Numéro 96 - octobre 2000

Economie
 

Inauguration du Djihad Félicitations françaises
Le Président Béchir vient d’inaugurer un complexe industriel sis à Bagheir sur la route de Khartoum à Wad Médani et répondant au doux nom de djihad. Curieusement, est-ce par pudeur?-les dépêches en anglais et en français écrivent Giad. Ce complexe qui appartient aux secteurs public et privé est évalué à $450 millions. Béchir a déclaré que le Soudan qui produit déjà des grenades propulsées par fusée, des mitrailleuses et des mortiers fabriquera bientôt au Djiha, des chars, de l’artillerie lourde et des mortiers. Au Djihad se fait aussi de l’assemblage de véhicules sud-coréens, japonais et français. Ces derniers sont des camionnettes Renault utiles à l’armée. Lors de l’inauguration, selon l’agence de presse soudanaise SUNA, l’ambassadeur de France a déclaré que l’inauguration du complexe reflétait les progrès du développement technique et de l’efficacité de la main d’oeuvre soudanaise ainsi que la capacité d’accomplir des réalisations dans les domaines économique et industriel. Il a ajouté, selon la même source, que la France et les sociétés françaises sont prêtes à plus de coopération avec le Soudan en particulier dans les domaines de l’industrie, de l’économie, du commerce, des mines, du pétrole, et de l’électricité. Vigilance Soudan qui a honte, se réjouit que les armements ne soient pas mentionnés, et s’interroge sur le pétrole en un temps où des personnalités sudistes félicitent Total de son attitude. La France veut-elle se salir les mains dans le génocide pétrolier? Pour ce qui est de l’électricité, nous notons que selon les mauvaises langues de Khartoum, les résultats du djihad-industrie ne sont peut-être pas très glorieux -à part de magnifiques maquettes sur ordinateur- à cause de tous les problèmes logistiques et notamment des continuelles pannes d’électricité qui arrêtent les travaux à chaque instant. Le régime en est conscient, aussi va-t-il ouvrir aux investisseurs soudanais et étrangers la production et la distribution d’électricité, jusqu’alors contrôlées par l’Etat. 

Le Soudan a obtenu des prêts d’un montant total de 48 millions de dollars, de l’Opec, le Fonds International pour le Développement Agricole et la Banque Islamique de Développement pour des projets de réhabilitation de périmètres irrigués, un projet au Sud Kordofan et 6o kilomètres de route vers la frontière tchadienne. 

L’homme d’affaires soudanais Salah Idriss, dont l’usine avait été bombardée par les Etats-Unis, vient de vendre 1 million d’actions de la société soudanaise de Télécommunications à une société basée à Londres MSI dont le propriétaire est un autre Soudanais. Les actions ont été vendues à $13, 98 alors que le cote était  à $15,98. 

Pétrole
La campagne de désinvestissement menée par les Eglises et ONG canadiennes à l’encontre de Talisman à cause de la politique de terre brûlée que son activité au Soudan entraîne, continue de porter ses fruits. Depuis février, Talisman a racheté ses propres actions pour un montant de 153 millions de dollars canadiens à un prix moyen de 49,22 dollars canadiens(1,52 $C= 1 $US). Le but, faire remonter la valeur de l’action, n’a pas été atteint, puisque l’action devrait dépasser 80 dollars canadiens selon les experts. 
La production soudanaise atteindra 500 000 barils/jour d’ici la fin de l’année selon le journal séoudien al Hayat. La plupart des pays les plus pauvres du monde subissent et subiront encore un choc économique majeur à cause de l’augmentation du prix du pétrole qu’ils importent. Mais certains des pays les plus pauvres, dont le Soudan, pourraient au contraire, du fait de leur production pétrolière, atteindre un Produit Intérieur Brut Annuel de $900 per capita, et donc ne plus compter au rang des pays les plus pauvres du monde. Ceci étant une vérité statistique qui ferait rêver bien des Soudanais, étant donné ce que nous savons de la distribution et de l’utilisation des revenus pétroliers du Soudan.

OGP Services Techniques, une filiale du malais Pétronas vient d’être nommé consultant de la direction pour la deuxième phase du projet de développement  pétrolier du bassin de Muglad. Il fournira la direction de l’engineering et les constructions nécessaires au développement des deux champs pétrolifères de Munga et Bamboo. Il construira trois pompes supplémentaires et développera les systèmes de contrôle et de communication. 
 

 
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