| Soudan:
plus de 1,6 million de déplacés du Darfour, selon l'Onu
Le conflit du Darfour, province de l'ouest du Soudan en proie à
la guerre civile depuis février 2003, a fait environ 1,65 million
de déplacés sur une population totale d'environ 2,3 millions
d'habitants, ont indiqué mercredi les Nations unies dans un communiqué.
Malgré la dégradation de la situation, notamment du point
de vue de la sécurité, les agences et organisations humanitaires
réussissent à aider environ 80% des personnes déplacées,
ajoute le texte, signé de Radhia Achouri, porte-parole du représentant
spécial de l'Onu au Soudan, Jan Pronk.
Jusque-là, l'Onu évaluait à environ 1,5 million
le nombres de personnes déplacées par ce conflit qui a fait
plusieurs dizaines de milliers de morts.
Selon le communiqué de l'Onu, 6.653 travailleurs humanitaires,
dont 788 expatriés, sont présents dans cette région
désertique grande comme la France, soit un travailleur humanitaire
pour 348 bénéficiaires. "Ce nombre devrait augmenter dans
les mois à venir", ajoute le texte.
Le conflit du Darfour oppose depuis février 2003 les autorités
de Khartoum à des rebelles qui affirment se battre pour un meilleur
partage des richesses et un meilleure représentation de la population
noire.
La communauté internationale accuse les djandjawids, des milices
arabes pro-gouvernementales armées par Khartoum pour combattre les
rebelles, de terroriser les civils de la région et de s'être
livrés à des massacres et des atrocités à grande
échelle, ayant entraîné l'exode des Noirs de la région.
Mercredi, le gouvernement soudanais a accepté d'arrêter
son offensive militaire au Darfour, ce qui pourrait permettre la reprise
des pourparlers de paix intersoudanais d'Abuja, destinés à
mettre fin à ce conflit à l'origine, selon l'Onu, de la plus
grave crise humanitaire en cours sur la planète.
Par ailleurs, le gouvernement soudanais a accepté mercredi d'arrêter
son offensive militaire au Darfour (ouest du Soudan), une décision
qui pourrait permettre la reprise des pourparlers de paix inter-soudanais
d'Abuja, bloqués depuis deux jours par le retrait des mouvements
rebelles.
Les deux mouvements rebelles du Darfour, qui avaient quitté
la table des négociations lundi, n'avaient pas immédiatement
réagi à cette annonce.
Cet arrêt de l'offensive militaire a été annoncé
par les médiateurs de l'Union Africaine (UA) et confirmé
par la délégation gouvernementale soudanaise à Abuja.
Cette troisième série de négociations vise à
tenter de mettre fin à ce conflit qui ravage la province du Darfour
depuis 2003 et a fait environ 70.000 morts et plus d'un million de déplacés
ou de réfugiés
Le conflit du Darfour constitue la plus grave crise humanitaire dans
le monde à l'heure actuelle, selon l'ONU.
"Le gouvernement soudanais s'est engagé à stopper son
opération militaire en cours (au Darfour), et nous lui avons indiqué
que nous allions vérifier cette information afin que nous puissions
reprendre les pourparlers en session plénière", a déclaré
le chef des médiateurs de l'UA, Sam Ibok.
"Si nous trouvons, lors de nos vérifications, que cette information
est exacte, alors cela devrait conduire à une large discussion sur
les dossiers politiques", a-t-il déclaré.
Le porte-parole s'exprimait après une rencontre entre les médiateurs
de l'UA et les responsables de la délégation du gouvernement
soudanais.
Deux mouvements rebelles du Darfour boycottent depuis lundi ces pourparlers
de paix qui se tiennent dans la capitale nigériane et l'UA tente
de les faire revenir à la table des négociations.
Le Mouvement de libération du Soudan (SLM) et du Mouvement pour
la justice et l'égalité (JEM) ont accusé le gouvernement
soudanais de violer régulièrement le cessez-le-feu.
Le SLM a également accusé Khartoum de préparer
une grande offensive sur le terrain, selon un médiateur de l'UA
et le JEM a, lui, accusé mercredi Khartoum de lui "déclarer
la guerre".
