Nouvelles brèves

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2004


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Nouvelles brèves du  18 au 31 décembre 2004
Attente pour signature protocole gouvernement – SPLA en vue accord final
Les principaux points de l'accord de paix inter-soudanais
Paix au sud du Soudan: accord sur les derniers points en suspens
Darfour : les rebelles critiquent la médiation de l’UA et se retirent
Au Darfour, un village attaqué , mort d’un agent de MSF
Suspension des colloques, l’insécurité chasse les humanitaires
L’Union Européenne lance un ultimatum aux groupes armés au Darfour
Attente pour signature protocole gouvernement – SPLA en vue accord final

Le président du Soudan Omar el-Béchir et celui d'Afrique du Sud Thabo Mbeki sont attendus aujourd'hui à Naivasha, au Kenya, pour la signature du dernier protocole qui devrait ouvrir la voie à un accord final de paix entre le gouvernement de Khartoum et le principal groupe rebelle du Sud Soudan, en guerre depuis 21 ans, le conflit le plus long du continent. Ils ont tous deux quittés la capitale du Soudan, où le chef d'Etat sud-africain se trouvait en visite, pour se rendre à Nairobi. De là ils rejoindront Naivasha, localité située à environ 80 kilomètres, où se déroule la dernière phase de la négociation longue et complexe ouverte entre les deux parties. Les derniers obstacles sur la voie de la paix semblent être tombés hier lorsque le vice-président soudanais Ali Osman Taha et le chef de l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA), John Garang, se sont mis d'accord sur un cessez-le-feu permanent et sur les détails de réalisation des contenus de l'accord de paix final. La souscription de l'entente globale – sauf des renvois imprévus de dernière minute – a déjà été fixée pour le 9 janvier prochain au Kenya; depuis plusieurs mois la communauté internationale a exercé des pressions sur les deux parties en présence pour qu'elles parviennent à une entente finale d'ici à fin 2004, qui mette fin au conflit entre le gouvernement islamique de Khartoum et le sud du pays, à majorité animiste et chrétienne, riche en gisements de pétrole. En novembre, à l'occasion d'une séance extraordinaire du Conseil de sécurité de l'Onu à Nairobi, le gouvernement et les rebelles se sont engagés à signer la paix d'ici la fin de l'année. On calcule que depuis 1983 la guerre a provoqué plus de 2 millions de morts, surtout à cause de la faim et de maladies; dans ce pays, le plus étendu de l'Afrique avec ses plus de 2,5 millions de km2, le conflit a également causé près de 4 millions de déplacés.

(MISNA, Italie – 31/12/2004

Les principaux points de l'accord de paix inter-soudanais  
Voici les principaux points de l'accord de paix intersoudanais devant mettre fin à 21 ans de guerre, le plus long conflit en cours en Afrique, qui doit être officiellement signé courant janvier à Nairobi. 
Cet accord doit englober les différents protocoles d'accord conclus jusqu'à présent entre les deux parties depuis le début des négociations en 2002, qui n'entreront en vigueur qu'une fois la paix conclue. 
- Autonomie et référendum sur l'indépendance: 
Un protocole d'accord de paix entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), signé en juillet 2002, offre au sud une période d'autonomie de six ans. 
A l'issue de cette période, le sud du pays, majoritairement chrétien et animiste, doit se prononcer sur son maintien dans le pays ou son accession à l'indépendance lors d'un référendum organisé sous supervision internationale. 
Les deux parties ont convenu en 2002 de reprendre la délimitation entre le sud et le nord établie par l'administration britannique en 1956. 
- Partage du pouvoir: 
Selon un protocole signé en mai 2004, les rebelles et les autorités de Khartoum formeront un gouvernement d'unité nationale avec une administration décentralisée. 
La SPLA disposera également d'une administration semi-autonome dans le sud du pays, exemptée de la Charia (loi islamique) qui prévaut au nord. 
Le chef rebelle John Garang deviendra le premier vice-président. Des élections générales seront organisées à la fin de la troisème année de la transition. 
L'anglais et l'arabe seront les langues officielles. Les habitants du sud se verront réservés 30% des postes dans la fonction publique nationale. 
- Partage des ressources: 
Selon un protocole signé en janvier 2004, les revenus pétroliers provenant des puits du sud, où la plupart des ressources pétrolières du Soudan se trouvent, seront partagés 50-50 entre le gouvernement national et celui du sud, après avoir donné 2% de revenu à l'Etat où sera produit le pétrole. 
Les communautés où est extrait le brut, qui se trouvent essentiellement dans le sud, auront leur mot à dire dans les contrats d'extraction. 
Une commission nationale du pétrole, composée de représentants des deux gouvernements, doit être mise en place pour décider de la politique pétrolière et négocier les contrats d'exploitation. 
La moitié des richesses non issues du pétrole, essentiellement les impôts et taxes, collectées dans le sud par le gouvernement national doivent être allouées au gouvernement autonome du sud, sous supervision d'une commission conjointe. 
Un double système bancaire doit être mis en place, avec un système islamique (où il est interdit de percevoir des intérêts) dans le nord et un système conventionnel dans le sud, où sera créée une branche spéciale de la Banque centrale du Soudan. 
La Banque centrale doit émettre une nouvelle monnaie avec des dessins reflétant la diversité culturelle du pays. 
- Sécurité: 
Selon un protocole signé en septembre 2003, plus de 100.000 soldats de l'armée gouvernementale basée dans le sud du Soudan et les rebelles de la SPLA déployés dans les Monts Nuba (centre) et dans la province du Nil bleu méridional (centre) se retireront, les premiers vers le nord, les seconds vers le sud. 
Ces mouvements de troupes s'effectueront sous contrôle international. 
La coordination de ces deux forces sera faite par un commandement conjoint composé des deux parties. 
Lors de la période intérimaire, les deux parties contribueront en nombre égal aux unités intégrées conjointes (JIU, Joint Integrated Units) de l'armée déployées dans le nord et le sud du pays. 
Les JIU seront déployées à hauteur de 24.000 soldats dans le sud du Soudan, 6.000 dans les Monts Nuba, 6.000 dans le Nil bleu méridional et 3.000 dans la capitale Khartoum. 

(A.F.P, Nairobi, 30 déc 2004)

Paix au sud du Soudan: accord sur les derniers points en suspens 

Le gouvernement de Khartoum et les rebelles sudistes de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) se sont mis d'accord jeudi sur les deux derniers points en suspens, ouvrant ainsi la voie à la signature d'un accord de paix global en janvier qui mettra un terme à 21 ans de guerre. 
"Un accord de paix final sera signé à Nairobi le 9 janvier", a indiqué à l'AFP un responsable de la médiation, précisant qu'il s'agirait "d'un accord complet, incluant tous les protocoles et les annexes". 
Avec cet accord global, le Soudan, plus vaste pays d'Afrique, devrait tourner définitivement la page du conflit le plus long actuellement en cours sur le continent et qui a fait 1,5 million de morts et quatre millions de déplacés. 
"Ils se sont finalement mis d'accord sur le cessez-le-feu et sur les modalités d'application" de l'accord de paix, a indiqué à l'AFP un médiateur ayant requis l'anonymat depuis la ville kényane de Naivasha, où se tiennent les discussions. 
Les délégations du gouvernement et des rebelles sudistes sont menées respectivement par le vice-président soudanais, Ali Osmane Taha et le chef de la SPLA, John Garang. 
La signature des deux protocoles, dont les détails n'ont pas été communiqués à la presse jeudi, sera effectuée vendredi à 15H00 locales (12H00 GMT) à Naivasha (80 km au nord-ouest de Nairobi), a précisé un responsable du ministère kényan des Affaires étrangères. 
Il s'agissait des deux derniers points qui bloquaient la conclusion des négociations de paix entamées au Kenya début 2002. 
La guerre opposait le nord arabo-musulman au sud à majorité chrétienne animiste, qui s'estimait marginalisé par le régime de Khartoum. 
Sous une intense pression internationale, notamment américaine, Khartoum et la SPLA s'étaient engagées le 19 novembre dernier à conclure un accord de paix définitif "le 31 décembre 2004 au plus tard", devant le Conseil de sécurité des Nations unies réuni exceptionnellement à Nairobi. 
Ces deux dernières années, les deux parties ont déjà signé une série d'accords portant notamment sur le partage du pouvoir - le chef rebelle devenant le premier vice-président - et celui des richesses à hauteur de 50/50, notamment de l'importante rente pétrolière. 
Les réserves pétrolières du Soudan sont estimées à plus de 2 milliards de barils, dont 700 millions de barils de réserves prouvées, selon des sources officielles. Les gisements se trouvent essentiellement dans le centre et le sud du pays. 
Le président américain George W. Bush a par ailleurs pressé le président soudanais Omar el-Béchir de signer un accord de paix global avec la rébellion sudiste, dans un message qu'il lui a adressé à l'occasion du 49ème anniversaire de l'indépendance du Soudan. 
"Nous espérons que la signature imminente d'un accord de paix à Naivasha (avec la rébellion du sud) sera un puissant stimulant pour la paix au Soudan et la base de solides relations entre nos deux peuples", a dit le président américain dans son message reproduit jeudi par l'agence officielle soudanaise Suna. 
M. Bush a d'autre part souhaité que le président Béchir fasse un pas "important et final" pour conclure l'accord (avec le sud) en soulignant que les Etats-Unis et la communauté internationale accorderont leur soutien à quiconque oeuvre pour la paix au Soudan, selon Suna. 
Cet accord ne concerne pas la région du Soudan encore déchirée par un conflit, le Darfour (ouest). Depuis près de deux ans, une guerre civile y a fait 70.000 morts ainsi que 1,6 million de déplacés ou réfugiés. 

(A.F.P, Nairobi, 30 déc 2004)

Darfour : les rebelles critiquent la médiation de l’UA et se retirent

"Le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) rejette la médiation de l'Union africaine (UA) et ne participera plus aux colloques de paix sur le Darfour organisés à Abuja par l'UA" a déclaré hier Khalil Ibrahim, représentant du JEM, l'un des deux groupes combattants de la région occidentale du Soudan. Dans une interview à l'agence britannique Reuters, Khalil Ibrahim a déclaré que les colloques d'Abuja étaient un échec et demandé à ce que les Nations Unies se chargent de la médiation dans les prochaines phases de négociations. Il a également demandé à ce que la mission d'observation de l'UA au Darfour soit remplacée par un contingent international sous l'égide de l'ONU. Le leader de l'autre groupe armé actif au Darfour, l'Armée de libération du Soudan (SLA), a lui aussi déclaré que l'Union africaine avait complètement échoué dans son monitorage du cessez-le-feu et dans sa tâche de forcer Khartoum à mettre fin aux attaques et aux violences. Le SLA n'a pas encore pris de décision sur sa participation à la prochaine tournée de négociations prévue en janvier. Le porte-parole de l'UA Adem Thiam a dit que malgré les critiques, l'organisation panafricaine chercherait encore une solution à la crise au Darfour, en cours depuis presque deux ans, depuis le soulèvement du SLA et du JEM contre le gouvernement, accusé de négliger la région et de ne rien faire pour protéger la population des attaques de milices arabes janjawid. La Commission de l'UA a entre temps fait savoir que le déploiement de renforts arrivés ces jours-ci de Gambie (197 hommes) pour épauler plus de 3.000 éléments chargés de surveiller le cessez-le-feu a été effectué. Les nombreuses violations de la trêve ont amené à l'impasse de la dernière phase de négociations, durant laquelle les parties auraient dû affronter la question politique à la base de la crise, après les signatures de protocoles d'accord sur les questions de sécurité et humanitaires.

(MISNA, Italie – 24/12/2004)

Au Darfour, un village attaqué , mort d’un agent de MSF

Le village de Labado, dans le Darfour Sud, a été détruit dans un raid des forces gouvernementales et il est à présent totalement abandonné; la seule victime portée à notre connaissance pour l'instant est un agent local de Médecins sans frontières (MSF). C'est l'organisation humanitaire elle-même qui a appris la mort de son agent, dans l'attaque perpétrée vendredi dernier, à travers des collaborateurs de la victime qui sont allés se réfugier dans la ville de Shariya. "Le village a été incendié et toute la population (27.000 habitants) a fui dans les localités voisines" a raconté à la MISNA Tom Koene, coordinateur des opérations de MSF au Darfour. L'agent de MSF a été tué devant le dépôt de l'organisation, alors qu'il n'était pas en service. "Les habitants affirment que l'attaque a été menée par voie aérienne par les forces gouvernementales et par voie terrestre par des milices arabes Janjawid" a poursuivi notre interlocuteur, en précisant qu'il est actuellement impossible de fournir un bilan des victimes civiles. Les premiers habitants en fuite sont arrivés à pied à Shariya, à 50 kilomètres au nord de Labado, et à Kalma, à 100 kilomètres à l'ouest, où les équipes locales de MSF ont apporté les premiers secours. On ignore où a fui le reste de la population et un groupe de 29 agents de MSF qui œuvraient dans un centre nutritionnel et dans une clinique. L'attaque de Labado confirme la reprise de violences dans la région occidentale du Soudan, en dépit de la trêve signée en avril entre les parties en lutte. Les organisations humanitaires ont de plus en plus de mal à faire leur travail à cause de l'insécurité sur le terrain. Hier, les négociations de paix entre le gouvernement de Khartoum et les deux groupes rebelles actifs dans la région, l'Armée-Mouvement de libération du Soudan (SLA-M) et le Mouvement pour la Justice et l'égalité (JEM) ont été suspendues jusqu'en janvier. Le conflit au Darfour a été déclenché en février 2003 avec l'insurrection du SLA-M et du JEM contre Khartoum, accusé de négliger la région et sa population, sujette aux attaques des janjawid. La crise a fait de nombreuses victimes (plusieurs dizaines de milliers selon les Nations Unies, 5.000 selon Khartoum), un million et demi de déplacés et 200.000 réfugiés au Tchad.

(MISNA, Italie – 22/12/2004) 

Suspension des colloques, l’insécurité chasse les humanitaires

Les négociations de paix portant sur le Darfour, en cours à Abuja (Nigeria), prennent fin cet après-midi et reprendront en janvier, selon l'Union Africaine. Elles devraient se terminer par l'un des deux face à face prévus aujourd'hui entre le président nigérian, Olusegun Obasanjo et, d'une part la délégation du gouvernement de Khartoum, de l'autre celle des deux groupes rebelles, SLA-M et JEM. La note de l'UA précise que les parties se sont engagées à respecter le cessez-le-feu signé en avril dernier. Les nombreuses violations de cette trêve, surtout ces deux derniers mois, ont conduit à l'impasse dans cette troisième phase de négociations, qui aurait dû affronter la question politique étant à la base de la crise, une fois que les parties avaient signé lors des deux précédentes sessions deux protocoles d'enquête sur les aspect de sécurité et de tutelle humanitaire. Pendant ce temps, la situation sur le terrain au Darfour empire: aujourd'hui, l'une des organisation humanitaire les plus actives dans la vaste région ouest-soudanaise (théâtre depuis presque deux ans de combats et de violences responsables d'une grave crise humanitaire) a annoncé qu'elle allait suspendre toutes ses activités et qu'elle allait quitter la région. Il s'agit de l'ONG britannique Save the Children, qui a perdu au cours de ces deux derniers mois 4 se ses agents, dans deux embuscades.

(MISNA, Italie, 21/12/2004)

L’Union Européenne lance un ultimatum aux groupes armés au Darfour

La Commission de l'Union Africaine (UA) de vérification du cessez-le-feu au Darfour (région de l'ouest du Soudan théâtre d'affrontements et de violences depuis presque deux ans) a lancé hier un ultimatum aux deux principaux mouvements combattants actifs dans la région pour qu'ils cessent leurs récentes actions belliqueuses, qui contrastent avec l'esprit censé animer les colloques de paix en cours au Nigeria. Des sources de l'UA affirment que l'organisme menace de prendre des mesures concrètes et a donné aux groupes armés jusqu'à cet après-midi 18 h 00 pour fournir des réponses sérieuses à cette requête. La Commission a été également particulièrement sévère à l'encontre du gouvernement de Khartoum, accusé hier par le chef de la mission d'observation militaire de l'UA au Darfour d'avoir procédé à une vaste mobilisation de troupes dans toute la région. Il a été ordonné aux deux groupes antigouvernementaux SLA-M et JEM de mettre fin aux attaques contre les activités commerciales et les infrastructures de l'Etat, notamment les postes de police". La réaction à l'ultimatum pourrait être déterminante pour la suite des colloques de paix, a fait savoir Sam Ibok, le représentant de l'UA qui guide les négociations sur le Darfour à Abuja. La crise au Darfour, formellement déclenchée en février 2003 par le soulèvement des deux groupes d'autodéfense populaire contre des bandes de pillards arabes (janjawid), qui auraient le soutien du gouvernement (musulman), a provoqué jusqu'à ce jour des milliers de victimes (5.000 selon le gouvernement, des dizaines de milliers selon les Nations Unies), plus d'un million et demi de déplacés et 200.000 réfugiés au Tchad. 

(MISNA, Italie – 18/ 12/ 2004)
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Nouvelles brèves du  14 au 16 décembre 2004

Soudan: plus de 1,6 million de déplacés du Darfour, selon l'Onu
Washington allège les sanctions contre Cuba, l'Iran et le Soudan
Les rebelles du Darfour se retirent des pourparlers de paix en protestant contre les attaques de Khartoum
Pillage et combats continuent au Darfour
Dépasser le maintien de la paix au Soudan
Le gouvernement soudanais annonce l'arrêt de l'offensive militaire au Darfour
Un pays entre guerre et paix
U.A., « Khartoum suspend l’offensive militaire »
Le président demande le prorogation de l’Etat d’urgence
Soudan: plus de 1,6 million de déplacés du Darfour, selon l'Onu

Le conflit du Darfour, province de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile depuis février 2003, a fait environ 1,65 million de déplacés sur une population totale d'environ 2,3 millions d'habitants, ont indiqué mercredi les Nations unies dans un communiqué.
Malgré la dégradation de la situation, notamment du point de vue de la sécurité, les agences et organisations humanitaires réussissent à aider environ 80% des personnes déplacées, ajoute le texte, signé de Radhia Achouri, porte-parole du représentant spécial de l'Onu au Soudan, Jan Pronk.
Jusque-là, l'Onu évaluait à environ 1,5 million le nombres de personnes déplacées par ce conflit qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts.
Selon le communiqué de l'Onu, 6.653 travailleurs humanitaires, dont 788 expatriés, sont présents dans cette région désertique grande comme la France, soit un travailleur humanitaire pour 348 bénéficiaires. "Ce nombre devrait augmenter dans les mois à venir", ajoute le texte.
Le conflit du Darfour oppose depuis février 2003 les autorités de Khartoum à des rebelles qui affirment se battre pour un meilleur partage des richesses et un meilleure représentation de la population noire.
La communauté internationale accuse les djandjawids, des milices arabes pro-gouvernementales armées par Khartoum pour combattre les rebelles, de terroriser les civils de la région et de s'être livrés à des massacres et des atrocités à grande échelle, ayant entraîné l'exode des Noirs de la région.
Mercredi, le gouvernement soudanais a accepté d'arrêter son offensive militaire au Darfour, ce qui pourrait permettre la reprise des pourparlers de paix intersoudanais d'Abuja, destinés à mettre fin à ce conflit à l'origine, selon l'Onu, de la plus grave crise humanitaire en cours sur la planète.
Par ailleurs, le gouvernement soudanais a accepté mercredi d'arrêter son offensive militaire au Darfour (ouest du Soudan), une décision qui pourrait permettre la reprise des pourparlers de paix inter-soudanais d'Abuja, bloqués depuis deux jours par le retrait des mouvements rebelles.
Les deux mouvements rebelles du Darfour, qui avaient quitté la table des négociations lundi, n'avaient pas immédiatement réagi à cette annonce.
Cet arrêt de l'offensive militaire a été annoncé par les médiateurs de l'Union Africaine (UA) et confirmé par la délégation gouvernementale soudanaise à Abuja.
Cette troisième série de négociations vise à tenter de mettre fin à ce conflit qui ravage la province du Darfour depuis 2003 et a fait environ 70.000 morts et plus d'un million de déplacés ou de réfugiés
Le conflit du Darfour constitue la plus grave crise humanitaire dans le monde à l'heure actuelle, selon l'ONU.
"Le gouvernement soudanais s'est engagé à stopper son opération militaire en cours (au Darfour), et nous lui avons indiqué que nous allions vérifier cette information afin que nous puissions reprendre les pourparlers en session plénière", a déclaré le chef des médiateurs de l'UA, Sam Ibok.
"Si nous trouvons, lors de nos vérifications, que cette information est exacte, alors cela devrait conduire à une large discussion sur les dossiers politiques", a-t-il déclaré.
Le porte-parole s'exprimait après une rencontre entre les médiateurs de l'UA et les responsables de la délégation du gouvernement soudanais.
Deux mouvements rebelles du Darfour boycottent depuis lundi ces pourparlers de paix qui se tiennent dans la capitale nigériane et l'UA tente de les faire revenir à la table des négociations.
Le Mouvement de libération du Soudan (SLM) et du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) ont accusé le gouvernement soudanais de violer régulièrement le cessez-le-feu.
Le SLM a également accusé Khartoum de préparer une grande offensive sur le terrain, selon un médiateur de l'UA et le JEM a, lui, accusé mercredi Khartoum de lui "déclarer la guerre".
"Nous sommes prêts à reprendre les négociations si le gouvernement du Soudan retire immédiatement ses troupes des zones reprises sur nos forces et qu'elles reviennent sur leurs positions" d'avant la signature du cessez le feu en avril, avait précisé le négociateur en chef du JEM, Ahmed Mohammed Tugod, avant l'annonce du gouvernement soudanais.
Le porte-parole gouvernemental soudanais à Abuja Ibrahim Mohammed a confirmé que Khartoum était d'accord pour un arrêt des opérations militaires.
"Lors de la rencontre (avec l'UA) nous avons assuré que nous avions contacté Khartoum et que nous sommes d'accord pour arrêter les opérations militaires (offensives)", a-t-il dit. "Arrêter les opérations signifie un retour sur les positions initiales, ce qui veut dire un retrait des troupes", a-t-il ajouté.
"En même temps, les rebelles doivent mettre fin à leurs attaques parce que notre devoir et notre responsabilité en tant que gouvernement est de défendre tout notre peuple", a déclaré le porte-parole.
Sur le terrain, l'armée allemande prévoit de commencer jeudi une opération d'assistance logistique à la commission africaine d'observation du cessez-le-feu au Darfour. La Bundeswehr va assurer le transport d'environ 200 soldats gambiens et 12 tonnes d'équipement de la capitale gambienne Banjul jusqu'au Darfour, en passant par le Tchad.
Le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Walter Lindner, a qualifié mercredi la situation au Soudan de "très inquiétante et dramatique". "Il y a des violations massives de l'accord du cessez-le-feu (...) Le côté dramatique de la situation a augmenté et pour cette raison la nécessité d'aider là-bas est grande", a-t-il continué.

(AFP, Montréal, Québec, Canada - 16/12/2004 )
Washington allège les sanctions contre Cuba, l'Iran et le Soudan 

Les Etats-Unis ont allégé mercredi les sanctions contre Cuba, l'Iran et le Soudan, trois Etats jugés dangereux par Washington, afin de faciliter les échanges littéraires, culturels et scientifiques avec ces pays.
Un nouveau règlement du département du Trésor autorise les Américains à s'engager librement dans des activités d'édition avec des individus et des groupes dans ces trois pays.
Des restrictions à "certaines interactions" avec les gouvernements locaux seront maintenues, a indiqué le Trésor dans un communiqué, sans en préciser l'ampleur.
Robert Werner, directeur du Bureau de contrôle des biens étrangers, chargé de faire appliquer les sanctions, a indiqué que les personnes cherchant à publier des auteurs cubains, iraniens et soudanais aux Etats-Unis, ou à faire publier leurs propres ouvrages dans ces trois Etats, pourront désormais le faire "sans demander la permission" préalable de son bureau.
"Cette règle apporte de la clarté et promeut des politiques importantes visant au libre échange des idées, sans mettre en cause les objectifs de sécurité nationale de ces sanctions", a-t-il ajouté.
Les sanctions américaines contre Cuba, l'Iran et le Soudan interdisent la plupart des échanges, notamment commerciaux, avec ces pays, Washington considérant qu'ils soutiennent le terrorisme, attentent aux libertés fondamentales et sont dirigés par des gouvernements répressifs.
Ces trois pays figurent sur la liste, dressée par le département d'Etat américain, des Etats soutenant le terrorisme.
Le département d'Etat a d'ailleurs insisté sur le fait que la plupart des sanctions restaient en place en raison de leur caractère "décisif pour les intérêts américains".
La levée des restrictions dans le domaine culturel intervient alors que deux actions en justice sont engagées contre le secrétaire au Trésor John Snow et d'autres responsables gouvernementaux, au motif que ces sanctions limitent le libre échange des idées et sont donc anticonstitutionnelles.
La première plainte a été déposée en septembre par l'Association des éditeurs américains, les auteurs du PEN Center et d'autres groupes. L'Iranienne Shirin Ebadi, Prix Nobel de la Paix, a formulé la seconde en octobre.
Les plaignants estiment que la répression des échanges scientifiques et culturels leur a coûté près de 30 millions de dollars d'amendes depuis 1993.
Ils citent notamment le cas du musicien Ry Cooder, condamné à 25.000 dollars d'amendes pour avoir collaborer avec des Cubains pour produire le fameux album du Buena Vista Social Club.
Quand Ry Cooder a souhaité participer au second album, les autorités américaines lui ont d'abord refusé l'autorisation, puis ont accepté à condition qu'il renonce à tout profit, selon les avocats de la partie plaignante.
Même les travaux des dissidents cubains et iraniens ne peuvent pas être publiés aux Etats-Unis sous les règles actuelles, ont-ils précisé.
"Des travaux d'importance décisive pour l'avancée de la science et notre compréhension des affaires internationales peuvent désormais être publiés sans peur de sanctions", se sont-ils félicités. 

(AFP Washington -  16 décembre 2004 )
Les rebelles du Darfour se retirent des pourparlers de paix en protestant contre les attaques de Khartoum 

Les pourparlers de paix destinés à mettre un terme au conflit dans le Darfour ont été suspendus mardi à la suite du retrait des délégations des mouvements rebelles qui entendaient ainsi protester contre les violations du cessez-le-feu par le gouvernement de Khartoum.
Le mouvement armé de libération du Soudan (SLM/A) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) se sont retirés lundi soir des pourparlers de paix d'Abuja, la capitale du Nigeria, le premier jour des négociations.
"Nous suspendons notre participation aux pourparlers jusqu'à ce que la situation sur le terrain s'améliore et que le gouvernement soudanais s'engage résolument à cesser toute offensive," a indiqué mardi à IRIN Bahar Ibrahim, le porte-parole du SLM/A.
Le JEM a fait savoir qu'il suspendait sa participation en raison des violations répétées du cessez-le-feu et qu'il exigeait aussi de Khartoum la libération de ses membres emprisonnés par les autorités soudanaises..
"Ces deux conditions sont un préalable à toute reprise des négociations," a indiqué Ahmed Tugod Lissan, le porte-parole du JEM. Les observateurs dépêchés par les 53 pays membres de l'Union africaine qui préside la quatrième série de négociations ont signalé que les deux partis avaient violé le cessez-le-feu au cours des derniers mois. Ce conflit dans l'ouest du Soudan sévit depuis deux ans et a déplacé plus de 1,6 millions de personnes.
Les représentants du gouvernement soudanais ont condamné le retrait des rebelles et (ont explique que ) les attaques de Khartoum (arguant qu'elles) étaient menées en représailles aux harcèlements des forces rebelles et visaient à dégager les routes bloquées et à protéger les populations civiles.
"Si les rebelles cessent leurs harcèlements, nous arrêterons les actions de représailles," a dit à IRIN Ibrahim Mohammed, le porte-parole de la
délégation du gouvernement de Khartoum.
Selon Ibrahim Mohammed, Khartoum est prêt à poursuivre les pourparlers."Seule une solution politique négociée peut résoudre le problème du Darfour et le retrait des rebelles des pourparlers ne peut qu'engendrer plus de violence dans le Darfour."
Les médiateurs de l'UA ont passé la journée à relancer la dynamique de paix, rencontrant séparément les rebelles et les représentants du gouvernement soudanais pour tenter de concilier les différentes positions et reprendre les négociations.
"Nous avons mené des consultations aujourd'hui avec toutes les parties concernées et espérons reprendre les pourparlers très bientôt," a indiqué Alassane Ba, le porte-parole de l'UA, sans donner plus de précision.
Le conflit du Darfour a éclaté en février 2003 lorsque des mouvements de rebelles ont pris les armes contre les autorités de Khartoum, les accusant d'avoir abandonné et opprimé pendant des années les populations de la région. Pour tenter d'écraser la rébellion, le gouvernement soudanais s'est appuyé sur une milice arabe, les Janjawid, qui, selon les rebelles, s'attaquent aux populations civiles et commettent des meurtres, des viols et incendies.
Pour l'ONU, le conflit du Darfour est la plus grave crise humanitaire au monde. Des dizaines de milliers de personnes y ont perdu la vie et plus de 2,3 millions de personnes ont besoin d'une aide urgente.
L'UA entendait boucler la quatrième série de pourparlers de paix d'ici le 22 décembre, après l'établissement d'une feuille de route politique pour mettre un terme à la guerre dans la région, mais les retards successifs ont compromis les négociations.
L'arrivée tardive de certains délégués a retardé d'un jour l'ouverture de la conférence qui a donc été reportée au samedi et des coupures de courant ont contraint les organisateurs à ajourner le début des pourparlers.
(Mais) Les discussions politiques ont été reléguées au second plan car les accords signés en novembre et portant les aspects humanitaires et sécuritaires du conflit n'ont pas été respectés.
Alors que les négociations à Abuja sont suspendues, le gouvernement soudanais et le troisième groupe de rebelles, le mouvement national pour la reconstruction et le développement (MNRD), engageaient mardi dernier des pourparlers dans la capitale tchadienne N'Djaména.
Le nouveau groupe, le MNRD, négocie séparément avec les autorités de Khartoum, même si la plupart de ses revendications sont identiques à celles des deux principaux groupes rebelles. Toutefois le ministre des Affaires étrangères du Tchad a tenu a précisé que les négociations en cours à N'djamena allaient dans le même sens que l'initiative d'Abuja

(All Africa. Com 15/12/2004)
Pillage et combats continuent au Darfour

Les combats continuent entre des groupes armés rivaux dans la région de Nyala au Sud Darfour, ce qui a interrompu les opérations de l'ONU dans ce secteur. Les agences humanitaires font par ailleurs savoir que des milices ont pénétré dans les camps de Kalma pour piller des objets personnels et du bétail.
« La Mission de l'ONU au Soudan fait état de combats continus entre groupes armés rivaux dans la région de Nyala au Sud Darfour ce qui soulève de sérieuses préoccupations parmi le personnel humanitaire », a indiqué aujourd'hui le porte parole du Secrétaire général lors de son point quotidien avec la presse, au Siège de l'ONU à New York.
« Les opérations et mouvements de l'ONU ont été suspendus pour cause d'insécurité », a annoncé le porte-parole.
« Les agences humanitaires ont fait savoir que des milices avaient pénétré dans certains secteurs du camp de Kalma dans la soirée du 13 décembre, tirant en l'air et pillant des objets personnels dans des huttes et du bétail appartenant à des personnes récemment arrivées », a-t-il ajouté.
Hier, lors d'une conférence de presse au Siège à New York, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan exposait que l'aboutissement des négociations de paix Nord/Sud et la conclusion d' un accord global pour le Soudan conduira au déploiement d'une mission « complète » de maintien de la paix à long terme dans le pays 

(Nations Unies New York,  15/12/2004)
Dépasser le maintien de la paix au Soudan

Optimiste quant à l'issue des négociations de paix Nord/Sud à Nairobi, qui doivent aboutir à un accord global pour le Soudan, le Représentant spécial a aujourd'hui exposé les plans d'une mission complète de l'ONU dans le pays, éclairant par ailleurs le regain des tensions après la signature des accords du 19 novembre 2004. 
« Vous êtes peut-être sceptiques » a-t-il affirmé, « mais [les parties aux négociations de Nairobi] vont y arriver » et c'est pourquoi nous allons préparer le déploiement de notre mission complète, dans tout le pays, après que le Conseil de sécurité aura donné mandat, a déclaré aujourd'hui le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, Jan Pronk, lors d'une conférence qui s'est tenue au Siège de l'ONU à New York 
Jan Pronk a réitéré sa condamnation du meurtre de deux travailleurs humanitaire hier au Darfour, indiquant que les auteurs pourraient appartenir à l'Armée de libération du Soudan (SLA), et qu'en toute hypothèse, même s'il ne s'agissait pas d'un crime prémédité, les chefs des groupes rebelles devaient savoir qu'ils seraient tenus pour responsables de ces actes
Selon le Représentant spécial, la dernière résolution du Conseil de sécurité de Nairobi sur les accords Nord/Sud a été interprétée par les rebelles et le Gouvernement comme étant en retrait par rapport aux positions antérieures, ce qui les a poussé à renforcer leurs positions. 
Quant à l'ALS, estimant qu'elle « n'obtenait pas de répondant politique », elle a décidé littéralement « de combattre pour parvenir à la table des négociations », ce qui a conduit aux interventions à Tawila 
Ces derniers ont finalement été convaincus, notamment grâce à  l'Union africaine, de participer aux négociations de la semaine dernière « d'Abuja III ». Il existe donc « certains progrès » dans les discussions politiques En toute hypothèse, a estimé Jan Pronk, il n'y aura pas d'accord au Darfour sans un accord entre le Nord et le Sud, qui se poursuivent à Nairobi au plus haut niveau . 
« Les chances sont positives », a-t-il indiqué, précisant que la discussion achoppait sur les modalités de financement de l'armée et sa taille. Pour l'instant, a-t-il précisé, il est important de laisser les parties négocier seules afin qu'elle puissent aller au bout des promesses faites lors de la séance exceptionnelle du Conseil de sécurité à Nairobi 
Interrogé sur le lien entre les négociations Nord/Sud au Soudan et la situation au Darfour, Jan Pronk a indiqué qu'il fallait des négociations politiques entre des mouvements rebelles qui n'ont que peu d'expérience en matière de négociation, qui sont jeunes et qui ne sont que peu représentatifs. 
« Je ne doute pas de la volonté politique du Vice-Président du Soudan », a-t-il affirmé, mais il faut aussi la capacité, notamment de pouvoir « vendre » un accord à la base que l'on représente. 
A cet égard, Jan Pronk a indiqué que « les puissances devraient jouer de leur pouvoir », ou plutôt faire un « usage constructif de leur pouvoir ». Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, « qui ont tous le même intérêt à la paix », devraient peser de leur poids, ne serait-ce que pour que les négociateurs puissent, en réponse à leur « base », invoquer les pressions d'un front unifié. 
« On peut faire tant de choses, diplomatiquement et politiquement, sans recourir au dernier ressort que sont les sanctions » a par ailleurs précisé le Représentant spécial, ajoutant : « la force relève de la défense d'une attaque extérieure, elle devrait être domestique ». 
Répondant à une journaliste qui lui demandait quel était le scénario après la signature d'un accord global de paix, Jan Pronk a indiqué qu'une cérémonie de signature devrait avoir lieu en Afrique, à Nairobi, en présence de chefs d'Etat. 
Le Conseil de sécurité devrait alors, aussi rapidement que possible, donner mandat, vers la troisième semaine de janvier, à une mission complète de l'ONU, qui devrait être pleinement déployée en six mois, dans différentes régions du Sud-Soudan. 
Selon Jan Pronk, cette force devrait compter entre 9 000 et 10 000 troupes, déployées sur le terrain pendant six ans, jusqu'au référendum et après pour suivre sa mise en oeuvre. 
« Ils partiront alors, mais l'ONU restera », a précisé le Représentant spécial, car le plan ne vise pas seulement une mission d'appui à la paix mais une mission globale s'étendant aussi au développement, afin de répondre aux causes profondes du conflit, qui n'ont jamais été traitées.

(Nations Unies, New York, 14/12/2004)
Le gouvernement soudanais annonce l'arrêt de l'offensive militaire au Darfour 

Le gouvernement soudanais a accepté mercredi d'arrêter son offensive militaire au Darfour (ouest du Soudan), une décision qui pourrait permettre la reprise des pourparlers de paix inter-soudanais d'Abuja, bloqués depuis deux jours par le retrait des mouvements rebelles. 
Les deux mouvements rebelles du Darfour, qui avaient quitté la table des négociations lundi, n'avaient pas immédiatement réagi à cette annonce. 
Cet arrêt de l'offensive militaire a été annoncé par les médiateurs de l'Union Africaine (UA) et confirmé par la délégation gouvernementale soudanaise à Abuja. 
Cette troisième série de négociations vise à tenter de mettre fin à ce conflit qui ravage la province du Darfour depuis 2003 et a fait environ 70.000 morts et plus d'un million de déplacés ou de réfugiés. 
Le conflit du Darfour constitue la plus grave crise humanitaire dans le monde à l'heure actuelle, selon l'ONU. 
"Le gouvernement soudanais s'est engagé à stopper son opération militaire en cours (au Darfour), et nous lui avons indiqué que nous allions vérifier cette information afin que nous puissions reprendre les pourparlers en session plénière", a déclaré le chef des médiateurs de l'UA, Sam Ibok. 
"Si nous trouvons, lors de nos vérifications, que cette information est exacte, alors cela devrait conduire à une large discussion sur les dossiers politiques", a-t-il déclaré. 
Le porte-parole s'exprimait après une rencontre entre les médiateurs de l'UA et les responsables de la délégation du gouvernement soudanais. 
Deux mouvements rebelles du Darfour boycottent depuis lundi ces pourparlers de paix qui se tiennent dans la capitale nigériane et l'UA tente de les faire revenir à la table des négociations. 
Le Mouvement de libération du Soudan (SLM) et du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) ont accusé le gouvernement soudanais de violer régulièrement le cessez-le-feu. 
Le SLM a également accusé Khartoum de préparer une grande offensive sur le terrain, selon un médiateur de l'UA et le JEM a, lui, accusé mercredi Khartoum de lui "déclarer la guerre". 
"Nous sommes prêts à reprendre les négociations si le gouvernement du Soudan retire immédiatement ses troupes des zones reprises sur nos forces et qu'elles reviennent sur leurs positions" d'avant la signature du cessez le feu en avril, avait précisé le négociateur en chef du JEM, Ahmed Mohammed Tugod, avant l'annonce du gouvernement soudanais. 
Le porte-parole gouvernemental soudanais à Abuja Ibrahim Mohammed a confirmé que Khartoum était d'accord pour un arrêt des opérations militaires. 
"Lors de la rencontre (avec l'UA) nous avons assuré que nous avions contacté Khartoum et que nous sommes d'accord pour arrêter les opérations militaires (offensives)", a-t-il dit. "Arrêter les opérations signifie un retour sur les positions initiales, ce qui veut dire un retrait des troupes", a-t-il ajouté. 
"En même temps, les rebelles doivent mettre fin à leurs attaques parce que notre devoir et notre responsabilité en tant que gouvernement est de défendre tout notre peuple", a déclaré le porte-parole. 
Sur le terrain, l'armée allemande prévoit de commencer jeudi une opération d'assistance logistique à la commission africaine d'observation du cessez-le-feu au Darfour. La Bundeswehr va assurer le transport d'environ 200 soldats gambiens et 12 tonnes d'équipement de la capitale gambienne Banjul jusqu'au Darfour, en passant par le Tchad. 
Le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Walter Lindner, a qualifié mercredi la situation au Soudan de "très inquiétante et dramatique". "Il y a des violations massives de l'accord du cessez-le-feu (...) Le côté dramatique de la situation a augmenté et pour cette raison la nécessité d'aider là-bas est grande", a-t-il continué

(AFP, Abuja – 15/12/2004)
Un pays entre guerre et paix 

La situation se détériore à nouveau au Darfour. Les négociations ont repris pour mettre fin au conflit opposant le nord et le sud du pays depuis 1981.
Des négociations de paix interrompues, d’autres qui reprennent : la journée d’hier a été révélatrice des tendances contradictoires qui secouent le plus grand pays d’Afrique. Les représentants du Mouvement pour la libération du Soudan (SLM) et du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), les deux groupes rebelles du Darfour, ont annoncé lundi en soirée qu’ils suspendaient leur participation aux négociations entamées samedi à Abuja sous l’égide de l’Union africaine (UA).
Cette troisième cession de pourparlers était destinée à trouver une issue pacifique au conflit entre les rebelles et le gouvernement soudanais qui, depuis 2003, a fait plus d’un million de déplacés et 70 000 morts dans cette province de l’ouest soudanais. Elle intervient alors que la situation dans le Darfour connaît depuis plusieurs semaines une nouvelle aggravation. La reprise du cycle - attaques des groupes rebelles-représailles massives de Khartoum et des milices pro-gouvernementales entraîne de nouveau le déplacement de milliers de personnes depuis le début du mois. Nombre d’organisations d’aide aux déplacés ont par ailleurs été contraintes de réduire leurs activités en raison de cette insécurité qui n’épargne pas leurs employés, comme l’a montré la mort dimanche de deux travailleurs d’une ONG britannique.
Mais sur un autre front, des perspectives de paix semblent exister. « Nous sommes très optimistes. Nous pensons qu’il est possible d’arriver à un accord mettant un terme
à la plus longue guerre d’Afrique », a déclaré, lundi à l’Humanité, Yassir Araman, porte-parole du Mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLM). Les négociations entre ce mouvement rebelle du Sud soudanais et le gouvernement central pour mettre un terme à un conflit qui, depuis 1981, a fait près de deux millions de morts et quatre millions de déplacés, ont repris hier après deux jours d’interruption. Depuis le 6 décembre, les deux parties sont réunies au Kenya pour mettre un point final aux pourparlers qu’ils ont entamés il y a plusieurs années. « Techniquement, l’accord est déjà là puisque nous avons résolu les questions essentielles », souligne Yassir Arman. Des protocoles portant sur le partage des richesses et du pouvoir durant la période intérimaire de six ans censée précéder l’organisation d’un référendum d’autodétermination dans le sud du pays ayant déjà été signés, il ne reste plus qu’à « déterminer leur modalité d’application » et à « parvenir à un cessez-le-feu définitif », rappelle le porte-parole du SPLM.
Le règlement du conflit va-t-il aider à celui du Darfour ? C’est, semble-t-il, le pari fait par beaucoup. « Si les négociations entre le gouvernement et le SPLM sont couronnées de succès, cela aura un impact positif sur la crise au Darfour », estime Yassir Arman. « Le problème du Darfour est celui d’une marginalisation politique, économique, sociale et culturelle. Or l’accord de Niavasha entre le Nord et le Sud fournit des solutions pour des cas similaires. Par ailleurs, la signature de la paix entre le Nord et le Sud va changer la configuration politique. Il y aura une atmosphère différente avec un nouveau gouvernement. »
L’idée que l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement comportant des membres du SPLM, durant la période prévue pour la transition, devrait aider à résoudre les autres problèmes du pays semble partager par le Conseil de sécurité des Nations unies. Lors de sa réunion exceptionnelle à Nairobi, à la mi-novembre, ce dernier a décidé de remettre la pression sur les accords Nord-Sud, après avoir adopté durant l’été plusieurs résolutions consacrées à la crise au Darfour. La stratégie qui consistait à brandir des sanctions contre le gouvernement soudanais pour les violations massives des droits de l’homme a été abandonnée. Cette fois, la résolution n’a porté que sur le conflit entre le gouvernement et le SPLM. L’un et l’autre ont été poussés à signer un mémorandum dans lequel ils s’engageaient à trouver un accord définitif avant la fin 2004.
Ce pari d’inscrire le règlement de la crise au Darfour dans une solution plus globale est une réponse à la stratégie du gouvernement soudanais. Ce dernier n’a cessé de menacer d’interrompre les négociations avec le SPLM chaque fois que la communauté internationale s’est faite plus menaçante sur le Darfour. Mais les écueils restent nombreux. Interrogé le 3 décembre par Radio France internationale et l’Humanité, Khalil Ibrahim, dirigeant du Mouvement pour la justice et l’égalité, un des groupes rebelles du Darfour, a expliqué que son mouvement « n’attendait rien d’une arrivée au pouvoir du SPLM ». Estimant que le gouvernement « essaye d’affaiblir et de diviser le SPLM pour qu’il n’ait plus ni valeur ni pouvoir », il a précisé : « Nous ne comptons par sur Garang [le dirigeant du SPLM - NDLR] pour nous aider parce qu’il ne pourra même pas s’aider lui-même. »
Par ailleurs, Khalil Ibrahim a affirmé à plusieurs reprises que son mouvement est « national » et « vise la transformation du pouvoir à Khartoum ». Des déclarations qui laissent peu d’espace à une solution négociée. L’apparition durant ces derniers mois de nouveaux groupes armés au Nord et à l’ouest du pays - rappelle par ailleurs que la contestation du monopole des richesses et du pouvoir par une petite élite nordiste concerne toutes les régions du pays. Or la difficulté est que le cadre des négociations entre le Nord et le Sud, en excluant tout autre interlocuteur que le SPLM et le gouvernement, a justement redonné une légitimité et des perspectives d’avenir à ce pouvoir islamiste pourtant en grande partie responsable de l’accumulation des frustrations.

(l’Humanité, 15/12/2004, Camille Bauer)
U.A., « Khartoum suspend l’offensive militaire »

Le gouvernement soudanais a accepté de suspendre l'offensive militaire en cours au Darfour, la vaste région de l'ouest soudanais théâtre depuis presque deux ans d'affrontements à l'origine d'une très grave crise humanitaire. C'est ce qu'ont annoncé aujourd'hui les médiateurs de l'Union africaine (UA) aux colloques de paix en cours à Abuja (Nigeria). Selon les sources de l'UA, la décision de Khartoum pourrait permettre la reprise des négociations suspendues lundi dernier avec le retrait des deux principaux groupes combattants antigouvernementaux (SLA-M et JEM) en signe de protestation contre de récentes attaques de l'armée. Sam Ibok, le chef des médiateurs de l'UA, a souligné qu'après avoir "vérifié la suspension de l'offensive militaire gouvernementale, les négociations pourraient finalement reprendre en session plénière". La crise au Darfour, formellement déclenchée en février 2003 par le soulèvement des deux groupes d'autodéfense populaire contre des bandes de pillards arabes (janjawid), qui auraient le soutien du gouvernement (musulman), a provoqué jusqu'à ce jour des milliers de victimes (5.000 selon le gouvernement, des dizaines de milliers selon les Nations Unies), plus d'un million et demi de déplacés et 200.000 réfugiés au Tchad.

