Numéro 95 - septembre 2000

Paix Nouvelle réunion de l’IGAD en cours. Peu à espérer
 

On se rappelle que deux médiations s'efforcent d'apporter la paix au Soudan, celle de L'IGAD, organisme regroupant Erythrée, Ethiopie, Kénya, Ouganda depuis le début des années 90 , et l'initiative de réconciliation nationale Egypto Lybienne (IEL), depuis l'an dernier. La médiation de l'IGAD entre le gouvernement et les rebelles ALPS de Garang, s'est incarnée dans une Déclaration de Principes en 1994 donnant le choix entre un Soudan uni, démocratique et laïc, ou un référendum d'autodétermination du Sud pouvant aller à l'indépendance. Après avoir tout rejeté, Khartoum accepta l'autodétermination, puis le pétrole coulant, la refusa.
De nouveaux développements changeaient la donne. Deux nouveaux fronts s'ouvraient dans le Nord, après celui des Monts Nouba, et Garang, chantre d’un nouveau Soudan ne voulait pas une paix qui oublie ses alliés militaires en se limitant à une sécession du Sud. C'est alors que Le Caire très inquiet d'une partition du Soudan à cause des eaux du Nîl, lança l’IEL, destinée à obtenir une réconciliation générale, par une rencontre générale, tandis que l’Umma se distanciait de l’AND en se rapprochant de Khartoum.
Où en est-on aujourd'hui?
L’AND qui regroupait les anciens partis et l’ALPS/MLPS,  vient d’avoir son second congrès présidé par Mirghani ayant à sa droite Garang. L’Umma était absente. Selon le Mideast Mirror Saddiq el Mahdi viendrait de  déclarer que Garang se sert de l’AND... pour poursuivre ses propres buts qui ne peuvent être atteints que par des moyens militaires, et que le nouveau Soudan que Garang s’efforce d’établir en connivence avec les Américains serait un Soudan sans Islam. Oublie-t-il qu’il a accepté la Déclaration de Principes de l’IGAD comme membre de l’AND?
L'AND voudrait faire partie des négociations de l’IGAD mais celle-ci a même refusé de rencontrer son président. Le congrès a mandaté ce dernier pour rencontrer Béchir, ce qui fut fait en Erythrée. Résultat,  les deux hommes sont d’accord: seules les négociations peuvent finir la guerre. C’est tout. Les Etats-Unis ont proposé leur aide que Khartoum refuse.  Khartoum semble offrir seulement un Etat fédératif,  et des droits basés sur la citoyenneté. Tout cela existe déjà dans la Constitution mais est demeuré sur le papier.. Khartoum parle aussi du partage du pouvoir et des richesses et affirme ne pouvoir offrir la laïcité que le pays refuserait. (Nous suggérons qu’il organise  un référendum). Plusieurs déclarations sont intervenues. Pour  Abel Alier, ancien vice-Président de la République le gouvernement pousse le Sud à la sécession, et pour les évêques soudanais  la Déclaration de Principes de l’IGAD est la seule base possible.  Des cercles sudistes, espèrent encore qu’en acceptant une autodétermination du Sud  la guerre pourrait se terminer.
  
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