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Numéro 86 - Décembre 1999
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Tentative de réconciliation entre Béchir
et Tourabi
| Le président soudanais Omar el-Béchir et son principal
rival Hassan Tourabi, ont accepté le principe d’une réconciliation
au sein de leur parti islamiste, le Congrès National.
« Notre frère, le président Béchir s’est montré disposé à aplanir les divergences le plus vite possible », a ajouté M. al-Amine sur un ton conciliant. A l’issue d’une réunion avec un comité regroupant sept délégués de M. Tourabi, tous membres de l’instance dirigeante du CN, le général Béchir a accepté d’élargir ce comité en y nommant sept autres membres représentant ses partisans pour examiner les moyens de résoudre le conflit entre les deux parties, a encore indiqué M. al-Amine. Il a affirmé que les deux parties étaient convenus « d’arrêter toute escalade afin de créer une atmosphère propice à l’ouverture d’un dialogue et de mettre fin au conflit ». « Le comité de réconciliation a pour tâche d’éviter une escalade de la crise politique pour qu’elle ne prenne pas la forme de manifestations (de rues) et de grèves », a déclaré à la presse M. Tourabi, affirmant ainsi indirectement que l’échec des efforts de réconciliation entraînerait des troubles. L’un des délégués de M. Tourabi au comité de réconciliation, M. Moutassem Abdel Réhim, a pour sa part estimé que « si nous ne parvenons pas à une entente, les pires scénarios sont à prévoir, y compris une éventuelle confrontation violente ». Les deux délégations doivent examiner « une formule pour trouver une sortie à cette crise afin de préserver l’unité du Congrès national et éviter que la scission au niveau de la direction ne s’étende à la base ». « La solution peut être trouvée si les deux camps acceptent de s’en remettre à la Cour constitutionnelle », a expliqué M. Abdel Réhim. Fort du soutien de l’armée et des services de sécurité, le général Béchir a affirmé que ses décisions sont « irrévocables » et qu’il n’est plus question de partage du pouvoir avec M. Tourabi. Les partisans de M. Tourabi, connu pour sa grande habileté politique, tablent sur le soutien des cadres du CN, et demandent que le conflit soit tranché par la justice. Le général Béchir a affirmé qu’il « accepte cette réconciliation, mais avec des conditions, dont la première est que les décisions annoncées le 12 décembre de dissoudre le parlement et de décréter l’état d’urgence soient irrévocables ». La réunion du « comité de réconciliation » entre le président soudanais Omar al-Béchir et le président du parlement dissous Hassan al-Tourabi, prévue samedi soir, a été reportée. Aucune nouvelle date n’a été fixée pour la réunion, a ajouté le Ghazi Salah Eddine Atabani. M. Atabani, ministre de l’Information, qui fait partie des représentants de M. Béchir à ce comité, a affirmé « Nous acceptons la médiation, mais il n’est pas question de compromis sur le principe fondamental qui est qu’il n’y aura pas de retour à une ingérence du parti (le Congrès National,) dans les affaires de l’Etat ». « Le comité examinera la réorganisation du parti et les rôles de l’Etat et du parti », a-t-il dit. Interrogé sur un éventuel recours de M. Tourabi à la Cour constitutionnelle, M. Atabani a répliqué : « Nous n’avons pas d’autorité sur la cour (…) et il est du droit de quiconque de saisir ce tribunal, mais attendons pour voir ce que la cour dira ». Lors d’une rencontre avec les rédacteurs en chef égyptiens le 23 décembre, le président soudanais Omar al-Béchir a affirmé « Il n’y aura pas de réconciliation politique » avec M. Tourabi. Il a par ailleurs réaffirmé qu’il ne permettrait pas « un retour à la duplicité à la tête de l’Etat ». A.F.P. - B.Q.A. des 16 et 19 décembre 1999 |