaines de soldats gouvernementaux y avaient trouvé la mort, dont le chef d'état-major général adjoint de l'armée d'Idriss Deby, le général Moussa Sougui. Seule voix officielle à s'être exprimée après la bataille de Biltine, l'état-major général de l'ANT a au contraire assuré samedi dans un bref texte que ses troupes avaient pris "le contrôle de la zone", parlant même de "déroute" et de "débandade" des rebelles. Dans un communiqué publié dimanche, l'état-major général de l'armée tchadienne a fait état de 83 morts et 128 blessés chez les rebelles, contre 25 morts et 36 blessés côté ANT. Loin de cette annonce, de nombreuses sources militaires et officielles tchadiennes interrogées par l'AFP ont reconnu que les combats de samedi avaient causé "de la casse" dans les rangs de l'ANT. "Apparemment, nos gars sont tombés dans une embuscade qui nous a coûté cher", a indiqué dimanche un officier s'exprimant sous couvert de l'anonymat. "Nous avons eu des pertes importantes alors que nous avions engagé beaucoup de troupes", a reconnu une autre source militaire tchadienne, "on pensait pourtant vraiment les avoir". Sitôt connue la nouvelle de la chute de Biltine jeudi, les chefs de l'armée tchadienne, qui traquaient les hommes du général Nouri depuis leur bref coup de main sur Abéché le 25 novembre, avaient immédiatement lancé leurs troupes à l'assaut de la localité. Après un premier accrochage sérieux jeudi, les hommes de l'UFDD, fidèles à leur stratégie de harcèlement, avaient abandonné la localité pour se replier à l'extérieur. C'est en ratissant le secteur que les forces gouvernementales sont une nouvelle fois tombées dans un piège. "La prise de Biltine était une diversion", a confié samedi le général Nouri. "C'est la première fois qu'on est réellement menacé", a concédé une source officielle au lendemain des combats de Biltine. "Nouri attaque par-ci, tend une embuscade par-là, c'est un vieux renard qui a beaucoup d'expérience". "Depuis seize ans qu'il est au pouvoir, jamais Idriss Deby n'avait été autant mis en difficulté sur le terrain militaire", a abondé un observateur étranger. "Mais il a de la ressource", a-t-il ajouté. "A chaque fois qu'on a annoncé la fin de son régime, il a toujours trouvé un moyen de se relever". Selon une source militaire tchadienne, les forces gouvernementales étaient toujours lancées dimanche à la poursuite des rebelles de l'UFDD. Signe de la gravité de la situation, le président Deby était dimanche en route pour le front, selon des sources concordantes jointes depuis Libreville.
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Au moins 30 réfugiés tués par les milices dans l'ouest du Darfour, selon l'ONU
Nouvel Observateur, avec AP., 10 décembre 2006
Au moins 30 civils ont été tués dans une embuscade de miliciens janjaweed à cheval contre une colonne transportant des réfugiés et du matériel humanitaire dans l'ouest du Darfour (Soudan), a annoncé l'ONU dimanche. Des soldats de l'Union africaine enquêtant sur cette attaque ont ensuite été pris en otage par la foule en colère. La milice supplétive du gouvernement militaro-islamiste de Khartoum a attaqué à la roquette lance-grenades ce convoi entre les villes d'El Geneina et Sirba, a précisé un employé d'organisation humanitaire s'exprimant sous le couvert de l'anonymat. Le nombre exact de civils tués n'était pas précisé, mais ils seraient une trentaine, selon Radhia Achouri, porte-parole de l'ONU au Soudan. "Certains des passagers ont été abattus par balles par les assaillants, et d'autres ont été brûlés vifs pendant l'attaque", a précisé l'ONU dans un autre communiqué. Selon le porte-parole de l'UA Noureddine Mezni, la population, rendue furieuse par ces morts, a pris en otage l'équipage d'un hélicoptère et huit Casques blancs de la force africaine qui enquêtaient à Sirba sur cette attaque. La base de l'UA à El Geneina a également été prise pour cible, a précisé Noureddine Mezni, sans dire qui étaient les assaillants. Après l'attaque, la police soudanaise a transporté les corps des victimes, tous des réfugiés membres de la tribu des Erenga, dans un camp de réfugiés en lisière d'El Geneina, et des manifestations se sont déclenchées dans la ville, les émeutes se poursuivant dans la journée de dimanche. Un couvre-feu a été imposé sur El Geneina, mais l'ONU n'avait pas pour l'instant l'intention d'évacuer ses personnels. Déjà, quelque 135 membres de l'ONU, diplomates et humanitaires ont évacué El Fasher, capitale du Darfour Nord, où au moins dix personnes ont été tuées par les janjaweed et que la rébellion menace d'attaquer. Vingt-cinq autres quittaient la ville de Kutum, et enfin 41 partaient de divers endroits du Sud-Darfour où les locaux de l'ONU ont été attaqués. Selon un travailleur humanitaire encore à El Fasher, les janjaweed sont désormais déployés dans la ville. L'ONU faisait pour sa part état de violents affrontements entre les forces gouvernementales et une faction rebelle dans le secteur entre El Fasher en El Geneina. Le ministre de la Défense Abdul Rahim Hussein se rendait sur place pour "évaluer la situation", selon l'agence officielle soudanaise SUNA, alors que les vols vers le Darfour étaient annulés dimanche.
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Bruxelles, Radio, télévision, 10 décembre 2006
10 décembre : journée internationale des Droits de l'homme. Cette année c'est le Darfour qui est au centre des actions et des manifestations en Belgique et dans le monde. La guerre civile fait rage dans cette province du Soudan. Le Darfour est le théâtre depuis février 2003 d'une guerre civile et d'une grave crise humanitaire qui, selon l'ONU, ont fait plus de 200.000 morts et jeté sur les routes plus de 2 millions de personnes. Samedi encore, une attaque a visé un bus transportant 34 personnes à 7 km de Sirba, non loin de la frontière avec le Tchad. 22 personnes ont été tuées et dix blessées. Un chiffre que conteste les autorités de Khartoum. Il faut dire que depuis des années les Nations Unies tentent de convaincre le gouvernement soudanais d'accepter le déploiement de Casques bleus à la place de la force africaine mal-équipée et sous-financée. Cette force onusienne qui pourrait s'interposer entre les milices arabes à la solde du régime soudanais et les villageois. Elle pourrait aussi permettre enfin l'accès des organisations humanitaires aux camps de réfugiés. Jusqu'ici les autorités s'y sont refusées. Au Darfour, les massacres, les violences et les viols se poursuivent.
Annan dénonce la passivité de la Communauté internationale :
Vendredi, le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a dénoncé "la passivité honteuse" de la Communauté internationale. Il a également rappelé que l'ONU s'est réservée la possibilité d'intervenir lorsqu'un pays manque à son devoir de protéger ses populations menacées de génocide ou de crimes contre l'humanité. " Comment une communauté internationale qui prétend défendre les droits de l'homme peut-elle permettre qu'une telle horreur continue ?" s'est-il interrogé.
