Nous
référençons un certain nombre d'articles sur
le Soudan |
2005
1er semestre
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| Le-messager Douala
3 juin 2005 |
Pénurie alimentaire au Soudan, le Darfour suspendu à l’aide extérieure |
| Canada-news
2005-06-02 |
Des renforts au Darfour |
| L’Humanité
2 juin 2005 |
Un responsable du Programme alimentaire mondial tire la sonnette d’alarme |
| IRIN
1er juin 2005 |
Arrestation de deux responsables de MSF au Darfour (Soudan) |
| Libération
01 juin 2005 |
Le Soudan attaque des membres de MSF |
| Nations Unies
01 juin 2005 |
Activités du Secrétaire général au Soudan du 19 au 27 mai 2005 |
| (Le-messager Douala, 3 juin 2005)
Selon un récent communiqué du Comité international
de la Croix-Rouge (CICR), les stocks de vivres diminuent dangereusement
au Darfour et des millions de personnes dépendent maintenant de
l’aide alimentaire. Cette saison, les agriculteurs auront de grandes difficultés
à ensemencer leurs champs. La saison dernière, moins de 30
% des terres arables ont été cultivées et cette situation
devrait encore s’aggraver. Si les paysans ne peuvent pas cultiver leurs
terres, la région souffrira de pénuries alimentaires chroniques.
Une récolte réduite à la fin de l’année signifiera
qu’au Darfour, un nombre croissant de personnes ne survivra que par l’aide
humanitaire pour au moins 18 mois encore.
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| Canada-news-2005-06-02
Quelque 5000 hommes supplémentaires seront déployés
cet été au Darfour, dans l'ouest du Soudan, dans le cadre
de la Mission de l'Union africaine (UA).
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| L’Humanité, 2 juin 2005, Damien Roustel
La situation alimentaire au Soudan est critique alors qu’une famine
s’abat dans le sud du pays, plongé dans l’ombre du Darfour. De passage
à Paris, Jean-Jacques Graisse, directeur exécutif adjoint
du programme alimentaire mondial (PAM), une des plus importantes agences
onusiennes, a dressé un tableau accablant. « À ce jour,
les besoins du PAM dans le sud et l’est du pays ne sont couverts qu’à
25 % », a-t-il déclaré à la presse à
l’issue d’un entretien avec Renaud Muselier, secrétaire - d’État
aux Affaires étrangères. Le PAM a besoin cette année
de 302 millions de dollars pour nourrir 3,2 millions de personnes dans
ces deux zones. Il n’a pour l’instant réuni que 78 millions. Il
manque encore plus de 200 millions de dollars à trouver avant la
fin de l’année. Au total six millions de personnes ont besoin d’une
aide alimentaire au Soudan, dont 2,5 millions au Darfour. « Pour
l’instant, nous avons de quoi nourrir les populations du Darfour pour les
mois à venir. Mais nous devons prévoir une assistance alimentaire
au moins jusqu’à l’automne 2006, à cause des mauvaises récoltes
», a-t-il indiqué. De son côté, la Croix-Rouge
internationale a prévenu que les stocks de vivres diminuaient dangereusement
au Darfour.
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| IRIN, Nairobi, le 1er juin2005
Les autorités soudanaises ont arrêté deux responsables de l’organisation non gouvernementale (ONG) Médecins sans frontières (MSF) suite à la publication d’un rapport dénonçant des centaines de viols perpétrés au Darfour, une région du Soudan occidental, a révélé MSF. Paul Foreman, chef de la mission de MSF-Pays Bas, a été interrogé durant trois heures et demie, puis a été remis en liberté provisoire après avoir payé une caution de 1 million de dinars soudanais (4 000 dollars américains) lundi à Khartoum, alors que Vincent Hoedt, le coordonnateur régional de MSF, a été convoqué dans la capitale soudanaise pour y être interrogé mardi dernier. «Je suis théoriquement en état d’arrestation et je ne peux quitter le pays», a déclaré Foreman à IRIN mardi matin juste avant de se rendre à un deuxième d’interrogatoire. «Le procureur du district m’a inculpé de crimes contre l’Etat et de publication de fausses informations, et d’autres délits font l’objet d’une enquête», a-t-il ajouté. Mohamed Fareed, procureur général, a déclaré que «suite à l’interrogatoire, Foreman n’a pas apporté la preuve des allégations de MSF ni n’a fourni de documents à cet effet». Si les accusations s’avèrent fondées, les coupables seront punis, a-t-il ajouté. Les accusations sont liées à un rapport de MSF publié le 8 mars dernier, «L'écrasant fardeau du viol: violence sexuelle au Darfour», a déclaré MSF lundi. «Le rapport de MSF se basait sur des consultations médicales faites par MSF. Il a été écrit et est supporté par MSF», a déclaré Foreman. Le rapport, qui a provoqué la colère du gouvernement soudanais, affirme que les médecins de MSF ont accumulé les preuves médicales attestant que 500 viols ont été commis en plus de quatre mois et demi. Plus de 80 pour cent des victimes ont déclaré que leur violeur était un soldat ou un membre de la milice pro-gouvernementale. Le rapport n’accusait pas le gouvernement soudanais. Confronté aux centaines de femmes et de jeune filles venues rechercher une aide médicale après les viols ou violences