Le Soudan dans la Presse

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1er semestre

2ème semestre


Août 2008

Agence France Presse
31 août 2008

Hôtel de luxe avec vue imprenable sur le Nil et la misère

Presse russe
28 août 2008

Darfour : 25 morts lors d'une attaque des forces soudanaises contre un camp de réfugiés

Agence France Presse
28 août 2008

Soudan/CPI : les investissements étrangers affectés en cas de poursuites

Xinhuanet
27 août 2008

L'ONU entraîne une unité policière conjointe dans le Sud Soudan

B.B.C Afrique
27 août 2008

L'arméeL'armée "tue des réfugiés du Darfour"

Agence France Presse
27 août 2008

Avion soudanais détourné: passagers libérés, pirates et équipage toujours à bord

Agence France Presse
27 août 2008

Béchir en visite dans le Sud-Soudan pour la première fois depuis deux ans

Le Monde
26 août 2008

Le Soudan resserre son étau autour d'un camp de déplacés

La Croix
26 août 2008

Darfour : pas de paix sans justice

Le Monde
24 août 2008

Cinquante condamnations à mort au nom de l'"antiterrorisme" au Soudan

Xinhuanet
23 août 2008

Le Soudan commencera l'exportation du brut au Kenya

IRIN
édition française
22 oût 2008

Soudan-Tchad : Nostalgie et gratitude - l'expérience du réfugié

Suisse Information
19 août 2008

Le Soudan prévoit des mesures de rétorsion en cas de mandat d'arrêt

Agence France Presse
19 août 2008

Le Soudan défie la justice internationale lors d'un forum en Turquie

Jeune Afrique
18 août 2008

Le sommet Turquie-Afrique à Istanbul perturbé par la présence d'Omar el-Béchir

Le Figaro
18 août 2008

Soudan/Amnesty : "simulacres de procès"

Nations Unies
New York
18 août 2008

L'Accord de paix Nord-Sud reste sur les rails malgré l'incident d'Abyei

Agence France Presse
17 août 2008

Un chef rebelle du Darfour condamné à mort

Agence France Presse
17 août 2008

Ouverture du procès des meurtriers présumés d'un diplomate américain

Documentation africaines
16 août 2008

L'université catholique ouvre ses portes à mi-septembre, au Soudan

Agence France Presse
15 août 2008

L'ONU exhorte à un retrait total de la région pétrolifère d'Abyei

Agence France Presse
14 août 2008

Les rebelles du Darfour accusent Khartoum d'une vaste offensive

Xinhuanet
13 août 2008

Un commandant de l'ONU demande aux rebelles de s'unir pour une  solution durable au problème du Darfour

Agence France Presse
13 août 2008

Darfour: l'émissaire américain optimiste sur des progrès de la Minuad

Inter presse service
13 août 2008

Bashir sous pression, mais pas encore au pied du mur

Jeune Afrique avec l'A.F.P.
13 août 2008

Darfour : l'émissaire américain optimiste sur des progrès de la Minuad

L'Express avec Reuters
13 août 2008

L'armée soudanaise lance une offensive dans le Nord-Darfour

La Croix
13 août 2008

«Le génocide au Darfour ne porte pas sur la race mais sur le contrôle du territoire », entretien avec Luis Moreno-Ocampo, procureur de la CPI

Agence française de presse
11 août 2008

Un hélicoptère de la force de paix touché par des tirs au Darfour

Agence de presse africaine
9 août 2008

Les missions de liaison du sud Soudan à l'étranger bénéficie d'un plein statut diplomatique

Journal finance africaine
8 août 2008

La bombe à fragmentation de la CPI

Agence France Presse
8 août 2008

Le Soudan nomme un administrateur pour la région pétrolifère d'Abyei

Le Monde
8 août 2008

L'odyssée de Lopez Lomong, de Khartoum à Pékin

Jeune Afrique
7 août 2008

L'opposition soudanaise critique la nomination d'un procureur pour les crimes au Darfour

Nations Unies bureau de presse
6 août 2008

Darfour : l'ONU évacue des civils blessés dans une embuscade

Liberté sans frontières
6 août 2008

Entretien entre l'envoyé spécial américain pour le Soudan et Idriss Déby

Agence France presse
6 août 2008

Etats-Unis : porte-drapeau symbolique

Agence France presse
6 août 2008

Le Soudan nomme un procureur pour les crimes au Darfour

Agence France presse
5 août 2008

Soudan/CPI : l'Union africaine fait appel à un panel d'avocats

Agence France presse
4 août 2008

Ping rencontre Béchir, critique la procédure de la CPI

Libération
4 août 2008

Inculper ou ne pas inculper Omar El-Béchir ?

Le Figaro
2 août 2008

Renouvellement du mandat de la force au Darfour

Agence France presse
1 er août 2008

L'ONU prolonge le mandat de la force de paix au Darfour

Médecins sans frontières
1 er août 2008

Médecins Sans Frontières suspend ses activités au Nord-Darfour

Xinhuanet
1 er août 2008

Le Conseil de sécurité prolonge d'un an le mandat de la force de  paix au Darfour

Nations Unies
New York
1 er août 2008

La paix est fragile au Soudan, selon Ban Ki-moon

 

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Hôtel de luxe avec vue imprenable sur le Nil et la misère

 

Du haut du Burj al-Fateh, hôtel luxueux né d'un rêve libyen et d'une réalisation italienne, la vue sur la confluence du Nil bleu et du Nil blanc est imprenable.

 

Agence France Presse, 31 août 2008

 

Mais elle cohabite avec le spectacle de la misère de Khartoum, capitale d'un Soudan déchiré.

Avec ses 230 chambres, ses salles de conférence, complexes sportifs et aquatiques et ses nombreux restaurants, cet établissement de 18 étages à la forme ovoïde établit des standards de luxe jusque-là inconnus au Soudan.

Fruit d'un rêve libyen vieux de neuf ans, sa réalisation, d'un coût de 130 millions d'euros, a été financée par Lafico, une société de Tripoli.

«Cet hôtel haut de gamme est capable d'insuffler un nouvel élan économique et social dans la vie locale et, en particulier, dans le secteur des services», se félicite à l'AFP Emhemmed Ghula, directeur de projets à Lafico.

L'hôtel se targue notamment d'avoir une suite présidentielle à 4.000 dollars, un chef cuisinier français et de la viande australienne servie à 70 dollars pièce au restaurant «Le Grill».

«Je me sens fier. Il peut être considéré comme un repère à Khartoum», affirme Giuseppe Freda, directeur de projet de la société italienne CMC, chargée de la réalisation.

De fait, à peine inauguré, l'hôtel est déjà devenu l'arrière-plan fétiche pour leurs «directs» de chaînes de télévision telle Al-Jazira.

Il a même gagné un premier surnom --«la boule de Kadhafi»-- de la part de certains habitants de Khartoum, en allusion à la forme du bâtiment.

Sous l'impulsion du «guide» Mouammar Kadhafi, la Libye ne cesse d'accroître ses investissements à l'étranger et la gérance de l'hôtel décrit Burj al-Fateh comme un «cadeau du gouvernement libyen à celui du Soudan».

Manifestement, ce projet en appelle d'autres: Lafico a commencé à construire un autre complexe hôtelier avec appartements luxueux, centres de loisirs pour familles aisées et restaurant tournant. Le tout pour un budget de 45 millions d'euros.

En outre, la Libye n'est pas la seule à gâter le Soudan, exportateur de pétrole depuis 1999: le Burj al-Fateh côtoie ainsi le Hall de l'Amitié, financé par la Chine, et d'autres investisseurs, arabes mais aussi indiens ou malaisiens, participent au «boom» du luxe immobilier.

Pour autant, à Khartoum, capitale d'un pays troublé, la misère n'est jamais loin.

Du sommet du Burj al-Fateh, la vue imprenable sur la confluence du Nil se conjugue avec celle de maisons en terre engluées dans les marécages.

Selon le «Central Intelligence Agency Factbook», 40% des Soudanais vivent sous le seuil de pauvreté, et seule une infime partie de la population peut s'offrir un café.

A cela s'ajoute la situation politique troublée.

Le président Omar el-Béchir est menacé d'un mandat d'arrêt par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) pour génocide, crimes contre l'humanité et crime de guerre au Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile depuis 2003.

Le chef de l'Etat soudanais a prévenu que de possibles poursuites contre sa personne pourraient avoir des conséquences sur les investissements étrangers.

Symboles du décalage entre le luxe hôtelier et le contexte soudanais, Emhemmed Ghula souligne les problèmes logistiques rencontrés.

«Un tel bâtiment nécessite un tas d'achats (...) spéciaux et on ne trouve rien au Soudan. Ca n'a pas été facile», relève-t-il, alors que, pour exemple, les meubles et intérieurs ont été importés d'Europe.

Le directeur du marketing du Burj al-Fateh, Wissam Khalek, un Libano-Américain ayant vécu la guerre civile à Beyrouth, se dit malgré tout confiant.

«Nous sommes certains que nous gagnerons énormément d'argent. Bien sûr, il y a un risque d'instabilité politique. Mais ce risque est calculé», juge-t-il.

 

 

   Août 2008

 

Darfour: 25 morts lors d'une attaque des forces soudanaises contre un camp de réfugiés

Presse russe, 28 août 2008

 

Les tirs des forces soudanaises ont fait au moins 25 morts et plusieurs dizaines de blessés dans le camp de réfugiés de Kalma situé dans la province soudanaise du Darfour, rapportent les médias arabes.

"Les troupes gouvernementales ont tué 25 civils sous les yeux des soldats de la paix de l'Union africaine et de l'ONU qui se sont montrés incapables de protéger les réfugiés", a indiqué le représentant du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) Abdel Wahid al-Nour.

Les témoins oculaires et les rebelles affirment que les forces soudanaises ont encerclé le camp aménagé non loin de la ville de Nyala. Ils ont appelé les réfugiés à quitter immédiatement le camp avant de l'attaquer. Les soldats de la paix de l'ONU et de l'Union africaine n'ont accordé aucune assistance aux réfugiés, selon les rebelles.

Les militaires soudanais ont lancé une opération dans le camp de Kalma, qui abrite plus de 100.000 réfugiés, pour saisir des armes et arrêter un groupe de rebelles, selon des sources militaires.

Le camp des réfugiés est toujours encerclé par les troupes soudanaises. Les militaires ne tirent plus sur les habitations, mais les réfugiés ne peuvent pas quitter leurs maisons pour aider les blessés, selon les témoins.

La guerre civile se poursuit dans la province soudanaise du Darfour depuis février 2003, opposant les forces gouvernementales à de multiples groupes séparatistes. Selon l'ONU, le conflit a déjà fait 300.000 morts et a obligé 2,7 millions de personnes à quitter leurs foyers, alors que Khartoum affirme qu'il s'agit de quelque 10.000 morts.

 

   Août 2008

 

Soudan/CPI: les investissements étrangers affectés en cas de poursuites

Agence France Presse, Juba, 28 août 2008

 

Le président soudanais Omar el-Béchir, qui effectuait mercredi une rare visite dans le sud du pays, a prévenu que les investissements étrangers pâtiraient d'éventuelles poursuites de la Cour pénale internationale (CPI) à son encontre.

Le Soudan, qui compte d'importantes ressources pétrolières, "est un pays dynamique avec une économie dynamique", a souligné Omar el-Béchir lors d'une conférence de presse à Juba (capitale du sud Soudan semi-autonome), selon la traduction anglaise de ses propos fournie par un responsable sudiste.

Et, "évidemment, ce que fait la CPI affectera certains des investisseurs fermement intéressés" par le Soudan, a-t-il poursuivi.

Il a affiché son mépris à l'égard de la CPI: "Nous n'allons pas nous en préoccuper ou lui répondre. (...) Toutes ces résolutions, laissons les s'en abreuver", a-t-il dit, selon une traduction d'un responsable du Parlement régional.

Le président soudanais est menacé de poursuites internationales pour génocide au Darfour, région de l'ouest du pays où une guerre civile sévit depuis 2003.

Il a récemment averti que son pays ne permettrait jamais le jugement d'un citoyen soudanais par une cour étrangère et qu'il était "prêt à la guerre" pour l'empêcher.

Le conflit au Darfour, où s'affrontent forces gouvernementales appuyées par des milices arabes et mouvements rebelles, a fait jusqu'à 300.000 morts, selon l'ONU, quelque 10.000, selon Khartoum.

Omar el-Béchir ne s'était pas rendu dans le sud du Soudan depuis janvier 2007.

A l'époque, lui et son premier vice-président Salva Kiir, ancien leader du Mouvement de libération nationale du Soudan (SPLM) et qui dirige le sud-Soudan, s'étaient mutuellement accusés de freiner l'application de l'accord de paix du 9 janvier 2005 (CPA), qui avait mis fin à une guerre civile de 21 ans.

Accueilli à son arrivée à l'aéroport par la garde d'honneur des autorités sudistes, le président, entouré d'un important dispositif de sécurité, s'est ensuite rendu en ville.

Il y a notamment signé un accord de développement sur la production hydroélectrique qui, selon des responsables, doit entraîner la construction par des entreprises chinoises de trois barrages au Sud-Soudan, deux dans la région d'Equatoria et un à Bahr el-Ghazal.

Un porte-parole de l'ambassade de Chine à Khartoum a confirmé que l'ambassadeur se trouvait à Juba et qu'un contrat avait été signé, sans plus de détail.

La Chine, qui a également ouvert un consulat à Juba, a des liens étroits avec Khartoum. Principal acheteur du pétrole soudanais, Pékin est un investisseur clé dans l'économie nationale.

Après avoir présidé un conseil des ministres conjoint et s'être exprimé devant la presse, le président soudanais devait regagner Khartoum.

En dépit de l'accueil chaleureux, le président du Parlement régional, James Wani Igga, a tenu à évoquer la question du non respect de l'accord de 2005.

"Personne, quel qu'il soit, ne devrait être autorisé à détruire ce traité de paix", a-t-il prévenu, qualifiant les délimitations de frontières de "mère de tous les éléments" contenus dans le CPA.

Parmi les points de discorde entre Khartoum et les ex-rebelles figurent la question de la région frontalière d'Abyei, riche en pétrole et théâtre de combats meurtriers en mai, la démarcation des frontières entre nord et sud, et la répartition des ressources pétrolières.

Aux termes du CPA, le sort d'Abyei doit être fixé par un référendum en 2011: la population doit décider si la région reste dans le Nord ou est intégrée au Sud, et si le Sud doit proclamer son indépendance.

M. Béchir appelle à l'unité nationale depuis qu'il a été accusé par le procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo, de crimes contre l'humanité et génocide au Darfour. Il a nommé Salva Kiir à la tête d'un comité de crise pour tenter de contrer la demande de mandat d'arrêt du procureur de la CPI.

 

 

   Août 2008

 

L'ONU entraîne une unité policière conjointe dans le Sud Soudan

Xinhuanet, Nairobi, 27 août 2008

 

L'ONU a terminé l'entraînement  d'une unité de la police soudanaise dans la région méridionale  d'Abyei, selon un communiqué de presse conjoint rendu public  mercredi par la Mission de l'ONU au Soudan (UNMIS) et le Programme de l'ONU pour le développement (PNUD). 

Le premier entraînement de la nouvelle police intégrée  soudanaise à Abyei a duré dix jours. La police de l'ONU (UNPOL)  s'est chargée de l'entraînement, tandis que le PNUD a fourni des  tentes, des ordinateurs, des aliments et d'autres matériels.  

L'UNMIS et le PNUD ont noté dans le communiqué de presse qu'en  plus de cette unité policière, la police du gouvernement soudanais et celle locale du Sud Soudan sont parvenues à un accord pour  déployer plus d'effectifs à Abyei dans les semaines à venir. 

La nouvelle unité policière dispose de 63 policiers du  gouvernement soudanais et de 105 éléments de la police locale du  Sud Soudan. Ils assumeront les responsabilités de rétablir la loi  et la sécurité, pour que plusieurs milliers de personnes déplacées puissent rentrer chez elles. 

Le statut d'Abyei, qui se trouve sur la ligne de démarcation  entre le Nord Soudan et le Sud Soudan et riche en ressources  pétrolières, n'est pas encore résolu dans l'accord globale signé en 2005 pour mettre fin à la guerre civile dans cette  région. 

Après le déclenchement de violences en mai dernier dans la  région d'Abyei, Khartoum et les anciens rebelles du Sud Soudan se  sont mis d'accord sur une feuille de la route proposant, entre  autres, l'établissement et le déploiement d'une unité policière  conjointe et intégrée.

 

 

 

   Août 2008

 

L'armée "tue des réfugiés du Darfour"

 

B.B.C. Afrique, 27 août 2008

 

Les forces soudanaises ont renforcé mardi leur présence à l'extérieur d'un camp de déplacés du Darfour où des affrontements avec les rebelles ont fait 36 morts lundi.

 

Les conditions de vie dans le camp de déplacés de Kalma ne cessent de se dégrader.

Il s'agit du plus grand camp du Darfour et la situation sécuritaire y est très instable.

Des témoins, des dirigeants de factions rebelles, des agents des Nations unies affirment tous que les troupes gouvernementales continuent d'encercler le camp pour la deuxième journée consécutive interdisant ainsi l'accès et la sortie des lieux.

D'après Ahmed Abdel Shafie, un des dirigeants d'une faction rebelle de l'Armée de libération du Soudan, une pénurie de vivres et surtout de médicaments empêche de venir en aide aux personnes qui ont été blessées au cours des violences survenues lundi.

Selon lui, au moins 36 personnes ont péri et près de 120 autres ont été blessées lorsque la police et les militaires soudanais ont fait irruption dans le camp de Kalma.

Le gouvernement de Khartoum a lui donné une toute autre version des faits.

Dans un communiqué diffusé par l'agence de presse soudanaise, les autorités affirment que les forces de sécurité disposaient d'un mandat de perquisition et qu'ils auraient essuyé- les premiers- des tirs à l'intérieur du camp.

Le gouvernement a toujours considèré que ce camp abrite de nombreux rebelles munis d'importantes quantité d'armes et de munitions.

Khartoum qui minimise l'incident estime que seuls sept déplacés et cinq policiers ont été blessés.

Il ajoute que la police avait pour mandat de rester sur place et de procéder à la collecte de toutes les armes en circulation dans le camp de Kalma.

Les Etats Unis ont accusé les forces gouvernementales soudanaises de violer le droit international pour avoir ouvert le feu, à l'aveuglette, sur des civils.

