Nouvelles brèves

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2007

Vers une résolution du conflit du Darfour - Marc Lavergne 20 septembre 2007

France : Appel du cardinal Ricard en faveur du Darfour

Requête du Procureur de la CPI sur la situation au Darfour

Interview de Jan Pronk, ancien Représentant Spécial du Secrétaire Général des NU Kofi Annan au Soudan où il fut déclaré « persona non grata »

Pronk: Hidden forces undermining Sudanese president authority - 11 février 2007

2006

Noël 2006

2005

du 27 mai  au 3 juin 2005

du 25 au 27 mai  2005

du 17 au 24 mai  2005

du 20 au 25 mars  2005

du 14 au 18 mars  2005

du 8 au 10 mars  2005

du  28 février au 7 mars 2005

du 18  au 28 février  2005

du  14 au 18 février  2005

du  7 au 11 février  2005

du  31 janvier au 7 février  2005

du  21 au 31 janvier  2005

du  18 au 21 janvier  2005

du  3 au 17 janvier  2005

2004
2002 - 2003
2001- 2000 - 1999


2007

Vers une résolution du conflit au Darfour ?

Entretien réalisé par Mehdi Benazzouz, pour le Mensuel de l'Université, 20 septembre 2007
"Entretien reproduit avec l'aimable autorisation du Mensuel de l'Université"

Marc Lavergne Directeur de recherche au CNRS, membre du GREMMO*, Lyon II

 

Universitaire engagé, homme de terrain, Marc Lavergne livre sans retenue une analyse jamais redondante du contexte dramatique de cette région d'Afrique, théâtre malheureux d'un partie d'échecs diplomatique en panne de bon sens.

 

Le Mensuel de l'Université : Quelles sont les origines historiques du conflit ?

 

Marc Lavergne : Le Darfour est un sultanat indépendant, centralisé depuis le début du XVII ème siècle. Jusqu'en 1916, où il est intégré au Soudan. Une caste domine alors, non une ethnie. Cette monarchie s'appuie sur diverses ethnies. Il suffit de consulter les récits anciens des voyageurs occidentaux ou les archives conservées dans la famille sultanienne pour comprendre que les ethnies cohabitent sans heurt. La population s'appuyait sur une caste militaire : la richesse du sultanat provenait du commerce d'esclaves. La traite entamée au sud exportait les esclaves par le désert puis vers l'Egypte et l'empire ottoman. Ce commerce était ainsi encadré par des nomades venus du nord, vivant en périphérie dans des conditions de vie très difficiles. Ces nomades chameliers, peu considérés, sont éloignés des tribus sédentaires des contreforts montagneux (du djebel Marra) situés au cœur du Darfour. Les « Four », tribu nombreuse représentant un tiers de la population du Darfour (6 millions) y vivent.

Mais le contour de ces ethnies n'est pas figé. Les anthropologues et les historiens africanistes d'après l'indépendance ont démontré que l'histoire des ethnies africaines est faite de scissions, de fusions, et de désagrégations. Ces ethnies opèrent un mouvement permanent de recomposition. Les colonisateurs français et anglais ont figé les ethnies en leur attribuant un territoire, en imputant aux diverses populations une identité ethnique, et en donnant le pouvoir à des chefs tribaux.

Aujourd'hui au Darfour, certaines ethnies sans territoire ni accès au pouvoir ont des revendications. C'est notamment le cas des tribus chamelières du nord. Ces ethnies appauvries et marginalisées ont fourni les rangs des massacreurs, des « janjawid », animées par des revendications et motivées par de fortes frustrations à l'égard d'autres ethnies, occupant des territoires plus « intéressants ».

 

LMU : Finalement, le Darfour n'est-il pas un conflit racial ?

 

M.L : Il n'y a pas de conflits raciaux. Les gens coexistent ensemble depuis des siècles. Ils se supportent donc. Leurs modes de vie sont similaires et complémentaires. Les conflits raciaux n'existent pas.

Au contraire, la nature du conflit est ici fortement économique. L'accès à la terre et à l'eau sont des enjeux évidents.

L'intérêt politique est également un des moteurs du conflit. Le gouvernement central de Khartoum crée ou résout une série de problèmes dans l'unique but de conforter son pouvoir. Il cherche à briser les volontés d'affirmation et d'émergence des tribus, tant du Darfour que des autres régions périphériques du Soudan, car ces tribus revendiquent une part des richesses et du pouvoir de l'état soudanais. Pour casser cette « rébellion », le gouvernement leur envoie des milices tribales, principalement issues des régions les plus pauvres du Soudan, situées au nord. La promesse est simple : leur offrir de bonnes terres en échange du massacre des villages et des populations. Ils prennent ainsi leur place.

Ce n'est donc pas un conflit racial. La cohabitation entre nomades et sédentaires était parfaitement régie par un commerce séculaire. La tradition n'a pas survécu.

Mais on assiste depuis le début du conflit à des réflexes raciaux et racistes. Une nouvelle conscience identitaire a émergé, instrumentalisée par le pouvoir. Pour tuer une population, il faut indéniablement la mépriser, la destituer de son « humanité ». L'idéologie guerrière du gouvernement fonctionne sur ce mode. Ce n'est pas une idéologie islamiste, contrairement aux idées reçues.

Paradoxalement, les nomades, qui se veulent d'origine arabe (et le sont plus ou moins historiquement, originaires de la péninsule arabique), sont nettement moins pieux et moins versés en religion que les sédentaires. Ils n'ont pas de mosquées, n'observent que très approximativement les préceptes de base de l'islam et leur priorité est d'assurer leur survie et celle de leurs troupeaux. Le Prophète avait d'ailleurs beaucoup de mal à convertir les bédouins, peu enclins à suivre la loi islamique d'essence urbaine. Je rappelle que les populations du Darfour sont réputées pour leur piété et leur connaissance de l'Islam dans tout le Soudan. Le Darfour est une étape du chemin qui mène au pèlerinage, traversé par les musulmans du Sénégal, de Mauritanie et d'Afrique du Nord. La route est empruntée depuis le XIV ème siècle. Les écoles coraniques sont nombreuses au Darfour, comparativement au reste du Soudan. Le pouvoir, qui se veut islamiste, ne s'appuie plus aujourd'hui sur la religion, mais au contraire sur « l'arabité ». Le réflexe arabiste anime des tribus qui n'en avaient nullement conscience. Les nomades parlent effectivement l'arabe, mais n'ont jamais eu ce sentiment d'appartenance au monde arabe, et à l'arabité dans son acception moderne.

Le gouvernement a joué aussi sur la dépréciation des peuples noirs, des « zourga », des « bleus » littéralement, identifiés à des esclaves. La différence de couleur est ténue, mais elle s'est répandue. Les peuples noirs sont insultés au cours des massacres par l'agresseur qui leur conteste leur droit d'exister et leur possession de terres fertiles. Ils sont alors chassés vers les camps. Ce phénomène a débuté il y a une vingtaine d'années. Le gouvernement l'exacerbe aujourd'hui. De nombreuses tribus arabes au Darfour se refusaient même à « jouer ce jeu ». Les nomades du nord ne représentent que 5% de la population, mais composent ces 30 000 « janjawid », cavaliers du diable, pillards et instrumentalisés par le gouvernement. 30 à 40% de la population du Darfour, au sud, est constituée de « baggara ». Ce sont des tribus arabisées d'éleveurs de bovins, au pouvoir politique important. Elles ont clairement refusé toute implication dans cette guerre, car elles détestent le régime islamiste qui a détrôné leur parti, le parti « Oumma » de la confrérie des « Ansars » de la Mahdiya (empire soudanais au XIXème siècle, qui a par ailleurs chassé les Egyptiens et lutté contre les Britanniques). Les Baggara, qui tiennent leur territoire des Anglais, entretiennent de bonnes relations avec les populations du Darfour et ne sont pas entrés en guerre, malgré les pressions du gouvernement.

 

LMU : Comment expliquer la tardive mobilisation internationale ?

 

M.L : Lorsque la guerre a commencé en février 2003, des négociations de paix avaient déjà débuté en juillet 2002 au Kenya. Négociaient le gouvernement central soudanais et les rebelles du Sud Soudan, la SPLA (Sudan People's Liberation Army). Certains groupes armés lancèrent alors une rébellion au Darfour pour figurer eux-aussi à la table des négociations ; celles-ci changeraient le visage du Soudan, et obligeraient le gouvernement à partager pouvoir et richesses. Les américains et la communauté internationale, soutenant le processus de paix, ont jugé que les rebelles du Sud, alliés traditionnellement aux opposants du Darfour, accèderaient au gouvernement à Khartoum et stopperaient la guerre. La volonté première des organisations internationales visait à traiter les problèmes communément.

Malheureusement, ce présupposé ne leur donna pas raison. Les négociations durèrent jusqu'en janvier 2005. Le gouvernement de Khartoum comprit que la communauté internationale ne ferait rien. Il commença ainsi l'offensive désastreuse que l'on connaît, avec la complicité passive des Etats-Unis et des gouvernements qui aujourd'hui crient au scandale. L'Occident disposait de ressources militaires et technologiques pour identifier les barbares et empêcher le gouvernement de mener à bien son entreprise. Le gouvernement soudanais est précieux pour les américains, car il fournit des informations sur Al-Qaïda. Suite aux attentats du 11 septembre 2001, Khartoum a ouvert ses dossiers de renseignement à la CIA ; il continue à le faire. Les émissaires d'informations (chefs de sécurité et de renseignements, civils et militaires) qui transitent fréquemment vers Washington sont les mêmes qui ont fomenté cette contre-insurrection massive envers la population civile au Darfour. Pourtant, les résultats de cette politique de renseignement sont maigres. Je rappelle que Ben Laden a vécu au Soudan de 1991 à 1996. Les soudanais avaient proposé de le livrer aux américains ; ces derniers n'en voulurent pas. Ben Laden a toujours des intérêts au Soudan. Les services secrets soudanais sont toujours en contact avec les réseaux terroristes d'Afrique.

Un autre élément est important : certains pays occidentaux préfèrent des dictatures stables et solides, sur lesquelles on peut compter et avec lesquelles travailler dans une Afrique en pleine déliquescence. Le gouvernement soudanais est parfaitement structuré et repose sur une administration efficace. La plupart de ses membres sont diplômés des grandes universités occidentales. Le Soudan est le plus grand pays d'Afrique, riche, en pleine ascension, et surtout exportateur de pétrole (500 000 barils par jour depuis 1999). La concurrence internationale pour profiter de ses richesses est donc rude. Ces enjeux de marché réduisent les ardeurs et compliquent (ou simplifient) la diplomatie. Certains se disent alors qu'il est préférable d'avoir un seul interlocuteur, fut-il dictateur, que des démocrates en lutte pour le pouvoir.

Ces différentes raisons expliquent, me semble-t-il, le manque de réaction et le retard pris pour résoudre le conflit.

 

LMU : Les multiples initiatives diplomatiques ne risquent-elles pas de disperser les énergies pour résoudre le conflit (comme le suggèrent certains observateurs) ?

 

M.L : Oui, sans doute. Toute action diplomatique doit reposer sur de solides arguments et connaître son interlocuteur. Le gouvernement soudanais est puissant, compte dans ses rangs une force militaire importante et repose sur une idéologie bien définie. Mais il a tout à perdre. Il ne souhaite pas céder une once de pouvoir ou une part des richesses. Il se sert du Darfour pour durcir le pouvoir de l'intérieur (éliminer les modérés) et pour reprendre ce qu'ils ont concédé aux Sudistes. Peu de gouvernements et d'organisations internationales ont évalué la nature des buts de guerre fixés par Khartoum. Il est donc à espérer que les gouvernements français et britannique (récemment engagés dans une finalisation de la paix) ont assez d'éléments en main pour faire pression sur Khartoum. Pourtant, je crains que ce ne soit pas le cas. De nombreuses entreprises franco-britanniques sont présentes au Soudan. Les liens économiques ne sont nullement négligeables.

De mon point de vue, la France ne peut se permettre de perdre certains marchés. Le gouvernement soudanais dispose là d'un moyen de pression qui peut affecter une frange de l'économie française. Le lobbying politique pour doper les échanges et partenariats commerciaux est également susceptible d'en pâtir. L'alliance franco-britannique, menée par Gordon Brown et Nicolas Sarkozy me paraît insuffisamment armée pour peser sur les négociations de paix. L'Europe, bien muette depuis le début, aurait un impact plus consistant. L'Europe finance par ailleurs les forces de l'Union africaine, et se fait voler par une corruption bien installée. Comme pour le conflit israélo-palestinien, l'Europe est un « nain politique ». Il me semble difficile de comprendre sur quoi repose la fraîche alliance Brown/Sarkozy, sinon sur la quête d'une victoire facile dans l'opinion, et un accroissement de popularité nationale et internationale. Le Darfour est en un sens instrumentalisé : il offre une posture morale, éthique, et politique à certains dirigeants.

Par ailleurs la communauté internationale est embarrassée. La responsabilité imputée à la Chine pour le retard ou le gel des négociations est un non-sens. Les Chinois ont laissé voter un certain nombre de résolutions au sein du Conseil de Sécurité qui contiennent des propositions de sanctions et d'embargo, lesquelles, si elles avaient été appliquées, auraient fait pression sur les dirigeants soudanais. Le problème aurait pu être réglé. L'embarras et l'hypocrisie des puissances occidentales à l'égard de la Chine sont palpables. Elles se sont défaussées de leur responsabilité sur Pékin. L'ONU, elle, s'est défaussée sur l'Union africaine, organisation trop jeune, trop impuissante, et incompétente pour mener une opération difficile dans une région enclavée. Le Nigéria, à la tête de l'Union africaine, est réputé pour sa corruption, ses atteintes aux droits de l'homme et ses problèmes ethniques : cette situation conforte le gouvernement de Khartoum.

Les populations du Darfour craignent autant l'Union africaine que l'armée soudanaise. La plus récente solution est d'envoyer 26 000 casques bleus, africains, suppléer et encadrer les forces en présence. Mais je doute de leur efficacité.

 

LMU : La médiatisation du conflit est-elle une condition à l'action politique ?

 

M.L : Je dirais même qu'il existe une corrélation entre les médias, l'action humanitaire et les politiques. La médiatisation du conflit au Darfour a été très importante. Il n'est pas un conflit oublié, car 8 000 journalistes s'y sont rendus depuis le début des hostilités. Les portes furent grandes ouvertes par le gouvernement car ce dernier savait que la presse serait aveugle. Il n'y a rien à voir au Darfour, si ce n'est les camps de populations déplacées. La presse n'a aucune idée des conditions de vie préalables des différents peuples, et n'a jamais eu accès aux scènes de combat et de violences. Comment l'expliquer ? La guerre est ponctuelle et mouvante.

D'autre part, les voies d'accès peuvent être limitées sur ce territoire immense. Les rebelles n'ont pu expliqué leur cause car ils se sont improvisés rebelles, et n'ont aucune expérience politique, culturelle et diplomatique. Le gouvernement lui-même ne communique pas. C'est une guerre d'ombre, un conflit aveugle. La sur-médiatisation, parfois permise par l'accès privilégié offert par les hommes politiques en « visite », n'offre qu'une sous-information ne livrant aucune clé pour comprendre les enjeux du conflit. Ces hommes politiques s'y sont rendus principalement car l'ONU et les ONG avaient initié la prise de conscience. La plupart lorgnent vers le « misérabilisme » humanitaire, oubliant au passage l'analyse et l'action politiques.

L'information se focalise sur l'urgence humanitaire et le déploiement de l'aide aux populations persécutées, ce que souhaite l'ONU car elle permet d'oblitérer l'impuissance onusienne. L'ONU a donné beaucoup d'argent, via ses agences et a sous-traité aux ONG (80 sont présentes, dont certaines, nouvellement créées, sont uniquement attirées par ces financements). Suite à cette mise en scène du conflit, la médiatisation du Darfour a pris une autre dimension. Les lobbies estampillés « droits de l'homme » ont brandi l'argument du génocide, avec d'autres références historiques, sans connaissance socio-politique du contexte, dans la foulée du gouvernement américain. Sans caricaturer, ces courants baignent dans le cliché de la lutte contre le mal, et ce à l'échelle internationale. Finalement, cette dérive ne fait qu'accentuer le problème, sans formuler de réelles solutions pour stopper le conflit. L'objectif de cette médiatisation est purement moral. C'est un conflit politique, aux enjeux nationaux et locaux. Ce n'est pas un conflit racial, je le répète.

 

LMU : Peut-on aujourd'hui entrevoir une issue au conflit ?

 

M.L : La situation, aussi dramatique soit-elle, ne doit pas refroidir nos énergies. L'histoire n'est pas écrite. Il faut se battre. Je suis toujours prêt à prendre part à de nouvelles missions internationales et y apporter mon expertise. L'urgence est de rapatrier les réfugiés des camps chez eux et de désarmer les « janjawid ». Les discussions, négociations, et compensations suivront. Les peuples du Darfour sont les grands oubliés de ces opérations diplomatiques. Ils ont d'extraordinaires capacités de survie. Habitués à la dureté des éléments, confrontés à la famine en 1985, ils sont aptes, je pense, à se réconcilier. La communauté internationale doit œuvrer ainsi en écartant le gouvernement de Khartoum. Il n'est pas intouchable. Il ne possède pas l'arme nucléaire. La pression est possible, financière notamment, car nombre de dirigeants voyagent en occident et y placent leur argent. La guerre pourrait cesser rapidement.

Restons attentifs aux prochaines négociations, dans l'espoir que les instances internationales mesurent pleinement les enjeux politiques et culturels de cette région.

 

 

* Groupe de Recherche et d'Etudes sur la Méditerranée et le Moyen-Orient conflits

 

 

 

France : Appel du cardinal Ricard en faveur du Darfour

« Notre engagement de chrétien pour la paix et la justice »

 

ROME, Jeudi 29 mars 2007 ( ZENIT.org ) – « Notre engagement de chrétien pour la paix et la justice nous incite fermement à interroger nos dirigeants comme les candidats à l'élection présidentielle sur les actions menées et à mettre en œuvre, tant au plan diplomatique qu'au plan humanitaire », déclare le cardinal Ricard, dans un appel des évêques de France pour le Darfour.

 

Le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des évêques de France, au nom de l'Assemblée plénière gravement préoccupée de la catastrophe humanitaire en cours et de l'urgence au Darfour, a publié la déclaration suivante :

* * *

URGENCE AU DARFOUR

 

Le Darfour ne peut rester une simple énumération de chiffres : 250 000 morts, 500 000 personnes qui dépendent de l'aide humanitaire aujourd'hui entravée, 3 millions de déplacés aux frontières du Tchad et de la République Centrafricaine, sans compter les nombreuses victimes d'exactions et de viols ! Des millions d'hommes sont bafoués, mutilés, tués dans l'indifférence générale. Certains médias essaient de réveiller la conscience de la communauté internationale sans réaction efficace.

 

La catastrophe humanitaire annoncée depuis longtemps, dénoncée par les ONG et les agences de l'ONU, se vérifie. L'Europe et la France ne peuvent rester sans réaction devant tant de souffrances insupportables. La crise est grave et ne peut nous laisser silencieux ou inactifs : là où l'homme souffre, le Christ souffre avec lui.

 

Des accords de paix ont été signés en 2006. Ils ne sont toujours pas appliqués et, de jour en jour, le nombre des victimes ne fait que s'alourdir. Les actions peuvent être multiples, tant auprès des autorités françaises que dans le soutien aux organisations humanitaires ou dans l'appui aux volontaires engagés dans cette action d'urgence. N'oublions pas non plus que demain, après l'urgence, il faudra rebâtir.

 

Notre engagement de chrétien pour la paix et la justice nous incite fermement à interroger nos dirigeants comme les candidats à l'élection présidentielle sur les actions menées et à mettre en œuvre, tant au plan diplomatique qu'au plan humanitaire. Il y va de notre pratique de la charité et de notre réponse à la question toujours d'actualité : « Qu'as-tu fait de ton frère ? ».

 

Au nom des évêques de France

 

Cardinal Jean-Pierre Ricard

Archevêque de Bordeaux

Président de la Conférence des évêques de France

 Début de page

 

Requête du Procureur de la CPI sur la situation au Darfour

Cour Pénale Internationale

Bureau du Procureur

Situation au Darfour (Soudan)

Requête du Procureur en vertu de l'article 58-7

Résumé

 

I. La Requête

 

Au cours des 20 derniers mois, le Procureur (ci-après également dénommé l'« Accusation ») a mené une enquête sur des crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale qui auraient été commis au Darfour (Soudan) depuis le le r juillet 2002. Après avoir pris les mesures d'enquête nécessaires, le Procureur a présenté des éléments de preuve aux juges.

 

L'Accusation s'est concentrée sur certains des incidents les plus graves et sur les personnes qui, selon les éléments de preuve recueillis, en portent la responsabilité la plus lourde. L'Accusation a déterminé qu'il existe des motifs raisonnables de croire que Ahmad Muhammad Harun, ancien Ministre délégué chargé de l'Intérieur au Gouvernement soudanais, et Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman (plus connu au Darfour-Ouest sous le nom d'Ali Kushayb), dirigeant d'une Milice/Janjaouid', portent la responsabilité pénale en ce qui concerne 51 chefs d'accusation de crimes présumés contre l'humanité et de crimes de guerre, y compris la persécution, la torture, le meurtre et le viol, commis au Darfour en 2003 et en 2004.

 

Le 27 février 2007, en vertu de l'article 58-7 du Statut de Rome («le Statut »), l'Accusation a présenté une requête à la Chambre préliminaire I par laquelle elle demande que des citations à comparaître soient délivrées (« la Requête ») à l'encontre des personnes citées.

 

Les crimes exposés dans la Requête ont été commis au cours d'attaques menées sur les villages et villes de Kodoom, Bindisi, Mukjar, et Arawala, dans le Darfour-Ouest (Soudan).

 

La Requête constitue un document public bien qu'elle soit expurgée lorsque cela s'avère nécessaire afin de protéger l'identité des témoins.

 

II. Contexte juridique

 

Le 31 mars 2005, agissant en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1593, déférant la situation dans la région du Darfour (Soudan) au Procureur de la Cour pénale internationale. Conformément au Statut, l'Accusation a effectué une analyse de la situation. Le Procureur a ouvert une enquête relative à la situation au Darfour (Soudan) le 1°r juin 2005 en s'appuyant sur celle-ci.

 

Conformément aux devoirs qui sont les siens au regard du Statut de Rome, l'Accusation a mené une enquête indépendante.

 

III. Portée de l'enquête

 

Depuis l'ouverture de l'enquête en juin 2005, l'Accusation a recueilli des déclarations et des éléments de preuve au cours des 70 missions effectuées dans 17 pays. Tout au long de l'enquête, l'Accusation a procédé à un examen approfondi des faits à charge et à décharge de manière indépendante et impartiale. L'Accusation a également effectué cinq missions au Soudan et obtenu des renseignements de la part d'un certain nombre de fonctionnaires du Gouvernement.

 

Aux fins de la Requête, l'Accusation s'appuie principalement sur : (1) des déclarations de victimes et autres témoins oculaires des attaques rebelles et des attaques des Forces armées soudanaises et des Milices/Janjaouid dans la région du Darfour ; (2) des déclarations de personnes ayant des connaissances sur les activités des fonctionnaires du Gouvernement soudanais et des Milices/Janjaouid quant à la conduite de leur campagne contre-insurrectionnelle au Darfour ; (3) des documents et autres renseignements fournis par le Gouvernement soudanais ; (4) le Rapport de la Commission internationale d'enquête des Nations Unies créée en vertu de la résolution 1564 du Conseil de sécurité des Nations Unies et d'autres éléments fournis par cette Commission ; (5) le Rapport de la Commission nationale d'enquête créée par le Gouvernement soudanais en janvier 2005 et d'autres éléments fournis par cette Commission; et (6) des documents, des rapports et des déclarations fournis par des organisations non gouvernementales internationales et nationales.

 

Les victimes de crimes qui auraient été perpétrés dans la région du Darfour ont été entendues dans d'autres pays en raison du contexte d'insécurité actuel au Darfour. Au regard du Statut, le Procureur et la Cour sont tenus de prendre des mesures de protection envers les victimes et les témoins. Afin de respecter ces obligations visant à protéger le bien-être des victimes et des témoins conformément à l'article 68-1, l'Accusation a décidé de ne pas se rendre au Darfour pour prendre des déclarations de témoins.

 

Tout au long de l'enquête, l'Accusation a contrôlé la sécurité des victimes et des témoins et a mis en place des mesures de protection. L'Accusation et l'Unité d'aide aux victimes et aux témoins du Greffe continueront de contrôler et d'évaluer les risques pour les témoins.

 

IV. Résumé des éléments de preuves et des renseignements fournis

dans la Requête de l'Accusation

 

Conformément aux critères de l'article 58-2-d du Statut, l'Accusation a fourni dans la Requête « un résumé des éléments de preuve » et d'autres renseignements suffisants pour donner des « motifs raisonnables de croire » qu'Ahmad Harun et Ali Kushayb ont commis des crimes qui relèvent de la compétence de la Cour, à savoir des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.

 

a. Le Contexte: La campagne contre-insurrectionnelle

 

La région du Darfour se compose des trois États soudanais à la frontière ouest du Soudan: le Da rfour-Nord, le Darfour-Ouest et le Darfour-Sud.

 

Les crimes exposés dans la Requête ont été perpétrés dans le contexte d'un conflit armé non international dans la région du Darfour entre le Gouvernement soudanais et les forces rebelles armées, y compris l'Armée/Mouvement de libération du Soudan (A/MLS) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), depuis environ août 2002. Les deux groupes rebelles recrutent principalement dans les tribus des Four, des Zaghawa et des Masalit.

 

Le conflit a connu des attaques rebelles sur des installations du Gouvernement soudanais au Darfour et la campagne contre-insurrectionnelle organisée par le Gouvernement soudanais contre les rebelles.

 

Le tournant dans la stratégie contre-insurrectionnelle est survenu après l'attaque contre l'aéroport d'El Fasher, en avril 2003, qui a occasionné des pertes sans précédent pour le Gouvernement. Peu de temps après, le recrutement des Milices/Janjaouid a augmenté de manière considérable pour en arriver à des dizaines de milliers de personnes.

 

Une des caractéristiques du conflit armé au Darfour concerne le fait que la majorité des pertes civiles dans la région sont survenues au cours d'attaques sur des villes et des villages au Darfour menées par les Milices/Janjaouid à elles-seules ou avec les Forces armées soudanaises. La grande majorité des attaques menées par les Forces armées soudanaises et/ou les Milices/Janjaouid au Darfour ont été dirigées sur des régions habitées principalement par les tribus des Four, des Masalit et des Zaghawa.

 

Les Forces armées soudanaises et les Milices/Janjaouid n'ont pris pour cible aucune présence rebelle au sein de ces villages en particulier. Elles ont plutôt attaqué ces villages au motif que les dizaines de milliers d'habitants civils dans ces villages et les environs étaient des partisans des forces rebelles. Cette stratégie a servi à justifier les massacres, les exécutions sommaires et les viols en masse de civils dont on savait qu'ils ne prenaient part à aucun conflit armé. L'exécution de cette stratégie a également appelé le déplacement forcé de villages et de communautés dans leur ensemble et y est parvenue.

 

b. La responsabilité individuelle d'Ahmad Harun et d'Ali Kushayb

 

Après l'attaque contre El Fasher, Ahmad Harun a été nommé Ministre délégué chargé de l'Intérieur du Gouvernement soudanais et a été chargé de diriger le « bureau de sécurité du Darfour ». Les Comités de sécurité locaux et des États au Darfour, qui comprenaient des représentants de l'Armée soudanaise, de la Police soudanaise, des services de renseignements soudanais, dépendait d'Ahmad Harun, en particulier en ce qui concerne les questions relatives aux effectifs, au financement et à l'armement des Milices/Janjaouid dans le contexte de la contre-insurrection.

 

Parmi les tâches de coordination confiées à Ahmed Harun en qualité de chef du « bureau de sécurité du Darfour » la plus importante était sa gestion et son implication personnelle à propos du recrutement de Milices/Janjaouid afin de compléter les effectifs des Forces armées soudanaises. Ahmad Harun a recruté des Milices/Janjaouid en ayant pleinement conscience du fait qu'ils commettraient des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre contre la population civile du Darfour, souvent dans le cadre d'attaques conjointes avec les forces de l'Armée soudanaise et il a fait cela dans le but d'étendre la perpétration de ces crimes.

 

Ali Kushayb était l'« Aqid al Oqada » ou « colonel des colonels » dans la localité de Wadi Salih du Darfour-Ouest. Ali Kushayb, qui commandait des milliers de Milices/Janjaouid mi-2003, dirigeait personnellement les Milices/Janjaouid lors des attaques contre Kodoom, Bindisi, Mukjar et Arawala.

 

L'Accusation prétend qu'Ahmad Harun et Ali Kushayb ont unis leurs efforts, et se sont joints à d'autres, dans la poursuite de l'objectif commun et illégal de persécution des populations civiles au Darfour et d'attaques dirigées contre elles.

 

Les propres déclarations et discours d'Ahmad Harun lorsqu'il était au Darfour démontrent qu'il avait pleinement conscience du fait que les Milices/Janjaouid attaquaient régulièrement les populations civiles et commettaient des crimes à leur encontre.

 

Dans un discours prononcé devant la Commission nationale d'enquête soudanaise, Ahmad Harun a présenté un dilemme: comment faire la différence entre les rebelles et les civils ? Le dilemme, a-t-il déclaré, était que les « rebelles s'infiltraient dans les villages » et qu'ainsi, les villages « étaient devenus comme leur élément ». On aurait entendu Ali Kushayb, tout comme Ahmad Harun, reconnaître ouvertement l'objectif qui consistait à viser les communautés civiles au motif que ces communautés protégeaient ou soutenaient les rebelles.

 

Ahmad Harun était souvent présent en personne au Darfour dans l'exercice de ses fonctions, et effectuait des visites régulières au Darfur à partir du mois d'avril 2003 environ. Lorsqu'ils ont donné une description d'Ahmad Harun, les témoins l'ont immédiatement identifié comme le fonctionnaire de Khartoum responsable de la mobilisation, du financement et/ou de l'armement des « Janjaouid » ou des « Fursan ». Les témoins ont également souvent déclaré qu'ils ont vu qu'Ahmad Harun rencontrait des dirigeants des Milices/Janjaouid, y compris Ali Kushayb, ou s'adressait à eux. Lors d'une réunion publique, Ahmad Harun a déclaré qu'en étant affecté au bureau de sécurité du Darfour, il lui avait été donné toute la latitude et l'autorité pour tuer ou pardonner qui que ce soit au Darfour au nom de la paix et de la sécurité.

 

Des documents créés par le bureau du Gouvernement du Darfour-Ouest indiquent que le 18 novembre 2003, au cours d'une visite d'inspection et de recrutement d'un camp dans le village de Qardud (Darfour-Sud), Ahmad Harun a annoncé qu'il devrait y avoir des préparatifs pour « recruter 300 « chevaliers » pour Khartoum » et a chargé le Gouverneur de s'assurer de l'exécution de ce recrutement. Moins d'une semaine plus tard, le 22 novembre, le Gouverneur a chargé les Commissaires des localités de Nyala et de Kass d'exécuter l'instruction.

 

Ahmad Harun a également apporté des fonds aux Milices/Janjaouid puisant dans un budget qui était sans limite et qui n'était pas vérifié publiquement. Les éléments de preuve indiquent qu'il se rendait « tous les trois mois » à Mukjar en prenant l'avion depuis Khartoum pour payer les Milices/Janjaouid. Les Milices/Janjaouid étaient payées en argent liquide et Ahmad Harun a été aperçu en train de voyager avec des caisses bien gardées.

 

Ahmad Harun a personnellement livré des armes aux Milices/Janjaouid au Darfour. Il a été aperçu à bord d'avions chargés de fournitures d'armes et de munitions, dans certains cas, des G-3 et des fusils d'assaut Kalachnikov.

 

Début août 2003, par exemple, Ahmad Harun se serait entretenu avec Ali Kushayb et d'autres dirigeants de Milices/Janjaouid à Mukjar dans le cadre d'une rencontre privée. Ahmad Harun a par la suite prononcé un discours devant des commandants de l'armée et de la police, le gouverneur du Darfour-Ouest et des commandants de Milices/Janjaouid, y compris Ali Kushayb. Lors de ce discours, Ahmad Harun a déclaré que puisque les « enfants des Four » étaient devenus des rebelles, « tous les Four » étaient devenus des « prises de guerre » pour les Milices/Janjaouid. Les Milices/Janjaouid qui avaient écouté le discours ont entamé une frénésie de pillage dès le départ d'Ahmad Harun. Dans les jours qui ont suivi, Ali Kushayb et les Milices/Janjaouid placées sous son commandement ont commencé à attaquer les villes et les villages situés entre Bindisi et Mukjar. Lorsque les victimes des pillages se sont plaints, on leur a dit que les Milices/Janjaouid « pouvaient faire ce qu'elles voulaient » parce « qu'elles agissaient sur les ordres du Ministre délégué ».

 

Ali Kushayb a dirigé les attaques et également mobilisé, recruté, armé et approvisionné en fournitures les Milices/Janjaouid placées sous son commandement.

 

Lors d'une autre attaque, Ali Kushayb donnait des instructions aux Milices/Janjaouid. Des civils étaient la cible de tirs alors qu'ils prenaient la fuite et un témoin se souvient, en particulier, avoir vu une femme être tuée par balle alors qu'elle portait son enfant.

 

Ali Kushayb était présent pendant l'attaque contre Bindisi, le 15 août 2003 ou aux alentours de cette date. Il portait un uniforme militaire et donnait des ordres aux Milices/Janjaouid. Les forces sur le terrain tiraient sur les civils et brûlaient les cases. Les forces assaillantes ont pillé et brûlé des habitations, des biens et des magasins. L'attaque contre Bindisi a duré environ cinq jours et s'est soldée par la destruction de la majeure partie de la ville et la mort de plus d'une centaine de civils, y compris une trentaine d'enfants.

 

À Arawala, en décembre 2003, Ali Kushayb a personnellement passé en revue un groupe de femmes nues avant qu'elles ne soient violées par des hommes placés sous son commandement. Un témoin a déclaré qu'elle et les autres femmes étaient attachées aux arbres, les jambes écartées, et étaient violées en continu.

 

En mars 2004 ou aux alentours de cette date, Ali Kushayb a personnellement participé à l'exécution d'au moins 32 hommes de Mukjar. Les éléments de preuve indiquent qu'Ali Kushayb se tenait près de l'entrée de la prison et frappait ces hommes alors qu'ils passaient les uns derrière les autres pour monter dans les Land Cruisers. Les véhicules sont partis avec Ali Kushayb qui était à bord de l'un d'entre eux. Un quart d'heure plus tard environ, des tirs ont été entendus et le jour suivant, 32 corps ont été retrouvés dans les fourrés.

 

La Requête prétend qu'Ahmad Harun et Ali Kushayb portent la responsabilité pénale en ce qui concerne 51 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, y compris : le viol, le meurtre, la persécution, la torture, le transfert forcé, la destruction de biens, le pillage, les actes inhumains, les atteintes à la dignité de la personne, les attaques contre la population civile et l'emprisonnement ou une privation grave de liberté.

 

V. Faits criminels liés à Ahmad Harun et à Ali Kushayb

 

Ce qui suit décrit certaines des attaques et des faits criminels mentionnés dans la Requête et liés aux personnes citées.

 

i. Torture - Ville de Mukjar

 

Fin août et début septembre 2003, les Milices/Janjaouid et les membres des Forces armées soudanaises ont mis en place une politique de recherches et d'arrestations dans la ville de Mukjar. Un témoin a décrit ce qu'il a vu lorsqu'il a rendu visite à son oncle dans une prison de fortune : ce dernier était détenu dans une pièce avec environ soixante autres hommes. Tous les hommes étaient retenus par différents moyens. Il était suspendu en l'air. Il avait les bras bien écartés et attachés sur une planche de bois accrochée au plafond, les jambes étaient également bien écartées et attachées et un poêle qui brûlait avait été placé entre celles-ci. Tous les hommes avaient des traces de coups de fouet sur leur corps, et leurs vêtements étaient déchirés et tachés de sang. Un homme avait été sévèrement battu et les ongles de ses mains et de ses pieds avaient été arrachés.

 

ii. Viol - Bindisi et Arawala

 

Bindisi

Un témoin a décrit le fait que ses agresseurs lui ont tenu les bras et une jambe et ont attaché l'autre jambe à un arbre. Deux agresseurs l'ont giflée à de multiples reprises et l'ont menacée avec une épée avant de la violer. Ce témoin a également vu six ou sept des agresseurs violer quatre filles. Deux des agresseurs ont maintenu les bras et les jambes d'une fille pendant que le troisième la violait.

 

Arawala

En décembre 2003 ou aux alentours de cette date, les Forces armées soudanaises et les Milices/Janjaouid ont appréhendé un groupe de jeunes femmes et les ont emmenées à la garnison militaire locale. Toutes les femmes ont été entièrement déshabillées. Cette nuit là, des hommes ont attaché les femmes à des arbres en mettant leurs jambes écartées et les ont violées en continu. Le témoin a déclaré qu'elle a été violée par 10 à 25 hommes cette nuit-là.

 

iii. Meurtre - Villages de Kodoom et ville de Mukjar

 

Villages de Kodoom

 

Au cours de l'une des nombreuses attaques lancées sur les villages de Kodoom et dans les environs, le 31 août 2003, des membres des Milices/Janjaouid traversaient les villages tirant sur les civils alors que ceux-ci prenaient la fuite. Un témoin se rappelle, en particulier, avoir vu qu'on tirait sur une femme qui portait son enfant. Les tirs ont touché la mère et son enfant. Elle a eu le bras cassé et son enfant a succombé à ses blessures par balle. Le témoin se rappelle également avoir vu un membre des Milices/Janjaouid tirer sur une femme en fin de grossesse qui a succombé à ses blessures un peu plus tard.

 

Ville de Mukjar

 

À partir d'août 2003 ou aux alentours de cette date jusqu'en mars 2004 ou aux alentours de cette date, les Forces armées soudanaises et les Milices/Janjaouid ont procédé à des exécutions de civils dans la ville de Mukjar et ses alentours. Un témoin a vu des membres des Forces armées soudanaises et des Milices/Janjaouid aligner au moins une vingtaine d'hommes et les fusiller. Ensuite, les Milices/Janjaouid sont retournées à leur base en laissant les corps derrière elles et en faisant des bruits de fête.

 

À une autre occasion, trente-deux hommes au moins ont été chargés dans des Land Cruisers qui formaient un convoi et ont été amenés au bord d'un ruisseau où ils ont tous été tués. La fusillade a duré environ dix minutes. Peu de temps après, les véhicules sont revenus vides. Le jour suivant, des femmes ont trouvé trente-deux corps dans les fourrés.

 

iv. Destruction d'un village tout entier et transfert forcé de ses habitants - Arawala

 

Avant les attaques, il y avait au moins 7 000 habitants à Arawala. Aux dires d'un témoin, en décembre 2003 ou aux alentours de cette date, les Forces armées soudanaises et les Milices/Janjaouid ont complètement détruit Arawala, mettant le feu à chaque case et obligeant tous les survivants à fuir.

 

VI. Recevabilité

 

La CPI est une instance de dernier recours et peut intenter des procédures seulement lorsque : (i) il n'y a eu ni enquête ni poursuites à l'échelle nationale à propos de l'affaire; ou (ü) une enquête ou des poursuites ont été engagées, mais l'État n'a pas la volonté ou est dans l'incapacité de mener véritablement à bien l'enquête ou les poursuites.

 

Pour qu'une affaire soit irrecevable, la Chambre préliminaire a indiqué que les procédures nationales doivent concerner à la fois la personne et le comportement qui fait l'objet de l'affaire devant la Cour. Dans le présent contexte, « affaire » est définie par les incidents spécifiques au cours desquels un ou plusieurs crimes relevant de la compétence de la Cour semblent avoir été commis par un ou plusieurs suspects identifiés.

 

L'Accusation a consacré des ressources considérables et accordé une attention toute particulière à la question de la recevabilité. L'Accusation a effectué 5 missions au Soudan, plus récemment à la fin du mois de janvier 2007, recueillant des renseignements sur les procédures nationales auprès des ministères concernés ainsi que des autorités judiciaires, du ministère public et des services de police.

 

Les enquêtes qui sont actuellement menées par les autorités soudanaises concernées ne couvrent pas les même personnes ni le même comportement que ceux qui font l'objet des procédures intentées par l'Accusation. Le Gouvernement soudanais a informé l'Accusation du fait qu'Ali Kushayb fait l'objet d'une enquête criminelle et qu'il a été arrêté le 28 novembre 2006. Même si des enquêtes au Soudan impliquent bien Ali Kushayb, elles ne se rapportent pas aux mêmes incidents et elles n'englobent qu'un ensemble bien plus réduit de comportements.

 

Après avoir analysé tous les renseignements concernés, le Procureur en a conclu que les autorités soudanaises n'ont pas enquêté ou poursuivi l'affaire qui fait l'objet de la Requête. L'Accusation a conclu sur cette base que l'affaire est recevable. Cette évaluation ne constitue pas un jugement du système judiciaire soudanais dans son ensemble.

 

VII. Garantir la comparution d'Ahmad Harun et d'Ali Kushayb

 

En vertu de l'article 58, si la Chambre préliminaire est convaincue qu'il y a des motifs raisonnables de croire que les personnes citées ont commis des crimes relevant de la compétence de la Cour, la Chambre peut délivrer soit une citation à comparaître soit un mandat d'arrêt à l'encontre d'Ahmad Harun et d'Ali Kushayb.

 

La garantie de la comparution d'Ahmad Harun et Ali Kushayb représente un défi majeur. La responsabilité incombera principalement à l'État territorial, le Soudan, sur décision de la Chambre, soit de prendre des mesures afin de notifier les citations à comparaître soit de procéder à l'arrestation des personnes. Le Gouvernement soudanais, en tant qu'État territorial, a l'obligation légale de coopérer en vue de faciliter la comparution des personnes tout comme la capacité de le faire. L'Accusation a considéré qu'à ce stade, une citation à comparaître pourrait se montrer suffisante pour garantir la comparution des personnes. La Chambre préliminaire examinera le dossier de manière indépendante en ce qui concerne la question de savoir s'il est plus approprié de délivrer des mandats d'arrêt ou des citations à comparaître.

 

VIII. Conclusion

 

En soumettant la présente requête, l'Accusation a présenté ses éléments de preuve à la Chambre préliminaire. Les juges examineront les éléments de preuve présentés et décideront de la marche à suivre.

 

 

 Début de page

Interview de Jan Pronk, ancien Représentant Spécial du Secrétaire Général des NU Kofi Annan au Soudan où il fut déclaré « persona non grata »

par Wasil Ali - février 2007

 

Le CPA toujours en affaires

Il y eut une dispute publique entre le Président Béchir et le Vice-Président Salva Kiir lors des célébrations du second anniversaire de l'accord de paix (CPA). Des centaines de gens ont été tués lors des bagarres sanglantes de Malakal au Sud-Soudan. Pouvez-vous nous donner votre évaluation du CPA maintenant?

 

Le CPA est dans une situation difficile, mais comme je l'ai dit il y a deux mois au Conseil de Sécurité, il fonctionne toujours. La route vers la paix est chaotique, le train peut dérailler en certains endroits, mais il fonctionne toujours. Cependant un certain nombre de points posent des problèmes significatifs, comme les évènements de Malakal qui pourraient se reproduire à Wau et Juba. Le combat de Malakal fut le pire du genre depuis la signature du CPA. Le désaccord politique entre Béchir et Salva existe depuis un certain temps, c'est peut-être la première fois qu'il éclate en plein jour. Ce n'est peut-être pas mauvais en soi-même et il vaut peut-être mieux l'avoir en public qu'en privé. Ce n'était pas tant une dispute entre le Président et son vice-Président qu'entre le Président du Soudan et celui du Sud-Soudan. Je pense que vous devriez faire la distinction.

 

Ne croyez-vous pas que l'atmosphère négative qui prévalut durant la célébration du second anniversaire fut un recul majeur?

 

Ce n'est pas un recul. Tout le monde doit connaître ces différends, plutôt que d'avoir des groupes armés (pro gouvernementaux) continuer leurs activités déstabilisantes dans le noir.

 

Le statut d'Abyei est un problème entre le Parti du Congrès National ( PCN, Béchir) et le MLPS (Salva). La Commission des frontières d'Abyei décida qu'Abyei devrait faire partie du Sud-Soudan (faux, elle a donné à Abyei une superficie trop grande au yeux du PCN. VS). Le gouvernement soudanais a dit qu'elle avait excédé son mandat. Est-ce vrai ?

 

Ce n'est plus une question importante car ces déclarations datent d'un an et demi. Cela ne sert à rien de les répéter. Il faut trouver une solution politique tout en garantissant la sécurité sur le terrain, ce qui est le souci principal. Si PCN et MLPS sont en désaccord, sur Abyei, il n'appartient pas aux NU de prendre parti : ce ne fut ni un rapport des NU ni une décision des NU d'avoir un comité présenter un rapport, ni que ce comité mette sur pied les procédures de la mise en oeuvre de ses conclusions. Le point important pour les NU, c'est qu'il doit y avoir une solution politique et tant qu'il n'y en a pas, il ne devrait pas y avoir d'impact négatif sur le terrain. (Point de vue discutable puisque l'établissement du Comité se trouve dans le CPA. VS.).

 

Le DPA

Venons-en au Darfour. L'accord de paix du Darfour (DPA), fut signé en mai 2006 à Abuja. Vous avez été présent à ces pourparlers. A l'époque de sa signature, vous le souteniez et plus tard vous l'avez critiqué. Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis?

 

J'ai signé le DPA comme témoin. Je ne pensais pas que c'était la meilleure solution, mais c'est ce qui est ressorti des pourparlers. Je n'ai pas été présent les deux derniers jours de négociations, j'avais dû aller à NY pour une réunion. Tout changea. Quand j'étais encore là le dimanche Minni Minawi s'opposait avec véhémence au texte proposé. La faction d'Abd el Wahid était plus positive à son égard. (Le texte n'avait pas encore été fini de traduire VS). En deux jours tout changea, Minni Minawi finit par signer l'accord tandis qu'Abd el Wahid ne le fit pas. Ce fut un changement total de position et je ne suis pas certain de ce qui le provoqua. Il faut poser la question aux délégués américains et britanniques qui étaient présents. Quand je revins de NY, les décisions avaient déjà été prises et les NU signèrent comme témoin. C'était un accord de paix et une tractation de cessez-le-feu. On demanda à Abd el Wahid de sortir de la pièce parce qu'il refusait de signer. J'ai dit que l'accord était positif en ce qu'il était clairement la seule façon de résoudre le conflit. Mais dès le début j'ai été très clair: si l'accord était considéré comme une fin en soi, plutôt que comme un pas en avant vers la paix, ce serait une lourde faute. Pendant les semaines qui suivirent la signature, beaucoup de fautes furent commises par toutes les parties et par la communauté internationale qui tinrent pour acquis que l'accord était la conclusion de la crise. Ils traitèrent les non-signataires de hors-la-loi et les menacèrent de sanctions s'ils ne signaient pas. Cette attitude fut adoptée par les signataires, l'Union Africaine, les Etats-Unis, le Royaume-Uni. Je les avertis que ce n'était pas la bonne manière d'assurer le suivi. En conséquence de leurs actions, , l'accord devint un instrument de division plutôt qu'un instrument qui lie politiquement. Six semaines plus tard je déclarai que l'accord de paix était en plein désarroi et graduellement j'élevai la voix pour dire aux parties que si elles continuaient comme cela, il n'y aurait plus d'accord de paix. Le gouvernement et Minni Minawi n'avait aucune volonté politique de rallier les non-signataires, mais les bombardaient et les attaquaient. Ces attaques n'étaient pas dans l'esprit du DPA.