sexuelles dont elles ont été victimes au Darfour, MSF a publié ce rapport pour attirer l’attention des autorités sur les violences répétées que subissent les femmes. «J’appelle les autorités soudanaises à cesser toute poursuite contre M. Foreman. MSF-Pays Bas est un partenaire crucial dans nos efforts d’aide au Darfour. Les soins apportés aux victimes de viols et de violences sexuelles et la dénonciation de ces crimes horribles sont exemplaires», a déclaré Jan Egeland, coordonnateur des secours humanitaires d'urgence de l'ONU et secrétaire général adjoint, lors d’une conférence de presse lundi dernier. «Ils m’ont bien traité. Mon audition a été relativement simple et s’est passée sous la forme de question réponse», a déclaré Foreman, après son arrestation lundi. Le chef de mission de MSF ne croit pas que les autorités désiraient l’emprisonner. «Ils voulaient que je dénonce le rapport ou que je viole le secret médical en publiant les dossiers médicaux de MSF; ce que j’ai refusé de faire». Selon Foreman, les récriminations contre MSF se sont amplifiées depuis deux mois et demi lors d’une discussion sur le rapport avec des représentants de la Commission d’aide humanitaire soudanaise (HAC) qui ont indiqué qu’ils étaient «extrêmement mécontents» du rapport, alors que MSF insistait sur le respect des principes humanitaires. «Nous aimerions que les autorités soudanaises mettent plus de volonté à résoudre la crise plutôt qu’à miner les efforts de ceux qui la dénoncent», a-t-il dit. «En tant qu’organisation d’aide médicale et en tant qu’êtres humains, il nous est impossible de garder le silence lorsqu’on est témoin de telles exactions, quelque soit le pays où elles se produisent. MSF veut attirer l’attention de la population et des gouvernements sur ces graves violations, afin que de véritables actions puissent être entreprises pour y mettre fin», a déclaré lundi Geoff Prescott, directeur général de MSF à Amsterdam aux Pays-Bas. «Tous ceux qui connaissent la situation au Darfour, notamment le gouvernement du Soudan, ont conclu que le viol était un véritable problème», a-t-il ajouté. Pour Egeland, il est «indéniable»que les viols et la violence sexuelle sont fréquents au Darfour. «Le gouvernement soudanais, les Nations unies et des ONG internationales ont récemment réalisé d’importants progrès abordant ce problème, des efforts qui doivent être poursuivis pour que toutes les victimes de violences sexuelles puissent bénéficier d’une assistance et d’une protection», a-t-il dit. La guerre civile du Darfour oppose les troupes gouvernementales et leurs milices aux rebelles qui se battent pour mettre un terme à ce qu’ils considèrent comme une marginalisation et une discrimination par l’Etat des habitants de la région. Plus de 2,4 millions de personnes continuent d’être affectées par la crise, dont près de 1,86 millions ont été déplacés à l’intérieur du pays ou ont été contraints de s’enfuir vers le Tchad voisin. |
| Libération, 01 juin 2005 Par Thomas Hofnung
Menacé de poursuites devant la Cour pénale internationale
(CPI) pour les violations des droits de l'homme au Darfour, le régime
de Khartoum a trouvé une première victime expiatoire : l'association
humanitaire Médecins sans frontières (MSF). Hier matin, le
coordinateur de la branche hollandaise de MSF à Nyala (Sud), Vincent
Hoedt, a été arrêté, avant d'être transféré
vers Khartoum puis libéré sous caution. La veille, son directeur,
Paul Foreman, avait subi le même sort, avant d'être remis en
liberté sous caution dans l'attente de son procès. Les autorités
l'accusent «d'espionnage, de publication de faux rapports et d'atteinte
à la société soudanaise». Il encourt une peine
maximale de trois ans de prison. Hier soir, les charges retenues contre
Vincent Hoedt n'étaient pas connues.
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| Communiqué de presse des Nations Unies
Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations
Unies, Kofi Annan, est arrivé à Khartoum, au Soudan, en provenance
d’Addis-Abeba en Éthiopie pour une visite de trois jours.
Il a rencontré dans un premier temps le Ministre des affaires étrangères
du Soudan, Mustafa Osman Ismail. Ils ont discuté de la nécessité
de déployer tous les efforts pour sécuriser la région
du Darfour et garantir le retour des fermiers sur leurs terres.
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| Reuters
31 mai 2005 |
Foreman encourt trois ans de prison |
| Le Monde 2005-05-28 | Soudan : la force africaine au Darfur reçoit un soutien international accru |
| Le Figaro,
27 mai 2005 |
Soudan sous l’égide
de l’ONU
Mobilisation internationale pour le Darfour |
| Le Figaro 2005-05-26 | Darfour Drame humanitaire
Pour que la paix ait une chance |
| Libération
21 mai 2005 |
Ce qui se passe au Darfour est un génocide ambigu |
| Reuters, Khartoum/Amsterdam, 31 mai 2005
par Opheera McDoom Les autorités soudanaises, qui jugent erroné un rapport
de Médecins sans frontières faisant état de viols
au Darfour, ont arrêté mardi un second responsable néerlandais
de l'ONG.