"Nous sommes prêts à reprendre les négociations
si le gouvernement du Soudan retire immédiatement ses troupes des
zones reprises sur nos forces et qu'elles reviennent sur leurs positions"
d'avant la signature du cessez le feu en avril, avait précisé
le négociateur en chef du JEM, Ahmed Mohammed Tugod, avant l'annonce
du gouvernement soudanais.
Le porte-parole gouvernemental soudanais à Abuja Ibrahim Mohammed
a confirmé que Khartoum était d'accord pour un arrêt
des opérations militaires.
"Lors de la rencontre (avec l'UA) nous avons assuré que nous
avions contacté Khartoum et que nous sommes d'accord pour arrêter
les opérations militaires (offensives)", a-t-il dit. "Arrêter
les opérations signifie un retour sur les positions initiales, ce
qui veut dire un retrait des troupes", a-t-il ajouté.
"En même temps, les rebelles doivent mettre fin à leurs
attaques parce que notre devoir et notre responsabilité en tant
que gouvernement est de défendre tout notre peuple", a déclaré
le porte-parole.
Sur le terrain, l'armée allemande prévoit de commencer
jeudi une opération d'assistance logistique à la commission
africaine d'observation du cessez-le-feu au Darfour. La Bundeswehr va assurer
le transport d'environ 200 soldats gambiens et 12 tonnes d'équipement
de la capitale gambienne Banjul jusqu'au Darfour, en passant par le Tchad.
Le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères,
Walter Lindner, a qualifié mercredi la situation au Soudan de "très
inquiétante et dramatique". "Il y a des violations massives de l'accord
du cessez-le-feu (...) Le côté dramatique de la situation
a augmenté et pour cette raison la nécessité d'aider
là-bas est grande", a-t-il continué.
(AFP, Montréal, Québec, Canada - 16/12/2004
)
Washington
allège les sanctions contre Cuba, l'Iran et le Soudan
Les Etats-Unis ont allégé mercredi les sanctions contre
Cuba, l'Iran et le Soudan, trois Etats jugés dangereux par Washington,
afin de faciliter les échanges littéraires, culturels et
scientifiques avec ces pays.
Un nouveau règlement du département du Trésor
autorise les Américains à s'engager librement dans des activités
d'édition avec des individus et des groupes dans ces trois pays.
Des restrictions à "certaines interactions" avec les gouvernements
locaux seront maintenues, a indiqué le Trésor dans un communiqué,
sans en préciser l'ampleur.
Robert Werner, directeur du Bureau de contrôle des biens étrangers,
chargé de faire appliquer les sanctions, a indiqué que les
personnes cherchant à publier des auteurs cubains, iraniens et soudanais
aux Etats-Unis, ou à faire publier leurs propres ouvrages dans ces
trois Etats, pourront désormais le faire "sans demander la permission"
préalable de son bureau.
"Cette règle apporte de la clarté et promeut des politiques
importantes visant au libre échange des idées, sans mettre
en cause les objectifs de sécurité nationale de ces sanctions",
a-t-il ajouté.
Les sanctions américaines contre Cuba, l'Iran et le Soudan interdisent
la plupart des échanges, notamment commerciaux, avec ces pays, Washington
considérant qu'ils soutiennent le terrorisme, attentent aux libertés
fondamentales et sont dirigés par des gouvernements répressifs.
Ces trois pays figurent sur la liste, dressée par le département
d'Etat américain, des Etats soutenant le terrorisme.
Le département d'Etat a d'ailleurs insisté sur le fait
que la plupart des sanctions restaient en place en raison de leur caractère
"décisif pour les intérêts américains".
La levée des restrictions dans le domaine culturel intervient
alors que deux actions en justice sont engagées contre le secrétaire
au Trésor John Snow et d'autres responsables gouvernementaux, au
motif que ces sanctions limitent le libre échange des idées
et sont donc anticonstitutionnelles.
La première plainte a été déposée
en septembre par l'Association des éditeurs américains, les
auteurs du PEN Center et d'autres groupes. L'Iranienne Shirin Ebadi, Prix
Nobel de la Paix, a formulé la seconde en octobre.
Les plaignants estiment que la répression des échanges
scientifiques et culturels leur a coûté près de 30
millions de dollars d'amendes depuis 1993.
Ils citent notamment le cas du musicien Ry Cooder, condamné
à 25.000 dollars d'amendes pour avoir collaborer avec des Cubains
pour produire le fameux album du Buena Vista Social Club.
