Le Soudan dans la Presse

Nous référençons un certain nombre d'articles sur le Soudan
en laissant la responsabilité du contenu à leurs auteurs

Retour à la page d'accueil française


2006

2005

Juillet 
Août
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre

1er semestre 2005


Décembre 2005

L'Humanité
31 décembre 2005
Regain de violence au Darfour
AMI Mauritanie
31 décembre 2005
Soudan: 50 ans d'indépendance, marqués par des guerres et des dictatures
Xinhuanet
31 décembre 2005
Le président soudanais s'engage à maintenir l'unité de son pays
Libération
30 décembre 2005
Dix réfugiés soudanais tués au Caire
L'Express
30 décembre 2005
Déserteurs et rebelles s'allient contre le régime tchadien
Edicom
30 décembre 2005
Dix morts dans l'évacuation de réfugiés soudanais
Xinhuanet
29 décembre 2005
Les civils au Darfour paient un prix intolérablement élevé (ONU)
Cameroun Tribune
29 décembre 2005
Sauver le Tchad
Le Figaro
28 décembre 2005
L’Union africaine ne doit pas donner de gages à Khartoum !
IRIN
28 décembre 2005
Tchad-Soudan : Obasanjo, président en exercice de l'UA, rencontre le président Deby et l'émissaire soudanais
Jeune Afrique
27 décembre 2005
Accord entre le gouvernement soudanais et les Lions libres
Jeune Afrique
27 décembre 2005
Obasanjo rencontre des délégations du Soudan et du Tchad à propos du Darfour
Le Monde
27 décembre 2005
La crise du régime tchadien menace de dégénérer en guerre avec le Soudan
Tchad Info
26 décembre 2005
Le Soudan doit jouer un rôle moteur pour juguler la crise tchado-soudanaise
La Croix
26 décembre 2005
Le Tchad accuse le Soudan de soutenir une rébellion
Jeune Afrique
25 décembre 2005
Des observateurs militaires burundais pour le Soudan
Jeune Afrique
25 décembre 2005
Deux morts dans un accident d'avion au Soudan
Inter Presse Service
24 décembre 2005
Des femmes renforcent les pourparlers du Darfour
Xinhuanet
24 décembre 2005
Darfour négociations: accord sur l'agenda en cinq point pour la sécurité
Le devoir du Québec
24 décembre 2005
Le Tchad est en «état de belligérance» avec le Soudan
ONU
22 décembre 2005
Reprise des pourparlers sur le Darfour : le Conseil réitère ses injonctions au gouvernement et aux forces rebelles
ONU
22 décembre 2005
Reprise des pourparlers sur le Darfour : le Conseil de Sécurité réitère ses injonction au gouvernement et aux forces rebelles
L'Humanité
22 décembre 2005
Au Tchad, que fait paris ?
Libération
21 décembre 2005
Au moins 300 morts dans les combats contre une rébellion venue du Darfour.
Le Monde
21 décembre 2005
L’armée tchadienne repousse des rebelles venus du Soudan
Télévision Suisse Romande
20 décembre 2005
Plus d'un million d'enfants du Darfour n'ont pas accès à l'aide
Le Figaro
20 décembre 2005
Le pouvoir tchadien menacé par la rébellion
IRIN
19 décembre 2005
Tchad : Le gouvernement tchadien accuse le Soudan après l'attaque d'Adré
La Croix
15 décembre 2005
Les viols ont pris une proportion alarmante et menacent gravement la survie des familles.
La Croix
15 décembre 2005
Le pouvoir soudanais à nouveau accusé au Darfour
Xinhuanet
10 décembre 2005
Un nouvel oléoduc inauguré au Soudan
IRIN
08 décembre 2005
Nigeria – Soudan : Les nouvelles exigences des rebelles bloquent les pourparlers de paix
ONU
08 décembre 2005
Le Secrétaire général des Nations unies de nouveau gravement préoccupé par la détérioration de la situation au Darfour
Irin
08 décembre 2005
Nigeria – Soudan : Les nouvelles exigences des rebelles bloquent les pourparlers de paix
All Africa Com
08 décembre 2005
Le Secrétaire général des Nations Unies de nouveau gravement préoccupé par la détérioration de la situation au Darfour
Inter Press Service
2 décembre 2005
Des groupes de défense de droits recommandent une action de l'ONU au Soudan
Début de page

Regain de violence au Darfour

La région, déjà meurtrie par un nettoyage ethnique, connaît de nouvelles tensions, sans que la communauté internationale manifeste l’intention d’agir. Les pays voisins commencent à intervenir dans la guerre civile.

L’Humanité, 31 décembre 2005

« La menace de l’anarchie totale se rapproche. » Cette phrase de Kofi Annan date de la mi-novembre, mais elle traduit bien l’inquiétude du secrétaire général de l’ONU devant la dégradation, depuis la fin de l’été, de la situation au Darfour, province de l’Ouest soudanais, où une campagne de violence à caractère ethnique menée par le gouvernement et ses milices en 2003-2004 a causé 300 000 morts et le déplacement de plus d’un million de personnes. « Les choses se sont compliquées, nous n’avons plus à faire à une simple opposition entre d’un côté le gouvernement et les djindjawids et de l’autre les rebelles darfouriens », résume Jérôme Larché, responsable de la mission « Soudan » de Médecins du monde. Le Mouvement de libération du Soudan (SLM), l’un des deux groupes armés qui ont lancé début 2003 l’offensive contre le pouvoir central, a explosé en deux factions, accroissant sur le terrain la mobilisation des troupes et la multiplication des accrochages. Au terme de nombreuses médiations, le SLM est arrivé uni aux négociations entamées en fin novembre avec le gouvernement. Mais « la division du SLM est profonde, car les deux groupes ethniques qu’elle oppose, les Four et les Zaghawa, n’ont pas d’intérêts communs », souligne Marc Lavergne, géographe au CNRS. Par ailleurs, un troisième groupe rebelle, le MNRD, apparu en cours de conflit et sans doute en partie instrumentalisé par le Tchad, mène lui aussi des actions militaires. Autre source d’inquiétude, la présence de groupes armés tchadiens opposés au président Déby qui, depuis quelque temps, redoublent d’activité à la frontière entre les deux pays, avec le risque souligné par l’ONU de voir « les liens ethniques transfrontaliers conduire à une internationalisation du conflit ». À ces mouvements rebelles, s’ajoute la multiplication des actes de banditisme. Quant à la guerre menée par le gouvernement soudanais et les milices djindjawids pour nettoyer la région des civils sédentaires, elle n’a plus le caractère massif qu’elle a eu en 2003-2004, mais elle continue. Groupes de djindjawids qui rôdent autour des camps de réfugiés, offensives sur des villages isolés, intrusion de militaires dans les camps, viols de femmes par des éléments de l’armée ont repris à une moindre échelle. Ainsi, le 20 décembre dernier, l’ONU a encore déploré le meurtre de 20 civils et la destruction d’un village par un groupe d’environ 500 djindjawids. Rien que ces dernières semaines, ces violences ont drainé au moins 20 000 nouveaux déplacés sur les routes.

Ce regain de violence ne semble inquiéter personne. Il est loin l’été 2004, quand l’administration américaine, en pleine campagne électorale, brandissait à la face du monde le terme « génocide » et quand le Conseil de sécurité multipliait les résolutions et les menaces de sanctions contre le gouvernement soudanais. Comme l’a noté un journaliste du Weekly Standard, lors de son voyage début novembre au Soudan, Robert Zoellick, vice-secrétaire d’État américain, a préféré qualifier le conflit de « guerre tribale ». La version utilisée dès le départ par Khartoum pour camoufler ses responsabilités. L’impossibilité de se rendre au Darfour faite à la Cour pénale internationale, pourtant dotée pour la première fois de son histoire d’un mandat émanant d’une résolution du Conseil de sécurité, n’a suscité que de vagues protestations verbales. Les pays occidentaux semblent se satisfaire de laisser la mission de l’Union africaine gérer la situation sur le terrain. Mais avec un peu moins de 7 000 hommes pour un territoire grand comme la France, au lieu des 13 000 prévus, celle-ci, devenue à son tour en octobre cible d’attaques, peine à avoir une présence efficace. Non seulement elle manque de fonds, mais Khartoum multiplie les obstacles. Après avoir imposé un test antisida à tous les soldats de l’UA, le gouvernement soudanais a empêché pendant des mois la livraison de véhicules blindés, finalement survenue mi-novembre. L’avenir est aussi un sujet d’inquiétude. Mi-décembre, l’UA a lancé un cri d’alarme signalant que malgré les dons déjà effectués, elle n’avait pas assez de fonds pour continuer sa mission au-delà du moi de mars. Ce qui n’a pas empêché le Congrès américain de refuser d’allouer les 50 millions de dollars demandés pour l’UA par l’administration Bush. Si elle était confirmée, la tenue en fin janvier à Khartoum du prochain sommet de l’UA, et la possible attribution de sa présidence au Soudan, conduisent de plus à mettre en doute la volonté politique de l’organisation.

Khartoum peut donc se frotter les mains. Pour ne pas risquer la déstabilisation du pays, et permettre l’application des accords signés l’année dernière, après près de vingt ans de guerre, entre le gouvernement et les rebelles du Sud Soudan, la communauté internationale semble avoir abandonné les populations du Darfour. Le rôle central des plus hautes autorités du pays dans la campagne de nettoyage ethnique menée dans la région est encore récemment détaillé dans un rapport de l’organisation Human Rights Watch, mais cela n’y change rien. Preuve de cette volonté de ménager le régime, la liste de 50 responsables d’exactions, dans laquelle doivent figurer des membres du gouvernement, n’a jamais été rendue publique. Et personne ne semble vouloir qu’elle le soit.