Le parquet soudanais a annoncé lundi avoir ouvert une instruction
à la suite d'un rapport publié en mars par la branche néerlandaise
de MSF faisant état d'un demi-millier de viols au Darfour sur une
période de quatre mois et demi.
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| Le Monde 2005-05-28
Nairobi, de notre correspondant La mission de l'Union africaine au Darfour (AMIS), déployée
dans l'ouest du Soudan, a reçu, jeudi 26 mai, un soutien décisif
de la communauté internationale. Réunie à Addis-Abeba,
en Ethiopie, une conférence des bailleurs de fonds, à laquelle
participaient de hauts responsables des Nations unies, de l’Union européenne
(UE) et de l'OTAN, s'est 'conclue par une série d'engagements en
faveur d'un appui important à la force africaine qui intervient
au Darfour pour tenter de mettre fin à un conflit commencé
en 2003.
Une lueur d’Espoir Parmi les promesses obtenues lors de la réunion d'Addis-Abeba,
figure la mise: à disposition de plusieurs avions de transport,
de six hélicoptères de combat et de 116 véhicules
blindés de transport- de troupes. En plus de ces moyens, il
faudra fournir aux troupes africaines, dont le nombre devait être
porté à plus de 7700 hommes d'ici à septembre, et
qui pourrait, à terme, atteindre 12 300 hommes des casques, des
gilets pare-balles et des moyens de communication.
Jean-Philippe Rémy
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| Le Figaro, 27 mai 2005
Le Darfour, toujours. Et pourparler du Darfour, de la situation
de cette province de l'ouest du Soudan déchirée par deux
années de guerre civile, une conférence au sommet organisée
hier à Addis-Abeba sous l’égide du secrétaire général
de l'ONU Kofi Annan, et du président de la Commission de l’Union
africaine(UA), Alpha Omar Konaré.
P.S.-E. (avecAFP.)
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| Le figaro 2005-05-26
Par Kofi A. Annan et Alpha Oumar Konaré*
S’il est difficile de savoir avec certitude combien de personnes ont
péri dans le conflit au Darfour, dans l'ouest du Soudan, on sait
que plus de 2,6 millions de personnes subissent les conséquences
dévastatrices de cette crise et ont besoin d'aide de toute urgence.
* Respectivement Secrétaire général de l'Organisation
des Nations unies
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| Libération, 21 mai 2005
Gérard prunier, spécialiste de l'Afrique orientale et
directeur du Centre français d'études éthiopiennes,
revient sur les multiples causes du conflit racial qui sévit depuis
un peu plus de deux ans dans l'ouest du Soudan, et qui aurait fait 350
000 morts selon les ONG. Par Christophe AYAD
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| Le Figaro
5 février 2005 |
Soudan : un entretien avec le président de l’UDF |
| le Figaro
04-03-2005 |
La pression monte à propos du Soudan : Darfour: le milicien qui accuse Khartoum |
| La Croix
2 mars 2005 |
Soudan : Alors qu’une nouvelle Constitution pourrait être adoptée, des anciens islamistes appellent à l’abolition de la charia. |
| Le Figaro , 5 février 2005
Bayrou : « Il faut un engagement international au Darfour »
Le président de l’UDF, François Bayrou, vient d’effectuer un voyage de trois jours au Soudan et au Darfour. Reçu mercredi à l’Elysée , il a attiré l’attention du président Jacques Chirac sur « la catastrophe humanitaire au Darfour ». LE FIGARO. - Vous revenez du Darfour, visiblement très choqué et persuadé qu'il y a urgence à mobiliser la communauté internationale pour aider les populations... François BAYROU. - Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, vient de définir la situation au Darfour comme « l'enfer sur terre, un enfer qui brûle toujours ». Mais cette situation dramatique qui touche des millions de personnes passe inaperçue Le Darfour, c'est pourtant un territoire grand comme la France, peuplé de six millions d'habitants. Aux confins du désert et des premiers pâturages vivent des dizaines de tribus différentes. La tension historique entre les tribus nomades, arabes et guerrières et les villages plus africains, plus sédentaires, éleveurs et agriculteurs de tradition, a pris depuis 2003 un tour brûlant. Les milices arabes des Djandjawids traquent les populations sédentaires et africaines dans le but de semer la terreur. On tue, on pille, on viole, on brûle les maisons pour provoquer la fuite des villageois noirs. Les Djandjawids sont apparus comme ayant le soutien des militaires soudanais et souvent de l'appareil d'Etat. On a montré que des attaques aériennes précèdent souvent les raids djandjawids. Récemment, les Nations unies ont dit qu'il y avait «une multiplication des crimes contre l'humanité au Darfour». Soutenez-vous les voix, venant notamment des Etats-Unis, qui affirment qu'un génocide est en cours ? La querelle autour du mot génocide n'est pas de saison. En fait, tout le monde est d'accord: les actes commis ont le même degré de gravité que les plus graves pogroms, que les génocides qu'a connus le monde depuis le début du XXe