Quand Ry Cooder a souhaité participer au second album, les autorités
américaines lui ont d'abord refusé l'autorisation, puis ont
accepté à condition qu'il renonce à tout profit, selon
les avocats de la partie plaignante.
Même les travaux des dissidents cubains et iraniens ne peuvent
pas être publiés aux Etats-Unis sous les règles actuelles,
ont-ils précisé.
"Des travaux d'importance décisive pour l'avancée de
la science et notre compréhension des affaires internationales peuvent
désormais être publiés sans peur de sanctions", se
sont-ils félicités.
(AFP Washington - 16 décembre 2004
)
Les rebelles du
Darfour se retirent des pourparlers de paix en protestant contre les attaques
de Khartoum
Les pourparlers de paix destinés à mettre un terme au
conflit dans le Darfour ont été suspendus mardi à
la suite du retrait des délégations des mouvements rebelles
qui entendaient ainsi protester contre les violations du cessez-le-feu
par le gouvernement de Khartoum.
Le mouvement armé de libération du Soudan (SLM/A) et
le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) se sont retirés
lundi soir des pourparlers de paix d'Abuja, la capitale du Nigeria, le
premier jour des négociations.
"Nous suspendons notre participation aux pourparlers jusqu'à
ce que la situation sur le terrain s'améliore et que le gouvernement
soudanais s'engage résolument à cesser toute offensive,"
a indiqué mardi à IRIN Bahar Ibrahim, le porte-parole du
SLM/A.
Le JEM a fait savoir qu'il suspendait sa participation en raison des
violations répétées du cessez-le-feu et qu'il exigeait
aussi de Khartoum la libération de ses membres emprisonnés
par les autorités soudanaises..
"Ces deux conditions sont un préalable à toute reprise
des négociations," a indiqué Ahmed Tugod Lissan, le porte-parole
du JEM. Les observateurs dépêchés par les 53 pays membres
de l'Union africaine qui préside la quatrième série
de négociations ont signalé que les deux partis avaient violé
le cessez-le-feu au cours des derniers mois. Ce conflit dans l'ouest du
Soudan sévit depuis deux ans et a déplacé plus de
1,6 millions de personnes.
Les représentants du gouvernement soudanais ont condamné
le retrait des rebelles et (ont explique que ) les attaques de Khartoum
(arguant qu'elles) étaient menées en représailles
aux harcèlements des forces rebelles et visaient à dégager
les routes bloquées et à protéger les populations
civiles.
"Si les rebelles cessent leurs harcèlements, nous arrêterons
les actions de représailles," a dit à IRIN Ibrahim Mohammed,
le porte-parole de la
délégation du gouvernement de Khartoum.
Selon Ibrahim Mohammed, Khartoum est prêt à poursuivre
les pourparlers."Seule une solution politique négociée peut
résoudre le problème du Darfour et le retrait des rebelles
des pourparlers ne peut qu'engendrer plus de violence dans le Darfour."
Les médiateurs de l'UA ont passé la journée à
relancer la dynamique de paix, rencontrant séparément les
rebelles et les représentants du gouvernement soudanais pour tenter
de concilier les différentes positions et reprendre les négociations.
"Nous avons mené des consultations aujourd'hui avec toutes les
parties concernées et espérons reprendre les pourparlers
très bientôt," a indiqué Alassane Ba, le porte-parole
de l'UA, sans donner plus de précision.
Le conflit du Darfour a éclaté en février 2003
lorsque des mouvements de rebelles ont pris les armes contre les autorités
de Khartoum, les accusant d'avoir abandonné et opprimé pendant
des années les populations de la région. Pour tenter d'écraser
la rébellion, le gouvernement soudanais s'est appuyé sur
une milice arabe, les Janjawid, qui, selon les rebelles, s'attaquent aux
populations civiles et commettent des meurtres, des viols et incendies.
Pour l'ONU, le conflit du Darfour est la plus grave crise humanitaire
au monde. Des dizaines de milliers de personnes y ont perdu la vie et plus
de 2,3 millions de personnes ont besoin d'une aide urgente.