(MISNA, Italie – 15/12/2004)
Le président demande le prorogation de l’Etat d’urgence

Le président soudanais Omar el-Béchir a demandé au Parlement de prolonger d'un an l'état d'urgence (qui arrive à échéance le 31 décembre prochain) décrété dans le pays à cause du conflit en cours dans le Darfour, la région occidentale à la frontière avec le Tchad. C'est ce que rapporte l'agence de presse nationale, Suna, en précisant que el-Béchir a également demandé au Parlement de proroger de six mois la législature en cours et le mandat de quelques responsables du gouvernement, dont les noms n'ont pas été communiqués. Selon la Suna, ces deux mesures permettront de faire face aux développements liés à la signature d'un accord de paix avec les indépendantistes du Sud Soudan (attendue pour la fin de l'année) et de préparer la période de transition de six ans qui devrait aboutir à un référendum d'autodétermination pour les populations du sud du pays. Pendant ce temps, le destin des colloques de paix, en cours à Abuja (Nigeria) et organisés par l'Union Africaine (UA), est incertain. En effet, hier soir les délégations des deux groupes rebelles du Darfour – l'Armée de libération du Soudan (SLA-M) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) – ont suspendu leur propre participation aux négociations, dénonçant les attaques continues des forces gouvernementales soudanaises contre leurs propres positions sur le territoire. Les rebelles ont déclaré en particulier posséder des informations relatives à une vaste opération militaire que Khartoum serait prête à lancer dans les jours à venir. Les deux parties en présence s'accusent réciproquement depuis plusieurs semaines de violer le cessez-le-feu souscrit en avril dernier. De telles violations ont également été vérifiées par les médiateurs de l'UA, selon qui le nombre de violations "certifiées" (par la commission spéciale pour le cessez-le-feu) au cours de ces deux derniers mois a doublé, passant de 13 en septembre aux 52 enregistrées entre octobre et début décembre. Les médiateurs de l'UA essaient de convaincre les délégués des deux mouvements rebelles du Darfour à se rasseoir à la table des négociations, mais il semblerait que pour le mouvement leurs représentants restent fermes sur leur position

(MISNA, Italie – 14/12/2004)

 
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Nouvelles brèves du 12 au 14 décembre 2004
L'UA tente de relancer les pourparlers après le retrait des rebelles
Khartoum négocie avec les rebelles du MNRD –
Reprise des négociations de paix au Darfour le 13 décembre, mais la situation reste critique sur le terrain
Négociations mardi entre Khartoum et rébellion du MNRD ( officiel)
Humanitaires tués et pourparlers suspendus au Darfour
Ouverture de la première plénière de négociations
Deux opérateurs humanitaires meurent dans une embuscade au Darfour
Les président égyptien et soudanais discutent de la crise du Darfour

 

L'UA tente de relancer les pourparlers après le retrait des rebelles

Les médiateurs de l'Union africaine (UA) tentaient mardi de relancer à Abuja les pourparlers intersoudanais sur le Darfour, suspendus depuis le retrait, la veille, des délégations rebelles alors que les violences continuent sur le terrain. 
Lundi soir, les représentants du Mouvement de libération du Soudan (SLM) et du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) ont annoncé leur décision de se retirer des négociations accusant le gouvernement soudanais de violer régulièrement l'accord de cessez-le-feu. 
Le SLM a également accusé Khartoum de préparer une grande offensive sur le terrain, selon un médiateur. 
Les deux délégations rebelles ne se sont pas présentées mardi matin au centre international de conférence, contrairement à ce qu'avait espéré la médiation. 
"Notre position n'a pas changé, nous ne participons pas à la réunion qui était prévue pour ce matin", a déclaré à l'AFP le porte-parole du JEM, Ahmed Mohammed Tugod. 
"Nous n'avons pas révisé notre position, nous en restons à ce que nous avons dit hier", a indiqué, pour sa part, le porte-parole du SLM, Ibrahim Bahar. 
Les médiateurs de l'UA poursuivaient mardi leurs consultations avec leurs partenaires internationaux, comme l'Union Européenne, la Ligue Arabe et les Nations Unies, ainsi qu'avec les représentants de la rébellion. 
"Nous sommes en consultation entre partenaires internationaux de la médiation parce que le SLM insiste sur le fait qu'il ne participera pas aux discussions tant que le gouvernement du Soudan n'arrêtera pas ses préparatifs pour une grosse offensive sur le terrain", a déclaré à l'AFP par téléphone un membre de la médiation africaine. 
"La communauté internationale estime aussi que l'attitude du gouvernement n'est pas responsable et ne créé pas un environnement propice aux négociations", a ajouté cette source qui a souhaité garder l'anonymat. 
Le porte-parole de l'UA, Assane Ba, a précisé à l'AFP que les médiateurs "cherchent avec les partenaires quelle mesure prendre" et qu'il doivent rencontrer mardi après-midi la délégation du SLM et probablement plus tard celle du JEM pour tenter de les ramener à la table des négociations. 
Ces pourparlers d'Abuja visent à trouver une issue pacifique au conflit qui ravage la province du Darfour depuis février 2003 et a fait quelque 70.000 morts et plus d'un million de déplacés ou réfugiés, créant une très grave crise humanitaire. 
Sur le terrain, les violences continuent. Le comité de surveillance du cessez le feu de l'UA a dénombré 13 violations du cessez-le-feu en septembre, et 52 entre octobre et début décembre. 
Lundi soir, l'Onu a annoncé que deux employés soudanais de l'ONG britannique Save the Children ont été tués dimanche par des tirs contre leur convoi dans le sud du Darfour. 
L'Onu a immédiatement décidé de suspendre ses opérations humanitaires dans cette région du Soudan: "Nos opérations humanitaires au Darfour sud sont actuellement suspendues jusqu'à ce que nous examinions la situation", a précisé dans un communiqué Radhia Achour, la porte-parole du représentant spécial au Soudan du secrétaire général de l'Onu, soulignant qu'une "enquête menée par l'UA" est en cours. 
Parallèlement aux négociations d'Abuja, le président tchadien Idriss Deby a reçu en audience lundi une délégation du Mouvement national pour la reconstruction et le développement (NMRD) conduite par son secrétaire général Nourène Manawi Barcham, puis une délégation de Khartoum conduite par le ministre des Investissements, Cherif Ahmat Badour. 
Les deux parties ont entamé des négociations mardi à N'Djamena, la capitale du Tchad, frontalier de la province du Darfour. 
Le NMRD est considéré comme une aile dissidente du JEM, mais selon l'UA, SLM et JEM refusent que cette rébellion soit associée aux pourparlers d'Abuja. 
Khartoum a annoncé début décembre son intention d'entamer un dialogue avec le NMRD précisant que ces discussions "ne seront pas parallèles aux négociations d'Abuja, mais auront pour but de convaincre le mouvement d'observer un cessez-le-feu", selon le ministre soudanais des Affaires étrangères Moustafa Osmane Ismaïl

(AFP, Abuja, - Courrier International 14/ 12/2004
Khartoum négocie avec les rebelles du MNRD –

Les négociations entre Khartoum et les rebelles du Mouvement national pour la reconstruction et le développement (MNRD), récemment apparu au Darfour (Ouest du Soudan), ont commencé mardi à N'Djamena sous l'égide de la médiation tchadienne.
«Tous vos frères d'Afrique ont les yeux tournés vers vous en espérant que la réunion de N'Djamena, qui vient renforcer les pourparlers d'Abuja, puisse contribuer à apporter une solution définitive au conflit qui vous oppose dans la région du Darfour» a déclaré le ministre tchadien des Affaires étrangères, Nagoum YamasoumCette volonté de trouver «un dialogue constructif devant conduire à des compromis réciproques», selon la même source, a été reprise par les belligérants. «Le gouvernement soudanais veut la paix. Si nous sommes ici, c'est pour trouver une solution avec nos frères du MNRD pour que cela serve d'exemple», a fait valoir le ministre soudanais des Investissements, Cherif Ahmat Badour.
Le secrétaire général du MNRD, Nourène Manawi Barcham, a également souhaité parvenir avec le gouvernement soudanais à «une solution transparente».
N'Djamena a accepté d'héberger ces négociations entre le NMRD - décrit comme une aile dissidente d'une des rébellions jusqu'ici actives au Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) - et Khartoum, à la demande des autorités soudanaises.
Le JEM et le Mouvement de libération du Soudan (SLM) auraient refusé que le NMRD participe à la nouvelle ronde de négociations intersoudanaises sur le Darfour, au Nigeria, selon une bonne source.
Lundi soir, ces deux organisations rebelles ont quitté les pourparlers d'Abuja en dénonçant les violations du cessez-le-feu par l'armée soudanaise au Darfour

(A.F.P. -N'Djamena, Le Monde, 14/12/2004)
Reprise des négociations de paix au Darfour le 13 décembre, mais la situation reste critique sur le terrain

De nouveaux efforts diplomatiques sont en cours pour résoudre la crise dramatique dans la région occidentale du Soudan, le Darfour. Le vendredi 10 décembre, en effet, les négociations ont repris à Abuja au Nigéria entre gouvernement soudanais et la guérilla qui sévit dans la région. Mais les négociations n’ont pas empêché que les deux parties s’accusent réciproquement de la violation du cessez-le-feu, qui devrait être en vigueur théoriquement dans la région. A cause des tensions provoquées par les accusations réciproques, c’est seulement ce 13 décembre que s’est tenue la première session des négociations. Les tractations se font avec la médiation de l’Union Africaine qui a fixé le 22 décembre comme date limite pour parvenir à une déclaration de principe qui comprenne les points suivants : division du pouvoir, sécurité, démobilisation des milices et réinsertion des anciens combattants dans la vie civile.
La crise du Darfour a été au centre des rencontres qui se sont tenues le dimanche 12 décembre au Caire, entre le Président égyptien M. Hosni Moubarak, le président soudanais M. Omar El Bashir, et le président nigérian, M. Olusegun Obasanjo.
Les Ministres des Affaires Etrangères d’Egypte, du Soudan, du Tchad, du Nigéria, et de Libye se sont réunis pour examiner les recommandations faites par un sommet à cinq qui s’est tenu récemment à Tripoli. Dans le même temps, le Centre gouvernemental d’information « Sudan Media Centre » a fait savoir que le Tchad avait déclaré qu’il était d’accord pour exercer une médiation entre le gouvernement soudanais et un troisième mouvement de rebelles du Darfour, le Mouvement National pour la Réforme et le Développement (NMRD) ; qui s’ajoute aux autres mouvements déjà connus, le SLM (Mouvement pour la Libération du Soudan) et JEM (Mouvement pour l’Egalité et la Justice).
La guerre au Darfour a fait au moins 100.000 morts, et contraint à la fuite 1.600.000 personnes, dont la majorité a trouvé refuge dans des camps de réfugiés au Darfour même, alors qu’une autre partie se trouve dans des camps au Tchad voisin. L’Union Africaine a envoyé une mission composée de 900 observateurs protégés par une petite 
force militaire, qui devrait arriver à compter plus de 3.000 hommes. (L.M.)

(Agence  Fides, Rome 13/12/2004)
Négociations mardi entre Khartoum et rébellion du MNRD ( officiel)

Les négociations entre  Khartoum et la rébellion du Mouvement national pour la  reconstruction et le développement (NMRD), récemment apparue au  Darfour (ouest du Soudan), débuteront mardi à N'Djamena, a-t-on  appris lundi de source officielle tchadienne. 
Le président tchadien, Idriss Deby, a reçu en audience en fin  de matinée la délégation du NMRD, conduite par son secrétaire  général Nourène Manawi Barcham, puis la délégation gouvernementale de Khartoum conduite par le ministre des Investissements, Cherif  Ahmat Badour. 
Le président tchadien a plaidé "pour un Soudan débarrassé de  démons de la division" et "demandé aux dirigeants du NMRD de  déposer les armes et d'oeuvrer pour le développement du Soudan",  selon un conseiller de la présidence. 
N'Djamena a accepté d'héberger ces négociations entre le NMRD - décrit comme une aile dissidente d'une des rébellions jusqu'ici  actives au Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) - et Khartoum à la demande des autorités soudanaises. 
Le JEM et l'autre grande rébellion, le Mouvement de libération du Soudan (SLM) auraient refusé que le NMRD participe au nouveau  round de négociations intersoudanaises sur le Darfour, entamé  lundi à Abuja sous l'égide de l'Union africaine (UA), selon une  bonne source. 
Khartoum a annoncé début décembre son intention d'entamer un  dialogue avec le NMRD, précisant que ces discussions "ne seront  pas parallèles aux négociations d'Abuja, mais auront pour but de  convaincre le mouvement d'observer un cessez-le-feu", selon le  ministre soudanais des Affaires étrangères Moustafa Osmane Ismaïl.

(Xinhuanet, Yaoundé, 13 décembre)
Humanitaires tués et pourparlers suspendus au Darfour

Deux Soudanais employés par une ONG humanitaire britannique ont été tués au Darfour sud. L'ONU a annoncé la suspension de leurs opérations humanitaires dans l'ouest du Soudan alors que les rebelles ont quitté les pourparlers de paix d'Abuja.
Les rebelles du Darfour se sont retirés lundi des pourparlers de paix à Abuja, a indiqué leur porte-parole. Ils ont accusé le gouvernement de Khartoum de violer régulièrement l'accord de cessez-le-feu.
Les médiateurs de l'Union africaine (UA) ont toutefois exprimé l'espoir de parvenir à convaincre les deux mouvements de revenir sur leur décision. Ils ont indiqué qu'ils tenteraient de réunir toutes les parties mardi à 10h00.
Un assistant médical, Abbaker Al-Tayeb, et un mécanicien, Yacoub Abdel Nabi Ahmed, ont été tués dimanche lorsque leur convoi a été la cible de tirs sur la route principale reliant Merching et Douma dans l'Etat du Darfour du sud, a précisé dans un communiqué Radhia Achour, porte-parole du représentant spécial au Soudan du secrétaire général de l'ONU.
Selon le communiqué, l'inscription «véhicule humanitaire» était clairement marquée sur les véhicules du convoi. La porte-parole a annoncé la suspension des actions humanitaires de l'ONU dans la région, «jusqu'à ce que nous examinions la situation». Elle a souligné qu'une «enquête menée par l'Union africaine» était en cours.
L'UA déploie au Darfour une mission qui doit compter à terme quelque 3200 hommes, chargés de veiller au respect du cessez-le-feu et de protéger, dans certaines conditions, la population civile. L'organisation Save the Children employant les deux humanitaires gère un centre d'alimentation et des cliniques dans la région, a précisé Mme Ac

(Suisse Magazine, 13/12/2004)
Ouverture de la première plénière de négociations

Les parties au conflit dans le Darfour, région occidentale du Soudan, ont commencé lundi matin à Abuja, la première réunion plénière sous l'égide de l'Union Africaine (UA).
Toutes les parties - les deux rébellions du Darfour et le gouvernement soudanais - participent à cette réunion, qui intervient deux jours après l'ouverture officielle samedi de la troisième ronde de négociations d'Abuja.
La réunion doit permettre notamment de «passer en revue les développements sur le terrain», a indiqué à la presse Assane Ba, porte-parole de l'UA.
Elle doit aussi permettre de «conclure les discussions sur la déclaration politique de principes, qui met en évidence dans leurs grandes lignes les principes qui doivent guider les délibérations futures des parties et constituer la base pour un règlement complet, durable et juste du conflit du Darfour», a-t-il précisé.
Les négociations réunissent des délégués du gouvernement soudanais et des deux principaux groupes armés d'opposition, le Mouvement pour la Justice et l'Égalité (JEM) et le Mouvement de Libération du Soudan (SLM), tous deux déjà représentés lors des deux précédentes sessions de négociations à Abuja.
Les pourparlers d'Abuja doivent permettre de trouver une issue pacifique au conflit qui ravage la province du Darfour depuis février 2003 et a fait, à ce jour, quelque 70 000 morts et plus d'un million de déplacés ou réfugiés, créant une très grave crise humanitaire

(AFP, Abuja, 13/12/2004)
Deux opérateurs humanitaires meurent dans une embuscade au Darfour

Deux opérateurs humanitaires soudanais ont été tués dimanche dans l'Etat du Darfour méridional, un des trois Etats formant la région occidentale soudanaise, théâtre d'une grave crise humanitaire en raison des combats en cours depuis février 2003. La nouvelle a été rapportée par l'organisation non gouvernementale britannique pour laquelle travaillaient les deux Soudanais, "Save The Children", dans un communiqué diffusé aujourd'hui et qui précise que les deux opérateurs sont morts après que le véhicule à bord duquel ils se trouvaient soit tombé dans une embuscade dimanche. Suite à l'homicide et à l'ouverture d'une enquête, l'organisation a décidé de suspendre toutes les opérations en cours dans le Darfour méridional. Cette crise a éclaté il y a plus de deux ans et demi lorsque deux groupes d'autodéfense populaire (JEM, Mouvement pour la justice et l'égalité et SLM, Mouvement de libération du Soudan) ont levé les armes contre le gouvernement de Khartoum accusé de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (Janjawid) qui depuis des années sèment mort et destruction dans la zone. A ce jour elle a provoqué un nombre imprécisé de victimes (quelques dizaines de milliers pour les Nations Unies, "seules" 5.000 pour le gouvernement soudanais) ainsi qu'un million et demi d'évacués et au moins 200.000 réfugiés dans le Tchad voisin.

(MISNA, Italie – 13/12/2004) 
Les président égyptien et soudanais discutent de la crise du Darfour

Le président égyptien Hosni  Moubarak s'est entretenu dimanche au Caire avec son homologue  soudanais Omar el-Bachir de la crise du Darfour, a rapporté  l'agence de presse Mena. 
Les deux présidents ont examiné notamment les efforts déployés  par l'Union africaine pour rétablir la stabilité au Darfour, une  région dans l'ouest du Soudan en proie à une grave crise, selon  l'agence Mena. 
La rencontre Moubarak-Bachir intervient au lendemain de la  reprise des pourparlers entre le gouvernement soudanais et les  rebelles du Darfour à Abuja en vue de trouver une solution politique à cette crise. 
Les dirigeants de Libye, du Soudan, d'Egypte, du Nigeria et du  Tchad, qui s'étaient réunis en octobre à Tripoli, s'étaient  engagés de résoudre la crise du Darfour dans le cadre de l'Union africaine. 
Le président soudanais est arrivé dimanche au Caire pour une  visite-éclair.

(Xinhuanet, Le Caire, 12 décembre 2004)

 
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Nouvelles brèves du  27 octobre au 4 novembre 2004
Le Darfour au bord du désastre rapporte l’envoyé de l’ONU
L’ONU condamne le transfert forcé des déplacés à Nyala
La police encercle des camps de déplacés à Nyala, attente pour colloques
Washington confirme des sanctions économiques contre Khartoum
Al Béchir lance des accusations à la Communauté Internationale
Le Conseil de Sécurité des N-U se déplace en Afrique
Le Darfour au bord du désastre rapporte l’envoyé de l’ONU

Face à une situation qui mène le Darfour tout droit à la catastrophe si elle n'est pas rapidement inversée rapidement, le Représentant spécial de l'ONU pour le Soudan a demandé au Conseil de sécurité de peser pour une accélération du déploiement des troupes de l'Union africaine, la conclusion des négociations et l'envoi d'un message aux mouvements rebelles qu'ils étaient tout autant responsables que le Gouvernement du Soudan de ce qui arrivait aux populations se trouvant sous leur contrôle. 
L'instabilité et les tensions se sont accrues en octobre, atteignant à la fin du mois et au début novembre, des niveaux sans précédent depuis le début août, a indiqué aujourd'hui le Représentant spécial du Secrétaire général, Jan Pronk, qui faisait le point sur la situation au Darfour devant le Conseil de sécurité.
M. Pronk, qui présentait le rapport du Secrétaire général sur la question, a souligné que celui-ci dépeignait une situation hybride marquée par « des progrès sur le front politique et un recul sur le terrain » mais aussi par un écart de plus en plus marqué entre les deux tendances de telle sorte que les accords politiques conclus à la table de négociations peuvent survenir trop tard pour stopper la violence et les souffrances des populations aux abords des villes, villages et campements. »
« Le Gouvernement comme les mouvements rebelles ont violé le cessez-le-feu », a-t-il déclaré, « et il semble que le M/ALS (Mouvement et Armée de libération du Soudan) est soit responsable pour de la plupart de ces violations en octobre. »
Jan Pronk a expliqué que le M/ALS cherchait à revendiquer une zone élargie au Darfour et à renforcer ses capacités logistiques et militaires tandis que le Gouvernement tentait la même chose en ayant recours à des forces composites, rassemblant soldats, miliciens et policiers.
Il a également indiqué que l'ONU attendait que l'Union africaine vérifie les allégations faisant état d'usage d'armes aéroportées utilisées au cours de ces attaques.
« Vers la fin du mois [d'octobre], le risque d'attaques de grande ampleur a considérablement augmenté. Les cas de banditisme et d'enlèvement se multiplient, entravant l'aide humanitaire. Deux nouveau groupes rebelles se sont manifestées et une nouvelle menace, celle des mines terrestres, ait est apparue, mettant en danger les opérations humanitaires et les civils », a déclaré le Représentant spécial.
Si les autorités du Soudan n'est ne sont pas revenues sur les accords consentant un libre accès aux intervenants humanitaires, « il elles font machine arrière sur leur engagement à ne pas forcer les personnes déplacées à rentrer dans leurs foyers ou à être re-déplacées », a-t-il ajouté.
Au cours des deux derniers jours, la situation est devenue encore plus tendue après qu'un groupe armé, « dit appartenir au M/ALS a pillé un grand nombre de chameaux appartenant à des tribus arabes et ait a kidnappé les 18 passagers d'un bus », a indiqué M. Pronk qui a ajouté que ces événements avaient déclenché un ultimatum de la part des milices qui menacent d'attaquer non seulement le M/ALS mais les populations civiles et les personnes déplacées.
« Le Darfour peut très facilement basculer dans l'anarchie », a affirmé Jan Pronk qui a également affirmé que « si cette tendance négative n'était pas inversée, elle menait tout droit au désastre » Alors, a-t-il ajouté, « la population tout entière du Darfour deviendra dépendante de l'assistance humanitaire ». 
Rappelant que tout cela avait commencé il y a deux ans quand des tribus arabes ont chassé d'autres tribus pour se procurer un « espace vital supplémentaire » pour eux-mêmes et leur bétail, il a fait observer que se produisait aujourd'hui le phénomène inverse, les mêmes faisant l'objet de vols de bétail, d'obstruction de l'accès des chameaux aux zones sèches, ce qui les rend malades et met en danger les moyens d'existence de leurs propriétaires.
Pour inverser à nouveau ces tendances désastreuses, le Représentant spécial a recommandé l'adoption d'une double approche : le déploiement des forces supplémentaires de l'Union africaine qui, compte tenu de la situation, doit être accéléré et l'accélération également destout comme les deux séries de négociations en cours, celle d'Abuja sur le Darfour et celles de Nairobi au Kenya sur le processus de paix global au Soudan. 
Il a exhorté le Conseil de sécurité, qui doit se réunir à Nairobi à la mi-novembre, à mettre tout son poids dans la balance en faveur de la réalisation de ces deux objectifs. 
Il en a également énoncé un troisième objectif : la fin de l'impunité pour ceux qui « nient les faits se produisant sur le terrain, ne tiennent aucun compte des souffrances des pauvres et des démunis visant dans les secteurs sous leur contrôle et recourent à des tactiques dilatoires pendant les négociations et dans l'application des procédures.
« Le message adressé au M/ALS et au MEJ [Mouvement pour l'égalité et la justice] et tous les autres groupes armés est que leur statut de rebelles ne les exempte de pas leur obligation morale à l'égard de leur peuple » mais « qu'au contraire, en tant que dirigeants politiques, était ils sont tout autant responsables que le Gouvernement du Soudan,  des populations civiles. »
Veuillez consulter le site du Centre de nouvelles ONU pour plus d'information 
http://www.un.org/french/newscentre/

(ONU, New York, 4 novembre 2004) 
L’ONU condamne le transfert forcé des déplacés à Nyala

Une violation de la loi internationale: c'est en ces termes que le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a défini les opérations de transferts forcés de réfugiés engagées par l'armée soudanaise hier dans certains camps de déplacés de la zone de Nyala (capitale de l'Etat du Darfour méridional). Annan a demandé avec urgence à Khartoum d'interrompre immédiatement toutes les opérations de transfert et de faciliter le retour aux camps des personnes transférées dans des "zones inappropriés". Depuis hier des sources de l'ONU et des agences humanitaires dénoncent la détérioration progressive de la sécurité de quelques camps de réfugiés dans le Darfour comme dans le Tchad voisin. La tension a commencé à croître lorsque lundi soir quelques équipes de l'armée soudanaise et de la police locale ont encerclé certains camps dans la zone de Nyala, en réponse à l'enlèvement de 18 Soudanais d'origine arabe pris en otage la semaine dernière tandis qu'ils se trouvaient à bord d'un bus, sur la route entre Zalingie et Nyala. Une mesure qui a contraint les agences de l'ONU et les organisations humanitaires à l'oeuvre dans les camps d'interrompre leur travail et d'éloigner leur personnel. Fred Eckard, porte-parole de l'ONU, a fait savoir depuis New York qu'après avoir encerclé un de ces camps (celui d'Al Geer, près de Nyala), l'armée et la police ont commencé à faire monter des personnes sur une quinzaine de camions utilisés pour leur transfert. Le mouvement d'hommes armés et l'arrivée des camions ont causé une vague de crainte parmi la population du camp, portant nombre de personnes à quitter la structure et à fuir dans les environs de la ville. Après avoir rencontré les membres du Conseil de sécurité, l'envoyé spécial de l'ONU au Soudan, Jan Pronk, a dit aux journalistes que malgré le document d'entente signé par le gouvernement, la pression à l'encontre des déplacés internes du Darfour continue et semble même plus "violente" encore. Le Darfour est le théâtre depuis février 2003 d'affrontements et de violences ayant causé une grave crise humanitaire. Deux groupes d'autodéfense, créés par les populations noires et migrantes du Darfour (JEM et SLA-m), ont levé les armes contre le gouvernement soudanais de Khartoum, l'accusant de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (connues sous le nom de Janjawid). Ce sont les Janjawid qui sont précisément considérés comme les principaux responsables des violences agitant la région et qui ont contraint plus d'1,5 millions de personnes, selon les estimations de l'ONU, à abandonner leurs habitations et à chercher refuge dans les nombreux camps du Darfour et dans ceux du Tchad voisin

(MISNA, Italie – 03/11/2004)
La police encercle des camps de déplacés à Nyala, attente pour colloques

La police et l'armée ont encerclé trois camps de réfugiés dans la zone de Nyala, capitale du Darfour méridional, un des trois Etats qui forment la région occidentale du Soudan. C'est ce qu'ont rapporté des sources de l'Agence MISNA, en précisant que les forces de sécurité soudanaises auraient commencé à prendre position hier, à la tombée de la nuit, autour des camps de Golu, Zalingie et Nertetie. La nouvelle a également été confirmée par des sources des Nations Unies à Genève qui ont précisé qu'aujourd'hui les forces de sécurité ont nié l'accès au personnel humanitaire à l'oeuvre en faveur des milliers de réfugiés rassemblés dans ces structures. Le Programme alimentaire mondial de l'ONU (PAM) a fait savoir que 88 des 91 opérateurs humanitaires présents, tous membres de diverses organisations non gouvernementales internationales et des agences de l'ONU, ont été transférés de ces trois camps. Selon certaines sources, l'intervention de la police et de l'armée aurait été décidée en réponse à l'enlèvement de 18 Soudanais d'origine arabe pris en otage la semaine dernière tandis qu'ils se trouvaient à bord d'un autobus, entre Zalingie et Nyala. Le Darfour est le théâtre depuis février 2003 d'affrontements et de violences ayant causé une grave crise humanitaire. Deux groupes d'autodéfense, créés par les populations noires et migrantes du Darfour (JEM et SLA-m), ont levé les armes contre le gouvernement soudanais de Khartoum, l'accusant de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (connues sous le nom de Janjawid). Ce sont les Janjawid qui sont précisément considérés comme les principaux responsables des violences agitant la région et qui ont contraint plus d'1,5 millions de personnes, selon les estimations de l'ONU, à abandonner leurs habitations et à chercher refuge dans les nombreux camps du Darfour et dans ceux du Tchad voisin. Malgré les fortes pressions internationales, les colloques de paix organisés par l'Union africaine (UA) au Nigeria semblent être bloqués au point de départ. Hier soir les médiateurs africains et internationaux ont remis aux parties en présence un nouveau document relatif à la sécurité (la question centrale de toute la négociation) et attendent leur réaction. Dans le document figureraient quelques demandes avancées par les rebelles (mettre fin aux "vols militaires hostiles" de la part de l'aviation soudanaise) et certaines de Khartoum (une carte de la disposition des forces rebelles sur le terrain). Des indiscrétions rapportent que les rebelles comme le gouvernement auraient accueilli avec une majeure satisfaction ce document. Pendant ce temps, au cours de ces dernières heures, le nombre des pays africains ayant donné leur disponibilité pour participer à la mission militaire, voulue par l'Union africaine afin de veiller au respect du cessez-le-feu dans le Darfour, a augmenté. Après le Nigeria et le Rwanda, les premiers à déployer des hommes sur le terrain, l'Afrique du Sud, la Gambie, la Tanzanie, le Tchad et le Kenya ont mis à disposition leurs propres soldats pour la mission de paix de l'UA.

(MISNA, Darfour – 2/11/2004)
Washington confirme des sanctions économiques contre Khartoum

Le président des Etats-Unis, George W. Bush, à la veille des élections américaines a décidé de proroger pour un an les sanctions en vigueur contre le Soudan depuis 1997, voulues par le numéro un de la Maison Blanche alors en charge, le démocrate Bill Clinton, en raison des rapports entretenus par le régime de Khartoum avec le terrorisme international et des violations répétées des droits de l'Homme. Les sanctions, qui interdisent toute importation aux Etats-Unis de marchandises en provenance du Soudan ainsi que la possibilité pour les citoyens américains de commercer avec l'exécutif soudanais, ont été confirmées par Bush à cause “des actions et de la politique menée par le gouvernement du Soudan, qui continue de représenter une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des Etats-Unis.

(MISNA, Italie – 2/11/2004)
Al Béchir lance des accusations à la Communauté Internationale

Lors d'une rencontre avec quelques administrateurs locaux du Darfour, rapportée hier par le quotidien national "Al Anbaa", le président soudanais Omar Al Béchir a accusé les pays occidentaux d'alimenter le conflit dans la région occidentale du Soudan, théâtre depuis février 2003 d'affrontements et de violences qui ont causé quelques milliers de morts et une grave crise humanitaire avec plus d'un million et demi de personnes sans abri, entre déplacés et réfugiés dans le Tchad voisin. Al Béchir a soutenu que des éléments dont l'identité n'a pas été précisée ont l'intention de "faire exploser" définitivement la crise et a ensuite défini "d'ennemies" les organisations humanitaires internationales à l'œuvre au Darfour. Depuis février 2003 deux groupes armés, nés comme milices d'autodéfense populaire, ont levé les armes contre le gouvernement de Khartoum, accusé de négliger la région car peuplée en grande majorité de "noirs" et de soutenir les bandes de pillards nomades arabes (connues sous le nom de Janjawid), protagonistes des violences à l'encontre des populations d'agriculteurs d'ethnie africaine non arabe.

Le Conseil de Sécurité des N-U se déplace en Afrique

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a approuvé hier la proposition de tenir une session spéciale en Afrique entièrement dédiée à la question du Darfour, la région ouest du Soudan théâtre de violences, rapporte l'ONU. Cet événement historique – qui n'a qu'un précédent, en 1973 au Panamá – se tiendra les 18 et 19 novembre à Nairobi, au Kenya. "Il ne s'agit pas seulement d'un geste symbolique, mais d'un choix précis pour donner de l'élan au processus de paix au Soudan et une opportunité au Conseil de sécurité de démontrer qu'il n'a pas l'intention de baisser les bras" a déclaré aux journalistes le sénateur américain John Danforth, qui présidera le Conseil à partir du mois prochain. Danforth est un vétéran des questions africaines et notamment soudanaises. Il est l'artisan du "Plan Danforth" qui ouvrit la voie à l'accord sur la répartition du pouvoir et des revenus du pétrole entre Khartoum et les séparatistes du sud, qui se sont fait la guerre pendant plus de 20 ans.

(MISNA, Italie – 27/10/2004)
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Nouvelles brèves du 18 au 26 octobre 2004
Darfour : les médiateurs excluent les ‘nouveaux rebelles’
Darfour : reprise des négociations entre les parties
80 Millions d’Euro de l’Europe pour la Mission de l’U.A.
Darfour : colloques formellement ouverts malgré les absences
Darfour : renvoi des colloques de paix, des fonds nécessaires pour crise humanitaire
Après le sommet africain de Tripoli sur le Darfour
Darfour : les médiateurs excluent les ‘nouveaux rebelles’

Les protagonistes de la crise au Darfour, la région occidentale du Soudan théâtre depuis février 2003 d'affrontements et de violences à l'origine d'une grave crise humanitaire, ont entamé aujourd'hui leur deuxième journée de colloques organisés par l'Union Africaine (UA), rouverts hier à Abuja, au Nigeria. Selon des sources diplomatiques, les représentants du gouvernement de Khartoum et ceux des deux mouvements rebelles (JEM et SLA/M) devront présenter aux médiateurs un plan de résolution politique de la crise. Le porte-parole de la délégation gouvernementale a anticipé à la presse une partie des contenus du document, qui prévoit une plus grande autonomie pour les différentes régions du Darfour au sein d'un système fédéral. L'UA a également décidé d'exclure des colloques deux prétendus groupes rebelles du Darfour, inconnus jusqu'à présent, qui avaient demandé hier à participer. Entre temps, l'Union Européenne a officiellement approuvé l'octroi de 80 millions d'euros pour financer la mission d'observation de l'UA au Darfour, annoncée ce week-end par Javier Solana, haut représentant pour la politique étrangère de l'Union européenne (UE).

(MISNA, Italie – 26/10/2004)
Darfour : reprise des négociations entre les parties

Des représentants du gouvernement soudanais et des deux mouvements rebelles actifs au Darfour, la région occidentale du Soudan théâtre de violences depuis février 2003, ont repris ce matin les colloques formels organisés par l'Union Africaine (UA) au Nigeria, rapporte la presse. L'envoyé de l'UA au Soudan, Hamid Algabid (qui préside les négociations) a rencontré séparément et à huis clos les deux délégations, leur présentant deux protocoles d'accord: l'un sur la question humanitaire et l'autre sur la sécurité. La session qui se tient aujourd'hui à Abuja est la seconde session formelle des colloques entamés en août dernier et elle devrait durer environ 2 semaines. On rappelle que le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) et le Mouvement-Armée de libération du Soudan (SLA-M) se sont soulevés contre le gouvernement arabo-soudanais l'accusant de négliger la région, principalement habitée de populations noires, et de soutenir les bandes de pillards arabes (janjawid) considérés comme les principaux auteurs de violences dans la région. La crise au Darfour a fait plus d'un million de réfugiés et des milliers de morts (les bilans sont divergents).

(MISNA, Italie – 25/10/2004)
80 Millions d’Euro de l’Europe pour la Mission de l’U.A.

Le haut représentant pour la politique étrangère de l'Union européenne (UE), Javier Solana, a annoncé aujourd'hui une contribution de 80 millions d'euros en faveur de la mission de paix de l'Union africaine (UA) au Darfour, la région occidentale du Soudan, théâtre depuis près de 20 mois de violents affrontements ayant causé une grave crise humanitaire. Solana, depuis hier en visite dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, siège de l'UA, se rendra ensuite au Soudan pour une série de rencontres officielles. Le "ministre des Affaires étrangères européens" a précisé que le financement sera voté lundi par la Commission européenne qui pourrait allouer quelques dizaines de millions d'euro en plus de sorte de couvrir la moitié des 200 millions environ dont l'UA a besoin pour financer la mission. L'argent, explique M. Solana, sera prélevé du fonds pour la paix de l'UE, où 300 millions d'euro ont été mis de côté en faveur de l'Union africaine. Mercredi dernier l'organisme africain avait approuvé une augmentation de la force d'observation déjà présente dans le Darfour, passant de 300 unités à près de 3.500 hommes, entre civils et militaires. L'opération devrait durer une année, et il n'est pas clair encore si son rôle sera celui de simple observateur ou si la mission sera transformée en une véritable force de maintien de la paix. En février 2003 deux groupes rebelles – JEM et SLA-M – ont levé les armes contre le gouvernement arabe soudanais, en l'accusant de négliger la région car essentiellement habitée d'ethnies noires africaines et de soutenir les bandes de pillards arabes (connus sous le nom de Janjawid), considérées à l'unanimité comme les principales responsables des violences dans la région. La crise du Darfour a provoqué plus d'un million de déplacés et réfugiés et a coûté la vie à des milliers d'autres (plusieurs estimations fort diverses circulent).

(MISNA, Italie – 23/10/2004)
Darfour : colloques formellement ouverts malgré les absences

Bien qu'elles n'entreront dans le vif du sujet que lundi, en raison de nombreuses absences, les négociations entre les protagonistes de la crise au Darfour, région occidentale du Soudan, sont formellement ouvertes. Une brève cérémonie s'est tenue hier soir à Abuja, la ville nigériane choisie par l'Union Africaine (UA) pour accueillir les négociations. L'envoyé spécial de l'UA au Darfour, Hamid Algabid, qui préside ces négociations, a précisé que les colloques dureraient 3 semaines et concerneraient essentiellement la question humanitaire et la signature d'un protocole humanitaire déjà défini par les parties en septembre. Le gouvernement de Khartoum et les deux groupes rebelles du Darfour se sont dits disponibles pour trouver une issue à la crise. On rappelle que le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) et le Mouvement-Armée de libération du Soudan (SLA-M) se sont soulevés contre le gouvernement arabo-soudanais l'accusant de négliger la région, principalement habitée de populations noires, et de soutenir les bandes de pillards arabes (janjawid) considérés comme les principaux auteurs de violences dans la région. La crise au Darfour a fait plus d'un million de réfugiés et des milliers de morts (les bilans sont divergents).

(MISNA, Italie – 22/10/2004)
Darfour : renvoi des colloques de paix, des fonds nécessaires pour crise humanitaire

Les colloques prévus pour aujourd'hui entre les protagonistes de la crise du Darfour, les deux mouvements combattants (JEM et SLA-M) et le gouvernement de Khartoum, pourraient être renvoyés au moins de deux jours. Le Darfour, la zone occidentale du Soudan théâtre depuis février 2003 d'affrontements et de violences, connaît la "plus grave crise humanitaire de la planète", comme l'a définie l'ONU. La demande de renvoi est arrivée d'un des deux groupes qui l'an dernier ont levé les armes contre le gouvernement arabe soudanais, en l'accusant de négliger la région car essentiellement habitée par des ethnies noires africaines et de soutenir les bandes de pillards arabes (connus sous le nom de Janjawid), considérées à l'unanimité comme les responsables des violences dans la région. Des motifs logistiques se trouveraient derrière la demande du SLA-M: la délégation du groupe armé ne serait pas en effet encore arrivée au complet à Abuja (Nigeria), siège des colloques. Quelques sources de presse considèrent que la suspension pourrait durer plus de deux jours, car les protagonistes préfèreraient attendre la fin du Ramadan. Hier l'Union africaine (UA), qui sponsorise les colloques d'Abuja, a approuvé l'augmentation du contingent de la force d'observation présente au Darfour, en le faisant passer de 300 à près de 3.500 hommes, entre civils et militaires. L'opération, de la durée d'un an, a été financée par l'Union européenne et les Etats-Unis. Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, est intervenu encore une fois hier en demandant à la communauté internationale – et surtout aux pays "qui en ont la possibilité" – d'allouer au plus vite 200 millions de dollars. Cette somme est nécessaire pour faire face à l'urgence humanitaire en acte dans la région: plus d'un million d'évacués et de réfugiés (les données sont très discordantes, et d'aucuns parlent d'1,5 millions, d'autres de 2 millions), qui survivent à l'heure actuelle grâce à l'intervention de l'ONU et de plusieurs ONG. Annan a également souligné que l'arrivée sur place d'une mission de l'UA – de paix ou de simple monitorage? – pourra "faire la différence". La question humanitaire devrait être par ailleurs envisagée lorsque les colloques de paix d'Abuja reprendront: les parties en présence devraient signer un protocole humanitaire, déjà défini début septembre."Nous voulons non seulement signer ce protocole mais l'améliorer aussi", a déclaré le sous-secrétaire soudanais aux affaires étrangères, Naguib al-Khair Abdel Wahab. "Nous sommes décidés à parvenir à un accord sur le Darfour et nous nous rendrons aux colloques avec une attitude d'ouverture", a-t-il ajouté.

(MISNA, Italie, 21/10/2004)
Après le sommet africain de Tripoli sur le Darfour

Les participants au mini-sommet africain de Tripoli sur le Darfour, qui s'est conclu dans le courant de la nuit, ont demandé aux groupes rebelles de l'ouest du Soudan, JEM (Mouvement pour la justice et l'égalité) et SLA-M (Mouvement – Armée de la libération du Soudan), de signer immédiatement le "protocole humanitaire" souscrit en septembre avec le gouvernement de Khartoum; la signature est proposée pour le 21 octobre à Abuja, au Nigeria, où, selon le communiqué final du sommet, devrait reprendre la négociation interrompue le mois dernier. Les rebelles ont jusqu'à présent refusé de signer et bloqué la négociation en avançant des motifs liés à la sécurité. La rencontre de Tripoli, à laquelle ont participé la Libye, l'Egypte, le Nigeria, le Tchad et le Soudan, a également rejeté avec fermeté "toute intervention étrangère" dans les affaires internes du Soudan, pour éviter le risque que "ne soient minées les tentatives de stabilisation du pays". Olu Adenij, ministre des Affaires étrangères du Nigeria, pays assurant la présidence de l'Union africaine (UA), a toutefois ajouté que des consultations se sont tenues avec les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) afin de garantir l'assistance économique, financière et logistique (des avions américains pour le transport des troupes). Le porte-parole de la présidence égyptienne Magued Abdel Fattah a souligné que la communauté internationale doit offrir au Soudan de "l'assistance pour l'aider à appliquer ses compromis au lieu d'exercer une certaine pression et de lui transmettre des menaces". Le 18 septembre dernier le Conseil de sécurité de l'ONU avait menacé Khartoum de sanctions pétrolières si elle ne devait pas réussir à restaurer la paix dans le Darfour. Selon le ministre des Affaires étrangères soudanais, Moustapha Osman Ismail, le sommet a envoyé au reste du monde un message clair, en affirmant que "l'Afrique veut prendre toutes ses responsabilités et écarte toute intervention étrangère". Quelques centaines de peacekeepers africains se trouvent déjà dans le Darfour – 300 nigérians et rwandais selon quelques sources, 500 selon d'autres – et 800 autres au moins devraient arriver d'ici octobre pour un total d'au moins 4.500 hommes. Trois cent rwandais qui devaient se rendre hier dans le Darfour ne pourront pas y être avant une semaine car il semblerait que leurs campements ne soient pas encore prêts. Depuis mars 2003, la question du Darfour, apparue au grand jour tout de suite après l'annonce des accords de paix entre Khartoum et le sud sécessionniste, s'est imposée sur la scène internationale comme une grave crise humanitaire et d'aucuns avancent, comme aux Etats-Unis, l'hypothèse d'un "nettoyage ethnique" voire même de "génocide", hypothèse récupérée par bien d'autres pays. Pour tenter de fournir des proportions concrètes aux faits survenus sur cerre région soudanaise, vaste comme la France, mais semi-désertique et difficile d'accès, même les institutions internationales ont fourni des données et des chiffres forts divergents et peu clairs: d'un million et demi à plus de deux millions de réfugiés ou encore un million de déplacés à l'intérieur du Soudan et 200.000 dans le Tchad voisin. L'organisation mondiale pour la santé (OMS), par le biais de son bureau à Genève, a récemment répété, plus d'une fois, qu'"à cause des maladies et des conditions dans lesquelles ils vivent", chaque mois, depuis mars dernier, ce seraient 10.000 Soudanais qui auraient perdu la vie. Une donnée qui, selon le gouvernement de Khartoum, n'aurait pas été confirmée par les bureaux soudanais de l'OMS. Le 17 août dernier, un "bulletin de mortalité et de morbidité" de l'OMS, diffusé par l'agence de presse britannique Reuters, indiquait un total de 800.000 évacués (dans 40 des 54 camps de réfugiés) desquels 363 seraient décédés en cinq semaines, dont 177 enfants de moins de 5 ans. L'ONU a également indiqué un total de 30-50.000 victimes dans la crise du Darfour, dont 15% tuées dans le conflit. Khartoum a affirmé à plusieurs reprises que le nombre de victimes ne dépasse pas 5.000 et a invité des observateurs étrangers à contrôler sur place, opération difficile à mener à cause de l'étendue du territoire concerné. La communauté internationale n'a eu de cesse de demander au gouvernement soudanais de désarmer les milices de “janjawid”, les nomades d'ethnie arabe, considérées progouvernementales et responsables des violences contre la population africaine noire établie dans le Darfour, de religion musulmane, tout comme les "janjawid". M. Jan Pronk, envoyé spécial de l'ONU dans la région, une des sources les plus fiables et équilibrées sur le Darfour, après avoir déclaré samedi dernier qu'il est nécessaire d'envoyer des renforts en hommes pour contrôler la situation, a ajouté que les choses ont un peu changé dans la région: "Il y a plus de banditisme, plus de violence individuelle, rendant très difficile l'assistance humanitaire. Les rebelles SLA-M attaquent fréquemment les postes de police et dans toute la région sévissent des affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles. Dans les villages surviennent aussi des attaques occasionnelles de "janjawid" et d'autres milices". A propos du sommet de Tripoli, le fait marquant est que presque aucune information n'ait été diffusée quant la présence de quelques membres de la rébellion du Darfour en Libye, non pas pour participer à cette rencontre mais pour des colloques séparés avec le colonel Kadhafi. “Nous pensons que la Libye peut jouer un rôle vital" aurait déclaré à la presse internationale Tag al-Din Bashir Nyam du JEM, en ajoutant que Kadhafi a l'intention d'entendre personnellement les représentants des rebelles. Cela ne signifie-t-il pas encore une fois, comme c'est souvent le cas, que les négociations les plus importantes se font en coulisses et sans publicité? (traduction d'un article de Pietro Mariano Benni)

(MISNA, Italie – 18/10/2004)
 
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Nouvelles brèves du 5 au 15 octobre 2004

La situation au Soudan : N- U : point de presse du 15 octobre
Le Conseil de sécurité pourrait se délocaliser à Nairobi -
Darfour : 70 000 morts depuis le mois de mars
Mini-sommet sur le Darfour en Libye (présidence égyptienne)
L'UA promet 4500 soldats d'ici la fin du mois
Ministre hollandais : l’Europe n’exclut pas des sanctions contre Khartoum
Darfour : une mine antichar tue deux agents humanitaires
Darfour : Président commission ONU « un travail énorme nous attend »
Nomination de la commission d’enquête sur d’éventuels actes de génocide au Darfour
Pas d’amélioration, nouveaux combats et nouveaux déplacés au Darfour
La situation au Soudan : N- U : point de presse du 15 octobre 

Des personnes déplacées ont signalé aux Nations Unies des attaques perpétrées contre des villages dans le Sud du Darfour, au Soudan.  Les personnes déplacées de Uma Kasara ont affirmé que leur village a été totalement incendié le 2 octobre dernier par des hommes armés non identifiés, provoquant ainsi le déplacement de 650 familles vivant sur place et dans deux autres villages voisins.  Des informations font également état d'attaques et d'incendies dans quatre autres villages du même secteur.  De nouvelles personnes déplacées continuent par ailleurs d'arriver dans le camp déjà surpeuplé de Kalma, situé près de Nyala, dans le Sud du Darfour.

(N-U, New York, 15/10/2004)
Le Conseil de sécurité pourrait se délocaliser à Nairobi - 

Le Conseil de sécurité des Nations unies envisage de tenir une réunion formelle sur le Soudan en novembre à Nairobi, a indiqué jeudi à la presse son président, l'ambassadeur britannique à l'Onu, Emyr Jones Parry. 
Cette réunion, proposée par les Etats-Unis, pourrait se tenir les 17 et 18 novembre, mais "il reste encore beaucoup de détails à régler", a précisé M. Jones Parry. 
"L'idée serait que cette visite stimule le processus de paix" de Naivasha entre le gouvernement soudanais et l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA, rebelles sudistes) et "ne serve pas de prétexte aux parties pour ne pas faire de progrès, bien au contraire", a-t-il ajouté. 
En fait, cette visite devrait "se fonder sur la présomption que des progrès ont été faits, sans quoi une telle visite serait moins probable", a-t-il encore dit. 

