| SPLA
a l’attaque dans la zone de Wau alors que l’alerte à la famine s’aggrave
L'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA) a lancé
ces jours-ci une contre-offensive aux alentours de la ville de Wau,
chef-lieu de la région de Bahr El Ghazal, dans le sud du Soudan.
Des sources appartenant au mouvement armé en lutte contre le régime
islamique de Khartoum affirment que les deux postes militaires de
Kubri Kuom et d'Aluk seraient tombés, consentant au SPLA de mettre
la main sur de grosses quantités d'armes. Une série d'incursions
aurait également été lancée contre Wau. "De
nombreux combattants se trouvent le long de la route qui mène au
chef-lieu – confirme à l'agence MISNA Mgr Cesare Mazzolari, évêque
de Rumbek – et les commandants du SPLA manifestent depuis longtemps l'intention
de prendre la ville, mais les gouvernementaux sont forts et ce ne
sera certainement pas une opération facile". En attendant,
l'organisation humanitaire "Save the children" donne une nouvelle alerte
face au manque de nourriture dans le sud du Soudan. Dans les zones les
plus touchées par la famine, un enfant sur trois souffre déjà
de malnutrition. Cette information est confirmée à l'agence
MISNA par Mgr Mazzolari, qui souligne que le problème a acquis de
plus larges dimensions depuis le mois de mars et que la situation ne cesse
de se détériorer. Dans les régions méridionales
du pays, près de trois millions de civils sont soumis au risque
famine.
(MISNA, Italie, 18-05-2001)
Ganyliel :
les missionnaires et les agents humanitaires ne sont pas prêts de
rentrer.
La situation est encore critique et il faudra certainement encore du
temps avant que les 16 personnes évacuées samedi dernier,
deux missionnaires comboniens et 14 agents humanitaires, ne retournent
à Ganyliel (environ 14 kilomètres de Nyal, région
du Haut Nil occidental, sud du Soudan). La crainte justifiée que
des affrontements n'éclatent entre factions adverses du groupe ethnique
Nuer est la raison qui a poussé le groupe à partir.
"Nous attendons un rapport des experts de l'Opération Lifeline Sudan
– a expliqué depuis Nairobi (Kenya) un membre de l'IRC (International
Rescue Committee) qui oeuvrait à Ganyliel – avant de décider
de rentrer". "La situation est encore trop incertaine" a confirmé
Père Fernando Gonzalez Galarza, contraint à abandonner Ganyliel
avec le Père Guillermo Aguinaga Pantoja. Les deux comboniens d'origine
mexicaine étaient arrivés à la mission au milieu
du mois de mars, chaleureusement accueillis par la population. Cependant,
après environ deux semaines, la rumeur d'une imminente attaque à
Ganyliel avait commencé à circuler. La distribution des secours
alimentaires est à l'origine de la dernière vague de violence;
les 26 et 27 avril derniers, des combats motivés par la convoitise
des réserves de nourriture ont secoué la localité
voisine de Nyal. En 1998, les comboniens avaient déjà été
contraints à abandonner la zone, tandis que le 22 février
dernier, les Nuers, fortement divisés, avaient détruit l'église
de la mission catholique de Nyal et obligé 15.000 personnes
à s'enfuir.
(MISNA, Italie, 16-05-2001)
Ganylieil :
évacuation de missionnaires et d’agents humanitaires
Deux missionnaires comboniens et quatre agents d'organisations non gouvernementales
internationales ont été évacués vendredi dernier
de Ganyliel (environ 45 kilomètres de Nyal, région du Haut
Nil occidental, Soudan méridional). Il s'agit d'une précaution
car la zone, théâtre de combats entre factions et clans rivaux
du groupe ethnique Nuer présent dans la région, est devenue
extrêmement dangereuse. Les combattants se sont affrontés
entre le 26 et le 27 avril derniers à Nyal pour prendre le contrôle
des entrepôts de nourriture de Nyal et la violence risque par conséquent
de s'étendre à Ganyliel. Ces raisons, expliquent des sources
de l'agence MISNA, ont poussé à l'évacuation du personnel
religieux et humanitaire. La tension dans le Haut Nil atteste de l'existence
de profondes divisions au sein de la population Nuer, divisions de bon
augure pour le gouvernement du Soudan, qui commande de fait les deux tiers
de la région, riche en pétrole. Les missionnaires comboniens
évacuèrent déjà la zone en 1998 alors que le
22 février de cette année, les Nuers attaquèrent,
détruisant l'église de la mission de Nyal et contraignant
15.000 personnes à prendre la fuite. Les deux comboniens évacués
sont Père Fernando Gonzalez Galarza et Père Guillermo Aguiñaga
Pantoja, tous deux de nationalité mexicaine.
