Nouvelles brèves

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2004


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Nouvelles brèves du  18 au 31 décembre 2004
Attente pour signature protocole gouvernement – SPLA en vue accord final
Les principaux points de l'accord de paix inter-soudanais
Paix au sud du Soudan: accord sur les derniers points en suspens
Darfour : les rebelles critiquent la médiation de l’UA et se retirent
Au Darfour, un village attaqué , mort d’un agent de MSF
Suspension des colloques, l’insécurité chasse les humanitaires
L’Union Européenne lance un ultimatum aux groupes armés au Darfour
Attente pour signature protocole gouvernement – SPLA en vue accord final

Le président du Soudan Omar el-Béchir et celui d'Afrique du Sud Thabo Mbeki sont attendus aujourd'hui à Naivasha, au Kenya, pour la signature du dernier protocole qui devrait ouvrir la voie à un accord final de paix entre le gouvernement de Khartoum et le principal groupe rebelle du Sud Soudan, en guerre depuis 21 ans, le conflit le plus long du continent. Ils ont tous deux quittés la capitale du Soudan, où le chef d'Etat sud-africain se trouvait en visite, pour se rendre à Nairobi. De là ils rejoindront Naivasha, localité située à environ 80 kilomètres, où se déroule la dernière phase de la négociation longue et complexe ouverte entre les deux parties. Les derniers obstacles sur la voie de la paix semblent être tombés hier lorsque le vice-président soudanais Ali Osman Taha et le chef de l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA), John Garang, se sont mis d'accord sur un cessez-le-feu permanent et sur les détails de réalisation des contenus de l'accord de paix final. La souscription de l'entente globale – sauf des renvois imprévus de dernière minute – a déjà été fixée pour le 9 janvier prochain au Kenya; depuis plusieurs mois la communauté internationale a exercé des pressions sur les deux parties en présence pour qu'elles parviennent à une entente finale d'ici à fin 2004, qui mette fin au conflit entre le gouvernement islamique de Khartoum et le sud du pays, à majorité animiste et chrétienne, riche en gisements de pétrole. En novembre, à l'occasion d'une séance extraordinaire du Conseil de sécurité de l'Onu à Nairobi, le gouvernement et les rebelles se sont engagés à signer la paix d'ici la fin de l'année. On calcule que depuis 1983 la guerre a provoqué plus de 2 millions de morts, surtout à cause de la faim et de maladies; dans ce pays, le plus étendu de l'Afrique avec ses plus de 2,5 millions de km2, le conflit a également causé près de 4 millions de déplacés.

(MISNA, Italie – 31/12/2004

Les principaux points de l'accord de paix inter-soudanais  
Voici les principaux points de l'accord de paix intersoudanais devant mettre fin à 21 ans de guerre, le plus long conflit en cours en Afrique, qui doit être officiellement signé courant janvier à Nairobi. 
Cet accord doit englober les différents protocoles d'accord conclus jusqu'à présent entre les deux parties depuis le début des négociations en 2002, qui n'entreront en vigueur qu'une fois la paix conclue. 
- Autonomie et référendum sur l'indépendance: 
Un protocole d'accord de paix entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), signé en juillet 2002, offre au sud une période d'autonomie de six ans. 
A l'issue de cette période, le sud du pays, majoritairement chrétien et animiste, doit se prononcer sur son maintien dans le pays ou son accession à l'indépendance lors d'un référendum organisé sous supervision internationale. 
Les deux parties ont convenu en 2002 de reprendre la délimitation entre le sud et le nord établie par l'administration britannique en 1956. 
- Partage du pouvoir: 
Selon un protocole signé en mai 2004, les rebelles et les autorités de Khartoum formeront un gouvernement d'unité nationale avec une administration décentralisée. 
La SPLA disposera également d'une administration semi-autonome dans le sud du pays, exemptée de la Charia (loi islamique) qui prévaut au nord. 
Le chef rebelle John Garang deviendra le premier vice-président. Des élections générales seront organisées à la fin de la troisème année de la transition. 
L'anglais et l'arabe seront les langues officielles. Les habitants du sud se verront réservés 30% des postes dans la fonction publique nationale. 
- Partage des ressources: 
Selon un protocole signé en janvier 2004, les revenus pétroliers provenant des puits du sud, où la plupart des ressources pétrolières du Soudan se trouvent, seront partagés 50-50 entre le gouvernement national et celui du sud, après avoir donné 2% de revenu à l'Etat où sera produit le pétrole. 
Les communautés où est extrait le brut, qui se trouvent essentiellement dans le sud, auront leur mot à dire dans les contrats d'extraction. 
Une commission nationale du pétrole, composée de représentants des deux gouvernements, doit être mise en place pour décider de la politique pétrolière et négocier les contrats d'exploitation. 
La moitié des richesses non issues du pétrole, essentiellement les impôts et taxes, collectées dans le sud par le gouvernement national doivent être allouées au gouvernement autonome du sud, sous supervision d'une commission conjointe. 
Un double système bancaire doit être mis en place, avec un système islamique (où il est interdit de percevoir des intérêts) dans le nord et un système conventionnel dans le sud, où sera créée une branche spéciale de la Banque centrale du Soudan. 
La Banque centrale doit émettre une nouvelle monnaie avec des dessins reflétant la diversité culturelle du pays. 
- Sécurité: 
Selon un protocole signé en septembre 2003, plus de 100.000 soldats de l'armée gouvernementale basée dans le sud du Soudan et les rebelles de la SPLA déployés dans les Monts Nuba (centre) et dans la province du Nil bleu méridional (centre) se retireront, les premiers vers le nord, les seconds vers le sud. 
Ces mouvements de troupes s'effectueront sous contrôle international. 
La coordination de ces deux forces sera faite par un commandement conjoint composé des deux parties. 
Lors de la période intérimaire, les deux parties contribueront en nombre égal aux unités intégrées conjointes (JIU, Joint Integrated Units) de l'armée déployées dans le nord et le sud du pays. 
Les JIU seront déployées à hauteur de 24.000 soldats dans le sud du Soudan, 6.000 dans les Monts Nuba, 6.000 dans le Nil bleu méridional et 3.000 dans la capitale Khartoum. 

(A.F.P, Nairobi, 30 déc 2004)

Paix au sud du Soudan: accord sur les derniers points en suspens 

Le gouvernement de Khartoum et les rebelles sudistes de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) se sont mis d'accord jeudi sur les deux derniers points en suspens, ouvrant ainsi la voie à la signature d'un accord de paix global en janvier qui mettra un terme à 21 ans de guerre. 
"Un accord de paix final sera signé à Nairobi le 9 janvier", a indiqué à l'AFP un responsable de la médiation, précisant qu'il s'agirait "d'un accord complet, incluant tous les protocoles et les annexes". 
Avec cet accord global, le Soudan, plus vaste pays d'Afrique, devrait tourner définitivement la page du conflit le plus long actuellement en cours sur le continent et qui a fait 1,5 million de morts et quatre millions de déplacés. 
"Ils se sont finalement mis d'accord sur le cessez-le-feu et sur les modalités d'application" de l'accord de paix, a indiqué à l'AFP un médiateur ayant requis l'anonymat depuis la ville kényane de Naivasha, où se tiennent les discussions. 
Les délégations du gouvernement et des rebelles sudistes sont menées respectivement par le vice-président soudanais, Ali Osmane Taha et le chef de la SPLA, John Garang. 
La signature des deux protocoles, dont les détails n'ont pas été communiqués à la presse jeudi, sera effectuée vendredi à 15H00 locales (12H00 GMT) à Naivasha (80 km au nord-ouest de Nairobi), a précisé un responsable du ministère kényan des Affaires étrangères. 
Il s'agissait des deux derniers points qui bloquaient la conclusion des négociations de paix entamées au Kenya début 2002. 
La guerre opposait le nord arabo-musulman au sud à majorité chrétienne animiste, qui s'estimait marginalisé par le régime de Khartoum. 
Sous une intense pression internationale, notamment américaine, Khartoum et la SPLA s'étaient engagées le 19 novembre dernier à conclure un accord de paix définitif "le 31 décembre 2004 au plus tard", devant le Conseil de sécurité des Nations unies réuni exceptionnellement à Nairobi. 
Ces deux dernières années, les deux parties ont déjà signé une série d'accords portant notamment sur le partage du pouvoir - le chef rebelle devenant le premier vice-président - et celui des richesses à hauteur de 50/50, notamment de l'importante rente pétrolière. 
Les réserves pétrolières du Soudan sont estimées à plus de 2 milliards de barils, dont 700 millions de barils de réserves prouvées, selon des sources officielles. Les gisements se trouvent essentiellement dans le centre et le sud du pays. 
Le président américain George W. Bush a par ailleurs pressé le président soudanais Omar el-Béchir de signer un accord de paix global avec la rébellion sudiste, dans un message qu'il lui a adressé à l'occasion du 49ème anniversaire de l'indépendance du Soudan. 
"Nous espérons que la signature imminente d'un accord de paix à Naivasha (avec la rébellion du sud) sera un puissant stimulant pour la paix au Soudan et la base de solides relations entre nos deux peuples", a dit le président américain dans son message reproduit jeudi par l'agence officielle soudanaise Suna. 
M. Bush a d'autre part souhaité que le président Béchir fasse un pas "important et final" pour conclure l'accord (avec le sud) en soulignant que les Etats-Unis et la communauté internationale accorderont leur soutien à quiconque oeuvre pour la paix au Soudan, selon Suna. 
Cet accord ne concerne pas la région du Soudan encore déchirée par un conflit, le Darfour (ouest). Depuis près de deux ans, une guerre civile y a fait 70.000 morts ainsi que 1,6 million de déplacés ou réfugiés. 

(A.F.P, Nairobi, 30 déc 2004)

Darfour : les rebelles critiquent la médiation de l’UA et se retirent

"Le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) rejette la médiation de l'Union africaine (UA) et ne participera plus aux colloques de paix sur le Darfour organisés à Abuja par l'UA" a déclaré hier Khalil Ibrahim, représentant du JEM, l'un des deux groupes combattants de la région occidentale du Soudan. Dans une interview à l'agence britannique Reuters, Khalil Ibrahim a déclaré que les colloques d'Abuja étaient un échec et demandé à ce que les Nations Unies se chargent de la médiation dans les prochaines phases de négociations. Il a également demandé à ce que la mission d'observation de l'UA au Darfour soit remplacée par un contingent international sous l'égide de l'ONU. Le leader de l'autre groupe armé actif au Darfour, l'Armée de libération du Soudan (SLA), a lui aussi déclaré que l'Union africaine avait complètement échoué dans son monitorage du cessez-le-feu et dans sa tâche de forcer Khartoum à mettre fin aux attaques et aux violences. Le SLA n'a pas encore pris de décision sur sa participation à la prochaine tournée de négociations prévue en janvier. Le porte-parole de l'UA Adem Thiam a dit que malgré les critiques, l'organisation panafricaine chercherait encore une solution à la crise au Darfour, en cours depuis presque deux ans, depuis le soulèvement du SLA et du JEM contre le gouvernement, accusé de négliger la région et de ne rien faire pour protéger la population des attaques de milices arabes janjawid. La Commission de l'UA a entre temps fait savoir que le déploiement de renforts arrivés ces jours-ci de Gambie (197 hommes) pour épauler plus de 3.000 éléments chargés de surveiller le cessez-le-feu a été effectué. Les nombreuses violations de la trêve ont amené à l'impasse de la dernière phase de négociations, durant laquelle les parties auraient dû affronter la question politique à la base de la crise, après les signatures de protocoles d'accord sur les questions de sécurité et humanitaires.