 

Vous dites que c'est la mise en oeuvre qui tua le DPA?

 

Absolument et j'ai mis l'accent sur ce fait dans toutes mes conférences de presse. Si on lit le DPA il n'est pas mauvais du point de vue institutionnel ou légal. Ceci dit, il n'était pas viable parce que c'était un accord entre le gouvernement et une seule faction rebelle. (La plus petite VS). Les non-signataires étaient traités de hors-la-loi et bombardés. Le résultat fut que les circonscriptions d'Abd el Wahid rejetèrent le DPA, utilisé comme un instrument pour les attaquer. Graduellement le DPA se paralysa, mourut presque. J'utilisai le terme coma parce que dès les premiers mois, le DPA ne fonctionnait plus.

 

Des pays occidentaux ont légitimé les attaques contre les rebelles

Selon un communiqué du conseil de Sécurité des NU, le DPA doit être la base de la paix au Darfour; le gouvernement soudanais répète que l'accord ne sera pas changé et que les non-signataires doivent le prendre tel qu'il est.

 

C'est une déclaration de pouvoir et non une déclaration politique. Le gouvernement peut répéter ce qu'il veut, si les autres parties ne sont pas d'accord, le DPA ne fonctionnera pas. On peut bombarder et attaquer le non-signataires, utiliser les milices janjawid contre eux, comme ce fut le cas. La faute de quelques pays occidentaux fut de légitimer ces attaques comme une manière de mettre en oeuvre le DPA, en les traitant de hors-la-loi et de terroristes, ce qui encouragea le gouvernement soudanais à attaquer leurs positions. Le DPA finit en chassant la paix. Les choses auraient été différentes, si dès le début toutes les parties avaient été admises aux institutions du DPA telles que la commission de cessez-le-feu. Tout accord de cessez-le-feu a besoin d'une commission très forte et efficace et pour cela toutes les parties doivent être présentes, sans quoi on ne peut résoudre les violations. Les non-signataires ne purent se joindre à cette commission : elles pouvaient être attaquées sans faire entendre leurs voix. La commission, censée être la sauvegarde du cessez-le-feu finit en servant à légitimer plus d'attaques.

 

La crise du Darfour peut conduire les Sudistes à voter contre l'unité

Pensez-vous que la crise du Darfour puisse amener à l'effondrement du CPA ?

 

Je me préoccupe que cela puisse arriver même si cela ne devrait pas. Je crois personnellement que la paix au Sud est fortement liée à la paix au Darfour. Quand il y a une guerre dans une partie importante du pays, l'unité du Soudan est en jeu. Il se peut que le CPA ne s'effondre pas, mais les Sudistes pourraient voter pour l'indépendance car ils n'ont pas confiance dans le gouvernement de Khartoum. Ceci, à mon avis pourrait être légalement acceptable mais ne sera pas bon pour le Soudan dans son entier et serait une raison pour retourner à la guerre. S'il n'y a pas la paix au Darfour, il n'y aura pas de confiance dans le gouvernement, puisque les Sudistes le blâmeront pour les attaques contre leurs concitoyens. Ils décideront de devenir indépendants car ils ne voudront pas courir le risque d'être attaqués de la même manière. C'est un cercle vicieux. La seule façon de l'éviter est d'avoir la paix au Darfour dès que possible. C'est ce que la communauté internationale devrait comprendre ; si elle veut la paix dans l'Afrique du Nord-Est, le Darfour en est la clé.

 

Inefficacité du Conseil de Sécurité des NU

Vous avez déjà fait part de tout cela au Conseil de Sécurité des NU (CSNU) qui a été pratiquement inefficace. Vous avez dit dans l'une de vos conférences de presse qu'il ne prenait pas les choses au sérieux. Pourquoi ?

 

Je ne sais pas. Je peux donner plusieurs explications, ce ne sont que des spéculations. Peut-être s'occupent-ils d'autres problèmes tels que la situation au Moyen-Orient. Ils sous-estiment peut-être l'étendue de la crise ou ils sont trop divisés entre eux. Je pense que c'est une combinaison de ces trois éléments.

 

Personne ne sait qui a vraiment le pouvoir à Khartoum

Chaque fois que les rebelles se réunissent pour parler de leur unification en un lieu, le gouvernement soudanais le bombarde. Pour quelle raison ?

 

Malheureusement le gouvernement soudanais ne craint pas la réaction internationale puisque tous les bombardements et les attaques de janjawid sont des violations des résolutions du CSNU et du DPA. Le gouvernement soudanais sait qu'il peut violer les termes de ces accords sans avoir à craindre de répercussions de la communauté internationale. Le gouvernement soudanais s'est décidé à obtenir une victoire militaire. Un exemple : quand les rebelles promettent de s'abstenir d'attaquer, le gouvernement soudanais les bombarde. L'autre explication à laquelle je peux penser est que ces attaques sont faites par d'autres forces à Khartoum, comme l'armée.

 

Ils lanceraient des attaques sans le consentement de la direction politique?

 

C'est possible. Personne ne sait exactement où se trouve le pouvoir. Cependant si la seconde explication est vraie, cela veut dire que ceux qui détiennent le pouvoir politique seraient plus dignes de confiance. Ces forces leur rendent la vie difficile. Dans ce cas le pouvoir politique serait plus ouvert et demanderait à a communauté internationale de les aider contre ces forces qui déstabilisent le Sud et le Darfour. Tant qu'il ne le fait pas, il est responsable.

 

Vous parlez de « forces » qui empêchent la paix au Sud et cherchent une solution militaire au Darfour. A qui faites-vous allusion?

 

Je ne donnerai pas de noms, mais nous savons tous que certains groupes à Khartoum n'aiment pas le CPA (accord de paix du Sud VS) et blâment Béchir et le second vice-président Ali Osman Taha pour avoir fait, à leur avis, trop de concessions. A mon sens ces groupes sont ceux qui se trouvent derrière les efforts pour déstabiliser le Sud en armant des milices. Il pourrait y avoir des forces économiques derrière cela, liées au pétrole (qui est au Sud VS) ; cela pourrait être des forces politiques traditionnelles qui souhaitent avoir un Soudan aussi fort qu'immense, ou encore des islamistes plus conservateurs. Ou une combinaison de tous. Des forces similaires essaient de garder le Darfour sous contrôle pour des raisons économiques. Je pense qu'on trouve ces forces dans l'armée, mais non l'armée entière; dans le Parti du Congrès National (PCN Béchir, VS), mais non ce parti en entier; dans les force de Sécurité Nationale, mais non dans leur entier. C'est très vague mais je ne crois pas que le Président soit derrière. J'ai dit auparavant que le Président les tolère et peut fermer les yeux pour rester au pouvoir, mais ces forces sont tout à fait robustes.

 

Pensez-vous que ce sont ces forces qui ont marginalisé le second vice-président?

 

Je suppose que cela fait partie du jeu. Je pense que ce sont ces forces qui mettent de côté les NU et qui rendent la vie de leur personnel très difficile. Les NU sont beaucoup plus sous pression qu'avant que je sois mis dehors. Quand j'étais là, je me tenais debout pour le personnel. Maintenant qui se tient debout pour l'UNMIS? L'attaque contre l'enclos des NU à Nyala est une honte car personne n'a rien dit. Le gouvernement soudanais peut rendre la vie très difficile, c'est de l'intimidation et du harcèlement qui pourrait même aller plus loin.

 

La mission des NU au Soudan décapitée

Vous pensez que ce harcèlement a miné le rôle des NU?

 

Oui. C'est une action délibérée dans ce but. Quand j'étais là, je défendais mon personnel. UNMIS a été décapité et la direction actuelle s'occupe plus de l'aspect directorial et n'est pas soutenue par NY. Je blâme NY qui ne soutient pas sa mission. Le terrible est qu'on envoie des milliers de gens au Soudan et qu'on les laisse nager seuls. Ils sont dans une situation très difficile. Le personnel est une partie de l'ensemble des opérations. Il inclut des moniteurs des droits de l'homme, du personnel humanitaire, des ONG, l'UNHCR, le PNUD, UNMIS et d'autres agences. Ils ne sont soutenus ni par leur capitale ni par le CSNU.

 

Quand vous parlez de NY vous voulez dire le CSNU ou le bureau du Secrétaire Général?

 

A l'administration comme au CSNU. Quand on envoie une mission, il faut la soutenir. Actuellement il n'y a pas de soutien politique efficace.

 

Vous avez été un peu amer à la réaction de NY à votre expulsion et avez blâmé implicitement le bureau su Secrétaire général sortant, Kofi Annan, pour ne pas vous avoir soutenu?

 

J'ai dit publiquement très clairement que Kofi Annan avait fait tout ce qui était en son pouvoir et qu'il a soutenu UNMIS personnellement. Je ne l'ai pas blâmé.

 

Vous avez blâmé son bureau pour ne pas avoir apporté de suivi à votre expulsion. Il y eut une lettre de Khartoum à laquelle il ne répondit pas et vous avez aussi dit que le CSNU n'a même pas condamné votre expulsion.

 

J'ai toujours dit qu'il n'est pas important qu'ils me soutiennent ou pas. Ce qui est important c'est qu'ils aient laissé une décision être prise sans s'en occuper. Cela veut dire que le gouvernement soudanais est conduit à penser qu'il peut continuer à faire ce qu'il veut. UNMIS devient moins efficace parce que le gouvernement soudanais lui rend la vie difficile. Jamais auparavant nous n'avions eu autant de déplacements et d'évacuations d'opérations humanitaires

 

Lam Akol et Jan Pronk

Pourquoi le ministre des affaires étrangères soudanais tenait-il tant à vous expulser. ? C'est un membre du MLPS qui n'était pas d'accord avec votre expulsion.

 

Je ne sais pas. Lam Akol est un diplomate très intelligent et très puissant. Je ne connais pas la structure politique du pouvoir à l'intérieur du gouvernement d'unité nationale...

 

Pensez-vous qu'il essayât de plaire au NCP en prenant une attitude plus radicale avec vous?

 

Il faut lui poser cette question. J'ai ma propre analyse qui est une simple supposition. Le fait demeure que c'est lui qui a signé la décision de me considérer persona non grata pour le gouvernement d'unité nationale.

 

Il n'y avait pas de différend personnel entre Akol et vous?

 

Il n'y a rien de personnel. C'est un politicien intelligent et moi aussi. Nous avions des différences d'opinion. A un certain moment, il a atteint une certaine décision. Il a le droit de le faire en tant que ministre soudanais des affaires étrangères ; pourtant cette décision était une violation de l'accord avec les NU établissant UNMIS. Cependant c'est au CSNU de s'occuper de cela.

 

Béchir a refusé les casques bleus pour éviter une lutte de pouvoir

Pourquoi pensez-vous que Béchir a rejeté les casques bleus au Darfour?

 

Je pense qu'il a été mal informé et manipulé par des gens qui font partie de ces forces dont je vous ai parlé. Le gouvernement dépend de beaucoup de groupes de pouvoir qui ont des positions différentes. Béchir doit équilibrer ces pouvoirs pour que le régime reste stable. Il doit tenir compte des vues négatives de ces groupes. Il en est venu à la conclusion qu'il devait peser deux risques; le risque d'autoriser les NU au Darfour ou de les rejeter. S'il choisit le dernier, il risque des sanctions et l'isolement diplomatique. S'il s'incline, il risque un différend de pouvoir interne et de l'agitation. Béchir a pesé ces deux risques et décidé que le second risque est plus important parce que le premier est pratiquement inexistant. Le CSNU est devenu uniquement paroles. Il fait de puissantes déclarations et des Résolutions sans suivi. Il reçoit un rapport disant que les accords ne sont pas honorés, il demande donc un autre rapport. A la fin le seul risque qui existe à Khartoum est domestique. Béchir étant un politicien, prit une décision rationnelle basée sur l'analyse des risques encourus et de la structure de pouvoir dans ses rangs.

 

Si je vous comprends bien, le régime soudanais tient plus à rester au pouvoir qu'à essayer de travailler sincèrement avec la communauté internationale.

 

Correct.

 

Le New York Times a rencontré un certain nombre de soldats soudanais au Tchad; ce qu'il dit confirme ce que vous avez mentionné dans votre blog sur le mauvais moral de l'armée soudanaise combattant au Darfour qui battit en retraite ce qui conduisit à des pertes de l'armée. Il est certain que sa direction le sait. Pourquoi alors le gouvernement insiste-t-il sur une solution militaire?

 

L'une des « fautes » du gouvernement et c'est un terme doux pour ce qui arrive réellement, est qu'il a armé les milices arabes contre les rebelles. Il n'a pas utilisé l'armée qui comprenait trop de Darfouriens dans ses rangs qui ne voulaient pas combattre leur propre peuple. Le gouvernement prit la très mauvaise décision d'armer des milices arabes connues sous le nom de janjawid. L'armée soudanaise est disciplinée et j'avais des contacts réguliers avec elle. Elle est bien organisée et disciplinée et respecte jusqu'à un certain point la loi internationale et les droits de l'homme. Mais elle n'est pas assez forte pour combattre les rebelles ; aussi en sont-ils venus à la même tactique déjà utilisée contre les rebelles sudistes dans les années 80 de déployer les milices quand l'armée ne gagnait pas la guerre. Les forces qui veulent gagner la guerre utilisent des paramilitaires. Il y a aussi des forces tchadiennes au Darfour.

 

Vous confirmez le lien entre les janjawid et le gouvernement quoique celui-ci le nie?

 

Certainement. Mais je ne dis pas le gouvernement, mais des forces à l'intérieur de ce gouvernement. Je n'accuse même pas Béchir, quoiqu'il les autorise. C'est un conglomérat de pouvoir contenant des forces qui peuvent poursuivre ces activités, mais ce n'est pas une décision de Béchir. Il m'a assuré qu'il ne le fait pas et j'ai confiance en lui, mais c'est fait et des armes sont fournies à ces milices. Béchir m'a dit qu'il avait donné des instructions à ses commandants de ne pas bombarder le Darfour, et je le crois, mais les bombardements aériens continuent.

 

Mais Béchir a admis publiquement que ses forces aériennes bombardent le Darfour?

 

Cela vient de se passer. Je parle de discussions que j'ai eues avec lui l'an dernier.. Les forces que je mentionne s'appuient très fortement sur les unités paramilitaires. Les PDF (une milice VS), les janjawid sont très intelligents dans la manière dont ils incorporent ces forces.

 

La Cour Pénale Internationale peut aider à neutraliser les forces destructrices au Darfour

Le Procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) a annoncé qu'il inculperait ce mois-ci son premier cas. Pensez-vous que cela compliquera les choses ou aidera à les résoudre?

 

Je pense que cela aidera.

Même s'il inculpe des membres importants du gouvernement?

 

Oui parce qu'on leur a donné leur chance. En août 2004 je leur ai dit que s'ils ne voulaient pas avoir des procédures légales internationales, ils devaient le faire eux-mêmes dans des cours nationales. Ils ont créé quelque chose qui n'était pas sérieux. Les cours qu'il établirent inculpèrent des gens d'un rang pas du tout élevé, pas les vrais maîtres d'oeuvre des atrocités. Ils ont montré qu'ils étaient capables d'organiser des cours s'ils le voulaient mais peut-être en étaient-ils incapables ou ne le voulaient-ils pas à cause du conglomérat de pouvoirs que j'ai décrit. Maintenant cela doit être traité par la CPI.

 

Soutenez-vous un compromis possible qui accorderait l'immunité aux officiels soudanais en échange de la solution de la crise du Darfour et de l'autorisation de venue des casques bleus?

 

Si cela arrive cela fait partie d'un arrangement politique et je ne pense pas que les NU puissent y souscrire. Je ne crois pas dans un arrangement entre le gouvernement du Soudan et des gens à l'étranger. Qui parlera pour les victimes et pour tous ces réfugiés qui ont perdu des membres de leurs familles dans cette guerre? On ne peut faire un tel arrangement. Ce qu'on peut faire, c'est la paix d'abord puis la justice. Mais en aucune façon vous ne pouvez accepter un arrangement exonérant les coupables. Pendant les pourparlers de paix entre le gouvernement soudanais et le MLPS, le problème de l'immunité pour les responsables des tueries pendant 21 ans de guerre entre le Nord et le Sud, fut discuté. Les deux parties décidèrent qu'elles ne voulaient plus en entendre parler. On ne trouve rien dans le CPA qui dise qu'il y a impunité. Si quelqu'un veut soulever le sujet, il peut le faire. Il appartient aux Soudanais de prendre cette décision et la communauté internationale ne peut le faire à leur place.

 

Mes relations avec le Soudan datent des années 70

Vous avez habité au Soudan assez longtemps. Quels sont vos sentiments sur le Soudan et son peuple?

 

Vous avez dit que j'étais amer, et ce n'est pas vrai. J'ai vraiment aimé le pays et son peuple. Je suis venu au Soudan au début des années 70. Le Soudan a une place très spéciale dans mon coeur. J'avais pris la décision à l'époque d'y commencer un programme d'aide après l'accord d'Addis Abeba en 1972. L'année suivante je devins ministre hollandais pour le développement et décidais que le Soudan méritait de l'assistance aussi j'y vins et parlais au président Nimeiri. Je lui dis que nous souhaitions devenir partenaires puisqu'il avait pris une décision hardie en faisant la paix avec le Sud. Nous souhaitions fournir de l'aide à moitié au Nord et l'autre moitié au Sud. Je me rendis au Sud et eu des contacts avec le Président Abel Alier. Nous fûmes impliqués dans un certain nombre de projets, dont l'Université de Juba, des ponts à Juba et le canal de Jonglei. Dans les années 90, j'ai maintenu les contacts avec le Président Béchir et feu John Garang. C'est moi qui commençais le groupe des amis de l'IGAD pour soutenir le processus de paix de l'extérieur.. Je connais les tenants et les aboutissants de la situation, je me suis rendu là très souvent et je me sens un ami du pays et de son peuple.

 

Avez-vous l'intention d'écrire vos mémoires sur vos fonctions au Soudan?

 

Si j'ai le temps je le ferai mais j'ai l'intention d'être actif politiquement et quoique je puisse faire, je veux continuer à le faire plutôt qu'à perdre mon temps à regarder en arrière. Les mémoires sont intéressants, mais c'est une façon de regarder en arrière et je veux regarder en avant. J'ai mes notes et je continuerait à écrire mais en même temps, je veux être actif.

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Pronk: Hidden forces undermining Sudanese president authority

By Wasil Ali*

Feb 11, 2007 (Amsterdam) —The former UN envoy to Sudan said that some hidden forces in Khartoum are hindering a peaceful resolution to the Darfur crisis as well as destabilizing the implementation of the peace agreement in southern Sudan. He further added they could be motivated by a combination of economic, political or religious factors.

The former Special Representative of the UN Secretary General to Sudan, Jan Pronk, told the Sudan Tribune in an interview that some forces are hindering efforts to realize peace in Darfur. He identified these forces as the same ones that attempting to destabilize the south by arming militias.

Pronk said that these forces had “never liked the CPA and in turn blamed al-Bashir and his 2nd Vice president Ali Osman Taha for what they thought to be too many concessions made.” He said they could be composed of economic forces linked to oil “or it could just be traditional political forces who want to have a strong huge big Sudan or simply more conservative Islamists. It could be a combination of all that.”

Pronk mentioned that theses forces are vague in structure and spread across the state apparatus such as the army, the ruling National Congress Party and the security services. However he added that president al Bashir is not personally behind it though he “allows it and may close his eyes in order to stay in power but these forces are quite strong.”

He also vehemently accused these forces of undermining the role of the United Nations Mission in Sudan (UNMIS).

“I have stood up for my staff and defended them when I was there. The UN mission in Sudan (UNMIS) has been beheaded and the current leadership is officially in charge but in reality they are handling more of the managerial aspect of the peace agreement and they are not backed by New York.” he said.

Pronk explained that the Sudanese president opposition to the deployment of UN peacekeepers in Darfur is the outcome of a complex balance of power within the ruling party. He said that Bashir was misinformed and manipulated by these omnipresent forces. He also added that Sudanese president has to weigh two risks: the risk of international sanctions and diplomatic isolation or an internal power strife and domestic turmoil. According to Pronk, al-Bashir chose to avoid the second because the first risk is “practically non-existent.”

Pronk welcomed the role of the International Criminal Court in Darfur. He said that the upcoming indictments by the ICC would help neutralize forces that are mobilizing militias and are behind the Darfur atrocities.

In his response to the motives behind the negative attitude of the Sudanese foreign minister towards him, Pronk said that Lam Akol has acted as the foreign minister of the national unity government and that the SPLM wasn't supportive of his decision to expel him. However, he underlined that the expulsion “was a violation of the agreement with the UN resolution establishing the UNMIS.”

 

CPA Implementation

 

The former UN SG envoy said that the Comprehensive Peace Agreement is, in spite of the political disagreements hindering its implementation, still on track. “The road to peace is bumpy and the train may easily derail at some points yet it is still on track.”

Nonetheless, Pronk considered that the political will of the two peace partners is the key element to resolve all these difficulties. On issue of Abyei, he said that what is important is to “solve the issue politically while guaranteeing security on the ground.”

The former UN SG envoy to Sudan said that the CPA is strongly linked to the resolution of Darfur crisis, and that even if the CPA didn't collapse, Darfur crisis may lead southerners to vote against the unity because of their lack of confidence in the Khartoum government.

Southerners “will take their own decisions of becoming independent as they don't want to run the risk of being attacked in the same manner so it ends up being a vicious circle.” He further said that this decision “would be legally acceptable but will not be good for Sudan as a whole and a reason to return to war.”

(ST)

The following is the full text of the interview with the former UN Secretary General envoy to Sudan, Jan Pronk.

CPA still on truck

- There was a public row in Juba between the Sudanese President Omar Hassan al-Bashir and his First Vice President Silva Kiir in the celebrations marking 2 years since the signing of the Comprehensive Peace Agreement (CPA). Also, hundreds of people have been killed in bloody clashes that erupted in the southern town of Malakal. In light of all these developments can you give us your assessment of the CPA at this point?

Pronk: The CPA is indeed in a difficult situation, but like I said in my last UN Security Council (UNSC) briefing a couple of months ago that it is still on track. The road to peace is bumpy and the train may easily derail at some points yet it is still on track. However there are a number of items that pose significant risks to the CPA such as the events in Malakal which could be repeated in other areas like Wau and Juba. The fighting in Malakal was the worst of its kind since the signing of the CPA. The fact is that the political disagreement between al-Bashir and Kiir has been ongoing for quite some time, but maybe for the first time it came out publicly in this manner. This is not a bad thing in itself and perhaps it is better to have it in public than having it in private. This was not so much of a dispute between the President and his Vice President, but rather between the President of Sudan and the President of Southern Sudan. I think that you should make this distinction.

- But don't you think that the charged and negative atmosphere that prevailed during the celebration of the CPA's 2nd anniversary was a major setback?

Pronk: No it is not a setback. This is an example of what I have reported before to the UNSC that the CPA may derail from its track and therefore they should stay alert. It is simply a political debate that was made in public and not a violent clash. The CPA is not dead and if there are differences then it is better to come out in the open rather than using it as a means to destabilize the CPA. Everyone have to be made aware of these differences rather than having the armed groups continue to carry out destabilizing activities in the dark.

- In the same context the status of Abyei remained a controversial issue between the National Congress Party (NCP) and Sudan People Liberation Movement (SPLM) with no resolution till this very moment. The Abyei Boundary Commission decided that Abyei's should be part of southern Sudan. The Sudanese government argued that the commission has exceeded its mandate by issuing such a recommendation. Is this true?

Pronk: This is no longer an important question because these statements were made a year and a half ago. The question now is how to resolve this issue and it does not help repeating what have been said before. The important thing is to solve the issue politically while guaranteeing security on the ground. As long as the issue has not been solved politically this should not result in more insecurity on the ground which is the main concern. If the NCP and SPLM do not disagree on the Abyei issue then it is not for the UN to take sides because it was neither a UN report nor a UN decision to have a committee presenting a report and setting forth the procedures on the implementation of its findings. The important thing for the UN that there has to be a political solution and as long as they don't reach one, then it should not have a negative impact on the ground.

The DPA is a step forward towards peace

- Let me move on to Darfur. The Darfur Peace Agreement (DPA) was signed in May 2006 in Abuja. You have been present at these talks. At the time the DPA was signed you were supportive of it and then later down the road you became critical of it. What made you change your position?

Pronk: I signed the DPA as a witness. I did not think it was the best outcome, but this is how it came out to be. I was not present during the last couple of days of the negotiations in Abuja, since I had to fly to New York for a meeting. The tables were turned upside down because when I was still there on Sunday Minni Minnawi was vehemently opposed to the proposed text of the agreement. On the other side Abdel Wahid's faction was more positive towards it. In two days everything changed and Minnawi ended up signing the agreement while Abdel-Wahid did not. It was a complete shift of positions and I am not sure what caused the change. This question needs to be directed to the U.S. & U.K. delegates who were present at the Abuja talks. When I returned back from New York decisions have already been made so the UN signed as a witness. It was a peace agreement and a cease fire deal. Abdel-Wahid was asked to leave the room because he refused to sign. I did say that the agreement is a positive thing because clearly this is the only way to resolve the conflict. However I made it very clear from the beginning that if this agreement was seen as a finish rather than a step forward towards peace, then it would be a big mistake. During the weeks following the signing of the DPA many mistakes have been made by all parties to the conflict and the international community who assumed the agreement was the conclusion of the crisis. They labeled the non-signatories of the DPA as outlaws and threatened them with sanctions if they don't sign. This attitude was adopted by the parties which signed the agreement along with the African Union (AU), US and UK. I warned them this is not the right way to follow up. As a result, the agreement became a splitting instrument rather than a politically binding one. Six weeks later I stated that the peace agreement was in disarray and gradually I raised my voice telling the parties that if they continue along this path there would not be a peace agreement anymore. The government and Minni Minnawi had no political will to bring the non-signatories on board but rather bombed and attacked them. These attacks were not in line with the spirit of the DPA.

- So you are saying it was the implementation that ruined the DPA?

Pronk: Absolutely, and I emphasized this in all my press conferences that if you read the text of the DPA it is not a bad one from an institutional or legal perspective. That being said it was not a politically viable agreement because it between the government and a single rebel faction. The non-signatories were labeled as outlaws and they were being bombed. This resulted in a situation where the constituencies of Abdel Wahid rejected the DPA because they believed it was being used as tool to attack them. Gradually the DPA became paralyzed, near dead. I used a stronger term coma, to describe the DPA because the first few months the DPA did not function anymore.

Western countries legitimized attacks against holdout rebels

- The UNSC has issued a communiqué saying that the DPA should the basis for the peace in Darfur. The Sudanese government is insisting that the agreement would not be changed and that the non-signatories have to accept it as is.

Pronk: This is a power statement not a political one. The government can insist all it wants but if the other parties don't agree then the DPA will not function. You can bomb and attack the non-signatories or use the Jinjaweed militias against them, which was the case. The mistake of some western countries is that they legitimized these attacks as a way to implement the DPA through calling the non-signatories outlaws or terrorists which encouraged the Sudanese government to attack their positions. As a result the DPA ended up pushing the peace away. It could have been different if at the outset all parties were admitted to the DPA institutions such as the ceasefire commission. Any ceasefire agreement needs to have a very strong and efficient commission and for that all parties should be present or else you can't resolve ceasefire violations. The non-signatories were not allowed to join this commission which meant that they could be attacked and not have their voices heard. The commission that was meant to safeguard the ceasefire ended up being a vehicle to legitimize further attacks

Darfur crisis may lead southerners to vote against unity

- Do you think the Darfur crisis would lead to the collapse in the CPA?

Pronk: I am concerned that this may happen even though it shouldn't. I personally see that peace in the South is strongly linked to the peace in Darfur. When you have an ongoing war in a major part of the country then the unity of Sudan is at stake. The CPA may not collapse but it may result in a situation where Southerners will vote against unity because they have no confidence in the Khartoum government. This in my view, would legally be acceptable but will not be good for Sudan as a whole and a reason to return to war. If there is no peace in Darfur then there will be no confidence in the government since the southerners will blame them for the attacks on their fellow citizens in Darfur. They will take their own decisions of becoming independent as they don't want to run the risk of being attacked in the same manner so it ends up being a vicious circle. The only way to avoid this is to have peace in Darfur as soon as possible. This is what the international community should understand; if they want to have peace in the North East part of Africa then Darfur is the key to that.

UNSC ineffectiveness

- Given the fact that you have voiced all these concerns to the UNSC yet the latter has been almost ineffective in trying to resolve the Darfur crisis. You have mentioned in one of your press conferences that the UNSC is not taking itself seriously. Why do you think that the case?

Pronk: I don't know. I can offer a number of explanations but they will remain speculations. Perhaps they are busy with other issues such as the situation in the Middle East or they are too divided amongst themselves. It is also possible that they are underestimating the scope of the crisis. I personally think that it is a combination of all these reasons.

No one knows exactly where the power lies in Khartoum

- Every time the rebel groups convene in an area and discuss uniting their ranks the Sudanese government bombs these areas. What is the reason behind that?

Pronk: Unfortunately the Sudanese government does not fear international reaction since any bombing raids or Jinjwaeed attacks are violations of UNSC resolutions and even the DPA. The Sudanese government knows that they can violate the terms of these agreements without fearing any repercussions from the international community. The Sudanese government became determined to pursue a military victory. One example of is that when the rebel groups make promises to refrain from initiating attacks, the Sudanese government bombs them. The other explanation I can think of is that these attacks are carried out by other forces in Khartoum such as the army.

- Launching attacks without the consent of the political leadership in Khartoum?

Pronk: This is possible. No one knows exactly where the power lies. However if the second explanation is true that then this means that those who are politically in power would be more trustworthy because these forces are making life difficult for them but then they should be more open and ask the international community for help against those forces in Sudan that aim to destabilize the South as well as Darfur. As long as they don't do so they are responsible.

- You made frequent references to ‘the forces' that are obstructing peace in the South and seeking a military solution to the Darfur crisis. Who are you specifically referring to?

Pronk: I am not mentioning names but we all know that there are some groups in Khartoum that never liked the CPA and in turn blamed al-Bashir and his 2nd Vice president Ali Osman Taha for what they thought to be too many concessions made. These groups in my view they are the ones behind the attempts to destabilize the south by arming some militias. There could be economic forces behind it linked to oil or it could just be traditional political forces who want to have a strong huge big Sudan or simply more conservative Islamists. It could be a combination of all that. There are similar forces who are trying to keep Darfur under control for economic reasons. I think you will find these forces in the army but not the army as a whole; in the National Congress Party but not the NCP as a whole. You will also find them in National Security but not the apparatus as a whole. It is very vague and I do not think that President himself is behind it. I mentioned before that he allows it and may close his eyes in order to stay in power but these forces are quite strong.

- Do you think that these are the same forces that marginalized Vice President Taha in Sudan?

Pronk: I suppose that this part of the game. I think these are the same forces that are sidelining the UN and making life very difficult for their staff. The UN is much more under pressure than it was before I was ousted. I was standing up for my people when I was there but at the moment who is standing up for the UNMIS? The attack on the UN compound in Nyala for instance is a shame since no one said anything against it. The Sudanese government can make life very difficult. This is intimidation and harassment and could go on even further.

The UN Mission in Sudan has been beheaded

- Do you think the harassment by the Sudanese government has undermined the UN role in Sudan?

Pronk: Yes. This is a deliberate action to undermine the UN role in Sudan. I have stood up for my staff and defended them when I was there. The UN mission in Sudan (UNMIS) has been beheaded and the current leadership is officially in charge but in reality they are handling more of the managerial aspect of the peace agreement and they are not backed by New York. I blame New York for not backing its own mission and instead accommodating the power elites in Khartoum. The awful thing is that you are sending thousands of people to Sudan and let them swim on their own. They are in a very difficult situation. The staff in Sudan is part of our overall operations. This includes human rights monitors, aid workers, NGO's, UNHCR, UNDP, UNMIS and various agencies. They are not backed by their capitals or UNSC.

- When you say New York do you mean the UNSC or the office of the Secretary General?

Pronk: I am referring to the administration of the UN as well as the UNSC. If you send a mission then you have to support them. Currently there is no adequate political backing.

- You have been somewhat bitter about New York's reaction to your expulsion and implicitly blamed the office of the outgoing Secretary General Kofi Annan for not standing up for you?

Pronk: I made it very clear publicly in interviews and more recently on ‘Hardtalk' that Kofi Annan has done everything in his power and that he personally backed the UNMIS. I did not blame Annan.

- You blamed his office for not following up on your expulsion. There was a letter from Khartoum that he did not respond to and you also mentioned that the UNSC did not even issue a condemnation of your expulsion?

Pronk: I have consistently said that it's not important whether they back me or not. What is important is that they allowed a decision take place without addressing it which means that the Sudanese government is led to believe that they can go ahead and do what they please. The UNMIS is becoming less effective because the Sudanese government making life difficult for them. Never before did we have so many relocations and evacuations of humanitarian operations in Darfur.

Lam Akol and Jan Pronk

- Why was the Sudanese foreign minister so ardent about expelling you from Sudan considering he was a member of SPLM that did not agree to your expulsion?

Pronk: I don't know. Akol is a very clever and strong diplomat but I don't know the political power structure within the government of national unity. I only know that the SPLM was not in agreement with the decision to expel me.

- Do you think he was trying to please the NCP by taking a more radical approach with you?

Pronk: That is the question that you need to direct to him. I have my own analysis that is merely guessing. The fact remains that he has signed the decision considering me Persona non grata on behalf of the government of national unity.

- So there were no personal differences between you and Akol?

Pronk: No there is nothing personal. He is a clever politician and I am a clever politician. We did have difference in opinions. At a certain moment he reached a certain decision. He has the right to do so as Sudan's foreign minister. This decision however was a violation of the agreement with the UN establishing the UNMIS. However it's up to the UNSC to address that.

Bashir rejected UN force to Darfur to avoid a power strife

- Why do you think Bashir rejected UN peacekeepers in Darfur?

Pronk: I think he has been misinformed and manipulated by some people who are part of the forces I mentioned before. The government is dependent on many power groups of different positions. Al-Bashir has to balance and accommodate these powers to keep the regime stable. Al-Bashir has to put the negative views from these groups into consideration. He has come to the conclusion that he has to weigh two risks; the risk of allowing the UN into Darfur or rejecting them. If he chose the latter then he risks sanctions and diplomatic isolation. If he complies then he runs into the risk of an internal power strife and domestic turmoil. Al-Bashir has weighed these risks and determined that the second risk is higher because the first risk is practically non-existent. The UNSC is becoming all talk; making powerful statements and passing resolutions with no follow up. They receive a report that the agreements are not honored so then they ask for another report, so at the end of the day the only risk that exists for Khartoum is the domestic one. Al-Bashir, being a politician took a rational decision based on his analysis of the risks involved and the power structure within his ranks.

- If I understand you correctly the Sudanese regime or NCP is more concerned about staying in power rather than genuinely than trying to work with the international community?

Pronk: Correct. This is what I said before.

- The New York Times met with a number of Sudanese soldiers in Chad and apparently what they said confirms what you mentioned in your blog about the low morale of the Sudanese army fighting in Darfur and retreating which lead to losses by the army and for sure the army leadership knows that. Given that why does the government insist on a military solution?

Pronk: One of the ‘mistakes' of the government, and this is a soft description of what it really is, that they armed the Arab militias against the rebels. They didn't use the army because there were too many Darfurians in their ranks who did not want to fight their own people. The government took the very wrong decision to arm the Arab militias known as the Jinjaweed. The Sudanese army is disciplined and I had regular contacts with them. It is a well organized and disciplined and up to a point respect international law and human rights. However they are not strong enough to fight the war in Darfur so they resorted to the same tactics that was used by the government in 80's of deploying militias to fight the southern rebels when the army was not winning the war. The forces that are looking for a military victory are using paramilitary forces. By the way let me add that there are also Chadian forces in Darfur.

- So you are confirming the link between the Jinjaweed and the government even though the latter keeps denying that it is supporting them?

Pronk: Definitely however I don't say the Sudanese government but forces within them. I don't even accuse al- Bashir even though he allows them to do so. It's a conglomerate of power containing forces which can carry out those activities, but it is not a decision by al-Bashir. He assured me that they are not doing it and I trust him but it is being done and weapons are provided to these militias. Al-Bashir told me before that he instructed his commanders not to bomb areas in Darfur and I believe him but the aerial bombardment is continuing.

- But al-Bashir has publicly admitted that his air force is bombing Darfur?

Pronk: This is a current event but I was speaking of discussions I had with him last year. The forces I refer to are very strongly relying on paramilitary units. The PDF, Jinjaweed are very clever in the way they incorporate these forces.

ICC can help to neutralize destructive forces in Darfur

- The Chief Prosecutor of the International Criminal Court has announced his intention to file his first case before the judges this month. Do you feel that arrest warrants at this point will complicate matters in Darfur crisis or will it help resolving it?

Pronk: I think it would help.

- Even if the court indicted senior members of the government?

Pronk: Yes because they have had their chance. In August 2004 I told them that if you don't want to have international legal proceedings then show that you are serious and do it your self and start your own proceedings in the national courts. What happened is that they have created something which was not serious. The courts which they established are only indicting low-ranked people not the real masterminds of the atrocities. They have shown that they can do it if they wanted to, but perhaps they unable or unwilling to do so due to the conglomerate of powers I described. It should now be handled by the International Criminal Court.

- Do you support a possible compromise that would grant immunity from prosecution to Sudanese officials in return for a resolution of the Darfur crisis and allowing UN peacekeepers in?

Pronk: If that happens then it becomes part of a political deal and I don't think the UN can subscribe to that. I don't believe in such a deal which will be between the government of Sudan and people abroad, but who is speaking for the victims and all these refugees who lost their family members in this war? You cannot have such a deal. What you can have is peace first and then justice. But in no way can you accept a deal exonerating those who are guilty. During the Nairobi peace talks between the Sudanese government and SPLM the issue of immunity was discussed to those responsible for the killings during the 21 years war between the north & the south. Both parties decided that they don't want to talk about it. You will not find anything in the CPA on that which means there is no impunity. If anyone wants to raise this issue they can do so. It is up to the Sudanese to make that decision and the international community cannot do that on their behalf.

My relationship with the Sudan goes back to the seventies

- You have been in Sudan for quite some time. What are your personal feelings on Sudan and their people?

Pronk: You have said that I was bitter which is not true. I loved the country and the people. I have been visiting Sudan during the early 70's. Sudan has a very special place in my heart. I took the decision at the time to start an aid program to Sudan after the Addis Ababa agreement in 1972. The following year I became the Dutch Minster for development and determined that Sudan deserves assistance so I went there and I spoke with President Nimeiri. I told him that we want to be partners since he took a bold step by making peace in the south and provide aid half to the North and the other half to the South. I went to the South and had contacts with Vice President Abel Alier. We were involved in a number of projects such as the Juba University, bridges in Juba and the Jongeli Canal. In the 1990s I maintained contacts with president al-Bashir and late Jon Garang. I was the one who started the groups of friends of Inter-Governmental Authority on Development (IGAD) to give support to the peace process in the region from outside. I know the situation inside out and have been there very often so I feel I am friend of the Sudanese people. It is true that there are atrocities committed in Sudan and there are people responsible who I blame for it, but this doesn't mean that I don't feel myself a friend of the country and its people.

- Do you intend to write you memoirs on your tenure in Sudan?

Pronk: If I have time I will do that but I intend to be politically active and whatever I can do I want to continue doing rather than wasting time looking backwards. Memoirs are interesting but they are vehicle to look backward and I want to look forward. I have my notes and I will continue writing but at the same time I want to be active.

* Wasil Ali will publish the Arabic version of this in Sudaneseonline.

 

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2006

Noël 2006

Message de Noël 2006

( Gabriel Cardinal Zubeir Wako)

 

« Je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : il vous est né aujourd'hui dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur » (Lc 2, 10-11)

 

Dieu a envoyé les anges annoncer la naissance du Sauveur comme « une grande joie – pour tout le peuple » C'est une joie qui doit être répandue par des paroles et des actes. Cela fait de Noël un jour de joie, de grande joie, de joie universelle. C'est une joie qui doit être partagée. Elle ne peut pas être réservée à un groupe de personnes ni en aucune façon monopolisée.

 

Cette fête de joie est une initiative d'amour de Dieu. Mais cette fête, Dieu doit en être le centre. Car, «  il vous est né un Sauveur qui est le Christ Seigneur » Ce Sauveur, le Christ, est le Verbe au sujet duquel Jean a écrit : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu. Tout fut par lui. » (Jn 1,1-3) « Et le Verbe fut chair, et il a habité parmi nous. »(Jn 1,14) Noël est l'anniversaire de ce Verbe fait chair pour habiter parmi nous. Nous l'appelons « Jésus Christ ».Il est devenu chair non pour se donner en spectacle mais pour que par lui nous ayons la vie. Cette vie prend une dimension nouvelle et merveilleuse pour ceux qui l'acceptent et croient en Lui. C'est la vie de Dieu en nous. Car nous avons reçu le pouvoir de devenir enfants de Dieu.(cf. Jn 1,12)

 

Il nous est difficile d'imaginer les bénédictions immenses que Dieu a préparées pour nous et auxquelles nous avons accès, et tout le peuple à travers nous. La plus grande, c'est que « Dieu- est- avec- nous » partageant notre vie et nous donnant sa propre vie grâce à son union avec nous. Cette union nous élève à la dignité de devenir en vérité les enfants de Dieu. Ce message veut vous inviter à réfléchir profondément au sens des bénédictions que j'ai mentionnées. Elles touchent réellement notre vie et notre identité . Elles doivent donc transformer nos vies. Elles doivent nous amener tous à retrouver la cause et la source radicales de ces bénédictions : l'amour de Dieu pour nous, vivant en nous et travaillant en nous. Que Noël soit l'anniversaire de la naissance de l'amour de Dieu en nous. Qu'il nous pousse à annoncer la bonne nouvelle que l'amour de Dieu né en nous est devenu salut et joie pour tout le peuple. Nous devons donc exprimer cet amour en paroles et en actions.

 

Il n'existe pas de Dieu d'un parti ou d'une ethnie. Il n'y a qu'un seul Dieu, Créateur et Père de tous, qui nous aime tous sans réserves et sans discrimination. Parce que nous sommes ses enfants, nous sommes appelés à refléter cette vérité par une vie qui dit vraiment «  l'amour ». L'amour est notre trésor de famille, la famille de Dieu, et de tous les membres de cette famille. En vérité, « l'amour » est la seule nouvelle qui apporte la paix, restaure la justice, préserve l'harmonie, développe la solidarité, et apporte le bien et seulement du bien à tous parce que c'est la Bonne Nouvelle d'un Dieu qui est amour, et de nous qui sommes ses enfants, créés par lui à son image et à sa ressemblance.

 

Les anges ont chanté la gloire de Dieu dans les cieux et la paix sur la terre aux hommes qu'il aime. C'est triste de penser que nous allons chanter avec les anges mais dans un pays qui ne connaît pas la paix et en conséquence ne devrait pas oser louer Dieu. Notre pays est devenu le pays qui a signé plusieurs accords de paix ces dernières années. Malheureusement nous avons traduit ces accords en accords pour continuer et préparer « paisiblement » la guerre. La vie humaine est devenue une marchandise à bas prix dont on peut disposer selon les caprices des puissants, des riches et des violents. Quelques personnes ont assemblé des empires de richesse et de pouvoir et même des armées. La corruption et le détournement des fonds publics et de la terre aux dépens des pauvres, des faibles et de la nation toute entière sont si répandus que tous peuvent les pratiquer impunément et même avec une certaine fierté. Nous sommes les témoins silencieux de distributions incontrôlées d'armes de mort entre les mains de personnes sans respect pour la loi. Nous entendons parler, dans une indifférence grandissante, de massacres, d'assassinats, de viols et d'autres crimes commis sur la personne de civils innocents, pauvres et faibles. Pourquoi toutes ces choses et bien d'autres encore se produisent elles en temps de paix ?

 

Sans amour il ne peut y avoir de paix. Sans amour il ne peut y avoir de justice. Sans amour il ne peut y avoir de respect des personnes. Pour cette raison en ce Noël je lance un pressant appel à tous, chrétiens et musulmans, gens du Nord, du Sud, de l'Ouest et de l'Est à unir nos mains - les mains de personnes ayant conscience et bonne volonté – pour consolider la paix ou les divers accords de paix signés par notre pays. Eliminons les armes. Il n'y a absolument aucune justification à la possession et à l'usage par des civils d'armes qui de par la loi appartiennent aux forces armées régulières. Les pourparlers de paix sur le pouvoir et le partage des biens n'ont pas de sens. Ces pourparlers ne devraient avoir qu'un seul but : «  Abandonnons les armes. Cessons de nous entretuer comme des animaux. Offrons aux pauvres et aux faibles une espérance et une chance de vivre. Cessons d'appauvrir notre pays par la destruction aveugle de la propriété et des biens publics. Utilisons l'argent que nous gaspillons à tuer et détruire pour donner la vie et la rendre plus viable. Ensemble faisons de notre pays une terre pour tous et chacun de ses citoyens. » Il est vraiment temps pour nous d'inverser la tendance à créer des ennemis et des inimitiés.

 

Que les riches et les puissants sachent qu'ils n'ont rien à craindre des pauvres et des faibles. Il est temps que ceux qui ont du pouvoir ou de l'influence sur la gouvernance de notre pays se rendent compte que leur tâche principale est d'encourager et de promouvoir une bonne gouvernance, c'est-à-dire un gouvernement du peuple, pour le peuple et avec le peuple. Ils ont à éduquer les citoyens à la paix et à l'appréciation des bénéfices de la paix pour tous. Eliminons la corruption qui fait plus de mal à notre pays que la révolte armée parce qu'elle détruit la conscience de ceux-là mêmes en qui les citoyens avaient mis leur confiance et dont ils attendaient un meilleur service. Respectons la vérité même si elle nous fait mal. Car la vérité qui fait mal est celle qui nous libère. Mais la vérité ne peut s'épanouir que lorsque le peuple a pleine liberté de la dire et de la vivre.

