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Numéro 92 - juin 2000
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Triomphe du despotisme
| Toutes les initiatives politiques du président soudanais Omar
el-Bechir semblent indiquer qu’il en revient à l’ère des
coups d’Etat permanents. Depuis six mois, et après dix années
au pouvoir, il a perpétré un coup d’Etat sur lui-même
en instaurant à nouveau l’Etat d’urgence et en gelant la Constitution.
Ces derniers jours, il s’est retourné contre son propre parti, s’appuyant
dans tous les cas sur son statut de militaire au pouvoir.
Les Soudanais commentent ces derniers événements en ces termes : »nous serons bientôt dans un système despotique ». En effet, Omar el-Bechir est aujourd’hui plus puissant qu’il ne l’était lors du premier putsch, en 1989. Il lui reste à nettoyer le parti au pouvoir de ses leaders et de ses cadres et à leur substituer ses alliés. Ainsi, il serait à la fois le leader de son parti et le président de la République. Omar el-Bechir craint que la majorité du parti n’appelle à un congrès extraordinaire qui débattrait de la question de sa désignation comme candidat unique dans le prochain scrutin présidentiel, qu’il voudrait anticipé et éminent. Si un tel congrès avait eu lieu, la majorité des membres aurait voté contre lui. Il ne reste à Omar el-Bechir qu’une seule solution : envoyer El Tourabi [ex-président du Parlement et mentor d’Omar el-Bechir], son adversaire et ex-allié, chez lui ou le mettre en prison. Ainsi Omar el-Bechir aurait un contrôle total sur le parti. A présent, il semble en mesure de réussir. Le climat actuel au Soudan ne laisse paraître aucune ouverture sur un avenir aux contours bien définis dans lequel participeraient toutes les composantes politiques et sociales. Le Président donne l’impression d’être prêt à tout pour garder son fauteuil, voire à être réélu pour un second mandat dans les mois à venir bien que son mandat actuel se termine en juin 2001. Quoi qu’il en soit sa réélection sera une mascarade inutile. Il serait mieux pour lui de s’autoproclamer président comme à l’issue de premier coup d’Etat. Abdelwahab Badrakham, Al Hayat, Londres
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