L'UA entendait boucler la quatrième série de pourparlers
de paix d'ici le 22 décembre, après l'établissement
d'une feuille de route politique pour mettre un terme à la guerre
dans la région, mais les retards successifs ont compromis les négociations.
L'arrivée tardive de certains délégués
a retardé d'un jour l'ouverture de la conférence qui a donc
été reportée au samedi et des coupures de courant
ont contraint les organisateurs à ajourner le début des pourparlers.
(Mais) Les discussions politiques ont été reléguées
au second plan car les accords signés en novembre et portant les
aspects humanitaires et sécuritaires du conflit n'ont pas été
respectés.
Alors que les négociations à Abuja sont suspendues, le
gouvernement soudanais et le troisième groupe de rebelles, le mouvement
national pour la reconstruction et le développement (MNRD), engageaient
mardi dernier des pourparlers dans la capitale tchadienne N'Djaména.
Le nouveau groupe, le MNRD, négocie séparément
avec les autorités de Khartoum, même si la plupart de ses
revendications sont identiques à celles des deux principaux groupes
rebelles. Toutefois le ministre des Affaires étrangères du
Tchad a tenu a précisé que les négociations en cours
à N'djamena allaient dans le même sens que l'initiative d'Abuja
(All Africa. Com 15/12/2004)
Pillage et combats continuent
au Darfour
Les combats continuent entre des groupes armés rivaux dans la
région de Nyala au Sud Darfour, ce qui a interrompu les opérations
de l'ONU dans ce secteur. Les agences humanitaires font par ailleurs savoir
que des milices ont pénétré dans les camps de Kalma
pour piller des objets personnels et du bétail.
« La Mission de l'ONU au Soudan fait état de combats continus
entre groupes armés rivaux dans la région de Nyala au Sud
Darfour ce qui soulève de sérieuses préoccupations
parmi le personnel humanitaire », a indiqué aujourd'hui le
porte parole du Secrétaire général lors de son point
quotidien avec la presse, au Siège de l'ONU à New York.
« Les opérations et mouvements de l'ONU ont été
suspendus pour cause d'insécurité », a annoncé
le porte-parole.
« Les agences humanitaires ont fait savoir que des milices avaient
pénétré dans certains secteurs du camp de Kalma dans
la soirée du 13 décembre, tirant en l'air et pillant des
objets personnels dans des huttes et du bétail appartenant à
des personnes récemment arrivées », a-t-il ajouté.
Hier, lors d'une conférence de presse au Siège à
New York, le Représentant spécial du Secrétaire général
pour le Soudan exposait que l'aboutissement des négociations de
paix Nord/Sud et la conclusion d' un accord global pour le Soudan conduira
au déploiement d'une mission « complète » de
maintien de la paix à long terme dans le pays
(Nations Unies New York, 15/12/2004)
Dépasser le
maintien de la paix au Soudan
Optimiste quant à l'issue des négociations de paix Nord/Sud
à Nairobi, qui doivent aboutir à un accord global pour le
Soudan, le Représentant spécial a aujourd'hui exposé
les plans d'une mission complète de l'ONU dans le pays, éclairant
par ailleurs le regain des tensions après la signature des accords
du 19 novembre 2004.
« Vous êtes peut-être sceptiques » a-t-il affirmé,
« mais [les parties aux négociations de Nairobi] vont y arriver
» et c'est pourquoi nous allons préparer le déploiement
de notre mission complète, dans tout le pays, après que le
Conseil de sécurité aura donné mandat, a déclaré
aujourd'hui le Représentant spécial du Secrétaire
général pour le Soudan, Jan Pronk, lors d'une conférence
qui s'est tenue au Siège de l'ONU à New York
Jan Pronk a réitéré sa condamnation du meurtre
de deux travailleurs humanitaire hier au Darfour, indiquant que les auteurs
pourraient appartenir à l'Armée de libération du Soudan
(SLA), et qu'en toute hypothèse, même s'il ne s'agissait pas
d'un crime prémédité, les chefs des groupes rebelles
devaient savoir qu'ils seraient tenus pour responsables de ces actes
Selon le Représentant spécial, la dernière résolution
du Conseil de sécurité de Nairobi sur les accords Nord/Sud
a été interprétée par les rebelles et le Gouvernement
comme étant en retrait par rapport aux positions antérieures,
ce qui les a poussé à renforcer leurs positions.