Camille Bauer

Décembre 2005


Soudan: 50 ans d'indépendance, marqués par des guerres et des dictatures

AMI, Mauritanie, 31 décembre 2005

Khartoum, 31 décembre 2005 - Le Soudan va célébrer dimanche le jubilé de son indépendance, cinquante ans marqués par les guerres et les dictatures, depuis la fin du condominium égypto-britannique sur le pays, le 1er janvier 1956.
Le pays a connu environ quarante ans de régimes militaires et seulement dix ans de démocratie, marqués par des querelles partisanes et des agitations sociales. A l'occasion de cet anniversaire, le président Omar Hassan el-Béchir doit s'adresser samedi à la nation.
Dès sa création, le Soudan, dominé par les Arabo-musulmans au nord, a dû se battre pour maintenir son intégrité territoriale contestée par diverses ethnies africaines au sud et à l'ouest.
Immédiatement après 1956, une guerre civile éclate dans le Sud, animiste et chrétien, en faveur d'un État distinct.
Pendant les premières années de l'indépendance, le Soudan bénéficie d'un régime parlementaire dirigé par le chef du Parti national unioniste, Ismaïl al-Azhary, allié au parti El-Oumma.
Mais en 1958, l'armée porte au pouvoir le général Ibrahim Abboud, renversé en octobre 1964, à la suite d'émeutes populaires. La chute du régime militaire permet le rétablissement provisoire de la démocratie.
En mai 1969, le colonel Jaafar al-Nemeyri s'empare du pouvoir. Il va demeurer 16 ans à la tête de l'Etat, survivant à plusieurs tentatives de coups d'Etat.
Le règne de Nemeyri est marqué par la répression. Il ordonne des milliers d'arrestations et fait exécuter des opposants, parmi lesquels Joseph Garang, l'ancien ministre des Affaires du Sud, et le secrétaire général du Parti communiste, considéré alors comme le plus puissant d'Afrique, Abd el-Khaleq Mahjoub.
L'économie connaît une crise grave en raison d'une lourde dette publique et de la hausse continue du coût de la vie qui fait fondre la monnaie locale.
Le Soudan connaît aussi dix ans de paix sous Nemeyri, qui négocie un cessez-le-feu avec les sécessionnistes du Sud, conduits par le mouvement Anya-Nya, et leur accorde l'autonomie en 1972.
Mais les Sudistes se rebellent de nouveau en 1983, refusant le découpage de leur région en trois provinces et l'entrée en vigueur de la charia. Ils s'unissent autour du colonel John Garang contre Khartoum.
Le colonel Nemeyri est renversé en avril 1985 à la suite d'un soulèvement populaire, alors qu'il se trouve aux Etats-Unis pour des examens médicaux.
Après une période de transition, la démocratie est rétablie. Sadeq el-Mahdi, chef de file du parti El-Oumma, est élu Premier ministre en 1986.
La guerre avec le Sud s'intensifie et la situation économique s'aggrave en raison notamment des ravages de la famine et des crues exceptionnelles du Nil.
En juin 1989, le général Omar Hassan el-Béchir prend la tête d'un régime militaire islamiste qui réprime durement l'opposition.
En janvier 2005, un accord de paix est signé entre Khartoum et la rébellion sudiste, mettant fin à une guerre qui a fait 1,5 million de morts et 4 millions de déplacés et réfugiés.
Mais entre-temps, un autre conflit éclate, au Darfour, dans l'ouest du pays. Depuis février 2003, des groupes rebelles d'ethnies noires s'opposent à Khartoum, allié à des milices arabes.
Le conflit a fait entre 180.000 et 300.000 morts et déplacé plus de deux millions de personnes. Il s'agit selon l'Onu de la "plus grande tragédie humanitaire au monde".
L'est du pays s'est également soulevé contre Khartoum pour protester contre sa marginalisation.
Malgré l'entrée en production des champs pétroliers du sud, qui couvrent la consommation locale et permettent l'exportation de près de 300.000 barils-jour, le Soudan est considéré comme un des pays les plus pauvres de la planète.

Décembre 2005


Le président soudanais s'engage à maintenir l'unité de son pays

Xinhuanet, Khartoum, 31 décembre 2005

Le président soudanais Omar el-Bashir s'est engagé samedi à maintenir l'unité de son pays à tout prix.
Dans un discours prononcé à la nation à l'occasion du 50e anniversaire de l'indépendance du Soudan, M. Bashir a réaffirmé la volonté du gouvernement d'appliquer l'accord de paix qui a mis fin à plus de deux décennies de guerre civile.
« Nous sommes fermement déterminés à appliquer ce dont nous avons convenu jusqu'à ce que l'unité devienne un choix attirant pour la population du nord et du sud" du pays, a-t-il indiqué.
M. Bashir a fait remarquer que le Soudan avait un rôle à jouer dans la région arabe et sur le continent africain, soulignant que son pays s'engageant à approfondir la coopération afro-arabe dans les domaines politique et économique.
Le gouvernement soudanais fera ses efforts pour assurer un succès complet d'un sommet africain en janvier 2006 et d'un sommet arabe deux mois plus tard, qui doivent se dérouler à Khartoum, a-t- il ajouté.

Décembre 2005


Dix réfugiés soudanais tués au Caire

Libération, avec AFP et Reuteurs, 30 décembre 2005-

Dix personnes sont mortes écrasées vendredi matin lors de l'évacuation par la police anti-émeutes égyptienne d'environ 3.000 réfugiés et demandeurs d'asile soudanais qui campaient depuis trois mois devant les bureaux de l'Onu

Ils ne voulaient pas rentrer chez eux, au Soudan. Ils étaient plusieurs milliers de réfugiés à camper depuis trois mois devant des bureaux de l'Onu dans un quartier huppé du Caire. Vendredi matin, la police anti-émeutes égyptienne est intervenue manu militari pour les déloger du petit parc où ils s'étaient installés. Dans la bousculade qui s'en est suivie, des dizaines de personnes ont été piétinées. Bilan : dix morts, dont plusieurs enfants et personnes âgées, une vingtaine d'autres blessées. Vingt-trois policiers égyptiens ont également été blessés dans la bagarre.
D'après les témoins et les journalistes sur place, les policiers ont voulu forcer les réfugiés soudanais, parmi lesquelles des dizaines de femmes et enfants, à monter dans des bus garés non loin de là. Résistance, panique dans la foule. «Ils veulent nous tuer», a crié l'un d'eux. «Nos demandes sont légitimes, c'est notre droit de manifester ici, le seul droit que nous ayons», a continué l'homme, cité par l'AFP.
Quelques heures auparavant, les autorités égyptiennes avaient tenté, en vain, de persuader les protestataires de quitter les lieux. Depuis fin septembre, ils sont environ trois mille à réclamer le statut de réfugié politique et le droit d'immigrer vers un pays étranger. Déboutés par le Haut Commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR), ils demandent qu'on les aide à s'installer aux Etats-Unis, au Canada ou en Australie.
Mais l'Onu considère que sa mission ne consiste pas à favoriser l'immigration pour raisons économiques. Pour le HCR, ces Soudanais chassés par la guerre doivent à présent retourner dans leur pays. Après vingt-et-un ans de guerre civile, un accord de paix a été signé au début de l'année entre le gouvernement de Khartoum et la rébellion du sud. Même si rien n'est réglé au Darfour, dans l'ouest du pays, où les violences contre les civils continuent. Le rapatriement des premiers volontaires au retour a commencé le 19 décembre dans le sud- Soudan. Au total, le conflit a provoqué le déplacement de quelque quatre millions de Soudanais.

Décembre 2005


Déserteurs et rebelles s'allient contre le régime tchadien

L’Express, 30 décembre 2005,

Des groupes rebelles tchadiens opposés au président Idriss Déby ont annoncé avoir formé une alliance militaire pour tenter de le renverser, accentuant la pression sur le régime de N'Djaména qui accuse le Soudan de soutenir les insurgés.


Ces huit groupes, dont l'un est constitué de déserteurs de l'armée tchadienne et dont un autre a attaqué ce mois-ci la ville d'Adré, à la frontière soudanaise, ont décidé de mettre en commun leurs effectifs et leurs armes pour "débarrasser le Tchad de la dictature d'Idriss Déby", selon un communiqué conjoint.
" Chaque groupe avait ses forces, ses hommes, ses matériels (...) Maintenant, on va unir tout", a déclaré par téléphone à Reuters Abdullahi Abdel Karim, porte-parole du Rassemblement pour la démocratie et la liberté (RDL).
Confirmant le communiqué conjoint, qui a aussi été diffusé sur des sites internet relatifs au Tchad, Abdel Karim a dit que la nouvelle alliance, baptisée "Front uni pour le changement démocratique", avait été formée au cours d'une réunion tenue du 26 au 28 décembre à Modeina, dans l'est du Tchad.
Elle doit être dirigée par le capitaine Mahamat Nour, du RDL, dont les forces ont attaqué Adré le 18 décembre. Le gouvernement de N'Djamena a dit avoir repoussé cette attaque en infligeant de lourdes pertes aux rebelles, mais le RDL affirme avoir effectué un repli tactique et préparer d'autres opérations.
L'alliance rebelle paraît représenter une menace insurrectionnelle grandissante pour Déby, ancien cadre de l'armée tchadienne arrivé au pouvoir après avoir lui-même lancé une rébellion armée contre le régime de Hissène Habré à partir de l'est du pays.

Désertions

Depuis l'attaque du 18 décembre, Déby accuse le Soudan d'appuyer les rebelles, ce que Khartoum dément.
" Déby cherche un bouc émissaire" parce qu'il voit maintenant l'opposition se renforcer, a déclaré Abdel Karim à Reuters. "Notre problème est un problème tchadien."
Abdel Karim a assuré que la nouvelle alliance pouvait mobiliser "non moins de 10.000 hommes", mais il n'existe aucune évaluation fiable des effectifs réels de la rébellion.
Après avoir survécu l'an dernier à une mutinerie, Déby a dû faire face cette année à une série de désertions des rangs de l'armée. La dernière a concerné en septembre un groupe baptisé "Socle pour le changement, l'unité nationale et la démocratie" (Scud), qui fait également partie de l'alliance anti-Déby.
En butte aux désertions et aux trahisons intérieures, le président tchadien est de surcroît menacé par les retombées du conflit qui ravage la région soudanaise du Darfour.
" Son régime est vulnérable", a confié à Reuters Suliman Baldo, directeur du programme Afrique de l'International Crisis Group, en ajoutant qu'une lutte semblait déjà se profiler dans le camp de Déby pour prendre la relève.
Déby appartient au groupe ethnique Zaghawa, établi au Tchad et au Soudan. Après la révolte de 2003 au Darfour contre le gouvernement arabe de Khartoum, des Zaghawas soudanais ont été au nombre des Africains pris pour cibles par des milices arabes au service de Khartoum.
Déby a procédé à un remaniement à la tête des forces armées en novembre, deux jours après l'attaque de bases militaires à N'Djamena. En octobre, il avait dissous sa Garde républicaine et mis sur pied une unité spéciale pour sa sécurité personnelle

Décembre 2005


Dix morts dans l'évacuation de réfugiés soudanais

Edicom, Le Caire, 30 décembre, 2005 - Au moins dix réfugiés soudanais ont été tués lors de l'évacuation par la police de centaines de Soudanais qui campaient devant des bureaux de l'ONU au Caire. Ceux-ci exigeaient d'être transférés vers des pays tiers.
Quelque 2000 policiers anti-émeutes, selon des témoins, sont intervenus à l'aube pour disperser les centaines de Soudanais qui campaient depuis plus de trois mois devant le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), dans un petit parc de la place Mustapha Mahmoud, dans le quartier de Mohandessin.
«Il y a eu une panique qui a fait trente blessés chez les manifestants. Ils ont été immédiatement transportés à l'hôpital où dix d'entre eux sont décédés», a indiqué le ministère égyptien de l'intérieur dans un communiqué. «La plupart» des victimes sont «âgées ou jeunes», a-t-il précisé.
Le chef des services ambulanciers locaux, qui a requis l'anonymat, a de son côté affirmé que vingt corps avaient été acheminés dans des centres médicaux.
Les manifestants dénonçaient les mauvais traitement dont ils ont fait l'objet en Egypte et réclamaient que le HCR revienne sur les demandes d'asile qu'il a rejetées et qu'il les installe à l'étranger. L'agence a proposé de leur fournir davantage d'aide mais a refusé de les installer dans des pays tiers.
La plupart des Soudanais ont été conduits dans un camp militaire, à Tora Balad, à quelque trente kilomètres au sud de la capitale. Environ 30 000 réfugiés soudanais sont enregistrés en Egypte mais des sources officieuses avancent que la population migrante est de deux millions.

