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Numéro 97 -98 - novembre - décembre
2000
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Sadiq ne saute pas au cou de Béchir
| De retour au Soudan le 23 novembre après quatre années
d'exil (LOI n'928), l'ex Premier ministre Sadiq al-Mahdi, a présidé
à Khartoum, le 5 décembre, pour la première fois depuis
bien longtemps la réunion du bureau politique de son parti, l'Umma.
Comme prévu, les deux principales factions du parti se sont affrontées
sur la conduite à tenir vis-à-vis du gouvernement. D'un côté,
Mubarak al Fadil al-Mahdi très favorable au régime
a insisté sur le fait que le programme national que l'Umma négocie
avec le National Congress (NC, gouvernemental) nécessitait
de participer au pouvoir. Mais de l'autre, Adam Musa Madibo et Abd-er-Rahman
Nugdallah se sont élevés contre tout accord bilatéral
avec le NC visant à instaurer un quelconque partage du pouvoir.
Ils considèrent qu'un tel accord profiterait au régime sans
aboutir à la restauration de la démocratie dans le pays.
Sadiq al-Mahdi s'est rangé aux vues de ce courant majoritaire au
sein du bureau politique de l'Umma. Et il a été décidé
de maintenir le dialogue avec le gouvernement, mais que l'Umma ne pourra
participer à un gouvernement de salut national avec les autres forces
politiques que si le pouvoir se décide à rétablir
la démocratie.
En outre, l'Umma a pris une série de mesures destinées à structurer sa base et à engager le dialogue avec les autres forces politiques au Soudan. Une décision qui va satisfaire Hassan al Turabi, beau-frère d'al-Mahdi, qui s'était précipité chez ce dernier dès son retour à Khartoum et qui aurait vu d'un mauvais oeil l'Umma se jeter dans les bras du président Omar Hassan al-Béchir. Ainsi une délégation de la branche Shabiyi du NC (regroupant les partisans de Turabi) dirigée par Ali al Haj a été reçue par al-Mahdi, la semaine dernière. Turabi cherche à-convaincre son beau-frère de s'allier à lui en vue de mobiliser leurs partisans en commun contre le régime. La Lettre de l’Océan Indien N° 929 du 9 décembre 2000 |