Une bougie pour le Darfour :
Selon Amnesty qui suggère cette année encore d'allumer des bougies en guise de solidarité, il y a trop d'intérêts économiques en jeu dans cette région du monde. Pour le directeur d'Amnesty International Belgique " la communauté internationale semble extrêmement divisée et démunie par rapport à ce qui s'y passe, non pas qu'elle manque d'outils pour réagir mais il n'y a pas la volonté politique commune d'agir et donc, on voit que les Nations Unies sont obligées de quitter le Darfour parce qu'ils ont peur pour leur personnel (…) on assiste, comme ça, quasiment en direct à des massacres, à des viols en série sans pouvoir véritablement réagir, ou en tout cas sans que la communauté internationale ne se donne les moyens de réagir "
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Raid meurtrier au Darfour, non loin de la frontière du Tchad
L'Express, 10 décembre 2006
Des cavaliers armés ont attaqué un camion transportant des passagers civils et de l'aide humanitaire samedi au Darfour, tuant une trentaine de personnes, ont annoncé dimanche les Nations unies Radhia Achouri, porte-parole de l'Onu au Soudan, a précisé que ce bilan était encore approximatif, mais qu'il incluait un certain nombre de victimes brûlées vives près de Sirba, à 45 km au nord d'El Geneina, capitale de l'Etat du Darfour occidental. Un peu plus tôt, l'Union africaine (UA), qui dispose dans la région d'une force de maintien de la paix de 7.000 hommes, avait avancé un bilan de 22 morts et d'une dizaine de blessés lors de cette attaque. Achouri n'a pas identifié les assaillants mais il est notoire que des miliciens arabes connus sous le nom de "djandjaouids" écument la région à dos de cheval ou de dromadaire s'attaquant aux civils. Le gouvernement de Khartoum, qui fait face à une rébellion des populations négro-africaines au Darfour, dément les soutenir. En novembre, déjà, la localité de Sirba avait été attaqué par des cavaliers armés présentés comme des djandjaouids, qui avaient tués 30 villageois et en avaient blessé une quarantaine. L'Onu souhaite déployer au Darfour des casques bleus pour appuyer le contingent mal payé et sous-équipé de l'UA mais le gouvernement soudanais du président Omar al Bachir s'y oppose en dénonçant une tentative de "recolonisation". Les violences au Darfour ont fait, depuis 2003, 200.000 morts et 2,5 millions de réfugiés.
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Les « obstacles à la reconstruction » du Soudan, par Laurent Stemler, de l'AED
Le point de vue de Mgr César Mazzolari, évêque de Rumbek, Sud Soudan
Zénit, Rome, 10 décembre 2006
Les « obstacles à la reconstruction » du Soudan, sont analysés par Laurent Stemler, chef de l'information de l'Aide à l'Eglise en Détresse (AED.
«L'AED (Aide à l'Eglise en détresse) nous a soutenus depuis des années. Ce soutien atteint immédiatement les nécessiteux», dit Mgr César Mazzolari, évêque de Rumbek, situé dans le sud du Soudan, en ajoutant : «Cependant il est regrettable que les deux tiers de l'aide humanitaire n'atteignent pas les gens. Pourtant la communauté internationale confie ces moyens financiers au gouvernement de Khartoum». Des sommes importantes sont accordées aux programmes humanitaires réalisés au Soudan, surtout dans la région de Darfour, secouée par les crises. Mais cet argent n'est pas remis à des partenaires fiables. L'Église, qui apporte une contribution essentielle à la reconstruction du pays, ne reçoit pratiquement rien. Au lieu de cela, l'argent disparaît par des voies peu transparentes. «Une fois de plus, les victimes sont ceux qui ont déjà dû faire face à une guerre civile cruelle qui a duré des décennies» comme l'a souligné récemment Mgr Mazzolari, qui appartient à la Congrégation des Missionnaires Comboniens du Coeur de Jésus, lors d'une visite au siège de l'Aide à l'Église en Détresse. Le prélat de 69 ans a ajouté : «Il s'agit de personnes traumatisées qui ont perdu leurs plus proches parents : des hommes et des femmes dépourvus d'espoir et sans identité. Nous essayons de les aider en faisant preuve de patience ». L'Église catholique ainsi que certaines organisations non gouvernementales s'efforcent de soulager la détresse de ces personnes, comme l'affirme l'évêque. Le diocèse de Rumbek, malgré ses ressources limitées et grâce aux aides venant de l'étranger, a réussi à améliorer la couverture médicale de la population, qui, au début, avait été largement insuffisante. Mgr César Mazzolari affirme : «Dans le sud du Soudan, des maladies comme le paludisme, la lèpre et la tuberculose sont très répandues. 57 % des enfants meurent avant d'avoir atteint l'âge de cinq ans». Le diocèse de Rumbek qui, en ce moment, assume l'administration d'une partie du diocèse voisin, le diocèse de Wau, compte 3,8 millions d'habitants. Ces personnes, parmi lesquelles se trouvent beaucoup de réfugiés venant de la région de Darfour, vivent dans les conditions les plus difficiles. La plus grande partie des infrastructures a été détruite pendant la guerre civile. Les puits faisant défaut, l'approvisionnement en eau est insuffisant. Les écoles existantes doivent être restaurées et de nouvelles écoles doivent être construites. De nombreux projets ne peuvent pas être réalisés faute d'argent. Mgr Mazzolari affirme : «Nous sommes restés pendant la guerre. Ceux qui sont au pouvoir savent que l'Église est la voix du peuple. Et c'est justement la raison pour laquelle on ne nous accorde pas de soutien». Au lieu de cela, on encourage l'islamisation. Les chrétiens ne sont pas les bienvenus. Ce fait, accompagné de la corruption, représente un obstacle considérable à la reconstruction. La situation des personnes sur place est presque insupportable. Dans le sud, on est déçu du manque de volonté de la part du gouvernement de Khartoum d'accorder les aides promises dans le traité de paix du 9 janvier 2005. Le Sud du pays est riche en terres fertiles et en matières premières telles que le pétrole. Cependant, les recettes réalisées par les gisements de pétrole profitent seulement à un nombre restreint de personnes qui vivent dans le Nord du pays. Entre-temps, le diocèse de Rumbek a mis en place son propre programme de santé et dispose de six cliniques pour traiter des personnes souffrant de la tuberculose et de la lèpre, de quatre centres dispensant des soins médicaux de base, d'une clinique chirurgicale ainsi que d'une unité chirurgicale mobile. Néanmoins, les cliniques du diocèse ne sont pas bien équipées en ce qui concerne la technique et le personnel. Par ailleurs, le diocèse gère près de 140 centres de formation, 17 écoles primaires et secondaires ainsi que 120 écoles dites «écoles satellites» qui transmettent des connaissances de base ». Selon l'évêque, l'engagement social qui requiert des moyens financiers plus importants s'accompagne d'un engagement missionnaire. Actuellement, 100 catéchètes soutiennent le travail des 27 prêtres et des 50 religieuses. À intervalles réguliers, de petites équipes organisent des réunions partout dans le diocèse, afin d'encourager les chrétiens vivant dans les missions dispersées. L'Aide à l'Église en Détresse soutient ce travail ainsi que la formation de jeunes ecclésiastiques. En ce moment, ils sont au nombre de 20. Mgr Mazzolari souligne : « Nous avons besoin de prêtres qui vivent avec la population ».
