Suspension de journaux indépendants
Le 5 juillet, le quotidien indépendant al-Raï Al-Akhar
avait été suspendu pour cinq jours. Ce journal a été
suspendu de nouveau pour deux jours pour avoir publié des articles
critiquant le gouvernement.
Le Conseil national a reproché au quotidien d'avoir publié
entre le 11 et le 17 juillet six articles, dont cinq critiquaient la censure
et le sixième contenait de sévères critiques contre
le gouvernement, a-t-on indiqué.
Le quotidien de Khartoum Al Bayan a été suspendu mardi
10 août pour trois jours pour avoir critiqué dans ses colonnes
le Congrès National (CN) au pouvoir et refusé de destituer
le journaliste auteur de l'article contenant des expressions "erronées"
sur le CN.
Le quotidien Al Raï Al Akhar (l'autre opinion) a été
suspendu pour une semaine à partir de mercredi 17 août.
Selon le journal, le Conseil National de Presse a prononcé cet
ordre à la suite d'une plainte contre un article, critiquant le
gouvernement pour avoir internationalisé la question du Sud Soudan
et donné une dimension religieuse à la guerre civile en la
nommant Jihad.
Le quotidien a en outre accusé le régime de Khartoum
d'avoir dressé le peuple contre de présumées conspirations
et imminentes interventions étrangères dans le pays.
Dans son éditorial mardi, Al Raï Al Akhar affirme avoir
été menacé et questionné à maintes reprises
par le Conseil malgré la liberté de la presse garantie par
la Constitution.
Le quotidien avait appelé à revoir la loi sur la presse
et suspendre ses articles qui "entravent les libertés de la publication
et d'expression".
"Nous allons respecter la période de suspension mais nous reviendrons
encore plus forts et plus sévères pour défendre la
liberté d'expression et continuerons à lutter pour une loi
qui respecte les bases de droits de l'Homme", a écrit le journal.
Le directeur général du quotidien, Abdoul Aziz al-Jaali,
a de son côté accusé "certains cercles" d'oeuvrer pour
empêcher l'existence du quotidien pour "des raisons politiques et
économiques".
M. Jaali a déclaré que son journal avait été
suspendu quatre fois (au total 17 jours) lors des dernières sept
semaines en précisant qu'un seul jour de suspension lui coûtait
entre 300.000 et 400.000 dinars (1.200 et 1.600 dollars).
Le Conseil National de la Presse a décidé de suspendre
trois journaux pour avoir "violé la loi de la presse", a-t-on appris
mercredi 1er septembre auprès des journaux.
La décision du Conseil ordonne aux quotidiens Al Raï Al
Akhar, Al Rai Al Aam et Al Anbaa, de fermer respectivement pendant sept,
deux et un jours à partir de mercredi.
La suspension d'Al Raï Al Akhar intervient à la suite de
la publication des déclarations "affectant l'Islam", d'un membre
du parti Oumma de l'opposition, Abdoul Rahmane Nougdallah.
Le quotidien a affirmé avoir demandé à un groupe
d'avocats de déposer une plainte à la Cour constitutionnelle
contre la loi de la presse.
Al Rai Al Aam et Al Anbaa ont été suspendus pour avoir
publié respectivement un article critiquant la politique de l'Education
et des informations erronées.
Le 16 sept, le président soudanais Omar el-Béchir a ordonné
la suspension pour une durée indéterminée du journal
indépendant Al-Raï Al-Akher à partir de vendredi, a-t-on
indiqué jeudi de source officielle.
Un responsable au palais présidentiel, qui n'a pas voulu être
nommé, a déclaré à l'AFP que le général
Béchir avait décidé cette suspension lors d'une cérémonie
près de Khartoum en l'honneur d'un groupe de moudjahidine (combattants
de la foi) qui se rendaient dans les zones de combat.
Les moudjahidine s'étaient plaints d'un article du journal concerné
qui avait ironiquement estimé que le la SPLA, John Garang, méritait
qu'on lui érige un monument dans le centre de Khartoum pour avoir
envoyé des milliers de jeunes Soudanais au paradis en "martyrs".
Le journal avait été suspendu le mois dernier à cause
de cet article.
Le responsable a ajouté que des plaintes émanaient également
de nombreux officiers de l'armée qui accusent le journal d'avoir
insulté l'armée à de nombreuses reprises.