Décembre 2005


Les civils au Darfour paient un prix intolérablement élevé (ONU)

New York (Nations unies), 29 décembre 2005 (XINHUANET) -- Un dernier rapport du secrétaire général de l'ONU souligne que les civils au Darfour paient un prix intolérablement élevé à cause de l'aggravation de la situation depuis septembre.
" Les civils continuent à payer un prix intolérablement élevé en raison des assauts récurrents des parties en conflit, de la reprise de la tactique de la 'terre brûlée' par les milices et de l'action militaire massive du gouvernement", déplore le secrétaire général dans son rapport au Conseil de sécurité sur la situation au Darfour.
" Les attaques à grande échelle contre des civils continuent, les groupes armés poursuivent leur pratiques de viols contre les femmes et les jeunes filles, de plus en plus de villages sont brûlés, et des milliers de personnes sont forcées de quitter leur logement", indique le rapport.
Dans le rapport, le secrétaire général fait par ailleurs état de l'urgence de la situation concernant les attentes des populations civiles.
" Nous approchons de la fin de l'année 2005, la deuxième année complète du conflit au Darfour, nous devons reconnaître que les besoins les plus pressants des millions de personnes touchées par la guerre resteront sans réponse, notamment en ce qui concerne leur protection et leur sécurité", a-t-il insisté.
Le secrétaire général a de nouveau invité le gouvernement soudanais à prendre des mesures décisives pour palier à ces échecs manifestes. "Toutes les atrocités commises au Darfour doivent être condamnées dans les plus bref délais", a-t-il ajouté.
Il a exhorté enfin à accroître par tous les moyens possible le soutien apporté à la mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) et aux efforts de protection des populations dans toute la région.
Jeudi, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) avait publié son rapport, rappelant que "chaque jour, plus de 3 millions d'enfants sont affectés par le conflit en cours au Darfour, où ils sont particulièrement vulnérables à la malnutrition, à la maladie et à la violence".

Décembre 2005


Sauver le Tchad

Cameroon Tribune (Yaoundé) 29 Décembre 2005

Ndzinga Amougou

Conformément à la devise selon laquelle l'offensive constitue la meilleure attaque, le chef de l'Etat tchadien, Idriss Deby qui considère que son pays est désormais en état " de belligérance " avec le voisin soudanais, a rapidement pris les devants pour mettre tout le monde de son côté et isoler au maximum son adversaire.
C'est en tout cas ainsi que l'on peut expliquer l'offensive diplomatique qu'il vient d'engager non seulement envers l'Union Africaine (UA), mais aussi envers la Communauté économique et monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) et même l'Organisation de la conférence islamique (OCI). Après l'attaque le 18 décembre dernier de la ville frontalière d'Adré par des bandes rebelles venues du Soudan, le Tchad est convaincu plus que jamais que Khartoum non seulement abrite mais soutient aussi militairement les opposants à son régime. Un rapport très complet à ce sujet a d'ailleurs été remis avant-hier au président de l'UA, le chef de l'Etat nigérian Olusegun Obasanjo.
L'attaque du 18 décembre n'est que le dernier épisode du long feuilleton des mauvaises relations qui depuis l'année dernière ternissent les relations entre les deux pays et qui a atteint son point culminant le 7 avril 2005 lors d'une attaque du village de Madayoun dans l'est du pays par des assaillants venus du Soudan. Le président Deby avait alors accusé les djandjawids, les milices arabes soudanaises d'avoir fait le coup.
Depuis cette époque le chef de l'Etat tchadien fait face à une méchante loi des séries. Après les défections d'officiers et des militaires de la garde républicaine, membres de son ethnie, les Zaghawas, il a encore dû faire face au départ de trois piliers du régime, les frères jumeaux Tom et Tidane Erdimi, neveux du président, et le colonel Ali Orozi. Avec plusieurs de leurs hommes, ils ont rallié le Socle pour le Changement, l'Unité et le Démocratie (SCUD). Si l'on y ajoute la démission du chef de l'Etat-major, le général Seby Aguid passé lui aussi à la rebellion, on comprend tout de suite que la situation est potentiellement explosive chez notre voisin du nord, et qu'on ne peut pas attribuer tous les malheurs du Tchad au seul Soudan. On ne peut donc que se réjouir en apprenant qu'une commission d'enquête de l'Union Africaine sera mise sur pied pour étudier en profondeur ce différend qui oppose deux pays qui ont toujours vécu en bonne intelligence, et qui appartiennent tous les deux aux mêmes organisations internationales. C'est ainsi que nos ancêtres réglaient leurs différends, par le dialogue et la concertation et non par les armes

Décembre 2005


L’Union africaine ne doit pas donner de gages à Khartoum !

Par Simone Dumoulin, Jacques Julliard, Bernard Kouchner, Jacky Mamou Dominique Sopo*

Le Figaro, 28 décembre 2005

Le prochain sommet de l'Union Africaine est annoncé en janvier à Khartoum au Soudan. La candidature d'Omar el-Béchir, le président soudanais, est évoquée pour diriger l'organisation africaine. Ce n'est une bonne nouvelle ni pour les populations qui ont subi les violations massives des droits de l'homme au Soudan ni pour ce continent.
Le régime de Khartoum a été mis en place d'une manière illégitime en 1989 après un coup d'Etat militaire des partisans du Front islamiste national. Pourtant quelques mois auparavant ce courant politique n'avait, recueilli les suffrages que de 9 % des électeurs lors des élections. Omar el-Béchir a alors interrompu le processus de paix et prolongé la guerre opposant Khartoum aux chrétiens et aux animistes du Sud auxquels il voulait imposer la charria. Deux millions de personnes ont été tués dans ce conflit, un million d'autres s'est réfugié dans les pays voisins. Beaucoup de jeunes sudistes ont été capturés et réduits en esclavage. L'armée et les milices gouvernementales ont été accusées de crimes de guerre et contre l'humanité par les défenseurs des droits de l'homme.
Les populations Noubas ont été exterminées en masse et les survivants chassés de chez eux. Les Nuers et les Dinkas des régions pétrolifères du Haut-Nil ont été décimés. Khartoum avait été alors accusé de génocide par les défenseurs des droits de l'homme.
Pendant que la communauté internationale se réjouissait des pourparlers de paix entre la rébellion sudiste et le gouvernement de Khartoum, un petit groupe armé, l'Armée de libération du Soudan (SLA), a attaqué des positions gouvernementales pour demander, non pas l'indépendance de la région, mais une meilleure prise en compte de ses besoins.
Une répression d'une brutalité extrême s'est abattue sur les populations des ethnies africaines, Fours, Massalits ou Zaghawas. Kofi Annan avait alors évoqué « l'enfer sur terre ». En quelques mois les milices de certaines tribus arabes nomades coordonnées avec l'armée et notamment ses moyens aériens, ont fait mourir 300 000 personnes et chassé de leurs terres près de 3 millions d'autres.
Les viols des femmes et des fillettes sont utilisés comme une arme de terreur contre les populations. Une enquête des Nations unies avait conclu à des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. La Cour pénale internationale a été saisie par le Conseil de sécurité et une instruction judiciaire est en cours concernant 51 dirigeants soudanais dont on ne connaît pas les noms.
L'ONU après maintes résolutions condamnant Khartoum et lui demandant de faire cesser les tourments sur les civils, a délégué aux troupes de l'Union africaine, l'Amis, un mandat d'observation. Son plus haut responsable au Soudan, Baba Gan Kungibe a dénoncé non seulement le fait que les véhicules de l'armée soudanaise soient peints en blanc comme ceux de l'Amis, mais aussi que les attaques contre les civils continuent.
Faut-il dans ces conditions accorder au Soudan le prestige d'accueillir le sommet de l'Union africaine ? Comment tenir une réunion si importante dans un pays qui est accusé de complicité de crimes contre l'humanité ? Quel message veut donc envoyer l'Union africaine en se réunissant dans un pays dont le gouvernement continue à poursuivre ce que le secrétaire général-adjoint de l'ONU, Jan Egelland, a nommé une « purification ethnique » ?
Qui pourrait comprendre que le Conseil de sécurité ait exhorté lors de plusieurs résolutions, mais sans succès, le gouvernement soudanais à désarmer les milices et que ce dernier soit ainsi honoré ?
Le comble serait atteint si la candidature du président soudanais pour mener aux destinées de l'organisation africaine devait être retenue. Les troupes africaines d'observation seraient alors sous commandement d'un des protagonistes du conflit et seraient empêchées d'agir. Le médiateur pour la paix serait le principal responsable des horreurs commises contre les civils.
C'est absurde !
De plus la liste des accusés des crimes de guerre et de crimes contre l'humanité au Darfour n'est pas connue pour l'instant. Il n'est pas impossible dans ces conditions que le président soudanais lui-même ou des responsables de son entourage soient inculpés ! C'est ce que vient d'ailleurs de demander Human Rights Watch. Quelle crédibilité pourrait alors avoir l'Unité africaine si elle était dirigée par une pareille équipe ?
Dans le protocole relatif à la création d'un Conseil de paix et de sécurité, adopté à Durban le 9 juillet 2002, l'Unité africaine s'est engagée à respecter « l'état de droit, les droits fondamentaux de l'homme et des libertés, le respect du caractère sacré de la vie humaine ainsi que le Droit international humanitaire » (article 4). Depuis longtemps le gouvernement du Soudan viole d'une manière massive et systématique ces droits.
Ce même document « recommande l'intervention de l'Union africaine dans un Etat membre dans certaines circonstances graves à savoir les crimes de guerre, le génocide et les crimes contre l'humanité » (article 7).
Ce sont justement ces circonstances qui ont conduit l'envoi de troupes de l'Amis au Soudan.
Les gouvernements africains sont souverains dans leurs choix. Mais tous les amis de l'Afrique, tous les partisans des droits de l'homme sont convaincus qu'une partie importante se joue là. Si Khartoum était désigné et qu'Omar el-Béchir était choisi, un voile de honte recouvrirait l'Union africaine. Il est encore temps d'y réfléchir!

* Respectivement présidente de Vigilance-Soudan, historien-journaliste, ancien chef de la Mission de l'ONU au Kosovo, président du collectif Urgence-Darfour, et président de SOSracisme.

