ERYTHREE : L'ÉTAT DE SIÈGE

 

INTERNATIONAL CRISIS GROUP / 21 Septembre 2010

Traduit par Vigilance Soudan

 

Le dernier rapport de l'International Crisis Group analyse la situation politique et économique fragile qui a suivi la guerre dévastatrice avec l'Ethiopie (1998 - 2000). Il y a dix ans, l'Erythrée aurait pu être raisonnablement décrite comme un défi stable. Aujourd'hui, elle se trouve sous un stress sévère mais pas encore en pleine crise. Elle s'affaiblit régulièrement. La pauvreté sévit et le système politique autoritaire perd sa légitimité.

L'Erhitrée continue sur sa trajectoire, ses problèmes politiques et économiques vont donc seulement s'approfondir", dit Andrew Stroehlein, Directeur de communication de Crisis Group." Bien qu'il n'y ait  pas de protestations ouvertes maintenant,  le gouvernement ne peut prendre ce fait  pour acquis sur le long terme. Le changement est, réellement et seulement, une question de temps."

Le militarisme et l'autoritarisme qui définissent maintenant la culture politique érythréenne, ont leurs racines dans la violente histoire de la région. Les 30 années de guerre pour l'indépendance - achevées en 1991 - firent partie du réseau de conflits qui dévasta l'Afrique du Nord-Est. La réelle signification de cet héritage est seulement devenue claire pendant la dernière décade, tandis que le Président Afwerki et une petite cohorte d'ex-combattants ont resserré leur emprise sur le pouvoir,  qu'ils supprimaient les libertés en faveur d'une unité nationale obéissante et de la notion que l'Erythrée est entourée d'ennemis.

L'Erythrée a combattu pendant les années récentes, directement ou indirectement, contre l'Ethiopie, le Yémen, Djibouti et le Soudan et s'est engagée de façons diverses dans les conflits de l'est du Soudan, du Darfour et de Somalie. Les relations avec l'Ethiopie en particulier restent extrêmement tendues, en grande partie parce que l'Ethiopie manque d'obéir à l'engagement de l'accord de paix d'Alger et d'accepter d'être liée par l'arbitrage sur leurs frontières discutées. (La commission de la frontière décida que la ville de Badme, le point originel de la guerre, était en Erythrée). L'échec du Conseil de sécurité des NU de la forcer à l'obéissance, renforça le sens, à Asmara, que la Communauté internationale était hostile de façon inhérente. Tandis que l'Erythrée affirme poursuivre des intérêts nationaux légitimes de sécurité, son approche agressive l'a laissée de plus en plus isolée.

L'armée a été la clef de la stabilité, mais devient de moins en moins stable, par suite de la corruption et de  son affaiblissement. Le Service national - dont le but à l'origine était de construire le pays - pourrait bien se montrer un catalyseur pour la destruction éventuelle du régime. Une forme de démobilisation est demandée mais elle ne pourrait arriver en une nuit car la société et l'économie sont incapables d'absorber directement des dizaines de milliers de soldats démobilisés. On a besoin d'une approche holistique d'urgence qui demande une aide extérieure. Au lieu de pousser le régime dans un coin, la communauté internationale devrait s'engager avec l'Erythrée sur la base d'une meilleure compréhension du passé du pays et de ses souffrances actuelles. Ceci pourrait bien enlever au régime une raison d'être et finalement donner le pouvoir à des éléments plus réformateurs qui aient les yeux plus tournés vers l'extérieur, en restant à l'intérieur du Front du peuple pour la démocratie et la justice.

Il est inadéquate et apporte peu d'aide de faire le portrait de l'Erythrée comme le "gâcheur" régional.", dit Ernst Jan  Hogendoom, le Directeur du programme Afrique en exercice de Crisis Group. "
 
C'est aussi le produit de l'environnement politique de la Corne dans sa globalité. Finalement, tout est lié, et on a besoin d'une approche intégrée de la communauté internationale plus compréhensive pour traiter les problèmes sérieux que rencontrent l'Erythrée et sa région."

 

 

 

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