siècle. Les plus graves crimes contre l'humanité, les plus graves crimes de guerre, tout cela s'est répété sous nos yeux au Darfour, provoquant l'exil de millions de personnes. La signature d'un accord dans le conflit qui a ravagé le sud du Soudan n'ouvre-t-elle pas un espoir pour le Darfour ? Il existe sans doute des liens entre les deux conflits. Il est probable que le leader des rebelles du Sud, John Garang, a aidé les rebelles qui se sont dressés contre ces exactions. Mais les situations ne sont pas les mêmes. Au Darfour, ce n'est pas d'abord une guerre civile, une guerre politique, avec des revendications d'indépendance. C'est une vague de pogroms pour chasser des gens de leur terre. Au Darfour, il n'y a pas de guerre religieuse : tout le monde est musulman. L'aspect ethnique est plus important. Et la rébellion n'a été qu'une conséquence de ces exactions. Aujourd'hui, ces violences ne se sont pas arrêtées. Des réfugiés continuent à s'enfuir des villages, des milliers tous les jours, car fl n'y a plus d'espace sûr. H y a maintenant deux millions de personnes réfugiées, environ la moitié d'enfants, qui se massent dans des camps, dans le dénuement le plus absolu, sans rien, avec pour seul objectif de trouver un minimum de sécurité. Dans le camp de Kalma, il y avait 15 000 réfugiés il y a dix mois. Ils sont maintenant 145 000. Et la peur règne. Les responsables de communautés que nous avons rencontrés nous ont parlé, mais tous exprimaient la peur des représailles encourues en redoutant de rendre des comptes après notre départ pour avoir osé raconter la situation. Que proposez-vous ? Il faut se préparer à une aide de la dimension de celle mise en place pour le tsumani. Parti comme c'est aujourd'hui, nous risquons d'aller vers une catastrophe humanitaire majeure. En particulier parce que la saison des pluies arrive sur des camps surpeuplés, sur le sable du désert. Mais pour vaincre vraiment la crise, pour que les gens rentrent chez eux, il faut rétablir la sécurité. On sait que ces gens ne rentreront pas chez eux sans des conditions de sécurité acceptables. Pour cela, je pense qu'il y a trois mesures à mettre en place. D'abord, édicter et faire véritablement respecter l'exclusion aérienne au Darfour, pour tous les appareils armés, même les hélicoptères. Car la peur des attaques aériennes est immense. Ensuite, renforcer considérablement la force internationale de l'Union africaine déployée sur place. Elle compte aujourd'hui 2 000 hommes. Il faut quelle passe à 8 000 ou 10 000 soldats pour être efficace. Nous devons enfin permettre aux réfugiés de constituer dans leurs rangs une police, une force de sécurité, en laquelle ils pourront avoir totalement confiance pour leur protection. Ces propositions risquent d'être complexes à mettre en place. L'Union africaine dit déjà queue manque d'hommes pour faim face à ses missions et imposer une exclusion aérienne nécessite des moyens techniques que ne possèdent que les pays occidentaux. Souhaitez-vous que la France s'engage militairement au Darfour ? Je dis qu'il faut un engagement international. C'est une question de volonté et d'assistance à des millions de personnes en danger. Si les nations africaines ne peuvent intervenir seules, on doit les aider : d'autres pays peuvent être sollicités, notamment de culture musulmane. Quant à l'exclusion aérienne, le gouvernement soudanais est déjà officiellement d'accord. Mais il faut réellement la faire respecter. Des appareils radars Awacs et quelques chasseurs y suffiront. En tout cas, nous avons le devoir de faire quelque chose pour mettre fin à cette horreur. «Dans le camp de Kalma, il y avait l5OOO réfugiés
il y a dix mois. Ils sont maintenant 145000. Et la peur règne
», témoigne François Bayrou
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| le Figaro, 04-03-2005, Patrick de Saint Exupéry
Sur fond de crimes contre l'humanité commis au Darfour soudanais, le jeu diplomatique patine. Depuis la remise au Conseil de sécurité, début février, d'un terrible rapport d'enquête réalisé par cinq juges internationaux nommés par l'ONU, le dossier n'a pas progressé d'un pas. Secrétaire-général de l'ONU, Kofi Annan a supplié à plusieurs reprises les pays membres : Une fois de plus, lançait-il voici encore quelques jours, j'appelle le Conseil de sécurité à agir d'urgence pour stopper les crimes et les souffrances au Darfour » Ses appels se sont jusqu'ici heurtés à un mur d'égoïsme, le dossier mettant en cause les intérêts de plusieurs Etats. Favorables au principe de sanctions, les Etats-Unis -appuyés pour différentes raisons par la Chine et l’Algérie- se refusent ainsi à envisager une saisine de la Cour pénale internationale (CPI) qui pourrait, comme le demande l'Europe, juger 51 personnes mises en cause pour leur responsabilité dans les crimes commis au Darfour par la commission d'enquête de l'ONU. La pression monte pourtant peu à peu. Afin d'accentuer la pression sur Washington, l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) vient