 

   Août 2008

 

Avion soudanais détourné : passagers libérés, pirates et équipage toujours à bord

 

Agence France Presse, Tripoli, 27 août 2008

 

Tous les passagers de l'avion soudanais détourné sur la Libye ont été libérés mercredi à l'aéroport militaire de Koufra, dans le désert libyen où l'appareil est immobilisé, mais les deux pirates de l'air sont toujours à bord avec les membres de l'équipage, a indiqué à l'AFP un responsable libyen.

"Tous les passagers ont quitté l'avion", a indiqué ce responsable par téléphone depuis l'aéroport militaire de Koufra, à 1.350 km au sud-est de la capitale libyenne Tripoli, où l'avion a atterri mardi soir.

"Les pirates qui sont au nombre de deux et les membres de l'équipage de l'avion sont toujours à l'intérieur" de l'appareil, a-t-il dit. "Nous continuons à négocier avec eux (les pirates)".

Selon l'aviation civile soudanaise, 87 passagers et huit membres d'équipage étaient à bord de l'avion de la compagnie intérieure Sun Air qui avait été détourné mardi peu après son décollage dans la région en guerre civile du Darfour, dans l'ouest du Soudan. Le Boeing 737 devait gagner la capitale du Soudan après avoir décollé de Nyala, la plus grande ville du Darfour.

Le responsable libyen a ajouté que les autorités n'avaient "pas encore une bonne idée de l'appartenance (des pirates). Ils disent au pilote qu'ils appartiennent à l'Armée de libération du Soudan (un mouvement rebelle du Darfour) mais nous ne pouvons pas le confirmer pour le moment".

A Khartoum, les autorités ont appelé la Libye à arrêter et à leur remettre les "terroristes" qui ont détourné l'appareil de la compagnie intérieure soudanaise Sun Air sur Koufra, dans le sud-est de la Libye.

"Tout d'abord nous condamnons le détournement d'un avion civil", a dit à l'AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ali al-Sadiq.

Il a déclaré que les pirates de l'air avait "commis un acte terroriste". "Nous voulons nous assurer que les pirates seront remis au gouvernement ici pour être traduits en justice".

Aucun mouvement n'a revendiqué ce détournement mais les pirates de l'air ont affirmé appartenir à l'Armée de libération du Soudan (SLA) et vouloir rejoindre leur chef Abdel Wahid Mohammed Nur à Paris, selon le directeur de l'aéroport militaire de Koufra, Khaled Saseya.

"Le pilote de l'avion a indiqué que les pirates affirment appartenir à l'ALS d'Abdel Wahid Mohammed Nur", a dit M. Saseya, cité par l'agence libyenne Jana. Selon le pilote, "les pirates affirment avoir coordonné (l'opération) avec lui (Mohammed Nur) pour le rejoindre à Paris", et demandent un plan de vol leur permettant de rallier la capitale française, a dit M. Saseya.

"Il n'est pas clair s'il y a un ou plusieurs (pirates) ou s'ils appartiennent au mouvement d'Abdel Wahid. Nous ne nous attendons pas à ce que ce dernier dise oui", a dit M. Sadiq.

M. Mohammed Nur a démenti l'implication de son mouvement dans l'opération, dans une déclaration à la chaîne qatarie Al-Jazira. "Nous démentons catégoriquement la responsabilité du mouvement dans cette opération de détournement", a-t-il indiqué par téléphone depuis Paris où il vit.

 

 

   Août 2008

 

Béchir en visite dans le Sud-Soudan pour la première fois depuis deux ans

 

Agence France Presse, Juba, 27 août 2009

 

Le président soudanais Omar el-Béchir est arrivé mercredi à Juba, la capitale du Sud-Soudan semi-autonome, pour sa première visite dans la région depuis près de deux ans.

Le chef de l'Etat, menacé par un possible mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour génocide au Darfour (ouest du Soudan), a été accueilli par la garde d'honneur des autorités sudistes à son atterrissage à l'aéroport, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Vêtu d'un costume safari et entouré d'un important dispositif de sécurité, il s'est ensuite rendu à bord d'un cortège dans la ville où il doit signer un accord sur la production hydroélectrique.

Cet accord devrait permettre la signature ultérieure d'un contrat avec des entreprises chinoises sur la construction de trois barrages au Sud-Soudan, selon des responsables soudanais.

Il présidera ensuite un conseil des ministres conjoint, à l'issue duquel il tiendra une conférence de presse. Son retour à Khartoum est prévu dans l'après-midi.

La dernière visite à Juba de M. Béchir remonte à janvier 2007. A l'époque, lui et son premier vice-président Salva Kiir, qui dirige le Sud-Soudan, s'étaient mutuellement accusés d'être responsables de la non-application de l'accord de paix de 2005 qui avait mis fin à une guerre civile de 21 ans.

M. Kiir avait notamment accusé le parti présidentiel, le Congrès national, de retarder l'application de certaines clauses de l'Accord de paix global (CPA) signé le 9 janvier 2005 .

Parmi les points de discorde figurent la question de la région frontalière d'Abyei, riche en pétrole, la démarcation des frontières entre le nord et le sud du Soudan et la répartition des ressources pétrolières.

Le chef de l'Etat avait en réponse accusé les autorités sud-soudanaises de ne pas participer aux commissions chargées de superviser l'application du CPA.

 

 

   Août 2008

 

Le Soudan resserre son étau autour d'un camp de déplacés

 

Le Monde, avec l'A.F.P., 26 août 2008

 

Les forces soudanaises ont renforcé mardi leur présence à l'extérieur d'un camp de déplacés du Darfour, dans l'ouest du pays, où des affrontements ont fait la veille 36 morts avec les rebelles selon un nouveau bilan donné par un de leurs chefs.

Lundi, des rebelles et des témoins avaient fait état d'au moins 25 morts lors d'affrontements avec les forces soudanaises dans le camp de Kalma, qui abrite environ 80.000 personnes près de la ville de Nyala, dans le sud du Darfour

"Il semble que, la nuit dernière, il y ait eu un renforcement des forces de sécurité autour du camp", a déclaré à l'AFP un responsable de l'ONU sous couvert de l'anonymat.

Un chef local à l'intérieur du camp, Adam Mohamed, a également déclaré à l'AFP par téléphone que davantage de véhicules des forces de sécurité encerclaient le camp.

"Les forces policières resteront en place jusqu'à ce qu'ils entrent dans le camp pour y saisir des stocks d'armes", a indiqué la commission de sécurité du Darfour, cité par les médias d'Etat.

Cinq policiers et sept résidents de Kalma ont été blessés quand des hommes armés à l'intérieur du camp ont ouvert le feu, "obligeant" les forces de police à riposter, a ajouté la commission.

Les autorités soudanaises considèrent Kalma, un camp qui rassemble de nombreux représentants de groupes rebelles, comme un foyer du crime. Selon des sources gouvernementales, la police y a arrêté lundi des "criminels recherchés" et saisi des armes et de la drogue.

Ahmed Abdel Shafie, un chef militaire de la nébuleuse rebelle de l'Armée de libération du Soudan (SLA), a affirmé à l'AFP que le bilan des affrontements s'élevait désormais à 36 morts, précisant que tous les corps avaient été identifiés.

Selon lui, au moins cinq femmes et deux enfants figurent parmi les victimes.

"La situation est très mauvaise. Les gens souffrent", a-t-il dit par téléphone, indiquant que les habitants manquaient de médicaments et devaient faire face à de fortes pluies.

Il a en outre accusé la force de maintien de la paix de l'ONU et de l'Union africaine (Minuad) au Darfour de ne rien tenter pour arrêter l'opération.

"Nous sommes très choqués et déçus (...) Ils ne devraient pas permettre aux forces armées d'entrer dans un camp de civils non armés", a dit M. Shafie.

La Minuad avait expliqué lundi avoir arrêté ses patrouilles dans le camp après avoir été sollicitée par les forces soudanaises pour les aider à y saisir des armes, une demande qu'elle avait refusée car cela n'entrait pas dans son mandat.

Le bilan des victimes variait cependant selon les sources contactées par l'AFP, les travailleurs humanitaires et les membres de la Minuad ne confirmant pas le nombre de morts.

La Minuad a indiqué avoir évacué dans la nuit 47 déplacés blessés, une majorité de femmes et d'enfants, à l'hôpital de Nyala.

Selon elle, d'autres blessés, des hommes, auraient refusé d'être évacués de peur d'être ensuite arrêtés.

Le conflit au Darfour, où s'affrontent depuis 2003 forces gouvernementales appuyées par des milices arabes et mouvements rebelles, a fait jusqu'à 300.000 morts, selon l'ONU, quelque 10.000 selon Khartoum.

 

 

   Août 2008

 

Darfour : pas de paix sans justice

 

La Croix, 26 août 2008

 

Jean-Marie Fardeau, directeur du bureau de Human Rights Watch à Paris

 

Les reproches -parfois très virulents- se sont succédés depuis la demande du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar A1 Bachir. Pour ses détracteurs, cette initiative risquerait de porter préjudice au processus de paix entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles, au déploiement de la force de maintien de la paix au Soudan ou encore au travail des humanitaires.

Pour Human Rights Watch, la démarche du procureur pourrait au contraire contribuer à mettre fin au climat d'impunité qui règne au Soudan depuis plus de vingt ans et qui freine tout processus de paix. Faut-il que les exactions contre les civils-tortures, exécutions sommaires, traitements inhumains, pillages, viols systématiques - continuent pour qu'enfin chacun réalise qu'une paix durable a besoin de la justice?

Depuis 2005, notre organisation demande au procureur de la CPI de se pencher sur le rôle joué par des acteurs gouvernementaux dans ces exactions, y compris par, le président A1 Bachir.

Au Soudan, le fait que les hauts dirigeants n'aient jamais eu à rendre de comptes pour leurs actes a créé un climat d'impunité absolue. Les tactiques mises en oeuvre par le gouvernement soudanais au Darfour depuis 2003, telles celles de la «terre brûlée» ou de l'armement de milices pour attaquer des civils supposés sympathisants des rebelles, ont toutes été utilisées lors du précédent conflit au Soudan entre le gouvernement central et les rebelles du Sud. Lors des négociations de paix qui ont finalement abouti à un accord signé en 2005, la question de la justice pour les crimes les plus graves à été soigneusement évitée. Cette «carte blanche » a certainement encouragé Khartoum à utiliser exactement les mêmes tactiques criminelles au Darfour.

Depuis que le procureur a demandé l'émission d'un mandat d'arrêt, plusieurs acteurs ont déjà appelé à un marchandage inacceptable: En bref, si Omar Al Bachir se montre coopératif - s'il permet le déploiement total de la Minuad (Mission des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour) et livre MM. Harun et Kousheyb, tous deux déjà sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI -alors le Conseil de sécurité pourrait voter une résolution de suspension des activités de la Cour sur l'affaire Al Bachir en vertu de l'article 16 du statut de Rome.

Un tel marché serait non seulem ent un affront aux victimes qui ont souffert et demandent justice, mais il constituerait aussi un sérieux accroc à la crédibilité du Conseil de sécurité des Nations unies. C'est bien celui-ci en effet qui a autorisé la CPI à engager des poursuites contre les personnes présumées responsables des exactions commises au Darfour. Peut-on imaginer aujourd'hui qu'il «récompense» le président soudanais pour des «concessions» -qui d'ailleurs n'en sont pas, puisque les autorités soudanaises sont déjà obligées, en vertu de nombreuses résolutions du Conseil, de faciliter le déploiement de la Minuad et coopérer avec la CPI? Aucun élément ne permet d'affirmer que des poursuites à l'encontre du président soudanais nuiraient au processus de paix, d'ailleurs au point mort bien avant la décision du procureur. Au contraire, des exemples récents tendent à démontrer que la stigmatisation et la marginalisation de dirigeants faisant l'objet d'un mandat d'arrêt peuvent renforcer les processus de paix comme ce fut le cas pour Charles Taylor au Liberia ou Radovan Karadzic en Bosnie-Herzégovine.

Dans un contexte d'impunité, quel serait l'intérêt des dirigeants soudanais de s'engager sincèrement dans un processus de paix? Nous en sommes convaincus, la voie de la justice internationale est la seule qui à la fois respecte là dignité et la mémoire des victimes et obligera les autorités soudanaises à participer à un réel processus de paix.

 

 

   Août 2008

 

Cinquante condamnations à mort au nom de l'"antiterrorisme" au Soudan

Le Monde 24 août 2008 , par Jean-Philippe Rémy

 

L'activité des Cours spéciales créées au Soudan pour juger les responsables de l'attaque de Khartoum par des rebelles du Darfour, en mai, ne faiblit pas. Dans les prisons soudanaises, ils sont désormais cinquante à attendre de savoir si les sentences de mort par pendaison déjà prononcées par ces juridictions spéciales seront exécutées.

Le 10 mai, après avoir parcouru plus d'un millier de kilomètres depuis des bases éparpillées entre le Darfour et l'est du Tchad, des colonnes du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) étaient entrées dans la cité jumelle de la capitale soudanaise, Omdourman. Leur offensive n'avait été brisée par les forces de sécurité qu'au niveau des ponts enjambant le Nil, à quelques kilomètres du palais présidentiel

A la suite de cette attaque éclair, qui avait fait plus de deux cents victimes, des centaines - peut-être un millier - de personnes avaient été arrêtées à Khartoum. La totalité d'entre elles n'étaient cependant pas des rebelles. Trois Cours spéciales "antiterroristes" n'en avaient pas moins été créées rapidement pour les juger. Les premiers procès s'y sont ouverts le 18 juin. Les premières condamnations à mort y ont été prononcées un mois plus tard. Parmi les condamnés, Abdelaziz Al-Nour Al-Ashr, frère de Khalil Ibrahim, le chef du JEM, haut responsable du mouvement arrêté après l'attaque alors qu'il tentait de gagner l'Erythrée. Mais aussi, une foule de semi-anonymes.

Dès la première vague de trente condamnations, Ashraf Qazi, le représentant spécial au Soudan du Secrétaire général des Nations unies, s'était indigné que "les accusés n'aient eu accès à des avocats qu'après l'ouverture des procès, et que leurs confessions aient été arrachées pendant qu'ils étaient détenus sans aucun contact avec l'extérieur" . Depuis, une menace d'expulsion plane au-dessus de sa tête.

Plus crûment, Amnesty International a dénoncé l'usage de la torture pour extorquer des aveux, tandis que Georgette Gagnon, responsable de la division Afrique de Human Rights Watch, estime que ces "Cours bidon" , ne "respectent même pas les standards judiciaires les plus minimes." Or, selon Amnesty, les procès de 109 autres personnes seraient encore en cours. Parallèlement, "plusieurs centaines" de personnes, selon l'organisation de défense des droits de l'homme, seraient tenues au secret, parmi lesquelles des femmes et un enfant de quelques mois.

La Cour constitutionnelle ayant déclaré ces Cours spéciales compatibles avec les textes fondamentaux en vigueur dans le pays, le sort des condamnés repose désormais entre les mains du président soudanais, Omar Al-Bachir, qui doit confirmer, ou infirmer par une mesure de grâce, les condamnations à mort. Le JEM, dont les troupes se préparent à d'autres opérations militaires, a d'ores et déjà averti que "toute tentative d'appliquer ces sentences déclenchera dans les plus brefs délais une seconde attaque de Khartoum".

L'organisation en toute hâte de défenses militaires aux portes de la capitale montre que cette menace n'est pas prise à la légère, renforçant un peu plus la tension installée par les poursuites engagées contre le président Bachir.

Le 14 juillet, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a déposé devant les juges de la juridiction internationale les preuves des allégations de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour à l'encontre du président soudanais, contre lequel il a requis l'émission d'un mandat d'arrêt.

La chambre devrait donner sa réponse à partir de la mi-septembre.

 

 

 

   Août 2008

 

Le Soudan commencera l'exportation du brut au Kenya

Xinhuanet, Nairobi, 23 août 2008

 

Le Soudan débutera l'exportation  de son pétrole au Kenya, après la signature entre les deux pays  africains d'un mémorandum d'entente, en vue d'apaiser la crise  énergétique au Kenya.  

Cet accord, signé par le ministre kenyan des Affaires  étrangères Moses Wetangula et son homologue soudanais Deng Alor  Kuol, prévoit l'octroi chaque mois 500.000 barils de brut au Kenya.  

L'ambassade de Soudan à Nairobi a déclaré vendredi dans un  communiqué que la Société pétrolière nationale kenyane souhaite  procédera à des négociations avec l'entreprise pétrolière soudanaise sur les modalités de la livraison de ce produit crucial au Kenya. 

A la mise en oeuvre de cet accord, le Kenya deviendra le  troisième pays voisin à acheter du brut soudanais. 

Le Soudan a dispose d'une réserve pétrolière de plus de cinq  millions de barils, dont une majorité se localise dans les bassins austraux de Muglad et Melut.

 

 

   Août 2008

 

Soudan-Tchad: Nostalgie et gratitude - l'expérience du réfugié

 

IRIN, édition française, Djabal (Tchad), 22 août 2008

 

Il fait nuit noire; le soleil ne s'est pas encore levé, mais Achta Abakar Ibrahim est accroupie devant sa hutte en paille, dans le camp de réfugiés de Djabal, dans le sud-est du Tchad. Elle prie.

Elle prie pour remercier Dieu de lui avoir permis d'échapper à la guerre au Soudan et de se réfugier au Tchad, où sa famille et elle-même sont aujourd'hui en sécurité. Elle remercie Dieu de l'hospitalité franche du peuple tchadien et de l'aide des travailleurs humanitaires, qui lui ont permis de reconstruire sa vie ici, temporairement.

Mme Abakar porte encore sur le dos les marques des coups que lui ont infligés des individus armés alors qu'elle était enceinte ; ces hommes, qu'elle appelle les « Janjawids », avaient pris d'assaut son village, dans l'ouest du Soudan, incendiant les habitations, massacrant les hommes et violant les femmes.

« Jusqu'à maintenant, je ne suis pas en paix », a-t-elle confié à IRIN en janvier, dans la petite cour de sable qui entourait sa case de paille. « Je pense que ce qui s'est passé arrivera de nouveau, même au niveau des camps [de réfugiés] ».

Selon la Hebrew Immigrant Aid Society (HIAS), qui apporte actuellement un soutien psychosocial à une partie des 250 000 réfugiés darfouris que compte le Tchad, les traumatismes sont un problème courant.

