| En sus de celle des femmes, plusieurs manifestations anti-gouvernementales
allant parfois jusqu’à l’émeute ont eu lieu dans diverses
villes du nord du Soudan. Alors que la stratégie de l’Alliance
Nationale Démocratique est basée en partie sur un soulèvement
général, qu’elle était en congrès au moment
des faits et a salué les braves qui se sont soulevés, le
régime de Khartoum attribue ces troubles au nouveau parti de Tourabi.
Si ceci était exact, on ne pourrait qu’admirer une fois de plus,
outre son audace habituelle, (on apprend qu’il aurait prié
le Pape de se convertir à l’Islam) l’habileté manoeuvrière
de ce leader. Il n‘aurait pas demandé aux gens de se battre
pour lui, mais pour leurs problèmes qui sont réels, mais
n’ont pas tellement empiré depuis l’époque récente
où il était au pouvoir. Tourabi ne fait rien pour diminuer
cette méfiance des autorités, annonce qu’il ne peut plus
garantir le paradis aux combattants, car la guerre n’est plus un djihad,
se déclare contre le décret sur le travail des femmes, et
prédit plus d’instabilité.
Emeutes étudiantes contre le service militaire
Des étudiants ont manifesté violemment contre le service
militaire à Kosti, capitale de l’Etat du Nil Blanc sise à
280 kilomètres au Sud de Khartoum, sur le Nil et la voie ferrée.
Les manifestants ont d’abord brûlé des voitures appartenant
au gouvernement, puis un bâtiment officiel, deux banques et des postes
de police. Il y a eu au moins deux morts dont un lycéen et quinze
blessés.
L’éducation nationale naufragée Emeutes à
Al Fasher et à Port Sudan
Une histoire court au Soudan sur l’état de l’enseignement public:
Une petite fille vient s’inscrire à l’école; le directeur:
« C’est très bien, le gouvernement veut que tu ailles en classe.
Alors apporte des cahiers, les livres, une chaise, une table. Ah, j’y pense,
amène aussi un enseignant…. »
En effet le budget de l’éducation nationale, en livres soudanaises
constantes, ou en dollars si l’on préfère, a diminué
dans un temps où de nouvelles universités étaient
fondées. Le résultat est qu’il n’y a plus d’argent pour l’enseignement
général. Trois écoles auraient été fermées
à Halfa faute d’enseignants; et l’on demande de plus en plus d’argent
aux familles pour un enseignement censé être gratuit.
A el Fasher, manifestations, comme partout, les enseignants doivent
attendre très longtemps avant d’être payés, mais l’on
se plaint aussi du manque chronique d’eau potable et d’électricité.
Une étudiante a été tuée, 19 personnes blessées.
A Port-Soudan, les élèves devaient déposer une
somme pour garantir le retour en bon état à la fin de l’année
de leurs livres, la somme pouvait dépasser les 30% d’un salaire
moyen mensuel. Des élèves manifestèrent pendant deux
jours et furent dispersés avec des gaz lacrymogènes. Le second
jour la mesure fut rapportée.
Grève des médecins au Kordofan
Une centaine de médecins se sont mis en grève au début
du mois demandant le règlement d’une allocation. D’autre part, d’après
la loi sur le service militaire, à la fin de leurs études
les jeunes médecins doivent travailler un an dans un hôpital
public. Vingt-trois d’entre eux nommés à l’hôpital
d’el-Obeid se sont également mis en grève. Les autorités
militaires ont taxé cette action de rébellion et désobéissance
aux ordres militaires ajoutant que des mesures seraient prises.
Arrestation de 58 membres du parti de Tourabi, ils seraient responsables
des émeutes
La sécurité a arrêté dans différentes
villes du Nord des membres du nouveau parti de Tourabi, parmi lesquelles
deux officiels du parti et des étudiants. Deux anciens ministres
sont aussi recherchés. Le Groupe des Victimes Soudanaises de la
Torture (SVTG) donne la liste nominale de 55 des détenus, lance
un appel pour que soit assurée leur intégrité physique
et psychologique et pour qu’ils soient ou relâchés, ou inculpés,
et que dans ce cas un procès juste leur soit intenté. Il
ajoute qu’en plus un certain nombre de personnes doivent se présenter
à la Sécurité tous les matins pour être relâchés
tous les soirs. Remarquons le désintéressement du SVTG dont
la plupart des membres ont été torturés alors que
Tourabi était au pouvoir.
A Gedaref la Sécurité saisit des documents au cours
d’une émeute
Après que la Sécurité ait déclaré
détenir les preuves d’un complot le 16 septembre, le gouverneur
de Gedaref annonça qu’elle avait trouvé des preuves le 19.
Les forces de sécurité aurait tiré en l’air pour empêcher
des émeutes et arrêté des gens en possession de documents
contenant « des plans d’opérations subversives et d’émeutes
».
A Nyala manifestations contre les arrestations
Le même jour à Nyala, des étudiants s’étaient
réunis pour protester contre les arrestations, dont des membres
du parti de Tourabi [ce qui fait penser qu’ils ne sont pas les seuls].
La police les dispersa en utilisant des gaz lacrymogènes. |