(Aujourd’hui l’Afrique, Nairobi, 15/10/2004)
Darfour : 70 000 morts depuis le mois de mars

Alors que près de 70 000 personnes sont mortes de maladie ou de malnutrition au Darfour (ouest du Soudan) depuis mars dernier, l'aide internationale demeure insuffisante. 
Près de 70 000 personnes sont mortes de maladie ou de malnutrition au Darfour, au Soudan, depuis mars dernier, a indiqué vendredi 15 octobre un responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il a critiqué l'insuffisance de l'aide internationale.
"Nous ne sommes toujours pas capables de trouver les ressources collectives nécessaires pour répondre de manière adéquate (à cette crise) et ramener le nombre des victimes à un niveau acceptable", a déclaré David Nabarro, chargé de la gestion des situations de crise à l'OMS, lors d'une conférence de presse à Genève. 
Les agences humanitaires, a-t-il déploré, n'ont reçu pour l'instant que la moitié des 300 millions de dollars (240 millions d'euros) nécessaires pour venir en aide à 1,4 million de personnes déplacées, dont 200 000 réfugiés installés au Tchad, qui souffrent de maladies (dysenterie, hépatite E, choléra) et de malnutrition, et vivent dans des conditions sanitaires déplorables.
Si on considère l'attention et la couverture médiatique accordées au Darfour, "il est stupéfiant de constater qu'on ne peut toujours pas obtenir l'argent nécessaire", a-t-il estimé. Pour le docteur Nabarro, le prix de cette impuissance "se mesure en nombre de morts".

Le Darfour  compte jusqu’à 10.000 morts par mois 
Selon l'OMS, jusqu'à 10 000 personnes meurent chaque mois au Darfour dans les camps de personnes déplacées.
Ce chiffre ne tient pas compte des morts lors des combats et s'explique essentiellement par le manque de moyens, a souligné le docteur Nabarro. "Nous essayons d'atteindre les camps avec des véhicules tout-terrain qui tombent en panne ou qui s'embourbent alors que nous aurions besoin d'une vingtaine d'hélicoptères", a-t-il affirmé.
Vendredi 15 octobre, à Rome, le directeur général du Programme alimentaire mondial, James Morris, avait, lui, déploré que le Darfour tende à occulter d'autres situations de famine moins connues. "La réalité est que le Darfour a désormais plus de chances de recevoir une aide alimentaire suffisante que, par exemple, les victimes de la faim au Pérou", avait relevé M. Morris.

(AFP et le Monde du 15/10/2004)
Mini-sommet sur le Darfour en Libye (présidence égyptienne)

Un mini-sommet sur le Darfour (ouest du Soudan) réunissant Soudan, Egypte, Libye, Nigeria et Tchad doit avoir lieu dimanche en Libye sous l'égide du Nigeria qui préside actuellement l'Union africaine (UA), a déclaré vendredi une source proche de la présidence égyptienne.
Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, les présidents égyptien Hosni Moubarak, soudanais Omar Al-Béchir et nigérian Olusegun Obasanjo, en sa qualité de président en exercice de l'UA parrainant les négociations entre Khartoum et les rebelles du Darfour, doivent participer à ce mini-sommet.
Les deux mouvements rebelles du Darfour, le Mouvement de libération du Soudan (SLM) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) doivent également être présents à ce sommet, dont la tenue a été annoncé le 4 octobre au Caire par le porte-parole de la présidence égyptienne Magued Abdel Fattah.
Ce sommet d'un seul jour vise à trouver une solution adéquate au conflit du Darfour dans un cadre africain pour éviter l'imposition de sanctions à Khartoum par le Conseil de sécurité, l'internationalisation du problème et pour évaluer les conséquences de la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu sur le Darfour et renforcer le rôle de l'UA dans le traitement de la crise.
Le Conseil de sécurité a voté une résolution en septembre menaçant le Soudan de sanctions pétrolières s'il ne parvient pas à maîtriser la situation au Darfour et à mettre fin aux atrocités qui s'y produisent.
Vendredi, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a révisé à la hausse le bilan des morts dans le Darfour estimé ultérieurement entre 30.000 à 50.000 personnes depuis le déclenchement en février 2003 de la guerre civile.
Selon l'OMS, 70.000 personnes sont mortes de maladie ou de malnutrition au Darfour depuis mars dernier, a indiqué un responsable de l'Organisation qui a critiqué l'insuffisance de l'aide internationale.
Le conflit du Darfour a provoqué l'exode de 1,4 millions de personnes dont près de 200.000 réfugiées au Tchad voisin.
Dans une déclaration jeudi à l'AFP, Radhia Achouri, la porte-parole de Jan Pronk, représentant spécial pour le Soudan du secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, a déclaré que la situation sécuritaire dans le Darfour "ne s'est pas améliorée depuis octobre", laissant entendre que Khartoum risquait des sanctions si aucun progrès n'est réalisé d'ici 16 jours, date d'une nouvelle réunion du Conseil à ce sujet.
Mercredi, le ministre néerlandais des Affaires étrangères Bernard Bot, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne (UE), en visite à Khartoum, avait exhorté le gouvernement soudanais à se plier aux demandes de la communauté internationale en vue de régler la crise du Darfour, deux jours après que l'UE eut renouvelé ses menaces de sanctions 

(A.F.P., Le Caire, 15/10/2004)
L'UA promet 4500 soldats d'ici la fin du mois

L'Union africaine (UA) prévoit de déployer avant la fin novembre 4500 soldats au Darfour, dans l'Ouest du Soudan, a annoncé vendredi le président nigérian Olusegun Obasanjo.
L'UA, qui a déjà envoyé 300 observateurs militaires sans armes pour superviser le respect d'un cessez-le-feu régulièrement violé, avait initialement prévu de porter sa mission à 3500 hommes.
Selon un communiqué publié par M. Obasanjo, qui préside actuellement l'Union africaine, le premier bataillon envoyé par le Rwanda sera déployé dimanche. Le deuxième, composé de soldats nigérians, arrivera au Soudan le 30 octobre. Aucune précision n'a été apportée au sujet des trois autres bataillons, qui devraient être opérationnels à la fin de novembre.
Les violences au Darfour ont forcé 1,4 million d'habitants à quitter leur domicile. Environ 200 000 ont trouvé refuge au Tchad voisin. L'Organisation mondiale de la santé estime que 70 000 réfugiés sont morts depuis le mois de mars en raison des mauvaises conditions de vie dans les camps.

(Associated Press, Abuja, 14/10/2004)
Ministre hollandais : l’Europe n’exclut pas des sanctions contre Khartoum

"S'il résulte que rien n'a été fait dans les deux prochains mois et devant une dégradation de la situation, nous n'aurons pas d'autre choix que d'appliquer des sanctions. Et nous l'avons dit clairement" a déclaré le ministre hollandais des Affaires Etrangères Bernarnd Bot, au nom de l'Union Européenne, dont son pays est président en exercice, au terme d'une rencontre à Khartoum avec son homologue soudanais Mustafa Osman Ismail. Les deux hommes ont parlé du Darfour, théâtre d'une guerre et d'une grave crise humanitaire. M. Bot a déclaré que des instruments de pression, comme des sanctions, devraient être utilisés contre les groupes rebelles actifs dans la région ouest-soudanaise. L'Europe, a ajouté le ministre hollandais, est satisfaite de la décision du Soudan d'accepter 4.000 observateurs de l'Union Africaine et d'offrir sa collaboration à la commission d'enquête devant clarifier si un génocide a été commis ou non au Darfour. "Des progrès suffisants n'ont pas été accomplis dans la protection des civils au Darfour et la situation sur le terrain n'est pas encore satisfaisante" a cependant encore affirmé le représentant de l'UE. "Nous croyons que le gouvernement de Khartoum coopère pleinement, alors pourquoi des menaces de sanctions?" a répondu le ministre soudanais devant les journalistes. Pour M. Ismail, ce type d'instruments appartient "à l'époque coloniale". Selon les données diffusées aujourd'hui par le coordinateur des Nations Unies pour le Soudan, Manuel Aranda Da Silva, plus de 200.000 civils ont été contraints, au cours de ce dernier mois, de fuir devant les persécutions et la violence au Darfour, ajoutant que la détérioration de la sécurité avait bloqué la distribution de secours humanitaires destinés à plus de 1,5 millions de réfugiés.

(MISNA, Italie, 13/10/2004)
Darfour : une mine antichar tue deux agents humanitaires

Deux agents humanitaires, un Britannique et un Soudanais, ont été tués au Darfour (ouest du Soudan) dans l'explosion de leur véhicule sur une mine antichar, apprend-on de l'organisation pour laquelle ils travaillaient, la britannique Save the children. L'accident a eu lieu dimanche, près d'Ummbaru, dans le Darfour Nord. Le chauffeur, un Soudanais, aurait été grièvement blessé. "Il n'y a pas de mots suffisants pour décrire la perte de deux valeureux collègues, dont le travail et les efforts ont apporté un grand soulagement à de nombreux enfants et à leurs familles" a déclaré Mike Aaronson, directeur général de l'ONG basée à Londres. Le représentant de l'ONU au Soudan, Jan Pronk, a déploré les faits et souligné l'engagement humanitaire des victimes. Il a précisé que les rebelles actifs au Darfour et le gouvernement central de Khartoum avaient été avertis de l'arrivée de l'expédition de Save the children. La région du Darfour est le théâtre d’un conflit entre des groupes armés soulevés contre le gouvernement central, à l'origine d’une très sévère crise humanitaire depuis février 2003. Selon l’ONU, entre 30.000 et 50.000 personnes ont été tuées et 1,5 million ont été déplacée

(MISNA, Italie, 12/10/2004
Darfour : Président commission ONU « un travail énorme nous attend »

"La tâche qui nous a été confiée par l'ONU est un travail énorme, compliqué et à réaliser dans de brefs délais" a déclaré à l'agence MISNA le professeur Antonio Cassese, chargé par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, de guider la commission d'enquête voulue par la communauté internationale pour vérifier si des actes de génocide ont été commis dans la région du Darfour (ouest du Soudan). "C'est un travail qui occupera à temps plein pendant les trois mois fixés par les Nations Unies les cinq membres de la Commission d'enquête, mais également la trentaine de membres de l'équipe d'investigations" a ajouté le juriste italien, ancien président du Tribunal sur les crimes commis en ex-Yougoslavie. "Nous essaierons de le faire avec la plus grande sérénité possible. Je demande aux journalistes d'avoir de la patience, nous sommes un organe quasiment judiciaire et j'ai demandé à tous les membres de la commission de faire preuve d'une grande discrétion, de maintenir le secret de l'instruction, tant que nous n'aurons pas remis notre rapport au Conseil de Sécurité de l'ONU" a-t-il poursuivi. Les cinq experts doivent enquêter sur les dénonciations de violations des droits de l'Homme perpétrées par tous les protagonistes de la guerre au Darfour, où les milices arabes janjawid sont accusées d'avoir commis des crimes sur les populations civiles non arabes de la zone. La commission a également le mandat pour identifier les auteurs de tout acte éventuel de génocide "afin de garantir que les responsables soient livrés à la justice". Antonio Cassese, professeur de droit international très connu en Italie et à l'étranger, a également été président d'un groupe international contre la torture et membre d'un comité pour les droits de l'Homme du Conseil d'Europe. Les autres membres de la commission sont Diego Garcia-Sayán, ex-ministre des Affaires Etrangères et de la Justice au Pérou, professeur de droit et négociateur de l'ONU aux colloques de paix pour le Guatemala, au début des années 90; l'Egyptien Mohammed Fayed, secrétaire général de l'organisation arabe pour les droits de l'Homme et ancien ministre; la Pakistanaise Hina Jilani, une avocate ayant une longue expérience dans le secteur des droits de l'Homme, et enfin Stringgner Scott, actuel responsable de la commission pour les réformes législatives au Ghana et ancien juge de la Haute Cour. Ces experts ont trois mois pour accomplir leur travail et référer leurs conclusions à Kofi Annan. La crise au Darfour a provoqué jusqu'à présent un nombre imprécis de victimes – entre 30.000 et 50.000 pour les Nations Unies, "seulement" 5.000 pour le gouvernement soudanais – plus d'un million et demi de déplacés et au moins 200.000 réfugiés au Tchad.

(MISNA, Italie, 12/10/2004)
Nomination de la commission d’enquête sur d’éventuels actes de génocide au Darfour

La commission d'enquête voulue par l'ONU pour vérifier si des actes de génocide ont été perpétrés au Darfour (ouest du Soudan) sera guidée par le juriste italien Antonio Cassese, ancien président du Tribunal sur les crimes commis en ex-Yougoslavie. La nouvelle a été annoncée par le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, à New York. Les 5 experts de la commission devront également enquêter sur les plaintes de violations du droit humanitaire international et des droits de l'Homme commis par tous les protagonistes de la guerre au Darfour, où les milices arabes janjawid sont accusées d'avoir commis des crimes et des exactions contre les populations noires de la zone. Conformément au mandat du Conseil de sécurité de l'ONU, la commission peut identifier d'éventuels auteurs d'actes de génocide et les livrer à la justice. Le professeur Cassese, enseignant de droit international, a guidé pendant 6 ans la Cour onusienne pour l'ex-Yougoslavie, a été président d'un groupe international contre la torture et membre du Comité pour les droits de l'Homme du Conseil d'Europe. Les autres membres de la commission sont Diego Garcia-Sayán, ex-ministre des Affaires Etrangères de la Justice du Pérou, professeur de droit et négociateur de l'ONU aux colloques de paix pour le Guatemala au début des années 90; l'Egyptien Mohammed Fayed, secrétaire général de l'Organisation arabe pour les droits de l'Homme et ex-ministre; la Pakistanaise Hina Jilani, avocate ayant une longue expérience dans le secteur des droits de l'Homme, et enfin Stringgner Scott, actuel responsable de la commission pour les réformes législatives au Ghana e ancien juge de la haute Cour. Ces experts auront trois mois pour faire leur travail et référer leurs conclusions à Kofi Annan. Selon le centre d'information de l'ONU, ils devraient partir au plus tôt pour le Soudan. La crise au Darfour a provoqué de très nombreuses victimes (entre 30.000 et 50.000 morts selon les Nations Unies), plus de 1,45 millions de déplacés et au moins 150.000 réfugiés au Tchad. Le gouvernement de Khartoum a récemment fait savoir qu'au moins 200.000 civils qui avaient abandonné leurs maisons pour fuir les violences seraient retournés dans leurs villages.

(MISNA, Italie, 09/10/2004
Pas d’amélioration, nouveaux combats et nouveaux déplacés au Darfour

Des signes d'aggravation de la condition des civils arrivent en provenance du Darfour, la région de l'ouest du Soudan théâtre depuis 19 mois d'un conflit entre forces gouvernementales et rebelles. Des sources humanitaires et religieuses contactées par l'agence MISNA réfèrent que de nouveaux affrontements ont eu lieu et que des civils fuient en masse les combats. A Nyala, capitale du Darfour Sud, des milliers de déplacés sont arrivés au cours de ces deux dernières semaines. "Ils sont tous musulmans et appartiennent essentiellement aux tribus Dajo et Fur" explique à l'agence MISNA une source religieuse contactée sur place et dont l'anonymat sera préservé pour raisons de sécurité. "Il semblait que ces deux derniers mois, l'exode des villages vers les villes s'était atténué, mais depuis la mi-septembre, il a repris avec une plus grande intensité" poursuit notre interlocuteur. Ces derniers temps, "nous n'avons vu aucun changement. Malgré la présence de plus de 50 organisations internationales, ici, les gens continuent de mourir de privations et de maladies. On enregistre en particulier une très forte mortalité infantile" ajoute la même source, en précisant que Nyala est en train de se transformer en une sorte de "citadelle" des organismes humanitaires. "La ville s'étend, des immeubles sont restructurés pour être loués à des organisations non gouvernementales, mais beaucoup de civils manquent encore d'assistance". On apprend, à travers le réseau Caritas Internationalis-Action churches together (ACT) que des combats ont eu lieu dans la zone de Ta’asha (200 kilomètres au nor-ouest de Nyala): au moins 5.000 personnes ont pris la fuite suite aux affrontements déclenchés le 25 septembre, affirme la porte-parole Hege Opseth. "Nous sommes sérieusement préoccupés par la sécurité des nouveaux déplacés pour la sécurité des nouveaux déplacés dans la zone de Ta’asha ” explique Geoff O’Donoghue, responsable des programmes d'urgence du réseau. "Ces gens sont bloqués à cause des combats et si nous ne parvenons pas à leur apporter de l'aide, ils mourront. La non amélioration des conditions sur le terrain ces dernier mois est indiquée dans un rapport du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui affirme que Khartoum n'a pas fait d'ultérieurs progrès en septembre pour rétablir la sécurité, faire cesser les attaques contre les civils, désarmer les milices et livrer à la justice les auteurs de crimes. Selon l'ONU, en 19 mois, le conflit au Darfour a fait plus d'1,4 millions de déplacés, entre 30 et 50.000 morts et au moins 150.000 réfugiés au Tchad

(MISNA, Italie, 05/10/2004 
 

 
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Nouvelles brèves du 20 au 30 septembre 2004
Incrimination pour le putsch présumé
Gouvernement, rebelles et donateurs à Oslo pour parler du Darfour et du futur
Khartoum : de nouvelles arrestations dans les rangs de l’opposition
Darfour : le Haut Commissaire aux réfugiés visite les camps
"S.Egidio » relève des pas en avant et souhaite le dialogue
Résolution ONU sur le Darfour : Khartoum l’accepte mais la définit d’injuste
Incrimination pour le putsch présumé

Environ 28 personnes, pour la majeure partie des militaires de l'armée régulière, ont été accusées d'avoir tenté de renverser le gouvernement du Soudan. C'est ce qu'écrit aujourd'hui l'agence de presse étatique soudanaise (Suna), citée par le site de la BBC. Selon cette source, les incriminations concerneraient la planification d'homicides politiques, l'interruption des systèmes de communication et une déclaration de guerre à l'Etat. Il n'est pas clair pour le moment si les chefs d'accusation concernent des membres liés au Congrès populaire national (Pnc), le principal parti de l'accusation guidé par Hassan al Turabi, ex-allié du président soudanais Omar el Béchir avec lequel il se heurta en 1999. La semaine dernière quelques dirigeants du PNC avaient été arrêtés dans une opération de police visant à éventer des "activités de sabotage" non précisées; les autorités avaient dénoncé l'épisode comme une tentative présumée de coup d'Etat. Le gouvernement a dit que les personnes incriminées seraient liées aux groupes rebelles du Darfour, la région où un soulèvement armé est en cours depuis février 2003, ayant provoqué des milliers de victimes et plus d'un million de réfugiés. Turabi – considéré l'éminence grise du régime de Béchir et encore considéré comme un leader islamique très influent – a nié toute implication dans le putsch présumé et dans le scénario du Darfour. En revanche, selon certains observateurs, quelques militants du parti de Turabi figureraient dans les rangs d'un des deux groupes armés du Darfour – le JEM, Mouvement pour la justice et l'égalité – frappés par les purges de Béchir à la fin des années 90 après la rupture avec le leader islamique.

(MISNA, Italie, 30/09/2004)
Gouvernement, rebelles et donateurs à Oslo pour parler du Darfour et du futur

Une rencontre de deux jours sur le Soudan est actuellement en cours à Oslo avec l'objectif de mobiliser les aides de la communauté internationale en faveur de la région occidentale du Darfour, théâtre d'un conflit et d'une grave crise humanitaire. Le but de cette rencontre est également de définir la préparation de l'après-guerre suite aux accords de paix entre le gouvernement de Khartoum et les indépendantistes du Sud Soudan. Les représentants d'une trentaine de pays sont réunis depuis hier dans la capitale norvégienne avec les délégués gouvernementaux soudanais et ceux des trois principaux groupes rebelles: l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA), la formation historique du Sud Soudan en lutte depuis 20 ans contre le nord; le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) et l'Armée de libération du Soudan (SLA-M), qui ont levé les armes depuis février 2003 contre les forces gouvernementales dans le Darfour; des délégués de la Ligue arabe, de l'Union européenne, de l'ONU et de la Banque mondiale sont également présents. La première journée a été réservée aux colloques sur le Darfour: “Il n'y a pas de solutions humanitaires aux problèmes humanitaires, mais plutôt des améliorations drastiques des efforts politiques” a déclaré le sous-secrétaire d'Etat norvégien Vidar Helgesen. Les rebelles du Darfour et le gouvernement soudanais ont demandé à la communauté internationale d'intensifier les pressions sur le contrepartie pour obtenir un accord de paix. M. Helgesen, de retour d'une visite au Darfour, a ajouté que la situation humanitaire demeure critique et c'est pour cette raison qu'il faut maintenir les pressions sur le gouvernement islamique de Khartoum suite à la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU de la semaine dernière, dans laquelle, entre autre, le Soudan était menacé de sanctions pétrolières, le pays tirant d'importants revenus de la vente de l'or noir. Le représentant du gouvernement soudanais a dit que la situation au Darfour “a été dramatisée par la presse internationale pour donner l'impression aux rebelles de pouvoir être exempts de critiques et pas considérés responsables de ce qui se passe”. Selon l'ONU, la guerre a provoqué jusqu'à présent plus de 30.000 victimes, au moins 1,5 millions de déplacés et plus de 150.000 réfugiés dans le Tchad voisin.

(MISNA, Italie, 29/09/2004)
Khartoum : de nouvelles arrestations dans les rangs de l’opposition

Une nouvelle série d'arrestations a eu lieu parmi les cadres dirigeants du principal parti d'opposition du Soudan, le parti du Congrès populaire (CP) présidé par Hassan el Tourabi, arrêté il y a quelques semaines lors d'une opération analogue. La nouvelle a été diffusée par le ministère soudanais de l'Intérieur dans une note soulignant que ces arrestations sont liées à une opération de police visant à avorter de prétendues "activités de sabotage" contre l'Etat. Selon les agences de presse internationales, vendredi matin les rues de la capitale ont été contrôlées par des soldats, qui ont également mis en place des barrages. Le document affirme que la police avait recueilli des informations sur une tentative présumée de coup d'Etat, suite à l'arrestation de plusieurs autre membres du CP ce mois-ci. Des personnes arrêtées auraient indiqué le docteur El Haj Adam Jussef (secrétaire organisationnel du parti) comme cerveau de l'opération antigouvernementale. La police a demandé la collaboration de la population pour arrêter Jussef, en cavale. Selon l'agence italienne ANSA, des officiers militaires figureraient parmi les personnes arrêtées.

(MISNA, Italie, 25/09/2004)
Darfour : le Haut Commissaire aux réfugiés visite les camps

"Le Soudan devrait accorder plus d'autonomie au Darfour" a déclaré aujourd'hui le haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés Ruud Lubbers, arrivé hier au Tchad, première étape d'une mission de 5 jours qui le conduira au Soudan, pour évaluer les conditions de travail des personnes qui assistent les réfugiés, victimes de la grave crise humanitaire du Darfour. Cette déclaration faite aux micros de la BBC a suscité des réactions qui ont poussé Lubbers à admettre que ces propos avaient un "ton politique" non habituel pour un représentant de l'ONU, mais qu'il avait exprimé clairement sa pensée. En réalité, la pensée de Lubbers est partagée par des politiciens soudanais, comme le ministre de la Justice, et l'ambassadeur de Londres à Khartoum. Ruud Lubbers doit rencontrer les autorités tchadiennes, des agents de l'ONU et d'autres agences. Il se déplacera ensuite ailleurs au Tchad puis se rendra dimanche dans le Darfour ouest. En février 2003, deux mouvements d'autodéfense mis sur pied par la population du Darfour en 2001 pour contrecarrer les attaques de miliciens islamiques - l'Armée-mouvement de libération du Soudan (SLA-M) et le Mouvement pour la justice et l'Egalité (JEM) - se sont formellement soulevés contre les autorités de Khartoum, accusées de négliger la région et ses habitants, et de soutenir les milices arabes (janjawid). Khartoum rejette ses accusations

(MISNA, Italie, 24/09/2004)
"S.Egidio » relève des pas en avant et souhaite le dialogue

“Seul le dialogue entre les parties peut porter à une paix juste et durable pour les populations du Darfour”: c'est ce qu'affirme dans un communiqué la Communauté de Sant’Egidio qui, en ayant participé en qualité d'observateur aux colloques d'Addis-Abeba et Abuja, souhaite que la suspension actuelle ne préjuge pas la poursuite des négociations et, bien que connaissant les difficultés souligne l'importance du processus de paix, encourage les parties à la reprise des colloques au plus vite. Le communiqué ajoute et souligne que "durant la première session de négociations quelques pas en avant ont été réalisés pour permettre le libre accès des agences humanitaires dans tout le Darfour”, une avancée de grande importance pour consentir l'amélioration des conditions de vie des réfugiés. La Communauté, exprimant "son soutien à l'initiative de l'Union Africaine et la disponibilité à toute autre intervention pour faciliter la reprise des rencontres", sollicite "la plus haute attention et l'intervention de la communauté internationale et en premier lieu des Nations Unies". "Aux conditions des victimes et des réfugiés s'adresse en premier lieu l'attention de la Communauté de Sant’Egidio ces mois-ci, avec l'envoi de convois d'aides au camp de Farchana au Tchad", conclut le communiqué.

(MISNA, Italie, 22/09/2004)
Résolution ONU sur le Darfour : Khartoum l’accepte mais la définit d’injuste

Le Conseil des ministres du Soudan, lors d'une séance extraordinaire présidée par le vice président Ali Osman Taha, a déclaré hier accepter la résolution n.1564 adoptée samedi par le Conseil de sécurité de l'ONU sur le Darfour bien que la considérant "injuste". Dans le document, approuvé par 11 des 15 pays qui forment le Conseil, des "mesures supplémentaires dont des sanctions" (économiques, logistiques et diplomatiques, prévues par l'article 41 de la Charte de l'ONU) sont avancées à l'encontre du gouvernement de Khartoum "ou de chacun de ses membres" en plus que dans le secteur pétrolier. La Chine, la Russie, le Pakistan et l'Algérie se sont abstenus de voter. Les points essentiels de la résolution sont les suivants: 
- Le Conseil de sécurité déclare sa grave préoccupation car le gouvernement du Soudan n'a pas complètement respecté les obligations prévues par la résolution n.1556 du 30 juillet dernier pour améliorer les conditions de vie et de sécurité de la population du Darfour, en particulier l'ouverture de couloirs humanitaires pour l'assistance aux civils et le désarmement des milices Janjawid accusées de violence contre la population noire;
- déplore les récentes violations du cessez-le-feu de la part des parties en présence;
- approuve et soutient le projet de l'Union Africaine (UA) d'accroître sa mission de monitorage dans le Darfour;
- fait appel au gouvernement du Soudan et aux deux principaux groupes rebelles en lutte (Le Mouvement pour la justice et la paix, JEM, et l'Armée-Mouvement de libération du Soudan, SLA-M) à coopérer sous les auspices de l'UA pour parvenir à une solution politique des négociations d'Abuja (qui entre temps ont été suspendues);
- répète sa demande au gouvernement de Khartoum de "mettre fin à un climat d'impunité au Darfour, en identifiant et portant devant la justice tous les responsables, y compris les membres des forces populaires de défense et des milices Janjawid, pour les abus diffus des droits de l'Homme et les violations de la loi humanitaire internationale; 
- demande que le gouvernement soudanais envoie la documentation à l'UA pour une vérification, en particulier les noms des Janjawid qui ont été désarmés et arrêtés pour des violations des droits de l'Homme;
- demande que le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, forme rapidement une commission d'enquête internationale pour enquêter immédiatement sur les rapports relatifs aux violations des droits de l'Homme dans le Darfour, perpétrés de toute part, et de déterminer si des actes de "génocide" ont été commis dans la région;
- fait enfin appel aux donateurs afin qu'ils garantissent avec urgence des contributions généreuses et conséquentes aux "efforts humanitaires" dans le Darfour. 
Le sous-secrétaire aux Affaires étrangères soudanais, Mutrif Sideeq, en parlant à l'émetteur public "Radio Omdurman", a dit hier: "Nous considérons que la déclaration est défectueuse et qu'elle transmet un message erroné aux rebelles"; selon d'autres sources, les autorités de Khartoum ont défini la prise de position de l'ONU d'"injuste". Sur un ton opposé s'est faite entendre la réaction de l'Allemagne, qui a accepté avec satisfaction le texte du Conseil de sécurité, en affirmant par le biais du ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer que "malgré quelques progrès enregistrés au cours de ces dernières semaines, le gouvernement de Khartoum doit encore être sollicité pour le respect des engagements pris". Durant la discussion de samedi au Palais de verre, des positions discordantes se sont manifestées à l'égard du président soudanais Omar al Béchir. Munir Akram, représentant du Pakistan au Conseil de sécurité, a motivé l'abstention de son pays à la résolution car le document ne reconnaîtrait pas "les progrès réalisés" par Khartoum, reconnus aussi dans le rapport du 15 septembre de Kofi Annan et de son représentant spécial au Darfour. La Chine, qui avait menacé le recours au droit de veto et qui a d'importants intérêts pétroliers au Soudan, a apprécié "les efforts énormes et inestimables réalisés par l'Union Africaine pour trouver une solution durable à la crise", en invitant la communauté internationale à soutenir les efforts de l'organisme panafricain. Le plein soutien à l'UA émerge clairement de la résolution et en constitue , sans doute, un des passages politiques les plus importants aussi pour le futur du continent et la gestion d'autres conflits africains. L'Algérie aussi s'est déclarée contraire à la menace de sanctions décidée par la majorité du Conseil, en ajoutant qu'elle se serait attendue une reconnaissance des progrès réalisés par Khartoum. Les onze pays qui ont voté en faveur du document sont d'un tout autre avis: le délégué français a admis que le rapport de Annan et de son envoyé prend acte des progrès mais a répété que "la communauté internationale attend le désarmement des miliciens Janjawid et la punition de ceux qui ont violé les droits de l'Homme", tandis que le britannique Emyr Jones Parry a dit que "seule une solution politique peut porter à une paix durable au Soudan". Le représentant du Soudan à l'ONU, Elfaith Mohamed Ahmed Erwa, a affirmé que "le monde entier a porté son regard sur le Conseil de sécurité pour voir s'il serait utilisé pour des motifs politiques" et que la résolution "décourage les habitants du Darfour au lieu de les encourager à maintenir la collaboration" avec le gouvernement de Khartoum. Erwa a ajouté que la hâte et les pressions exercées pour approuver la résolution ont contribué à l'enlisement des négociations d'Abuja et n'étaient finalisées qu'à la complaisance à l'égard du Congrès américains, qui se considère comme "la seule conscience du monde". (traduction d'un article d'Emiliano Bos)

(MISNA, Italie, 20/09/2004)

 
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Nouvelles brèves du 4 au 17 septembre 2004
Colloques de paix : rendez-vous au 10 octobre
Le Parlement européen réclame des sanctions contre le Soudan
Darfour et génocide : à la BBC, Annan a fait fort
Deux cents tonnes de vivres livrées par la France aux réfugiés du Darfour
Echec ou suspension des négociations ? Khartoum accuse Washington
Colloques de paix suspendus après 10 minutes de face à face
Colloques de paix : rendez-vous au 10 octobre

A l'issue d'une journée de rencontres bilatérales, de déclarations et de démentis, la seule certitude sur l'avenir des colloques de paix en cours à Abuja (Nigeria) pour mettre fin au conflit au Darfour (ouest du Soudan) semble être la reprise des négociations le 10 octobre prochain. La date a été annoncée hier soir par le ministre soudanais des Affaires Etrangères Mustafa Osman Ismail au Caire (Egypte) après avoir rencontré le secrétaire général de la Ligue Arabe Amr Mussa. "Les colloques n'ont pas échoué" a ajouté le chef de la diplomatie de Khartoum. Depuis le 23 août, des délégués du gouvernement soudanais et des délégués des deux principaux groupes armés actifs au Darfour s'entretiennent à Abuja. Depuis février 2003, les groupes armés se sont insurgés contre Khartoum, accusé de négliger le Darfour, habité d'une majorité de populations non arabes, et de soutenir les milices janjawid (pillards arabes) qui attaquent les villages. Hier, les médiateurs de l'Union Africaine (UA) ont rencontré séparément les délégués des deux formations rebelles (SLA-M, Armée-Mouvement de libération du Soudan, et JEM, Mouvement pour la justice et l'égalité) pour tenter, apparemment sans résultats, d'obtenir leur consentement à l'accord avec le gouvernement pour permettre aux agences humanitaires d'accéder au Darfour. Il semblerait que les rebelles n'aient pas accepté.

(MISNA, Italie, 17/09/2004)
Darfour: le Parlement européen réclame des sanctions contre le Soudan 

Le Parlement européen a appelé jeudi les Nations unies à imposer des sanctions au Soudan, et notamment un embargo sur les armes, considérant que les atrocités commises dans la région du Darfour «équivalent à un génocide». 
Réunis à Strasbourg, les eurodéputés ont voté par 566 voix pour cette résolution mettant la pression sur Khartoum, avec seulement six voix contre et 16 abstentions. 
Ils exhortent le gouvernement soudanais à «mettre fin à l'impunité et à traduire immédiatement en justice ceux qui planifient et qui commettent des crimes contre l'humanité, des crimes de guerre et des violations des droits de l'homme, qui peuvent être analysés comme équivalant à un génocide». 
Ils invitent également la communauté internationale à «trouver un moyen» de faire comparaître les auteurs de crimes de guerre devant la Cour pénale internationale (CPI), «y compris les responsables au sein du régime soudanais actuel». 
Le Parlement européen reproche au gouvernement soudanais sa «nature non-démocratique» et sa «mauvaise gestion persistante» du pays qui, selon lui, a conduit à «une marginalisation de certaines communautés et régions», ce qui est «à l'origine du conflit au Darfour». 
Il suggère au Conseil de sécurité de l'ONU, qui débat actuellement d'une nouvelle résolution sur le Soudan, «d'envisager sérieusement un embargo mondial sur les armes». 
La semaine dernière, le Parlement européen avait envoyé une délégation de six personnes pour une mission d'information au Darfour. 
Lundi, les ministres européens des Affaires étrangères avaient pressé les Nations unies «d'enquêter immédiatement» pour déterminer si les exactions commises au Darfour constituent un génocide, comme le considère Washington. 
Le 9 septembre, le secrétaire d'Etat américain Colin Powell avait déclaré devant la commission des affaires étrangères du Sénat américain: «Nous avons conclu qu'un génocide avait été commis au Darfour et que le gouvernement du Soudan et les janjawids (milices arabes) en portaient la responsabilité - le génocide pouvant encore être en cours.» 

(AP ,Strasbourg,  16/09/2004)
Darfour et génocide : à la BBC, Annan a fait fort

Venons-en aux autres arguments abordés par le secrétaire général de l'ONU dans son interview, du moins dans les extraits portés à connaissance: Darfour et Moyen-Orient. Les réactions de M. Annam n'étant pas particulièrement "spectacularisables", ils ont été placés au second plan par les médias. 
Question: Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a déclaré que ce qui se passe au Soudan est un génocide; êtes-vous d'accord avec lui?
Kofi Annan: …J'ai parlé des atroces, systématiques et graves…énormes violations des droits humains et des violations du droit humanitaire international…Je crois que le Conseil [de Sécurité] est prêt…qu'il est en train de discuter du thème de la mise en place d'une commission.
Question: Combien de temps faudra-t-il pour que vous soyez en condition de la désigner? 
Kofi Annan: Je ne peux donner aucun délai. Nous serons préparés à agir le plus vite possible. Mais j'ai aussi expliqué au Conseil que nous ne devons pas attendre ces résultats pour agir. La situation est tellement sérieuse qu'elle nous pousse à l'action, à maintenir des pressions sur le gouvernement pour faire tout notre possible afin d'aider la population soudanaise tandis que eux soutiendront la force africaine élargie qui ira au Soudan.
Là, Annan semble plus rentrer dans les canons de la diplomatie. Il ne dément pas Powell directement, malgré la provocation du journaliste. Il parle en restant, dans une certaine mesure, dans le vague. Mais il est évident que, connaissant bien la valeur et les implications de droit international du terme génocide, il n'est pas d'accord avec Powell ni avec la partie du monde qui cherche à faire passer ce qui se passe au Darfour pour quelque chose de diffèrent de la réalité, à savoir une grave crise humanitaire, peut-être la plus grave d'Afrique à l'heure actuelle, due à la persistance d'un conflit entre le gouvernement de Khartoum (qui trouve sur le terrain de dignes alliés) et deux groupes rebelles qui, comme un hasard, sont apparus et ont gagné une proéminence internationale (et d'énormes appuis de diverses sources, pas seulement politiques) quand le processus de paix avec le Sud du Soudan, après des années d'instabilité, semblait se diriger vers une conclusion positive, non encore totalement atteinte. En ce qui concerne l'emploi du mot génocide, il est évident que Kofi Annan tient compte de ce que beaucoup cherchent à ignorer: ce crime horrible, qui a acquis une importance juridique surtout après la shoa durant la seconde guerre mondiale - et plus récemment au Rwanda en 1994 – a sa définition et sa base juridique, peut-être discutables et pouvant être mises à jour, mais ne pouvant être mises de côté, dans une des premières Conventions de l'ONU (1948) ratifiée par plus de 130 pays. En dehors de ce contexte, l'usage du terme génocide ne peut avoir qu'une valeur de pression ou de propagande, mais ne peut engendrer des mesures de droit international. Là encore, on se trouve devant une question de légalité internationale, bien que Kofi Annan ne l'ait pas proprement dit. Mais ces derniers temps, après la guerre en Irak, le droit international a subi des blessures difficilement guérissables. (A suivre)

(MISNA, Italie, 16/09/2004)
Deux cents tonnes de vivres livrées par la France aux réfugiés du Darfour

L'opération humanitaire conduite depuis août par les soldats français basés au Tchad a permis d'acheminer près de 200 tonnes de vivres aux réfugiés du Darfour (ouest du Soudan) déplacés dans l'est du pays, selon une information en provenance de N'Djamena mercredi. 
Entamées dès le début du mois d'août en direction d'Abéché (700 km à l'est de N'Djamena) pour se terminer samedi dans un camp à 200 km au sud-est d'Abéché, ces livraisons aériennes représentent l'équivalent d'un mois de nourriture pour plus de 11 000 personnes réfugiées. 
Selon un porte-parole des soldats français basés au Tchad, un total de 600 tonnes de fret ont été acheminés par la France sur l'aéroport d'Abéché depuis le mois d'août, afin d'aider les réfugiés soudanais qui fuient le conflit qui oppose depuis février2003 au Darfour l'armée soudanaise et les milices djanjawids à des groupes rebelles

(Xinhua, 16/09/2004)
Echec ou suspension des négociations ? Khartoum accuse Washington

Il n'est pas clair encore si les négociations organisées par l'Union africaine entre les protagonistes de la crise du Darfour, en cours depuis trois semaines à Abuja au Nigeria, ont définitivement fait naufrage ou pas. Un délégué à la table des colloques, membre du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) – un des groupes en lutte depuis février 2003 contre le gouvernement soudanais de Khartoum accusé de négliger le Darfour car surtout peuplé d'habitants noirs et de financer et soutenir les Janjawid (pillards arabes) considérés responsables des violences à l'encontre des tribus afros de la région – a déclaré à la presse internationale que la confrontation avec le gouvernement a définitivement "échoué" suite aux nettes divergences entre les parties, surtout sur les thèmes relatifs à la sécurité et au désarmement. Pour le moment, seul le JEM a défini les colloques de "conclus"; l'Armée-Mouvement de libération du Soudan (SLA-M, le groupe le plus ancien et numériquement le plus fort) est réuni pour décider de la suite des évènements, tandis que Khartoum a répété vouloir rester à la table des négociations tout en montrant du doigt les rebelles et les Etats-Unis, considérés responsables de l'interruption du dialogue. L'Union Africaine (UA) n'a fait aucune déclaration officielle pour le moment, même si, selon des indiscrétions, elle pourrait décider de suspendre les rencontres pour quatre semaines. Pendant ce temps, le ministre des Affaires étrangères soudanais Moustapha Osman Ismail a "rejeté" le nouveau projet de résolution présenté ces derniers jours par les Etats-Unis au Conseil de sécurité de l'ONU, après avoir été "édulcoré" des passages présents dans le projet précédent dans lequel référence était faite à des sanctions économiques ciblées pour frapper le secteur pétrolier de Khartoum. "Ce document, tout comme le premier, n'est pas équilibré et c'est pour cela que nous le refusons tout comme nous avons refusé l'autre" a dit M. Ismail durant une conférence de presse tenue au Caire. Le ministre des Affaires étrangères soudanais a ensuite accusé les Américains d'avoir de nouveau contribué à l'échec des négociations de paix: "Quand la première résolution a été déposée au Conseil, les colloques d'Addis-Abeba ont sauté; au moment où une autre a été présentée, ceux d'Abuja aussi ont échoué". Selon le ministre, les fortes pressions internationales et le ton anti-Khartoum de Washington favorisent un repli des rebelles sur leurs propres positions, offusquant toute possibilité de mener des négociations constructives. Les rebelles dénoncent d'autre part l'attitude de Khartoum, engagée d'un côté dans les colloques et de l'autre complice des actions militaires et des attaques encore en cours dans plusieurs zones de la vaste région occidentale soudanaise, où désormais près d'un million et demi de personnes (entre évacués, réfugiés et victimes) sont concernées par ce que l'ONU définit "la plus grave crise humanitaires de la planète"

(MISNA, Italie, 15/09/2004)
Colloques de paix suspendus après 10 minutes de face à face

Dix minutes: voilà ce qu'a duré ce matin le face à face entre le gouvernement du Soudan et les rebelles du Darfour (région de l'ouest du Soudan, théâtre de violences ayant fait plus d'un million de déplacés et des milliers de victimes). Les deux parties, qui négocient depuis une dizaine de jours au Nigeria sous les auspices de l'Union Africaine (UA), ne sont restées à la même table que quelques instants avant de contraindre les médiateurs à ajourner la rencontre. Les colloques de ce matin marquaient la reprise des négociations entre les parties après la suspension de vendredi dernier, due à de profondes divergences sur les questions de la sécurité et du désarmement. Des sources de la médiation ont précisé que la pause de la semaine dernière avait été décidée justement pour donner au gouvernement et aux rebelles le temps d'assouplir leurs positions. Quand les médiateurs ont demandé ce matin aux parties s'il y avait un changement, elles ont toutes deux répondu "non". Un des représentants de Khartoum a inculpé directement les Etats-Unis d'être responsables de cette nouvelle impasse, soulignant que le fait que le secrétaire d'Etat Colin Powell ait déclaré qu'un génocide se passait au Darfour "a amené nos frères (les rebelles, NDLR) à s'agripper à leurs positions", selon les propos du ministre des Affaires Etrangères Najeib Abdelwahab. Les rebelles se disent quant à eux frustrés du fait que Khartoum refuse toute négociation sur un accord politique relatif au Darfour, plaçant avant toute chose le désarmement et le cantonnement des rebelles. Les médiateurs n'excluent pas que les colloques puissent reprendre très rapidement.

(MISNA, Italie, 14/09/2004)

 
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Nouvelles brèves du 3 au 10 septembre 2004
A l’ONU tentative de compromis sur le Darfour
Darfour : position de la France
Suspension des colloques de paix sur le Darfour jusqu’au 14/09
Le Conseil de Sécurité divisé sur la projet de la nouvelle résolution
Darfour : réunion du Conseil de Sécurité
ONU « l’heure n’est pas aux sanctions », colloques de paix bloqués
Khartoum demande plus d’aide de la communauté internationale
Reprise des négociations sur le Darfour
Enlisement colloques, l’ONU demande au gouvernement d’accepter force internationale
Où commence la crise au Darfour
A l’ONU tentative de compromis sur le Darfour 

Les pays membres du Conseil de sécurité de l’Onu débattaient vendredi au niveau des experts pour tenter de rapprocher leurs points de vue sur un projet de résolution américain sur le Darfour visant à accentuer la pression sur le Soudan, en vue d’un vote la semaine prochaine. 
Jeudi soir, à l’issue de trois heures de consultations sur le sujet, le Conseil était divisé, plusieurs pays dont la Chine et la Russie, dotées du droit de veto, mais aussi l’Algérie et le Pakistan, ayant exprimé leur hostilité à plusieurs points du projet, en particulier la menace de sanctions pétrolières contre le Soudan. 
Ces pays estiment que le projet se base sur un constat trop négatif de la situation, ne tenant pas assez compte de certains progrès effectués par le Soudan, notamment dans l’accessibilité du Darfour à l’aide humanitaire. 
Pour être adoptée, une résolution doit recueillir au moins neuf voix sur quinze et ne pas susciter le veto d’un des cinq membres permanents du Conseil (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie). 
Le Conseil compte toutefois plusieurs partisans d’une résolution ferme, qui maintienne, voire accentue, la pression sur le gouvernement soudanais pour qu’il restaure la sécurité au Darfour et traduise en justice les auteurs d’atrocités, deux exigences non satisfaites par Khartoum et qui figuraient déjà dans la résolution 1556 du 30 juillet dernier. 
Le Darfour, province occidentale du Soudan, grande comme la France, est le théâtre depuis 18 mois d’une guerre civile qui a entraîné une grave crise humanitaire. 
La population locale, essentiellement noire, a subi - et subit parfois encore - de multiples exactions (massacres, viols, incendies de villages, vols ou abattages de bétail), principalement de la part de milices arabes pro-gouvernementales, les "Djandjawids".
Entre 30.000 et 50.000 personnes ont été tuées, selon l’Onu, plus de 1,2 million ont été déplacées et survivent tant bien que mal dans des camps, dont quelque 200.000 au Tchad voisin. 
Ces atrocités ont été qualifiées jeudi de "génocide" par le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, expression aussitôt rejetée par Khartoum. 
L’Allemagne, membre actuel du Conseil de sécurité, estime qu’il s’agit d’"une tragédie du point de vue humanitaire et des droits de l’Homme avec un potentiel génocidaire". La France s’en tient à l’avis de l’Onu selon lequel il s’agit de "violations massives du droit humanitaire international". Mais quelle que soit la qualification de ces exactions, tous les pays du Conseil s’accordent à estimer qu’elles doivent cesser. 
La France et l’Allemagne, avec la Grande-Bretagne, sont de ceux qui souhaitent parvenir à un consensus dès que possible, d’abord parce que le temps presse et que des gens meurent chaque jour au Darfour, et aussi afin de maintenir la pression sur le Soudan, selon plusieurs sources diplomatiques. 
C’est sur l’exigence d’un renforcement de la présence internationale au Darfour, de préférence dans le cadre de l’Union africaine (UA), que le Conseil est le plus susceptible de trouver un terrain d’entente, selon ces sources. 
Les Etats-Unis, les plus en pointe sur le dossier du Darfour, conviennent eux-mêmes qu’un tel renforcement est "essentiel". 
Autre point d’accord probable, la demande du projet de résolution que le Soudan redouble d’efforts, sous l’égide de l’UA, d’une part pour aboutir à un accord politique à Abuja avec les groupes rebelles du Darfour et d’autre part pour parvenir rapidement à un accord de paix avec la rébellion du sud. 