« Ils disaient qu'ils faisaient des cauchemars, qu'ils n'arrivaient pas à dormir, qu'ils entendaient les bombardiers, ils parlaient des orphelins qu'ils avaient trouvés sur leur route en venant du Soudan », raconte Rachel Zelon, ancienne vice-présidente des opérations de programme, qui travaillait au Tchad en 2004, lorsque la plupart des réfugiés soudanais sont arrivés.

Quatre ans plus tard, les traumatismes sont toujours là, mais sous une forme différente. Au début de l'année, Julie Grier travaillait avec les réfugiés, en tant que chef de l'équipe de la HIAS à Goz Beida (sud-est du Tchad), la plus grande ville située près du camp de réfugiés de Djabal.

« Il est difficile de se rendre compte qu'on a probablement quitté son pays pour toujours », a-t-elle expliqué à IRIN. « C'est presque un traumatisme en soi ».

« Quand on se rend compte qu'on va devoir dépendre indéfiniment de l'aide d'autrui, on peut se sentir désemparé, découragé », a-t-elle ajouté, en évoquant un processus « d'impuissance apprise », consistant à désapprendre à s'aider soi-même.

 

« Je sens que je vis dignement »

 

Malgré les sentiments qu'elle éprouve, Mme Abakar dit avoir de nombreuses raisons de se réjouir. À Tandoussa, leur village du Soudan, ses enfants n'étaient jamais allés à l'école : leur père ne considérait pas cela comme une priorité.

Aujourd'hui, ils sont scolarisés, comme ils en ont le droit, en tant que réfugiés internationaux. Les enfants trop jeunes pour être scolarisés vont à la crèche. Les personnes trop âgées ont le choix de suivre des cours d'alphabétisation.

Dans leurs villages d'origine, certains Soudanais parcouraient plusieurs kilomètres pour aller chercher de l'eau insalubre, selon les travailleurs humanitaires. Aujourd'hui, les réfugiés peuvent aller chercher de l'eau salubre au point d'eau public construit pour eux, à cinq minutes de là à peine.

Au Soudan, Mme Abakar payait auparavant à chaque fois qu'elle se rendait à l'hôpital, où l'intervention de « médecins traditionnels » faisait souvent partie du traitement. Aujourd'hui, lorsque ses enfants tombent malades, elles les emmènent au centre de santé gratuit du camp. Et chaque mois, elle est assurée de recevoir une ration de farine, d'huile, de sel et de sucre. «Je sens que je vis dignement », déclare-t-elle. « Les enfants vont à l'école, ils jouent au ballon, ils s'amusent, ils ont accès à l'eau. Je remercie Dieu ».

 

« Encore beaucoup à faire »

 

Mme Abakar ne vit pas dans le luxe, mais en termes d'accès aux services, elle n'avait jamais vécu ainsi auparavant, même avant le début des affrontements dans son Darfour natal ; et aujourd'hui encore, bon nombre des Tchadiens qui accueillent les réfugiés soudanais ne vivent toujours pas dans de telles conditions.

« On ne peut pas dire que [les réfugiés] vivent dans un monde merveilleux. Leur place est dans la région d'où ils viennent. On ne peut que leur souhaiter un rétablissement de la sécurité [dans leur région d'origine], pour qu'ils puissent y retourner », a dit à IRIN Stéphane Godin, en janvier, lorsqu'il dirigeait le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) à Goz Beida. « [Mais] aujourd'hui, ils ont des salles de classe, des enseignants, des dispensaires sur place. Ils ont accès à des services dont la plupart d'entre eux n'avaient jamais bénéficié auparavant ».

En se rendant dans la ville de Goz Beida, à 10 minutes du camp de réfugiés, en voiture, on comprend vite pourquoi. Au cœur de la ville, le long des sentiers jonchés de déchets d'un labyrinthe de huttes en paille, où vivent des Tchadiens d'ici, Mahamat Saleh Saboun, quatre ans, marche seul, nu-pied dans le sable, des mouches collées à la morve de son nez.

Il conduit IRIN jusque chez lui : un lopin de sable, une grande hutte en paille de millet, et quelques bûches chaudes en guise de fourneau. Ses frères et sœurs boivent une soupe à base de farine.

« Ce n'est pas que les réfugiés aient trop de choses », a récemment déclaré à IRIN Serge Malé, directeur du Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) au Tchad. «Mais certaines personnes autour d'eux […] reçoivent un degré de soutien […] qui ne correspond pas aux normes acceptées à l'échelle internationale ».

« Il y a encore beaucoup à faire dans leurs pays [le Tchad et le Soudan] pour que leurs conditions de vie soient normales », a estimé M. Godin, de l'UNICEF. « On y travaille. [Mais] il est toujours plus facile de récolter de l'argent pour les crises d'urgence que d'en obtenir pour financer les projets de développement ».

Selon M. Malé, du HCR, les organisations humanitaires ont une « capacité limitée » à répondre aux appels, qu'il qualifie de « légitimes », lancés par les populations locales pour solliciter une aide plus importante. « Nous n'avons pu répondre qu'à une partie de leurs besoins ».

Les populations locales bénéficient de soins de santé et ont accès aux écoles ouvertes pour les déplacés tchadiens et les réfugiés soudanais. En revanche, ils ne reçoivent pas de nourriture, bien que certains aient partagé leurs champs avec les nouveaux arrivants, ce qui a entraîné une réduction de leur propre production céréalière.

« À cause de cela, certaines personnes sont aujourd'hui très vulnérables et se retrouvent dans le besoin », a expliqué à IRIN Khazin Hassan, chef du village de Koubigou, situé dans la région. « Si nous sommes contrariés, ce n'est pas la faute des populations déplacées. C'est la faute des organisations non-gouvernementales (ONG), qui nous avaient promis que nous recevrions une partie de [l'aide aux] déplacés ».

Quand bien même, malgré les lacunes en termes d'aide, M. Malé estime que les réfugiés ne reçoivent pas autant de soutien qu'ils le devraient. « Nous n'en faisons probablement jamais assez ».

Les réfugiés soudanais ont des moyens extrêmement limités pour pouvoir couvrir leurs propres besoins et dépendent donc de l'aide externe.

Selon les estimations, seul un quart des Soudanais réfugiés au Tchad perçoivent des revenus externes, d'une manière ou d'une autre, qui leur permettent de ne pas être entièrement dépendants de l'aide, a indiqué M. Malé, ajoutant que la sécurité précaire et le manque de ressources étaient les principaux obstacles à la mise en œuvre d'une approche plus axée sur le développement.

 

« Grâce à la connaissance, le monde peut changer »

 

Mme Abakar s'est adaptée à la vie au Tchad : elle passe ses journées au marché, à acheter et revendre des tomates pour gagner un peu d'argent en plus. Elle est aussi membre d'une coopérative de femmes qui, grâce à un prêt contracté auprès d'une ONG du nom de Shora, achète des vivres pendant la période des récoltes, les garde en stock, et les revend pendant la période de soudure.

Mais elle rêve toujours de retourner au Soudan, de retrouver ses propres champs, ses propres bêtes et sa propre communauté.

« Je ne pense pas qu'aucun [réfugié] vous dirait qu'il se sent chez lui, ici », a noté Mme Grier, de la HIAS.

Malgré tout, Mme Abakar a expliqué que son expérience de réfugiée l'avait changée en mieux, à bien des égards. « Je suis consciente des choses, aujourd'hui. Si je suis malade, je vais à l'hôpital. Je ne reste pas chez moi ».

Selon Mme Grier, les réfugiés sont aussi plus conscients des questions liées à la violence sexospécifique. « C'est un changement qui se fait lentement, et je ne pense pas qu'il soit encore tout à fait assimilé, mais on voit déjà des petites différences », s'est félicitée Mme Grier.

« Nous ne connaissions pas les bienfaits de l'éducation, mais ici, on les a découverts. Nous nous sommes rendu compte que toute personne instruite peut changer sa vie », a ajouté Mme Abakar. « Grâce à la connaissance, le monde peut changer »

 

 

 

   Août 2008

 

Le Soudan prévoit des mesures de rétorsion en cas de mandat d'arrêt

Suisse Info , New York , 19 août 2008

 

Le Soudan a menacé l'Onu de "conséquences graves" si la CPI lance un mandat d'arrêt contre le président Omar Hassan Bachir en raison des crimes du Darfour. Ces conséquences pourraient toucher le personnel et les installations de l'Onu.

Achraf Qazi, chef de la mission de l'Onu chargée de superviser l'accord de paix conclu en 2005 entre le nord et le sud du Soudan, a déclaré au Conseil de sécurité que sa mission se préparait à d'éventuelles mesures de rétorsion.

"Le gouvernement m'a fait savoir que le lancement d'un mandat d'arrêt contre le président Bachir pourrait avoir de graves conséquences pour le personnel et l'infrastructure de l'Onu au Soudan", a indiqué Qazi sans fournir de précisions. "Nous prenons toutes les mesures de précaution nécessaires, y compris en renforçant notre coopération avec les organismes de la sécurité soudanaise", a ajouté M. Qazi.

Le procureur en chef de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a demandé au tribunal d'émettre un mandat d'arrêt à l'encontre de Bachir après l'avoir inculpé le 14 juillet de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité dans la province du Darfour. La CPI, dont le siège se trouve à La Haye, n'a pas encore pris de décision à ce sujet.

M. Qazi a dit que Khartoum faisait bien la distinction entre la CPI et le mandat des deux missions de maintien de la paix au Soudan. Mais il a noté que le gouvernement de Bachir avait qualifié l'iniatitive du procureur de la CPI de mesure politique et non judiciaire.

L'an dernier, deux mandats d'arrêts avaient été émis par la CPI contre un ministre soudanais et un chef de milice allié du gouvernement, mais Khartoum avait refusé d'extrader les deux hommes. Le Soudan, signataire du traité de Rome fondant la CPI, ne l'a jamais ratifié

 

 

   Août 2008

 

Le Soudan défie la justice internationale lors d'un forum en Turquie

Agence France Presse, Istanbul, 19 août 2008

 

Un diplomate soudanais de haut rang a affirmé mardi que son pays continuerait à défier la Cour pénale internationale (CPI) alors que le président Omar el-Béchir, menacé de poursuites pour génocide au Darfour, participait à Istanbul à un sommet sur la coopération Turquie-Afrique.

La visite du président Béchir à Istanbul est son premier voyage à l'étranger depuis qu'un procureur de la Cour pénale internationale a demandé en juillet aux juges d'émettre contre lui un mandat d'arrêt international pour génocide crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans la province du Darfour.

"Le président peut aller n'importe où et nous n'avons peur de rien (...) Cette CPI est ridicule", a affirmé à des journalistes Abdalmahmood Abdalhaleem, l'ambassadeur du Soudan auprès de l'ONU, alors que débutait le sommet dans un palais ottoman d'Istanbul.

Interrogé sur l'attitude qu'adoptera le Soudan si la Cour répond favorablement à la demande du procureur, le diplomate a répondu : "Nous ne montrerons aucun respect pour cela. Nous l'ignorerons et le désavouerons".

Plus tôt dans la journée, le président turc Abdullah Gül a appelé le dirigeant soudanais au cours d'une rencontre bilatérale à mettre fin à la crise du Darfour

"Lors de notre entretien bilatéral, nous avons parlé du Darfour. J'ai dit qu'il fallait absolument (...) que les larmes et le sang cessent de couler, que les gens cessent de souffrir quelle que soit leur appartenance religieuse ou ethnique, qu'il fallait que le gouvernement soudanais face preuve à ce sujet de la plus grande détermination", a déclaré M. Gül lors d'une conférence de presse.

Béchir a répondu que son gouvernement n'était par la seule partie responsable pour le conflit, a affirmé un diplomate turc parlant sous le couvert de l'anonymat.

M. Abdalhaleem a pour sa part indiqué que les deux présidents n'avaient pas discuté de la procédure lancée contre M. Béchir, expliquant que "les présidents discutent d'habitude des questions importantes, et celle-ci est des plus triviales".

Le régime soudanais, qui rejette les accusations de la CPI, s'efforce de convaincre le Conseil de sécurité de l'ONU de geler de possibles poursuites si la CPI lançait un mandat d'arrêt contre Béchir, arguant que cela ne ferait qu'entraver le processus de paix au Darfour.

Beaucoup de pays arabes et africains ont appelé la Cour à ne pas interférer dans la question du Darfour.

Dans une déclaration commune, la Turquie et les 50 Etats africains représentés au sommet d'Istanbul, qui s'achève mercredi, ont affirmé que leurs relations de partenariat seraient notamment fondées sur "la nécessité d'éviter l'abus de l'application du principe de la juridiction universelle".

Cette résolution s'appliquera aussi à la CPI, a indiqué à l'AFP la source diplomatique turque.

L'organisation Human Right Watch (HWR) a appelé la semaine dernière les autorités turques à ne pas soutenir le régime soudanais dans ses efforts pour obtenir une suspension des poursuites.

"Suspendre l'enquête de la CPI en réponse aux menaces scandaleuses et aux promesses creuses de Khartoum serait trahir les victimes du Darfour", a affirmé l'organisation.

Le conflit au Darfour, où s'affrontent forces gouvernementales appuyées par des milices arabes et mouvements rebelles, a fait jusqu'à 300.000 morts, selon l'ONU, quelque 10.000 selon Khartoum.

Ankara avait déjà accueilli le président Béchir en janvier, s'attirant les critiques des militants de la défense des droits de l'Homme

 

 

   Août 2008

 

Le sommet Turquie-Afrique à Istanbul perturbé par la présence d'Omar el-Béchir

 

Jeune Afrique avec l'A.F.P, 18 août 2008

 

Les représentants de 50 pays africains convergeaient lundi vers Istanbul pour un sommet sur la coopération entre l'Afrique et la Turquie, qui souhaite développer ses liens économiques avec ce continent et obtenir son soutien pour un siège au Conseil de sécurité de l'Onu.

Le sommet, prévu mardi et mercredi, est marqué par la participation controversée du président soudanais Omar el-Béchir, qui effectue là son premier voyage à l'étranger depuis qu'un procureur de la Cour pénale internationale a demandé aux juges d'émettre contre lui un mandat d'arrêt international pour génocide au Darfour.

L'organisation Human Right Watch (HWR) a dit avoir adressé une lettre aux autorités turques dans laquelle elle leur demande de ne pas soutenir le régime soudanais dans ses efforts pour obtenir une suspension des poursuites qui pourraient survenir si la CPI lançait un tel mandat d'arrêt.

"Suspendre l'enquête de la CPI en réponse aux menaces scandaleuses et aux promesses creuses de Khartoum serait trahir les victimes du Darfour", affirme l'organisation.

La Turquie, qui a adopté en 1998 un plan d'action pour s'ouvrir aux pays africains, souhaite mettre à profit ce sommet pour renforcer sa présence sur les marchés de ce continent.

Le volume des échanges entre la Turquie et l'Afrique est passé de neuf à 13 milliards de dollars (8,8 milliards d'euros) entre 2005 et 2007.

"Nous avons pour but d'augmenter le volumes des échanges à 30 milliards de dollars en 2010", a déclaré Ünal Ceviköz, vice-sous-secrétaire au ministère turc des Affaires étrangères, cité par l'agence de presse Anatolie.

Les participants au sommet doivent présenter mardi soir une déclaration commune insistant sur la volonté de développer leur coopération dans certains secteurs comme l'agriculture, l'eau ou encore les infrastructures.

Le sommet s'inscrit par ailleurs dans une campagne intensive menée depuis deux ans par la Turquie pour l'obtention d'un siège non-permanent au Conseil de sécurité de l'Onu, Ankara développant des liens avec de nombreux pays africains et du Pacifique avec lesquels elle n'avait jusque là que peu de contacts.

Deux nouveaux membres non-permanents du Conseil de sécurité doivent être élus en octobre pour 2009-2010

 

 

   Août 2008

 

Soudan/Amnesty : "simulacres de procès"

 

Le Figaro avec l'AFP, 18 août 2008

 

L'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International a condamné aujourd'hui les "simulacres de procès" au Soudan après une attaque de rebelles près de la capitale et la détention de centaines de suspects sans inculpation, dans un communiqué.

Amnesty accuse le gouvernement soudanais "de maintenir en détention des centaines de personnes sans inculpation ou accès à un avocat" alors que Khartoum d'apprête à juger 109 personnes "dans un simulacre de procès" après l'attaque de rebelles présumés du Darfour dans les environs de la capitale le 10 mai dernier. Cette attaque à Omdurman était la première incursion des rebelles aussi près de la capitale depuis cinq ans.

Huit membres présumés du Mouvement pour la justice et l'égalité, un groupe rebelle du Darfour, ont été condamnés à mort dimanche pour cette attaque par des tribunaux spéciaux antiterroristes "qui ne correspondent pas aux normes internationales d'équité", rapporte Amnesty.

Le sort de la plupart des suspects détenus à Khartoum après le 10 mai reste incertain. Et Amnesty dit avoir reçu des témoignages de torture et de mauvais traitements de ceux qui ont été libérés.

Au total 38 personnes ont été condamnées à mort à ce jour pour cette attaque.

 

 

   Août 2008

 

L'Accord de paix Nord-Sud reste sur les rails malgré l'incident d'Abyei

 

Nations Unies, New York, bureau de presse, 18 août 2008

 

La mise en oeuvre de l'Accord de paix entre le Nord et le Sud-Soudan, qui doit aboutir à des élections fin 2009, est en retard mais reste sur les rails, a estimé lundi le représentant spécial du Secrétaire général, Ashraf Qazi, devant le Conseil de sécurité.

« Les fondations d'une paix durable restent fragiles », a-t-il prévenu lors d'un exposé sur la Mission des Nations Unies au Soudan ( UNMIS ).

Le représentant spécial a rappelé les violents affrontements en mai entre l'armée gouvernementale (du Nord) et l'armée de libération du peuple du Soudan (du Sud), à Abyei qui ont fait 89 morts dont 18 civils, déplacé 50.000 personnes et conduit à la destruction de la majorité de la ville.

M. Qazi a ajouté que l'ONU apportait à l'heure actuelle son soutien pour la démarcation de la frontière entre le Nord et le Sud, au niveau d'Abyei, au moment où l'on prévoit de commencer le retour des populations déplacées.

Le chef de l'UNMIS a néanmoins souligné que la Mission n'avait pas pu jouer son rôle de protection des civils et de leurs biens lors des affrontements. D'une part parce que les armées des deux côtés se battaient à l'arme lourde, d'autre part parce que le mandat de l'UNMIS ne comporte pas de référence au Chapitre VII de la Charte des Nations Unies , et n'autorise pas le recours à la force pour sa mise en oeuvre.

