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Numéro 74 - décembre 1998
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SOUDAN/FRANCE
Bilan d'une mission du Sénat français
| Les trois sénateurs français qui ont visité Khartoum
en juin, Paul d'Ornano (RPR, opposition), Georges Berchet
(RDSE) et Aubert Garcia (Parti socialiste, gouvernemental),
viennent de rédiger leur rapport de mission. Ils y notent que leurs
hôtes soudanais "se sont montrés très soucieux de
décrire les progrès réalisés par leur pays"
mais qu'un "incident contribua à instiller un doute" parmi
eux "sur la bonne foi des autorités soudanaises". En effet,
le déplacement prévu à Juba (capitale du Sud-Soudan)
a dû être "annulé en raison du retard puis de la
panne de l'avion". Du coup, la délégation française
se dit en mesure "ni de confirmer ni de nier" les multiples accusations
dont le régime soudanais est accusé (existence de l'esclavage,
appui à des éléments terroristes, brimades envers
des opposants politiques, actes d'intolérance à l'égard
des minorités catholiques et animistes).
Le rapport des sénateurs rappelle la "lecture restrictive" par la France de la résolution des Nations unies sur le Soudan d'avril 1996, qui a amené Paris à ne délivrer des visas aux membres du gouvernement soudanais que dans le cadre de réunions internationales se tenant en France ou à titre exceptionnel comme pour le visa accordé en 1997 au ministre des Mines, Awad el-Jaz, venu rencontrer des firmes françaises. Les sénateurs ont relevé le "poids des Chinois, des Malais et des Canadiens dans l'économie soudanaise", surtout dans le pétrole. Leur rapport rappelle néanmoins que Gec-Alstom a obtenu un contrat dans le cadre de la réhabilitation du barrage de Roseires à Damazin et que deux autres firmes françaises, Schlumberger et Géoservices, sont "sous contrat" avec la Greater Nile Petroleum Operating Company (dans laquelle des sociétés chinoise, malaysienne et canadienne sont associées à l'Etat soudanais) "sur le site d'El Muglad pour les forages, l'évaluation des ressources et la cimentation des puits". L.O.I. – La France est le troisième fournisseur du Soudan après l'Arabie saoudite et la Grande-Bretagne, mais Khartoum a plus de 2,1 milliards FF d'arriérés de paiement envers Paris. Le rapport des sénateurs relève aussi l'effritement de la position du BRGM au sein de l'Ariab Mining Company (qui exploite une mise d'or au Soudan) à la faveur du renforcement de son partenaire australien Normandy dans leur joint-venture LaSource. Il répertorie aussi trois projets qui pourraient être prometteurs pour des entreprises françaises: l'exploration de la concession pétrolière de 120 000 km² par Total dans la région de Bor, la culture du blé sur surfaces irriguées par Rhône-Poulenc, et la construction d'un tronçon d'autoroute de 120 km entre Khartoum et Port Soudan. |
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La Lettre de l’Océan Indien N°837 du
12 décembre 1998
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