(Aujourd’hui en Afrique Centrale- 10/09/2004)
Darfour : position de la France 

A l’heure où Washington parle de génocide pour qualifier ce qui se passe actuellement au Darfour, Paris évoque des "violations massives du droit humanitaire international", se réfugiant derrière les Nations Unies. Les Français ont une position ambiguë dans cette affaire. D’un côté ils condamnent le Soudan tout en ménageant en même temps ce pays. Un jeu d’équilibriste.
Voici ce que déclare le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Hervé Ladsous : "Nous nous en tenons à ce que disent les gens les mieux placés pour en juger, à savoir le secrétaire général des Nations unies (Kofi Annan) et le représentant spécial du secrétaire général (au Soudan), Jan Pronk", a-t-il poursuivi, en rappelant que l’expression qu’ils utilisent est celle de "violations graves et massives du droit humanitaire international et des droits de l’Homme". "Il est clair aux yeux de tous qu’il y a eu et qu’il y a des exactions très graves, des violations massives du droit humanitaire international et des droits de l’Homme", a souligné M. Ladsous. "Il est clair également que c’est inacceptable". Mais "ce qui nous paraît important surtout c’est de continuer à faire en sorte que la communauté internationale se mobilise, comme elle le fait actuellement, pour sortir de la situation actuelle au Darfour".
Le gouvernement allemand, à l’instar de l’Amérique, a lui un plus grand courage :"Une tragédie du point de vue humanitaire et des droits de l’Homme avec un potentiel génocidaire", a déclaré vendredi le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Walter Lindner.
C’est que le gouvernement français ne veut pas se mettre à dos le régime de Khartoum avec lequel il entretient des relations étroites et cordiales. C’est un investissement sur le long terme. Politique d’abord ; Paris veut peser dans le Monde arabe ; économique ensuite. Les Français font le pari d’un retour à la paix et d’un vaste marché pétrolier qui s’ouvrira alors aux compagnies comme Total.
En attendant, des femmes et des enfants se font massacrer au Darfour. Mourir victime d’un génocide ou d’une violation du droit humanitaire. Manifestement, pour la France il y a une 

(Aujourd’hui en Afrique Centrale- 10/09/2004)

Suspension des colloques de paix sur le Darfour jusqu’au 14 septembre

Les colloques de paix sur le Darfour, la région occidentale du Soudan théâtre depuis un et demi de violences et d'une grave crise humanitaire, en cours à Abuja (Nigeria) depuis la semaine dernière, ont été suspendus jusqu'au 14 septembre, rapportent des sources d'équipe de médiation. Cette décision a été prise au regard de l'impasse qui règne depuis trois jours autour des thèmes de la sécurité et du désarmement. Pour en sortir, les médiateurs ont demandé l'aide du président nigérian Olusegun Obasanjo – président en exercice de l'UA (Union Africaine) – qui se trouve en ce moment au Burkina Faso. "Nous attendons qu'il revienne et qu'il nous aide à prendre une décision" a déclaré le porte-parole de l'UA, Assane Ba. Les positions des parties adverses, les mouvements rebelles antigouvernementaux et les autorités de Khartoum, sont toujours plus distantes. Les rebelles demandent le désarmement immédiat des Janjawid (miliciens arabes armés qui commettent des exactions contre les population non arabes du Darfour), la constitution d'une zone d'interdiction de survol pour empêcher les bombardements aériens soudanais et la création d'une commission indépendante internationale qui enquête sur les violations des droits de l'Homme perpétrées dans la région. Khartoum refuse toutes ces requêtes et continue de poser comme condition le désarmement et le cantonnement des rebelles

(MISNA, Italie – 10/09/2004)
Le Conseil de Sécurité divisé sur la projet de la nouvelle résolution

Les consultations entre les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies ont duré jusque tard hier soir et continueront aujourd'hui sur la crise au Darfour, la région occidentale du Soudan théâtre depuis un et demi de violences et d'une grave crise humanitaire. L'ébauche de résolution présentée par les Etats-Unis est contestée par au moins 4 pays, dont deux dotés du droit de veto. La Chine, la Russie, le Pakistan et l'Algérie ne voient pas d'un bon oeil les sanctions économiques visant en particulier le secteur pétrolier, contenues dans le document. Les trois dernier pays sont prêts à s'abstenir du vote mais le représentant permanent de la Chine près l'ONU, Wang Guangya, s'est clairement dit contraire au document, laissant entendre qu'il pourrait poser son veto. La Chine est d'ailleurs le premier partenaire commercial du Soudan, en particulier dans le secteur pétrolier, et selon des études récentes, 40% de l'or noir soudanais va au géant asiatique. Selon des sources diplomatiques et journalistiques, cette nouvelle résolution ne devrait pas être votée avant la semaine prochaine. Hier en outre, des polémiques ont éclaté entre l'administration américaine et le gouvernement de Khartoum sur l'opportunité d'appeler ou non la crise au Darfour un "génocide". Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell, parlant devant la commission des Affaires Etrangères du Sénat, a déclaré que dans la région du Darfour un "génocide" a été perpétré. Quelques heures plus tard, le président Bush a insisté se disant effaré des violences commises dans la région soudanaise et demandant la collaboration de la communauté internationale pour prévenir et éliminer les actes de génocide. Le ministre soudanais des Affaires Etrangères Moustapha Osman Ismail a immédiatement réagi affirmant que la position américaine était une position isolée. "Ils ne devraient pas se servir d'un problème humanitaire pour leur agenda électoral" a ajouté M. Ismail, réitérant les accusations formulées dans le passé. "Le génocide est actuellement perpétré par les forces américaines en Irak et en Afghanistan" a-t-il encore déclaré. Ce qui est sûr, c'est que la crise au Darfour est de proportions considérables, avec plus d'un million de déplacés, 200.000 réfugiés au Tchad et des milliers de morts.

(MISNA, 10/09/2004) 

Darfour : réunion du Conseil de Sécurité

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies se réunira aujourd'hui pour discuter de la situation au Darfour, la région occidentale du Soudan théâtre depuis plus d'un an de violences à l'origine d'une grave crise humanitaire, rapportent des sources onusiennes. Cette réunion se tiendra une semaine après les compte rendus présentés par Kofi Annan et son envoyé au Soudan, Jan Pronk, au Conseil et à l'Assemblée de l'ONU. Ils avaient tous deux souligné que malgré des progrès, la situation au Darfour restait grave et que Khartoum n'avait pas répondu à une partie des requêtes contenues dans la résolution approuvée fin juillet et qui menaçait de sanctions contre Khartoum. Le Conseil pourrait trouver aujourd'hui sur sa table de travail l'ébauche de résolution préparée par les Etats-Unis et présentée hier, qui prévoit des sanctions spécifiques pour le secteur du pétrole. Le Soudan exporte environ 310.000 barils de brut par jour. Le texte se réfère également à la nécessité de renforcer les effectifs de la mission d'observation envoyée par l'Union Africaine (actuellement environ 400 éléments).

(MISNA, Italie- 09/09/2004) 
ONU « l’heure n’est pas aux sanctions », colloques de paix bloqués

Le moment d'imposer des sanctions internationales au gouvernement soudanais n'est pas encore venu, a déclaré l'envoyé spécial de l'ONU au Soudan, Jan Pronk, durant une visite à Oslo, en Norvège. L'ultimatum des 30 jours - qui menaçait d'imposer des sanctions économiques contre l'exécutif si Khartoum ne démontrait pas de progrès suffisants dans la résolution de la crise au Darfour – contenu dans la résolution approuvée par l'ONU fin juillet, a expiré depuis une semaine. "Les sanctions devraient toujours être la dernière carte à jouer et je pense que le moment de la jouer n'est pas venu" a affirmé M. Pronk aux journalistes. L'envoyé, ainsi que le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, avaient pourtant dit ces jours-ci que "la situation sur le terrain (au darfour) n'avait pas beaucoup changé" au cours de ce dernier mois. Les listes contenant les noms des janjawid (les pillards arabes considérés comme les principaux responsables des violences perpétrées dans la région) et leur arrestation, a expliqué récemment jan Pronk, étaient l'une des quatre conditions imposées à Khartoum pour éviter le risque de sanctions internationales. Les autres concernent le déploiement de forces de l'ordre et de sécurité dans la région pour protéger les civils, la collaboration avec les agences humanitaires qui oeuvrent dans la région et la volonté de poursuivre les colloques de paix en cours au Nigeria, à Abuja. Des nouvelles peu réconfortantes arrivent justement de la capitale nigériane au sujet des négociations, organisées par l'Union Africaine (UA). Hier, le président nigérian Olusegun Obasanjo (président en exercice de l'UA) a dû personnellement intervenir pour tenter de débloquer un "dialogue de sourds" sur les questions relatives à la sécurité et au désarmement. Hier, les médiateurs ont présenté aux parties une ébauche d'accord et le gouvernement soudanais et les rebelles devraient se rencontrer aujourd'hui pour en discuter. En février 2003, l'Armée-Mouvement de libération du Soudan (SLA-M) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) se sont soulevés contre les autorités de Khartoum, accusées de négliger la région et de ne pas protéger la population locale, mais également de soutenir les janjawid. Selon l'ONU, le Darfour connaît la plus grave crise humanitaire de la planète, avec un million de déplacés, 200.000 réfugiés au Tchad et des dizaines de milliers de morts (entre 30.000 et 50.000), un bilan exagéré selon Khartoum, qui parle de 5.000 morts

(MISNA, Italie – 07/09/2004)
Khartoum demande plus d’aide de la communauté internationale

Le ministre soudanais des Affaires Etrangères Moustapha Osman Ismail a demandé à la communauté internationale de tenir ses promesses concernant la résolution de la crise du Darfour, la région occidentale du Soudan théâtre depuis le début de l'année 2003 d'affrontements et de violences. S'exprimant depuis Tokyo, où il se trouve en visite officielle, M. Ismail a souligné que jusqu'à présent "l'aide de la communauté internationale s'est limitée à 50% de ce qui avait été promis", ajoutant que pour sa part, le gouvernement soudanais a "répondu à une grande partie des requêtes de l'ONU, qui doit reconnaître les progrès réalisés". Le secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan et son envoyé spécial au Soudan, Jan Pronk, ont parlé récemment de "quelques progrès au Darfour", tout en soulignant que la crise était encore très grave et ajoutant que Khartoum n'avait rempli que quelques-uns de ses engagements. Le Palais de Verre, qui avait le mois dernier lancé un ultimatum de 30 jours à Khartoum pour démontrer sa volonté de résoudre la crise, ne s'est pas encore exprimé sur la possibilité d'appliquer contre le gouvernement soudanais d'éventuelles sanctions économiques. Mais le débat à l'ONU est animé et selon certains, les Etats-Unis plancheraient sur une nouvelle résolution qui pourrait être votée dans les prochains jours. "Je m'attend à ce que toute décision du Conseil soit équilibrée" a dit Ismail, "je m'attends par exemple à ce que la priorité soit donnée à la question de la sécurité, parce que la question humanitaire s'améliore, bien que la communauté internationale soit loin de tenir ses engagements". Alors que le ministre s'exprimait depuis le Japon, on apprenait de nouvelles attaques sur le territoires soudanais, poussant à la fuite de 3 à 4.000 personnes en une semaine. Selon un compte-rendu, des groupes d'hommes armés, dont l'identité n'est pas encore certifiée, ont attaqué des villages au sud de Zam Zam, localité située à 16 kilomètres d'El Fasher, capitale du Darfour Nord. A Abuja, où se poursuivent entre temps les colloques de paix entre le gouvernement et deux mouvements combattants du Darfour, les parties devraient discuter ce matin avec les médiateurs de l'Union Africaine sur le thème de la sécurité. En février 2003, deux mouvements d'autodéfense mis sur pied par la population du Darfour en 2001 pour contrecarrer les attaques de miliciens islamiques - l'Armée-mouvement de libération du Soudan (SLA-M) et le Mouvement pour la justice et l'Egalité (JEM) - se sont formellement soulevés contre les autorités de Khartoum, accusées de négliger la région et ses habitants, et de soutenir les milices arabes (janjawid). Khartoum rejette ses accusations et définit les janjawid "hors-la-loi". Selon les données de l'ONU, la crise du Darfour a causé n million de déplacés, près de 200.000 réfugiés au Tchad et des dizaines de milliers de morts (entre 30.000 et 50.000), bien que le gouvernement de Khartoum juge ce bilan exagéré (il estime les victimes au nombre de 5.000).

(MISNA, Italie – 06/09/2004) 
Reprise des négociations sur le Darfour 

Les négociations inter-soudanaises sous l’égide de l’Union Africaine (UA) ont repris samedi matin à Abuja sur la question sensible du désarmement des parties en conflit au Darfour (ouest du Soudan).
Une réunion plénière s’est tenue rapidement samedi matin, puis les délégués des deux rébellions d’une part, le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) et le Mouvement de libération du Soudan (SML), du gouvernement soudanais de l’autre, se sont séparés. 
Le porte-parole de l’UA pour ces négociations, Assane Ba, a précisé que la réunion plénière "a été repoussée à 15H00 (14h00 GMT) pour permettre d’approfondir les consultations". 
Les négociations, qui portent maintenant sur le désarmement et les questions de sécurité, avaient été suspendues vendredi. 
Mardi, le gouvernement soudanais et les rebelles étaient parvenus à un accord sur la sécurité des 1,2 million de déplacés du Darfour, après plusieurs jours de difficiles négociations. 
Le conflit au Darfour oppose depuis 18 mois l’armée soudanaise et des milices pro-gouvernementales Djanjawids aux rebelles, qui dénoncent la "marginalisation", selon eux, du Darfour, région grande comme la France et où du pétrole a été découvert. 
Depuis février 2003, les affrontements ont fait entre 30.000 et 50.000 morts. 
Avant la reprise samedi des discussions, le délégué en chef du JEM, Mohammed Ahmed Tugod, a indiqué à l’AFP que l’avancée ou le blocage des négociations "dépend entièrement du gouvernement et de son sérieux à résoudre le problème du Darfour". 
"Il est important que le gouvernement soudanais décide sérieusement de désarmer les Djandjawids parce qu’il s’y est engagé devant la communauté internationale", a-t-il ajouté. 
Selon lui, "la question de la sécurité (des déplacés du Darfour) dépend du statut des Djandjawids, du statut de l’armée soudanaise et du statut des forces aériennes (gouvernementales). Nous allons discuter de ces trois points parce qu’ils sont très importants pour ramener la paix et la stabilité qui permettra aux gens de retourner dans leurs maisons et leurs villages". 
"Pour le moment nous ne connaissons pas la position du gouvernement; nous ne connaissons pas le contenu du rapport qu’ils ont présenté à l’UA; mais on va voir cela aujourd’hui en réunion quand nous recevrons le projet d’accord sur la question de la sécurité préparé par l’UA", a-t-il expliqué. 
Auparavant, Khartoum avait demandé que les rebelles soient désarmés en même temps que les milices arabes pro-gouvernementales Djandjawids, accusées par la communauté internationale d’exactions, de tueries et de viols systématiques à l’encontre les populations négro-africaines du Darfour.

(Aujourd’hui en Afrique Centrale- 04/09/2004)
Enlisement colloques, l’ONU demande au gouvernement d’accepter force internationale

En parlant devant l'Assemblée générale des Nations Unies, Jan Pronk, l'envoyé spécial de l'ONU au Soudan, a demandé au gouvernement de Khartoum d'accepter l'aide de la communauté internationale pour résoudre la crise du Darfour, la région occidentale soudanaise en proie à des affrontements et des violences depuis 18 mois, ayant causé selon l'ONU, la plus grave crise humanitaire de la planète. "S'il n'est pas en mesure de défendre pleinement ses propres citoyens tout seul, nous demandons avec urgence au gouvernement soudanais d'accepter l'assistance de la communauté internationale" a dit Pronk en lançant un appel pour "l'expansion de la mission de l'Union Africaine au Darfour". L'envoyé de l'Onu au Soudan a souligné que le Darfour a besoin de "milliers" d'observateurs, "3.000 ne suffisent pas", a-t-il expliqué, et a réaffirmé pour cela la nécessité que Khartoum et l'UA arrivent d'ici peu à un accord pour élargir la mission de l'UA déjà déployée dans la région. Après Annan, Pronk a lui aussi expliqué que malgré "quelques progrès", la situation dans le Darfour demeure grave et Khartoum n'a pas respecté la majorité de ses promesses. Le gouvernement soudanais, par le biais de son ministre des Affaires étrangères, Moustapha Osman Ismail, réplique en affirmant avoir répondu dans une large mesure, "entre 70 et 80%" , aux demandes de l'ONU. Pendant ce temps à Abuja (Nigeria), siège des négociations engagées il y a 9 jours, la situation est totalement enlisée, et le petit objectif (le seul jusqu'à présent) qui avait été atteint hier a été de fait annulé. Les rebelles ont en effet souligné que l'accord sur les questions humanitaires annoncé hier par des communiqués officiels de l'Union Africaine et des Nations Unies n'est "que de principe" et qu'ils ne signeront rien du tout tant que ne seront pas réglés les points relatifs à la sécurité. C'est sur ce thème précisément que le dialogue entre rebelles et gouvernement semble bloqué: les rebelles ont précisé qui ne procéderont pas au cantonnement de leurs troupes dans des camps spéciaux tant que le Soudan ne procédera pas au retrait de ses propres troupes et au désarmement des milices de pillards arabes (connus comme Janajwid) retenues les principales responsables des violences. Les deux mouvements en lutte dans la région (L'Armée de libération du Soudan et le Mouvement pour la justice et l'égalité) qui ont levé les armes depuis février 2003 contre le gouvernement islamique de Khartoum, l'accusant de négliger la région peuplée de tribus noires, et de financer les Janjawid, ont également demandé à l'ONU que le Darfour soir déclaré "no fly zone" et que soit interrompu le trafic de tous les avions militaires. Selon les estimations de l'ONU les affrontements et les violences dans le Darfour auraient causé un million d'évacués internes, 200.000 réfugiés dans le Tchad voisin et quelques milliers de victimes; pas plus de 5.000 selon le gouvernement soudanais, entre 30.000 et 50.000 selon l'ONU.

(MISNA, Italie – 04/09/2004 )
Où commence la crise au Darfour

Le Soudan n'est pas seulement le plus grand pays d'Afrique, c'est également la frontière entre le monde arabe et l'Afrique noire. Depuis leur indépendance en 1957, les populations du Soudan n'ont connu que 10 ans de paix; le reste du temps, elles ont toujours été secouées par des conflits plus ou moins graves. Autour d'un fossé parfois infranchissable entre le gouvernement central et islamique de Khartoum et les périphéries soudanaises peuplées de nombreuses ethnies noires africaines se sont enracinées des variables économiques, politiques, parfois religieuses, créant les bases d'un état chronique de conflit. La crise du Darfour, la dernière en date, a pris des proportions tellement vastes qu'elle est connue un peu partout dans le monde. En moins de 2 ans, les affrontements entre les rebelles et les militaires et les violences des janjawid (assaillants arabes) ont causé une crise humanitaire catastrophique, sur laquelle seuls les chiffres de l'ONU sont disponibles: plus d'un million de déplacés, presque 200.000 réfugiés et des milliers de morts, le bilan allant des 5.000 comptabilisés par le gouvernement aux 30 voire 50.000 par l'ONU. Dans le Darfour, région semi-désertique vaste comme la France, située dans l'ouest du Soudan, les raisons traditionnelles de conflit se somment à la lutte pour les terres "vertes" qui, à cause de l'avancée de la désertification sont de plus en plus restreintes. Les différences entre populations arabes et non arabes passent aussi par les activités qu'elles exercent: les Arabes sont généralement éleveurs nomades, les Noirs vivent d'agriculture, sont sédentaires et leurs revendications sur ces terres remontent au temps des sultanats qui pendant des siècles se succédèrent au pouvoir, le dernier en date ayant été celui des Fur (Dar-fur signifie "propriété tribale" ou "territoire" des Fur), l'ethnie noire majoritaire avec celles des Zaghawa, des Masalit, outre une dizaine de groupes mineurs. Cependant, les affrontements pour la terre ne sont pas une constante dans l'histoire du Darfour et les deux groupes ont longtamps cohabité, résolvant leurs divergences sur la base d'un code tribal. Au fil des ans, les deux âmes du Soudan, l'arabe et la non arabe, se sont de plus en plus éloignées et l'abandon politique et économique auquel Khartoum a condamné les périphéries du pays s'est sommée à une nouvelle prise de conscience des populations noires. La guerre combattue par l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) contre Khartoum pour l'indépendance, l'autonomie ou la sécession du sud du Soudan a approfondi le fossé. La présence de pétrole et d'importants intérêts internationaux ont fait le reste. 
La crise du Darfour et l'exaspération de tensions de différences historiques ont un lien évident avec la question du Sud. Khartoum a été pratiquement contrainte par la communauté internationale à trouver un accord avec les rebelles du SLA et du Sud Soudan à cause du pétrole présent dans les zones convoitées et pour lequel travaillent depuis des années des compagnies américaines, indonésiennes, chinoises et d'autres nationalités. Les accords signés prévoient que six ans après la signature de la paix définitive le Sud organise un référendum sur l'indépendance. Le gouvernement soudanais risque ainsi de perdre le contrôle direct d'une vaste portion de territoire, mais surtout, il crée un précédent face aux autres populations noires de l'ouest et de l'est du pays. Les intérêts du pétrole ont permis aux rebelles du sud de faire un saut de qualité en obtenant des fonds, des armes et des appuis logistiques et politiques, mais rien n'empêche l'instrumentalisation du mécontentement des non Arabes du reste du Soudan pour entrer en lutte contre Khartoum. Alors que la paix arrivait au Sud, un nouveau foyer de violence s'ouvrait à l'ouest. Au fond, ce n'est pas surprenant. Il existe une partie de l'establishment soudanais qui ne voit pas d'un mauvais oeil le fait que les milices arabes (accusées d'être soutenues par le gouvernement central) pillent les villages et chasses leurs habitants, rétablissant ainsi une certaine prédominance sur la population non arabe, souligne une source diplomatique occidentale. Arabisation ou pas, d'importants intérêts internationaux semblent prêts à entrer en jeu. L'imposante couverture médiatique internationale est elle due au hasard? Elle est accompagnée d'un fort intéressement de grandes capitales qui crient subitement au scandale face à une crise qui existait déjà de longue date. Pour le Darfour, comme ce fut le cas pour le Sud, certains observateurs commencent à mettre en relation l'intérêt de la communauté internationale et le pétrole. Pour certains, la région serait riche en gisements, pour d'autres, elle serait de fondamentale importance pour l'utilisation des gisements du sud. L'une des hypothèses les plus accréditées est celle qui voit des groupes de pouvoir et de pression intéressés par la création d'un oléoduc qui relie directement les puits du sud et du centre du Soudan au gigantesque oléoduc financé par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international et qui transporte le pétrole brut du Tchad jusqu'au port camerounais de Kribi. Ce relais devrait passer par le Darfour. Aujourd'hui, le pétrole soudanais prend la route opposée vers l'Orient . Quarante pour cent du pétrole soudanais sont destinés à la Chine, présente avec ses entreprises d'hydrocarbures au Soudan depuis des années. (par Massimo Zaurrini)

(MISNA, Italie – 03/09/2004) 

 
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Nouvelles brèves du 25 août au 2 septembre 2004
Abuja : signature d’un protocole sur les questions humanitaires au Darfour
Les colloques de paix à Abuja et le rapport d’Annan à New-york
Des immigrés érythréens condamnés pour le détournement d’un avion
Le PAM demande de « ne pas prendre pour cible les opérateurs humanitaires
Darfour : PAM, libération des agents humanitaires disparus
La trêve prorogée au Sud mais l’accord de paix définitif se fait attendre
Darfour : 8 agents humanitaires disparus depuis  samedi
L'ONU évalue les efforts de Khartoum pour résoudre la crise du Darfour
Communiqué des Evêques du Soudan sur le Darfour
Colloques de paix de nombreuses indiscrétions mais peu de progrès
Visite du ministre des Affaires étrangères anglais et reprise des colloques de paix
Abuja : signature d’un protocole sur les questions humanitaires au Darfour

Le gouvernement du Soudan et les rebelles actifs dans le Darfour ont souscrit un protocole d'entente pour "l'amélioration de la situation humanitaire" dans la région occidentale soudanaise, théâtre d'un conflit depuis 18 mois et de durs affrontements qui ont causé ce que l'ONU définit comme "la plus grave crise humanitaire du monde”. C'est ce que l'on apprend dans un communiqué de l'Union Africaine à peine parvenu à la MISNA et qui précise que, selon ce protocole, les "parties soudanaises se sont engagées à garantir un accès libre et illimité des travailleurs et de l'assistance humanitaire aux populations nécessiteuses dans tout le Darfour. A cet égard, les parties se sont engagées à permettre aux Nations Unies et aux autres organisations humanitaires, y compris les organisations non gouvernementales (ONG) d'utiliser les routes proposées par les Nations Unies, sans limites et sans escortes". Le document, qui a été évalué positivement par le président de la Commission de l'UA (le principal médiateur des colloques de paix en cours depuis 8 jours à Abuja au Nigeria) Alpha Oumar Konare, a été souscrit par le gouvernement et par les deux mouvements rebelles du Darfour (le Mouvement pour le justice et l'égalité (JEM) et l'Armée de libération du Soudan (SLA-M)). "En ce qui concerne la protection des populations civiles, les parties se sont engagées, entre autres, à maintenir le caractère civil des camps des populations déplacées intérieures et des réfugiés, et de protéger le droit de ces dernières à retourner dans leurs zones d'origine" poursuit encore la note. Le document souligne par ailleurs qu'aujourd'hui le gouvernement et les rebelles affronteront les questions sécuritaires et que hier les parties en présence ont demandé à l'UA de "prendre les mesures nécessaires pour renforcer sur le terrain la mission d'observation de l'UA" envoyée au Darfo

(MISNA, Italie – 02/09/2004) 
Les colloques de paix à Abuja et le rapport d’Annan à New-york

Malgré "quelques progrès", la situation dans le Darfour ne s'est pas améliorée et le gouvernement du Soudan n'a pas pleinement "maintenu" certains des engagements pris avec la communauté internationale: tels sont les propos de Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU en faisant le point sur le Darfour, la région occidentale soudanaise théâtre depuis 18 mois d'affrontements et de violences ayant provoqué "une des plus graves crises humanitaires de la planète", comme l'a définie l'ONU. Dans son compte-rendu Annan a demandé au Conseil de sécurité le déploiement "le plus vite possible" d'une vaste force de paix, mais aussi une "majeure présence internationale". Annan n'a pas abordé en revanche le thème de possibles sanctions économiques à l'encontre de Khartoum. Selon la résolution votée le mois dernier, l'ONU avait donné un délai de 30 jours au gouvernement soudanais pour donner des preuves de sa bonne volonté de résoudre la crise soudanaise; dans le cas contraire, le texte prévoyait des "mesures" non précisées. Parmi les demandes de l'ONU figurait le désarmement des milices de pillards arabes (connus sous le nom de Janjawid), considérées les principales responsables des violences et considérées comme très proches de Khartoum, accusée de les soutenir et de les financer. Le compte-rendu d'Annan a été défini de "correct et équilibré" par le représentant soudanais à l'ONU, l'ambassadeur Elfatih Erwa. Pendant ce temps à Abuja, au Nigeria, huitième journée des colloques de paix organisés par l'Union Africaine entre le gouvernement soudanais et les deux mouvements combattants (le Mouvement pour la justice et l'égalité – JEM – et l'Armée de libération du Soudan – SLA-M) qui en février 2003 ont levé les armes contre Khartoum accusée de négliger la région occidentale à la frontière avec le Tchad (car essentiellement habitée par une population noire) et de financer les Janjawid. Les négociations avancent au ralenti et semblent avoir abouti à bien peu de résultats concrets, même si aujourd'hui l'envoyé de l'agence de presse chinoise "Xinhua" dans sa correspondance de la capitale nigériane rapporte des "progrès". Selon "Xinhua", le gouvernement et les rebelles seraient parvenus à "un accord sur le protocole qui réglemente les questions humanitaires" , a dit Ahmed Mohammed Tugod. La question d'une majeure garantie de liberté de mouvement et d'action aux opérateurs humanitaires à l'oeuvre dans le Darfour est un des principaux points de l'agenda des colloques de l'UA. Selon les estimations de l'ONU les affrontements et les violences dans le Darfour auraient causé un million d'évacués internes, 200.000 réfugiés dans le Tchad voisin et quelques milliers de victimes; pas plus de 5.000 selon le gouvernement soudanais, entre 30.000 et 50.000 selon l'ONU.

(MISNA, Italie - 02/09/2004) 
Des immigrés érythréens condamnés pour le détournement d’un avion

Les 15 érythréens qui avaient détourné dans la capitale soudanaise de Khartoum un avion militaire libyen qui les reconduisaient dans leur pays après une mesure d'expulsion, ont été condamnés à 5 ans de réclusion. La cour soudanaise les a reconnus coupables de “divers crimes liés au terrorisme et contre la sécurité publique"; la sentence a été jugée plutôt clémente car de telles accusations peuvent porter à une peine allant jusqu'à 14 ans de prison. Les hommes, qui n'étaient pas armés lorsqu'ils ont contraint les pilotes du C-130 à changer de route, faisaient partie d'un groupe de 73 passagers, tous de nationalité érythréenne, y compris 22 femmes et 6 enfants, entrés illégalement en Libye et renvoyés dans leur pays de force. L'avion avait atterri dans la capitale soudanaise et les auteurs du détournement se sont finalement rendus, après plusieurs heures de négociations avec le vice chef de la police et des éléments de la diaspora érythréenne au Soudan, en majorité des membres de l'opposition érythréenne. Ils avaient alors été interrogés en présence de représentants des Nations-Unies puis 15 d'entre eux ont été incriminés. La cour soudanaise a établi que les condamnés seront expulsés après avoir purgé leur peine. Les 15 érythréens peuvent faire appel contre la condamnation mais pas contre l'expulsion. En Erythrée, gouvernée avec une poigne d'acier par le président Issaias Afeworki, l’émigration non autorisée est considérée un crime; les organisations pour les droits de l'Homme soutiennent que ceux qui sont rapatriés risquent la prison et la torture

(MISNA, Italie – 02/09/2004) 
Le PAM demande de « ne pas prendre pour cible les opérateurs humanitaires

Les trois opérateurs humanitaires du Programme alimentaire mondial de l'ONU (PAM), enlevés samedi dernier, avec trois autres du Croissant rouge soudanais, au Darfour, la région occidentale du Soudan en proie depuis 18 mois à des violences et des affrontements, ont finalement été contactés par téléphone. C'est ce que rapporte aujourd'hui un communiqué du PAM, qui explique que "les opérations de recherche et de sauvetage ont été favorisées par la présence d'un téléphone satellitaire aux mains des soudanais du Programme alimentaire mondial, ainsi que d'un appareil de radio dans le véhicule, appartenant à l'organisme de l'ONU, à bord duquel se trouvaient les kidnappeurs”. Le communiqué spécifie que la libération a fait suite aux négociations entamées entre une équipe des Nations Unies et les rebelles de l'Armée de libération du Soudan (SLA-M) qui sont à l'origine de l'enlèvement. Après la libération, les six opérateurs humanitaires (on avait d'abord parlé de huit opérateurs, dont 2 du Croissant rouge qui étaient en réalité en maladie) ont été transférés en hélicoptère à El-Facher, chef-lieu du Darfour septentrional. En exprimant sa satisfaction pour la libération, le vice directeur exécutif du PAM, Jean-Jacques Graisse, a sollicité "les groupes armés de la région à ne plus prendre pour cible tous ceux qui sont impliqués dans des opérations humanitaires et leur permettre de faire leur devoir sans craindre des intimidations”.

(MISNA, Italie- /01/09/2004) 
Darfour : PAM, libération des agents humanitaires disparus 

Les agents humanitaires soudanais travaillant pour le PAM (Programme alimentaire mondial) et le Croissant Rouge disparus depuis samedi au Darfour (ouest du Soudan) ont été retrouvés, réfèrent à l'agence MISNA des sources du PAM à Rome. De plus amples informations seront diffusées dans les prochaines heures. On apprend tout de même ce matin que les agents dont on avait perdu les traces étaient 6 et non 8 comme cela avait été dit dans un premier temps, car deux employés du Croissant Rouge qui devaient s'unir au convoi destiné à Tongragra, à 85 kilomètres au sud d'El Fasher (la capitale du Darfour Nord), pour y évaluer la condition des déplacés, n'avaient pas pu partir à cause de problèmes de santé. Les 6 agents humanitaires auraient été libérés au sud l'El Fasher, dans la zone de Tabit, par l'un des deux mouvements rebelles actifs au Darfour (le SLA-M), dont les chefs avaient pourtant nié l'implication dans cette disparition. Les agents humanitaires sont tous en bonne santé

(MISNA, Italie – 01/09/2004) 
La trêve prorogée au Sud mais l’accord de paix définitif se fait attendre

Les sources de la médiation kenyane ont fait savoir que l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA) et le gouvernement de Khartoum, protagonistes de 20 années de conflit, ont renouvelé hier à Khartoum, jusqu'au 30 novembre, le cessez-le-feu signé pour la première fois en octobre 2002. Les longues négociations de paix entre SPLA et Khartoum sont désormais terminées depuis des mois (les parties se sont accordées sur le partage du pouvoir, des revenus du pétrole, du territoire et des compétences politiques et religieuses) mais l'accord définitif qui devrait sceller cette entente est sans cesse retardé, bien qu'il ait été annoncé à plusieurs reprises. L'accord de paix entre le gouvernement et le sud semble, au fil de semaines, être obscurci par les nouvelles en provenance du Darfour, où depuis plus d'un an et demi s'est aggravé un conflit aux motivations partiellement similaires à celles de la rébellion au Sud. La signature d'un accord global entre SPLA et Khartoum devrait être suivie d'une période préliminaire de 6 mois durant laquelle John Garang, chef historique du SPLA, serait nommé vice-président. Khartoum se chargerait ensuite de la formation d'un nouveau gouvernement d'unité nationale mixte, comprenant la participation des ex-rebelles. Dans le sud du pays, le SPLA créera son propre gouvernement présidé par Garang. En février 2005 devrait commencer la vraie période de transition d'une durée de 6 ans, qui se terminera avec la tenue d'un référendum sur l'autodétermination du sud. Le complexe conflit soudanais – souvent dépeint comme un contraste entre le nord, arabe et musulman, et le sud, peuplé de noirs en majorité chrétiens et animistes - a provoqué de très nombreuses victimes, surtout de famine et de maladies. Les estimations parlent de 2 millions de morts et environ 4 millions de déplacés et de réfugiés

(MISNA, Italie – 01/09/2004) 
Darfour : 8 agents humanitaires disparus depuis  samedi

Huit agents humanitaires soudanais sont portés disparus depuis samedi au Darfour, la région occidentale du Soudan théâtre de ce que l'ONU définit la "plus grave crise humanitaire de la planète", ont référé à l'agence MISNA des sources du Programme alimentaire mondial (PAM) à Rome. Trois des disparus travaillent pour le PAM et les cinq autres pour le Croissant Rouge. "Nous avons perdu le contact avec notre convoi samedi vers 15 h 00 (heure locale) et nous tentons d'obtenir des informations, mais pour l'instant, nous n'avons pas d'éléments. Les mauvaises conditions climatiques ont empêché le décollage d'hélicoptères pour survoler la zone où ils se trouvaient avant de disparaître" a déclaré à la MISNA Vichi de Marchi, attaché de presse du PAM pour l'Italie. Selon la reconstitution des faits, les 8 agents faisaient partie d'un même convoi qui allait au village de Tongragra, à 85 kilomètres au sud d'El Fasher (capitale du Darfour Nord) pour évaluer les conditions des déplacés qui vivent dans un camp situé non loin du village. Le ministère soudanais des Affaires humanitaires a diffusé dans la soirée une note dans laquelle il accuse les rebelles d'avoir "enlevé" les agents humanitaires. Cette reconstitution n'a pas encore été confirmée par des sources indépendantes

(MISNA, Italie – 31/08/2004) 

L'ONU évalue les efforts de Khartoum pour résoudre la crise du Darfour

Le Conseil de sécurité des Nations Unies entendra d'ici peu le rapport du Secrétaire général, Kofi Annan, sur la situation du Darfour, la région occidentale soudanaise en proie à de violents combats qui ont causé "la plus grave crise humanitaire de la planète", selon l'ONU. Aujourd'hui en effet arrive à terme l'ultimatum de 30 jours contenu dans la résolution approuvée fin juillet par le Conseil, un laps de temps donné au gouvernement soudanais pour donner des preuves tangibles de sa volonté de résoudre la crise du Darfour et éviter ainsi de possibles sanctions économiques de la part de la communauté internationale. L'ONU attend de Khartoum des réponses concrètes en ce qui concerne l'arrestation et le désarmement des milices de pillards arabes (connus comme Janjawid), considérés les principaux responsables des violences du Darfour, mais aussi le déploiement des forces de l'ordre et de sécurité dans la région pour protéger les civils, la collaboration avec les agences humanitaires et la volonté de poursuivre les négociations de paix avec les rebelles. Avant de rencontrer les 15 membres du Conseil de sécurité, Annan s'est entretenu avec son envoyé spécial au Soudan, Jan Pronk, qui ces derniers jours, avant de partir pour New York, s'est rendu en visite dans le Darfour. Selon des indiscrétions, Pronk aurait référé d'une part un engagement renouvelé de la part de Khartoum face aux demandes internationales mais aurait confirmé d'autre part que les violences sont encore en cours dans quelques-unes des zones de la vaste région occidentale soudanaise. La nouvelle de l'exécution d'au moins 75 civils durant six diverses attaques contre des villages la semaine dernière, aurait précisément porté les délégations des deux mouvements rebelles du Darfour (l'Armée de libération du Soudan (SLA-M) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM)) à suspendre samedi leur participation aux négociations en cours au Nigeria mais qui semblent avoir repris normalement leur cours aujourd'hui. A Abuja, capitale du Nigeria sont arrivés ce matin à l'aéroport les 155 soldats qui devront rejoindre le Darfour et leurs 150 collègues rwandais, afin de compléter le petit contingent prévu par l'Union Africaine pour protéger les observateurs envoyés pour veiller au respect du cessez-le-feu, et qui pourrait devenir l'avant-garde d'une future mission de peacekeeping de formation exclusivement africaine de 2.000 hommes. En 16 mois de combats la guerre dans le Darfour a causé plus d'un million de déplacés internes, près de 160.000 réfugiés (tous dans le Tchad voisin) et des milliers de morts, entre 10.000 et 30.000 selon les estimations les plus accréditées. Des membres du gouvernement soudanais ont récemment contesté ces chiffres, les considérant comme surestimés

(MISNA, Italie- 30/08/2004)
Communiqué des Evêques du Soudan sur le Darfour

Préoccupés par la "situation tragique au Darfour”, les évêques catholiques du Soudan, réunis à Jinja en Ouganda, localité aisément accessible pour tous, ont lancé dans leur communiqué un appel pressant et urgent afin que "le peuple du Soudan soit secouru dans ses difficultés présentes" et invitent "tous ceux qui aspirent à la justice et à la paix à offrir prières et assistance au peuple souffrant du Darfour". Ce communiqué est adressé à de nombreux "protagonistes" de la crise locale: l'ONU, la communauté internationale, le gouvernement soudanais et les deux mouvements rebelles soudanais, le Mouvement pour la libération du Soudan (SLA-M) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM). Le communiqué des évêques, transmis à la MISNA par courrier électronique, est un document de 60 lignes divisées en 13 paragraphes sous le titre de "Déclaration des évêques catholiques du Soudan sur la situation critique au Darfour”. Les cinq premiers paragraphes, proposent des chiffres et des éléments de synthèse sur la situation dans la région occidentale du Soudan où le conflit est en cours depuis 18 mois. Il est affirmé entre autre que: "Déjà au cours de l'année et demi qui s'est écoulée, environ 35.000 personnes ont perdu la vie et on prévoit que ce nombre puisse augmenter dans les jours à venir à cause de l'obstructionnisme à l'encontre des organismes de secours à l'oeuvre”. Le document souligne ensuite que “les Janjawid n'auraient pas pu acheter des armes sophistiquées et des munitions" car ils n'ont pas même l'argent pour se payer et car ils "ne disposent pas de bombardiers pour tirer des missiles sur des civils innocents”. Dans la partie centrale du communiqué, les évêques s'adressent avant tout à l'ONU et à la communauté internationale "afin qu'elles exercent des pressions sur le gouvernement du Soudan non seulement pour qu'il n'arme plus les Janjawid mais aussi pour qu'il les désarment et conduise les responsables devant la justice". Ils ajoutent que: “Si le gouvernement de Khartoum devait être réticent face à cette responsabilité, nous demandons alors à la communauté internationale d'intervenir immédiatement. Le facteur temps est crucial pour sauver des vies humaines précieuses et innocentes". En s'adressant au gouvernement de Khartoum les évêques demandent qu'il "ouvre grand les portes" aux organismes humanitaires, "respecte la dignité de ses citoyens, négocie une solution juste et pacifique du conflit”. Aux deux mouvements rebelles, les évêques rappellent que "la guerre n'est pas la meilleure façon d'affronter leurs revendications (…) guerres et exécutions ne résolvent pas les problèmes". Il est demandé à la communauté internationale "d'éviter d'ultérieures discussions et compromis (…) il n'y a plus de place pour d'autres déclarations, discussions ou délibérations: l'heure est à l'action, une action qui sauve des innocents"; à l'ONU les évêques demandent “de prendre ses responsabilités” et ajoutent que :”L’holocauste religieux de l'ethnie africaine dans le Darfour est un nettoyage ethnique (…) la communauté internationale devrait interférer et offrir l'assistance nécessaire". Le communiqué ajoute que la situation du Darfour devrait provoquer l'enlisement des colloques de paix de Naivasha (Kenya) pour le sud du Soudan. “ Nous voulons affirmer ici qu'il est contradictoire de négocier la paix avec certains tandis que d'autres sont éliminés (…) nous répétons que n'importe quelle paix sans justice n'est pas la paix" conclut le communiqué

(MISNA, Italie – 26/08/2004) 
Colloques de paix de nombreuses indiscrétions mais peu de progrès

Les colloques de paix pour le Darfour, ouverts lundi dernier à Abuja (capitale du Nigeria) afin de trouver une solution au conflit en cours depuis 18 mois dans la région occidentale du Soudan, ont repris ce matin pour la quatrième journée de pourparlers. Malgré quelques avancées, comme l'autorisation donnée hier par le gouvernement de Khartoum à l'élargissement de la mission de l'Union Africaine (UA) déjà présente dans le Darfour en ce qui concerne les effectifs mais aussi la nature de son mandat, les négociations entre les protagonistes du conflit butent en réalité sur le point clé du désarmement. D'une part les combattants du Darfour – regroupés en deux mouvements armés, le Mouvement pour la libération du Soudan (SLA-M) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) – soutiennent qu'avant de penser au cantonnement de leurs propres troupes et à leur désarmement successif, il est nécessaire de parvenir à un accord politique avec le gouvernement soudanais en ce qui concerne le partage des richesses et du pouvoir, à appliquer dans les plus brefs délais; de l'autre Khartoum soutient qu'aucune négociation politique n'est possible en présence de groupes armés, mettant donc le désarmement à la première place, condition nécessaire pour avancer sur la voie du dialogue. Le porte-parole de l'UA (principal médiateur de ces négociations), Assane Ba, a toutefois déclaré aujourd'hui que tous les protagonistes des colloques sont retournés à la table des négociations. Les discussions d'aujourd'hui, selon Ba, devraient être centrées sur l'examen du rapport préliminaire d'enquête réalisé par quelques chercheurs américains et qui pourrait finir sur le bureau du Conseil de sécurité de l'ONU d'ici le 30 juin, échéance du délai de 30 jours que l'ONU a donné au gouvernement de Khartoum pour prouver sa volonté de résoudre la crise. Le rapport américain, dont quelques indiscrétions ont circulé hier sur la presse américaine et internationale, soutient que la situation au Darfour ne s'est pas améliorée et souligne que dans la région les violences et les affrontements continuent, mettant par ailleurs en évidence l'existence d'éléments qui confirmeraient le lien entre Khartoum et les Janjawid, les milices de pillards arabes considérées comme les principales responsables des violences qui ont provoqué, selon les Nations Unies, une des plus graves crises humanitaires de la planète: un million d'évacués internes, 200.000 réfugiés dans le Tchad voisin et quelques milliers de victimes: pas plus de 5.000 selon le gouvernement soudanais, entre 30.000 et 50.000 selon l'ONU. Khartoum rejette toute accusation de collaborationnisme avec les Janjawid qui, dans ces colloques nigérians sont qualifiés de "hors-la-loi". L'envoyé spécial de l'Onu au Soudan, Jan Pronk, bien qu'utilisant un ton et des arguments bien différents par rapport à ceux de l'étude réalisée par Washington, a confirmé que "la situation sur le terrain n'a pas beaucoup changé" au cours de ce dernier mois. “Je n'ai reçu aucune liste avec les noms des Janjawid" a déclaré Pronk ce matin aux journalistes, en soulignant comment le monitorage et l'arrestation des pillards arabes étaient une des 4 conditions posées à Khartoum pour éviter le risque d'encourir des sanctions internationales; les autres concernent le déploiement des forces de l'ordre et de sécurité dans la région pour protéger les civils, la collaboration avec les agences humanitaires à l'œuvre et la volonté de poursuivre les négociations de paix.