(MISNA, Italie, 14-05-2001)
Rapatriement
du corps du co-pilote danois de la Croix Rouge
Le corps d'Ole Friis Eriksen (et non Ole Fries Erikson comme écrit
précédemment) a été rapatrié hier depuis
Nairobi (Kenya). Le jeune co-pilote danois a été tué
mercredi dernier dans le ciel sud-soudanais alors qu'il effectuait une
mission pour le Comité international de la Croix Rouge (CICR).
La police et l'aéronautique kenynanes ont ouvert une enquête
sur les faits car l'appareil avait décollé de Lokichokio
(Nord du Kenya). Il devait se rendre à Khartoum via Juba.
Bien qu'il portait l'insigne traditionnel de la Croix Rouge, l'avion a
été touché par des projectiles tirés depuis
la terre, peu après avoir dépassé la ville de Torit
(150 kilomètres à l'est de Juba). Friis Ericksen a été
touché et tué tandis que le commandant, dont le nom n'a pas
été divulgué, est resté indemne. La Croix Rouge
a suspendu depuis mercredi soir tous ses vols humanitaires au Soudan en
attendant que le voile soit levé sur l'attentat. Il sera cependant
difficile de découvrir qui sont les assassins du co-pilote car la
zone est occupée aussi bien par les troupes militaires de Khartoum
que par l'Armée populaire de libération du Sud-Soudan
(SPLA).
(MISNA, Italie, 11-05-2001)
La Croix Rouge suspend
ses vols
Le Comité international de la Croix Rouge a décidé
de suspendre ses vols au Soudan tant que le voile ne sera pas levé
sur la mort du co-pilote danois, Ole Fries Erikson, tué hier matin,
au cours d'une opération humanitaire. L'interruption des vols, qui
pourrait durer plusieurs jours, a été annoncée dans
l'après-midi depuis le siège de l'organisation, à
Genève (Suisse). L'avion à bord duquel volait Fries Erikson
avait décollé de Lokichokio (Kenya); il a été
touché par un projectile alors qu'il survolait une région
du Soudan où opèrent aussi bien les troupes de Khartoum que
les rebelles de l'Armée populaire de libération (SPLA). L'insigne
traditionnel de la Croix Rouge était bien visible sur l'appareil.
(MISNA, Italie, 10-05-2001)
Attaque
d’un avion du CICR et mort du co-pilot, l’évêque de Rumbek
est inquiet
Le co-pilote d'un avion de la Croix Rouge internationale (CICR) a trouvé
la mort aujourd'hui à l'aube, alors qu'il survolait le sud du Soudan.
Ole Fries Erikson, citoyen danois de 26 ans et employé du Comité
international de la Croix Rouge est décédé sur le
coup. Le premier pilote, rescapé, a brièvement raconté
qu'il avait été contraint à voler à basse altitude
à cause d'un problème de pressurisation et qu'une explosion
avait détruit l'arrière de l'avion alors qu'il s'apprêtait
à remonter. On ignore encore si l'arme utilisée a été
un canon antiaérien ou bien un missile. "Prendre pour cible un avion
appartenant à une organisation telle que la Croix Rouge est un signal
vraiment inquiétant" a commenté il y a quelques heures à
l'agence MISNA Mgr Cesare Mazzolari, évêque du diocèse
de Rumbek, chef-lieu de la région el-Buheyrat (Bahr el-Ghazal méridional).
Malgré les dégâts, l'avion a pu retourner à
Lokichokio (Kenya), d'où il était parti deux heures plus
tôt à destination de Khartoum, via Juba. Les enseignes de
la Croix Rouge étaient bien visibles sur les ailes et sur le fuselage
de l'appareil et son plan de vol avait été communiqué
comme il se devait.
(MISNA, Italie, 9-05-2001)
Khartoum : Gouvernement,
les étrangers séropositifs seront expulsés
Les étrangers positifs au test Hiv seront immédiatement
expulsés du Soudan, a rapporté la presse locale, en précisant
que le gouvernement de Khartoum avait annoncé l'institution de sévères
mesures de contrôle de la diffusion de la maladie. Le ministère
de l'Intérieur a l'intention de faire passer le test HIV à
tous les étrangers qui demanderont un permis de séjour. Seuls
les immigrés séronégatifs pourront séjourner
au Soudan de manière permanente.