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Comprendre la crise du Darfour
BBC, Londres, 8 décembre 2006
Le conflit du Darfour, dans l'Ouest du Soudan, a débuté en 2003, après que des groupes rebelles eurent attaqué des objectifs gouvernementaux, se plaignant de discriminations à l'encontre des populations noires.
Une certaine tension avait déjà prévalu pendant plusieurs années dans le Darfour, liée notamment à des conflits fonciers entre nomades arabes et fermiers appartenant aux tribus Four, Massalit, et Zagawa. BBCAfrique.com se penche dans cet article sur les conséquences de ce conflit sur les pays voisins du Soudan, notamment le Tchad et la République centrafricaine.
Les Djandjawids et les rebelles tchadiens
Le Tchad accuse les milices arabes djandjawid, soutenues par le gouvernement soudanais, d'attaquer des villageois installés sur son territoire. N'djamena affirme que ces miliciens s'en sont également pris aux quelque 200 000 réfugiés venus dans l'Est du Tchad, pour fuir les violences dans le Darfour. Le gouvernement tchadien accuse aussi Khartoum de soutenir l'UFDD - l'Union des Forces pour la Démocratie et le Développement -, une coalition de petits groupes armés et de déserteurs qui ont lancé des attaques transfrontalières, à partir du Darfour. Ces attaques ont suscité des tensions inter-communautaires dans l'Est du Tchad, dont la composition ethnique est similaire à celle du Darfour.
Les rebelles du Darfour
Le Soudan accuse le Tchad de soutenir les rebelles du Front National de Rédemption du Darfour, auteurs eux aussi d'attaques transfrontalières visant le territoire soudanais. Selon certaines informations, ils auraient également été intégrés à l'armée tchadienne - une accusation démentie par le régime tchadien. Certains rebelles du Darfour appartiennent à l'ethnie zagawa - celle du président tchadien, Idriss Déby. Le Tchad s'est également dit favorable au déploiement de troupes de maintien de la paix des Nations unies à la frontière avec le Soudan, une porposition rejetée par Khartoum.
Les rebelles centrafricains
La République centrafricaine accuse le Soudan de soutenir les rebelles de l'UFDR -l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement -, qui se sont récemment emparés de plusieurs villes centrafricaines. Le gouvernement de Bangui affirme que l'UFDR opère à partir du Darfour, avec le soutien des autorités soudanaises. Les forces françaises ont pris fait et cause pour l'armée régulière centrafricaine, à laquelle elles apportent un soutien logistique.
Renforts tchadiens
Le Tchad assure qu'il enverra des soldats en République centrafricaine, pour combattre les rebelles qui opèrent dans le Nord du pays. N'djamena accuse Khartoum de chercher à déstabiliser à la fois le Soudan et la République centrafricaine, et propose la constitution d'une alliance contre le Soudan. Près de 50 000 réfugiés sont arrivés au Tchad au cours de ces dernières semaines, fuyant les combats en République centrafricaine.
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Darfour: des personnalités féminines lancent un appel à la communauté
Canada Info, Montréal, info, 8 - décembre – 2006
Plusieurs personnalités féminines du monde entier ont appelé samedi la communauté internationale à déployer une force de maintien de la paix robuste au Darfour, pour protéger les femmes victimes de viols. Dans une lettre publiée par plusieurs journaux dans le monde à l'occasion de la Journée internationale pour le Darfour, ces femmes, parmi lesquelles l'ancienne secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albright et l'ancienne Premier ministre française Edith Cresson, ont déclaré que le viol et les violences sexuelles "étaient utilisés quotidiennement comme des armes de guerre" dans cette région du Soudan. "Les femmes et les jeunes filles vivent dans la peur constante d'une attaque", ajoute la lettre, mais le gouvernement soudanais "soit ne veut pas soit est incapable de protéger ses propres civils". La lettre a également été signée, notamment, par la défenseur des droits de l'enfant Graca Machel, la Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Mary Robinson, la parlementaire palestinienne Hanan Ashrawi et l'écrivain soudanaise Fatima Babiker Mahmoud. Des événements avaient lieu dans 40 pays samedi pour marquer cette Journée internationale pour le Darfour, où plus de 200.000 sont mortes et 2,5 millions ont été déplacées dans le conflit qui oppose le gouvernement arabe aux milices rebelles africaines depuis 2003. Le gouvernement soudanais est accusé d'employer les milices arabes janjaweed, auxquels sont reprochées les pires atrocités contre des civils, pour l'aider à vaincre la rébellion.