(MISNA, Italie – 24/12/2004)

Au Darfour, un village attaqué , mort d’un agent de MSF

Le village de Labado, dans le Darfour Sud, a été détruit dans un raid des forces gouvernementales et il est à présent totalement abandonné; la seule victime portée à notre connaissance pour l'instant est un agent local de Médecins sans frontières (MSF). C'est l'organisation humanitaire elle-même qui a appris la mort de son agent, dans l'attaque perpétrée vendredi dernier, à travers des collaborateurs de la victime qui sont allés se réfugier dans la ville de Shariya. "Le village a été incendié et toute la population (27.000 habitants) a fui dans les localités voisines" a raconté à la MISNA Tom Koene, coordinateur des opérations de MSF au Darfour. L'agent de MSF a été tué devant le dépôt de l'organisation, alors qu'il n'était pas en service. "Les habitants affirment que l'attaque a été menée par voie aérienne par les forces gouvernementales et par voie terrestre par des milices arabes Janjawid" a poursuivi notre interlocuteur, en précisant qu'il est actuellement impossible de fournir un bilan des victimes civiles. Les premiers habitants en fuite sont arrivés à pied à Shariya, à 50 kilomètres au nord de Labado, et à Kalma, à 100 kilomètres à l'ouest, où les équipes locales de MSF ont apporté les premiers secours. On ignore où a fui le reste de la population et un groupe de 29 agents de MSF qui œuvraient dans un centre nutritionnel et dans une clinique. L'attaque de Labado confirme la reprise de violences dans la région occidentale du Soudan, en dépit de la trêve signée en avril entre les parties en lutte. Les organisations humanitaires ont de plus en plus de mal à faire leur travail à cause de l'insécurité sur le terrain. Hier, les négociations de paix entre le gouvernement de Khartoum et les deux groupes rebelles actifs dans la région, l'Armée-Mouvement de libération du Soudan (SLA-M) et le Mouvement pour la Justice et l'égalité (JEM) ont été suspendues jusqu'en janvier. Le conflit au Darfour a été déclenché en février 2003 avec l'insurrection du SLA-M et du JEM contre Khartoum, accusé de négliger la région et sa population, sujette aux attaques des janjawid. La crise a fait de nombreuses victimes (plusieurs dizaines de milliers selon les Nations Unies, 5.000 selon Khartoum), un million et demi de déplacés et 200.000 réfugiés au Tchad.

(MISNA, Italie – 22/12/2004) 

Suspension des colloques, l’insécurité chasse les humanitaires

Les négociations de paix portant sur le Darfour, en cours à Abuja (Nigeria), prennent fin cet après-midi et reprendront en janvier, selon l'Union Africaine. Elles devraient se terminer par l'un des deux face à face prévus aujourd'hui entre le président nigérian, Olusegun Obasanjo et, d'une part la délégation du gouvernement de Khartoum, de l'autre celle des deux groupes rebelles, SLA-M et JEM. La note de l'UA précise que les parties se sont engagées à respecter le cessez-le-feu signé en avril dernier. Les nombreuses violations de cette trêve, surtout ces deux derniers mois, ont conduit à l'impasse dans cette troisième phase de négociations, qui aurait dû affronter la question politique étant à la base de la crise, une fois que les parties avaient signé lors des deux précédentes sessions deux protocoles d'enquête sur les aspect de sécurité et de tutelle humanitaire. Pendant ce temps, la situation sur le terrain au Darfour empire: aujourd'hui, l'une des organisation humanitaire les plus actives dans la vaste région ouest-soudanaise (théâtre depuis presque deux ans de combats et de violences responsables d'une grave crise humanitaire) a annoncé qu'elle allait suspendre toutes ses activités et qu'elle allait quitter la région. Il s'agit de l'ONG britannique Save the Children, qui a perdu au cours de ces deux derniers mois 4 se ses agents, dans deux embuscades.

(MISNA, Italie, 21/12/2004)

L’Union Européenne lance un ultimatum aux groupes armés au Darfour

La Commission de l'Union Africaine (UA) de vérification du cessez-le-feu au Darfour (région de l'ouest du Soudan théâtre d'affrontements et de violences depuis presque deux ans) a lancé hier un ultimatum aux deux principaux mouvements combattants actifs dans la région pour qu'ils cessent leurs récentes actions belliqueuses, qui contrastent avec l'esprit censé animer les colloques de paix en cours au Nigeria. Des sources de l'UA affirment que l'organisme menace de prendre des mesures concrètes et a donné aux groupes armés jusqu'à cet après-midi 18 h 00 pour fournir des réponses sérieuses à cette requête. La Commission a été également particulièrement sévère à l'encontre du gouvernement de Khartoum, accusé hier par le chef de la mission d'observation militaire de l'UA au Darfour d'avoir procédé à une vaste mobilisation de troupes dans toute la région. Il a été ordonné aux deux groupes antigouvernementaux SLA-M et JEM de mettre fin aux attaques contre les activités commerciales et les infrastructures de l'Etat, notamment les postes de police". La réaction à l'ultimatum pourrait être déterminante pour la suite des colloques de paix, a fait savoir Sam Ibok, le représentant de l'UA qui guide les négociations sur le Darfour à Abuja. La crise au Darfour, formellement déclenchée en février 2003 par le soulèvement des deux groupes d'autodéfense populaire contre des bandes de pillards arabes (janjawid), qui auraient le soutien du gouvernement (musulman), a provoqué jusqu'à ce jour des milliers de victimes (5.000 selon le gouvernement, des dizaines de milliers selon les Nations Unies), plus d'un million et demi de déplacés et 200.000 réfugiés au Tchad. 

(MISNA, Italie – 18/ 12/ 2004)
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Nouvelles brèves du  14 au 16 décembre 2004

Soudan: plus de 1,6 million de déplacés du Darfour, selon l'Onu
Washington allège les sanctions contre Cuba, l'Iran et le Soudan
Les rebelles du Darfour se retirent des pourparlers de paix en protestant contre les attaques de Khartoum
Pillage et combats continuent au Darfour
Dépasser le maintien de la paix au Soudan
Le gouvernement soudanais annonce l'arrêt de l'offensive militaire au Darfour
Un pays entre guerre et paix
U.A., « Khartoum suspend l’offensive militaire »
Le président demande le prorogation de l’Etat d’urgence
Soudan: plus de 1,6 million de déplacés du Darfour, selon l'Onu

Le conflit du Darfour, province de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile depuis février 2003, a fait environ 1,65 million de déplacés sur une population totale d'environ 2,3 millions d'habitants, ont indiqué mercredi les Nations unies dans un communiqué.
Malgré la dégradation de la situation, notamment du point de vue de la sécurité, les agences et organisations humanitaires réussissent à aider environ 80% des personnes déplacées, ajoute le texte, signé de Radhia Achouri, porte-parole du représentant spécial de l'Onu au Soudan, Jan Pronk.
Jusque-là, l'Onu évaluait à environ 1,5 million le nombres de personnes déplacées par ce conflit qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts.
Selon le communiqué de l'Onu, 6.653 travailleurs humanitaires, dont 788 expatriés, sont présents dans cette région désertique grande comme la France, soit un travailleur humanitaire pour 348 bénéficiaires. "Ce nombre devrait augmenter dans les mois à venir", ajoute le texte.
Le conflit du Darfour oppose depuis février 2003 les autorités de Khartoum à des rebelles qui affirment se battre pour un meilleur partage des richesses et un meilleure représentation de la population noire.
La communauté internationale accuse les djandjawids, des milices arabes pro-gouvernementales armées par Khartoum pour combattre les rebelles, de terroriser les civils de la région et de s'être livrés à des massacres et des atrocités à grande échelle, ayant entraîné l'exode des Noirs de la région.
Mercredi, le gouvernement soudanais a accepté d'arrêter son offensive militaire au Darfour, ce qui pourrait permettre la reprise des pourparlers de paix intersoudanais d'Abuja, destinés à mettre fin à ce conflit à l'origine, selon l'Onu, de la plus grave crise humanitaire en cours sur la planète.
Par ailleurs, le gouvernement soudanais a accepté mercredi d'arrêter son offensive militaire au Darfour (ouest du Soudan), une décision qui pourrait permettre la reprise des pourparlers de paix inter-soudanais d'Abuja, bloqués depuis deux jours par le retrait des mouvements rebelles.
Les deux mouvements rebelles du Darfour, qui avaient quitté la table des négociations lundi, n'avaient pas immédiatement réagi à cette annonce.
Cet arrêt de l'offensive militaire a été annoncé par les médiateurs de l'Union Africaine (UA) et confirmé par la délégation gouvernementale soudanaise à Abuja.
Cette troisième série de négociations vise à tenter de mettre fin à ce conflit qui ravage la province du Darfour depuis 2003 et a fait environ 70.000 morts et plus d'un million de déplacés ou de réfugiés
Le conflit du Darfour constitue la plus grave crise humanitaire dans le monde à l'heure actuelle, selon l'ONU.
"Le gouvernement soudanais s'est engagé à stopper son opération militaire en cours (au Darfour), et nous lui avons indiqué que nous allions vérifier cette information afin que nous puissions reprendre les pourparlers en session plénière", a déclaré le chef des médiateurs de l'UA, Sam Ibok.
"Si nous trouvons, lors de nos vérifications, que cette information est exacte, alors cela devrait conduire à une large discussion sur les dossiers politiques", a-t-il déclaré.
Le porte-parole s'exprimait après une rencontre entre les médiateurs de l'UA et les responsables de la délégation du gouvernement soudanais.
Deux mouvements rebelles du Darfour boycottent depuis lundi ces pourparlers de paix qui se tiennent dans la capitale nigériane et l'UA tente de les faire revenir à la table des négociations.
Le Mouvement de libération du Soudan (SLM) et du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) ont accusé le gouvernement soudanais de violer régulièrement le cessez-le-feu.
Le SLM a également accusé Khartoum de préparer une grande offensive sur le terrain, selon un médiateur de l'UA et le JEM a, lui, accusé mercredi Khartoum de lui "déclarer la guerre".
"Nous sommes prêts à reprendre les négociations si le gouvernement du Soudan retire immédiatement ses troupes des zones reprises sur nos forces et qu'elles reviennent sur leurs positions" d'avant la signature du cessez le feu en avril, avait précisé le négociateur en chef du JEM, Ahmed Mohammed Tugod, avant l'annonce du gouvernement soudanais.
Le porte-parole gouvernemental soudanais à Abuja Ibrahim Mohammed a confirmé que Khartoum était d'accord pour un arrêt des opérations militaires.
"Lors de la rencontre (avec l'UA) nous avons assuré que nous avions contacté Khartoum et que nous sommes d'accord pour arrêter les opérations militaires (offensives)", a-t-il dit. "Arrêter les opérations signifie un retour sur les positions initiales, ce qui veut dire un retrait des troupes", a-t-il ajouté.
"En même temps, les rebelles doivent mettre fin à leurs attaques parce que notre devoir et notre responsabilité en tant que gouvernement est de défendre tout notre peuple", a déclaré le porte-parole.
Sur le terrain, l'armée allemande prévoit de commencer jeudi une opération d'assistance logistique à la commission africaine d'observation du cessez-le-feu au Darfour. La Bundeswehr va assurer le transport d'environ 200 soldats gambiens et 12 tonnes d'équipement de la capitale gambienne Banjul jusqu'au Darfour, en passant par le Tchad.
Le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Walter Lindner, a qualifié mercredi la situation au Soudan de "très inquiétante et dramatique". "Il y a des violations massives de l'accord du cessez-le-feu (...) Le côté dramatique de la situation a augmenté et pour cette raison la nécessité d'aider là-bas est grande", a-t-il continué.