Décembre 2005


Tchad-Soudan : Obasanjo, président en exercice de l'UA, rencontre le président Deby et l'émissaire soudanais


Abuja, le 28 décembre 2005 (IRIN)

Le chef d’Etat nigérian et président en exercice de l’Union africaine (UA), Olusegun Obasanjo, a rencontré mardi le président tchadien Idriss Deby pour tenter de désamorcer la crise entre le Tchad et le Soudan voisin.
Cette rencontre intervient après que les autorités tchadiennes aient déclaré qu’elles étaient en “état de belligérance ” avec le Soudan, un pays qu’elles tiennent pour responsable de l’attaque lancée contre la ville frontalière d’Adré.
La visite de M. Deby – invité dans la ferme de M. Obasanjo située dans le sud-ouest du Nigeria – a coïncidé avec celle de l’envoyé spécial soudanais, a indiqué le porte-parole du président nigérian, Remi Oyo.
« En sa qualité de président en exercice de l’UA, M. Obasanjo a rencontré séparément M. Idriss Deby et l’envoyé spécial du président soudanais, et a abordé avec eux le différend opposant les deux Etats voisins », a expliqué le porte-parole.
Le Tchad et le Soudan s’accusent mutuellement depuis quelques temps de soutenir des mouvements rebelles. Récemment, le Tchad a accusé le Soudan d’être responsable de l’attaque du 18 décembre contre la localité d’Adré, à l’Est du Tchad.
Lundi, le président Deby avait déclaré lors d’un point de presse à Ndjaména, la capitale, que le gouvernement soudanais préparait de nouvelles attaques contre le territoire tchadien et que plus de 50 véhicules militaires soudanais étaient massés à El-Geneina, dans la région ouest du Darfour.
M. Deby a fait ces révélations après avoir entretenu le président centrafricain Francois Bozizé de la situation avec le Soudan qui, selon le chef d’Etat tchadien, « constitue une menace pour la sous-région ».
« Il n’est pas exclu que le gouvernement de Khartoum répète encore une autre agression contre le Tchad », a déclaré M. Deby. « C’est ce qu’il est en train de préparer à El-Geneina ».
« C’est bien une inquiétude, pas seulement pour le Tchad, mais pour tous les pays voisins du Soudan », a ajouté M. Deby.
Et pour le président Bozizé, « tout ce qui se passe ou qui touche le Tchad a des répercussions sur la République Centrafricaine ».
Une délégation de l’UA a séjourné le week-end dernier à N’djamena avant de continuer au Soudan.
Au cours d’un point de presse, le ministre tchadien de la Communication, Moussa Doumgor, a appelé la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN SAD), la Communauté économique et monétaire des Etats d’Afrique centrale à condamner le Soudan qui, selon lui, a armé, équipé et encadré les colonnes qui ont attaqué Adre, « à bord de Toyota flambant neufs avec des armes lourdes livrées quelques jours plus tôt par le ministre soudanais de la Défense ».
Le Tchad, à plusieurs reprises, a indiqué qu’il exercerait son droit poursuite au-delà de ses frontières. Après l’attaque de la localité d’Adré, les forces tchadiennes auraient poursuivi les rebelles jusqu’en territoire soudanais et y auraient détruit certaines de leurs bases.
Ancien officier de l’armée, le président Deby fait face actuellement à des dissensions au sein des forces armées tchadiennes. Depuis octobre dernier, il tente de contrôler les groupes de soldats qui ont déserté l’armée pour rejoindre les mouvements rebelles implantés dans l’Est du pays où, près de 200 000 hommes, femmes et enfants ayant fui la région du Darfour, au Soudan, vivent dans des camps de réfugiés.

Décembre 2005


Accord entre le gouvernement soudanais et les Lions libres

Jeune Afrique, 27 décembre 2005

Le gouvernement soudanais et l'Organisation des Lions libres de l'est du Soudan ont annoncé lundi à Tripoli, en présence du guide Mouammar Kadhafi, être parvenus à un accord à l'issue de leurs pourparlers qui se sont déroulés du 24 au 25 décembre dans la capitale libyenne.
Le guide Mouammar Kadhafi, parrain des négociations, a reçu le procès-verbal de cet accord au cours de l'audience qu'il a accordée lundi aux délégations des deux parties.
La délégation du gouvernement soudanais était conduite par le secrétaire aux Relations étrangères du Congrès national soudanais, Kamel Abid, tandis que celle de l'Organisation des Lions libres était dirigée par le président de l'organisation et secrétaire général du Front de l'est du Soudan, Al-Mabrouk Moubarak Salim.
Les participants à l'audience ont loué la sagesse du leader Kadhafi, son assistance et ses efforts soutenus en faveur de l'instauration de la paix et de la garantie de la sécurité et de la stabilité dans tous les pays de l'Union africaine (UA) en général et au Soudan en particulier.
Ils ont exprimé leur profonde joie pour la réussite de ces pourparlers et leur aboutissement à cet accord conclu dans une ambiance de fraternité et de responsabilité grâce à la volonté permanente du leader Kadhafi dans le suivi et le parrainage de ces discussions

Décembre 2005


Obasanjo rencontre des délégations du Soudan et du Tchad à propos du Darfour

Jeune-afrique-27 décembre 2005

Le président nigérian Olusegun Obasanjo a rencontré séparément mardi des délégations du Soudan et du Tchad au sujet de la crise au Darfour, dans l'ouest du Soudan, ont rapporté mardi les médias locaux.
L'agence de presse officielle du Nigeria a indiqué que les réunions tenues à huis clos avaient apparemment porté sur les efforts pour résoudre la crise au Darfour.
La délégation soudanaise était dirigée par Mustafa Osman, Conseiller spécial du président soudanais qui était venu transmettre un message spécial du président Omar el-Bachir.
La délégation tchadienne était menée par le président du Tchad Idris Derby, qui a protesté contre les récentes attaques commises sur son territoire par des rebelles qui viendraient du Soudan lors d'une rencontre avec des journalistes à l'issue de sa réunion avec M. Obasanjo qui est également président de l'Union africaine (UA).
M. Derby a estimé que le Soudan ne devrait pas être autorisé à "organiser la prochaine réunion du sommet extraordinaire de l'UA à Khartoum", qui est prévue pour les 23 et 24 janvier.
Les négociations pour résoudre la crise au Darfour se poursuivent à Abuja depuis plus de six mois mais les attaques contre la population continuent.
Les troubles au Darfour continuent à affecter la paix et la stabilité dans le nord du Tchad, où plus de 300 000 victimes de la crise au Sud Soudan sont réfugiées.

Décembre 2005


La crise du régime tchadien menace de dégénérer en guerre avec le Soudan

Le Monde, 27 décembre 2005

Des rebelles du Rassemblement pour la démocratie et les libertés (RDL) prisonniers des troupes gouvernementales tchadiennes, le 19 décembre, à Adré, près de la frontière du Soudan. La diplomatie régionale redouble d’efforts pour éviter un conflit armé entre le Tchad et le Soudan après l’annonce à N’Djamena , le 23 décembre , qu’il se considère « en état de belligérance » avec Khartoum. L’Organisation de la conférence islamique a annoncé , lundi 26 décembre , la création d’une mission de médiation. L’attaque d'Adré, le 18 décembre, par des rebelles venus du Soudan, est à l’origine de la réaction de N’Djamena. Le Capitaine Mahamat Nour, qui dirige le RDL, veut renverser le président tchadien Idriss Déby. La France est « particulièrement attentive » a indiqué le Quai d’Orsay.

Eviter un conflit armé entre le Tchad et le Soudan : pour désamorcer, ces derniers jours, la tension croissante entre les deux Etats voisins, la diplomatie régionale redouble d'efforts.
Lundi 26 décembre, l'Organisation de la conférence islamique (OCI) a annoncé la création d'une mission de médiation censée régler le "différend passager (entre N'Djamena et Khartoum) par la voie fraternelle et pacifique, à travers le dialogue constructif et la négociation". Quelques jours plus tôt, c'était l'Union africaine (UA) qui avait dépêché une délégation dans la capitale du Tchad, puis dans celle du Soudan, avec pour objectif d'"essayer de normaliser les relations entre les deux pays".
La dégradation, constante depuis 2004, des relations tchado-soudanaises a connu une brusque accélération, vendredi 23 décembre, après l'annonce par le gouvernement tchadien qu'il se considérait "en état de belligérance avec le Soudan". "Les amis du Tchad doivent le soutenir par tous les moyens dans cette épreuve", avait ajouté le porte-parole du gouvernement. Lundi, le président tchadien, Idriss Déby, a à nouveau sonné l'alarme en affirmant "ne pas exclure que le gouvernement de Khartoum lance une autre agression contre le Tchad", en vue de le "déstabiliser".
L'attaque, le 18 décembre, de la ville frontière tchadienne d'Adré, dans l'extrême est du pays, par des rebelles venus du Soudan tout proche, a déclenché les accusations de N'Djamena. Mené par des Tamas — une ethnie opposée à celle des Zaghawas, à laquelle appartient le président Déby — soutenus par des déserteurs de l'armée tchadienne, l'assaut contre Adré s'est soldé par un échec.
Les services de renseignement tchadiens avaient eu vent du projet et N'Djamena avait transféré des renforts sur place. La mauvaise préparation de l'attaque a fait le reste. Une partie des assaillants s'est dispersée sur place ; les autres auraient trouvé refuge au Soudan.
Mais davantage que l'attaque proprement dite, c'est la personnalité du chef rebelle qui a cristallisé la réaction tchadienne. Le chef des assaillants, le capitaine Mahamat Nour, créateur du Rassemblement pour la démocratie et les libertés (RDL), n'a jamais caché que, pour atteindre son objectif — "renverser le tyran Déby", comme il l'avait confié au Monde en janvier 2004 —, il était prêt à s'allier au régime soudanais et à mettre ses troupes au service de Khartoum pour réprimer la rébellion — soudanaise celle-là — qui sévit dans la région du Darfour, dans l'ouest du Soudan. Ce qu'il a fait.
Jusqu'à présent, Khartoum a réagi avec modération aux accusations du régime tchadien. Les autorités soudanaises ont, certes, accusé les Tchadiens d'avoir traversé la frontière à la recherche des combattants du RDL, mais sans jeter d'huile sur le feu. "Nous souhaitons la mise en place de patrouilles frontalières conjointes", a assuré, samedi, le secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, Al-Salmani Ouassilah. "Nous ignorons pourquoi ils sont sortis du cadre bilatéral pour faire des déclarations menaçantes", a-t-il ajouté.