En outre, « l'UNMIS ne dispose pas de capacités d'intervention robustes, et les parties ne lui confèrent pas de liberté de mouvement et de vérification », a-t-il insisté.

Bien que les relations de travail entre le Nord et le Sud restent « cordiales », l'absence de confiance mutuelle est un obstacle important pour rendre l'unité « attractive », a affirmé le chef de l'UNMIS.

L'accord de paix signé en 2005, qui avait mis fin à des années de combat, prévoyait notamment l'organisation d'élections et la possibilité pour le Sud de se prononcer sur son autodétermination.

A cet égard, Ashraf Qazi note que les lois électorales ont été adoptées et que le recensement national devrait être achevé début 2009. « Si les choses avancent comme prévu, des élections peuvent encore avoir lieu d'ici à la fin de l'année 2009 », a-t-il souligné.

Ashraf Qazi a par ailleurs noté la demande soumise aux juges de la Cour pénale internationale ( CPI ) par le Procureur de la Cour, visant à arrêter le président soudanais Omar Al-Bachir accusé de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre.

« J'ai fait remarquer au gouvernement que la CPI est une institution indépendante et que l'UNMIS continuera à mettre en oeuvre son mandat au Soudan », a-t-il dit.

Le gouvernement soudanais a prévenu la Mission que l'émission d'un mandat d'arrêt contre le président Al-Bachir « pourrait avoir de graves conséquences pour le personnel et les infrastructures de l'ONU », a rapporté Ashraf Qazi devant le Conseil de sécurité.

 

 

   Août 2008

 

Un chef rebelle du Darfour condamné à mort

Agence France Presse, Khartoum, 17 août 2008

 

Un tribunal soudanais a condamné à mort dimanche un chef rebelle du Darfour et sept autres membres de la rébellion, portant à 38 le nombre de rebelles condamnés à la pendaison pour une attaque sans précédent contre Khartoum qui avait fait 222 morts en mai.

Abdelaziz Achr, demi-frère (BIEN demi-frère) du chef du Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM), Khalil Ibrahim, et sept autres membres présumés du groupe ont été condamnés à mort après un procès devant une cour spéciale à Khartoum.

Ils ont été reconnus coupables, en vertu de la loi criminelle et de la législation anti-terroriste, d'implication dans l'attaque contre Khartoum. Ils ont deux semaines pour faire appel.

A l'annonce du verdict, les accusés ont crié des slogans contre le gouvernement, ainsi que leurs proches à qui les autorités avaient interdit d'assister à l'audience, selon un journaliste de l'AFP.

L'avocat de la défense Kamal Omar a estimé que les peines prononcées dans cette affaire compliquaient les efforts pour parvenir à un règlement du conflit du Darfour.

"Nous allons faire appel mais notre appel n'aura aucun sens. Le juge soudanais n'est pas indépendant", a-t-il dénoncé à l'AFP.

Selon la loi soudanaise, toute condamnation à mort doit être ratifiée par une cour d'appel et la Cour suprême. Ensuite, elle doit être approuvée par le président Omar el-Béchir.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a réclamé le 14 juillet un mandat d'arrêt contre le président Béchir pour "génocide" au Darfour où s'affrontent depuis 2003 forces gouvernementales appuyées par des milices arabes et mouvements rebelles, a fait jusqu'à 300.000 morts, selon l'ONU, quelque 10.000 selon Khartoum.

Trente personnes ont déjà été condamnées à mort par des tribunaux spéciaux pour implication dans l'attaque du JEM contre Khartoum.

A la suite de ces procès, les Nations unies se sont dites inquiètes du fait que "le processus judiciaire pourrait ne pas avoir respecté les normes internationales".

"La mission des Nations unies au Soudan (Unmis) est préoccupée (car) le processus judiciaire pourrait ne pas avoir respecté les normes internationales", avait affirmé Ashraf Qazi, représentant spécial au Soudan du patron de l'ONU Ban Ki-moon.

Les avocats de la défense estiment que les tribunaux spéciaux sont anticonstitutionnels et ne garantissent pas les droits de leurs clients.

Les rebelles du JEM, le plus puissant militairement des groupes rebelles du Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile depuis 2003, avaient lancé le 10 mai une attaque sur Omdurman avec pour objectif de marcher sur la capitale. Ils avaient été repoussés par les forces gouvernementales à l'issue de violents combats.

Les autorités ont procédé après cette attaque qui a fait plus de 220 morts à des dizaines d'arrestations.

Khartoum a également offert une récompense de 250.000 dollars contre des informations sur la localisation de Khalil Ibrahim, ou sa capture

 

 

   Août 2008

 

Ouverture du procès des meurtriers présumés d'un diplomate américain

Agence France Presse, Khartoum, 17 août 2008

 

Le procès de cinq Soudanais accusés d'avoir tué un diplomate américain et son chauffeur le 1er janvier dernier s'est brièvement ouvert dimanche devant un tribunal de Khartoum.

L'audience préliminaire, entourée d'importantes mesures de sécurité, n'a duré que quelques minutes en présence de membres de l'ambassade des Etats-Unis, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Le juge Said Ahmed al-Badri a lu les noms et âges des cinq inculpés, âgés de 23 à 35 ans, avant d'ajourner le procès et de le renvoyer au 31 août, en raison de l'absence d'avocats représentant les familles des victimes.

John Granville, 33 ans, qui travaillait pour l'Agence américaine pour le développement international (USAID) et son chauffeur Abdel Rahman Abbas, 40 ans, ont été tués par balle dans leur voiture aux premières heures du Jour de l'an.

L'un des cinq accusés est le fils du chef d'un groupe musulman pacifique, Ansar al-Sunna, sans activité politique mais lié au wahhabisme, une forme stricte de l'islam dominant en Arabie saoudite. Les autres accusés sont un étudiant, un commerçant, un ancien agent de sécurité et un chauffeur.

Ils se sont présentés en tenue traditionnelle, proclamant en arabe: "la paix soit avec vous" à leur arrivée et réclamant de pouvoir faire leurs prières le vendredi, jour de repos des musulmans.

Rien n'a été dit sur une éventuelle appartenance à une organisation islamiste.

L'assassinat a été revendiqué par un groupe dénommé Ansar al-Tawhid qui a dit avoir voulu répondre aux tentatives de christianisation du Soudan.

Le centre américain SITE spécialisé dans la surveille des sites islamistes n'a pas donné de précisions sur le groupe, mais des variantes de son nom, qui signifie "partisans de l'unicité" (de Dieu), ont été utilisées par des islamistes dans d'autres pays que le Soudan, dont l'Irak.

Les Etats-Unis entretiennent des relations tendues avec le Soudan, notamment en raison du conflit du Darfour où Washington a accusé Khartoum de commettre un génocide.

Le FBI a aidé à l'enquête sur la mort du diplomate américain.

 

 

   Août 2008

L'université catholique ouvre ses portes à mi-septembre, au Soudan

Documentation info africaine, Nairobi, 16 août 2008

 

La toute nouvelle université catholique du Soudan ouvrira ses portes à mi-septembre 2008. La nouvelle a été annoncée à la radio Bakhika , selon l'agence Misna, par le père jésuite Michael Schultheis, coordinateur de la planification universitaire du Service jésuite pour les réfugiés (Jrs).

 

" Les premiers étudiants se sont déjà inscrits, les professeurs sont préparés et les salles correspondent aux exigences de la première année de cours à l'Université catholique du Soudan à Juba, au Sud-Soudan ", a indiqué le jésuite de nationalité américaine qui a également travaillé à la naissance d'universités catholiques au Mozambique en 1995 et au Ghana en 2002.

La ville de Juba abritera les facultés de Sciences sociales et de Lettres. Les étudiants qui s'inscriront en agronomie et en ingénierie suivront des cours dans la ville de Wau, à 500 kilomètres au nord-ouest de Juba. Khartoum, la capitale du Soudan, accueillera la faculté des Sciences, dont l'ouverture est prévue en 2010.

Parlant à la station catholique dirigée par les missionnaires comboniens, le père Schultheis a déclaré : " Nous voulons accorder une importance particulière aux langues et aux compétences en communication, mais aussi en mathématiques et informatique ".

Un jésuite africain, confrère au père Michael Schultheis, n'est pas très enthousiaste à l'idée de l'ouverture de cette nouvelle université catholique. " Pourquoi une autre université, alors qu'il existe une à Nairobi qui appartient aux Eglises locales d'Afrique de l'Est, dont celle du Soudan ", s'est interrogé le religieux. Ce dernier craint que cette nouvelle université puisse arriver à manquer de personnel. Selon lui, cette façon de procéder disperse les forces. Un autre jésuite pense que cette institution de formation du niveau supérieur permettra l'Eglise catholique de participer à la reconstruction du Sud-Soudan détruit par plusieurs décennies de guerre civile. ( De notre correspondant à Nairobi, Gustave Lobunda, sj

 

 

   Août 2008

 

L'ONU exhorte à un retrait total de la région pétrolifère d'Abyei

Agence France Presse, Khartoum , 15 août 2008

 

Le chef de la mission de l'ONU au Soudan a exhorté jeudi les troupes rivales du nord et du sud à se retirer complètement de la région pétrolifère contestée d'Abyei où des combats en mai avaient fait craindre une reprise de la guerre civile.

Les combats à Abyei, qui avaient fait au moins 89 morts et 50.000 déplacés, avaient été considérés comme la plus grave menace pour l'Accord de paix global (CPA). Signé en 2005 entre Khartoum et les rebelles, le CPA avait mis un terme à une guerre civile de 21 ans qui avait fait plus de 1.5 million de morts.

"Nous exhortons les deux parties à se retirer complètement pour permettre aux unités mixtes de se déployer et de patrouiller toute la région d'Abyei", a déclaré le représentant au Soudan du secrétaire général de l'ONU M. Ban Ki-moon lors d'une conférence de presse.

Selon M. Achraf Qazi, des foyers de résistance "qui ne sont pas importants" demeurent dans la région d'Abyei mais toutes les forces sont parties de la ville.

Selon les observateurs quelque 300 soldats se trouvent encore dans la région. On estime que le nombre de troupes gouvernementales du nord présentes dans la région varie entre 14 et 200 en plus d'une centaine environ de troupes du sud-Soudan.

Selon une "feuille de route" signée le 8 juin, le nord et le sud devaient retirer toutes leurs forces, déployer des Unités intégrées mixtes (JIU),et nommer une administration intérimaire pour gouverner la région jusqu'à ce que son sort soit décidé par référendum en 2011.

La force mixte de plus de 600 éléments, composée de troupes du nord et du sud, a entamé son déploiement le 18 juin.

"Les conditions de la feuille de route pour que les deux forces se retirent (...) ont été plus ou moins remplies mais nous voulons un retrait total", a ajouté M. Qazi.

"Nous ne voyons pas cela comme un problème majeur. C'est juste une question de retard. Nous sommes engagés auprès des deux côtés et je suis confiant dans le retait complet de ces forces de la région", a-t-il encore dit.

Le 8 août, le président soudanais Omar al-Béchir avait nommé au poste d'administrateur en chef de la région un sudiste et à celui d'administrateur adjoint un nordiste selon un accord passé entre le Congrès National (CN), parti de M. Béchir et le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, ex-rebelles sudistes).

Aux termes du CPA, le sort de la région frontalière d'Abyei, doit être fixé par un référendum en 2011. La population doit décider si la région reste dans le Nord ou est intégrée au Sud, et si le Sud doit proclamer son indépendance.

Selon le colonel Valentino Tocmac, commandant des 640 forces conjointes à Abyei, son bataillon a pris en charge la sécurité dans la région et a commencé une opération de nettoyage de la ville.

"Les forces gouvernementales au nord et celles du SPLM au Sud, dans la ville d'Agok, sont en train de se retirer", a-t-il indiqué jeudi

Le nord et le sud sont maintenant dans l'attente d'un arbitrage international à la Haye pour définir la démarcation de la frontière d'Abyei.

 

 

   Août 2008

 

Les rebelles du Darfour accusent Khartoum d'une vaste offensive

Agence France Presse, Khartoum, 15 août 2008

 

Les rebelles du Darfour ont accusé mercredi l'armée soudanaise d'avoir lancé une vaste offensive dans le nord de cette région de l'ouest du Soudan, aux confins de la frontière avec la Libye.

Il y a trois jours, les troupes gouvernementales, embarquées dans quelque 270 véhicules, ont notamment mené un assaut contre Atroun, une localité de cette région retirée, y chassant les rebelles de l'Armée de libération du Soudan (SLA), a déclaré à l'AFP par téléphone un chef rebelle.

Souleimane Marajan a affirmé que l'ALS contrôlait cette région depuis 2003, date du début de la rébellion lancée au Darfour pour réclamer une plus grande autonomie et une meilleure répartition des richesses.

"Mais maintenant, ils sont venus, ont attaqué et ont pris le contrôle de ces régions", a dit M. Marajan, un commandant de la SLA, dirigée par le leader en exil, Abdel Wahdi Mohammed Nour.

Selon M. Marajan, huit civils et neuf combattants du SLA ont trouvé la mort dans le cadre de l'offensive contre Atroun.

Il a affirmé que les forces gouvernementales étaient sur le point de lancer d'autres attaques dans le nord du Darfour pour y prendre des positions tenues par les rebelles.

"Le gouvernement nous trompe et trompe la communauté internationale. Ils vont détruire tous ces endroits pour les contrôler", a-t-il dit.

Un porte-parole d'une faction de la SLA, l'Armée de libération du Soudan-Unité, a confirmé mercredi depuis Londres que des heurts avaient éclaté avec des forces du gouvernement dans trois zones du nord du Darfour, dont la zone frontalière avec la Libye, mais que le groupe n'avait pas cédé de terrain.

"Le mouvement est toujours aux trousses des forces ennemies dans plusieurs endroits", a déclaré à l'AFP Mahgoub Hussain par courrier électronique.

Un porte-parole de l'armée soudanaise s'est lui refusé à tout commentaire, arguant ne pas vouloir réagir à "des déclarations de rebelles du Darfour".

Le Soudan a prévenu que toute poursuite de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président Omar el-Béchir enhardirait les rebelles du Darfour.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a réclamé le 14 juillet un mandat d'arrêt contre le président Béchir pour "génocide" au Darfour où s'affrontent depuis 2003 forces gouvernementales appuyées par des milices arabes et mouvements rebelles, a fait jusqu'à 300.000 morts, selon l'ONU, quelque 10.000 selon Khartoum.

La force de paix ONU-Union africaine au Darfour (Minuad) n'a pu jusqu'à présent déployer qu'un tiers des 26.000 hommes prévus, et n'a toujours pas reçu 24 hélicoptères de transport et de combat, indispensables pour surveiller efficacement un territoire grand comme la France.

Le commandant Marajan a affirmé en outre que des techniciens chinois étaient arrivés dans cette région désertique du Darfour pour y envisager une exploration pétrolière.

Selon des média internationaux, des compagnies pétrolières chinoises, déjà très majoritairement implantées au Soudan, discuteraient avec le pouvoir de Khartoum d'un démarrage de l'exploration dans cette partie du Darfour, sous protection de l'armée soudanaise

 

 

   Août 2008

 

Un commandant de l'ONU demande aux rebelles de s'unir pour une  solution durable au problème du Darfour

Xinhuanet, (Nations Unies), 13 août 2008

 

Les mouvements  rebelles du Darfour divisés doivent s'unir à la table de  négociations, si l'on veut parvenir à une solution durable aux  conflits dans cette région occidentale du Soudan, a affirmé un  officier supérieur de l'ONU mardi à New York. 

Le général Martin Luther Agwai, commandant de la force ONU-UA  de maintien de la paix au Darfour (UNAMID), a souligné la  nécessité pour la communauté internationale de faire pression sur  les rebelles, comme ce qu'elle fait vis à vis du gouvernement  soudanais, pour la fin des conflits au Darfour. 

"Je veux dire encore une fois qu'il faut être deux pour le  tango, a dit le général Agwai, ne laissons pas orienter trop de  projecteurs sur une seule partie, laissons également orienter des projecteurs sur l'autre partie". 

Le chef des Casques bleus au Darfour a indiqué que quatre  groupes rebelles avaient pris part aux négociations aboutissant à  la signature de l'Accord de paix du Darfour à Abuja au Nigeria en  2006, mais qu'aujourd'hui, ils ont été éclatés en une trentaine de petits groupes sur le terrain sans commandement ni contrôle  cohérent. 

"Beaucoup de groupes rebelles n'avaient pas d'intérêt pour les  négociations", a déploré le général Agwai. 

"Ils doivent finir (par revenir) à la table de négociations,  parce qu'il est clair qu'aucune partie ne gagnera militairement la guerre du Darfour", a-t-il dit

 

 

   Août 2008

 

Darfour: l'émissaire américain optimiste sur des progrès de la Minuad

Agence France Presse, Khartoum, 13 août 2008

 

L'émissaire spécial des Etats-Unis au Soudan a affirmé mardi avoir des raisons d'être optimiste sur les efforts de paix au Darfour, tout en espérant le déploiement rapide d'un plus grand nombre de soldats de la paix dans cette région en guerre civile.

"L'arrivée en petit nombre de soldats de la paix est très décevante", a affirmé Richard Williamson à la presse à Khartoum après un entretien avec le chef de la diplomatie soudanaise Deng Alor et des rencontres au Darfour (ouest du Soudan) avec les responsables de l'opération de maintien de la paix.

La mission de paix de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour, la Minuad, doit à terme devenir la plus importante force de paix au monde avec 26.000 hommes. Mais elle ne compte actuellement qu'environ un tiers des personnels autorisés, manque d'équipements et a été la cible d'attaques meurtrières.

"Malheureusement, les performances (de la Minuad) n'ont pas été acceptables jusqu'ici. Malheureusement, la responsabilité en revient au Soudan et aussi aux Nations unies", a-t-il ajouté.

"Mais nous avons des raisons d'être encouragés et optimistes sur le fait que le rythme du passé sera inversé et que nous verrons nettement plus de soldats de la Minuad ici pour aider le peuple du Darfour dans le futur proche", a dit M. Williamson.

L'émissaire avait à l'occasion de sa dernière visite au Soudan, en juin, annoncé que les Etats-Unis avaient suspendu les négociations en vue d'une normalisation des relations difficiles avec le Soudan, accusant ce pays de ne pas être intéressé par la paix.