Quant à l'ALS, estimant qu'elle « n'obtenait pas de répondant
politique », elle a décidé littéralement «
de combattre pour parvenir à la table des négociations »,
ce qui a conduit aux interventions à Tawila
Ces derniers ont finalement été convaincus, notamment
grâce à l'Union africaine, de participer aux négociations
de la semaine dernière « d'Abuja III ». Il existe donc
« certains progrès » dans les discussions politiques
En toute hypothèse, a estimé Jan Pronk, il n'y aura pas d'accord
au Darfour sans un accord entre le Nord et le Sud, qui se poursuivent à
Nairobi au plus haut niveau .
« Les chances sont positives », a-t-il indiqué,
précisant que la discussion achoppait sur les modalités de
financement de l'armée et sa taille. Pour l'instant, a-t-il précisé,
il est important de laisser les parties négocier seules afin qu'elle
puissent aller au bout des promesses faites lors de la séance exceptionnelle
du Conseil de sécurité à Nairobi
Interrogé sur le lien entre les négociations Nord/Sud
au Soudan et la situation au Darfour, Jan Pronk a indiqué qu'il
fallait des négociations politiques entre des mouvements rebelles
qui n'ont que peu d'expérience en matière de négociation,
qui sont jeunes et qui ne sont que peu représentatifs.
« Je ne doute pas de la volonté politique du Vice-Président
du Soudan », a-t-il affirmé, mais il faut aussi la capacité,
notamment de pouvoir « vendre » un accord à la base
que l'on représente.
A cet égard, Jan Pronk a indiqué que « les puissances
devraient jouer de leur pouvoir », ou plutôt faire un «
usage constructif de leur pouvoir ». Les cinq membres permanents
du Conseil de sécurité, « qui ont tous le même
intérêt à la paix », devraient peser de leur
poids, ne serait-ce que pour que les négociateurs puissent, en réponse
à leur « base », invoquer les pressions d'un front unifié.
« On peut faire tant de choses, diplomatiquement et politiquement,
sans recourir au dernier ressort que sont les sanctions » a par ailleurs
précisé le Représentant spécial, ajoutant :
« la force relève de la défense d'une attaque extérieure,
elle devrait être domestique ».
Répondant à une journaliste qui lui demandait quel était
le scénario après la signature d'un accord global de paix,
Jan Pronk a indiqué qu'une cérémonie de signature
devrait avoir lieu en Afrique, à Nairobi, en présence de
chefs d'Etat.
Le Conseil de sécurité devrait alors, aussi rapidement
que possible, donner mandat, vers la troisième semaine de janvier,
à une mission complète de l'ONU, qui devrait être pleinement
déployée en six mois, dans différentes régions
du Sud-Soudan.
Selon Jan Pronk, cette force devrait compter entre 9 000 et 10 000
troupes, déployées sur le terrain pendant six ans, jusqu'au
référendum et après pour suivre sa mise en oeuvre.
« Ils partiront alors, mais l'ONU restera », a précisé
le Représentant spécial, car le plan ne vise pas seulement
une mission d'appui à la paix mais une mission globale s'étendant
aussi au développement, afin de répondre aux causes profondes
du conflit, qui n'ont jamais été traitées.
(Nations Unies, New York, 14/12/2004)
Le gouvernement
soudanais annonce l'arrêt de l'offensive militaire au Darfour
Le gouvernement soudanais a accepté mercredi d'arrêter
son offensive militaire au Darfour (ouest du Soudan), une décision
qui pourrait permettre la reprise des pourparlers de paix inter-soudanais
d'Abuja, bloqués depuis deux jours par le retrait des mouvements
rebelles.
Les deux mouvements rebelles du Darfour, qui avaient quitté
la table des négociations lundi, n'avaient pas immédiatement
réagi à cette annonce.
Cet arrêt de l'offensive militaire a été annoncé
par les médiateurs de l'Union Africaine (UA) et confirmé
par la délégation gouvernementale soudanaise à Abuja.
Cette troisième série de négociations vise à
tenter de mettre fin à ce conflit qui ravage la province du Darfour
depuis 2003 et a fait environ 70.000 morts et plus d'un million de déplacés
ou de réfugiés.