(AFP, Montréal, Québec, Canada - 16/12/2004 )
Washington allège les sanctions contre Cuba, l'Iran et le Soudan 

Les Etats-Unis ont allégé mercredi les sanctions contre Cuba, l'Iran et le Soudan, trois Etats jugés dangereux par Washington, afin de faciliter les échanges littéraires, culturels et scientifiques avec ces pays.
Un nouveau règlement du département du Trésor autorise les Américains à s'engager librement dans des activités d'édition avec des individus et des groupes dans ces trois pays.
Des restrictions à "certaines interactions" avec les gouvernements locaux seront maintenues, a indiqué le Trésor dans un communiqué, sans en préciser l'ampleur.
Robert Werner, directeur du Bureau de contrôle des biens étrangers, chargé de faire appliquer les sanctions, a indiqué que les personnes cherchant à publier des auteurs cubains, iraniens et soudanais aux Etats-Unis, ou à faire publier leurs propres ouvrages dans ces trois Etats, pourront désormais le faire "sans demander la permission" préalable de son bureau.
"Cette règle apporte de la clarté et promeut des politiques importantes visant au libre échange des idées, sans mettre en cause les objectifs de sécurité nationale de ces sanctions", a-t-il ajouté.
Les sanctions américaines contre Cuba, l'Iran et le Soudan interdisent la plupart des échanges, notamment commerciaux, avec ces pays, Washington considérant qu'ils soutiennent le terrorisme, attentent aux libertés fondamentales et sont dirigés par des gouvernements répressifs.
Ces trois pays figurent sur la liste, dressée par le département d'Etat américain, des Etats soutenant le terrorisme.
Le département d'Etat a d'ailleurs insisté sur le fait que la plupart des sanctions restaient en place en raison de leur caractère "décisif pour les intérêts américains".
La levée des restrictions dans le domaine culturel intervient alors que deux actions en justice sont engagées contre le secrétaire au Trésor John Snow et d'autres responsables gouvernementaux, au motif que ces sanctions limitent le libre échange des idées et sont donc anticonstitutionnelles.
La première plainte a été déposée en septembre par l'Association des éditeurs américains, les auteurs du PEN Center et d'autres groupes. L'Iranienne Shirin Ebadi, Prix Nobel de la Paix, a formulé la seconde en octobre.
Les plaignants estiment que la répression des échanges scientifiques et culturels leur a coûté près de 30 millions de dollars d'amendes depuis 1993.
Ils citent notamment le cas du musicien Ry Cooder, condamné à 25.000 dollars d'amendes pour avoir collaborer avec des Cubains pour produire le fameux album du Buena Vista Social Club.
Quand Ry Cooder a souhaité participer au second album, les autorités américaines lui ont d'abord refusé l'autorisation, puis ont accepté à condition qu'il renonce à tout profit, selon les avocats de la partie plaignante.
Même les travaux des dissidents cubains et iraniens ne peuvent pas être publiés aux Etats-Unis sous les règles actuelles, ont-ils précisé.
"Des travaux d'importance décisive pour l'avancée de la science et notre compréhension des affaires internationales peuvent désormais être publiés sans peur de sanctions", se sont-ils félicités. 

(AFP Washington -  16 décembre 2004 )
Les rebelles du Darfour se retirent des pourparlers de paix en protestant contre les attaques de Khartoum 

Les pourparlers de paix destinés à mettre un terme au conflit dans le Darfour ont été suspendus mardi à la suite du retrait des délégations des mouvements rebelles qui entendaient ainsi protester contre les violations du cessez-le-feu par le gouvernement de Khartoum.
Le mouvement armé de libération du Soudan (SLM/A) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) se sont retirés lundi soir des pourparlers de paix d'Abuja, la capitale du Nigeria, le premier jour des négociations.
"Nous suspendons notre participation aux pourparlers jusqu'à ce que la situation sur le terrain s'améliore et que le gouvernement soudanais s'engage résolument à cesser toute offensive," a indiqué mardi à IRIN Bahar Ibrahim, le porte-parole du SLM/A.
Le JEM a fait savoir qu'il suspendait sa participation en raison des violations répétées du cessez-le-feu et qu'il exigeait aussi de Khartoum la libération de ses membres emprisonnés par les autorités soudanaises..
"Ces deux conditions sont un préalable à toute reprise des négociations," a indiqué Ahmed Tugod Lissan, le porte-parole du JEM. Les observateurs dépêchés par les 53 pays membres de l'Union africaine qui préside la quatrième série de négociations ont signalé que les deux partis avaient violé le cessez-le-feu au cours des derniers mois. Ce conflit dans l'ouest du Soudan sévit depuis deux ans et a déplacé plus de 1,6 millions de personnes.
Les représentants du gouvernement soudanais ont condamné le retrait des rebelles et (ont explique que ) les attaques de Khartoum (arguant qu'elles) étaient menées en représailles aux harcèlements des forces rebelles et visaient à dégager les routes bloquées et à protéger les populations civiles.
"Si les rebelles cessent leurs harcèlements, nous arrêterons les actions de représailles," a dit à IRIN Ibrahim Mohammed, le porte-parole de la
délégation du gouvernement de Khartoum.
Selon Ibrahim Mohammed, Khartoum est prêt à poursuivre les pourparlers."Seule une solution politique négociée peut résoudre le problème du Darfour et le retrait des rebelles des pourparlers ne peut qu'engendrer plus de violence dans le Darfour."
Les médiateurs de l'UA ont passé la journée à relancer la dynamique de paix, rencontrant séparément les rebelles et les représentants du gouvernement soudanais pour tenter de concilier les différentes positions et reprendre les négociations.
"Nous avons mené des consultations aujourd'hui avec toutes les parties concernées et espérons reprendre les pourparlers très bientôt," a indiqué Alassane Ba, le porte-parole de l'UA, sans donner plus de précision.
Le conflit du Darfour a éclaté en février 2003 lorsque des mouvements de rebelles ont pris les armes contre les autorités de Khartoum, les accusant d'avoir abandonné et opprimé pendant des années les populations de la région. Pour tenter d'écraser la rébellion, le gouvernement soudanais s'est appuyé sur une milice arabe, les Janjawid, qui, selon les rebelles, s'attaquent aux populations civiles et commettent des meurtres, des viols et incendies.
Pour l'ONU, le conflit du Darfour est la plus grave crise humanitaire au monde. Des dizaines de milliers de personnes y ont perdu la vie et plus de 2,3 millions de personnes ont besoin d'une aide urgente.
L'UA entendait boucler la quatrième série de pourparlers de paix d'ici le 22 décembre, après l'établissement d'une feuille de route politique pour mettre un terme à la guerre dans la région, mais les retards successifs ont compromis les négociations.
L'arrivée tardive de certains délégués a retardé d'un jour l'ouverture de la conférence qui a donc été reportée au samedi et des coupures de courant ont contraint les organisateurs à ajourner le début des pourparlers.
(Mais) Les discussions politiques ont été reléguées au second plan car les accords signés en novembre et portant les aspects humanitaires et sécuritaires du conflit n'ont pas été respectés.
Alors que les négociations à Abuja sont suspendues, le gouvernement soudanais et le troisième groupe de rebelles, le mouvement national pour la reconstruction et le développement (MNRD), engageaient mardi dernier des pourparlers dans la capitale tchadienne N'Djaména.
Le nouveau groupe, le MNRD, négocie séparément avec les autorités de Khartoum, même si la plupart de ses revendications sont identiques à celles des deux principaux groupes rebelles. Toutefois le ministre des Affaires étrangères du Tchad a tenu a précisé que les négociations en cours à N'djamena allaient dans le même sens que l'initiative d'Abuja

(All Africa. Com 15/12/2004)
Pillage et combats continuent au Darfour

Les combats continuent entre des groupes armés rivaux dans la région de Nyala au Sud Darfour, ce qui a interrompu les opérations de l'ONU dans ce secteur. Les agences humanitaires font par ailleurs savoir que des milices ont pénétré dans les camps de Kalma pour piller des objets personnels et du bétail.
« La Mission de l'ONU au Soudan fait état de combats continus entre groupes armés rivaux dans la région de Nyala au Sud Darfour ce qui soulève de sérieuses préoccupations parmi le personnel humanitaire », a indiqué aujourd'hui le porte parole du Secrétaire général lors de son point quotidien avec la presse, au Siège de l'ONU à New York.
« Les opérations et mouvements de l'ONU ont été suspendus pour cause d'insécurité », a annoncé le porte-parole.
« Les agences humanitaires ont fait savoir que des milices avaient pénétré dans certains secteurs du camp de Kalma dans la soirée du 13 décembre, tirant en l'air et pillant des objets personnels dans des huttes et du bétail appartenant à des personnes récemment arrivées », a-t-il ajouté.
Hier, lors d'une conférence de presse au Siège à New York, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan exposait que l'aboutissement des négociations de paix Nord/Sud et la conclusion d' un accord global pour le Soudan conduira au déploiement d'une mission « complète » de maintien de la paix à long terme dans le pays 

(Nations Unies New York,  15/12/2004)
Dépasser le maintien de la paix au Soudan

Optimiste quant à l'issue des négociations de paix Nord/Sud à Nairobi, qui doivent aboutir à un accord global pour le Soudan, le Représentant spécial a aujourd'hui exposé les plans d'une mission complète de l'ONU dans le pays, éclairant par ailleurs le regain des tensions après la signature des accords du 19 novembre 2004. 
« Vous êtes peut-être sceptiques » a-t-il affirmé, « mais [les parties aux négociations de Nairobi] vont y arriver » et c'est pourquoi nous allons préparer le déploiement de notre mission complète, dans tout le pays, après que le Conseil de sécurité aura donné mandat, a déclaré aujourd'hui le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, Jan Pronk, lors d'une conférence qui s'est tenue au Siège de l'ONU à New York 
Jan Pronk a réitéré sa condamnation du meurtre de deux travailleurs humanitaire hier au Darfour, indiquant que les auteurs pourraient appartenir à l'Armée de libération du Soudan (SLA), et qu'en toute hypothèse, même s'il ne s'agissait pas d'un crime prémédité, les chefs des groupes rebelles devaient savoir qu'ils seraient tenus pour responsables de ces actes
Selon le Représentant spécial, la dernière résolution du Conseil de sécurité de Nairobi sur les accords Nord/Sud a été interprétée par les rebelles et le Gouvernement comme étant en retrait par rapport aux positions antérieures, ce qui les a poussé à renforcer leurs positions. 
Quant à l'ALS, estimant qu'elle « n'obtenait pas de répondant politique », elle a décidé littéralement « de combattre pour parvenir à la table des négociations », ce qui a conduit aux interventions à Tawila 
Ces derniers ont finalement été convaincus, notamment grâce à  l'Union africaine, de participer aux négociations de la semaine dernière « d'Abuja III ». Il existe donc « certains progrès » dans les discussions politiques En toute hypothèse, a estimé Jan Pronk, il n'y aura pas d'accord au Darfour sans un accord entre le Nord et le Sud, qui se poursuivent à Nairobi au plus haut niveau . 
« Les chances sont positives », a-t-il indiqué, précisant que la discussion achoppait sur les modalités de financement de l'armée et sa taille. Pour l'instant, a-t-il précisé, il est important de laisser les parties négocier seules afin qu'elle puissent aller au bout des promesses faites lors de la séance exceptionnelle du Conseil de sécurité à Nairobi 
Interrogé sur le lien entre les négociations Nord/Sud au Soudan et la situation au Darfour, Jan Pronk a indiqué qu'il fallait des négociations politiques entre des mouvements rebelles qui n'ont que peu d'expérience en matière de négociation, qui sont jeunes et qui ne sont que peu représentatifs. 
« Je ne doute pas de la volonté politique du Vice-Président du Soudan », a-t-il affirmé, mais il faut aussi la capacité, notamment de pouvoir « vendre » un accord à la base que l'on représente. 
A cet égard, Jan Pronk a indiqué que « les puissances devraient jouer de leur pouvoir », ou plutôt faire un « usage constructif de leur pouvoir ». Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, « qui ont tous le même intérêt à la paix », devraient peser de leur poids, ne serait-ce que pour que les négociateurs puissent, en réponse à leur « base », invoquer les pressions d'un front unifié. 
« On peut faire tant de choses, diplomatiquement et politiquement, sans recourir au dernier ressort que sont les sanctions » a par ailleurs précisé le Représentant spécial, ajoutant : « la force relève de la défense d'une attaque extérieure, elle devrait être domestique ». 
Répondant à une journaliste qui lui demandait quel était le scénario après la signature d'un accord global de paix, Jan Pronk a indiqué qu'une cérémonie de signature devrait avoir lieu en Afrique, à Nairobi, en présence de chefs d'Etat. 
Le Conseil de sécurité devrait alors, aussi rapidement que possible, donner mandat, vers la troisième semaine de janvier, à une mission complète de l'ONU, qui devrait être pleinement déployée en six mois, dans différentes régions du Sud-Soudan. 
Selon Jan Pronk, cette force devrait compter entre 9 000 et 10 000 troupes, déployées sur le terrain pendant six ans, jusqu'au référendum et après pour suivre sa mise en oeuvre. 
« Ils partiront alors, mais l'ONU restera », a précisé le Représentant spécial, car le plan ne vise pas seulement une mission d'appui à la paix mais une mission globale s'étendant aussi au développement, afin de répondre aux causes profondes du conflit, qui n'ont jamais été traitées.