Fin de régne
L'explication est probablement à rechercher du côté des luttes de pouvoir à N'Djamena, où règne une atmosphère de fin de règne liée aux incertitudes sur la santé du président Déby. C'est à l'intérieur même du clan présidentiel des Zaghawas, riches de plusieurs sous-ethnies, que la lutte est la plus rude. Craignant d'être évincés du pouvoir avec la disparition d'Idriss Déby, certains Zaghawas ont choisi de se lancer, d'ores et déjà, à la conquête du pouvoir.
C'est ainsi que, courant octobre, a été créé, dans l'Est du pays, un mouvement armé dénommé Socle pour le changement, l'unité nationale et la démocratie (SCUD), animé par Tom Erdimi... ancien directeur de cabinet du président Déby et ex-coordinateur national du projet pétrole. Neveu du président et ancien pilier du régime, aujourd'hui installé aux Etats-Unis, Tom Erdimi veut "faire partir Déby".
Les violentes diatribes antisoudanaises de N'Djamena visent probablement à contraindre la communauté internationale à s'impliquer dans ce qui n'est en fait qu'une crise interne du régime tchadien. La France, qui dispose sur place d'une présence militaire (renforcée il y a une dizaine de jours) et d'une communauté de quelque 3 000 personnes, est sans doute la première visée par l'appel au secours d'Idriss Déby. "La France est particulièrement attentive à l'évolution de la situation au Tchad. Elle suit avec attention la mission de médiation (...) de l'Union africaine et soutient l'appel au calme lancé par le secrétaire général de l'OCI", s'est borné à commenter, lundi, le Quai d'Orsay.
Vendredi, le chef d'état-major des armées françaises, le général Henri Bentegeat, se trouvait à N'Djamena. La France s'emploie par tous les moyens, y compris auprès de ceux qui apportent un soutien, quel qu'il soit, aux différentes parties, à faire en sorte que la situation ne dégénère pas, fait-on valoir à Paris.

Jean-Pierre Tuquoi

Décembre 2005


Le Soudan doit jouer un rôle moteur pour juguler la crise tchado-soudanaise

Tchad-info, 26 décembre 2005

La délégation de l’Union Africaine(UA) est arrivée à Khartoum pour avoir des entretiens avec les autorités soudanaises : au menu du débat : la montée des tensions vives entre le Tchad et le Soudan. Dans un point de presse, le chef de la délégation de l'UA, Papa Ghana Kanfibi s'est déclaré satisfait de la position apaisante et sage des autorités soudanaises qui démentent toute implication de leur pays dans les affaires intérieures du Tchad, alors que le Président tchadien Idriss Déby n’a pas cessé de les accuser d’avoir entretenu la rébellion tchadienne sur leur territoire. Pour le Ministre des Affaires Etrangères, M.Al-Semani Al-Wasila qui s'est longuement entretenu avec la délégation de l'UA, . l'attaque de la ville d'Adré par le RDL, est la suite logique des désertions de l'armée tchadienne et par conséquent, c'est une affaire purement tchado-tchadienne. "C'est un conflit tribal puisque le régime tchadien en lui même est tribal", martèlent les autorités soudanaises. L’agitation de l’épouvantail soudanais par le Président tchadien Idriss Déby, poursuit un double objectif : premièrement, c’est une tentative d’internationaliser le conflit afin d’appeler au secours l’UA ; secondo, contraindre l’institution africaine à aller sur le terrain des médiations, ce qui permet au Président tchadien de gagner du temps par rapport à sa rébellion intérieure.".Comme l’a si bien résumé un expert français, ayant requis l’anonymat auprès d’un journal soudanais : « c'est une bonne stratégie de dissimuler ses problèmes internes »

A l’issue de sa sortie de ses entretiens avec les autorités soudanaises, le chef de la délégation de l'UA, Papa Ghana Kanfibi, a indiqué que la crise tchado-soudanaise est une affaire purement africaine qui devrait trouver un règlement dans le cadre de l'UA. Dans la foulée, la délégation de l'UE est arrivée à Khartoum samedi matin après avoir eu des entretiens à N’Djaména avec les autorités tchadiennes.
Pour monter la pression d’un cran, le gouvernement tchadien s'est dit vendredi "en état de belligérance avec le Soudan" voisin, qu'il rend responsable d’être derrière l'attaque du RDL à Adré le 18 décembre 2005.

Interrogé par un journaliste de la BBC, M. Laouna Gong Raoul, le chargé des relations diplomatiques du RDL (opposition tchadienne) a catégoriquement démenti un soutien quelconque du gouvernement soudanais. " Nous récupérons des armes et des munitions dans nos différents accrochages avec l'armée tchadienne", a déclaré Laona au journaliste de la BBC.

Plusieurs pays ont exprimé leur inquiétude concernant la tension tchado-soudanaise. Le Ministre égyptien des Affaires Etrangères, Ahmat AboulKhez, a appelé les deux pays a résoudre leur crise par le dialogue.

Isolé et secoué par des désertions de l'armée tchadienne, le Président tchadien Idriss Deby cherche désespérément à rassembler les Tchadiens autour de lui, en évoquant la menace d’une agression étrangère. Khartoum de son côté, accuse les soldats de l’armée tchadienne de traverser la frontière pour commettre des vols et exactions en territoire soudanais.. Le ministre soudanais des Affaires Etrangères a même déclaré que des avions militaires tchadiens ont violé l’espace aérien de son pays, allusion de toute évidence aux quatre vieux hélicoptères, qui constituent l’unique arsenal des forces de frappes aériennes tchadiennes, dont trois, ont été récemment abattus par les rebelles du RDL.

Il apparaît évident que la situation des mouvements rebelles tchadiens sur le front Est, contraints d’opérer des replis tactiques sur le territoire soudanais, devient de nos jours de plus en plus difficile. Le durcissement de la position des autorités soudanaises à leur égard d’une part, les contre-offensives des forces gouvernementales tchadiennes contre leurs positions de l’autre, fragilisent leur dynamique de lutte.
Ce qui n’a pas manqué de faire réagir M. Ahmat Yacoub, chargé par le RDL d’organiser le service de Communication: "Je ne comprends pas pourquoi le Soudan est incapable de reconnaître qu'il existe bel et bien sur son territoire des milliers des réfugiés et opposants tchadiens? Les soudanais doivent reconnaître cela et proposer une médiation afin de rechercher une solution pacifique au Tchad", a-t-il déclaré en substance.

S'agissant du renforcement du dispositif français au Tchad et de la visite du chef d'Etat major français, Alwihda a écrit que la France donne l'impression qu'elle apporte un soutien à un Président lâché par son peuple. Certains observateurs interrogés par l’AFP, estiment que Idriss Deby est tenté d’“ internationaliser ” ses problèmes intérieurs afin de mobiliser ses alliés extérieurs (dont la France ) autour de lui...Un universitaire interrogé par la même AFP renchérit en disant que ‘la logique voudrait que les forces militaires françaises stationnées dans la région soutiennent les forces loyalistes, mais il y a un risque de mettre le doigt dans un engrenage. Si la situation est mal gérée, un enlisement est possible. Or la France a des intérêts au Tchad, mais pas vitaux

Lors d'une réunion tenue jeudi, Ahmat Yacoub a conseillé à la direction du RDL d'éviter toute déclaration tapageuse par rapport à la politique tchadienne de la France. Dans un document rédigé en français et en arabe, distribué samedi aux différentes chancelleries, pour expliquer les objectifs de lutte de l’opposition, le chargé de la Communication du RDL, a notamment déclaré : « Dans la phase actuelle où le pouvoir clanique d’Idriss Déby, est réellement en péril, la France est dans son droit de se poser des questions sur la pérennité de ses intérêts non sans moins importants au Tchad. Mais cela n’autorise nullement l’opposition tchadienne à des excès de propos ».

La France cherche à débusquer les intentions de Washington et de Tripoli qui n’ont pas ouvertement condamné ni le Soudan ni les attaques rebelles sur la ville d’ Adré.
Le gouvernement tchadien pour sa part, ne comprend pas le positionnement des USA et de la Libye face à ce que Idriss Déby qualifie “ d’ingérences soudanaises dans les affaires intérieures du Tchad ”
La France craint pour sa part, que ces pays ne profitent de la crise au Tchad pour la déloger de ce pays.
Un haut responsable du RDL déclare à Alwihda qu’aujourd’hui l’opposition plurielle tchadienne est désormais mure et n’a nullement l’intention de remettre en cause les relations historiques tissées avec la France.
Le RDL, explique ce responsable, a pour priorité de créer très rapidement les conditions d’une compétition politique sereine, transparente, apaisée et démocratique.

En cas d’effondrement du régime, la France, longtemps “ faiseuse de rois ” au Tchad, n’a pas vraiment de “ champion ” pour remplacer Idriss Deby qui a pris le pouvoir en 1990. Il est donc probable qu’“ on va laisser faire la nature ”, explique un universitaire français, au journal algérien Alwatan du 25 décembre.

En conclusion, quelques soient les conditions, le président Idriss Déby est sous une tempête où il est contraint de quitter le navire du pouvoir clanique qui chavire ; et il va de la responsabilité de la communauté internationale, surtout la France, les pays voisins du Tchad et l'UA d'intervenir avant qu'il ne soit trop tard pour aider le Tchad à amorcer un changement en douceur.

Décembre 2005


Le Tchad accuse le Soudan de soutenir une rébellion

La Croix, 26 décembre 2005

L’Union africaine a envoyé ce week-end une délégation au Tchad et au Soudan pour tenter de désamorcer les tensions entre les deux pays voisins. Ndjamena rend le Soudan responsable de l’attaque de la localité tchadienne d’Adré (ans l’est du pays) le 18 décembre, menée par des rebelles du Rassemblement pour la démocratie et la justice (RDL) alliés à des déserteurs de l’armée tchadienne, basés de l’autre côté de la frontière. « Le Tchad est aujourd’hui en état de belligérance avec le Soudan. Les amis du Tchad doivent le soutenir par tous les moyens dans cette épreuve », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Hourmadji Moussa Doumgor. « Nous démentons (….) tout engagement dans les affaires intérieures tchadiennes », a rétorqué un porte-parole du ministère soudanais des affaires étrangères. « Nous ne sommes pas pour une quelconque escalade avec le Tchad », a-t-il affirmé.

