Le Soudan dans la Presse

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2006

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2005

1er semestre

2ème semestre


janvier 2006

FAO
30 janvier 2006
Soudan: 40 millions de dollars pour le relèvement agricole
ONU
27 janvier 2006
Darfour : le Secrétaire général de l’ONU appelle toutes les parties à cesser les hostilités
ONU
27 janvier 2006
Aucune amélioration de la situation des droits de l’homme au Soudan, selon le rapport du HCDH
Libération
26 janvier 2006
Le président tchadien ne lâche pas prise
Isolé, affaibli, Déby multiplie pourtant les bras de fer avec le Soudan, la Banque mondiale...
ONU
25 janvier 2006
Darfour : le Conseil de sécurité sur la sellette affirme Kofi Annan

Afrique Centrale info
24 janvier 2006

Peu de chances que le Soudan obtienne la présidence en 2007 (US)
ONU
24 janvier 2006
Conseil de Sécurité : Le Darfour au bord d’une véritable catastrophe, prévient Antonio Guterres
Wachington file
13 janvier 2006
Les Nations unies évoquent l'aggravation de la situation au Darfour
La Croix
24 janvier 2006
L’Union africaine se cherche un président à Khartoum
Afrique Centrale Info
24 janvier 2006
Sassou président !
Afrique Centrale Info
24 janvier 2006
Peu de chances que le Soudan obtienne la présidence en 2007 (US)
Le Figaro
23 janvier 2006
L'Union africaine joue sa crédibilité au Soudan

L'Express
22 janvier 2006

Le Soudan veut présider l'Union africaine au sommet de Khartoum
BBC Afrique
22 janvier 2006
Soudan: Khartoum veut présenter un visage souriant
Afrique Centrale Info
22 janvier 2006
Omar el-Béchir joue la modestie
Le Monde
22 janvier 2006
Lettre ouverte au président de l’Union africaine

Angola Press
20 janvier 2006

La Banque mondiale encourage l`investissement au Sud Soudan
Human rights watch
19 janvier 2006
Note d'information à l'intention des Etats membres de l'Union africaine
Xinhuanet
19 janvier 2006
L'Union africaine déçue par la lenteur des progrès dans les pourparlers sur le Darfour
CECC
19 janvier 2006
Canada: Appel des responsables religieux en faveur du Soudan
Al Ahram
18 janvier 2006
Soudan . L'Union africaine, ... appelle l'Onu au secours
Jeune Afrique
17 janvier 2006
La DA s'oppose à l'accession du Soudan à la présidence de l'UA
All Africa
17 janvier 2006
Un accord historique ouvre la voie aux retours organisés vers le Sud-Soudan
Jeune Afrique
16 janvier 2006
Sommet de Khartoum : les Soudanais privés de pub
Le Monde
15 janvier 2006
Le calvaire des Soudanais du Caire continue, selon une note de l'ONU
Jeune Afrique
15 janvier 2006
Quel président pour l'UA ?

Le Figaro
13 janvier 2006

Revenus pétroliers tchadiens
Le Figaro
13 janvier 2006
Offensive de l'armée soudanaise contre des rebelles
Le Figaro
13 janvier 2006
Tchad : Idriss Déby de plus en plus fragilisé
Xinhuanet
13 janvier 2006
L'ONU discute de son éventuelle participation au maintien de la paix au Darfour
Jeune Afrique
12 janvier 2006
L'UA se félicite du rôle des femmes dans la paix au Darfour
Jeune Afrique
12 janvier 2006
La mission de l'UA au Darfour confrontée à un besoin d'argent
IRIN
10 janvier 2006
Les pourparlers de paix du Darfour s’enlisent
Jeune Afrique
10 janvier 2006
Darfour : l'ONU appelle à accélérer les négociations de paix
La Croix
10 janvier 2006
Salva Kiir : en panne de stratégie au sud du Soudan
Le monde
09 janvier 2006
Fuir le Soudan pour mourir en Egypte
Le Monde
09 janvier 2006
A Genève l’embarras du HCR, après la tragédie des réfugiés soudanais au Caire le 30 décembre 2005
L'Humanité
09 janvier 2006
La paix au Soudan, un an après
Jeune Afrique
08 janvier 2006
Bilan : Que reste-t-il de l’accord de paix signé à Nairobi en janvier 2005 ?
Jeune Afrique
08 janvier 2006
Tchad – Soudan : Ces dictateurs qui nous fatiguent
Jeune Afrique
08 janvier 2006
Frères ennemis
L'Express
05 janvier 2006
La guerre civile menace l'Est du Soudan, selon un rapport du ICG
Le Figaro
05 janvier 2006
L’Egypte durcit le ton contre les réfugiés soudanais
Jeune Afrique
05 janvier 2006
Les chefs d'Etat de la CEMAC solidaires du Tchad
ONU
05 janvier 2006
Soudan : l'insécurité menace l'application des accords de paix
La Croix
04 janvier 2006
La tension monte entre le Tchad et le Soudan
Xinhua net
03 janvier 2006
L'UA compte convoquer une réunion d'urgence spéciale sur la crise Tchad-Soudan
Tchad Info
03 janvier 2006
Soudan: Le Gouvernement tchadien accuse le Soudan de vouloir embraser la sous-région à partir du Tchad
Jeune Afrique
02 janvier 2006
Obasanjo convoque un mini sommet sur la crise Tchado-soudanaise
Jeune Afrique
01 janvier 2006
Darfour: le président Obasanjo reçoit le médiateur en chef de l'UA
Le Monde
01 janvier 2006
Au Caire, l’évacuation forcée de réfugiés soudanais tourne à la tragédie.
Xinhuanet
01 janvier 2006
Un émissaire de l'UA consulte le Nigeria sur les négociations de paix au Darfour
L'Express
01 janvier 2006

Le Soudan célèbre 50 ans d'indépendance malgré ses déchirements

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Soudan: 40 millions de dollars pour le relèvement agricole

Conditions d’une paix durable: aide humanitaire et développement à long terme

30 janvier 2006, Rome – La FAO a lancé un appel aujourd’hui pour 40 millions de dollars en faveur des activités de secours et de relèvement agricoles au Soudan en 2006, soulignant que l’aide humanitaire doit être associée à une assistance au développement à plus long terme si l’on veut garantir une paix durable dans le pays.
L’appel fait partie du Plan de travail 2006 pour le Soudan, qui énonce les activités à entreprendre par l’ONU et ses partenaires dans le pays durant l’année.

Soutien à l’agriculture
“ Le rôle de la FAO est particulièrement crucial vu l’importance de l’agriculture dans le pays”, souligne Mme Anne M. Bauer, Directrice de la Division FAO des Opérations d’urgence et de la réhabilitation.
L’agriculture demeure le pilier de l’économie soudanaise, assurant 45 pour cent du PIB. Quelque 87 pour cent de la population - dont la grande majorité pratique l’agriculture de subsistance dans des systèmes pluviaux traditionnels vulnérables à la sécheresse et aux ennemis des cultures - dépendent de l’agriculture pour leur sécurité alimentaire et leurs moyens d’existence.
“ Des décennies d’insécurité et le manque d’accès aux services sociaux de base ont affaibli les moyens d’existence, accru les niveaux de pauvreté, réduit les opportunités économiques et éducatives et entraîné des taux élevés de malnutrition”, indique Mme Bauer.
“ Il est fondamental d’aider les rapatriés à se réinstaller sur leurs terres. Il faut leur garantir du matériel et des services adéquats pour la reprise de leurs activités, qu’il s’agisse d’agriculture, d’élevage ou de pêche.”

Assurer une paix durable
En dépit des progrès accomplis en 2005, dont un accord de paix qui a mis fin à plus de 20 ans de guerre civile, les besoins humanitaires du Soudan pour 2006 sont énormes.
Compte tenu du conflit en cours au Darfour, du risque d’une mauvaise récolte dans certaines parties de Bahr el Ghazal et du Nil Supérieur, du retour de centaines de milliers de Soudanais déplacés et d’autres besoins humanitaires, les secours sont primordiaux pour alléger les souffrances du peuple soudanais.
Cette année, la FAO et ses partenaires fourniront des secours à 5,52 millions de personnes dans tout le pays, dont 2,5 millions au Darfour et 680 000 rapatriés du conflit Nord-Sud. Ils poursuivront leur aide dans d’autres zones sortant de décennies de combats.
L’aide humanitaire proposée par la FAO pour le Soudan en 2006 comprend la distribution de semences et d’outils, de matériel de pêche et de médicaments vétérinaires à des centaines de milliers de familles agricoles vulnérables, en particulier des rapatriés et des personnes déplacées à l’intérieur du pays, ainsi que la coordination générale de l’assistance agricole dans le pays.
“ L’octroi de fonds dans les plus brefs délais est essentiel pour lancer les activités à temps”, affirme Mme Bauer.

L’aide humanitaire ne suffit pas à elle seule
Mais, ajoute-t-elle, l’aide humanitaire à elle seule n’est pas suffisante pour asseoir le développement dont dépendra une paix durable.
“ La FAO et ses partenaires doivent mettre à profit l’aide humanitaire pour lancer un processus de développement à long terme, capital pour l’avenir du Soudan”, fait-elle remarquer.
Dans le secteur agricole, ceci comporte l’introduction de nouvelles techniques, notamment la formation à des méthodologies améliorées de livraison de services communautaires de santé animale, d’agro-alimentaire et de multiplication locale des semences.
Le soutien au régime foncier est un autre thème important, car les différends sur la terre et les droits de propriété sont une cause fondamentale de conflits dans le pays. La FAO s’efforce de mobiliser des fonds pour aider le Gouvernement à tous les niveaux à promouvoir une gestion des terres à long terme, responsable et décentralisée.
En outre, l’accent doit être mis sur le renforcement des capacités opérationnelles du Ministère de l’agriculture et des ressources animales.
“ Les programmes de la FAO se concentrent non seulement sur la fourniture de biens matériels mais aussi sur le renforcement des connaissances et des aptitudes des populations vulnérables afin qu’elles soient en mesure de mieux affronter les chocs futurs”, selon Mme Bauer.