(Nations Unies, New York, 14/12/2004)
Le gouvernement soudanais annonce l'arrêt de l'offensive militaire au Darfour 

Le gouvernement soudanais a accepté mercredi d'arrêter son offensive militaire au Darfour (ouest du Soudan), une décision qui pourrait permettre la reprise des pourparlers de paix inter-soudanais d'Abuja, bloqués depuis deux jours par le retrait des mouvements rebelles. 
Les deux mouvements rebelles du Darfour, qui avaient quitté la table des négociations lundi, n'avaient pas immédiatement réagi à cette annonce. 
Cet arrêt de l'offensive militaire a été annoncé par les médiateurs de l'Union Africaine (UA) et confirmé par la délégation gouvernementale soudanaise à Abuja. 
Cette troisième série de négociations vise à tenter de mettre fin à ce conflit qui ravage la province du Darfour depuis 2003 et a fait environ 70.000 morts et plus d'un million de déplacés ou de réfugiés. 
Le conflit du Darfour constitue la plus grave crise humanitaire dans le monde à l'heure actuelle, selon l'ONU. 
"Le gouvernement soudanais s'est engagé à stopper son opération militaire en cours (au Darfour), et nous lui avons indiqué que nous allions vérifier cette information afin que nous puissions reprendre les pourparlers en session plénière", a déclaré le chef des médiateurs de l'UA, Sam Ibok. 
"Si nous trouvons, lors de nos vérifications, que cette information est exacte, alors cela devrait conduire à une large discussion sur les dossiers politiques", a-t-il déclaré. 
Le porte-parole s'exprimait après une rencontre entre les médiateurs de l'UA et les responsables de la délégation du gouvernement soudanais. 
Deux mouvements rebelles du Darfour boycottent depuis lundi ces pourparlers de paix qui se tiennent dans la capitale nigériane et l'UA tente de les faire revenir à la table des négociations. 
Le Mouvement de libération du Soudan (SLM) et du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) ont accusé le gouvernement soudanais de violer régulièrement le cessez-le-feu. 
Le SLM a également accusé Khartoum de préparer une grande offensive sur le terrain, selon un médiateur de l'UA et le JEM a, lui, accusé mercredi Khartoum de lui "déclarer la guerre". 
"Nous sommes prêts à reprendre les négociations si le gouvernement du Soudan retire immédiatement ses troupes des zones reprises sur nos forces et qu'elles reviennent sur leurs positions" d'avant la signature du cessez le feu en avril, avait précisé le négociateur en chef du JEM, Ahmed Mohammed Tugod, avant l'annonce du gouvernement soudanais. 
Le porte-parole gouvernemental soudanais à Abuja Ibrahim Mohammed a confirmé que Khartoum était d'accord pour un arrêt des opérations militaires. 
"Lors de la rencontre (avec l'UA) nous avons assuré que nous avions contacté Khartoum et que nous sommes d'accord pour arrêter les opérations militaires (offensives)", a-t-il dit. "Arrêter les opérations signifie un retour sur les positions initiales, ce qui veut dire un retrait des troupes", a-t-il ajouté. 
"En même temps, les rebelles doivent mettre fin à leurs attaques parce que notre devoir et notre responsabilité en tant que gouvernement est de défendre tout notre peuple", a déclaré le porte-parole. 
Sur le terrain, l'armée allemande prévoit de commencer jeudi une opération d'assistance logistique à la commission africaine d'observation du cessez-le-feu au Darfour. La Bundeswehr va assurer le transport d'environ 200 soldats gambiens et 12 tonnes d'équipement de la capitale gambienne Banjul jusqu'au Darfour, en passant par le Tchad. 
Le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Walter Lindner, a qualifié mercredi la situation au Soudan de "très inquiétante et dramatique". "Il y a des violations massives de l'accord du cessez-le-feu (...) Le côté dramatique de la situation a augmenté et pour cette raison la nécessité d'aider là-bas est grande", a-t-il continué

(AFP, Abuja – 15/12/2004)
Un pays entre guerre et paix 

La situation se détériore à nouveau au Darfour. Les négociations ont repris pour mettre fin au conflit opposant le nord et le sud du pays depuis 1981.
Des négociations de paix interrompues, d’autres qui reprennent : la journée d’hier a été révélatrice des tendances contradictoires qui secouent le plus grand pays d’Afrique. Les représentants du Mouvement pour la libération du Soudan (SLM) et du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), les deux groupes rebelles du Darfour, ont annoncé lundi en soirée qu’ils suspendaient leur participation aux négociations entamées samedi à Abuja sous l’égide de l’Union africaine (UA).
Cette troisième cession de pourparlers était destinée à trouver une issue pacifique au conflit entre les rebelles et le gouvernement soudanais qui, depuis 2003, a fait plus d’un million de déplacés et 70 000 morts dans cette province de l’ouest soudanais. Elle intervient alors que la situation dans le Darfour connaît depuis plusieurs semaines une nouvelle aggravation. La reprise du cycle - attaques des groupes rebelles-représailles massives de Khartoum et des milices pro-gouvernementales entraîne de nouveau le déplacement de milliers de personnes depuis le début du mois. Nombre d’organisations d’aide aux déplacés ont par ailleurs été contraintes de réduire leurs activités en raison de cette insécurité qui n’épargne pas leurs employés, comme l’a montré la mort dimanche de deux travailleurs d’une ONG britannique.
Mais sur un autre front, des perspectives de paix semblent exister. « Nous sommes très optimistes. Nous pensons qu’il est possible d’arriver à un accord mettant un terme
à la plus longue guerre d’Afrique », a déclaré, lundi à l’Humanité, Yassir Araman, porte-parole du Mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLM). Les négociations entre ce mouvement rebelle du Sud soudanais et le gouvernement central pour mettre un terme à un conflit qui, depuis 1981, a fait près de deux millions de morts et quatre millions de déplacés, ont repris hier après deux jours d’interruption. Depuis le 6 décembre, les deux parties sont réunies au Kenya pour mettre un point final aux pourparlers qu’ils ont entamés il y a plusieurs années. « Techniquement, l’accord est déjà là puisque nous avons résolu les questions essentielles », souligne Yassir Arman. Des protocoles portant sur le partage des richesses et du pouvoir durant la période intérimaire de six ans censée précéder l’organisation d’un référendum d’autodétermination dans le sud du pays ayant déjà été signés, il ne reste plus qu’à « déterminer leur modalité d’application » et à « parvenir à un cessez-le-feu définitif », rappelle le porte-parole du SPLM.
Le règlement du conflit va-t-il aider à celui du Darfour ? C’est, semble-t-il, le pari fait par beaucoup. « Si les négociations entre le gouvernement et le SPLM sont couronnées de succès, cela aura un impact positif sur la crise au Darfour », estime Yassir Arman. « Le problème du Darfour est celui d’une marginalisation politique, économique, sociale et culturelle. Or l’accord de Niavasha entre le Nord et le Sud fournit des solutions pour des cas similaires. Par ailleurs, la signature de la paix entre le Nord et le Sud va changer la configuration politique. Il y aura une atmosphère différente avec un nouveau gouvernement. »
L’idée que l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement comportant des membres du SPLM, durant la période prévue pour la transition, devrait aider à résoudre les autres problèmes du pays semble partager par le Conseil de sécurité des Nations unies. Lors de sa réunion exceptionnelle à Nairobi, à la mi-novembre, ce dernier a décidé de remettre la pression sur les accords Nord-Sud, après avoir adopté durant l’été plusieurs résolutions consacrées à la crise au Darfour. La stratégie qui consistait à brandir des sanctions contre le gouvernement soudanais pour les violations massives des droits de l’homme a été abandonnée. Cette fois, la résolution n’a porté que sur le conflit entre le gouvernement et le SPLM. L’un et l’autre ont été poussés à signer un mémorandum dans lequel ils s’engageaient à trouver un accord définitif avant la fin 2004.
Ce pari d’inscrire le règlement de la crise au Darfour dans une solution plus globale est une réponse à la stratégie du gouvernement soudanais. Ce dernier n’a cessé de menacer d’interrompre les négociations avec le SPLM chaque fois que la communauté internationale s’est faite plus menaçante sur le Darfour. Mais les écueils restent nombreux. Interrogé le 3 décembre par Radio France internationale et l’Humanité, Khalil Ibrahim, dirigeant du Mouvement pour la justice et l’égalité, un des groupes rebelles du Darfour, a expliqué que son mouvement « n’attendait rien d’une arrivée au pouvoir du SPLM ». Estimant que le gouvernement « essaye d’affaiblir et de diviser le SPLM pour qu’il n’ait plus ni valeur ni pouvoir », il a précisé : « Nous ne comptons par sur Garang [le dirigeant du SPLM - NDLR] pour nous aider parce qu’il ne pourra même pas s’aider lui-même. »
Par ailleurs, Khalil Ibrahim a affirmé à plusieurs reprises que son mouvement est « national » et « vise la transformation du pouvoir à Khartoum ». Des déclarations qui laissent peu d’espace à une solution négociée. L’apparition durant ces derniers mois de nouveaux groupes armés au Nord et à l’ouest du pays - rappelle par ailleurs que la contestation du monopole des richesses et du pouvoir par une petite élite nordiste concerne toutes les régions du pays. Or la difficulté est que le cadre des négociations entre le Nord et le Sud, en excluant tout autre interlocuteur que le SPLM et le gouvernement, a justement redonné une légitimité et des perspectives d’avenir à ce pouvoir islamiste pourtant en grande partie responsable de l’accumulation des frustrations.