 

Tout ceci vient d'un seul fondement : Nous sommes tous enfants de Dieu en Jésus Christ dont nous célébrons la naissance ces jours-ci. Heureuse coïncidence, chrétiens et musulmans vont célébrer d'importantes fêtes religieuses en cette époque : Noël et al-Adhah. Que les salutations et les souhaits que nous échangeons à l'occasion de ces fêtes

nous aident à nous reconnaître les uns les autres comme des personnes qui ont droit au bonheur, à la reconnaissance, au respect, à la paix et à l'amour. C'est ce que Dieu veut de nous. C'est vraiment l'esprit de Noël. Dans cet esprit nous pouvons honnêtement nous dire « Joyeux Noël », ce qui veut réellement dire : «  Réjouissez vous ! Dieu vous aime. »

 

Bon Noël à tous.

 

Gabriel Cardinal Zubeir Wako

Archevêque de Khartoum

Noël 2006

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Nouvelles brèves du 27 mai  au 3 juin 2005

Pénurie alimentaire au Soudan, le Darfour suspendu à l’aide extérieure
Accident d'avion au Soudan: cinq morts et plusieurs blessés
Le CICR et le PAM prêts à augmenter leur aide au Darfour
Moubarak rencontre le chef des rebelles du sud du Soudan
Le second représentant de MSF Libéré sous caution
Arrestation du traducteur soudanais de Kofi Annan
Darfour : arrestation d’un second responsable de MSF
Annan : encore besoin de fonds pour paix au Sud Soudan et Darfour
Kofi Annan à Khartoum, demain au Darfour
Pénurie alimentaire au Soudan, le Darfour suspendu à l’aide extérieure 

Selon un récent communiqué du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), les stocks de vivres diminuent dangereusement au Darfour et des millions de personnes dépendent maintenant de l’aide alimentaire. Cette saison, les agriculteurs auront de grandes difficultés à ensemencer leurs champs. La saison dernière, moins de 30 % des terres arables ont été cultivées et cette situation devrait encore s’aggraver. Si les paysans ne peuvent pas cultiver leurs terres, la région souffrira de pénuries alimentaires chroniques. Une récolte réduite à la fin de l’année signifiera qu’au Darfour, un nombre croissant de personnes ne survivra que par l’aide humanitaire pour au moins 18 mois encore.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) répond aux besoins découlant de la crise en augmentant son aide alimentaire pour le reste de l’année. 320 000 personnes bénéficieront chaque mois de cette assistance, ce qui représente un total d’environ 30 000 tonnes à distribuer entre mai et novembre ; une augmentation globale de quelque 10 000 tonnes. De plus, dans l’espoir de stimuler l’agriculture en vue de la prochaine saison des semailles, le CICR distribue des semences de base et des outils agricoles à 20 000 familles et va bientôt commencer la distribution d’outils et de semences pour cultures commerciales à 30 000 autres familles.
Par ces distributions de vivres, le CICR cherche à éviter que les populations continuent de s’exiler vers les centres urbains, afin de ne pas aggraver la crise au Darfour où, à l’instar de l’agriculture, le commerce de marchandises et de bétail a diminué radicalement. Les routes commerciales restent bloquées du fait des hostilités. L’accès aux pâturages doit être rétabli afin de prévenir de plus graves pertes de bétail. Le CICR s’emploie donc à améliorer d’importants points d’eau pour les bergers et les nomades et assure la formation de quelque 250 responsables de la santé des animaux au niveau communautaire. 

(Le-messager Douala, 3 juin 2005) 

Accident d'avion au Soudan: cinq morts et plusieurs blessés

Cinq personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées jeudi dans l'accident d'un avion qui s'est écrasé au décollage à Khartoum, selon le gouvernement soudanais. Le ministre de l'Aviation Abdel Karim Abdullah a déclaré que l'avion quittait la capitale pour el-Fashir, au Darfour, avec 42 passagers à bord. AP

(Nouvel Observateur et AP, 2 juin 2005)

Le CICR et le PAM prêts à augmenter leur aide au Darfour

Le Comité international de la Croix- Rouge (CICR) et le Programme alimentaire mondial (PAM) s'apprêtent à accroître progressivement leur assistance à un total de 3,5 millions de personnes au Darfour, dans l'ouest du Soudan. 
Le CICR a envisagé d'assister 100 000 personnes de plus par mois, soit au total 320 000 habitants du Darfour, a déclaré jeudi à Genève Dominik Stillhart, chef de la délégation du CICR au Soudan. 
Il a indiqué lors d'un point de presse que le conflit entre les rebelles et le gouvernement de Khartoum avait provoqué le déplacement de deux millions de personnes depuis le début de 2003, et que les tensions de nature tribale s'aggravaient au Darfour où l'économie locale est complètement désintégrée et les besoins alimentaires ont augmenté, faute de récoltes. 
Pour sa part, le PAM va également augmenter son aide à 3,5 millions de personnes au Darfour, a fait savoir le chef du PAM pour l'Afrique centrale et de l'est, Holdbrook Arthur, lors d'un autre point de presse donné jeudi à Genève. 
Si les donateurs ont donné 80% des 539 millions de dollars demandés pour le Darfour, le reste des opérations au Soudan est dramatiquement sous-financés, a indiqué M. Arthur. Seulement 24% de l'appel pour le Sud a été couvert jusqu'ici, a-t-il ajouté. 
Au total, a dit M. Arthur, le PAM assiste six millions de personnes au Soudan pour un budget d'un milliard de dollars.

(Radio Chine Internationale – 2 juin 2005)

Moubarak rencontre le chef des rebelles du sud du Soudan

Le président égyptien Hosni  Moubarak a rencontré mercredi John Garang, le chef du Mouvement  populaire de libération du Soudan (MPLS), a rapporté l'agence de  presse officielle MENA.  
M. Garang a indiqué aux journalistes à l'issue de la rencontre  qu'il avait informé M. Moubarak des avancées réalisées dans  l'application du processus de paix, faisant référence à l'accord  de paix signé entre le MPLS et Khartoum au début de l'année, qui a mis fin à la guerre civile la plus longue d'Afrique.  
M. Garang a indiqué qu'un projet de Constitution serait  probablement prêt avant la mi-juin pour le soumettre au Parlement  de Khartoum pour qu'il soit ratifié, ajoutant qu'un gouvernement  d'unité soudanais serait formé vers le 9 juillet.  
Il a également souligné la nécessité de parvenir à un accord de paix global au Soudan, comprenant le Darfour dans l'ouest, l'est  du Soudan et le réglement du problème de l'Alliance nationale  démocratique (AND), parti d'opposition.  
Il doit rencontrer au Caire le chef de l'AND, Othman Mirghani,  pour discuter de la situation politique au Soudan et espère que  l'Egypte pourra contribuer au réglement des problèmes en suspens.  
M. Garang est arrivé au Caire dans la matinée depuis Nairobi,  capitale du Kenya

(Xinhua, Le Caire-1er juin 2005)

Le second représentant de MSF Libéré sous caution

Le Hollandais Vincent Hoedt, second responsable de Médecins sans frontières (MSF) arrêté hier en moins de 24 heures par les autorités soudanaises, a été libéré dans la soirée après le paiement d'une caution d'environ 3.200 euros. Le britannique Paul Foreman, chef de mission de MSF, avait été libéré sous caution hier matin et se trouve en liberté surveillée. Les deux agents humanitaires doivent rester à disposition de la magistrature locale qui les accuse de "crimes contre l'État" après la publication le 8 mars dernier d'un rapport sur les violences sexuelles subies par les femmes au Darfour (ouest)

(MISNA, Italie, 1er juin 2005) 

Arrestation du traducteur soudanais de Kofi Annan

Un des traducteurs soudanais ayant accompagné le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, pour écouter des témoignages de femmes victimes de violences dans un camp de réfugiés au Darfour a été arrêté, a fait savoir aujourd'hui Jan Pronk, représentant des Nations Unies au Soudan. Samedi dernier, durant sa visite au camp de Kalma, dans le Sud-Darfour, où vivent 110.000 civils ayant fui la guerre, M. Annan avait demandé des garanties aux autorités soudanaises pour des réfugiés qui craignaient d'être arrêtés; le ministre d'État aux affaires humanitaires, Mohamed Yousif Abballa avait rassuré le secrétaire général de l'ONU. "Malgré cette promesse, un traducteur soudanais a été arrêté" a dit M. Pronk aux journalistes, "je demande au gouvernement de tenir sa parole, en particulier si cet engagement a été pris en public et devant le secrétaire général de l'ONU". Deux agents de l'ONG Médecins sans frontières ont été arrêtés au cours e ces dernières 24 heures, dont le premier libéré sous caution, après avoir été accusé de "crimes contre l'État", de publication de faux rapports et d'espionnage.

(MISNA, Italie – 31 mai 2005)

Darfour : arrestation d’un second responsable de MSF

Totalement "inacceptables" a déclaré le directeur général de la section hollandaise de l'organisation Médecins sans frontières (MSF) Geoff Prescott au sujet des deux arrestations, hier et aujourd'hui, de dirigeants au Darfour de l'une des organisations médicales les plus engagées en situations de crises. "Ces arrestations sont inacceptables. Le gouvernement est en train de punir des agents humanitaires pour avoir fait leur travail au chevet des victimes du conflit au Darfour" a ajouté Geoff Prescott, dans un communiqué. "L'arrestation de nos deux principaux référents sur place met à rude épreuve notre capacité à fournir une assistance sur le terrain" a-t-il ajouté avant de demander le retrait de toutes les accusations formulées par Khartoum contre MSF et ses employés. Le responsable de la section soudanaise de MSF, Paul Foreman, arrêté hier et libéré sous caution, a été accusé de "crimes contre l'État", de publication de "faux rapports" et d'espionnage. Des accusations qui seront probablement réitérées contre le coordonateur régional de l'ONG à Nyala, le Hollandais Vincent Hoedt, arrêté ce matin dans la capitale du Darfour méridional et conduit devant la justice à Khartoum. Jan Egaland, responsable des Affaires humanitaires des Nations Unies, avait demandé hier à Khartoum de retirer ses accusations contre MSF. "Il est indéniable que les violences contre les femmes au Darfour ont beaucoup augmenté. Ce n'est que dernièrement que les ONG et le gouvernement soudanais ont fait des progrès pour contrer le phénomène" a déclaré M. Egeland, en soulignant que le rapport de MSF n'avait rien de politique et n'accusait pas Khartoum. Le document de MSF, intitulé "Le poids écrasant du viol" rapporte des témoignages directs d'environ 300 victimes de viol, sur un total de 500 que MSF a soignées au Darfour en quatre mois et demi. Le thème des violences sexuelles ne plaît pas au gouvernement de Khartoum, selon qui le phénomène est restreint. 

(MISNA, Italie- 31 mai 2005)

Annan : encore besoin de fonds pour paix au Sud Soudan et Darfour

C'est une honte que dans le Sud Soudan il y ait un accord de paix mais que les ressources économiques nécessaires fassent défaut" pour le réaliser, a déclaré le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, en visite depuis hier à Khartoum, et qui se rendra aujourd'hui dans la région occidentale du Darfour, en proie à une guerre et une grave crise humanitaire depuis février 2003, pour vérifier directement la situation. En s'adressant à la presse, Annan a dit que le manque de fonds risque de compromettre l'entente réalisée en janvier dernier entre Khartoum et les rebelles indépendantistes du Sud, après 21 ans de guerre civile. Annan se rendra demain à Rumbek, où est prévue une rencontre avec John Garang, le leader de l'Armée-Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLA-M). L'attention de Annan portera aujourd'hui seulement sur le Darfour; il rejoindra Nyala, pour visiter quelques camps de réfugiés, qui accueillent depuis plus de deux ans des évacués ayant abandonné leurs maisons et villages à cause des affrontements entre l'armée gouvernementale et les deux mouvements d'insurgés locaux (JEM et SLA-M), ou bien chassés avec force par les milices arabes pro-gouvernementales, connues sous le nom de Janjawid. Le secrétaire de l'Onu s'est déclaré satisfait des promesses faites jeudi à Addis Abeba par les bailleurs de fonds de garantir 292 millions de dollars nécessaires au processus de paix et au financement de la mission d'observation de l'Union africaine (UA), qui compte pour le moment 2.400 hommes et veille au respect du cessez-le-feu signé en avril 2004 entre les parties en présence. L'UA, qui d'ici septembre 2004 devrait porter son contingent au Darfour à 7.700 unités, a cependant besoin de 460 millions de dollars. "Des ressources supplémentaires sont nécessaires pour couvrir les deux crises (Sud Soudan et Darfour) et nous lançons un appel aux bailleurs de fonds pour qu'ils récoltent les sommes nécessaires" a ajouté Annan. Le plus haut responsable de l'ONU a ensuite exprimé le vœu que la négociation prévue le 10 juin prochain entre les rebelles du Darfour et le gouvernement "puisse durer tant qu'un accord n'aura pas été atteint".

(MISNA, Italie – 28-05-2005)

Kofi Annan à Khartoum, demain au Darfour

La visite de 3 jours du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan au Soudan a commencé ce matin à Khartoum, où il rencontrera les autorités politiques soudanaises puis se rendra au Darfour, la région occidentale en proie à une guerre et à une grave crise humanitaire depuis plus de deux ans, et dans le Sud, où une trêve a été signée en janvier dernier, mettant fin à 21 ans de conflit. Aujourd'hui, Kofi Annan devrait s'entretenir avec les responsables de la mission locale de l'ONU, avec le vice-président soudanais Ali Osman Taha et le ministre des Affaires étrangères Mustafà Osman Ismail; demain Annan sera à Nyala, chef-lieu du Darfour méridional et le jour d'après à Rumbek, considérée la capitale du Sud Soudan. Au Darfur “la situation est inacceptable sur le terrain" a dit Annan hier depuis Addis Abeba, où une conférence des pays donateurs s'est engagée à soutenir économiquement – 200 millions de dollars ont été promis – la mission d'observation de l'Union africaine (UA). “La violence est retournée aussi contre les opérateurs humanitaires, mais où les observateurs de l'UA sont présents cela n'arrive pas” a ajouté le secrétaire de l'ONU, en se référant aux 2.400 hommes de l'UA déployés au Darfour, qui devraient passer à 7.700 unités d'ici à septembre, également grâce au soutien logistique de l'OTAN; le mandat de la mission africaine est de veiller au respect du cessez-le-feu signé l'an dernier entre l'armée gouvernementale et les deux principaux mouvements rebelles (JEN et SLA-M), mais souvent violé par les deux camps. “Tandis que personne ne sait avec précision combien de personnes sont mortes dans le conflit du Darfour, plus de 2,6 millions de citoyens souffrent à cause de cette guerre et ont besoin d'une assistance urgente" ont écrit Annan et le président de la Commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré, dans un article publié à la veille du voyage du secrétaire général de l'ONU.

(MISNA, Italie- 27, 05,2005)
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Nouvelles brèves du 25 au 27 mai  2005
La Suisse adopte des sanctions contre le Soudan
La France propose de renforcer les capacités de l'UA
Darfour: l'une des rébellions s'engage à participer aux pourparlers de paix
Crise/Darfour: la France prête à accroître sa "contribution militaire"
Darfour : Conférence bailleurs de fonds, 200 millions de dollars pour mission UA
Khartoum promet de promouvoir la région orientale du Soudan
Les grandes réformes politiques et économiques en cours au Soudan
Darfour : Les négociations devraient reprendre le 10 juin
Conférence des bailleurs de fonds à Addis Abeba
Soudan: la pénurie alimentaire s'aggrave au Darfour (CICR)
La Suisse adopte des sanctions contre le Soudan

Le Conseil fédéral (gouvernement) suisse a approuvé mercredi une ordonnance ad hoc instituant des sanctions contre le Soudan à cause du conflit soutenu au Darfour. Selon l'ordonnance approuvée, le Soudan ne pourra plus importer de matériel militaire d'origine suisse à partir du 26 mai 2005. Les sanctions comprennent également des mesures financières et des restrictions de voyage. Le gouvernement suisse met ainsi en oeuvre les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptées respectivement en juillet 2004 et mars 2005 à la suite du conflit au Darfour.

(Suisse, info, 27 mai 2005)
La France propose de renforcer les capacités de l'UA

La France, qui participe à la conférence des bailleurs de fonds sur le Darfour (Soudan), a proposé dans le cadre de l'Union européenne de renforcer notamment les capacités de commandement et d'observation de l'Union  africaine (UA). 
Lors d'un point de presse, le porte-parole du ministère  français des Affaires étrangères Jean-Baptiste Mattéi a déclaré  que "la France propose, dans le cadre de l'Union Européenne, des  contributions dans les domaines suivant: renforcement des  capacités de commandement de l'UA, transport des troupes  africaines et contribution à leur formation". 
"La France propose également d'apporter une aide pour  renforcer les capacités d'observation de l'Union africaine", a  ajouté M. Mattéi. 
L'Union européenne et l'Otan notamment doivent annoncer leurs  contributions à la force de paix de l'UA au Darfour, lors de la  conférence des bailleurs de fonds sur le Darfour qui s'est ouverte jeudi à Addis Abeba. 
Cette force compte actuellement 2.700 hommes, mais l'UA, qui  manque cruellement de moyens, a décidé de porter ces effectifs à 7. 731 hommes d'ici à la fin septembre. 
M. Mattéi a fait remarquer que le Haut Représentant pour la  politique extérieure Javier Solana et le commissaire européen au  Développement et à l'Aide humanitaire Louis Michel "présenteront,  au nom de l'Union européenne, une offre globale et substantielle  qui comprendra en particulier un soutien dans les domaines de la  planification, de la logistique, du transport aérien, de la  formation, ainsi qu'un renforcement des capacités d'observation aérienne". 
Selon lui, cette conférence "permettra également, dans un  souci de complémentarité et de transparence, d'étudier les offres  des autres pays, comme les Etats-Unis et le Canada, particulièrement attentifs à la situation dans le Darfour, ou de  l'OTAN". 
Le Darfour, région de l'ouest du Soudan, est déchiré depuis  février 2003 par une guerre civile qui a fait des milliers de  morts et quelque 200 000 réfugiés

(Xinhua, Paris, 26 mai 2005)
Darfour: l'une des rébellions s'engage à participer aux pourparlers de paix

L'un des deux principaux mouvements rebelles du Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile, s'est engagé jeudi à participer aux pourparlers de paix avec Khartoum qui doivent reprendre le 10 juin au Nigeria, après six mois d'interruption."Nous nous engageons à participer aux pourparlers d'Abuja le 10 juin sans aucune condition", a déclaré l'un des responsables du Mouvement pour la justice et l'égalité (Jem), Ahmed Tugod, devant la presse à Addis Abeba."Nous pensons que c'est le bon moyen pour trouver une solution au conflit du Darfour, nous voulons vraiment résoudre le problème par des moyens pacifiques", a-t-il ajouté.M. Tugod s'exprimait en marge d'une conférence de donateurs internationaux sur le Darfour, qui s'est tenue jeudi au siège de l'Union africaine (UA) en présence notamment de représentants des Nations unies, de l'Union européenne (UE) et de l'Alliance atlantique.La reprise des pourparlers le 10 juin à Abuja, la capitale du Nigeria, avait été annoncée plus tôt jeudi par le président de la commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré.Les négociations entre Khartoum et les deux principaux mouvements rebelles du Darfour, le Mouvement de libération du Soudan (SLM) et le Jem, avaient débuté en octobre 2004 à Abuja, avant d'être suspendues en décembre.Les rebelles refusaient depuis de participer aux pourparlers, accusant l'armée d'avoir mené une nouvelle offensive en décembre et exigeant comme préalable à la reprise des discussions le retrait des forces gouvernementales des zones occupées à cette occasion."L'une des raisons est que le gouvernement est revenu sur ses positions antérieures" sur le terrain, a expliqué M. Tugod, à qui les journalistes demandaient pourquoi le Jem acceptait de revenir à la table des négociations.Mercredi, l'UA avait "confirmé que les forces gouvernementales s'étaient retirées" des zones occupées lors de leur dernière offensive d'envergure, en décembre 2004, comme le demandaient l'UA et les rebelles.Le Jem, par ailleurs, est prêt à travailler avec le nouveau médiateur nommé par l'UA dans ces pourparlers, le Tanzanien Salim Ahmed Salim, ancien secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine (OUA).La guerre au Darfour, qui a débuté en février 2003, a fait entre 180.000 et 300.000 morts selon les estimations, et environ 2,4 millions de déplacés et 200.000 réfugiés.Les rebelles dénoncent la marginalisation de leur région, grande comme la France, et réclament un meilleur partage des richesses avec le pouvoir central.

(Le Monde, AFP, 26, mai 2005)
Crise/Darfour: la France prête à accroître sa "contribution militaire"

La France a proposé d'accroître dans  le cadre de l'Union européenne sa "contribution militaire à la  sécurité et à la stabilité, à la protection des personnes" dans la région du Darfour au Soudan, a indiqué jeudi le ministère de la  défense. 
Selon le porte-parole du ministère Jean-François Bureau, la  France serait prête à "accroître notre contribution en officiers  dans les équipes de planification, à mettre en place un potentiel de transport aérien, de l'ordre de 1 200 heures de transports  stratégiques à compter de la mi-mai au Tchad". 
La proposition française a été présentée par Michèle Alliot- Marie lors d'une réunion informelle des ministres de la défense de l'UE lundi à Bruxelles, a précisé le porte-parole. 
Elle porte aussi sur l'accroissement de "nos capacités de  rotation tactique de deux à quatre rotations par semaine", sur la  mise en place "des moyens de surveillance, qui comporteraient un  Atlantique-2, un Mirage F1-CR, un ravitailleur C-135", ainsi que  sur "l'action de formation pour les équipes de planification", a  dit M. Bureau. 
La première conférence des donateurs internationaux sur le  renforcement de la force de paix de l'Union africaine (UA) au  Darfour était en cours jeudi à Addis Abeba où se trouve le siège de l'UA. 
Le Darfour, région de l'ouest du Soudan, est déchiré depuis  février 2003 par une guerre civile qui a fait des milliers de  morts et quelque 200 000 réfugiés

(Xinhan, Paris, 26 mai 2005)
Darfour : Conférence bailleurs de fonds, 200 millions de dollars pour mission UA

Plus de 200 millions de dollars est la somme, du moins en théorie, que les bailleurs de fonds internationaux ont mis à disposition de l'Union africaine (UA) pour le financement de la mission d'observation militaire déjà déployée par l'organisme panafricain au Darfour, la région occidentale théâtre d'une guerre ayant provoqué une grave crise humanitaire depuis février 2003. Parmi les bailleurs de fonds plus généreux d'aujourd'hui figurent le Canada et les États-Unis avec respectivement 134 et 50 millions de dollars, même si dans les prochaines heures de majeurs détails devraient être fournis sur l'entité des aides de l'Union européenne. L'UA a envoyé au Darfour 2.400 hommes qui, également sur demande internationale, devraient passer à 7.000 unités d'ici à septembre. Le mandat de la mission africaine est de veiller au respect du cessez-le-feu signé l'an dernier entre l'armée gouvernementale et les deux principaux groupes rebelles (JEM et SLA-M), mais plusieurs fois violé par les deux camps. En ouverture de la conférence – à laquelle ont notamment participé le secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer et le haut représentant pour la politique étrangère de l'Union européenne, Javier Solana - Kofi Annan a déclaré qu'au Darfour "se joue une course contre le temps". "Si la violence empêche à la population de planter les semences pour la prochaine saison, nous devrons faire face à un effort humanitaire épique pour répondre aux besoins de millions de personnes" a dit Annan. Le secrétaire général des Nations unies a ensuite demandé aux pays bailleurs de fonds de financer l'expansion de la mission de l'Union africaine "sans aucun retard", car "une mission élargie de l'UA, au plein de ses capacités opérationnelles, pourra donner à la grande majorité de la population du Darfour la protection nécessaire contre les violence”. Le discours du président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, a été d'un tout autre ton; il a souligné comment l'opération de peacekeeping en cours dans le Soudan occidental représente un test critique pour vérifier le binôme de l'engagement international et de la capacité africaine à résoudre les conflits. "Si le Soudan devait s'effondrer, ce sera alors tout le continent africain qui souffrira et s'effondrera, vu que 9 pays partagent leurs frontières avec le Soudan” a dit M. Konaré aux bailleurs de fonds. Débutée en février 2003 – lorsque des groupes d'autodéfense populaire ont formellement levé les armes contre le gouvernement de Khartoum accusé de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (Janjawid) qui mettent à feu et à sang la zone afin de s'approprier terres et pâturages – la crise du Darfour a provoqué jusqu'à présent un nombre imprécisé de victimes (quelques dizaines de milliers pour les Nations Unies, "seulement" 5.000 selon le gouvernement soudanais) et près de 2 millions de déplacés, y compris 200.000 réfugiés dans le Tchad voisin. Des estimations qui, selon l'ONU, sont destinées à s'aggraver dans les mois prochains.

(MISNA, Italie, 26 mai 005)
Khartoum promet de promouvoir la région orientale du Soudan

Le ministre des Finances du Soudan Al- Zubair Ahmed al-Hassan exprimé l`engagement de Khartoum à améliorer les conditions de vie et les insfrastructures dans l`est du pays. S`exprimant mardi à l`issue d`une conférence convoquée dans la ville frontalière de Kassala, la capitale régionale, pour examiner les préoccupations liées au développement de la région orientale du Soudan, le ministre a promis que le gouvernement ferait davantage pour la région, considérée comme l`une des plus pauvres du pays le plus grand d`Afrique. Il a noté que des progrès étaient faits en termes de promotion de projets de développement et d`offres de services sociaux, en citant l`accroissement du nombre des hôpitaux, des centres de Santé, des écoles et des routes pavées dans la région. M. Al-Hassan a en outre révélé que son gouvernement devrait octroyer environ 88 millions de dollars au secteur du développement sur trois ans et reconstruire les infrastructures régionales qui abritent Port Soudan, principal port maritime du Soudan, d`où le pétrole produit est exporté. Le ministre a par ailleurs affirmé que les villes d`Atbara et de Port-Soudan seront reliées au réseau national électrique grâce au barrage Merowe construit récemment ce, dans le cadre des efforts du gouvernement pour répandre le développement socio-économique à travers ce grand pays d`Afrique. Toutefois, des délégués à cette conférence se sont plaints du fait que le gouvernement n`avait pas compris leurs revendications, ni tenu compte de leurs préoccupations, en soulignant que le problème était d`ordre politique et pas seulement une question de développement. Les analystes politiques craignent de leur côté que la région orientale du Soudan qui fait frontière avec l`Ethiopie et l`Erythrée, ne devienne le prochain foyer de tension et que Khartoum soit confrontée à une rébellion comme celle du Darfour où les rebelles ont bâti leur position sur des revendications similaires à celles des orientaux. D`autre part, les conférenciers ont demandé à l`Erythrée voisine de cesser de soutenir les rebelles qui se battent contre Khartoum dans l`est et l`ouest du pays, et d`oeuvrer plutôt, pour la paix dans l`intérêt des deux Etats. L`Erythrée nie toutefois, soutenir les rebelles du Soudan

(Angola Presse , Khartoum, Soudan , 26/0)
Les grandes réformes politiques et économiques en cours au Soudan

Le Soudan est aujourd’hui le théâtre d`une révolution tranquille qui pourrait aider ce pays à stabiliser son paysage politique et relancer son développement économique après des années de guerre et de destruction insensée. 
L`élaboration de la nouvelle Constitution de la transition, qui se fait simultanément sur les fronts politique et économique, est en plein essor, tandis que les réformes économiques de grande ampleur ont permis au pays d`obtenir le statut d`observateur auprès de l`Organisation mondiale du commerce (OMC). 
Le processus d`élaboration de la nouvelle Constitution avance sur la voie de la réalisation de la mission assignée aux rédacteurs conformément aux dispositions de l`Accord de paix de Naivasha, signé le 9 janvier dernier à Nairobi (Kenya) pour mettre un terme à deux décennies de guerre au Sud Soudan. 
Le gouvernement de Khartoum et le Mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM) poursuivent leurs échanges de vues afin de définir un cadre pour le partage du pouvoir et la démocratie au Soudan, après des années de guerre civile entre le Sud et le gouvernement central. 
Certains partis politiques ont décidé de boycotter ces discussions au motif que le Parti national du Congrès et le SPLM exerceraient un rôle prépondérant au sein de la commission, jouissant d`une majorité qui en ferait les deux principales forces politiques du pays, a-t-on appris à Khartoum. 
Le gouvernement et le SPLM estiment que la question de la représentation est clairement exposée dans l`accord de paix global de Naivasha auquel tous les acteurs politiques soudanais ont souscrit. 
Selon les mêmes sources, avec ou sans la participation de l`opposition, la Commission constituante poursuivra son travail afin d`ouvrir la voie à un nouvel ordonnancement gouvernemental qui entrera en vigueur d`ici au mois de juillet 2005. 
Aux termes de cet accord, le SPLM sera le principal partenaire du gouvernement central, qui aura John Garang pour vice-président. Il devrait intégrer d`autres forces politiques dans ce qui devrait constituer le gouvernement soudanais bénéficiant du meilleur degré d`intégration depuis l`indépendance. 
Alors que la scène politique s`attend à une important bouleversement, le secteur économique et commercial semble se préparer à un virage à 180 degrés pour s`adapter à la nouvelle donne, étant donné notamment que le Soudan a finalement obtenu le statut d`observateur auprès de l`OMC. 
En 1994, le Soudan avait, dans un premier temps, introduit une demande d`adhésion à l`OMC, mais ce n`est qu`en 2002, après la nomination du négociateur national en chef, que le véritable travail avait commencé sur la question des demandes d`adhésion suite à la réception, par le secrétariat de l`OMC à Genève, de 22 demandes dans ce sens. 
Deux groupes avaient alors été mis sur pied et des négociations bilatérales avaient commencé pour préparer la création d`un troisième groupe qui serait chargé d`examiner les performances économiques du Soudan. En mars 2005, date à laquelle le troisième groupe de travail avait prévu de se réunir, le Soudan n`était pas encore prêt, quoique le renvoi ait été proposé par l`OMC elle- même. 
Cette décision est opportune pour le Soudan, qui a mis à profit ces deux derniers mois pour initier dans les secteurs économique et commercial une série de réformes en profondeur qui permettent aujourd`hui au pays de bénéficier d`un pouvoir de négociation correspondant à son réel poids économique. L`année dernière, le Soudan avait enregistré un taux de croissance sans précédent de 9,5%.
Ces réformes ayant été mises en place, les économistes sont d`accord que le Soudan dispose aujourd`hui des moyens techniques nécessaires pour respecter la réglementation et les règles de discipline budgétaire de l`OMC. 
Selon la Commission chargée des Affaires de l`OMC à Khartoum, le conseil des ministres a déjà entériné le cadre juridique qui prévoit la modification des lois commerciales existantes, en particulier des droits de douane et des droits spécifiques. A ce sujet, l`adoption de 22 nouvelles lois dans ce seul secteur est le fait le plus significatif. 
Compte tenu de la nouvelle situation politique qui prévaut au Soudan, la Commission chargée des Affaires de l`OMC procède à une évaluation de l`ensemble des dossiers qu`elle avait précédemment soumis à Genève afin que les documents finaux prennent en considération les nouveaux engagements souscrits par le gouvernement, conformément à l`accord de paix global conclu entre le gouvernement les anciens rebelles du SPLM. 
La chose la plus importante sera de veiller à ce que les obligations du pays en vertu de l`article 12 de l`Accord de Marrakech soient respectées. 
La Commission de l`OMC s`est également lancée dans la mise en oeuvre des directives du Conseil des ministres relatives à l`adoption des projets de loi et des politiques générales nécessaires pour que le pays puisse bénéficier des exemptions et exceptions que l`OMC accorde en général aux pays les moins avancés (PMA). 
Pour que le Soudan se conforme pleinement aux règlements et à la discipline ainsi qu`aux exemptions et exceptions de l`OM, il faut inévitablement observer une période de transition du fait des profondes mutations que cela va engendrer. C`est pourquoi la période pendant laquelle le pays jouira du statut d`observateur a été prévue. 
Le secteur des compagnies d`Etat est certainement celui dans lequel l`impact des mutations structurelles se fera le plus sentir étant donné que ces compagnies devront subir des réformes pour se conformer à la définition de l`article 17 de l`Accord général sur le commerce et les tarifs douaniers (GATT). 
Le secteur des services va également subir des changements majeurs pour se conformer aux nouvelles orientations nonobstant les accords bilatéraux, régionaux et internationaux que le Soudan pourrait avoir signés. C`est pourquoi le bureau du procureur général a été chargé de réviser l`ensemble des accords existants en collaboration avec la Commission de l`OMC. 
Peut-être que pour les populations la bonne nouvelle est qu`une directive a été prise pour demander à la commission d`identifier et d`étudier toutes les formes de taxe à l`importation ou à l`exportation imposées sur les services afin de faire de sorte qu`elles soient équivalentes aux services fournis. 
La commission a également demandé aux ministères chargés des Finances, du Commerce et de la Justice de faire des propositions concrètes en vue de l`adoption d`une loi qui servira de base pour déterminer l`origine nationale des produits. 
Il est important que la Directive du conseil des ministres appelle le ministère des Finances et de l`Economie à prendre toutes les mesures nécessaires, de concert avec la commission de l`OMC, pour supprimer toutes les taxes non spécifiques et les droits douaniers afin de les remplacer par des redevances douanières, ce qui permettrait de garantir leur conformité avec les tableaux de l`OMC. 
Cela aurait un effet sur plusieurs taxes et droits superficiels aujourd`hui en vigueur au niveau local ou national depuis l`installation du Régime de salut public (INGAZ), en 1989. 
En définitive, les autorités douanières, placées sous la tutelle du ministère des Finances et de l`Economie, devront également subir une réforme. Ce département, qui est l`un des plus impopulaires du gouvernement, fera aussi l`objet d`une restructuration

(Angola, Press, Khartoum, Soudan, 26 mai 2005) – 
Darfour : Les négociations devraient reprendre le 10 juin

Les colloques entre le gouvernement soudanais et les rebelles actifs au Darfour (ouest du pays) devraient reprendre le 10 juin dans la capitale nigériane Abuja, après une suspension de 10 mois. La nouvelle a été annoncée aujourd'hui par le président de l'Union Africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, à l'ouverture de la conférence des pays bailleurs de fonds dédiée à la crise au Darfour qui se tient dans la capitale éthiopienne Addis Abeba . M. Konaré a affirmé que la crise au Darfour, déclenchée il y a plus de deux ans, représente un "défi important pour l'Union Africaine mais également pour le reste de la communauté internationale". Les colloques entre autorités et rébellion - qui accuse khartoum de négliger la population noire du Darfour et de soutenir les milices arabes janjawid dans leurs exactions – auraient dû reprendre le 30 mai mais l'UA avait reporté l'événement en raison de "problèmes logistiques". La conférence d'Addis Abeba devrait permettre de débloquer des fonds (on a parlé de 460 millions de dollars) et d'organiser des aides logistiques pour l'UA afin de lui permettre de renforcer sa mission militaire au Darfour.

(MISNA, Italie, 26 mai 2005)
Conférence des bailleurs de fonds à Addis Abeba 

La conférence internationale des bailleurs de fonds sur le Soudan s'ouvre aujourd'hui à Addis Abeba, en Éthiopie. Les délégués parleront des aides logistiques et humanitaires nécessaires pour faire face à la crise au Darfour (ouest) théâtre depuis plus de deux ans d'un conflit responsable de milliers de morts et d'un million et demi de déplacés. Mardi, l'OTAN a déjà offert un soutien logistique à la mission de paix au Darfour entamée par l'Union Africaine (UA); le paquet de mesures de soutien défini par le 26 pays de l'Alliance atlantique sera exposé à l'assemblée par le Secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer. Seront présents à la conférence le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan et le haut représentant de l'Union Européenne pour la politique étrangère Javier Solana ainsi que des représentants de l'UA. Jusqu'à présent, le Soudan s'est montré disponible à accepter des aides extérieures mais à condition que ne soient pas présents des soldats non africains sur le territoire. L'UA a déjà envoyé au Darfour 2.400 hommes, censés devenir 7.700 d'ici septembre. La mission doit veiller au respect du cessez-le-feu signé entre le gouvernement et les deux principaux groupes rebelles, mais plusieurs fois violé.

(MISNA, Italie – 26-mai 2005)
Soudan: la pénurie alimentaire s'aggrave au Darfour (CICR)

Les stocks de vivres diminuent dangereusement au Darfour, dans l'ouest du Soudan, et des millions de personnes dépendent désormais de l'aide alimentaire, a averti mercredi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). L'organisation a décidé d'augmenter son aide. Les multiples violations du droit international humanitaire provoquent un climat d'insécurité généralisée au Darfour, ce qui entrave la liberté de mouvement des habitants et des animaux, souligne le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Si aucun progrès n'est accompli avant la prochaine saison des pluies, la prochaine récolte risque d'être perdue. Le CICR exhorte toutes les parties au conflit de prendre les mesures nécessaires pour préserver la vie et la dignité humaine et pour rétablir le commerce, l'agriculture et la liberté de mouvement du bétail. Au total, 1,8 million de personnes ont besoin d'aide au Darfour

(Belga/AG Genève 25 mai 2005) 
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Nouvelles brèves du 17 au 24 mai  2005
L'OTAN offre son soutien logistique à mission de paix de l’UA au Darfour
Visite de Kofi Annan au Darfour et dans le Sud
Les Européens, aussi
Darfour : bientôt un tribunal local pour  les crimes de guerre
Réunions internationales pour l’extension de la force de paix au Darfour
Les femmes demandent une majeure implication dans le processus de paix
L’OTAN évaluera demande d’aide logistique de l’UA pour le Darfour
Heurts entre police et déplacés dans un camp au sud de Khartoum ; des morts
U.A cherche soutien de l’UE et de l’Otan mais sans envoyer de troupes au Darfour
Reprise négociations rebelles et gouvernement sur le Darfour à la fin du mois
L'OTAN offre son soutien logistique à mission de paix de l’UA au Darfour

L'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord) est prête à offrir des ponts aériens, des formations et autre soutien logistique à la mission de paix de l'Union africaine (UA) au Darfour, la région occidentale du Soudan théâtre d'une guerre et d'une grave crise humanitaire depuis plus de deux ans. La décision a été annoncée aujourd'hui par un porte-parole de l'Alliance Atlantique, James Apparthurai, en expliquant que le Conseil Atlantique , réuni à Bruxelles au niveau des ambassadeurs, a concordé une "option militaire initiale" pour "le possible soutien" du contingent africain. La série de mesures définies par les 26 pays de l'Alliance Atlantique sera présentée jeudi à la Conférence internationale des pays donateurs pour le Soudan à Addis Abeba par le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, qui y prendra part avec le haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère, Javier Solana, et le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan. De Hoop Scheffer a souligné aujourd'hui que la contribution de l'OTAN se fera en coordination avec l'Union européenne et l'ONU: "L'objectif est d'assister l'UA à prévenir d'ultérieures victimes". La semaine dernière le président de la Commission de l'UA, l'ex-président du Mali Alpha Oumar Konaré, s'est rendu à Bruxelles pour demander de l'aide à la Commission afin de garantir "au plus vite" la sécurité aux civils impliqués dans le conflit du Darfour, sans toutefois envoyer des soldats européens dans la région soudanaise. L'UA dispose pour le moment d'environ 2.400 soldats dans la région; elle a déjà disposé l'envoi de 7.700 hommes d'ici à septembre pour veiller au respect d'un cessez-le-feu souscrit en avril 2004 entre l'armée gouvernementale et les deux principaux mouvements rebelles mais largement resté lettre morte sur les deux fronts. La crise a provoqué jusqu'à présent un nombre élevé mais imprécisé de civils: selon l'ONU plus d'1,5 millions ont abandonné leurs maisons et leurs villages à la recherche d'un abri dans les camps de réfugiés ou dans le Tchad voisin, où il y a 200.000 réfugiés; les victimes s'élèvent à des dizaines de milliers (jusqu'à 180.000 selon quelques documents), même si une estimation exacte de leur nombre est presque impossible.

(MISNA, Italie – 24 mai 2005) 
Visite de Kofi Annan au Darfour et dans le Sud

La guerre au Darfour et la paix dans le Sud-Soudan seront au cœur de la visite au Soudan du secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, qui se rendra dans le pays de vendredi prochain au 1er juin. Selon le programme rendu public par un porte-parole, M. Annan rencontrera les plus hauts dirigeants gouvernementaux, de hauts représentants de l'Union Africaine et des Nations Unies. Au Darfour, le secrétaire ira "se rendre compte personnellement – comme l'indique une note officielle – d'une des pires crises humanitaires de la planète pour vérifier les progrès réalisés sur le terrain pour le soutien aux populations". M. Annan sera également au Soudan à la veille d'une phase qui s'annonce cruciale et délicate pour la crise au Darfour, à savoir la reprises des négociations entre les rebelles et le gouvernement le 1er juin. Après son passage dans la région occidentale, Kofi Annan se rendra à Rumbek, capitale provisoire du Sud-Soudan, où il devrait rencontrer John Garang, le chef des indépendantistes du SPLA et principal protagoniste de la guerre contre Khartoum, conclue il y a quelques mois après plus de 20 ans de conflit. Le secrétaire général de l'ONU arrivera au Soudan après avoir participé à la conférence des pays bailleurs de fonds jeudi à Addis Abeba.

(MISNA, Italie, 24 mai 2005) 
Les Européens, aussi

Après avoir émis des réserves sur le soutien de l'Otan au déploiement des forces de l'Union africaine (UA) au Darfour, dans l'est du Soudan (voir J.A.I. n° 2314), l'Union européenne (UE) a finalement accepté de s'y associer. C'est là le résultat de la rencontre, le 17 mai à Bruxelles, entre Alpha Oumar Konaré, le président de la Commission de l'UA, et la Commission de l'UE. Aux côtés de l'Otan, l'UE apportera donc un soutien logistique (moyens de transport et de transmission, armements, formation de policiers, etc.). Elle participera également à l'encadrement administratif et, surtout, au financement. 
Les troupes, elles, seront fournies pour l'essentiel par quatre pays : Afrique du Sud, Nigeria, Rwanda et Sénégal. Elles seront déployées entre les mois de juillet et septembre prochains. L'UA estime, pour le moment, le budget de l'opération à environ 440 millions de dollars par an. Une rencontre des donateurs est prévue le 26 mai à Addis-Abeba.

(Jeune Afrique, l’Intelligent -  22 mai 2005)
Darfour : bientôt un tribunal local pour  les crimes de guerre

Un tribunal soudanais pour les crimes commis au Darfour pourrait entrer en fonction d'ici 2 ou 3 mois, a fait savoir le ministre des Affaires Étrangères Mustafa Osman Ismail alors qu'il se trouve en visite officielle en Chine. "Nous sommes en train de travailler en étroite collaboration avec l'Union Africaine. Je m'attends dans de brefs délais l'annonce du tribunal, des juges et du procureur" a dit le chef de la diplomatie de Khartoum. Il y a quelques mois, le Conseil de sécurité de l'ONU avait déferré devant la Cour pénale internationale de La Haye (CPI) une liste de plus de 50 criminels de guerre présumés mais le Soudan avait rejeté l'idée d'un procès international, affirmant qu'il voulait les juger dans le pays. M. Ismail a déclaré qu'un comité spécial guidé par le ministère de la Justice de Khartoum serait sur le point de terminer la préparation de la nouvelle Cour et que les détails seraient connus bientôt. Le Statut de Rome – qui a institué la CPI en juillet 2002 pour juger les crimes de guerre et contre l'humanité et les crimes de génocide – prévoit que les accusés jugés par des tribunaux locaux fiables ne puissent pas ensuite être jugés par la CPI. Selon des experts locaux, le gouvernement soudanais offrira difficilement les garanties suffisantes de son indépendance à la CPI. "Le tribunal sera ouvert aux médias avec la supervision des Africains" a ajouté le ministre des Affaires Étrangères. À la fin du mois de mars, les autorités soudanaises avaient annoncé le renvoi en jugement de 164 personnes – y compris une quinzaine d'agents des forces de l'ordre - pour des violations des droits de l'Homme perpétrées au Darfour, la région occidentale théâtre depuis plus de deux ans d'affrontements et d'une grave crise humanitaire

(MISNA, Italie, 21 mai 2005)
Réunions internationales pour l’extension de la force de paix au Darfour

Des représentants de l'Union africaine, des Nations unies, de l'Union européenne et de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord) se réuniront le 26 mai prochain pour discuter des aspects pratiques (financement et logistique) de l'élargissement de la force de paix africaine déjà présente dans le Darfour, la région occidentale soudanaise théâtre d'un conflit et d'une grave crise humanitaire depuis février 2003. C'est ce qu'a rapporté l'Union africaine, en précisant que le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, son homologue de l'OTAN, Hoop Scheffer ainsi que le haut représentant pour la politique étrangère de l'UE, Javier Solana, ont été conviés à la réunion. Fin avril dernier, le Conseil pour la paix et la sécurité de l'Union africaine avait décidé un élargissement de la force de paix actuellement déployée au Darfour avec la charge d'"observateurs militaires" ayant pour mandat principal de vérifier le respect du cessez-le-feu signé l'an dernier entre les rebelles et le gouvernement mais resté dans les faits lettre morte. La mission devra passer d'ici septembre de 3.320 hommes – plus de 2.000 sont effectivement déployés sur le terrain – à 7.731 unités, y compris environ 1.500 policiers dans les cinq prochains mois. "Nous aurons besoin de 12.000 soldats d'ici le début de l'annèe prochaine" a dit Jan Pronk, représentant spécial pour le Soudan du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan.

(MISNA, Italie – 19 mai 2005)
Les femmes demandent une majeure implication dans le processus de paix

Les femmes soudanaises devraient être davantage impliquées dans le processus de paix qui a injecté une peu d'espoir dans les régions méridionales du pays après plus de 20 ans de guerre civile. C'est ce qu'ont déclaré des activistes africaines pour les droits des femmes réunies à Nairobi (Kenya) pour une conférence dédiée à la condition féminine dans des contextes de guerre et post-conflit. “ Soixante cinq pour cent de la population du Sud Soudan est constitué de femmes; il n'est pas possible de les exclure de la pleine réalisation des accords de paix. Il est nécessaire qu'elles soient inclues dans les nouvelles institutions gouvernementales et puissent avancer leur opinion sur la question du partage des ressources" a affirmé Ancil Adrian-Paul, membre de l'organisation non gouvernementale "International Alert", citée par "Irin News", réseau d'information de l'ONU. "Un des problèmes de cet accord de paix est celui d'avoir été négocié sans l'implication de toutes les forces politiques et de la société civile, secteur dans lequel les femmes et leurs intérêts sont le plus représentés" a ajouté Sonia Asis Malik, chercheuse à l'Ahfad University de Omburman, au Soudan. Mme Malik a critiqué aussi la faible présence de femmes dans des organismes dont le mandat est d'accompagner la pleine pacification du Sud, comme la Commission pour la révision de la Constitution (CRC). “Initialement il n'y avait aucune femme dans la CRC; seulement après la conférence des bailleurs de fonds d'Oslo en avril dernier, au cours de laquelle des pressions ont été exercées, 6 ou 7 femmes ont été intégrées au groupe, mais une d'entre elles seulement est avocate" a précisé la chercheuse. Les activistes ont rappelé que femmes et enfants ont été les principales victimes de la guerre et de ses conséquences directes comme la faim et les maladies.