de rendre public l'enregistrement vidéo d'un haut dirigeant des milices Janjaweed, responsables de nombreuses exactions dans le Darfour. Recueilli en septembre 2004 à Khartoum, le témoignage de Musa Hilal, considéré comme l'un des principaux dirigeants des sanglantes milices, met en cause le gouvernement de Khartoum. Selon ce responsable des milices du Nord-Darfour, « tous les combattants, sont dirigés, sur le terrain par de hauts commandants militaire (. .. ) Ces gens reçoivent des ordres du centre du commandement occidental et de Khartoum ». Pour Human Rights Watch, Musa Hilal est « un homme dangereux pour le gouvernement soudanais « car « son témoignage pourrait être très intéressant devant la Cour pénale internationale (CPI)». Les allégations de cet homme, soupçonné de nombreuses exactions bien qu'il s'en défende, sont confirmées par plusieurs documents cités par Human Rights Watch. Dans une note datée du 13 février 2004 et émanant du bureau d'une sous-préfecture du Nord-Darfour, les autorités,"prient ainsi toutes «les unité de sécurité de la localité d'autoriser la poursuite des activités des moudjahidins et des volontaires placés sous le@", commandements du Cheikh Musa Hilal dans les régions du Nord-Darfour afin de répondre à leurs besoins vitaux ». La note du gouvernement se poursuit sur une exhortation à ouvrir le passage aux forces de Musa Hilal : «Nous insistons également sur l'importance de ne pas intervenir » et de fermer «les yeux,,, sur les délits mineurs commis par les moudjahidins contre les civils soupçonnés d'être des membres de la rébellion ». Le Darfour est en proie à la guerre civile depuis février 2003. La crise a fait plus de 70 000 morts et 1,6 million de déplacés. Dans une récente intervention, un responsable du ministère soudanais des Affaires étrangères a fait part de «son étonnement quant à la position de l'administration américaine qui cherche à imposer des sanctions contre le Soudan et en même temps à normaliser les relations avec Khartoum ». |
| La Croix, 2 mars 2005
Il porte élégamment ses 64 ans. Le président du
Groupe soudanais de défense des droits humains et responsable de
l'Alliance nationale pour le rétablissement de la démocratie,
Ghazi Suleiman, est vêtu de blanc. Il porte de larges bretelles
crème.
(par Adrien de Mun)
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| Le Monde diplomatique – février 2005
Par Gérard Prunier, chercher au CNRS, Paris, directeur du
Centre français d’études éthiopiennes, Addis A-beba.
Le conflit meurtrier qu déchire le Soudan depuis vingt ans va-t-il enfin se terminer ? Les accords de paix signés le 9 janvier entre Khartoum et l’Armée Populaire de Libération du Soudan (APLS) prévoient un partage du pouvoir et de la manne pétrolière. Cependant, l’incertitude demeure quant à leur viabilité, car ils excluent une partie importante de l’opposition et ne règlent pas le conflit du Darfour. Les accords de paix signés à Nairobi (Kenya), le 9 Janvier 2005, mettent fin à un conflit qui déchire le Soudan depuis vingt et un ans. Les affrontements auraient fait près d'un million et demi de morts, plus de quatre millions de déplacés à l'intérieur du pays et 600 060 réfugiés dans les Etats limitrophes (1). C'est donc à juste titre que la «communauté internationale» s'est réjouie de ce, accord politique, mais aussi économiques obtenu au terme de deux ans et demi d'improbables négociations. Cependant la prudence s’impose, car le Soudan continue d’être le théâtre d’un conflit extrêmement violent dans la province occidentale du Darfour, conflit que les signataires de Nairobi n’ont pas abordé. En outre, les arrangements extrêmement complexes adoptés seront difficiles à faire appliquer à un personnel politique composite, issu tant de la guérilla chrétienne que du mouvement fondamentaliste musulman, auquel s’ajoutent des opposants nordistes et sudistes qui se plaignent de ne pas avoir été associés. La guerre entre le nord et le sud du Soudan, à la fois culturelle et religieuse, remonté à un demi-siècle. En août 1955, alors que les Britanniques n'avaient pas encore évacué le pays, l'annonce d'un remplacement de leurs officiers britanniques par des Arabes avait provoqué la mutinerie de l'Equatoria Corps, unité militaire composée de soldats noirs. S'ensuivirent dix-sept années de guerre auxquelles mit fin l'accord de paix d'Addis-Abeba en février 1972. Cette paix donnait aux trois provinces méridionales une relative autonomie dans un cadre confédéral. Mais la découverte, en 1979, de gisements de pétrole dans le Sud et le percement, un an plus tard, d'un énorme canal destiné à récupérer l'eau du Nil au bénéfice de l'Egypte (Jonglei Canal Project) amenèrent le président Gaafar Muhammad Nemeiry à abroger unilatéralement l'accord d'Addis-Abeba. La guerre reprit en mai 1983 lorsque, une nouvelle fois, des unités noires de l'armée soudanaise se soulevèrent contre leur commandement arabe. Le colonel John Garang en prit la tête et