(MISNA, Italie – 26/08/2004)
Visite du ministre des Affaires étrangères anglais et reprise des colloques de paix

"Je veux voir par moi-même la situation sur le terrain au Darfour et faire comprendre clairement au gouvernement et au peuple soudanais l'ampleur de l'inquiétude à la fois britannique et internationale" a déclaré hier le ministre des Affaires étrangères britannique, Jack Straw, à son arrivée dans la capitale du Soudan. Khartoum, où il s'est entretenu avec son homologue soudanais, M. Moustafa Osmane Ismaïl. Le ministre anglais se trouve aujourd'hui dans le Darfour, la région occidentale isolée du Soudan théâtre d'une violente guerre depuis 18 mois, afin de se rendre dans le plus grand camp de l'Etat du Darfour du Nord, celui d'Abou Chouk, abritant plus de 50.000 personnes ayant été contraintes d'abandonner leurs villages en raison des attaques des milices de pillards arabes, les Janjawid. Au même moment à Abuja, capitale fédérale du Nigeria, sont en cours depuis hier des colloques de paix entre les protagonistes de la guerre du Darfour: d'une part, les représentants des milices qui ont levé les armes depuis février 2003, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) et le Mouvement de libération du Soudan (SLA-M) et d'autre part la délégation du gouvernement de Khartoum, accusé de négliger la région et de financer les milices de pillards arabes. Hier les pourparlers entre la rébellion et les délégués gouvernementaux ont buté sur l'éventuel déploiement d'une force de maintien de la paix dans la province de l'ouest du Soudan. Le président nigérian Olusegun Obasanja, qui est aussi le président en exercice de l'Union Africaine, qui parraine les négociations, a en revanche insisté sur la nécessité d'envoyer des soldats de l'UA car les forces armées soudanaises ne parviennent pas à elles seules à désarmer les rebelles. L'UA envisage en effet de transformer son contingent de 300 hommes chargé de la protection des observateurs du cessez-le-feu en une vraie force de maintien de la paix de 2.000 unités. Le ministre de l'Agriculture du Soudan, Mazjoub al-Khalifa – parmi les principaux négociateurs pour Khartoum aux colloques – a répliqué négativement à l'initiative considérée comme non nécessaire. Le projet a également été rejeté par Abubakar Hamid Nour, coordinateur du JEM. "Nos ennemis ne peuvent pas nous désarmer car ils ne font que continuer à tuer et bombarder" a déclaré le représentant du JEM. Les négociations entre les trois délégations ont repris ce matin à Abuja tandis que, selon des informations publiées au même moment par la presse soudanaise et rapportées par l'agence France Presse, parlaient d'une attaque, survenue hier, des rebelles contre un poste de police près d'El Facher (Darfour nord), faisant des blessés, et de l'enlèvement ce matin à 30 km au sud de Nyala (capitale Darfour sud) de six personnes, dont quatre journalistes de la télévision locale et deux employés de la Commission des affaires humanitaires (organisme soudanais). Malgré le cessez-le-feu en vigueur entre les parties en présence, les affrontements n'ont pas cessé ces derniers mois et le conflit en cours depuis 18 mois dans le Darfour a causé à ce jour, selon les sources les plus accréditées, un million d'évacués internes, 200.000 réfugiés dans le Tchad voisin et quelques milliers de victimes: pas plus de 5.000 selon le gouvernement soudanais, entre 30.000 et 50.000 selon l'ONU

(MISNA, Italie – 25/08/2004) 
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Nouvelles brèves du 13 au 25 août 2004
Tout est fin prêt pour les négociation d’Abuja
Réfugiés soudanais en Israël
Sans doute présence de Khadafi aux colloques de paix au Nigeria
Khartoum envoie de nouveaux policiers au Darfour et demande l’aide de Khadafi
Les rebelles en route pour Abuja -
Pader : des rebelles tués par l’armée, nouvelles défection dans la LRA
Arrivée des soldats rwandais au Darfour, L’UA évalue l’expansion du contingent
Soudan, Zimbabwe et sida parmi les thèmes de la conférence des évêques d’Afrique du Sud
L’indice révélateur du Darfour et le nouveau bipolarisme africain
Les rebelles soudanais soutiennent avoir infligé de lourdes pertes à la LRA
Tout est fin prêt pour les négociation d’Abuja

Tout est fin prêt pour l'ouverture aujourd'hui des colloques de paix à Abuja, au Nigeria, entre les protagonistes de la guerre du Darfour ( la région occidentale isolée du Soudan le long de la frontière avec le Tchad) théâtre depuis 18 mois d'affrontements et de violences qui, selon l'ONU, ont provoqué une des plus graves crises humanitaires au monde. Parmi les premiers arrivés dans le grand hôtel de la capitale nigériane, les délégations des deux mouvements d'autodéfense populaire des populations noires africaines du Darfour - l'Armée de libération du Soudan (SLA-M) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) – qui depuis février 2003 ont formellement levé les armes contre le gouvernement soudanais de Khartoum, accusé de négliger la région et de financer des milices de pillards arabes (connues sous le nom de Janjawid) responsables de semer mort et destruction dans la zone. Non loin, dans un autre hôtel que celui accueillant les rebelles, quelques diplomates soudanais ont attendu hier soir l'arrivée de représentants du gouvernement islamique de Khartoum, délégation dirigée par le ministre de l'Agriculture Majzoub al-Khalifa. Aux colloques d'aujourd'hui – sous la supervision directe du président nigérian Olusegun Obasanjo, président en charge de l'Union Africaine – sont également attendus les chefs d'Etat et représentants gouvernementaux du Tchad, de l'Erythrée, de la République démocratique du Congo et de la Libye. Tripoli pourrait être représentée par le ministre des Affaires étrangères Abdelrahman Shalgam qui, selon des sources aéroportuaires citées par l'Agence France Presse, se trouverait déjà au Nigeria depuis hier soir. Il remplacerait le colonel Mouammar Khadafi dont l'intervention avait été directement demandée, de façon plus ou moins explicite, par le gouvernement soudanais. La participation aux colloques du secrétaire de la Ligue Arabe, Amr Moussa, semble également confirmée. Selon des sources de l'Union Africaine, les négociations pourraient durer plus d'une semaine car l'intention est de parvenir à un accord définitif et "solide". La dernière tentative de médiation (organisée par l'UA le mois dernier à Addis-Abeba) avait échoué suite aux six conditions posées par les deux mouvements armés du Darfour pour leur présence aux négociations. Entre temps, ces dernières heures, le ministre de la Justice soudanais, Ali Mohammed Osman Yassin, a remis à Ghaneen Emanuel Akoy, observateur international de la Commission de l'ONU pour les droits de l'Homme, une liste contenant les noms de quelques membres des forces armées et de la police soudanaises arrêtés car accusés de violations des droits de l'Homme dans le Darfour. La nouvelle a été rapportée par le quotidien "al-Ray al-Am", en précisant que sur cette même liste figuraient les noms de personnes considérées comme liées aux milices Janjawid et arrêtées par Khartoum. "Le gouvernement ne nie pas que des violations des droits de l'Homme existent mais ne protège pas ceux qui les commettent" a dit M. Yassin. Selon les estimations de l'ONU, les affrontements au Darfour ont provoqué un million d'évacués internes, 200.000 réfugiés dans le Tchad voisin et quelques milliers de victimes: pas plus de 5.000 selon le gouvernement soudanais, entre 30.000 et 50.000 selon l'ONU.

(MISNA, Italie – 23/08/2004)
Réfugiés soudanais en Israël 

Israël veut renvoyer chez eux trois réfugiés soudanais du Darfour (ouest du Soudan), entrés illégalement sur son territoire à partir de l’Egypte, a annoncé samedi un responsable de la police des frontières égyptienne. 
Selon ce responsable, les trois Soudanais figuraient dans un groupe de six clandestins arrêtés le 15 août en Israël. 
Des responsables israéliens et égyptiens se concertent pour assurer leur retour, a indiqué ce responsable. 
Les six clandestins étaient entrés en Israël entre juin et août à la recherche d’un emploi, selon cette source. 

(Aujourd’hui en Afrique Centrale-21/08/2004)
Sans doute présence de Khadafi aux colloques de paix au Nigeria

Le président libyen Mouammar Khadafi a lui aussi été invité aux colloques de paix qui débuteront lundi prochain à Abuja, au Nigeria, voulus par l'Union Africaine (UA) afin de trouver une solution négociée au conflit dans le Darfour, la région isolée du Soudan, non loin de la frontière avec le Tchad. Selon l'agence de presse libyenne "Jana", l’invitation a été adressée par le chef d'Etat nigérian en personne, Olusegun Obasanjo, qui est actuellement le président en charge de l'UA. La nouvelle a été confirmée par l'agence de presse officielle soudanaise "Suna", selon laquelle au mini sommet, en plus de Khadafi, participera aussi le président du Tchad Idriss Deby, comme l'a déclaré le ministre des Affaires étrangères soudanais Moustapha Osman Ismail après une série de rencontres au Nigeria, en Libye et au Tchad. Le mois dernier l'ONU avait concédé un délai d'un mois au gouvernement soudanais pour garantir l'accès humanitaire et ramener la paix dans une région en proie à près de 18 mois de guerre civile, qui jusqu'à présent, selon les estimations des Nations Unies, a causé plus d'un million d'évacués, plus de 160.000 réfugiés dans le Tchad voisin et des dizaines de milliers de victimes provoquées par les incursions des pillards arabes Janjawid et par les affrontements entre rebelles et armée gouvernementale. Aux colloques participeront aussi des représentants du gouvernement soudanais et des deux mouvements armés insurgés contre Khartoum depuis février 2003: l'Armée de résistance du Soudan (SLA-M) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM). Face aux fortes pressions internationales, ces derniers jours le régime islamique du président soudanais Omar el Béchir avait demandé à Khadafi d'intervenir "personnellement" pour "recomposer la crise dans la région et porter assistance au rapatriement des réfugiés". Non sans surprise, le président libyen avait promu il y a deux semaines, selon les nouvelles reportées par des sources de presse internationales, une sorte de "négociation alternative" sur le Darfour à Syrte, prenant en contre-pied l'Union Africaine; ce n'est une nouveauté du reste que le colonel de Tripoli essaie de contraster les initiatives de l'organisation panafricaine, non sans polémique, en raison de la non assignation à la Libye de postes institutionnels dans l'UA. Selon le chef de la diplomatie de Khartoum, Khadafi aurait affirmé comprendre la situation dans le Darfour et les efforts du gouvernement soudanais, en ajoutant être prêt à envoyer une assistance militaire par le biais de la participation à la force de paix africaine. L'UA envoie environ 2.000 soldats dans la région soudanaise avec pour mission de garantir la sécurité des observateurs chargés de veiller au respect du cessez-le-feu souscrit il y a quelques mois par les parties en présence. Hier le commissaire européen au développement et aux aides humanitaires, Poul Nielson, avait répété que la "patience" illustrée au niveau international à l'égard du gouvernement du Soudan pourrait finir bien vite, réaffirmant l'urgence de désarmer les Janjawid. Le Conseil de sécurité de l'ONU, en menaçant de sanctions, sans les préciser, avait demandé au Soudan de désarmer d'ici fin août les milices progouvernementales à l'action dans le Darfour et de consentir l'envoi des aides internationales à la population civile

(MISNA, Italie – 20/08/2004) 
Khartoum envoie de nouveaux policiers au Darfour et demande l’aide de Khadafi

Au moins 2.000 nouveaux policiers ont été déployés au cours de ces dernières heures au Darfour, la région occidentale du Soudan proche de la frontière tchadienne, théâtre depuis plus d'un an et demi de combats et de violences à l'origine d'une grave crise humanitaire. La nouvelle a été annoncée par le ministre de l'Intérieur soudanais, Abdel Rahim Mohamed Hussein. Ces nouveaux agents s'ajoutent aux quelque 6.000 éléments déjà envoyés ces derniers jours. Au même moment, le ministre soudanais des Affaires Etrangères Moustapha Osman Ismail, depuis Abuja (Nigeria), où il se trouvait pour rencontrer le président Olusegun Obasanjo, annonçait que le gouvernement central entend doubler les effectifs au au Darfour pour aboutir, selon les déclarations rapportées par des médias arabes comme Al Jazira et Middle East on line, à la réalisation des zones protégées prévues dans l'accord pris ces dernières semaines entre Khartoum et les Nations Unies. Entre temps, le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) a fait savoir qu'un groupe d'environ 500 réfugiés était arrivé depuis peu au Tchad, dans des camps. Cela faisait deux mois qu'aucun réfugié ne traversait la frontière, précise l'organisme, qui veut comprendre s'il s'agit d'un cas isolé ou de l'avant-garde d'une nouvelle vague massive. Selon des témoignages, le groupe aurait quitté son village après "avoir perdu la confiance dans les propos des autorités soudanaises" lit-on dans une note diffusée par le HCR, qui indique que les nouveaux réfugiés auraient signalé le connivence entre les autorités locales et les janjawid, les milices arabes considérées comme les principales responsables des violences. Pour tenter de contenir les pressions dont est l'objet le gouvernement soudanais, Khartoum a demandé au président libyen Muammar Khadafi d'intervenir à ses côtés. Le président Omar Hassan El Béchir a demandé à son homologue libyen d'intervenir "personnellement" pour aider à sortir de la crise et soutenir le rapatriement des réfugiés. Hier, le commissaire européen au Développement et aux aides humanitaires, Poul Nielson, a affirmé que la patience démontrée au niveau international envers le gouvernement soudanais pourrait finir très bientôt, si Khartoum ne respecte pas les engagements fixés par la résolution de l'ONU, notamment le désarmement rapide des janjawid

(MISNA, Italie – 18/08/2004)
Les rebelles en route pour Abuja -

Les rébellions soudanaises du Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE) et du Mouvement pour la libération du Soudan (MLS) ont confirmé mercredi à N’Djamena leurParticipation aux négociations de paix sur le Darfour (ouest du Soudan) le 23 août au Nigeria. 
"Nous serons au rendez-vous d’Abuja. Notre délégation comprendra 26 personnes, des (responsables) militaires et politiques", a indiqué l’assistant du coordinateur général du MJE, Abdramane Fadoul, qui assistera à cette réunion organisée par l’Union africaine (UA). 
Le MLS, qui combat également l’armée soudanaise et les milices arabes Djandjawids dans le Darfour, est également "prêt à partir" avec une délégation d’une trentaine de membres, selon son coordinateur Ali Sugar. 
A Abuja, le MJE attend de cette réunion que l’on "constate si les engagements pris le 8 avril par le gouvernement soudanais, notamment le désarmement des milices Djandjawids (...), ont été effectivement respectés et ceci en présence de la communauté internationale", a poursuivi M. Fadoul. 
"Tant que ces engagements ne sont pas respectés, il n’est pas question d’engager des discutions politiques", a-t-il poursuivi. 
Le porte-parole militaire du MJE au Darfour s’est inquiété de la situation dans cette province après l’attaque du camp de réfugiés de Kalma près de Nyala (Darfour-sud) par l’armée soudanaise et des Djandjawids, suivie de la demande de Khartoum au numéro un libyen, Mouammar Kadhafi, d’"intervenir personnellement" pour régler la crise au Darfour. 
"Nous avons l’impression qu’ils (le gouvernement) ne veulent pas partir à Abuja", a indiqué à l’AFP le colonel Abdallah Abdel Kerim, joint par téléphone satellitaire depuis Libreville. "Il y a une contradiction, on n’est pas encore parti négocier qu’il sont en train de voir avec la Libye", a-t-il ajouté. 
Le MJE avait, dans un premier temps, souhaité que la date de ces négociations soit repoussée en septembre, son agenda étant "très chargé". 
Khartoum et les deux rébellions, qui s’affrontent depuis février 2003, ont conclu un cessez-le-feu le 8 avril à N’Djamena, qu’ils s’accusent mutuellement de violer. De précédentes négociations sur les "questions politiques" du conflit s’étaient terminées sans avancées en avril à N’Djamena sous les auspices du Tchad. 
Les rebelles avaient ensuite quitté la table de nouvelles discussions menées par l’UA le 18 juillet à Addis Abeba, refusant toute négociation avant la satisfaction par Khartoum de certaines conditions

(Aujourd’hui en Afrique Centrale- 18/08/2004)
Pader : des rebelles tués par l’armée, nouvelles défection dans la LRA

Cinq rebelles de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) ont été tués par les soldats dans une intense fusillade hier après-midi près d'Otok, une localité située à l'est de Parogali, dans le district de Pader (nord de l'Ouganda). La nouvelles est référée à l'agence MISNA par Radio Wa, la radio du diocèse de Lira (chef-lieu du district de Lira, nord), qui précise que d'après les déclarations du lieutenant Gabriel Lomongian, les forces armées ougandaises ont arrêté deux hommes du LRA et ont récupéré une petite quantité d'armes et de munitions. Selon des sources militaires citées par l'agence Reuters, le bilan de l'affrontement de Pader serait de 7 rebelles tués, et non de 5 comme le rapporte la radio locale, et de 2 tués hier dans la zone de Kit Valley. Le quotidien gouvernemental ougandais New Vision indique aujourd'hui que 35 rebelles du LRA, y compris 3 importants commandants militaires, se seraient rendus dimanche dernier (toujours dans la zone de Pader) aux forces armées ougandaises, remettant des armes et libérant une dizaine de personnes enlevées récemment. Après une période de calme relatif, durant laquelle les incursions du LRA avaient concerné des villages du sud du Soudan, les rebelles semblent avoir repris leurs actions dans les districts de Lira et de Pader. Depuis 1986, les rebelles du LRA sèment la mort et la destruction dans le nord de l'Ouganda, où ils ont tué jusqu'à ce jour plus de 100.000 personnes, enlevé 25.000 mineurs et causé plus d'un million (1,5 millions selon d'autres sources) de déplacés

(MISNA, Italie – 17/08/2004) 
Arrivée des soldats rwandais au Darfour, l’UA évalue l’expansion du contingent

Les 154 soldats rwandais envoyés par l'Union Africaine (UA) avec pour mission de garantir la sécurité des observateurs veillant au respect du cessez-le-feu, signé en avril dernier entre rebelles et gouvernement soudanais, sont arrivés au Darfour, la région occidentale du Soudan théâtre de combats et de violences ayant provoqué une grave crise humanitaire. Le petit contingent en provenance du Rwanda est parvenu dimanche à El Fasher, la capitale de l'Etat du Darfour septentrional qui, avec celui occidental et méridional, constitue la région, un territoire en grande partie semi désertique, vaste comme la France, situé le long de la frontière avec le Tchad. D'ici la semaine prochaine les Rwandais seront soutenus par environ 160 soldats nigérians. Le porte-parole de l'armée soudanaise, Mohammed Bashir Suleiman, a diffusé un communiqué soulignant que la force de l'Union Africaine "se limitera à protéger les 80 observateurs actuellement à l'oeuvre au Darfour et dans la capitale du Tchad, N'Djamena". Dans le texte de Suleiman, diffusé par l'agence de presse nationale soudanaise Suna, il est précisé que le mandat de la force africaine "ne comprend pas la possibilité de mener des actions militaires contre aucune des parties en lutte en cas de violation du cessez-le-feu, contrairement aux nouvelles reportées aujourd'hui par certains médias". Le vice président de la Commission de l'UA, Patrick Mazhimaka, en intervenant à la cérémonie d'ouverture du sommet des pays d'Afrique australe a souligné que "l'on est en train considérer l'expansion de cette force afin de pouvoir garantir des opérations de peacekeeping; même si la protection des civils demeure la responsabilité du gouvernement du Soudan". En réalité, le gouvernement de Khartoum n'a pas encore mis de côté ses réserves sur la possibilité que l'UA augmente à près de 3.000 unités les effectifs organiques de la mission militaire, et continue même de répéter sa volonté d'éviter toute interférence de l'étranger: vendredi dernier le président Omar el Béchir avait souligné pour l'énième fois que des forces étrangères ne seront pas acceptées, également car: "franchement une intervention étrangère risquerait seulement de compliquer la situation", a déclaré le chef d'Etat soudanais. Le jour suivant, le président a accusé des "ennemis" et des "conspirateurs" non précisés de se trouver derrière la crise du Darfour. Les rencontres soudanaises de la mission politique et humanitaire de l'UA, partie samedi dernier d'Addis-Abeba pour se rendre à Khartoum et dans le Darfour, sont actuellement en cours à huis clos et donc sans la formulation de communications officielles.

(MISNA, Italie – 17/08/2004)
Soudan, Zimbabwe et sida parmi les thèmes de la conférence des évêques d’Afrique du Sud

En dénonçant "les souffrances humaines" au Soudan et Zimbabwe, bien que diverses de celles de la crise lointaine du Darfour et de celles dans le pays voisin, mais en dédiant aussi une attention toute particulière au Sida et aux abus sexuels sur les mineurs, la Conférence des évêques catholiques sud-africains (SACBC) – qui inclut aussi ceux du Botswana et du Swaziland – a récemment achevé les deux intenses semaines de la dernière session plénière qui s'est tenue à Mariannhill non loin de Durban."Le gouvernement du Zimbabwe doit se préoccuper de son peuple" en évitant que ses citoyens pour survivre soient contraints de fuir dans les pays voisins" ont souligné les évêques qui se lamentent de "la situation de faim et de malnutrition, la violence politique obstinée et l'utilisation immorale des aides humanitaires". En rappelant les milliers de victimes et le million de réfugiés dus à 18 mois de combats et de violences dans le Darfour, la SACBC ajoute que dans de nombreuses autres zones du Soudan d'autres milliers de personnes, par exemple dans le district sud oriental de Malakal, "subissent en silence une violence tout aussi dévastatrice des mains des milices activement soutenues par le gouvernement de Khartoum". Les évêques demandent par conséquent, pour ces situations de crise, l'adoption de "mesures plus fortes" de la part d'organismes de la communauté internationale comme l'ONU et l'Union africaine.

(MISNA, Italie – 14/08/2004) 
L’indice révélateur du Darfour et le nouveau bipolarisme africain

La région tourmentée du Darfour est l'indice révélateur des maux qui affligent la politique panafricaine. La récente chronique des initiatives de négociations mises au point pour mettre fin au conflit qui ensanglante la terre isolée soudanaise à la frontière avec le Tchad met en évidence à tous les effets une diplomatie à deux voies. Il y a d'une part l'Union Africaine (UA) qui a récemment renoncé, à la surprise de tous, à un des points cardinaux sur lequel reposait l'ancienne Organisation pour l'unité africaine (OUA), à savoir le principe de non-ingérence dans les affaires internes d'un Etat membre. La décision d'envoyer une task-force sous l'égide de l'UA a été en effet pratiquement imposée au gouvernement de Khartoum, face aux pressions internationales, surtout de Washington. Mis au pied du mur, le ministre des Affaires étrangères soudanais Moustapha Osman Ismail a su exprimer une inspiration politique allant bien au-delà de toute conjecture machiavélique. Il a non seulement impliqué et encouragé la Ligue Arabe dans le processus de négociation avec l'intention de sauvegarder les intérêts islamiques dans le Soudan, mais il a également tendu la main au président libyen Mouammar Kadhafi qui a désorienté tout le monde en promouvant une "rencontre de réconciliation sur le Darfour" en cours depuis mercredi soir à Syrte. Une initiative qui est dans un certain sens concurrentielle par rapport à celle mise au point par l'Union Africaine prévue à Abuja le 23 août prochain. D’autre part le gouvernement nigérian du président Olusegun Obasanjo, président en charge de l'UA, voudrait jouer un rôle de premier plan, surtout face à la diplomatie américaine, dans le rétablissement de la paix au Darfour. Une crise qui, entre parenthèses, pourrait conditionner la signature et l'exécution de l'accord final entre l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA) et Khartoum, en lutte non seulement pour la religion mais surtout pour le contrôle de l'immense gisement pétrolier dans les régions méridionales du pays. Si hier les deux mouvements rebelles actifs dans le Darfour, le JEM et le SLA-M (Sudan Liberation Army) ont demandé que le rendez-vous d'Abuja soit reporté de quelques jours à cause "d'engagements préalables" non précisés, c'est parce que fort probablement Kadhafi semblerait avoir l'avantage sur le rendez-vous d'Abuja, une délégation de l'UA ayant même été envoyée à la rencontre de Syrte; d'autre part le colonel libyen astucieux, voit le nouvel establishment de l'UA comme de la poudre aux yeux surtout depuis qu'il a été mis en échec et que la leadership panafricaine tant aspirée lui a été niée en faveur de personnages comme Obasanjo, le mozambicain Joaquim Alberto Chissano ou le sud-africain Thabo Mbeki. Une déception rendue par ailleurs plus aigue encore par la non attribution à la Libye de sièges institutionnels au sein de l'UA. Kadhafi se considère, comme le disent ses amis, le véritable promoteur de l'Union, même si son rêve dans le tiroir reste la formation des Etats-unis d'Afrique. De toute façon, llami Ahmat, un des principaux médiateurs africains, a clairement déclaré hier qu'il "n'est pas possible de modifier la date du rendez-vous d'Abuja, ayant été préalablement fixée suite aux rencontres avec les plus hauts responsables des deux mouvements rebelles''. Une chose est certaine, après la Guerre Froide, le nouveau bipolarisme qui semble se profiler en Afrique est celui entre le nord musulman et le sud, subsaharien, plus ou moins pro-occidental. (par Giulio Albanese)

(MISNA, Italie – 14/08/2004) 
Les rebelles soudanais soutiennent avoir infligé de lourdes pertes à la LRA

Quarante rebelles de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), le groupe armé actif depuis 17 ans dans le nord de l'Ouganda, auraient été tués dans le sud du Soudan, où se trouvent des camps d'entraînement de la LRA, durant des affrontements avec des groupes armés soudanais. C'est ce que rapportent les Forces de défense de l'Equatoria ("Equatoria defence forces", Edf ) dans un communiqué de presse diffusé il y a quelques heures, même si l'épisode remonte au 2 août dernier. Selon la reconstruction effectuée par l'Edf, quelques "centaines" d'hommes de la LRA auraient lancé une attaque contre le village de Lowai, se heurtant toutefois à la résistance d'hommes armés locaux. L'Edf soutient avoir arrêté deux rebelles ougandais, précisant en avoir retenu un et remis l'autre à l'armée ougandaise, qui se trouve dans la zone méridionale du Soudan pour donner la chasse au fondateur de la LRA, Joseph Kony, et à ses hommes. Le jour d'après, le 3 août, les rebelles ougandais ont lancé une attaque, cette fois contre un camp pour déplacés internes dans la zone de Kuraangerebe, tuant 4 civils et un rebelle soudanais. L'Edf est un groupe armé proche de la SPLA (l'Armèe de libération populaire du Soudan), le mouvement anti-gouvernemental qui depuis 20 ans est en lutte contre Khartoum pour l'indépendance du Soudan méridional et qui aujourd'hui encore, alors que l'on attend la paix suite aux accords signés par les deux parties en présence il y a quelques mois, représente l'autorité de fait dans une grande partie de la zone méridionale du pays. Depuis 1986 les rebelles de la LRA sèment mort et destruction dans les zones septentrionales de l'Ouganda, où jusqu'à présent plus de 100.000 personnes ont été tuées, 25.000 mineurs enlevés ainsi que plus d'un million de personnes (1,5 selon certaines sources) évacuées. Les attaques enregistrées dans le sud Soudan se sont toutefois multipliées ces derniers mois

(MISNA, Italie – 13/08/2004) 
 
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Nouvelles brèves du 5 au 13 août 2004
Nouvelles discordantes sur les négociations  sur le Darfour
OMS et les autorités soudanaises confirment la diffusion de l’Hépatite E au Darfour
150 Soldats rwandais envoyés par l’U.A arriveront samedi au Darfour
Pour les experts européens, il n’y a pas de génocide au Darfour
Génocide ou massacres au Darfour ? -
Darfour : 200 rebelles abandonnent la lutte armée
ONU annonce accord avec Khartoum sur désarmement et aides humanitaires
Des victimes du LRA libérées au Soudan rentrent chez elles
Gouvernement annonce désarmement janjawid , ONU satisfaite
Conseiller militaire ONU à Addis Abeba pour l’élargissement mission UA
Nouvelles discordantes sur les négociations  sur le Darfour 

L'incertitude sur les négociations qui devraient se tenir le 23 août prochain au Nigeria entre les deux protagonistes de la crise du Darfour continue de régner: si le gouvernement soudanais et les médiateurs de l'Union Africaine (UA) ont confirmé aujourd'hui le rendez-vous, les deux mouvements rebelles actifs dans le Darfour (JEM – Mouvement pour la justice et l'égalité – et le SLA-M – Mouvement pour la libération du Soudan) demandent quant à eux que les rencontres soient renvoyées de quelques jours à cause "d'engagements préalables". "Il n'est pas possible de modifier la date prévue du 23 août, qui a été fixée suite à des rencontres avec les plus hauts responsables des deux mouvements rebelles" a dit un des principaux médiateurs africains, Allami Ahmat. Entre temps, des sources de presse internationales rapportent qu'une "rencontre de réconciliation" est en cours depuis mercredi soir à Syrte (Libye), où le président libyen Mouammar Kadhafi aurait réussi à regrouper des représentants de deux mouvements rebelles du Darfour, du gouvernement soudanais, de l'UA et de l'exécutif tchadien. En ce qui concerne les colloques organisés par l'Union Africaine à Abuja (Nigeria) pour le 23 août, le ministre des Affaires étrangères soudanais Moustapha Osman Ismail avait déjà souligné il y a quelques jours que Khartoum n'acceptera pas que "des pré-conditions soient posées", en se référant aux demandes avancées lors de la dernière tentative de médiation (tenue le mois dernier à Addis-Abeba) de deux mouvements armés du Darfour, qui avaient posé six conditions à leur participation à la table des négociations, la faisant ainsi échouer.

(MISNA, Italie – 13/08/2004) 
OMS et les autorités soudanaises confirment la diffusion de l’Hépatite E au Darfour

"L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé qu'une épidémie d'hépatite E se diffuse dans les camps de réfugiés du Darfour (Soudan occidental, ndlr)": c'est ce qu'a déclaré à la MISNA Caroline Livio, qui se trouve au Darfour pour le compte de l'ONG Médecins sans frontières (MSF), en précisant que sur ce thème une réunion urgente de représentants du ministère de la Santé soudanais s'est tenue ce matin à Al Jeneina (capitale de l'Etat du Darfour occidental). Au terme de la rencontre, les autorités soudanaises ont-elles aussi confirmé la présence de cette épidémie, soulignant que ces derniers jours ce sont 16 personnes qui sont décédées des suites de l'hépatite E pour la seule zone du Darfour occidental. En début de matinée un médecin du Fonds des Nations Unies pour les populations, Henia Dakkak, dans un entretien à l'émetteur britannique BBC, avait parlé de 22 personnes mortes dans les camps de réfugiés du Darfour, la région théâtre de violences et d'une des plus graves crises humanitaires de la planète, suite à la diffusion d'une épidémie d'hépatite E, en précisant que la maladie est en train de se propager de façon extrêmement rapide à cause des mauvaises conditions d'hygiène des camps. Le médecin a ajouté que les sujets les plus à risque sont les femmes enceintes. Selon les estimations de l'ONU on compte plus d'un million d'évacués internes du Darfour: des personnes contraintes d'abandonner leurs propres villages en raison des attaques et des combats, s'entassant dans les environs des plus grandes villes de la région. Due à un virus qui touche le foie, l'hépatite E a une période d'incubation de 15-60 jours avec une moyenne de 40. La contamination intervient par voie orale et fécale en mangeant certains aliments (fruits de mer, légumes crus et eau) contaminés par le virus. Les symptômes caractéristiques sont: fièvre, douleurs abdominales et arthralgie, ictère, inappétence et mauvaise condition générale. Ce virus est plus fréquent chez les adultes que chez les enfants, avec un taux de mortalité surtout élevé chez les femmes enceintes. Aucune thérapie spécifique n'existe pour cette maladie, soignée par le biais d'un régime approprié et par la prise de symptomatiques. Sur un autre front en revanche, le porte-parole de l'armée du Soudan, le général Muhammed Beshir Suleiman, a démenti l'information, la qualifiant de "sans fondement", d'une nouvelle offensive des milices de pillards arabes (connus sous le nom de Janjawid) avec le soutien de l'aviation soudanaise en cours dans certaines zones du Darfour. Depuis plusieurs jours désormais, des signalisations de nouvelles attaques de Janjawid circulent sur la presse internationale, indirectement confirmées par le bureau pour la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies à Genève qui dans un document diffusé dans la nuit de mardi rapportait des actions de miliciens et l'intervention d'hélicoptères de combat. L'argument n'a pas même été abordé hier par le président soudanais Omar el Béchir qui, en intervenant lors d'une conférence à Khartoum, a souligné la nécessité de désarmer tous les civils pour restaurer la sécurité dans le Darfour, en appelant aux chefs des tribus pour qu'ils aident le gouvernement dans ces opérations. "Le Darfour ne connaîtra pas la paix tant que toutes les armes ne seront pas retirées dans tous les secteurs de la société qui en détiennent" a dit Béchir. "Les administrations locales et les chefs de tribus doivent jouer un rôle majeur dans la récolte des armes et dans la création de nouveaux liens sociaux, ainsi que dans l'ouverture de couloirs verts pour les pasteurs nomades (arabes), limitant ainsi au minimum les risques de frictions avec les agriculteurs sédentaires (noirs africains) a ajouté le président soudanais en touchant une des principales causes des tensions qui secouent le Soudan occidental: le litige entre les deux groupes ethniques pour le contrôle de la terre et des zones vertes dans une région aux vastes portions de territoire semi désertiques

(MISNA, Italie – 12/08/2004) 
150 Soldats rwandais envoyés par l’U.A arriveront samedi au Darfour

Un premier groupe de 150 militaires rwandais, envoyés par l'Union Africaine (UA) pour garantir la sécurité des observateurs déjà présents dans la région avec pour mission de veiller au respect du cessez-le-feu souscrit entre les deux parties, arrivera samedi au Darfour (Soudan occidental): la nouvelle a été rapportée aujourd'hui à la presse soudanaise par l'ambassadeur de Khartoum auprès de l'Union Africaine, Osman al Sayyed, en précisant qu'avec l'arrivée les jours suivants (probablement d'ici le 25 août) de 150 autres soldats, de nationalité nigériane, devrait être complétée la formation du petit contingent de 304 hommes approuvé il y a quelques semaines par l'UA. La nouvelle a été confirmée à quelques agences de presse internationales par des sources de l'UA sous couvert de l'anonymat. Par ailleurs, la possibilité que ce contingent – dont le mandat spécifique est de protéger les observateurs envoyés par l'UA – puisse passer à 2.000 soldats avait été avancée, en modifiant également son mandat et le transformant en un contingent de paix. L'UA a toutefois préféré prendre du temps afin d'évaluer les réactions des principaux protagonistes de la crise du Darfour (gouvernement soudanais et rebelles), renvoyant la décision également pour de possibles oppositions de la part de Khartoum. Des informations de nouvelles violences ne cessent d'arriver du terrain. Le bureau pur la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies de Genève a rapporté de nouvelles attaques menées par les Janjawid (les milices de pillards arabes qui depuis des années s'en prennent aux villages des agriculteurs noirs du Darfour pour prendre le contrôle des zones vertes, dans une région désertique par portions. Selon l'agence de l'ONU, l'intervention de l'aviation soudanaise aurait même été enregistrée dans certains cas. Depuis février 2003 le JEM et la SLA-M ont formellement levé les armes contre les autorités de Khartoum, accusées de négliger le Darfour, car essentiellement habité par une population noire, et de financer les Janjawid, principaux responsables de ce que de nombreuses sources qualifient déjà, y compris des représentants de l'ONU, de "nouveau génocide". En 16 mois de combats la guerre dans le Darfour a causé plus d'un million de déplacés internes, près de 160.000 réfugiés (tous dans le Tchad voisin) et des milliers de morts, entre 10.000 et 30.000 selon les estimations les plus accréditées. Des membres du gouvernement soudanais ont récemment contesté ces chiffres, les considérant comme surestimées.

(MISNA, Italie – 11/08/2004) 
Pour les experts européens, il n’y a pas de génocide au Darfour

Ce qui se passe au Darfour n'est pas un génocide: telle est la conclusion formulée par une équipe d'experts de l'Union Européenne, à peine rentrée de mission dans la région ouest-soudanaise, guidée par Pieter Feith, envoyé spécial de Javier Solana, haut représentant de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune. "Il est clair cependant que des massacres sont commis en silence et que des villages ont été brûlés à grande échelle" a précisé M. Feith. La prudence de l'UE, qui a tout de même pris des mesures pour tenter de mettre fin aux violences, contraste avec la prise de position draconienne du Congrès américain, qui a adopté le 23 juillet dernier une résolution sur le Darfour qui définit clairement la situation un "génocide" contre la population non arabe. En février 2003, des milices locales se sont rebellées contre le gouvernement, accusé de négliger la région. En signe de réponse, Khartoum semble avoir délégué aux bandes armées musulmanes, les janjawid, la tâche de s'attaquer aux villages habités par une population africaine, plutôt que d'envoyer les militaires soudanais, formés en bonne partie de soldats provenant du Darfour. Cette situation a attiré largement l'attention des Etats-Unis, pourtant assez indifférente à d'autres souffrances de peuples africains (en République Démocratique du Congo par exemple). La Maison Blanche a quant à elle choisi de ne pas recourir au mot génocide car la Convention des Nations Unies contre le génocide impose aux 127 Etats signataires de "prévenir et punir" un tel crime. La manoeuvre a été critiquée par certains et approuvée par d'autres, qui ont vu un excès du Parlement . Il y a quelques jours, dans un article publiée sur la revue missionnaire Popoli et relancé par la MISNA (version italienne), Père Henri Coudray, jésuite, préfet apostolique de Mongo, au Soudan a souligné que les termes "nettoyage ethnique" ou "génocide" ne devaient pas être utilisés à la légère. "Un génocide, selon le droit international, doit être prouvé à travers l'identification claire d'une intention de détruire un groupe ethnique, racial ou religieux" affirme-t-il. "Peut-on prouver de telles intentions au Darfour? " s'interroge Père Coudray, tout en rappelant que le problème des minorités noire au Darfour n'est pas nouveau et qu'il existe depuis longtemps "un plan qui prévoit l'expropriation des terres et le remplacement des chefs traditionnels de tribus par des cheikhs arabes". Hier, le ministre soudanais des Affaires Etrangères a déclaré que les victimes au Darofur ne seraient qu'au nombre de 5.000, et non entre 30.000 et 50.000 comme le rapportent plusieurs sources. The Economist, hebdomadaire britannique, s'est interrogé la semaine dernière sur la qualification de génocide au Darfour: "Du point de vue du juridique, il y a une grande confusion" indique le périodique, en rappelant des exemples où l'ONU est intervenue pour arrêter (ou tenter d'arrêter) de massives violations des droits humains, comme ce fut le cas en Somalie (1992-1993) et en ex-Yougoslavie (début des années 90). La résolution approuvée fin juillet par le Congrès américain n'envisage au plus que des "sanctions" contre le gouvernement de Khartoum, mais pas d'intervention militaire directe. Même l'Union Africaine, qui avait dans un premier temps décidé d'envoyer un contingent, est revenuE hier sur ses pas et a voulu reporter l'envoi de troupes. (par Emiliano Bos)

(MISNA, Italie – 10/08/2004) 
Génocide ou massacres au Darfour ? -

Le chef de la majorité républicaine au Sénat américain Bill Frist a affirmé mardi à Nairobi qu'un "génocide" était en cours au Darfour, région de l'ouest du Soudan ravagée depuis un an par la guerre civile, sans toutefois s'être rendu sur place. 
Des discussions "avec des réfugiés (soudanais dans l'est du Tchad) et des représentants officiels m'emmènent à conclure que ce qui se passe au Darfour est un génocide", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse à Nairobi. 
M. Frist s'est rendu dans les camps de réfugiés soudanais au Tchad mais pas au Darfour. 
Une équipe de l'Union européenne qui venait d'effectuer une mission dans la région du Darfour a de son côté estimé lundi qu'on ne pouvait pas qualifier les exactions au Darfour de "génocide", tout en soulignant l'ampleur des massacres. 
"Je ne suis pas d'accord avec la déclaration faite par l'Union européenne qui dit qu'il n'y a pas de génocide. La communauté internationale ne doit pas tourner le dos à cette crise", a-t-il ajouté. 
Le 23 juillet, le Congrès américain avait adopté à l'unanimité une résolution qualifiant de "génocide" les atrocités perpétrées contre la population civile du Darfour et appelant les Etats-Unis à agir d'urgence, y compris éventuellement de manière "unilatérale". 
Pressé par les journalistes d'expliquer pourquoi il employait le terme de "génocide", le sénateur américain n'a guère été convaincant: "les Etats-unis, à travers notre commandant en chef (le président George Bush) et notre secrétaire d'Etat prendra une position officielle, pour savoir s'il y a ou non génocide". 
"Le viol des femmes, le massacre délibéré de centaines de civils, l'incendie de nombreux villages, la destruction des vies et les relents racistes... Tout cela mis ensemble permet de qualifier la situation de génocide", a-t-il ajouté, apparemment sûr de lui. 
Le bilan donné par le sénateur américain, qui fait état "du massacre délibéré de centaines de civils", est très éloigné des estimations actuelles, données par l'Onu. 
Depuis le début des hostilités en février 2003 au Darfour, les affrontements entre les rebelles et les milices pro-gouvernementales ont fait entre 30.000 et 50.000 morts. Environ 1,2 million de personnes ont été chassées de leurs foyers. 
Les rebelles protestent contre la "marginalisation", selon eux, du Darfour, une région grande comme la France et qui possède notamment du pétrole. 
Le sénateur américain a d'autre part rejeté l'appel de la Ligue arabe, qui estime que le Soudan a besoin de plus de 30 jours, période fixée par l'Onu, pour désarmer les milices pro-gouvernementales au Darfour. 
"Le gouvernement de Khartoum pourrait immédiatement mettre un terme à cette crise. Je ne pense pas que cela prenne 60 jours ou même 30 jours", a-t-il lancé. 
"Il est improbable qu'ils le fassent et leur donner plus de temps pour poursuivre leur politique ira à l'encontre des réfugiés et contribuera à la tragédie en cours", a-t-il poursuivi. 

(Aujourd’hui en Afrique Centrale- 10/08/2004)
Darfour : 200 rebelles abandonnent la lutte armée

Plus de 200 rebelles du Mouvement pour la Justice et l’Egalité (JEM), l'un des deux groupes de rébellion actifs au Darfour (ouest du Soudan), se sont rendus aux autorités à Tiné, près de la frontière tchadienne. La nouvelle est rapportée aujourd'hui par la presse soudanaise et internationale, qui précise que le groupe compte 10 commandants. Selon les mêmes sources, les combattants auraient déclaré que "la rébellion ne sert aucune cause et ne permettra pas le développement de la région", théâtre d'un conflit déclenché en février 2003 et d'une des plus graves crises humanitaires de la planète. Les commandants se seraient plaints du traitement "inacceptable" reçu de la part dirigeants politiques de leur mouvement, ajoutant leur conviction que "la rébellion n’a pas été lancée pour développer et réhabiliter le Darfour, mais pour détruire la région et exiler son peuple". Les chefs rebelles du JEM auraient annoncé leur intention de soutenir le gouvernement dans la défense du Darfour et demandé assistance pour les déplacés (un million au Soudan et plus de 130.000 réfugiés au Tchad). Le président de la Haute commission du Darfour, Al-Cherif Ahmed Omar Badr, a rappelé que l’amnistie générale décrétée en faveur des rebelles qui se rendent est toujours en vigueur. Le gouvernement de Khartoum a pour sa part réaffirmé être prêt à reprendre les négociations avec les rebelles du Darfour, suite à l'échec des pourparlers entamés à la mi-juillet à Addis Abeba (Ethiopie) entre la délégation gouvernementale et celles du JEM et de l'Armée de libération du Soudan (SLA-M), l'autre groupe combattant. Les rebelles avaient posé des conditions que Khartoum n'avait pas acceptées et ils avaient abandonné les négociations

(MISNA, Italie – 07/08/2004)
ONU annonce accord avec Khartoum sur désarmement et aides humanitaires

Le gouvernement du Soudan et l'ONU seraient parvenus à une entente sur le processus de désarmement des milices "Janjawid" et sur les aides humanitaires dans le Darfour, la région occidentale en proie à un violent conflit depuis 17 mois. C'est ce qu'ont rapporté hier soir des sources des Nations Unies, citées par les agences de presse internationales , en expliquant que le ministre des Affaires étrangères soudanais, Moustapha Osman Ismail, et le représentant spécial de l'ONU à Khartoum, Jan Pronk, auraient trouvé une entente sur les étapes que le gouvernement soudanais devra entreprendre ces trente prochaines années pour engager le désarmement des Janjawid, les miliciens arabes accusés d'atrocités contre la population non arabe du Darfour, comme l'a expliqué à New York le porte-parole de l'ONU Denise Cook. Les Nations Unies ont décidé de ne pas divulguer le contenu du document tant qu'il ne sera pas approuvé par le gouvernement de Khartoum. Pronk a dit espérer que si l'accord devait être approuvé et mis en pratique par les autorités soudanaises, le Conseil de sécurité du Palais de Verre "arriverait à la conclusion que des progrès significatifs ont été réalisés et qu'il n'y aurait pas besoin d'adopter de nouvelles mesures". Le 30 juillet dernier, une résolution avait imposé au gouvernement de Khartoum d'engager le désarmement des milices et de faciliter l'acheminement des aides humanitaires dans un délai de 30 jours, avançant la menace de sanctions en cas de non application. Entre temps, du siège de l'Union Africaine (UA) d'Addis-Abeba, en Ethiopie, a été diffusée la nouvelle d'une possible arrivée dès la semaine prochaine des premières troupes envoyées par l'UA. Suite à une prévision initiale de 300 soldats, l'UA a décidé de renforcer la mission de paix, qui pourrait compter jusqu'à 2.000 militaires (2.400 selon certaines sources). Hier la Tanzanie, avec une centaine d'hommes, a offert sa propre contribution à l'envoi de troupes, après les disponibilités significatives déjà exprimées par le Rwanda et le Nigeria, prêts à envoyer mille soldats chacun. Annan a dit que les Nations Unies enverront un groupe d'experts à Addis-Abeba pour aider l'UA dans la phase préparatoire et d'assistance de la mission de paix africaine.

(MISNA, Italie - 06/08/2004) 
Des victimes du LRA libérées au Soudan rentrent chez elles

Un groupe de 77 enfants kidnappés ces derniers mois dans le nord de l'Ouganda par les rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) sont rentrés hier à Gulu (chef-lieu du district de Gulu, nord) par un vol spécial en provenance du sud du Soudan. Ils ont été libérés au cours d'opérations militaires dans la zone de Juba, près de la frontière Soudan-Ouganda. La nouvelle est rapportée aujourd'hui par le quotidien pro-gouvernemental New Vision, en ajoutant qu'en plus des victimes du LRA qui avaient été emmenées au Soudan, où le LRA a des camps d'entraînement, des rebelles arrêtés par l'armée sont également arrivés à Gulu. Figurent parmi eux 4 femmes et 13 enfants de Joseph Kony, le fondateur et chef spirituel du groupe armé, dont l'intention est de renverser le gouvernement de Kampala et le remplacer par un régime basé sur l'application d'une version syncrétique des Dix Commandements. Les mineurs ont été accueillis par les représentants du Programme des Nations Unies pour le développement, de l'Organisation internationale des migrations, de l'UNICEF (agence onusienne pour l'enfance) et des organisations non gouvernementales qui oeuvrent dans la zone. Selon un rapport rédigé et diffusé la semaine dernière par la Commission nationale pour la sécurité et les affaires humanitaires du Parlement ougandais, 8.000 enfants ont été enlevés dans le nord de l'Ouganda au cours de ces 12 derniers mois. "Les garçons sont endoctrinés, entraînés et transformés en combattants, tandis que les filles deviennent esclaves sexuelles des commandants rebelles. Les enfants sont utilisés comme porteurs, envoyés en première ligne dans les combats contre l'armée où obligés de commettre les pires atrocités dans les communautés locales du nord" lit-on dans le rapport. Depuis 1986, les milices de Joseph Kony sèment la mort et la destruction dans les zones nord du pays. On estime que jusqu'à présent, les victimes de ce conflit sont au nombre de 100.000, 25.000 enfants kidnappés et plus d'un million (1,5 millions selon d'autres sources) de déplacés

(MISNA, Italie – 05/08/2004) 
Gouvernement annonce désarmement janjawid , ONU satisfaite

Le gouvernement soudanais commencera à partir de la semaine prochaine les opérations nécessaires pour désarmer les milices de pillards arabes (connus sous le nom de Janjawid), retenues comme les principales responsables des violences qui ensanglantent la région occidentale soudanaise du Darfour et de la grave crise humanitaire en résultant. L'annonce du désarmement imminent a été donnée par le chef de la police du nord Darfour (un des trois Etats composant la région du Darfour, un territoire grand comme la France), le général Jamal al-Hueres, qui interviewé par le "Sudan Media Center" a souligné que "les commissions gouvernementales commenceront à travailler dans les jours à venir afin de désarmer les milices qui agissent incontrôlées au Darfour”. Le militaire a souligné que le programme de désarmement sera mené sur base volontaire (argent en échange de la remise des armes) ainsi que par le biais d'opérations et des enquêtes de police. Vendredi dernier le Conseil de sécurité des Nations Unies avait approuvé une résolution dans laquelle des répercussions étaient envisagées à l'encontre du gouvernement soudanais si ce dernier ne devait pas sérieusement s'engager à trouver une solution à la crise du Darfour, en procédant dans un délai de 30 jours au désarmement des milices arabes. Le ministre de l'Information soudanais avait expliqué mardi que, d'après l'accord pris le mois dernier avec le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, parallèlement au processus de désarmement des milices, les Nations Unies, probablement avec l'aide du contingent militaire envoyé par l'Union Africaine (UA), auraient procédé au regroupement des rebelles dans des camps surveillés. Entre temps, dans un entretien accordé à l'émetteur britannique BBC, Jan Pronk, représentant spécial d'Annan au Soudan, a jugé positifs les efforts réalisés ces derniers jours par Khartoum. “Le gouvernement soudanais réussira certainement à illustrer des progrès significatifs dans le délai de 30 jours indiqué par la résolution” a dit Pronk, qui a souligné que Khartoum a mal interprété dans un premier temps le contenu du document approuvé à New York, ayant pensé que la fin du conflit était exigée dans un délai d'un mois. Une éventualité que Pronk en personne a qualifié "d'impossible"

(MISNA, Italie – 05/08/2004)
Conseiller militaire ONU à Addis Abeba pour l’élargissement mission UA

La possibilité que l'Union Africaine fasse passer de 300 à 2.000 hommes son propre contingent au Darfour, la région occidentale du Soudan théâtre depuis plus de 15 mois d'une guerre ayant engendré une des plus graves crises humanitaires de la planète, a obtenu le consensus du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui a décidé aujourd'hui d'envoyer une délégation au quartier général de l'UA à Addis-Abeba, en Ethiopie. En rencontrant les journalistes au Palais de Verre, Annan a précisé que la délégation – guidée par Patrick Cammaert, conseiller militaire des Nations Unies – discutera avec l'Union Africaine de l'importance numérique et de la composition de la force de paix en voie de construction". Hier un porte-parole de l'organisme panafricain avait fait savoir que le Nigeria et le Rwanda se sont déclarés prêts à envoyer mille hommes chacun dans l'ouest du Darfour. La mission approuvée par l'UA prévoit pour le moment l'envoi de 300 soldats dans le Darfour avec pour mission de garantir la sécurité de 60 observateurs envoyés dans la zone ces dernières semaines. "Si l'UA envoie au Soudan un contingent bien plus important numériquement, elle aura besoin de tout le soutien de la communauté internationale, que ce soit sur le plan logistique que sur celui financier" a souligné Annan. Entre temps, un des deux mouvements rebelles ayant levé les armes à partir de février 2003 a référé d'intenses affrontements en cours dans le Darfour méridional, dans lesquels seraient impliqués "plus de 5.000 Janjawid", les miliciens arabes retenus responsables de la crise humanitaire actuelle. Pour le moment cette information n'a été confirmée par aucune autre source indépendante. Depuis février 2003 le JEM et la SLA-M ont formellement levé les armes contre les autorités de Khartoum, accusées de négliger le Darfour, car essentiellement habité par une population noire, et de financer les Janjawid, principaux responsables de ce que de nombreuses sources qualifient déjà, y compris des représentants de l'ONU, de "nouveau génocide". En 16 mois de combats la guerre dans le Darfour a causé plus d'un million de déplacés internes, près de 160.000 réfugiés (tous dans le Tchad voisin) et des milliers de morts, entre 10.000 et 30.000 selon les estimations les plus accréditées.