(MISNA, Italie – 19, mai 2005)
L’OTAN évaluera demande d’aide logistique de l’UA pour le Darfour

Une "évaluation immédiate" et l'élaboration de "propositions spécifiques" ont été demandées par le Conseil Atlantique aux autorités militaires de l'OTAN après la demande de soutien logistique et sur le plan de l'organisation avancée hier à Bruxelles par le président en charge de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré, pour la mission de paix au Darfour, la région occidentale du Soudan en proie à une guerre civile et à une grave crise humanitaire depuis février 2003. C'est ce que rapporte une source citée par l'agence de presse italienne ANSA (Agence nationale de presse associée), qui considère qu'il s'agit d'un "premier pas" politique vers l'approbation de la mission européenne de soutien logistique aux peacekeepers africains, soit 2.400 hommes qui se trouvent déjà depuis plusieurs mois au Darfour, mais dont le nombre devrait passer à 7.700 unités d'ici septembre. L'intervention de l'OTAN ne prévoit pas toutefois l'envoi direct de troupes, scénario qui a été rejeté hier par les sept chefs d'État africains réunis à Tripoli, en Libye, pour un mini sommet sur le Darfour. Une décision définitive de l'Alliance Atlantique est attendue vraisemblablement pas avant la fin du mois

(MISNA, Italie – 19, mai 2005)
Heurts entre police et déplacés dans un camp au sud de Khartoum ; des morts

Dix-huit personnes auraient été tuées et des dizaines d'autres blessées dans des affrontements entre la police soudanaise et des déplacés dans un camp situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, Khartoum, rapporte la presse internationale. "Les forces de sécurité, armée et police, sont arrivées ce matin et ont ouvert le feu sur les civils" a dit à l'agence Reuters Majak Machar, qui se trouvait dans la zone du camp de Soba Arad au moment des incidents. D'après les premiers témoignages, il semblerait que ces affrontements aient éclaté quand des déplacés se sont opposés à leur transfert dans un autre camp. Près de 2 millions de déplacés se trouvent aux alentours de Khartoum. Ils proviennent pour la plupart du sud du pays, où s'est terminé il y a quelques mois - du moins sur le papier – un confit ayant duré plus de 20 ans, responsable de la fuite de 4 millions de personnes. Un porte-parole du ministère de l'Intérieur a déclaré que 11 agents de police feraient partie des victimes. Il semblerait que les réfugiés impliqués dans les affrontements vivaient depuis 14 ans dans le camp de Soba Aradi, raison pour laquelle ils ne voulaient pas être transférés. Les accords de paix signés en janvier dernier entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles du Sud du Soudan prévoient notamment le retour des réfugiés.

(MISNA, Italie – 19 mai 2005)
U.A cherche soutien de l’UE et de l’Otan mais sans envoyer de troupes au Darfour

Le président de l'Union africaine (UA) Alpha Oumar Konaré a demandé de l'aide logistique à l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord) et à l'Union européenne pour garantir "au plus vite" la sécurité des civils impliqués dans le conflit en cours dans le Darfour, sans toutefois requérir l'envoi de soldats dans la région occidentale soudanaise. Pendant ce temps, le mini sommet sur la question Darfour réunit à Tripoli (Libye) a touché à sa fin et les 7 chefs d'État présents ont confirmé leur opposition au déploiement dans cette zone de troupes "étrangères", à savoir non continentales. En rencontrant des hauts responsables de l'UE et de l'Alliance Atlantique à Bruxelles, Konaré a surtout sollicité la collaboration pour des fonctions logistiques et d'organisation: transport de troupes de l'Union africaine – qui a disposé l'envoi au Darfour de 7.700 hommes même si 2.400 unités sont déjà présentes -, des moyens de communication, le regroupement des contingents et leur équipement. "Mais il n'y aura pas de soldats non africains" a assuré le président de l'UA. Jaap de Hoop Scheffer, secrétaire général de l'OTAN – institution jamais intervenue en Afrique jusque là – a assuré que l'organisation "examinera la proposition", avec des discussions "en toute transparence" avec l'UE. Le sommet en Libye a fixé la reprise des colloques de paix au 31 mai tandis que les leaders africains présents ont "rejeté toute intervention étrangère dans la question du Darfour et ajouté que pour l'affronter il sera nécessaire d'agir à travers le cadre de référence africain". Ces derniers jours les présidents de l'Égypte, du Tchad, du Soudan, Gabon de l'Érythrée et le leader libyen Mouammar Khadafi ont rencontré les responsables des deux principaux mouvements armés du Darfour (JEM et SLA-M). La prise de position des dirigeants africains confirme les efforts de l'UA pour affronter en toute autonomie la gestion de ses propres crises, en employant moyens et ressources afin de résoudre les conflits du continent. Depuis février 2003 le Darfour est dévasté par un conflit interne étendu et complexe qui implique des groupes armés d'autodéfense locale, des pillards arabes (Janjawid) soutenus par l'armée de Khartoum et quelques millions de civils dont la plupart – sans doute 1,5 millions – ont abandonné leurs maisons et villages pour chercher abri dans les camps de réfugiés ou dans le Tchad voisin où leur nombre s'élève à 200.000. Selon l'ONU, la guerre a provoqué jusqu'à présent des dizaines de milliers de victimes (jusqu'à 180.000 selon certains documents), même si une estimation exacte résulte pratiquement impossible.

(MISNA, Italie- 18 mai 2005)
Reprise négociations rebelles et gouvernement sur le Darfour à la fin du ois

Les négociations entre le gouvernement soudanais et les mouvements armés actifs dans le Darfour reprendront dans quelques jours et devraient permettre d'arriver à une solution négociée de la crise engagée depuis février 2003 dans cette vaste région occidentale de l'ouest du Soudan, située le long de la frontière avec le Tchad. L'annonce a été donnée par des sources officielles du gouvernement soudanais en marge du mini sommet en cours à Tripoli (Libye) justement pour établir les modalités nécessaires pouvant porter à une reprise des négociations suspendues en décembre dernier et depuis lors complètement bloquées. "Les négociations reprendront à la fin du mois de mai" ont annoncé le président soudanais Omar el Béchir et son ministre des Affaires étrangères, Moustapha Osman Ismail. Selon le porte-parole du président égyptien Hosni Mubarak, lui aussi présent au sommet, le face à face entre les rebelles soudanais et le gouvernement reprendra le 1er juin. Les présidents du Tchad, de l'Égypte, du Nigeria, Gabon et Soudan ainsi que les responsables de l'Union africaine et de la Ligue arabe concluront aujourd'hui le mini sommet sur le Darfour, auquel ne participent pas les délégations des deux principaux groupes armés actifs dans la zone (JEM et SLA-M). Les deux formations se sont toutefois dites prêtes à plusieurs reprises ces derniers jours à "reprendre les négociations sans poser de conditions" et à respecter le cessez-le-feu signé en avril 2004. Une trêve qui a été peu honorée par les deux parties protagonistes de la guerre du Darfour.

(MISNA, Italie – 17 mai 2005)
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Nouvelles brèves du 20 au 25 mars  2005
La Russie se propose d'envoyer des observateurs militaires au Soudan
L`ONU va déployer 10.000 casques bleus au Sud-Soudan
Darfour : résolution de la France pour sortir de l’enlisement diplomatique
Le Soudan déplore l'attaque contre une employée de l'USAID au Darfour
L'ONU approuve l'envoi d'une force de maintien de la paix au Soudan
Le Conseil crée pour une période initiale de six mois la mission de l’ONU (MINUS)
pour appuyer la mise en œuvre de l’accord Nord-Sud
La situation au Darfour exige la présence de 8.000 hommes sur le terrain,
90 % de l'aide n'arrive pas aux sinistrés du Darfour
La Russie se propose d'envoyer des observateurs militaires au Soudan

La Russie se propose d'envoyer au sein de la mission de l'Organisation des Nations Unies au Soudan 50 observateurs militaires et 20 officiers de police civile, tout en envisageant d'autres formes de soutien de la mission de l'ONU dans ce pays. 
C'est ce qu'on lit notamment dans un communiqué du Département de l'information et de la presse du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, document publié à l'occasion de l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU de sa résolution 1590 qui sanctionne notamment le déploiement au Soudan d'une mission complète de l'Organisation. Ladite démarche a pour objectif de contribuer à la mise en application de l'Accord de paix, signé entre le gouvernement du Soudan, d'une part, et le Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS), de l'autre, ainsi qu'à la progression du règlement politique dans ce pays. 
En vertu de ladite résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, la Mission des Nations Unies au Soudan comprendra jusqu'à 10 000 militaires et 715 policiers civils, indique dans son document la diplomatie russe. 
"La Mission est chargée d'observer et de contrôler la mise en application de l'Accord de paix, de contribuer à la solution des tâches relevant de la réconciliation nationale et à la réalisation du programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration d'anciens participants à des hostilités, ainsi qu'au respect des droits de l'homme dans le pays", est-il indiqué dans le communiqué du Département de l'information et de la presse du ministère russe des Affaires étrangères. 
"Moscou salue l'adoption de cette résolution que la Russie considère comme résultat des actions concertées du Conseil de sécurité de l'ONU, actions qui tendent à conférer une nouvelle impulsion puissante au rétablissement d'une vie pacifique normale au Soudan. Pour sa part, la Russie est prête à poursuivre ses efforts afin d'arriver à cet objectif", note la diplomatie russe. 

(RIA Novosti, Moscou 25 mars 2005)-
L`ONU va déployer 10.000 casques bleus au Sud-Soudan

Nairobi, 25/03 - Le Conseil de sécurité a adopté à l`unanimité une résolution approuvant le déploiement de 10.000 casques bleus et 700 policiers en civil en vue de maintenir la paix au Sud-Soudan pour une période initiale de six mois. 
Selon la résolution adoptée jeudi, cette force va soutenir l`application de l`accord de paix signé en janvier dernier à Nairobi (Kenya) entre le gouvernement de Khartoum et le Mouvement/Armée de libération du peuple soudanais (SPLM/A), qui met fin à plus de deux décennies de guerre civile. 
Ces casques bleus vont former la Mission des Nations-unies au Soudan (UNMIS), qui travaillera en liaison et opérera en coordination avec la Mission africaine au Soudan (AMIS) "en vue de renforcer promptement les efforts de paix au Darfour", indique la Résolution 1590. 
Le mandat de cette mission inclut la supervision et la vérification de l`application de l`accord de cessez-le-feu au Sud-Soudan en aidant à mettre sur pied un programme de Désarmement, de démobilisation et de réintégration pour les ex-combattants, et en promouvant la réconciliation nationale et le respect des droits humains. 
La Résolution 1590 demande au Secrétaire général Kofi Annan de présenter un rapport au Conseil dans un délai de trente jours sur les moyens par lesquels l`UNMIS peut renforcer l`effort de paix dans la région du Darfour (Ouest) par le biais d`une assistance appropriée à l`AMIS incluant un soutien logistique et technique. 
Cette résolution, qui insiste sur le fait qu`aucune action militaire ne peut résoudre les problèmes du Darfour, invite Khartoum et les groupes rebelles dans la région à reprendre rapidement et sans condition les négociations de paix à Abuja, au Nigeria

(Angola-Press, 25 mars 2005)
Darfour : résolution de la France pour sortir de l’enlisement diplomatique

La France a déposé hier au Conseil de sécurité un projet de résolution afin que les responsables des crimes et des violences perpétrées au Darfour, région occidentale soudanaise théâtre depuis plus de deux ans de combats, soient jugés par la Cour pénale internationale (CPI). C'est ce qu'a rapporté l'agence France Presse, qui a reçu une copie du document, en précisant que le texte entre "en concurrence directe" avec le projet de résolution présenté par les États-Unis et se trouvant depuis plusieurs semaines sur le bureau du Conseil de sécurité de l'ONU, source principale du débat diplomatique et du retard de l'approbation d'une nouvelle résolution sur le Soudan. Le Conseil se serait en effet divisé sur certains points du document américain relatifs à la juridiction des crimes commis dans la vaste région soudanaise fort isolée. D'une part les pays de l'Union Européenne et la Commission d'enquête pour le Darfour voulue par les Nations Unies ont demandé que ce soit la CPI qui gère d'éventuels procès tandis que de l'autre Washington – ne voulant pas légitimer la CPI – continue de refuser un tribunal international, en lui préférant au contraire un tribunal "ad hoc" pour le Soudan avec Arusha (Tanzanie) pour siège. Le texte de la résolution française contiendrait, selon les anticipations d'AFP, un passage fondamental pour vaincre les réticences américaines. Dans un geste d'ouverture à l'égard de Washington, la résolution de Paris précise en effet que "la CPI ne mettra pas sous enquête les citoyens des États-Unis, nation qui n'a pas signé le Traité de Rome, et qui ont été envoyés au Soudan pour des opérations autorisées par l'ONU". Ces dernières heures Washington a également fait circuler une révision du texte présenté en février, en avançant trois alternatives sur qui devra juger les responsables des crimes commis au Darfour: une commission pour la justice et la réconciliation (avancée par le Nigeria); la CPI (avancée par la France et l'Europe); une cour "ad hoc" comme celles de Yougoslavie et du Rwanda (avancée par les Etats-Unis). Dans l'attente que ces développements débloquent la diplomatie internationale, la situation au Darfour est encore extrêmement critique pour la population locale et pour les opérateurs humanitaires qui essaient de contenir une urgence d'une grande ampleur.

(MISNA, Italie – 24-03-2005)
Le Soudan déplore l'attaque contre une employée de l'USAID au Darfour

Le gouvernement soudanais a  déclaré jeudi qu'il "regrettait profondément" l'attaque contre une employée de l'USAID (agence américaine pour l'aide internationale  au développement) qui a été blessée par balle lorsque le convoi  avec lequel elle voyageait a été pris dans une embuscade sur la  route Nyassa-Kassa au Darfour. 
Selon un communiqué de presse de l'ambassade soudanaise à Addis Abeba, le gouvernement soudanais condamne fermement les attaques  injustifiées contre des convois d'aide humanitaire. 
Il a également réaffirmé qu'il poursuivrait sans relâche les  efforts pour l'acheminement de l'aide humanitaire et pour la  sécurité des employés qui font des efforts considérables pour  aider les personnes dans le besoin au Darfour. 
Le gouvernement soudanais a également déclaré qu'il  effectuerait une enquête rapide sur l'incident et qu'il  poursuivrait les coupables, ne ménageant aucun effort jusqu'à ce  qu'ils soient traînés en justice. Fin 

(XINHUA, Addis Abeba,  24 mars 2005)
L'ONU approuve l'envoi d'une force de maintien de la paix au Soudan

Au terme de plusieurs semaines de négociations, le Conseil de sécurité de l'ONU a voté à l'unanimité jeudi en faveur de l'envoi d'une force de maintien de la paix de 10.700 hommes au Soudan, pour contrôler l'application d'un accord de paix mettant fin à 21 ans de guerre civile entre le gouvernement et les rebelles du sud. 
Le Conseil de sécurité espère aussi que cette initiative contribuera à mettre un terme aux violences dans la région du Darfour (ouest), où quelque 180.000 personnes auraient été tuées dans un conflit opposant les milices pro-gouvernementales aux rebelles. 
La résolution, soutenue par les Etats-Unis, demande que la nouvelle mission travaille avec une mission de paix de l'Union africaine au Soudan, notamment pour renforcer l'effort de paix au Darfour. 
Le texte ne mentionne pas deux questions qui avaient empêché le Conseil de sécurité d'agir plus tôt par rapport au Soudan: comment poursuivre en justice les suspects de crimes de guerre au Darfour, et faut-il imposer de nouvelles sanctions à ce pays. 
Plusieurs pays du Conseil veulent poursuivre les suspects de crimes de guerre au Soudan devant la Cour pénale internationale, un tribunal auquel les Etats-Unis s'opposent. La Chine et la Russie sont les principaux opposants aux sanctions. 

(Presse Canadienne , 24 mars 2005)
Le Conseil crée pour une période initiale de six mois la mission de l’ONU (MINUS)
pour appuyer la mise en œuvre de l’accord Nord-Sud

En appui à la mise en œuvre de l’Accord de paix global signé, le 9 janvier dernier à Nairobi, entre le Gouvernement du Soudan et le Mouvement/l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLM/A), le Conseil de sécurité a créé, cet après-midi, pour une période initiale de six mois, la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) avec un effectif maximum de 10 000 militaires et une composante civile comprenant notamment un maximum de 715 membres de la police civile. 
Dotée d’un préambule de 24 alinéas et d’un dispositif de 17 paragraphes de fond, la résolution 1590 (2005), adoptée à l’unanimité, assigne à la MINUS quatre tâches principales, à savoir le soutien à la mise en œuvre de l’Accord de paix global; la coordination du retour des réfugiés et des personnes déplacés ainsi que de l’aide humanitaire; la fourniture d’une aide dans le domaine de la lutte antimines; et la promotion des droits de l’homme.  En vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, la Mission est autorisée à intervenir pour protéger le personnel et les locaux des Nations Unies et, sans préjudice de la responsabilité du Gouvernement soudanais, à protéger les civils sous menace imminente de violence physique. 
Après que le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien, Jean-Marie Guéhenno, s’est félicité de l’adoption de la résolution et a souligné les défis énormes que son application implique, le représentant du Soudan a quant à lui souligné l’« approche rationnelle » du texte qui sépare, pour assurer une adoption par consensus, la mise en œuvre de l’Accord de paix global et la question du Darfour. 
Dans le texte, les membres du Conseil prient la MINUS de coordonner son action avec la Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS) dans cette région.  Ils demandent au Secrétaire général de lui faire rapport, dans les 30 jours, sur les moyens par lesquels la MINUS pourrait renforcer l’action menée pour favoriser la paix au Darfour, en offrant à la MUAS une assistance logistique et technique.  En attendant, le Conseil demande au Gouvernement soudanais et aux groupes rebelles, de reprendre rapidement les pourparlers d’Abuja, en exhortant les parties à l’Accord de paix global à jouer un rôle actif et constructif d’appui à ces pourparlers.

(New York, ONU, 24 mars 2005)
La situation au Darfour exige la présence de 8.000 hommes sur le terrain,

Au lendemain d'une nouvelle attaque contre un convoi humanitaire, l'Envoyé de l'ONU affirme que la situation au Darfour n'est pas près de s'améliorer à moins d'une présence d'au moins 8.000 hommes sur le terrain. Kofi Annan a demandé aujourd'hui à Alger l'aide notamment financière des Etats de la Ligue arabe dans ce conflit. 
« Nous sommes tous encouragés par l'accord de paix tant attendu sur le Sud-Soudan », mais « la situation dramatique au Darfour jette une ombre sur ce qui a été réalisé à Naivasha », a déclaré aujourd'hui le Secrétaire général lors de son allocution au Sommet de la Ligue arabe. 
Malgré les « vaillants efforts au niveau humanitaire » et ceux réalisés par l'Union africaine dans le domaine de la sécurité, « pratiquement aucun progrès n'a été réalisé au niveau politique », a déploré le Secrétaire général. 
Kofi Annan a notamment rappelé le besoin de nouveaux financements substantiels pour les opérations humanitaires du Darfour, dans le Sud et d'autres régions du pays, au risque de les voir cesser. 
« Le soutien des Etats arabes, y compris votre soutien financier urgent, sera crucial si nous voulons avancer plus vite et apporter une réponse adaptée aux besoins de la situation », a affirmé le Secrétaire général. 
Illustrant la difficulté de la situation sur le terrain et le manque de sécurité qui touche même le personnel humanitaire, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, Jan Pronk, dans un message publié aujourd'hui par la Mission préparatoire des Nations Unies au Soudan (UNAMIS selon son acronyme anglais), a déploré l'attaque qui a eu lieu hier entre Nyala et Kass (carte) à l'encontre d'un convoi de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID). 
« Cette attaque était clairement une embuscade, car il n'apparaît pas que des tirs de sommation aient été faits avant de viser le convoi ». 
Jan Pronk a vivement « condamné l'attaque contre le personnel humanitaire et des organisations non gouvernementales (ONG), dont les victimes, en définitive, sont les personnes qui ont besoin d'assistance ». 
Le Représentant spécial estime dans son message « qu'il n'est pas vraisemblable que ces incidents s'arrêtent à moins qu'une force de protection robuste d'au moins 8.000 soldats ne soit déployée au Darfour pour protéger la population et le personnel humanitaire et ses convois ». 
Interrogé aujourd'hui lors d'un point avec la presse, à l'issue de sa conférence à Alger, sur le calendrier d'un déploiement de l'ONU au Darfour, le Secrétaire général a rappelé que le Conseil de sécurité était saisi de sa proposition et qu'il doit à présent l'adopter. 
Dans un rapport rendu public le 3 février dernier, le Secrétaire général avait recommandé au Conseil de sécurité le déploiement d'une mission de près de 10.000 hommes dont le mandat devrait durer sept ans, pour aider le Gouvernement d'unité nationale, regroupant les autorités soudanaises et les rebelles, à mettre en œuvre l'Accord Nord-Sud (voir notre dépêche du 3 février 2005 et celle du 24 février 2005). 
Devant le Conseil de sécurité, le Secrétaire général avait aussi appelé à agir pour empêcher la poursuite des crimes au Darfour et pour traduire en justice les auteurs des crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par le Gouvernement soudanais, les milices janjaouites et les rebelles (voir notre dépêche du 16 février 2005). 
Le Conseil de sécurité a prorogé par deux fois le mandat de la Mission préparatoire des Nations Unies au Soudan, d'une semaine à chaque fois, dans l'attente d'un accord sur une résolution (voir notre dépêche du 17 mars 2005). 
Ce mandat expire demain jeudi 24 mars. 

(New York, ONU, 23 mars 2005)
90 % de l'aide n'arrive pas aux sinistrés du Darfour

Près de 90 % des sommes allouées à l'aide aux sinistrés du Darfour ne leur parviennent pas. Elles sont utilisées pour régler les frais administratifs et les salaires des employés internationaux, dénonce le gouverneur d'un des Etats du Darfour.

La communauté internationale a jusqu'ici dépensé un milliard de dollars dans le cadre de la crise qui déchire cette province de l'ouest du Soudan, affirme le gouverneur du Darfour-sud, Al-Hajj Atta al-Mannan, cité dimanche par le quotidien indépendant "Al-Sahafa". La moitié de cette somme a été allouée à l'Etat qu'il dirige.
"Les habitants du Darfour n'ont perçu que 12 % de ces fonds, tandis que le reste a été dépensé pour les frais administratifs des opérations et les salaires (des employés) des organisations internationales au Darfour", ajoute toutefois M. Mannan.
Il a aussi affirmé que le gouvernement soudanais était responsable de l'aggravation de la crise du Darfour, en raison du nombre réduit des troupes gouvernementales déployées dans la région, sans plus de précisions.
Le gouverneur a par ailleurs mis au défi le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires humanitaires, Jan Egeland, de fournir des preuves concernant ses "allégations selon lesquelles 180 000 personnes ont été tuées au Darfour depuis 18 mois".
M. Egeland avait souligné qu'il s'agissait d'une estimation des "décès évitables", c'est-à-dire dus aux privations, aux maladies, à la malnutrition et non aux violences proprement dites. Plus de 1,8 million de personnes ont été déplacées par les combats dus à la guerre civile au Darfour depuis février 2003, et 200 000 se sont réfugiées au Tchad voisin

(Presse de Genève, 20 /03 /2005)
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Nouvelles brèves du 14 au 18 mars  2005
Seule la paix Nord – Sud peut résoudre conflit au Darfour
Conférence de réconciliation entre les rebelles du Sud
Le Soudan décide de restreindre les déplacements des diplomates américains
Darfour : la crise diplomatique s’ajoute à celle humanitaire
Darfour : nombre croissant de déplacés , jusqu’à 3 millions dans quelques mois
Darfour : retrait partiel du personnel onusien à cause des menaces
En attendant la résolution ONU, plus de pressions sur Khartoum
Commission de l’ONU pour les droits de l’Homme : 61ème session
Du 14 au 18 mars 2005
 
 

Seule la paix Nord – Sud peut résoudre conflit au Darfour
“La question humanitaire est la priorité au Darfour: il faut d'abord arrêter les massacres. On trouvera ensuite la solution politique à ce conflit, qui existe et dépend seulement de la pleine application de l'accord de paix entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles du Sud Soudan, signé en début d'année". C'est ce qu'a déclaré à la MISNA Ghazi Suleyman, avocat soudanais, leader historique d'un mouvement pour les droits humains. "La communauté internationale et les autorités soudanaises doivent comprendre qu'il est nécessaire d'apporter une aide concrète aux populations du Darfour. Pourquoi les Nations Unies et l'Union Européenne n'interviennent pas comme elles devraient pour protéger la population civile?” se demande Suleyman, contacté par la MISNA à Milan, où il se participe au Forum international en cours sur le thème "Quelle paix pour le Soudan? La parole à la société civile". "La seule façon de garantir paix et stabilité à notre pays est le processus de paix entre le gouvernement et l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA). Les accords souscrits le 9 janvier dernier au Kenya prévoient la création d'un gouvernement provisoire, avec la participation du leader de la SPLA John Garang” ajoute l'activiste soudanais, président de l'Alliance nationale pour la restauration de la démocratie, qui siège à Khartoum. “Le processus de paix au Darfour ne peut avancer maintenant, il faut comprendre qu'il s'agit d'une question de temps: le nouvel exécutif aura l'autorité pour faire face et résoudre pas seulement la question du Darfour, mais aussi des populations qui vivent dans l'est du Soudan et de tous les peuples marginalisés sur notre territoire" poursuit Suleyman. Au Darfour on ne peut plus attendre: tandis que l'ONU discute au Conseil de sécurité pour trouver comment stopper les atrocités, dans cette zone du Soudan on continue de mourir. “La communauté internationale est responsable de toute nouvelle victime du Darfour” insiste l'avocat soudanais, selon qui le modèle d'entente qui a permis ces derniers mois la fin des hostilités entre le gouvernement et les rebelles de la SPLA du Sud Soudan peut être également appliqué au Darfour: “Là aussi il y a une revendication de la part de populations qui se sentent abandonnées et exploitées par le pouvoir central du gouvernement: moi je ne viens ni du Sud ni du Darfour et je peux l'affirmer car je suis un arabe musulman qui vit à Khartoum”. Que diriez-vous aujourd'hui aux leaders des mouvements rebelles insurgés contre le gouvernement et les pillards arabes "Janjawid", accusés d'avoir causé plus d'un million de réfugiés? "Je leur dirais de se serrer la main et d'attendre avec confiance les pas en avant du processus de paix. C'est seulement avec des réformes démocratiques qu'à Khartoum nous serons en mesure de faire face à leurs demandes et résoudre ce conflit dramatique". Aucune impunité, dans tous les cas, pour ceux qui ont perpétré de graves violations des droits humains: "Pour nous, il est prioritaire de poursuivre les coupables. Mais pas pour le moment, ce n'est sans doute pas le bon moment: il faut avoir la patience d'attendre la pleine réalisation du processus de paix", conclut notre interlocuteur . (traduction d'une interview de Emiliano Bos)

(MISNA, Italie, 18-03-18)
Conférence de réconciliation entre les rebelles du Sud

Un accord pour participer à une conférence de réconciliation nationale le 28 mars prochain au Kenya, a été conclu entre les milices pro-gouvernementales du Sud Soudan et le principal mouvement rebelle (Armée de libération populaire du Soudan, SPLA). L'annonce a été diffusée hier soir dans la capitale kenyane de Nairobi, au terme d'une rencontre entre les parties. Il s'agit du premier accord auquel les diverses composantes armées du Soudan méridional soient parvenues après la signature de l'accord du 9 janvier dernier entre le gouvernement de Khartoum et la SPLA, qui devrait mettre fin à un conflit ayant duré 21 ans. Les formations armées présentes dans le Sud Soudan, qui ont soutenu le gouvernement de Khartoum dans le passé, étaient restées en dehors de l'accord de paix. Cette initiative de réconciliation, si l'on peut dire sud-sud ,(à savoir entre parties un temps adverses sur le même territoire) est nécessaire pour une stabilisation complète du territoire méridional et pour la reconstruction post belliqueuse; elle sera sans doute promue par l'ex-président du Kenya Daniel Arap Moi. Entre temps, le Conseil de sécurité de l'ONU a prorogé aujourd'hui d'une semaine – pour la seconde fois en un mois – la mission d'observation des Nations Unies au Soudan (UNAMIS), qui a pour mandat d'évaluer les modalités de déploiement d'une force de paix dans le Sud. Le secrétaire de l'ONU Kofi Annan avait demandé aux 15 pays du Conseil de sécurité d'envoyer au Soudan une mission de maintien de la paix (peacekeeping) de 10.000 soldats. Sur l'agenda du Palais de Verre figure aussi la question urgente du Darfour, la région occidentale du Soudan, théâtre d'une insurrection armée contre les troupes gouvernementales et les pillards arabes (Janjawid), où le conflit a provoqué jusqu'à présent plus d'1,5 millions d'évacués et des dizaines de milliers de victimes (180.000 selon l'ONU, quelques milliers pour les autorités de Khartoum).

(MISNA, Italie, 18, 03,2005)
Le Soudan décide de restreindre les déplacements des diplomates américains

Le gouvernement soudanais a décidé jeudi de restreindre les déplacements des diplomates  américains dans le pays en représailles à des mesures similaires  prises par Washington en 2004. 
Le ministre soudanais des Affaires étrangères Moustafa Othman  Ismaïl a déclaré que les diplomates américains devraient obtenir  désormais une autorisation pour un déplacement au-delà de 25 km du centre de Khartoum. 
Il a indiqué que cette décision avait été prise après que le  gouvernement ait constaté que l'administation américaine n'avait  pas la sincérité de lever les restrictions similaires imposés aux  diplomates soudanais à Washington et à New York alors qu'elle  avait promis de le faire. 
Il a exprimé l'espoir que ce problème pourrait être résolu de  manière urgente. Fin 

(XINHUA, Khartoum, 17 mars 2005)
Darfour : la crise diplomatique s’ajoute à celle humanitaire

Le président nigérian, qui est aussi président en charge de l'Union Africaine (UA), Olusegun Obasanjo, a proposé la création d'un tribunal africain spécial afin de juger les suspects de crimes de guerre et contre l'humanité commis dans le Darfour, la région occidentale soudanaise en proie à des combats depuis plus de deux ans. C'est ce que rapporte aujourd'hui la principale agence de presse américaine, Associated Press, en précisant que la proposition d'Obasanjo a été formulée dans une lettre envoyée ces derniers jours à l'Union européenne par le chef d'état africain et dans laquelle il souligne que les diverses propositions actuellement à l'examen des Nations Unies ne contiennent pas et n'alimentent pas "le nécessaire esprit de réconciliation entre les parties" et "pourraient ne pas représenter la solution idéale pour le Darfour". La proposition d'Obasanjo s'inscrit dans le cadre d'un débat diplomatique animé, en cours depuis plusieurs semaines aux Nations Unies et qui continue à retarder l'approbation d'une nouvelle résolution sur le Soudan, attendue depuis plusieurs jours mais continuellement renvoyée. Le Conseil de sécurité se serait en effet divisé sur les points contenus dans le document et relatifs à la juridiction compétente pour les crimes commis dans la région du Darfour. D'une part les pays de l'UE et la commission d'enquête pour le Darfour voulue par les Nations Unies ont demandé que ce soit la Cour pénale internationale qui gère d'éventuels procès; de l'autre, certains pays, Etats-Unis en tête, continuent de refuser un tribunal international, préférant un tribunal ad hoc pour le Soudan, avec Arusha (Tanzanie) comme siège. La similitude entre la proposition américaine et celle nigériane explique les réactions positives de Washington à la lettre d'Obasanjo. "Nous soutenons le principe selon lequel les problèmes africains doivent trouver des solutions africaines" a dit Richard Grenell, porte-parole de la représentation américaine au Palais de Verre, en commentant la missive d'Obasanjo. Khartoum, première intéressée, pourrait également exprimer sa propre satisfaction pour la proposition du leader nigérian, vue qu'elle s'oppose, pour des raisons bien diverses de celles de Washington, à l'intervention internationale sur un scénario considéré comme une affaire strictement interne. Débutée en février 2003 – lorsque des groupes d'autodéfense populaire ont formellement levé les armes contre le gouvernement de Khartoum accusé de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (Janjawid) qui mettent à feu et à sang la zone afin de s'approprier terres et pâturages – la crise du Darfour a provoqué jusqu'à présent un nombre imprécisé de victimes (quelques dizaines de milliers pour les Nations Unies, "seulement" 5.000 selon le gouvernement soudanais) et près de 2 millions de déplacés, y compris 200.000 réfugiés dans le Tchad voisin. Des estimations qui selon l'ONU sont destinées à s'aggraver sensiblement dans les prochains mois, tandis que les interventions de la communauté internationale et le dialogue entre les protagonistes de la crise n'enregistrent aucun progrès.

(MISNA, Italie – 17 mars 2005)
Darfour : nombre croissant de déplacés , jusqu’à 3 millions dans quelques mois

Le nombre de déplacés internes et de réfugiés, causés par la grave crise politique et militaire en cours depuis plus de deux ans dans le Darfour, la région occidentale soudanaise théâtre de combats et de violences, est en hausse constante. Au terme d'une rencontre entre les coordinateurs humanitaires des zones de crise qui s'est tenue hier à Genève, le plus haut responsable de l'ONU pour les questions humanitaires, Jan Egeland, a fait savoir que d'ici la fin de l'année le nombre de déplacés soudanais du Darfour pourrait dépasser 3 millions de personnes. Une tendance à la hausse liée au fait que les violences contre les civils continuent presque sans entraves dans plusieurs zones de la région. Egeland a ensuite demander à l'Union Africaine d'envoyer des renforts à la mission d'observateurs déjà déployée au Darfour, dont la seule présence a déjà prouvé qu'elle représente un facteur de dissuasion efficace contre les attaques et les violences. Pendant ce temps, l'avant-garde de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNAMIS) a signalé l'apparition d'au moins 37 cas de rougeole dans les camps de réfugiés du Darfour méridional. Dans les deux villes les plus touchées par la maladie (Kanderni et Kass), une campagne de vaccination a été lancée, concernant tous les enfants âgés de 6 mois à 14 ans. La crise du Darfour, engagée en février 2003 - lorsque deux groupes d'autodéfense populaire (JEM et SLA) ont formellement levé les armes contre le gouvernement de Khartoum, accusé de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (Janjawid) qui depuis des années mettent à feu et à sang la région afin de s'approprier terres et pâturages – a provoqué jusqu'à présent un nombre imprécisé de victimes (quelques dizaines de milliers pour les Nations Unies, 5.000 "seulement" selon le gouvernement soudanais) et près de 2 millions de déplacés, y compris 200.000 réfugiés dans le Tchad voisin.

(MISNA, Italie – 17-03-2005)
Darfour : retrait partiel du personnel onusien à cause des menaces

L'ONU a retiré son personnel international de certaines zones du Darfour occidental et l'a transféré dans la capitale, El-Geneina, après les menaces des milices arabes d'attaquer des convois internationaux et onusiens. La nouvelle a été communiquée aujourd'hui par Jan Pronk, responsable de l'ONU au Soudan, cité par l'agence Reuters. M. Pronk a ajouté que le gouvernement de Khartoum avait fait de petits progrès dans le désarmement des milices, connues sous le nom de janjawid, mais qu'il restait encore beaucoup à faire au Darfour occidental, qui jouxte le Tchad. Les janjawid sont considérés parmi les principaux responsables de violences, de pillages et d'exactions contre la population civile de cette région occidentale du Soudan. Jan Pronk a ajouté que toutes les agences humanitaires avaient transféré leur personnel dans la capitale régionale. Aujourd'hui, l'UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l'enfance) a dénoncé une détérioration de la situation au Darfour, affirmant que durant les deux premières semaines de février, deux de ses convois de secours avaient été attaqués et pillés. Hier, la presse internationale a attribué au sous-secrétaire de l'ONU et responsable de l'assistance humanitaire Jan Egeland l'estimation de 180.000 victimes au Darfour en 18 mois à cause du conflit entre rebelles et gouvernement. La nouvelle ne comparaît pas aujourd'hui sur le site des Nations unies, qui indique par contre que le Programme alimentaire mondial (PAM) a pu distribuer, malgré l'insécurité, 1,6 millions de tonnes de nourriture au Darfour, un tiers de plus que le mois précédent.

(MISNA, Italie – 16-03-2005)
En attendant la résolution ONU, plus de pressions sur Khartoum

La crise politique, militaire et humanitaire en cours depuis plus de deux ans dans la région occidentale soudanaise du Darfour a été au centre de l'ouverture de la réunion annuelle de la Commission pour les droits humains des Nations Unies. Le haut-commissaire de l'ONU pour les droits humains, Louise Arbour, a demandé à tous les responsables politiques internationaux et aux organisations d'être moins sélectifs en décidant quels droits défendre. "Notre approche de la diplomatie des droits humains reste insatisfaisante et trop sporadique et sélective" a dit Louise Arbour. Le Darfour est précisément, selon le haut-commissaire, un des exemples les plus évidents, vu que "les violations de masse des droits humains" continuent depuis 2 ans, globalement sans entraves. Presque au même moment, l'agence France Presse a diffusé une estimation attribuée à Jan Egeland, le responsable des opérations humanitaires des Nations Unies, selon qui, au cours de ces 18 derniers mois, plus de 180.000 personnes seraient mortes au Darfour pour des causes rapportables à la guerre. Des déclarations qui ont suscité le mécontentement du gouvernement soudanais, qui a rejeté les pressions internationales liées au Darfour. "Des pressions démesurées, injustes et déséquilibrées et les signaux envoyés par la communauté internationale ont exacerbé une situation déjà délicate comme celle du Darfour" a dit le ministre de la Justice soudanais, Ali Yassine, aux 53 délégués présents à la 61ème réunion plénière de la Commission pour les droits humains. Le représentant de Khartoum a ensuite soutenu que ces pressions risquent précisément de représenter une entrave sur la voie du dialogue avec les rebelles, promu par l'Union Africaine. Des négociations suspendues en décembre dernier et jamais reprises depuis lors, malgré les nombreuses tentatives en cours depuis plusieurs mois. "Aucune des deux parties n'a prouvé être vraiment impliquée sérieusement et de bonne foi dans les colloques, la seule solution nécessaire pour reprendre un processus qui est clairement enlisé" a dit vendredi dernier le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, devant le Conseil de sécurité. C'est justement le plus haut organe décisionnel de l'ONU qui pourrait voter d'ici la fin de la semaine le nouveau projet de résolution sur le Soudan, présenté la semaine dernière par les États-Unis. Le document prévoit l'envoi de 10.000 casques bleus au Soudan, pas au Darfour, mais dans le Sud où s'est récemment conclue une guerre ayant duré 20 ans. Le mandat de cette mission devrait être celui de soutenir la paix réalisée entre le gouvernement de Khartoum et les indépendantistes méridionaux avec la signature de l'accord du 9 janvier dernier. Mais le projet de résolution présenté par Washington prévoit aussi la possibilité – sur autorisation préalable de Annan – de consentir aux peacekeeper déployés dans le Sud de collaborer avec la mission de l'Union Africaine, déjà présente au Darfour. Toujours à propos du Darfour, le projet de résolution prévoit que l’embargo sur les armes, déjà décidé à l'encontre des deux groupes rebelles (JEM et SLA) et des milices arabes pro-gouvernementales (Janjawid), soit également appliqué à l'exécutif de Khartoum. La résolution ne contient en revanche aucune allusion à la possibilité de juger devant la Cour pénale internationale (CPI) les responsables de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre identifiés par la commission spéciale d'enquête de l'ONU, dirigée par le juriste italien Antonio Cassese. C'est précisément sur le recours à la CPI et la possibilité de nouvelles sanctions que s'est divisé le Conseil de sécurité. Certains (les États-Unis) ne voulant pas légitimer la Cour internationale, à laquelle ils s'opposent de longue date, continuent de refuser un tribunal international, préférant en revanche une cour "ad hoc" pour le Soudan, à Arusha en Tanzanie, tandis que d'autres n'acceptent pas la possibilité de sanctions, ne voyant pas d'un bon œil l'intervention d'une force de paix qui ne soit pas africaine. Débutée en février 2003 – lorsque 5 groupes d'autodéfense populaire ont formellement levé les armes contre le gouvernement de Khartoum accusé de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (Janjawid) qui mettent à feu et à sang la zone afin de s'approprier terres et pâturages – la crise du Darfour a provoqué jusqu'à présent un nombre imprécisé de victimes (quelques dizaines de milliers pour les Nations Unies, "seulement" 5.000 selon le gouvernement soudanais) et près de 2 millions de déplacés, y compris 200.000 réfugiés dans le Tchad voisin.

(MISNA, Italie – 15/ 03/ 2005)
Commission de l’ONU pour les droits de l’Homme : 61ème session

"Jusqu'à ce jour, nous n'avons pas été à la hauteur de notre tâche de faire respecter les droits de l'Homme. Nous donnons l'impression que faire des déclarations est notre objectif ultime (…) et nous nous rabattons sur l'application sélective et sporadique de droits de circonstances": voici ce qu'a déclaré aujourd'hui le Haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'Homme, la canadienne Louise Arbour, en ouvrant à Genève la 61ème session annuelle de la Commission onusienne sur l'argument. Mme Arbour a cité en particulier les "violations massives des droits de l'Homme perpétrées au Darfour" – la région occidentale du Soudan théâtre d'un conflit qui a fait des d'innombrables victimes en deux ans – affirmant que la réponse de la communauté internationale a été "très en retrait par rapport à notre responsabilité collective envers les plus vulnérables". Faisant allusion à la position des États-Unis sur le traitement des prisonniers de guerre, la commissaire s'est dite en outre préoccupée de voir que "certains droits établis de longue date, tels que le droit de ne pas être torturés, font désormais l'objet d'interprétations sans précédent". De fait, durant le session de l'an dernier, la Commission onusienne s'était limitée à se concentrer sur de petits pays, laissant de côté des dossiers tels que le Darfour, l'Irak et la Tchétchénie. Jusqu'au 23 avril, les 53 États membres de la commission analyseront la situation du respect des libertés fondamentales sur la planète; seront présents 3.000 représentants d'organisations non gouvernementales (ONG) pour dénoncer un climat d'impunité persistant et rappeler qu'au moins la moitié des pays de la commission ne respectent pas les droits de l'Homme. 

(MISNA, Italie – 14/ 03/ 2005)
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Nouvelles brèves du 8 au 10 mars  2005
Darfour: le bilan de la guerre largement sous-estimé, selon l'ONU
Pétrole: 1er accroc aux accords de paix, mais la stabilité n'est pas menacée
Darfour : L'ICG appelle à des sanctions contre le Soudan
Reconstruction et développement: le Soudan a besoin de 8 milliards de dollars
Après 21 ans de guerre, des milliards d’Euro pour la reconstruction du Soudan
Le Royaume Uni "très préoccupé" par la situation au Soudan (Straw)
Darfour : l’ONU a l’œuvre pour renforcer la mission africaine
Japon : Une aide pour la paix au Soudan, pas des soldats mais des techniciens et experts
Femmes et Sud du monde : MSF aide les victimes d’abus dans le Darfour
Annan demande une implication majeure dans la résolution de la crise au Darfour
Darfour: le bilan de la guerre largement sous-estimé, selon l'ONU

Le bilan des violences et de leurs conséquences humanitaires au Darfour dépasse largement le chiffre de 70 000 morts admis jusqu'à présent. Tel est l'avis du coordonnateur des efforts humanitaires de l'ONU dans cette région du Soudan.
De retour d'une visite au Soudan, Jan Egeland a jugé impossible d'avancer une estimation précise du nombre des victimes de la guerre civile au Darfour car "les attaques ont lieu là où nous ne sommes pas".
Selon lui, le chiffre de 70 000 morts pour la période allant de mars 2004 à l'été suivant ne permet même pas de se faire une idée du nombre de morts depuis. "Est-ce trois fois plus? Est-ce cinq fois plus? Je ne sais pas mais le nombre total de morts équivaut à plusieurs fois 70 000", a insisté l'émissaire de l'ONU.
"Si vous vous éloignez des camps (de réfugiés), les massacres continuent", a déclaré M. Egeland. "Les femmes sont systématiquement violées. "J'ai signalé aux plus hauts niveaux du gouvernement que la situation échappait à tout contrôle et que rien n'était fait pour y mettre fin", a-t-il poursuivi.
L'Union africaine a déployé une force d'environ 2000 militaires, qui tente, "courageusement" selon M. Egeland, d'empêcher les violences. Le coordonnateur de l'ONU s'est toutefois interrogé sur les raisons pour lesquelles 10 mois ont été nécessaires à ce déploiement quand 10 000 travailleurs humanitaires oeuvrent au Darfour. 
"De nombreux pays en Afrique auraient pu fournir plus de soldats, plus rapidement. Ce dont nous avons besoin, c'est davantage de militaires sur le terrain", a-t-il ajouté. 