Reporters sans frontières proteste contre la
suspension de journaux soudanais
Le Caire, 11 août - L'association "Reporters sans frontières"
(RSF) a protesté contre la suspension d'un journal soudanais ayant
critiqué le parti au pouvoir à Khartoum.
RSF précise avoir demandé, dans une lettre adressée
au président Omar el-Béchir, que "les journaux ne fassent
pas l'objet de répression et que les libertés de la presse
soient garanties au Soudan".
L'organisation réclame également "la promulgation d'une
loi qui empêche une suspension des journaux qui critiquent le gouvernement
ou le parti au pouvoir". "Il faut également omettre au Conseil National
de Presse le droit de censurer les publications", selon RSF.
Le Caire, 17 sept - RSF a dénoncé la suspension
du journal Al-Raï Al-Akher, dans un message adressé au président
Omar el-Béchir,
"Cette septième suspension depuis le début de l'année
peut être considérée comme une forme de harcèlement
visant à forcer les journalistes à s'auto-censurer".
RSF a appelé à "mettre fin à cette nouvelle violation
de la liberté de la presse" et réitéré sa demande
pour une modification de la Loi de la presse.
Un comité des droits de l'Homme au Soudan dénonce
la suspension d'un journal
Khartoum, 18 sept - Un comité des droits de l'Homme au
Soudan a dénoncé samedi la décision du président
Omar el-Béchir de suspendre le journal indépendant Al-Raï
Al-Akher, qualifiant cette mesure de "subversive".
Cité par le journal gouvernemental Alwan, le président
de ce comité parlementaire, le député Siraj Eddin
Hamid, a souligné que la suspension du journal indépendant
pour une période indéterminée était un "acte
subversif" et en a imputé la responsabilité au conseiller
juridique du président, Abdel Bassit Sabdarat.
"La manière avec laquelle le journal a été fermé
aura une répercussion néfaste sur l'image du pays à
l'étranger et affecte la crédibilité du gouvernement",
a ajouté ce député.
La liberté de la presse principal dossier devant
le rapporteur de l'ONU
Khartoum, 20 sept - Le gouvernement soudanais et l'opposition
ont préparé des rapports contradictoires sur la liberté
de la presse qu'ils envisagent de présenter au rapporteur spécial
de l'ONU pour la liberté d'opinion et d'expression, attendu lundi
soir à Khartoum.
Le rapporteur de la commission des droits de l'homme du Parlement soudanais,
M. Sirraj Eddine Hamed, a reconnu que "la fermeture du quotidien al-Raï
al-Akhar sera l'une des principales questions évoquées par
le rapporteur de l'ONU, M. Abid Hussein, en raison des réactions
internationales qu'elle a suscitée".
M. Hamed, cité lundi par le quotidien indépendant al-Sahafa,
a toutefois affirmé qu'il s'attendait à un règlement
du problème de ce journal avant le départ du rapporteur de
l'ONU dimanche prochain.
Un dirigeant du parti Unioniste démocratique (PUD, opposition
nordiste), M. Ali Mahmoud Hassanein, a affirmé que l'opposition
"va informer le rapporteur de l'ONU, M. Abid Hussein, de la fermeture des
journaux, de la convocation des opposants par les services de sécurité
et de l'interdiction des partis politiques".
Selon M. Hassanein, l'opposition va citer des exemples concrets comme
la fermeture du quotidien al-Raï al-Akhar.
Un autre dirigeant du PUD, M. Ali Ahmed al-Sayyed, cité par
al-Sahafa, a souligné que l'Alliance Nationale Démocratique
(AND, rassemblement de l'opposition nordiste et de la guérilla sudiste)
estime "inutile l'existence, sur le papier, de lois assurant les libertés
publiques, car elles sont violées par les autorités".
Appel de journalistes arabes à Béchir
Le Caire, 21 sept - Après la suspension de Al-Raï
Al-Akher, l'Assemblée générale de l'Union des journalistes
arabes appelle le président Omar al-Béchir "à intervenir
pour arrêter les suspensions des journaux comme une démarche
préliminaire visant à relancer la liberté de la presse
et de l'expression au Soudan".
"La suspension du journal nuit à la réputation internationale
du Soudan aussi bien qu'à sa situation interne et à l'image
du régime aux yeux des soudanais".
Agence France Presse
Bulletin Quotidien d'Afrique, août et septembre 1999
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