Décembre 2005


Des observateurs militaires burundais pour le Soudan

Jeune Afrique, 25 décembre 2005

Un groupe de dix officiers burundais devait quitter Bujumbura dimanche en début d'après-midi à destination du Darfour, au Soudan, dans le cadre d'une mission internationale de maintien de la paix, a-t-on appris auprès de l'état-major général de l'armée burundaise.
Le groupe d'observateurs militaires burundais est mandaté par l'Union africaine (UA) et doit rester au Soudan pour une période initiale de six mois, selon les mêmes sources.
L'évènement est de taille pour les militaires burundais qui sortent de plus d'une décennie de guerre civile pour aussitôt exporter la paix en terre étrangère.
Les heureux élus au prestigieux statut d'observateurs militaires internationaux partent également avec une bonne expérience dans le maintien de la paix et ne devraient pas se sentir dépaysés outre mesure pour avoir longtemps côtoyé des milliers de Casques bleus de l'Opération des Nations unies au Burundi (ONUB

Décembre 2005


Deux morts dans un accident d'avion au Soudan


Jeune Afrique, 25 décembre 2005

Un avion utilisé par l'Union africaine pour le transport de personnel s'est écrasé samedi soir dans la région du Darfour, tuant deux pilotes à bord, a affirmé dimanche l'UA dans un communiqué.
L'avion Andonov 28, fabriqué en Russie, a décollé à Zalinge, dans l'Etat du Darfour de l'Ouest et se dirigeait vers El-Fasher, une autre ville importante dans la région. A part les deux pilotes, un Ukrainien et un Moldavien, il n'y a personne à bord, selon le communiqué.
Une enquête est en cours pour déterminer la cause de l'accident. L'agence de presse officielle soudanaise a rapporté, citant une source de l'UA, qu'une panne technique pourrait être à l'origine de l'accident.
Environ 6000 soldats de l'UA sont actuellement déployé dans la région du Darfour, dans l'ouest du Soudan, pour le maintien de la paix dans la région

Décembre 2005


Des femmes renforcent les pourparlers du Darfour

Joyce Mulama

Inter Press Service , 24 décembre 2005

Mariam Abdalla Omar s'est faite une réputation à la fois de combattante et d'artisan de la paix dans la région agitée de l'ouest du Soudan, le Darfour

La brave femme de 55 ans marche en boitant sensiblement. Le handicap n'est pas congénital, il a été causé par une balle qui a lui a transpercé la jambe droite alors qu'elle combattait des milices arabes soutenues par le gouvernement. Les milices, dénommées janjaweed, ou cavaliers, ont attaqué des villages où vivent des Africains de peau noire comme Omar.
Des groupes de défense de droits de l'Homme ont accusé les milices de brûler des huttes, détruire des cultures, violer des femmes, voler du bétail et massacrer ceux dont la couleur de la peau ne ressemble pas à la leur.
''J'ai rejoint le mouvement rebelle et j'ai appris à tirer. J'ai pris les armes et tiré sur l'ennemi en me cachant dans la brousse touffue. Ce n'était pas facile. J'ai également reçu des balles à l'occasion'', a déclaré Omar à IPS, en montrant sa jambe qui porte de profondes blessures de balles.
Comme la plupart des combattants du Darfour, Omar a une raison valable qui l'a amenée à rejoindre la rébellion. ''La colère m'a poussée à devenir un soldat rebelle. L'armée a tailladé au couteau tout le corps de mon mari avant de le tuer. Je suis devenue veuve et je devais m'occuper de nos cinq enfants et de huit autres enfants dont les parents - tous des proches à moi - ont été massacrés par l'armée'', a-t-elle déclaré, alors que des larmes coulaient sur ses joues.
Omar, qui a été arrêtée plusieurs fois par des agents de sécurité, s'est retrouvée hors de prison. ''Je n'allais pas abandonner si rapidement. Je ne pouvais pas laisser la pensée de la mort de mon mari disparaître si facilement. J'ai donc continué la lutte et plus je combattais, plus je risquais d'être arrêtée'', a-t-elle dit, entonnant un chant de guerre.
Commandant du Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM/A), l'un des deux mouvements rebelles combattant l'armée et son allié, le janjaweed, au Darfour, Omar ne parle plus de guerre. Elle fait campagne pour la paix. ''Nous sommes ici pour la paix et nous voulons une paix véritable. Nous avons fait tout ce chemin pour chercher la paix. La paix vaut mieux que la guerre'', a-t-elle dit à IPS à Abuja, au Nigeria, la semaine dernière.
Le conflit du Darfour a commencé en 2003 lorsque le SLM/A et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) ont pris les armes pour lutter contre leur marginalisation par le gouvernement. La guerre a déplacé environ deux millions de personnes à l'intérieur du Darfour et plus de 200.000 autres ont fui vers le Tchad voisin, selon les Nations Unies. Aucun chiffre clair n'existe sur le nombre de décès dus à la guerre, mais selon des statistiques informelles, environ 300.000 personnes sont mortes depuis 2003.
Omar est l'une des quatre femmes choisies par le SLM/A pour faire partie de son équipe aux pourparlers qui ont démarré le 21 novembre. Maintenant à leur septième round, les discussions se déroulent à Abuja depuis l'année dernière. Les négociations, entre le gouvernement du Soudan et les deux groupes rebelles, sont facilitées par l'Union africaine (UA).
La participation des femmes aux pourparlers de paix est historique. Ce n'était pas le cas lors des précédents rounds de discussions. Leur implication fait suite à un appel de Salim Ahmed Salim, l'envoyé spécial de l'UA pour les pourparlers de paix sur le Darfour, demandant à toutes les parties d'inclure des femmes dans leurs délégations. Salim a lancé cet appel durant le sixième round des négociations qui s'est déroulé à Abuja entre le 15 septembre et le 20 octobre.
Le JEM a amené cinq femmes et le régime islamique de Khartoum a choisi deux femmes comme membres de sa délégation. ''Toutes les parties ont inclus des femmes dans ce round des pourparlers et c'est un bon signe. Nous espérons que les questions des droits des femmes ne seront pas foulées aux pieds et qu'elles figureront dans l'accord final qui sera acceptable pour toutes les parties'', a dit à IPS à Abuja, Sam Ibok, chef de l'équipe de médiation de l'UA.
En plus de ces femmes, il y avait 15 activistes de genre du Darfour qui ont fait le voyage sur Abuja le 9 décembre pour débattre des questions affectant les femmes qui pourraient être abordées aux pourparlers. Les femmes, qui ne sont associées à aucune des parties en conflit devraient présenter leurs recommandations aux pourparlers cette semaine. Elles ont été envoyées à Abuja par le Fonds des Nations Unies pour la femme (UNIFEM).
''C'est pour montrer au monde que les femmes du Darfour ne sont pas des victimes, mais qu'elles font partie du processus qui doit conduire à la paix. C'est une histoire positive des femmes du Darfour cherchant à trouver une paix durable même si elles ont été très affectées par la guerre'', a déclaré Nyaradzai Gumbonzvanda, directrice régionale de l'UNIFEM pour la Corne de l'Afrique et l'Afrique orientale.
Au cours du présent round des négociations, les délégués discutent des questions clés comme le partage des richesses et du pouvoir, ainsi que des questions de sécurité. Les femmes déléguées sont particulièrement préoccupées par l'insécurité au Darfour.
''Il faut que les deux parties signent d'urgence un cessez-le-feu général, qui serait entièrement appliqué pour s'assurer que les civils, en particulier les femmes, sont protégés. Les femmes sont violées à l'intérieur et en dehors des camps lorsqu'elles vont chercher du bois ou puiser de l'eau'', a noté Neimat Adam Ahmadi du SLM/A.
Selon Ahmadi, qui apporte son soutien aux victimes de viol au Darfour, au moins dix cas de viol sont rapportés chaque jour. Les statistiques augmentent à chaque attaque des parties en conflit, a-t-elle affirmé.
Les belligérants du Darfour ont continué à s'attaquer et à attaquer des civils en dépit d'un cessez-le-feu fragile signé en novembre 2004.
Des appels sont également lancés pour inclure des femmes dans la force de protection de l'UA, qui a pour mandat de surveiller les violations des droits. ''Nous voulons que les femmes fassent partie de la communauté de protection. Les femmes seraient plus promptes à prendre note de toutes les violations et ceci minimiserait les abus des droits de l'Homme contre les civils, en particulier les femmes. Les femmes ont payé le plus lourd tribut à la guerre au Darfour'', a souligné Halima Hasaballa, l'une des femmes de la délégation gouvernementale.
La mission de l'UA au Soudan (AMIS) compte environ 7.000 soldats qui, selon des analystes, est trop petite pour surveiller le Darfour, un territoire qui a la taille de la France.
Alors que grandit l'espoir d'une paix durable au Darfour, on ne sait toujours pas quand les tueries s'arrêteront. ''Les pourparlers de paix ne sont jamais courts, ils prennent toujours du temps. Si vous obtenez la paix rapidement, elle ne durera pas. Il vaut mieux prendre du temps et négocier une paix durable'', a noté Ibok.

Décembre 2005


Darfour négociations: accord sur l'agenda en cinq point pour la sécurité

Xinhuanet, 24 décembre 2005

Le gouvernement soudanais et les groupes rebelles dans la province ouest soudanaise du Darfour se sont mis d'accord sur un agenda en cinq point pour discuter du problème épineux de la sécurité, selon un communiqué publié samedi par le médiateur des négociations, l'Union Africaine (UA).
" La Commission sur le cessez-le-feu et la sécurité, une des trois organisations chargées de pourparlers de paix intersoudanais sur le conflit à Darfour, a adopté un agenda en cinq point lors d'une scéance plénière vendredi" à Abuja, capitale nigériane, a indiqué le communiqué.
Cet agenda comprend "les principes généraux, les arrangements sécuritaires pour renforcer l'application du cessez le feu humanitaire, un cessez-le-feu global et les arrangements sécuritaires définitifs, la réintégration sociale et un calendrier pour l'application", a ajouté le communiqué.
L'envoyé spécial de l'UA et médiateur en chef, Salim Ahmed Salim, a exprimé sa joie sur une réalisation importante de la commission par l'adoption d'un agenda en cinq point et invité également les parties à placer l'intérêt du peuple avant tout autre considération, a affirmé le communiqué.
" Ce n'est que le commencement des discussions sérieuses entre les parties", a estimé M. Salim selon le communiqué, ajoutant que ces pourparlers sont toujours difficiles, mais la volonté des parties pour réaliser la paix doit être déterminée.
" Nous souhaitons que cette session aboutisse à des résultats concrets, et à mon avis, c'est faisable", a-t-il souligné.
Parallèlement, "les parties (gouvernement et les groupes rebelles) ont réaffirmé leur engagement sur les accords et les protocoles déjà signés et exprimé qu'ils sont prêts pour avancer et trouver une solution durable de la situation déplorable à Darfour", a précisé le communique.
Le 7ème round de pourparlers intersoudanais s'est ouvert le 29 novembre à Abuja, après que le Mouvement de Libération du Soudan eut surmonté les divisions de la direction.

