| Mercredi 11 août 1999
Khartoum (Deutsche Presse Agentur) - Aucune église ne sera construite
dans aucune partie de la capitale soudanaise sans l'approbation du gouvernement
si le décret que prépare le ministère de la Planification
Sociale est pris dans quelques jours, selon le quotidien Al-Rai al-Aam
de mercredi.
Le directeur de l'administration de l'Eglise au ministère de
la Planification Sociale, Abdal-Jubar Osman dit au journal qu'un certain
nombre d'église de fortune avaient poussées comme des champignons
dans les bidonvilles de la capitale soudanaise sans approbation du gouvernement.
"Des églises dans des bicoques ont poussé dans des endroits
dépourvus de présence chrétienne", dit Osman au journal.
Il dit que le décret attendu mettrait fin aux églises
qui se sont développées dans les banlieues de la capitale
sans permission du gouvernement.
Osman fit cette déclaration à la suite de l'attaque d'une
église de fortune par une secte musulmane dimanche dernier.
La police dit que des deux côtés il y eut des blessures
légères et que 13 des attaquants musulmans et 7 chrétiens
furent arrêtés.
Ces églises de fortune sont construites par des chrétiens
déplacés du fait de la guerre du Soudan du Sud et de l'Ouest,
qui se sont établis dans la périphérie de la capitale
soudanaise.
Ils utilisent aussi les églises comme écoles et parfois
comme centres de santé.
Un certain nombre de ces églises ont été incendiées
par des musulmans fanatiques. Quelques unes ont été détruites
par les urbanistes gouvernementaux, causant une grande détresse
parmi les personnes déplacées.
L'Eglise catholique s'est plainte de la difficulté qu'il y a
à obtenir l'autorisation de construire une église dans quelque
partie que ce soit du Soudan du Nord.
Le gouvernement répond qu'il n'empêche pas la construction
d'églises ; mais que pour qu'une église soit construite dans
un endroit, les gens de cet endroit doivent donner leur accord.
(traduit par V.S.)
V.S. Il s'agit de constructions rectangulaires en paille appelées
"rakoubas" servant tour à tour d'église, d'école,
de dispensaire. Vigilance Soudan espère vivement que les autorités
soudanaises auront abandonné cette idée de décret.
Elles nous répètent que la liberté de conscience existe
au Soudan. Les droits accordés par la Constitution sont-ils absolus
ou bien liés à l'agrément des voisins ? La conscience
répugne à une mesure prise spécialement pour donner
raison aux incendiaires et tort aux incendiés. Ce décret
serait applicable à Khartoum. Tous les citoyens ne doivent pas se
sentir chez eux dans une capitale fédérale ? |