(MISNA, Italie, 04-05-2001)
Arrestation
de 15 autres membres du parti d’el Tourabi
Le gouvernement nord-soudanais de Hassan Omar El Béchir poursuit
sa répression contre le Congrès national populaire (PNC)
de son grand rival politique, Hassan El Tourabi. Aujourd'hui en effet,
15 autres membres du PNC ont été arrêtés et
emprisonnés au pénitencier "Cooper" de Khartoum. El Tourabi
est lui-même retenu dans cette prison, qui tire son nom de l'architecte
qui la réalisa sous la domination britannique, depuis le 21 février
dernier, arrêté suite à la signature d'un accord entre
le PNC et le SPLA (Armée de libération populaire du Soudan).
Le Soudan est le théâtre d'une âpre guerre civile depuis
près de 18 ans. Les deux principaux antagonistes sont le gouvernement
de Khartoum et le SPLA.
(MISNA, Italie, 04-05-2001)
Deux dirigeants
du Congrès national populaire
Deux dirigeants du parti de Hassan El Tourabi ont été
arrêtés à Khartoum, a communiqué samedi un porte-parole
du Congrès national populaire (PNC), parti musulman d'opposition
soudanaise. Badreddin Taha, secrétaire aux Affaires Sociales du
PNC et Dahab Mohamed Salih, membre du conseil directif, ont été
arrêtés jeudi dernier durant une réunion dédiée
à la médiation d'une délégation de Saoudiens
et de Pakistanais, dont l'objectif serait de réduire les divergences
entre le Parti de Tourabi et le Congrès national (NC), du président
Omar El Béchir. Tourabi, idéologue du fondamentalisme islamique
soudanais, est en prison depuis le 21 février dernier avec d'autres
dirigeants de son parti. Ils ont été mis en détention
suite à la signature d'un accord politique entre le PNC et le SPLA,
l'Armée de libération populaire du Soudan.
(MISNA, Italie, 23- 04-2001)
Bombardement
aérien sur l’école catholique de Narus (Sud Soudan)
Un Antonov soudanais a bombardé hier la localité de Narus,
dans le sud du Soudan. Un enfant a été blessé et une
école catholique a été gravement endommagée,
rapportent des sources de l'agence MISNA, qui précisent l'heure
de l'incursion, 14 h 15 locales. L'avion militaire a largué 16 bombes.
Deux d'entre elles ont également touché un marché
local. La petite ville de Narus se trouve à 45 kilomètres
de Lokichoggio, base humanitaire de l'Onu au Kenya. L'évêque
catholique du diocèse de Torit, Mgr Paride Taban, était présent
à Narus au moment du bombardement.
(MISNA, Italie, 23- 04-2001)
Monts
Nuba : l’aviation soudanaise bombarde les Monts Nuba
Un avion Antonov appartenant à l'aviation soudanaise a bombardé
hier la base aérienne de Kauda, sur les montagnes Nuba. Les faits
ont été rapportés à l'agence MISNA par le Père
combonien Renato Kizito Sesana, selon qui le raid a eu lieu à 09
h 00 locales, alors qu'un autre appareil destiné au transport humanitaire
se trouvait sur la piste et qu'un autre était en phase d'atterrissage.
Le bombardier soudanais a largué ses engins de mort au moment où
se trouvaient à la base aérienne, contrôlée
par les rebelles du SPLA (Armée de libération populaire du
Soudan), plusieurs centaines de civils prêts à accueillir
des visiteurs membres d'Ong italiennes. Une personne a été
tuée et deux autres blessées. Père Sesana a condamné
l'agression, exprimant également le mécontentement du "Koinonia
educational centre", qui oeuvre dans la zone en aidant à éduquer
500 enfants chaque année. Le missionnaire a polémiqué
contre les Nations Unies qui, face aux fréquentes attaques aériennes
soudanaises, n'élèvent jamais la voix contre le gouvernement
de Khartoum.
(MISNA, Italie, 17-04-2001 )
Monts
Nuba : l’avion de l’Evêque Macram Max Gassis a échappé
de justesse au bombardement de lundi dernier
Le bombardement ayant ciblé, lundi dernier, la base aérienne
du SPLA (Armée de libération populaire du Soudan) a failli
toucher un évêque. Lors du raid mené par l'aviation
soudanaise à Kauda, sur les montagnes Nuba, l'appareil à
bord duquel voyageait Mgr Macram Max Gassis, évêque en exil
d'El Obeid (centre du Soudan, 400 kilomètres au sud-ouest de Khartoum)
a été effleuré. Le prélat effectuait sa visite
pastorale de Pâques dans les paroisses rurales de la zone, près
de la ligne de front. Par la suite, l'avion de l'évêque a
quitté Kauda en direction de la région de Bahr El Ghazal.