Le conflit du Darfour constitue la plus grave crise humanitaire dans
le monde à l'heure actuelle, selon l'ONU.
"Le gouvernement soudanais s'est engagé à stopper son
opération militaire en cours (au Darfour), et nous lui avons indiqué
que nous allions vérifier cette information afin que nous puissions
reprendre les pourparlers en session plénière", a déclaré
le chef des médiateurs de l'UA, Sam Ibok.
"Si nous trouvons, lors de nos vérifications, que cette information
est exacte, alors cela devrait conduire à une large discussion sur
les dossiers politiques", a-t-il déclaré.
Le porte-parole s'exprimait après une rencontre entre les médiateurs
de l'UA et les responsables de la délégation du gouvernement
soudanais.
Deux mouvements rebelles du Darfour boycottent depuis lundi ces pourparlers
de paix qui se tiennent dans la capitale nigériane et l'UA tente
de les faire revenir à la table des négociations.
Le Mouvement de libération du Soudan (SLM) et du Mouvement pour
la justice et l'égalité (JEM) ont accusé le gouvernement
soudanais de violer régulièrement le cessez-le-feu.
Le SLM a également accusé Khartoum de préparer
une grande offensive sur le terrain, selon un médiateur de l'UA
et le JEM a, lui, accusé mercredi Khartoum de lui "déclarer
la guerre".
"Nous sommes prêts à reprendre les négociations
si le gouvernement du Soudan retire immédiatement ses troupes des
zones reprises sur nos forces et qu'elles reviennent sur leurs positions"
d'avant la signature du cessez le feu en avril, avait précisé
le négociateur en chef du JEM, Ahmed Mohammed Tugod, avant l'annonce
du gouvernement soudanais.
Le porte-parole gouvernemental soudanais à Abuja Ibrahim Mohammed
a confirmé que Khartoum était d'accord pour un arrêt
des opérations militaires.
"Lors de la rencontre (avec l'UA) nous avons assuré que nous
avions contacté Khartoum et que nous sommes d'accord pour arrêter
les opérations militaires (offensives)", a-t-il dit. "Arrêter
les opérations signifie un retour sur les positions initiales, ce
qui veut dire un retrait des troupes", a-t-il ajouté.
"En même temps, les rebelles doivent mettre fin à leurs
attaques parce que notre devoir et notre responsabilité en tant
que gouvernement est de défendre tout notre peuple", a déclaré
le porte-parole.
Sur le terrain, l'armée allemande prévoit de commencer
jeudi une opération d'assistance logistique à la commission
africaine d'observation du cessez-le-feu au Darfour. La Bundeswehr va assurer
le transport d'environ 200 soldats gambiens et 12 tonnes d'équipement
de la capitale gambienne Banjul jusqu'au Darfour, en passant par le Tchad.
Le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères,
Walter Lindner, a qualifié mercredi la situation au Soudan de "très
inquiétante et dramatique". "Il y a des violations massives de l'accord
du cessez-le-feu (...) Le côté dramatique de la situation
a augmenté et pour cette raison la nécessité d'aider
là-bas est grande", a-t-il continué
(AFP, Abuja – 15/12/2004)
Un pays entre guerre et paix
La situation se détériore à nouveau au Darfour.
Les négociations ont repris pour mettre fin au conflit opposant
le nord et le sud du pays depuis 1981.
Des négociations de paix interrompues, d’autres qui reprennent
: la journée d’hier a été révélatrice
des tendances contradictoires qui secouent le plus grand pays d’Afrique.
Les représentants du Mouvement pour la libération du Soudan
(SLM) et du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM),
les deux groupes rebelles du Darfour, ont annoncé lundi en soirée
qu’ils suspendaient leur participation aux négociations entamées
samedi à Abuja sous l’égide de l’Union africaine (UA).
Cette troisième cession de pourparlers était destinée
à trouver une issue pacifique au conflit entre les rebelles et le
gouvernement soudanais qui, depuis 2003, a fait plus d’un million de déplacés
et 70 000 morts dans cette province de l’ouest soudanais. Elle intervient
alors que la situation dans le Darfour connaît depuis plusieurs semaines
une nouvelle aggravation. La reprise du cycle - attaques des groupes rebelles-représailles
massives de Khartoum et des milices pro-gouvernementales entraîne
de nouveau le déplacement de milliers de personnes depuis le début
du mois. Nombre d’organisations d’aide aux déplacés ont par
ailleurs été contraintes de réduire leurs activités
en raison de cette insécurité qui n’épargne pas leurs
employés, comme l’a montré la mort dimanche de deux travailleurs
d’une ONG britannique.
