Numéro 92 - juin 2000

Echec d’une médiation islamiste
 

La médiation conduite à Khartoum par l’Egyptien vivant au Qatar Youssef al Gardawi et par le leader d’une faction islamiste du Yémen, Abelmaged al-Zindani n’a pas permis de rapprocher le président Hassan Omar el Béchir de son ancien mentor, Hassan el Tourabi. Au terme d’une visite de deux semaines à Khartoum, fin mai, les deux médiateurs n’ont pas vu leurs propositions visant à maintenir l’unité du mouvement islamiste soudanais être acceptées par Béchir. Et malgré un appel lancé parallèlement par une soixantaine de personnalités islamiques en faveur d’un apaisement entre Béchir et Tourabi, le conflit s’est encore amplifié entre les leaders des deux factions rivales du National Congress (NC, gouvernemental). Béchir a poursuivi son offensive de marginalisation de Tourabi et de ses partisans, dont certains ont été limogés récemment des services de renseignements soudanais. Il s’emploie aussi à "nettoyer" les états-majors de toutes les organisations de masse du régime des pro-Tourabi. Le président de l’Union nationale des étudiants soudanais. Le président de l’Union nationale des étudiants soudanais, Salah al Zein, a été ainsi relevé de son poste.

Mais Béchir voudrait également profiter de la guerre érythréo-éthiopienne qui gêne l’opposition soudanaise (LOI n°905) pour amener la National Democratic Alliance (NDA, opposition) à accepter le principe d’une conférence de dialogue national sans réclamer au préalable l’abolition du Public Order Act. Cela n’empêche pas Khartoum d’essayer, en même temps, d’attirer ceux des dirigeants de l’opposition en exil qui sont le mieux disposés à son égard. D’ailleurs, l’un d’entre eux, l’ex-premier ministre Sadiq al Mahdi (Umma), commence à s’impatienter et critique la lenteur de la NDA à répondre à l’offre de dialogue du gouvernement de Khartoum

La lettre de l’Océan Indien, n°907 du 10 juin 2000

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