(MISNA, Italie – 05/08/2004)
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Nouvelles brèves du 31 juillet au 4 août 2004
Khartoum, manifestation pro gouvernementale contre l’intervention au Darfour
Nouveaux combats au Darfour
Darfour : possible fédéralisme?
Le parquet de la CPI dément les rumeurs d’une enquête sur le Darfour
L’UA veut résoudre la crise au Darfour, pour l’armée c’est « une déclaration de guerre de l’ONU
Troupes françaises envoyées sur la frontière orientale du Tchad
Khartoum furieux après la résolution de l'ONU
Les Français se déploient au Tchad -
L'armée française à la frontière Tchad-Soudan -
Résolution ONU le refus de Khartoum et les autres réactions arabes
Khartoum, manifestation pro gouvernementale contre l’intervention au Darfour

Des dizaines de milliers de personnes ont participé ce matin à une manifestation dans les rues de Khartoum en signe de protestation contre la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur le Darfour, la région occidentale théâtre d'une guerre et d'une grave crise humanitaire et contre une possible intervention militaire étrangère. Les agences de presse internationales rapportent que les manifestants pro-gouvernementaux - dont des jeunes avec des chemises noires et des bandanas rouges avec écrit "Brigades des martyrs" et de nombreux étudiants en uniformes – se sont dirigés vers le siège des Nations Unies dans la capitale soudanaise au cri d'Allah Akbar (Allah est grand). Parmi les banderoles et les panneaux, écrits en arabe et en anglais "Non à la guerre, oui à la paix", "Non à l'intervention étrangère" et "le Darfour est dans nos cœurs", les slogans ont également pris pour cible le président des Etats-Unis George W. Bush et le premier ministre britannique Tony Blair. La manifestation, selon ces mêmes sources, a été officiellement organisée par "l'Association de la foi et de la paix" qui rassemble de nombreux partis politiques soudanais, mais nombre de personnes y voient une intervention directe du gouvernement de Khartoum. Selon le correspondant de la BBC, de nombreux ministres et des représentants de la vie politique de premier plan ont pris part à la marche. Entre temps, à Addis-Abeba, en Ethiopie, le porte-parole de l'Union Africaine (UA), Adam Thiam, a dit que l'organisme panafricain pourrait porter son propre contingent pour le Darfour de 300 à 2.000 soldats, envoyés dans une même proportion par le Nigeria et le Rwanda.

(MISNA, Italie – 04/08/2004) 
Nouveaux combats au Darfour 

Des combats violents opposent depuis mardi soir dans le sud du Darfour les deux mouvements de rébellion de cette région de l'ouest du Soudan aux milices arabes pro-gouvernementales djandjawids, a affirmé mercredi le responsable d'un de ces mouvements. 
"Depuis hier (mardi) soir, environ 5.000 Djandjawids ont attaqué nos deux mouvements dans les localités de Mahadjiria et Cheeria, entre Nyala et El-Fasher dans le sud du Darfour", a déclaré à l'AFP à N'Djamena le coordinateur général du Mouvement pour la justice et l'égalite (MJE), Ahmat Toggo. 
"Ces affrontements d'une rare intensité n'ont pas permis aux observateurs de la commission de cessez-le-feu basés à El-Fasher d'accéder au front", a poursuivi M. Toggo, ajoutant que ces combats avaient fait "des morts et des blessés du côté rebelle", sans donner plus de précision. 
Ces combats étaient toujours en cours mercredi à la mi-journée, a poursuivi ce porte-parole. 
"Cette attaque contre nos positions remet en cause le cessez-le-feu d'une manière générale et prouve une fois de plus la violation de ce cessez-le-feu par le Soudan", a-t-il poursuivi. 
"Une réunion de nos différents membres au sein de la commission du cessez-le-feu se tient en ce moment à El-Fasher et nous rendrons public un communiqué pour arrêter notre position par rapport au respect du cessez-le-feu", a conclu le porte-parole du MJE. 
La guerre civile qui oppose depuis février 2003 deux mouvements de rébellion, le MJE et le Mouvement de libération du Soudan (MLS), à l'armée de Khartoum et aux Djandjawids a fait entre 30.000 et 50.000 morts. Environ 1,2 million de personnes ont été chassées de leurs foyers au Darfour, dont 200.000 ont fui vers le Tchad voisin. 
L'Union africaine (UA) a annoncé mercredi qu'elle envisageait de porter de 300 à environ 2.000 hommes les troupes qu'elle souhaite déployer dans la région soudanaise du Darfour pour y maintenir la paix et faire respecter le cessez-le-feu signé le 8 avril dernier à N'Djamena par Khartoum et les rebelles. 

(Aujourd’hui en Afrique Centrale- 04/08/2004)
Darfour : possible fédéralisme ?

Hormis l'optimisme du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui a déclaré hier sa confiance dans la disponibilité du gouvernement soudanais à accepter la résolution de l'ONU, la situation sur le Darfour demeure extrêmement confuse. Le ministre de l'Intérieur de Khartoum, al Zahawi Ibrahim Malek, a déclaré à la chaîne télévisée du Qatar Al Jazira que les autorités sont prêtes à discuter d'aspects politiques et économiques dans une série de négociations avec les habitants du Darfour, la région occidentale du Soudan où les affrontements entre les milices et les soldats ont provoqué une grave crise humanitaire, avec l'exode de plus d'un million de déplacés et de réfugiés au Tchad. Le ministre a parlé de la disponibilité de Khartoum à appliquer au Darfour un "fédéralisme" déjà existant dans d'autres zones du pays. Il a ajouté que le gouvernement se prépare à envoyer au Darfour 12.000 policiers pour une durée de 4 mois. Vendredi dernier le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé une résolution qui concède 30 jours aux autorités soudanaises pour désarmer les milices janjawid accusées d'atrocités commises contre la population non arabe du Darfour. Le gouvernement islamique du président Omar Hassan El Béchir a fait savoir entre temps que les conditions pour le retour chez eux des premiers déplacés sont rassemblées. Cette affirmation est cependant démentie par l'envoyé spécial de Kofi Annan, Francis Deng, qui au terme d'une semaine de mission dans la région, a déclaré avoir trouvé une "situation d'insécurité persistante" et de nombreuses violations des droits de l'Homme. Certains observateurs attirent en outre l'attention sur le potentiel pétrolifère du Darfour, qui pourrait être une des causes du conflit local mais également d'interventions diplomatiques précipitées de ces dernières semaines et de l'insistance pression sur le gouvernement de Khartoum.

(MISNA, Italie - 04/08/2004)
Le parquet de la CPI dément les rumeurs d’une enquête sur le Darfour

« Il n'existe en ce moment aucun élément concret concernant l'ouverture d'une enquête sur les violations au Darfour: le gouvernement soudanais n'a pas ratifié le Statut de Rome, il ne fait donc pas partie des pays de juridiction de la Cour pénale internationale (CPI)" a déclaré à l'agence MISNA Christian Palme, porte-parole du Parquet de la CPI, tribunal permanent créé en 2002 pour enquêter sur les responsables de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. En dépit des rumeurs qui ont circulé avec insistance ces derniers jours, le porte-parole a fait savoir que la CPI ne traitait rien n'ayant à voir avec une possible enquête sur le Darfour, la région ouest-soudanaise théâtre d'une guerre et d'une grave crise humanitaire depuis un an et demi. Depuis que le procureur général, Luis Moreno Ocampo, a pris ses fonctions le 16 juin 2003 "plus de 900 cas de violations dans différents pays du monde ont été signalées à la Cour, y compris le Darfour, mais la seule possibilité pour ouvrir une enquête dans un pays qui n'adhère pas à la CPI serait à travers une résolution spéciale de l'ONU", une hypothèse qui semble lointaine, ajoute M. Palme. Les deux premières enquêtes de la CPI porteront sur la République Démocratique du Congo et sur le nord de l'Ouganda

(MISNA, Italie – 03/08/2004) 
L’UA veut résoudre la crise au Darfour, pour l’armée c’est « une déclaration de guerre de l’ONU

La situation au Darfour, la région occidentale du Soudan où depuis février 2003 les massacres contre la population noire ont provoqué une urgence humanitaire, doit être considérée comme une “crise interne” et doit être par conséquent résolue dans le cadre de l'Union Africaine (UA). C'est ce qu'a déclaré le chef d'Etat nigérian Olusegun Obasanjo, actuel président en charge de l'UA, après avoir rencontré à Khartoum son homologue soudanais Omar el-Béchir. Après avoir rappelé que l'UA a pris l'engagement d'envoyer 300 militaires au Darfour pour protéger les observateurs de la trêve signée il y plusieurs mois, mais largement inobservée, Obasanjo a demandé à la communauté internationale de soutenir l'organisation panafricaine dans ses efforts pour parvenir à une solution pacifique de la crise humanitaire. Par ailleurs la pression internationale à l'encontre du gouvernement du Soudan ne tend à diminuer, ayant critiqué vendredi la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui accord un délai de 30 jours à Khartoum pour désarmer les milices "Janjawid", responsables des attaques contre les populations non arabes du Darfour; sur le document des Nations Unies des avis opposés se sont toutefois manifestés au sein même du gouvernement el-Béchir, qui à la fin aurait "accepté" la résolution. Le porte-parole de l'armée soudanaise, le général Mohammed Béchir Suleiman aurait défini "une déclaration de guerre au Soudan et à son peuple" le texte approuvé par l'ONU, au cours d'une conférence de presse rapportée par l'édition d'aujourd'hui du quotidien international "al Hayat". Le général a ajouté que "l'armée soudanaise est désormais prête à faire face aux ennemis du Soudan par terre, mer et ciel". Hier ce même porte-parole des Forces armées avait accusé un des deux groupes armés du Darfour insurgés contre l'armée – le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) – d'avoir noué une alliance avec une faction armée active dans l'est du Soudan, "l'Association soudanaise des lions livres"; il n'y a toutefois pas eu pour le moment de confirmations indépendantes sur un possible élargissement du front armé antigouvernemental; en même temps le gouverneur de l'Etat oriental de Kassala – à la frontière avec l'Erythrée – a accusé Asmara de soutenir les deux groupes rebelles du Darfour. Sur le plan diplomatique, les autres pays arabes se sont exprimés ainsi que la Ligue Arabe. Ce matin le président égyptien Hosni Mubarak a téléphoné à son homologue soudanais afin de discuter d'une stratégie à adopter suite à la résolution du Conseil de sécurité de vendredi dernier. Du Caire, le porte-parole du secrétaire général de la Ligue Arabe, Hossam Zaki, a confirmé qu'une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de la Ligue aura lieu dimanche afin de définir "une position arabe claire et unie face à la crise du Darfour" où, selon l'ONU, ces 17 derniers mois plus d'un million de personnes ont été chassées et ont fui de leurs villages, environ 160.000 évacués ont cherché abri dans le Tchad voisin tandis qu'entre 30.000 et 50.000 personnes auraient été tuées

(MISNA, Italie – 02/08/2004) 
Troupes françaises envoyées sur la frontière orientale du Tchad

La France a annoncé le déploiement de 200 soldats le long de la frontière orientale du Tchad avec le Darfour, la région occidentale soudanaise qui depuis un an et demi est le théâtre d'une grave crise humanitaire provoquée par une guerre interne. C'est ce qu'a déclaré l'ambassadeur français au Tchad, Jean Pierre Bercot, en expliquant que les troupes tenteront de garantir la sécurité à la frontière mais porteront aussi des aides humanitaires aux dizaines de milliers de réfugiés du Darfour en territoire tchadien. M. Bercot a précisé que les militaires français resteront dans les limites du territoire du Tchad et oeuvreront aux côtés des forces locales "avec la pleine autorité et la coopération" du gouvernement de N'Djamena. La France a déjà un millier des soldats déployés au Tchad, qui jusqu'à ce jour ont contribué à promouvoir la stabilité interne et à entraîner les forces locales à des missions de peacekeeping. Depuis février 2003 le JEM et la SLA-M ont formellement levé les armes contre les autorités de Khartoum, accusées de négliger le Darfour, car essentiellement habité par une population noire, et de financer les Janjawid, principaux responsables de ce que de nombreuses sources qualifient déjà, y compris des représentants de l'ONU, de "nouveau génocide". En 16 mois de combats la guerre dans le Darfour a causé plus d'un million de déplacés internes, près de 160.000 réfugiés (tous dans le Tchad voisin) et des milliers de morts, entre 10.000 et 30.000 selon les estimations les plus accréditées.

(MISNA, Italie – 02/08/2004) 
Khartoum furieux après la résolution de l'ONU 

Le Soudan a rejeté vendredi en la qualifiant d'"inappropriée" la résolution du Conseil de sécurité le mettant en demeure de mettre fin dans les 30 jours aux atrocités dans sa province du Darfour sous peine de sanctions, dans une première réaction d'un porte-parole officiel. 
"La résolution est inappropriée", a déclaré le porte-parole du gouvernement Al-Zahawe Ibrahim Malik, ajoutant que la résolution n'était pas en conformité avec un accord passé le 3 juillet entre le gouvernement de Khartoum et l'Onu. 
"Elle se concentre davantage sur les djandjawids (ndlr: milices pro-gouvernementales) que sur les opérations humanitaires ou sur les milices rebelles", a-t-il ajouté dans un communiqué. 
Il s'est plaint par ailleurs du fait que le Conseil de sécurité n'ait pas tenu compte des efforts faits par le Soudan, l'Union africaine et la Ligue arabe pour tenter de mettre un terme à cette crise. 
"Le Conseil de sécurité, parallèlement, n'a pas prêté attention aux activités des rebelles qui gênent les opérations humanitaires au Darfour", a-t-il ajouté. 
Le porte-parole a indiqué que son pays "rejette les menaces et qu'il est prêt à défendre son peuple et affronter les conspirations des pouvoirs hostiles et les complots de ceux qui ambitionnent de s'approprier les ressources économiques" du Soudan. 
Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté vendredi par 13 voix sur 15, avec deux abstentions, une résolution mettant en demeure le Soudan de mettre fin dans les 30 jours aux atrocités dans sa province du Darfour sous peine de sanctions. 
La résolution exige que le gouvernement soudanais honore les engagements qu'il a pris le 3 juillet auprès du secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan. Il s'agit notamment de désarmer les djandjawids, milices arabes pro-gouvernementales qui se livrent à des exactions contre les populations, essentiellement noires, du Darfour, et de permettre l'arrivée de l'aide humanitaire. 
Le Conseil exige aussi que le gouvernement soudanais arrête et juge les personnes responsables des atrocités au Darfour. En cas de non-respect par Khartoum de ces exigences, le Conseil avertit qu'il envisagera "d'autres mesures" à l'encontre du gouvernement soudanais, "notamment celles prévues à l'article 41 de la Charte des Nations unies". 
Cet article habilite le Conseil à prendre contre un pays "des mesures n'impliquant pas l'emploi de la force armée", c'est-à-dire des sanctions. 

(Aujourd’hui en Afrique Centrale- 31/07/2004)
Les Français se déploient au Tchad -

Les autorités tchadiennes se sont félicitées samedi de la décision prise par la France de déployer quelque 200 soldats de ses forces prépositionnées au Tchad pour sécuriser sa frontière avec la province soudanaise du Darfour. 
"Le Tchad salue et se rejouit de l’initiative de la France de l’envoi de 200 éléments français à la frontière" avec le Soudan, a déclaré à l’AFP le conseiller à la communication de la présidence tchadienne, Hassan Guedallah Mahamat. 
"Ce geste témoigne de l’intérêt que la France accorde à la paix dans le Darfour", a-t-il ajouté. "L’initiative de la France prouve à suffisance l’excellence des relations séculaires qui existent entre le Tchad et la France", s’est félicité M. Guedallah Mahamat. 
Les soldats français prépositionnés au Tchad ont engagé samedi leur "mobilisation à des fins humanitaires" à destination des populations du Darfour par l’envoi à Abéché (est du Tchad) d’un avion de transport C-130 chargé de matériel, a annoncé leur commandant, le colonel Philippe Charles. 
La présidence française avait annoncé vendredi que le président Jacques Chirac avait demandé "une mobilisation à des fins humanitaires des moyens militaires français prépositionnés au Tchad", devant la "gravité de la situation humanitaire au Darfour". 
Les organisations humanitaires estiment à environ 180.000 le nombre de Soudanais qui se sont réfugiés au Tchad pour fuir les combats dans la province soudanaise voisine du Darfour, qui opposent deux mouvements de rébellion à l’armée de Khartoum et aux milices djandjawids

(Aujourd’hui en Afrique Centrale- 31/07/2004)
L'armée française à la frontière Tchad-Soudan - 

Les soldats français prépositionnés au Tchad ont engagé samedi leur "mobilisation à des fins humanitaires" à destination des populations du Darfour par l’envoi à Abéché (est du Tchad) d’un avion de transport C-130 chargé de matériel, a annoncé leur commandant. 
"Dans le cadre du renforcement de l’aide logistique des agences des Nations unies, un pont aérien entre N’Djamena et Abéché a démarré samedi avec le premier transport à bord d’un C-130 de l’armée française de 12 tonnes de matériel pour neuf camps de réfugiés", a annoncé le colonel Philippe Charles, commandant des éléments français au Tchad. 
Environ 200 soldats français seront par ailleurs déployés à la frontière entre le Tchad et le Soudan "dans la journée de dimanche", a ajouté le colonel Charles lors d’un point de presse organisé à l’ambassade de France à N’Djamena. 
"Il faut préparer tous les matériels, il faut avoir toutes les autorisations pour voir les conditions dans lesquelles vont se déployer nos forces pour sécuriser la frontière tchadienne", a expliqué le commandant des éléments français au Tchad (EFT). 
"La présence de 200 militaires français devrait contribuer à la stabilité et la sécurité des populations installées dans le pays", a-t-il poursuivi. 
Interrogé sur les ordres donnés aux forces françaises en cas d’incursion en territoire tchadien des milices djandjawids, qui combattent au côté de l’armée soudanaise, l’ambassadeur de France au Tchad, Jean Pierre Berçot, a pour sa part répondu que "la capacité de réaction de nos forces fera l’objet d’un accord avec nos partenaires tchadiens". 
"Par notre présence sur le terrain, nous voulons prouver que nous serons présents pour attester des incursions des djandjawids aux yeux du monde", a ajouté le diplomate français. 
Les vols d’avions militaires français entre N’Djamena et Abéché (700 km environ à l’est de N’Djamena), seront programmés au cours des jours prochains "en fonction des besoins" des organisations humanitaires qui gèrent les camps de réfugiés, a précisé M. Berçot. 
Les organisations humanitaires estiment à environ 180.000 le nombre de Soudanais qui se sont réfugiés au Tchad pour fuir les combats dans la province soudanaise voisine du Darfour, qui opposent deux mouvements de rébellion à l’armée de Khartoum et aux milices djandjawids. 
La présidence française avait annoncé vendredi que le président Jacques Chirac avait demandé le même jour "une mobilisation à des fins humanitaires des moyens militaires français prépositionnés au Tchad", devant la "gravité de la situation humanitaire au Darfour". 
Les éléments français au Tchad, plus connus sous le nom de "dispositif Epervier", comptent environ 950 hommes appuyés par d’importants moyens aériens, dont 5 avions de chasse, des transports de troupes et des hélicoptères.

(Aujourd’hui en Afrique Centrale- 31/07/2004)
Résolution ONU le refus de Khartoum et les autres réactions arabes

En la qualifiant de "non appropriée", le gouvernement soudanais a rejeté la résolution approuvée aujourd'hui par le Conseil de sécurité des Nations Unies, avec 13 voix en faveur et deux abstentions. Dans le document, des menaces de mesures économiques restrictives sont avancées à l'encontre de Khartoum si le gouvernement ne devait pas réagir rapidement pour stopper les violences qui depuis plus d'un an et demi mettent à feu et à sang le Darfour, la région occidentale soudanaise théâtre d'une des plus graves crises humanitaires de la planète provoquée par un féroce conflit interne. ''Le Soudan exprime sa profonde déception du fait que la question du Darfour puisse atteindre, avec une telle rapidité et détachée de son contexte régional, le Conseil de sécurité" a déclaré le ministre de l'Information Al Zahawi Ibrahim Malik dans une note officielle diffusée hier dans le courant de la soirée. Selon le ministre soudanais, le Conseil aurait intentionnellement ignoré les efforts réalisés jusqu'à présent par l'exécutif de Khartoum, par l'Union Africaine et la Ligue Arabe pour résoudre la crise. Le représentant de l'exécutif de Khartoum avoue aussi sa déception "du fait que le Conseil de sécurité ne se soit pas directement adressé aux rebelles du Darfour, car ce sont leurs opérations qui continuent de faire obstacle aux opérations humanitaires". Avant même que le Conseil de sécurité n'approuve la résolution présentée il y a quelques jours par les Etats-Unis (et modifiée quelques heures avant de procéder au vote pour éliminer le terme de "sanctions" et le remplacer par une euphémisme) le Secrétaire général de la Ligue Arabe, Amr Moussa, s'était déclaré contraire à la menace de punitions à l'encontre de Khartoum pour la crise du Darfour, en soutenant que "menacer de sanctions ou d'usage de la force est totalement inutile et ne fera qu'exacerber la situation". M. Moussa a souligné que le problème se résoudra seulement "en laissant au gouvernement soudanais le temps de maintenir les engagements pris avec les Nations Unies". Positive en revanche la réaction du gouvernement égyptien qui il y a quelques jours était intervenu pour essayer d'apaiser cette guerre des déclarations officielles et officieuses combattue entre Khartoum et la communauté internationale, Etats-Unis en tête. En effet, le ministre des Affaires étrangères égyptien Ahmed Aboul Gheit, en parlant avec la presse a considéré "suffisant" le laps de temps que le Conseil de l'ONU a donné à Khartoum. L'Union Africaine, l'autre médiateur de la crise soudanaise, a fait savoir que le petit contingent militaire (un peu plus de 300 soldats) envoyé au Darfour pour protéger les 60 observateurs arrivera dans la région débit août. Le président en charge de l'UA, le chef d'Etat nigérian Olusegun Obasanjo, a accordé des déclarations à la presse dans lesquelles il annone la possibilité que soient envoyées des "forces de protection additionnelles, étant donnée la situation sur les lieux, récemment constatée par notre mission d'observation". Le président français Jacques Chirac a demandé hier ''une mobilisation des moyens militaires français prépositionnés au Tchad pour faire face à la gravité de la situation humanitaire au Darfour". Dans un communiqué le numéro un de l'Elysée a fait savoir que le ministère de la Défense a pris des mesures visant à compléter "le dispositif d'observation déjà en place au Tchad" et qui compte environ 200 hommes. Depuis février 2003 le JEM et la SLA-M ont formellement levé les armes contre les autorités de Khartoum, accusées de négliger le Darfour, car essentiellement habité par une population noire, et de financer les Janjawid, principaux responsables de ce que de nombreuses sources qualifient déjà, y compris des représentants de l'ONU, de "nouveau génocide". En 16 mois de combats la guerre dans le Darfour a causé plus d'un million de déplacés internes, près de 160.000 réfugiés (tous dans le Tchad voisin) et des milliers de morts, entre 10.000 et 30.000 selon les estimations les plus accréditées.

(MISNA, Italie – 31/07/2004) 
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Nouvelles brèves du 26 au 30 juillet 2004
L'ONU et la sémantique
Nouvelle résolution de l’ONU, Khartoum risque des « mesures
La CPI veut enquêter sur le LRA, combats au Soudan
Annan demande des fonds, la Ligue arabe du temps
Le président Deby demande de l’aide pour gérer l’urgence au Darfour
Le président de l’Ouganda demande au Soudan de livrer Kony en cas de capture
Evêque d’el Obeid : « il faut faire davantage pression pour le Darfour
Khartoum et monde arabe étudient réactions aux pressions internationales
Darfour : la diplomatie à l’œuvre, l’UE menace de prendre de sanctions
Emissaire du Pape : Khartoum doit assurer la sécurité des déplacer
L'ONU et la sémantique 

Le Conseil de sécurité des Nations unies a annoncé jeudi qu’il votera vendredi sur une résolution sur le Darfour dans laquelle n’apparaît plus le terme de "sanctions" contre le Soudan si ce pays ne remplit pas sa promesse de mettre fin à l’insécurité dans la province. 
Au cours d’une tournée au Proche-Orient le secrétaire d’Etat américain Colin Powell a justifié jeudi l’abandon du mot "sanctions" dans le projet de résolution américain par la volonté de rallier le plus possible de membres du Conseil de sécurité. 
"Nous voulons toujours obtenir le maximum de soutien pour une résolution. Le mot +mesures+ n’exclut rien qui pourrait constituer une mesure. 
Il semble que ce soit un mot plus acceptable pour un certain nombre de membres du Conseil", a-t-il déclaré aux journalistes. 
Désormais co-parrainée par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Espagne et la Roumanie, cette 5e et ultime version de la résolution, au départ présentée par les seuls Américains, a toutes les chances d’être adoptée, ont indiqué plusieurs diplomates. 
"Demain, le texte aura entre 12 et 15 voix, (...) il y a 12 voix sûres", a indiqué un diplomate à l’AFP. Pour être adoptée, une résolution doit recueillir neuf voix sur quinze au Conseil et ne pas susciter le veto d’un des 5 membres permanents (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie). 
Le mot "sanctions", qui suscitait les réticences de sept pays membres, a disparu du texte mais la menace subsiste puisque le Conseil "déclare son intention d’envisager de prendre d’autres mesures, y compris celles prévues par l’article 41 de la Charte des Nations unies, à l’encontre du gouvernement soudanais en cas de non-respect des dispositions" de la résolution. 
Or l’article 41 est celui qui habilite le Conseil à prendre contre un pays "des mesures n’impliquant pas l’emploi de la force armée", c’est-à-dire des sanctions. 
Le mot "sanctions" était une pomme de discorde au sein du Conseil. Les sept pays qui y étaient hostiles, dont la Chine et la Russie, mais aussi les trois pays membres de l’Union africaine (UA), Algérie, Angola et Bénin, estimaient que sa présence dans le texte serait "contreproductive". Ils souhaitaient laisser au gouvernement soudanais le temps de prouver sa bonne volonté, après s’être engagé le 3 juillet auprès du secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, notamment à mettre fin aux agissements des milices qui terrorisent le Darfour et à permettre l’arrivée de l’aide humanitaire. 
La résolution exige précisément que Khartoum remplisse ses engagements du 3 juillet et aussi qu’il arrête et juge les personnes responsables des atrocités au Darfour. Elle charge M. Annan de lui faire rapport dans les 30 jours des progrès effectués dans ces domaines. En cas de non-respect par Khartoum de ces exigences, le Conseil avertit qu’il envisagera "d’autres mesures" à l’encontre du gouvernement soudanais, y compris celles prévues par l’article 41, c’est-à-dire des sanctions. 
"Les trois pays de l’UA ont dit qu’ils allaient voter le texte. C’est très important", a déclaré un diplomate.. 
"Nous n’allons pas permettre que la tragédie du Darfour disparaisse de la table" (du Conseil), a déclaré l’ambassadeur américain, John Danforth. 
"La clé de cette résolution est ce que j’appelle une horloge. Le gouvernement du Soudan aura 30 jours pour démontrer qu’il honore ses propres engagements concernant la sécurité des populations du Darfour. Si ce n’est pas le cas, ce sera au Conseil de décider de la suite", a-t-il dit. 
Le Darfour, province du Soudan frontalière du Tchad, est le théâtre d’une grave crise humanitaire depuis février 2003. Environ 1,2 million de personnes ont été chassées de leurs foyers dans cette région , dont 200.000 se sont réfugiées au Tchad voisin. Le nombre des morts au Darfour pourrait avoir déjà atteint 50.000, selon Jan Egeland, secrétaire général adjoint de l’Onu aux affaires humanitaires. 

(Aujourd’hui en Afrique Centrale- 30/07/ 2004)
Nouvelle résolution de l’ONU, Khartoum risque des « mesures 

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a approuvé par 13 voix (et deux abstentions, Chine et Palistan) ) la résolution sur le Darfour, la région de l'ouest du Soudan théâtre d'une guerre à l'origine de l'une des plus graves crises humanitaires de la planète. Selon des sources officielles, ce texte demande au gouvernement soudanais de mettre fin d'ici 30 jours aux atrocités commises au Darfour. Si aucun changement n'est enregistré d'ici là, le Conseil envisage de "prendre d'autres mesures y compris celles prévues par l'article 41 de la Charte des Nations Unies". Cette formule menace Khartoum dans le cas où il ne procéderait pas au désarmement des milices arabes janjawid actives au Darfour contre la population locale non arabe. Pour ne pas susciter l'opposition de certains pays membres, en particulier la Russie et la Chine, Washington avait décidé de retirer du texte le terme "sanctions". On note toutefois que l'article 41 cité par la résolution habilite le Conseil à prendre des mesures "n'impliquant pas l'emploi de la force armée". Les deux nations qui se sont abstenue du vote sont le Pakistan et la Chine. La crise du Darfour a provoqué plus d'un million de déplacés, environ 160.000 réfugiés au Tchad et au moins 30.000 morts depuis l'explosion du conflit, en février 2003.

(MISNA, Italie – 30/07/2004)
La CPI veut enquêter sur le LRA, combats au Soudan

Le procureur en chef de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé aujourd'hui l'existence des bases nécessaires à l'ouverture d'une enquête sur les violences perpétrées par les rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) dans le nord de l'Ouganda, a annoncé la Cour, sise à La Haye. Le procureur, Luis Moreno Ocampo, a déjà notifié son intention aux Etats qui reconnaissent la CPI par la ratification de l'article 18 du Statut de Rome. L'armée ougandaise a entre temps fait savoir aujourd'hui qu'elle avait tué 120 rebelles du LRA lors d'une intense fusillade dans le sud du Soudan, dans la zone de Nisitu. Selon le porte-parole de l'armée, le major Shaban Bantariza, le groupe de rebelle impliqué dans les combats était guidé par le fondateur du LRA (actifs depuis 1986) Joseph Kony. Quatre femmes de Kony et 10 de ses enfants auraient été arrêtés durant l'opération, d'après le quotidien gouvernemental New Vision, selon lequel le bilan des morts serait en revanche d'une trentaine. Le LRA est également confronté aux rebelles indépendantistes du Sud Soudan, ceux du SPLA (Srmée populaire de libération du Soudan), qui contrôlent de fait la région méridionale du pays. Selon la presse soudanaise, le SPLA et l’Equatoriale Defense Force (un autre groupe rebelles du Sud Soudan) auraient l'intention de reprendre le contrôle du village de Moti, fini aux mains du LRA vendredi dernier après une violente attaque des rebelles ougandais, soldée par 41 morts. Selon un représentant de l'Eglise locale interrogé par le quotidien Sudan Tribune, les combats et les attaques ont provoqué plus de 9.000 déplacés, accueilli dans des camps improvisés à l'ouest de la ville de Torit (sud du Soudan).

(MISNA, Italie – 29/07/2004) 
Annan demande des fonds, la Ligue arabe du temps

Tandis que se poursuit la bataille diplomatique du Darfour, la région occidentale du Soudan théâtre d'une guerre interne porteuse de graves conséquences également sur le plan humanitaire, le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a rappelé à la communauté internationale que pour faire face à la crise humanitaire en cours des fonds sont nécessaires. Avec une lettre envoyée aux représentants de 11 pays européens, asiatiques et du Golfe, Annan a rappelé que sur les 349 millions de dollars demandés en mars dernier par l'ONU, un peu moins de la moitié est arrivée dans les caisses du Palais de Verre de New York. Il y a quelques semaines déjà les représentants de quelques agences de l'ONU et ceux des organisations non gouvernementales à l'oeuvre dans le Darfour et au Tchad – où se trouvent désormais près de 200.000 réfugiés – avaient souligné, avec une certaine veine polémique, le fossé entre la grande attention politique accordé à la région soudanaise et sa crise et la faible générosité en matière de fonds urgents. Depuis février 2003 le JEM et la SLA-M ont formellement levé les armes contre les autorités de Khartoum, accusées de négliger le Darfour, car essentiellement habité par une population noire, et de financer les Janjawid, principaux responsables de ce que de nombreuses sources qualifient déjà, y compris des représentants de l'ONU, de "nouveau génocide". En 16 mois de combats la guerre dans le Darfour a causé plus d'un million de déplacés internes, près de 160.000 réfugiés (tous dans le Tchad voisin) et des milliers de morts, entre 10.000 et 30.000 selon les estimations les plus accréditées. Ces dernières heures les déclarations politiques et diplomatiques relatives au Darfour se sont succédées. La journée d'hier a été caractérisée par la position du monde arabe qui, par le biais de la Ligue Arabe d'abord puis des propos des représentants du gouvernement égyptien (hier le secrétaire d'Etat américain Colin Powell était en visite en Egypte) a exprimé tout son soutien à Khartoum. Peu avant que le Ligue Arabe ne se prononce, le gouvernement soudanais avait toutefois fait circuler une note envoyée au secrétaire général Amr Mussa, dans laquelle il était demandé à l'organisme panarabe de convoquer une réunion urgente des ministres des Affaires étrangères des pays membres afin d'examiner la situation et de repousser les menaces de l'administration américaine pour dénoncer "les ingérences flagrantes dans les affaires internes du Soudan". Le ton des déclarations formulées par la Ligue Arabe est légèrement différent: "Il faut éviter que la situation se dégrade" et concéder au Soudan le temps nécessaire pour mettre en oeuvre, dans les 190 jours établis, l'accord conclu avec le secrétaire général de l'ONU pour le désarmement des milices de pillards arabes (les Janjawid) considérées comme les principales responsables de la crise et pour faciliter les opérations humanitaires dans la zone en proie à l'urgence. La Ligue Arabe s'est félicitée "des avancées réalisées par le gouvernement soudanais pour l'application de l'accord avec l'ONU" et s'est adressée à la communauté internationale "afin qu'elle soutienne les autorités soudanaises dans la plus complète application de l'accord". La Ligue a également exprimé toute son "inquiétude pour l'évolution de la situation dans le Darfour et pour les allusions à une intervention étrangère". Pour les Etats-Unis, Powell a déclaré: "C'est une demande d'action ultérieure de la communauté internationale; nous devrions concéder davantage de temps au gouvernement soudanais, mais ces personnes n'ont pas beaucoup de temps avant que les maladies et la famine ne retirent la vie à des dizaines de milliers d'entre elles. C'est pour cela qu'il faut faire pression sur le gouvernement soudanais pour qu'il permette aux travailleurs du secteur humanitaire de se rendre dans cette zone". Il semblerait que les pays arabes aient toutefois réussi à obtenir quelque chose, même si bien peu. Au moins selon les déclarations faites par le porte-parole de la présidence égyptienne, Magued Abdel Fattah, al au terme de la rencontre entre Powell et le chef d'Etat égyptien, Hosni Mubarak, la résolution préparée par les Etats-Unis (qui prévoit des sanctions pour Khartoum) ne sera pas votée au Conseil de sécurité de demain, comme prévu, mais d'ici la fin de cette semaine ou de la prochaine. "Les Etats-Unis ont dit que s'il n'y aura aucun progrès réalisé d'ici une certaine échéance déterminée, un projet de résolution sera soumis au vote du Conseil de sécurité pour imposer des sanctions contre le Soudan. Ce projet accorde 30 jours à Khartoum pour exécuter les engagements pris, à partir de la date de l'adoption de la résolution" a précisé Fattah. La Russie aussi, membre du Cosneil de sécurité de l'ONU avec un droit de veto, considère que Khartoum a droit à "une période brève mais suffisante" et ne juge pas nécessaire l'adoption de sanctions internationales contre le Soudan. Entre temps l’Union Africaine (UA) le seul médiateur en mesure de protéger les deux parties – que ce soit dans le conflit en cours sur le terrain au Darfour que sur le plan diplomatique international – a demandé de l'aide à l'Angleterre et à la Hollande afin de transporter par avion les 300 hommes qui devront garantir la sécurité des 60 observateurs envoyés il y a quelques semaines. (par Massimo Zaurrini)

(MISNA, Italie – 29/07/2004 )
Le président Deby demande de l’aide pour gérer l’urgence au Darfour

Le président du Tchad, Idriss Deby, a demandé une majeure aide internationale pour affronter l'urgence humanitaire qui a investi son propre pays, accueillant près de 200.000 réfugiés soudanais ayant fui ces derniers mois du Darfour, la région du Soudan occidental, théâtre d'une guerre interne ayant provoqué une des plus graves crises humanitaires de la planète. L'important flux de réfugiés met sérieusement en difficulté le pays qui a besoin d'une "aide importante" et "d'assistance", a admis M. Deby, en faisant surtout référence à l'Union européenne, dans un entretien accordé à la BBC au terme de sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères français Michel Barnier. Des sources diplomatiques qui ont demandé de rester anonymes, ont expliqué à la MISNA qu'en plus des difficultés objectives à gérer un flux aussi important de réfugiés, le président tchadien est contraint d'affronter des difficultés politiques épineuses. La "proximité" de M. Deby du président soudanais Omar el Béchir, aurait déchaîné la colère des influentes ethnies tchadiennes – auxquelles appartiennent la majorité des victimes du Darfour – sur le chef d'Etat du Tchad. Depuis février 2003 le JEM et la SLA-M ont formellement levé les armes contre les autorités de Khartoum, accusées de négliger le Darfour, car essentiellement habité par une population noire, et de financer les Janjawid, principaux responsables de ce que de nombreuses sources qualifient déjà, y compris des représentants de l'ONU, de "nouveau génocide". En 16 mois de combats la guerre dans le Darfour a causé plus d'un million de déplacés internes, près de 160.000 réfugiés (tous dans le Tchad voisin) et des milliers de morts, entre 10.000 et 30.000 selon les estimations les plus accréditées.

(MISNA, Italie – 28/07/2004) 
Le président de l’Ouganda demande au Soudan de livrer Kony en cas de capture

Le président de l'Ouganda Yoweri Museveni a demandé à son homologue soudanais Omer el-Béchir de remettre Joseph Kony, le leader des rebelles de l'Armée de résistance du seigneur (LRA, Lord’s resistance army), au cas où il serait capturé par l'armée de Khartoum. C'est ce qu'écrit aujourd'hui le "Monitor", quotidien indépendant de Kampala, en citant le ministre de la Défense, Amama Mbabazi. Devant la commission Défense et Affaires intérieures, le titulaire du ministère a dit que Museveni s'est récemment entretenu avec le président du Soudan pour essayer de mettre fin à la guerre qui depuis 18 ans tourmente le population civile dans les districts septentrionaux du pays. On sait que les bandes armées de la LRA ont leurs "sanctuaires" et leurs camps d'entraînement dans le sud du Soudan, un territoire de guerre à son tour divisé entre les zones contrôlées par les indépendantistes locaux et celles sous la domination de l'armée gouvernementale de Khartoum. “Au cas où Kony entre au Soudan et serait capturé par les forces soudanaises, il doit être absolument remis à l'armée ougandaise" a déclaré le ministre. Mbabazi a également précisé que le leader des rebelles serait retourné au Soudan, mais la nouvelle n'a pas encore été confirmée par des sources indépendantes. D'après les informations recueillies par la MISNA, de nombreuses défections se sont enregistrées ces derniers temps dans les rangs des rebelles, mais leurs pillages et attaques systématiques continuent contre les populations civiles du nord de l'Ouganda. Depuis 1986, ces miliciens, dont un grand nombre sont des enfants soldats recrutés contre leur volonté après avoir été enlevés, ont provoqué au moins 100.000 victimes et plus d'1,6 millions de réfugiés, contraints d'abandonner leurs maisons et leurs villages à cause des attaques incessantes des rebelles.

(MISNA, Italie, 28/07/2004) 
Evêque d’el Obeid : « il faut faire davantage pression pour le Darfour

"La communauté internationale doit faire davantage pression sur le Soudan parce que le gouvernement de Khartoum continue à promettre sans tenir sa parole" a déclaré à l'agence MINA Monseigneur Antonio Menegazzo, évêque et administrateur apostolique d'El Obeid (capitale de l'Etat du Nord Kordofan), diocèse soudanais comprenant la région occidentale du Darfour, théâtre d'un conflit et d'une grave crise humanitaire. "La situation s'aggrave sans cesse" a poursuivi le prélat, contacté par téléphone à El Obeid, "les milices janjawid attaquent les villages, incendient les habitations, pillent les biens de la population noire et musulmane. Ces bandes armées sont essentiellement formées d'éleveurs islamiques qui ont besoin de terres où faire paître leur bétail". Selon Mgr Menegazzo, "le gouvernement insiste afin que les déplacés rentrent chez eux, mais les conditions ne sont pas réunies". Le prélat reçoit des nouvelles du terrain depuis les paroisses de Nyala (capitale du Sud darfour) et d'El Fasher (chef-lieu du Nord Darfour), disséminées dans des zones du vaste diocèse (900.000 kilomètres carrés) où vivent environ 8 millions de Soudanais, dont 130.000 à 150.000 catholiques. "Hier, le gouvernement de Khartoum a demandé plus de temps pour désarmer les miliciens" a ajouté le combonien, qui oeuvre au Soudan depuis plus de 45 ans. "Entre temps, les autorités locales sont en train de démontrer qu'elles n'apprécient pas les visites des délégations internationales et ne coopèrent pas pour montrer les conditions de vie des déplacés dans les camps". Ces difficultés, souligne Mgr Menegazzo, ont également été rencontrées par l'émissaire du Pape, Mgr Josef Cordes, président du Conseil Pontifical Cor Unum, récemment en visite au Soudan, accompagné du Nonce apostolique. "L'Eglise catholique oeuvre en collaboration avec les Eglises protestantes pour garantir les aides humanitaires" assure l'interlocuteur de la MISNA, "parce qu'elle est considérée comme une organisation locale et a moins de problèmes d'ordre bureaucratique que les organisations internationales". Mgr Menegazzo ajoute que la visite de Mgr Cordes a eu une conséquence positive sur le plan pratique. "Les responsables de la paroisse de Nyala m'ont dit avoir distribué plus facilement les aides humanitaires, tentes, savon, vêtements, nourriture, dans les camps, où les militaires empêchent généralement l'accès". Les observateurs de l'Union Africaine se trouvant au Darfour confirment que les violences se poursuivent: dans un communiqué diffusé ce matin, ils constatent que début juillet, au village de Suleia, "des miliciens appartenant probablement aux janjawid ont pillé le marché et tué des civils, certains ayant été enchaînés et brûlés vifs". Selon les Nations Unies, la crise au Darour est la plus grave urgence humanitaire de la planète: plus d'un million de déplacés, environ 160.000 réfugiés au Tchad et au moins 30.000 morts depuis l'explosion du conflit, en février 2003.

(MISNA, Italie – 28/07/2004) 
Khartoum et monde arabe étudient réactions aux pressions internationales

Le gouvernement soudanais de Khartoum réagit encore aux pressions internationales dont il fait l'objet pour la guerre ouverte au Darfour, la vaste région occidentale à la frontière avec le Tchad, et qui cause une des plus graves crises humanitaires de la planète. Hier le ministre d'Etat pour les relations externes, Najeeb al-Kheir Abdul Wallab, a convoqué les ambassadeurs de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne afin de protester contre ce qui a été défini comme des "menaces à la sécurité nationale". Le ministre a défini "d'inacceptables" les déclarations britanniques sur une possible intervention militaire au Darfour (ces derniers jours le chef d'état-major anglais s'était dit prêt à envoyer au Soudan une brigade de 5.000 soldats) et a accusé le gouvernement de Berlin de soutenir les rebelles. Selon des indiscrétions, aujourd'hui à Khartoum est prévue une réunion d'urgence de cabinet précisément pour discuter de la situation dans l'ouest du pays et de la réponse à donner aux sanctions qui pourraient être contenues dans la nouvelle résolution sur le Darfour, basée sur le projet présenté ces derniers jours par le gouvernement américain, que le Conseil de sécurité de l'ONU est sur le point de voter dans quelques heures. Khartoum est accusée de ne pas prendre les mesures nécessaires pour désarmer et contenir les milices des pillards arabes (connus comme Janjawid) qui depuis des années sèment mort et destruction dans le Darfour et qui sont considérées comme les principales responsables de la tragédie humanitaire en cours dans la zone. Après l'Egypte et la Libye, aujourd'hui cela pourrait être le tour de la Ligue Arabe de faire entendre sa voix en faveur de Khartoum. La commission spéciale de la Ligue Arabe dédiée au Soudan devrait se réunir aujourd'hui pour discuter de l'évolution de la situation au Darfour. Une intervention d'Ahmed Abdel Halim est prévue sur les mesures et les propositions effectuées jusqu'à présent par tous les protagonistes de la crise de la région occidentale (au niveau interne comme international) et la proposition d'un plan d'action pour soutenir le gouvernement soudanais face aux pressions régionales et internationales. Entre temps, même si en sourdine, l'Union Africaine continue son oeuvre de médiation. Les résultats interviendront sans doute d'ici quelques jours. Depuis février 2003 le JEM et la SLA-M ont formellement levé les armes contre les autorités de Khartoum, accusées de négliger le Darfour, car essentiellement habité par une population noire, et de financer les Janjawid, principaux responsables de ce que de nombreuses sources qualifient déjà, y compris des représentants de l'ONU, de "nouveau génocide". En 16 mois de combats la guerre dans le Darfour a causé plus d'un million de déplacés internes, près de 160.000 réfugiés (tous dans le Tchad voisin) et des milliers de morts, entre 10.000 et 30.000 selon les estimations les plus accréditées.

