Echec de la rencontre de l’IGAD, Béchir craint plus Tourabi
que l’ALPS
L’IGAD a fait preuve d’imagination en modifiant son vocabulaire. Les
médiateurs n’ont plus parlé d’un Soudan laïc, mais d’un
« islamisme à deux vitesses » où, au niveau fédéral,
tous les organes et institutions de l’Etat seraient neutres du point de
vue religieux. De son côté, l’ALPS n’a plus demandé
une confédération avant un référendum d’autodétermination,
mais seulement un « esprit de confédération »
dans la division des pouvoirs entre l’Etat fédéral et les
Etats confédérés. Khartoum n’a pas bougé sa
position d’un iota, ce qui prouve aussi que Béchir redoute plus
la surenchère et l’agitation provoquées par Tourabi qu’une
guerre du Sud sans fin. Les rencontres doivent reprendre prochainement,
tandis que Garang a sollicité la médiation du président
togolais Bongo.
Initiative égypto-libyenne
Dans le cadre de l’initiative égypto-libyenne, une conférence
préparatoire au dialogue s’est tenue à Khartoum le 16 octobre.
Vigilance Soudan n’a pas pu obtenir la liste des participants, qui ne comprenait
que des groupes autorisés au Soudan, c’est à dire en principe,
au plus des peu opposants. Cette conférence a recommandé
la mise en oeuvre des accords de paix déjà faits avec certaines
factions sudistes et des Monts Nouba (ce qui implique un référendum
d’auto-détermination du Sud éventuellement immédiat),
un cessez-le feu avant la réunion de la conférence avec l’AND,
la création d’un poste de premier ministre responsable devant le
gouvernement et le parlement (dont Béchir ne veut pas parce que
cela diminuerait ses pouvoirs), la dévolution pacifique du pouvoir
grâce à un système multi-partis. La conférence
souhaite aussi que la conférence avec l’AND accepte un gouvernement
d’union nationale pour préparer un système multi-partis.
Malgré la bonne surprise qu’apportèrent ces recommandations
pleines d’indépendance d’esprit, un des participants, le parti HASM
s’est dissout après avoir déclaré que les fonctionnaires
avaient beaucoup modifié les recommandations des sous-comités,
qui elles, auraient apporté paix et réconciliation au Soudan.
Soudan/Ouganda
Un nouvel accord a eu lieu entre les deux pays qui s’accusent mutuellement
de soutenir les rebelles de leur voisin. La LRA ougandaise enlève
par milliers des enfants ougandais qu’elle emmène au Soudan où
elle a ses bases arrières. Ces enfants servent d’infanterie et d’épouses-enfants.
Des moniteurs égyptiens et libyens veilleront à ce qu’aucune
aide ne parvienne à l’ALPS par la frontière ougandaise, et
aideront à réinstaller la LRA à plus de mille kilomètres
à l’intérieur du Soudan. Le Président ougandais a
déclaré: » quoique le Soudan ait violé les accords
passés, il semble sérieux, cette fois. ». Six Ougandais,
enlevés enfants, ont été rapatriés récemment.
L’histoire ne dit pas comment le Soudan pense utiliser désormais
la LRA qui a encore tué huit civils au cours de trois raids à
partir du Soudan le 10 Octobre.
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