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Le Monde, 7 décembre 2006 Le Soudan et le Tchad s'affrontent en soutenant chacun des rébellions dans le pays voisin ; le conflit du Darfour paraît incontrôlable ; ces rébellions débordent en Centrafrique. L'Afrique centrale bascule, de nouveau, dans la guerre, et la France est en première ligne. Paris avait déjà sauvé le régime d'Idriss Déby lors de l'attaque rebelle d'avril. Depuis dix jours, l'armée française aide les Tchadiens à contrer de nouvelles offensives. Depuis dix jours aussi, les forces françaises interviennent en Centrafrique, là encore aux côtés de l'armée gouvernementale, contre la rébellion. Au Tchad, l'engagement dans les combats est indirect ; en Centrafrique, les soldats français vont au feu, les Mirage tirent sur les rebelles. Dans ces deux pays, Paris se trouve de facto face au Soudan et à une myriade de guérillas. La première question posée par ces interventions militaires, même sous couvert d'"internationalisation", est celle du rôle de "gendarme" de la France sur le continent noir. Paris est lié, outre l'"accord de coopération militaire", normalement restrictif, avec le Tchad, par des "accords de défense" avec six pays (Centrafrique, Congo-Brazzaville, Côte d'Ivoire, Gabon, Sénégal et Togo). En Afrique centrale, au coeur de la zone des "trois frontières", pourquoi la France se donne-t-elle un rôle de sentinelle ? Cet engagement joue peut-être un rôle stabilisateur. Mais peut-être ne sert-il aussi qu'à défendre des régimes indélicats ou à sauvegarder des intérêts purement français. La seconde question posée par ces interventions en catimini concerne les Français. Ces dix derniers jours, c'est par des déclarations laconiques à l'Agence France-Presse du capitaine de vaisseau Prazuck, porte-parole de l'état-major des armées, que les nouvelles tombent : "Des Mirage F1 français ont ouvert le feu plusieurs fois au cours des derniers jours" , "Un sous-officier français, dont les jours ne sont pas en danger, a été blessé" , etc. Le sommet de l'Etat est muet. Récemment, lorsque Jacques Chirac a pris la plume, ce fut pour assurer le président centrafricain Bozizé que " la France (restait) plus que jamais aux côtés de la Républicaine centrafricaine" ; lorsque Dominique de Villepin a pris la parole, ce fut, à N'Djamena, pour affirmer au président tchadien Déby qu'il pouvait compter sur "le soutien de la France " . Pas un mot aux Français. Pas de déclaration à l'Assemblée nationale. Pas même un communiqué. A l'heure où le débat sur le rôle de la France au Rwanda au début des années 90, avant et pendant le génocide des Tutsis, ressurgit, où la situation en Côte d'Ivoire se dégrade, où la guerre s'étend en Afrique centrale, le pouvoir politique doit dire aux Français dans quelles guerres leurs soldats sont engagés, et pourquoi. Si une guerre est légitime, il n'y a pas de raison de la cacher. Si elle est illégitime, il n'y en a pas de la mener.
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L'armée française en première ligne dans les conflits d'Afrique centrale
Au Tchad et en Centrafrique, la France retrouve un rôle de « gendarme de l'Afrique », alors qu'elle cherche à « européaniser » sa présence sur le continent noir.
Le Monde, 7 décembre 2006, par Jean-Philippe Rémy (à N'Djamena) et Laurent Zecchini
Alors qu'elle s'efforce depuis un an d'"européaniser" sa présence sur le continent noir pour sortir d'un tête-à-tête devenu contre-productif, la France retrouve-t-elle malgré elle son rôle historique de "gendarme" en Afrique ? Bien que l'affirmation provoque des dénégations agacées au ministère de la défense, les événements en cours au Tchad et en République centrafricaine (RCA) tendent à accréditer cette impression. Dans les deux pays, des soldats et des avions de chasse français participent aux opérations militaires engagées par des régimes affaiblis pour annihiler des rebelles qui menacent de déstabiliser leur pouvoir. Les militaires français insistent sur les différences entre ces deux crises, tout en reconnaissant qu'elles ont, outre des causes endogènes, des racines communes, dans la mesure où le Soudan voisin arme ces guérillas, leur offre un sanctuaire entre deux offensives, et les instrumentalise. Le régime du président soudanais Omar Al-Bachir, hostile à toute présence d'une force internationale sur son territoire ayant vocation à mettre un terme au drame du Darfour, chercherait ainsi à desserrer la pression qui s'exerce sur lui en internationalisant la crise, c'est-à-dire en déstabilisant ses voisins. Il faut porter un coup d'arrêt à l'extension du conflit du Darfour au Tchad et en Centrafrique, explique-t-on à Paris. L'explication est fondée mais incomplète, puisque le Tchad, comme le Soudan, soutiennent les rébellions mutuelles de leur voisin. En intervenant de façon déterminante au Tchad et en Centrafrique, la France soutient à la fois des pays avec qui elle est liée par des accords de défense et de coopération militaire, et elle conforte son réseau de relations régionales. Elle agit ainsi sous le regard des pays "amis" d'Afrique centrale, comme le Gabon et le Congo-Brazzaville, qui souhaitent voir Paris continuer à jouer ce rôle de "gendarme" qui leur garantit un soutien identique si des troubles similaires venaient à éclater chez eux. La base de N'Djamena, où sont stationnés six avions de chasse Mirage F-1, des avions de transport Transall, des avions ravitailleurs et des hélicoptères, joue le rôle de "plate-forme stratégique" permettant à Paris d'envoyer ses avions, pour des missions militaires ou humanitaires, dans la région. C'est l'intervention des Mirage de N'Djamena qui a permis, en avril, de mettre en échec l'offensive d'un mouvement rebelle, le Front uni pour le changement (FUC), arrivé aux portes de la capitale tchadienne. Ce sont ces mêmes Mirage qui sont intervenus ces derniers jours dans le nord du Centrafrique pour détruire les mortiers et les mitrailleuses lourdes de 14,7 mm utilisés par les rebelles de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), et stopper leur avance vers Bangui. Les 200 militaires français qui étaient présents en RCA depuis 2003, dans le cadre de l'opération "Boali", ont été renforcés à la mi-novembre par une centaine d'hommes. Ils ont aidé les Forces armées centrafricaines (FACA) et les 380 soldats de la Fomuc (Force multinationale de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale) à reprendre la ville et l'aéroport de Birao, et à lancer une contre-offensive dans la région d'Ouadda, située à 700 kilomètres au nord de Bangui. Les deux conflits sont intrinsèquement liés, ne serait-ce qu'en raison des liens qui unissent les rebelles de l'UDFR à ceux de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) de l'opposant tchadien Mahamat Nourri. Officiellement, la France est liée par des "accords de défense" avec la RCA , comme avec cinq autres pays africains (Cameroun, Côte d'Ivoire, Gabon, Togo et Sénégal), alors qu'elle dispose d'un simple "accord de coopération militaire" avec le Tchad. Dans le premier cas, elle peut se livrer à une "assistance opérationnelle" et à un "appui aérien" , dans le second à un simple "soutien logistique" . Le président centrafricain, François Bozizé, peut demander l'assistance militaire de la France s'il est attaqué, alors que, théoriquement, le président tchadien, Idriss Déby, ne peut attendre qu'une simple coopération militaire. Dans les faits, cette distinction juridique est ténue, même s'il est vrai que, au Tchad, les forces françaises se sont appliquées à éviter de passer au stade d'une confrontation directe avec les rebelles. Dans les deux pays, la France endosse un rôle protecteur des régimes en place, tout en assurant qu'il ne s'agit plus d'un réflexe ancien vis-à-vis du "pré carré". "Ce sont deux actions parallèles qui ne sont pas antinomiques , souligne un général français. Il y a, d'une part, nos efforts pour accentuer la coopération entre l'Union européenne et l'Union africaine, qui se manifeste avec les exercices Recamp (Renforcement des capacités africaines de maintien de la paix). De l'autre, il y a la crise du Darfour, avec des Africains qui essaient de faire quelque chose, mais qui ne recueillent pas beaucoup de soutien de la communauté internationale, et à qui nous essayons de prêter main-forte. Et puis , ajoute-t-il, il faut bien gérer les crises en cours, et aussi le poids de l'héritage..."
