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Numéro 89 - mars 2000
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Programme Humanitaire Plus
| La commission européenne est d’accord pour relayer auprès
du Fonds européen de développement (FED) la requête
du gouvernement soudanais visant à faire exécuter en son
nom un programme Humanitaire Plus de 15 millions d’euros sur les ressources
du 6ème FED. Pour ménager les susceptibilité, la Commission
a précisé que ni Khartoum ni la Sudan People’s Libertaion
Army (SPLA, rébellion) ne seront impliqués dans la mise en
œuvre de ce projet. Il sera réalisé par des ONG ou des agences
internationales placées sous la responsabilité d’une Unité
de gestion de programme basée à Khartoum et comprenant deux
assistants techniques européens (dont la désignation fera
l’objet d’un appel d’offres international) et du personnel local. Ce programme
entend "améliorer les conditions de vie et la dignité
humaine des populations civiles sinistrées", en rétablissant
un minimum d’autosuffisance alimentaire (fourniture d’instrants, reconstitution
de troupeaux décimés, accès à l’eau potable,
services vétérinaires, micro-crédits). Il vise aussi
à améliorer la santé de base , l’approvisionnement
en eau et doit bénéficier aux groupes les plus vulnérables
dont les déplacés intérieurs, du Nord et du Sud du
pays. Une étude de faisabilité a été réalisée
à ce sujet de juillet à septembre 1999. Maintenant, l’avis
des ONG selon lequel la durée prolongée de la situation d’urgence
et de la crise politique au Soudan requiert des actions de réhabilitation
et de développement durable a été pris en compte.
L.O.I. – S’il est approuvé par le FED, ce programme sera la première intervention au titre de la Convention de Lomé, depuis la suspension de l’aide européenne au Soudan en 1990. Quelques 195 millions d’euros ont néanmoins été déboursés depuis 1994 dans le cadre d’actions financées par l’agence humanitaire ECHO (131 millions) et de l’aide alimentaire (65 millions). La proposition de la Commission traduit une évolution de son attitude envers Khartoum. Le staff du commissaire Poul Nielsen défend l’idée que « le gouvernement soudanais s’attaque aux problèmes qui avaient poussé la Commission à suspendre sa coopération avec le Soudan » et considère comme positif "le dialogue nouvellement relancé" entre l’Union européenne (UE) et Khartoum. La Commission a encore souligné que le gouvernement soudanais avait accordé depuis 1998 aux organisations aux organisations humanitaires "des niveaux sans précédent d’accès aux populations" et qu’en octobre 1999, il avait décrété une nouvelle extension du cessez-le-feu pour faciliter les opérations humanitaires et soutenir le processus de négociations pour la paix entrepris sous les auspices de l’IGAD. La Lettre de l’Océan Indien, n°896 du 18 mars 2000-03-29 |