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Numéro 97 -98 - novembre - décembre
2000
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Soudan/USA: le torchon brûle
| Susan Rice, Secrétaire d’Etat adjoint américain s’est
rendue au Sud-Soudan en zone ALPS sans l’autorisation de Khartoum. Là,
elle a critiqué le gouvernement soudanais pour les réductions
en esclavage et les bombardements de civils dont celui d’Yei survenu pendant
son séjour. Khartoum a porté plainte auprès des Nations-Unies
pour ce voyage non autorisé et par rétorsion a retiré
des visas qu’il avait accordé à des diplomates américains.
Par ailleurs, Béchir a déclaré avoir vu un film de ce bombardement montrant une explosion dans un entrepôt de munitions où se trouvaient plusieurs miliciens en tenue civile. Depuis, il a accusé les Etats-Unis de recruter des enfants soudanais pour leur armée. Les Etats-Unis donnent des visas à plus de 300 des 3800 « garçons perdus », après que la Croix-Rouge n’ait pu retrouver leurs familles. Ils s’enfuirent du Soudan vers l’Ethiopie, où Bernard Kouchner les avait vus, puis de là vers un camp de réfugiés au Kenya, le tout à pied en traversant des horreurs incroyables, certains d’entre eux étaient presque des bébés. Pendant ces longues marches, beaucoup moururent, de besoin, noyés au passage des rivières, ou dévorés par des bêtes sauvages. Nous doutons vraiment que l’armée américaine soit à la recherche de recrues qui ont subi des traumatismes psychologiques très importants, et n’ont reçu aucune éducation formelle. Mais quel film pour Hollywood! Après que les Etats-Unis aient fait campagne avec succès
pour empêcher le Soudan de devenir membre non-permanent du Conseil
de Sécurité, ils ont organisé la visite de leur Secrétaire
d’Etat adjoint dont ils devaient attendre les commentaires qui en découleraient
forcément. Si l’on ajoute à cela les efforts que les Etats-Unis
semblent avoir faits sans succès pour que le sommet de l’IGAD ne
se déroule pas à Khartoum et les problèmes financiers
que la législation américaine présente et projetée
cause aux relations économiques du Soudan (voir Pétrole supra),
on remarque que la pression devient de plus en plus forte. Les dirigeants
politiques détenus actuellement à la Sécurité
à propos d’une rencontre avec un diplomate américain sont
en train d’en payer les pots cassés, ce qui conforte plutôt
le point de vue américain.
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