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La France dans la guerre des "trois frontières"
Le Figaro, 6 décembre 2006 par A rnaud de la Grange.
En intervenant dans le nord du pays, l'armée française veut aussi éviter une déstabilisation du Tchad voisin.
ON EST LOIN, très loin, des accrochages habituels avec des coupeurs de route, les bandes mi-rebelles mi-bandits de l'APRD (Armée pour la restauration de la république et de la démocratie) qui sévissent dans le nord-ouest de la Centrafrique. Dans le nord-est du pays, c'est une vraie petite guerre qui se livre depuis dix jours. Et l'armée française - en « deuxième échelon » , selon la terminologie consacrée - se retrouve en fait en première ligne. Ses avions bombardent et, au sol, les commandos français cornaquent l'armée centrafricaine.
Tout a commencé le 27 novembre, quand les Faca (Forces armées centrafricaines) ont entrepris de reconquérir le nord-est du pays, occupé depuis le 3 octobre par les rebelles de l'UFDR (Union des forces démocratiques pour le rassemblement). Avec comme premier objectif la ville de Birao, à 800 kilomètres au nord de Bangui. Une opération où l'armée française a joué un rôle central. Pour le renseignement, d'abord, avec les moyens de reconnaissance aériens fournis par les Mirage F1 et les avions de patrouille maritime Atlantic II, basés au Tchad. Pour le transport, ensuite, puisque les soldats centrafricains ont été acheminés à bord de Transall. Auparavant, la piste de l'aéroport avait été sécurisée par des éléments français héliportés, avec les premiers accrochages à la clé.
Depuis, les Mirage ont ouvert le feu à plusieurs reprises, notamment le week-end dernier. Et, au sol, les combats sont plus violents que prévu. Comme souvent, les soldats français des GCP (groupements de commandos parachutistes, officiellement « conseillers » militaires, mènent la manoeuvre au plus près. L'un d'eux a été sérieusement blessé vendredi à Ouadda. « Les rebelles sont aguerris, disciplinés, plutôt bien armés et équipés en moyens de transmission, reconnaît une source militaire, quand ils doivent se replier, ils savent se regrouper de manière coordonnée. » La rébellion de l'UFDR - quelque 200 hommes - est composée d'opposants centrafricains mais aussi d'ex- « libérateurs », qui s'estiment mal récompensés par le général Bozizé pour leur rôle dans le coup de force de 2003. Mais on y retrouve aussi des rebelles tchadiens et de mystérieux « mercenaires » soudanais.
Ni aguerris ni motivés
Aujourd'hui, une colonne encadrée par deux ou trois dizaines de militaires français remonte d'Ouadda vers Birao pour repousser les rebelles. Formée de soldats des Faca mais aussi de troupes de la Fomuc , la Force multinationale de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale, elle progresse laborieusement. La combativité des Faca est en effet relative : peu aguerris et appartenant majoritairement à l'ethnie yacoma, celle du général Kolingba, ils ne sont guère motivés pour se faire tuer pour le président Bozizé... Pour tenir le terrain reconquis, les Français comptent surtout s'appuyer sur les éléments tchadiens de la Fomuc.
À Paris, on se défend de revenir aux vieilles interventions unilatérales dans l'ancien pré carré. « C'est la stabilité de toute la sous-région, Tchad et Soudan compris, qui est en jeu, explique-t-on, et cette intervention sert l'action internationale mobilisée notamment autour du Darfour. » On rappelle aussi qu'à plusieurs reprises des rebelles tchadiens, basés au Soudan, sont passés par ce nord de la Centrafrique pour attaquer le régime d'Idriss Déby. Cette thèse de la sécurité régionale est aussi soutenue par le ministre centrafricain des Affaires étrangères, Côme Zoumara, qui estime qu' « au-delà de la Centrafrique , c'est le sort de toute la sous-région qui est en jeu. C'est pourquoi nous soutenons le projet de force internationale » . Cette force, pour laquelle milite la France mais qui suscite les réticences de Khartoum, serait forte de quelques centaines d'hommes et déployée entre le Soudan et le Tchad. Et jusqu'en Centrafrique, donc, pour ne pas avoir une bande de rebelles dans le dos.
Le déploiement de cette force pourrait prendre quelques mois. En attendant, Paris risque fort de devoir jouer les sentinelles dans la zone troublée des « trois frontières ».
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ACP : Khartoum accueille le sommet
Afrique Centrale Info, 6 décembre 2006
Les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), tiennent jeudi et vendredi leur cinquième sommet à Khartoum, une réunion essentiellement consacrée au partenariat économique avec l'Union européenne (UE). Placé sous le thème "Unis pour la paix, solidarité et développement durable", ce sommet auquel participeront 45 pays et 16 chefs d'Etat, doit déboucher sur une "Déclaration de Khartoum". Ce document devrait notamment présenter la stratégie de l'ACP concernant le partenariat avec l'Union européenne (UE) qui s'apprête à lui supprimer des avantages commerciaux. Les rapports commerciaux de l'ACP avec l'UE étaient jusqu'ici basés sur des tarifications peu élevées de ses produits entrant sur le marché européen. Les deux parties sont liées par les accords de Cotonou de 2000 prévoyant la fin d'un traitement préférentiel pour les produits ACP sur le marché européen. Ce régime permettait aux produits, notamment agricoles, des pays ACP d'être vendus sur le marché de l'UE avec des droits de douane peu élevés alors que les produits européens exportés dans l'autre sens étaient taxés. A la mi-octobre, le Commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, avait estimé que l'ACP devait accepter une nouvelle forme de partenariat remplaçant une relation de dépendance, celle des conventions dites de Lomé sur le traitement préférentiel. D'ici début 2008, l 'UE doit réviser ce traitement préférentiel pour se conformer aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), favorisant le libre-échange et réduisant le système d'avantages préférentiels, comme ceux qui étaient accordés au coton, à la banane ou au sucre. L'UE propose aux pays ACP de négocier d'ici la fin 2007 des "Accords de partenariat économiques" visant selon M. Mandelson à "transformer des bénéficiaires d'aide au développement en partenaires commerciaux prospères". Les Européens veulent accompagner la refonte de leur relations commerciales avec les pays de l'ACP par une aide annuelle de 2 milliards d'euros, selon un engagement pris à Hong Kong en décembre 2005, en marge d'une réunion de l'OMC. Outre les rapports avec l'UE, les pays de l'ACP veulent à l'occasion de ce sommet, élargir leur coopération économique, d'où la tenue d'un Forum des affaires mercredi pour présenter des projets susceptibles de susciter des partenariats bilatéraux ou multilatéraux. Le Soudan, quant à lui, espère que la réunion va permettre de desserrer un tant soit peu l'étau des sanctions économiques américaines qui frappent le pays et de vendre l'image d'un pays ouvert aux affaires et en plein développement. L'aspect politique de ce rassemblement à Khartoum n'est pas négligeable, les autorités soudanaises cherchant à s'assurer le soutien de leurs partenaires sur la scène internationale, notamment en ce qui concerne le Darfour, région de l'ouest du pays en proie à la guerre civile.