(T.V., Suisse romande, 10/03/2005)
Pétrole: 1er accroc aux accords de paix, mais la stabilité n'est pas menacée 

Khartoum et les ex-rebelles soudanais font face à une querelle pétrolière, qui constitue un premier accroc aux accords de paix signés en janvier, sans les menacer, selon des analystes et les deux protagonistes. 
La polémique a été provoquée par un accord pétrolier controversé signé entre une start-up britannique, White Nile, et les ex-rebelles du Sud du Soudan, alors que Khartoum signait un accord similaire avec le géant pétrolier français Total. 
La société britannique a signé l'accord en juillet avec la compagnie Nile Petroleum Corporation, créée par le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) pour gérer l'octroi de concessions pétrolières dans le sud. 
White Nile, fondée par l'ancien joueur anglais de cricket Phil Edmonds, a fait la une des journaux lorsqu'à la bourse de Londres, le cours de ses actions a été multiplié par treize à l'annonce de l'accord avec les ex-rebelles soudanais. 
Pourtant en décembre 2004, avant la signature des accords de paix entre le sud et Khartoum, Total a renouvelé avec le gouvernement central un contrat portant sur le même champ pétrolier, signé vingt ans plus tôt. 
"Il y a deux accords contradictoires, mais le champ concerné est hors de la sphère d'influence du gouvernement central et White Nile a signé son accord avant Total", a déclaré un porte-parole de White Nile, Hugo de Salis, à l'AFP. 
"Total avait signé son accord au début des années 1980, mais lorsque le président (soudanais) Omar al-Béchir a pris le pouvoir, il avait annulé tous les accords existants", a-t-il ajouté. 
Des responsables soudanais ont récusé avec véhémence aux ex-rebelles du Sud le droit d'accorder des permis pétroliers et les a mis en garde contre toute tentative de saper l'autorité de Khartoum avant la mise sur pied d'un gouvernement de transition dans le courant de l'année. 
Total, soutenu par Khartoum, affirme que son accord est valable. "Notre position est très simple. Nous avons signé un contrat et nous n'avons été informés d'aucun changement dans nos droits", a déclaré à l'AFP à Khartoum Bernard Cullet, un responsable de Total. 
Costello Garang Ring, le commissaire au développement international du Sud, soutient de son côté la position de White Nile selon laquelle le SPLM est l'autorité légitime qui contrôle le champ pétrolier disputé. 
"L'accord de paix stipule que les richesses pétrolières du Sud seront partagées cinquante-cinquante, mais nous n'avons rien dans cet accord sur les activités pétrolières au Nord. Aussi, si le gouvernement central contrôle tous les champs pétroliers, nous ne pourrions pas développer notre industrie pétrochimique", a-t-il expliqué. 
"Total a signé un accord pour le bloc B (du périmètre pétrolier contesté) sous la dictature de Gaafar Nimeiri (renversé en 1986, NDLR). Il aurait dû nous en informer lorsque nous avons pris le contrôle de la zone, mais pendant tout ce temps, il n'en a rien fait", a-t-il ajouté. 
"Il aurait pu faire le choix de rencontrer les deux parties et nous aurions pu en discuter, mais ils sont allés uniquement à Khartoum. Alors nous avons constitué une société commune avec White Nile", a-t-il poursuivi. 
L'accord de paix stipule qu'une commission pétrolière conjointe, avec une présidence tournante, doit décider des concessions à venir, mais que les accords signés avant l'établissement de la commission doivent être honorés. 
"Le document ne spécifie pas par qui doivent être signés les accords", souligne M. Garang Ring. 
"Le pétrole a été un facteur de conflit tout au long de ces dernières années", a expliqué David Mozersky, analyste à l'International Crisis Group. 
Mais, a-t-il ajouté, comme le seul oléoduc existant au Sud aboutit à Port-Soudan sur la mer Rouge, dans la zone sous le contrôle du Nord, les deux parties vont chercher à résoudre le problème par le recours à un organisme légal. 
Pour le banquier et expert Omar Sidahmed, basé à Khartoum, aucun des deux protagonistes ne peut se permettre de mettre en péril les accords de paix. 

(A.F.P., Le Caire, 9 mars 2005) 
Darfour : L'ICG appelle à des sanctions contre le Soudan 

L'institut politique International Crisis Group (ICG), a appelé mercredi le conseil de sécurité des Nations unies à imposer des sanctions à Khartoum, coupable selon l'ICG de n'avoir pas mis fin aux violences dans la province soudanaise occidentale du Darfour.
L'ICG estime que le conseil de sécurité, qui a passé deux résolutions pour condamner la violence mais n'a pas imposé de sanctions punitives contre le gouvernement soudanais, devrait agir de manière plus décisive.
"Ce que nous appelons de nos voeux, ce sont des sanctions de la communauté internationale menée par le Conseil de sécurité", a déclaré David Mozersky, expert de l'ICG pour le Soudan en dévoilant un nouveau rapport intitulé "Darfour, l'échec de la protection".
Ces sanctions pourraient inclure, selon lui, des interdictions de voyage pour les responsables des atteintes aux droits de l'Homme, l'imposition de zones de non-vol aérien et l'extension à Khartoum d'un embargo sur les armes qui pour l'instant ne concerne que les deux groupes rebelles du Darfour.
Ces sanctions "changeraient la donne, pour que le coût de l'inaction devienne plus élevé que celui de l'action" a déclaré M. Mozersky.
Pour M. Mozersky, "le chaos et la culture de l'impunité" s'enracinent au Darfour et menacent le progrès dans d'autres zones du pays, notamment après la signature d'un accord de paix entre le gouvernement et la rébellion du sud.
Sans "une action ferme maintenant, nous craignons que la situation se détériore, empire, et à terme, sape la réalisation de l'accord" intervenu entre le nord et le sud, a-t-il ajouté.
Le Conseil de sécurité des Nations unies est divisé sur deux questions-clés: l'imposition éventuelle de sanctions au gouvernement soudanais, ainsi que sur la manière de punir les personnes responsables des exactions au Darfour, les Etats-Unis s'opposant à leur traduction devant la Cour pénale internationale.
L'Union africaine a déployé au Darfour une force de paix, qui doit compter à terme quelque 3.300 hommes.
Le Darfour est depuis février 2003 en proie à la guerre civile et à une grave crise humanitaire, qui ont fait plus de 70.000 morts et 1,6 million de réfugiés et de déplacés, selon l'Onu.

(Suisse romande, 09/03/2005)
Reconstruction et développement: le Soudan a besoin de 8 milliards de dollars 

Le Soudan a besoin de près de 8 milliards de dollars (6 milliards d'euros) les deux prochaines années pour des projets de reconstruction et de développement après 21 ans de guerre civile dans le sud du pays, a estimé mercredi une mission soudanaise d'évaluation.
Quelque 7,8 milliards d'euros sont nécessaires jusqu'en 2007, a ajouté cette mission composée de représentants du gouvernement de Khartoum et de l'ex-rébellion sudiste de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), lors d'une conférence de presse à Nairobi.
La majorité de cette somme sera fournie par les revenus pétroliers du pays mais la communauté internationale devrait fournir quelque 2,6 milliards de dollars.
Cette estimation ne prend toutefois pas en compte la mission de paix de l'Onu, forte d'environ 10.000 hommes, qui devrait être déployée dans le sud, ni les différentes opérations visant à mettre un terme à la guerre civile dans le Darfour, dans l'ouest du Soudan.
Il s'agit de la première évaluation complète des besoins depuis la fin de la guerre dans le sud, qui était le plus long conflit en cours sur le continent. Le gouvernement et la SPLA ont signé en janvier dernier un accord de paix global mettant un terme à cette guerre, qui a fait 1,5 million de morts.
Les résultats de cette étude doivent être présentés en avril en Norvège lors d'une conférence internationale des bailleurs de fonds, consacrée au Soudan.
"Il s'agit d'une déclaration d'intention et un engagement politique de notre part pour être complètement engagé dans la reconstruction de notre pays", a indiqué Taj el Sir Mahjoub, qui dirige la délégation gouvernementale au sein de la mission d'évaluation.
"Nous avons besoin d'aide extérieure", a-t-il lancé, tout en soulignant que la majorité des financements viendra des caisses de l'Etat soudanais.
Sur les 7,8 milliards de dollars requis jusqu'en 2007, la mission d'évaluation estime que 4,3 milliards doit aller au nord et 3,5 milliards de dollar au sud, une région où pratiquement tout est à faire au niveau des infrastructures et donc dispose à court terme d'une capacité d'absorption de financements moindre.
"Le sud du Soudan n'a pas de route et des infrastructures rudimentaires de santé et d'éducation. Nous partons d'un très bas niveau", a confirmé le chef de la délégation de l'ex-rébellion sudiste, Kosti Manibe.
"Mais avec une aide technique et les nouveaux revenus tirés du pétrole, on espère décoller rapidement. Notre priorité est de combattre la pauvreté et mettre fin à plusieurs années d'exclusion", a-t-il poursuivi.
Les membres de la mission d'évaluation doivent maintenant se rencontrer la semaine prochaine à Rome pour préparer la conférence de donateurs des 11 et 12 avril en Norvège.
"Nous devons trouver un équilibre entre les crises en cours dans d'autres régions du Soudan (Darfour) et les besoins énormes du Soudan pour le développement", a pour sa part précisé Fridtjov Thorkildsen, un responsable du ministère norvégien des Affaires étrangères.
"Nous demanderons à la communauté internationale de venir à Oslo avec des garanties, financières et politiques, pour soutenir l'appel de fonds, qui est très important pour la mise en application de l'accord de paix", a-t-il ajouté.
Ishac Diwan, le directeur de la Banque mondiale pour le Soudan et l'Ethiopie a jugé de son côté cette estimation de réaliste, notant que son financement ne reposait pas entièrement sur la générosité des bailleurs de fonds mais sur un fort engagement financier de Khartoum

(Suisse romande, 09/03/2005)
Après 21 ans de guerre, des milliards d’Euro pour la reconstruction du Soudan

Près de 6 milliards d'Euros seront nécessaires jusqu'en 2007 pour la reconstruction du Soudan, après 21 ans de guerre civile, qui s'est achevée grâce à la signature d'un accord de paix souscrit le 9 janvier dernier. Telle est l'estimation d'une commission mixte qui comprend des représentants des deux ex-belligérants: le gouvernement de Khartoum et l'Armée de libération du Soudan (SLA). Une grande partie de ces fonds seront garantis par les revenus dérivant de la vente de pétrole dont le Soudan est riche, tandis que la communauté internationale interviendra pour une somme de deux milliards de dollars. Cette hypothèse ne prends toutefois pas en considération les coûts de la mission de paix formée de 10.000 soldats que l'ONU a l'intention d'envoyer pour faciliter le processus de paix entre le nord et le sud indépendantiste. Dans cette estimation, les dépenses pour l'opération de paix ne sont toutefois pas inclues. C'est sans doute sous l'égide de l'Union Africaine que cette mission sera déployée pour ramener aussi la stabilité dans la région occidentale du Darfour, où est en cours depuis 2 ans un conflit qui a provoqué une grave crise humanitaire et plus d'un million et demi de déplacés internes et réfugiés dans le Tchad voisin.

(MISNA, Italie – 09-03-2005) 
Le Royaume Uni "très préoccupé" par la situation au Soudan (Straw) 

Le chef de la diplomatie britannique Jack Straw a fait part mardi de la grande "préoccupation" du Royaume Uni à l'égard de la situation au Soudan, face à laquelle le secrétaire général des Nations unies a appelé le Conseil de sécurité à "agir rapidement". 
"Nous discutons actuellement d'une résolution du Conseil sur le Soudan et nous observons de très près la situation. Mais je suis très préoccupé en vérité devant la détérioration de la situation dans certaines parties du Soudan", a déclaré M. Straw à Strasbourg. 
Le secrétaire au Foreign Office s'exprimait en marge d'une rencontre avec le président du Parlement européen Josep Borrell. Le Royaume Uni doit assurer la prochaine présidence tournante de l'Union européenne à partir du 1er juillet. 
Le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan s'est inquiété lundi que le Conseil de sécurité n'avance "pas assez vite pour faire face à la terrible situation au Darfour". 
Cette région de l'ouest du Soudan est depuis février 2003 en proie à une guerre civile et une crise humanitaire qui a fait plus de 70.000 morts et 1,6 million de réfugiés ou déplacés, selon les Nations unies. 
L'adoption d'un projet de résolution "omnibus" couvrant tous les problèmes du Soudan traîne depuis plusieurs semaines à New York, en raison de divisions notamment sur l'imposition ou non de sanctions contre Khartoum contre sa politique au Darfour. 
Un autre désaccord subsiste sur la manière de punir les responsables d'exactions dans la région, les Etats-Unis refusant leur traduction devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, que Washington ne reconnaît pas. 

(Parlement européen, Strasbourg, 8 mars 2005)
Darfour : l’ONU a l’œuvre pour renforcer la mission africaine

Du personnel des Nations Unies viendra renforcer l'équipe de vérification de l'Union Africaine (UA) qui se rendra dans les jours à venir dans le Darfour afin d'évaluer les besoins et les modalités par lesquelles renforcer la mission d'observation déjà déployée dans la région occidentale soudanaise, en proie depuis plus de deux ans à des affrontements et violences ayant engendré une grave crise humanitaire. C'est ce qu'a déclaré le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, lors d'une conférence de presse improvisée hier dans les couloirs du Palais de Verre de New York, durant laquelle il a expliqué que des spécialistes envoyés par l'Union Européenne et les Etats-Unis devraient également faire partie de l'équipe. "Lorsqu'ils reviendront, nous pourrons procéder à un sérieux examen de ce qui est nécessaire, de ce qu'il faut faire" a dit Annan aux journalistes. “Nous sommes préoccupés par la lenteur avec laquelle nous agissons mais aussi par les atrocités qui sont encore perpétrées au Darfour; nous sommes préoccupés par le fait que nous ne parvenons pas à atteindre tous ceux qui ont besoin d'aide; nous sommes préoccupés par le fait que les deux camps ne respectent pas le cessez-le-feu. La question est de savoir quelles mesures doivent être prises pour créer un contexte plus sûr" a dit Annan, en répétant ce qu'il a déclaré lundi devant le Conseil de sécurité. Face à l'appel pour des actions plus concrètes dans le Darfour lancé par le secrétaire général de l'ONU lundi dernier, le ministre des Affaires étrangères soudanais Moustapha Osman Ismail a répondu pour l'énième fois qu'il refuse toute intervention militaire étrangère, reconnaissant une liberté d'action aux seules forces africaines. Entre temps, un des deux mouvements rebelles actifs au Darfour (le Mouvement pour la justice et l'égalité, JEM) a fait savoir qu'il a abandonné la Commission pour la vérification du cessez-le-feu, en signe de protestation contre quelques décisions récemment prises par l'UA relatives à la mission africaine au Darfour, sans avoir consulté les représentants rebelles. Le gouvernement soudanais de Khartoum et les deux groupes rebelles (JEM et SLA, Armée de libération du Soudan) ont signé en avril dernier une trêve qui est restée lettre morte et qui , surtout depuis novembre dernier, a été violée à plusieurs reprises par les parties en présence.

(MISNA, Italie – 09/03/2005) 
Japon : Une aide pour la paix au Soudan, pas des soldats mais des techniciens et experts

Une aide pour la pacification du Soudan pourrait arriver du pays du soleil levant. Avec la signature d'un accord de paix le 9 janvier dernier, le conflit en cours depuis 21 ans entre le sud indépendantiste et le gouvernement de Khartoum pourrait se conclure, sans que le Darfour, la région occidentale théâtre d'une crise depuis deux ans, n'ait cependant été pris en considération par cet accord. La demande adressé aux autorités du Japon a été transmise par Jean-Marie Guéhenno, responsable des opérations de pays des Nations Unies, lors d'une visite à Tokyo. D'après la Constitution du pays asiatique, de type pacifique, le gouvernement n'a jamais envoyé de troupes dans des opérations de peacekeeping de l'ONU, mais a déjà fourni par le passé un soutien logistique. M. Guéhenno a demandé aux autorités japonaises de mettre à disposition des ingénieurs, des médecins et experts civils, qui devraient faire partie de la mission formée d'environ 10.000 casques bleus que les Nations Unies ont l'intention d'envoyer au Soudan. “J'ai proposé un programme d'ensemble en encourageant le gouvernement japonais à ne pas faire manquer sa contribution" a expliqué le haut fonctionnaire de l'ONU. Le débat entre les responsables politiques japonaises pourrait bien vite devoir affronter un aspect délicat de son intervention au Soudan: l'éventuelle présence de l'ONU dans le sud Soudan pourrait aussi impliquer un appui à la mission militaire de l'Union Africaine (UA), disposée à envoyer des milliers de soldats pour mettre un terme au conflit en cours dans le Darfour, en proie à une grave crise humanitaire.

(MISNA, Italie – 08/03/2005)
Femmes et Sud du monde : MSF aide les victimes d’abus dans le Darfour

Les femmes de la région soudanaise du Darfour, théâtre d'un conflit qui en plus de deux ans a provoqué la mort de dizaines de milliers de personnes, continuent d'être victimes d'abus et de violences de la part des miliciens et des militaires. C'est ce que soutient un rapport diffusé par Médecins sans frontières (MSF) à l'occasion du 8 mars, journée internationale de la femme. Le document souligne que, de octobre 2004 à mi-février 2005, près de 500 femmes ont été soignées par les opérateurs sanitaires de MSF suite à des abus sexuels subis dans de nombreuses localités de la région du Darfour méridional et occidental, où deux groupes d'autodéfense populaire (JEM et SLA) ont levé les armes depuis février 2003 contre le gouvernement de Khartoum en l'accusant de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (Janjawid). L’organisme humanitaire affirme cependant que les données en sa possession ne sont pas exhaustives vu que de nombreuses femmes sont réticentes lorsqu'il s'agit de dénoncer les agressions subies ou de demander des soins. La majorité des rescapées a raconté que les agressions surviennent lorsqu'elles quittent leur village, relativement sûrs, et les camps de réfugiés pour effectuer les besognes quotidiennes indispensables comme la recherche du bois pour faire le feu ou aller prélever de l'eau. Par ailleurs 81% d'entre elles ont rapporté avoir été assaillies par des milices ou des militaires qui ont eu recours aux armes pour les contraindre par la force. Le rapport de MSF conclut qu'au Darfour, le viol est un instrument de guerre, continu et délibéré, et que malheureusement les femmes et les enfants qui le subissent, au lieu de recevoir des soins médicaux et une assistance psychologique, doivent souvent faire face à la marginalisation et à l'abandon.

(MISNA, Italie – 08-03-2005) 
Annan demande une implication majeure dans la résolution de la crise au Darfour

Préoccupé par la lente réaction de la communauté internationale face à la crise en cours dans le Darfour – la région occidentale soudanaise théâtre depuis plus de deux ans d'affrontements et violences qui ont causé une grave urgence humanitaire – le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a demandé aux membres du Conseil de sécurité de travailler au déploiement rapide sur le terrain d'une force militaire. "Il y a eu de nombreux efforts faits sur le front humanitaire et l'Union Africaine (UA) réalise un bon travail sur celui de la sécurité, mais tout cela ne suffit pas" a déclaré Annan dans un message diffusé au terme de la rencontre, qu'il avait lui-même convoqué d'urgence vendredi dernier. Le plus haut organe décisionnel est face à deux possibilités: "travailler pour renforcer la mission de surveillance et vérification du cessez-le-feu (signé mais jamais respecté, ndlr) de l'Union Africaine, ou bien constituer une force ONU expressément pour le Darfour" fait savoir le bureau de presse de New York. "Je suis heureux de savoir que les membres du Conseil prendront en examen cette semaine une nouvelle résolution sur le Darfour, qui inclut entre autre un accord pour faire juger les responsables des crimes horribles perpétrés dans la région. Nous devons envoyer un message clair, faire savoir à tous que le monde ne les tolère plus" a ajouté Annan. La résolution en question prévoit l'envoi de 10.000 casques bleus au Soudan, non pas dans le Darfour, mais dans le Sud, où s'est récemment conclue une guerre ayant duré 20 ans. Le mandat de cette mission devrait être précisément celui de soutenir la paix réalisée entre le gouvernement central et les indépendantistes méridionaux et formalisée dans l'accord de paix définitif signé le 9 janvier dernier. Mais le projet de résolution présenté par les États-Unis ces dernières semaines prévoit aussi la possibilité – sur autorisation de Annan – de consentir aux peacekeepers déployés dans le Sud de collaborer avec la mission de l'UA déjà présente au Darfour. Toujours à propos de la région occidentale soudanaise, le projet de résolution prévoit que l’embargo sur les armes, déjà décidé pour les deux groupes rebelles (JEM et SLA) et pour les milices arabes pro-gouvernementales (Janjawid), soit également appliqué à l'exécutif de Khartoum. La résolution ne contient en revanche aucune allusion à la possibilité de juger devant la Cour pénale internationale (CPI) les responsables de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre identifiés par la commission d'enquête spéciale de l'ONU, dirigée par l'italien Antonio Cassese. C'est justement sur le recours à la CPI et la possibilité de nouvelles sanctions que le Conseil de sécurité s'est divisé. Certains, notamment les Etats-Unis, ne voulant pas légitimer la Cour internationale et continuent de refuser un tribunal international, préférant une cour "ad hoc" pour le Soudan à Arusha en Tanzanie. D'autres en revanche n'acceptent pas la possibilité de sanctions, et ne voient pas d'un bon oeil l'intervention d'une force de paix qui ne soit pas africaine. La crise du Darfour, en cours depuis février 2003 – lorsque deux groupes d'autodéfense populaire ont formellement levé les armes contre le gouvernement de Khartoum accusé de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (les Janjawid) qui sèment mort et destruction depuis des années dans cette zone – a causé jusqu'à présent un nombre imprécisé de victimes (quelques dizaines de milliers selon les Nations unies, "seules" 5.000 selon le gouvernement soudanais) et près d'1,5 million de déplacés, dont 200.000 dans le Tchad voisin

(MISNA, Italie – 08/03/2005)
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Nouvelles brèves du  28 février au 7 mars 2005
L'ONU s'inquiète du nombre élevé de viols au Darfour
Déclaration du Secrétaire général des N-U au sujet de la situation au Darfour
ONU demande aux rebelles de stopper attaques pour favoriser assistance
Une force africaine trop faible pour arrêter les tueries du Darfour
Darfour : missionnaire « de nouveaux déplacés arrivent chaque jour »
L`Afrique discute au Cap, de la reconstruction du Soudan
Où commence la crise au Darfour ?
Un haut responsable de l'ONU en visite au Soudan
Soudan : les femmes doivent participer au processus de paix
L'UA insiste pour une résolution politique du conflit au Darfour
L'ONU s'inquiète du nombre élevé de viols au Darfour 

Le secrétaire général adjoint de l'Onu aux affaires humanitaires, Jan Egeland, a affirmé lundi que les viols et les abus sexuels persistaient au Darfour, une région de l'ouest du Soudan en proie à une guerre civile. 
"Les responsables gouvernementaux ont indiqué que le Soudan n'avait jamais été auparavant le théâtre de tels crimes odieux contre les femmes, mais ils ont reconnu que ce phénomène était devenu rampant", a déclaré M. Egeland à la presse à Khartoum. 
L'ONG Médecins sans frontières a indiqué avoir traité près de 500 femmes et filles qui ont été violées dans le sud et l'ouest du Darfour entre octobre 2004 et mi-février. 
La plupart des victimes ont été abusées par "des miliciens ou des soldats qui ont fait usage de leurs armes pour commettre leur acte", a indiqué MSF dans un communiqué publié lundi. 
M. Egeland a aussi accusé "des hommes armés, des miliciens et des soldats gouvernementaux de perpétrer ces crimes". 
Selon lui, le gouvernement soudanais s'est montré prêt à coopérer avec l'Union africaine et l'Onu pour punir les responsables de ces crimes et protéger les femmes. 
"Nous devons arrêter une fois pour tous les assassinats et atrocités au Darfour, où se déroule probablement le pire conflit du moment", a-t-il ajouté. 
Le Darfour est depuis février 2003 en proie à la guerre civile et à une grave crise humanitaire, qui ont fait plus de 70.000 morts et 1,6 million de réfugiés et de déplacés, selon l'Onu. 

(A.F.P. Khartoum, 7 mars 2005)
Déclaration du Secrétaire général des N-U au sujet de la situation au Darfour

Les membres du Conseil de sécurité sont venus me voir, ce matin, à ma demande, pour discuter du Soudan.
J’ai proposé cet entretien en raison des inquiétudes que je ressens devant les progrès insuffisants dans la normalisation de la situation épouvantable au Darfour.  Beaucoup d’efforts ont été déployés sur les plans humanitaire et sécuritaire, grâce à l’Union africaine, mais ils restent insuffisants.  Nous continuons de recevoir des informations qui font état de la poursuite des tueries, des viols et des pillages.
J’ai été heureux d’entendre que les membres du Conseil espèrent adopter dans le courant de la semaine une nouvelle résolution qui prévoira un mécanisme visant à rendre responsables les auteurs de ces crimes affreux.  C’est une bonne chose.  Nous devons envoyer un message clair pour dire que la communauté internationale ne les tolèrera pas.
En attendant, chacun convient de la nécessité urgente de renforcer la présence internationale sur le terrain.  La situation s'améliore là où les troupes de l’Union africaine sont actuellement déployées.  Mais celles-ci sont encore trop peu nombreuses.
Qu’est-ce qui peut être fait?  La présence de l’Union africaine peut-elle être renforcée, avec notre aide, ou avons-nous besoin d’une force des Nations Unies qui pourrait soit inclure les troupes de l’Union africaine, soit coopérer avec elles? 
J’ai discuté de ces options avec les membres du Conseil.  Nous avons tous convenu qu’il est essentiel de préserver le processus de paix Nord-Sud et d'aborder conjointement l’ensemble des problèmes auxquels est confronté le Soudan.  Appelant donc tous les donateurs à tenir leurs promesses d’aide au Sud, nous ne pensons pas que ce serait une bonne idée de « cannibaliser », au nom du Darfour, la mission de maintien de la paix des Nations Unies dans cette région.
Il est clair qu’à priori, il semble préférable que l’Union africaine continue de diriger les opérations au Darfour et que nous l’aidions de manière plus efficace, tout en laissant la voie ouverte à d’autres options.  Les membres du Conseil ont appris avec satisfaction que les Nations Unies participeraient, aux côtés de l’Union européenne et des États-Unis, à une mission d’évaluation sur le terrain conduite par l’Union africaine vers la fin de la semaine.
J’accueille également avec satisfaction la pression exercée par le public et les médias pour que des décisions plus fermes et plus rapides soient prises sur cette question.  Nous recevons ici des milliers de lettres de personnes qui appellent à une action renforcée et je suis convaincu que les gouvernements de différents pays en reçoivent aussi.  La semaine prochaine, je tiendrai une réunion avec des dirigeants d’organisations non gouvernementales pour évoquer les meilleurs moyens de mobiliser cette pression de façon à ouvrir la voie à une action efficace de la part des gouvernements.
Soudan
Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, Jan Pronk, s'est rendu aujourd'hui à Asmara, en Éthiopie, pour s'entretenir de la reprise des pourparlers d'Abuja avec des responsables du Gouvernement soudanais et des représentants des groupes rebelles stationnés au Darfour.  De son côté, à la conclusion d’une visite de quatre jours au Soudan, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, Jan Egeland, a exprimé sa préoccupation devant l'insuffisance du financement pour atteindre les objectifs définis cette année pour ce pays.  Seulement 5% des fonds nécessaires sont disponibles, a-t-il déploré, en estimant choquant l'écart constaté entre les promesses de contributions et les contributions effectivement versées: « Soit la communauté internationale apporte les ressources indispensables, soit nous perdons l'occasion historique de mettre un terme à l'un des conflits les plus meurtriers de notre époque », a-t-il lancé.

(Nations Unies, New York 07/03/2005) 
ONU demande aux rebelles de stopper attaques pour favoriser assistance

Jan Egeland, sous-secrétaire des Nations Unies et responsable pour l'assistance, a demandé aux rebelles du Darfour de suspendre les assauts armés et d'aider les populations locales en parvenant au plus vite à un accord de paix dans le cadre des colloques promus par l'Union africaine (UA) à Abuja, au Nigeria. “Si vous continuez à attaquer des convois commerciaux et des postes de police et ne libérez pas les opérateurs humanitaires enlevés, vous perdrez le soutien de la communauté internationale" a dit Egeland en s'adressant aux responsables des deux groupes armés du Darfour (JEM et S-LAM), qui ont levé les armes en février 2003 pour revendiquer de majeures ressources et se défendre des pillards arabes dits Janjawid. En décembre dernier, trois opérateurs humanitaires soudanais de l'Agence internationale adventiste pour le développement avaient été enlevés dans la zone de Labado, dans le Darfour méridional, contrôlé à l'époque par les rebelles, qui nient toutefois leur implication dans cet épisode. Selon le responsable ONU pour l'assistance humanitaire, toute violation de la trêve souscrite l'an dernier – de la part des rebelles comme des soldats gouvernementaux ou des miliciens arabes Janjawid – représente un obstacle à l'activité d'assistance dans le Darfour. L'ONU estime que dans la région il y a environ 1,5 million d'évacués et 200.000 réfugiés dans le Tchad voisin. Egeland devrait rencontrer aujourd'hui dans la capitale Khartoum le vice-président soudanais Ali Osman Taha et d'autres ministres, afin de solliciter la négociation sur le Darfour en cours à Abuja et discuter de la situation humanitaire dans le sud Soudan. En janvier dernier un accord a été signé entre les indépendantistes du Soudan méridional et les autorités soudanaises de Khartoum pour mettre fin à un conflit ayant duré 21 ans, sans cependant résoudre la question du Darfour.

(MISNA, Italie – 07-03-2005)
Une force africaine trop faible pour arrêter les tueries du Darfour

Munie d'un mandat pour mettre fin aux atrocités répandues dans la région occidentale du Darfour au Soudan, en proie à la violence, une petite force d'observation militaire de l'Union africaine (UA) se trouve handicapée par un manque de soldats, de financements, de soutien logistique et d'équipements de communications.
A ce jour, à peu près la moitié seulement des 3.320 soldats promis - tous d'Afrique - est arrivée au Darfour, dont la crise humanitaire massive a été décrite par le secrétaire général de l'ONU la semaine dernière comme "un enfer sur terre".
"La force élargie de l'UA a été promise en octobre (l'année dernière)", a déclaré à IPS, Adrian McIntyre de l'agence internationale d'aide Oxfam.. "Chaque jour qu'elles ne sont pas déployées signifie un autre jour où des centaines de milliers de civils au Darfour restent vulnérables aux violentes attaques".
Emira Woods, co-directrice de la Politique étrangère en relief à l'Institut d'études politiques, basé à Washington, dit que l'UA est terriblement sous-financée. "C'est comme si la communauté internationale pousse l'UA à échouer", a-t-elle indiqué.
Le Liberia, un pays de trois millions d'habitants, a la plus grande mission de maintien de paix de l'ONU au monde, s'élevant à environ 15.000 hommes.
Pendant ce temps, l'Union africaine a tout juste un peu plus de 1.000 hommes pour une région de la taille de la France. "Ceci est inadmissible", a dit Woods à IPS.
L'ambassadeur Baba Gana Kingibe, le représentant spécial de l'UA au Soudan, a déclaré au Conseil de sécurité le mois dernier qu'il faisait tout son possible pour accélérer le programme actuel de déploiement total de toute la force, composée de 3.320 hommes, d'ici à la mi-avril. Mais il a souligné qu'il attendait "du matériel indispensable et un soutien financier continus de nos partenaires" -- en particulier les Etats-Unis, l'Union européenne, le Canada, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Allemagne, entre autres. Mais l'assistance a apparemment mis du temps à venir -- ou ne vient pas du tout.
Lorsqu'il était en Europe le mois dernier, Annan a dit aux membres de l'Union européenne (UE) et de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) que l'UA avait désespérément besoin d'aide. "De l'aide, s'il vous plait", aurait déclaré Annan.
"Ce n'était pas pour nous substituer à l'Union africaine; c'était pour appuyer l'Union africaine (au Darfour)", a indiqué aux journalistes, Fred Eckhard, le porte-parole de l'ONU. La force de l'UA comprend des troupes de plusieurs pays africains dans la région, dont le Nigeria et le Rwanda, avec des soldats supplémentaires d'Afrique du Sud et du Tchad pour les rejoindre plus tard.
Dans une déclaration publiée lundi (28 février), Oxfam a indique que "le monde n'avait pas apporté suffisamment d'aide nécessaire pour protéger les civils au Darfour...Des atrocités ont été commises sur une grande échelle et plus de souffrances infligées quotidiennement".
Au moins 300.000 personnes seraient mortes dans le Darfour, avec plus de deux millions de déplacés, depuis le début de 2003.
"Nous avons constaté qu'une présence de l'UA aide à réduire les menaces de violence dans les zones limitées où elles (les troupes) sont déployées", a déclaré Caroline Nursey, directrice régionale d'Oxfam pour la Corne de l'Afrique.
"Mais la mission de l'UA actuelle a besoin de plus de ressources et de personnel pour faire convenablement le travail. Une mission de l'UA bien étendue au Darfour, y compris des hommes supplémentaires, des observateurs du cessez-le-feu et une police civile, doit être déployée immédiatement", a-t-elle ajouté.
S'exprimant sous le couvert de l'anonymat, un porte-parole d'une agence internationale d'aide a dit à IPS que ce n'était pas forcément vrai que les pays africains étaient réticents à envoyer des troupes ("même si plusieurs soldats préfèreraient probablement se joindre à la force de maintien de paix de l'ONU puisque les salaires sont meilleurs"). Le plus grand problème semble être la capacité logistique et un manque de personnel expérimenté, a-t-il souligné. Certains pays pourraient individuellement avoir la volonté d'envoyer des troupes, mais manquent de capacité, et peut-être de financement, pour recruter, former et déployer la bonne catégorie de personnes assez rapidement.
"Et ce ne sont pas seulement les troupes qui sont nécessaires : une meilleure gestion, planification et utilisation de l'information pour amener la mission de l'UA à être à la hauteur. Nous avons appris qu'il n'existe absolument pas la capacité administrative à Addis Abeba (le siège de l'UA) -- sans compter au niveau local - pour gérer une mission de la taille/compétence requise", a-t-il ajouté.
L'UA doit également surmonter sa fierté et être prête à demander de l'aide. Le slogan "des solutions africaines pour des problèmes africains" est génial, en principe, mais seulement si les solutions disponibles ont une bonne chance de s'attaquer à l'ampleur du problème, a-t-il déclaré.
Lorsqu'on lui a demandé ce qui est nécessaire, Woods a affirmé : "D'abord et avant tout, un soutien financier à l'UA. Elle a fait remarquer que l'UE et les Etats-Unis avaient accordé un financement minimum, toutefois les fonds promis à ce jour sont largement en dessous de ce qui est requis.
L'administration du président George W. Bush avait une excellente opportunité d'aider à rendre justice au Darfour en allouant des fonds pour l'Union africaine dans le budget supplémentaire avancé le mois dernier, a-t-elle souligné.
Toutefois, la majeure partie des fonds américains est actuellement consacrée au Sud-Soudan; le remboursement des acomptes de l'Agence américaine pour le développement international (USAID); le remboursement de l'aide alimentaire Titre II; et la contribution à un tribunal sur les crimes de guerre, proposé par les Etats-Unis, qui sont fortement opposés au transfert des atrocités du Darfour à la juridiction de la Cour pénale internationale basée à la Haye. Les fonds limités alloués pour soutenir l'opération de maintien de la paix de l'UA ont été morcelés, avec d'importantes portions restées aux Etats-Unis à travers l'utilisation de fournisseurs militaires comme 'Pacific Architects and Engineers', a déclaré Woods.
Ces fournisseurs ponctionnent non seulement les ressources limitées, mais, dans le cas du Darfour comme ailleurs, sont également trop chers, inefficaces et prennent du retard à honorer les clauses du contrat. L'UA a besoin de soutien logistique pour une région qui a peu de voies pavées, des opérations aériennes pour empêcher les bombardements interminables du gouvernement; le transport et la logistique pour loger une force entière; ainsi que le satellite et autre appui technique pour protéger les civils.
"La communauté internationale semble peu disposée à fournir ces ressources clés", a indiqué Woods. Elle a également dit que la mission de l'UA devait en fin de compte être passée à une force de l'ONU qui est capable d'établir une présence plus permanente au Darfour, comme elle le sera bientôt dans le Sud-Soudan. La semaine dernière, Annan a déclaré au Conseil de sécurité que la force proposée de l'ONU pour le maintien de la paix, forte de 10.000 hommes dans le Sud-Soudan, qui observera un accord de paix ayant suivi une guerre civile de 21 ans, coûtera environ un milliard de dollars dans la première année d'opération. Mais cette force ne sera impliquée dans aucune mission de maintien de paix au Darfour, dans l'ouest du Soudan.
Pendant ce temps, dans un rapport publié le mois dernier, Human Rights Watch (HRW), basée à New York, a indiqué que des témoins dans le sud du Darfour ont affirmé que des éléments des milices Janjaweed, soutenues par le gouvernement, avaient attaqué des villages et choisi des jeunes femmes et des filles qu'ils ont violées.
Des parents hommes qui ont protesté ont été battus, mis à poil, attachés à des arbres et contraints de regarder le viol des femmes et des filles. Dans certains cas, a indiqué HRW, les hommes avaient ensuite été marqués à l'aide d'un couteau chaud comme un signe de leur humiliation.
Ces rapports de viol, de torture et de mutilation par des milices soutenues par le gouvernement, mettent en évidence la manière dont le Conseil de sécurité doit engager une action urgente pour protéger les civils et punir les auteurs, a souligné HRW.
Mais le Conseil de Sécurité fort de 15 membres tarde à prendre des sanctions sévères à la fois contre le gouvernement soudanais et les milices, principalement parce que certains des membres détenteurs du droit de veto tiennent à protéger leurs intérêts politiques, économiques et militaires. Woods a dit que la communauté internationale a choisi plutôt de calmer le gouvernement soudanais, menaçant de sanctions mois après mois, mais n'appuyant ces menaces par aucune sanction.
L'année dernière, une initiative pour imposer des sanctions au Soudan a provoqué des réserves d'au moins quatre membres du Conseil de sécurité : la Chine, la Russie, le Pakistan et l'Algérie.
Aussi bien la Chine que la Russie possèdent de puissants intérêts économiques et militaires au Soudan. Le Soudan, qui produit environ 250.000 barils de pétrole par jour, s'est engagé par contrat à vendre une partie à la Chine. La Chine comme la Russie sont également les principaux fournisseurs d'armes au Soudan.
Parmi les avions de chasse de la ligne de front dans l'armée de l'air soudanaise, figurent des MiG-23s russes et des MiG-17s Shenyang chinois. Le Soudan possède également des missiles et des chars d'assaut Silkworm de fabrication chinoise, de même que des véhicules de combats blindés de fabrication russe.

(Inter Press Service, Johannesburg, 4 Mars 2005, par Thalif Deen)
Darfour : missionnaire « de nouveaux déplacés arrivent chaque jour »

"Encore aujourd'hui, de nouveaux déplacés sont arrivés dans les camps situés autour de Nyala. Cela fait deux ans que ce flux est ininterrompu". Ces propos sont ceux de Père Ssemakula, l'un des deux comboniens qui gèrent la mission de Nyala, capitale du Sud Darfour, et qui a vécu la crise et la guerre dans cette terre semi-désertique et reculée dès ses débuts, bien avant que l'ONU ne la définisse l'une des plus graves crises humanitaires de la planète. Les tensions historiques liées à la convoitise de la terre et des pâturages entre les agriculteurs sédentaires et les pasteurs nomades (les premiers "afros" et les seconds arabes, pour utiliser une simplification qui ne synthétise que partiellement la complexité de la situation) ont littéralement explosé en février 2003, quant deux groupes d'autodéfense populaire (SLA/M et JEM) se sont soulevés contre le gouvernement de Khartoum, l'accusant de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (janjawid) qui tentent depuis des années de s'approprier des terres et du bétail. La crise au Darfour a fait de nombreuses victimes, bien que les bilans soient discordants (plusieurs dizaines de milliers selon l'ONU, 5.000 selon Khartoum), et environ 1,5 millions de délacés, dont 200.000 réfugiés au Tchad. "Le mouvement interne de population dans les trois États du Darfour ne s'est jamais réellement arrêté" explique Père Ssemakula: "après les grosses vagues des premiers mois, des flux de personnes, de familles ont continué à se déplacer. Ces dernières semaines, par exemple, l'insécurité grandissante dans de nombreuses zones rurales du Sud Darfour a poussé des milliers de personnes à se transférer dans les 4 ou 5 camps installés près de Nyala, où la sécurité est un peu meilleure". Certains des camps qui se trouvaient à quelques dizaines de kilomètres de Nyala ont été détruits, attaqués ou se sont tout simplement restés isolés, ce qui a poussé leurs hôtes à chercher des sites moins exposés. "Les camps de Nyala sont très chargés, et malgré l'aide des organisations internationales, on a parfois l'impression de se trouver devant une tâche démesurée. En tant que missionnaires et qu'Église, nous œuvrons pour soutenir ces personnes. Nous achetons de la nourriture, de l'eau, des biens de première nécessité, et avec certaines donations qui nous sont récemment arrivées, nous avons commencé à travailler à des projets de reconstruction d'écoles, où assurer une éducation minimale aux nombreux enfants qui vivent désormais depuis deux ans dans des conditions précaires" poursuit notre interlocuteur. "Nous avons peut-être trop cru que la crise allait se résoudre rapidement, mais à présent nous craignons que, comme cela a été le cas du Sud Soudan (théâtre de 20 ans de guerre, qui a commencé à se résoudre quand a éclaté la crise au Darfour, NDLR), ces enfants ne doivent grandir dans des camps" a conclu le missionnaire. D'après des informations recueillies par des sources de la MISNA sur place et confirmées par de récents rapports de l'ONU, entre fin février et début mars, de nouvelles attaques ont eu lieu. Au moins 12 personnes auraient été tuées dans une incursion armée le 23 février au village de Thur, à quelques dizaines de kilomètres au sud de Nyala. Il y a quelques jours, les village d'Aduana (sud Darfour) aurait été pris pour cible par des groupes armés non identifiés qui, avant de s'échapper avec le butin de leur pillage (bétail), auraient fait 2 morts et 2 blessés, selon les premiers rapports de l'équipe de vérification de l'Union Africaine. En référant cette nouvelle, le réseau d'information pour l'Afrique des Nations Unies (IRIN) ajoute que de violents combats auraient eu lieu entre des rebelles du SLA et des janjawid, à une cinquantaine de kilomètres d'El Fasher (capitale du Darfour Nord), mais pour l'instant, il n'y a pas de confirmation de la nouvelle. L'Union Africaine tente ces jours-ci de faire asseoir les rebelles et le gouvernement, lancés il y a quelques mois à Abuja et suspendus en décembre, après des accusations réciproques de violation du cessez-le-feu. (par Massimo Zaurrini)

(MISNA, Italie, 4 mars 2005)
L`Afrique discute au Cap, de la reconstruction du Soudan

Une réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l`Union africaine (UA) sur le Soudan, s`ouvre ce vendredi au Cap, pour discuter de la reconstruction de ce pays au sortir de la guerre. 
Le conseil présidé par la chef de la diplomatie sud africaine Mme Nkosazana Dlamini Zuma, réunira les ministres de l`Algérie, d`Egypte, d`Ethiopie, du Gabon, du Kenya, du Nigeria, du Sénégal et du Soudan mais aussi, celui de la Norvège. 
Said Djinnit, Commissaire de l`UA pour la paix et la sécurité, Baba Gana Kingibe, Envoyé spécial du président de la Commission de l`Union africaine pour le Soudan, et des représentants de l`Armée/mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLM/A) devraient également participer à cette rencontre. 
Sont également invités, des officiels de la Banque africaine de développement, la Banque mondiale, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l`UNICEF, l`Attaché de liaison de l`ONU pour le maintien de la paix et le Secrétariat du NEPAD. 
D`après Ronnie Mamoepa, le porte-parole du ministère sud africain des Affaires étrangères, les ministres se focaliseront sur le travail du Comité de l`Union africaine pour la reconstruction post-conflit du Soudan et la mise en oeuvre de l`accord de paix global signé par le gouvernement soudanais et la SPLM/A le 9 janvier 2005 à Nairobi, Kenya. 
Ils se pencheront également, sur un projet de renforcement des capacités et des institutions pour le Sud Soudan ; le dialogue de paix Sud-Sud et le conflit en cours dans la région du Darfour, dans l`ouest du Soudan. 
La réunion de vendredi fait suite à une visite d`Etat du président sud africain Thabo Mbeki effectuée en janvier à Khartoum. 
Le vice ministre sud africain des Affaires étrangères, Aziz Pahad, a de son côté, visité au début de ce mois, le comté de Kapoeta au Sud Soudan, accompagné d`une délégation de hauts responsables gouvernementaux et d`universitaires. 
La visite de M. Pahad représentait la première phase du Projet de renforcement des capacités et des institutions du ministère des Affaires étrangères - Mouvement de libération des peuples du Soudan et University of South Africa (DFA-SPLM-UNISA) établi en début février. 
M. Mbeki a récemment déclaré qu`en tant que président du Comité pour la reconstruction post-conflit du Soudan, l`Afrique du Sud veillera à la mise en oeuvre réussie de l`accord de paix signé le mois dernier à Nairobi

(Angola-Press, Luanda, 4 mars 2005) 
Où commence la crise au Darfour ?

