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Numéro 77 - 78 - Mars - Avril
1999
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Communiqué de presse de C.S.I.
21 avril 1999
| Durant la visite de CSI, du 12 au 17 avril, dans les districts d’Aweil-Est
et de Twic (Bahr el Ghazal, Sud Soudan), des esclaves africains noirs ont
été libérés. Il s’agit surtout de femmes et
d’enfants capturés comme butin par les forces armées du gouvernement
du Soudan, en particulier par les Popular Defence Force (PDF), au cours
de raids effectués sur des villages dans les régions frontalières,
entre le nord et le sud du Soudan.
Les entretiens avec les esclaves rachetés confirment une formule bien rodée de tortures cruelles tout à la fois physiques et psychologiques, parmi lesquelles: exécutions pour l’exemple, bastonnades, viols, excision, conversion forcée et travail non payé. Citons: Adior Ajang Jongkor, 35 ans, a été esclave durant deux ans. Son maître, Ali, du village de Shetef, lui a donné le nom arabe de ‘Howah’ et l’a forcée à effectuer des travaux domestiques. Ali la violait de manière répétitive et la tailladait avec un couteau lorsqu’elle refusait ses avances. Le corps d’Adior est aujourd’hui couvert de cicatrices. Nyanut Aquer Mayen était esclave depuis 1997. Au cours du déplacement forcé vers le nord de la caravane d’esclaves à laquelle elle appartenait, elle a été le témoin de la mort par la soif de dix enfants et de l’exécution de trois jeunes gens. Son maître, Mahmoud, la violait fréquemment. Nyanut a aujourd’hui un bébé né de ces abus sexuels. Son maître lui a donné le nom d’ Howesa. La femme de Mahmoud battait souvent Nyanut avec un bambou et lui donnait en Arabe des noms insultants comme « négresse » ou « esclave ». D’autres preuves de récentes razzias d’esclaves par les PDF, notamment la capture de 2 064 personnes mises en esclavage et l’assassinat de 184 autres personnes, sont contenus dans un document de 63 pages publié en avril par les Nations Unies. (Rapid Assessment Report, Rapid Assessment of Affected Locations in Twic, Aweil East, Aweil West and Wau Counties, Carried out between March 13th and 25th 1999, by UNICEF/OLS Rapid Assessment Team, Lokichoggio, April 1999). Sur le sujet il convient de relever que dans son allocution du 7 avril
à la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies à
Genève, M. Ali Mohamed Osman, Ministre soudanais de la Justice,
a annoncé que des poursuites judiciaires pénales seront engagées
contre CSI en raison de ses opérations de rachat d’esclaves; avant
de menacer également de rompre l’assistance humanitaire aux civils
qui en ont besoin, dans le cas où la Commission ne condamnerait
pas sans ambiguïté CSI et que l’UNICEF ne retirerait pas sa
confirmation de l’existence de l’esclavage au Soudan.
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