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Paris s'engage à soutenir militairement le régime tchadien
Le Figaro, 6 décembre 2006 par Tanguy Berthemet.
Des automitrailleuses et des véhicules tout-terrain seront fournis aux troupes du président Idriss Déby.
La visite éclair de Dominique de Villepin à N'Djamena, jeudi dernier, n'avait rien d'anodin. Alors que le Tchad est en proie à plusieurs rébellions à ses marches orientales, le premier ministre français entendait rassurer Idriss Déby, le maître du pays depuis 1990, mais dont le pouvoir chancelle. Il s'agissait aussi de resserrer les liens entre les deux pays alors que les relations se sont tendues ces derniers mois. Dominique de Villepin a tenu à rappeler la « responsabilité spécifique de la France vis-à-vis du Tchad » et le soutien de Paris « au gouvernement légitime » . Le soutien n'a pas été seulement verbal. Promesse aurait été faite de livrer de l'armement. Selon des sources françaises, le gouvernement aurait accepté de fournir une vingtaine d'automitrailleuses à la garde présidentielle et une trentaine de véhicules tout-terrain à l'armée tchadienne. « Ces discussions n'ont rien d'anormal et restent dans le cadre de l'accord militaire qui lie les deux pays » , assurait hier un diplomate.
Paris, qui entretient 1 200 soldats au Tchad, aurait également garanti la poursuite de son soutien logistique et de renseignement à l'armée tchadienne. En cas d'attaque contre la capitale, les Mirage basés à N'Djamena ont été autorisés à intervenir directement en tirant des coups de semonce pour freiner l'avance des assaillants. En avril, un appareil français avait déjà ouvert le feu près d'une colonne de rebelles du Front uni pour le changement (FUC). Une diversion qui avait permis à l'armée tchadienne de préparer sa défense puis d'arrêter, dans le sang, cette offensive aux portes de N'Djamena.
Déploiement d'une force de l'ONU
En échange, la France entend promouvoir le déploiement d'une force des Nations unies à la frontière entre le Soudan et le Tchad. Ces Casques bleus auront pour tâche d'éviter que le conflit qui sévit depuis près de quatre ans dans la province du Darfour ne contamine pas encore plus la région. Ils devront aussi à mettre un terme à l'armement par Khartoum et N'Djamena de leurs oppositions respectives. « Il s'agirait d'une simple mission d'observation » , tempère-t-on à l'ONU. L'idée, annoncée fin novembre par le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, avait alors été vivement rejetée par le gouvernement tchadien.
Apparemment, le voyage de Dominique de Villepin a permis d'aplanir ce différent. À l'issue de la rencontre, Idriss Déby a déclaré « accepter la proposition faite par les Nations unies de disposer des hommes aux frontières pour stabiliser la région ». Mais Idriss Déby n'a donné qu'un accord de principe. N'Djamena redoute toujours qu'une force internationale lui retire une part de son autorité militaire sur la zone. Selon des sources tchadiennes, Idriss Déby souhaiterait un engagement plus grand de l'armée de l'air française, à l'image de celui en cours en Centrafrique (voir ci-contre) . Il s'est également refusé pour l'heure à lancer un dialogue national avec l'opposition non armée, un projet encouragé par Paris pour tenter de sortir de l'escalade militaire.
Coalition rebelle
Sur le terrain, la situation est loin de se détendre. Hier, l'armée tchadienne a affirmé avoir repris, vendredi dernier, la localité de Guéréda aux termes de violents combats. La lutte aurait fait 120 tués dans les rangs du Rassemblement des forces démocratiques (RaFD), dont le chef d'état-major de cette coalition rebelle. Cette dernière n'avait pas publié de bilan hier.
Face à la dégradation de la situation, le programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé hier la suspension de ces activités dans l'extrême est du pays. Près de 56 000 personnes « aussi bien des réfugiés soudanais que des Tchadiens, dépendent de nous mais à l'heure actuelle, la situation est trop volatile pour que nos équipes travaillent normalement » , explique le PAM dans un communiqué. Lundi, plusieurs ONG avaient également décidé de suspendre leurs activités dans cette région.
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Droits de l'homme: soutien de 33 pays à la session sur le Darfour
Le soutien à une session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme sur le Darfour s'est élargi: 33 pays sur les 47 membres ont appuyé la demande de l'Union européenne, a fait savoir l'ONU. La session aura lieu le 12 décembre.
Suisse Info, Zurich, 5 décembre 2006
La requête présentée la semaine dernière par la Finlande au nom de l'UE a recueilli l'aval des sept membres du groupe occidental (dont la Suisse ) ainsi que des huit membres du groupe latino-américain (dont Cuba). Seul l'Azerbaïdjan n'a pas approuvé la session spéciale au sein du groupe d'Europe orientale (six pays, dont la Russie ). Pour le groupe africain, neuf pays sur treize ont exprimé leur accord (font exception le Cameroun, Djibouti, le Mali et le Sénégal). Le groupe des Etats d'Asie est le plus divisé: si la Chine , l'Inde, le Japon et la Corée du sud ont soutenu la demande de l'UE, l'Arabie saoudite, le Bahreïn, le Bangladesh, l'Indonésie, la Jordanie , la Malaisie , le Pakistan, les Philippines et le Sri Lanka ne l'ont pas avalisée. La session extraordinaire sur le Darfour a ainsi recueilli un soutien plus large au sein du Conseil que les trois précédentes sessions extraordinaires: les 5 et 6 juillet sur Gaza, le 11 août sur la guerre au Liban, le 15 novembre sur Beit Hanoun (Gaza). Un tiers des pays membres du Conseil (soit 16 pays) suffit pour convoquer une session extraordinaire. Selon le projet de résolution présenté par l'UE, le Conseil doit demander le 12 décembre la fin des violations des droits de l'homme au Darfour. Il doit décider d'envoyer une mission d'enquête dans la province de l'ouest du Soudan conduite par le rapporteur spécial de l'ONU pour le Soudan. Cette mission devra faire rapport à la quatrième session régulière du Conseil (12 mars au 6 avril).