"Nous serons très déçus si le rythme ne se redresse pas nettement. Nous avons été informés de plans précis, à la fois à New York (siège de l'ONU) et au Darfour au quartier général de la Minuad pour que cela arrive", a-t-il ajouté.

Le conflit au Darfour, où s'affrontent forces gouvernementales appuyées par des milices arabes et mouvements rebelles, a fait jusqu'à 300.000 morts, selon l'ONU, quelque 10.000 selon Khartoum.

Le porte-parole de la Minuad, Noureddine Mezni, a indiqué que 8.192 soldats et 1.723 policiers se trouvaient sur le terrain, des chiffres en hausse mais qui restent très en-dessous des 19.500 soldats et des 6.500 policiers attendus.

D'après M. Mezni, une avant-garde de 350 soldats éthiopiens doivent arriver la semaine prochaine pour préparer l'arrivée d'un bataillon entier, et 126 ingénieurs militaires égyptiens sont arrivés mardi, ouvrant la voie à un déploiement égyptien plus conséquent.

La Minuad n'a toujours pas reçu les 24 hélicoptères de transport et de combat dont elle a besoin pour protéger correctement les civils, dans une région de la superficie de la France.

La visite de M. Williamson intervient au moment où le Soudan est en pleine campagne diplomatique pour tenter de geler d'éventuelles poursuites contre son président Omar el-Béchir, menacé d'un mandat d'arrêt international pour "génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité" au Darfour.

M. Williamson a affirmé, sans autres précisions, qu'il y avait une "sérieuse réévaluation" de la manière dont le processus de paix au Darfour allait être stimulé, en partie en raison de l'arrivée imminente du nouveau médiateur international, Djibril Bassolé.

"Je pense que les développements en 2008, de sources diverses, ont apporté un nouvel intérêt, une nouvelle attention, et les Etats-Unis sont très désireux de soutenir le progrès là où c'est possible", a-t-il ajouté.

"Mais laissez-moi insister et ceci est extrêmement important. Si nous allons avoir une paix durable au Darfour (...), en fin de compte c'est l'Etat du Soudan qui devra s'occuper de cette question", a-t-il ajouté

 

 

   Août 2008

 

Bashir sous pression, mais pas encore au pied du mur

Interview avec Aymen Abdelaziz Salaama, expert en droit pénal international

 

Inter presse service (IPS), le Caire, 13 août 2008

 

Le procureur général de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo, a demandé le mois dernier que la chambre préliminaire de la cour émette un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar al-Bashir pour des crimes qui auraient été commis dans le Darfour, dans l'ouest du Soudan.

 

La décision, qui a suscité beaucoup de critique de la part de la majorité des dirigeants arabes et africains, marque la toute première mesure prise par la Cour pénale internationale (CPI) contre un chef d'Etat en exercice.

 

Aymen Abdelaziz Salaama, professeur de droit pénal international à l'Université du Caire et probable avocat membre de l'équipe de défense de al-Bashir, s'est entretenu avec les correspondants de IPS Adam Morrow et Khaled Moussa al-Omrani au sujet de l'affaire controversée de la CPI contre Khartoum.

 

IPS: La CPI était installée il n'y a pas longtemps, mais elle défie déjà des chefs d'Etat en exercice. Quel est le fondement juridique de l'autorité de la cour, et quel est son domaine de compétence?

 

Aymen Salaama (AS): La CPI a été créée conformément au Statut multilatéral de Rome de 1998 (encore connu comme le Statut de la Cour pénale internationale), et elle est officiellement entrée en vigueur en 2002. Elle a été mise sur pied avec pour mandat de mener des enquêtes et de poursuivre des chefs d'Etat et de hauts responsables accusés d'avoir commis des crimes de guerre, de génocide ou des crimes contre l'humanité. La cour a reçu mandat de juger des individus, non pas des gouvernements ou des systèmes politiques.

Cependant, la compétence de la CPI ne couvre que les crimes commis depuis son installation en 2002. La peine maximale que la cour peut infliger est de 30 ans d'emprisonnement. Elle ne peut pas prononcer des peines de réclusion à perpétuité ou des peines de mort.

La CPI compte actuellement 106 pays membres à part entière, y compris trois Etats arabes : la Jordanie, Djibouti et les Iles Comores. Le reste des pays arabes -- y compris l'Egypte et le Soudan -- ont signé la charte, mais leurs parlements respectifs ne l'ont pas ratifiée.

 

IPS : Dans quelles circonstances la CPI peut-elle intenter une action contre un chef d'Etat?

 

AS: Il y a seulement trois cas dans lesquels la CPI peut engager une telle action.

Dans le premier cas , un pays membre peut demander que des enquêtes soient menées sur des crimes qui auraient été commis sur son propre territoire.

 

Dans le deuxième cas , le Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) -- citant une menace potentielle sur la paix et la sécurité internationales -- peut demander à la cour d'enquêter sur des crimes commis dans n'importe quel pays, qu'il soit signataire ou non. C'est ce qui s'est passé lorsque le CSNU a voté la Résolution 1593 en 2005 qui a demandé au procureur général d'enquêter sur des crimes de guerre présumés commis au Darfour. C'est pour cette raison que l'argument du Soudan selon lequel il n'est pas membre à part entière de la CPI -- et de ce fait la cour n'est pas compétente pour connaître des crimes présumés commis sur son territoire -- n'est pas juridiquement valable.

 

Dans le troisième cas , le procureur général en personne peut demander qu'une enquête soit menée sur des crimes présumés commis dans n'importe quel pays. Pour cela, il doit obtenir l'approbation de la chambre préliminaire de la cour. Cette chambre, qui est composée de trois juges internationaux, supervise les activités du bureau du procureur général.

 

IPS : Quelles étaient les charges retenues contre al-Bashir et quelles en sont les preuves?

 

AS: Le procureur général accuse al-Bashir d'exploiter les forces publiques -- notamment la police et l'armée -- pour commettre de façon méthodique des crimes de guerre, de génocide, et des crimes contre l'humanité depuis 2002.

Pour corroborer ses allégations, le bureau du procureur a rassemblé des preuves auprès des témoins et des victimes dans 17 différents pays, auprès d'agences gouvernementales et non gouvernementales et des missions récentes des Nations Unies au Darfour.

 

IPS : Que peut faire Khartoum pour contrer les charges?

 

AS: Premièrement , elle peut faire appel de la Résolution 1593 du CSNU en se basant sur le fait que la résolution exclut les Américains présents au Darfour de la compétence de la cour parce que les Etats-Unis ne sont pas signataires du traité de la CPI. De mon point de vue, cette exclusion est extrêmement injuste, en ce sens qu'elle oblige le Soudan à coopérer avec la CPI alors que dans le même temps, elle empêche la cour de porter des accusations de crimes de guerre contre les Etats-Unis.

 

Deuxièmement , Khartoum a le droit de contester toute preuve présentée contre elle par le procureur général devant la chambre préliminaire.

 

Troisièmement , elle peut initier des procès locaux pour ceux qui sont accusés de crimes au Darfour. Aux termes de la charte de la CPI, la cour n'a pas compétence sauf dans les situations où il est évident que le système judiciaire national n'est en mesure ou n'a pas la volonté de poursuivre les accusés.

Cependant, c'est la cour elle-même qui détermine si le pays en question -- qui doit être signataire du traité -- a la capacité ou non. Même si le Soudan organise le procès des accusés sur le plan local, cela ne signifie pas nécessairement que la CPI va classer l'affaire.

Enfin, le Soudan devrait lancer une campagne diplomatique et politique visant à convaincre le CSNU de prendre une décision pour retarder l'enquête pour une période d'un an renouvelable.

 

IPS : Comment le Soudan peut-il convaincre le CSNU de prendre une telle décision?

 

AS: Primo, il peut mettre en œuvre les accords de paix sur le Darfour; secundo, il peut assurer la protection et la sécurité de toutes les agences humanitaires travaillant actuellement au Darfour; et tertio, il peut organiser des procès locaux pour d'autres responsables gouvernementaux accusés de crimes de guerre au Darfour par la CPI.

Mais une fois encore, même si Khartoum -- avec le soutien de la Ligue arabe et de l'Union africaine -- réussit à obtenir un moratoire de 12 mois, cela ne signifie pas que le CSNU va retirer l'affaire.

 

IPS: Que se passera-t-il si la CPI émet un mandat d'arrêt contre al-Bashir?

 

AS : Le Soudan pourrait simplement remettre al-Bashir à la CPI. Toutefois, si le Soudan refuse de le remettre à la CPI, il lui serait interdit de visiter l'un quelconque des pays membres à part entière de la CPI. Les pays signataires dont les parlements n'ont pas ratifié la convention, comme l'Egypte et la plupart des pays arabes, auraient l'obligation morale de ne pas le recevoir ou de ne pas lui accorder l'asile.

En outre, la CPI peut demander une résolution du CSNU, fondée sur le Chapitre 7 de la Charte de l'ONU, pour imposer des sanctions graduelles au Soudan. Cela pourrait commencer avec la rupture des relations diplomatiques, mais au bout du compte, la sanction pourrait s'intensifier pour aboutir à des mesures de blocus maritime du pays et ensuite -- dans le pire des cas -- à l'emploi de la force armée pour contraindre le Soudan à se soumettre aux exigences de la CPI.

 

 

   Août 2008

 

Darfour : l'émissaire américain optimiste sur des progrès de la Minuad

Jeune Afrique avec l'A.F.P., 13 août 2008

 

L'émissaire spécial des Etats-Unis au Soudan a affirmé mardi avoir des raisons d'être optimiste sur les efforts de paix au Darfour, tout en espérant le déploiement rapide d'un plus grand nombre de soldats de la paix dans cette région en guerre civile.

"L'arrivée en petit nombre de soldats de la paix est très décevante", a affirmé Richard Williamson à la presse à Khartoum après un entretien avec le chef de la diplomatie soudanaise Deng Alor et des rencontres au Darfour (ouest du Soudan) avec les responsables de l'opération de maintien de la paix.

La mission de paix de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour, la Minuad, doit à terme devenir la plus importante force de paix au monde avec 26.000 hommes. Mais elle ne compte actuellement qu'environ un tiers des personnels autorisés, manque d'équipements et a été la cible d'attaques meurtrières.

"Malheureusement, les performances (de la Minuad) n'ont pas été acceptables jusqu'ici. Malheureusement, la responsabilité en revient au Soudan et aussi aux Nations unies", a-t-il ajouté.

"Mais nous avons des raisons d'être encouragés et optimistes sur le fait que le rythme du passé sera inversé et que nous verrons nettement plus de soldats de la Minuad ici pour aider le peuple du Darfour dans le futur proche", a dit M. Williamson.

L'émissaire avait à l'occasion de sa dernière visite au Soudan, en juin, annoncé que les Etats-Unis avaient suspendu les négociations en vue d'une normalisation des relations difficiles avec le Soudan, accusant ce pays de ne pas être intéressé par la paix. "Nous serons très déçus si le rythme ne se redresse pas nettement. Nous avons été informés de plans précis, à la fois à New York (siège de l'ONU) et au Darfour au quartier général de la Minuad pour que cela arrive", a-t-il ajouté.

Le conflit au Darfour, où s'affrontent forces gouvernementales appuyées par des milices arabes et mouvements rebelles, a fait jusqu'à 300.000 morts, selon l'ONU, quelque 10.000 selon Khartoum.

Le porte-parole de la Minuad, Noureddine Mezni, a indiqué que 8.192 soldats et 1.723 policiers se trouvaient sur le terrain, des chiffres en hausse mais qui restent très en-dessous des 19.500 soldats et des 6.500 policiers attendus.

D'après M. Mezni, une avant-garde de 350 soldats éthiopiens doivent arriver la semaine prochaine pour préparer l'arrivée d'un bataillon entier, et 126 ingénieurs militaires égyptiens sont arrivés mardi, ouvrant la voie à un déploiement égyptien plus conséquent.

La Minuad n'a toujours pas reçu les 24 hélicoptères de transport et de combat dont elle a besoin pour protéger correctement les civils, dans une région de la superficie de la France.

La visite de M. Williamson intervient au moment où le Soudan est en pleine campagne diplomatique pour tenter de geler d'éventuelles poursuites contre son président Omar el-Béchir, menacé d'un mandat d'arrêt international pour "génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité" au Darfour.

M. Williamson a affirmé, sans autres précisions, qu'il y avait une "sérieuse réévaluation" de la manière dont le processus de paix au Darfour allait être stimulé, en partie en raison de l'arrivée imminente du nouveau médiateur international, Djibril Bassolé. "Je pense que les développements en 2008, de sources diverses, ont apporté un nouvel intérêt, une nouvelle attention, et les Etats-Unis sont très désireux de soutenir le progrès là où c'est possible", a-t-il ajouté.

"Mais laissez-moi insister et ceci est extrêmement important. Si nous allons avoir une paix durable au Darfour (...), en fin de compte c'est l'Etat du Soudan qui devra s'occuper de cette question", a-t-il ajouté

 

 

   Août 2008

 

L'armée soudanaise lance une offensive dans le Nord-Darfour

L'express avec Reuters, 13 août 2008 , Opheera McDoom, version française Gregory Schwartz

 

Les militaires, à bord de 200 véhicules, ont attaqué mardi la localité de Ouadi Atron, près de la frontière soudano-libyenne, et se sont emparés de zones contrôlées depuis des années par les mouvements rebelles réclamant une autonomie accrue.

"Ils sont venus avec plus de 200 véhicules et ont tué sept personnes", a affirmé à Reuters le commandant Souleïmane Marajane, de l'Armée de libération du Soudan (SLA, rebelle).

"Ils ont attaqué nos positions à Ouadi Atron avec une grande puissance", a rapporté Al Sayyid Cherif, de la faction Unité de la SLA, rivale de la précédente.

"Nous considérons cela comme une nouvelle déclaration de guerre."

Le porte-parole de l'armée soudanaise n'a pas souhaité faire de commentaire dans l'immédiat. Une source militaire a confirmé que des opérations étaient en cours mais n'a pu donner davantage de précisions.

Selon Marajane, le gouvernement a envoyé des techniciens chinois dans les régions attaquées afin d'y chercher du pétrole.

Le Nord-Darfour fait partie d'une zone dénommée "Bloc 12A", dont l'exploitation pétrolière a été confiée à un consortium dirigé par la compagnie saoudienne Al Kahtani.

Les entreprises chinoises dominent le secteur pétrolier du Soudan, qui produit chaque jour 500.000 barils de brut.

Le ministère soudanais du Pétrole n'a pas confirmé dans l'immédiat le lancement d'activités de prospection dans le Bloc 12A.

 

 

   Août 2008

 

«Le génocide au Darfour ne porte pas sur la race mais sur le contrôle du territoire »

 

Entretien : Luis Moreno-Ocampo, procureur de la Cour pénale internationale, recueilli par Christine Holzbauer (à Dakar)

 

La Croix 13 août 2008

 

En visite au Sénégal où il a été reçu, lundi, par le président Abdoulaye Wade, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, reste convaincu qu'un génocide est en train d'être perpétré au Soudan.

 

Depuis que vous avez demandé un mandat d'arrêt international contre le président soudanais Omar El Béchir pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, le 14 juillet, qu'est ce qui a changé?

 

Luis Moreno-Ocampo : Le 27 avril 2007 , la CPI avait lancé deux mandats d'arrêt à l'encontre de Ahmad Haroun (NDLR: ancien ministre de l'intérieur et, actuel ministre des affaires humanitaires) et Ali Kushayb (NDLR: dirigeant de milice djandjawid) pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre perpétrés entre août 2003 et mars 2004. Le président soudanais non seulement ne les a pas arrêtés, mais il les a protégés et promus. Cela montre que tout l'appareil d'État soudanais est impliqué dans la commission de crimes au Darfour, et plus particulièrement son chef suprême. Il fallait donc viser la tête pour arrêter les exactions au Darfour.

 

Dans votre demande de mandat d'arrêt contre Omar El Béchir vous accusez le président soudanais de «génocide», mais sur quelle base?

 

En droit international, le génocide est la destruction en tout ou en partie d'un groupe national, ethnique racial ou religieux, avec l'intention spécifique d'exterminer. Or, le président soudanais a planifié et ordonné les meurtres des trois principaux groupes ethniques vivant au Darfour - Four, Masalit et Zaghawa - en commettant contre eux des actes systématiques d'extermination, des transferts forcés de population, des tortures, des viols ou en se livrant à des attaques visant intentionnellement la population civile et le pillage.

 

Vos détracteurs affirment que le fait que certains Darfouriens qui vivent à Khartoum ne soient pas inquiétés par le régime infirmerait l'accusation de génocide?

 

Un procureur n'est pas obligé de rendre publiques ses preuves, mais elles existent. Ce que je peux dire à ce stade c'est que le génocide qui est en train d'être perpétré au Darfour n'est pas racial mais porte sur le contrôle du territoire. C'est aux trois juges de la CPI, maintenant, de décider si ma demande est recevable. Leur décision devrait tomber d'ici à la fin novembre.

 

Pouvez-vous confirmer les poursuites contre deux chefs du Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE, mouvement rebelle du Darfour)?

 

Oui, cette enquête la troisième étape de mon action. Je vais demander des mises en accusation pour une attaque meurtrière contre des soldats de l'Union africaine, en septembre 2007, à Haskanita.

 

Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent de focaliser les poursuites sur l'Afrique, au détriment d'autres régions comme le Moyen-Orient, par exemple?

 

La CPI n'a pas de compétence pour enquêter sur le conflit israélo-palestinien, ni même sur la guerre en Irak, ou Israël et les États-Unis puisque ces derniers n'ont pas ratifié le statut de la Cour. Le Soudan ne l'a pas fait non plus, mais la compétence de la Cour est tirée de la résolution 1593 du Conseil de sécurité, au motif que ce conflit constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales. Je peux vous assurer que les quinze membres du Conseil de sécurité, y compris la Chine et la Libye, ont approuvé.

 

 

   Août 2008

 

Un hélicoptère de la force de paix touché par des tirs au Darfour

Jeune Afrique avec l'Agence France Presse - 11 août 2008

 

Un hélicoptère de la force de paix ONU-Union Africaine (Minuad) a été touché lundi par des tirs dans la province soudanaise du Darfour, sans faire de victimes, a-t-on appris auprès de l'ONU à Khartoum.

"Après une demi-heure de vol, et à 90 km au nord-ouest de Geneina (ouest du Darfour), le pilote a entendu des tirs", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la Minuad, Noureddine Mezni. "Il a suspendu sa mission, retournant sur Geneina", a-t-il ajouté, précisant qu'il n'y avait pas eu de victimes.

