Numéro 96 - octobre 2000

Politique intérieure
 

Des élections présidentielles et législatives auront lieu simultanément du 11 au 20 décembre. 

Sadiq el Mahdi a annoncé son retour pour participer à ces élections le 23 novembre. El Mahdi est le président du parti Umma qui s’est retiré cette année de la coalition de l’opposition  l’Alliance Nationale Démocratique. Il était parti de Khartoum il y a 4 ans de peur d’être arrêté, et s’était établi en Egypte. Il a annoncé des déclarations politiques.

Selon un porte-parole de l’Alliance Nationale Démocratique, « la tentative du Général Béchir de se faire réélire montre un manque de sérieux de la part du président et de son parti. Cela n’aidera pas à aboutir à un accord de paix global et élargira le fossé entre Béchir et l’AND ». L’ALPS a fait en substance la même déclaration ajoutant que le gouvernement ne faisait pas ce qu’on lui demandait comme préalable, notamment l’abolition des lois restreignant les libertés publiques. Le parti de Tourabi boycottera les élections. Le Front des Forces Démocratiques de Ghazzi Suleiman veut présenter la candidature à la présidence de Garang à condition que l’actuelle Commission Générale électorale, en qui il n’a pas confiance, soit remplacée par une commission nationale, que les élections soient surveillées par des instances étrangères, et que toutes les lois restreignant la liberté d’expression et de réunion soient  supprimées. Selon deux communiqués de presse des Nations-Unies, un effort sera fait en ce sens, l’Etat d’urgence sera levé et des experts ont  été demandés pour surveiller les élections. Rien, semble-t-il, n’en a été déclaré à Khartoum où l’atmosphère s’alourdit.

De drôles d’histoires
Le rédacteur en chef de al-Wifaq, partisan de Béchir, a attaqué Tourabi dans son journal utilisant des expressions stupéfiantes, "les plus obscènes de l’histoire de la presse soudanaise". Il fut interrogé à ce propos par le conseil de la Presse, et en en sortant de ce Conseil il fut renversé, croit-on intentionnellement, par une camionnette dont la police recherche le conducteur et le propriétaire. Retourné chez lui, il déclara à tout un chacun que le fils de Tourabi avait organisé l’attentat. Tourabi nie absolument cela; il dit aussi que des douzaines de membres de son parti ont été arrêtés après l’incident. Les journaux ont reçu pour instruction de ne pas parler de l’affaire "pour ne pas gêner l’enquête".
L’assistant de Sadiq el Mahdi à la tête de l’Umma, Omar Nur ed-Deim est retourné à Khartoum; il a été attaqué, dit-on par d’autres membres du parti Umma; il est hospitalisé avec une blessure à la tête. Le gouvernement a condamné l’attaque. 
Ce genre d’événement est tout à fait nouveau au Soudan. On voit là, comme dans les violences des manifestants, l’effet d’entraînement de la brutalité gouvernementale.
 

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