(l’Humanité, 15/12/2004, Camille Bauer)
U.A., « Khartoum suspend l’offensive militaire »

Le gouvernement soudanais a accepté de suspendre l'offensive militaire en cours au Darfour, la vaste région de l'ouest soudanais théâtre depuis presque deux ans d'affrontements à l'origine d'une très grave crise humanitaire. C'est ce qu'ont annoncé aujourd'hui les médiateurs de l'Union africaine (UA) aux colloques de paix en cours à Abuja (Nigeria). Selon les sources de l'UA, la décision de Khartoum pourrait permettre la reprise des négociations suspendues lundi dernier avec le retrait des deux principaux groupes combattants antigouvernementaux (SLA-M et JEM) en signe de protestation contre de récentes attaques de l'armée. Sam Ibok, le chef des médiateurs de l'UA, a souligné qu'après avoir "vérifié la suspension de l'offensive militaire gouvernementale, les négociations pourraient finalement reprendre en session plénière". La crise au Darfour, formellement déclenchée en février 2003 par le soulèvement des deux groupes d'autodéfense populaire contre des bandes de pillards arabes (janjawid), qui auraient le soutien du gouvernement (musulman), a provoqué jusqu'à ce jour des milliers de victimes (5.000 selon le gouvernement, des dizaines de milliers selon les Nations Unies), plus d'un million et demi de déplacés et 200.000 réfugiés au Tchad.

(MISNA, Italie – 15/12/2004)
Le président demande le prorogation de l’Etat d’urgence

Le président soudanais Omar el-Béchir a demandé au Parlement de prolonger d'un an l'état d'urgence (qui arrive à échéance le 31 décembre prochain) décrété dans le pays à cause du conflit en cours dans le Darfour, la région occidentale à la frontière avec le Tchad. C'est ce que rapporte l'agence de presse nationale, Suna, en précisant que el-Béchir a également demandé au Parlement de proroger de six mois la législature en cours et le mandat de quelques responsables du gouvernement, dont les noms n'ont pas été communiqués. Selon la Suna, ces deux mesures permettront de faire face aux développements liés à la signature d'un accord de paix avec les indépendantistes du Sud Soudan (attendue pour la fin de l'année) et de préparer la période de transition de six ans qui devrait aboutir à un référendum d'autodétermination pour les populations du sud du pays. Pendant ce temps, le destin des colloques de paix, en cours à Abuja (Nigeria) et organisés par l'Union Africaine (UA), est incertain. En effet, hier soir les délégations des deux groupes rebelles du Darfour – l'Armée de libération du Soudan (SLA-M) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) – ont suspendu leur propre participation aux négociations, dénonçant les attaques continues des forces gouvernementales soudanaises contre leurs propres positions sur le territoire. Les rebelles ont déclaré en particulier posséder des informations relatives à une vaste opération militaire que Khartoum serait prête à lancer dans les jours à venir. Les deux parties en présence s'accusent réciproquement depuis plusieurs semaines de violer le cessez-le-feu souscrit en avril dernier. De telles violations ont également été vérifiées par les médiateurs de l'UA, selon qui le nombre de violations "certifiées" (par la commission spéciale pour le cessez-le-feu) au cours de ces deux derniers mois a doublé, passant de 13 en septembre aux 52 enregistrées entre octobre et début décembre. Les médiateurs de l'UA essaient de convaincre les délégués des deux mouvements rebelles du Darfour à se rasseoir à la table des négociations, mais il semblerait que pour le mouvement leurs représentants restent fermes sur leur position

(MISNA, Italie – 14/12/2004)

 
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Nouvelles brèves du 12 au 14 décembre 2004
L'UA tente de relancer les pourparlers après le retrait des rebelles
Khartoum négocie avec les rebelles du MNRD –
Reprise des négociations de paix au Darfour le 13 décembre, mais la situation reste critique sur le terrain
Négociations mardi entre Khartoum et rébellion du MNRD ( officiel)
Humanitaires tués et pourparlers suspendus au Darfour
Ouverture de la première plénière de négociations
Deux opérateurs humanitaires meurent dans une embuscade au Darfour
Les président égyptien et soudanais discutent de la crise du Darfour

 

L'UA tente de relancer les pourparlers après le retrait des rebelles

Les médiateurs de l'Union africaine (UA) tentaient mardi de relancer à Abuja les pourparlers intersoudanais sur le Darfour, suspendus depuis le retrait, la veille, des délégations rebelles alors que les violences continuent sur le terrain. 
Lundi soir, les représentants du Mouvement de libération du Soudan (SLM) et du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) ont annoncé leur décision de se retirer des négociations accusant le gouvernement soudanais de violer régulièrement l'accord de cessez-le-feu. 
Le SLM a également accusé Khartoum de préparer une grande offensive sur le terrain, selon un médiateur. 
Les deux délégations rebelles ne se sont pas présentées mardi matin au centre international de conférence, contrairement à ce qu'avait espéré la médiation. 
"Notre position n'a pas changé, nous ne participons pas à la réunion qui était prévue pour ce matin", a déclaré à l'AFP le porte-parole du JEM, Ahmed Mohammed Tugod. 
"Nous n'avons pas révisé notre position, nous en restons à ce que nous avons dit hier", a indiqué, pour sa part, le porte-parole du SLM, Ibrahim Bahar. 
Les médiateurs de l'UA poursuivaient mardi leurs consultations avec leurs partenaires internationaux, comme l'Union Européenne, la Ligue Arabe et les Nations Unies, ainsi qu'avec les représentants de la rébellion. 
"Nous sommes en consultation entre partenaires internationaux de la médiation parce que le SLM insiste sur le fait qu'il ne participera pas aux discussions tant que le gouvernement du Soudan n'arrêtera pas ses préparatifs pour une grosse offensive sur le terrain", a déclaré à l'AFP par téléphone un membre de la médiation africaine. 
"La communauté internationale estime aussi que l'attitude du gouvernement n'est pas responsable et ne créé pas un environnement propice aux négociations", a ajouté cette source qui a souhaité garder l'anonymat. 
Le porte-parole de l'UA, Assane Ba, a précisé à l'AFP que les médiateurs "cherchent avec les partenaires quelle mesure prendre" et qu'il doivent rencontrer mardi après-midi la délégation du SLM et probablement plus tard celle du JEM pour tenter de les ramener à la table des négociations. 
Ces pourparlers d'Abuja visent à trouver une issue pacifique au conflit qui ravage la province du Darfour depuis février 2003 et a fait quelque 70.000 morts et plus d'un million de déplacés ou réfugiés, créant une très grave crise humanitaire. 
Sur le terrain, les violences continuent. Le comité de surveillance du cessez le feu de l'UA a dénombré 13 violations du cessez-le-feu en septembre, et 52 entre octobre et début décembre. 
Lundi soir, l'Onu a annoncé que deux employés soudanais de l'ONG britannique Save the Children ont été tués dimanche par des tirs contre leur convoi dans le sud du Darfour. 
L'Onu a immédiatement décidé de suspendre ses opérations humanitaires dans cette région du Soudan: "Nos opérations humanitaires au Darfour sud sont actuellement suspendues jusqu'à ce que nous examinions la situation", a précisé dans un communiqué Radhia Achour, la porte-parole du représentant spécial au Soudan du secrétaire général de l'Onu, soulignant qu'une "enquête menée par l'UA" est en cours. 
Parallèlement aux négociations d'Abuja, le président tchadien Idriss Deby a reçu en audience lundi une délégation du Mouvement national pour la reconstruction et le développement (NMRD) conduite par son secrétaire général Nourène Manawi Barcham, puis une délégation de Khartoum conduite par le ministre des Investissements, Cherif Ahmat Badour. 
Les deux parties ont entamé des négociations mardi à N'Djamena, la capitale du Tchad, frontalier de la province du Darfour. 
Le NMRD est considéré comme une aile dissidente du JEM, mais selon l'UA, SLM et JEM refusent que cette rébellion soit associée aux pourparlers d'Abuja. 
Khartoum a annoncé début décembre son intention d'entamer un dialogue avec le NMRD précisant que ces discussions "ne seront pas parallèles aux négociations d'Abuja, mais auront pour but de convaincre le mouvement d'observer un cessez-le-feu", selon le ministre soudanais des Affaires étrangères Moustafa Osmane Ismaïl

(AFP, Abuja, - Courrier International 14/ 12/2004
Khartoum négocie avec les rebelles du MNRD –

Les négociations entre Khartoum et les rebelles du Mouvement national pour la reconstruction et le développement (MNRD), récemment apparu au Darfour (Ouest du Soudan), ont commencé mardi à N'Djamena sous l'égide de la médiation tchadienne.
«Tous vos frères d'Afrique ont les yeux tournés vers vous en espérant que la réunion de N'Djamena, qui vient renforcer les pourparlers d'Abuja, puisse contribuer à apporter une solution définitive au conflit qui vous oppose dans la région du Darfour» a déclaré le ministre tchadien des Affaires étrangères, Nagoum YamasoumCette volonté de trouver «un dialogue constructif devant conduire à des compromis réciproques», selon la même source, a été reprise par les belligérants. «Le gouvernement soudanais veut la paix. Si nous sommes ici, c'est pour trouver une solution avec nos frères du MNRD pour que cela serve d'exemple», a fait valoir le ministre soudanais des Investissements, Cherif Ahmat Badour.
Le secrétaire général du MNRD, Nourène Manawi Barcham, a également souhaité parvenir avec le gouvernement soudanais à «une solution transparente».
N'Djamena a accepté d'héberger ces négociations entre le NMRD - décrit comme une aile dissidente d'une des rébellions jusqu'ici actives au Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) - et Khartoum, à la demande des autorités soudanaises.
Le JEM et le Mouvement de libération du Soudan (SLM) auraient refusé que le NMRD participe à la nouvelle ronde de négociations intersoudanaises sur le Darfour, au Nigeria, selon une bonne source.
Lundi soir, ces deux organisations rebelles ont quitté les pourparlers d'Abuja en dénonçant les violations du cessez-le-feu par l'armée soudanaise au Darfour

(A.F.P. -N'Djamena, Le Monde, 14/12/2004)
Reprise des négociations de paix au Darfour le 13 décembre, mais la situation reste critique sur le terrain

De nouveaux efforts diplomatiques sont en cours pour résoudre la crise dramatique dans la région occidentale du Soudan, le Darfour. Le vendredi 10 décembre, en effet, les négociations ont repris à Abuja au Nigéria entre gouvernement soudanais et la guérilla qui sévit dans la région. Mais les négociations n’ont pas empêché que les deux parties s’accusent réciproquement de la violation du cessez-le-feu, qui devrait être en vigueur théoriquement dans la région. A cause des tensions provoquées par les accusations réciproques, c’est seulement ce 13 décembre que s’est tenue la première session des négociations. Les tractations se font avec la médiation de l’Union Africaine qui a fixé le 22 décembre comme date limite pour parvenir à une déclaration de principe qui comprenne les points suivants : division du pouvoir, sécurité, démobilisation des milices et réinsertion des anciens combattants dans la vie civile.
La crise du Darfour a été au centre des rencontres qui se sont tenues le dimanche 12 décembre au Caire, entre le Président égyptien M. Hosni Moubarak, le président soudanais M. Omar El Bashir, et le président nigérian, M. Olusegun Obasanjo.
Les Ministres des Affaires Etrangères d’Egypte, du Soudan, du Tchad, du Nigéria, et de Libye se sont réunis pour examiner les recommandations faites par un sommet à cinq qui s’est tenu récemment à Tripoli. Dans le même temps, le Centre gouvernemental d’information « Sudan Media Centre » a fait savoir que le Tchad avait déclaré qu’il était d’accord pour exercer une médiation entre le gouvernement soudanais et un troisième mouvement de rebelles du Darfour, le Mouvement National pour la Réforme et le Développement (NMRD) ; qui s’ajoute aux autres mouvements déjà connus, le SLM (Mouvement pour la Libération du Soudan) et JEM (Mouvement pour l’Egalité et la Justice).
La guerre au Darfour a fait au moins 100.000 morts, et contraint à la fuite 1.600.000 personnes, dont la majorité a trouvé refuge dans des camps de réfugiés au Darfour même, alors qu’une autre partie se trouve dans des camps au Tchad voisin. L’Union Africaine a envoyé une mission composée de 900 observateurs protégés par une petite 
force militaire, qui devrait arriver à compter plus de 3.000 hommes. (L.M.)