Les tirs ont provoqué des dégâts à l'arrière de l'appareil et au poste de radio, selon M. Mezni.

La responsabilité de ces tirs contre l'appareil à bord duquel se trouvaient les membres d'équipage et un passager, n'a pas été établie par la Minuad.

Mais des responsables des services de sécurité soudanais ont imputé ces tirs au groupe rebelle du Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM).

Des responsables du JEM, contactés par l'AFP, ont dit ne pas être au courant de ces tirs. Ce mouvement avait lancé en mai une offensive d'une ampleur sans précédent contre la capitale soudanaise.

Le conflit au Darfour, où s'affrontent depuis 2003 forces gouvernementales appuyées par des milices arabes et mouvements rebelles, a fait jusqu'à 300.000 morts, selon l'ONU, quelque 10.000 selon Khartoum.

La Minuad, qui doit à terme être composée de 26.000 hommes, ne compte actuellement qu'un tiers de cet effectif. Sous-équipée, elle a plusieurs fois été la cible d'attaques meurtrières.

L'envoyé spécial du président américain George W. Bush pour le Soudan, Richard Williamson, a rencontré lundi des responsables de la Minuad au QG de la force au Darfour, et a fait part de sa préoccupation quant aux retards pris dans le déploiement de cette force de paix, selon un communiqué de la Minuad.

Il a exhorté les dirigeants de la Minuad à tout faire pour accélérer ce déploiement et améliorer la protection des civils au Darfour et de la force de paix.

La Minuad dit avoir besoin de 24 appareils, dont 18 hélicoptères, pour assurer la protection des civils.

Un rapport appuyé par 36 organisations humanitaires et de défense des droits de l'Homme a demandé fin juillet à l'Otan ou encore à l'Inde et l'Ukraine à fournir des hélicoptères à la Minuad, ces pays disposant d'appareils "prenant la poussière dans des hangars".

 

 

 

   Août 2008

 

Les missions de liaison du sud Soudan à l'étranger bénéficie d'un plein statut diplomatique

Agence de Presse Africaine, Khartoum, 9 août 2008

 

Le gouvernement d'unité nationale du Soudan a accordé au gouvernement autonome du sud Soudan le pouvoir de diriger des missions diplomatiques de liaison à l'étranger qui bénéficieront également d'un plein statut diplomatique comme leurs collègues du gouvernement d'unité, a appris APA samedi à Khartoum.

Le gouvernement d'unité nationale, dominé par le Parti national du congrès du président Omar al-Bashir avait jusqu'ici refusé de reconnaître les missions diplomatiques du sud Soudan à l'étranger.

Khartoum avait insisté sur le fait que le Soudan serait seulement représenté par les missions diplomatiques sous le gouvernement d'unité nationale, car le sud Soudan n'est pas un pays séparé.

La reconnaissance des missions diplomatiques du sud Soudan est donc une surprise pour beaucoup dans le pays car le gouvernement d'unité nationale avait juré de ne jamais reconnaître de telles missions.

Le ministre de la Coopération régionale du gouvernement du sud Soudan, Dr. Benjamin Barnaba, a déclaré, dans une communiqué publié samedi à Khartoum, qu'un protocole d'accord entre son ministère et le ministère des affaires étrangères du gouvernement d'unité nationale avait été signé.

Selon Barnaba, « nous avons convenu que les officiers du gouvernement du sud Soudan dans les bureaux de liaison à l'étranger auront dorénavant un statut et les privilèges diplomatiques standards, y compris l'immunité diplomatique ».

Dr. Barnaba a précisé que les noms du personnel de liaison du sud Soudan seront ajoutés aux listes des ambassades Soudanaises et seront traités de façon égale.

« Nous leur avons ordonné de travailler en étroite collaboration avec le personnel du ministère soudanais des affaires étrangères afin de développer des relations culturelles, commerciales et d'investissement », a-t-il précisé

 

 

   Août 2008

 

La bombe à fragmentation de la CPI

Journal de la finance africaine, 8 août 2008 , par Ali Bey, Alger

 

L'annonce de l'imminence d'une demande de mandat d'arrêt par la Cour pénale internationale (CPI) à l'encontre du président en exercice de l'Etat du Soudan, Omar Al Bachir, a secoué les milieux diplomatiques africains et arabes. Elle tombe au moment où de nouveaux efforts sont entrepris pour restaurer la paix dans la région du Darfour

 

Aussi, quand la CPI s'en prend au président Al Bachir, elle fragilise le pouvoir soudanais et suscite la tentation d'une percée des rebelles, soutenus par le Tchad, chez le voisin

 

Avant son officialisation, l'intention de la Cour Pénale Internationale de La Haye de déclencher une procédure pour crimes commis au Darfour, a été prise pour argent comptant par le Département d'Etat américain (pays non partie prenant à la CPI) et relayée par le Washington Post. A croire que l'administration sortante de G. W. Bush est intéressée par la tournure potentiellement destructrice que risque fort d'imprimer une telle décision sur le cours des évènements dans la région du Soudan. En effet, si l'on s'en prend directement au président Al Bachir, l'on s'en prend au sommet du pouvoir soudanais, ce qui est, en soi, une première mondiale. Jamais, un président en exercice n'a fait l'objet d'une telle procédure depuis que la CPI existe. En engageant ce bras de fer, la CPI lance une bombe à fragmentation sur toute cette région déjà instable depuis de longues années. Dans l'immédiat, elle torpillerait les laborieuses négociations entre le pouvoir d'Omar Al Bachir et les groupes rebelles du Darfour. L'équipe de négociateurs Nations Unies-Union africaine, dont le Burkinabé Djibril Bassolet, fraîchement nommé, se retrouverait dans une très mauvaise posture, dés lors qu'Omar Al Bachir serait disqualifié. La confusion qui en découlerait mettrait la force conjointe ONU-Union africaine, la Minuad, dans une situation très délicate. Chargée de favoriser le retour à la paix au Darfour, elle risque d'être complètement figée alors qu'elle n'a même pas mis en place la moitié de ses effectifs. Malgré cela, sa présence a contribué à réduire les attaques contre la population du Darfour, estiment les observateurs en rélévant que Khartoum pourrait les relancer si la CPI venait à déclencher sa procédure contre Al Bachir.

 

Comme un coup de pouce à la rébellion

 

Il faut rappeler que, depuis 2003, les forces gouvernementales appuyées par les milices arabes « djanjaouids » se battent contre des mouvements rebelles de cette province du Soudan. Le conflit a fait plus de 300 000 morts et entraîné le déplacement de 2,2 millions de personnes, selon l'ONU. Khartoum établit le bilan à quelque 10 000 morts.

Au plan interne, l'intrusion de la CPI dans ce conflit pourrait bien raviver les tensions avec l'opposition, dont celle du leader du Congrès national populaire, Hassan Abdallah Al Tourabi. Il est fort probable qu'il enfourche, une nouvelle fois, la thèse de l'existence « d'une certaine forme de génocide » au Darfour pour mieux enfoncer son adversaire Omar Al Bachir, dont il n'a jamais cessé de contester la ligne politique. Il n'est pas exclu, à l'inverse, que devant « l'ennemi » – le Tchad et l'Occident –, les frères ennemis fassent cause commune.

Le Tchad du président Idriss Deby est en très mauvais termes avec le gouvernement soudanais depuis l'attaque de Khartoum par des rebelles, en mai dernier. Le gouvernement du président Al Bachir avait accusé N'djamena d'en être l'instigateur, rompant ses relations diplomatiques. C'est un secret de Polichinelle de dire que des rebelles du Darfour sont soutenus par le Tchad. Aussi, quand la CPI s'en prend au président Al Bachir, elle fragilise le pouvoir soudanais et suscite la tentation d'une percée des rebelles, soutenus par le Tchad, chez le voisin.

 

Irritation de l'Union Africaine

 

Globalement, les risques d'une aggravation du conflit sont réels. A-t-on évalué à La Haye l'impact qu'aurait une telle décision sur la paix et la préservation des vies humaines, qui sont au demeurant parmi les premiers objectifs de la Charte de l'ONU ?

Le Conseil de paix et sécurité de l'Union africaine (UA) a mis en garde la Cour pénale internationale (CPI) sur les poursuites envisagées contre des responsables du gouvernement soudanais. L'irritation et l'inquiétude de ce conseil est compréhensible dans la mesure où il est engagé dans le processus de règlement du conflit. Il a d'ailleurs rappelé que dans sa résolution 1593 du 31 mars 2005 , le Conseil de sécurité des Nations Unies a souligné la nécessité de promouvoir l'apaisement et la réconciliation. Khartoum a demandé une réunion extraordinaire de la Ligue des Etats arabes et mis en alerte toutes ses institutions, dont notamment l'armée

 

 

   Août 2008

 

Le Soudan nomme un administrateur pour la région pétrolifère d'Abyei

Agence France Presse, 8 août 2008

 

Le président soudanais Omar al-Béchir a nommé vendredi un administrateur pour la région pétrolifère contestée d'Abyei, où de violents combats en mai avaient fait craindre une reprise de la guerre civile entre le nord et le sud, ont annoncé des responsables soudanais.

M. Béchir a nommé par décret au poste d'administrateur en chef de la région le sudiste Arop Moyak et à celui d'administrateur adjoint un chef d'une tribu arabe locale, Rahama Abdel Rahman, membre du Congrès national (CN), le parti de M. Béchir.

Ce décret leur donne deux semaines pour désigner un conseil administratif de sept membres ainsi qu'un conseil régional de vingt membres, ont dit ces sources sous le couvert de l'anonymat.

Selon une +feuille de route+ signée le 8 juin, le nord et le sud devaient déployer des unités mixtes et nommer une administration intérimaire dans cette zone, théâtre d'intenses combats en mai qui avaient fait au moins 89 morts et 30.000 déplacés.

Les combats à Abyei avaient été considérés comme la plus grave menace pour l'Accord de paix global (CPA) signé en 2005 entre Khartoum et les rebelles, qui avait mis un terme à une guerre civile de 21 ans qui avait fait plus d'1,5 million de morts.

Aux termes du CPA, le sort de la région frontalière d'Abyei, doit être fixé par un référendum en 2011. La population doit décider si la région reste dans le Nord ou est intégrée au Sud, et si le Sud doit proclamer son indépendance.

 

 

   Août 2008

 

L'odyssée de Lopez Lomong, de Khartoum à Pékin

Le Monde, Pékin, par Patricia Jolly, 8 août 2008

 

A -t-il fait campagne pour décrocher cet honneur ? Un peu, admet-il... "Dans l'avion, j'ai dit à six ou sept coéquipiers que c'était un rôle qui me plairait, et quand on est arrivés ici, ils l'ont fait savoir" , a expliqué le coureur de demi-fond Lopez Lomong, désigné porte-drapeau de la délégation olympique américaine pour la cérémonie d'ouverture des Jeux.

La nouvelle n'aurait rien de palpitant sans l'histoire personnelle de cet athlète : naturalisé américain en juillet 2007 et âgé de 23 ans, ce spécialiste du 1 500 m est originaire du Soudan et défenseur de la cause du Darfour, alors que le soutien de la Chine à Khartoum fait l'objet d'attaques récurrentes.

Confier la bannière étoilée à Lopez Lomong pour parader vendredi 8 août, devant les 91 000 spectateurs du stade national de Pékin, constitue une habile prise de position de la part des Américains. Cette décision représente aussi une réponse diplomatique mais cinglante au refus des autorités chinoises, mercredi 6 août, de laisser entrer sur leur territoire le patineur de vitesse Joey Cheek, champion olympique du 500 m en 2006. Ce sportif militant est dirigeant du mouvement Team Darfour, qui compte aussi Lopez Lomong - et le nageur français Frédérick Bousquet - parmi ses adhérents, et souhaite profiter des JO pour mettre en avant la question du Darfour.

Devant la presse, vendredi, Lopez Lomong est venu dire sa fierté de porter les couleurs américaines et conter son bouleversant parcours. Enlevé à sa famille à l'âge de 6 ans, au Soudan, lors d'une messe en plein air, par des militaires qui voulaient faire de lui un enfant soldat, il est parvenu à s'évader avec l'aide de trois gamins plus âgés. Après trois jours et trois nuits de fuite, la courageuse petite troupe a rejoint la frontière kenyane, où elle a été envoyée dans un camp de réfugiés.

 

"Envoyer un message"

 

Lopez Lomong y a passé six ans sans manger plus d'un repas par jour, gagnant quelques shillings en abreuvant du bétail ou en balayant. En 2000, des compères lui parlent des JO de Sydney et lui suggèrent de se rendre dans une maison équipée d'un téléviseur noir et blanc à 8 kilomètres du camp pour en saisir quelques images. Sur l'écran, l'adolescent africain voit l'Américain Michael Johnson remporter le 400 m. La même année, il entend parler du projet "Lost Boys of Soudan", un programme qui permet à des enfants d'être adoptés par des familles américaines. Dans un mélange d'anglais et de swahili, il rédige alors un essai sur son "rêve américain" qui convainc l'ambassade. Et le voici dans l'Etat de New York, ébloui par l'abondance de biens et de nourriture, puis dans une université du Colorado...

Devenu athlète aux Etats-Unis, l'ex-Soudanais a réussi à se qualifier pour les jeux lors des sélections américaines dans l'Oregon, fin juin, où il a tenu un discours poignant. "J'ai besoin d'envoyer un message en tant qu'athlète du Soudan, je m'inquiète pour les enfants qui meurent au Darfour..." , déclare-t-il alors. À Pékin, il a éludé toutes les questions politiques. "Je suis ici en tant qu'athlète et ambassadeur de mon pays (les États-Unis) " , a-t-il répété, flanqué du patron du comité olympique américain (USOC), Peter Ueberroth, et de son secrétaire général Jim Scherr. Ces derniers ont expliqué que Lopez Lomong avait été choisi à l'issue d'un vote des capitaines des équipes américaines représentées à Pékin. Et ils ont invité les médias à interpréter ce choix "comme ils le souhaitent". Pas question de compromettre les chances de Chicago, ville candidate à l'organisation des Jeux de 2016...

 

 

 

   Août 2008

 

L'opposition soudanaise critique la nomination d'un procureur pour les crimes au Darfour

Jeune Afrique avec l'Agence de Presse Africaine (APA), 7 août 2008

 

L'opposition soudanaise a sévèrement critiqué jeudi le décret portant nomination d'un procureur en chef national, Ibrahim Mohamed Nimr pour les crimes commis au Darfour durant les cinq ans de conflit, a appris APA de sources concordantes à Khartoum

Deux dirigeants appartenant au Parti de l'Umma et au Parti communiste, fustigent cette nomination, notamment M. Sadig Al-Mahdi (Umma) qui a indiqué que la nomination, par le gouvernement du Soudan, d'un procureur pour les crimes de guerre commis au Darfour va «échouer » et que la décision donne un « mauvais message à la communauté internationale ».

Pendant ce temps, le Secrétaire général du Parti communiste soudanais, Mohammed Ibrahim Nugud a soutenu que « toute décision peu crédible face aux mouvements armés serait inutile».

Mais, le ministre soudanais de la justice, Abdul Bassit Sabdarat, a affirmé que la démarche faite par le gouvernement n'a pas été une réaction aux allégations faites par le procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, qui demandait un mandat d'arrêt contre le président Omar el - Bashir.

Selon le ministre, il s'agit plutôt d'un« un geste de bonne volonté dans une tentative visant à servir la justice ».

Le ministre de la justice, Abdel-Basit Sabdarat, avait déclaré mercredi avoir nommé un procureur principal et trois assistants pour enquêter et juger les suspects de crimes de guerre dans la région du Darfour.

L'annonce est largement perçue comme une réaction à l'effort controversé visant à chercher un mandat d'arrêt contre le Président soudanais, Omar el-Bashir.

La Ligue des États arabes et l'Union africaine (UA) ont fermement critiqué le mandat et l'acte d'accusation, déclarant qu'ils menacent la paix dans ce pays instable et que le Soudan va créer sa propre surveillance internationale.

Le nouveau procureur fera tous les mois un rapport au ministère soudanais de la justice, et s'il rassemble suffisamment de preuves contre un suspect, il pourra présenter l'affaire devant un tribunal d'Etat.

 

 

 

   Août 2008

 

Darfour : l'ONU évacue des civils blessés dans une embuscade

Nations Unies – Bureau de presse, 6 août 2008

 

L'Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) a évacué par hélicoptère huit blessés parmi un groupe de civils attaqués lundi par des hommes à dos de chameau.

Sept véhicules civils soudanais faisant le trajet de Nyala à El Fasher lundi ont été la cible d'une attaque par des inconnus à dos de chameau, suspectés d'être des Janjawids, a indiqué mercredi la porte-parole du Secrétaire général, Michèle Montas, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.

Six personnes ont été tuées et 28 blessées dans cette attaque, selon la MINUAD qui a évacué huit personnes vers une clinique privée d'El Fasher. Les autres blessés ont été transférés à Nyala.

Par ailleurs, la MINUAD annonce la rotation de la compagnie gambienne, avec l'arrivée de plus de 170 nouveaux soldats, hier. La Mission attend le reste d'une compagnie d'ingénieurs de l'Egypte, qui doit arriver à El Fasher le 12 août.

 

 

   Août 2008

 

Entretien entre l'envoyé spécial américain pour le Soudan et Idriss Déby

Liberté sans frontières, 6 août 2008

 

Le chef de l'exécutif américain qui est touché par l'ampleur de la crise du Darfour est engagé dans un processus de résolution de ce conflit soudano-soudanais. Georges Bush est pour une solution rapide et négociée car ses répercussions vont bien au-delà des frontières soudanaises.

 

C'est en présence du ministre des Relations extérieures, des proches collaborateurs du Chef de l'Etat, ainsi que du Représentant spécial du Président auprès de la MINURCAT et de l'EUFOR, que l'envoyé spécial du Président américain pour le Soudan, l'Ambassadeur Richard Williamson a été reçu ce jeudi par le Président de la République Idriss Deby Itno pendant une heure.

Au cours de cette audience, M. Richard Williamson a livré au chef de l'Etat tchadien un message de son homologue américain Georges Bush. Ce message à trait à la paix et à la stabilité dans la sous-région Afrique centrale en général et le Darfour en particulier .