Mais sur un autre front, des perspectives de paix semblent exister.
« Nous sommes très optimistes. Nous pensons qu’il est possible
d’arriver à un accord mettant un terme
à la plus longue guerre d’Afrique », a déclaré,
lundi à l’Humanité, Yassir Araman, porte-parole du Mouvement
de libération des peuples du Soudan (SPLM). Les négociations
entre ce mouvement rebelle du Sud soudanais et le gouvernement central
pour mettre un terme à un conflit qui, depuis 1981, a fait près
de deux millions de morts et quatre millions de déplacés,
ont repris hier après deux jours d’interruption. Depuis le 6 décembre,
les deux parties sont réunies au Kenya pour mettre un point final
aux pourparlers qu’ils ont entamés il y a plusieurs années.
« Techniquement, l’accord est déjà là puisque
nous avons résolu les questions essentielles », souligne Yassir
Arman. Des protocoles portant sur le partage des richesses et du pouvoir
durant la période intérimaire de six ans censée précéder
l’organisation d’un référendum d’autodétermination
dans le sud du pays ayant déjà été signés,
il ne reste plus qu’à « déterminer leur modalité
d’application » et à « parvenir à un cessez-le-feu
définitif », rappelle le porte-parole du SPLM.
Le règlement du conflit va-t-il aider à celui du Darfour
? C’est, semble-t-il, le pari fait par beaucoup. « Si les négociations
entre le gouvernement et le SPLM sont couronnées de succès,
cela aura un impact positif sur la crise au Darfour », estime Yassir
Arman. « Le problème du Darfour est celui d’une marginalisation
politique, économique, sociale et culturelle. Or l’accord de Niavasha
entre le Nord et le Sud fournit des solutions pour des cas similaires.
Par ailleurs, la signature de la paix entre le Nord et le Sud va changer
la configuration politique. Il y aura une atmosphère différente
avec un nouveau gouvernement. »
L’idée que l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement comportant
des membres du SPLM, durant la période prévue pour la transition,
devrait aider à résoudre les autres problèmes du pays
semble partager par le Conseil de sécurité des Nations unies.
Lors de sa réunion exceptionnelle à Nairobi, à la
mi-novembre, ce dernier a décidé de remettre la pression
sur les accords Nord-Sud, après avoir adopté durant l’été
plusieurs résolutions consacrées à la crise au Darfour.
La stratégie qui consistait à brandir des sanctions contre
le gouvernement soudanais pour les violations massives des droits de l’homme
a été abandonnée. Cette fois, la résolution
n’a porté que sur le conflit entre le gouvernement et le SPLM. L’un
et l’autre ont été poussés à signer un mémorandum
dans lequel ils s’engageaient à trouver un accord définitif
avant la fin 2004.
Ce pari d’inscrire le règlement de la crise au Darfour dans
une solution plus globale est une réponse à la stratégie
du gouvernement soudanais. Ce dernier n’a cessé de menacer d’interrompre
les négociations avec le SPLM chaque fois que la communauté
internationale s’est faite plus menaçante sur le Darfour. Mais les
écueils restent nombreux. Interrogé le 3 décembre
par Radio France internationale et l’Humanité, Khalil Ibrahim, dirigeant
du Mouvement pour la justice et l’égalité, un des groupes
rebelles du Darfour, a expliqué que son mouvement « n’attendait
rien d’une arrivée au pouvoir du SPLM ». Estimant que le gouvernement
« essaye d’affaiblir et de diviser le SPLM pour qu’il n’ait plus
ni valeur ni pouvoir », il a précisé : « Nous
ne comptons par sur Garang [le dirigeant du SPLM - NDLR] pour nous aider
parce qu’il ne pourra même pas s’aider lui-même. »
Par ailleurs, Khalil Ibrahim a affirmé à plusieurs reprises
que son mouvement est « national » et « vise la transformation
du pouvoir à Khartoum ». Des déclarations qui laissent
peu d’espace à une solution négociée. L’apparition
durant ces derniers mois de nouveaux groupes armés au Nord et à
l’ouest du pays - rappelle par ailleurs que la contestation du monopole
des richesses et du pouvoir par une petite élite nordiste concerne
toutes les régions du pays. Or la difficulté est que le cadre
des négociations entre le Nord et le Sud, en excluant tout autre
interlocuteur que le SPLM et le gouvernement, a justement redonné
une légitimité et des perspectives d’avenir à ce pouvoir
islamiste pourtant en grande partie responsable de l’accumulation des frustrations.