(Agence  Fides, Rome 13/12/2004)
Négociations mardi entre Khartoum et rébellion du MNRD ( officiel)

Les négociations entre  Khartoum et la rébellion du Mouvement national pour la  reconstruction et le développement (NMRD), récemment apparue au  Darfour (ouest du Soudan), débuteront mardi à N'Djamena, a-t-on  appris lundi de source officielle tchadienne. 
Le président tchadien, Idriss Deby, a reçu en audience en fin  de matinée la délégation du NMRD, conduite par son secrétaire  général Nourène Manawi Barcham, puis la délégation gouvernementale de Khartoum conduite par le ministre des Investissements, Cherif  Ahmat Badour. 
Le président tchadien a plaidé "pour un Soudan débarrassé de  démons de la division" et "demandé aux dirigeants du NMRD de  déposer les armes et d'oeuvrer pour le développement du Soudan",  selon un conseiller de la présidence. 
N'Djamena a accepté d'héberger ces négociations entre le NMRD - décrit comme une aile dissidente d'une des rébellions jusqu'ici  actives au Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) - et Khartoum à la demande des autorités soudanaises. 
Le JEM et l'autre grande rébellion, le Mouvement de libération du Soudan (SLM) auraient refusé que le NMRD participe au nouveau  round de négociations intersoudanaises sur le Darfour, entamé  lundi à Abuja sous l'égide de l'Union africaine (UA), selon une  bonne source. 
Khartoum a annoncé début décembre son intention d'entamer un  dialogue avec le NMRD, précisant que ces discussions "ne seront  pas parallèles aux négociations d'Abuja, mais auront pour but de  convaincre le mouvement d'observer un cessez-le-feu", selon le  ministre soudanais des Affaires étrangères Moustafa Osmane Ismaïl.

(Xinhuanet, Yaoundé, 13 décembre)
Humanitaires tués et pourparlers suspendus au Darfour

Deux Soudanais employés par une ONG humanitaire britannique ont été tués au Darfour sud. L'ONU a annoncé la suspension de leurs opérations humanitaires dans l'ouest du Soudan alors que les rebelles ont quitté les pourparlers de paix d'Abuja.
Les rebelles du Darfour se sont retirés lundi des pourparlers de paix à Abuja, a indiqué leur porte-parole. Ils ont accusé le gouvernement de Khartoum de violer régulièrement l'accord de cessez-le-feu.
Les médiateurs de l'Union africaine (UA) ont toutefois exprimé l'espoir de parvenir à convaincre les deux mouvements de revenir sur leur décision. Ils ont indiqué qu'ils tenteraient de réunir toutes les parties mardi à 10h00.
Un assistant médical, Abbaker Al-Tayeb, et un mécanicien, Yacoub Abdel Nabi Ahmed, ont été tués dimanche lorsque leur convoi a été la cible de tirs sur la route principale reliant Merching et Douma dans l'Etat du Darfour du sud, a précisé dans un communiqué Radhia Achour, porte-parole du représentant spécial au Soudan du secrétaire général de l'ONU.
Selon le communiqué, l'inscription «véhicule humanitaire» était clairement marquée sur les véhicules du convoi. La porte-parole a annoncé la suspension des actions humanitaires de l'ONU dans la région, «jusqu'à ce que nous examinions la situation». Elle a souligné qu'une «enquête menée par l'Union africaine» était en cours.
L'UA déploie au Darfour une mission qui doit compter à terme quelque 3200 hommes, chargés de veiller au respect du cessez-le-feu et de protéger, dans certaines conditions, la population civile. L'organisation Save the Children employant les deux humanitaires gère un centre d'alimentation et des cliniques dans la région, a précisé Mme Ac

(Suisse Magazine, 13/12/2004)
Ouverture de la première plénière de négociations

Les parties au conflit dans le Darfour, région occidentale du Soudan, ont commencé lundi matin à Abuja, la première réunion plénière sous l'égide de l'Union Africaine (UA).
Toutes les parties - les deux rébellions du Darfour et le gouvernement soudanais - participent à cette réunion, qui intervient deux jours après l'ouverture officielle samedi de la troisième ronde de négociations d'Abuja.
La réunion doit permettre notamment de «passer en revue les développements sur le terrain», a indiqué à la presse Assane Ba, porte-parole de l'UA.
Elle doit aussi permettre de «conclure les discussions sur la déclaration politique de principes, qui met en évidence dans leurs grandes lignes les principes qui doivent guider les délibérations futures des parties et constituer la base pour un règlement complet, durable et juste du conflit du Darfour», a-t-il précisé.
Les négociations réunissent des délégués du gouvernement soudanais et des deux principaux groupes armés d'opposition, le Mouvement pour la Justice et l'Égalité (JEM) et le Mouvement de Libération du Soudan (SLM), tous deux déjà représentés lors des deux précédentes sessions de négociations à Abuja.
Les pourparlers d'Abuja doivent permettre de trouver une issue pacifique au conflit qui ravage la province du Darfour depuis février 2003 et a fait, à ce jour, quelque 70 000 morts et plus d'un million de déplacés ou réfugiés, créant une très grave crise humanitaire

(AFP, Abuja, 13/12/2004)
Deux opérateurs humanitaires meurent dans une embuscade au Darfour

Deux opérateurs humanitaires soudanais ont été tués dimanche dans l'Etat du Darfour méridional, un des trois Etats formant la région occidentale soudanaise, théâtre d'une grave crise humanitaire en raison des combats en cours depuis février 2003. La nouvelle a été rapportée par l'organisation non gouvernementale britannique pour laquelle travaillaient les deux Soudanais, "Save The Children", dans un communiqué diffusé aujourd'hui et qui précise que les deux opérateurs sont morts après que le véhicule à bord duquel ils se trouvaient soit tombé dans une embuscade dimanche. Suite à l'homicide et à l'ouverture d'une enquête, l'organisation a décidé de suspendre toutes les opérations en cours dans le Darfour méridional. Cette crise a éclaté il y a plus de deux ans et demi lorsque deux groupes d'autodéfense populaire (JEM, Mouvement pour la justice et l'égalité et SLM, Mouvement de libération du Soudan) ont levé les armes contre le gouvernement de Khartoum accusé de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (Janjawid) qui depuis des années sèment mort et destruction dans la zone. A ce jour elle a provoqué un nombre imprécisé de victimes (quelques dizaines de milliers pour les Nations Unies, "seules" 5.000 pour le gouvernement soudanais) ainsi qu'un million et demi d'évacués et au moins 200.000 réfugiés dans le Tchad voisin.

(MISNA, Italie – 13/12/2004) 
Les président égyptien et soudanais discutent de la crise du Darfour

Le président égyptien Hosni  Moubarak s'est entretenu dimanche au Caire avec son homologue  soudanais Omar el-Bachir de la crise du Darfour, a rapporté  l'agence de presse Mena. 
Les deux présidents ont examiné notamment les efforts déployés  par l'Union africaine pour rétablir la stabilité au Darfour, une  région dans l'ouest du Soudan en proie à une grave crise, selon  l'agence Mena. 
La rencontre Moubarak-Bachir intervient au lendemain de la  reprise des pourparlers entre le gouvernement soudanais et les  rebelles du Darfour à Abuja en vue de trouver une solution politique à cette crise. 
Les dirigeants de Libye, du Soudan, d'Egypte, du Nigeria et du  Tchad, qui s'étaient réunis en octobre à Tripoli, s'étaient  engagés de résoudre la crise du Darfour dans le cadre de l'Union africaine. 
Le président soudanais est arrivé dimanche au Caire pour une  visite-éclair.

(Xinhuanet, Le Caire, 12 décembre 2004)

 
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Nouvelles brèves du  27 octobre au 4 novembre 2004
Le Darfour au bord du désastre rapporte l’envoyé de l’ONU
L’ONU condamne le transfert forcé des déplacés à Nyala
La police encercle des camps de déplacés à Nyala, attente pour colloques
Washington confirme des sanctions économiques contre Khartoum
Al Béchir lance des accusations à la Communauté Internationale
Le Conseil de Sécurité des N-U se déplace en Afrique
Le Darfour au bord du désastre rapporte l’envoyé de l’ONU

Face à une situation qui mène le Darfour tout droit à la catastrophe si elle n'est pas rapidement inversée rapidement, le Représentant spécial de l'ONU pour le Soudan a demandé au Conseil de sécurité de peser pour une accélération du déploiement des troupes de l'Union africaine, la conclusion des négociations et l'envoi d'un message aux mouvements rebelles qu'ils étaient tout autant responsables que le Gouvernement du Soudan de ce qui arrivait aux populations se trouvant sous leur contrôle. 
L'instabilité et les tensions se sont accrues en octobre, atteignant à la fin du mois et au début novembre, des niveaux sans précédent depuis le début août, a indiqué aujourd'hui le Représentant spécial du Secrétaire général, Jan Pronk, qui faisait le point sur la situation au Darfour devant le Conseil de sécurité.
M. Pronk, qui présentait le rapport du Secrétaire général sur la question, a souligné que celui-ci dépeignait une situation hybride marquée par « des progrès sur le front politique et un recul sur le terrain » mais aussi par un écart de plus en plus marqué entre les deux tendances de telle sorte que les accords politiques conclus à la table de négociations peuvent survenir trop tard pour stopper la violence et les souffrances des populations aux abords des villes, villages et campements. »
« Le Gouvernement comme les mouvements rebelles ont violé le cessez-le-feu », a-t-il déclaré, « et il semble que le M/ALS (Mouvement et Armée de libération du Soudan) est soit responsable pour de la plupart de ces violations en octobre. »
Jan Pronk a expliqué que le M/ALS cherchait à revendiquer une zone élargie au Darfour et à renforcer ses capacités logistiques et militaires tandis que le Gouvernement tentait la même chose en ayant recours à des forces composites, rassemblant soldats, miliciens et policiers.
Il a également indiqué que l'ONU attendait que l'Union africaine vérifie les allégations faisant état d'usage d'armes aéroportées utilisées au cours de ces attaques.
« Vers la fin du mois [d'octobre], le risque d'attaques de grande ampleur a considérablement augmenté. Les cas de banditisme et d'enlèvement se multiplient, entravant l'aide humanitaire. Deux nouveau groupes rebelles se sont manifestées et une nouvelle menace, celle des mines terrestres, ait est apparue, mettant en danger les opérations humanitaires et les civils », a déclaré le Représentant spécial.
Si les autorités du Soudan n'est ne sont pas revenues sur les accords consentant un libre accès aux intervenants humanitaires, « il elles font machine arrière sur leur engagement à ne pas forcer les personnes déplacées à rentrer dans leurs foyers ou à être re-déplacées », a-t-il ajouté.
Au cours des deux derniers jours, la situation est devenue encore plus tendue après qu'un groupe armé, « dit appartenir au M/ALS a pillé un grand nombre de chameaux appartenant à des tribus arabes et ait a kidnappé les 18 passagers d'un bus », a indiqué M. Pronk qui a ajouté que ces événements avaient déclenché un ultimatum de la part des milices qui menacent d'attaquer non seulement le M/ALS mais les populations civiles et les personnes déplacées.
« Le Darfour peut très facilement basculer dans l'anarchie », a affirmé Jan Pronk qui a également affirmé que « si cette tendance négative n'était pas inversée, elle menait tout droit au désastre » Alors, a-t-il ajouté, « la population tout entière du Darfour deviendra dépendante de l'assistance humanitaire ». 
Rappelant que tout cela avait commencé il y a deux ans quand des tribus arabes ont chassé d'autres tribus pour se procurer un « espace vital supplémentaire » pour eux-mêmes et leur bétail, il a fait observer que se produisait aujourd'hui le phénomène inverse, les mêmes faisant l'objet de vols de bétail, d'obstruction de l'accès des chameaux aux zones sèches, ce qui les rend malades et met en danger les moyens d'existence de leurs propriétaires.
Pour inverser à nouveau ces tendances désastreuses, le Représentant spécial a recommandé l'adoption d'une double approche : le déploiement des forces supplémentaires de l'Union africaine qui, compte tenu de la situation, doit être accéléré et l'accélération également destout comme les deux séries de négociations en cours, celle d'Abuja sur le Darfour et celles de Nairobi au Kenya sur le processus de paix global au Soudan. 
Il a exhorté le Conseil de sécurité, qui doit se réunir à Nairobi à la mi-novembre, à mettre tout son poids dans la balance en faveur de la réalisation de ces deux objectifs. 
Il en a également énoncé un troisième objectif : la fin de l'impunité pour ceux qui « nient les faits se produisant sur le terrain, ne tiennent aucun compte des souffrances des pauvres et des démunis visant dans les secteurs sous leur contrôle et recourent à des tactiques dilatoires pendant les négociations et dans l'application des procédures.
« Le message adressé au M/ALS et au MEJ [Mouvement pour l'égalité et la justice] et tous les autres groupes armés est que leur statut de rebelles ne les exempte de pas leur obligation morale à l'égard de leur peuple » mais « qu'au contraire, en tant que dirigeants politiques, était ils sont tout autant responsables que le Gouvernement du Soudan,  des populations civiles. »
Veuillez consulter le site du Centre de nouvelles ONU pour plus d'information 
http://www.un.org/french/newscentre/