Le bombardier – un Antonov de fabrication russe – a largué des bombes
sur la base alors que plusieurs centaines de civils se trouvaient sur les
lieux, attendant de souhaiter la bienvenue à des visiteurs membres
d'Ong italiennes. Un soldat nuba a été tué et deux
civils grièvement blessés. D'après des sources locales
non confirmées, les bombardements dans la zone de Kauda se seraient
poursuivis dans la journée d'hier. (CC)
(MISNA, Italie, 18-04-2001 )
Libération
du directeur de « Khartoum Monitor »
Alfred Taban, tête de proue du journalisme indépendant
soudanais et directeur du journal "Khartoum Monitor", a été
libéré hier dans la capitale du pays subsaharien. Taban,
originaire du sud du Soudan, avait été arrêté
le 11 avril dernier alors qu'il suivait une conférence de presse
organisée par des chefs chrétiens dans le but de protester
contre une nouvelle vague de répression contre les églises
locales. Le journaliste, également correspondant pour des journaux
étrangers, a déclaré ne pas avoir subi de mauvais
traitements. Un sort bien différent a été réservé
aux plus de 53 chrétiens arrêtés mercredi dernier durant
les incidents qui ont suivi l'intervention de la police contre une foule
rassemblée en la cathédrale épiscopalienne de Khartoum,
la cathédrale "All Saints". Des sources de l'agence MISNA rapportent
que quatre jeunes femmes et deux jeunes hommes qui faisaient partie du
groupe capturé ont été condamnés à la
flagellation et ont reçu 15 coups de fouet chacun dans la journée
de vendredi. Les 47 autres détenus, tous des hommes, ont été
condamnés à 20 coups de fouet – la sentence a été
exécutée samedi – et à vingt jours de prison. Aucun
imputé n'a eu le droit de s'adresser à un avocat défenseur.
Le gouvernement de Khartoum a recommencé à serrer l'étau
autour des chrétiens mardi dernier, avec l'annulation, officialisé
au dernier moment, d'une rencontre avec le pasteur protestant Reinhard
Bonke, prévue au Green Square (Place verte) de Khartoum. Une somme
de 2.400 dollars (plus de 18.000 francs) avait déjà été
versée pour l'occupation des lieux, généralement utilisés
pour les grandes manifestations de régime. Ignorant l'annulation
de l'événement, un très grand nombre de chrétiens
se sont rassemblés sur la place, où ils se sont heurtés
aux forces de l'ordre. De graves désordres ont suivi et, d'après
divers témoignages, trois civils auraient trouvé la mort,
dont deux d'origine nuer. Le lendemain, mercredi, un grand nombre de policiers
originaires du sud du pays ont été envoyés à
la cathédrale All Saints où, à la suite d'une provocation,
d'autres émeutes ont eu lieu et où les chrétiens châtiés
ont été interpellés.
(MISNA, Italie, 18-04-2001 )
Vague répressive
Le 11 avril à Khartoum, la police a arrêté Alfred
Taban, tête de proue des journalistes indépendants au Soudan.
M. Taban, originaire du Sud et directeur du journal Khartoum Monitor, a
été interpellé alors qu'il se rendait à une
conférence de presse. Le rendez-vous avait été organisé
par des chefs religieux chrétiens dans le but de protester contre
la vague répressive des forces de sécurité qui a déferlé
il y a trois jours dans la capitale soudanaise. Le détonateur a
été l'annulation tardive et injustifiée de la part
des autorités d'une manifestation prévue au Green Square
de Khartoum où devait avoir lieu une rencontre avec le pasteur protestant
Reinhard Bonke. Un grand nombre de participants, ignorant l'interdiction,
se sont retrouvés le 10 avril sur la place utilisée pour
les grandes manifestations du régime. De violentes émeutes
ont eu lieu et des sources non confirmées rapportent que trois personnes
auraient été tuées. Un grand nombre de chrétiens
ont été arrêtés par la police. Le 11 avril,
suite à la provocation d'un policier, les protestants réunis
dans la cathédrale de Tous les Saints, ont été réprimés
à coups de bombes lacrymogènes et ont été chargés
par les forces de l'ordre. - Le 17 avril, M. Taban a été
libéré, sans avoir subi de mauvais traitements. Par contre,
sur les 53 chrétiens arrêtés, 4 jeunes femmes et 2
jeunes gens ont été condamnés à 15 coups de
fouet, et les autres 47 détenus, tous des hommes, à 20 coups
de fouet et 20 jours de prison.
(Misna, Italie, 13 et 18 avril 2001)
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