(l’Humanité, 15/12/2004, Camille Bauer)
U.A., «
Khartoum suspend l’offensive militaire »
Le gouvernement soudanais a accepté de suspendre l'offensive
militaire en cours au Darfour, la vaste région de l'ouest soudanais
théâtre depuis presque deux ans d'affrontements à l'origine
d'une très grave crise humanitaire. C'est ce qu'ont annoncé
aujourd'hui les médiateurs de l'Union africaine (UA) aux colloques
de paix en cours à Abuja (Nigeria). Selon les sources de l'UA, la
décision de Khartoum pourrait permettre la reprise des négociations
suspendues lundi dernier avec le retrait des deux principaux groupes combattants
antigouvernementaux (SLA-M et JEM) en signe de protestation contre de récentes
attaques de l'armée. Sam Ibok, le chef des médiateurs de
l'UA, a souligné qu'après avoir "vérifié la
suspension de l'offensive militaire gouvernementale, les négociations
pourraient finalement reprendre en session plénière". La
crise au Darfour, formellement déclenchée en février
2003 par le soulèvement des deux groupes d'autodéfense populaire
contre des bandes de pillards arabes (janjawid), qui auraient le soutien
du gouvernement (musulman), a provoqué jusqu'à ce jour des
milliers de victimes (5.000 selon le gouvernement, des dizaines de milliers
selon les Nations Unies), plus d'un million et demi de déplacés
et 200.000 réfugiés au Tchad.
(MISNA, Italie – 15/12/2004)
Le président
demande le prorogation de l’Etat d’urgence
Le président soudanais Omar el-Béchir a demandé
au Parlement de prolonger d'un an l'état d'urgence (qui arrive à
échéance le 31 décembre prochain) décrété
dans le pays à cause du conflit en cours dans le Darfour, la région
occidentale à la frontière avec le Tchad. C'est ce que rapporte
l'agence de presse nationale, Suna, en précisant que el-Béchir
a également demandé au Parlement de proroger de six mois
la législature en cours et le mandat de quelques responsables du
gouvernement, dont les noms n'ont pas été communiqués.
Selon la Suna, ces deux mesures permettront de faire face aux développements
liés à la signature d'un accord de paix avec les indépendantistes
du Sud Soudan (attendue pour la fin de l'année) et de préparer
la période de transition de six ans qui devrait aboutir à
un référendum d'autodétermination pour les populations
du sud du pays. Pendant ce temps, le destin des colloques de paix, en cours
à Abuja (Nigeria) et organisés par l'Union Africaine (UA),
est incertain. En effet, hier soir les délégations des deux
groupes rebelles du Darfour – l'Armée de libération du Soudan
(SLA-M) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM)
– ont suspendu leur propre participation aux négociations, dénonçant
les attaques continues des forces gouvernementales soudanaises contre leurs
propres positions sur le territoire. Les rebelles ont déclaré
en particulier posséder des informations relatives à une
vaste opération militaire que Khartoum serait prête à
lancer dans les jours à venir. Les deux parties en présence
s'accusent réciproquement depuis plusieurs semaines de violer le
cessez-le-feu souscrit en avril dernier. De telles violations ont également
été vérifiées par les médiateurs de
l'UA, selon qui le nombre de violations "certifiées" (par la commission
spéciale pour le cessez-le-feu) au cours de ces deux derniers mois
a doublé, passant de 13 en septembre aux 52 enregistrées
entre octobre et début décembre. Les médiateurs de
l'UA essaient de convaincre les délégués des deux
mouvements rebelles du Darfour à se rasseoir à la table des
négociations, mais il semblerait que pour le mouvement leurs représentants
restent fermes sur leur position
(MISNA, Italie – 14/12/2004)
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