(ONU, New York, 4 novembre 2004) 
L’ONU condamne le transfert forcé des déplacés à Nyala

Une violation de la loi internationale: c'est en ces termes que le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a défini les opérations de transferts forcés de réfugiés engagées par l'armée soudanaise hier dans certains camps de déplacés de la zone de Nyala (capitale de l'Etat du Darfour méridional). Annan a demandé avec urgence à Khartoum d'interrompre immédiatement toutes les opérations de transfert et de faciliter le retour aux camps des personnes transférées dans des "zones inappropriés". Depuis hier des sources de l'ONU et des agences humanitaires dénoncent la détérioration progressive de la sécurité de quelques camps de réfugiés dans le Darfour comme dans le Tchad voisin. La tension a commencé à croître lorsque lundi soir quelques équipes de l'armée soudanaise et de la police locale ont encerclé certains camps dans la zone de Nyala, en réponse à l'enlèvement de 18 Soudanais d'origine arabe pris en otage la semaine dernière tandis qu'ils se trouvaient à bord d'un bus, sur la route entre Zalingie et Nyala. Une mesure qui a contraint les agences de l'ONU et les organisations humanitaires à l'oeuvre dans les camps d'interrompre leur travail et d'éloigner leur personnel. Fred Eckard, porte-parole de l'ONU, a fait savoir depuis New York qu'après avoir encerclé un de ces camps (celui d'Al Geer, près de Nyala), l'armée et la police ont commencé à faire monter des personnes sur une quinzaine de camions utilisés pour leur transfert. Le mouvement d'hommes armés et l'arrivée des camions ont causé une vague de crainte parmi la population du camp, portant nombre de personnes à quitter la structure et à fuir dans les environs de la ville. Après avoir rencontré les membres du Conseil de sécurité, l'envoyé spécial de l'ONU au Soudan, Jan Pronk, a dit aux journalistes que malgré le document d'entente signé par le gouvernement, la pression à l'encontre des déplacés internes du Darfour continue et semble même plus "violente" encore. Le Darfour est le théâtre depuis février 2003 d'affrontements et de violences ayant causé une grave crise humanitaire. Deux groupes d'autodéfense, créés par les populations noires et migrantes du Darfour (JEM et SLA-m), ont levé les armes contre le gouvernement soudanais de Khartoum, l'accusant de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (connues sous le nom de Janjawid). Ce sont les Janjawid qui sont précisément considérés comme les principaux responsables des violences agitant la région et qui ont contraint plus d'1,5 millions de personnes, selon les estimations de l'ONU, à abandonner leurs habitations et à chercher refuge dans les nombreux camps du Darfour et dans ceux du Tchad voisin

(MISNA, Italie – 03/11/2004)
La police encercle des camps de déplacés à Nyala, attente pour colloques

La police et l'armée ont encerclé trois camps de réfugiés dans la zone de Nyala, capitale du Darfour méridional, un des trois Etats qui forment la région occidentale du Soudan. C'est ce qu'ont rapporté des sources de l'Agence MISNA, en précisant que les forces de sécurité soudanaises auraient commencé à prendre position hier, à la tombée de la nuit, autour des camps de Golu, Zalingie et Nertetie. La nouvelle a également été confirmée par des sources des Nations Unies à Genève qui ont précisé qu'aujourd'hui les forces de sécurité ont nié l'accès au personnel humanitaire à l'oeuvre en faveur des milliers de réfugiés rassemblés dans ces structures. Le Programme alimentaire mondial de l'ONU (PAM) a fait savoir que 88 des 91 opérateurs humanitaires présents, tous membres de diverses organisations non gouvernementales internationales et des agences de l'ONU, ont été transférés de ces trois camps. Selon certaines sources, l'intervention de la police et de l'armée aurait été décidée en réponse à l'enlèvement de 18 Soudanais d'origine arabe pris en otage la semaine dernière tandis qu'ils se trouvaient à bord d'un autobus, entre Zalingie et Nyala. Le Darfour est le théâtre depuis février 2003 d'affrontements et de violences ayant causé une grave crise humanitaire. Deux groupes d'autodéfense, créés par les populations noires et migrantes du Darfour (JEM et SLA-m), ont levé les armes contre le gouvernement soudanais de Khartoum, l'accusant de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (connues sous le nom de Janjawid). Ce sont les Janjawid qui sont précisément considérés comme les principaux responsables des violences agitant la région et qui ont contraint plus d'1,5 millions de personnes, selon les estimations de l'ONU, à abandonner leurs habitations et à chercher refuge dans les nombreux camps du Darfour et dans ceux du Tchad voisin. Malgré les fortes pressions internationales, les colloques de paix organisés par l'Union africaine (UA) au Nigeria semblent être bloqués au point de départ. Hier soir les médiateurs africains et internationaux ont remis aux parties en présence un nouveau document relatif à la sécurité (la question centrale de toute la négociation) et attendent leur réaction. Dans le document figureraient quelques demandes avancées par les rebelles (mettre fin aux "vols militaires hostiles" de la part de l'aviation soudanaise) et certaines de Khartoum (une carte de la disposition des forces rebelles sur le terrain). Des indiscrétions rapportent que les rebelles comme le gouvernement auraient accueilli avec une majeure satisfaction ce document. Pendant ce temps, au cours de ces dernières heures, le nombre des pays africains ayant donné leur disponibilité pour participer à la mission militaire, voulue par l'Union africaine afin de veiller au respect du cessez-le-feu dans le Darfour, a augmenté. Après le Nigeria et le Rwanda, les premiers à déployer des hommes sur le terrain, l'Afrique du Sud, la Gambie, la Tanzanie, le Tchad et le Kenya ont mis à disposition leurs propres soldats pour la mission de paix de l'UA.

(MISNA, Darfour – 2/11/2004)
Washington confirme des sanctions économiques contre Khartoum

Le président des Etats-Unis, George W. Bush, à la veille des élections américaines a décidé de proroger pour un an les sanctions en vigueur contre le Soudan depuis 1997, voulues par le numéro un de la Maison Blanche alors en charge, le démocrate Bill Clinton, en raison des rapports entretenus par le régime de Khartoum avec le terrorisme international et des violations répétées des droits de l'Homme. Les sanctions, qui interdisent toute importation aux Etats-Unis de marchandises en provenance du Soudan ainsi que la possibilité pour les citoyens américains de commercer avec l'exécutif soudanais, ont été confirmées par Bush à cause “des actions et de la politique menée par le gouvernement du Soudan, qui continue de représenter une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des Etats-Unis.

(MISNA, Italie – 2/11/2004)
Al Béchir lance des accusations à la Communauté Internationale

Lors d'une rencontre avec quelques administrateurs locaux du Darfour, rapportée hier par le quotidien national "Al Anbaa", le président soudanais Omar Al Béchir a accusé les pays occidentaux d'alimenter le conflit dans la région occidentale du Soudan, théâtre depuis février 2003 d'affrontements et de violences qui ont causé quelques milliers de morts et une grave crise humanitaire avec plus d'un million et demi de personnes sans abri, entre déplacés et réfugiés dans le Tchad voisin. Al Béchir a soutenu que des éléments dont l'identité n'a pas été précisée ont l'intention de "faire exploser" définitivement la crise et a ensuite défini "d'ennemies" les organisations humanitaires internationales à l'œuvre au Darfour. Depuis février 2003 deux groupes armés, nés comme milices d'autodéfense populaire, ont levé les armes contre le gouvernement de Khartoum, accusé de négliger la région car peuplée en grande majorité de "noirs" et de soutenir les bandes de pillards nomades arabes (connues sous le nom de Janjawid), protagonistes des violences à l'encontre des populations d'agriculteurs d'ethnie africaine non arabe.

Le Conseil de Sécurité des N-U se déplace en Afrique

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a approuvé hier la proposition de tenir une session spéciale en Afrique entièrement dédiée à la question du Darfour, la région ouest du Soudan théâtre de violences, rapporte l'ONU. Cet événement historique – qui n'a qu'un précédent, en 1973 au Panamá – se tiendra les 18 et 19 novembre à Nairobi, au Kenya. "Il ne s'agit pas seulement d'un geste symbolique, mais d'un choix précis pour donner de l'élan au processus de paix au Soudan et une opportunité au Conseil de sécurité de démontrer qu'il n'a pas l'intention de baisser les bras" a déclaré aux journalistes le sénateur américain John Danforth, qui présidera le Conseil à partir du mois prochain. Danforth est un vétéran des questions africaines et notamment soudanaises. Il est l'artisan du "Plan Danforth" qui ouvrit la voie à l'accord sur la répartition du pouvoir et des revenus du pétrole entre Khartoum et les séparatistes du sud, qui se sont fait la guerre pendant plus de 20 ans.