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N'Djamena se déclare "en état de guerre avec le Soudan"
Le Monde, avec Jean-Philippe Rémy, 1 er décembre 2006
Le mystère qui entoure, depuis le week-end, la localisation exacte de plusieurs "colonnes fantômes" rebelles, quelque part entre l'est du Tchad et les portes de N'Djamena, explique le sérieux du dispositif de protection de la capitale. Aux portes de la ville, les forces loyalistes du président Déby, en treillis américains flambant neufs, maintiennent un cordon de défense. En direction du nord, mercredi 29 novembre, le dispositif était déployé à moins de 10 km du centre-ville. Chars T55 garés à l'ombre des épineux, batteries d'orgues de Staline chargées jusqu'à la gueule et dirigées - précaution élémentaire - dans l'axe opposé à la route où circulent des pick-up Toyota hérissés d'hommes et de lance-roquettes RPG : l'éventualité d'une attaque rebelle est prise au sérieux. Pendant la trêve forcée de la saison des pluies, qui vient de prendre fin, les rebelles se sont armés et organisés au Soudan. De son côté, le Tchad s'est préparé à la guerre grâce aux revenus du pétrole et à l'aide militaire libyenne. Depuis vendredi, les hommes de la coalition rebelle de Mahamat Nouri, l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), sont entrés au Tchad, parvenant à prendre Abéché le lendemain, et à tenir la ville l'espace d'une journée. Parallèlement, les hommes du Rassemblement des forces démocratiques (RaFD) de Timan et Tom Erdimi et ceux de la Concorde nationale tchadienne (CNT) du Dr Hassan Saleh Al-Djinédi ont fait mouvement. Au total, l'ensemble de ces groupes compte plusieurs centaines de véhicules, et plusieurs milliers d'hommes.
Un avion tchadien abattu
Alors que la confrontation entre rebelles et forces loyalistes semble approcher, Hourmaji Moussa Doumgor, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, a déclaré, mardi, que le Tchad s'estimait "en état de guerre avec le Soudan" , qu'il a accusé de "mener une guerre de colonisation" contre son pays par rebelles interposés. Il a jouté qu'une contre-offensive de l'armée contre les positions des rebelles, dans l'Est, était "une évidence" , en ajoutant que les forces tchadiennes pourraient continuer les combats au Soudan. Les différents groupes rebelles sont rassemblés dans l'est du pays, dans la région située entre Am Zoer et le massif d'Aram Kollé. Mardi, un avion tchadien récemment livré par la Libye a été abattu par un missile sol-air rebelle à Hadjar Arkou, près d'Am Zoer. L'attente a commencé, alors que les défenseurs de N'Djamena sont sur le pied de guerre et que les groupes rebelles ne peuvent se permettre de rester bloqués au pied de massifs montagneux avec plusieurs milliers d'hommes à nourrir. Selon une source militaire tchadienne, la DGSSIE - l'équivalent de la garde présidentielle - serait prête à en découdre. "Jusqu'ici, les rebelles étaient hors de portée de nos hommes, au Soudan. Maintenant, c'est terminé : ils vont pouvoir y aller et ils sont impatients." Confronté à la faiblesse de ses effectifs fiables, le Tchad pourrait faire appel au Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), groupe rebelle du Darfour soutenu par N'Djamena. Parallèlement, des sources au sein des différents groupes rebelles font état de dissensions entre leurs responsables, qui se sont traduites par des échanges de coups de feu, mardi. Lorsque l'UFDD de Mahamat Nouri a pris le contrôle d'Abéché, samedi, l'autre groupe constitué des forces conjointes du RaFD de Timan Erdimi et de la Concorde nationale tchadienne du Dr Al-Djinédi a effectué une percée en direction de la capitale de peur d'être pris de vitesse dans la course à la prise du pouvoir. "Pour les rebelles, l'important n'est pas d'arriver le premier à N'Djamena. En réalité, il faut parvenir à laisser un groupe se casser les dents sur la défense de la ville, et arriver en second pour tenter de s'y glisser sans essuyer de pertes trop lourdes" , estime un observateur.
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Darfour : Kofi Annan critique le Conseil des droits de l'homme
Le Monde , Genève, Agathe Duparc, 1 er décembre 2006
Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, a adressé, mercredi 29 novembre, un coup de semonce au Conseil des droits de l'homme - réuni en troisième session régulière à Genève jusqu'au 8 décembre - exhortant le nouvel organe onusien à remplir sa mission. Notamment en organisant une session spéciale sur les violations des droits de l'homme au Darfour, le dossier le plus brûlant du moment. Dans un message lu par Louise Arbour - haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme -, M. Annan a regretté que seule la situation au Proche-Orient ait jusqu'alors attiré l'attention, et ce de manière partiale.
Mettre fin aux exactions
Depuis juin, date du démarrage des travaux du Conseil, trois sessions spéciales ont été convoquées. Sur Gaza, en juin, sur la guerre au Liban en août et sur le massacre de Beit Hanoun en novembre. Chacune aboutissant à la condamnation unilatérale d'Israël. "Il y a certainement d'autres crises (....) qui méritent un examen par le Conseil. Le cas du Darfour est un exemple frappant" , a estimé Kofi Annan. Le Conseil des droits de l'homme, qui compte quarante-sept pays répartis en cinq groupes géographiques, reste divisé sur l'importance qu'il faut donner à ce drame humanitaire. Alors que l'ONU et de nombreuses organisations non gouvernementales craignent déjà que la guerre et son cortège d'atrocités ne s'étendent aux Etats voisins, le groupe des Etats africains vient d'accoucher d'un texte demandant à Khartoum de veiller à stopper les exactions, une fois qu'un cessez-le-feu serait adopté. Une telle résolution est inacceptable pour les pays européens qui, eux, veulent mettre le Soudan devant ses responsabilités et obtenir un mandat pour que Louise Arbour se rende sur place. Devant ces dissensions, la France a été la première, mercredi, à réclamer, dans le sillage de Kofi Annan, la tenue d'une session spéciale sur le Darfour. Cette initiative, soutenue par d'autres pays européens, pourrait aboutir dans une dizaine de jours, 16 voix étant nécessaires. En attendant, le bilan des six premiers mois du Conseil a de quoi inquiéter. Un diplomate européen constate que "le mécanisme des sessions spéciales - permettant en principe de réagir rapidement sur une situation de crise - a été dévoyé" . Plus soudés que les pays occidentaux, les Etats de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), en se focalisant sur le conflit israélo-palestinien, auront réussi à politiser à l'extrême les débats. Un travers qui avait ôté toute crédibilité à la précédente Commission des droits de l'homme.