Le chef de l'exécutif américain qui est touché par l'ampleur de la crise du Darfour est engagé dans un processus de résolution de ce conflit soudano-soudanais. Georges Bush est pour une solution rapide et négociée car ses répercussions vont bien au-delà des frontières soudanaises. Et il entend peser de tout son poids au niveau des instances internationales , comme le conseil de sécurité des nations Unies, pour arriver à cette fin. Le Président de la république Idriss Deby Itno dont le pays est touché de plein fouet par cette situation a réitéré son désir de voir la crise du Darfour résolue une fois pour toute.

La question des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et le Tchad n'a pas été perdue de vue au cours de cette audience, relations qui sont excellentes à plus d'un titre. L'émissaire du président américain a indiqué qu'elles se renforceront davantage dans l' intérêt des deux pays am is.

 

 

   Août 2008

 

Etats-Unis : porte drapeau symbolique

Agence France Presse, Pékin, 6 août 2008

 

Les Américains ont désigné comme porte-drapeau pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin vendredi Lopez Lomong, un athlète né au Soudan et militant pro-Darfour.

Dans le contexte politique et polémiste de ces derniers mois, ce choix par vote des capitaines de chaque discipline risque de passer pour la reconnaissance d'un destin hors du commun autant que pour un symbole politique fort.

Ce spécialiste du 1500 m a fui le Soudan à l'âge de six ans pour ne pas devenir un enfant-soldat et s'est retrouvé séparé de sa famille. Il a ensuite passé dix ans dans un camp de réfugiés au Kenya avant de migrer aux Etats-Unis, où il a pu embrasser sa carrière d'athlète.

Arrivé aux Etats-Unis après avoir rédigé un essai sur son "rêve américain" en 2001, Lomong est citoyen américain depuis 2007.

Et depuis, ce jeune homme de 23 ans n'a jamais oublié ses origines, choisissant de militer.

"En tant qu'athlètes, nous devons envoyer un message au gouvernement (soudanais) de ne pas tuer ou bombarder et à la Chine d'arrêter (son soutien) car les armes ne servent pas à défendre le pays mais à tuer des innocents. Nous sommes au 21e siècle et je ne veux pas que des enfants continuent à grandir dans des camps de réfugiés", a-t-il ainsi été cité sur le blog "blogfordarfur.org", site pro-darfour.

 

"C'est politique"

 

Début juillet, lorsqu'il avait gagné sa sélection pour les JO sur la piste de Eugene, Lomong était revenu sur son engagement.

"Ce n'est pas pour ce qui se passe entre le gouvernement soudanais et le gouvernement chinois. C'est pour ce qui arrive au peuple. Nous voulons simplement que les enfants du Darfour soient sains et saufs et vivent au milieu de leur famille. C'est politique. Ce qui m'inquiète, ce sont les enfants qui meurent au Darfour. Ils ne peuvent pas rêver d'être aux JO ou d'être médecins", avait-il expliqué dans l'Oregon.

"Tout cela sera dans mon esprit parce que je veux simplement le bien-être du peuple", avait-il ajouté.

Cette nomination remet inévitablement la lumière sur un sujet qui avait déjà provoqué en début d'année de nombreuses critiques internationales envers Pékin pour son soutien au régime soudanais.

La Chine est un partenaire économique majeur du Soudan et ses liens avec Khartoum sont perçus comme un frein aux efforts internationaux pour faire pression sur le gouvernement soudanais au sujet du Darfour.

Des hommes politiques étrangers et des personnalités publiques de premier plan, comme les acteurs George Clooney ou Mia Farrow, avaient évoqué la question. Un appel au boycott de la cérémonie d'ouverture avait été lancé. Le réalisateur américain Steven Spielberg avait renoncé à être le consultant pour les cérémonies d'ouverture et de clôture des JO.

 

Drapeau soudanais sur le podium

 

Mercredi, l'Américain Joey Cheek, médaillé d'or de patinage de vitesse en 2006 et fondateur de l'organisation "Team Darfur", a vu son visa pour la Chine révoqué par les autorités, tout comme Mia Farrow il y a quelques temps.

Cheek devait se rendre à Pékin pour soutenir plus de 70 athlètes en compétition qui se sont engagés à attirer l'attention sur les violences au Darfour pendant les JO.

La Chine, investisseur majeur et premier client du pétrole soudanais, est régulièrement accusée de fournir des armes au Soudan et de ne pas intervenir suffisamment auprès de Khartoum pour mettre fin aux violences.

Depuis 2003, le conflit au Darfour, où s'affrontent forces gouvernementales appuyées par des milices arabes et mouvements rebelles, a fait jusqu'à 300.000 morts selon l'ONU, quelque 10.000 selon Khartoum.

Lomong a un rêve au cas où il monterait sur le podium le 20 août au lendemain de la finale.

"Je porterai alors les drapeaux américain et soudanais. Ce serait ma façon de dire: +Voilà, une victime qui a dû fuir et voilà maintenant ce que cette victime est devenue", a-t-il écrit sur le blog.

 

 

 

   Août 2008

 

Le Soudan nomme un procureur pour les crimes au Darfour

Agence France Presse, Khartoum, 6 août 2008

 

Le Soudan a annoncé mardi la nomination d'un procureur pour examiner les présumés crimes commis au Darfour, une région de l'ouest du pays en guerre depuis 2003, et les porter le cas échéant devant la justice.

L'annonce a été faite par le ministre de la Justice Abdel Basset Sabdarat devant la presse à Khartoum.

Elle intervient trois semaines après que le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, eut demandé aux juges de la Cour d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir, accusé de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour.

Le Soudan ne reconnaît pas la CPI et a plusieurs fois affirmé que les éventuels responsables de crimes de guerre au Darfour devaient être déférés devant les tribunaux soudanais.

"J'ai signé une décision nommant un procureur pour les crimes au Darfour de 2003 jusqu'à maintenant", a déclaré M. Sabdarat. "Je l'ai autorisé à enquêter sur ces crimes et à aller devant un juge s'il trouve un cas" de crime.

Le ministre, qui n'a pas donné plus de détails, a nommé comme procureur Nimer Ibrahim Mohamed, un conseiller au ministère de la Justice.

Un avocat représentant des rebelles du Darfour a qualifié cette annonce de "coup médiatique".

"C'est trop peu et trop tard. Aucun procureur (...) ne peut faire quoi que ce soit tant que le système législatif soudanais n'est pas réformé", a déclaré Kamal Omar, un avocat représentant des rebelles du Darfour condamnés à mort pour une attaque contre Khartoum en mai.

"Il n'y a aucune mention, dans le droit soudanais, de crimes comme génocide, nettoyage ethnique ou crime de guerre. Donc, annoncer la nomination de ce procureur n'est qu'un coup médiatique", a ajouté M. Omar.

Le site d'informations Sudan Media Centre, proche des services de renseignements, a rapporté lundi que le ministère de la Justice prenait des dispositions pour rédiger une nouvelle législation qui introduirait une liste de crimes répertoriés dans le droit international.

Le 23 juillet, la Ligue arabe a annoncé que le Soudan avait accepté de mettre en place des tribunaux spéciaux pour juger les responsables présumés de violations des droits de l'Homme au Darfour, avec la collaboration de l'ONU et de l'organisation panarabe.

Cependant, de précédents engagements du Soudan pour juger les auteurs présumés de crimes de guerre n'ont pas été traduits dans les faits avec des procès crédibles, une mesure qui aurait pu entraîner la fin des poursuites de la CPI.

Pour sa part, le président de la commission de l'Union africaine, Jean Ping, a annoncé lundi à Khartoum que l'UA préparait une liste d'avocats pour examiner la situation au Soudan.

Le 21 juillet, l'UA avait demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de différer d'un an une possible inculpation de M. Béchir et avait exhorté le gouvernement soudanais à enquêter sur les violations des droits de l'homme commises au Darfour.

 

 

   Août 2008

Soudan/CPI: l'Union africaine fait appel à un panel d'avocats

Agence France Presse, Khartoum, 5 août 2008

 

L'Union africaine prépare une liste d'avocats pour examiner la situation au Soudan après que le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) eut accusé le président Omar al-Béchir de génocide au Darfour, a déclaré le président de la commission de l'UA.

"Nous avons décidé de constituer un panel d'avocats éminents qui viendrait travailler au Soudan. Ce qui a été pleinement accepté par le Soudan", a déclaré Jean Ping à l'AFP lors d'un entretien, lundi soir.

M. Ping, en visite à Khartoum, avait auparavant dans la journée critiqué la demande du procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, réclamant un mandat d'arrêt contre M. Béchir pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour. Il a estimé que cette demande faite le mois dernier à la CPI "jetait de l'huile sur le feu" dans le conflit de cette région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile.

Si elle était approuvée, l'inculpation du président Béchir serait la première d'un chef d'Etat en exercice.

Le 21 juillet, l'UA avait demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de différer d'un an une possible inculpation de M. Béchir et avait exhorté le gouvernement soudanais à enquêter sur les violations des droits de l'homme commises au Darfour.

En dépit de promesses passées, des procès crédibles au Soudan pour des violations des droits de l'homme au Darfour n'ont jamais eu lieu. De tels procès améneraient la CPI à abandonner sa procèdure.

Selon M. Ping, une équipe "d'Africains respectables" doit se rendre au Soudan "le plus tôt possible" pour examiner la situation.

Les avocats mèneraient une enquête similaire à celle de la CPI pour démontrer "ce que la CPI a fait ou n'a pas fait".

"Nous enquêterons nous-mêmes et travaillerons avec le gouvernement soudanais de façon rapprochée. Certains (des avocats) pourraient venir d'Afrique, d'autres d'universités en Angleterre ou aux Etats-Unis", a-t-il ajouté.

Selon des responsable de l'UA, l'équipe pourrait compter de sept à dix spécialistes.

Samedi, le président ougandais Yoweri Museveni, qui a lui-même pris le pouvoir lors d'un coup d'Etat militaire en 1986, trois ans avant M. Béchir, avait déclaré que l'UA devait enquêter elle-même sur les accusations portées contre le chef d'Etat soudanais.

Depuis la démarche du procureur de la CPI, plusieurs pays africains, l'UA et la Ligue arabe ont exprimé leur inquiétude sur les implications pour le difficile processus de paix au Darfour et pour le fragile accord de 2005 ayant mis fin à 21 ans de guerre civile au Sud-Soudan.

 

 

   Août 2008

 

Ping rencontre Béchir, critique la procédure de la CPI

 

Agence France Presse, Khartoum, 4 août 2008

 

Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, a vivement critiqué la demande de mandat d'arrêt lancée à la Cour pénale internationale (CPI) contre Omar el-Béchir, à l'issue d'un "long" entretien lundi à Khartoum avec le président soudanais.

"Alors que nous nous efforçons d'éteindre le feu ici avec nos troupes, nous ne comprenons pas très bien qu'ils aient choisi ce moment pour mettre encore plus d'huile avec cette décision", a déclaré à la presse M. Ping.

"Vous (la CPI) vous préoccupez des personnes qui sont mortes. Nous essayons aussi de gérer les personnes qui sont encore vivantes. Vous devriez prendre ça en compte, pas seulement la question de la justice, mais aussi celle de la paix", a-t-il poursuivi.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a réclamé le 14 juillet un mandat d'arrêt contre le président Béchir pour "génocide" au Darfour, région de l'ouest du pays en proie à la guerre civile.

Depuis 2003, le conflit a fait plus de 300.000 morts selon l'ONU et 10.000 selon Khartoum, qui rejette les accusations de la CPI et menace de demander le départ de la force de paix ONU-Union africaine, la Minuad.

Depuis la démarche du procureur de la CPI, plusieurs pays africains, l'UA et la Ligue arabe ont exprimé leur inquiétude sur les implications pour le difficile processus de paix au Darfour et pour le fragile accord de paix de 2005 ayant mis fin à 21 ans de guerre civile au Sud-Soudan.

A Khartoum, Jean Ping a émis le souhait que le Conseil de sécurité de l'ONU discute "aussi vite que possible" d'une résolution visant à reporter la procédure.

L'Afrique du sud et la Libye ont déjà soumis au Conseil de sécurité une proposition visant à différer une possible inculpation de M. Béchir, mais ont rencontré l'opposition des Occidentaux.

"Nous estimons que le gouvernement soudanais a accepté de coopérer avec nous depuis le début (...) et nous voulons qu'il le démontre plus. C'est ce dont nous avons discuté ici", a encore déclaré Jean Ping.

Selon le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères Ali al-Sadiq, les discussions entre MM. Ping et Béchir ont aussi tourné autour des problèmes dans le déploiement de la Minuad, et la possibilité de progrès politiques.

"Si le Soudan et l'UA obtiennent des avancées majeures sur la Minuad et le processus politique (...), cela pourrait apaiser la tension", a-t-il estimé.

(©AFP / 04 août 2008 16h51)

 

 

   Août 2008

Inculper ou ne pas inculper Omar El-Béchir ?

Gérard Prunier historien et politiologue, chercheur au CNRS, spécialiste de l'Afrique de l'Est et du Soudan.

Libération, 4 août 2008

 

La demande d'inculpation du président soudanais Omar El-Béchir, le 14 juillet, par la Cour pénale internationale de La Haye, a suscité quantité de commentaires dont beaucoup ont été très critiques. Cette acrimonie est d'autant plus curieuse que nombre de ces critiques s'étaient (justement) plaints de l'impuissance de la communauté internationale qui, depuis fin 2004, se contentait d'une intervention humanitaire mais ne parvenait à rien faire avancer politiquement. Que reprochent donc ces Cassandre qui vont de l'expert britannique conseiller de l'Union africaine, Alex de Waal, à Andrew Natsios, ancien envoyé spécial du président George W. Bush ? En gros, l'impossibilité de donner des suites pratiques à une éventuelle inculpation, le danger qu'elle présenterait pour le «processus de paix» au Soudan et les risques qu'elle créerait pour les travailleurs humanitaires aujourd'hui au Darfour. Examinons ces trois points.

Le premier est tout à fait correct : personne ne s'attend à voir la légion étrangère ou les Marines se saisir manu militari du président Omar El-Béchir et c'est sans doute une bonne chose. En effet lorsqu'on voit le vortex dans lequel s'est enfoncée l'intervention militaire américaine en Irak (et la même en Somalie en 1992-1993 ), on constate que faire le bonheur des peuples à la pointe des baïonnettes est un exercice qui réussit rarement. Une éventuelle inculpation du président soudanais (celle-ci n'est pas encore acquise et on ne connaîtra la décision des juges qu'en octobre ou novembre) ne doit pas viser à son arrestation mais à son renversement par le peuple soudanais lui-même. C'est d'ailleurs là ce que le président Béchir craint le plus : arrivé au pouvoir en juin 1989 par un coup d'Etat alors que son parti, le Front national islamique, avait reçu 7 % des voix aux dernières élections, il n'a aucune espèce de légitimité. Son régime est un régime de fait, qui repose sur la force, l'intimidation des opposants (y compris arabes), les violations répétées des droits de l'homme (pas seulement au Darfour) et un bon million et demi de cadavres entre la guerre du Sud, poursuivie avec une énergie quasiment génocidaire jusqu'en 2002, et le Darfour. L'inculper ne doit pas viser à l'arrêter mais à encourager tous ceux qui, au Soudan, visent à éliminer le régime des «marchands de religion» ( tujjar ad-din, le surnom des Frères musulmans en arabe soudanais) pour arriver à de véritables élections, car celles que promet le régime pour septembre 2009 risquent fort de ressembler aux récentes élections zimbabwéennes.

Mais, nous dit-on, «vous mettriez ainsi en danger le processus de paix». Lequel s'il vous plaît? Si l'on parle du Comprehensive Peace Agreement (CPA) signé en janvier 2005 à Nairobi avec la guérilla sudiste du Mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM), cette vache sacrée de la diplomatie internationale est moribonde. A part le partage presque mafieux des revenus du pétrole qui ne bénéficie qu'aux élites du parti sudiste, personne n'a vu le moindre développement économique au Sud depuis la fin de la guerre. Le pouvoir, théoriquement partagé à Khartoum, reste le fief exclusif des islamistes et les armées se regardent en chiens de faïence et s'entre-tuent périodiquement comme cela vient d'être le cas à Abyei en mai. Les mesures contenues dans le CPA ont été tournées, manipulées, dévitalisées et privées de tout sens. Lorsque Béchir a lancé ses sbires sur le Tchad comme il l'a fait en février il ne s'est même pas donné la peine de prévenir son ministre des Affaires étrangères, Deng Alor, issu de la rébellion SPLM, alors qu'il est son soi-disant partenaire dans un «gouvernement d'union nationale». Le processus de paix du Darfour, alors ? Mort. Complètement mort. Son unique signataire de mai 2006, Minni Minawi, a disparu de Khartoum et rejoint ses troupes repassées à la rébellion. Les autres groupes n'ont jamais cessé le combat, même si ce dernier est souvent confus.

L'inculpation va-t-elle cependant mettre en danger les humanitaires et les déplacés au Darfour? Soyons honnêtes : oui. Et si, demain, une clameur s'élevait des camps de déplacés criant : «Arrêtez bandes de fous, si vous inculpez ce monsieur il va se venger sur nous», il faudrait effectivement tout arrêter immédiatement car on n'a pas le droit de s'acheter une belle âme sur le dos des victimes. Mais les victimes, elles, souhaitent continuer à se battre, alors mêmes qu'elles savent - mieux que personne - les risques terribles qu'elles vont courir. En effet comment peut-on expliquer la popularité dont continue de bénéficier le chef rebelle Abdel Wahid al-Nour, personnage qui n'a rien de charismatique et qui vit en sécurité à Paris ? Il refuse absolument tout processus de paix. Si les déplacés récusaient sa position, il leur serait aisé de le rejeter. Ils (et surtout elles) ne le font pas. Pourquoi ? Parce que lorsqu'on a vu mourir assassinés de nombreux membres de sa famille, lorsqu'on a perdu tous ses biens, lorsqu'on a vu brûler sa pauvre maison et égorgé son bétail, lorsqu'on a fui, lorsqu'on a été violée, on a passé un point de non-retour. Qu'on se rappelle la dignité des républicains espagnols qui franchissaient les Pyrénées en mars 1939. Sur ces visages marqués ce qui se lisait, ce n'était pas la peur et la capitulation mais le désir de revanche pour les souffrances subies. Le peuple du Darfour en est là, et ce qu'il veut c'est la justice et sa revanche sur un régime de tueurs sans scrupule. Les finesses de la diplomatie occidentale lui sont étrangères. Il sait qui est son ennemi et il veut vaincre. Il en a le droit moral, d'autant plus que c'est lui, au premier chef, qui devra payer les pots cassés. Et qui sommes-nous pour ôter aux victimes même le droit de protester et de tenter d'utiliser l'arme des faibles, la justice ? Bien sûr, contrairement à ce qu'espèrent de gentils naïfs, l'inculpation du président Béchir n'aboutira pas, si elle a lieu, à un arrêt de la guerre et au début d'une ère de paix et de concorde.