(MISNA, Italie – 27/10/2004)
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Nouvelles brèves du 18 au 26 octobre 2004
Darfour : les médiateurs excluent les ‘nouveaux rebelles’
Darfour : reprise des négociations entre les parties
80 Millions d’Euro de l’Europe pour la Mission de l’U.A.
Darfour : colloques formellement ouverts malgré les absences
Darfour : renvoi des colloques de paix, des fonds nécessaires pour crise humanitaire
Après le sommet africain de Tripoli sur le Darfour
Darfour : les médiateurs excluent les ‘nouveaux rebelles’

Les protagonistes de la crise au Darfour, la région occidentale du Soudan théâtre depuis février 2003 d'affrontements et de violences à l'origine d'une grave crise humanitaire, ont entamé aujourd'hui leur deuxième journée de colloques organisés par l'Union Africaine (UA), rouverts hier à Abuja, au Nigeria. Selon des sources diplomatiques, les représentants du gouvernement de Khartoum et ceux des deux mouvements rebelles (JEM et SLA/M) devront présenter aux médiateurs un plan de résolution politique de la crise. Le porte-parole de la délégation gouvernementale a anticipé à la presse une partie des contenus du document, qui prévoit une plus grande autonomie pour les différentes régions du Darfour au sein d'un système fédéral. L'UA a également décidé d'exclure des colloques deux prétendus groupes rebelles du Darfour, inconnus jusqu'à présent, qui avaient demandé hier à participer. Entre temps, l'Union Européenne a officiellement approuvé l'octroi de 80 millions d'euros pour financer la mission d'observation de l'UA au Darfour, annoncée ce week-end par Javier Solana, haut représentant pour la politique étrangère de l'Union européenne (UE).

(MISNA, Italie – 26/10/2004)
Darfour : reprise des négociations entre les parties

Des représentants du gouvernement soudanais et des deux mouvements rebelles actifs au Darfour, la région occidentale du Soudan théâtre de violences depuis février 2003, ont repris ce matin les colloques formels organisés par l'Union Africaine (UA) au Nigeria, rapporte la presse. L'envoyé de l'UA au Soudan, Hamid Algabid (qui préside les négociations) a rencontré séparément et à huis clos les deux délégations, leur présentant deux protocoles d'accord: l'un sur la question humanitaire et l'autre sur la sécurité. La session qui se tient aujourd'hui à Abuja est la seconde session formelle des colloques entamés en août dernier et elle devrait durer environ 2 semaines. On rappelle que le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) et le Mouvement-Armée de libération du Soudan (SLA-M) se sont soulevés contre le gouvernement arabo-soudanais l'accusant de négliger la région, principalement habitée de populations noires, et de soutenir les bandes de pillards arabes (janjawid) considérés comme les principaux auteurs de violences dans la région. La crise au Darfour a fait plus d'un million de réfugiés et des milliers de morts (les bilans sont divergents).

(MISNA, Italie – 25/10/2004)
80 Millions d’Euro de l’Europe pour la Mission de l’U.A.

Le haut représentant pour la politique étrangère de l'Union européenne (UE), Javier Solana, a annoncé aujourd'hui une contribution de 80 millions d'euros en faveur de la mission de paix de l'Union africaine (UA) au Darfour, la région occidentale du Soudan, théâtre depuis près de 20 mois de violents affrontements ayant causé une grave crise humanitaire. Solana, depuis hier en visite dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, siège de l'UA, se rendra ensuite au Soudan pour une série de rencontres officielles. Le "ministre des Affaires étrangères européens" a précisé que le financement sera voté lundi par la Commission européenne qui pourrait allouer quelques dizaines de millions d'euro en plus de sorte de couvrir la moitié des 200 millions environ dont l'UA a besoin pour financer la mission. L'argent, explique M. Solana, sera prélevé du fonds pour la paix de l'UE, où 300 millions d'euro ont été mis de côté en faveur de l'Union africaine. Mercredi dernier l'organisme africain avait approuvé une augmentation de la force d'observation déjà présente dans le Darfour, passant de 300 unités à près de 3.500 hommes, entre civils et militaires. L'opération devrait durer une année, et il n'est pas clair encore si son rôle sera celui de simple observateur ou si la mission sera transformée en une véritable force de maintien de la paix. En février 2003 deux groupes rebelles – JEM et SLA-M – ont levé les armes contre le gouvernement arabe soudanais, en l'accusant de négliger la région car essentiellement habitée d'ethnies noires africaines et de soutenir les bandes de pillards arabes (connus sous le nom de Janjawid), considérées à l'unanimité comme les principales responsables des violences dans la région. La crise du Darfour a provoqué plus d'un million de déplacés et réfugiés et a coûté la vie à des milliers d'autres (plusieurs estimations fort diverses circulent).

(MISNA, Italie – 23/10/2004)
Darfour : colloques formellement ouverts malgré les absences

Bien qu'elles n'entreront dans le vif du sujet que lundi, en raison de nombreuses absences, les négociations entre les protagonistes de la crise au Darfour, région occidentale du Soudan, sont formellement ouvertes. Une brève cérémonie s'est tenue hier soir à Abuja, la ville nigériane choisie par l'Union Africaine (UA) pour accueillir les négociations. L'envoyé spécial de l'UA au Darfour, Hamid Algabid, qui préside ces négociations, a précisé que les colloques dureraient 3 semaines et concerneraient essentiellement la question humanitaire et la signature d'un protocole humanitaire déjà défini par les parties en septembre. Le gouvernement de Khartoum et les deux groupes rebelles du Darfour se sont dits disponibles pour trouver une issue à la crise. On rappelle que le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) et le Mouvement-Armée de libération du Soudan (SLA-M) se sont soulevés contre le gouvernement arabo-soudanais l'accusant de négliger la région, principalement habitée de populations noires, et de soutenir les bandes de pillards arabes (janjawid) considérés comme les principaux auteurs de violences dans la région. La crise au Darfour a fait plus d'un million de réfugiés et des milliers de morts (les bilans sont divergents).

(MISNA, Italie – 22/10/2004)
Darfour : renvoi des colloques de paix, des fonds nécessaires pour crise humanitaire

Les colloques prévus pour aujourd'hui entre les protagonistes de la crise du Darfour, les deux mouvements combattants (JEM et SLA-M) et le gouvernement de Khartoum, pourraient être renvoyés au moins de deux jours. Le Darfour, la zone occidentale du Soudan théâtre depuis février 2003 d'affrontements et de violences, connaît la "plus grave crise humanitaire de la planète", comme l'a définie l'ONU. La demande de renvoi est arrivée d'un des deux groupes qui l'an dernier ont levé les armes contre le gouvernement arabe soudanais, en l'accusant de négliger la région car essentiellement habitée par des ethnies noires africaines et de soutenir les bandes de pillards arabes (connus sous le nom de Janjawid), considérées à l'unanimité comme les responsables des violences dans la région. Des motifs logistiques se trouveraient derrière la demande du SLA-M: la délégation du groupe armé ne serait pas en effet encore arrivée au complet à Abuja (Nigeria), siège des colloques. Quelques sources de presse considèrent que la suspension pourrait durer plus de deux jours, car les protagonistes préfèreraient attendre la fin du Ramadan. Hier l'Union africaine (UA), qui sponsorise les colloques d'Abuja, a approuvé l'augmentation du contingent de la force d'observation présente au Darfour, en le faisant passer de 300 à près de 3.500 hommes, entre civils et militaires. L'opération, de la durée d'un an, a été financée par l'Union européenne et les Etats-Unis. Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, est intervenu encore une fois hier en demandant à la communauté internationale – et surtout aux pays "qui en ont la possibilité" – d'allouer au plus vite 200 millions de dollars. Cette somme est nécessaire pour faire face à l'urgence humanitaire en acte dans la région: plus d'un million d'évacués et de réfugiés (les données sont très discordantes, et d'aucuns parlent d'1,5 millions, d'autres de 2 millions), qui survivent à l'heure actuelle grâce à l'intervention de l'ONU et de plusieurs ONG. Annan a également souligné que l'arrivée sur place d'une mission de l'UA – de paix ou de simple monitorage? – pourra "faire la différence". La question humanitaire devrait être par ailleurs envisagée lorsque les colloques de paix d'Abuja reprendront: les parties en présence devraient signer un protocole humanitaire, déjà défini début septembre."Nous voulons non seulement signer ce protocole mais l'améliorer aussi", a déclaré le sous-secrétaire soudanais aux affaires étrangères, Naguib al-Khair Abdel Wahab. "Nous sommes décidés à parvenir à un accord sur le Darfour et nous nous rendrons aux colloques avec une attitude d'ouverture", a-t-il ajouté.

(MISNA, Italie, 21/10/2004)
Après le sommet africain de Tripoli sur le Darfour

Les participants au mini-sommet africain de Tripoli sur le Darfour, qui s'est conclu dans le courant de la nuit, ont demandé aux groupes rebelles de l'ouest du Soudan, JEM (Mouvement pour la justice et l'égalité) et SLA-M (Mouvement – Armée de la libération du Soudan), de signer immédiatement le "protocole humanitaire" souscrit en septembre avec le gouvernement de Khartoum; la signature est proposée pour le 21 octobre à Abuja, au Nigeria, où, selon le communiqué final du sommet, devrait reprendre la négociation interrompue le mois dernier. Les rebelles ont jusqu'à présent refusé de signer et bloqué la négociation en avançant des motifs liés à la sécurité. La rencontre de Tripoli, à laquelle ont participé la Libye, l'Egypte, le Nigeria, le Tchad et le Soudan, a également rejeté avec fermeté "toute intervention étrangère" dans les affaires internes du Soudan, pour éviter le risque que "ne soient minées les tentatives de stabilisation du pays". Olu Adenij, ministre des Affaires étrangères du Nigeria, pays assurant la présidence de l'Union africaine (UA), a toutefois ajouté que des consultations se sont tenues avec les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) afin de garantir l'assistance économique, financière et logistique (des avions américains pour le transport des troupes). Le porte-parole de la présidence égyptienne Magued Abdel Fattah a souligné que la communauté internationale doit offrir au Soudan de "l'assistance pour l'aider à appliquer ses compromis au lieu d'exercer une certaine pression et de lui transmettre des menaces". Le 18 septembre dernier le Conseil de sécurité de l'ONU avait menacé Khartoum de sanctions pétrolières si elle ne devait pas réussir à restaurer la paix dans le Darfour. Selon le ministre des Affaires étrangères soudanais, Moustapha Osman Ismail, le sommet a envoyé au reste du monde un message clair, en affirmant que "l'Afrique veut prendre toutes ses responsabilités et écarte toute intervention étrangère". Quelques centaines de peacekeepers africains se trouvent déjà dans le Darfour – 300 nigérians et rwandais selon quelques sources, 500 selon d'autres – et 800 autres au moins devraient arriver d'ici octobre pour un total d'au moins 4.500 hommes. Trois cent rwandais qui devaient se rendre hier dans le Darfour ne pourront pas y être avant une semaine car il semblerait que leurs campements ne soient pas encore prêts. Depuis mars 2003, la question du Darfour, apparue au grand jour tout de suite après l'annonce des accords de paix entre Khartoum et le sud sécessionniste, s'est imposée sur la scène internationale comme une grave crise humanitaire et d'aucuns avancent, comme aux Etats-Unis, l'hypothèse d'un "nettoyage ethnique" voire même de "génocide", hypothèse récupérée par bien d'autres pays. Pour tenter de fournir des proportions concrètes aux faits survenus sur cerre région soudanaise, vaste comme la France, mais semi-désertique et difficile d'accès, même les institutions internationales ont fourni des données et des chiffres forts divergents et peu clairs: d'un million et demi à plus de deux millions de réfugiés ou encore un million de déplacés à l'intérieur du Soudan et 200.000 dans le Tchad voisin. L'organisation mondiale pour la santé (OMS), par le biais de son bureau à Genève, a récemment rép&eac