Décembre 2005


Le Tchad est en «état de belligérance» avec le Soudan

Le devoir du Québec et Reuters, 24 et 25 décembre 2005

N'Djamena -- Le Tchad s'est dit «en état de belligérance» avec le Soudan hier à la suite d'attaques lancées sur son territoire par des rebelles armés, selon N'Djamena, par les autorités de Khartoum.
«Le Tchad est aujourd'hui en état de belligérance avec le Soudan», annonce un communiqué du gouvernement tchadien, qui qualifie le président soudanais Omar Hassan al-Bachir d'«ennemi du Tchad».
«Le gouvernement demande au peuple tchadien de se mobiliser contre cette agression soudanaise», ajoute-t-il. Le ministre tchadien des Affaires étrangères, Ahmat Allam-Mi, a déclaré que l'ambassadeur du Soudan à N'Djamena avait été convoqué hier au ministère, où il s'est fait remettre une note énumérant les agressions soudanaises contre le Tchad.
«Nous avons demandé que le Soudan cesse toutes ses agressions contre notre pays et lui avons dit que le Tchad ne nourrit aucun sentiment belliqueux contre le Soudan», a précisé le ministre.
Le Tchad accuse son voisin d'avoir appuyé deux attaques contre la ville d'Adré, à la frontière entre les deux pays, menées le
18 décembre par les rebelles du Rassemblement pour la démocratie et la liberté (RDL), mouvement formé récemment, qui cherche à renverser le président Idriss Deby.
Les autorités de N'Djamena disent avoir repoussé les assauts, tué environ 300 combattants ennemis et détruit leurs bases sur le sol soudanais.
«Le gouvernement soudanais [...] a pris l'initiative d'attaquer le Tchad, le 18 décembre 2005, en armant, en équipant et en encadrant les colonnes qui ont attaqué Adré à bord de Toyota flambant neuves avec des armes lourdes livrées quelques jours plus tôt par le ministre soudanais de la Défense», poursuit le communiqué gouvernemental.
Le Tchad avait exhorté la veille le Conseil de sécurité des Nations unies à tout faire pour éviter une extension du conflit de la zone frontalière et du Darfour, où Khartoum fait selon lui appel au RDL pour combattre ses propres rebelles.
N'Djamena s'est félicité hier de la condamnation des attaques d'Adré par des pays étrangers comme la France et invite l'Union africaine et les organisations régionales à faire de même.

Décembre 2005


Reprise des pourparlers sur le Darfour : le Conseil réitère ses injonctions au gouvernement et aux forces rebelles

Nations Unies, 22 décembre 2005

Le Conseil de sécurité s'est félicité hier dans une déclaration présidentielle de l'ouverture, à Abuja (Nigéria), de la septième série des pourparlers de paix intersoudanais sur le Darfour, réitérant son appel à cesser immédiatement les affrontements et condamnant les attaques au Tchad. Le Conseil a aussi prorogé le mandat des experts chargés de suivre l'application des sanctions.
En adoptant à l'unanimité la résolution 1651 (2005), le Conseil de sécurité a décidé hier de proroger jusqu'au 29 mars 2006 le mandat du Groupe d'experts créé en application de la résolution 1591, qui est chargé de surveiller les sanctions sur les armes, les déplacements et les avoirs financiers imposées aux individus et entités non gouvernementales opérant dans la région du Darfour.
Par ailleurs, dans une déclaration présidentielle prononcée hier au nom de ses quinze membres, le président du Conseil de sécurité a salué « l'ouverture, à Abuja (Nigéria), de la septième série des pourparlers de paix intersoudanais sur le Darfour placés sous l'égide de l'Union africaine », et exprimé sa gratitude à l'Union africaine, à la communauté internationale et aux autres donateurs.
Le Conseil s'est dit « encouragé par la participation active de représentants de tous les groupes invités du Mouvement/Armée de libération du Soudan et du Mouvement pour la justice et l'égalité, ainsi que de membres du Mouvement populaire de libération du Soudan en tant que composante du Gouvernement d'unité nationale, et exhorte tous les participants à poursuivre leur coopération avec la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) et la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS selon son acronyme anglais) ».
« Le Conseil demande à toutes les parties au conflit d'honorer leurs engagements de conclure un accord de paix juste et global sans plus tarder. Il exige de toutes les parties qu'elles renoncent à la violence et mettent fin aux atrocités sur le terrain, en particulier celles commises contre des civils, notamment les femmes et les enfants, les travailleurs humanitaires et les membres des forces internationales de maintien de la paix », indique aussi la Déclaration.
« Le Conseil rappelle les injonctions qu'il a lancées, dans ses récentes résolutions, au Gouvernement soudanais et aux forces rebelles, ainsi qu'à d'autres groupes armés, afin qu'ils tiennent pleinement leurs engagements ».
« Il exige, en particulier, que le Mouvement/Armée de libération du Soudan, le Mouvement pour la justice et l'égalité et le Gouvernement mettent immédiatement fin à la violence, se conforment à l'Accord de cessez-le-feu de N'Djamena, lèvent les obstacles au processus de paix et coopèrent pleinement avec la Mission de l'Union africaine, et que le Gouvernement désarme et contrôle les milices. Il exige également que les responsables de violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire soient immédiatement traduits en justice ».
Le Conseil a par ailleurs rappelé « sa crainte que la persistance de la violence au Darfour n'ait des conséquences néfastes pour la région, en particulier pour la sécurité du Tchad ».
« C'est pourquoi il condamne avec fermeté les attaques récemment menées par des éléments armés à l'intérieur du Tchad, notamment l'attaque lancée le 19 décembre 2005 contre des positions de l'armée nationale tchadienne dans la ville d'Adré, et appuie les efforts visant à réduire les tensions à la frontière », indique la Déclaration (voir notre dépêche du 21 décembre 2005 sur le message du Secrétaire général).
Interrogé hier, lors de sa conférence de presse de fin d'année, sur la situation au Darfour, le Secrétaire général a estimé que « la seule façon d'avoir une stabilité à long terme au Darfour et au Soudan » serait de donner une nouvelle impulsion aux négociations en cours à Abuja (voir notre dépêche du 22 décembre 2005).
« Le gouvernement lui-même a fixé une date, la fin décembre, pour obtenir un accord sur le Darfour avec les rebelles. Mais au rythme actuel je ne pense pas que l'on va pouvoir respecter cette date », a-t-il affirmé.
« Ce qui est important, pourtant, c'est que la pression soit maintenue, tant sur le Gouvernement que sur les rebelles, pour qu'ils parviennent à un accord. La situation est très difficile et je pense que l'ONU devra agir de façon beaucoup plus active, en passant par le Conseil. Et l'année prochaine je pense qu'il sera nécessaire que le Conseil agisse et fasse quelque chose », a souligné Kofi Annan.

Décembre 2005


Reprise des pourparlers sur le Darfour : le Conseil de Sécurité réitère ses injonction au gouvernement et aux forces rebelles

Nations Unies, New York, 22 décembre 2005

Le Conseil de sécurité s'est félicité hier dans une déclaration présidentielle de l'ouverture, à Abuja (Nigéria), de la septième série des pourparlers de paix intersoudanais sur le Darfour, réitérant son appel à cesser immédiatement les affrontements et condamnant les attaques au Tchad. Le Conseil a aussi prorogé le mandat des experts chargés de suivre l'application des sanctions.
En adoptant à l'unanimité la <" http://www.un.org/Docs/journal/asp/ws.asp?m=S/RES/1651 (2005)">résolution 1651 (2005), le Conseil de sécurité a décidé hier de proroger jusqu'au 29 mars 2006 le mandat du Groupe d'experts créé en application de la résolution 1591, qui est chargé de surveiller les sanctions sur les armes, les déplacements et les avoirs financiers imposées aux individus et entités non gouvernementales opérant dans la région du Darfour.
Par ailleurs, dans une déclaration présidentielle prononcée hier au nom de ses quinze membres, le président du Conseil de sécurité a salué « l'ouverture, à Abuja (Nigeria), de la septième série des pourparlers de paix inter-soudanais sur le Darfour placés sous l'égide de l'Union africaine », et exprimé sa gratitude à l'Union africaine, à la communauté internationale et aux autres donateurs.
Le Conseil s'est dit « encouragé par la participation active de représentants de tous les groupes invités du Mouvement/Armée de libération du Soudan et du Mouvement pour la justice et l'égalité, ainsi que de membres du Mouvement populaire de libération du Soudan en tant que composante du Gouvernement d'unité nationale, et exhorte tous les participants à poursuivre leur coopération avec la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) et la Mission des Nations Unies au Soudan (<"http://www.unmis.org/english/en-main.htm">UNMIS selon son acronyme anglais) ».
« Le Conseil demande à toutes les parties au conflit d'honorer leurs engagements de conclure un accord de paix juste et global sans plus tarder. Il exige de toutes les parties qu'elles renoncent à la violence et mettent fin aux atrocités sur le terrain, en particulier celles commises contre des civils, notamment les femmes et les enfants, les travailleurs humanitaires et les membres des forces internationales de maintien de la paix », indique aussi la Déclaration.
« Le Conseil rappelle les injonctions qu'il a lancées, dans ses récentes résolutions, au Gouvernement soudanais et aux forces rebelles, ainsi qu'à d'autres groupes armés, afin qu'ils tiennent pleinement leurs engagements ».
« Il exige, en particulier, que le Mouvement/Armée de libération du Soudan, le Mouvement pour la justice et l'égalité et le Gouvernement mettent immédiatement fin à la violence, se conforment à l'Accord de cessez-le-feu de N'Djamena, lèvent les obstacles au processus de paix et coopèrent pleinement avec la Mission de l'Union africaine, et que le Gouvernement désarme et contrôle les milices. Il exige également que les responsables de violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire soient immédiatement traduits en justice ».

Le Conseil a par ailleurs rappelé « sa crainte que la persistance de la violence au Darfour n'ait des conséquences néfastes pour la région, en particulier pour la sécurité du Tchad ».
« C'est pourquoi il condamne avec fermeté les attaques récemment menées par des éléments armés à l'intérieur du Tchad, notamment l'attaque lancée le 19 décembre 2005 contre des positions de l'armée nationale tchadienne dans la ville d'Adré, et appuie les efforts visant à réduire les tensions à la frontière », indique la Déclaration (voir notre dépêche http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=11588&Cr=annan&Cr1=soudan" du 21 décembre 2005 sur le message du Secrétaire général).
Interrogé hier, lors de sa conférence de presses de fin d’année :
< http://www.un.org/News/fr-press/docs/2005/SGSM10280.doc.htm> sur la situation au Darfour, le Secrétaire général a estimé que « la seule façon d'avoir une stabilité à long terme au Darfour et au Soudan » serait de donner une nouvelle impulsion aux négociations en cours à Abuja (voir notre dépêche du 22 décembre 2005 :
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=11592&Cr=Annan&Cr1=ONU"

« Le gouvernement lui-même a fixé une date, la fin décembre, pour obtenir un accord sur le Darfour avec les rebelles. Mais au rythme actuel je ne pense pas que l'on va pouvoir respecter cette date », a-t-il affirmé.
« Ce qui est important, pourtant, c'est que la pression soit maintenue, tant sur le Gouvernement que sur les rebelles, pour qu'ils parviennent à un accord. La situation est très difficile et je pense que l'ONU devra agir de façon beaucoup plus active, en passant par le Conseil. Et l'année prochaine je pense qu'il sera nécessaire que le Conseil agisse et fasse quelque chose », a souligné Kofi Annan.

Veuillez consulter le site du Centre de nouvelles ONU pour plus d'information http://www.un.org/french/newscentre/

Décembre 2005


Au Tchad, que fait paris ?

L’Humanité, 22 décembre 2005

Environ mille soldats français sont encore présents au Tchad, où Paris possède une base militaire. Dans le passé, ces soldats sont intervenus pour maintenir le pouvoir en place. Encore à l’été 2004, plusieurs centaines d’entre eux ont été déployés le long de la frontière tchado-soudanaise, officiellement pour empêcher les attaques contre les camps de réfugiés installés au Tchad, officieusement pour empêcher les incursions des opposants tchadiens depuis le Soudan voisin. Cette fois, Paris semble divisé sur l’attitude à adopter. Certains semblent d’accord avec Khartoum pour remplacer Déby quand d’autres, toujours hantés par l’idée d’une menace anglo-saxonne sur le pré carré, continuent de soutenir mordicus le dictateur vieillissant.