Le Soudan n'est pas seulement le plus grand pays d'Afrique, c'est également la frontière entre le monde arabe et l'Afrique noire. Depuis leur indépendance en 1957, les populations du Soudan n'ont connu que 10 ans de paix; le reste du temps, elles ont toujours été secouées par des conflits plus ou moins graves. Autour d'un fossé parfois infranchissable entre le gouvernement central et islamique de Khartoum et les périphéries soudanaises peuplées de nombreuses ethnies noires africaines se sont enracinées des variables économiques, politiques, parfois religieuses, créant les bases d'un état chronique de conflit. La crise du Darfour, la dernière en date, a pris des proportions tellement vastes qu'elle est connue un peu partout dans le monde. En moins de 2 ans, les affrontements entre les rebelles et les militaires et les violences des janjawid (assaillants arabes) ont causé une crise humanitaire catastrophique, sur laquelle seuls les chiffres de l'ONU sont disponibles: plus d'un million de déplacés, presque 200.000 réfugiés et des milliers de morts, le bilan allant des 5.000 comptabilisés par le gouvernement aux 30.000 voire 50.000 par l'ONU. Dans le Darfour, région semi-désertique vaste comme la France, située dans l'ouest du Soudan, les raisons traditionnelles de conflit se somment à la lutte pour les terres "vertes" qui, à cause de l'avancée de la désertification sont de plus en plus restreintes. Les différences entre populations arabes et non arabes passent aussi par les activités qu'elles exercent: les Arabes sont généralement éleveurs nomades, les Noirs vivent d'agriculture, sont sédentaires et leurs revendications sur ces terres remontent au temps des sultanats qui pendant des siècles se succédèrent au pouvoir, le dernier en date ayant été celui des Fur (Dar-fur signifie "propriété tribale" ou "territoire" des Fur), l'ethnie noire majoritaire avec celles des Zaghawa, des Masalit, outre une dizaine de groupes mineurs. Cependant, les affrontements pour la terre ne sont pas une constante dans l'histoire du Darfour et les deux groupes ont longtemps cohabité, résolvant leurs divergences sur la base d'un code tribal. Au fil des ans, les deux âmes du Soudan, l'arabe et la non arabe, se sont de plus en plus éloignées et l'abandon politique et économique auquel Khartoum a condamné les périphéries du pays s'est sommée à une nouvelle prise de conscience des populations noires. La guerre combattue par l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) contre Khartoum pour l'indépendance, l'autonomie ou la sécession du sud du Soudan a approfondi le fossé. La présence de pétrole et d'importants intérêts internationaux ont fait le reste. 
La crise du Darfour et l'exaspération de tensions de différences historiques ont un lien évident avec la question du Sud. Khartoum a été pratiquement contrainte par la communauté internationale à trouver un accord avec les rebelles du SPLA et du Sud Soudan à cause du pétrole présent dans les zones convoitées et pour lequel travaillent depuis des années des compagnies américaines, indonésiennes, chinoises et d'autres nationalités. Les accords signés prévoient que six ans après la signature de la paix définitive le Sud organise un référendum sur l'indépendance. Le gouvernement soudanais risque ainsi de perdre le contrôle direct d'une vaste portion de territoire, mais surtout, il crée un précédent face aux autres populations noires de l'ouest et de l'est du pays. Les intérêts du pétrole ont permis aux rebelles du sud de faire un saut de qualité en obtenant des fonds, des armes et des appuis logistiques et politiques, mais rien n'empêche l'instrumentalisation du mécontentement des non Arabes du reste du Soudan pour entrer en lutte contre Khartoum. Alors que la paix arrivait au Sud, un nouveau foyer de violence s'ouvrait à l'ouest. Au fond, ce n'est pas surprenant. Il existe une partie de l'establishment soudanais qui ne voit pas d'un mauvais œil le fait que les milices arabes (accusées d'être soutenues par le gouvernement central) pillent les villages et chasses leurs habitants, rétablissant ainsi une certaine prédominance sur la population non arabe, souligne une source diplomatique occidentale. Arabisation ou pas, d'importants intérêts internationaux semblent prêts à entrer en jeu. L'imposante couverture médiatique internationale est elle due au hasard? Elle est accompagnée d'un fort intéressement de grandes capitales qui crient subitement au scandale face à une crise qui existait déjà de longue date. Pour le Darfour, comme ce fut le cas pour le Sud, certains observateurs commencent à mettre en relation l'intérêt de la communauté internationale et le pétrole. Pour certains, la région serait riche en gisements, pour d'autres, elle serait de fondamentale importance pour l'utilisation des gisements du sud. L'une des hypothèses les plus accréditées est celle qui voit des groupes de pouvoir et de pression intéressés par la création d'un oléoduc qui relie directement les puits du sud et du centre du Soudan au gigantesque oléoduc financé par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international et qui transporte le pétrole brut du Tchad jusqu'au port camerounais de Kribi. Ce relais devrait passer par le Darfour. Aujourd'hui, le pétrole soudanais prend la route opposée vers l'Orient . Quarante pour cent du pétrole soudanais sont destinés à la Chine, présente avec ses entreprises d'hydrocarbures au Soudan depuis des années. (Archives MISNA)

(MISNA, Italie – 04-03-2005)
Un haut responsable de l'ONU en visite au Soudan

Le secrétaire  général adjoint des Nations unies pour les Affaires humanitaires,  Jan Egeland, doit arriver jeudi au Soudan pour une visite de cinq  jours visant à évaluer la situation dans le sud et l'ouest du pays ravagés par la guerre. 
M. Egeland doit se rendre vendredi à Rumbek, dans le sud du  Soudan, où il rencontrera des membres d'organisations humanitaires de l'ONU et d'organisations non gouvernementales. 
Il s'entretiendra également avec des membres de l'Armée  populaire de libération du Soudan, ancien groupe rebelle qui sera  intégré dans le prochain gouvernement suite à l'accord de paix  signé en janvier et qui a mis fin à 21 années de guerre civile. 
Au moins 4,5 millions de personnes ont été déplacées en raison  du conflit dans le sud du Soudan. Les Nations unies ont demandé à  la communauté internationale d'augmenter les aides destinées au  sud du Soudan afin que les communautés aient suffisamment de  ressources pour faire face aux flux de réfugiés. 
M. Egeland se rendra également au Darfour, où un conflit oppose depuis deux ans des rebelles au gouvernement et à des milices  alliées. Il y rencontrera des responsables de l'Union africaine  qui contrôle le respect de la trêve, ainsi que les autorités  locales, du personnel humanitaire et des civils. Fin 

(Nations Unies, New York, XINHUANET, 3 mars 2005) –
Soudan : les femmes doivent participer au processus de paix

Résumé des propos de deux anciens ambassadeurs des États-Unis
Washington - Donner aux femmes un plus grand rôle dans le processus de paix au Soudan contribuerait à endiguer la crise croissante au Darfour et à établir une paix durable entre le nord et le sud du pays, affirment deux anciens ambassadeurs des États-Unis qui viennent de rentrer d'une tournée au Soudan et au Kenya.
L'ancienne ambassadrice des États-Unis auprès de l'Autriche, Mme Swanee Hunt, et l'ancien ambassadeur après de l'Angola, M. Donald Steinberg, qui se sont entretenus avec plus de 120 militantes soudanaises durant leur visite, ont souligné l'effet tragique qu'avait eu la violence sur les femmes au Soudan et réclamé une plus grande participation de celles-ci aux missions de maintien de la paix. Mme Hunt et M. Steinberg ont tenu ces propos le 23 février, lors d'une conférence de presse organisée par le « Woodrow Wilson International Center for Scholars » de Washington.
Mme Hunt a fait l'éloge des femmes qu'elle a rencontrées durant la visite en disant : « Ne laissez personne vous dire que la structure du Soudan repose à 99 % sur les hommes parce qu'il n'y a pas de femmes qualifiées. Il y a une énorme différence entre ne pas avoir de femmes et ne pas en vouloir ! Les femmes compétentes ne manquent pas. »
M. Steinberg a approuvé, évoquant les « femmes dynamiques et talentueuses qui, malgré l'exclusion dont elles ont été victimes, ont acquis savoir-faire et expérience du fait de leur rôle dans (...) le traitement des questions liées aux femmes ».
Cependant, les femmes doivent être impliquées dans les affaires soudanaises si l'on veut réellement mettre fin aux combats, a affirmé M. Steinberg. « Nous savons que si ce sont les hommes armés qui s'entendent pour mettre fin à la guerre, c'est la société civile, et tout particulièrement les femmes, qui s'unissent pour créer une paix juste et durable. »
Il a ensuite qualifié l'expérience vécue par les Soudanaises d'horrible, expliquant par exemple que le viol était devenu monnaie courante dans le Darfour. Il a réclamé une pression internationale plus importante sur le gouvernement soudanais pour régler le conflit au Darfour parce que selon lui, l'instabilité dans cette région pourrait menacer le récent accord de paix passé entre le Nord et le Sud. « Si une paix juste et durable ne met pas fin à la tragédie du Darfour, tous les espoirs nés de l'accord de paix entre le Nord et le Sud seront réduits à néant », a-t-il affirmé.
Il a également déploré l'impunité dont jouissaient ceux qui commettaient des crimes contre les femmes au Darfour, et exigé des poursuites judiciaires en cas de violation des droits de l'homme. « Trop souvent, l'amnistie signifie que les hommes pardonnent les atrocités perpétrées par leurs congénères contre les femmes. Faire payer les responsables est essentiel afin de convaincre les hommes armés de fusils qu'il n'y a pas d'impunité en cas de crime contre les femmes. »
Des passages vidéo d'interviews réalisées avec des militantes soudanaises ont été projetés durant la conférence de presse. Mme Hunt a ensuite évoqué le cas d'Amna Elagib Adam, une responsable locale du Programme de développement de l'ONU au Darfour, qui a vécu d'horribles drames personnels, notamment l'assassinat de ses parents.
Dans l'un des passages vidéo, Mme Adam exprime l'espoir que ses sacrifices apporteront une paix durable au Darfour : « Si vous voulez changer une société, il faut payer cher. Nous payons avec notre dignité pour plus de dignité. Nous payons avec la vie de nos enfants, de nos hommes, de nos femmes. Mais je ne me plains pas, parce que j'espère des jours meilleurs. »
Dans un autre passage, Awut Den Acuil, cofondatrice de nombreuses organisations sans but lucratif au Soudan, décrit les activités de règlement des conflits déployées par les femmes dans le sud du pays et confirme le désir de ces dernières de participer aux activités de maintien de la paix. « Elles aimeraient avoir voix au chapitre, un endroit où elles peuvent participer et apporter des contributions significatives à la construction de la nation. »
M. Steinberg et Mme Hunt ont applaudi aux récentes démarches entreprises pour faciliter la participation des femmes aux missions de maintien de la paix placées sous la tutelle des Nations unies, l'objectif étant d'atteindre la parité entre hommes et femmes au sein de toutes les agences de l'ONU. Ils se sont également félicités de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, adoptée en octobre 2000, qui exige explicitement une plus grande participation des femmes aux activités de maintien de la paix.
Mme Hunt dirige actuellement Inclusive Security : Women Waging Peace, une organisation sans but lucratif qui milite en faveur de la pleine participation des femmes aux processus de paix dans le monde.

(Par Daniel Cain, Rédacteur du « Washington File », 1er mars 2005)
L'UA insiste pour une résolution politique du conflit au Darfour

La mission de l'Union  africaine (UA) au Soudan a déclaré lundi que l'union et les deux  parties s'opposant au Darfour établirait un cadre pour rédoudre le problème. 
Dans un communiqué de presse, la mission de l'UA a indiqué que  la délégation pour la réconciliation au Darfour s'était entretenue avec le gouvernement soudanais et qu'elle rencontrerait les deux  groupes rebelles du Darfour à Asmara en Erythrée, afin de trouver  une solution politique au problème. 
La mission de l'UA a souligné que la discussion entre sa  délégation et les responsables soudanais avaient porté sur la  sécurité au Darfour et sur les négociations qui doivent se  dérouler prochainement à Abuja, au Kenya. 
La délégation de l'UA est arrivée samedi à Khartoum pour une  visite de trois jours et partira ensuite pour Nairobi d'où elle se rendra à Asmara. 
L'UA soutient les pourparlers de paix entre le gouvernement  soudanais et les rebelles du Darfour, le Mouvement de libération  du Soudan et le Mouvement pour la Justice et l'Egalité

(XINHUANET, Khartoum, 28 février 2005)
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Nouvelles brèves du 18  au 28 février  2005
Graves pénuries alimentaires pour au moins 36 pays, surtout en Afrique
ONU : davantage d'aide internationale nécessaire pour les habitants du Darfour
Darfour : la diplomatie africaine au travail pour renouer le dialogue
Soudan : 22 morts dans l'explosion d'un dépôt d'armes
Les Evêques du Soudan demandent un engagement « individuel et collectif » pour la Paix.
Le HCR envoie une équipe au Soudan pour un projet de réintégration
Cour Pénale International - Darfour : le blocage
Darfur : deux opérateurs humanitaires enlevés sont libérés
Des démineurs africains pour l’Afrique
Le monde trahira le Darfour s'il ne met pas en place une force robuste.
Graves pénuries alimentaires pour au moins 36 pays, surtout en Afrique 

Au moins 36 pays, dont 23 situés en Afrique, ont besoin d'aide alimentaire et une dizaine vont être confrontés à de mauvaises récoltes, indique lundi un rapport publié par l'Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO).
Ces crises sont le plus souvent dues à des troubles civils et aux aléas climatiques.
L'Afrique est le continent le plus touché. La situation est particulièrement préoccupante en Erythrée à la suite de plusieurs années de pluies faibles qui ont nui aux récoltes et à l'élevage.
Au Soudan, la récolte sera inférieure à la moyenne du fait des conflits armés et de la sécheresse. En revanche, la situation alimentaire s'est améliorée en Ethiopie.
Au Kenya, la médiocrité de la seconde récolte de maïs va aggraver les pénuries alimentaires dans certaines zones. En Somalie, une bonne récolte secondaire devrait améliorer les approvisionnements alimentaires dans les principales régions agricoles.
Selon la FAO, au Zimbabwe, au Lesotho et au Swaziland, la situation alimentaire est précaire pour de nombreuses populations.
En Afrique de l'Ouest, la situation alimentaire reste critique en Mauritanie et l'insécurité en Côte d'Ivoire continue de perturber les marchés agricoles.
En Asie, les tsunamis du 26 décembre dernier dans l'océan Indien ont "provoqué de lourdes pertes en vies humaines et anéanti les moyens d'existence de millions de personnes dans plusieurs pays, notamment en Indonésie, au Sri Lanka, aux Maldives, en Inde et en Thaïlande". 
Selon le rapport, plus de 1,3 million de personnes ont reçu une aide alimentaire. La pêche a été le secteur le plus touché mais l'agriculture et l'élevage ont également essuyé de lourdes pertes. Des pénuries importantes sont à craindre dans les stocks de riz.
La FAO indique également que la Corée du Nord aura encore besoin de l'aide internationale pour subvenir à ses besoins alimentaires malgré les récentes bonnes performances de son agriculture.
En Chine, la production céréalière devrait augmenter de 11% par rapport à l'année dernière mais le pays devra importer quelque 3 millions de tonnes de céréales.
En Irak, les récentes pluies seront bénéfiques pour les cultures d'hiver qui seront récoltées en mai 2005 mais, selon une enquête du ministère de la Santé, le taux de malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans est passé à 7,7% contre 4% il y a deux ans

(TV, Suisse Romane, 28-02-2005)
ONU : davantage d'aide internationale nécessaire pour les habitants du Darfour

Les Nations unies ont demandé  davantage d'aide internationale aux résidents de la région du  Darfour (ouest du Soudan) ravagée par la guerre pour éviter la  famine à venir, a rapporté lundi la presse locale. 
Le coordinateur de l'assistance humanitaire de l'ONU, Jan  Egeland, a déclaré que plusieurs millions d'habitants du Darfour  risquaient la famine si la communauté internationale n'intervenait pas immédiatement, a fait savoir lundi le journal local "The  People Daily". 
"Certains prévoient que quatre millions ou plus de quatre  millions d'habitants locaux ont désespérément besoin de l'aide  d'urgence", a indiqué M. Egeland, cité par le journal. 
L'ONU n'a reçu que la moitié des 650 millions de dollars promis pour la région, a-t-il précisé, appelant à une mobilisation  massive de l'aide internationale. 
Toutefois, le coordinateur de l'ONU a averti que seule aide  n'était pas suffisante, car la violence durable au Darfour  entravait vivement l'assistance humanitaire. Il a également appelé à davantage de forces de l'Union africaine pour surveiller la  situation sur place

(XINHUANET, Nairobi, 28 février 2005)
Darfour : la diplomatie africaine au travail pour renouer le dialogue

De nouvelles tentatives de médiation sont en cours pour renouer le dialogue entre les protagonistes de la crise au Darfour, la région occidentale du Soudan théâtre depuis plus de deux ans d'affrontements et de violences à l'origine d'une grave crise humanitaire. La nouvelle est référée à la MISNA par des sources de l'Union Africaine, qui précisent qu'une équipe de médiateurs sd'est rendue ce week-end à Khartoum pour rencontrer des représentants du gouvernement soudanais, dont le ministre de l'Agriculture et le ministre des Affaires Étrangères. Les délégués ont affronté les thèmes relatifs à la sécurité, indique une note de l'UA parvenue ce matin à la MISNA, mais surtout de la possibilité de reprendre au plus vite les négociations à Abuja (Nigeria) suspendus depuis décembre dernier et qui pour l'instant, n'ont pas été en mesure de garantir des résultats concrets. L'équipe de médiation de l'UA a quitté hier Khartoum à destination de Nairobi et d'Asmara (Érythrée) où elle devrait rencontrer dans les prochains jours les dirigeants des deux mouvements combattants du Darfour, l'Armée de libération du Soudan (SLA) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM). L'agence de presse égyptienne, Mena, fait savoir que se prépare un second mini-sommet (après celui de N'Djamena en février) dédié au Darfour entre les présidents de cinq pays africains, Soudan, Égypte, Nigeria, Tchad et Libye. Déclenchée en février 2003 quand les deux groupes d'autodéfense populaires se soulevèrent contre le gouvernement de Khartoum accusé de négliger la région et de soutenir les bandes de miliciens arabes (janjawid) dans leurs attaques de villages, la crise au Darfour a fait des milliers de morts (plusieurs dizaines de milliers selon les Nations Unies, seulement 5.000 selon le gouvernement soudanais) et environ 1,5 millions de déplacés, y compris 200.000 réfugiés au Tchad.

(MISNA, Italie – 28/28/2005)
Soudan : 22 morts dans l'explosion d'un dépôt d'armes

Quelque 22 personnes ont été  tuées et 67 autres blessées grièvement dans l'explosion d'un dépôt d'armes situé dans le sud du Soudan, a fait savoir jeudi le  journal en langue anglaise "Khartoum Monitor". 
L'explosion a eu lieu vers 09H00 GMT mercredi à Juba, la plus  grande ville du sud du Soudan, détruisant quelque 100 maisons dans cette ville, selon le journal. 
Un haut responsable d'un hôpital local a affirmé que son  établissement avait reçu dix corps et 42 blessés. Alors que  l'hôpital militaire avait confirmé 12 morts et 25 blessés dans  cette explosion à la date de mercredi soir. 
L'explosion a duré plus d'une heure, forçant les habitants,  craignant les missiles et obus volants, de se cacher dans des  abris. 
     Le bilan des morts pourrait augmenter car les obus explosifs  sont tombés dans toute la ville et les zones environnantes. 
Le gouvernement soudanais a appelé à une réunion d'urgence des  organisations nationales et internationales pour aider les  habitants affectés. 

(XINHUANET, Khartoum, 24 février2005)--
Les Evêques du Soudan demandent un engagement « individuel et collectif » pour la Paix.

Les évêques du Soudan ont lancé une exhortation à tous les citoyens responsables, les invitant à "faire en sorte que les efforts de paix soient efficaces", dans une lettre pastorale publiée après les accords signés le 9 janvier dernier entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles de l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA). "La véritable paix - indique le document diffusé par l'agence Fides - est bien plus que l'absence de guerre; à présent, nous avons besoin de prières et d'efforts individuels et collectifs". Se référant à l'accord signé à Nairobi (Kenya) pour mettre fin au conflit entre nord et sud déclenché en 1983 et soldé par environ 2 millions de morts, surtout de faim et de maladies, les évêques expliquent: "La paix que nous cherchons à bâtir est un ordre et une harmonie dans la communauté pour que les personnes et les communautés puissent se développer pleinement et librement. Cette opération de construction de la paix a des aspects sociaux, économiques, politiques, culturels et religieux. Nous demandons à tout le monde d'y contribuer en tant que citoyens responsables pour construire la paix selon les capacités et les talents donnés par Dieu". Dans un pays divisé entre le nord, en majorité arabe et musulman, et le sud en majorité animiste et chrétien, les prélats encouragent "à respecter les pratiques et les croyances religieuses de tous" et exhortent les catholiques à "collaborer avec d'autres groupes religieux à des initiatives communes au bénéfice du peuple"; mais ils rappellent également qu'il faut "vivre la foi avec orgueil et sans peur". Enfin, ils demandent aux catholiques d'être actifs dans le processus de reconstruction de la société civile, en prenant la responsabilité d'aider à protéger et à promouvoir les droits fondamentaux des autres, en pendant en particulier aux infirmes, aux personnes âgées et à tous les autres groupes plus faibles". L'entente signée au Kenya après d'exténuantes négociations lancées en octobre 2002 sous la forte pression de la communauté internationale prévoit pour le nord du Soudan le maintien de la charia (loi islamique), alors que le sud aura droit à 6 ans d'autonomie, avec son propre gouvernement et son armée, suivis d'un référendum sur l'indépendance. Le pacte prévoit également la répartition des recettes du pétrole, la formation d'une nouvelle force armée et la participation des ex-rebelles du SPLA à l'exécutif de Khartoum.

(MISNA, Italie- 22 février 2005 )
Le HCR envoie une équipe au Soudan pour un projet de réintégration

Le Haut Commissariat des  Nations unies pour les réfugiés a envoyé une équipe de 15  personnes dans le sud du Soudan pour commencer des projets de  réintégration en vue du retour de quelque 550 000 réfugiés depuis  les pays voisins, ont déclaré mardi des responsables. 
Les projets visent à mettre rapidement en place les conditions  nécessaires au retour des réfugiés et des personnes déplacées, a  indiqué le HCR dans une déclaration. 
"Le HCR estime qu'avec suffisamment d'investissements  aujourd'hui pour réhabiliter les communautés, les premiers retours de réfugiés devraient avoir lieu à la fin de la saison des pluies  vers septembre/octobre. Toutefois, pour que cela devienne une  réalité, l'agence a un besoin urgent de fonds", précise la  déclaration. 
D'après le HCR, les projets consistent à construire ou rénover  des écoles et des centres médicaux, apporter des fournitures  scolaires, fournir des vélos et des formations pour les  enseignants, construire des installations sanitaires, réhabiliter  les routes et les arrivées d'eau. 
Environ 200 000 réfugiés ont déjà regagné le Soudan depuis  début 2004. 
Selon le HCR, 223 000 réfugiés du sud du Soudan se trouvent en  Ouganda, 60 000 au Kenya, 88 000 en Ethiopie, 69 000 en République démocratique du Congo, 36 000 seraient en République  Centrafricaine et 30 000 en Egypte. 
Ce conflit qui a duré 21 ans aurait également déplacé 4  millions de personnes à l'intérieur du Soudan et fait 2 millions  de morts. 

(XINHUANET, Nairobi, 22 février 2005).
Cour Pénale International - Darfour : le blocage

"La commission [d'enquête sur le Darfour au Soudan] a recommandé que le Conseil de sécurité réfère immédiatement la situation à la Cour pénale internationale (CPI), afin de garantir que soit recherchée la responsabilité des auteurs de ces crimes odieux", rappelle Kofi Annan aux représentants des États membres le 16 février, martelant qu'il est vital que "ces crimes ne restent pas impunis". "Ce rapport, démontre, au-delà de tout doute possible, que les deux dernières années ont été rien moins que l'enfer sur terre pour nos camarades humains au Darfour. Et malgré l'attention donnée par le Conseil à cette crise, cet enfer brûle toujours aujourd'hui", ponctue le secrétaire général des Nations unies. Douze des quinze membres du Conseil de sécurité se sont ouvertement déclarés pour le référé devant la CPI des responsables des crimes commis au Darfour, sans que la question ne soit soumise au vote. Après l'opposition, connue, des Américains, une seconde opposition est apparue, celle de la Chine et de l'Algérie, qui soutiennent le Soudan dans sa volonté de juger les criminels devant ses tribunaux nationaux. Ils refusent tant la légitimité de la cour internationale de La Haye que celle du tribunal had hoc que proposent les États-Unis. Chine et États-Unis disposant d'un droit de veto, le référé de la situation  du Darfour à la CPI reste bloqué.

(International, justice Tribune, 21 février 2005) 
Darfur : deux opérateurs humanitaires enlevés sont libérés

Deux opérateurs humanitaires britanniques, enlevés samedi dernier dans le Darfour, la région occidentale soudanaise, théâtre depuis deux ans d'affrontements et de violences qui ont causé une grave crise humanitaire, ont été libérés. C'est ce que rapporte l'agence de presse soudanaise, Suna, en citant le Commissaire pour les aides humanitaires du gouvernement de Khartoum, Ibrahim Amid, qui a souligné que la directrice de l'organisation "Kids for Kids", Patricia Parker, et son fils, Alester Parker, se trouvent depuis hier soir à El Facher, la capitale de l'État septentrional du Darfour. Les deux opérateurs avaient été enlevés samedi dernier à Azgarfa, à une cinquantaine de kilomètres au nord de El Facher, par des hommes armés, pas encore identifiés. Khartoum a accusé de l'enlèvement l'Armée de libération du Soudan (SLA), un des deux mouvements rebelles actifs dans le Darfour. Engagée en février 2003 – lorsque deux groupes d'autodéfense populaire ont levé les armes contre le gouvernement de Khartoum accusé de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (Janjawid) qui depuis des années sèment la terreur dans la région et tentent de s'approprier des terres et pâturages – la crise du Darfour a causé à ce jour un nombre imprécisé de victimes (quelques dizaines de milliers pour les Nations Unies, "seulement" 5.000 selon le gouvernement soudanais) et près d'un million et demi de déplacés, y compris 200.000 réfugiés dans le Tchad voisin.

(MISNA, Italie – 21/02/2005)
Des démineurs africains pour l’Afrique

L'International mine action training centre, première école pour démineurs en Afrique orientale, a été inaugurée à Nairobi, rapporte le quotidien kenyan The Standard. Le centre, né d'une collaboration entre le gouvernement de Nairobi et le ministère des forces armées britannique, formera pour sa première année 350 soldats, qui seront employés essentiellement pour déminer dans le sud du Soudan, où un récent accord de paix a mis fin à 20 ans de guerre civile, et en Érythrée, théâtre d'un grave conflit avec l'Éthiopie entre 1998 et 2000. Le premier cours de formation, d'une durée de 5 semaines, est donné à 100 soldats kenyans et en mai, ce sera au tour de 75 hommes de l'armée soudanaise et de l'ancienne formation rebelle Armée populaire de libération du Soudan (SPLA). Le programme continuera avec l'entraînement de troupes ougandaises et somaliennes. Les démineurs seront payés par les Nations Unies.

 (MISNA, Italie – 19-02-2005)
Le monde trahira le Darfour s'il ne met pas en place une force robuste.

Alors qu'il y a maintenant près de 1,9 millions de déplacés au Darfour et qu'une nouvelle menace de famine pèse sur 2, 3 voire 4 millions de personnes, le Coordonnateur des secours humanitaires de l'ONU appelle au renforcement du personnel militaire sur le terrain pour protéger non seulement la population, qui continue d'être victime de massacres, mais aussi le personnel humanitaire qui ne peut porter secours à tous. 
« Voilà un an que le monde s'est réveillé au regard d'une crise que l'ONU avait qualifié de crise la plus grave au monde » depuis déjà plusieurs mois, a déclaré aujourd'hui Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, lors d'une conférence de presse donnée au Siège de l'ONU à New York. 
Entre temps, « le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du territoire a augmenté pour atteindre le chiffre de 1,9 millions de personnes déplacées au Darfour », a-t-il précisé, rappelant les estimations contenues dans le dernier rapport du Secrétaire général sur la situation au Darfour. 
Parmi les progrès accomplis pendant cette période, le Coordonnateur humanitaire a souligné la présence de 9.000 travailleurs humanitaires. « La communauté humanitaire a joué son rôle », et elle a notamment réussi à « empêcher la famine annoncée » l'année dernière. 
Il reste qu'il n'est pas certain qu'elle puisse le faire cette année encore, et ce sont près de 3 à 4 millions de personnes – soit la population de mon pays, la Norvège, a précisé Jan Egeland – dont la vie pourrait être mise en danger du fait de la famine. 
Nous fournissons une aide alimentaire à 1,5 millions de personnes seulement alors que l'on pourrait nourrir 2 millions de personnes si l'on disposait d'un accès plus large à la population, a-t-il par ailleurs souligné, rappelant que « de nombreuses routes restaient inaccessibles en raison des consignes d'interdiction » au regard de la situation sécuritaire. 
« Le personnel humanitaire est en colère » a-t-il déclaré, car le maintien du statu quo en fait des « substituts de l'action politique ». Comme l'a montré l'exemple de la Bosnie, l'action humanitaire sert de « sparadrap » au manque d'action politique. 
Jan Egeland s'est par ailleurs inquiété du danger que courent les travailleurs humanitaires, dont le taux de rotation est le plus élevé au monde, tellement sont difficiles les conditions de travail au Darfour. Ces derniers ont été victimes d'attaques, des hélicoptères abattus, des convois pillés, a-t-il souligné, rappelant que l'ONG britannique « Save The Children » s'était retirée suite au meurtre de plusieurs de ses membres. 
Il a en conséquence appelé au renforcement des moyens nécessaires pour leur protection. « Le Gouvernement a l'obligation de nous donner des ressources pour nous protéger », a-t-il déclaré, appelant également la communauté internationale à renforcer son dispositif. 
« Nos collègues de l'Union africaine font du bon travail, mais ils sont si peu », s'est-il exclamé, rappelant que les effectifs de la présence de l'UA s'élevait à 1.900 soldats seulement, alors qu'ils devraient être au moins 5.000. 
« Ce n'est pas la réponse que le monde aurait dû apporter, après que l'Union européenne, l'Union africaine et les Etats-Unis ont déclaré qu'il faudrait instaurer une « force robuste » au Darfour. 
« Quelle que soit la formule, il faut renforcer la force de l'Union africaine », a déclaré Jan Egeland, pour qui le scénario cauchemar serait d'attendre encore « 100 jours de réflexion » pour se retrouver au milieu de l'année, pire période en ce qui concerne l'approvisionnement en nourriture, avec 4 millions de bouches à nourrir. 
Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires s'est en outre indigné de l'impunité qui régnait au Darfour, après que le rapport d'enquête sur les crimes commis au Darfour ait amplement prouvé la commission de crimes de guerre voire de crimes contre l'humanité (voir nos dépêches du 16 février sur la déclaration de Kofi Annan et de Louise Arbour au Conseil de sécurité) et préconisé le renvoi à la Cour pénale internationale (CPI). 
Jan Egeland a préconisé une « pression plus grande sur les gouvernants, les dirigeants des milices, les chefs ethniques », et souhaité que les « médiateurs ne soient pas autorisés à temporiser ». 
« Ils ne se rendent pas compte qu'ils trahissent leur peuple », a-t-il affirmé. « Pourra-t-on dire du monde qu'il trahit le Darfour ? » s'est interrogé Jan Egeland : « Oui, s'il l'on ne met pas en place une force robuste ». 
Interrogé sur la contribution que pourrait apporter la qualification de « génocide », si elle était retenue pour les crimes commis au Soudan, Jan Egeland a rappelé qu'à son sens, « il était déjà prouvé que des crimes de guerre », des massacres et des crimes contre l'humanité avaient été commis et que cela devrait être « amplement suffisant ». 
A cet égard, il a souligné que l'aide apportée aux rescapés du tsunami avait été très généreuse alors qu'ils avaient été victimes, eux, « d'une grande vague ». 
Sur ce point, le Coordonnateur humanitaire de l'ONU a exprimé sa crainte que la crise au Darfour n'ait été éclipsée par celle du tsunami. 
« Nous sommes totalement dépourvus de financement », les seuls promesses reçues pour l'instant concernant la nourriture, à savoir des céréales, citant les indications données par l'Union européenne, les Etats-Unis, le Royaume Uni et les pays nordiques. 
Le Coordonnateur humanitaire a indiqué que l'ONU avait besoin de 900 millions de dollars pour le Darfour, et de 850 millions pour le Sud et l'Est-Soudan, pour «venir en aide à une population qui a connu la « guerre la plus sanglante de notre génération». 

(Centre des nouvelles de l’ONU, 18 février 2005)
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Nouvelles brèves du  14 au 18 février  2005
Représentants rebelles du Darfour rencontrent députés du parlement africain
Khartoum crée une commission sur les heurts de Port-Soudan
Darfour : ONU, les crimes devraient être jugés par le CPI
Darfour : le président soudanais réaffirme son « non » aux troupes  africaines
Après les accords de paix, l’opposition tournée vers le futur politique.
L’ONU accuse le gouvernement d’enrôler des enfants soldats, Kampala nie
Darfur : mini sommet au Tchad, mais les violences continuent
Sud-Soudan : l’ONU demande de l’aide au rapatriement des réfugiés
Nouvelle résolution ONU : 10.000 casques bleus pour le Sud
Darfour : l’exigence de justice
Représentants rebelles du Darfour rencontrent députés du parlement africain

Des membres des deux principaux groupes rebelles du Darfour, la région occidentale du Soudan théâtre d'un conflit et d'une grave crise humanitaire depuis mars 2003, ont rencontré des députés du Parlement panafricain à Nairobi, au Kenya. Cette nouvelle a été diffusée par des sources de presse internationales, selon lesquelles dans les colloques les émissaires politiques des deux formations du Darfour – l'Armée de libération du Soudan (SLA-M) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) – auraient illustré leurs propres positions sur le conflit au comité compétent du Parlement de l'Union Africaine (UA). "Il est indispensable que le comité formule son rapport final en tenant compte des positions des rebelles, vu qu'ils représentent une des parties en cause dans la crise” a dit le député sud-africain Mighty Madasa. Mercredi, une réunion importante sur le Darfour avait eu lieu à N’Djamena, au Tchad, en présence du président soudanais Omar el-Béchir, de son homologue tchadien Idriss Deby, du nigérian Olusegun Obasanjo – qui est aussi président en charge de l'UA – et du leader de la commission de l'UA Alpha Oumar Konaré. Le mini sommet s'est achevé avec une invitation lancée aux parties en présence impliquées dans la guerre à respecter les engagements souscrits ces derniers mois et avec un engagement de l'UA à penser au déploiement d'une véritable force de paix. Entre temps, l'Égypte a temporairement décliné une proposition de l'UA, à savoir d'accueillir au Caire un nouveau sommet sur le Darfour, en faisant savoir qu'il est d'abord nécessaire d'évaluer les conclusions ayant émergé il y a deux jours à N'Djamena.

(MISNA, Italie – 18/02/2005)
Khartoum crée une commission sur les heurts de Port-Soudan

Le ministère de l'Intérieur a ordonné la création d'une commission centrale pour enquêter sur les incidents du mois dernier à Port Soudan, soldés par au moins 17 morts dans des affrontements entre des membres de l'ethnie Beja et les forces de sécurité. La nouvelle a été annoncée par le gouverneur de la province de la Mer Rouge Al-Sadiq al-Malik à l'agence de presse égyptienne Mena. Les incidents sont survenus quand une manifestation de Bejas, réclamant leurs droits, a dégénéré. La police a été accusée d'avoir ouvert le feu. La commission ministérielle est chargée d'interroger toutes les personnes impliquées dans les affrontements, a déclaré al-Malik, y compris les agents et les officiers de police. Les Bejas avaient, au lendemain des affrontements, demandé l'ouverture d'une enquête indépendante, si possible internationale. Le gouverneur provincial a ajouté que 220 individus avaient été arrêtés au lendemain des affrontements, et que 200 d'entre elles avaient été remises en liberté. Les représentants de l'ethnie Beja et de l'administration de Port Soudan ont accepté de se rencontrer et de lancer des négociations pour résoudre les polémiques qui ont abouti au soulèvement de cette population, semi-nomade. "La situation est assez calme pour le moment et les colloques ont été effectivement lancés" dit à la MISNA une source religieuse contactée à Port Soudan. "La principale revendication des Bejas est l'accès au travail du port, le principal du Soudan, et en particulier, ils demandent des postes fixes, non des emplois journaliers" explique la même source, en précisant que cette communauté n'a pas de problèmes avec les autres populations locales ni avec les immigrés du Sud, mais elle est très hostile envers les Soudanais provenant de Khartoum et du centre Soudan, qui auraient les meilleurs emplois et le contrôle des activités de production. Selon notre interlocuteur, cette disparité d'opportunités naît notamment du fait que les Bejas sont peu scolarisés. "Les Bejas sont rarement violents – a conclu la même source – mais il faudra un peu de temps pour que leur colère s'apaise. Le lancement de ces colloques est tout de même un signe très positif".

(MISNA, Italie – 18/02/2005)
Darfour : ONU, les crimes devraient être jugés par le CPI

Le Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'Homme a demandé hier au Conseil de sécurité que les crimes commis dans la région occidentale du Darfour soient jugés au plus vite par la Cour pénale internationale (CPI). Parlant devant les 15 membres du Conseil, Louise Arbour a souligné que sans justice, il n'y aurait pas de paix durable dans le pays africain. La décision d'avoir recours à la CPI était déjà contenue dans le rapport rédigé par la Commission d'enquête guidée par le juriste italien Antonio Cassese au terme d'une délicate mission d'investigation menée sur le terrain, et dans lequel sont également contenus les noms d'une cinquantaine de personnes accusées de graves violations des droits de l'Homme. Le gouvernement soudanais a déclaré plusieurs fois qu'il n'accepterait pas de procès en dehors de ses frontières. Les États-Unis ne sont pas très favorables non plus à la CPI vu qu'il n'ont pas signé son statut; ils voudraient que les crimes commis au Darfour soient jugés par un tribunal spécial sis à Arusha, en Tanzanie. Hier, outre Mme Arbour, Kofi Annan s'est exprimé en soulignant l'importance et l'urgence de mettre fin au conflit au Darfour.

(MISNA, Italie, 17-02-2005)
Darfour : le président soudanais réaffirme son « non » aux troupes  africaines

"Nous demandons à la communauté internationale de ne pas envoyer de forces neutres" au Darfour, la région occidentale soudanaise théâtre d'une guerre depuis deux ans entre les rebelles et le gouvernement central de Khartoum. C'est ce qu'a déclaré le président du Soudan, Omar Hassan el-Béchir, lors d'une rencontre avec les journalistes en marge du mini-sommet avec les chefs d'État du Tchad, Nigeria et les responsables de l'Union Africaine (UA) qui s'est tenu hier à N'djamena afin de relancer la médiation de l'organisme continental et les colloques de paix organisés à Abuja, mais bloqués depuis décembre dernier et dont une nouvelle phase de négociation est attendue d'ici la fin du mois. "Nous voulons que les rebelles se rassoient à la table des négociations avec des intentions sérieuses" a ajouté el-Béchir, en soulignant que les deux groupes rebelles (SLA-M et JEM) auraient fait preuve jusqu'à présent de peu de volonté dans la recherche d'une solution négociée de la crise, tablant trop sur une intervention militaire internationale. Un concept similaire avait déjà été exprimé hier par les chefs d'État africains réunis à N'djamena, qui ont demandé à la communauté internationale de "s'abstenir de toute action" qui puisse "préjuger la médiation africaine en cours". Les deux invitations arrivent à quelques jours des paroles du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan – qui dimanche dernier, en visite officielle en Allemagne, avait invité l'Union européenne et l'OTAN à œuvrer davantage pour résoudre la crise humanitaire du Darfour – et du projet d'une nouvelle résolution sur le Soudan présenté devant le Conseil de sécurité. Le nouveau document déposé au Palais de Verre par les États-Unis, et qui devrait être voté dans les deux semaines à venir, avance l'hypothèse d'utiliser les 10.000 casques bleus à envoyer dans le Sud Soudan (où s'est récemment conclue une guerre ayant duré 20 ans) également pour résoudre la crise dans le Darfour. Par ailleurs, dans le document présenté par Washington, des références sont faites à l'emploi de sanctions contre Khartoum, à savoir l'extension de l'embargo sur l'achat d'armes déjà imposé aux autres protagonistes de la crise du Darfour.

(MISNA, Italie- 17-02-2005)
Après les accords de paix, l’opposition tournée vers le futur politique.

Des délégués des principaux partis de l'opposition soudanais sont réunis à Kampala, en Ouganda, afin de discuter des développements politiques après la signature de l'accord de paix entre le gouvernement de Khartoum et l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), qui a mis fin le 9 janvier dernier – pour le moment sur le papier – à 21 ans de guerre civile. L'initiative est coordonnée par l'Alliance démocratique nationale (NDA),la plateforme qui regroupe entre autres le Parti démocratique unioniste, la SPLA, et le Mouvement de libération du Soudan (SLA-M), un des deux groupes insurgés contre le gouvernement dans la région occidentale du Darfour, théâtre d'un conflit et d'une grave crise humanitaire depuis deux ans. L'ambassadeur du Soudan en Ouganda, Sirajuddin Hamid Yousouf, tout en soulignant que la représentation diplomatique de Khartoum n'avait pas été informée de cette rencontre, a dit que "ce type d'initiative contribue à créer une société civile politique fort active après les accords de paix".

(MISNA, Italie – 16-02-2005)
L’ONU accuse le gouvernement d’enrôler des enfants soldats, Kampala nie

Un rapport des Nations Unies accuse le gouvernement ougandais de ne jamais avoir cessé d'enrôler et d'utiliser des enfants soldats dans les rangs de son armée. Kampala a sèchement démenti le contenu de ce rapport et un porte-parole du gouvernement a déclaré au quotidien The Monitor que ces conclusions n'avaient aucun lien avec la réalité. Le ministre de l'Information, Jamese Buturo, a en outre demandé à l'ONU de documenter ces accusations en invitant à procéder à une inspection en Ouganda. "C'est vrai, à une certaine période nous avons enrôlé des mineurs, mais les circonstances aujourd'hui ont changé" a dit le ministre au Monitor. Le major Shaban Bantariza, porte-parole de l'armée, aurait admis dans une interview aux médias britanniques la présence de mineurs dans ses rangs, en précisant toutefois qu'il s'agissait d'anciens rebelles de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), le groupe qui sévit depuis 18 ans dans le nord de l'Ouganda. Il aurait ajouté: "Quel emploi alternatif pourraient trouver ces jeunes? Ou pourraient-ils aller ailleurs?". L'accusation contre Kampala est contenue dans une étude présentée mercredi dernier par le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan au Conseil de sécurité. Elle contient le nom de 54 groupes et gouvernements qui continuent à utiliser des mineurs au combat. Ce rapport – selon lequel des enfants soldats sont utilisés au Burundi, en Côte d'Ivoire, au Congo, en Somalie, au Soudan, en Colombie, au Népal, aux Philippines, au Sri Lanka – fera l'objet d'une discussion le 23 février prochain; des sanctions économiques et des embargos pourraient être envisagés.

(MISNA, Italie – 16-02-2005)
Darfur : mini sommet au Tchad, mais les violences continuent 

Les présidents du Soudan, du Tchad et de l'Union Africaine (UA) se réunissent aujourd'hui à N'Djamena, au Tchad, pour parler des modalités du respect de la trêve entre les protagonistes de la guerre en cours depuis deux ans au Darfour (ouest du Soudan). Idriss Deby (Tchad), Omar el Béchir (Soudan), Olusegun Obasanjo (Nigeria et Union Africaine) Alpha Oumar Konaré (président de la commission de l'UA) devraient ensemble "relancer les conditions nécessaires pour renouer les colloques de paix organisés à Abuja" et qui, jusqu'à ce jour, n'ont pas apporté de résultats concrets. Au même moment se réuniront dans la capitale tchadienne les membres de la Commission conjointe de vérification du cessez-le-feu, formée de médiateurs de l'UA, de représentants du gouvernement et des deux mouvements rebelles. L'un de ces derniers, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) a fait savoir qu'il pourrait boycotter le rendez-vous. Pendant ce temps, des sources des Nations Unies signalent que la situation sur le terrain est très grave et que depuis début février, de nombreux épisodes de violence se sont produits dans les trois États du Darfour. Au Sud, 2 civils ont été tués vendredi dans une attaque de miliciens janjawid, qui ont également volé 1.500 têtes de bétail. Quatre personnes sont mortes à l'est de Nyala, capitale du Sud Darfour et un marché a été à moitié détruit, tandis que dans le Nord Darfour, des éléments de l'Armée de libération du Soudan (SLA), l'autre mouvement rebelle, ont attaqué les forces soudanaises à l'est d'El Fasher

(MISNA, Italie – 16, 02, 2005)
Sud-Soudan : l’ONU demande de l’aide au rapatriement des réfugiès

Les Nations Unies ont lancé un appel pour recueillir des fonds nécessaires au financement des opérations de rapatriement de millions de réfugiés soudanais ayant fui la guerre dans le Sud Soudan et qui devraient rentrer chez eux, maintenant que le conflit est fini. Wendy Chamberlain, du Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés, a souligné que seuls 3,6 des 30 millions de dollars requis aux bailleurs de fonds internationaux avaient été effectivement octroyés. "Ces derniers temps, toute l'attention a été concentrée sur le raz-de-marée du 26 décembre dans le sud-est asiatique, mais l'effort de générosité doit être aussi grand ici en Afrique" a poursuivi Mme Chamberlain. Les affaires, en revanche, semblent bien reparties: une compagnie aérienne kenyane vient d'inaugurer une liaison bihebdomadaire entre Nairobi et Rumbek, la capitale provisoire du Sud-Soudan. Avec l'accord de paix signé le 9 janvier dernier, Khartoum et les indépendantistes du Sud ont mis fin à 20 ans de guerre et se sont mis d'accord sur la gestion (politique, économique et militaire) de leurs compétences respectives. On estime que la guerre, essentiellement liée à l'exploitation de gisements de pétrole , a fait plus de 2 millions de morts, surtout à cause de la famine et de la maladie, et peut-être le double de réfugiés et de déplacés.

(MISNA, Italie – 15-02-2005)-
Nouvelle résolution ONU : 10.000 casques bleus pour le Sud

Les États-Unis ont présenté la nuit dernière une ébauche de résolution - dont le vote est prévu d'ici deux semaines – prévoyant l'envoi de 10.000 casques bleus dans le Sud du Soudan pour préserver la paix conclue entre le gouvernement central et les indépendantistes du sud début janvier. La nouvelle est référée par des sources de l'ONU qui précisent que le texte prévoit également la possibilité – sous autorisation du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan – de permettre aux casques bleus déployés dans le sud de collaborer avec la mission de l'Union Africaine (UA) déjà présente au Darfour, la région de l'ouest du Soudan théâtre depuis deux ans d'affrontements et de violences entre des groupes rebelles et les forces gouvernementales. Pour ce qui est du Darfour, l'ébauche de résolution présentée hier par les diplomates américains prévoit que l'embargo sur les armes, déjà décrété pour les deux groupes antigouvernementaux (JEM et SLA) et pour les milices pro-gouvernementales janjawid soit étendu au gouvernement de Khartoum. La résolution ne contient aucune référence à la possibilité de juger devant la Cour pénale internationale (CPI) les responsables de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre enregistrés par la commission d'enquête de l'ONU guidée par le juriste italien Antonio Cassese. Des indiscrétions recueillies par la MISNA au Palais de Verre indiquent que Washington voudrait créer un nouveau tribunal international ad hoc pour le Soudan à Arusha, en Tanzanie. La proposition n'a pas été soutenue à l'ONU.