Contact:
Teresa Buerkle - Relations médias, FAO
teresamarie.buerkle@fao.org
(+39) 06 570 56146 - (+39) 348 14 16 671

Janvier 2006

Darfour : le Secrétaire général de l’ONU appelle toutes les parties à cesser les hostilités

Nations Unies, New York, 27 janvier 2006

Préoccupé par le regain considérable de violence dans la région de Jebel Marra, au Darfour, en particulier par les violents combats observés dans les zones de Golo et de Shearia, le Secrétaire général a appelé toutes les parties à cesser immédiatement les hostilités.
« Le Secrétaire général est profondément préoccupé par le regain considérable de violence dans la région de Jebel Marra, au Darfour, en particulier par les violents combats observés dans les zones de Golo et de Shearia, qui ont contraint les agences humanitaires à quitter les lieux », indique un message transmis aujourd'hui par son porte-parole.
Dans son message, le Secrétaire général a aussi condamné « l'attaque perpétrée à Golo par les forces de l'Armée de libération du Soudan et appelle toutes les parties à cesser immédiatement les hostilités ».
Il a enfin réitéré « son appel à toutes les parties au conflit pour qu'elles respectent les accords et les dispositions du droit humanitaire international ».
« Seul un règlement négocié permettra de trouver une solution durable à ce conflit », a insisté le Secrétaire général.
Dans une tribune publiée hier dans le « Washington Post », le Secrétaire général affirmait que la dégradation de la situation au Darfour est telle que le passage d'une force de l'Union africaine à une opération des Nations Unies est désormais inévitable.
Kofi Annan appelait le Conseil de sécurité, jugé « sur la sellette », à « rapidement prendre une décision ferme » (voir notre dépêche du 25 janvier 2006.

Janvier 2006

Aucune amélioration de la situation des droits de l’homme au Soudan, selon le rapport du HCDH

Nations Unies, New York, 27janvier 2006

Un an après la signature de l'Accord de paix global entre le gouvernement soudanais et les rebelles sudistes qui devait garantir les libertés fondamentales, la situation des droits de l'homme ne s'est pas améliorée au Soudan, a dénoncé le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) dans un rapport publié aujourd'hui.
« Les efforts destinés à améliorer la situation des droits de l'homme au Soudan restent éloignés des engagements pris, à la suite de la signature, il y a un an, de l'accord de paix », a estimé aujourd'hui le HCDH, dans un communiqué publié à Genève, à l'occasion de la parution d'un rapport sur l'évolution de la situation des droits de l'homme au cours des six derniers mois.
« Les efforts destinés à améliorer la situation sur le terrain restent éloignés des espoirs soulevés. Même si certaines réformes requièrent encore du temps pour être appliquées et pourront apporter des changements positifs dans un futur proche, d'autres initiatives n'ont été que superficiellement mises en oeuvre et de manière inadéquate », déplore le HCDH.
« Ceci est particulièrement vrai au Darfour, souligne le Haut Commissariat, où l'Accord de paix global, la constitution intérimaire et d'autres mesures politiques positives ont été ombragées par un système judiciaire inefficace, un conflit qui se poursuit et les nombreuses violations des droits l'homme ».
« A Khartoum, les allégations de torture par la Sécurité nationale, les Services de renseignement militaires les fonctionnaires de police ont été rapportés », accuse encore le rapport.
« L'absence de garanties de procès justes aussi bien que les conditions de détention inhumaines sont source de graves préoccupations », ajoute le communiqué.
Les conclusions du rapport sont basées sur des enquêtes menées sur le terrain et des informations collectées auprès des victimes, des témoins et des autorités gouvernementales.
Le rapport contient des recommandations pour « aider le gouvernement du Soudan à mettre fin à la culture de l'impunité qui règne dans le pays » et notamment à « mettre en place un système judiciaire à la fois suffisamment financé et véritablement réformé ».
Le HCDH appelle aussi le gouvernement soudanais « à cesser les attaques contre les civils » dans la région du Darfour et « à désarmer les milices » janjaouites qui commettent les pires atrocités.
Dans une tribune publiée mercredi dans le « Washington Post », le Secrétaire général affirmait que la dégradation de la situation au Darfour est telle que le passage d'une force de l'Union africaine à une opération des Nations Unies est désormais inévitable.
Kofi Annan appelait le Conseil de sécurité, jugé « sur la sellette », à « rapidement prendre une décision ferme » (dépêche du 25 janvier 2006).
Notre stratégie de paix a échoué au Darfour », avait affirmé, le 13 janvier dernier, le représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, Jan Pronk.
Devant le Conseil de sécurité, Jan Pronk plaidait aussi pour le déploiement d'une force « beaucoup plus importante » dans la région du Darfour, qui serait « en mesure de prévenir les attaques contre les civils et de désarmer les milices janjaouites » (voir notre dépêche du 13 janvier 2006)
L'Accord de paix global, qui mettait fin à 21 de guerre civile entre le gouvernement et la rébellion sudiste, avait été signé le 9 janvier 20005 à Nairobi. La guerre civile a fait au total 1,5 millions de morts.

Janvier 2006

Le président tchadien ne lâche pas prise
Isolé, affaibli, Déby multiplie pourtant les bras de fer avec le Soudan, la Banque mondiale...

Libération, 26 janvier 2006, par Stéphanie Braquehais

N'Djamena de notre correspondante


« J'ai peur que nos frères refusent de se battre pour Déby.» Cet ancien compagnon de route du président tchadien est un colonel désabusé sur le régime d'Idriss Déby. Ses craintes reflètent l'atmosphère de tension et d'incertitude qui règne depuis plusieurs mois dans le pays. Confronté à une dizaine de mouvements rebelles installés à la frontière avec le Soudan, le président tchadien, arrivé au pouvoir en 1990 après avoir chassé Hissène Habré, paraît plus isolé que jamais.
«Idriss Déby a été trahi par ses plus proches parents, des éléments de son propre clan qui cherchent à le renverser, analyse un diplomate. Le roi est nu.» Depuis octobre, des désertions en série au sein de l'armée ont accompagné l'entrée en rébellion de plusieurs têtes pensantes du régime, telles que les frères Erdimi, anciens directeurs de cabinet civils à la présidence. «Ils ont bâti le régime actuel, en ont profité et réclament maintenant au Président une part encore plus grande du gâteau», poursuit-il.

«Rien à perdre.»
Lâché par son clan, acculé de toutes parts, y compris sur le plan social tant les caisses de l'Etat sont vides, gravement malade, «Déby n'a plus rien à perdre et ira jusqu'au bout pour sauver son régime», estiment plusieurs observateurs. Il s'est lancé dans une série de bras de fer risqués. Sur le plan international, il accuse le Soudan d'abriter les rebelles tchadiens au Darfour et de les armer, afin de mobiliser la communauté internationale non sur un péril intérieur mais sur un conflit entre deux pays. De son côté, il a parrainé la réconciliation des deux mouvements rebelles du Darfour, brouillés de longue date.
Le président tchadien entend aussi jouer sur la division des opposants. Chaque mouvement est fondé sur une communauté ethnique qui rend peu probable une union durable entre Arabes, Zaghawas, Toubous au nord, et Saras au Sud. Pour beaucoup, le péril le plus probable se situe en réalité du côté de ses propres parents, ceux qui l'entourent et qui n'ont pas encore quitté le pays. «Seuls des Zaghawas peuvent prendre le risque de s'en prendre à sa personne pour précipiter les événements», lâche un opposant.
Autre bras de fer d'envergure, le clash avec la Banque mondiale sur le pétrole. Paul Wolfowitz, son président, a décrété le gel de tous les programmes, pour un montant de 124 millions de dollars, estimant que le Tchad n'avait pas respecté ses engagements sur la gestion des revenus, en modifiant une loi qui devait servir de modèle. Le Tchad était en effet le premier pays à devoir gérer ses revenus dans la transparence.
Au moment où les mouvements sociaux se multiplient, à cause des arriérés de salaires et de pensions, Déby a tout intérêt à se poser en victime de la Banque mondiale. De l'avis unanime, la sanction est très sévère pour le Tchad au regard des sommes en jeu.

Guerre civile.
Si Déby joue son va-tout, c'est aussi parce qu'il est considéré par beaucoup, notamment la France, comme le seul capable de tenir encore le pays et de lui éviter une sanglante guerre civile. Lors de son passage, le chef d'état-major français Henri Bentégeat a déclaré que Paris s'opposait à une «prise de pouvoir par les armes». Le dispositif Epervier, qui compte plus d'un millier d'hommes au Tchad, a été renforcé. Matériel, renseignement aérien, soutien logistique, les soldats français sont très présents à l'est du pays, avec un détachement important à Abéché, ultime place forte avant N'Djamena. «Cet appui sans condition à Déby est une manière de choisir son camp et ne pas risquer de s'embourber comme en Côte-d'Ivoire», observe un spécialiste.