créa l'Armée populaire (le libération du Soudan (APLS). Conune le président Nemeiry était soutenu par les Etats-Unis, la rébellion trouva des'soutiens auprès de l'Ethiopie du colonel Menguistu Hailé Marïarn et de ses alliés du camp socialiste. La fin de la guerre froide et la chute du régime Menguistu, en mai 1991., gffaibbrent gravement l'APLS et faillirent précipiter sa défaite. Mais, à partir de 1993, l'Ouganda du président Youweri Museveni se substitua à l’Ethiopie défaillante. Un régime fondamentaliste islamique s’étant entre-temps installé à Khartoum en 198,l’APLS se retrouva, comme Kampala, très proche…des Etats-Unis. Après plusieurs tentatives infructueuses durant les années 1990, Khartoum accepta de négocier sérieusement au lendemain du 11-Septembre. Le régime islamiste s’inquiétait d’une possible intervention militaire américaine, car il avait apporté son soutien à Al-Qaida lors de sa création. Des pourparlers s’ouvrirent au Kenya en 2002. Khartoum fit longtemps traîner les discussions, dans l’espoir qu’un changement géopolitique lui épargnerait d’avoir à faire des concessions trop importantes. Il faut attendre novembre 2004 (et la réélection de M. George W. Bush) pour que le régime islamiste accepte de finaliser un accord global. Entre-temps, en février 2003, la province occidentale du Darfour s’était elle aussi, révoltée contre le pouvoir central, montrant ainsi que le problème principal du Soudan était celui du monopole du pouvoir par une petite élite composée d’Arabes de la vallée du Nil et non pas un problème religieux. Le Darfour, en effet est à 100% musulman, et la guerre civile qui s’y déroule depuis deux ans n’est pas le fait d’une lutte « Arabes contre Africains », comme on l'a trop souvent écrit. La lente extension de la guérilla vers la province purement arabe du Kordofan montre que, là aussi, le différend est économique et politique plutôt que religieux ou racial. L’accord de paix du.,9 janvier n'est pas un accord, mais un ensemble d'accords séparés sur des sujets distincts et signés @a des dates différentes depuis l'été 2002. Le premier de ces documents est connu sous le nom de « protocole de Machakos », du nom de la petite ville kényane où il a été signé en juillet 2002. Il prévoit un' référendum d'auto détermination pour le Sud Soudan après une période intérimaire de six ans, elle-même précédée d'une période pré-intérimaire de six mois, soit un total de six ans et demi. En septembre 2003, les parties en présence finirent par se mettre d'accord sur les « arrangements de sécurité ». Ceux-ci prévoient le retrait des troupes nordistes hors du Sud et celui des forces de l'APLS hors du Nord (3), ainsi que la création d' « unités conjointes intégrées » (UCI). Ces UCI, qui devraient comprendre environ 40 000 hommes, seraient composées à égalité de forces issues de l'APLS et de forces de l'armée régulière. Elles devraient être cantonnées dans les trois provinces du Sud ainsi que dans les régions frontalières Nord-Sud partiellement occupées par l'APLS (zone - d'Abyei, monts Nouba et sud de la province du Nil-Bleu). Un état-major commun est prévu. En dehors des UCI, l’APLS comme le gouvernement seront autorisés à conserver leurs propre forces, cantonnées respectivement dans le Sud et dans le Nord. En décembre 2003, un « accord sur le partage des richesses est obtenu. Il organise un règlement des questions foncières , la gestion du ministère des finances, l’établissement d’un double système bancaire (islamique [4] dans le Nord, classique dans le Sud), le contrôle des douanes et le système fiscal. Mais il prévoit surtout une répartition des très importants bénéfices du pétrole. En effet, depuis l'achèvement de l'oléoduc Heglig Port Soudan en 1999, le pays est devenu une puissance pétrolière moyenne. Etant donné les cours mondiaux, les quelque 390 000 barils par jour (b/j) produits rapportent presque 1,9 milliard de dollars par an. Le ministère de l'énergie a élaboré des plans d'expansion de la production qui devraient permettre de la pousser à 500 000 b/j fin 2005. Si les prix se maintiennent, c'est donc une manne de plus de 2,5 milliards de dollars dont il faudra assurer la répartition d'ici un an (5). L’accord sur les richesses prévoit un partage à égalité de l'argent du pétrole entre le Nord et le Sud. Trois autres accords sont signés en mai 2004. Le premier, et le plus important, concerne l'exercice en commun du pouvoir politique. Selon ce document, M. Omar Hassan El-Béchir demeurera président et le colonel Garang deviendra vice-président, avec un pouvoir de veto sur les décisions du chef de l'Etat. Un gouvernement conjoint sera formé pendant les six mois de la période pré-intérimaire avec 52 % des postes pour l'actuel parti unique (Mutammar al-Watani ou Congrès patriotique), 28 % allant à l'APLS, 14 % revenant à l'opposition nordiste (6) et 6 % aux forces sudistes non membres de l'APLS. Dans ce même délai de six mois, une commission constitutionnelle doit élaborer une loi