Numéro 80-81 - Juin - Juillet 1999

Paris veut aider le Soudan à réintégrer la communauté internationale
 

La France a estimé mardi que le Soudan devait "réintégrer pleinement la communauté internationale" et promis d'intercéder en sa faveur auprès de l'Union européenne si sa situation interne continuait d'évoluer favorablement au plan de la "démocratie et des droits de l'Homme". 
"Je pense que le moment est venu où le Soudan va pouvoir réintégrer pleinement la communauté internationale", a affirmé le ministre délégué à la Coopération Charles Josselin, à l'issue d'un entretien avec le ministre des Affaires étrangères du Soudan, Moustafa Osman Ismaïl, en visite à Paris. 
Il s'agit de la première visite d'un ministre des Affaires étrangères du Soudan en France depuis 1989. 
M. Josselin s'est félicité de l'évolution de la situation interne au Soudan dont la poursuite devrait permettre, selon lui, la levée des sanctions décidées à l'encontre de ce pays par le conseil de sécurité de l'ONU en avril 1996. 
"J'espère que l'évolution de la situation intérieure du Soudan va nous permettre assez rapidement d'examiner le dossier des sanctions avec l'espoir de pouvoir les lever", a-t-il dit. 
"Nous sommes convenus que, dans le cadre de l'Union européenne, la France s'efforcerait de faire en sorte que les relations entre l'Europe et le Soudan soient renforcées avec peut-être en perspective" la réintégration du Soudan aux accords de Lomé. 
"Et, si la situation continuait d'évoluer favorablement au Soudan du point de vue de la démocratie et des droits de l'Homme, nous pourrions envisager que le Soudan rejoigne la Zone de Solidarité Prioritaire (ZSP) qui définit les pays avec lesquels nous voulons une relation privilégiée", a ajouté M. Josselin. 
M. Josselin a rappelé que le voyage qu'il avait effectué au Soudan en août dernier avait marqué "une évolution dans le jugement que la France porte" sur ce pays. 
Concluant la première visite d'un ministre soudanais des Affaires étrangères en France depuis dix ans, M. Moustafa Osman Ismaïl a affirmé mercredi à un groupe de journalistes que son pays avait réalisé des "progrès" sur tous les dossiers qui préoccupaient les pays européens, à savoir la démocratie et les droits de l'Homme, le terrorisme, la guerre dans le sud du Soudan et les relations de ce pays avec ses voisins. 
Le ministre a souligné que son pays était "soucieux de normaliser ses relations avec les Etats-Unis et d'engager avec ce pays un dialogue constructif sur la base de la non-ingérence et de l'intérêt mutuel". 
"Nous ne sommes ni en guerre, ni en situation de compétition avec les Etats-Unis. Le dialogue avec ce pays est lent. Nous voulons qu'il se poursuive jusqu'au bout. Ce qui nous importe, c'est d'ouvrir une nouvelle page dans nos relations", a ajouté le chef de la diplomatie soudanaise. 
M. Ismaïl a achevé par la France une tournée européenne qui l'a conduit en Finlande, en Italie, en Espagne et en Allemagne. 
A.F.P. - Khartoum, 9 juin 1999
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