Janvier 2006

Darfour : le Conseil de sécurité sur la sellette affirme Kofi Annan

Nations Unies, New York,25 Janvier 2006

La dégradation de la situation au Darfour est telle que le passage d'une force de l'Union africaine à une opération des Nations Unies est désormais inévitable, affirme aujourd'hui le Secrétaire général dans une tribune au Washington Post où il appelle le Conseil de sécurité à « rapidement prendre une décision ferme ».
« Je voudrais pouvoir dire aujourd'hui que tous les efforts accomplis [.] ont porté leurs fruits, que le Darfour est en paix et sur la voie du relèvement ». « Hélas, il n'en est rien », déclare le Secrétaire général dans une tribune sur la situation au Darfour, publiée aujourd'hui dans le quotidien américain « The Washington Post ».
« Dans beaucoup de parties du Darfour, les meurtres et les viols continuent et les gens fuient par milliers. Il y a aujourd'hui 2 millions de déplacés et 3 millions de personnes, soit la moitié de la population du Darfour, ne survivent que grâce à l'aide internationale. Bien des endroits deviennent trop dangereux pour que les agents humanitaires puissent s'y aventurer », rappelle Kofi Annan.
« Les pourparlers de paix sont encore loin d'aboutir. Le Tchad a accusé le Soudan d'armer des rebelles sur son territoire et les combats menacent de s'y étendre », prévient-il.
« Malgré un manque chronique de fonds, les troupes de l'Union africaine sur le terrain font tout leur possible. La population se sent plus en sécurité quand elles sont présentes », rapporte-t-il.
« Mais, déplore le Secrétaire général, elles sont trop peu nombreuses - 5.000 soldats et 2.000 policiers et observateurs militaires pour un territoire de la taille du Texas. Elles n'ont ni le matériel, ni le mandat qu'il leur faudrait pour protéger les gens qui sont en danger ou faire appliquer un cessez-le-feu que les rebelles, les Janjaouid et les forces gouvernementales soudanaises enfreignent désormais régulièrement ».
« Le Conseil de sécurité se trouve ainsi mis sur la sellette. La Charte des Nations Unies lui attribue la principale responsabilité du maintien de la paix et de la sécurité internationales », souligne Kofi Annan.
« Qui plus est, en septembre dernier, tous les membres de l'Organisation ont, pour la première fois, reconnu l'existence d'une responsabilité de protéger les populations contre le génocide, le nettoyage ethnique, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité, s'engageant par la même occasion à agir, par l'intermédiaire du Conseil, quand les autorités nationales ne le font pas », rappelle-t-il (voir notre dépêche du 17 septembre 2005).
« Le passage d'une force de l'Union africaine à une opération des Nations Unies au Darfour est désormais inévitable. Pour que la transition se déroule bien, le Conseil de sécurité doit rapidement prendre une décision ferme », estime-t-il.
« Cela étant dit, il ne faudrait surtout pas s'imaginer qu'il suffira, pour régler la crise, de placer l'actuelle mission de l'Union africaine sous le drapeau de l'ONU », prévient le Secrétaire général.
« La nouvelle opération devra avoir un mandat clair et vigoureux qui l'autorise à protéger ceux qui sont en danger, en recourant à la force si nécessaire, et disposer des moyens de le faire. Il faudra donc qu'elle soit plus étoffée, plus mobile et nettement mieux équipée que la MUAS. Les pays qui ont les moyens militaires nécessaires doivent être prêts à les déployer », explique Kofi Anann.
« Il faudrait des mois à l'ONU pour déployer une telle opération. En attendant, la mission de l'Union africaine doit être maintenue et renforcée. Il ne peut absolument pas y avoir de solution de continuité, ni d'affaiblissement de la force actuelle. En mai de l'année dernière, l'Union africaine et l'ONU ont organisé une conférence à Addis-Abeba afin de réunir des fonds et des moyens logistiques pour la MUAS. Une conférence de suivi est prévue pour le 20 février », précise-t-il.
L'opération de secours doit également se poursuivre, à grande échelle, et les fonds nécessaires doivent être dégagés pour que les habitants du Darfour continuent de recevoir de l'eau salubre, des vivres et d'autres articles de première nécessité, affirme le Secrétaire général.
Enfin, et surtout, « des pressions plus fortes doivent être exercées sur les parties -- les groupes rebelles autant que le gouvernement -- pour qu'elles respectent le cessez-le-feu et s'engagent à participer aux pourparlers d'Abuja avec un réel sens de l'urgence », ajoute Kofi Annn.
« Les atermoiements actuels sont inacceptables. Ils coûtent des vies chaque jour. Les négociateurs ont une responsabilité personnelle qu'il convient de leur rappeler », insiste-t-il.
« Ce qui est clair, c'est que dans le meilleur des cas, la force qui sera envoyée au Darfour, quelle qu'elle soit, n'offrira qu'une sécurité temporaire aux habitants de la région. Seul un accord politique entre leurs dirigeants pourra leur apporter la sécurité à long terme et donner aux 2 millions d'entre eux qui ont dû chercher refuge ailleurs la possibilité de rentrer chez eux», conclut-il.
Hier, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, a prévenu le Conseil de sécurité de l'imminence d'une « catastrophe encore bien plus grande » au Darfour, si des mesures énergiques n'étaient pas prises rapidement par la communauté internationale.
António Guterres a appelé au renforcement immédiat du soutien aux forces de l'Union africaine et à une pression politique accrue pour parvenir à un accord de paix dans le cadre des pourparlers d'Abuja (voir notre dépêche du 24 janvier 2006).
« Notre stratégie de paix a échoué au Darfour », a affirmé, le 13 janvier dernier, le représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, Jan Pronk.
Devant le Conseil de sécurité, Jan Pronk a plaidé pour le déploiement d'une force « beaucoup plus importante » dans la région, qui serait « en mesure de prévenir les attaques contre les civils et de désarmer les milices janjaouites », responsables des pires atrocités (voir notre dépêche du 13 janvier 2006).

Janvier 2006

Peu de chances que le Soudan obtienne la présidence en 2007 (US)

Afrique Centrale Info, 24 janvier 2006

Le Soudan ne devrait pas présider l'Union africaine (UA) en 2007 à moins qu'il ne mette fin à la guerre dans sa province du Darfour (ouest), a déclaré mardi à Khartoum une responsable du gouvernement américain.
Les dirigeants africains ont finalement désigné mardi le Congo, au dernier jour du sommet de Khartoum, pour diriger l'UA cette année, s'engageant toutefois à en confier pour 2007 la direction au Soudan, dont la candidature était très controversée.
" Nous espérons voir une amélioration de la situation au Darfour, qu'il y ait un accord de paix, cette décision aujourd'hui (sur la présidence de l'UA) pourrait créer une opportunité pour que cela ait lieu," a déclaré la secrétaire d'Etat adjointe aux Affaires africaines, Jendayi Frazer (premier plan sur la photo).
" Si cela continue comme maintenant, en 2007 je doute très sérieusement que le Soudan puisse être président de l'UA," a poursuivi la principale conseillère du président George Bush pour les affaires africaines.
La candidature du Soudan à la présidence de l'organisation des 53 pays africains a échoué en raison du conflit au Darfour, où l'UA a déployé une force de paix de 7000 hommes sans parvenir à mettre un terme à un conflit qui a causé de 180.000 à 300.000 morts depuis 2003.
Mme Frazer a salué la nomination du président congolais, Denis Sassou Nguesso comme président en exercice pour 2006 comme une "très bonne chose pour l'UA".
Lors d'une rencontre avec le nouveau président de l'UA, elle a indiqué l'avoir assuré du "soutien américain pour l'UA".

Janvier 2006

Conseil de Sécurité : Le Darfour au bord d’une véritable catastrophe, prévient Antonio Guterres

New York, Jan 24 2006

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, a prévenu aujourd'hui le Conseil de sécurité de l'imminence d'une «catastrophe encore bien plus grande», si des mesures énergiques n'étaient pas prises rapidement par la communauté internationale, dans la région du Darfour au Soudan.
« La violence et le sentiment d'impunité - jamais complètement tenus en échec - règnent de nouveau au Darfour. Les travailleurs humanitaires voient leur accès aux personnes déplacées et à ceux qu'ils tentent d'aider régulièrement interrompu», a déclaré aujourd'hui António Guterres, directeur du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés lors d'une séance publique du Conseil de sécurité.
L'insécurité s'est maintenant étendue par delà la frontière avec le Tchad. Vendredi dernier, des rebelles armés ont ainsi kidnappé plusieurs représentants gouvernementaux et attaqué le village de Guéréda, où l'agence des Nations Unies pour les réfugiés s'occupe de plus de 25.000 réfugiés soudanais, a rappelé António Guterres.
« La situation des réfugiés au Tchad et au Soudan est probablement la plus grave et la plus complexe des crises humanitaires dans le monde », a-t-il affirmé.
Quelque 200.000 réfugiés soudanais se trouvent actuellement au Tchad après avoir fui les affrontements au Darfour.
« La communauté internationale pourrait être confrontée à une catastrophe au Darfour», a prévenu le Haut Commissaire. «L'éviter nécessitera des mesures énergiques et l'engagement total de l'Union africaine et des Nations Unies. Si nous échouons - si aucune protection physique n'est garantie à ceux qui ont besoin d'aide - nous prenons le risque d'une catastrophe bien plus grande que ce que nous avons vu jusqu'à présent», a-t-il affirmé.
António Guterres a réclamé en conséquence, lors d'une conférence de presse à l'issue de la séance du Conseil de sécurité, un renforcement immédiat du soutien aux forces de l'Union africaine et une pression politique accrue pour parvenir à un accord de paix dans le cadre des pourparlers d'Abuja.
Estimant que « notre stratégie de paix a échoué au Darfour », Jan Pronk, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, avait plaidé, le 13 janvier dernier devant le Conseil de sécurité, pour le déploiement d'une force « beaucoup plus importante » dans la région, qui serait « en mesure de prévenir les attaques contre les civils et de désarmer les milices janjaouites », responsables des pires atrocités.
António Guterres a ajouté devant le Conseil qu'il était convaincu que la situation à l'est du Soudan, bien que largement passée sous silence, se «dégradait régulièrement», elle aussi.
Le Haut Commissaire a prévenu que les derniers développements sur place étaient étroitement liés à la situation tendue entre l'Ethiopie et l'Erythrée voisines. Au cours de la dernière année, plusieurs milliers de nouveaux réfugiés érythréens ont fui vers le Soudan et l'Ethiopie, a-t-il indiqué, ajoutant que « toute détérioration des relations entres ces deux [pays] présentait un risque réel de déplacement massif de populations ».
António Guterres a aussi exprimé son inquiétude quant à la situation au Sud- Soudan, où un accord de paix a été signé il y a un an. Bien que des dizaines de milliers de réfugiés et de déplacés internes aient commencé à rentrer, la situation reste « fragile », a-t-il dit.
Si les réfugiés ont exprimé en masse leur désir de rentrer chez eux, «au Sud Soudan, il n'existe que 14 kilomètres de route goudronnée, presque aucune école et aucun hôpital et l'administration publique est extrêmement rare sur le terrain» a-t-il souligné, appelant à la mise en place immédiate d'un «soutien économique et politique massif - sans attendre que chaque chose soit mise en place et que toutes les conditions réglementaires soient remplies ».
Le Haut Commissaire a par ailleurs passé en revue la situation en République démocratique du Congo (RDC), d'où se sont enfuies près de 20.000 personnes pour traverser la frontière ougandaise la semaine dernière, en Côte d'Ivoire, où les bureaux du HCR ont été attaquées la semaine passée et, enfin, en République centrafricaine, où la prolifération de bandes armées et l'état général d'anarchie au nord ont forcé des milliers de personnes à s'enfuir au Tchad ou au Cameroun.
L'incapacité d'assurer une transition sans heurt pour passer de l'urgence au développement «figure parmi les échecs les plus récurrents de la communauté internationale», a rappelé en outre António Guterres, qui a salué la décision récente de créer une Commission de consolidation de la paix, indiquant qu'il s'agissait de l'un des événements les « plus marquants» de 2005.
« Trop peu de l'attention et des ressources de la communauté internationale sont généralement allouées à la reconstruction des sociétés qui ont été dévastées par la guerre et la violence », a-t-il fait remarquer.
Le Haut Commissaire a enfin appelé à la protection du droit d'asile, face aux maux du populisme et de l'intolérance et réclamé des mesures énergiques et concertées contre la traite d'êtres humains et les passeurs.
« L'intolérance promue par le populisme, tant en politique que dans les médias, conduit le public à voir le terrorisme, les problèmes de sécurité et les questions d'asile et de migration comme étant parallèles », a-t-il déploré.
Il s'agit là de l'un des plus importants défis auxquels est aujourd'hui confronté le HCR, a-t-il conclu.