(MISNA, Italie – 15-02-2005)
Darfour : l’exigence de justice

Le Darfour n’arrête plus de compter ses morts. Plus de 70.000 depuis le début de la guerre civile en 2003, selon l’ONU. L’impunité est totale. La communauté internationale a reçu le 1er février 2005 la publication du rapport de la commission internationale d’enquête mandatée par le Conseil de sécurité de l’ONU qui a qualifié les crimes internationaux commis dans la région occidentale du Soudan de crimes de contre l’humanité. Au regard de leur extrême gravité, la FIDH estime qu’il incombe au Conseil de sécurité de saisir la Cour pénale internationale (CPI) de cette situation. Ayant qualifié cette situation de génocide, les Etats-Unis ne peuvent s’opposer aux droits des victimes à une justice internationale effective au nom de leur hostilité à la CPI.
Le Comité International de la Croix Rouge, gardien des Conventions de Genève de 1949, fait état de «  violations graves du droit international humanitaire » au Darfour. Un rapport de l’ONU d’avril 2004 qualifie également les exactions commises dans la région par les milices armées du pouvoir central (janjawid) de « crimes de guerre » et de « crimes contre l’humanité » [1]. Le 9 septembre 2004, l’administration Bush affirmait qu’« un génocide a eu lieu et pourrait encore se poursuivre au Darfour » et que « le gouvernement soudanais et les janjawid en portent la responsabilité ». Le rapport de la commission internationale d’enquête des Nations unies, remis au Secrétaire général Koffi Annan le 25 janvier 2005, a confirmé la perpétration massive au Darfour de crimes entrant dans le champ de compétence de la CPI. 
La Communauté internationale est donc consciente de la gravité des crimes commis au Darfour. Pourtant la tragédie perdure. Les affrontements, qui opposent les troupes gouvernementales aux rebelles du Mouvement de libération du Soudan (SLM) et du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) ont fait environ 70.000 morts et plus de 1,6 millions de personnes déplacées sur une population totale d’environ 2,3 millions d’habitants. La guerre civile, qui fait rage depuis février 2003, entraîne « une des pires crises humanitaires que connaît le monde aujourd’hui », selon les Nations unies. D’après le Programme alimentaire mondial, « près de la moitié de la population au Darfour manque de nourriture ». L’Organisation mondiale de la santé estime que plus de 10 000 personnes y meurent chaque mois dans les camps de personnes déplacées. 
Les timides efforts de médiation politique engagés par l’Union africaine et l’envoi - sous un mandat ambigu - de contingents militaires de plusieurs pays africains, entreprise soutenue par le Conseil de sécurité des Nations unies, se sont révélés bien insuffisants pour éteindre le feu qui embrase le Darfour. Pire, les exactions redoublent depuis la signature par les parties le 9 novembre 2004 à Abuja (Nigeria) d’un Protocole humanitaire et d’un Protocole de sécurité. Les accords de cessez-le-feu signés entre les protagonistes le 8 avril 2004 sont caduques : recrudescence des attaques meurtrières des Janjawid contre de nouveaux villages, tuant les habitants et incendiant les maisons ; bombardements de civils par l’aviation soudanaise ; représailles sévères des groupes d’opposition armés en violation du droit international humanitaire. Exécutions sommaires, violences sexuelles, menaces et harcèlements sont le lot quotidien de la population civile qui vit dans la peur. 
Un nouvel espoir de trouver une solution au conflit est né des accords de paix signés le 9 janvier 2005 entre le Nord et le Sud Soudan, mettant officiellement un terme à un des plus anciens et des plus sanglants conflits du continent, même si les accords ne contiennent aucune disposition relative aux poursuites et au jugement des auteurs des exactions contre les populations civiles. Mais le Darfour n’est pas concerné par cet accord de paix. Victimes privées de paix, victimes privées de justice : l’impunité des auteurs des crimes au Darfour est totale, comme le souligne le représentant spécial des Nations unies dans cette région. 
Nous avons pourtant la conviction que, face à une telle situation, le recours à la justice est indispensable à l’instauration de la paix, dès lors qu’il s’agit d’une justice crédible - indépendante, effective et apte à répondre à la gravité des crimes commis. 
Pour contourner l’obstacle de l’impunité au niveau national [2] et l’absence d’autre solution viable, la FIDH suggérait dès septembre 2004 aux membres du Conseil de sécurité de déférer la situation du Darfour au Procureur de la CPI, compétente pour connaître des crimes de guerre, crimes contre l’Humanité et crimes de génocide. Une telle initiative est prévue par l’article 13 b) [3] de son statut. Le Soudan n’ayant pas ratifié le statut de la CPI et n’ayant pas exprimé sa volonté de saisir la justice internationale, cette disposition est d’ailleurs la seule qui permette à son Procureur d’être saisi de la situation au Darfour. 
Préconisée dans le rapport de la commission internationale d’enquête du Conseil de sécurité rendu public le 1er février, cette perspective est désormais à l’ordre du jour. D’autant que la saisine de la CPI ne se justifie pas seulement faute d’alternative crédible. Elle a aussi d’autres fondements. Le mandat de la CPI satisfait aux exigences de la prévention des crimes [4]. L’activation du système de justice internationale permet d’envoyer un signal fort et immédiat à tous les acteurs du conflit, leur signifiant que désormais les actes criminels qu’ils ont pu commettre ou qu’ils entendent perpétrer engagent leur responsabilité pénale individuelle et qu’ils devront répondre de leurs actes. Cette décision, bien que trop tardive, aurait un effet dissuasif sur les auteurs des crimes les plus graves au Darfour. 
Le mandat de la CPI a aussi cette singularité qu’il permet de répondre aux attentes des victimes en leur permettant de faire valoir leurs droits à la justice et à la réparation, en participant directement à la procédure devant la Cour. L’expérience démontre combien la prise en compte des victimes est indispensable non seulement à l’effectivité de la répression des auteurs des crimes qu’elles ont subis, mais aussi au renforcement de la paix. 
La saisine de la CPI offrirait également aux Etats le moyen d’assumer la responsabilité de leurs déclarations sur les crimes commis au Darfour. Qualifier les crimes commis de « génocide » n’est pas sans conséquence juridique : la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 stipule que toute Etat partie doit « saisir les organes compétents de l’Organisation des Nations Unies afin que ceux-ci prennent les mesures qu’ils jugent appropriées pour la prévention et la répression des actes de génocide (...) » (article VII). Obligation pour les Etats de saisir le Conseil, obligation pour le Conseil d’agir aux fins de prévention des actes et de répression des auteurs. La saisine de la CPI par le Conseil offrirait enfin aux Etats-Unis l’opportunité de clarifier leur position concernant la justice pénale internationale. Fermement opposée à l’action de la CPI à l’égard de ses ressortissants [5], l’administration américaine ne cesse en même temps de se faire l’apôtre des libertés, parmi lesquelles se trouve le droit à la justice. Lors de la cérémonie d’investiture marquant le début de son second mandat à la Maison-Blanche, le président des Etats-Unis s’est fait le garant de la liberté dans le monde et a exhorté la communauté internationale « à oeuvrer avec nous pour éviter et supprimer les actes de génocide. » Les Etats Unis ne peuvent se faire les hérauts de la liberté et refuser aux victimes soudanaises l’accès à leurs droits les plus fondamentaux, à commencer par celui d’être considérées dans leur existence même. Ils doivent à cette occasion montrer à la Communauté internationale qu’ils soutiennent l’activation du système de la CPI pour une situation où aucune autre alternative judiciaire effective n’est possible. 
Quant aux autres Etats membres du Conseil, nous attendons d’eux qu’ils refusent de monnayer l’éventuelle abstention américaine au prix de l’immunité des ressortissants d’Etats non parties à la CPI impliqués dans des opérations onusiennes. Ce triste privilège avait été consenti en 2002 et 2003 par le Conseil de sécurité sur proposition américaine. Face à la mobilisation des ONG, quelques Etats avaient obtenu en 2004 que l’administration américaine, privée de soutiens suffisants, renonce à ce projet. La réactivation de « l’exception américaine » dans les circonstances actuelles serait doublement choquante : 
   troquer le nécessaire recours à la justice internationale pour certains criminels en échange d’une garantie d’impunité pour les éventuels auteurs d’autres crimes : la symbolique est désastreuse ; 
   échanger la seule saisine possible de la CPI, s’agissant de la situation d’un Etat non partie à celle-ci, contre un droit à l’immunité pour les ressortissants de 95 Etats non parties à la CPI : le marchandage est odieux. La commission internationale d’enquête du Conseil de sécurité s’est attachée à qualifier juridiquement les crimes perpétrés au Darfour. Plus importante encore est l’action pour interrompre un génocide ou en prévenir la perpétration : n’est-ce pas le message que les Etats membres des Nations Unies ont justement et opportunément voulu adresser à l’occasion du 60ème anniversaire de la libération du camp de concentration nazi d’Auschwitz-Birkenau ? Une telle action suppose l’interposition entre les belligérants et la protection des populations civiles. Elle impose d’adresser aux criminels internationaux opérant au Darfour le signal clair et définitif que leurs actes seront effectivement réprimés. Le Conseil de sécurité des Nations Unies doit saisir la CPI de la situation au Darfour : il en a l’obligation ; il n’y a aucune alternative crédible. 
Sidiki Kaba - Président de la FIDH Dobian Assingar - Vice-président de la FIDH, président de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH) Sophie Bessis - Secrétaire général adjointe de la FIDH, universitaire Osman Hummaida - Président de Sudan Organisation Against Torture (SOAT)
(Fédération Internationale des Droits de l’Homme, 14 février 2005)
 

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Nouvelles brèves du  7 au 11 février  2005
Garang préconise l’envoi d’une force mixte au Darfour
Le CICR inquiet de la détérioration dans les zones rurales
Airbus annule une dette de 45 millions USD à Sudan Airways (ministre)
La charia demeurera la principale source de la législation au Soudan (Béchir)
Départ pour le Soudan du second contingent d'observateurs mauritaniens
Les rebelles du Darfour réclament la supervision des négociations par l'Onu
Le Soudan réitère son opposition à des procès hors de ses frontières
Darfour : Khartoum refuse la CPI et annonce la suspension des bombardiers
Garang préconise l’envoi d’une force mixte au Darfour

John Garang, chef historique de la désormais ancienne rébellion du Sud Soudan (SPLA) a proposé l'envoi d'une force de paix mixte pour garantir le respect du cessez-le-feu au Darfour, la région occidentale soudanaise théâtre depuis février 2003 d'une rébellion antigouvernementale – Khartoum est accusé de négliger la zone et ses habitants - et d'une grave crise humanitaire. Le SPLA a pendant plus de 20 ans réclamé au gouvernement un traitement similaire à celui que réclament les deux mouvements insurgés du Darfour. Selon Garang, une force de 30.000 hommes, militaires de Khartoum, du SPLA et de l'Union Africaine, pourrait garantir le respect de la trêve signée en avril dernier entre les rebelles et le gouvernement. L'envoyé de l'ONU au Soudan, Jan Pronk, avait, devant le Conseil de sécurité, préconisé lui aussi l'intervention d'une force tampon pour empêcher les combats et protéger les civils.

(MISNA, Italie – 11-02-2005)
Le CICR inquiet de la détérioration dans les zones rurales 

La situation humanitaire dans la province du Darfour (ouest du Soudan) se détériore cruellement, a mis en garde mercredi le Comité international de la croix rouge (Cicr) qui appelle davantage d'agences internationales à se rendre au chevet de la population rurale. 
Selon le responsable pour l'Afrique du CICR, Christoph Harnisch, le conflit qui oppose les rébellions issues des populations locales africaines aux milices alliées au gouvernement soudanais enferme les communautés rurales dans un climat de "profonde suspicion, de violence, de peur et de non-droit". 
"Nous parlons ici d'une détérioration grave de la situation. Il n'y a pas matière à optimisme dans cette dynamique de conflit qui a cours au Darfour". M. Harnisch, a souligné « que, si les autorités soudanaises sont au premier chef responsables de la sécurité des populations, il avait été surpris par le manque de présence internationale hors des énormes camps de déplacés et hors des villes, malgré un accès aux ruraux plus facile qu'auparavant ». 
"Il n'y a pas encore assez d'assistance humanitaire dans les zones rurales. Une des surprises est qu'il n'y a pas beaucoup plus de personnels dans ces zones". 
"Une des façons de garantir la protection (des populations) est certainement d'avoir davantage d'organisations sur place et une couverture systématique du territoire". 

(AFP, Genève, 9 fév 2005)
Airbus annule une dette de 45 millions USD à Sudan Airways (ministre) 

L'avionneur européen Airbus a annulé une dette de 45 millions de dollars contractée par la compagnie aérienne Sudan Airways, a annoncé mercredi le ministre soudanais de l'Aviation Ali Tamim Fartak. 
En échange, Airbus remportera la majorité des contrats de la compagnie aérienne soudanaise pour de nouveaux appareils de différents types afin de revitaliser sa flotte, a indiqué M. Fartak, cité par l'agence soudanaise Suna. 
En raison de pertes et dettes de millions de dollars, le Soudan avait annoncé en 2004 qu'il allait privatiser sa compagnie aérienne nationale et inviter des investisseurs étrangers à acheter des parts dans cette nouvelle compagnie. 
Des responsables soudanais avaient indiqué que 30% des parts de la nouvelle société seraient détenues par le gouvernement, 21% par des hommes d'affaires soudanais et 49% par des investisseurs étrangers, encore à venir. 

(AFP, Khartoum, 9 fév 2005)
La charia demeurera la principale source de la législation au Soudan (Béchir)

Le président soudanais Omar al-Béchir a affirmé mercredi que la charia (loi islamique) demeurera la principale source de la législation dans son pays après l'accord de paix signé avec les rebelles sudistes, en majorité chrétiens ou animistes, selon l'agence officielle Suna. 
Le président Béchir a fait ce commentaire lors d'un rassemblement à Souqui, dans le centre du pays, et selon l'agence Suna, il a indiqué que la charia demeurerait la principale source de la législation pour la période transitoire et sera ensuite sauvegardée dans la constitution permanente. 
Le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, ancienne rébellion sudiste) de John Garang et le gouvernement central de Khartoum ont signé le 9 janvier un accord de paix global à Nairobi, qui met un terme à un conflit de près de 22 ans, le plus long d'Afrique, ayant fait quelque 1,5 millions de morts et 4 millions de déplacés. 
L'accord prévoit notamment le partage du pouvoir et des richesses, ainsi qu'une période de transition de six ans au cours de laquelle le sud du pays, riche en pétrole, bénéficiera d'un statut d'autonomie. 
Au terme de cette période, le sud doit s'exprimer par référendum sur l'unité ou l'indépendance. 
Le sud du pays sera exemptée de la Charia qui prévaut au nord, selon l'accord qui prévoit qu'un comité constitutionnel doit être mis sur pied à parité entre les deux parties pour rédiger une constitution provisoire pour la période de transition. 

(AFP, Khartoum, 9 fév 2005)
Départ pour le Soudan du second contingent d'observateurs mauritaniens 

Quinze policiers mauritaniens, formant le second contingent d'observateurs déployés par leur pays dans la région soudanaise du Darfour, ont quitté mardi la Mauritanie pour le Soudan, a appris l'AFP mercredi à Nouakchott de sources sécuritaires. 
Ces 15 policiers se joindront à 15 autres observateurs militaires qui se trouvent sur place depuis début janvier, sous commandement de forces de l'Union Africaine (UA), ont indiqué ces sources. 
Selon l'Agence mauritanienne d'information (AMI, officielle), les quinze policiers ont été reçus lundi en audience par le président mauritanien Maaouiya Ould Taya. Le chef de l'Etat leur a "donné des orientations, en rappelant leur rôle en tant que messagers de paix et de fraternité et les invitant à donner la meilleure image" de leur pays, d'après l'agence. 
La participation mauritanienne, par des observateurs, aux efforts déployés par la communauté internationale pour la pacification du Darfour (ouest du Soudan) avait été décidé lors de la visite à Nouakchott du ministre soudanais des Affaires étrangères, Mustafa Osman Ismaël, en fin octobre 2004. 
Le Darfour est en proie à une guerre civile depuis deux ans, ayant fait plus de 70.000 morts et environ 1,6 million de déplacés et réfugiés selon les Nations unies. L'Union africaine (UA) dispose dans la région d'une force de paix de 1.850 hommes, qui doit compter à terme 3.320 éléments. 

(AFP, Nouakchoutt, 9 fév 2005)
Les rebelles du Darfour réclament la supervision des négociations par l'Onu 

Un des principaux groupes de l'ex-rébellion dans la région du Darfour au Soudan a appelé mardi les Nations unies à superviser les négociations de paix avec le gouvernement soudanais. 
"Le mouvement appelle votre Conseil à superviser directement les négociations avec le gouvernement", a réclamé le Mouvement de libération du Soudan (SLM) dans un communiqué. 
Les négociations de paix dans la capitale nigériane, Abuja, entre le gouvernement soudanais et le SLM ainsi que l'autre groupe rebelle du Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), sont parrainées par l'Union africaine. 
Les pourparlers avaient été suspendus l'an dernier après des accusations mutuelles de violations des termes de l'accord de cessez-le-feu signé en avril à N'Djamena. 
Ils devaient reprendre début 2005, mais aucune date n'a été fixée et le SLM a affirmé qu'il ne retournerait pas à la table des négociations avant que le peuple du Darfour n'obtienne une protection internationale. 
"Le mouvement exige une protection immédiate pour le peuple du Darfour avant d'entamer toute négociation politique", a souligné le SLM. 
Le premier vice-président soudanais Ali Osmane Taha a lancé une mise en garde la semaine dernière aux rebelles leur enjoignant de ne pas compter sur une intervention étrangère pour satisfaire leurs exigences. 
"Rechercher une protection étrangère et recourir aux puissances internationales ne contribuera pas à édifier la confiance et mènera uniquement à une reprise des affrontements entre les fils de la patrie", a-t-il dit. 
Des dizaines de milliers de personnes sont mortes et près d'un million et demi ont été contraintes de fuir le Darfour depuis le début de la rébellion début 2003. 
Un comité de l'Onu a jugé le gouvernement de Khartoum responsable de violations systématiques des droits de l'Homme au Darfour, mais s'est abstenu de qualifier de génocide les violences dans cette région. 

(AFP, Le Caire, 8 fév 2005)
Le Soudan réitère son opposition à des procès hors de ses frontières 

Le Soudan a réitéré mardi son opposition au jugement des auteurs d'atrocités au Darfour hors de ses frontières, comme l'envisage le Conseil de sécurité des Nations unies. 
"Le gouvernement du Soudan est déterminé et a la volonté de poursuivre en justice ceux qui ont commis des atrocités et des violations des droits de l'homme au Darfour", a déclaré à la presse le premier vice-président soudanais Ali Osmane Taha. 
"Nous estimons que le système judiciaire du Soudan est assez professionnel et capable de rendre justice, le gouvernement respectera ses décisions. Nous sommes ici pour persuader le Conseil de sécurité de voir qu'il serait sage et logique de juger les accusés au Soudan", a-t-il ajouté. 
"Nous pensons fermement qu'il n'y a pas lieu de transférer les suspects hors du pays. Le faire contribuerait à aggraver les choses, à faire dégénérer la situation au lieu d'aider les gens à se réconcilier et à faire la paix", a-t-il affirmé. 
M. Taha s'exprimait après avoir participé à des discussions globales sur le Soudan au Conseil de sécurité. Celui-ci a exprimé son indignation devant les crimes contre l'humanité commis dans la province soudanaise du Darfour et sa détermination à traduire leurs auteurs en justice. 
Mais la manière de procéder divise actuellement le Conseil. Une majorité d'Etats membres est en faveur d'une saisine de la Cour pénale internationale mais les Etats-Unis, hostiles à cette cour, proposent à la place de recourir à un tribunal spécial de l'Onu et de l'Union africaine (UA), qui serait établi à Arusha (Tanzanie). 

(AFP, New York (Nations unies), 8 fév 2005)
Khartoum refuse la CPI et annonce la suspension des bombardiers

Le gouvernement soudanais ne permettra pas que ses concitoyens suspectés d'avoir commis des crimes de guerre au Darfour (ouest du Soudan) soient jugés à l'étranger, a déclaré hier le vice-président Ali Ohman Mohammed Taha durant un discours prononcé à El Fasher, capitale du Nord Darfour, où il est en visite. Cité par l'agence soudanaise Suna, le vice-président a précisé que le Soudan est "doté d'excellentes structures judiciaires". La commission d'enquêtes voulue par les Nations Unies pour faire la lumière sur les violences perpétrées au Darfour, théâtre depuis deux ans d'un conflit entre deux groupes antigouvernementaux et les autorités de Khartoum, et déterminer si un génocide est en cours ou a été commis, a remis la semaine passée au Conseil de sécurité une enveloppe scellée contenant les noms de 51 personnes – rebelles, miliciens arabes (janjawid) mais également de hauts dirigeants de l'État et de l'armée – en demandant leur jugement devant la Cour pénale internationale (CPI) pour leur implication directe et documentée dans de "graves violations du droit international et des droits de l'Homme" au Darfour. M. Taha se rendra cette semaine à New York (avec John Garang, chef historique de la rébellion indépendantiste du Sud-Soudan) pour participer à la réunion que le Conseil de sécurité de l'ONU dédiera à la crise au Darfour. Khartoum a annoncé ce week-end qu'il suspendrait l'utilisation des Antonov (avions de transport de troupes de fabrication russe modifiés et transformés en bombardiers), que de nombreuses voix, y compris celle de l'Union Africaine et de l'ONU, accusent d'être encore responsables de bombardements de villages au Darfour

(MISNA, Italie –07-02-2005)

 
 
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Nouvelles brèves du  31 janvier au 7 février  2005
La situation au Darfour s'est "détériorée jusqu'à des degrés effroyables" (UA)
Réunion au sommet du Tchad, du Soudan et de l'UA à la mi-février
Ouverture d'une réunion des partis d'opposition soudanais en Erythrée
L'UA annonce un mini sommet africain au Caire sur le Darfour
Les violences contre civils et humanitaires continuent au Darfour
Arrestation d’un membre du Beja  Congress à Port-Soudan (confirmée)
Attaque contre des observateurs au Darfour , l’UA menace le recours à la force
Le parlement de Khartoum ratifie lui aussi l’accord de paix avec le Sud
Anticipation sur l’enquête de l’ONU, Annan parle de nouveau de sanctions
La situation au Darfour s'est "détériorée jusqu'à des degrés effroyables" (UA) 

La situation au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie à une guerre civile depuis deux ans, s'est "détériorée jusqu'à des degrés effroyables ces quatre derniers mois", a estimé l'Union africaine (UA) lundi dans un communiqué. 
"La sécurité au Nord et Sud Darfour s'est progressivement détériorée (...) jusqu'à des degrés effroyables ces quatre derniers mois, avec des conséquences inacceptables sur la paix et la tranquillité des populations civiles", affirme l'UA dans ce texte publié à Addis Abeba, siège de l'organisation panafricaine. 
Au Darfour, l'Union dispose d'une force de paix de 1.850 hommes, qui doit à terme compter quelque 3.320 personnes. 
La Mission de l'UA au Soudan (Amis) mène actuellement des enquêtes dans le Sud Darfour après un bombardement aérien le 26 janvier qui aurait fait une centaine de morts. 
Le 13 janvier, une attaque avait fait 30 morts au Sud Darfour, et le 21 janvier 24 personnes avaient encore été tuées, selon l'UA. 
"Si toutes les parties ont été responsables de cette situation, les pires attaques ont majoritairement été perpétrées par les milices armées (progouvernementales) des djandjawids qui semblent bénéficier d'une immunité pour leurs actes inhumains et cyniques", affirme l'UA, qui appelle une fois de plus au désarmement de ces milices. 
Cependant, la situation "s'est quelque peu améliorée au cours de la dernière semaine", ajoute l'Union africaine, précisant que "le calme prévaut généralement dans tous les secteurs". 
L'UA s'est en outre dite "satisfaite" de la visite au Darfour du premier vice-président du Soudan, Ali Osmane Taha, "pour vérifier la situation sur le terrain". 
Depuis deux ans, la région du Darfour est le théâtre d'affrontements entre des rebelles issus de populations d'origine africaine, qui s'estiment "marginalisées", et les troupes gouvernementales appuyées par les milices Djandjawids. 
Ces combats ont déjà fait plus de 70.000 morts et environ 1,6 million de déplacés et réfugiés, selon l'Onu. 

(AFP, Addis Abeba, 7 fév)

Réunion au sommet du Tchad, du Soudan et de l'UA à la mi-février 

Les présidents du Tchad, du Soudan et de l'Union africaine (UA) se réuniront les 15 et 16 février à N'Djamena pour discuter des mesures à prendre pour faire respecter le cessez-le-feu au Darfour (ouest du Soudan), a-t-on appris lundi auprès de la médiation tchadienne. 
"Cette réunion regroupera autour du président Idriss Deby les présidents Olusegun Obasanjo et Omar al-Bechir, ainsi que le président de la Commission de l'Union africaine Alpha Oumar Konaré", a annoncé à l'AFP le porte-parole de la médiation tchadienne Ahmat Allami. 
"Cette réunion a pour but de réfléchir sur les mesures à prendre pour faire respecter le cessez-le-feu sur le terrain", a précisé M. Allami. 
"Cela implique la localisation des positions des mouvements rebelles pour une observation de cessez-le-feu, la neutralisation et le désarmement des (milices pro-gouvernementales) djandjawids, ainsi que le retrait des forces gouvernementales sur leurs positions d'avant le 8 décembre 2004, conformément à la dernière résolution de Conseil de paix et de sécurité (de l'UA) à Libreville", a-t-il ajouté. 
"La réunion de N'Djamena doit également préparer le terrain pour que les discussions d'Abuja reprennent dans des bonnes conditions", a souligné le porte-parole de la médiation tchadienne. 
Outre MM. Deby, al-Bechir, Obasanjo et Konaré, des représentants de la Libye et de la communauté internationale, notamment des Etats-Unis, de la France et de l'Union européenne (UE), devraient participer à cette réunion au sommet, a-t-il encore indiqué. 
Comme l'a rappelé M. Allami, le Tchad, co-médiateur avec l'UA dans le conflit du Darfour, avait proposé lors du sommet de l'UA des 30 et 31 janvier dernier à Abuja la mise sur pied d'une "commission de haut niveau" pour réévaluer la situation et les rapports de forces politiques dans la région soudanaise en guerre. 
Le Tchad avait également demandé le report des pourparlers intersoudanais d'Abuja, entre Khartoum et deux mouvements rebelles du Darfour, prévus à la mi-février, jusqu'à la remise des résultats par cette commission. 
Une autre réunion sur le Darfour, rassemblant cette fois le Nigeria, président en exercice de l'UA, la Libye, le Tchad, l'Egypte et le Gabon, est prévue immédiatement après au Caire. 

(AFP, N’Djamena, 7 fév 2005)
Ouverture d'une réunion des partis d'opposition soudanais en Erythrée 

L'Alliance nationale démocratique soudanaise (AND), la principale coalition de groupes d'opposition au gouvernement de Khartoum, a officiellement ouvert lundi après-midi une réunion de son conseil de direction en Erythrée, a constaté un journaliste de l'AFP. 
La réunion, qui se tient à Asmara, devrait se terminer vendredi, selon le porte-parole de l'AND, Khatem Es-Sir. 
Elle se déroule après la signature, le 16 janvier, d'un protocole d'accord entre l'AND et le gouvernement soudanais ouvrant la voie à la réintégration de ce mouvement dans le jeu politique. 
L'accord définitif, qui doit être signé le 12 février au Caire, mettrait fin à une rupture de quinze ans entre le gouvernement et ce mouvement. 
Mais certains partis membres de l'AND, comme le Congrès Beja, ne sont pas satisfaits du protocole d'accord, et ce sera l'un des enjeux de cette réunion, a expliqué à l'AFP un responsable du Congrès Beja. 
Après les affrontements meurtriers de fin janvier à Port-Soudan (est du Soudan) entre rebelles du Congrès Beja et forces gouvernementales, l'AND "dénonce l'utilisation de la brutalité contre la population civile et demande au gouvernement du Soudan d'établir une commission judiciaire pour enquêter sur ces incidents", a déclaré lundi son président, Mohamed Osman el-Mirghani, dans son discours d'ouverture à Asmara. 
Des émeutes avaient fait au moins quatorze mports. 
L'AND va organiser une conférence sur l'est du Soudan "pour adresser les causes à l'origine de la crise", a ajouté M. el-Mirghani, une des figures historiques de l'opposition soudanaise. 
La tension entre Asmara et Khartoum étant forte - chaque régime accusant l'autre de soutenir leurs opposants respectifs - l'AND en appelle aussi aux deux gouvernements pour qu'ils "normalisent leurs relations bilatérales dans l'intérêt des Soudanais et des Erythréens", a souligné le président de l'AND. 

(AFP, Asmara, 7 fév 2005)
L'UA annonce un mini sommet africain au Caire sur le Darfour 

Le président de l'Union africaine et du Nigeria, Olusegun Obasanjo, a annoncé que se tiendrait, d'ici deux semaines, un sommet de 5 chefs d'État africains centré sur la crise au Darfour, théâtre depuis près de deux ans d'affrontements à l'origine d'une grave crise humanitaire. Seront attendus au Caire (Égypte) les présidents nigérian, libyen, tchadien, égyptien et gabonais. Au moment de ce sommet devraient reprendre les colloques de paix, sponsorisés par l'UA, entre le gouvernement de Khartoum et les deux groupes rebelles armés du Darfour. La crise dans la région occidentale soudanaise, en cours depuis février 2003 – lorsque deux groupes d'autodéfense populaire ont formellement levé les armes contre le gouvernement de Khartoum accusé de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (les Janjawid) qui sèment mort et destruction depuis des années dans cette zone – a causé jusqu'à présent un nombre imprécis de victimes (quelques dizaines de milliers selon les Nations unies, "seulement" 5.000 selon le gouvernement soudanais) et près d'1,5 million de déplacés, dont 200.000 au Tchad.

(MISNA, Italie – 04-02-2005)
Les violences contre civils et humanitaires continuent au Darfour

L'envoyé spécial des Nations Unies au Soudan, Jan Pronk, a affirmé que la situation au Darfour (ouest) est grave. "Les crimes contre les civils continuent et le personnel des organisations humanitaires est terrorisé et souvent arbitrairement arrêté" a déclaré M. Pronk, à peine rentré d'une visite dans trois États (sud, nord et ouest) du Darfour. "J'ai vu de mes yeux les habitations incendiées et complètement détruites dans plus de 12 villages récemment attaqués" a ajouté l'envoyé de l'ONU, en soulignant qu'il parlerait bientôt avec les responsables du gouvernement soudanais "afin que cessent ces actes de violence contre des victimes innocentes". Il a dit avoir demandé aux autorités de changer de comportement envers les agents humanitaires, en particulier les agents soudanais qui travaillent pour les grandes organisations non gouvernementales internationales. "Je ne pense pas que ce soit une décision prise de concert avec le gouvernement, mais certains secteurs de l'armée et des organismes locaux de sécurité terrorisent les agents humanitaires et procèdent parfois à des arrestations arbitraires" a dit M. Pronk. Les autres protagonistes de la guerre au Darfour font même pire envers le personnel humanitaire, a-t-il précisé, vu que 4 ou 5 agents ont été tués et d'autres enlevés. La crise du Darfour, en cours depuis février 2003 – lorsque deux groupes d'autodéfense populaire ont formellement levé les armes contre le gouvernement de Khartoum accusé de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (les Janjawid) qui sèment mort et destruction depuis des années dans cette zone – a causé jusqu'à présent un nombre imprécis de victimes (quelques dizaines de milliers selon les Nations unies, "seulement" 5.000 selon le gouvernement soudanais) et près d'1,5 million de déplacés, dont 200.000 au Tchad.

(MISNA, Italie – 03-02-2005)

Arrestation d’un membre du Beja  Congress à Port-Soudan (confirmée)

Le président du Beja Congress à Port Soudan, Ahmad Muhammad Mokhtar, a confirmé par un coup de fil à la chaîne du Qatar "Al Jazira", que le secrétaire général du parti, Abd Allah Mussa Abd Allah, est aux arrêts depuis lundi soir. Il a été interpellé après avoir rencontré des journalistes auxquels il avait parlé des incidents dans lesquels, samedi dernier, 18 manifestants – 14 selon des sources gouvernementales, 23 selon la Beja Congress – ont été tués, apparemment par des tirs d'agents des forces de l'ordre qui tentaient de réprimer une manifestation contre des représentants locaux de Khartoum. Selon Al Jazira, la mort de deux blessés aurait fait grimper le bilan à 20 morts. Le quotidien français Libération, dans un article publié aujourd'hui indique, en qualifiant les membres du Beja Congress de "rebelles" de l'est du Soudan, qu'ils ont leurs bases en Érythrée et qu'ils représenteraient quatre grandes tribus (Hadendoua, Al-AmrAr, Beni Ameur et Halanga) soit un total d'environ 4 millions de personnes. Selon le journal français, l'est pourrait devenir un troisième front de révolte – après le sud et l'ouest (Darfour) – contre le gouvernement central pour obtenir plus de pouvoirs et tenter d'arriver à des accords semblables à ceux qui ont été signés en janvier avec le sud et avec l'opposition du nord, représentée par l'Alliance démocratique.

(MISNA, Italie – 02-02-2005)
Attaque contre des observateurs au Darfour , l’UA menace le recours à la force

Deux équipes d'observateurs de l'Union africaine (UA), présentes dans le Darfour pour veiller au respect du cessez-le-feu en vigueur, ont été attaquées hier lors de deux épisodes distincts, par des hommes armés à l'identité non précisée. C'est ce que rapportent à la MISNA des sources de l'Union africaine au Soudan, en précisant que les deux épisodes (sur lesquels d'ultérieurs détails n'ont pas été divulgués) sont survenus hier, l'un à Biritabla et l'autre entre Shangil Tobaya et Khor Abeche, des localités du Darfour méridional. Le représentant spécial pour le Soudan de la présidence de la Commission de l'Union africaine, l'ambassadeur Baba Gana Kingibe, dans une note diffusée par Khartoum et parvenue à la MISNA dans la matinée, formule "une condamnation sans réserves de la double attaque" et souligne que ces deux incidents sont intervenus tandis que les militaires exécutaient leur propre mandat, à savoir vérifier les accusations de graves violations du cessez-le-feu relevées à Jayjay et Shangil Tobaya”. Les deux localités citées dans la note diffusée par l'UA auraient fait l'objet ces derniers jours de nouveaux bombardements aériens. “L’Union africaine n'entend pas être impliquée dans une situation où ses propres observateurs seront contraints de se défendre en ayant recours à l'usage de la force et à répondre au feu" a souligné le représentant spécial de l'UA, en précisant que les attaques répétées de ces dernières semaines contre les observateurs (d'autres épisodes se sont vérifiés le 11 et le 19 janvier derniers) "seront portées à l'attention de toutes les parties impliquées dans le conflit, dans l'espoir que des épisodes de ce genre ne se répètent plus". La crise du Darfour, en cours depuis février 2003 – lorsque deux groupes d'autodéfense populaire ont formellement levé les armes contre le gouvernement de Khartoum accusé de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (les Janjawid) qui sèment mort et destruction depuis des années dans cette zone – a causé jusqu'à présent un nombre imprécisé de victimes (quelques dizaines de milliers selon les Nations unies, "seules" 5.000 selon le gouvernement soudanais) et près d'1,5 million de déplacés, dont 200.000 dans le Tchad voisin.

(MISNA, Italie – 01-02-2005)
Le parlement de Khartoum ratifie lui aussi l’accord de paix avec le Sud

Le Parlement soudanais de Khartoum a ratifié aujourd'hui, à l'unanimité, l'accord signé le 9 janvier dernier avec l'Armée de libération populaire du Soudan de John Garang (SPLA, le principal mouvement politico-militaire indépendantiste du sud du pays) qui a mis fin à un conflit ayant duré 20 ans entre le Nord et le Sud du pays. Au terme de trois jours de débats, les 300 membres du Parlement soudanais ont décidé d'accepter sans aucune réserve le document sans demander aucune modification ni amendement. Le même texte avait déjà été ratifié la semaine dernière par l'assemblée de la SPLA qui pour l'occasion s'était réunie à Rumbek, capitale provisoire du Sud Soudan. Selon les accords pris, ni le Parlement de Khartoum ni celui méridional n'auraient pu apporter des amendements au texte signé par le gouvernement et la direction de la SPLA et concordé au terme d'une procédure de négociations de paix longue, laborieuse et coûteuse aussi. Les deux assemblées n'étaient autorisées qu'à entamer un débat sur le texte et de faire quelques signalisations. Sur la base de l'entente conclue entre les deux parties en présence, et désormais formellement ratifiée par tous les protagonistes, le Soudan sera guidé durant la période de transition par un gouvernement d'unité nationale (John Garang, occupera la charge de la vice-présidence) pendant six ans et demi, au terme de laquelle un référendum est prévu pour le Sud par lequel la population s'exprimera sur une éventuelle indépendance. L'accord prévoit aussi l'application de la loi islamique (charia) seulement au nord, une entente sur la distribution des revenus dérivant de la vente du pétrole et un accord sur le déploiement des forces militaires (qui ne seront pas unifiées, ou le seront partiellement) dans les divers secteurs du pays. Depuis 1983, le conflit fort complexe du Sud Soudan - souvent seulement représenté comme un contraste religieux entre le Nord (arabe et musulman) et le Sud (dont la population est à majorité noire, chrétienne et animiste), mais en réalité fortement lié aux intérêts internationaux sur l'exploitation des gisements pétroliers dont les zones faisant objet de litige sont riches - a provoqué un nombre imprécisé de victimes, surtout de faim et de maladies. Les estimations les plus diffuses font état de deux millions de morts et de quatre millions entre évacués et réfugiés Malgré les pressions internationales, l'entente signée le 9 janvier ne fait aucunement référence à un autre conflit en cours depuis février 2003 dans la région occidentale soudanaise du Darfour, provoquant à l'heure actuelle "la plus grave crise humanitaire" selon les Nations Unies.

(MISNA, Italie – 1-02-2005)
Anticipation sur l’enquête de l’ONU, Annan parle de nouveau de sanctions

Dans la région occidentale soudanaise du Darfour "des crimes contre l'humanité avec une dimension ethnique ont été perpétrés", est un des passages clés du rapport final établi par la commission d'enquête créée en octobre dernier par l'ONU afin de vérifier si des actes génocidaires ont été commis dans la région du Darfour. Quelques extraits du document final mis au point par cinq experts sous la direction du juriste italien Antonio Cassese – ex-président du Tribunal pour les crimes en ex-Yougoslavie – ont été publiés aujourd'hui par le quotidien américain Los Angeles Times. Entre les anticipations et les indiscrétions ayant circulé ces dernières heures, il semble clair que le rapport des cinq experts de l'ONU ne contient pas la parole "génocide", comme le ministre des Affaires étrangères soudanais Moustapha Osman Ismail l'a immédiatement fait remarquer à la presse internationale. Déjà hier à Abuja (au Nigeria) au cours du sommet de l'Union africaine (UA), le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, avait anticipé que la rapport voulu par l'ONU est finalement complet, soulignant qu'il sera évalué dans le courant de la semaine par le Conseil de sécurité. En parlant aux chefs d'État et de gouvernement (y compris le président soudanais Omar el Béchir) réunis à Abuja, Annan a fait savoir qu'il a demandé au Conseil de sécurité d'évaluer les sanctions prévues par les résolutions relatives au Darfour suite "aux graves violations des droits humains enregistrées dans la région". "Le Conseil avait déjà pris en considération l'hypothèse de sanctions mais n'a pas été en mesure de procéder à cause de quelques divisions internes. Je pense qu'à présent les sanctions doivent revenir sur le tapis et faire de nouveau l'objet de discussions" a précisé Annan à la presse. En plus que d'enquêter sur les violations des droits humains perpétrées par tous les protagonistes de la guerre au Darfour, les 5 experts de la commission ont également eu le mandat d'identifier les auteurs de n'importe quel éventuel acte de génocide "afin de garantir que les responsables soient livrés à la justice". Le professeur Cassese, a été encadré dans ce mandat délicat par Diego Garcia-Sayán, ex-ministre des Affaires étrangères et de la Justice du Pérou, par l'égyptien Mohammed Fayed, secrétaire général de l'organisation arabe pour les droits humains et ex-ministre, la pakistanaise Hina Jilani, avocat de grande expérience dans le secteur des droits de l'Homme et enfin par Stringgner Scott, actuel responsable de la commission pour les réformes législatives au Ghana et ex-juge de la Haute Cour. La crise du Darfour a débuté en février 2003 lorsque deux groupes d'autodéfense populaire ont levé formellement les armes contre le gouvernement de Khartoum accusé de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (connues sous le nom de Janjawid) qui depuis des années sèment mort et destruction dans la zone. Ce conflit a provoqué à ce jour un nombre imprécisé de victimes (quelques dizaines de milliers pour les Nations unies mais "seulement 5.000" selon le gouvernement soudanais) et près d'1,5 millions d'évacués, y compris 200.000 réfugiés dans le Tchad voisin. "Le mandat confié par l'ONU me fait sentir le sang bouillir dans mes veines. Le travail qui nous attend est énorme, compliqué et doit être de surcroît achevé dans un bref délai", avait déclaré à la MISNA le professeur Antonio Cassese, quelques jours après sa nomination à la tête de la commission

(MISNA, Italie – 31-01-2005)

 
 
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Nouvelles brèves du  21 au 31 janvier  2005
Port-Soudan : protestation ethnie Béja, la tension demeure haute
L’UE préoccupée par les bombardements gouvernementaux
Bombardement aérien au Darfour, une centaine de morts
L'ONU signale des violences au Darfour
Relance de la coopération entre l’Union Européenne et Khartoum
Rumbek : les indépendantistes ratifient le traité de paix avec le Nord
Le Leader SPLA accueilli par des messages de Paix à Rumbek
La Banque Mondiale est de retour
Darfour et Sud : ONU et UA étudient une « stratégie commune »
Port-Soudan : protestation ethnie Béja, la tension demeure haute

Dix-sept morts et au moins 64 blessés. Tel est, selon la presse locale, le bilan des affrontements survenus samedi entre les forces de police et des manifestants de l'ethnie Beja à Port-Soudan, ville portuaire se trouvant à près de 700km au nord-est de la capitale, Khartoum, et donnant sur la mer Rouge. Des sources indépendantes considèrent au contraire que le nombre de morts et de blessés liés aux incidents de samedi est nettement supérieur aux chiffres fournis par les journaux de la capitale. En effet, même après les affrontements qui ont marqué la manifestation de samedi, des témoignages et des signalisations ont été transmis en provenance de Port-Soudan, parlant d'une vaste opération des forces spéciales de police contre quelques quartiers de la ville peuplés majoritairement de membres de la communauté Beja, la principale ethnie de la région. Les militaires ont été accusés par la population d'avoir procédé à de violentes perquisitions dans les maisons et d'avoir lancé des grenades contre certaines habitations. Des informations qui n'ont pas encore été confirmées par des sources indépendantes, mais qui reflètent bien le climat de tension qui caractérise l'est du Soudan déjà depuis plusieurs mois, où, comme pour le Sud et plus récemment le Darfour (ouest du pays).,les populations locales accusent Khartoum de négliger les zones périphériques du pays pour s'occuper seulement de la capitale et des zones limitrophes. Entre temps d'autres signalisations sont arrivées à propos d'attaques lancées contre quelques positions gouvernementales par des groupes armés se réclamant de formations politiques Beja. Les tumultes ont éclaté samedi lorsque un groupe de manifestants Beja a lancé des pierres contre les agents des forces de l'ordre qui ont répondu en ouvrant le feu; les désordres se seraient poursuivis avec des saccages de magasins, des voitures incendiées. Les désordres avaient été en quelque sorte annoncés: mercredi dernier la communauté Beja avait présenté un document de doléances au gouverneur local (le wali), contenant une série de revendications et demandant des réponses dans un délai de 72 heures avant de descendre dans les rues. Vendredi, une manifestation a été dispersée pacifiquement par la police, mais lorsque le lendemain quelques centaines de manifestants se seraient mis en marche en direction du siège du gouverneur local, ils auraient été encerclés par un corps spécial des forces de l'ordre qui – selon un porte-parole des Beja – aurait répondu par des coups d'arme à feu aux jets de pierres, tirant à hauteur d'homme. “Cela couvait de longue date car cette population se considère comme particulièrement discriminée par les arabes – ainsi sont définies par les Beja les populations originaires de Khartoum et du Soudan central – qui ont le contrôle de l'économie locale" explique une source de la MISNA à Port-Soudan. Les Beja, 1,8 millions de nomades chamitiques originaires de la Mésopotamie (aujourd'hui Irak), divisés en cinq tribus principales, peuplent ces régions sur la Mer Rouge depuis des milliers d'années; ils se définissent comme Bedawyet entre eux et parlent, en plus de l'arabe, le To-Bedawiye ou Beja, une langue afro-asiate; ils se distinguent par un gilet qu'ils portent sur la djellaba, le long habit traditionnel arabe, et sont de religion musulmane. "Les Beja disent ne pas trouver de travail à cause de leur appartenance ethnique ou n'être employés que dans les secteurs professionnels les plus ingrats, précaires et mal payés. Ils se sentent également exclus de la vie politique et de l'administration de la ville", explique encore la source de la MISNA

(MISNA, Italie – 31-01-2005)
L’UE préoccupée par les bombardements gouvernementaux

Le Commissaire européen pour le développement et les aides humanitaires, le belge Louis Michel, a protesté contre le gouvernement soudanais pour les bombardements qui se sont abattus jusqu'à hier sur la région du nord du Darfour, causant la mort d'une centaine de civils, dont des femmes et des enfants. L'Union africaine, depuis Addis Abeba où siège l'organisme panafricain, avait dénoncé deux jours auparavant ces opérations. Ces derniers mois l'UA a déployé dans le Darfour près de 1.400 hommes chargés de veiller sur la trêve signée en avril dernier entre les deux groupes rebelles actifs dans la région et le gouvernement soudanais. "Il s'agit précisément du genre d'attaque cruel que le vice-président Ali Osman al-Taha s'était engagé à éviter" a déclaré M. Michel, en souhaitant "qu'à présent le gouvernement soudanais coopère avec l'UA pour vérifier exactement ce qui s'est passé et en rendant le tout public afin de punir les responsables d'un acte qui va à l'encontre de tous les efforts de paix". Bruxelles est très vigilante sur le Soudan, surtout depuis que le 25 janvier dernier, la Commission européenne a stipulé un document stratégique par lequel l'Union européenne a alloué au Soudan près de 400 millions d'euros pour la période 2005-2007, reprenant de fait la coopération au développement avec Khartoum, interrompue pendant près de 15 ans à cause de la guerre civile dans le sud du Soudan. La signature de ce document a eu lieu deux semaines après celle de l'accord de paix du 9 janvier qui a mis un terme au plus long conflit africain entre l'armée de Khartoum et les rebelles de l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA), conflit qui a provoqué un nombre imprécisé de victimes, surtout de faim et de maladies; les estimations les plus diffuses faisant état de deux millions de morts et de quatre millions entre évacués et réfugiés. Malgré les pressions internationales, l'entente signée il y a deux semaines ne fait aucunement référence à un autre conflit en cours depuis février 2003 dans la région occidentale soudanaise du Darfour, provoquant "la plus grave crise humanitaire à l'heure actuelle" selon les Nations Unies.