fondamentale, document dont le Soudan n’a jamais connu que des versions temporaires ou dictatoriales. Un recensement sera organisé au bout de deux ans (le dernier date de 1982), permettant la tenue d’élections générales au bout de trois ans et demi, c’est à dire à mi-parcours de la période transitoire. Les deux autres documents, signés en mai 2004, prévoient des systèmes d’administration régionale intérimaires pour la zone d’Abyei à la frontière du Bahr el Ghazal et du Kordofan, pour les monts Nouba et pour le sud de la province du Nil Bleu. Il s’agit de trois régions au peuplement mixte arabe et négro-africain, partiellement musulmanes et partiellement chrétiennes, qui , bien que situées dans le Nord, ont subi des incursions de l’APLS pendant la guerre. Les deux derniers documents, signés à Naivasha, au Kenya, le 31 décembre 2004, rectifient diverses dispositions des accords de sécurité de septembre 2003 et le calendrier de mise en œuvre de tous les textes précédents. La première faiblesse de ces accords tient à la nature même des signataires. Le régime est l’héritier directe du Front National islamique (FNI), formation fondamentaliste musulmane, qui avait obtenu environ 7% des voix lors des dernières élections libres, en avril 1986. Même en créditant le régime d’une sorte de « dividende de la paix », il est difficile d’imaginer qu’il représente plus de 15% de l’électorat. Par ailleurs, l’APLS, qui est désignée comme l’unique partenaire politique du régime, est loin de contrôler l’ensemble du Sud. Les divers partis politiques sudistes qui existaient en 1986 se sont maintenus « en filigrane » et représentent des forces non négligeables. Les milices anti-APLS qu’a longtemps utilisées le gouvernement sont loin d’être de simples organisations de « collabos » dénues d’enracinement local. Au sein de la grande ethnie des Nuers notamment, et parmi les tribus de l’Equatoria, l’APLS, dont a base ethnique est très largement composée de Dinkas de la région de Bor n’est guère populaire. Compte tenu du fait que, réfugiés et personnes déplacées inclus, le Sud ne représente que 25 à 30% de la population totale du pays, les signataires des accords de Nairobi n’ont dernière eux qu’environ 30% des masses soudanaises. Qu’en est-il donc des 70% restants. C’est bien évidemment la grande inconnue des prochaines élections. Le colonel Garang un pari : il espère regagner dans le Nord au moins autant que ce qu’il perdra dans le Sud. En effet l’éclipse de l’important Parti communiste soudanais et l’incapacité des forces politiques de la gauche laïque à s’organiser provoquent uen sorte de « trou noir » dans la sociologie électorale soudanaise (7). M. Garang et l’APLS espèrent bien parvenir à récupérer des voix perdues à leur bénéfice, en dépit de la différence culturelle entre cet électorat « arabe » et leur image « négro-africaine ». Mais arrivera-t-on jusqu’aux élections ? La première embûche est la persistance du conflit du Darfur qui a fait beaucoup plus de 70.000 victimes que la « communauté internationale » veut bien reconnaître (8). Cette crise est typique de la non-prise en compte des groupes humains qui ne se reconnaissent ni dans le régime de Khartoum ni dans l’APLS. Le Darfour, région entièrement musulmane peuplée tant de Négro-Africains que d’Arabes ( mais très différents des Arabes de la vallée du Nil) a été victime depuis un siècle de la même marginalisation socio-économique et politique que le Sud. Mais son identité musulmane lui a fait prendre son mal en patience et accepter le discours des Arabes du groupe dominant lui promettant des récompenses qui ne sont jamais venues (9). Lorsqu’en 2002 les habitants de la province ont vu que l’APLS allait sans doute tirer le bénéfice concret de vingt ans de guerre, ils se sont révoltés en pensant que seule la violence leur permettrait d’accéder à la table des négociations. Ils en sont demeurés exclus et il probable qu’ils continueront à se battre jusqu’à ce qu’on les admette . Quant au Sud peut-on penser que le régime de Khartoum procédera, dans la transparence nécessaire au transfert de sa part des revenus pétroliers ? L’APLS aura-t-elle assez de cadres formés pour prendre sa place au sein de l’administration centrale ? Quelles seront les relations entre le gouvernement nationale et celui que l’APLS est autorisée à organiser au Sud-Soudan ? Et si les choses ne se déroulent pas comme prévu, peut-on espérer que les officiers de l’APLS –dont beaucoup regardent avec suspicion la très longue période intérimaire- attendront sans bouger la date du référendum d’autodétermination en juillet 2011 ? La route vers une véritable paix va être longue pour un Soudan divisé, inégalitaire, riche dans le Nord, épuisé dans le Sud. ____