Janvier 2006

Les Nations unies évoquent l'aggravation de la situation au Darfour


L'amélioration de la sécurité y est impérative, affirme le secrétaire général.

Par Judy Aita , Correspondante du « Washington File »

La détérioration de la situation au Darfour a une fois de plus été placée en priorité à l'ordre du jour international alors que le Conseil de sécurité de l'ONU, le secrétaire général, M. Kofi Annan, et l'Union africaine se penchent sur les moyens de protéger et de secourir les quelque 3 millions de personnes piégées par les combats incessants entre les rebelles et les forces parrainées par le gouvernement.
Les assassinats, les viols et l'insécurité générale au sein de la population de civils déplacés se poursuivent, a indiqué M. Annan, et la situation a obligé les Nations unies à retirer de la région certains de ses effectifs et coupé l'accès de l'ONU à bien des gens dans le besoin.
« Il n'y a pas très longtemps, nous donnions à manger à un million de personnes et les yeux du monde entier étaient fixés sur la situation ; aujourd'hui, nous donnons à manger à trois millions de personnes, risquons d'avoir à le faire pendant encore un an, et rien n'est mentionné sus les premières pages des journaux », a fait valoir M. Annan le 12 janvier, après s'être entretenu à huis clos avec les quinze membres du Conseil de sécurité.
Soulignant qu'aussi bien les rebelles que le gouvernement violaient l'accord de cessez-le-feu et perpétraient des attaques contre la population du Darfour, M. Annan a expliqué : « Ce qu'il convient de faire, c'est trouver le moyen d'améliorer immédiatement la sécurité, en collaboration avec les forces de l'Union africaine, et d'apporter un appui logistique et financier pour que la sécurité sur le terrain soit renforcée. Il nous faut relancer le processus de paix à Abuja car ce n'est qu'à la table de négociations que sera trouvée la solution à long terme. »
Le Conseil de sécurité a prévu de tenir, le 13 janvier, des réunions à huis clos et des réunions publiques concernant le Darfour.
Il importe également que la communauté internationale insiste auprès du gouvernement soudanais pour qu'il honore son engagement de protéger son propre peuple et d'apporter son concours aux secours humanitaires, a dit M. Annan, ajoutant que les rebelles, pour leur part, devaient prendre au sérieux les négociations de paix qui se tiennent à Abuja (Nigeria).
L'Union africaine a laissé entendre, le 12 janvier, que les ressources de sa force de maintien de la paix qui se trouve actuellement au Darfour seront taries au mois de mars, mais qu'elle était prête à maintenir cette force dans la province pendant 9 à 12 mois supplémentaires à condition que la communauté internationale fournisse les ressources et l'appui logistique adéquats.
La communauté internationale, a insisté M. Annan, ne peut pas laisser la situation empirer sans rien faire.
En septembre 2005, à l'occasion du Sommet mondial de l'ONU, une résolution a été adoptée reconnaissant que la communauté internationale a la responsabilité de protéger les populations du génocide, des crimes de guerre, de la purification ethnique et des crimes contre l'humanité. Le Darfour, a souligné M. Annan, est un « défi » à cet engagement.
Selon le secrétaire général, l'un des moyens de renforcer la protection serait d'organiser une conférence des donateurs semblable à celle tenue en mai 2005 pour encourager l'apport d'aide à l'Union africaine. Un autre serait de remplacer, à la fin de son mandat, la force de l'Union africaine par une force de Casques bleus de l'ONU plus importante, plus énergique et plus mobile. Il a fait remarquer que d'une façon comme d'une autre, l'Union africaine aurait besoin d'argent et de soutien passé le mois de mars, en attendant que les Nations unies soient en mesure de prendre sa place.
Cette force de maintien de la paix serait différente de celle actuellement déployée au Darfour. Il lui faudra inclure des soldats autres qu'Africains. Et à ce sujet, il faudra que le gouvernement soudanais, qui a indiqué son opposition à la présence de soldats de la paix venant de pays autres qu'Africains, coopère avec les Nations unies.
« C'est un vaste territoire. Quelle que soit la force qui s'y trouvera, elle devra être plus mobile, avoir un appui tactique aérien, des hélicoptères et la capacité de réagir rapidement. Nous aurons besoin d'équipements très sophistiqués et d'assistance », a dit M. Annan.

Janvier 2006

L’Union africaine se cherche un président à Khartoum

Nomination : La candidature controversée du président soudanais à la tête de l’UA devrait se régler aujourd’hui.

La Croix, 24 janvier 2006

Le sommet de l'Union africaine s'est ouvert hier à Khartoum en présence d'une trentaine de dirigeants des 53 pays membres. Le programme de ces deux jours s'annonçait chargé et conflictuel. D'abord, trouver un nouveau président à cette organisation panafricaine pour remplacer le Nigérian Olusegun Obasanjo, en poste depuis 2004. Or il n’y a pas d’autre candidat déclaré que le président soudanais El Bechir Omar Hassan, hôte du sommet
Cette candidature n’est pas souhaitée par l'ensemble des pays de l’UA car l’organisation est engagée depuis 2004 dans une mission de rétablissement de la paix au Darfour, dans l’ouest du Soudan. Une force de 7000 hommes est actuellement déployée pour essayer de mettre un terme à la guerre civile qui ravage depuis février 2003 cette région grande comme la France. Si le président soudanais devait reprendre la présidence de l’UA, il serait évidemment considéré comme juge et partie dans ce conflit qui, en trois ans, a fait plus de 180000 morts et deux millions de personnes déplacées.
Un haut responsable soudanais a déclaré, hier; que le Soudan était prêt à retirer candidature si elle devait provoquer la division. Le seul chef d'État à s'être déclaré ouvertement contre cette candidature est le président tchadien Idriss Deby, accusant son voisin soudanais de soutenir une rébellion qui tente de le renverser. Plusieurs dirigeants de pays d'Afrique de l'Ouest ont aussi confié en privé leur hostilité à une présidence du Soudanais. En revanche, ce dernier aurait le soutien des pays d'Afrique de l'Est, ainsi que de l'Egypte et du Zibabwe.
L'alternative à Omar E1 Béchir pourrait être le président congolais Denis Sassou Nguesso, possible candidat de consensus pour éviter un vote ou bien
la reconduction d'Olusegun Obasanjo. Mais selon un ministre africain, le président du Congo Brazzaville n'a pas l'intention d'être candidat contre le Soudanais.
Cette question épineuse risque d'éclipser nombre d'autres sujets graves dont 1'UA devait traiter durant ce sommet de deux jours. Outre la question de la crise en Côte d'Ivoire, les dirigeants africains ont aussi à régler le sort de l'ancien président tchadien Hissène Habré, dont la justice belge a demandé l'extradition. Exilé au Sénégal depuis 1990, celui que les ONG de défense des droits de l'homme surnomment le « Pinochet africain » a, jusqu'ici, réussi à échapper à la justice.
Mais le 25 novembre dernier, les juges sénégalais de la cour d'appel de Dakar se sont déclarés incompétents et ont préféré s'en remettre à l'Union africaine pour trancher cette question. L'ancien président tchadien est inculpé en Belgique de complicité de crimes contre l'humanité, et serait responsable de la mort d'au moins 1208 personnes.
« Si l'Union africaine dit non à la Belgique, il faut qu'elle dise oui à un procès pour Hissène Habré en Afrique et adopte une feuille de route pour que ce procès ait effectivement lieu», a déclaré Reed Brody, juriste et responsable de l'ONG Human Rights Watch qui coordonne la campagne de soutien aux victimes. La décision est attendue aujourd’hui.

Catherine Rebuffel

Janvier 2006

Sassou président !

Afrique Centrale Info, 24 janvier 2006

Le président congolais Denis Sassou Nguesso a été désigné mardi par consensus pour un an président de l’Union Africaine (UA) au sommet de Khartoum, a annoncé le porte-parole de la présidence congolaise, Firmin Ayessa.
Le Soudan exercera cette responsabilité en 2007 a par ailleurs affirmé à la presse le porte-parole du ministère soudanais des affaires étrangères, Gamal Ibrahim.
M. Ayessa a par ailleurs précisé que le président sortant de l’UA, le président nigérian Olusegun Obasanjo, resterait en charge du dossier du Darfour, la province ouest du Soudan, ravagée par la guerre depuis trois ans
Il a encore indiqué que le président Nguesso conduisait déjà la réunion en cours des présidents africains, avant que ne soit annoncée sa désignation en séance plénière du sommet.
Sur l’engagement pris au sommet de Khartoum de confier la présidence au Soudan l’année prochaine, le ministre gabonais des affaires étrangères a affirmé qu’il n’était pas assorti de conditions.
" Quand les Africains promettent, ils tiennent leur promesse" a-t-il dit alors que d’autres diplomates ont affirmé que le Soudan s’était engagé à en faveur de la paix au Darfour, sa province ouest, ravagé par un conflit sanglant, à régler son différend avec le Tchad, son voisin.
D’ici là, le Soudan, le pays hôte du sommet, a obtenu la vice-présidence de 53 pays de l’UA, a affirmé la porte-parole de l’UA, Habiba Mejri Sheikh

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Qui est Denis Sassou Nguesso ?