(MISNA, Italie – 29-01-2005)
Bombardement aérien au Darfour, une centaine de morts

Au moins une centaine de personnes ont été tuées dans un bombardement aérien perpétré hier soir au Darfour, a déclaré un porte-parole de l'Union Africaine (UA) à Addis Abeba, où siège l'organisme, qui a 1.400 hommes dans la région ouest-soudanaise pour veiller à un cessez-le-feu. "C'est l'attaque la plus grave perpétrée ces derniers mois, mais ce n'est pas un acte isolé" a ajouté le porte-parole, Adam Thiam, s'adressant à la presse. "Depuis le 16 janvier, il y a eu une attaque des janjawid (milices arabes) très grave, suivie d'une attaque très grave imputée à l'Armée de libération du Soudan (SLA)" a ajouté M. Thiam, sans préciser qui étaient les auteurs du bombardement d'hier, commis près d'El Fasher. Il a souligné que jusqu'à ce jour, les bombardements aériens ont été perpétrés par le gouvernement. Peu avant ces propos, des agences de presse internationales avaient rapporté des nouvelles de bombardements loin d'El Fasher, capitale du Nord Darfour. "C'est une grave violation du cessez-le-feu" avait dit à la presse Jean Baptiste Natama, responsable politique de la mission d'observation de l'Union Africaine au Soudan. Une trêve a été signée en avril dernier entre le gouvernement de Khartoum et les deux principaux mouvements rebelles du Darfour, insurgés en février 2003 contre les autorités centrales, accusées de négliger la région et de soutenir les janjawid, auteurs de pillages et de violences

(MISNA, Italie – 27-01-2005)
L'ONU signale des violences au Darfour

De nouveaux affrontements dans la région soudanaise du Darfour pourraient avoir tué la semaine dernière plus d'une centaine de civils et contraint à la fuite plus de 9.000 personnes. C'est ce qu'a déclaré aujourd'hui le porte-parole des Nations Unies George Somerwill, en affirmant avoir reçu la confirmation que "le village de Hamada a été presque entièrement détruit et 105 civils, dont une majorité de femmes et d'enfants, pourraient déjà avoir été tués". M. Somerwill a ajouté qu'il ne savait pas comment ces personnes avaient perdu la vie ni qui étaient les parties en lutte, ni même s'il y avait eu ou des bombardements aériens. Le porte-parole des Nations Unies a spécifié que 8.000 Soudanais avaient fui les lieux des violences pour chercher refuge à Mershing, une localité proche dans l'État du Sud Darfour. La semaine dernière, les Nations Unies avaient envoyé une équipe de reconnaissance dans la zone de Hamada. La crise au Darfour a commencé en février 2003, quand deux groupes d'autodéfense populaire se sont soulevés militairement contre le gouvernement de Khartoum, accusé de négliger la région et de soutenir des milices de pillards arabes (janjawid) qui sèment la terreur dans la zone depuis des années. Les violences ont provoqué jusqu'à présent un nombre non précisé de victimes (plusieurs dizaines de milliers selon les Nations Unies, 5.000 selon Khartoum) et près d'un million et demi de déplacés, y compris 200.000 réfugiés au Tchad.

(MISNA, Italie, 26-01-2005)

Relance de la coopération entre l’Union Européenne et Khartoum

La Commission européenne et le gouvernement soudanais ont stipulé un accord stratégique qui doit permettre de débloquer plus de 450 millions d’euros sur les fonds européens (pour la période 2005-2007) afin de relancer la coopération entre les deux parties, après la fin de l’une des guerres civiles les plus longues du continent africain. La signature d'un tel accord intervient deux semaines après la souscription d'un accord de paix entre Khartoum et les rebelles du Sud Soudan (SPLA, Armée de libération populaire du Soudan), mettant un terme à une tragique guerre ayant duré plus de 21 ans. Le document, signé hier au siège de la Commission européenne par le commissaire européen aux Aides et Développement, Louis Michel, et le ministre pour la Coopération internationale du Soudan, Yusuf Takana, prévoit l'utilisation de fonds européens pour l'achat d'aides alimentaires et pour des programmes de développement sur tout le territoire national. Par ailleurs, un nouveau plan visant à allouer 50 autres millions d'euros en aides est à l'étude, qui seront équitablement partagés entre le nord et le sud du pays. Depuis 1983, le conflit fort complexe du Sud Soudan - souvent seulement représenté comme un contraste religieux entre le Nord (arabe et musulman) et le Sud (dont la population est à majorité noire, chrétienne et animiste), mais en réalité fortement lié aux intérêts internationaux sur l'exploitation des gisements pétroliers dont les zones faisant objet de litige sont riches - a provoqué un nombre imprécisé de victime, surtout de faim et de maladies; les estimations les plus diffuses font état de deux millions de morts et de quatre millions entre évacués et réfugiés Malgré les pressions internationales, l'entente signée il y a deux semaines ne fait aucunement référence à un autre conflit en cours depuis février 2003 dans la région occidentale soudanaise du Darfour, provoquant "la plus grave crise humanitaire à l'heure actuelle" selon les Nations Unies.

(MISNA, Italie – 26-01-2005)
Rumbek : les indépendantistes ratifient le traité de paix avec le Nord

L'accord de paix signé le 9 janvier dernier par le gouvernement de Khartoum et par l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA), bras armé du mouvement qui a pendant 20 ans mené la guerre pour l'indépendance du Sud-Soudan, a été ratifié la nuit dernière à Rumbek, capitale provisoire de la région méridionale du pays. Le président de la commission de loi de l'Assemblée nationale du Soudan a félicité le Parlement du mouvement populaire de libération pour la ratification, approuvée à l'unanimité et sans aucun changement au texte initial de l'accord. En réalité, en vertu des accords passés, ni le Parlement de Khartoum ni le Parlement du sud ne peuvent amender le texte original signé par le gouvernement et par les responsables du SPLA. Les deux assemblées ne peuvent que débattre autour du texte. Le texte doit à présent être ratifié par Khartoum, dès la semaine prochaine. Durant la phase de transition, le Soudan sera guidé par un gouvernement d'unité nationale pendant 6 ans et demi, au terme desquels un référendum sur l'indépendance aura lieu dans le sud. L'accord prévoit également que la loi islamique ne soit applicable qu'au nord, un accord sur la distribution des revenus du pétrole et un accord sur le déploiement des forces militaires (qui ne seront pas unifiées, ou seulement partiellement) dans les divers secteurs du pays.

(MISNA, Italie – 25-01-2005)
Le Leader SPLA accueilli par des messages de Paix à Rumbek

"Nous demandons que les semences de la paix remplacent celles de la guerre": tel est l'un des messages d'espoir écrit sur une des pancartes brandies par une centaine de personnes venues accueillir sur la piste de l'aéroport de Rumbek (Sud Soudan) John Garang, président du Mouvement populaire pour la libération du Soudan (SPLAM) et chef du bras armé (SPLA), qui a combattu pendant 20 ans une guerre pour l'indépendance de Khartoum, récemment conclue avec la signature de l'accord global du 9 janvier dernier. Il s'agit de la première visite de Garang à Rumbek (capitale provisoire du Sud) depuis la signature de la paix. le leader de la SPLA a également été accueilli par Jan Pronk, l'envoyé spécial de l'ONU au Soudan. Les deux hommes devraient se rencontrer aujourd'hui pour discuter du prochain déploiement (vraisemblablement pas avant mars) de près de 10.000 casques bleus mis à disposition par l'ONU afin de garantir la paix dans le Sud. Selon les divers accords signés ces derniers mois, et scellés par l'accord final du 9 janvier dernier, les parties en présence sont parvenues à la définition de l'organisation du Soudan pendant la phase de transition: un gouvernement d'unité nationale pendant 6 ans et demi, puis un référendum dans le sud pour parvenir à une éventuelle indépendance; l'application de la loi islamique seulement au nord; l'entente sur le partage des revenus provenant de la vente du pétrole; un accord sur le déploiement des forces militaires (qui ne seront pas unifiées ou le seront partiellement) dans les diverses zones du pays. Depuis 1983, le conflit fort complexe du Sud Soudan, souvent seulement représenté comme un contraste religieux entre le Nord (arabe et musulman) et le Sud (dont la population est à majorité noire, chrétienne et animiste), mais en réalité fortement lié aux intérêts internationaux sur l'exploitation des gisements pétroliers dont les zones faisant objet de litige sont riches. Le conflit entre Khartoum et les rebelles de l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA) a fait un nombre imprécisé de victimes, surtout de faim et de maladies; les estimations les plus diffuses font état de deux millions de morts et de quatre millions entre évacués et réfugiés Malgré les pressions internationales, l'entente signée il y a deux semaines ne fait aucunement référence à un autre conflit en cours depuis février 2003 dans la région occidentale soudanaise du Darfour, provoquant "la plus grave crise humanitaire à l'heure actuelle" selon les Nations Unies.

MISNA, Italie – 22-01-2005
La Banque Mondiale est de retour

Après dix ans d'absence, la Banque mondiale a l'intention de rouvrir un bureau au Soudan. L'annonce arrive à deux semaines de la signature des accords de paix entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles indépendantistes de la SPLA (Armée de libération populaire du Soudan, guidée par John Garang) qui a mis fin à 21 ans de conflit dans le Sud Soudan. Dans la note diffusée par l'institution financière internationale, il est précisée qu'un siège sera ouvert dans la capitale à Khartoum, tandis qu'une autre agence, chargée en particulier de s'occuper des régions méridionales, sera également ouverte à Nairobi, sans toutefois qu'une date soit précisée. Selon les observateurs internationaux, l'annonce de la Banque mondiale indiquerait une certaine disponibilité de l'institut de crédit à participer à des projets de reconstruction dans les zones méridionales, malgré le fait que Khartoum ne soit pas en mesure de rembourser les crédits contractés auprès de la Banque depuis 1993. Le gouvernement soudanais a encore des rapports économiques avec l’International Development Association (Ida), une institution liée à la Banque mondiale

(MISNA, Italie – 22-01-2005
Darfour et Sud : ONU et UA étudient une « stratégie commune »

Le choix des pays appelés à participer à la mission de paix que les Nations Unies enverront au Sud-Soudan – dans le but de sauvegarder la paix historique conclue entre le gouvernement et les indépendantistes du sud après plus de 20 ans de conflit – pourrait retarder le déploiement des hommes sur le terrain. La nouvelle est référée aujourd'hui par des sources journalistiques locales et internationales, qui précisent que des membres du SPLA (Armée populaire de libération du Soudan, le principal groupe armé acteur de la guerre sud-soudanaise) ont exprimé des réserves sur la liste des pays qui participeront à la mission. En vertu des accords, la nationalité des casques bleus devait être décidée en accord avec les Nations Unies, le gouvernement soudanais et le SPLA. Le mouvement guidé par John Garang affirme qu'il n'a pas encore approuvé la liste des pays qui contribueront à la mission. Entre temps, les Nations Unies et l'Union Africaine ont fait savoir qu'ils évaluaient la possibilité d'unir leurs efforts et de créer une unique mission internationale pour le plus grand pays africain. Actuellement en effet, l'UA est active et présente dans la crise au Darfour – la région de l'ouest du Soudan théâtre depuis février 2003 de combats et de violences – tandis que l'ONU est essentiellement engagée, et le sera de plus en plus, dans le sud. Le président de la Commission de l'Union Africaine, Alpha Oumar Konaré, et l'envoyé spécial de l'ONU pour le Soudan, Jack Pronk, se sont rencontrés aujourd'hui pour parler d'un mandat unifié. Au terme de la rencontre, il a été annoncé qu'une stratégie commune à présenter en public au prochain sommet de l'UA serait mise au point dans les prochaines semaines

(MISNA, Italie – 21/01/2005)

 
 
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Nouvelles brèves du  18 au 21 janvier  2005
Accord avec opposition renforce la Paix Nord-Sud, Darfour encore exclu
Réponse de La Ministre déléguée aux affaires européennes
La Haye ouvre le premier bureau de liaison de l'après-guerre dans le Sud
La guerre est finie, que l’école reprenne
A-t-on déjà oublié le Darfour
ONU: 10.000 casques bleus pour garantir la paix dans le Sud
L'Onu veut accorder la priorité à l'éducation au sud Soudan
Accord avec opposition renforce la Paix Nord-Sud, Darfour encore exclu

Le choix des pays appelés à participer à la mission de paix que les Nations Unies enverront au Sud-Soudan – dans le but de sauvegarder la paix historique conclue entre le gouvernement et les indépendantistes du sud après plus de 20 ans de conflit – pourrait retarder le déploiement des hommes sur le terrain. La nouvelle est référée aujourd'hui par des sources journalistiques locales et internationales, qui précisent que des membres du SPLA (Armée populaire de libération du Soudan, le principal groupe armé acteur de la guerre sud-soudanaise) ont exprimé des réserves sur la liste des pays qui participeront à la mission. En vertu des accords, la nationalité des casques bleus devait être décidée en accord avec les Nations Unies, le gouvernement soudanais et le SPLA. Le mouvement guidé par John Garang affirme qu'il n'a pas encore approuvé la liste des pays qui contribueront à la mission. Entre temps, les Nations Unies et l'Union Africaine ont fait savoir qu'ils évaluaient la possibilité d'unir leurs efforts et de créer une unique mission internationale pour le plus grand pays africain. Actuellement en effet, l'UA est active et présente dans la crise au Darfour – la région de l'ouest du Soudan théâtre depuis février 2003 de combats et de violences – tandis que l'ONU est essentiellement engagée, et le sera de plus en plus, dans le sud. Le président de la Commission de l'Union Africaine, Alpha Oumar Konaré, et l'envoyé spécial de l'ONU pour le Soudan, Jack Pronk, se sont rencontrés aujourd'hui pour parler d'un mandat unifié. Au terme de la rencontre, il a été annoncé qu'une stratégie commune à présenter en public au prochain sommet de l'UA serait mise au point dans les prochaines semaines

(MISNA, Italie – 21/01/2005)
Réponse de La Ministre déléguée aux affaires européennes, Mme Claudie Haignere  à une question de Mr Bernard Scellier, sénateur de l’Aveyron, le 10 janvier 2005 

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
Monsieur le Sénateur, 

Je réponds à cette question au nom de Michel Barnier, actuellement en visite à Moscou.
Certes, la situation humanitaire en Asie est aujourd'hui au premier plan médiatique. Mais je peux vous assurer que la France et l'Union européenne restent pleinement mobilisées par la situation au Soudan, en particulier dans le Darfour.
La signature, le 9 janvier, à Nairobi, en présence de Renaud Muselier, de l'accord de paix sur le Sud est un événement essentiel qui a mis un terme à la plus ancienne guerre sur le continent africain.
Le retour de la paix au Sud est le point de départ de la reconstruction de cette région, sans doute une des plus oubliées de la planète. La communauté internationale, l'Union européenne, la France s'y sont préparées. La France consacrera des moyens substantiels à la reconstruction de cette région, dans laquelle le retour des partenaires est déjà en train de s'organiser. Sur le seul Darfour, l'engagement financier de la France dépasse d'ores et déjà 60 millions d'euros.
Mais la crise est loin d'être réglée au Soudan. Vous avez raison de le souligner. Sans compter les mouvements qui se précisent à l'Est, la situation continue de se dégrader dans le Darfour, et menace à terme la stabilité régionale, notamment au Tchad et en Centrafrique.
Les ruptures de cessez-le-feu sont constantes, à l'initiative de toutes les parties. Les exactions contre les populations civiles se poursuivent. Il est donc essentiel de préserver la mobilisation de la communauté internationale.
De fait, la France, avec ses partenaires européens, s'active pour que se poursuive notre soutien à l'Union africaine, en première ligne sur ce dossier, sur le terrain comme sur le plan des négociations politiques.
Vous le voyez, Monsieur le Sénateur, la France et l'Union européenne n'oublient pas l'Afrique et le Darfour./.

La Haye ouvre le premier bureau de liaison de l'après-guerre dans le Sud

La ministre du Développement et de la Coopération néerlandaise Agnes van Ardenne a inauguré jeudi le premier bureau de liaison de l'après-guerre dans le sud du Soudan, commun aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, à Rumbek, a constaté un journaliste de l'AFP. 
La brève cérémonie a été marquée par la levée des couleurs néerlandaises et britanniques devant l'immeuble, situé près du terrain d'atterrissage de Rumbek, la capitale provisoire du sud du Soudan. Un panneau a été apposé sur la porte d'entrée sur lequel on peut lire: "Bureau de liaison Pays-Bas/Royaume-Uni, Rumbek". 
"Nous avons une ambassade à Khartoum, mais Khartoum est trop loin", a dit Mme van Ardenne à la presse. "Ce bureau de liaison sera lié fortement à notre ambassade et à l'ambassade britannique à Khartoum", a-t-elle ajouté, en soulignant que l'objectif était de faciliter les contacts avec les nouveaux dirigeants de la région. 
Mme van Ardenne est le plus haut responsable occidental à visiter la ville de Rumbek, depuis la signature le 9 janvier à Nairobi, de l'accord de paix entre les rebelles sudistes du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) et Khartoum, qui a mis fin au plus vieux conflit d'Afrique. 
Plusieurs organisations non-gouvernementales et agences des Nations unies ont déjà transféré leurs bureaux de Nairobi à Rumbek, ravagée par la guerre. 
"Nous avons besoin de contacts directs avec les agences des Nations unies, la société civile, les autorités et le SPLM, et Khartoum est trop loin", a expliqué Mme Van Ardenne. 
"Aussi, pour aider toutes ces activités nous avons décidé d'ouvir un bureau ici", a-t-elle ajouté, en appelant les autres pays occidentaux à faire de même. "Ils peuvent faire beaucoup pour le Sud. Nous espérons qu'ils vont nous rejoindre", a-t-elle dit. 
Les Pays-Bas ont accordé une aide alimentaire de 60 millions d'euros au Sud Soudan et au Darfour, région de l'ouest du pays déchirée par la guerre civile et théâtre d'une grave crise humanitaire. 
Ils ont aussi accordé 3,5 millions d'euros pour financer des projets de construction du SPLM et commencé à former des diplomates du sud du Soudan aux Pays-Bas. 
"Nous allons poursuivre notre aide (humanitaire)", a ajouté la ministre, qui s'est aussi engagée à obtenir 100 millions d'euros pour le développement et la reconstruction du Darfour et du Sud. 
Mais, a-t-elle insisté, ces fonds ne seront pas libérés avant que le gouvernement n'ait résolu le conflit du Darfour. "Nous pourrons dépenser ces sommes que lorsque le Darfour sera stable", a-t-elle déclaré. "Si la situation ne se stabilise pas, je ne crois pas que les donneurs pourront obtenir un tel montant pour la reconstruction du Soudan", a-t-elle insisté. 
Mme van Ardenne devait rencontrer jeudi le président du SPLM et prochain vice-président du Soudan, John Garang, près de la frontière avec le Kenya. Elle a affirmé qu'elle allait lui demander d'user de son influence auprès des groupes rebelles du Darfour pour les encourager à déposer leurs armes et poursuivre la recherche d'un règlement pacifique. 
"Je vais lui demander d'user de son influence pour convaincre les rebelles de cesser le combat et d'essayer de trouver avec le gouvernement une solution pacifique au conflit. Je sais qu'il a beaucoup d'influence sur ces groupes", a-t-elle dit.

(Courrier-international ave AFP, Rumbek, 20/01/2005 )
La guerre est finie, que l’école reprenne 

Après vingt et un ans de guerre, interrompus par les accords de paix du 9 janvier dernier signés par Khartoum et la rébellion indépendantiste du Sud (l'Armée de libération populaire du Soudan, SPLA, de John Garang), la priorité de cette région soudanaise a désormais le visage des enfants. Telle est l'affirmation avancée par l'agence des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) selon laquelle le futur de cette région dépend en grande partie de l'éducation donnée aux plus petits et a annoncé pour cette raison son implication directe avec un programme particulier en leur faveur. Sur une population de 7,5 millions d'habitants dans le Sud Soudan, seulement 20% savent lire et écrire, selon les statistiques de l'UNICEF: il s'agit du taux d'analphabétisme le plus bas au monde après l'Afghanistan et suivi du Niger avec 24%. Dans cette partie du monde aussi, les premières personnes faisant les frais des privations sont les fillettes: seule une femme sur 10 est allée à l'école et seule une sur 100 est parvenue à conclure un cycle d'études élémentaires. Dans les prochains mois l'ONU a l'intention d'engager dans les régions méridionales du Soudan des programmes spécifiques pour la scolarisation des fillettes et en particulier des cours spéciaux dans les villages pour celles un peu plus grandes, afin de les aider à se réinsérer dans la dernière classe de l'école primaire. Ce sont des raisons économiques et culturelles qui poussent les parents à ne pas envoyer leurs enfants de sexe féminin à l'école, qui réalisent en revanche les travaux domestiques, tandis que leurs frères fréquentent souvent les salles de classe. L’UNICEF souligne aussi le problème de la qualité de l'éducation dans le Sud Soudan où seulement 7% des enseignants ont reçu une formation professionnelle et plus de la moitié des édifices scolaires ne sont que de grandes arbres sous lesquels les petits élèves s'assoient.

(MISNA, Italie – 19/01/2005) 
A-t-on déjà oublié le Darfour ?

La catastrophe humanitaire déclenchée par les tsunamis en Asie du Sud-Est domine l'actualité internationale. Pourtant, ailleurs, d'autres situations réclament une attention tout aussi urgente, notamment au Darfour. Le secrétaire général de l'ONU vient de déclarer que la guerre dans cette région du Soudan dégénère et menace la vie de milliers de personnes. Human Rights Watch accuse le monde de ne rien faire et demande une intervention.
A-t-on déjà oublié le Darfour ? Pourtant, l'urgence est bien présente, et l'ONU vient juste de publier un rapport où elle décrit les paramètres dont devraient tenir compte les États pour envisager une intervention en faveur de populations opprimées, comme c'est le cas au Soudan. Un monde plus sûr : notre affaire à tous constitue une lueur d'espoir si la communauté internationale a le courage dans faire son bréviaire humanitaire. 

Redéfinir les termes de la sécurité 
Le rapport est le fruit du travail d'un groupe de personnalités de haut niveau réuni pour discuter des menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité internationale, pour dire en quoi les politiques et les institutions actuelles de l'ONU permettent d'y faire face et pour recommander des mesures propres à lui donner les moyens de pourvoir aux futurs défis de la sécurité collective. Il suggère une redéfinition des termes qui déterminent la notion de sécurité internationale. 
Cette révision va dans le sens d'un élargissement qui lie la sécurité à des questions économiques, sociales, culturelles et environnementales. La question est cruciale puisque l'ONU ne peut donner son aval à l'usage de la force qu'en cas de légitime défense et, ce qui est en jeu ici, de menace à la sécurité internationale. 
Le groupe de personnalités souligne l'interdépendance accrue entre les pays en la matière. Il insiste, sans surprise, sur le caractère collectif des mesures à prendre. Parmi les recommandations les plus novatrices, on trouve l'adoption de la notion de souveraineté comme exercice d'une responsabilité. 
Traditionnellement, la souveraineté autorise un État à se proclamer autorité ultime sur un territoire donné. Pour faciliter cette revendication et minimiser les conflits potentiels, les États se reconnaissent entre eux et proscrivent, en théorie, les ingérences dans les affaires internes les uns des autres. Cette définition traditionnelle est aujourd'hui remise en cause. 
Le Canada, en 2001, a commandité un rapport intitulé La responsabilité de protéger qui propose que la souveraineté soit aussi vue comme une responsabilité pour l'État d'assurer le respect et la protection des droits fondamentaux des populations placées sous sa charge. Si un État faillit à ses devoirs, cette responsabilité incombe à la communauté internationale. La question épineuse du droit à l'intervention devient ainsi un devoir d'intervention. 
Cet audacieux transfert de responsabilité s'effectue selon de stricts critères sélectifs pour éviter de semer la zizanie. Les critères retenus dans Un monde plus sûr : notre affaire à tous sont les suivants. 
- Gravité de la menace : le cas est-il assez grave pour justifier l'usage de la force militaire ? 
- Légitimité du motif : l'opération militaire répond-elle directement à la menace en question ? 
- Dernier ressort : toutes les autres options non militaires ont-elles été sérieusement examinées ? 
- Proportionnalité des moyens : l'ampleur, la durée et l'intensité de l'intervention militaire envisagée sont-elles le minimum requis pour faire face à la menace en question ? 
- Mise en balance des conséquences : les conséquences probables d'une intervention militaire sont-elles plus néfastes que l'inaction ? 

Le drame du Darfour 
Si nous appliquons ces critères, le nombre, la répartition et le caractère des interventions de par le monde en seraient profondément transformés. Le Darfour est un beau cas d'espèce. 
La guerre dans cette région a été considérée pendant des mois comme la plus grande crise humanitaire au monde par l'ONU, et le Congrès américain a même déclaré qu'un génocide était en cours. Les dernières estimations font état de 70 000 morts et de 1,6 million de personnes déplacées par le conflit. 
Des accords ont été négociés entre les parties et systématiquement violés. Le Conseil de sécurité s'est réuni dans la région devant la gravité de la situation et a menacé de sanctions le gouvernement soudanais à plusieurs reprises. Pourtant, le rapport le plus récent du secrétaire général fait état de la poursuite des exactions et conclut même à une tendance à la hausse des violences. Bref, il s'agit d'un cas évident où un pays manque à sa responsabilité de protéger sa propre population. 
Quelle est la réaction de la communauté internationale ? L'Union africaine dispose sur place de moins de 1000 soldats, sur les plus de 3000 annoncés, pour une région où les déplacements sont difficiles et dont la superficie équivaut à celle de la France. Son rôle d'observateur en est réduit à sa plus simple expression. Les remontrances et menaces de sanctions faites aux protagonistes ont eu peu d'effets positifs, voire le contraire. 
En fait, la véritable pierre d'achoppement à une intervention est le manque de volonté politique qui se traduit par une réticence à s'engager militairement. Les États répugnent à sacrifier leurs soldats là où leurs intérêts ne sont pas en jeu et les forces armées modernes coûtent cher à entretenir, et encore plus à déployer. Pour que les principes exprimés dans Un monde plus sûr : notre affaire à tous se traduisent dans la pratique, les États devront d'abord à tout le moins dépasser le cynisme des intérêts nationaux et les caprices d'une opinion publique changeante. Ce rapport ne risque pas d'être le dernier. Pendant ce temps, les gens meurent au Darfour. 

(Marc André Boivin - Université de Montréal, Canada, 19-01-2005 )
ONU: 10.000 casques bleus pour garantir la paix dans le Sud

Près de 10.000 casques bleus envoyés par les Nations Unies dans le Sud Soudan garantiront le respect des accords de paix signés entre le gouvernement de Khartoum et les indépendantistes du Sud. La nouvelle a été donnée aujourd'hui par l'envoyé spécial de l'ONU dans le pays, Jan Pronk, en précisant que l'opération devrait coûter près de 100 millions de dollars par an et débuter mi-février, après que le Conseil de sécurité en aura officiellement approuvé la création. Selon les divers accords signés ces derniers mois, et scellés par l'accord final du 9 janvier dernier, les parties en présence, qui ont lutté pendant plus de 20 ans, sont parvenues à la définition de l'organisation du Soudan pendant la phase de transition: un gouvernement d'unité nationale pendant 6 ans et demi, puis un référendum dans le sud pour parvenir à une éventuelle indépendance; l'application de la loi islamique seulement au nord; l'entente sur le partage des revenus provenant de la vente du pétrole; un accord sur le déploiement des forces militaires (qui ne seront pas unifiées ou le seront partiellement) dans les diverses zones du pays. Depuis 1983, le conflit fort complexe du Sud Soudan, souvent seulement représenté comme un contraste religieux entre le Nord (arabe et musulman) et le Sud (dont la population est à majorité noire, chrétienne et animiste), mais en réalité fortement lié aux intérêts internationaux sur l'exploitation des gisements pétroliers dont les zones faisant objet de litige sont riches. Le conflit entre Khartoum et les rebelles de l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA, guidée par John Garang) a fait un nombre imprécisé de victimes, surtout de faim et de maladies; les estimations les plus diffuses font état de deux millions de morts et de quatre millions entre évacués et réfugiés Malgré les pressions internationales, l'entente signée il y a quelques jours ne fait aucunement référence à un autre conflit en cours depuis février 2003 dans la région occidentale soudanaise du Darfour, provoquant "la plus grave crise humanitaire à l'heure actuelle" selon les Nations Unies

(MISNA, Italie, 18/01/2005)
L'Onu veut accorder la priorité à l'éducation au sud Soudan

Les Nations unies veulent accorder la priorité à l'éducation au sud Soudan afin de favoriser les efforts de développement dans une région qui affiche des taux d'illétrisme alarmants. 
"La meilleure chose à faire dans le sud Soudan est de fournir une éducation à la population", déclare Ben Parker, chargé de la communication au Fonds de l'Onu pour l'Enfance (Unicef). "Vous ne pouvez pas gouverner un pays sans une population éduquée", dit-il. 
Les enfants du sud Soudan ont les conditions d'accès à l'éducation les moins favorables au monde, avec un taux de scolarisation primaire de 20%, derrière l'Afghanistan, selon les chiffres de l'Onu. 
Avec une population estimée de 7,5 millions d'habitants, la région a aussi le taux d'alphabétisation le plus bas du monde, derrière le Niger, dont le taux est de 24%. Ces chiffres sont particulièrement inquiétants pour les femmes, dont une sur dix est illettrée. 
L'Unicef a adopté une stratégie calquée sur le modèle du Bangladesh afin d'encourager les filles à fréquenter l'école. Selon les chiffres actuels, une fille sur 100 termine le cycle primaire au sud Soudan, le taux le plus bas au monde. 
Une étude de l'organisation internationale a montré que de nombreux parents avaient peur que leurs filles ne les aident plus une fois inscrites à l'école et d'autres refusent de les envoyer "pour des raisons culturelles et de sécurité". "Ils ont peur que les garçons les embêtent", explique Ben Parker. 
Après cette étude, l'Unicef a commencé à installer dans les villages des écoles spéciales pour filles ouvertes trois heures par jour, contre six à sept heures pour les écoles publiques. 
"Vous éliminez ainsi les deux raisons" invoquées par les parents pour ne pas envoyer leurs filles à l'école, souligne le responsable de l'Unicef. 
La Moper Community Girls School (MCGS) a été ouverte en 2002 à Rokwach, un village proche de Rumbek, siège provisoire du Mouvement Populaire de Libération du Soudan (SPLM). Au départ, il s'agissait d'une seule structure, une hutte en pisé, avec un toit de chaume, pour 35 élèves. Mais l'intérêt grandissant des parents a poussé à la création de nouvelles classes. 
Ce modèle est un "moyen efficace pour amener les filles à l'école", affirme Charles Avelino, adjoint du responsable des programmes d'éducation de l'Unicef. 
"Nous laissons les parents décider eux-mêmes du calendrier de démarrage des classes", ajoute-t-il. Avant l'installation de la MCGS, l'école la plus proche était à une heure et demi de marche du village. 
L'Unicef a ouvert 174 écoles pour filles au Soudan en 2004, avec un effectif de plus de 5.000 élèves. Ce sont des écoles à une seule classe de 35 élèves, avec un enseignant unique, explique M. Avelino. 
"Les filles veulent apprendre", affirme Peter Kon Mayak, une enseignant de la MCGS. 
Les enseignants sont recrutés localement. Les écoles enseignent en langue vernaculaire un programme de trois ans comprenant l'anglais, les mathématiques, les sciences et les matières sociales. 
La plupart des élèves sont pieds nus et ne portent pas d'uniforme. Ils s'assoient à même le sol poussiéreux sur des nattes apportées de chez eux. Mais ils nourrissent beaucoup d'ambition pour leur avenir. 
"Je veux être employée de bureau", proclame Elizabeth Ayen Maker, 8 ans. Elle affirme que l'anglais est sa matière favorite et qu'elle veut être capable d'aider ses parents à la fin de ses études. 
L'Unicef a demandé un budget supplémentaire de 5 millions de dollars, le double de son budget actuel, pour faire face à l'afflux attendu des réfugiés. Elle finance notamment la construction des écoles et la formation des enseignants, dont seulement 7% ont reçu une formation. 

(Courrier International avec AFP, Rumbek, 18-01-2005)
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Nouvelles brèves du  3 au 17 janvier  2005
Accord avec opposition renforce la Paix Nord-Sud, Darfour encore exclu
Darfour : rebelles JEM, « Paix dans le Sud aggravera la situation chez nous »
Le président El Béchir en visite au Sud après la signature de la Paix
Signature de l’accord de paix, missionnaires : espoir et scepticisme
Accord de paix final entre gouvernement et rebelles du SPLA
Secrétaire Général de l’ONU met en garde contre nouvelle vague de violences
Après signature protocoles de paix, vers modification de la constitution
Accord avec opposition renforce la Paix Nord-Sud, Darfour encore exclu

Après la paix conclue avec les indépendantistes du Sud (Armée de libération populaire du Soudan, SPLA), le gouvernement de Khartoum a signé un autre accord de pacification avec un cartel regroupant les principaux mouvements d'opposition. La nouvelle a été rapportée par la presse locale et internationale, en précisant que la signature entre le gouvernement soudanais et les représentants de l'Alliance démocratique nationale (NDA, tel est le nom de la coalition de l'opposition dont la SPLA fait aussi partie) a eu lieu à Addis Abeba, où la NDA avait son quartier général. L'accord signé hier sera scellé lors d'une grande cérémonie prévue pour le 12 février prochain au Caire, en Égypte. Le porte-parole de la NDA, Hatem al-Sir Ali, a dit que l'accord "est complémentaire de la paix signée pour le Sud Soudan" et porte sur la volonté commune de diffuser la liberté et la démocratie dans le pays. La NDA avait été créée au lendemain du coup d'État de 1989 par lequel l'actuel président soudanais Omar al-Béchir a pris le pouvoir. En son sein ont conflué 13 groupes politiques (y compris leurs respectifs bras armés) mais aussi une cinquantaine de formations entre syndicats et associations; toutes ces réalités étaient unies par leur ferme opposition au gouvernement islamique de Béchir. Et si l'entente avec la NDA ne peut que renforcer les espoirs de paix du Soudan – après la conclusion de la guerre ayant duré plus de 20 ans entre le Nord et le Sud – le Darfour semble rester toujours plus isolé. En parlant de la région occidentale située à la frontière avec le Tchad et théâtre depuis février 2003 d'affrontements et de violences, le leader de la SPLA John Garang a dit que la seule façon de mettre un terme à la crise du Darfour est un changement de la politique du gouvernement. Dans un entretien accordé à l'émetteur britannique BBC, Garang a souligné à quel point il est indispensable que le nouveau gouvernement d'unité nationale prévu par les accords de paix nord-sud affronte le plus vite possible la question du Darfour, tout en expliquant que la crise dans la région occidentale ne pourra jamais menacer l'accord conclu entre Khartoum et la SPLA. Une préoccupation exprimée en revanche par les Nations Unies.

(MISNA, Italie, 17-01-2005)
Darfour : rebelles JEM, « Paix dans le Sud aggravera la situation chez nous » 

La paix signée entre Khartoum et les indépendantistes du Sud, par laquelle s'est conclue une guerre ayant duré vingt ans, risque d'aggraver le conflit en cours depuis février 2003 dans une autre zone du Soudan: le Darfour. C'est ce que soutient le leader du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), Omar Adam, en renversant la vision optimiste présentée jusqu'à présent par les experts et les hommes politiques de la communauté internationale selon qui la conclusion du conflit historique entre Khartoum et l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA) ne pourra qu'avoir des effets positifs sur la crise la plus récente ouverte dans la région occidentale soudanaise. Dans un entretien accordé à l'émetteur britannique BBC, le leader du JEM (un des deux mouvements armès actifs au Darfour) a accusé le gouvernement de "se préparer à la guerre", ajoutant que la paix avec la SPLA permettra à Khartoum de libérer des hommes et des moyens financiers jusqu'à présent déployés dans le sud. Adam a soutenu que des mouvements de troupes vers le Darfour, y compris de l'artillerie lourde, seraient déjà en cours. Des informations à propos desquelles aucune source indépendante n'est disponible, mais qui font suite de quelques heures seulement à l'alarme lancée par le Secrétaire général de l'Onu Kofi Annan sur une nouvelle poussée de violence et les signalisations de renforts militaires dans plusieurs zones de la région soudanaise. Dans l'entretien Adam s'est félicité avec John Garang, le leader de la SPLA (le principal mouvement indépendantiste du sud), pour l'accord de paix conclu, mais a dit ne pas être d'accord avec la vision "optimiste" de l'impact que pourra avoir sur le Darfour la paix relative au Sud Soudan. "Je ne crois pas que la venue au gouvernement de la SPLA puisse nous aider. Elle ne me donne pas beaucoup d'espoir" a commenté Adam au programme de la BBC "Focus on Africa". Ces derniers jours le gouvernement soudanais avait accusé les rebelles du Darfour d'avoir intensifié les déplacements militaires en vue d'un "plan subversif" qui aurait dû saboter à distance la signature de la paix avec la SPLA. Engagée en février 2003 – lorsque deux groupes d'autodéfense populaire ont levé les armes contre le gouvernement de Khartoum accusé de négliger la région et de soutenir les milices de pillards arabes (les Janjawid) qui depuis des années sèment mort et destruction dans la zone - la crise du Darfour a provoqué jusqu'à présent un nombre imprécisé de victimes (quelques dizaines de milliers selon les Nations Unies, "seules" 5.000 selon le gouvernement soudanais) et près d'un million et demi de déplacés y compris 200.000 réfugiés dans le Tchad voisin.

(MISNA- 12-01-2005) 
Le président El Béchir en visite au Sud après la signature de la Paix

« Pour la première fois nous avons vu le président Omar El Béchir ici à Juba, il s'est arrêté pour parler avec les gens, il a écouté, et assuré que la guerre était vraiment terminée" a raconté à la MISNA Père Pompeo Jugu, secrétaire de l'évêque de Juba, la plus importante ville du Sud Soudan, où s'est rendu hier le chef de l'État, au lendemain de l'accord de paix signé au Kenya entre le gouvernement et les rebelles indépendantistes, mettant fin à 21 ans de guerre civile. "Ça a été une journée de fête, avec des milliers de personnes dans les rues venues accueillir le président" a continué notre interlocuteur, contacté par téléphone à Juba, à plus de 1.300 kilomètres au sud de Khartoum. La télévision soudanaise a montré des images d'El Béchir qui, vêtu de blanc en signe de paix, s'est montré souriant parmi les gens qui dansaient autour de lui. Le chef de l'état-major des forces armées, selon des sources journalistiques, a ordonné aux militaires de respecter la trêve totale dans toutes les régions méridionales du pays. Le cessez-le-feu permanent avec les rebelles de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) devrait entrer en vigueur aujourd'hui. Le président s'est aussi rendu à Torit, près de la frontière ougandaise, fief des indépendantistes et théâtre dans le passé de rudes batailles.

(MISNA, Italie - 11-01-2005) 
Signature de l’accord de paix, missionnaires : espoir et scepticisme

L'espérance d'une application concrète des accords de paix, mais un certain scepticisme devant le risque que les paroles ne se transforment pas en faits: ce sont les sentiments exprimés par des missionnaires après la signature, hier à Nairobi, de l'accord de entre le gouvernement de Khartoum et les indépendantistes du sud du Soudan, l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA), pour mettre fin au conflit entre le nord et le sud déclenché en 1983. "Nous sommes heureux de cet accord" affirme Père Renato Sesana Kizito, qui œuvre de longue date aux côtés des populations Nuba. "Maintenant, la communauté internationale ne doit pas abandonner ce pays, parce que je crois que les deux parties ne sont pas sincèrement motivées pour faire la paix et qu'elles n'ont pas les forces pour la faire, après plus de 20 ans de guerre" dit à la MISNA le missionnaire italien. "Le Soudan est dans de telles conditions de désagrégation et tellement habitué à la violence que les forces internes, même les plus honnêtes, ne sont pas capables, seules, d'aboutir à la pacification" ajoute-t-il. La cérémonie tenue au stade Nyayo de Nairobi, devant 20 chefs d'État et de nombreuses personnalités, dont l'archevêque de Khartoum, le cardinal Gabriel Zubeir Wako – “s'est déroulée dans un climat très positif" a raconté à la MISNA Mgr Macram Max Gassis, évêque de la ville soudanaise d'El Obeid (environ 400 kilomètres de Khartoum), contraint depuis 12 ans à vivre au Kenya pour son action en faveur des droits de l'Homme. "Nous avons entendu de nombreuses déclarations et des discours de présidents: nous verrons à présent si cette paix sera appliquée. D'ici six mois les deux parties devront retirer leurs forces armées, hormis dans quelques villes, pendant que se poursuivront les discussions sur la formation d'un gouvernement conjoint" explique le prélat. "Je suis un peu déçu qu'aucun discours n'ait fait référence au rôle de l'Eglise dans les négociations de paix" commente-t-il avec une pointe d'amertume. "Bien que partiel et limité, cet accord de paix est un don de Dieu" a quant à lui déclaré Père Giuseppe Puttinato, directeur du Comboni College de Khartoum; "nous avons de l'espoir, mais rien n'est sûr quant à l'application de l'entente" précise le combonien contacté par téléphone dans la capitale soudanaise. "N'oublions pas que cet accord ne concerne pas le Darfour", la région occidentale du pays en proie depuis mars 2003 à un conflit responsable d'une grave crise humanitaire. Certains observent que les représentants des rebelles aux négociations sont pour la plupart des exilés intentionnés à rentrer et à faire partie du nouveau gouvernement. "Le risque est que se créent des divisions dans le sud, où la gestion des négociations a toujours été aux mains du leader John Garang et de quelques uns, avec l'exclusion de la société civile et d'une grande partie de la population" souligne une autre source missionnaire contactée par la MISNA. "Je ne veux pas sembler trop pessimiste" a conclu Père Kizito, "mais il suffit mettre le doigt sur la carte du Soudan (2,5 millions de kilomètres carrés, le pays le plus vaste de l'Afrique) pour trouver d'autres situations de crise qui risquent de dégénérer. La communauté internationale doit aider à la résolution du conflit au Darfour et éviter que la guerre ne devienne chronique, comme cela s'est passé pour le nord et le sud, qui se sont battus trop longtemps au nom des intérêts économiques et pétroliers de cette même communauté internationale" (propos recueillis par Emiliano Bos)

(MISNA-2005-01-10)
Accord de paix final entre gouvernement et rebelles du SPLA

L'accord de paix final entre le gouvernement de Khartoum et les indépendantistes du sud du Soudan, l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA), a été signé hier à Nairobi (Kenya) en présence d'une vingtaine de chefs d'État. Il conclut un exténuant processus de négociations lancé en octobre 2002 sous la pression de la communauté internationale, et met fin à un conflit déclenché en 1983. Le nord du pays, où vit la majorité arabe et musulmane, pourra garder en vigueur la charia (loi coranique) tandis que le sud, où vivent essentiellement des animistes et des chrétiens, aura droit à une période de 6 ans d'autonomie, avec son propre gouvernement, sa propre armée, puis il pourra tenir un référendum sur l'indépendance. Les parties se sont accordées sur une égale répartition des revenus du pétrole, sur la formation d'une nouvelle armée et sur la participation du SPLA au gouvernement de Khartoum. Selon certaines sources, John Garang, le chef de la rébellion, pourrait bien devenir en février vice-président du Soudan. Le SPLA se souleva en 1983 pour revendiquer une plus grande autonomie des centres du pouvoir. L'un des principaux motifs de la guerre a en réalité été le sort des énormes gisements de pétrole situés principalement dans le sud. D'après les estimations les plus diffusées, 2 millions de personnes sont mortes à cause de la guerre, surtout de faim et de maladies, et 4 millions de civils ont été déplacés dans d'autres zones du pays. Il semblerait qu'un grand nombre d'entre eux soient sur le point de regagner leurs terres.

(MISNA, Italie,10-01-2005)
Secrétaire Général de l’ONU met en garde contre nouvelle vague de violences

Les affrontements connaissent une intensification et la population locale pourrait se trouver face à une nouvelle vague de violence dans le Darfour, la région du Soudan occidental où depuis début 2003 plusieurs dizaines de milliers de personnes sont mortes et plus d'1,5 millions ont été contraintes de fuir. C'est ce qu'a déclaré hier le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, dans un rapport présenté au Conseil de sécurité de l'Onu. Selon Annan, les "quantités remarquables d'armes introduites" dans la région - théâtre de violences entre les deux groupes rebelles (JEM et SLA-M), les troupes gouvernementales et les milices de pillards arabes connues sous le nom de Janjawid – et "l'intensification de la violence, y compris des attaques aériennes, indiquent une dégradation ultérieure de la situation". Le secrétaire général de l'Onu, qui s'est rendu il y a six mois dans le pays africain et obtenu de Khartoum l'engagement à rétablir la sécurité, a ajouté que "de nouveaux mouvements rebelles sont en train de se former et lancent des attaques dans la zone pétrolière du Kordofan oriental”. Annan a ensuite souligné que toutes les parties en présence "doivent être persuadées, avec une combinaison de pressions et de garanties de la part des États influents, qu'il est dans leur réel intérêt” de trouver une solution au conflit. Hier encore, Jan Pronk, envoyé spécial du secrétaire général de l'Onu au Darfour, avait lancé l'alarme sur le fait que les autorités locales au Darfour persécuteraient le personnel des organisations non gouvernementales. Au même moment le ministre des Affaires étrangères soudanais Mustafa Osman, cité par l'agence de presse étatique "Sudan news agency", avait accusé les rebelles du Darfour de mettre au point "un plan subversif", qui comprendrait l'essor des agressions dans la province, pour saboter à distance la signature, prévue pour demain à Nairobi, au Kenya, de l'accord de paix entre le gouvernement de Khartoum et les indépendantistes de l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA). Selon le ministre, la spirale de violence au Darfour pourrait coïncider avec la conclusion de l'entente globale devant mettre fin à une guerre civile ayant duré 21 ans et qui a coûté la vie à 1,5 millions de personnes; le pacte de demain ne prend pas en considération la question du Darfour

(MISNA-08-01-2005)
Après signature protocoles de paix, vers modification de la constitution

La création d'une commission conjointe entre le gouvernement et les rebelles de l'Armée de libération populaire du Soudan (SPLA) a été annoncée hier à Khartoum suite à la signature, vendredi 31 décembre, du protocole pour le cessez-le-feu entre les deux parties, qui devrait ouvrir la voie à un accord de paix global imminent pour mettre fin au plus long conflit en cours en Afrique. La nouvelle a été donnée par le ministre de la Justice Ali Osman Yassein, en précisant que la commission aura pour mandat d'amender des lois qui établissent des différences entre les citoyens du Soudan et d'élaborer un projet pour la nouvelle Constitution. Celle actuellement en vigueur, approuvée en 1998, contient des éléments de discrimination pour les citoyens non musulmans. La même commission, a poursuivi le ministre, devra mettre au point une Charte constitutionnelle également pour le Sud Soudan. Les accords siglés jusqu'à présent, dans l'attente de la signature du plan de paix global prévu pour le 9 janvier prochain au Kenya – prévoient une période de transition de 6 ans au terme desquels le Sud (à majorité chrétienne et animiste) pourra décider par un référendum son propre statut à venir. Depuis 1983, les indépendantistes de la SPLA sont en lutte contre le gouvernement de Khartoum, revendiquant une majeure autonomie et davantage de ressources, dont le contrôle de l'extraction du pétrole des riches gisements du sud. Sur la base des accords signés en 2002, l'or noir sera équitablement partagé entre les deux parties, qui ont défini des critères de subdivision du pouvoir. La signature du protocole du 31 décembre dernier a été considérée à l'unanimité positivement par la communauté internationale; le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan a souhaité que l'entente porte "une nouvelle ère de paix au Soudan", en ajoutant que cet accord pourrait représenter un modèle pour résoudre la guerre dans le Darfour, dans l'ouest du Soudan, où la crise humanitaire a causé des dizaines de milliers de victimes et plus d'un million et demi de réfugiés. La guerre en cours depuis 1983 entre Khartoum et les indépendantistes du Sud a provoqué quant à elle plus de 2 millions de victimes et quatre millions d'évacués.

(MISNA, Italie – 3/01/2005)

 
 
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