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Numéro 80-81 - Juin - Juillet
1999
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Suspension de trois journaux
| Khartoum, 5 juillet -
Trois journaux soudanais, dont un pro gouvernemental, ont été suspendus pour des périodes de un à cinq jours pour avoir publié des articles jugés contraires à la loi sur la presse et les publications, a annoncé lundi un document du Conseil national de la presse. La décision du Conseil a été notifiée lundi par lettre aux quotidiens Al Raï al-Akhar, Alwan et Al Bayan. Elle leur ordonne de fermer, respectivement, pendant cinq, deux et un jour à partir de mardi. Selon le document, dont l'AFP a obtenu une copie, les forces armées soudanaises ont déposé plainte auprès du Conseil contre le quotidien indépendant Al Raï al-Akhar. Sa rédactrice en chef, Mme Amal Abbas, a été convoquée et interrogée sur les articles. Au terme de l'interrogatoire, le comité des plaintes a décidé la fermeture du quotidien pour une période de cinq jours pour deux différentes plaintes. Les quotidiens pro gouvernemental Alwan et indépendant Al Bayan ont été condamnés respectivement à deux jours et à un jour de suspension pour la publication d'articles sur une personnalité controversée. L'armée reproche à Al Raï al-Akhar d'avoir largement évoqué le crash d'un avion en 1998 au sud du Soudan au cours duquel neuf personnes dont le Vice-président soudanais Al Zoubair Mohamed Saleh avaient été tuées. Il n'avait en revanche, selon l'armée, que brièvement évoqué un autre accident d'avion qui avait coûté la vie à cinquante militaires en mai. Le Conseil a souligné qu'il examinait également une plainte déposée par le Congrès national, organe politique au pouvoir, contre le journal pour la publication samedi d'un article critiquant les performances du gouvernement. Le quotidien avait été suspendu le mois dernier pendant deux jours pour avoir publié un discours du dirigeant de l'opposition soudanaise M. Mohamed Osmane Al Mirghani. Al Raï al-Akhar a publié un communiqué dénonçant la suspension qu'il qualifie de "violation de la déclaration universelle des droits de l'Homme et de la Convention de la liberté politique et sociale". Le quotidien a appelé les agences internationales des droits de l'Homme à protester contre la "persécution" de la presse soudanaise. Il leur demande d'appeler le gouvernement de Khartoum à respecter les conventions internationales des droits de l'Homme et la liberté de la presse. Le conseil reproche à Alwan et Al Bayan d'avoir publié des informations sur le directeur général du département gouvernemental des Spécifications, M. Mohamed Abdoul Kader, soupçonné de corruption et de mauvaise gestion en soulignant que le cas de M. Abdoul Kader était encore examiné par la justice. A.F.P
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