Le président congolais Denis Sassou Nguesso, 62 ans, désigné mardi pour un an à la présidence de l’Union Africaine (UA), est un militaire rompu à la politique et à la diplomatie, qui a déjà dirigé entre 1986 et 1987 la défunte Organisation de l’unité africaine (OUA).
Aux commandes de son pays de 1979 à 1992 et depuis la victoire de ses troupes dans la guerre civile en octobre 1997, le général Sassou Nguesso y a acquis une solide expérience du pouvoir, une habileté politique reconnue ainsi qu’un goût prononcé pour les questions panafricaines.
Grand, la mâchoire carrée, souvent décrit comme autoritaire, mélangeant volontiers humour et sarcasme, ce père d’une famille nombreuse porte la moustache et préfère les élégants costumes-cravates et les bijoux en or au treillis qu’il a remisé depuis longtemps.
Né en 1943 dans le département de la Cuvette (nord) d’une famille paysanne, Denis Sassou Nguesso s’est engagé en 1961 dans l’armée congolaise. Dès lors, l’histoire personnelle du jeune officier parachutiste va souvent croiser celle, troublée et violente, de son pays.
De 1963 jusqu’à son arrivée au sommet de l’Etat en 1979, il est impliqué dans divers renversements de chefs d’Etat.
Pragmatique bien que cofondateur en 1969 d’un Parti congolais du travail (PCT) marxiste-léniniste, Denis Sassou Nguesso réussit, sitôt président, à mettre à exécution un plan de développement régional qui dote le Congo de près de 1.000 km de routes et de ponts.
Sur le plan africain, il entretient alors des relations privilégiées avec les dirigeants de différents mouvements de libération nationale et avec le pouvoir marxiste angolais, tout en conservant des liens étroits avec la France dont il reste un relais important en Afrique.
Porté à la tête de l’OUA en 1986, Sassou Nguesso sort le Congo de l’isolement diplomatique dans lequel l’avait plongé son orientation marxiste. Il en profite également pour contribuer à la création d’ensembles économiques sous-régionaux en Afrique et parcourt les capitales occidentales pour plaider le traitement de la dette de l’Afrique.
En 1988 à Brazzaville, il parvient à réunir pour la première fois face à face à Brazzaville des représentants de l’Angola et du régime d’apartheid sud-africain, qui soutient alors activement les rebelles angolais de l’Unita (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola), pour discuter de la paix en Afrique australe.
Il tisse également un réseau de relations avec ses pairs d’Afrique francophone. Il entretient notamment des liens privilégiés avec le Gabonais Omar Bongo Ondimba, doyen en exercice des chefs d’Etats africains, dont il est devenu le beau-père depuis le mariage de ce dernier avec sa fille Edith Lucie en 1990.
Lors des premières élections pluralistes organisées en 1992, il perd toutefois le pouvoir au profit de Pascal Lissouba. Sur fond de contestation des différents scrutins qui suivent la présidentielle, le Congo va s’enfoncer dans un cycle de violences.
En 1997, à l’issue de cinq mois de guerre civile qui ont permis, avec le soutien décisif de l’armée angolaise, à ses miliciens de vaincre ceux de M. Lissouba, le général Sassou Nguesso reprend les rênes du pouvoir.
Un nouveau conflit, marqué par des exactions contre les populations, éclate fin 1998, que remportent une nouvelle fois les forces du général Sassou Nguesso, toujours avec l’appui de l’Angola.
En 2002, il légitime son pouvoir acquis militairement en remportant une présidentielle boycottée par les principaux dirigeants de l’opposition et entreprend de redorer le blason du Congo par une intense activité diplomatique.
Il préside notamment depuis 2004 la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). Le Congo est également depuis janvier et pour deux ans membre non permanent du Conseil de sécurité de l’Onu.

Janvier 2006

Peu de chances que le Soudan obtienne la présidence en 2007 (US)

Afrique Centrale Info, 24 janvier 2006

Le Soudan ne devrait pas présider l'Union africaine (UA) en 2007 à moins qu'il ne mette fin à la guerre dans sa province du Darfour (ouest), a déclaré mardi à Khartoum une responsable du gouvernement américain.
Les dirigeants africains ont finalement désigné mardi le Congo, au dernier jour du sommet de Khartoum, pour diriger l'UA cette année, s'engageant toutefois à en confier pour 2007 la direction au Soudan, dont la candidature était très controversée.
" Nous espérons voir une amélioration de la situation au Darfour, qu'il y ait un accord de paix, cette décision aujourd'hui (sur la présidence de l'UA) pourrait créer une opportunité pour que cela ait lieu," a déclaré la secrétaire d'Etat adjointe aux Affaires africaines, Jendayi Frazer (premier plan sur la photo).
" Si cela continue comme maintenant, en 2007 je doute très sérieusement que le Soudan puisse être président de l'UA," a poursuivi la principale conseillère du président George Bush pour les affaires africaines.
La candidature du Soudan à la présidence de l'organisation des 53 pays africains a échoué en raison du conflit au Darfour, où l'UA a déployé une force de paix de 7000 hommes sans parvenir à mettre un terme à un conflit qui a causé de 180.000 à 300.000 morts depuis 2003.
Mme Frazer a salué la nomination du président congolais, Denis Sassou Nguesso comme président en exercice pour 2006 comme une "très bonne chose pour l'UA".
Lors d'une rencontre avec le nouveau président de l'UA, elle a indiqué l'avoir assuré du "soutien américain pour l'UA".

 

Janvier 2006

L'Union africaine joue sa crédibilité au Soudan

Le régime de Khartoum souhaite prendre la tête de l'Union africaine mais sa candidature divise l'organisation qui est réunie dans la capitale soudanaise.

Le Figaro, 23 janvier 2006, Tanguy Berthemet, envoyé spécial

Les Chefs d’Etat de l'Union africaine se réunissent aujourd'hui et demain en sommet au Soudan. Organiser une telle réunion à Khartoum était un pari risqué. Il se révèle explosif. L'UA, fondée en 2002 sur les cendres de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), avait précisément pour objectif de faire oublier les errements de son ancêtre et de gagner la confiance de la planète en prônant la démocratie, la paix et la bonne gouvernance.

Aux prises avec une guerre civile dans sa province ouest du Darfour, accusé de crimes de guerre, le régime islamique soudanais, incarne la plus mauvaise face du continent. Mais le pire est désormais à craindre. Le Soudan a annoncé qu'il briguerait la succession du leader nigérian Olusegun Obasanjo au poste de président de l'UA. «Nous sommes parfaitement qualifiés pour occuper la présidence qui doit revenir à un pays d'Afrique de l'Est, comme l'exige le principe de la présidence tournante et nous connaissons très bien les problèmes africains», a insisté le vice-ministre soudanais des Affaires étrangères Alsamani Lilwasila. Et d'évoquer «la tradition» non écrite selon laquelle «l'hôte d'un sommet assume ensuite automatiquement la présidence».

Mais la candidature a provoqué une bronca. «C'est une gifle pour les centaines de milliers de victimes de ce gouvernement au Darfour», affirme Reed Brody de Human Rights Watch. «Ce serait grotesque», tranche un ambassadeur occidental. Certains diplomates africains, anonymement, ne cachent pas non plus leur embarras. Difficile en effet d'imaginer le président soudanais Omar el-Béchir négociant les conditions de paix au Darfour avec le médiateur officiel, le président de l'Union africaine Omar el-Béchir.

Difficile également de concevoir que l'organisation puisse progresser avec à sa tête un Etat totalement discrédité. La plupart des membres de l'Union européenne n'entretiennent que des relations minimales avec Khartoum. Les Etats-Unis, pour leur part, ont inscrit le Soudan, qui a hébergé pendant près de cinq ans Oussama Ben Laden, sur la liste des «Etats voyous» soutenant le terrorisme et maintiennent contre lui des sanctions économiques et financières. Le Sénat américain a même qualifié de «génocide» les tueries perpétrées au Darfour contre des civils «africains» par les Djandjawids, des milices arabes soutenues par le gouvernement.

«Le pire des choix»

Or, l'Union africaine, dotée d'un budget squelettique – 129 millions de dollars pour 53 pays –, a désespérément besoin d'une aide extérieure pour assurer son développement. «Le Soudan est sans doute le pire des choix en Afrique. Une présidence soudanaise décrédibiliserait totalement l'Union. Cela ruinerait les années d'efforts pour imposer l'organisation auprès des chancelleries occidentales et des organismes internationaux», assure l'ONG International Crisis Group (ICG).

Conscients des risques, les chefs d'Etat africains ont désormais deux jours pour trouver une solution acceptable par tous et éviter une crise ouverte. Depuis plusieurs semaines, en coulisse, le président de commission de l'Union, Alpha Oumar Konaré, s'active à trouver une issue à la crise. La tâche d'autant plus délicate que le président est officiellement désigné par consensus. L'hypothèse la plus simple, forcer le Soudan à renoncer à ses ambitions, apparaît difficile. Le président Béchir a cependant expliqué hier que la réussite du sommet primait sur la question de la présidence. Certains tentaient donc de promouvoir une autre candidature, en se rangeant discrètement derrière un improbable sauveur : le Congo de Denis Sassou N'Guesso. De leurs côtés, les pays d'Afrique de l'Ouest semblaient militer pour une nouvelle prolongation du mandat d'Olusegun Obasanjo.

Ce combat des chefs a peu à peu fait oublier l'ordre du jour officiel du sommet. De gros dossiers s'empilent pourtant sur les tables : l'avenir de la mission de maintien de la paix des soldats de l'UA au Darfour et le cas Hissène Habré. La Belgique a inculpé pour «crimes contre l'humanité» l'ancien dictateur tchadien, réfugié au Sénégal, et réclame son extradition. En novembre dernier, la justice sénégalaise s'est déclarée incompétente. Le président Abdulaye Wade a alors confié à ses pairs africains la charge de trancher cette question délicate.

«Toute cette affaire de présidence est ridicule», s'agace Alfred Taban, directeur du quotidien Khartoum Monitor. «On perd du temps qui pourrait être mieux utilisé. Tant que l'Union n'aura pas décidé de se choisir son «Bruxelles» pour se réunir, cette querelle stérile resurgira.»

 

Janvier 2006

Le Soudan veut présider l'Union africaine au sommet de Khartoum

L’Express, 22 janvier 2006

La question de la présidence de l'Union africaine (UA) jette une ombre sur le sommet annuel de l'organisation qui s'ouvre lundi à Khartoum sur fond de violences dans la province soudanaise du Darfour

Le Soudan, accusé d'atteintes aux droits de l'homme, souhaite prendre la relève du Nigeria à la tête de l'UA au cours du sommet de deux jours qu'il accueille cette semaine. Par tradition, la présidence revient au pays hôte.
Mais l'idée de la confier au Soudan est critiquée par des organismes de défense des droits de l'homme faisant valoir qu'elle saboterait les efforts de démocratisation de l'UA, et par des pays africains soucieux d'améliorer l'image du continent.
" Nous ambitionnons seulement le succès de cette conférence", a assuré dimanche à Reuters le ministre soudanais de l'Information, al Zawahi Ibrahim Malik, laissant entendre que Khartoum mettait quelque peu en sourdine sa volonté de présider l'organisation panafricaine.
" Nous estimons que s'il y a une chance pour que le Soudan obtienne la présidence de la prochaine session de l'Union africaine, le Soudan est en droit de la saisir. Sinon, tant pis", a ajouté le ministre.