(2) Lire Jean-Louis Peninou, « Désolation au Darfour » Le Monde diplomatique, mai 2004. (3) Les termes « Nord » et « Sud » se réfèrent à la frontière intérieure telle que définie par l’administration coloniale britannique dans les années 1920 et confirmée par l’accord depaix d’Addis-Abeba en 1972. (4) C’est-à-dire en particulier ne pratiquant pas les prêtes à intérêts. Lire Ibrahim Warde : « Les principes religieux à l’épreuve de la mondialisation », Le Monde diplomatique, septembre 2001. (5) Aucune des grandes compagnies pétrolières occidentales n’est impliquée dans la production. La Nile Petroleum Corporation, le consortium qui produit 90% du pétrole, appartient pour 50% à la Chia National Petroleum Corporation, pour 30% à la compagnie malaisienne Petronas, pour 25% à la compagnie nationale indienne ONGC-Videsh et pour 5% à la compagnie nationale soudanaise Sudapet. Les compagnies Total (France), Sonatrach (Algérie) et diverses compagnies russes et japonaises possèdent des permis en sommeil depuis vingt ans et non productifs. (6) Cette opposition est plus ou moins organisée sous l’ombrelle de l’Alliance nationale démocratique (AND), en exil à Asmara et présidée par un vieux routier de la politique soudanaise, le président du Parti démocratique unifié (PDU), M. Mohamed Osman Al-Mirghani. (7) Les vieux partis démocratiques (PDU et OUMA) sont en effet largement religieux. De plus, ils sont usés par des années d’un pouvoir souvent ben mal exercé. (8) Le nombre des morts pourrait atteindre 250 000 et ce cesse de s’accroître en raison de l’insécurité et de l’impossibilité pour le Programme alimentaire mondial de nourrir les personnes déplacés. (9) A titre d’exemple, le Darfour, comme la France , avait en 2002, 170 kilomètres de routes goudronnés et un médecin pour 150 000 habitants. De l'indépendance aux accords de Nairobi
Novembre 1958. l’armée s'empare du pouvoir. Octobre 1964. Fin de la dictature militaire, à la suite d'une insurrection populaire. Nouvelle expérience parlementaire. 1972. Accords d'Addis-Abeba, mettant fin à la guerre civile dans le Sud. 1983. Instauration de la charia ; reprise de la rébellion sudiste et création de l'Armée populaire de libération du Soudan (APLS). Mars-avril 1985. Une insurrection populaire et un coup d'Etat mettent fin à la dictature de M. Nemeiry. 30 juin 1989. Coup d'Etat du général Omar El-Béchir,
soutenu par les islamistes.
Février-mars 2003. Violents combats dans le Darfour entre les milices gouvernementales et les rebelles. Septembre 2004. Le Conseil de sécurité de l'ONU menace le Gouvernement soudanais de sanctions pétrolières. 9 janvier 2005. Signa re d'un accord de paix entre l'Armée
populaire de libération du Soudan (APLS) et le Gouvernement soudanais.
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(Liberation , Christophe Ayad, mardi 22 février 2005) C'est un cas sans précédant dans l'histoire de l'ONU.
Alors que le Conseil de sécurité s'apprête à
envoyer 10 000 Casques bleus au sud du Soudan, la guerre civile continue
de faire rage dans l'ouest, au Darfour. Verra-t-on cette situation surréaliste
dans laquelle des troupes internationales restent l'arme au pied tandis
que des massacres sont perpétrés à quelques centaines
de kilomètres de là ? Il est vrai que surveiller un accord
de paix, signé en grande pompe le 9 janvier à Nairobi, est
plus facile qu'intervenir dans une région grande comme la France
où rebelles, armée gouvernementale et milices politico-ethniques
s'affrontent dans un théâtre d'ombres.
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| Le Figaro, New York 19 février 2005, Guillemette Faure
«Les tueries, les attaques continuent à être perpétrées
contre les habitants du Darfour », a dit Louise Arbour, la Haute
Commissaire aux droits de l'homme devant le Conseil de sécurité
en feuilletant les pages résumant le rapport de la commission d'enquête
présenté mercredi dernier. Sans aller jusqu'à
parler de génocide comme l'a fait le Département d'État
américain, le rapport accuse les forces gouvernementales soudanaises
et les milices arabes Janjawids de s'être rendues coupables au Darfour
de crimes de guerre s'apparentant à des crimes contre l'humanité.
Aucune initiative concrète n'a toutefois été entérinée.
Les appels des organisations humanitaires se font pourtant de plus en plus
pressants. «Le pouvoir et la responsabilité de faire quelque
chose pour cette-grave crise sont entre vos mains », a insisté
Kofi Annan face au Conseil, «Une fois de plus, j'appelle le Conseil
de sécurité à agir d'urgence pour stopper les crimes
et les souffrances au Darfour».
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| Le Monde 18 février 2005
Les Etats-Unis font tout pour éviter que la CPI ait à
traiter des violences dans l'ouest du Soudan.
"Le meilleur moyen contre l'impunité"
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| Courrier International et AFP, N’Djamena, 18 février 2005
L'Union africaine (UA) et la médiation tchadienne ont manifesté
après plusieurs mois de tergiversations leur volonté de donner
un sérieux coup d'accélérateur au règlement
de la crise qui déchire le Darfour, lors de deux réunions
mercredi et jeudi à N'Djamena.
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