(MISNA, Italie – 27/07/2004) 
Darfour : la diplomatie à l’œuvre, l’UE menace de prendre de sanctions

Le récent appel du Pape Jean-Paul II à "ne pas oublier" le conflit de la région soudanaise du Darfour coïncide avec une apparente accélération des pressions diplomatiques sur les autorités de Khartoum. Hier, l'Union Européenne, par le biais du Hollandais Ben Bot, a envisagé une série de "sanctions imminentes" contre le Soudan au cas où le gouvernement ne respecterait pas ses engagements. Depuis Addis Abeba (Ethiopie), siège de l'Union Africaine (UA) on apprend que l'ex-militaire nigérian Abdulsalam Abubakar a été nommé envoyé spécial pour le Soudan et le Tchad, sur décision du président en exercice de l'UA, le président nigérian Olusegun Obasanjo. Dès aujourd'hui M. Abubakar pourrait partir pour la capitale soudanaise afin d'y rencontrer les autorités et discuter de la crise humanitaire du Darfour (selon l'ONU, un million de déplacés, 160.000 réfugiés au Tchad et plus de 10.000 morts). Le ministre français des Affaires Etrangères, Michel Barnier, est également attendu dans le Darfour, où il devrait évaluer sur le terrain la situation des civils. Le Conseil des affaires générales et relations extérieures de Bruxelles a également approuvé un texte qui demande au Conseil de sécurité de l'ONU d'adopter une résolution au cas où le gouvernement de Khartoum ne fasse rien pour désarmer les milices arabes janjawid qui saccagent et détruisent les villages du Darfour depuis plusieurs années. Entre temps, l'un des deux groupes de rébellion qui se sont insurgés il y a un an et demi contre Khartoum, le Mouvement pour la libération du Soudan (SLA-M), a annoncé qu'il refusait de nouvelles négociations avec les autorités nationales tant que le cessez-le-feu signé le 8 avril par les rebelles et le gouvernement ne sera pas respecté. La crise au Darfour – ainsi que la crise en Côte d'Ivoire – sera l'objet de colloques entre le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, le président de l'UA et des leaders du continent à Accra (Ghana).

(MISNA, Italie, 27/07/2004)
Emissaire du Pape : Khartoum doit assurer la sécurité des déplacer

Le gouvernement soudanais doit "garantir, en collaboration avec la communauté internationale, l'assistance et le retour dans leurs villages des personnes qui ont été privées de tout, qui ont été contraintes à fuir et qui vivent dans des conditions indignes de l'homme" a déclaré dans un communiqué de presse diffusé par le Vatican Mgr Paul Josef Cordes, président du Conseil pontifical Cor Unum, envoyé la semaine dernière par le Pape dans la région ouest-soudanaise du Darfour, théâtre d'un conflit et d'une crise humanitaire désastreuse. Dès son retour à Rome, Mgr Cordes a évoqué ses rencontres avec le cardinal Gabriel Zubeir Wako, le vice-président de la République Moses Machar et le vice-gouverneur du Sud Darfour. Devant les autorités politiques, il a rappelé être toujours intervenu "en faveur des agences catholiques de secours pour qu'elles obtiennent l'accès aux camps de réfugiés. Mgr Cordes rappelle qu'il a visité le camp de réfugiés de Kalma, près de Nyala, où il a pu rencontrer des représentants d'agences catholiques qui préparent, avec d'autres agences chrétiennes, un programme de secours d'un montant de 17 millions de dollars. "Les conditions de milliers de personnes sont indicibles. Rien qu'à Kalma se trouvent près de 10.000 déplacés, sous des tentes de paille et des bâches en plastique, dans le désert" lit-on dans le communiqué de Mgr Cordes. Hier, le représentant du Vatican a célébré la messe avec le cardinal Wako de Khartoum et le Nonce apostolique au Soudan dans la cathédrale de la capitale, en manifestant "la sollicitude toute particulière du Saint-Père pour l'Eglise au Soudan et pour le peuple soudanais, afin que l'on trouve rapidement une solution au grave problème humanitaire qui afflige le pays et que la communauté catholique puisse apporter sa contribution à la paix et à la liberté dans le pays". En conclusion, Mgr Cordes souligne que "la guerre au Soudan a été négligée et ignorée par l'opinion publique pendant trop longtemps. Aujourd'hui finalement le monde suit ce pays attentivement. Les responsables qui inspirent la politique internationale ont découvert leur devoir de regarder au delà de leurs propres intérêts".

(MISNA, Italie – 26/07/2004) 
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Nouvelles brèves du 20 au 26 juillet 2004
Les rebelles de LRA attaquent un village au Sud du Soudan
Mgr Tomasi : « la crise au Darfour est un conflit raciste »
Hassan el Tourabi hospitalisé, il était en grève de la faim depuis juin
Jean Paul II : « arrêtez le guerres africaines »
L'émissaire du Pape à Nyala, visite d’un camp de réfugiés
Darfour : de nouvelles négociations en vue
Nouvelle offensive diplomatique des Etats Unis, Khartoum réagit
Le Pape « vivement préoccupé » par le Darfour, envoie son délégué au Soudan
Annan et Powell se rencontrent pour envisager une nouvelle résolution
Darfour : une nouvelle tentative de médiation de l’Union Africaine
Les rebelles de LRA attaquent un village au Sud du Soudan

Les rebelles ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) ont une nouvelle fois frappé dans le sud du Soudan, où ils ont tué une quarantaine de personnes dans l'attaque d'un petit village, Moti, à 65 kilomètres au sud-est de Juba, une des principales villes de la région. Les faits sont rapportés par des sources journalistiques ougandaises. Les rebelles ont attaqué vendredi matin et 7 combattants de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), le mouvement indépendantiste protagonistes de 20 ans de guerre contre le gouvernement de Khartoum, feraient partie des victimes. Le SPLA, qui est en passe de signer un accord de paix, est l'autorité de fait sur une grande partie du Soudan méridional. Un autre groupe armé présent dans la zone, les Forces de défense de l'Equatoria (EDF), a fait savoir que le LRA aurait agi avec le soutien de l'armée soudanaise. Les rebelles du LRA sévissent depuis 1986 dans le nord de l'Ouganda, où ils ont tué une centaine de milliers de personnes et provoqué la fuite de plus d'un million de personnes, mais au cours de ces derniers mois, ils ont attaqué plusieurs fois dans le sud du Soudan.

(MISNA, Italie – 26/07/2004)
Mgr Tomasi : « la crise au Darfour est un conflit raciste »

"Le Darfour n'est pas la seule et malheureusement pas non plus la dernière des crises africaines" a déclaré à l'agence MISNA Mgr Silvano Tomasi, Observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Office des Nations Unies et des organisations internationales à Genève, en marge de la septième édition du Meeting international de Loreto (MIM) promu par les missionnaires et laïcs scalabriniens dans les Marches (Italie). "D'après ce que l'on comprend au regard des informations des Nations Unies et des rapports du Haut commissariat pour les droits de l'Homme, le conflit au Darfour est né de la volonté de groupes de miliciens arabes de contrôler le territoire et de prendre ses ressources, en les dérobant à la population locale noire, nilotique". L'archevêque Tomasi souligne que les deux parties en conflit sont de religion musulmane, même si l'islam pratiqué par les populations noires est influencé par les religions traditionnelles animistes africaines. "Le problème" poursuit l'interlocuteur, "peut donc s'expliquer en terme de racisme et de domination des ressources. Il n'y a pas d'élément religieux, contrairement à la guerre au Soudan entre le sud animiste et le nord musulman". En février 2003, deux groupes armés d'autodéfense de la population du Darfour ont vu le jour (Mouvement pour la justice et l'égalité et Armée de libération du Soudan) et se sont soulevés contre le gouvernement de Khartoum, l'accusant de négliger le Darfour et de soutenir les janjawid, les milices arabes qui sèment la mort et la destruction dans la zone depuis de longues années. "On court le risque de voir ce conflit se transformer en génocide" ajoute Mgr Tomasi, partageant les préoccupations formulées à plusieurs reprises par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan. Le représentant du Saint-Siège souligne l'émergence d'un nouveau cours de la politique africaine, avec des dirigeants qui tentent de débattre de questions importantes et de parler ouvertement des crises humanitaires et sociales du continent noir, dans la conviction que l'Afrique doit savoir résoudre ses problèmes". Pour la crise du Darfour, observe cependant Mgr Tomasi, "la situation est extrêmement difficile. Kofi Annan cherche à pousser la communauté internationale à intervenir, mais il y a une certaine résistance de la part de l'Union africaine, qui a envoyé ses observateurs au Darfour et tente de faire dialoguer les parties, mais elle hésite – en particulier les pays islamiques – à agir directement dans les affaires intérieures du Soudan. Ceci paralyse, d'une certaine manière, les mécanismes internationaux d'intervention au Darfour". Aujourd'hui, seconde journée de débat au MIM, consacré au thème "Migrants, citoyens de la nouvelle Europe, mobilité et droits", Mgr Tomasi interviendra sur les outils du droit international de défense des droits des migrants et des réfugiés.

(MISNA, Italie – 26/07/2004)
Hassan el Tourabi hospitalisé, il était en grève de la faim depuis juin

L'idéologue musulman soudanais Hassan El Tourabi, en état d'arrestation depuis le mois de mars dernier a été hospitalisé pour aggravation de son état de santé. C'est sa fille qui l'a annoncé à la presse internationale en précisant que son père "a été transporté à l'hôpital dans la soirée à cause d'un affaiblissement général probablement dû à la grève de la faim". Hassan El Tourabi avait commencé cette grève en juin dernier en signe de protestation contre son arrestation qui a eu lieu, selon ses dires, sans chef d'accusation précis. El Tourabi qui était d'abord un allié avant de devenir un opposant au président soudanais Omar Hassan Ahmad El Béchir, est le secrétaire général du Congrès national du peuple (PNC). Il a été accusé récemment "de soutenir un des deux mouvements de rebelles africains noirs qui combattent au Soudan occidental", c'est-à-dire au Darfour contre l'armée gouvernementale et les milices arabes qui sèment, depuis des années, la mort et la destruction dans la région. En mars dernier il a été emprisonné avec une dizaine de hauts officiers de l'armée, tous originaires du Darfour et accusés d'organiser un coup d'Etat. Le quotidien financier britannique Financial Times a écrit durant les mois écoulés à propos de M. Tourabi, un intellectuel musulman radical de premier plan que, considéré "une éminence grise et idéologue du régime de Khartoum au temps où les Etats-Unis d'Amérique imposèrent au gouvernement des sanctions avec l'accusation d'accueillir des groupes terroristes, y compris Al Qaïda, El Tourabi a été mis en marge par le président El Béchir en 2001 et est resté aux arrêts jusqu'en octobre 2003". Selon le même journal les liaisons de M. Tourabi avec le Darfour font partie de "la lutte pour le pouvoir, en cours à Khartoum".

(MISNA, Italie  26/06/2004) 
Jean Paul II : « arrêtez le guerres africaines »

Pour aider l'Afrique et, en particulier, mettre fin à deux des guerres les plus sanglantes, celles du nord de l'Ouganda et celle du Soudan, le Pape a lancé hier un appel aux organisations internationales et aux responsables politiques des pays concernés. "Je voudrais attirer votre attention sur les tragiques événements qui marquent de longue date certains pays de l'Afrique" a dit Jean-Paul II avant la prière de l'Angelus, rappelant que "depuis plus de 18 ans, le nord de l'Ouganda est secoué par un conflit inhumain qui touche des millions de personnes, en particulier des enfants. Beaucoup d'entre eux, pris dans l'étau de la peur et privés de tout avenir, se sentent contraints à 'faire les soldats'". Le Pape a interpellé la communauté internationale et les "responsables politiques nationaux, afin de mettre fin à ce tragique conflit et d'offrir une réelle perspective de paix à toute la nation ougandaise". Le Pape a ajouté que "la situation que vivent les populations du Darfour (ouest du Soudan) est tout aussi préoccupante. La guerre, qui s'est intensifiée ces derniers mois, amène une pauvreté grandissante, le désespoir et la mort. Vingt ans de rudes affrontements (entre le gouvernement de Khartoum et les indépendantistes du sud, NDLR) ont engendré au Soudan un grand nombre de morts, de déplacés et de réfugiés. Comment rester indifférents? Je lance un vif appel aux responsables politiques et aux organisations internationales afin qu'ils n'oublient pas nos frères durement éprouvés". Le Souverain Pontife parle des drames africains depuis des années désormais et il y a un mois à peine, il a appelé l'Eglise à se mobiliser pour faire sortir le continent de ce cadre désolant, en soulignant que pour l'aider à panser les blessures de la pauvreté, du sida et des guerres, il faut trouver une "authentique réconciliation fraternelle" et accomplir "l'effort conjoint de toutes les forces vives de la société", en particulier "de l'Eglise". La guerre dans le nord de l'Ouganda dure depuis 1986 et a fait environ 100.000 morts, 25.000 enfants enlevés et plus d'un million de déplacés. La guerre au Darfour dure depuis un an et demi et est l'une des plus graves crises humanitaires de la planète, avec plus d'un million de déplacés, 160.000 réfugiés au Tchad et entre 10.000 et 30.000 morts.

(MISNA, Italie – 26/07/2004) 
L'émissaire du Pape à Nyala, visite d’un camp de réfugiés

Monseigneur Joseph Cordes, président du Conseil Pontifical Cor Unum quittera cet après-midi le Darfour (ouest du Soudan), où il a été envoyé par le Pape ces derniers jours, réfèrent à l'agence MISNA des sources à Nyala (capitale du Sud Darfour). Le prélat est arrivé ce matin dans la ville, accompagné du Nonce apostolique au Soudan, Mgr Dominique Mamberti. Mgr Cordes a visité le camp de réfugiés de Kalma, aux portes de Nyala, qui accueille depuis des mois des milliers de personnes ayant fui les violences soldées par la destruction systématique de villages, de terres et d'infrastructures. Après le déjeuner, Mgr Cordes rencontrera les autorités de l'Etat du Sud Darfour puis il rentrera à Khartoum. Dans un message diffusé jeudi, le Pape Jean-Paul II s'est dit "vivement préoccupé face à la situation des populations du Darfour". Hier, la voix de l'Union Européenne s'est unie aux critiques et aux pressions de la communauté internationale. Le haut représentant de l'UE chargé de la politique étrangère, Javier Solana, a demandé au gouvernement de Khartoum de "désarmer" les milices arabes "janjawid" considérées comme les principales responsables des violences à l'origine de la grave crise humanitaire que connaît la région.

(MISNA, Italie – 24/07/2004) 
Darfour : de nouvelles négociations en vue

Les deux groupes rebelles actifs au Darfour, la région située dans l'ouest du Soudan, théâtre depuis un an et demi d'affrontements et de violences à l'origine d'une des plus graves crises humanitaires de la planète, ont accepté de rencontrer le gouvernement soudanais pour résoudre les questions politiques qui alimentent la guerre, rapportent des sources onusiennes. L'acceptation de nouveaux colloques a été formulée au terme d'un entretien entre des médiateurs de l'ONU et de l'Union Africaine (UA) et les leaders des deux mouvements armés, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) et l'Armée de libération du Soudan (SLA-M), tenu hier à Genève. Les deux groupes rebelles, nés comme milices d'autodéfense de la population noire de cette région (adjacente au Tchad) victime d'exactions et de pillages perpétrés par des miliciens "janjawid" (arabes) que le gouvernement de Khartoum est accusé de soutenir, sont formellement en guerre contre le pouvoir depuis février 2003. Les médiateurs de l'ONU et de l'UA doivent à présent se rendre à Khartoum pour définir les détails de cette nouvelle tournée de négociations, qui devraient reprendre les travaux interrompus la semaine dernière à Addis Abeba (Ethiopie) quand les rebelles ont abandonné la table du dialogue à cause du refus de Khartoum d'accepter les six conditions qui lui ont été présentées. L'exécutif est soumis à une pression internationale grandissante depuis plusieurs mois. "La préoccupation autour du Darfour est en réalité un moyen de placer dans la ligne de mire l'Etat islamique du Soudan" a déclaré le président soudanais Omar Hassan el Béchir, commentant la résolution du Congrès américain qui a défini hier la crise au Darour un "génocide". En 17 mois de combats, ce conflit a provoqué plus d'un million de délacés internes, près de 160.000 réfugiés (au Tchad) et des milliers de morts, un bilan qui va de 10.000 à 30.000 selon les estimations. "Le Congrès n'est pas objectif" a affirmé le ministre soudanais des Affaires Etrangères Mustafa Osman Ismail, en soulignant que son gouvernement entendait affronter le problème, bien qu'il faille du temps, et collaborait avec l'ONU.

(MISNA, Italie – 24/07/2004) 
Nouvelle offensive diplomatique des Etats Unis, Khartoum réagit

Que Khartoum intervienne au plus vite pour bloquer les milices de pillards arabes (les Janjawid) actives au Darfour, la région du Soudan occidentale théâtre depuis 16 mois de combats et violences qui ont provoqué une des plus graves crises humanitaires de la planète, ou qu'elle soit prête à en payer les conséquences: tel est le message lancé hier par le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan. Au moment même où les deux responsables se réunissaient, les Etats-Unis déposaient devant le Conseil de sécurité des Nations Unies le projet d'une nouvelle résolution sur le Darfour qui prévoit des sanctions contre le Soudan d'ici 30 jours si les Janjawid ne devaient pas être bloqués. Annan, qui a invité encore une fois les donateurs internationaux à mettre à disposition des fonds pour faire face à la crise humanitaire en cours au Darfour, s'est dit confiant quant à l'approbation du nouveau projet de résolution. Des indiscrétions recueillies par la presse internationales dans les milieux diplomatiques du Palais de Verre considèrent cependant qu'au sein du Conseil la résolution américaine pourrait rencontrer la résistance de la Chine et de la Russie, deux membres en possession du droit de veto, contraires à l'idée d'imposer des sanctions au Soudan. Khartoum, par le biais de son ministre des Affaires étrangères, a fait savoir ne pas apprécier l'offensive diplomatique ouverte à son encontre et a invité les Etats-Unis et la Grande-Bretagne à ne pas interférer dans les affaires internes soudanaises."Nous n'avons pas besoin de résolutions, au contraire une résolution du Conseil ne ferait que compliquer les choses. Cette pression ressemble de près à celle exercée sur l'Irak avant la guerre" a déclaré le ministre Mustafa Ismail en se référant au document déposé par les Etats-Unis. Quelques heures auparavant, Ismail avait commenté les indiscrétions publiées sur la presse anglaise ces dernières 48 heures et d'après lesquelles le premier ministre anglais Tony Blair envisagerait la possibilité d'envoyer des troupes au Soudan pour distribuer des aides et soutenir la force de protection envoyée par l'Union Africaine. Le premier ministre britannique a ensuite démenti qu'une mission soit déjà prête, bien que n'ayant pas exclu cette possibilité dans le futur. Depuis février 2003 le JEM et la SLA-M ont formellement levé les armes contre les autorités de Khartoum, accusées de négliger le Darfour, car essentiellement habité par une population noire, et de financer les Janjawid, principaux responsables de ce que de nombreuses sources qualifient déjà, y compris des représentants de l'ONU, de "nouveau génocide". En 16 mois de combats la guerre dans le Darfour a causé plus d'un million de déplacés internes, près de 160.000 réfugiés (tous dans le Tchad voisin) et des milliers de morts, entre 10.000 et 30.000 selon les estimations les plus accréditées

(MISNA, Italie – 23//07/2004) 

Le Pape « vivement préoccupé » par le Darfour, envoie son délégué au Soudan 

Jean Paul II "est encore vivement préoccupé par la situation des populations du Darfour", la région du Soudan occidental où depuis 16 mois est en cours une guerre ayant provoqué une grave crise humanitaire: c'est pour cette raison qu'il a décidé d'envoyer aujourd'hui à Khartoum monseigneur Joseph Cordes, président du Conseil pontifical Cor Unum. C'est ce que rapporte un communiqué du Vatican, dans lequel il est précisé que l'envoyé papal ira au Soudan "pour exprimer la proximité et la solidarité” du Souverain Pontife. "Le Saint Père désire que la voix des peuples du Darfour soit entendue et prise en considération et que leurs droits humains fondamentaux soient respectés". Pour Jean Paul II "la situation dans cette zone du Soudan frontalière du Tchad s'est dramatiquement aggravée au cours de cette dernière année". D'après l'ONU, le conflit a déjà provoqué plus d'un million de déplacés, plus de 160.000 réfugiés dans le Tchad voisin et de 10.000 à 30.000 victimes. Monseigneur Cordes est attendu dans la journée à Khartoum, la capitale, où il rencontrera le nonce Dominique Mamberti, l’archevêque – le cardinal Gabriel Zubeir Wako – et les représentants de l'épiscopat soudanais pour être informé de l'évolution du conflit en cours. Le secrétaire général de l'ONU Kofi Anann avait récemment défini comme un véritable "nettoyage ethnique" les violences perpétrées par les milices islamiques Janajaweed Darfur – accusées de bénéficier du soutien du gouvernement et de l'armée soudanaise – contre les populations noires établies dans la région, en majorité de confession musulmane. Le communiqué du Saint Siège précise qu'avec "l'assistance des Nations Unies, monseigneur Cordes se rendra dans la zone chaude du Darfour, à laquelle il est toujours plus difficile d'avoir accès en raison des affrontements et visitera les camps de réfugiés à Nyala”, capitale du Darfour méridional. A ce conflit s'ajoute la guerre ayant duré deux décennies entre le régime islamique de Khartoum et les indépendantistes du sud du Soudan, qui a provoqué jusqu'à présent au moins deux millions de victimes et cinq millions de réfugiés. Aujourd'hui la Caritas Italie a lancé un appel, dans un communiqué, en faveur de "l'engagement de tous à multiplier les occasions concrètes de dialogue entre les parties et de la garantie d'assurer protection et assistance humanitaire à la population. Egalement avec l'implication et la contribution de la société civile dans ses diverses expressions, locales et internationales". Le réseau international Caritas, lit-on dans le document, est actif depuis plusieurs mois afin de répondre à cette situation dramatique; le 27 et 28 juillet se tiendra une réunion de confrontation entre toutes les Caritas impliquées, l'Eglise locale et le réseau des églises orthodoxes et protestantes.

(MISNA, Italie – 22/07/2004)

Darfour : Annan et Powell se rencontrent pour envisager une nouvelle résolution

La guerre en cours dans la région occidentale soudanaise isolée du Darfour et la fort grave crise humanitaire conséquente seront au centre de la réunion prévue pour aujourd'hui au Palais de Verre de New York entre le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, et le secrétaire d'Etat américain Colin Powell. C'est ce qu'a rapporté le porte-parole du Département d'Etat, Richard Boucher, en précisant que Washington entend proposer au Conseil de sécurité de l'ONU un nouveau projet de résolution sur le Darfour, sans toutefois fournir de majeurs détails sur le contenu du projet. Des indiscrétions rapportent que le nouveau texte contiendrait une invitation encore plus explicite au gouvernement soudanais de Khartoum afin qu'il s'engage à interrompre tout soutien aux milices de pillards arabes (connus sous le nom de Janjaweed), responsables des violences qui déstabilisent la zone. En parlant hier à la presse, Annan a adressé un nouvel appel à la communauté internationale en faveur des populations du Darfour, subissant la pire crise humanitaire de la planète. "Des financements immédiats sont nécessaires, demain cela pourrait être trop tard; nous avons demandé 349 millions de dollars et jusqu'à présent nous avons obtenu des promesses d'aides pour 145 millions, cela signifie qu'il manque 204 millions de dollars" a déclaré Annan. ''Durante ma récente visite dans quelques camps de réfugiés au Darfour et au Tchad, les hommes et les femmes avec lesquels j'ai parlé m'ont raconté des histoires terrifiantes de violences et de souffrances" a affirmé Annan. ''Nombre d'entre eux vivent dans des conditions inhumaines, ont peur pour leur futur. Il est clair que des crimes très graves ont été perpétrés et qu'il y a eu des violations des droits de l'Homme évidentes et systématiques" a poursuivi le numéro un de l'ONU. En 16 mois de combats la guerre dans le Darfour a causé plus d'un million de déplacés internes, près de 160.000 réfugiés (tous dans le Tchad voisin) et des milliers de morts, entre 10.000 et 30.000 selon les estimations les plus accréditées

(MISNA, Italie – 22/07/2004) 
Darfour : une nouvelle tentative de médiation de l’Union Africaine

Après l'échec des colloques de paix organisés la semaine dernière à Addis-Abeba (Ethiopie), l'Union Africaine (UA) s'est remise à l'oeuvre pour parvenir à une nouvelle rencontre entre les protagonistes de la guerre au Darfour, la région occidentale du Soudan en proie depuis un an et demi à des affrontements et des violences qui, selon les Nations Unies, causent une des plus graves crises humanitaires de la planète. Dans une conférence de presse qui s'est tenue hier soir, l'envoyé de l'UA pour le Darfour, Hamid Algabid, a fait savoir qu'il est en train de travailler en faveur d'une reprise du dialogue entre les deux parties. "Nous essaierons de les rencontrer de nouveau; nous sommes en contact avec les rebelles et avec le gouvernement. Probablement d'ici la fin de la semaine nous réussirons à organiser des colloques séparés" a dit M. Algabid. D'après des indiscrétions, les consultations pourraient avoir lieu à Genève, en Suisse. Dimanche les délégations des deux mouvements rebelles actifs dans le Darfour – le Mouvement pour le justice et l'égalité (JEM) et l'Armée de libération du Soudan (SLA-M) – avaient quitté Addis-Abeba après que le gouvernement soudanais de Khartoum ait refusé d'accepter comme condition préalable au dialogue les demandes avancées par les rebelles aux médiateurs. Depuis février 2003 le JEM et la SLA-M ont formellement levé les armes contre les autorités de Khartoum, accusées de négliger le Darfour, car essentiellement habité par une population noire, et de financer les Janjawid, principaux responsables de ce que de nombreuses sources qualifient déjà, y compris des représentants de l'ONU, de "nouveau génocide". En 17 mois de combats la guerre au Darfour a déjà causé plus d'un million d'évacués internes, près de 160.000 réfugiés (tous dans le Tchad voisin) et des milliers de morts, de 10.000 à 30.000 selon les estimations les plus accréditées.

(MISNA, Italie – 20/07/2004)
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Nouvelles brèves du 13 au 19 juillet 2004
Les rebelles abandonnent colloques de paix, médiateurs dénoncent leur rigidité
Darfour : Les rebelles déclarent abandonner les colloques de paix.
Darfour : Colloques de paix à Addis-Abeba encore dans l’incertitude.
Les Janjawid, pillards sous le signe de la continuité
Darfour : Rebelles dictent leurs conditions, la Libye ouvre un couloir humanitaire
L'opposition soudanaise en conclave à Asmara
Cap Anamur : monsieur le Ministre , ce sont des Soudanais
Manifestations à Agrigente pour soutenir les demandes d’asile
Cap Anamur : le transfert des demandeurs d’asile à commencé
La guerre peut s’arrêter, il suffit de le vouloir !
Les rebelles abandonnent colloques de paix, médiateurs dénoncent leur rigidité 

Les délégations des deux mouvements rebelles actifs au Darfour, la région en proie depuis plus d'un an et demi à de violents combats et à la plus grave crise humanitaire de la planète, ont quitté hier Addis-Abeba (Ethiopie). La rupture, annoncée samedi, s'est consumée sur la non acceptation de la part du gouvernement soudanais de Khartoum des six conditions imposées par le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), qui a levé les armes début 2003, tout comme l'Armée de libération du Soudan (SLA-M). Les parties en présence, rebelles et gouvernement, ne sont pas même parvenues à se rencontrer directement, n'ayant tenu qu'une série de rencontres préliminaires avec les médiateurs de l'Union Africaine (UA). Ce sont les médiateurs précisément qui, dans quelques interviews accordées à la presse internationale, ont dénoncé l'attitude "extrêmement rigide" des rebelles à la table des colloques, en soulignant comment les délégations du JEM et de la SLA-M envoyées à Addis-Abeba étaient essentiellement composées de personnalités de second plan. En effet, les figures principales des deux mouvements se trouvaient au même moment en Erythrée où elles participaient à une rencontre qui a rassemblé dans la capitale Asmara des représentants de toute l'opposition soudanaise. L'envoyé de l'UA pour le Darfour, Hamid Algabid, a fait savoir que les colloques de paix pourraient reprendre d'ici quelques jours, mais aucune date n'a été fixée pour le moment. Depuis février 2003 le JEM et la SLA-M ont formellement levé les armes contre les autorités de Khartoum, accusées de négliger le Darfour, car essentiellement habité par une population noire, et de financer les Janjawid, principaux responsables de ce que de nombreuses sources qualifient déjà, y compris des représentants de l'ONU, de "nouveau génocide". En 17 mois de combats la guerre au Darfour a déjà causé plus d'un million d'évacués internes, près de 160.000 réfugiés (tous dans le Tchad voisin) et des milliers de morts, de 10.000 à 30.000 selon les estimations les plus accréditées

(MISNA, Italie – 19/07/2004)
Darfour : Les rebelles déclarent abandonner les colloques de paix.

La rupture est consumée au Darfour: les rebelles de la région occidentale isolée du Soudan ont annoncé leur abandon des négociations avec le gouvernement de Khartoum, en cours depuis jeudi à Addis-Abeba, en Ethiopie, sur initiative de l'Union Africaine (UA). Hier un des deux groupes armés rebelles – le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) – avait avancé six conditions au gouvernement islamique, qui les a rejetées. A ce stade Tugod Lissan, secrétaire général du JEM, a déclaré à l'agence de presse Reuters que "pour cette nuit nous resterons à Addis-Abeba, puis nous partirons". Le coordinateur du JEM a précisé parler également au nom de l'autre groupe armé, l'Armée de libération du Soudan (SLA-M). Les colloques avaient été convoqués par l'UA suite à des pressions internationales à l'égard du gouvernement soudanais, accusé de soutenir les milices de nomades arabes Janjawid, qui pillent les villages et commettent des atrocités contre la population noire de la région (en majorité musulmane, tout comme les pillards). Les autorités de Khartoum s'étaient engagées, devant le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, à désarmer les milices Janjawid et à consentir l'accès des agences humanitaires, pour éviter une hécatombe dans la région. La crise humanitaire, déjà fort grave, à tel point que pour l'ONU il s'agit de la pire crise sur la planète à l'heure actuelle: un million d'évacués, plus de 150.000 réfugiés dans le Tchad voisin, et plus de 10.000 victimes parmi les civils (30.000, selon d'autres sources).

(MISNA-, Italie – 17/07/2004) 
Darfour : Colloques de paix à Addis-Abeba encore dans l’incertitude.

Les colloques engagés depuis jeudi dernier à Addis-Abeba (Ethiopie), sous les auspices de l'Union Africaine (UA), entre le gouvernement de Khartoum et les deux mouvements rebelles du Darfour (Soudan méridional), sont caractérisés par un état d'enlisement. "Tant que nos conditions ne seront pas acceptées par le gouvernement soudanais, aucun processus de paix ne pourra prendre forme" a déclaré aujourd'hui à l'agence de presse Reuters, Ahmed Tugod Lissan du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), une des deux formations armées du Darfour. Pour le moment les délégués de la rébellion - née pour mettre en échec les attaques de pillards arabes, les Janjawid, contre la population noire du Darfour, avec le soutien des troupes gouvernementales - n'a pas encore rencontré les représentants du régime de Khartoum mais n'ont fait qu'avancer leurs propres conditions, en concédant un délai d'un mois pour qu'elles soient acceptées. Le gouvernement du Soudan, accusé au niveau international de soutenir les Janjawid dans leurs attaques contre les villages du Darfour, a toutefois rejeté les six revendications des rebelles, en affirmant que de telles instances doivent en revanche rentrées dans le cadre de la négociation et ne doivent pas représenter des pré-conditions. L'UA a lancé ces colloques afin de renforcer la fragile trêve signée entre les parties en avril dernier, jusqu'à présent largement demeurée lettre morte. La crise dans le Darfour s'est désormais transformée en une importante tragédie humanitaire: selon l'ONU au moins un million d'évacués ont abandonné les villages et les camps; plus de 150.000 réfugiés ont fui dans le Tchad voisin et plus de 10.000 civils (30.000, selon d'autres sources) seraient morts. Toute l'intense activité diplomatique engagée à ce jour s'est avérée inutile: tandis que le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pas encore pris de décision opérationnelle, malgré la visite au Darfour du Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, dans cette partie du Soudan l'urgence est en train de s'aggraver ultérieurement, comme l'a confirmé pas plus tard qu'hier l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

(MISNA, Italie – 17/07/2004) 
Les Janjawid, pillards sous le signe de la continuité 

Dans la région tourmentée du Darfour, récemment à la une de la chronique internationale, la majorité des problèmes est liée aux Janjawid (connus aussi sous le nom de Janjaweed ou Jingaweit). En lisant les dépêches d'agences de presse, ces messieurs, décrits comme des "hommes à chevaux armés de carabine", sont presque toujours indiqués comme les responsables des infamies qui tourmentent la région occidentale martyrisée du Soudan. Selon les informations recueillies par plusieurs sources locales, les Janjawid forment une milice pro gouvernementale soudanaise, composée de pillards membres de la famille par extension des Baggara, installée dans le Soudan occidental et dans le Tchad oriental. Le substantif Baggara comprend en effet plusieurs groupes ethniques semi nomades comme par exemple les Humr-Messiria, les Rizaygat, les Shuwia, les Hawazma, les Ta’isha, et les Habbaniya. Le terme Janjawid, du point de vue étymologique semble lié à la parole "jawad" (qui signifie cheval), version moderne de "Murahilin", qui signifie littéralement "ceux qui sont en mouvement", "nomades". Depuis toujours ces tribus arabes soudanaises ont réduit en esclavage les populations "nilotiques" ou "noires" en général, en s'élevant en particulier contre les animistes et les chrétiens. Il s'agit d'un phénomène qui dans les années 80, mais aussi par la suite, a fortement pénalisé les groupes ethniques du Soudan méridional (par exemple les Denka). La première plainte a été déposée en 1987 par deux doyens de l'Université de Khartoum, le professeur Suleyman Ali Baldo et son collègue Ushari Ahmed Mahmud. En défiant la censure du régime soudanais, ils ont déclaré qu'une véritable traite des esclaves était déjà en acte depuis 1985. Depuis que, entre d'autres mots, l'état-major de l'armée soudanaise juge opportun de définir quelques stratégies pour bloquer l'activité de l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA) de John Garang. Parmi ces stratégies fut proposée et approuvée la formation d'une milice armée de cavaliers Baggara. Il s'agissait d'opérer de véritables raids dans des villages Denka, du Soudan méridional, et plus précisément dans le Bahr el Ghazal, où se trouvaient des partisans potentiels de la SPLA. Les attaques, selon le rapport publié par les deux doyens soudanais, se sont enchaînées sans trêve, à cheval, entre 1985 et 1987, avec une logique visant à affaiblir le mouvement de la guérilla. Plusieurs milliers de civils ont été tués et autant de jeunes capturés pour être ensuite vendus comme marchandise humaine sur les marchés. Bien que les déclarations de M. Suleyman et de M. Ushari aient en même temps un caractère incroyable et sensationnel, elles ont été par la suite confirmées par des observateurs internationaux et voire même mises à jour et amplifiées par de nouveaux témoignages des plus terribles. Malgré la difficulté à définir les vastes zones géographiques où se sont consumées de telles tragédies et, surtout, à quantifier les chiffres qui concernent cette traite, quelques organisations internationales faisant autorité ont oeuvré ces dernières années pour que toute la lumière soit faite sur ces faits. Parmi ces organisations figure certainement l'Anti-Slavery International (ASI) de Londres qui de longue date travaille avec les Nations Unies sur ce front. D'après l'ASI, en 1988 déjà 12.000 jeunes adolescents et adolescentes Denka étaient réduits en esclavage. Les centres de vente des esclaves étaient nombreux: el Dhein (Kordofan), Kadogli (Monts Nuba). A Sumeih l'achat des esclaves se faisait même par les fenêtres du train, vendus aux meilleurs offrants. Leur prix pouvait osciller entre 10 et 100 dollars américains. Mais les choses ne finissent pas là. Par exemple, à Alait, un petit centre sur la route entre Gerenchat et el Nahud (Kordofan), auprès de l'école islamique (la khalwa) des jeunes Denka étaient vendus à un prix fixe, s'élevant, dans le courant des années 80, à 13.000 sterlines soudanaises (soit environ 9 dollars) sur lequel on ne pouvait obtenir de remise. Les esclaves étaient majoritairement utilisés pour les travaux les plus éprouvants dans les champs et pour les services domestiques. Pour en revenir aux Janjawid, les témoignages recueillis par notre agence de presse parlent de vexations indicibles perpétrées par ces miliciens contre les populations du Darfour, surtout d'ethnie Fur, qui de longue date protestent contre le gouvernement de Khartoum pour s'être désintéressé des problèmes socio-économiques de leur région. A l'heure actuelle aucune indication d'une traite d'esclaves n'est parvenue, contrairement au passé, mais il est bon de tenir les yeux ouverts pour que certaines horreurs ne se répètent pas. Par exemple, on sait bien que les Rizaygat, connus aussi comme Rezigat, membres de la grande famille Baggara, portent avec eux des serviteurs réduits en esclavage (généralement d'origine nilotique) pour prendre soin de leur bétail. Mais pas seulement: dans les principaux centres du nord du Soudan existent des camps de réfugiés nilotiques qui prêtent service auprès de familles, plus ou moins riches, de tradition islamique, également Baggara, devenant main d'oeuvre en échange de nourriture, en arrivant même, surtout dans un contexte de famine, à donner en gage leurs propres enfants. En particulier les fillettes qui subissent souvent des violences sexuelles et sont traitées par leurs patrons comme des concubines. Dans les années 80 comme 90, des histoires de mineurs vendus à l'étranger par les Baggara ont été recueillies. Nombre d'entre eux étaient transférés par camion en Libye, tandis que les autres en direction de Port-Sudan étaient ensuite embarqués pour l'Arabie Saoudite. Il n'y a aucun doute que la communauté internationale et l'Union Africaine (UA) en particulier, se doivent de surveiller cette situation pour que les razzias des Janjawid cessent dans le Darfour, avant qu'il ne soit trop tard. (par père Giulio Albanese)

(MISNA, Italie – 16/07/2004) 
Darfour : Rebelles dictent leurs conditions, la Libye ouvre un couloir humanitaire

Retirer les troupes soudanaises du Darfour (Soudan occidental), désarmer les milices de pillards arabes liées au gouvernement (connues sous le nom de Janjaweed ou Janjawid), ouvrir une enquête internationale et une interne sur le "nettoyage ethnique" en cours dans la région, respecter le "cessez-le-feu" signé en avril dernier et s'engager à résoudre la "catastrophe humanitaire" causée par le conflit: telles sont les conditions avancées aux médiateurs par les deux mouvements rebelles protagonistes du conflit au Darfour – l'Armée de libération du Soudan (SLA-M) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) – et considérées comme prioritaires avant d'entamer tout autre face à face. "Tant que nos conditions ne seront pas acceptées, il vaut mieux ne pas parler de dialogue politique" a déclaré hier un représentant du JEM. Les colloques de paix, qui se sont ouverts hier à Addis-Abeba (Ethiopie), avec la médiation de l'Union Africaine (UA) et l'intervention de nombreux pays occidentaux, se poursuivent malgré tout, pour le moment, en deux lieux distincts. Les médiateurs de l'UA et des autres pays devront rencontrer aujourd'hui les délégations des deux groupes armés et celles gouvernementales. Depuis février 2003 le JEM et la SLA-M ont levé les armes contre le gouvernement de Khartoum, accusé de négliger le Darfour, car essentiellement habité par une population noire, et de financer les Janjawid, les principaux responsables de ce que de nombreuses sources, y compris de nombreux représentants de l'ONU, ont défini de "nouveau génocide". En 16 mois de combats, la guerre du Darfour a causé plus d'un million de déplacés internes, près de 160.000 réfugiés (tous dans le Tchad voisin) et des milliers de morts, entre 10.000 et 30.000 selon les estimations les plus accréditées. Le secrétaire de l'ONU Kofi Annan a même qualifié la situation au Darfour de "plus grave crise humanitaire de la planète" tandis que les agences de presse internationales ont lancé l'alarme à plusieurs reprises pour le risque de nouveaux morts dans les mois à venir en l'absence d'aides humanitaires et d'interventions sanitaires, également à cause du début de la saison des pluies. 
Aujourd'hui une nouvelle positive est arrivée sur le front humanitaire puisque le gouvernement libyen a annoncé l'ouverture d'un couloir humanitaire de 3.000 kilomètres qui reliera Tripoli directement au Darfour, en passant par le désert du Sahara. L'initiative s'inscrit dans le cadre de l'accord que Tripoli a souscrit avec le Programme alimentaire mondial (PAM). L'émetteur britannique BBC, qui a diffusé la nouvelle, précise que le couloir sera utilisable à partir du début du mois d'août et que le premier voyage des côtes méditerranéennes jusqu'à la zone nord occidentale du Soudan pourrait être effectué par un convoi acheminant de la farine envoyée par le gouvernement suisse

(MISNA, Italie – 16/07/2004)
L'opposition soudanaise en conclave à Asmara 

L’Alliance nationale démocratique soudanaise (AND), la principale coalition de groupes d’opposition au gouvernement de Khartoum, a officiellement ouvert mercredi soir une réunion de son conseil de direction à Asmara, la capitale de l’Erythrée.
Muhammad Uthman al Mirghani, président de l’organisation, et John Garang, chef de la rébellion sudiste de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), participaient à la cérémonie d’ouverture. 
La rencontre doit durer trois jours, selon Pa’gan Amum, secrétaire général de l’AND. 
"Nous sommes à la jonction entre la fin de la guerre et la transition vers la paix et la démocratie", a-t-il expliqué. 
La SPLA et Khartoum sont dans l’ultime ligne droite de leurs pourparlers de paix, au Kenya, qui visent à mettre un terme à une guerre civile entamée en 1983 et qui a fait près d’un million et demi de morts. 
Les discussions porteront sur "le processus de paix en cours, les initiatives de rencontres entre l’AND et le gouvernement soudanais, le problème du Darfour et le futur de l’AND", a poursuivi Pa’gan Amum. 
L’accent sera porté sur le rôle et la place de l’AND dans la pacification et les changements politiques au Soudan. La rébellion au Darfour (ouest du Soudan) n’est pas concernée dans l’initiative de paix actuelle entre Khartoum et la SPLA. 
"Cet accord n’appartient pas seulement à la SPLA, ou au sud, il doit inclure l’AND et toutes autres forces politiques", a insisté M. Garang dans son discours d’ouverture. 
Le Mouvement de libération du Soudan (MLS), l’un des deux principaux groupes rebelles du Darfour, nouveau membre de l’AND, participe à cette réunion pour la première fois. 
Des représentants de l’autre mouvement rebelle du Darfour, le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE), qui n’est pas membre de l’AND, sont également présents à la réunion, a constaté l’AFP. 
Muhammad Uthman al Mirghani a appelé mercerdi soir "les belligérants à faire appel à la raison et converger vers la table des négociations afin (...) de trouver des solutions". 
Le MLS et le MJE sont en lutte armée contre le gouvernement central de Khartoum depuis février 2003. Ils lui reprochent d’avoir marginalisé le Darfour. 
Le conflit a déjà fait environ 10.000 morts, un million de déplacés et plus de 120.000 réfugiés au Tchad voisin, selon les estimations de l’Onu. 
La situation humanitaire au Darfour est la plus grave crise humanitaire au monde, selon plusieurs responsables de l’Onu. 