Pressions sur Khartoum

Alors que les dirigeants africains arrivaient dimanche à Khartoum, la sécurité d'Etat soudanaise est intervenue dans une réunion de groupes de défense des droits de l'homme locaux et internationaux et y a arrêté une cinquantaine de délégués.
Selon des témoins, des agents ont exigé de voir l'ordre du jour et ont tenté de saisir des ordinateurs. Les journalistes ont été sommés de se retirer et leurs matériel d'enregistrement a été confisqué.
Le Soudan se prévaut du soutien de pays d'Afrique du Nord et orientale, mais des diplomates notent que des Etats du sud, de l'ouest et du centre du continent ont tenté en coulisse d'obtenir que Khartoum se désiste, quitte peut-être à ce que le Nigeria continue à exercer la présidence de l'UA.
Samedi, des responsables soudanais avaient affirmé que leur pays ne se désisterait pas et avait le droit d'exercer la prochaine présidence. Mais Malik a déclaré dimanche que le Soudan s'inclinerait si des chefs d'Etat le lui demandaient.
Selon des délégués africains et autres, il semble à présent très peu probable que Khartoum obtienne la présidence de l'UA. L'organisation a été mise sur pied en 2002 pour favoriser la démocratie, les droits de l'homme et le développement sur l'ensemble du continent africain.
" La seule nouvelle, ici, c'est ce qui n'aura pas lieu, autrement dit que (le président soudanais Omar Hassan) al Bachir n'aura pas la présidence", a déclaré un diplomate occidental.
Quelque 7.000 soldats africains sous commandement de l'UA sont déployés au Darfour pour y superviser un cessez-le-feu très relatif, et l'UA parraine des pourparlers organisés au Nigeria pour tenter de mettre fin au conflit.

Janvier 2006

Soudan: Khartoum veut présenter un visage souriant

BBC Afrique, 22 janvier 2006

A Khartoum, où se tient le sommet de l'Union africaine cette semaine, les autorités soudanaises ont employé les grands moyens pour rendre la ville plus attrayante, espérant qu'un accueil souriant contribuera à masquer les ravages de la guerre, de la pauvreté, et des violations des droits de l'homme dans le pays. Jonah Fisher, de la BBC, est sur place, et décrit les effets de cette gigantesque opération de chirurgie esthétique urbaine.

Pour le gouvernement soudanais, ce sommet offre une chance de redorer quelque peu le blason du pays aux yeux de ses partenaires en Afrique. Le premier problème qui s'est posé était simple: comment accueillir décemment quarante chefs d'états? Ces derniers n'étaient attendus, certes, que pour un séjour de 48 h, mais il fallait leur trouver un logement. Or, Khartoum n'a qu'un seul hôtel de luxe, dans un état médiocre.
Un "village" présidentiel a donc été construit à la hâte sur les bords du Nil bleu. Quarante villas orangées, protégées par un important dispositif de sécurité, entourent une piscine. L'architecture des bâtiments est d'inspiration arabe, mais c'est vers l'Europe que les autorités se sont tournées pour mettre les dernières touches à l'ensemble.

"Ce qu'il y a de mieux"

La compagnie hôtelière française Accor a équipé chaque villa de tous les conforts - postes de télévision grand écran, literie de luxe - le tout importé d'Europe. De quoi satisfaire le président le plus exigeant à la fin d'une journée de travaux. Armand Vargas, un des responsables d'Accor chargés de l'opération, est formel: "nous avons acheté ce qu'il y a de mieux".
Ce "village" présidentiel est à 6 km du centre de conférences choisi pour accueillir les débats du sommet. Le long de la route qui les sépare, des jardins luxuriants ont été plantés, des bâtiments vétustes repeints, et des grands panneaux publicitaires ont été érigés pour masquer les chantiers de construction.
Personne ne se hasarde à dire combien tout cela a coûté...

Pour et contre

Un étudiant de Khartoum, Ahmed Mohammed, se réjouit. "Ce sommet nous a apporté des nouvelles routes, des nouveaux bâtiments, de fort belles choses" dit-il, "nous en sommes très fiers".
Son enthousiasme n'est pas partagé par tous les Soudanais, il s'en faut. Jak Mahmoud, du Nord-est du pays, est cinglant: " le gouvernement veut tout simplement faire de la frime, mais les villes soudanaises ne sont pas toutes comme ça: il suffit de sortir de Khartoum pour voir la pauvreté des gens". Pour lui, "ce n'est pas comme ça qu'il faut dépenser de l'argent".
Mais pour le gouvernement soudanais, le but est simple: "nous investissons pour changer l'image de marque du Soudan" déclare Jamal Ibrahim, porte-parole du gouvernement, à la BBC. "C'est une bonne occasion pour nous de montrer que nous sommes un pays qui émerge après avoir connu de nombreux problèmes, de nombreux conflits, et qui tourne la page. Bien sûr que cela coûte de l'argent".

La crise du Darfour

Tout a été fait pour que les dirigeants africains soient logés confortablement. Mais le sommet ne sera pas toujours de tout repos pour le chef de l'état soudanais, Omar Al-Bashir. Les discussions sur la crise dans le Darfour pourraient s'avérer difficiles pour lui. Depuis trois ans, les violences dans cette région du Soudan, et les moyens d'y remédier, ont été un des principaux casse-têtes de l'Union africaine. Et maintenant, la mission de maintien de la paix déployée sur place par l'organisation commence à manquer de fonds, et son travail risque d'être confié à l'ONU. Or, le gouvernement soudanais est vivement opposé à une telle éventualité.

Question de crédibilité

De plus, si on s'en tient aux précédents historiques, le président Bashir doit prendre la présidence (tournante) de l'organisation. Or, son gouvernement a été rendu responsable de nombreuses atrocités au Darfour, et les groupes de défense des droits de l'homme s'indignent à l'idée de le voir devenir président de l'Union.
Une cinquantaine de groupes africains ont signé une lettre dans laquelle ils se disent convaincus qu'une présidence soudanaise "porterait un préjudice sérieux à la crédibilité de l'UA, ainsi qu'à l'autorité de ses institutions".
Egalement à l'ordre du jour: le sort de l'ancien dirigeant tchadien, Hissène Habré, surnommé par certains le "Pinochet africain". Un tribunal en Belgique réclame son extradition, pour meurtre et torture de dizaines de milliers d'opposants politiques quand il était au pouvoir, durant les années 80.
Le Sénégal, où l'ancien président tchadien réside actuellement, a proposé la mise sur pied d'un tribunal africain pour le juger.

Un sommet-test

L'Union africaine, rappelons-le, a été créée en 2002, remplaçant l'ancienne Organisation de l'unité africaine (OUA), qui était fort critiquée.
Et ce sommet à Khartoum est une sorte de test pour l'UA, qui a une chance de montrer qu'elle n'est pas un simple forum pour les dirigeants africains, mais qu'elle est capable de faire face sérieusement aux problèmes de l'Afrique.

Janvier 2006

Omar el-Béchir joue la modestie

Afrique Centrale info - 22 janvier 2006

Le président soudanais Omar el-Béchir a fait dimanche profil bas face au tollé suscité par sa candidature à la tête de l’Union africaine (UA), à la veille de l’ouverture du sommet africain de Khartoum.
" Le Soudan est intéressé au succès du sommet africain", a affirmé le président Béchir cité par l’agence soudanaise SUNA, ajoutant que "ceci est plus important que tout, y compris la présidence de l’UA par le Soudan".
S’exprimant pour la première fois sur la question de sa candidature controversée, il s’est déclaré favorable à laisser l’actuel président de l’UA, le dirigeant nigérian Olesugun Obasanjo, en charge du problème du Darfour.
La perspective de voir le général Omar el-Béchir, 62 ans, arrivé au pouvoir en 1989 par un putsch soutenu par les islamistes, prendre la présidence de la jeune Union africaine a provoqué un tollé en Afrique et dans le monde.
Des dizaines d’ONG ont protesté contre le fait que le Soudan devienne juge et partie, dénonçant sa responsabilité dans la guerre qui ensanglante depuis trois ans, le Darfour, sa province ouest, où de 180.000 à 300.000 personnes sont mortes.
Mais pour le président soudanais, tout cela doit être placé dans le contexte d’un "complot contre le Soudan", a-t-il dit, mettant implicitement en cause les Etats-Unis, seulement évoqués comme "une grande et influente puissance".
Il récuse les critiques d’Amnesty International ou l’organisation américaine des droits de l’Homme, Human Rights Watch (HRW), des "centres qui ont déclaré la guerre au Soudan", a-t-il dit, mais qui "sont sans effet sur nous".
" Il serait fortement inopportun qu’un gouvernement responsable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité - et c’est le cas du gouvernement soudanais au Darfour - préside l’Union Africaine", a estimé HRW.
Evoquant un "conflit d’intérêt", la secrétaire d’Etat adjointe américaine aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, a jugé "très problématique" une présidence de Khartoum alors que l’UA a déployé une force de paix de 7.000 hommes au Darfour.
Washington avait accusé le pouvoir du président Béchir et les milices arabes pro-gouvernementales Djandjawids de "génocide" au Darfour, dont la population est à majorité noire, suscitant la protestation de Khartoum.
M. Béchir a par ailleurs annoncé dimanche l’adhésion du Soudan au Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) - lancé en février 2004 par le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) - qui est un système d’évaluation collégiale de la bonne gouvernance en Afrique.
" Il est inutile de dire que mon gouvernement s’engage fermement à assumer ses responsabilités pour sauvegarder et soutenir les droits de l’Homme" a lancé le président Béchir en annonçant cette décision lors d’une réunion du MAEP.
Il aussi a réaffirmé que Khartoum poursuit ses "efforts pour résoudre le conflit du Darfour par le dialogue et les négociations". Les pourparlers intersoudanais d’Abuja, au Nigeria, sont restés jusqu’à présent stériles.
Le Soudan est placé sur la liste américaine des pays soutenant le terrorisme et a accueilli dans les années 1990 Oussama ben Laden, le chef du réseau terroriste Al-Qaïda. Les sanctions avaient été maintenues en novembre 2005.
Mais Washington a salué la coopération de Khartoum dans la guerre contre le terrorisme depuis les attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Le président avait fait arrêté son ex-mentor politique, l’islamiste Hassan Tourabi, libéré en juin dernier