Le régime soudanais n'a jamais respecté un seul de ses engagements. Mais comme tous les régimes fondés sur la violence minoritaire, il a peur et cette peur est salutaire. Il ne faut pas abandonner les victimes au motif qu'elles sont prises en otages par leurs assassins.

 

Auteur de : le Darfour, un génocide ambigu, éditions de La Table Ronde, octobre 2005

 

 

   Août 2008

Renouvellement du mandat de la force au Darfour

 

Le Figaro, New York, 2 août 2008 , par Jean-Louis Turlin

 

Le Conseil de sécurité n'exclut pas de se pencher ultérieurement sur une éventuelle suspension des poursuites contre le président soudanais, malgré l'objection américaine.

Sous-équipée et à moins de 50% de son déploiement, la Mission des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (MINUAD) a besoin de tout le soutien politique que lui a promis, il y a un an, la communauté internationale, à défaut des moyens logistiques qu'elle attend encore. Il était donc essentiel que la reconduction pour un an de son mandat soit votée, le 31 juillet, à l'unanimité du Conseil de sécurité.

Il n'aura manqué qu'une voix : celle des Etats-Unis, qui se sont abstenus. La résolution a malgré tout été adoptée par 14 voix sur 15. Il est vrai que le 14 juillet dernier, le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo, avait sérieusement compliqué la donne en recommandant l'inculpation du président soudanais, Omar el-Béchir, pour génocide et crimes contre l'humanité. Emboîtant le pas à l'Union africaine, plusieurs pays membres du Conseil, dont l'Afrique du Sud, la Libye, la Chine et la Russie ont souhaité inclure, dans le projet de résolution renouvelant le mandat de la MINUAD, un paragraphe demandant la suspension, pendant douze mois, des poursuites éventuelles contre le chef d'État soudanais, en vertu de l'article 16 du Statut de Rome (1).

Nonobstant les intérêts commerciaux à préserver, la raison officiellement invoquée concerne la nécessité, non seulement de ne pas compromettre la coopération, difficile, du gouvernement soudanais, mais aussi de protéger la MINUAD contre des risques de représailles. Mais pour les Occidentaux, le moment n'est pas venu d'envisager un recours à l'article 16, puisque la Cour ne s'est pas encore prononcée sur la suite qui sera donnée à la recommandation du procureur. Représentant permanent adjoint de la France, Jean-Pierre Lacroix a par ailleurs noté que c'est « l'absence de coopération » des autorités soudanaises qui explique « en partie la situation à laquelle nous sommes aujourd'hui confrontés ».

Une mesure provisoire, qui aurait consisté à prolonger pour deux mois le mandat actuel en attendant un accord sur la question pénale, a été rejetée par les Occidentaux. Le texte mis au point par le Royaume-Uni indique en revanche qu'il a été « pris note des préoccupations soulevées par certains membres du Conseil » et de « leur intention de prendre en considération » les suites possibles de la recommandation du procureur de la CPI. Mais pour les Etats-Unis, toute allusion à un délai éventuel de la procédure judiciaire concernant el-Béchir était inacceptable, car elle envoie « un mauvais signal » – une attitude pour le moins étonnante compte tenu de la non-reconnaissance américaine de la cour internationale.

Dans l'immédiat, il importait de ne pas mélanger les genres au risque d'affaiblir moralement, en l'absence d'un signal de soutien sans équivoque, une force dont un rapport vient de souligner les cruelles insuffisances. Commandité par un groupe d'organisations non gouvernementales, il vient rappeler, au premier anniversaire de la MINUAD, que la communauté internationale n'a pas tenu ses engagements : sur un total de 26 000 Casques bleus, seuls 9 500 sont déployés et les 24 hélicoptères qui lui sont jugés nécessaires, dont 18 de transport et 6 d'attaque, lui font toujours défaut.

Or, le rapport intitulé « Grounded : The International Community's Betrayal of UNAMID » (la MINUAD trahie) identifie six pays, dont quatre de l'OTAN, qui pourraient à eux seuls fournir une quarantaine d'appareils équipés pour opérer au Darfour : L'Espagne, l'Italie, la République tchèque, la Roumanie, L'Inde et l'Ukraine. Dans la préface, des personnalités aussi éminentes que l'archevêque Desmond Tutu, l'ancien président Jimmy Carter, l'ancien émissaire de l'ONU Lakhdar Brahimi et l'épouse de Nelson Mandela Graca Michel, qui se sont rendues sur le terrain récemment, s'indignent que « nombre de ces hélicoptères amassent de la poussière dans des hangars ou participent à des meetings aériens alors qu'ils pourraient sauver des vies au Darfour ».

La résolution qui vient d'être votée enregistre avec satisfaction « l'intention du secrétaire général de déployer 80% de la MINUAD d'ici au 31 décembre 2008 ». Avec ou sans hélicoptères, telle est encore la question.

 

(1) « Aucune enquête ni aucune poursuite ne peuvent être engagées ni menées en vertu du présent Statut pendant les douze mois qui suivent la date à laquelle le Conseil de sécurité a fait une demande en ce sens à la Cour dans une résolution adoptée en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations unies ; la demande peut être renouvelée par le Conseil dans les mêmes conditions ».

 

 

 

   Août 2008

L'ONU prolonge le mandat de la force de paix au Darfour

Agence France Presse, Nations Unies, 1 er août 2008

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté jeudi la prolongation d'un an du mandat de la force paix ONU-Union africaine (Minuad) au Darfour après avoir débattu de l'épineuse question d'une possible inculpation du président soudanais Omar el-Béchir pour génocide.

Les Etats-Unis se sont abstenus de voter la résolution 1828 adoptée à l'unanimité. Les quatorze autres membres du Conseil de sécurité ont voté pour la prolongation du mandat qui est arrivé à expiration ce jeudi.

La résolution demande également aux états membres de l'ONU de "s'engager" à fournir notamment des hélicoptères et autres moyens matériels nécessaires à la Minuad.

L'ambassadeur britannique John Sawers, dont la délégation a présenté la résolution, a regretté que "le manque de temps nous ait empêché d'aborder les problèmes soulevés par une délégation".

La délégation américaine avait présenté des objections au compromis obtenu mercredi. En effet, Washington rejette l'évocation dans le texte de la question d'une demande de sursis présentée par l'Union africaine (UA) pour l'éxécution de la procédure de la Cour pénale internationale (CPI) visant le président soudanais.

"Les Etats-Unis se sont abstenus car les ajouts faits à la résolution (concernant la CPI) envoient un mauvais signal au président soudanais et sape les efforts pour l'amener, lui et d'autres, devant un tribunal", a dit Alejandro Wolff, l'ambassadeur américain adjoint à l'ONU.

Il a toutefois souligné que Washington supporte sans réserves la prolongation du mandat de la Minuad.

Un amendement proposant un sursis d'un an à l'éxécution de la procédure de la CPI visant M. Béchir avait été proposé par l'Afrique du Sud et la Libye pour le compte de l'UA. Il n'a pas été ajouté au texte final.

En revanche, le texte voté prend note du communiqué de l'UA qui demandait le 21 juillet un sursis et exprimait des inquiétudes selon lesquelles le processus de paix au Soudan pourrait être "compromis" par l'inculpation de M. el-Béchir.

Le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo a demandé le 14 juillet aux juges de la Cour d'émettre un mandat d'arrêt contre M. Béchir pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'Humanité au Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile depuis 2003. Cette guerre aurait provoqué près de 300.000 morts, selon l'ONU, et 10.000, selon le Soudan, ainsi que plus de 2,2 millions de réfugiés.

Si le mandat d'arrêt est confirmé, ce qui pourrait prendre plusieurs mois, il s'agira du premier émis par la CPI, basée à La Haye, à l'encontre d'un chef d'Etat en exercice.

"Aucune position n'a été prise par le Conseil de sécurité sur la question de l'opportunité d'agir à la lumière de la proposition (de M. Moreno-Ocampo) d'inculper le président Béchir", a déclaré M. Sawers avant d'ajouter: "cette question sera abordée un autre jour".

L'ambassadeur de Chine, Wang Guangya, a jugé la résolution "importante" affirmant quelle apportait "les garanties pour le succès" de l'opération de paix. Il a aussi qualifié l'initiative de M. Moreno-Ocampo de "décision inappropriée à un moment inapproprié".

Pour sa part, l'ambassadeur du Soudan, Abdalmahmood Abdalhaleem Mohamad, a déclaré que la plupart des membres, selon lui, étaient "choqués" par l'attitude des Etats-Unis, mais a loué celle de la délégation britannique.

 

 

   Août 2008

Médecins Sans Frontières suspend ses activités au Nord-Darfour

 

Reuters, 1 er août 2008, Version française Olivier Guillemain

 

Médecins Sans Frontières (MSF) annonce avoir suspendu ses activités dans deux villes du Nord-Darfour, au Soudan, ou 65.000 personnes se trouveraient désormais sans assistance médicale, selon l'organisation.

 

MSF indique dans un communiqué avoir été contraint d'évacuer son personnel des localités de Tawila et de Shangil Tobaya, après avoir essuyé une série d'attaques ces derniers jours.

"Cette décision difficile prive la population de toute assistance médicale. Mais sans un minimum de garanties quant à la sécurité et au respect du personnel humanitaire, il était impossible, pour nos équipes, de continuer à travailler", explique Monica Camacho, chef de mission MSF au Darfour.

L'organisation rapporte que les équipes en poste à Tawila et Shangil Tobaya ont été victimes cette semaine de deux attaques identiques.

D'après MSF, des hommes ont pénétré dans les locaux de l'organisation en menaçant le personnel avec des armes à feu, pour finalement s'emparer de plusieurs objets de valeur et d'argent liquide.

 

"L'impunité doit cesser"

 

John Holmes, secrétaire général adjoint de l'Onu chargé des Affaires humanitaires, a appelé vendredi les autorités de Khartoum à prendre des mesures afin que les travailleurs humanitaires puissent continuer à exercer leurs missions en toute sécurité.

"Le gouvernement soudanais a la responsabilité de garantir la sécurité sur l'ensemble de son territoire", déclare Holmes dans un communiqué, ajoutant que depuis le début de l'année, 180 véhicules humanitaires ont été attaqués, 145 travailleurs ont été enlevés, et neuf d'entre eux ont été tués.

"L'impunité pour ce genre d'attaques doit cesser. Des centaines de milliers de personnes comptent sur l'aide de ces organisations", poursuit-il.

"Nous ne pouvons pas nous permettre d'être absents au Darfour", estime-t-il.

Près de 17.000 travailleurs humanitaires sont déployés au Darfour, une région de l'ouest du Soudan, ou selon les experts au moins 200.000 personnes sont mortes et 2,5 millions d'autres ont été déplacées depuis 2003.

 

 

   Août 2008

Le Conseil de sécurité prolonge d'un an le mandat de la force de  paix au Darfour

 

Xinhuanet, New York, Nations Unies, 1 er août 2008

 

Le Conseil de  sécurité des Nations Unies a voté jeudi pour la prolongation d'un  an du mandat de la Force de paix ONU-UA au Darfour (Minuad), à  compter de jeudi, date de l'expiration de son mandat actuel.  

Au total, 14 des 15 membres du Conseil de sécurité ont voté  pour un projet de résolution du Royaume Uni sur la prolongation du mandat de la Minuad, alors que les Etats-Unis se sont abstenus.  

Dans la résolution, le Conseil de sécurité a par ailleurs pris  note d'un appel de l'Union africaine (UA) pour faire suspendre les poursuites judiciaires du procureur en chef de la Cour pénale  internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, contre le président  soudanais Omar Hassan el-Béchir.  

A l'issue d'une réunion d'urgence tenue le 21 juillet à  Addis-Abeba en Ethiopie, l'UA a publié un communiqué pour demander au Conseil de sécurité de faire suspendre la procédure de la CPI  afin qu'elle n'entrave pas le processus de paix au Darfour.  

Lors des consultations préalables au vote, l'Afrique du Sud et  la Libye avaient proposé de suspendre pour un an la procédure de  la CPI, ce qui a été rejeté par des pays occidentaux, dont les  Etats-Unis et la France. 

Après plusieurs jours de disputes sur le texte, les membres du  Conseil de sécurité sont parvenus mercredi à un compromis final  pour ne représenter qu'indirectement la préoccupation et l'appel  de l'UA, au lieu d'inclure la suspension. 

A l'issue du vote, l'ambassadeur adjoint américain Alejandro  Wolff a déclaré que Washington soutient la prolongation du mandat  de l'Unamid, mais s'est abstenu lors du vote, "parce que le langage de la résolution pourrait transmettre un signal d'erreur"  au Soudan et minerait les efforts pour traduire en justice M.  el-Béchir et d'autres. 

L'ambassadeur britannique John Sawers a aussi exprimé  l'opposition aux liens entre le problème de la CPI et le mandat de l'Unamid. La résolution du Conseil de sécurité n'a fait aucune  promesse de prendre quelle action que ce soit vis à vis de la  procédure de la CPI contre M. el-Béchir, a-t-il ajouté. 

D'autres membres du Conseil de sécurité à savoir le Vietnam,  l'Afrique du Sud, la Libye, la Chine et la Russie, ont exprimé  l'inquiétude sur les effets négatifs potentiels de la procédure de la CPI contre le processus de paix au Darfour. 

L'ambassadeur russe Vitaly Churkine a indiqué qu'il était  "inapproprié" pour le Conseil de sécurité de ne pas agir à l'égard de l'initiative de la CPI, malgré la "résistance d'un nombre de membres du Conseil de sécurité". Il a averti que la position de  certains membres du Conseil de sécurité risquerait de conduire aux "conséquences négatives imprévues" et que "la responsabilité est  totalement sur leurs épaules". 

Le 14 juillet dernier, M. Moreno-Ocampo a formellement réclamé  un mandat d'arrêt visant M. el-Béchir pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité perpétrés au Darfour dans le sud du  Soudan. 

En fonction de l'article 16 du Statut de Rome sur la CPI, le  Conseil de sécurité peut adopter une résolution pour séjourner  l'enquête ou la poursuite de la CPI d'une période de 12 mois. Une  telle résolution peut être aussi renouvelée. 

Le Soudan qui s'oppose vivement à la procédure de la CPI, est  soutenu par d'importantes organisations internationales dont  l'Organisation de la conférence islamique, la Ligue arabe et le  Mouvement des non-alignés. 

La résolution du Conseil de sécurité a appelé les Etats membres à "s'engager et contribuer avec des hélicoptères, des unités de  reconnaissance aérienne, de transport terrestre, de génie et de  logistique ainsi que d'autres forces nécessaires". 

Dans une résolution adoptée il y a un an, le Conseil de  sécurité a donné le feu vert au déploiement de 26.000 Casques  bleus au Darfour. Mais jusqu'au 31 mai de cette année, la Minuad  n'avait que 9.563 hommes et femmes en uniforme, dont les capacités sont limitées, et manquait d'hélicoptères et d'autres ressources  logistiques. 

La résolution adoptée jeudi a souligné "l'importance  d'accroître les capacités des bataillons de la Minuad déjà  déployés par la Mission de l'UA au Soudan et des autres bataillons qui viennent". 

Elle a favorablement accueilli un appel du secrétaire général  Ban Ki-moon pour que 80% de la force hybride ONU-UA au Darfour  soit déployé sur le terrain avant la fin de cette année, en  invitant le gouvernement soudanais, les pays contributeurs de  troupes ainsi que les autres parties concernées à "faire tout ce  qu'ils peuvent pour faciliter" cette mission.

 

   Août 2008

La paix est fragile au Soudan, selon Ban Ki-moon

Nations Unies, Bureau de presse, 1 er août 2008

 

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, estime dans un rapport rendu public vendredi que les violents affrontements ces derniers mois à Abyei au Soudan sont le signe d'une paix fragile et de la difficulté à mettre en œuvre l'Accord de paix global entre le nord et le sud du pays.

« Ces derniers mois ont été parmi les plus instables et problématiques depuis la signature de l'Accord de paix global. Tant l'attaque du Mouvement pour la justice et l'égalité contre Omdurman que les violents affrontements entre les Forces armées soudanaises et l'Armée populaire de libération du Soudan à Abyei nous rappellent brutalement que la paix est fragile au Soudan », déclare M. Ban dans ce rapport qui fait le point sur la situation au Soudan et sur les activités de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS).

Selon lui, « la question d'Abyei est depuis longtemps le problème le plus ardu entravant la mise en œuvre de l'Accord de paix global. La cause profonde du problème a été que les deux parties ne sont pas parvenues à s'entendre sur des modalités d'application du Protocole d'Abyei. »

Il relève toutefois que « l'accord d'Abyei sur la feuille de route conclu le 8 juin est une évolution fort positive. » « S'il est appliqué de bonne foi, il permettrait de sortir de l'impasse en jouant un rôle catalyseur pour progresser sur les autres questions pendantes dans le cadre de l'Accord de paix global », dit M. Ban.

Selon lui, « l'application de l'accord d'Abyei relatif à la feuille de route sera un baromètre utile permettant de mesurer l'attachement des parties à la paix durant les prochaines semaines ». Il appelle « instamment les deux parties à achever leur redéploiement en dehors de la zone intérimaire d'Abyei le plus vite possible. Les forces de la nouvelle unité mixte intégrée et de police doivent devenir opérationnelles rapidement et agir professionnellement et de façon impartiale ». Il exhorte aussi les deux parties « à s'accorder rapidement sur leurs représentants dans la nouvelle administration civile et à travailler de concert pour assurer les conditions nécessaires à un retour en toute sécurité et dans la dignité des personnes déplacées. »

Le Secrétaire général note que « la question pendante la plus critique après celle d'Abyei demeure la démarcation de la frontière du 1er janvier 1956. Le retard intervenu dans ce processus a fait que les deux camps ont déployé des forces le long des zones frontalières pour renforcer leur pouvoir de négociation et créer une ligne frontière de facto. » « Les points chauds dans ces zones risquent d'aboutir à des affrontements plus importants que ceux qu'Abyei a connus récemment », ajoute-t-il.

Ban Ki-moon salue enfin les parties « pour avoir atteint un autre objectif clef de l'Accord de paix global, la conduite du recensement national."

 

 

   Août 2008

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