Décembre 2005


Au moins 300 morts dans les combats contre une rébellion venue du Darfour.

N'Djamena écrase l'offensive des rebelles au Tchad

par Stéphanie Braquehais

Libération, 21 décembre 2005


Les portes des salles de soins ne cessent de s'ouvrir et de se fermer dans le couloir de l'hôpital d'Adré, ville tchadienne frontalière avec le Soudan. La chaleur de la mi-journée ne semble pas accabler les femmes qui viennent apporter de la nourriture aux blessés de guerre. Des soldats tchadiens, kalachnikov à l'épaule et chèche jaune autour du visage, viennent visiter leurs camarades blessés lors des combats de dimanche. «Les plus violents depuis deux ans», raconte un militaire. Les rebelles tchadiens venus du Darfour soudanais ont attaqué à l'aube, puis à nouveau vers 15 heures. Depuis quarante-huit heures, le bilan n'a cessé d'être revu à la hausse par les autorités tchadiennes. D'une centaine de morts, on est passé à 300, dont une dizaine seulement côté gouvernement.

Déstabiliser.
Cette zone du Tchad connaît, depuis plusieurs semaines, des escarmouches imputées par N'Djamena à un nouveau mouvement rebelle, le Rassemblement pour la liberté et la démocratie (RDL). Selon le Tchad, ce mouvement est soutenu par le Soudan qui cherche à déstabiliser le régime du président Idriss Déby, dominé par les Zaghawas. Or, cette tribu, à cheval sur les deux pays, est en guerre au Darfour avec le pouvoir central soudanais.
Depuis le début de la guerre au Darfour, en février 2003, le président soudanais et son homologue tchadien ne cessent de s'accuser mutuellement de soutenir des rébellions, respectivement arabe et zaghawa. En avril, le Tchad avait déjà accusé le Soudan d'armer 3 000 rebelles tchadiens au Darfour, prêts à lancer l'assaut contre N'Djamena. Quelques heures après le début des combats de dimanche, le Tchad s'est empressé de réitérer ses griefs, se réservant un «droit de poursuite sur le territoire soudanais».
Au lendemain des affrontements d'Adré, le général Alifa Weddeye, qui commande les opérations militaires, s'est rendu sur le théâtre des combats avec quelques journalistes dont celui de Libération. Des Jeep calcinées par des tirs d'obus jonchent la brousse desséchée. Des dizaines de cadavres de rebelles, déchaussés, gisent dans l'herbe. Certains portent un uniforme de l'armée tchadienne avec l'écusson bleu jaune et rouge du drapeau national. Un fin turban rouge noué autour de la tête est censé les différencier des forces gouvernementales et signale leur appartenance à la rébellion du RDL. Un corps ensanglanté gît au pied du mur d'enceinte protégeant la résidence du préfet d'Adré, dont les fenêtres donnent sur la frontière, située à seulement quelques mètres. «Un déserteur», assène un colonel de l'armée tchadienne.

Désertions.
Les autorités locales affirment avoir fait plus d'une vingtaine de prisonniers. Aux journalistes, on en exhibe onze, apeurés et habillés en civil. Certains se disent soudanais. «Je vendais du sucre pour survivre, et puis on m'a proposé d'être chauffeur. J'ai accepté, mais je ne savais pas que je travaillais pour la rébellion», avance l'un d'eux. Un autre avoue avoir déserté la garnison tchadienne d'Adré il y a six jours pour obéir à son «patron», un commandant ayant rejoint la vague de désertions qui dure depuis début octobre.
Les commerçants n'ont pas cessé leurs allées et venues vers la frontière, mais ils sont désormais escortés par une ou deux Jeep remplies de militaires. «Tout le monde est armé», confie un habitant. Adré est un poste stratégique : «Si Adré tombe, c'est la ligne droite vers Abéché.» Le dispositif a été renforcé de manière impressionnante. A la tombée de la nuit, on aperçoit des sentinelles tapies derrière un rocher sur une colline. Sur la route, à la sortie d'Adré, des véhicules camouflés de l'armée française provenant du détachement français d'Abéché ont aussi été prépositionnés.

Réfugiés.
Un millier de soldats français sont présents au Tchad dans le cadre de l'opération «Epervier». Depuis deux ans, ils effectuent des tournées frontalières, officiellement pour protéger l'est du Tchad qui accueille plus de 200 000 réfugiés du Darfour. «Officieusement, pour empêcher la chute du régime Déby», estime un opposant tchadien. Ces dernières semaines, le dispositif a été nettement renforcé, y compris par des éléments français dépêchés depuis Libreville, au Gabon.

Décembre 2005


L’armée tchadienne repousse des rebelles venus du Soudan

Le Monde 21 décembre 2005

Notre correspondant, Jean-Philippe Rémy

Alors que le Tchad traverse une période de crise aigüe, l’attaque d’une ville frontière, dans l’extrême est du pays, par des rebelles venus du Soudan voisin, aggrave les tensions entre ces deux pays. La ville d’Adré a été attaquée, dimanche 18 décembre, par des hommes du capitaine Mahamat Nour, auxquels s’étaient joints des déserteurs de l’armée tchadienne.
Le capitaine Nour, membre de l’ethnie Tama, opposée aux Zaghawas du président Idriss Déby depuis sa prise de pouvoir, est un ancien membre de l’Alliance nationale de la résistance (ANR). Il déclarait au Monde, en janvier 2004, « faire la guerre depuis 10 ans » dans différents pays d’Afrique centrale, jusqu’au Congo, en attendant de « renverser le tyran Déby ». Pour cela, il comptait sur l’appui du Soudan, obtenu en échange de la participation de ses troupes, plusieurs centaines d’hommes, dans la répression sanglante menée par Khartoum contre les rebelles et la population du Darfour.
Courant 2004, il avait tenté, en vain, de fédérer d’autres groupes armés tchadiens disséminés entre le Tchad, le Darfour et la République Centrafricaine. Fin octobre, il avait formé le rassemblement pour la démocratie et les libertés (RDL), évinçant au passage le responsable de l’ANR, chargé de la branche politique, Mahamat Abbos Sileck, arrêté par les services de sécurité soudanais.
Dans le jeu trouble auquel se livrent le Tchad et le Soudan, qui entretiennent des groupes rebelles opposés à leur voisin, quitte à les utiliser comme monnaie d’échange, l’attaque du RDL avait-elle une chance d’ouvrir un front sur le sol tchadien ? L’opération, selon des sources rebelles tchadiennes, était mal préparée, alors que la garnison d’Adré venait d’être renforcée avec des troupes et des blindés légers. L’attaque du RDL et de ses alliés, dimanche, n’a jamais menacé sérieusement la ville. Un hélicoptère de l’armée tchadienne s’est embrasé au sol et l’explosion consécutive de ses munitions a blessé plus d’hommes que les combats des heures précédentes – deux roquettes atteignant l’hôpital par hasard.
Après l’échec de la prise d’Adré, une partie des hommes du RDL, s’est disséminée dans les environs, certains se repliant au Soudan, où l’armée tchadienne, exerçant son « droit de poursuite », les a combattus à nouveau dimanche soir. Lundi, le ministre tchadien des affaires étrangères, Ahmat Allami, a déclaré à des diplomates à N’Djamena que les rebelles du RDI, étaient « entretenus et équipés comme une composante de l’armée soudanaise ». Le Soudan a démenti tout soutien aux rebelles tchadiens.

Jean-Philippe Rémy

Décembre 2005


Plus d'un million d'enfants du Darfour n'ont pas accès à l'aide

Télévision suisse romande, Khartoum, 20 décembre 2005
Plus d'un million d'enfants n'ont pas accès à l'aide au Darfour, dans l'ouest du Soudan, selon un rapport du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) publié mardi. Ils souffrent de malnutrition, de maladies et subissent des violences.

"Chaque jour, plus de 3 millions d'enfants sont affectés par le conflit" dans cette région ravagée par une guerre civile depuis 2003, note l'agence de l'ONU. Selon elle, 1,25 million d'enfants n'accèdent pas à l'aide en raison de l'insécurité et du fait que les agences d'aide n'arrivent pas à les atteindre, contre 1,75 millions qui ont accès aux services de base.
En présentant ce rapport, le représentant de l'Unicef au Soudan, Ted Chaiban, a lancé un appel aux rebelles du Darfour et aux autorités de Khartoum qui négocient à Abuja (Nigeria). Il les a pressés de trouver une solution rapide à ce conflit qui a fait entre 180 000 et 300 000 victimes et deux millions de réfugiés.
" Les enfants du Darfour méritent de tirer les dividendes de la paix comme c'est le cas pour les enfants du nord et du sud", a-t-il dit en référence à l'accord de paix conclu en janvier par Khartoum et les ex-rebelles sudistes. Ce traité a mis fin 21 ans de guerre civile entre le nord arabo-musulman et le sud chrétien et animiste.
Déclenché en février 2003, le conflit au Darfour oppose des groupes rebelles noirs, le Mouvement de libération du Soudan (SLM) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), luttant pour un partage plus équitable des richesses et du pouvoir, aux autorités de Khartoum et aux milices arabes qui leur sont alliées

Décembre 2005


Le pouvoir tchadien menacé par la rébellion

Le Figaro, 20 décembre 2005

De violents combats ont eu lieu à la frontière soudanaise et le président Déby est de plus en plus isolé. Paris se dit « vigilant ».

Une fois de plus, l’histoire du Tchad semble hésiter entre révolution de palais et rezzou des confins. Aujourd’hui, c’est de la frontière soudanaise que monte le bruit des armes. Les combats, depuis dimanche, y auraient fait plus de 100 morts.
Selon les autorités tchadiennes, l’assaut sur la localité d’Adré a été mené par des rebelles venus du Soudan. Les attaquants seraient des déserteurs de l’armée tchadienne alliés aux rebelles du Rassemblement pour la démocratie et la liberté (RDL), un des nombreux groupes opérant aujourd’hui dans l’est du Tchad.. N’Djamena, immédiatement, a montré Khartoum du doigt, tenu pour « entièrement responsable de l’attaque menée depuis son territoire ».
Et l’armée tchadienne a usé d’un « droit de poursuite » au Soudan, avant de se replier. Depuis plusieurs mois, les accusations croisées entre les deux pays font rage. N’Djamena accuse Khartoum d’offrir refuge aux rebelles tandis que le Soudan reproche au Tchad de mener des opérations militaires sur son sol.

Fin de règne
Ces affrontements, les plus sérieux depuis longtemps , interviennent dans une atmosphère de fin de règne au Tchad. Et ils pourraient sonner le début de l’offensive finale contre le r&eac