Janvier 2006

Lettre ouverte au président de l’Union africaine

Le Monde, 22 janvier 2006

Son Excellence Olusegun Obasanjo, Président de l’Union Africaine
Excellence,
Nous sommes profondément préoccupés par la tenue du prochain sommet de l’Union Africaine à Khartoum fin janvier 2006. Le choix d’y tenir une réunion si importante nous paraît problématique pour l’image de l’Union Africaine. Encore bien plus sérieux à nos yeux, il est question que le Président soudanais Omar el Béchir soit élu Président de l’Union Africaine. Ce serait une très grave décision.
La Commission d’enquête des Nations Unies a dressé une liste de 51 personnalités, dont les noms sont à ce jour tenus secrets, qu’elle tient pour responsable des exactions au Darfour. La Cour Pénale Internationale, dont la saisine s’est faite par le Conseil de Sécurité, enquête elle-même sur l’imputabilité de ces crimes. Il n’est pas impossible que des proches d’Omar el Béchir ou lui-même soient inquiétés. Ce serait catastrophique pour l’Union Africaine s’il en était le Président.
En effet le gouvernement soudanais a été l’objet d’accusations extrêmement graves pour sa politique au Darfour, de la part du Conseil de Sécurité de l’ONU, lors de plusieurs résolutions. Des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’Humanité ont été sérieusement étayées. Le gouvernement soudanais n’a pas dissout les milices « arabes » janjawid, qui, en coordination avec l’armée soudanaise, s’attaquent aux populations civiles « africaines », utilisent le viol des femmes comme arme de terreur, tuent, brûlent villages et récoltes, pillent le bétail., et continuent de harceler les civils. Ces horreurs ont conduit à plus de 300.000 morts, près de 3 millions de déplacés et 200 000 réfugiés dont une grande partie survit dans des camps grâce à l’aide internationale. Tous ces faits sont largement documentés par d’innombrables rapports et témoignages, dont au premier chef, malgré leur discrétion, ceux de l’Union Africaine.
Vous savez mieux que personne les immenses difficultés d’observation que rencontre la Mission de l’Union Africaine au Soudan (AMIS) qui sont liées pour une grande part aux obstacles à leur action déployés par le régime soudanais. Alors que les violences continuent contre les civils, nous pensons que le mandat actuel des troupes d’AMIS ne leur permet pas d’être suffisamment efficaces. C’est pourquoi nous pensons que le Conseil de Sécurité des Nations unies devrait maintenant, dans le cadre du Chapitre VII de sa Charte, octroyer un mandat de protection des populations civiles au Darfour.
D’autre part comment peut-on envisager dans ces conditions que les troupes d’AMIS, censées être neutres, soient commandées par le chef d’un des deux camps en présence ? Une présidence soudanaise réduirait à néant le sérieux du travail que l’Union Africaine a fait au Darfour sous votre direction. Les soldats de l’Union, tués par Khartoum, seraient-ils morts pour rien ?
Quelle crédibilité pourraient avoir les pourparlers de paix déjà si difficiles, entre les rebelles du Darfour et le gouvernement soudanais, tenus sous l’égide d’une Union Africaine présidée par le Soudan ?
A ces difficultés s’ajoute aujourd’hui la tension entre le Tchad et le Soudan dans cette même région.
Bien entendu, Excellence, les Africains sont souverains dans leurs choix. Cependant c’est le devoir des amis de l’Afrique et des personnes attachées aux droits de l’homme de vous faire part de leurs préoccupations.
Nous vous prions de bien vouloir agréer, Excellence, l’assurance de notre très haute considération.

Collectif Urgence Darfour - www.urgencedarfour.org

Janvier 2006

La Banque mondiale encourage l`investissement au Sud Soudan

Angola-Press, Nairobi , 20 janvier 2006

La Banque mondiale va aider les entreprises locales et étrangères souhaitant investir dans la région sud du Soudan, ravagée par 21 années de guerre civile, a annoncé un communiqué officiel de l`institution à Nairobi.
Magdi Amin, éminent spécialiste du développement du secteur privé, a déclaré jeudi que la Banque mondiale était en train de développer un programme sur le secteur privé pour le Sud Soudan ainsi qu`un cadre stratégique qui abordera les questions tels que le droit bancaire, l`enregistrement des entreprises.
M. Amin, qui a rencontré le ministre de l`Industrie et du Commerce du Kenya Mukhisa Kituyi, a estimé qu`en raison du manque de moyens dont souffre le Sud Soudan à l`heure actuelle pour gérer les échanges et le commerce, la Banque mondiale a décidé d`aider les firmes à s`installer dans cette vaste région.
Khartoum et les rebelles sud soudanais ont scellé un accord politique le 9 janvier 2005 à Nairobi, ayant donné naissance à un gouvernement sud soudanais semi-autonome, à côté du gouvernement d`unité nationale formé à Khartoum, pour gérer cette vaste région durant une période intérimaire de six ans.
Ledit accord reconnaît également le système bancaire islamique à travers le pays, mais comprend des dispositions relatives aux pratiques bancaires contemporaines appliquées au Sud Soudan et prévoit la création d`une commission séparée pour créer de nouveaux billets de banques, entre autres.
M. Amin a par ailleurs dit que l`intervention de la Banque mondiale était essentielle car les autorités soudanaises mettaient encore en place les différentes structures administratives.
Pour sa part, le ministre kényan a salué la décision de la Banque mondiale, et admis qu`il existait "un besoin urgent" de protéger la région du Sud Soudan de "l`anarchie capitaliste" et de soutenir la paix soudanaise durement acquise par une croissance économique durable.
" Pour que la paix dure au Soudan, elle doit être soutenue par des opportunités économiques durables", a souligné M. Kituyi.
Le gouvernement kényan a ouvert un bureau de liaison au Soudan pour coordonner les activités de ses entrepreneurs souhaitant s`installer au Soudan.

Janvier 2006

 

Note d'information à l'intention des Etats membres de l'Union africaine

[Sixième Sommet de l'Union africaine, 23-24 janvier 2006]
Une note d’information de Human Rights Watch
Au Sixième Sommet de l'Union africaine (U.A.) qui se tiendra à Khartoum les 23 et 24 janvier, Human Rights Watch appelle l'Assemblée des Chefs d'Etat et de gouvernement africains à placer la protection des civils et les poursuites à l'encontre des violateurs des droits humains en tête des points prioritaires à l'ordre du jour. A cet égard et avec tout le respect qu'elle lui doit, Human Rights Watch souhaiterait attirer l'attention de l'Assemblée sur deux questions: l'éventuelle élection du président soudanais Omar El Bashir à la présidence de l'Union africaine et l'extradition par le Sénégal de l'ex-dirigeant tchadien Hissène Habré sous l'inculpation de crimes graves commis en violation du droit international.
Si les Etats membres de l'Union africaine devaient choisir le Soudan pour assumer la présidence de l'Union africaine en 2006, nous estimons que cette décision porterait sérieusement et irrémédiablement atteinte à la crédibilité et à l'avenir de l'U.A. Il serait fortement inopportun qu'un gouvernement responsable de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité —et c'est le cas du gouvernement soudanais au Darfour—préside l'Union africaine. La capacité de celle-ci à agir en organe de médiation neutre au Soudan se verrait sérieusement compromise si elle avait à sa tête un pays impliqué dans un conflit pour lequel l'Union africaine mène des pourparlers de paix.

Permettre au dirigeant soudanais de devenir président de l'U.A. équivaudrait à envoyer un message extrêmement négatif aux civils du Darfour, où l'U.A. joue un rôle crucial en matière de protection, et à la population de l'Afrique en général. En tant qu'institution soucieuse de promouvoir les droits humains, comme le stipule l'article 3 de son acte constitutif, l'Union africaine ferait preuve d'une énorme hypocrisie en choisissant à sa présidence un pays complice de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre.

M. Habré a été inculpé par un juge belge pour son rôle présumé dans des milliers d'assassinats politiques, des actes systématiques de torture et des crimes perpétrés contre différents groupes ethniques au Tchad; la Belgique a réclamé son extradition au Sénégal. Le Président sénégalais Wade a demandé à l'Union africaine d'émettre une recommandation à propos de la “juridiction compétente” pour juger M. Habré. Human Rights Watch estime que la Belgique constitue l'option la plus concrète, la plus réaliste et la plus appropriée pour garantir la justice et elle prie instamment l'Union africaine de recommander au Sénégal qu'il extrade M. Habré vers la Belgique. Une telle recommandation émanant des Etats membres de l'U.A. indiquerait clairement que l'Union africaine s'emploie à faire triompher l'Etat de droit et la justice, qu'elle oblige les responsables d'atrocités à rendre des comptes et qu'elle prend des mesures importantes pour lutter contre l'impunité sur le continent.

Le Soudan à la présidence de l'Union africaine en 2006

Problèmes sur le plan des droits humains
La Mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS) est la mission de maintien de la paix et d'observation du cessez-le-feu la plus ambitieuse que l'Union africaine ait entreprise à ce jour. Près de 7.000 soldats et policiers provenant de pays africains sont présents au Darfour avec pour mandat de protéger les civils contre les crimes commis par les milices “janjawids” alignées sur le gouvernement soudanais, et souvent accompagnées ou soutenues par les forces gouvernementales soudanaises, ainsi que par les rebelles de l'Armée/Mouvement de libération du Soudan (M/ALS) et le Mouvement pour la Justice et l'Egalité (MJE). Les forces de l'AMIS sont composées de soldats et de policiers du Nigeria, d'Afrique du sud, du Rwanda, du Sénégal, du Botswana, du Mozambique, du Ghana et d'autres pays.

Pour les forces de l'U.A., la protection des civils a un coût. Quatre soldats nigérians ont été tués en octobre, probablement par des milices alignées sur le gouvernement, lors de l'attaque d'un convoi placé sous leur protection au Darfour Sud. Le 6 janvier, un soldat sénégalais a été tué dans l'exercice de ses fonctions au Darfour occidental.

L'Union africaine a de bonnes raisons d'être fière de ces forces et de son engagement à entreprendre une opération militaire extrêmement ardue: protéger des civils dans une vaste région disposant de peu d'infrastructures. Le défi est de taille: quelque deux millions de civils ont été déplacés par la force et soumis à la terreur dans des camps au Darfour, tandis qu'1,3 million d'autres (soit au total plus de la moitié de la population darfourienne) ont été profondément affectés par les trois années de conflit et par la destruction et le pillage de leurs fermes, de leurs habitations et de leur bétail.

A de nombreuses reprises, le gouvernement soudanais a fait obstacle à l'opération de l'U.A. Pendant des mois, il a refusé d'autoriser l'importation de véhicules de transport de troupes (PAC) donnés à l'AMIS pour améliorer la protection des civils et de ses forces. Le gouvernement soudanais, ses milices et les membres des mouvements rebelles font déjà l'objet d'une enquête menée par la Cour Pénale Internationale. Selon des dizaines d'investigations portant sur les violations du cessez-le-feu et réalisées par l'AMIS en vertu de l'accord de cessez-le-feu humanitaire d'avril 2004, le gouvernement soudanais est responsable de nombreux crimes commis directement ou par le biais de ses milices janjawids, qu'il a incorporées aux milices gouvernementales, à la police et à d'autres services en uniforme opérant au Darfour. Les rapports de l'AMIS relèvent qu'il a déployé des hélicoptères de combat soudanais et autres équipements aériens ainsi que des troupes contre des civils au Darfour pas plus tard qu'en décembre 2005, en violation des engagements qu'il a pris auprès de l'Union africaine.