(Aujourd’hui en Afrique Centrale  - 15/07 2004)
Cap Anamur, missionnaire : monsieur le Ministre , ce sont des Soudanais

“Ils les ont mis devant une carte géographique en leur demandant d'indiquer où se trouve le Soudan. Nombre d'entre eux n'ont jamais vu une carte géographique de leur vie. Comment peut-on penser que cela constitue une preuve?". Père Cosimo Spadavecchia, le missionnaire combonien qui a passé plus de 30 ans de sa vie entre le Soudan et l'Egypte, est resté aux côtés des 37 réfugiés du Cap Anamur ces derniers jours et n'a aucun doute quant à la nationalité de nombre d'entre eux. Les déclarations du missionnaire sont en opposition à celles du Viminal (ministère de l'Intérieur) et avec les propos du ministre de l'Intérieur, Giuseppe Pisanu. “De Rome ils peuvent dire ce qu'ils veulent, ces jeunes m'ont dit qu'ils sont soudanais et je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas les croire" s'exclame père Spadavecchia, qui s'est entretenu avec nombre des demandeurs d'asile africains. "Je suis soudanais, je ne parle pas anglais, mes parents sont soudanais du Darfour et aujourd'hui on continue de me demander de nier mes origines": c'est ce qu'a dit en larmes un des 37 réfugiés récupéré en mer sur le Cap Anamur, en exprimant au missionnaire combonien toute sa colère dans un moment de désespoir; ce dernier l'a raconté à la MISNA. Pour appuyer ses fortes convictions, père Spadavecchia répète que "la majorité de ces jeunes sont d'origine soudanaise. Je voudrais préciser que j'ai vécu, comme missionnaire, pendant 18 ans au Soudan (surtout dans l'ouest) et pendant 18 autres années je suis resté avec des réfugiés soudanais (originaires des quatre coins du Soudan) en Egypte. Mes constations sont basées sur leurs noms, sur leur façon de se saluer matin et soir", raconte encore le missionnaire qui a passé trois nuits et trois jours sur le Cap Anamur avec les demandeurs d'asile, "sur la façon dont ils prient, sur leurs réactions face à la situation désespérée dans laquelle ils se trouvent: de tout cela j'ai compris qu'ils proviennent d'un théâtre de guerre, mais surtout leur origine soudanaise a émergé clairement de la façon dont ils ont parlé avec moi, en arabe comme en anglais". Le Viminal, pour essayer de confirmer le fait que les 37 demandeurs d'asile ne seraient pas soudanais, cite la déclaration d'un diplomate présumé soudanais, qui ces derniers jours aurait rencontré les réfugiés, niant leur provenance. “Quel intérêt pourrait avoir le consul soudanais à confirmer que parmi les réfugiés du Cap Anamur se trouvent quelques-uns de ses compatriotes, sans doute originaires du Darfour?" a commenté à la MISNA un des plus hauts représentants de la diaspora soudanaise en Italie, sous couvert de l'anonymat, pour des motifs de sécurité. “Au contraire, il devrait expliquer pour quelle raison ils fuient du pays. Khartoum cherche d'ailleurs de longue date de diminuer les proportions de la guerre du Darfour pour ne pas causer trop de dommages à son image internationale" conclut la personne contactée par la MISNA. Pendant ce temps, les 37 demandeurs d'asile continuent d'avoir peur, enfermés dans le Centre de permanence temporaire (CPT) de Caltanissetta et isolé du monde extérieur par les hautes clôtures de fil barbelé, dans une petite structure à proximité du stade communal surveillée par la police, et avec laquelle il est difficile d'entrer en contact. Les longues journées passées à bord de la soute, à l'enseigne de la tension et de la frénésie au large des côtes de Port Empedocle, le débarquement, leur passage aux mains de la police italienne, le transfert mouvementé d'hier du CPT d'Agrigente au CPT de Caltanissetta, alimentent l'incertitude et la confusion de ces jeunes et les rendront difficilement collaboratifs. "Les Africains ne te dévoilent pas leur passé du matin au soir, surtout s'il est négatif. Il faut du temps et de la patience et il est nécessaire d'établir avec eux un rapport d'amitié. Pour nombre d'entre eux raconter leur vie signifie la revivre et leur histoire, quelle que soit leur provenance géographique, est faite de souffrance et de douleur, souvent aussi de guerre et de mort" conclut père Cosimo Spadavecchia. A l'extérieur du CPT depuis ce matin sont rassemblés quelques représentants d'associations locales. (de Caltanissetta, Massimo Zaurrini)

(MISNA, Italie – 15/08/2004)
Manifestations à Agrigente pour soutenir les demandes d’asile

La mobilisation se poursuit en faveur des 37 réfugiés africains qui, étant restés pendant des jours au large des côtes italiennes à bord du navire Cap Anamur et ayant débarqué il y a deux jours en Sicile, sont actuellement retenus dans le Centre de permanence temporaire (CPT) à Caltanisetta. Aujourd'hui se tiendra une grande manifestation pour soutenir les demandes d'asile organisée par le réseau sicilien antiraciste, par le forum social de Palerme, par la CGIL (Confédération générale des travailleurs italiens) et par divers mouvements locaux et organisations non gouvernementales. Le rendez-vous est fixé pour 16 heures à Piazza Cavour à Agrigente. Le défilé des manifestants serpentera à travers les rues du centre pour finir devant la préfecture. Demain une manifestation de la communauté soudanaise en Italie se tiendra à Palerme. En profitant de la clameur suscitée par l'affaire Cap Anamur et de l'attention que les médias italiens ont accordé ces derniers temps au Soudan et en particulier au Darfour (la région occidentale du Soudan, théâtre depuis un an et demi d'un conflit pouvant potentiellement - selon la définition des Nations Unies - déboucher sur "une des plus graves crises humanitaires de la planète"), les Soudanais n'ont pas perdu cette occasion: "Nous manifestons pour demander le droit d'asile pour tous les Soudanais ayant échappé à la guerre" a déclaré à la MISNA un des organisateurs de la manifestation. Et il a ajouté: "Nous serons quelques centaines. Une centaine de personnes partiront seulement de Rome. En outre une des plus grandes communautés soudanaise en Italie vit à Palerme". Les Soudanais se réuniront à 16 heure à Piazza Politeama pour conclure leur marche devant la préfecture

(MISNA, Italie – 15/07/2004) 
Cap Anamur : le transfert des demandeurs d’asile à commencé

“Cinq ou six véhicules de la police ont à peine escorté hors du Centre de permanence temporaire (CPT) "San Benedetto" d'Agrigente (Sicile) un bus avec à bord les 37 demandeurs d'asile africains qui se trouvaient à bord du navire allemand Cap Anamur”. C'est ce que rapporte en directe par téléphone à l'Agence MISNA le missionnaire combonien père Giorgio Poletti. “La situation a évolué avec une rapidité incroyable. Pour déplacer un groupe de jeunes qui faisaient un sit-in de protestation devant le CPT, la police a fait semblant qu'un incendie s'est déclaré à l'intérieur du centre. Après quelques heurts avec les jeunes, au moins 5 voitures de la police sont parties en trombe du CPT "San Benedetto", suivies du bus avec les 37 demandeurs d'asile", précise père Poletti. Les naufragés africains, en majorité soudanais, seront transférés au CPT de Caltanissetta, où dans le courant de l'après-midi ils devraient être entendus par les membres de la commission nationale du ministère de l'Intérieur.

(MISNA, Italie – 14/07/2004) 
La guerre peut s’arrêter, il suffit de le vouloir ! 

Le nord de l'Ouganda verse dans des conditions désespérées tandis que la communauté internationale ne se contente que d'observer. Tel est le message lancé par Riccardo Bonacina, directeur de l'hebdomadaire à fins non lucratives "Vita", au cours d'une conférence de presse qui s'est déroulée hier dans la salle des drapeaux au Capitole, la mairie de Rome. Face aux nombreux massacres perpétrés par les rebelles de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), surtout dans les districts des ethnies Acholi et Lango, il est immoral de mener la politique de la l'autruche. Mettre la tête sous le sable signifierait méconnaître la responsabilité de tous ceux qui à des titres divers sont impliqués dans ce conflit ayant éclaté à la fin des années 80. En remerciant tous ceux qui ont pris part à la rencontre promue par "Vita", en particulier le cardinal Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix, le maire de Rome Walter Veltroni, le président des ONG (organisations non gouvernementales) italiennes Sergio Marelli et bien d'autres, la MISNA souhaite soumettre à l'attention de ses propres lecteurs quelques considérations qui pourraient favoriser la réflexion et l'engagement de tout homme et femme de bonne volonté. En prenant acte de l'insécurité et de la misère causée par la sanglante guerre civile du nord de l'Ouganda il est indispensable que la communauté internationale, dans toutes ses composantes, se mobilise en faveur de la population civile exténuée, soumise quotidiennement à des vexations en tous genres commises par de nombreuses bandes armées. Si d'une part les autorités de Kampala devaient manifester un majeur engagement dans la garantie de la sécurité de tous ceux, religieux comme laïcs, qui vivent dans les districts septentrionaux du pays, de l'autre le gouvernement de Khartoum devrait empêcher les livraisons en armes et munitions destinées aux rebelles de la LRA, en livrant à la justice internationale ceux qui ont perpétré des crimes contre l'humanité, le premier d'entre eux étant le leader de la LRA, Joseph Kony, responsable de l'enlèvement de plus de 25.000 enfants, recrutés par la force dans son mouvement avec un terrible bain de sang qui a coûté la vie à plus de 120.000 personnes. Le Conseil de sécurité des Nations Unies, l'Union Africaine (UA) et la commission de l'Union européenne (UE) devraient au contraire insérer dans leurs agendas respectifs l'examen de cette "guerre oubliée", en mettant au point des initiatives diplomatiques opportunes qui puissent stopper cette spirale de violence si absurde. Il faut en particulier souhaiter un majeur engagement de l'UA qui la semaine dernière, au cours du sommet d'Addis-Abeba, a délibéré l'envoi d'un petit contingent de 300 hommes dans le Darfour. Cette décision, qui constitue d'ailleurs un précédent dans l'histoire de la politique panafricaine, en violant le principe de non-ingérence dans les affaires internes de pays membres, devrait être appliquée également dans le cas de la crise en acte dans le nord de l'Ouganda. Il faut d'autre part intégrer le thème du conflit nord ougandais dans le programme de négociations entre le gouvernement soudanais et le mouvement de l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA). Cela avec la conviction que la guerre en acte depuis 1983 dans le Soudan du sud est intimement liée au conflit nord ougandais car les rebelles de Kony sont aujourd'hui encore soutenus par le régime de Khartoum. Nous constatons enfin, avec amertume, le grave manque d'attention de la presse internationale sur les guerres africaines. Nous invitons donc tous les opérateurs de l'information à donner la parole aux populations souffrantes du nord de l'Ouganda et du Sud du monde en général. (par père Giulio Albanese

(MISNA, Italie, 13/07/2004)
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Nouvelles brèves du 8 au 13 juillet 2004
L’archevêque de Khartoum rêve d’une université dédiée à saint Daniel Comboni
Cap Anamur : un missionnaire, « la majorité des réfugié sont soudanais »
Darfour : paroles, paroles ...
Des réfugiés secourus en mer débarquent finalement en Sicile
Darfour : accord avec le Tchad sur la surveillance de la frontière
Le président el Béchir rencontre son homologue tchadien au Darfour
Darfour : le Soudan invoque un ‘’complot’’
L’Allemagne menace à son tour Khartoum
Jeu de dupes au Darfour
Union africaine : Khartoum doit intervenir contre les janjawid au Darfour
L’archevêque de Khartoum rêve d’une université dédiée à saint Daniel Comboni

L’archevêque de Khartoum, le cardinal Gabriel Zubeir Wako, a parlé encore une fois du projet de l'Université Catholique au Soudan. Dans un discours adressé aux religieux et aux laïcs, et dont le texte a été envoyé hier à la MISNA, le cardinal Wako a rappelé tous les efforts faits pour mettre sur pied une institution éducative de haut niveau en Afrique. Le tout a commencé dans les années 80 sur l'impulsion de la Conférence épiscopale soudanaise, mais qui pourrait également remonter à deux siècles auparavant, lorsque Saint Daniel Comboni a pensé le premier à un tel projet. "Comboni voulait que les personnes, les religieux comme les laïcs, soient dévots et compétents, soient en mesure de contribuer à la régénération de l'Afrique", a dit l’archevêque de Khartoum, " et c'est ce qu'on attend des diplômés d'une telle université”. Le cardinal Wako a souligné les points principaux du débat concernant le projet qu'il avait du reste relancé l'année dernière à l'occasion de la canonisation du missionnaire Daniel Comboni; ces points concernent la recherche de fonds, la manière de préserver l'identité catholique des études dans un contexte essentiellement islamique, le dialogue avec les autres institutions, la garantie de la liberté de l’Université de conditionnements externes, la manière d'insérer dans les études les valeurs catholiques et le message de l'Evangile. Enfin, l’archevêque Wako a proposé que la future université prenne le nom de Saint Daniel Comboni : “C'est lui qui fut le premier pendant deux siècles à exprimer ce rêve et qui croyait fermement à l'importance de l'éducation dans le développement de l'Afrique" a rappelé l'archevêque, en précisant que ce ne sont pas les missionnaires de la congrégation fondé par le saint italien qui ont eu l'idée de lui dédier l'Université mais que plusieurs œuvres ont été déjà réalisées au Soudan en son nom. “Ce projet pourra être réalisé par la volonté Dieu et par la nôtre. Notre mission consiste à planter une graine, qui poussera certainement selon ses propres rythmes. Nous devons seulement faire voir le jour à ce rêve et regarder aussi loin que nos yeux peuvent voir et jusque là où nous réussissons à aller", a-t-il conclu.

(MISNA, Italie – 13/07/2004)
Cap Anamur : un missionnaire, « la majorité des réfugié sont soudanais »

"J'ai été sur la Cap Anamur pendant trois jours aux côtés des 37 réfugiés et je peux vous assurer que la majorité d'entre eux sont d'origine soudanaise. Je voudrais préciser que j'ai vécu pendant 18 ans, en qualité de missionnaire, au Soudan (surtout dans l'ouest) et pendant 18 autres années je me suis trouvé parmi les réfugiés soudanais (provenant du nord, du sud, de l'est et de l'ouest du Soudan) en Egypte". C'est ce que vient de déclarer à l'Agence MISNA père Cosimo Spadavecchia un des deux missionnaires comboniens qui le 10 juillet dernier ont été autorisés à monter à bord de l'embarcation appartenant à l'organisation non gouvernementale allemande Cap Anamur. Père Spadavecchia, expert d'Islam récemment rentré en Italie après une vie passée pendant près de 30 ans au Soudan et en Egypte, a démenti les rumeurs selon lesquelles les réfugiés de la Cap Anamur seraient de nationalité ghanéenne et nigériane. Hier déjà, père Gaspare Trasparano, l'autre combonien qui était monté à bord du bateau, avait souligné à la MISNA que parmi les réfugiés figuraient "un nigérian, un de la Sierra Leone, un libérien et 34 soudanais", probablement en provenance du Darfour, la région isolée du Soudan occidental, théâtre depuis février 2003 d'une guerre interne qui a causé ce que les Nations Unies ont défini "la plus grave crise humanitaire du monde". "Mes constatations sont basées sur leurs noms, sur leur façon de se dire bonjour le matin et le soir, sur leur façon de prier, ceux de religion musulmane comme chrétienne. D'après leurs réactions à la situation désespérée dans laquelle ils se trouvent, nous avons compris qu'ils proviennent d'un théâtre de guerre. Mais surtout, leur origine soudanaise est clairement apparue lors de leur conversation qu'ils ont eu avec moi en arabe comme en anglais" conclut le missionnaire combonien

(MISNA, Italie – 13/07/2004) 
Darfour : paroles, paroles ... 

Les Etats-Unis ont indiqué lundi s’entretenir avec d’autres pays sur d’éventuelles sanctions à prendre contre le Soudan alors que Khartoum, selon Washington, ne respecte pas ses engagements pour mettre rapidement un terme à la violence dans la province du Darfour (ouest). 
"Pour l’instant il y a davantage de paroles que d’actions mais le tableau est très partagé, avec certains rapports qui soulignent des actions positives alors que d’autres font état d’éléments négatifs", a expliqué lundi le porte-parole du département d’Etat Richard Boucher lors d’une conférence de presse. 
Le secrétaire d’Etat Colin Powell a téléphoné à son homologue soudanais au cours du week-end pour lui rappeler les engagements pris lors de la récente visite de M. Powell à Khartoum, qui portaient notamment sur le démantèlement des milices responsables des exactions dans le Darfour, a indiqué M. Boucher. 
Washington continue à préparer une résolution de l’Onu qui permettrait d’appliquer des sanctions contre le Soudan, s’il se révèle que Khartoum bafoue ses engagements, a indiqué M. Boucher, ajoutant toutefois qu’aucune décision ne serait prise avant au moins jeudi, date de retour à New York du secrétaire général de l’Onu Kofi Annan. 
"En attendant, nous continuons à préparer une résolution avec les autres membres (du conseil de sécurité)", a dit Boucher. 
A l’Onu les diplomates ont souligné que l’opposition à des sanctions contre le Soudan était forte, malgré la terrible tragédie humanitaire dont ont déjà été victimes des centaines de milliers de personnes. Les diplomates se sont déjà réunis vendredi pour discuter d’un projet de résolution, mais l’éventuelle adoption de mesures contre Khartoum donne lieu à des oppositions plus importantes que prévu, émanant en particulier du Pakistan et de l’Algérie, ont indiqué des diplomates à l’Onu.

(Aujourd’hui en Afrique Centrale  - 12/07 2004)
Des réfugiés secourus en mer débarquent finalement en Sicile

Un groupe de 37 réfugiés, 34 Soudanais du Darfour, un Sierra-léonais, un Libérien et un Nigerian, viennent de débarquer au port sicilien de Port Empedocle. Ils avaient été secourus il y a une quinzaine de jours par le navire allemand Cap Anamur, qui les a trouvés à la dérive sur un canot, en provenance de Libye. Le sort de ces réfugiés a alimenté de vives polémiques au sein du monde politique italien, car la Cap Anamur a dû rester immobilisée à 15 miles des côtes de Sicile, en attendant l'autorisation de débarquer, liée à des procédures bureaucratiques et nationales pour ainsi dire "compliquées". "Ils ont peur et le moral au plus bas. Ils ne comprennent pas ce qui leur arrive, ils sont très choqués par ce qu'ils ont vécu dans leur pays et par les trois semaines de navigation, qui s'ajoutent au va et vient de journalistes, politiciens, agents humanitaires" raconte à l'agence MISNA Père Cosimo Spadavecchia, missionnaire combonien, qui a passé ces dernières 72 heures aux côtés des réfugiés sur la Cap Anamur. "Ce matin, je suis monté avec eux sur le bus qui nous a emmenés au Centre de permanence temporaire (CPT) d'Agrigento. On m'a dit qu'ils avaient de la chance, parce que paraît-il, ce n'est pas un des pires" poursuit le combonien. Père Cosimo n'a pas pu entrer dans le Centre. Le groupe a été pris en charge par le personnel de la Miséricorde, qui leur a donné de quoi manger et des vêtements. Les forces de l'ordre ont pris leurs empreintes digitales. "Ils ont surtout besoin de soutien psychologique" insiste le missionnaire. Pour en revenir aux problèmes d'ordre "politique", le ministère italien de l'Intérieur a déclaré que c'est à Malte de gérer la question, en précisant que selon les normes internationales qui régulent le secours en mer, le commandant du navire de secours doit transporter les personnes recueillies au port le plus proche, dans ce cas, Malte.

(MISNA, Italie – 12/07/2001)
Darfour : accord avec le Tchad sur la surveillance de la frontière

Les gouvernements du Soudan et du Tchad ont conclu un accord pour éviter que le conflit au Darfour (ouest du Soudan) ne s'étende ultérieurement par delà la frontière soudanaise, en territoire tchadien. Le président soudanais Omar Hassan El Béchir et son homologue tchadien Idriss Déby se sont mis d'accord hier sur la création de patrouilles mixtes chargées de surveiller la frontière. La nouvelle a été référée par la radio officielle de N'Djaména, en précisant que cet accord faisait suite aux nombreuses protestations du gouvernement tchadien à cause des épisodes de violences perpétrés au Tchad par les milices arabes soudanaises Janjawid qui sèment la mort et la destruction de longue date au Darfour. A l'échéance du cessez-le-feu avec le gouvernement, hier les rebelles sont entrés en action au Darfour et ont kidnappé des personnalités proches du gouvernement de Khartoum. Le gouverneur du Darfour Nord (le Darfour compte trois Etats) Osman Kibir a précisé que les rebelles avaient enlevé le chef de toutes les tribus arabes du Darfour Ouest, Al Sadiq Abbas, un juge et un dirigeant de banque dans la ville d'Al Laat, à quelques kilomètres de la capitale du Darfour Nord, El Fasher. On rappelle que depuis février 2003, deux mouvements de rébellion, le Mouvement pour la justice et l'Egalité (JEM) et l'Armée-Mouvement de libération du Soudan (SLA-M), ont déclaré la guerre aux autorités accusées de négliger le Darfour et sa population, majoritairement noire, et d'appuyer les janjawid dans leurs exactions contre les civils. La guerre au Darfour a fait plus d'un million de déplacés, près de 16.000 réfugiés au Tchad et des milliers de morts, entre 10.000 et 30.000 selon les estimations les plus diffusées

(MISNA, Italie – 12/07/2004) 
Le président el Béchir rencontre son homologue tchadien au Darfour

Le président soudanais Omar Hassan El Béchir s'est rendu aujourd'hui dans le Darfour (ouest du Soudan) théâtre de violences depuis près d'un an et demi, pour y rencontrer son homologue tchadien Idriss Déby, selon des sources journalistiques internationales. Le face à face devrait avoir lieu à El-Geneina, principale ville du Darfour occidental, près de la frontière avec le Tchad. Selon l'agence de presse soudanaise SUNA, ce colloque a été précédé d'une réunion entre les ministre de la Défense des deux pays. Il y a quelques jours, les autorités soudanaises, suite à la visite du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan et du secrétaire d'Etat américain Colin Powell, s'est engagé à désarmer les milices arabes nommées "janjawid", qui sont accusées d'agir avec le soutien de l'armée régulière

(MISNA, Italie – 10/07/2004) 
Darfour : le Soudan invoque un ‘’complot’’ 

Le chef de la diplomatie soudanaise Moustafa Osmane Ismaïl (photo) a rejeté les appels à des sanctions contre son gouvernement pour l'amener à régler rapidement la crise au Darfour, rapporte vendredi le quotidien indépendant Al-Raï al-Aam. 
Ces appels "affaiblissent" les efforts déployés par le gouvernement et l'Union africaine pour résoudre la crise et "compliquent" les relations entre le Soudan et les Etats-Unis, a dit M. Ismaïl. 
Selon lui, ces menaces "réduisent la crédibilité des accords conclus dernièrement avec le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan et le secrétaire d'Etat américain Colin Powell" durant leurs visites au Soudan. 
Le gouvernement soudanais s'était engagé samedi au terme d'une visite de M. Annan à désarmer les milices qui lui sont alliées dans le Darfour, dans l'ouest du Soudan. 
M. Powell a appelé jeudi Khartoum à tenir son engagement. "Il nous faut une amélioration immédiate de la situation et si nous ne voyons pas ça, alors les Etats-Unis et la communauté internationale devront envisager d'autres mesures". 
Le secrétaire d'Etat au ministère allemand des Affaires étrangères, Mme Kerstin Mueller, a lancé un appel similaire jeudi. 
M. Ismaïl a accusé des "milieux", qu'il n'a pas nommés, de chercher à "affaiblir le gouvernement plutôt que de résoudre" la question, ajoutant que les menaces "compliquaient les problèmes". Il a accusé ces "milieux" de vouloir "détourner l'attention internationale de la guerre en Irak". 
"Un complot vise le Soudan, son identité, sa structure et nous devons être prudents et prêts à (faire face) à toutes les possibilités", a encore dit le ministre. 
M. Ismaïl s'exprimait à son retour du sommet de l'Union africaine à Addis Abeba. 
Le conflit qui y a éclaté en février 2003 au Darfour entre une rébellion locale et les milices pro-gouvernementales, les djandjawids, a fait environ 10.000 morts, un million de déplacés, ainsi que 100.000 réfugiés au Tchad

(Aujourd’hui en Afrique Centrale  - 09/07 2004)
L’Allemagne menace à son tour Khartoum 

Le secrétaire d’Etat au ministère allemand des Affaires étrangères, Mme Kerstin Mueller, a pressé le gouvernement soudanais de désarmer les milices qui lui sont alliées dans le Darfour (ouest du Soudan), laissant planer la menace de sanctions prochaines décidées par l’ONU. 
Dans un entretien au quotidien allemand Handelsblatt paru vendredi, Mme Mueller a déclaré que "les déclarations de bonnes intentions doivent être rapidement et complètement mises en oeuvre". 
Si le gouvernement de Khartoum ne prend pas des dispositions dans les prochains jours pour améliorer vraiment la situation ou s’il n’essaie pas vraiment de désarmer les milices, "alors je pars du principe que le Conseil de sécurité de l’ONU la semaine prochaine ou au plus tard la semaine d’après va voter une nouvelle résolution", a-t-elle dit. L’adoption d’une nouvelle résolution de l’ONU ouvrirait la voie à des sanctions contre Khartoum. 
Le gouvernement soudanais s’était engagé samedi dernier au terme d’une visite du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, à désarmer les milices qui lui sont alliées dans le Darfour. 
Mme Mueller doit accompagner le chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer dimanche et lundi à Khartoum. 
Le Darfour est le théâtre de la plus grave crise humanitaire en cours dans le monde, selon l’ONU. 
Le conflit qui y a éclaté en février 2003 entre une rébellion locale et les milices pro-gouvernementales, les djandjawids, a fait environ 10.000 morts, un million de déplacés, ainsi que 100.000 réfugiés au Tchad.

(Aujourd’hui en Afrique Centrale  - 09/07 2004)
Jeu de dupes au Darfour 

Le jeu de dupes continue au Darfour, dans l’ouest du Soudan. Un jeu mortel. Soumises aux pressions croissantes de la communauté internationale, les autorités soudanaises ont multiplié, ces derniers jours, les promesses : levée des restrictions imposées aux organisations humanitaires, ouverture de postes de police dans les camps de réfugiés pour recevoir les plaintes des victimes d’exactions, déploiement de 6 000 policiers pour rétablir la sécurité... Pendant ce temps, les violences se poursuivent.
Exodes. Selon l’ONU, plusieurs villages auraient été bombardés la semaine dernière par l’aviation soudanaise, avant que des cavaliers, issus des rangs des milices arabes Jenjawids, finissent le «travail» au sol. En outre, dans le sud du Darfour, des combats entre tribus arabes et africaines auraient provoqué la mort de 70 personnes et l’exode de 35 000 autres, a indiqué à Reuters un parlementaire soudanais de la région. Ils s’ajoutent à un million et demi de réfugiés et déplacés qui ont fui les violences depuis février 2003.
A l’occasion de la visite sur place du secrétaire d’Etat américain Colin Powell, la semaine dernière, Washington avait présenté au Conseil de sécurité un projet de résolution prévoyant des sanctions contre les responsables des Jenjawids. Face à la poursuite des violences, l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch a recommandé l’adoption immédiate de ces sanctions, qui, précise-t-elle, devraient être élargies aux dirigeants de Khartoum. Selon cette ONG, «les Jenjawids ne sont pas un corps indépendant, mais un instrument créé par le gouvernement soudanais». Le Premier ministre britannique a, lui aussi, agité hier la menace de sanctions contre Khartoum. Et le secrétaire d’Etat français aux Affaires étrangères, Renaud Muselier, a appelé les autorités à «prendre» les armes des miliciens.
Epidémies. Le temps presse, alors que la saison des pluies menace d’entraver l’acheminement des secours, tout en décuplant les risques d’épidémies dans les camps de déplacés. «La première cause de mortalité est la diarrhée», a souligné, hier, Médecins sans frontières. L’ONG a également dénoncé la volonté affichée par Khartoum de rapatrier rapidement les déplacés sur leur «territoire d’origine». Un territoire où l’ampleur des destructions commence à peine à apparaître. Se fondant sur des photos satellite prises en mars 2003 puis en mai dernier, au-dessus d’une zone de 32 000 km2 autour de la localité de Mornay, Amnesty International affirme qu’«au moins 44 % des villages y ont été détruits». «Quand on sait (ce qui se passe sur le terrain, ndlr), on a une obligation d’action», a lancé Renaud Muselier, qui s’était rendu fin juin sur place
(Aujourd’hui en Afrique Centrale  - 08/07 2004)

Union africaine : Khartoum doit intervenir contre les janjawid au Darfour

La dramatique situation au Darfour (ouest du Soudan) a monopolisé le deuxième jour du Sommet de l'UA (Union Africaine) à Addis Abeba (Ethiopie) . Le Conseil de sécurité de l'organisme panafricain a demandé au Soudan d'arrêter les milices arabes responsables des violences contre la population de la région, mais souligné qu'il ne fallait pas parler de génocide. "La crise doit être affrontée dans l'urgence" lit-on dans le document rédigé par le Conseil, qui est satisfait du récent engagement du gouvernement de Khartoum à désarmer et à neutraliser les milices janjawid, et l'invite à arrêter et juger ces milices. Le ministre soudanais des Affaires Etrangères Mustafa Osman Ismail, s'est dit satisfait que le mot génocide ait été écarté mais il a rappelé que le Darfour était le théâtre d'une grave crise humanitaire. Les présents au sommet ont également envisagé d'étendre le mandat de la petite mission de maintien de la paix que l'UA devrait envoyer dans la région (environ 300 soldats dans un premier temps) à la protection des 60 fonctionnaires de l'UA chargés de veiller au cessez-le-feu signé en avril entre l'armée et les deux groupes rebelles du Darfour, et des réfugiés au Tchad. Hier soir, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA ont en outre décidé que le siège de l'organisme restera à Addis Abeba et que le Parlement (180 députés) sera basé en Afrique du Sud.

(MISNA, Italie – 08/07/2004)
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Nouvelles brèves du 1er au 7 juillet 2004
Sommet  UA : l’accent sur Darfour, tensions Congo-Rwanda et Côte-d’Ivoire
Tony Blair : ''Khartoum a intérêt à coopérer''
Khartoum ne respecte pas sa parole au Darfour
Le Soudan reconnaît sa responsabilité
Annan : ''La violence doit cesser'' au Darfour
Kofi Annan obtient la promesse de Khartoum de désarmer les milices
Darfour : les rebelles désertent les colloques au Tchad
Kofi Annan : que le gouvernement arrête les incursions des milices arabes
En présence de Powell et Annan, Khartoum annonce son engagement dans le Darfour
Kofi Annan visite le Darfour
Sommet  UA : l’accent sur Darfour, tensions Congo-Rwanda et Côte-d’Ivoire 

La première journée du Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union Africaine (UA), réunis hier à Addis Abeba, en Ethiopie, ne pouvait ne pas se pencher sur les conflits. L'agenda des travaux s'est articulé autour des trois scénarios les plus complexes du continent: la guerre et la crise humanitaire au Darfour (ouest du Soudan), les tensions entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda et l'instabilité en Côte d'Ivoire. La journée a commencé par un discours du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui a dénoncé la terrible situation au Darfour, où il s'est rendu en visite ces derniers jours. Parlant devant une quarantaine de présidents et de premiers ministres du continent – l'UA compte 53 Etats d'Afrique hormis le Maroc – M. Annan a déploré le "risque d'une catastrophe humanitaire encore plus grave" au Darfour, où la guerre déclenchée en février 2003 – qui dure depuis bien plus longtemps en réalité – "pourrait déstabiliser toute la région". Le secrétaire général de l'ONU a réaffirmé son soutien aux efforts de l'UA pour garantir le cessez-le-feu entre l'armée soudanaise et deux mouvements rebelles, signé en avril mais non respecté. Hier, le gouvernement de Khartoum a justement présenté un plan pour contrecarrer les milices arabes janjawid qui commettent des violences contre les populations sédentaires noires, essentiellement de religion musulmane comme leurs agresseurs. Le ministre de l'Intérieur Abdelrahim Mohammed Hussein a dit avoir ordonné le déploiement de la police militaire dans le Darfour et l'ouverture de petits commissariats dans tous les camps de réfugiés, qui accueillent plus d'un million de déplacés dans la région (on estime que 150.000 personnes ont pris la fuite au Tchad). Kofi Annan s'est également dit préoccupé par la récente recrudescence de violence et les violations des droits humains en République Démocratique du Congo, par l'instabilité qui perdure en Côte d'Ivoire et par la tension persistante entre l'Ethiopie et l'Erythrée". Deux "mini-sommets" ont été organisés sur les crises les plus délicates, soit les rapports entre Congo et Rwanda et l'impasse en Côte d'Ivoire. Dans le premier cas, les participants ont prévu un mécanisme de vérification qui prévoie des réunions régionales périodiques pour apaiser les tensions entre Kinshasa et Kigali. Le président de l République Démocratique du Congo Joseph Kabila était cependant absent à cette réunion, ayant envoyé un ministre pour le représenter. En ce qui concerne la Côte d'Ivoire, Kofi Annan a annoncé un sommet à Accra (Ghana) le 29 juillet avec tous les acteurs de la crise, gouvernement, opposition et ex-rebelles, pour "relancer le processus de réconciliation". A part ces deux réunions spécifiques, le sommet de l'UA a pris la décision importante d'envoyer 300 soldats de maintien de la paix au Darfour, pour protéger les déplacés au Soudan et les réfugiés au Tchad. Ce petit contingent sera composé, pour commencer, de soldats nigérians et rwandais et peut-être de Tanzanie et du Botswana.

(MISNA, Italie – 07/07/2004) 
Tony Blair : ''Khartoum a intérêt à coopérer'' 

Le Premier ministre britannique Tony Blair (photo) a menacé mercredi le gouvernement soudanais de sanctions s’il ne coopérait pas pour acheminer l’aide alimentaire aux populations du Darfour. 
"L’aide alimentaire est là-bas mais nous devons maintenant être en mesure de l’acheminer à la population", a déclaré M. Blair au cours de la séance hebdomadaire de questions au Premier ministre à la chambre des Communes. 
"Nous devons aussi être capables de contrôler les activités des milices", a-t-il ajouté. 
"Nous avons une série de plans et de propositions mais je veux être très clair: nous attendons du gouvernement du Soudan (qu’il agisse) et s’il ne coopère pas, nous devrons voir quelles mesures nous prendrons", a poursuivi Tony Blair. 
"Mais il n’est pas acceptable que l’aide soit sur place et qu’elle ne puisse être distribuée aux personnes déplacées", a-t-il souligné. M. Blair a également assuré les députés que "les Etats-Unis et le Royaume-Uni (avaient) pris la tête de l’aide" aux populations du Darfour. 
De son côté, la France a accentué sa pression mercredi sur le gouvernement de Khartoum en mettant en garde contre un drame humanitaire "épouvantable" au Darfour à l'approche de la saison des pluies et en l'exhortant à "prendre" les armes des milices si elles refusent de désarmer. 
Le Darfour est le théâtre de la plus grave crise humanitaire en cours dans le monde, selon l’Onu. 
Le conflit qui y a éclaté en février 2003 entre une rébellion locale et les milices pro-gouvernementales a fait environ 10.000 morts, un million de déplacés, ainsi que 100.000 réfugiés au Tchad. 
Le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan a appelé mardi à Addis Abeba la communauté internationale à agir pour éviter "une catastrophe humanitaire encore plus grande" au Darfour, ajoutant que la guerre civile "pourrait déstabiliser la région". 

(Aujourd’hui en Afrique Centrale  - 07/07 2004)
Khartoum ne respecte pas sa parole au Darfour 

Les combats continuent au Darfour, empêchant l'acheminement de l'aide aux populations civiles, malgré les récentes pressions exercées par le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan et le secrétaire d'Etat américain Colin Powell, ont rapporté mardi des responsables onusiens. Durant le week-end écoulé, les combats se sont intensifiés dans le sud de la région.
"Malgré les espoirs sincères que ces visites avaient soulevés, violence et insécurité se poursuivent", a déclaré la porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), Christiane Berthiaume. "La situation ne s'est pas améliorée, le degré d'insécurité complique vraiment une situation humanitaire qui est déjà particulièrement difficile", a-t-elle ajouté lors d'un point de presse. 
MM. Annan et Powell ainsi que plusieurs hauts responsables mondiaux se sont rendus récemment en visite au Darfour ainsi qu'à Khartoum pour demander aux autorités soudanaises de faire cesser les violences commises par les milices pro-gouvernementales arabes "djandawids" à l'encontre des populations africaines dans cette région de l'ouest du Soudan. 
Mais Mme Berthiaume a souligné que les rebelles de l'Armée de libération du Soudan (ALS), qui se sont soulevés l'an dernier contre Khartoum, étaient également responsables de la poursuite des combats. 
"Il faut être très clair: l'insécurité au Darfour n'est pas le fait que des djandjawids, mais aussi de l'ALS", a-t-elle déclaré. 
Durant le week-end écoulé, les combats se sont intensifiés dans le sud de la région vaste comme la France, forçant 600 ruraux à se réfugier dans la ville d'Ed Daein. 
Cependant, selon le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), les combats se situent au sud-est de la ville de Nyala où les forces gouvernementales et les milices ont lancé une offensive la semaine dernière contre les rebelles. 
Des civils ont rapporté que "leurs villages ont été bombardés par des appareils Antonov et par des hélicoptères", a déclaré la porte-parole du HCR, Jennifer Pagonis. 
"Ensuite, nous disent-ils, des combattants venus en camion, à cheval, ou à dos de chameau ont tué des hommes, des femmes et des enfants, violé des femmes, dérobé leurs biens et leur bétail et incendié leurs maisons", a-t-elle ajouté

(Aujourd’hui en Afrique Centrale  - 06/07 2004)
Le Soudan reconnaît sa responsabilité 

Khartoum s’est engagé samedi à désarmer les milices qui lui sont alliées dans le Darfour, faciliter l’action humanitaire et oeuvrer à un règlement politique de la crise dans cette région de l’ouest du Soudan.
Trois exigences présentées par les Etats-Unis et l’Onu. 
Dans un communiqué conjoint publié par le gouvernement soudanais et l’Onu au terme de la visite du secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, les autorités soudanaises se sont engagées à "entamer immédiatement le désarmement des Djandjawids et autres groupes armés hors-la-loi". 
Lors d’une conférence de presse à l’issue d’un entretien vendredi soir avec le président Omar al-Béchir, M. Annan avait exigé que Khartoum fasse cesser la violence au Darfour et que les Djandjawids, milices pro-Khartoum accusées de massacres à l’encontre de la population d’origine négro-africaine au Darfour, soient désarmés. 
Khartoum s’est en outre engagé dans le communiqué à déployer "une force de police forte, crédible et respectée dans toutes les zones (où se trouvent) des personnes déplacées ainsi que dans les régions qui pourraient être le théâtre d’attaques", et s’assurer "qu’il n’y a pas de milices dans toutes les zones entourant les camps de déplacés". 
Il a assuré que le retour des réfugiés dans leurs foyers "serait effectué de manière volontaire" et non forcée. 
Le gouvernement proclame en outre sa détermination à "déférer en justice sans délai tous les individus et groupes accusés de violations des droits de l’Homme". 
Le conflit au Darfour, théâtre de la plus grave crise humanitaire dans le monde selon l’Onu, a fait depuis février 2003 environ 10.000 morts, un million de déplacés qui vivent dans des conditions précaires, ainsi que 100.000 réfugiés au Tchad. 
Le gouvernement soudanais se déclare par ailleurs déterminé à "reprendre les pourparlers politiques sur le Darfour" avec les mouvements rebelles "au plus vite pour parvenir à une solution globale acceptable pour toutes les parties". Il assure "accueillir favorablement le rôle de la communauté internationale dans l’aide à appliquer un éventuel accord de paix au Darfour". 
Des négociations politiques entre Khartoum et les deux groupes rebelles, Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE) et Mouvement de libération du Soudan (MLS), doivent se tenir le 15 juillet à Addis Abeba. 
En outre, Khartoum promet de "lever tous les obstacles" entravant l’action des organisations humanitaires internationales dans le Darfour. Le texte précise notamment que les "restrictions de visas seront suspendues pour tous les travailleurs humanitaires" et qu’ils auront "la liberté de mouvement au Darfour". 
M. Annan avait affirmé vendredi avoir obtenu des engagements directs du président soudanais consistant à éliminer tous les obstacles bureaucratiques entravant l’acheminement de l’aide humanitaire aux déplacés et à assurer la sécurité de la population civile dans cette région. 
Selon le communiqué, Khartoum et l’Onu ont convenu de former "un mécanisme conjoint de haut niveau", co-présidé par le ministre soudanais des Affaires étrangères et le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu, pour contrôler l’application des engagements pris par le gouvernement soudanais dans une période de 90 jours. 
La visite de M. Annan, qui s’est également rendu dans des camps de réfugiés du Darfour, avait coïncidé avec un déplacement du secrétaire d’Etat Colin Powell, qui avait présenté au général Béchir trois exigences pour régler la crise: contrôler les milices arabes pro-gouvernementales accusées de massacrer la population au Darfour, permettre aux organisations humanitaires d’y travailler et entamer des négociations avec les deux mouvements rebelles.

(Aujourd’hui en Afrique Centrale  - 03/07 2004)
Annan : ''La violence doit cesser'' au Darfour 

Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a exigé vendredi des autorités de Khartoum qu’elles fassent cesser la violence au Darfour et a dit avoir obtenu du président soudanais Omar al-Béchir la promesse que les responsables d’atrocités dans cette région seraient jugés. 
"La violence doit cesser", a affirmé M. Annan lors d’une conférence de presse à Khartoum après avoir discuté avec M. Béchir de la crise humanitaire dans la région du Darfour (ouest du Soudan), en proie à la guerre civile depuis février 2003. 
"Les Djandjawid doivent être désarmés", a-t-il ajouté, faisant référence aux milices pro-Khartoum accusées de massacres au Darfour. 
Le secrétaire général s’exprimait lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre des Affaires étrangères soudanais Moustafa Osmane Ismaïl. 
M. Annan a affirmé avoir obtenu une série d’engagements directs du président soudanais consistant à éliminer tous les obstacles bureaucratiques entravant l’acheminement de l’aide humanitaire aux déplacés et à assurer la sécurité de la population civile dans cette région. 
M. Béchir a également promis que les autorités soudanaises arrêteraient et jugeraient les personnes impliquées dans des massacres au Darfour, a indiqué M. Annan, précisant que le président soudanais s’était engagé à dédommager les victimes. 
M. Annan a averti contre le manque de moyens pour faire face à la situation, soulignant que l’Onu possédait moins de la moitié des fonds nécessaires pour éviter une famine au Darfour et au Tchad. Il n’a pas donné de précisions sur les sommes nécessaires. 
L’Onu et Khartoum sont d’autre part convenus de mettre en place un mécanisme de haut niveau pour contrôler l’application des engagements pris par le gouvernement soudanais pour régler la crise. 
"Nous avons mis au point un programme de 90 jours" pour que le gouvernement remplisse ses engagements, a dit M. Annan, précisant que, durant ce délai, l’Onu, pour sa part, augmenterait le nombre de son personnel et de son matériel disponible, comme les camions, pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire aux sinistrés, a indiqué M. Annan. 
M. Annan a aussi critiqué Khartoum dans sa gestion de la crise, affirmant que "le gouvernement était lent à garantir l’accès de l’aide humanitaire". 
Quand on lui a demandé si le Conseil de sécurité agirait contre Khartoum si le gouvernement ne remplit pas ses engagements, comme il avait menacé de le faire auparavant, le secrétaire général s’est contenté de dire: "Je ne peux pas indiquer ou dire ce que le Conseil fera". "S’il y a un problème nous le traiterons", a-t-il ajouté en rappelant que les deux parties allaient mettre en place "un système de contrôle de haut niveau".

(Aujourd’hui en Afrique Centrale  - 03/07 2004)
Kofi Annan obtient la promesse de Khartoum de désarmer les milices

"Le gouvernement soudanais s'engage à commencer immédiatement le désarmement des (miliciens arabes) janjawid et des autres groupes armés hors-la-loi et à consentir l'accès aux observateurs des droits de l'Homme". Ces propos sont tenus dans un communiqué conjoint souscrit par les autorités de Khartoum et par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, au terme de la visite de ce dernier au Soudan dans sa tentative d'arrêter la guerre et la grave crise humanitaire dans la région du Darfour (ouest du Soudan). A travers ce document, le régime islamique du président Hassan Omar el-Béchir assume devant la communauté internationale la responsabilité de mettre fin aux violences des janjawid, accusés d'agir contre la population avec le soutien de l'armée soudanaise. "Le gouvernement du Soudan et les Nations Unies sont d'accord pour créer un mécanisme conjoint de mise en oeuvre de ce qui est convenu" précise le document.

(MISNA, Italie -  03/07/2004) 
Darfour : les rebelles désertent les colloques au Tchad

Les rebelles du Darfour, région à l'ouest du Soudan théâtre d'une insurrection et d'une grave crise humanitaire, ne participent pas aux colloques annoncés pour aujourd'hui au Tchad par les autorités de Khartoum et accusent le gouvernement d'avoir violé la fragile trêve signée en avril. Il y a deux jours, le ministre américain des Affaires Etrangères Colin Powell et le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, avaient rencontré les autorités de Khartoum; suite aux entretiens et à la forte pression internationale, le régime islamique soudanais avait garanti une reprise immédiate des négociations à N'Djamena, capitale du Tchad. Aujourd'hui, les rebelles ont démenti avoir été invités aux négociations. Minni Arcua Minnawi, secrétaire général de l'Armée-Mouvement de libération du Soudan (SLA-M) a déclaré à l'agence Reuters n'avoir reçu aucune indication concernant la reprise du dialogue, raison pour laquelle son groupe n'y participe pas; le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), l'autre formation armée du Darfour, a déclaré par le biais d'un porte-parole ne pas vouloir prendre part aux négociations parce que les milices arabes pillent et incendient encore les villages. Ces milices de "janjawid" sont formées de nomades qui commettent des incursions à cheval ou à dos de chameau contre la population non arabe, mais essentiellement musulmane. Selon l'ONU, la crise au Darfour a provoqué plus d'un million de déplacés, environ 150.000 réfugiés au Tchad et des milliers de morts. Depuis El-Fasher, capitale du nord-Darfour, où s'est rendu en visite hier Kofi Annan, le ministre soudanais chargé des Affaires humanitaires Ibrhaim Mahmud Hamid a déclaré aux journalistes que les problèmes dans la région diminuaient et que la situation humanitaire s'améliorait. Au même moment, les agences humanitaires de l'ONU dénonçaient le risque que la saison des pluies empêche l'acheminement des aides. Aujourd'hui, le secrétaire général des Nations Unies au Tchad a averti que les réfugiés en provenance du Darfour risquaient d'augmenter. Selon certaines sources, ils seraient déjà 200.000. Sans secours rapides, des épidémies de choléra et de dysenterie risquent de se développer, au point de pousser l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a envisager jusqu'à 10.000 victimes dans la région

(MISNA, Italie - 02/7/2004) 
Kofi Annan : que le gouvernement arrête les incursions des milices arabes

« Le gouvernement doit maîtriser les milices de Janjawid et ne pas combatte à leurs côtés": c'est ce qu'a déclaré le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, en parlant d'al-Facher, la capitale de la région du Darfour septentrional, où il s'est rendu aujourd'hui en visite à un camp de réfugiés. Annan a rencontré les évacués, plus d'un million dans le Soudan occidental, contraints d'abandonner leurs maisons et leurs villages pour fuir aux attaques des miliciens arabes Janjawid, soutenus par l'armée de Khartoum (une accusation que le régime soudanais a toujours rejeté). “Le gouvernement a la responsabilité de faire régner l'ordre et la loi pour permettre aux populations de reprendre une vie normale" a ajouté Annan. “Nous sommes tous d'accord sur le fait que la sécurité est extrêmement importante. Toutes les mesures possibles doivent être adoptées pour garantir la sécurité de sorte que les civils puissent revenir dans la zone" a-t-il ajouté, en parlant d'un camp de réfugiés situé à 17 kilomètres d'al-Facher. Le numéro un de l'ONU a rencontré le gouverneur du Darfour-nord, Mohammad Osmane Kibir, ainsi que le ministre de l'Intérieur soudanais Abdel Rahim Hussein. Annan a réaffirmé la disponibilité de l'ONU à travailler avec les autorités locales sur le front humanitaire. Le risque est qu'il soit trop tard: Jan Egeland, coordinateur de l'ONU pour les Affaires humanitaires, a déclaré aujourd'hui que "nous devons admettre d'être arrivés tard au Darfour". Le régime islamique de Khartoum pendant près de deux mois avait bloqué l'accès aux aides: à présent, selon les opérateurs humanitaires, ce sont 350.000 personnes qui risquent de mourir de faim et des maladies d'ici la fin de l'année. “La seule chose que l'on repère en abondance dans cette zone sont les armes: il est plus facile de trouver un kalachnikov qu'un bout de pain" a déclaré Egeland aux journalistes. Le désastre, en partie, est déjà survenu: selon les Nations Unies au Darfour est en cours "la plus grave crise humanitaire de la planète", provoquée par les attaques des milices nomades janjawid contre les populations noires, en grande partie de religion musulmane. Depuis février 2003, deux formations armées locales – l’Armée-mouvement de libération soudanaise (SLA-M) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) – ont levé les armes contre l'armée, accusant Khartoum d'armer les janjawid et revendiquant une majeure participation dans la gestion des ressources du Darfour. Depuis mardi le secrétaire d'Etat américain Colin Powell se trouve lui aussi au Soudan, ayant rencontré Annan hier soir à Khartoum; dans une conférence de presse conjointe avec Powell le ministre des Affaires étrangères soudanais a annoncé une série d'initiatives des autorités de Khartoum pour désarmer les milices arabes, engager des négociations avec les rebelles et permettre l'acheminement des aides humanitaires.

(MISNA, Italie - 01/07/2004)
En présence de Powell et Annan, Khartoum annonce son engagement dans le Darfour

Au moins dix étudiants originaires du Darfour – la région occidentale où un conflit est en cours depuis 15 mois, provoquant une grave crise humanitaire – ont été blessés dans des affrontements avec la police tandis qu'ils tentaient de remettre un document au secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, en visite hier à Khartoum pour des colloques avec le gouvernement relatifs à la situation du pays et dans cette région. C'est ce qu'a déclaré un porte-parole de l'Union des étudiants de l'université de la capita