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Numéro 80-81 - Juin - Juillet
1999
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Des islamistes et l'opposition appellent à un
changement de pouvoir
| Des intellectuels islamistes membres du Front National Islamique (FNI
de Hassan Tourabi, président du Parlement soudanais) se sont joints
à l'opposition pour appeler à un changement de pouvoir au
Soudan.
M. Hassan Mekki, professeur de sciences politiques à l'Université islamique africaine, a au cours d'un colloque appelé le gouvernement à "céder le pouvoir" et demandé aux dirigeants du Conseil national (organe politique au pouvoir) de "démissionner et céder la place à de nouveaux dirigeants". "Le gouvernement actuel a fait l'expérience du pouvoir pendant dix ans et a échoué et échouera encore s'il gouverne une nouvelle décennie", a affirmé M. Mekki lors de ce rassemblement organisé lundi soir par l'Union des étudiants de l'Université de Khartoum. M. Mekki, un intellectuel islamiste, membre du FNI, a appelé le parti du Congrès national à faire un examen des résultats obtenus par le gouvernement au cours des dix dernières années. Pour M. Mekki, le "limogeage de toutes les figures du Congrès national, de l'Assemblée nationale (parlement) et du conseil des ministres" devrait être la seule mesure applicable "face à l'échec". Cité mardi par le quotidien Al-Raï al-Akhar, M. Abdul Wahab al-Afandi, écrivain et membre du FNI, a affirmé que le Soudan se trouvait à un "carrefour, dont un chemin mène vers la paix, la réconciliation, la démocratie et le développement économique, et l'autre vers davantage de conflits et de division". M. Afandi a exprimé son opposition aux restrictions imposées sur la liberté de la presse et son refus de la détention de journalistes. "Les autorités judiciaires doivent être les seules autorisées à imposer de telles sanctions", a-t-il souligné en référence à la récente fermeture temporaire de plusieurs journaux soudanais. M. Sidahmed al-Hussein, secrétaire général adjoint du parti démocratique unioniste (PDU, opposition), a estimé que la démission du gouvernement était nécessaire pour "éviter davantage de problèmes". Cité par le quotidien Al Bayan, il accuse le régime islamiste d'avoir envers le sud du Soudan, qui compte une majorité chrétienne ou animiste, un "point de vue partial et par conséquent de ne pas se sentir concerné par une séparation du sud". "Si le coup d'Etat d'Omar El Béchir n'avait pas eu lieu (en juin 1989), le problème du sud du Soudan aurait été résolu par l'accord Mirghani-Garang", a affirmé M. Hussein. Deux mois avant le coup d'Etat, le président du PDU, Mohamed Osmane al-Mirghani, et le chef de l'Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA, rebelles sudistes) étaient parvenus à un accord sur la fin de la guerre civile qui dure depuis 1983 au sud du Soudan. L'accord, appuyé alors par le chef du gouvernement soudanais Sadek al-Mahdi, devait être signé en juillet 1989. A.F.P. - Khartoum, 13 juillet 1999
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