Aujourd'hui, le Soudan cherche à obtenir la présidence de l'Union africaine. Si le Sommet de l'U.A. venait à choisir le Président Omar El Bashir, la crédibilité et l'avenir de l'U.A. s'en trouveraient sérieusement et irrémédiablement mis à mal et l'opération de l'AMIS serait radicalement compromise. L'image de rectitude et d'objectivité que l'Union africaine souhaite projeter serait remise en question et sa crédibilité en tant qu'instance neutre de médiation au Darfour serait ternie. Vu son attitude d'obstruction et le non-respect de ses engagements envers l'Union africaine, les Nations Unies et d'autres, il est probable que si le Président El Bashir venait à assumer la présidence de l'U.A., le gouvernement soudanais ferait obstacle à tout effort visant à poursuivre les discussions ou à intervenir au Darfour. Il n'est absolument pas souhaitable que l'une des parties à un cessez-le-feu dirige l'institution responsable de surveiller ce cessez-le-feu ou qu'elle assume une quelconque responsabilité sur le plan de la gestion de la force africaine mise sur pied pour superviser les parties et protéger les civils contre les crimes commis par ladite partie au regard du droit international. La situation étant ce qu'elle est, il serait extrêmement inopportun que l'Union africaine choisisse le président soudanais pour occuper sa plus haute fonction.

Recommandation à l'Union africaine
• Choisir un candidat acceptable pour la présidence de l'U.A. et veiller à ce que le Président soudanais Omar El Bashir ne soit pas élu président de l'U.A. au sommet de janvier 2006.

Janvier 2006

L'Union africaine déçue par la lenteur des progrès dans les pourparlers sur le Darfour

Xinhuanet, Lagos, 19 janvier 2006

L'Union africaine (UA) a exprimé sa déception sur la lenteur des progrès dans les pourparlers de paix visant à mettre fin à trois ans d'affrontements dans la région du Darfour dans l'ouest du Soudan.
Le chef de l'équipe de médiation à ces pourparlers, Sam Ibok, a fait part mercredi de cette déception aux délégués du gouvernement soudanais et des deux groupes rebelles du Darfour, lors d'entretiens séparés, indique un communiqué de l'UA.
" M. Ibok a exprimé clairement aux parties soudanaises la déception du Conseil de paix et de sécurité de l'Union Africaine et du Conseil de sécurité des Nations unies, sur la lenteur des progrès réalisés jusqu'à présent", selon le communiqué.
" Il a souligné que le round actuel de discussions avait été caractérisé par le manque de flexibilité, les soupçons et l'absence d'un niveau minimal de confiance", ajoute-t-il.
M. Ibok a également appelé "les parties soudanaises à envisager la manière dont ce mois de janvier pourrait être mis à profit pour amener réellement les discussions vers un succès".
L'envoyé de l'UA au Darfour Salim Ahmed Salim a décrit ces négociations, qui ont lieu depuis novembre dernier à Abuja, capitale du Nigeria, comme "d'une lenteur troublante et insupportable", en présentant son rapport devant le Conseil de sécurité le 13 janvier.
" M. Salim a proposé entre autres choses, que tous les efforts possibles soient exercés afin de garantir l'efficacité de l'accord de cessez-le-feu humanitaire et des institutions mises en place pour veiller à ce cessez-le-feu", indique le communiqué.
" Il a ajouté que des sanctions soigneusement ciblées devraient être imposées à ceux qui violent le cessez-le-feu ou freinent les négociations, et que les parties soudanaises devraient être encouragées à aborder les négociations d'une manière plus déterminée", a-t-il ajouté.
Le conflit au Darfour, qui oppose le gouvernement soudanais aux rebelles de l'Armée/Mouvement de libération du Soudan et du Mouvement de la Justice et de l'Egalité, a fait de nombreux morts depuis son début en février 2003, et chassé de leur foyer plus d'un million d'autres personnes.
Lors des précédents rounds de négociation, l'UA a assuré la médiation d'un accord de cessez-le-feu fragile, et a tenté de trouver une solution durable, mais sans parvenir à un accord substantiel jusqu'à présent.

Janvier 2006

Canada: Appel des responsables religieux en faveur du Soudan

Lettre aux responsables politiques

Ottawa (Canada) 19 janvier 2006

Les dirigeants religieux du Canada demandent aux dirigeants politiques du pays d’inscrire le Darfour « en tête des priorités » de leur programme politique international, indique le site de la conférence des évêques du Canada (www.cecc.ca).

Les dirigeants religieux du Canada adressent en effet aux chefs des partis politiques du pays une lettre leur demandant d’inscrire le Darfour en tête de leur programme politique international.

La signature du message par les dirigeants de traditions religieuses diverses du Canada témoigne de l’envergure de l’appui accordé à la participation énergique du pays aux efforts d’établissement de la paix au Soudan, souligne le site.

La lettre dit en effet : « A titre de représentants de diverses traditions religieuses du Canada, nous félicitons le Gouvernement canadien pour son importante contribution aux démarches humanitaires et aux opérations de secours en faveur du Darfour, au Soudan, et pour le soutien qu’il a apporté aux efforts de la Mission de l’Union africaine au Soudan afin d’assurer la sécurité de sa population. Les croyants du Canada manifestent depuis de nombreuses années leur solidarité avec celle-ci en œuvrant en partenariat et en collaboration avec elle ».

Les responsables religieux soulignent en outre que « les Canadiens et les Canadiennes espèrent que leurs dirigeants politiques continueront de prendre les mesures unilatérales, bilatérales et multilatérales nécessaires pour protéger les communautés menacées, travailler avec audace et courage, aux côtés d’autres hommes et femmes, à résoudre le conflit et à redonner aux Darfouriens un climat de paix et de sécurité ».

Ils concluent : « Nous prions donc instamment le Gouvernement, en ce moment où la crise s’engage dans sa quatrième année, d’inscrire le Darfour en tête de ses priorités en matière de politique internationale et de prendre les mesures nécessaires pour y rendre à tous la paix et la sécurité. Profondément préoccupés par la situation actuelle, nous vous pressons de faire tout en votre pouvoir pour venir en aide à la population souffrante et vulnérable de cette région du Soudan ».

Janvier 2006

Soudan . L'Union africaine, ... appelle l'Onu au secours

Al-Ahram Hebdo Mercredi 18 janvier, 2006 - Numéro 593 Soudan .

L'Union africaine, médiateur dans la crise du Darfour, propose d'y déployer une force de l'Onu. Soutenue par Kofi Annan et la rébellion, cette idée est rejetée par Khartoum.

L'UA appelle l'Onu au secours

L'idée du déploiement d'une force de l'Onu au Darfour, dans l'ouest du Soudan, en proie à un conflit meurtrier, fait son chemin, malgré l'opposition de Khartoum. Ce refus intervient alors que le Soudan doit accueillir les 23 et 24 janvier un sommet de l'Union Africaine (UA) et pourrait prendre la présidence de cette organisation parrainant les négociations de paix avec les rebelles du Darfour. Tandis que Khartoum tentait d'affirmer son droit de choisir qui serait en charge des opérations de maintien de la paix, l'UA a averti le Soudan qu'il serait tenu de respecter une décision de l'organisation africaine permettant un déploiement des forces de l'Onu.

Craignant davantage d'internationalisation du conflit et de pressions occidentales, Khartoum a jugé « prématurée » la proposition de l'Onu. Le ministre soudanais des Affaires étrangères, Lam Akol, a affirmé samedi dans une conférence de presse qu'elle doublonnerait avec la force de paix de l'UA, l'Amis. « La force de l'UA fait un bon boulot. La seule chose dont elle manque, c'est l'argent. Si l'Onu est sérieuse en croyant faire un bon boulot au Darfour, pourquoi ne donne-t-elle pas l'argent à l'UA ? », a-t-il déclaré. D'après lui, l'UA a besoin de 160 millions de dollars pour mener sa mission jusqu'à la fin 2006. « Une telle proposition remet en question la capacité de l'UA à mener à bien sa mission, ainsi que la capacité des Africains à résoudre leurs problèmes. Il est regrettable que certains pays africains soutiennent cette nouvelle tendance », a affirmé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. En revanche, le Soudan a proposé dimanche la formation d'une force tripartite comprenant ses propres troupes, celles des mouvements rebelles et de l'Union africaine pour maintenir la paix au Darfour.

Les mouvements rebelles, favorables à la prise de relais par les troupes de l'Onu, sont susceptibles de rejeter violemment la proposition du gouvernement soudanais. Ils ont par contre favorablement accueilli la proposition de l'UA. « Nous voulons une force avec un mandat fort et précis, qui puisse protéger les civils face aux (milices progouvernementales) djandjawids et aux forces gouvernementales, et mettre en application les résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu », a dit Ahmad Hussein, porte-parole du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM). Le président Omar Al-Béchir « et son gouvernement criminel sont partie prenante du problème au Darfour, qui est la priorité de l'UA. Comment l'UA peut-elle tenir son sommet à Khartoum ? », a déploré M. Hussein. « Si Béchir devient président de l'UA, nous refuserons qu'elle joue le rôle de médiateur dans les négociations », a-t-il prévenu. Le JEM et l'autre mouvement rebelle du Darfour, le Mouvement de libération du Soudan (SLM), mènent avec le gouvernement des pourparlers de paix à Abuja, sous l'égide de l'UA.

Selon un haut responsable de l'UA, « le Soudan devra accepter la décision du Conseil de paix et de sécurité » de l'organisation panafricaine sur la force de paix. Le vice-président de la commission de l'UA, Patrick Mazimhaka, a ajouté que l'UA pouvait « intervenir pour stabiliser une situation », mais n'avait pas « les ressources pour une mission de maintien de la paix à long terme, cette responsabilité revient aux Nations-Unies ». L'UA a déployé en 2004 au Darfour sa première mission de maintien de la paix, qui compte quelque 7 800 personnes, en majorité des militaires, sans mettre un terme au conflit. « Jusqu'à présent, aucun engagement n'a été pris par nos partenaires pour financer la mission (de l'UA) après mars 2006 », affirme un rapport de l'UA publié jeudi, proposant de passer le relais à l'Onu. L'Amis est financée essentiellement par l'Union européenne, les Nations-Unies et les Etats-Unis. Elle coûte 17 millions de dollars par mois.

Réagissant au rapport du président de la commission de l'UA, Alpha Omar Konarée, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a indiqué envisager de déployer une force de réaction rapide, disposant d'un soutien aérien tactique, pour prendre le relais de l'Amis. Son envoyé spécial au Soudan, Jan Pronk, a appelé de son côté au d&eac