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L'ONU et l'UA attendent une réponse sur le déploiement d'une force hybride au Darfour
IRIN, Abuja, le 1 er décembre 2006
Plusieurs chefs d'Etat africains et représentants de l'Union Africaine (UA) et des Nations Unies (ONU) rencontreront ce jeudi après-midi à Abuja, la capitale du Nigeria, le Président soudanais pour tenter de déterminer les conditions d'application de l'accord de principe donné par le Soudan pour le déploiement d'un contingent de l'ONU dans la région du Darfour, ravagée par la guerre. Les Présidents Olusegun Obasanjo, du Nigeria, Abdoulaye Wade, du Sénégal, John Kufuor, du Ghana, et Muammar Ghaddafi, de la Libye , aborderont avec leur homologue soudanais, Omar el-Bechir, le délicat problème de la présence de Casques bleus au Soudan, ont indiqué des officiels de l'UA. M. Bechir a toujours rejeté toute forme de pression collective de la part des pays membres de l'UA et de la communauté internationale pour l'amener à accepter la le déploiement de Casques bleus dans le Darfour, une région de l'ouest du Soudan. Selon lui, l'ONU a des visées impérialistes au Soudan et sa présence dans son pays est comparable à celle de l'armée américaine en Irak. Lors d'une réunion de hauts responsables politiques qui s'est tenue début novembre à Addis Abeba, la capitale éthiopienne, le gouvernement soudanais avait accepté le « principe d'une opération hybride » incluant des Casques bleus de l'ONU et des forces de maintien de la paix de l'UA. Restait alors à régler la question de l'effectif de la force. Le Soudan avait déjà émis des réserves quant à la proposition de l'ONU qui prévoyait déployer 17 000 soldats et 3 000 agents de police. L'UA dispose actuellement au Darfour de 7 000 soldats de maintien de la paix, mais ces forces, sous-équipées, ne sont pas en mesure d'endiguer la violence qui sévit dans la région. En outre, leur mandat a déjà été prolongé une première fois et doit expirer le 31 décembre 2006. Le Soudan a accepté que l'ONU finance l'opération et qu'un contingent de Casques bleus, chargés de la logistique et des communications, ainsi que des hélicoptères et des véhicules blindés soient déployés aux côtés des forces de l'UA. Toutefois, la question de l'effectif de la force n'avait pas été tranchée lors de la réunion d'Addis Abeba. « Le Président Béchir va en principe s'adresser aux membres du Conseil de paix et de sécurité de l'Union Africaine puisqu'il doit prendre une décision importante concernant le principe de l'opération hybride », a indiqué Sam Ibok, qui dirige la Commission chargée de la mise en œuvre de l'accord de paix sur le Darfour. « Il devra faire savoir si le gouvernement soudanais accepte cette proposition », a-t-il ajouté. Lors d'un point de presse qu'il a tenu mardi à New York, le Secrétaire général sortant de l'ONU, M. Kofi Annan, a indiqué qu'il attendait une réponse du Président soudanais. M. Annan a par ailleurs indiqué qu'il espérait que la rencontre d'Abuja réglerait, entre autres questions, l'effectif de la force, la nomination d'un chargé de liaison entre les troupes de l'UA et de l'ONU, et le choix du commandant des forces onusiennes. Mais si le Soudan rejette le principe de la force hybride, les chefs d'Etat africains présents à Abuja devront de toute façon indiquer la position à adopter après l'expiration du mandat de la force africaine, a fait remarquer la médiation. Selon l'ONU, le conflit du Darfour, qui oppose depuis près de trois ans des groupes rebelles aux forces gouvernementales soudanaises, a fait au moins 200 000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés, dont certains ont trouvé refuge au Tchad, le pays voisin. Et malgré l'accord de paix de mai 2006, signé à Abuja entre le gouvernement de Khartoum et la principale faction du groupe rebelle de l'Armée de libération du Soudan, la région Darfour est toujours en proie à la violence. Les pourparlers de paix, qui se sont étalés sur plusieurs mois, ont été menés grâce à la médiation du Président Obansajo. A en croire un rapport des agences humanitaires, après le calme qui a suivi la signature de l'accord de paix, les viols, massacres et pillages ont repris de plus belle au Darfour. Les populations noires africaines de la région soudanaise du Darfour (ouest) se sont rebellées en 2003 contre le gouvernement du Président Béchir, pour dénoncer l'oppression dont elles seraient victimes depuis plusieurs décennies. Et pour combattre cette rébellion, Khartoum a fait appel à l'armée et à une milice arabe, les Janjawid, accusée d'exactions contre les populations civiles sans défense du Darfour et de l'est du Tchad voisin.
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Appel humanitaire 2007: 3,9 milliards de dollars pour 27 millions de personnes
Xinhuanet, Nations Unies, 1 er décembre 2006
Les Nations Unies ont lancé jeudi à New York l'appel humanitaire pour l'année 2007 qui s'élève à 3,9 milliards pour venir en aide à 27 millions de personnes dans 29 pays dont le Soudan, la République démocratique du Congo et les Territoires palestiniens occupés. Sur les 3,9 milliards demandés, 1,2 milliards sont pour le Soudan , dont la moitié pour le Darfour, puis 687 millions de dollars pour la République démocratique du Congo, 454 millions de dollars pour les Territoires palestiniens occupés, 309 millions pour l'Afrique de l'Ouest et 296 millions pour l'Ouganda, a indiqué Jan Egeland, secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires, lors d'une conférence de presse donnée à New York. Après l'Ouganda, vient la Somalie , le Zimbabwe, le Tchad, le Burundi et la région des Grands Lacs. "L'appel humanitaire 2006 s'élevait à 4,7 milliards de dollars - 3 milliards ont été reçus.C'est le signe que le monde devient meilleur dans la mesure où nous demandons cette année moins d'argent", a souligné le Secrétaire général adjoint. "Quelque 140 organisations non-gouvernementales (ONG) ont participé à l'appel de fonds 2007, soit 40 ONG de plus que l'année passée. C'est un processus qui dépasse largement les Nations Unies ", a fait remarquer Jan Egeland. Le pays le plus généreux est la Suède qui consacre 0,05% de son PIB à l'aide humanitaire, soit 10 fois plus que la moyenne des pays industrialisés. Le secrétaire général a regretté que tous les pays riches ne soient pas aussi généreux que la Suède. A l'occasion de la cérémonie du lancement, Kofi Annan a rappelé que les appels consolidés présentaient plusieurs avantages pour les donateurs. D'abord, ils sont efficaces. Comme ils réunissent tous les acteurs onusiens, la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge, ainsi que les ONG, il n'y a ni lacune ni chevauchement des efforts. Vos apports sont transparents, publiquement constatés, et les normes les plus élevées sont respectées. De fait, tout citoyen peut voir de lui-même en ligne et en temps réel comment les deniers publics servent à améliorer le sort de millions de personnes, a-t-il affirmé. Kofi Annan a aussi rappelé que grâce aux fonds recueillis l'an dernier, 11 000 enfants en situation de détresse ont bénéficié d'une alimentation thérapeutique et 63 000 enfants ont pu retourner sur les bancs de l'école en Somalie. En République centrafricaine, votre argent a permis à plus de 70 000 enfants d'avoir au moins un repas par jour grâce aux cantines scolaires qui ont pu naître dans 201 écoles primaires et 20 maternelles, a-t-il ajouté.
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